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Hésiode

Hésiode

Hésiode (en grec ancien Ἡσίοδος / Hêsíodos, en latin Hesiodus) est un poète grec du

Biographie

Les faits

Les seuls faits authentiquement connus sur Hésiode sont les événements consignés dans ses poèmes. À trois reprises dans les les Travaux et les jours, il donne quelques éléments biographiques. Il faut y ajouter quelques vers de la Théogonie. Hésiode serait né à Ascra, un petit bourg de Béotie. Son père venait de Cumes en Éolie, contrée d’Asie Mineure située entre l’Ionie et la Troade. Nous ignorons son nom. La tradition lui donne celui de Dios, mais cela s’explique par une interprétation fautive du passage « Πέρση, δῖος γένος / Pérsê, dĩos génos » (Travaux, v. 299), comprise comme « Persès, fils de Dios » au lieu de « Persès, noble fils ». Il y possédait une petite entreprise de cabotage, qui le ruina. Il traversa donc la mer et se fixa à Ascra où il acheta un lopin de terre, au pied du mont Hélicon. Il y épousa Pycimède, dont il eut deux fils : Hésiode et Persès. Ascra était un endroit pauvre. Hésiode le décrit comme un « bourg maudit, méchant l’hiver, dur l’été, jamais agréable » (Travaux, v. 640). Au moment du partage de l’héritage de son père, il eut un grave différend avec son frère Persès, ce qui entraîna un procès. Les « rois » d’Ascra donnèrent raison à Persès. Celui-ci fit mal prospérer son bien et même périclita, ce qui le conduisit à quémander son frère, qui le repoussa. Furieux, Persès menaça Hésiode d’un autre procès, dont l’objet est inconnu. Pour amener son frère à la sagesse, à une saine vie et à une bonne gestion de ses biens, Hésiode composa à son intention le poème les Travaux et les jours, ouvrage dont la partie didactique est axée autour de deux vérités morales : le travail est la grande loi de l’humanité ; celui qui travaille peut vivre décemment. Cet ouvrage fut écrit dans un contexte de crise agraire et de vagues de colonisation des Grecs à la recherche de nouvelles terres. Hésiode espérait résoudre le différend à l’amiable ; nous ignorons s’il réussit ou non. Parallèlement à ses activités agraires, Hésiode était un aède, c’est-à-dire un barde composant ses poèmes pour un auditoire. À Chalcis en Eubée, il participa au concours de poésie organisé par les fils du roi Amphidamas pour célébrer les funérailles de leur père. Il remporta la victoire grâce à un poème célébrant l’agriculture et la paix, et reçut un trépied en récompense. Il le dédia alors aux Muses de l'Hélicon. Il mourut à Ascra. Quand le village fut détruit par les Thespiens, ses habitants se réfugièrent à Orchomène. Aristote témoigne dans sa Constitution d'Orchomène que, suite à un oracle, les habitants de la cité recueillirent les cendres du poète et les placèrent au centre de leur agora, aux côtés du tombeau de Minyas, héros éponyme de la cité. De la sorte, les habitants firent d’Hésiode leur fondateur (οἰκιστής / oikistês). Hésiode s'est peint lui-même dans ses ouvrages comme partisan d’une existence sédentaire, observateur de la tempérance et de la justice, religieux jusqu’à la superstition, n’ambitionnant point la faveur des rois et se contentant de se rendre utile à ses concitoyens, à qui il prêchait la morale avec de beaux vers. Il est le créateur de la poésie didactique. Après sa mort, des statues furent érigées à Thespies, à Olympie ou encore sur l’Hélicon. Ses poèmes, chantés par les rhapsodes, devinrent très populaires et acquirent une grande renommée. Hésiode a inspiré de nombreux poètes, parmi lesquels Virgile (dans ses Géorgiques), Caton l'Ancien (dans son De agri cultura) et Lucrèce.

Les légendes

Des écrits anciens nous livrent également des renseignements sur Hésiode. Il s’agit de :
- le traité intitulé Tournoi poétique d’Homère et d’Hésiode (en grec Ἀγών / Agốn) ;
- la Vie d’Hésiode du grammairien byzantin Jean Tzétzès ;
- l’article Hésiode de la Souda ;
- deux passages de Pausanias (IX, 31, 3–6 et 38, 3–4) et quelques allusions éparses ;
- un passage de Plutarque (Moralia, 162b). L'ensemble est réuni dans les Vitæ Homeri et Hesiodi de Wilamowitz (Bonn, 1916). Wilamowitz)]] L’Agốn est une sorte de livre scolaire remontant au de l'ère chrétienne, mais dont le contenu est beaucoup plus ancien (Aristophane en cite des vers dans la Paix, en 421 av. J.-C. Il narre un tournoi opposant Homère à Hésiode, et a pour objectif de répondre à la question : que faut-il préférer, de la poésie didactique ou de la poésie épique ? Au terme du tournoi, Hésiode l’emporte sur l’avis du roi, parce qu’il célèbre la paix et non la guerre. Hésiode remporte un trépied qu’il consacre aux Muses, dans une sorte de décalque du tournoi de Chalcis. Plutarque, la Souda et Tzétzès content quant à eux la mort d’Hésiode, en des termes concordants. Voulant dédier aux Muses le trépied gagné à Chalcis, il se rendit auprès de l’oracle de Delphes, où la Pythie lui fit une terrible prédiction : :« Heureux ce mortel qui visite ma demeure, cet Hésiode que chérissent les Muses immortelles ! Sa gloire s'étendra aussi loin que les rayons de l’aurore. Mais redoute le bois fameux de Jupiter Néméen (Nemeion). C'est là que le destin a marqué le terme de ta vie. » Hésiode, pensant que la prédiction désignait le temple de Jupiter Néméen sur le site d’Olympie, s’éloigna du Péloponnèse et s’établit à Oinoé, ville de la Locride Ozolienne. Il y vécut longtemps, prit femme et eut un fils. Cependant, Plutarque rapporte qu’un jour, alors qu’il séjournait chez un hôte avec un certain Milésius, celui-ci viola la fille de son hôte durant la nuit. Hésiode fut accusé du crime et tué par les frères de la victime. Ce qu’Hésiode avait ignoré, c’est que le lieu de ces événements, une région boisée près de la mer, était consacré à Jupiter Néméen. Son corps fut jeté à la mer — la prophétie se réalisait. Il convient de noter que chez Tzétzès, c’est Hésiode lui-même qui est le séducteur. Quoi qu’il en soit, le cadavre fut sauvé de la submersion par une troupe de dauphins qui le portèrent jusqu’au golfe de Corinthe, où les Locriens célébraient la fête d’Ariane. Ils recueillirent le corps et pourchassèrent les meurtriers. Hésiode fut enterré sur le Néméion, en un endroit gardé secret par les habitants de Naupacte, de peur que ceux d’Orchomène ne leur enlèvent les cendres. Cette histoire porte bien les marques de la légende : l’oracle mal compris qui se réalise, l’intervention de dauphins, le tombeau caché. Il est certain qu’elle fut élaborée dans le cadre d’une rivalité entre Naupacte et Orchomène. De plus, la même légende nomme le fils d’Hésiode et de la Locrienne séduite : il n'est autre que Stésichore, grand poète lyrique…

Œuvre

Hésiode est principalement connu pour sa réécriture des mythes dans ses œuvres, la Théogonie et les Travaux et les jours, sur lesquels il a longuement réfléchi. Il met ainsi les trois puissances principales : Gaïa, Nyx et Éros, au début du récit (sans préciser qu’elles naissent au début). Auparavant, il existait une version de ces mythes par cité en Grèce ; la refondation d'Hésiode, si elle n’a pas éliminé les textes contradictoires (l'Odyssée), s’est imposée comme le meilleur récit des origines pour les Grecs anciens. Hésiode tire son inspiration de multiples sources : son père cabotait en Asie, il a donc dû avoir des échos des mythes babyloniens. S’il repense le mythe, il le fait cependant dans la logique du mythe.

Attributions classiques

La première édition ancienne que nous ayons conservée par les papyrus n’attribue à Hésiode que trois œuvres.
- La Théogonie (Θεογονία / Theogonia) : généalogie des dieux, dans laquelle il présente la multitude des dieux célébrés par les mythes grecs où trois générations divines se succèdent : celle d’Ouranos, celle de Cronos, celle de Zeus qui sort triomphant. À cette généalogie divine s’ajoute une cosmogonie qui retrace la création du monde à partir du Chaos. Cet ouvrage constitue le plus ancien poème religieux grec.
- Les Travaux et les jours (Ἔργα καὶ Ἡμέραι / Erga kai Hêmerai) : Hésiode raconte l’histoire de Prométhée et de Pandore, les cinq races successives de l’humanité (or, argent, bronze, race des héros puis fer), la fable du faucon et du rossignol (le faucon représentant le roi, et le rossignol le poète) et enfin la vision de deux cités, celle de la justice, Δίκη / Díkê et la cité opposée, Ὕϐρις / Hùbris, la démesure). Il donne une description des travaux agricoles sur les terres arides de son pays natal et il se présente comme un calendrier précis de l’année d’un agriculteur en incluant des conseils sur l’agriculture : outils, soins des animaux, cultures, etc. Une section décrivant la rigueur de l’hiver dans les montagnes de Grèce est particulièrement remarquable. Il termine le récit en prédisant qu’à la fin, l'homme de la justice devient riche, tandis que celui de la démesure perd tout. Hésiode est le prophète de la race de fer, qu’il fait succéder à la race des Héros.
- Le Bouclier d'Héraclès (Ἀσπὶς Ἡρακλέους / Aspis Hêrakleous), inspiré de la description du bouclier d’Achille dans l'Iliade.

Autres attributions

Cependant, les Anciens lui ont également attribué une multitude d’autres œuvres, de manière plus ou moins fantaisiste, parmi lesquelles :
- Le Catalogue des femmes ou les Éhées (Ἢ οἷαι / Ê hoiai, « ou telle femme... », formule de transition classique dans une narration), dont sont tirés les 54 premiers vers du Bouclier ;
- Les Grands Travaux et les Grandes Éhées, dont le rapport avec les Travaux et les Éhées reste incertain ;
- L'Ornithomantie, la Mélampodie (sur les devins Mélampous, Calchas et Tirésias), Explications de prodiges, Astronomie, des poèmes sur l'art de la divination ;
- Les Leçons de Chiron, un poème didactique ;
- Les Dactyles de l’Ida, sur les premiers métallurgistes ;
- Les Noces de Céyx ;
- La Descente aux Enfers de Pirithoos ;
- Aigimios, épopée sur un roi dorien.

Quelques citations


- « La route qui mène à la misère est plane. »
- « Gain mal acquis vaut un désastre. »
- « Qui se fie à une femme se fie aux voleurs. »
- « Ne remets rien au lendemain ni au surlendemain. »

Voir aussi

Articles connexes


- Œuvres d'Hésiode : la Théogonie, les Travaux et les jours et le Catalogue des femmes ;
- Homère.

Bibliographie


- ;
- Marcel Détienne, « Crise agraire et attitude religieuse chez Hésiode », Revue d'études latines, coll. « Latomus 68 » Bruxelles, 1963 ;
- Richard Janko, Homer, Hesiod and the Hymns. Diachronic Development in Epic Diction, Cambridge University Press, 1982 (ISBN 0521238692) ;
- Marie-Christine Leclerc, La Parole chez Hésiode, Les Belles Lettres, Paris, 1993 ;
- ;
- Jean-Pierre Vernant :
  - Mythe et pensée chez les Grecs, La Découverte, Paris, 1996,
  - Mythe et société en Grèce antique, Paris, 1974 (1 éd.).

Liens externes


- [http://remacle.org/bloodwolf/poetes/falc/hesiode/intro.htm Essai sur Hésiode et principales œuvres en ligne].
Hesiode Hesiode Hesiode Hesiode ko:헤시오도스 ja:ヘシオドス

Grec ancien


-
Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.

Les dialectes

À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique. Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui. Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.

Écritures

La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas). Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A. C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte… L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.

Phonologie

Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet. Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes. En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.

Morphologie

Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien. Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés. On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés. La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien. Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur. Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué. Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme. En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.

Influence du grec ancien sur les langues modernes

Mots savants et radicaux grecs

Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.

Mots courants

Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.

Le dédale synchrone du cosmos politique

Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque : :« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».

Divers


- code ISO 639-2 : grc

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
  - dialectes grecs;
  - déclinaisons du grec ancien ;
  - conjugaisons du grec ancien 
  - phonologie du grec, accentuation du grec ;
  - alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
  - grec moderne ;
- littérature grecque.

Liens externes


- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien als:Griechische Sprache ja:ギリシア語 ko:그리스어 ms:Bahasa Greek simple:Greek language th:ภาษากรีก

Latin

Introduction

Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties. Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux. Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs). Le latin est la langue-mère des langues romanes.

Histoire

Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.

Latin médiéval

On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron. De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.

Le latin, langue vivante

Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction. La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux. Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine. Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin. Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain. Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue. Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi: - Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ? - Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon. - Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt. On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.

Le latin et l'Union Européenne

Assimil Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).

Classification

Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.

Répartition géographique

Statut officiel

Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.

Langues dérivées

Les langues romanes sont dérivées du latin.

Ecriture

Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes : Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.

Prononciation

Prononciation ancienne restituée

On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec). Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.

Prononciations modernes

[En préparation]

Grammaire

Morphologie

La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines. On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires. La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines. Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).

Pronoms personnels

La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.

Lexique

Le latin et les autres langues indo-européennes


- Le vocabulaire commun Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs. AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS. à compléter...

Que devient le latin quand il se fait français ?

Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE. Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra. On en perd forcément son latin.

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
  - Langues par famille
    - Langues indo-européennes
      - Langues italiques
      -
- langues romanes
- Méthode latine ;

Liens externes


- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte Catégorie:Langue liturgique Catégorie:Langue véhiculaire als:Latein ja:ラテン語 ko:라틴어 simple:Latin language th:ภาษาละติน zh-min-nan:Latin-gí

Poète


- Poète
Le poète (ancienne orthographe : poëte) est celui qui écrit ou dit de la poésie.

Liste chronologique de poètes importants (toutes langues)

Poètes de l'Antiquité :


- Alcée
- Crinagoras
- Homère
- Horace
- Hésiode
- Ovide
- Properce
- Sappho
- Térence
- Virgile

Poètes des et s :


- Jean Bodel
- Gace Brulé
- Marie de France
- Omar Khayyam
- Raimbaut d'Orange
- Chrétien de Troyes
- Robert Wace

Poètes du :


- Guillaume de Digulleville
- Dante
- Rutebeuf
- Pèire Cardenal

Poètes du :


- Paul del Abbaco
- Hafez
- Christine de Pisan (13631430)

Poètes du :


- Alain Chartier (13851433)
- Ausiàs March (13971459)
- Charles d'Orléans (13941465)
- François Villon (né en 1431)

Poètes du :


- Clément Marot
- La Pléiade :
  - Joachim du Bellay (1522-1560)
  - Pierre de Ronsard (1524-1585)
  - Jacques Pelletier du Mans (1517-1582)
- École lyonnaise :
  - Maurice Scève (1500-1562)
  - Louise Labé (1524-1566)
- John Heywood (1497-1580)

Poètes du :


- Antoine d'Abbatia
- Alexandre de Campion
- François de Malherbe
- Jean de La Fontaine (1621-1695)
- Nicolas Boileau
- John Milton (1608-1674)
- Théophile de Viau

Poètes du :


- Joachim Wilhelm von Brawe
- Évariste Parny
- André Chénier
- Fabre d'Églantine (1750 - 1794)
- Jean-François Leriget de La Faye (1674-1731)

Poètes du :


- Romantisme :
  - Marceline Desbordes-Valmore
  - Victor Hugo
  - Alphonse de Lamartine
  - Alfred de Musset
  - Alfred de Vigny
  - John Keats
- Parnasse :
  - Théophile Gautier
  - Leconte de Lisle
  - Théodore de Banville
  - José-Maria de Heredia
  - François Coppée
  - Pierre Louÿs
- Poètes maudits :
  - Charles Baudelaire
  - Gérard de Nerval
  - Comte de Lautréamont
  - Arthur Rimbaud
  - Tristan Corbière
  - Charles Cros
  - Paul Verlaine
  - Germain Nouveau
- Symbolisme :
  - Paul Adam
  - René Ghil
  - Gustave Kahn
  - Jules Laforgue
  - Jean Lahor
  - Stéphane Mallarmé
  - Alfred Jarry
  - Stuart Merrill
  - Henri de Régnier
  - Adolphe Retté
  - Albert Samain
  - Francis Vielé-Griffin
- Emily Dickinson
- Edgar Allan Poe
- Walt Whitman
- Poètes locaux:
  - Paul Harel

Poètes du :


- William Butler Yeats
- Émile Nelligan
- Paul-Jean Toulet
- Néo-symbolisme :
  - Paul Claudel (1868-1955)
  - Paul Valéry
  - Victor Segalen
- René Char
- Jean Cocteau
- Roger Vitrac
- Pierre-Jean Jouve
- Saint-John Perse
- Guillaume Apollinaire
- Blaise Cendrars
- Pierre Reverdy
- Max Jacob
- Surréalisme :
  - André Breton
  - Paul Éluard
  - Louis Aragon
  - Tristan Tzara
  - Robert Desnos
  - Antonin Artaud
  - Benjamin Péret
- Négritude
  - Aimé Césaire
  - Léopold Sédar Senghor
  - Léon-Gontran Damas
  - Guy Tirolien
- Henri Michaux
- Armand Robin
- Malcolm de Chazal
- Jean-Joseph Rabearivelo
- Poètes Beat :
  - Allen Ginsberg
  - Lawrence Ferlinghetti
- Pataphysique/Oulipo :
  - Pierre Mac Orlan
  - Jacques Prévert
  - Raymond Queneau
  - Boris Vian
  - Julien Torma
  - Jacques Roubaud
- Jean Follain
- Jean Genet
- Bernard Lamarche-Vadel
- Olivier Larronde
- Gaston Miron
- Félix Leclerc
- Youssef Rzouga
- Yves Bonnefoy
- Jacques Réda
- André du Bouchet
- Jacques Dupin
- Philippe Jaccottet
- Michel Deguy
- Edmond Jabès
- Gilles Vigneault
- Paul Celan
- Côtis-Capel
- William Cliff
- Paul Morand (1888 - 1976)
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  - Jim Morisson
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  - Bertrand Cantat
  - Patti Smith
  - Hubert-Félix Thiéfaine
- Jean Albany
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- Sohrab Sepehri
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Autres listes, par langue


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- russe

Autres listes, par nationalité


- Liste de poètes allemands
- Liste de poètes bretons
- Liste de poètes irlandais
- Liste de poètes italiens
- Liste de poètes persans

Liens externes


- [http://www.florilege.free.fr/florilege/1300.htm#1750 Autre liste chronologique de poètes francophones] respectant l'échelle temporelle
- [http://www.sisyphe.org/rubrique.php3?id_rubrique=20 Des poètes à découvrir]

Béotie

La Béotie est une région de Grèce centrale, qui borde l'Attique au nord-ouest.

Géographie

Ses deux villes principales étaient Orchomène et Thèbes qui se dressaient toutes deux dans de riches plaines propices à l'élevage des chevaux et à la culture du blé. Elle possédait les deux célèbres montagnes du Cithéron et de l'Hélicon. À l'époque classique, une grande partie de la plaine du nord où se dressait Orchomène était recouverte par le lac peu profond de Copaïs, célèbre pour ses anguilles, et qui était alimenté par le Céphise béotien et ses affluents.

Histoire

Le pays fut occupé à partir du néolithique et eut une importance marquée à l'âge du bronze. Des vestiges mycéniens à Orchomène, et des mythes relatifs à la richesse des Minyens qui émigrèrent de Thessalie laissent à penser que la ville était plus ancienne que la Thèbes béotienne, mais l'élévation de celle-ci et l'inondation du lac Copaïs contribuèrent à son déclin. La plupart des mythes béotiens sont concentrés sur la ville de Thèbes, dont la puissance en tout temps détermina l'importance du rôle de la Béotie dans l'histoire de cette période. Mais Thèbes ne fut jamais assez forte pour faire valoir son autorité sur toutes les villes de Béotie et en faire un seul État. Les villes de Thespies et Platées apparurent souvent dans la politique béotienne. Les affaires de la Béotie étaient gérées par une confédération de villes, dont certaines furent des membres récalcitrants, notamment Platée qui établit des liens avec Athènes pour assurer son indépendance. La Béotie joua un rôle équivoque, si elle ne fut pas activement déloyale à la Grèce, à l'occasion des guerres médiques. Alors qu'Athènes tendait d'étendre son pouvoir au milieu du , elle envahit et battit les Béotiens à la bataille d'Œnophyta en -457, et contraignit ainsi toutes ses villes, excepté Thèbes à reconnaître sa suprématie. Mais son indépendance fut rendue à la Béotie dix ans plus tard, quand Athènes fut battue à Coronée. Une nouvelle défaite à Délium en -424 mit un terme à tous les espoirs des Athéniens de reconquérir la Béotie. Le fut témoin de l'extension de la suprématie thébaine sur le reste de la Béotie, en particulier sous le commandement d'Épaminondas, et la défaite de Sparte à Leuctres en -371 et à nouveau à Mantinée en -362. Comme le reste de la Grèce, la Béotie ne put résister à la puissance montante de la Macédoine sous Philippe, et après la défaite des forces thébaines et athéniennes à Chéronée en -338, et la destruction de Thèbes en -335 par Alexandre le Grand, la Béotie déclina rapidement. La Béotie est un des principaux théâtres d'opérations de la première guerre contre Mithridate VI du Pont : le général romain L. Cornelius Sylla y remporte deux victoires décisives sur le général pontique Archelaos à Chéronée et Orchomène en -86. Sylla mit également à sac la ville de Thèbes.

Réputation

Les Athéniens voyaient les habitants de Béotie comme un peuple inculte, lourdaud et peu raffiné, d'où dérive l'adjectif actuel « béotien » qui désigne une personne peu cultivée, et indifférente à la connaissance.

Voir également


- Acidalie
- Cadmos
- Héraclès
- Œdipe Beotie Beotie
-


Ionie

L'Ionie est une région située à l'ouest de l'Asie mineure, entre Smyrne et Milet. Dans l'Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomènes, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux VII et , elle fut appelée Grèce d'Asie. Son peuplement issu de la deuxième vague de migration achéenne, au , avait intégré, suite à de nombreux mariages mixtes, des Doriens et des populations préhelléniques. Cette population était unie par un dialecte commun, et un sanctuaire religieux commun, le Panionion situé à Priène. Chaque cité était indépendante et avait son propre gouvernement et sa propre organisation sociale, mais elles eurent la même évolution politique, vers la tyrannie, que les autres cités grecques, avec lesquelles elles se étaient unies par une communauté de culture, même s'il y avait de nombreux conflits frontaliers. Les côtes ioniennes présentaient beaucoup d'avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l'établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l'arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l'élevage des chevaux, des plateaux pour l'élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers. L'Ionie est la première région de Grèce où la philosophie, l'art (en particulier l'architecture avec l'ordre ionique) et les sciences se sont développées, bénéficiant des richesses intellectuelles du Proche-Orient et de l'Égypte. Les cités ioniennes ont donné de nombreux grands penseurs présocratiques, des grands artistes et de grands architectes, comme Thalès de Milet, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, à Priène, Héraclite à Ephèse, Anaxagore à Clazomène et Pythagore dans l'île de Samos. La Ionie fut convoitée pour sa richesse économique et son développement intellectuel, par des voisins puissants, ambitieux et entreprenants. Les Ioniens avaient développé les produits de luxe et de qualité, les banquets et les courtisanes élégantes et cultivées fascinaient. Ils étaient représentatifs du point très élevé de sophistication atteint par la civilisation grecque. Or, les Ioniens étaient de mauvais combattants, peu entraînés, leurs cités étaient souvent désunies, leurs routes étaient aisées pour le commerce et les échanges, mais aussi pour les invasions. La Ionie passa d'abord sous protectorat des Lydiens, puis après la victoire de Cyrus sur Crésus, sous domination des Perses, auxquels elle devait payer de lourds tributs et entretenir les garnisons, en contrepartie d'une certaine autonomie et de la liberté laissée aux tyrans locaux. Cette situation empira avec le roi de Perse Darius I et aboutit en 499 av. J.-C. à une révolte de l'Ionie, favorisée par les revers militaires des Perses dans la steppe danubienne, et l'appui militaire d'Athènes et d'Érétrie. Mais la révolte tourna au désastre malgré quelques victoires, et la population paya lourdement cet épisode : destruction et incendie d'Éphèse et de Milet, déportation des populations, comme esclaves en Mésopotamie en 494 av. J.-C., jusqu'à leur totale allégeance. De nombreux habitants (marchands, artisans, poètes, penseurs), émigrèrent, emportant avec eux les raffinements de leur culture. Ce fut un coup d'arrêt à l'essor intellectuel de l'Ionie. Ce n'est qu'après les victoires des cités de la Grèce continentale à Marathon, puis à la Bataille de Salamine, en -480, à la Bataille de Platées, et à la Bataille du cap Mycale en -479, que les Ioniens recouvrèrent leur liberté, l'expansion de l'Empire perse vers l'ouest était définitivement arrêtée. Athènes qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire, en tira gloire et profit, et en 478 av. J.-C., par la création de la Ligue de Délos, elle entreprit de constituer autour d'elle un empire maritime assurant son hégémonie sur la mer Égée, désormais interdite aux vaisseaux perses, et sa domination sur le monde grec. La guerre se termina en 449 av. J.-C. et la défaite des Perses fut confirmée par la paix de Callias. Catégorie:Antiquité Catégorie:Grèce antique

Troade

La Troade est une ancienne région du nord-ouest de l'Asie mineure délimitée au nord par la mer de Marmara, au sud par le golfe d’Edremit (qui donne sur l'île grecque Lesbos), et à l'est par le mont Ida qui culmine à plus de 1700 m. Cette région formait avec l'Éolide la Mysie.
-
Catégorie:Asie mineure

Morale

ja:道徳 Catégorie:Philosophiecatégorie:morale La morale est un ensemble de règles de conduite, de relations sociales qu'une société se donne et qui varient selon la culture, les croyances, les conditions de vie et les besoins de la société. Éthique et morale ont des sens proches et sont souvent confondus, l'éthique serait l'étude de la morale. En un sens philosophique, la morale est la théorie normative des actions humaines. Elle porte principalement sur la finalité de l'action et cherche à résoudre les questions qui peuvent se poser dans la délibération et la prise de décision :
- Que dois-je faire ?
- Qu'aurais-je dû faire ?
- Y a-t-il des limites à mes actions ? Les philosophes divisent la morale en trois domaines dont les limites ne sont pas toujours parfaitement fixées :
- Méta-éthique : entendue comme la recherche des origines et du sens de nos concepts moraux ;
- Morale ou éthique normative, qui concerne les critères de nos comportements (habitudes, devoirs, conséquences de nos actes) ;
- Morale ou éthique appliquée, application des deux premières à des problèmes spécifiques et controversés (par exemple, avortement, environnement, droits des animaux, etc.).

Les conceptions fondamentales de la philosophie morale

Morale de la perfection

Cette morale définit le bien désirable comme perfection ; cette perfection n'est pas subjective, mais peut se décrire objectivement. Par exemple le savoir, la réussite, etc. Ce bien est conçu comme le fondement du bonheur, mais sans impliquer la satisfaction subjective. Ce bien représente souvent la réalisation optimale de la nature humaine, et se trouve être de ce fait inégalitaire. Il définit en effet une hiérarchie des perfections à atteindre, hiérarchie d'où découle le mérite des individus. «Toutes les actions de notre âme qui nous acquièrent quelque perfection sont vertueuses, et tout notre contentement ne consiste qu'au témoignage intérieur que nous avons d'avoir quelque perfection. » (Descartes, Lettre à Elisabeth)

Morale du devoir

Les morales du devoir fondent le caractère moral de nos actions par le concept d'obligation. Ce type de morale se conçoit indépendamment de toute conséquence qui pourrait résulter de nos actions. Par exemple, selon Kant, on ne doit pas mentir pour éviter un meurtre, car l'obligation de dire la vérité est absolue et ne tolère aucune condition particulière. Il existe plusieurs théories des devoirs :
- Pufendorf distingue trois types de devoirs :
  - devoirs envers Dieu (dévotion interne et externe) ;
  - devoirs envers soi-même (devoirs envers l'âme : par exemple développer ses talents, et devoirs envers le corps -ne pas se tuer, ne pas se nuire-) ;
  - devoirs envers autrui (devoirs absolus : ne pas nuire, etc. et devoirs conditionnels : tenir sa parole, etc.).
- théorie des droits (par exemple Locke), dans laquelle :
  - les droits sont naturels (par exemple, vivre, être libre, rechercher le bonheur) ;
  - ils sont universels ;
  - ils sont les mêmes pour tous ;
  - ils sont inaliénables. Il faut souligner que tout droit appelle un devoir.
- l'impératif catégorique : c'est la théorie kantienne de la morale. Kant distingue plusieurs types d'impératifs :
  - l'impératif hypothétique nous dit que si nous voulons ceci, nous devons faire telle ou telle chose ;
  - l'impératif catégorique nous dit seulement que nous devons faire telle chose, quoi que nous voulions ou désirions. Les théories du devoir n'exposent pas seulement le ou les principes qui rendent morale une action, mais s'efforcent également de résoudre les conflits qui résultent de nos devoirs eux-mêmes.

Morales conséquentialistes

Dans nos actions, nous prenons souvent en compte les conséquences de nos actes. Ces conséquences peuvent donc être considérées comme des critères possibles de notre comportement, ce qui fait de ce type de morale, un type normatif. Pour une morale de ce genre, une conduite est morale si les conséquences d'un acte sont plutôt bénéfiques que défavorables. L'évaluation de la moralité d'une conduite se fait donc sur la base de ce qui est observable, plutôt que sur l'intention qui a un caractère privé et difficile à appréhender. Plusieurs types de conséquentialisme peuvent être distingués, selon le critère que l'on choisit pour déterminer ce qui est bénéfique et ce qui est nuisible :
- l'altruisme : les conséquences de l'action favorables à quiconque excepté l'agent déterminent ce qui est bien et ce qui est mal
- l'égoïsme : les conséquences de l'action favorables à l'agent et à lui seul déterminent ce qui est bien et ce qui est mal ;
- l'utilitarisme : les conséquences de l'action favorables à tous déterminent ce qui est bien et ce qui est mal. Jeremy Bentham est l'un des premiers philosophes utilitaristes. Il propose d'une part de considérer les conséquences de nos actions, et, d'autre part, de mesurer le plaisir et la peine qui en résultent, d'où le nom d'hédonisme utilitariste de cette doctrine.

Morale féministe

Les féministes ont souligné le caractère masculin des morales occidentales et se sont efforcés de définir certains types de morale plus appropriés au genre féminin.

Le problème du fondement de la morale

D'une manière très générale, il existe deux types de conception des fondements de la morale :
- une conception objectiviste, qui affirme que les lois morales ne dépendent pas de l'homme, mais :
  - sont des lois de la nature (philosophie grecque en général);
  - sont des commandements divins ;
  - sont des lois de la raison, auxquelles tout être raisonnable (donc l'homme) doit obéir.
- une conception relativiste, pour laquelle les valeurs morales ont une origine humaine :
  - parce qu'elles sont imposées par la société ou par un groupe quelconque ;
  - parce qu'il appartient à l'individu en tant que tel de les définir. Dans la conception objectiviste (ou réaliste), les valeurs morales sont éternelles et universelles, ou, au moins, absolues ; on ne peut donc les changer ni les détruire. Au contraire, dans la seconde conception, les valeurs morales sont variables d'une société, d'un groupe ou d'un individu à l'autre. Cette seconde conception est souvent présentée de manière descriptive, alors que la première est normative. Dans la seconde, il est difficile de condamner des pratiques qui appartiennent à d'autres sociétés (peine de mort, soumission des femmes, etc.), alors que la morale du premier type prétend s'imposer à tout être raisonnable, dans tous les temps et dans tous les lieux.

Citations

Clément Rosset donne cette définition de la morale : « J'appelle morale toute forme de pensée qui sacrifie à la tentation de mettre entre elle et le réel le rempart d'une représentation quelconque d'idée ou de mots dont Marcel Aymé dit qu'ils ont l'étrange pouvoir de tenir à distance les vérités les plus éclatantes ».
(Clément Rosset - Le monde et ses remèdes éditions PUF) Quand Proudhon définit la morale, il écrit : « La Justice est le respect, spontanément éprouvé et réciproquement garanti de la dignité humaine en quelque personne et dans quelque circonstance qu'elle se trouve compromise et à quelque risque que nous expose sa défense. »

Débats contemporains


- bioéthique
- l'éthique des affaires
- les droits de l'homme
- la tolérance

Bibliographie indicative


-
Phédon, Platon
-
Éthique à Nicomaque, Aristote
-
Les politiques, Aristote
-
Lettres, Epicure
-
La République, Cicéron
-
Des Lois, Cicéron
-
Des biens et des maux, Cicéron
-
Des devoirs, Cicéron
-
Manuel, Entretiens, Épictète
-
De la vie heureuse, Sénèque
-
Contre les moralistes, Sextus Empiricus
-
Contre le mensonge, Augustin d'Hippone
-
Traité des passions, Descartes
-
Traité de morale, Malebranche
-
L'Éthique, Spinoza
-
Essais de théodicée, Leibniz
-
Essai philosophique concernant l'entendement humain, Locke
-
Traité de la nature humaine, Hume
-
Enquête sur les principes de la morale, Hume
-
Justine ou les malheurs de la vertu, Sade
-
Critique de la raison pratique, Kant
-
Métaphysique des mœurs, Kant
-
Déontologie ou science de la morale, Bentham
-
Fondements de la morale et de la religion, Maine de Biran
-
Système de l'éthique, Fichte
-
Principes de la philosophie du droit, Hegel
-
Le fondement de la morale, Schopenhauer
-
L'unique et sa propriété, Stirner
-
L'utilitarisme, Mill
-
Aurore, réflexions sur les préjugés moraux, Nietzsche
-
Par-delà bien et mal, Nietzsche
-
Généalogie de la morale, Nietzsche
-
Les bases de la morale évolutionniste, Spencer
-
Les deux sources de la morale et de la religion, Henri Bergson
-
L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Weber
-
Le formalisme en éthique et l'éthique matérielle des valeurs, Scheler

Voir aussi

Ethique | Bien | Mal | Conscience | Liberté | Responsabilité | Droit | Justice | Utilitarisme | Féminisme


Colonisation grecque

Causes générales

La sténochôria

Les textes grecs évoquent la sténochôria comme cause principale de la colonisation. Le mot grec sténochôria signifie « étroitesse des terres » ; il y a un déficit grave en terres exploitables en Grèce, les plaines cultivables étant très étroites, coincées entre mer et montagne. La seule solution à long terme est le départ d'une partie importante de la population, afin de soulager la pression démographique.

Les conflits internes

Par stasis on désigne toute crise intérieure, allant jusqu'à la guerre civile. La colonisation est une façon d'éviter une guerre civile, le groupe s'étant retrouvé en minorité part fonder une nouvelle cité. Il ne s'agit pas forcément d'un conflit entre aristocratie et peuple, mais surtout des débats pour le pouvoir entre groupes aristocratiques, ou d'une opposition à l'intérieur du groupe dirigeant, comme par exemple à Corinthe (voir Bacchiades). Les colons ont le désir de fonder une cité idéale. Cette décision n'est prise que lors d'une situation d'extrême gravité.

Les motivations commerciales

L'approvisionnement de la cité est une nécessité vitale pour la métropole, néanmoins, la réalité sur les motivations commerciales est assez complexe. Les motivations ne sont pas toujours sûres, puisqu'on ne connaît pas toujours la situation de la métropole. De plus, le volume des échanges entre la colonie et la métropole était le plus souvent insuffisant pour faire vivre la colonie. Les colonies grecques fondées pour des raisons commerciales sont assez rares : on peut citer les clérouquies d'Athènes ou Naucratis.

Conditions et moments de départs

Le départ des colons est toujours un moment de déchirement. La colonie étant fondée pour éviter à la cité une famine, il est entendu que, à partir du moment où les colons quittaient la cité, ils perdaient tout droit au retour. La métropole ne leur apporterait aucune assistance. Le corps civique subissait une véritable amputation : entre un dixième et un quart de la population partait, sans espoir de retour.

La décision et les acteurs

Une colonie ne se fonde pas à titre privé (sauf exceptions rares), mais résulte d'une décision prise par la cité, bien que celle-ci se met rarement en avant. Pour la fondation d'une colonie, on présente d'abord un projet à l'assemblée qui est soit d'accord, soit le refuse. En cas d'accord, le conseil aristocratique prend en charge le choix des modalités et les mesures concrètes pour désigner qui va partir. Il faut alors désigner un chef de l'expédition, nommé oikiste, le plus souvent choisi dans le milieu aristocratique. Cet oikiste choisit le nom et le lieu précis du nouvel établissement. Une fois arrivé, il établit et dote la colonie d'un système défensif. Dans le cadre de la pensée mythique où l'on accorde une part importante aux dieux, les cités ont besoin d'une caution divine qui sert à conforter les décisions humaines ; la fondation d'une colonie était risquée, et suscitait des déchirements entre ceux qui devaient partir, sans espoir de retour, et ceux qui restaient. On prend donc très vite l'habitude d'aller consulter l'oracle d'Apollon à Delphes. L'oracle donne une orientation géographique générale et donne son avis sur un projet élaboré par la cité.

Les critères de choix

Ils sont fixés par l'oracle. Cependant, on observe généralement un bon sens : il évite des pays trop structurés sur le plan politique comme l'Égypte ou la côte syro-palestinienne (Assyriens et Phéniciens), en conseillant de partir vers l'ouest ou vers l'est. Il décrit également l'endroit où la cité-fille sera établie. Certains éléments se retrouvent dans tous les oracles, qui décrivent tous un site qui sera à même de garantir la souveraineté et l'autonomie de la colonie :
- le site sera facile d'accès par la mer ;
- le site sera facile à défendre (sur une île proche de la côte, sur un promontoire ou une colline) ;
- le site sera entouré d'un terroir riche ;
- le site disposera en outre d'une approvisionnement en eau permanent. Ces critères appellent quelques commentaires. Tout d'abord, la facilité d'accès par la mer est indispensable quand on part en fonder une en partant par mer. Il s'agit donc d'un truisme. Étant donné les facteurs poussant à la fondation d'une colonie (la nécessité d'alléger la pression démographique sur le territoire de la métropole), les autres critères sont tout autant indispensables. Ces oracles sont donc un rappel de ce qui sera nécessaire à la colonie. De plus, l'état du peuplement autour de la Méditerranée au rend la disponibilité d'un tel site illusoire : la réunion au même endroit de tant de facteurs favorables sur un site qui n'est pas occupé est impossible. Donc, quand les colons débarquent, ils doivent forcément expulser les prédécesseurs. Et bien que les récits de fondation n'évoquent jamais un épisode violent à l'origine de la cité, les fouilles montrent, à chaque fois que l'on descend au-dessous du niveau grec, un niveau d'incendie prouvant que l'installation de la colonie ne s'est pas faite pacifiquement.

Les étapes du mouvement

En général, on distingue deux phases du mouvement colonial grec :
- Première phase (775-675) :
  - métropoles peu nombreuses (Chalcis, Érétrie, Corinthe, Mégare, Sparte, Rhodes),
  - quelques fondations isolées,
  - zones concernées réduites (Sicile, golfe de Tarente, détroit de Messine) ;
- Deuxième phase (625-510) :
  - amplification et généralisation de la démarche,
  - installations nombreuses,
  - développement du commerce qui permet un enrichissement exceptionnel.

Caractères spécifiques des nouveaux établissements

Les relations des colonies avec la Grèce

Les colons emportent tout un bagage affectif et religieux : on part avec le feu sacré de la métropole, la colonie conserve le même panthéon et souvent la même divinité polyade. Les liens sont concrétisés par les déplacements de métropole en colonie et vice versa lors des grandes fêtes religieuses. Sur le plan politique, on conserve généralement les institutions de la métropole, au moins au début. L'évolution ne se fait que dans la longue durée. Au début, les échanges commerciaux sont assez modestes. Peu de temps après, on assiste néanmoins à une véritable explosion. Ainsi, la richesse des gens de Sybaris est légendaire. Il n'y a cependant aucun lien politique entre la colonie et sa métropole : la nouvelle cité est complètement indépendante. Il arrivait qu'une colonie se retrouve opposée au cours d'une guerre à sa métropole : par exemple le conflit entre Corcyre et sa métropole Corinthe fut à l'origine de la guerre du Péloponnèse.

Perceptions nouvelles

On remarque une résistance des colons grecs à toute imprégnation culturelle extérieure, même en Égypte. Sous le pharaon Psammétique I, il fallut des interprètes pour discuter avec les habitants de Naucratis.
On note un peu plus de receptivité dans le domaine religieux. Le syncrétisme leur apparaît comme moyen de se faire accepter sur les nouvelles terres. En revanche, la colonisation a un impact assez fort sur la perception d'eux-mêmes. On constate ainsi un développement des écoles de philosophie à partir du La confrontation avec d'autres cultures stimule une réflexion philosophique, mais l'autre ne sert que de détonateur par son existence, il n'est pas un interlocuteur.
À l'époque archaïque, le monde grec traditionnel n'est pourtant pas imprégné par cette nouvelle pensée philosophique, il faut attendre l'époque classique.

Voir aussi


- Colonisation ;
- Grande Grèce. Catégorie:Grèce antique Catégorie:Histoire de la Méditerranée

Chalcis

Chalcis (en grec ancien Χαλκίς / Khalkis) est la principale ville de l'Eubée, en Grèce, située sur le détroit d'Euripe. Son nom vient de ses fabriques d'armes en airain (en grec χαλκός / khalkos). Dès le c'est une cité puissante et dont partent de nombreux colons lesquels fondent des cités à Rhégion, Catane, Léontinoï en Sicile, Cumes en Italie du sud, et en Chalcidique dans le nord de la mer Égée où elle fonde plus de trente cités. Elle s'impose face à sa rivale Érétrie au et domine toute l'Eubée mais est vaincue en 506 av .J.-C. par Athènes et demeure dans l'orbite de la cité attique pendant plusieurs siècles. Aristote y meurt en 322 av. J.-C. Elle est la patrie de Lycophron, d'Isée et de Jamblique. Au Moyen Âge Chalcis connaît un regain de prospérité sous la domination vénitienne qui la possède de 1351 jusqu'à sa prise par les Turcs en 1470. C'est à l'heure actuelle, sous le nom grec de Khalkis, le chef lieu du nome d'Eubée, une ville relativement modeste, essentiellement touristique. Catégorie:Cité grecque

Muses

] Dans la mythologie grecque, les Muses sont les neuf filles de Zeus et de Mnémosyne. Elles président aux Arts :
- Calliope, la muse de l'éloquence et de la poésie épique ;
- Clio, la muse de l'histoire ;
- Érato, la muse de l'élégie (poésie passionnée) ;
- Euterpe, la muse de la musique ;
- Melpomène, la muse de la tragédie ;
- Polymnie, la muse de la poésie lyrique ;
- Terpsichore, la muse de la danse et du chant choral ;
- Thalie, la muse de la comédie et de l'idylle ;
- Uranie, la muse de l'astronomie, de l'astrologie et de la géométrie. À l'origine (selon Pausanias), elles étaient trois : Aœdé (le chant, la voix), Mélété (la méditation) et Mnémé (la mémoire). Ensemble, elles représentent les prérequis de l'art poétique dans la pratique du culte. Cicéron en compte quatre : Thelxinoé (ou Thelxiopé), Aœdé, Arché et Mélété. La tradition leur attribuait deux résidences : une sur le mont Parnasse, l'autre sur l'Hélicon. Contrairement à une croyance répandue, il n'y a pas de corrélation entre les arts traditionnels (d'ailleurs au nombre de six) et les Muses.

Représentations artistiques

Les muses sont facilement identifiables dans l'art, notamment quand elles sont au nombre de neuf et accompagnées d'Apollon. Cependant, leurs différents attributs permettent aussi de les reconnaître dans des représentations isolées.
- Calliope : couronne de lauriers, livre, tablette et stylet, trompette ;
- Clio : couronne de lauriers, cygne, livre ou rouleau, tablette et stylet ;
- Polymnie : instrument de musique (souvent un orgue) ;
- Euterpe : flûte simple ou double et un autre instrument de musique (trompette) ;
- Terpsichore : instrument de musique à cordes (viole, lyre par exemple) ;
- Érato : tambourin, lyre, viole, cygne ;
- Melpomène : cor, couronne, épée, masque tragique, sceptre à ses pieds ;
- Thalie : instrument de musique (souvent viole), masque comique, rouleau ;
- Uranie : compas, couronne d'étoiles, globe.

Sources


- (I, 3, 1–3) ;
- (III, 21, 54) ;
- (IV, 4 ; V, 43) ;
- (passim) ;
- (Apollon, v. 189 ; Hermès, v. 430) ;
- (III, 19 ; IX, 29, 1).

Voir aussi

Bibliographie


- I. Aghion, C. Barbillon, F. Lissarrague, Héros et Dieux de l'antiquité, Flammarion, Paris, 1994.

Lien externe



-
ja:ムーサ

Thespies

Ancienne ville de Béotie. Un festival littéraire s'y tenait tous les quatre ans. Catégorie:Cité grecque

Aristote

Aristote (en grec ancien Ἀριστοτέλης / Aristotélês) est un philosophe grec qui naquit à Stagire (actuelle Stavros) en Macédoine, (d’où le surnom de « Stagirite »), en 384 av. J.-C., et mourut à Chalcis, en Eubée, en 322 av J.-C. 322 av J.-C]

Biographie

Fils de Nicomaque, médecin d’Amyntas III de Macédoine, , et d'une sage femme, Aristote est quelqu'un qui veut apprendre encore et encore. Pour ces raison il part à Athènes suivre les cours d'Isocrate. Mais, il n'est pas satisfait et décide de rentrer à l’Académie de Platon à l’âge de 18 ans (vers 367). Il y est remarqué notamment pour son intelligence. Platon lui donnera même le droit d'enseigner. Il y rédige de nombreux récits. Il y demeure jusqu’en 348, puis devient le précepteur d’Alexandre le Grand. À la cour du roi de Macédoine, Philippe, il acquiert de nombreuses amitiés. En revenant à Athènes, après la mort de Platon, il n'est pas satisfait par son successeur à l'Académie et décide de fonder le Lycée, également appelé École péripatétique ("marcher en faisant cours"), à Athènes en 335. Menacé par le parti anti-macédonien à la mort d’Alexandre le Grand, il fuit Athènes et, sentant la mort arriver, rédige son testament où il lègue sont Lycée à Théophraste. Il meurt finalement à Chalcis en 323.

L'œuvre et son influence

(Voir La Métaphysique pour plus de détails sur l’histoire du corpus aristotélicien) Son œuvre nous est parvenue sous forme de notes de cours, ce qui explique le caractère parfois inintelligible de certains de ses écrits. On sait cependant qu’il écrivit de son vivant des dialogues à la manière de Platon, dont il ne nous reste que de rares fragments (Eudème, Protreptique, La Philosophie, ou Du Bien). Cicéron parle « d’un fleuve d’or de son éloquence » et les juge mieux écrits que ceux de Platon. Ces dialogues représentent l'œuvre exotérique d’Aristote, destinée à un public vaste. Les notes de cours que nous possédons sont l'œuvre ésotérique d’Aristote, destiné au Lycée. On a parfois pu penser que l'œuvre d’Aristote contenait des enseignements secrets, du fait de ce qualificatif d’ésotérique. Or ésotérique a d’abord signifié les œuvres d’Aristote destinées au public du Lycée, et ensuite seulement un enseignement secret réservé à quelques initiés. Après sa mort, son œuvre perdure grâce à de nombreux continuateurs, comme Théophraste. Ainsi, les ouvrages d’Aristote tels que nous les connaissons n’ont en fait pas été conçus par Aristote lui-même. Le classement de ces notes en volumes est dû à Andronicos de Rhodes, le premier éditeur d’Aristote, qui vécut vers le II siècle av. J.-C. Nous lui devons les titres des ouvrages d’Aristote, comme Éthique à Nicomaque ou La Métaphysique. À la disparition du Lycée, certains travaux d’Aristote subirent une éclipse ; des ouvrages furent perdus (dont une partie, qui n’était vraisemblablement composée que de copies des originaux, lors de la destruction de la Bibliothèque d'Alexandrie), et La Métaphysique ne fut éditée que très tardivement. Au Moyen Âge, sa philosophie spéculative fut redécouverte, dans un contexte de rivalités d’écoles, grâce aux philosophes judéo-arabes (en particulier à Maïmonide et Averroès), et traduite mot à mot en latin par Albert le Grand et Guillaume de Moerbeke, proche de Thomas d'Aquin. La philosophie aristotélicienne, transformée par Thomas en doctrine officielle de l’Église catholique, devint alors la référence scientifique et philosophique de toute réflexion sérieuse, donnant ainsi naissance à la scolastique et au thomisme. Son succès fut si grand qu’on le nommait simplement « le Philosophe ». thomisme] Cette grande influence de l'œuvre s’explique sans doute en partie par son caractère encyclopédique, qui tente de totaliser le savoir. Platon l’appelait d’ailleurs « le lecteur ». Pourtant, si l’on a pu considérer Aristote comme la synthèse incarnée de toute la