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Grec

Grec


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Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.

Les dialectes

À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique. Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui. Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.

Écritures

La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas). Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A. C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte… L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.

Phonologie

Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet. Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes. En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.

Morphologie

Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien. Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés. On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés. La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien. Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur. Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué. Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme. En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.

Influence du grec ancien sur les langues modernes

Mots savants et radicaux grecs

Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.

Mots courants

Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.

Le dédale synchrone du cosmos politique

Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque : :« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».

Divers


- code ISO 639-2 : grc

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
  - dialectes grecs;
  - déclinaisons du grec ancien ;
  - conjugaisons du grec ancien 
  - phonologie du grec, accentuation du grec ;
  - alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
  - grec moderne ;
- littérature grecque.

Liens externes


- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien als:Griechische Sprache ja:ギリシア語 ko:그리스어 ms:Bahasa Greek simple:Greek language th:ภาษากรีก

Catégorie:Langue grecque

Catégorie:Grèce Catégorie:Langue indo-européenne catégorie:Grèce antique Les articles de cette série abordent, entre autres, des questions liées à la langue grecque. Pour la littérature, voir la :catégorie:Littérature grecque.

Grèce

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Grec moderne

Le grec moderne (Νεοελληνική) est la langue maternelle de 12 millions de locuteurs, dont 9,9 millions en Grèce où il est langue officielle, tout comme à Chypre. Il existe également une minorité de langue grecque en Albanie. Elle fait partie de la branche grecque des langues indo-européennes.

Histoire

Le grec d'aujourd'hui dérive de la koinè, elle-même héritière directe du grec ancien, mais a subi un grand nombre de transformations phonétiques (comme l'iotacisme, la psilose, la disparition des oppositions de quantité vocalique, la spirantisation des anciennes aspirées, le passage d'un accent de hauteur à un accent d'intensité ou encore l'amuïssement de certains phonèmes, comme [n], en finale), lexicales (nombreux emprunts aux langues modernes) et grammaticales (simplification de la flexion nominale, de la conjugaison). De fait, il n'est pas possible à un locuteur du grec moderne de comprendre correctement un texte en grec ancien, de même qu'un francophone ne peut traduire, sans en avoir étudié la langue, de l'ancien français. On peut illustrer cette évolution par un court extrait du Nouveau Testament (Jean I, 1) en grec moderne puis en grec ancien (koinè, en fait). La prononciation est indiquée de manière phonologique et les tons du grec ancien sont notés de manière simplifiée. Enfin, l'on a choisi de transcrire le grec ancien tel qu'il était prononcé dans son état classique et non tel qu'il l'était à l'époque de rédaction du texte, pour mieux marquer les différences :
La langue actuelle est une variante dite dhimotiki, qui a supplanté en 1975 une langue artificielle et archaïsante, la katharevousa. De plus, depuis 1982, la langue s’écrit avec le système monotonique.

Écriture et prononciation

Le grec moderne s’écrit avec un alphabet de vingt-quatre lettres, hérité du début de la période archaïque (). Chaque lettre correspondait à l’origine à un son différent (avec des ambiguïtés, principalement pour les voyelles), mais en grec moderne la prononciation a évolué, et plusieurs lettres ou groupes de lettres se prononcent de la même manière, ce qui rend l’orthographe aussi complexe que celle du français (entendre un mot n’est souvent pas suffisant pour pouvoir l’écrire : par exemple, il existe cinq graphies pour le son « i », en raison de l'iotacisme). Le tableau ci-dessous donne la prononciation des lettres. L’accent aigu (ou droit, selon les polices de caractères) marque l’accent tonique, en gras dans la transcription. Le grec moderne suit des règles de sandhi tant internes qu'externes. Par exemple, un /n/ final voit son point d'articulation s'adapter à la consonne initiale du mot qui suit (devant une vélaire, il passe à [ŋ] ; à la fin de certains mots-outils comme την, τον, δεν, il s'amuït devant une continue ; il voise une occlusive sourde qui le suit et peut empêcher une sonore de se spirantiser, les assimilations pouvant être progressives : τον πατέρα [tɔm ba'tεɾa]). Par ailleurs, des groupes de lettres formant des digrammes ont une prononciation spéciale : Exemples

Grammaire

Le grec moderne est une langue à déclinaisons (comme l'allemand, par exemple) : la terminaison des mots change suivant la fonction du mot dans la phrase. Même les noms propres se déclinent : par exemple, on dira ο Φίλιππος έφυγε (o Phílippos éfiye : « Philippe est parti »), βλέπω τον Φίλιππο (vlépo ton Phílippo : « je vois Philippe »), είναι το σπίτι του Φίλιππου (íne to spíti tou Phílippou : « c'est la maison de Philippe »). Cette particularité peut sembler rebutante à un francophone (qui cependant n'a pas de mal à décliner le pronom il qui donne le à l'accusatif et lui au datif). Elle est pourtant source d'une grande liberté d'expression car l'ordre des mots importe moins qu'en français. Par exemple τον Φίλιππο βλέπω (ton Phílippo vlépo) peut être traduit par « c'est Philippe que je vois ». Par ailleurs, le grec distingue deux aspects pour chaque verbe, marqués chacun par une forme distincte : une forme continue (calquée sur le présent) et une forme instantanée (calquée sur le passé, appelé aoriste). Cette différence est très vivante et se retrouve au futur et au subjonctif. Un Grec ne confondra pas θα τον δω (tha ton dho) et θα τον βλέπω (tha ton vlépo) : les deux signifient « je le verrai », mais le premier sous-entend « une fois » tandis que le second signifie « continuellement ».

Lexique

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- groupe grec

Liens externes


- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://babel.lexilogos.com/ellenika/index.htm grammaire de grec moderne] Catégorie:Langue grecque G

Athènes antique

La cité

Athènes fut fondée formellement vers 800 par le synœcisme de plusieurs villages, partiellement préservés par l'invasion des Doriens. Le pluriel du mot « Athènes », d'après Thucydide, est une trace des anciens villages qui fusionnèrent pour fonder la cité. Le site fut choisi pour la forteresse naturelle que représente l'Acropole, les habitants purent résister aux hordes de pillards qui terrorisaient la région, augmentant avec les années sa fortification. À partir de 510, cette fonction défensive est abandonnée, le lieu étant consacré aux cultes et notamment celui d'Athéna, déesse protectrice d'Athènes. Des remparts encerclent à partir de 478 la ville et son port, le Pirée. Rares sont les bâtiments au-delà des 15 majestueuses portes, exception faite du populaire quartier du Céramique dont la production inonde le monde grec entier, ainsi seuls quelques gymnases et écoles de philosophie s'excentrent pour que leurs élèves profitent de la tranquillité et soient totalement isolés pendant les deux années de leur éphébie. L'agora devient le centre social et politique de la cité avec l'installation des institutions démocratiques sur cette place. En été de nombreux débats houleux ou amicaux se tiennent à l'ombre du portique Sud et de la Stoa Poikilè, on papote et philosophe en regardant les centaines d'étales emplis de victuailles et leurs marchands s'égosillant à qui mieux mieux pour appâter le client. L'hiver se sont les nombreuses salles situées en arrière qui sont envahies. Des joutes oratoires d'un autre genre se déroulent sur la Pnyx, colline sur laquelle sont votées toutes les lois athéniennes. Loin de ces ambiances festives plus ou moins décisives dans la direction de l'État le monde rural vit aussi. Les riches propriétaires n'ayant pas déserté la campagne pour la ville profitent, avec les régisseurs de ceux partis, de la dolce vita faite de soleil, d'huile d'olive, et de belles esclaves pendant que triment leurs autres biens humains au dur labeur imposé par le climat aride de l'Attique. Mieux lotis, les pêcheurs bordant le pourtour de l’Attique mangent à leur faim sans pour autant avoir accès à l’état de grands propriétaires terriens toujours nécessaire pour entrer dans les arcanes du pouvoir.

Le citoyen athénien

Pour être citoyen athénien il faut être un homme né de père athénien et ayant suivi l'éphébie de 18 à 20 ans. Cette formation militaire et civique permet à la cité d'assurer sa défense sans avoir d'armée permanente et la prémunit contre les risques de tyrannie. Les esclaves et les femmes considérés respectivement comme des biens et d'éternelles mineures, ainsi que les métèques (étrangers) sont exclus de la communauté politique. Cependant si un métèque non barbare (grec) accomplit de hauts faits pour la cité, il peut recevoir à titre exceptionnel et en remerciement de ses actions la citoyenneté athénienne, moyennant finance bien sûr. Une telle décision ne peut être prise qu'à la suite d'un vote de l'Ecclésia réunissant 6000 citoyens. On imagine donc sans mal l'importance et la rareté de ces naturalisations. En 451, Périclès restreint l'accès à la citoyenneté aux seuls enfants de père et de mère athéniens unis par le mariage pour faire face à l'explosion du nombre de citoyens dû aux unions entre athéniens et métèques, voir esclaves.

Les institutions démocratiques athéniennes

L'Ecclésia

C'est l'assemblée de citoyens qui se réunit sur la colline de la Pnyx. Elle vote les lois en général avec la présence de 5000 citoyens si l'on en croit Thucydide. Ces votes se font à main levée et à la majorité simple. N'importe quel citoyen peut prendre la parole (isegoria) et proposer une motion. C’est le propre de la démocratie directe. Une fois votée la loi est exposée au public. Selon un processus similaire l'Ecclésia peut pour se protéger de la tyrannie voter une fois par an le bannissement d'un citoyen, c'est l'ostracisme, le nom venant du morceau de céramique (ostrakon) sur lequel on inscrit le nom de la personne que l'on souhaite expulser. Cette réunion annuelle s'effectue après celle pendant laquelle les magistrats bouleutes et héliastes sont tirés au sort ou élus pour des mandats d'un an, elle nécessite la présence de 6000 membres, c'est le fameux quorum 6000. Cette pratique disparaîtra en 417.

La Boulê

Également appelée Conseil des cinq Cents, elle est composée de 500 membres (bouleutes) à raison de cinquante par tribu. Les bouleutes sont tirés au sort et renouvelés chaque année parmi les citoyens de l’Ecclésia, un citoyen ne pouvant être au maximum que 2 fois bouleutes. Cette assemblée siège de façon permanente. La présidence et la coordination du travail sont assurées par les prytanes. Chaque tribu assure pendant un dixième de l'année (35-36 jours) la prytanie, c'est-à-dire la permanence. Le principal travail de la Boulé est de recueillir les propositions de loi présentées par les citoyens, puis de préparer les projets de loi pour pouvoir ensuite convoquer l'Ecclésia. La Boulé siège sur l'agora.
Voir l'article détaillé Boulè

Les magistrats

Ils détiennent le pouvoir exécutif en gérant les affaires courantes et en veillant à l'application des lois. Parmi eux les 10 stratèges commandant l'armée et rééligibles, ainsi que les 10 archontes (littéralement, les « commandeurs ») tirés au sort parmi les citoyens de l'Ecclésia, et formant l'équivalent de nos gouvernements. Les magistrats doivent exercer leur pouvoir de manière collégiale et jamais de manière individuelle. Les magistrats et les ambassadeurs sont contrôlés à la fin de leur mandat. C'est la reddition de comptes. Cela permet aux Athéniens de contrôler efficacement les magistrats et d'éviter par la même occasion les dérives tyranniques. La dokimasia est l'examen préliminaire que subissent les futurs magistrats pour limiter les effets malheureux du tirage au sort. Cet examen permet de vérifier que le candidat est bien citoyen, qu'il a bien l'âge minimum requis, qu'il n'a jamais occupé le poste et qu'il en est digne. Il se déroule soit devant l'Ecclésia, soit devant l'Héliée, soit devant les deux.

L'Héliée

Ce tribunal populaire est composé de 6000 citoyens (répartis en dix classes de 500 citoyens, 1000 restant en réserve) tirés au sort chaque année pour devenir héliastes. Par un système compliqué et selon l'affaire, on désigne par tirage au sort (sous contrôle d'un magistrat instructeur) un plus ou moins grand nombre d'héliastes pour chaque procès. Ainsi à un procès privé, 201 juges siégeaient normalement, 401 exceptionnellement. Pour les procès publics, ils étaient 501, 1001, voir 1501 juges. La tâche de juger est d'autant plus difficile qu'il n'y a ni code de procédure, ni code pénal. De plus les verdicts étaient sans appel et immédiatement exécutoires, on comprend dès lors l'important rôle politique de ce tribunal avec une interprétation si libre des lois. 200 réunions sont faites par an chacune sous la présidence d'un magistrat qui ne prenait pas part au vote. Le tribunal des Ephètes (51 membres) est celui qui a le plus accaparé les prérogatives de l’aréopage, il peut siéger en quatre endroits différents selon les types d'affaires :
- au Prytaneion, ils jugent tout ce qui a pu amener mort d'hommes (objets, animaux) ;
- au Palladion, ils jugent les meurtres involontaires, les métèques et les esclaves ;
- au Delphinion, ils jugent la légitime défense ;
- à Phréattys (sur une plage), ils jugent les bannis qui ont connu un meurtre dans leur exil. L'accusé est alors sur une embarcation au large.

L'Aréopage

Depuis les réformes de Solon, les anciens archontes constituent un autre tribunal, l’Aréopage, après 462, il ne dispose plus de pouvoir politique mais conserve un rôle dans les affaires sacrées et les crimes de sang. Son emplacement, la colline d’Arès hors de l’Agora, cœur de la cité, a une forte symbolique.
Voir l'article détaillé Aréopage Ces institutions qui constituent la démocratie athénienne nous sont connues essentiellement grâce à la découverte inopinée, à la fin du ap. J.-C. d'une Constitution d'Athènes attribuée à Aristote et dont la rédaction daterait environ de 330.

Les origines de la démocratie

La démocratie trouve son origine dans la grave crise de la cité athénienne et les mutations propres à Athènes :

La crise de la cité grecque

À partir du , la société grecque est confrontée à une crise politique. De plus en plus de paysans sont condamnés à être esclaves pour causes de dettes, les cités se combattent entre elles, et au sein d’une même cité les grandes familles se disputent le pouvoir.

La révolution hoplitique

Au apparaît la monnaie, en provenance du roi barbare de Lydie, Crésus, qui fut étroitement en contact avec les cités grecques avant sa défaite en 546 par le roi Perse Cyrus. Chaque cité grecque s'est emparée de cette notion pour frapper sa propre monnaie, afin de marquer leur existence. Au , les cités grecques ne frappent plus la monnaie irrégulièrement. Chaque cité appose un signe particulier sur la monnaie qu'elle frappe, l'épicène, qui permet de la reconnaître. Pour la monnaie athénienne, c'est une chouette. Cette fabuleuse invention se produit en concordance avec le développement extraordinaire du commerce méditerranéen. Ainsi une nouvelle classe de citoyens aisés, les commerçants et artisans (potiers) naît. Ces citoyens sont dorénavant suffisamment riches pour s’acheter des équipements d’hoplites : la guerre n’est plus l’apanage de l’aristocratie. Le système aristocratique basé sur la propriété agraire bat en brèche face aux revendications égalitaires de ces nouveaux citoyens-soldats.

Genèse de la démocratie

Il est important de comprendre qu'à l’opposé de la République française, la démocratie athénienne ne naquit pas d’insurrections populaires mais de l'engagement politique de certains archontes, en voici l'essentiel :

Réformes de Dracon

Dracon est mandaté, en 621-620, pour mettre par écrit des lois ne s'appliquant qu'aux affaires de meurtre et dont la dureté devait rester légendaire - d'où l'adjectif draconien. Mesure limitée qui, cependant, affirme pour la première fois l'autorité de l'Etat au-dessus des parentés dans le domaine de la justice, instaure un droit commun pour tous et, par là même, porte atteinte à l'arbitraire des aristocrates. Six thesmothètes (gardiens de la loi écrite) viennent alors renforcer le collège des archontes. Le monopole économique et politique des eupatrides n'est cependant en rien attaqué, malgré l'amplification de la crise. Deux modèles résolvant ce problème émergèrent en Grèce au VIème siècle:
- soit l'arbitrage d'un législateur, chargé, dans une sorte de consensus, de mettre fin à des troubles qui risquent de dégénérer en guerre civile.
- soit la tyrannie, qui, dans l'évolution de la Grèce archaïque, apparaît bien souvent comme une solution transitoire aux problèmes de la cité. Avec Solon, le législateur, puis avec les Pisistratides, Athènes fera successivement l'expérience de l'une et de l'autre.

Réformes de Solon

Solon tenta de résoudre cette crise politique qui traversait sa cité. Archonte (594-593), législateur, auteur d’un code de loi, il supprima l’esclavage pour dettes et affirma le droit de tous à participer aux décisions de la cité. Il fixa les obligations de chacun vis-à-vis de la cité selon la fortune personnelle. Cependant le système mis en place par Solon demeure profondément inégalitaire : il se résume au passage d'un régime aristocratique à un régime ploutocratique. Les citoyens sont dorénavant répartis en 4 classes censitaires. D'après le nombre de mesures de blé, de vin et d'huile que le propriétaire est rangé dans l'une des quatre classes : les pentacosiomédimnes (qui possède plus de 500 médimnes de céréales), les hippeis (plus de 300 médimne), les zeugites (plus de 200 médimne) et les thètes (moins de 200 médimne). Les droits sont variables en fonction de la condition sociale, ainsi les hautes magistratures sont réservées aux pentacosiomédimnes, mais soucieux de renforcer l'esprit de solidarité Solon soumet ses puissants au devoir liturgique. Grâce à se système d'une part le petit peuple désormais libre n'a plus de forte haine contre les élites qui sont de plus en plus perçues comme bienfaitrices. D'autre part les revendications de la naissante bourgeoisie faite de marchands « internationaux », d'habiles entrepreneurs, et de propriétaires de flotte commerciale sont partiellement satisfaites, les charges d'archontes étant toujours réservées aux grands propriétaires terriens.

Réformes de Clisthène

A travers sa réforme de 507 Clisthène, membre d’une des plus grandes familles d’Athènes, les Alcméonides, concéda au peuple la participation non seulement aux décisions politiques mais aussi aux fonctions politiques en échange de son soutien. Cette réforme repose sur la réorganisation de l’espace civique. Les anciennes structures politiques fondées sur la richesse et les groupes familliaux furent remplacées par un système de répartition territoriale. Un citoyen athénien ne se définit désormais plus que par son appartenance à un dème.
L’Attique est divisé en trois ensembles : la ville (astu), la côte (mésogée), l’intérieur (paralie). Dans chaque ensemble se trouvent dix groupes de dèmes, nommés trittyes. La réunion d’une trittye de chaque ensemble constitue une tribu : il y a donc dix tribus. Ce système casse la pratique du clientélisme traditionnel, et s’impose dans l’organisation de toutes les institutions de la cité. On parle d'isonomie. En outre, pour renforcer la cohésion sociale, Clisthène met en place une indemnité journalière de présence au sein des institutions et aux spectacles des Panathénées : c’est le misthos (« salaire ») destiné aux citoyens les plus pauvres ou les plus distants de la ville. Elle leur permet de chômer un jour pour assurer leurs fonctions civiques et politiques. Le montant du misthos passsera de deux à trois oboles par jour sous Cléon. Soit l'équivalent du faible salaire d'un ouvrier.

La mort de la démocratie athénienne : la guerre du Péloponnèse

L'année 430 marque le début du déclin d'Athènes, la désastreuse lutte contre Sparte conjuguée à une épidémie de peste, fatale pour Périclès en 429, conduit inexorablement la cité désormais démoralisée à sa perte qui aboutira par le retour de la tyrannie en 411, renversée dans un premier temps puis réinstitué en 404. Voir articles plus détaillés guerre du Péloponnèse, Quatre-Cents et Les Trente

Voir aussi

Bibliographie


- Moses Finley, Démocratie antique et démocratie moderne, Payot, coll. « Petite bibliothèque », 2003 (ISBN 2228897515) ;
- M. H. Hansen, La démocratie athénienne à l'époque de Démosthène, Les Belles Lettres, coll. « Histoire », 2003 (ISBN 2251380248) ;
- Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif Flammarion, coll. « Champs », Paris, 1996 (ISBN 2080813498) ;
- Claude Mossé :
  - Histoire d'une démocratie : Athènes. Des origines à la conquête macédonienne, Seuil, coll. « Points Histoire », 1971 (ISBN 2020006464) ;
  - Politique et société en Grèce ancienne : le « modèle » athénien, Flammarion, coll. « Champs », 2000 (ISBN 2080814389) ;
- S. Price et O. Murray (s. dir.), La Cité grecque d'Homère à Alexandre, La Découverte, coll. « Textes à l'appui », 1992 (ISBN 2707121770) ;
- Jacqueline de Romilly, Problèmes de la démocratie grecque, Herman, coll. « Agora », 1998 (ISBN 2705657819) ;
- R. Sinclair, Democracy and Participation in Athens, Cambridge University Press, 1988 (ISBN 0521423899).

Articles connexes


- Histoire de la Grèce antique ;
- Démocratie. Democratie athénienne

Alexandre le Grand

Alexandre le Grand ou Alexandre III de Macédoine (en grec Ἀλέξανδρος Γ' ὁ Μακεδών / Alexandros III o Makedôn, Alexandros signifiant « protecteur de l'homme ») (21 juillet 356 av. J.-C.13 juin 323) est sans aucun doute le souverain le plus célèbre de l'Antiquité. Fils de Philippe II de Macédoine, élève d'Aristote et roi de Macédoine en 336 av. J.-C. il est l'un des plus grands conquérants de l'Antiquité, fait de son petit royaume le maître de l'immense empire achéménide et s'avance jusqu'aux rives de l'Indus. Il fonde aussi de nombreuses cités et notamment Alexandrie en 331 av. J.-C.. Le mythe d'Alexandre s'explique principalement par ses prétentions à la conquête universelle (du monde entier). Cette aspiration, à la fois impossible et presque réalisée avant qu'il ne soit foudroyé à l'âge de 33 ans, eut comme conséquence — durant un temps très court — une unité politique jamais retrouvée ensuite entre l'Occident et l'Orient. L'héritage d'Alexandre, également marqué par les cultures grecque, occidentale, et orientale, fut partagé entre ses généraux : il s'agit des différents royaumes et dynasties de la période hellénistique. période hellénistique] Alexandre est le fils de Philippe II de Macédoine et d'Olympias, princesse d'Épire, sa troisième femme. Par sa mère, il est le neveu d'Alexandre le Molosse, roi d'Épire, territoire qui se situe de nos jours entre la région grecque d'Épire et le Sud de l'actuelle Albanie. La légende veut qu'Olympias n'ait pas conçu Alexandre avec Philippe, qui avait peur d'elle et de son habitude de dormir en compagnie de serpents, mais avec Zeus. Alexandre se servit de ces contes populaires à des fins politiques, faisant référence au dieu plutôt qu'à Philippe quand il évoquait son père. Une autre légende, d'origine égyptienne celle-là, (Roman d'Alexandre) veut qu'Alexandre soit le fils du dernier pharaon égyptien de la XXX dynastie, Nectanébo II. Par son père Philippe II, Alexandre descendrait de Téménos d'Argos, lui-même descendant d'Héraclès, fils de Zeus — pour cette raison, la dynastie macédonienne s'appelle dynastie des Argéades ou des Téménides. Par sa mère, Olympias, de la dynastie des Éacides, Alexandre affirmait descendre de Néoptolème, fils d'Achille et de Déidamie.

Enfance et éducation

Située dans le Nord de la Grèce actuelle, la Macédoine est l'une des régions pélasgiques antiques. La langue parlée est alors l'un des nombreux dialectes grecs, cependant, dès l'époque du roi Archélaos (fin du ), la langue officielle de la cour et de la chancellerie macédonienne devient l'ionien-attique. Philippe, qui a séjourné à Thèbes comme otage (entre 369 et 367 av. J.-C.), le parle pour sa part couramment. Après avoir été éduqué par Léonidas et Lysimaque d'Acarnanie, Alexandre reçoit pour précepteur le philosophe Aristote de 343 à 340 av. J.-C. Ce dernier est le fils de Nicomaque, médecin d'Amyntas III, le grand-père d'Alexandre. Il rédige une édition annotée de lIliade pour son élève. Alexandre lit également Hérodote et Xénophon, auteurs qu'il sut exploiter lors de ses conquêtes. Plusieurs compagnons d'enfance d'Alexandre se retrouveront à ses côtés lors de la conquête de l'Asie.

Le roi de Macédoine

Un prince associé au pouvoir

Asie Bien que considéré comme barbare par les Athéniens, le royaume de Macédoine a, sous le règne de Philippe, étendu son hégémonie sur la Grèce classique. Il vainc Athènes aux Thermopyles en 352 av. J.-C., intervient dans un conflit entre Thèbes et les Phocidiens, triomphe d'une coalition d'Athènes et de Thèbes à la bataille de Chéronée, en 338 av. J.-C.. Alexandre y fait ses preuves en commandant la cavalerie et en taillant en pièces le bataillon sacré des Thébains. Philippe est également l'initiateur de la ligue de Corinthe, rassemblant toutes les cités grecques, à l'exception de Sparte, sous son commandement. La ligue doit porter la guerre contre l'Empire perse. En 340 av. J.-C., en l'absence de son père parti assiéger Byzance, Alexandre devint régent de Macédoine. En 337 av. J.-C. cependant une violente dispute oppose le père et le fils quand Alexandre prend le parti de sa mère Olympias à laquelle Philippe souhaite imposer Cléopâtre, sœur ou nièce d'un général de Philippe, Attale, comme seconde épouse
légitime et dont il a bientôt un fils. Alexandre doit se réfugier dans la famille de sa mère en Épire. Cependant la brouille ne dure guère et bientôt pardonné Alexandre sauve la vie de son père lors d'une expédition contre les Triballes.

L'élimination de tout rival potentiel

En 336 av. J.-C. Philippe est assassiné lors du mariage de sa fille Cléopâtre avec le roi Alexandre le Molosse d'Épire, le frère d'Olympias. L'assassin supposé est un ancien officier du roi, le jeune noble Pausanias, qui gardait une dent contre Philippe, le dernier ayant ignoré une demande qu'il lui aurait faite. Les historiens de l'Antiquité ont longtemps cru que le meurtre de Philippe avait été une machination impliquant Olympias et peut-être Alexandre. Une autre hypothèse nie l'implication d'Alexandre et met en cause Darius III, le nouveau roi de Perse. Plutarque mentionne une lettre virulente d'Alexandre à Darius, où le Macédonien blâme Darius (et Bagoas, son grand vizir, dont Darius III se débarrasse rapidement), pour le meurtre de son père, soutenant que c'est Darius qui s'était vanté auprès des differentes cités grecques de la façon dont il avait fait assassiner Philippe. Après la mort de Philippe, l'armée proclame Alexandre, alors âgé de 20 ans, nouveau roi de Macédoine. Les villes grecques comme Athènes et Thèbes, qui avaient prêté allégeance à Philippe, ne sont pas si pressées de faire de même vis-à-vis du jeune homme. Alexandre ordonne immédiatement l'exécution de tous ses rivaux potentiels. Ainsi, pour ne pas avoir de concurrent au trône, il fait assassiner son cousin Amyntas IV, roi de Macédoine vers 360 av. J.-C./359 av. J.-C. que Philippe II avait renversé alors qu'il n'était qu'un enfant. Quant à Olympias, profitant d'une absence de son fils parti guerroyer au nord, elle fait tuer le fils de Philippe II et de Cléopâtre et contraint cette dernière à se pendre. L'oncle de cette dernière, Attale, qui se trouve en campagne en Asie avec Parménion, est également assassiné. Impossible de savoir si elle agit avec l'assentiment d'Alexandre ou non ; toujours est-il que le nouveau roi de Macédoine n'a plus de rival capable de lui contester le trône.

La consolidation du pouvoir

Il n'est pas seulement roi des Macédoniens, mais aussi, comme son père, archonte à vie des Thessaliens et
hégémon (ἡγεμών, « commandant en chef ») et stratège autoproclamé de la ligue de Corinthe. De fait, la politique de la Ligue est entièrement dictée par les macédoniens Philippe puis Alexandre. Cependant, avant de reprendre le projet de son père de porter la guerre en Asie, il assure la sécurité de son royaume par deux expéditions au nord de la Macédoine; l'une jusqu'au Danube, l'autre en Illyrie révoltée (fin de l'année 336 av. J.-C. et début de l'année 335 av. J.-C.). Suivant Strabon et Arrien, des émissaires celtes — les ancêtres des Scordisques du milieu du  — rencontrèrent Alexandre sur le Danube, à cette occasion en 335 av. J.-C. L'anecdote suivante est rapportée : :« Quand Alexandre eut vaincu les Gètes et rasé leur ville, sur le Danube, il lui vint des ambassades de tous côtés et entre autres des Gaulois, qui sont (dit-il) de grands hommes. Alexandre leur demanda alors ce qu'il craignaient le plus au monde, en s'attendant à ce que ces gens disent qu'ils ne craignaient rien plus que lui : mais il fut détrompé car il avait affaire à des gens qui ne s'estimaient pas moins que lui ; ils lui dirent que la chose de ce monde qu'ils craignaient le plus était que le ciel ne tombât sur eux, ce qui signifiait qu'ils ne craignaient rien. » C'est alors que, profitant du fait que le nouveau roi de Macédoine est occupé au nord, les cités grecques se révoltent. La réponse d'Alexandre est à la fois foudroyante, impitoyable et paradoxale. Impitoyable, car la ville de Thèbes est entièrement rasée (335 av. J.-C.), à l'exception de la citadelle de la Cadmée, de la maison natale de Pindare et de sa population, réduite en esclavage. Paradoxale, car Alexandre épargne Athènes, trop heureuse de se soumettre. Sans doute faut-il voir dans cette générosité la volonté de ne pas détruire le principal centre artistique, philosophique de la Grèce, ou bien l'influence de son ancien maître Aristote qui s'installe cette même année 335 av. J.-C. à Athènes et y fonde le Lycée. Cela dit, les accès de fureur chez Alexandre alternent fréquemment avec des gestes de grande générosité, la destruction de Thèbes et le pardon d'Athènes n'étant que les premiers d'une longue liste. Au final, Alexandre est assez peu présent comme souverain dans son royaume. Quand il quitte l'Europe au printemps 334 av. J.-C. pour son expédition en Asie, c'est pour ne jamais y revenir.

Le Conquérant

Voir aussi : Comparaison entre les armées d'Alexandre le Grand et de Darius. Comparaison entre les armées d'Alexandre le Grand et de Darius

La bataille du Granique

Durant l'hiver 338-337, Philippe de Macédoine constitue la ligue de Corinthe, ayant déclaré la guerre à la Perse. Alexandre est le continuateur de l'œuvre de son père. En 334, Alexandre passe en Asie avec environ 32 000 fantassins et 5000 cavaliers. Il part de sa capitale Pella et, en 20 jours, atteint Sestos en Chersonèse. Tandis que Parménion est chargé par le roi de transporter l'armée à Abydos, tête de pont crée par Philippe II sur l'Hellespont, Alexandre se dirige vers Éléonte où il rend sacrifice au premier héros tombé lors de la guerre de Troie, Protésilas. Ce geste est le premier d'une longue liste qui illustre la volonté du roi de frapper les imaginations en se faisant passer pour le nouvel Achille, sans qu'il soit d'ailleurs possible de savoir s'il est sincèrement pénétré de la fierté d'appartenir à la race du héros ou s'il s'agit d'une simple gestuelle théatrale à destination de ses soldats et des peuples d'Asie mineure et de Grèce. C'est ainsi qu'il débarque en Asie près de l'emplacement supposé de Troie, dresse des autels dans le temple d'Athéna à Ilion, puis va mettre une couronne sur le tombeau d'Achille, tandis Héphaestion fait de même sur celui de Patrocle. Ce n'est qu'après qu'Alexandre rejoint son armée à Arisbé. En quatre jours, en contournant par le nord le massif du Pityos Le principal chef mercenaire grec de Darius III, Memnon de Rhodes, est partisan de la politique de la terre brulée face aux Macédoniens, dont il estime à juste titre la valeur. Que l'armée entraîne vers l'intérieur du pays sans combattre les troupes d'Alexandre tandis que la flotte perse porte la guerre jusqu'en Macédoine. Memnon pouvait légitimement espérer une révolte des cités grecques, s'appuyant sur l'or de Darius et sur le légitime ressentiment contre Alexandre à la suite du saccage de Thèbes. Mais les satrapes perses se méfient des conseils d'un étranger et ne tiennent aucunement compte de son avis. Arsitès, le satrape de Phrygie déclare qu'il ne laissera pas brûler une seule maison de sa satrapie.
Voir aussi : Bataille du Granique.

La conquête de l'Asie Mineure

La prise de Milet
La victoire d'Alexandre a une conséquence importante : jusqu'à la bataille d'Issos, il n'a que de simples garnisons laissées dans les villes pour s'y opposer. Dans la foulée du Granique, Sardes, la capitale de Phrygie, se rend sans résistance, tandis que Parménion s'empare de Dascylion. La ville d'Éphèse, en proie à des luttes de factions et où Memnon s'était réfugié après la bataille, voit le parti démocratique favorable à Alexandre l'emporter. Celui-ci habilement s'attire la sympathie des habitants de la ville en confiant au temple d'Artémis le tribut que la ville payait jusqu'alors à Darius et en rappellant les bannis. Les adversaires d'Alexandre se sont réfugiés à Milet, où Memnon reprend les choses en main après les velléitées de trahison à la cause perse par Hégésistrate, le chef des mercenaires grecs au service de Darius. La ville est prise en juillet 334 av. J.-C. après qu'Alexandre interdit à la flotte perse de mouiller sur la côte en prenant le cap Mycale.
Le siège d'Halicarnasse
Cependant Memnon s'est réfugié à Halicarnasse dont le roi Pixodaros, le frère du célèbre Mausole, s'est rangé du côté des Perses. Alexandre fait de Ada la sœur de Pixodaros, que celui-ci avait renversé, la satrape de Carie. Celle-ci l'adopte alors comme son fils. Reste à s'emparer de la ville qui comporte deux citadelles dont l'une sur une île. Alexandre après la prise de Milet vient de commettre une erreur, celle de licencier sa flotte. Aussi ne peut-il s'emparer que de la ville basse tandis que les deux acropoles restent aux mains des mercenaires grecs de Darius. Aussi Alexandre poursuit-il sa route en laissant sous le commandement de Ptolémée une troupe de 3000 fantassins et 200 cavaliers poursuivre le siège.
Alexandre s'empare de la Pamphylie et de la Pisidie
Alexandre se dirige alors vers la Lycie et s'en empare sans grande résistance. Puis à la fin de l'année 334 av. J.-C. et au début de 333 av. J.-C. il pénètre en Pamphylie puis en Pisidie. Ces régions n'appartiennent que très nominalement à l'empire achéménide. Le plus souvent ces villes sont autonomes et rivales entre elles. De ces rivalités, Alexandre va jouer et reçoit la soumission d'Aspendos (à l'est de la ville actuelle d'Antalya), de Sidé (aujourd'hui le port de
Selimye à environ 60 kilomètres à l'est d'Antalya). Puis il remonte vers la Phrygie et combat les habitants de la ville de Termessos (34 km au nord-ouest d'Antalya) sans réussir à prendre la ville, traite avec bienveillance leurs ennemis de la cité de Selge, s'empare de Sagalassos et parvient enfin à Gordion (village actuel de Yassihöyük). Il y trouve des renforts venus à la fois de Macédoine et de Grèce ainsi que Parménion qui venait en partie d'hiverner à Sardes. Le gouvernement de la Pamphilie et de la Pisidie est confié à Néarque.
La contre-offensive de Memnon de Rhodes
La première partie de la campagne d'Alexandre est terminée. La situation est indécise car certes le roi de Macédoine vient de remporter de glorieux succès mais il doit faire face à plusieurs incertitudes. Pour certains membres de son entourage, dont Parménion est semble t-il le représentant, l'objectif de Philippe II, théorisé par Isocrate à savoir la conquète de l'Asie jusqu'aux rives de l'Halys, est atteint. Un vaste territoire est conquis par la Macédoine et ouvert à la colonisation et l'influence hellènique. Mais Isocrate, dans les projets qu'il avait présenté à Philippe envisageait une seconde solution : l'anéantissement de l'empire perse. C'est cet objectif que souhaite atteindre Alexandre. Cela explique d'ailleurs pourquoi, bien qu'il proclame sa volonté d'agir en qualité de chef des Hellènes, il s'appuie avant tout, du moins au départ, sur les Macédoniens considérés comme plus fiables et attachés à sa personne par la fidélité dynastique. C'est pourquoi il ne reste qu'assez peu de temps à Gordion, où l'épisode du nœud gordien, s'il est authentique, lui promet l'empire d'Asie (Alexandre se voit présenter le nœud gordien : il est dit que la personne qui arrivera à dénouer ce nœud acquerra l'empire de l'Asie. Alexandre, d'un coup de son épée, tranche le fameux nœud), et cela alors que la situation n'est pas totalement sans risque sur ses arrières. En effet lors de l'hiver 334 av .J.-C. Darius donne le commandement de sa flotte à Memnon de Rhodes. Celui-ci envisage de porter la guerre en Macédoine en débarquant en Grèce (on parle de l'Eubée) et en organisant une révolte générale. Le sentiment anti-macédonien demeure vivace dans de nombreuses cités. L'idée d'une guerre de revanche contre les Perses, par rapport aux guerres médiques, idée développée par Alexandre et ses partisans en Grèce ne rend pas acceptable à leurs adversaires l'hégémonie macédonienne. N'oublions pas que des soldats grecs combattent dans les deux camps. Menmon reprend Chios, qui lui est livrée par le parti oligarchique (cette tendance politique sera globalement toujours hostile à Alexandre dans les citès grecques contrairement au parti démocratique) puis il rétablit le tyran Aristonicos à Méthymne et met le siège devant Mytilène. C'est alors que Memnon meurt (probablement au début de l'année 333 av .J.-C.) et que son plan est abandonné par Darius III. Il est en effet décidé que Darius lui-même marchera à la tête de son armée contre Alexandre. Autophradatès et Pharnabaze remplace Memnon à la tête de l'armée et de la flotte. Pharnabaze reprend Milet et Halicarnasse mais doit se séparer de ses mercenaires grecs qui vont rejoindre, sans doute par mer, l'armée que Darius rassemble. Cependant il est clair qu'Alexandre estime avoir fait une erreur en licenciant sa flotte. C'est pourquoi il charge deux officiers, Hégélochos et Amphotéros (le frère de Cratère) d'en reconstituer une de nouveau. Il s'en faut de peu qu'un conflit éclate avec Athènes dont les vaisseaux venus du Pont-Euxin sont interceptés par Hégélochos. Celui-ci doit faire face à une menace d'intervention de la flotte d'Athènes et relache les vaisseaux. Cet épisode illustre la nécessité pour Alexandre d'une victoire en Asie pour empécher toute tentative de révolte en Grèce. C'est pourquoi quand au début de l'été 333 av. J.-C. il apprend que Darius III marche sur la Cilicie Alexandre quitte Gordion.

D'Issos à Arbèles

Gordion En quittant Gordion, Alexandre se rend dans un premier temps à Ancyre et reçoit la soumission de la Paphlagonie puis celle de la Cappadoce jusqu'à l'Halys. Il pousse ensuite vers le sud, pénètre en Cilicie par le passage gardé par le satrape Arsamès des « portes ciliciennes » (passes de Gulek Boghas). Il fait étape à Tarse et y tombe malade. Cependant Parménion, véritable second du roi lors de l'expédition, occupe les passes qui permettent le passage de la Cilicie à la plaine d'Issos (col de Karanluk-Kapu) puis celles qui au-delà contrôlent le passage vers la Syrie (passes de Merkès et de Baïlan). Alexandre, une fois sur pied, soumet, en 7 jours selon Arrien, les populations montagnardes de Cilicie et s'empare de Soles où il rétablit, en théorie du moins, la démocratie. Il apprend à ce moment la pacification de ses arrières avec les victoires de Ptolémée en Carie sur le satrape Orontobatès et la chute d'Halicarnasse, de Myndos et la soumission de Cos. Cependant, peu de temps après (333 av .J.-C.), le satrape Pharnabaze, à la tête de la flotte perse soumet Ténédos et Sigeion et s'entend avec le roi de Sparte, Agis III, qui tente de soulever la Grèce en lui donnant de l'argent et quelques navires. C'est alors que l'arrivée imminente de Darius III devient certaine. Le souverain achéménide s'est installé dans la plaine d'Issos, abandonnant curieusement la position plus favorable à sa cavalerie de Soches, peut-être la volonté de couper Alexandre de ses arrières et de le contraindre à la bataille. Alexandre est en Syrie mais il fait demi-tour, ayant besoin pour les raisons invoquées plus haut d'une victoire, et, reprenant le chemin des passes syriennes déjà emprunté, il s'aventure lentement dans la plaine d'Issos organisant sa ligne de bataille devant l'armée perse.
Voir aussi : Bataille d'Issos.

La conquête de la Phénicie

La déroute des Perses après la défaite d'Issos est totale. Darius avec quelques milliers d'hommes à peine s'enfuit vers Thapsaque (ville de Syrie sur l'Euphrate) tandis que d'autres fuyards sont dispersés par les divers officiers d'Alexandre. De nombreux fugitifs se refugient en Phénicie puis de là gagnent l'ÉgypteChypre. Le résultat le plus net de la victoire c'est, paradoxalement, la soumission totale du monde grec qui ne songe plus à se révolter. Démosthène, à Athènes, avait prédit (et espéré?) la défaite du roi de Macédoine. La victoire d'Issos fait cesser, provisoirement en tout cas, les velléités d'indépendance des cités grecques si l'on excepte le roi de Sparte qui tente (fin 333 av .J.-C.?) de soulever la Crète. La flotte perse représente donc le seul danger et la maîtrise de la côte phénicienne, pouvant lui servir de base arrière, est donc indispensable. C'est pourquoi, délaissant la poursuite de Darius III, Alexandre prend la route du sud vers Arados (au nord de la Phénicie) tandis que Parménion est envoyé sur Damas où il s'empare des bagages de Darius. La période de l'empire achéménide pour les Phéniciens avait été une période prospère car en leur laissant une véritable autonomie les rois perses avaient permis aux cités phéniciennes de reprendre en partie la maîtrise de nombreuses routes commerciales face à leur adversaires traditionnels les Grecs. Les Phéniciens constituaient une grande part des marins de la flotte perse à la bataille de Salamine par exemple. Mais divisée entre elles ces cités n'adoptent pas une attitude commune face à l'arrivée des Macédoniens. Le roi d'Arastos, Gérostrate, estime qu'il n'a pas les moyens de résister et surtout que sa cité, plus riche de son commerce terrestre (avec la Perse et la Médie surtout) que de son commerce maritime, n'a aucun intérêt à un siège destructeur. La ville se rend ainsi que les citès de Marathos, Sigôn et Byblos. Quand à Sidon, elle se soumet d'autant plus facilement que ses habitants n'ont pas oubliés les représailles d'Artaxerxès II lorsque la ville avait participé à la révolte des satrapes sous le règne de ce prince.

Le siège de Tyr

A la fin de l'année 333 av. J.-C., alors qu'Alexandre est à Sidon, des négociations s'engagent avec le roi de Tyr, Azemilcos, lequel souhaite rester neutre dans le conflit. Refus d'Alexandre qui par contre désire offrir un sacrifice dans le temple de Melqart à Tyr. Refus des Tyriens qui décèlent le piège. Faire entrer Alexandre en vainqueur dans le temple c'est lui donner pouvoir sur la cité. Quand à Alexandre, il ne lui sert à rien de tenir la côte phénicienne si la ville de Tyr, avec ses deux ports, reste en dehors de son contrôle. C'est pourquoi commence en janvier 332 av. J.-C. le long siège de Tyr (jusqu'en août 332 av. J.-C.). La ville neuve est sur une île qu'Alexandre compte atteindre en construisant une digue avec les débris de la vieille ville (la ville continentale) d'environ 60 m de long. Mais les difficultés s'accroissent quand la digue atteint des eaux plus profondes, d'autant que les Tyriens effectuent des raids meurtriers avec leurs navires. Alexandre cependant a un atout. En tenant les autres cités phéniciennes, il disperse la flotte perse (début 332 av .J.-C.) dont les équipages phéniciens rentrent progressivement dans leurs ports d'attache. Les rois de Sidon, d'Aratos, de Chypre offrent ces navires à Alexandre qui ainsi peut constituer une flotte suffisante pour le siège de la ville (sans doute une centaine de navires). Après un raid d'une dizaine de jours pour soumettre les populations des montagnes du Liban actuel, il constate que sa nouvelle flotte est prête et apprend l'arrivée de Cléandre avec un corps de 4000 mercenaires, pour la plupart issus du Péloponnèse. Attaquée par terre, isolée par mer, la vieille cité résiste jusqu'en août 332 av. J.-C. La prise de la ville donne lieu à des actes d'une grande violence tant les habitants se défendent avec acharnement. Les Tyriens utilisent des tridents, ressemblant à des sortes d'hameçons, pour arracher les boucliers des Macédoniens. Ces derniers n'ont pas oublié les scènes de prisonniers de l'armée d'Alexandre précipités du haut des murailles. Sans doute 7000 à 8000 habitants de la ville sont tués (selon Diodore de Sicile), et 20 000 au moins sont vendus comme esclaves (une partie de la population dont beaucoup de femmes et d'enfants s'est enfuie vers Carthage). Ce succès permet à Alexandre de terminer sa mainmise sur l'ensemble de la Phénicie.

Le pharaon

Alexandre après la prise de Tyr prend le chemin de l'Égypte non sans avoir repoussé à deux reprises, malgré l'avis favorable de Parménion, des propositions de paix plus qu'avantageuses de Darius III. Ce que semble désirer Alexandre ce n'est pas un empire macédonien débordant largement sur l'Asie mais l'Asie toute entière, du moins la connaissance qu'en possèdent les Grecs. Sur la route de l'Égypte il rencontre une forte résistance à Gaza, sous la conduite de l'eunuque Batis, et prend la ville (fin 332 av .J.-C.) dont la garnison est massacrée et la population vendue en esclavage. Alexandre est blessé à deux reprises lors de ce siège. En 7 jours depuis Gaza il atteint alors Péluse en Égypte. Quand Alexandre entre en Égypte en décembre 332 av. J.-C., il semble être accueilli en libérateur. Il est fort possible que ce soit les Égyptiens eux-mêmes qui aient demandé son aide, pour les affranchir de la domination perse qui s'exerce, difficilement car les Égyptiens se sont révoltés de nombreuses fois, sur le pays depuis deux siècles. Toujours est-il qu'il ne rencontre que peu de résistance, et qu'il étend rapidement son royaume jusqu'à la première cataracte du Nil. Alexandre se fait proclamer pharaon à Memphis en 331 av. J.-C. Il sacrifie au taureau Apis — gage de respect des traditions égyptiennes — et honore les autres dieux. Il se dirige ensuite vers la côte méditerranéenne où il choisit l'emplacement de la future Alexandrie qui n'est achevée que sous Ptolémée I ou II. La légende veut qu'Alexandre ait choisi lui-même les plans de la nouvelle cité. Il se rend ensuite dans l'oasis de Siwa où il rencontre l'oracle d'Amon-Zeus qui le confirme comme descendant direct du dieu Amon. Cette salutation, conforme à l'étiquette égyptienne, est très largement exploitée par la propagande du Conquérant. Cette anecdote est rapportée ainsi par Plutarque : :«
Quelques-uns affirment que le prophète, voulant le saluer en grec d'un terme d'affection, l'avait appelé « mon fils » (παιδίον / païdion), mais que, dans sa prononciation barbare, il achoppa sur la dernière lettre et dit, en substituant au nu (ν) un sigma (ς): «fils de Zeus» (παις Διός / païs dios) ; ils ajoutent qu'Alexandre goûta fort ce lapsus et que le bruit se répandit qu'il avait été appelé « fils de Zeus » par le dieu. » :Plutarque, Vies Parallèles (46-120) De retour à Memphis, il se fait officiellement couronner dans le temple de Ptah et réorganise le pays avant de repartir à la conquête du Moyen-Orient. C'est durant son séjour égyptien qu'il apprend la déroute définitive de ce qui reste de la flotte perse et la capture de ses derniers adversaires en mer Égée dont le satrape Pharnabaze. Fait prisonnier, celui-ci parvient à s'échapper mais l'un des amiraux d'Alexandre, Hégélochos, apporte à son maître de nombreux prisonniers qui sont éxilés dans la ville égyptienne d'Éléphantine. Cela laisse toute latitude à Antipater, le régent de Macédoine pour s'occuper du toujours remuant roi de Sparte, Agis III qui est tué plus tard en 331 av. J.-C. à la bataille de Mégalopolis. Il quitte ensuite l'Égypte au printemps 331 av. J.-C. pour n'y jamais revenir.

Vers la bataille décisive avec Darius III

Lors d'un nouveau passage à Tyr, il reçoit une délégation d'Athènes qui obtient du roi la libération des mercenaires athéniens qui avaient combattus à la bataille du Granique dans les rangs de l'armée perse. Puis à la fin du printemps/début de l'été 331 av. J.-C. l'armée macédonienne se met en marche vers l'Euphrate qui est traversé fin juillet à Thapsaque sur un pont de bateaux. Le satrape Mazès (où Mazæos) s'est replié à l'arrivée de son adversaire. Les podromoi d'Alexandre repèrent l'armée de Darius plus au nord, aussi le roi de Macédoine au lieu de marcher sur Babylone selon son plan initial remonte vers le nord, vers Nisibe, et franchit le Tigre vers le 20 septembre 331 av. J.-C. (aux environs de Djésireh, dans l'Irak actuel) contournant son adversaire par le nord. Alexandre reprend alors la direction du sud avec le Tigre sur sa droite. Au bout de quatre jours de marche il apprend que l'armée perse, innombrable, l'attend à Gaugamèles non loin d'Arbèles (actuelle ville d'Erbil dans le Kurdistan irakien).
Voir aussi : Bataille de Gaugamèles.

À la poursuite de Darius III

L'entrée dans Babylone et Suse

Le succès du combat lui ouvre la route de Babylone, qui se rend suite à des négociations. Nous connaissons mieux de nos jours les trois semaines entre la bataille et son entrée dans la ville (fin octobre 331 av. J.-C.) grâce à une tablette babylonienne qui, bien que détériorée, fait une nette allusion à la bataille de Gaugamèles et à sa chronologie précise. L'auteur anonyme y parle de la fuite de Darius « vers le pays de Guti » ce qui désigne la Médie. La suite de ce texte indique que les autorités de Babylone négocient avec le vainqueur et que celui-ci habilement garantit le maintien des traditions religieuses et la préservation des sanctuaires. Il donne l'ordre de rebatir le sanctuaire de Bel Mardouk qui tombait en ruine. Le vainqueur de Darius maintient d'ailleurs la plupart des dignitaires à leur poste (souvent sous le contrôle d'un officier macédonien). C'est le cas de Mazée (Mazæos), un noble perse, qui sur ordre de Darius s'est replié sur Babylone dont il devient alors le satrape, poste auquel il est confirmé par Alexandre. Celui-ci s'évite ainsi un siège long qui pouvait permettre à son ennemi de se ressaisir et inaugure sa politique de ralliement à sa personne de l'aristocratie achéménide. Il entre en vainqueur dans la capitale de l'Empire perse et y demeure près d'un mois. Tandis que Darius, en fuite, tente de réunir une nouvelle armée royale dans les hautes satrapies, Alexandre prend la direction de Suse, laquelle se rend à son tour. Il avait cependant dépêché Polyxénos à Suse afin de s'assurer du trésor important (sans doute près de 50 000 talents d'argent) qui s'y trouvait. Une partie importante de cet argent (sans doute 30 000 talents) est envoyé à Antipater afin qu'il l'utilise dans sa lutte contre Sparte.

Les difficultés d'Antipater

L'année 331 av. J.-C. est une année difficile, outre ses relations exécrables avec Olympias, pour celui à qui Alexandre a confié le gouvernement de la Macédoine et de la Grèce en son absence. Apparement la dispersion de la flotte perse, suite à la prise de Tyr, n'attise plus les velléités de révolte des Grecs sauf à Sparte où le roi Agis III s'assure le concours des pirates crétois puis de l'ensemble des peuples de Péloponnèse (Éléens, Arcadiens et la quasi totalité de l'Achaïe à l'exception de Pellènè). Mégalopolis et Messène sont les seules cités importantes à refuser d'entrer dans la coalition anti-macédonienne. Dans un premier temps Agis est vainqueur d'un corps expéditionnaire macédonien dirigé par Corrhagos et assiège Mégalopolis. Le reste de la Grèce cependant ne bouge pas et même Démosthène à Athènes conseille de n'en rien faire. Il est vrai que le geste habile d'Alexandre, de renvoyer de Suse vers Athènes la statue d'Aristogiton et d'Harmodios, lui concilie provisoirement une partie des habitants de la cité attique. En Thrace Memnon, un stratège macédonien envoyé pour contenir une révolte, prend le parti des populations insurgées. Enfin la reine Olympias provoque des difficultés quand à la mort de son frère Alexandre, le roi d'Épire, tué dans une expédition en Italie elle avance des prétentions au trône de ce pays. Elle en assure finalement la régence pour l'un de ses petits-enfants, fils du roi précédent et de sa fille Cléopâtre. Antipater réagit en traitant avec Memnon pour le neutraliser en en dirigeant la quasi-totalité de ses forces, sans doute 35 000 à 40 000 hommes vers le Péloponèse. Agis ne dispose quand à lui que de 20 000 hommes environ et 2000 cavaliers. Il est battu et tué sous les murs de Mégalopolis à l'automne 331 av. J.-C. Sparte est contrainte à dissoudre la ligue péloponésienne et à entrer dans la ligue de Corinthe. Bientôt, la nouvelle de la victoire de Gaugamèles assure un peu plus la souveraineté macédonienne.

L'incendie de Persépolis

Persépolis]] La campagne se poursuit en direction de la Perse proprement dite. Alexandre emprunte la route, que suivait la cour du Grand Roi lors de ses périgrinations entre les diverses capitales de l'empire, qui passe à travers le pays des Ouxiens (sud-ouest de l'Iran actuel). Il soumet, par un campagne foudroyante dont il a l'habitude, les montagnards de ces régions qui s'engagent à payer un tribut en chevaux et bêtes de somme dont à besoin l'armée. Après avoir été un temps arrêté par la résistance du satrape Ariobarzane aux Portes persiques, il franchit l'Araxe sur un pont qu'il fait construire et parvient dans la ville la plus symbolique du pouvoir perse, Persépolis. La ville est livrée au pillage, puis quelque temps après, les palais de la terrasse sont livrés aux flammes. Cet incendie est parfois interprété comme volontaire, bien qu'il aille à l'encontre de la politique d'intégration aux coutumes locales du conquérant. Alexandre aurait ainsi effectué un geste symbolique mûrement réfléchi, à la fois en direction des Perses et des Grecs de la Ligue. Une autre interprétation affirme qu'Alexandre aurait provoqué l'incendie dans un état d'ivresse, poussé en cela par une jeune courtisane athénienne, Thaïs. Il est possible qu'Alexandre ait voulu par là venger les destructions perses à Athènes, en 480, ou plus simplement qu'il ait souhaité affirmer son pouvoir face à une population peu encline à se rallier à lui. Quoiqu'il en soit, Alexandre regrettera par la suite cet incident, qui fut très mal perçu par les Perses.

La mort de Darius III

Darius III pendant ce temps s'est réfugié en Médie puis devant l'avance d'Alexandre décide de prendre le chemin de l'Hyrcanie (sud-est de la mer Caspienne). Il est rejoint à Ecbatane par Ariobarzane, Bessos avec des cavaliers originaires de Bactriane et un corps d'environ 2 000 mercenaires Grecs. Darius envoie son harem, ce qui reste de son trésor aux
portes caspiennes (à l'est de Téhéran) qui permettent l'entrée en Hyrcanie et qui se révèlent faciles à défendre. Alexandre pénètre en Paratécène (l'actuelle région d'Ispahan), soumet la population et fonce sur Ecbatane pour y apprendre que Darius vient de s'enfuir trois jours plus tôt avec environ 9 000 hommes dont 3 000 cavaliers. À Ecbatane le roi de Macédoine licencie ses cavaliers thessaliens, lance Parménion vers l'Hyrcanie et Cleitos vers la Parthie (a l'est de l'Hyrcanie). Lui-même se lance avec des troupes rapides à la poursuite du monarque en fuite. En onze jours il parcourt la route qui va d'Ecbatane à Rhagæ (légèrement au sud de Téhéran) où il est obligé de laisser souffler ses hommes et chevaux cinq jours. Il apprend par des transfuges que Darius est prisonnier des satrapes Bessos et Barsaentès et qu'il se dirige vers Hécatompyle (actuelle ville de Chahroud). En apprenant cette nouvelle Alexandre confie ses troupes à Cratère et avec ses éléments les plus rapides marche pendant une journée et demi sans pratiquer de véritable pause. Un jour plus tard, après une marche nocturne, il atteint le camp de Darius que celui-ci vient d'abandonner. Le soir même Alexandre impose à ses hommes une nouvelle marche de nuit pour aboutir à un campement de nouveau abandonné. Finalement Alexandre avec quelques cavaliers et fantassins montés rejoint le convoi de Darius. Celui-ci est mort assassiné par Bessos, Barsaentès et Satibarzane qui viennent de s'enfuir avec quelques centaines de cavaliers. (été 330 av .J.-C.). L'un des satrapes comploteurs, Bessos, tente de prendre les rênes du pouvoir perse, sous le nom dArtaxerxès, mais il est trop tard, Alexandre tient fermement l'empire perse.

Toujours plus à l'est

Darius III mort Alexandre lui rend les honneurs royaux et se présente en justicier contre ses assassins. Il est probable que la mort de Darius, à laquelle il est étranger, est pour Alexandre une bonne nouvelle car quel sort eût-il pu réserver au Grand Roi s'il avait été pris vivant? Au contraire il lui est possible maintenant de se montrer généreux avec sa famille et de faire ensevelir Darius dans les tombes royales de Persépolis. Les satrapes restés fidèles à Darius sont récompensés tel Artabaze qui reçoit la satrapie de Bactriane.

La révolte de l'Arie

Avant de poursuivre Bessos et ses complices Alexandre soumet l'Hyrcanie et les populations montagnardes de la région (actuels montagnes du Khurāsān à la frontière entre l'Iran et le Turkménistan), les Tapouriens et les Mardes. Il incorpore à son armée la majorité des mercenaires Grecs qui étaient au service de la Perse (ceux recrutés avant 334 av. J.-C.) et rassemble ses troupes à Zadracarta (Astérabad actuelle). Une partie des soldats est renvoyée, sous le commandement de Parménion en qui il est plausible qu'Alexandre n'ait plus qu'une confiance limité, à Ecbatane tandis qu'il se prépare à poursuivre les satrapes en fuite. Il apprend à Zadracarta que ceux-ci se sont séparés et que Bessos, qui se proclame roi sous le nom dArtaxerxès IV, s'est réfugié en Bactriane tandis que Satibarzane est retourné en Arie (actuelle région d'Hérat à l'ouest de de l'Afghanistan) et Barsaentès en Drangiane (sud de l'Afghanistan). Alexandre s'empare assez rapidement de l'Arie, en remontant la vallée de l'Atrek, et maintient Satibarzane à son poste en lui adjoignant un stratège macédonien Anaxippos. Mais, alors qu'il se prépare à remonter vers la Bactriane, Satibarzane se révolte (automne 330 av .J.-C.), assassine Anaxippos et massacre les troupes macédoniennes laissées en Arie avant de s'enfuir. Alexandre afin de maintenir l'ordre dans cette province y fonde une ville Alexandrie d'Arie puis se dirige vers la Drangiane ou le rebelle Barsaentès lui est livré et mis à mort. En octobre ou novembre 330 av .J.-C. Satibarzane se révolte de nouveau en Arie. Il est tué dans un affrontement avec le corps expéditionnaire lancé contre lui par Alexandre et dirigé par Artabaze, Érygyos et Caranos.

Le meurtre de Philotas et Parménion

C'est à l'automne de l'année 330 av. J.-C. que se déroule un épisode dramatique entrainant la mort de proches d'Alexandre sur ordre du roi. Alors que l'armée séjourne dans la capitale de la Drangiane,
Phrada-Prophtasia (au sud de Hérat), Philotas le fils de Parménion et commandant de la cavalerie est emprisonné et jugé pour complot, ou plus exactement pour avoir eu vent d'un complot contre le roi et de n'avoir rien fait pour le dénoncer. Il est jugé par l'assemblée des Macédoniens, fortement accusé par Cratère (qui y voit sans doute un moyen d'éliminer un rival qui pourrait lui faire de l'ombre à lui l'étoile montante des officiers d'Alexandre) et lapidé selon la coutume. Quand à Parménion, qui se trouve à la tête de nombreuses troupes en Médie, Alexandre ignore s'il se trouve impliqué dans la conjuration. Dans le doute il envoie des officiers le mettre à mort ce qui est fait. Il s'en faut de peu que les troupes de Médie se soulèvent devant ce meurtre odieux. Cet épisode est révélateur des réticences de plus en plus fortes d'une partie des Macédoniens et de l'entourage du roi sur cette épopée qui les voient s'enfoncer de plus en plus en Asie, loin de leurs bases, de leur pays à la poursuite d'un but et d'un rêve qui leur échappe. Les maladresses de Philotas, expliquant volontiers qu'Alexandre n'aurait pas remporté ses victoires sans l'aide de son père et la sienne et qui se moquait des prétentions du roi à être considéré comme le fils de Zeus-Amon, expliquent aussi sans doute qu'Alexandre ne tente rien pour sauver sa vie. Cet épisode démontre aussi qu'Alexandre est près à tout pour l'accomplissement de ses desseins même le meurtre de ses plus proches conseillers ou amis. La mort de Cleithos au printemps 328 av .J.-C. le prouve tragiquement.

La difficile pacification de l'Asie centrale

Asie De

Antiquité

Catégorie:Antiquité On nomme Antiquité la première période de l'Histoire, c'est-à-dire la période qui suit la Préhistoire. Pour une civilisation donnée, l'Antiquité commence avec l'écriture, alors que les civilisations ne connaissant pas l'écriture mais étant contemporaines des civilisations antiques sont dites, quant à elles, « protohistoriques ».

Chronologie

L'Antiquité commence donc à des dates différentes selon les civilisations considérées. La plus ancienne civilisation antique connue serait celle de Sumer. qui inventa l'écriture cunéiforme, à base de pictogrammes pointus, dus à la forme biseautée du calame, dès -5500, -5000.

L'antiquité en Europe

-5000 En Europe, l'Antiquité commence avec la civilisation minoenne, en Crète entre -2000 et -1400. Cette dernière, connue pour ses palais, inventa l'écriture linéaire A d'où dériva le linéaire B. Cette dernière forme d'écriture est la première attestée sur le continent : l'écriture grecque en dérive. La lettre grecque alpha d'où dérive le A latin vient probablement de la représentation d'une tête de bétail qui, répétée rapidement de gauche à droite, s'inclina vers la droite jusqu'à prendre sa forme actuelle. La fin de l'Antiquité – dont les civilisations de référence pour l'Europe sont la Grèce antique et la Rome antique – est traditionnellement fixée à la chute de l'Empire romain d'Occident, en 476. La période des invasions barbares (voir Antiquité tardive) est donc à la charnière de l'Antiquité et de la période suivante : le Moyen Âge. En raison de la permanence des grands traits de l'Antiquité tardive (civilisation du Bas Empire romain) au-delà de l'événement politique constitué par la déposition du dernier empereur romain Romulus Augustule, l'historien médiéviste Jacques Le Goff a par exemple proposé d'étendre l'Antiquité tardive jusqu'au . À l'inverse, d'autres historiens du Moyen Âge font commencer leur période dès le début du , voire dès le avec comme critères principaux l'essor du christianisme et la barbarisation de l'armée romaine. La discipline qui étudie les civilisations antiques est l'Histoire ancienne. La discipline qui étudie les civilisations protohistoriques est la Protohistoire.

Civilisations antiques


- Antiquité européenne
  - Grèce antique
  - Étrusques
  - Rome antique
  - Celtes
  - Slaves
  - Baltes
  - Germains
- Antiquité africaine
  - Égypte antique
  - Numidie
- Antiquité précolombienne (Amérique)
  - Aztèques
  - Incas
  - Mayas
- Antiquité asiatique
  - Asie mineure
    - Hébreux
    - Hittites
    - Mèdes
    - Perses
    - Phéniciens
  - Mésopotamie
    - Sumer
    - Akkad
    - Assyrie
    - Babylone

Voir aussi

autre acception

Une antiquité est un objet ancien ou antique, qui fait peut l'objet d'un négoce auprès des antiquaires, ou de la conservation dans une collection publique (musée) ou privée. La plus importante collection française d'objets antique se trouve au Musée des antiquités nationales, installé dans le château royal de Saint-Germain-en-Laye.

liens internes


- Rites religieux
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  - Histoires nationales
  - Histoires thématiques
- Migrations germaniquesGrandes invasions


Langue officielle

zh-min-nan:Koaⁿ-hong gí-giân ko:공용어 ja:公用語 simple:Official language Officielle Une langue officielle est une langue qui est spécifiquement désignée ainsi, dans la Constitution d'un pays, d'un État ou d'un autre territoire (Les États ou territoires ne possédant pas de Constitution n'ont pas, de par cette définition, de langue officielle.)La langue officielle de Sao Tomé et Principe est le Portugais. La moitié des pays du monde disposent d'une langue officielle. Certains d'entre eux reconnaissent une seule langue officielle, c'est le cas en Albanie, en France (bien qu'il y ait d'autres langues maternelles en France. Voir: Langues régionales de France) ou en Allemagne. Certains ont plusieurs langues officielles, tels l'Afghanistan, la Finlande ou la Suisse. Dans plusieurs pays, comme l'Irak, l'Italie ou l'Espagne, il y a une langue officielle pour le pays, mais d'autres langues sont co-officielles dans certaines régions. Quelques pays, comme les États-Unis, n'ont pas de langue officielle, mais il existe des langues officielles pour certains États qui les composent. Enfin, certains pays n'ont aucune langue officielle, ainsi l'Érythrée, la Suède ou le Royaume-Uni. Une conséquence du colonialisme ou du néocolonialisme est que, dans certains pays d'Afrique et aux Philippines, les langues officielles et d'enseignement (français ou anglais) ne sont pas les langues nationales ou les plus parlées. En revanche, par nationalisme, la République d'Irlande a adopté le gaélique comme langue nationale officielle, alors qu'il est en réalité parlé par une faible proportion de la population, tandis que la langue ayant un statut légal secondaire (l'anglais), est la langue parlée par la majorité.

Voir aussi


- Liste des langues officielles
- Langue régionale

Grec moderne

Le grec moderne (Νεοελληνική) est la langue maternelle de 12 millions de locuteurs, dont 9,9 millions en Grèce où il est langue officielle, tout comme à Chypre. Il existe également une minorité de langue grecque en Albanie. Elle fait partie de la branche grecque des langues indo-européennes.

Histoire

Le grec d'aujourd'hui dérive de la koinè, elle-même héritière directe du grec ancien, mais a subi un grand nombre de transformations phonétiques (comme l'iotacisme, la psilose, la disparition des oppositions de quantité vocalique, la spirantisation des anciennes aspirées, l