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1898

1898

Catégorie:1898 Cette page concerne l'année 1898 du calendrier grégorien.

Événements

Europe


- Otto von Bismarck publie Souvenirs et pensées.
- Le suffrage universel est introduit en Norvège.
- Suisse : 2 Congrès sioniste à Bâle.
- Autriche : Naissance du métro de Vienne, deux ans avant celui de Paris, 35 ans après Londres.

France

Affaire Dreyfus (1894-1899)

- 10 janvier : procès à huis-clos d'Hestérazy, il est acquitté, et acclamé par la foule.
- 13 janvier : Publication par l'Aurore du « J'Accuse » d'Émile Zola, qui relance l'Affaire Dreyfus.
- 7 février : Premier procès d'Émile Zola, cassé pour vice de forme.
- 4 juin : Fondation de la Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen, Dreyfusard .
- 18 juillet : Second procès d'Émile Zola, condamné, il s'exile à Londres.
- 30 août : Le colonel Hubert Henry se reconnaît auteur du faux ayant permis de condamner Dreyfus.
- 31 août : Suicide du colonel Hubert Henry.
- 4 septembre : Fuite d'Hesterazy en Angleterre.
- 27 octobre : La demande de révision du procès Dreyfus est déclarée recevable par la Cour de Cassation.
- 31 décembre : Fondation de la Ligue de la patrie française Antidreyfusard.

Russie


- Fondation du parti social-démocrate russe.
- La Russie prend le contrôle de la totalité du Turkestan.

Suisse


- La Confédération rachète un certain nombre de lignes ferroviaires et fonde les CFF.
- Un anarchiste assassine l'impératrice d'Autriche à Genève (10 septembre).
- Edmund Spelterini traverse les Alpes en ballon.
- Le premier tronçon de la ligne de la Jungfrau est mis en service.
- 25 juin : Ouverture du Musée national suisse à Zurich.

Afrique


- 10 juillet : Affaire de Fachoda : tensions franco-britanniques sur le Soudan (juillet-novembre).
- 22 juillet : Djibouti devient une colonie française et prend le nom de « Côte française de Somalis ».
- 29 septembre : Difficile victoire des troupes françaises contre Samory Touré, finalement fait prisonnier, tout le Soudan occidental passe sous contrôle français.
- En novembre, le capitaine Marchand doit évacuer Fachoda : la France cède aux exigences du Royaume-Uni.

Amériques


- 1 juillet : Bataille de la colline de San Juan, à Santiago. Les Américains utilisent pour la première fois des mitraillettes lors de la bataille de Santiago.

États-Unis


- 7 juillet : Les États-Unis annexent Hawaï.
- 21 août : Les États-Unis prennent l'île de Porto Rico.

Cuba


- 15 février : Explosion du cuirassé états-unien Maine en rade de La Havane, les États-Unis déclenchent les hostilités contre l'Espagne.
- 29 mars : Le gouvernement des États-Unis demande le retrait total des Espagnols de Cuba, refus espagnol.
- 9 avril : L'Espagne déclare le cessez-le-feu dans sa guerre contre Cuba.
- 11 avril : Le président McKinley demande au Congrès l'autorisation d'intervenir à Cuba.
- 20 avril : Le gouvernement des États-Unis lance un ultimatum à l'Espagne dans l'affaire de Cuba.
- 25 avril : La guerre est déclarée entre les États-Unis et l'Espagne à propos de Cuba.
- 1 mai : L'amiral George Dewey détruit la flotte espagnole dans la rade de Manille.
- 27 mai : Blocus de la flotte espagnole par la flotte des États-Unis dans la rade de La Havane.
- 15 juillet : Capitulation des troupes espagnoles à Cuba.
- 10 décembre : Traité de Paris : Fin de la guerre hispano-américaine, les États-Unis mettent la main sur Cuba, les Philippines (vendues pour 20 millions $), Porto-Rico et Guam.

Asie & sous-continent indien


- 12 juin : De retour de son exil à Hong Kong, Emiliano Aguinaldo proclame l'indépendance des Philippines.
- 21 juin : Les États-Unis prennent l'île de Guam.
- Début de la révolte des Boxers en Chine (fin en 1900).
- La Grande-Bretagne loue Hong Kong à la Chine pour 99 ans.

Chronologies thématiques


- Chemins de fer : 1898 dans les chemins de fer
- Cinéma : 1898 au cinéma
- Sports : 1898 en sport
- Littérature :
  - Otto von Bismarck publie Souvenirs et pensées.
  - L'écrivain anglais H.G. Wells publie La guerre des mondes.
  - L'écrivain italien Gabriele D'Annunzio publie La Joconde.
- Arts & Culture
  - 28 décembre : Première de Cyrano de Bergerac à Paris.
- Sciences & techniques :
  - Louis Renault construit la première boîte de vitesses avec prise directe et marche arrière.
  - On invente la roue libre pour les bicyclettes.
  - Valdemar Poulsen invente l'enregistrement magnétique.
  - Première installation d'aiguillage électrique en France à la gare de Lyon à Paris.
  - 5 novembre : Eugène Ducretet, fait une démonstration importante de transmission sans fil entre le 3 étage de la Tour Eiffel et le Panthéon de Paris.
  - William Henry Pickering découvre Phœbé, l'une des lunes de Saturne.
  - 20 octobre - Création de l'Aéro-club de France dont le but est de réunir tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'aviation.
- Physique :
  - Le physicien allemand Karl Ferdinand Braun perfectionne la TSF.
  - Les savants britanniques Sir William Ramsay et Morris Travers découvre les gaz inertes : néon, krypton et xénon.
  - 26 décembre Les savants français Pierre et Marie Curie découvre la radioactivité (radium et polonium).

Naissances en 1898


- 23 janvier : Sergueï Eisenstein, réalisateur soviétique
- 3 février : Alvar Aalto, architecte finlandais
- 10 février :
  - Bertolt Brecht, dramaturge allemand
  - Joseph Kessel, écrivain français
- 14 février : Fritz Zwicky, astrophysicien suisse
- 15 février : Totò, acteur de cinéma et chanteur italien († 1967, 69 ans)
- 18 février : Enzo Ferrari, commendatore
- 4 mars : Georges Dumézil, philologue, académicien français (fauteuil 40)
- 13 mars : Henry Hathaway, cinéaste américain
- 3 mai : Antoine Balpêtré, acteur français
- 16 mai : Kenji Mizoguchi, réalisateur japonais
- 19 mai : Julius Evola, penseur italien
- 17 juin : Maurits Cornelis Escher, graveur hollandais
- 17 juillet : Berenice Abbott, photographe américaine
- 30 juillet : Henry Moore, sculpteur anglais
- 13 août : Jean Borotra, joueur de tennis
- 26 septembre : George Gershwin, compositeur américain
- 11 novembre : René Clair, réalisateur français
- 21 novembre : René Magritte, peintre belge
- René Simon, professeur d'art dramatique français
- Tamara de Lempicka, peintre américain d'origine polonaise voir aussi::Catégorie:Naissance en 1898

Décès en 1898


- 14 janvier : Lewis Carroll, écrivain et photographe anglais
- 15 mars : Aubrey Beardsley, graveur et dessinateur anglais
- 18 avril : Gustave Moreau, peintre français
- 17 juin : Edward Coley Burne-Jones, peintre anglais
- 30 juillet : Otto Eduard Leopold von Bismarck, chancelier allemand
- 3 août : Charles Garnier, architecte français
- 8 août : Eugène Boudin, peintre français
- 23 août : Félicien Rops, peintre belge
- 9 septembre : Stéphane Mallarmé, poète français
- 10 septembre : Sissi, alias Élisabeth de Wittelsbach, impératrice d'Autriche-Hongrie.
- 24 octobre : Pierre Puvis de Chavannes, peintre français
- 28 décembre : Martin Nadaud, homme politique français
- Ivan Ivanovitch Chichkine, peintre russe. voir aussi : :Catégorie:Décès en 1898 __NOTOC__ ko:1898년 ms:1898 simple:1898 th:พ.ศ. 2441

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Article principal : 1898 Catégorie:Chronologie du XIXe siècle simple:Category:1898

Calendrier grégorien

Le calendrier grégorien (du nom du pape Grégoire XIII qui l'introduisit en 1582) est le calendrier actuellement utilisé en Europe, ses anciennes colonies et dans une bonne partie du reste du monde.

Structure du calendrier

Sa forme se base sur le calendrier julien de la Rome antique dont il est le jumeau. C'est un calendrier solaire, se basant sur la révolution de la Terre autour du soleil de 365,2422 jours de 24 heures de 60 minutes de 60 secondes métriques. Le calendrier grégorien donne un temps moyen de l'an de 365,2425 jours ; pour assurer un nombre entier de jours par année, on y ajoute régulièrement un jour bissextile, le 29 février (voir année bissextile). Le cycle complet du calendrier grégorien dure 400 ans : trois siècles constitués de 24 cycles juliens (trois ans de 365 jours, puis une année de 366 jours) suivis de 4 années de 365 jours, puis un siècle constitué de 25 cycles juliens.

Subdivisions

Le calendrier grégorien est divisé en douze mois, groupés en quatre trimestres : Une période de sept jours forme une semaine. Les jours d'une semaine ont chacun un nom : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche. L'ère ordinairement utilisée avec le calendrier grégorien est l'ère chrétienne, c'est-à-dire « après Jésus-Christ ». Il est à noter qu'il n'y a pas eu d'année zéro ; les siècles et les millénaires commencent avec l'année numéro Un. Donc, le et le commencent le 1 janvier de l'an 1 du troisième millénaire c'est-à-dire en 2001.

L'ajustement grégorien

L'introduction du calendrier grégorien en remplacement du calendrier julien commança le 15 octobre 1582. Le but était de lutter contre la dérive de la date de Pâques (le dimanche après la première lune de l'équinoxe de printemps) qui se déplaçait vers les mois d'été. La différence principale entre le calendrier grégorien et son ancêtre, le calendrier julien, repose dans la distribution des années bissextiles. La gémellité de ses calendriers pose problème aux historiens, puisque la même date ne désigne pas forcément le même jour. Comme noté ci-dessus, l'année tropique moyenne, c'est-à-dire la période de rotation de la Terre autour du Soleil, dure 365,2422 jours. En insérant une journée bissextile tous les quatre ans, le calendrier julien attribuait à l'année une durée moyenne de 365,25 jours. Ceci induisait un décalage d'environ 8 jours par millénaire par rapport au temps vrai, avec pour effet que la date de Pâques, déterminée par l'équinoxe du printemps, glissait en arrière vers février.
Il fut donc décidé de supprimer les années bissextiles pour les années qui sont des multiples de 100 sans être des multiples de 400. Ainsi 1600 et 2000 furent bissextiles, mais pas 1700, 1800, 1900. En appliquant cette règle on en arrive à une année de 365,2425 jours au lieu de 365,2422 jours soit un excès de trois jours en 10 000 ans. Il a été proposé d'amender la règle pour considérer les années multiples de 4 000 comme normales. Mais du fait du raccourcissement de l'année tropique évalué à 0,5s par siècle et de l'allongement du jour de 1,64 millisecondes par siècle, il est illusoire d'arriver à ce niveau de précision, les incertitudes sur la durée de l'année dans 10 000 ans étant du même ordre de grandeur.

Remplacement du calendrier grégorien

Si le principe de l'ajustement grégorien n'a pas été remis en cause, il n'en est pas de même de sa structure interne. Les critiques portèrent bien entendu sur ses liens avec le christianisme, au travers de l'ère chrétienne, des fêtes religieuses et des références aux saints. Cela a motivé quelques projets de calendriers laïcs comme par exemple le calendrier républicain de la révolution française. À la différence du système métrique, celui-ci n'aboutit pas ; il est vrai que le principe de ne plus se reposer qu'un jour sur dix (decadi) au lieu de sept pouvait ne pas enthousiasmer. D'autres critiques semblent concerner la construction même du calendrier :
- mois de longueur variables (de 28 à 31 jours) qui complique par exemple l'analyse des statistiques économiques ;
- correspondance difficile entre le nom des jours et leur numéro dans le mois ;
- durée des trimestres (le troisième trimestre étant par exemple notamment plus court que le deuxième) ;
- nombre de semaines (4,33 ?) par mois ;
- variation de la date de certains jours fériés comme Pâques. Mais en fait ce n'est pas le choix humain du calendrier qui en est responsable ; c'est tout simplement le fait que l'année astronomique ne comporte pas un nombre entier de jours, que le cycle lunaire non plus, et que le nombre de jours d'une année doit bien être divisé d'une manière ou d'une autre si on veut s'y retrouver. Cette difficulté a amené de nombreuses propositions de reformes à utiliser le principe du jour épagomène. Il s'agit d'un jour blanc qui n'entre pas dans le décompte de la semaine. En ajoutant un (ou deux les années bissextiles) jour épagomènes à l'année, on arrive à obtenir l'égalité 364 = 7×52. On retrouve la même idée avec les jours complémentaires dans le calendrier républicain de la révolution française. La durée des mois avait été choisie de façon à correspondre approximativement à un cycle lunaire. Ainsi, même une population illettrée pouvait savoir à peu près, en observant le changement d'aspect de la lune, quand un mois s'était écoulé ; la référence à la lune était importante pour les marins (pour connaître les marées) et pour les agriculteurs (travaux nocturnes dans les champs) d'une population très majoritairement rurale. Si aujourd'hui ce lien est culturellement de moins en moins prégnant, on peut noter que la grande majorité des reformes du calendrier tente de conserver un mois d'environ une lunaison. Il faut cependant noter l'émergence du calendrier baha'i, utilisé dans le bahaïsme. S'il se base également sur une année solaire, celle-ci débutant au solstice du printemps le 21 mars, son originalité tient à l'abandon de la référence lunaire pour la durée du mois. Une année de ce calendrier comporte en effet 19 mois de 19 jours. Les 4 jours supplémentaires nécessaires à compléter une année sont intercalées entre le 18 et le 19 mois, et sont nommés les jours intercalaires. Au cours des trois derniers siècles d'autres propositions de réforme ont été avancées. Les plus connues furent les propositions de calendrier universel et de calendrier fixe. Vers le milieu du , la Société des Nations puis l'Organisation des Nations unies menèrent des études pour réformer le calendrier. Celles-ci seront abandonnées sous la pression de pays comme les États-Unis, l'Angleterre, les Pays-Bas ou l'Indonésie, officiellement pour ne pas désorganiser des traditions religieuses. Beaucoup d'auteurs de science-fiction ont joué avec l'idée que le calendrier terrien serait peut-être un jour utilisé dans tout l'espace connu alors que tout le monde ou presque aurait oublié sa raison d'être initiale, voire l'existence de la Terre elle-même. Déjà Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac essayait de berner ses lecteurs en affirmant que le 26 septembre 1655 était un samedi... Il s'agissait en fait d'un dimanche !

Liens externes


- [http://www.louisg.net/C_gregorien.htm Le calendrier grégorien]
- [http://www.auduteau.net/calendar/sommaire.shtml Questions posées fréquemment à propos des calendriers]
- [http://hermes.ulaval.ca/~sitrau/calgreg/ Les textes constitutifs du calendrier grégorien]
- [http://geneamichaud.free.fr/telechargements/caldate-00.html Utilitaire de conversion de calendriers pour Excel]

Voir aussi


- Calendrier
- 366 jours du calendrier grégorien
- Calendrier julien
- ISO 8601 Grégorien als:Gregorianischer Kalender ja:グレゴリオ暦 ko:그레고리력 ms:Kalendar Gregory simple:Gregorian calendar th:ปฏิทินเกรกอเรียน

Otto von Bismarck

Otto Eduard Leopold von Bismarck - Graf von Bismarck (comte), puis Fürst von Bismarck (prince) - (1 avril 1815 - 30 juillet 1898) fut Chancelier (l'équivalent de Premier Ministre en France) du royaume de Prusse de 1862 à 1890. Il unifia l'Allemagne par une série de guerres et devint le premier chancelier (1871 - 1890) de l'Empire allemand. Politicien conservateur, aristocrate et monarchiste, Bismarck combattit le mouvement social-démocrate montant des années 1880 en interdisant plusieurs organisations ; néanmoins, il institua une retraite obligatoire et une assurance santé et accident pour les travailleurs.

Sa jeunesse

Il est né à Schönhausen, domicilié à Kniephof en Poméranie. Son père, Ferdinand von Bismarck était militaire et sa mère Wilhelmine Mencken originaire d'une famille de notables. Il eut une sœur, Malwina (diminutif Malle) avec qui il eut beaucoup de relations et une correspondance importante ; c’est dans une lettre qu’il lui écrivit qu’on trouve la phrase fameuse : « Haut doch den Polen, dass sie am Leben verzagen (Frappez les Polonais, qu’ils en perdent le courage de vivre) ». Après avoir reçu sur l'insistance de sa mère une instruction secondaire classique et non par précepteur comme cela se faisait à l'époque, il étudia le droit à Göttingen et Berlin, où il fit preuve de peu d'assiduité; il n’en sut pas moins se cultiver lui-même : Alexandre de Hohenlohe restait stupéfait devant le nombre de livres qu’il avait lus dans sa jeunesse et les citations qu’il était capable de faire, dans la langue originale évidemment... Il fut ensuite nommé à la Préfecture d'Aix-la-Chapelle, où il connut diverses aventures. À la mort de sa mère en 1839, il se dévoue à la gestion du domaine familial, mais s'ennuie. Il trouve un poste d'intendant des digues, où il fait preuve d'un rare engagement. En 1843 il rencontre Marie von Thadden, l'amour de sa vie, déjà mariée à l'époque. Elle meurt en 1846. Par amour pour Marie et à sa demande, Bismarck épouse sa meilleure amie Johanna von Puttkamer en 1847. De leur longue et heureuse union naquirent trois enfants. Toutefois Johanna s'intéresse peu aux mondanité et à la politique qui accapare de plus en plus son mari, sa sœur Malwina y jouera plus le rôle de conseillère.

Une influence croissante

Délégué à l'assemblée des États Provinciaux de Prusse, il se heurte de plein fouet aux mouvements nationalistes et révolutionnaires qui embrasent l'Europe. Ils atteignent la Prusse le 18 mars, et le 19 le roi Frédéric-Guillaume IV est fait prisonnier à la suite d'un accident malheureux. Bismarck l'apprend, sa réaction est si violente qu'il va jusqu'à obtenir une entrevue avec Augusta, la reine mère, afin d'assurer la Régence. Augusta refuse, il en résulte une haine qui durera jusqu'à la mort de celle-ci. Suite à cet épisode où Bismarck s'est mis en porte à faux avec le pouvoir, il est écarté de la politique temporairement. Déjà il fait preuve de cet attachement à la Prusse (mais non partisan de la monarchie absolue) qui dirigera toute sa politique. Heureux de la défaite des mouvements révolutionnaires de 1848, il est élu au Parlement prussien en 1849. Désigné pour représenter la Prusse à Francfort, Bismarck se persuade peu à peu qu'une nation allemande unifiée derrière la Prusse est un objectif important (c'était à l'époque considéré comme un point de vue libéral). Il s'agit de la réalisation de la vision d'une Kleindeutschland (petite Allemagne) à majorité protestante dominée par la Prusse, par opposition à l'idée pan-germanique de Grossdeutschland, à majorité catholique avec l’Autriche, qui, si elle était présente, deviendrait la puissance dominatrice, avec le même rôle que celui qu’elle tient dans la Confédération. Il s'oppose à la politique étrangère prussienne exécutée par le ministre Radowitz, qui vise à créer l'Union, une Confédération germanique sans l'Autriche, car il sait que son retour est inéluctable. Il est même un farouche défenseur de l’Autriche, et applaudit « la reculade d’Olmutz » en 1850 par laquelle l’Autriche ordonne la démission de Radowitz et rétablit la Confédération. Il est ensuite nommé ambassadeur à Francfort dans le cadre de la Confédération, et chargé de rétablir les bonnes relations avec l’Autriche. Mais c’est impossible et Bismarck s'applique alors à réduire l'influence de cet Empire. Il sait qu’il n’y a pas de place en Allemagne pour deux grandes puissances et se rallie à la solution Petite Allemagne. Il cherche l’alliance française à partir de 1856 pour permettre un affrontement austro-prussien qu’il juge inéluctable. Il devient ambassadeur de Prusse en Autriche, puis en Russie, en 1859 puis à Paris en 1862, où il rencontre de nombreuses fois Napoléon III. Le 26 juin 1862, invité à un déjeuner par ce dernier, l'empereur lors de la promenade dans le parc lui suggère une alliance, entre la France et la Prusse, il se déroba et écrivit dans ses mémoires : « Avant-hier, chez l'empereur, je me suis trouvé dans la situation de Joseph avec la femme de Putiphar. Il avait sur la langue les propositions les plus impudiques; si je l'avais un peu encouragé dans cette voie, il se serait exprimé plus nettement. C'est un fervent champion de l'unité allemande, réalisée à l'exclusion de l'Autriche. » Le Parlement et le roi Guillaume de Prusse se méfient de lui comme de la France, ennemie traditionnelle de la Prusse. En 1862, le roi Guillaume de Prusse lui confie les postes de Premier ministre et de Ministre des Affaires étrangères de Prusse, à la suite du conflit entre le Parlement, de plus en plus libéral, et le roi, déclenché par une réorganisation de l'armée. Pendant 4 ans, après dissolution, au mépris de la constitution de 1850, la crise parlementaire est réglée.

L'artisan de l'unification de l'Allemagne

Bismarck réussit à unifier l'Allemagne en menant une série de guerres. Celles-ci sont toujours exécutées avec réalisme et opportunisme, et non pas selon un plan préétabli comme on voudrait bien le croire. Pour que ces guerres ne dégénèrent pas, Bismarck développe une politique de rapprochement avec la Russie, qu'il juge indestructible du fait de sa grandeur, le Second Empire et l'Angleterre. À l’intérieur il doit lutter dans un premier temps contre l’assemblée hostile à sa politique étrangère, mais aussi contre son souverain, qu’il réussit à manipuler. En premier lieu, en coopération avec l'Autriche, le Schleswig et le Holstein (voir Schleswig-Holstein) sont pris au Danemark (guerre des Duchés) ; un traité de paix est conclu à Vienne le 30 octobre 1864. Dès 1865, il fait pression sur l'Autriche afin de laisser la Prusse s'occuper de ces terres du Nord. Puis, en 1866, prétextant une mauvaise gestion des Duchés, il attaque l'Autriche et l'emporte rapidement à la bataille de Sadowa, annexant Hanovre, Hesse-Kassel, Nassau et Francfort à la Prusse et créant la Confédération d'Allemagne du Nord (voir Guerre austro-prussienne). Le 26 juillet, quelques jours après la victoire de prussienne à la bataille de Sadowa, l'empereur Napoléon III avait confié à l'ambassadeur de Prusse à Paris qu'il ne voyait aucune objection à l'annexion du Hanovre et de la Hesse « jusqu'au chiffre de quatre millions d'habitants ». Mis au courant, le Drouyn de Lhuys, le ministre français des Affaires étrangères confia à ses proches : « Maintenant, il ne nous reste plus qu'à pleurer. » Après avoir provoqué la France (dépêche d'Ems), la guerre franco-prussienne est déclenchée en 1870 et les États de l'Allemagne du Sud, considérant la France comme l'agresseur, soutiennent militairement la Confédération d'Allemagne du Nord. La France subit une défaite humiliante et Guillaume 1er se fait acclamer Empereur d'Allemagne à Versailles en 1871. Le traité de paix signé permet à l'Allemagne d'annexer l'Alsace (hors Belfort) et la Moselle, qui deviennent terre d'empire (Reichsland), bien commun à l'ensemble des États allemands. Cependant cette dernière guerre provoque une grande réaction patriotique française, qui fait prédire à Bismarck la Première Guerre mondiale. Bismarck est donc le principal artisan de la création de l'Empire allemand de 1871, dirigé par la Prusse et excluant l'Autriche.

Au sommet de sa puissance

Acclamé comme un héros national, Bismarck devient le premier Reichskanzler (chancelier) du nouvel Empire. Dans sa politique extérieure, il se consacre à maintenir la paix entre les puissances européennes (France, Autriche, Allemagne et Russie). Il est particulièrement habile à manœuvrer pour empêcher tout rapprochement entre ses ennemis. À cet effet il crée des alliances diverses entre l'Autriche et la Russie. Les contemporains de l'époque se moquaient de ces alliances à répétitions, et de sa « politique de cabinet ». Ses systèmes d'alliances sont nommés Systèmes Bismarckiens. Intérieurement, il est aux prises avec la montée en puissance de deux nouveaux partis : le Parti du centre catholique (Zentrum) et la Parti social-démocrate (SPD), sans oublier les Français protestataires. Le Kulturkampf, campagne contre le catholicisme et la minorité polonaise qui démarre en 1872, est un énorme échec. Il attaque les sociaux-démocrates de deux manières : le parti et ses organisations sont interdits, alors que les classes ouvrières sont calmées par une législation (très progressiste) garantissant la retraite et une assurance contre maladies et accidents. Il fonde toutefois le Mark en 1873, réorganise l’armée d’Empire et la justice d’Empire.

La chute

La chance qui avait toujours servi Bismarck tourna brusquement. « Le moment vint, écrit Alexandre de Hohenlohe, où « rien ne voulait plus réussir » à l’homme d’État vieillissant » ; il est caractéristique que Jacques Bainville, qui nous présente Bismarck comme l’homme d’État n’ayant connu que des succès, s’abstient de nous parler de lui après 1880. Dans ces années pourtant Guillaume 1er affaibli le laisse gouverner à sa guise et sa place de chancelier n’est plus menacée ; elle pourrait l’être sous le règne de son successeur à qui son mariage avec une princesse anglaise a donné des idées libérales ; mais le futur Frédéric III n’est pas si hostile qu’on le dit ; n’écrit-il pas en 1886 à Bismarck ces lignes caractéristiques : :« Étant donnée l’importance de la tâche qui peut être dévolue au prince [le futur Guillaume II], je considère comme nécessaire qu’il étudie avant tout la situation intérieure de son pays et la connaisse à fond, avant de s’occuper en quoi que ce soit de politique avec sa tendance à juger rapidement et même avec précipitation. :Il y a encore des lacunes dans ses connaissances. Il manque, pour le moment, d’une base solide et il est absolument nécessaire que ses connaissances soient développées et complétées. Ce but serait atteint si on lui donnait un « instructeur civil » et si, en même temps, ou plus tard, on l’occupait dans un des ministères administratifs. :Mais étant données la maturité insuffisante et l’inexpérience de mon fils aîné, unies à sa tendance à la présomption et à une trop grande estime de soi, je considère véritablement comme dangereux de le mettre, dès à présent, en contact avec les questions extérieures ». Il ne se serait pas confié ainsi à un homme qu’il aurait haï, et l’on voit qu’il s’inquiète beaucoup plus de son fils que du chancelier. Mais Frédéric III meurt après quatre-vingt-dix-neuf jours de règne et c’est Guillaume II qui lui succède, enragé d’avoir été tenu si longtemps en laisse et impatient de gouverner lui-même. Les jours de Bismarck à la chancellerie sont donc comptés bien qu’il ne s’en rende pas compte ; il aurait voulu, a-t-on dit, que son fils lui succédât. Vrai ou faux, le bruit arrive aux oreilles de l’empereur qui confiera au prince Chlodwig de Hohenlohe au cours d’une chasse : « Il s’agit de la question suivante : dynastie Hohenzollern ou dynastie Bismarck ». L'occasion est donnée par les élections de 1890 où le centre catholique et les sociaux-démocrates réalisent tous deux une percée ; Bismarck doit se retirer sur les instances du Kaiser Guillaume II, monté sur le trône en 1888. Cette retraite permet à la France de nouer des liens plus étroits avec la Russie et le Royaume-Uni. Bismarck passe les dernières années de sa vie à écrire ses mémoires, et à s’opposer à la politique de Guillaume II, qui tente une réconciliation, que Bismarck repousse. Il s'éteint en 1898 à Friedrichsruh. Sa mort est toutefois troublée par une tentative de récupération par la propagande de Guillaume II. Bismarck est incontestablement l’homme de la réunification, doté d'une analyse remarquable du problème de la réunification. Son réalisme lui fait profiter de toutes les occasions favorables pour atteindre son but. Les historiens allemands considèrent de nos jours que son amour pour la Prusse eut des conséquences néfastes. L’Allemagne se coupait définitivement des Allemands autrichiens, la domination de la Prusse renforçait l’isolement des États du Sud. Enfin la guerre de 1870 donnait à l'Empire un ennemi obstiné et extrêmement dangereux : la France.

Bibliographie (à compléter)


- Pensées et souvenirs livre rédigé par Bismarck lors de sa retraite - éd. Calmann-Lévy
- Bismarck de Jacques Bainville est utile, à condition qu'on n'y cherche pas de renseignements exacts sur le Chancelier (on trouvera cependant d'intéressants extraits de ses Mémoires) ; on y verra surtout la façon dont Bainville (et après lui de très nombreux Français) ont compris le personnage de Bismarck et sa politique.
- Dans L’Empire allemand de l’unité du Reich au départ de Bismarck (1871-1890), ouvrage collectif paru aux Éditions du Temps (2002), on trouvera une intéressante étude de Françoise Knopper, intitulée Otto von Bismarck, le « chancelier de fer ». On y lira cette opinion : « Bismarck a gouverné à un moment qui fut propice à l'unification mais il n'avait en fait envisagé que l'hégémonie prussienne et il s'est rapidement trouvé dans la posture de l'apprenti sorcier qui enclenche un processus qu'il ne peut plus arrêter. » C'est aux antipodes de Bainville.
- De nombreuses biographies lui sont consacrées, dont celle de l'historien allemand Werner Richter, traduite en français. Il y expose un point de vue partagé par de nombreux historiens allemands, pour qui la séparation de la Prusse et de l'Autriche eut des conséquences néfastes.
- Remarquons d’ailleurs que l’historiographie actuelle est plus sévère à l’égard de Bismarck que jadis. François Knopper (op. cit.) n’écrit-elle pas : « En particulier depuis 1945, historiens et biographes veillent à combattre le « mythe » bismarckien, à signaler ses échecs à l’intérieur (vis-à-vis du Zentrum et des socialistes) et à l’extérieur (lors du congrès de Berlin), à relativiser ses choix. » Ajoutons que de telles idées sont loin d’avoir passé dans l’imaginaire allemand où l’on se représente encore Bismarck comme un génie et où l’on attribue les désastres qui ont suivi au fait qu’on n’a pas été capable de continuer sa politique.
- On trouvera cependant des prémonitions intéressantes dans les chapitres que le prince Alexandre de Hohenlohe a consacrés à Bismarck dans ses Souvenirs parus chez Payot en 1928. Il écrit notamment : « On pourrait être tenté de se demander si mon père n’a pas eu tort d’appuyer la politique de Bismarck dans la création du nouvel empire d’Allemagne et on pourrait de nouveau, comme on le fit jadis, lui reprocher d’être intervenu en faveur du rattachement de la Bavière à la Prusse au lieu de poursuivre en Bavière une politique de la grande Allemagne. » Mais dans le climat de l’époque cet homme intelligent fut considéré comme un traître, un des responsables du « coup de poignard dans le dos ».

Citations


- « Ce n'est pas par des discours et des votes de majorité que les grandes questions de notre époque seront résolues, mais par le fer et par le sang. »
- « En politique, il faut toujours suivre le droit chemin. On est sûr de n'y rencontrer personne. »
- « Gouverner est l'art de mener des hommes imparfaits avec des lois imparfaites. »
- « La politique n'est pas une science comme se l'imaginent beaucoup de professeurs, mais un art. »
- « Provoquez donc une émeute pendant que vous avez encore une armée pour l'étouffer. »
- « On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »
- En parlant des Polonais : « J'ai toute pitié pour leur situation, mais nous ne pouvons faire autrement que de les exterminer. Le loup n'y peut rien. Il a été créé tel qu'il est par Dieu, et pourtant on le tue sans pitié. »
- En parlant de l'Europe : « Jamais une grande nation ne consentira à sacrifier son existence à la fidélité envers un Pacte. Le "ultra nemo obligatur" (à l'impossible nul n'est tenu) jouera toujours. De même, un traité ne saurait constituer une garantie morale. »
- « La politique internationale est un élément fluide, qui, par intervalles et selon les circonstances, se solidifie, mais que les changements atmosphériques ramènent à son état primitif. »
- « Lorsqu'il se produit des révolutions à l'étranger, nous n'avons pas à nous demander qui a raison ou qui a tort... nous devons prendre parti uniquement en recherchant la situation la plus favorable pour la puissance et la sécurité de la Couronne de Prusse. »
- « Les sots prétendent qu'on n'apprend qu'à ses dépens. Moi, j'ai fait en sorte d'apprendre aux dépens des autres. »

Hommages

Le cuirassé de la Kriegsmarine Bismarck et la ville américaine de Bismarck ont été tous deux nommés en son honneur. Bismarck (le cuirassé)fierté de l'Allemagne nazie est mis sous embargo en Norvège au printemps 1941. Il tente de s'enfuir puis il est pris au piège par les anglais et lors d'une bataille navale il est coulé en mer après de violents combats. Il a donné son nom à la mer de Bismarck située au nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à l'est de la mer de Salomon, au sud de la mer de Corail, proche des îles Manus aux environs du 150° parallèle.

Liens externes


- La célèbre caricature [http://www.ww1-propaganda-cards.com/images/punch14.jpg « Le débarquement du pilote »] (Dropping the Pilot) sur la démission de Bismarck à la demande de l'Empereur Guillaume II.

Voir aussi


- Bismarck, ville des États-Unis, capitale du Dakota du Nord, nommée ainsi en hommage au chancelier allemand. Bismarck, Otto von Bismarck, Otto von Bismarck, Otto von Bismarck, Otto von Bismarck, Otto von Bismarck, Otto von ja:オットー・フォン・ビスマルク ms:Otto von Bismarck

Suffrage universel

Le suffrage universel est le principe d'expression de la volonté populaire. Le corps électoral est constitué de tous les citoyens en âge de voter à condition qu'ils ne soient pas privés de leurs droits civiques.

Histoire

Le suffrage universel réel est une abstraction puisqu'il existe toujours, aujourd'hui, deux conditions à la participation au vote, à savoir un âge minimal ou celui de la nationalité. On peut dire que le suffrage universel ne sera jamais réalisable, mais les sociétés ont beaucoup évolué.

Sous l'Antiquité

Démocratie, du grec ancien dèmokratia ; demos peuple et kratos pouvoir. Le suffrage est restreint lorsque le droit de vote est réservé aux individus qui remplissent certaines conditions. Sous l'Antiquité, la démocratie athénienne était réservée aux seuls citoyens grecs. Pour être citoyen grec, il fallait être né de parents athéniens, avoir plus de 18 ans, être de sexe masculin et un homme libre (avoir la personnalité juridique : ne pas être esclave). Ces conditions ont pour effet qu'il n'y avait que peu de citoyens vis-à-vis de la population totale (on peut estimer qu'ils étaient 40000 pour 250000 habitants). Les femmes, les esclaves et les métèques n'ont pas le droit de vote .

L'influence du siècle des Lumières

Depuis le moyen âge, la monarchie absolue française est dite de droit divin. La personne du roi est donc sacrée. Au XVIII siècle, cette conception est remise en cause par les philosophes des lumières qui contestent explicitement l'absolutisme. Ces nouvelles idées se diffusent dans l'opinion publique naissante. C'est une des causes de la Révolution Française. Parmi les grands philosophes des lumières Montesquieu, a critiqué la monarchie absolue et élaboré la théorie de la séparation des pouvoirs, et Rousseau, a critiqué la société d'ordre au nom de l'égaliténaturelle:

La restriction

Restriction fondée sur :
- la fortune C'est le suffrage censitaire en vertu duquel le droit de vote est conditionné à l'acquittement d'un impôt (le cens). La France a connu le régime de suffrage censitaire jusqu'en 1848 ; la monarchie constitutionnelle entre 1815 et 1848 était une monarchie censitaire. De 1814 à 1830, sont électeurs ceux qui paient un cens supérieur a 300fr, et éligible ceux qui paient un cens supérieur à 1000fr et qui ont plus de 40 ans. En 1847, sont électeurs ceux qui paient un cens supérieur a 100fr.
- le sexe L'Etat fédéré des États-Unis, le Wyoming, est le premier à avoir reconnu le droit de vote des femmes en 1869. En 1918, en Grande-Bretagne, les hommes devaient avoir 21 ans et les femmes 31. Les militaires ne pouvaient pas voter jusqu'en 1946 (on craignait l'influence de leurs supérieurs sur eux). Au Portugal, 1931, le droit de vote est accordé aux femmes diplômées de l'enseignement supérieur, les hommes eux, doivent uniquement savoir lire et écrire. (En France, depuis 1920, une femme mariée peut adhérer à un syndicat sans demander l'autorisation à son mari !)... En France, l'adoption du suffrage universel masculin date de 1848 et du suffrage universel féminin de 1944, ainsi, pendant près d'un siècle, le suffrage universel n'avait d'universel que le nom puisqu'il n'impliquait que les hommes, excluant donc plus de la moitié de la population en âge de voter.
- la capacité Le droit de vote n'était accordé qu'en reconnaissance d'un certain niveau d'instruction, vérifié par l'exigence de diplômes appropriés ou par un examen de connaissances (procédure qui fut notamment utilisée aux Etats-Unis pour limiter le vote des noirs dans certains pays).

Une évolution des sociétés

une démocratisation lente

La démocratisation vers un suffrage universel s'est faite lentement et progressivement au cours du 19e et du 20e siècle. Il s'agit du principe d'expression de la volonté populaire. Le corps électoral est constitué de tous les citoyens en âge de voter à condition qu'ils ne soient pas privés de leurs droits civiques. Cette condition rejoint les limitations à l'universalité.

les limitations à l'universalité


- la nationalité les étrangers ne peuvent pas voter (bien que ce point soit sujet à débat actuellement).
- l'âge il faut avoir atteint la majorité électorale (civile et politique). L'âge requis a été abaissé à 18 ans depuis 1974 (21 auparavant).
- l'aptitude morale les condamnés n'ont pas le droit de vote, ne pas jouir de ses droits signifie être indigne de la qualité d'électeur ; jugés « moralement indignes ».
- majeurs en tutelle du fait qu'ils ne jouissent pas de leurs facultés mentales, ces citoyens sont incapables de discernement politique (excepté s'il y a l'autorisation du chef de tutelle).
- l'inscription sur les listes électorales condition pratique : la loi du 10 novembre 1997 l'a rendue obligatoire (inscription d'office des personnes de nationalité française lorsqu'elles atteignent l'âge de 18 ans). Par ailleurs, un électeur ne peut être inscrit que sur une seule liste électorale, dans la commune où se trouve son domicile réel.

Suffrage universel direct et indirect

Le suffrage universel est qualifié de direct lorsque le corps électoral désigne directement son ou ses représentants. En France par exemple, le Président de la République (depuis 1962) et les députés sont désignés au suffrage universel direct. Le suffrage universel est qualifié d'indirect lorsque le corps électoral désigne un collège restreint de personnes élues (généralement qualifiées de grands électeurs), qui à son tour désigne le ou les représentants. Par exemple, en France, les membres du Sénat sont désignés de la sorte et le Président aux États-Unis. Le but de cette forme de suffrage est de diluer les mouvements d'opinion.

Les limitations de l'universalité

Le suffrage universel se définit généralement par opposition à d'autres types de suffrages restreints qui limitent le droit de vote à une partie de la population en raison de leur fortune (suffrage censitaire), ou encore en raison d'autres caractéristiques (suffrage capacitaire), qui peuvent être le sexe, l'âge, la nationalité, la liberté (exclusion des prisonniers) ou encore le niveau d'éducation.

Extensions du suffrage universel

En général, le système électoral est passé de l'absence de vote à un vote masculin censitaire qui s'est progressivement élargi en diminuant le montant du niveau d'imposition, puis en supprimant cette condition, et ensuite en étendant le droit de vote aux femmes, puis à certaines minorités ethniques (raciales ou religieuses surtout) qui en étaient restées exclues: Asiatiques, Doukhobors et Amérindiens au Canada, Aborigènes en Australie, "indigènes" dans les colonies françaises et belges... Jusqu'au Voting Rights Act de 1965, le droit de vote dans certains États du Sud des États-Unis était conditionné par la capacité d'expliquer la Constitution. Ce procédé permettait d'exclure du corps électoral les descendants d'esclaves noirs, les "Blancs", même illettrés, jouissant du droit de vote par filiation. L'abaissement de l'âge de vote et d'éligibilité a également élargi le nombre d'électeurs, ainsi que, à des degrés divers, la suppression des clauses de nationalité d'origine, ou de nationalité tout court (voir: droit de vote des étrangers). Ce combat-là est toujours vivant, de même que, en particulier aux États-Unis et en Australie, celui pour la restitution de leurs droits civiques aux personnes condamnées (13% des hommes noirs aux États-Unis), qu'elles soient en prison ou non. Dans d'autres pays, comme le Canada et la Belgique, les prisonniers ont par contre déjà le droit de vote.

Le suffrage universel dans le contexte colonial

La France républicaine a pu s'accommoder sous la Troisième République de l'exclusion politique des "indigènes" de son empire colonial, qui n'ont pu accéder à la citoyenneté théoriquement pleine et entière que le 7 mai 1946, suite au vote d'une proposition de loi du député sénégalais Lamine Guèye, devenue Loi Lamine Guèye. La Constitution française du 27 octobre 1946 (Quatrième République) a confirmé cette version française de l'édit de Caracalla. Toutefois, ce n'est que dix ans plus tard, le 23 juin 1956, que la loi-cadre du ministre Gaston Deferre concrétisa cette citoyenneté égale entre "indigènes" et "Européens" en supprimant le système du "double collège" et en élargissant le corps électoral à tous les habitants de nationalité française, sans limitation capacitaire. La Belgique n'a accordé le droit de vote à ses sujets coloniaux du Congo qu'à partir de décembre 1957 dans le cadre d'élections de conseils d'arrondissements dans certaines villes, avec des communes "européennes" et des communes "africaines", puis d'élections provinciales. Le Royaume-Uni a d'abord mis en place dans ses colonies des assemblées élues uniquement pour les colons, et a ensuite introduit progressivement des représentants, d'abord nommés puis élus, des indigènes et des résidents non-européens (Indiens du Kenya par exemple). C'est également le modèle suivi par les Pays-Bas dans les Indes néerlandaises.

Liens externes


- [http://users.skynet.be/suffrage-universel/fr/frvo.htm Le droit de vote des colonisés et des étrangers en France]
- [http://users.skynet.be/suffrage-universel/zrdeco.htm Pierre-Yves Lambert, "L'exercice de la citoyenneté dans un contexte colonial: le cas des deux Congo jusqu'en 1957", in: Cahiers Marxistes (Bruxelles), janvier-février 1998, n°208, p. 51-62]
- [http://www.chez.com/asklepios/XIX/borda.htm Mémoire sur les élections au scrutin, par Mr. de Borda, 1784] Catégorie:Histoire du droit Catégorie:Droit constitutionnel Catégorie:Élection ja:普通選挙

Suisse

La Suisse (en allemand Schweiz, en italien Svizzera, en romanche Svizra) est un pays d'Europe bordé par l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Autriche et le Liechtenstein. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire, et abrite de nombreuses organisations internationales.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Suisse. Peuplé dès la préhistoire, c'est néanmoins à l'époque celtique, grâce surtout aux Helvètes que le territoire suisse franchit le seuil de l'histoire. En 58 av. J.-C. les Helvètes, poussés par la pression migratoire des tribus germaniques, tentèrent de s'installer en Gaule mais battus à Bibracte par les armées de Jules César ils y sont reconduit dans le cadre de l'empire romain. Déjà largement christianisée, la Suisse fut occupée par les Burgondes et les Alamans au . Incorporée successivement aux royaumes de Bourgogne, des Francs puis à l'empire carolingien, elle est rattachée au , à la chute du royaume de Bourgogne transjurane, au Saint Empire romain germanique. Elle est alors le théâtre de dures luttes féodales. La date de 1291 a été choisie à la fin du comme date de naissance de la Suisse, car c'est celle de l'alliance de trois cantons, contrôlant la route du Gotthard, nouvellement aménagée : Uri, Schwytz et Unterwald. Ces cantons confirmèrent leurs envies de liberté lors de la bataille de Morgarten en 1315. Les territoires avoisinants, Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne se rapprochèrent d'eux au , fondant ce que l'on appelle aujourd'hui la confédération des VIII cantons. Le fut parsemé de conquêtes qui vit la Confédération atteindre le Rhin et la Suisse romande, tout en s'alliant avec les territoires environnants (Valais, Appenzell, Saint-Gall, les ligues grises, Fribourg). Elle participa finalement aux guerres de Bourgogne. Enfin, à la suite des guerres de Souabe en 1499, les cantons furent indépendants de facto du Saint Empire. Ce n'est qu'aux traités de Westphalie en 1648 que cette indépendance fut reconnue. La fin du vit une première opposition entre les villes et campagnes qui aboutit finalement au convenant de Stans (1481), avec l'aide de Nicolas de Flue, qui ouvrit la porte à cinq nouveaux cantons : Fribourg, Soleure, Appenzell, Bâle et Schaffhouse. Ainsi, au début du , la confédération des XIII cantons est née. Elle renforce ses alliances locales (Bienne, Saint-Gall, Neuchâtel) et étend ses possessions au Tessin et dans le canton de Vaud. Les guerres d'Italie et surtout la bataille de Marignan (1515) sonnent la fin de ses activités militaires hors de son territoire. Seuls les mercenaires suisses feront désormais parler d'eux sur les champs de batailles européens et au Vatican. Déchirée par la Réforme, les guerres de religions (Première guerre de Kappel (1529), évitée de justesse lors de l'épisode de la soupe au lait, Deuxième guerre de Kappel (1531), Première guerre de Villmergen (1656), Deuxième guerre de Villmergen (1712)) occupent la politique intérieure. La démocratie des premiers temps a laissé la place à des gouvernements oligarchiques bloquant toute réforme. L'invasion française de 1798 libère les pays sujets et réforme profondément la Suisse en en faisant un état unitaire : la République Helvétique. Devant les troubles incessants, Napoléon impose l'Acte de médiation de 1803, rétablissant les cantons (Vaud, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall devenant alors des cantons à part entière) tout en retirant Neuchâtel, Genève et le Valais qui redeviennent éphémèrement indépendants puis sont intégrés à l'Empire. En 1814 et 1815, la Restauration crée un premier État fédéral, à 22 cantons et les luttes entre les conservateurs et les libéraux-radicaux aboutissent à la guerre du Sonderbund en 1847 et à la victoire de ces derniers. La fin du siècle voit l'apparition de l'État fédéral qui abolit les frontières intérieures, impose une monnaie unique et une armée de milice fédérale. La première constitution fédérale de 1848, qui a mis en place les bases politiques de la Suisse, fut révisée en 1874 en y ajoutant le droit de référendum. Le début du voit la suite du travail législatif : un code pénal, puis un code civil fédéral sont créés et le droit d'initiative constitutionnel est introduit. La Suisse échappe, grâce à son statut de neutralité, aux deux guerres mondiales et devient peu à peu le siège de nombreuses organisations internationales. Devenue prospère dans les années 1960, la Suisse reste essentiellement à l'écart des grands bouleversements de l'Europe et n'adhère qu'au compte goutte aux différentes organisations internationales (Conseil de l'Europe en 1963, Organisation des Nations unies le 10 septembre 2002).

Politique

Article détaillé : Politique de la Suisse Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée fédérale, qui est formée de deux chambres : le Conseil national (200 membres), formé des représentants du peuple, et le Conseil des États (46 membres). Chaque canton possède 2 sièges au Conseil des États (un seul pour les ½ cantons) et d'un nombre de sièges proportionnel à sa population au Conseil national. Le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil fédéral, formé de 7 membres, et de l'administration fédérale qui lui est subordonnée. Les membres du Conseil fédéral sont élus pour 4 ans par l'Assemblée fédérale, qui, en règle générale, reconduit les candidats sortants si ces derniers désirent poursuivre leurs fonctions. Cependant, cette règle tacite a été mise à mal lors de la dernière élection de décembre 2003 avec la non-réélection de la conseillère fédérale démocrate-chrétienne Ruth Metzler-Arnold, évincée au profit du candidat de l'Union démocratique du centre (UDC) Christoph Blocher. Cette situation a donc modifié la répartition des sièges en fonction des partis politiques pour la première fois depuis l'introduction de la formule magique en 1959. Cette dernière vise à répartir les sièges du gouvernement fédéral proportionnellement au poids de chaque parti à l'Assemblée fédérale. Depuis 1959, et malgré la progression depuis le début des années 1990 de l'UDC, cette répartition n'avait jamais été modifiée et était composée comme suit : 2 sièges pour le Parti radical-démocratique (PRD), 2 pour le Parti démocrate-chrétien (PDC), 2 pour le Parti socialiste (PSS) et 1 siège pour l'UDC. Les élections fédérales de l'automne 2003 ayant confirmé la montée en puissance de l'UDC, les partis gouvernementaux se sont résolus, sous une certaine pression populaire, à revoir la répartition des sièges du Conseil fédéral. Le Conseil fédéral fonctionne selon le principe de collégialité, ce qui signifie que les décisions sont prises le plus possible par consensus. Si tel n'est pas le cas, un vote a lieu parmi les 7 conseillers fédéraux. Selon ce principe, ceux qui s'opposent à une mesure qui est adoptée par le collège doivent tout de même défendre le projet au nom de celui-ci. Mais ce principe a connu quelques distorsions ces dernières années, notamment lors de campagnes précédant des votations populaires. Un président de la Confédération est élu parmi les conseillers fédéraux. Il est élu pour une année par l'Assemblée fédérale. Son rôle est principalement symbolique et médiatique. Traditionnellement, les conseillers fédéraux sont élus président chacun à leur tour, en fonction de leur ancienneté.

Fédéralisme

La Suisse est divisée en 26 cantons, contenant chacun plusieurs, voire des centaines de communes. Les cantons sont plus ou moins autonomes constitutionnellement (chacun ayant sa propre constitution), ainsi que du point de vue législatif, judiciaire, fiscal et administratif. Un certain nombre de domaines sont ainsi gérés uniquement au niveau cantonal. On y trouve par exemple l'éducation, la gestion des hôpitaux (sauf les hôpitaux communaux et privés), la construction et l'entretien de la majorité des routes (sauf les autoroutes et routes nationales) et la police (contrairement à l'armée), d'autres charges sociales ou encore le contrôle de la fiscalité. Ils ont tous leur propre parlement (appelé dans la plupart des cantons francophones Grand Conseil) et leur gouvernement (appelé dans la plupart des cantons francophones Conseil d'État).

Démocratie semi-directe

Une particularité de la démocratie suisse est que le peuple garde en permanence un contrôle sur ses élus, car la Suisse est une démocratie que l'on peut qualifier de semi-directe, dans le sens où elle a des éléments d'une démocratie représentative (élection des membres des parlements ainsi que des exécutifs cantonaux) et d'une démocratie directe. En effet, en Suisse, le corps électoral dispose de deux instruments qui lui permettent d'agir sur un acte décidé par l'État : il s'agit du référendum, qui peut être facultatif ou obligatoire, et de l'initiative populaire qui est le droit d'une fraction du corps électoral de déclencher une procédure permettant l'adoption, la révision, ou l'abrogation d'une disposition constitutionnelle.
- Le référendum facultatif permet de remettre en cause une loi votée par l'Assemblée fédérale. Il est facultatif car il nécessite la récolte de 50 000 signatures en l'espace de 100 jours pour qu'il aboutisse à une consultation populaire. Si tel n'est pas le cas, la loi est considérée comme adoptée. Lors de la votation, seule la majorité de la population est prise en compte.
- Le référendum obligatoire impose, comme son nom l'indique, automatiquement une consultation populaire dans les cas prévus par la constitution fédérale. Il implique la double majorité de la population et des cantons.
- L'initiative populaire au niveau fédéral est un instrument qui permet à un comité de citoyens de proposer une modification de la constitution fédérale, que ce soit dans le but d'y introduire une nouvelle disposition ou d'en modifier ou abroger une déjà existante. Elle ne concerne en revanche pas les actes de rang législatif. Si les initiants parviennent à réunir 100 000 signatures dans un délai de 18 mois, le projet est soumis au peuple. Pour que le projet soit accepté lors de la consultation populaire, la double majorité de la population et des cantons est nécessaire, ce qui rend bien sûr plus difficile le succès d'une initiative populaire (15 acceptées en 114 ans). Par ailleurs, les autorités fédérales ont la possibilité d'y opposer un contre-projet qui permet souvent de reprendre les éléments attractifs d'une initiative tout en laissant de côté les aspects trop contraignants ou jugés extrêmes de cette dernière. Il arrive qu'un contre-projet donne satisfaction aux initiants qui peuvent décider dès lors de le soutenir également, voire même de retirer leur initiative. Dans ce cas, seul le contre-projet est soumis au peuple. Ces possibilités sont fréquemment utilisées, ce qui fait que la Suisse est un pays où l'on vote très souvent (en moyenne 4 à 5 fois par an avec généralement plusieurs objets soumis en même temps). Afin de garantir une transposition des directives dans les délais, ce système devrait être réformé en cas d'adhésion à l'Union européenne (UE). De plus, les initiatives incompatibles avec le droit européen devraient être invalidées, dans la mesure où le droit communautaire prime sur le droit national. La crainte d'une perte de souveraineté est d'ailleurs l'un des arguments des opposants à cette adhésion.

Initiatives populaires acceptées

Voici la liste des 15 initiatives populaires acceptées par le peuple et les cantons depuis l'instauration de cette institution :
- 20 août 1891 : Interdiction d'abattre le bétail de boucherie sans l'avoir préalablement étourdi (191 527 oui contre 127 101 non et 13 cantons contre 12)
- 5 juillet 1908 : Interdiction de l'absinthe (241 078 oui contre 138 669 non et 23 cantons contre 2)
- 13 octobre 1918 : Élection proportionnelle du Conseil national (299 550 oui contre 149 035 non et 22 cantons contre 3)
- 21 mars 1920 : Interdiction des maisons de jeu (271 947 oui contre 241 441 non et 13 cantons contre 12)
- 30 janvier 1921 : Référendum facultatif en matière de traités internationaux (398 538 oui contre 160 004 non et 23 cantons contre 2)
- 2 décembre 1928 : Maintien des kursaals (296 395 oui contre 274 528 non et 16 cantons contre 9)
- 11 septembre 1949 : Retour à la démocratie directe (clause d'urgence) (280 755 oui contre 272 599 non et 14 cantons contre 11)
- 28 novembre 1982 : Tendant à empêcher des abus dans la formation des prix (730 938 oui contre 530 498 non et 18 cantons contre 8)
- 6 décembre 1987 : Initiative de Rothenthurm (protection des marais) (1 153 448 oui contre 843 555 non et 23 cantons contre 3)
- 23 septembre 1990 : Halte à la construction de centrales nucléaires (946 077 oui contre 789 209 non et 22 cantons contre 3)
- 26 septembre 1993 : Pour un jour de la fête nationale férié (1 492 285 oui contre 289 122 non et 26 cantons contre 0)
- 20 février 1994 : Protection des régions alpines contre le trafic de transit (954 491 oui contre 884 362 non et 19 cantons contre 7)
- 3 mars 2002 Adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations unies (1 489 110 oui contre 1 237 629 non et 13 cantons contre 13 [11 + 2 ½ contre 9 et 4 ½)
- 8 février 2004 : Internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux et non amendables (1 198 867 oui contre 934 569 non et 24 cantons contre 2)
- 27 novembre 2005 : Pour des aliments produits sans manipulations génétiques (1 125 357 oui contre 896 372 non et 26 cantons contre 0)

Dernières votations


- 5 juin 2005 (participation de 56,5%) :
  - L'arrêté fédéral portant approbation et mise en œuvre des accords bilatéraux d'association à l'Espace Schengen et à l'Espace Dublin est accepté par 54,6% des voix. Les principales forces politiques du pays, à l'exception notable de l'UDC et des milieux nationalistes, soutenaient ce projet. La Suisse romande l'approuve nettement tout comme les cantons alémaniques de Bâle-Ville, Berne, Soleure, Zoug et Zurich.
  - La loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe, qui prévoit la création d'un PACS fédéral offrant aux couples homosexuels des droits relativement similaires à ceux accordés aux couples mariés, est acceptée par 58% des voix. Les milieux de la droite conservatrice, tels que l'UDC, l'Union démocratique fédérale et les Démocrates suisses (DS) constituaient les seules forces politiques à s'opposer à cette loi. Certains cantons catholiques ont cependant refusé le projet comme le Valais et le Jura.
- 25 septembre 2005 (participation de 53,8%) : L'arrêté fédéral relatif à l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes aux nouveaux états membres de l'UE et à la révision des mesures d'accompagnement liées à cette extension est accepté par 56% des voix. Les principales forces politiques du pays, à l'exception des DS, d'une partie de l'UDC, de l'Alliance de gauche et du Mouvement pour le socialisme, soutenaient ce projet. La Suisse centrale et le Tessin ont cependant refusé le projet.
- 27 novembre 2005 (participation de 41,8%) :
  - L'initiative populaire pour des aliments produits sans manipulations génétiques est acceptée par 55,7% des voix et la totalité des 26 cantons. Les paysans, les partis de gauche et les associations de consommateurs soutenaient ce projet. C'est la 15 fois en 114 ans qu'une initiative populaire est acceptée par le peuple et la seconde fois que la totalité des cantons s'y rallient.
  - La modification de la loi sur le travail, qui prévoit l'ouverture dominicale de l'ensemble des commerces des principales gares et des aéroports du pays, est acceptée par 50,6% des voix. Les syndicalistes et les partis de gauche constituaient les principales forces politiques à s'opposer à cette loi. Ce sont les cantons urbains (Genève, Zurich, Bâle, Berne et Argovie) qui réussissent à faire pencher la balance en faveur de la loi.

Cantons

Argovie Article détaillé : Cantons suisses La Suisse est constituée de 26 cantons, souverains selon leurs constitutions respectives (6 de ces cantons étaient auparavant considérés comme des demi-cantons et ne possèdent, encore aujourd'hui, qu'une voix chacun au lieu de deux au Conseil des États et lors des votations fédérales). La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons est formalisée dans la constitution fédérale. Celle-ci précise les limites de la souveraineté des cantons. Certaines compétences sont attribuées explicitement aux cantons ou à la Confédération. Ce qui n'est pas explicitement délégué à la Confédération est du ressort des cantons. Les cantons possèdent un gouvernement (appelé Conseil d'État) et un parlement (appelé Grand Conseil). Seule exception, le canton du Jura, le dernier à rejoindre la Confédération helvétique et entré en souveraineté en 1979, a lui conservé les appellations classiques gouvernement et parlement pour les organes exécutif et législatif. Les cantons suisses disposent par ailleurs d'un pouvoir judiciaire. La superficie des cantons varie entre 37 et 7 105 km² et leur population de 15 000 à 1 261 000 habitants (2004).

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Suisse Villes principales : Zurich, Genève, Bâle, Berne, Lausanne Communes politiques : 2880 (2001) Voir aussi : Villes de Suisse ~ Liste des cours d'eau de Suisse ~ Liste des lacs de Suisse

Économie

Article détaillé : Économie de la Suisse Malgré l'absence de ressources naturelles, l’économie suisse figure parmi les plus prospères et les plus développées du monde. Orienté vers les services, comme les banques et les assurances, et la mécanique de précision, le pays produit surtout des biens à forte valeur ajoutée. Le niveau de vie est l'un des plus élevés d'Europe. De plus, sa stabilité et sa neutralité ont attiré bon nombre de capitaux étrangers et d'organisations internationales comme l'ONU. Après plusieurs années de croissance nulle ou faible, une reprise s'est fait ressentir en 2004 avec une hausse de 1,7% et un PIB dépassant les 435 milliards de francs suisses. Le taux de chômage reste particulièrement bas (environ 3.5% en juillet 2005) et l'inflation relativement faible.

Population

inflation Article détaillé : Population de la Suisse La Suisse est à la croisée de plusieurs grands pays européens qui ont influencé ses langues et sa(ses) culture(s). La Suisse a quatre langues officielles : l'allemand (64 % ; blanc) au nord et au centre, le français (19 % ; bleu) à l'ouest, l'italien (8 % ; rouge) au sud, et enfin le romanche qui est une langue romane parlée par une petite minorité (moins de 1 % ; vert) dans le sud-est du canton des Grisons. L'allemand est la langue la plus répandue. 17 cantons sur 26 sont unilingues allemands. La population germanophone parle généralement l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch, lesquels jouissent d'une grande valorisation sociale, y compris dans les centres urbains. L'usage de l'allemand standard – Hochdeutsch ou « bon allemand » – est limité aux situations les plus formelles. Dans le milieu scolaire, afin d'élever le niveau d'allemand des élèves qui généralement préfèrent parler le dialecte, plusieurs cantons alémaniques (dont Zurich, Schwytz, Uri et Zoug) ont imposé l'usage systématique du Hochdeutsch, et les professeurs sont tenus de s'exprimer exclusivement dans cette langue. Le français est parlé dans l'ouest du pays, région généralement appelée Suisse romande. Quatre cantons sont unilingues français (Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud), trois sont officiellement bilingues français-allemand : Fribourg, Valais et Berne. Les dialectes (en majorité francoprovençaux, sauf dans le canton du Jura qui appartient à l'aire de la langue d'oïl) sont encore pratiqués localement, notamment en Valais et dans le canton de Fribourg, mais ils ont presque disparu dans l'usage quotidien. Quant à l'italien, il est parlé dans le canton du Tessin (Ticino en italien) et quelques vallées méridionales des Grisons. L'usage du dialecte tessinois, apparenté aux parlers lombards, y demeure très vivant. La plupart des Suisses parlent plus d'une langue, et les résidents et travailleurs étrangers représentent environ 20% de la population. Le romanche n'a pas le même statut que l'allemand, le français et l'italien. Selon l'[http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a70.html alinéa 1 de l'article 70] de la constitution fédérale, les langues officielles de la Confédération sont l'allemand, le français et l'italien. Le romanche est aussi langue officielle pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche. L'anglais est parfois utilisé dans le monde du travail, y compris par l'administration. Il n'a pourtant aucune reconnaissance officielle. Enfin le latin sert parfois lorsqu'il faut désigner dans une seule langue des institutions suisses : Confoederatio helvetica (CH), Pro Helvetia, Pro Natura, Pro Infirmis, etc. La majorité des formations supérieures ne sont enseignées que dans deux langues (allemand et français), dans une seule (allemand pour la formation de vétérinaire) ou encore ont lieu dans plusieurs langues mélangées : professeurs et étudiants parlent leur langue maternelle (diplôme d'expert en assurances de pensions).

Culture

Article détaillé : Culture de la Suisse Voir aussi : Liste de Suisses célèbres ~ Liste des Expositions nationales suisses

Fêtes et jours fériés

Seule la Fête nationale, le est ancrée dans la constitution. Chaque canton est libre de fixer jusqu'à 8 jours fériés dans l'année. 21 cantons utilisent intégralement cette possibilité. Légalement, les jours fériés sont assimilés à des dimanches et ont donc les mêmes restrictions que ceux-ci en matière d'ouverture des magasins et des entreprises et de trafic routier. Les jours fériés varient donc beaucoup d'un canton à l'autre. Seuls Noël, le Nouvel-An et le 1 août sont communs à tous, les autres fêtes (vendredi et lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte et Fête Dieu, Assomption et Toussaint, Jeûne Fédéral ou Jeûne Genevois) étant reconnues par les cantons selon leur tradition, principalement religieuse catholique ou protestante. À côté des jours fériés, il y a également des jours chômés. Ces jours-là, non assimilés à des dimanches, de nombreuses entreprises et administrations sont néanmoins fermées dans le canton concerné. ! Date !! Nom !! !! |- | || Nouvel An || Tous || |- | 2 janvier || Berchtoldtag || Berne, Jura, Argovie, Zoug, Neuchâtel (seulement si le 1 est un dimanche) || Jura, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Argovie, Glaris, Lucerne, Obwald, Schwytz, Soleure, Zurich |- | 6 janvier ||Épiphanie || Schwytz, Tessin, Uri || |- | || Indépendance || Neuchâtel || |- | 19 mars || Saint-Joseph || Tessin, Valais, Lucerne (demi-jour), Nidwald, Schwytz, Uri || |- | || Fahrtsfest || Glaris || |- | mobile || Vendredi saint || Tous sauf Tessin et Valais || |- | mobile || Lundi de Pâques || Genève, Jura, Tessin, Vaud, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Appenzell Rhodes-Extérieures, Berne, Bâle ville, Bâle campagne, Glaris, Grisons, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Thurgovie, Uri, Zurich || Neuchâtel, Lucerne, Obwald, Nidwald, Soleure, Zoug |- | mobile || Ascension || Tous || |- | mobile || Lundi de Pentecôte || Berne, Genève, Jura, Tessin, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures , Appenzell Rhodes-Extérieures, Berne, Bâle ville, Bâle campagne, Glaris, Grisons, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Thurgovie, Uri, Zurich || Fribourg, Vaud, Neuchâtel, Lucerne, Obwald, Nidwald, Soleure, Zoug |- | || Fête du Travail || Jura, Tessin, Bâle ville, Bâle compagne, Schaffhouse, Soleure , Uri, Zurich || |- | 23 juin || Commémoration du plébiscite || Jura || |- | mobile || Fête-Dieu || Valais, Fribourg, Jura, Lucerne, Tessin, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Obwald, Nidwald, Soleure, Schwytz, Uri, Zoug || |- | 29 juin || St-Pierre et Paul || Tessin || |- | || Fête nationale || Tous (fédéral) || |- | 15 août || Assomption || Valais, Fribourg, Jura, Lucerne, Tessin, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Obwald, Nidwald, Soleure, Schwytz, Uri, Zoug || |- | jeudi suivant le 1 dimanche de septembre | Jeûne genevois || Genève || |- | lundi suivant le 3 dimanche de septembre || Lundi du jeûne fédéral || Vaud || Neuchâtel |- | 25 septembre || Fête de St-Nicolas-de-Flüe || Obwald || |- | || Toussaint || Fribourg, Jura, Tessin, Valais, Lucerne, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Glaris, Obwald, Nidwald, Saint-Gall, Soleure, Schwytz, Uri, Zoug || |- | 8 décembre || Immaculée Conception || Fribourg, Tessin, Valais, Lucerne, Argovie, Lucerne, Obwald, Nidwald, Schwytz, Uri, Zoug || |- | 12 décembre || L'Escalade || Genève || |- | 25 décembre || Noël || Tous || |- | 26 décembre || Saint-Etienne || Berne, Neuchâtel (seulement si le 25 est un dimanche), Tessin, Argovie, Zurich, Lucerne, Appenzell Rhodes-Intérieures, Appenzell Rhodes-Extérieures, Berne, Bâle ville, Bâle campagne, Glaris, Grisons, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Thurgovie, Uri || Fribourg, Obwald, Nidwald, Soleure, Zoug |- | 31 décembre || Restauration de la République || Genève || |{{{{{{{{

Bâle

Bâle (allemand : Basel, italien : Basilea ) est une ville (les habitants sont les Bâlois), chef-lieu du canton de Bâle-Ville. Elle est située dans le nord-ouest de la Suisse, là où le lit du Rhin décrit une courbe en direction du nord. La ville compte 166 000 habitants (2004) ; (agglomération de Bâle : 690 000 habitants). Particularité de la ville de Bâle, il n'existe pas de fonction de maire.

Introduction

L'agglomération bâloise déborde les frontières franco-suisse et germano-suisse, puisqu'elle englobe notamment les villes de Saint-Louis et Huningue en Alsace et de Weil-am-Rhein et Lörrach du Bade-Wurtemberg. En allemand, la région est connue sous le nom de Dreiländereck, (litteralement : l'angle des trois pays), dit en francais (Haut-Rhin) "District des trois frontières". Bâle constitue le dernier port du Rhin accessible aux navires de fort gabarit. En amont sont en effet situées les chutes du Rhin de Schaffhouse, obstacle majeur à la navigation. La ville de Bâle est célèbre pour :
- son Carnaval riche en couleur et porteur d'une tradition plus que centenaire qui emprunte autant aux armées napoléoniennes qu'au carnaval de Venise
- et Art Basel, dite aussi la foire de Bâle, la plus importante foire annuelle d'art contemporain d'Europe, qui se tient vers la mi-juin

Histoire

Art Basel Art Basel L'ensemble de la ville a été détruite le 18 octobre 1356 par un séisme dont les effets dévastateurs se sont étendus sur un vaste territoire d'un rayon de 15 à 30 kilomètres, notamment dans le sud de l'Alsace. Selon divers témoignages, la secousse aurait été ressentie jusqu'à Paris et à Constance. Cette catastrophe eut un impact considérable sur les esprits, car elle eut lieu peu de temps après un tremblement de terre précédant, en 1348, année où la peste noire commença à frapper le pays, emportant un quart de la population. D'aucuns évoquèrent alors la proximité de la fin du monde. L'architecture régionale héritée de cette époque est notamment remarquable par les structures en colombages des bâtiments, destinées à apporter en cas de séisme la flexibilité nécéssaire aux ouvrages.

Musées


- Art
  - Le Kunstmuseum, exceptionnel ensemble de peintures rhénanes de la Renaissance et belle collection d'art moderne;
  - La Kunsthalle, vouée aux expositions temporaires.
  - Le Musée Tinguely
  - La Fondation Beyeler, collection d'art contemporain à Riehen, dans des bâtiments dus à Renzo Piano;
  - La fondation Herzog, photographies
- Histoire
  - Musée d'histoire
  - Musée d'histoire-La musique
  - Musée d'histoire-Les callèches
  - Musée d'histoire-L'habitat
- L'Antikenmuseum
- Le musée d'histoire naturelle
- Le musée d'art populaire
- Musée de la caricature et de cartoons
- [http://www.museenbasel.ch/html/musaz_d.cfm?id=67 Liste des musées]

Tourisme

Renzo Piano
- Le zoo
- Fontaine Tinguely

Manifestations


- Le carnaval de Bâle
- La Muba
- La foire de Bâle (manifestation d'art contemporain)

Économie


- Chimie
  - La ville de Bâle est considérée comme étant une des capitales mondiales du médicament, car elle accueille plusieurs groupes pharmaceutiques au sein de son agglomération, tels que Novartis et Roche. Le développement de cette activité fut favorisé par l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne en 1870, qui provoqua le départ vers Bâle de nombreux industriels mulhousiens, notamment spécialisés dans la chimie, dans le cadre de l'industrie textile.
- Banque
  - La Banque des règlements internationaux (BRI) y a son siége.

Sport


- FC Bâle

Symboles

Le drapeau de la Ville de Bâle est identique à celui du canton de Bâle-Ville (Baselstadt). Le drapeau du canton de Bâle-Campagne (Baselland) est également identique, à la différence près qu'il est de couleur rouge sur fond blanc.

Personnages célèbres

À Bâle sont nés :
- Marc Allégret, réalisateur
- Werner Arnold, cycliste
- Hans Urs von Balthasar, théologien
- Gaspard Bauhin, naturaliste
- Jean Bauhin, naturaliste
- Jacques Bernoulli, mathématicien et physicien
- Arnold Böcklin, peintre
- Jacob Burckhardt, savant
- Leonhard Euler, mathématicien et physicien
- Ferenc Fricsay, chef d'orchestre
- Christophe Glaser, pharmacien
- Jürg Kreienbühl, peintre
- Fritz Müller, médecin et zoologiste
- Sandra Speichert (1971 - ), actrice
- Jacques Sprenger, inquisiteur
- Felix Wuertz, chirurgien
- Théodore Zwinger, savant

Liens externes


- [http://www.basel.ch/fr Le site officiel de Bâle]
- [http://bale.kanak.fr Bale.ch - Forum bâlois multilingue] Bale catégorie:Canton de Bâle-Ville als:Basel ja:バーゼル

Affaire Dreyfus

L'affaire Dreyfus ou l'Affaire est une affaire d'espionnage devenue politique qui a provoqué l'une des crises majeures de la Troisi