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Constance
Constance peut être...
- L'empereur romain Constance II
- Le nom français (et anglais) de la ville allemande de Constance, au bord du lac de même nom où eut lieu en 1414 un important concile.
- La ville roumaine de Constanţa.
Plus rarement, il peut s'agir de
- l'empereur romain Constance Chlore
- Constance d'Antioche, princesse du qui épousa Renaud de Châtillon et joua un rôle dans l'histoire des principautés et royaumes francs issus des croisades
En littérature, l'École de Constance renvoie à Hans Robert Jauss et Wolfgang Iser, qui en sont les principaux tenants, et qui développèrent respectivement les théories de la réception et de la lecture des textes littéraires.
Enfin, ce prénom fut assez souvent porté par diverses femmes de la noblesse française au Moyen Âge, par exemple Constance de Provence, épouse de Robert le Pieux, deuxième roi capétien.
Empereur romain
Limperator
A l'origine la titulature « imperator » s'appliquait aux représentants d'une magistrature ayant la capacité d'exercer l'« imperium » : c'est à dire le pouvoir accordé par la loi de commander à des unités militaires au cours d'un conflit.
Ainsi les questeurs et édiles n'étaient pas doté de l'« imperium », au contraire des préteurs, consuls et dictateurs qui eux pouvaient, en cas de guerre, mener les opérations sur le champ de bataille, avoir le droit de vie ou de mort sur les légionnaires (exemple de la décimation).
César s'étant fait octroyer la dictature à vie disposait donc d'un imperium permanent, par extension il était donc « imperator » avant que ce titre ne désigne sous son héritier et sucesseur Auguste (le premier empereur de Rome officiel) la fonction d'un Chef de l'État et dans les faits d'un monarque quasi absolu.
Le Principat
Octave mit plus de temps que César pour éliminer ses adversaires dans la course au pouvoir, mais il y parvint enfin en -31 à Actium. Prudemment, il évita les titres de roi et de dictateur, fatals à César; cependant, tout en conservant les apparences de la République, il concentra dans ses mains de plus en plus de fonctions républicaines : il fut treize fois consul, et reçut les pouvoirs de censeur et de tribun de la plèbe sans avoir été élu à ces magistratures . En même temps, il créa d’autres fonctions ( préfets, légats des provinces impériales ,...) dont les titulaires dépendaient entièrement de lui.
De plus, Octave se fit décerner par le Sénat romain les titres d' Imperator, d' Auguste et de Princeps senatus (le premier à parler au Sénat).
Ce dernier titre, devenu « Prince » au fil du temps, fit désigner sous le nom de Principat la forme de pouvoir élaborée par Auguste.
Les premiers successeurs d’Auguste ( Julio-Claudiens, Flaviens, Antonins ) reprirent cette fiction d’un gouvernement au nom du Sénat et du peuple romain ( SPQR = Senatus PopulusQue Romanus ), tout en concentrant de plus en plus de pouvoir personnel. Les mots « Imperator » et « Augustus » devinrent des titres portés par chaque empereur.
La République romaine continuait fictivement, avec ses magistrats, mais ceux-ci étaient tous désignés par l’empereur au lieu d'être élus. Le Sénat, composé de membres eux aussi choisis par les empereurs, confirmait le titre des nouveaux empereurs, qui provenaient d’ailleurs de ses rangs, et accordait l’apothéose aux « bons » empereurs; ces derniers accédaient alors au rang de dieu et devenaient l'objet d'un culte officiel.
Les empereurs gardaient un côté populaire, en s’immergeant parfois dans le peuple romain : Auguste interpellait des spectateurs du cirque depuis sa loge impériale ; Néron, Trajan, Hadrien fréquentaient les bains publics (cf. Suétone).
Le principat connaît son apogée avec les Antonins ( règnes de Trajan et d'Hadrien ). Cette période restera gravée dans les mémoires pendant le reste de l'Antiquité et même après comme celle d'un âge d'or, ou règnent la paix et la prospérité : c'est la fameuse Pax Romana.
La dictature militaire
Cependant, cette paix était plus fragile qu'il n'y paraissait : l'un des derniers antonins, l'empereur Marc-Aurèle, dit l'empereur-philosophe car ce fut effectivement un grand philosophe dans la lignée des stoïciens grecs, passa la plus grande partie de sa vie à guerroyer aux frontières.
Hélas, son fils et successeur, Commode, devint assez rapidement fou. Son assassinat en 192 provoqua la crise qui couvait depuis longtemps déjà. Le principat n'y survit pas.
A partir de 193, l’armée, ou plutôt les armées, qui avaient déjà joué un rôle crucial lors de la première année des quatre empereurs ( 69 ), devient toute-puissante dans la désignation des empereurs. L’empereur prend toutefois soin de faire ratifier son élévation par le Sénat, et maintient ainsi la fiction du régime d’Auguste. Mais après cette crise, l'empire est devenu un empire militaire ( dynastie des Sévères ).
Après 268, les empereurs n’appartiennent plus à l’ancien ordre sénatorial (à l’exception de Tacite entre 275 et 276). Ils sont pour la plupart des militaires montés en grade ( empereurs illyriens ) qui n’ont pratiquement pas fréquenté la ville de Rome et son Sénat. C'est nécessaire car ils sont toujours sur la brèche, toujours aux frontières pour réprimer un soulèvement ou contenir une razzia, avec plus ou moins de succès d'ailleurs.
Le Dominat
Pour faire face, l’Empire romain a besoin d’un pouvoir efficace, donc fort et démultiplié. Dioclétien ( règne de 283 à 305 ) achève de transformer le principat moribond en une monarchie à l’orientale. L’empereur se sacralise, prend les titres de Dominus et Deus (Seigneur et Dieu). Ce régime impérial nouveau est appelé Dominat.
Constantin Ier reprit le titre de Dominus, affirmant tenir son pouvoir d’une désignation divine. Le Sénat et le peuple romain ne délèguaient plus le pouvoir, même fictivement. L’empereur s’entoura d’une cour nombreuse, et n'était plus visible qu’avec un protocole aussi majestueux que lourd et rigide.
Dioclétien conserva la notion de pouvoir impérial collégial héritée des heures sombres de l'anarchie militaire, et la systématisa sous le nom de Tétrarchie. Dans ce régime, le pouvoir était partagé d'une part entre deux pôles géographiques, Orient et Occident, et d'autre part au sein de chaque pôle, entre un empereur titulaire dit Auguste et un adjoint et successeur désigné dit César. Cette organisation, trop théorique car elle supposait implicitement une bonne entente entre les différents co-empereurs, ne dura guère au-delà de Dioclétien lui-même. Cependant, la division du pouvoir entre Orient et Occident que ce dernier avait ainsi officialisée allait perdurer en s'aggravant pendant la plus grande partie du et amener progressivement au la séparation définitive de l'Empire romain en deux parties :
- l' Empire Romain d'Occident, de langue latine, avec Rome, puis Ravenne pour capitale ;
- l' Empire Romain d'Orient, futur Empire byzantin, de langue grecque, avec Constantinople pour capitale.
L’Empire d’Orient
En 476, lorsque le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule est déposé par le chef de sa garde, le hérule Odoacre, les territoires de l'Occident reviennent officiellement sous le contrôle du seul empereur restant, Zénon Ier, en Orient, qui confie en retour leur administration à Odoacre. Ce qui n'est qu'une fiction bien sûr : l'autorité de Zénon sur l'Italie, et plus encore sur les autres territoires ayant autrefois dépendus de Rome n'existe pas dans les faits.
Ce qui n'empêche pas les Barbares ayant pris possession des territoires romains de se réclamer parfois des Empereurs (tel Clovis en France qui reçut les insignes consulaires), témoignant du prestige dont jouissait encore, malgré ses difficultés, l'Empire romain d'Orient.
Le Basileus
Chez les Grecs, l'empereur a toujours été appelé Basileus, c'est à dire roi, car pour les Grecs la royauté n'avait pas la connotation péjorative qu'elle revêtait chez les Romains. En 629, l’empereur Héraclius prit le titre de Basileus, abandonnant les précédents titres latins, mais se considérant toujours comme empereur des Romains.
Le titre de Basileus disparaît définitivement avec la chute de Constantinople en 1453, même si les Russes se sont parfois considérés comme héritiers de Byzance ( Sophie Paléologue épousa Ivan III, Grand Prince de Moscou ).
La résurgence du titre impérial en Occident
Il fallut attendre plus de trois siècles avant qu’un prince en Occident ne reprenne le titre d'empereur : Charlemagne en l'an 800 fut intronisé par le Pape Léon III. Ce couronnement fut considéré comme une usurpation par le pouvoir de Byzance.
Sa couronne se transmettra dans le Saint Empire romain germanique, héritier de l'Empire franc.
Liste chronologique
Il a existé 126 empereurs romains, parmi lesquels on peut remarquer :
Pour la liste complète voir la Liste des empereurs romains.
- Auguste (né en -63, mort en 14). Empereur romain en -27.
- Claude Ier (né en -10, mort en 54). Empereur romain en 41.
- Vespasien (né en 9, mort en 79). Empereur romain en 69.
- Titus (né en 39, mort en 81). Empereur romain en 79.
- Nerva (né en 30, mort en 98). Empereur romain en 96.
- Trajan (né en 53, mort en 117). Empereur romain en 98.
- Hadrien (né en 76, mort en 138). Empereur romain en 117.
- Antonin le Pieux (né en 86, mort en 161). Empereur romain en 138.
- Pertinax (né en 126, mort en 193). Empereur romain en 192.
- Pescennius Niger (né vers 140, mort en 195). Empereur romain en 193.
- Clodius Albinus (né entre 140 et 150, mort en 197). Empereur romain en 193.
- Septime Sévère (né en 145, mort en 211). Empereur romain en 193.
- Philippe l'Arabe (né en 204, mort en 249). Empereur romain en 244.
- Gallien (né en 213, mort en 268). Empereur romain en 253.
- Postume (né en 220, mort en 269). Empereur romain en 260.
- Claude II le Gothique (né en 214, mort en 270). Empereur romain en 268.
- Aurélien (né en 214, mort en 275). Empereur romain en 270.
- Tacite (né en 200, mort en 276). Empereur romain en 275.
- Probus (né en 232, mort en 282). Empereur romain en 276.
- Diocletien (né en 245, mort en 313). Empereur romain en 284.
- Maximien (né en 250, mort en 310). Empereur romain d'Occident en 286.
- Julien II le Philosophe (né en 331, mort en 363). Empereur romain en 360.
Voir aussi
- Empereur
- Rome antique
- Monarchie romaine
- Liste des empereurs romains
- Basileus
- Liste des empereurs romains d'Orient
- Épigraphie latine pour la titulature impériale
Liens externes
- http://www.empereurs-romains.net/
Empereur romain
Empereur romain
Empereur romain
ko:로마 황제
Constance (Allemagne)
Constance est une ville d'Allemagne, au sud du Land de Bade-Wurtemberg. Elle est enclavée sur la rive méridionale suisse du lac de Constance. En 2003, elle était peuplée de 80 716 habitants.
Liens externes
- [http://www.konstanz.tk/ Konstanz] Site Web officiel de la ville
Catégorie:Ville de Bade-Wurtemberg
als:Konstanz
Lac de Constance
Le lac de Constance (Bodensee en allemand) est un lac sur le Rhin.
Sa surface est de 536 km². Elle a été recalculée en 2004, le nombre précédent de 571 km² correspondant au niveau de crue plutôt qu'au niveau moyen.
Il est à la frontière de l'Allemagne au nord, de l'Autriche à l'est et de la Suisse au sud ; à noter l'enclave de la ville allemande de Constance sur la rive suisse. Il baigne les Länder allemands de Bade-Wurtemberg et de Bavière, et les cantons suisses de Thurgovie et Saint-Gall.
Saint-Gall
Voir aussi
- Crash près du lac de Constance
Constance
Constance
als:Bodensee
ja:ボーデン湖
simple:Lake Constance
Concile de Constance ja:コンスタンツ公会議
Le concile de Constance est, pour l'Église catholique romaine, le XVI concile œcuménique, convoqué par l'empereur Sigismond I et l'antipape Jean XXIII. Présidé par Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au Grand Schisme d'Occident.
À la suite du concile de Pise de 1408, l'Église catholique se retrouvait avec trois papes à sa tête : Alexandre V, Benoît XIII et Grégoire XII. Dans la confusion générale, l'Empereur choisit de se substituer au Sacré Collège défaillant, comme certains canonistes lui en conféraient le droit. Jean XXIII, successeur d'Alexandre V, lui en fournit l'occasion : il fut vaincu par le roi de Naples, Ladislas I, partisan de Grégoire XII, et dut se réfugier à la cour impériale. Sigismond accepta à condition qu'un concile fût tenu dans une ville d'Empire. Il put donc annoncer que le 1 novembre 1414, le concile se réunirait à Constance.
Sigismond s'assura ensuite du succès du futur concile. Devant la résistance de Jean XXIII et de ses partisans italiens, il modifia le mode de scrutin. Le vote par nation remplaça le vote par tête, ne laissant à l'Italie qu'une seule voix. Comprenant son échec, Jean XXIII s'enfuit le 20 mars 1415. Les Pères conciliaires adoptèrent le 6 avril le décret Hæc sancta, affirmant la supériorité du concile sur le pape. Jean XXIII et Grégoire XII s'inclinèrent et se démirent. Sigismond fit avancer ses troupes en Espagne et au Portugal, écrasant les partisans de Benoît XIII.
Avant de procéder à une nouvelle élection, les Pères conciliaires s'assurèrent de leur indépendance en votant le 30 octobre 1417 le décret Frequens. Celui-ci disposait que le concile se réunirait de nouveau en 1423, puis en 1430, puis tous les dix ans à compter de cette date. Dès lors, le concile n'était plus soumis au bon vouloir du pape. ceci fait, le concile élu le 11 novembre, jour de la saint Martin, le Romain Oddone Colonna, qui prit le nom de Martin V. Celui-ci, rejetant les appels de la France à gagner Avignon, et ceux de l'Empereur à choisir une ville d'Empire, choisit de partir pour Rome, où il entra le 16 mai 1418. Le concile prit alors fin.
Voir aussi
Articles connexes
- Grand Schisme d'Occident
- Jean XXIII (antipape)
- Martin V
- Jan Hus
Bibliographie
- J. Gill, Constance et Bâle-Florence, L'Orante, coll. « Histoire des conciles œcuméniques », t.IX, 1965
- Y.-M. Hilaire (s. dir.), Histoire de la papauté. 2000 ans de mission et de tribulations, Seuil, coll. « Points histoire », 2003
-
Constance Catégorie:Catholicisme Catégorie:Moyen Âge
Roumanie
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Constance ChloreConstance I, Gaius Flavius Valerius Constantius, dit « Constance Chlore » (Chlorus : le pâle) vers 250-306) fut empereur romain de 293 à 306.
D'origine illyrienne et militaire de profession, comme les autres tétrarques, il avait épousé (sans doute) Hélène, dont il eut au moins un fils, Constantin I. Adjoint de l'empereur Maximien, il fut promu César en 293 lorsque celui-ci et Dioclétien décidèrent de créer cette dignité d'empereur adjoint. Il était particulièrement chargé de venir à bout de la révolte de Carausius, commandant de la flotte de Boulogne qui avait fait sécession et contrôlait la Bretagne (aujourd'hui Grande-Bretagne) et le nord de la Gaule. Il parvint à mater cette rébellion en débarquant en Bretagne en 296 et en défaisant Allectus, successeur de Carausius.
Les auteurs chrétiens de l'Antiquité ont assuré que Constance Chlore appliqua de manière très indulgente les édits de persécution promulgués par Dioclétien, et qu'il se contenta de démanteler quelques églises. Bien que ce témoignage soit sans doute d'inspiration partiale (on ne pouvait faire de Constance Chlore, père de Constantin, un persécuteur du christianisme), le fait que les chrétiens étaient à l'époque certainement très peu nombreux en Gaule (surtout du nord) et en Bretagne donne à penser que Constance Chlore, quelle qu'ait pu être sa magnanimité, n'eut guère à la forcer.
En 305, Dioclétien et Maximien abdiquèrent, ce qui fit que les deux Césars, Galère et Constance Chlore furent automatiquement promus Auguste. L'année suivante, Constance se trouvait à York pour faire face à des incursions de Scots et avait été rejoint par son fils Constantin, quand il mourut.
Quand Constance Chlore fut appelé à participer à la Tétrarchie en 293, il dut épouser la fille de son supérieur hiérarchique Maximien, Théodora, et, par conséquent répudier Hélène (si elle était réellement son épouse).
Catégorie:Décès en 306
Renaud de ChâtillonRenaud de Châtillon, né en 1120, exécuté en 1187 à Hattin, prince consort d'Antioche (1153-1163), puis seigneur d'Outre-Jourdain et d'Hébron, fils cadet d'Henri Ier, seigneur de Châtillon et d'Ermengarde de Montjay
C'est un cadet sans fortune, mais qui passe pour être un magnifique guerrier. Il part pour la Terre Sainte et épouse Constance, princesse d'Antioche, veuve de Raymond de Poitiers. C'est alors qu'il se révèle comme un aventurier sans scrupule et un chevalier brigand en allant piller l'île de Chypre, qui était alors sous la domination byzantine. Très vite ses exactions le rendront odieux à ses voisins Alépins, mais aussi aux Byzantins et à ses propres sujets.
En 1156, prétextant le refus du basileus Manuel Ier Comnène de lui payer une somme promise, il décide de lancer un raid contre Chypre. Devant le refus du patriarche d’Antioche de financer l’expédition, il le jette en prison, le fait torturer, puis après avoir enduit ses blessures de miel, l’enchaîne et le fait exposer au soleil, aux prises avec des milliers d’insectes. Renaud débarque à Chypre au printemps, défait sans difficultés la garnison byzantine, puis ravage systématiquement l’île : les champs cultivés sont brûlés, les troupeaux massacrés, les églises, les palais et les couvents pillés et incendiés, les femmes violées, les vieillards et les enfants ont la gorge tranchée, les hommes riches emmenés en otage et les pauvres décapités. Avant de quitter l’île avec son butin, Renaud fait rassembler tous les prêtres et les moines grecs et leur fait couper le nez avant de les envoyer à Constantinople.
La riposte de l'empereur Manuel Ier Comnène ne se fait pas attendre et il va assiéger Antioche, obligeant Renaud de Châtillon à se soumettre en s'humiliant et à prêter hommage à l'empereur (1159).
Peu après, il est fait prisonnier par les soldats d’Alep au cours d’une opération de pillage. Nur ad-Din le tiendra emprisonné à Alep de 1160 à 1177.
Pendant sa captivité, Constance d'Antioche meurt et un fils issu du premier mariage de Constance lui succèdera.
Libéré en 1177 par al-Malik, il ne réussit pas à reprendre Antioche. Il reçoit la seigneurie d'Hébron et épouse une jeune veuve, Étiennette de Milly, dame d'Outre-Jourdain et devient seigneur de Montréal et d'Outre-Jourdain. Il tient notament les forteresses de Kerak et de Chawbak. Ses années de captivité ne l'ont pas du tout assagi et il multiplie les provocations. Allié des Templiers, il exerce sur la cour de Jérusalem une influence grandissante. Fanatique, il est partisan d’une politique de conquête face aux musulmans.
En 1181, malgé une trêve conclue entre Baudouin IV de Jérusalem et Saladin, il pille une caravane se rendant à la Mecque. Saladin s’en plaint à Baudouin IV de Jérusalem, qui n’ose sévir contre son vassal.
En 1182, il monte une expédition en Mer Rouge, pille les ports du Hedjaz et menace les villes saintes de l'Islam, La Mecque et Médine. En chemin, il coule un bateau de pèlerins musulmans se rendant vers Jeddah. Tandis que Renaud, chargé de butin, remonte vers ses terres, ses hommes continuent à sillonner la mer Rouge et pillent le Hedjaz. Le frère de Saladin, al-Adel, qui gouverne en Egypte, lance contre eux une flotte qui écrase les pillards. Certains d’entre eux sont conduit à La Mecque pour y être décapités en public.
Saladin lance des raids sur son territoire (1183). Il assiège la forteresse de Kerak, mais fait épargner le secteur où se déroulent les noces de la belle-fille de Renaud. Celui-ci ne doit son salut que grâce aux secours de Baudouin IV.
A la mort de Baudouin IV (1185), la régence du royaume de Jérusalem va à Raymond III de Tripoli, qui traite avec Saladin. La mort du jeune Baudouin V donne le trône à Guy de Lusignan (août 1186). Le pouvoir effectif passe au parti de Renaud de Châtillon.
En 1187, il attaque encore une caravane allant de l'Egypte à Damas. La trêve est rompue et Saladin engage la guerre contre le royaume de Jérusalem. La bataille entre les deux armées a lieu à Hattin et les Francs sont vaincus. Renaud, fait prisonnier, est immédiatement exécuté par Saladin.
Enfants
De son premier mariage (1153) avec Constance d'Antioche (1127 † 1163), il eut :
- Agnès de Châtillon († 1184), mariée à Bela III, roi de Hongrie
De son second mariage (1177) avec Étiennette de Milly, dame d'Outre-Jourdain, il eut :
- Alix de Châtillon († 1235), mariée à Azzo VI d'Este
Catégorie:Homme croisé
Catégorie:Maison de Châtillon
Châtillon, Renaud de
Châtillon, Renaud de
ja:ルノー・ド・シャティヨン
Moyen Âge
Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne.
Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì.
En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ».
péjoratif
Précisions lexicales
Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens.
Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions.
Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ».
Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique.
La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative.
Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative.
Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ».
Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande.
Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue.
Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.
Quelles limites pour le Moyen Âge ?
Limites extrêmes
ère Meiji]
Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période.
C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista).
Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares.
envahisseurs barbares]
Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques.
L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations:
# sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique;
# sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord;
# interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales.
Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au .
Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval.
La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies:
;France: François I (1515-1547)
;Espagne: Charles Quint (1515-1555)
;Angleterre: Henri VIII (1509-1547)
;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)
Découpages internes
Soliman le Magnifique]
Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde.
Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien.
Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période.
Voir aussi : Antiquité tardive
Principales caractéristiques de l'Occident médiéval
Antiquité tardive
La royauté médiévale
À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.
La vassalité
pape]]
La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du .
La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.
Les progrès techniques
- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.
La ville
charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).
L'éducation et la culture
- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs).
Éducation au Moyen Âge
La guerre
Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).
L'art
- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval
La religion chrétienne
Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté.
Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife.
Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726 – 843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((1198 – 1216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les Dictatus Papae (1075).
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge.
Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence.
Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise.
À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies.
Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains.
Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc.
Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme.
À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté.
Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.
La société
La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social.
Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur.
Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité.
De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles.
En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente.
Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au .
Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores).
:Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique).
:Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel).
:Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées.
:Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure.
:À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.
Voir aussi
Articles connexes
- [http://fr.wikisource.org/wiki/Textes_m%C3%A9di%C3%A9vaux Textes médiévaux dans Wikisource]
- Liste des articles sur le Moyen Âge
- Le musée national du Moyen Âge (Paris - Thermes et hôtel de Cluny) ~ Troubadour
Articles traitant de sujets médiévaux
Troubadour
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- Architecture militaire
- Architecture religieuse
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- Architecture romane
- Cathédrale
- Châteaux et Châteaux forts
- Chevalerie
- Croisade
- Cuisine médiévale
- les grands défrichements
- Éducation au Moyen Âge
- Foires
- Guerre au Moyen Âge, Guerre de Cent Ans
- Littérature du Moyen Âge
- Musique du Moyen Âge
- Peste noire
- Flagellants
- Seigneur, Seigneurie
- Vassalité
Histoire médiévale par aire géographique
Vassalité]]
- Le Moyen Âge en Allemagne :
- Francs
- Saint Empire romain germanique
- La ville de Metz au Moyen Âge
- Le Moyen Âge en Espagne :
- La Reconquista (711-1492)
- Le Moyen Âge en France :
- Le Haut Moyen Âge : Clovis, les Mérovingiens, les Carolingiens, Charlemagne, les Capétiens, etc.
- Le Bas Moyen Âge : les Valois
- Le Moyen Âge en Suisse
- La Suisse au Haut Moyen Âge (476-887)
- La Confédération des VIII cantons
- Confédération des VIII cantons (1353-1481)
- Le Moyen Âge en Méditerranée
- Le monde méditerranéen au
- Empire byzantin
- Trecento du italien
Musées et collections du Moyen Âge
- The Cloisters, à New York
- Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris
-
ja:中世
simple:Middle Ages
Robert II de France
de Jean-Paul Laurens, . Musée d'Orsay.]]
Robert II, dit le Pieux (27 mars 972 - 20 juillet 1031), roi des Francs de 996 à 1031.
Il fut le deuxième roi de la dynastie dite des Capétiens directs. Il est le fils d'Hugues Capet et d'Adélaïde de Poitiers. Son père l'associe au trône dès Noël 987.
Il épouse d'abord en 988 Rozala d'Italie, fille du roi d'Italie Bérenger, mais n'ayant pas réussi à avoir d'enfant avec elle il s'en sépare en 992. Il va ensuite épouser en 997 Berthe de Bourgogne, qui ne donnera naissance qu'à un enfant mort-né. Pour des raisons de consanguinité, le pape obligera la dissolution du mariage en 1003, et Robert se remarie avec Constance d'Arles.
Ils eurent cinq enfants:
- Avoie (ou Adélaïde ou Adèle) (1003-après 1063), mariée à Renaud I comte de Nevers et d'Auxerre.
- Hugues (1007-1025), roi des Francs associé à son père, mais qui mourut avant lui.
- Henri I (1008-1060) roi des Francs.
- Adèle (ou Adélaïde) (1009-1079) qui épouse Richard III duc de Normandie (elle se remarie avec Baudouin V comte de Flandre).
- Robert I le Vieux (v.1011-1076) duc de Bourgogne. Il
- Eudes (1013-après 1060).
Sources
On connaît le règne de Robert II grâce à une biographie écrite dans le monastère de Saint-Benoît-sur-Loire et grâce aux détails fournis par Raoul Glaber. Adalbéron de Laon lui a adressé plusieurs poèmes.
Robert France 02
Robert France 02
Robert France 02
Robert 2 France
Robert 2 France
ja:ロベール2世 (フランス王)
simple:Robert II of France
Ampella
(198) Ampella ist ein Asteroid des Asteroiden-Hauptgürtels, der am 13. Juni 1879 von A. Borrelly entdeckt wurde.
Ampella bewegt sich in einem Abstand von 1,8940 (Perihel) bis 3,0218 (Aphel) astronomischen Einheiten in 3,854 Jahren um die Sonne. Die Bahn ist 9,3014° gegen die Ekliptik geneigt, die Bahnexzentrizität beträgt 0,2294.
Ampella hat einen Durchmesser von 57 Kilometern. Sie besitzt eine helle silikathaltige Oberfläche mit einer Albedo von 0,252.
In rund 6 Stunden und 30 Minuten rotiert sie um die eigene Achse.
Siehe auch Liste der Asteroiden
Kategorie:Hauptgürtelasteroid zwischen 50 und 100 km Durchmesser
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