Home About us Products Services Contact us Bookmark
:: wikimiki.org ::
1897

1897

Catégorie:1897 Cette page concerne l'année 1897 du calendrier grégorien.

Événements

Europe


- En mars, guerre entre la Grèce et la Turquie.
- L'île de Crète est réunie à la Grèce.
- 1er Congrès sioniste à Bâle sous la direction de Theodor Herzl, avec la promulgation de la Déclaration de Bâle selon laquelle le sionisme a pour but la création d'un foyer national juif, et création des organes de l'Organisation sioniste mondiale, chargé de la mobilisation politique. Theodor Herzl en est nommé son premier président.
  - Lors de ce congrès le pasteur luthérien allemand Johann Lepsius, défenseur de la cause arménienne, persécuté par les autorités allemandes qui soutenaient le gouvernement ottoman, tenta de lier la cause des deux peuples dispersés, dans son rapport intitulé : « Arméniens et Juifs en exil, ou l'avenir de l'Orient compte tenu de la question arménienne et du mouvement sioniste ».

France


- 30 octobre : Affaire Dreyfus : le vice-président du Sénat, Scheurer-Kestner révèle au ministre de la Guerre ses convictions sur l'innocence de Dreyfus.
- En décembre, second non-lieu en faveur d'Hesterazy : « Il n'y a pas d'affaire Dreyfus ».

Suisse


- Fondation de l'Union suisse des paysans à Berne.
- Genève accueille le premier Congrès suisse pour la défense des intérêts de la femme.
- Premier congrès sioniste à Bâle.
- Le canton des Grisons rachète les Chemins de fer rhétiques.

Afrique


- Togo : La capitale est transférée de Aného à Lomé.

Amériques

États-Unis


- Début de la présidence républicaine de William McKinley aux États-Unis (fin en 1901).
- Les troupes américaines prennent les îles Hawaii qui deviennent le premier pays extérieur incorporé aux États-Unis.
- Ouverture du premier métro américain à Boston.

Asie & sous-continent indien


- Accord anglo-siamois sur les frontières entre le Siam et la Malaisie.
- Épidémie de peste à Bombay.

Chronologies thématiques


- Chemins de fer : 1897 dans les chemins de fer
- Cinéma : 1897 au cinéma
- Sports : 1897 en sport
- Beaux-Arts :
  - 3 avril : Fondation à Vienne (Autriche) du mouvement de la Sécession, par des artistes tels que Gustav Klimt, ou Otto Wagner.
  - À Glasgow, les Mackintosh fondent une école d'art, participation britannique au mouvement de l'Art nouveau.
  - Auguste Rodin sculpte Balzac.
- Littérature :
  - L'écrivain anglais Rudyard Kipling publie Capitaines courageux.
  - L'écrivain anglais d'origine polonaise Joseph Conrad écrit Le nègre du Narcisse.
  - L'écrivain français André Gide écrit Les nourritures terrestres.
  - L'écrivain indien Rabindranath Tagore écrit ses Poèmes.
  - Le dramaturge français Edmond Rostand écrit Cyrano de Bergerac.
  - L'écrivain anglais Abraham Stoker écrit Dracula.
- Sciences & techniques :
  - 7 mars : Les frères Kellog inventent les corn-flakes.
  - 30 avril : Le physicien anglais Joseph John Thomson découvre l'électron.
  - 19 juin - L'anglais Percy Pilcher fait voler un planeur (hawk) équipé de deux roues de bicyclette formant le train d'atterrissage.
  - octobre - Clément Ader réalise le premier vol horizontal (300 mètres) avec « Avion III ».
  - L'ingénieur allemand Rudolf Diesel invente le moteur qui porte son nom.
  - Le médecin anglais Ronald Ross découvre le bacille de la malaria.
  - Le savant britannique Ernest Rutherford expose sa « structure de l'atome ».
  - Ouverture du premier métro américain à Boston.
  - Le savant américain John Jacob Abel isole l'adrénaline.
- Exploration :
  - L'alpiniste Mattias Zurbriggen est le premier à réussir l'ascension de l'Aconcagua, le point culminant des Andes.
  - L'explorateur belge Adrien de Gerlache est le premier à hiverner dans l'Antarctique à bord d'un bateau.

Naissances en 1897


- 2 janvier : Gaston Monnerville, homme politique français
- 17 janvier : Marcel Petiot, tueur en série français
- 19 mai : Frank Capra, réalisateur américain d'origine italienne
- 27 mai : John Douglas Cockcroft, physicien britannique
- 9 juillet : Jean Cassou, écrivain, français.
- 12 septembre : Irène Joliot-Curie, physicienne française
- 16 septembre : Georges Bataille, écrivain français
- 23 septembre : Paul Delvaux, peintre belge
- 25 septembre : William Faulkner, écrivain américain
- 3 octobre : Louis Aragon, écrivain et poète français
- 29 octobre : Joseph Goebbels, homme politique nazi
- Étienne Beothy, sculpteur hongrois

Décès en 1897


- 5 février : Antonio Canovas del Castillo, assassiné par un anarchiste pro-cubain.
- 3 avril : Johannes Brahms, compositeur (° 1833).
- 6 mai : Alfred Des Cloizeaux, minéralogiste français1817).
- 31 juillet : Auguste Lacaussade, poète français (° 1815).
- 10 août : James William Abert, officier et un explorateur américain1820).
- 16 décembre : Alphonse Daudet, écrivain français (° 1840).
- 19 décembre : Stanislas de Guaita, poète, occultiste français.
- Antoine d'Abbadie d'Arrast, savant et voyageur français (° 1810). __NOTOC__ ko:1897년 ms:1897 simple:1897 th:พ.ศ. 2440

Catégorie:1897

Article principal : 1897 Catégorie:Chronologie du XIXe siècle

Grèce

|- valign="top" | Capitale || Athènes |- valign="top" | Président
Premier ministre | Carolos Papoulias
Costas Caramanlis |{{{{{{{{{{Commons|Category:Greece|la Grèce{wikitravel|la Grèce|Grèce{fr{en{en{fr{fr{Pays d'Europe (UE){Portail Grèce

Turquie

|- valign="top" | Président | Ahmet Necdet Sezer |- valign="top" | Premier ministre | Recep Tayyip Erdoğan |- valign="top" | Fondation | 29 octobre 1923 |{{{{{{{{{{{commons|Category:Turkey|la Turquie{wikitravel|la Turquie|Turquie{fr{fr{fr{en{tr{en{en{tr{tr{en{en{tr{en{fr{tr{tr{tr{en{en{tr{tr{tr{tr{fr{fr{fr{Pays d'Europe (COE){Pays d'Asie{lien AdQ|ja{lien AdQ|de

Crète

La Crète est une île méditerranéenne qui se distingue par sa situation géographique qui constitue le point méridional extrême de l'Europe. Rattachée à la Grèce en 1913, elle en est une des treize périphéries (région administrative). La Crète est le berceau de la civilisation minoenne, dont Cnossos est le cœur et le site archéologique le plus important.

Histoire

Cnossos
- À partir de 7000 av. J.-C. (époque néolithique), l'île est envahie par des peuples venant d'Anatolie qui pratiquent l'agriculture et l'élevage. Les plus anciennes poteries sont trouvées à Cnossos et Phaistos. Culte de la « Grande Mère », déesse de la fertilité.
- Période prépalatiale : 2600-2100 av. J.-C. De nouveaux immigrants viennent de l'est. Les poteries sont plus fines, le travail du cuivre et du bronze se généralise.
- Période paléopalatiale : 2100-1650 av. J.-C. La Crète atteint une position prééminente en mer Méditerranée.
- Période néopalatiale : 1650-1450 av. J.-C. Suite à des catastrophes naturelles, vraisemblablement séismes et raz-de-marée liés à l'explosion du Santorin, la construction de sites plus grands est relancée à l'image de Cnossos.
- Période postpalatiale : 1450-1200 av. J.-C. La culture minoenne décline rapidement. Les Mycéniens envahissent la Crète.
- 1200-67 av. J.-C. : La Crète vit selon l'organisation sociale dorienne et à l'ombre de la culture grecque classique.
- 67 av. J.-C. - 395 : La Crète appartient à l'Empire Romain. Gortyne devient capitale de la Crète et de la province qui comprend la Cyrénaique.
- 395-824 : La Crète fait partie de l'empire byzantin.
- 824-961 : Occupation arabe.
- 961-1204 : Reconquête par les Byzantins.
- 1204-1669 : Après la prise de Constantinople par les croisés, Candia (la Crète) devient vénitienne.
- 1669 : Les Turcs conquièrent Héraklion et dominent l'île pendant 200 ans.
- 1898 : La Crète devient autonome et le prince Georges de Grèce devient son Haut-Commissaire.
- 1913 : La Crète est rattachée à la Grèce.

Géographie

Grèce La Crète possède une forme étirée d'est en ouest (250 km sur 60 au maximum). D'une superficie de 8400 km², 1000 km environ de périphérie, elle est la cinquième île de Méditerranée après la Sicile, la Sardaigne, la Corse et Chypre. Tout comme la Corse, elle est montagneuse, le point culminant est le Psiloritis à 2500 m. La Crète compte officiellement environ 300 000 oliviers. Riche d'un écosystème très diversifié, elle abrite plusieurs espèces d'animaux qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, ainsi qu'une flore très variée. L'île est bercée par un climat méditerranéen, l'été est chaud et sec, alors que l'hiver est plutôt doux. La Crète souffre en revanche de problèmes d'environnement. En effet, il y a quelques années encore, une immense décharge à ciel ouvert située près de Chania posait d'importants problèmes écologiques. L'état grec a donc décidé de la fermer. Mais il existe encore beaucoup de décharges sauvages un peu partout sur l'île. Les plages sont elles aussi envahies de déchets en tout genre (bien que certaines d'entre elles soient régulièrement nettoyées, comme Elafonissi). Les rivages crétois sont malheureusement victimes également de dégazages.

Principales villes


- Agios Nikolaos
- La Canée (Chania)
- Cnossos
- Héraklion
- Ierapetra
- Paleohora
- Rethymno
- Sfakia
- Spili
- Timbaki

Économie

Tourisme

Mythes Fondateurs

L'île de Crète a été le théâtre de nombreux épisodes de la mythologie grecque:
- elle est le lieu où Zeus est né, protégé par sa mère Gaia (la Terre), contre l'appétit de son père Cronos.
- elle est le lieu des amours de Zeus et de sa captive Europe, liaison qui donnera naissance à Minos, le roi légendaire de la Crète.
- l'épouse de Minos ayant succombé au charme d'un taureau blanc, elle enfantera le fameux Minotaure. Celui-ci sera enfermé par Minos dans le Labyrinthe, construit par l'architecte Dédale. L'emplacement du Labyrinthe serait reconnaissable d'après certains archéologues sur le site de Cnossos en Crète.
- la ruse et le courage de Thésée et d'Ariane permettront de tuer le Minotaure et de ressortir du Labyrinthe.
- Enfin, Dédale et son fils Icare cherchent à s'échapper de l'île où la vengeance de Minos les poursuit : pour cela, Dédale construit des ailes en cire. Icare y laissera la vie en volant trop près du soleil.

Voir aussi


- Périphérie de Crète

Liens externes


- [http://www.crète.net Le portail de la Crète - Guide, actualités, météo, réservations, plans et cartes]
- [http://crete.free.fr La Crète - Voyage en images]
- [http://nezumi.dumousseau.free.fr/crete.htm Les principaux sites de Crète]
- [http://grecomania.site.voila.fr/Crete/index.html Site sur la Crète] Catégorie:Île grecque Catégorie:Région grecque ja:クレタ島

Grèce

|- valign="top" | Capitale || Athènes |- valign="top" | Président
Premier ministre | Carolos Papoulias
Costas Caramanlis |{{{{{{{{{{Commons|Category:Greece|la Grèce{wikitravel|la Grèce|Grèce{fr{en{en{fr{fr{Pays d'Europe (UE){Portail Grèce

Theodor Herzl

Theodor Herzl ( son nom hébreu « Benjamin Ze'ev » (בנימין זאב)) (Budapest, 2 mai 1860 - Edlach, 3 juillet 1904). Journaliste et écrivain juif hongrois d'expression allemande.
Fondateur du mouvement sioniste (Congrès de Bâle, 1897).
Auteur de Der Judenstaat (L'État des Juifs, 1896), dans lequel il expose ses thèses.
Fondateur du Fonds national juif pour l'achat de terres en Palestine. Né le 2 mai 1860 à Budapest (quartier de Pest), capitale de la Hongrie caractérisée par son cosmopolitisme extrêmement diversifié. Cette ville abrite une population juive nombreuse, qui représente 25 % de ses habitants. Certains ont ainsi renommé la ville « Judapest ». Théodore Herzl (ou Twador en Hongrois, Wolf Théodore en Allemand) grandit dans une famille bourgeoise, pratiquant un judaïsme que l’on pourrait qualifier de progressiste. Son père, issu de l’immigration de la partie orientale de l'empire austro-hongrois se définit lui-même comme réformiste et demeure un partisan de l’assimilation des juifs au sein de la terre d'accueil. Il est mort le 3 juin 1904 à Edlach (Autriche). Il s'est illustré comme écrivain, journaliste et homme politique. Juriste de formation, Herzl séjourne à Paris de 1891 à 1896 comme correspondant du journal autrichien de Vienne, Neue Freie Presse. A l'origine, il penchait pour l'assimilation et croyait que l'antisémitisme disparaîtrait si les Juifs se fondaient dans les cultures nationales. Mais, des pogroms eurent lieu en Europe de l'est (surtout en Russie). L'affaire Dreyfus, qui éclata en France en 1894, lui ôta toutes ses illusions. Ce qui l'a douloureusement frappé fut de voir l'antisémitisme s'insinuer dans une nation généreuse comme la France, dont l'esprit l'avait conquis. Cette affaire convainquit Herzl que les Juifs ne seraient jamais pleinement reconnus en tant que citoyens européens. Il ne connaissait guère le judaïsme ; il se pencha sur l'histoire du peuple juif.
Dans ce livre, Herzl pose la question de l'État juif comme une question mondiale, devant intéresser toutes ces puissances : « Il faudrait aux Juifs un État, dans un pays dont ils auraient la souveraineté. Il suffirait aux nations d'accorder aux masses juives malheureuses, un petit coin de terre, que le judaïsme aurait la charge d'organiser et de faire prospérer. » Selon lui « le sionisme a pour but de créer, pour le peuple juif en Palestine, un foyer garanti par le droit public. » Il est reconnu comme le théoricien et le fondateur du sionisme dans son ouvrage en langue allemande L'État des Juifs (1896). Il constate la nécessité pour le peuple juif dispersé de fonder une nation autonôme. Le constat d'alors c'est que les juifs n'ont pas un territoire, une langue commune. Ce peuple avait attendu un messie, un libérateur pendant plus de quatre mille ans. Et rien ne s'était produit. En 1897, des intellectuels se réunissent à Bâle en Suisse pour le premier congrès sioniste. Les assises de l'Organisation sioniste mondiale sont établies et il la présidera jusqu'à sa mort. L'orthodoxie religieuse du rabbinat s'est opposée à cette doctrine au début. L'hypothèse d'adopter l'allemand pour les juifs à ce moment-là avait été envisageé.

Bibliographie

De Théodore Herzl :
- L'État des Juifs, suivi de Essai sur le sionisme par Claude Klein, sous le titre global de De l'État des Juifs à l'État d'Israël, La Découverte, 2003, ISBN 2707141054
- Nouveau pays ancien : Altneuland précédé de Retour à Altneuland : la traversée des utopies sionistes par Denis Charbit, éd. de L'Éclat, 2004, ISBN 284162093X Sur Théodore Herzl
- Alain Boyer, Théodore Herzl, Éditions Albin Michel, 1991.
- André Chouraqui, Théodore Herzl, Éditions du Seuil, 1960.
- Serge-Allain Rozenblum, Theodor Herzl, Paris : Éditions du Félin, 2001.
- Charles Zorgbibe, Theodor Herzl : L'aventurier de la terre promise, Paris : Éditions Tallandier, coll. « Biographies-Figures de proue », 2000, 420 p.

Voir aussi

Histoire du sionisme,Sionisme Herzl, Theodor Herzl, Theodor Herzl, Theodor ja:テーオドール・ヘルツル

Sionisme

Dérivé de Sion (en Hébreu, ציון), le nom d'une colline de Jérusalem, le sionisme est un mouvement politique qui affirme le droit à l'existence d'un État juif. Il s'est développé pendant la deuxième moitié du , notamment parmi les Juifs d'Europe centrale et d'Europe de l'Est sous la pression des pogroms et de l'antisémitisme chronique de ces régions, mais aussi en Europe occidentale, suite au choc causé par l'affaire Dreyfus.

Histoire

Origines du sionisme

Depuis la destruction du Temple et la dispersion des Juifs par l'Empire romain suite aux révoltes de l'an 70 et de l'an 135, les Juifs expriment le désir constant de retourner sur leurs terres ancestrales. Ce territoire, que la tradition biblique désigne comme Terre d'Israël et l'administration romaine considère jusqu'alors comme la Région administrative de Judée, est renommée Palestine — en référence au peuple philistin — pour délégitimer l'esprit de révolte et ôter l'espoir de retour au peuple exilé. Au cours des siècles suivants, malgré quelques tentatives effectives de retour (cf. Shabbatai Zvi), ce désir se transforme progressivement en tradition religieuse. Cette dernière est formulée à Pessah par un vœu liturgique : « L'an prochain à Jérusalem ». La croyance se développe selon laquelle le retour aura lieu après l'arrivée du Messie. Avec le , l'esprit des Lumières donne naissance aux concepts de peuple et de nation, définis par leur identité -- par opposition à la notion de royaume, défini par son souverain et ses frontières. Les Français les premiers, que leur révolution de 1789 oppose à toutes les monarchies d'Europe, se battent en tant que Français et non en tant que sujets du Roi de France. L'émancipation des peuples, sur les plans religieux et intellectuel, conduira à leur émancipation politique. En Allemagne et en Italie qui n'existent pas encore, naît une conscience d'être Allemands ou Italiens. La Pologne et la Hongrie, qui n'existent pas encore comme entités indépendantes connaissent une évolution semblable. C'est à cette époque aussi qu'apparaît l'idée d'un peuple juif, défini comme tel par son identité et non par sa religion. Le messianisme laisse progressivement place à un sécularisme, qui voit pour la première fois depuis des siècles les Juifs prendre une part active aux affaires temporelles, notamment à la naissance du communisme, du libéralisme, du rationalisme, etc. En 1878, le Congrès des Nations de Berlin dû spécialement aux efforts de Benjamin Disraeli, décréta une amélioration des restrictions imposées aux Juifs en Palestine. Dans les années 1880, plusieurs mouvements, tels que Hibbat Zion ou la première Aliyah (remontée [au pays]) visent à évacuer des familles juives des pays les plus antisémites (Pologne, Russie) vers la Palestine/Judée. Le terme sionisme apparaît en 1890, sous la plume de Nathan Birnbaum. C'est le choc de l'affaire Dreyfus, en 1894 qui, par son explosion d'antisémitisme dans le pays considéré comme le plus éclairé d'Europe, va déclencher la naissance effective des mouvements sionistes. Theodor Herzl, publie Der Judenstaat (« L'État des Juifs ») en février 1896. La Palestine est alors une province de l'Empire ottoman. La région, qu'on estime aujourd'hui avoir été occupée par environ 450 000 habitants tant musulmans que chrétiens ou juifs, est alors considérée comme pratiquement vide. Cette apparente vacuité est due au fait que la région est effectivement sous-peuplée, mais aussi qu'une bonne partie de la population est constituée de tribus nomades sans identité collective (la notion de peuple palestinien ne se dégagera qu'avec le conflit israélo-palestinien) et sans représentants à même de contester cette interprétation. C'est de cette image que naîtra l'expression « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », sous la plume d'Israel Zangwill. En 1897, Herzl organise le premier Congrès sioniste à Bâle en Suisse. Au cours de ce congrès est fondée l'Organisation sioniste mondiale, qui élit Herzl comme premier président. L'objectif de l'Organisation est de donner au peuple juif un pays, afin d'en faire un peuple comme un autre.

Essor du sionisme

L'idéal du Congrès sioniste consiste à établir un pays en Palestine/Terre d'Israël. Cependant, l'idée de fonder l'État juif en d'autres lieux reste ouverte. Soit en Argentine, terre d'immigration, comme le propose le baron de Hirsch, soit en Ouganda/Kenya, comme le suggère le Secrétaire à la Colonisation britannique Joseph Chamberlain, en 1902. Si la piste de l'Argentine n'est jamais totalement écartée, l'Organisation décline l'offre de l'Ouganda en 1905 car le territoire est déjà occupé par lesMasaïs visiblement hostiles. (De nombreux Juifs émigreront effectivement d'Europe de l'Est vers l'Argentine grâce à l'aide financière apportée par le baron de Hirsch: à sa mort, en 1897, la Jewish Colonization Association, qu'il avait créée en 1896, possédait plus de 1 000 km² dans ce pays, abritant plus de 1 000 familles). L'Organisation territorialiste juive naît de ce refus, avec pour objectif de chercher d'autres régions dans lesquelles fonder un État. Pendant ce temps, l'Organisation sioniste mondiale tente de négocier avec le Sultan Ottoman, par le biais de l'empereur allemand Guillaume II, sans succès. En 1901, le Fonds national juif est créé et commence à collecter de l'argent afin d'acheter des terres inoccupées en Palestine pour y établir des Juifs d'Europe de l'Est, alors sous la menace permanente de pogroms. Cette politique est l'une des sources de l'hostilité arabe, car un grand nombre de terres vendues comme incultes sont en fait des métairies dont les fermiers sont expulsés par les propriétaires fonciers (souvent des roitelets syriens). L'immigration juive est perçue comme une invasion. La mort précoce de Herzl en 1904 fit vaciller le mouvement sioniste, mais un nouveau départ lui fut donné par un message venant d'un horizon totalement inattendu. En 1910, un chrétien, le Pasteur Charles Taze Russell, un Gentil, ami du peuple juif et étudiant remarquable des prophéties hébraïques, écrivit 12 articles sous le titre Le Peuple Choisi de Dieu, qui suscitèrent beaucoup de curiosité et d'intérêt parmi les Juifs. 19 ans auparavant, c'est à dire six années avant la tenue du premier Congrès sioniste, et alors même que le travail de Herzl était peu connu, C. T. Russell avait inséré dans son livre Que Ton Règne Vienne, un chapitre intitulé : « Le Rétablissement d'Israël ». Ces articles, qui paraissaient dans la revue à grand tirage Overland Monthly (publiée à San Francisco par le journaliste et auteur, Francis Bret Harte), l'amenèrent à être invité à parler dans une réunion publique juive à l'Hippodrome de New York, la même année. Plus de 4 000 Juifs représentatifs y assitèrent, furent édifiés et inspirés lorsqu'il leur parla de leurs propres prophéties hébraïques, les assurant du retour de la faveur de Dieu, et d'un avenir glorieux pour un Israël futur. En réponse à l'intérêt massif parmi les Juifs, le Pasteur Russell publia un journal spécial en yiddish : Die Stimme (La Voix). En 1909, le premier kibboutz, Degania, est fondé en Galilée, par douze Pionniers juifs. La même année, Ha-Shomer, la première force armée juive en Palestine et qui ne comptera jamais plus de 100 membres, est fondée, pour monter la garde autour des installations agricoles juives, essentiellement contre des groupes de pillards bédouins. En 1917, le Secrétaire aux Affaires étrangères britannique, Arthur Balfour, lors de la Déclaration Balfour, au nom du Gouvernement britannique, promet une patrie pour les Juifs en Palestine. Par cette promesse, le Gouvernement britannique paye la contribution du Dr. Chaim Weizmann à l'effort de guerre, tente d'affaiblir la Turquie ottomane et de s'attirer la bienveillance de l'opinion publique américaine. Le Dr. Weizmann, chercheur en chimie et l'un des représentants de l'Organisation sioniste mondiale en Grande-Bretagne, a développé un procédé pour synthétiser la cordite, un composant nécessaire pour la fabrication de poudre blanche (à canons), dont les stocks britanniques sont alors épuisés. Il est à noter que le terme « patrie » est choisi par opposition à « pays » et que cette patrie est en Palestine et non la Palestine. Il est aussi à noter que la Palestine a été aussi promise à des princes arabes en échange de leur contribution militaire à l'affaiblissement de l'Empire ottoman (voir Lawrence d'Arabie), toujours au nom du Gouvernement britannique. L'Empire Ottoman est démantelé en 1918, puis, en 1922 la Société des Nations, nouvellement constituée, donne à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine. À partir de ce moment, la situation politique devient un jeu complexe à trois parties entre les arabes de Palestine (la Palestine, qui était une terre d'émigration arabe est de nouveau une terre d'immigration, la notion de peuple palestinien commence à se développer), les Juifs (anciens habitants et surtout nouveaux immigrants) et l'autorité coloniale, qui tâche de préserver son assise, notamment en pratiquant une politique de « diviser pour mieux régner ». Société des Nations et hongrois, d'un film promouvant la colonisation juive de la Palestine]] À cette époque, l'opinion juive est divisée à propos du sionisme. Les courants religieux y sont généralement hostiles, allant jusqu'à le considérer comme blasphématoire. Le Parti communiste, tout comme le Bund, qui voient dans le sionisme deux ennemis (religion et nationalisme), sont eux aussi fortement anti-sionistes. Pour de nombreux Juifs, la solution à l'antisémitisme est à trouver en Europe (ou aux États-Unis d'Amérique) plutôt qu'en Palestine. De plus, certains leaders sionistes, comme Vladimir Jabotinsky, commencent à pressentir l'inéluctabilité d'un conflit judéo-arabe, point de vue confirmé par les émeutes arabes de 1920 puis le pogrom de Hebron, en 1929, qui mettra fin à la présence juive multi-millénaire à Hebron. En 1928, l'Union soviétique crée de toutes pièces une République autonome juive du Birobidjan, en Extrême-Orient, pour écarter les Juifs de la capitale : Il s'agit donc d'un acte sioniste et antisémite. La situation change à partir de 1933 et de l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir. Alors que les États-Unis ont fermé leurs portes à l'immigration, l'espoir pour les Juifs de vivre en sécurité dans les pays occidentaux s'effrite. De nombreux Juifs quittent l'Europe. Simultanément, l'autorité coloniale britannique tente de limiter l'entrée de Juifs en Palestine afin d'apaiser les Arabes palestiniens. Après les révoltes arabes de 1936, la Grande-Bretagne organise la conférence du Saint-James, au cours de laquelle sont représentés divers groupes de Juifs sionistes et non-sionistes, des délégations d'Arabes de Palestine, d'Égypte, d'Irak, d'Arabie saoudite, de Jordanie et du Yémen, afin de trouver une solution qui ne nécessite pas de diviser la région en plusieurs pays. La conférence échoue, notamment en raison du refus des délégués arabes (dirigés par le mufti Amin al-Husseini) de reconnaître la légitimité des représentants juifs, qui force les négociateurs britanniques à tenir le rôle de messagers entre les divers parties. En 1939, l'autorité coloniale publie le plan McDonalds, qui limite l'entrée de Juifs à un total de 75 000 réfugiés et immigrants, répartis sur 5 ans et sous réserve de conditions économiques, régule l'achat de territoires par des juifs, rejette l'idée d'un État juif comme d'un État arabe. Le plan McDonalds est rejeté par les deux parties, qui y voient toutes deux une trahison, ainsi que par la Société des Nations, qui le considère comme contradictoire avec le mandat britannique. Cependant, ce plan sera, pour l'essentiel, appliqué pendant tout la durée de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, les deux camps disposent de forces armées plus ou moins organisées. Du côté sioniste, il s'agit de la Haganah (« défense », organisation globalement de gauche, future Tsahal) et de lIrgoun, (acronyme d'« Organisation nationale militaire », dissension de la Haganah regroupant des éléments plus à droite et assimilée, selon les points de vue à un groupe de guérilla ou de terrorisme). Alors que le premier groupe est essentiellement organisé pour défendre les villes juives, le second lance aussi des opérations contre des cibles britanniques ou arabes. Du côté arabe, plusieurs mouvements nationaux s'en prennent aux Juifs, aux Britanniques et aux « traîtres ». Pour l'essentiel, en 1939, ces groupes arabes ont été décapités. Avec le début de la deuxième guerre mondiale Haganah et Irgoun joignent leur force avec l'armée britannique pour la lutte contre le nazisme. En 1941, le mufti Amin al-Husseini signe une alliance avec l'Axe et plaide pour résoudre le problème des juifs au Moyen-Orient « selon les méthodes de l'Axe ». En Europe, la Seconde Guerre mondiale voit le meurtre de 6 millions de Juifs au cours de l'Holocauste. En particulier, les membres des mouvements juifs anti-sionistes sont presque tous exterminés. À la libération, des centaines de milliers de survivants ont tout perdu et n'ont aucune intention de retourner dans des pays qui les ont, de leur point de vue, trahis. La découverte de la Shoah par l'opinion publique internationale éveille une soudaine sympathie pour le peuple juif, qui va contribuer à la naissance de l'État d'Israël. Un autre facteur est la guerre permanente que, depuis l'armistice de 1945, livrent de nouveau les diverses organisations sionistes et palestiniennes contre l'autorité coloniale, et qui finira par rendre la situation intenable pour la Grande-Bretagne. En 1947, l'Assemblée générale des Nations unies ouvre le débat sur la Palestine. Plusieurs plans sont proposés, notamment la création d'un état binational ou d'un État juif et d'un État arabe, avec plusieurs tracés de frontières possibles, ou encore d'un État juif, un État arabe et un micro-État binational comprenant essentiellement Jérusalem. La solution de trois États est finalement retenue mais est rejetée immédiatement par les représentants palestiniens et ne sera jamais mise en œuvre. Le 14 mai 1948, l'État d'Israël est proclamé. Quelques heures plus tard, les armées de six pays arabes attaquent le nouvel État. Au cours de cette guerre, qu'Israël remportera, l'Égypte annexe le Sinaï et la Bande de Gaza, territoires initialement alloués à l'État palestinien, tandis que la Jordanie annexe la Judée et Samarie (qui deviendront la Cisjordanie et représentent 21 % du territoire alloué à l'État palestinien). Israël conservera de cette guerre 26 % du territoire alloué à l'État palestinien. Le monde arabe et le peuple palestinien en particulier désigne cette période comme la Nakbah (la « tragédie »). Les israéliens s'en souviennent comme de leur Guerre d'Indépendance.

Politique

Courants du sionisme

Le sionisme rassemble des courants très divers allant de la droite à la gauche. Parmi les organisations sionistes on peut noter :
- sionisme socialiste :
Hachomer Hatzaïr qui se réfère aux œuvres Naham Syrkin et Moses Hess et sont fortement influencé par le marxisme ;
- sionisme travailliste :
Habonim Dror qui se réfère à l'œuvre de Ber Borokhov ;
- sionisme laïc de droite :
Betar qui se réfère à l'œuvre de Zeev Jabotinsky ;
- anarcho-sionisme : pour la construction d'un foyer national révolutionnaire sans État ;
- sionisme religieux :
Bne Akiva qui se réfère à l'enseignement d'Abraham Isaac Kook (1864-1935), premier grand rabbin ashkénaze d'Israël.

Opposition au sionisme

Voir article détaillé antisionisme Le sionisme fut, et est toujours, contesté par plusieurs mouvements politiques et idéologies dits antisionistes, dont le khomeinisme prôné par les dirigeants iraniens de 1979 jusqu'au milieu des années 1980 et l'antisionisme de l'Organisation de libération de la Palestine proche de l'Autorité palestinienne.

Opposition des Nations unies

Le sionisme est condamné le 10 novembre 1975 par l'Assemblée générale des Nations unies dans la résolution 3379 ([http://daccessdds.un.org/doc/RESOLUTION/GEN/NR0/002/72/IMG/NR000272.pdf]) qui décrit dans ses préambules le sionisme comme une « idéologie raciste et impérialiste » et énonce dans sa conclusion que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». La conclusion de cette résolution est cependant annulée le 10 novembre 1991 par l'Assemblée générale (Rés. 46/86 [http://daccessdds.un.org/doc/RESOLUTION/GEN/NR0/583/96/IMG/NR058396.pdf]). Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, désapprouvera publiquement la résolution de 1975 en la qualifiant de « manifestation lamentable d'antisémitisme ».

Articles connexes


- Antisionisme
- Postsionisme
- Déclaration Balfour
- Sionisme chrétien

Bibliographie


- Alain Boyer,
Les Origines du sionisme, PUF, Que sais-je ?, n°2397, 1994
-
Sionismes. Textes fondamentaux réunis et présentés par Denis Charbit, Albin Michel, Paris, 1998
- Claude Franck et Michel Herszlikowicz,
Le Sionisme, PUF, Que sais-je ?, n°1801, 1984
- UEJF,
Le sionisme expliqué à nos potes, collectif - éd. La Martinière, 2003, 253 p.
- Roger Ascot,
Le Sionisme trahi ou les Israéliens du dimanche
-
Le Sionisme est-il mort ? collectif - éd. La Découverte
- Y. Rabkin,
Au nom de la Thorah, une histoire de l’opposition juive au sionisme, éd. Les presses de l’université Laval
- Tsilla Hershco,
Entre Paris et Jérusalem. La France, le sionisme et la création de l’État d’Israël, 1945-1949, Honoré Champion DVD / Vidéos
- Walter Laqueur,
Histoire du sionisme. Naissance d’Israël.
- Percy Norma,
Israël et les Arabes (La guerre de cinquante ans), Coffret de 2 VHS
- Albert Londres ,
Le Juif errant est arrivé, éd. Serpent à plumes
- Travaux de l'historien Zeev Sternhell sur le rôle du sionisme dans la création d'Israël.
- Georges Bensoussan,
Une histoire intellectuelle et politique du sionisme, Fayard, 2001 catégorie:idée politiquecatégorie:IsraëlCatégorie:judaïsme catégorie:sionisme ja:シオニズム zh-min-nan:Sek-an-chú-gī

Organisation sioniste mondiale

L'Organisation sioniste mondiale fut créée le 3 septembre 1897 lors du premier congrès juif qui s'est tenu à Bâle en Suisse. Cette organisation qui s'appelait encore Organisation sioniste devint la vitrine du mouvement sioniste. Ca n'est qu'en 1960 que le mouvement prit le nom d'Organisation sioniste mondiale. Théodore Herzl, qui organisa le premier congrès, écrivit plus tard : « À Bâle, j'ai donné naissance au futur État juif. Il peut venir dans cinq ans, ou dans cinquante ans, tout le monde le verra ». À la création de l'État d'Israël cinquante ans plus tard, le 14 mai 1948, une grande partie des institutions avaient déjà été mises en place au cours des congrès sionistes qui s'étaient tenus régulièrement au cours des précédentes décennies. Certaines de ces institutions fonctionnent toujours aujourd'hui.

Fonctionnement de l'organisation

De 1897 à 1946, un congrès fut organisé tous les deux ans (à l'exception des périodes des guerres mondiales) dans différentes villes européennes, afin de construire toute l'infrastructure nécessaire à l'installation des Juifs en Palestine. Des délégations représentaient lors des congrès tous les Juifs quels que soient leurs pays, leurs langues, leurs traditions religieuses ou leurs sensibilités politiques. Le droit de vote de chaque délégué était représenté par l'utilisation de son shekel sioniste. Les représentants étaient regroupés en fonction de leur idéologie plutôt qu'en fonction de leur localisation géographique. Les finances de l'organisation étaient gérées par le Jewish Colonial Trust, fondé en 1899, et l'acquisition de terres en Palestine était organisée par le Fond national juif, fondé en 1901. Le Keren Hayesod fut créé en 1920 pour organiser les activités élémentaires nécessaires à l'existence d'un État : les entreprises d'électricité, de banque et d'exploitation de la potasse furent ainsi créées longtemps avant 1948. Catégorie:Israël Catégorie: sionisme

Theodor Herzl

Theodor Herzl ( son nom hébreu « Benjamin Ze'ev » (בנימין זאב)) (Budapest, 2 mai 1860 - Edlach, 3 juillet 1904). Journaliste et écrivain juif hongrois d'expression allemande.
Fondateur du mouvement sioniste (Congrès de Bâle, 1897).
Auteur de Der Judenstaat (L'État des Juifs, 1896), dans lequel il expose ses thèses.
Fondateur du Fonds national juif pour l'achat de terres en Palestine. Né le 2 mai 1860 à Budapest (quartier de Pest), capitale de la Hongrie caractérisée par son cosmopolitisme extrêmement diversifié. Cette ville abrite une population juive nombreuse, qui représente 25 % de ses habitants. Certains ont ainsi renommé la ville « Judapest ». Théodore Herzl (ou Twador en Hongrois, Wolf Théodore en Allemand) grandit dans une famille bourgeoise, pratiquant un judaïsme que l’on pourrait qualifier de progressiste. Son père, issu de l’immigration de la partie orientale de l'empire austro-hongrois se définit lui-même comme réformiste et demeure un partisan de l’assimilation des juifs au sein de la terre d'accueil. Il est mort le 3 juin 1904 à Edlach (Autriche). Il s'est illustré comme écrivain, journaliste et homme politique. Juriste de formation, Herzl séjourne à Paris de 1891 à 1896 comme correspondant du journal autrichien de Vienne, Neue Freie Presse. A l'origine, il penchait pour l'assimilation et croyait que l'antisémitisme disparaîtrait si les Juifs se fondaient dans les cultures nationales. Mais, des pogroms eurent lieu en Europe de l'est (surtout en Russie). L'affaire Dreyfus, qui éclata en France en 1894, lui ôta toutes ses illusions. Ce qui l'a douloureusement frappé fut de voir l'antisémitisme s'insinuer dans une nation généreuse comme la France, dont l'esprit l'avait conquis. Cette affaire convainquit Herzl que les Juifs ne seraient jamais pleinement reconnus en tant que citoyens européens. Il ne connaissait guère le judaïsme ; il se pencha sur l'histoire du peuple juif.
Dans ce livre, Herzl pose la question de l'État juif comme une question mondiale, devant intéresser toutes ces puissances : « Il faudrait aux Juifs un État, dans un pays dont ils auraient la souveraineté. Il suffirait aux nations d'accorder aux masses juives malheureuses, un petit coin de terre, que le judaïsme aurait la charge d'organiser et de faire prospérer. » Selon lui « le sionisme a pour but de créer, pour le peuple juif en Palestine, un foyer garanti par le droit public. » Il est reconnu comme le théoricien et le fondateur du sionisme dans son ouvrage en langue allemande L'État des Juifs (1896). Il constate la nécessité pour le peuple juif dispersé de fonder une nation autonôme. Le constat d'alors c'est que les juifs n'ont pas un territoire, une langue commune. Ce peuple avait attendu un messie, un libérateur pendant plus de quatre mille ans. Et rien ne s'était produit. En 1897, des intellectuels se réunissent à Bâle en Suisse pour le premier congrès sioniste. Les assises de l'Organisation sioniste mondiale sont établies et il la présidera jusqu'à sa mort. L'orthodoxie religieuse du rabbinat s'est opposée à cette doctrine au début. L'hypothèse d'adopter l'allemand pour les juifs à ce moment-là avait été envisageé.

Bibliographie

De Théodore Herzl :
- L'État des Juifs, suivi de Essai sur le sionisme par Claude Klein, sous le titre global de De l'État des Juifs à l'État d'Israël, La Découverte, 2003, ISBN 2707141054
- Nouveau pays ancien : Altneuland précédé de Retour à Altneuland : la traversée des utopies sionistes par Denis Charbit, éd. de L'Éclat, 2004, ISBN 284162093X Sur Théodore Herzl
- Alain Boyer, Théodore Herzl, Éditions Albin Michel, 1991.
- André Chouraqui, Théodore Herzl, Éditions du Seuil, 1960.
- Serge-Allain Rozenblum, Theodor Herzl, Paris : Éditions du Félin, 2001.
- Charles Zorgbibe, Theodor Herzl : L'aventurier de la terre promise, Paris : Éditions Tallandier, coll. « Biographies-Figures de proue », 2000, 420 p.

Voir aussi

Histoire du sionisme,Sionisme Herzl, Theodor Herzl, Theodor Herzl, Theodor ja:テーオドール・ヘルツル

30 octobre

Le 30 octobre est le 303 jour de l'année (304 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.

Événements


- 1536 : Au Danemark l'épiscopat est supprimé
- 1632 : Exécution du Henri II de Montmorency à Toulouse
- 1697 : La France, l'Angleterre et le Saint-Empire signent la paix de Ryswick.
- 1794 : L'École Normale Supérieure est créée
- 1817 : Création d'un gouvernement indépendantiste au Venezuela par Simon Bolivar
- 1918 : La Tchécoslovaquie est créée
- 1841 : La Tour de Londres est ravagée par un incendie
- 1914 : Début de la bataille d'Ypres
- 1918 : L'armistice de Mûdros, fin de l'empire Ottoman
- 1922 : Mussolini forme un gouvernement fasciste
- 1930 : Un traité d'amitié est signé entre la Grèce et la Turquie
- 1938 : Rupture du Front populaire en France
- 1955 : Le sultan du Maroc abdique
- 1995 : Tenue d'un référendum sur la souveraineté du Québec. Le NON l'emporte à 50,4 %, soit une différence de 54000 votes sur un total de plus de 4 millions de voix.
- 1998 : La France engage une procédure judiciaire à l'encontre du général Augusto Pinochet
- 2002 : Fermeture des ateliers de haute-couture d'Yves Saint-Laurent

Naissances


- 1735 : John Adams, deuxième président des États-Unis
- 1762 : André Chénier (André Marie de Chénier), poète français († 1794)
- 1787 : Louis-Jacques-Maurice de Bonald, futur archevêque de Lyon, naît à Millau
- 1821 (du calendrier julien) : Fedor Dostoïevski, écrivain russe († 1881)
- 1839 : Alfred Sisley, peintre britannique
- 1861 : Antoine Bourdelle, sculpteur français
- 1871 : Paul Valéry, écrivain français
- 1873 : Francisco Madero, président du Mexique entre 1911 et 1913.
- 1917 : Maurice Trintignant, pilote de course français
- 1918 : Jacques Faizant, dessinateur
- 1894 : Jean Rostand, biologiste et écrivain
- 1924 : Hubert Curien, ministre de la Recherche français († 2005)
- 1930 : Timothy Findley, écrivain canadien anglais
- 1932 : Louis Malle, cinéaste français
- 1934 : Pierre Fédida, psychanalyste français
- 1937 : Claude Lelouch, cinéaste
- 1959 : Vincent Lagaf' humoriste et animateur
- 1960 : Diego Maradona, joueur de football

Décès


- 235 : Pontien, pape.
- 1495 : Charles de Bourbon-Vendôme, comte de Vendôme
- 1574 : Marie de Clèves, princesse de Condé.
- 1910 : Henri Dunant, fondateur du Comité international de la Croix-Rouge
- 1965 : Mehdi Ben Barka homme politique marocain
- 1979 : Robert Boulin, ministre du Travail, voir Affaire Robert Boulin
- 2002 : Pierre Aigrain, physicien et homme politique français
- 2002 : Juan Antonio Bardem, cinéaste espagnol
- 2002 : Raymond Savignac, célèbre affichiste publicitaire. Catégorie:Jour de l'année ja:10月30日 ko:10월 30일 ms:30 Oktober simple:October 30 th:30 ตุลาคม

Affaire Dreyfus

L'affaire Dreyfus ou l'Affaire est une affaire d'espionnage devenue politique qui a provoqué l'une des crises majeures de la Troisième République française sous laquelle elle se déroule. Elle porte le nom de son principal protagoniste, le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé.

L'histoire

En septembre 1894, un agent français, Marie Bastian, servant sous la couverture de femme de ménage, à l'ambassade d'Allemagne, récupère un bordereau contenant des secrets militaires français, notamment en matière d'artillerie. Rapidement les soupçons se portent sur le capitaine-stagiaire Alfred Dreyfus, artilleur de l'armée française, travaillant à l'État-Major et d'origine juive alsacienne. On sait aujourd'hui qu'Alfred Dreyfus était innocent, l'accusation étant basée sur de faux documents. Quand les officiers généraux se rendirent compte de leurs erreurs, ils tentèrent de les maquiller. Après une très sommaire analyse graphologique, du fait de similitudes d'écriture, il est arrêté le 15 octobre et incarcéré à la prison du Cherche-Midi. Le 31 octobre son arrestation est rapportée dans la presse. Le 2 novembre, le général Auguste Mercier, ministre de la Guerre, décide d'entamer des poursuites à son encontre. Il est traduit devant un premier Conseil de Guerre à Paris, à huis clos. Pour forcer le jugement, un dossier secret est communiqué aux juges sans que la défense assurée par Maître Domange, avocat, en ait connaissance. Le 22 décembre il est condamné à la dégradation militaire - qui aura lieu le 5 janvier 1895 dans la cour de l'École militaire - et à la déportation au bagne de l'Ile du Diable. Mathieu Dreyfus, frère de l'accusé, est convaicu de l'innocence de son frère et réussit à convaincre le journaliste Bernard Lazare de se pencher sur les zones d'ombre de la procédure. Le 14 septembre pour, au contraire, renforcer les convictions de l'opinion sur la responsabilité du condamné, L'Éclair révèle l'existence du « dossier secret », montrant l'illégalité de la procédure ; en particulier, on commence à parler du faux Henry. Puis le 10 novembre 1896, Le Matin produit un fac-similé du bordereau. Enfin en 1897 le lieutenant-colonel Georges Picquart, ancien chef de la Section de Statistique - nom des services de renseignement de l'armée - fait connaître ses doutes sur la culpabilité de Dreyfus, du fait notamment d'une pièce également découverte à l'ambassade d'Allemagne, dite le petit bleu incriminant un autre officier français, le commandant Esterhazy. Fort de cette information Bernard Lazare parvient à convaincre Auguste Scheurer-Kestner, vice-président du Sénat et alsacien. Et en novembre, les défenseurs des Dreyfus sont informés des similitudes d'écriture du bordereau avec celle d'un officier français nommé Esterhazy. Le 15 novembre, Mathieu Dreyfus porte plainte auprès du ministère de la Guerre contre Esterhazy. Mais celui-ci est protégé par l'État-major, pour le disculper il est présenté le 10 janvier 1898 devant le Conseil de guerre qui l'acquitte le lendemain et Picquart est arrêté sous accusation de faux - le petit bleu.

L'article d'Émile Zola

Le 25 novembre, Émile Zola, entre-temps convaincu de l'innocence de Dreyfus, publie un premier article dans Le Figaro, puis le 13 janvier 1898, il publie en première page de L'Aurore, un article intitulé : J'accuse, adressé au président de la République Félix Faure, article qui fait l'effet d'une bombe (voir aussi Les Preuves, de Jean Jaurès). Le général Billot porte plainte contre Zola qui passe devant les Assises de la Seine du 7 au 23 février. Il est condamné à 3 000 francs d'amende et un an de prison mais son procès a permis la publicité des pièces.

Le mouvement dreyfusard

23 février du 14 février 1898.]] Un mouvement dit dreyfusard se forme pour défendre Alfred Dreyfus. Parmi ces derniers, des hommes de lettres et de sciences, des universitaires, qualifiés pour la première fois d'intellectuels. Certains formeront la Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen. À l'opposé, on trouve les antidreyfusards, des défenseurs de « la chose jugée », des antisémites, des républicains défenseurs de l'armée - qui dans l'esprit revanchard est seule capable de restaurer l'honneur de la France -, etc. Jean Jaurès défendra aussi Dreyfus, publiant le 11 octobre, dans La Petite République, un article intitulé « s:Les Preuves ». Le 7 juillet, Godefroy Cavaignac, nouveau ministre de la Guerre, dans un discours devant la Chambre mentionne un document accablant pour Dreyfus. Mais on ne tarde pas à découvrir qu'il s'agit d'un faux réalisé par le lieutenant-colonel Henry qui est arrêté le 30 août. Il se suicide le lendemain. Apparaît alors la notion de « faux patriotique » et La Libre Parole, journal antisémite, lance une souscription au profit de sa veuve, le monument Henry. Chaque donation est accompagnée de remarque lapidaire sur Dreyfus et les Dreyfusards.

Les débuts de la réhabilitation

Le 16 février 1899, le président de la République Félix Faure (hostile à la révision du procès) meurt, il est remplacé par Émile Loubet. Le 3 juin est signé l'arrêt de révision renvoyant Alfred Dreyfus devant un second Conseil de guerre à Rennes. À cette date la République est menacée, Paul Déroulède a tenté le 23 février un coup de force sur l'Élysée. Le 1 juin, le capitaine Marchand, héros de Fachoda, critique le gouvernement. Le 4 juin, le président Loubet est agressé aux courses d'Auteuil. Le 11 juin, le gouvernement Dupuy est renversé. Alfred Dreyfus débarque le 1 juillet en France et se présente le 8 août devant le Conseil de guerre à Rennes. L'un de ses avocats, Maître Labori est blessé par coup de feu. Le 8 septembre, la cour rend son jugement : il est reconnu coupable de trahison mais « avec des circonstances atténuantes » (par 5 voix sur 7). Préférant éviter un troisième procès, le président Loubet, accorde sa grâce présidentielle à Dreyfus, le 19 septembre. Dreyfus n'est pas pour autant innocenté. Entre temps eut lieu l'affaire du « Fort Chabrol », dernier coup d'éclat des antidreyfusards. Il faut attendre le 12 juillet 1906 pour que la Cour de cassation annule, « sans renvoi » le jugement de Dreyfus. Dreyfus est réhabilité en 1906.

Articles connexes


- Ligue française des droits de l'Homme (1898)
- Francis de Pressensé
- Léon Dehon
- Affaire Mortara
- Toute l'affaire en détail par Jean Jaurès dans son essai s:Les Preuves Crises de la Troisième République : Commune de Paris (1871), Scandale des décorations (1887), Affaire Schnaebelé (1887), Boulangisme (1886-1889), Scandale de Panama (1892), Affaire Dreyfus (1894).

Bibliographie


- L'Affaire J-D. Bredin ISBN 2-260-00346-X

Liens externes


- [http://www.ifrance.com/yannrobichon/histoirecontemporaine.affaire.dreyfus.html Site personnel sur l'affaire Dreyfus]
- J'accuse d'Émile Zola
- Les Preuves de Jean Jaurès Catégorie:Crise politique Catégorie:Erreur judiciaire Catégorie:Troisième République Dreyfus als:Dreyfus-Affäre ja:ドレフュス事件 ko:드레퓌스 사건 simple:Dreyfus Affair

Suisse

La Suisse (en allemand Schweiz, en italien Svizzera, en romanche Svizra) est un pays d'Europe bordé par l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Autriche et le Liechtenstein. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire, et abrite de nombreuses organisations internationales.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Suisse. Peuplé dès la préhistoire, c'est néanmoins à l'époque celtique, grâce surtout aux Helvètes que le territoire suisse franchit le seuil de l'histoire. En 58 av. J.-C. les Helvètes, poussés par la pression migratoire des tribus germaniques, tentèrent de s'installer en Gaule mais battus à Bibracte par les armées de Jules César ils y sont reconduit dans le cadre de l'empire romain. Déjà largement christianisée, la Suisse fut occupée par les Burgondes et les Alamans au . Incorporée successivement aux royaumes de Bourgogne, des Francs puis à l'empire carolingien, elle est rattachée au , à la chute du royaume de Bourgogne transjurane, au Saint Empire romain germanique. Elle est alors le théâtre de dures luttes féodales. La date de 1291 a été choisie à la fin du comme date de naissance de la Suisse, car c'est celle de l'alliance de trois cantons, contrôlant la route du Gotthard, nouvellement aménagée : Uri, Schwytz et Unterwald. Ces cantons confirmèrent leurs envies de liberté lors de la bataille de Morgarten en 1315. Les territoires avoisinants, Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne se rapprochèrent d'eux au , fondant ce que l'on appelle aujourd'hui la confédération des VIII cantons. Le fut parsemé de conquêtes qui vit la Confédération atteindre le Rhin et la Suisse romande, tout en s'alliant avec les territoires environnants (Valais, Appenzell, Saint-Gall, les ligues grises, Fribourg). Elle participa finalement aux guerres de Bourgogne. Enfin, à la suite des guerres de Souabe en 1499, les cantons furent indépendants de facto du Saint Empire. Ce n'est qu'aux traités de Westphalie en 1648 que cette indépendance fut reconnue. La fin du vit une première opposition entre les villes et campagnes qui aboutit finalement au convenant de Stans (1481), avec l'aide de Nicolas de Flue, qui ouvrit la porte à cinq nouveaux cantons : Fribourg, Soleure, Appenzell, Bâle et Schaffhouse. Ainsi, au début du , la confédération des XIII cantons est née. Elle renforce ses alliances locales (Bienne, Saint-Gall, Neuchâtel) et étend ses possessions au Tessin et dans le canton de Vaud. Les guerres d'Italie et surtout la bataille de Marignan (1515) sonnent la fin de ses activités militaires hors de son territoire. Seuls les mercenaires suisses feront désormais parler d'eux sur les champs de batailles européens et au Vatican. Déchirée par la Réforme, les guerres de religions (Première guerre de Kappel (1529), évitée de justesse lors de l'épisode de la soupe au lait, Deuxième guerre de Kappel (1531), Première guerre de Villmergen (1656), Deuxième guerre de Villmergen (1712)) occupent la politique intérieure. La démocratie des premiers temps a laissé la place à des gouvernements oligarchiques bloquant toute réforme. L'invasion française de 1798 libère les pays sujets et réforme profondément la Suisse en en faisant un état unitaire : la République Helvétique. Devant les troubles incessants, Napoléon impose l'Acte de médiation de 1803, rétablissant les cantons (Vaud, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall devenant alors des cantons à part entière) tout en retirant Neuchâtel, Genève et le Valais qui redeviennent éphémèrement indépendants puis sont intégrés à l'Empire. En 1814 et 1815, la Restauration crée un premier État fédéral, à 22 cantons et les luttes entre les conservateurs et les libéraux-radicaux aboutissent à la guerre du Sonderbund en 1847 et à la victoire de ces derniers. La fin du siècle voit l'apparition de l'État fédéral qui abolit les frontières intérieures, impose une monnaie unique et une armée de milice fédérale. La première constitution fédérale de 1848, qui a mis en place les bases politiques de la Suisse, fut révisée en 1874 en y ajoutant le droit de référendum. Le début du voit la suite du travail législatif : un code pénal, puis un code civil fédéral sont créés et le droit d'initiative constitutionnel est introduit. La Suisse échappe, grâce à son statut de neutralité, aux deux guerres mondiales et devient peu à peu le siège de nombreuses organisations internationales. Devenue prospère dans les années 1960, la Suisse reste essentiellement à l'écart des grands bouleversements de l'Europe et n'adhère qu'au compte goutte aux différentes organisations internationales (Conseil de l'Europe en 1963, Organisation des Nations unies le 10 septembre 2002).

Politique

Article détaillé : Politique de la Suisse Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée fédérale, qui est formée de deux chambres : le Conseil national (200 membres), formé des représentants du peuple, et le Conseil des États (46 membres). Chaque canton possède 2 sièges au Conseil des États (un seul pour les ½ cantons) et d'un nombre de sièges proportionnel à sa population au Conseil national. Le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil fédéral, formé de 7 membres, et de l'administration fédérale qui lui est subordonnée. Les membres du Conseil fédéral sont élus pour 4 ans par l'Assemblée fédérale, qui, en règle générale, reconduit les candidats sortants si ces derniers désirent poursuivre leurs fonctions. Cependant, cette règle tacite a été mise à mal lors de la dernière élection de décembre 2003 avec la non-réélection de la conseillère fédérale démocrate-chrétienne Ruth Metzler-Arnold, évincée au profit du candidat de l'Union démocratique du centre (UDC) Christoph Blocher. Cette situation a donc modifié la répartition des sièges en fonction des partis politiques pour la première fois depuis l'introduction de la formule magique en 1959. Cette dernière vise à répartir les sièges du gouvernement fédéral proportionnellement au poids de chaque parti à l'Assemblée fédérale. Depuis 1959, et malgré la progression depuis le début des années 1990 de l'UDC, cette répartition n'avait jamais été modifiée et était composée comme suit : 2 sièges pour le Parti radical-démocratique (PRD), 2 pour le Parti démocrate-chrétien (PDC), 2 pour le Parti socialiste (PSS) et 1 siège pour l'UDC. Les élections fédérales de l'automne 2003 ayant confirmé la montée en puissance de l'UDC, les partis gouvernementaux se sont résolus, sous une certaine pression populaire, à revoir la répartition des sièges du Conseil fédéral. Le Conseil fédéral fonctionne selon le principe de collégialité, ce qui signifie que les décisions sont prises le plus possible par consensus. Si tel n'est pas le cas, un vote a lieu parmi les 7 conseillers fédéraux. Selon ce principe, ceux qui s'opposent à une mesure qui est adoptée par le collège doivent tout de même défendre le projet au nom de celui-ci. Mais ce principe a connu quelques distorsions ces dernières années, notamment lors de campagnes précédant des votations populaires. Un président de la Confédération est élu parmi les conseillers fédéraux. Il est élu pour une année par l'Assemblée fédérale. Son rôle est principalement symbolique et médiatique. Traditionnellement, les conseillers fédéraux sont élus président chacun à leur tour, en fonction de leur ancienneté.

Fédéralisme

La Suisse est divisée en 26 cantons, contenant chacun plusieurs, voire des centaines de communes. Les cantons sont plus ou moins autonomes constitutionnellement (chacun ayant sa propre constitution), ainsi que du point de vue législatif, judiciaire, fiscal et administratif. Un certain nombre de domaines sont ainsi gérés uniquement au niveau cantonal. On y trouve par exemple l'éducation, la gestion des hôpitaux (sauf les hôpitaux communaux et privés), la construction et l'entretien de la majorité des routes (sauf les autoroutes et routes nationales) et la police (contrairement à l'armée), d'autres charges sociales ou encore le contrôle de la fiscalité. Ils ont tous leur propre parlement (appelé dans la plupart des cantons francophones Grand Conseil) et leur gouvernement (appelé dans la plupart des cantons francophones Conseil d'État).

Démocratie semi-directe

Une particularité de la démocratie suisse est que le peuple garde en permanence un contrôle sur ses élus, car la Suisse est une démocratie que l'on peut qualifier de semi-directe, dans le sens où elle a des éléments d'une démocratie représentative (élection des membres des parlements ainsi que des exécutifs cantonaux) et d'une démocratie directe. En effet, en Suisse, le corps électoral dispose de deux instruments qui lui permettent d'agir sur un acte décidé par l'État : il s'agit du référendum, qui peut être facultatif ou obligatoire, et de l'initiative populaire qui est le droit d'une fraction du corps électoral de déclencher une procédure permettant l'adoption, la révision, ou l'abrogation d'une disposition constitutionnelle.
- Le référendum facultatif permet de remettre en cause une loi votée par l'Assemblée fédérale. Il est facultatif car il nécessite la récolte de 50 000 signatures en l'espace de 100 jours pour qu'il aboutisse à une consultation populaire. Si tel n'est pas le cas, la loi est considérée comme adoptée. Lors de la votation, seule la majorité de la population est prise en compte.
- Le référendum obligatoire impose, comme son nom l'indique, automatiquement une consultation populaire dans les cas prévus par la constitution fédérale. Il implique la double majorité de la population et des cantons.
- L'initiative populaire au niveau fédéral est un instrument qui permet à un comité de citoyens de proposer une modification de la constitution fédérale, que ce soit dans le but d'y introduire une nouvelle disposition ou d'en modifier ou abroger une déjà existante. Elle ne concerne en revanche pas les actes de rang législatif. Si les initiants parviennent à réunir 100 000 signatures dans un délai de 18 mois, le projet est soumis au peuple. Pour que le projet soit accepté lors de la consultation populaire, la double majorité de la population et des cantons est nécessaire, ce qui rend bien sûr plus difficile le succès d'une initiative populaire (15 acceptées en 114 ans). Par ailleurs, les autorités fédérales ont la possibilité d'y opposer un contre-projet qui permet souvent de reprendre les éléments attractifs d'une initiative tout en laissant de côté les aspects trop contraignants ou jugés extrêmes de cette dernière. Il arrive qu'un contre-projet donne satisfaction aux initiants qui peuvent décider dès lors de le soutenir également, voire même de retirer leur initiative. Dans ce cas, seul le contre-projet est soumis au peuple. Ces possibilités sont fréquemment utilisées, ce qui fait que la Suisse est un pays où l'on vote très souvent (en moyenne 4 à 5 fois par an avec généralement plusieurs objets soumis en même temps). Afin de garantir une transposition des directives dans les délais, ce système devrait être réformé en cas d'adhésion à l'Union européenne (UE). De plus, les initiatives incompatibles avec le droit européen devraient être invalidées, dans la mesure où le droit communautaire prime sur le droit national. La crainte d'une perte de souveraineté est d'ailleurs l'un des arguments des opposants à cette adhésion.

Initiatives populaires acceptées

Voici la liste des 15 initiatives populaires acceptées par le peuple et les cantons depuis l'instauration de cette institution :
- 20 août 1891 : Interdiction d'abattre le bétail de boucherie sans l'avoir préalablement étourdi (191 527 oui contre 127 101 non et 13 cantons contre 12)
- 5 juillet 1908 : Interdiction de l'absinthe (241 078 oui contre 138 669 non et 23 cantons contre 2)
- 13 octobre 1918 : Élection proportionnelle du Conseil national (299 550 oui contre 149 035 non et 22 cantons contre 3)
- 21 mars 1920 : Interdiction des maisons de jeu (271 947 oui contre 241 441 non et 13 cantons contre 12)
- 30 janvier 1921 : Référendum facultatif en matière de traités internationaux (398 538 oui contre 160 004 non et 23 cantons contre 2)
- 2 décembre 1928 : Maintien des kursaals (296 395 oui contre 274 528 non et 16 cantons contre 9)
- 11 septembre 1949 : Retour à la démocratie directe (clause d'urgence) (280 755 oui contre 272 599 non et 14 cantons contre 11)
- 28 novembre 1982 : Tendant à empêcher des abus dans la formation des prix (730 938 oui contre 530 498 non et 18 cantons contre 8)
- 6 décembre 1987 : Initiative de Rothenthurm (protection des marais) (1 153 448 oui contre 843 555 non et 23 cantons contre 3)
- 23 septembre 1990 : Halte à la construction de centrales nucléaires (946 077 oui contre 789 209 non et 22 cantons contre 3)
- 26 septembre 1993 : Pour un jour de la fête nationale férié (1 492 285 oui contre 289 122 non et 26 cantons contre 0)
- 20 février 1994 : Protection des régions alpines contre le trafic de transit (954 491 oui contre 884 362 non et 19 cantons contre 7)
- 3 mars 2002 Adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations unies (1 489 110 oui contre 1 237 629 non et 13 cantons contre 13 [11 + 2 ½ contre 9 et 4 ½)
- 8 février 2004 : Internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux et non amendables (1 198 867 oui contre 934 569 non et 24 cantons contre 2)
- 27 novembre 2005 : Pour des aliments produits sans manipulations génétiques (1 125 357 oui contre 896 372 non et 26 cantons contre 0)

Dernières votations


- 5 juin 2005 (participation de 56,5%) :
  - L'arrêté fédéral portant approbation et mise en œuvre des accords bilatéraux d'association à l'Espace Schengen et à l'Espace Dublin est accepté par 54,6% des voix. Les principales forces politiques du pays, à l'exception notable de l'UDC et des milieux nationalistes, soutenaient ce projet. La Suisse romande l'approuve nettement tout comme les cantons alémaniques de Bâle-Ville, Berne, Soleure, Zoug et Zurich.
  - La loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe, qui prévoit la création d'un PACS fédéral offrant aux couples homosexuels des droits relativement similaires à ceux accordés aux couples mariés, est acceptée par 58% des voix. Les milieux de la droite conservatrice, tels que l'UDC, l'Union démocratique fédérale et les Démocrates suisses (DS) constituaient les seules forces politiques à s'opposer à cette loi. Certains cantons catholiques ont cependant refusé le projet comme le Valais et le Jura.
- 25 septembre 2005 (participation de 53,8%) : L'arrêté fédéral relatif à l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes aux nouveaux états membres de l'UE et à la révision des mesures d'accompagnement liées à cette extension est accepté par 56% des voix. Les principales forces politiques du pays, à l'exception des DS, d'une partie de l'UDC, de l'Alliance de gauche et du Mouvement pour le socialisme, soutenaient ce projet. La Suisse centrale et le Tessin ont cependant refusé le projet.
- 27 novembre 2005 (participation de 41,8%) :
  - L'initiative populaire pour des aliments produits sans manipulations génétiques est acceptée par 55,7% des voix et la totalité des 26 cantons. Les paysans, les partis de gauche et les associations de consommateurs soutenaient ce projet. C'est la 15 fois en 114 ans qu'une initiative populaire est acceptée par le peuple et la seconde fois que la totalité des cantons s'y rallient.
  - La modification de la loi sur le travail, qui prévoit l'ouverture dominicale de l'ensemble des commerces des principales gares et des aéroports du pays, est acceptée par 50,6% des voix. Les syndicalistes et les partis de gauche constituaient les principales forces politiques à s'opposer à cette loi. Ce sont les cantons urbains (Genève, Zurich, Bâle, Berne et Argovie) qui réussissent à faire pencher la balance en faveur de la loi.

Cantons

Argovie Article détaillé : Cantons suisses La Suisse est constituée de 26 cantons, souverains selon leurs constitutions respectives (6 de ces cantons étaient auparavant considérés comme des demi-cantons et ne possèdent, encore aujourd'hui, qu'une voix chacun au lieu de deux au Conseil des États et lors des votations fédérales). La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons est formalisée dans la constitution fédérale. Celle-ci précise les limites de la souveraineté des cantons. Certaines compétences sont attribuées explicitement aux cantons ou à la Confédération. Ce qui n'est pas explicitement délégué à la Confédération est du ressort des cantons. Les cantons possèdent un gouvernement (appelé Conseil d'État) et un parlement (appelé Grand Conseil). Seule exception, le canton du Jura, le dernier à rejoindre la Confédération helvétique et entré en souveraineté en 1979, a lui conservé les appellations classiques gouvernement et parlement pour les organes exécutif et législatif. Les cantons suisses disposent par ailleurs d'un pouvoir judiciaire. La superficie des cantons varie entre 37 et 7 105 km² et leur population de 15 000 à 1 261 000 habitants (2004).

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Suisse Villes principales : Zurich, Genève, Bâle, Berne, Lausanne Communes politiques : 2880 (2001) Voir aussi : Villes de Suisse ~ Liste des cours d'eau de Suisse ~ Liste des lacs de Suisse

Économie

Article détaillé : Économie de la Suisse Malgré l'absence de ressources naturelles, l’économie suisse figure parmi les plus prospères et les plus développées du monde. Orienté vers les services, comme les banques et les assurances, et la mécanique de précision, le pays produit surtout des biens à forte valeur ajoutée. Le niveau de vie est l'un des plus élevés d'Europe. De plus, sa stabilité et sa neutralité ont attiré bon nombre de capitaux étrangers et d'organisations internationales comme l'ONU. Après plusieurs années de croissance nulle ou faible, une reprise s'est fait ressentir en 2004 avec une hausse de 1,7% et un PIB dépassant les 435 milliards de francs suisses. Le taux de chômage reste particulièrement bas (environ 3.5% en juillet 2005) et l'inflation relativement faible.

Population

inflation Article détaillé : Population de la Suisse La Suisse est à la croisée de plusieurs grands pays européens qui ont influencé ses langues et sa(ses) culture(s). La Suisse a quatre langues officielles : l'allemand (64 % ; blanc) au nord et au centre, le français (19 % ; bleu) à l'ouest, l'italien (8 % ; rouge) au sud, et enfin le romanche qui est une langue romane parlée par une petite minorité (moins de 1 % ; vert) dans le sud-est du canton des Grisons. L'allemand est la langue la plus répandue. 17 cantons sur 26 sont unilingues allemands. La population germanophone parle généralement l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch, lesquels jouissent d'une grande valorisation sociale, y compris dans les centres urbains. L'usage de l'allemand standard – Hochdeutsch ou « bon allemand » – est limité aux situations les plus formelles. Dans le milieu scolaire, afin d'élever le niveau d'allemand des élèves qui généralement préfèrent parler le dialecte, plusieurs cantons alémaniques (dont Zurich, Schwytz, Uri et Zoug) ont imposé l'usage systématique du Hochdeutsch, et les professeurs sont tenus de s'exprimer exclusivement dans cette langue. Le français est parlé dans l'ouest du pays, région généralement appelée Suisse romande. Quatre cantons sont unilingues français (Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud), trois sont officiellement bilingues français-allemand : Fribourg, Valais et Berne. Les dialectes (en majorité francoprovençaux, sauf dans le canton du Jura qui appartient à l'aire de la langue d'oïl) sont encore pratiqués localement, notamment en Valais et dans le canton de Fribourg, mais ils ont presque disparu dans l'usage quotidien. Quant à l'italien, il est parlé dans le canton du Tessin (Ticino en italien) et quelques vallées méridionales des Grisons. L'usage du dialecte tessinois, apparenté aux parlers lombards, y demeure très vivant. La plupart des Suisses parlent plus d'une langue, et les résidents et travailleurs étrangers représentent environ 20% de la population. Le romanche n'a pas le même statut que l'allemand, le français et l'italien. Selon l'[http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a70.html alinéa 1 de l'article 70] de la constitution fédérale, les langues officielles de la Confédération sont l'allemand, le français et l'italien. Le romanche est aussi langue officielle pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche. L'anglais est parfois utilisé dans le monde du travail, y compris par l'administration. Il n'a pourtant aucune reconnaissance officielle. Enfin le latin sert parfois lorsqu'il faut désigner dans une seule langue des institutions suisses : Confoederatio helvetica (CH), Pro Helvetia, Pro Natura, Pro Infirmis, etc. La majorité des formations supérieures ne sont enseignées que dans deux langues (allemand et français), dans une seule (allemand pour la formation de vétérinaire) ou encore ont lieu dans plusieurs langues mélangées : professeurs et étudiants parlent leur langue maternelle (diplôme d'expert en assurances de pensions).

Culture

Article détaillé : Culture de la Suisse Voir aussi : Liste de Suisses célèbres ~ Liste des Expositions nationales suisses

Fêtes et jours fériés

Seule la Fête nationale, le est ancrée dans la constitution. Chaque canton est libre de fixer jusqu'à 8 jou