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Congrès De La Haye

Congrès de la Haye

Le Congrès de La Haye, intitulé à l'époque « Congrès de l'Europe », a rassemblé du 7 mai au 10 mai 1948 près de 750 délégués venus de presque tous les pays d'Europe. Le Congrès fut organisé par des associations, issues notamment de la résistance, comme l'Union des fédéralistes européens ou encore le United Europe Movement de Winston Churchill. Y participaient des hommes politiques, intellectuels et syndicalistes. Parmi eux : Winston Churchill, qui présidait les débats, Harold Macmillan, Paul Ramadier, Paul Reynaud, François Mitterrand, Paul van Zeeland, Julien Hoste, Altiero Spinelli, Alexandre Marc, Denis de Rougemont. Le Congrès adopte un « Message aux Européens » appelant à une Europe unie, une charte européenne des droits de l'homme, une cour de justice européenne et une assemblée européenne. Le Congrès a donné naissance au Mouvement européen et a conduit à la création du Conseil de l'Europe. Catégorie:Union européenne Catégorie:Histoire de l'Union européenne catégorie:Fédéralisme

1948

Cette page concerne l'année 1948 du calendrier grégorien.

Événements


- 1 janvier : Entrée en vigueur du GATT.
- 8 septembre : Consécration de la nouvelle abbatiale de l'Abbaye d'Orval, dans la province belge du Luxembourg.
- 9 décembre [http://cec.rwanda.free.fr/documents/CVN-1948.htm Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide] (adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU)
- 10 décembre : L'assemblée générale des Nations Unies, réunie à Paris, adopte la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
- L'UNESCO recommande aux États membres de rendre l'éducation primaire obligatoire et universelle.

Europe


- 20 mars : Lors de la conférence de Londres, l'URSS rompt avec les Alliés sur la question allemande.
- 7 mai : Congrès de la Haye ou « Congrès de l'Europe », qui mènera à la création du Conseil de l'Europe (mai 1949).

Europe de l'Est


- En mars, proclamation de la République Populaire de Roumanie.
- 28 juin : Le Kominform condamne Tito et exclut la Yougoslavie du Kominform.
- 5 septembre : Limogeage de Gomulka, 1er secrétaire du POUP en Pologne (remplacé par Beirut).
Tchécoslovaquie

- 21 février : Coup de Prague (20-27 fév), la Tchécoslovaquie bascule dans le camp communiste
- En mai : Victoire des communistes aux élections en Tchécoslovaquie
- En juin, la Tchécoslovaquie devient une « Démocratie Populaire ».

Europe de l'Ouest


- 1 janvier : Création du Benelux, union douanière entre la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.
- 17 mars : Traité de Bruxelles : alliance militaire occidentale (France, Royaume-Uni, Benelux).
- 1 avril : Début de la distribution de l'aide américaine dans le cadre du plan Marshall.
- 3 avril : Fondation de l'OECE (Organisation européenne de coopération économique, future OCDE) par 16 pays et les zones d'occupations alliées en Allemagne et à Trieste.
- 4 septembre : Avènement de la reine Juliana des Pays-Bas fille de la reine Wilhelmine qui vient d'abdiquer.
- 16 octobre : Fin de la guerre civile en Grèce.
Allemagne

- 5 avril : Un tribunal militaire américain acquitte Alfred Krupp et 11 autres industriels allemands, de l'accusation de crimes de guerre.
- 20 juin : En Allemagne de l'Ouest, réforme monétaire (remplacement du Reichsmark par le Deutsche Mark).
- 24 juin : Début du blocus de Berlin-Ouest par les Soviétiques (24 juin 1948 - 12 mai 1949).
- 28 juin : Mise en place par les Occidentaux d'un pont aérien avec Berlin-Ouest pour contourner le blocus.

France


- 25 janvier : Dévaluation du franc français et blocage des billets.
- En avril, Fondation de la CGT-FO (Force Ouvrière) par les partisans de Léon Jouhaux.
- En avril, nouvelle vague de grèves en France.
- 19 juillet : Chute du Gouvernement Robert Schuman (1)
- 26 juillet : Nouveau Gouvernement André Marie, jusqu'au 28 août.
- 25 août : Naissance du Mouvement de la Paix.
- 28 août : Chute du Gouvernement André Marie.
- 5 septembre : Nouveau Gouvernement Robert Schuman (2)
- 7 septembre : Chute du Gouvernement Robert Schuman (2)
- 11 septembre : Nouveau Gouvernement Henri Queuille (1), jusqu'au 5 octobre 1949.
- En septembre, vague de grèves violentes (sept-nov).
- 11 octobre : Le gouvernement rappelle des réservistes.
- L'inflation se monte à 59 %.
- Dévaluations du franc, 80 % puis 17 %.
- Dans le cadre du plan Marshall, la France reçoit une aide américaine jusqu'en 1952.
- Création de la société « Usinor » par la fusion de « Denain-Auzin » et des « Forges et Acièries du Nord et de l'Est ».
- Fondation de la compagnie « Air France » sous forme de société mixte.

Afrique


- L'arrivée au pouvoir du parti nationaliste en Afrique du Sud multiplie les mesures d'apartheid, ségrégation à l'égard des Noirs.
- Un cyclone tropical dévaste la Réunion.

Amériques

Amérique du Nord

Canada

- 28 juillet : L'Union nationale de Maurice Duplessis remporte les élections générales au Québec.
- 15 novembre : Après le retrait du Premier ministre Mackenzie King, Louis St-Laurent lui succède jusqu'en 1957.
États-Unis

- 25 février : Martin Luther King est nommé pasteur baptiste.
- 31 mars : Le Congrès américain approuve le plan Marshall d'aide à l'Europe.
- 3 mai : La Cour suprême des États-Unis invalide les lois, contrats et autres textes interdisant aux noirs d'être propriétaires fonciers
- En novembre, Élection de Harry S. Truman (D) comme président des États-Unis avec 49,6% des voix contre Thomas E. Dewey (R) 45,1%.

Amérique Latine


- 30 avril : Création à Bogota de l'OEA (OAS) : Organisation des États Américains.

Asie & monde indien


- En février, Indépendance de l'île de Ceylan (Sri Lanka).
- Première indépendance du Vietnam octroyée par la France.

Birmanie


- 4 janvier : Indépendance officielle de la Birmanie. U Nu (bouddhiste et neutraliste), devient le Premier ministre de l'Union birmane. Début de l'exode des habitants d'origine indienne.
- 28 mars : Début de l'insurrection déclenchée par les communistes du Drapeau Blanc birman, avec 25 000 partisans, armés d'un équipement disparate. Le Drapeau Blanc établit son QG à Pyinmana et un Front militaire à Pégu où il commence des embuscades.
- En décembre, l'armée birmane chasse la guérilla communiste de Pyinmana. 3 000 partisans se rendent, ce qui porte un coup décisif à la guérilla.

Corée(s)


- 16 février : Proclamation de la République populaire de Corée du Nord.
- 10 mai : Élection d'une assemblée et d'un président (Syngman Rhee) en Corée du sud.
- 10 septembre : Création de la République Populaire Démocratique de Corée (la Corée du Nord) marquant la scission avec la Corée du Sud entraînant des tensions aboutissant à la guerre de Corée.
- En décembre, évacuation par l'Armée Rouge du nord de la Corée.

Japon


- 13 mars : Soichiro Honda crée la compagnie Honda Motors.
- Création du zenkaguren et nouvelle constitution

Océanie & pacifique

Proche-Orient & monde-arabe


- 4 avril : Élections en Algérie (4-11 avr).

Palestine & Israël


- 1 mars : Le Conseil juif de Palestine forme un cabinet de 30 ministres sous la présidence de David Ben Gourion (jusqu'en 1953) formant ainsi l'embryon de l'État d'Israël.
- 9 avril : Massacres de 300 civils par les terroristes juifs de l'Irgoun, à Der Yassine, qui entraîne une panique chez les Palestiniens.
- 14 mai : Proclamation de l'État d'Israël par David Ben Gourion et déclare son indépendance de l'Empire britannique. Il est reconnu par l'URSS et les États-Unis.
- 15 mai : Invasion de la Palestine par les troupes des pays arabes.
- 31 mai : Création de Tsava Haganah le Israel (Tsahal) : « l'armée de défense d'Israël ».
- 17 septembre, à Jérusalem, le Comte suédois Folke Bernadotte, médiateur de l'ONU est assassiné par un groupe de sionistes de la faction LEHI.

Arts & cultures


- 12 mars : Création du groupe de motards les « Hell's Angels ».
- 20 mars : CBS présente le premier concert classique télévisé donné par l'Orchestre de Philadelphie.
- 11 mai : Fondation du Collège de Pataphysique.

Cinéma


- 20 mars : 20e remise des oscars

Films remarquables


- La Corde (Rope) drame policier d'Alfred Hitchcock avec James Stewart, John Dall et Farley Granger.
- Key Largo réalisé par John Huston avec Humphrey Bogart, Lauren Bacall et Edward G. Robinson
- Hamlet de Laurence Olivier - Oscar du meilleur film.
- Jour de fête réalisé par Jacques Tati.

Littérature


- Le romancier Hervé Bazin publie Vipère au poing.
- L'écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre publie Les mains sales.
- L'écrivain George Orwell publie 1984.

Sciences & techniques


- Le physicien anglais Patrick Blackett, spécialistes des rayons cosmiques, reçoit le prix Nobel de Physique.
- Le mathématicien américain Claude Shannon développe sa théorie de l'information.
- Invention du transistor par William Shockley, John Bardeen et Walter Brattain.
- Le mathématicien américain d'origine hongroise John von Neumann étudie mathématiquement des machines qui s'auto-reproduisent.
- Invention du four à micro-ondes.

Techniques appliquées


- 3 juin : Mise en service du télescope du Mont Palomar.
- 28 novembre : Mise sur le marché de la « caméra Polaroid ».
- 15 décembre : Mise en route de Zoé, la première pile atomique française dont la construction a été dirigé par Frédéric Joliot-Curie.
- Inauguration du télescope de 5 mètres au mont Palomar.
- La « Columbia » met le 33 tours LP sur le marché.

Sports


- 25 juin : Le champion Joe Louis conserve son titre de champion du monde des poids lourds à la boxe en battant Jersey Joe Walcott par K.O. au 11e round à New York.
- 29 juillet : Jeux Olympiques d'été, XIVe Olympiade de l'ère moderne, à Londres.
- Le Tour de France cycliste est remporté par l'italien Gino Bartali (+ montagne), deuxième le belge Brik Schotte et troisième le français Guy Lapebie.
- Article détaillé : 1948 en sport

Naissances en 1948

Janvier-Février


- 1 janvier - Louis Chédid, chanteur français
- 16 janvier - John Carpenter, cinéaste
- 17 janvier - Anne Queffélec, pianiste française
- 27 janvier - Mikhaïl Barychnikov, danseur et chorégraphe américain
- 3 février - Henning Mankell, écrivain suédois
- 11 février - Bernard Bonnet, homme d'État
- 28 février - Bernadette Peters, actrice

Mars-Avril


- 9 mars - Jeffrey Osborne, chanteur
- 11 mars - Dominique Sanda, actrice
- 17 mars - William Gibson, écrivain américain
- 30 mars - Richard Gotainer, chanteur français
- 31 mars - Al Gore, ex-vice-président américain
- - Jimmy Cliff, musicien
- 3 avril - Carlos Salinas de Gortari, président du Mexique entre 1988 et 1994
- 18 avril Régis Wargnier, réalisateur de film français
- 28 avril - Terry Pratchett, écrivain anglais

Mai-Juin-Juillet


- 15 mai : Brian Eno, musicien
- 19 maiGrace Jones, mannequin, chanteuse et actrice américaine
- 31 mai : John Bonham, batteur du groupe Led Zeppelin
- 21 juin : Andrzej Sapkowski, écrivain polonais
- 4 juillet : René Arnoux, pilote automobile F1
- 6 juillet : Nathalie Baye, actrice française
- 13 juillet : Catherine Breillat, réalisatrice et scénariste française
- 15 juillet : Anne Sinclair, journaliste française d'origine américaine
- 16 juillet : Pinchas Zukerman, violoniste israélien
- 21 juillet : Hubert-Félix Thiéfaine, chanteur français
- 21 juillet : Cat Stevens, musicien
- 21 juillet : Garry Trudeau, dessinateur
- 30 juillet : Jean Reno, comédien français
- 31 juillet : Alain Nadaud, écrivain français.

Août-Septembre-Octobre


- 3 août - Jean-Pierre Raffarin, homme politique français
- 24 août - Jean-Michel Jarre, compositeur français
- 25 août - Robert Plant, chanteur du groupe Led Zeppelin
- 10 septembre - Margaret Trudeau, ancienne Première Dame du Canada
- 1 octobre - Peter Blake, navigateur néo-zélandais
- 8 octobre - Claude Jade, actrice française
- 2 octobre - Avery Brooks, acteur américain
- 2 octobre - Chris LeDoux, chanteur de country américain (décès 2005)
- 8 octobre - Johnny Ramone, musicien américain, guitariste des Ramones (décès 15 septembre 2004)

Novembre-Décembre


- 4 novembre - Amadou Toumani Touré, homme politique malien
- 9 novembre - Bille August, réalisateur de cinéma danois
- 14 novembre - Charles d'Angleterre, prince de Galles
- 18 décembre - Laurent Voulzy, chanteur français
- 20 novembre - Barbara Hendricks, soprano norvégienne d'origine américaine
- 21 décembre - Willi Resetarits, cabarettiste autrichien
- 24 décembre - Michel Robert, cavalier, Champion de France
- 25 décembre - Noël Mamère à Libourne en Gironde (France)
- 27 décembre - Gérard Depardieu, acteur
- 28 décembre - Robert Flammang, à Luxembourg

Dates inconnues


- Dan Simmons, écrivain américain
- Nick Drake, auteur, compositeur, interprète
- Trinh Xuan Thuan, astophysicien et écrivain originaire du Việt Nam.
- Ndiaga Mbaye, griot et auteur-compositeur-interprète sénégalais
- Adama Drabo, cinéaste et auteur de théâtre malien

Décès en 1948


- 8 janvier : Kurt Schwitters, peintre allemand
- 19 janvier : Tony Garnier, architecte
- 30 janvier : Mahatma Mohandask Gandhi (assassiné) philosophe et leader politique et spirituel de l'Inde
- 10 février : Sergueï Eisenstein, réalisateur soviétique
- 4 mars : Antonin Artaud, dramaturge, poète et comédien français
- 12 mars : Alfred Lacroix, minéralogiste et géologue français.
- 6 juin : Louis Lumière, français, inventeur du cinématographe
- 5 juillet : Georges Bernanos, écrivain et dramaturge français
- 23 juillet : D.W. Griffith, producteur et réalisateur américain
- Andreï Jdanov, russe, politicien aux côtés de Staline durant l'URSS. __NOTOC__ Catégorie:1948 als:1948 ja:1948年 ko:1948년 ms:1948 simple:1948 th:พ.ศ. 2491

Union des fédéralistes européens

Objectifs

L'U.E.F. a pour but de "travailler à la création d'une Fédération Européenne dotée d'institutions supranationales et de pouvoirs souverains limités mais réels, à savoir, un Gouvernement fédéral, une Assemblée populaire élue au suffrage universel direct, un Sénat fédéral représentant les États membres et éventuellement les régions, une Cour de Justice. La fédération Européenne devra garantir les libertés fondamentales - y compris le droit d'opposition - et assurer le maximum de participation des citoyens à tous les niveaux".

Histoire

Association fondée en décembre 1946 sous le nom d'Union européenne des fédéralistes. Elle regroupe plusieurs initiatives issues notamment de la résistance, ayant pour objectif de créer une fédération européenne, notamment : -le Mouvement Fédéraliste Européen créé au lendemain de la chute de Mussolini à Milan, du 27 au 29 août 1943, notamment sous l'impulsion de l'opposant Altiero Spinelli. -le Comité français pour la Fédération européenne créé à Lyon par des membres du groupe "Francs-tireurs" en juin 1944. Des participants issus de 14 pays se retrouvent à Hertenstein en Suisse du 15 au 22 septembre 1946 et adoptent une déclaration commune. Rejoints par d'autres organisations, ils fondent l'UEF à Bâle (Suisse) en décembre. Le Congrès constituttif à lieux à Montreux (Suisse) du 27 au 31 août 1947. Les motions adoptées définissent les principes du fédéralisme auquel adhère l'organisation et ses objectifs d'unification européenne. Parmi les premiers animateur de l'association, on trouve Alexandre Marc, Denis de Rougemont, Altiero Spinelli, Henri Frenay. L'UEF participe avec le United Europe Movement de Winston Churchill, à l'organisation du Congrès de La Haye, où ses thèses seront influentes mais minoritaires. L'UEF participe encore à ce jour au Mouvement européen issu de ce Congrès. L'association s'implique dans la campagne en faveur de la Communauté européenne de défense qui échoue en 1954. Une scission sépare ceux qui apportent leur soutien au processus engagé par les gouvernements européens avec la Communauté économique européenne et ceux qui souhaitent construire l'Europe en mobilisant les citoyens en vue d'une assemblée constituante européenne. Les deux branches se réunirons à nouveau en 1973 pour mener campagne pour l'élection du Parlement européen au suffrage universel qui deviens réalité en 1979, pour une monnaie unique européenne et enfin pour une Constitution européenne. Une branche jeune autonome est également crée à la même époque : les Jeunes Européens Fédéralistes (JEF). L'implantation de l'association est aujourd'hui très variable selon les pays. En 2005, le mouvement est présidé par Mercedes Bresso, présidente de la région Piémont, qui a succédée à Jo Leinen, député européen PSE alors président de la Commission des affaires constitutionnelles au Parlement européen. Catégorie:Association ou organisme Catégorie:Fédéralisme

Winston Churchill

Winston Leonard Alexander Spencer Churchill (Blenheim Palace, Oxfordshire, 1874-Hyde Park Gate, Londres, 1965) fut un homme d'État britannique.

Carrière politique

En 1900, il fut élu pour la première fois au parlement, en tant que député conservateur de la région d’Oldham. Ensuite, lors de l'élection de 1904, il fut réélu, mais cette fois en tant que député du parti libéral. Il occupa le poste de ministre du Commerce en 1908. Puis, en 1910-1911, il fut ministre de l'intérieur. Durant cette période, il tissa d'étroits liens avec David Lloyd George. Finalement, en 1911, juste avant le premier conflit mondial, il fut nommé premier Lord de l'Amirauté, et de 1911 à 1915, il modernisa considérablement la flotte britannique. 1915 La Première Guerre mondiale ne fut pas la meilleure pour Winston Churchill. Il y eut un rôle très controversé qui faillit mettre fin à sa carrière. Churchill, alors pressé par les Russes qui voulaient voir la pression turque dans le Caucase diminuer,et soucieux de contourner l'impasse sanglante du front occidental, proposa d'organiser une grande expédition, l'Expédition Des Dardanelles. L'offensive lancée par un commandement allié timoré, échoua le 18 mars 1915 devant Canakkale. C'est alors que l'on ordonna une invasion par voie terrestre. Quatre divisions britanniques débarquèrent au Cap Helles. Ils essayèrent d’établir une tête de pont à la presque île de Gallipoli, mais suite à trois terribles affrontements, les soldats furent rappelés. On tenta un second débarquement, cette fois au Cap Sulva. Encore une fois, ce nouveau plan ne fonctionna pas, et le 9 janvier 1916, on évacua les troupes alliées. L'expédition des Dardanelles se solda par 144 000 blessés ou tués. Ce monumental échec força Churchill, bouc émissaire, à quitter son poste de premier Lord de l'Amirauté. Après sa démission, il commanda un bataillon en France. Avant la fin de la guerre, il fut rapatrié en Angleterre et devint secrétaire à la guerre de 1917 à 1922. Après la Grande Guerre, il se prononce pour une réconciliation avec l'Allemagne (contrairement à Lloyd George et Clemenceau) et dénonce par ailleurs le bolchevisme (ou communisme) qui a pris le pouvoir en Russie. C'est en vain qu'il avertit : «De toutes les tyrannies de l'Histoire, la tyrannie bolchevique est la pire, la plus dévastatrice, la plus avilissante» (discours à l'Aldwych Club le 11 avril 1919). Cette annonce avait pour but de sensibiliser la planète aux évènements qui avaient lieu en Russie. De 1922 à 1924, il fut éloigné du parlement suite à l'effondrement du parti libéral. En 1924, il revient de nouveau en tant que député conservateur, il occupe alors le poste de Chancelier de l'Échiquier du gouvernement (Ministre des Finances). Un peu plus tard, en 1926, il contribue fortement, par des apparitions publiques, à déclencher la crise sociale, durant laquelle il combattit farouchement les syndicats. Il fut de nouveau écarté du parlement en 1929 à cause de la défaite des conservateurs. Durant les années trente, il se consacra surtout à l'écriture. Il s'opposa à l'autonomie des Indes et il soutiendra Édouard VIII lors de la crise d'abdication de 1936. Il se rendit vite compte de la menace nazie pour le Royaume-Uni et il plaida une action de la France, de l'Angleterre et de l'URSS pendant la crise tchèque de 1938. Il condamna les accords de Munich signés par Neville Chamberlain. Il fut le premier à insister sur un véritable réarmement. Il n'obtint pas tout de suite la faveur populaire, mais il rallia un soutien grandissant. En 1939, suite à la déclaration de guerre à l'Allemagne après que celle-ci eut envahi la Pologne, Chamberlain dut le nommer, pour la seconde fois, premier Lord de l'Amirauté. Moins de trente minutes après sa nomination, tous les bâtiments de la flotte britannique avaient reçu le message « Winston is Back! ». Suite au début boiteux des alliés, mais surtout à cause de son propre débarquement à Narvik qui visait à couper la route du fer aux allemands, et qui, à l’instar de Gallipoli, n’avait pas marché, il fut, le 10 mai 1940, nommé Premier Ministre. En effet, Neville Chamberlain, avec une extraordinaire abnégation, assuma la responsabilité de l'échec et offrit sa démission, blanchissant Churchill par la même occasion et laissant à ce guerrier né la mission de conduire la guerre. Durant les jours sombres de la bataille d'Angleterre, les discours passionnés de Churchill poussèrent les Britanniques à poursuivre la lutte. Pour être tout à fait sûr que la flotte française ne tombe pas entre les mains des allemands, il ordonna que l'on attaque la flotte de l'Atlantique à l'ancre à Mers el Kébir. Il développa une collaboration fructueuse avec le président Roosevelt. Cette « alliance » lui procura un soutien militaire et moral important de la part des États-Unis. Pendant toute la guerre il occupa une place importante dans la coordination militaire alliée. Il fut, à l'instar de Dwight D. Eisenhower, réticent à lancer les troupes sur le mur de l'Atlantique car il redoutait une faille dans le secret du plan, si cela s’était produit, les troupes lors du débarquement de Normandie se seraient dirigées vers la mort, rien de moins. Cela lui rappelait l'Expédition des Dardanelles. Malgré tout, le secret de l'expédition fût bien gardé et les troupes prirent pied peu à peu en France, la Luftwaffe clouée au sol. Dans les conférences de paix alliées, Churchill occupa un rôle de premier plan, cependant, il ne participa qu'aux premières négociations de Potsdam, car il ne fut pas réélu aux élections de juillet 1945. Il critiqua fortement les réformes de « l'état providence » instaurées par son successeur. Lors de son célèbre discours de 1946 à Fulton, au Missouri, il mit en garde le monde libre contre la dangereuse expansion soviétique et son « rideau de fer ». rideau de fer Il est également le premier à avoir remis à l'ordre du jour l'idée hugolienne des "États-Unis d'Europe" lors d'un discours à Zurich le 19 septembre 1946 et a présidé le Congrès de la Haye en 1948 puis le Mouvement européen. Il fut rétabli au poste de premier ministre de 1951 à 1955, mais sa santé défaillante l’empêcha de diriger le pays de façon aussi dynamique que lors de son premier mandat. Après 1955, Churchill consacra ses dernières années à la peinture et à l’écriture. Il mourut le 24 janvier 1965, à l’âge de 90 ans. Des funérailles nationales furent organisées à Bladon, près du palais de Blenheim.

Citations


- «I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat...» (- Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur...- Extrait du discours devant le Parlement britannique, le 13 mai 1940, trois jours après l'invasion de la France par Hitler et sa nomination au poste de Premier ministre britannique)
- «Never give in. Never give in. Never, never, never, never--in nothing, great or small, large or petty--never give in, except to convictions of honour and good sense. Never yield to force. Never yield to the apparently overwhelming might of the enemy....» (- N'abandonnez jamais. N'abandonnez jamais. Jamais, au grand jamais, n'abandonnez jamais en rien, si ce n’est pour l’honneur et le bon sens. Ne cédez jamais à la force. Ne cédez jamais à l’apparente puissance de l’ennemi...- Extrait du discours devant l'école de Harrow, le 27 octobre 1941)
- «The best argument against democracy is a five-minute conversation with the average voter» (- La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen-)
- « Je suis fortement favorable à l’utilisation de gaz empoisonné contre les tribus non-civilisées. L’effet moral devrait être bon… et il répandrait une vive terreur… » (Winston Churchill commentant l’usage de gaz empoisonné contre les Irakiens après la Première Guerre Mondiale).
- « Durant les terribles bouleversements qui se déroulèrent en Europe, le caporal Hitler a mené son combat, long et difficile, pour conquérir le cœur des hommes. On ne peut lire qu’avec admiration l’histoire de ce combat pour le courage, la persévérance et la force vitale dont il a fait preuve, qui l’ont incité à surmonter toutes les résistances qui se sont opposées à lui. Par son ardeur et son amour de la patrie, il a prouvé, et avec lui les légions sans cesses grandissantes de ceux qui se sont joints à lui, que rien n’était impossible, que tout pouvait être tenté et qu’ils étaient prêts aussi bien à y laisser leur vie, leur santé et leur liberté qu’à perdre leurs ennemis » (Winston Churchill, The Truth about Hitler , Strand Magazine novembre 1935)
- "We must build a kind of United States of Europe" (- Nous devons créer une sorte d'Etats-Unis d'Europe-) (Discours de Winston Churchill à Zurich en 1946, en faveur de la création d'un espace communautaire Européen)

L'écrivain

En 1932, Churchill participe à une anthologie d'uchronies dirigée par Johan Squires. Il compose un texte novateur pour le thème du changement du cours de l'histoire. Il imagine un monde dans lequel les Confédérés ont remporté la Guerre de Sécession. Dans ce monde, il met en scène un historien qui imagine ce que serait le monde si la Confédération avait gagné. Il a reçu en 1953 le prix Nobel de littérature pour son œuvre d'historien et de mémorialiste, pour ses qualités d'orateur, et sans doute surtout comme hommage à celui qui a mené la résistance britannique pendant la guerre. En 1963, il devient citoyen d'honneur des États-Unis d'Amérique. Il est le premier à recevoir cette distinction.

Bibliographie et sources


- François Kersaudy, De gaulle et Churchill, La mésentente cordiale, Paris, Editions Perrin, 2003.

Liens externes


- [http://www.churchill-society-london.org.uk/ Association pour la mémoire de Winston Churchill] Churchill, Winston Churchill, Winston Churchill, Winston Churchill, Winston Churchill, Winston Churchill, Winston Churchill, Winston Churchill, Winston ja:ウィンストン・チャーチル ms:Sir Winston Churchill simple:Winston Churchill th:วินสตัน เชอร์ชิลล์

Harold Macmillan

ja:ハロルド・マクミラン MacMillan, Harold Harold MacMillan fut un homme politique britannique, né à Londres en 1894, mort en 1986. D'abord député pour le Parti conservateur en 1924, il gravit les échelons au point de devenir le chef de son parti ainsi que le chancelier de l'Échiquier en 1955. Par la suite, il devint premier ministre de 1957 à 1963.

Paul Ramadier

Ramadier, Paul Paul Ramadier, homme politique français, fils d'un psychiatre, est né le 17 mai 1888 à La Rochelle et est décédé le 14 octobre 1961 à Rodez. Avocat, docteur en droit romain, défenseur des coopératives. Il est militant socialiste dès 1904. Député socialiste de l’Aveyron de 1928 à 1940, de 1945 à 1951 et de 1956 à 1958. Favorable à la participation des socialistes au pouvoir, il quitte la S.F.I.O. pour rejoindre l’Union socialiste et républicaine. Il fait partie du gouvernement Léon Blum en 1936 comme sous-secrétaire d’État (mines, électricité et combustibles liquides) puis du gouvernement Camille Chautemps comme sous-secrétaire d'État aux Travaux publics. Il est ministre du Travail de janvier à août 1938 dans le cabinet Edouard Daladier. Il démissionne quand celui-ci remet en cause la semaine de 40 heures. Il refuse avec véhémence les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940 et participe à la Résistance. Son action en faveur des Juifs lui vaut de voir son nom inscrit sur la liste des Justes des nations à Yad Vashem. Il rejoint de nouveau la S.F.I.O. pendant l’Occupation. A la Libération, il est ministre du Ravitaillement de novembre 1944 à mai 1945 (gouvernement de Gaulle) et se voit surnommé « Ramadan » ou « Ramadiète », bien qu'il donne l'exemple en travaillant dans un bureau non chauffé ; il occupe le ministère de la Justice en décembre 1946-janvier 1947 (ministère Léon Blum). Il est, en 1947, le premier président du conseil après l’adoption de la Constitution de la IVe République. Il est ministre de la Défense en 1948-49 (gouvernement Henri Queuille) et des Affaires économiques et financières en 1956-1957 (gouvernement Guy Mollet). Sous le Front populaire, il fait adopter d’importantes lois sociales il prépare notamment une loi sur les accidents du travail, la retraite et les 40 heures). Confronté à d'énormes difficultés dans tous les domaines comme chef de gouvernement, véritable bourreau de travail, il écarte les communistes de son gouvernement mettant ainsi fin au tripartisme (P.C., S.F.I.O., M.R.P.), fait voter le statut de l’Algérie et l’adhésion de la France au Plan Marshall. Il se retire en raison de la persistance des grèves en 1947. Sous le gouvernement Mollet, il a la lourde tâche de financer la politique sociale alors que la guerre d'Algérie vide les caisses publiques. Son nom est associé à la vignette automobile introduite en 1956. Il est maire de Decazeville de 1919 à 1959. Franc-maçon.

Bibliographie

Serge Berstein (dir.), Paul Ramadier, la République et le socialisme. Actes du colloque, éd. Complexe, 1990 Anne Fonvieille-Vojtovic, Paul Ramadier (1868-1961), élu local et homme d'État, Publications de la Sorbonne, 1993

Paul Reynaud

Paul Reynaud, né le 15 octobre 1878 à Barcelonnette, décédé le 21 septembre 1966 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français
- Diplômé de l'école des hautes études commerciales, avocat, Paul Reynaud se tourne assez vite vers le monde de la politique.
- Élu à la Chambre des Députés avec le Bloc National (1919, puis de 1928 à 1940)
- Membre d'un parti de droite modérée, l'Alliance démocratique, il est plusieurs fois ministre sous la Troisième République et est en charge des portefeuilles des Finances, des Colonies et de la Justice.
- En 1938, il est en rupture avec la ligne directrice de son parti qui tend à approuver la signature des accords de Munich par le radical-socialiste Edouard Daladier.
- 22 mars 1940 : Paul Reynaud est nommé président du Conseil (et ministre des Affaires étrangères) de la Troisième République par Albert Lebrun
- 9 mai 1940 : Paul Reynaud démissionne mais garde cette décision secrète
- Mai-juin 1940, Reynaud reprend le portefeuille de la guerre à Edouard Daladier et s'adjoint le général Charles De Gaulle pour lequel il a une grande estime.
- 16 juin 1940 : Sous la pression de Pierre Laval, Paul Reynaud présente sa démission au Président de la République, lors d'un Conseil des Ministres à Bordeaux, qui l'accepte. Il s'agit de ce qu'on parlera plus tard de « Coup d'État en douceur », dont les détails ont été mis au point en Italie par Pierre Laval, Mussolini et Adolf Hitler. C'est ce Coup d'état qui placera Pétain au pouvoir.
- 5 septembre 1940 : Interné sur ordre de Pétain au château de Chazeron, comme étant l'un des responsables de la défaite, il est ensuite pris par les Allemands. Emprisonné au camp d'Oranienburg, il est dans un second temps (de 1943 à 1945) gardé prisonnier dans le Tyrol.
- De 1946 à 1958, Paul Reynaud est réélu député mais il est battu par Jules Houcke (UNR) en novembre 1962 après s'être opposé à l'élection du président de la République au suffrage universel (référendum du 28 octobre 1962).
- Rallié aux conceptions du Général Charles de Gaulle en 1958, il préside le comité consultatif constitutionnel. Il rompt avec De Gaulle en 1962 pour soutenir Jean Lecanuet lors de l'élection présidentielle de 1965. Reynaud, Paul Reynaud, Paul Reynaud, Paul Reynaud, Paul Reynaud, Paul Reynaud, Paul

François Mitterrand

François Mitterrand, né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente), mort le 8 janvier 1996 à Paris, homme d'État français, fut président de la République française et coprince d'Andorre de 1981 à 1995. Il détient actuellement le record de longévité (14 ans) à la tête de la l'État Français : République française. De son mariage avec Danielle Gouze, Présidente de la Fondation France-Libertés [http://www.france-libertes.fr/ ], il a eu deux fils, Jean-Christophe et Gilbert (maire de Libourne, ancien député de la Gironde), et de sa relation avec Anne Pingeot, une fille, Mazarine Pingeot.

Biographie

François Mitterrand est né dans une famille catholique et conservatrice de province. Son père, Joseph, était agent d'une Compagnie de Chemins de fer, puis vinaigrier et Président de la fédération des syndicats de fabricants de vinaigre. Il a trois frères (Robert, Jacques, et Philippe) et quatre sœurs. 1925-1934 : Études secondaires au collège Saint-Paul d'Angoulême. 1934-1937 : Sciences-Po (diplôme obtenu en juillet 1937). 1935-1936 : Il milite aux Volontaires nationaux du lieutenant-colonel de La Rocque. Mais il ne le suit pas dans l'aventure du Parti social français (PSF). En dépit des rumeurs de proximité avec la Cagoule, mis à part des relations d'amitiés ou de famille, elles n'ont débouché sur rien de compromettant. 1937-1939 : Service militaire dans l'Infanterie coloniale. 1938 : Il se lie avec Georges Dayan (juif et socialiste) après l'avoir sauvé d'aggressions d'antisémites de l'Action française. Il devient assez rapidement son meilleur ami. Cette relation est primordiale dans le parcours politique de François Mitterrand après 1945. Septembre 1939 : À l'engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale, il est sergent-chef et envoyé sur la ligne Maginot à proximité de Montmédy. Mai 1940 : Il se fiance avec Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais). Elle rompt en janvier 1942.

Régime de Vichy

Le 14 juin 1940, après avoir été blessé, il est fait prisonnier. C'est durant son séjour dans les camps de prisonniers en particulier le Stalag IXA situé à Ziegenhain (aujourd'hui Trutzhain, hameau de la commune de Schwalmstadt) près de la ville de Kassel, que ses positions politiques évoluent au fil de ses rencontres avec des prisonniers issus de toutes classes ainsi qu'au contact d'une organisation sociale interne au camp très différente de tout ce qu'il avait pu voir dans sa jeunesse. Après deux tentatives d'évasion ratées, en mars et en novembre 1941, il finit par réussir à s'évader le 10 décembre 1941 et retourne en France. Sous le régime de Vichy, il travaille de janvier à avril 1942 à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale en tant que contractuel (sous l'autorité du commandant Favre de Thierrens, taupe des services secrets de Londres), puis au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre. Il publie un article sur sa captivité dans le périodique doctrinal du régime France, revue de l'État nouveau, sans allusion au régime, à son chef ou à son idéologie. Il démissionne du Commissariat en janvier 1943, après le remplacement de Maurice Pinot, résistant, par André Masson, un collaborateur. Au printemps 1943, parrainé par deux membres de la Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet de Pétain, et Simon Arbellot), il est décoré de la francisque (Voir le chapitre Polémiques).

Résistance

Peu de temps après, il entre dans la clandestinité. Dès le printemps 1942, sous l'influence d'anciens évadés (Jean Roussel, Max Varenne et le Dr Guy Fric), il avait commencé son basculement vers les rangs de la Résistance. Il participe aux réunions du château de Montmaur, le 12 juin puis le 15 août 1942, qui jettent les premières bases de son réseau de Résistance, fondé en février 1943. À partir de la mi-1942, il fournit de faux papiers pour faciliter des évasions de prisonniers en Allemagne. Dès le mois de septembre de cette année, il prend contact avec la France libre, mais les relations personnelles avec Michel Cailliau, neveu du général de Gaulle, sont exécrables. D'autres gaullistes, rencontrés par la suite, auront une bien meilleure impression de François Mitterrand, à l'instar de Philippe Dechartre (de son vrai nom Jean Duprat-Geneau). Le 10 juillet 1943, François Mitterrand et le militant communiste Piatzook sont les auteurs d'un coup d'éclat lors d'une grande réunion publique à Paris consacrée à la « relève » des prisonniers par les ouvriers. Au moment où André Masson flétrit la « trahison des gaullistes », François Mitterrand l'interpelle de la salle et lui dénie le droit de parler au nom des prisonniers de guerre qualifiant la relève d'escroquerie. François Mitterrand n'est pas arrêté, sa fuite ayant été facilitée par Piatzook. Cet évènement est relaté le 12 juillet 1944 par Maurice Schumann, la voix de la France libre, sur les ondes de la BBC. Sous le nom de code « Morland », François Mitterrand part pour Londres le 15 novembre 1943 puis se rend à Alger où il est reçu par le général de Gaulle. La rencontre laisse un souvenir exécrable aux deux hommes. Après un deuxième passage à Londres, il revient le 24 février 1944 en France diriger le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (réseau de résistance). D'après ses mémoires, il a lui-même organisé ce mouvement avec ses proches durant la période où officiellement il travaillait pour le régime de Vichy, ce qui lui permettait de tout connaître des prisonniers de retour en France. Il participe à la libération de Paris en août 1944. L'ascension de la roche de Solutré effectuée chaque année depuis 1946, témoigne de l'attachement de François Mitterrand, à ses amis résistants.

Quatrième République

Peu après, il participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le général de Gaulle avant l'installation du gouvernement provisoire à Paris. Le 27 octobre 1944, il épouse Danielle Gouze. En février 1946, il adhère à l’UDSR (l’union démocratique et socialiste de la Résistance), qu'il préside ensuite de 1953 à 1965 et qui lui offre, dans sa quête du pouvoir, un premier laboratoire politique. En novembre 1946, il est élu député de la Nièvre. En 1947 François Mitterrand devient le plus jeune ministre de France avec le portefeuille des Anciens Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans les années qui suivent, il détient plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux de l'Information, de la France d'outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l'Europe. En 1950, René Pleven le nomme ministre de l'outre-mer. Il est partisan de l'instauration d'une union franco-africaine où les territoires d'outre-mer jouiraient d'une autonomie négociée et librement consentie et s'efforce d'améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très dur. Il est alors traité de « bradeur d'empire » : il s'attire dès cette époque une vive hostilité de la part des colons conservateurs et du RPF, le parti gaulliste de l'époque, qui s'exprime notamment par la voix de Jacques Foccart, Édouard Frédéric-Dupont et Maurice Bayrou. En 1952, il prend en charge le dossier tunisien dans le gouvernement d'Edgar Faure et esquisse un plan d'autonomie interne. Mais le gouvernement Faure est renversé six semaines seulement après sa formation. Les libéraux en matière coloniale (c'est-à-dire ceux qui refusent la répression systématique, et prônent l'égalité des droits entre colons et colonisés, puis l'autonomie, voire l'indépendance si elle est réclamée avec force par la population et un interlocuteur crédible) sont provisoirement écartés du pouvoir. Après la formation du gouvernement d'Antoine Pinay, François Mitterrand critique la participation systématique de l'UDSR aux gouvernements et demande un recentrage à gauche. Il dénonce à l'Assemblée la politique répressive du gouvernement et défend avec vigueur le droit des Tunisiens à l'autonomie. En 1953, il devient ministre délégué au Conseil de l'Europe, mais démissionne rapidement en raison de son hostilité à la répression menée au Maroc et en Tunisie. Il préconise vis-à-vis de ces pays, ainsi que pour l'Indochine, une politique plus libérale. À l'automne, il devient président de l'UDSR. Il impose une ligne libérale pour l'outre-mer : arrêt de la guerre d'Indochine, constitution d'un ensemble franco-africain, fédéral puis confédéral (ce qui revient à accorder l'autonomie puis l'indépendance-association aux territoires colonisés). En 1954, il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Pierre Mendès-France. Immédiatement, il s'intéresse aux questions algériennes. Mais s'il est alors opposé à l'indépendance, François Mitterrand se montre pleinement conscient des problèmes de l'Algérie liés à la colonisation, davantage que la majorité des hommes politiques. Ses tentatives de muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la Mosquée de Paris, puis d'augmenter le SMIG d'Algérie, se heurtent au profond conservatisme des colons et de d'administration. Du 19 au 23 octobre 1954, il se rend en Algérie, où il rencontre une nette hostilité de la part des partisans de l'Algérie française. Le 5 novembre de cette même année, à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers conflits de la guerre d'Algérie éclatent, il déclare : « La rébellion algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la guerre. » Ces propos sont surtout destinés à calmer l'aile colonialiste des députés centristes (radicaux et démocrates-chrétiens), qui peuvent renverser le gouvernement. Toujours en novembre 1954, il annonce une forte augmentation des investissements sociaux en Algérie dans l'agriculture et l'éducation, et entend préparer « l'égalité des citoyens [...] des chances égales à tous ceux, quelle que soit leur origine, qui naissent sur le sol algérien. » En accord avec le président du Conseil, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris pour empêcher l'utilisation de la torture. Il assiste Pierre Mendès-France dans les négociations qui aboutissent à l'autonomie de la Tunisie et du Maroc. En 1956, il est nommé garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet. C'est une étrange période, encore plus paradoxale que pour le reste du cabinet. François Mitterrand participe aux travaux du gouvernement, qui accorde l'indépendance à la Tunisie et au Maroc, l'autonomie à l'Afrique noire. Sur la question algérienne, il critique fermement (en privé) la dérive répressive qui suit l'échec de la tentative de libéralisation, en février 1956. Les témoignages recueillis par Jean Lacouture montrent tous un François Mitterrand hésitant, bouleversé quand il apprend les méthodes de torture utilisées par l'armée, ne sachant pas vraiment que faire : ses collaborateurs ne l'avaient jamais vu ainsi. François Mitterrand reste au gouvernement malgré ses réticences croissantes, car il veut accéder à la présidence du Conseil où, pense-t-il, sa marge de manœuvre serait plus large, où il pourrait donc rendre plus libérale la politique algérienne. Dans un tout autre domaine, il fait adopter le statut de l'Agence France-Presse (AFP), encore en vigueur aujourd'hui. Après la démission de Guy Mollet, François Mitterrand refuse de participer à un gouvernement, à moins de le diriger. Il n'y parvient pas, bien que le président René Coty ait sérieusement envisagé de faire appel à lui. En septembre 1958, opposant déterminé à Charles de Gaulle, il appelle à voter non au référendum sur la Constitution, qui est néanmoins adoptée puis promulguée le 4 octobre 1958. Mitterrand compare alors le général de Gaulle à un nouveau dictateur. François Mitterrand est battu aux élections législatives le 30 novembre 1958 (législature mise en congé jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions en janvier 1959).

Cinquième République

En mars 1959, il est élu maire de Château-Chinon (il le reste jusqu'à mai 1981), et un mois plus tard sénateur de la Nièvre. En octobre 1959, a lieu le vrai-faux attentat de l'Observatoire. Le 18 mai 1962, François Mitterrand est appelé à témoigner à décharge au procès du général Salan par Jean-Louis Tixier-Vignancour. Il rappelle alors que le général Salan et les autres dirigeants de l'OAS avaient déjà comploté en 1958 pour ramener au pouvoir Charles de Gaulle et que s'ils ont comploté de nouveau en 1961/62, c'est parce que de Gaulle avait trahi sa promesse de maintenir l'Algérie française. Selon F. Mitterrand, Salan est un témoin gênant pour le gaullisme. Le 25 novembre 1962, il retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de sénateur de la Nièvre. Lors du référendum de 1962, il appelle à voter contre l'élection du Président de la République au suffrage universel. En 1964, il devient président du conseil général de la Nièvre. Il prend la tête de la Convention des Institutions Républicaines (CIR) et publie Le Coup d'État permanent, qui renforce sa position d'opposant de gauche à Charles de Gaulle. En 1965, bien que représentant d'une petite formation politique (la CIR), il est le candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle. Son résultat est inespéré (en seconde position avec une dizaine de millions de voix) tout comme celui du candidat centriste Jean Lecanuet (15% des suffrages). François Mitterrand reçoit alors l'appui pour le second tour de toute la gauche mais aussi du centriste Jean Monnet, du conservateur modéré Paul Reynaud et d'une partie de l'extrême-droite de Jean-Louis Tixier-Vignancour et de partisans de l'OAS. Au soir du second tour, Mitterrand est battu mais obtient 45 % des suffrages. Fort de ce résultat honorable (personne ne pensait que de Gaulle serait battu), il prend la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui regroupe la gauche non communiste (essentiellement la SFIO, le parti radical, la CIR et divers clubs). Aux élections législatives de mars 1967, la FGDS, alliée au Parti communiste, obtient de bons résultats : la coalition gouvernementale ne conserve qu'une majorité d'un seul siège à l'Assemblée nationale. Le 28 mai 1968, il déclare : « il convient dès maintenant de constater la vacance du pouvoir et d'organiser la succession ». Cette déclaration fait suite à l'absence du général de Gaulle, parti consulter le général Massu en Allemagne et plus généralement à une réelle vacance du pouvoir, décrite notamment par Jacques Foccart dans son Journal de l'Élysée. Il propose le nom de Mendès-France pour former le gouvernement provisoire et annonce qu'il est candidat à la présidence de la République alors qu'aucune élection n'est annoncée. Le discours du 30 mai de De Gaulle réplique de façon sèche. Les élections législatives anticipées de juin 1968 se soldent par de très bons résultats pour les candidats gaullistes. En 1969, discrédité, Mitterrand ne peut se présenter à la présidence de la République : Guy Mollet refuse de lui accorder le soutien de la SFIO. La gauche est éliminée du second tour de l'élection présidentielle. En juin 1971, lors du Congrès d'Epinay, on assiste à une fusion de la Convention des Institutions Républicaines (que Mitterrand dirige) et du Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO), et à l'élection de François Mitterrand au poste de Premier secrétaire. En juin 1972, il signe le Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de Georges Marchais. En mars 1973, aux élections législatives, le Parti socialiste obtient presque autant de voix que le Parti communiste au premier tour et davantage au second, mettant fin à une supériorité qui remontait à 1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la même année confirment cette évolution. Le 19 mai 1974, candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle, François Mitterrand perd face à Valéry Giscard d'Estaing avec 49,2 % des voix au second tour. L'ambassadeur soviétique à Paris et le directeur de L'Humanité ne cachent pas leur satisfaction devant cette défaite. D'après Jean Lacouture, Raymond Aron et François Mitterrand lui-même, le gouvernement soviétique et les dirigeants du parti communiste ont tout fait pour l'empêcher d'être élu : ils le trouvaient trop anticommuniste et trop habile dans sa stratégie de rééquilibrage au détriment du PCF. Aux élections cantonales de mars 1976 et aux élections municipales de mars 1977, le PS devance largement le PCF. En septembre 1977, a lieu la rupture de l'Union de la gauche, les communistes mettant des conditions sciemment exorbitantes à l'actualisation du Programme commun. Aux élections législatives de mars 1978, la gauche qui avait pour la première fois des chances réelles de devenir majoritaire est néanmoins battue par la Droite (UDF-RPR). Toujours d'après Lacouture, Aron et Mitterrand, cette défaite est largement imputable aux roueries du Parti communiste. Michel Rocard remet alors en cause François Mitterrand et la direction du Parti socialiste. En avril 1979, il s'allie avec Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard pour remporter le Congrès de Metz du Parti socialiste. En janvier 1981, au congrès extraordinaire de Créteil, il est désigné comme candidat du PS contre Michel Rocard et adopte les « 110 Propositions » comme programme.

Premier septennat (1981-1988)

Le 24 avril 1981, au premier tour de élection présidentielle , François Mitterrand talonne le président sortant avec 25,85% des voix contre 28% à VGE. Jacques Chirac est troisième avec 18% des suffrages. Au soir du 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République en s'imposant avec 51,8 % des suffrages contre 48 % à Valéry Giscard d'Estaing . Le soutien de Jacques Chirac au président sortant est resté extrêmement ambigu : il déclare ne pouvoir voter, à titre personnel, que pour Valéry Giscard d'Estaing mais refuse de donner une consigne de vote. Le 21 mai 1981, le septennat du nouveau président s'ouvre par une cérémonie au Panthéon durant laquelle François Mitterrand rend hommage, par un dépôt de roses rouges à Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher. Puis il nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy. Le lendemain, il dissout l'Assemblée nationale. Les élections qui suivent,les 14 et 21 juin 1981, lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes. Quelques excès verbaux ont lieu chez les militants et sympathisants de gauche, qui font écho aux déclarations antérieures de plusieurs dirigeants de droite,comme Michel Poniatowski qui avait affirmé lors de la campagne électorale que si François Mitterrand était élu, les chars russes arriveraient à Paris le mardi suivant. Jack Lang déclare par exemple que le 10 mai 1981 est un jour historique où « la France est passée de l'ombre à la lumière ».

Gouvernements Mauroy (mai 1981-juillet 1984)


- 1981 :
  - Augmentation du SMIC de 10 %, des allocations familiales et logement (25 %), handicapés (20 %).
  - Suppression de la Cour de sûreté de l'État et abolition de la peine de mort. Robert Badinter a expliqué auteurs de La Décennie Mitterrand : « Mes idées étaient les siennes. » F. Mitterrand est toujours du côté de son ministre de la Justice entre 1981 et 1986.
  - Abrogation de la loi dite « anti-casseurs », qui établissait notamment le principe d'une responsabilité pénale collective.
  - Autorisation des radios locales privées.
  - Discours de Cancùn : François Mitterrand défend la démocratie et le développement dans les pays du Tiers-monde. Les États-Unis sont critiqués pour leur embargo contre Cuba.
  - Boycott du festival américain de Deauville par le ministre de la culture Jack Lang.
  - Régularisation de la situation de tous les immigrés sans papiers qui exercent un métier et peuvent le prouver.
  - Création de l'impôt sur les grandes fortunes (supprimé en 1987, rétabli en 1988 sous le nom d'ISF, Impôt de solidarité sur la fortune).
  - Le budget 1982 double les crédits du ministère de la Culture, augmente de 512 % ceux du ministère de la Recherche, de 112 % deux du ministère du Travail et de 37 % ceux du ministère du Logement.
  - Robert Badinter double le rythme annuel de la construction de places en prison pour lutter contre la surpopulation carcérale (42 000 détenus, 28 000 places).
  - A la mi-1981, la France compte 1,5 millions de demandeurs d'emplois.
- 1982 :
  - Nationalisation de banques (les 36 premières banques de dépôt, ainsi que Paribas et Suez) et de grands groupes industriels (CGE, PUK, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Thomson-Brandt)
  - Semaine de 39 heures (durée légale du travail)
  - 5 semaine de congés payés
  - Ordonnances sur le cumul emploi-retraite, le travail à temps partiel, et l'insertion professionnelle des jeunes de 16 à 18 ans. De 1982 à 1985, cette dernière ordonnance concerne 600 000 personnes, dont 300 000 en BTS ou CAP et 250 000 embauchés.
  - Retraite à 60 ans.
  - À partir de juin, la lutte contre l'inflation est privilégié quand le gouvernement met fin à l'indexation des salaires sur les prix et laisse flotter le franc.
  - Au second semestre, sont votées les lois Auroux sur le droit du travail : extension des droits d'expression du personnel, des institutions représentatives (comité d'entreprise), négociation, renforcement de la prévention des risques du travail, extension des compétences des comités d'hygiène et de sécurité
  - Loi Quilliot sur les droits et les devoirs des bailleurs et locataires.
  - loi-cadre Defferre sur la décentralisation.
  - Création des zones d'éducation prioritaire (ZEP).
  - Loi Lang sur le prix unique du livre.
  - Le conseil des ministres adopte de grands projets culturels : festival de danse de Marseille, festival de la sculpture à Montpellier, la bande dessinée à Angoulême, la photographie à Arles, le Zénith à la Villette, l'Opéra à la Bastille
  - Création de la Haute autorité pour la communication audiovisuelle, ancêtre de la CNCL et du CSA.
  - Première visite d'un chef d'État français en Israël. Discours de la Knesset dans lequel François Miterrand déclare "L'irréductible droit de vivre de l'état d'Israël et le respect des droits des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie et l'appel au dialogue entre les parties concernées.
  - Première visite d'un chef d'État français au Japon.
  - Sommet du château de Versailles où François Mitterrand tente en vain d'obtenir des grands pays industrialisés une relance concertée. Il y présente un rapport (Technologie, emploi et croissance) sur les conséquences du développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication.
  - Durcissement du contrôle des changes.
  - Taxe sur l'importation des magnétoscopes.
  - Abrogation du délit d'homosexualité et des tribunaux permanents des forces armées (TPFA).
  - Création de la cellule antiterroriste de l'Élysée, suite aux attentats sanglants du premier semestre. De 1983 à 1986, cette cellule abusa du droit légalement conféré de pratiquer des écoutes téléphoniques. C'est le début de l'affaire dite des écoutes téléphoniques.
- 1983 :
  - Troisième gouvernement de Pierre Mauroy.
  - 1 plan de rigueur
  - La Sécurité sociale redevient excédentaire, jusqu'en 1986.
  - Abrogation de la loi Peyrefitte, dite Sécurité et Liberté. Très hostile à cette loi, comme à toutes les lois d'exception, François Mitterrand a pesé de tout son poids pour obtenir cette suppression.
  - Recul de la gauche aux élections municipales et du parti communiste en particulier (perte de Levallois-Perret, Reims, Nimes, Antony, Brest, Nantes...).
  - Loi Roudy sur l'égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises.
  - Loi Badinter sur l'indemnisation des victimes de crimes et délits, qui voient leurs droits fortement étendus.
  - Expulsion de 47 diplomates soviétiques, accusés d'espionnage.
  - Confirmation de l'arrêt définitif de la coopération nucléaire avec l'Irak.
  - Crise des euromissiles: Soutien de François Mitterrand à l'installation de missiles Pershing 2 en Allemagne pour faire contrepoids aux missiles soviétiques. Discours du Bundestag sur l'équilibre des forces le 20 janvier 1983 : «Seul l'équilibre des forces peut conduire à de bonnes relations avec les pays de l'Est, nos voisins et partenaires historiques. Mais le maintien de cet équilibre implique à mes yeux que des régions entières de l'Europe ne soient pas dépourvues de parade face à des armes nucléaires dirigées contre elles. »En octobre, à Bruxelles, il déclare : « les pacifistes sont à l'Ouest et les euromissiles à l'Est. ».
  - Attentat du Drakkar le 23 octobre 1983 à Beyrouth. Cinquante huit soldats français et deux cente trente neufs marines américains sont tués.
- 1984 :
  - Au 1 janvier, la France prend la présidence semestrielle de la CEE. Relance de la construction européenne.
  - François Mitterrand se rend en URSS et y défend publiquement les droits de l'homme et les contestataires, notamment Andreï Sakharov.
  - Crise sidérurgique dans le nord : fermeture ou reconversion des anciennes mines de charbon.
  - Le budget de la Culture représente quasiment 1 % du budget de l'État (engagement du candidat Mitterrand en 1981).
  - Élection européennes : le Front National perce, avec presque 11 % des suffrages exprimés, le Parti communiste voit son score baisser de moitié par rapport à l'élection précédente de 1979, le Parti socialiste perd des sièges.
  - Loi sur la formation professionnelle.
  - Abandon du projet de loi Savary sur l'enseignement après la manifestation de près de deux millions de personnes pour l'« enseignement libre ».

Gouvernements Fabius (juillet 1984-Mars 1986)


- juillet-décembre 1984 :
  - Nouveau gouvernement de Laurent Fabius, fin de la participation des communistes au gouvernement.
  - Loi contre la concentration dans la presse, invalidée en partie par le Conseil constitutionnel et abrogée par la droite dès 1986.
  - Libéralisation de l'audiovisuel, création des premières chaînes de télévision privées (dont Canal plus).
  - Nouveau statut pour la Polynésie.
- 1985 :
  - Jacques Delors devient président de la Commission européenne (il le reste jusqu'en 1995).
  - Lancement d'Eurêka, l'Europe de la technologie.
  - Inauguration de la Géode au parc de la Villette à Paris.
  - Affaire du Rainbow Warrior : le navire de Greenpeace est coulé par des agents de la DGSE, un photographe est tué. Charles Hernu, le ministre de la Défense doit démissionner (Il fut avéré plus tard que Mitterrand était au courant de l'opération).
  - Loi Montagne : protection du cadre naturel, représentation des montagnards
  - Instauration de la proportionnelle aux élections législatives prévues l'année suivante. C'est une promesse du candidat Mitterrand et en même temps un moyen de limiter les pertes du PS. Michel Rocard démissionne du gouvernement en avril pour protester contre l'instauration de la proportionnelle qui permettrait l'élection de députés issus du Front National.
  - Accords monétaires de l'hôtel Plaza (New York) : François Mitterrand obtient le début d'une véritable concertation monétaire entre les pays occidentaux.
  - Ratification de la Convention européenne des Droits de l'Homme, qui interdit notamment le rétablissement de la peine de mort.
  - Assassinat de George Besse, le PDG de Renault, par les terroristes d'Action Directe
  - Le cap des 2,5 Millions de chomeurs est franchi.
- janvier - mars 1986 :
  - Signature de l'Acte unique.
  - Inauguration de Cité des sciences et de l'industrie à Paris.
  - Loi Littoral : fortes restrictions à la construction.

Gouvernement Chirac (mars 1986 - mai 1988)


- mars-décembre 1986 :
  - L'union de la droite RPR-UDF remporte les élections législatives. Jacques Chirac forme un nouveau gouvernement. Le Front National obtient 35 députés (groupe réduit ensuite par les retours de Bruno Chauvierre, Yvon Briant puis Olivier d'Ormesson vers leurs formations d'origine).
  - Lancement de la construction du Tunnel sous la Manche.
  - 1 sommet de la francophonie.
  - Inauguration du musée d'Orsay (dont les travaux furent décidés sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing).
  - Privatisations et constitution des « noyaux durs ». François Mitterrand refuse de signer les ordonnances sur la privatision. Le gouvernement doit passer par la voie parlementaire pour reprivatiser (Suez, Paribas, St Gobain ...). Les principales figures des noyaux durs sont proches ou membres du RPR, comme Pierre Suard.
  - Ordonnances du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence
  - Vague d'attentats terroristes à l'automne 1986 (attentat notamment rue de Rennes) commis par le réseau Fouad Ali Saleh.
  - Manifestations étudiantes contre la loi Devaquet sur l'Université.
- 1987 :
  - Inauguration de l'Institut du Monde Arabe.
  - Arrestation des terroristes d'Action Directe puis arrestations des membres du réseau Fouad Ali Saleh (organisateur présumé de quinze attentats qui ont fait 13 morts et 303 blessés à Paris de décembre 1985 à septembre 1986).
  - Privatisation de TF1.
  - Disneyland choisit le site de Marne la vallée en France contre l'Espagne pour implanter son futur parc de loisir "Eurodisney".
  - Scandale Chaumet éclaboussant le ministre RPR de la Justice Albin Chalandon.
  - Renvoi devant la Haute Cour de l'ancien ministre socialiste de la Coopération Christian Nucci .
  - Scandale du vrai-faux passeport d'Yves Chalier qui éclabousse le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua.
  - Rupture (provisoire) des relations diplomatiques avec l'Iran en juillet après que l'ambassade iranienne en France ait refusé de remettre aux autorités françaises, Wahid Gordji, un interprète de l'ambassade d'Iran, non bénéficiaire de l'immunité diplomatique, et suspecté d'être impliqué dans la vague d'attentats terroristes (Gordjii sera finalement entendu par le juge puis expulsé vers l'Iran).
  - La balance du commerce extérieure redevient exédentaire.
- 1988 :
  - Inauguration de la pyramide du Louvre.
  - Loi sur le financement des campagnes électorales présidentielles et législatives, suite à une proposition de François Mitterrand.

Second septennat

Bien qu'il sache, depuis novembre 1981, qu'il est atteint d'un cancer de la prostate (ses bulletins de santé régulièrement publiés suite à son engagement électoral à ce sujet sont mensongers ; son état de santé était pourtant connu : la nouvelle en fut publiée par Paris Match en 1981, mais ne fut pas diffusée par d'autres media), il se représente en 1988 non sans avoir laissé longtemps planer le doute sur ses intentions. Encore faut-il noter que dès le début de 1982, il avait connu une rémission inespérée et spectaculaire, qui dure jusqu'à la mi-1992. Le 8 mai, François Mitterrand est réélu Président de la République en emportant l'élection présidentielle contre Jacques Chirac avec 54 % des voix. Il nomme Premier ministre son vieil ennemi Michel Rocard et dissout l'assemblée nationale ; la droite est battue aux législatives, malgré des accords locaux de désistement réciproque avec le Front national, mais le groupe socialiste et apparentés n'obtient qu'une majorité relative et les communistes refusent une alliance gouvernementale. Les gouvernements socialistes sont contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l'opposition, surtout l'Union du centre (UDC, groupe parlementaire autonome issu de l'UDF). Il remplace en mai 1991 Michel Rocard par Édith Cresson. Édith Cresson altère son image par certains propos maladroits, notamment sur les Anglais et les Japonais (« des fourmis »). Elle cède la place dix mois plus tard à Pierre Bérégovoy qui ne peut empêcher la droite de remporter très largement les élections législatives en 1993 (le groupe socialiste et apparentés ne compte plus que 67 députés). Édouard Balladur forme un nouveau gouvernement. Le 1 mai, Pierre Bérégovoy se suicide. Les éditoralistes ont dans leur ensemble accusé François Mitterrand et ses amis d'avoir insuffisamment soutenu Bérégovoy (version réfutée par l'étude de Pierre Favier et Michel Martin-Roland) alors qu'ils se sentaient assimiler à des chiens à l'enterrement de l'ancien premier ministre. Parmi les évènements marquants :
- 1988 :
  - Accords de Matignon mettant un terme au conflit en Nouvelle-Calédonie.
  - Création du Revenu Minimum d'Insertion (RMI). C'est une idée de François Mitterrand, inspirée selon lui d'une mesure sociale comparable prise par Olof Palme quelques années plus tôt.
  - Le 14 juillet, François Mitterrand annonce son intention de construire et d'aménager à Paris « l'une ou la plus grande bibliothèque du monde ». L'idée d'une bibliothèque virtuelle est écartée en raison de la progression très rapide de l'électronique et de l'informatique.
  - Politique du « ni-ni » (ni nationalisation ni privatisation).
- 1989 :
  - Affaire Péchiney: Roger Patrice Pelat, ami de François Mitterrand, et des membres d'un cabinet ministériel, sont impliqués.
  - Élections municipales : le PS obtient sa meilleure implantation dans les villes de plus de 20 000 habitants depuis sa création. En Provence, la gauche garde Marseille grâce à Robert Vigouroux mais le PCF perd toutes ses villes de plus de 100 000 habitants au profit de la droite essentiellement, à l'exeption du Havre qu'il perd en 1995.
  - Inauguration du Grand Louvre.
  - Inauguration de l'opéra Bastille.
  - Inauguration de la Grande arche de la Défense.
  - Bicentenaire de la Révolution française.
  - Loi Jospin sur l'Éducation nationale : forte hausse des crédits, augmentation du nombre d'universités, modalités de représentation des étudiants, augmentation des salaires des personnels, simplification des grades universitaires (deux grades d'enseignants titulaires, un grade d'assistant).
  - Loi Joxe sur l'immigration : abrogation des mesures restrictives de la loi Pasqua, renforcement des garanties de recours et de défense dont disposent les immigrés.
  - Loi d'amnistie pour la Nouvelle-Calédonie.
  - Visite de Yasser Arafat à Paris. Suite aux discussions avec François Mitterrand et des diplomates français, le chef de l'OLP annonce, de Lybie, que la charte appelant à la destruction d'Israël est « caduque ».
- 1990 :
  - François Mitterrand soutient l'unification allemande, en échange de la reconnaissance de la frontière Oder-Neisse et d'un approfondissement de la construction européenne. Le président français a été accusé d'avoir tardé à se rallier à une unité allemande aussi rapide (Pierre Favier, Michel-Martin Roland et l'universitaire allemand Tilo Schabert ont réfuté ces critiques qui sont cependant confirmées par Helmut Kohl dans ses mémoires (qui fait ce même reproche à Margareth Thatcher) et par Jacques Attali dans son dernier ouvrage publié en novembre 2005).
  - Signature de la convention de Schengen.
  - Discours de La Baule.
  - Décision de l'Opération Noroît pour le Rwanda début octobre.
  - Sommet de Maastricht.
  - Création de la BERD.
  - Création de la Contribution sociale généralisée (CSG).
  - Loi favorisant l'action philanthropique.
  - Suppression du contrôle des changes.
  - L'administration des PTT est transformée en deux établissements publics : La Poste et France Télécom. Les agents conservent leurs statuts et leurs avantages, l'organisation est modernisée.
  - Plan Jospin pour les lycées.
  - Loi Gayssot interdisant les propos négationnistes et renforçant la législation contre le racisme.
  - Loi Arpaillange sur le financement des partis politiques : baisse du plafond des dépenses, augmentation des subventions publiques.
- 1991 :
  - Participation de la France à la Première guerre du Golfe.
  - Nouveau statut pour la Corse. Notion de peuple corse invalidée par le conseil constitutionnel.
  - Règlementation des écoutes téléphoniques : interdiction des écoutes administratives, contrôle des écoutes judiciaires.
  - Édith Cresson 1 femme Premier ministre.
  - En août, le président Mitterrand déclare qu'il faut attendre les intentions des nouvelles autorités soviétiques en URSS, reconnaissant de facto le gouvernement issu du putsch.
  - Délocalisation d'une vingtaine d'organismes publics en banlieue parisienne ou en province, dont l'École nationale d'administration (ENA) à Strasbourg. Raisons : un coût nettement moindre et une meilleure proximité avec la population.
  - Le service militaire est ramené à 10 mois.
  - Loi Évin contre le tabagis