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Directoire (Révolution)

Directoire (Révolution)

Le Directoire est le régime politique français chargé du pouvoir exécutif entre le 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) et le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII). Il succède à la Convention nationale.

Histoire

En accord avec la Constitution de l'an III, les dirigeants sont élus par le Conseil des Anciens. Les cinq premiers Directeurs sont Rewbell, Barras, La Révellière Lépeaux, Carnot et Letourneur. Chaque année un directeur (choisi par tirage au sort) doit céder sa place. Après le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), le Directoire est aux mains d'un triumvirat (Rewbell, Barras, La Révellière Lépeaux). Le pouvoir législatif est exercé par le Corps législatif, lui-même composé du Conseil des Anciens et du Conseil des Cinq-Cents. Malgré les succès militaire de Napoléon Bonaparte en Italie (1797), qui permettent de lever d'importantes contributions de guerre, le Directoire, mené par Barras (« le roi des Pourris » selon Bonaparte) devient rapidement synonyme de corruption et de déroute financière de l'État (inflation des assignats). Bonaparte, avec l'aide de Sieyès, y met fin par son coup d'État du 18 brumaire. Les cinq Directeurs sont alors Barras, Sieyès, Gohier, Ducos et Moulin.

Liste des directeurs


- Membres installés le 10 brumaire an IV (1 novembre 1795) : :Jean-François Rewbell (ou Reubell) (1747-1807) :Paul Barras :Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (1753-1824) :Louis-François Letourneur (1751-1817) :Lazare Carnot, en remplacement de l'abbé Sieyès qui, élu, refusa.
- « Remaniement » de juin 1796 : :François de Barthélemy remplace Louis-François Letourneur, désigné par tirage au sort.
- « Remaniement » du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) : :Philippe-Antoine Merlin de Douai (1754-1838) et Nicolas-Louis François de Neufchâteau (1750-1828) remplacent François de Barthélémy et Lazare Carnot, qui ont été proscrits.
- « Remaniement » du 20 floréal an VI (15 mai 1798) : :Jean-Baptiste Treilhard remplace Nicolas-Louis François de Neufchâteau, désigné par tirage au sort.
- « Remaniement » du 21 floréal an VII (16 mai 1799) : :L'abbé Sieyès remplace Jean-François Rewbell, désigné par tirage au sort.
- « Remaniement » du 30 prairial an VII (18 juin 1799) : :Louis Gohier (1746-1830) remplace Jean-Baptiste Treilhard, dont l'élection est annulée au bout de 13 mois ; :Roger Ducos (1747-1816) et le général Jean-François Moulin (1752-1810) remplacent La Révellière-Lépeaux et Merlin de Douai, contraints à la démission.

Les Incroyables et les Merveilleuses

Une fureur de divertissement s'est emparée de la société du Directoire. Depuis que la Terreur est terminée et que l'on a démonté la guillotine, la jouissance est à l'ordre du jour. Ne faut-il pas rattraper le temps perdu ? Les jolies femmes cèdent à la mode de l'antiquomanie : robes à la Diane ou à la Flore, tuniques couleur chair largement ouvertes sur le flanc et au décolleté généreux. On se vêt, ou plutôt on se dévêt de tulle, de gaze ou de linon transparent qui ne cache rien des formes. La nudité est à l'ordre du jour : après l'ère des sans-culottes est venue celle des sans-chemises ! Mais le grand luxe de ces Merveilleuses - c'est ainsi qu'on appelle les beautés du temps - c'est la perruque, ou plutôt la multitude des perruques, car il en existe pour toutes les heures du jour : généralement blondes, on en voit des noires, des bleues, des vertes ... Et les cavaliers de ces dames ? On les nomme les Incroyables, ou plutôt les « Incoyables », car ils jugent élégant de supprimer les r (le R de Révolution ou de Roi) et même toutes les consonnes, devenant ainsi presque inintelligibles. Ces godelureaux arborent des accoutrements excentriques : habit vert à grands godets, taille pincée, large culotte, énorme cravate sous laquelle le menton disparaît. Ils ont le nez chaussé de grosses lunettes et sont coiffés en « pattes de chien », leurs cheveux tombant sur les oreilles. Le bicorne sur la tête, ils tiennent en main un gourdin qu'ils appellent leur « pouvoir exécutif » et grâce auquel ils peuvent tenir le haut du pavé. Malheur à qui ne leur céderait pas la place ! Leurs parfums à base de musc leur vaut aussi le surnom de « muscadins ». Cette jeunesse dorée, qui dépense sans compter, se retrouve à Paris dans tous les lieux à la mode : théâtres, tripots, glaciers, Tivoli ou Frascati, allée des veuves aux Champs-Élysées ou galerie du Palais-Royal. La danse est à l'honneur et les bals publics pullulent. Élégants et élégantes se vantent de fréquenter les plus renommées des « Merveilleuses » : Mlle Lange, Mme Tallien, ou deux créoles très recherchées, les citoyennes Beauharnais et Hamelin. Leur protecteur, Barras, est un personnage influent auquel il est bon de faire sa cour : il donne d'ailleurs des fêtes d'un luxe inouï, où se presse une société disparate : royalistes et jacobins repentis, grandes dames et courtisanes. Les mœurs sont libres : on divorce pour se remarier et redivorcer au plus vite.

Style

Le Style Directoire adopté pendant cette période en ce qui concerne les arts décoratifs, l'architecture et le mobilier est une évolution du néoclassicisme et il annonce l'empire. Ce style se veut sobre et les formes carrées.

Liens externes


- [http://www.conseil-constitutionnel.fr/textes/constitution/c1795.htm Constitution du Directoire sur le site du Conseil constitutionnel]
- [http://www.archontology.org/nations/france/france_state1/01_directoire_pres.php Présidents du Directoire exécutif de la République française]
- [http://www.archontology.org/nations/france/france_state1/01_directoire_member.php Membres du Directoire exécutif de la République française]
-


Politique

Le mot politique vient de la racine grecque polis, « la cité ». De nombreuses approches définissent la politique comme l'organisation du pouvoir dans l'État. Mais le lien entre politique et État n'est pas si évident, cette acception est relativement récente.

Idées et Mouvements


- Idées politiques
- Mouvements politiques
- Mouvements sociaux
- Parti politique
- Philosophie politique
- Science politique
- Sociologie politique
- L'État

Représentativité et prise de décision


- Système de vote
- Systèmes de prise de décision
- Démocratie directe

Modes d'action politique


- Vote
- Révolution
- Coup d'État
- Résistance
- Non-violence
- Désobéissance civile
- Conflit non-violent

Organisations


- Organisations internationales
- Organisations non gouvernementales
- Organisations syndicales

Les systèmes politiques nationaux


- Afghanistan
- Allemagne
- Argentine
- Belgique
- Canada
- Chili
- Chine
- Cuba
- Égypte
- Espagne
- États-Unis
- France
- Inde
- Japon
- Maroc
- Mexique
- Pérou
- Portugal
- Québec
- Suisse
- Uruguay
- Venezuela
- Sénégal

Relations internationales et diplomatie


- Histoire de la diplomatie
- La situation internationale (fin 2005)

Déclaration universelle des droits de l'homme

Divers


- Politique dans l'Égypte antique
- Chômage
- Réduction du temps de travail
- Gauche et droite en politique

Liens externes


-
- [http://www.entremonde.net L'avenir politique passe par les jeunes]
- [http://www.diderotp7.jussieu.fr/lacrij/sequences.php?numvideo=10&pg=1 Citoyenneté à l’école, changements sémantiques, refus du conflit, déclin du politique]
- [http://www.politique.com Politique.com, site et forum sur la vie politique française et internationale]
- [http://www.wikidees.org WikIdées.org], un wiki de propositions concrètes pour la politique française
- [http://www.vegeo.net Vegeo], une plateforme de développement collaboratif de projets politiques
- [http://www.clemspolitique.net ClemsPolitique], tout sur l'actu politique (elections, revue de presse ...)
- [http://forumdesforums.jeun.fr], un forum généraliste sans censure où l'on parle beaucoup de politique
-
ja:政治 ko:정치 ms:Politik simple:Politics th:การเมือง

1795

Catégorie:1795 Cette page concerne l'année 1795 du calendrier grégorien.

Événements

Europe


- 16 mai : Traité de la Haye : les Pays-Bas cèdent la Flandre Hollandaise et deviennent la République batave.
- En octobre, troisième partage de la Pologne.
- La Lituanie est partagée entre la Russie et la Prusse.

Révolution française


- En janvier, Pichegru en Hollande.
- 21 février / 3 Ventôse an III : Rétablissement de la liberté du culte en France.
- En février, Accord de La Jaunaye entre Hoche et Charette pour les Chouans suspendant la guerre de Vendée
- En février, créations des écoles Centrales.
- 1 avril : Journée de protestations sans violence du peuple parisien contre la chereté des denrées. La convention thermidorienne en profite pour déporter sans jugement d'anciens montagnards.
- 5 avril : Traité de Bâle, paix avec la Prusse, qui reconnaît l'occupation par la France de la rive gauche du Rhin.
- 7 avril : La Convention adopte le système métrique en France.
- 20 mai / 14 Prairial an III : Insurrections populaires violemment réprimées à Paris (20-25 mai).
- 20 mai / Floréal-Prairial an III : Terreur Blanche (mai juin) : exécution entre autre de Fouquier-Tinville le 7 mai.
- 30 mai : Restitution des églises.
- 31 mai : Suppression du Tribunal révolutionnaire.
- 1 juillet : Annexion de la Belgique.
- 15 juillet : Tentative de débarquement des émigrés (royaliste) et des Anglais à Quiberon.
- 22 juillet : Traité de Bâle avec l'Espagne.
- 22 août / 5 Fructidor an III : Constitution de l'an III).
- 30 août : Décret des deux-tiers.
- 18 septembre : Séparation de l'Église et de l'État et suppression du budget de l'Église assermentée.
- 5 octobre / 13 Vendémiaire an IV : Insurrection royaliste contre la Convention.
- 5 octobre : L'insurrection royaliste est écrasée par Napoléon Bonaparte, à l'église Saint-Roch
- 26 octobre : Séparation de la Convention, début du Directoire (fin en 1799).
- En octobre, création de l'Institut.
- En octobre, Loi Lakanal sur l'enseignement.
- La France annexe les Pays-Bas autrichiens.
- Le Luxembourg devient le département des Forêts français jusqu'en 1814.

Afrique


- L'explorateur écossais Mungo Park atteint les rives des fleuves Niger et Gambie.
- Les Anglais prennent la province du Cap en Afrique du Sud aux Hollandais.

Amériques


- Les Espagnols cèdent à la France l'île d'Hispaniola (Haïti) dans les Caraïbes.

Asie


- Après le décès de l'empereur de Chine Qianlong, le Tibet retrouve peu à peu sa liberté.
- Le royaume du Siam s'empare de Luang Prabang au Laos.

Océanie & Pacifique

Proche-Orient & Monde arabe

Arts & cultures


- Le philosophe allemand Emmanuel Kant publie La paix éternelle.
- Le compositeur autrichien Franz Joseph Haydn termine ses 12 symphonies londoniennes

Sciences et techniques


- Le géologue anglais William Smith fonde la géologie historique.
- Le Mathématicien John Playfair publie sa version annoté des Éléments d'Euclide dans laquelle il utilise une notation algébrique pour abréger les démonstrations.

Naissances en 1795


- 3 février : Le général Antonio José de Sucre né à Cumaná au Venezuela. C'est le futur héros de l'indépendance des colonies espagnoles des amériques († 1830).
- 19 avril : Christian Gottfried Ehrenberg naturaliste, zoologiste, spécialiste en anatomie comparée et en microscopie allemand († 1876).
- 13 mai : Gérard Paul Deshayes, géologue et conchyliologue français († 1875).
- 2 novembre : James K. Polk, futur Président des États-Unis († 1849).

Décès en 1795


- 3 janvier : Josiah Wedgwood, céramiste anglais.
- 9 mars : John Walsh, scientifique britannique.
- 8 juin : l'ex-dauphin Louis (10 ans) de France, aîné des Capétiens et chef de la maison de France1785).
- 28 juillet : Pierre-Paul Botta, général de brigade français (° 1741).
- 31 août : Philidor (François-André Dunican), joueur d'échecs et compositeur (° 1726).

Voir aussi


- an III, an IV __NOTOC__ ko:1795년 ms:1795

1799

Catégorie:1799 Cette page concerne l'année 1799 du calendrier grégorien.

Événements


- 22 juin : Présentation du mètre étalon par les savants Méchain et Delambre.
- En juillet, Découverte dans le delta du Nil de la pierre de Rosette, clef du déchiffrage des hiéroglyphes.
- 25 juillet : Bataille d'Aboukir
- 22 août : Bonaparte quitte l'Égypte pour retourner en France, Jean Baptiste Kléber lui succède en Orient.
- 9 novembre (18 brumaire an VII) : coup d'État du 18 Brumaire : Bonaparte renverse le Directoire
- 12 décembre : Début du Consulat : Napoléon prend le pouvoir et se nomme Premier Consul.
- Bonaparte attaque la Syrie pour se protéger de l'Empire ottoman mais est vaincu à Acre.
- Disparition de la Société Hollandaise des Indes Orientales (Dutch East India Company)
- Début des explorations sud-américaines de Friedrich von Humbold (fin en 1804).
- Début du gouvernement du Consulat (fin en 1804).
- La Grande-Bretagne est le premier état à introduire l'impôt sur le revenu.
- Le chimiste anglais Joseph Priestley découvre l'oxyde carbonique.
- Pierre Simon de Laplace publie son Traité de mécanique céleste.
- Ranjit Singh établit un royaume Sikh au nord-ouest de l'Inde.
- Seconde coalition : Royaume-Uni Autriche Russie Turquie Deux-Siciles.
- Un mammouth congelé vieux de 33 000 ans est retrouvé dans le delta de la Léna en Russie.

Naissances en 1799


- 22 janvier : Ludger Duvernay, imprimeur bas-canadien († 1852).
- 27 février : Frederick Catherwood, Illustrateur anglais († 1854).
- 20 mai : Honoré de Balzac, romancier français († 1850).
- 21 mai : Mary Anning, paléontologiste anglaise († 1847).
- 26 mai : Alexandre Pouchkine, poète, dramaturge et romancier russe († 1837).
- 26 mai : Felipe Poey, zoologiste cubain († 1891).
- 18 juin : William Lassell, astronome anglais († 1880).
- 19 juillet : Comtesse de Ségur (Sophie Rostopchine), romancière française († 1874).
- 11 août : Joachim Barrande, géologue et paléontologue français († 1883).
- 17 décembre : Antoine-Joseph Jobert, médecin et chirurgien français, président de l' Académie des sciences. († 1867).

Décès en 1799


- 22 janvier : Horace-Bénédict de Saussure, naturaliste et géologue, il est considéré comme le fondateur de l'alpinisme. (° 1740)
- 4 février : Étienne-Louis Boullée, architecte et théoricien français (° 1745).
- 12 février : Lazzaro Spallanzani, biologiste italien1729)
- 1 avril : Jacques-Étienne Montgolfier, inventeur français (° 1745).
- 18 mai : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, dramaturge français (° 1732).
- 21 août : Johann Julius Walbaum, médecin et naturaliste allemand1724).
- 7 septembre : Louis-Guillaume Le Monnier, botaniste français (° 1717).
- 7 septembre : Jan Ingenhousz, médecin et botaniste d'origine anglaise (° 1730).
- 6 octobre : William Withering, médecin et botaniste britannique, célèbre pour sa découverte de la digitaline († 1741).
- 14 décembre : George Washington, ancien Président des États-Unis1732).
- 31 décembre : Jean-François Marmontel, Encyclopédiste et Académicien français (° 1723).

Voir aussi


- an VII, an VIII __NOTOC__ ko:1799년 ms:1799 th:พ.ศ. 2342

Convention nationale

En France, la Convention nationale est le nom donné à l’Assemblée constituante qui succède le 21 septembre 1792 à l’Assemblée législative. Son histoire peut être découpée en trois périodes :
- Convention girondine (21 septembre 17922 juin 1793), qui proclama la République le 21 septembre 1792 et s’auto-institua en tribunal pour instruire le procès de Louis XVI, créa le Tribunal révolutionnaire de Paris, qui jugea Marie-Antoinette, et le Comité de salut public ;
- Convention montagnarde la fête des récompenses an I (2 juin 1793 – 9 thermidor an II (27 juillet 1794), auteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en prairial an I (juin 1793), décréta la levée en masse le 6 fructidor an I (23 août 1793) et organisa la Terreur ;
- Convention thermidorienne (9 thermidor an II (27 juillet 1794) – 4 brumaire an IV (26 octobre 1795), qui prépara l’avènement du Directoire. Malgré ses dissensions internes, elle réussit à écraser les royalistes de Vendée et du Midi, ainsi qu’à vaincre l’Europe coalisée contre la France. La Convention a fondé d’admirables institutions dont s’honore la France :
- L’École normale supérieure
- L’École polytechnique
- L’École des Arts et Métiers
- Le système métrique
- Le Conservatoire de musique
- Le Muséum d’histoire naturelle Elle groupa sous le nom d’Institut les anciennes Académies (qu’elle avait préalablement dissoutes à l’été 1793 sous l’influence de Marat, qui les accusait d’être des repaires d’aristocrates) et celles qu’elle fonda elle-même.

Voir aussi


- Comités et commissions de la Convention nationale.
- Jean-Baptiste Bouchotte
- Montagne
- Girondins
- Marais
- Enragés
- Indulgents
- Liste des membres de la Convention nationale par département

Lien externe


- [http://www.archontology.org/nations/france/france_state1/01_convention_nationale.php Présidents de la Convention nationale]
- [http://revolution.1789.free.fr/page-8.htm Page sur la Convention nationale] sur le site [http://revolution.1789.free.fr/ La Révolution Française] Catégorie:Convention nationale

Conseil des Anciens

Le Conseil des Anciens est une assemblée législative française qui, avec le Conseil des Cinq-Cents, fut instituée par la Constitution de l'an III, adoptée par la Convention thermidorienne en août 1795 et mise en application le 23 septembre 1795. Siègeant aux palais des Tuileries, le Conseil des Anciens fut chargé d'approuver ou de rejeter les résolutions du Conseil des Cinq-Cents. En 1799, il décida de transporter les Assemblées à Saint-Cloud, ce qui facilita le coup d'État de Bonaparte, après lequel le Conseil fut supprimé.

Voir aussi


- wikisource:Constitution du 22 août 1795#Conseil des Anciens (articles 82 à 109 de la constitution de l'an III)
- Bicamérisme
- Joseph Antoine Boisset
- Claude-Alexandre Ysabeau Catégorie:Révolution françaiseConseil desAnciens

Paul Barras

Paul François Jean Nicolas comte de Barras, homme politique français pendant la Révolution française. Il est né à Fox-Amphoux (Provence, Var), le 30 juin 1755 dans une famille de petite noblesse provençale. Il entre dans l'armée à l'âge de seize ans. Il sert aux colonies et prend part à des actions militaires aux Indes sous M. de Bellecombe et le Bailly Sufren. Après la paix de 1783, il met fin à sa carrière, en donnant sa démission après une altercation avec le maréchal de Castries, ministre de la Marine. De 1783 à 1789, il se trouve fort dépourvu et désœuvré à Paris. On l'a accusé d'avoir fréquenté les pires maisons de jeux qui pullulaient à l'époque. Bel Homme, il fréquente les femmes les plus spirituelles de l'époque, en particulier la cantatrice Sophie Arnould. C'est par hasard qu'il assiste à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Jusqu'alors, Le comte de Barras n'avait pas d'idées politiques bien arrêtées. Il rencontrait Mirabeau chez Sophie Arnould. Peut-être est-ce cette rencontre qui l'incita à s'inscrire à la franc-maçonnerie, puis au club des jacobins et à se lancer dans la politique comme républicain, en reniant comme tant d'autres sa caste ? Il se présente à la législative, et est élu délégué du Var, parmi 554 autres délégués. Il n'est pas élu député mais membre de la Haute-Cour d'Orléans. Celle-ci devant être dissoute, il rentre à Paris, et est nommé Commissaire près de l'armée d'Italie. Élu député suppléant du Var à la Convention, il siégea avec les Montagnards et vota la mort du roi Louis XVI. Après la mort de Louis XVI, la Convention, attaquée de toutes parts, nomme des représentants délégués dans les provinces et aux armées. Il part en mission dans les Basses et les Hautes-Alpes, puis une nouvelle fois à l'armée d'Italie. Face à l'insurrection qui se forme à Toulon, puis à Marseille, il fait preuve d'initiative et de courage et persuadé de la trahison du Général Brunet, il le fait arrêter au milieu de son armée. C'est là qu'il reçoit l'ordre de reprendre Toulon qui insurgée sous l'action du parti royaliste, a ouvert le port aux flottes ennemies, anglaise et espagnole, et livré une partie de la flotte aux Anglais. Craignant un débordement des ennemis, Barras confie à un jeune capitaine d'artillerie, Bonaparte, la défense des côtes de Provence. Bonaparte dit Barras dans ses mémoires, faisait preuve alors de beaucoup d'activisme, et n'hésitait pas à se dire ultra-montagnard. Barras lui accorde sa bienveillance et sa protection, mais Barras n'attribue à Bonaparte qu'un rôle secondaire dans la prise de Toulon " Le véritable preneur de Toulon c'est le Général Dugommier". Pourtant, après le siège de Toulon, Bonaparte fut nommé général de brigade, avec ordre de se joindre à l'armée d'Italie. C'était sa première rencontre avec Bonaparte qu'il rappellera plus tard, lors de l'insurrection royaliste qui menaçait la Convention, (le 13 vendémiaire an IV). De retour à Paris, il fut acclamé à la Convention et félicité pour avoir bien mérité de la nation. Par contre, l'accueil par le Comité de salut public fut glacial. Éloigné de Paris depuis un certain temps, il fut surpris de voir la terreur avoir atteint un tel paroxysme. Bientôt on l'accusa. Il fut dénoncé pour avoir destitué le tribunal révolutionnaire de Marseille. Ulcéré, il se bat et obtient gain de cause à la Convention et au club des Jacobins. Quelques temps plus tard c'est en vain qu'il se rend avec Danton et Laignelot, (Danton avait été accusé de pillage lors d'une mission en Belgique) chez Robespierre. Le 11 germinal, Danton est arrêté. Il fut l'un des principaux responsables avec Tallien et Fouché de la chute de Robespierre, le 9 thermidor. En 1794, il est alors nommé membre du Comité de sûreté générale (décembre 1795) puis président de la Convention thermidorienne (février 1795). Son rôle dans la journée du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795) est capital. Il fut élu au Directoire le 31 octobre 1795 où il joua un rôle clé, sans discontinuer pendant 4 ans, incarnant une gauche thermidorienne mais ferme face aux menées royalistes. Ses prises de position déterminent les coups d'Etat du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) et du 22 floréal an VI (11 mai 1798). Peut-être a-t-il entamé en 1799, une négociation avec les Bourbons en vue d'une restauration de Louis XVIII mais il est devancé par le coup d'État du 18 brumaire. À son retour d'Égypte, Bonaparte avec Sieyès renversèrent le Directoire et le 18-Brumaire, Barras démissionna. D'abord relégué dans son domaine de Grosbois, mais il fut contraint à l'exil à Bruxelles. Il revint ensuite en Provence, avant un nouvel exil à Rome. Il meurt le 29 janvier 1829, à Chaillot (près de Paris), où il fut autorisé bien que régicide et patriote, à rentrer après la chute de l'Empire. Il est inhumé dans la 28 division du cimetière du Père Lachaise à Paris. C'est lui qui fit épouser Joséphine de Beauharnais à son adjoint Napoléon Bonaparte. Devenu empereur, Napoléon 1er l'exila à Rome en 1810 puis le fit interner à Montpellier. Pour la petite histoire, Barras était connu dans les salons parisiens pour aimer s'entourer de femmes belles et spirituelles... qu'il ne touchait jamais. Il fut en particulier le grand ami de Thérésia Cabarrus, surnommée "Notre-Dame de Thermidor" parce qu'elle avait poussé son amant d'alors, le conventionnel Tallien, à renverser Robespierre. Elle lui tint lieu d'épouse et recevait pour lui, si bien qu'on la surnomma cette fois "la reine du Directoire". Il avait épousé, dans sa jeunesse, une jeune fille de chez lui, qui ne souhaita jamais le revoir.

Œuvres


- Mémoires (édition présentée et annotée par Jean-Pierre Thomas). Paris, Mercure de France, coll. « Le Temps retrouvé », 2005. 395 pp., 21 cm. ISBN 2-7152-2513-X. Précédentes éditions, sous une forme parfois plus complète, en un ou plusieurs volumes, en 1895-1896, 1946, 1969 et, sous forme de microfiches, en 1995.
- Autre édition des Mémoires. Clermont-Ferrand : Paléo, coll. « Sources de l'histoire de France : la Révolution française », 2004. 2 volumes :
  - Pondichéry-Toulon : 1769-1793 [Mémoires, tome 1]. 226 p., 21 cm. ISBN 2-84909-106-5.
  - Thermidor : 1793-1795 [Mémoires, tome 2]. 204 p., 21 cm. ISBN 2-84909-107-3. Barras, Paul Barras,Paul Barras,Paul Barras, Paul Barras, Paul

Lazare Nicolas Marguerite Carnot

Lazare Nicolas Marguerite Carnot, né à Nolay le 13 mai 1753 et mort à Magdebourg le 22 août 1823, est un mathématicien-physicien, un général et homme politique français. Membre de la Convention nationale, il est surnommé l'Organisateur de la victoire ou Le grand Carnot.

Biographie

Époux de Jacqueline Sophie Dupont de Maringheur, il eurent deux fils : Nicolas Léonard Sadi Carnot et Lazare Hippolyte Carnot, lui-même père de Marie François Sadi Carnot. Capitaine au corps royal du génie en 1783, limité dans ses ambitions par la modestie de ses origines, il se rallia à la Révolution. Élu député du Pas-de-Calais à l’Assemblée législative, puis à la Convention, il siége d'abord avec les députés de la Plaine avant de rejoindre les Montagnards. Membre du Comité de Salut Public en juillet 1793, délégué aux Armées, il crée les quatorze armées de la République. Envoyé en mission auprès de l’Armée du Nord commandée par Jourdan, il contribue à la victoire de Wattignies (16 octobre 1793). Modéré de cœur comme de raison, il prend position contre Robespierre et Saint-Just lors des 8 et 9 Thermidor (26 - 27 juillet 1794). Ministre de l’Intérieur pendant les Cent-Jours, il est banni comme régicide en 1816 (Lazare fut de ceux qui votèrent la mort de Louis XVI et refusèrent le sursis). Il meurt en exil à Magdebourg. Ses cendres ainsi que celles de Marceau, La Tour-Maubourg et Baudin, furent transférées au Panthéon le 4 août 1889 au cours d'une imposante cérémonie, pendant le septennat de son petit-fils Sadi Carnot.

Son œuvre écrite

Ouvrages militaires


- 1784. Éloge de Mr. le Maréchal de Vauban (premier prix de l'Académie). Dijon et Paris. A. Jombert Jeune.
- 1789. Mémoire présenté au Conseil de la Guerre au sujet des places fortes qui doivent être démolies ou abandonnées, ou Examen de cette question: Est-il avantageux au Roi de France qu'il y ait des places fortes sur les frontières de ses États ?. Paris. Barois l'Aîné.
- 1810. De la défense des places fortes. Ouvrage composé pour l'instruction des élèves du Corps du Génie. Paris. Courcier.

Œuvre scientifique

Lazare Carnot est mondialement connu pour ses travaux scientifiques. Dans son « Essai sur les machines en général », il précisa les lois du choc et énonça la loi de conservation du travail. Avec sa « Géométrie de position » (1803), il apparaît en même temps que Monge comme l'un des créateurs de la géométrie moderne. Il participa d'ailleurs avec celui-ci à la fondation de l'École polytechnique.

Œuvre littéraire

Il est l'auteur de plusieurs dizaines de poèmes. Citons:
- 1899. Le rêve. Ode.
- 1821. Don Quichotte. Poème héroï-comique en 6 chants. Paris. F.A. Brockhaus.

Notes et anecdotes

:« Le sage devance son siècle et son langage ne peut être entendu que par la postérité. (…) Comme philosophe, il a déjà franchi les barrières qui séparent les Empires, il est citoyen de tous les lieux, contemporain de tous les âges. » :Lazare Carnot. Chose curieuse, son contemporain, le poète allemand Schiller, écrira un texte quasiment semblable.

Bibliographie


- Essai sur les machines en général. Lazare Carnot. Paris, 1783.
- Poèmes 1786-1791. « Quelques poésies de Carnot ». Almanach des muses. Paris. Delalain.
- 1820. « Opuscules poétiques du général L.N.M. Carnot ». Paris. Baudoin Fils.
- 1894. « Général Lazare Carnot. Poésies ». Paris. E. Boulanger.
- 1933. « Choix de poésies du général L.N.M. Carnot ». Paris. Imprimerie E. Baudelet.
- Arago, Emmanuel. 1837. « Éloge de Carnot ». Paris.
- Carnot, Hippolyte. 1861-1863. « Mémoires sur Carnot par son fils » (2 volumes). Ouvrage de base.
- Carnot, Colonel Sadi. 1923. « Centenaire de Lazare Carnot ». Paris. Plon. Carnot,Lazare Carnot,Lazare Carnot,Lazare Carnot, Lazare Carnot, Lazare Carnot, Lazare Carnot, Lazare Carnot, Lazare Carnot, Lazare

Conseil des Anciens

Le Conseil des Anciens est une assemblée législative française qui, avec le Conseil des Cinq-Cents, fut instituée par la Constitution de l'an III, adoptée par la Convention thermidorienne en août 1795 et mise en application le 23 septembre 1795. Siègeant aux palais des Tuileries, le Conseil des Anciens fut chargé d'approuver ou de rejeter les résolutions du Conseil des Cinq-Cents. En 1799, il décida de transporter les Assemblées à Saint-Cloud, ce qui facilita le coup d'État de Bonaparte, après lequel le Conseil fut supprimé.

Voir aussi


- wikisource:Constitution du 22 août 1795#Conseil des Anciens (articles 82 à 109 de la constitution de l'an III)
- Bicamérisme
- Joseph Antoine Boisset
- Claude-Alexandre Ysabeau Catégorie:Révolution françaiseConseil desAnciens

Conseil des Cinq-Cents

Le Conseil des Cinq-Cent est une assemblée législative française qui, avec le Conseil des Anciens, fut instituée par la Constitution de l'an III, adoptée par la Convention thermidorienne en août 1795 et mise en vigueur le 23 septembre 1795. Après le coup d'État du 18 Brumaire qui mit fin au Directoire, le Conseil des Cinq-Cents fut dissous par Bonaparte.

Mise en place


- La Dictature de la Convention prend fin le 9 Thermidor an II (juillet 1794) avec la chute de Robespierre. À l'époque, la Constitution montagnarde qui avait été suspendue aurait du entrer en vigueur, mais les thermidoriens craignant une réaction jacobine rejettent toute idée de démocratie directe. Ils préfèrent lancer un nouveau projet : la Constitution du Directoire. Ce texte largement inspiré par la Constitution de 1791, organise une séparation stricte des pouvoirs.
- Conforme à la Constitution de l'an III, adoptée par la Convention thermidorienne d'août 1795 et mis en vigueur le 23 septembre 1795, ce texte « Directorial » met donc en place un pouvoir législatif bicaméral, qui comprenait :
  - d'une part, le Conseil des Cinq-Cents, Chambre basse ou assemblée législative de première instance;
  - d'autre part, le Conseil des Anciens, chambre haute, qui lui faisait pendant et n'examinait les textes de lois qu'en seconde lecture.
- Le pouvoir exécutif revenait, lui, à un Directoire composé de 5 membres : les Directeurs. Le Directoire renouvelé par 1/5 chaque année, était présidé à tour de rôle pendant 3 mois, par chaque Directeur.

Origine

Idée reprise par Sieyès, ce système a une double origine :
- imité d'une part, de l’antique conseil athénien, la Boulè, également appelé Conseil des 500, dont l’harmonieux fonctionnement garantissait la démocratie grecque ;
- d’autre part, du système anglais de l'époque. Toujours en vigueur, ce système comprend également une Chambre basse : les Communes et une haute assemblée : la chambre des Lords. Dans ce système, les deux chambres sont sensées exercer chacune (l’une sur l'autre et ensemble envers l’exécutif) un contre-pouvoir remédiant aux excès que venait de connaître la Révolution.

Fonctionnement

Installé à l'Orangerie, à Paris, ce conseil était composé de cinq cents membres élus au suffrage censitaire, âgés de plus de 30 ans et résidant depuis au moins dix ans sur le territoire national. Renouvelé par tiers chaque année, il était chargé d'établir le projet des lois, de voter les résolutions soumises ensuite à l'approbation du Conseil des Anciens auquel il présentait également la liste des candidats pour l'élection des cinq directeurs. Pour ce faire, le Conseil des 500, élit une liste de 50 noms qu'il transmet au Conseil des Anciens qui n'en retient que 5 : les nouveaux directeurs. Ceux- ci (comme les Anciens) doivent avoir au moins 40 ans et ne peuvent être réélus s'ils sont sortants (d'ou l'adage: « Sortez, les sortants »). En fait, dans son fonctionnement global et mis à part ses instances dirigeantes, (les 5 directeurs), ce système peut en grande partie s'identifier à notre actuel système bicamériste, qui comprend Sénat et Chambre des députés.

Du Directoire au Consulat

Ce système, par trop complexe, ne pouvait fonctionner convenablement: la séparation des pouvoirs était beaucoup trop stricte et de plus, les directeurs ne s'entendaient ni entre eux, ni avec aucun de ces deux Conseils (qui les avait pourtant élus...). Ce régime d'assemblées va être jalonné d'une suite de tentatives de coups d'État manqués jusqu'à celui réussi du 18 Brumaire, qui provoquera sa perte. Ce jour là, bafouant la Démocratie, les Bonaparte : Napoléon et Lucien, mettent fin au Directoire par le coup d'État du 18 Brumaire. Ce qui entraîna, ipso-facto, la dissolution du Conseil des Cinq-Cents. Cependant en dépit de sa brève existence (à peine 4 ans, du 22 aout 1795 au 9 novembre 1799), ce système, en préfigurant notre système actuel ne fut ni vain, ni stérile.

Voir aussi


- wikisource:Constitution du 22 août 1795#Conseil des Cinq-Cents (articles 73 à 81 de la constitution de l'an III)
- Antoine Balthazar Joachim d'André
- Jean Henri Bancal des Issarts
- Joseph Balthazar Bonet de Treyches
- Jean François Boursault-Malherbe
- Jacques Brival
- Jacques Defermon
- Pierre Delbrel
- Jean-Baptiste Louvet de Couvray
- Jean Pelet
- Albert Ruelle
- Alexandre Thibaut
- Théodore Vernier Catégorie:Révolution françaiseConseil des Cinq-CentsConseil des Cinq-Cents

Inflation

Catégorie:Macroéconomie Catégorie:Taux d'intérêt On appelle inflation une hausse persistante, générale, et auto-entretenue des prix des biens et services. Elle est généralement mesurée par l’Indice des prix à la consommation (IPC).

Questions de vocabulaire

L'inflation est une hausse généralisée et persistante du niveau général des prix, se répercutant sur les anticipations des agents économiques. La stabilité des prix décrit la situation où la hausse des prix est très faible ou nulle, n’influant donc pas les décisions des agents économiques. Déflation et désinflation sont souvent utilisés dans le vocabulaire économique, parfois par des journalistes. Or leur sens est très précis et leur mauvais usage peut prêter à confusion. La déflation est le contraire de l'inflation. C'est donc un phénomène permanent (on dit aussi auto-entretenu) et généralisé de baisse des prix. Comme le phénomène historiquement (du moins dans la période contemporaine) le plus fréquent est bien l'inflation, on parle parfois d'une inflation négative (par exemple : inflation de -0,1%). La désinflation, quant à elle, est une baisse du taux d'inflation. Par exemple, si pendant des années l'inflation s'est située à 10% en moyenne et que l'inflation des années suivantes baisse à 7%, puis 5%, puis 2%, on parlera de phénomène désinflatoire. Poussé plus loin, on passe à la déflation.

Comprendre l'inflation

La fonction principale de la monnaie est de permettre des transactions. Trois paramètres fixent la quantité de monnaie nécessaire :
- le nombre de transactions, directement lié à la richesse produite (si la population produit deux fois plus de richesses et a besoin de faire deux fois plus de transactions, elle a besoin de deux fois plus de monnaie, à vitesse de circulation de la monnaie constante). On mesure cela par la croissance économique.
- la vitesse de circulation de la monnaie (si elle circule deux fois plus vite, on en a besoin de deux fois moins pour faire les mêmes transactions). Ce paramètre est difficile à mesurer, et en pratique on l'agrège avec la quantité de transactions et donc la croissance.
- et bien-sûr la valeur de la monnaie (avec une monnaie deux fois mieux valorisée, on a besoin de deux fois moins d’unité monétaire pour la même transaction). C'est sur ce paramètre que joue l'inflation. Comme la monnaie est l'étalon universel de valeur, sa valeur relative est fixe et toujours égale à un, ce qui n'apporte aucune information sur la valeur « absolue » de la monnaie. Pour contourner la difficulté et estimer la valeur de la monnaie, on utilise comme référence la valeur d’échange associé à cette même monnaie mais à une époque antérieure, et on s'intéresse à sa variation relative (un pourcentage, positif lorsque l'ancienne monnaie avait une valeur inférieure) : c'est l'inflation. On peut aussi utiliser comme référence un bien supposé stable (c’est-à-dire un bien dont le besoin, ou la demande globale reste constant), comme l'or ou une devise étrangère réputée. L’essentiel étant de pouvoir mesurer « ce que l’on peut obtenir avec telle quantité de monnaie ». L'inflation est donc un indicateur important pour l'économie, relié directement
- au « coût de la vie » et donc au bien-être matériel de la population ;
- à la croissance économique ;
- à la richesse relative de la zone monétaire par rapport aux autres pays, utilisateurs d'une autre monnaie (toute chose égale par ailleurs, l'inflation dévalue la monnaie, et fait donc baisser le taux de change). L'inflation et le risque d'inflation sont deux éléments qui entrent pleinement dans les décisions des consommateurs, des dirigeants d'entreprise et des gouvernements : la possibilité de l'inflation représente un risque pour les agents économiques.

Calcul de l'inflation

Pour bien estimer la variation de la valeur de la monnaie, il faudrait suivre la totalité des transactions monétaires, les classer par type de biens, les pondérer par la quantité de monnaie échangée, etc. C'est impossible, et même une approche partielle serait trop coûteuse. Pour mesurer l'inflation, on utilise donc un modèle réduit de l'économie, et on observe un « panier » pondéré de biens. On imagine les questions sensibles que soulève la constitution de ce panier, qu'il faut en sus faire évoluer avec précautions pour lui donner une signification stable dans le temps. On construit ainsi un indice des prix à la consommation qui permet d'apprécier la variation du coût de la vie pour les consommateurs, et donc la valeur de la monnaie dans ses aspects les plus concrets pour les citoyens. On appelle taux d'inflation la variation en pourcentage de cet indice sur une période donnée : si le prix moyen du « panier » est passé de 100 à 102, l'inflation est de (102-100)/100 = 2/100 = 2%. S'il y a accord à peu près général sur le principe de cette mesure, il y a des controverses permanentes sur la mise en œuvre et sur la valeur des indices :
- les biens évoluent qualitativement (exemple souvent cité : les différence technique entre une voiture d'aujourd'hui et une voiture d'une génération technique antérieure, qui remplissait les mêmes fonctions mais de façon moins sure, plus polluante et plus coûteuse) ;
- certains biens changent d'appréciation (exemple du tabac, composante importante du panier à certaines époques, et qui a été sorti lorsqu'on a commencé à prendre en compte ses dangers et à augmenter fortement son prix)
- les habitudes de consommation changent (apparition de fruits exotiques, des vélos, des automobiles, des ordinateurs, du gaz ; disparition des chapeaux, des chevaux et attelages, du charbon de chauffage).
- les habitudes de consommations sont hétérogènes (exemple du tabac, encore une fois : pour un non-fumeur, la valeur moyenne de l'argent ne tient pas compte du prix de ce produit). D'autres problèmes concernent la pertinence du panier des biens choisis.
- en France, l'institut de recherche de la CGT (l'ISERES), avait mis au point et utilisé son propre indice des prix, plus proche du panier de biens utilisés par les classes moyennes. Devant la difficulté de la réalisation, l'expérience a été abandonnée mais le problème reste entier comme le montre régulièrement les organisations de consommateurs tel l'INC et sa revue 60 millions de consommateurs ou l'UFC et sa revue Que Choisir.
- au début du XXIe siècle, certains estiment que l'inflation a été structurellement mésestimée aux USA et au Japon pendant plusieurs dizaines d'années sur toute la fin du XXe siècle, ce qui change radicalement l'appréciation sur l'évolution économique de ces deux pays, qui sont les deux plus riches du monde : si c'est vrai, la croissance économique y aurait été plus forte d'environ 2% de plus par an que selon l'estimation officielle, ce qui est considérable. La même polémique s'exprime plus sourdement en Europe, avec toutes les conséquences sur la gestion de l'euro (si l'inflation est surestimée, alors nous sommes en fait en déflation et la banque centrale européenne devrait baisser les taux, ce qu'elle refuse de faire actuellement). On peut distinguer deux notions concernant le niveau de consommation d’un ménage : #Le pouvoir d’achat. Lorsque l'indice des prix baisse, le pouvoir d'achat des consommateurs augmente (on suppose un revenu stable). #Le niveau de vie. Lorsque le revenu d’un ménage augmente, son niveau de vie augmente (on suppose ici un indice des prix stable) Le niveau de vie représente le point de vue d’un ménage (revenu global) tandis que le pouvoir d’achat le point de vue d’un seul revenu. La distinction peut sembler toutefois très formelle, et l’on utilise couramment le terme de pouvoir d’achat pour recouvrir les deux (le pouvoir d’achat d’un ménage dépendant alors de deux facteurs, son revenu et l’indice des prix à la consommation.

Calcul théorique de l'inflation

On suppose tout d’abord qu'avec l'ensemble de l'argent en circulation de la planète, on peut acheter l'ensemble de la production en vente sur la planète. On en conclut donc que la valeur de la monnaie est égale à l’ensemble de la production divisée par la totalité de l'argent en circulation. Concrètement si dans une société le total des échanges se monte à 10 oranges, que l'argent en circulation est de 100€, alors avec 10 € on peut acheter une orange. Si le marchand s'obstine à vendre 9 € les oranges, l'argent restant ne pouvant être dépensé, il est éjecté du circuit économique et ne fait plus partie de l'argent en circulation. Mais ce calcul reste théorique car il est difficile voire impossible d'évaluer la production totale d'une société et les services (assurance, banque...) ne peuvent être réduits sous la forme de chiffres. C'est donc pour cela qu'on utilise le panier de biens le plus représentatif possible des évolutions de la société. Pour calculer une inflation il suffit donc de calculer la valeur de l'argent à une époque donnée en utilisant t1 et à calculer son quotient par rapport à une autre époque en utilisant toujours t1.Une inflation ne peut donc qu'avoir deux causes d'après t1: Soit la production a diminué (raréfaction des matières premières par exemple), soit le volume total de l'argent en circulation a augmenté (un État faisant banqueroute).

Inflation et Déflation

Si la quantité d'euros en circulation reste fixe, l'inflation moyenne n'est nulle que si la quantité de biens disponibles ne varie pas. Si la masse monétaire est de 100€ et qu'il n'y a plus que 5 oranges, le coût d'une orange sera de 20€, ce qui correspond à une inflation de 100 % (la valeur de l'argent diminue). Si au contraire il y a 50 oranges, le coût d'une orange est réduit à 2€, ce qui correspond à une déflation de 500% (la valeur de l'argent augmente). Dans l'histoire, l'inflation ou la déflation ont généralement été déterminées plus par les variations de la quantité de monnaie que par l'abondance des marchandises (puisque selon les thèses libérales néoclassiques, les déséquilibres entre l'offre et la demande sont en théorie régulés par le marché). Peuvent donc être à l'origine d'une inflation les cas suivants : - [1. à abondance de marchandises fixe], trop de monnaie fiduciaire (billets) est émise (en Allemagne au début des années 1920 par exemple). Ou, plus fréquent, la banque centrale accorde 900€ de crédits aux banques qui elles mêmes accordent des crédits à leur clients. De l'argent est créé car le remboursement est hypothéqué sur l'avenir. Il y a 10 oranges pour 1000€, les prix augmentent. De là procède l'intérêt de contrôler les taux d'intérêts. Un taux de crédit faible sera propice à l'inflation. - [2. à masse monétaire fixe], lorsque la capacité de production est trop faible par rapport à la demande (volontairement dans l'industrie de luxe ou involontairement du fait de difficultés d'adaptations). Il y a 5 oranges pour 100€, les prix augmentent. Pour que la monnaie connaisse une désinflation (baisse relative de l'inflation) ou a fortiori une déflation (taux d'évolution de la valeur de l'argent négatif), deux facteurs entrent également en compte. A contrario, peuvent être à l'origine d'une déflation les cas suivants : - [1. à abondance de marchandises fixe], dans la réalité financière, les acteurs stockent bien évidemment une partie de l'argent. Par conséquent, la masse monétaire réellement en circulation (car officiellement l'argent de réserve est aussi en circulation) diminue. Il y a 10 oranges pour 90€, les prix baissent. Ce processus peut être utilisé dans le cadre d'une politique budgétaire afin de réduire l'inflation ou d'augmenter les taux de change à la faveur de la monnaie (intérêt limité pour la balance commerciale car cela freine les exportations). Une mesure concrète peut être la destruction d'argent ou la hausse des taux d'intérêts des crédits bancaires accordés par la banque centrale (qui réduit alors la quantité d'argent virtuel créée par le crédit). - [2. à masse monétaire fixe], en cas de surproduction, la quantité de marchandises disponibles est supérieure à la demande. Il y a 50 oranges pour 100€, les prix diminuent. En pratique, les facteurs d'inflation et de déflation sont combinés pour stabiliser la valeur de la monnaie, ou l'adapter aux nécessités économiques (favoriser les exportations, limiter les importations, augmenter le pouvoir d'achat, etc.). Cependant, il ne faudrait pas déduire que la baisse des prix résultant de la déflation est systématiquement favorable au consommateur. En effet, la déflation correspond à une phase de récession de l'économie (phase B du cycle de Kondratieff) caractérisée par une inadéquation de la production par rapport aux besoins, qui induit une baisse de la production et des salaires, et est donc en définitive souvent associée à une baisse du pouvoir d'achat et à l'augmentation du chômage (en France, le Front Populaire en 1936 tente de stimuler la demande en accordant des mesures sociales - limitation du temps de travail, hausse des salaires de 15%, congés payés - financées par l'Etat qui peut provisoirement s'endetter et admettre un déficit budgétaire en vue d'un rétablissement futur). Voir Keynésianisme.

Inflation et choix économiques

L'inflation agit directement sur la qualité des investissements. Un exemple permet de saisir le problème. Alain, Bertrand et Claude investissent 100 000 (peu importe l'unité) dans un bien (par exemple une maison), dont ils se servent pendant un an, puis revendent. Supposons que les conditions économiques soient différentes pour les trois individus (zone monétaire, époque), le taux d'inflation est donc différent. Le calcul naïf compare les valeurs en monnaie courante, sans tenir compte de l'inflation. Il semble alors que Claude a fait la meilleure affaire. Mais cela ne tient pas compte du fait que, à cause de l'inflation (ou, dans le cas d'Alain, de la déflation), ces trois personnes ne pourront pas acheter la même chose avec la même quantité de monnaie : Alain pourra acheter plus, Bertrand et Claude moins. Pour gommer cet effet, il faut raisonner en monnaie constante, en déduisant l'inflation, et il apparaît alors que la meilleure affaire a été faite par Alain. Dans cet exemple, l'inflation ne touche pas la qualité du service : en achetant une maison, Alain, Bertrand et Claude ont tout trois été logés. Mais l'inflation peut toucher aussi cet aspect des choses : si la maison a été louée à prix fixe, l'inflation change la valeur de ce loyer (elle le réduit, tandis que la déflation l'accroît). Ce phénomène appelé illusion monétaire a eu des effets économiques considérables dans l'histoire. En effet, pendant la plus grande partie de l'histoire, l'inflation est restée inconnue (non pas qu'elle n'existait pas, mais qu'elle n'était pas mesurée ni prise en compte) et la coutume était de fixer les loyers en monnaie fixe et pour longtemps (parfois même à perpétuité). Les gouvernements, en faisant chuter la valeur de la monnaie pour leur besoins fiscaux, ont aussi transformé des loyers normaux (par exemple « 1 sou ») en loyers ridicules, pour le plus grand bénéfice des tenanciers et la ruine des possédants (généralement les nobles), avec toutes les conséquences sociales. À d'autres périodes plus rares et plus courtes, en restaurant la valeur de la monnaie, ils ont au contraire suscité des émeutes et même des révoltes, un loyer raisonnable se transformant en charge ruineuse. Les évolutions de l'inflation peuvent ainsi créer des distorsions économiques
- entre emprunteurs et épargnants : lorsque les engagements à long terme sont pris sur une certaine base d'inflation implicite, une augmentation de l'inflation va avantager les emprunteurs au détriment des prêteurs, essentiellement des épargnants en bout de chaîne, alors qu'une réduction de l'inflation fera l'inverse.
- au niveau de la croissance : les consommateurs pauvres et surtout les entreprises sont structurellement débiteurs, de sorte que l'accélération de l'inflation a un effet bénéfique, à court terme, sur la croissance (cela stimule la consommation et l'investissement productif). Outre qu'il est possible (c'est un point très controversé) que le coût à long terme soit supérieur (la comparaison internationale donne des indices dans ce sens), ce phénomène ne peut se produire lorsque l'indexation des engagements est faite correctement. Enfin, les humains raisonnent et tiennent compte de tout cela, en sorte qu'ils finissent par donner une importance considérables aux anticipations (ce qu'ils croient, voire ce qu'ils pensent que les autres croient) de l'inflation future. C'est tout particulièrement le cas dans les périodes d'hyper-inflation, lorsque la méfiance s'installe et se développe, de sorte que les acteurs, anticipant une dévaluation accélérée, exigent des augmentations de revenus qui nourrissent l'hyper-inflation et valident les anticipations les plus pessimistes.

Causes économiques de l'inflation

L'inflation est un phénomène sensible dans tous les sens du terme. En effet, chacun d'entre nous se rend compte que les prix ont une tendance naturelle à augmenter (pensez au prix de la baguette ou du ticket de métro). Mais c'est un phénomène sensible pour les politiques puisque l'inflation est un signe de bon ou mauvais fonctionnement économique, avec toutes les conséquences électorales. Et pourtant, malgré son importance, les causes de l'inflation sont encore le sujet de nombreuses controverses. En effet, la même conséquence peut résulter de fonctionnements économiques radicalement opposés. Ainsi :
- la croissance économique peut provoquer une pénurie de capacité productive par rapport à la demande, qui stimulera l'inflation, tandis que la récession aura l'effet inverse. Ainsi, l'inflation peut être un signe de bonne santé économique et la déflation un signe de crise.
- la récession peut réduire les besoins d'échanges monétaires (au profit du troc, par exemple), ou provoquer une défiance envers la monnaie qui symbolise l'économie touchée, les deux phénomènes stimulant aussi l'inflation ; tandis que le retour de la confiance se traduira par une désinflation voire déflation associée à la reprise des investissements et dépenses. Ainsi, l'inflation peut-être un signe de mauvaise santé économique et la désinflation le signe de la reprise. De sorte que même s'il y a accord théorique sur le fait que telle situation économique engendre telle évolution de l'inflation, il y a toujours plusieurs interprétations possibles à l'inflation mesurée, conduisant à des mesures radicalement opposées. Voici les causes les plus souvent admises :
- inflation monétaire : une trop grande quantité de monnaie est émise (par exemple, le mark de la République de Weimar en 1923, cas typique d'hyper-inflation), ou à l'inverse une trop faible demande de monnaie survient (exemple de l'Europe pendant les épidémies de peste au Moyen Âge)
- inflation par les coûts : le coût d'un produit essentiel augmente de façon notable, ce qui a des répercutions sur les coûts des autres produits ou services (par exemple, la hausse du cours du pétrole à partir de 1973) ;
- inflation par la demande : la demande d'un produit ou d'un service essentiel excède l'offre, et les producteurs augmentent leur prix car il ne peuvent ou ne veulent augmenter la production.
- l'indexation : des accords ou des règles de toutes sortes lient les prix de différents biens et services, avec délais (le temps de publier l'indice correspondant, par exemple). Si le prix d'un élément essentiel augmente, tous les autres suivent mécaniquement, et les effets retard mettent en place une boucle de rétro-action, un cercle vicieux, chaque effort pour combler la différence créée n'ayant comme seul effet que de mettre en place la prochaine hausse (comme un animal qui courrait après sa queue).
- panique monétaire : la monnaie utilisée est aujourd'hui essentiellement du papier ou du métal sans autre usage, et donc sans autre valeur que celle attachée à la confiance des utilisateurs. Si, pour une raison quelconque, ils se persuadent que la monnaie va perdre de sa valeur, on assistera parallèlement à une chute sur le marché des changes et à une forte inflation, qui validera l'anticipation inflationniste et la renforcera.
- conséquence de l'intérêt : Certains avancent une théorie de l'inflation à partir des intérêts des crédits. Ils considèrent que lorsque le système bancaire émet un crédit de 100 à un « bénéficiaire A », il faut bien qu'il émette aussi un crédit de 4 (à 4%) à un autre « bénéficiaire B » pour que le « bénéficiaire A » de ce crédit de 100 puisse , par son travail, son commerce ou par la spéculation, recevoir du « bénéficiaire B » les 4 qui lui manquent pour rembourser son crédit. Ce schéma simpliste, qui oublie entre autres inexactitudes, les écarts dans la vitesse de circulation de la monnaie et aussi que les crédits finissent par être remboursés, ce qui conduit à une destruction de monnaie, conduit certains à considérer que le montant total des crédits distribués doit être en augmentation permanente (du montant des intérêts) ou que la banque centrale doit augmenter le montant de la monnaie fiduciaire disponible. Cela est contraire à l'expérience qui montre en particulier qu'une hausse des taux d'intérêts, loin de créer une demande supplémentaire de création de monnaie, conduit généralement à un freinage de la masse monétaire. Toutefois, indépendamment de cette explication idéologiquement orientée, il y a un certain parallélisme, sur une longue période, entre croissance économique et croissance monétaire. Si l'augmentation annuelle des crédits dépasse l'augmentation de la production globale, il peut y avoir soit inflation des prix des biens ou services, soit bulle des actifs immobiliers et financiers, et parfois les deux, puisque de la monnaie se retrouvera inemployable (ce qui rejoint « l'inflation monétaire »)

Conséquences de l'inflation

L'inflation a un double effet sur les agents économiques : # Un transfert de richesse au profit des émetteurs de monnaie et des débiteurs au détriments des détenteurs de revenus fixes et des créditeurs; # Un coût de réallocation des facteurs de production. De ce fait, les conséquences de l'inflation doivent être envisagées en fonction de la position des agents considérés.

Émetteurs et détenteurs de monnaie

L'inflation pouvant être vue comme une perte de valeur de la monnaie, elle a des conséquences négatives pour les agents détenant de la monnaie. Inversement, si elle provient d'une création ex nihilo de monnaie, l'inflation est la conséquence d'une augmentation de la richesse de l'émetteur de monnaie, État ou faux-monnayeur. L'inflation peut alors être considérée comme un impôt frappant la détention d'encaisses réelles. En réaction à ce tranfert, très utilisé dans les années 1970, la plupart des États ont abandonné la possibilité d'émettre directement de la monnaie au profit d'une banque centrale indépendante. L'État ne bénéficie alors de l'inflation qu'en tant que débiteur.

Débiteurs et créditeurs

Lorsqu'un créditeur (p. ex. une banque) et un débiteur (p. ex. un ménage) sont liés par un taux d'intérêt fixe, l'inflation favorise le débiteur au détriment du créditeur. Considérons un ménage qui emprunte à sa banque une somme S au taux d'intérêt de 8%, remboursable l'année suivante. Si l'inflation est nulle la banque touche l'année suivante S(1+0,08), directement comparable à la somme S prêtée. Avec une inflation de 3%, la banque touche toujours S(1+0,08), mais cette somme achète l'année du remboursement moins que ce qu'elle aurait acheté l'année du prêt. Plus précisément, elle correspond à (1+0,08)(1-0,03)S \approx (1+0,05)S de l'année du prêt. En termes réels, le débiteur rembourse donc d'autant moins que l'inflation est forte. On rencontre ainsi des situations où l'inflation est supérieure au taux d'intérêt nominal. Dans ce cas, le taux d'intérêt réel est négatif, c'est-à-dire qu'on gagne de l'argent à emprunter. , ce qui alimente encore l'inflation. Face à une menace d'inflation, l'emprunteur ne peut qu'imparfaitement se couvrir, l'inflation n'étant pas un phénomène aléatoire. Il peut alors soit avoir recours au systèmes de couverture fiancière, notamment les swaps de taux d'intérêt pour les relations déjà établies, et demander dans les nouvelles relations des garanties, par exemple des contreparties du prêt peu sensibles à l'inflation (hypothèque sur un bien, valeur indexée sur l'inflation) ou un taux de remboursement indexé sur l'inflation. En termes de finances publiques, l'inflation diminue de la même manière le poids de la dette pour les États, et a parfois été délibérément utilisée à cette fin. Afin de se couvrir, les investisseurs en dette publique demandent souvent une prime de risques lorsque l'État débiteur est suspect de vouloir recourir à cette méthode, ou le remboursement dans une monnaie ou un panier de monnaie non contrôlable par l'État débiteur. Un cas particulier de créditeur perdant à l'inflation est celui du titulaire d'une rente fixe. Pour cet agent, la valeur de sa rente diminue proportionnellement à l'inflation sans possibilité de couverture. Les périodes de haute inflation du XXe siècle en France (années 1920, années 1960) ont conduit à la quasi-disparition des rentiers, qui ont vu leur revenus réels laminés par les taux d'inflation.

Revenus du travail

Lorsqu'elle n'est pas anticipée, l'inflation diminue les revenus du travail, et par conséquence le coût de la main-d'œuvre. En conséquence, il a longtemps existé une relation négative entre inflation et chômage, mise en évidence par la courbe de Phillips. Toutefois, cette relation n'est pas robuste à la mise en place de contrats liant la progression du salaire à l'inflation, ou anticipant convenablement l'inflation.

Inflation et allocation des ressources

Indépendamment des effets ci-dessus, essentiellement redistributifs, l'inflation a des coûts pour l'ensemble de l'économie, liés à des difficultés d'allocation efficace des ressources.

Inflation et incertitude

Dans un premier temps, le niveau de l'inflation ou sa progression n'ont pas de conséquences directes sur l'économie. Si les agents savent que l'inflation sera de 3% pour les années à venir, ils intégreront cette évolutions dans leurs contrats, conduisant à une allocation des ressources identique à une situation sans inflation. Cependant, l'inflation dépend souvent de décisions discrétionnaires, que les agents peuvent difficilement anticiper correctement. De ce fait, l'inflation fait peser un risque sur toute décision d'investissement ou de prêt, réduisant les incitations à des investissements productifs. Cet aspect doit toutefois être mis en balance avec l'effet négatif de l'inflation sur les investissements à revenus fixes, comme les rentes ou les emprunts d'État. En limitant la rentabilité de ces titres, un taux modéré d'inflation encourage la substitution vers les investissements à rendements liés à l'activité économiques, généralement plus productifs en termes d'emploi et de création de richesses.

Inflation et friction

Dans un article de 1985, l'économiste Gregory Mankiw montre que les agents peuvent hésiter à ajuster systématiquement leurs prix face à l'inflation lorsque cela a un coût, même très faible, pour eux (l'auteur prend l'exemple du coût de changer les prix sur les menus des restaurants, qu'il faut faire réimprimer). Les agents n'ajustent alors l'allocation de leurs ressources qu'avec un retard. L'auteur montre que ces retards ont des conséquences importantes sur l'allocation d'ensemble des facteurs, conduisant à d'importantes inefficacités. "Small menu costs and large Business Cycles: A Macroeconomic Model of Monopoly", G. Mankiw, Quaterly Journal of Economics, Mai 1985

Le point de vue macro-économique : inflation et mesure du PIB

Taux de croissance du PIB nominal = taux de croissance du PIB réel + Taux de croissance des prix C'est une formules simplifié, en fait on n'ajoute pas des taux T mais on multiplie des indices (1+T). Par exemple un taux de 3% se traduit par un indice de 1,03) En pratique, l'arbitrage entre les différents effets de l'inflation conduit la plupart des économistes à estimer qu'un taux d'inflation stable proche des 3% est une signe de bon fonctionnement d'une économie développée.

Voir aussi


- Déflation
- Croissance économique
- John Maynard Keynes
- Loi du maximum général
- NAIRU
- Monnaie privee

L'inflation psychologique et l'illusion monétaire

On a tendance à se plaindre de l'inflation de certains produits et services non industriels (plombier, boulanger). Pourtant ces prix n'ont suivi que l'inflation, on croit que le prix du pain par exemple augmente depuis vingt ans alors qu'en fait ce sont les prix de tous les autres objets qui ont diminué, on croit donc naturellement que le prix du pain a augmenté. En effet tous les autres produits bénéficient de la hausse de la productivité (nouvelles machines) et de la baisse des prix liée, alors que le pain lui est produit toujours de la même façon, à peu de choses près. A noter par ailleurs qu'oublier de tenir compte de l'inflation, par exemple dans l'évolution des revenus est un biais cognitif, connu de l'économie comportementale, appelé illusion monétaire

Liens externes


- Une [http://www.bankofcanada.ca/fr/taux/inflation_calc-f.html calculette d'inflation] sur le site de la Banque Centrale Canadienne (Banque du Canada) permet d’appréhender de manière ludique les mécanismes de ce phénomène
- L'INSEE propose des [http://www.insee.fr statistiques sur l'inflation] ja:インフレーション ko:인플레이션 ms:Inflasi simple:Inflation

Emmanuel-Joseph Sieyès

Emmanuel Joseph Sieyès, né le 3 mai 1748 à Fréjus, mort le 20 juin 1836, fils d'un employé du fisc et maître de poste, il fait ses études au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, devient prêtre en 1774. Il prit une part active à la Révolution française de son début (par la publication de Qu'est-ce que le tiers état ?, en 1789) qui obtient un grand retentissement, à sa fin (par sa participation au coup d'État de Brumaire). En 1789, il est élu député du tiers état aux Etats généraux et c'est lui qui propose , le 17 juin 1789 la transformation de la Chambre du Tiers état en assemblée nationale. Il rédigea le serment du Jeu de paume et travailla à la rédaction de la Constitution. Élu dans trois départements à la Convention, il vota la mort du roi et se « déprêtisa » selon le rite officiel. En 1795, il refuse le poste de Directeur auquel il est élu. En 1798, il est envoyé comme ambassadeur à Berlin. En 1799 il se résoud à entrer au Directoire, puis prépara le coup d'État du 18 brumaire et devint président du Sénat sous l'Empire. De 1815 à 1830, il fut exilé comme régicide à Bruxelles. Il rentre en France en 1830.

Académie française

En 1795, Sieyès fut en premier lieu membre de la classe des sciences morales et politiques, future Académie des sciences morales et politiques de l'Institut de France. Lors de la réorganisation de 1803, il fut en outre élu dans la deuxième classe, qui succédait à l'Académie française après plusieurs années de disparition, et où il remplaça, au fauteuil 31, Jean Sylvain Bailly, guillotiné le 12 novembre 1793. Après la seconde Restauration de 1815, Sieyès fut exclu de l'Académie, en 1816, en tant que régicide, et remplacé aussitôt par le marquis de Lally-Tollendal, nommé par ordonnance royale. Sieyes,Emmanuel-Joseph Sieyes,Emmanuel-Joseph Sieyes,Emmanuel-Joseph Sieyes,Emmanuel-Joseph Sieyes,Emmanuel-Joseph Sieyès Sieyès, Emmanuel-Joseph Sieyès, Emmanuel-Joseph Sieyès

Coup d'État du 18 brumaire

ja:ブリュメールのクーデタ Coup d'État du 18 brumaire Coup d'État du 18 brumaire Catégorie:Consulat En France, le coup d'État du 18 brumaire (An VIII, 9 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte marque la fin du Directoire et le début du Consulat. Le coup d'État est fomenté dans la demeure de Joséphine de Beauharnais , rue Chantereine , à peu près à l'emplacement entre l'actuelle rue de la Victoire et la rue de Châteaudun. Le schéma du coup d'État prevoit les opérations suivantes: Bonaparte aura le commandement en chef de l'armée pour le maintien de l'ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées à Saint-Cloud sous le prétexte d'un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne. En déplaçant les assemblées, on s'assure que la population parisienne ne pourra pas intervenir. Paris est fermé et sous le contrôle de la police, toute entrée ou sortie est interdite. L'essentiel des évènements se déroule le 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799) à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des députés du Conseil des Cinq-Cents mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l'unanimité ; notamment deux Jacobins refusent de démissioner. Bonaparte s'impatiente et décide d'intervenir.

Déroulement du coup d'État

18 brumaire an VIII (9 novembre 1799)

5 heures du matin

Les convocations à une réunion à 7 heures sont envoyées au Conseil des Anciens. on néglige d'en adresser à ceux qui semblent favorables au coup d'État.

7 Heures

Une foule d'officiers en grande tenue se presse devant le domicile de Napoléon Bonaparte, rue Chantereine (rebaptisée, en son honneur, rue de la Victoire). Napoléon Bonaparte les reçoit et leur fait un tableau très sombre de la France que les "pékins", les "avocaillons" ont menée au bord de la catastrophe.

8 heures

Séance du Conseil des Anciens aux Tuileries. Un inspecteur de la salle déclare que les "anarchistes" sont prêts à renverser la représentation nationale et que, pour déjouer leur plan, il faut transporter les Conseils hors de Paris. Le décret est voté, les Conseils siègeront le lendemain à Saint-Cloud. Napoléon Bonaparte est nommé commandant de toutes les troupes et de la garde nationale de la 17e division militaire. (Paris et banlieue).

9 heures

Napoléon Bonaparte entouré de nombreux officiers se rend aux Tuileries et prête serment devant le Conseil des Anciens. Au palais du Luxembourg, les Directeurs Louis Gohier, Jean-François Moulin constatent qu'ils sont abandonnés par les trois autres et "gardés" par le général Jean Victor Marie Moreau.

11 heures

Dans le jardin des Tuileries, Napoléon Bonaparte apercevant Botot, le secrétaire de Paul Barras, lui adresse une allocution restée célèbre "Qu'avez-vous fait de cette France que je vous avais laissée si brillante ?"

midi

Le Conseil des Anciens se réunit au palais Bourbon (actuelle Assemblée nationale). Le président Lucien Bonaparte lit le décret de transfert à Saint-Cloud. Les Jacobins protestent en vain. Au luxembourg, Paul Barras signe sa démission. Emmanuel-Joseph Sieyès et Roger Ducos ont donné la leur.

14 heures

Napoléon Bonaparte et son état-major font garder par les troupes les points stratégiques de Paris et de la route de Saint-Cloud. Paris reste calme. La vie y continue comme à l'ordinaire.

10 novembre 1799 - 19 brumaire an VIII

8 heures

Les députés souvent accompagnés de leur famille, gagnent Saint-Cloud où l'animation est grande. Dans le parc bivouaquent la garde du Conseil et une dizaine de compagnie de la 79e demi-brigade. Le général Jean Mathieu Philibert Sérurier, est chargé de la "protection" des Conseils. Dans le château, les ouviers se dépêchent de disposer les bancs, les tribunes, les tentures. Au premier étage de l'aile droite du château, la galerie d'Appollon servira de salle de délibérations au Conseil des Anciens. Faute d'autres grandes salles, le Conseil des Cinq-Cents siégera dans l'Orangerie, au rez-de-chaussée, bâtiment perpendiculaire au corps du château.

9 heures 30 ; Paris

Rue de la Victoire, Napoléon discute avec les officiers et les civils importants chargés de l'opération. Le succès n'apparaît pas certain.

11 heures ; Paris

Escorté par un détachement de cavalerie, Napoléon Bonaparte part pour Saint-Cloud.

12 heures 30 ; Saint-Cloud

Napoléon Bonaparte et son escorte arrivent au château de Saint-Cloud. Ils sont accueillis par des cris variés : Vive Bonaparte ou Vive la Constitution ! (par les opposants au coup d'État).

12 heures 30, à l'Orangerie du château

Lucien Bonaparte, président du Conseil des Cinq-Cents, ouvre la séance. Des Jacobins prennent d'abord la parole. On crie : "point de dictature ! A bas les dictateurs ! Vive la Constitution!". L'un d'eux fait décider que tous les députés devront prêter serment de "fidèlité à la Constitution de l'an III".

14 heures, galerie d'Appollon

La séance du Conseil des Anciens commence. plusieurs députés jacobins demandent des explications sur le "complot" qui a causé le transfert à Saint-Cloud.

15 heures, dans un salon du château

Napoléon Bonaparte et Emmanuel-Joseph Sieyès s'impatientent. Napoléon est très mécontent d'apprendre que les Cinq-Cents doivent prêter serment à la Constitution.

15 heures 30, galerie d'Apollon

Les Anciens apprennent que trois Directeurs ont donné leur démission. Ils demandent au Conseil des Cinq-Cents de désigner trente candidats. La séance est suspendue. Napoléon Bonaparte suivi de ses aides de camp pénètre dans la salle. Il proteste contre ceux qui le traitent de "nouveau César", de "nouveau Cromwell", et disent qu'il "veut établir un gouvernement militaire". Un député ayant crié "et la Constitution ?" Napoléon Bonaparte répond qu'elle a été violée au 18 fructidor an V (4 septembre 1797), le 22 floréal an VI (11 mai 1798), le 30 prairial an VII (18 juin 1799).Napoléon Bonaparte tient un discours maladroit. Il proteste de son dévouement à la liberté. On lui demande de nommer les conspirateurs. Il répond en disant sa confiance dans le Conseil des Anciens et sa méfiance envers le Conseil des Cinq-Cents. "Où se trouvent les hommes qui voudraient nous rendre la Convention, les Comités révolutionnaires et les échafauds". Il termine en menaçant de faire appel aux soldats et sort de la galerie. Son discours est très mal perçu par les députés qui l'accusent de vouloir instaurer la dictature.

16 heures, à l'Orangerie

Après avoir prêté serment à la Constitution, les députés du Conseil des Cinq-Cents apprennent la démission du Directeur Paul Barras. Ils discutent sur la manière de le remplacer.

16 heures 30

Napoléon Bonaparte entre à l'Orangerie. On crie: "Hors la loi ! A bas la dictature ! Vive la République et la Constitution de l'an III". Quelques faibles cris de "Vive Bonaparte" sont poussés. Quatre grenadiers viennent entourer Bonaparte qu'ils croient menacé et l'entraînent vers la sortie.

16 heures 35, petit salon attenant à l'Orangerie

Napoléon Bonaparte entre, y touve Sieyès et lui dit : "Ils veulent me mettre hors la loi". Emmanuel-Joseph Sieyès lui répond: "ce sont eux qui s'y sont mis", il ajoute qu'il faut faire marcher les troupes.

16 heures 30, à l'Orangerie

Lucien Bonaparte, président du Conseil des Cinq-Cents, tente de défendre son frère, mais son discours est accueilli par des huées. Lucien Bonaparte quitte alors son siège et le cède à Jean-Pierre Chazal. Dans un grand désordre certains députés demandent la mise hors la loi de Napoléon Bonaparte, d'autres qu'on lui retire son commandement des troupes, d'autres enfin que Lucien Bonaparte reprenne la présidence pour mettre aux voix le "hors la loi" (qui donne à tout citoyen le droit de tuer celui qui est désigné par un tel vote). Lucien Bonaparte reprend la présidence mais le tumulte continue. Lucien Bonaparte lève la séance en s'écriant : "Il n'y a plus ici de liberté. N'ayant plus le moyen de me faire entendre, vous verrez au moins votre président en signe de deuil public, déposer ici les marques de la magistrature populaire". Et il sort.

17 heures, le petit salon puis la cour

Bonaparte sur la fausse nouvelle qu'il a été mis hors la loi, se précipite à la fenêtre et crie "Aux armes !". Puis il passe dans la cour où il est rejoint par son frère,ils montent à cheval. Lucien Bonaparte déclare que "l'immense majorité du Conseil est en ce moment, sous la terreur de quelques représentants à stylets [...] qui se sont mis eux-mêmes hors la loi [...] Ces proscripteurs ne sont plus les représentants du peuple, mais les représentants du pognard !". Napoléon Bonaparte prend la parole : "Soldats, je vous ai menés à la victoire ; puis-je compter sur vous ?" Clameurs : "Oui, oui ! Vive le général !". C'est Lucien Bonaparte qui va inciter les troupes à mettre de l'ordre dans les assemblées. C'est également ce jour que l'on retrouve l' origine du "mythe du poignard" disant que certains députés voulaient poignarder Napoléon Bonaparte pour justifier une intervention de l'armée.

17 heures 30 ; L'Orangerie

Après le départ de Lucien Bonaparte, les députés ont continué à discuter dans le tumulte. Ils entendent des roulements de tambours et les cris de "Vive Bonaparte". Les soldats entrent dans l'Orangerie, baïonnette au canon. Le général Victor-Emmanuel Leclerc s'avance et dit : Citoyens représentants, on ne peut plus répondre de la sûreté du Conseil, je vous invite à vous retirer". Après quelques répliques, Joachim Murat s'écrie: "Foutez moi tout ce monde dehors!". La plupart des députés passent dans le parc par les fenêtres en abandonnant leurs toges.Les images des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l'homme de la situation qui fait basculer un coup d'État parlementaire en coup d'État militaire.

18 heures 45 ; Galerie d'Apollon

Apprenant ce qui vient de se passer à l'Orangerie, le président Cornudet fait voter le décret suivant : "le Conseil des Anciens attendu la retraite du Conseil des Cinq-Cents décrète ce qui suit : Quatre des membres du Directoire exécutif ayant donné leur démission et le cinquième étant mis en surveillance, il sera nommé une commission exécutive provisoire, composée de trois membres". Outre le corps législatif est ajourné au 1er nivôse an VIII (22 décembre 1799). Une commission intermédiaire prise dans le Conseil des Anciens exercera pendant ce temps le pouvoir législatif.

19 heures, petit salon

Napoléon Bonaparte et Emmanuel-Joseph Sieyès ne sont pas satisfaits de ce décret qui considèrent que les députés du Conseil des Cinq-Cents ont disparu. Ils décident de réunir les députés de ce Conseil qui leur sont favorables et qu'on pourra retrouver.

21 heures, l'Orangerie

Une cinquantaine de députés du Conseil des Cinq-Cents ont pu être rassemblés. Lucien Bonaparte les préside. Ils votent leur reconnaissance à Napoléon Bonaparte et déclarent que lui et les généraux qui l'entourent ont bien mérité de la patrie. Ils nomment les membres de la "commission exécutive, provisoire" créee par le Conseil des Anciens : Napoléon Bonaparte, Emmanuel-Joseph Sieyès, Roger Ducos et décident que deux commissions, l'une de 20 Anciens, l'autre de 25 députés du Conseil des Cinq-Cents, discuteront avec les consuls -ainsi appelle-t-on les membres de la commission exécutive- des mesures urgentes à prendre, c'est à dire de la nouvelle Constitution.

11 novembre 1799 - 20 brumaire an VIII

4 heures

Les Anciens et les Cinq-Cents présents désignent 25 membres de chaque commission. Les trois consuls (Napoléon Bonaparte,Emmanuel-Joseph Sieyès, Roser Ducos) prêtent serment devant elles. Bonaparte déclara « Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée, elle est finie ». Le Consulat est mis en place, un régime autoritaire dirigé par trois consuls, dont seul le premier détient réellement le pouvoir : la France entame une nouvelle période de son histoire en s'apprêtant à confier son destin à un empereur. Note : pour certains historiens, le Consulat est la dernière phase de la Révolution française. Pour d'autres, il forme, avec le Premier Empire, une nouvelle étape de l'histoire de France.

Bibliographie


- Jacques-Olivier BOUDON, Histoire du Consulat et de l'Empire, Perrin, Paris, 2003.
- Jean-Paul BERTAUD, Bonaparte prend le pouvoir, Complexe, Bruxelles, 1987.
- Thierry LENTZ, Le 18 Brumaire, Picollec, Paris, 1997.

Paul Barras

Paul François Jean Nicolas comte de Barras, homme politique français pendant la Révolution française. Il est né à Fox-Amphoux (Provence, Var), le 30 juin 1755 dans une famille de petite noblesse provençale. Il entre dans l'armée à l'âge de seize ans. Il sert aux colonies et prend part à des actions militaires aux Indes sous M. de Bellecombe et le Bailly Sufren. Après la paix de 1783, il met fin à sa carrière, en donnant sa démission après une altercation avec le maréchal de Castries, ministre de la Marine. De 1783 à 1789, il se trouve fort dépourvu et désœuvré à Paris. On l'a accusé d'avoir fréquenté les pires maisons de jeux qui pullulaient à l'époque. Bel Homme, il fréquente les femmes les plus spirituelles de l'époque, en particulier la cantatrice Sophie Arnould. C'est par hasard qu'il assiste à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Jusqu'alors, Le comte de Barras n'avait pas d'idées politiques bien arrêtées. Il rencontrait Mirabeau chez Sophie Arnould. Peut-être est-ce cette rencontre qui l'incita à s'inscrire à la franc-maçonnerie, puis au club des jacobins et à se lancer dans la politique comme républicain, en reniant comme tant d'autres sa caste ? Il se présente à la législative, et est élu délégué du Var, parmi 554 autres délégués. Il n'est pas élu député mais membre de la Haute-Cour d'Orléans. Celle-ci devant être dissoute, il rentre à Paris, et est nommé Commissaire près de l'armée d'Italie. Élu député suppléant du