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France libreLa France Libre est le nom donné à l'organisation de résistance extérieure fondée à Londres par le général de Gaulle à la suite de de son appel du 18 juin 1940.
La France Libre et ses ramifications
La formation de volontaires français
L'idée de base de la France Libre est le ralliement au général de Gaulle des Français qui veulent poursuivre la lutte contre l'Allemagne aux côtés des alliés anglais. Dès le 18 juin, et dans la foulée de son appel à poursuivre la lutte, les ralliements sont d'abord individuels. Officiers, soldats, ou simples citoyens rallient ainsi Londres et de Gaulle. Dès le 28 juin 1940, Winston Churchill, Premier Ministre britannique reconnaît le général de Gaulle comme le « chef des Français qui continuent la guerre ».
Par la suite, par l'accord des Chequers (7 août 1940) entre la Grande-Bretagne et le général de Gaulle, l'Angleterre s'engagea à sauvegarder l'intégrité de toutes les possessions françaises et à restaurer intégralement l'indépendance et la grandeur de la France. Le gouvernement britannique s'engagea de plus à financer toutes les dépenses de la France Libre, mais de Gaulle insista pour que ces sommes soient des avances remboursables et non des dons qui auraient jeté une ombre, aussi ténue soit elle, sur l'indépendance de son organisation. Les sommes dites furent effectivement remboursées, et bien avant la fin de la guerre. Sur ces questions de principe, de Gaulle était intraitable.
Les ralliements de territoires
En juillet 1940, la France Libre peut compter sur quelques 7 000 hommes. Ses effectifs croissent notablement, en aout-septembre 1940, à la suite du ralliement de plusieurs colonies africaines, océaniennes, et asiatiques: Tchad, Oubangui-Chari, Congo et Cameroun, Comptoirs de l'Inde, Océanie et Nouvelle-Calédonie, ainsi que Wallis et Futuna. Ces ralliements confèrent, de plus, à la France Libre une assise territoriale, et donc une dimension étatique et non plus seulement militaire.
Les forces de la France Libre sont désormais présentes sur plusieurs théâtres d'opérations aux côtés de ses alliés britanniques: Elles participent à la bataille aérienne d'Angleterre, lancent une expédition au Fezzan, concourent à la conquête de l'Érythrée italienne, tandis que leurs premiers parachutistes interviennent en Libye sur les arrières des forces de l'Axe. Enfin les marins français libres prêtent la main à la Royal Navy.
C'est la 1ère Brigade des Forces françaises libres du général Kœnig, qui, en retardant 14 jours Rommel à Bir Hakeim, a donné à la huitième armée britannique le temps de se replier et de se reformer sur la ligne fortifiée d'El Alamein, où l'Afrika Korps a été stoppée sur la route de Suez.
L'établissement d'une autorité gouvernementale
Après l'expédition manquée de Dakar, de Gaulle se rend, avec une partie de ses troupes, en Afrique Equatoriale Française.
Le 30 octobre (jour où le Maréchal Pétain appelle ouvertement à la collaboration, à la radio de Vichy), de Gaulle institue par ordonnance le « Conseil de Défense de l'Empire »., composé des différents chefs de territoires ralliés à la France libre.
Le Gabon est alors occupé par les Forces Française Libres, du 9 au 11 novembre 1941, de sorte que le bloc AEF-Cameroun est réunifié au sein de la France Libre.
Le 16 novembre, de Gaulle publie, dans le Journal Officiel de la France Libre, à Brazaville, une « Déclaration organique » officielle, contestant la constitutionnalité et la légitimité du Régime de Vichy, suivie de plusieurs ordonnances et décrets invalidant les lois d'exclusion de Pétain. Ce faisant, il irrita Churchill, qui, ne perdant pas complètement l'espoir de s'entendre avec Pétain, vit d'un mauvais œil s'ériger un nouveau pouvoir français dépassant largement le cadre de la Légion de volontaires initiale.
À la suite de la Charte de l'Atlantique, adoptée le 14 août 1941 par Churchill et Roosevelt et proclamant le principe d'autodétermination des peuples, de Gaulle les prit au mot et créa enfin à Londres un véritable gouvernement de la France Libre, sous le nom de « Comité national français ».
L'enlisement du gouvernement de Vichy dans la collaboration
EN CONSTRUCTION
Voir Régime de Vichy et Collaboration.
Le renforcement du Comité Français de Londres
Outre les militaires et autres volontaires, des intellectuels, comme Maurice Schuman, René Cassin et Jacques Soustelle, avaient également rejoint Londres. Citons ici pour l'exemple l'humoriste Pierre Dac qui pratiqua son art sur les antennes de la BBC. Ce ralliement d'un nombre appréciable de civils, avait contribué à encourager de Gaulle à constituer à la tête de la France libre un véritable organisme politique avec pour objectif de se faire reconnaître comme un gouvernement en exil. Il avait pourtant fallu attendre le 24 septembre 1941 pour voir émerger le Comité National Français, sorte de gouvernement.
À partir de 1942, le terme de « France combattante » remplaça celui de « France libre », pour bien marquer l'association de la Résistance intérieure à la France libre.
L'intervention alliée en Afrique du Nord, et ses suites
Lors du débarquement allié en Afrique du nord effectué sans le concours du général de Gaulle, 400 volontaires civils arrêtèrent Juin et Darlan et neutralisèrent pendant 15 heures le XIXe Corps d'Armée vichyste, par leur putsch du 8 novembre 1942. Si bien que les Alliés purent débarquer et encercler Alger sans opposition, après quoi ils obtinrent le jour même la capitulation de cette ville avec son port intact. Quant à Juin et Darlan, désormais entre les mains des alliés, ils finirent, sous la pression et les menaces du général Clark, par ordonner le cessez-le-feu à Oran et au Maroc, le 10 novembre, après trois jours de combat sanglant.
Darlan forma alors à Alger, sous le nom de « Haut Commissariat de France en Afrique », un nouveau gouvernement vichyste, rival du Comité national de Londres, qui maintint en A.F.N. et A.O.F. les lois vichystes d'inspiration hitlérienne en vigueur et les détenus politiques de Vichy dans leurs camps de concentration du sud.
Mais, quelques semaines après, Darlan fut abattu par Bonnier de La Chapelle (fusillé deux jours plus tard) et Giraud lui succèda.
Comme, à la différence de Darlan, Giraud, bien que vichyste, n'avait pas collaboré, l'union entre les autorités de Londres et Alger devint possible et des négociations difficiles furent mises en route, sous la pression de Roosevelt et Churchill, après la Conférence de Casablanca de janvier 1943, dénommée aussi « Conférence d'Anfa ».
La fusion
Finalement, le 3 juin 1943, le Comité National Français de Londres et le Commandement Civil et Militaire d'Alger, fusionnèrent, sous la coprésidence des généraux de Gaulle et Giraud, dans le Comité français de la Libération nationale (CFLN), installé à Alger.
Les forces armées ralliées à la France libre avaient été appelées Forces françaises libres (FFL). Leur emblème était la croix de Lorraine. On distinguait à l'intérieur des FFL, les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) et les Forces navales françaises libres (FNFL). De plus, on peut signaler l'existence, dès 1940, d'un authentique service d'espionnage et de sabotage, le Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA), qui, sous les ordres du colonel Passy (Dewawrin), avait établi très tôt des réseaux clandestins en France.
La 2 D.B. de Leclerc et la 1ère Armée furent deux des fleurons issus de la fusion de l'armée de la France Libre avec celle d'Afrique, après la libération de l'Afrique du Nord et la campagne de Tunisie. Si certains Américains furent condescendants sur les opérations militaires menées par les forces françaises, entre 1940 et 1945, les Britanniques en furent bien plus respectueux.
Si les Anglais respectèrent sans difficulté, sauf au Levant, leur parole de restaurer la « grandeur » de la France, les Alliés de la deuxième heure comme les Soviétiques et les Américains, n'eurent pas le même souci, ni la même perception de la « France libre » du général de Gaulle. Même si les Russes ont gardé un souvenir bienveillant pour les Français libres de l'escadrille Normandie-Niemen, qui se distingua sur le front russe entre 1943 et 1945. Par ailleurs, les relations entre Staline et de Gaulle furent, en apparence, moins houleuses que celles qui opposèrent Roosevelt au Chef de la France libre.
Chronologie de la France Libre
Quelques dates préliminaires
- 25 mai : Nomination de Charles de Gaulle comme général de brigade à titre temporaire
- 5 juin : Entrée de Charles de Gaulle au gouvernement comme sous secrétaire d'État à la défense nationale
- 16 juin :
- Mission de Charles de Gaulle à Londres pour y demander une aide matérielle au transfert des troupes française en AFN.
- Démission de Paul Reynaud, remplacé par le Maréchal Philippe Pétain
- Retour de Charles de Gaulle à Bordeaux
- 17 juin : Départ de Charles de Gaulle pour l'Angleterre
Chronologie de la France Libre dans la guerre
- 18 juin : Premier appel du Général de Gaulle à la poursuite de la guerre
- 22 juin : Signature de l'armistice
- 28 juin : Reconnaissance du Général de Gaulle, par le gouvernement britannique, comme chef des Français qui continuent la guerre
- 3 juillet : Attaque de la flotte française de Mers-El-Kébir par la flotte britannique.
- 10 juillet : Vote inconstitutionnel attribuant les pleins pouvoirs constituant, législatif, exécutif et judiciaire, au Maréchal Pétain
- 20 juillet : Ralliement de l'administration française des Nouvelles-Hébrides
- 23 juillet : Loi d'exception sur la déchéance de la nationalité française, pour ceux qui se sont rendus à l'étranger sans ordre de mission régulier
- 2 août : Condamnation à mort et à la confiscation des biens de Charles de Gaulle
- 7 août : Signature de la Convention entre le Général de Gaulle et l'Angleterre
- 27 - 28 août : Ralliement du bloc AEF-Cameroun, à l'exception du Gabon
- 2 septembre : Ralliement de Tahiti
- 9 septembre : Ralliement des Comptoirs de l'Inde
- 19 septembre : Ralliement de la Nouvelle-Calédonie
- 18 octobre : Ralliement de Catroux à la France Libre
- 24 octobre : Conclusion du Protocole Pétain-Hitler à Montoire et annonce de la “Collaboration”pour accélérer la défaite anglaise
- 27 octobre : Création du Conseil de Défense de l'Empire, par ordonnance de Brazzaville
- 30 octobre : Discours de Pétain appelant à la collaboration
- 9 - 11 novembre : Ralliement du Gabon
- 8 décembre : retrait de la nationalité française du Général de Gaulle
- 24 décembre : Reconnaissance britannique du Conseil de Défense de l’Empire constitué par le général de Gaulle
- 14 mars - 31 août : séjour de Charles de Gaulle en Afrique et au Moyen-Orient
- 2 mai : Coup d'État anti-britannique en Irak
- 6 mai : Ordre de Darlan au général Dentz d'accueillir en Syrie les avions allemands et de délivrer des stocks d'armes français aux irakiens combattant les Anglais
- 9 mai : Atterrissage à Damas des premiers appareils allemands
- 13 mai : 1ère livraison de 300 tonnes d'armes de l'armée du Levant aux Irakiens se battant contre l’armée anglaise
- 28 mai : Signature du Protocole de Paris, par Darlan
- 7 juin : Début de l’intervention franco-britannique en Syrie
- 22 juin : Début de l’invasion de l'URSS par l'Allemagne et entrée en guerre de l'U.R.S.S.
- 14 juillet : Armistice de Saint Jean d'Acre, accordé par les Anglais aux conditions exigées par Dentz, sans consultation des Français libres
- 14 août : Charte de l’Atlantique
- 29 août : Exécution d'Honoré d'Estienne d'Orves, officier de la France Libre, en mission en France
- 24 septembre : Institution du Comité National Français de Londres (C.N.F)
- 26 septembre : Reconnaissance du C.N.F. par l’URSS
- 23 octobre : Ch.de Gaulle à la BBC invite la résistance de stopper, dans l'immédiat, les attentats anti-Allemands
- 7 décembre : Attaque Japonaise contre la flotte de Pearl Harbor et entrée en guerre des États-Unis
- 24 décembre :
- Ralliement de Saint Pierre et Miquelon par les F.N.F.L. de l'amiral Muselier, sans l'accord des États-Unis et du Canada
- Nomination de Jean Moulin, venu de France, comme délégué du Comité National pour la zone non occupée
- 27 février : 1er ramassage par avion d'un agent du BCRA(Remy) en France occupée
- 3 mars : L'Amiral Muselier quitte le Comité National
- Fin Mars : Ramassage aérien en France de Christian Pineau, syndicaliste et dirigeant de Libération Nord
- 18 avril : Retour au pouvoir de Pierre Laval
- 28 avril : Déclaration Manifeste de De Gaulle aux mouvements de résistance
- Mai : ramassage aérien en France d’Emmanuel d’Astier, chef de Libération-Sud et de Philippe Roques
- 5 mai : Débarquement anglais à Madagascar
- 9 - 10 mai : Destruction de la grande antenne de Radio-Allouis par 2 parachutistes F.F.L.
- 26 mai - 11 juin : Bataille de Bir-Hakeim, où la brigade française libre du Général Kœnig, sauve la 8ème armée anglaise en déroute, en détruisant de nombreux blindés ennemis, et en retardant Rommel de 12 jours.
- 30 juin : Fin de l’offensive Rommel, à El-Alamein
- 9 juillet : Reconnaissance américaine du Comité National « comme symbole de la résistance française »
- 14 juillet : La France Libre devient “France Combattante”
- Fin juillet:
- Ramassage aérien en France d’André Philip
- André Philip remplace Diethelm, comme Commissaire à l’Intérieur
- 19 août : Raid allié manqué contre Dieppe
- 3 septembre : Extension du Prêt-bail à la France Combattante
- 28 septembre : Reconnaissance soviétique du Comité National “comme ayant seule qualité pour organiser la participation des citoyens et des territoires français à l’effort de guerre”
- 23 octobre - 4 novembre : Bataille d’El-Alamein
- 8 novembre :
- Débarquement allié en Afrique du Nord, (Opération Torch)
- Putsch du 8 novembre 1942, à Alger, avec arrestation de Juin et François Darlan et neutralisation du XIXème corps d'armée vichyste par 400 résistants
- Reddition d'Alger, à 17 heures, par François Darlan et Juin encerclés par les forces alliées
- 8 - 11 novembre :
- Résistance sanglante de l’armée d’Afrique au débarquement allié, au Maroc et à Oran
- Livraison sans combat, par la même armée d’Afrique, de toute la Tunisie aux Germano-italiens
- 11 novembre : Livraison sans combat par l’armée d’armistice de toute la zone non occupée aux Germano-italiens
- 13 novembre :
- Constitution par François Darlan à Alger d'un second gouvernement vichyste, reconnu par les États-Unis, pour l'Afrique du Nord et l'A.O.F., sous l'intitulé de « Haut Commissariat en Afrique ». Constitution d'un « Conseil Impérial » composé, avec Darlan et Bergeret, des proconsuls vichystes d'Afrique du Nord et d'A.O.F.(Noguès, Chatel et Boisson)
- maintien des lois d’exception et des camps de concentration de Vichy, en Afrique du Nord sous contrôle américain, en dehors de toute pression allemande (Voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43))
- 22 novembre : Accords Clark-Darlan
- 27 novembre : Sabordage de la flotte de Toulon
- 28 novembre : Ralliement forcé à la France combattante de la Cote Française des Somalis
- 30 novembre : Ralliement à la France combattante de l'île de la Réunion
- 14 décembre : Transfert de Madagascar à la France Combattante par les Anglais
- 24 décembre : Meurtre de l’Amiral François Darlan par le patriote Fernand Bonnier de La Chapelle
- 25 décembre :
- Election de Giraud par le « Conseil Impérial », comme « Commandant en Chef Civil et Militaire » et maintien intégral du régime de Vichy
- De Gaulle propose sans succès une rencontre à Giraud
- Janvier : Unification des 3 principaux mouvements de résistance de zone sud, au sein du M.U.R.
- 13 janvier : Arrivée de la Colonne Leclerc en Tunisie, après la conquête du Fezzan et la prise à revers de la ligne Mareth par les Forces françaises libres (FFL).
- 14 au 24 janvier : Conférence de Casablanca (1943), dite aussi « Conférence d'Anfa »
- 2 février : Capitulation allemande à Stalingrad
- 21 février : Nomination de Jean Moulin comme délégué général du Comité National pour toute la France occupée
- 14 mars : Discours de Giraud renonçant à la législation de Vichy, .... sauf à la législation antisémite
- 26 mars : Création du Comité de coordination des 5 principaux mouvements de résistance de zone Nord, par Pierre Brossolette
- 31 mars : Ferhat Abbas lance le Manifeste du Peuple Algérien
- 1 avril : Arrivée à Alger de la Mission Catroux
- 7 mai : Prise de Bizerte et de Tunis
- 27 mai :
- Constitution en France du Conseil National de la Résistance (CNR), regroupant les principaux mouvements de résistance, tendances politiques et syndicats
- Apport par le CNR de son appui à de Gaulle
- 30 mai : Arrivée du Général de Gaulle à Alger
- 2 juin : manifestation de masse en faveur de Charles de Gaulle, à Alger
- 3 juin : Constitution du Comité français de la Libération nationale (CFLN), avec co-présidence de Giraud et de Gaulle
- 21 juin : Ralliement forcé de la flotte d'Alexandrie, sur la menace de Churchill de ne plus payer les soldes de ses équipages
- 30 juin : Rentrée en guerre des Antilles, à la suite de violentes manifestations populaires contre l'amiral vichyste Robert (et après le sabotage sur ses ordres d'une partie de la flotte et de la totalité des avions)
- 2 -23 juillet : Visite de Giraud aux États-Unis
- 10 juillet : Débarquement allié en Sicile
- 25 juillet : Chute de Mussolini
- 31 juillet : Présidence politique du CFLN par le général de Gaulle (Giraud restant président militaire)
- Août : Mort de Jean Moulin sous la torture
- 26 août : Reconnaissance limitée du CFLN par les 3 grands alliés
- 30 août : Bidault devient président du C.N.R.
- 8 septembre :
- Capitulation italienne
- Insurrection en Corse
- 8 septembre - 4 octobre : Participation de l'armée française à la libération de la Corse
- 3 novembre :
- Séance inaugurale de l'Assemblée consultativeprovisoire
- Recomposition du CFLN suivant la composition de l'Assemblée Consultative. De Gaulle en devient le président unique.
- 28 novembre - 2 décembre : Conférence de Téhéran donnant priorité au débarquement en Normandie.
- 12 décembre : Discours de Charles de Gaulle annonçant une réforme du statut des Algériens musulmans.
- 30 décembre : Darnand, Chef de la milice est nommé Secrétaire au Maintien de l'ordre et Henriot Secrétaire à la propagande
- 10 janvier : Ordonnance instituant les Commissaires de la République pour la prise en charge des régions libérées.
- 30 janvier : Conférence de Brazzaville
- 1 février : Création des Forces françaises de l'intérieur (FFI) (regroupant l'Armée Secrète, les Francs-tireurs et partisans (FTP) et l'Organisation de résistance de l'armée)
- 7 mars : Ordonnance du 7 mars sur le statut des Français musulmans d'Algérie attribuant la citoyenneté à 70 000 indigènes, sans renonciation à leur statut civil coranique
- 20 mars : Exécution de l'ancien ministre de l'Intérieur de Vichy, Pierre Pucheu
- 4 avril : Entrée de deux commissaires communistes au CFLN.
- 21 avril : Ordonnance organisant les pouvoirs publics en France libérée
- 11 - 18 mai : Percée des forces françaises commandées par le Maréchal Alphonse Juin, au Garigliano
- 3 juin : Le C.F.L.N. devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)
- 4 juin : Entrée des Français à Rome
- 6 juin : Débarquement allié en Normandie
- 10 juin : Massacre d'Oradour-sur-Glane par les SS de la Division Das Reich
- 14 juin : Visite du Général de Gaulle en Normandie libérée
- 17 - 18 juin : Prise de l'Île d'Elbe par le Maréchal Jean-Marie de Lattre de Tassigny
- 28 juin : Exécution de Philippe Henriot par la résistance
- 7 juillet : Reconnaissance de facto du GPRF par les États-Unis
- 15 août : Débarquement franco-américain en Provence
- 19 août : Déclenchement de l'insurrection de Paris
- 22 août - 24 août : Marche de la Division Leclerc sur Paris
- 25 août : Capitulation de Dietrich von Choltitz
- 26 août : Descente triomphale du Général de Gaulle, de la Place de l'Étoile à Notre-Dame de Paris
- 31 août : Installation du GPRF à Paris
- 9 septembre : Recomposition d'un GPRF d'unanimité nationale
- 19 septembre - 20 septembre : Intégration des FFI à l'armée
- 23 octobre : Reconnaissance du GPRF par les 3 grands
- 23 novembre : Libération de Strasbourg
- 27 novembre : Maurice Thorez, amnistié par de Gaulle, rentre en France
- 3 décembre - 11 décembre : De Gaulle signe à Moscou un traité d'assistance mutuelle avec l'URSS, d'une durée de 20 ans.
- 4 -11 février : Conférence de Yalta, attribuant à la France une zone d'occupation en Allemagne
- 9 mars : Coup de force japonais en Indochine
- Fin mars : Passage au Yunnan des troupes du Général Alessandri
- 25 avril : Conférence de San Francisco, qui définit le but et le fonctionnement de l'ONU
- 26 avril : Retour de Philippe Pétain en France
- 28 avril : Exécution de Mussolini par les partisans
- 30 avril : Suicide d'Adolf Hitler dans Berlin conquis
- 5 mai : Prise de Berchtesgaden par les troupes françaises et américaines
- 8 mai : Capitulation allemande
- 16 mai : Accession de la France au rang de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU
- 6 août : Bombe atomique sur Hiroshima
- 2 septembre : Capitulation japonaise
Généraux des Forces Françaises Libres
- Ralph Monclar
- Raoul Charles Magrin-Verneret
Sources et bibliographie de base
- Charles de Gaulle: Mémoires de Guerre:
- Volume I - L'Appel, 1940-1942, Paris,1954,
- Volume II - L'Unité, 1942-1944, Paris,1956,
- Volume III - Le Salut, 1944-1946, Paris,1959.
- Jacques Soustelle, Envers et contre tout, Tomes I et II, Robert Laffont, Paris, 1950.
- Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre, Gallimard, Paris, 1996.
- Yves Maxime Danan, La vie politique à Alger, de 1940 à 1944, Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, Paris, 1963.
- William Langer, Le jeu américain à Vichy, Plon, Paris 1948.
- Christine Levisse-Touzet, L’Afrique du Nord, pendant la Seconde Guerre mondiale, Albin Michel, Paris 1998.
- François Kersaudy, De Gaulle et Roosevelt : le duel au sommet, Perrin, Paris, 2004. ISBN 2262020280
A noter que les archives officielles de la France Libre sont encore largement fermées aux chercheurs. Les archives s’ouvrent toutefois à l'étranger et le sujet est déjà copieusement nourri par une littérature conséquente (bibliographie de base ci-dessus).
Il faut signaler aussi l'ouvrage écrit par Bernard Le Marec : « Les Français Libres et leurs emblèmes », chez Charles Lavauzelle.
Catégorie:Résistance Catégorie:Politique française Catégorie:Histoire de France
ja:自由フランス
Charles de Gaulle
Charles André Joseph Marie de Gaulle (22 novembre 1890 - 9 novembre 1970), militaire de carrière et homme d'État français du , fondateur de la V° République.
Son patronyme ne contient pas une particule nobiliaire mais une forme dialectale de l'article ; on devrait logiquement l'écrire De Gaulle comme on écrit Le Châtelier, mais l'usage a consacré la minuscule. (Sur la famille, voir Famille de Gaulle)
Éducation
- Né à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille catholique et cultivée, de Gaulle était le fils d'un enseignant d'école libre qui lui fit découvrir les œuvres de Barrès, Bergson et Péguy. Lors de la crise politique résultant de la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, il est amené à poursuivre ses études en Belgique, première expérience d'exil. Entré 119e sur 221 à l'École militaire de Saint-Cyr en 1908 après avoir fait ses classes préparatoires au collège Stanislas de Paris, il en sortit diplômé en 1912 - Promotion Fès dont le major fût le futur maréchal Juin- et rejoignit l'infanterie. Affecté au 33 Régiment d'Infanterie d'Arras, il est alors sous les ordres du Colonel Philippe Pétain.
Première Guerre mondiale
Philippe Pétain
- Lieutenant au début de la Première Guerre mondiale, il est ensuite promu Capitaine en janvier 1915. Blessé dès son premier combat à Dinant le 15 août 1914, il rejoint le 33 RI. sur le front de Champagne pour commander la 7 compagnie. Il est blessé à nouveau le 10 mars 1915 (main gauche), sur la Somme. Décidé à en découdre, il désobéit à ses supérieurs en faisant tirer sur les tranchées ennemies. Cet acte lui vaut d'être relevé huit jours de ses fonctions. Officier tatillon, volontiers cassant, son intelligence et son courage face au feu le distinguent au point que le commandant du 33 RI lui offre d'être son adjoint.
- Le 2 mars 1916, son régiment est attaqué et presque détruit par l'ennemi en défendant le village de Douaumont, près de Verdun. Sa compagnie est anéantie après un combat sans merci et les survivants encerclés. Il tente alors une percée et, pour la 3 fois, il est blessé, très gravement d'un coup de baïonette. Il se rend aux troupes allemandes, est soigné et interné.
- Après une tentative d'évasion manquée, Il est transféré au Fort d'Ingolstadt, en Bavière, un camp de représailles destiné aux officiers remuants. Il y croise le futur Général Catroux,le journaliste Rémy Roure, l'éditeur Berger-Levrault et le futur Maréchal soviétique Toukhatchevski. Un « lamentable exil », c'est en ces termes qu'il décrit à sa mère son sort de captif. Pour tromper l'ennui, de Gaulle organise pour ses compagnons de captivité des exposés magistraux sur l'état de la guerre en cours. Mais surtout, il tente de s'évader à cinq reprises, sans succès. Il est libéré après l'armistice. De ces deux ans et demi de captivité, il en gardera un souvenir amer, estimant être un « revenant », un soldat inutile qui n'a servi à rien. Il gardera toutefois de la Grande Guerre une élévation à la dignité de Chevalier de la Légion d'Honneur (23 juillet 1919).
Seconde Guerre mondiale
- Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est Colonel, commandant le 507e régiment de chars, à Metz. Le 14 mai 1940, il est désigné pour commander la nouvelle 4 Division cuirassée (5000 hommes et 85 chars) avec laquelle il exécuta une contre-attaque vers Moncornet, au nord-est de Laon. Le 1 juin, il fait fonction de Général de brigade à titre temporaire. Le 6 juin 1940, Paul Reynaud le nomme Sous-secrétaire d'État à la guerre. En tant que membre du cabinet il s'oppose à l'armistice et quitte la France pour l'Angleterre le 15 juin lorsque le Maréchal Pétain prend le pouvoir (il désapprouve la politique de Pétain qui cherchait à signer l'armistice avec les Allemands).
Appel du 18 juin
Pétain
Pétain
- Le 18 juin, de Gaulle se prépare à parler au peuple français via la BBC, depuis Londres.Le cabinet britannique tente de s'y opposer,mais Churchill le soutien. Depuis la France, l'appel du 18 Juin put être entendu à 19 heures. De ce jour, ce texte demeure l'une des plus célèbres allocutions de l'histoire de France. Ci-contre l'affichette placardée dans toute la ville de Londres, souvent confondue avec l'Appel, ce qui irritait fortement le général.
- Le gouvernement britannique avait au préalable proposé au ministre français de l'Intérieur Georges Mandel de passer en Angleterre et de lancer lui-même un appel. Mandel s'était par ses avertissements répétés contre les menaces du III Reich — et en opposition à ce sujet avec son ami le Président du Conseil Léon Blum — signalé comme un homme d'État et de caractère. Mandel refusa de quitter la France pour ne pas prêter le flanc à une critique de désertion qui aurait aussitôt été exploitée (il était israëlite) et recommanda que ce discours fût confié à de Gaulle.
France Libre
- De Londres, de Gaulle forme d'abord et dirige les Forces françaises libres. En France, de Gaulle est condamné par contumace à la peine de mort en juillet 1940 pour trahison. Obtenant le ralliement de plusieurs possessions coloniales françaises, surtout en Afrique, il constitue la France Libre, gouvernée par son Comité National Français. Mais il fait surtout en sorte que la France reste présente dans le camp allié, par ses Forces françaises libres (FFL) qui continuent le combat sur les différents fronts. En outre, il stimule et obtient le ralliement de la résistance intérieure, grâce au Colonel Passy, à Pierre Brossolette et à Jean Moulin, ce qui le conduit à transformer la France libre en France combattante.
- De Gaulle est l'incarnation de la France pendant la Guerre. Il s'appuie dès juin 1940 sur la France Libre et n'a de cesse que de protéger les intérêts de la France dans la guerre et après le conflit. Il obtient ainsi de Churchill la signature de l'accord des Chequers (7 août 1940) par lequel la Grande-Bretagne s'engage à sauvegarder l'intégrité de toutes les possessions françaises et à la « restauration intégrale de l'indépendance et de la grandeur de la France ». Le gouvernement britannique s'engage de plus à financer toutes les dépenses de la France Libre, mais de Gaulle insiste pour que ces sommes soient des avances remboursables et pas des dons qui jetteraient une ombre, aussi ténue soit elle, sur l'indépendance de son organisation. Les sommes dites seront effectivement remboursées, et bien avant la fin de la guerre. Sur les questions de principes, de Gaulle était intraitable.
- Malgré les relations de confiance scellées par traités entre Churchill et de Gaulle, les deux géants ont des relations parfois tendues, mais jamais malsaines. Et quand Churchill, à court d'argument lance à de Gaulle « Mais vous n'êtes pas la France ! Vous êtes la France combattante, nous avons consigné tout cela par écrit », de Gaulle réplique immédiatement : « J'agis au nom de la France. Je combats aux côtés de l'Angleterre mais non pour le compte de l'Angleterre. Je parle au nom de la France et je suis responsable devant elle ». Churchill abdique alors en poussant un « J'avais espéré que nous pourrions combattre côte à côte. Mais mes espoirs ont été déçus parce que si vous êtes si combatif que non content de lutter contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon, vous voulez aussi combattre l'Angleterre et l'Amérique...» De Gaulle recadre alors le débat en précisant « Je prends cela comme une plaisanterie, mais elle n'est pas du meilleur goût. S'il y a bien un homme dont les Anglais n'ont pas à se plaindre, c'est bien moi. ». Pour la petite histoire, Churchill avait surnommé De Gaulle « Jeanne d'Arc ».
- Les relations avec Roosevelt sont plus problématiques car le président américain n'a aucune confiance en de Gaulle. De fait, les deux hommes se détestent. Un mot de De Gaulle à Churchill explique en partie l'attitude française face à l'Amérique : « Je suis trop pauvre pour me courber ». Roosevelt projetait de faire de la France un État faible en détruisant sa capacité industrielle, et le projet de l' AMGOT allait d'ailleurs très loin dans cette direction, en traitant la France comme un vaincu, plutôt que comme une des puissances victorieuses. La haine de Roosevelt était tellement flamboyante (il considérait de Gaulle au pire comme un futur tyran, au mieux comme un opportuniste) que même ses adjoints finirent par en prendre ombrage, y compris le très pusillanime secrétaire des affaires étrangères Cordell Hull qui, finalement, se rangea aux côtés de la France Libre et de son chef. Certains pensent que l'une des raisons de ce revirement fut la crainte par les Américains d'un retournement la Résistance contre eux (alors même que le Débarquement était imminent) en cas d'occupation de la France.
Victoire
- Malgré son exclusion par Roosevelt du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (Opération Torch), et surtout malgré le soutien apporté par les États-Unis à l'Amiral François Darlan, puis au Général de groupe d'armées Giraud, de Gaulle réussit à prendre pied à Alger en mai 1943. Il y créé avec Giraud le Comité français de la Libération nationale (CFLN), pour unifier la direction de l'Empire libéré, et fut bientôt à sa tête. Le CFLN prit le nom de Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) en juin 1944, et se verra transféré à Paris libéré en septembre 1944.
- De Gaulle initie l'attribution du droit de vote aux femmes de France à la Libération. Cette réforme n'est que l'un des multiples aspects des réformes « gaulliennes » à la Libération, des nationalisations à la mise en place d'un système de sécurité sociale moderne, notamment (bien que pas autant que celui de l'Alsace, qui avait gardé depuis 1918 celui de Bismarck et le conserva donc). De Gaulle exposa sa vision de l'organisation politique d'un Etat démocratique et fort à Bayeux le 16 juin 1946, mais il ne fut pas suivi.
L'Après-guerre
- Après la guerre, il est brièvement Président du gouvernement provisoire à partir d'octobre 1945 mais il démissionne en janvier 1946, s'impatientant et désapprouvant la constitution de la Quatrième République. En 1947, il fonde un mouvement politique, le RPF (Rassemblement du Peuple Français) afin de transformer la scène politique française, mais il se retire de nouveau en 1953.
Le retour au pouvoir
- À la suite des échecs de la Quatrième République en Indochine et Algérie, l'insurrection éclate à Alger et les putchistes civils et militaires organisent un Comité de Salut Public le 13 mai 1958 pour maintenir l'Algérie française. Celui-ci est récupéré par les gaullistes. Les élus de la Nation reculent devant l'émeute et De Gaulle prend le pouvoir (plus tard il déclarera qu'il l'a simplement ramassé) et est nommé Président du Conseil le 1 juin 1958. Il obtient quasiment les pouvoirs Constituant. Il utilise comme il l'avait annoncé ce pouvoir pour faire rédiger une nouvelle constitution selon les idées exprimées dans le Discours de Bayeux. Cette constitution met un terme à la "dictature parlementaire", responsable de l'instabilité des gouvernements et d'une politique chaotique. En septembre, un référendum approuve la nouvelle constitution à 83 %, marquant ainsi le passage à la Cinquième République. En novembre, de Gaulle remporte les élections législatives et obtient une confortable majorité. En décembre, il est élu Président de la République avec 78 % des voix au suffrage indirect par plus de 80.000 grands électeurs.
Présidence de la République
- Charles de Gaulle prend ses fonctions de Président de la République le 8 janvier 1959. Il engage de difficiles mesures pour revitaliser le pays, avec en particulier l'introduction du nouveau franc (valant 100 anciens francs).
- Sur la scène internationale, refusant la domination des États-Unis comme de l'URSS, il défend une France indépendante, dotée de sa propre force de frappe nucléaire. Il met en place également les débuts de la conquête spatiale française. En tant que membre fondateur de la CEE, il oppose son veto à l'entrée du Royaume-Uni.
- En ce qui concerne la guerre d'Algérie, de Gaulle réalise rapidement qu'il n'était pas possible de la gagner et soutint l'indépendance de l'Algérie. Avec l'armée de conscription, il fait échec au putsch des généraux à Alger en 1961. Cette attitude provoqua de fortes résistances dans certains groupes nationalistes et de Gaulle fut obligé de réprimer des soulèvements de pieds-noirs en Algérie. Il fut alors la cible d'organisations terroristes telles que l'Organisation armée secrète (OAS) qui le surnommait la « Grande Zohra ». En 1962 il signa un cessez-le-feu en Algérie, et il emporta le référendum octroyant l'indépendance, ce qui fut fait en avril 1962.
- En avril 1962, le Premier ministre Michel Debré fut remplacé par Georges Pompidou.
- En septembre 1962, Charles de Gaulle proposa d'amender la constitution afin de permettre au président d'être élu au suffrage direct. La réforme de la constitution eut lieu, malgré l'opposition du Parlement.
- En octobre, l'Assemblée nationale vota une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, mais le général refuse la démission que lui présentait le Premier ministre et choisit de dissoudre l'assemblée. Les nouvelles élections renforcèrent la majorité parlementaire gaulliste.
Politique étrangère
gaulliste
- De Gaulle dut attendre la fin du conflit en Algérie pour lancer réellement sa politique étrangère. En effet, le « boulet algérien » réduisait considérablement la marge de manœuvre française et, d'une façon ou d'une autre, il fallait avant toute chose mettre un terme à ce conflit. La politique de « l'indépendance nationale » est alors pleinement mise en application.
- En 1962, après l'attentat du Petit Clamart, de Gaulle comprend la nécessité de doter son successeur d'une légitimité à la hauteur de celle que l'Histoire lui à donnée. Il instaure donc l'élection directe par le Peuple du Président de la République. Malgré l'opposition de la gauche et des disputes juridiques, le référendum est un triomphe.
- Le 19 décembre 1965, il fut réélu président de la République pour un nouveau mandat de 7 ans. De Gaulle n'est élu qu'au second tour de l'élection, mis en ballottage par François Mitterrand et Jean Lecanuet avec 13 083 699 voix, soit 55 %. Il est vrai qu'il n'avait pas fait de campagne électorale. Ses adversaires lui reprochaient son nationalisme et tiraient argument d'une conjoncture économique déprimée en France. Internationalement, de Gaulle continua à promouvoir l'indépendance de la France : il refusa au Royaume-Uni l'entrée dans la CEE, il condamna l'aide militaire apportée par les États-Unis d'Amérique à la République du Viêt Nam (dite Viêt Nam du Sud) contre la rébellion communiste menée par le Viêt Minh (guérilla soutenue par le Nord-Vietnam), ainsi que la riposte israélienne au blocus du détroit de Tiran par l'Égypte, lors de la guerre des six jours, et en 1966 la France se retira du commandement militaire intégré de l'OTAN, expulsant les bases américaines de son territoire, tout en restant membre de l'Alliance atlantique.
- En ce qui concerne l'Europe, de Gaulle est partisan d'une « Europe des nations », où celles-ci devront conserver leur pleine souveraineté, et contre toute Europe supranationale. C'est ce qui le conduira à mener la "politique de la chaise vide" de juin 1965 à janvier 1966.
- Le 14 décembre 1965, de Gaulle déclara : « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe ! mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. » Pourtant, c'est bien l'Europe qui fixe le cadre de son ambition, une Europe qui va même « de l'Atlantique à l'Oural », gommant d'un trait le provisoire rideau de fer. En effet, le pivot de la politique étrangère française est le rapprochement avec l'autre poids lourd du continent : l'Allemagne. C'est le vieux rêve de la diplomatie française que répète ici de Gaulle, en tournant le dos aux « Anglo-Saxons ».
- On pourrait en effet s'étonner de l'intransigeance gaullienne vis-à-vis de la Grande-Bretagne, tout particulièrement. Pour de Gaulle, comme pour Churchill d'ailleurs, la Grande-Bretagne n'avait fait que son devoir en 1940, et il n'existait pas de « dette » française envers Londres liée à la Seconde Guerre mondiale. De Gaulle désapprouvait les relations privilégiées rapprochant la Grande-Bretagne des États-Unis depuis la guerre, ainsi que la préférence économique impériale qui jouait entre celle-ci et les Etats du Commonwealth, rendant ainsi difficile son admission au sein de l'Europe. Aussi l'entrée d'un tel « cheval de Troie américain » au sein de l'Europe lui paraissait-elle non souhaitable. Les Britanniques attendront donc 1973 avant de rejoindre l'Union Européenne.
- La position de De Gaulle face au monde communiste était sans ambiguïté : il était viscéralement anti-communiste, et avait, le premier, prophétisé la chute de ce système. "La Russie boira le communisme comme le buvard l'encre". Il prône la normalisation des relations avec ces régimes « transitoires » aux yeux de l'Histoire de façon à jouer le role de pivot entre les deux blocs. La reconnaissance de la Chine communiste dès le 27 janvier 1964 va dans ce sens, de même que son voyage en URSS de juin 1966.
- Les relations entre de Gaulle et les États-Unis sont assurément les plus épicées. Malgré quelques tensions vives, de Gaulle sera toujours au rendez-vous en cas de « vrai » coup dur : Berlin ou Cuba, notamment. En revanche, dès que les Américains franchissent la ligne jaune, le « policier » de Gaulle se fait un malin plaisir à dresser publiquement un procès verbal. On garde ainsi en mémoire le discours du 31 août 1966 à Phnom Penh vilipendant l'attitude américaine au Viet-Nam, un théâtre d'opération que la France connaissait d'ailleurs fort bien...
- C'est surtout en matière de politique étrangère qu'il convient d'introduire la notion essentielle pour comprendre la pensée gaullienne : « une certaine idée de la France ». De Gaulle puise sa force dans la connaissance de l'Histoire de France. Selon lui, le poids de cette Histoire est tel qu'il donne à la France une position particulière au sein du concert des nations. Pour lui, et pour nombre de Français, l'Angleterre et les États-Unis ne sont que des rejetons de la France... De même, il estimait l'institution de l'ONU comme dérisoire et la surnommait « le machin ».
Attentat du Petit-Clamart
- Un polytechnicien ingénieur de l'armement nommé Jean-Marie Bastien-Thiry considérait l'organisation de la scission entre France métropolitaine et Algérie, même ratifiée par référendum, comme une forfaiture. Il conçut avec l'aide de personnes partageant son point de vue (appartenant à un mouvement nommé OAS - Organisation armée secrète) de s'assurer de la personne de De Gaulle ou même, si ce rapt se révélait impossible, de le tuer.
- Un attentat fut organisé au Carrefour du Petit-Clamart, depuis un restaurant aujourd'hui disparu. Il échoua, bien que la DS présidentielle montrât une trace de balle passée latéralement à quelques centimètres des visages du couple présidentiel. « Cela aurait fait une belle fin », commenta de Gaulle en regardant le trou laissé par l'impact. Parce que Bastien-Thiry avait fait tirer sur une voiture occupée par une femme, il lui refusa tout recours en grâce.
- Notons néanmoins que, bien qu'il s'agît d'un échec, cela ne stoppa pas l'OAS et que, même aujourd'hui, des gens gardent une profonde haine à l'égard de De Gaulle et de sa politique algérienne.
Force de frappe
- Convaincu de l'importance stratégique de l'arme nucléaire, De Gaulle poursuit le développement de celle-ci, sous la protestation de l'opposition qui n'y voyait qu'une bombinette. La réponse de De Gaulle sera : « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes. Eh bien je crois qu'on n'attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, même si on a soi-même de quoi tuer 800 millions de Français, à supposer qu'il y eût 800 millions de Français ».
- Le rôle des États-Unis dans cette affaire paraît étrange. D'abord farouchement hostiles à l'idée même que la France devienne une puissance nucléaire, les États-Unis concluent, un peu vite, que la France n'est pas de taille pour ce défi technologique. Kennedy avait ensuite promis une aide dans le domaine nucléaire suite au soutien français sur les affaires de Berlin et de Cuba, mais ne tint pas sa promesse... La question nucléaire empoisonna les relations franco-américaines durant toutes les années 1960. Il fallut attendre Richard Nixon pour trouver un premier président américain clairement « gaullien ». Nixon contourne d'abord les contraignantes législations américaines dans les domaines nucléaires avant d'ouvrir officiellement la voie de la collaboration nucléaire franco-américaine. Le gros du travail est déjà fait et les « bombinettes » françaises sont déjà fort efficaces.
- François Mitterrand s'opposant de façon virulente à la bombinette, De Gaulle ne se refusa pas le plaisir de confier la supervision du projet à son frère, Jacques Mitterrand. Ainsi, « Ce que l'un critique, l'autre l'assurera », indiqua-t-il.
Conversion des dollars
- Sur la recommandation de l'économiste Jacques Rueff qui voyait la guerre au Vietnam déséquilibrer la balance des paiements, de Gaulle demanda aux États-Unis la contrepartie en or d'une forte proportion des dollars détenus par la France. L'opération était légale, car le dollar était défini officiellement par eux comme correspondant à 1/35 d'once d'or. Règlements internationaux obligent, les États-Unis durent obtempérer et l'or fut transféré en France. En 1971 les États-Unis mettaient fin à la parité pour faire flotter le dollar. De 1973 à 1975, à la suite du choc pétrolier, les cours de l'or s'envolèrent. Le conseil de Jacques Rueff s'était montré bon à long terme.
Affaire du "Québec Libre"
Lors d'une visite d'État au Canada en 1967 afin de célébrer les 100 ans de la confédération canadienne, de Gaulle provoqua l'indignation des autorités fédérales canadiennes, lorsqu'à Montréal, devant une foule de plus de 100 000 Québécois, il ponctua son discours d'un retentissant : « Vive Montréal, vive le Québec… Vive le Québec libre! », salué par une ovation générale. Cela déclencha une crise avec le gouvernement canadien. À la suite du discours de De Gaulle, qui contenait un certain nombre de clins d'œil (« Mais après tout, on se sent chez soi, ici », « Je vais vous confier un petit secret que vous ne répéterez à personne : sur mon chemin, j'ai vu une atmosphère qui m'a rappelé celle de la Libération »), le Premier ministre canadien, Lester B. Pearson déclara ces propos « inacceptables ». De Gaulle fit répondre que le mot inacceptable était lui-même inacceptable et annula unilatéralement la visite prévue à Ottawa. Il repartit séance tenante en France, délaissant le croiseur qui l'avait amené, le Colbert — moyen de transport délibérément choisi pour lui permettre d'éviter le protocole qui commandait l'arrivée via la capitale fédérale, Ottawa, chose qu'il ne pouvait se résoudre à faire, ayant été invité par le premier ministre du Québec, Daniel Johnson (père), plutôt que par le gouvernement canadien. Le but de De Gaulle n'était pas de provoquer un « clash » entre le Québec et le Canada, mais plutôt de regonfler les « Français du Canada » face aux voisins anglo-saxons. Le grand homme déclara d'ailleurs dans la foulée de cette visite au Québec, « je leur ai fait gagner 30 ans ». Sur les critiques, il eut à peu près ce mot : « il y a trois catégories de gens que cela va embêter. Les diplomates, mais bon, eux on s'en occupe, les journalistes, mais eux on s'en fout car ils n'écrivent pas l'Histoire, et puis les Anglo-Saxons. Eux ne m'ont jamais aimé, alors… »
- Dans la perspective de la Seconde Guerre mondiale, cette déclaration fut ressentie comme injuste par les Canadiens anglophones qui avaient soutenu la France Libre, alors que les Québécois francophones, soucieux de l'indépendance du Canada vis-à-vis du Royaume-Uni, étaient moins enthousiastes pour participer à l'effort de guerre. Des envoyés de la France libre, Élisabeth de Miribel et le capitaine de vaisseau Georges Thierry d'Argenlieu - dont le titre de supérieur majeur de la province des Carmes de Paris était censé lui valoir le respect des catholiques - tentèrent en 1941 de rallier les Canadiens à la cause du général de Gaulle, avec un succès tout relatif, puisque les Québécois votèrent majoritairement contre la conscription lors du plébiscite du 27 avril 1942, sans toutefois réussir à empêcher la victoire du « oui ».
- Charles De Gaulle a dit à Xavier Deniau, au moment d'embarquer à Brest, « Ils vont m'entendre là-bas, ça va faire des vagues ! ». Une semaine au paravant, se confiant à son gendre : « Je compte frapper un grand coup. Ça bardera. Mais il le faut. C'est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France. ». Puis, plus tard, dans l'avion du retour, se confiant à Bernard Dorin : « Ce qui vient de se produire, c'est un phénomène historique qui était peut-être prévisible mais qui a pris des formes que seul l'événement pouvait préciser. Bien entendu, j'aurais pu, comme beaucoup d'autres, m'en tirer par quelques courtoisies ou acrobaties diplomatiques, mais quand on est le général de Gaulle, on ne recourt pas à des expédients de ce genre. Ce que j'ai fait, je devais le faire. »
- Le gouvernement d'Ottawa dut dès cette époque traiter avec une attention particulière les revendications du Québec qui, fort de cet encouragement qui laissait présager un soutien fort de la France si besoin, commença à parler de faire sécession.
- Cet exemple est devenu aujourd'hui un cas d'école en théorie des jeux, au même titre que la crise des missiles de Cuba. Pour reprendre un mot prononcé par de Gaulle en d'autres circonstances : « Ils auraient voulu continuer à jouer tranquillement à la belote, mais je les ai obligés à jouer au poker, et là, je suis le plus fort ».
- Lors de sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année, à l'Élysée, Charles de Gaulle justifia une fois de plus son geste d'éclat par un discours engagé, ponctué par un solennel « allons, allons, pour eux aussi, il faut que la France soit la France ! ».
Mai 1968
- Les manifestations durant les grèves de 1968 furent un autre défi. De Gaulle était prêt à accepter certaines des revendications des manifestants. Il voulut faire approuver les réformes par référendum mais Georges Pompidou le persuada de dissoudre plutôt l'Assemblée nationale. De Gaulle l'annonça le 30 mai 1968, dans un discours radiodiffusé, comme l'appel du 18 juin ou l'intervention de 1960 pendant les barricades d'Alger. Les phrases étaient courtes, chacune ou presque une décision :
- « Étant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine, j'ai envisagé, depuis vingt-quatre heures, toutes les éventualités, sans exception, qui me permettraient de la maintenir » (on savait que de Gaulle avait juste avant ce discours été voir en hélicoptère le général Massu à Baden-Baden)
- « J'ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. »
- « Je ne changerai pas le Premier ministre, qui mérite l'hommage de tous. »
- « Je dissous aujourd'hui l'Assemblée nationale »
- « Je charge les préfets, devenus ou redevenus commissaires du peuple, d'empêcher la subversion à tout moment et en tous lieux »
- « Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu'on entende bâillonner le peuple français tout entier, en l'empêchant de s'exprimer en même temps qu'on l'empêche de vivre, par les mêmes moyens qu'on empêche les étudiants d'étudier, les enseignants d'enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l'intimidation, l'intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue date en conséquence et par un parti qui est une entreprise totalitaire, même s'il a déjà des rivaux à cet égard » (de Gaulle opposait sans doute ainsi le Parti communiste français aux groupes maoïstes, et le premier semblait déjà bien dépassé par les événements).
- La fin du discours mentionne au sujet d'une déclaration juste antérieure, et sans la citer, « l'ambition et la haine de politiciens au rancart » et affirme qu'après avoir été utilisés « ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids, qui ne serait pas lourd ».
- Après les discours un peu décevants qui avaient précédé, la France semblait retrouver son de Gaulle des grands jours. Une manifestation fut organisée pour faire pendant à celle du 13 mai 1968 et fut créditée d'un million de participants selon les organisateurs, trois cent mille selon la préfecture de police. Les élections de juin 1968 furent un grand succès pour les gaullistes qui obtinrent 358 des 487 sièges. Georges Pompidou fut remplacé par Maurice Couve de Murville au mois de juillet.
Le départ
Dans un référendum portant sur le transfert de certains pouvoirs aux régions et la transformation du Sénat, de Gaulle proposait d'introduire des représentants des organisations professionnelles et syndicales au sein des conseils régionaux. Mettant tout son poids dans le référendum, il annonça à l'avance son intention de démissionner en cas de victoire du « non ». Celui-ci, auquel s'était rallié Valéry Giscard d'Estaing l'emporta par 52,46 %, et de Gaulle annonça peu après minuit (00h11): « Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi ».
Charles de Gaulle prit donc congé de la République le 28 avril 1969, prit quelque repos en Irlande (d'où il vota par correspondance), puis se retira à Colombey-les-Deux-Églises, où il travailla à l'écriture de ses Mémoires, et où il mourut le 9 novembre 1970.
Une mort humble
- Son testament reste une dernière gifle d'outre-tombe aux conventions :
- « Je veux être enterré à Colombey ».
- « À mes obsèques, ni présidents, ni ministres ! » (Le ministre des finances Valéry Giscard d'Estaing, s'y rendit tout de même en arguant que ce n'est pas en ministre qu'il venait, mais en simple Français). « Juste les Compagnons de la Libération » (ce qui incluait Jacques Chaban-Delmas et André Malraux). Tous les autres officiels, président Nixon compris, durent se contenter d'assister à une simple messe en son honneur au même moment à Notre-Dame de Paris. De Gaulle était le dernier des géants de la Guerre à mourir, et Notre-Dame rassembla les personnalités importantes du monde entier pour une simple messe.
- « Sur ma tombe : Charles de Gaulle, 1890-19... Rien d'autre »
- À la différence sans doute de certains hommes politiques de son époque (il y avait eu quelques scandales immobiliers), celui-ci n'a pas profité de son passage aux affaires pour s'enrichir. Sa probité était telle qu'il ne demanda, par exemple, pas le remboursement de ses frais d'hospitalisation pour la simple raison que c'était lui qui avait mis en place le système de couverture des soins de santé. Ses héritiers durent même vendre sa propriété de la Boisserie, à Colombey. Rachetée par une souscription, elle est aujourd'hui devenue le musée Charles de Gaulle.
Le souvenir
De nombreux bâtiments publics et rues portent son nom en France. En particulier la place de l'Étoile à Paris ainsi que l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Son nom a également été donné au dernier porte-avions en date, le Charles de Gaulle. Curieusement, quelques années après la mort de De Gaulle, beaucoup des hommes qui l'avaient critiqué de son vivant commencèrent à se réclamer de lui. Cela a permis à beaucoup de rappeler une phrase célèbre du Général de Gaulle : « tout le monde a été, est ou sera gaulliste ».
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Quelques échecs
Charles de Gaulle, avant comme après son entrée en politique, ne connut pas que des réussites, et ne perçut pas quelques changements radicaux de l'époque :
- Il échoua avant la guerre à faire bouger la classe politique pour faire accepter ses théories novatrices ("Vers l'armée de métier") en matière militaire. Ce fut l'ennemi qui les appliqua, sous le nom de Blitzkrieg (guerre-éclair, consistant en chars rapides protégés par une couverture aérienne)
- Il se sentit obligé de démissionner en 1946.
- La décolonisation fut ambiguë. Jacques Foccart fut chargé de récupérer discrètement ce qu'on abandonnait officiellement. C'est ainsi que se renforcèrent les "réseaux Foccart" qui ont été ensuite dénoncés par les pourfendeurs de la Françafrique. Le 3 février 1965, alors que le président gabonais Léon Mba est rongé par un cancer, Charles de Gaulle et Jacques Foccart discutent tranquillement du nom de son successeur. Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 1, p. 58 :
Charles de Gaulle. — Alors, que va-t-on faire ?
Jacques Foccart. — Le Gabon est un pays où personne n’émerge. On parle bien du président de l’Assemblée, mais il est d’une ethnie qui ne compte que quelques milliers de membres.
Ch. De G. — Quelle est l’ethnie de Léon Mba ?
J. F. — C’est un Fang. Bongo, son directeur de cabinet, est un jeune autoritaire, qui sait ce qu’il veut, qui aurait de la fermeté, mais pas la capacité de gouverner.
Ch. De G. — On va finir par être obligés d’appeler Aubame. Où est-il Aubame ? En prison ?
J. F. — Oui, mais de toute façon, on ne peut pas envisager cela. Aubame n’oubliera pas que nous avons prêté main-forte à Léon Mba pour l’arrêter ; il nous serait systématiquement hostile. De plus, il avait partie liée avec les Américains, qui portent un intérêt considérable au Gabon du fait des mines de fer de Mekambo, et qui lorgnent aussi sur les gisements d’uranium et de manganèse.
Ch. De G. — En définitive, il reste qui ?
J. F. — Il reste Yembit, le vice-président, mais c’est un personnage sans relief. Je vais étudier la question et je vous ferai des propositions.
- L'enlèvement de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka sur le territoire français, avec le concours de policiers français, est révélateur de l'ambiguïté, non de la décolonisation (jamais le Maroc n'avait été une colonie française ; il s'agissait d'un simple protectorat), mais des relations avec l'outre-mer.
- Si une majorité de Français changea d'opinion sur la question de l’Algérie française entre 1954 et 1962, certains autres ne pardonnèrent cependant pas à de Gaulle de s'être rallié à l’Algérie algérienne alors qu'il aurait prononcé en 1958 le slogan « Vive l’Algérie française » (en réalité, jamais dans ses grands discours, et peut-être une seule fois, dans un coin perdu d'Algérie, lors d'une inspection surnommée « Tournée des popotes »). François Mitterrand a connu un revirement analogue (plus tardif) sur la question algérienne. De ce fait, de Gaulle n'a guère été aimé de la plupart des Français originaires d'Algérie, qui, déjà, pendant la guerre, avaient été en majorité pétainistes, favorables à l'amiral Darlan ou au général Giraud.
- Mais, que l'on ait été pour ou contre la politique algérienne de Charles de Gaulle, on ne peut que déplorer la mauvaise gestion du cas des Harkis (Algériens de souche qui avaient combattu dans le camp français) : une grande partie d'entre eux ne fut pas transportés en France, et parmi ceux-là, beaucoup furent enlevés et massacrés par le FLN, et les derniers ne purent être hébergés que dans des camps de regroupement en France. Son ministre Joxe s'opposa à l'asile en France de certains, après pourtant que leurs chefs les eussent fait désarmer conformément aux accords de cessez-le-feu.
- De Gaulle ne prit jamais au sérieux le besoin d'un réseau téléphonique performant en France. Il le voyait comme la poste du riche (c'est aujourd'hui devenu, les coûts s'étant croisés, la poste du pauvre). Il revint à Valéry Giscard d'Estaing de faire installer pendant son seul septennat plus de téléphones que la France n'en avait installé depuis 1900, ce qui assura alors la prospérité de la société Alcatel.
- Les atlantistes jugent que son rapprochement avec les pays de l'Est de 1966 est remis en question par certains historiens et y voient une instrumentalisation de sa politique par les Soviétiques, instrumentalisation servant leur vision de la Guerre Froide et desservant celle des États-Unis.
- De Gaulle décréta en 1967 un embargo contre Israël, parce que cet État (qui ne s'équipait qu'en matériel français, et qui seul avait soutenu chaque année la France à l'ONU, alors que celle-ci y était sans cesse mise en accusation pour l'affaire d'Algérie), avait déclenché une guerre préventive (dite des Six Jours) contre l'Égypte et ses alliés. Cet État estimait son action justifée par une déclaration officielle du président Nasser annonçant sa destruction imminente, au congédiement unilatéral par ce dictateur des Casques bleus séparant les deux pays, et au blocus du détroit de Tiran, déclenché par le feu de l'artillerie égyptienne. Cette politique poursuivie par Georges Pompidou, successeur du général, n'a pas valu à la France de reconnaissance particulière des Etats pétroliers arabes ; certains, comme la Libye, ont même dirigé des opérations terroristes contre la France ; d'autres, comme l'Irak (laïque), se sont fait équiper par la France, mais en omettant de régler quelques factures.
- Le supersonique « Concorde », qu'il a imposé, fut un échec commercial à cause du boycott américain, puis des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Le projet Concorde avait bénéficié d'une priorité de réalisation par rapport au projet Airbus.
- Son dernier référendum, où deux questions étaient posées en même temps (accord sur la régionalisation et la réforme du Sénat) et où il cherchait à profiter de l'impulsion de Mai 1968 pour généraliser son initiative de participation des salariés au bénéfice des entreprises lui valut un abandon de soutien par la droite. Il n'obtint pas la majorité et abandonna le pouvoir.
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Anecdotes
- Le départ des troupes de l'OTAN eut pour les adolescents des années 60 une conséquence très dure : La disparition sur la bande FM de toute la musique rock qui était destinée aux familles (résidant en France) des soldats de l'OTAN. Commença sur la bande FM un lourd silence en matière de musique pop qui ne se desserra un peu qu'en 68 avec TSF 68 (l'ancêtre de FIP). Il y avait en tout et pour tout quatre stations sur toute la bande FM. Après quelques escarmouches dont celle de Radio Fil Bleu (giscardienne, mais dissidente), les ondes se libérèrent en 1981 sous François Mitterrand, pour le meilleur comme pour le pire.
- Interrogé par le mensuel Science & vie, le président de Mensa (le club des grands QI) en Angleterre déclara « Le Général de Gaulle réussirait sans la moindre difficulté les tests d'entrée à Mensa ». Sur la même question concernant la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, il refusa de répondre.
- Lors d'une visite en Afrique, la délégation fut soudain prise dans une nuée de moustiques. Vous ne vous grattez pas, Général?, s'enquérit la femme d'un diplomate. — Les moustiques, madame, ne piquent pas le Général de Gaulle répondit-il.
- La presse britannique (entre autres le Daily Mirror) prêta quelque temps à de Gaulle au début des années 1960 l'intention de rétablir en France la monarchie ! À l'origine de cette rumeur, une simple boutade de celui-ci au comte de Paris qui s'inquiétait de savoir qui lui succèderait, et qui s'était vu répondre : « Pourquoi pas vous, Monseigneur ? », mais qui fut sans doute prise au premier degré par des proches de l'intéressé. L'affaire paraissait si absurde en France qu'elle n'y fut reprise que par une presse spécialisée. On ignorait alors que ce que les uns prêtaient à un général français, un autre général — espagnol — était en train de le préparer avec le jeune prince Juan Carlos. De Gaulle n'avait, cela dit, rien contre la monarchie, mais l'estimait simplement devenue impossible en France.
Le jugement de l'histoire
Les années que Jean Fourastié a nommé les Trente glorieuses (1945-1975) ont laissé aux Français le souvenir d'une époque, sinon heureuse (deux guerres coloniales), au moins de croissance et — vers la fin — de prospérité. Nous ne sommes pas les plus riches, nous ne sommes pas les plus puissants, mais je vous garantis que nous sommes parmi les plus heureux, affirma Georges Pompidou lors de vœux usuels de nouvel an aux Français. Or la fin de cette période heureuse se trouve correspondre par coïncidence à peu près à celle du gaullisme : difficile dans ces conditions de séparer objectivement ce qui est dû à l'homme et à son dauphin désigné de ce qui est dû à l'économie, d'autant que les deux n'étaient pas exempts d'imbrication.
Le premier président de la V République apparaît en revanche aujourd'hui comme un des derniers grands fabricants d'histoire, qui a comme on le voit plus haut su souvent mener les événements au lieu de se laisser mener par eux. Son vocabulaire non conventionnel pour un homme politique de l'époque et de cet âge (culbute, chienlit), son humour (« Croit-on que je vais commencer, à soixante-sept ans, une carrière de dictateur ? »), son sens de la répartie (au cours d'une conférence de presse, il répondit à un journaliste dont la question était simplement « Comment allez-vous ? » : « Je vais bien, mais rassurez-vous, je ne manquerai pas de mourir »), son mépris affiché des partis politiques, sa défiance envers une droite qui ne l'aimait pas et le lui fit voir en 1969, comme envers une gauche qui n'avait jamais vraiment soutenu le projet de participation (des salariés aux bénéfices de leur entreprise) qui lui était cher, tout cela a conduit nombre de Français à ressentir pour lui, fût-ce tardivement, le même genre de sympathie qu'envers Jean Yanne ou Coluche. De Gaulle, c'était, dans un esprit très « Astérix » : Le petit qui n'a pas peur des gros. On ne s'étonnera pas de sa déclaration que son livre préféré était Cyrano de Bergerac. Et il fit un jour cette remarque ironique : « Au fond, je n'ai qu'un seul rival international : c'est Tintin. »
Citations
- « Comment voulez vous gouverner un pays où il existe 365 variétés de fromage ? »
- « Je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes, Je n'aime pas les MRP parce qu'ils sont radicaux, Je n'aime pas mes partisans parce qu'ils aiment l'argent. » 1947
- Conférence de presse du 31 janvier 1964 :
« (...) il doit être évidement entendu que l'autorité indivisible de l'État est confiée tout entiére au président par le Peuple qui l'a élu, qu'il n'en existe aucune autre, ni ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire, qui ne soit conférée et maintenue par lui, enfin, qu'il lui appartient d'ajuster le domaine suprême qui lui est propre avec ceux dont il attribue la gestion à d'autres (...)»
- « Un pouvoir insurrectionnel s’est installé en Algérie par un pronunciamento militaire. Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d’officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. [...] Au nom de la France, j’ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer la route de ces hommes-là, en attendant de les réduire. J’interdis à tout Français et, d’abord, à tout soldat d’exécuter aucun de leurs ordres.» Il conclut : « Françaises, Français, aidez-moi ! ». 23 avril 1961.
- Le 21 avril 1967, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 1, pp. 611/612
« Eh bien, voyez ! C’est bien ce que je disais : le Parlement démontre qu’il n’est rien. Il fracasse, il pérore, il fait un peu de bruit et de scandale, mais tout cela n’émeut absolument pas l’opinion publique. […] Le Parlement, en réalité, s’est tué lui-même. Il est mort, il n’existe plus. À l’époque où nous sommes, nous ne pouvons plus continuer à croire à ces jeux stériles. D’ailleurs, personne ne s’y trompe, sauf ceux qui font profession d’y croire. Alors, bien sûr, ceux-là s’agitent, écrivent des éditoriaux dans les journaux, font des déclarations à la radio, mais tout cela, c’est de l’agitation qui ne touche pas le pays et il faut bien que vous en soyez convaincu. »
- Dialogue entre Charles de Gaulle et Jacques Foccart sur le problème des Noirs aux États-unis, de Gaulle évoquant le partage territorial pour le rejeter aussitôt (23 août 1967, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 1, p. 693)
Jacques Foccart. — En effet, c’est une solution qui échouera, parce qu’il n’est pas envisageable, dans un État du sud, de demander aux Blancs de partir pour laisser la place aux Noirs : ce serait tout de suite la guerre civile.
Charles de Gaulle. — Vous avez raison. Et en plus, on s’apercevrait qu’ils ne sont rien. Car, figurez-vous, c’est quand même la caractéristique de cette race, qui produit quelques éléments qui font illusion, d’être incapable de fonder une grande nation. L’Américain noir profite de ce que les États-Unis sont une puissance supérieure ; enfin, il en profite, le malheureux, d’une certaine façon : il fait illusion. Mais si le peuple noir était livré à lui-même dans un des États d’Amérique, il n’arriverait à rien, et très vite, ce serait la dégringolade. Il crierait immédiatement à la trahison et il entrerait en état de perpétuelle rébellion. La dernière possibilité serait de les renvoyer en Afrique.
J. F. ― Mon général, vous n’imaginez pas tous ces gens retournant en Afrique ! Ce n’est pas sensé, ce n’est pas possible !
Ch. De G. — Eh bien, il n’y a rien à faire. Ce sera une affaire terrible.
- Le 11 octobre 1968, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 2, p. 383 :
Jacques Foccart. — [Le trésorier de l'UDR Robert] Poujade a l’intention de proposer Papon pour le remplacer, mais il veut connaître votre avis avant.
Charles de Gaulle. — Oui, Papon, c’est tout à fait convenable, c’est sérieux. En effet, c’est une bonne idée.
- Le 31 décembre 1968, cité dans Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, tome 2, p. 515
« Il y a deux catégories de journalistes ; il y a les journalistes tout-venant, qui lisent des dépêches, etc. Pour ce travail, n’importe qui fait l’affaire. Mais il faut trouver des journalistes de qualité, qui sont chargés de faire comprendre la politique du gouvernement, de l’expliquer, de sortir un peu des textes ; ceux-là, il faut les chercher et vous devez bien en trouver. […] »
- « Si les policiers n'étaient pas bêtes, ils ne seraient pas des policiers. » Cité par Ernest Mignon dans Les mots du Général.
- « La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave. » Discours du 27 Mai 1942.
- « La France ne peut être la France sans la grandeur. » Extrait de l'appel
- « Vive le Québec libre !. » Discours de l'Expo '67 à Montréal le 24 Juillet 1967.
- La citation qui lui est souvent attribuée: "La vieillesse est un naufrage" est de Chateaubriand
Famille
Voir aussi : Famille de Gaulle.
Charles de Gaulle avait épousé le 7 avril 1921 Yvonne Vendroux (22 mai 1900 à Calais - 8 novembre 1979 à Paris), dont il a eu trois enfants :
- Philippe de Gaulle (28 décembre 1921 à Paris), amiral, puis sénateur.
- Élisabeth de Gaulle, née le 15 mai 1924 à Paris.
- Anne de Gaulle (1 janvier 1928 à Trèves - 6 février 1948 à Colombey-les-Deux-Églises), née handicapée mentalement.
Charles avait trois frères, dont deux ont été résis
Appel du 18 Juin
Catégorie:RésistanceCatégorie:Seconde Guerre mondiale
L'Appel du 18 Juin est le nom donné au discours que le Général de Gaulle avait prononcé à la BBC (la radio britannique) le 18 juin 1940 (enregistré vers 18 heures, diffusé le jour même à 22 heures et rediffusé le lendemain vers 16 heures). Depuis ce jour, cette allocution demeure l'une des plus célèbres de l'histoire de France.
Ce discours est un appel à la résistance du peuple français qui s'est fait battre puis envahir par l'Allemagne nazie; c'est également une réaction à la demande d'armistice de Pétain.
Un discours à faible auditoire, mais fondateur et emblématique: il va permettre à Charles de Gaulle de se placer en chef de la France libre, face au régime collaborationniste de Vichy.
Pour l'anecdote, le cabinet britannique tenta de s'y opposer, mais Churchill le soutint. Et, malheureusement, la BBC ne jugea pas l'événement suffisamment important pour enregistrer l'allocution et pour en réaliser une photographie; ce qui contribuera à la confondre avec le discours (beaucoup plus écouté) du 22 juin.
Texte du discours
- [http://fr.wikisource.org/wiki/Appel_du_18_juin Appel du 18 juin]
Lien externe Document sonore
enregistrement sonore du discours du 22 Juin 1940 (et non du 18)
http://www.charles-de-gaulle.org/dossier/18juin/temoignages/son22j.htm
28 juin
Le 28 juin est le 179 jour de l'année (180 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.
Événements
- 1243 : Innocent IV devient pape.
- 1389 : La Serbie est vaincue par les Ottomans lors de la bataille de Kosovo Polje et perd son indépendance. Cet événement eut lieu en réalité le 15 juin, jour de la Saint-Guy ou "Vidovan". Mais il est commémoré par les Serbes le 15 juin julien qui tombe, aux et s, le 28 juin du calendrier grégorien.
- 1519 : Charles V est élu empereur du Saint Empire romain germanique.
- 1635 : La Guadeloupe devient une colonie française.
- 1837 : La reine Victoria du Royaume-Uni est couronnée.
- 1914 : François-Ferdinand de Habsbourg, archiduc d'Autriche, et sa femme Sophia sont assassinés par un nationaliste serbe, casus belli de la Première Guerre mondiale.
- 1919 : Signature du Traité de Versailles.
- 1928 : réception officielle d'Émile Mâle (1862-1954) à l'Académie française.
- 1940 : Le gouvernement britannique reconnaît officiellement le général de Gaulle comme "chef des Français libres".
- 1967 : Israël annexe Jérusalem-Est.
- 1969 : Emeutes de Stonewall.
- 2005 :
- La France obtient officiellement la création du réacteur ITER sur le site de Cadarache.
- Au Canada le mariage homosexuel est légalisé.
- Publication du logiciel libre Nvu en version 1.0.
Naissances
- 1476 : Paul IV (Gian Pietro Carafa), 223e pape de l'Église catholique. († 18 août 1559).
- 1491 : Henry VIII († 1547), roi d'Angleterre.
- 1577 : Peter Paul Rubens († 1640), peintre.
- 1712 : Jean-Jacques Rousseau († 1778), philosophe.
- 1807 : Gustav Heinrich Emil Ohlert, zoologiste allemand († 1871).
- 1867 : Luigi Pirandello († 1936), dramaturge, Prix Nobel de littérature 1934.
- 1875 : Henri Léon Lebesgue, mathématicien français.
- 1906 : Maria Goeppert-Mayer († 1972), physicien, Prix Nobel de physique 1963.
- 1907 :
- Paul-Émile Victor, († 1995), explorateur français.
- Maurice Novarina, († 2002), architecte français.
- 1922 : Mauro Bolognini, réalisateur italien.
- 1926 : Mel Brooks, cinéaste, états-unien.
- 1934 : Georges Wolinski, dessinateur, français.
- 1952 : Pietro Mennea, athlète, italien.
- 1971 : Fabien Barthez, footballeur, français.
Décès
- 572 : Alboïn, roi et fondateur du royaume lombard de Pavie est assassiné à Vérone durant sa sieste.
- 767 : Pape Paul Ier
- 1570 : Cardinal Francesco Pisani, évêque d'Ostie, Italie.
- 1598 : Abraham Ortelius, cartographe
- 1794 : René Madec, marin et aventurier breton, nabab du Grand Mogol (° 1736)
- 1810 : Joseph-Michel Montgolfier, inventeur français
- 1836 : James Madison, président des États-Unis
- 1914 : François-Ferdinand d'Autriche, héritier de la « double monarchie », assassiné à Sarajevo (° 1863)
- 1980 : Jose Iturbi, pianiste et chef d'orchestre espagnol (° 28 novembre 1895).
- 1981 : Terry Fox, activiste canadien du cancer
- 1992 : Mikhaïl Tal, joueur d'échecs russe (° 1936)
- 2000 : Sid Ahmed Rezala, « serial-killer »
- 2001 : Jack Lemmon, acteur américain
- 2002 : François Périer, comédien français
- 2004 : Marcel Jullian, homme de télévision français.
- 2004 : Georges de Caunes, homme de télévision et journaliste français.
Catégorie:Jour de l'année
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1940
Cette page concerne l'année 1940 du calendrier grégorien.
Événements
- Janvier 1940 - 18 : Le Danemark, la Norvège et la Suède affirment leur neutralité.
- Février 1940 - 12 : L'URSS et l'Allemagne signent un accord commercial pour contrer le blocus maritime franco-anglais.
- Mars 1940 - 27 : Himmler décide la construction du camp d'Auschwitz.
- Avril 1940 - 9 : Le Danemark et la Norvège sont envahis par l'Allemagne ; reddition du Danemark.
- Mai 1940 - 10 : Offensive allemande à l'Ouest contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France
- Juin 1940.
- - 4 : Fin de l'évacuation des forces alliées repliées à Dunkerque.
- -18 : Le Général de Gaulle lance son Appel du 18 Juin et fonde un gouvernement français en exil.
- -27 : Le Général de Gaulle prend le titre de Chef des Français Libres.
- Juillet 1940 - Hitler propose la paix au gouvernement britannique qui refuse
- Août 1940 - Premier bombardement sur Londres, puis premier bombardement sur Berlin en réplique
- Septembre 1940 - 13 : L'Italie envahit l'Égypte
- Octobre 1940 - 30 : Pétain annonce la collaboration de la France avec l'Allemagne
- Novembre 1940 - 20 : La Hongrie et la Roumanie adhèrent au pacte tripartite
- Décembre 1940 - 18 : Hitler fixe les plans de l'opération Barbarossa contre l'URSS.
Autres évènements
Premier trimestre
- Détails : Janvier 1940 - Février 1940 - Mars 1940
- 4 janvier : Le parlement irlandais accorde les pleins pouvoirs à Eamon de Valera pour lutter contre le terrorisme.
- 8 janvier : Rationnement en Grande-Bretagne, notamment sur le beurre, le sucre et la viande.
- 15 janvier : Création en France des cartes d'alimentation.
- 17 janvier : Vague de froid sur l'Europe occidentale. La Tamise gèle pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle.
- 22 février : Intronisation du nouveau Dalai-Lama au Tibet.
- 28 février : Le paquebot Queen Mary appareille pour sa première traversée de l'Atlantique.
- 5 mars : Un ouragan ravage l'État de New York (États-Unis d'Amérique).
- 20 mars : Procès à huis-clos à Paris de 44 députés communistes pour tentative de reconstitution de parti politique interdit.
Deuxième trimestre
- Détails : Avril 1940 - Mai 1940 - Juin 1940
- 3 avril : Condamnation à des peines de 2 à 5 ans de prison pour les 44 députés communistes jugés à Paris.
- 25 avril : Le Québec accorde le droit de vote aux femmes.
Troisième trimestre
- Détails : Juillet 1940 - Août 1940 - Septembre 1940
- 21 août : Assassinat de Léon Trotski à Mexico.
Quatrième trimestre
- Détails : Octobre 1940 - Novembre 1940 - Décembre 1940
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