:: wikimiki.org ::
| Diderot |
Diderot
Denis Diderot (1713-1784), est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français.
Biographie
Né à Langres (Champagne-Ardenne) le 5 octobre 1713. Comme Voltaire, il fit ses études chez les jésuites. D'abord déiste et inspiré par le théiste anglais Shaftesbury, dont il avait traduit lEssai sur le mérite et la vertu, Diderot en vint rapidement à défendre des thèses matérialistes et athées.
Dans la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient, il assure notamment que la morale dépend de la sensibilité de chacun et prend pour exemple-limite un aveugle entendant du sang couler et qui n'éprouverait donc pas de pitié "naturelle". Cette publication tendant au matérialisme fit scandale, notamment dans les milieux dévots encore influents à la Cour, et valut à Diderot d’être emprisonné au fort de Vincennes. Sa fiche signalétique indique : « C’est un jeune homme qui fait le bel esprit et se fait trophée d’impiété, très dangereux ; parlant des saints Mystères avec mépris. » Après cette mésaventure, Diderot prit le parti de distinguer ses œuvres exotériques, destinées au public et respectant au moins superficiellement les dogmes du temps, de ses œuvres ésotériques, destinées uniquement à la postérité et ouvertement matérialistes. C'est cette stratégie courante dans le parti philosophique que Rousseau désigne comme la doctrine intérieure (Confessions).
Diderot fut l'un des plus grands personnages du Lumières, il féconda les idées du parti philosophique par ses conservations génialement brouillonnes, au dire de ses contemporains et mit une grande part de son énergie au service de l'Encyclopédie, qui fut un des principaux vecteurs de l'esprit philosophique dans la société lettrée française. Ses principaux collaborateurs dans cette entreprise gigantesque furent Jean d'Alembert, qui abandonna le projet suite aux ennuis de censure, et le chevalier de Jaucourt. L'Encyclopédie avait pour but de présenter toutes les connaissances pratiques et théoriques de l'époque. Il inventa aussi la critique d'art (Salons, de 1759 à 1781) et analysa de façon originale le rapport entre science et métaphysique (Lettre sur les aveugles).
Diderot mourut à Paris, au 39 rue de Richelieu, le 31 juillet 1784.
Réception critique
Nombre de ses textes n'ont pas été publiés de son vivant ; il a même parfois fallu attendre le pour les voir publier dans une édition correcte. Ce n'est que depuis peu que l'on peut avoir une vision d'ensemble de son œuvre. Ses contemporains le connaissaient essentiellement comme l'animateur de lEncyclopédie, le promoteur d'un nouveau genre théâtral, le "drame bourgeois" ou "comédie larmoyante", et l'auteur d'un roman libertin, Les bijoux indiscrets, et de quelques textes philosophiques. Certaines de ses œuvres majeures, entre autres Jacques le Fataliste et Le neveu de Rameau, ne seront connues du public que bien après sa mort, car publiées bien plus tard.
Si aujourd'hui, notre connaissance de l'œuvre de Diderot est beaucoup plus complète, c'est grâce à la découverte de nombreux de ses manuscrits à Saint-Pétersbourg, où Diderot avait cherché à s'associer à Catherine II de Russie, despote éclairée. Celle-ci lui avait racheté son fonds de manuscrits.
Bibliographie
- Essai sur le mérite et la vertu, écrit par Shaftesbury traduction française et annotation de Diderot (1745)
- Pensées philosophiques, essai (1746)
- La promenade du sceptique (1747)
- Les bijoux indiscrets, roman (1748)
- Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient (1749)
- LEncyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, ouvrage collectif dirigé par Diderot (1750-1765)
- Lettre sur les sourds et muets (1751)
- Pensées sur l'interprétation de la nature, essai (1751)
- Le fils naturel (1757)
- Entretien sur le fils naturel (1757)
- Salons, critique d'art (1759-1781)
- La religieuse, roman (1760)
- Le neveu de Rameau, autobiographie (1761 ?)
- Lettre sur le commerce des livres (1763)
- Mystification ou l’histoire des portraits (1768)
- Entretien entre D'Alembert et Diderot (1769)
- Le rêve de D'Alembert, essai (1769)
- Suite de l'entretien entre D'Alembert et Diderot (1769)
- Paradoxe sur le comédien (1769 ?)
- Apologie de l'abbé Galiani (1770)
- Principes philosophiques sur la matière et le mouvement, essai (1770)
- Entretien d'un père avec ses enfants (1771)
- Jacques le fataliste et son maître, roman (1771-1778)
- Supplément au voyage de Bougainville (1772)
- Histoire philosophique et politique des deux Indes, en collaboration avec Raynal (1772-1781)
- Voyage en Hollande (1773)
- Entretien d’un père avec ses enfants ou du danger de se mettre au-dessus des lois,1773
- Eléments de physiologie (1773-1774)
- Réfutation d'Helvétius (1774)
- Observations sur le Nakaz (1774)
- Essai sur les règnes de Claude et de Néron (1778)
- Lettre apologétique de l'abbé Raynal à Monsieur Grimm (1781)
- Aux insurgents d'Amérique (1782)
- Salons
Diderot au cinéma
Adapations de ses œuvres
- Jacques Rivette : La Religieuse avec Anna Karina...
- Sandrine Rinaldi : « Mystification ou l’histoire des portraits » avec Lucia Sanchez...
Autres
- Le libertin, réal. Gabriel Aghion d'après Eric-Emmanuel Schmitt.
Voir aussi
Lien interne
- Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers
Liens externes
- [http://www.les-dictionnaires.com/diderot.html L’Encyclopédie de Diderot]
- [http://atheisme.free.fr/Biographies/Diderot.htm Biographie et citations de Denis Diderot]
- [http://www.site-magister.com/jacques.htm Étude de Jacques le Fataliste.]
- [http://www.bautz.de/bbkl/d/diderot_d.shtml Nouvel article remarquable sur Diderot (texte en allemand) avec une grande bibliographie]
- [http://www.biblioweb.org/-DIDEROT-Denis-.html Bio-bibliographe de Denis Diderot]
Diderot, Denis
Diderot, Denis
Diderot, Denis
Diderot, Denis
ja:ドゥニ・ディドロ
ko:드니 디드로
1784Catégorie:1784
Cette page concerne l'année 1784 du calendrier grégorien.
Événements
- 14 janvier : Premier traité de paix entre les États-Unis et le Royaume-Uni.
- Henry Cort met au point le Puddlage.
- Création de la province du Nouveau-Brunswick au Canada.
- Grigory Shelekhov fonde la première colonie russe du continent américain sur l'île Kodiak en Alaska.
- Invention de la machine à vapeur par James Watt
- L'homme politique américain Thomas Jefferson propose d'interdire l'esclavage dans les territoires de l'ouest.
- L'inventeur américain Oliver Evans construit la première minoterie à blé automatique.
- Le peintre néo-classique français Jacques-Louis David peint son tableau Le serment des Horaces.
- Onions met au point le laminage.
- Par lIndian Act, le gouvernement anglais prend le contrôle des affaires politiques dans les Indes britanniques.
- Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais écrit Le mariage de Figaro.
- Début de l'affaire du Collier de la reine en France.
- 4 janvier : François Rude, sculpteur français.
- 29 février : Leo von Klenze, architecte allemand († 1864).
- 12 mars : William Buckland, paléontolgue anglais.
- 13 mars : Jean François Moufot, mathématicien et philosophe français.
- 3 juin : William Yarrell, ornithologue et naturaliste anglais († 1856).
- 22 juillet : Friedrich Wilhelm Bessel, astronome et mathématicien allemand.
- 20 septembre : Richard Griffith, géologue irlandais.
- 10 novembre : Franco Andrea Bonelli, ornithologue et collectionneur italien († 1830).
- 24 novembre : Zachary Taylor, futur président des États-Unis.
- 1 décembre : Castil-Blaze, critique musical et compositeur français.
- 2 mai : Gabriel Bexon, connu sous le nom d’Abbé Bexon, naturaliste français (° 1748)
- 12 mai : Abraham Trembley, naturaliste suisse.
- 31 juillet : Denis Diderot, écrivain et philosophe français
- 10 août : Allan Ramsay, peintre écossais
- 4 septembre : César-François Cassini, astronome français
__NOTOC__
ko:1784년
ms:1784
Écrivain ja:作家
-
Métier de celui qui écrit. Un écrivain pratique l'écriture. On qualifie généralement d'écrivain celui dont les textes sont publiés, qui touche des droits d'auteur.
Le nom du métier peut être précisé. Le poète écrit des poèmes. Le romancier des romans. Le nouvelliste des nouvelles. Le journaliste des articles de journaux. Quand une personne cumule plusieurs de ces qualités, on utilisera le terme générique écrivain, ou auteur.
Pour désigner les femmes écrivains, on emploie parfois en France, depuis les années 1980, le mot écrivaine, introduit d'abord au Québec où son emploi s'est généralisé (parallèlement au mot auteure).
Écrivant et écrivante existent aussi. Au péjoratif, on trouvera écrivaillon, scribouillard. Le terme littérateur est parfois péjoratif, dans certains contextes.
Un écrivain public est une personne qui met à disposition du public, souvent des gens illettrés ou de faible culture, sa capacité à écrire. De nos jours, cette profession, qui n'a pas totalement disparu, s'occupe surtout d'aider les gens dans leurs démarches administratives.
Un nègre est une personne qui écrit pour le compte d'une autre, sans être mentionnée.
Listes d'écrivains / auteurs
Par langue
- Français (ordre alphabétique)
- Français (ordre chronologique)
- Allemand (ordre chronologique)
- Anglais (ordre alphabétique)
- Espagnol (par nationalité et par ordre alphabétique)
- Russe (par siècle)
- Latin (ordre chronologique)
- Latin (ordre alphabétique)
- Écrivains de langue serbe (ordre alphabétique)
- Écrivains de langue tchèque(ordre alphabétique)
- Écrivains de langue japonaise
Par nationalité
- Américain (ordre chronologique)
- Américain (ordre alphabétique)
- Anglais (ordre alphabétique)
- Anglais (par genre et formes littéraires)
- Belge (ordre alphabétique)
- Chinois
- Finlandais (ordre alphabétique)
- Écrivains franco-canadiens (ordre alphabétique)
- Hongrois (ordre alphabétique)
- Poètes irlandais
- Israélien (ordre chronologique)
- Japonais (ordre chronologique)
- Néerlandais (ordre alphabétique)
- Portugais (ordre alphabétique)
- Québécois (ordre chronologique)
- Québécois (ordre alphabétique)
- Rwandais (ordre alphabétique)
- Serbe (ordre alphabétique)
- Tunisiens (ordre alphabétique)
Par genre
- Auteurs de littérature de jeunesse
- Liste d'auteurs fantastiques
- Dramaturge
Liens internes
- Écriture littéraire
- :Catégorie:écrivain
Liens externes
- [http://www.biblioweb.org Biblioweb]
- [http://www.republique-des-lettres.com/ La République des Lettres]
- [http://fr.groups.yahoo.com/group/Auteurs_et_Editeurs_La_Rencontre Forum visant à permettre à des auteurs de prendre contact avec des éditeurs]
France
La France est un pays dont le territoire métropolitain est situé en Europe occidentale. Elle est membre de l'Union européenne, ainsi que de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
Historiquement et constitutionnellement, les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur les Droits de l'Homme.
Militairement, elle est membre de l'OTAN (elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002) et dispose de la dissuasion nucléaire.
Géographie
Articles détaillés : Géographie de la France ~ Environnement en France
Environnement en FranceSi la France métropolitaine est localisée en Europe occidentale, la France possède aussi des territoires en Amérique du Nord, dans les Antilles, en Amérique du Sud, dans l'Océan Indien, dans le nord et le sud de l'Océan Pacifique, et en Antartique.
Histoire
Article détaillé : Histoire de France
La France actuelle occupe la majeure partie des anciennes Gaules celtiques, puis romaines, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui se forma tardivement et s'installa sur les terres de l'Empire romain.
La majeure partie des régions constituant la France actuelle fut unifiée sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs » que l'on appelait encore la Gaule garda conscience de son unité et de sa romanité culturelle. Mais il fut partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages de la dynastie des Mérovingiens. Les parties de ce royaume s'appelaient Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Toulouse).
Une deuxième dynastie franque, celle des Carolingiens, supplanta la précédente au milieu du et étendit considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire. Après la mort de Charlemagne, l'empire des Francs fut partagé en trois : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie. La partie orientale correspondait à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne).
Les descendants de Charlemagne — les Carolingiens — régnèrent sur les territoires correspondant à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet fut couronné roi de France et fonda une nouvelle dynastie. Les descendants de ce dernier, les Capétiens, étendirent progressivement le domaine royal, consolidèrent l'État français à partir de la fin du et régnèrent sur la France jusqu'en 1792, lorsque Louis XVI fut déposé lors de la Révolution française, et durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848.
À la suite de la Révolution de 1789, la monarchie absolue fut renversée et la monarchie parlementaire fut mise en place les 3 et 14 septembre 1791 mais le 10 août 1792, celle-ci fut renversée.
La première République fut proclamée le 24 juin 1793 par la Constitution de l'an I mais celle-ci ne fut jamais mise en pratique. Le pouvoir était en réalité détenu par un gouvernement révolutionnaire. Le 22 août 1795 la Constitution de l'an III est promulguée, c'est le Directoire. Puis, le 13 décembre 1799, la Constitution de l'an VIII est promulguée instaurant le Consulat et une confusion des pouvoirs. Elle est suivi le 18 mai 1804 de celle de l'an XII, mettant en place le premier Empire. Sous le Premier Empire, la France contrôla brièvement la majeure partie de l'Europe mais s'épuisa dans sa lutte contre le Royaume-Uni, la Prusse, l'Autriche et la Russie.
À la fin du premier Empire, en 1814, la monarchie est rétablie avec la Charte du 4 juin 1814. Napoléon I revient au pouvoir d'avril à juin 1815 mais après cette période de Cent-Jours le roi, Louis XVIII, est réinstallé définitivement sur son trône. Le 14 août 1830, à la suite de la révolution des Trois Glorieuses, qui eut lieu les 27, 28 et 29 juillet 1830, une nouvelle Charte est promulguée.
En 1848, la monarchie est une nouvelle fois renversée et la deuxième République est promulguée le 4 novembre. C'est un régime présidentiel qui est instauré.
Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, commet un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il se fait nommer empereur sous le nom de Napoléon III. Sous le Second Empire, le pays connut les débuts de la deuxième industrialisation. Le Second Empire se termine en 1870 après la défaite, à Sedan, de la France contre la Prusse.
De mai à septembre 1870 c'est un retour au régime parlementaire.
En février 1871 est promulguée la troisième République. Celle-ci est un régime d'assemblée jusqu'aux lois constitutionnelles des 24-25 février et 16 juillet 1875. À la suite de ces trois lois constitutionnelles est mis en place un régime parlementaire orléaniste. Sous la Troisième République, la France possédait un vaste empire colonial (ouest de l'Afrique-Indochine). La III République prend fin le 10 juillet 1940 après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci met en place les actes constitutionnels jusqu'en 1944.
Sortie victorieuse mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première, puis de la Seconde Guerre mondiale, la France a ensuite la chance de se trouver du côté ouest du rideau de fer pour bénéficier de l'expansion des Trente glorieuses.
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946 mais celle-ci n'arrive pas à faire face à la décolonisation de l'Indochine et de l'Algérie principalement.
La constitution de la V République, rédigée sous l'influence de Charles de Gaulle et de Michel Debré, est adoptée 4 octobre 1958. Elle met en place une république semi-parlementaire qui s'avère mieux résister aux instabilités que les républiques parlementaires précédentes.
Depuis les années 1960, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Aujourd'hui, elle est l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisane d'une Europe politique forte.
Politique
Article détaillé : Politique de la France
La France est une République démocratique à régime semi-présidentiel.
Avant 1962, le Président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous IV République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrés. Ce choix a entrainé le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la V République à avoir réussi.
Dans la Constitution de la V République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif.
Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution).
En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée Nationale.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2002, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il nomme le Premier ministre.
Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêt défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger.
center
Voir aussi : Liste des présidents de la République française
Économie
Article détaillé : Économie de la France
La France est la 4 puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne avec un PIB de 2450 milliards de dollars (valeur 2004 au prix et taux de change courants). Ce montant est très proche de celui de la Grande-Bretagne (2124,5 milliards de dollars) qui est juste derrière en 5 ème place, le classement variant selon les taux de change entre le dollar, l'euro et la livre sterling. Toutefois, son rang européen pour le PIB par habitant n'est que 9 sur 15 d'après Eurostat, l'organe officiel des statistiques européennes.
Elle est le quatrième exportateur mondial, le premier pour les services, le second pour les produits agricoles et agro-alimentaires, derrière les Etats-Unis. Elle est la première destination touristique mondiale avec plus de 80 millions de visiteurs par an.
L'économie française est principalement une économie de services, que certains estiment en voie de désindustrialisation. Le secteur tertiaire occupe 72 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche) n'en représente plus que 4 % et le secteur secondaire (industrie) 24 %.
Le taux de chômage a progressé de 0,9 % en janvier 2005 pour s'établir à 2,716 millions de demandeurs d'emploi (10 % de la population active). Ce chômage structurel est l'un des plus élevés d'Europe, alors que depuis 30 ans ce problème est officiellement la priorité gouvernementale quel que soit le parti au pouvoir. Le chômage touche particulièrement les Français d'origine étrangère.
Le déficit commercial pour avril 2005 est de 3,2 milliards d'euros. Entre avril 2004 et avril 2005, il représente 17,4 milliards d'euros (source : Le Monde, 10 juin 2005).
La dette publique selon les critères de Maastrichts se monte à 1066 milliards d'euros pour 2004 soit 67 % du PIB et le déficit annuel à 3,0 % du PIB. Selon les nouvelles normes comptables internationales qui imposent de retraiter tous les engagements hors bilan comme de la dette présente, elle serait de 2 000 milliards d'euros.
Le déficit budgétaire français se creuse en avril 2005 : les dépenses ont augmenté et s'établissent à 108,08 milliards d'euros ; les recettes ont diminué à 77,520 milliards d'euros. D'après le ministère des finances, le déficit s'établit à 42,250 milliards d'euros en avril 2005.
Voir aussi : Liste des grandes entreprises françaises
Démographie
Article détaillé : Démographie de la France
Démographie de la France (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.]]
Religion
Voir aussi : :Catégorie:Religion et mouvement religieux en France
- Par principe, l'État s'interdit en France les recensements à caractère religieux. L'une des études faisant foi dans ce domaine est celle menée tous les trois ans par l'institut CSA. En 2004, l'enquête sur un échantillon de 18 068 personnes, indique que 27 % des Français se déclarent athées et 64,3 % catholiques (69 % en 2001), soit environ 30 millions d'adultes contre seulement 4 millions d'adultes pour toutes les autres religions. La majorité de ceux qui se déclarent catholiques ne sont pas pratiquants.
- Un sondage IFOP d'avril 2004 indique que 44 % des Français déclarent ne pas croire en Dieu. Il n'étaient que 20 % en 1947.
Culture
Articles détaillés : Culture de la France ~ Langues régionales
|+ Fêtes et jours fériés
! Date !! Nom !! Remarques
|-
|
| Jour de l'an
| Sainte Marie, mère de Dieu et reine du monde (Circoncision de Jésus-Christ, avant le Concile Vatican II)
|-
| Lundi suivant le dimanche de Pâques.
| Lundi de Pâques
| Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.
|-----
| || Fête du Travail
| Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France
|-
| 8 mai
| Commémoration de la capitulation allemande en 1945
| Commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
|-----
| Jeudi 40 jours après Pâques || Ascension
| Jésus ayant rassemblé ses fidèles rejoint son père aux cieux
|-
| Septième dimanche après Pâques et le lundi suivant.
| Pentecôte (et Lundi de Pentecôte)
| Descente du Saint-Esprit parmi les apôtres.
Même si cette journée est encore reconnue comme fériée, le Lundi de Pentecôte a été choisi (sauf arrêté ou arrangement salarial) comme journée de solidarité et est donc depuis 2005 considéré comme travaillé (sans rémunération)
|-----
| 14 juillet || Fête nationale
| Commémoration de la prise de la Bastille en 1789 et de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790.
|-
| 15 août || Assomption
| Transport au ciel de la très sainte Vierge Marie
|-----
|
| Toussaint || Fête de tous les saints
|-
| 11 novembre
| Commémoration de l'armistice de 1918
| Commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale
|-----
| 25 décembre || Noël || Naissance de Jésus-Christ
|-----
| 26 décembre || Saint Étienne|| Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
|-
| Avant-veille de Pâques || Vendredi saint
| rowspan="2" | Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
|{{{{{{e{Commons|Category:France|la France{wikiquote|France{wikitravel|la France|France{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{en{fr{fr{Pays d'Europe (UE){Portail France
Champagne-ArdenneLa région Champagne-Ardenne, communément mais abusivement appelée la Champagne-Ardenne, est une région française qui regroupe quatre départements : l'Aube, les Ardennes, la Haute-Marne et la Marne.
Voir aussi : Champagne (province historique)
Histoire
Article détaillé : Histoire de Champagne-Ardenne
La région Champagne-Ardenne a eu une histoire très riche depuis l'Antiquité avec l'époque romaine jusqu'aux Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale pendant lesquelles elle a été le théâtre des combats. Et aujourd'hui où la réconciliation avec l'Allemagne reste importante.
Voir aussi : comté de Champagne - Liste des comtes de Champagne
Administration
Article détaillé : Conseil régional de Champagne-Ardenne
Politique
Article de fond : Politique de Champagne-Ardenne
Géographie
Article de fond: Géographie de Champagne-Ardenne
La région Champagne-Ardenne se situe au Nord-Est de la France. Elle posséde une frontière commune avec la Belgique. Elle est composée de 4 départements (les Ardennes, la Marne, l’Aube et la Haute-Marne). Enfin, elle s'étend sur une superficie de 25 605 km².
Le réseau hydrographique, globalement orienté est-ouest, est dominé par la Seine, la Marne, et l'Aisne (affluent de l'Oise). Dans le bassin de la Marne, le lac du Der, le plus grand lac artificiel d'Europe, et dans celui de la Seine, celui de la forêt d'Orient, font partie du dispositif d'écrêtage des crues de la Seine destiné à protéger la région parisienne qui comprend quatre barrages-réservoirs.
La région est desservie par 460 km d'autoroutes répartis sur trois axes :
- l'autoroute A4 Paris-Strasbourg qui dessert l'agglomération de Reims,
- l'autoroute A5 Paris-Dijon, qui passe à Troyes et Chaumont,
- L'autoroute A26 Calais-Dijon, qui passe à Reims et à Châlons et rejoint l'A5 à Troyes.
Le réseau ferroviaire s'articule autour des trois lignes :
- Paris-Strasbourg qui suit la vallée de la Marne, via Épernay, Châlons-en-Champagne et Vitry-le-François. Cet axe sera bientôt doublé par la LGV Est, ligne à grande vitesse dont le tracé s'infléchit vers le nord pour desservir Reims qui disposera d'une gare nouvelle appelée provisoirement « Champagne-Ardenne TGV » et située dans la commune de Bezannes.
- Paris - Charleville-Mézieres, qui dessert Reims, Epernay, Rethel.
- Paris-Bâle qui suit la vallée de la seine, via Romilly-sur-seine, Troyes, Chaumont, et Langres. Cet axe non électrifié est compromis par la politique de rentabilité de la SNCF. Et pourrait disparaitre au profit de la future ligne TGV Paris-Dijon-Bale.
Le réseau navigable est représenté par le canal latéral à la Marne et le canal de la Marne au Rhin, qui se détache de la Marne à Vitry-le-François. Ces sont des canaux à petit gabarit.
L'aéroport international de Vatry, dédié au fret, et promu par le conseil général de la Marne, dispose d'une piste longue de 3650 m, mais il tourne au ralenti. Comme il n'est qu'à 150 km de Paris, dans une zone très faiblement peuplée, certains le verraient bien candidat au rôle du troisième aéroport.
Économie
Article de fond : Économie de Champagne-Ardenne
- 61,4 % du territoire consacré à l'agriculture
- 1 rang national pour la production d'orge et de luzerne pour la déshydratation
- 2 rang national pour la production de betteraves industrielles, d'oignons et de pois protéagineux
- 3 rang national pour la production de blé tendre et de colza
- 28 237 hectares de vignoble
- Ventes annuelles de bouteilles de champagne en 2001 : 263 millions de bouteilles (progression de 4% par rapport à 2000), 37,6% est consacrés à l'export
- 25 % de la production Française de bonneterie
- 3 région métallurgique Française
Agro-alimentaire
- Avec une collecte de 2,5 millions de tonnes, la coopérative Champagne-Céréales est le premier groupe céréalier d'Europe. Elle regroupe 9300 agriculteurs et assure non seulement la commercialisation, mais aussi la transformation des céréales et graines protéagineuses dans plusieurs usines : malterie, meunerie, maïserie, amidonnerie, alimentation animale et biocarburants.
- France-Luzerne, à Châlons.
- Béghin-Say : sucrerie à Connantre près de Reims, distillerie à Morains, près de Châlons.
- Groupe Soufflet à Nogent sur Seine, 1er collecteur privé de céréales en France, 1er exportateur français de céréales, 1er meunier européen, 4ème malteur mondial, 1er maïsier européen, 3ème groupe français pour le riz.
- Jacquot Troyes Chocolaterie, confiserie 711 employés
Industrie
- VMC (verreries mécaniques de Champagne) à Reims, groupe Danone, spécialisée dans le verre creux (emballages alimentaires, bocaux), deuxième producteur européen de verre creux.
- PUM (groupe Arcelor), produits métallurgiques à Reims.
- Vallourec à Vitry-le-François, composants automobiles
- Petit Bateau Troyes Textile/Habillement 1148 employés
- Devanlay Troyes Textile/Habillement (Lacoste)1037 employés
- Kléber La Chapelle-saint-Luc Ind. du caoutchouc 987 employés
- Dumeste Bar-sur-Aube Fab. de meubles 975 employés
- SMPA (groupe SIMPA) Vendeuvre sur Barse Fenêtres, portes 747 employés
- Petitjean Saint-André-les-Vergers Mâts, poteaux éclairage 730 employés
- Vachette Troyes Serrures, cylindres 720 employés
Démographie
Article de fond : Démographie de Champagne-Ardenne
La population régionale est en constante diminution depuis 1982, cela est dû à l'exode rural. Avec seulement 0,5 % de la population nationale et une densité de 52 habitants/km², la Champagne-Ardenne se situe parmi les régions françaises les moins peuplées.
Culture, tourisme
Article de fond : Culture de Champagne-Ardenne
- 291 hôtels de tourisme homologués (8 000 chambres)
- 152 structures offrant des chambres d'hôtes
- 19 musées, 92 salles de cinéma, 16 théâtres, 10 terrains de golf
- 650 km de voies navigables et 8 plans d'eau (dont le Lac du Der-Chantecoq, le plus grand plan d'eau artificiel d'Europe) réservé au tourisme
Les visiteurs s'orientent pour la plupart vers la Champagne chargée d'histoire et ses caves prestigieuses. Les sites et itinéraires se diversifient avec la découverte du patrimoine et de la gastronomie: Troyes et ses maisons anciennes, Langres avec ses remparts, Épernay et les bords de Marne, Reims, Colombey-les-Deux-Églises.
Une curiosité naturelle à voir dans le parc naturel régional de la Montagne de Reims : les faux de Verzy.
Liens externes
-
- [http://www.cr-champagne-ardenne.fr/default.htm Site du conseil régional Champagne-Ardenne]
- [http://www.tourisme-champagne-ardenne.com Tourisme Champagne-Ardenne]
- [http://www.wikitravel.org/fr/article/Champagne-Ardenne Champagne-Ardenne sur Wikitravel]
-
Catégorie:Région française
ja:シャンパーニュ=アルデンヌ地域圏
1713 ko:1713년 ms:1713
Catégorie:1713
-
|
|
Années 1690 | Années 1700 | Années 1710 | Années 1720 | Années 1730
1708 | 1709 | 1710 | 1711 | 1712 | 1713 | 1714 | 1715 | 1716 | 1717 | 1718
----
Cette page concerne l'année 1713 du calendrier grégorien.
Événements
- Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe par l'abbé de Saint-Pierre.
- Début du règne de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse (fin en 1740).
- Le traité d'Utrecht met fin à la guerre de Succession d'Espagne : l'Europe reconnait la légitimité de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, roi d'Espagne.
- L'Espagne cède Gibraltar et Minorque à l'Angleterre.
- L'empereur romain germanique Charles VI devient maître de Naples et du Milanais.
- La France perd la Baie d'Hudson, l'Acadie et l'essentiel de Terre-Neuve au Canada au dépend des Britanniques.
- La Sicile est attribuée à la Savoie.
- Le territoire belge (dont les Pays-Bas) passe sous domination autrichienne.
- On commence à utiliser des hauts-fournaux à coke en Angleterre.
- Par le traité d'Asiento, l'Angleterre s'assure le monopole du commerce des esclaves avec l'Amérique latine.
- Publication "ubi et orbi" de la bulle «UNIGENITUS» le 8 septembre
- 15 mars : Nicolas-Louis de Lacaille, astronome français († 1762).
- 2 octobre : Allan Ramsay, peintre écossais.
- 5 octobre : Denis Diderot, écrivain et philosophe français († 1784).
- 8 janvier : Arcangelo Corelli, violoniste, compositeur italien (° 1653).
- 25 décembre : Jean Chardin, voyageur célèbre français (° 1643).
Voltaire
Écrivain et philosophe français, Voltaire, de son vrai nom François Marie Arouet, est né le 21 novembre 1694 à Paris, où il meurt le 30 mai 1778. Il est admis à l'Académie française en 1746.
Voltaire serait :
- l'anagramme de Arouet LJ (Le Jeune) en lettres anciennes où J s'écrit I et U s'écrit V, AROVET LI donne VOLTAIRE
- ou le nom d'un petit fief que possédait sa mère.
Il change d'identité à l'occasion de son incarcération en 1717.
Biographie
Dernier enfant d'un riche notaire, François-Marie Arouet fait ses études au collège des Jésuites, futur lycée Louis-le-Grand, et fréquente la haute société libertine. Accusé d'avoir rédigé des pamphlets contre le régent Philippe III d'Orléans, il est emprisonné à la Bastille pendant près d'un an en 1717 et 1718. C'est là qu'il adopte le nom de Voltaire et qu'il achève Œdipe, sa première pièce, qui rencontrera le succès quelques mois après sa sortie de prison.
En 1726, à la suite d'une altercation avec le Chevalier de Rohan, il est dans un premier temps emprisonné une nouvelle fois à la Bastille puis il s'exile par la suite en Angleterre de 1726 à 1729 où il découvre la philosophie de John Locke et les théories scientifiques d'Isaac Newton, dont il assurera la vulgarisation en France dans les Lettres philosophiques.
Voltaire partage ensuite la vie d'Emilie du Châtelet, puis rentre à Paris où il mène une carrière de courtisan avant de tomber en disgrâce. De 1750 à 1753, il voyage à la cour de Berlin et se brouille avec Frédéric II. En 1755, il s'installe aux « Délices », près de Genève. Enfin, en 1758, il achète un domaine à Ferney et Tournay, en territoire français mais sur la frontière franco-helvétique. Il va aménager la région, bâtir, planter, semer et développer l'élevage. En compagnie de M Denis, sa nièce, gouvernante et compagne, il fait vivre un millier de personnes, se fait agriculteur, architecte, fabricant de montres et de bas de soie. Avec son sens de la formule, il résume l'entreprise : « Un repaire de 40 sauvages est devenu une petite ville opulente habitée par 1200 personnes utiles ». Voltaire n'est plus seulement l'homme le plus célèbre de son époque : il est devenu un mythe. De Saint-Pétersbourg à Philadelphie, on attend ses publications comme des oracles. Artistes, savants, princes, ambassadeurs ou simples curieux se rendent en pèlerinage à Ferney chez cet « aubergiste de l'Europe ».
En 1778, il revient à Paris : le peuple de la capitale l'accueille avec un tel enthousiasme que certains historiens voient dans cette journée du 30 mars « la première des journées révolutionnaires ».
Deux mois avant sa mort, le 7 avril 1778, il devient franc-maçon, dans la loge parisienne « Les Neuf Sœurs ». Il est possible que Voltaire ait été franc-maçon avant cette date, mais aucune preuve formelle n'existe.
Il meurt à Paris le 30 mai 1778. En février, 4 mois avant sa mort, il déclarait publiquement : " Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, en détestant la superstition.” Ses cendres sont transférées au Panthéon le 11 juillet 1791 après une grandiose cérémonie.
Sa morale
Dans la pensée du philosophe anglais John Locke, Voltaire trouve une doctrine qui s'adapte parfaitement à son idéal positif et utilitaire. Locke apparaît comme le défenseur du libéralisme en affirmant que le pacte social ne supprime pas les droits naturels des individus. En outre, c'est l'expérience seule qui nous instruit ; tout ce qui la dépasse n'est qu'hypothèse ; le champ du certain coïncide avec celui de l'utile.
libéralisme en Château Sans Souci, Potsdam, Alte Nationalgalerie, Berlin.]]
Voltaire tire de cette doctrine la ligne directrice de sa morale : la tâche de l'homme est de prendre en main sa destinée, d'améliorer sa condition, d'assurer, d'embellir sa vie par la science, l'industrie, les arts et par une bonne « police » des sociétés. Ainsi, la vie en commun ne serait pas possible sans une convention où chacun trouve son compte. Bien que s'exprimant par des lois particulières à chaque pays, la justice, qui assure cette convention, est universelle. Tous les hommes sont capables d'en concevoir l'idée, d'abord parce que tous sont des êtres plus ou moins raisonnables, ensuite parce qu'ils sont tous capables de comprendre que ce qui est utile à la société est utile à chacun. La vertu, « commerce de bienfaits », leur est dictée à la fois par le sentiment et par l'intérêt. Le rôle de la morale, selon Voltaire, est de nous enseigner les principes de cette « police » et de nous accoutumer à les respecter.
Étranger à tout esprit religieux, Voltaire se refuse cependant à l'athéisme d'un Diderot ou d'un d'Holbach. Il ne cessera de répéter son fameux distique :
:L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
:Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.
De nos jours encore (2005), cette interrogation subsiste, transférée sur la raison des "bonnes valeurs" des constantes universelles; (voir principe anthropique)
Ainsi, selon Voltaire, l'ordre de l'univers peut nous faire croire à un « éternel géomètre ». Toutefois, s'il reste attaché au déisme, il dénonce comme dérisoire le providentialisme (dans Candide par exemple) et repose cette question formulée dès Saint Augustin et qu'il laisse sans réponse : « Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un Dieu que tous les théistes se sont accordés à nommer bon ? ».
On lui attribue par ailleurs aussi cette phrase : « Nous pouvons, si vous le désirez, parler de l'existence de Dieu, mais comme je n'ai pas envie d'être volé ni égorgé dans mon sommeil, souffrez que je donne au prélable congé à mes domestiques ».
Il a en tout cas lutté contre le fanatisme, celui de l'Église catholique comme celui du protestantisme, symboles à ses yeux d'intolérance et d'injustice. Tracts, pamphlets, tout fut bon pour mobiliser l'opinion publique européenne. Il a aussi misé sur le rire pour susciter l'indignation : l'humour, l'ironie deviennent des armes contre la folie meurtrière qui rend les hommes malheureux. Les ennemis de Voltaire avaient d'ailleurs tout à craindre de son persiflage, mais parfois les idées nouvelles aussi. Quand en 1755, il reçoit le Discours sur l'Inégalité de Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, qui désapprouve l'ouvrage, répond en une lettre aussi habile qu'ironique :
:« J'ai reçu, monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain, je vous en remercie. [...] On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre, et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes que vous et moi. [...] » (Lettre à Rousseau, 30 août 1755)
Le « patriarche de Ferney » représente éminemment l'humanisme militant du . Comme l'a écrit Sainte-Beuve : « [...] tant qu'un souffle de vie l'anima, il eut en lui ce que j'appelle le bon démon : l'indignation et l'ardeur. Apôtre de la raison jusqu'au bout, on peut dire que Voltaire est mort en combattant. »
Sa correspondance compte plus de 20 000 lettres tandis qu'il laisse à la postérité un gigantesque Dictionnaire philosophique qui reprend les axes principaux de son œuvre, une trentaine de contes philosophiques et des articles publiés dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. De nos jours, son théâtre (tragédie, comédie) est oublié.
C'est à Voltaire, avant tout autre, que s'applique ce que Condorcet disait des philosophes du , qu'ils avaient « pour cri de guerre : raison, tolérance, humanité » .
Deux aspects de Voltaire
Une erreur d'appréciation
La présence de fossiles marins au sommet des montagnes était considérée à son époque comme une preuve de leur submersion et donc du déluge. Voltaire n'admettait pas cette interprétation, ni même l'idée qu'il y ait pu avoir un jour des fonds marins là où se trouvaient des montagnes. Il se gaussa de l'idée dans le Dictionnaire philosophique en se montrant surpris que personne n'ait pensé à une explication selon lui bien plus simple : que des croisés ou pélerins aient abandonné des coquilles dont ils s'étaient munis comme provisions pour leur voyage.
À la décharge de Voltaire on n'oubliera pas que les idées étaient encore floues au sujet de la formation des montagnes : on n'imaginait pas que leurs roches eussent pu se trouver à un moment au-dessous du niveau de la mer et c'est au Déluge biblique qu'on attribuait la découverte de coquilles marines dans les hautes montagnes. Il répondait donc avec une apparence de bon sens qu'on ne comprenait pas alors pourquoi on ne découvrait pas ce genre de coquilles partout et il cherchait une explication raisonnable.
Voltaire, précurseur du RMI
La nouvelle de Voltaire l'homme aux quarante écus part de la mesure en arpents du royaume et de la valeur moyenne locative de la terre par arpent. Si l'on répartissait cette somme entre tous les sujets du royaume, cela ferait à chacun la rente de quarante écus, dont il munit son héros. Ce principe est exactement celui qui est implicitement sous-jacent au RMI, à savoir la part inhérente de rente, minimale, que peut espérer tout un chacun du fait du patrimoine constitué par les générations antérieures. Il peut aider à survivre, mais dans des conditions seulement très modestes.
Citations
- « Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révolution ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. Si l'Évangile avait coûté douze cents sesterces, jamais la religion chrétienne ne se serait établie », in lettre à d'Alembert, 5 avril 1766.
- Petite digression : « Dans les commencements de la fondation des Quinze-Vingts... ...aux sourds de juger de la musique. »
- « Il vaux mieux hasarder de sauver un coupable plutôt que de condamner un innocent. »
- « Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? » (Dictionnaire philosophique, article Fanatisme)
- « Je commence mon nom vous finissez le vôtre » (Voltaire s'adressant au chevalier de Rohan)
- « Le fanatique aveugle, et le chrétien sincère.
Ont porté trop souvent le même caractère;
Ils ont même courage, ils ont mêmes désirs.
Le crime a ses héros, l'erreur ses martyrs.
Du vrai zèle et du faux vains juges que nous sommes !
Souvent les scélérats ressemblent aux grands hommes. »
(La Henriade, ch. 5, 169-202)
- « Nous laisserons ce monde-ci aussi sot et aussi méchant que nous l'avons trouvé en y arrivant. » (cité par Schopenhauer)
- « quelques arpents de neige »
Bibliographie
- Œdipe, 1718
- La Henriade, 1728
- Histoire de Charles XII, 1730
- Brutus, 1730
- Zaïre, 1732
- Le temple du goût, 1733
- Lettres anglaises ou Lettres philosophiques, 1734
- Adélaïde du Guesclin, 1734
- Mahomet, 1736
- Mondain, 1736
- Epître sur Newton, 1736
- Traité de métaphysique, 1736
- L’enfant prodigue, 1736
- Essai sur la nature du feu, 1738
- Eléments de la philosophie de Newton, 1738
- Zulime, 1740
- Le fanatisme ou Mahomet, 1741
- Mérope, 1743
- Zadig, 1748
- Le monde comme il va, 1748
- Le Siècle de Louis XIV, 1751
- Micromégas, 1752
- Poème sur le désastre de Lisbonne, 1756
- Étude sur les mœurs, 1756
- Candide, 1759
- La Pucelle d'Orléans, 1762
- Ce qui plait aux dames, 1764
- Dictionnaire philosophique, 1764
- Jeannot et Colin, 1764
- De l'horrible danger de la lecture, 1765
- Traité sur la tolérance, 1767
- Le Philosophe ignorant, 1766
- L'ingénu, 1767
- Les lettres de Memmius, 1771
- Il faut prendre un parti, 1772
- Le Cri du Sang Innocent, 1775
- De l’âme, 1776
- Dialogues d’Euhémère, 1777
À voir
- Pour les diverses tentatives de récupérations politiques et religieuses du personnage de Jeanne d'Arc voir l'article Jeanne d'Arc, une canonisation opportune et la naissance d'un mythe politique.
- Il est paru en l'an 2000 un roman sur l'adoption par Voltaire d'une descendante de la famille Corneille, "La jeune fille et le philosophe", par Frédéric Lenormand. L'anecdote est tirée du récit qu'en fit Voltaire dans sa correspondance. Hanté par l'ombre de Corneille, il lui sembla extraordinaire de devenir le père adoptif d'une de ses descendantes. C'est pour constituer une dot à cette jeune fille qu'il publia une nouvelle édition des pièces de Corneille, vendue par souscription à tous les princes d'Europe. A noter que la fille de sa pupille fut emprisonnée à Paris sous la Terreur, comme Belle et Bonne, et comme la belle-fille de la belle Emilie, la duchesse du Châtelet, qui fut même guillotinée.
Liens externes
- Plusieurs ouvrages sont disponibles sur le site du [http://www.gutenberg.org/browse/authors/v#a913 Projet Gutemberg] :
# Jeannot Et Colin
# Le Blanc Et Le Noir
# Le Monde Comme Il Va, Vision De Babouc
# La mort de César
# La mort de César - Tragédie en trois actes - avec les changemens fait par le citoyen Gohier ministre de la justice
# Romans — Volume 1: Zadig
# Romans — Volume 2: Memnon
# Romans — Volume 3: Micromegas
# Romans — Volume 4: Candide
# Romans — Volume 5: L'Ingenue
# Romans — Volume 6: Histoire Des Voyages De Scarmentado
# Vie De Molière
- [http://www.ville-ge.ch/imv/ Institut et Musée Voltaire] de Genève, dans la villa des Délices qui fut longtemps habitée par Voltaire avant son implantation à Ferney.
- [http://www.societe-voltaire.org/ Société Voltaire], qui vise à promouvoir les études et manifestations voltairiennes.
- [http://www.voltaire-integral.com/index.html Voltaire intégral] avec notamment une édition intégrale du Dictionnaire philosophique en ligne.
- [http://www.univ-lyon3.fr/philo/voltaire.htm Liens voltairiens].
- [http://www.site-magister.com/voltaire.htm Furie en Languedoc] (Voltaire dans les affaires Calas et Sirven.)
- [http://atheisme.free.fr/Biographies/Voltaire.htm Biographie et citations de Voltaire].
- [http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/voltaire.asp Sa vie, ses portraits et ses poèmes mystiques].
- [http://www.biblioweb.org/-VOLTAIRE-.html Biographie, bibliographie et fiches de lecture des œuvres].
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
Voltaire
ja:ヴォルテール
ko:볼테르
simple:Voltaire
th:วอลแตร์
Déisme
Le déisme est la croyance en un Dieu créateur, mais pas en son instrumentalisation religieuse. Les déistes ne croient ni aux prêtres, ni à une « Église », ni à des textes sacrés ou des messies.
Selon certains auteurs athées, le déisme serait un athéisme non abouti, ce que nient les déistes.
C'est dès le qu'apparaît cette notion intermédiaire entre le théisme chrétien et l'athéisme. Il ne s'agit plus ici de transcendance divine mais d'immanence. L'authenticité historique de la Révélation dans les Écritures est contestée : l'Être suprême devient directement perceptible aux facultés de l'Homme.
Voltaire se déclarait être déiste, notamment dans son article intitulé « Prière à Dieu ». Le Dieu déiste est universel, il n'y a pas d'intermédiaire entre les êtres et Dieu, ce Dieu est bien supérieur à la « petitesse humaine » et ne s'occupe donc pas de ses affaires, ses cultes, ses rites et autres superstitions. Cette conception d'un Dieu distant, partagée avec le philosophe allemand Emmanuel Kant se résume dans cette célèbre phrase du français : « L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger ».
Dans l'entourage de Newton et alimenté par la nouvelle compréhension de l'Univers que font entrevoir ses théories, le déisme donna naissance à l'idée d'une religion naturelle dont font écho les premières Constitutions d'Anderson qui fondent la franc-maçonnerie moderne en 1723.
Voir aussi
- Dieu
- Philosophie de la religion
- Théisme
ja:理神論
Matérialisme
Le matérialisme, désigne un ensemble de doctrines philosophiques qui, rejetant l'existence d'un principe spirituel, ramène toute réalité à la matière et à ses modifications.
Histoire
Le terme est inventé par Leibniz en 1702, et revendiqué pour la première fois par La Mettrie vers 1748. Pourtant et donc rétrospectivement, les premiers matérialistes, dits mécanistes, sont des philosophes de l'Antiquité : héraclite, Démocrite, Leucippe, Diogène, Épicure, Lucrèce.
La philosophie classique a longtemps réduit le matérialisme des philosophes de l'Antiquité à des questions de physique sur la continuité de la matière (y a t'il des grains de matière ? les atomes évoluent-ils dans le vide ? etc.). Toutefois, en consultant Diogène Laërce, on constate que les ouvrages écrits par les penseurs matérialistes de l'Antiquité sont pour la plupart des ouvrages d'éthique. Ainsi, dés l'Antiquité, les matérialistes prônent l'utilisation de la matière et du réel comme base fondamentale pour expliquer les phénomènes, philosopher et produire le savoir. Pour les matérialistes, il n'y a que de la matière et le fonctionnement du monde ne peut être compris qu'en partant de ce qui est observable ou le sera. C'est donc le principe fondamental du développement des connaissances en sciences (au sens large) que l'on retrouve au coeur du matérialisme. En cela, l'opposition est radicale avec Parménide, Platon, Aristote, les stoïciens, puis les pères de l'église chrétienne, pour lesquels le monde véritable et parfait existe en dehors de toute matière et de toute réalité observable. La vérité du monde ne peut être atteinte que par la pensée, la réalité du monde et sa matière n'étant qu'une représentation et une approximation imparfaite de la vérité.
Il existe plusieurs acceptions au terme matérialisme suivant les contextes :
Le matérialisme éthique désigne une disposition de pensée qui consiste à se ramener au réel sur les questions de morale. Aucune valeur morale n'est transcendante ou universelle puisqu'elles sont toutes issues des cultures humaines. Une valeur morale est donc un phénomène que l'on peut etudier comme on étudie une molécule en physique ou un langage en philologie. La valeur morale est une conséquence humaine dépendant des contextes, des histoires individuelles et collectives, etc. Elle n'a pas d'existence "en soi". Il n'y a donc pas d'universalisme en matière de morale. Sur ce terrain, des penseurs comme Spinoza ou Nietzsche travailleront à échapper au relativisme en matière de valeurs en cherchant des moyens de distinguer les valeurs morales qui sont propices ou néfastes à la vie. Pour les matérialistes, l'homme est "au-dessus" de ses valeurs morales, il en est le créateur. La fracture avec l'idéalisme se fait sur ce point.
Pour le matérialisme scientifique, la pensée se ramène à des faits purement matériels (essentiellement mécaniques) ou en constitue un épiphénomène.
Dans le cadre de la philosophie marxiste, le matérialisme dialectique (ou marxiste) est une forme de cette doctrine mise au point par Karl Marx et Friedrich Engels et qui, introduisant les processus dialectiques dans la matière, admet au terme des processus quantitatifs des changements qualitatifs ou de nature, et par là l'existence d'un psychisme, qui est un produit de la matière, mais réellement distinct des phénomènes d'ordre matériel.
Le matérialisme historique est une méthode d'origine marxiste d'analyse de l'histoire, des luttes et des évolutions économiques et politiques fondée sur leurs causes matérielles: l'histoire des classes sociales, de leurs rapports, et de leur évolution. Les historiens matérialistes attachent par contre beaucoup moins d'importance aux dynasties ou aux religions par exemple, considérés comme des produits de leur époque et de leurs rapports sociaux et non comme des évènements influant profondément sur le cours de l'histoire.
Elle a été définie et mise en œuvre notamment par Karl Marx (Les Luttes de classe en France, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Le Capital), Rosa Luxemburg (Grève de masse, partis et syndicats, La Révolution russe) et Anton Pannekoek (Le Matérialisme historique).
Le matérialisme consumériste : dans le sens vulgaire, le terme de matérialisme est employé pour désigner l'attitude générale ou le comportement de celui qui s'attache avec jouissance aux biens matériels, aux valeurs monnétaires et aux plaisirs matériels. La possession et l'accumulation des biens à la mode est un trait de caractère prépondérant chez une personne "matérialiste" (au sens vulgaire du terme).
Dans le domaine artistique, le matérialisme est une inclination à donner aux choses une représentation réaliste et sensuelle.
Principe
Le matérialisme est une hypothèse de travail, un postulat de fonctionnement pour la constitution du savoir. Tout savoir se constitue à partir de l'observation du réel. L'être humain a toujours constaté des phénomènes (et des épiphénomènes) autour de lui et proposé des explications dans le but de comprendre le fonctionnement de son environnement et du monde observable en général (tout ceci dans le but de faciliter et favoriser son existence). Le matérialisme propose deux fondements pour la constitution du savoir :
- il faut tacher d'expliquer les phénomènes avec le minimum d'hypothèses extérieures possible, d'où l'option de toujours réduire les explications à des phénomènes ayant pour origine la matière (par exemple, la conscience est un phénomène ayant pour origine le fonctionnement du cerveau humain). On appelle souvent théorie les explications proposées lorsqu'elles proposent un cadre et des concepts pour expliquer les phénomènes.
- toute hypothèse explicative formulée (ou théorie) doit être vérifiée et validée par confrontation avec l'observation ou l'expérience.
Constitution du savoir (ou de la science) dans le cadre du matérialiste
Pour le matérialisme la confrontation entre :
- d'une part, les hypothèses, les explications et les théories proposées,
- et, d'autre part, les expériences et les observations du monde,
est un point central. Le but de confronter les théories avec le réel est un point fondamental de la progression de toute forme de savoir sur le fonctionnement du monde. On appelle souvent cette confrontation : validation.
Expliquer un phénomène a pour but de proposer un savoir solide et valable. C'est à dire un savoir que l'on puisse transposer et utiliser par la suite dans d'autres situations de même type, voire dans d'autres domaines si cela est possible. L'idée est qu'une explication qui n'est pas vérifiée ne sert à rien au sens où elle n'est qu'une conjecture possible parmi des milliers d'autres que tout un chacun peut imaginer et inventer. Si elle n'est pas validée, une théorie ne sert à rien (notamment, elle ne peut pas servir à faire progresser le savoir ou la science) ; on ne peut pas se fier à elle pour expliquer davantage de choses simplement parce que l'on n'est pas sûr qu'elle rende effectivement compte des phénomènes oberservés et du fonctionnement de la réalité. Elle peut n'être qu'une proposition farfelue que seule la validation permet de consolider.
- Exemple : on a cru pendant très longtemps que le cœur créait le sang, qu'il était une machine divine qui produisait le sang à l'infini. Cette supposition est à la base des techniques de saignées dans la médecine ancienne en occident : le sang mauvais et malade était éliminé par saignées pour faciliter la production de sang sain par le cœur. Pour des raisons qui ne concernent pas le sujet présent, il a été longtemps interdit de vérifier si oui ou non cette hypothèse du cœur créateur du sang était valide. Lorsque l'on a enfin pu observer le corps humain pour regarder comment l'organisme fonctionne réellement, il a été possible de dire que l'explication du cœur créateur de sang était fausse. Le cœur est une pompe. La confrontation avec l'observation du fonctionnement du corps a permis d'infirmer une hypothèse et de confimer le cœur comme pompe.
- Exemple : les egyptiens connaissaient déjà le diamètre de notre planète (en pas de chameaux ! ). Avec Aristote et le christianisme, la terre est devenue plate. Cependant, avec cette hypothèse, nombre de phénomènes ne pouvaient être expliqués. La confrontation avec le réel a permis de dire que la terre plate n'était pas valide, contrairement à celle de la rotondité. La rotondité de la terre a permis de faire l'hypothèse de la gravitation (les corps doivent pouvoir tenir sur la terre même en australie ! ), qui elle même a permis de comprendre que la terre tourne autour du soleil, etc.
Aussi, parmi toutes les explications possibles d'un phénomène, le matérialisme propose de ne garder que celles que l'on peut vérifier par l'expérience et/ou l'observation. Si une théorie est validée, les explications qu'elle fournit s'avèrent donc capables d'expliquer des phénomènes et de mettre à jour des mécanismes qui sont à même d'aider la compréhension d'autres phénomènes. On peut donc s'en servir pour faire progresser le savoir. Le savoir permet quant à lui de soigner, de lancer des fusées, de construire les voitures, de protéger l'environnement, de construire des maisons, etc. Une théorie qui n'est pas validée est une hypothèse qu'il faudra vérifier. Une théorie qui n'est pas validée parce qu'elle n'est pas en accord avec la réalité (expérience ou observation) doit être modifiée pour tenir compte de ce qu'elle ne prend pas en compte. C'est le processus de progression du savoir.
Ce mode de constitution du savoir est celui qui a été retenu pour définir ce qui est une science : une science moderne est un domaine de savoir où l'on applique l'option matérialiste pour la constitution des connaissances (sciences dures, sciences humaines, sciences du vivant, etc. ).
Discussion:
Point de vue sur la pensée matérialiste (Voir article Pensée)
Pour avancer dans les connaissances comment faire autrement qu'imaginer des notions qui vont nécessairement précéder la recherche, la guider tant que possible, jusqu'à ce qu'on les abandonne pour d'autres hypothèses. Il faut donc éviter les blocages, pour cela il faut raisonner en pondérant les hypothèses (de façon asymptotique) d'une valeur toujours inférieure à 100%, plutôt qu'en croyances qui sont des hypothèses dont le poids est d'office 100% sans démonstration dans l'absolu.
La pensée fonctionne selon le principe du dictionnaire. C'est-à-dire que toutes les définitions font appel aux mots, qui eux mêmes ont une définition qui font appel aux autres mots, et ainsi de suite, c'est un cercle vicieux. Si l'utilisateur n'avait pas de référence externe il ne pourrait rien comprendre aux définitions du dictionnaire. Chaque être humain utilise son système nerveux pour définir le monde, mais tout ce qui est en lui vient du monde précédemment perçu, et qui va lui servir à définir les nouveaux éléments qu'il perçoit. La seule manière qu'a l'être humain de croire qu'il peut se sortir de ce cercle vicieux est le consensus avec les autres humains. En fait peu de gens se posent la question, c'est aussi une manière de se sortir d'un embarras que de ne pas se poser de question.
1 - Rationaliser la méthode d'étude:
Quand on veut expliquer un phénomène (l'univers, la pensée, l'automobile) il est inutile de rajouter un élément (les dieux, l'âme, la sorcellerie) ça ne fait que compliquer l'explication finale.
Contre: La suppression des éléments inutiles n'est pas une méthode proprement matérialiste : par exemple, Guillaume d'Ockham l'utilise.
Pour: C'est une façon rationnelle de débuter un exercice que de commencer les explications avec les éléments observés plutôt que d'en rajouter. De mêmes éléments peuvent être utiles à plusieurs théories qui s'opposent dans leur finalité, mais pour la compréhension de la démonstration on se doit de les poser. Et il faut donc évoquer cette clause quelle que soit la théorie employée.
2 - Attention aux impressions subjectives:
L'impression que la pensée est un phénomène non corporel (esprit) vient de la disjonction entre le mécanisme (matière) et la sensation « cryptée » par ce mécanisme.
Contre: La disjonction entre le mécanisme (la matière) et la sensation introduit un dualisme au cœur même du matérialisme.
Pour: La sensation est le résultat du processus mécanique et s'« affiche » à travers moi qui suis de la matière. Il dépend essentiellement de la provenance perceptive et met en jeu les types de capteurs incriminés ainsi que les réseaux neuronaux, jusqu'au système moteur. (Il faut d'abord tenter de résoudre les problèmes avec ce que l'on a sous la main avant de supposer qu'un phénomène plus complexe entre en jeu. Rasoir d'Occam.)
3 - Mécanismes et localisation:
La pensée nécessite des mécanismes, comprenant support et mouvement, puisqu'elle a besoin d'être organisée. Elle est donc localisée.
Contre: La localisation de la pensée n'est pas une thèse proprement matérialiste, c'est une question qui est posée dans le platonisme par exemple. Si la pensée a besoin de mécanismes, il ne s'ensuit pas qu'ils soient matériels.
Pour: Il faut également l'évoquer pour les besoins de la thèse. Les mécanismes sont produits par le matériel, et s'« affichent » à l'aide du matériel, donc ils sont matériels. La matière humaine est-elle quelque chose de si vile, (matières fécales, sang, boyaux...) pour qu'on la récuse comme mécanisme de la pensée?
4 - Mémoire et apprentissage:
La pensée nécessite à la fois stabilité et instabilité, pour permettre la mémoire et l'apprentissage.
Contre: Ce n'est pas, non plus, une thèse proprement matérialiste.
Pour: Il faut également évoquer stabilité et instabilité, mémoire et apprentissage, dans tous les cas, matérialisme ou pas, pour comprendre le cheminement de cette thèse.
5 - Notre origine cellulaire:
Nous sommes nés d'une seule cellule (phylogenèse et ontogenèse).
Contre: L'hypothèse biologiste ne prouve pas le matérialisme de la pensée.
Pour: Rasoir d'Occam : Il vaut mieux aller au plus simple avant de faire des postulats qui augmentent la difficulté de compréhension. Et surtout les postulats devraient rester des postulats, pour ne pas être des prétextes à des guerres idéologiques. Cette thèse n'est pas une preuve, ce n'est qu'une tentative de description pour engager la discussion, et permettre à ceux qui veulent chercher dans ce sens d'essayer de réaliser un algorithme de la pensée sur les bases matérielles. Comment chercher si on refuse la recherche en la supposant hors de portée sans preuve. Les informaticiens pourraient-ils faire des recherches en intelligence artificielle ou conscience artificielle?
6 - Hasard:
C'est le hasard qui a mis en place ce mécanisme.
Contre: Invoquer le hasard comme cause, c'est reconnaître que l'on ne sait pas comment est née la pensée.
Pour: Le hasard est un mécanisme déterminé mais trop complexe pour qu'on puisse le décrire exactement (exp.: la météo). Si on ne connaît pas l'origine dans le temps d'un phénomène cela ne signifie pas que l'on ne peut connaître les mécanismes utilisés. Pour connaître parfaitement la météo il faudrait connaître la position de toutes les particules intéressées dans le phénomène, et surtout pouvoir le reproduire à l'avance dans toute sa complexité.
7 - Pensée et sensations:
Un mécanisme complexe (ordinateur) peut résoudre des problèmes sans nécessiter de sensation. La pensée, elle, s'appuie sur les sensations (colorée, sonore, etc.).
Contre: Si la pensée a besoin de la sensation, elle ne se réduit pas à un mécanisme semblable à un calcul informatique.
Pour: Un calcul informatique utilise de la matière, pourtant on parle de logiciel ou de software en anglais pour l'opposer au matériel ou hardware. Comment décrire le processus du calcul informatique? La sensation étant un processus issu de la matière, il y a de fortes chances pour que l'on puisse reproduire des sensations à partir de mécanismes autres que biologiques. Mais il y a un point sur lequel il faut insister, c'est que nous ne saurons jamais si un mécanisme éprouve des sensations. Nous n'aurons jamais que la parole des êtres biologiques ou mécaniques pour prétendre qu'ils ont des sensations. À moins bien entendu que l'on démontre preuve à l'appui ce que sont les mécanismes des sensations. Pour l'instant nous admettons uniquement de manière consensuelle que nous possédons des sensations, et c'est encore une supposition de dire que nos sensations (colorées, sonores, etc.) sont identiques entre individus. La sensation est un processus difficile à concevoir, mais pas la pensée une fois qu'on en a extrait les sensations. La pensée gère les sensations. Il faut bien sûr différencier la pensée des sensations, sinon on ne peut pas comprendre. Les sensations sont statiques, ce sont des processus que probablement tous les animaux ayant un système nerveux connaissent. La pensée n'est pas un mécanisme agissant, mais un mécanisme résultant.
8 - Redéfinir les termes:
Pensée, intelligence, conscience, attention, sensation, perception sont des mécanismes inextricablement liés. Ces mots anciens appartiennent au langage courant, on ne peut faire confiance d'emblée en leurs définitions, ni en leurs mécanismes supposés. Il faut attendre pour preuve des modèles valables.
Contre: En conséquence, les thèses matérialistes sont prématurées.
Pour: Ces mécanismes sont inextricablement liés parce que mal analysés. Il faut donc les réanalyser, pour démêler les nœuds fait par nos prédécesseurs. Pour progresser dans la connaissance il vaut mieux faire des suppositions, des hypothèses. Les hypothèses précèdent toujours la recherche et donc les résultats, ils ne peuvent donc être que « prématurées ».
9 - Évolution:
La pensée résulte de l'Évolution, corporelle et cellulaire. Les cellules évoluent dans le milieu qu'est le corps. Le corps évolue dans le milieu qu'est la nature.
Contre: Dire que la pensée résulte de l'évolution est une pétition de principe.
Pour: Le point de vue de cette thèse est que la pensée ne se situe pas à un niveau inférieur à celui des réseaux neuronaux. Donc il est utile de rappeler que les principes de l'Évolution interviennent à la fois au niveau macroscopique et au niveau microscopique (cellulaire), mais que la pensée s'est mise en place au cours des temps et a favorisé le corps dans son entier, et non pas précisément pour favoriser la survie ou la longévité de chaque type de cellules. Certaines de nos cellules vivent quelques heures, d'autres plusieurs mois, et même plusieurs années.
10 - Globalité:
La pensée est un mécanisme global, qui une fois mis en place, a permis de résoudre des problèmes macroscopiques. Elle a ainsi fourni à l'assemblage de cellules (le corps) des moyens de se préserver du milieu agressif. La pensée prise dans ce sens diffère a peine de l'intelligence.
Contre: Si la pensée est un mécanisme global, elle ne se réduit donc pas à ce mécanisme et à ses composants puisqu'il est supposé que la pensée a permis à cette assemblage de résoudre des problèmes.
Pour: Afin de résoudre un problème venant de l'extérieur j'ai besoin de le percevoir (capteurs appropriés) et de réagir adéquatement (système musculaire). Il suffit d'un mécanisme de liaison entre les deux, c'est-à-dire un système d'adressage, plus ou moins sophistiqué selon la réponse à apporter, donc de la perception vers la cible musculaire. Cette sophistication deviendra ce que nous appelons la pensée selon la complexité des systèmes nerveux au cours de l'Évolution.
11 - Le corps humain est un organe:
Il n'y a pas de raison de supposer que la pensée soit située dans un organe interne particulier, plutôt que dans le système nerveux dans son entier qui peut être pris comme un organe en soi. Les explications valables pour l'un le seraient pour l'autre, mais il faut tenir compte du fait que l'intelligence s'est mise en place pour aider l'ensemble et non pour une seule cellule. C'est « Moi » globalement qui pense, et non pas un organe interne. Si l'intelligence pouvait exister dans une cellule pourquoi ne se serait-elle pas manifestée depuis 3 milliards d'années chez un être monocellulaire? Si c'était faisable la probabilité jouerait fortement en cette faveur. Plus un système est complexe plus il a de possibilités: je suis un assemblage de cellules plus complexe qu'une seule cellule. Le problème est l'instabilité des systèmes complexes.
Contre: Si la pensée ne se réduit pas à un organe particulier, à quelle matière se réduira-t-elle ?
Pour: Il est précisé que le corps entier (système nerveux) est considéré comme un organe... La pensée n'est pas un organe elle est le résultat d'un travail des neurones, des perceptions et du système musculaire. La pensée ne fait rien, elle n'est pas agissante, elle est le résultat de mécanismes. La pensée est un mot pour désigner l'ensemble des mécanismes qui la constitue. Qu | | |