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Alaric
Alaric est un prénom masculin germanique d'origine gotique, porté surtout au Moyen Âge, entre autres par deux célèbres rois goths :
- Alaric Ier, roi des Wisigoths de 396 à 410 ;
- Alaric II, roi des Wisigoths de 484 à 507.
Le prénom Alaric, implanté en Occident par l'intermédiaire des « Barbares », est à l'origine d'une série de patronymes français localisés surtout dans le sud-ouest du pays : Alaric, Alric, peut-être Auric, Aury et Auri.
- l’Alaric est un cours d'eau qui traverse une partie de la Bigorre et du Gers
Germains ko:게르만족 ja:ゲルマン人
Les peuples germaniques ou Germains (latin germani, d'étymologie incertaine, peut-être celtique) sont des ethnies indo-européennes établies originellement à l'Est du Rhin et du Danube, au-delà du limes romain.
Leur préhistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l'Allemagne), ou encore sur les rives de la Mer Noire (voir notamment l'article Goths).
Mieux connus dans le monde latin à partir du , principalement à travers l'œuvre de l'historien Tacite, ces peuples sont agités par des migrations internes importantes à l'époque romaine et sans doute dès le : c'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation entre ces populations en trois grands groupes : les Germains orientaux, les Germains occidentaux et les Germains septentrionaux.
À cet effet, l'unité fondamentale des peuples germaniques est linguistique, et non politique, économique ou culturelle.
Origines
À partir de l'âge du bronze, d'après l'archéologie allemande et scandinave, des « cultures » matérielles (au sens anglo-saxon) issues du sud de la Scandinavie se répandent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie. À ce phénomène correspondraient probablement le bon accès au fer en Scandinavie et un climat refroidissant. Peut-être contribua aussi une expansion démographique engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Aucun témoignage écrit des Grecs ou des Romains n'est disponible, puisqu'ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains. En effet, ils étaient séparés par les forêts germaniques et les Celtes. En tous cas, à partir du , a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.
Données historiques
Dès le ont lieu des déplacements massifs de populations et de bandes armées en provenance des confins de ce « monde germanique ». Ils peuvent s'expliquer notamment par des causes naturelles (refroidissement climatique, mauvaises récoltes, montée des eaux …) ou démographiques (un accroissement des populations au-delà du seuil que les ressources naturelles peuvent supporter). Les premiers contacts avec les mondes celtique et méditerranéen sont violents. Vers -110, par exemple, a lieu l'invasion de la Gaule par les Ambrons, les Cimbres et les Teutons : le général romain Marius les affronte non loin d'Aix-en-Provence, en -102 (le nom de la montagne Sainte-Victoire commémore sa victoire), puis il les arrête à Verceuil, en Italie, en -101. Ultérieurement, l'irruption de bandes germaniques à proximité de la Suisse actuelle provoque la migration des Helvètes. Ces derniers sont stoppés par Jules César à Bibracte (sur le mont Beuvray, dans le Morvan) en -58.
-58
À partir du , l'Empire romain adopte à l'égard des Germains une politique qui vise à les contenir derrière une frontière fortifiée : le limes. Cette frontière est double, établie le long du Rhin et du Danube. Vers l'an 100, de deux à trois millions de Germains se trouvent sur le continent tandis qu'entre 600 000 et 800 000 restent encore en Scandinavie. La défense de l'Empire contre les peuples d'au-delà de ses frontières, notamment, aboutit à la division de celui-ci en deux parties : l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient. Néanmoins, les Germains franchissent massivement les deux frontières à plusieurs reprises, en particulier au , puis au ; les Romains, au sens large, adoptent alors une politique de clientélisme à l'égard des peuples les plus proches de l'Empire : nombreux sont, dès lors, les Germains qui servent dans l'armée romaine, participant à une certaine « barbarisation » de l'Empire (même si cette barbarisation est surtout due, en dernière analyse, à la taille et à la diversité des territoires soumis à Rome).
Enfin, une dernière phase a lieu lorsque l'Empire romain disparaît en Occident, vers la fin du : certains des peuples germaniques, soit anciennement fédérés, soit jusque-là totalement étrangers au monde romain établissent alors des royaumes plus ou moins durables sur ses anciens territoires : notamment en Gaule (Francs, Wisigoths et Burgondes), dans la péninsule ibérique (Suèves, Wisigoths), dans l'île de Bretagne (Anglo-Saxons), en Italie (Ostrogoths et plus tardivement, Lombards) et en Afrique du nord (Vandales et Alains).
L'Histoire de chacun des peuples germaniques est détaillée dans les articles qui leur sont consacrés.
Voir également : Migrations germaniques.
Données géographiques, linguistiques et culturelles
Les sociétés germaniques n'étaient pas étrangères à l'esclavage. En effet, elles distinguaient les personnes libres, semi-libres (peuples conquis) et les esclaves.
Du point de vue religieux, la connaissance de leur paganisme est réduite. Elle ne vient que de Jules César et de Tacite. Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Une chose demeure certaine, la religion ne devait pas être très forte puisque certains se sont convertis avant même d'avoir été en contact avec les Romains.
Les Germains n'ont pas d'alphabet, à l'exception des runes pour les offices religieux.
Les peuples germaniques sont divisés en 2 ou 3 branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques :
- le rameau nordique ou Scandinaves
- le rameau westique ou Germains occidentaux
- le rameau ostique ou Germains orientaux
Voici une liste des principaux de ces peuples, ainsi que les dates auxquelles leur existence est connue par les sources historiques.
Germains septentrionaux ou Scandinaves
Dans l'état des connaissances actuelles, il est admis que des populations habituellement qualifiées de « germaniques » formèrent le premier peuplement du sud de la Scandinavie à l'âge du bronze, tandis que le nord de celle-ci (majeure partie de la Suède, de la Norvège et la Finlande) était peuplé de Finnois (voir Lapons). Toutefois, le rattachement des premiers Scandinaves aux « Germains », terme qui ne les engloba jamais, doit beaucoup a posteriori aux historiographies nationales à caractère mythologique du haut Moyen Âge et à l'historiographie allemande du . Aussi, le qualificatif de « scandinaves », plus précis et moins connoté, est plus adapté pour ces populations.
- Danois
- Goths (Scandinavie)
- Suédois
Germains occidentaux
Paradoxalement, ce sont ceux dont la préhistoire et la protohistoire sont les moins bien connues à cause des mouvements de populations dont il a été question précédemment et des brassages de populations que ces mouvements entraînèrent à la lisière du monde romain. En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et le Weser), les Germains de l'Elbe et les Germains de la mer du Nord. Les principales sources dont nous disposons sur ces peuples sont les sources romaines, notamment l'œuvre à caractère ethnographique de Tacite (La Germanie) et les écrits de Pline l'Ancien.
- Germains de Rhénanie : Cherusques, Bataves, Bructères, Chamaves, Chattuaires, Chattes, Ubiens, Sicambres, etc.
- Certains de ces Germains formèrent au début de l'ère chrétienne une confédération de peuples importante pour l'histoire du haut Moyen Âge : les Francs (franci, à l'étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants » ou « hommes libres » ). Les Saliens, une partie de ces derniers, servirent comme auxiliaires de Rome sans être réellement soumis à l'Empire au . Depuis les provinces de Belgique première et seconde, où certains de leurs « rois » avaient un commandement militaire (duc), ils constituèrent ensuite un royaume qui s'étendit au sur la majeure partie des Gaules.
- D'autres, alors établis alors en Bohême, prirent le nom de Bavarois (Bai a Warjoz : les « descendants des habitants de Bohême » (Patrick Périn)), à une date indéterminée. Ils franchirent le Danube sur son cours moyen vers la fin du et furent successivement soumis aux Alamans, aux Ostrogoths, puis aux Francs avant de gagner leur indépendance à la fin du .
- Germains de l'Elbe : Marcomans, Quades, Hermundures ou Hermondures, Semmons et Lombards.
- Certains de ces Germains, notamment des Quades et des Marcomans désignés sous le nom de Suèves (« Souabes »), prirent part à l'invasion de la Gaule aux côtés des Vandales et des Alains, en 406–409, avant de gagner la péninsule ibérique et de s'établir en Galice.
- D'autres, demeurés au-delà de la frontière romaine dans les champs Décumates, entre Danube et Rhin supérieurs, formèrent la ligue des Alamans (Allmannen : « tous les hommes »), mentionnée pour la première fois au début du . Cette ligue étendit considérablement son territoire au , après la destruction de l'empire des Huns ; les Alamans se heurtèrent ensuite aux Francs et furent vaincus à plusieurs reprise, notamment lors de la bataille de Tolbiac, en 496. Placés sous protectorat franc, ils se révoltèrent en vain avant de disparaître en tant que nation à la suite d'une dernière défaite en 746.
- Germains de la mer du Nord : Chauques, Angles, Jutes, Warnes, Frisons et Saxons.
- Certaines de ces tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au pour former la ligue des Thuringiens. Établis entre l'Elbe et le Main au début du , ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du , ils disparurent en tant que nation avant la fin du .
- D'autres s'établirent dans l'île de Bretagne à partir du premier tiers du ; ils y fondèrent les royaumes anglo-saxons durant le haut Moyen Âge avant de donner naissance à la nation anglaise, principalement au contact des autres peuples de l'île, entre le et le (voir Anglo-Saxons).
Germains orientaux
Il s'agit du groupe le plus homogène qui réunit les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge. Des histoires ou Historiae à caractère ethnique rédigées durant cette période nous renseignent sur les origines de certains d'entre eux, tandis que d'autres disparurent précocement. Il est communément admis que ces Germains, ou du moins une partie d'entre eux, sont originaires de Scandinavie.
- Bastarnes
- Burgondes
- Gépides
- Goths ; ces derniers s'établirent dans la région de la mer Noire où ils se scindèrent en deux groupes :
- les Greuthunges, d'où seraient issus les Ostrogoths
- les Thervinges d'où seraient issus les Wisigoths
- Hérules
- Ruges
- Skires
- Vandales
Autres peuples
Peuples non-germaniques ayant participé aux invasions barbares au contact des Germains :
- Peuples des steppes
- Alains
- Taifales
- Avars
- Huns
- Sarmates
- Peuples celtes dans les îles britanniques
- Bretons
- Scots
Vikings et Varègues sont des noms donnés tardivement à des groupes de pillards scandinaves qui participèrent à une deuxième vague d'invasions dans les îles Britanniques, le nord-ouest de l'Europe carolingienne et la grande plaine européenne, aux et .
Sources
- Tacite, Origine et territoire des Germains, dit La Germanie (latin Germaniae - édition électronique commentée avec cartes disponible sur [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/GERM/GT-01-04.HTM Bibliotheca Classica Selecta])
Bibliographie et liens
- [http://www.romansonline.com/h_oth_Germania.asp Index des Germains dans les sources romaines], sur le site http://www.romansonline.com/ (en anglais)
Voir aussi
- Indo-européens
Germanique, peuple Catégorie:Peuple de la Rome antique
Moyen Âge
Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne.
Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì.
En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».
péjoratif
Précisions lexicales
Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens.
Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions.
Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ».
Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique.
La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative.
Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative.
Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ».
Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande.
Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue.
Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.
Quelles limites pour le Moyen Âge ?
Limites extrêmes
ère Meiji]
Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période.
C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista).
Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares.
envahisseurs barbares]
Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques.
L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations:
# sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique;
# sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord;
# interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales.
Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au .
Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval.
La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies:
;France: François I (1515-1547)
;Espagne: Charles Quint (1515-1555)
;Angleterre: Henri VIII (1509-1547)
;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)
Découpages internes
Soliman le Magnifique]
Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde.
Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien.
Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période.
Voir aussi : Antiquité tardive
Principales caractéristiques de l'Occident médiéval
Antiquité tardive
La royauté médiévale
À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.
La vassalité
pape]]
La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du .
La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.
Les progrès techniques
- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.
La ville
charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).
L'éducation et la culture
- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs).
Éducation au Moyen Âge
La guerre
Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).
L'art
- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval
La religion chrétienne
Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.
Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.
Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726 – 843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((1198 – 1216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papae (1075).
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.
Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.
À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies.
Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.
Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc.
Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme.
À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.
Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.
La société
La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social.
Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur.
Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité.
De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles.
En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente.
Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au .
Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores).
:Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique).
:Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel).
:Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées.
:Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure.
:À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.
Voir aussi
Articles connexes
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-
ja:中世
simple:Middle Ages
Goths
Cet article traite de la tribu germanique. Pour la sous-culture du XXieme siècle, dont les membres se designent goths, voir Mouvement gothique
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Les Goths étaient des peuples germaniques, selon leur propres traditions originaires de la Scandinavie, voir Goths de Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l'île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du nord de la Pologne actuelle. La racine "gaut" semble être à l'origine à la fois de "Goths", de "Götar" et de "Gutar" indique, quoi qu'il en soit une origine commune propable. Dès le IIIe siècle les Goths étaient fixés dans la région de l'Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d'autres groupes qui ont été plus ou moins intégres dans la tribu.
Les Goths formaient un seul peuple jusqu'au , date à laquelle ils se séparèrent en Ostrogoths ou « Goths brillants », à l'Est, et en Wisigoths ou « Goths sages » à l'Ouest.
Histoire
Installés aux frontières de l'empire romain, les Goths furent, dès 230, à l'origine des premières grandes invasions barbares que subit l'empire.
En 267, les Goths pillèrent la Thrace, la Macédoine et la Grèce.
En 269, les Romains, menés par l'empereur Claude II le Gothique, leur firent subir une terrible défaite à la bataille de Naissus et, en 271, ils furent repoussés jusqu'au Danube.
Ce groupe, les futurs Wisigoths, s'installa alors de l'autre côté du Danube et établit un royaume indépendant dans la province romaine abandonnée de Dacie.
Pendant ce temps, les Goths restés en Ukraine établirent un vaste et puissant royaume le long de la mer Noire. Ils devinrent les Ostrogoths.
Les Goths ont été brièvement réunis sous une couronne unique, au début du , lors du règne du roi ostrogoth Théodoric le Grand, qui fut le régent du royaume wisigoth pendant presque deux décennies.
Les Goths furent le premier peuple barbare a être christianisé. L'évêque Wulfila (311-383) traduisit la Bible en gotique et convertit les Goths à l'arianisme, une des premières hérésies du christianisme et qui contribua à marquer les différences entre Romains et Barbares.
Origine
La question de l'origine des Goths est un puzzle historique et philologique important.
Les premières descriptions méditerranéennes de la présence des Goths les situent en Pologne, à l'embouchure de la Vistule, au IIe siècle avant l'ère chrétienne.
Vers 150–200, ils occupent les bords de la mer Noire, dans la région de l'Ukraine actuelle.
Jordanes, un Goth romanisé du , a rapporté que, selon leurs traditions et leurs légendes, leur lieu d'origine est la Scandinavie. Jordanes décrit aussi deux tribus Scandinaves nommées Gautigoths (probablement la province suédoise de Westrogothie/Västergötland) et Ostrogoths (probablement la province suédoise d'Ostrogothie/Östergötland). Cette tradition est étayée par l'archéologie qui démontre des relations étroites entre le sud de la Scandinavie et la culture des Goths. Il y a aussi une vaste disparition de population dans l'Ostrogothie dans le sud de la Suède au temps de l'apparition des Goths en Pologne. Selon les linguistes le rameau ostique (le Gothique) des langues germaniques est plus parentée au rameau Scandinave qu'au rameau westique.
La racine reconstruite du mot goth, - Gut-, est identique à celle de Gotland, une île en mer Baltique. Il y a des correspondances intéressantes entre le gotique, la langue des Goths, et le gutnisk, le dialecte suédois du Gotland.
Chronologie
- vers 180 : Installation des Goths sur les rives de la mer Noire.
- 200 : L'empire des Goths se constitue sur les bords de la mer Noire.
- 220 : Les Goths envahissent l'Asie Mineure et la péninsule des Balkans.
- 238 : En dépit du paiement d'un tribut, les Romains échouent à persuader les Goths et Carpi de se retirer de la province de Moesie.
- 247 : Débuts des invasions des Goths.
- 250 : Dans les Balkans, les Carpi envahissent la Dacie et les Goths la Moesie.
- 250 : Début de la première guerre des Goths (fin en 269).
- 257 : Les Goths flotte sur la mer Noire.
- 257 : Les Goths se séparent en Ostrogoths et Wisigoths.
- 267 : Les Goths pillent la Thrace, la Macédoine et la Grèce.
- 269 : Fin de la première guerre des Goths.
- 332 : Les Goths alliés à Rome protègent les frontières du Danube.
- 332 : Les Romains sous Constantin I battent les Goths sur le Bas-Danube.
- 334 : Les Goths protègent l'Empire romain contre une invasion vandale dans la région danubienne.
- 350 : Début de la deuxième guerre des Goths (fin en 360).
- 350 : Fondation de Kiev, la capitale de l'Empire goth de Russie.
- 360 : Fin de la deuxième guerre des Goths.
- 369 : L'évêque goth Wulfila (ou Ulfilas) compose un alphabet gotique à partir des lettres grecques et latines ainsi que de quelques runes germaniques.
- 379 : Théodose I prend en charge la guerre contre les Goths.
- 401 : Début de la Troisième guerre des Goths.
- 413 : Fin de la Troisième guerre des Goths.
- 512 : Théodoric le Grand publie son Edictum Theodorici, code pour les Romains et les Goths.
- 531 : L'écrivain latin Cassiodore, historien des Goths, en fait les égaux des Romains.
Voir aussi
- Migrations germaniques | Goths de Scandinavie | marquisat de Gothie ;
- Architecture gothique ;
- gotique | Numération gotique.
Catégorie:Peuple de la Rome antique
Catégorie:Peuple germanique
ja:ゴート族
ko:고트족
WisigothsLes Wisigoths (en allemand Westgoten, ou Goths de l'Ouest), ou Tervinges, étaient un peuple germanique d'origine scandinave, issu de la Suède méridionale et incorporé tardivement dans l'Occident romain. Après la chute officielle de l'Empire romain occidental (476), les Wisigoths ont continué pendant près de 250 ans à jouer un rôle important en Europe occidentale. C'est à coup sûr le peuple barbare le plus prestigieux d'Europe, tant par sa longue histoire et ses origines mythiques, que par ses traces qu'il laissa longtemps dans les esprits.
Alors qu'ils occupaient l'ancienne province romaine de Dacie depuis la fin du , les Wisigoths ont adopté peu à peu l'arianisme, à partir de l'année 341, c'est-à-dire une branche du christianisme qui affirme que Jésus-Christ n'est pas Dieu, mais un être distinct créé directement par ce dernier. Cette croyance était en opposition totale avec la croyance chrétienne qui était majoritaire dans l'empire romain et qui plus tard s'est scindée en catholicisme et orthodoxie. Les Wisigoths sont restés fidèles à l'hérésie arienne officiellement jusqu'en 589, lorsque le roi Récarède I (en espagnol : Recaredo) choisit de se convertir publiquement, faisant ainsi joindre officiellement l'Église catholique au royaume wisigothique d'Espagne. Toutefois, après cette date, un fort parti arien demeura fort actif et influent, notamment dans la noblesse. Il en sera encore question au début du dans les derniers jours de l'Espagne wisigothique.
Histoire
Protagonistes des invasions barbares
Les Wisigoths sont apparus pour la première fois dans l'Histoire en tant que peuple distinct en l'an 235, quand ils envahirent et dévastèrent la Dacie. A partir de 268, ils s'attaquent à l'Empire romain et tentent de s'installer dans la péninsule des Balkans. Cette invasion concerna aussi les provinces romaines de Pannonie et d'Illyrie et menaça même l'Italie. Cependant, les Wisigoths furent battus près des frontières modernes d'Italie et de Slovénie et à la Bataille de Naissus, en septembre 269.
Au cours des trois années suivantes, ils furent repoussés au-delà du Danube par une série de campagnes militaires menées par l’ empereur Claude II le Gothique, le futur empereur Aurélien étant le commandant de la cavalerie.
Cependant, ils purent se maintenir en Dacie, qu'Aurélien fit évacuer en 271, transférant la population vers une nouvelle province créée au sud du Danube sous le nom de Dacia Ripensis.
Ils y restèrent établis jusqu'en 376, lorsqu'un de leurs deux chefs, l'arien Fritigern, fit appel à l’ empereur romain Valens et lui demanda l'autorisation de pouvoir s'installer sur les berges Sud du Danube, afin de se protéger des Huns, incapables de traverser en force ce large fleuve.
Valens accorda sa permission et aida même les Wisigoths à traverser le Danube. En retour, Fritigern dut fournir des mercenaires pour l'armée romaine.
Mais, l'année suivante, une famine éclata sur les terres occupées par les Wisigoths et les gouverneurs romains de leurs territoires les traitèrent cruellement. Comme Valens ne répondait pas aux appels à l'aide de Fritigern, celui-ci prit les armes. La guerre qui s'ensuivit se termina le 9 août 378 lors de la bataille d'Andrinople où Valens mourut. Fritigern, victorieux, fut reconnu comme roi par son peuple et les Wisigoths devinrent la principale puissance des Balkans.
Le successeur de l'empereur Valens, Théodose I, conclut la paix avec Fritigern en 379. Le traité fut respecté jusqu'à la mort de Théodose en 395. Cette même année, Alaric I, le plus célèbre des rois Wisigoths, monta sur le trône, alors qu'à l'empereur Théodose succédaient ses deux fils incapables : Arcadius en Orient et Honorius en Occident.
Au cours des quinze années suivantes les conflits furent entrecoupés par des années d'une paix vacillante entre Alaric et les puissants généraux germaniques qui commandaient les armées romaines.
Mais, après l'assassinat du général d'origine vandale Stilicon (Stillicho) par Honorius en 408 et après le massacre des familles de 30 000 soldats wisigoths servant dans l'armée romaine, Alaric déclara la guerre. Il fut bientôt aux portes de Rome, et devant le refus d'Honorius de négocier, les Wisigoths pillèrent la ville le 24 août 410. Cet événement frappa considérablement les esprits des contemporains, et sert parfois comme événement final de l'Antiquité.
Voir l'article général Invasions barbares.
Le royaume wisigoth
Invasions barbares
Lorsque la paix fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la région de l'actuelle Aquitaine, suivies d'autres en Espagne.
L'Espagne, outre les Wisigoths était également aux mains des Vandales et des Alains mais les Wisigoths écrasèrent ces derniers et harcelèrent les Vandales qui finirent par partir vers l'Afrique.
Euric, le second grand roi des Wisigoths, unifia les diverses factions et, en 475, força les Romains à leur accorder l'indépendance complète. À sa mort, les Wisigoths formaient le plus puissant des états succédant à l'Empire romain d'Occident.
- Voir les articles détaillés :
- royaume d'Aquitaine ;
- Espagne wisigothique, capitale : Tolède.
Lors de sa plus grande extension, avant l'année 507, le royaume wisigoth comprenait l'Aquitaine ainsi que toute la péninsule ibérique, mis à part une partie du nord de la péninsule, appartenant aux Basques, les Vascons, les Astures et les Cantabres (populations montagnardes d'origines celtibériques) et le royaume des Suèves dans le nord-ouest.
En 507, après la bataille de Vouillé, les Francs prirent le contrôle de l'Aquitaine et, en 554, Grenade et l'Andalousie devinrent des possessions byzantines lors de la « reconquête de l'Ouest » par l'empereur byzantin Justinien I.
Le Wisigoths annexèrent le royaume des Suèves en 585 et chassèrent en 624 les Byzantins des régions méridionales.
Trop peu nombreux pour occuper toute la péninsule, le peuple wisigoth est surtout établi au nord de la Meseta, entre le Tage et l'Èbre, s'implantant dans ces régions montagneuses et boisées au rude climat plutôt qu'en Andalousie et sur la côte Méditerranéenne. Peut-être qu'en groupant les Goths dans ces terres peu peuplées et moins romanisées du Nord, leurs rois ont voulu ainsi préserver la cohésion nationale, évitant ainsi une romanisation rapide et une absorption parmi la masse hispano-romaine de la moitié sud du royaume. On estime une population wisigothique, est plus largement germano-barbare (car les Wisigoths étaient constitués en plus de Goths, d'autres peuplades) à 200 000 individus au maximum pour une population ibérique estimée à 3/4 000 000 d'individus. La domination wisigothique est donc surtout militaire. Ils cantonnent des troupes dans les principales cités d'Espagne. En effet, depuis l'arrivée des Wisigoths en Gaule en 412 puis, après leurs premières expéditions en Espagne quelques mois plus tard pour combattre Vandales, Suèves et Alains à la solde de Rome, les Wisigoths ont régulièrement lancé des raids militaires pour affirmer leur puissance face aux autochtones mais surtout face aux Suèves, organisés en petit royaume dans le nord-ouest du pays. En 476, Euric, l'un des plus grands rois goths, annexe toute l'Espagne ; son fils et successeur Alaric II amorçera la colonisation wisigothique dans le nord du pays et place également le meilleur de ses troupes. Certains historiens ont vu en celà la cause de la défaite du roi wisigoth face au franc Clovis : Alaric ne disposant pas de l'intégralité de ses troupes et de la célèbre cavalerie wisigothique, il enrôla dans son armée de nombreux Gallo-romains pro-wisigoths mais peu aguerris et motivés.
Chute soudaine du Royaume
Mais le royaume wisigoth disparut en 711, lors du décès du roi Rodéric (Rodrigue/Rodrigo), tué lors de l'invasion du Sud de la péninsule par les Musulmans Omeyyades et leurs troupes de cavaliers berbères islamisés. La majeure partie de l'Espagne actuelle se trouva rapidement sous domination musulmane.
- Voir l'article détaillé: Conquista mauresque;
Postérité
Pélage, un noble wisigoth apparenté au roi Rodéric, trouva refuge dans les montagnes du Nord de la péninsule avec 300 guerriers peu après la défaite de 711 et est crédité d'avoir commencé la reconquête chrétienne de l'Espagne en 718 quand il défit les Omeyyades à la Bataille de Covadonga et établit le royaume des Asturies dans le nord de la péninsule. Pélage et ses successeurs se réclamèrent d'être les continuateurs de l'Espagne wisigothique jusqu'au , mais en réalité cela est bien fini pour le peuple wisigoth, qui, perdant son rôle de dominateur, de dirigeant avec la chute de leur royaume, disparaîtra totalement. Cependant les Wisigoths marqueront pendant encore longtemps les esprits de la péninsule ibérique et du Sud-Ouest de la France par leur longue histoire et leur prestige. Jusqu'en plein , la noblesse espagnole se disant descendre de la noblesse wisigothique jouissait d'un certain prestige. Et leur capitale royale, Tolède, perdue en 712, garda un symbolisme fort pendant longtemps, ne sera reprise par les Chrétiens du Nord qu'en 1085 et servira de nouveau de capitale.
D'autres Wisigoths, catholiques refusant d'adopter la foi musulmane ou de vivre selon ses règles, se sauvèrent vers le Nord, dans le royaume des Francs et quelques décennies plus tard, des Wisigoths jouèrent des rôles importants sous le règne de Charlemagne et ses fils notamment ; citons Théodulf d'Orléans (Thiudulf), Agobard de Lyon, ou encore Wittiza, fils d'un noble wisigoth de Gothie et futur religieux sous le nom de saint Benoît d'Aniane.
Chronologie
- 235 : Début des invasions des Goths, qui dévastent la Dacie.
- 258 : Les Goths se séparent en Ostrogoths et Wisigoths.
- 269 : Victoire sur les Goths de l'empereur Claude II (Claude le Gothique) à Naissus (Aujourd'hui, Niš, en ex-Yougoslavie).
- 332 : Ariaric, roi des Wisigoths, lance une attaque contre les Sarmates de la plaine, par la vallée du Maros, mais subit une défaite totale face aux Romains, accourus au secours des Sarmates
- 341 : Les premiers Wisigoths sont convertis à l'arianisme par l'évêque Ulfila.
- 369 : L'empereur romain Valens force le roi des Wisigoths Athanaric à reculer dans les Serrorum Montes (Carpates du Sud-Est) et à accepter un traité qui lui est peu favorable sur la frontière du Danube.
- 370 : Naissance d'Alaric I, futur roi des Wisigoths.
- 376 : L'armée wisigothe, dirigée par Athanaric est mise en déroute par les Huns aux abords du Dniestr. Les Wisigoths qui occupent une partie de la Dacie depuis 150 ans, demandent aux Romains sous la pression des Huns, à traverser le bas-Danube. La permission est accordée. Athanaric se réfugie dans la Caucalanda (Transylvanie) ; la majprité des Wisigoths, conduits par Fritigern, vont s'installer en territoire romain.
- 378 : L'empereur Valens est défait et tué par les Wisigoths à Andrinople.
- 380 : Athanaric et sa suite se réfugient à Constantinople.
- 396 : Début du règne d'Alaric Ier, roi des Wisigoths.
- 401 : Les Wisigoths envahissent l'Italie.
- 402 : Les Wisigoths sont battus par le général romain d'origine vandale Stilicon et rejettés hors d'Italie.
- 402 : Pour échapper à la menace des Wisigoths, la cour impériale est à nouveau déplacée de Milan à Ravenne, un site plus facile à défendre.
- 410 : Les Wisigoths conduits par Alaric prennent et pillent Rome durant trois jours. Décès à la fin de l'année d'Alaric près de Cosenza en Calabre, alors qu'il espérait s'embarquer pour la Sicile et atteindre l'Afrique romaine. Inhumé avec de nombreuses richesses dans le lit du Busento, qui coule à Cosenza (légende du Trésor d'Alaric).
- 412 Les Wisigoths et leur nouveau roi Athaulf, beau-frère d'Alaric, entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409
- 416 : Les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d'autres Barbares.
- 418 : Les Wisigoths y exterminent la tribu vandale des Silings et tuent leur roi Frédébal, les Alains, battent et repoussent les « Suèves » en Galice, et les vandales Asdings. Les Wisigoths obtiennent de Rome des terres en Aquitaine et le statut officiel de fédéré.
- 429 : Aetius, vainqueur des Wisigoths et des Francs est nommé commandant des armées de l'empire d'Occident.
- 451 : Attila, roi des Huns, envahit la Gaule, mais est battu aux champs Catalauniques (près de Troyes), par les Romains, aidés entre-autres par les Francs et les Wisigoths du vieux roi Théodoric Ier, qui trouve la mort au combat.
- 455 : Début du règne d'Avitus, empereur romain d'Occident, porté au pouvoir par les Wisigoths (fin en 456).
- 456 : Le puissant roi suève Réchiaire Ier est défait et tué par les Wisigoths qui commencent à avoir la haute main sur l'Espagne.
- 468 : Victoire des Wisigoths sur les Suèves en Lusitanie (Portugal actuel) qui devient partie intégrante de l'"Empire wisigothique".
- 475 : Les Wisigoths contrôlent maintenant le Sud-Ouest de la Gaule et la plus grande partie de l'Espagne, hormis le royaume suève de Galice. L'empereur Julius Nepos accorde à Euric, grand roi des Wisigoths et fervent arien, la concession légale des terres qu'il a conquit.
- 476 : Euric achève la conquête du reste du Sud de la Gaule jusqu'à la frontière italienne, y implante son pouvoir et son autorité sur la péninsule ibérique est officiel après la déposition du dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule par le chef barbare Odoacre.
- 506 : L'église des Wisigoths tient un synode et leur roi Alaric II tente un rapprochement tardif avec les catholiques. Alaric II promulgue un code de lois pour ses sujets Gallo-romains, le Bréviaire d'Alaric, inspiré du Code de Théodose.
- 507 : Allié à Gondebaud, le roi des Burgondes, le roi franc Clovis I défait les Wisigoths à Vouillé et tue Alaric II. Les Wisigoths sont repoussés vers l'Espagne.
- 508 : Intervention en Gaule des troupes ostrogothiques envoyées par le roi Théodoric Ier qui repoussent les armées burgondes et franques et sauvent les Wisigoths de l'extermination. Le roi Geisalic, élu par l'armée après la défaite de Vouillé, est chassé sur ordre de Théodoric qui installe son petit-fils Amalaric.
- 525 : Théodoric le Grand emprisonne le pape après son échec comme médiateur entre les Wisigoths et Byzance.
- 541 : Les Francs attaquent le royaume des Wisigoths au Nord de l'Espagne mais sont repoussés à Saragosse.
- 554 : Début du règne d'Athanagild Ier (fin en 567), appuyé par Byzance contre son prédéssesseur Agila Ier.
- 585 : Le grand roi Léovigild achève la conquête du royaume des « Suèves » au Nord-Ouest de l'Espagne et rèussit en partie l'union de la péninsule ibérique (considéré en Espagne comme le premier « Unificador National »).
- 586 : Décès de Léovigild, dernier roi officiel arien des Wisigoths, et début du règne de son second fils Récarède I (fin en décembre 601).
- 587 : Récarède I annonce sa conversion au catholicisme.
- 589 : Récarède I impose le catholicisme à ses sujets au concile de Tolède et met ainsi fin officiellemnt à l'arianisme qui n'est plus toléré dans le royaume wisigothique.
- 612 : Début du règne de Sisebuth (fin en 621). 1ère loi religieuse contre l'arianisme persistant.
- 654 : Le roi Recceswinth promulgue un code inspiré du droit romain instituant une totale parité entre ses sujets (Lex wisigothorum).
- 672 : Décès de Recceswinth, élection de Wamba, dernier grand roi wisigoth.
- 681 : Le comte Flavius Ervigius (Ervige), supplante Wamba et prend le pouvoir.
- 687 : Début du règne du roi Égica.
- 694 : Grandes persécutions contre les Juifs du Sud de la péninsule, jugés complices des musulmans d'Afrique du Nord.
- 709 : Déposition du roi Wittiza par Rodéric. Guerre civile.
Liste des rois wisigoths
- ???-??? : Ariaric
- ???-369 : Aoric
- 369-380 : Fritigern
- 380-396 : Athanaric
- 396-410 : Alaric I
- 410-415 : Athaulf
- 415-415 : Sigéric
- 415-418 : Wallia
- 418-451 : Théodoric I
- 451-453 : Thorismond
- 453-466 : Théodoric II
- 466-484 : Euric
- 484-507 : Alaric II
- 507-508 : Geisalic
- 508-531 : Amalaric
- 531-548 : Theudis
- 548-549 : Theudégisel
- 549-554 : Agila I
- 554-567 : Athanagild I
- 567-572 : Liuva I
- 572-586 : Léovigild
- 586-601 : Récarède I
- 601-603 : Liuva II
- 603-610 : Wittéric
- 610-612 : Gundomar
- 612-621 : Sisebuth
- 621-621 : Récarède II
- 621-631 : Swinthila
- 631-636 : Sisenand
- 636-639 : Chinthila
- 639-642 : Tulga
- 642-653 : Chindaswinth
- 653-672 : Recceswinth
- 672-681 : Wamba
- 681-687 : Flavius Ervigius
- 687-700 : Égica
- 700-709 : Wittiza
- 709-711 : Rodéric
- 711-712 : Agila II ; usurpateur appelé Akhila par les Arabo-berbères musulmans.
- 712-741 : Théodemir ; prétendant à la couronne wisigothique après l'invasion musulmane (appelé par les musulmans, Tudmir Ben-Godo : "Théodemir fils de Goth").
- 719-726 : Ardo ; il règne en Septimanie et frappe monnaie.
- 741-743 : Athanagild II, dernier prétendant au trône wisigothique ; sa mort marque la fin de tout espoir d'un retour à la monarchie hispano-wisigothique.
Catégorie:Antiquité
Catégorie:Pays ou peuple au Moyen Âge
Catégorie:Peuple germanique
Catégorie:Peuple de la Rome antique
ja:?????
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Cette page concerne l'année 396 du calendrier julien.
Événements
- Les Huns occupent les plaines roumaines et la Pannonie.
- Les Romains enrôlent des Francs et des Alamans pour défendre la frontière du Rhin.
- Edit sur la fixité des curiales dans l'empire romain.
- Marcien, empereur byzantin.
Décès
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Catégorie:410
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Cette page concerne l'année 410 du calendrier julien.
Événements
- Règne en Inde de Prithivisena roi de Vakataka au Dekkan (fin en 445).
- Concile de Séleucie : les chrétiens d’Iran s’organisent en Eglise à moitié nationale. Ils adoptent le credo de Nicée.
- Sac de Rome : Les Wisigoths conduits par Alaric Ier prennent et pillent Rome, qui n'avait pas été prise depuis 390 avant J.-C. Cet évènement marquant est, selon les acceptions, une fin de l'Antiquité et un passage au Haut Moyen Âge.
- Les Wisigoths d’Alaric, maîtres de la côte, réduisent Rome à la famine, puis entrent dans la ville par la porte Salaria, peut-être grâce à la trahison. Rome est pillée, avec la recommandation d’Alaric d’épargner la vie des hommes et l’honneur des femmes (24 août). Défense est faite de brûler les édifices religieux (les basiliques de Saint-Paul et de Saint-Pierre sont érigés en asile inviolable). Cependant une partie de la ville est brûlée. De nombreux Romains s’enfuient en Afrique, en Égypte et jusqu’en Palestine. Alaric quitte la ville en emmenant avec lui Galla Placidia, sœur de l’empereur. Il avance vers le sud de l’Italie, qui reste à piller, comptant passer en Afrique. Il prend Naples, mais meurt à la fin de l’année, en tentant de passer en Sicile. Son beau-frère Athaulf lui succède et repart vers le nord.
- Constance, général élevé au rang de maître de la milice, prend la direction du gouvernement en Occident.
- Alaric exige une raçon de 5000 livres de poivre pour évacuer Rome.
- Les Wisigoths s’emparent d’Orange.
- Départ définitif des Romains de Bretagne. Les Calédoniens en profitent pour renouveler leurs attaques.
- Suite au sac de Rome par Alaric, de nombreux Romains se réfugient en Orient et en Afrique. Augustin intervient personnellement en faveur des réfugiés et fait appel à la générosité de ses diocésains d’Hippone.
- Les invasions barbares en Espagne ( | | |