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Grisons

Grisons

Les Grisons (en allemand Graubünden, en romanche Grischun, en italien Grigioni) sont un canton suisse.

Histoire

Occupé très tôt par les Rhètes le canton fut annexé en 15 av. J.C. par l'Empire Romain et Coire fut le premier évéché fondé dans le nord des Alpes. Il est rattaché en 536 au royaume des Francs puis plus tard au Saint Empire Romain. Les Walser immigrent de l'Ouest au 13ème Siècle et s'installent sur les plateaux d'Alpage pendant que la germanisation se répand progressivement du nord dans la région de Coire, d'où l'origine des 2 dialectes cantonnaux -le suisse allemand et le romanche- qui appartiennent à des groupes linguistiques très différents. A la fin du Moyen-Age se forment plusieurs ligues qui combattent les influences extérieures constituant ainsi un Etat fédéral dont les membres souverains sont les communes juridictionnelles (ce sont aujourd'hui les communes et les districts qui les remplacent) . En 1498 est formée la première Ligue fédérale (Bündnis) . A l'époque de la Réforme plus de la moitié des communes (dont la ville de Coire) adhèrent au mouvement réformiste. La bible traduite est le premier livre en rhéto-roman. Durant la Guerre de Trente Ans le peuple s'oppose sur la prise de parti pour l'Autriche ou la France menaçant ainsi l'unicité du pays. Le Pasteur et commandant militaire Jürg Jenatsch est considéré comme le pacificateur des Grisons qui sont ensuite intégrés en 1798 avec la région sattelite française à la République Hélvétique et reconnus comme canton indépendant de l'actuelle Conféfération Helvétique en 1803. La Constitution cantonale transférant la souveraineté des communes juridictionnelles au peuple date de 1854. Une constitution de 1892 remplaçait le scrutin majoritaire par le scrutin proportionnel auprès du Sénat fédéral mais elle a été abrogée par une constitution récente de 2003.

Géographie

Districts

Le canton des Grisons est divisé en 11 districts :
- District d'Albula
- District de Bernina
- District de Hinterrhein
- District d'Imboden
- District d'Inn
- District de Landquart
- District de Maloja
- District de Moesa
- District de Plessur
- District de Prättigau/Davos
- District de Surselva

Communes

Liste des communes du canton des Grisons

Divers

C'est dans le canton des Grisons et lui seul qu'est parlé le romanche, quatrième langue officielle de la Suisse. On y parle aussi l'allemand et l'italien (dans les vallées méridionales) ; ainsi, c'est le seul canton suisse trilingue.

Liens externes


- http://www.gr.ch/ Catégorie:Canton des Grisons als:Kanton Graubünden

Allemand

L'allemand (Deutsch en allemand), est une langue appartenant au groupe des langues germaniques occidentales de la famille indo-européenne. C'est la langue la plus parlée au sein de l'Union européenne.

Histoire

Première mutation consonantique

Avec la première mutation consonantique (erste germanische Lautverschiebung) aux environs du , naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européenes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi :
- k → h : cord en latinHerz en allemand, heart en anglais
- p → f : pater en latin — father en anglais, Vater en allemand
- t → th : tres en latin — three en anglais, drie en néerlandais
- d → t : decem en latin — ten en anglais, tien en néerlandais
- g → k : gula en latin — Kehle en allemand, keel en néerlandais
- bh → b : bhrātā en sanskrit (frater en latin) — Bruder en allemand, brother en anglais
- dh → d : adham en sanskrit — deed en anglais, daad en néerlandais
- gh → g :
- ghostis en indo-européen (hostis en latin) — Gast en allemand, guest en anglais Articles complets : Loi de Grimm et Loi de Verner.

Seconde mutation consonantique

On commence à parler de langue allemande lorsque les dialectes parlés dans le Sud-Ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique (zweite germanische Lautverschiebung ou hochdeutsche Lautverschiebung, que l'on situe grosso modo vers le ), au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand). Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais :
- k → ch : ikich (je) ; ookauch (aussi) ; make/makenmachen (faire)
- d → t : dag/dayTag (jour) ; bedBett (lit); do/doentun (faire)
- t → s : wat/whatwas (quoi) ; street/straatStraße (rue) ; eat/eetessen (manger)
- t → (t)z : sitten/sitsitzen (être assis) ; two/tweezwei
- p → f : slapen/sleepschlafen (dormir) ; schip/shipSchiff (bateau) ; help/helpenhelfen (aider)
- p → pf : peper/pepperPfeffer (poivre) ; paardPferd (cheval)
- v, w, f → b : geloof/believeGlaube (croyance) ; avond/eveningAbend (soir) Article complet : Seconde mutation consonantique. Le nom d'allemand est également donné aux dialectes du nord qui n'ont pas ou peu subi cette transformation phonétique, même si l'appellation est considérée par les linguistes comme abusive.

Moyen Âge

Entre le et le eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au. Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononcation en utilisant la langue française):
- û (ou), → au (aou): hūsHaus (maison) ; mūsMaus (souris)
- î, (î) → ei (aille) : wīseWeise (maniére) ; zītZeit (temps)
- iu (û) → eu (≈oï): liuteLeute (des gens) ; hiuteheute (aujourd'hui) Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées (Kleinstaaterei) au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes très différents et, parfois, mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le , bien que l'influence sur la langue vulgaire fut quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :
- Au Nord, et en particulier du temps de la Hanse, le bas-allemand servait de langue véhiculaire de la mer du Nord à la mer Baltique.
- Au Sud se développait petit-à-petit, essentiellement à l'écrit, depuis le une « langue compromis » entre les différents dialectes qui devint l'allemand standard (Hochdeutsch). Il est à noter que ce processus est assez différent de celui des États voisins qui adoptèrent la langue de leur capitale.

Influence de la Réforme

En 1521, Martin Luther traduisit le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et en 1534, l'Ancien Testament. Bien que Luther ne fut pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le — il n'en reste pas moins que la Réforme contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne qui finit par l'adopter. Mais, jusqu'au début , le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le Nord, apprenaient comme une langue étrangère.

L'allemand en Europe centrale

Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du , les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.

Normalisation de l'orthographe et de la grammaire

Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1960, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. Cette normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901.

Classification

C'est une langue germanique de la branche ouest, proche, notamment, du néerlandais.

Langues régionales

bas-allemand


- néerlandais
- afrikaans
- allemand du Nord
- bas-saxon

haut-allemand


- moyen-allemand
  - moyen allemand occidental
    - moyen-francique
      - mosellan
      - luxembourgeois
      - francique ripuaire
    - francique rhénan
      - palatin
      - hessois
  - moyen allemand oriental
    - thuringeois (haut-saxon)
    - berlinois (brandebourgeois)
    - dialectes de Lausitz
    - yiddisch
- allemand supérieur
  - francique
    - francique oriental
    - francique du méridional
      - francique du Main
  - allemand pennsylvanien
  - bavarois
    - autrichien
    - dialectes de Bavière
  - alémanique
    - alsacien
    - souabe
    - suisse alémanique
    - bas alémanique
    - haut alémanique

Répartition géographique


- en Europe :
  - L'allemand est langue officielle en Allemagne, en Autriche, au Liechtenstein, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et dans la région italienne du Tyrol du Sud;
  - République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne, Russie (Allemands de la Volga), Roumanie (Namat) ;
- en Afrique : Namibie, Togo, Afrique du Sud ;
- en Amérique : Amérique du Nord (en particulier en Pennsylvanie aux États-Unis où vit une communauté amish importante), Amérique du Sud (Paraguay, Chili, Argentine, Brésil). Note : que l'allemand soit devenu langue officielle dans certains États des États-Unis d'Amérique est une rumeur infondée. Source : wikipédias allemand et espagnol (en désaccord entre eux). À vérifier depuis une source plus sûre.

Langues dérivées

Le yiddish est une langue dérivée du vieil-allemand, dans lequel ont été introduits des mots d'origine slave ou hébraïque. L'unserdeutsch est un créole formé à partir d'un lexique allemand.

Écriture

L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un Umlaut (sorte de tréma) ä, ö et ü, et un symbole spécial ß, eszet, utilisé en lieu et place de ss dans certains cas (principalement après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le ß depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique (Fraktur) et écrit en sütterlin, versions de l'alphabet latin difficiles à déchiffrer pour le profane.

Orthographe

:Voir article de fond : Réforme de l'orthographe allemande. L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Il est toutefois à noter que les fortes disparités régionales au niveau de la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les difficultés orthographiques principales résident dans :
- les Fremdwörter (mots d'origine étrangère) : ils sont souvent écrits conformément au mot d'origine (par ex. Milieu, Mayonnaise) ;
- les lettres ä et e (e ouvert ou fermé), dans certains cas homophones et dans d'autres de prononciations voisines (par ex aufwendig dérivé de Aufwand, où l'orthographe reformée permet d'aussi écrire aufwändig) ;
- la distinction entre consonne simple et consonne double qui, dans un nombre limité de mots et contrairement à la règle habituelle, n'a pas d'influence sur la longueur de la voyelle (par ex. Tip mais tippen, Platz [tz est considéré comme un double z] mais plazieren) ;
- la séparation entre les mots (par ex.
radfahren « aller à vélo » à côté de Auto fahren « aller en voiture ») et la (non-)capitalisation de certaines expressions (par ex. im dunkeln lassen « laisser incertain » à côté de (jemanden) im Dunkeln lassen « laisser (qqn) dans un endroit obscure »). Afin de supprimer une partie des difficultés ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et deviendra obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901. Les principaux changements concernent :
- l'homogénéisation de la graphie des mots de même famille (
aufwändig de Aufwand, mais toujours aufwenden) ;
- l'utilisation du ß uniquement après les voyelles longues et les diphtongues (on aura alors toujours
der Fuß, die Geiß, mais der Fluss, ce qui est analogue aux règles pour les autres consonnes) ;
- dans les mots composés, aucune lettre ne sera plus supprimée (
Geschirr + Rückgabe > Geschirrrückgabe ou, alternativement, Geschirr-Rückgabe) ;
- la généralisation plus exhaustive de l'écriture en plusieurs mots des expressions figées (
auseinander reißen), ce qui est la chose la plus critiquée et qui a aussi créé des nouveaux problèmes: "Furcht erregend" (intimidant, traditionellement "furchterregend") mais toujours "noch furchterregender" (encore plus intimidant)
- la systématisation de la capitalisation des substantifs (
der Dritte) ;
- la simplification de la césure et de l'emploi de la virgule. Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le Landtag [parlement régional]) et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie traditionnelle.

Prononciation

:
Voir article de fond : Prononciation de l'allemand. Contrairement à l'anglais ou au français, l'allemand classique (Hochdeutsch) se prononce de manière assez conforme au texte écrit, hormis pour les mots d'emprunt. Toutefois, les francophones rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous.
- Les deux prononciations du
ch n'existent pas en français :
  - après a, u et o, il se prononce /χ/, comme en espagnol dans
Juan, « Jean » ;
  - après i, e, ä, ö et ü, il se prononce /ç/, comme en grec moderne dans
Όχι, « non ».
- Le coup de glotte au début des mots (et de certaines syllabes) commençant par une voyelle marque une séparation nette entre les mots. Le français, en revanche, a tendance à lier les mots entre eux.
- L'accent tonique est assez souvent placé sur la première syllabe, contrairement à la prononciation française standard qui accentue la dernière syllabe.
- Le
h est aspiré comme en anglais. ----

-
est parfois retranscrit en .
Note :
b = à la fin d'une syllabe ou avant
s ou t, devant une voyelle
ch = après
a, o ou u, lorsque suivi par a, o ou u au début d'un mot, ailleurs
d = à la fin d'une syllabe ou avant
s ou t, ailleurs
e = dans les syllabes inaccentuées
g = à la fin d'une syllabe ou avant
s ou t, avant une voyelle, dans les mots étrangers. ig =
h allonge la voyelle lorsqu'il la suit, ailleurs
j = dans les mots étrangers, ailleurs
r = entre une voyelle et une consonne : ou il ne se prononce pas, ou ailleurs
s = au début d'un mot et entre deux voyelles, devant
t ou p, ailleurs
v = dans les mots étrangers, ailleurs
y = dans les mots provenant du grec, ou ailleurs dsch, ph, qu et y se trouvent majoritairement dans les mots étrangers

Grammaire

L'allemand est une langue flexionnelle comportant des conjugaisons et des déclinaisons.

Conjugaison

:
Voir article de fond : Conjugaison de l'allemand. Le principe de la conjugaison allemande est assez proche du français. Les différences notables sont
- L'existence du subjonctif I, essentiellement destiné à relater les propos d'autrui
- La différence entre passif-action (
Das Haus wird gebaut, la maison est [en train d'être] construite) et passif-état (Das Haus ist gebaut, la maison est construite [elle est finie]). En ce qui concerne la morphologie, le deux principaux types de verbes sont
- Les verbes faibles, qui conservent leur radical et ont un participe passé en
-(e)t. Ces verbes sont le plus souvent réguliers.
- Les verbes forts, qui modifient leur radical au prétérit, au participe passé et parfois au présent. Ils ont un participe passé en
-en. Ils sont dits irréguliers, le changement de radical n'étant pas prévisible. Parmi les verbes irréguliers se rangent également les auxiliaires de mode (können, pouvoir ; dürfen, avoir le droit; etc.), qui sont employés dans un nombre important de contextes différents.

Déclinaison

Voir article de fond : Déclinaisons allemandes La déclinaison allemande comporte quatre cas, le nominatif, l'accusatif, le datif et le génitif, auxquels s'ajoutent trois genres, le masculin, le féminin et le neutre ainsi que deux nombres, le singulier et le pluriel. Le porteur essentiel de la marque de déclinaison est le déterminant, secondé par l'adjectif épithète. Les déclinaisons sont employées :
- Pour indiquer la fonction d'un groupe nominal : sujet, objet, complément d'attribution, ou complément du nom.
- Après certaines prépositions (
Wechselpräpositionen) pour indiquer s'il y a changement de lieu ou non
- En fonction du cas exigé par les prépositions ainsi que par les verbes, les adjectifs ou les noms suivis d'un complément.

Syntaxe

Voir article de fond : Syntaxe allemande L'allemand a pour particularité syntaxique principale de placer les éléments importants, soit en première position dans la phrase, soit dans les dernières positions. Par exemple : Er
nahm gestern trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb. Il a mis cette machine en service hier malgré toutes les difficultés. Sont mis en valeur
- Le sujet
er (il)
- L'action
in Betrieb [nehmen] ([mettre] en service) placée en fin de phrase
- L'objet
diese Maschine (cette machine) Avant l'action et l'objet sont énumérées les circonstances. L'ordre de la phrase peut être modifié pour insister sur un des éléments, que l'on place alors en tête de phrase : Gestern nahm er trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb. C'est hier qu'il a mis cette machine en service malgré toute les difficultés. Trotz aller Schwierigkeiten nahm er gestern diese Maschine in Betrieb. Malgré toutes les difficultés, il a mis cette machine en service hier. Diese Maschine nahm er gestern trotz aller Schwierigkeiten in Betrieb. C'est cette machine qu'il a mis en service hier malgré toutes les difficultés.

Lexique

Noms de la langue allemande

La langue allemande (ainsi que le peuple) a la particularité d'avoir des appellations très différentes d'une langue à l'autre (par exemple
German, Deutsch, alemán, német, etc.). En effet, six racines différentes entrent en jeu :
- le proto-germanique

- teutā- pour « peuple » (parfois suffixé) :
  - danois
tysk ;
  - suédois
tyska ;
  - néerlandais
Duits ;
  - bas latin
thiosticus (cf. Synode de Tours) ;
  - latin
(lingua) Theodisca ;
  - français
tudesque (terme vieilli) ;
  - italien
tedesco ;
  - japonais ドイツ (
doitsu); :Note : c'est le même radical qui donne Dutch en anglais, « néerlandais », teuton en français. Le bas latin thiosticus vient du vieil haut allemand diutisc ;
- le nom du peuple germanique en latin,
Germānus, peut-être emprunté au celtique gair maon, « peuple voisin » :
  - albanais
Gjermanishte ;
  - anglais
German ;
  - grec Γερμανικά ;
  - roumain germană;
- le nom de la tribu saxonne, du latin
Saxō, Saxones (étymologie peu claire) :
  - estonien
saksa ;
  - finnois
saksa ;
- le vieux slave pour « muet », à comprendre au sens de « qui ne parle pas notre langue » :
  - tchèque
němčina ;
  - hongrois
német ;
  - russe
немец
  - ukrainien
німецький ; :Note : une autre étymologie rapproche cette racine du nom du fleuve Niémen, au-delà duquel vivaient les tribus germaniques.
- le nom de la tribu allemande, vraisemblablement du vieil haut allemand
ala manni, « tous les hommes » (cf. alle et Mann en allemand), via le bas latin Alamanus ou Alemanus pour les langues romanes :
  - islandais
almennr ;
  - français
allemand ;
  - portugais
alemão ;
  - espagnol
alemán ;
  - turc
Alman ;
- peut-être un mot pour « ouest » dans les langues baltes :
  - letton
vācu ;
  - lituanien
vokiečių.

Emprunts de l'allemand en français

Un nombre important de mots furent empruntés aux dialectes germaniques par le roman et l'ancien français (par ex. heaume, éperon, cible, fauteuil) ; seuls les mots d'origine plus récente sont encore discernables en tant qu'emprunts lexicaux (frichti, ersatz). À titre d'exemple, voici une liste non exhaustive de mots français provenant de l'allemand ou de l'un de ses dialectes :
- accordéon < Akkordion
- alpenstock
- arquebuse <
hâkenbühse (moyen haut-allemand)
- asticoter <
daß dich Gott... « que Dieu te...»
- aurochs
- beffroi <
běrgfrîd (moyen haut-allemand)
- bivouac <
Bîwacht (allemand de Suisse) ou bijwache (néerlandais)
- blafard <
bleichvar (moyen haut-allemand)
- blende
- blinde <
blenden « aveugler »
- blitzkrieg
- blockhaus
- bocard <
Pochhammer
- bock
- boulevard <
Bolwërc « ouvrage de madrier, rampart » (moyen haut-allemand) ou bolwerc (moyen néerlandais)
- bouquetin <
Steinbock « bouc de rocher »
- bourgmestre <
Bürgermeister (maire)
- bunker
- choucroute <
Sauerkraut
- cible <
schîbe (alémanique, cf. l'allemand Scheibe « disque »)
- ersatz
- hère <
Herr (« Seigneur, Monsieur »), mais cette origine est discutée
- frichti <
Frühstück (« petit déjeuner »)
- képi <
Kappe
- kirsch <
Kirschwasser
- kaputt <
kaputt
- leitmotiv
- loustic <
lustig « drôle, gai »
- mouise <
mues « bouillie » (allemand dialectal du sud)
- nazi
- putsch
- reître <
Reiter « cavalier »
- stalag <
Stammlager
- trinquer <
trinken « boire »
- vasistas <
was ist das? « qu'est-ce ? »

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- langue allemande
  - déclinaisons allemandes
  - prononciation allemande
  - conjugaison allemande
    - Verbes forts (allemand)
  - syntaxe allemande
- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues germaniques
      -
  - langues germaniques occidentales
      -
    - groupe germano-néerlandais
    - langues par zone géographique
      - langues régionales d'Allemagne
- liste des noms français de toponymes allemands

Liens externes


- [http://www.sprachtausch.net Sprachtausch.net] Site en allemand pour trouver quelqu'un pour vous enseigner, par exemple Allemand dans l'échange avec votre langue.
- [http://www.goethe.de/ Institut Goethe] (en allemand)
- [http://www.steinke-institut.de/ Steinke Institut]
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/allemand.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire allemand-français/français-allemand de Bertrand Cornu.
- [http://dico.leo.org/?lang=fr Dictionnaire LEO ] - Dictionnaire allemand-français/français-allemand en ligne
- [http://cronimus.free.fr/dico/index.htm Dictionnaire Cronimus] - Dictionnaire allemand-français de Jean-Paul Cronimus conçu comme un dictionnaire papier, nombreux exemples traduits, acronymes, vocabulaire du Zertifikat Deutsch
- [http://cronimus.apinc.org/dico/index.htm Dictionnaire Cronimus] Site alternatif 1
- [http://membres.lycos.fr/orfanses/dico/index.htm Dictionnaire Cronimus] Site alternatif 2
- [http://allemand.linguistmail.com Allemand tous les jours]
(site commercial)
- [http://katalogdeutsch.net Katalog Deutsch] Annuaire de ressources pour l'Allemagne et la langue allemande
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=1/ Expressions pratiques en allemand]
- [http://languageserver.uni-graz.at/ls/lang?id=82 Standard German (Languages of the World)] Catégorie:Langue germanique Catégorie:Langue allemande Catégorie:Langue officielle de l'Union européenne als:Deutsche Sprache ko:독일어 ms:Bahasa Jerman ja:ドイツ語 simple:German language th:ภาษาเยอรมัน


Romanche

Le romanche (Rumantsch en romanche) est reconnu comme l'une des quatre langues nationales de la Suisse depuis le 20 février 1938, mais n'est considéré comme langue officielle à l'échelle fédérale que depuis la votation populaire du 10 mars 1996. Il est parlé uniquement dans le canton des Grisons où il a un statut officiel depuis le 19e siècle. Son usage étant en régression lente (-15% depuis dix ans, moins de cent mille locuteurs), des craintes se portent sur l'avenir de cette langue. Les nouveaux manuels scolaires édités par le canton ainsi que les documents administratifs sont désormais seulement dans la forme unifiée de la langue intitulée « Rumantsch grischun », pourtant la grande majorité des écoles et des administrations communales utilisent encore les cinq langues écrites régionales.

Histoire

Classification

C'est une langue romane, du groupe rhéto-roman, et donc proche du ladin et du frioulan.

Répartition géographique

Statut officiel

Le romanche est une langue officielle de la Suisse. Cependant, elle n'est que très rarement utilisée lors des débats au Parlement fédéral mais surtout dans les rapports entre la Confédération et les confédérés de langue maternelle romanche.

Les différents romanches

Le romanche n'est pas qu'une seule et unique langue, mais cinq langues naturelles différentes, ayant chacune leur propre forme écrite standardisée :
- le sursilvan pour 13 879 locuteurs natifs dans la région d'Ilanz,
- le sutsilvan pour 571 locuteurs natifs dans la vallée du Rhin postérieur,
- le surmiran pour 2 085 locuteurs natifs dans les vallées de l'Albula et du Julier,
- le puter pour 2 343 locuteurs natifs en Haute-Engadine,
- le vallader pour 5 138 locuteurs natifs en Basse-Engadine. Le puter et le vallader forment ensemble le sous-groupe rumantsch ladin. Celui-ci n'est pas identique à la langue romane parlée au Tyrol du Sud, également appelée Ladin.

Écriture

Ordre alphabétique et valeur des graphèmes

Histoire

Usages

Prononciation

Grammaire

Lexique

Exemples

Exemples de phrases comparatives

Le début, simplifié, du corbeau et du renard, dans les différents dialectes, en italien et en français

Sursilvan

L'uolp era puspei inagada fomentada. Cheu ha ella viu sin in pegn in tgaper che teneva in toc caschiel en siu bec. Quei gustass a mi, ha ella tertgau, ed ha clamau al tgaper: « Tgei bi che ti eis! Sche tiu cant ei aschi bials sco tia cumparsa, lu eis ti il pli bi utschi da tuts ».

Sutsilvan

La vualp eara puspe egn'eada fumantada. Qua â ella vieu sen egn pegn egn corv ca taneva egn toc caschiel ainten sieus pecel. Quegl gustass a mei, â ella tartgieu, ed â clamo agli corv: « Tge beal ca tei es! Scha tieus tgànt e aschi beal sco tia pareta, alura es tei igl ple beal utschi da tuts ».

Surmiran

La golp era puspe eneda famantada. Cò ò ella via sen en pegn en corv tgi tigniva en toc caschiel an sies pecal. Chegl am gustess, ò ella panso, ed ò clamo agl corv: « Tge bel tgi te ist! Schi ties cant è schi bel scu tia parentscha, alloura ist te igl pli bel utschel da tots ».

Putér

La vuolp d'eira darcho üna vouta famanteda. Cò ho'la vis sün ün pin ün corv chi tgnaiva ün töch chaschöl in sieu pical. Que am gustess, ho'la penso, ed ho clamo al corv: « Che bel cha tü est! Scha tieu chaunt es uschè bel scu tia apparentscha, alura est tü il pü bel utschè da tuots ».

Vallader

La vuolp d'eira darcheu üna jada fomantada. Qua ha'la vis sün ün pin ün corv chi tgnaiva ün toc chaschöl in seis pical. Quai am gustess, ha'la pensà, ed ha clomà al corv: « Che bel cha tü est! Scha teis chant es uschè bel sco tia apparentscha, lura est tü il plü bel utschè da tuots ».

Rumantsch Grischun

La vulp era puspè ina giada fomentada. Qua ha ella vis sin in pign in corv che tegneva in toc chaschiel en ses pichel. Quai ma gustass, ha ella pensà, ed ha clamà al corv: « Tge bel che ti es! Sche tes chant è uschè bel sco tia parita, lura es ti il pli bel utschè da tuts ».

Italien

La volpe era nuovamente affamata. Vide un corvo posato su un pino con un pezzo di formaggio nel becco. Come lo gu pensò la volpe e disse al corvo: « Come sei bello! Se il tuo canto è così bello come il tuo aspetto, allora sei il più bello fra gli uccelli ».

Français

Le renard était à nouveau affamé. Il vit un corbeau sur un sapin, qui tenait en son bec un morceau de fromage. Cela me semble bon, pensa le renard et il dit au corbeau: « Comme tu es beau! Si ton chant est aussi beau que ton apparence, alors tu es le plus beau de tous les oiseaux »

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues romanes
      -
  - groupe rhéto-roman

Liens externes


- [http://www.liarumantscha.ch/ ligue romanche]
- [http://www.gratiswebsite.de/members/benedictkalus grammaire du rumantsch grischun]
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/romanche.html Dictionnaire Freelang] Dictionnaire romanche-français/français-romanche Catégorie:Langue romane Catégorie:Langue rétho-romane Catégorie:Langue parlée en Suisse als:Rätoromanische Sprache ja:ロマンシュ語

Italien

L'italien est une langue appartenant au groupe des langues romanes de la famille indo-européenne. Il existe un très grand nombre de dialectes italo-romans. L'italien moderne est, comme toute langue nationale, un dialecte qui a « réussi » en s'imposant comme langue propre à une région beaucoup plus vaste que sa région dialectale originelle. En l'occurrence, c'est le dialecte toscan, parlé à Florence, Pise et Sienne, qui s'est imposé, non pas pour des raisons politiques comme c'est souvent le cas, mais en raison du prestige culturel qu'il véhiculait. Le toscan est en effet la langue dans laquelle ont écrit Dante Alighieri, Pétrarque et Boccace, considérés comme les trois plus grands écrivains italiens. C'est aussi la langue de la ville de Florence, réputée pour sa beauté architecturale et son histoire prospère.

Influences linguistiques sur le latin et le toscan

Avant le développement de l'Empire romain, c'est l'étrusque qui était parlé en Toscane et dans le nord du Latium. Si la langue étrusque n'a pas survécu à l'immense influence qu'eut par la suite le latin, elle a peut-être influencé le toscan (en tant que substrat). Cependant trop de faits (date de dernière attestation de l'utilisation de l'étrusque contre celle d'une langue romane en Toscane, par exemple) rendent difficile la confirmation de cette hypothèse. En revanche, l'étrusque a influencé le latin en tant qu'adstrat : l'alphabet étrusque a servi de base à l'alphabet latin et de nombreux mots usuels sont d'origine étrusque (comme le mot lettre). Pendant la conquête romaine, la vie de l'Italie — comme de la plus grande partie de l'Europe occidentale et centrale — se vécut alors en latin. Étant donné la durée de la domination romaine et probablement aussi sa qualité, il est normal que le latin ait constitué la souche de nombreuses langues européennes. Après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, la région toscane vit arriver les Ostrogoths et les Lombards ( et s), des populations originaires de l'est et du nord de l'Europe. Ils n'influencèrent que très peu la langue (superstrats).

Présence dans le monde

L'italien est parlé essentiellement en Italie (et à Saint-Marin), où il est langue nationale, mais aussi dans le sud de la Suisse (Tessin et Grisons), où il est également reconnu comme langue officielle (il représente environ 10 % des locuteurs suisses). En outre, on recense de nombreuses communautés italophones en Croatie (Istrie) et en ex-Yougoslavie, en France (Corse, le corse étant un dialecte du toscan; Nice, Menton et la vallée de la Roya), à Monaco), à Malte, aux États-Unis (environ 4 millions de locuteurs, surtout dans les grandes villes), en Amérique du Sud (Argentine, Brésil et Uruguay notamment), en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie et en Libye. L'italien semble avoir beaucoup influencé l'espagnol, tel qu'il est parlé en Argentine et en Uruguay, où la présence d'émigrants italiens a été massive.

Écriture


- L'italien utilise 21 lettres de l'alphabet latin. En effet, j, k, w, x et y ne sont utilisés que dans les mots d’emprunt. On trouve toutefois le j (i lunga) ainsi que l’y (ipsilon ou i greca) et le w (doppia vu) dans certains toponymes et noms ou prénoms.
- Les voyelles peuvent porter des accents aigus ou graves (le plus souvent). Les mots ne portent normalement d’accents graphiques que sur la dernière syllabe lorsque celle-ci est phonétiquement accentuée ou dans de rares cas pour éviter une homonymie.

  - Les voyelles ò et à portent toujours l’accent grave. La voyelle e peut avoir deux timbres et prend donc l’accent aigu lorsqu’elle indique un é fermé /e/ et l’accent grave lorsqu’il s’agit d’un è ouvert, même si cette règle n'est pas toujours respectée (perché, pourquoi, parce que, est souvent écrit et prononcé perchè) /ɛ/.
  - Pour i et u, l’usage semble privilégier l’accent grave ì, ù, mais on trouve encore des défenseurs de l’accent aigu í, ú, beaucoup plus adhérent à la réalité phonétique, /i/ et /u/ étant les deux voyelles les plus fermées du système vocalique italien. ::N.B. : La voyelle o a elle aussi deux timbres, /o/ et /ɔ/, mais à la finale elle est toujours ouverte ò. On trouve néanmoins des accents, facultatifs, à l’intérieur des mots, destinés à éviter les confusions : articolatóri, pluriel d’articolatóre (« articulateur ») vs articolatòri, pluriel d’articolatòrio (« articulatoire »).

Phonétique et prononciation

La langue italienne doit sa sonorité à son vocalisme particulier (conservation des voyelles finales, même atones, et chute des consonnes finales) et à ses consonnes géminées (consonnes doubles). L'accent tonique, beaucoup plus fort qu'en français, est le plus souvent placé sur l'avant-dernière syllabe, mais il peut aussi l'être sur la finale (dans ce cas il est indiqué par un accent graphique) ou sur l'antépénultième et même assez fréquemment sur l’antéantépénultième dans des formes verbales à la 3 personne du pluriel (abitano ['a:bitano]). Quelques règles de prononciation peuvent dérouter les francophones. Ainsi, le c suivi de i ou e se prononce [ʧ], alors qu'il se prononce [k] lorsqu'il est suivi par a, o ou u. Pour avoir le son [k] devant les voyelles i et e, on ajoutera un h : chiamo se prononce donc ['kja:mo]. Pour avoir le son [ʧ] devant les autres voyelles, on ajoutera un i : ciao se prononce donc ['ʧa·o] (le i n'est pas prononcé). De la même façon, devant i ou e, g se prononce [ʤ] ; il se prononce [g] (comme dans gamme) devant les autres voyelles. On utilisera aussi le i ou le h après le g pour définir sa prononciation. Ainsi, giacca se prononce ['ʤak:ka]. Le groupe gli se prononce la plupart du temps [ʎ] (l mouillé), et le groupe gn se prononce (n mouillé). Notes:

- Les symboles entre [ ] ne sont pas des phonèmes mais des variantes combinatoires (ou taxophones) d’autres phonèmes.
- (ʒ) est un xénophonème utilisé dans les mots d’emprunts, notamment français. Il est aussi employé couramment dans la prononciation régionale toscane.

Grammaire italienne

Article détaillé: Grammaire italienne

Dialectes

Les nombreux dialectes italo-romans peuvent être classés par leurs souches linguistiques communes. Ainsi, ils sont tous originaires du latin, mais les langues antérieures à la domination romaine, les substrats, sont différents en fonction des régions et ont souvent conditionné l'évolution des dialectes.
- Dialectes septentrionaux
  - Gallo-italique (substrat celte) :
    - piémontais (Turin)
    - bergamasque (Bergame), proche du lombard
    - lombard (Milan et sud de la Suisse, Tessin, région du lac Majeur)
    - génois ou ligure (Gênes), parlé également à Calvi et à Bonifacio ou en Sardaigne)
    - émilien-romagnol (Bologne, Parme)
    - vénète (Venise, Padoue, Vérone, Trente)
    - istrien (Istrie)
- Dialectes toscans (peut-être substrat étrusque)
  - toscan (Florence, Pise, Sienne)
  - cismontano (Corse Bastia)
  - oltramontano (Corse) Ajaccio et îles du nord de la Sardaigne
  - sassarien (Sardaigne) Sassari
  - gallurais (nord de la Sardaigne)
- Dialectes centro-méridionnaux
  - Centre :
    - romain (Latium), différent du romanesco, dialecte toscan parlé à Rome
    - ombrien (Pérouse)
    - marchigiano (parlers des Marches)
  - Sud (substrats osque et/ou messapien) :
    - abruzzais (L'Aquila)
    - apulien (nord et centre des Pouilles)
    - campanien (Naples, napolitain) ou méridional
    - lucan ou lucanien Potenza, deux variétés
  - Extrême-Sud (substrat grec) :
    - salentin (Lecce)
    - calabrais (Reggio de Calabre)
    - sicilien (Palerme), également substrat arabe

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues romanes
      -
  - groupe italo-roman
  - grammaire italienne
- Accademia della Crusca

Liens externes


- [http://www.gratiswebsite.de/members/benedictkalus grammaire italienne et des autres langues]
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/italien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire italien-français/français-italien.
- [http://italien.linguistmail.com Italien tous les jours] Apprendre et pratiquer l'italien.
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=8/ Apprendre et écouter des expressions pratiques en italien] Chaque expression est accompagnée d'une illustration. Catégorie:Langue italienne Catégorie:Langue romane I als:Italienische Sprache ja:イタリア語 ko:이탈리아어 simple:Italian

Rhètes

Catégorie:AntiquitéCatégorie:Histoire de la SuisseCatégorie:Peuple de la Rome antiquecatégorie:peuple indo-européen Les Rhètes sont un peuple (probablement celte ou italique, mais sans aucune certitude) qui vivait dans une région appelée Rhétie qui comprenait les Grisons actuels (en Suisse), le Tyrol autrichien et une partie de la Lombardie (Italie). Les Rhètes se sont installés en Suisse orientale vers 500 av. J.-C. En l’an 15 avant notre ère, les Rhètes furent soumis par les Romains (Tibère et Drusus), en même temps que la plupart des peuples celtes des Alpes. Les Rhètes se latinisèrent dans ce qui était devenu la province de Rhétie (la Raetia). Le latin parlé par ces populations évolua au cours des siècles pour aboutir aux langues dites « rhéto-romanes » qui sont les dialectes romanches dans le canton suisse des Grisons, le ladin des Dolomites italiennes et le frioulan parlé dans la province italienne du Frioul-Vénétie julienne.

Francs

Histoire

Les Francs apparaissent au début du dans les sources latines. Le terme désigne probablement une ligue – ou confédération – de peuples germaniques installés sur la rive droite du Rhin inférieur, au-delà des frontières de l'Empire romain, et qui n'étaient pas assujettis à l'Empire ou à un autre peuple plus important. Le latin francus, franci tend à prouver qu'ils se nommaient ainsi, puisque frank signifie libre en langue germanique (on peut aussi retrouver l'origine du mot Franc dans le mot Frekkr (signifiant hardi, vaillant) issu de la langue Germanique). Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Alamans (germ. Alle Männer, tous les hommes), sans doute à l'origine un autre regroupement d'ethnies établies plus au sud sur la rive droite du Rhin. La langue – ou les dialectes – originellement parlés par les Francs ainsi que leur faciès culturel sont rattachés au groupe ethno-linguistique indo-européen germain occidental, comme les Angles, les Frisons et les Saxons par opposition au groupe germain oriental auquel appartiennent notamment les Goths.

Les ethnies de la ligue des Francs

Les peuples qui constituaient la ligue des Francs comprenaient vraisemblablement :
- les Chamaves
- les Chattes
- les Ansivariens ou Ampsivariens
- les Bructères
- les Quades
- les Saliens, établis près de la rivière Sale et des bouches de l'Yssel
- les Chérusques
- les Angrivariens
- les Hattuaires
- les Tubantes
- les Tenctères
- les Usipètes
- les Sugambres ou Sicambres n'étaient pas considérés comme des Francs
- les Chauques, établis au nord-est des Frisons, plus souvent rattachés aux Saxons qu'aux Francs.

Les Grandes Invasions

Au , les Francs participent à la grande invasion de 256-257, aux côtés d'autres peuples germaniques qui entrent dans l'Empire romain pour piller. Le est toutefois une période de répit et de reconquête pour Rome. Vers la fin de l'Empire, au , on retrouve les Francs comme auxiliaires de l'armée romaine, alors grandement barbarisée, et en lutte contre d'autres barbares plus menaçants, tels que les Huns. Voir l'article spécialisé Invasions barbares. ;

Les Mérovingiens

Parmi les Francs qui sont entrés au service de l'Empire, sûrement de longue date, se trouvent les Saliens. Leur ancêtre légendaire, sans doute quasi-divin selon les rites germaniques, est pour eux la principale source de légitimité du pouvoir royal. Il se nomme Mérovée. Toutefois, au leur roi est aussi devenu un (obscur) proconsul des Gaules, c'est-à-dire un souverain germanique paré d'insignes romains, qui se fait appeler général. Les Francs sont alors solidement établis en Neustrie et leurs fonctions militaires leur confèrent un pouvoir important en ces temps troublés : le jeune Clovis (germ. Hlodowecus, qui donne par la suite les prénoms Ludovic ou Ludwig en Allemagne et Louis en France) devient leur roi à Tournai, probablement en 481. Mais il lui faut plus que le pouvoir d'essence divine que lui confère la mythologie tribale germanique, pour s'imposer face aux évêques, aux patrices ou à la population gallo-romaine en partie christianisée. Installé à Soissons, où il a vaincu un général romain nommé Syagrius, Clovis est sans doute d'abord sensible aux conseils de sa femme burgonde, Clothilde, convertie au catholicisme, et à ceux de l'évêque de Reims, Rémi. Peut-être au cours d'une bataille importante contre les Alamans, la bataille de Tolbiac, il promet de se convertir à la religion chrétienne catholique s'il est victorieux. Il tient parole et reçoit le baptême en 496 ou 498 à Reims, avec 3000 guerriers. Par la suite, il tente d'inculquer les principes chrétiens à son peuple qui demeure largement païen. Après une suite de victoires sur ses rivaux barbares, notamment sur les Burgondes, Clovis apparaît donc comme l'un des premiers rois germains d'Occident à avoir adopté la religion chrétienne dominante, celle de Rome, par opposition à l'arianisme des Wisigoths ou des Lombards et par opposition au paganisme des Alamans. Il parvient ainsi à gagner le soutien des élites gallo-romaines et à fonder une dynastie durable (laquelle prendra néanmoins le nom de son ascendant germanique) : les Mérovingiens. Établis en Neustrie, les Mérovingiens règnent sur la Gaule jusqu'au milieu du . Leurs souverains les plus connus sont : Dagobert I et la reine Brunehaut. Il faut noter qu'à cette époque, comme sous la dynastie suivante, il n'est pas question de France, mais bien d'un royaume des Francs : les rois germains, en effet, ne règnent pas sur un territoire, mais sur des sujets.

Les Carolingiens

Dès la fin du , alors que la politique est marquée par des querelles sanglantes entre les Francs neustriens (à l'ouest) et austrasiens (à l'est), les derniers Mérovingiens sont cantonnés à un rôle de souverain d'apparat. Ils ont un royaume exsangue : le pouvoir émietté est aux mains des aristocrates terriens. La culture latine a progressivement régressé au cours des deux derniers siècles. Une crise économique sans précédent a mis à mal l'ensemble des repères de l'Occident antique : elle est notamment due à la fermeture des routes commerciales avec le monde méditerranéen à cause des conquêtes arabes. C'est dans ce contexte que commence l'ascension d'une nouvelle famille. Parmi les réels détenteurs du pouvoir, les maires du Palais austrasiens vont de facto reprendre le contrôle de l'ensemble du royaume des Francs, avant de détrôner publiquement le dernier mérovingien et de former leur propre dynastie : il s'agit des Pippinides, ultérieurement connus sous le nom de Carolingiens. Soucieux de légitimer leur coup d'État, les Pippinides rattachent quant à eux leur origine à Francus, un Troyen légendaire, et se rattachent par là une nouvelle fois à Rome. Le pouvoir des Carolingiens marque l'entrée réelle dans le Moyen Âge : la Gaule disparaît des sources et devient la Francie, alors que le centre du pouvoir se déplace vers l'est, des cités épiscopales antiques vers les domaines ruraux des comtes carolingiens. Il est remarquable que dans le même temps, les hommes de lettres, conscients de la disparition de la culture antique, tentent de la faire renaître : c'est la Renaissance carolingienne. Charlemagne, le deuxième et plus prestigieux souverain carolingien est lui-même couronné Empereur des Francs et des Romains en l'an 800 à Rome. Mais ces tentatives de restaurer l'Empire d'Occident échouent.

Naissance de la France

En 842, les serments de Strasbourg, faits entre les fils et petits-fils de Charlemagne, héritiers de l'Empire qui se déchirent, témoignent de l'usage de langues qui sont totalement différentes à l'Ouest et à l'Est. Ils sont suivis du traité de Verdun en 843, qui consacre de fait la division de l'Empire carolingien en trois, puis bientôt deux royaumes. Ce dernier est ainsi l'acte de naissance de la France, et par opposition, il préfigure la future Allemagne, limitée aux territoires situés à l'Est du Rhin. Au , l'arrivée au pouvoir d'une dynastie saxonne, les Ottoniens, en Germanie, et celle des Capétiens en Francie occidentale marquent la fin de la dynastie des Carolingiens. Le terme Francs reste toutefois en usage pour distinguer les habitants de la France durant le Moyen Âge et c'est par le nom de franj que les chroniqueurs arabes décrivent au les croisés. Les souverains carolingiens les plus connus sont : Pépin le Bref et Charlemagne.

Organisation militaire

Les Francs utilisaient des framées (épées de grande taille), des scramasaxes (épée de taille moyenne), des angons (lances à crochet permettant d'immobiliser l'adversaire en se fichant dans son bouclier) et des francisques (haches de jet d'un seul côté tranchant). Ces armes qui étaient technologiquement développées pour l'époque, alliées à un savoir-faire au combat développé par les Francs, sans cesse menacés à l'époque par leurs voisins germains, celtes et romains, ont permis à ce peuple de s'imposer assez rapidement mais au prix de durs combats...

Voir aussi

Articles connexes


- Peuple germanique
- Noblesse franque
- Armement médiéval (armement mérovingien - armement carolingien)
- Monarques de France
- Généraux francs de l'Empire romain
- Listes des saints issus des familles princières
- Royaume de Jérusalem

Sources historiques


- Histoire des Francs, de Grégoire de Tours
- Chroniques, de Frédégaire, Pseudo-Frédégaire et continuateurs

Homonymie


- Francs est aussi une commune française de la Gironde Catégorie:Histoire de l'Allemagne Catégorie:Histoire de France Catégorie:Peuple germanique als:Franken (Volk) ja:フランク人

Walser

Les Walser sont un peuple germanophone qui, au cours du Moyen Âge, a colonisé différentes vallées alpines de Suisse, d'Italie, du Liechtenstein et d'Autriche. Leur nom dérive du gentilé Walliser, « Valaisan ». Autour de l'an mil, des groupes d'Alamans venant de l'Oberland bernois se sont installés dans la vallée de Conches (Goms en allemand), en Valais. Après avoir colonisé peu à peu la vallée supérieure du Rhône, une partie d'entre eux ont commencé à migrer dans toutes les directions à partir du , favorisés par le climat relativement doux dans les Alpes à cette époque.

Les migrations des Walser

Différentes théories tentent d'expliquer le départ des Walser du Valais. Certains attribuent leur migration à des problèmes de surpopulation, voire à des catastrophes naturelles. D'autres avancent que les migrations ont été encouragées par les seigneurs féodaux locaux qui souhaitaient peupler des vallées encore inhabitées afin de contrôler les cols alpins. En contrepartie, les Walser ont obtenu des droits et libertés importants.

Caractéristiques du peuplement walser

Les Walser se sont installés en haute altitude, souvent à plus de 1500 mètres, dans des vallées reculées et inhospitalières jusqu'alors inhabitées. Le peuplement se caractérise souvent par un habitat dispersé, la topographie permettant rarement l'établissement de villages (manque de terrains plats). Bien qu'il n'existe pas un type unique de maison chez les Walser, les constructions en bois sont très fréquentes. Dans bon nombre de communautés, l'usage d'une forme archaïque de dialecte alémanique, le Walsertitsch, s'est perpétué jusqu'à nos jours.

Distribution géographique

Quittant la vallée supérieure du Rhône, les Walser ont migré par vagues successives pour fonder de nombreuses petites colonies :
- vers le nord, dans l'Oberland bernois (Lauterbrunnen, Mürren, Planalp, et quelques autres avant-postes dans le Plateau bernois) ;
- vers l'ouest, dans les Alpes vaudoises et savoyardes (le dialecte walser y a disparu au profit des parlers francoprovençaux locaux) ;
- vers le sud, dans les hautes vallées alpines italiennes au sud du massif du mont Rose : Gressoney, Issime, Alagna, Rima, Rimella, Macugnaga, Ornavasso, etc. ;
- vers le sud-est : Simplon et Gondo, localités valaisannes situées sur le versant sud des Alpes ; Formazza (Pomatt) en Italie ; Bosco/Gurin au Tessin ;
- vers l'est, dans de vastes régions des Grisons : Rheinwald (Splügen), Obersaxen, Vals, Safiental, Heinzenberg, Avers, le Schanfigg, le Landwassertal supérieur avec Davos, le Prättigau avec Klosters ;
- enfin, vraisemblablement à partir de Davos, vers le Liechtenstein (Triesenberg), le Vorarlberg et le Tyrol autrichiens.

Liens externes


- http://www.wir-walser.ch/francais/wersind.html (Association internationale des Walser) Catégorie:Suisse Catégorie:Histoire de la Suisse

Romanche

Le romanche (Rumantsch en romanche) est reconnu comme l'une des quatre langues nationales de la Suisse depuis le 20 février 1938, mais n'est considéré comme langue officielle à l'échelle fédérale que depuis la votation populaire du 10 mars 1996. Il est parlé uniquement dans le canton des Grisons où il a un statut officiel depuis le 19e siècle. Son usage étant en régression lente (-15% depuis dix ans, moins de cent mille locuteurs), des craintes se portent sur l'avenir de cette langue. Les nouveaux manuels scolaires édités par le canton ainsi que les documents administratifs sont désormais seulement dans la forme unifiée de la langue intitulée « Rumantsch grischun », pourtant la grande majorité des écoles et des administrations communales utilisent encore les cinq langues écrites régionales.

Histoire

Classification

C'est une langue romane, du groupe rhéto-roman, et donc proche du ladin et du frioulan.

Répartition géographique

Statut officiel

Le romanche est une langue officielle de la Suisse. Cependant, elle n'est que très rarement utilisée lors des débats au Parlement fédéral mais surtout dans les rapports entre la Confédération et les confédérés de langue maternelle romanche.

Les différents romanches

Le romanche n'est pas qu'une seule et unique langue, mais cinq langues naturelles différentes, ayant chacune leur propre forme écrite standardisée :
- le sursilvan pour 13 879 locuteurs natifs dans la région d'Ilanz,
- le sutsilvan pour 571 locuteurs natifs dans la vallée du Rhin postérieur,
- le surmiran pour 2 085 locuteurs natifs dans les vallées de l'Albula et du Julier,
- le puter pour 2 343 locuteurs natifs en Haute-Engadine,
- le vallader pour 5 138 locuteurs natifs en Basse-Engadine. Le puter et le vallader forment ensemble le sous-groupe rumantsch ladin. Celui-ci n'est pas identique à la langue romane parlée au Tyrol du Sud, également appelée Ladin.

Écriture

Ordre alphabétique et valeur des graphèmes

Histoire

Usages

Prononciation

Grammaire

Lexique

Exemples

Exemples de phrases comparatives

Le début, simplifié, du corbeau et du renard, dans les différents dialectes, en italien et en français

Sursilvan

L'uolp era puspei inagada fomentada. Cheu ha ella viu sin in pegn in tgaper che teneva in toc caschiel en siu bec. Quei gustass a mi, ha ella tertgau, ed ha clamau al tgaper: « Tgei bi che ti eis! Sche tiu cant ei aschi bials sco tia cumparsa, lu eis ti il pli bi utschi da tuts ».

Sutsilvan

La vualp eara puspe egn'eada fumantada. Qua â ella vieu sen egn pegn egn corv ca taneva egn toc caschiel ainten sieus pecel. Quegl gustass a mei, â ella tartgieu, ed â clamo agli corv: « Tge beal ca tei es! Scha tieus tgànt e aschi beal sco tia pareta, alura es tei igl ple beal utschi da tuts ».

Surmiran

La golp era puspe eneda famantada. Cò ò ella via sen en pegn en corv tgi tigniva en toc caschiel an sies pecal. Chegl am gustess, ò ella panso, ed ò clamo agl corv: « Tge bel tgi te ist! Schi ties cant è schi bel scu tia parentscha, alloura ist te igl pli bel utschel da tots ».

Putér

La vuolp d'eira darcho üna vouta famanteda. Cò ho'la vis sün ün pin ün corv chi tgnaiva ün töch chaschöl in sieu pical. Que am gustess, ho'la penso, ed ho clamo al corv: « Che bel cha tü est! Scha tieu chaunt es uschè bel scu tia apparentscha, alura est tü il pü bel utschè da tuots ».

Vallader

La vuolp d'eira darcheu üna jada fomantada. Qua ha'la vis sün ün pin ün corv chi tgnaiva ün toc chaschöl in seis pical. Quai am gustess, ha'la pensà, ed ha clomà al corv: « Che bel cha tü est! Scha teis chant es uschè bel sco tia apparentscha, lura est tü il plü bel utschè da tuots ».

Rumantsch Grischun

La vulp era puspè ina giada fomentada. Qua ha ella vis sin in pign in corv che tegneva in toc chaschiel en ses pichel. Quai ma gustass, ha ella pensà, ed ha clamà al corv: « Tge bel che ti es! Sche tes chant è uschè bel sco tia parita, lura es ti il pli bel utschè da tuts ».

Italien

La volpe era nuovamente affamata. Vide un corvo posato su un pino con un pezzo di formaggio nel becco. Come lo gu pensò la volpe e disse al corvo: « Come sei bello! Se il tuo canto è così bello come il tuo aspetto, allora sei il più bello fra gli uccelli ».

Français

Le renard était à nouveau affamé. Il vit un corbeau sur un sapin, qui tenait en son bec un morceau de fromage. Cela me semble bon, pensa le renard et il dit au corbeau: « Comme tu es beau! Si ton chant est aussi beau que ton apparence, alors tu es le plus beau de tous les oiseaux »

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues romanes
      -
  - groupe rhéto-roman

Liens externes


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Guerre de Trente Ans

Une conflagration européenne aux causes multiples

La guerre de Trente Ans est une suite de conflits armés qui ont déchiré l'Europe de 1618 à 1648. Les combats se déroulent initialement et principalement dans les territoires d'Europe centrale dépendant du Saint Empire romain germanique, mais impliquent la plupart des puissances européennes, à l'exception notable de l'Angleterre et de la Russie. Dans la seconde partie de la période, les combats se portent aussi en France, dans les Pays-Bas, en Italie du nord, en Catalogne, etc. Pendant ces trente années, la guerre change progressivement de nature et d'objet : commencée en tant que conflit religieux, elle se termine en lutte politique entre la France et la Maison d'Autriche.

Ses origines sont multiples, même si la première est l'opposition religieuse et politique entre catholiques et protestants lutheriens ou calvinistes ; mais cette confrontation eut aussi d'autres ressorts : tentations hégémoniques ou d'indépendance, rivalités commerciales, ambitions personnelles, jalousies familiales y trouvent leur exutoire.

Sur ce dernier point, il est en effet intéressant de noter les étroites parentés de ces souverains régnants qui s'affrontent si longuement :
- Maximilien I de Bavière est cousin de Frédéric V du Palatinat, oncle et beau-frère de l'empereur Ferdinand III;
- Charles I d'Angleterre est beau-frère de Frédéric V et de Louis XIII;
- Louis XIII est également beau-frère de Ferdinand III, de Victor-Amédée I de Savoie et (de deux façons) de Philippe IV d'Espagne, lui-même cousin de l'empereur Ferdinand III;
- etc.

La défenestration de Prague est la cause immédiate du conflit, mais la disproportion est grande entre l'étincelle initiale et la gravité et la durée du conflit - celles-ci ne peuvent se comprendre que par l'existence de causes profondes qui atteignent leur paroxysme pendant la même période. Ce début d'un conflit majeur n'est pas sans points communs avec celui de la Première Guerre mondiale, également née dans un territoire soumis aux Habsbourg.

Un des enjeux majeurs est la conservation de l'hégémonie des Habsbourg. La lutte entre la maison d'Autriche et la royauté française pour la suprématie en Europe dure depuis cent ans : le terrain est propice pour qu'elle s'y déploie sans ménagement.

Un conflit indépendant, la Guerre de Quatre-Vingts Ans entre l'Espagne et les Provinces-Unies, contribue à faire converger vers les pays allemands les armées espagnoles, alliées de l'Empire. En effet, l'Espagne ne dispose plus, depuis la déroute de l'Invincible Armada, de la suprématie sur les mers. Le passage des troupes par la voie maritime (Océan Atlantique, Manche, Mer du Nord) étant trop risqué, le moyen le plus sûr pour faire passer les troupes espagnoles de la péninsule ibérique vers le lieu des affrontements aux Pays-Bas est une route passant par la Méditerranée, Gênes, le Milanais, les cols alpins de la Valteline et la vallée du Rhin. Le jeu des alliances doit focaliser sur ces différentes contrées l'affrontement avec les puissances rivales.

Les dégâts causés par les combats et la circulation incessante des troupes armées en campagne ou en débandade sont considérables, parfois inouïes. Les armées comprennent une majorité de mercenaires dont la paye n'est pas régulièrement assurée sur les budgets des États qui les emploient. Ainsi les soldats, mal payés, payés avec retard ou pas payés du tout sont amenés à se payer par eux-mêmes sur les populations civiles, qu'elles soient « ennemies » ou de leur propre bord. D'ailleurs Wallenstein développe au plus haut point (s'il ne l'inventa pas) le principe selon lequel « la guerre doit financer la guerre » c'est à dire que l'exploitation économique des pays conquis doit être la ressource principale de l'armée en campagne, quitte à demander à des financiers des avances sur le tributs à percevoir. Des fortunes colossales sont ainsi amassées de façon scandaleuse sur le malheur des populations par des hommes sans scrupule tels que Wallenstein lui-même, Liechtenstein ou Hans de Witte.

Hans de Witte] Les pires exactions sont commises : tortures, massacres en masse d'innocents, viols, assassinats, etc. Des épisodes comme ceux du sac de Magdebourg, ou les atrocités commises au Palatinat, en Franche-Comté (par exemple) marquent les esprits pour des décennies et restent dans le souvenir collectif pendant plus d'un siècle, alimentant en chaîne le cycle infernal des représailles et de la vengeance. Certaines régions de l'Allemagne ou de la France actuelles ressortent de cet interminable conflit ruinées, dévastées, dépeuplées pour de longues années.

Les traités qui suivent la guerre de Trente Ans redessinnent la carte de l'Europe en instaurant un nouvel équilibre des forces, consacrant le déclin de l'Espagne, l'affaiblissement durable de la Maison d'Autriche, la montée de la puissance de la Suède et de la France, l'extrême morcellement politique de l'Allemagne, l'émergence de nouvelles nations (Pays-Bas, Suisse).

Les origines du conflit

Suisse À la suite de la prédication de Martin Luther, la Réforme se répand rapidement. De nombreuses principautés allemandes adoptent le protestantisme ce qui divise l’Empire en deux camps opposés. La Contre-Réforme, dirigée par la maison de Habsbourg a pour ambition de regagner au catholicisme le terrain perdu. La paix d'Augsbourg (1555) confirme les conclusions de la première Diète de Spire et met fin aux combats entre catholiques et luthériens dans les États allemands. Elle stipule que :
- les princes allemands (pour environ 360 d'entre eux) sont libres de choisir la confession (catholique ou luthérienne) de leurs territoires, selon leur conviction ;
- les luthériens qui habitent dans des principautés ecclésiastiques (dépendant d’un évêque) peuvent conserver leur foi ; (« Cujus regio, ejus religio ») ;
- les luthériens peuvent conserver les territoires conquis sur les catholiques depuis la paix de Passau en 1552 ;
- les dignitaires de l’Église catholique (évêques et archevêques) qui se sont convertis au luthéranisme doivent abandonner leurs domaines (évêchés et archevêchés). Les tensions politiques et économiques s’accroissent entre les puissances européennes au début du . L’Espagne s’intéresse aux affaires allemandes car Philippe III est un Habsbourg et possède des territoires bordant à l’ouest, certains États allemands. Les deux branches de la famille des Habsbourg restent si étroitement liées que leur politique extérieure est commune. Le roi d’Espagne en est le chef véritable. La France s’intéresse aussi aux affaires allemandes, car elle surveille avec méfiance son encerclement par les territoires soumis aux Habsbourg. Son action est ambigüe et louvoyante, car le cardinal de Richelieu n’hésite pas à soutenir ou à s’allier aux princes protestants pour contrer la maison d’Autriche, champion du catholicisme - et de la chrétienté contre les turcs - pendant le même temps qu’il combat les protestants en France. La Suède et le Danemark s’intéressent aux affaires de l’Allemagne du nord, dont les rivages bordent la mer Baltique, pour des raisons plutôt économiques mais non dénuées d’arrière-pensées politiques. Les tensions religieuses se sont également accrues pendant la seconde moitié du . La paix d’Augsbourg est mise à mal pendant cette période car des évêques convertis n’ont pas renoncé à leurs évêchés. Par ailleurs le calvinisme se propage en Allemagne, ce qui ajoute une nouvelle religion. Les catholiques d'Europe orientale (Polonais, Autrichiens) souhaitent restaurer la primauté de leur religion. calvinisme calvinisme Les Habsbourg veulent avant tout accroître leur hégémonie, ils sont donc parfois prêts à coopérer avec les protestants, ce qui est mal compris par leurs partisans. Les empereurs Rodolphe II puis Matthias I ne se font pas les champions inconditionnels du catholicisme, car leur priorité est d’étendre leur pouvoir et leurs territoires. Ils sont en outre très tolérants, ce qui favorise l’expansion des nouvelles religions, contribuant ainsi à multiplier les causes de querelles. La Suède et le Danemark, qui veulent contrôler l’Allemagne du Nord, sont dans le camp des luthériens. Tout ceci dégénére en violence ouverte en 1606 dans la petite ville allemande de Donauwörth. La majorité luthérienne empêche la communauté catholique de faire une procession et cela déclenche une rixe. À la demande des catholiques, le duc Maximilien Ier de Bavière intervient et impose le retour de la ville au catholicisme. Après que les combats ont cessé, les calvinistes, encore peu nombreux en Allemagne, se sentent les plus menacés, et fondent la Ligue de l’Union Évangélique sous la direction de l’électeur Frédéric V du Palatinat, époux d’Elizabeth Stuart, fille de Jacques Ier d'Angleterre). Sa possession du Palatinat Rhénan est précisément l'un des territoires de la vallée du Rhin que convoite l’Espagne, pour pouvoir y faire passer librement ses troupes du Milanais vers les Pays-Bas. En réaction, les catholiques s’unissent en 1609, sous la direction de Maximilien de Bavière et sous la bannière de la Sainte Ligue (catholique). Sainte Ligue L’empereur Matthias I, également roi de Bohême, est sans descendance : se pose donc le problème de sa succession et de la conservation du titre impérial aux Habsbourg. Matthias souhaite que celui-ci revienne à son cousin germain Ferdinand de Styrie. Or le roi de Bohême (titre électif en droit, mais habituellement dévolu à un Habsbourg) est un des sept princes-électeurs : Matthias résigne le titre de roi de Bohême en 1617 et Ferdinand de Habsbourg lui succède, avec la perspective de pouvoir ainsi accéder à la dignité impériale à la mort de Matthias. Les Bohémiens ont obtenu de Rodolphe II, par une lettre de majesté de 1609, des prérogatives leur assurant une certaine autonomie et des garanties concernant la liberté religieuse. 1609 Or Ferdinand II, catholique zélé qui a été éduqué chez les Jésuites, veut voir revenir la Bohême dans le giron de l’Église catholique. Des incidents survenus entre l'archevêque de Prague et les luthériens amènent le Conseil des Défenseurs de la Foi à convoquer une diète. Le roi s'y oppose par une lettre. Le 23 mai 1618 au palais de Hradschin à Prague, les Défenseurs de la Foi rencontrent deux émissaires de Ferdinand II, Martinitz et Slawata : ceux-ci sont passés par la fenêtre sans être sérieusement blessés car ils tombent sur un tas d’ordures. Cet évènement mineur, appelé : la Défenestration de Prague, marque le début de la Guerre de Trente Ans. La révolte de la Bohême est soutenue et accompagnée avec plus ou moins de dynamisme par les États voisins de Moravie, Silésie et Lusace. Lusace Le 20 mars 1619, l'empereur Matthias meurt. Mécontents de leur nouveau roi, les Bohémiens déposent Ferdinand II le 19 août et élisent à sa place l’électeur palatin (et ardent calviniste) Frédéric V, le 26 août, alors que l’élection impériale se tient à Francfort le 28 août. Un roi protestant à la tête de la Bohême signifie une majorité d’électeurs du Saint-Empire acquis au protestantisme (Brandebourg, Saxe, Palatinat et Bohême contre les trois princes-évêques de Cologne, Mayence et Trèves), ce qui serait un bouleversement considérable. Les nouvelles de Bohême ne sont pas parvenues à Francfort et Ferdinand II est élu à l’Empire : s’appuyant sur la Sainte Ligue et sur son cousin Philippe III d'Espagne, Ferdinand II se met en devoir de mater la révolte bohémienne et d'éliminer son rival Frédéric V. De fait, ce dernier va également très vite mécontenter ses sujets, par sa méconnaissance du pays et son calvinisme intransigeant : il ne restera, pour la postérité, que le Roi d'un hiver. Le décor est mis pour le démarrage de la conflagration.

Les quatre périodes de la guerre

On analyse traditionnellement la guerre de Trente Ans en quatre périodes successives correspondant chacune à un élargissement de l'ensemble des protagonistes. Chacune des trois premières périodes se termine en effet par un succès du camp impérial et catholique qui détermine un nouvel acteur à entrer en lice pour voler au secours du camp protestant. Ces périodes sont : # la période bohémienne et palatine, de 1618 à 1625 ; # la période danoise de 1625 à 1629 ; # la période suédoise de 1630 à 1635 ; # la période française ou franco-suédoise de 1635 à 1648.

La période bohémienne et palatine (1618-1625)

calvin]] Le Habsbourg ont pour alliés la papauté, son cousin Philippe III, roi d'Espagne, Maximilien Ier de Bavière et sa Ligue Catholique dont les armées sont commandées par Jean Tserclaes, comte de Tilly. Les Électeurs ecclésiastiques (princes-archevêques de Mayence, de Cologne et de Trèves, chefs temporels autant sinon plus que spirituels) font partie de la Ligue Catholique (l’archevêque de Cologne est même le propre frère de Maximilien). Pourtant, l’archevêque de Trèves va plus tard, par ses intrigues et sa politique francophile, provoquer l’entrée en guerre de la France. L’Électeur Jean-Georges Ier de Saxe est dans un premier temps du côté de l’Empereur, bien que protestant : il espère des gains territoriaux et, de toutes les façons, voit d’un mauvais œil la montée en puissance d’un de ses collègues Électeurs - car, élu roi de Bohême, l’Électeur Palatin dispose de deux voix sur les sept du collège électoral institué par la Bulle d'Or. Cependant ce prince sera par la suite un allié plus que versatile. Le Palatin et les protestants comptent sur l’appui du prince (protestant) de Transylvanie Gabriel Bethlen et sur l’aide financière des Provinces-Unies (celles-ci sont liées par la trêve de douze ans conclue avec l'Espagne en 1609, qui va bientôt se terminer). Mais il ne peut bénéficier de celui de son beau-père, Jacques Ier d'Angleterre dont la politique incohérente cherche à ce moment l’alliance avec l’Espagne. De fait, Frédéric V, prince jeune, manquant d'expérience et de la stature politique qu'exige sa situation, va bien vite éprouver le manque de motivation, de constance et/ou de courage de tous ceux qui pourraient lui apporter leur appui. Il faut remarquer que le duc de Bavière (catholique) et l'Electeur Palatin (calviniste) sont tous deux de la famille des Wittelsbach, le premier issu de la branche aînée et le second issu d'une branche cadette qui a reçu la dignité électorale au : l'opposition religieuse se double d'une longue jalousie familiale. En fait, Maximilien, qui aurait pu à un moment postuler à l'Empire, a obtenu de Ferdinand II, pour prix de son support, entre autres promesses celle de reprendre la dignité électorale. Ferdinand II Les premiers combats ont lieu dès le mois d’août 1619 ; les Bohémiens conduits par le comte de Thurn battent une armée impériale et menacent Vienne, mais cet avantage est momentané. La France offre sa médiation, concrétisée à Ulm en juillet 1620 par une trêve entre catholiques et luthériens : la Bohême calviniste n’est donc pas concernée, et les armées catholiques peuvent l’attaquer librement : Tilly et Bucquoy écrasent les révoltés de Bohême à la bataille de la Montagne Blanche (Bila Hora) près de Prague le 8 novembre 1620. Leur déroute est complète et la reprise en main de la Bohême très énergique. Frédéric V est mis au ban de l’Empire, ses territoires confisqués et il doit s'exiler en Hollande. Il sera plus tard déchu de son titre d’Électeur au profit de Maximilien de Bavière. Celui-ci reçoit en outre une partie du Palatinat. En Bohême, les responsables de la révolte sont condamnés à mort, la Lettre de majesté de Rodolphe II est révoquée, une intense campagne de restauration du catholicisme et de germanisation est entreprise. La couronne élective devient héréditaire au profit des Habsbourg et le siège de la Cour est transféré à Vienne. Électeur Les Espagnols commandés par Spinola occupent le Palatinat qui leur servira d'étape stratégique importante entre leurs domaines du Milanais ou stationnent leurs troupes et les Provinces-Unies. À la mort de Philippe III en 1621, son fils Philippe IV, qui n’a que seize ans prend pour conseiller le comte-duc d’Olivares, catholique très zélé ; celui-ci, véritable responsable des affaires, est partisan convaincu d’une collaboration étroite avec les Habsbourg d'Autriche. OlivaresDe nombreux princes protestants estiment que l'empereur a outrepassé ses droits, c'est une cause majeure de la poursuite et de l’extension du conflit. Trois princes, à la tête de troupes de mercenaires restent en armes : le comte Ernst von Mansfeld, le plus redoutable, retourne vers les rives du Rhin avec 20 000 hommes ; les deux autres, Christian de Brunswick et Georg Friedrich de Bade-Durlach ont chacun 15 000 hommes. Ces troupes d’aventuriers sont autant, sinon plus, motivées par l’appât du gain et les perspectives de pillage que par leur conviction religieuse. Tilly se porte vers les régions rhénanes pendant les années 1621-1622, et les affronte ensemble ou tour à tour au cours de plusieurs batailles (à Wiesloch - victoire protestante, à Wimpfen, à Höchst - victoires de la Ligue alliée aux espagnols de Spinola) sans résultat définitif. Toutefois, lors de la bataille décisive de Stadtlohn le 6 août 1623,