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Guillaume Tell
Guillaume Tell (en allemand Wilhelm Tell) est un héros légendaire qui aurait vécu dans le canton d'Uri en Suisse au début du et aurait libéré sa patrie du joug autrichien. C'est certainement le Suisse le plus connu au monde, mais sa réalité est contestée.
L'histoire
Selon la tradition, Guillaume Tell était un ancien mercenaire, retiré dans ses montagnes et connu pour être un expert dans le maniement de l'arbalète.
À l'époque l'empereur d'Autriche (un Habsbourg) cherchait à dominer le canton d'Uri. Son gouverneur autrichien, Hermann Gessler, nouvellement nommé en tant que bailli, érigea un poteau sur la place centrale du village et y accrocha son chapeau, dans le but d'obliger tous les habitants à se courber devant son couvre-chef, afin de mettre à l'épreuve la loyauté de la population.
Or, Guillaume Tell passa avec son fils devant le poteau coiffé sans accomplir la procédure exigée; arrêté, il continua à refuser. Le bailli Gessler lui ordonna, sous peine de mise à mort, de percer d'une flèche une pomme posée sur la tête de son fils, à l'aide de son arbalète.
Guillaume Tell réussit son exploit et dès son premier carreau, coupa le fruit sans toucher l'enfant. Mais, s'il avait tué son fils dans cette tentative, il dit au bailli qu'il aurait immédiatement tiré une seconde flèche sur lui. Gessler devint enragé par ce commentaire insolent et fit arrêter et jeter Guillaume Tell en prison sur le champ. Celui-ci, jurant de se venger, s'évada et tua le bailli.
Cet épisode héroïque aurait été à l'origine de la rébellion des Suisses contre les ducs d'Autriche, ce qui conduisit à l'unification des cantons historiques et à l'indépendance de la Suisse
Le mythe
Sa naissance
La naissance littéraire du mythe est discrète et laborieuse. Le Livre Blanc de Sarnen, La Ballade de Tell ou la Chronique d’Etterlin datent de la fin du et du début du et semblent être originaires des environs du Lac des Quatre-Cantons. Tout semble donc situer le retour de Guillaume Tell d’abord dans son propre pays, où son souvenir avait été déformé, idéalisé, mais pas perdu. Mais ce retour aux sources n’est pas le fruit du hasard. Il vient rappeler à un monde alpin en plein déclin le temps des succès. Le mythe devient générateur de courage dans un moment de crise et de désillusion.
Ce mythe est bientôt annexé par les villes du bas pays qui sont elles-mêmes partiellement responsables du déclin des régions alpines. Il est amené à assumer deux fonctions. Une fonction de rassemblement tout d’abord dans une alliance où l’esprit confédéral est menacé par les particularismes politiques, les intérêts économiques et bientôt les divergences confessionnelles. La deuxième fonction du mythe est la légitimation morale et politique de la Confédération par rapport à l’Empire dont elle fait encore formellement partie. Le mythe se porte ici au secours d’un idéal d’indépendance.
En 1565 paraît à Bâle Les héros de la nation allemande de Henri Pantaléon. Il y fait apparaître côte à côte Guillaume Tell et le tireur danois Toko qu’il a découvert chez Saxo Grammaticus. C'est à partir de ce rapprochement que va naître au et surtout au le doute sur l’authenticité historique de notre héros national. Au néanmoins le mythe triomphe que ce soit en Suisse centrale ou dans les autres cantons de la Confédération. Guillaume Tell accède au paradis.
Au et au
Deux conceptions de Guillaume Tell dominent. Le peuple dans une vision mystique et aussi confuse de l’histoire voit en lui un homme du peuple qui a libéré jadis le pays de l'oppresseur. Les classes dirigeantes ont une vision plus politique et voient en lui un rassembleur qui met en évidence la légitimité politique de la Confédération.
Guillaume Tell a en outre gardé une neutralité religieuse totale durant cette longue période de querelles confessionnelles. Son image est omniprésente sur les peintures, les gravures et les autres supports. Au XVIIIe siècle le mythe évolue, Tell devient le rassembleur des esprits, le catalyseur de l’identité nationale et l’éducateur civique. Une mission qu’il devra exercer durant tout le XIXe siècle et le XXe siècle.
A la fin du XVIIIe siècle, Guillaume Tell devait prendre bien sûr la tête du mouvement révolutionnaire en Suisse. Il est en effet l’homme du peuple, le symbole de la liberté contre l’oppression aristocratique. Mais ce sont les révolutionnaires français qui confisquent notre héros. Les Jacobins par exemple glorifient à travers Tell le tyrannicide et justifient la Terreur. Il rentre donc en Suisse en 1798 dans les bagages des armées françaises. La carrière de Tell s’internationalise avec la publication notamment du drame de Schiller qui enrichit l’intrigue par de nombreux ajouts et lui donne une valeur universelle.
Au début du XIXe siècle, Tell est également revendiqué par divers partis politiques et mouvements sociaux, sauf sans doute les conservateurs catholiques revenus au pouvoir lors de la Restauration. En 1835, Joseph Kopp, un savant lucernois, met son érudition au service de son gouvernement ‘’restauré’’. Il tente dans un ouvrage très détaillé de mettre en cause la véracité de toutes légendes. Guillaume Tell retrouve un rôle à sa mesure en 1848 avec l’avènement de la Constitution et de l’Etat fédéral où se fait sentir le besoin de raffermir l’identité nationale.
Authenticité du héros mise en doute
Longue fut la dispute des historiens autour de Tell, de l’authenticité des gestes que la tradition lui attribue et des sources, mais ces polémiques n’ont cependant que peu touché la conscience populaire. Malgré leur érudition, les historiens n’ont pas non plus échappé aux préjugés idéologiques, politiques et culturels de leur époque.
Le doute était né au XVIIIe siècle, d’abord dans les cercles du rationalisme critique inspirés par Voltaire. Lui-même avait du reste jugé suspect l’histoire de Guillaume Tell. En Suisse, le pasteur Freidenberg dénonce publiquement la « fable danoise » (1760), alors que le Lucernois Balthasar publie une Défense de Guillaume Tell qui lui assura le succès de sa carrière et les remerciements du gouvernement uranais.
La dispute renaît au XIXe siècle à partir des mêmes arguments. Ce sont les conservateurs catholiques qui attaquent le héros ; ce sont les historiens libéraux et radicaux qui prennent sa défense. Entre temps, la science historique a également beaucoup progressé. Influencée par le positivisme, elle rejette tout ce que les documents ne peuvent vérifier matériellement et appelle au verdict des archives. C’est avec une grande rigueur critique que Kopp par exemple tenta de démontrer que rien ne permettait de confirmer l’authenticité historique de Guillaume Tell. Pour nombre d’historiens de cette période, il ne s’agit que de fables et de légendes.
Les masses populaires restent néanmoins peu sensibles aux arguments des savants. Elles continuent de se régaler d’histoires telles que Le fils de Tell, une histoire pour la jeunesse (1846). Quelques historiens prônent néanmoins une histoire plus intuitive, plus imaginative et qui annonce déjà les évolutions prochaines de la science historique, où l’absence de documents ne signifient pas forcément l’absence d’authenticité historique. Le grand historien bâlois Jacob Burckhardt en fait partie. La dispute se poursuit durant tout le XIXe siècle et au XXe siècle. Guillaume Tell devient ainsi un mythe solaire, puis plus récemment il est rattaché à une lointaine tradition celtique.
En tout cas, Guillaume Tell n’a cessé d’exciter les esprits aujourd’hui comme hier. Il constitue une sorte de référence implicite, toujours présente et à laquelle les Suisses peuvent ou veulent constamment se référer, encouragés en ceci par la popularité du personnage à l’étranger. Tant que l’authenticité du héros n’était pas mise en doute, le mythe gardait un caractère construit, entretenu et fonctionnel. Tell était le garant de l’indépendance, le défenseur des libertés, le rassembleur du peuple et le porte-parole de valeurs dont les Suisses étaient fiers.
Personnage de légende
Au , le mythe change. Le personnage historique se trouve réduit à un personnage de légende. Guillaume Tell est désacralisé, mais la ferveur populaire reste. En 1848, la nouvelle Confédération éprouve un besoin de légitimité et d’identité. Tell devient alors le symbole d’une identité nationale ancestrale. Le mythe reste encore aujourd’hui indéracinable et les Suisses continuent de démontrer une sensibilité attentive et passionnelle envers leur héros, malgré les hésitations des historiens et l’ironie de certains intellectuels. Cela semble confirmer les propos de l’historien suisse Louis Vuillemin : « Telle légende, accueillie par la nation et devenue partie de son existence, possède plus de valeur morale, et a acquis plus d’importance que bien des faits matériellement constatés. »
Il n’y a pas de société qui ne procède pas de temps à autre à une autocritique, même lorsqu’elle est désabusée et négative, pour proposer d’autres ambitions et un autre idéal. Comme les mythes sont l’expression privilégiée de l’ancien idéal, ils deviennent inévitablement des cibles. Guillaume Tell n’y échappe bien sûr pas et surtout depuis la fin des années 60. Le mythe paraissant néanmoins indestructible, ce n’est pas par sa négation, mais par son inversion que l’autocritique s’est faite dans la conscience nationale. La version la plus achevée peut-être du mythe inversé et aussi la plus subversive est le Guillaume Tell pour les écoles de Max Frisch.
Rossini et Guillaume Tell
Friedrich von Schiller inspira l'opéra Guillaume Tell de Gioacchino Rossini, composé sur un livret de Victor-Joseph-Étienne de Jouy.
Cet opéra, créé à l'Académie royale de Musique de Paris, sera le dernier opéra que Rossini composera. L'ouverture que le compositeur écrit pour l'œuvre dure environ 12 minutes, mais la mélodie des dernières minutes est mondialement connue et est utilisée dans les publicités, les épisodes des Looney Toones, même dans les films de Disney.
Guillaume Tell reste à ce jour le plus long opéra jamais composé, puisqu'il dure près de sept heures lorsqu'il est joué intégralement. S'il constitue indiscutablement le chef-d'œuvre de Rossini, sa renommée mondiale est assurée principalement par son ouverture ainsi que son deuxième acte et ses ballets, notamment le célébrissime « pas de six ».
La seule ouverture du compositeur qui rivalise avec celle de Guillaume Tell est celle de son opéra le plus populaire, Le Barbier de Séville.
Les 9 tomes des Aventures de Guillaume Tell sont parues entre 1984 et 1994. Le scénariste resta toujours le même, René Wuillemin, mais deux dessinateurs se succédèrent: Carlo Trinco, pour les deux premiers épisodes, puis Gilbert Macé.
Les 9 épisodes sont: On a volé le pacte (1984), Le mercenaire conseil du Roy (1985), Polar au Gothard (1986), L'extraordinaire mystère "c" (1987), Rocvache (1988), Choc-Ness (1990), Fichus fichiers (1991), Euroka (1993) et Dans le mille (1994).
Tout en reprenant des personnages légendaires de l'histoire suisse, les albums s'inspirent de faits politiques suisses ou internationaux contemporains.
Voir aussi
Bibliographie
- Jean-François Bergier, Guillaume Tell, Paris, 1988
Article connexe
- Guillaume Tell : séries télévisées
Tell Guillaume
Tell, Guillaume
Tell, Guillaume
ja:ウィリアム・テル
Suisse
La Suisse (en allemand Schweiz, en italien Svizzera, en romanche Svizra) est un pays d'Europe bordé par l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Autriche et le Liechtenstein. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire, et abrite de nombreuses organisations internationales.
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Suisse.
Peuplé dès la préhistoire, c'est néanmoins à l'époque celtique, grâce surtout aux Helvètes que le territoire suisse franchit le seuil de l'histoire. En 58 av. J.-C. les Helvètes, poussés par la pression migratoire des tribus germaniques, tentèrent de s'installer en Gaule mais battus à Bibracte par les armées de Jules César ils y sont reconduit dans le cadre de l'empire romain. Déjà largement christianisée, la Suisse fut occupée par les Burgondes et les Alamans au .
Incorporée successivement aux royaumes de Bourgogne, des Francs puis à l'empire carolingien, elle est rattachée au , à la chute du royaume de Bourgogne transjurane, au Saint Empire romain germanique. Elle est alors le théâtre de dures luttes féodales.
La date de 1291 a été choisie à la fin du comme date de naissance de la Suisse, car c'est celle de l'alliance de trois cantons, contrôlant la route du Gotthard, nouvellement aménagée : Uri, Schwytz et Unterwald. Ces cantons confirmèrent leurs envies de liberté lors de la bataille de Morgarten en 1315.
Les territoires avoisinants, Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne se rapprochèrent d'eux au , fondant ce que l'on appelle aujourd'hui la confédération des VIII cantons. Le fut parsemé de conquêtes qui vit la Confédération atteindre le Rhin et la Suisse romande, tout en s'alliant avec les territoires environnants (Valais, Appenzell, Saint-Gall, les ligues grises, Fribourg). Elle participa finalement aux guerres de Bourgogne. Enfin, à la suite des guerres de Souabe en 1499, les cantons furent indépendants de facto du Saint Empire. Ce n'est qu'aux traités de Westphalie en 1648 que cette indépendance fut reconnue.
La fin du vit une première opposition entre les villes et campagnes qui aboutit finalement au convenant de Stans (1481), avec l'aide de Nicolas de Flue, qui ouvrit la porte à cinq nouveaux cantons : Fribourg, Soleure, Appenzell, Bâle et Schaffhouse. Ainsi, au début du , la confédération des XIII cantons est née. Elle renforce ses alliances locales (Bienne, Saint-Gall, Neuchâtel) et étend ses possessions au Tessin et dans le canton de Vaud. Les guerres d'Italie et surtout la bataille de Marignan (1515) sonnent la fin de ses activités militaires hors de son territoire. Seuls les mercenaires suisses feront désormais parler d'eux sur les champs de batailles européens et au Vatican.
Déchirée par la Réforme, les guerres de religions (Première guerre de Kappel (1529), évitée de justesse lors de l'épisode de la soupe au lait, Deuxième guerre de Kappel (1531), Première guerre de Villmergen (1656), Deuxième guerre de Villmergen (1712)) occupent la politique intérieure. La démocratie des premiers temps a laissé la place à des gouvernements oligarchiques bloquant toute réforme.
L'invasion française de 1798 libère les pays sujets et réforme profondément la Suisse en en faisant un état unitaire : la République Helvétique. Devant les troubles incessants, Napoléon impose l'Acte de médiation de 1803, rétablissant les cantons (Vaud, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall devenant alors des cantons à part entière) tout en retirant Neuchâtel, Genève et le Valais qui redeviennent éphémèrement indépendants puis sont intégrés à l'Empire.
En 1814 et 1815, la Restauration crée un premier État fédéral, à 22 cantons et les luttes entre les conservateurs et les libéraux-radicaux aboutissent à la guerre du Sonderbund en 1847 et à la victoire de ces derniers. La fin du siècle voit l'apparition de l'État fédéral qui abolit les frontières intérieures, impose une monnaie unique et une armée de milice fédérale. La première constitution fédérale de 1848, qui a mis en place les bases politiques de la Suisse, fut révisée en 1874 en y ajoutant le droit de référendum.
Le début du voit la suite du travail législatif : un code pénal, puis un code civil fédéral sont créés et le droit d'initiative constitutionnel est introduit.
La Suisse échappe, grâce à son statut de neutralité, aux deux guerres mondiales et devient peu à peu le siège de nombreuses organisations internationales.
Devenue prospère dans les années 1960, la Suisse reste essentiellement à l'écart des grands bouleversements de l'Europe et n'adhère qu'au compte goutte aux différentes organisations internationales (Conseil de l'Europe en 1963, Organisation des Nations unies le 10 septembre 2002).
Politique
Article détaillé : Politique de la Suisse
Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée fédérale, qui est formée de deux chambres : le Conseil national (200 membres), formé des représentants du peuple, et le Conseil des États (46 membres). Chaque canton possède 2 sièges au Conseil des États (un seul pour les ½ cantons) et d'un nombre de sièges proportionnel à sa population au Conseil national.
Le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil fédéral, formé de 7 membres, et de l'administration fédérale qui lui est subordonnée. Les membres du Conseil fédéral sont élus pour 4 ans par l'Assemblée fédérale, qui, en règle générale, reconduit les candidats sortants si ces derniers désirent poursuivre leurs fonctions. Cependant, cette règle tacite a été mise à mal lors de la dernière élection de décembre 2003 avec la non-réélection de la conseillère fédérale démocrate-chrétienne Ruth Metzler-Arnold, évincée au profit du candidat de l'Union démocratique du centre (UDC) Christoph Blocher. Cette situation a donc modifié la répartition des sièges en fonction des partis politiques pour la première fois depuis l'introduction de la formule magique en 1959. Cette dernière vise à répartir les sièges du gouvernement fédéral proportionnellement au poids de chaque parti à l'Assemblée fédérale. Depuis 1959, et malgré la progression depuis le début des années 1990 de l'UDC, cette répartition n'avait jamais été modifiée et était composée comme suit : 2 sièges pour le Parti radical-démocratique (PRD), 2 pour le Parti démocrate-chrétien (PDC), 2 pour le Parti socialiste (PSS) et 1 siège pour l'UDC. Les élections fédérales de l'automne 2003 ayant confirmé la montée en puissance de l'UDC, les partis gouvernementaux se sont résolus, sous une certaine pression populaire, à revoir la répartition des sièges du Conseil fédéral.
Le Conseil fédéral fonctionne selon le principe de collégialité, ce qui signifie que les décisions sont prises le plus possible par consensus. Si tel n'est pas le cas, un vote a lieu parmi les 7 conseillers fédéraux. Selon ce principe, ceux qui s'opposent à une mesure qui est adoptée par le collège doivent tout de même défendre le projet au nom de celui-ci. Mais ce principe a connu quelques distorsions ces dernières années, notamment lors de campagnes précédant des votations populaires.
Un président de la Confédération est élu parmi les conseillers fédéraux. Il est élu pour une année par l'Assemblée fédérale. Son rôle est principalement symbolique et médiatique. Traditionnellement, les conseillers fédéraux sont élus président chacun à leur tour, en fonction de leur ancienneté.
Fédéralisme
La Suisse est divisée en 26 cantons, contenant chacun plusieurs, voire des centaines de communes. Les cantons sont plus ou moins autonomes constitutionnellement (chacun ayant sa propre constitution), ainsi que du point de vue législatif, judiciaire, fiscal et administratif. Un certain nombre de domaines sont ainsi gérés uniquement au niveau cantonal. On y trouve par exemple l'éducation, la gestion des hôpitaux (sauf les hôpitaux communaux et privés), la construction et l'entretien de la majorité des routes (sauf les autoroutes et routes nationales) et la police (contrairement à l'armée), d'autres charges sociales ou encore le contrôle de la fiscalité.
Ils ont tous leur propre parlement (appelé dans la plupart des cantons francophones Grand Conseil) et leur gouvernement (appelé dans la plupart des cantons francophones Conseil d'État).
Démocratie semi-directe
Une particularité de la démocratie suisse est que le peuple garde en permanence un contrôle sur ses élus, car la Suisse est une démocratie que l'on peut qualifier de semi-directe, dans le sens où elle a des éléments d'une démocratie représentative (élection des membres des parlements ainsi que des exécutifs cantonaux) et d'une démocratie directe. En effet, en Suisse, le corps électoral dispose de deux instruments qui lui permettent d'agir sur un acte décidé par l'État : il s'agit du référendum, qui peut être facultatif ou obligatoire, et de l'initiative populaire qui est le droit d'une fraction du corps électoral de déclencher une procédure permettant l'adoption, la révision, ou l'abrogation d'une disposition constitutionnelle.
- Le référendum facultatif permet de remettre en cause une loi votée par l'Assemblée fédérale. Il est facultatif car il nécessite la récolte de 50 000 signatures en l'espace de 100 jours pour qu'il aboutisse à une consultation populaire. Si tel n'est pas le cas, la loi est considérée comme adoptée. Lors de la votation, seule la majorité de la population est prise en compte.
- Le référendum obligatoire impose, comme son nom l'indique, automatiquement une consultation populaire dans les cas prévus par la constitution fédérale. Il implique la double majorité de la population et des cantons.
- L'initiative populaire au niveau fédéral est un instrument qui permet à un comité de citoyens de proposer une modification de la constitution fédérale, que ce soit dans le but d'y introduire une nouvelle disposition ou d'en modifier ou abroger une déjà existante. Elle ne concerne en revanche pas les actes de rang législatif. Si les initiants parviennent à réunir 100 000 signatures dans un délai de 18 mois, le projet est soumis au peuple. Pour que le projet soit accepté lors de la consultation populaire, la double majorité de la population et des cantons est nécessaire, ce qui rend bien sûr plus difficile le succès d'une initiative populaire (15 acceptées en 114 ans). Par ailleurs, les autorités fédérales ont la possibilité d'y opposer un contre-projet qui permet souvent de reprendre les éléments attractifs d'une initiative tout en laissant de côté les aspects trop contraignants ou jugés extrêmes de cette dernière. Il arrive qu'un contre-projet donne satisfaction aux initiants qui peuvent décider dès lors de le soutenir également, voire même de retirer leur initiative. Dans ce cas, seul le contre-projet est soumis au peuple.
Ces possibilités sont fréquemment utilisées, ce qui fait que la Suisse est un pays où l'on vote très souvent (en moyenne 4 à 5 fois par an avec généralement plusieurs objets soumis en même temps). Afin de garantir une transposition des directives dans les délais, ce système devrait être réformé en cas d'adhésion à l'Union européenne (UE). De plus, les initiatives incompatibles avec le droit européen devraient être invalidées, dans la mesure où le droit communautaire prime sur le droit national. La crainte d'une perte de souveraineté est d'ailleurs l'un des arguments des opposants à cette adhésion.
Initiatives populaires acceptées
Voici la liste des 15 initiatives populaires acceptées par le peuple et les cantons depuis l'instauration de cette institution :
- 20 août 1891 : Interdiction d'abattre le bétail de boucherie sans l'avoir préalablement étourdi (191 527 oui contre 127 101 non et 13 cantons contre 12)
- 5 juillet 1908 : Interdiction de l'absinthe (241 078 oui contre 138 669 non et 23 cantons contre 2)
- 13 octobre 1918 : Élection proportionnelle du Conseil national (299 550 oui contre 149 035 non et 22 cantons contre 3)
- 21 mars 1920 : Interdiction des maisons de jeu (271 947 oui contre 241 441 non et 13 cantons contre 12)
- 30 janvier 1921 : Référendum facultatif en matière de traités internationaux (398 538 oui contre 160 004 non et 23 cantons contre 2)
- 2 décembre 1928 : Maintien des kursaals (296 395 oui contre 274 528 non et 16 cantons contre 9)
- 11 septembre 1949 : Retour à la démocratie directe (clause d'urgence) (280 755 oui contre 272 599 non et 14 cantons contre 11)
- 28 novembre 1982 : Tendant à empêcher des abus dans la formation des prix (730 938 oui contre 530 498 non et 18 cantons contre 8)
- 6 décembre 1987 : Initiative de Rothenthurm (protection des marais) (1 153 448 oui contre 843 555 non et 23 cantons contre 3)
- 23 septembre 1990 : Halte à la construction de centrales nucléaires (946 077 oui contre 789 209 non et 22 cantons contre 3)
- 26 septembre 1993 : Pour un jour de la fête nationale férié (1 492 285 oui contre 289 122 non et 26 cantons contre 0)
- 20 février 1994 : Protection des régions alpines contre le trafic de transit (954 491 oui contre 884 362 non et 19 cantons contre 7)
- 3 mars 2002 Adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations unies (1 489 110 oui contre 1 237 629 non et 13 cantons contre 13 [11 + 2 ½ contre 9 et 4 ½)
- 8 février 2004 : Internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux et non amendables (1 198 867 oui contre 934 569 non et 24 cantons contre 2)
- 27 novembre 2005 : Pour des aliments produits sans manipulations génétiques (1 125 357 oui contre 896 372 non et 26 cantons contre 0)
Dernières votations
- 5 juin 2005 (participation de 56,5%) :
- L'arrêté fédéral portant approbation et mise en œuvre des accords bilatéraux d'association à l'Espace Schengen et à l'Espace Dublin est accepté par 54,6% des voix. Les principales forces politiques du pays, à l'exception notable de l'UDC et des milieux nationalistes, soutenaient ce projet. La Suisse romande l'approuve nettement tout comme les cantons alémaniques de Bâle-Ville, Berne, Soleure, Zoug et Zurich.
- La loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe, qui prévoit la création d'un PACS fédéral offrant aux couples homosexuels des droits relativement similaires à ceux accordés aux couples mariés, est acceptée par 58% des voix. Les milieux de la droite conservatrice, tels que l'UDC, l'Union démocratique fédérale et les Démocrates suisses (DS) constituaient les seules forces politiques à s'opposer à cette loi. Certains cantons catholiques ont cependant refusé le projet comme le Valais et le Jura.
- 25 septembre 2005 (participation de 53,8%) : L'arrêté fédéral relatif à l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes aux nouveaux états membres de l'UE et à la révision des mesures d'accompagnement liées à cette extension est accepté par 56% des voix. Les principales forces politiques du pays, à l'exception des DS, d'une partie de l'UDC, de l'Alliance de gauche et du Mouvement pour le socialisme, soutenaient ce projet. La Suisse centrale et le Tessin ont cependant refusé le projet.
- 27 novembre 2005 (participation de 41,8%) :
- L'initiative populaire pour des aliments produits sans manipulations génétiques est acceptée par 55,7% des voix et la totalité des 26 cantons. Les paysans, les partis de gauche et les associations de consommateurs soutenaient ce projet. C'est la 15 fois en 114 ans qu'une initiative populaire est acceptée par le peuple et la seconde fois que la totalité des cantons s'y rallient.
- La modification de la loi sur le travail, qui prévoit l'ouverture dominicale de l'ensemble des commerces des principales gares et des aéroports du pays, est acceptée par 50,6% des voix. Les syndicalistes et les partis de gauche constituaient les principales forces politiques à s'opposer à cette loi. Ce sont les cantons urbains (Genève, Zurich, Bâle, Berne et Argovie) qui réussissent à faire pencher la balance en faveur de la loi.
Cantons
Argovie
Article détaillé : Cantons suisses
La Suisse est constituée de 26 cantons, souverains selon leurs constitutions respectives (6 de ces cantons étaient auparavant considérés comme des demi-cantons et ne possèdent, encore aujourd'hui, qu'une voix chacun au lieu de deux au Conseil des États et lors des votations fédérales). La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons est formalisée dans la constitution fédérale. Celle-ci précise les limites de la souveraineté des cantons. Certaines compétences sont attribuées explicitement aux cantons ou à la Confédération. Ce qui n'est pas explicitement délégué à la Confédération est du ressort des cantons.
Les cantons possèdent un gouvernement (appelé Conseil d'État) et un parlement (appelé Grand Conseil). Seule exception, le canton du Jura, le dernier à rejoindre la Confédération helvétique et entré en souveraineté en 1979, a lui conservé les appellations classiques gouvernement et parlement pour les organes exécutif et législatif. Les cantons suisses disposent par ailleurs d'un pouvoir judiciaire.
La superficie des cantons varie entre 37 et 7 105 km² et leur population de 15 000 à 1 261 000 habitants (2004).
Géographie
Article détaillé : Géographie de la Suisse
Villes principales : Zurich, Genève, Bâle, Berne, Lausanne
Communes politiques : 2880 (2001)
Voir aussi : Villes de Suisse ~ Liste des cours d'eau de Suisse ~ Liste des lacs de Suisse
Économie
Article détaillé : Économie de la Suisse
Malgré l'absence de ressources naturelles, l’économie suisse figure parmi les plus prospères et les plus développées du monde. Orienté vers les services, comme les banques et les assurances, et la mécanique de précision, le pays produit surtout des biens à forte valeur ajoutée. Le niveau de vie est l'un des plus élevés d'Europe. De plus, sa stabilité et sa neutralité ont attiré bon nombre de capitaux étrangers et d'organisations internationales comme l'ONU.
Après plusieurs années de croissance nulle ou faible, une reprise s'est fait ressentir en 2004 avec une hausse de 1,7% et un PIB dépassant les 435 milliards de francs suisses. Le taux de chômage reste particulièrement bas (environ 3.5% en juillet 2005) et l'inflation relativement faible.
Population
inflation
Article détaillé : Population de la Suisse
La Suisse est à la croisée de plusieurs grands pays européens qui ont influencé ses langues et sa(ses) culture(s).
La Suisse a quatre langues officielles : l'allemand (64 % ; blanc) au nord et au centre, le français (19 % ; bleu) à l'ouest, l'italien (8 % ; rouge) au sud, et enfin le romanche qui est une langue romane parlée par une petite minorité (moins de 1 % ; vert) dans le sud-est du canton des Grisons.
L'allemand est la langue la plus répandue. 17 cantons sur 26 sont unilingues allemands. La population germanophone parle généralement l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch, lesquels jouissent d'une grande valorisation sociale, y compris dans les centres urbains. L'usage de l'allemand standard – Hochdeutsch ou « bon allemand » – est limité aux situations les plus formelles. Dans le milieu scolaire, afin d'élever le niveau d'allemand des élèves qui généralement préfèrent parler le dialecte, plusieurs cantons alémaniques (dont Zurich, Schwytz, Uri et Zoug) ont imposé l'usage systématique du Hochdeutsch, et les professeurs sont tenus de s'exprimer exclusivement dans cette langue.
Le français est parlé dans l'ouest du pays, région généralement appelée Suisse romande. Quatre cantons sont unilingues français (Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud), trois sont officiellement bilingues français-allemand : Fribourg, Valais et Berne. Les dialectes (en majorité francoprovençaux, sauf dans le canton du Jura qui appartient à l'aire de la langue d'oïl) sont encore pratiqués localement, notamment en Valais et dans le canton de Fribourg, mais ils ont presque disparu dans l'usage quotidien.
Quant à l'italien, il est parlé dans le canton du Tessin (Ticino en italien) et quelques vallées méridionales des Grisons. L'usage du dialecte tessinois, apparenté aux parlers lombards, y demeure très vivant.
La plupart des Suisses parlent plus d'une langue, et les résidents et travailleurs étrangers représentent environ 20% de la population.
Le romanche n'a pas le même statut que l'allemand, le français et l'italien. Selon l'[http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a70.html alinéa 1 de l'article 70] de la constitution fédérale, les langues officielles de la Confédération sont l'allemand, le français et l'italien. Le romanche est aussi langue officielle pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche.
L'anglais est parfois utilisé dans le monde du travail, y compris par l'administration. Il n'a pourtant aucune reconnaissance officielle. Enfin le latin sert parfois lorsqu'il faut désigner dans une seule langue des institutions suisses : Confoederatio helvetica (CH), Pro Helvetia, Pro Natura, Pro Infirmis, etc.
La majorité des formations supérieures ne sont enseignées que dans deux langues (allemand et français), dans une seule (allemand pour la formation de vétérinaire) ou encore ont lieu dans plusieurs langues mélangées : professeurs et étudiants parlent leur langue maternelle (diplôme d'expert en assurances de pensions).
Culture
Article détaillé : Culture de la Suisse
Voir aussi : Liste de Suisses célèbres ~ Liste des Expositions nationales suisses
Fêtes et jours fériés
Seule la Fête nationale, le est ancrée dans la constitution. Chaque canton est libre de fixer jusqu'à 8 jours fériés dans l'année. 21 cantons utilisent intégralement cette possibilité. Légalement, les jours fériés sont assimilés à des dimanches et ont donc les mêmes restrictions que ceux-ci en matière d'ouverture des magasins et des entreprises et de trafic routier.
Les jours fériés varient donc beaucoup d'un canton à l'autre. Seuls Noël, le Nouvel-An et le 1 août sont communs à tous, les autres fêtes (vendredi et lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte et Fête Dieu, Assomption et Toussaint, Jeûne Fédéral ou Jeûne Genevois) étant reconnues par les cantons selon leur tradition, principalement religieuse catholique ou protestante.
À côté des jours fériés, il y a également des jours chômés. Ces jours-là, non assimilés à des dimanches, de nombreuses entreprises et administrations sont néanmoins fermées dans le canton concerné.
! Date !! Nom !! !!
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| || Nouvel An || Tous ||
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| 2 janvier || Berchtoldtag || Berne, Jura, Argovie, Zoug, Neuchâtel (seulement si le 1 est un dimanche) || Jura, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Argovie, Glaris, Lucerne, Obwald, Schwytz, Soleure, Zurich
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| 6 janvier ||Épiphanie || Schwytz, Tessin, Uri ||
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| || Indépendance || Neuchâtel ||
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| 19 mars || Saint-Joseph || Tessin, Valais, Lucerne (demi-jour), Nidwald, Schwytz, Uri ||
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| || Fahrtsfest || Glaris ||
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| mobile || Vendredi saint || Tous sauf Tessin et Valais ||
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| mobile || Lundi de Pâques || Genève, Jura, Tessin, Vaud, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Appenzell Rhodes-Extérieures, Berne, Bâle ville, Bâle campagne, Glaris, Grisons, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Thurgovie, Uri, Zurich || Neuchâtel, Lucerne, Obwald, Nidwald, Soleure, Zoug
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| mobile || Ascension || Tous ||
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| mobile || Lundi de Pentecôte || Berne, Genève, Jura, Tessin, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures , Appenzell Rhodes-Extérieures, Berne, Bâle ville, Bâle campagne, Glaris, Grisons, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Thurgovie, Uri, Zurich || Fribourg, Vaud, Neuchâtel, Lucerne, Obwald, Nidwald, Soleure, Zoug
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| || Fête du Travail || Jura, Tessin, Bâle ville, Bâle compagne, Schaffhouse, Soleure , Uri, Zurich ||
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| 23 juin || Commémoration du plébiscite || Jura ||
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| mobile || Fête-Dieu || Valais, Fribourg, Jura, Lucerne, Tessin, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Obwald, Nidwald, Soleure, Schwytz, Uri, Zoug ||
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| 29 juin || St-Pierre et Paul || Tessin ||
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| || Fête nationale || Tous (fédéral) ||
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| 15 août || Assomption || Valais, Fribourg, Jura, Lucerne, Tessin, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Obwald, Nidwald, Soleure, Schwytz, Uri, Zoug ||
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| jeudi suivant le 1 dimanche de septembre
| Jeûne genevois || Genève ||
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| lundi suivant le 3 dimanche de septembre || Lundi du jeûne fédéral || Vaud || Neuchâtel
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| 25 septembre || Fête de St-Nicolas-de-Flüe || Obwald ||
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| || Toussaint || Fribourg, Jura, Tessin, Valais, Lucerne, Argovie, Appenzell Rhodes-Intérieures, Glaris, Obwald, Nidwald, Saint-Gall, Soleure, Schwytz, Uri, Zoug ||
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| 8 décembre || Immaculée Conception || Fribourg, Tessin, Valais, Lucerne, Argovie, Lucerne, Obwald, Nidwald, Schwytz, Uri, Zoug ||
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| 12 décembre || L'Escalade || Genève ||
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| 25 décembre || Noël || Tous ||
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| 26 décembre || Saint-Etienne || Berne, Neuchâtel (seulement si le 25 est un dimanche), Tessin, Argovie, Zurich, Lucerne, Appenzell Rhodes-Intérieures, Appenzell Rhodes-Extérieures, Berne, Bâle ville, Bâle campagne, Glaris, Grisons, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Thurgovie, Uri || Fribourg, Obwald, Nidwald, Soleure, Zoug
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| 31 décembre || Restauration de la République || Genève ||
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URIUn URI, de l'anglais Uniform Resource Identifier, soit littéralement identifiant uniforme de ressource, est un protocole mis en place pour le World Wide Web qui normalise la syntaxe de courtes chaînes de caractères désignant un nom ou une adresse d'une ressource, physique ou abstraite. L'IETF l'a d'abord défini dans la RFC 2396 en se basant sur des propositions de Tim Berners-Lee. Mise à jour par la RFC 2732 puis révisée de nombreuses fois sous le titre rfc2396bis, la RFC 3986 définit l'URI en janvier 2005.
Le sigle URI est généralement utilisé pour désigner une telle chaîne de caractères. Par exemple urn:ietf:rfc:2396 est un URI identifiant le RFC 2396.
Les URI sont la technologie de base du World Wide Web car tous les hyperliens du Web sont exprimés sous forme d'URI.
Les exemples suivants illustrent les URI d'usage courant :
- ftp://ftp.is.co.za/rfc/rfc1808.txt : schéma ftp pour le service FTP
- gopher://spinaltap.micro.umn.edu/00/Weather/California/Los%20Angeles : schéma gopher pour les services Gopher et Gopher+
- http://www.math.uio.no/faq/compression-faq/part1.html : schéma http pour le service HTTP
- mailto:mduerst@ifi.unizh.ch : schéma mailto pour les adresses électroniques
- news:comp.infosystems.www.servers.unix : schéma news pour les newsgroups Usenet
- telnet://melvyl.ucop.edu/ : schéma telnet pour les services interactifs via le protocole telnet
Voir aussi
Liens internes
URL ~ URN ~ IETF ~ World Wide Web ~ Internet
Liens externes
- [http://www.w3.org/Addressing/ Définition officielle du W3C]
- [http://www.ietf.org/rfc/rfc2396.txt RFC décrivant la syntaxe générique des URI]
Catégorie:World Wide Web
ko:URI
ja:Uniform Resource Identifier
Indépendance
L'indépendance est l’absence de relation (de sujétion, de cause à effet, de coordination) entre différentes choses.
Politique
Pour un pays, une organisation politique ou une branche du gouvernement, lindépendance est l’acquisition de son autonomie, par opposition à être régenté par quelqu’un d’autre. Cette autonomie est au moins politique, et comprend souvent aussi une indépendance monétaire.
L’obtention d’une telle indépendance implique parfois des événements violents (guerre civile) ou une sécession, plus rarement un processus politique négocié. Cela constitue en tout cas un moment particulièrement important dans la vie d’une nation, c’est souvent la raison de sa célébration annuelle par ceux qui l’ont remportée.
Dates d’indépendance dans le monde
A
- : 19 août 1919
- 1919 Albanie : 28 novembre 1912
- 1912 Algérie : 5 juillet 1962 (par référendum)
- 1962 Andorre : 1278
- 1278 Angola : 1975
- 1975 Argentine : 1816
- 1816 Australie : 1 janvier 1901
B
- 1901 Bahamas : 10 juillet 1973
- 1973 Belgique : proclamée le 4 octobre 1830, reconnue le 20 janvier 1831 (des Pays-Bas)
- Pays-Bas Belize : 1981
- 1981 Brésil : proclamée le 7 septembre 1822, reconnue le 29 août 1825 (du Portugal)
- Portugal Bénin : proclamée le 4 août 1960
C
- 1960 Canada : 1 décembre 1931 (statut de Westminster)
- statut de Westminster Chili : 1818
- 1818 Colombie : 1830
- 1830 Corée du Nord : 9 septembre 1948
- 1948 Côte d'Ivoire : 7 août 1960
- 1960 Cuba : 1901
D, E
- 1901 Danemark : Avant le
- Danemark Estonie : Déclarée le 24 février 1918 (mais n’a été reconnue par l’URSS que le 2 février 1920)
- 1920 États-Unis : 4 juillet 1776
G, H, I, J, K
- 1776 Guatemala : 15 septembre 1821
- 1821 Haïti : 1804
- 1804 Honduras : 1821
- 1821 Inde : 15 août 1947
- 1947 Irak : 3 octobre 1932
- 1932 Irlande : 1937
- 1937 Islande : 1944
- 1944 Jordanie : 25 mai 1946
- 1946 Kenya : 12 décembre 1963
L, M
- 1963 Liban : 22 novembre 1943
- 1943 Madagascar : 1960
- 1960 Maldives : 26 juillet 1965
- 1965 Mali : 1960
- 1960 Maroc : 2 mars 1956 (fin du Protectorat français)
- 1956 Mexique : 1821
- 1821 Monaco : 8 janvier 1297
- 1297 Mongolie : 1924
N, P
- 1924 Népal : 1923
- 1923 Nouvelle-Zélande : 26 septembre 1907
R
- 20px République tchèque : 1 janvier 1993
- 1993 Royaume-Uni : Formé en 1801
- 1801 République Dominicaine : 1844
S
- 1844 Seychelles : 1976
- 1976 Suède : Avant 900
T
- 900 Timor Oriental : 2002
- 2002 Tunisie : 20 mars 1956 (fin du Protectorat français)
Sujétion et accession à l’indépendance
- Guerre d'indépendance
- Déclaration de l'indépendance
- Comité spécial de la Décolonisation de l'ONU
- Indépendantisme
- Séparatisme
- Colonialisme
- Impérialisme
- Néocolonialisme
Psychomotricité
On parle d’indépendance psychomotrice pour désigner la capacité d’un animal à faire bouger de manière distincte ses membres. Cette faculté permet notamment aux bipèdes d’utiliser les membres supérieurs pour des fonctions distinctes de celles des membres inférieurs, généralement réservés à la locomotion : par exemple la préhension pour l’être humain.
Dans certaines disciplines artistiques, l’indépendance psychomotrice entre les bras ou entre les quatre membres est essentielle : par exemple, pour la pratique de certains instruments de musique comme la batterie.
Droit
Voir Indépendance juridique
Mythe nb:Myte simple:Myth
Catégorie:Philosophie Catégorie:Religion Catégorie:Mythologie
"Aussi, l'amateur de mythes (philomuthos) est philosophe (philosophos) en quelque sorte, car le mythe est composé de merveilles."
Aristote, Métaphysique, 982b18-19
Définition
Un mythe produit une explication concrète de certains aspects fondamentaux du monde : sa création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l'être humain, ses rapports avec le divin et la nature ou avec les autres humains (d'un autre sexe, d'un autre groupe), etc, par un récit porté à l'origine par une tradition orale.
Un mythe implique des personnages merveilleux, tels que des dieux, des animaux chimériques ou savants, des hommes-bêtes, des anges, ou des démons, et l'existence d'un autre monde.
Il serait certainement erroné de prendre un mythe au pied de la lettre, et de croire que les peuples les prennent pour une description parfaitement exacte (y compris les aspects surnaturels) du déroulement des événements. Il serait sans doute tout aussi faux de les prendre pour un simple récit poétique, dépourvu de base réelle, une forme archaïque de réflexions philosophiques et proto-scientifique, réalisées par une analogie poétique plus que sur la logique, et exprimé sous une forme symbolique, voire un sorte de roman.
Ces histoires ne sont en rien arbitraires :
- les différentes sociétés, même très différentes et sans contacts culturels, présentent des mythes qui utilisent les mêmes archétypes ;
- les mythes traitent toujours les questions qui se posent dans les sociétés qui les véhiculent. Ils ont un lien direct avec la structure religieuse et sociale du peuple.
Sens particulier : Les philosophes de l'époque post-mythique, tels que Protagoras, Empédocle et Platon utilisent le mythe comme une mise en scène allégorique afin de faire percevoir leurs propos d'une manière concrète. Par exemple, Platon crée des mythes originaux (par exemple le mythe de la caverne), ou réadapte des mythes antérieurs. À sa suite, d'autres philosophes ou certains auteurs de discours argumentatifs ont eux aussi eu recours au mythe, dans un même emploi.
Emploi
De nos jours, la plupart des ministres du culte des mouvements les plus libéraux des trois monothéismes, comme ceux des néo-paiens, n'éprouvent aucune difficulté à considérer que certains aspects de leurs textes sacrés (essentiellement la Genèse dans la Bible) relèvent du mythe. Cette considération n'enlève rien au fait qu'ils contiennent aussi un grand nombre de vérités religieuses, divinement inspirées mais révélées au moyen des catégories de pensées et de langage d'une culture et d'une époque données. Parler de mythe ou de mythologie, en ce qui concerne les monothéismes, n'implique aucun jugement de valeur sur la foi qu'ils proposent, mais offre un outil technique de réflexion herméneutique.
Aspects du Mythe
Le mythe raconte une histoire sacrée, performative pour celui qui appartient à la culture qui le crée. Il relate non seulement l'origine du Monde, des animaux, des plantes et de l'homme, mais aussi tous les événements primordiaux à la suite desquels l'homme est devenu ce qu'il est aujourd'hui, c'est-à-dire un être mortel, sexué, organisé en société, obligé de travailler pour vivre, et vivant selon certaines règles.
Le mythe se déroule dans un temps primordial et lointain, un temps hors de l'histoire, un Âge d'Or, un temps du rêve. Le mythe cosmogonique est « vrai » parce que le monde existe. Le mythe d'identité est « vrai » parce que la communauté dont il est l'image existe. Le mythe d'origine est « vrai » parce que la communauté le répète pour continuer de vivre. En ce sens, le mythe contient quasiment toujours des éléments de liturgie.
Réciter le mythe produit une re-création du monde par la force du rite. L'exigence du sacrifice est l'un des plus puissants. Le mythe n'est pas récité n'importe quand mais à l'occasion de cérémonies : naissances, initiations, mariages, funérailles, et tout un calendrier de fêtes et célébrations, c'est-à-dire à l'occasion d'un commencement ou d'une transformation dont il rend compte (ou rend conte, c'est selon).
Postérité du mythe
Le « recyclage »
L'approche comparatiste montre que chaque aire culturelle produit les archétypes qui seront utilisés en tout ou en partie puis embellis et complétés dans les mythes de chacune de ces civilisations. Quelques uns d'entre eux survivent à la civilisation qui leur a donné naissance par le recyclage littéraire ou théologique. Ainsi en est-il par exemple du mythe d'Orphée.
: L'exégèse théologique
: L'investigation critique textuelle et archéologique
: Le commentaire sociologique
Grands mythes et éléments des mythes
Types de mythes
- La cosmogonie raconte la création du monde (voir mythes et création du monde) ;
- La théogonie raconte la création des dieux ;
- L'anthropogonie raconte la création de l'homme ;
- Le mythe de régénération raconte une recréation du monde, le plus souvent après un mythe de cataclysme : le monde s'effondrerait s'il n'était périodiquement recréé; dans la même catégorie peut se ranger le mythe de création d'une institution susceptible de témoigner de la régénération, le mythe de création d'une plante dont l'utilité se manifeste lors de la régénération ou de sa célébration, le mythe de création d'un animal qui joue un rôle dans la célébration, soit comme victime du sacrifice, soit comme support de la théophanie;
- Le mythe de séparation du Divin et du monde et le mythe de séparation du Divin et de l'homme s'accompagnent fréquemment d'un mythe de l'invention de la mort.
Quelques mythes célèbres
- Cosmogonie et anthropogonie:
- Njeddo Dewal, mère de la calamité : conte initiatique peul ;
- La Bible, Genèse 1 et 2, qui constitue une cosmogonie à partir d'un substrat existant de chaos et d'eaux primordiales ;
- La Théogonie d'Hésiode qui décrit la création du monde, l'histoire des dieux, la création des hommes.
- Mythe de régénération et de cataclysme
- La Bible, Genèse, le Déluge, où Dieu ne sauve qu'une petite équipe de survivants et un couple d'animaux de chaque espèce.
- Le mythe de Proserpine ou Perséphone, qui rend compte de l'alternance des saisons froides et stériles et chaudes et fécondes.
- La cosmogonie aztèque commence par la destruction des 4 soleils primordiaux;
- La crucifixion et la Résurrection du Nouveau Testament peuvent être comprises comme un mythe de cataclysme suivi d'un mythe de régénération, dont la célébration annuelle se passe au printemps et constitue le début de l'année liturgique dans le Christianisme de pratiquement toutes les confessions.
- Le mythe de la destruction de l'Atlantide
- L'un des derniers mythes de par son importance à être apparu est sans aucun doute celui du postmodernisme. Selon cette conception, l'humanité serait vouée à sa perte de par sa soif insatiable de développement technologique. Dans la perception des tenants du postmodernisme, ce sont les machines qui auraient maintenant l'emprise sur l'humanité (voir par exemple le film Matrix qui illustre particulièrement bien cette croyance et cette lutte contre la fatalité). D'autre part, il est remarquable que l'idéologie postmoderne tire sa force de son opposition à la modernité. Cette dernière époque étant marquée par le recours à la raison comme fondement de l'autorité afin que les hommes puissent débattrent entre eux en se débarrassant du poids des superstitions de toutes sortes. Le postmodernisme déclare qu'il n'y a plus de raison, en voulant dire que la conduite des hommes sur la Terre tend inévitablement à l'autodestruction, que la conciliation des intérêts de tous est chacun est une chimère, car cet objectif étant irréalisable de par la nature même des hommes qui en fait des êtres animés par la cupidité.
- Mythe de l'homme
- Le mythe prométhéen qui dit que prométhée apporta le feu aux hommes.
- Mythe de création d'une institution
- Le verset 18 du chapitre 16 de l'évangile de Matthieu, une glose probablement du VI siècle de l'ère commune, comme le montre son utilisation ultérieure dans la tradition de la confession catholique;
- Le mythe d'Hiram, architecte du Temple de Salomon, dont se réclament les sociétés maçonniques et les Compagnons du Tour de France.
- Le roman « néo scientifique » d'Alfred Jarry, Gestes et Opinions du Docteur Faustroll, pataphysicien, dont se réclame le Collège de ’Pataphysique.
- Le mythe d'Abraham dont se réclament tous les monothéismes.
- Mythe de séparation des hommes et des dieux, du monde et de Dieu
- En Inde, les sacrifices aux dieux les font monter au ciel et ils abandonnent les hommes;
- Dans la Bible, la Chute dans Genèse.
Héros et objets du mythe
- Héros
- l'enfant merveilleux;
- le personnage démembré;
- la lune, le soleil.
- Objets
- l'eau;
- la pierre;
- le feu;
- le territoire sacré.
Les mythes urbains
Dans le contexte moderne, on peut observer certains récits qui ont toutes les caractéristiques de mythes mais sont soit très récents de construction, soit encore en cours d'assemblage. On parle alors de mythes urbains ou, plus couramment, de légendes urbaines.
Voir aussi
- Religion
- le mouvement [http://www.hermann-detering.de/in_french.htm Radikal Kritik] (critique radicale) au début de ce siècle a démythologisé les récits bibliques Voir [http://www.depts.drew.edu/jhc/jhcbody.html Journal of Higher Criticism][en]
- Philosophie
- Les premiers philosophes (tel Démocrite) ont démythifié la métaphysique, c'est-à-dire qu'ils ont apporté des explications rationnelles à des phénomènes naturels autrement que par des mythes (comme la théorie des atomes, par exemple).
- En complément, les philosophes contemporains comme René Girard ont rationalisé les mythes, c'est-à-dire qu'ils ont reconstruit le récit mythique en remplaçant les éléments surnaturels par des explications parfaitement naturelles ; au passage, le rôle des différents acteurs peut apparaître fondamentalement transformé (le dieu mauvais apparaît comme une victime injustement accusé, le dieu bon comme un chef sans scrupule, etc.) et une réalité peu reluisante apparaître (la jeune fille transformée en vache ou en nymphe n'est plus qu'une victime de sacrifice humain, le dieu qui féconde par une pluie d'or n'est plus qu'un riche suborneur, le cheval de Troie n'est plus qu'une traîtresse ambassade de paix qu'un peuple las de la guerre accepte imprudemment, au besoin en tuant les oiseaux de mauvais augures comme Laocoon et ses fils qui le défende, etc.)
- Mythe au Moyen Âge et à la Renaissance
- Mythe des races
- Psychanalyse et religion
- Carl Gustav Jung
- Clarissa Pinkola Estés
- Littérature
- Le conte populaire, la fable, le récit, la légende, l'épopée, l'utopie
- l'école formaliste russe, Wladimir Propp
- Symbole, Allégorie
- Ethnologie, Sociologie
- Mythologie
- Anthropologie religieuse
- Mircea Eliade
- Lucien Lévy-Bruhl
- Claude Lévi-Strauss
- René Girard
- Roland Barthes
Liens externes
- Postérité du mythe: Mythe et Utopie au XVIII siècle : quelques mythes à buts pédagogiques et politiques se prolongent dans la littérature [http://membres.lycos.fr/jccau/ressourc/utopie http://membres.lycos.fr/jccau/ressourc/utopie]
- Du 26 au 28 août prochains aura lieu à Aubrac (Aveyron, France) un festival littéraire autours du thème "Dire les mythes" Les Rencontres d'Aubrac [http://rencontresaubrac.free.fr/ Le site internet des Rencontres d'Aubrac]
UtilitéUtilité décrit le fait de servir à quelque chose, d'être utilisable, tout simplement utile.
- On parle d'utilité publique, lorsque la réalisation d'un ouvrage (route, pont, usine) ou autre est déclaré ainsi, à la suite d'une enquête, aux résultats favorables, auprès des citoyens concernés.
Économie
Au départ, en économie, la notion d'utilité était essentiellement liée à la prise de risque. La « Théorie sur la mesure du risque » de Daniel Bernoulli (1700 - 1782), et dans celle-ci, le Paradoxe de Saint-Pétersbourg furent à la base des théories économique et financière de l'aversion au risque, de la prime de risque et de l'utilité
La notion d'utilité est devenue plus largement une mesure du bien-être ou de la satisfaction obtenue par la consommation, ou du moins l'obtention, d'un bien ou d'un service. Elle est liée à la notion de besoin
Le concept est utilisé dans les fonctions d'utilité, fonctions d'utilité sociale, optimum au sens de Wilfredo Pareto, boîtes d'Edgeworth. C'est un concept central de l'économie du bien-être. Pareto n'aimait d'ailleurs pas le terme, qu'il considérait chargé de trop de considérations morales. Il a proposé d'utiliser celui d'ophélimité, étymologiquement équivalent.
Utilitarisme et économie
L'utilitarisme est une philosophie morale qui entretient des rapports complexes de cousinage avec l'économie. Jeremy Bentham (1748-1832) pose que les hommes sont des êtres qui recherchent le plaisir et que la promotion du plus grand bonheur devrait être le critère moral du bien. John Stuart Mill, dans son livre Utilitarianism (1861), insiste sur le fait que l'utilitarisme est un hédonisme éthique en ce sens qu'une action individuelle est morale si elle prend comme critère le plus grand bonheur du plus grand nombre et non l'intérêt individuel.
Les liens les plus étroits entre la philosophie utilitariste et l'économie doivent être recherchés dans l'économie du bien-être. En revanche, les racines de la révolution marginaliste, initiée par Gossen, Jevons, Menger et Walras, ne peuvent être reliées d'aucune façon évidente à la philosophie utilitariste.
Utilité cardinale et ordinale
Au sein de l'école néoclassique, un problème central de la théorie du consommateur est la construction d'une fonction de demande qui puisse être le parallèle de la fonction d'offre issue de la théorie du producteur. Cette difficulté fut résolue en deux temps, d'abord en supposant une utilité cardinale, mesurable et comparable entre les biens, puis une utilité ordinale, légèrement moins contraignante.
Utilité cardinale
Les précurseurs de la révolution marginaliste (Walras, Jevons, Menger) concevaient l'utilité comme la sensation de plaisir associée à la consommation d'un bien. Ils défendirent l'idée d'une mesure cardinale de l'utilité en supposant que le consommateur était capable de donner une évaluation de l'utilité que lui apportait toute combinaison de biens. Cette faculté était l'exact miroir de la capacité supposée du producteur à prédire la production pour toute combinaison d'intrants donnée, et simplifiait considérablement l'analyse. Pour des raisons pédagogiques, elle fut également utilisée, avec quelques réserves, par Alfred Marshall.
Par exemple, si la consommation d'une quantité d'un bien A donne une satisfaction de 100 et une quantité d'un bien B donne une satisfaction de 10, est équivalent à 10 fois .
Utilité ordinale
L'exemple ci-dessus illustre le problème conceptuel de l'utilité cardinale : il n'existe pas d'échelle objective de la mesure de l'utilité. C'est pourquoi Wilfredo Pareto, successeur de Marshall proposa une formulation en termes d'utilité ordinale.
Dans le cadre de l'utilité ordinale, il n'est pas demandé au consommateur de pouvoir classer raisonnablement les biens en fonction de l'utilité apportée. Il lui suffit donc de savoir s'il préfère à , à ou s'il est indifférent entre les deux. En termes mathématiques, il suffit donc de pouvoir décrire un préordre complet sur l'espace des paniers de biens : la relation de préférence doit ainsi être complète (on peut comparer tout couple de paniers), réflexive (un panier est préféré à lui-même) et transitive (si le panier A est préféré au panier B et le panier B au panier C, alors A est préféré à C).
Limites du concept
Qu'il s'agisse de l'utilité ordinale ou de l'utilité cardinale, le concept d'utilité ne saurait être qu'un artifice pour donner une formulation simple à des comportements complexes. Les expériences d'économie expérimentale montrent en effet que même sur un ensemble restreint de biens, les agents sont souvent incapables de comparer tous les paniers deux à deux (non-complétude), et encore moins de proposer un classement qui respecte la transitivité.
Toutefois, la puissance de cet outil comme description des comportement est telle qu'il reste très largement utilisé.
Fonction d'utilité
L'utilité cardinale fournit directement une évaluation de l'utilité d'un panier de biens, qui permet de les traiter comme une grandeur mathématique. Avec le passage à l'utilité ordinale, il faut construire un objet qui permette de ramener chaque panier à un nombre reflétant la relation de préférence sous-jacente. C'est la fonction d'utilité.
Construction
On construit donc ainsi une fonction mathématique U allant de l'espace des biens dans telle que implique que le panier A est préféré au panier B. On peut ainsi construire des courbes d'indifférence regroupant les paniers qui laissent indifférent le consommateur lorsqu'on les compare deux à deux. Du fait de la complétude et de la transitivité, ces courbes peuvent alors être classés selon un ordre total.
La fonction d'utilité, en associant un indice à chaque panier, n'est pas unique. Si U est une fonction d'utilité pour un individu, alors en est une aussi si G est une fonction de dans strictement croissante. De ce fait, l'utilité ordinale n'est pas comparable entre les individus, ce qui rend impossible d'en déduire directement une utilité sociale comme le désiraient les utilitaristes.
Propriétés
On suppose en général un certain nombre de propriétés à la fonction d'utilité afin de se restreindre à une classe vraisemblable, et surtout mathématiquement gérables, de fonctions. La plupart du temps, on se restreint a priori à des fonctions mesurables, continues et infiniment dérivables (fonctions de classe ). On peut noter que cette restriction suppose l'infinie divisibilité des biens consommés, ce qui est moins absurde qu'il n'y paraît si on considère que la consommation de ces bien peut être fractionnée en plusieurs unités de temps.
Décroissance de l'utilité marginale
Il est assez intuitif de supposer que pour la quasi-totalité des biens, une augmentation de la quantité d'un bien dans un panier augmente ou laisse inchangée l'utilité retirée de ce panier. C'est pourquoi on impose à la fonction d'utilité d'être croissante dans chacun de ses arguments :
En revanche, on peut également penser que cette augmentation n'est pas indépendante de la quantité de ce bien déjà disponible dans le panier. Ainsi, si la première gorgée de bière procure un plaisir ineffable, la seconde est déjà moins bonne, et ainsi de suite, jusqu'à arriver au moment ou l'envie se tarit. Cela signifie que l'utilité chaque nouvelle gorgée de bière est inférieure à celle de la précédente : l'utilité marginale est décroissante.
Afin d'éviter les solutions en coins dans les problèmes d'optimisation, on suppose en général que l'utilité de la dernière unité consommée ne devient jamais nulle, propriété dite de non-saturation. Le bien-fondé de cette hypothèse repose sur la rationalité de l'agent : si l'utilité est bien définie, l'agent ne perdra jamais son temps à consommer quelque chose qui est dommageable pour lui ou qu'il ne lui apporte rien. On peut donc se restreindre aux domaine où l'utilité marginale est strictement croissante :
On a alors des fonctions d'utilité concaves, et donc des courbes d'indifférence définissant des ensembles convexes.
Élasticité de substitution
En termes de théorie du consommateur, l'élasticité de substitution joue un rôle fondamental dans l'analyse. C'est pourquoi on demande parfois à la fonction d'utilité de présenter une élasticité de substitution constante : pour tout couple de paniers de biens, une diminution de 1% de la quantité de bien A peut être compenser par l'augmentation de de la quantité de bien B, où est une constante indépendante du couple de paniers. On parle alors de fonction CES (Constant Elasticity of Substitution).
Ces fonctions ont la propriété de traduire une aversion au risque constante de la part de l'agent.
Fonction additivement séparable
Même dans la classe des fonctions d'utilité concaves, on peut avoir des formes fonctionnelles très complexes. Afin d'obtenir des solutions analytiques aux programmes d'optimisation, on utilise souvent des fonctions d'utilité additivement séparables :
Une telle formulation suppose que les biens ne sont pas complémentaires entre eux, ou que les biens complémentaires (un ordinateur et son système d'exploitation) soient regroupés en un bien composite.
Utilisation
En pratique, Alfred Marshall fait remarquer que l'utilité cardinale ne pose pas de problème insurmontable. Il remarque en effet que si les agents sont suffisemment rationnels pour que la notion d'utilité ordinale ait un sens, on peut également supposer que leur propension à payer (le prix maximal qu'ils sont prêts à payer pour un panier de biens donné) fournit une bonne mesure de l'utilité qu'ils en retirent, ce qui permet également la comparaison entre les agents.
Utilité en incertain
En théorie des probabilités a été developpé un concept analogue à celui de la fonction d'utilité. Il s'agit encore d'une fonction qui associe un nombre à un couple (évemenent,probabilité de cet événement), afin de surmonter les difficultés liées à l'application pratique de l'espérance mathématique.
Le paradoxe de l'espérance
Alors qu'elle constitue un bon outil de prévision, l'espérance mathématique échoue a bien décrire le comportement des agents face à une loterie. Ainsi, un agent averse au risque préfère gagner 1000€ tout de suite plutôt que de jouer à un jeu où il a une chance sur 100 de gagner 100 000€, alors que l'espérance des deux est identique. Inversement, le joueur au Loto montre qu'il préfère jouer une chance sur un 10 millions de gagner 5 million d'euros que de garder l'euro que lui coûte le billet.
Emile Borel développa un argumentaire expliquant que contrairement aux apparences ce joueur pouvait avoir raison : la perte de dix ne changera guère sa vie; le gain de cinq millions a beau être faible, il transformera celle-ci de façon qualitative et non simplement quantitative. Les économistes systématisent cet argument en termes d'aversion au risque et d'utilité marginale décroissante pour expliquer ces phénomènes.
Utilité de von Neumann Morgenstern
Proposée par John von Neumann et Oskar Morgenstern dans Theory of Games and Economic Behavior (1944), cette formulation de l'utilité a été très généralement adoptée dans la modélisation de choix lorsque les événements sont probabilisables.
Au lieu de définir la fonction d'utilité sur un espace de biens, on la définit sur un espace de loteries, et on considère celles qui sont linéaires par rapport aux loteries et confondues avec les fonctions d'utilités usuelles sur le sous-espace des loteries certaines : pour une loterie ,
Fonction d'utilité sociale
De façon analogue à ce qui est fait pour le consommateur, il est tentant de définir une fonction d'utilité sociale qui reflète les préférences de la société dans son ensemble. Une telle fonction a été souvent postulée dans l'économie du bien-être ou l'économie politique, sans justification de sa construction.
En pratique, la construction d'une telle fonction se heurte à de multiples difficultés. D'une part, elle repose crucialement sur l'hypothèse d'utilités cardinales (voir infra). D'autre part, la construction d'une fonction de préférence collective, d'où déduire une fonction d'utilité collective, se heure au théorème d'impossibilité d'Arrow, montrant l'impossibilité de construire une relation de préférence collective ayant les propriétés voulues sans supposer qu'un individu unique impose ses préférences à tous les autres.
Utilité indirecte
Voir : théorie du consommateur
Lafonction d'utilité indirecte est un élément du problème dual du consommateur. Pour un niveau de ressources initiales et un vecteur de prix donné, la fonction d'utilité indirecte donne la valeur maximale de l'utilité atteignable par cet agent.
Voir aussi
Liens
- Microéconomie
- Préférences
- Théorie du consommateur
- Théorème d'impossibilité d'Arrow
Bibliographie
- Bernard GUERRIEN, Dictionnaire d'analyse économique, La Découverte, ISBN 2707125377
catégorie:microéconomie
Catégorie:typologie élémentaire de l'économie
Catégorie:Économie du bien-être
ko:효용 ja:効用
1565Catégorie:1565
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Cette page concerne l'année 1565 du calendrier julien.
Événements
Europe
- Malte résiste victorieusement aux armées de Soliman II.
Amériques
- 20 septembre : Les Espagnols massacrent les colons Huguenots français à Port-Royal, en Floride, où ils vont fonder la colonie de Saint-Augustine.
- Dates non renseignées ou inconnues :
- Brésil : les Portugais réussissent à expulser tous les Français de la baie de Rio. C'est la fin de la colonie de « France Atlantique » fondée en janvier 1555.
Asie
- Akbar fait construire le « Fort Rouge » à Âgrâ.
- Akbar étend l'Empire moghol des Indes jusqu'au Deccan et détruit Vijayanâgara, la capitale de l'empire hindou du Sud.
Arts et Cultures
- 23 septembre : Michel de Montaigne épouse Françoise de La Chassaigne, la fille d'un conseiller au Parlement.
- 30 novembre : Pierre Fourier religieux catholique français, canonisé en 1847.
- 13 décembre : Conrad Gessner, naturaliste suisse (° 1516)
- Guillaume Farel, théologien
ko:1565년
Saxo GrammaticusCatégorie:Moyen Âge
Saxo Grammaticus (?, v. 1150 ? Roskilde, 1206 ou 1216) est un historien de l'époque médiévale danoise. Sa vie est peu connue mais on lui attribue les seize livres d'une Histoire des Danois : la Gesta Danorum.[Bien-sûr il ne s'agit pas d'un nom mais de l'appellation sous laquelle l'auteur est connu]
Lien externe
- Livres en latin sur le site de la bibliothèque royale du Danemark: http://www.kb.dk/elib/lit/dan/saxo/lat/or.dsr/index.htm
On lui doit l'ancêtre d'Hamlet de Shakespeare (Amlethus) et celui de Guillaume Tell.
Canton
- Canton ou Guangzhou, grande ville de Chine ;
- Canton, ville d'Ohio aux États-Unis ;
- Canton, ville de l'état de New York aux États-Unis ;
- Canton, atoll des Kiribati, dans l'archipel des Phœnix ;
- le canton comme subdivision territoriale :
- les cantons suisses, États de la Confédération suisse ;
- un canton français, une division administrative et une circonscription électorale en France ;
- un canton luxembourgeois, une division administrative au Luxembourg ;
- un canton canadien (township), une division cadastrale de 10 milles sur 10 milles (100 milles carrés), qui à l'origine a constitué le cadastre en vue de la colonisation du territoire ;
- au Québec et en Ontario, le canton a servi de base pour les municipalités de canton et les cantons, bien qu'une municipalité ne soit pas nécessairement obligée de suivre les limites du canton cadastral.
- En Belgique,
- un canton électoral (:nl:Kieskanton) regroupe plusieurs communes dépendant d'un même bureau principal de canton (c'est l'unité électorale la plus petite utilisée pour les résultats électoraux officiels) ; plusieurs cantons forment un arrondissement électoral (:nl:kiesarrondissementen)
- un canton judiciaire (:nl:gerechtelijk kanton) regroupe également plusieurs communes, pas nécessairement les mêmes que pour le canton électoral, qui dépendent toutes du même juge de paix; plusieurs cantons forment un arrondissement judiciaire (:nl:gerechtelijk arrondissement).
- Au Costa Rica, un canton est la division administrative d'une province.
- un canton ferroviaire, en signalisation ferroviaire.
- un franc-canton, pièce héraldique dans le blason.
Catégorie:Division administrative
Catégorie:Division administrative
Paradis ja:天国
Le paradis, ou jardin d'Éden est un concept important présenté au début de la Bible, dans le livre de la Genèse. Il a donc un sens particulier pour les religions chrétiennes, et juives. Dans un sens plus élargi, le concept de paradis est présent dans presque toutes les religions. Il représente souvent le lieu final où les hommes seront récompensés de leurs bon comportement.
Ce terme est également entré dans le vocabulaire usuel pour désigner certains concepts variés.
Dans le livre de la Genèse
Le livre de la Genèse étant écrit dans un registre très particulier, son interprétation est délicate. On donnera donc ici les extraits principaux ayant trait au paradis. Les interprétations usuelles des différentes religions seront données ensuite.
Traduction œcuménique de la bible, livre de la Genèse :
chapitre 2, verset 8 : « Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et il y plaça l'homme qu'il avait formé. Le Seigneur Dieu fit germer du sol tout arbre d'aspect attrayant et bon à manger, l'arbre de vie au milieu du jardin et l'arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. »
chapitre 3, verset 23 : « Le Seigneur Dieu l'expulsa [Adam, le premier homme] du jardin d'Éden pour cultiver le sol d'où il avait été pris. Ayant chassé l'homme, il posta les chérubins à l'orient du jardin d'Eden avec la flamme de l'épée foudroyante pour garder le chemin de l'arbre de la vie. »
Dans la religion chrétienne
Dans la religion chrétienne, il y a deux paradis : le paradis terrestre et le paradis céleste.
Le paradis terrestre
Le paradis terrestre, lieu créé par Dieu où Adam et Ève devaient vivre ainsi que leurs descendants. Le paradis terrestre, appelé aussi jardin des délices ou jardin d'Éden, est décrit dans la Bible dans le livre de la Genèse comme un jardin merveilleux où poussaient toutes sortes d'arbres et de plantes aux fruits délicieux, et où tous les animaux vivaient en harmonie sous la direction de l'homme. Les hommes pouvaient jouir librement du paradis, à une seule condition : ne pas manger du fruit d'un seul arbre, l'arbre de la connaissance du bien e | | |