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Islam

Islam

L'islam est une religion, chronologiquement le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques. Apparu en Arabie au , il s'ajoute au courant judaïque et au courant chrétien desquels il hérite de nombreux éléments. L'islam a un livre sacré, le Coran, qui recueille les révélations de Dieu au prophète Mahomet. L'Islam avec I majuscule désigne la civilisation islamique.

Notions principales

Étymologie

Islam est un mot arabe (إِسْلاَم ou, plus couramment إسلام , transcrit ʾislām) qui signifie « soumission à la volonté de Dieu » dans un contexte religieux. En tant que religion, l'islam, en effet, prêche la soumission et l'obéissance à Dieu ( Allah, en arabe). : Le mot prend en français une majuscule lorsqu'il désigne l'ensemble des peuples musulmans sinon, comme pour les autres noms de religions, il garde la minuscule. D'un point de vue étymologique, le mot est dérivé d'une racine de trois consonnes (cas typique en arabe), s.l.m, désignant le fait de se soumettre, qui donne un autre dérivé, مُسْلِم muslim, « musulman ». On évoque depuis quelques années un lien avec le radical qui fournit salām, « la paix », lien que l'on peut considérer être une étymologie populaire. La théorie que l'on rencontre le plus souvent, cependant, fait de أَسْلَمَ ʾaslama, « se soumettre à Dieu » (dont on dérive إِسْلاَم ʾislām), un dérivé de سَلِمَ salima, « être sain et sauf » (qui fournit سَلاَم salām). Islam implique l'adhésion sincère et absolue du cœur à Dieu et l'abandon intégral et confiant de toute la personne à Dieu et signifie donc la recherche inlassable de la perfection dans le comportement et les attitudes.

Quelques définitions


- « islam » avec une minuscule désigne la religion fondée par Mahomet en 622;
- « Islam » avec une majuscule désigne l'ensemble des peuples musulmans, la civilisation islamique;
- « Musulman » désigne ce qui est relatif à la religion: les personnes professant l'islam et ce qui est relatif à ses lois et rites;
- « Islamique » renvoie à l'islam en tant que religion et en tant que civilisation;
- « Islamisme », « islamiste » s'employaient autrefois pour « Islam » ou « musulman ». Ces termes sont utilisés aujourd'hui dans certains medias pour désigner l'Islam politique mais aussi les manifestations violentes qui lui sont attribuées.

Sources de législation Sunnite


- Les musulmans affirment que le Coran a été révélé par Dieu à son prophète Mahomet, qu'il est donc la première source de législation dans l'islam et que Dieu le préserve contre toute modification ou altération.
- La sunna (qui est l'ensemble des dires et faits du prophète) est la seconde source de législation dans l'islam. La sunna a été rassemblée et classée par les musulmans dans plusieurs œuvres comme sahih al boukhari (صحيح البخاري) , sahih mouslim (صحيح مسلم) etc… ;
- La troisième source de législation dans l'islam est l'unanimité des musulmans Al Ijmaa الإجماع. Cela en se référant à une citation de Mahomet qui dit que les musulmans ne font pas l'unanimité sur quelque chose de faux ;
- La quatrième source est al-qiyâs (القياس)(littéralement « la mesure »), qui permet de tirer le jugement d'une chose pour laquelle il n'y a pas de législation à partir du jugement d'une chose analogue. Il est à noter que ces sources de législation ont été mises en œuvre après la mort du Prophète et sont considérées comme illicites (haram) par d'autres groupes de l'Islam.

Lieux saints

Islamisme Islamisme Les principaux lieux saints de l'islam sont :
- La Ka'ba (« le Cube ») de La Mecque (Makkah) en Arabie saoudite. Selon la tradition, il est le premier lieu de culte, bâti par Adam (Adam) sur Terre, puis reconstruit par Ibrahim (Abraham). Jusqu'à l'avènement de l'islam, il était dédié au dieu arabe Hubbal, qui était vénéré par des rites de circonvolution autour de la pierre noire. Tout musulman se doit d'y faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie s'il en a la capacité physique et financière ;
- Médine (Almadinah), ville où émigra Mahomet après s'être enfui de La Mecque, est la deuxième ville sainte de l'islam ;
- Jérusalem (al-Qods), est la troisième ville sainte. C'est l'endroit vers lequel le prophète Mahomet aurait effectué le voyage nocturne et l'ascension. Le pèlerinage sunnite n'est admis que vers ces trois villes.
- Pour les Chiites (Chi'ites), Kerbala en Irak est la deuxième ville sainte. Ce fut le lieu du martyre d'Hussein( petit fils du prophète Mahomet et fils de Ali, troisième Imâm , ainsi que ses compagnons, venus à Kerbala pour défendre l'imamât c'est à dire la succession par l'imam Ali gendre du prophète et Hussein son fils (Hassan, son frère ainé ayant été tué). Ce martyre est le mythe fondateur du Chiisme. Tous les ans a lieu la commémoration de ce massacre, à Kerbala ;
- Nadjaf, toujours en Irak, est également une ville sainte pour les chiites.

Devoirs des Sunnites

Les cinq Piliers de l'islam constituent des préceptes fondamentaux obligatoires pour tous les sunnites:
- la profession de foi (Chahadah en arabe);
- la prière (Salât);
- la zakat (impôt légal purificateur calculé dans les pays musulmans sur les revenus du foyer et destiné aux pauvres. La zakat ne doit pas être confondu avec les aumônes.) ;
- le jeûne islamique (durant le mois lunaire du Ramadan) ;
- le pèlerinage à la Mecque, pour qui en a les moyens matériels et la capacité physique. En outre, le sunnisme interdit la représentation des « choses et personnes saintes ». Plutôt que de parler d'iconoclasme, il faut parler d'aniconisme. Les cinq piliers de la religion sont la base sur lesquels le(a) futur(e) sunnite construira sa vie pour se conformer à la révélation.

La Profession de foi

La profession de foi doit de préférence être exprimée en arabe, elle se résume en une phrase : :« Je témoigne qu'il n'y a de (vraie) divinité que Dieu et que Mahomet est son messager »: : أَشْهَدُ أَنَّ لاَ إِلَهَ إٍلاَّ اللَّهَ وَأَنَّ مُحَمَّدََاَ رَسُولُ اللَّهِ :achhadou al-lâ ilâha illa-llaha wa anna mouhammadan rasûlu allahi Elle consiste d'une part à ne croire qu'en un seul dieu, à lui vouer exclusivement tous les actes d'adoration, et d'autre part à reconnaître que Mahomet est le dernier messager de Dieu (précédé des messagers cités dans l'ancien et le nouveau testament), et l'exemple à suivre. La shahada est obligatoire pour quiconque veut devenir musulman : c'est la déclaration de sa foi musulmane. Enfin elle garantit le paradis, sous condition d'avoir accomplie des actes de bien, à quiconque la dit avant de mourir en conformité avec la parole de Mahomet : : « Toute personne qui témoigne qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah et que Mahomet est l'Adorateur et l'Envoyé de Dieu ne manquera pas d'être préservée – par Dieu– du feu de l'enfer » Quatre piliers sont liés à la personne directement, la chahadah, la salat, le ramadan et le hadj, le dernier pilier qui est la zakat doit se faire au sein de la communauté, c'est un impôt de solidarité qui assure la cohésion sociale. Il n'est donné que par les personnes qui ont le seuil (nissab) équivalant à environ cent grammes d'or, et qui l'ont gardé pendant la durée d'un an lunaire. La zakat est un impôt fixé par la religion pour subvenir aux besoins des nécessiteux (orphelins, voyageurs, pauvres, libération des esclaves, etc.) et dans une plus grande mesure à développer la vie en communauté (paiements des agents de l'État, fonctionnaires, routes, développement de l'espace publique, infrastructures publiques, etc.). L'assiette de cet impôt (zakat) doit être conforme aux prescrits divins. Ainsi, il y a lieu à perception de l'impôt sur chaque transaction entre partie effectuée sur un lieu publique de la communauté, de même la monnaie avec laquelle l'impôt sera perçu doit aussi être en conformité avec les prescrits divins. Celle-ci sera émise en fonction de la production alimentaire des terres agricoles de la communauté (propriété privé des moyens de production — terres agricoles — mais l'eau de pluie nécessaire aux terres agricoles appartient à Dieu et donc à tous); ou bien sous-forme de pourcentage (2,5%) de la valeur des biens stagnant pendant 1 an. Le pauvre a donc sa part pour se nourrir via l'impôt en monnaie tous deux institués par le chef de la communauté, au départ des prescrits divins.

Variantes théologiques

La relation directe de l'homme à Dieu par le Coran et la liberté religieuse va amener une multiplication des tendances religieuses. L'absence de clergé permet l'existence de différentes théologies, et différentes écoles religieuses. À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l'homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine. Les croyants se partagent en trois branches :
- le sunnisme, de Sunna, « la tradition ». Le sunnisme se divise lui-même en différentes écoles juridiques. Il y en a aujourd'hui 4, mais il y en a eu d'autres dans le passé. Ces écoles s'acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière d'interprétations théologiques :
  - le malékisme (de Malîk Ibn Anas qui vécu entre 712 et 796) ;
  - le hanbalisme (de Ibn Hanbal, 781-856) ;
  - le shafi'isme, ou shaféisme, de Al-Shafi'i 768-820) ;
  - le hanafisme ( de Abû Hanifâ, 700-767) ;
  - Le mu'tazilisme, école interprétative rationaliste du sunnisme née au et éradiquée au par les acharites (disciples de Al-Chari), connaît ce qui ressemble à une résurgence depuis le .
- le chiisme, lui même divisé en différentes branches, dont les deux principales sont :
  - le chiisme duodécimain (90% des chiites) ;
  - le chiisme septimain (ou ismaélien) ;
  - Voir aussi d'autres groupes chiites : les alaouites de Syrie, le zaydisme du Yemen et les druzes de Syrie / Israël / Liban ;
- le kharidjisme (beaucoup moins répandu que les deux premiers) ; Les sunnites représentent environs 90% des musulmans, les chiisme environs 10%. Le kharidjisme moins de 1%. nota : Le wahhabisme, une version particulièrement rigoriste s'appuie sur l'école hanbalite et se revendique comme orthodoxie, concept qui n'existe pas en islam du fait des diverses écoles interprétatives citées ci-dessus, comme du fait qu'aucun magistère n'est institué pour le faire respecter. A ce titre, le wahhabisme et son proche cousin, le salafisme considèrent que les autres écoles sunites doivent à terme s'unifier en se ralliant à leur interprétation. Il s'agit là d'une rupture avec la tradition pluraliste des interprétation du sunisme, qui entraîne parfois des conflits avec ces écoles. Enfin, il est traversé de nombreux courants de spiritualité mystique, comme le soufisme ou tassawuf. Au départ, ces confréries sont d'origine chiites mais le principe s'en répand dans le sunnisme. Une théologie populaire se développe dans le maraboutisme qui pratique le culte des saints.

Clergé

saint Il n'y a pas de clergé dans le sunnisme. L'imam n'est pas un prêtre mais bien un citoyen de la communauté musulmane qui conduit la prière : il est « celui qui se met devant pour guider la prière » et n'est pas forcément un théologien ; en fait en arabe l'imam veut dire « chef » ou « guide », et dans le sunnisme il suffit que le chef soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être à la tête d'une communauté, d'un État. Le muezzin n'est pas un prêtre non plus. L'islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses parmi ses fidèles : L'explication du Coran se nomme tafsîr. Et lijtihâd est la recherche de solutions nouvelles à partir des textes de référence pour répondre aux problématiques des populations musulmanes sur leurs affaires religieuses (عِبادات [`ibādāt], pratiques cultuelles, pl. de عِبادة [ibāda]) ou sociales (مُعامَلة [mu`āmalāt], « comportements », pl. de مُعامَلات [mu`āmala]) dans une condition sociale, politique ou économique inédite. # al-mujtahid al-mutlaq, capable de « se battre » en absence de texte, comme l'indique la racine de mujtahid, pour en tirer une casuistique, rapprocher des textes traitant des sujets similaires et en tirer la synthèse, élaborer les principes juridiques sans référence à une école particulière. Ces compétences sont reconnues exceptionnelles et rarissimes ; # al-mujtahid al-mutlaq al-muntasib, le même mais dans le cadre d'une école interprétative ; # al-mujtahid fil-madh'hab, dans le cadre d'une école interprétative, capable d'élaborer des réponses juridiques sur des questions nouvelles ; # al-'âlim al-mutabahhir, le vulgarisateur des grands anciens qui doit connaître le Coran et la Sunna ; # al-'âmîy, celui qui ne connaît que les grandes lignes de l'islam. Les savants exégètes sont considérés comme les « successeurs » des prophètes. Le chiisme orthodoxe de la secte 'usuli (clergé des ayatollah) reconnaît, a contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques, les mollahs, tandis que le sunnisme rejette cette idée d'un clergé central jouant le rôle d'intermédiaire obligé. Par bien des aspects, l'Islam pour sa partie sunnite, est une religion décentralisée et, paradoxe peu compris en Europe, particulièrement en France, une religion dont tous les pratiquants sont des laïques. En Europe et dans certains pays musulmans, les gouvernements réclament un alignement de la formation des imams sur la formation des ministres des autres religions, c'est-à-dire trois ou quatre ans d'étude au minimum.

Diffusion

La description de ce paraphe est l'objet de l'article monde arabo-musulman.
Voir aussi les articles détaillés Origines de l'islam et Histoire de la conquête musulmane

Situation de l'islam contemporain

L'islam est la religion la plus répandue après le christianisme, et actuellement celle avec la croissance la plus rapide. Selon certains il comporte maintenant 1,3 milliard de croyants, soit 20 % de la population du monde. La diffusion de l'islam hors du monde arabo-musulman traditionnel s'explique par la croissance des flux migratoires à partir des pays de religion et de culture musulmane, ainsi que du prosélytisme de certains musulmans. L'islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États indépendants, sous la forme de « République islamique... ». Mais ces États ne sont pas les seuls ou l'imbrication du civil et du religieux est telle que la charia y a force de loi. L'apostasie y est parfois combattue avec une extrème rigueur. Il se produit souvent une confusion entre Arabes et musulmans à cause de deux facteurs : l'origine arabe de l'islam et l'importance de la langue arabe dans cette religion. Il y a 300 millions d'Arabes, dont 20 millions sont chrétiens. Au final, seulement 25 % des musulmans vivent dans le monde arabe, un cinquième sont situés en Afrique sub-saharienne, et la plus grande communauté musulmane du monde est en Indonésie. Il y a des populations islamiques importantes au Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, en Iran, en Chine mais aussi en Europe, dans l'ancienne Union Soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a presque 7 millions de musulmans aux États-Unis et presque autant en France.

Islam et autres religions monothéistes

Voir l'article détaillée Relation de l'islam aux autres religions
- L'islam reconnaît les prophètes du judaïsme, sans pour autant s'y limiter, et établit d'une manière générale les prophètes comme moyens pour Dieu de rappeler les hommes vers la foi en lui et un comportement de droiture ;
- Jésus y est considéré comme un prophète (et appelé
Issa), dont le retour est attendu à la fin des temps où il combattra l'Antéchrist et détruira les croix. Dans l'islam, il ne sied pas à Dieu d'avoir de fils, car c'est une marque de dépendance et c'est logique, parce que l'etre qui a besoin d'un fils n'a pas l'aptitude d'être un dieu. le Dieu doit exister seul sans parents ni fils. Par exemple le Coran pose une question : comment un Dieu n'ayant pas besoin de personne aurait un fils ?
- L'attitude de l'islam par rapport à ces deux « religions du Livre » antérieures consiste à la fois a les respecter,leur reconnaître une certaine vérité, et les considérer comme ayant été corrompues au fil du temps par les passions des hommes (injustice, excès, etc.). Le dernier prophète et messager de Dieu, serait Mahomet, étant appelé à rétablir le message dans sa vérité primordiale.
- L'apostasie de l'Islam vers une autre religion est, à tout le moins, fort mal considérée.

Voir aussi

Bibliographie


- Tahar Gaïd,
La femme musulmane dans la société, Iqra, 2003
- Fdal Haja,
Assalihats, les femmes vertueuses, Universel, 2005
- Charles-André Gilis,
Études complémentaires sur le Califat, Al Bustane
- Tabari - Traduit par Hermann Zotenberg,
La Chronique de Tabari (5 volumes)
- Ibn Taymiya,
Lettre à un roi croisé, 2005, Tawhid
- Mohammed ben Jamil Zeino,
Comment comprendre le Coran ?, ÉEditions Chama, 2005
- Dalila Adjir- Adlali Beghezza,
Entrée interdite aux animaux et aux femmes voilées, Akhira Distributions
- Tabari - Traduit par Hermann Zotenberg
- Roger Du Pasquier,
Découverte de l'islam, Seuil, 1984 ( Comprendre l'islam de Frithjof Schuon, Seuil, 1976)
- Michel A. Boisard,
L'Humanisme de l'islam, Albin Michel
- Dominique Sourdel,
Vocabulaire de l'islam - N°3653, PUF, Collec. « Que sais-je ? », Nov. 2002
- Mohammed Arkoun,
Ouvertures sur l'islam, Grancher, 1992
- Michel Reeber,
L'Islam, Les Essentiel Milan, 1999 (pour une première approche)
- Paul Balta,
L'Islam, Le Monde édition, 1997 (également pour une première approche)
- Malek Chebel,
Manifeste pour un islam des lumières, Hachette, 2004
- Abdallah Penot,
Le Coran, éditions Alif, 2004.
- Denise Masson,
Le Coran, Paris, Folio, 1992 (une traduction aussi juste que poétique).
- traduction d'AbdAllah Penot,
La Doctrine de l'unité, selon le soufisme, éditions Alif.
- Al Nawawy, traduction d'AbdAllah Penot,
Les Jardins de la piété, éditions Alif
- Henry Corbin,
Histoire de la philosophie islamique, Folio, 1989
- Fatima Mernissi,
Sultanes oubliées, Femmes chefs d'État en Islam, Albin Michel
- Eva de Vitray-Meyerovitch,
Anthologie du Soufisme, Albin Michel
- Ligue francise de la femme musulmane,
Éducation des enfants en islam , LFFM
- Dominique Aubier,
La Réaffirmation messianique du Coran. Mise au point sur les faiblesses et les errances théologiques de l'Islam. M.L.L. 2001
- Bernard Lewis,
Islam, Quarto Gallimard
- AbdAllah Penot,
L'Entourage féminin du Prophète, Alif édition.

Liens génériques


- religion, monothéisme, critique radicale, hérésie, apostasie Brahim Labari, Recettes islamiques et appétits politiques, Paris, Syllepse, 2002.

Liens spécifiques


- Islam en France, islam en Belgique (sur Wikinations.be) ;
- Art islamique, Contes des Mille et une nuits
- Averroes (
Ibn Ruchd), Ibn Khaldun, Omar Khayyam, Djallal el Din Rûmi ;
- Mahomet, guerre sainte, musulman, vocabulaire de l'islam ;
- Charia ;
- Wahhabisme, chiisme, Omeyyades, Abbassides, Fatimides ;
- les écoles traditionnelles d'interprétations du sunisme : malékisme, hanbalisme, shafi'isme, hanafisme ;
- Islam libéral.
- Rapport homme/femme en islam
- Islam et homosexualité

Liens externes


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Religion

ko:종교 ms:Agama ja:宗教 simple:Religion th:ศาสนา Catégorie:ReligionCatégorie:Philosophie de la religion Catégorie:Philosophie de la religion

Définition

Le dictionnaire en donne les définitions suivantes : # Ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'humain avec le sacré. #Ensemble de pratiques et de rites propres à chacune de ses croyances. Pour tenter de définir la religion, on peut déjà établir les différences de sens entre le terme religion et ceux de foi et de superstition. La religion suppose un groupe, contrairement à la foi purement individuelle. La religion se distingue de la superstition, qui se résume à invoquer des causes surnaturelles pour expliquer des phénomènes naturels : si les religions incorporent bien souvent des éléments qui procèdent de la superstition, on ne saurait réduire la religion à cela. D'autre part, Jonathan Smith (écrivain américain) dit dans Critical terms for religious studies : « Le mot « religion » n'est pas un terme trouvé sur le terrain ; c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin ; en conséquence c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise-en-place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de « langage » et « culture » en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion. » En Occident, on dit volontiers que le mot religion vient du mot latin re-ligare : pour re-joindre ou re-lier, classiquement compris pour signifier la relation de l'humain au divin, mais aussi les hommes les uns aux autres. Religare est l'étymon proposé par Lactance. Mais cette signification est tardive. Une autre voie, proposée par Augustin d'Hippone, suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, « relire, reprendre », par opposition à negletentia, fait de ne pas se soucier ; et aussi le mot religio, « scrupule » qui est de Cicéron (De natura deorum, II, 10). Cette étymologie évoque l'idée de scrupule dans l'observation des rites et la peur face aux forces surnaturelles. Ainsi en est-il en Extrême-Orient, où à l'arrivée des missionnaires chrétiens au début du , les Chinois traduisirent le mot religion par les deux sinogrammes Zong et Jiao (宗教) qui associent l'enseignement et les ancêtres, mettant l'accent sur la transmission d'un savoir et surtout de rites, d'une tradition, de légendes, en quelque sorte ou d'un enseignement religieux. De même, les Japonais ont-ils forgé le mot shûkyô, signifiant l'enseignement de l'essentiel, c'est-à-dire d'un catéchisme. On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.

Transmission

Il faut, toutefois, rester conscient que parler de « puissance divine » (Littré) ou de « divin », c'est répéter le vocabulaire des
ventriloques de Dieu , celui de la théologie ; parler de nature supérieure qu'on appelle divine (Cicéron), c'est parler régional ; au contraire, parler de surhumain ou de non humain ne suppose pas d'autre point d'observation que celui où se tient le commun des mortels. Depuis que l'homme est au monde, il ne cesse de se poser des questions :
- sur la façon dont le monde fonctionne,
- sur la place qu'il occupe dans celui-ci,
- sur les raisons qu'il a d'être au monde, dans une tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques qui l'effraient, souvent impliquant un ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Il donne un sens au monde où le mot sens doit s'entendre à la fois comme herméneutique et direction. Au-delà de la distinction (une distinction n'est pas une explication ; ce n'est qu'un procédé typologique), la « religion » tout court pose les questions :
- du rapport à l'autre humain ou non,
- du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toute les forces de la nature sont sacralisées,
- du rapport à Dieu ou aux dieux,
- et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle se réserve le privilège de tracer les contours
  - assez nets quand elle les nomme, tour à tour païen, agnostique, incroyant, infidèle, ou athée,
  - plus flous quand il s'agit d'hérésie ou d'hétérodoxie. Ces deux derniers concepts suggèrent leur désir de participer à l'organisation de la société sous forme de théocratie ou de théonomie. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la
religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Ici, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer.

Contenus

Les religions cherchent à répondre à la soif de sens de l'homme, mais aussi à expliquer - du moins à éclaircir - ce que son savoir ne peut expliquer. Parmi les phénomènes qui effraient l'homme, se dresse en premier lieu la mort. Les différences de perception de la mort constituent le phénomène dirimant. Les chercheurs préhistoriens distinguent pratique l'homme des anthropoïdes. Les religions (espérance)pour compenser ce qui semble scandaleux dans cet événement, conçue sous la forme de vie éternelle, de réincarnation, de résurrection, d'immortalité, d'éternité. Elles montrent aussi un intérêt pour les mystères de la vie. En témoignent les images, qu'elles soient idoles, icônes ou symbole.

Méthodes

Les religions, et plus exactement leurs fidèles, relatent et transmettent dans des récits oraux, que ce soit sous forme d'épopées ou de livres saints, de traditions orales ou écrites, les rites adéquats pour le culte. L'ensemble de ses rites constituent une liturgie. Ils transmettent aussi des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste aux fidèles et donc les doter d'une morale, plus ou moins contraignante, mais censée à tout le moins orienter le croyant vers son bonheur. La religion inspire l'art (peinture, littérature...), qui lui-même exalte la religion et toute une tradition, si bien que ce ne sont plus seulement les livres saints ou les mythes originels qui entretiennent parfois une religion, mais l'ensemble d'une culture. Il arrive qu'un clergé soit chargé d'interpréter, de diffuser et de maintenir le message d'une religion. En particulier pour l'Eglise catholique, le clergé s'est établi dans la continuité des apôtres du Christ, et s'est hiérarchisé plus tardivement sur le modèle de l'Empire romain, suite à la conversion des empereurs. On sera donc amené à s'interroger sur le sens de la conversion religieuse, sur le rôle des missionnaires comme à envisager le concept de guerre sainte, qu'elle se nomme croisade ou djihad, de l'inquisition et toute autre forme de coercition à caractère religieux. Les croyants ou fidèles tendent à se réunir ensemble pour célébrer des jours saints par la prière, mais la pratique isolée est également reconnue juste dans la spiritualité. La plupart des religions ont également un code de lois religieuses. Souvent, avec l'organisation des sociétés, le pouvoir spirituel se mêle au pouvoir temporel transformant son parti en patrie. La plupart des religions ont cela de commun avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe d'hommes) qu'elles ont souvent besoin d'une ennemi pour se fédérer et se construire. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ». En outre, on ne peut nier qu'un clergé constitue dans certaine religion à certaines époques une force politique, un État dans l'État, qui peut pratiquer l'obscurantisme. Depuis le début du , on observe dans le monde occidental un clivage plus ou moins sévère entre ces deux pouvoirs religieux et politiques, avec l'apparition du concept laïcité, en particulier en France. Ce phénomène a pu laisser penser à la disparition progressive des religions, mais la laïcité a plutôt remis à sa place la religion. La diffusion d'une culture religieuse laïque, donc pluraliste, est une base indispensable à la connaissance mutuelle des fidèles des diverses religions. Il ne faut pas
plus de religion, mais mieux de religion.

En guise de conclusion provisoire

Sans aucun doute, l'être humain éprouve donc un besoin vital de concrétiser ses craintes, ses angoisses, mais également ses aspirations, sa quête de sens et ses intuitions, bref son
sens religieux, dans une discipline, une métaphysique, une croyance, des pratiques, des rites, etc. Aussi l'apparente désaffection des religions dans l'Europe du , et du christianisme en particulier, n'a-t-elle pas tari le profond besoin de religion de l'homme (ce qui se manifeste notamment par l'apparition de nombreuses sectes ou bien l'inclination pour des religions exotiques, mais encore par la survivance, voire le renouveau, du christianisme). Comme l'a dit René Girard, même si le sentiment religieux n'est pas raisonnable, la raison ne peut ni récuser ni supprimer celui-ci. Il fait partie de l'Homme. L'Homme essaie-t-il, grâce à la religion, de se rassurer devant une nature toute-puissante et pleine de mystères ? Peut-on néanmoins réduire les religions à de simples pis-aller qui permettent d'expliquer grâce à la supersitition et au fantastique les phénomènes que nous ne parvenons pas à nous expliquer ? C'est qu'on ne peut nier en outre l'aspect identitaire d'une religion : professer une religion, c'est affirmer son appartenance à un groupe et adhérer à ses moeurs et valeurs. Le renouveau des courants fondamentalistes, plus ou moins liés aux courants politiques les plus extrémistes, procède de cette idée. Les fondamentalismes s'apparentent aux nationalismes les plus virulents. Certes, la religion fut et demeure le prétexte de massacres et de la mise en place de discriminations constantes, de même que les mouvements nationalistes, de même plus généralement que tout facteur identitaire (cf. La Violence et le Sacré de René Girard). Toutefois, la religion, phénomène social, est aussi l'expression d'un profond besoin individuel.

Grandes familles de religions

À travers l'histoire, les hommes ont élaboré de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont très pratiquées. Divers types de classements des religions sont possibles.

Principales religions

A l'heure actuelle, les religions qui comptent le plus grand nombre de fidèles sont :
- Le christianisme (2,0 milliard)
- l'islam (1,2 milliard)
- l'hindouisme (0,8 milliard)
- le bouddhisme (0,6 milliard)
- le taoïsme (0,4 milliard)
- Le judaïsme (15 millions)
- Le jaïnisme
- Le sikhisme
- Les religions africaines (0,7 milliard)

Autres religions


- Le bahaisme
- Le bön
- Le rastafarisme
- La religion traditionnelle chinoise
- Le shintoisme
- Le zoroastrisme
- Les nouveaux mouvements religieux
- Les sectes

Aires culturelles et géographiques

On peut distinguer quelques grandes familles du point de vue des aires culturelles et géographiques :
- Les religions antiques (généralement éteintes)
- Religions de l'Inde : hindouisme et religions qui en sont issues (bouddhisme et jaïnisme)

Classement idéologique

On entend signaler par idéologie la représentation du divin promue par chacune des religions :
- monothéisme, polythéisme, panthéisme,
- syncrétisme, monooriginisme ou le projet sur les relations qu'elles entendent entretenir entre elles :
- Dialogue inter-religieux
- Œcuménisme
- Arbre des religions abrahamiques

Annexes

Philosophie


- Les notions de Dieu et dieux
- L'athéisme

Histoire des religions


- Les mythologies
  - Sumer
  - Babylone
  - Dieux égyptiens

Sociologie des religions


- Organisations et institutions
- Les religions reconnues par l'état belge, sur Wikinations.be
- Clergé (le mot est compris au sens de catégorie socio-professionnelle)
- Fondamentalisme

Spiritualité

Doctrines et croyances


- Les sept péchés capitaux
- Les signes du zodiaque

Divers


- Ikuan Tao
- Jeûne
- Laïcité
- Ministères ecclésiastiques
- Noachite
- Petit lexique des idées fausses sur les religions
- Prêtrise et pédophilie
- Religion et alimentation
- Religions et violence
- Wikipédia:Projet/Religion
- humanisme


Arbre des religions abrahamiques

Le judaïsme fait remonter sa fondation à l'Alliance faite à Abraham (supposé avoir vécu vers /-1800/) et à la reception de Tables de la loi données à Moïse (supposé avoir vécu vers /-1250/). Voir articles spécialisés : judaïsme ancien, judaïsme samaritain

Temps historiques

III siècle avant notre ère


- Sadducéens

I siècle avant notre ère


- Hassidims et Pharisiens

I siècle


- Zélotes et Esséniens
- tannaïtes, Jamnia
- Messianisme juif Voir article spécialisé :
- Christianisme primitif (qui va jusqu'au VI siècle).

II au III siècles

Voir articles spécialisés :
- hétérodoxie, hérésie
- Églises des deux Conciles, Églises des trois conciles, Églises des sept conciles

IV au VI siècles


- Dogmes catholiques
- Islam

Pour la suite


- Branches du christianisme
- branches du judaïsme
- branches de l'Islam Catégorie:Religion


Judaïsme

Cet article traite du Judaïsme, la "religion des Juifs", et non du peuple juif. Pour l'histoire et la description de celui-ci, voir Juif. Le judaïsme est la plus ancienne des religions du Livre (c'est-à-dire de la Bible) et la moins importante en nombre de fidèles. Le courant majoritaire étant actuellement le judaïsme rabbinique, on considérera les deux termes comme synonymes, sauf précision du contraire. Le judaïsme rabbinique est fondé sur l'étude et la pratique de la Bible hébraïque, et sur les commentaires des Sages du Talmud (Talmud de Jérusalem et Talmud de Babylone) et des rabbins postérieurs. Le mot "judaïsme" est formé sur Juda (Yehoudah), qui a aussi donné le terme Juif (Yehoudi), qualificatif qui apparaît dans le Livre d'Esther pour désigner Mardochée.
Etymologiquement le Juif est donc un "Judéen", vivant selon les lois, coutumes et croyances du royaume de Judée (dont la capitale était Jérusalem), rapportées dans la Bible hébraïque.
Le mot judaïsme prend sens à partir de l'exil babylonien. Le christianisme s'en détache, ainsi que divers schismes dont le karaïsme. Il trouve sa forme moderne dans les siècles suivant la destruction du Temple de Jérusalem (en 70 EC). C'est au cours des deux premiers siècles que sera compilée la Mishna et des trois siècles à partir de celle-ci que sera élaboré le Talmud. C'est alors que le judaïsme devient réellement une "religion" ("qui relie"), encore que, s'il existe bien un principe fédérateur, c'est plutôt celui d'un peuple, dispersé entre la Terre d'Israël (Erets Israel) et l'Exil (Galout).
Juif s'écrit avec une majuscule, comme "Français" ou "Espagnol", quand il désigne un membre du peuple juif ; avec une minuscule, comme chrétien ou musulman, quand il qualifie une appartenance religieuse. On écrira donc : tous les Israéliens ne sont pas juifs, les Juifs ne sont pas en majorité israéliens. En revanche, tous les Juifs sont israélites, au sens de descendants biologiques ou spirituels d'Israël (Enfants d'Israël, Bné Israel dans la Bible). Aujourd'hui, le symbole du judaïsme est l'étoile de David (Maguen David) qui, selon la tradition, était l'emblème du roi David. Le plus ancien symbole juif est la Ménorah, chandelier à sept branches, qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem. Au fronton des synagogues sont également figurées les Tables de la Loi.

La vie juive

L'observation du Shabbat, journée de repos hebdomadaire réservée à l'étude et à la prière est la première forme d'observance liturgique donnée dans la Bible. Cette journée est caractérisée, à la maison, par la prière avant les repas (Kiddouch), des repas festifs et la prière dite de séparation (Havdala) qui la termine. La vie religieuse juive est marquée par :
- la Brith milah, circoncision des garçons au huitième jour de leur naissance , en référence à lAlliance d'Abraham
(Genèse 17, 11)
- la Bar-mitsva pour les garçons (à 13 ans et un jour) ou, d'ajout moderne, par la bat-mitsva pour les filles (à 12 ans et un jour),
- le mariage,
- les funérailles et les cérémonies de deuil. Toute cérémonie ou prière collective nécessite la présence d'un quorum de dix hommes adultes (miniane). Les études et prières se font dans la synagogue (Beit Ha-Knesset ou Shul en Yiddish). On s'y rassemble pour les trois prières quotidiennes et plus particulièrement lors du shabbat et des jours de fêtes (Hagim). Chaque Shabbat matin est lu, par des fidèles ayant fait leur Bar-mitsva, une section (paracha) de la Torah : on commence par le début de la Genèse au voisinage de l'équinoxe d'automne (Simhat-Torah) et on termine le Deutéronome douze ou treize lunes plus tard, selon que l'année est ou non "embolismique". La terre d'Israël est appellée dans la tradition juive "Terre Sainte" (Erets Ha-Qodesh). Des commandements spéciaux s'y rapportent tels que celui d'y habiter ou d'y respecter l'année sabbatique (jachère de la terre tous les sept ans et jubilé tous les cinquante ans). Le souhait du retour à une souveraineté juive sur Erets-Israel est une constante de la pensée juive, mais quelques-uns enseignent que cela serait assimilé à une tentative de rapprocher la venue du Messie qui ne peut venir que de Dieu. Une ferveur particulière entoure Jérusalem, capitale fondée par le roi David, où se situait le Temple de Salomon, sur le Mont du Temple et où siégeait le Sanhédrin. Parmi les autres villes révérées:
- Hébron (Hevron) : y sont enterrés la plupart des patriarches.
- Tibériade (Tvéria) : de nombreux rabbins y sont enterrés.
- Tsfat : ville d'où est sortie la Kabbale.

L'année juive

Le calendrier juif est luni-solaire : il est principalement basé sur le cycle lunaire, avec douze mois de 29 à 30 jours, mais afin de rester en phase avec le calendrier solaire, et donc les saisons, il introduit certaines années un treizieme mois, dit "embolismique". Ce compromis est typique de nomades, ou semi-nomades, devenus sédentaire, de bergers devenus agriculteurs. Le calendrier est rythmé par de nombreuses fêtes et commémorations religieuses, divisés en deux catégories :
- les fêtes dont l'origine sont extraites des versets de la Torah.
- les fêtes qui ont pour origine des institutions rabbiniques.
- Mois de Tichri :
  - Rosh Hashana : le Nouvel An juif, d'une durée de deux jours, commémore la création de l'Homme.
  - Yom Kippour : jour du Grand Pardon.
  - Soukkot : fête des
Cabanes, commémorant les pérégrinations des Hébreux dans le désert après la sortie d'Égypte.
  - Sim‘hat Torah :
Joie de la Torah, fin de la lecture du Deutéronome (VeZot Habrakha) et lecture du premier chapitre de Bereshit relatant l'histoire du monde jusqu'au Déluge, non compris.
- Mois de Kislev :
  - Hanoucca : célèbre la re-consécration du Temple de Jérusalem après la Guerre des Maccabées contre les Hellènes. On y allume les lumières de la Hanoucciah, le chandelier à huit branches.
- Mois de Chevat :
  - Tou Bichvat :
le 15 de Chevat, Nouvel An des végétaux. Au cours de cette fête, différentes variétés de fruits sont particulièrement à l'honneur.
- Mois d'Adar :
  - Pourim : la commémore la sauvegarde des Juifs à l'époque de la domination perse.
- Mois de Nissan :
  - Pessa'h : Pâques (le saut) commémore la sortie des Hébreux d'Égypte.
- Mois de Iyar :
  - Shavou‘ot : célèbre le don de la Torah. Au cours de l'année, cinq jeûnes sont observés :
- Tish‘a be-Av.
- 17 Tammouz.
- 10 Tevet.
- Taanit Esther.
- Tsom Guedaliah.
- Jeûne des premiers-nés. Tous les nouveaux mois juifs (Rosh 'Hodesh) ont également un statut particulier. Certaines fêtes durent 2 jours dans la diaspora contre un seul en Israël. Entre le premier et le septieme jour de Pessa'h et de Soukkot non inclus, les autres jours ont le statut de Hol Ha-Moed, entre un jour saint et entre un jour normal. Lien externe : [http://www2.feujworld.com/religion/fetes/]

Hiérarchie religieuse dans le Judaïsme

Clergé

La prêtrise, au sens classique du terme, la consécration exclusive d'individus au service du Temple, n'existe plus dans le Judaïsme depuis la destruction du Second Temple en 70 EC. Il s'agissait des descendants de la tribu de Lévi, quatrième fils de Jacob, distinguée parmi le peuple d'Israël pour avoir combattu aux côtés de Moïse lors de l'épisode du Veau d'Or. Au sein de ceux-ci furent distingués une seconde fois les descendants d'Aaron, le frère de Moïse, afin de s'occuper du service de Dieu (en Hébreu,
Cohen). Les Cohanim s'occupaient principalement des sacrifices, les Leviim de la manutention du Temple (portiers, chantres, etc.). A l'époque, ils pouvaient être déchus de leur rang, en s'adonnant à des rites païens, en contrevenant à leurs obligations, etc. Bien qu'ils n'assurent plus le service du temple, ces "castes" sont toujours d'actualité, et bénéficient d'un rang privilégié au sein du Judaïsme (un Cohen a préséance sur un Lévi, qui a préséance sur un Israël, lors de la lecture de la Torah par exemple).
De nos jours, les Cohanim occupent encore certaines fonctions particulières (rachat du premier-né, bénédiction sacerdotale,...). Les Lévites ont des tâches mineures, comme laver les mains du Cohen avant qu'il ne fasse la bénédiction.
Les Cohanim sont astreints à des obligations particulières (interdiction d'épouser une femme divorcée, de toucher les morts, etc.), bien qu'en pratique, leur transgression ne soit pas moins fréquente que celle des autres prescriptions en général (Shabbat, Cacheroute,...). A noter enfin que si l'ascendance du titre de Lévi ou Cohen est strictement patrilinéaire, elle reste exclusivement confinée au sein du Judaïsme, qui se transmet matrilinéairement (dans le judaïsme orthodoxe tout au moins).
- Le fils de Mme Cohen (ou Kahn, ou Katz, etc.) et Mr Lévy (ou Loewenstein, etc.) sera Juif et Lévite.
- Le fils de Mme Cohen et Mr Dupont sera Juif mais ne sera pas Cohen.
- Le fils de Mr Cohen et Mme Durand ne sera ni Juif ni Cohen. Leur enfant ne pourra pas redevenir Cohen en se convertissant. S'il épouse une Juive, son enfant ne sera pas Cohen.

Rabbinat

Voir aussi l'article Rabbin D'abord réservé à ceux des Sages qui occupaient une position officielle, avant de désigner tout Sage dont l'érudition lui permettait de statuer sur des questions d'observance de la Loi, le titre de Rav (de l'Hébreu, beaucoup ou grand) désigne les grands parmi le peuple d'Israël, indifféremment de son origine (c'est-à-dire Cohen, Lévi ou Israël, à comprendre ici au sens de "laïc"). Stricto sensu, un Rav est donc un arbitre en matière d'observance religieuse. Cependant, le rabbin faisant souvent office de maillon dans la chaîne de transmission du savoir, d'autorité morale, d'exemple, leur autorité est comparable à celle des prêtres d'autres religions, voire la dépasse. Néanmoins, les rabbins ne sont aucunement considérés comme des intermédiaires entre Dieu et les hommes, rôle qui ne fut tenu que par les prophètes. On s'accorde toutefois à dire que des oeuvres majeures, comme le Talmud, les commentaires de Rachi ou du Ramban, le Choulhan Aroukh, et bien d'autres furent écrits sous l'influence du roua'h hakodesh, en d'autres termes d'inspiration divine.

Prayer leaders

From the times of the Mishna and Talmud to the present, Judaism has required specialists or authorities for the practice of very few rituals or ceremonies. A Jew can fulfil most requirements for prayer by himself. Some activities -- reading the Torah and
haftarah (a supplementary portion from the Prophets or Writings); the prayer for mourners; the blessings for bridegroom and bride; the complete grace after meals -- require a minyan, the presence of ten adults (Orthodox Jews and some Conservative Jews require ten adult men; some Conservative Jews and Reform Jews include women in the minyan). The most common professional clergy in a synagogue are:
- Rabbi of a congregation - Jewish scholar who is charged with answering the legal questions of a congregation. Orthodox Judaism requires
semicha (Rabbinical ordination). A congregation does not necessarily require a rabbi. Some congregations have a rabbi but also allow members of the congregation to act as shatz or baal koreh (see below).
  - Hassidic
Rebbe - rabbi who is the head of a Hassidic dynasty.
-
(cantor) - a trained vocalist who acts as shatz. Chosen for a good voice, knowledge of traditional tunes, understanding of the meaning of the prayers and sincerity in reciting them. A congregation does not need to have a dedicated hazzan. Jewish prayer services do involve two specified roles, which are sometimes, but not always, filled by a rabbi and/or hazzan in many congregations:
- Shaliach tzibur or
Shatz (leader -- literally "agent" or "representative" -- of the congregation) leads those assembled in prayer, and sometimes prays on behalf of the community. When a shatz recites a prayer on behalf of the congregation, he is not acting as an intermediary but rather as a facilitator. The entire congregation participates in the recital of such prayers by saying amen at their conclusion; it is with this act that the shatz's prayer becomes the prayer of the congregation. Any adult capable of speaking Hebrew clearly may act as shatz (Orthodox Jews and some Conservative Jews allow only men to act as shatz; some Conservative Jews and Reform Jews allow women to act as shatz as well).
- Baal koreh (master of the reading) reads the weekly Torah portion. The requirements for acting as
baal koreh are the same as those for the shatz. Note that these roles are not mutually exclusive. The same person is often qualified to fill more than one role, and often does. Often there are several people capable of filling these roles and different services (or parts of services) will be led by each. Many congregations, especially larger ones, also rely on a:
- Gabbai (sexton) - Calls people up to the Torah, appoints the
shatz for each prayer session if there is no standard shatz, and makes certain that the synagogue is kept clean and supplied. The three preceding positions are usually voluntary and considered an honor. Since the Enlightenment large synagogues have often adopted the practice of hiring rabbis and hazzans to act as shatz and baal koreh, and this is still typically the case in most Conservative and Reform congregations. However, in most Orthodox synagogues these positions are filled by laypeople.

Discipline

Il reste exceptionnel en Europe que les femmes tiennent un rôle majeur dans l'organisation des offices ou deviennent rabbin. Le Judaisme Orthodoxe ne reconnaît pas qu'une femme puisse devenir Rabbin. Seuls les mouvements libéraux nés au 19eme siècle sont susceptibles de l'accepter. En France, il n'y a qu'une communauté dont le rabbin soit une femme. Il s'agit d'un rabbin libéral, Pauline Bebe. En revanche, aux États-Unis d'Amérique et au Canada où le judaïsme conservateur (« conservative » qui reste un mouvement libéral malgré le nom) et le judaïsme réformé (« reform ») sont majoritaires, les femmes rabbins sont nombreuses.

Prayer leaders

From the times of the Mishna and Talmud to the present, Judaism has required specialists or authorities for the practice of very few rituals or ceremonies. A Jew can fulfil most requirements for prayer by himself. Some activities -- reading the Torah and
haftarah (a supplementary portion from the Prophets or Writings); the prayer for mourners; the blessings for bridegroom and bride; the complete grace after meals -- require a minyan, the presence of ten adults (Orthodox Jews and some Conservative Jews require ten adult men; some Conservative Jews and Reform Jews include women in the minyan). The most common professional clergy in a synagogue are:
- Rabbi of a congregation - Jewish scholar who is charged with answering the legal questions of a congregation. Orthodox Judaism requires
semicha (Rabbinical ordination). A congregation does not necessarily require a rabbi. Some congregations have a rabbi but also allow members of the congregation to act as shatz or baal koreh (see below).
  - Hassidic
Rebbe - rabbi who is the head of a Hassidic dynasty.
-
(cantor) - a trained vocalist who acts as shatz. Chosen for a good voice, knowledge of traditional tunes, understanding of the meaning of the prayers and sincerity in reciting them. A congregation does not need to have a dedicated hazzan. Jewish prayer services do involve two specified roles, which are sometimes, but not always, filled by a rabbi and/or hazzan in many congregations:
- Shaliach tzibur or
Shatz (leader -- literally "agent" or "representative" -- of the congregation) leads those assembled in prayer, and sometimes prays on behalf of the community. When a shatz recites a prayer on behalf of the congregation, he is not acting as an intermediary but rather as a facilitator. The entire congregation participates in the recital of such prayers by saying amen at their conclusion; it is with this act that the shatz's prayer becomes the prayer of the congregation. Any adult capable of speaking Hebrew clearly may act as shatz (Orthodox Jews and some Conservative Jews allow only men to act as shatz; some Conservative Jews and Reform Jews allow women to act as shatz as well).
- Baal koreh (master of the reading) reads the weekly Torah portion. The requirements for acting as
baal koreh are the same as those for the shatz. Note that these roles are not mutually exclusive. The same person is often qualified to fill more than one role, and often does. Often there are several people capable of filling these roles and different services (or parts of services) will be led by each. Many congregations, especially larger ones, also rely on a:
- Gabbai (sexton) - Calls people up to the Torah, appoints the
shatz for each prayer session if there is no standard shatz, and makes certain that the synagogue is kept clean and supplied. The three preceding positions are usually voluntary and considered an honor. Since the Enlightenment large synagogues have often adopted the practice of hiring rabbis and hazzans to act as shatz and baal koreh, and this is still typically the case in most Conservative and Reform congregations. However, in most Orthodox synagogues these positions are filled by laypeople.

Specialized religious roles


-
Dayan (judge) - expert in Jewish law who sits on a beth din (rabbinical court) for either monetary matters or for overseeing the giving of a bill of divorce (get). A dayan always requires semicha.
- Mohel - performs the
brit milah (circumcision). An expert in the laws of circumcision who has received training from a qualified mohel.
- Shochet (ritual slaughterer) - slaughters all kosher meat. In order for meat to be kosher, it must be slaughtered by a
shochet who is expert in the laws and has received training from another shochet, as well as having regular contact with a rabbi and revising the relevant guidelines on a regular basis.
- Sofer (scribe) - Torah scrolls,
tefillin (phylacteries), mezuzahs (scrolls put on doorposts), and gittin (bills of divorce) must be written by a sofer who is an expert in the laws of writing.
- Rosh yeshivah - head of a
yeshiva. Somebody who is an expert in delving into the depths of the Talmud, and lectures the highest class in a yeshiva.
- Mashgiach of a yeshiva - expert in
mussar (ethics). Oversees the emotional and spiritual welfare of the students in a yeshiva, and gives lectures on mussar.
- Mashgiach over
kosher products - supervises merchants and manufacturers of kosher food to ensure that the food is kosher. Either an expert in the laws of kashrut, or (generally) under the supervision of a rabbi who is expert in those laws.

Diversité théologique

Le judaïsme n'est pas monolithique ; on y rencontre des courants orthodoxes voire ultra-orthodoxes , des courants médians, tel le mouvement "conservateur" ou
Massorti, qui n'a rien de conservateur contrairement à ce que son nom suggère et toutes sortes de courants libéraux tel le judaïsme libéral et le judaïsme reconstructionniste. Voir Libéralisme théologique Les courants orthodoxes sont bien représentés en Europe mais on y connaît aussi un mouvement libéral. Les Massortis et les reconstructionnistes sont surtout présents aux États-Unis d'Amérique et les Massortis ont une forte présence en Israël Enfin, aux États-Unis d'Amérique et en Israël (à Ramle) se sont réfugiés les karaïtes, chassés d'Égypte vers les années 1952-1956, dont quelques petits groupes demeurent en Lituanie.

Diversité géographique

En outre, deux courants principaux traversent le judaïsme :
- les Séfarades historiquement sur le pourtour de la Méditerranée, principalement issue d'Espagne il y eu ensuite de grandes migrations vers l'Afrique du nord notement vers le Maroc ; « Sefarad » pourrait être apparenté au mot Sefer qui signifie Livre. Ce mot a donné son nom à l'Espagne en hébreu.
- les Ashkénazes en Europe centrale et Russie, particulièrement de langue allemande médiévale (Yiddish). Ashkenaz est l'un des fils de Japhet. Ce n'est que dans le Talmud et les commentaires de Rachi qu'il est explicitement associé (par glissement de sens ?) à "Germamia" ou "Germania", c'est-à-dire l'Allemagne. La distinction est culturelle, liturgique, linguistique et géographique. Elle trouve ses origines dans les fondements mêmes du judaïsme et son histoire.
En effet, la Torah, sous sa forme écrite, révélée et irréfutable pour un croyant, bien que contenant tout en elle, ainsi que l'enseigne un Sage du Talmud, ne permet pas de connaître la conduite à tenir sur base de sa simple lecture (ceci est le point de vue des Juifs rabbanites, les karaïtes réfutant cette idée) : elle nécessite une tradition orale, ne fût-ce que pour s'assurer que ce qui se transmet a été bien compris.
Les tourments et exils connus par le peuple Juif firent naître la nécessité de compiler la tradition orale (dans la Mishna, la Tossefta, le Talmud et le Midrash) afin d'assurer sa survie, et d'y confronter toutes les opinions.
Toutes les divergences ne furent cependant pas résolues, et lorsque deux pôles se développèrent dans le peuple Juif, tant au niveau géographique que spirituel, les uns adoptèrent tel point de vue, les autres tel autre (il importe de faire remarquer à ce sujet que le Rav Ovadia Yossef, souvent appelé à tort le Grand Rabbin de la Communauté Sépharade n'est PAS Sépharade, mais Irakien, ET NE TRANCHE PAS la Halakha comme les Sépharades). On pourrait estimer en première approximation que le canevas commun aux Ashkénazes ayant été défini par Rabbenou Guershom, ces différences apparurent avec lui. Cependant, les études des Juifs d'Espagne n'étaient pas inconnues de l'autre côté des Pyrénées, et il existait ,sinon une communauté d'idées, une libre circulation, ainsi que le montrent d'une part Rachi, s'inspirant du Yessod de Moshé HaDarshan et des travaux du grammairien Menahem ibn Sarouk, et de l'autre Ramban, formé par l'un de ses maîtres, Nathan de Trinquetaille, à l'école des Tossafistes. C'est donc bien lors de la Reconquista espagnole du , lorsque la radicalisation du catholicisme contraignit à l'exil une très large majorité des Juifs qui s'étaient installés sur la terre de tolérance que représentait l'Espagne musulmane que ces courants furent tout-à-fait séparés et que les différences s'affirmèrent, du fait de terreaux géographiques et culturels fondamentalement diffférents. Les différences de coutumes, de chants, de nourriture, tiennent en définitive moins de divergences religieuses que d'habitat différent. De même, le sentiment de différence tient plus des mentalités du pays d'asile (ou d'exil, c'est selon).
Ainsi, lorsque Voltaire compose son article dénigrant et diffamatoire sur le Juif dans l'Encyclopédie, un Juif amstellodamois lui répond qu'il ne faut pas confondre les "Ashkénazes", lie de la terre, et les Sépharades, "authentiques" descendants de la
noble tribu de Juda.
Il faut savoir que ce Juif est un Juif "portugais", tout imprégné des idées dhidalgo
et de pureté du sang (la limpienza de sangre, qui est, ironiquement, une mesure parmi les plus antisémites qui soient, visant à discriminer les nuevos christianos, impurs, des vieilles familles catholiques espagnoles).
De même, la méfiance et la répulsion qu'inspireront deux siècles plus tard les Juifs Sépharades et Orientaux aux "pionniers" Ashkénazes se nourrira moins de préjugés "naturels" que de considérations "culturelles" d'Européens "civilisés et cultivés", d'une élite intellectuelle voyant débarquer ces gens qui leur apparaîtront avant tout comme des "vilder hayyes" (bêtes sauvages en Yiddish). H.N. Bialik exprimera le plus adéqutement ce sentiment : "je n'aime pas les Arabes, ils me rappellent trop les Sépharades". Cependant, personne n'exprimera mieux la détresse de l'émigrant sépharade qu'un satiriste ashkénaze, Ephraïm Kishon.
De plus, cet état d'esprit ne pouvait que se diluer avec les générations, les mélanges de population et les mariages "mixtes". En conclusion, les courants séfarades et ashkénazes sont de nos jours plus ou moins mélangés géographiquement, tant en Israël qu'en France et dans le reste du monde, sauf pour les États-Unis où les Ashkénazes sont en très grande majorité.
Ce mélange est surtout dû aux pogroms et aux départs des pays européens. En France, la répartition est d'environ 70 % de séfarades, 30 % d'ashkénazes, les deux plus grandes synagogues de Paris étant ashkénaze (Victoires) et sépharade (Tournelles).

Autres particularismes géographiques

Certaines régions du monde telles que l'Afghanistan, l'Inde, laChine, abritent des communautés juives, souvent réduites et isolées du judaïsme contemporain jusqu'à leur redécouverte au gré du hasard.
Par exemple, le premier et piquant témoignage européen de la présence de Juifs en Chine fut donné en 1605 par le Jésuite Matteo Ricci, abordé par un dénommé Ngai, Juif de Kaifeng, qui, ignorant jusqu'à l'existence du christianisme, prit le missionnaire pour un correligionnaire, et une icône de la Vierge à l'enfant pour une représentation de Rebecca et Jacob ! Une fondation pour les tribus perdues s'emploie à les retrouver, comme ce fut le cas pour les Falashas d'Éthiopie. Au Haut Moyen-Âge, le judaïsme fut la religion officielle de l'empire khazar, qui fondèrent peut-être la ville de Kiev, entre autres. L'existence de cet empire Juif est parfois encore avancé pour expliquer les nombreuses communautés juives du Caucase.

Foi et pratique

Shema Israël

Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est UN
"Shema Israel, A. Elohénou, A. Echad" Affirmation de l'Unité divine, le Shema est la prière première et fondamentale du judaisme. Elle est composée des versets 4-9 de Deutéronome 6, puis 13-21 de Deutéronome 11, enfin des versets 37-41 de Nombres 15. Elle institue en particulier les commandements de la Mezouzah, des Tsitsit et des Tefilines. Chaque juif pieux se doit de la réciter deux fois par jour: Au lever (Cha'harit), et le soir (Arvit). Selon la tradition, cette prière a été dite par les fils de Jacob à leur père. Au fil des siècles cette prière a été associée aux dernieres paroles que prononçaient les Juifs qui mourraient pour la sanctification du Nom Divin. Cf Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, adaptation française sous la direction de Sylvie-Anne Goldberg, Bouquins, Cerf/Robert Laffont, 1996.

Ce qu'on trouve dans une bibliothèque juive traditionnelle

Les Juifs ont souvent été appelés le "Peuple du Livre", sur lequel ils ont beaucoup disserté, et ce depuis le début de la révélation, à en croire le Rav Adin Steinsalz.
Voici une liste structurée des livres de base dans les domaines de la pensée et la pratique du Judaïsme :
- Le Tanakh (Bible hébraïque), le Texte et l'étude de ce texte:
  - la
Torah
  - les Néviim (Prophètes)
  - les Ketouvim ou (littéralement, écrits, mais communément traduits par Hagiographes)
  - La Messorah
  - Les Targoumim
  - exégèse (voir aussi Midrash)
Le Tanakh est le livre le plus saint pour le peuple Juif: il commence par la création du monde jusqu'à la construction du Second Temple. La Torah est la partie la plus sainte du Tanakh; selon la foi juive, elle a été dictée à Moïse par Dieu, et n'a fait l'objet d'aucune discussion lorsqu'il a été décidé quels livres devraient figurer dans le canon biblique (y figurent ceux qui ont été incontestablement inspirés par Dieu;en sont exclus ceux qui ne proviennent que de la sagesse humaine).
En revanche, les livres des Prophètes, plus encore les Hagiographes, furent soumis à des débats intenses.
- Ouvrages de l'ère talmudique (
Sifrout Hazal)
  - La Mishna et ses commentaires.
  - La Tosefta et les traités mineurs.
  - Le Talmud:
    - Le Talmud de Jérusalem, et ses commentaires.
    - Le Talmud Babylonien, et ses commentaires.
Le judaïsme tient grand compte du Talmud, recueil des règles de vie juives, fondé sur l'interprétation exégétique et/ou poétique (c'est-à-dire allégorique) du texte biblique.
Les explications et interprétations des versets contenues dans la Michna et la Guemara ont pour but de déterminer comment appliquer les préceptes positifs et négatifs énoncés dans la Torah, ainsi que l'esprit qui les accompagne (un rabbin contemporain disait que, si le sens littéral d'un verset en est le "coeur", les sens allusifs, allégoriques et secrets en sont l'"âme").
C'est autour de cela que repose l'enseignement dans les instituts talmudiques juifs (Yéchivot).
  - Littérature midrashique:
    - Midrash Halakha
    - Midrash Aggada
- Littérature halakhique
  - Les grands Codes de conduite à tenir en ce qui concerne l'application des préceptes énoncés dans la Bible et les rituels
    - Le Mishné Torah et ses commentaires.
    - L'Arba'a Turim et ses commentaires.
    - Le Shoulhan Aroukh et ses commentaires.
  - Autres ouvrages halakhiques
  - Les Responsa
  - Diverses monographies (sur la vérification des poumons des bêtes abattues, p.e)
La Torah comporte 613 préceptes, dont 248 positifs (Mitsvot Asse ex:"tu aimeras ton prochain comme toi-même"), et 315 négatifs (Mitsvot lo Ta'asse ex:"tu n'auras pas d'autre dieu que Moi").
D'autres subdivisions ont été envisagées au Moyen Age (Mitsvot envers Dieu et mitsvot envers les hommes, etc.)
- Pensée et éthique Juives
  - La philosophie juive
  - Les principes de la foi (Ikkarim) : il s'agit du fruit de réflexions rabbiniques pour distinguer croyance d'apostasie. Ne peut se prétendre croyant celui qui ne souscrirait pas à l'un de ses principes.
  - La Kabbale, et les écrits Hassidiques
  - Ethique juive, en particulier le Moussar
- Le Siddour et la liturgie juive
-
Piyyutim (Poésie le plus souvent liturgique) Voir aussi
- Banques de données de la Torah (versions électroniques de la bibliothèque juive traditionnelle)
- Liste des prières et bénédictions (Judaïsme)
- Littérature rabbinique.

Principes fondamentaux du Judaïsme

Les plus célèbres sont les 13 principes de foi de Maïmonide ou il y est notamment exprimé la foi dans l'unicité de Dieu, dans Sa non-materialité ainsi que la foi dans la prophétie de Moïse et l'origine divine de celle-ci. S'y trouvent également la foi dans la résurrection des morts, dans le monde futur, et dans la venue du Messie. Par ailleurs, certains voient dans le Judaïsme une religion qui ne préconiserait qu'un train de vie et énoncerait des lois. Ainsi dès le début de l'ère moderne, certains ont essayés de dissocier la religion de ces "principes de foi".

Noms de Dieu

Un des noms couramment rencontrés dans les textes sacrés pour désigner Dieu est le tétragramme, mot imprononçable formé des quatre lettres hébraïques
Youd--Vav- (i.e. YHWH en translitteration approximative), et pouvant provenir de la contraction du verbe être conjugé à l'accompli et à l'inaccompli (il était, il est, il sera); ce nom étant utilisé pour désigner le caractère transcendant du divin. La meilleure traduction en serait l'Éternel si ce mot ne contenait un sens d'immuabilité transmis par la langue grecque. Ce tétragramme est conçu comme trop saint pour être prononcé. Dans le judaïsme contemporain, on entend souvent HA CHEM, c'est-à-dire Le NOM qui est donc une périphrase. On rencontre aussi dans le texte biblique :
-
ELOHIM (pluriel), EL, ELOAH (féminin), ELYON n'a rien à voir avec les précédents (il s'écrit en hébreu avec un et non pas un comme les autres - seule cette racine signifie ), ces 3 derniers mots étant au singulier, construit sur une racine qui signifie haut, élevé. Les noms de Dieu formés sur cette racine (comme Allah qui suit la même racine sémite) peuvent être rendus par le Très-Haut.
- ADON, ADONAI (
Seigneur, mes Seigneurs (interprété comme un pluriel de nombre) ou le très grand Seigneur (interprété comme un augmentatif) Les pluriels ELOHIM, ADONAÏ ou SHADDAÏ sont le plus souvent expliqués par un pluriel qualificatif, un augmentatif (superlatif), et non comme un pluriel classique. Néanmoins, certains historiens, comme Israël Finkelstein, estiment qu'il pourrait s'agir d'un résidu du polythéisme originel de la religion juive, considérant les passages bibliques où ces termes apparaissent comme les plus anciens.
- SHADDAÏ Les montagnes
- EL SHADDAÏ. Dérivé du précédent, il se lit cependant aussi HA-CHEM.
- TSEVAOT. Traduit par . Il est compris par ou par les cabbalistes (Tseva-ot)
- YAH Nom dérivé du tétragramme. Formé du yod, masculin, et du hé, féminin, il symbolise la force du couple. Il est présent dans la formule de louange Allélouia/Hallélouyah (rendez louange à Yah)

Bible

Le judaïsme se distingue des autres religions révélées par le fait qu’il place au centre de la révélation la Torah, la . Le terme dérive d'un verbe signifiant , . On distinguera, vers 130 avant l’ère commune, entre les trois parties de la Bible : Torah (Pentateuque), Prophètes (Neviim), Hagiographes(Ketouvim). À partir du , le terme finira par désigner l’ensemble du code sacré. Le concept d'Alliance : Dieu fait alliance avec son peuple en lui remettant la Torah et en particulier les 10 Paroles, plus connues sous l'appellation des . Il en résulte que la notion délection , est une exigence à plus de responsabilité en matière d'observance et de conduite de vie.

Fondements du judaïsme

Selon le Tanakh, le judaïsme remonte à Abraham, le premier monothéiste parti de Ur-Kassdim pour le Pays de Canaan avec la promesse de Dieu qu'il sortira de lui un peuple nombreux et qu'il sera une bénédiction pour tous les peuples. L'Alliance d'Abraham est marquée par la circoncision au huitième jour. Après que la famille de Jacob-Israël, petit-fils d'Abraham, est partie en Égypte où ses descendants ont été réduits en esclavage, les "Enfants d'Israël" sont sortis d'Egypte sous la conduite de Moïse et ont reçu la Loi au mont Sinaï. Le premier à avoir employé le terme de peuple à leur propos est Pharaon. La Torah n'a pas été donnée de façon progressive mais soudainement, à des gens qui baignaient jusque là dans la culture idolâtre égyptienne et qui devinrent un peuple en l'acceptant. Après le don de la Torah, le peuple d'Israël a erré durant quarante ans dans le désert, en punition pour avoir adoré le Veau d'or, avoir critiqué Moïse et avoir voulu retourner en Égypte (épisode de la médisance des explorateurs). C'est seulement à la fin de cette période que leurs descendants sont entrés sur la terre d'Israël, alors le pays de Canaan, qu'ils ont conquis sous la conduite de Josué. Ils y ont résidé jusqu'en l'an 587 av. J-C. Cette année a débuté l'exil babylonien et qui a duré 70 ans. Ils y sont retourné lors du règne de Cyrus II (Koresh). Un nouvel Exil commence avec la destruction du second Temple en l'an 70. Mais la domination romaine se faisait déjà sentir avant et la destruction physique a eu lieu 60 ans après, lors de la révolte de Bar-Kokheba.

Conversions au judaïsme

Le judaïsme ne manifeste aucune velléité expansionniste. Il peut accueillir l'individu adulte qui demande à se convertir après avoir longuement examiné ses motivations, mais ne va en aucun cas le solliciter. Les rabbins exigent une forte motivation et une adhésion sincère à la Torah chez ceux qui désirent se convertir. Ainsi la conversion ne peut avoir pour seuls motifs la satisfaction d'un conjoint juif et de sa famille. Quelques conversions de groupe, plus ou moins spontanées, jalonnent apparemment l'histoire mais elles peuvent correspondre, à l'inverse, à l'assimilation partielle aux populations environnantes de groupes juifs coupés de leurs traditions (légendes des "Dix Tribus" disparues) :
- la conversion des Jébuséens, sous David,
- celle de la tribu iduméenne des Hérode, sous les Hasmonéens,
- après la fin de l'Empire romain, celle d'une partie des Francs ripuaires et des Souabes,
- celle de Berbères (Djeraouas de l'Aurès et Nefoussas de Tripolitaine)
- celle des Falashas d'Éthiopie
- celle de peuples ouralo-altaïques comme les Khazars de Russie. :Voir Fraternité d'Abraham :Lire [http://www.ifrance.com/espacethique/dialogue.html Emmanuel Lévinas], le philosophe présente sa vision du dialogue judéo-chrétien.

Epoques du judaïsme

On peut diviser historiquement le judaïsme en plusieurs époques :
- Premier Temple : actions des prophètes et écriture du Tanakh.
- Second Temple : fin de la rédaction du Tanakh , début de l'ouverture vers la Torah orale.
- Début de l'exil : écriture des textes fondateurs de la Torah orale, jusqu'au .
- Moyen Âge : âge d'or du judaïsme espagnol sous domination arabe, jusqu'au .
- Ere moderne : Hassidisme, Lumières, Assimilation, Réforme, jusqu'au .
- : Sionisme, Shoah , État d'Israël.

Articles connexes


- Massorète ;
- Noms de Dieu ;
- Calendrier hébreu ;
- Philosophes : Philon d'Alexandrie, Maïmonide, Baruch Spinoza, Moïse Mendelssohn, Hans Jonas, Martin Buber, Franz Rosenzweig, Emmanuel Levinas, Maurice Ruben-Hayoun
- Théologiens historiques : Isaac Louria, un des grands penseurs de la Kabbale, Rachi de Champagne, Maïmonide, Juda Löw ben Bezalel, le Maharal de Prague, Elijah ben Salomon alias Gaon de Vilna, Israel ben Eliezer ou Baal Shem Tov ;
- Théologiens français contemporains : Marc-Alain Ouaknin, Dominique Aubier, Gilles Bernheim, Armand Abécassis, Léon Askénazi, dit Manitou ;
- Mouvements dissidents du Judaïsme : Sabbatéisme, Frankisme
- samaritanisme, marranisme, karaïsme, juifs en Inde, Beta Israël d'Éthiopie ;
- antisémitisme ;
- sionisme ;

Liens externes


- 'Judaisme_Tsedakah_et_Kabbalah' [http://fr.groups.yahoo.com/group/Judaisme_Tsedakah_et_Kabbalah , forum de discussion sur le Judaïsme et la Kabbale]
- 'Judaïsme Libéral' [http://fr.groups.yahoo.com/group/Judaisme_Liberal , forum de discussion du Judaïsme Libéral]
- 'Mariages_Juifs_Europe_Israel_USA' [http://fr.groups.yahoo.com/group/Mariages_Juifs_Europe_Israel_USA , site gratuit pour les rencontres vue Mariages entre Juifs d'origine, entre personnes converties au Judaïsme, et entre Juifs d'origine et convertis au Judaïsme]
- 'Dialogues_Inter-Religieux' [http://fr.groups.yahoo.com/group/Dialogues_Inter-Religieux , forum de discussion entre adeptes de différentes Religions]
- Forum-religion.org [http://www.forum-religion.org www.Forum-religion.org - Forum de discussion pour apprendre sur le Judaisme et les grande religions du monde].
- [http://www.onelittleangel.com/sagesse/religion/judaisme.asp Citations de saints, théologiens, poètes et philosophes, notamment juifs].
- http://www.jewpedia.com : Encyclopédie du judaïsme (wiki)
- A partir de textes de Jean Bottéro et Mircea Eliade, [http://www.systerofnight.net/religion/html/ancien_testament_judaisme.html étude de l'Ancien Testament et du contexte environnant].
- atheisme.free.fr : [http://atheisme.free.fr/Themes/Judaisme.htm Ressources sur le judaïsme]
- [http://critique.judaisme.free.fr/ Examen Critique du Judaisme]
- [http://www.cheela.org cheela.org, la réponse à vos questions de Judaïsme;site de responsa sur le Judaïsme et apparentés]
- [http://www.techouvot.com techouvot.com,le forum des Rabbanim, autre site de responsa, dans un style différent. Grands spécialistes de la cacherout industrielle]
- [http://www.feujworld.com feujworld.com, portail de la communauté juive francophone.] Catégorie:judaïsme ja:ユダヤ教 ko:유대교 ms:Yahudi nb:Jødedom simple:Judaism th:ยูได zh-min-nan:Iu-thài-kàu

Bibliographie en français ( à compléter par la bibliographie des livres cités)


- "
Une histoire des Juifs", Josy Eisenberg ISBN 2-253-01384-6
- "
Dictionnaire encyclopédique du judaïsme", Sylvie Anne Goldberg (dir.), Bouquins, Robert Laffont, 1996 ISBN 2-221-08099-8
- "
Ashkénazes, Sépharades and Co", Rav Elie Lemmel, Lamed.fr

Sacré

Catégorie:Religion Le Sacré est une notion permettant à un groupe ou une société humaine de créer une séparation binaire (l'opposé étant le Profane) spirituelle et/ou morale entre différents éléments qui la composent, la définissent ou la représentent (objets, actes, idées, valeurs...). A l'origine, le terme est utilisé dans les groupes humains basés sur l'initiation ou la révélation pour en décrire les éléments constitutifs et fondateurs, ainsi que tout ce qui leur est relié (manifestations, organisations, etc.). Par exemple, dans la plupart des religions le Sacré désigne tout ce qui a trait au divin, à ses manifestations sur terre et au clergé qui organise son culte. Cette notion est aujourd'hui utilisée de façon plus générale dans d'autres contextes: une nation peut définir comme sacrés ses principes fondateurs; une société peut définir comme sacrées certaines de ses valeurs; etc. Les anthropologues contemporains disent d'ailleurs que la notion de Sacré est trop floue pour pouvoir être utilisée dans l'étude des religions - même s'ils continuent à travailler dessus. Les éléments du Sacré sont généralement considérés comme intouchables: leur manipulation, même en pensée, doit obeir à certains rituels bien définis. Ne pas respecter ces règles, voire agir à leur encontre, est généralement considéré comme un péché ou crime réel ou symbolique: c'est ce qu'on nomme un sacrilège. Le pire des sacrilège est la profanation, qui est défini comme l'introduction d'éléments profanes dans un enceinte sacrée (réelle ou symbolique). Notons que la notion de « Sacré » ne se trouve pas dans toutes les sociétés. Les choses sacrées sont celles que les interdits protègent et isolent, et les choses profanes étant celles auxquelles ces interdits s'appliquent et qui doivent rester à l'écart des premières. La relation (ou l'opposition, l'ambivalence) entre Sacré et Profane est l'essence du fait religieux. : Durkheim "Ce qui est sacré c’est le respect de la vie. La spiritualité c’est le respect de l’essentiel : aimer la vie, aimer toutes les vies." Bruno San Marco. Le terme est parfois utilisé par extension, éventuellement par des non-croyants, pour qualifier des valeurs qui paraissent essentielles à une civilisation (exemple : Le respect de la propriété est une chose sacrée, etc.). Il apparaît en ce sens dans la Marseillaise : Amour sacré de la Patrie Conduis, soutiens nos bras vengeurs ! Liberté, Liberté chérie, Combats avec tes défenseurs !

Coran

Le Coran (القرآن al qurān, récitation) est un livre, sacré selon les musulmans, qui regrouperait les paroles divines transmises au prophète Mahomet par l'archange Gabriel. Il est parfois également appelé kitâb (livre, bible) ou dhikr (rappel, avertissement). Les croyants de l'islam le considèrent généralement comme incréé. Il y a cependant des exceptions à cette croyance comme celle de l'école motazilite, triomphante au tournant des - sous le califat de Harûn Ar-Rachid, mais persécutée au . Cette Révélation faite à Mahomet s'est déroulée sur une période de vingt-trois ans.

Subdivisions

Le Coran est divisé en cent-quatorze chapitres nommés sourates,classées par ordre décroissant en fonction de leur longueur à l'exception de la première sourate appelée " Al Fatiha" (la liminaire ou le prologue). Ces sourates sont elles mêmes composées de versets nommés ayat (pluriel de l'arabe" aya","preuve"),ce qui doit être lié à la nature miraculeuse que l'on attribue au livre. Les ayat sont au nombre de 6 219 avec des variantes, certaines d'entre elles (6 211 ou 6 218) étant simplement consécutives à des scansions différentes du texte. L'ordre des versets du Coran a été modifié un certain nombre de fois (voir ci-dessous). On y retrouve maintenant un ordre peu chronologique, mais on peut le séparer en deux sortes de textes :
- ceux de La Mecque, antérieurs à l'Hégire, généralement ce sont des versets plus courts, situés généralement à la fin du Coran ;
- ceux de Médine, postérieurs à l'Hégire, plus longs et situés au début. Ils se démarquent par des différences de style et de vocabulaire.

Avant l'Hégire

Dans les sourates de la première période, Mahomet affirme la résurrection des morts et l'unité de Dieu, il se défend avec véhémence d'être un poète (voir La révélation), il condamne la coutume païenne qui consiste à enterrer vives les filles : il s'agit de révélations reçues à La Mecque. Néanmoins, l'idée maîtresse de Mahomet fut la proclamation du monothéisme. Les orientalistes allemands G. Weill et Nöldeke ont établi trois divisions dans les sourates révélées à La Mecque :
- Dans le premier des groupes, le Créateur parle de la création, il y a une description impressionnante du processus de la création, qui n'a été découverte qu'après des années de recherches par les Occidentaux mais dont les prémisses existaient chez les lettrés. Dieu invite les hommes à ne pas douter et à suivre ses prescriptions afin de ne pas attirer sa colère.
- Les sourates du deuxième groupe décrivent les devoirs de tout Croyant : les prières, le jeûne, le pèlerinage, l'aumône. Ces sourates invitent l'homme à se perfectionner à travers le dévouement au Créateur.
- Dans la troisième partie, il y a les récits des Prophètes, une description du châtiment qu'ont subi les peuples qui ont refusé de croire aux messages des Prophètes.

Après l'Hégire

Les sourates médinoises sont plus « prescriptives ». Elles posent les bases fondamentales d'une société nouvelle. Il y réagit également à des faits contemporains : rappel du respect dû au prophète et à sa famille, louange de ceux qui meurent dans la voie de Dieu, attaques contre les hypocrites. Près de 500 versets regroupent les réglementations religieuses, civiles et pénales. D'autres sourates médinoises résument également les devoirs et les croyances du musulman.

La révélation

Le Coran a été révélé au Prophète Mahomet par l'intermédiaire de l'Archange Gabriel ou Jibraïl en arabe. Pour les musulmans, le Coran est un livre Saint qui n'a pas subi d'altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu'à la fin des temps. Ces révélations ont commencé dans la Grotte de Hira où le Prophète s'isolait pour y méditer en toute tranquillité. Jibraïl serait apparu, et lui a communiqué les premiers versets du Coran. « Lis au nom de ton Seigneur » sa réponse fut « Je ne sais pas lire », car, en effet, il est établi que Mahomet était illettré ; dès lors, et durant 23 ans, la révélation continua, au fil des années et des événements.

Ordre des textes du Coran

La tradition rapporte que, du temps de Mahomet, ils étaient écrits sur des feuilles de palmier, des os plats (omoplates de chameau), des peaux ou des pierres, et étaient appris par cœur par les croyants, en entier ou en partie. La mort de plusieurs de ces « mémoires vivants » aux cours des guerres a amené par prudence à la compilation des sourates regroupant les révélations reçues par le prophète après le décès de celui-ci. Dans la période qui suivit la mort de Mahomet, des divergences sont apparues au sein de la communauté sur l'ordre chronologique des sourates. Selon l'ordre choisi, l'interprétation de certains passages pouvait varier et pour trancher, une large partie des autorités opta pour un ordre théoriquement neutre : l'ordre décroissant de longueur. Une exception fut faite pour la première sourate, fort courte, qui sert d'introduction. Ce classement a ses partisans qui y voient l'affirmation de l'unité profonde du Coran dont aucune partie ne peut être envisagée indépendamment du tout. Il a aussi ses détracteurs qui dénoncent une altération grave à la chronologie de la Révélation voulue par Dieu lui-même. Diverses tentatives plus ou moins concordantes ont été faites pour reconstituer l'ordre chronologique. Celui-ci fait apparaître des correspondances éclairantes avec les événements de la vie du prophète tels qu'ils sont rapportés par la Sunna. Des interprétations nouvelles de certains passages obscurs ont ainsi pu être avancées.

Traduction du Coran

Les courants conservateurs prétendent que le Coran ne peut exister qu'en arabe et qu'il ne peut pas et ne doit pas être traduit. Cette affirmation est souvent ressentie comme une volonté d'arabisation plus que d'islamisation dans les populations non arabophones. De la même façon le sermon de la prière du vendredi ne pourrait être fait qu'en arabe. Devant l'évidente inutilité de faire un discours dans une langue que personne ne comprend dans l'assemblée il a fallu faire un compromis. Les imams font deux fois le même discours dans la langue vernaculaire et, souvent sous une forme abrégée, en arabe. L'ange Gabriel a eu pour mission de faire descendre le contenu du Coran céleste et de la transmettre au prophète.
« Ceci est, au contraire, un Coran glorieux écrit sur une table gardée ! »
Le Coran (LXXXV ; 21-22)
« Le Coran est la parole de Dieu révélée à Son prophète et transcrite sur les pages du Livre. »
Ibn Khaldoun, Le livre des exemples. Muqaddima VI, X
C'est la tradition sunnite exprimée par Ibn Khaldûn, mais elle laisse entendre qu'il y a un original dont le Coran matériel est la transcription partielle, le mère du livre. Du point de vue ésotérique, le Coran matériel n'est que la représentation physique, une sorte de réplique, d'un Coran supérieur, occulté aux yeux du profane, un Coran enregistré sur une Table gardée (اللَوْح المَحْفوظ [al-lawḥ al-maḥfūẓ], la tablette préservée) (Le Coran LXXXV; 21-22), un livre caché (كِتَاب مَّكْنُون [kitāb mmaknūn], livre caché) (Le Coran LVI ; 78) et que les mystiques appellent la Mère du Livre (أَمّ الكِتَاب‏ [umm al-kitāb], mère du livre) (Le Coran III ; 7).
« Ha, Mim.
« Par le Livre clair !
« Oui, nous en avons fait un Coran arabe !
« – Peut-être comprendrez-vous –
« Il existe auprès de nous, sublime et sage, dans la Mère du Livre. »
Le Coran (XLIII ; 1-4)
Ces quelques versets disent beaucoup. Le Coran est un livre clair. Le Coran est en arabe : pour être compris des bédouins de La Mecque, c'était évidemment la seule façon d'y parvenir. Cela a servi longtemps à s'opposer aux traductions. Est-ce à dire que le Co