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1939

1939

Cette page concerne l'année 1939 du calendrier grégorien.

Événements

Seconde Guerre mondiale


- Septembre 1939 - 3 : Le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la France déclarent la guerre à l'Allemagne
- Octobre 1939 - 28 : Les SS demandent au gouvernement allemand de faire porter l'étoile jaune aux juifs
- Novembre 1939 - 4 : Le Congrès américain vote la loi Cash and Carry autorisant la vente de matériel de guerre aux belligérants
- Décembre 1939 - 14 : L' URSS est exclue de la Société des Nations suite à son attaque de la Finlande (Guerre d'Hiver)

Les autres évènements

Premier trimestre


- Détails : Janvier 1939 - Février 1939 - Mars 1939
- 2 janvier : Le magazine américain Time choisit Adolf Hitler comme « homme de l'année ».
- 4 janvier : le Prince Konoe Fumimaro, président du Conseil japonais cède la place à Kiichiro Hiranuma, baron nationaliste et profasciste.
- 21 janvier : La France ouvre à Rieucros en Ariège son premier camp d'internement pour les « étrangers indésirables » désignés par le décret-loi du 12 novembre 1938.
- 26 janvier : Chute de Barcelone, la Catalogne tombe aux mains des troupes franquistes, 450 000 réfugiés espagnols parviennent en France où ils seront internés dans des camps (Argelès).
- 6 février : Démission de Stoyadinovitch en Yougoslavie.
- 10 février : Décès du pape Pie XI.
- 2 mars : Le Cardinal Eugenio Pacelli devient Pape sous le nom de Pie XII (fin en 1958).
- 14 mars : La Slovaquie de Mgr Tiso proclame son indépendance.
- 15 mars : L'Allemagne occupe la Tchécoslovaquie.
- 19 mars : Arthur Neville Chamberlain donne la garantie anglaise à la Roumanie.
- 22 mars : Adolf Hitler contraint la Lituanie à lui céder Memel.
- 26 mars : Fin de la guerre d'Espagne avec la chute de Madrid. Serrano Suner, président de la Phalange
- 31 mars : Arthur Neville Chamberlain donne la garantie anglaise à la Pologne.

Deuxième trimestre


- Détails : Avril 1939 - Mai 1939 - Juin 1939
- 1 avril : Début de la dictature franquiste (fin en 1975).
- 2 avril : Élections en Belgique : défaite du rexisme.
- 5 avril : Albert Lebrun réélu président de la République.
- 7 avril : Benito Mussolini occupe l'Albanie.
- 13 avril : Arthur Neville Chamberlain donne la garantie anglaise à la Grèce.
- 28 avril : Adolf Hitler dénonce l'accord naval anglo-allemand et l'accord germano-polonais.
- 12 mai : Accord anglo-turc.
- 22 mai : Pacte d'Acier italo-allemand.

Troisième trimestre


- Détails : Juillet 1939 - Août 1939 - Septembre 1939
- En juillet, les États-Unis dénoncent le traité de commerce nippo-américain.
- 22 août : Pacte germano-soviétique
- 23 août : Les communistes français approuvent le Pacte Molotov-Ribbentrop et se retrouvent isolés.
- 24 août : Accord serbo-croate.
- En août Wang Tsing-wei constitue à Nankin un gouvernement chinois aux ordres du Japon.

Quatrième trimestre


- Détails : Octobre 1939 - Novembre 1939 - Décembre 1939
- En novembre, loi de la neutralité des États-Unis.
- 27 décembre : Un tremblement de terre de magnitude 8 sur l'échelle de Richter fait plus de 25 000 victimes à Erzincan en Turquie.

Chronologies thématiques


- Aéronautique : 1939 en aéronautique
- Cinéma : 1939 au cinéma
- Sport : 1939 en sport
- Musique
  - 13 juillet : Frank Sinatra et l'orchestre de Harry James produisent les premiers enregistrements de sa carrière : Melancholy Mood et From The Bottom Of My Heart.
- Littérature
  - 16 janvier : La bande dessinée Superman paraît pour la première fois
  - L'aviateur et écrivain français Antoine de Saint-Exupéry publie Terres des Hommes.
  - L'écrivain américain Henry Miller publie Tropique du Capricorne.
  - L'écrivain américain John Steinbeck publie Les raisins de la colère.
  - L'écrivain français Jean Giraudoux publie Ondine.
  - Le poéte français Paul Éluard publie Chanson complète.
  - L'écrivain allemand Ernst Wiechert publie Das einfache Leben.
  - L'écrivain allemand Ernst Jünger publie Auf den Marmor Klippen (Sur les falaises de marbre).
- Peinture
  - Le peintre français Georges Rouault : Le Christ au prétoire.
  - Le peintre français Marc Chagall obtient le prix Carnegie.
- Sciences & techniques
  - Invention du DDT par Paul Hermann Müller.
  - Le groupe de mathématiciens Bourbaki publie ses Éléments mathématiques.
  - Le physicien américain Ernest Orlando Lawrence reçoit le prix Nobel de physique pour son invention du cyclotron.
  - La compagnie « IBM » construit le premier calculateur programmable.
  - Le président américain Franklin Delano Roosevelt à la demande d'Albert Einstein lance le programme de fabrication de la bombe atomique.
  - 4 novembre : « Packard » met sur le marché les premières voitures avec air climatisé.

Naissances en 1939


- 16 janvier : Jean Van Hamme, scénariste de bande dessinée belge
- 1 février : Claude François, chanteur français
- 14 février : Yves Boisset, cinéaste français
- 1 mars : Leo Brouwer, compositeur cubain
- 9 mars : Jean-Pierre Chevènement, homme politique français
- 14 mars : Bertrand Blier, réalisateur français
- 29 mars : Terence Hill, acteur italien
- 7 avril : Francis Ford Coppola, producteur, scénariste et réalisateur américain
- 15 avril : Claudia Cardinale, actrice italienne
- 9 mai : Pierre Desproges, humoriste français
- 18 juillet : Brian Auger, chanteur anglais
- 5 octobre : Marie Claire Blais, écrivain québécois
- 18 septembre : Frankie Avalon, chanteur américain
- 20 novembre : Copi dessinateur de BD, auteur dramatique, écrivain argentin
- 27 novembre : Laurent-Désiré Kabila, homme d'État congolais
- Ali Farka Touré, musicien et chanteur malien

Décès en 1939


- 18 janvier : Ivan Mosjoukine, acteur et cinéaste russe
- 28 janvier : William Butler Yeats, poète irlandais
- 10 février : Pie XI, pape italien
- 2 mars : Howard Carter, archéologue et égyptologue britannique
- 14 juillet : Alphonse Mucha, peintre tchèque
- 23 septembre : Sigmund Freud (83 ans), neurologue et psychiatre - le père de la psychanalyse
- 28 novembre : James Naismith, inventeur du jeu de basket-ball canadien
- Charles Barrois, géologue français __NOTOC__ Catégorie:1939 ja:1939年 ko:1939년 ms:1939 simple:1939 th:พ.ศ. 2482

Calendrier grégorien

Le calendrier grégorien (du nom du pape Grégoire XIII qui l'introduisit en 1582) est le calendrier actuellement utilisé en Europe, ses anciennes colonies et dans une bonne partie du reste du monde.

Structure du calendrier

Sa forme se base sur le calendrier julien de la Rome antique dont il est le jumeau. C'est un calendrier solaire, se basant sur la révolution de la Terre autour du soleil de 365,2422 jours de 24 heures de 60 minutes de 60 secondes métriques. Le calendrier grégorien donne un temps moyen de l'an de 365,2425 jours ; pour assurer un nombre entier de jours par année, on y ajoute régulièrement un jour bissextile, le 29 février (voir année bissextile). Le cycle complet du calendrier grégorien dure 400 ans : trois siècles constitués de 24 cycles juliens (trois ans de 365 jours, puis une année de 366 jours) suivis de 4 années de 365 jours, puis un siècle constitué de 25 cycles juliens.

Subdivisions

Le calendrier grégorien est divisé en douze mois, groupés en quatre trimestres : Une période de sept jours forme une semaine. Les jours d'une semaine ont chacun un nom : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche. L'ère ordinairement utilisée avec le calendrier grégorien est l'ère chrétienne, c'est-à-dire « après Jésus-Christ ». Il est à noter qu'il n'y a pas eu d'année zéro ; les siècles et les millénaires commencent avec l'année numéro Un. Donc, le et le commencent le 1 janvier de l'an 1 du troisième millénaire c'est-à-dire en 2001.

L'ajustement grégorien

L'introduction du calendrier grégorien en remplacement du calendrier julien commança le 15 octobre 1582. Le but était de lutter contre la dérive de la date de Pâques (le dimanche après la première lune de l'équinoxe de printemps) qui se déplaçait vers les mois d'été. La différence principale entre le calendrier grégorien et son ancêtre, le calendrier julien, repose dans la distribution des années bissextiles. La gémellité de ses calendriers pose problème aux historiens, puisque la même date ne désigne pas forcément le même jour. Comme noté ci-dessus, l'année tropique moyenne, c'est-à-dire la période de rotation de la Terre autour du Soleil, dure 365,2422 jours. En insérant une journée bissextile tous les quatre ans, le calendrier julien attribuait à l'année une durée moyenne de 365,25 jours. Ceci induisait un décalage d'environ 8 jours par millénaire par rapport au temps vrai, avec pour effet que la date de Pâques, déterminée par l'équinoxe du printemps, glissait en arrière vers février.
Il fut donc décidé de supprimer les années bissextiles pour les années qui sont des multiples de 100 sans être des multiples de 400. Ainsi 1600 et 2000 furent bissextiles, mais pas 1700, 1800, 1900. En appliquant cette règle on en arrive à une année de 365,2425 jours au lieu de 365,2422 jours soit un excès de trois jours en 10 000 ans. Il a été proposé d'amender la règle pour considérer les années multiples de 4 000 comme normales. Mais du fait du raccourcissement de l'année tropique évalué à 0,5s par siècle et de l'allongement du jour de 1,64 millisecondes par siècle, il est illusoire d'arriver à ce niveau de précision, les incertitudes sur la durée de l'année dans 10 000 ans étant du même ordre de grandeur.

Remplacement du calendrier grégorien

Si le principe de l'ajustement grégorien n'a pas été remis en cause, il n'en est pas de même de sa structure interne. Les critiques portèrent bien entendu sur ses liens avec le christianisme, au travers de l'ère chrétienne, des fêtes religieuses et des références aux saints. Cela a motivé quelques projets de calendriers laïcs comme par exemple le calendrier républicain de la révolution française. À la différence du système métrique, celui-ci n'aboutit pas ; il est vrai que le principe de ne plus se reposer qu'un jour sur dix (decadi) au lieu de sept pouvait ne pas enthousiasmer. D'autres critiques semblent concerner la construction même du calendrier :
- mois de longueur variables (de 28 à 31 jours) qui complique par exemple l'analyse des statistiques économiques ;
- correspondance difficile entre le nom des jours et leur numéro dans le mois ;
- durée des trimestres (le troisième trimestre étant par exemple notamment plus court que le deuxième) ;
- nombre de semaines (4,33 ?) par mois ;
- variation de la date de certains jours fériés comme Pâques. Mais en fait ce n'est pas le choix humain du calendrier qui en est responsable ; c'est tout simplement le fait que l'année astronomique ne comporte pas un nombre entier de jours, que le cycle lunaire non plus, et que le nombre de jours d'une année doit bien être divisé d'une manière ou d'une autre si on veut s'y retrouver. Cette difficulté a amené de nombreuses propositions de reformes à utiliser le principe du jour épagomène. Il s'agit d'un jour blanc qui n'entre pas dans le décompte de la semaine. En ajoutant un (ou deux les années bissextiles) jour épagomènes à l'année, on arrive à obtenir l'égalité 364 = 7×52. On retrouve la même idée avec les jours complémentaires dans le calendrier républicain de la révolution française. La durée des mois avait été choisie de façon à correspondre approximativement à un cycle lunaire. Ainsi, même une population illettrée pouvait savoir à peu près, en observant le changement d'aspect de la lune, quand un mois s'était écoulé ; la référence à la lune était importante pour les marins (pour connaître les marées) et pour les agriculteurs (travaux nocturnes dans les champs) d'une population très majoritairement rurale. Si aujourd'hui ce lien est culturellement de moins en moins prégnant, on peut noter que la grande majorité des reformes du calendrier tente de conserver un mois d'environ une lunaison. Il faut cependant noter l'émergence du calendrier baha'i, utilisé dans le bahaïsme. S'il se base également sur une année solaire, celle-ci débutant au solstice du printemps le 21 mars, son originalité tient à l'abandon de la référence lunaire pour la durée du mois. Une année de ce calendrier comporte en effet 19 mois de 19 jours. Les 4 jours supplémentaires nécessaires à compléter une année sont intercalées entre le 18 et le 19 mois, et sont nommés les jours intercalaires. Au cours des trois derniers siècles d'autres propositions de réforme ont été avancées. Les plus connues furent les propositions de calendrier universel et de calendrier fixe. Vers le milieu du , la Société des Nations puis l'Organisation des Nations unies menèrent des études pour réformer le calendrier. Celles-ci seront abandonnées sous la pression de pays comme les États-Unis, l'Angleterre, les Pays-Bas ou l'Indonésie, officiellement pour ne pas désorganiser des traditions religieuses. Beaucoup d'auteurs de science-fiction ont joué avec l'idée que le calendrier terrien serait peut-être un jour utilisé dans tout l'espace connu alors que tout le monde ou presque aurait oublié sa raison d'être initiale, voire l'existence de la Terre elle-même. Déjà Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac essayait de berner ses lecteurs en affirmant que le 26 septembre 1655 était un samedi... Il s'agissait en fait d'un dimanche !

Liens externes


- [http://www.louisg.net/C_gregorien.htm Le calendrier grégorien]
- [http://www.auduteau.net/calendar/sommaire.shtml Questions posées fréquemment à propos des calendriers]
- [http://hermes.ulaval.ca/~sitrau/calgreg/ Les textes constitutifs du calendrier grégorien]
- [http://geneamichaud.free.fr/telechargements/caldate-00.html Utilitaire de conversion de calendriers pour Excel]

Voir aussi


- Calendrier
- 366 jours du calendrier grégorien
- Calendrier julien
- ISO 8601 Grégorien als:Gregorianischer Kalender ja:グレゴリオ暦 ko:그레고리력 ms:Kalendar Gregory simple:Gregorian calendar th:ปฏิทินเกรกอเรียน

Seconde Guerre mondiale : septembre 1939

Cet article traite des événements militaires de la Seconde Guerre mondiale. Les autres événements du mois de septembre 1939 sont traités dans l'article Septembre 1939.

Campagne de Pologne

Pour cette offensive, l'Allemagne dispose de 5 armées (la 8 armée (Blackowitz), la 10 armée (Reichenau) et la 14 armée (List) composant le groupe d’armées sud de Rundstedt et la 3 armée (Kuechler) et la 4 armée (Kluge) composant le groupe d’armées nord de Bock), soit 1'500'000 hommes. La Pologne en a mobilisé 1'000'000 depuis le mois de juillet. Sous prétexte d'incidents de frontières, l'Allemagne attaque au début du matin du 1 septembre avec quelque 2'000 blindés modernes (dont le XIX corps blindé de Guderian). Les Polonais ne disposant ni de camions ni de blindés, ne peuvent résister. La Pologne réussit quand même à abattre près de 500 avions allemands. Les Allemands détruisent la majeure partie de la flotte polonaise dés le premier jour. Les forces polonaises concentrées aux frontières occidentales afin de préserver la région industrielle qui s'y trouve, sont enfoncées et encerclées par les forces allemandes. Les frontières sont entièrement franchies le 5 septembre. Le 7 septembre, la 10 armée allemande est à 60 km au sud de Varsovie, la 8 et la 14 s'emparent de la Silésie industrielle, la 4 et la 3 progressent rapidement depuis le nord, cette dernière n'est plus qu'à 40 km de Varsovie. Les Polonais sont pris en tenaille et sont regroupés dans deux poches de résistance autour de Varsovie et de Kutno. Le 17 septembre, une offensive polonaise à l’ouest de Varsovie est écrasée, seules deux divisions s’échappent (100'000 prisonniers). Ce même jour, les Soviétiques, avec leurs armées de Biélorussie et d’Ukraine, entrent en Pologne afin d’empêcher les Allemands d’en occuper la partie orientale, trop proche de leurs frontières. Il ne rencontrèrent quasiment pas de résistance. Varsovie capitule le 27 septembre. Le 29 septembre, la Pologne est "partagée" entre les Allemands et les Soviétiques selon une ligne de démarcation convenue à l'avance. Les Allemands font 694'000 prisonniers. 100'000 Polonais réussissent à s’enfuir. Les Allemands comptent 13'000 tués et 30'000 blessés contre 70'000, respectivement 133'000, du côté polonais. La campagne polonaise est le premier exemple de Blitzkrieg mené par l’armée allemande.
- 3 septembre :
  - Le navire de transport de passager SS Athenia effectuant la traversée de Glasgow à Montréal est coulé par un sous-marin U-30.
- 4 septembre :
  - La Royal Air Force attaque la flotte allemande à Wilhelmshaven et bombarde le canal de Kiel.
- 5 septembre :
  - les troupes françaises commencent une offensive mineure vers Sarrebruck pour tenter de soulager la Pologne par une diversion à l'ouest.
- 6 septembre :
  - Attaque tactique des Français au sud de Pirmasens pour s'assurer une bonne position face à la Ligne Siegfried.
- 13 septembre :
  - Succès de l'attaque tactique française débutée le 6 ; la résistance allemande fut quasi-inexistante.

liens externes


- [http://www.1939-2000.net Forum Encyclopédique sur la Seconde Guerre Mondiale] Catégorie:1939 Catégorie:Seconde Guerre mondiale ja:ポーランド侵攻

Nouvelle-Zélande

|- valign="top" | Capitale || Wellington |- valign="top" | Reine
Gouverneur général
Première Ministre | Élisabeth II
Silvia Cartwright
Helen Clark |{{{{{{{{{{{{{

Allemagne

L'Allemagne (nom officiel en français : République fédérale d'Allemagne) est un pays d'Europe, membre du Conseil de l'Europe (1951), de l'OCDE, de l'Union de l'Europe Occidentale (1954), de l'OTAN (1955), de l'Union européenne (1958), de l'ONU (1973), de l'OSCE et de la zone euro.

Histoire

Article détaillé : Histoire de l'Allemagne Même si l'allemand et le sentiment national germanique datent de plusieurs siècles, le territoire connu maintenant comme l'Allemagne ne fut créé qu'en 1871, lorsque la Confédération de l'Allemagne du Nord, alors dominée par la Prusse, et les États du sud (le grand-duché de Bade, les royaumes de Wurttemberg et Bavière) devinrent l'Empire allemand. L'Allemagne, qui était devenue une des puissances politiques majeures en Europe s'engagea dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Autriche-Hongrie (1914) et envahit la France. Après les premiers assauts, la guerre s'orienta vers une longue et lente guerre de position dans les tranchées, meurtrière d'un côté comme de l'autre. Elle prit fin en 1918, et l'empereur allemand, le Kaiser dut abdiquer en raison de la révolution allemande. Lors du traité de Versailles, l'Allemagne fut jugée responsable de la guerre. Le pangermanisme dévoyé en un nationalisme raciste, le ressentiment contre les conditions du traité de Versailles et les conséquences particulièrement dures de la crise économique mondiale de 1929 permirent au NSDAP (parti nazi) d'Adolf Hitler d'accéder au pouvoir en 1933. Aussitôt, Hitler élimina toute opposition et prit le contrôle absolu de l'État allemand. En 1935, l'Allemagne devint officiellement antisémite en promulguant les lois de Nuremberg. La politique d'Hitler consistant à annexer ou envahir ses voisins finit par provoquer la Seconde Guerre mondiale le 1 septembre 1939. L'Allemagne domina le début du conflit. Elle conquit une grande partie de l'Europe, de l'URSS, de l'Afrique du Nord. Mais en 1942-1943, la guerre tourna au profit des pays alliés : le Royaume-Uni, les États-Unis, l'URSS qui écrasèrent finalement les armées de l'Axe, envahissant notamment Berlin. Le 30 avril 1945, Hitler se suicida. 1945 Dévastée par la guerre, l'Allemagne et Berlin furent divisés en quatre secteurs, chacun étant contrôlé par une des nations vainqueurs (y compris la France). L'Allemagne fut finalement divisée en deux parties durant toute la guerre froide : la RFA (République fédérale d'Allemagne) à l'ouest et la RDA (République démocratique allemande) à l'est. Les territoires plus à l'est furent intégrés à la Pologne et à l'URSS. L'Allemagne de l'Ouest retrouva la croissance économique bien plus vite que l'Allemagne de l'Est. À la chute du mur de Berlin, symbole de la réunification de l'Allemagne, en novembre 1989, les deux pays ne possédaient pas du tout le même niveau économique. Cette différence se ressent aujourd'hui encore et l'Est reste plus pauvre que l'Ouest. Le coût de la réunification a entraîné d'importantes difficultés économiques pour le pays depuis les années 1990. Son unification a cependant permis d'en faire une nation politiquement incontournable au sein de l'Union européenne.

Géographie

Union européenne Article détaillé : Géographie de l'Allemagne Superficie : 357 005 km²
Frontières terrestres : 3 618 km (Autriche 784 km ; Tchéquie 646 km ; Pays-Bas 577 km ; Pologne 456 km ; France 451 km; Suisse 334 km ; Belgique 167 km ; Luxembourg 135 km ; Danemark 68 km)
Littoral : 2 389 km
Extrémités d'altitude : - 2 m > 2 962 m (la Zugspitze) Voir aussi:
- Liste des îles d'Allemagne
- Villes d'Allemagne

Économie

Article détaillé : Économie de l'Allemagne L'Allemagne enregistre le plus grand PIB de l'Union européenne. La Commission européenne lui a reproché à plusieurs reprises le dépassement des 3 % de déficit autorisé par le Traité de Maastricht. Le taux de chômage est de 11.5 % en novembre 2005 (11 % janvier 2004, 12.1 % en janvier 2005) et le nombre de chômeurs s'élève à plus de 5 millions. Avant la mise en place de l'euro le 1er janvier 1999, l'unité monétaire allemande était le Deutsche Mark.

Démographie

Deutsche Mark Article détaillé : Démographie de l'Allemagne Le pays une fois réuni est devenu démographiquement la nation la plus importante de l'Union européenne. Cependant, sa population vieillit et décroît naturellement, et seule l'immigration empêche une baisse de la population. Population : 83 029 536 habitants (en 2001). 0-14 ans : 15,57 % ; 15-64 ans : 67,82 %; + 65 ans : 16,61 %
Densité : 232 hab./km²
Espérance de vie des hommes : 75 ans (en 2000)
Espérance de vie des femmes : 81,1 ans (en 2000)
Taux de croissance de la pop. : 2,7 ‰ (en 1997)
Taux de natalité : 9,16 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité : 10,42 ‰ (en 1997)
Taux de mortalité infantile : 4,71 ‰ (en 2001)
Taux de fécondité : 1,4 enfants/femme (en 2001)
Taux de migration : 4 ‰ (en 2001)
Personnes d'origine musulmane : 3,2 millions dont 2,5 millions sont turcs (2004)

Culture

Article détaillé : Culture de l'Allemagne L'Allemagne est la terre natale de compositeurs tels Beethoven, Bach, Brahms, Schumann, Wagner ou Carl Orff; de poètes tels Goethe, Schiller et Heine ; de philosophes tels Kant, Hegel, Karl Marx et Nietzsche, théologiens tels Luther et Bonhoeffer, d'écrivains tels Hermann Hesse, Thomas Mann et Grass ; de scientifiques tels Einstein, Born, Planck, Heisenberg, Hertz et Bunsen; et d'ingénieurs tels Otto, Daimler, Benz, Diesel et Linde.
- Langues régionales d'Allemagne
- Fêtes et jours fériés d'Allemagne
- Hymne national : Das Lied der Deutschen Les grandes organisations du culte en Allemagne sont la Evangelische Kirche in Deutschland et l'Église catholique romaine. La troisième organistion du culte est l'église orthodoxe grecque. L'église orthodoxe serbe est la sixième organisation du culte en Allemagne. La quatrième organisation du culte en Allemagne est l'Église apostolique arménienne. Plus connus sont les Témoins de Jéhovah, qui sont en 5 place.
- Liens vers des statistiques sur les religions en Allemagne: [http://www.remid.de]

Divers

Lignes de téléphone : 150,2 millions (en 1997)
Téléphones portables : 65 millions (en 2005)
Postes de radio : 77,8 millions (en 1997)
Postes de télévision : 51,4 millions (en 1998)
Utilisateurs d'Internet : 25 millions (en 2005)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 123 (en 2000)
Routes : 656 140 km (dont 650 891 km goudronnés) (en 1998)
Voies ferrées : 40 826 km (en 1998)
Voies navigables : 7 500 km
Nombre d'aéroports : 613 (dont 322 avec des pistes goudronnées) (en 2000)

Voir aussi

Articles connexes


- Liste des noms français de toponymes allemands
- Gouvernement Angela Merkel(2)
- Liste d'Allemands célèbres
- Liste des quotidiens allemands
- Luftwaffe (Aviation militaire allemande)
- La naissance du nationalisme allemand en Prusse au début du XIXème siècle

Liens externes


- [http://lallemagneexpliquee.free.fr/ L'Allemagne expliquée : un site qui explique l'Allemagne, sa culture, ses traditions et les coutumes aux français]
- [http://www.bund.de/ Portail de l'administration allemande]
- [http://www.backinjob.de Travail en Allemagne]
- [http://www.amb-allemagne.fr/ Ambassade d'Allemagne en France]
- [http://www.deutschland.de/home.php?lang=3 Portail officiel culturel (en français)]
- [http://www.stadtpanoramen.de/ Des villes en images panoramiques]
- [http://fr.jurispedia.org/index.php/Allemagne Le droit allemand sur Jurispedia]
- [http://dw-world.de/ Deutsche Welle]
- [http://www.campus-germany.de/french Études et recherche en Allemagne]
- [http://www.dwellan.biz/documents/tourisme-en-allemagne.html Le tourisme en Allemagne]
- , [http://katalogdeutsch.net Katalog Deutsch] Annuaire de ressources pour l'Allemagne et la langue allemande]
-
als:Deutschland fiu-vro:S'aksamaa ja:ドイツ ko:독일 ms:Jerman roa-rup:Ghirmânii simple:Germany th:สหพันธ์สาธารณรัฐเยอรมนี zh-min-nan:Tek-kok

Seconde Guerre mondiale : octobre 1939

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale :Septembre 1939 - Octobre 1939 - Novembre 1939 ----
- 1 octobre :
  - Début de la conscription des hommes britanniques âgés de 20 à 22 ans.
- 2 octobre :
  - Les forces polonaises défendant la péninsule de Hel se rendent aux forces allemandes.
- 4 octobre :
  - Maurice Thorez, responsable du parti communiste et mobilisé en tant que soldat, déserte et rejoint l'URSS, alors alliée des Allemands.
- 5 octobre :
  - La bataille de Kock, dernière bataille de la défense polonaise, entre le groupe de Polésie sous les ordres du général Kleeberg et les forces allemandes.
- 6 octobre :
  - Hitler propose la paix à la France et à l'Angleterre.
- 8 octobre :
  - Arrestation en France de 33 parlementaires communistes.
- 9 octobre :
  - Hitler ordonne la préparation de l'invasion de la Belgique, de la France, du Luxembourg et de la Hollande.
- 11 octobre :
  - 138 000 soldats britanniques débarquent en France.
  - Le premier ministre français Edouard Daladier repousse les offres de paix d'Adolf Hitler.
- 12 octobre :
  - Un décret d’Hitler crée le Gouvernement Général sur les terres polonaises occupées par les Allemands mais non rattachées au Reich ; Hans Frank est nommé gouverneur du Gouvernement Général.
  - Début de la déportation des juifs allemands vers Vienne et Prague.
- 14 octobre :
  - Torpillage du cuirassé anglais Royal Oak par un sous-marin allemand. Sur les quelques 1 200 hommes d'équipage, seulement 378 sont rescapés.
- 16 octobre :
  - Évacuation de Forbach par l'armée française. Cette opération allemande qui contraint à ce repli français est le pendant allemand de l'action menée en Sarre par quelques compagnies françaises. Ces escarmouches qui coutent tout de même la vie à plus de 10 000 soldats restent les seuls faits d'armes de la « drôle de guerre ».
- 18 octobre :
  - Quatre jours après le spectaculaire perte du cuirassée Royal Oak, Winston Churchill déclare qu'un tiers de sous-marins allemands a déjà été coulés.
- 24 octobre :
  - Les troupes françaises occupant des enclaves en Allemagne depuis le 6 septembre se replient derrière la Ligne Maginot. C'est une décision « stratégique », alors que ces positions n'étaient pas menacés par les Allemands.
- 28 octobre :
  - Les SS demandent au gouvernement allemand de faire porter l'étoile jaune aux juifs. Catégorie:1939 Catégorie:Seconde Guerre mondiale

Seconde Guerre mondiale : novembre 1939

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale :Octobre 1939 - Novembre 1939 - Décembre 1939 ----
- novembre :
  - La chanson On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried de Ray Ventura est le tube musicale du moment en France. La Ligne Siegfried est l'équivalent allemand de la Ligne Maginot française.
- 4 novembre
  - Le Congrès américain vote la loi Cash and Carry qui autorise la vente sous conditions de matériel de guerre aux belligérants.
- 7 novembre
  - Le général Władysław Sikorski, le premier ministre du gouvernement polonais en exil, est également nommé au poste de commandant en chef des forces armées polonaises.
- 8 novembre
  - Munich : attentat manqué à l'explosif contre Hitler.
- 10 novembre
  - Mobilisation générale en Suisse.
- 13 novembre :
  - Mobilisation générale en Finlande.
- 22 novembre
  - Le gouvernement polonais en exil quitte Paris pour Angers.
- 24 novembre :
  - Répression féroce de la gestapo suite à l'insurrection étudiante de Prague. 120 étudiants sont fusillés. Déportation et prison pour nombre d'autres.
- 30 novembre :
  - L'URSS attaque la Finlande par surprise, car cette dernière ne voulait pas lui céder des bases militaires - Début de la guerre finno-soviétique (novembre 1939-mars 1940). Catégorie:1939 Catégorie:Seconde Guerre mondiale

Seconde Guerre mondiale : décembre 1939

Chronologie de la Seconde Guerre mondiale :Novembre 1939 - Décembre 1939 - Janvier 1940 ----
- 3 décembre :
  - Les premiers pilotes polonais arrive en Grande-Bretagne.
- 4 décembre :
  - Les Polonais créent l’Union de la lutte armée ZWZ qui remplace le Service pour la victoire de la Pologne SZP et qui est confiée au général Kazimierz Sosnkowski.
- 5 décembre :
  - La France et l'Angleterre signent un accord de coopération économique.
- 7 décembre :
  - L'Italie déclare à nouveau sa neutralité.
- 9 décembre :
  - Blocus des côtes finlandaises par la marine soviétique.
- 12 décembre :
  - Envoi de matériels militaires par la France et la Grande-Bretagne à destination de la Finlande.
- 13 décembre :
  - Bataille de Rio de la Plata entre le cuirassé de poche allemand Graf von Spee et trois navires alliés.
- 14 décembre :
  - La Russie est exclue de la Société des Nations suite à son attaque de la Finlande.
- 18 décembre :
  - Les premières troupes canadiennes arrivent en Europe.
- 19 décembre :
  - Le cuirassé de poche allemand Graf von Spee se réfugie dans le port de Montevideo (Uruguay) où il se saborde.
- 22 décembre :
  - Échec de l'attaque soviétique en Finlande. Catégorie:1939 Catégorie:Seconde Guerre mondiale

URSS

L'Union des républiques socialistes soviétiques (Союз Советских Социалистических Республик), ou lUnion soviétique, ou URSS (СССР (prononcer "essessserre") en russe), était un État qui exista de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. L'URSS s'étendait de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande. Le territoire de l'URSS varia dans le temps, et était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques. La Russie était, de loin, la plus importante de ces républiques, tant du point de vue de sa surface que de sa population et est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique. La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe de 1917, qui mit fin au règne du Tsar Nicolas II. L'organisation politique du pays était définie par le seul parti autorisé, le Parti Communiste de l'Union Soviétique. Le capitalisme d'État fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution.
Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie alliée à l'émergence de forces démocratiques et centripètes dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse.

Géographie de l'URSS

Durant son existence, l'URSS était sans doute le pays/empire le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²), à l'exception possible de l'Empire mongol à son apogée. C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 ethnies différentes présentes sur son territoire. La population totale était estimée à 288 millions en 1990. L'Union soviétique était si étendue que, même après son effondrement, la Russie - qui succéda à l'URSS - demeure le pays le plus étendu du monde (devant le Canada), et reste un pays très diversifié, avec des dizaines de minorités telles que les Tatares, les Oudmourtes et bien d'autres ethnies non russes.

Histoire de l'URSS

La Révolution russe et l'entre-deux guerres

Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)

Dès le , la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. L'agitation politique culmine en 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février.
Malgré la mise en place d'un gouvernement à visées démocratiques, l'agitation continue. Les bolchéviques, parti révolutionnaire représentant les soviets et mené par Lénine, renversèrent le gouvernement provisoire lors de la Révolution d'octobre1917.
Pendant la période entre 1917 et 1922, l'empire se scinda en républiques "soviétiques" dont le principe de fonctionnement était le centralisme démocratique basé sur les soviets. L'organe législatif était le soviet suprême tandis que le pouvoir exécutif était entre les mains du bureau politique du parti bolchévique (le Politburo). La plus importante des républiques, et celle qui se considérait comme l'héritière de l'empire, était la république socialiste soviétique de Russie, qui recouvrait le territoire actuel de la Russie et dont le politburo était formé par Lénine, Trotsky, Staline, Kamenev et Nikolai Krestinsky, Lénine en étant le véritable leader. La jeune république bolchévique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice conclu en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne).
Le pouvoir des bolchéviques était cependant fragile, et jusqu'en 1921, la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux fit rage, provoquant des millions de morts.
Le communisme de guerre (1918-1921)
Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :
- Nationalisation des industries et du commerce
- Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
- Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
- Travail obligatoire des paysans
- Interdiction de l'entreprise privée
- Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
- Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture Les éléments de la dictature se mettent aussi en place à cette époque :
- Création de l'Armée rouge : recrutés d'abord sur la base du volontariat, les soldats subissent ensuite la conscription
- Mise en place d'une police politique et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du régime et les "blancs" (partisans de la monarchie)
- Le parti communiste devient peu à peu parti unique
- La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
- La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument du pouvoir. Les partis communistes étrangers doivent être inféodés à Moscou et obéir aveuglément. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi que les grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des Spartakistes et la démission de Bela Kun mettent fin à ces espoirs. Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté.
La police politique
La survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée, pour prendre ensuite les noms de GPU (Guépéou), OGPU, MVD (
Ministerstvo Vnutrennih Del), NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB (Komitet Gosudarstvennoi Bezopasnosti). La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitalistes" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.

La naissance d'une nation (1921-1924)

Naissance de l'URSS
L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naît en 1922. Une constitution est rédigée en 1924 ; elle regroupe plusieurs républiques correspondant à un peuple. L'URSS était un État fédéral dans lequel chaque république est égale en droits. Les organes fédéraux soumis au Parti communiste contrôlent la défense, le commerce extérieur et les transports. Dans les faits la Tchéka et l'Armée Rouge surveillent étroitement ces républiques dont les présidents sont désignés par Moscou.
Les soviets
Le Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays était théoriquement gouverné par des
soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste (nomenklatura). La plus haute autorité législative était le Soviet suprême. Le plus haut organe exécutif était le Politburo.
La NEP (1921-1929)
Après la guerre civile (1921) et les nationalisations, le pays se trouve dans une situation humaine et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts) et les paysans se soulèvent contre les réquisitions. Lénine décide alors d'abandonner les nationalisations dans l'agriculture, et met en œuvre la NEP ou Nouvelle Politique Économique, d'essence capitaliste (celle-ci donnant droit à une propriété privée). Les réquisitions sont remplacées par un impôt en nature peu élevé.
Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine dit que "[le pays] n'était suffisamment civilisé pour le socialisme", se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes. La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des résultats désastreux de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichît. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche.
La NEP était généralement considérée comme étant une mesure provisoire et était extrêmement critiquée par les marxistes purs du parti bolchévique. Ces derniers voyaient la NEP comme une trahison des principes socialistes et voulaient une économie intégralement planifiée.
Il semble que Lénine considérait que la NEP devrait être maintenue, mais à l'approche de sa succession, les oppositions au sujet de la NEP cristallisèrent les oppositions au sein du politburo.

La succession de Lénine (1922-1929)

Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales. La lutte pour le pouvoir opposa principalement Staline (que Lénine n'appréciait pas et redoutait même) et Trotsky (un "vieux de la vieille") notamment au sujet de la NEP. Le pouvoir se trouva peu à peu concentré dans les mains de Joseph Staline qui écarta Léon Trotski qui finit par être exilé. Il fut assassiné par un agent stalinien au Mexique en 1940. Après avoir réussi à éliminer toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1929 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire.

Collectivisation et Planification économiques (A partir de 1929)

Abandon de la NEP
Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarrasser des uns et des autres.
En définitive, la "richesse" des Nepmen et des Koulaks l'amena à les considérer comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation.
Staline finit par se forger une doctrine qui excluait l'économie de marché tout en se concentrant sur le développement économique et industriel du pays.
La collectivisation des campagnes
À partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mises en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes.
Cette collectivisation forcée provoque des résistances : plutôt que donner leurs troupeaux, les paysans les abattent pour les consommer immédiatement. Face à ces émeutes, Staline accorde à chaque kolhozien un lopin de terre. Les koulaks doivent être éliminés en tant que classe. Entre 1929 et 1935 plus de deux millions de paysans sont déportés. Leurs biens sont confisqués.
La planification de l'économie
Il s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plan quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation.
L'industrialisation de l'URSS
La Russie du début du XX siècle était encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure. Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :
- quotas extrêmement durs à remplir : les mineurs travaillaient de 16 à 18 heures par jour
- sanctions dures en cas de non réalisation des quotas, pouvant aller jusqu'à l'accusation de trahison
- utilisation de la main d'œuvre gratuite des prisonniers des goulags. Ils construisent des barrages (sur le Dniepr), des canaux (entre la mer Baltique et la mer Blanche ; canal Moscou-Volga ; canal Volga-Don). Les villes de Vorkouta, Norilsk, Komsomolsk, Bratsk, Balkhach et Magadan sont construites par les détenus.
- création de combinats industriels en Ukraine, dans l'Oural et en Sibérie.
- sanctions contre les mauvais ouvriers : instauration du livret ouvrier dès 1938 qui comptabilisait les retards et les absences. Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, combinée à la diminution de la productivité agricole, provoqua de nouvelles famines. Le plan quinquennal fut cependant "bouclé" en 4 ans. De 1928 à 1932, la production de charbon avait doublé, celle d'acier avait triplé. Bilan de la politique économique en 1939 En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait été différente.

la dictature de Staline (1929-1953)

Staline mît en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en œuvre une véritable culte de la personnalité (il était appelé le "petit père des peuples") et la répression, s'appuyant notamment sur Le NKVD, police politique toute-puissante.
Selon certaines estimations, entre 1921 et 1954, 3,7 millions de personnes furent condamnées pour des crimes contre-révolutionnaires; parmi eux, 600 000 furent condamnés à mort, 2,4 millions emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail (les Goulags), et 800 000 condamnés à l'expatriation.

La Seconde Guerre mondiale - La grande Guerre Patriotique

L'industrialisation à marche forcée contribua à la victoire de l'URSS sur l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (connue, en Union Soviétique et en Russie, comme la "Grande Guerre Patriotique"). L'Armée rouge réussit à arrêter l'avance à l'est des armées du Reich. Quoique l'Union Soviétique ait reçu d'importantes aides en armes et matériels des États-Unis, sa production de matériel de guerre était plus importante que celle de l'Allemagne du fait de l'importante augmentation de la production industrielle entre les deux guerres.

Le pacte Germano-soviétique et le déclenchement de la guerre

Afin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l'est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande à l'Union Soviétique, tandis que l'ouest de la Pologne et la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne.
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, l'Union Soviétique suivant le 17. La Finlande ayant rejeté les prétentions territoriales de l'URSS, celle-ci envahit la Finlande le 30 novembre. La campagne fut difficile, mais par une paix signée à Moscou le 12 mars 1940, l'URSS obtenait l'annexion de la Carélie. Suite au déclenchement de cette guerre, l'URSS avait été expulsée de la Société des Nations le 14 décembre 1939.

Opération Barbarossa

Le 22 juin 1941, l'Allemagne rompt le pacte de non-agression et attaque l'Union Soviétique. L'invasion nazie prit l'URSS par surprise et dans un état de relative impréparation. Certains historiens estiment que les Grandes purges des années 1936-1938, au cours desquelles 40 000 officiers auraient été emprisonnés ou liquidés, ne sont pas étrangères aux premières difficultés de l'Armée rouge. Les troupes du Reich atteignirent les environs de Moscou en décembre 1941, mais avaient atteint leur extension maximale, des troupes devant aller consolider le flanc sud de l'attaque.

Le tournant de la guerre

Le tournant de la campagne fut la Bataille de Stalingrad en 1942 et 1943, que l'Armée rouge remporta après avoir perdu un million d'hommes. L'armée rouge avait dès lors repris l'initiative, surtout après la Bataille de Koursk en juillet 1943, et commença à regagner du terrain sur l'armée allemande. En avril 1945, l'Armée rouge pénètre Berlin, le 30 avril le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, et la capitulation sans condition est signée le 8 mai.

L'impact et les suites de la guerre

L'URSS supporta l'essentiel de l'effort de guerre sur le théâtre d'opérations européen jusqu'à ce que les Alliés ouvrent un second front en Europe suite au débarquement en Sicile, en 1943, et en Normandie. Environ 28 millions de soviétiques perdirent la vie, parmi lesquels 17 millions de civils, et les infrastructures du pays avaient été virtuellement annihilées. Ceci explique peut-être partiellement l'attitude des soviétiques après la guerre, déterminés à punir les peuples ayant collaboré avec l'Allemagne et à occuper d'importants territoires. Des millions de lithuaniens, lettons, géorgiens, ukrainiens et autres minorités ethniques furent massivement déportés dans des goulags en Sibérie. Pendant la guerre, les négociations entre les Alliés aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam. L'Union soviétique met en place des régimes dits de « Démocraties populaires », qui lui sont dévoués dans les pays d'Europe centrale, y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les occidentaux Rideau de fer, est par la suite le théâtre de la Guerre froide

L'après guerre

La Guerre froide

Depuis 1945 et quasiment jusqu'à sa chute, l'Union soviétique sera opposée aux États-Unis dans ce qu'on appellera la Guerre froide, chacun des protagonistes essayant d'augmenter sa sphère d'influence au détriment de l'autre, et souvent des pays concernés.
L'URSS avait réuni, dans tout l'est de l'Europe, un ensemble de pays satellites (Tchécoslovaquie, République démocratique allemande, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Albanie). Ces pays étaient regroupés au sein du Pacte de Varsovie. Les États-Unis avaient formé, avec l'Europe de l'Ouest, l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN).
Outre l'Europe, l'URSS et les États-Unis s'opposaient, souvent par "mouvements de libération" interposés, dans divers endroits du monde, notamment en Amérique du Sud et en Afrique.

La succession de Staline (Khrouchtchev)

Après la mort de Staline en mars 1953, Nikita Khrouchtchev devint Premier Secrétaire du Comité Central du Parti tandis que Gueorgui Malenkov devient premier ministre. Beria, le chef du NKVD, qui pouvait prétendre à la succession est arrêté en juin 1953 et exécuté peu de temps après, en décembre 1953. La nouvelle direction du pays déclara une amnistie pour certaines catégories de prisonniers et relâcha quelque peu le carcan qui enserrait les libertés publiques. Khrouchtchev consolida peu à peu son pouvoir personnel et pendant le 20 congrès du Parti Communiste, il prononça, le 25 février 1956, un discours sur "le culte de la personnalité et ses conséquences" au cours duquel il dénonça le culte de la personnalité entretenu par Staline ainsi que la dictature qu'il avait fait subir à l'URSS et les crimes de cette période. L'impact de ce discours fut immense et détruisit la légitimité des staliniens qui lui étaient encore opposés. S'ensuivirent de nouvelles mesures de démocratisation de la vie publique, la libération de dissidents, et la mise en place d'une économie plus favorable aux biens de consommation par rapport aux plans quinquennaux précédents. La même année, les troupes soviétiques réprimèrent dans le sang la révolution hongroise : de 25 000 à 50 000 Hongrois et 7 000 soldats de l'Armée rouge perdirent la vie, tandis que près de 250 000 Hongrois quittaient le pays. Cet événement fut, pour l'opinion occidentale favorable à l'Union Soviétique et au communisme, un premier choc sérieux. Khrouchtchev dut encore se défendre en 1957 contre les menées de staliniens voulant remettre son pouvoir en place, mais il les défit. On nota cependant que les prétendants écartés ne furent pas exécutés, comme du temps de Staline, mais simplement éloignés. Khrouchtchev devint enfin Premier Ministre le 27 mars 1958. La période de 10 ans qui suivit confirma cette nouvelle tendance : le pouvoir politique avait pris le pas sur la coercition pure et simple, le parti reprenant le rôle premier par rapport à la police secrète et à l'armée. Au cours de cette période, également, l'URSS confirma sa place de super puissance et défiait les États-Unis, souvent sur leur propre terrain. Cuba, pays socialiste supporté par l'URSS, devint le centre de cette opposition lors de la Crise des missiles de Cuba en octobre 1962. En 1957, les soviétiques envoyèrent dans l'espace le premier satellite artificiel, Spoutnik et le premier être vivant dans l'espace, Laïka. En 1961, Youri Gagarine, fut le premier homme dans l'espace, et en 1963, Valentina Tereshkova la première femme. Sans doute partiellement à cause de l'affaire des missiles, Khrouchtchev fut déposé lors d'une réunion du Comité Central du Parti le 13 octobre 1964.

Léonid Brejnev

Suite au départ de Khrouchtchev, Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine premier ministre et Anastase Mikoyan chef de l’État. Sous Brejnev, le régime soviétique se durcit à nouveau, la police politique (le KGB), dirigée par Iouri Andropov retrouvant la plus grande partie du pouvoir dont elle avait joui sous Staline, cependant sans les excès les plus terribles. Une des crises les plus graves de l'époque de Brejnev fut celle du Printemps de Prague en 1968, lorsque les tentatives de la Tchécoslovaquie d'introduire un "socialisme à visage humain" finit par être réprimée par l'Armée rouge, sans toutefois les excès de la répression de la révolution hongroise. Sur le plan international, le règne de Brejnev fut marqué par une certaine détente avec les États-Unis (avec notamment la signature de traités de limitation des armes et le traité d'Helsinki). En décembre 1979, Brejnev intervint en Afghanistan pour soutenir le régime communiste en place. Cet événement mit un coup de frein à la détente, provoquant un embargo par les États-Unis, la fourniture d’armements aux rebelles talibans et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980. En mars 1982 Brejnev souffrit d'une crise cardiaque. Son pouvoir n’était plus que fantomatique et il mourut en novembre.

L'interrègne, Mikhaïl Gorbatchev et la chute de l'empire

Après la rapide succession de Iouri Andropov (1982-1984) et de Konstantin Tchernenko (1984-1985), deux vieillards dans la droite ligne de Brejnev, Mikhaïl Gorbatchev, un énergique dirigeant de 53 ans, devint Premier Secrétaire du Parti. Constatant la déliquescence du pays et de son économie, Gorbatchev tente tout d'abord de sortir son pays de l'impasse que devient la guerre froide. En effet, Ronald Reagan avait lancé un réarmement massif des États-Unis en orientant sa recherche et ses investissements vers des types d'armement à très haute valeur technologique, entraînant ainsi l'URSS, sous peine d'obsolescence, dans une course rapide qu'elle ne pouvait que perdre vu son retard technologique et son économie en grave crise. Gorbatchev initia donc avec Reagan une série d'initiatives qui aboutirent à une détente certaine et à la signature d'accords de désarmement. Gorbatchev obtint le Prix Nobel de la paix pour ces efforts en 1990. Cette époque fut marquée par la chute du Mur de Berlin. Se débarrasser de cette contrainte externe n'était cependant pas suffisant, et sans abandonner le dogme central du socialisme, Gorbatchev lança la Glasnost ("transparence", politique d'informations libres) et la Perestroïka ("restructuration", nouvelle politique sociale et économique), cherchant une voie intermédiaire entre les "traditionalistes" attachés au régime (la nomenklatura) et les "réformistes", tels Boris Ieltsine qui lui reprochaient la lenteur des réformes. Pourtant il était trop tard, et Gorbatchev ne réussit pas à corriger les failles qui minaient l'état depuis des décennies. En juin 1990, Boris Ieltsine, Président du Soviet Suprême de la république de Russie déclara la souveraineté de la Russie et démissionna du parti communiste. En août 1991, un putsch mené par des membres du gouvernement opposés aux réformes montra à quel point la position de Gorbatchev s'était fragilisée. Le complot échoua en partie grâce à l'intervention de Boris Ieltsine, le président de la république de Russie qui confirma de ce fait sa position de chef de file des réformistes. Au cours de l'automne 1991, tandis que les républiques constituante de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que Gorbatchev se résolve à -ou ait la possibilité de- s'y opposer par la force, le gouvernement Russe prit peu à peu l'ascendant, reprenant, ministère par ministère les fonctions auparavant assurées par l'Union. Ainsi, Gorbatchev tout en étant président de l'Union Soviétique perdait peu à peu prise. En novembre 1991, le Président Russe Boris Ieltsine publia un décret qui interdisait le Parti Communiste d'Union Soviétique sur le territoire de la république de Russie. Le 8 décembre 1991, les chefs de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie publièrent une déclaration selon laquelle l'Union Soviétique était dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI). Gorbatchev était encore Président, mais sans pays et son pouvoir ne signifiait plus rien. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev remit sa démission en tant que président de l'Union Soviétique et remit ses pouvoirs à Boris Ieltsine. Le jour suivant, l'Union Soviétique était officiellement dissoute.

Communauté des États indépendants

La Communauté des États indépendants, créée en décembre 1991, a comme membres les républiques suivantes : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie. Il s'agit d'une union dont le projet ressemble à celui de l'Union Européenne sans que celui-ci ait beaucoup avancé.

Les nationalités en URSS

I. Introduction Peuplement : surtout à l'ouest (Europe) et au sud (Asie centrale). L'énorme espace de la Sibérie (13 millions de km2) est peu peuplé (25 millions d'habitants), mais présente un intérêt stratégique et économique considérable. Son peuplement est récent (20è siècle) et il est lié au système de camps de travaux forcés (appelé "Goulag"). Il s'agit d'un peuplement essentiellement slave le long de l'axe de chemin de fer du transsibérien. Système fédéral soviétique On a longtemps confondu "Russes" et "Soviétiques" (comme on confond souvent "Anglais" et "Britanniques", sans égards pour les Irlandais et les Ecossais). Les événements de ces dernières années ont contribué à dissiper cette confusion : les Russes n'étaient qu'une des nombreuses nationalités qui peuplaient l'URSS. Un "Soviétique" était un citoyen de l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques ) 1° organes centraux LEGISLATIF : L'Union possédait un parlement : le Soviet suprême, composé de deux chambres élues au suffrage universel : a) le Soviet des nationalités : chaque RSS (voir définitions plus loin) envoie 32 députés; chaque Région autonome 5 députés, et chaque District autonome 1 député) EXECUTIF : le président contrôle le conseil des ministres dirigé par le premier ministre. En URSS, les institutions de l'Etat étaient soumises au contrôle étroit du "Parti", c'est-à-dire le Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS). Ce contrôle était inscrit dans la Constitution soviétique. 2° Organisation fédérale a) L'URSS était composée de quinze REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES, en abrégé : RSS correpondant aux quinze nationalités les plus importantes. La plus importante de ces quinze républiques, tant par la taille que par le nombre d'habitants était la République socialiste fédérative soviétique de Russie, en abrégé : RSFSR. b) Cette division n'est en fait pas suffisante pour rendre compte de la complexité du système : a l'intérieur des RSS on a découpé : - 20 REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES AUTONOMES ou RSSA (16 en RSFSR, 1 en Ouzbekistan, 2 en Géorgie, 1 en Azerbaïdjan) : il convient de ne pas les oublier : des conflits ethniques à ce niveau se sont produits (exemple : la RSSA d'Ossétie du sud en Géorgie) - 8 REGIONS AUTONOMES - 10 DISTRICTS AUTONOMES (tous en RSFSR) Ce découpage était fait suivant des critères de nombre d'habitants. 3° Problématique des nationalités - l'examen des cartes montre que ce système formait une véritable mosaïque, très fragile. - il existait des tensions entre les Russes et les autres nationalités qui craignaient l'hégémonie russe - il existait une multitude de tensions entre les différentes nationalités (exemples : Arméniens/Azéris, Moldaves/ Gagaouzes, Géorgiens/Ossètes, etc.) - il existait une relation ambivalente entre les Russes et les nationalités slaves non-russes (les Ukrainiens et les Biéolorusses ) : il s'agit des trois républques à s'être engagées les premières dans la CEI (Communauté des Etats Indépendants - voir plus loin : IV. Désagrégation de l'Union soviétique ) - S'ajoutent à ces tensions les motivations politiques et économiques de l'Etat central. II. Histoire de la formation de l'Union soviétique ---------------------------------------------- Le problème posé par les nationalités en URSS ne s'explique que par le long de processus de formation de cet Etat. A. Des origines de la Russie à 1917 10è-11è s.Etat de Kiev (fondé par les Varègues, c'es-à-dire des Vikings appelés aussi "Rous") qui regroupe les Slaves de l'est. - chrétien de rite orthodoxe - importance des relations nord-sud : relations Baltique-Mer noire (=route commerciale vers Byzance) - fondation de Novgorod 12è s. déclin de l'Etat de Kiev. L'expansion du servage fait fuir les paysans vers le Nord-est. Création de villes nouvelles, parmi lesquelles Moscou (1141) 13è s. 1223 : invasion mongole (Khanat de la Horde d'Or). Les Mongols sont appelés "Tatars" par les Russes. 1240 : destruction de Kiev Les princes russes deviennent les vassaux des khans tatars attaques venant de l'ouest :féodaux catholiques suédois, allemands (chevaliers teutoniques qui considèrent les Russes orthodoxes comme des hérétiques L'expansion des chevaliers teutoniques est arrêtée à la bataille du lac Peipus. 14è s. Constitution d'un grand état-polono-lituanien, qui constituera logntemps un obstacle à l'expansion russe 15è s. affaiblissement définitif de la puissance des Tatars. Puissance grandissante des princes du petit état de Moscou. Le grand-duc Ivan III détruit la ville rivale de Novgorod. Après la chute de Constantinople, Moscou devient la capitale de la Chrétienté orthodoxe. 16è s. Le grand-duc Ivan IV "le Terrible" (1533-1584) est le premier à porter le titre de Tsar. - Il lance des offensives contre les Tatars de la Volga : il conquiert Kazan (1554) et Astrakhan (1556) (=territoire de l'actuelle RA de Tatarie). Cette expansion offre à la Russie son premier débouché sur une mer et permet de commercer avec la Perse en passant par la mer Caspienne. - l'extension du servage (manque de main d'oeuvre), provoque la fuite des paysans vers les marches de l'empire (on les appelle "cosaques" : mot turc qui veut dire "réfugié"), qui s'organisent en "république". Certains groupes de Cosaques deviennent cavaliers/navigateurs. Ils sont tolérés par les Tsars dans la mesure où ils servent l'empire en conquérant de nouvelles terres à l'est. C'est la conquête de la Sibérie : les Cosaques y agissent comme une sorte de trappeurs, suivis par les commerçants, puis par les fonctionnaires et officiers du Tsar. 17è s. nouvelle période d'affaiblissement : les Polonais attaquent la Russie à l'ouest. Ils occupent même Moscou) 18è s. Redressement de la Russie sous Pierre le Grand (1689- 1725) : - à l'est il repousse les Kazakhs au delà de l'Oural. - à l'ouest il fait la guerre contre les Suédois (accès à la Baltique ) et fonde Saint-Pétersbourg (1703), dont il fera sa capitale (1713) : fenêtre sur l'Occident, possibilité de commerce (fourrures) Remarque : Pour la première fois les Russes s'emparent de territoires peuplés de non-Russes dont l'organisation sociale et économique est plus évoluée que la leur: Scandinaves, Polonais, Allemands des pays baltes, catholiques ou protestants. Renforcement de la puissance militaire russe. L'Etat contrôle des territoires de plus en plus vastes : Catherine II étend la domination russe - en Crimée, jusqu' au rivage de la mer d'Azov, sur des populations tatares. Objectif russe : atteindre la Méditerranée. - en Biéolorussie et en Lituanie, par les partages du royaume de Pologne (avec la Prusse et l'Autriche). Sauf pendant une brève période sous Napoléon, la Pologne disparaît jusqu'en 1918. A PARTIR DE CE MOMENT LES TSARS PRATIQUENT UNE POLITIQUE DE RUSSIFICATION, C.A.D. L'INTERDICTION DE PARLER UNE AUTRE LANGUE QUE LE RUSSE EN PUBLIC, L'INTERDICTION D'IMPRIMER EN CARACTERES LATINS, PRIVILEGES ACCORDES A L'EGLISE ORTHODOXE : CETTE POLITIQUE ENTRAINE LE RENFORCEMENT DES SENTIMENTS NATIONAUX. fin 18è s. - 1917 : L'objectif des Tsars reste d'atteindre des mers "libres" (c.a.d. libres de glaces l'hiver !) : - la Méditerranée - le Golfe Persique - l'Océna Indien 1° La Méditerranée: La russie aide les peuples slaves des Balkans et encourage leur nationalisme contre les turcs Ottomans. Le Tsar revendique constantinople, en tant que protecteur des chrétiens orthodoxes de l'empire Ottoman. La guerre de Crimée (1853-1856) contre les Turcs est un échec en raison de l'intervention franco-anglaise. Cet effort se poursuit durant tout le 19è siècle et au début du 20è siècle ("justifié" par la doctrine du panslavisme) : "question des Détroits" c.a.d. le détroit des Dardannelles, contrôlé par les Turcs, qui permet le passage de la mer noire à la Méditerranée. 2° Le Golfe Persique : A la fin du 18è - début du 19è siécle, la Russie s'étend aux dépens de la Perse et de la Turquie : Géorgie, Arménie et AzerbaIl fallut ensuite presqu'un siècle pour conquérir la montagne caucasienne , peuplée de tribus musulmanes (Tchètchènes, Tcherkesses, etc.) La Russie s'assure aussi le contrôle provisoire du nord de l'Iran (Anglais au sud) 3° L'Océan Indien: conquête plus facile par la cavalerie cosaque habituée à la guerre contre les tribus nomades : - 1845 -1880 : conquête des tribus kazakhes, de Tachkent, de Boukhara et de la Turkménie. Les Anglais s'inquiètent de voir les Russes se rapprocher de l'Inde : leur conflit larvé se termine par la création d'un état-tampon : le royaume d'Afghanistan (1907) L'OBJECTIF DES TSARS, C.A.D. S'ASSURER UN ACCES A DES MERS LIBRES N'EST TOUJOURS PAS ATTEINT MAIS A ABOUTI A LA CREATION D'UN IMMENSE EMPIRE COLONIAL B. De 1917 à nos jours 1° Formation de l'URSS (1917-1922) Le nouveau régime bolchévique, issu de la révolution, hérite de cet empire et de ses problèmes (nationalités). En 1914, Lénine parlait de "la prison des peuples". Le 25 avril 1917, le Soviet de Petrograd (//thèses d'avril) se prononce en faveur de l'autonomie nationale et culturelle :déception de la plupart de nationalités, qui attendaient d'avantage de la révolution. Le 2 novembre 1917, la "Déclaration des droits des peuples de russie" proclame "l'égalité et la souveraineté des peuples de Russie". VIIè Conférence du Parti. a) Thèses en présence avant et au début de la révolution 1) Lénine considère la "question nationale" comme un problème temporaire, son but étant la réalisation d'un Etat bolchévique (pouvoir du prolétariat), dans lequel la question nationale n'aurait plus aucun sens. Il adopte une attitude de modération, défendant le droit à l'autodétermination dans le cadre d'un Etat centralisé. 2) Staline (qui est un Géorgien) est partisan dès le départ du point de vue fédéral (celui qui l'emportera par la suite) Dans les faits : - droit à la sécession - autonomie régionale pour les nations qui ne se séparent pas de la Russie - lois garantissant les droits des minorités - unité du Parti. = fédération de républiques égales entre elles (Staline, contrairement à Lénine, est un opportuniste. Il est conscient du danger d'éclatement de l'empire. 3) Les "durs" du Parti : sont opposés à toute concession : le nationalisme est la manifestation des intérêts bourgeois. b) Désintégration de l'empire (1917-1918) 1) Auto-déterminations "protégées" - Pologne : en février 1917, aidée par les Allemands - Finlande : le 18 décembre 1917, les Bolcheviks reconnaissent l'indépendance de la finlande le 15 janvier 1918, le conseil des Représentants du peuple s'empare du pouvoir, appuyé par l'Armée rouge. Une intervention allemande écrase la révolution. - Pays baltes : gouvernements nationaux en 1918 sous les Allemands. Après la défaite allemande, installation de gouvernements soviétiques en Estonie et en Lettonie. Ils seront renversés avec l'aide des Britanniques. En Lituanie, révolution soviétique, suivie d'une union avec la Biélorussie. Ce régime s'écroule lors du retrait del'Armée rouge, battue en Pologne. 2) Auto-déterminations éphémères Les changements succesifs sont déterminés par la situation militaire : défaite russe face aux Allemands (1917), défaite allemande face aux Alliés (1918), défaite des Blancs face aux bolchéviks (1918-1920), défaite des Bolchéviks face aux Polonais (1920) - Ukraine : devient indépendante suite au traité de Brest-Litovsk (=état "fantoche" reconnu seulement par les empires centraux). Les communistes ukrainiens sont partisans d'un PC ukrainien séparé et d'une insurrection,mais ils doivent se soumettre à Lénine, qui ne veut pas d'ennuis avec les Allemands. (cfr. Traité de Brest-Litovsk) Défaite allemande : l'Armée rouge entre en Ukraine. Lénine adopte alors une double politique : - d'une part l'indépendance ukrainienne est respectée - intervention permanente en ukraine pour prendre le blé. Conséquence : guerre civile, qui débouche sur une annexion de fait de l'Ukraine. NB : en droit (terme juridique) l'Ukraine est restée indépendante sous le régime soviétique. (ex. siège à l'ONU) - Biélorussie: dans cette région le sentiment national était peu développé. Le gouvernement "fantoche" créé par les Allemands fait nénamoins progresser le sentiment national. Le 31 janvier 1919 est proclamée la RS de Biéolorussie. - Transcaucasie (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan) : Octobre 1917, le "commissariat caucasien" réalise l'unité de la région. Mars 1918 : Par le traité de Brest-Litovsk, les Bolchéviques cèdent Kars, Ardahan et Batoum aux turcs. Création de la "République de Transcaucasie" : les Arméniens, les Azéris, les Géorgiens, opposés au traité de Brest-Litovsk, font sécession. Mai 1918 : Les rivalités nationales resurgissent, et provoquent l'éclatement de la République de Transcaucasie. Les Turcs envahissent l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La Géorgie se place sousla protection des Allemands. Fin de la guerre : L'Arménie et l'Azerbaïdjan redeviennent indépendants. 1920 : Les soviets, qui ont besoin de matières premières (pétrole, ressources minérales) reconquièrent la région novembre 1920: l'Arménie appelle elle-même les Soviets à l'aide pour faire face à Kemal Atatürk. 1921: La Géorgie (gouvernement menchévik) est envahie. 3) Auto-déterminations dans le cadre de la Russie Dans un premier temps les Bolchéviks hésitent sur le type d'auto-détermination qu'il convient d'accorder. Suivant la situation locale, ils font preuve de souplesse et de pragmatisme. Ensuite, ils accorderont une auto-détermination restreinte. Donnons trois exemples : - Tatars-Bachkirs : Mars 1918 : les Blancs, associés aux dirigeants nationaux Bachkirs, détruisent la RS tataro-bachkire. Novembre 1919 : projet bolchévique d'autonomie très large, y compris une armée, dans le but d'attirer les autres musulmans. Mai 1920 : Une fois la guerre civile terminée, les Bolchéviks réalisent un projet définitif avec compétences très réduites de la RA ("inférieures aux droits que le Tsarisme en ses pires moments concédait aux minorités", selon un dirigeant bachkir). - Kirghizes : le territoire kirghize à forte colonisation russe, est le théâtre d'affrontements communautaires très violents entre Kirghizes et Russes. Les Kirghizes réclament une RA kirghize avec interdiction de toute colonisation future. Cette exigence est acceptée par les bolchéviks. - Turkestan : 1917 :double révolution qui oppose : -Bolchéviks russes locaux (ouvriers, soldats) -élites locales 1920 : Purge des communistes locaux (colons russes) et création d'une République autonome du Turkestan pour satisfaire les aspirations de la population locale. LES BOLCHEVIKS DE MOSCOU IMPOSENT LEUR SOLUTION LA OU ILS SONT EN POSITION DE FORCE ET CEDENT PROVISOIREMENT LA OU ILS SE SENTENT FAIBLES. c) Reconstitution d'un état soviétique (1918-1922) Devant la désagrégation de la Russie, les bolchéviks adoptent une première solution institutionnelle : 10 juillet 1918 : 1ère constitution soviétique = système décentralisé à base administrative territoriale (régions ou "oblasts" en russe, qui n'ont pas de rapport avec les nationalités. 1918-1922 : il existe deux possibilités d'intégration : - républiques ou régions autonomes intégrées à la RFSR - traités bilatéraux avec des républiques indépendantes, couvrant les questions économiques et militaires . Il s'agit de traités inégaux, qui placent les autres républiques dans un état de dépendance vis à vis de la Russie. En matière de diplomatie, la Russie parle bientôt au nom de tous les autres. Il existe des résistances à cette tendance au sein du PC lui-même (exemples de Sultan Galiev en Asie centrale et du PC géorgien) 1922-23 : Moscou veut imposer d'en haut un projet fédéral à toutes les républiques : tentative de réaction des Géorgiens face au pouvoir central : on les accuse de "fractionnisme" Lénine, pour ne pas aggraver les relations avec les autres nations, s'oppose au projet très centralisateur de Staline (républiques autonomes intégrées à la RSFSR) et prône une fédération de républiques égales entre elles. Staline cède sur ce point, convaincu que de toute façon, une formulation égalitaire ne changera rien à l'inégalité de fait : la Russie sera la tête de la fédération. Le 30 décembre 1922, l'URSS naissait du traité qui unissait la RSFSR + la Biélorussie + l'Ukraine + la Transcaucasie. DANS LE CONFLIT QUI OPPOSE LES COMMUNISTES DU CENTRE (MOSCOU) ET LES PARTIS COMMUNISTES NATIONAUX, C'EST LE CENTRE QUI L'EMPORTE ET IMPOSE UNE FEDERATION. 2° Politique des nationalités de 1922 à 1935 31 janvier 1924 : nouvelle constitution fédérale, très différente de celle de 1918. Points principaux de cette constitution du point de vue des nationalités : 2 chambres (Soviet de l'Union et Soviet des Nationalités : voir I : b) système fédéral soviétique, 1° organes centraux) organisation fédérale à 3 niveaux (voir I : b) système fédéral, 2° subdivisions fédérales) droit à la sécession Transformations culturelles et sociales dans le cadre de l'URSS 1) But du pouvoir soviétique : créer un "homme nouveau", l'homme socialiste, quelle que soit sa nationalité. a) transformations juridiques, surtout vis à vis de la communauté musulmane (qui a son droit, ses juges, ses tribunaux) (voir texte). L'efficacité de ces mesures est relative. Emancipation des femmes et des jeunes. b) Organisation de mouvements de "masse" (théoriquement "spontanés") : de femmes, de jeunesse (ex. femmes musulmanes dévoilées en rue, interdiction des mariages négociés par les familles) Réticences en Asie centrale sont à l'origine de manifestations publiques contre les femmes voilées et les "superstitions" religieuses. 2) Contenu donné aux "nationalités" par le pouvoir soviétique "La culture prolétarienne n'abolit pas la culture nationale, elle lui donne un contenu, et inversément la culture nationale... elle lui donne une forme."(Staline) Pratiquement, techniquement, une politique des nationalités pose de gros problèmes: a) Parlera-t-on de "nations" ou de "nationalités" ? unité de - langue (parfois nombreuses ou non écrites) - territoire (peuples dispersés) - économie - culture et traditions Quel critère choisir ? En fonction de quoi ? Il n'y a pas de problème pour les grandes nations (ex. Ukraine, Arménie, Géorgie..) mais comment distinguer les autres "nationalités" ? Le but de Lénine et des Bolchéviks est de simplifier, mais par peur d'oppositions éventuelles, ils travaillent aussi à diviser : 1) quelques exemples de la tendance à diviser : - Tatars et Bachkirs (= ancien Khanat de Kazan) utilisaient le tatar comme langue culturelle. Par crainte du PANTOURIANISME (=doctrine de l'union de tous les peuples turcs, en vogue depuis le milieu du 19è s.), les Bolchéviks décident de créer une langue bachkire écrite à partir du dialecte bachkir. - Ouzbeks et Tadjiks employaient le tadjik comme langue littéraire. En Ouzbekistan, il est remplacé par le Turc d'abord, par l'Ouzbek ensuite. 2) quelques exemples de la tendance à simplifier : - le Daghestancomporte 35 dialectes. Il y aura trois étapes dans les mesures adoptées par les bolchéviks - emploi de l'Arabe (mais crainte d'un danger musulman) - emploi du Turc Azeri (mais crainte du pantourianisme) - finalement choix de 11 langues officielles : c'est la tendance à diviser qui