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Damas
Damas est la capitale de la Syrie. En arabe la ville s'appelle Dimashq ach-Cham, mais on dit très souvent ach-Cham seulement (arabe: دمشق الشاَّم [dimašq aš-šam]) (hébreu : דמשׂק [dimašq]). La ville compte plus de 2 millions d'habitants, près de 3 millions en comptant l'agglomération (« Le grand Damas »).
Géographie
La ville est dans le désert, ses quartiers Est escaladant le flanc du mont Quassioun (ou Qassioun ou Kassioun selon les translitérations), premier contrefort du massif de l'Anti-Liban. À vol d'oiseau, elle est située à 60 km à l'ouest de la mer Méditerranée.
Damas est arrosée par une rivière, le Barada, qui s'écoule de l'Anti-Liban et se perd dans un marécage au milieu de la ville.
Barada
Histoire
Il s'agit de l'une des plus anciennes villes connues et toujours habitées. Elle est citée dans la Bible (Genèse XIV ; 15).
:La ville de Damas surpasse toutes les autres en beauté et en perfection; et toute description, si longue qu'elle soit, est toujours trop courte pour ses belles qualités.
::Ibn Battûta (1304-1368) Voyages, Editions FM / La Découverte.
D'abord possession égyptienne, la ville fit successivement partie du royaume de David, fut la capitale du royaume araméen, puis fut conquise par les Assyriens, les Perses, Alexandre le Grand, les Séleucides et les Romains. La ville vit saint Paul prononcer ses premières prédications.
En 635, la ville fut prise par les Arabes qui en firent leur capitale, notamment durant la dynastie des Omeyyades, de 661 à 750.
La ville fut également assiégée en vain par les Croisés, mais fut saccagée par les Mongols en 1401.
Elle fit partie de l'Empire ottoman de 1516 à 1918. Suite au Traité de Versailles (1919), elle fut placée, avec la Syrie, sous mandat français en 1920, jusqu'à son indépendance en 1946.
Les traditions
- Le « damasquinage » consiste à incruster de petits filets d'or ou d'argent dans un objet de métal. Cette technique s'est répandue de Damas à Tolède et en Inde.
- Le « damas soudé » consiste à forger des barres de fer pour constituer l'âme à la fois résistante et souple d'épées, dont les tranchants étaient rapportés par soudure : les lames de Damas. Des barres de fer doux et carburé, disposées alternativement étaient soudées, martelées, repliées sur elles mêmes comme pour faire une pâte feuilletée. Après polissage, le métal était plongé dans un bain d'acide pour faire apparaître l'effet de moirage des couches de métal blanc et noir, appelé le « damassé ».
- Damas est réputée pour ses étoffes de soie et surtout pour ses brocarts tramés d'or que l'on appelle des « damas ».
- Il y a aussi le linge « damassé » sur lequel apparaissent des dessins par des procédés, de tissage. Cet art existe encore, mais avec des métiers Jacquard.
- Dans les souks, on voit beaucoup de tapis, mais ce sont principalement des importations d'Iran, d'Afghanistan ou d'Ouzbékistan.
- On trouve aussi à Damas de nombreuses confiseries offrant des fruits confits entiers : abricots, poires, mandarines, etc. en piles impressionnantes. Au Moyen Âge, la région était le premier producteur de sucre, les croisades en ont rapporté l'usage en occident (confitures et fruits confits).
La ville
La grande mosquée, actuellement Mosquée des Omeyyades, a été construite vers 705. C'est la plus ancienne avec le Dôme du Rocher de Jérusalem à être pratiquement dans sont état initial. Fait exceptionnel, la salle de prière contient un tombeau : celui du crâne de Jean-Baptiste, cousin de Jésus. La présence d'un tombeau dans la salle de prière d'une mosquée est un cas pratiquement unique. Les chrétiens du quartier Est de Damas viennent y faire des prières. On voit donc dans cette salle à la fois les prosternations des musulmans, et les signes de croix et les génuflexions des chrétiens. On y vient aussi tout simplement pour y faire la sieste allongé sur le tapis ou adossé à une colonne, car c'est un lieu frais et calme dans le centre de la ville.
Le plus haut minaret de cette mosquée est le minaret de Jésus : c'est là que selon la tradition locale Jésus, le Messie, reviendra sur terre au moment du jugement dernier.
:C'est la plus sublime mosquée du monde par sa pompe, la plus artistement construite, la plus admirable par sa beauté, sa grâce et sa perfection. On n'en connaît pas une semblable, et l'on n'en trouve pas une seconde qui puisse soutenir la comparaison avec elle. Celui qui a présidé à sa construction et à son arrangement fut le commandeur des croyants,
:[...]
:Il fit partir une ambassade vers l'empereur des Grecs, à Constantinople, pour intimer à ce prince l'ordre de lui envoyer des artisans, et ce dernier lui en expédia douze mille. Le lieu où se trouve la mosquée était d'abord une église.
:[...]
:Au milieu de la mosquée est le tombeau de Zacharie, au-dessus duquel se voit un cercueil placé obliquement entre deux colonnes, et recouvert d'une étoffe de soie noire et brodée. On y voit écrit, en lettres de couleur blanche, ce qui suit: « Ô Zacharie! nous t'annonçons la naissance d'un garçon, dont le nom sera Yahia.»
:La renommée de cette mosquée et de ses mérites est très répandue; et j'ai lu à ce sujet, dans l'ouvrage qui a pour titre Les Qualités excellentes de Damas, l'assertion suivante: « La prière dans la mosquée de Damas équivaut à trente mille prières. » Et dans les traditions du prophète j'ai trouvé ces paroles de Muhammad : « On adorera Dieu, dans la mosquée de Damas, durant quarante années après la destruction du monde. »
::Ibn Battûta (1304-1368) Voyages Éditions FM / La Découverte.
Curieusement Ibn Battûta voit le tombeau de Zacharie, père de Jean-Baptiste, là où la tradition actuelle situe le tombeau du second.
Dans une annexe, hors de l'enceinte de la mosquée se trouve le mausolée de Husayn qui est supposé avoir contenu (ou contenir ?) le crâne de ce personnage décapité à la bataille de Kerbala (Achoura : 10 de muharram 61H; 10 octobre 680) le corps de Husayn fut enterré sur place.
:Lorsque Khawalî, portant la tête de Husayn, arriva auprès d'Obaïdallah, fils de Ziyâd, il lui dit: Tu dois me combler de cadeaux, car je t'apporte la tête du meilleur de tous les hommes !
:[...]
:Puis il (Obaïdallah) toucha avec une baguette la bouche de Husayn, en récitant ce vers: « Nous tranchons les têtes des hommes qui nous sont chers, mais qui sont devenus rebelles et insolents. »
::Tabarî La Chronique, Les Omeyyades Editions Actes Sud / Sindbad
Damas comprend aussi de très beaux monuments de la période Ottomane, le Palais Azem, de nombreux caravanserails dont le Khan Assa'd Pacha du XVIIIéme siècle, et un musée témoignant de la richesse historique et archéologique exceptionnelle du pays.
Divers
- L'expression chemin de Damas évoque un parcours provoquant un changement radical d'attitude chez celui qui le vit (cf. Retournement). Elle évoque l'expérience de Saint-Paul, persécuteur de Chrétiens quelques années après la mort de Jésus : se rendant à Damas, il eut une illumination et une révélation qui en firent le principal prosélyte des premières heures du Christianisme.
- Damas est le lieu de résidence de plusieurs Chefs d'Eglises autocéphales :
- Le Patriarche de l'Église orthodoxe melkite d'Antioche
- Le Patriarche de l'Église syriaque orthodoxe
Catégorie:Capitale de pays
Catégorie:Ville de Syrie
Catégorie:Patrimoine mondial en Syrie
ja:ダマスカス
Capitale
Une capitale (du latin caput, capitis, tête) est une ville où siègent les pouvoirs, ou une ville ayant une prééminence dans un domaine social, culturel, économique ou sportif (Toulouse est la capitale du rugby).
On utilisera en général le terme capitale seul pour désigner la capitale d'un pays (ville où siègent les pouvoirs nationaux).
En France, les capitales des échelons locaux ont des dénominations précises :
- Préfecture de région pour la capitale d'une région,
- Préfecture pour la capitale d'un département.
Liste des capitales du monde
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Capitale est aussi un terme typographique désignant un format des lettres.
-
Catégorie:Ville du monde
zh-min-nan:Siú-to· als:Hauptstadt ko:수도 (도시) ja:首都 simple:Capital (city) th:เมืองหลวง
Langue Arabe
L'arabe (العَرَبِيَّة, ʾal ʿarabiyyaʰ en transcription traditionnelle) est la langue parlée à l'origine par les Arabes. C'est une langue sémitique (comme l'hébreu, l'araméen, l'akkadien ou le syriaque) et flexionnelle dont l'alphabet est un abjad.
Du fait de l'expansion territoriale au Moyen Âge et par la diffusion du Coran, cette langue, devenue langue liturgique, s'est répandue dans toute l'Afrique du Nord et en Asie mineure.
On fait remonter l'origine de la langue arabe au . La tradition orale considère cependant qu'il s'agit d'une langue révélée directement à Ismaël, fils d'Abraham, dans une forme assez proche de l'arabe classique actuel. La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l'ancien Yémen ainsi que des tribus disparues auraient parlé l'arabe dans une forme plus ancienne. Les premières traces de l'écriture arabe, telle qu'on la connaît de nos jours, ne remontent qu'au .
Variétés d'arabe
L'arabe est un terme générique qui regroupe de nombreuses variétés :
- l'arabe classique : la langue du Coran, parlée à l'époque de l'expansion arabo-musulmane ;
- l'arabe littéral : une forme modernisée mais peu différenciée de l'arabe classique, qui est la langue écrite commune de tous les pays arabophones ;
- les dialectes arabes : langues orales parlées dans les pays arabes, issues de l'arabe classique, avec des substrats, superstrats et emprunts différents selon les régions. Les dialectes peuvent être assez différents les uns des autres: Un Irakien par exemple pourrait avoir du mal à comprendre le dialecte marocain à premier abord. Les variantes sont aussi différents les unes des autres que le serait le français de France avec le "Jouale" du Québec ou le français de Côte d'Ivoire. Cependant, et même si ces différences existent, des locuteurs arabes de différents pays peuvent se comprendre sans trop difficultés. La multiplication des chaînes satellites arabes ou la très large diffusion des séries egyptiennes jouant un rôle capital dans la diminution de ces différences.
Quelle tradition rapporte que la langue arabe de l'époque d'Ismaël est une langue révélée ? La tradition la plus communément admise chez les historiens est celle qui considère qu'Ismaël s'est arabisé au contact de la tribu de Jourhoum, vieille tribu arabe nomade du Yémen.
Arabe et islam
La langue de l'islam étant l'arabe, de nombreux mots du domaine religieux sont d'abord apparus en arabe. Ainsi, certains mots religieux n'existent qu'en arabe, ou possèdent un sens beaucoup plus précis en arabe.
Voir termes arabes utilisés en Islam.
Rayonnement culturel
Des écrivains non musulmans ont écrit en arabe, par exemple le médecin et philosophe Maïmonide publiant en langue arabe. Les rois normands de Sicile se piquaient de parler l’arabe.
Pays de langue arabe
Voir pays arabes.
Langues dérivées de l'arabe
- maltais
Lexique
Emprunts français
L’arabe a légué une série de mots aux langues romanes (et, de là, aux autres langues d’Europe), surtout au castillan, à l'italien et au portugais.
On trouve donc de nombreux mots arabes en français. Ces emprunts se sont fait soit :
- directement (alcali, alfa, alizari, almée, amiral, arack, azimut, baobab, baraka, barbacane, barde, bédouin, bled, bordj, bouracan, burnous, cadi, cafard, caïd, calife, camaïeu, came, camelote, caoua, chott, clebs, fellah, gazelle, hachisch, harem, hasard, henné, jupe, kandjar, laiton, luth, maboul, maghrébin, maghzen, oued, salamalec, toubib, zénith, etc.) ;
- à partir de l'arabe dialectal, surtout algérien (barda, bezef, kif-kif, matraque, nouba, razzia, youdi, etc.) et égyptien (cange, goudron, mamelouk) ;
- par l'intermédiaire du latin médiéval ou scientifique (alcool, algèbre, alidade, amalgame, ambre, arcanne, avives, benjoin, benzine, bourrache, camphre, chiffre, momie, orcanette, safran, sirop, etc.) ;
- par l'intermédiaire d'autres langues européennes, principalement l'espagnol (alcade, alcarazas, alcôve, alezan, alfange, algarade, alguazil, aman, arrobe, azerole, basaner, épinard, felouque, etc.), l'italien (arsenal, artichaut, assassin, aval, avanie, avarie, berner, café, calfeutrer, calibre, carafe, coton, girafe, hégire, magasin, sirocco, tarif, zéro, etc.), le provençal (boutargue, jarre, madrague, poutargue) et le portugais (argousin) ;
- par l'intermédiaire du turc (minaret, muezzin), de l'hindî (nabab) ou du persan (lascar).
D'autre part, l'arabe a transmis au français des mots originaires d'autres langues, notamment l'hindî (bonduc, candi), le persan (alkékenge, alkermès, aniline, aubergine, azur, babouche, borax, bore, douane, orange, timbale, etc.), mais aussi le grec (alambic, almanach, antimoine, etc.).
Citons enfin le cas du mot abricot, qui vient du latin praequox (qui a donné précoce) et qui est revenu en français sous cette forme après un voyage par l'intermédiaire du grec (barc), de l'arabe (al-barriq) et du catalan (albercoc).
En ce qui concerne les noms propres, beaucoup de noms d’étoiles viennent également de cette langue : Aldébaran, Bételgeuse, Algol, Alioth, Véga, Mizar, Fomalhaut, etc.
On reconnaît certains emprunts à l’arabe dans les langues occidentales au fait qu’ils commencent souvent par a- ou al, qui n’est autre que l’article défini dans cette langue. Les Occidentaux n’en ayant pas conscience, ils ont conservé cet article. L'espagnol et le portugais en ont conservé plus que le français : à algodón en espagnol correspond coton, par exemple.
Même si cela s’éloigne du cadre linguistique il est intéressant de rappeler que nous utilisons des chiffres indiens transmis en Occident par les Arabes, dits par abus de langage « chiffres arabes ». Dans le monde arabe, seuls les pays occidentaux (Tunisie, Algérie, Maroc) utilisent ces chiffres, les autres pays en utilisent d'autres, appelés abusivement « hindous » (où le 5 s’écrit comme notre 0).
Les « chiffres arabes » dans leur forme actuelle sont parvenus à l'Europe de la ville de Bougie au moyen âge (Bédjaia/Algérie) par un moine chrétien, ainsi que les bougies (chandelles), pour lesquelles la ville était renommée.
Voir aussi
Articles connexes
- alphabet arabe et écriture de la hamza ;
- arabe littéral et arabe dialectal ;
- prononciation de l'arabe ;
- vocabulaire de l'islam.
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues afro-asiatiques
- - langues sémitiques
- noms arabes
- Poésie arabe
Liens externes
- [http://st-takla.org/Learn_Languages/01_Learn_Arabic-ta3leem-3araby/Learn-Arabic_00-index_El-Fehres.html Apprendre l'arabe Online]
- [http://www.nicoweb.com/sirpus L'écriture et la lecture de arabe, c'est facile en MP3]. Cours de lecture et d'écriture en ligne en MP3 avec proverbes arabes et poésie.
- [http://www.webarabic.com/choix-apprendre.html Apprendre l'arabe] (WebArabic)
- [http://pince31.free.fr/lang/arabic/index.php Apprendre la langue arabe] (Langue Arabe)
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/arabe.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire arabe-français/français-arabe.
- [http://www.nclrc.org/inst-arabic3.pdf Multilingual Computing in Arabic with Windows, major word processors, web browsers, Arabic keyboards, and Arabic transliteration fonts]
- [http://www.muftah-alhuruf.com Muftah-Alhuruf.com]: Ecrire et envoyer des e-mails arabes sans a un clavier ou un système d'exploitation arabe.
-
Catégorie:Langue véhiculaire
ja:アラビア語
ko:아랍어
ms:Bahasa Arab
simple:Arabic language
th:ภาษาอาหรับ
Hébreu
L'hébreu (עברית, /iv.'ɹit/) est une langue appartenant à la branche centre-nord de la famille des langues sémitiques. Il est étroitement apparenté à l'araméen et à l'arabe. Langue de la Bible réservée à l'usage de la synagogue et à l'étude des érudits, l'hébreu a connu au une étonnante renaissance, sous l'impulsion de Eliezer Ben-Yehuda (1858-1922). Il est aujourd'hui parlé par environ dix millions de personnes, dont cinq millions environ en Israël. L'hébreu est l'une des deux langues officielles d'Israël, avec l'arabe.
Il s'écrit au moyen de l'alphabet hébreu, qui est un abjad (alphabet consonantique).
Régi par האקדמיה ללשון העברית ( HaAkadémiah LeLashon Hivrit : L'Académie de la langue hébraïque)
Bibliographie
- Hadas-Lebel Mireille L'Hébreu : 3000 ans d'histoire, Albin-Michel, Présences du judaïsme, 1992
- Feldhendler Marie-Paule Lire l'hébreu ed.Ellipses 2005
- Feldhendler Marie-Paule Grammaire de l'hébreu israélien ed.Ellipses 2004
code ISO 639-1 : he
Voir aussi
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues afro-asiatiques
- - langues sémitiques
- yiddish (ou yidich)
- judéo-espagnol
- yévanique (judéo-grec)
- judéo-arabe
- judéo-persan
- ladino
- shuadit (ou judéo-provençal)
- positions des caractères hébreux sur le clavier AZERTY : :image:clavierhe.png pour Windows XP
Liens externes
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/hebreu.html Dictionnaire Freelang] hébreu-français/français-hébreu
- [http://www.hebreu.org/ hebreu.org. Le premier site consacré à l'hébreu]
- [http://www.kodechonline.com/index.html?page=p7156.html&id=2 Les Ecrits du peuple hébreu]
- [http://www.kodechonline.com/index.html?page=p5535.html&id=2 La fabuleuse histoire de l'écriture hébraïque]
- [http://www.kodechonline.com/index.html?page=p973.html&id=2 Méthode d'hébreu moderne - Cédérom]
- [http://www.kodechonline.com/index.html?page=p974.html&id=2 Méthode d'hébreu biblique - Cédérom]
- [http://www.kodechonline.com/index.html?page=p7209.html&id=2 Lire et écrire l'hébreu avec M. Iceberg - Cédérom]
- [http://www.dominique-aubier.org/france/books/C.html Le Principe du Langage ou l’Alphabet hébraïque]
- [http://intersecu.free.fr Dictionnaire hébreu-francais en ligne]
Catégorie:Langue juive
catégorie:langue sémitique
Catégorie:Langue liturgique
ja:ヘブライ語
ko:히브리어
simple:Hebrew language
th:ภาษาฮีบรู
Méditerranée
]
La mer Méditerranée est une mer presque fermée située entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie et qui s'étend sur une superficie d'environ 2,5 millions de kilomètres carrés. Elle doit son nom au fait qu'elle est littéralement une « mer au milieu des terres », en latin mare medi terra.
La Méditerranée est reliée à l'océan Atlantique par le détroit de Gibraltar à l'ouest, à la mer de Marmara et à la mer Noire par les Dardanelles et le Bosphore à l'est. La mer de Marmara - mais pas la mer Noire - est souvent considérée comme faisant partie de la Méditerranée. Le canal de Suez au sud-est relie la Méditerranée à la mer Rouge.
Les principales îles de la Méditerranée sont :
- Chypre, la Crète et Rhodes à l'est ;
- la Sardaigne, la Corse, la Sicile et Malte au centre ;
- les Baléares à l'ouest.
Les pays qui bordent la Méditerranée sont :
- au nord : la France, Monaco, l'Italie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie, la Grèce et la Turquie ;
- à l'est : le Liban, la Syrie et Israël ;
- au sud : l'Égypte, la Libye, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc ;
- à l'ouest : l'Espagne ;
- au centre : Malte et Chypre.
Le climat méditerranéen est caractérisé par un hiver humide et doux et par un été sec.
Quelques cantons particuliers de la Méditerranée portent eux-mêmes traditionnellement le nom de mer :
- mer Égée
- mer Ionienne
- mer Adriatique
- mer Tyrrhénienne
- mer Ligurienne
- mer de Marmara (anciennement Propontide)
- et quelques golfes : golfe de Corinthe, golfe du Lion, golfe de Tarente, golfe de Syrte.
Description géographique
La mer Méditerranée se divise en deux bassins bien individualisés, séparés par des hauts fonds situés entre la Sicile et la Tunisie : la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale, eux-mêmes nettement compartimentés.
Sicile
En Méditerranée occidentale, l'axe Corse-Sardaigne isole la mer Thyrénienne du reste du bassin.
En Méditerranée orientale, on distingue la mer Ionienne, qui atteint les plus grandes profondeurs et le bassin levantin , séparés par un goulet entre la plate-forme de la mer Égée limité au sud par la Crète et les hauts fonds au large de la Cyrénaïque.
D'une manière générale, le plateau continental est relativement réduit, sauf dans trois zones : la mer Adriatique, la mer Égée, et la plate-forme qui s'étend entre la Sicile et la Libye au large de la Tunisie.
Géologie
Bien qu'intercontinentale, on y trouve cependant un fond basaltique au large des côtes françaises, ce qui en fait un mini-océan du Languedoc.
Économie
Histoire
voir l'article détaillé : Histoire de la Méditerranée
Principaux fleuves méditerranéens
- Nil
- Pô
- Rhône
- Èbre
Bibliographie
- Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, 1 édition, Paris : Armand Colin, 1949.
- Germaine Tillion, Le harem et les cousins, Paris : éditions du Seuil, 1966.
- Christian Bromberger et al., L'anthropologie de la Méditerranée, Paris : Maisonneuve et Larose ; Aix-en-Provence : Maison méditerranéenne des sciences de l'homme, 2001.
Voir aussi
- Climat méditerranéen
- Flore méditerranéenne
- ancien département de la Méditerranée
-
Catégorie:Mer ou océan
ja:地中海
ko:지중해
th:ทะเลเมดิเตอร์เรเนียน
zh-min-nan:Tē-tiong-hái
Genèse
]]
La Genèse (du grec Γένεσις, « commencement », « origine ») est le premier livre de la Torah et de la Bible connu sous le nom original de Béréshit ( בראשית , signifiant « au début de ...»). C'est l'un des cinq livres du Pentateuque.
Récit légendaire, la Genèse est une tentative pour expliquer l'origine de l'homme et du peuple hébreu jusqu'à son arrivée en Égypte en l'éclairant par le projet de Dieu.
On y décrit une humanité avec ses entreprises et ses échecs
- Création du monde (deux versions)
- Adam et Ève : la chute
- Abel et Caïn : le premier meurtre
- Noé : le déluge
- La tour de Babel : la confusion des langues
et poursuit par la biographie des patriarches Abraham, Isaac et Jacob.
Exégèse
L'exégèse critique estime généralement que la genèse n'est pas un récit qui est l'œuvre d'un seul auteur. Non seulement, il s'agit de la mise par écrit d'une tradition orale, connue des Hébreux avant Moïse, mais le texte a été remanié et modifié au cours du temps. Il résulte peut-être même de la fusion de différents textes.
L'exégèse moderne a permis de distinguer trois couches d'écriture, qu'elle a intitulées :
- la narration yahviste : Dieu, toujours nommé YHWH, crée l'Homme à son image, mais l'Homme se révèle faible et manque à ses devoirs. Il s'ensuit alors une succession d'Alliances et de ruptures d'Alliance entre Dieu et les hommes, jusqu'à l'apparition des patriarches.
- la narration élohiste : écrite probablement durant des heures difficiles en Israël, le ton en est plus austère, moins optimiste ; on insiste davantage sur le devoir d'obéissance de l'Homme. C'est le terme elohim qui désigne Dieu dans cette narration.
- la narration sacerdotale : écrite probablement durant l'exil à Babylone, il s'agit de donner au texte une dimension religieuse plus dogmatique en insistant sur le sens de l'Alliance.
Cependant, l'hypothèse dite documentaire a déjà été envisagée par les exégètes religieux, et si des incohérences sont en effet apparentes, il ne faut pas penser qu'elles n'auraient pas été remarquées par les Sages et rabbins qui se penchèrent les premiers sur le texte, ni que lesdits Sages et rabbins aient été "faussaires".
Schématiquement:
- Elohim (qui est un pluriel, les dieux, voir cet article) signifie Puissance de toutes les puissances, le Créateur du monde, garant de son état. Il est associé à l'attribut de justice : le mot désigne en effet des juges ou magistrats.
Le chapitre où Son Nom apparaît fait référence à la création du monde à l'échelle universelle.
- YHVH est le "nom propre" de Dieu, il désigne le "Dieu qui a fait sortir son peuple d'Egypte", le Dieu providentiel, qui accompagne Son peuple. Il est associé à l'attribut de générosité. Le texte où Son Nom apparaît (d'ailleurs sous forme YHVH Elohim,...) fait référence à la création du monde à l'échelle humaine.
Signalons l'acrostiche qui apparaît dans les deux derniers mots du chapitre 1 (dit "élohiste") et les deux premiers du chapitre 2 (dit "yahviste"):
Yom Hashishi : Vayekhoulou Hashamaïm.
N'est-il pas étonnant que YH(VH) s'insinue dans le chapitre dit "élohiste"? A méditer.
Thématiques
Elohim
Les thèmes de la Genèse étaient retrouvés dans tout le Moyen Orient, notamment en Mésopotamie, où l'on trouve des récits antérieurs à la rédaction de la Genèse et travaillant sur les mêmes thèmes (Création de l'Homme par le dieu Mardouk avec de l'argile ; création de la femme à partir d'une côte de l'homme - un jeu de mots sumérien, car « côte » et « vie » sont homonymes dans cette langue, alors qu'ils ne le sont pas en hébreu (mais "côte" est à prendre au sens de "côté", homme et femme furent créés "côte à côte", c'est-à-dire indifférenciés, jusqu'à ce que Dieu les sépare); aventures du héros Gilgamesh avec la narration d'un déluge ; construction des tours babyloniennes...).
Toutefois, si une opinion veut que les auteurs de la Genèse aient repris ces thèmes en leur donnant un nouveau sens religieux, ils pourraient être une variante de thèmes communs, preuve qu'ils émergent d'un seul et même récit, ce qui tendrait plutôt à conforter les hypothèses contenues dans les récits bibliques.
Récit fondamental pour les 3 grands monothéismes avec la figure d'Abraham, il est souvent au cœur de controverses parmi lesquelles
- le créationnisme et l'évolutionnisme
- la nature du couple
- Les premiers interdits sociaux
- Le projet de Dieu.
Sources : TOB Traduction œcuménique de la Bible
Voir aussi
- Divinités grecques primordiales, genèses de la mythologie grecque.
Liens externes
- [http://www.campuslive.ch/lausanne/Bible Bible]
- [http://www.systerofnight.net/religion/html/ancien_testament_judaisme.html Ancien Testament et judaïsme] Etude du contexte historique et de l'évolution de la spiritualité hébraïque de l'Ancien Testament.
- [http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=NUMM-3764&M=tdm&Y=Image Commentaire du livre de la Genèse : chapitres I à II], Martin Luther, site Gallica
Catégorie:Judaïsme
ja:創世記
ko:창세기
zh-min-nan:Chhòng-sè-kì
Ibn BattûtaCatégorie:Explorateur
Ibn Battûta
Ibn Battûta
Ibn Battûta (arabe : ابن بطوطة ibn baṭūṭa), né le 24 février 1304 à Tanger (Maroc) et décédé en 1377, était un voyageur marocain. Il termina sa vie au Maroc comme juge appartenant à l'école malikite.
C'est le « Marco Polo » (Venise 1254-Venise 1324) de l'islam. Ibn Battûta parcourut 120 000 km en 28 ans de voyages. Ses récits sont plus précis et moins fabulateurs que ceux de Marco Polo.
Les voyages
Traversée de la Libye
Le 14 juin 1325, Ibn Battûta part de Tanger pour son pèlerinage à La Mecque, Il traverse rapidement l'Algérie alors en pleine guerre civile, et pourtant Ibn Battûta n'y fait aucune allusion. Il arrive à Tunis sous le règne du sultan hafside Abû Yahyâ Abû Bakr al-Mutawakkil au moment de la fête de la fin du Ramadan. Il se joint à une caravane partant pour l'Arabie. De passage à Tripoli, il se marie une première fois et repart avec son épouse. En cours de chemin, un différent avec son beau père le fait divorcer. Il se remarie avec une autre femme de la caravane, fille d'un lettré originaire de Fès.
Remontée de la vallée du Nil
En janvier 1326, il arrive à Alexandrie. Ibn Battûta donne une description détaillée du phare d'Alexandrie et signale qu'à son retour en 1349 il ne trouvera sur ces lieux qu'un tas de ruines.
Ibn Battûta passe au Caire. Il explique alors le système fiscal local basé sur la hauteur de la crue annuelle du Nil, cette crue étant le signe de récoltes plus ou moins abondantes. Il passea près des Pyramides de Gizeh. À l'époque elles étaient encore couverte d'un parement de calcaire qui les rendaient luisantes au soleil. Ibn Battûta raconte qu'un souverain voulut pénétrer une pyramide en attaquant le parement calcaire avec du vinaigre chaud jusqu'à ouvrir une brèche.
Partant du Caire, il remonte le Nil. Au passage, on apprend qu'un homme s'est enrichi en se servant des pierres des temples antiques pour construire une école coranique. Arrivé au bord de la mer rouge, il ne peut traverser et doit faire demi-tour vers le Caire. Dans ce chemin de retour depuis Assouan jusqu'au Caire il semble s'attarder un peu plus à chaque étape.
Traversée de la Syrie et de la Palestine
Pour cette partie du récit, Ibn Battûta semble faire une synthèse de plusieurs séjours dans la région.
D'Egypte, il monte vers Gaza et de là vers Hébron, puis Jérusalem. La crainte de voir les croisés revenir prendre Jérusalem et s'y installer, avait fait prendre la décision paradoxale de raser toutes les fortifications. Ibn Battûta s'émerveille devant le dôme du Rocher.
Il remonte ensuite le long de la côte méditerranéenne en passant par Tyr, Sayda, Beyrouth, de là il fait un crochet par Damas. Retour à Tripoli sur la côte. Il fait un nouveau crochet par le Krak des Chevaliers et Homs (Emèse), il descend le cours de l'Oronte vers Hama : « ville charmante et exquise entourée de vergers où tournent des roues hydrauliques. ». Se dirigeant toujours vers le Nord il atteint Alep. Il s'attarde sur la description de la citadelle d'Alep, citant un poète : « l'âpre citadelle se dresse contre ceux qui veulent la prendre avec sa haute vigie et ses flancs abrupts. ». Le nom de la ville viendrait de « halab Ibrahim » (le lait d'Abraham) (arabe : حَلَب ḥalab, lait ou Alep). De là il retourne encore une fois vers la côte à Antioche. Il redescend vers le Sud jusque Lattaquié, puis au pied de la forteresse du Marquab qu'il dit semblable au Krak des Chevaliers, puis vers Baalbek puis revient à Damas pour s'y attarder : « Si le paradis est sur la terre, c'est à Damas et nulle part ailleurs. ».
Dans la mosquée omeyyade de Damas, il dit voir le tombeau de Zacharie père de Jean-Baptiste alors que Ibn Joubayr (1145-1217) un siècle avant lui parlait du « mausolée de la tête de Jean, fils de Zacharie. » comme le fait la tradition actuelle.
Il reçoit à Damas la licence d'enseigner en 1326 et part vers La Mecque avec une caravane.
Vers La Mecque
La caravane fait halte à Bosra pour quelques jours. Au passage il passe près « de la demeure des Thamûd creusées dans des montagnes de grès rouge avec des seuils sculptés et qu'on croirait construites récemment. Les ossements cariés sont à l'intérieur des demeures. ». Il s'agit certainement du site de Pétra en Jordanie où la plupart des abris creusés dans la falaise n'étaient pas des maisons mais des tombeaux, mais l'interprétation d'Ibn Battûta va dans le sens du Coran :
:Les habitants d'al Hijr avaient traité les envoyés d'imposteurs.
:Nous leur avions montré nos signes mais ils s'en sont détournés.
:Ils creusaient leurs maisons dans la montagne et s'y croyaient en sûreté.
:Leurs actes ne leur ont servit à rien.
:Le Coran (XV; 80-84)
Arrivé à Médine, Ibn Battûta va se recueillir dur la tombe du Prophète. Il raconte les diverses étapes de l'agrandissement de la mosquée et des querelles que cela amena entre les divers clans de la famille. Après avoir fait le tour des sites que le prophète avait fréquenté, il repart pour La Mecque. Ibn Battûta fait une assez longue et précise description des lieux et des rites du pèlerinage. Dix jours après la fin du pèlerinage, il part avec un caravane en direction de l'Irak (17 novembre 1326).
L'Irak
Ibn Battûta passe à Nadjaf y voir le tombeau de `Ali, il fait le récit de miracles ayant lieu sur ce tombeau mais il précise ne pas y avoir assisté lui-même. Alors que la caravane repart vers Bagdad, Ibn Battûta décide d'aller à al-Basra (Bassora). Là en assistant à la prière il s'étonne de voir l'imam commettre des fautes de langage. Après un passage à Abadan il va à Ispahan.
L'Iran
L'Afrique orientale, le Yémen et l'Oman
L'Anatolie
Anas
L'Asie centrale
Le Sind et l'Inde
Les Maldives, Ceylan et le Bengale
Sumatra et la Chine
Retour au pays
L'Andalousie
Le pays des Noirs
Sources
- Ibn Battûta, Voyages, Trois volumes aux édition FM / La Découverte (1982).
- Voyageurs arabes, Recueil de textes dans la collection Gallimard La Pléiade (1995).
ja:イブン=バットゥータ
Assyriens
La dénomination ethnonationale « Assyrien » a été introduite au par des missionnaires protestants américains et britanniques pour désigner d'abord les chrétiens nestoriens, puis l'ensemble des chrétiens d'Orient parlant un dialecte néo-araméen (chaldéens, syriaques orthodoxes, syriaques catholiques). Elle est surtout utilisée en diaspora et par des non-Assyriens, par exemple en Arménie et en Géorgie où c'était l'ethnonyme officiellement d'usage à l'époque soviétique (Aisor), et par certains mouvements nationalistes "mésopotamiens", qui ont même parfois tenté, par exemple dans les mémorandums remis aux conférences de paix après la Première Guerre mondiale, d'y inclure les Maronites, les Mandéens (Sabéens) et les Juifs targumiques ("Juifs kurdes", néo-araméophones). La question de la dénomination fait débat parmi les personnes concernées, les chercheurs et les journalistes utilisent tant Assyriens qu'Assyro-Chaldéens, voire Araméens, ou encore des termes distincts selon la communauté religieuse : Syriens/Syriaques, Jacobites, Nestoriens, Chaldéens.
Filiation avec les habitants de l'Assyrie antique
Il n'y a aucune preuve tangible d'une quelconque filiation "génétique" ou autre entre les habitants de l'Empire assyrien de l'Antiquité (dont sont probablement issus, avec de multiples mélanges, toutes les populations actuelles du Moyen-Orient, quelle que soit leur ethnicité ou leur religion actuelle) et ces Assyriens modernes, mais le mouvement nationaliste assyrien cultive ce mythe national avec, par exemple, l'utilisation de prénoms comme Nabuchodonosor (impensable dans les familles traditionnelles, très attachées à leurs églises, puisqu'il ne s'agit pas d'un prénom chrétien), et la juxtaposition dans les brochures de propagande de profils de bas-reliefs antiques et de photos d'"Assyriens" modernes.
Les Assyriens à la fin de l'Empire ottoman
Au XIXème siècle et au début du XXème, les Assyriens de toutes dénominations chrétiennes étaient répartis dans les provinces ottomanes qui constituent actuellement l'Est de la Turquie, l'Irak et la Syrie, ainsi qu'en Iran. Leur langue véhiculaire était le néo-araméen oriental, dérivée de l'araméen. Dans le massif montagneux du Hakkiari (actuelle province de Hakkari, en Turquie), le chef religieux des Assyriens-Nestoriens, le Mar Shimoun, avait le statut d'un chef tribal à l'instar des chefs tribaux kurdes, et disposait donc d'une certaine autonomie de type féodal jusqu'en 1843-1846, quand l'Empire ottoman supprima les entités féodales de Bohtan et de Hakkiari suite à des massacres d'Assyriens-Nestoriens et de Kurdes rivaux par l'émir kurde de Bohtan.
Pendant la Première Guerre mondiale, les Arméniens, les Assyriens et les Pontiques subirent un ou des génocides, qui avaient pour justification nationaliste l'épuration ethnico-religieuse de territoires à majorité non turco-musulmane entre l'Anatolie et l'Azerbaïdjan, tant dans une perspective pantouranienne (union politique entre les "Turcs" d'Anatolie, du Caucase et d'Asie centrale) qu'afin de punir des populations suspectes, à tort ou à raison, de pactiser avec les ennemis des Turcs musulmans, la Russie, la Grèce, la France, le Royaume-Uni, l'Italie.
voir: Génocide assyrien - Génocide arménien - Génocide pontique - Megali Katastrofi
Les traités de paix et les mandats
Le Traité de Sèvres en 1920 prévoyait une certaine autonomie pour les "Assyro-Chaldéens" (terme usité à l'époque), dont des délégations avaient assisté aux conférences de paix avec la revendication d'un Etat assyrien, apparemment promis par Londres en décembre 1917, mais le Traité de Lausanne en 1923 constitua un recul tant pour eux que pour les Arméniens ou les Kurdes, tous sacrifiés au réalisme géopolitique et à la nouvelle division du Proche-Orient entre Turquie kémaliste, mandats français (Syrie, Liban) et mandats britanniques (Irak, Transjordanie, Palestine).
Un escadron assyrien (Assyrian Levies) aida la puissance mandataire britannique à réprimer des insurrections nationalistes arabes chiites et kurdes en Irak mais à la fin du mandat, en 1932, le Royaume-Uni abandonna ses alliés, comme plus tard la France les harkis ou Israël l'Armée du Liban-Sud. Le 20 octobre 1931, un mémorandum de notables assyriens, demandant l'établissement d'une région autonome où auraient notamment été regroupés les Assyriens réfugiés du Hakkiari fut adressé aux autorités, sans résultat, et l'été suivant les Assyrian Levies se révoltèrent et furent matées avec l'aide des troupes britanniques. En mai 1933, le gouvernement irakien mit le patriarche Mar Shimoun en résidence surveillée à Bagdad et les notables assyriens-nestoriens furent mis en demeure d'abandonner toute revendication d'établissement compact des réfugiés, suite à quoi, en juillet, une partie de ces réfugiés alla demander asile dans la Syrie sous mandat français. Devant le refus des autorités françaises de leur accorder un territoire autonome, ils refranchirent la frontière irakienne en août 1933 où un millier d'entre eux furent massacrés par les troupes irakiennes, dirigées par le colonel kurde Bakir Sidqi.
Les Assyriens en Irak
1 million d'assyro-chaldéen soit 3,5 % de la population,
de religion chrétienne et de langue araméenne
Les Assyriens en Syrie
500 000 assyro-chaldéens
Les Assyriens en Iran
Les Assyro-Chaldéens disposent d'un siège réservé au Parlement iranien.
Les Assyriens en Israël
La diaspora assyrienne hors du Proche-Orient
Le mouvement nationaliste assyrien
Statistiques Démographiques
Voici des estimations chiffrées concernant la présence assyro-chaldéenne dans le monde. Ces chiffres sont indicatifs en raison de l´absence de recensement officiel. La dispersion de notre peuple dans le monde rend difficile ce type de travaux :
- Iraq 1 000 000
- Syrie 500 000
- Etats-Unis 400 000
- Suède 120 000
- Iran 50 000
- Brésil 50 000
- Liban 40 000
- Russie 35 000
- Australie 30 000
- Allemagne 30 000
- Canada 20 000
- France 18 000
- Arménie 15 000
- Pays-Bas 15 000
- Géorgie 14 000
- Turquie 10 000
- Danemark 10 000
- Royaume-Uni 8 000
- Autriche 7 000
- Grèce 5 000
- Belgique 5 000
- Nouvelle Zélande 3 000
- Suisse 3 000
- Italie 3 000
- Autres 100 000
- Total 2 491 000
(source : http://www.aacf.asso.fr/)
Sources
Laurent et Annie Chabry, Politique et minorités au Proche-Orient, Paris Maisonneuve et Larose, 1984, ISBN 2706808756
Liens externes
- [http://www.aacf.asso.fr La communauté assyro-chaldéenne en France] (dont vidéos musicales)
- [http://www.aina.org/ Assyrian International News Agency]
- [http://www.ado-world.org/en/indepth.php?id=5 Assyrian Democratic Organisation]
- [http://www.furkono.com/ Assyria Liberation Party]
Article sur l'Assyrie antique: voir Assyrie.
Catégorie:Chrétiens d'Orient
Catégorie:Irak
Catégorie:Moyen-Orient
Catégorie:Groupe ethnique
Alexandre le GrandAlexandre le Grand ou Alexandre III de Macédoine (en grec Ἀλέξανδρος Γ' ὁ Μακεδών / Alexandros III o Makedôn, Alexandros signifiant « protecteur de l'homme ») (21 juillet 356 av. J.-C.–13 juin 323) est sans aucun doute le souverain le plus célèbre de l'Antiquité. Fils de Philippe II de Macédoine, élève d'Aristote et roi de Macédoine en 336 av. J.-C. il est l'un des plus grands conquérants de l'Antiquité, fait de son petit royaume le maître de l'immense empire achéménide et s'avance jusqu'aux rives de l'Indus. Il fonde aussi de nombreuses cités et notamment Alexandrie en 331 av. J.-C..
Le mythe d'Alexandre s'explique principalement par ses prétentions à la conquête universelle (du monde entier). Cette aspiration, à la fois impossible et presque réalisée avant qu'il ne soit foudroyé à l'âge de 33 ans, eut comme conséquence — durant un temps très court — une unité politique jamais retrouvée ensuite entre l'Occident et l'Orient.
L'héritage d'Alexandre, également marqué par les cultures grecque, occidentale, et orientale, fut partagé entre ses généraux : il s'agit des différents royaumes et dynasties de la période hellénistique.
période hellénistique]
Alexandre est le fils de Philippe II de Macédoine et d'Olympias, princesse d'Épire, sa troisième femme. Par sa mère, il est le neveu d'Alexandre le Molosse, roi d'Épire, territoire qui se situe de nos jours entre la région grecque d'Épire et le Sud de l'actuelle Albanie.
La légende veut qu'Olympias n'ait pas conçu Alexandre avec Philippe, qui avait peur d'elle et de son habitude de dormir en compagnie de serpents, mais avec Zeus. Alexandre se servit de ces contes populaires à des fins politiques, faisant référence au dieu plutôt qu'à Philippe quand il évoquait son père. Une autre légende, d'origine égyptienne celle-là, (Roman d'Alexandre) veut qu'Alexandre soit le fils du dernier pharaon égyptien de la XXX dynastie, Nectanébo II.
Par son père Philippe II, Alexandre descendrait de Téménos d'Argos, lui-même descendant d'Héraclès, fils de Zeus — pour cette raison, la dynastie macédonienne s'appelle dynastie des Argéades ou des Téménides. Par sa mère, Olympias, de la dynastie des Éacides, Alexandre affirmait descendre de Néoptolème, fils d'Achille et de Déidamie.
Enfance et éducation
Située dans le Nord de la Grèce actuelle, la Macédoine est l'une des régions pélasgiques antiques. La langue parlée est alors l'un des nombreux dialectes grecs, cependant, dès l'époque du roi Archélaos (fin du ), la langue officielle de la cour et de la chancellerie macédonienne devient l'ionien-attique. Philippe, qui a séjourné à Thèbes comme otage (entre 369 et 367 av. J.-C.), le parle pour sa part couramment.
Après avoir été éduqué par Léonidas et Lysimaque d'Acarnanie, Alexandre reçoit pour précepteur le philosophe Aristote de 343 à 340 av. J.-C. Ce dernier est le fils de Nicomaque, médecin d'Amyntas III, le grand-père d'Alexandre. Il rédige une édition annotée de lIliade pour son élève. Alexandre lit également Hérodote et Xénophon, auteurs qu'il sut exploiter lors de ses conquêtes.
Plusieurs compagnons d'enfance d'Alexandre se retrouveront à ses côtés lors de la conquête de l'Asie.
Le roi de Macédoine
Un prince associé au pouvoir
Asie
Bien que considéré comme barbare par les Athéniens, le royaume de Macédoine a, sous le règne de Philippe, étendu son hégémonie sur la Grèce classique. Il vainc Athènes aux Thermopyles en 352 av. J.-C., intervient dans un conflit entre Thèbes et les Phocidiens, triomphe d'une coalition d'Athènes et de Thèbes à la bataille de Chéronée, en 338 av. J.-C.. Alexandre y fait ses preuves en commandant la cavalerie et en taillant en pièces le bataillon sacré des Thébains.
Philippe est également l'initiateur de la ligue de Corinthe, rassemblant toutes les cités grecques, à l'exception de Sparte, sous son commandement. La ligue doit porter la guerre contre l'Empire perse. En 340 av. J.-C., en l'absence de son père parti assiéger Byzance, Alexandre devint régent de Macédoine.
En 337 av. J.-C. cependant une violente dispute oppose le père et le fils quand Alexandre prend le parti de sa mère Olympias à laquelle Philippe souhaite imposer Cléopâtre, sœur ou nièce d'un général de Philippe, Attale, comme seconde épouse légitime et dont il a bientôt un fils. Alexandre doit se réfugier dans la famille de sa mère en Épire. Cependant la brouille ne dure guère et bientôt pardonné Alexandre sauve la vie de son père lors d'une expédition contre les Triballes.
L'élimination de tout rival potentiel
En 336 av. J.-C. Philippe est assassiné lors du mariage de sa fille Cléopâtre avec le roi Alexandre le Molosse d'Épire, le frère d'Olympias. L'assassin supposé est un ancien officier du roi, le jeune noble Pausanias, qui gardait une dent contre Philippe, le dernier ayant ignoré une demande qu'il lui aurait faite. Les historiens de l'Antiquité ont longtemps cru que le meurtre de Philippe avait été une machination impliquant Olympias et peut-être Alexandre. Une autre hypothèse nie l'implication d'Alexandre et met en cause Darius III, le nouveau roi de Perse. Plutarque mentionne une lettre virulente d'Alexandre à Darius, où le Macédonien blâme Darius (et Bagoas, son grand vizir, dont Darius III se débarrasse rapidement), pour le meurtre de son père, soutenant que c'est Darius qui s'était vanté auprès des differentes cités grecques de la façon dont il avait fait assassiner Philippe.
Après la mort de Philippe, l'armée proclame Alexandre, alors âgé de 20 ans, nouveau roi de Macédoine. Les villes grecques comme Athènes et Thèbes, qui avaient prêté allégeance à Philippe, ne sont pas si pressées de faire de même vis-à-vis du jeune homme. Alexandre ordonne immédiatement l'exécution de tous ses rivaux potentiels. Ainsi, pour ne pas avoir de concurrent au trône, il fait assassiner son cousin Amyntas IV, roi de Macédoine vers 360 av. J.-C./359 av. J.-C. que Philippe II avait renversé alors qu'il n'était qu'un enfant. Quant à Olympias, profitant d'une absence de son fils parti guerroyer au nord, elle fait tuer le fils de Philippe II et de Cléopâtre et contraint cette dernière à se pendre. L'oncle de cette dernière, Attale, qui se trouve en campagne en Asie avec Parménion, est également assassiné. Impossible de savoir si elle agit avec l'assentiment d'Alexandre ou non ; toujours est-il que le nouveau roi de Macédoine n'a plus de rival capable de lui contester le trône.
La consolidation du pouvoir
Il n'est pas seulement roi des Macédoniens, mais aussi, comme son père, archonte à vie des Thessaliens et hégémon (ἡγεμών, « commandant en chef ») et stratège autoproclamé de la ligue de Corinthe. De fait, la politique de la Ligue est entièrement dictée par les macédoniens Philippe puis Alexandre. Cependant, avant de reprendre le projet de son père de porter la guerre en Asie, il assure la sécurité de son royaume par deux expéditions au nord de la Macédoine; l'une jusqu'au Danube, l'autre en Illyrie révoltée (fin de l'année 336 av. J.-C. et début de l'année 335 av. J.-C.). Suivant Strabon et Arrien, des émissaires celtes — les ancêtres des Scordisques du milieu du — rencontrèrent Alexandre sur le Danube, à cette occasion en 335 av. J.-C. L'anecdote suivante est rapportée :
:« Quand Alexandre eut vaincu les Gètes et rasé leur ville, sur le Danube, il lui vint des ambassades de tous côtés et entre autres des Gaulois, qui sont (dit-il) de grands hommes. Alexandre leur demanda alors ce qu'il craignaient le plus au monde, en s'attendant à ce que ces gens disent qu'ils ne craignaient rien plus que lui : mais il fut détrompé car il avait affaire à des gens qui ne s'estimaient pas moins que lui ; ils lui dirent que la chose de ce monde qu'ils craignaient le plus était que le ciel ne tombât sur eux, ce qui signifiait qu'ils ne craignaient rien. »
C'est alors que, profitant du fait que le nouveau roi de Macédoine est occupé au nord, les cités grecques se révoltent.
La réponse d'Alexandre est à la fois foudroyante, impitoyable et paradoxale. Impitoyable, car la ville de Thèbes est entièrement rasée (335 av. J.-C.), à l'exception de la citadelle de la Cadmée, de la maison natale de Pindare et de sa population, réduite en esclavage. Paradoxale, car Alexandre épargne Athènes, trop heureuse de se soumettre. Sans doute faut-il voir dans cette générosité la volonté de ne pas détruire le principal centre artistique, philosophique de la Grèce, ou bien l'influence de son ancien maître Aristote qui s'installe cette même année 335 av. J.-C. à Athènes et y fonde le Lycée. Cela dit, les accès de fureur chez Alexandre alternent fréquemment avec des gestes de grande générosité, la destruction de Thèbes et le pardon d'Athènes n'étant que les premiers d'une longue liste.
Au final, Alexandre est assez peu présent comme souverain dans son royaume. Quand il quitte l'Europe au printemps 334 av. J.-C. pour son expédition en Asie, c'est pour ne jamais y revenir.
Le Conquérant
Voir aussi : Comparaison entre les armées d'Alexandre le Grand et de Darius.
Comparaison entre les armées d'Alexandre le Grand et de Darius
Durant l'hiver 338-337, Philippe de Macédoine constitue la ligue de Corinthe, ayant déclaré la guerre à la Perse. Alexandre est le continuateur de l'œuvre de son père.
En 334, Alexandre passe en Asie avec environ 32 000 fantassins et 5000 cavaliers. Il part de sa capitale Pella et, en 20 jours, atteint Sestos en Chersonèse. Tandis que Parménion est chargé par le roi de transporter l'armée à Abydos, tête de pont crée par Philippe II sur l'Hellespont, Alexandre se dirige vers Éléonte où il rend sacrifice au premier héros tombé lors de la guerre de Troie, Protésilas. Ce geste est le premier d'une longue liste qui illustre la volonté du roi de frapper les imaginations en se faisant passer pour le nouvel Achille, sans qu'il soit d'ailleurs possible de savoir s'il est sincèrement pénétré de la fierté d'appartenir à la race du héros ou s'il s'agit d'une simple gestuelle théatrale à destination de ses soldats et des peuples d'Asie mineure et de Grèce. C'est ainsi qu'il débarque en Asie près de l'emplacement supposé de Troie, dresse des autels dans le temple d'Athéna à Ilion, puis va mettre une couronne sur le tombeau d'Achille, tandis Héphaestion fait de même sur celui de Patrocle. Ce n'est qu'après qu'Alexandre rejoint son armée à Arisbé. En quatre jours, en contournant par le nord le massif du Pityos
Le principal chef mercenaire grec de Darius III, Memnon de Rhodes, est partisan de la politique de la terre brulée face aux Macédoniens, dont il estime à juste titre la valeur. Que l'armée entraîne vers l'intérieur du pays sans combattre les troupes d'Alexandre tandis que la flotte perse porte la guerre jusqu'en Macédoine. Memnon pouvait légitimement espérer une révolte des cités grecques, s'appuyant sur l'or de Darius et sur le légitime ressentiment contre Alexandre à la suite du saccage de Thèbes. Mais les satrapes perses se méfient des conseils d'un étranger et ne tiennent aucunement compte de son avis. Arsitès, le satrape de Phrygie déclare qu'il ne laissera pas brûler une seule maison de sa satrapie.
Voir aussi : Bataille du Granique.
La conquête de l'Asie Mineure
La prise de Milet
La victoire d'Alexandre a une conséquence importante : jusqu'à la bataille d'Issos, il n'a que de simples garnisons laissées dans les villes pour s'y opposer. Dans la foulée du Granique, Sardes, la capitale de Phrygie, se rend sans résistance, tandis que Parménion s'empare de Dascylion. La ville d'Éphèse, en proie à des luttes de factions et où Memnon s'était réfugié après la bataille, voit le parti démocratique favorable à Alexandre l'emporter. Celui-ci habilement s'attire la sympathie des habitants de la ville en confiant au temple d'Artémis le tribut que la ville payait jusqu'alors à Darius et en rappellant les bannis.
Les adversaires d'Alexandre se sont réfugiés à Milet, où Memnon reprend les choses en main après les velléitées de trahison à la cause perse par Hégésistrate, le chef des mercenaires grecs au service de Darius. La ville est prise en juillet 334 av. J.-C. après qu'Alexandre interdit à la flotte perse de mouiller sur la côte en prenant le cap Mycale.
Le siège d'Halicarnasse
Cependant Memnon s'est réfugié à Halicarnasse dont le roi Pixodaros, le frère du célèbre Mausole, s'est rangé du côté des Perses. Alexandre fait de Ada la sœur de Pixodaros, que celui-ci avait renversé, la satrape de Carie. Celle-ci l'adopte alors comme son fils. Reste à s'emparer de la ville qui comporte deux citadelles dont l'une sur une île. Alexandre après la prise de Milet vient de commettre une erreur, celle de licencier sa flotte. Aussi ne peut-il s'emparer que de la ville basse tandis que les deux acropoles restent aux mains des mercenaires grecs de Darius. Aussi Alexandre poursuit-il sa route en laissant sous le commandement de Ptolémée une troupe de 3000 fantassins et 200 cavaliers poursuivre le siège.
Alexandre s'empare de la Pamphylie et de la Pisidie
Alexandre se dirige alors vers la Lycie et s'en empare sans grande résistance. Puis à la fin de l'année 334 av. J.-C. et au début de 333 av. J.-C. il pénètre en Pamphylie puis en Pisidie. Ces régions n'appartiennent que très nominalement à l'empire achéménide. Le plus souvent ces villes sont autonomes et rivales entre elles. De ces rivalités, Alexandre va jouer et reçoit la soumission d'Aspendos (à l'est de la ville actuelle d'Antalya), de Sidé (aujourd'hui le port de Selimye à environ 60 kilomètres à l'est d'Antalya). Puis il remonte vers la Phrygie et combat les habitants de la ville de Termessos (34 km au nord-ouest d'Antalya) sans réussir à prendre la ville, traite avec bienveillance leurs ennemis de la cité de Selge, s'empare de Sagalassos et parvient enfin à Gordion (village actuel de Yassihöyük). Il y trouve des renforts venus à la fois de Macédoine et de Grèce ainsi que Parménion qui venait en partie d'hiverner à Sardes. Le gouvernement de la Pamphilie et de la Pisidie est confié à Néarque.
La contre-offensive de Memnon de Rhodes
La première partie de la campagne d'Alexandre est terminée. La situation est indécise car certes le roi de Macédoine vient de remporter de glorieux succès mais il doit faire face à plusieurs incertitudes. Pour certains membres de son entourage, dont Parménion est semble t-il le représentant, l'objectif de Philippe II, théorisé par Isocrate à savoir la conquète de l'Asie jusqu'aux rives de l'Halys, est atteint. Un vaste territoire est conquis par la Macédoine et ouvert à la colonisation et l'influence hellènique. Mais Isocrate, dans les projets qu'il avait présenté à Philippe envisageait une seconde solution : l'anéantissement de l'empire perse. C'est cet objectif que souhaite atteindre Alexandre. Cela explique d'ailleurs pourquoi, bien qu'il proclame sa volonté d'agir en qualité de chef des Hellènes, il s'appuie avant tout, du moins au départ, sur les Macédoniens considérés comme plus fiables et attachés à sa personne par la fidélité dynastique. C'est pourquoi il ne reste qu'assez peu de temps à Gordion, où l'épisode du nœud gordien, s'il est authentique, lui promet l'empire d'Asie (Alexandre se voit présenter le nœud gordien : il est dit que la personne qui arrivera à dénouer ce nœud acquerra l'empire de l'Asie. Alexandre, d'un coup de son épée, tranche le fameux nœud), et cela alors que la situation n'est pas totalement sans risque sur ses arrières.
En effet lors de l'hiver 334 av .J.-C. Darius donne le commandement de sa flotte à Memnon de Rhodes. Celui-ci envisage de porter la guerre en Macédoine en débarquant en Grèce (on parle de l'Eubée) et en organisant une révolte générale. Le sentiment anti-macédonien demeure vivace dans de nombreuses cités. L'idée d'une guerre de revanche contre les Perses, par rapport aux guerres médiques, idée développée par Alexandre et ses partisans en Grèce ne rend pas acceptable à leurs adversaires l'hégémonie macédonienne. N'oublions pas que des soldats grecs combattent dans les deux camps. Menmon reprend Chios, qui lui est livrée par le parti oligarchique (cette tendance politique sera globalement toujours hostile à Alexandre dans les citès grecques contrairement au parti démocratique) puis il rétablit le tyran Aristonicos à Méthymne et met le siège devant Mytilène. C'est alors que Memnon meurt (probablement au début de l'année 333 av .J.-C.) et que son plan est abandonné par Darius III. Il est en effet décidé que Darius lui-même marchera à la tête de son armée contre Alexandre. Autophradatès et Pharnabaze remplace Memnon à la tête de l'armée et de la flotte. Pharnabaze reprend Milet et Halicarnasse mais doit se séparer de ses mercenaires grecs qui vont rejoindre, sans doute par mer, l'armée que Darius rassemble.
Cependant il est clair qu'Alexandre estime avoir fait une erreur en licenciant sa flotte. C'est pourquoi il charge deux officiers, Hégélochos et Amphotéros (le frère de Cratère) d'en reconstituer une de nouveau. Il s'en faut de peu qu'un conflit éclate avec Athènes dont les vaisseaux venus du Pont-Euxin sont interceptés par Hégélochos. Celui-ci doit faire face à une menace d'intervention de la flotte d'Athènes et relache les vaisseaux. Cet épisode illustre la nécessité pour Alexandre d'une victoire en Asie pour empécher toute tentative de révolte en Grèce. C'est pourquoi quand au début de l'été 333 av. J.-C. il apprend que Darius III marche sur la Cilicie Alexandre quitte Gordion.
D'Issos à Arbèles
Gordion
En quittant Gordion, Alexandre se rend dans un premier temps à Ancyre et reçoit la soumission de la Paphlagonie puis celle de la Cappadoce jusqu'à l'Halys. Il pousse ensuite vers le sud, pénètre en Cilicie par le passage gardé par le satrape Arsamès des « portes ciliciennes » (passes de Gulek Boghas). Il fait étape à Tarse et y tombe malade. Cependant Parménion, véritable second du roi lors de l'expédition, occupe les passes qui permettent le passage de la Cilicie à la plaine d'Issos (col de Karanluk-Kapu) puis celles qui au-delà contrôlent le passage vers la Syrie (passes de Merkès et de Baïlan). Alexandre, une fois sur pied, soumet, en 7 jours selon Arrien, les populations montagnardes de Cilicie et s'empare de Soles où il rétablit, en théorie du moins, la démocratie. Il apprend à ce moment la pacification de ses arrières avec les victoires de Ptolémée en Carie sur le satrape Orontobatès et la chute d'Halicarnasse, de Myndos et la soumission de Cos. Cependant, peu de temps après (333 av .J.-C.), le satrape Pharnabaze, à la tête de la flotte perse soumet Ténédos et Sigeion et s'entend avec le roi de Sparte, Agis III, qui tente de soulever la Grèce en lui donnant de l'argent et quelques navires.
C'est alors que l'arrivée imminente de Darius III devient certaine. Le souverain achéménide s'est installé dans la plaine d'Issos, abandonnant curieusement la position plus favorable à sa cavalerie de Soches, peut-être la volonté de couper Alexandre de ses arrières et de le contraindre à la bataille. Alexandre est en Syrie mais il fait demi-tour, ayant besoin pour les raisons invoquées plus haut d'une victoire, et, reprenant le chemin des passes syriennes déjà emprunté, il s'aventure lentement dans la plaine d'Issos organisant sa ligne de bataille devant l'armée perse.
Voir aussi : Bataille d'Issos.
La conquête de la Phénicie
La déroute des Perses après la défaite d'Issos est totale. Darius avec quelques milliers d'hommes à peine s'enfuit vers Thapsaque (ville de Syrie sur l'Euphrate) tandis que d'autres fuyards sont dispersés par les divers officiers d'Alexandre. De nombreux fugitifs se refugient en Phénicie puis de là gagnent l'Égypte où Chypre. Le résultat le plus net de la victoire c'est, paradoxalement, la soumission totale du monde grec qui ne songe plus à se révolter. Démosthène, à Athènes, avait prédit (et espéré?) la défaite du roi de Macédoine. La victoire d'Issos fait cesser, provisoirement en tout cas, les velléités d'indépendance des cités grecques si l'on excepte le roi de Sparte qui tente (fin 333 av .J.-C.?) de soulever la Crète. La flotte perse représente donc le seul danger et la maîtrise de la côte phénicienne, pouvant lui servir de base arrière, est donc indispensable. C'est pourquoi, délaissant la poursuite de Darius III, Alexandre prend la route du sud vers Arados (au nord de la Phénicie) tandis que Parménion est envoyé sur Damas où il s'empare des bagages de Darius.
La période de l'empire achéménide pour les Phéniciens avait été une période prospère car en leur laissant une véritable autonomie les rois perses avaient permis aux cités phéniciennes de reprendre en partie la maîtrise de nombreuses routes commerciales face à leur adversaires traditionnels les Grecs. Les Phéniciens constituaient une grande part des marins de la flotte perse à la bataille de Salamine par exemple. Mais divisée entre elles ces cités n'adoptent pas une attitude commune face à l'arrivée des Macédoniens. Le roi d'Arastos, Gérostrate, estime qu'il n'a pas les moyens de résister et surtout que sa cité, plus riche de son commerce terrestre (avec la Perse et la Médie surtout) que de son commerce maritime, n'a aucun intérêt à un siège destructeur. La ville se rend ainsi que les citès de Marathos, Sigôn et Byblos. Quand à Sidon, elle se soumet d'autant plus facilement que ses habitants n'ont pas oubliés les représailles d'Artaxerxès II lorsque la ville avait participé à la révolte des satrapes sous le règne de ce prince.
Le siège de Tyr
A la fin de l'année 333 av. J.-C., alors qu'Alexandre est à Sidon, des négociations s'engagent avec le roi de Tyr, Azemilcos, lequel souhaite rester neutre dans le conflit. Refus d'Alexandre qui par contre désire offrir un sacrifice dans le temple de Melqart à Tyr. Refus des Tyriens qui décèlent le piège. Faire entrer Alexandre en vainqueur dans le temple c'est lui donner pouvoir sur la cité. Quand à Alexandre, il ne lui sert à rien de tenir la côte phénicienne si la ville de Tyr, avec ses deux ports, reste en dehors de son contrôle. C'est pourquoi commence en janvier 332 av. J.-C. le long siège de Tyr (jusqu'en août 332 av. J.-C.). La ville neuve est sur une île qu'Alexandre compte atteindre en construisant une digue avec les débris de la vieille ville (la ville continentale) d'environ 60 m de long. Mais les difficultés s'accroissent quand la digue atteint des eaux plus profondes, d'autant que les Tyriens effectuent des raids meurtriers avec leurs navires.
Alexandre cependant a un atout. En tenant les autres cités phéniciennes, il disperse la flotte perse (début 332 av .J.-C.) dont les équipages phéniciens rentrent progressivement dans leurs ports d'attache. Les rois de Sidon, d'Aratos, de Chypre offrent ces navires à Alexandre qui ainsi peut constituer une flotte suffisante pour le siège de la ville (sans doute une centaine de navires). Après un raid d'une dizaine de jours pour soumettre les populations des montagnes du Liban actuel, il constate que sa nouvelle flotte est prête et apprend l'arrivée de Cléandre avec un corps de 4000 mercenaires, pour la plupart issus du Péloponnèse.
Attaquée par terre, isolée par mer, la vieille cité résiste jusqu'en août 332 av. J.-C. La prise de la ville donne lieu à des actes d'une grande violence tant les habitants se défendent avec acharnement. Les Tyriens utilisent des tridents, ressemblant à des sortes d'hameçons, pour arracher les boucliers des Macédoniens. Ces derniers n'ont pas oublié les scènes de prisonniers de l'armée d'Alexandre précipités du haut des murailles. Sans doute 7000 à 8000 habitants de la ville sont tués (selon Diodore de Sicile), et 20 000 au moins sont vendus comme esclaves (une partie de la population dont beaucoup de femmes et d'enfants s'est enfuie vers Carthage). Ce succès permet à Alexandre de terminer sa mainmise sur l'ensemble de la Phénicie.
Alexandre après la prise de Tyr prend le chemin de l'Égypte non sans avoir repoussé à deux reprises, malgré l'avis favorable de Parménion, des propositions de paix plus qu'avantageuses de Darius III. Ce que semble désirer Alexandre ce n'est pas un empire macédonien débordant largement sur l'Asie mais l'Asie toute entière, du moins la connaissance qu'en possèdent les Grecs. Sur la route de l'Égypte il rencontre une forte résistance à Gaza, sous la conduite de l'eunuque Batis, et prend la ville (fin 332 av .J.-C.) dont la garnison est massacrée et la population vendue en esclavage. Alexandre est blessé à deux reprises lors de ce siège. En 7 jours depuis Gaza il atteint alors Péluse en Égypte.
Quand Alexandre entre en Égypte en décembre 332 av. J.-C., il semble être accueilli en libérateur. Il est fort possible que ce soit les Égyptiens eux-mêmes qui aient demandé son aide, pour les affranchir de la domination perse qui s'exerce, difficilement car les Égyptiens se sont révoltés de nombreuses fois, sur le pays depuis deux siècles. Toujours est-il qu'il ne rencontre que peu de résistance, et qu'il étend rapidement son royaume jusqu'à la première cataracte du Nil.
Alexandre se fait proclamer pharaon à Memphis en 331 av. J.-C. Il sacrifie au taureau Apis — gage de respect des traditions égyptiennes — et honore les autres dieux. Il se dirige ensuite vers la côte méditerranéenne où il choisit l'emplacement de la future Alexandrie qui n'est achevée que sous Ptolémée I ou II. La légende veut qu'Alexandre ait choisi lui-même les plans de la nouvelle cité. Il se rend ensuite dans l'oasis de Siwa où il rencontre l'oracle d'Amon-Zeus qui le confirme comme descendant direct du dieu Amon. Cette salutation, conforme à l'étiquette égyptienne, est très largement exploitée par la propagande du Conquérant. Cette anecdote est rapportée ainsi par Plutarque :
:« Quelques-uns affirment que le prophète, voulant le saluer en grec d'un terme d'affection, l'avait appelé « mon fils » (παιδίον / païdion), mais que, dans sa prononciation barbare, il achoppa sur la dernière lettre et dit, en substituant au nu (ν) un sigma (ς): «fils de Zeus» (παις Διός / païs dios) ; ils ajoutent qu'Alexandre goûta fort ce lapsus et que le bruit se répandit qu'il avait été appelé « fils de Zeus » par le dieu. »
:Plutarque, Vies Parallèles (46-120)
De retour à Memphis, il se fait officiellement couronner dans le temple de Ptah et réorganise le pays avant de repartir à la conquête du Moyen-Orient.
C'est durant son séjour égyptien qu'il apprend la déroute définitive de ce qui reste de la flotte perse et la capture de ses derniers adversaires en mer Égée dont le satrape Pharnabaze. Fait prisonnier, celui-ci parvient à s'échapper mais l'un des amiraux d'Alexandre, Hégélochos, apporte à son maître de nombreux prisonniers qui sont éxilés dans la ville égyptienne d'Éléphantine. Cela laisse toute latitude à Antipater, le régent de Macédoine pour s'occuper du toujours remuant roi de Sparte, Agis III qui est tué plus tard en 331 av. J.-C. à la bataille de Mégalopolis. Il quitte ensuite l'Égypte au printemps 331 av. J.-C. pour n'y jamais revenir.
Vers la bataille décisive avec Darius III
Lors d'un nouveau passage à Tyr, il reçoit une délégation d'Athènes qui obtient du roi la libération des mercenaires athéniens qui avaient combattus à la bataille du Granique dans les rangs de l'armée perse. Puis à la fin du printemps/début de l'été 331 av. J.-C. l'armée macédonienne se met en marche vers l'Euphrate qui est traversé fin juillet à Thapsaque sur un pont de bateaux. Le satrape Mazès (où Mazæos) s'est replié à l'arrivée de son adversaire. Les podromoi d'Alexandre repèrent l'armée de Darius plus au nord, aussi le roi de Macédoine au lieu de marcher sur Babylone selon son plan initial remonte vers le nord, vers Nisibe, et franchit le Tigre vers le 20 septembre 331 av. J.-C. (aux environs de Djésireh, dans l'Irak actuel) contournant son adversaire par le nord. Alexandre reprend alors la direction du sud avec le Tigre sur sa droite. Au bout de quatre jours de marche il apprend que l'armée perse, innombrable, l'attend à Gaugamèles non loin d'Arbèles (actuelle ville d'Erbil dans le Kurdistan irakien).
Voir aussi : Bataille de Gaugamèles.
À la poursuite de Darius III
Le succès du combat lui ouvre la route de Babylone, qui se rend suite à des négociations. Nous connaissons mieux de nos jours les trois semaines entre la bataille et son entrée dans la ville (fin octobre 331 av. J.-C.) grâce à une tablette babylonienne qui, bien que détériorée, fait une nette allusion à la bataille de Gaugamèles et à sa chronologie précise. L'auteur anonyme y parle de la fuite de Darius « vers le pays de Guti » ce qui désigne la Médie. La suite de ce texte indique que les autorités de Babylone négocient avec le vainqueur et que celui-ci habilement garantit le maintien des traditions religieuses et la préservation des sanctuaires. Il donne l'ordre de rebatir le sanctuaire de Bel Mardouk qui tombait en ruine. Le vainqueur de Darius maintient d'ailleurs la plupart des dignitaires à leur poste (souvent sous le contrôle d'un officier macédonien). C'est le cas de Mazée (Mazæos), un noble perse, qui sur ordre de Darius s'est replié sur Babylone dont il devient alors le satrape, poste auquel il est confirmé par Alexandre. Celui-ci s'évite ainsi un siège long qui pouvait permettre à son ennemi de se ressaisir et inaugure sa politique de ralliement à sa personne de l'aristocratie achéménide.
Il entre en vainqueur dans la capitale de l'Empire perse et y demeure près d'un mois. Tandis que Darius, en fuite, tente de réunir une nouvelle armée royale dans les hautes satrapies, Alexandre prend la direction de Suse, laquelle se rend à son tour. Il avait cependant dépêché Polyxénos à Suse afin de s'assurer du trésor important (sans doute près de 50 000 talents d'argent) qui s'y trouvait. Une partie importante de cet argent (sans doute 30 000 talents) est envoyé à Antipater afin qu'il l'utilise dans sa lutte contre Sparte.
L'année 331 av. J.-C. est une année difficile, outre ses relations exécrables avec Olympias, pour celui à qui Alexandre a confié le gouvernement de la Macédoine et de la Grèce en son absence. Apparement la dispersion de la flotte perse, suite à la prise de Tyr, n'attise plus les velléités de révolte des Grecs sauf à Sparte où le roi Agis III s'assure le concours des pirates crétois puis de l'ensemble des peuples de Péloponnèse (Éléens, Arcadiens et la quasi totalité de l'Achaïe à l'exception de Pellènè). Mégalopolis et Messène sont les seules cités importantes à refuser d'entrer dans la coalition anti-macédonienne. Dans un premier temps Agis est vainqueur d'un corps expéditionnaire macédonien dirigé par Corrhagos et assiège Mégalopolis. Le reste de la Grèce cependant ne bouge pas et même Démosthène à Athènes conseille de n'en rien faire. Il est vrai que le geste habile d'Alexandre, de renvoyer de Suse vers Athènes la statue d'Aristogiton et d'Harmodios, lui concilie provisoirement une partie des habitants de la cité attique.
En Thrace Memnon, un stratège macédonien envoyé pour contenir une révolte, prend le parti des populations insurgées. Enfin la reine Olympias provoque des difficultés quand à la mort de son frère Alexandre, le roi d'Épire, tué dans une expédition en Italie elle avance des prétentions au trône de ce pays. Elle en assure finalement la régence pour l'un de ses petits-enfants, fils du roi précédent et de sa fille Cléopâtre. Antipater réagit en traitant avec Memnon pour le neutraliser en en dirigeant la quasi-totalité de ses forces, sans doute 35 000 à 40 000 hommes vers le Péloponèse. Agis ne dispose quand à lui que de 20 000 hommes environ et 2000 cavaliers. Il est battu et tué sous les murs de Mégalopolis à l'automne 331 av. J.-C. Sparte est contrainte à dissoudre la ligue péloponésienne et à entrer dans la ligue de Corinthe. Bientôt, la nouvelle de la victoire de Gaugamèles assure un peu plus la souveraineté macédonienne.
Persépolis]]
La campagne se poursuit en direction de la Perse proprement dite. Alexandre emprunte la route, que suivait la cour du Grand Roi lors de ses périgrinations entre les diverses capitales de l'empire, qui passe à travers le pays des Ouxiens (sud-ouest de l'Iran actuel). Il soumet, par un campagne foudroyante dont il a l'habitude, les montagnards de ces régions qui s'engagent à payer un tribut en chevaux et bêtes de somme dont à besoin l'armée. Après avoir été un temps arrêté par la résistance du satrape Ariobarzane aux Portes persiques, il franchit l'Araxe sur un pont qu'il fait construire et parvient dans la ville la plus symbolique du pouvoir perse, Persépolis.
La ville est livrée au pillage, puis quelque temps après, les palais de la terrasse sont livrés aux flammes. Cet incendie est parfois interprété comme volontaire, bien qu'il aille à l'encontre de la politique d'intégration aux coutumes locales du conquérant. Alexandre aurait ainsi effectué un geste symbolique mûrement réfléchi, à la fois en direction des Perses et des Grecs de la Ligue. Une autre interprétation affirme qu'Alexandre aurait provoqué l'incendie dans un état d'ivresse, poussé en cela par une jeune courtisane athénienne, Thaïs. Il est possible qu'Alexandre ait voulu par là venger les destructions perses à Athènes, en 480, ou plus simplement qu'il ait souhaité affirmer son pouvoir face à une population peu encline à se rallier à lui. Quoiqu'il en soit, Alexandre regrettera par la suite cet incident, qui fut très mal perçu par les Perses.
La mort de Darius III
Darius III pendant ce temps s'est réfugié en Médie puis devant l'avance d'Alexandre décide de prendre le chemin de l'Hyrcanie (sud-est de la mer Caspienne). Il est rejoint à Ecbatane par Ariobarzane, Bessos avec des cavaliers originaires de Bactriane et un corps d'environ 2 000 mercenaires Grecs. Darius envoie son harem, ce qui reste de son trésor aux portes caspiennes (à l'est de Téhéran) qui permettent l'entrée en Hyrcanie et qui se révèlent faciles à défendre. Alexandre pénètre en Paratécène (l'actuelle région d'Ispahan), soumet la population et fonce sur Ecbatane pour y apprendre que Darius vient de s'enfuir trois jours plus tôt avec environ 9 000 hommes dont 3 000 cavaliers. À Ecbatane le roi de Macédoine licencie ses cavaliers thessaliens, lance Parménion vers l'Hyrcanie et Cleitos vers la Parthie (a l'est de l'Hyrcanie). Lui-même se lance avec des troupes rapides à la poursuite du monarque en fuite. En onze jours il parcourt la route qui va d'Ecbatane à Rhagæ (légèrement au sud de Téhéran) où il est obligé de laisser souffler ses hommes et chevaux cinq jours. Il apprend par des transfuges que Darius est prisonnier des satrapes Bessos et Barsaentès et qu'il se dirige vers Hécatompyle (actuelle ville de Chahroud). En apprenant cette nouvelle Alexandre confie ses troupes à Cratère et avec ses éléments les plus rapides marche pendant une journée et demi sans pratiquer de véritable pause. Un jour plus tard, après une marche nocturne, il atteint le camp de Darius que celui-ci vient d'abandonner. Le soir même Alexandre impose à ses hommes une nouvelle marche de nuit pour aboutir à un campement de nouveau abandonné. Finalement Alexandre avec quelques cavaliers et fantassins montés rejoint le convoi de Darius. Celui-ci est mort assassiné par Bessos, Barsaentès et Satibarzane qui viennent de s'enfuir avec quelques centaines de cavaliers. (été 330 av .J.-C.). L'un des satrapes comploteurs, Bessos, tente de prendre les rênes du pouvoir perse, sous le nom dArtaxerxès, mais il est trop tard, Alexandre tient fermement l'empire perse.
Toujours plus à l'est
Darius III mort Alexandre lui rend les honneurs royaux et se présente en justicier contre ses assassins. Il est probable que la mort de Darius, à laquelle il est étranger, est pour Alexandre une bonne nouvelle car quel sort eût-il pu réserver au Grand Roi s'il avait été pris vivant? Au contraire il lui est possible maintenant de se montrer généreux avec s | | |