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Association phonétique internationale
Catégorie:Linguistique Catégorie:Phonétique
L'Association phonétique internationale (API) est une organisation qui encourage l'étude scientifique de la phonétique et les applications pratiques diverses de cette science. Sa contribution principale à la communauté académique est l'Alphabet phonétique international (qui a le même sigle), une collection normalisée des symboles pour la transcription phonétique de toutes les langues du monde. L'Association publie un journal intitulé Journal of the International Phonetic Association (Journal de l'Association phonétique internationale).
Histoire
En 1886 à Paris, un petit groupe de professeurs de linguistique ont créé une association pour promouvoir l'usage d'une notation phonétique dans les écoles pour aider les enfants à acquérir plus facilement la prononciation des langues étrangères et aussi pour aider l'alphabétisation des jeunes enfants. Le groupe sous Paul Passy s'appellait au début Dhi Fonètik Tîcerz' Asóciécon (FTA). En janvier 1889, le nom de l'association a été changé en L'Association phonétique des professeurs de langues vivantes (AP), et en 1897 ils ont adopté le nom actuel, L'Association phonétique internationale.
Le sommet de la grandeur et de l'influence de l'association dans l'éducation était approximativement en 1914, quant il y avait 1750 membres en 40 pays. La Première Guerre mondiale et ses conséquences a interrompu sévèrement les activités de l'API ; ils ont arrêté la publication du Journal jusqu'en 1922.
Développement de l'Alphabet
Le but originel du groupe était de créer une collection de symboles phonétiques qui pouvaient montrer toutes les articulations utilisées par les langues humaines, donc chaque langue aura un alphabet qui peut décrire particulièrement les sons de cette langue. Enfin ils ont décidé qu'un alphabet universel, avec un seul symbol pour le même son dans les langues différentes était l'idéal, et le développement du projet s'avançait rapidement jusqu'au début du . Depuis cette époque, il y a eu plusieurs changements de l'alphabet, avec des ajouts et des soustractions indiqués par la science phonétique.
Examens
Depuis 1908, l'API distribue des Certificats de Compétence concernant la phonétique de l'anglais, du français et de l'allemand aux personnes qui passent un examen.
Liens externes
- [http://www.arts.gla.ac.uk/ipa/ipa.html Site officiel de l'API] (en anglais)
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Catégorie:Voix humaine
Alphabet phonétique international
L'alphabet phonétique international (API) est un alphabet utilisé pour la transcription phonétique des sons du langage parlé. Contrairement aux nombreuses autres méthodes de transcription qui se limitent à des familles de langues, l'API est prévu pour couvrir l'ensemble des langues du monde. Développé par des phonéticiens britanniques et français sous les auspices de l'Association phonétique internationale, il a été publié en 1888. Sa dernière révision date de 1993.
La transcription phonétique en API consiste à découper la parole en segments sonores supposés atomiques, et à employer un symbole unique pour chacun de ceux-ci, en évitant les combinaisons de lettres : par exemple, le son ch du français est noté [], le gli italien se transcrit [].
Le nombre de caractères principaux de l'API est de 118 ce qui permet de couvrir les sons les plus fréquents. Ces caractères sont pour la plupart des lettres grecques ou latines ou des modifications de celles-ci : , , , tirés de r ; , tirés de e. Les sons moins fréquents sont transcrits à partir des précédents en indiquant une modification du mode ou du point d'articulation par le biais d'un ou plusieurs signes diacritiques (au nombre de 76) sur le caractère principal : par exemple, le b du castillan caber (« tenir, rentrer dans ») est transcrit [] pour indiquer une spirante au lieu de la fricative bilabiale sonore [β]. Il existe également des symboles spéciaux pour noter des phénomènes suprasegmentaux, comme les tons mélodiques ou l'accent tonique : [], transcription de l'allemand dulden (« supporter, tolérer ») indique un accent tonique d'intensité sur la première syllabe (') et un n final vocalisé ( ).
On notera que l'usage linguistique est d'indiquer la transcription phonétique d'un mot entre crochets ; l'utilisation de barres obliques indique une transcription phonologique, c'est-à-dire qui oppose les traits pertinents des différents sons d'une langue donnée sans entrer dans le détail de leur prononciation.
L'utilisation de l'API est maintenant établie dans l'enseignement, l'apprentissage et l'étude des langues. Notamment, la plupart des dictionnaires bilingues utilisent cet alphabet ou une transcription phonologique qui en est inspirée. L'API est également un outil essentiel pour rendre à l'écrit les langues jusqu'à présent non écrites : de nombreuses langues d'Afrique se sont dotées d'une orthographe utilisant comme signes complémentaires des caractères de l'API ; un exemple typique est l'alphabet pan-nigérian.
Histoire
L'API a été développé au départ par des professeurs de langue britanniques et français sous la direction de Paul Passy dans le cadre de l'Association phonétique internationale, fondée à Paris en 1886 sous le nom de Dhi Fonètik Tîcerz' Asóciécon. La première version de l'API, publiée en 1888, était inspirée de l'alphabet romique d'Henry Sweet, lui-même élaboré à partir de l'alphabet phonotypique d'Isaac Pitman et Alexander John Ellis.
L'API a connu quatre révisions en 1900, 1932, 1989 et 1993.
Description de l'alphabet
Image : Fiche récapitulative de l'API. (en anglais)
Voyelles
Segments
L'API possède des caractères principaux pour les voyelles orales les plus courantes qui sont classées selon
- leur degré d'aperture : voyelles hautes (fermées), hautes inférieures, moyennes supérieures (mi-fermées), moyennes, moyennes inférieures (mi-ouvertes), basses supérieures, basses (ouvertes) ;
- leur point d'articulation : antérieur, quasi-antérieur, central, quasi-postérieur, postérieur ;
- leur caractère arrondi ou non.
Les autres sont transcrites à partir des voyelles prédéfinies par adjonction d'un ou plusieurs diacritiques modifiant l'articulation
Par exemple,
- les nasales du français standard sont (on), (hein), (un), (en) ;
- le /o/ bref du hongrois (par ex. kor, heure) est moins antérieur et légèrement plus ouvert que le /o:/ long (par ex. kór, maladie), une transcription soigneuse le donne comme [].
Quantité
La quantité des voyelles est indiquée comme suit :
Par exemple, Pose cette rose ! est souvent réalisé en français familier parisien [].
Tonèmes
La transcription des tonèmes suit le procédé ci-dessous.
- Pour certains tons dont le profil de hauteur est simple on utilise soit un diacritique soit un pictogramme représentant la hauteur du ton ou un accent (par exemple : ton de hauteur constante haut, mi-haut, médian, mi-bas, bas)
- Pour les tons dont le profil de hauteur est plus complexe seul un pictogramme représentant le profil du ton est prévu. Par exemple, il est possible de rendre le mandarin 我叫张 (« Je m'appelle Zhang ») par []1.
Notes :
# Il n'existe pas encore de standard informatique permettant d'afficher correctement les pictogrammes pour les tons de hauteur variable ainsi que certains diacritiques correspondants ; ci-dessus sont affichés à la suite les pictogrammes correspondant aux différentes hauteurs prises par le ton. Le tracé correct des diacritiques et des pictogrammes est donné sur la fiche récapitulative de l'API.
# La notation numérique des tons en exposant, par exemple 我姓张 [w214 51 tŋ5] est souvent utilisée pour pallier la piètre gestion des tons de l'API par les ordinateurs actuels. Cette notation n'est pas standard et son format dépend des familles de langues étudiées.
Consonnes
Segments
L'API classe les consonnes selon trois critères :
- le mode d'articulation ;
- le point d'articulation ;
- le caractère sourd ou voisé.
Comme pour les voyelles, des diacritiques permettent d'indiquer une modification du point ou du mode d'articulation afin transcrire des consonnes qui n'ont pas de symbole principal.
Par exemple,
- le t dental français est transcrit [] à partir de la plosive alvéolaire [t] ;
- le m dévoisé du français isthme est transcrit [] à partir de l'occlusive nasale voisée [m] ;
- la spirante bilabiale du castillan du mot caber (tenir dedans), allophone de /v/, est notée [] à partir de la fricative bilabiale [β].
Quantité
La quantité des consonnes est indiquée de la même manière que pour les voyelles. Le hongrois mit mondott? (qu'as-tu dit ?) sera transcrit [], phonologiquement /mit mondotː/.
Vocalisation
Une consonne vocalisée, c'est-à-dire servant de sommet à une syllabe, comporte un trait vertical souscrit :
- allemand reden (parler) : [] ;
- tchèque Brno (Brno) : [] ;
- anglais whistle (siffler) : [].
Syllabes
Les syllabes accentuées sont précédées d'une barre verticale :
- en exposant pour l'accent primaire : ;
- au niveau de la ligne de base pour les accents secondaires : .
Un point (.) sépare les syllabes.
Par exemple, l'allemand Rindfleischetikettierungsüberwachungsaufgabenübertragungsgesetz (loi sur le transfert de responsabilité de la surveillance de l'étiquettage de la viande bovine) se transcrit : [].
Unicode
Le jeu de caractères Unicode permet d'écire l'ensemble de l'API, à l'exception des indications tonales complexes. Les symboles et diacritiques se situent dans les blocs de caractères suivants :
- U+0000 à U+007F : latin de base ;
- U+0080 à U+00FF : supplément latin-1 ;
- U+0250 à U+02AF : alphabet phonétique international ;
- U+02B0 à U+02FF : lettres modificatives avec chasse ;
- U+0300 à U+036F : diacritiques ;
- U+0370 à U+03FF : grec et copte ;
- U+A700 à U+A71F : lettres tonales modificatives.
Certains caractères précomposés (avec diacritiques) sont accessibles dans les blocs suivants :
- U+0080 à U+00FF : supplément latin-1 ;
- U+0100 à U+017F : latin étendu A ;
- U+0180 à U+024F : latin étendu B ;
- U+1E00 à U+1EFF : supplément latin étendu.
Voir aussi
Bibliographie
- API
- Handbook of the International Phonetics Association: A Guide to the Use of the International Phonetic Alphabet ISBN 0-521-63751-1
- Élements de linguistique générale, André Martinet, ISBN 2-200-26573-5
- exemples linguistiques
- allemand : Duden, die Grammatik, ISBN 3-411-04046-7
- anglais : [http://dictionary.cambridge.org/ Cambridge Dictionary of American English], ISBN 0-521-77974-X
- mandarin : [http://www.mandarintools.com/cedict.html CEDICT]
Liens internes
- linguistique
- phonologie
- phonétique
- segment
- accent tonique
- ton
- transcription
- liste des méthodes de transcription
- SAMPA, une transcription de l'API en caractères ASCII
- Kirshenbaum, une transcription de l'API en caractères ASCII
- alphabet
- caractère
- diacritique
- confusions possibles
- alphabet radio
Liens externes
- [http://www2.arts.gla.ac.uk/IPA/ipa.html Site officiel de l’Association phonétique internationale] (en anglais).
- API en HTML
- tableau officiel
- [http://www.linguiste.org/phonetics/ipa/chart/ API sur www.linguiste.org] (en anglais)
- [http://sivanataraja.free.fr/api/ API et quelques symboles additionnels sur sivanataraja.free.fr]
- liste des symboles officiels
- [http://www.alanwood.net/unicode/phonetic_extensions.html caractères de l'API sur www.alanwood.net]
- [http://www.phon.ucl.ac.uk/home/wells/ipa-unicode.htm caractères de l'API sur www.phon.ucl.ac.uk]
- machine à écrire phonétique interactive
- [http://www.linguiste.org/phonetics/ipa/chart/keyboard/ clavier phonétique sur www.linguiste.org]
- [http://www.ling.su.se/fon/IPA-tecken.htm clavier phonétique sur www.ling.su.se]
- versions étendues de l’API
- [http://venus.unive.it/canipa/ IPA, système de Luciano Canepari] (documents PDF en anglais)
- API en Unicode sur le [http://www.unicode.org site du consortium Unicode] (documents PDF en anglais) :
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U0000.pdf latin de base]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U0250.pdf alphabet phonétique international]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U02B0.pdf lettres modificatives avec chasse]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U0300.pdf diacritiques]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U0370.pdf grec et copte]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/UA700.pdf lettres tonales modificatives]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U0080.pdf supplément latin-1]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U0100.pdf latin étendu A]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U0180.pdf latin étendu B]
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U1E00.pdf supplément latin étendu]
Catégorie:Linguistique Catégorie: Méthode de transcription Catégorie:Phonétique API
als:IPA
ja:国際音声記号
ko:국제 음성 기호
th:สัทอักษรสากล
zh-min-nan:Kok-chè Im-phiau
Paris
Paris est la capitale de la France et le chef-lieu de la région Île-de-France.
Elle est construite à cheval sur une boucle de la Seine, ce qui la divise naturellement en une rive gauche et une rive droite. Connue dans le monde entier pour ses monuments et sa vie artistique et culturelle, Paris est aussi un symbole historique fort, un centre politique et économique important et un point de passage pour les transports inter-européens.
Ses habitants sont appelés les Parisiens. Paris est également connue sous le nom argotique de « Paname ».
La devise de Paris est Fluctuat nec mergitur, soit « Il tangue mais ne coule pas » ; il s'agit de Scilicet, le navire représenté sur le blason de la ville et symbolisant l'ordre des marchands de l'eau commerçant sur la Seine. La patronne de la ville est sainte Geneviève, à qui il est attribué d'avoir convaincu Attila d'épargner la capitale gauloise, au .
Histoire
Attila]
Voir aussi la chronologie de Paris et l'Histoire de l'urbanisme parisien. On peut consulter des cartes anciennes de Paris sur le site Gallica .
Origine du nom de Paris
Paris doit son nom à la tribu des Parisii.
L'origine de ce nom n'est pas connue avec certitude. Il dériverait du mot gaulois kwar (carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne. D'autres étymologies ont été proposées. Selon les historiens Pierre Hubac et Cheikh Anta Diop, les Parisii devraient leur nom à la déesse égyptienne Isis, à laquelle de nombreux temples (ou enclos, per Isis en égyptien) étaient dédiés dans la région parisienne. Une légende rattache le nom de Paris à celui de la cité engloutie d'Ys.
Préhistoire
Le site de Paris est occupé par l'homme depuis au moins 40 000 ans, comme en témoignent les outils en pierre taillée retrouvés hors contexte lors des différents travaux de terrassement en bord de Seine.
Les plus spectaculaires découvertes archéologiques in situ ont été faites dans le XII arrondissement, où ont été mis à jour en 1991 les vestiges parmi les plus anciens de l'occupation humaine permanente sur le territoire de Paris. Les fouilles sur la ZAC de Bercy, ont permis la découverte des traces d'un village de la période chasséenne (entre 4000 et 3800 av. J.-C.), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, dévoilant un mobilier archéologique exceptionnel : pirogues de bois, poteries, arcs et flèches, outils en os et en pierre.
Antiquité
chasséenne]]
C'est le flou le plus total entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, et encore, les Parisii, peuple Gaulois, étaient maîtres des lieux quand les troupes de César sillonnèrent le pays. Certains évoquent des dates entre -250 et -200 pour la fondation du Paris des Parisii, sans grands arguments à faire valoir. En 52 av. J.-C., lorsque Labienus, lieutenant de Jules César, prit Paris, elle était appelée Lutetia (traduit plus tard en français par Lutèce) par les Romains. Le rôle de capitale de la Gaule était alors dévolu à Lugdunum (Lyon). On ne connaît pas aujourd'hui avec certitude l'emplacement de la cité gauloise. On a longtemps pensé qu'elle se trouvait dans l'île de la Cité mais cette hypothèse est aujourd'hui très discutée (cette dernière ayant été complètement fouillée lors du chantier du métro). La cité gauloise a très bien pu se situer dans l'île Saint-Louis ou dans une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche et qui se trouvait en face de l'île Saint-Louis (delta formé par l'embouchure de la Bièvre). Une hypothèse très discutée actuellement est de placer le village gaulois d'origine non loin du mont Valérien à Nanterre.
La cité romaine a été construite au sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Lutèce était construite autour de la rue Saint-Jacques (qui en était le cardo) selon un plan organisé en rues perpendiculaires. Le centre de la ville est fixé par les architectes romains au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques. Le forum s'étendait de la rue Saint-Jacques au boulevard Saint-Michel et de la rue Cujas à la rue Malebranche. Des thermes étaient construits à l'angle du boulevard Saint-Germain et du boulevard Saint-Michel, ainsi qu'à proximité de l'actuel Collège de France, à l'angle de la rue des Écoles et de la rue Jean-de-Beauvais. Un théâtre se trouvait à l'angle de la rue de l'École de médecine et du boulevard Saint-Michel, à l'emplacement actuel de la rue Racine. À l'est de la ville, une rivière aujourd'hui canalisée, la Bièvre, contournait la montagne Sainte-Geneviève en passant au niveau du jardin des Plantes. La rivière traversait à cette époque le XIII arrondissement pour se jeter dans la Seine au niveau de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis. Les Arènes de Lutèce étaient construites à l'est de la ville, à proximité de la Bièvre. Un cimetière est implanté au sud de la ville, à l'emplacement de l'abbaye de Port-Royal.
Époque médiévale
Paris prend son nom actuel au et Clovis, Mérovingien et roi des Francs, s'y établit pour en faire sa capitale en 508, suite à sa victoire sur les Romains. Dès le , on note la présence d'un lieu de culte implanté sur la rive droite : l'église Saint-Gervais (aujourd'hui située derrière l'Hôtel de ville). Au , des enceintes furent édifiées sur la rive droite pour protéger les paroisses de Saint-Gervais et Saint-Germain-l'Auxerrois (aujourd'hui situées près du Louvre). L'enceinte de Saint-Gervais devait se situer approximativement au niveau des rues des Barres, de Rivoli, et de la Tacherie. La rive gauche fut entièrement détruite par les Normands en 885. Quand la couronne échut aux Capétiens, en 987, Paris était une des deux grandes villes de leur domaine personnel (avec Orléans). Leur ancêtre Eudes s'illustra en la défendant face aux Vikings.
Les premières agglomérations de la rive droite datent du . Il s'agit alors de Saint-Martin-des-Champs (aujourd'hui rue Réaumur), Saint-Germain-l'Auxerrois, et Saint-Gervais. Les rois se fixèrent progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108), et plus encore de Philippe-Auguste (1190-1220). Paris devint alors définitivement la capitale du royaume. La rive gauche de la ville ne fut véritablement reconstruite qu'au . À la même époque, la rive droite était constituée de quatre quartiers : le quartier de Grève (Saint-Gervais), le Châtelet, les Halles et Saint-Germain-l'Auxerrois. Le quartier de Grève s'étendait alors jusqu'à l'église Saint-Merri.
L'enceinte construite par Philippe-Auguste allait de la rue Étienne-Marcel à la rue de l'Estrapade, et du Louvre aux Fossés-Saint-Bernard. Par la suite, Paris s'étendit surtout sur la rive droite. Au , l'enceinte de Charles V (1371-1380) englobait l'ensemble des III et IV arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis (emplacement de l'actuelle rue d'Aboukir).
rue d'Aboukir
De Henri IV à la monarchie de Juillet
Au , Henri IV, qui selon la légende trouvait que « Paris vaut bien une messe », construisit les premiers ensembles architecturaux modernes avec la place des Vosges. Son successeur Louis XIII étendit l'enceinte de Charles V sur la rive droit pour englober l'équivalent des quatre premiers arrondissements. Louis XIV, quant à lui, détruisit cette enceinte pour construire sur son emplacement les premiers grands boulevards. Au , l'enceinte des Fermiers généraux « mura » les onze premiers arrondissements actuels. La ville construite ne s'étendait pourtant alors que sur la superficie couverte aujourd'hui par les six premiers arrondissements, le jardin du Luxembourg marquant la frontière de la ville.
C'est à Paris, à l'endroit où la rue Saint-Antoine rejoint l'actuelle place de la Bastille, que débuta la Révolution française le 14 juillet 1789, avec le soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine et la prise de la Bastille. La Commune de Paris joua alors un rôle de radicalisation. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la Mairie, s'employèrent sous la Terreur à incarcérer tout ce que la ville comptait encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire de Paris est aujourd'hui le seul de France à être privé de tout pouvoir de police.
Sous la monarchie de Juillet, la ville s'agrandit brutalement jusqu'au mur des Fermiers Généraux.
Le Paris moderne
Avec Haussmann et le Second Empire, Paris s'engaga dans de gigantesques travaux de modernisation. Le Paris d'aujourd'hui est avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann. Le 1 janvier 1860, onze communes périphériques furent entièrement annexées et d'autres perdirent une partie de leur territoire au profit de Paris (voir Arrondissements de Paris). La capitale française passa de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares.
Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris qui s'opposait au Gouvernement provisoire de Versailles, conduit par Adolphe Thiers.
Adolphe Thiers]]
Au et siècles, Paris a accueilli de nombreuses expositions universelles. La Tour Eiffel fut construite pour celle de 1889, et le métro parisien fut inauguré à l'occasion de celle de 1900.
En 1910, une crue de la Seine provoqua l'une des plus graves inondations de Paris.
L'armée allemande occupa Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1944. À l'approche des troupes alliées arrivant de Normandie, une rébellion éclata le 19 août 1944. Le 25 août, à l'arrivée de la deuxième division blindée du général Leclerc, le commandant de la garnison, le général Dietrich von Choltitz, capitula sans exécuter les ordres qui lui enjoignaient de détruire la ville. Seul le central téléphonique militaire de la rue Saint-Armand fut détruit.
En mai 1968, les étudiants parisiens furent les premiers à déclencher des émeutes dans le quartier latin. Un Comité pour le maintien des occupations (CMDO) fut créé à la Sorbonne à l'initiative de l'Internationale Situationniste.
En 1976, l'État a accordé pour la première fois une municipalité autonome à la capitale. Jacques Chirac fut alors élu maire de Paris. Devenu président de la République, il a été remplacé en 1995 par Jean Tiberi auquel a succédé Bertrand Delanoë en 2001. Bertrand Delanoë se démarque surtout de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la capitale au profit des transports en commun (avec des voies de bus en site propre) et des taxis.
Paris a organisé les Jeux Olympiques en 1900 et en 1924. Elle a été candidate malheureuse à l'organisation des jeux d'été de 1992, 2008 et 2012, finalement revenus à Barcelone, Pékin et Londres. Voyez l'article principal : Paris 2012.
Démographie
Paris 2012
Selon les estimations de l'Insee, la population de la ville de Paris est de 2 142 800 habitants au 2004, pour une superficie de 10 540 hectares, soit une densité de 20 408 habitants par km². En 1999, l'agglomération définie par l'INSEE comprend 396 communes et totalise 9 644 507 habitants. Toujours en 1999, son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint 11 174 743 habitants, ce qui en fait la 23e aire urbaine du monde.
Vers 1800, Paris comptait déjà environ 500 000 habitants. Au cours du , sa population augmenta considérablement grâce à l'arrivée massive d'habitants de toutes les régions de France : c'est l'exode rural. Elle dépasse le million d'habitants dès les années 1840. Le 16 juin 1859, une loi annexa à Paris plusieurs communes voisines, étendant ainsi les limites de la commune jusqu'à la ligne de fortifications qui entoure la ville et ses faubourgs. Furent ainsi rattachées à Paris les communes de Belleville, Grenelle, Vaugirard et La Villette dans leur totalité, d'Auteuil, Les Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle-Saint-Denis, Charonne, Montmartre et Passy en majeure partie (les parties de ces communes situées à l'extérieur des fortifications étant rattachées aux communes voisines), ainsi que des quartiers d'Aubervilliers, Bagnolet, Gentilly, Issy, Ivry, Montrouge, Neuilly, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Saint-Ouen et Vanves. Cette loi prend effet le 1 janvier 1860, et marque la continuité d'une série de grands travaux, dirigés par Haussmann - préfet de la Seine de 1853 à 1870 -, pour moderniser la ville et reconstruire les quartiers les plus insalubres (par exemple l'actuel VIII arrondissement, qui était alors le plus délabré de la ville, et qui devient l'un des quartiers les plus huppés). Le quartier Montparnasse connut une vie culturelle intense durant la Belle Époque.
L'annexion des faubourgs apporta à Paris près de 500 000 nouveaux habitants, et la croissance continue de façon ininterrompue jusqu'au début du . À la veille de la Première Guerre mondiale, Paris avait près de 2 900 000 habitants. Dans les décennies suivantes, en raison de la régression démographique, très touchée par les deux guerres mondiales et par une forte chute de la natalité (inférieure à la mortalité dès 1935), et aussi parce que la ville surpeuplée n'a plus la place d'accueillir de nouveaux habitants, la population stagna puis baisse légèrement. Cette stagnation masquait en réalité le début d'une importante dédensification. Les arrondissements centraux, où les densités de population atteignaient 80 000 habitants par km² à la fin du , commencèrent à se dépeupler au profit des arrondissements périphériques. Dans le même temps, la banlieue commença à s'étendre et à se densifier de plus en plus rapidement, poursuivant la croissance de l'agglomération qui ne pouvait plus se faire au centre. (http://www.presse.tk/ Source : Pression])
Après la Seconde Guerre mondiale, la population tomba à 2 725 374 habitants (recensement de 1946). Elle connaît une nouvelle reprise (2 850 189 habitants en 1954) grâce à la croissance économique et démographique propre à toute la France. Cependant, dès la fin des années 1950, le phénomène de saturation se manifeste à nouveau. Paris surpeuplée recommença à se vider à partir du centre vers la périphérie. De nombreux programmes immobiliers transforment des appartements en bureaux, contribuant à cette baisse de la population, qui est particulièrement rapide dans les années 1960 et 1970. La population passe de 2 790 091 en 1962 à 2 299 830 en 1975. La baisse, ininterrompue, s'est cependant fortement ralentie depuis 1980 environ, et les prévisions qui annonçaient moins de deux millions d'habitants n'ont pas été vérifiées. Les estimations de l'Insee pour le 1er janvier 2004 donnent pour la première fois depuis un demi-siècle un accroissement de la population parisienne, conformément à une tendance au repeuplement du centre observé déjà dans d'autres métropoles, comme Londres et New York.
Sources :
- Jacques Dupâquier, Histoire de la population française, Paris, PUF, 1995.
- Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de Paris, Paris, Robert Laffont, 1996.
- Données INSEE.
Les données concernant l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge sont insuffisantes (de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'habitants).
Pour des données sur l'agglomération et l'aire urbaine de Paris, se reporter à l'article sur l'agglomération parisienne.
Organisation administrative
Depuis la loi du 10 juillet 1964 sur la réorganisation de la région parisienne, entrée complètement en vigueur le 1 janvier 1968, la ville de Paris est à la fois un département et une commune. Auparavant - depuis 1790 -, Paris était le chef-lieu du département de la Seine.
Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité entre Paris et sa banlieue. Il faut en effet préciser que le territoire de la Ville de Paris ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales.
Le département de la Ville de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en 20 arrondissements municipaux, créés lors de sa dernière extension territoriale, en 1860, en remplacement des 12 arrondissements qui existaient auparavant - depuis le 11 octobre 1795.
Le statut de la ville a changé plusieurs fois :
- Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris avec une assemblée démocratiquement élue.
- La Troisième République, dirigée par des conservateurs effrayés par l'épisode de gestion démocratique de la Commune. Ceux-ci édictèrent la loi du 5 avril 1884 qui donnait le pouvoir exécutif au préfet de Paris et les pouvoirs de police au préfet de police. Le conseil de Paris, élu lors des élections municipales, désignait chaque année un président dont le rôle est principalement représentatif. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait être approuvé par l'État.
- La loi du 31 décembre 1975, entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977, instaura un conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent un maire. Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parts égales par les électeurs, le maire de Paris et le conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conservait les pouvoirs de police.
- La loi du 31 décembre 1982 (première loi de décentralisation), entre en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983. Elle a porté à 163 le nombre de conseillers de Paris et étend ses pouvoirs, principalement en matière budgétaire. Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité, même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police.
Les élections municipales se déroulent par arrondissement. Chaque arrondissement élit ses conseillers d'arrondissement (517 au total), dont une partie devient ensuite conseillers de Paris. Les conseils d'arrondissement élisent les maires d'arrondissement une semaine après le scrutin.
Le conseil de Paris ayant simultanément les attributions d'un conseil municipal (à la tête de la commune) et d'un conseil général (à la tête du département), il n'y a pas de cantons, et pas d'élections cantonales à Paris.
Cependant, dans des buts statistiques, en particulier dans les nomenclatures de l'Insee décrivant le découpage administratif de la France, les arrondissements de Paris sont souvent considérés comme des cantons.
Maires de Paris depuis 1977 :
- 1977-1995 : Jacques Chirac (réélu en 1983 et en 1989)
- 1995-2001 : Jean Tiberi
- 2001- : Bertrand Delanoë
Nombre de conseillers élus par arrondissement :
!Arrondissement
! I || II || III|| IV || V || VI || VII || VIII|| IX || X
! XI || XII || XIII|| XIV || XV || XVI ||XVII ||XVIII|| XIX || XX
|----- align="center"
!Conseillers d'arrondissement
| 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 12
| 22 || 20 || 26 || 20 || 34 || 26 || 26 || 28 || 24 || 26
|----- align="center"
!Conseillers de Paris
| 3 || 3 || 3 || 3 || 4 || 3 || 5 || 3 || 4 || 6
| 11 || 10 || 13 || 10 || 17 || 13 || 13 || 14 || 12 || 13
|----- align="center"
!Nombre total d'élus
| 13 || 13 || 13 || 13 || 14 || 13 || 15 || 13 || 14 || 18
| 33 || 30 || 39 || 30 || 51 || 39 || 39 || 42 || 36 || 39
|{{{{{{commons|Paris|Paris{commons|Maps of Paris|Paris et ses arrondissements (plans détaillés){Wikiquote{wikitravel|Paris|Paris{bibliol|1{FranceDep{Duo portail|Portail Paris|Portail Île-de-France{lien AdQ|fi{lien AdQ|ro
JanvierCatégorie:Mois de l'année
Catégorie:Mois de l'année
Le mois de janvier est le premier mois du calendrier grégorien. Son nom vient du latin januarius, en l'honneur du dieu romain des portes : Janus.
Durant ce mois, il est coutume dans les sociétés occidentales de souhaiter la « bonne année ».
Dieux romains
ja:1月
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ms:Januari
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th:มกราคม
1897Catégorie:1897
Cette page concerne l'année 1897 du calendrier grégorien.
Événements
Europe
- En mars, guerre entre la Grèce et la Turquie.
- L'île de Crète est réunie à la Grèce.
- 1er Congrès sioniste à Bâle sous la direction de Theodor Herzl, avec la promulgation de la Déclaration de Bâle selon laquelle le sionisme a pour but la création d'un foyer national juif, et création des organes de l'Organisation sioniste mondiale, chargé de la mobilisation politique. Theodor Herzl en est nommé son premier président.
- Lors de ce congrès le pasteur luthérien allemand Johann Lepsius, défenseur de la cause arménienne, persécuté par les autorités allemandes qui soutenaient le gouvernement ottoman, tenta de lier la cause des deux peuples dispersés, dans son rapport intitulé : « Arméniens et Juifs en exil, ou l'avenir de l'Orient compte tenu de la question arménienne et du mouvement sioniste ».
France
- 30 octobre : Affaire Dreyfus : le vice-président du Sénat, Scheurer-Kestner révèle au ministre de la Guerre ses convictions sur l'innocence de Dreyfus.
- En décembre, second non-lieu en faveur d'Hesterazy : « Il n'y a pas d'affaire Dreyfus ».
- Fondation de l'Union suisse des paysans à Berne.
- Genève accueille le premier Congrès suisse pour la défense des intérêts de la femme.
- Premier congrès sioniste à Bâle.
- Le canton des Grisons rachète les Chemins de fer rhétiques.
Afrique
- Togo : La capitale est transférée de Aného à Lomé.
Amériques
États-Unis
- Début de la présidence républicaine de William McKinley aux États-Unis (fin en 1901).
- Les troupes américaines prennent les îles Hawaii qui deviennent le premier pays extérieur incorporé aux États-Unis.
- Ouverture du premier métro américain à Boston.
Asie & sous-continent indien
- Accord anglo-siamois sur les frontières entre le Siam et la Malaisie.
- Épidémie de peste à Bombay.
Chronologies thématiques
- Chemins de fer : 1897 dans les chemins de fer
- Cinéma : 1897 au cinéma
- Sports : 1897 en sport
- Beaux-Arts :
- 3 avril : Fondation à Vienne (Autriche) du mouvement de la Sécession, par des artistes tels que Gustav Klimt, ou Otto Wagner.
- À Glasgow, les Mackintosh fondent une école d'art, participation britannique au mouvement de l'Art nouveau.
- Auguste Rodin sculpte Balzac.
- Littérature :
- L'écrivain anglais Rudyard Kipling publie Capitaines courageux.
- L'écrivain anglais d'origine polonaise Joseph Conrad écrit Le nègre du Narcisse.
- L'écrivain français André Gide écrit Les nourritures terrestres.
- L'écrivain indien Rabindranath Tagore écrit ses Poèmes.
- Le dramaturge français Edmond Rostand écrit Cyrano de Bergerac.
- L'écrivain anglais Abraham Stoker écrit Dracula.
- Sciences & techniques :
- 7 mars : Les frères Kellog inventent les corn-flakes.
- 30 avril : Le physicien anglais Joseph John Thomson découvre l'électron.
- 19 juin - L'anglais Percy Pilcher fait voler un planeur (hawk) équipé de deux roues de bicyclette formant le train d'atterrissage.
- octobre - Clément Ader réalise le premier vol horizontal (300 mètres) avec « Avion III ».
- L'ingénieur allemand Rudolf Diesel invente le moteur qui porte son nom.
- Le médecin anglais Ronald Ross découvre le bacille de la malaria.
- Le savant britannique Ernest Rutherford expose sa « structure de l'atome ».
- Ouverture du premier métro américain à Boston.
- Le savant américain John Jacob Abel isole l'adrénaline.
- Exploration :
- L'alpiniste Mattias Zurbriggen est le premier à réussir l'ascension de l'Aconcagua, le point culminant des Andes.
- L'explorateur belge Adrien de Gerlache est le premier à hiverner dans l'Antarctique à bord d'un bateau.
- 2 janvier : Gaston Monnerville, homme politique français
- 17 janvier : Marcel Petiot, tueur en série français
- 19 mai : Frank Capra, réalisateur américain d'origine italienne
- 27 mai : John Douglas Cockcroft, physicien britannique
- 9 juillet : Jean Cassou, écrivain, français.
- 12 septembre : Irène Joliot-Curie, physicienne française
- 16 septembre : Georges Bataille, écrivain français
- 23 septembre : Paul Delvaux, peintre belge
- 25 septembre : William Faulkner, écrivain américain
- 3 octobre : Louis Aragon, écrivain et poète français
- 29 octobre : Joseph Goebbels, homme politique nazi
- Étienne Beothy, sculpteur hongrois
- 5 février : Antonio Canovas del Castillo, assassiné par un anarchiste pro-cubain.
- 3 avril : Johannes Brahms, compositeur (° 1833).
- 6 mai : Alfred Des Cloizeaux, minéralogiste français (° 1817).
- 31 juillet : Auguste Lacaussade, poète français (° 1815).
- 10 août : James William Abert, officier et un explorateur américain (° 1820).
- 16 décembre : Alphonse Daudet, écrivain français (° 1840).
- 19 décembre : Stanislas de Guaita, poète, occultiste français.
- Antoine d'Abbadie d'Arrast, savant et voyageur français (° 1810).
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1914Catégorie:1914
Cette page concerne l'année 1914 du calendrier grégorien.
Événements
Début de la Première Guerre mondiale d'août 1914 à novembre 1918
- 28 juin : Assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trone de l'Autriche-Hongrie et de sa femme Sophie par Gabriel Princip. C'est l'événement déclencheur de la Première Guerre mondiale.
- 15 juillet : Visite du président de la république française Raymond Poincaré et du président du conseil René Viviani en Russie. Retour en France le 29 juillet.
- 17 juillet : L'ultimatum autrichien à la Serbie est mis au point avec les Allemands.
- 23 juillet : L'ultimatum autrichien est lancé à la Serbie.
- 27 juillet : France : les syndicats organisent des manifestations contre la guerre.
- 28 juillet :
- Déclaration de guerre de l'Autriche à la Serbie.
- Le gouvernement serbe accepte partiellement l'ultimatum autrichien.
- 29 juillet : Le Bureau international socialiste se réunit à Bruxelles pour définir la position de la Deuxième Internationale face à la crise.
- 30 juillet :
- Mobilisation générale en Russie.
- Mobilisation générale en Autriche dans la nuit du 30 au 31.
- 31 juillet : Le dirigeant socialiste français Jean Jaurès, favorable à la paix, est assassiné.
- :
- L'Allemagne déclare la guerre à la Russie.
- Mobilisation générale en France et en Allemagne.
- 2 août : Ultimatum allemand à la Belgique, invasion de la Belgique et du Luxembourg.
- 3 août : L'Allemagne déclare la guerre à la France.
- 4 août :
- L'Angleterre déclare la guerre à l'Allemagne.
- Le président français Raymond Poincaré appelle à l'Union Sacrée
- 19 août :
- Échec de la percée française en Lorraine (19-20 août).
- Le président Woodrow Wilson proclame la neutralité des États-Unis dans le conflit.
- 21 août : La France perd la bataille des frontières (21-23 août).
- 26 août :
- À Tannenberg, les Allemands stoppent les offensives russes (26-29 août).
- L'Union Sacrée se concrétise en France, les socialistes entrent au gouvernement
- 29 août : Le gouvernement français quitte Paris menacée par l'avancée allemande et s'installe à Bordeaux.
- 4 septembre : L'armée allemande occupe Reims.
- 6 septembre : Première bataille de la Marne, les Français contiennent l'avancée allemande (6-9 septembre).
- 8 septembre : Victoire allemande des lacs Mazures, qui confirme Tannenberg.
- En octobre, « Course à la mer » entre les armées allemande, française et britannique (oct.-nov.).
- 2 novembre : La Serbie déclare la guerre à l'Empire ottoman qui rejoint les Allemands et les Autrichiens.
- 5 novembre : Les Britanniques annexent Chypre, qu'ils administraient jusque là sous souveraineté ottomane.
- Le Japon rejoint les alliés et prend la base allemande de Tsingtao en Chine.
- Les sous-marins allemands (U-Boote) font de grands ravages dans la flotte alliée.
- Une flotte allemande défait les Anglais à Coronel, puis est quasiment détruite aux Malouines.
Afrique
Amériques
- Le canal de Panama est terminé.
- 29 avril : Le naufrage de lEmpress of Ireland dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent fait 1012 morts.
- 6 décembre Pancho Villa et Emiliano Zapata entrent ensemble à Mexico au terme de quatre ans de luttes révolutionnaires
- Elijah Muhammad fonde la Nation de l'Islam (Black Muslims) aux États-Unis.
- Le Tennessee interdit l'enseignement de la théorie de l'évolution de Charles Darwin ce qui conduit au procès du singe entre science et christianisme.
Asie & monde indien
- Gandhi part d'Afrique du Sud et rentre en Inde.
Europe
- Début du pontificat de Benoît XV (fin en 1922).
- Charles, un petit neveu de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, devient premier dans le rang de succession, après l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche.
- Septembre, signature du Home Rule par le roi d'Angleterre George V
- Règne éphémère de Guillaume de Wied en Albanie.
- Début de l'occupation de l'Albanie par l'Italie (fin en 1919).
- 17 mars : À Paris, Henriette Caillaux assassine Gaston Calmette, le directeur du Figaro, son époux Joseph Caillaux, ministre des Finances, démissionne.
- 26 avril : Victoire de la gauche aux élections législatives en France (26 avr-10 mai).
- 9 juin : Alexandre Ribot président du Conseil.
- 13 juin : René Viviani président du Conseil.
- 15 juillet : en France, vote de la loi de finances instaurant l'impôt sur le revenu, préparée par Joseph Caillaux
- L’Exposition nationale ouvre ses portes à Berne.
- La Suisse décrète la mobilisation générale ().
- Ouverture du Parc national suisse.
Chronologies thématiques
- Aéronautique : 1914 en aéronautique.
- Chemins de fer : 1914 dans les chemins de fer.
- Sports : 1914 en sport.
- Arts & culture :
- Edition populaire du Rameau d'Or de Sir James Frazer, longue étude sur la magie et la religion.
- La couturière Coco Chanel commence à produire ses vêtements à Paris.
- Charles Chaplin met en place son personnage de Charlot dans une série de cours-métrages.
- Projection du premier long métrage en couleurs Le monde, la chair et le diable est présenté à Londres.
- Sciences & techniques :
- 1 novembre : Première commercialisation de l'aspirine.
- Le médecin viennois Sigmund Freud publie Le malaise dans la civilisation.
- Le physiologiste russe Ivan Petrovich Pavlov travaille sur les réflexes conditionnés.
Prix Nobel
- Prix Nobel de physique : Max von Laue
- Prix Nobel de chimie : Theodore William Richards
- Prix Nobel de physiologie ou médecine : Robert Bárány
- Prix Nobel de littérature : non attribué
- Prix Nobel de la paix : non attribué
- 5 janvier : Nicolas de Staël, peintre français († 16 mars 1955)
- 18 janvier : Arno Schmidt, écrivain allemand
- 4 avril : Marguerite Duras, romancière française († 3 mars 1996)
- 8 avril : Maria Felix, actrice mexicaine
- 11 avril : Norman McLaren, réalisateur écossais de films d'animation († 1987)
- 8 mai : Romain Gary, écrivain français († 1980)
- 11 mai : Haroun Tazieff, géologue et volcanologue français († 1998)
- 9 juin : Jacques Fauvet, journaliste français
- 12 juin : William Lundigan, acteur américain († 1975)
- 26 juin : Lyman Spitzer, astrophysicien américain († 1997).
- 31 juillet : Louis de Funès, acteur français († 1983)
- 2 août : Félix Leclerc, poète et chanteur québécois († 1988)
- 12 août : Luis Mariano, chanteur d'opérette espagnol († 1970)
- 7 septembre : James Alfred van Allen, physicien et astronome américain
- 13 septembre : Henri Curiel, militant communiste égyptien, assassiné († 4 mai 1978)
- 6 octobre : Thor Heyerdahl, (traversée du Pacifique sur le Kon Tiki) († 18 avril 2002).
- 26 octobre : Jackie Coogan, enfant-star d'Hollywood, interprète à 8 ans dOliver Twist en (1922) († 1984).
- 28 octobre : Jonas Salk, scientifique américain (vaccin contre la « Polio ») († 23 juin 1995)
- 30 décembre : Christine Gouze-Rénal, productrice de cinéma française
- Gil Elvgren, dessinateur américain († 29 février 1980)
- Jean-Toussaint Desanti, philosophe français
- 20 février : Paul Chevré, sculpteur, survivant du désastre RMS Titanic.
- 15 mars : Albert Charles Lewis Günther herpétologiste et ichtyologiste britannique d'origine allemande (° 1830).
- 25 mars : Frédéric Mistral, poète français (° 1830).
- 26 avril : Eduard Suess, géologue autrichien (° 20 août 1831)
- 9 mai :Paul Héroult, scientifique français (° 1863).
- 28 juin : François-Ferdinand, archiduc, héritier de l'empire Autriche-Hongrie (° 1863).
- 31 juillet : Jean Jaurès (assassiné), philosophe, historien et théoricien socialiste (° 1859).
- 20 août : Pie X, né Giuseppe Melchiore Sarto, pape (° 1835).
- 5 septembre : Charles Péguy, écrivain français (° 1873).
- 22 septembre : Alain-Fournier, écrivain français (° 1886).
- 28 septembre : Jean Bouin, athlète français (° 1888).
- 24 décembre : John Muir, naturaliste et écrivain américain (° 1838).
- 27 décembre : Ottó Herman, scientifique et homme politique hongrois (° 1835).
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Première Guerre mondiale
La Première Guerre mondiale dura de 1914 à 1918. Ce fut le premier conflit couvrant plus de la moitié de la Terre, d'où le nom de « guerre mondiale ». Cependant, antérieurement au début de la Seconde Guerre mondiale, on appelait cette guerre « la Grande Guerre », « la Guerre des Guerres » ou la « Der des Ders ».
Causes
Il existe de nombreuses causes au déclenchement de la Première Guerre mondiale et rétrospectivement, elle paraît inévitable. Cependant, à plusieurs reprises, le déclenchement de la guerre aurait pu être évité (épisode de la canonnière d'Agadir, nombreux incidents de frontières franco-allemands, nombreuses Guerres des Balkans sans conséquences sur le reste du monde).
Rivalités économiques et coloniales
À la fin du , l'Europe domine le monde, technologiquement, financièrement, économiquement, et surtout politiquement. Le Royaume-Uni surtout, mais également la France ont un empire immense qui assurait une quasi exclusivité de commerce et d'exploitation des richesses sur un régime colonial. Entre 1914 et 1918, les colonies, les dominions et les protectorats ont participé à l'effort de guerre en envoyant des matières premières, du matériel et des hommes en Europe.
L'Afrique est presque entièrement colonisée (à l'exception du Liberia et de l'Éthiopie) et se trouve au coeur des tensions européennes. Alors que la France contrôle une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, les Britanniques sont présents dans l'est du continent. Un conflit entre ces deux métropoles aurait pu éclater avec l'incident de Fachoda. Mais la montée en puissance de l'Allemagne les a rapprochées dans l'Entente cordiale. L'Allemagne, qui ne possédait qu'un empire colonial limité (Cameroun, Namibie, Tanzanie, Togo, îles Carolines et îles Marshall d'aujourd'hui) et réalisant de façon tardive son unité, était arrivée trop tard dans la compétition coloniale et le partage du monde entre Européens. Surtout, elle ne dispose pas de colonies de peuplement. Elle manifeste ses prétentions sur le Maroc au cours de deux crises en 1905 et 1911, qui l'ont opposée à la France.
L'influence européenne en Asie est moins spectaculaire, mais suscite également des problèmes. La Chine littorale tombe sous la domination économique occidentale. Les États-Unis, le Japon et la Russie sont des puissances concurrentes des états européens dans cette région. L'empire turc ottoman est placé sous la tutelle financière et économique allemande. Les Russes souhaitent étendre leur contrôle sur le débouché méditerranéen.
Enfin, c'est la puissance industrielle allemande qui inquiète les états européens : les produits allemands inondent les marchés français et britanniques.
Les questions nationales
A la veille du conflit, l'Europe est en proie aux problèmes des nationalités et des revendications de territoires. Ces difficultés concernent surtout le centre du continent :
- L'Alsace-Lorraine, perdue à la suite de la défaite française de 1870-1871 est intégrée à l'empire allemand. Les Français souhaitent la reprendre et vivent dans un esprit revanchard et germanophobe. Dans les écoles françaises, où allaient tous les enfants depuis les lois de Jules Ferry, on coloriait l'Alsace et la Lorraine en noir sur la carte de France — territoires qu'elle avait dû céder à l'Allemagne par le Traité de Francfort. Cette génération a donc été élevée avec le syndrome du membre amputé. En 1914, il n'y a que 1 % de déserteurs. Ils étaient 30 % en 1870.
;Les Balkans : Les pays des Balkans, libérés de l'Empire ottoman, sont l'objet de rivalités entre les grandes puissances européennes. L'Empire ottoman qui s'émiette peu à peu (guerres balkaniques), ne possède plus en Europe, à la veille de la guerre, qu'Istanbul. Tous les jeunes pays issus de sa décomposition (Grèce, Bulgarie, Roumanie, Serbie, Monténégro, Albanie) s'affrontent. La Serbie veut obtenir un débouché maritime et soutient les revendications des Slaves des Balkans. Elle est alliée à l'empire russe.
De plus, les deux ennemis séculaires de l'Empire ottoman poursuivent leur politique traditionnelle. L'Autriche-Hongrie désire continuer son expansion dans la vallée du Danube, jusqu'à la mer Noire. La Russie, elle, est liée historiquement et culturellement aux Slaves des Balkans, de confession orthodoxe, et leur a déjà souvent prêté son appui dans le passé. Elle dispose donc d'alliés naturels dans sa politique de conquête d'un accès à une mer chaude (Mer Méditerranée). Cette politique passe par le contrôle des Détroits. Évidemment, ces deux politiques entre une puissance catholique et une puissance orthodoxe provoquent des affrontements (les deux empires possèdent d'ailleurs un aigle bicéphale comme emblème).
; Les ambitions italiennes : L'Italie veut prendre des territoires au voisin autrichien, s'étendre en Dalmatie et contrôler la mer Adriatique.
; Les empires multinationaux : Les empires d'Autriche-Hongrie, de Russie et d'Allemagne regroupent différents peuples qui revendiquent plus d'autonomie ou une reconnaissance politique. Ainsi, les Polonais sont privés d'état souverain et se trouvent partagés entre l'Allemagne, la Russie et l'empire d'Autriche-Hongrie.
Système d'alliances et course aux armements
De vastes systèmes d'alliances se créèrent : la France, le Royaume-Uni et la Russie d'un côté (cette alliance se nomme la Triple-Entente), l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie, ennemi de la Russie et de la Serbie (la Triple-Alliance ou Triplice). Dans les deux camps, la course aux armements s'accélère et on assiste à une surenchère dans la préparation de la guerre. Les dépenses consacrées aux armées s'envolent. Le matériel est modernisé et la durée du service militaire allongée dans plusieurs pays.
L'engrenage infernal
L'événement déclencheur fut le double assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie et de son épouse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, à Sarajevo le 28 juin 1914 par Gabriel Princip. L'Autriche-Hongrie suspectant, dans l'ombre de ce nationaliste, des organisations secrètes ayant leurs bases arrières en Serbie, elle exigea de pouvoir mener une enquête sur place, ce à quoi s'opposa la Serbie pour des raisons de souveraineté. L'Autriche posa alors un ultimatum le 28 juillet à la Serbie. La Serbie ne céda pas. L'attaque de la Serbie par l'Autriche déclencha les dispositions prévues par les alliances : le 30, les Russes mobilisent leurs troupes et se préparent à entrer en guerre pour aider leurs alliés serbes, le les Allemands vinrent à leur tour prêter main-forte aux Autrichiens en déclarant la guerre à la Russie, puis le 3 à la France. Le 4, le Royaume-Uni déclara la guerre à l'Allemagne, dès l'invasion par celle-ci de la Belgique neutre.
Chronologie
- 25 juillet : L'Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie dans lequel elle exige de pouvoir mener une enquête sur place, ce à quoi s'opposera la Serbie pour des raisons de souveraineté. Le temps laissé à la Serbie pour répondre à cet ultimatum est de 48 heures.
- 28 juillet : L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie
- 31 juillet : L'Allemagne adresse un ultimatum à la France lui demandant de prendre l'engagement de ne pas soutenir la Russie si cette dernière venait à prendre la défense de la Serbie et un autre à la Russie lui demandant de prendre l'engagement de ne pas soutenir la Serbie
- 1 août : L'Allemagne déclare la guerre à la Russie, suite à la réponse russe
- 2 août : L'Allemagne attaque militairement le Luxembourg neutre
- 2 août : L'Allemagne adresse un ultimatum à la Belgique
- 3 août : La Belgique, neutre, rejette l'ultimatum allemand
- 3 août : L'Allemagne déclare la guerre à la France qui avait répondu que « la France agirait conformément à ses intérêts »
- 4 août : L'Allemagne attaque militairement la Belgique neutre
- 4 août : Le Royaume-Uni adresse un ultimatum à l'Allemagne lui demandant de retirer ses troupes de Belgique. Le Gouvernement de Londres ne recevra aucune réponse.
- le 4 août 1914, au soir, l'Allemagne est en guerre contre
- la Russie (1/8)
- le Luxembourg (2/8)
- la France (3/8)
- la Belgique
- le Royaume-Uni (4/8)
Cela pour soutenir un allié, l'Autriche-Hongrie, qui n'est en guerre contre aucun de ces pays.
L'Autriche-Hongrie, elle, est officiellement en guerre contre un pays, la Serbie, qui n'est pas en guerre avec l'Allemagne.
L'Autriche-Hongrie et la Russie n'entreront en guerre que le 6 Août 1914 (Déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Russie du 6 août 1914).
La situation ainsi exposée montre que ce n'est pas le fonctionnement des alliances qui permet de donner une explication au déclenchement du premier conflit mondial. En effet, les gouvernements de bon nombre de pays n'ont même pas eu à se poser la question de savoir s'ils allaient, oui ou non, faire fonctionner leurs alliances (la Russie et la France se sont trouvés dans ce cas). En outre, l'existence des alliances avaient été un frein au déclenchement d'un conflit lors des crises précédentes (crises marocaines, guerres balkaniques, annexion de la Bosnie, etc.). Si ce frein n'a pas fonctionné en juillet 1914, c'est que les Empereurs, les Gouvernements et les Etats-Majors de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie ont tout fait pour que le conflit éclate.
La guerre, une fois commencée, mettra quatorze mois à atteindre la Serbie, c'est-à-dire le point où, "officiellement", elle aurait dû commencer.
Mais, il faut bien se rendre compte que l'atmosphère politique internationale au début du XXè siècle était extrêmement chargée; les vélléités belliqueuses des uns et des autres s'affichaient ouvertement. Le nationalisme exacerbé qui régnait dans tous les pays européens a ainsi joué un rôle. En France, les sentiments revanchards à propos de l'Alsace-Lorraine excitaient la haine à l'égard de l' "Allemand" (les dessins de Hansi en sont une illustration), tandis que Poincaré était entouré de fervents bellicistes. De l'autre côté du Rhin, le plan Schlieffen préconisait que l'Allemagne frappât la première. Ainsi, tous les pays étaient prêts à la guerre, la doctrine militaire de l'époque basée sur la course aux armements n'avait alors qu'une issue : le conflit armé. Une étincelle suffisait à mettre le feu à l'Europe.
Cette étincelle, c'est donc un groupe de moins de 10 personnes (Empereurs, Chancelier, Ministres de la Guerre et Ministres des Affaires Etrangères, chefs d'Etat-Major) qui, en juillet 1914 à Berlin et à Vienne, l'a provoquée.
Cette responsabilité de Guillaume II de Hohenzollern et François-Joseph de Habsbourg-Lorraine - puisque ni l'Allemagne, ni l'Autriche-Hongrie n'étaient des démocraties parlementaires en 1914- est admise aujourd'hui par la très grande majorité des historiens.
En 1919, les Alliés ne pouvaient se satisfaire de la responsabilité pénale de deux individus- l'Empereur d'Allemagne et l'Empereur d'Autriche-Hongrie- pour obtenir réparation des dommages subis dans les territoires occupés pendant 4 ans : ils étendirent donc cette responsabilité à l'ensemble des peuples des ex-Empires centraux, seuls ensembles capables de faire face à pareille dette.
Ces peuples considéreront cette extension de responsabilités comme un "Diktat"
Pourtant, en France et dans d'autres pays européens, certains s'opposent à la guerre comme Jean Jaurès. Son assassinat le 31 juillet ne viendra qu'ajouter plus de confusion au climat délétère à l'aube de la guerre.
Quant à l'Italie, partant du principe que l'alliance qu'elle avait signée avec l'Allemagne et avec l'Autriche-Hongrie était une alliance défensive, elle ne s'engagea pas dans le conflit parce qu'elle fit le constat que l'Autriche-Hongrie qui était l'agresseur de la Serbie et que, dès lors, elle n'avait pas à soutenir les querelles de son allié.
Forces en présence
Parmi les principaux pays européens, seule l'Italie resta neutre (ce pays n'entrera en guerre aux côtés de l'Entente qu'à partir de 1915).
Les deux camps étaient équilibrés : l'Alliance et l'Entente possèdent des effectifs pratiquement identiques.
Front occidental
Les armées en place
Au début des hostilités, le Corps Expéditionnaire Anglais est encore très faible et ne jouera qu'un rôle mineur dans le déroulement des opération en 1914, nous parlerons donc surtout des armées allemandes et françaises.
Les effectifs des deux armées sont comparables.
La France, malgré une population d'environ 39 millions d'habitants, peut disposer immédiatement de près de 800 000 soldats d'active depuis l'adoption de la loi qui fixe la durée du service militaire à trois ans.
La mobilisation qui sera terminée vers le 15 août complètera les effectifs. (chiffre à venir)
L'Allemagne est bien plus peuplée (près de 80 millions d'habitant) mais elle doit conserver une partie de ses forces pour le front de l'est.
L'organisation des effectifs en divisions, armées, et corps d'armée est pratiquement la même dans les deux camps.
La dotation et la répartition en matériel et en armes sont pratiquement identiques.
Bien que le canon de 75 ait largement surclassé le canon allemand de 77 équivalent, les troupes allemandes sont pourvues d'artillerie lourde que ne possèdent pas les Français.
Les troupes françaises en feront la cruelle expérience pendant les premières années de la guerre, le retard ne sera comblé qu'à partir de 1916.
La dotation en mitrailleuses est pratiquement identique mais elle est mieux utilisée par les allemands.
Bien que l'Allemagne ait fait de gros efforts pour combler son retard sur l'aviation française, elle n'est pas encore arrivée au même niveau.
Sur le front de l'ouest, ce sont en fait les deux meilleures armées du monde qui vont s'affronter.
Pour la première fois de l'histoire, les pays en guerre vont mobiliser toutes leurs ressources humaines dans la conduite d'un conflit total.
Guerre de mouvement : les batailles des frontières
En 1914, les Européens pensaient que la guerre serait courte. On disait aux soldats partis en août qu'ils seraient revenus pour les vendanges, les soldats partaient « la fleur au fusil ».
Cette guerre de mouvement, que les deux armées préconisent, va vite se révèler inadaptée et particulièrement meurtrière compte tenu des moyens de destruction dont disposent les belligérants.
Les premiers engagements ont lieu près des frontières et se terminent à chaque fois à l'avantage des troupes allemandes. La stratégie mise en œuvre par le Plan Schlieffen semble efficace. Les armées de Guillaume II passent par la Belgique et les Ardennes.
La bataille de Charleroi se conclut par une défaite des armées Françaises qui les oblige à se replier.
La retraite en bon ordre des armées françaises, très bien orchestrée par Joffre, commandant en chef des forces françaises, cesse lors de la bataille de la Marne au cours de laquelle les Français reprennent l'offensive et stoppent définitivement l'avance allemande (6-7 septembre 1914).
Après la défaite de la Marne, les troupes allemandes reculent et se fortifient en creusant les premières tranchées.
En même temps, les deux armées tentent de se déborder mutuellement sur leur flanc ouest en engageant ce qu'on a appelé improprement la "course à la mer".
Les troupes qui combattent à pied depuis maintenant plusieurs mois, sont épuisées, manquent de munitions et n'aspirent qu'à s'arrêter et consolider les positions si chèrement acquises.
Vers la fin du mois de novembre 1914 le front est pratiquement stabilsé pour plusieurs années sur une ligne continue de tranchées d'environ 750 kilomètres de la Mer du Nord aux Vosges.
Jusqu'en 1918, le front occidental reste pratiquement figé malgré les offensives coûteuses en hommes et en matériel.
Le bilan de ces premiers mois de guerre est catastrophique : les pertes engendrées par ces attaques en rase campagne devant l'artillerie et les mitrailleuses sont énormes surtout du côté Français qui comptent plus d'un million de soldats hors de combat (blessés, tués, disparus ou prisonniers) rien que pour l'année 1914.
Guerre de position
Vosges
Les tranchées
Le premier conflit mondial est caractérisé par une ligne de front continue, fortifiée, qui ne sera jamais rompue par aucune des armées en présence avant 1918. Le front est constitué de plusieurs lignes de défenses creusées dans la terre, les tranchées, reliées entre elles par des boyaux d'accès. Les soldats vivent et meurent là, dans la boue, le corps envahi de vermine, en compagnie des rats et de l'odeur pestilentielle des cadavres en décomposition. Un no man's land rendu infranchissable par des réseaux denses de barbelés, battu par le feu des mitrailleuses sépare les deux premières lignes. Le danger est permanent, même en période de calme quand l'activité du front est faible, la mort survient n'importe quand : au cours d'une patrouille, d'une corvée, d'une relève, ou d'un bombardement d'artillerie qui s'abat sur la position sans raison particulière. L'observation aérienne par les avions et les ballons permet aux armées de connaître avec précision la configuration du terrain ennemi, si bien que les tirs d'artillerie ne tombent jamais au hasard, les obus pleuvent toujours, de jour comme de nuit, en faisant le maximum de dégâts.
Les soldats ne se trouvent en sécurité qu'à une dizaine de kilomètres derrière les lignes quand ils sont hors de portée de l'artillerie lourde.
On a souvent reproché aux chefs militaires du premier conflit mondial d'avoir conduit leurs troupes dans cette guerre de tranchée aussi coûteuse en vies humaines qu'inutile. Pourtant, cette guerre de position n'est pas un choix stratégique, elle est due au fait que malheureusement, en ce début de l'ère industrielle, alors que les nations occidentales sont déjà capables de produire en masse, les progrès techniques ont surtout concerné le matériel de destruction plutôt que les moyens de s'en protéger.
Les avancées techniques qui permettront à un blindé de déborder le front, à un avion d'emporter une charge de bombe suffisante pour influer sur le cours de la bataille ne sont pas encore réalisées, si bien qu'à la puissance de destruction considérable que représente ces armes modernes, on ne peut opposer que des fantassins vulnérables et faiblement armés.
Les offensives
Les offensives lancées en 1915 en Champagne et en Artois, puis en 1916 à Verdun et dans la Somme, enfin en 1917 le Chemin des Dames se heurteront à des défenses infranchissables et les pertes seront toujours hors de proportion avec les gains de terrain réalisés.
Les réactions des États
Pour vaincre l'adversaire, chaque alliance cherche de nouveaux alliés : l'Italie change de camp en 1915 et se bat désormais du côté de l'Entente. La même année, l'Empire ottoman se rallie aux empires centraux. La guerre devient progressivement mondiale
Face à la durée de la guerre, les États en guerre doivent mobiliser la main d'œuvre féminine pour pallier l'absence des hommes partis au front.
Les pays de l'Entente font aussi appel aux ressources humaines et matérielles de leurs empires coloniaux.
Les enfants, les vieillards et les étrangers sont aussi embauchés et contribuent à l'effort de guerre.
La vie des civils devient de plus en plus difficile à cause des pénuries, de l'inflation et des réquisitions dans les zones occupées.
Pour galvaniser les populations restées à l'arrière, les États utilisent la propagande et la censure de la presse et du courrier des soldats.
Le bourrage de crâne touche aussi l'enseignement.
Les rumeurs xénophobes circulent rapidement : on raconte que les Allemands coupent les mains des enfants. Inversement, pour justifier l'agression contre la Belgique, on raconte en Allemagne que les civils belges s'amusent à crever les yeux des Allemands blessés.
Les gouvernements doivent financer les dépenses d'armement en ayant recours à la planche à billets mais aussi à l'emprunt.
Les impôts augmentent et on s'oriente vers le dirigisme économique. Devant les commandes d'État, certains industriels s'enrichissent tels Walther Rathenau ou Louis Renault.
Front oriental
La stratégie allemande de guerre de mouvement qui avait échoué en France fonctionna à merveille contre la Russie. Les armées russes étaient énormes et la France comptait beaucoup dessus pour diviser l'armée allemande. Mais ce nombre impressionnant de soldats (8 millions en 1914) masquait le fait qu'il ne s'agissait le plus souvent que de paysans sans aucune formation militaire, mal armés et mal équipés. Le commandement russe se révéla lui-même médiocre. Les deux armées s'affrontèrent à Tannenberg (en Prusse orientale) du 26 au 30 août 1914 puis aux lacs Mazure du 6 au 15 septembre 1914. Dans les deux cas, les Russes subirent une cinglante défaite et furent obligés de se replier. Hindenburg, le commandant allemand de cette campagne, fut envoyé sur le front ouest pour appliquer les même méthodes. Il échoua car le front s'était déjà stabilisé et les Français étaient préparés (mines, barbelés, tranchées). Il ne put empêcher la guerre d'usure.
Autres fronts
Les deux camps tentèrent des manœuvres de diversion ou de contournement, mais aucune n'eut autant d'importance que ces deux fronts principaux :
- les Alliés déclenchèrent la bataille des Dardanelles en 1915. Le contrôle des Détroits aurait permis à la France et à l'Angleterre de ravitailler la Russie et d'encercler les Empires centraux. Cette idée, défendue notamment par Winston Churchill, déboucha sur un débarquement à Gallipoli mais les Alliés ne parvinrent pas à pénétrer par surprise dans l'Empire ottoman, et échouèrent dans leurs offensives successives. L'opération fut un échec, le corps expéditionnaire constitua l'armée d'Orient, stationnée ensuite au camp de Salonique. Cette armée soutiendra ensuite les Serbes et participera à l'effondrement de l'empire austro-hongrois en 1918.
- Colonel Lawrence dit Lawrence d'Arabie : les Anglais fomentèrent le soulèvement des tribus arabes pour gêner les Ottomans.
- Le ministre des Affaires étrangères anglais, Lord Arthur Balfour promit l'établissement d'un état juif en Palestine pour obtenir la méthode de fabrication de l'acétone et motiver les Juifs étasuniens à soutenir l'entrée en guerre des États-Unis. La même année, les Anglais attaquèrent la Palestine (dont ils garderont le contrôle jusqu'en 1947). De nombreux Juifs s'y installèrent après les épreuves de la Seconde Guerre mondiale.
- La première bataille de l'Atlantique : elle fut mise en œuvre par les sous-marins allemands, les U-Boots qui tentèrent d'imposer un blocus complet à l'Angleterre et à la France, notamment pour intercepter le soutien de leurs colonies et rompre les routes d'approvisionnement entre l'Amérique (bœuf argentin, matériel américain) et l'Europe. Cette guerre maritime ne plut pas aux Américains. Le torpillage du Lusitania qui avait à son bord cent vingt-trois Américains provoqua une vive émotion aux États-Unis, qui se préparèrent à entrer en guerre aux côtés des Alliés.
1917, le tournant de la guerre
torpillage du Lusitania
- Lassitude
Sur tous les fronts, les soldats sont épuisés par les attaques inutiles et les conditions de vie difficiles. Dans les rangs français, allemands et italiens, des mutineries éclatent au printemps 1917. À l'arrière, les pénuries et les cadences de travail provoquent des troubles et des grèves. Les socialistes français quittent le gouvernement et rompent l'union sacrée. Dans le Reich allemand, pour faire face à la crise politique et sociale, l'état-major prend le pouvoir.
- Stratégie allemande
Pour répondre au blocus naval britannique, les sous-marins allemands détruisent tout navire transitant dans un port ennemi. Cette guerre navale frappe les navires de commerce américains. En mars 1917, l’état major impérial allemand prit la décision stratégique de reculer le front plus au nord, sur la ligne dite « Hindenburg », et fit évacuer toutes ses armées des positions occupées depuis 1914 dans le secteur de l’Aisne. Ils dynamitèrent systématiquement les édifices emblématiques des villes et villages auparavant occupés. Ainsi disparurent notamment les forteresses de Ham (Somme), située non loin d | | |