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Gracchus Babeuf

Gracchus Babeuf

François Noël Babeuf, connu sous le nom de Gracchus Babeuf (23 novembre 1760 à Saint-Quentin (Picardie)–Paris le 8 prairial an V, soit le 27 mai 1797), révolutionnaire français. Dès l'âge de 12 ans, il travaille comme terrassier aux travaux du canal de Picardie. À 17 ans, il réussit à se faire engager comme apprenti chez un notaire feudiste. En 1781, âgé de 21 ans, il commence à exercer pour son propre compte à Roye. Inspiré par la lecture de Rousseau, et constatant les conditions de vie très dures de l'immense majorité de la population, il développe des théories en faveur de l'égalité et de la collectivisation des terres. En 1788, il commence l'écriture du Cadastre perpétuel, qui sera édité en 1789.

Les débuts de la Révolution

En mars 1789, Babeuf participe à la rédaction du cahier de doléances des habitants de Roye. Suite à l'échec de son Cadastre perpétuel et surtout au début de la Révolution française, il devient journaliste. Il est ainsi correspondant du Courrier de l'Europe (édité à Londres) à partir de septembre 1789. Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. En conséquence, il est arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrira en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »). Il lance son propre journal en octobre 1790, Le Correspondant picard, dans lequel il s'insurge contre le suffrage censitaire mis en place pour les élections de 1791. Le journal est contraint à la disparition quelques mois plus tard, mais Babeuf continue à se mobiliser aux côtés des paysans et des ouvriers picards. Il est contraint de fuir à Paris en février 1793.

La république montagnarde

Arrivé à Paris, Babeuf prend parti pour les jacobins (Robespierre, Saint-Just, etc.) contre les girondins. Il entre en mai 1793 à la Commission des subsistances de Paris. Il y soutient les revendications des sans-culottes. Il est ensuite emprisonné du 14 novembre 1793 (24 brumaire an II) au 18 juillet 1794 (31 messidor an II). Dix jours après sa libération, c'est le coup d'Etat contre Robespierre et les montagnards, le 9 thermidor (27 juillet 1794). Babeuf critique l'action des montagnards concernant la Terreur, disant « je réprouve ce point particulier de leur système », mais inscrit son action dans leur continuité, tout en voulant passer de l'égalité « proclamée » à l'égalité dans les faits (la « parfaite égalité » pour laquelle il milite).

La réaction thermidorienne

A partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 5 octobre (14 vendémiaire an III) Le Tribun du peuple. Ce journal acquiert une forte audience. Il adhère à la même période au Club électoral, club de discussion de sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Il prend alors le prénom Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d'une réforme agraire dans la Rome antique. Babeuf défend la nécessité d'une « insurrection pacifique ». Il est de nouveau incarcéré le 19 pluviôse (7 février 1795). De fait, la plupart des révolutionnaires sincères sont alors en prison, ce qui est l'occasion pour Babeuf de se lier avec des démocrates comme Augustin Darthé ou Filipo Buonarroti.

La conjuration des égaux

Libéré le 18 octobre 1795 (26 vendémiaire an IV), il relance rapidement la publication du Tribun du peuple. Le gouvernement contre-révolutionnaire a une politique de répression de plus en plus forte, avec la fermeture du Club du Panthéon (où sont présents nombre d'amis et de partisans de Babeuf), et la tentative d'arrestation de Babeuf en janvier 1796. Mais il parvient à s'enfuir, et à partir de ce moment vit en clandestinité. Cette impossibilité d'agir légalement aboutit à la création de la « Conjuration des égaux » (voir La chanson des Egaux), dirigée par Babeuf, Darthé, Buonarroti, Sylvain Maréchal, Félix Lepeletier, Antoine Antonelle, etc. Le réseau des « Égaux » recouvre tous les arrondissements de Paris et de nombreuses villes de province. À sa tête, un « Directoire secret de salut public », dirigé par Babeuf, coordonne la lutte. Le but est de continuer la révolution, et d'aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ». Grâce aux informations d'un indicateur (Grisel), la police arrête Babeuf, Buonarroti, Darthé, et les principaux leaders des Égaux le 10 mai 1796 (19 floréal an IV). Une tentative populaire de les libérer échoue le 29 juin (11 messidor). Une nouvelle tentative d'évasion échoue à nouveau. Pour éviter que le peuple ne libère les Égaux, ils sont transférés à Vendôme (Loir-et-Cher). Une haute cour est constituée, et le procès s'ouvre à Vendôme le 20 février 1797 en présence de deux ministres. Outre Babeuf, il y a 64 autres accusés dont Jean-Baptiste-André Amar qui sera acquité. Babeuf est reconnu coupable, alors qu'il n'a fait qu'appliquer l'article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 : :« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Il est guillotiné avec Darthé le 8 prairial an V (27 mai 1797).

La postérité de Babeuf


- Certains parlent d'un courant politique qui serait propre à Babeuf, le babouvisme (dont se rapprocherait Auguste Blanqui), revendiquant l'égalitarisme et esquissant un présocialisme utopique.
- Friedrich Engels et Karl Marx ont reconnu en lui un précurseur du communisme,et en la Conjuration des Egaux « le premier parti communiste ».
Babeuf est souvent considéré comme le premier véritable militant communiste.
- Selon Rosa Luxemburg, Babeuf est « le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires du prolétariat ».

Voir aussi


- Révolution française,
- Mouvements révolutionnaires,
- Socialisme. Babeuf, Gracchus Babeuf, Gracchus Babeuf, Gracchus ja:フランソワ・ノエル・バブーフ

23 novembre

Le 23 novembre est le 327 jour de l'année (328 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien. Saint du jour : Saint Clément.

Événements


- 800 : Charlemagne revient à Rome pour compléter l'examen des crimes dont le Pape Léon III est accusé.
- 1868 : Invention de la photo couleur par le Français Louis Ducos du Hauron.
- 1943 : Victoire des Américains sur les Japonais à Tarawa dans le Pacifique
- 1944 :
  - Le territoire français ne comporte plus de soldats allemands
  - Libération de Strasbourg
  - dissolution des Lottas, organisation de volontaires féminines de l'armée finlandaise à la demande de l'URSS
- 1971 : La Chine devient membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies
- 1976 : L'apnéiste Jacques Mayol devient le premier homme à atteindre sans équipement respiratoire la profondeur de 100 mètres
- 1996 : Les cendres d'André Malraux sont transférées au Panthéon de Paris, 20 ans après son décès.
- 2002 : Ellen MacArthur, navigatrice britannique remporte dans sa catégorie, sur son monocoque la 7e Route du Rhum
- 2005 : Ellen Johnson-Sirleaf, élue présidente du Libéria, devient la première femme à présider un état africain.

Naissances


- 1553 : Prospero Alpini, médecin et botaniste italien († 6 février 1617)
- 1705 : Thomas Birch, historien anglais
- 1757 : Jean André Valletaux, général français
- 1760 : François Noël Babeuf dit Gracchus Babeuf révolutionnaire
- 1804 : Franklin Pierce, homme d'État américain († 8 octobre 1869), 14 président des États-Unis (1853-1857)
- 1820 : Isaac Todhunter, mathématicien britannique († 1 mars 1884)
- 1837 : Johannes Diderik van der Waals, physicien néerlandais († 8 mars 1923)
- 1859 : Billy The Kid, hors-la-loi (bandit, criminel) américain
- 1876 : Manuel de Falla, compositeur espagnol († 14 novembre 1946)
- 1887 : Boris Karloff, acteur britannique († 2 février 1969)
- 1888 : Harpo Marx, acteur comique américain († 28 septembre 1964)
- 1897 : Willie Smith (The Lion), jazzman, pianiste et compositeur
- 1923 : Nadia Gray, actrice
- 1925 : José Napoleon Duarte, président du Salvador
- 1928 : Pierre Étaix, acteur, scénariste et réalisateur français
- 1935 : Vladislav Nikolayevich Volkov, cosmonaute russe à bord de Soyouz 7
- 1947 : Jean-Pierre Foucault, animateur de télévision française
- 1953 : Francis Cabrel, auteur-chanteur-compositeur

Décès


- 867 : Nicolas Ier, pape.
- 955 : Edred d'Angleterre, roi du Wessex (° en 923).
- 1227 : Lech le Blanc, duc de Pologne.
- 1590 : André Thévet, explorateur et écrivain français (° vers 1502).
- 1902 : Walter Reed, chirurgien des armées et bactériologiste américain (° 13 septembre 1851).
- 1937 : George Albert Boulenger, zoologiste britannique d'origine belge1858).
- 1974 : Cornelius Ryan, journaliste et écrivain américain d'origine irlandaise (° 5 juin 1920).
- 1979 : Merle Oberon, actrice britannique (° 19 février 1911).
- 1976 : André Malraux, aventurier, écrivain et homme politique français (° 3 novembre 1901).
- 1990 : Roald Dahl, romancier britannique (° 13 septembre 1916).
- 1991 : Klaus Kinski, acteur germano-polonais (° 18 octobre 1926).
- 1993 : Tatiana Nikolaeva, pianiste russe.
- 1995 : Louis Malle, réalisateur français30 octobre 1932).
- 2002 : Roberto Matta, peintre chilien11 novembre 1911), considéré comme le dernier des surréalistes.
- 2002 : Maritie Carpentier, productrice de télévision.
- 2003 : Robert Gillé, ancien ambassadeur de France et proche collaborateur du général de Gaulle.

Célébrations


- Japon : Kinrô Kansha no Hi (Fête du travail) Catégorie:Jour de l'année ja:11月23日 ko:11월 23일 ms:23 November simple:November 23 th:23 พฤศจิกายน

Saint-Quentin

Saint-Quentin (Sint-Kwintens en néerlandais) est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie. Ses habitants sont appelés les Saint-Quentinois.

Géographie

Saint-Quentin est située sur la Somme, peu après la naissance de celle-ci. La capitale de la Haute-Picardie est au cœur du Vermandois. La ville dispose d'une position géographique intéressante : à la croisée des chemins entre Paris, Lille et Bruxelles. Cette position est confortée par la présence de deux autoroutes, l'A26 (dite « autoroute des Anglais ») et l'A29, qui relie Saint-Quentin à Amiens et Rouen.

Histoire

Augusta Viromanduorum (nouvelle capitale des Viromandui à la place de Vermand) est à l'origine un gué qui permet de franchir la Somme. Le martyre d'un jeune romain chrétien, nommé Quentin, venu évangélisé la région donnera plus tard à la ville le nom qu'elle garde encore aujourd'hui. Elle paya au prix fort sa position stratégique notamment en 1557 lors d'un siège héroïque face aux Espagnols, en 1814-1815 (occupation par les coalisés), en 1870-1871 lors de la guerre franco-prussienne et bien plus encore lors de la Première Guerre mondiale ou elle fut détruite à 80%.

Héraldique

Malte-Brun, dans la France illustrée (1882), rapporte deux blasonnements pour les armes traditionnelles de la ville de Saint-Quentin :
1°) « D'azur, à un buste de Saint-Quentin d'argent, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deux en chef et une en pointe. »
1°) « De gueules, à un buste de Saint-Quentin d'argent, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deux en chef et une en pointe. »

Administration

La ville est chef-lieu de trois cantons :
- le canton de Saint-Quentin-Centre est formé d'une partie de Saint-Quentin (20 189 habitants) ;
- le canton de Saint-Quentin-Nord est formé d'une partie de Saint-Quentin et des communes de Essigny-le-Petit, Fieulaine, Fonsommes, Fontaine-Notre-Dame, Lesdins, Marcy, Morcourt, Omissy, Remaucourt et Rouvroy (25 830 habitants) ;
- le canton de Saint-Quentin-Sud est formé d'une partie de Saint-Quentin et des communes de Gauchy, Harly, Homblières, Mesnil-Saint-Laurent et Neuville-Saint-Amand (27 887 habitants).

Économie


- Métallurgie
- Chimie
- Agroalimentaire
- Textile

Personnages célèbres


- Dudon de Saint-Quentin (v. 970-av. 1043), chanoine, historien des trois premiers ducs de Normandie.
- Quentin de La Tour (1704-1788), peintre spécialisé dans l'art du portrait et dans la technique du pastel, portraitiste officiel de Louis XV, natif de Saint-Quentin
- Gracchus Babeuf (1760-1797), révolutionnaire français, natif de Saint-Quentin.
- Xavier Bertrand (21 mars 1965-...), secrétaire d'état à l'assurance maladie auprès du ministre des solidarités, de la santé et de la famille puis Ministre de la santé dans le gouvernement Villepin.
- Sébastien Cauet animateur radiophonique et télévisuel français, natif de Saint-Quentin.
- Amédée Ozenfant chef de file du Purisme, mouvement d’avant-garde des années vingt. Né le 15 avril 1886, à Saint-Quentin, mort à Cannes en 1966.
- Delphine Gleize (1973-), réalisatrice née à Saint-Quentin.

Monuments et lieux touristiques

Saint-Quentin est classée ville d'art et d'histoire.

Monuments


- La Basilique de Saint-Quentin Début de la construction : au début du .
Fin de la construction :
Cette importante durée de construction lui vaut d’avoir connu tous les styles du gothique.
Ce monument offre aux visiteurs un ensemble complexe et fascinant de l'architecture gothique et constitue une originalité parmi les cathédrales de Picardie. Ce bâtiment est affecté à l'exercice du culte catholique. Pour plus d'informations (modalités de visite, animations, associations), consultez cette page : [http://www.picardie.fr/fr/page.cfm?pageref=culture~patrimoine~cathedrales~basilique La Basilique de Saint-Quentin]

Les Musées

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- Musée des papillons Le musée des papillons vous invite à un véritable voyage à travers le monde étrange et fascinant des insectes, grâce à sa collection qui compte plus de 600 000 spécimens, dont 20 000 sont en exposition au musée. Pour tout savoir sur le musée des papillons, consultez:
[http://www.ville-saintquentin.fr/pages/e3.asp Le site de la ville] ::
- Musée Antoine Lecuyer Consacré à l'œuvre de ce lui qui allait devenir le virtuose du pastel du XVIIIème siècle, Maurice-Quentin de La tour,le Musée Antoine Lécuyer dresse un panorama représentatif de la technique du pastel à travers les siècles.Une collection unique de faïences constitue également un des trésors du musée.
Pour tout savoir sur le musée, consultez:
[http://www.ville-saintquentin.fr/pages/e2.asp Le site de la ville] Vous pouvez également avoir un aperçu du musée avec:
[http://www.mquentindelatour.com/ La visite virtuelle du musée]

Animations estivales

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- La Plage de Saint-Quentin Saint-Quentin a été la première ville en France à transformer son centre ville en véritable plage : tous les ans, de début juillet à la mi-août, la place de l’Hôtel de Ville revêt sa tenue estivale pour se métamorphoser en une plage de sable fin : la Plage de l’Hôtel de Ville. En famille ou entre amis, pendant les vacances ou après le travail, la plage permet aux saint-quentinois de se détendre dans cette station balnéaire bien particulière et gratuite qui propose de nombreuses activités.

Jumelages


- Kaiserslautern (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)
- San Lorenzo de El Escorial (Communauté autonome de Madrid, Espagne)
- Rotherham (South Yorkshire, Angleterre, Royaume-Uni) – Voir :en/Rotherham.

Références

Lien externe


- [http://www.ville-saintquentin.fr/ Site officiel de la ville de Saint-Quentin]
- [http://www.st-jean02.org/ Site officiel de l'Association Scolaire Privée St Jean & La Croix] Catégorie:Ville de France Saint-Quentin

Paris

Paris est la capitale de la France et le chef-lieu de la région Île-de-France. Elle est construite à cheval sur une boucle de la Seine, ce qui la divise naturellement en une rive gauche et une rive droite. Connue dans le monde entier pour ses monuments et sa vie artistique et culturelle, Paris est aussi un symbole historique fort, un centre politique et économique important et un point de passage pour les transports inter-européens. Ses habitants sont appelés les Parisiens. Paris est également connue sous le nom argotique de « Paname ». La devise de Paris est Fluctuat nec mergitur, soit « Il tangue mais ne coule pas » ; il s'agit de Scilicet, le navire représenté sur le blason de la ville et symbolisant l'ordre des marchands de l'eau commerçant sur la Seine. La patronne de la ville est sainte Geneviève, à qui il est attribué d'avoir convaincu Attila d'épargner la capitale gauloise, au .

Histoire

Attila] Voir aussi la chronologie de Paris et l'Histoire de l'urbanisme parisien. On peut consulter des cartes anciennes de Paris sur le site Gallica .

Origine du nom de Paris

Paris doit son nom à la tribu des Parisii. L'origine de ce nom n'est pas connue avec certitude. Il dériverait du mot gaulois kwar (carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne. D'autres étymologies ont été proposées. Selon les historiens Pierre Hubac et Cheikh Anta Diop, les Parisii devraient leur nom à la déesse égyptienne Isis, à laquelle de nombreux temples (ou enclos, per Isis en égyptien) étaient dédiés dans la région parisienne. Une légende rattache le nom de Paris à celui de la cité engloutie d'Ys.

Préhistoire

Le site de Paris est occupé par l'homme depuis au moins 40 000 ans, comme en témoignent les outils en pierre taillée retrouvés hors contexte lors des différents travaux de terrassement en bord de Seine. Les plus spectaculaires découvertes archéologiques in situ ont été faites dans le XII arrondissement, où ont été mis à jour en 1991 les vestiges parmi les plus anciens de l'occupation humaine permanente sur le territoire de Paris. Les fouilles sur la ZAC de Bercy, ont permis la découverte des traces d'un village de la période chasséenne (entre 4000 et 3800 av. J.-C.), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, dévoilant un mobilier archéologique exceptionnel : pirogues de bois, poteries, arcs et flèches, outils en os et en pierre.

Antiquité

chasséenne]] C'est le flou le plus total entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, et encore, les Parisii, peuple Gaulois, étaient maîtres des lieux quand les troupes de César sillonnèrent le pays. Certains évoquent des dates entre -250 et -200 pour la fondation du Paris des Parisii, sans grands arguments à faire valoir. En 52 av. J.-C., lorsque Labienus, lieutenant de Jules César, prit Paris, elle était appelée Lutetia (traduit plus tard en français par Lutèce) par les Romains. Le rôle de capitale de la Gaule était alors dévolu à Lugdunum (Lyon). On ne connaît pas aujourd'hui avec certitude l'emplacement de la cité gauloise. On a longtemps pensé qu'elle se trouvait dans l'île de la Cité mais cette hypothèse est aujourd'hui très discutée (cette dernière ayant été complètement fouillée lors du chantier du métro). La cité gauloise a très bien pu se situer dans l'île Saint-Louis ou dans une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche et qui se trouvait en face de l'île Saint-Louis (delta formé par l'embouchure de la Bièvre). Une hypothèse très discutée actuellement est de placer le village gaulois d'origine non loin du mont Valérien à Nanterre. La cité romaine a été construite au sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Lutèce était construite autour de la rue Saint-Jacques (qui en était le cardo) selon un plan organisé en rues perpendiculaires. Le centre de la ville est fixé par les architectes romains au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques. Le forum s'étendait de la rue Saint-Jacques au boulevard Saint-Michel et de la rue Cujas à la rue Malebranche. Des thermes étaient construits à l'angle du boulevard Saint-Germain et du boulevard Saint-Michel, ainsi qu'à proximité de l'actuel Collège de France, à l'angle de la rue des Écoles et de la rue Jean-de-Beauvais. Un théâtre se trouvait à l'angle de la rue de l'École de médecine et du boulevard Saint-Michel, à l'emplacement actuel de la rue Racine. À l'est de la ville, une rivière aujourd'hui canalisée, la Bièvre, contournait la montagne Sainte-Geneviève en passant au niveau du jardin des Plantes. La rivière traversait à cette époque le XIII arrondissement pour se jeter dans la Seine au niveau de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis. Les Arènes de Lutèce étaient construites à l'est de la ville, à proximité de la Bièvre. Un cimetière est implanté au sud de la ville, à l'emplacement de l'abbaye de Port-Royal.

Époque médiévale

Paris prend son nom actuel au et Clovis, Mérovingien et roi des Francs, s'y établit pour en faire sa capitale en 508, suite à sa victoire sur les Romains. Dès le , on note la présence d'un lieu de culte implanté sur la rive droite : l'église Saint-Gervais (aujourd'hui située derrière l'Hôtel de ville). Au , des enceintes furent édifiées sur la rive droite pour protéger les paroisses de Saint-Gervais et Saint-Germain-l'Auxerrois (aujourd'hui situées près du Louvre). L'enceinte de Saint-Gervais devait se situer approximativement au niveau des rues des Barres, de Rivoli, et de la Tacherie. La rive gauche fut entièrement détruite par les Normands en 885. Quand la couronne échut aux Capétiens, en 987, Paris était une des deux grandes villes de leur domaine personnel (avec Orléans). Leur ancêtre Eudes s'illustra en la défendant face aux Vikings. Les premières agglomérations de la rive droite datent du . Il s'agit alors de Saint-Martin-des-Champs (aujourd'hui rue Réaumur), Saint-Germain-l'Auxerrois, et Saint-Gervais. Les rois se fixèrent progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108), et plus encore de Philippe-Auguste (1190-1220). Paris devint alors définitivement la capitale du royaume. La rive gauche de la ville ne fut véritablement reconstruite qu'au . À la même époque, la rive droite était constituée de quatre quartiers : le quartier de Grève (Saint-Gervais), le Châtelet, les Halles et Saint-Germain-l'Auxerrois. Le quartier de Grève s'étendait alors jusqu'à l'église Saint-Merri. L'enceinte construite par Philippe-Auguste allait de la rue Étienne-Marcel à la rue de l'Estrapade, et du Louvre aux Fossés-Saint-Bernard. Par la suite, Paris s'étendit surtout sur la rive droite. Au , l'enceinte de Charles V (1371-1380) englobait l'ensemble des III et IV arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis (emplacement de l'actuelle rue d'Aboukir). rue d'Aboukir

De Henri IV à la monarchie de Juillet

Au , Henri IV, qui selon la légende trouvait que « Paris vaut bien une messe », construisit les premiers ensembles architecturaux modernes avec la place des Vosges. Son successeur Louis XIII étendit l'enceinte de Charles V sur la rive droit pour englober l'équivalent des quatre premiers arrondissements. Louis XIV, quant à lui, détruisit cette enceinte pour construire sur son emplacement les premiers grands boulevards. Au , l'enceinte des Fermiers généraux « mura » les onze premiers arrondissements actuels. La ville construite ne s'étendait pourtant alors que sur la superficie couverte aujourd'hui par les six premiers arrondissements, le jardin du Luxembourg marquant la frontière de la ville. C'est à Paris, à l'endroit où la rue Saint-Antoine rejoint l'actuelle place de la Bastille, que débuta la Révolution française le 14 juillet 1789, avec le soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine et la prise de la Bastille. La Commune de Paris joua alors un rôle de radicalisation. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la Mairie, s'employèrent sous la Terreur à incarcérer tout ce que la ville comptait encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire de Paris est aujourd'hui le seul de France à être privé de tout pouvoir de police. Sous la monarchie de Juillet, la ville s'agrandit brutalement jusqu'au mur des Fermiers Généraux.

Le Paris moderne

Avec Haussmann et le Second Empire, Paris s'engaga dans de gigantesques travaux de modernisation. Le Paris d'aujourd'hui est avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann. Le 1 janvier 1860, onze communes périphériques furent entièrement annexées et d'autres perdirent une partie de leur territoire au profit de Paris (voir Arrondissements de Paris). La capitale française passa de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares. Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris qui s'opposait au Gouvernement provisoire de Versailles, conduit par Adolphe Thiers. Adolphe Thiers]] Au et siècles, Paris a accueilli de nombreuses expositions universelles. La Tour Eiffel fut construite pour celle de 1889, et le métro parisien fut inauguré à l'occasion de celle de 1900. En 1910, une crue de la Seine provoqua l'une des plus graves inondations de Paris. L'armée allemande occupa Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1944. À l'approche des troupes alliées arrivant de Normandie, une rébellion éclata le 19 août 1944. Le 25 août, à l'arrivée de la deuxième division blindée du général Leclerc, le commandant de la garnison, le général Dietrich von Choltitz, capitula sans exécuter les ordres qui lui enjoignaient de détruire la ville. Seul le central téléphonique militaire de la rue Saint-Armand fut détruit. En mai 1968, les étudiants parisiens furent les premiers à déclencher des émeutes dans le quartier latin. Un Comité pour le maintien des occupations (CMDO) fut créé à la Sorbonne à l'initiative de l'Internationale Situationniste. En 1976, l'État a accordé pour la première fois une municipalité autonome à la capitale. Jacques Chirac fut alors élu maire de Paris. Devenu président de la République, il a été remplacé en 1995 par Jean Tiberi auquel a succédé Bertrand Delanoë en 2001. Bertrand Delanoë se démarque surtout de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la capitale au profit des transports en commun (avec des voies de bus en site propre) et des taxis. Paris a organisé les Jeux Olympiques en 1900 et en 1924. Elle a été candidate malheureuse à l'organisation des jeux d'été de 1992, 2008 et 2012, finalement revenus à Barcelone, Pékin et Londres. Voyez l'article principal : Paris 2012.

Démographie

Paris 2012 Selon les estimations de l'Insee, la population de la ville de Paris est de 2 142 800 habitants au 2004, pour une superficie de 10 540 hectares, soit une densité de 20 408 habitants par km². En 1999, l'agglomération définie par l'INSEE comprend 396 communes et totalise 9 644 507 habitants. Toujours en 1999, son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint 11 174 743 habitants, ce qui en fait la 23e aire urbaine du monde. Vers 1800, Paris comptait déjà environ 500 000 habitants. Au cours du , sa population augmenta considérablement grâce à l'arrivée massive d'habitants de toutes les régions de France : c'est l'exode rural. Elle dépasse le million d'habitants dès les années 1840. Le 16 juin 1859, une loi annexa à Paris plusieurs communes voisines, étendant ainsi les limites de la commune jusqu'à la ligne de fortifications qui entoure la ville et ses faubourgs. Furent ainsi rattachées à Paris les communes de Belleville, Grenelle, Vaugirard et La Villette dans leur totalité, d'Auteuil, Les Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle-Saint-Denis, Charonne, Montmartre et Passy en majeure partie (les parties de ces communes situées à l'extérieur des fortifications étant rattachées aux communes voisines), ainsi que des quartiers d'Aubervilliers, Bagnolet, Gentilly, Issy, Ivry, Montrouge, Neuilly, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Saint-Ouen et Vanves. Cette loi prend effet le 1 janvier 1860, et marque la continuité d'une série de grands travaux, dirigés par Haussmann - préfet de la Seine de 1853 à 1870 -, pour moderniser la ville et reconstruire les quartiers les plus insalubres (par exemple l'actuel VIII arrondissement, qui était alors le plus délabré de la ville, et qui devient l'un des quartiers les plus huppés). Le quartier Montparnasse connut une vie culturelle intense durant la Belle Époque. L'annexion des faubourgs apporta à Paris près de 500 000 nouveaux habitants, et la croissance continue de façon ininterrompue jusqu'au début du . À la veille de la Première Guerre mondiale, Paris avait près de 2 900 000 habitants. Dans les décennies suivantes, en raison de la régression démographique, très touchée par les deux guerres mondiales et par une forte chute de la natalité (inférieure à la mortalité dès 1935), et aussi parce que la ville surpeuplée n'a plus la place d'accueillir de nouveaux habitants, la population stagna puis baisse légèrement. Cette stagnation masquait en réalité le début d'une importante dédensification. Les arrondissements centraux, où les densités de population atteignaient 80 000 habitants par km² à la fin du , commencèrent à se dépeupler au profit des arrondissements périphériques. Dans le même temps, la banlieue commença à s'étendre et à se densifier de plus en plus rapidement, poursuivant la croissance de l'agglomération qui ne pouvait plus se faire au centre. (http://www.presse.tk/ Source : Pression]) Après la Seconde Guerre mondiale, la population tomba à 2 725 374 habitants (recensement de 1946). Elle connaît une nouvelle reprise (2 850 189 habitants en 1954) grâce à la croissance économique et démographique propre à toute la France. Cependant, dès la fin des années 1950, le phénomène de saturation se manifeste à nouveau. Paris surpeuplée recommença à se vider à partir du centre vers la périphérie. De nombreux programmes immobiliers transforment des appartements en bureaux, contribuant à cette baisse de la population, qui est particulièrement rapide dans les années 1960 et 1970. La population passe de 2 790 091 en 1962 à 2 299 830 en 1975. La baisse, ininterrompue, s'est cependant fortement ralentie depuis 1980 environ, et les prévisions qui annonçaient moins de deux millions d'habitants n'ont pas été vérifiées. Les estimations de l'Insee pour le 1er janvier 2004 donnent pour la première fois depuis un demi-siècle un accroissement de la population parisienne, conformément à une tendance au repeuplement du centre observé déjà dans d'autres métropoles, comme Londres et New York. Sources :
- Jacques Dupâquier, Histoire de la population française, Paris, PUF, 1995.
- Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de Paris, Paris, Robert Laffont, 1996.
- Données INSEE. Les données concernant l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge sont insuffisantes (de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'habitants). Pour des données sur l'agglomération et l'aire urbaine de Paris, se reporter à l'article sur l'agglomération parisienne.

Organisation administrative

Depuis la loi du 10 juillet 1964 sur la réorganisation de la région parisienne, entrée complètement en vigueur le 1 janvier 1968, la ville de Paris est à la fois un département et une commune. Auparavant - depuis 1790 -, Paris était le chef-lieu du département de la Seine. Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité entre Paris et sa banlieue. Il faut en effet préciser que le territoire de la Ville de Paris ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales. Le département de la
Ville de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en 20 arrondissements municipaux, créés lors de sa dernière extension territoriale, en 1860, en remplacement des 12 arrondissements qui existaient auparavant - depuis le 11 octobre 1795. Le statut de la ville a changé plusieurs fois :
- Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris avec une assemblée démocratiquement élue.
- La Troisième République, dirigée par des conservateurs effrayés par l'épisode de gestion démocratique de la Commune. Ceux-ci édictèrent la loi du 5 avril 1884 qui donnait le pouvoir exécutif au préfet de Paris et les pouvoirs de police au préfet de police. Le conseil de Paris, élu lors des élections municipales, désignait chaque année un président dont le rôle est principalement représentatif. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait être approuvé par l'État.
- La loi du 31 décembre 1975, entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977, instaura un conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent un maire. Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parts égales par les électeurs, le maire de Paris et le conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conservait les pouvoirs de police.
- La loi du 31 décembre 1982 (première loi de décentralisation), entre en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983. Elle a porté à 163 le nombre de conseillers de Paris et étend ses pouvoirs, principalement en matière budgétaire. Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité, même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police. Les élections municipales se déroulent par arrondissement. Chaque arrondissement élit ses conseillers d'arrondissement (517 au total), dont une partie devient ensuite conseillers de Paris. Les conseils d'arrondissement élisent les maires d'arrondissement une semaine après le scrutin. Le conseil de Paris ayant simultanément les attributions d'un conseil municipal (à la tête de la commune) et d'un conseil général (à la tête du département), il n'y a pas de cantons, et pas d'élections cantonales à Paris.
Cependant, dans des buts statistiques, en particulier dans les nomenclatures de l'Insee décrivant le découpage administratif de la France, les arrondissements de Paris sont souvent considérés comme des cantons. Maires de Paris depuis 1977 :
- 1977-1995 : Jacques Chirac (réélu en 1983 et en 1989)
- 1995-2001 : Jean Tiberi
- 2001- : Bertrand Delanoë Nombre de conseillers élus par arrondissement : !Arrondissement ! I || II || III|| IV || V || VI || VII || VIII|| IX || X ! XI || XII || XIII|| XIV || XV || XVI ||XVII ||XVIII|| XIX || XX |----- align="center" !Conseillers d'arrondissement | 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 12 | 22 || 20 || 26 || 20 || 34 || 26 || 26 || 28 || 24 || 26 |----- align="center" !Conseillers de Paris | 3 || 3 || 3 || 3 || 4 || 3 || 5 || 3 || 4 || 6 | 11 || 10 || 13 || 10 || 17 || 13 || 13 || 14 || 12 || 13 |----- align="center" !Nombre total d'élus | 13 || 13 || 13 || 13 || 14 || 13 || 15 || 13 || 14 || 18 | 33 || 30 || 39 || 30 || 51 || 39 || 39 || 42 || 36 || 39 |{{{{{{commons|Paris|Paris{commons|Maps of Paris|Paris et ses arrondissements (plans détaillés){Wikiquote{wikitravel|Paris|Paris{bibliol|1{FranceDep{Duo portail|Portail Paris|Portail Île-de-France{lien AdQ|fi{lien AdQ|ro


Feudiste

Les feudistes sont des juristes spécialisés dans le droit féodal et les droits seigneuriaux. Recrutés par les seigneurs, ils sont chargés de la réfection des livres terriers lors des périodes de réaction féodale. Catégorie:Histoire du droit Catégorie:Ancien Régime Catégorie:Juriste

1781

Catégorie:1781 Cette page concerne l'année 1781 du calendrier grégorien.

Événements


- 5 janvier : la ville de Richmond en Virginie est incendiée par les forces navales britanniques, commandées par Benedict Arnold, dans le cadre de la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique.
- 30 janvier : le Maryland est le 13e État américain à ratifier les articles de la Confédération.
- janvier : William Pitt le Jeune devient premier ministre en Angleterre.
- 1 mars : le Congrès continental américain adopte les Articles de la Confédération.
- 13 mars : découverte de la planète Uranus par William Herschel, astronome anglais.
- 15 mars : défaite des troupes américaines, commandées par Nathanael Greene, face aux troupes britanniques lors de la bataille de Guilford Court House.
- 19 mai : démission du ministre Necker.
- 30 août : l'escadre du comte de Grasse arrive à Chesapeake Bay, ce qui coupe la retraite, par voie maritime, du général anglais Charles Cornwallis.
- 4 septembre : fondation de la ville de Los Angeles par 44 colons espagnols sous le nom de El Pueblo de Nuestra Senora La Reina de Los Angeles de Porciuncula.
- 5 septembre : Bataille de la baie de Chesapeake combat maritime entre Thomas Graves et le comte de Grasse : aucun navire coulé, mais le dispositif franco-américain est renforcé, tandis que la flotte britannique ne peut apporter de renfort au général Cornwallis.
- 19 octobre : victoire franco-américaine de Yorktown sur les Anglais.
- Joseph II d'Autriche fait d'importantes réformes introduisant la tolérance religieuse et abolissant le servage.
- Le philosophe allemand Emmanuel Kant publie sa Critique de la raison pure.
- Le savant anglais Joseph Priestly produit de l'eau par la combustion hydrogène-oxygène.
- Le sculpteur Jean-Antoine Houdon présente son Voltaire assis.
- Parution du premier journal aux Indes, la Hickey's Calcutta Gazette.
- Édit exigeant quatre degrés de noblesse de la part des candidats dans l'armée.
- Parution de l'opéra Idomenée roi de Crête par Wolfgang Amadeus Mozart

Naissances en 1781


- 30 janvier : Adelbert von Chamisso, écrivain et botaniste allemand († 1831).
- 9 février : Johann Baptist von Spix zoologiste et explorateur allemand († 1826).
- 17 février : René Laennec, médecin français né à Quimper. Inventeur du stéthoscope en 1816 († 1826).
- 9 juin : George Stephenson, ingénieur britannique né à Wylam. Inventeur de la traction à vapeur sur voie ferré en 1814. Mort en 1848.
- 21 juin : Siméon Denis Poisson, mathématicien français né à Pithiviers. Auteur de la Loi des grands nombres en 1837 († 1840).
- 3 septembre : Prince Eugène de Beauharnais, fils adoptif de l'empereur Napoléon Ier et Vice-roi d'Italie († 1824).
- 23 septembre : Sir Charles Bagot, homme d'État britannique né à Rugely (Stafford-shire). Gouverneur général du Canada de 1841 à 1843 († 1843).
- 11 décembre : Sir David Brewster, physicien écossais né à Jedburgh. Inventeur du kaléidoscope et du stéréoscope († 1868).

Décès en 1781


- À Rome du compositeur tchèque Josef Myslivecek (né en 1731 à Ober-Sarka, actuelle Prague)
- Peter Scheemakers, sculpteur flamand
- James Abercromby, général britannique
- le 22 janvier, Gotthold Ephraim Lessing, écrivain allemand22 janvier 1729)
- le 18 mars, Padre Francisco Garcés, missionaire espagnol (assassiné)
- le 18 juillet, Anne Robert Jacques Turgot, Baron de Laune, homme d'État et économiste français __NOTOC__ ko:1781년 ms:1781

Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau (28 juin 1712, Genève - 2 juillet 1778, Ermenonville) est un écrivain et philosophe d'expression française. Second fils d' Isaac Rousseau, horloger, comme son père, son grand-père et Suzanne Bernard, elle même fille d'horloger.

Biographie

Sa mère est morte le 7 juillet 1712, soit 9 jours après sa naissance. Il passe deux années chez le pasteur Lambercier à Bossey (au pied du Salève au sud de Genève) (1722 - 1724). Son oncle le place comme apprenti chez un greffier, puis en 1725 chez un maître graveur. Son père se remarie en 1726. Jean-Jacques quitte la Genève protestante à seize ans en 1728. C'est le curé de Confignon (à l'ouest de Genève) qui l'adresse à une nouvelle catholique d'Annecy, Madame la baronne de Warens. Celle-ci l'envoie à Turin où il se convertit au catholicisme le 23 avril. Il retourne l'année suivante aux Charmettes, près de Chambéry, chez celle qu'il appelle « Maman ». En 1730, il voyage à pied jusqu'à Neuchâtel, où il enseigne la musique. En 1732 il est maître de musique à Chambéry. En 1734 il devient l'intendant de Mme de Warens, qui deviendra sa maîtresse. C'est chez elle, en 1739, qu'il écrit son premier livre : Le verger de Madame la baronne de Warens. À Paris, en 1741, il essaie d'exploiter l'invention d'un système de notation musicale et se lie avec Denis Diderot et M d'Epinay. Il écrit pour l'Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers des articles sur la musique. Le 18 octobre 1752 a lieu à Fontainebleau, en plein développement de la « Querelle des Bouffons » évoquée dans Les Confessions , la création du petit opéra Le Devin du village, qu'il vient de composer. Il rencontre, en 1745 Thérèse Levasseur, modeste servante d'auberge, avec qui il se met en ménage. Les cinq enfants qu'elle lui donne sont confiés aux Enfants-Trouvés, l'Assistance publique de l'époque. En 1750, il participe à un concours proposé par l'Académie de Dijon avec son Discours sur les sciences et les arts, dans lequel il développe la thèse que le progrès est synonyme de corruption et pour lequel il obtient le premier prix. En 1755, à un autre concours de la même Académie de Dijon, il répond par son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, qui achève de le rendre célèbre. Émile ou De l'Éducation - publié en 1762 - ayant été condamné par le Parlement de Paris, il s'enfuit en Suisse, puis sur le territoire de Neuchâtel (Môtiers), qui appartient au roi de Prusse. Après un passage dans l'île Saint-Pierre, sur le lac de Bienne, il gagne l'Angleterre (1765), appelé par le philosophe David Hume. En proie à la manie de la persécution, il finira par rentrer à Paris en 1770. Rousseau achève son œuvre autobiographique, les Confessions (où il invente le terme de « Cruscantisme »), et les complète par les Rêveries du promeneur solitaire ainsi que par Rousseau juge de Jean-Jacques. En 1778, le marquis de Girardin lui offre l'hospitalité dans un pavillon de son domaine d'Ermenonville, près de Paris : il y meurt subitement le 2 juillet 1778, de ce qui semble être une crise d'apoplexie. Le lendemain de sa mort, le sculpteur Houdon prend le moulage de son masque mortuaire. Le 4 juillet, Girardin fait inhumer le corps dans l'île des Peupliers, dans la propriété où, à partir de 1780, s'élèvera le monument funéraire dessiné par Hubert Robert et exécuté par J.-P. Lesueur. Le philosophe est rapidement l'objet d'un culte, et sa tombe est assidûment visitée. Puis les révolutionnaires le portent aux nues et la Convention demande son transfert au Panthéon. L'hommage solennel de la nation française a lieu le 11 octobre 1793 : dans une grandiose cérémonie, les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont transférées d'Ermenonville au Panthéon. Jean-Jacques Rousseau devient officiellement une des gloires de la nation française. Panthéon

La « vérité » de Jean-Jacques :

L'œuvre de Rousseau s'inscrit contre la filiation nobiliaire et réveille cette inconnue de la « vieille » littérature, la sensibilité. Une sensibilité fondatrice de droits et de devoirs. Mais son influence trouvera sa pleine expression avec la Révolution française : le penseur politique en devient l'un des pères spirituels et tous se réclament de lui. Les révolutionnaires, d'un extrême à l'autre, prétendirent « ne marcher que le Contrat social à la main ». Les passions apaisées, l'œuvre de Rousseau continue à prendre sa juste place : à l'orée du monde nouveau généré par la révolution industrielle, elle incarne nos préventions contre le progrès; elle est aussi porteuse des premiers ferments de la littérature moderne, notamment en ce qui concerne l'écriture de soi. Rousseau est donc porteur des prémices du romantisme. Jean-Jacques Rousseau a dit ce qui pour lui, était la vérité de son temps, telle qu'elle était connue et connaissable à l'époque à laquelle il vivait, la différence majeure entre son œuvre et d'autres « vérités » publiées se trouve peut être dans le parti pris affiché, et chez lui évident, (sa devise Vitam impendere vero, ou "Consacrer sa vie à la vérité" selon sa propre traduction, en fait foi), de considérer la notion de vérité comme objet de recherche supérieure à tout autre valeur et même à sa propre réputation et son propre honneur. On peut par certains côtés considérer la totalité de l'œuvre de Rousseau comme une immense lettre morale adressée à ses contemporains d'abord, mais aussi à l'humanité entière et sinon éternelle, du moins pour quelques siècles après lui. L'état actuel de sa diffusion en librairie ainsi que le nombre des thèses consacrées à lui et à son œuvre, ainsi que les traductions en de multiples langues, semble confirmer la nécessité et l'utilité pour l'humanité de ces « essais de vérité » venant d'un passionné, d'un grand initié qui s'était risqué à descendre au niveau de ce monde émotionnel que les hommes maîtrisent le moins, encore aujourd'hui. Il « parlait peuple, pour les peuples », avant la lettre, et avec autant d'intelligence que d'instinct, c'est-à-dire de cœur, sans être ni tribun ni orgueilleux, semblant tout de même ne pas ignorer, qu'à sa façon, il était (et peut-être resterait), l'un des grands instructeurs de l'humanité.

Rousseau, penseur politique

Rousseau démocrate ?

Le Contrat social a été considéré comme le texte fondateur de la République française. On s'est surtout attaché à la théorie de la souveraineté exposée par Rousseau : la souveraineté appartient au peuple et non à un monarque ou à un corps particulier. En revanche, on oublie souvent que Rousseau destinait son Contrat social à de petits États. Il s'inspirait de deux modèles, l'un antique (la cité grecque, notamment Sparte), l'autre moderne (la République de Genève). Rousseau s'opposait à l'opinion de la majeure partie des "Philosophes", qui admiraient souvent les institutions anglaises, modèle d'équilibre des pouvoirs loué par Montesquieu et Voltaire. Rousseau s'opposait également au principe même de la démocratie représentative, et préférait la démocratie participative. La citoyen qui se contente de voter n'a selon lui qu'une souveraineté intermittente. En ce sens, Rousseau est un penseur anarchiste. En revanche, il s'opposait à la diffusion massive des savoirs, puisque son Discours sur les sciences et les arts y voit la cause de la décadence moderne. Le modèle de Rousseau est bien plus Sparte, cité martiale et par certains aspects communiste qui avait déjà inspiré La République de Platon, qu'Athènes, cité démocratique, bavarde et cultivée. Certains critiques universitaires -comme l'Américain Lester G. Crocker- particulièrement sensibles au modèle d'autarcie et d'unité nationales de Rousseau, lui ont reproché d'avoir favorisé le totalitarisme moderne. Cette opinion reste bien sûr minoritaire, mais elle témoigne de la force polémique qu'ont encore de nos jours les écrits du "Citoyen de Genève".

Les sources de la pensée politique de Rousseau

Elles sont nombreuses. Rousseau a élaboré sa pensée politique en critiquant et en s'inspirant de : Lucrèce, Hobbes, Locke, les théoriciens du droit naturel (Grotius, Pufendorf), Montesquieu. Il s'est aussi opposé aux Physiocrates, les premiers économistes français, partisans d'un despotisme éclairé au service d'un libéralisme économique fondé sur la plus-value foncière (physio-cratie="pouvoir de la terre"). On garde de lui quelques lettres échangées avec Mirabeau père, l'auteur de lAmi des Hommes. Dès le Discours sur les sciences et les arts, Rousseau affirme son originalité en réfutant la thèse de la sociabilité naturelle de l'homme et en affirmant sa bonté naturelle. La première position le rapproche de Hobbes, qui voyait dans l'homme naturel un être isolé et cherchant avant tout à contenter ses besoins. Mais par la seconde, il se détache du penseur anglais, puisque celui-ci affirmait que l'"homme est un loup pour l'homme" (homo homini lupus). Considérant l'agressivité naturelle de l'homme, Hobbes, profondément choqué par la guerre civile et les troubles religieux anglais du XVIIè siècle, réclamait un pouvoir royal absolu confisquant la violence individuelle au profit de l'Etat ; enthousiasmé par la bonté naturelle, Rousseau, lui, considère que le pouvoir doit venir des individus eux-mêmes. Selon Hobbes, l'homme est mauvais en soi, selon Rousseau, c'est la société, c'est-à-dire le désir de posséder, de dominer et de paraître, qui a corrompu l'homme.

Œuvres


-
La Dissertation sur la musique moderne (1743)
-
Discours sur les sciences et les arts (1750)
-
Le Devin du village (1752) (Opéra. Représenté à Fontainebleau devant le roi le 18 octobre 1752, c'est un succès. Première représentation à l'Opéra le 1753, c'est un désastre.)
-
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)
-
Jugement du Projet de paix perpétuelle de Monsieur l'Abbé de Saint-Pierre (automne 1756)
-
Lettres morales (1757-1758)
-
Essai sur l'origine des langues (inachevé)
-
Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761)
-
Du contrat social (1762)
-
Émile ou De l'éducation (1762)
-
Le Dictionnaire de musique (commencé en 1755, il paraît à Paris en 1767)
-
Les Confessions (posthume)
-
Rêveries du promeneur solitaire (posthume)
-
Rousseau a collaboré à l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, essentiellement pour les articles traitant de musique. Il faut aussi noter son article "Oeconomie politique".
- Rousseau a mis en forme la première Constitution écrite en 1764. Il s'agissait de la Constitution Corse de Pascal Paoli.

Citations


- « L'homme est naturellement bon et c'est la société qui le déprave. » (
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes)
- « Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme. » (
Du contrat social)
- « L'obéissance au seul appétit est esclavage et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. » (
Du contrat social)
- « Conscience ! Conscience ! Instinct divin. » (
Émile ou De l'éducation)
- « Quoiqu'en disent les moralistes, l'entendement humain doit beaucoup aux passions, qui d'un commun aveu lui doivent beaucoup aussi. » (
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes)
- « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. » (
Du contrat social)
- « Celui qui médite est un animal dépravé » (
Discours sur les sciences et les arts)
- « Le cœur de l'homme est son paradis ou son enfer. »
- « Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit, et l'obéissance en devoir. » (
Du contrat social)
- « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire "ceci est à moi" et trouva des gens assez simples pour le croire fut le premier fondateur de la société civile. » (
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes)

Voir aussi


- Du contrat social

Liens externes


- [http://www.memo.fr/article.asp?ID=JJR_000 Dossier biographique sur Rousseau réalisé par l'Université de Genève sur le site Memo]
- [http://atheisme.free.fr/Biographies/Rousseau.htm Biographie et citations de Jean-Jacques Rousseau]
- [http://www.site-magister.com/rousseau.htm Les
Confessions, le pacte autobiographique]
- Il y a deux revues francophones de référence consacrées à Rousseau : les [http://jjrousseau.org/ann/annales.html
Annales de la Société Jean-Jacques Rousseau] et les [http://rousseaustudies.free.frEtudes Jean-Jacques Rousseau]. La première est suisse et a été fondée en 1905. La seconde est française et a été fondée en 1987 sous l'inspiration du professeur Tanguy L'Aminot (Paris IV).

Bibliographie


- Rémy Hebding,
Jean-Jacques Rousseau : les Lumières grâce à Dieu. Paris : Punctum, coll. « Vies choisies », 2005. 167 p., 18 cm. ISBN 2-35116-001-0. Rousseau, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Jacques ja:ジャン=ジャック・ルソー ko:장 자크 루소 th:ชอง-ชาก รุสโซ

Révolution française

La Révolution française est un ensemble d'événements et de changements qui marque dans l'historiographie française le tournant entre « l'Époque moderne » et « l'Époque contemporaine ». C'est aussi la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le principe du régime monarchique a été renversé, et non simplement le monarque lui-même comme lors de la première révolution anglaise de Cromwell. Son impact est également dû aux guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont touché une large partie de l'Europe continentale avec la création de « républiques sœurs » ou la fin du Saint Empire romain germanique. La période révolutionnaire commence en 1789, avec la réunion des États généraux et la prise de la Bastille, et se termine en l'an VIII (1799) avec le coup d'État du 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte.

Causes

On peut distinguer plusieurs causes profondes à la Révolution française :
- La crise des finances : le budget de l'État est déficitaire, à cause des dépenses engendrées par les guerres du et par le train de vie de la cour royale.
- La contestation de la société d'ordres et des privilèges : les deux premiers ordres de la société française (clergé et noblesse) ne paient pratiquement pas d'impôts. L'essentiel de la charge fiscale repose sur le tiers état.
- Les idées des Lumières, diffusées dans certains groupes sociaux favorisés (noblesse, bourgeoisie), posent les principes de liberté et d'égalité. Elles contestent la monarchie absolue. Le roi cède à l'immobilisme des ordres privilégiés et refuse les réformes nécessaires.
- Les révolutions anglaises du et américaine du donnent des modèles aux élites françaises (La Fayette notamment).
- Les mauvaises récoltes de 1788 provoquent la hausse des prix et la speculation qui déclenchent le mécontentement de la population.

Histoire

La montée de la conjoncture de crise

Emergence et diffusion des idéologies nouvelles

Tout le système du pouvoir repose sur la monarchie qu'a constitué la France comme pays et comme Etat (agrandir le "précaré" selon les capétiens). Cette monarchie a organisé un système administratif efficace, mais il a été développé en fonction d'une mentalité particulière qui se transforme assez brutalement au cours du XVIIIè siècle. Le roi règne par délégation de Dieu ; la tradition monarchique s'inscrit dans le respect des traditions juridiques (coutumes) et des traditions familiales. Cette monarchie repose sur le principe d'une union intime et concrète entre le roi et son peuple, le roi étant le représentant du peuple. Ces bases du système politique vont être contestées et attaquées. Cette évolution va s'opérer en trois temps : (article en cours de rédaction, ce qui suit n'intervient en principe que bien plus tard dans l'article! ) La philosophie des Lumières se diffuse pour de nombreux lecteurs de la moyenne et de la petite bourgeoisie. Les thèmes subversifs de l’ordre établi se généralisent dans les années 1770-1780 avec le secours de l’ « anglomanie » et l’influence de la découverte de la société libérale américaine (Guerre d’Indépendance de 1770-1783), ainsi que le contexte français de rébellion des juristes, et notamment des Parlements contre l’autorité royale une première fois dans les années 1760-1770, puis les années précédant la Révolution. La philosophie des Lumières prend le contre-pied de ce qu’avaient pensé et voulu ou accepté les Français pendant des siècles. A la tradition s’oppose systématiquement le culte du progrès et de l’avenir. L’Encyclopédie (Diderot) est un hymne au progrès technique (le thème du progrès technique est transposé dans l’ordre politique et social) et idéologique. Ces analyses s’opposent aux idées anciennes : § A l’ordre s’oppose la liberté. § Au devoir s’oppose le bonheur. § A l’obéissance s’opposent les Droits imprescriptibles et sacrés (notion qui se retrouve de plus en plus dans les textes royaux). § A la hiérarchie s’oppose l’égalité naturelle (Rousseau), qui doit conduire à un système politique nouveau : la démocratie et l’égalitarisme social. Il y a un climat de défiance vis-à-vis de tout ceux qui dépassent le niveau commun. § De même, à la place des dogmes de l’Eglise se diffuse l’esprit de tolérance, même dans les textes royaux (Par exemple, l’Edit de tolérance en 1787 crée le mariage laïc en faveur des protestants). C’est un processus qui se développe en plusieurs étapes : 1er temps : sarcasmes contre l’Eglise sous couverts de lutte contre le « fanatisme », les libertins puis les philosophes vont se déchaîner contre les croyances, les pratiques et les principes de l’Eglise catholique. Ces élites, proches du pouvoir, sont presque entièrement détournées de l’Eglise. La monarchie se trouve indirectement atteinte et menacée en raison du lien multiséculaire avec l’Eglise. Mais les masses restent attachées à la religion catholique, malgré une poussée de méfiance vis-à-vis du clergé. 2e temps : examen du système social et politique (période de Montesquieu) ; les actes royaux sont désormais critiqués, et on assiste à l’irruption de l’accusation de despotisme et même d’illégalité, notamment de la part des Hauts Magistrats qui se présentent comme les défenseurs du peuple. L’idée que le pouvoir souverain suprême réside dans la Nation apparaît. La loi n’est plus conçue comme une conséquence technique de dispositions créées par le Roi et la coutume est appliquée par les tribunaux mais comme une norme fondamentale créée par la volonté nationale. Malgré tout, les Français de 1789 dans leur immense majorité n’imaginent pas une Révolution violente tout en espérant une réforme profonde de l’Etat, et ce dans un climat pacifique. En 1788 a lieu la « Journée des tuiles de Grenoble » : les protestations des familles touchées par la catastrophe économique se multipliant depuis mai, ces agitations poussent la garnison à intervenir le 7 juin. Celle-ci sera reçue par des jets de tuiles lancées par les habitants de Grenoble montés sur les toits. Après la « journée des tuiles », une assemblée des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) se réunit au château de Vizille et décide la grève des impôts tant que les États Généraux de la province n'auront pas été convoqués par le roi pour les voter. En faillite et incapable de rétablir l'ordre, Louis XVI cédera en août 1788.

Le blocage du pouvoir

Les monarques (Louis XV et Louis XVI) ne sont pas restés insensibles face à la diffusion des idées nouvelles et à la multiplication des indices de transformation de la société. En conséquence, de nombreuses réformes sont imaginées pour rendre l’appareil monarchique plus efficace, pour adapter les structures anciennes aux aspirations nouvelles. La plupart de ces réformes auraient pu permettre une adaptation progressive. Mais les réformes sont mises en œuvre sans énergie. A cause de cette médiocrité, elles sont souvent abandonnées par les équipes ministérielles suivantes. La Monarchie donne l’impression de ne pas avoir de dessein politique constant. Quelques exemples : La Réforme Judiciaire de Maupeou est abandonnée par Louis XVI. La réforme sociale abolit le servage en 1779, mais uniquement pour le domaine royal. Louis XVI n’ose pas étendre cette mesure aux seigneurs laïcs et ecclésiastiques. Réforme économique : Turgot voulait supprimer par cette réforme les corporations, la corvée royale, et voulait mettre en place la liberté de circulation des grains. Cette réforme est mise en place mais en 1776, Turgot est renvoyé, la réforme est abandonnée et on revient au système ancien. Réforme fiscale : Depuis le XVIIe siècle, aux impôts anciens s’ajoutent des impôts nouveaux qui pèsent sur tous, quelque soit l’ordre. De 1695 à 1701, est mis en place la « capitation », qui est un progrès essentiel vers l’égalité fiscale : les Français sont répartis en 22 classes, avec au sommet les princes de sang et au plus bas les journaliers, et la charge fiscale varie de 2000 £ à 1 £ par an en fonction de la classe. Mais la Monarchie va autoriser le rachat forfaitaire de l’impôt par le Clergé, les villes, les corporations, les pays d’Etat, la Noblesse. En 1749 est créé le « vingtième », qui frappe tous les revenus (1/20e du revenu). Mais la monarchie cède le rachat en 1760. Cet exemple des réformes fiscales montre deux phénomènes : § La Monarchie ne suit et ne peut maintenir une ligne politique. § La Monarchie est confrontée au manque de ressources fiscales. Toutefois, la pression la pression fiscale est assez faible par rapport à d’autres pays (1759 : France 9,5 £ en moyenne par habitant et par an; Angleterre : 22,30 £ en moyenne par habitant et par an). (article en cours de rédaction, ce qui suit n'intervient en principe que bien plus tard dans l'article! )

La dislocation de l'Ancien Régime

La réunion des Etats Généraux devait durer quelques jours seulement, selon les rites séculaires. Les députés arrivent à Versailles le 1er mai. Le 5 mai, le Roi ouvre les Etats Généraux. Le discours du Roi (qui n’est en fait pas prononcé par le Roi) fait prendre conscience aux députés que la situation financière du Royaume est calamiteuse, avec un déficit très important. Le 17 juin 1789, cette Assemblée, sur proposition de l’Abbé Sieyès, prend le titre d’ « Assemblée Nationale », ce qui est inconcevable dans l’Ancien Régime. Le 20 juin, lors du serment du jeu de paume, les députés présents s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution écrite à la France. Face à cela, le Roi hésite. Dans un premier temps, il donne l’ordre à l’Assemblée de se disperser. Mais dans un second temps, face à la résistance, il invite le Clergé et la Noblesse à se joindre au Tiers Etat. L’Assemblée va reprendre alors immédiatement sa marche en avant. Le 9 juillet, elle se proclame Assemblée Nationale Constituante. Durant ces journées, l’Assemblée va réaliser une autre Révolution décisive : beaucoup de députés sont effrayés par la Révolution et vont démissionner ; l’Assemblée va déclarer qu’elle tient son mandat non pas des électeurs individuellement pour chaque député, mais collectivement de la Nation toute entière, et donc les démissions de députés ne peuvent rien changer : c’est l’instauration du principe de la représentation. Cette Assemblée peut s’appuyer sur les espoirs de la majorité de la Nation, sur les réseaux de « patriotes ». En face, il n’y a que des ministres divisés, un Gouvernement sans ressources financières et un Roi qui recule. L’Assemblée va déclarer qu’elle ne s’occupera des problèmes financiers qu’après avoir élaboré une Constitution. Le 12 juillet, Necker est renvoyé par le Roi, d’où le développement d’émeutes (car Necker était très populaire à Paris, tout simplement parce qu'il refusait de lever des impôts supplémentaires, et préférait recourir à l'emprunt, ce qui a eu pour conséquence d'endetter la France qui pourtant était alors un pays tout à fait solvable). On attaque les octrois (« péages » des villes), on pourchasse les agents du fisc. Dans un second temps, on attaque les boulangeries accusées de stocker la farine pour spéculer, et les magasins d’armes. Le 14 juillet 1789, la Bastille, symbole de la Monarchie et stock de poudre (avec seulement 7 prisonniers), est attaquée. C’est une journée décisoire au niveau psychologique car la Révolution a désormais ses « martyrs » (« Libérateurs de la Bastille »). La Monarchie a aussi ses martyrs, avec le massacre du Gouverneur de la Bastille Bethier de Sauvigny et le massacre du Gouverneur de Launay. Louis XVI rappelle Necker et se rend à Paris le 17 juillet, où il est reçu par les insurgés qui se sont constitués en municipalité. La cocarde tricolore est adoptée par la foule et Louis XVI la porte. A partir de ce moment, la Révolution l’emporte définitivement, et va se généraliser en province aux termes de mouvements très confus. Par exemple, la Grande Peur est une réaction qui se produit en province suite à l’annonce déformée des événements parisiens. Entre l’Ancien Régime qui se désagrège et les nouvelles institutions qui vont s’établir au printemps 1790, la France va être secouée par une vague libertaire accompagnée de violences. Les français prennent conscience qu’ils peuvent détruire les institutions qui les encadrent, ce qui produit une attitude de contestation, d’organisation autonome, spontanée. Les pouvoirs traditionnels cessent d’exercer leur autorité. Les intendants se contentent d’expédier les affaires courantes ou quittent leur poste. Les troupes, sans instructions, restent inactives ou parfois se révoltent contre leurs officiers. Les Parlements restent totalement inactifs. Les chambres de vacation fonctionnent avec prudence, et par un simple décret du 3 novembre 1789, l’Assemblée Nationale les met en vacances définitives. Les institutions fiscales traditionnelles cessent de fonctionner. Les citoyens cessent de payer les anciens impôts bien que l’Assemblée, après les avoir condamnés en principe, les ait provisoirement maintenus. A Paris, la « Commune de Paris », municipalité autonome, voit le jour. En province, les municipalités continuent leurs services mais leurs membres sont souvent remplacés par de nouveaux venus qui se posent en « représentants du Peuple », et assurent la transition. Ces municipalités ont un rôle très important, en matière de ravitaillement, de maintien de l’ordre (la Garde Nationale est le regroupement des habitants armés, elle a un rôle de police publique). Les communes s’organisent en fédération : c’est le point de départ d’un vaste mouvement clôturé par la fête de la Fédération le 14 juillet 1790 à Paris. Le Gouvernement royal sort extrêmement affaibli. En théorie, la France reste une monarchie. Mais en réalité, le pouvoir suprême est passé entre les mains de l’Assemblée Constituante qui prépare une réorganisation intégrale du système. Des commissions spécialisées issues de l’Assemblée ont la haute main sur l’ensemble de l’administration qui se soucie de moins en moins du pouvoir royal. Les ministres ne sont plus que des exécutants techniques surveillés par l’Assemblée.

La Destruction du système social traditionnel

La France de l’Ancien Régime a une structure sociale et juridique très particulière, fondée sur les ordres et les corps intermédiaires (Parlement, corps de métier, villes…) Les Constituants vont vouloir anéantir le passé et établir un nouveau système politique et social conforme à la philosophie des Lumières de l’individualisme libéral dans laquelle le système politique repose sur les individus égaux et isolés qui constituent ensemble la volonté générale, ce qui élimine les « corps intermédiaires ».

L’abolition des ordres supérieurs

L’abolition des privilèges de la Noblesse et du Clergé tient à l’application de la nouvelle philosophie et aux réactions de frustrations de la bourgeoisie.
La destruction des droits seigneuriaux et féodaux
Ces droits sont très vivement contestés car on considère qu’il s’agit d’usurpation étatique et que ces prérogatives sont incompatibles avec les principes du « vrai Droit naturel » : liberté et égalité. De plus, ce système est également critiqué par les paysans qui supportent le poids de ce système. Les mouvements qui se développent au printemps-été 1789 mettent spécialement en cause ces droits. Dans cette ambiance, les députés de l’Assemblée se saisissent de cette question. Ils craignent d’être débordés et vont tenter d’empêcher les violences et vont ainsi définir le droit. La nuit du 4 août 1789, « L’Assemblée Nationale détruit entièrement la féodalité ». Les Nobles et les ecclésiastiques abandonnent donc leurs droits, soit par conviction, soit par résignation, soit par entraînement. Mais pour mettre en œuvre cette décision, l’Assemblée nomme un commission nommée « Comité des Droits féodaux » dont le rapport va inspirer un décret du 15 mars 1790 qui établit un régime très nuancé qui cherche à concilier les intérêts en présence. Sont abolis immédiatement et sans indemnités les droits féodaux attentatoires à la souveraineté de l’Etat et aux Droits naturels de l’Homme (utilisation de la notion de « cause injuste » du contrat), les justices seigneuriales, le servage, les banalités, les privilèges des Nobles (droit de chasse par exemple), les girouettes, les privilèges de colombier ou de pigeonnier, les titres de Noblesse, las armoiries, la dîme (impôt payé à l’Eglise), les péages seigneuriaux. Les paysans attendent aussi la suppression des droits strictement féodaux, considérés comme la contrepartie d’une concession de terre. Ces droits sont maintenus jusqu’à ce qu’ils soient rachetés par ceux qui les paient. Le montant du rachat est un capital égal à vingt fois la redevance annuelle. Cette suppression très mitigée est mal accueillie par les paysans. Dans les régions où les droits féodaux sont restés lourds (Nord, Est, Paris), les paysans se soulèvent et refusent de payer. Les députés vont prendre peur et vont utiliser une tactique juridique favorable aux bourgeois. En réalité, la féodalité ne sera définitivement supprimée que sous la Convention Montagnarde (loi du 17 juillet 1793). Les seigneurs nobles ou bourgeois perdent tout de même une partie de leurs revenus. De plus, les confiscations du temps de la Terreur qui s’abattent sur les émigrés et sur les condamnés vont ruiner la Noblesse. La Révolution va éteindre le prestige et la puissance foncière de l’aristocratie.
La destruction de l’ordre du Clergé
Avant 1789, le Clergé est une société à part, un ordre lié au pouvoir. La logique de la Révolution politique et le gallicanisme extrême de beaucoup de Constituants vont aboutir à des conséquences imprévues et radicales. Le catholicisme (avec son droit canonique, son dogme) va être mis en dehors de l’Etat de façon particulière, c'est-à-dire que les liens de l’Eglise avec le pouvoir sont mis en cause et cette Eglise va être implicitement laïcisée, en application du principe selon lequel seule la volonté nationale peut créer le droit. Les textes d’août 1789 suppriment les privilèges et contiennent le principe de la disparition du Clergé en tant que corps de droit public. De même, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen reconnaît la liberté de conscience, ce qui supprime la situation dominante du catholicisme. Dans l’ordre matériel, il y a un démantèlement de la puissance du Clergé : le patrimoine de l’Eglise qui est considérable (environ 15% des terres en France) présente une tentation pour le pouvoir (l’Etat est en déficit) : les biens du Clergé sont confisqués et mis en vente. Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque à la fin de l’Ancien Régime et délégué général du Clergé à la Cour (fonction très importante) propose à l’Assemblée le « transfert à la Nation des Biens de l’Eglise, à charge pour la Nation d’assurer la rémunération des cultes et d’assurer les divers services sociaux pris en charge avant par l’Eglise » (assistance aux pauvres, hôpitaux, enseignement). Malgré les arguments développés par les défenseurs du Clergé en s’appuyant sur le droit de propriété de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, l’Assemblée Nationale vote la nationalisation des Biens du Clergé le 2 novembre 1789. A partir du printemps 1790, les biens du clergé sont mis en vente. Du point de vue politique, l’opération est assez réussie car les citoyens ont acheté massivement les biens du Clergé, surtout les terres, et en achetant, les français vont se lier aux destinées de la Révolution. Du point de vue des finances publiques, c’est un échec car l’Assemblée Nationale accorde aux acquéreurs des conditions de paiement très favorables. L’Assemblée va vouloir anticiper sur les recettes et va émettre des Assignats. Cette émission est très inflationniste, l’Assignat perdant de 1789 à 1796 97% de sa valeur. En quelques mois, le Clergé perd son statut, son organisation et son patrimoine. De plus, l’Assemblée proclame le 13 février 1790 la nullité des vœux religieux perpétuels comme étant incompatibles avec la liberté individuelle. Les religieux sont exclus de la municipalité. Les ecclésiastiques ne sont plus considérés que comme « ministre des cultes » (fonction publique).

L’abolition des privilèges territoriaux

De multiples villes et pays ont des statuts très diversifiés. Même si l’attitude des Rois a réduit un peu ces différences, à la fin de l’Ancien Régime beaucoup de privilèges subsistent. Sous Louis XVI, l’esprit provincial contre le phénomène de centralisation ressurgit et la défense des