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1er Avril

1er avril

Le 1 avril est le 91 jour de l'année (92 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien. Une tradition veut que le 1 avril soit le jour des farces (voir l'article : poisson d'avril).

Événements


- 527 : Justinien est couronné empereur.
- 1307 : Villers le Temple est cédé aux Chevaliers de Malte, après la suppression des Templiers.
- 1328 : Avènement de Philippe VI de Valois, cousin de Charles IV le Bel, que celui-ci avait désigné comme Régent avant sa mort ; les États généraux confirment la non transmission du royaume aux femmes, et confient la couronne au Régent, qui devient roi de France (jusqu'en 1350). Fin de la lignée des Capétiens directs.
- 1795 (12 germinal an III) : Journée de protestations sans violence du peuple parisien contre la chèreté des denrées. La convention thermidorienne en profite pour déporter sans jugement d'anciens Montagnards.
- 1810 : Napoléon 1er épouse Marie-Louise d'Autriche.
- 1878 : A Bernissart en Belgique, des mineurs font la découverte de 29 squelettes d'iguanodons à 322 mètres de profondeur.
- 1923 : Loi portant le service militaire en France à 18 mois.
- 1929 : A New York, l'inventeur américain Louis Marx, fait pour la première fois la démonstration de sa nouvelle création : le yo-yo.
- 1938 : Invention du Nescafé.
- 1976 : Steve Wozniak et Steve Jobs fondent la société d'informatique Apple Computer.
- 1983 : Entrée en vigueur de la retraite à 60 ans.

Naissances


- 1793 : Édouard Corbière, marin, écrivain, journaliste et armateur français († 27 septembre 1875)
- 1868 : Edmond Rostand, écrivain français
- 1873 : Sergueï Rachmaninov, compositeur et pianiste russe
- 1905 : Gaston Eyskens, homme politique belge
- 1921 : André Stil, écrivain français
- 1927 : Jacques Mayol, apnéiste français († 2001)
- 1929 : Milan Kundera, écrivain de langue tchèque et française
- 1932 : Debbie Reynolds, actrice américaine
- 1938 : Ali McGraw, actrice américaine
- 1940 : Wangari Maathai, lauréate du Prix Nobel de la paix, 2004
- 1953 : Barry Sonnenfeld, réalisateur américain

Décès


- 1799 : Jacques-Étienne Montgolfier, inventeur français
- 1917 : Scott Joplin, musicien et compositeur de ragtime américain (° 24 décembre 1868)
- 1976 : Roger Rivière, coureur cycliste français.
- 1984 : Marvin Gaye, chanteur américain, assassiné par son père. (° 1939)
- 1991 : Martha Graham, danseuse et chorégraphe américaine, (° 11 mai 1894).
- 1993 : Andrée Brunin, poète français (° 1937)
- 1994 : Robert Doisneau, photographe français
- 2003 : Leslie Cheung, acteur et chanteur chinois de Hong Kong. (° 9 décembre 1956).

Célébrations


- Dans certains pays on célèbre le poisson d'avril. En Amérique du nord, le 1 avril a été relié à la tradition médiévale de la fête des fous. Il est connu sous le nom de «April Fool's day» (jour des fous d'avril) ou «All Fool's day» (jour de tous les fous).

Saints catholiques du jour


- Saint Caidoc et Saint Fricor
- Saint Cellach (IX siècle)
- Saint Cellach (XII siècle)
- Saint Dodolin
- Saint Gilbert (évêque de Caithness)
- Saint Hugues de Grenoble
- Saint Macaire de Constantinople
- Saint Méliton de Sardes
- Saint Quintien (Arménie) et Saint Irénée (Arménie)
- Sainte Théodora (II siècle)
- Saint Venance (évêque en Dalmatie)
- Saint Victor (Égypte) et Saint Étienne (Égypte)
- Saint Walericus (alias Valéry) Catégorie:Jour de l'année ja:4月1日 ko:4월 1일 simple:April 1 th:1 เมษายน

Jour

als:Tag ja:日 simple:Day Le jour est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée dépend de l'époque de l'année et de la latitude. Une journée est l'ensemble d'un jour et d'une nuit consécutive, c'est aussi la durée qui sépare deux moment consécutifs ayant la même heure au même endroit (par exemple la durée entre le à 13h et le 2 janvier de la même année à 13h). Le jour est aussi une unité de temps qui, bien qu'en dehors du système international (SI), est en usage avec lui. Il vaut exactement 86 400 secondes et son symbole est j ou d (du latin diurnus). Le symbole j est un symbole français alors que le symbole d est international (cf. le [http://www1.bipm.org/ site du Bureau International des Poids et Mesures]). Le jour solaire est le temps mis par la Terre pour faire un tour sur elle-même du point de vue du Soleil, c'est-à-dire pour qu'un point de la surface terrestre revienne à la même position apparente pour un observateur solaire. Un jour est divisé en 24 heures, de zéro heure à minuit. Il y a 365 ou 366 jours dans une année (cf. temps solaire). Le jour sidéral est le temps mis par la Terre pour faire un tour sur elle-même, du point de vue des étoiles distantes. Un jour sidéral dure 23 heures, 56 minutes et 4 secondes. Il y a un jour sidéral de plus que de jours solaires dans une année (cf. temps sidéral). À cause de la Lune et de la dissipation d'énergie que constituent les marées, la vitesse de rotation de la Terre sur elle-même diminue. La durée du jour augmente donc, au rythme d'environ 2 millisecondes par siècle. De ce fait, il y a 100 millions d'années, l'année durait 380 jours. La Lune s'éloignant de la Terre, cet effet d'allongement des jours est de moins en moins rapide car la force exercée par la Lune sur la Terre est inversement proportionnel à la distance qui les sépare.

Voir aussi


- Nuit
- Après-midi
- Semaine
- Mois
- Année
- Heure
- Midi
- Minuit
- Jour julien
- Calendrier des journées mondiales

Liens externes


- [http://ptaff.ca/soleil/ Le lever, le coucher du soleil et la durée de la journée, toute l'année, n'importe où] Catégorie:Unité de temps Catégorie:Calendrier

Année bissextile

Catégorie:Calendrier Une année bissextile est une année de 366 jours au lieu de 365, c'est-à-dire une année comprenant un 29 février. Le terme vient du latin bis-sextilis, qui signifie « deux fois (bis) sixième (sextus) ».

Règle actuelle

Depuis l'instauration du calendrier grégorien : # Les années divisibles par 4 sont bissextiles, pas les autres. # Exception : les années divisibles par 100 ne sont pas bissextiles. # Exception à l'exception (!) : les années divisibles par 400 sont bissextiles. Ainsi, l'an 2004 était bissextile suivant la règle 1, l'an 1900 n'était pas bissextile car concerné par la règle 2 et l'an 2000 était bissextile car concerné par la règle 3. Le calendrier julien qui était en cours avant le calendrier grégorien ne connaissait que la première règle. La longueur précise de l'année terrestre est 365,2422 jours. Avec ces règles, le calendrier julien avait une année moyenne de 365,25 jours, ce qui a engendré l'accumulation d'une dizaine de jours de retard en quinze siècles. Ce retard fut corrigé par l'instauration du calendrier grégorien et une année de 10 jours plus courte. Celui-ci a une année moyenne de 365,2425 jours, ce qui est encore un peu trop long, mais n'engendre qu'une erreur de 3 jours en 10 000 ans.

Histoire des années bissextiles

Les mois intercalaires de l'année de Numa

L'habitude d'ajouter une journée intercalaire afin de rattraper le retard pris par l'année civile sur l'année solaire remonte aux Romains. Ceux-ci, avant le calendrier julien, utilisaient l'année dite « de Numa » de 355 jours, soient douze mois lunaires. Le retard avec le calendrier solaire était compensé par des mois intercalaires d'une durée variable fixée par le Grand Pontife. Ce système s'était cependant déréglé au moment des Guerres civiles.

Le jour intercalaire de Jules

En 45 avant l'ère chrétienne, Jules César, alors dictateur (au sens latin du terme) et Grand Pontife de la République romaine fit appel à l'astronome grec Sosigène d'Alexandrie afin que celui-ci réglât le décalage trop important que l'on constatait entre les années solaires et civiles depuis les Guerres civiles. Celui-ci créa notre année de 365 jours plus une journée intercalaire tous les quatre ans (il faut attendre le calendrier grégorien pour que le système soit encore plus précis). Ce jour se plaçait entre le 24 et le 25 février. C'était donc le « 24 février bis ». Or, la manière romaine de désigner les jours étant à l'époque très différente de la nôtre, on nommait le 24 février a. d. VI Kal. Mart., soit ante diem sextum Kalendas Martias, ce qui signifie « le sixième jour avant les calendes de mars » (il faut savoir que les Romains indiquaient les jours « à reculons » : ils comptaient le nombre de jours restant avant telle ou telle date plus ou moins fixe dans le mois, les calendes le 1 du mois, les nones le 5 ou le 7, selon les mois, et les ides le 13 ou le 15, selon les mois) ; le « 24 février bis » se disait donc tout naturellement a. d. bis VI Kal. Mart., soit ante diem bis sextum Kalendas Martias : « le sixième jour bis avant les calendes de mars » (si vous avez suivi : « le sixième jour bis avant le premier mars », en fait). Notre bissextile provient donc de cet usage romain surprenant de compter les jours « à l'envers » : une année bissextile comprend deux fois le sixième jour avant le premier mars ; « deux fois sixième » se disait bis-sextus ; il suffisait d'ajouter le suffixe -ilis pour obtenir l'adjectif bissextilis : « qui a deux fois un sixième (jour) », afin de parler d'un(e) annus bissextilis (le mot annus « année » est masculin), « année bissextile ». C'est plus tard que le jour intercalaire fut positionné le 29 du mois de février, à partir du moment où la méthode latine de décompte des jours fut remplacée par celle que l'on utilise actuellement.

29 février

Depuis 1980 en France, un petit groupe de personnes édite un journal qui paraît seulement les 29 février, appelé La Bougie du sapeur. En 2004, il publiait son numéro 7.

30 février

En 1700, la Suède tenta d'utiliser un calendrier julien modifié pour passer graduellement du calendrier julien au calendrier grégorien. Le processus devait réduire graduellement un jour par an, pendant 11 ans. Seule l'année 1700 fut ainsi modifiée et en 1712 pour rattraper le calendrier julien il fallut rajouter un jour supplémentaire en février qui devint ainsi doublement bissextile et possédant un 30 février. als:Schaltjahr ja:閏年 ko:윤년 simple:Leap year th:ปีอธิกสุรทิน

Poisson d'avril

Le poisson d'avril est une plaisanterie, voire un canular, que l'on fait le 1 avril de chaque année. Il consiste à accrocher un poisson de papier dans le dos de personnes dont on veut se gausser. Poisson d'avril ! est aussi l'exclamation que l'on pousse une fois qu'une des plaisanteries est découverte. Une explication totalement légendaire avance que cette tradition trouve son origine en France, en 1564. Jusqu'alors, l'année aurait commencé au 1 avril, mais le roi de France Charles IX décida, par l'édit de Roussillon, que l'année débuterait désormais le 1 janvier, marque du rallongement des journées, au lieu de fin mars, arrivée du printemps. Mais en fait, l'année civile n'a jamais débuté un 1 avril. Si l'origine exacte de l'utilisation des poissons reste obscure (peut-être l'ictus chrétien), la légende veut que plusieurs de ses sujets se rebiffèrent à l'idée qu'on leur chamboulât le calendrier, et ils continuèrent à célébrer les environs du 1 avril. Pour se payer gentiment leur tête, des congénères profitèrent de l'occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours pendables. Ainsi naquit le poisson, le poisson d'avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n'acceptent pas la réalité ou la voient autrement. Cette coutume de faire des plaisanteries s'est répandue dans de nombreux pays, bien que le poisson ne soit pas toujours exporté en même temps :
- les Anglais ont conservé leur (April Fool's Day),
- les Écossais parlent de Gowk ou de Cuckoo,
- les Allemands ont leur Aprilscherz,
- la coutume existe aussi en Belgique, en Italie, aux États-Unis, en Suisse ou même au Japon. Cependant, les conjectures demeurent : ou bien on voulait marquer la sortie du signe zodiacal des Poissons, ou bien on voulait prolonger l'épreuve du carême, où il n'était permis de manger que du poisson, ou bien on voulait confondre le benêt en lui offrant un poisson à une époque de l'année, celle du frai, où la pêche était interdite. Il existe, aussi en Espagne, une fête comparable, qui tombe cependant le 28 décembre. C'est le jour des saints innocents (dia de los santos inocentes ou dia de los inocentes), qui commémore le massacre des Innocents commis, selon la Bible, par Hérode. Croisé avec des rites païens comme la fête des Fous, il est devenu le jour des plaisanteries et des canulars, à la manière de notre premier avril. C'est un petit personnage de papier que l'on accroche au dos des personnes dont on veut se moquer.

Voir aussi


- :Catégorie:Canular
- Poisson d'avril, écrit de Marcel Aymé, voir écrits de Marcel Aymé. Catégorie:Humour Catégorie:Tradition ja:エイプリルフール ko:만우절

Justinien

Justinien Ier, 483-565, est empereur byzantin de 527 à 565.

La fin d'une époque

Le long règne de Justinien, près de 40 années, ne marque pas, contrairement à ce qui est souvent avancé, le début d'une ère nouvelle mais représente la dernière tentative du vieil empire romain pour refaire l'unité impériale, tant par la reconquête militaire que par la codification du droit et la volonté d'imposer le pouvoir du souverain à l'Église. Les indéniables succès du règne vont, en particulier dans le domaine militaire et territorial, se révéler sans lendemains car démesurés pour les structures et les ressources de l'empire. Ce n'est qu'au prix de profondes transformations sociales et politiques, qui en font l'empire byzantin sous le règne d'Héraclius, que celui-ci va trouver les moyens de surmonter les nombreux adversaires et dangers auxquels il est confronté.

Les origines

Héraclius Justinien (Flavius Petrus Sabbatius Justinianus) est né en Illyrie le 11 mai 482 à Taurésium (près de l'actuelle Skopje) dans une famille assez modeste d'Illyriens romanisés. Sa chance est d'être le neveu d'un soldat à qui une brillante carrière permet d'accèder au trône impérial en 518 sous le nom de Justin Ier, succèdant à l'empereur Anastase I. Justin adopte son neveu et lui fait donner, alors qu'il est lui-même sans grande culture, la meilleure éducation possible — l'éducation d'alors se base sur le droit, la rhétorique et théologie. Devenu empereur, Justin associe rapidement Justinien aux affaires et le nomme patrice puis consul. Il est rarissime dans l'histoire politique byzantine de voir un homme né aussi loin du trône, à ce point préparé à régner. Quand il accède au pouvoir en 527, à l'âge de 45 ans, c'est un homme mûr à la personnalité contrastée. En effet Justinien possède d'indéniables qualités : un grand sens de l'État et de l'idée impériale, une forte puissance de travail, une relative simplicité de mœurs assez atypique à l'époque (il est végétarien et ne boit pas d'alcool), et une culture réputée. Ses qualités intellectuelles sont cependant parfois gâchées par un caractère soupçonneux, influençable, un autoritarisme qui se change brutalement en pusillanimité (comme lors de la sédition Nika) et, surtout après la mort de l'impératrice Théodora en 548, un manque de persévérance dans l'action. Il sait aussi, et c'est une de ses qualités premières, s'entourer de collaborateurs remarquables, quoique souvent sans scrupules, tels Bélisaire, Narsès, Tribonien ou le préfet du prétoire Jean de Cappadoce. Justinien n'hésite pas à favoriser les hommes en qui il a confiance, l'exemple de Narsès, eunuque d'extraction modeste devenu l'un des plus grands chefs militaires de son temps en est la meilleure illustration. Enfin, et même s'il ne faut pas exagérer son influence, le rôle de Théodora, ancienne actrice de très humble origine (à tel point que Justin Ier fit modifier la loi interdisant à un sénateur d'épouser une actrice pour permettre le mariage de son neveu), épouse de Justinien depuis environ 523, est indéniable.

Œuvre législative et administrative

À son accession au pouvoir Justinien trouve une situation économique et financière saine grâce à la sage politique suivie par ses prédécesseur tels Anastase I. Cela lui laisse les mains libres afin d'appliquer son programme de restauration et d'unification du monde romain. Dès le début de son règne il s'applique à une grande réforme juridique. Diverses commissions, dirigées par le juriste Tribonien, compétent mais détesté pour sa vénalité, sont chargées de remettre de l'ordre dans l'ensemble des constitutions impériales publiées depuis Hadrien. Cette réorganisation, le Corpus Juris Civilis, est ce que nous appelons le Code Justinien (529) écrit en latin, la langue vernaculaire de l'Empire romain, qui n'était pas compris par la plupart des citoyens de l'empire d'Orient. Une seconde version, le Codex retitae praelectionis, la seule que nous ayons, celle de 529 étant perdue, est publiée en 534. En 533 est publiée aussi le Digeste (ou Pandectes), qui correspond à une modernisation de toute la législation antique ainsi qu'à une synthèse de la jurisprudence antique. À cela s'ajoute un manuel pour enseigner le droit, les Institutes (533). Enfin les lois nouvelles, voulues par Justinien, les Novelles, sont écrites en grec, la langue véhiculaire de l'empire, après 534. Cette œuvre législative prend une importance fondamentale en Occident car c'est sous cette forme reçue de Justinien que l'Occident médièval, à partir du adopte le droit romain. Justinien entreprend aussi de nombreuses réformes administratives, contenues surtout dans les grandes Novelles de la période 535-536. Leur objectif est essentiellement de renforcer le pouvoir de l'empereur en démembrant les grands offices, de lutter contre l'inquiétant développement de la grande propriété foncière ainsi que contre la corruption endémique des fonctionnaires impériaux. Aussi, souvent pour des raisons fiscales, Justinien regroupe diverses provinces, considérées de taille insuffisante et, afin de simplifier l'administration locale, supprime un certain nombre de diocèses et regroupe parfois, comme en Égypte agitée par des troubles réguliers, les pouvoirs civils et militaires entre les mains de commandants militaires.

Politique religieuse

Égypte L'action législative de Justinien s'inscrit donc dans la durée avec une attention toute particulière pour l'Église. En effet l'empereur est un chrétien sincère et il s'estime, dans la tradition césaro-papiste héritée de Constantin I, le dirigeant suprême de l'Église. Le christianisme est, d'un point de vue institutionnel et juridique, religion d'État . C'est en cela qu'il règle avec une minutie pointilleuse les conditions de recrutement des membres du clergé, leurs statuts, l'organisation de l'administration des biens ecclésiastiques. C'est lui qui légalise le contrôle des évêques sur les autorités civiles locales, ce qui a comme curieuse conséquence d'atténuer les excès centralisateurs de nombre de ses décisions. En effet les notables provinciaux, qui participent aux élections épiscopales, peuvent ainsi exprimer leurs avis et contrôler pour partie l'emploi de certains fonds publics. Justinien est confronté aux dernieres résurgences du paganisme contre lequel il agit avec vigueur. C'est ainsi qu'il met fin à l'Académie de Platon à Athènes, alors présidée par Damase et interdit l'adoration des dieux païens en particulier dans certaines régions reculée de l'Anatolie. Il persécute les Juifs bien que la contrainte employée ne donne guère de conversions. C'est aux dissenssions internes aux églises chrétienne que Justinien tente de mettre fin pour maintenir la cohésion de l'Empire. C'est pourquoi il tente un rapprochement avec les monophysites, nombreux dans la partie orientale de l'empire (en Syrie et en Égypte), d'autant que les convictions religieuses de Théodora sont notoirement proches de ces derniers. L'impératrice en 537 n'hésite pas à ordonner à Bélisaire, qui combat alors en Italie, de s'emparer du pape Silvère pour le remplacer par Vigile supposé moins intransigeant envers ce que la papauté considère comme une hérésie. Cependant Justinien doit aussi composer avec les divers papes dont il a besoin dans son entreprise de reconquête de l'Italie. Cette politique de bascule s'illustre dans l'affaire dite des Trois Chapitres. Justinien fait condamner la mémoire de trois théologiens détestés par les monophysites, dans l'espoir de rallier ces derniers à l'Église officielle, sous l'accusation de nestorianisme (Théodore de Mopsueste, Ibas d'Édesse et Théodore d'Édesse). Le V concile œcuménique de 553 qui officialise cette condamnation voit ses décrets fort mal accueillis en Occident, surtout par le pape Vigile que Justinien fait enlever afin de le contraindre à accepter les Trois Chapitres, sans pour cela rallier les monophysites. Il reconstruit l'église de Sainte-Sophie, détruite dans la sédition Nika en janvier 532. Bien plus tard, en 1054, la basilique nouvelle deviendra l'un des cœurs de l'orthodoxie à Constantinople.

Conquêtes

Dès le début de son règne Justinien semble avoir comme objectif de reconstituer l'ancien empire romain autour de la Méditerranée. Mais pour cela il doit d'abord mettre fin à la lutte contre la Perse dont les troupes sont aux portes d'Antioche en 529. Bélisaire remporte quelques succès entre 529 et 531 mais Justinien préfère finalement en 532 acheter la paix qui lui est nécessaire pour réaliser ses objectifs de reconquête en Occident. L'empereur s'attaque dans un premier temps au royaume des Vandales en Afrique du nord. Il craint que la flotte de ces derniers ne pertube plus tard ses opérations militaires en Italie et les liaisons commerciales. Outre cet aspect il y a une raison plus politique : Hildéric, roi des Vandales vient d'être renversé par Gélimer. Hildéric était le représentant de la tendance pro-byzantine et favorable à un rapprochement avec les catholiques. Aussi Bélisaire à la tête d'une forte armée pour l'époque, sans doute 18 000 hommes, débarque entre Sfax et Sousse en 533. La bataille de l'Ad Decimum en 533, puis le 15 septembre 533 la prise de Carthage et du roi Gélimer sonnent le glas du royaume fondé par Genséric. Dans la foulée les armées byzantines s'emparent de la Corse, de la Sicile et de la Sardaigne. L'assassinat, par son mari Théodat, de la fille de Théodoric Ier le Grand, la reine Amalasonthe, est le prétexte évoqué par Justinien pour envahir l'Italie en 535. Deux armées prennent en tenaille les armées des Ostrogoths, l'une venant de Dalmatie l'autre de Sicile, sous la direction de l'indispensable Bélisaire. Celui-ci s'empare de Naples, puis occupe Rome le 10 décembre 536 et enfin Ravenne en 540 malgré la résistance opiniâtre du nouveau roi Vitigés. Ce dernier est fait prisonnier et envoyé à Constantinople où Justinien le traite avec honneur. Mais l'empereur commet l'erreur en 540 de disgrâcier Bélisaire, dont il craint visiblement la popularité et qu'il avait déjà tenté de contrôler en lui envoyant Narsès comme second vers 538. L'échec cuisant de cette tentative avait abouti au rappel de Narsès un an plus tard. En 540 le rappel de Bélisaire dans la capitale, où il se voit confier des missions plus honorifiques que de réels commandements, correspond aussi à une nouvelle offensive de la Perse dans le Caucase et en Syrie. La paix n'est définitivement signée qu'en 562 et aboutit à une progression de l'influence byzantine en Arménie et dans le Caucase. Toujours en 540, la capitale est menacée par les Bulgares dont Justinien ne se débarasse qu'en lançant contre eux les Avars qui vont s'établir dans la vallée du Danube. Ces difficultés permettent aux Ostrogoths, dirigés par Totila, de reprendre l'offensive et de vaincre à deux reprises les Byzantins (Faenza, puis Mugillo en Italie centrale). La ville de Naples est reprise en 543, celle de Rome le 17 décembre 546. Il faut attendre l'arrivée de Narsès en 552 pour voir la situation tourner à l'avantage des troupes de Justinien. Narsès, seul commandant en chef cette fois et pourvue d'une forte armée, se révèle un excellent chef de guerre et inflige aux Ostrogoths la défaite de Taginae (552) en Ombrie où Totila est tué. Les dernières résistances sont balayées en 553 au mont Lactarus, près du Vésuve, où leur dernier roi, Téias est tué. En 555 Narsès écrase une invasion alamande près de Capoue. L'Italie est redevenue romaine mais au prix de la ruine de la péninsule. Profitant de l'appel à l'aide du roi wisigoth Athanagild en lutte contre un compétiteur, Agila, Justinien se fait céder pour prix de son soutien l'ancienne province de Bétique (l'actuelle Andalousie) en 554 et impose la suzeraineté byzantine au royaume des Wisigoths. Justinien est le dernier empereur à avoir tenté de réunir les deux parties de l'ancien Empire romain. Ses successeurs, s'ils ne renonceront pas au titre, prendront acte de la séparation définitive entre l'Orient et l'Occident.

Prospérité commerciale et vie culturelle et artistique

Wisigoths La destruction du royaume vandale, et la baisse de la piraterie qui en découle, entraîne un dynamisme économique plus fort. Les marchands d'Égypte et de Syrie entretiennent un commerce assez dynamique avec l'Occident dont la Gaule mérovingienne où ils vendent de l'huile, des fruits secs, des vins réputés, des verreries de Syrie et du papyrus. L'empire est ravitaillé en esclaves par la Mer Noire. Il entretient des relations commerciales avec Ceylan par l'intermédiaire du royaume éthiopien d'Axoum, avec la Chine par la route de la soie. La nécessité d'approvisionner les ateliers byzantins en soie, et la volonté de contourner la Perse des Sassanides, explique en partie la politique entreprise par Justinien pour faire entrer les peuples caucasiens dans la sphère d'influence de l'empire. À partir de 552-553, grâce à des vers à soie importés clandestinement de Chine, Byzance commence d'ailleurs elle-même à produire de la soie. La vie culturelle est intense sous Justinien et profondément marquée par la personnalité et les préoccupations de l'empereur. On retrouve chez l'historien Procope, qui écrit l'histoire du règne de Justinien, cette recherche de la grandeur romaine qui anime le couple impérial (dont pourtant il médit beaucoup). Les hymnes (poésie religieuse) de Romanos le Mélode sont un écho fidéle de la foi chrétienne profonde, quoique intolérante, de Justinien et Théodora. Il fait reconstruire Antioche, sous le nom de Théopolis après sa destruction par un terrible tremblement de terre en 526 et le pillage de la ville par les Perses en 538. Justinien est aussi un grand bâtisseur. Le plus beau monument de son règne est bien-sûr l'église Sainte-Sophie (dédiée à la Sagesse divine, Sophia en grec) élevée entre 532 et 537 par Anthemius de Tralles et Isidore de Milet. La première coupole s'étant effondrée en 558, une seconde est refaite en 562. Mais dans tout l'empire Justinien finance la construction de villes, de ponts, de thermes, de routes. Justinien meurt le 15 novembre 565 après avoir désigné son neveu, Justin II, comme successeur. Justinien et Théodora sont représentés dans leurs ornements impériaux, avec les dignitaires de leur cour par deux fameux panneaux de mosaïque dans l'église San Vitale à Ravenne.

Sources


- Procope, Guerres de Justinien.
- Procope, Traité des édifices.
- C Diehl, Justinien et la civilisation byzantine au VI siècle, Paris, 1901.
- Encyclopédia Universalis, tome 13, article Justinien, pages 224/226, édition de 1989.
- Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, article Justinien, édition 1996. Justinien 01 Justinien Justinien ja:ユスティニアヌス1世

1307

Catégorie:1307
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---- Cette page concerne l'année 1307 du calendrier julien.

Événements

Asie

Chine


- Le pape Clément V crée un archevêché à Beijing (Pékin) à la tête duquel il installe le franciscain Jean de Montecorvino (Jean Corvin).
- Règne de Qaïchan, grand Khan des Mongols (fin en 1311).
  - Témur meurt à l’âge de 42 ans sans laisser de fils (février). Les prétendants engagent une lutte acharnée pour le pouvoir, qui brise l’unité de l’empire Yuan. Ananda, petit-fils de Kubilai Khan, gouverneur du Kan-Sou s’oppose à Qaïchan, arrière-petit-fils de Kubilai, qui règne en Mongolie. Qaïchan, soutenu par les seigneurs de la steppe, triomphe et fait exécuter Ananda.
- Pendant les querelles dynastiques, la situation économique de l’empire mongol s’aggrave, et l’exploitation des paysans chinois prend des proportions énormes, le pouvoir central étant incapable d’empêcher les excès des seigneurs féodaux. Les révoltes de paysans se succèdent sans interruption. Elle présentent un aspect nationaliste et sont exploitées par les seigneurs féodaux locaux.
- Retour à la monnaie métallique en Chine.

Turkestan


- A la mort de Koundjounk, un gengiskhanide âgé, Talikou, monte sur le trône du khanat de Djaghataï (fin en 1309). Devenu musulman dans sa vieillesse, il propage l’islam parmi les Mongols.

Vietnam


- Prise de Hué par le Dai-Viêt.

Inde


- Raids de Malik Kafur, général du sultanat de Delhi, dans le Dekkan (fin en 1311), qu’il conquiert et pille. Il détruit de nombreux royaumes hindous.

Proche-Orient


- Le sultanat de Rum tombe sous protectorat mongol.

Europe


- Début du règne de Édouard II d'Angleterre (jusqu'en 1327). Homosexuel, il laisse le pouvoir à ses favoris : Hugh le Despenser l’Ancien et son fils Hugh le Despenser le Jeune exercent un pouvoir absolu. Ils devront faire face à des révoltes de barons.
- Retour en Ecosse et révolte de Robert Ier Bruce à la mort d’Edouard Ier.
- Règne de Robert le Sage, roi de Naples (fin en 1343).
- Les Angevins de Naples s'emparent de la Morée (Péloponnèse) en Grèce.
- A la mort de Rodolphe III de Habsbourg, le duc de Carinthie, Henri, est élu roi de Bohême. Une guerre avec l’empereur Albert Ier de Habsbourg s’ensuit (fin en 1308).
- Le voïévode de Transylvanie Ladislas Kan pose ses conditions pour reconnaître Carobert roi de Hongrie.
- Fondation de la double ville Berlin-Cölln, future Berlin
- Les Chevaliers teutoniques font construire le château de Marienbourg en Prusse Orientale.
- Le khan de la Horde d'Or Tolkaï fait arrêter des commerçants européens séjournant à Saraï, sa capitale. Il se venge des Génois de Crimée responsable du rapt d’enfants tatars vendus dans les pays musulmans.

France


- 5 janvier : Une émeute éclate à Paris en raison du rétablissement de la monnaie forte par Philippe IV le Bel, les propriétaires parisiens entendant se faire payer des loyers exigibles d'avance en monnaie forte, alors que les salaires étaient encore versés en monnaie faible, ce qui aboutissait à un triplement des charges pesant sur les locataires.
- : Villers le Temple est cédé aux Chevaliers de Malte, après la suppression des Templiers.
- Exil de la papauté en Avignon jusqu’en 1377.
- Rencontre entre le pape et le roi de France à Poitiers en avril.
- 24 août : Le pape ordonne une enquête concernant les Templiers (fin en 1314).
- 23 septembre : Guillaume de Nogaret devient garde des Sceaux.
- 13 octobre : Persécution des Templiers par Guillaume de Nogaret et Philippe le Bel.
- Par une ordonnance royale, le Parlement de Paris se divise en plusieurs Chambres.
- Philippe le Long épouse Jeanne de Bourgogne (morte en 1330), fille d’Othon IV de Chalon.
- Lyon passe aux capétiens.

Art & culture


- Séjour de Dante à Paris (fin en 1309).
- Dante commence à travailler sur la Divine Comédie (La Divina Comedià).
- Début de l'activité de l'inquisiteur Bernard Gui, auteur du manuel de l'inquisiteur (jusqu'en 1324).
- Duns Scot est envoyé à Cologne où il enseigne jusqu’à sa mort en 1308.
- Début du style gothique decorated en Angleterre (jusqu'en 1377).
- Début de la construction du pont de Cahors (jusqu'en 1378).
- Transfers de l'Université de Lisbonne pour Coimbra.

Naissances en 1307


-

Décès en 1307


- Février : Témur, grand Khan des Mongols.
- 7 juillet : Édouard Ier d'Angleterre roi d'angleterre1239). ko:1307년

Ordre de Malte

L'Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, plus communément appelé, suivant les époques, Ordre de l'Hôpital, Ordre hospitalier, Ordre de Rhodes, Religion ou Ordre de Malte, est une organisation catholique souveraine à vocation humanitaire, créée au milieu du par des Latins originaires d'Amalfi (Campanie) du monastère Saint-Jean-l'Aumônier à Jérusalem. Son siège se trouve à Rome depuis 1834, Via dei Condotti à deux pas de la Place d'Espagne. Le siège et le Palais de l'Aventin jouissent d'un statut d'extraterritorialité. extraterritorialité

De Jérusalem à Rhodes

Les origines

L'origine de l'Ordre est au monastère Sainte-Marie-des-Latins, fondé à Jérusalem au milieu du par des marchands amalfitains. Vers 1080, Gérard, supérieur du monastère crée un « hôpital » ou hospice, dédié à saint Jean, à côté du monastère. Le rôle de cet hospice est d'accueillir et de soigner les pèlerins chrétiens venus accomplir le « voyage de Terre Sainte ». Jérusalem est alors sous domination musulmane. La première Croisade de 1099 fait passer la ville sous la domination chrétienne, mais renforce l'insécurité dans la région. Les frères hospitaliers, reconnus comme ordre monastique le 15 février 1113 par le pape Pascal II, deviennent vite des chevaliers hospitaliers. C'est le second ordre militaire de Terre Sainte après les Templiers fondés vers 1120. C'est le maître Hospitalier Raymond du Puy (mort vers 1160) qui transforme l'Ordre charitable en ordre militaire. Sur sa demande le pape Innocent II attribue aux Hospitaliers le drapeau à croix blanche en 1130 pour les différencier des Templiers qui portent la croix rouge.

Organisation de l'ordre

Hospitaliers et Templiers jouent alors, et ce jusqu'au , un rôle de premier plan sur l'échiquier politique du royaume de Jérusalem. En 1137, ils reçoivent de Foulques I, roi de Jérusalem, la garde de la forteresse de Bath-Gibelin ; en 1142 celle du krak des Chevaliers. Leur structure militaire et leurs places fortes ont fait des Hospitaliers une armée très efficace, mais n'hésitant pas à s'ingérer dans la conduite du royaume, formant à la cour un véritable « parti de la guerre ». Parti de la guerre qui s'oppose aux « poulains » ces seigneurs francs nés en Terre Sainte, et plus favorables à une entente avec les musulmans. La puissance de l'Ordre vient avant tout de ses possessions en Occident. En effet, sa double vocation, militaire et monastique, lui attire les faveurs de l'aristocratie, qui se sent plus proche de ces moines-chevaliers que des institutions ecclésiastiques. Cela est particulièrement frappant dans le Midi de la France et dans la péninsule ibérique. Le roi Alphonse Ier d'Aragon va jusqu'à laisser le tiers de son royaume aux ordres militaires à sa mort en 1134 ! Ces dons qu'ils reçoivent en Occident, les Hospitaliers les organisent en commanderies, elles-mêmes regroupées en prieurés, puis en grands prieurés, dont les chefs, les prieurs, répondent directement au grand-maître, chef suprême de l'Ordre. Ces commanderies, gérées par des frères trop agés pour combattre, envoient en Terre Sainte les subsides nécessaires à la poursuite de la lutte contre les musulmans. En 1206, paraissent les premiers statuts connus de l'Ordre : en accord avec la division en trois ordres de la société médiévale, ils distinguent trois classes parmi les frères Hospitaliers :
- ceux qui prient, les chapelains ;
- ceux qui travaillent, les frères servants ;
- et ceux qui combattent, chevaliers nobles et sergents roturiers. C'est évidemment parmi les chevaliers que se recrutent les responsables de l'Ordre, commandeurs, prieurs et grand-maître. Tous ces frères sont soumis aux vœux religieux à la différence des confrères, chevaliers qui se joignent temporairement à l'Ordre ou font promesse de s'y joindre à l'article de la mort, pour bénéficier ainsi de sa protection spirituelle tout en menant une vie laïque. Les Hospitaliers doivent, en plus de leur action militaire, se consacrer également aux soins des malades, entretenir des hôpitaux en Terre Sainte et en Occident et accueillir les pèlerins. Dans les périodes mouvementées des XII et s, c'est pourtant la fonction militaire qui prend le dessus, au moins pour la Terre Sainte.

Chypre

L'Ordre suit les vicissitudes des États latins de Terre Sainte et leur recul progressif vers la côte. En 1291 la dernière ville chrétienne de Terre Sainte, Acre, défendue par les Templiers et les Hospitaliers, tombe. Le maître Hospitalier, Guillaume de Villiers est gravement blessé lors de la bataille. À la différence du Temple, qui se réorganise en Occident, l'Ordre se replie vers Chypre où se trouve le roi titulaire de Jérusalem, Henri II de Lusignan, qui voit d'ailleurs d'un mauvais œil venir s'installer en son royaume une organisation aussi puissante. Là, il se réorganise en 1301 en instaurant une structure élaborée pour ses possessions en Occident: les Langues. Ces Langues sont des groupements régionaux de grand prieurés, eux-mêmes regroupements de commanderies. Elles sont au nombre de huit :
- Provence : tout le midi de la France en plus de la Provence, avec deux grands prieurés, Toulouse et Saint-Gilles ;
- Auvergne : tout le centre de la France, un seul grand prieuré, celui de Bourganeuf ;
- France : le seul nord de la France, avec les grands prieurés d'Aquitaine (siège à Poitiers), de Champagne et de France ;
- Espagne : toute la péninsule ibérique, avec les grands prieurés d'Amposta ou d'Aragon, de Catalogne, de Castille et León, de Navarre et de Portugal, subdivisés en 1462 en Langue d'Aragon avec Amposta, la Catalogne et la Navarre, et en Langue de Castille avec la Castille et León et le Portugal ;
- Italie : avec les grands prieurés de Messine, de Barletta, de Capoue, de Rome, de Pise, de Lombardie et de Venise ;
- Angleterre : toutes les Îles britanniques avec les grands prieurés d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande ;
- Allemagne avec les grands prieurés de Bohême, de Danemark, de Haute-Germanie, de Basse-Germanie, de Hongrie, de Pologne et de Suède. Chacune est dirigée par un pilier, plus tard appelé bailli, qui possède également un des grands offices de l'Ordre. Ainsi, le pilier de Provence est grand commandeur, second du grand-maître, celui d'Auvergne maréchal, commandant l'armée, celui de France, grand hospitalier, gérant les activités charitables de l'Ordre, celui d'Espagne (après 1462, celui d'Aragon) est drapier, ayant la charge des vêtements pour les frères et les malades, celui d'Italie, amiral de la flotte et celui d'Angleterre turcopolier, c'est-à-dire commandant des troupes légères. Le pilier d'Allemagne n'a pas de grand office. Après 1462, le pilier de Castille est grand chancelier. Cette administration, exemplaire pour l'époque, permet à l'Ordre de tirer un grand profit de ses possessions en Occident et d'entretenir l'espoir d'une reconquête de la Terre Sainte.

Rhodes

Entre 1307 et 1310 l'Ordre, dont la rivalité avec le roi de Chypre ne cesse de s'accentuer, conquiert l'île de Rhodes, nominalement byzantine, qui devient son nouveau siège. De leur position insulaire, les Hospitaliers développent une grande flotte, qui fait leur réputation. Leur richesse s'accroît encore par le transfert des biens des Templiers en 1312. L'Ordre, qu'on commence à appeler « de Rhodes » transforme son action militaire vers la guerre de course, alors peu différente de la piraterie, attaquant même des bateaux chrétiens et pratiquant l'esclavage. Signe d'un enrichissement de l'Ordre en même temps que d'une conquête de souveraineté, les grands maîtres se mettent à battre monnaie à leur effigie. Mais, parallèlement à ce contrôle maritime qu'exercent les chevaliers de Rhodes sur la mer Égée, la dynastie ottomane prend peu à peu le dessus sur l'empire agonisant de Byzance et les États latins de Grèce nés de la quatrième Croisade. En 1396, une Croisade soutenue par l'Ordre essuie un échec sanglant à Nicopolis. Après cet épisode, le sultan Bajazet Ier a les mains libres dans les Balkans. Seule sa défaite de 1402 face aux Mongols de Tamerlan sauve Rhodes. Pour l'Ordre, avec l'échec de Nicopolis, le rêve de reconquête terrestre des Lieux Saints est définitivement perdu. Les chevaliers ne peuvent plus agir que par la guerre de course en Méditerranée. En 1453 le sultan Mahomet II s'empare de Constantinople ; le grand maître Jean de Lastic se prépare à un siège. Celui-ci n'arrive pourtant qu'en 1480 et le grand maître Pierre d'Aubusson arrive à soutenir l'assaut du pacha Misach, ancien prince byzantin converti à l'Islam, grâce à des secours en provenance d'Italie. Le siège décisif a lieu en 1522. Le sultan Soliman le Magnifique assiège pendant cinq mois la ville de Rhodes avec 200 000 hommes et ne parvient à la prendre qu'à la suite de la trahison du grand chancelier d'Amaral. Impressionné par la résistance héroïque du grand maître Philippe de Villiers de l'Isle-Adam, il accorde libre passage aux chevaliers rescapés. Emportant dans trente navires leur trésor, leurs archives et leurs reliques, dont la précieuse icône de Philerme, l'un des symboles de l'Ordre, les chevaliers quittent définitivement la Méditerranée orientale et la proximité avec le monde musulman.

L'Ordre à Malte

Philippe de Villiers de l'Isle-Adam

L'installation dans l'archipel

Les Hospitaliers entament en 1522 une errance de sept années qui les conduit de Crète à Nice. C'est le pape Clément VII, ancien Hospitalier, qui les héberge à Viterbe en 1529. L'empereur Charles Quint, comprenant bien l'utilité que peut avoir un ordre militaire en Méditerranée face aux avancées ottomanes (Alger est conquis par le célèbre Barberousse en 1529), confie à l'Ordre l'archipel de Malte, dépendance du royaume de Sicile, par un acte du 24 mars 1530. L'Ordre se retrouve aux avant-postes de la Chrétienté, mais le grand maître de Villiers de l'Isle-Adam entretient toujours l'espoir de reprendre pied à Rhodes. Ce n'est qu'à sa mort en 1534 que les Hospitaliers renoncent définitivement à l'Orient. Face aux progrès ottomans (Tunis est pris en 1534), le borgho, principale ville de l'archipel, est fortifié. Parallèlement aux menaces sur le nouveau siège de l'Ordre, la Réforme porte en Europe du Nord un grand coup aux possessions des Hospitaliers. Un grand nombre de commanderies sont sécularisées et certains grands prieurés cessent purement et simplement d'exister, comme ceux de Suède et de Danemark. En 1540 le roi d'Angleterre Henri VIII supprime de facto la Langue d'Angleterre. C'est dans ce contexte difficile que l'Ordre doit faire face à la plus grande épreuve de son histoire : le « grand siège » de 1565.

Le « grand Siège »

La flotte turque qui se présente le 18 mai 1565 devant Malte compte plus de 160 galères et 30 000 hommes, face aux 800 chevaliers et 1450 soldats que le grand maître Jean Parisot de La Valette a convoqué. Trois forts défendent la baie et le borgo. Celui de Saint-Elme tombe le 23 juin, deux cent chevaliers y trouvent la mort. Pour démoraliser les chevaliers, le commandant ottoman, Mustapha pacha, lance dans la rade des radeaux portant les corps crucifiés de défenseurs du fort. La Valette réplique en faisant bombarder dans le camp turc les têtes des Turcs prisonniers. Les deux autres forts, Saint-Ange et Saint-Michel, tiennent bon, ainsi que l'enceinte du borgo. Les Turcs arrivent à faire une entrée dans ce dernier le 7 juin, mais sont repoussés. La situation de l'Ordre est critique quand arrive le 7 septembre le « grand Secours », armée espagnole en provenance de Sicile. Les Turcs sont repoussés.

Lépante et la mainmise de l'Ordre sur la Méditerranée occidentale

Après l'échec du siège, l'Ordre se retrouve au centre des attentions des puissances catholiques européennes. En 1571, les Hospitaliers s'illustrent à la bataille de Lépante, où la flotte de la sainte Ligue, commandée par don Juan d'Autriche, détruit la flotte ottomane. Après Lépante, le danger en Méditerranée ne vient plus de la flotte de guerre ottomane mais des corsaires « barbaresques » d'Afrique du Nord. L'Ordre se lance alors dans le corso, la guerre de course, qui de contre-attaque qu'elle était à l'origine, devient vite un moyen pour les chevaliers de Malte de s'enrichir par l'arraisonnement des cargaisons mais surtout par le commerce d'esclaves, dont La Valette devient le premier centre chrétien. L'Ordre entre alors dans une période de singulières mutations : les chevaliers novices doivent à l'ordre de faire quatre « caravanes », quatre expéditions de course lors de quatre années consécutives à Malte, mais reçoivent souvent par la suite la permission de servir leur souverain d'origine. Les institutions centrales du grand magistère s'enrichissent de la course et transforment les commanderies européennes en un système de bénéfices qui permet à l'aristocratie de placer ses fils cadets, qu'elle fait souvent admettre dans l'ordre dès l'enfance afin qu'ils soient mieux placés dans la « course aux commanderies ». Ainsi, on trouve peu de chevaliers accomplissant toute leur carrière dans l'ordre, mais au contraire une rotation importante de novices venus accomplir leurs « caravanes » mais qui une fois munis d'une commanderie s'en vont servir leur roi, surtout d'ailleurs dans la marine. Les grands amiraux français des XVII et s, comme Coëtlogon, d'Estrées ou Suffren, sont tous des chevaliers de Malte.

La Révolution

En 1792, la Révolution française confisque les biens français de l'ordre de Malte, comme ceux de tous les autres ordres religieux. L'ordre perd alors les trois quarts de ses revenus. Suite aux triomphes de Napoléon Bonaparte en Italie, le grand maître Ferdinand de Hompesch demande au tsar de Russie de devenir le protecteur de l'ordre. Cela ne suffit pas à protéger l'île de l'invasion française en 1798 : l'ordre est chassé et la souveraineté de Malte revient à la République française. En 1834, l'ordre de Saint-Jean s'installe à Rome, et ce n'est qu'en 1999 que l'Ordre de Malte remet les pieds sur l'île, où la République de Malte a mis à sa disposition le fort Saint-Ange.

Situation actuelle

L'ordre constitue toujours officiellement un État, et peut donc émettre des timbres, battre monnaie, faire des passeports, avoir des ambassadeurs, etc. Cependant c'est une souveraineté sans territoire (les possessions à Rome et à Malte ne sont pas sous leur juridiction propre mais sous souveraineté italienne et maltaise respectivement) et limitée (en matière religieuse, l'ordre est inféodé au Vatican). Il entretient actuellement des relations d'État à État avec quatre-vingt-treize puissances et est reconnu par l'Organisation des Nations unies où il dispose d'un statut d'observateur permanent. En France, il n'est pas reconnu comme un État réellement souverain, il ne dispose pas à Paris d'un ambassadeur mais d'un « Représentant officiel auprès de la France ».

Hiérarchie

Les membres de l'Ordre sont divisés en différentes classes, suivant le degré d'engagement religieux des membres, elles-mêmes subdivisées en catégories, suivant le degré de noblesse. Enfin dans une même classe existent des distinctions. Première classe : les profès, qui ont fait profession religieuse et sont donc des religieux soumis aux trois vœux (chasteté, pauvreté, obéissance) :
- Chevaliers de justice, parmi lesquels est choisi le grand maître
  - bailli-grand-croix
  - commandeurs
  - chevaliers
- Chapelains profès, prêtres de l'ordre Deuxième classe : les membres en obédience, qui ont fait promesse de tendre à une vie chrétienne et de suivre les principes de l'ordre
- Chevaliers et dames d'honneur et de dévotion en obédience (tous les grands-parents sont nobles)
- Chevaliers et dames de grâce et de dévotion en obédience (certains des grands-parents sont nobles)
- Chevaliers et dames de grâce magistrale en obédience (non-nobles) Troisième classe : les membres qui n'ont fait aucun vœu
- Chevaliers et dames d'honneur et de dévotion
  - bailli-grand-croix honoraires
  - chevaliers et dames
- Chapelains conventuels ad honorem (ecclésiastiques sans obligation vis-à-vis de l'ordre)
- Chevaliers et dames de grâce et de dévotion
  - grand-croix
  - chevaliers et dames
- Chapelains magistraux
- Chevaliers et dames de grâce magistrale
  - grand-croix
  - chevaliers et dames
- Donats de dévotion (personnes admises dans l'ordre en raison des services qu'ils lui ont rendus) L'ordre a aussi toujours officiellement un caractère militaire (même s'il n'a plus d'armée) et catholique (le grand maître a dignité de cardinal), mais il a surtout conservé sa mission hospitalière, ce qui fait de l'Ordre de Malte le plus ancien organisme humanitaire (900 ans d'âge). En France, il est représenté par les Œuvres hospitalières françaises de l'Ordre de Malte (OHFOM), une organisation caritative (très active dans la lutte contre la lèpre et la précarité) et de secourisme. En matière postale, les timbres émis par l'Ordre depuis 1966 ne sont pas reconnus par l'Union postale universelle (UPU). L'Ordre a cependant signé des conventions postales bilatérales avec cinquante et un pays qui acceptent les courriers affranchis avec ces timbres. Cependant, en raison des positions extrémistes de certains de ses membres, l'Ordre de Malte fait l'objet de différentes polémiques. Le grand maître est actuellement Frà Andrew Willoughby Ninian Bertie.

Décoration

L'ordre a sa propre décoration, le Mérite de l'Ordre souverain de Malte, qui se décline comme la Légion d'Honneur, chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand'croix (à ne pas confondre avec la hiérarchie de l'ordre telle que décrite ci-dessus).

Grands Maîtres de l'Ordre

Voir également l'article Grands maîtres de l'ordre de Malte
- Palestine
  - Pierre-Gérard de Martigues 1099
  - Raymond du Puy 1118
  - Auger de Balben 1160
  - Arnaud de Comps (1162)
  - Gilbert de Aissailly 1163
  - Gaston de Murols 1170
  - Joubert de Syrie 1173
  - Roger de Moulins 1177
  - Hermangard d'Asp 1188
  - Garnier de Naplouse 1190
  - Geoffroy de Donjon 1193
  - Alfonse de Portugal 1194
  - Geoffrey Le Rat 1204
  - Garin de Montaigu 1207
  - Bertrand de Thessy 1230
  - Guérin 1231
  - Bertrand de Comps 1236
  - Pierre de Vielle-Bride 1241
  - Guillaume de Chateauneuf 1242
  - Hugues de Revel 1259
  - Nicolas de Lorgue 1278
- Chypre
  - Jean de Villiers (1288)
  - Odon de Pins (1294)
  - Guillaume de Villaret (1300)
- Rhodes
  - Foulques de Villaret 1307
  - Maurice de Pagnac 1319
  - Foulques de Villaret 1321
  - Hélion de Villeneuve 1325
  - Dieudonné de Gozon 1345
  - Pierre de Corneillan 1353
  - Roger de Pins 1355
  - Raymond Bérenger 1365
  - Robert de Juliac 1374
  - Juan Fernandez de Heredia 1376
  - Riccardo Caracciolo 1383
  - Philibert de Naillac 1396
  - Antonio Fluvian de la Riviere 1421
  - Jean de Lastic 1437
  - Jacques de Milly 1454
  - Piero Raimondo Zacosta 1461
  - Giovanni Battista Orsini ( Jean-Baptiste des Ursins) 1464
  - Pierre d'Aubusson 1476
  - Emery d'Amboise 1503
  - Guy de Blanchefort 1512
  - Fabrizio del Carretto 1513
  - Philippe Villiers de l'Isle-Adam (1521)
- Malte
  - Pierino de Ponte (Pierre du pont) (1534)
  - Didier de Saint-Jaille (1535)
  - Juan de Homedes (1536)
  - Claude de la Sengle (1553)
  - Jean Parisot de La Valette (1557)
  - Pietro del Monte (1568)
  - Jean L'Evesque de La Cassière (1572)
  - Hugues Loubenx de Verdalle (1581)
  - Martin Garzez (1595)
  - Alof de Wignacourt (1601)
  - Luis Mendez de Vasconcellos (1622)
  - Jean-Paul de Lascaris-Castellar (1636)
  - Martin de Redin (1657)
  - Annet de Clermont de Chattes (1660)
  - Rafael Cottoner (1660)
  - Nicolas Cottoner (1663)
  - Gregorio Carafa (1680)
  - Adrien de Wignacourt (1690)
  - Ramon Perellos y Roccaful (1697)
  - Marc Antonio Zondalari (1720)
  - Antonio Manoel de Vilhena (1722)
  - Raymond Despuig (1736)
  - Manoel Pinto de Fonseca (1741)
  - Francisco Ximenes de Texada (1773)
  - Emmanuel de Rohan-Polduc (1775)
  - Ferdinand de Hompesch (1797)
- Rome
  - Angelo de Mojana di Cologna (1962)
  - Andrew Willoughby Ninian Bertie (1988)

Voir aussi

Chevalier Paul

Liens externes


- [http://www.orderofmalta.org/index.asp?idlingua=3 Site officiel de l'Ordre de Malte]
- [http://www.ordredemaltefrance.org Œuvres Hospitalières Françaises de l'Ordre de Malte]
-
Malte, Ordre de Malte, Ordre de Malte, Ordre de Malte, Ordre de Catégorie:Rome ja:聖ヨハネ騎士団

Templiers

L'Ordre du Temple ou Ordre des Templiers était un ordre religieux et militaire qui fut créé lors des Croisades. Fondé en 1118, il disparaît en 1312.

Fondation de l'Ordre du Temple

En 1118, neuf chevaliers francs, menés par Hugues de Payns offrent à Baudouin II, roi de Jérusalem de créer un ordre militaire qui protégerait les pèlerins, sous le nom de « Pauvres chevaliers du Christ ». Le roi leur accorde une résidence dans son palais situé sur le site de l'ancien Temple de Salomon — aujourd'hui recouvert par la Mosquée Al-Aqsa — et leur nom évolue en « chevaliers du Temple » puis en Templiers. L'ordre est officialisé par la bulle pontificale Omne datum optimum le 29 mars 1139. 1139]]

Particularités des Templiers

L'ordre des Templiers accueillait les jeunes nobles désireux de s'investir dans la défense de la foi chrétienne au Moyen-Orient. Il formait un ordre militaire à la hiérarchie très stricte. Ses membres faisaient vœu de pauvreté, d'obéissance et de chasteté. Ils abandonnaient à l'ordre toutes leurs possessions et héritages. Ils partageaient leur existence austère entre la prière et la guerre et devinrent de fins connaisseurs des mœurs et coutumes guerrières du Moyen-Orient : très riche, l'ordre fit bâtir de nombreuses forteresses indépendantes, les kraks, mi-couvents, mi forteresses. Ils firent également bâtir un réseau de commanderies à travers tous les pays de la Chrétienté à fins de recrutement. Ils se vêtaient simplement et passaient par-dessus leurs effets une robe blanche frappée d'une croix rouge. Leur fortune, leur état d'intermédiaires entre l'Orient et l'Occident, leur découverte de nouvelles pratiques les conduisirent peu à peu à se transformer en financiers et banquiers prospères et à s'éloigner de leur mission première.

Disparition du Temple

Occident La disparition de l'Ordre du Temple est le fait du roi de France, Philippe IV le Bel. Depuis 1291 et la chute du royaume chrétien de Jérusalem, les Templiers, comme du reste tous les Latins, ne possèdent plus de places fortes en Palestine. Les projets de croisade générale du Grand Maître Jacques de Molay n'aboutirent pas par suite d'un manque d'attention des souverains occidentaux et de la papauté. Alors que les autres ordres militaires peuvent se reconcentrer sur d'autres fronts, les Teutoniques étant en train de bâtir un état théocratique en Prusse et les Hospitaliers de songer à une guerre navale contre l'infidèle par le contrôle du Dodécanèse et de Rhodes, les Templiers se trouvent en porte-à-faux face à leur mission première. Ils restent un ordre militaire mais ne peuvent plus mener leur guerre. De plus, dans un contexte international de renforcement des monarchies qu'incarnent parfaitement Philippe le Bel et son conseiller Guillaume de Nogaret, la puissance d'un ordre militaire possédant des biens à travers toute la Chrétienté et ne répondant qu'au pape inquiète les gouvernants. Les critiques qui ont toujours eu cours sur les ordres militaires, celle de richesse et d'avarice, celle de lâcheté voire de trahison, gagnent en force et se concentrent sur le Temple, qui prête le plus le flanc à ces attaques. Le 13 octobre 1307, Philippe le Bel fait arrêter tous les Templiers du royaume de France. Le 22 novembre 1307, le pape Clément V par la bulle Pastoralis præminentiæ ordonne l'arrestation de tous les Templiers de la Chrétienté, pour reprendre l'initiative. Le conflit est d'abord celui qui oppose le pape et le roi de France. En effet, le Temple ne relevant que de la papauté, il a toujours été une force sur laquelle celle-ci s'appuyait. De plus la perspective de mettre la main sur les biens des Templiers, pas de fabuleux trésor mais un réseau de commanderies bien administrées, ne déplaît pas au roi, toujours en quête de fonds. L'accusation est mise sur pied par Guillaume de Nogaret, qui recrute des témoins à charge parmi d'anciens Templiers, et qui décide de mobiliser les attaques sur une hérésie supposée des Templiers, ce qui ne peut que forcer le pape à suivre le mouvement. Tous les royaumes latins, à l'exception notable du Portugal, font arrêter les Templiers et mener des enquêtes selon l'ordre de la bulle pontificale. Seuls les Templiers français seront reconnus coupables des crimes d'hérésie et de sodomie qu'on leur impute. Le 12 août 1308 par la bulle Faciens misericordam il définit les accusations portées contre le Temple. Il supprime l'ordre par la bulle Vox in excelso du 3 avril 1312 pour transférer ses biens à l'Ordre de l'Hôpital le 2 mai suivant — bulle Ad providam. Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l'ordre meurt sur un bûcher à Paris. En effet il avait d'abord confessé ses « crimes », espérant obtenir de meilleures conditions pour la survie de l'ordre, puis s'était rétracté voyant l'intransigeance de la position royale. Il est donc condamné au bûcher comme relaps (étant retombé dans un crime déjà confessé). À noter que dans le royaume de Valence l'ordre du Temple ne fut pas fondu dans celui de l'Hôpital (les Hospitaliers), mais que les deux ordres fusionnèrent pour créer l'Ordre de Montesa. Au Portugal, les biens de l'ordre furent donnés à l'ordre du Christ, fondé pour l'occasion, et ses membres retrouvèrent leur premier nom de « chevaliers du Christ ».

Grands Maîtres de l'Ordre du Temple

ordre du Christ

Voir aussi


- Liste des commanderies de Templiers
- La prison du Temple, à Paris
- Krak des Chevaliers

Bibliographie


- Alain Demurger, Vie et mort de l'ordre du Temple
- Georges Bordonove, La tragédie des Templiers
- Alain Demurger, Les Templiers. Une chevalerie chrétienne au Moyen Age, Le Seuil, 2005 (édition entièrement refondue de Vie et mort de l'ordre du Temple).
- Jean Richard, Histoire des croisades, Fayard, 1996.
- Laurent de Vargas, Histoire mystérieuse des Templiers, Editions du Rocher, 2000.
- Jean-Luc Alias, Acta Templarorium ou la Prosopographie des Templiers, Trois spirales, 2002.
- Daeg Edition, Revues Templarium, 1999 à 2004.

Autour des Templiers

L'histoire des Templiers a été souvent utilisée dans la littérature :
- Les Rois maudits, de Maurice Druon (« le Roi de fer », 1970)
- Le Pendule de Foucault, de Umberto Eco (1988)
- Da Vinci Code, de Dan Brown (2003)
- Les Chevaliers, de Juliette Benzoni (2002/2003) L'existence d'un supposé trésor des Templiers a suscité bon nombre de supputations :
- Il serait enfoui dans le château de Gisors en Normandie.
- Il serait en relation avec le mystère de Rennes-le-Château. Les Templiers auraient vénéré une idole, le Baphomet qui serait le Saint-Suaire qu'ils auraient obtenu à Constantinople. Les Templiers sont aussi la toile de fond d'un jeu d'aventure très instructif :
- Les Chevaliers de Baphomet, par Revolution Software sur Playstation et PC (1996) L'Ordre du temple solaire (reconnu comme secte) s'est servit de l'Ordre du Temple pour bâtir sa mythologie.

Liens externes


- [http://www.templarium.com/ Site des revues Templarium (première revue sur l'ordre du Temple)]
- [http://www.templiers.org/ Projet Beaucéant (très complet)] Catégorie:Croisade Catégorie:Catholicisme Catégorie:Palestine Temple ja:テンプル騎士団

Philippe VI de Valois

Philippe VI de France, dit Philippe de Valois ou le "roi trouvé", (né en 1293 - mort le 22 août 1350 à Nogent-le-Roi, Eure-et-Loir), fut roi de France de 1328 à 1350, premier de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne. Il était le fils de Charles (1270-1325), frère cadet de Philippe IV dit Philippe le Bel, et donc cousin des trois fils de celui-ci qui se succédèrent sur le trône de France. À la mort de son cousin germain Charles IV dit Charles le Bel, en 1328, et en l'absence d'héritier mâle survivant, il fut reconnu roi de France. Cette succession, contestée par le roi d'Angleterre Edouard III, lui-même petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère, fut la cause de la Guerre de Cent Ans. N'étant pas lui-même descendant et héritier des rois de Navarre, comme l'étaient ses précécesseurs, Philippe VI restitua le royaume de Navarre à son héritière légitime Jeanne II (1311-1349), fille de Louis X dit Louis le Hutin.

Situation matrimoniale

En juillet 1313, Philippe de Valois épousa, en premières noces, Jeanne de Bourgogne (v. 1293-1349), fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne (1272-1306) et roi titulaire de Thessalonique, et d'Agnès de France, (1260-1325). De cette union sont issus huit enfants :
- Jean (1319-1364), qui deviendra le roi de France Jean II, dit Jean le Bon, roi de France (1350-1364) ;
- Philippe, comte de Valois, (1336-1375) et premier duc d'Orléans (1344-1375) ;
- Marie de France (1326-1333) ;
- Louis (17 janvier 1328 - id.) ;
- Louis (8 juin 1330 - 23 juin 1330) ;
- Jean (1333 - id.) ;
- Jeanne (1337 - id.) ;
- N... (1343 - id.). Le 19 ou 29 janvier 1349 (selon les sources), après un peu plus d'un mois de veuvage, le roi épousa en secondes noces Blanche de Navarre (v. 1333-1398), dite Blanche d'Évreux, fille de Philippe III (1301-1343), dit Philippe d'Évreux, dit Philippe le Bon, comte d'Évreux (1319-1343) et roi de Navarre à titre « consort », et de Jeanne II (1311-1349), reine de Navarre (1328-1349) et comtesse de Champagne. De cette union est issue un enfant posthume :
- Jeanne (1351-1371), dite Jeanne de Valois, fiancée en 1371 à Jean I (1350-1395), duc de Gironda, roi d'Aragon (1387-1395) et roi de Valence. Philippe 06 de France Philippe 06 de France Philippe 06 de France Philippe 06 de France Philippe 06 de France Philippe 06 de France Philippe 06 de France ja:フィリップ6世 (フランス王)

États généraux

ko:삼부회 Etats generaux Pour les Pays-Bas, voir: États généraux des Pays-Bas Créés en 1302 et réunis vingt-deux fois en 487 ans, les États généraux étaient une assemblée d'exception convoquée par le roi de France soit pour connaître l'opinion de ses sujets, soit pour consolider une décision, en particulier en matière d'impôts. Elle réunissait les représentants des trois États ou Ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état. Les membres étaient élus par leurs pairs à Paris et dans les provinces. Chaque Ordre disposait d'une seule voix aux États généraux, ce qui donnait au clergé et à la noblesse — représentant à peine 2% à 4% de la population — une influence considérable : comparé à leur nombre réel, la représentativité du clergé et de la noblesse était multipliée par 30, tandis que celle du tiers-état était divisée par 3. Les requêtes du peuple et des autorités locales et provinciales étaient exprimées sous forme de doléances inscrites dans les carnets de doléances.

États généraux au Moyen Âge

1302, 1303, 1308, 1317, 1343, 1355, 1356, 1357, 1358, 1359, 1363, 1439, 1468, 1484, 1491, 1498.

États généraux depuis le Moyen Âge

1506, 1560, 1588-1589, 1593, 1614, 1789.

Fin du concept en France

1789 : annus horribilis pour les États généraux. Bien des choses disparurent, dont le sujet de cet article. Pendant la révolution française, qui s'étendit sur toute la dernière décennie du XVIIIè siècle, la France changea réellement d'ère.

Voir aussi


- États provinciaux
- Fonctions tripartites indo-européennes

1350

Catégorie:1350
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---- Cette page concerne l'année 1350 du calendrier julien.

Événements

Afrique


- Fondation du royaume de Songhaï au Mali.

Asie