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Charles De Secondat, Baron De La Brède Et De Montesquieu

Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu

Charles Louis de Secondat, baron de La Brède (5 janvier 1728) et de Montesquieu est un philosophe français du siècle des Lumières né le 18 janvier 1689 à la Brède (Gironde), et mort à Paris le 10 février 1755. Certains ont voulu le réduire à l'image d'un doctrinaire monolithique du libéralisme, mais en fait il fut l'inspirateur le plus lucide avec John Locke des principes d'organisation politique et sociale sur lesquels nos sociétés modernes s'appuient. « Dans une nation libre, il est très souvent indifférent que les particuliers raisonnent bien ou mal: il suffit qu'ils raisonnent; de là sort la liberté, qui garantit des effets de ces mêmes raisonnements ».

Biographie

Montesquieu est né, le 18 janvier 1689 dans une famille de magistrats de bonne noblesse au château de la Brède près de Bordeaux, dont il porte d'abord le nom et auquel il sera toujours très attaché. Ses parents ont choisi un mendiant pour être son parrain afin qu'il se souvienne toute sa vie que les pauvres sont ses frères. Fils de Jacques de Secondat de Montesquieu (1654-1713) et de Marie-Françoise de Pesnel, baronne de la Brède (1665-1696). Après ses études de droit, il devient conseiller du parlement de Bordeaux en 1714. En 1715, il épouse Jeanne de Lartigue, protestante de famille riche et de noblesse récente. En 1716, il hérite de la fortune de son oncle, la charge de président à mortier du parlement et la baronnie de Montesquieu, dont il prend le nom. Délaissant sa charge dès qu'il le peut, il s'intéresse au monde et au plaisir. Il se passionne pour les sciences et mène des expériences (anatomie, botanique, physique...), il écrit, à ce sujet, trois communications scientifiques qui donnent la mesure de la diversité de son talent et de sa curiosité : Les causes de l'écho, Les glandes rénales et La cause de la pesanteur des corps. Puis il oriente sa curiosité vers les hommes et l'humanité à travers la littérature et la philosophie. Dans les Lettres persanes, qu'il publie anonymement en 1721 en Hollande, il dépeint admirablement, sur un ton humoristique et satirique, la société française à travers le regard de visiteurs perses. En 1724, il publie une autre œuvre de divertissement Le Temple de Gnide. En 1726, il vend sa charge pour payer ses dettes, tout en préservant prudemment les droits de ses héritiers sur celle-ci. Après son élection à l'Académie française (1728), il réalise une série de longs voyages à travers l'Europe, lors desquels il se rend en Autriche, en Hongrie, en Italie (1728), en Allemagne (1729), en Hollande et en Angleterre (1730), où il séjourne plus d'un an. Lors de ces voyages, il observe attentivement la géographie, l'économie, la politique, les mœurs des pays qu'il visite. De retour au château de la Brède, en 1734, il publie une réflexion historique intitulée Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, un monument dense, couronnement de ses années de voyages, et il accumule de nombreux documents et témoignages pour préparer l'œuvre de sa vie, De l'esprit des lois publiée en 1748, à l'âge de 59 ans. Ce maître-livre, qui rencontre un énorme succès, établit les principes fondamentaux des sciences économiques et sociales, et concentre toute la substance de la pensée libérale. Mais il est aussi critiqué, attaqué et montré du doigt. Alors Montesquieu publie en 1750 Défense de l'esprit des lois. Dès la publication de ce monument, il fut entouré d'un véritable culte, et il continua sa vie de notable heureux, mais affligé par la perte à peu près totale de la vue. Puis c'est le 10 février 1755 qu'il meurt d'une fièvre jaune.

De l'esprit des lois

Montesquieu tente de dégager la logique des différentes institutions politiques par l'étude des lois considérées comme simples rapports entre les réalités sociales. Il envisagea trois types de gouvernement : la république, la monarchie et le despotisme. Son œuvre, qui inspira les auteurs de la Constitution française de 1791, est à l'origine du principe de séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, base de toute démocratie. Il est aussi considéré comme l'un des pères de la sociologie. Cependant, malgré l'immensité de son apport à la théorie moderne de la démocratie parlementaire et du libéralisme, il est nécessaire de replacer un certain nombre de ses idées dans le contexte de son œuvre : # il n'a jamais parlé de séparation des pouvoirs mais de distribution des pouvoirs ; # il n'a pas eu de réflexion réellement poussée sur le rôle central du pouvoir judiciaire ; # il n'a jamais parlé d'une doctrine des droits de l'homme ; # la réflexion sur la liberté, a moins d'importance à ses yeux, que celle sur les règles formelles qui lui permettent de s'exercer. Le philosophe marxiste Louis Althusser le décrit comme un libertin partagé entre l'idéalisation de la problématique des contre-pouvoirs féodaux et le désir de grandeur parlementaire, ce qui est trop compréhensif vis-à-vis des idiosyncrasies particulières. Les travaux de Louis Desgraves et Pierre Gascar ont montré, que contrairement à Voltaire, il était un homme bien intégré à la société de son temps, et nullement en révolte contre son monde : bon aristocrate et bon catholique, héritier sans problème et bon gestionnaire de ses biens, bien marié, académicien soucieux de sa réputation, habitué des « salons ». Sa pensée complexe échappe au caractère radical et dogmatique de la philosophie des Lumières. Ses incohérences et ses ambiguïtés sont les marques bienfaisantes d'une œuvre dénuée de système, qui tente de combiner la raison et le progrès avec les traditions et autres «irrationalités» que charrie l'histoire.

Œuvres


- La cause de la pesanteur des corps
- La damnation éternelle des païens (1711)
- Système des Idées (1716)
- Lettres persanes (1721)
- Le Temple de Gnide (1724), roman
- Histoire véritable d'Arsace et Isménie (1730), roman
- Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734)
- De l'esprit des lois (1748)
- La défense de « L'Esprit des lois » (1750)
- Pensées suivies de Spicilège

Livres sur Montesquieu


- Montesquieu par Pierre Gascar - éd. Flammarion
- Montesquieu, bibliographie critique par Robert Shackleton - éd. Presses Universitaires de Grenoble (1977)
- Montesquieu par Louis Desgraves - éd. Mazzarine (1886)
- Montesquieu, le moderne par Alain Jupp%C3%A9, Perrin, 1999 ISBN 2262014019
- Montesquieu, L'Esprit des lois par Denis de Casabianca - éd. Ellipses (Paris, 2003)
- Montesquieu, la politique et l'histoire, Louis Althusser, PUF, 2003
-
Montesquieu, la liberté et l'histoire, Georges Benrekassa, Paris, 1987 (Le livre de poche. Biblio. Essais) Vous trouverez des informations sur les recherches actuelles concernant Montesquieu, ainsi que les articles de la Revue Montesquieu sur le site de la Société Montesquieu: [http://montesquieu.ens-lsh.fr/nouvelles.php3]

Quelques citations


- « Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime »
- « Les hommes, fripons en détails, sont en gros de très honnêtes gens : ils aiment la morale »

Voir aussi

Article connexe


- Séparation des pouvoirs - décadence

Liens externes


- [http://www.expressionlibre.org Expression Libre] : Vous pourrez trouver dans la section Bibliothèque les « Lettres persannes » en ebook gratuit.
- [http://wikisource.org/wiki/Éloge_de_la_sincérité Éloge de la sincérité]
- [http://atheisme.free.fr/Biographies/Montesquieu.htm Biographie et citations de Montesquieu]
- [http://www.site-magister.com/persanes.htm Étude sur les Lettres persanes.]
- [http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/montesquieu/de_esprit_des_lois/de_esprit_des_lois_tdm.html De l'esprit des lois]
- [http://www.biblioweb.org/-MONTESQUIEU-.html Biographie et études] Montesquieu, Charles Louis Montesquieu, Charles Louis Montesquieu Montesquieu, Charles Louis Montesquieu, Charles Louis Montesquieu, Charles Louis ja:シャルル・ド・モンテスキュー ko:샤를 루이 드 세콩다 몽테스키외

France

La France est un pays dont le territoire métropolitain est situé en Europe occidentale. Elle est membre de l'Union européenne, ainsi que de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Historiquement et constitutionnellement, les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur les Droits de l'Homme. Militairement, elle est membre de l'OTAN (elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002) et dispose de la dissuasion nucléaire.

Géographie

Articles détaillés : Géographie de la France ~ Environnement en France Environnement en FranceSi la France métropolitaine est localisée en Europe occidentale, la France possède aussi des territoires en Amérique du Nord, dans les Antilles, en Amérique du Sud, dans l'Océan Indien, dans le nord et le sud de l'Océan Pacifique, et en Antartique.

Histoire

Article détaillé : Histoire de France La France actuelle occupe la majeure partie des anciennes Gaules celtiques, puis romaines, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui se forma tardivement et s'installa sur les terres de l'Empire romain. La majeure partie des régions constituant la France actuelle fut unifiée sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs » que l'on appelait encore la Gaule garda conscience de son unité et de sa romanité culturelle. Mais il fut partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages de la dynastie des Mérovingiens. Les parties de ce royaume s'appelaient Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Toulouse). Une deuxième dynastie franque, celle des Carolingiens, supplanta la précédente au milieu du et étendit considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire. Après la mort de Charlemagne, l'empire des Francs fut partagé en trois : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie. La partie orientale correspondait à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne). Les descendants de Charlemagne — les Carolingiens — régnèrent sur les territoires correspondant à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet fut couronné roi de France et fonda une nouvelle dynastie. Les descendants de ce dernier, les Capétiens, étendirent progressivement le domaine royal, consolidèrent l'État français à partir de la fin du et régnèrent sur la France jusqu'en 1792, lorsque Louis XVI fut déposé lors de la Révolution française, et durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848. À la suite de la Révolution de 1789, la monarchie absolue fut renversée et la monarchie parlementaire fut mise en place les 3 et 14 septembre 1791 mais le 10 août 1792, celle-ci fut renversée. La première République fut proclamée le 24 juin 1793 par la Constitution de l'an I mais celle-ci ne fut jamais mise en pratique. Le pouvoir était en réalité détenu par un gouvernement révolutionnaire. Le 22 août 1795 la Constitution de l'an III est promulguée, c'est le Directoire. Puis, le 13 décembre 1799, la Constitution de l'an VIII est promulguée instaurant le Consulat et une confusion des pouvoirs. Elle est suivi le 18 mai 1804 de celle de l'an XII, mettant en place le premier Empire. Sous le Premier Empire, la France contrôla brièvement la majeure partie de l'Europe mais s'épuisa dans sa lutte contre le Royaume-Uni, la Prusse, l'Autriche et la Russie. À la fin du premier Empire, en 1814, la monarchie est rétablie avec la Charte du 4 juin 1814. Napoléon I revient au pouvoir d'avril à juin 1815 mais après cette période de Cent-Jours le roi, Louis XVIII, est réinstallé définitivement sur son trône. Le 14 août 1830, à la suite de la révolution des Trois Glorieuses, qui eut lieu les 27, 28 et 29 juillet 1830, une nouvelle Charte est promulguée. En 1848, la monarchie est une nouvelle fois renversée et la deuxième République est promulguée le 4 novembre. C'est un régime présidentiel qui est instauré. Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, commet un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il se fait nommer empereur sous le nom de Napoléon III. Sous le Second Empire, le pays connut les débuts de la deuxième industrialisation. Le Second Empire se termine en 1870 après la défaite, à Sedan, de la France contre la Prusse. De mai à septembre 1870 c'est un retour au régime parlementaire. En février 1871 est promulguée la troisième République. Celle-ci est un régime d'assemblée jusqu'aux lois constitutionnelles des 24-25 février et 16 juillet 1875. À la suite de ces trois lois constitutionnelles est mis en place un régime parlementaire orléaniste. Sous la Troisième République, la France possédait un vaste empire colonial (ouest de l'Afrique-Indochine). La III République prend fin le 10 juillet 1940 après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci met en place les actes constitutionnels jusqu'en 1944. Sortie victorieuse mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première, puis de la Seconde Guerre mondiale, la France a ensuite la chance de se trouver du côté ouest du rideau de fer pour bénéficier de l'expansion des Trente glorieuses. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946 mais celle-ci n'arrive pas à faire face à la décolonisation de l'Indochine et de l'Algérie principalement. La constitution de la V République, rédigée sous l'influence de Charles de Gaulle et de Michel Debré, est adoptée 4 octobre 1958. Elle met en place une république semi-parlementaire qui s'avère mieux résister aux instabilités que les républiques parlementaires précédentes. Depuis les années 1960, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Aujourd'hui, elle est l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisane d'une Europe politique forte.

Politique

Article détaillé : Politique de la France La France est une République démocratique à régime semi-présidentiel. Avant 1962, le Président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous IV République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrés. Ce choix a entrainé le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la V République à avoir réussi. Dans la Constitution de la V République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif. Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution). En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée Nationale. Depuis la réforme constitutionnelle de 2002, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il nomme le Premier ministre. Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêt défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger. center Voir aussi : Liste des présidents de la République française

Économie

Article détaillé : Économie de la France La France est la 4 puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne avec un PIB de 2450 milliards de dollars (valeur 2004 au prix et taux de change courants). Ce montant est très proche de celui de la Grande-Bretagne (2124,5 milliards de dollars) qui est juste derrière en 5 ème place, le classement variant selon les taux de change entre le dollar, l'euro et la livre sterling. Toutefois, son rang européen pour le PIB par habitant n'est que 9 sur 15 d'après Eurostat, l'organe officiel des statistiques européennes. Elle est le quatrième exportateur mondial, le premier pour les services, le second pour les produits agricoles et agro-alimentaires, derrière les Etats-Unis. Elle est la première destination touristique mondiale avec plus de 80 millions de visiteurs par an. L'économie française est principalement une économie de services, que certains estiment en voie de désindustrialisation. Le secteur tertiaire occupe 72 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche) n'en représente plus que 4 % et le secteur secondaire (industrie) 24 %. Le taux de chômage a progressé de 0,9 % en janvier 2005 pour s'établir à 2,716 millions de demandeurs d'emploi (10 % de la population active). Ce chômage structurel est l'un des plus élevés d'Europe, alors que depuis 30 ans ce problème est officiellement la priorité gouvernementale quel que soit le parti au pouvoir. Le chômage touche particulièrement les Français d'origine étrangère. Le déficit commercial pour avril 2005 est de 3,2 milliards d'euros. Entre avril 2004 et avril 2005, il représente 17,4 milliards d'euros (source : Le Monde, 10 juin 2005). La dette publique selon les critères de Maastrichts se monte à 1066 milliards d'euros pour 2004 soit 67 % du PIB et le déficit annuel à 3,0 % du PIB. Selon les nouvelles normes comptables internationales qui imposent de retraiter tous les engagements hors bilan comme de la dette présente, elle serait de 2 000 milliards d'euros. Le déficit budgétaire français se creuse en avril 2005 : les dépenses ont augmenté et s'établissent à 108,08 milliards d'euros ; les recettes ont diminué à 77,520 milliards d'euros. D'après le ministère des finances, le déficit s'établit à 42,250 milliards d'euros en avril 2005. Voir aussi : Liste des grandes entreprises françaises

Démographie

Article détaillé : Démographie de la France Démographie de la France (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.]]

Religion

Voir aussi : :Catégorie:Religion et mouvement religieux en France
- Par principe, l'État s'interdit en France les recensements à caractère religieux. L'une des études faisant foi dans ce domaine est celle menée tous les trois ans par l'institut CSA. En 2004, l'enquête sur un échantillon de 18 068 personnes, indique que 27 % des Français se déclarent athées et 64,3 % catholiques (69 % en 2001), soit environ 30 millions d'adultes contre seulement 4 millions d'adultes pour toutes les autres religions. La majorité de ceux qui se déclarent catholiques ne sont pas pratiquants.
- Un sondage IFOP d'avril 2004 indique que 44 % des Français déclarent ne pas croire en Dieu. Il n'étaient que 20 % en 1947.

Culture

Articles détaillés : Culture de la France ~ Langues régionales |+ Fêtes et jours fériés ! Date !! Nom !! Remarques |- | | Jour de l'an | Sainte Marie, mère de Dieu et reine du monde (Circoncision de Jésus-Christ, avant le Concile Vatican II) |- | Lundi suivant le dimanche de Pâques. | Lundi de Pâques | Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps. |----- | || Fête du Travail | Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France |- | 8 mai | Commémoration de la capitulation allemande en 1945 | Commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. |----- | Jeudi 40 jours après Pâques || Ascension | Jésus ayant rassemblé ses fidèles rejoint son père aux cieux |- | Septième dimanche après Pâques et le lundi suivant. | Pentecôte (et Lundi de Pentecôte) | Descente du Saint-Esprit parmi les apôtres. Même si cette journée est encore reconnue comme fériée, le Lundi de Pentecôte a été choisi (sauf arrêté ou arrangement salarial) comme journée de solidarité et est donc depuis 2005 considéré comme travaillé (sans rémunération) |----- | 14 juillet || Fête nationale | Commémoration de la prise de la Bastille en 1789 et de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790. |- | 15 août || Assomption | Transport au ciel de la très sainte Vierge Marie |----- | | Toussaint || Fête de tous les saints |- | 11 novembre | Commémoration de l'armistice de 1918 | Commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale |----- | 25 décembre || Noël || Naissance de Jésus-Christ |----- | 26 décembre || Saint Étienne|| Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin |- | Avant-veille de Pâques || Vendredi saint | rowspan="2" | Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin |{{{{{{e{Commons|Category:France|la France{wikiquote|France{wikitravel|la France|France{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{en{fr{fr{Pays d'Europe (UE){Portail France

18 janvier

Le 18 janvier est le 18 jour de l'année du calendrier grégorien.

Événements

Jour de la Sirène dans le calendrier Philippéen
- 532 : Révolte populaire contre l'empereur Justinien
- 1535 : fondation de Lima, au Pérou.
- 1650 : Début de la Fronde des princes.
- 1701 : Frédéric III de Hohenzollern se fait couronner roi en Prusse
- 1778 : James Cook découvre l'archipel des Hawaii
- 1800 : Création de la Banque de France
- 1871 : Proclamation de l'Empire allemand
- 1932 : en Catalogne, dans la région minière du Haut Llobregat, communisme libertaire d'une semaine (réprimé par l'état)
- 1996 : élection d'Hector Bianciotti (né en 1930) à l'Académie française

Naissances


- 1689 : Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu, philosophe et académicien français († 1755).
- 1743 : Louis-Claude de Saint-Martin, philosophe français († 1803).
- 1750 : Johann Gottlob Schneider, philologue et naturaliste allemand († 1822).
- 1782 : Daniel Webster, homme d'état, sénateur et orateur américain († 1852).
- 1840 : Austin Dobson, poète anglais († 1921).
- 1841 : Emmanuel Chabrier, compositeur français († 1894).
- 1856 : Luigi Bianchi, mathématicien italien.
- 1872 : Paul Léautaud, écrivain français († 1966).
- 1879 : Henri Giraud, militaire français († 1949).
- 1880 : Paul Ehrenfest, mathématicien autrichien.
- 1881 : Gaston Gallimard, éditeur français († 1975).
- 1882 : Gaston Caudron, aviateur français († 1915).
- 1882 : Alan Alexander Milne, écrivain et humoriste britannique († 1956).
- 1882 : Sylvia Pankhurst, fille du Dr. Richard Pankhurst et suffragette britannique († 1960).
- 1892 : Oliver Hardy, acteur américain († 1957).
- 1896 : Ville Ritola, athlète, champion olympique finlandais († 1982).
- 1901 : Ivan Georgievich Petrovsky, mathématicien russe.
- 1902 : Alida van den Bos, gymnaste néerlandaise.
- 1904 : Cary Grant, acteur américain († 1986).
- 1904 : Archibald Alexandre Leach connu sous le pseudonyme de Cary Grant, acteur américain († 1986).
- 1905 : Joseph Bonanno, gangster américain († 2002).
- 1906 : Leslie Southwood, champion olympique d'aviron de Grande-Bretagne.
- 1908 : Jacob Bronowski, mathématicien et biologiste polonais.
- 1910 : Pierre Jacquinot, physicien français († 2002).
- 1913 : Danny Kaye, acteur américain († 1987).
- 1914 : Arno Schmidt, écrivain allemand.
- 1915 : Roger Bésus, écrivain français († 1994).
- 1925 : Gilles Deleuze, philosophe français († 1995).
- 1932 : Robert Anton Wilson, philosophe américain.
- 1933 : John Boorman, réalisateur, producteur et scénariste britannique.
- 1933 : Jean Vuarnet, skieur français.
- 1936 : Hugh Anderson, pilote de moto néo-zélandais.
- 1941 : David Ruffin, musicien américain († 1991).
- 1946 : Kirk Varnedoe, historien américain († 2003).
- 1947 : Bertrand Auban, homme politique français.
- 1947 : Lyne Cohen-Solal, femme politique française.
- 1947 : Takeshi Kitano, réalisateur japonais.
- 1948 : Jacques Briat, homme politique français.
- 1949 : Franz-Olivier Giesbert, journaliste français.
- 1949 : Philippe Starck, Designer et architecte français.
- 1950 : Gilles Villeneuve, pilote de F1 canadien († 1982).
- 1954 : Thierry Foucaud, homme politique français.
- 1954 : Bernard Vallet, cycliste français.
- 1955 : Kevin Costner, acteur américain.
- 1955 : Fernando Trueba, réalisateur espagnol.
- 1956 : Mark Collie, acteur américain.
- 1956 : Elli Medeiros, chanteuse uruguayenne.
- 1956 : Paul Young, chanteur anglais.
- 1958 : Bernard Genghini, sportif français.
- 1966 : Alexander Khalifman, joueur d'échec russe.
- 1966 : Alexandre Varaut, homme politique français.
- 1967 : Cristi Mujdei, écrivain et politologue.
- 1971 : Christian Fittipaldi, pilote de F1 brésillien.
- 1971 : Nicholas Minassian, pilote français.
- 1974 : Claire, princesse de Belgique.
- 1977 : Jean-Patrick Nazon, cycliste français.
- 1978 : Thor Hushovd, cycliste norvégien.
- 1981 : Olivier Rochus, joueur de tennis

Décès


- 639 : Dagobert Ier, roi des Francs
- 1367 : Pierre Ier1320), dit Pierre le Justicier, roi de Portugal (1357-1367).
- 1782 : John Pringle, médecin écossais.
- 1862 : John Tyler, 10 président américain1790).
- 1873 :
  - Edward G. Bulwer-Lytton, politicien, poète et critique britannique1803).
  - Pierre Charles François Dupin, mathématicien français.
- 1880 : Anton Menge, naturaliste allemand1808).
- 1936 : Joseph Rudyard Kipling, écrivain anglais1865)
- 1939 : Ivan Mosjoukine, acteur et cinéaste russe
- 1942 : Carole Lombard, actrice française1909)
- 1952 : Enrique Jardiel Poncela, écrivain espagnol1901)
- 1963 : Edward Charles Titchmarsh, mathématicien anglais
- 1966 : Kathleen Norris, écrivaine religieuse américaine1880)
- 1980 : Cecil Beaton, photographe et designer anglais1904)
- 1997 : Paul Tsongas, sénateur du Massachusetts1941)

Célébrations


-

Saints catholiques du jour


- Sainte Prisca (ou Prisque) Catégorie:Jour de l'année ja:1月18日 ko:1월 18일 ms:18 Januari simple:January 18 th:18 มกราคม

La Brède

Brède La Brède est une commune française, située dans le département de la Gironde et la région Aquitaine.

Géographie

Située à 18 km au sud de Bordeaux.On y accède rapidement par l'autoroute des deux mers.Une importante zone artisanale(de la Prade)se trouve sur le territoire de la commune.

Histoire

Administration

Démographie

Lieux et monuments


- A la Brède, on trouve une très belle église
- le chateau Meyric-Chanteloiseau,une banque populaire, une salle des fêtes, un supermarché, un Ikéa (prochainement).

Personnalités liées à la commune


- Charles de Secondat, baron de Montesquieu, de la Brède et autres dépendances, le philosophe des Lumières, est né le 18 janvier 1689 au château de la Brède.

Fêtes

De puis plus d'un siècle se tient à la Brède la fête de la Rosière en juin.Elle a été voulu par Montesqieu. La Rosière est une jolie fille de 18 ans native de la commune choisie chaque année par un comité composé de représentants de tous les corps de métiers de la ville.La Rosière choisie un Rosier, natif lui aussi de la Brède et ayant 18 ans. Une messe est célébrée avant que le cortège de la Rosière(accompagné du maire, du député et du maire de Léognan) fasse le tour du village avec la fanfare.Enfin la Marseillaise est jouée et le maire prononce son discours. Dans l'après-midi, une grande fête se tient. Depuis quelques années, une corrida se déroule la veille de la fête de la Rosière.

Voir aussi


- Communes de la Gironde

Liens externes


- [http://www.ign.fr/affiche_rubrique.asp?rbr_id=1087&CommuneId=34542 La Brède sur le site de l'Institut Géographique National]
- [http://www.recensement.insee.fr/RP99/rp99/co_navigation.co_page?nivgeo=C&codgeo=33213&theme=ALL&typeprod=ALL&lang=FR&quelcas=LISTE La Brède sur le site de l'Insee]
- [http://www.quid.fr/communes.html?mode=query&req=La_Brède La Brède sur le site du Quid]
- [http://www.lion1906.com/Pages/ResultatProximiteCoord.php?RadLat1=0.779851894927509&RadLong1=-0.00920176366795402 Communes les plus proches de La Brède]
- [http://www.lion1906.com/Pages/ResultatLocalisation.php?InseeVille=330213 Localisation de La Brède sur une carte de France]
- [http://www.mapquest.com/maps/map.adp?latlongtype=decimal&latitude=44.6822222222222&longitude=-.527222222222222&zoom=8 Plan de La Brède sur Mapquest]

Paris

Paris est la capitale de la France et le chef-lieu de la région Île-de-France. Elle est construite à cheval sur une boucle de la Seine, ce qui la divise naturellement en une rive gauche et une rive droite. Connue dans le monde entier pour ses monuments et sa vie artistique et culturelle, Paris est aussi un symbole historique fort, un centre politique et économique important et un point de passage pour les transports inter-européens. Ses habitants sont appelés les Parisiens. Paris est également connue sous le nom argotique de « Paname ». La devise de Paris est Fluctuat nec mergitur, soit « Il tangue mais ne coule pas » ; il s'agit de Scilicet, le navire représenté sur le blason de la ville et symbolisant l'ordre des marchands de l'eau commerçant sur la Seine. La patronne de la ville est sainte Geneviève, à qui il est attribué d'avoir convaincu Attila d'épargner la capitale gauloise, au .

Histoire

Attila] Voir aussi la chronologie de Paris et l'Histoire de l'urbanisme parisien. On peut consulter des cartes anciennes de Paris sur le site Gallica .

Origine du nom de Paris

Paris doit son nom à la tribu des Parisii. L'origine de ce nom n'est pas connue avec certitude. Il dériverait du mot gaulois kwar (carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne. D'autres étymologies ont été proposées. Selon les historiens Pierre Hubac et Cheikh Anta Diop, les Parisii devraient leur nom à la déesse égyptienne Isis, à laquelle de nombreux temples (ou enclos, per Isis en égyptien) étaient dédiés dans la région parisienne. Une légende rattache le nom de Paris à celui de la cité engloutie d'Ys.

Préhistoire

Le site de Paris est occupé par l'homme depuis au moins 40 000 ans, comme en témoignent les outils en pierre taillée retrouvés hors contexte lors des différents travaux de terrassement en bord de Seine. Les plus spectaculaires découvertes archéologiques in situ ont été faites dans le XII arrondissement, où ont été mis à jour en 1991 les vestiges parmi les plus anciens de l'occupation humaine permanente sur le territoire de Paris. Les fouilles sur la ZAC de Bercy, ont permis la découverte des traces d'un village de la période chasséenne (entre 4000 et 3800 av. J.-C.), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, dévoilant un mobilier archéologique exceptionnel : pirogues de bois, poteries, arcs et flèches, outils en os et en pierre.

Antiquité

chasséenne]] C'est le flou le plus total entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, et encore, les Parisii, peuple Gaulois, étaient maîtres des lieux quand les troupes de César sillonnèrent le pays. Certains évoquent des dates entre -250 et -200 pour la fondation du Paris des Parisii, sans grands arguments à faire valoir. En 52 av. J.-C., lorsque Labienus, lieutenant de Jules César, prit Paris, elle était appelée Lutetia (traduit plus tard en français par Lutèce) par les Romains. Le rôle de capitale de la Gaule était alors dévolu à Lugdunum (Lyon). On ne connaît pas aujourd'hui avec certitude l'emplacement de la cité gauloise. On a longtemps pensé qu'elle se trouvait dans l'île de la Cité mais cette hypothèse est aujourd'hui très discutée (cette dernière ayant été complètement fouillée lors du chantier du métro). La cité gauloise a très bien pu se situer dans l'île Saint-Louis ou dans une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche et qui se trouvait en face de l'île Saint-Louis (delta formé par l'embouchure de la Bièvre). Une hypothèse très discutée actuellement est de placer le village gaulois d'origine non loin du mont Valérien à Nanterre. La cité romaine a été construite au sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Lutèce était construite autour de la rue Saint-Jacques (qui en était le cardo) selon un plan organisé en rues perpendiculaires. Le centre de la ville est fixé par les architectes romains au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques. Le forum s'étendait de la rue Saint-Jacques au boulevard Saint-Michel et de la rue Cujas à la rue Malebranche. Des thermes étaient construits à l'angle du boulevard Saint-Germain et du boulevard Saint-Michel, ainsi qu'à proximité de l'actuel Collège de France, à l'angle de la rue des Écoles et de la rue Jean-de-Beauvais. Un théâtre se trouvait à l'angle de la rue de l'École de médecine et du boulevard Saint-Michel, à l'emplacement actuel de la rue Racine. À l'est de la ville, une rivière aujourd'hui canalisée, la Bièvre, contournait la montagne Sainte-Geneviève en passant au niveau du jardin des Plantes. La rivière traversait à cette époque le XIII arrondissement pour se jeter dans la Seine au niveau de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis. Les Arènes de Lutèce étaient construites à l'est de la ville, à proximité de la Bièvre. Un cimetière est implanté au sud de la ville, à l'emplacement de l'abbaye de Port-Royal.

Époque médiévale

Paris prend son nom actuel au et Clovis, Mérovingien et roi des Francs, s'y établit pour en faire sa capitale en 508, suite à sa victoire sur les Romains. Dès le , on note la présence d'un lieu de culte implanté sur la rive droite : l'église Saint-Gervais (aujourd'hui située derrière l'Hôtel de ville). Au , des enceintes furent édifiées sur la rive droite pour protéger les paroisses de Saint-Gervais et Saint-Germain-l'Auxerrois (aujourd'hui situées près du Louvre). L'enceinte de Saint-Gervais devait se situer approximativement au niveau des rues des Barres, de Rivoli, et de la Tacherie. La rive gauche fut entièrement détruite par les Normands en 885. Quand la couronne échut aux Capétiens, en 987, Paris était une des deux grandes villes de leur domaine personnel (avec Orléans). Leur ancêtre Eudes s'illustra en la défendant face aux Vikings. Les premières agglomérations de la rive droite datent du . Il s'agit alors de Saint-Martin-des-Champs (aujourd'hui rue Réaumur), Saint-Germain-l'Auxerrois, et Saint-Gervais. Les rois se fixèrent progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108), et plus encore de Philippe-Auguste (1190-1220). Paris devint alors définitivement la capitale du royaume. La rive gauche de la ville ne fut véritablement reconstruite qu'au . À la même époque, la rive droite était constituée de quatre quartiers : le quartier de Grève (Saint-Gervais), le Châtelet, les Halles et Saint-Germain-l'Auxerrois. Le quartier de Grève s'étendait alors jusqu'à l'église Saint-Merri. L'enceinte construite par Philippe-Auguste allait de la rue Étienne-Marcel à la rue de l'Estrapade, et du Louvre aux Fossés-Saint-Bernard. Par la suite, Paris s'étendit surtout sur la rive droite. Au , l'enceinte de Charles V (1371-1380) englobait l'ensemble des III et IV arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis (emplacement de l'actuelle rue d'Aboukir). rue d'Aboukir

De Henri IV à la monarchie de Juillet

Au , Henri IV, qui selon la légende trouvait que « Paris vaut bien une messe », construisit les premiers ensembles architecturaux modernes avec la place des Vosges. Son successeur Louis XIII étendit l'enceinte de Charles V sur la rive droit pour englober l'équivalent des quatre premiers arrondissements. Louis XIV, quant à lui, détruisit cette enceinte pour construire sur son emplacement les premiers grands boulevards. Au , l'enceinte des Fermiers généraux « mura » les onze premiers arrondissements actuels. La ville construite ne s'étendait pourtant alors que sur la superficie couverte aujourd'hui par les six premiers arrondissements, le jardin du Luxembourg marquant la frontière de la ville. C'est à Paris, à l'endroit où la rue Saint-Antoine rejoint l'actuelle place de la Bastille, que débuta la Révolution française le 14 juillet 1789, avec le soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine et la prise de la Bastille. La Commune de Paris joua alors un rôle de radicalisation. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la Mairie, s'employèrent sous la Terreur à incarcérer tout ce que la ville comptait encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire de Paris est aujourd'hui le seul de France à être privé de tout pouvoir de police. Sous la monarchie de Juillet, la ville s'agrandit brutalement jusqu'au mur des Fermiers Généraux.

Le Paris moderne

Avec Haussmann et le Second Empire, Paris s'engaga dans de gigantesques travaux de modernisation. Le Paris d'aujourd'hui est avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann. Le 1 janvier 1860, onze communes périphériques furent entièrement annexées et d'autres perdirent une partie de leur territoire au profit de Paris (voir Arrondissements de Paris). La capitale française passa de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares. Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris qui s'opposait au Gouvernement provisoire de Versailles, conduit par Adolphe Thiers. Adolphe Thiers]] Au et siècles, Paris a accueilli de nombreuses expositions universelles. La Tour Eiffel fut construite pour celle de 1889, et le métro parisien fut inauguré à l'occasion de celle de 1900. En 1910, une crue de la Seine provoqua l'une des plus graves inondations de Paris. L'armée allemande occupa Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1944. À l'approche des troupes alliées arrivant de Normandie, une rébellion éclata le 19 août 1944. Le 25 août, à l'arrivée de la deuxième division blindée du général Leclerc, le commandant de la garnison, le général Dietrich von Choltitz, capitula sans exécuter les ordres qui lui enjoignaient de détruire la ville. Seul le central téléphonique militaire de la rue Saint-Armand fut détruit. En mai 1968, les étudiants parisiens furent les premiers à déclencher des émeutes dans le quartier latin. Un Comité pour le maintien des occupations (CMDO) fut créé à la Sorbonne à l'initiative de l'Internationale Situationniste. En 1976, l'État a accordé pour la première fois une municipalité autonome à la capitale. Jacques Chirac fut alors élu maire de Paris. Devenu président de la République, il a été remplacé en 1995 par Jean Tiberi auquel a succédé Bertrand Delanoë en 2001. Bertrand Delanoë se démarque surtout de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la capitale au profit des transports en commun (avec des voies de bus en site propre) et des taxis. Paris a organisé les Jeux Olympiques en 1900 et en 1924. Elle a été candidate malheureuse à l'organisation des jeux d'été de 1992, 2008 et 2012, finalement revenus à Barcelone, Pékin et Londres. Voyez l'article principal : Paris 2012.

Démographie

Paris 2012 Selon les estimations de l'Insee, la population de la ville de Paris est de 2 142 800 habitants au 2004, pour une superficie de 10 540 hectares, soit une densité de 20 408 habitants par km². En 1999, l'agglomération définie par l'INSEE comprend 396 communes et totalise 9 644 507 habitants. Toujours en 1999, son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint 11 174 743 habitants, ce qui en fait la 23e aire urbaine du monde. Vers 1800, Paris comptait déjà environ 500 000 habitants. Au cours du , sa population augmenta considérablement grâce à l'arrivée massive d'habitants de toutes les régions de France : c'est l'exode rural. Elle dépasse le million d'habitants dès les années 1840. Le 16 juin 1859, une loi annexa à Paris plusieurs communes voisines, étendant ainsi les limites de la commune jusqu'à la ligne de fortifications qui entoure la ville et ses faubourgs. Furent ainsi rattachées à Paris les communes de Belleville, Grenelle, Vaugirard et La Villette dans leur totalité, d'Auteuil, Les Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle-Saint-Denis, Charonne, Montmartre et Passy en majeure partie (les parties de ces communes situées à l'extérieur des fortifications étant rattachées aux communes voisines), ainsi que des quartiers d'Aubervilliers, Bagnolet, Gentilly, Issy, Ivry, Montrouge, Neuilly, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Saint-Ouen et Vanves. Cette loi prend effet le 1 janvier 1860, et marque la continuité d'une série de grands travaux, dirigés par Haussmann - préfet de la Seine de 1853 à 1870 -, pour moderniser la ville et reconstruire les quartiers les plus insalubres (par exemple l'actuel VIII arrondissement, qui était alors le plus délabré de la ville, et qui devient l'un des quartiers les plus huppés). Le quartier Montparnasse connut une vie culturelle intense durant la Belle Époque. L'annexion des faubourgs apporta à Paris près de 500 000 nouveaux habitants, et la croissance continue de façon ininterrompue jusqu'au début du . À la veille de la Première Guerre mondiale, Paris avait près de 2 900 000 habitants. Dans les décennies suivantes, en raison de la régression démographique, très touchée par les deux guerres mondiales et par une forte chute de la natalité (inférieure à la mortalité dès 1935), et aussi parce que la ville surpeuplée n'a plus la place d'accueillir de nouveaux habitants, la population stagna puis baisse légèrement. Cette stagnation masquait en réalité le début d'une importante dédensification. Les arrondissements centraux, où les densités de population atteignaient 80 000 habitants par km² à la fin du , commencèrent à se dépeupler au profit des arrondissements périphériques. Dans le même temps, la banlieue commença à s'étendre et à se densifier de plus en plus rapidement, poursuivant la croissance de l'agglomération qui ne pouvait plus se faire au centre. (http://www.presse.tk/ Source : Pression]) Après la Seconde Guerre mondiale, la population tomba à 2 725 374 habitants (recensement de 1946). Elle connaît une nouvelle reprise (2 850 189 habitants en 1954) grâce à la croissance économique et démographique propre à toute la France. Cependant, dès la fin des années 1950, le phénomène de saturation se manifeste à nouveau. Paris surpeuplée recommença à se vider à partir du centre vers la périphérie. De nombreux programmes immobiliers transforment des appartements en bureaux, contribuant à cette baisse de la population, qui est particulièrement rapide dans les années 1960 et 1970. La population passe de 2 790 091 en 1962 à 2 299 830 en 1975. La baisse, ininterrompue, s'est cependant fortement ralentie depuis 1980 environ, et les prévisions qui annonçaient moins de deux millions d'habitants n'ont pas été vérifiées. Les estimations de l'Insee pour le 1er janvier 2004 donnent pour la première fois depuis un demi-siècle un accroissement de la population parisienne, conformément à une tendance au repeuplement du centre observé déjà dans d'autres métropoles, comme Londres et New York. Sources :
- Jacques Dupâquier, Histoire de la population française, Paris, PUF, 1995.
- Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de Paris, Paris, Robert Laffont, 1996.
- Données INSEE. Les données concernant l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge sont insuffisantes (de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'habitants). Pour des données sur l'agglomération et l'aire urbaine de Paris, se reporter à l'article sur l'agglomération parisienne.

Organisation administrative

Depuis la loi du 10 juillet 1964 sur la réorganisation de la région parisienne, entrée complètement en vigueur le 1 janvier 1968, la ville de Paris est à la fois un département et une commune. Auparavant - depuis 1790 -, Paris était le chef-lieu du département de la Seine. Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité entre Paris et sa banlieue. Il faut en effet préciser que le territoire de la Ville de Paris ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales. Le département de la
Ville de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en 20 arrondissements municipaux, créés lors de sa dernière extension territoriale, en 1860, en remplacement des 12 arrondissements qui existaient auparavant - depuis le 11 octobre 1795. Le statut de la ville a changé plusieurs fois :
- Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris avec une assemblée démocratiquement élue.
- La Troisième République, dirigée par des conservateurs effrayés par l'épisode de gestion démocratique de la Commune. Ceux-ci édictèrent la loi du 5 avril 1884 qui donnait le pouvoir exécutif au préfet de Paris et les pouvoirs de police au préfet de police. Le conseil de Paris, élu lors des élections municipales, désignait chaque année un président dont le rôle est principalement représentatif. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait être approuvé par l'État.
- La loi du 31 décembre 1975, entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977, instaura un conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent un maire. Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parts égales par les électeurs, le maire de Paris et le conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conservait les pouvoirs de police.
- La loi du 31 décembre 1982 (première loi de décentralisation), entre en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983. Elle a porté à 163 le nombre de conseillers de Paris et étend ses pouvoirs, principalement en matière budgétaire. Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité, même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police. Les élections municipales se déroulent par arrondissement. Chaque arrondissement élit ses conseillers d'arrondissement (517 au total), dont une partie devient ensuite conseillers de Paris. Les conseils d'arrondissement élisent les maires d'arrondissement une semaine après le scrutin. Le conseil de Paris ayant simultanément les attributions d'un conseil municipal (à la tête de la commune) et d'un conseil général (à la tête du département), il n'y a pas de cantons, et pas d'élections cantonales à Paris.
Cependant, dans des buts statistiques, en particulier dans les nomenclatures de l'Insee décrivant le découpage administratif de la France, les arrondissements de Paris sont souvent considérés comme des cantons. Maires de Paris depuis 1977 :
- 1977-1995 : Jacques Chirac (réélu en 1983 et en 1989)
- 1995-2001 : Jean Tiberi
- 2001- : Bertrand Delanoë Nombre de conseillers élus par arrondissement : !Arrondissement ! I || II || III|| IV || V || VI || VII || VIII|| IX || X ! XI || XII || XIII|| XIV || XV || XVI ||XVII ||XVIII|| XIX || XX |----- align="center" !Conseillers d'arrondissement | 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 12 | 22 || 20 || 26 || 20 || 34 || 26 || 26 || 28 || 24 || 26 |----- align="center" !Conseillers de Paris | 3 || 3 || 3 || 3 || 4 || 3 || 5 || 3 || 4 || 6 | 11 || 10 || 13 || 10 || 17 || 13 || 13 || 14 || 12 || 13 |----- align="center" !Nombre total d'élus | 13 || 13 || 13 || 13 || 14 || 13 || 15 || 13 || 14 || 18 | 33 || 30 || 39 || 30 || 51 || 39 || 39 || 42 || 36 || 39 |{{{{{{commons|Paris|Paris{commons|Maps of Paris|Paris et ses arrondissements (plans détaillés){Wikiquote{wikitravel|Paris|Paris{bibliol|1{FranceDep{Duo portail|Portail Paris|Portail Île-de-France{lien AdQ|fi{lien AdQ|ro


1755

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---- Cette page concerne l'année 1755 du calendrier grégorien.

Événements

Amériques


- Déportation des 18 000 Acadiens du Canada par les Anglais.
- Les Anglais sous le commandement de Braddock sont défaits par les Français à Fort Dusquesne en Amérique du Nord.
- Incendie de l'Hôtel-Dieu de Québec.

Asie & monde indien


- Le chef birman Alaungpaya (Alompra) s'empare de la ville de Dagon qu'il renomme Rangoon.
- Les Afghans pillent Delhi en Inde.

Europe


- 1 novembre : Tremblement de terre de Lisbonne au Portugal, un des plus puissants de l'histoire : 6 minutes, 9 000 bâtiment détruits, 100 000 morts.
- L'aventurier Giacomo Casanova est arrêté à Venise pour sorcellerie.
- Le chef de bande Mandrin est exécuté en France.
- Le patriote corse Pasquale Paoli fait de la Corse un état indépendant.

France


- Rhône : crue automnale (30 novembre - 1er décembre).

Arts & cultures


- L'écrivain anglais Samuel Johnson publie son dictionnaire de la langue anglaise.

Sciences et techniques


- découverte du magnésium par Joseph Black.

Naissances en 1755


- 28 janvier : Samuel Thomas Sömmerring, physicien et biologiste allemand († 1830).
- 16 avril : Élisabeth Vigée-Lebrun, peintre français
- 15 juin : Antoine François, comte de Fourcroy, chimiste français († 1809).
- 30 juin : Paul Barras, homme politique français
- 29 août : Jean Henri Dombrowski, général polonais de la Révolution française
- 28 octobre : Jacques-Julien Houtou de La Billardière, botaniste français († 1834)
- 2 novembre : Marie-Antoinette, reine de France
- 17 novembre : Louis XVIII, roi de France

Décès en 1755


- 10 février : Montesquieu, philosophe et moraliste français.
- 20 mai : Johann Georg Gmelin, botaniste et chimiste allemand1709).
- 1 novembre : Pierre Barrère, naturaliste et médecin français (° vers 1690). ko:1755년 ms:1755

John Locke

John Locke (Wrington, Somerset, 1632 - Oates, Essex, 1704) était un philosophe empiriste anglais, penseur de l'Enlightenment (les Lumières anglaises).

Biographie

John Locke naquit près de Bristol le 29 août 1632. Son père, avocat, puis capitaine au service du parlement en 1648, fut ruiné pendant la guerre civile. Locke apprit le latin et le grec, et la philosophie d’Aristote à l’école de Westminster (1646 – 1652) ; il devint professeur à Oxford en 1652. Il y avait alors une rivalité entre les platoniciens de Cambridge et les aristotéliciens d’Oxford. Depuis quelque temps, la connaissance traditionnelle était mise en cause par des philosophes tels que Hobbes et Bacon. Mais Locke s’intéressa véritablement à la philosophie par la lecture de Descartes, vers 1659. Il fut également influencé par des savants tels que Boyle et Sydenham. Lui-même souhaitait devenir médecin. Locke fut lié d’amitié avec Lord Ashley, comte de Shaftesbury et ministre de Charles II. Il fut secrétaire du Board of Trade de 1672 à 1675. À partir de 1675, il voyage en France (Montpellier, Paris). En 1683, suite à la réaction tory, Shaftesbury et Locke sont exilés d’Angleterre et se réfugient en Hollande. Locke reviendra dans son pays en 1689.

Théorie de la connaissance

Le but de Locke et sa méthode

C'est à l'occasion de problèmes moraux et religieux que Locke s'engage dans une analyse critique des pouvoirs de l'entendement, afin de déterminer l'étendue de la connaissance humaine. Locke va se donner pour but de déterminer l’origine, les degrés de certitude et l’étendue des connaissances humaines, leurs fondements et les degrés de foi qu'on peut leur accorder, les opinions et les assentiments que l'on peut légitimement avoir. Cette démarche exclue d’emblée les spéculations cartésiennes sur la nature de l’âme et ses rapports avec les mouvements physiologiques. En effet, l’examen porte seulement sur les facultés de l’homme et sur les objets qui se présentent à son esprit. Cette méthode devrait ainsi permettre de comprendre comment l’entendement forme des idées des choses, et par là, de voir quelles sont les bornes de la connaissance humaine. La méthode consistera à observer les faits de l’âme et à décrire l’expérience de l’intériorité. L’analyse psychologique lockéenne sera ainsi une étude des idées. Cette entreprise est la première formulation précise et rigoureuse du problème critique.

Les idées

Toutes nos connaissances sont faites d’idées, i.e., en un sens large, « tout objet que l’esprit aperçoit immédiatement », ou « quoi que ce puisse être qui occupe notre esprit lorsqu’il pense. », ce qui est une définition très proche de celle de Descartes. On peut résumer en deux questions leur analyse dans l’Essai sur l’entendement humain :
- comment se forment nos idées ?
- quel rapport nos idées ont-elles avec les choses ? Mais Locke procède d’abord à une longue critique de la théorie des idées innées.

La critique des idées innées

Puisque Locke se propose de rechercher l’origine de nos idées, la théorie des idées innées se présente naturellement à l’esprit. Or, pour Locke, toutes nos idées dérivent en réalité de l’expérience. La réfutation de l’innéisme va lui permettre de justifier sa thèse. Tout d’abord, selon l’innéisme, il y a des idées qui sont universelles : le principe d’identité, le principe de contradiction, l’idée que nous avons de Dieu, etc. Mais l’expérience nous montre de manière évidente le contraire : les enfants n’ont pas conscience de ces idées, et il y a d’autres civilisations que la nôtre où des prétendues idées morales innées sont totalement absentes. Sur ce point, l’innéisme est donc insoutenable. Mais une idée innée est également une idée qui se trouve dans l’entendement. Or, si elle est dans l’entendement, elle doit être perçue ; d’où il suit que tous les hommes devraient avoir conscience des idées innées dès leur naissance, que ces idées devraient être leurs toutes premières idées, l’objet premier de leur esprit, ce qui est manifestement absurde. En effet : ou bien une idée non perçue par l’entendement n’a jamais été dans l’entendement, ou bien elle a été perçue et elle doit donc être connue. Une idée ne peut donc être dans l’âme sans y être objet de l’entendement. Par définition, l’idée est ce qui est dans l’esprit ; soutenir qu’une idée est dans l’âme sans être conçue, c’est le même que de dire que cette idée n’est pas une idée. Il faut donc que toute idée innée soit immédiatement aperçue. Mais il a déjà été dit que les hommes étaient de tous concevoir ces idées. On peut ajouter que non seulement les idées innées sont ignorées par une grande partie de l’humanité, mais qu’en outre lorsque l’on présente à l’entendement et qu’elles ne sont pas comprises immédiatement (ce qui arrive dans l’apprentissage) alors ces idées montrent leur caractère non inné. Ce qui est donc critiqué par Locke, c’est la théorie que notre âme contiendrait passivement des idées indépendamment de l’expérience. Cette théorie critiquée n’est pas celle de Descartes ; en effet, pour Descartes, les idées innées sont idées qui résultent de l’activité de l’entendement. Au final, on ne sait guère à qui Locke adresse ses critiques, peut-être aux platoniciens de Cambridge.

Origine de nos idées

S’il n’y a pas d’idée innée, comment donc formons-nous nos idées ? Locke formule sur ce point la métaphore de l'ardoise vierge (tabula rasa) pour décrire l'esprit humain avant son contact avec le monde. L’esprit ne contient donc aucun caractère, aucune idée. Il ne reste plus que l’expérience : seule l’expérience peut être le fondement de nos connaissances. La matière de notre esprit est donc soient les objets extérieurs (idées qui viennent des sens) soient les opérations de la pensée elle-même (idées qui viennent à la suite de l'action de la réflexion) : dans les deux cas, les idées proviennent de l’expérience. Par les sens, une excitation ou un mouvement sur le corps nous fait percevoir des qualités sensibles ; par la réflexion, l’âme reçoit l’impression de sa propre activité lorsqu’elle perçoit les choses du monde extérieur. Ces idées de la sensation et de la réflexion sont de deux sortes : simples ou complexes.

Les idées simples

Selon Locke les idées simples sont indivisibles et complètes, mais elles ne sont pas toujours claires ; elles sont sans mélange, homogènes et inanalysables : on ne peut donc ni les définir ni les expliquer. On ne peut non plus les communiquer, ni les connaître sans expérience personnelle. Données immédiates de l’expérience, ces idées sont les seuls matériaux de notre pensée. Locke distingue deux types d’idées simples : les idées simples de la sensation et les idées simples de la réflexion. Les idées simples de la sensation entrent par les sens sans aucun mélange, et elles sont toutes bien distinctes. Certaines de ces idées sont fournies par un seul sens, comme le son, la saveur, etc. D’autres nous viennent de plusieurs sens à la fois : le mouvement, l’espace, l’étendue, etc. À propos des qualités que nous percevons ainsi, Locke fait trois distinctions : Il y a des qualités premières, que nous ne pouvons séparer des corps : par exemple, la solidité, le mouvement, etc. Ces qualités sont réellement dans la matière. Les qualités secondes sont la puissance qu’ont les corps de produire en nous des sensations par leurs qualités premières : la chaleur, la couleur, etc. Nous les percevons directement. Ces qualités ne sont pas réellement dans les corps, et leurs apparences varient avec la portée de nos sens. Bien que nous jugions naturellement que ces qualités soient dans les corps, quand elles ne sont pas perçues, ces qualités n’existent pas. Sans un corps et une âme pour les percevoir, la chaleur, la douleur, etc. n’existent nulle part dans le monde. Locke distingue une troisième sorte de qualité : la puissance que possède les corps de produire ou de recevoir des effets ou des changements tels qu’il en résulte pour nous des altérations de nos perceptions. Le feu transforme par exemple la matière, que nous percevons alors différemment. Ces qualités sont perçues indirectement et nous ne les attribuons pas naturellement aux corps. Les idées simples de la sensation et de la réflexion sont des idées qui résultent de ces deux modes d’expérience : pour Locke, ce sont : le plaisir et la douleur, joints l’un à l’autre dans presque toutes nos idées ; l’inquiétude (uneasiness) ; la puissance ; l’existence et l’unité que nous concevons dans toutes les perceptions d’objets et par toute idée. Les idées de réflexion peuvent être divisées suivant deux types d’action ; il s’agit de voir si l’on peut découvrir dans chacun des idées simples :
- l’entendement, qui comprend la perception (avoir une idée), la rétention (rappeler ses idées qui en dehors de cet acte ne sont nulle part) et la distinction (capacité de concevoir une idée, d’abstraire, d’où le caractère fictif des idées générales qui n’ont d’existence que dans notre esprit).
- la volonté : dans ce cas, il ne semble pas y avoir d’idées simples. Ainsi, en résumé, nos idées simples, i.e. indivisibles, sont fournies à notre esprit passif par un ou plusieurs sens à la fois, ou sont obtenues par l’impression d’une réflexion seule, ou enfin par une réflexion et une sensation.

Les idées complexes

Les idées complexes sont une combinaison d’idées simples. Locke distingue trois types d’idées complexes. Les modes sont des idées complexes qui ne subsistent pas par elles-mêmes, mais sont comme des affections des substances. Les modes se divisent à leur tour en plusieurs types :
- les modes composés d’un seul type d’idées simples. Ce sont des modifications d’une idée simple : par exemple, deux est l’unité répétée. L’espace vient de l’idée simple d’étendue : c’est l’idée sensible élaborée de distance. La durée nous vient de l’idée de succession ; le nombre, qui comporte une unité strictement déterminée ; l’infini qui se forme par l’addition sans fin du fini
- les modes de pensée : l’esprit perçoit une grande variété de ses propres modifications quand il réfléchit sur lui-même. On trouve la perception, la mémoire, l’attention, etc.
- les modes de la volonté : la puissance, la liberté comme puissance de commencer ou de ne pas commencer une action, de la poursuivre ou non.
- modes mixtes : ce sont des idées indépendantes que l’esprit joint sans que ces modes aient d’existence sensible réelle (ex: le mensonge). Les substances sont des idées constamment réunies considérées comme appartenant à un objet. La substance est un tout existant par lui-même, mais nous n’avons pas d’idée précise de la substance en général. La relation est une comparaison telle que l’examen d’une chose contient la considération d’une autre. Les principales relations sont la causalité, l’identité et la diversité.

La connaissance

Locke a donc établit, par cette analyse des idées, que toutes nos connaissances portent sur nos idées, sur les rapports qu'elles ont entre elles et sur leur modifications. La connaissance consiste donc dans la perception que nous avons de la convenance ou de la disconvenance que nos idées ont entre elles. Connaître, c'est comparer des idées, découvrir quelles sont leurs relations, et juger. Il distingue quatre sortes de convenances et de disconvenances qui correspondent à peu près à des domaines de la connaissance humaine :
- identité ou diversité (logique)
- relation (mathématique)
- coexistence nécessaire (physique)
- existence réelle (métaphysique) Il distingue également quatre sortes de connaissance : des deux premières suit la certitude ; de la troisième l'opinion et la probabilité ; de la quatrième la foi.

Connaissance intuitive

La connaissance intuitive est la perception immédiate de la convenance ou de la disconvenance des idées entre elles, sans idée intermédiaire. Cette intuition est évidente, et elle produit la certitude. Ainsi, toutes les idées claires et distinctes, i.e. les idées abstraites, sont-elles évidentes ; l'esprit conçoit immédiatement que chaque idée convient avec elle-même et qu'elle disconvient avec toutes les autres. Néanmoins, ces idées ne sont pas des axiomes de la pensée et des sciences. En effet, ces axiomes sont inutiles pour saisir des propositions particulières, et ils peuvent nous induire en erreur. Les idées abstraites sont évidentes du fait qu'elles sont notre œuvre, elles n'ont pas besoin d'être démontrées. Par exemple : : « Pour ce qui est de notre existence, nous l'apercevons avec tant d'évidence et de certitude que la chose n'a pas besoin d'être démontrée par aucune preuve. Je pense, je raisonne, je sens du plaisir et de la douleur ; aucune de ces choses peut-elle m'être plus évidente que ma propre existence ? Si je doute de tout autre chose, ce doute même me convainc de ma propre existence et ne me permet pas d'en douter. [...] Dans chaque acte de sensation, de raisonnement ou de pensée, nous sommes intérieurement convaincus en nous-mêmes de notre propre être, et nous parvenons sur cela au plus haut degré de certitude qu'il est possible d'imaginer. »

Connaissance démonstrative

La connaissance démonstrative consiste à comparer des idées et en percevoir la convenance ou la disconvenance par le moyen d'autres idées qui sont des preuves pour la démonstration. C'est la raison qui perçoit ces liens entre les idées, en suivant le fil de la déduction. La déduction comprend plusieurs degrés :
- découvrir des preuves ;
- ordonner les idées avec clarté et convenablement en sorte que les connexions apparaissent avec évidence ;
- percevoir ces connexions ;
- enfin, conclure. Dans le domaine de démonstration, ce sont les mathématiques qui sont le plus haut degré de la certitude, car elle comporte ces quatre degrés. Nous concevons intuitivement les idées abstraites des mathématiques, et ces intuitions claires et distinctes permettent d'en déduire des propriétés. En revanche, le domaine de l'expérience ne fournit pas de telles idées, il ne s'y trouve rien de certain et d'universel, tout y est contingent. Dans le domaine de la démonstration, Locke place également la preuve de l'existence de Dieu ; c'est, selon lui, la seule existence qui puisse être prouvée et cela, avec une certitude égale à celle des mathématiques. En effet, si nous considérons notre existence, nous savons que quelque être réel existe ; or, si le non-être ne peut rien produire,