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Apollon

Apollon

Apollon (en grec ancien Ἀπόλλων / Apóllôn, en latin Apollo) est le dieu archer grec de la clarté solaire, de la beauté, de la raison, des arts et plus précisément de la musique et de la poésie. Il est également dieu des purifications et de la guérison, mais peut apporter la peste avec son arc ; enfin, c'est un des principaux dieux capables de divination, consulté, entre autres, à Delphes, où il rendait ses oracles par la Pythie. Il a aussi été honoré par les Romains, qui l'ont adopté très rapidement sans changer son nom. C'est peut-être le dieu qui a le plus été adoré dans toute la mythologie gréco-romaine et l'un des plus complexes à cerner, d'autant plus qu'il a, au fil du temps, « absorbé » d'autres dieux mineurs.

Généalogie

Apollon est le fils de Zeus et d'une Titanide (fille de Titans), Léto (grec : Λητώ Lêtố, latin : Latona, d'où la graphie française Latone). Sa sœur jumelle est Artémis. L'un des Hymnes homériques raconte en détails son histoire : Héra, jalouse d'une nouvelle infidélité de son divin époux, avait interdit à la Terre de recevoir Léto, enceinte d'Apollon et de sa sœur. Celle-ci errait donc en vain à la recherche d'un lieu qui l'accueillerait. Seule l'île d'Ortygie, qui n'était pas fixe, put l'accepter, car son statut de terre flottant sur les eaux n'en faisait ni une île au sens propre ni une zone terrestre. Léto lui promit d'en faire une île fixe et purifiée ; celle-ci ne put cependant mettre au monde ses jumeaux et souffrit pendant neuf jours et neuf nuits des douleurs de l'enfantement ; en vain : Héra retenait subtilement Ilithyie, qui préside aux accouchements. D'autres déesses, cependant, envoyèrent Iris, la messagère des dieux, afin qu'elle libérât Ilithyie de l'attention d'Héra, ce qu'elle fit. Léto put enfin accoucher, d'abord d'Artémis, qui l'aida à mettre au monde Apollon. Thémis offrit au nouveau-né le nectar et l'ambroisie et lui transmit de fait le goût de l'équité ; Ortygie, enfin fixe, devint une terre sacrée, sur laquelle nul ne pouvait naître ou mourir et prit le nom de Délos, c'est-à-dire « la visible » (voir à religion grecque antique, section « Le pur et l'impur »).

Origines

religion grecque antique Apollon et sa sœur ne sont pas proprement grecs. On considère qu'ils sont d'origine asiatique, ce qui, pour les Grecs, signifiait « d'Asie Mineure ». Le nom même de Léto pourrait venir du lycien, un dialecte indo-européen parlé autrefois en Turquie, et signifierait, sous la forme Lada, « femme ». L'une des épiclèses d'Apollon, Apollon Lycien, conforte cette hypothèse. De même, l'arme d'Apollon et de sa jumelle, l'arc, n'est pas grec mais barbare (au sens grec : tous les peuples qui ne parlent pas le grec) ; il porte de plus, comme sa sœur, non pas des sandales, à l'instar des autres dieux, mais des bottines, type de chaussure considérée comme asiatique par les Anciens. En outre, il est, dans l'Iliade d'Homère, du côté des Troyens, peuple asiatique, et le rejet que subit Léto, que nulle terre grecque n'accepte, conforterait l'idée d'un dieu étranger. C'est paradoxalement peut-être le dieu le plus grec de tous, et son adoption rapide par les peuples hellènes a vite dissimulé ses origines lointaines. Il est aussi possible que ses origines remontent au peuple dorien du Péloponnèse, lequel honorait un dieu nommé Ἀπέλλων, Apéllôn, protecteur des troupeaux et des communautés humaines ; il semblerait que le terme vienne d'un mot dorien, ἀπέλλα, apélla, signifiant « bergerie » ou « assemblée ». L'Apellon dorien serait une figure syncrétique de plusieurs divinités locales pré-grecques, de même que l'Apollon grec est la fusion de plusieurs modèles, dont Apellon ; il est d'ailleurs remarquable que son épithète de Lycien puisse être comprise comme « qui vient de Lycie » ou « qui protège des loups », c'est-à-dire que les deux origines, l'une asiatique et l'autre dorienne, se confirment en un seul terme. Lorsque son culte s'introduit en Grèce, il est déjà honoré par d'autres peuples pré-hellènes, ce que lHymne homérique qui lui est destiné indique en signalant que les Crétois étaient ses premiers prêtres. Son premier lieu de culte est bien sûr Délos, capitale religieuse des Ioniens ; c'est sous Périclès, au , que l'île passe aux mains des Athéniens, qui confortent son caractère de sanctuaire inviolable en y faisant interdire toute naissance et toute mort. Le culte d'Apollon s'était entretemps répandu partout dans le monde Antique, de l'Asie Mineure (le sanctuaire de Didymes, près de Milet, en porte la trace flagrante : c'est l'un des plus grands temples jamais bâtis dans la zone méditerranéenne) à la Syrie, sans parler des innombrables temples qui lui sont dédiés en Grèce même. C'est surtout à Delphes que le caractère complexe du dieu se révèle, dans son rôle d'inspirateur de la Pythie et des hommes, qu'il révèle à soi.

Hauts faits

La fondation de Delphes est sans doute le plus important de ses hauts faits. Après sa naissance, Apollon quitta Délos pour la contrée des Hyperboréens, peuple mythique du Septentrion, près de qui il séjourna un an (il y revint périodiquement à la suite). De retour, il décida de faire de Delphes son prochain sanctuaire. Le lieu, en effet, était censé être le centre de l'Univers (voir l'article consacré à Delphes), mais il était aux mains d'anciennes puissances chtoniennes : Gaïa y était honorée, et un serpent fabuleux, la
drákayna Δράκαινα y résidait. Après avoir tué le serpent et supplanté Gaïa, il fit de Delphes son territoire. La dépouille du serpent devint puthố(n) Πυθώ(ν), peut-être « la pourrissante » (d'où notre python) et Apollon prit le titre de Pythien, comme le fit la prophète Pythie (à cet égard, il importe de remarquer que l'oracle est, encore une fois, lié aux forces telluriques ; il est aussi notable qu'en d'autres sanctuaires qui lui sont dédiés, comme à Claros en Ionie (Turquie), Apollon a remplacé des divinités chtoniennes qui y étaient adorées). À l'issue de ce meurtre, Apollon dut se purifier avec l'eau du Tempé, afin de se laver de la souillure (voir à religion grecque antique, section « Le pur et l'impur ») et confirma son rôle de dieu des purifications. Ayant besoin de sectataires, il se métamorphosa en dauphin et détourna un navire crétois qui passait près de là pour en attirer les passagers, les prêtres signalés plus haut, dans son sanctuaire. C'est ainsi que la ville prit réellement son nom de Delphes (Δελφοί Delphoí), dérivé de δελφίς delphís, « dauphin » (lequel terme français nous vient du grec par le latin).

Apollon-Phébus

religion grecque antique Apollon est aussi parfois appelé Phébus (ou Phœbus, Φοῖϐος / Phoïbos, en grec ancien). Les poèmes homériques le nomment souvent « Phébus Apollon ». De fait, certains livres et manuels en concluent bien vite qu'Apollon et Phébus sont les mêmes personnes. Ce n'est qu'à moitié vrai. En réalité, Apollon enfant, très joueur, avait subtilisé les foudres de Zeus et foudroya le char du Soleil. En punition, il reçut la tâche de conduire le char et devenait donc Phébus, le Dieu Soleil. Apollon et Phébus sont donc la même personne, mais ils ne possèdent, en tant que dieux, ni les mêmes attributs, ni le même domaine.

Épiclèses et attributs


- Ses épithètes :
  - ἑκηϐόλος (
hekêbólos), « qui vise loin »,
  - ὑπερϐόρεος (
hyperbóreos, hyperboréen), « de l'extrême Nord »,
  - ἀργυρότοξος (
argyrótoxos), « à l'arc d'argent »,
  - ἑκάεργος (
hekáergos), « qui repousse au loin », s.e avec ses flèches,
  - μουσαγέτης (
mousagétês), « conducteur des Muses, musagète »,
  - ἀλεξίκακος (
alexíkakos), « qui éloigne le mal »,
  - λοξίας (
loxías) « l'oblique » (pour Apollon comme dieu des oracles) ;
- Ses attributs : l'arc, la lyre, la flûte, les cornes de bovidés et le laurier (cf. Daphné) ;
- Ses animaux favoris : le corbeau, le cygne, le coq, le loup et le serpent ;
- Ses sanctuaires : Delphes, Délos, Claros, Argos, Thasos ;
- Fêtes qui lui sont consacrées : les Karneia, les Actia.

Apollon dans l'art européen, de l'Antiquité à nos jours

Actia

Apollon dans l'art antique


- Apollon de Piombino, conservé au Musée du Louvre ;
- Grand Apollon doré de Lillebonne, ap. J.-C. (Musée du Louvre).

Renaissance d'Apollon au

Apollon et l'art de Louis XIV


- La galerie d'Apollon, au Louvre, est l'œuvre de décorateur et peintre Charles Le Brun. Elle fut continuée par Eugène Delacroix et achevée sous le Second Empire.
- Dans le château de Versailles, le salon d'Apollon, ou salle de trône, était réservé à la réception des ambassadeurs. Le dieu des arts semblait également patronner les spectacles de danse et de musique qui s'y déroulaient.
- Les jardins de Versailles offrent de nombreuses représentations du dieu solaire :
  - Le bassin d'Apollon est situé dans la grande perspective, à proximité du Grand Canal. Une statue monumentale d'Apollon a été réalisée par Tuby. Apollon sort de l'eau conduisant un char tiré par des chevaux (voir photo).
  - Le bosquet des bains d'Apollon, réalisés au siècle, reprennent le thème du dieu solaire fatigué, entouré de nymphes (voir photo).
- Peintures :
  -
Apollon et Aurore, Gérard de Lairesse, 1671, Metropolitan Museum of Art, New York. Image:BassinApollon1.jpg|Bassin d'Apollon dans les jardins de Versailles Image:Bainsapollon1.jpg|Bosquet des bains d'Apollon, jardins de Versailles

Représentations classiques et néoclassiques du dieu

Voir aussi

Articles connexes


- Divinités olympiennes ;
- Religion grecque antique.

Liens externes


- [http://www.androphile.org/preview/gay_france/library/mythologie/greek/GreekMythology.htm Mythes d'Apollon et Hyacinte, et Apollon et Kyparissos - La Bibliothèque des Mythes Grecs de l'Amour Masculin - Projet Androphile]
Catégorie:Divinité olympienne Catégorie:Progéniture de Zeus Catégorie:Camp troyen dans la guerre de Troie Catégorie:Homosexualité dans la mythologie grecque Catégorie:Divinité romaine d'origine grecque Catégorie:Sculpture ja:アポロン ko:아폴론

Grec ancien


-
Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.

Les dialectes

À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique. Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui. Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.

Écritures

La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas). Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A. C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte… L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.

Phonologie

Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet. Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes. En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.

Morphologie

Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien. Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés. On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés. La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien. Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur. Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué. Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme. En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.

Influence du grec ancien sur les langues modernes

Mots savants et radicaux grecs

Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.

Mots courants

Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.

Le dédale synchrone du cosmos politique

Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque : :« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».

Divers


- code ISO 639-2 : grc

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
  - dialectes grecs;
  - déclinaisons du grec ancien ;
  - conjugaisons du grec ancien 
  - phonologie du grec, accentuation du grec ;
  - alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
  - grec moderne ;
- littérature grecque.

Liens externes


- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien als:Griechische Sprache ja:ギリシア語 ko:그리스어 ms:Bahasa Greek simple:Greek language th:ภาษากรีก


Latin

Introduction

Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties. Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux. Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs). Le latin est la langue-mère des langues romanes.

Histoire

Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.

Latin médiéval

On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron. De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.

Le latin, langue vivante

Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction. La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux. Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine. Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin. Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain. Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue. Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi: - Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ? - Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon. - Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt. On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.

Le latin et l'Union Européenne

Assimil Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).

Classification

Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.

Répartition géographique

Statut officiel

Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.

Langues dérivées

Les langues romanes sont dérivées du latin.

Ecriture

Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes : Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.

Prononciation

Prononciation ancienne restituée

On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec). Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.

Prononciations modernes

[En préparation]

Grammaire

Morphologie

La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines. On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires. La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines. Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).

Pronoms personnels

La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.

Lexique

Le latin et les autres langues indo-européennes


- Le vocabulaire commun Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs. AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS. à compléter...

Que devient le latin quand il se fait français ?

Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE. Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra. On en perd forcément son latin.

Exemples

Voir aussi

Liens internes


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- Méthode latine ;

Liens externes


- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte Catégorie:Langue liturgique Catégorie:Langue véhiculaire als:Latein ja:ラテン語 ko:라틴어 simple:Latin language th:ภาษาละติน zh-min-nan:Latin-gí

Grèce antique

L'expression Grèce antique désigne l'ensemble des phénomènes politiques et culturels qui se sont exprimés dans un large bassin méditerranéen au cours des deux derniers millénaires avant notre ère. La zone géographique concernée est vaste, allant de la Méditerranée occidentale (Péninsule ibérique) jusqu'aux confins du Moyen-Orient avec l'épopée d'Alexandre le Grand et jusqu'à l'Égypte des Ptolémées. Si la civilisation grecque en tant que telle apparaît dans le courant des V et IV millénaires av. J.-C., dans une version archaïque, sa dernière expression se place au cœur de l'Égypte Ptolémaïque, dans le courant du , avant de tomber sous la domination romaine.
Certaines productions politiques et culturelles de la civilisation grecque ont eu un rôle majeur dans le développement de la civilisation occidentale.

Articles connexes


- Histoire de la Grèce antique
- Économie de la Grèce antique
- Chronologie de la Grèce antique
- Antiquité Catégorie:Grèce antique ja:古代ギリシア

ART

Née le 5 janvier 1997 sous le nom d'autorité de régulation des télécommunications (ART), l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) est un organisme français chargé de réguler les télécommunications. Initialement composé de cinq membres, il est maintenant, depuis 2005, composé d'un collège de sept membres ; ses activités vont de la délivrance de permis pour réseaux indépendants à la sanction en cas d'infraction. Son président actuel est Paul Champsaur. En 2005, l'ART a changé de nom et est devenue l'ARCEP, l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes : en plus de la régulation des télécoms, l'organisme devra réglementer le secteur des postes, appelé à s'ouvrir à la concurrence d'ici à 2009. L'ARCEP est composée de 7 services, chacun spécialisé dans le traitement d'un certain type de questions. En comptant les sept "collégiens" qui sont l'Autorité à proprement parler, l'ARCEP compte environs 150 personnes.

Lien externe


- [http://www.arcep.fr/ Site officiel] catégorie:autorité administrative indépendante en France catégorie:Télécommunications en Europe

Poésie


-
en:poetry La poésie ─ du grec ποιεῖν poieĩn, « faire, créer » ─, est, selon Parménide l'art « qui fait passer du non-être à l'être » puisque le poète donne existence aux « choses » (dans notre conscience) en les nommant. C'est ainsi que, dans la Bible, c'est par dix paroles que le monde fut créé, Dieu étant le premier poète, suivi de près par Adam, à qui fut confié la charge de nommer toutes les espèces vivantes de la Création. Dans le sens le plus courant du terme, la poésie est la plus haute expression de l'écriture et de la parole, puisqu'elle attache autant d'importance à la musique des mots (leur son) qu'à leur sens. Bien antérieure à toutes les formes littéraires communes, c'est d'abord par la voie orale qu'elle s'est transmise, véhiculant de la bouche à l'oreille, et d'un cœur à l'autre, les questions et les tentatives de réponses des Anciens sur les mystères du Monde, comme en témoignent nombre des textes sacrés qui nous sont parvenus, des Vedas à la Bible en passant par la Torah et le Tao Te King, tous de nature éminemment poétique dans la mesure où, par le biais d'allégories (entre autres), ils transmettent une conception particulière de notre relation au monde, en utilisant pour cela toutes les ressources du langage. L'histoire de la poésie, sous-jacente à l'histoire de l'humanité, de ses peuples et de ses interrogations, a vu naître toutes sortes de formes particulières, des haïku japonais jusqu'à l'« écriture automatique » des Surréalistes, en passant par les rubayats persans et les sonnets, dont Pétrarque établit les premières formes.

Articles connexes


- Art poétique ;
- prosodie ;
- rime ;
- triolet, alexandrin, hexamètre dactylique ;
- vers, scansion ;
- allitération, assonance ;
- sonnet ;
- poème fluctuel ;
- poème sériel ;
- collage-citation ;
- Vers un rythme occiriental
- listes de poètes.

Voir aussi

Anthologies


- La poésie sur Wikisource
- [http://www.anthologie.free.fr/anthologie/ecole.htm Poésie sur la toile]
- [http://lapoesiequejaime.net/poetes.htm La Poésie que j'aime] : choix personnel
- [http://poesie.webnet.fr/ Poésie française], plus de 6000 poèmes (Webnet).
- [http://www.toutelapoesie.com/ Toute la poésie] : communauté poétique francophone
- [http://www.franceweb.fr/poesie/poetesfr.htm Club des Poètes]
- [http://perso.chello.fr/users/r/rlauret/ Anthologie d'Or] de la Poésie Française et Francophone
- [http://www.florilege.free.fr/ Florilège] de la Poésie française du XIVème au XXème siècle
- [http://poezibao.typepad.com/poezibao/ Poezibao], le dazibao de la poésie, journal permanent dédié à l'actualité poétique

Textes critiques


- [http://noirsanssucre.vnunetblog.fr/bleudepaille/ Bleu de Paille], Notes de lecture sur de nombreux livres de poésie paraissant en français
- [http://www.dominique-aubier.org/france/dokumente/heidelberg-poesie-fr.html Le symbolisme dans la poésie. Hommage aux poètes Léopold Sédar Senghor et Arthur Rimbaud] ko:시 (문학) ja:詩 th:กวีนิพนธ์

Oracle grec

Les oracles grecs constituent un aspect fondamental de la religion et de la culture grecques. L'oracle est la réponse donnée par un dieu que l'on a consulté à une question personnelle, concernant généralement le futur. De tels oracles ne peuvent être rendus que par certains dieux, dans des lieux précis, sur des sujets déterminés et dans le respect de rites rigoureusement respectés : la prise d'oracle s'apparente à un culte. De plus, interpréter les réponses du dieu, qui s'exprime de diverses manières, demande parfois un apprentissage. L'oracle nécessite souvent une interprétation. Par extension, le terme doracle désigne aussi le dieu consulté, l'intermédiaire humain qui transmet la réponse ou encore le lieu sacré où la réponse est donnée. La langue grecque distingue ces différents sens : parmi de nombreux termes, la réponse divine peut être désignée par χρησμός / khrêsmós, proprement « le fait d'informer ». On peut aussi dire φάτις / phátis, « le fait de parler ». L'interprète de la réponse divine est souvent désigné par προφήτης / prophêtês, « qui parle à la place [du dieu] », ou encore μάντις / mántis. Enfin, le lieu de l'oracle est le χρηστήριον / khrêstếrion. La mantique, c'est-à-dire le domaine de la divination, n'est, dans le monde grec antique, constituée que des sciences oraculaires. Les devins comme Tirésias sont considérés comme des personnages mythologiques : la divination, en Grèce, n'est pas l'affaire de mortels inspirés mais de personnes respectant des rites déterminés, bien que la tradition ait pu donner l'apparence d'une telle inspiration, ou, au sens propre, ἐνθουσιασμός / enthousiasmós, « enthousiasme », c'est-à-dire le « fait d'avoir le dieu en soi ».

Les dieux-devins

La faculté de divination, ou μαντεία /
manteía, est une capacité purement divine. Pour comprendre la mantique grecque, il faut savoir que le destin, personnifié par les trois Moires (Μοῖραι / mõirai, proprement « celles qui donnent [le destin] en partage »), est une force indépendante des dieux, qui y sont soumis et ne peuvent le fléchir. Tout au plus peuvent-ils le retarder et, surtout, l'entrapercevoir et en faire part, de manière voilée, aux mortels. Ce pouvoir de divination semble, dans les premiers temps de la mantique, être lié fortement avec la terre et les forces chtoniennes, d'où les oracles rendus par incubation, c'est-à-dire transmis aux mortels par les songes, après une nuit passée contre le sol.

Zeus

Le premier dieu-devin est Zeus, dont les oracles sont rendus dans de nombreux sanctuaires, le plus ancien étant celui de Dodone, en Épire. Le sanctuaire oraculaire de Dodone, d'ailleurs cité chez Homère, a connu un déclin au Les oracles de Zeus étaient transmis, entre autres, par incubation aux prêtres Selles qui, pour rester en contact avec le dieu sous un aspect chtonien (ce qui montre son ancienneté), devaient dormir au sol, marcher pieds nus et ne pas se les laver. Plus tard, c'est par le bruit du vent dans les feuilles des chênes de Dodone que le dieu s'exprimait. L'interprétation pouvait aussi être effectuée par deux prêtresses nommées les
Colombes (qui pratiquaient peut-être aussi la prise d'auspices, ou interprétation du vol des oiseaux). Certaines des questions posées au dieu ont été retrouvées grâce à des lamelles de bronze sur lesquelles, plus tardivement, on les écrivait. Zeus-devin était aussi consulté à Olympie, et s'adressait aux prêtres Iamides via les flammes du sacrifice. Ceux-ci se montraient aussi haruspices, en lisant la réponse du dieu dans les entrailles prélevées sur la victime. À l'époque classique, Zeus oraculaire est surtout présent en Égypte, identifié avec Amon.

Autres dieux

Aphrodite était consultée à Paphos, ville de l'île de Chypre, et s'exprimait dans les entrailles et le foie des victimes sacrificielles ; comme Zeus à Olympie, cette méthode oraculaire s'apparente à l'haruspicie. Athéna, quant à elle, adressait ses réponses à travers un jeu de galets et d'osselets. Asclépios et Amphiaraos, par incubation (voir plus haut), donnaient des conseils thérapeutiques aux consultants, qui devaient passer au moins une nuit dans leur sanctuaire, principalement à Épidaure et Athènes pour Asclépios, à Oropos (au nord d'Athènes) et à Thèbes pour Amphiaraos. La réponse venait sous forme de rêve à interpréter soi-même. Trophonios possède également un oracle à Lébadée, en Béotie, évoqué dans
les Nuées d'Aristophane, dans l'œuvre de Plutarque (le Démon de Socrate ou Sur la disparition des oracles) ainsi que dans un épisode de la Vie d'Apollonius de Tyane. Mais c'est surtout par Pausanias que nous connaissons le rite de la descente dans l'antre souterrain de ce héros, architecte mythique, avec son frère, du seuil du temple pythien de Delphes, d'après lHymne homérique à Apollon.

Apollon pythien

Apollon est devenu l'archétype du dieu-devin, que l'on consultait par oracle surtout à Delphes (mais aussi à Délos, Patara ou encore Claros). Les oracles qu'on y rendait sont encore célèbres et l'importance du sanctuaire oraculaire de Delphes nous a permis d'en suivre l'évolution, ainsi que d'en connaître certains détails importants pour appréhender la mantique grecque.

Vitalité de l'oracle de Delphes

L'oracle de Delphes est resté très vivant et consulté jusqu'à la période chrétienne ; les chrétiens, cependant, en le caricaturant, en donnant de la pythie — l'interprète oraculaire d'Apollon — une image fausse, celle d'une femme hystérique et droguée, et en transmettant des textes erronés, ont participé grandement à son abandon. Parmi les témoignages les plus sûr, nous avons ceux de Plutarque (v. 46-v. 120 ap. J.-C.), qui a assumé pendant 30 ans la charge de prêtre du temple d'Apollon, chargé du sanctuaire oraculaire. Nous savons grâce aux fouilles menées à Delphes que le sanctuaire a été l'un des plus fréquentés et des plus riches. Pour plus de détails sur le sanctuaire lui-même, consulter l'article qui lui est consacré.

Organisation religieuse

l'article qui lui est consacré1512)]] La prophétesse, au sens grec : celle qui parle à la place [du dieu], est nommée la Pythie (Πυθία ἱέρεια / puthía hiéreia, « prêtresse pythienne »), choisie parmi les femmes de la région. Son nom (à l'origine un adjectif, mais on utilise souvent Πυθία puthía seul) vient d'une épiclèse d'Apollon, dit pythien à Delphes, parce qu'il y avait terrassé le serpent Python ; Delphes, d'ailleurs, est souvent nommée Πυθώ puthố (voir l'article Apollon pour plus de détails). La Pythie était souvent âgée, et Plutarque nous apprend qu'elle pouvait avoir une cinquantaine d'années, ce qui, pour l'époque, est un âge avancé. Celle-ci s'exprimait en vers (du moins s'est-elle exprimée ainsi pendant longtemps ; Plutarque fait cependant remarquer qu'à son époque elle ne le faisait plus, sans pouvoir expliquer pourquoi), et ses propos confus devaient être interprétés par un collège de deux prêtres, assistés par cinq ministres du culte. Chose exceptionnelle, ces charges étaient attribuées à vie. La marche à suivre pour consulter le dieu était la suivante :
- le consultant (qui ne pouvait pas être une femme), s'acquittait d'une taxe versée à une confédération de cités ; les consultations pouvaient être demandées individuellement ou collectivement, pour une cité, par exemple. Le paiement d'une surtaxe ou des services rendus à la cité de Delphes permettaient d'acquérir le droit de promancie, c'est-à-dire celui de consulter avant les autres, et ainsi de passer outre la liste d'attente qui pouvait être très longue, vu qu'en plus on ne pouvait consulter la pythie qu'un jour par mois ;
- on menait le consultant dans ladyton du temple d'Apollon ;
- il y rencontrait la pythie, qui s'était purifiée, avait bu l'eau d'une source de Delphes et mâchait des feuilles de laurier ; celle-ci était installée sur un trépied.
- le consultant offrait un sacrifice sanglant au dieu, lequel était conduit par les deux prêtres et leurs assistants ; préalablement, la victime était aspergée d'eau froide et, si elle ne tremblait pas, la prise d'oracle était annulée (au risque, sinon, de tuer la Pythie : elle ne pouvait contredire ce signe du dieu qui donnait ou non son accord) ;
- le consultant posait sa question à la Pythie, question que les prêtres avaient souvent remise en forme (afin qu'elle prît la forme d'une alternative) ;
- la Pythie, enfin, rendait l'oracle du dieu, qui parlait à travers elle ; cette réponse devait être rendue claire par les deux prêtres d'Apollon. D'après les témoignages, dont ceux de Plutarque, la Pythie n'était pas visible, et l'on n'entendait que sa voix. On le voit, la Pythie était en état denthousiasme
, c'est-à-dire d'inspiration divine ; la légende rapportait que des effluves magiques sourdaient dans le temple, et qu'ils étaient responsable de l'état second connu par la Pythie. Selon des historiens grecs, qui ne font que répéter des légendes, ces effluves auraient même poussé au suicide des bergers et de simples mortels qui les auraient respirés par hasard, avant que l'on destine à ce rôle dangereux la seule Pythie. Il convenait donc que celle-ci, pour recevoir l'inspiration divine sans en souffir, fût pure, vierge, et menât une vie saine. Son esprit devait être disponible, calme et serein, afin que la possession par le dieu ne soit pas rejetée, au risque de la mener à la mort. Depuis la fin de l'Antiquité, plusieurs hypothèses ont tenté d'expliquer les prétendues transes de la prêtresse, mais les preuves concrètes ou textuelles ont toujours manqué. La Pythie, on l'a dit, se tenait dans ladyton du temple. Or, si les fouilles actuelles à Delphes ne permettent pas de reconstituer avec précision ce qu'était cet adyton (il a en effet été rasé par les chrétiens), les théories les plus communes admettent qu'il s'agissait d'une partie en contrebas et non pas d'une salle secrète située en dessous du temple, encore moins d'un gouffre. Aucune fissure n'est non plus visible. On l'a dit, les chrétiens ont tourné en dérision cette prêtresse et par là le culte en décrivant la Pythie comme une folle écumant de bave, enivrée de vapeurs de souffre, possédée physiquement par le Malin qui s'introduisait via son vagin. De tels propos se trouvent, par exemple, chez Origène ou Jean Chrysostome. Quoi qu'il en soit, cette vision ne coïncide absolument pas avec ce que les Grecs nous ont rapporté de leur prêtresse. De plus, ce qui contredit les Grecs eux-mêmes, l'on n'a retrouvé à Delphes aucune fissure sous le temple d'Apollon, ni aucune autre exhalaison naturelle. Bien qu'incohérente avec les fait historiques, cette image de la Pythie s'est imposée à l'imaginaire collectif. De fait, il n'est pas rare de trouver une telle Pythie folle dans les ouvrages les plus sérieux ou bien quelque allusion à des émanations gazeuses dont il n'existe aucune preuve réelle.

Rôle politique de l'oracle de Delphes

Outre un rôle religieux majeur dans le monde antique — en effet, l'oracle d'Apollon n'était pas exclusivement consulté par les Grecs — les oracles de la Pythie ont tenu une place importante dans l'organisation politique grecque. Trois faits curieux sont notables concernant l'opinion que le dieu était censé avoir de la puissance grecque. L'oracle, en effet, n'a pas toujours soutenu les actions de son peuple. Lors des guerres médiques (ayant opposé les Grecs aux Mèdes), Athènes avait consulté l'oracle, en 490 avant l'ère chrétienne, afin de demander s'il était bon que Sparte l'aidât. L'oracle rendit une réponse négative, alors que c'est justement l'intervention du spartiate Léonidas aux Thermopyles en 480 qui permit aux Athéniens de gagner du temps pour remporter la victoire à Salamine (laquelle victoire serait due, pour le coup, à un oracle de la Pythie, qui avait conseillé de bâtir un mur de bois, ce qui, symboliquement, représentait la flotte athénienne massée dans le goulet de Salamine). On accusa alors la Pythie de
mêdiser (μηδίζειν / mêdízdein), de « parler en faveur des Mèdes ». Le deuxième oracle marquant prend place pendant les guerres du Péloponnèse, qui opposaient Athènes à Sparte ; celui-ci donnait clairement raison aux Spartiates. On accuse cette fois-ci la Pythie de lacôniser (λακωνίζειν / lakônízdein), de « parler en faveur de Lacédémone », autre nom pour Sparte. Enfin, pendant les conquêtes de Philippe, l'oracle, du côté du « barbare », est accusé pour le coup de philippiser (φιλιππίζειν / philippízdein). En sorte, l'oracle se montre surtout méfiant vis à vis des Athéniens. En fait, il subissait bien sûr les influences du peuple de Delphes, pro-aristocrate et assez conservateur. Cela explique sans doute pourquoi la Pythie s'est souvent montrée défavorable à Athènes : la démocratie n'était pas en odeur de sainteté dans cette région du monde grec.

Rôle spirituel et intellectuel de l'oracle de Delphes

Bien que souvent défavorable à Athènes, l'oracle a pourtant appuyé son action colonisatrice. C'est ainsi que la légende rapporte que la colonie de Cyrène, en Libye, fut fondée grâce à un tel oracle : un certain Bathos était affligé d'un bégaiement. L'oracle lui avait conseillé pour sa guérison de fonder une cité à Cyrène ; ce faisant, il y vit un lion. La peur causée par cette rencontre fortuite le guérit définitivement de cette affliction. Il existe nombre d'exemples de ce type. La cité de Delphes, d'autre part, prit dans l'Antiquité un rôle économique important : ville très fréquentée, l'argent y circulait (celui des taxes de consultation, des nombreux trésors offerts par les cités que l'oracle avait « favorisées », des offrandes, des achats de victimes sacrificielles que seuls les marchands de la ville pouvaient vendre, etc.). Apparurent, pour gérer ce flux monétaire créé par les consultations oraculaires, des changeurs et des prêteurs. C'est d'ailleurs à Delphes, au VI siècle avant l'ère chrétienne, que les premières banques ont fait leur apparition. Apollon n'était, en outre, pas le seul dieu résidant à Delphes : Dionysos était dit y passer l'hiver et Athéna y était aussi honorée ; la coexistence de ces cultes faisaient dire aux anciens que la présence de l'oracle était un gage de respect mutuel. Enfin, la ville de Delphes baignait dans un climat de piété et d'effervescence intellectuelle. On s'y dépouillait de ses masques sociaux, à l'image d'Apollon qui, fondant la cité, dut se purifier du meurtre de Python. La philosophie y était pratiquée et encouragée, et c'est un oracle de Delphes qui aurait poussé Socrate à enseigner, après qu'un de ses disciples y aurait appris que son maître était le plus sage des hommes. Plusieurs devises philosophiques ornaient la ville : « rien de trop » (μηδὲν ἄγαν /
mêdén ágan), inculquant la mesure et le rejet des excès, « connais-toi toi-même » (γνῶθι σεαυτόν / gnỗthi seautón), sur le fronton du temple d'Apollon, maxime enseignant l'importance de l'autonomie dans la recherche de la vérité (formule que Socrate reprendra à son compte dans le Charmide) et celle de l'introspection, ainsi qu'un très étrange « Ε », aussi sur le fronton du temple et sur la signification duquel les Grecs se sont longuement interrogés, et qui pourrait être une manière de noter le mot εἶ , « tu es », sous-entendu « toi aussi une partie du divin » ? Quoi qu'il en soit, la présence de l'oracle a fait de Delphes le lieu par excellence de la révélation à soi.

Voir aussi

Articles connexes


- Sources utilisées pour la connaissance de la religion grecque
- Notions fondamentales
- Aspects du culte
- Dodone
- Grèce antique

Bibliographie


- H. W. Parke,
The Oracles of Zeus : Dodona, Olympia, Ammon, Oxford, 1967. Catégorie:Religion grecque antique Catégorie:Art divinatoire

Rome antique

La Rome antique est le cadre de la naissance, de l'avènement et de la disparition de la civilisation romaine antique. Débutant comme un simple assemblage de villages, l'humble bourgade vit ensuite son histoire se confondre avec celle du monde méditerranéen du début de l'ère chrétienne à la fin de l'Antiquité. C'est pourquoi vous ne trouverez ici qu'une synthèse de l'histoire romaine, développée dans des articles plus conséquents sur les pages adéquates.

La fondation de Rome (-753)

D'après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du Mont Palatin près du Tibre vers -753 et y regroupa des groupes de latins, de sabins, et peut-être d'étrusques. L'archéologie a établie que le peuplement des collines de Rome a commencé vers le , et s'est accéléré à partir du . Se référer à l'article Fondation de Rome.

La Royauté (-753 à -509)

Après Romulus et ses successeurs légendaires, ce sont les rois Étrusques qui en occupant la région vont faire de Rome une véritable ville vers 600 av. J.-C., en la dotant d'une muraille, en aménageant le Forum et en bâtissant le sanctuaire du Capitole. C'est probablement sous la Royauté que s'élabore la religion romaine, mélange d'archaïsmes indo-européens et d'influences grecques et étrusques. Les anciens Romains attribueront leurs succès militaires à la qualité scrupuleuse de leur piété envers les dieux.
Se référer à l'article sur la monarchie romaine. Se référer aux articles sur la religion romaine, la mythologie romaine, les fêtes religieuses romaines.

La République romaine (-509 à -27)

-27 De
res publica (lat.) « la chose publique ». Tarquin le Superbe est le dernier roi de Rome. Tyrannique, autoritaire, il fut chassé par les Romains en -509 ; la République romaine est fondée, gouvernée par le Sénat romain et les magistrats élus du peuple romain (populus ne désigne, à l'époque, qu'une partie de la population, les patriciens). À ses débuts, la République romaine est déchirée par les conflits entre la plèbe et le patriciat. Elle finit par se doter en -367 d'institutions qui équilibrent le pouvoir du patriciat et modèrent celui des consuls. Rome commence son expansion par la conquête de l'Italie centrale par la prise de Véies en -396. Le sac de Rome en -390 est le début d'une longue période où Rome ne fut jamais prise par ses ennemis, jusqu'en 410 et le sac de Rome par Alaric. Progressivement, Rome affronte ses voisins et agrandit peu à peu son territoire, tandis que les plébéiens obtiennent en -300 l’égalité politique. Rome domine toute l'Italie en -272. À partir de -264, dans son affrontement contre Carthage lors de la première guerre punique et de la deuxième guerre punique, Rome conquiert la Sicile, la Corse et la Sardaigne, l'Hispanie et devient la première puissance de la Méditerrannée occidentale en -202. Tributaire de Rome, Carthage est finalement détruite en -146. Les légions romaines, de plus en plus efficaces, interviennent en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure. Durant le IIe siècle av J.-C., Rome soumet la Grèce et en retire une grande influence culturelle. Les élites connaissent la richesse des butins, tandis que la crise sociale monte en Italie. La République qui dût son succès à un équilibre entre ses différentes composantes sombre devant son agrandissement trop brutal, ses institutions prévues pour une ville se révélent inadaptées à la gestion d'un empire. A partir de -133, les tensions se multiplient (cf. les Gracques), des ambitieux luttent pour le pouvoir : Marius contre Sylla, Cinna, Pompée contre Jules César, Octave contre Marc Antoine. Se référer à l'article sur les Institutions de la République romaine pour connaître l'organisation politique de la République. Se référer aux articles Histoire de la République romaine et à la liste des consuls pour la chronologie. Se référer à l'article sur la Société de la République romaine pour connaître l'organisation sociale de la République.

L'Empire romain (-27 à 395)

La période du principat

L'Empire romain commence après la mort de Jules César avec l'avènement d'Octave Auguste. Ménageant l'ordre sénatorial, il assoit son pouvoir personnel. Grâce aux légions, il agrandit considérablement le territoire romain, et l'organise en provinces romaines, qu'il gère avec la collaboration de l'ordre équestre. Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au , la superficie de l'Empire romain est à son maximum. Rome est avec un million d'habitants la plus grande ville du monde méditerrannéen, avec une organisation spécifique. La pax romana favorise la prospérité, les colonies se développent grâce à l'évergétisme de leurs élites, les grandes métropoles comme Carthage, Antioche, Alexandrie refleurissent. Se reporter à l'article Organisation de la ville de Rome pour découvrir les solutions mises en place pour gérer cette gigantesque agglomération

L'empire romain tardif

La défense contre la pression croissante des peuples germaniques contribue à la militarisation de l'Empire, qui connaît après les Sévères une terrible crise politique et économique au , et parvient à se redresser au au prix de transformations considérables : partage du pouvoir entre empereurs (tétrarchie, puis Auguste assistés de Césars), transfert de la capitale à Constantinople, absolutisme, alourdissement de l'admnistration, germanisation de l'armée. La montée du christianisme accompagne cette transformation. L'Empire romain adoptera définitivement le christianisme au . Se référer à l'article sur l'Empire romain et à la Liste des empereurs romains. Se référer à l'article sur Province romaine et à la série d'articles consacrés à chaque province

La dissolution de l'Empire romain (après 395)

Après une ultime réunification en 394 sous Théodose I, l'Empire est divisé en deux moitiés :
- L'Empire romain d'Occident est submergé en l'espace de deux générations par les peuples germaniques et s'efface en 476, ce qui marque la fin conventionelle de l'Antiquité,
- L'Empire romain d'Orient résiste et s'adapte, devenant progressivement l'Empire byzantin qui subsistera jusqu'en 1453. Se référer à l'article sur Empire romain d'Occident, Empire romain d'Orient et Empire byzantin.

Organisation militaire, politique, religieuse et institutions romaines

Voir aussi :
- Cursus honorum
- Relations de la religion romaine aux autres religions

Art

Issu des influences italiques, l'art romain prend son essor au contact de l'art grec qu'il va longtemps imiter.
Voir l'article détaillé : art romain Architecture L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, les romains innovent dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium). Voir la typologie des monuments dans la catégorie Architecture romaine Voir la liste des monuments dans la catégorie Liste de monuments romains Voir l'article sur l'Épigraphie latine Littérature Les Romains révolutionnèrent le support écrit des livres, en lui donnant la forme moderne que nous connaissons : ils généralisèrent le codex, volume de feuilles reliées, plus maniable et plus aisé à lire que le traditionnel rouleau. Voir l'article sur la littérature latine, et la catégorie:Littérature grecque d'époque romaine.

Vie quotidienne


- Les noms romains (système des
tria nomina) et les prénoms romains
- le costume : la toge, la stola
- l'habitat : domus, insula et villa
- Le calendrier julien
- Les chiffres romains
- Les jeux du cirque
- Les thermes romains
- La monnaie romaine
- Les unités de mesure romaines
- Les ergastules (Prisons et cachots)

Bibliographie


-
La civilisation romaine de Pierre Grimal, 1960, réédité en 1981 chez Flammarion
-
Histoire générale de l’Empire romain de Paul Petit, 1974, édition du Seuil
-
L’art de l’ancienne Rome, Bernard Andreae, 1973, éditions d’Art André Mazenod
- [http://perso.wanadoo.fr/revuesocialisme/s10empireromaine.htm L'impérialisme romain - une analyse marxiste] par l'archéologue anglais Neil Faulkner

Liens externes


- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/ Parcours virtuels de Rome] : panoramas virtuels et galeries de photos (ita/ing/fr)
- [http://www.insecula.com Site insecula (Égypte, Rome, et Grèce antique).]
-


Mythologie grecque

La mythologie grecque est l'ensemble des mythes provenant de la Grèce antique. Ces récits, familiers à tous les anciens Grecs, forment les fondements de leurs rites ainsi que de la représentation qu'ils se faisaient du monde, au moins jusqu'à Protagoras. Cette mythologie est aussi à l'origine, pour la plus grande part, de celle des Romains.

Présentation

Dans la mythologie grecque, les dieux du panthéon polythéiste sont anthropomorphes et sont avant tout la personnification des forces de l'univers. Bien que certains d'entre eux semblent avoir un certain sens de la justice, ils peuvent se montrer mesquins et rancuniers. La faveur des dieux est gagnée par des sacrifices et la piété, mais ceci ne garantit rien ; en effet, ils sont réputés pour leurs fréquents changements d'humeur ; leurs colères sont terribles et leurs amours peuvent être tout aussi dangereuses. Le monde de la mythologie grecque est complexe : monstres, guerres, intrigues et dieux inquisiteurs y sont nombreux, et les généalogies s'entrecroisent. Il est notable que les Anciens mêlaient les événements de leur mythologie à ceux de leur histoire. Ainsi, l'Iliade et l'Odyssée étaient considérées comme historiques. Il n'y a en revanche pas de continuité entre le temps des dieux et le temps des hommes, les événements décrits dans les différentes théogonies se déroulant dans un temps parallèle à celui de l'humanité. La différence entre les dieux et les hommes ne s'exprime pas en termes de nature mais en terme de degré. Ces croyances peuvent être comparées à la façon dont, par exemple, certains chrétiens créationistes d'aujourd'hui interprètent littéralement la Bible comme un récit historique. De sorte, les Grecs se considéraient eux-mêmes les descendants de héros mythiques. Cette tendance s'est accrue avec l'évhémérisme. Le théâtre grec, avec Eschyle, Sophocle et Euripide montre la façon dont les hommes conçoivent l'action des dieux dans leur monde. Dans l'œuvre d'Eschyle, le concept d'ananke préside ce qui peut être conçu comme un équivalent du destin dont serait absent le concept de déterminisme. En plus de son utilisation constante dans les arts et les sciences humaines (comme la psychanalyse et son complexe d'Œdipe), la mythologie grecque fournit des récits très riches que l'on peut encore apprécier aujourd'hui.

La mythologie grecque représente-t-elle une « vraie » religion ?

La question peut sembler étrange car il est difficile de définir ce que serait une vraie religion par opposition à ce que ne serait pas une vraie religion, d'autant que la religion grecque reposait sur des rites, et non sur un texte sacré et des dogmes. On peut cependant se demander si elle apportait des réponses aux questions existentielles, métaphysiques ou morales que se posaient les Grecs, comme peuvent le faire les religions reconnues comme telles. Par exemple, la mythologie leur disait ce qui les attendait après la mort. Dans le mythe hésiodique des races, elle décrit une succession de races : la race d'or, la race d'argent, la race de bronze, la race de fer, plus d'autres non nommées. Plus que le métal dont ils sont faits (car rien ne précise dans les textes que ces hommes sont réellement métalliques), les vertus qui président à leur façon de conduire leur vie, la façon dont se répartissent Dike, c'est-à-dire Justice (qui est aussi une déesse) et Hubris, c'est-à-dire démesure (au sens de rivalité avec les dieux, ou de comportement déraisonnable : la race de bronze, par exemple, ne cessait de guerroyer) dans leur vie détermine leur sort dans la vie future. Chez les hommes de la race d'or comme chez ceux de la race d'argent, c'est la justice qui oriente leur vie en sorte que, après leur mort, les uns comme les autres deviendront des daimones (qu'il ne faut pas confondre avec des démons, les démons étant des esprits intermédiaires entre les dieux et les hommes). On peut comprendre cette détermination comme une forme de prédestination ou comme un accès possible à une forme de sainteté. Le mythe est alors une forme de compréhension de l'humanité et du projet de dépasser le sort commun à sa qualité d'être périssable.

Les personnages de la mythologie grecque

Le canon olympien


- Aphrodite ;
- Apollon ;
- Arès ;
- Artémis ;
- Athéna ;
- Déméter ;
- Dionysos ;
- Hadès ;
- Héra ;
- Héphaïstos ;
- Hermès ;
- Hestia ;
- Poséidon ;
- Zeus.

Autres divinités


- Asclépios;
- Atlas ;
- Chaos ;
- Charon ;
- les Charites ou Grâces ;
- Éros ;
- les Érinyes ou Furies ;
- Gaïa ;
- Épiméthée ;
- Érèbe ;
- Eris ;
- les Géants ;
- les Gorgones ;
- Hélios ;
- Hespérides ;
- Ilithyie ;
- les Moires ou Parques ;
- Morphée ;
- les Muses ;
- Némésis ;
- les Nymphes ;
- Nyx ;
- Ouranos
- Pan ;
- Perséphone ;
- Prométhée ;
- Protée ;
- les Titans :
  - Coéos ;
  - Crios ;
  - Cronos ;
  - Océan ;
  - Japet ;
  - Hypérion ;
  - Mnémosyne ;
  - Phœbé ;
  - Rhéa ;
  - Téthys ;
  - Théia ;
  - Thémis ;

Héros et demi-dieux

À l'origine, le terme de héros désigne une race différente de celle des mortels et des dieux. C'est le cas chez Hésiode. Par la suite, on a nommé ainsi les demi-dieux ─ personnages issus de l'union d'un mortel et d'un dieu ─ ou les mortels divinisés après leur mort, dont le destin, s'il est digne d'être narré, est extraordinaire (par la naissance, le courage, les qualités ou les vices, voire le caractère monstrueux, qui n'est pas forcément le reflet du mal). Ainsi, Tantale, Œdipe ou Cécrops sont des héros, au même titre qu'Héraclès, Achille ou Persée. Leur comportement les mène souvent à l'hybris et leur mort est la plupart du temps violente. Les héros sont souvent fondateurs : Thésée est celui du synœcisme d'Athènes, Orphée des rites orphiques, Pélops donne son nom au Péloponnèse. Par extension, tout personnage ayant connu un destin digne d'être raconté est nommé héros, comme les chefs militaires de L'Iliade ou les héros éponymes d'Athènes, même si leur origine divine est lointaine.

Autres personnages


- Achille ;
- Amphiaraos ;
- Amphitryon ;
- Andromède ;
- Antigone ;
- Ariane ;
- Atalante ;
- Cacus
- Danaé ;
- Deucalion ;
- Érechthée ;
- Europe ;
- Ganymède ;
- Hélène ;
- Jason et les Argonautes ;
- Minos ;
- Narcisse ;
- Œdipe ;
- Orphée ;
- Pandore ;
- Patrocle ;
- Pélops ;
- Priam ;
- Sisyphe ;
- Stentor ;
- Tantale ;
- Ulysse.

Voir aussi

Articles connexes


- Généalogie mythologique grecque
- Grèce antique
- Mythologie gréco-romaine
- Mythologie romaine
- Religion grecque antique

Bibliographie


- Jean-Claude Belfiore, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse 2003.
- Ariane Eissen, Les mythes grecs, coll. « sujets », Belin, 1993.
- Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie, PUF
- Giulia Sissa et Marcel Detienne, La vie quotidienne des dieux grecs, Hachette, 1999.
- Jean-Pierre Vernant, L'univers, les dieux, les hommes, Seuil, 2002.
- Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Seuil, 1984.
- Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant, Mythe et tragédie en Grèce ancienne (tome 2), La Découverte ;
- Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant, La Grèce ancienne, « Du mythe à la raison » (tome 1), « Rites de passages et trangression » (tome 2), Le Seuil.

Liens externes


- http://www.classics.upenn.edu/myth/
- http://www.mythorama.com/_mythes/indexfr.php
- [http://www.androphile.org/preview/gay_france/library/mythologie/greek/GreekMythology.htm La Bibliothèque des Mythes Grecs de l'Amour Masculin - Projet Androphile]
-
Grecque ja:ギリシア神話 ko:그리스 신화

Mythologie romaine

La mythologie romaine est l'ensemble des légendes et des mythes de la religion polythéiste pratiquée dans la Rome antique. La mythologie romaine a emprunté au fil des siècles des conceptions religieuses et culturelles aux pays qui ont été peu à peu intégrés dans la sphère de Rome : la Grèce, l'Égypte, la Syrie, etc. Les Romains se sont appropriés puis ont digéré ces mythologies pour créer un ensemble syncrétique qui leur est propre. Les mythes strictement italo-romains sont peu nombreux, et portent essentiellement sur la fondation des cités. On ne connaît en particulier aucune cosmogonie ni théogonie d'origine romaine. La majorité des divinités du panthéon romain vient de la Grèce antique et a supplanté les divinités locales (ou « indigètes »), à quelques rares exceptions. C'est pour cette raison que les articles consacrés aux dieux romains d'origine grecque sont traités avec leur homonyme grec. Articles consacrés aux dieux et personnages mythologiques romains :
- Amphitrite : déesse de la Mer ;
- Angita : déesse de la Guérison et de la Sorcellerie ;
- Apollon : dieu du soleil ;
- Aurore : déesse de l'aurore ;
- Bacchus : dieu de la vigne et de l'ivresse ;
- Bellone : déesse de la guerre ;
- Cerbère : protecteur de la porte des Enfers ;
- Cérès : déesse de l'agriculture et de la fertilité ;
- Cupidon : dieu de l'amour ;
- Cybèle : déesse de la Fécondité (divinité d'origine phrygienne) ;
- Diane : déesse de la chasse ;
- Discorde : déesse mère de tous les fléaux ;
- Esculape : dieu de la médecine
- Les Faunes : demi-dieux champêtres et forestiers, associés au culte de Dionysos
- Faunus : dieu des bergers d'Arcadie, divinité de la fécondité, puis incarnation de l'Univers ;
- Iris : personnification de l'arc-en-ciel ;
- Janus : dieu des passages ;
- Junon : reine des dieux, protectrice des femmes mariées ;
- Jupiter : roi des dieux ;
- Juventus : déesse de la jeunesse ;
- Latone : Mère d'Apollon et de Diane ;
- Luna : déesse de la Lune, associée à Diane ;
- Lupercus : dieu des troupeaux ;
- Mars : dieu de la guerre ;
- Mater Matuta : déesse marine bienfaisante ;
- Mercure : messager des dieux ;
- Minerve : déesse des techniques, des combats justes et de la sagesse ;
- Neptune : dieu des mers et des océans ;
- Orcus : dieu ou messager de la Mort ;
- Pluton : dieu des Enfers ;
- Proserpine : reine des Enfers ;
- Priape : dieu protecteur des vergers et des vignobles, personnification de la virilité ;
- Quirinus : forme divinisée de Romulus ;
- Salus : déesse de la santé ;
- Saturne : dieu de l'agriculture ;
- Sol : ancien dieu soleil, équivalent d'Hélios ;
- Tellus : déesse personnifiant la Terre en formation. Elle est l'ancêtre manternel des dieux et de monstres ;
- Vénus : déesse de la beauté et de l'amour charnel ;
- Vesta : déesse du foyer ;
- Vulcain : dieu du feu, forgeron des dieux.

Voir aussi

Articles connexes


- Religion romaine
- Mythologie gréco-romaine
- Listes des divinités mineures romaines

Lien externe


- [http://www.androphile.org/preview/gay_france/library/mythologie/greek/GreekMythology.htm La Bibliothèque des Mythes Grecs et Romains de l'Amour Masculin - Projet Androphile] Catégorie:Mythologie romaine Catégorie:Rome antique ja:ローマ神話 ko:로마 신화

Titans

Dans la mythologie grecque, les Titans (Τιτάν / Titán en grec ancien, Τιτᾶνες / Titanes au pluriel) sont les divinités primordiales géantes qui ont précédé les Dieux de l'Olympe.

Titans et Titanides