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Italien

Italien

L'italien est une langue appartenant au groupe des langues romanes de la famille indo-européenne. Il existe un très grand nombre de dialectes italo-romans. L'italien moderne est, comme toute langue nationale, un dialecte qui a « réussi » en s'imposant comme langue propre à une région beaucoup plus vaste que sa région dialectale originelle. En l'occurrence, c'est le dialecte toscan, parlé à Florence, Pise et Sienne, qui s'est imposé, non pas pour des raisons politiques comme c'est souvent le cas, mais en raison du prestige culturel qu'il véhiculait. Le toscan est en effet la langue dans laquelle ont écrit Dante Alighieri, Pétrarque et Boccace, considérés comme les trois plus grands écrivains italiens. C'est aussi la langue de la ville de Florence, réputée pour sa beauté architecturale et son histoire prospère.

Influences linguistiques sur le latin et le toscan

Avant le développement de l'Empire romain, c'est l'étrusque qui était parlé en Toscane et dans le nord du Latium. Si la langue étrusque n'a pas survécu à l'immense influence qu'eut par la suite le latin, elle a peut-être influencé le toscan (en tant que substrat). Cependant trop de faits (date de dernière attestation de l'utilisation de l'étrusque contre celle d'une langue romane en Toscane, par exemple) rendent difficile la confirmation de cette hypothèse. En revanche, l'étrusque a influencé le latin en tant qu'adstrat : l'alphabet étrusque a servi de base à l'alphabet latin et de nombreux mots usuels sont d'origine étrusque (comme le mot lettre). Pendant la conquête romaine, la vie de l'Italie — comme de la plus grande partie de l'Europe occidentale et centrale — se vécut alors en latin. Étant donné la durée de la domination romaine et probablement aussi sa qualité, il est normal que le latin ait constitué la souche de nombreuses langues européennes. Après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, la région toscane vit arriver les Ostrogoths et les Lombards ( et s), des populations originaires de l'est et du nord de l'Europe. Ils n'influencèrent que très peu la langue (superstrats).

Présence dans le monde

L'italien est parlé essentiellement en Italie (et à Saint-Marin), où il est langue nationale, mais aussi dans le sud de la Suisse (Tessin et Grisons), où il est également reconnu comme langue officielle (il représente environ 10 % des locuteurs suisses). En outre, on recense de nombreuses communautés italophones en Croatie (Istrie) et en ex-Yougoslavie, en France (Corse, le corse étant un dialecte du toscan; Nice, Menton et la vallée de la Roya), à Monaco), à Malte, aux États-Unis (environ 4 millions de locuteurs, surtout dans les grandes villes), en Amérique du Sud (Argentine, Brésil et Uruguay notamment), en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie et en Libye. L'italien semble avoir beaucoup influencé l'espagnol, tel qu'il est parlé en Argentine et en Uruguay, où la présence d'émigrants italiens a été massive.

Écriture


- L'italien utilise 21 lettres de l'alphabet latin. En effet, j, k, w, x et y ne sont utilisés que dans les mots d’emprunt. On trouve toutefois le j (i lunga) ainsi que l’y (ipsilon ou i greca) et le w (doppia vu) dans certains toponymes et noms ou prénoms.
- Les voyelles peuvent porter des accents aigus ou graves (le plus souvent). Les mots ne portent normalement d’accents graphiques que sur la dernière syllabe lorsque celle-ci est phonétiquement accentuée ou dans de rares cas pour éviter une homonymie.

  - Les voyelles ò et à portent toujours l’accent grave. La voyelle e peut avoir deux timbres et prend donc l’accent aigu lorsqu’elle indique un é fermé /e/ et l’accent grave lorsqu’il s’agit d’un è ouvert, même si cette règle n'est pas toujours respectée (perché, pourquoi, parce que, est souvent écrit et prononcé perchè) /ɛ/.
  - Pour i et u, l’usage semble privilégier l’accent grave ì, ù, mais on trouve encore des défenseurs de l’accent aigu í, ú, beaucoup plus adhérent à la réalité phonétique, /i/ et /u/ étant les deux voyelles les plus fermées du système vocalique italien. ::N.B. : La voyelle o a elle aussi deux timbres, /o/ et /ɔ/, mais à la finale elle est toujours ouverte ò. On trouve néanmoins des accents, facultatifs, à l’intérieur des mots, destinés à éviter les confusions : articolatóri, pluriel d’articolatóre (« articulateur ») vs articolatòri, pluriel d’articolatòrio (« articulatoire »).

Phonétique et prononciation

La langue italienne doit sa sonorité à son vocalisme particulier (conservation des voyelles finales, même atones, et chute des consonnes finales) et à ses consonnes géminées (consonnes doubles). L'accent tonique, beaucoup plus fort qu'en français, est le plus souvent placé sur l'avant-dernière syllabe, mais il peut aussi l'être sur la finale (dans ce cas il est indiqué par un accent graphique) ou sur l'antépénultième et même assez fréquemment sur l’antéantépénultième dans des formes verbales à la 3 personne du pluriel (abitano ['a:bitano]). Quelques règles de prononciation peuvent dérouter les francophones. Ainsi, le c suivi de i ou e se prononce [ʧ], alors qu'il se prononce [k] lorsqu'il est suivi par a, o ou u. Pour avoir le son [k] devant les voyelles i et e, on ajoutera un h : chiamo se prononce donc ['kja:mo]. Pour avoir le son [ʧ] devant les autres voyelles, on ajoutera un i : ciao se prononce donc ['ʧa·o] (le i n'est pas prononcé). De la même façon, devant i ou e, g se prononce [ʤ] ; il se prononce [g] (comme dans gamme) devant les autres voyelles. On utilisera aussi le i ou le h après le g pour définir sa prononciation. Ainsi, giacca se prononce ['ʤak:ka]. Le groupe gli se prononce la plupart du temps [ʎ] (l mouillé), et le groupe gn se prononce (n mouillé). Notes:

- Les symboles entre [ ] ne sont pas des phonèmes mais des variantes combinatoires (ou taxophones) d’autres phonèmes.
- (ʒ) est un xénophonème utilisé dans les mots d’emprunts, notamment français. Il est aussi employé couramment dans la prononciation régionale toscane.

Grammaire italienne

Article détaillé: Grammaire italienne

Dialectes

Les nombreux dialectes italo-romans peuvent être classés par leurs souches linguistiques communes. Ainsi, ils sont tous originaires du latin, mais les langues antérieures à la domination romaine, les substrats, sont différents en fonction des régions et ont souvent conditionné l'évolution des dialectes.
- Dialectes septentrionaux
  - Gallo-italique (substrat celte) :
    - piémontais (Turin)
    - bergamasque (Bergame), proche du lombard
    - lombard (Milan et sud de la Suisse, Tessin, région du lac Majeur)
    - génois ou ligure (Gênes), parlé également à Calvi et à Bonifacio ou en Sardaigne)
    - émilien-romagnol (Bologne, Parme)
    - vénète (Venise, Padoue, Vérone, Trente)
    - istrien (Istrie)
- Dialectes toscans (peut-être substrat étrusque)
  - toscan (Florence, Pise, Sienne)
  - cismontano (Corse Bastia)
  - oltramontano (Corse) Ajaccio et îles du nord de la Sardaigne
  - sassarien (Sardaigne) Sassari
  - gallurais (nord de la Sardaigne)
- Dialectes centro-méridionnaux
  - Centre :
    - romain (Latium), différent du romanesco, dialecte toscan parlé à Rome
    - ombrien (Pérouse)
    - marchigiano (parlers des Marches)
  - Sud (substrats osque et/ou messapien) :
    - abruzzais (L'Aquila)
    - apulien (nord et centre des Pouilles)
    - campanien (Naples, napolitain) ou méridional
    - lucan ou lucanien Potenza, deux variétés
  - Extrême-Sud (substrat grec) :
    - salentin (Lecce)
    - calabrais (Reggio de Calabre)
    - sicilien (Palerme), également substrat arabe

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues romanes
      -
  - groupe italo-roman
  - grammaire italienne
- Accademia della Crusca

Liens externes


- [http://www.gratiswebsite.de/members/benedictkalus grammaire italienne et des autres langues]
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/italien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire italien-français/français-italien.
- [http://italien.linguistmail.com Italien tous les jours] Apprendre et pratiquer l'italien.
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=8/ Apprendre et écouter des expressions pratiques en italien] Chaque expression est accompagnée d'une illustration. Catégorie:Langue italienne Catégorie:Langue romane I als:Italienische Sprache ja:イタリア語 ko:이탈리아어 simple:Italian

Langue

ko:언어 zh-min-nan:gí-giân ms:Bahasa ja:言語 simple:Language zh-cn:语言 zh-tw:語言
-
Une langue est un système de signes linguistiques vocaux, graphiques ou gestuels qui permet la communication entre les individus. Une définition linguistique de la langue précise que c'est un système de signes doublement articulés, c'est-à-dire que la construction du sens se fait à deux niveaux d'articulation. On trouve tout d'abord celui des entités signifiantes (morphèmes et lexèmes, ou monèmes) formant les énoncés puis celui des unités distinctives de sens (phonèmes) formant les unités signifiantes. Ces deux niveaux d'articulation déterminent les premiers niveaux de la description linguistique : phonologie, morphologie et syntaxe. André Martinet précise que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue : la description commence par le deuxième niveau d'articulation (les phonèmes) pour aller vers le premier (la combinatoire des unités signifiantes). On distingue généralement la langue (système de signes) et le langage (faculté humaine mise en œuvre au moyen d'un tel système). On distingue également, depuis Ferdinand de Saussure, la langue et la parole (c'est-à-dire l'utilisation effective du système de la langue par les locuteurs). On appelle langue maternelle d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage. Si la grande majorité des langues parlées dans le monde sont des langues naturelles, qui se sont formées spontanément à partir d'états de langue antérieurs, il existe cependant aussi des langues artificielles ou langues construites, comme l'espéranto, le volapük, l'ido l'interlingua, le lojban, ou encore le klingon, qui ont été créées consciemment par des individus. Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue (cas de l'espéranto). On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion). La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique, ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. L'expression « langue morte » est contestée par beaucoup de ceux qui les pratiquent. On lui préfère alors langue ancienne. Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu. Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps, ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues est en évolution constante, ce qu'étudie la phonétique historique.

Langues du monde

Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre 3000 et 7000 langues vivantes. Un des problèmes essentiels qui se posent pour les langues du monde est celui de la préservation de la diversité. En effet, on prévoit que 90% des langues sont menacées d'extinction, car elles devraient disparaître d'ici 50 ans. La solution pour éviter cela réside dans le multilinguisme. Il s'agit de mettre en place de manière effective le bilinguisme ou le trilinguisme dans tous les territoires où existe une langue menacée d'extinction.

Voir aussi


- Linguistique
- Langage
- Langue ausbau
- Sociolinguistique
- Grammaire
- Parler dans le monde
- Langues régionales de France

Multilinguisme et traduction


- Dire « bonjour » dans le monde
- Nombres dans le monde
- Quiproquo
- Faux-amis
- Traduction

Langue écrite


- Écriture
- Sigles et pictogrammes
- Orthographe
- Lexicographie

Jeux de langue


- Calembours
- Contrepèteries
- Palindromes
- Virelangues (Voir aussi : jeux de mots)

Bibliographie


- Cause toujours ! À la découverte des 6 700 langues de la planète, hors-série de mars-avril-mai 2003 de la revue Courrier International ;
- L'aventure des langues en occident – Leur origine, leur histoire, leur géographie, Henriette Walter, éditions Robert Laffont.
- Langues sans frontière de Georges Kersaudy

Liens externes


- [http://www.biblioconcept.com/EISTI/conceptotheque/langue.htm Le concept de langue]
- [http://www.word2word.com/course.html Répertoire de cours gratuits en ligne]
- [http://users.skynet.be/Landroit/indexj.html Cinquante jeux de langue en ligne]
- [http://www.loecsen.com/ Écouter les langues]
- [http://www.edulang.com/ Tous les logiciels d'apprentissage des langues]

Langue romane

als:Romanische Sprachen ja:ロマンス語 simple:Romance languages Catégorie:Histoire du français Catégorie:Rome antique Romane Catégorie:Langue romane On nomme langue romane toute langue issue essentiellement du latin vulgaire (au sens étymologique de « populaire »), c'est-à-dire la forme de latin vernaculaire utilisée pour la communication de tous les jours, par opposition au latin classique et littéraire ; ce sont donc des langues indo-européennes, basées sur le latin. Ces langues ont été parlées ou le sont encore dans un ensemble géographique désigné par le terme de Romania, couvrant en grande partie le Nord-Ouest européen de l'ancien Empire romain (l'est étant resté majoritairement de langue grecque – à l'exception des Valaques – et le sud ayant adopté l'arabe après la conquête musulmane). Les mots roman(e) et Romania remontent bien sûr à des dérivés de l'adjectif latin romanus : l'on considérait en effet que leurs locuteurs utilisaient une langue issue de celle des Romains, par opposition à d'autres introduites ultérieurement dans les territoires de l'empire, comme le francique au nord de la France, langue des Francs appartenant à la famille des langues germaniques. La première attestation du terme de roman, sous une forme ou une autre, remonte au synode de Tours, en 813 de l'ère chrétienne ; c'est lors de ce synode que la première langue vulgaire à s'être détachée du latin est ainsi désignée ; il s'agit d'une forme de proto-français, que l'on nomme romana lingua, ou encore roman. L'ancien français est donc la première langue romane attestée à l'écrit (ce qui ne signifie pas que ce soit la première langue à être apparue comme clairement différente du latin). Le premier ouvrage théorique sur les langues romanes est, en latin, le De Vulgari Eloquentia (« De l'éloquence vulgaire ») de Dante (), où apparaissent pour la première fois les dénominations de langue d'oïl, langue d'oc et de langue de si (pour l'italien et l'espagnol) — en fonction de la forme respective du mot oui dans les différentes langues romanes. L'on date grosso modo l'évolution du latin vulgaire vers les langues romanes ainsi : # entre -200 et 400 environ : différentes formes de latin vulgaire ; # entre 500 et 600 : ces formes commencent à se différencier plus ou moins nettement ; # vers 800 : l'existence de langues romanes est reconnue (synode de Tours) ; # 842 : premier texte complet rédigé en une langue romane (le roman, forme de protofrançais), les Serments de Strasbourg.
Les langues romanes partagent un ensemble de traits communs donnant une bonne cohérence à cette famille de langues, parmi lesquels les plus importants sont :
- un lexique principalement issu du latin vulgaire avec divers substrats dont les parlers gaulois pour toutes les langues romanes sauf le roumain ;
- une réorganisation du système vocalique latin (par diphtongaison, apophonie et syncope principalement) ;
- des phénomènes importants de palatalisation des consonnes ;
- la disparition quasi complète du neutre ;
- une réorganisation importante du système verbal, par le développement, notamment, de verbes auxiliaires, la suppression du futur latin, la création d'un futur périphrastique formé à partir du verbe avoir (chanter-aschanteras), celle d'un conditionnel ;
- le développement des articles, inconnus du latin.

Liste des langues romanes

Les langues romanes sont classées en neuf groupes, chacun pouvant comprendre plusieurs « dialectes » ; il faut noter que le choix d'un de ces dialectes comme langue officielle est purement politique et, surtout, relativement récent dans de nombreux pays (sauf en France, par l'édit de Villers-Cotterêts). Quoi qu'il en soit, les langues romanes forment un continuum de langues entre lesquelles les différences sont parfois minimes ; il est toujours possible de distinguer au sein d'un ensemble ce que l'on nommera un ou plusieurs « dialectes », mais la liste suivante se limitera aux langues les plus connues (entre parenthèses : nom dans la langue envisagée, date de la première attestation connue) :
- ibéro-roman :
  - castillan (castellano ; 804 : Cartularios de Valpuesta) : l'une des langues officielles de l'Espagne, souvent nommée « espagnol ». Notons que l'Espagne a plus d'une langue officielle et que chaque communauté autonome peut utiliser la sienne. Le castillan n'a que très peu de dialectes et s'avère très conservateur.
  - portugais (português ; XII s. : documents juridiques ), langue officielle du Portugal, possède encore moins de dialectes différenciés que le castillan. Il est encore plus conservateur que ce dernier.
  - galicien (galego ; XII s.) : dialecte portugais parlé en Espagne (région de Galice), sans doute à l'origine du portugais ; portugais et galicien archaïques ne formaient qu'une seule langue au Moyen Âge et sont toujours considérés comme un diasystème galaïco-portugais par de nombreux linguistes. .. L'asturo-léonnais .. L'aragonais
- italo-roman
  - italien (italiano ; X s. : documents juridiques, XI s. : texte complet) ; très nombreux dialectes (plus de deux cents) ; le toscan florentin, promu par Dante au XIII s., constitue la base normalisée de la langue officielle italienne ;
    - corse (corsu) qui est une variante du toscan mâtiné de ligure (l'accent ressemblant davantage au ligure qu'au toscan) : parlé en Corse mais aussi au nord de la Sardaigne (dans la Gallura et autour de Sassari).
  - parmi les dialectes non-toscans de l'italien, on distingue deux groupes clairement différenciés, ceux parlés dans le nord de l'Italie, plus fortement influencés par un substrat sans doute celtique, dits septentrionaux ou gallo-italiques (qui comprennent notamment le lombard, le ligure, le piémontais, le vénète, l'émilien et le romagnol) et ceux méridionaux, plus influencés par un substrat osque et grec, eux-mêmes divisés en deux groupes assez distinct (le napolitain et les dialectes apparentés d'une part et le salentin, le calabrais proprement dit et le sicilien d'autre part). Mais cette dialectologie est sommaire et ne décrit pas avec précision l'extraordinaire diversité, largement conservée, des parlers italiens proprement dits.
- illyro-roman (ou dalmate ; veklisuṅ pour le dialecte septentrional ; attestations indirectes fin XIII s., directe : vers 1840) ; langue éteinte à la mort du dernier locuteur en 1898). Parlé autrefois dans certaines îles ou régions côtières de Croatie et du Monténégro, il comprenait deux dialectes recensés :
  - végliote, au nord (île de Krk, en italien Veglia),
  - ragusain, au sud (l'actuelle Dubrovnik) ;
- gallo-roman. On trouve dans cette famille de nombreux dialectes appartenant au groupe des langues d'oïl (parfois dénommés péjorativement patois) :
  - français (842 : Serments de Strasbourg, 881 : prem. txt. litt. Cantilène de sainte Eulalie, XI s. : prem. txt. en ancien français Vie de saint Léger) : la langue officielle de la France; de la Belgique en concurrence avec l'allemand et le néerlandais; de la Suisse avec l'allemand, l'italien et le romanche; du Canada avec l'anglais; du Val d'Aoste avec l'italien; du Luxembourg avec le luxembourgeois; des îles anglo-normandes avec l'anglais) correspond principalement à un ensemble de traits d'oïl provenant de divers dialectes répartis historiquement autour de Paris ; dans les faits, la langue actuelle est très composite et doit beaucoup à une langue littéraire interrégionale. L'existence d'un dialecte francien à l'origine du français est un mythe du XIX s. qui n'a plus cours,
  - mayennais : parlé en France en Mayenne;
  - gallo : parlé en France en Bretagne;
  - normand : parlé en France en Normandie; aux îles anglo-normandes, dont le jersiais, le guernesiais et le sercquiais;
  - picard (cht'i ; vers les XII, XIII s.) : parlé en France dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, ainsi que dans l'ouest de la Wallonie ; en Belgique, il a le statut de langue régionale, tandis qu'en France il est considéré comme une langue de France ;
  - poitevin-saintongeais : parlé en France dans le Poitou-Charentes et Saintonge ;
  - wallon (walon ; vers les XII, XIII s.) : parlé principalement en Belgique, où il a le statut de langue régionale;
- francoprovençal (ou, mieux, arpitan ; XIII s. : Méditations de Marguerite d'Oingt) : ensemble de langues réparties entre l'Italie (Val d'Aoste, Piémont), la Suisse (en Valais principalement]), la France (Dauphinois, Lyonnais, Savoie) ; le franco-provençal semble être à la croisée entre langues d'oïl et occitan. Il est en voie d'extinction ;
- occitano-roman ou occitano-catalan :
  - occitan ou langue d'oc (occitan, lenga d'òc ; fin du X s. : docs. juridiques ; 1102 : prem. txt. complet) : il s'agit d'un ensemble de dialectes constitué du nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), du moyen-occitan (languedocien, provençal) et du gascon ─ connus en France sous l'appellation dépréciative de « patois » ; le vieux catalan et l'occitan médiéval ne constituaient qu'une seule langue ; c'est seulement entre la fin du XII et le début du XIV siècle que les deux langues se sont nettement séparées ; le niçois est un provençal archaïque ;
  - catalan (català ; fin du IX siècle : traces de vulgarismes catalans dans des textes latins ; fin du XII s. : prem. txt. complet dans un doc. juridique ; XIII s. : sous l'égide de Ramon Llull, le catalan accède au statut de langue littéraire et de pensée reconnue) : l'une des langues officielles de la Catalogne (Espagne) ; il est parlé principalement dans cette Communauté autonome et dans une frange de l'Aragon, ainsi que dans celle méridionale de Valence (où il est aussi appelé valencien et distingué du catalan proprement dit), ainsi qu'aux Îles Baléares, en Andorre (où il est la seule langue officielle), dans le Roussillon (France), appelé par les catalanistes, Catalogne du Nord, ainsi que dans la ville de l'Alguer (en Sardaigne) ;
- rhéto-roman (XII s.) :
  - dialectes romanches (rumantsch) : le sursilvan (haute vallée du Rhin), le sutsilvan et le surmiran (centre du canton des Grisons), le puter et le vallader (Engadine) forment les cinq dialectes écrits ; ils sont parlés en Suisse (dans les Grisons) par environ 45 000 personnes. le premier texte en puter a été écrit en 1527 à Zuoz (La chanzun da la guerra dal chasté da Müsch), le premier en vallader en 1560 à Susch.
    - interromanche (rumantsch grischun) : forme de lingua franca romanche utilisée en Suisse pour unifier la vingtaine de dialectes romanches ; il s'appuie en grande partie sur le sursilvan, le vallader et le surmiran ; l'interromanche est une langue officielle en Suisse dans le canton des Grisons,
  - dialectes ladins (ladin) : utilisés dans les Dolomites italiennes,
  - frioulan (furlan) : parlé dans la province italienne d'Udine ; frioulan et ladin n'ont qu'un statut de langue régionale ;
- roumain (română ; attestations partielles au XII s., complète au XV) : langue de l'ancienne province romaine de Dacie coupée du reste de la Romania ; le superstrat slave reste d'importance faible et le roumain s'avère assez conservateur ; c'est en cela qu'il est relativement différent des autres langues romanes ; on considère qu'il possède principalement quatre dialectes :
  - daco-roumain, que l'on appelle généralement le roumain ; c'est la langue officielle de la Roumanie et la Moldavie, et langue coofficielle en Voïvodine (Serbie-et-Monténégro).
  - istrio-roumain, parlé en Istrie (en voie d'extinction),
  - mégléno-roumain (ou méglénite), parlé en Macédoine,
  - macédo-roumain (ou aroumain), parlé principalement en Albanie, Serbie, Macédoine, Thessalie (Grèce) et Roumanie ;
- sarde (sardu, limba sarda ; XI s.) : parlé en Sardaigne ; c'est une des langues romanes des plus conservatrices, ce que l'on explique par son statut au sein d'un lieu isolé ; il a connu de nombreuses influences, parmi lesquelles le catalan, le castillan puis l'italien sont les plus importantes ; on distingue plusieurs dialectes, non compréhensibles entre eux :
  - campidanien (région de Cagliari),
  - logoudorien (Logudoro), qui constitue la langue considérée classique, dont la variété du nuorais (Nuoro) ; ces deux derniers dialectes sont plus archaïsants que le premier.

Du latin classique au latin vulgaire

Quelques modifications phonétiques propres au latin vulgaire

Note : les transcriptions phonétiques sont en alphabet phonétique international. À propos du latin vulgaire, il convient de noter que les Romains vivaient en situation de diglossie : la langue de tous les jours n'est plus le latin classique, celui des textes littéraires ou sermo urbanus (« langue de la ville », c'est-à-dire « raffinée »), figé par la grammaire comme l'a été le sanskrit, mais une forme distincte bien que très proche, au développement plus libre, le sermo plebeius (« langue vulgaire »). Il semble acquis que le latin classique ne se limitait pas à un emploi livresque, mais qu'il était parlé par les catégories sociales élevées, tandis que le sermo plebeius était la langue des soldats, des commerçants, du petit peuple ; n'ayant jamais accédé au statut de langue littéraire, le latin vulgaire nous est surtout connu par la phonétique historique, des citations et des critiques prononcées par les tenants d'un latin littéraire ainsi que de nombreuses inscriptions, des registres, comptes et autres textes courants. D'autre part, le Satyricon de Pétrone, sorte de « roman » écrit vraisemblablement au premier siècle de l'ère chrétienne et se passant dans les milieux interlopes de la société romaine, est un témoignage important de cette diglossie : selon leur catégorie sociale, les personnages s'y expriment dans une langue plus ou moins proche de l'archétype classique. Parmi les textes qui ont blâmé les formes jugées décadentes et fautives, il faut retenir lAppendix Probi, sorte de compilation d'« erreurs » fréquentes relevées par un certain Probus et datant du III siècle de l'ère chrétienne. Ce sont bien ces formes, et non leur équivalent en latin classique, qui sont à l'origine des mots utilisés dans les langues romanes. Voici quelques exemples de « fautes » citées par Probus (selon le modèle : A non B, « [dites] A et non B »), classées ici par type d'évolution phonétique et assorties de commentaires permettant de signaler les principales différences phonologiques entre le latin classique et le latin vulgaire ; il n'est bien sûr pas possible d'être exhaustif en la matière et de référencer toutes les différences entre le latin classique et le latin vulgaire, mais lAppendix Probi peut constituer une introduction pertinente sur le sujet : :1. calida non calda, masculus non masclus, tabula non tabla, oculus non oclus, etc. :Ces exemples montrent l'amuïssement des voyelles post-toniques (et aussi pré-toniques) brèves ; les mots latins sont en effet accentués cálida, másculus, tábula et óculus, la voyelle suivante étant brève. Cet amuïssement prouve aussi que l'accent de hauteur du latin classique est devenu un accent d'intensité en latin vulgaire (en effet, un accent de hauteur n'a pas d'influence sur les voyelles atones environnantes). L'on reconnaît dans cette liste les ancêtres de chaude (ancien français chalt), mâle (ancien français masle), table et œil ; ce processus a donné naissance à des transformations importantes des consonnes entrées en contact après la chute de la voyelle les séparant : ainsi, un devant consonne est passé à vélaire (soit ) puis à en français (vocalisation), d'où chaud ; de même, a pu donner un palatalisé (voir au point 2) ; :2. vinea non vinia, solea non solia, lancea non lancia, etc. :L'on voit là le passage en latin vulgaire de bref devant voyelle à (son initial de yacht ; le phénomène est nommé consonification) qui, après consonne, la palatalise ; ces consonnes palatalisées (qui peuvent provenir d'autres sources), sont importantes dans l'évolution des langues romanes. Cette transformation explique pourquoi l'on obtient, par exemple, vigne (avec devenant , noté dans les langues romanes par le digramme gn en français et italien, ñ en castillan, ny en catalan, nh en portugais et occitan, etc.), seuil (avec anciennement un palatal, soit , noté par ill / il en français, devenu ensuite un simple , conservé en castillan, où il est noté ll, double l [sauf quand il provient de , où il passe à , phonème dit jota, comme en catalan, en portugais et occitan, écrit lh, etc.), et lance (avec le son issu de , forme palatalisée de , que notait bien la lettre c latine ; de même en castillan lanza , anciennement lança , ou en roumain lance , etc.) ; :3. auris non oricla. :Probus note dans cet exemple plusieurs phénomènes : premièrement la réduction des anciennes diphtongues (ici devenant , soit ouvert ; l'on a aussi en latin vulgaire donnant , ouvert, ainsi que passant à , fermé), puis l'utilisation d'une forme de diminutif au lieu de la forme simple (auris : « oreille », auricula : « petite oreille »). L'utilisation des diminutifs en latin vulgaire est fréquente : ainsi soleil vient de solic(u)lu(m) et non de sol, ou encore genou de genuc(u)lu(m) et non de genu. Enfin, on note l'amuïssement du bref devant voyelle accentuée : on attendrait oricula. Comme on l'a dit en 1, la rencontre de c et l, , causée par la chute de la voyelle les séparant, donne naissance à une nouvelle consonne, ici un palatal, conservé en catalan dans orella, devenu en français mais en castillan, dans oreja ) ; :4. auctor non autor. :On remarque aussi des réductions de groupes de consonnes ; ainsi, passe à , donnant en français auteur, ou autor en castillan et catalan ; de même, passe à . C'est le cas dans dom(i)tare devenu domtar puis domptar et enfin dontar. L'insertion d'un entre et une occlusive est normale : on parle d'une épenthèse, donnant en français dompter que l'on prononçait avant que l'orthographe n'influence la prononciation, devenant parfois . Autre simplification : donne , comme dans comp(u)tare devenu comptare puis compter et conter en français, contar en castillan, etc. :5. rivus non rius, sibilus non sifilus. :Le son du latin, noté par la lettre u (ou v dans les éditions modernes) a évolué de manières diverses, soit en s'amuïssant entre voyelles (ri(v)us donnant rio en castillan, pa(v)or donnant peur, italien paura), en devenant une spirante bilabiale sonore (, en castillan et catalan) puis se renforçant en (dans la majorité des langues romanes) ; et entre voyelles connaissent le même sort, ce qui explique que sibilus donne sifilus, sachant que n'est que la variante sourde de ; ainsi explique-t-on siffler (de sibilare, devenant sifilare puis siflare) ou savoir (de sapere, puis sabere, savere ; le castillan saber montre, par son orthographe, qu'il en est resté au stade ), etc. :6. pridem non pride. :Dernier exemple (la liste n'est bien sûr pas exhaustive, loin de là) montrant que le en fin de mots n'est plus prononcé (ce qui est déjà le cas en latin classique : la scansion du vers latin le prouve facilement). Cet amuïssement est, entre autres, à l'origine de la disparition du mécanisme des flexions : les langues romanes, en effet, n'utilisent plus la déclinaison. Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive ; il faudrait aussi aborder la question de la diphtongaison « pan-romane » (que toutes les langues romanes ont connue) et signaler que nombre de voyelles ont subi par la suite des diphtongaisons secondaires.

Transformations en profondeur du système morpho-syntaxique

Système nominal

La chute du final, consonne que l'on rencontre souvent dans la flexion, crée donc une ambiguïté : Romam se prononçant comme Roma, l'on ne peut savoir si le mot est au nominatif, à l'accusatif ou à l'ablatif. Ainsi, les langues romanes ont dû utiliser des prépositions pour lever l'ambiguïté. Plutôt que dire Roma sum (classique Romæ sum avec un locatif que n'a pas gardé le latin vulgaire) pour « je suis à Rome » ou Roma(m) eo pour je vais à Rome, il a fallu exprimer ces deux phrases par sum in Roma et eo ad Roma. À cet égard, il convient de rappeler que si en latin classique déjà, dès l'époque impériale, le en fin de mots s'amuïssait, Roma sum et Roma(m) eo ne pouvaient être confondus : à l'ablatif (Roma sum), le final est long ; il est cependant bref à l'accusatif : ainsi l'on prononçait pour le premier, pour le second. Le latin vulgaire, toutefois, n'utilise plus le système de quantité vocalique : les deux formes sont d'autant plus ambiguës. Dans un même mouvement, les adverbes et les prépositions simples sont parfois renforcées : ante, « avant », ne suffit plus ; il faut remonter à ab + ante en vulgaire pour expliquer le français avant, le castillan antes et l'occitan avans, ou bien in ante pour le roumain înainte, etc. ; de même avec provient de apud + hoc, dans de de intus, etc. Le cas limite semble être atteint avec le français aujourd'hui, notion qui se disait simplement hodie en latin classique. Le terme français s'analyse en à + le + jour + de + hui, où hui vient de hodie (qui a donné hoy en castillan, oggi en italien, uèi en occitan, hoz en romanche, oûy en wallon, etc.). Le composé agglutiné résultant est donc redondant, puisqu'il signifie mot à mot : « au jour d'aujourd'hui » (qu'on trouve en français familier). Certaines langues conservatrices ont cependant gardé des adverbes et prépositions simples : le castillan et l'italien con, « avec », et le roumain cu viennent bien de cum, de même que en castillan ou în roumain sont hérités de in. L'on voit aussi ce phénomène avec les mots simples hérités de hodie. De langue flexionnelle à la syntaxe souple (l'ordre des mots ne comptant pas énormément pour le sens mais principalement pour le style et l'emphase), le latin vulgaire est devenu un ensemble de langues utilisant nombre de prépositions, dans lesquelles l'ordre des mots est fixe : s'il est possible de dire en latin Petrus Paulum amat ou amat Petrus Paulum ou Paulum Petrus amat ou encore amat Paulum Petrus pour signifier que « Pierre aime Paul », ce n'est plus possible dans les langues romanes, qui ont plus ou moins rapidement abandonné les déclinaisons ; ainsi, en castillan Pedro ama a Pablo et Pablo ama a Pedro ont un sens opposé, seul l'ordre des mots indiquant qui est sujet et qui est objet. Lorsque les langues romanes ont gardé un système de déclinaisons, celui-ci est simplifié et se limite à quelques cas (à l'exception du roumain) : c'est ce qui arrive en ancien français, qui n'en possède que deux, le cas sujet (hérité du nominatif) et le cas régime (venant de l'accusatif), pour tout ce qui n'est pas sujet. En français, toujours, le cas sujet a disparu ; les noms actuels hérités de l'ancien français sont donc presque tous d'anciens cas régime (il y a quelques exceptions, comme ancêtre, peintre, traître, anciens cas sujet, et chandeleur, provenant d'un génitif pluriel latin candelorum) et, partant, d'anciens accusatifs ; on peut le constater avec un exemple simple : Le roumain, toutefois, conserve un système flexionnel fonctionnant avec trois cas syncrétiques : cas direct (nominatif + accusatif), cas oblique (génitif + datif) et vocatif. Ces cas se distinguent principalement si le nom est marqué par l'article défini. Dans le cas contraire, ils ont tendance à être confondus. D'autres points méritent d'être signalés : tout d'abord, encore à l'exclusion du roumain, les trois genres, masculin, féminin et neutre, sont réduits à deux par l'élimination du neutre ; ainsi, le mot latin folia, nominatif / accusatif neutre pluriel de folium, « feuille », est réinterprété comme un féminin : c'est le cas, par exemple, en français, où il devient feuille, mais aussi en castillan, sous la forme hoja, en italien foglia, romanche föglia, wallon fouye, portugais folha, catalan fulla, occitan fuèlha, etc., tous mots féminins. De plus, les langues romanes ont développé un système d'articles définis, inconnus du latin classique. Ainsi, en français, le et la proviennent respectivement des pronoms / adjectifs démonstratifs ille et illa ; de même en castillan pour el et la (plus un neutre lo < illud), en italien pour il et la (ainsi que lo, neutre, < illud), etc. Le roumain se distingue en étant la seule langue romane dans laquelle l'article est enclitique : om, « un homme », om-ul, « l'homme ». Les articles indéfinis, pour leur part, proviennent simplement du numéral unus, una (et unum au neutre), qui, en latin, aurait pu servir à cet usage. Enfin, le système de l'adjectif est revu : alors que les degrés d'intensité étaient marqués par des suffixes, les langues romanes ne se servent plus que d'un adverbe devant l'adjectif simple, magis (devenant más en castillan, mai en occitan et en roumain, mais en portugais, més en catalan, etc.) ou plus (più en italien, plus en français et en occitan, pus en wallon et en catalan ancien ou dialectal, plu en romanche, etc.) : ainsi, pour dire plus clair (comparatif de supériorité) en latin classique, clarior suffisait (dérivé de clarus) ; on dit en castillan más claro, en italien più chiaro, en occitan plus clar ou mai clar, etc. De même, le superlatif le plus clair se disait clarissimus en latin classique, mais el más claro en castillan et il più chiaro en italien. On trouve cependant quelques archaïsmes : le portugais a conservé des mots différents pour le plus grand, o maior, et le plus petit, o menor, comme le castillan avec mayor et menor, comparables, bien que d'emploi très différent, aux majeur et mineur du français.

Système verbal

En outre, les conjugaisons sont profondément modifiées, notamment par la création de temps composés : ainsi notre j'ai chanté, castillan he cantado ou encore catalan he cantat, occitan ai cantat, viennent d'un habeo cantatu(m) vulgaire, qui n'existe pas en classique. L'utilisation de verbes auxiliaires, être et avoir, est notable : le latin utilisait déjà, d'une manière différente, être dans sa conjugaison, mais pas d'une manière aussi systématique que dans les langues romanes, qui ont généralisé leur emploi afin de créer un jeu complet de formes composées répondant aux formes simples. Généralement, les formes composées marquent l'aspect accompli. Un mode nouveau apparaît, le conditionnel (attesté pour la première fois dans une langue romane dans la Séquence de sainte Eulalie), construit à partir de l'infinitif (parfois modifié) suivi des désinences d'imparfait : vivr(e) + -ais donne vivrais en français, et, mutatis mutandis , viviría en castillan, viuria en catalan, viuriá en occitan. Certaines modifications du radical sont à noter : devoir + ais > devrais et non
- devoirais
, ou bien haber + ía > habría et non
- habería
. De la même manière, le futur classique est abandonné au profit d'une formation comparable à celle du conditionnel, c'est-à-dire l'infinitif suivi du verbe avoir (ou précédé en sarde) : ainsi cantare habeo (« j'ai à chanter ») donne chanterai, castillan cantaré, catalan cantaré, occitan cantarai, etc. Le passif est évacué au profit du système composé qui préexistait en latin (cantatur, « il est chanté », classique devient le vulgaire est cantatus, qui, en classique signifiait « il a été chanté »). Enfin, certaines conjugaisons irrégulières (comme celle de volle, « vouloir ») sont rectifiées (mais restent souvent irrégulières dans les langues romanes) et les verbes déponents cessent d'être utilisés.

Le lexique du latin vulgaire

Le latin vulgaire et le latin classique ne diffèrent pas seulement par des aspects phonologiques et phonétiques, mais aussi par le lexique ; les langues romanes, en effet, n'utilisent que dans des proportions variables le vocabulaire classique. Souvent, des termes populaires ont été retenus, évinçant ceux propres à la langue plus soutenue. Certains termes latins ont disparu et ont été remplacés par leur équivalent populaire ; c'est le cas de celui qui désigne le cheval, equus en latin classique, mais caballus (« canasson » ; le mot est peut-être d'origine gauloise) en latin vulgaire, que l'on retrouve dans toutes les langues romanes : caballo en castillan, cavall en catalan, caval en occitan, cheval en français, cal en roumain, cavallo en italien, dj'vå en wallon, chavagl en romanche, etc. Mais on notera que la jument est appelée yegua en castillan, egua en catalan et èga en occitan, du latin equa (l'occitan emploie aussi cavala). D'autre part, certains termes classiques disparus n'ont pas forcément été remplacés par le même mot vulgaire dans toute la Romania : le terme soutenu pour « parler » est loqui en latin classique, remplacé par :
- parabolare (terme emprunté à la liturgie chrétienne et d'origine grecque ; proprement : « parler par parabole ») : français parler, italien parlare, catalan et occitan parlar, etc. ;
- fabulare (proprement : « affabuler ») : castillan hablar, portugais falar, sarde faedhàre, etc. Enfin, certaines langues romanes continuent d'utiliser la forme classique, tandis que d'autres, que l'on dit moins « conservatrices », se servent d'une forme vulgaire ; l'exemple donné traditionnellement est celui du verbe « manger » :
- latin classique edere : se retrouve (sous une forme composée ; cette forme est cependant sentie moins « noble » que le classique puriste edere) en castillan et portugais comer (de comedere) ;
- latin vulgaire manducare (proprement « mâcher ») : français manger, italien mangiare, catalan menjar, occitan manjar, ou encore roumain mânca, par exemple.

Les raisons de la diversité des langues romanes

L'évolution phonétique naturelle des langues, à laquelle le latin n'a bien sûr pas échappé, explique en grande partie les différences importantes entre certaines des langues romanes. À ce processus s'est aussi ajouté la non-unicité lexicale de ce que l'on désigne sous le terme de latin vulgaire : la taille de l'Empire romain et l'absence d'une norme littéraire et grammaticale ont permis à cette langue vernaculaire de ne pas être figée. Ainsi, chaque zone de la Romania a utilisé une saveur particulière du latin vulgaire (il vaudrait même mieux dire « des latins vulgaires »), comme on l'a vu plus haut, telle langue préférant tel terme pour signifier « maison » (latin casa en castillan, catalan, italien, portugais, roumain), telle autre un terme différent (mansio pour le même sens en français), par exemple. S'est greffée à ces deux données la présence de substrats, langues parlées initialement dans une zone et recouvertes par une autre, ne laissant que des traces éparses, tant lexicales ou grammaticales que phonologiques, dans la langue d'arrivée. Ainsi, le substrat gaulois en français lui laisse quelque cent quatre-vingts mots comme braies, char ou bec, et serait à l'origine du passage du (de loup) latin à (de lune). Cette hypothèse ne fait cependant pas l'unanimité. Bien entendu, l'influence du gaulois ne s'est pas limitée à la Gaule : le portugais ou les dialectes de l'Italie du Nord, par exemple, en possèdent quelques termes (on a ainsi en italien standard, braghe pour braies (qui a donné plus tard le français braguette), carro pour char, becco pour bec). De même le basque pour les langues ibérico-romanes (où le mot pour « gauche », soit sinistra en latin classique, est remplacé par des dérivés du basque ezker, soient esquerra en catalan, izquierda en castillan et esquerdo en portugais), ou encore l'étrusque pour le dialecte italien de Toscane, qui lui devrait sa gorgia toscana, c'est-à-dire la prononciation des comme des (anglais home) ou des (allemand Bach). Il faut noter que cette influence de l'étrusque sur le toscan est de nos jours considérée comme un mythe sans fondements réels : en effet, le phénomène n'est pas limité à la Toscane, il n'est pas présent dans toutes les zones à dominante linguistique toscane (la Corse, par exemple qui ─ bien qu'éloignée ─ a été fortement toscanisée), il n'est pas attesté avant le et il ne correspond pas réellement à des caractéristiques phonétiques étrusques. Enfin et surtout, on voit mal comment une langue morte bien avant l'apparition des dialectes italiens aurait pu transmettre cet unique trait sans avoir laissé ni vocabulaire ni même coutumes. Enfin, les superstrats ont aussi joué un rôle prépondérant dans la différenciation des langues romanes : ce sont les langues de peuples s'étant installés dans un territoire sans réussir à imposer leur langue. Celle-ci a cependant laissé des traces importantes. Le superstrat francique (donc germanique) en France est important ; le vocabulaire médiéval en est émaillé, surtout dans le domaine de la guerre et de la vie rurale (ainsi heaume, adouber, flèche, hache, etc., mais aussi framboise, blé, saule, etc., ou encore garder et, plus surprenant, trop), et le français actuel compte plusieurs centaines de mots ainsi hérités du francique. C'est un superstrat arabe que l'on remarque le plus en castillan : plus de quatre mille termes, parmi lesquels des toponymes et des composés, viennent de cette langue. Le trait le plus remarquable est le maintien quasi systématique de l'article arabe dans le mot, alors que les autres langues romanes ayant aussi emprunté le même terme s'en sont souvent débarrassées : ainsi algodón (contre français coton), de l'arabe أَلْقُطْن, ʾal-quṭn, algarroba (français caroube), de ʾal-harūbah ou encore aduana (français douane), de أَلدِّيوَان, ʾad-dīwān (qui donne aussi divan). Enfin, dernier superstrat remarquable, le slave, dont l'influence en roumain est notable. Le roumain devrait aux langues slaves alentour son vocatif, quelques termes du lexique ainsi que des processus de palatalisation différents de ceux des autres langues romanes. L'influence des langues romanes les unes sur les autres, d'autre part, est considérable. L'on peut donner ici les résultats d'une étude menée par M. Pei en 1949, qui a comparé le degré d'évolution de diverses langues par rapport à leur langue-mère ; pour les langues romanes les plus importantes, si l'on ne considère que les voyelles toniques, l'on obtient, par rapport au latin, les coefficients d'évolution suivants :
- sarde : 8 % ;
- italien : 12 % ;
- castillan : 20 % ;
- roumain : 23,5 % ;
- occitan : 25 % ;
- portugais : 31 % ;
- français : 44 %. L'on voit ainsi facilement le degré variable de conservatisme des langues romanes, la plus proche du latin phonétiquement (en ne considérant que les voyelles toniques) étant le sarde, la plus éloignée le français.

Diffusion mondiale des langues romanes

Du fait de la colonisation, l'aire géographique des locuteurs de langues romanes s'étend largement au-delà de l'Europe. Les plus largement diffusées sont l'espagnol (Mexique, Amérique centrale et Amérique du Sud, Philippines, etc.), le portugais (Brésil, Angola, Mozambique, etc.) et le français (Canada, Afrique, etc.). Le castillan et le français sont comptés parmi les langues officielles de l'ONU.

Annexes

Bibliographie


- Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes, éditions Duculot, Louvain-la-Neuve, 1994 (2 édition) ;
- Pierre Bec, Manuel pratique de philologie romane, Paris, 1970-1971, deux tomes ;
- Mireille Huchon, Histoire de la langue française, Paris, 2002 ;
- Édouard Bourciez, Éléments de linguistique romane, Paris, 1967 pour la 5 édition ;
- Max Niedermann, Phonétique historique du latin, Paris, 1953 pour la 3 édition.

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes

Liens externes


- [http://www.romaniaminor.net/mapes/romania.swf Carte des langues romanes]
- [http://crdp.ac-bordeaux.fr/langues Le site sur l'enseignement des langues régionales dans l'académie de Bordeaux]
- [http://gascon.ac-bordeaux.fr Le site du Rectorat de Bordeaux sur l'enseignement de l'Occitan dans le secondaire]
- [http://crdp.ac-bordeaux.fr/capoc Le site du CDDP des Pyrénées-Atlantiques sur l'enseignement de l'occitan dans le primaire en Aquitaine]

Toscan

Les parlers toscans sont des dialectes romans parlés en Toscane mais également en Corse (la langue corse divisée elle-même en cismontanu et en oltramontanu) et au nord de la Sardaigne (les dialectes de Sassari et de la région de la Gallura). C'est l'éclat littéraire du parler de Florence qui l'impose comme norme standard de l'italien moderne : Dante, Pétrarque et Boccace notamment. Sa position centrale et le développement politique et économique de cette ville renforcent ce choix. La variété florentine du toscan est codifiée par Pietro Bembo (Prose della volgar lingua - Proses de la langue vulgaire, 1526) mais aussi par l'Accademia della Crusca qui impose son Vocabolario en 1612. Elle triomphe avec Alessandro Manzoni et ses Promessi sposi en 1827. Catégorie:Langue romane

Florence

Florence (en italien Firenze) est une ville d'Italie, capitale de la Toscane et chef-lieu de province (417 386 habitants, les Florentins). De nos jours, Florence est connue pour ses monuments historiques de la Renaissance.
Renaissance

Histoire

Florence a été fondée pendant l'époque romaine, en 59 av. J.-C., près du fleuve Arno. Elle n'a été qu'une simple bourgade jusqu'au , début de son essor économique et artistique qui dura jusqu'au . La ville a été dominée par différents clans qui se sont disputé le pouvoir. En 1434, ce sont les Médicis qui deviennent maîtres de la ville. En 1569, Florence devient la capitale du grand-duché de Toscane. La ville garde de cette époque glorieuse de nombreux monuments, dont l'église San Miniato al Monte (1018), l'église Santa Maria Novella, l'église Santa Croce, le Dôme (il Duomo, dont la coupole est réalisée par l'architecte Brunelleschi), abritant des œuvres de Giotto, Donatello ou encore Michel-Ange. Florence connut ensuite une période de lent déclin, jusqu'en 1865, date à laquelle elle devient capitale du royaume d'Italie, jusqu'en 1870, date à laquelle Rome est rattachée au royaume et en devient la capitale. Entre le 7 et 10 novembre 2002, la ville accueille le premier Forum social européen (FSE). Forum social européen

Quelques dates


- 1059 : Consécration du Baptistère de Florence.
- 1232 : Construction de Santa Croce, église des Franciscains, à Florence.
- 1294 : Début de la construction de la cathédrale de Florence.

Trecento


- 1330 : Andrea Pisano sculpte la porte de bronze doré du Baptistère de Florence.
- 1337 : Décès à Florence du peintre et architecte italien Giotto.
- 1370 : Le jeu de cartes arrive d'Orient en Europe par Florence.
- 1378 : Une révolte de travailleurs réussit à Florence et entraîne la création d'une corporation des ouvriers du textile.
- 1386 : Naissance à Florence du sculpteur italien Donato di Niccolo di Betto Bardi dit Donatello, mort en 1466
- 1395 : Naissance à Florence du peintre italien Guido dit Pietro dit Fra Angelico, mort en 1455

Quattrocento


- 1403 : Le sculpteur italien Lorenzo Ghiberti commence à travailler sur les portes de bronze du Baptistère de Florence.
- 1406 : La cité-État de Pise est vaincue par Florence.
- 1421 : Le premier brevet connu est délivré à Florence.
- 1429 : À Florence, activité de l'atelier de Luca della Robbia (sculpteur et céramiste).
- 1434 : Cosme de Médicis devient le maître de Florence.
- 1436 : Brunelleschi termine la coupole du Dôme de Florence.
- 1440 : À Florence, Donatello fond le bronze David.
- 1441 : Une bibliothèque publique est ouverte à Florence.
- 1445 : Naissance à Florence du peintre italien Sandro Filipepi dit Sandro Botticelli, mort en 1510
- 1452 : Naissance à Vinci, non loin de Florence, du peintre, sculpteur, architecte, ingénieur et écrivain italien Léonard de Vinci, mort en 1519
- 1458 : La construction du Palais Pitti commence à Florence. Palais Pitti]
- 1466 : Décès à Florence du sculpteur italien Donato di Niccolo di Betto Bardi, dit Donatello.
- 1469 : Début du principat de Laurent le Magnifique (Lorenzo Medici) à Florence, qui dure jusqu'en 1492
- 1472 : Naissance à Florence du peintre italien Bartolomeo della Porta dit Fra Bartolomeo, mort en 1517
- 1475 : Décès à Florence du peintre italien Paolo di Dono, dit Paolo Uccello.
- 1485 : Le peintre florentin Sandro Botticelli peint à Florence la Naissance de Vénus.
- 1494 : Naissance du peintre italien Francesco d'Ubertino dit Le Bachiacca à Florence. Succès d'un soulèvement populaire contre les Médicis à Florence. Charles VIII, roi de France envahit l'Italie et entre à Florence, les guerres d'Italie commencent.

Cinquecento


- 1503 : Naissance à Florence du peintre italien Agnolo di Cosimo dit Bronzino, mort en 1572
- 1510 : Décès à Florence du peintre italien Sandro Filipepi dit Botticelli.
- 1512 : Les Habsbourg réinstallent les Médicis à la tête de Florence.
- 1517 : Décès à Florence du peintre italien Bartolomeo della Porta dit Fra Bartolomeo.
- 1560 : La construction du Palais des Offices commence à Florence.
- 1572 : Décès à Florence du peintre italien Agnolo di Cosimo dit Bronzino.
- 1582 : L'Academia della Crusca, première académie de langue italienne est fondée à Florence.
- 1597 : Création à Florence de Dafne de Jacopo Peri, considéré comme le premier opéra de l'histoire dont la musique a été perdue.

Ottocento


- 1826 : Naissance à Florence de Carlo Lorenzini dit Carlo Collodi, l'auteur de Pinocchio.
- 1890 : Décès à Florence de Carlo Collodi. 1890

Art dans la ville

L'article anglais indique qu'il est considéré que des mille plus grands artistes européens du second millénaire, 350 ont vécu ou travaillé à Florence.
Voir l'article dédié art de Florence

Blasonnement

art de Florence] Le lys rouge, distinct du modèle des rois français, symbolise la cité de Florence. Il est nommé Fleur de lys florencée et est semblable à l'héraldique de Lille. Ce symbole figure sur sa monnaie au temps de la Cité-État : le florin, et lui donne son surnom littéraire: la cité au lys rouge.

Jumelage

Florence est jumelée avec Kyoto et Fès. Florence est aussi jumelée avec Reims depuis le 5 mai 1956 - Un timbre poste avec cachet « premier jour » a été réalisé pour ce jumelage. Il représente l'ange du sourire de la cathédrale rémoise et « Allegoria degli Uflizi de Boticelli »

Liens Externes


- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/us/florence/florence_italy.htm Florence: Virtual travel in the city of Renaissance] (English/Italian)
- [http://wikitravel.org/fr/Florence Florence, sur Wikitravel]
- [http://www.aboutflorence.com/florence/ À propos de Florence: guide non-commercial de Florence]
- [http://www.istitutofrance.it Site de l'Institut Français de Florence] Catégorie:Ancienne préfecture Catégorie:Capitale européenne de la culture Catégorie:Patrimoine mondial en Italie Catégorie:Toscane Catégorie:Ville d'Italie catégorie:Ancienne capitale de pays Catégorie:Pinocchio ja:フィレンツェ ko:피렌체

Pise

Pise est une ville d'Italie célèbre dans le monde principalement pour sa tour penchée. sa tour penchée sa tour penchée

Histoire


- 1004, la ville de Pise est pillée par des pirates arabes.
- 1011, mise à sac de Pise par les Arabes.
- 1015, les Pisans chassent les arabes de Sardaigne.
- 1063, début de la construction de la cathédrale de Pise.
- 1077, le pape confie l'administration de la Corse à Pise.
- 1087, Pise et Gênes battent les Arabes à Madhia en Tunisie qui libèrent leurs esclaves européens et s'emparent du commerce avec l'émirat Ziride d'Afrique du Nord.
- 1121, l'empereur byzantin Jean II Comnène accorde des privilèges commerciaux à Pise.
- 1173, début la construction du campanile (la Tour de Pise)
- 1284, la flotte génoise défait Pise et devient dominante dans la Méditerranée.
- 1406, la cité-État de Pise est vaincue par Florence.
- 1408, concile de Pise.
- 1511, concile profrançais de Pise, dont l'objectif est de déposer le pape Jules II.

Personnalités


- Galileo Galilei dit Galilée, astronome et physicien de renom
- Nicola Pisano, sculpteur
- Giovanni Pisano, sculpteur et architecte né en 1248 à Pise
- Leonardo Pisano dit Fibonacci, mathématicien italien

Résidents


- Enrico Fermi, physicien et lauréat au prix Nobel de physique 1938
- Carlo Rubbia, physicien et lauréat au prix Nobel de physique 1984
- Giosuè Carducci, poète et lauréat au prix Nobel de littérature 1906
- Carlo Azeglio Ciampi, politicien, actuel président de la République Italienne
- Giovanni Gronchi, politicien, ancien président de la République Italienne
- Giovanni Gentile, philosophe et politicien

Monuments


- La Tour de Pise ou Torre pendente
- La cathédrale ou le Duomo
- Le Baptistère
- Le Camposanto
- La Piazza dei Cavalieri (La Place des Cavaliers) regroupe des monuments notables tels que la Tour de l'Horloge ou le Palazzo dei Cavalieri.

Articles connexes


- Université de Pise (fondée en 1339)

Liens externes


- [http://druine.free.fr/pise Un guide en ligne sur la Tour de Pise]
-
Catégorie:Toscane ja:ピサ

Dante Alighieri

Cet article se concentre sur la biographie de Dante. Dante Alighieri (Durante degli Alighieri), poète, homme politique et écrivain florentin né sous le signe zodiacal des Gémeaux (mai ou juin) 1265 à Florence, mort le 14 septembre 1321 à Ravenne. Ravenne Dante est le premier grand poète de langue italienne, et son livre la Divine Comédie est considéré comme l'un des grands chefs-d’œuvre de la littérature universelle.

Biographie

La date de naissance de Dante est inconnue, mais nous savons d’après ce qu’il a écrit qu’il est né sous le signe des Gémeaux, donc entre la mi-mai et la mi-juin 1265. Nous savons aussi que sa famille était une grande famille florentine dont le vrai nom est Alaghieri, favorable au parti Guelfe. Son père, Alighiero di Bellincione, était un Guelfe blanc, mais il ne souffrit pas de la vengance des Gibelins, après leur victoire à la bataille de Montaperti, et ce salut donna un certain prestige à la famille. La mère de Dante était Bella degli Abati ; Bella est un diminutif de Gabriella, mais signifie aussi « belle physiquement ». Elle mourut alors que Dante n’avait que 5 ou 6 ans. Alighiero se mit peu de temps après avec Lapa di Chiarissimo Cialuffi (il n’est pas certain qu’ils se soient mariés), Alighiero eut avec elle deux enfants, le frère de Dante, Francesco et sa sœur, Tana (Gaetana). Quand Dante eut 12 ans, en 1277, son mariage fut négocié avec Gemma fille de Messer Manetto Donati qu’il épousa ensuite. Les mariages négociés à des âges aussi précoces étaient alors fréquents et constituaient une cérémonie importante, qui exigeait des actes officiels signés devant notaire. Dante eut de nombreux enfants avec Gemma. Comme c’est fréquent chez les gens célèbres beaucoup d’enfants se trouvaient être des enfants naturels de Dante, et il est probable que Jacopo, Pietro et Antonia furent ses seuls enfants légitimes. Antonia entra dans les ordres sous le nom de Sœur Béatrice. Un autre homme, Giovanni, se réclama de sa filiation et l’accompagna en exil, mais aucune preuve n’existe que ses prétentions soient justifiées.

Dévoué à Virgile

1277, peinture de William Bouguereau]] Peu de choses sont connues sur le parcours scolaire de Dante;  on présume qu’il étudiait à domicile. Il est quasi-certain qu’il étudia la poésie toscane, au moment où l’école poétique sicilienne, un groupe culturel originaire de Sicile, a commencé à être connue en Toscane. Ses centres d’intérêt le portèrent à découvrir les menestrelles, les poètes provençaux et la culture latine. Evidente est sa dévotion pour Virgile (Tu se’ lo mio maestro e ’l mio autore; tu se’ solo colui da cu’ io tolsi lo bello stilo che m’ha fatto onore., écrit-il dans La Divine comédie, L’Enfer, Chant I) Il faut souligner qu’au Moyen Âge les ruines de l’Empire romain se séparent définitivement, laissant une douzaine de petits états, de sorte que la Sicile était aussi éloignée (culturellement et politiquement) de la Toscane que celle-ci l’était de la Provence : les régions ne partageaient ni la même langue ni la même culture et les moyens de communication étaient difficiles. On peut supposer que Dante était pour son temps un intellectuel en phase avec son époque, raffiné et avec des centres d’intérêts pour ainsi dire internationaux.

Le « stil novo » et Béatrice

A 18 ans, il rencontre Guido Cavalcanti, Lapo Gianni, Cino da Pistoia puis très rapidement Brunetto Latini; ensemble ils deviennent les chefs de file du courant Dolce stil novo (traduit tout simplement par « Doux style nouveau », par exemple dans l’Anthologie bilingue de la poésie italienne parue à la Pléiade). Brunetto apparaît dans La Divine comédie (L’Enfer, XV, 82) en hommage à ce qu’il avait enseigné à Dante. D’autres études sont signalées, ou sont déduites de la Vita Nuova ou de la Divine Comédie, en ce qui concerne la peinture et la musique. A 18 ans, il rencontre Beatrice Portinari, la fille de Folco Portinari. Il semblerait que Dante ne l’ait vue qu’une seule fois et qu’il ne lui ait jamais parlé. Il est difficile de comprendre de quoi cet amour était constitué, mais il fut très important pour la culture italienne : c’est au nom de cet amour que Dante a donné son empreinte au Dolce stil novo ; il conduira les poètes et les écrivains à découvrir les thèmes de l’amour dans un mode emphatique sans précédent. L’amour pour Béatrice (comme dans un autre style celui de Francesco Petrarca pour sa Laure) sera apparemment un moteur pour la poésie et pour vivre ensemble leur passion politique.

Dante et l’Euro

Euro C’est le portrait de Dante par Raphaël qui a été retenu (après un vote du public) pour figurer sur la face nationale italienne de la pièce de deux euros.

Bibliographie


- La Divine Comédie (La Divina Commedia 1472, posthume) :
  - « L’Enfer » (1314)
  - « Le Purgatoire » (1316)
  - « Le Paradis » (1321)
- De vulgari eloquentia (1303-1304 inachevé)
- De la monarchie (De monarchia 1313-1318)
- Le Banquet (Il Convivio 1490, posthume)
- Vita nuova (1576, posthume) L’étude des écrits de Dante se nomme la Dantologie

Liens externes


- [http://www.liverpoolmuseums.org.uk/picture-of-month/displaypicture.asp?venue=2&id=152 'Dante and Beatrice' (1883) - Henry Holliday]
- [http://www.biblioweb.org/rubrique.php3?id_rubrique=168 Biblioweb]
- [http://iznogood-factory.org/pub/culture/Enfer_de_Dante.pdf L'Enfer de Dante en Français] Dante Alighieri Dante Alighieri Dante Alighieri Dante Alighieri Dante Alighieri Dante Alighieri Dante Alighieri ja:ダンテ・アリギエーリ ko:단테 알리기에리 simple:Dante Alighieri

Boccace

Giovanni Boccaccio, en français Jean Boccace Écrivain italien né en 1313 à Certaldo ou à Florence, mort le 21 décembre 1375 à Certaldo. Fils illégitime d'un marchand et d'une Française, il fit ses études de droit canonique à Naples où il fut largement intégré à la cour du roi de Naples. Il y vécut une passion pour une dame qu'il surnomma Fiammetta. A la fin de l'année 1340, il rentre à Florence où il se lie d'amitié avec Pétrarque . En 1362, il subit une profonde crise religieuse pendant laquelle il voulut même détruire tous ses manuscrits. Pétrarque l'en dissuada. Retiré à Certaldo, il vécut la fin de sa vie dans la misère. Enfin, en 1373-74, il fut invité par la ville de Florence à faire la lecture publique de la "divine comédie" de Dante dans l'église San Stefano di Badia, ce qu'il fit jusqu'à sa mort. Si Dante est considéré comme le fondateur de la poésie italienne, Boccace est généralement admis comme le créateur de la prose italienne.

Principales œuvres

Œuvre majeure :
- Decameron, roman en prose écrit entre 1349 et 1353.
  - Le Decameron est un recueil de 100 nouvelles, narrées tour à tour pendant 10 jours (signification du titre) par 7 femmes et 3 jeunes hommes qui fuient l'épidémie de peste qui ravagea Florence en 1348. Cette œuvre inspira de nombreux écrivains dont Jean de La Fontaine et Geoffrey Chaucer. Œuvres mineures : "Il Filocolo" : une des premières œuvres de sa période napolitaine, écrite vers 1336. œuvre en prose en cinq livres racontant l'histoire de deux amants, Florio et Biancofiore "Filostrato" : poème narratif de la période napolitaine. "Caccia di Diana" : poème mythologique écrit vers 1338. "L'Ameto o commedia delle ninfe fiorentine" : roman allégorique dans lequel la prose alterne avec la poésie. Il s'agit de la première œuvre de sa période florentine, composée vers 1341. "L'Elegia di madonna Fiammetta" : écrite à Florence vers 1343, œuvre en prose dans laquelle Fiammetta raconte l'histoire de son amour pour Panfilo (Boccace en réalité). "Ninfale fiesolano" : poème allégorique pastoral écrit vers 1346. "Corbaccio" : satire en prose contre les femmes, écrite vers 1355. "Trattatello in laude di Dante" : étude sur Dante écrite entre 1351 et 1355. "Genealogia deorum gentilium" : traité de mythologie écrit en latin entre 1363 et 1366.

Lien externe


- Sur le site [http://www.biblioweb.org/-BOCCACE-Jean Biblioweb], une biographie de Jean Boccace, ainsi que le résumé de chacune des 100 journées du Décaméron. Catégorie:Poète italien Catégorie:Écrivain italien Boccace, Jean Boccace, Jean ja:ジョヴァンニ・ボッカッチョ

Langue étrusque

La langue étrusque fut parlée sur le territoire de l'ancienne Étrurie, en Italie centrale, correspondant grosso modo à l'actuelle Toscane (qui lui doit son nom), à partir du , jusqu'à son extinction en tant que langue vivante aux alentours du de l'ère chrétienne. Il existe un corpus, soit un ensemble d'inscriptions en langue étrusque conservées jusqu'à ce jour, dûment répertoriées et provenant pour la plupart d'entre elles de Campanie, du Latium, de Falerii et Faliscus, Véiès, Cerviteri (Caere), Tarquinia et alentours, mais aussi d'endroits plus éloignés, hors de l'Étrurie, et avec lesquels celle-ci entretenait d'étroits rapports diplomatiques ou commerciaux : ce qui deviendra à l'époque romaine la Gallia Narbonensis (la Narbonnaise), mais aussi la Corse, la Sardaigne et l'Afrique du NordCarthage était souveraine. Le seul langage attesté avec lequel on ait trouvé une parenté avec l'étrusque est celui qui fut parlé dans l'île de Lemnos, avant l'invasion athénienne (), où des stèles ont été trouvées, comportant des inscriptions rédigées avec des caractères proches de ceux utilisés par les Étrusques.

Les textes

Outre les abécédaires et les inscriptions épigraphiques (voir alphabet étrusque) que l'on trouve sur quantité d'objets comme les poteries ou les miroirs de bronze, sur les parois des tombes ou des sarcophages, inscriptions généralement brèves et limitées aux nom et filiation des personnes auxquelles appartenaient ces objets ou ces sépultures, les textes les plus longs et les plus importants sont les suivants :

La tuile de Capoue

Un texte de dix paragraphes divisés chacun par une ligne horizontale et comportant soixante-deux lignes où trois cents mots lisibles se sont conservés. Il s'agit d'un texte de nature religieuse relatant un rituel contenant des prescriptions relatives à des rites funèbres. Découverte en 1899.

La « stèle » de Pérouse

Quarante-six lignes et une centaine de mots, relatifs à un contrat passé entre deux familles à propos des limites des domaines respectifs (il s'agit davantage d'une borne que d'une stèle). Découvert en 1822.

Quatre inscriptions sur tablettes de plomb

Celles-ci ont été trouvées :
- la première aux alentours de Rome à Sta. Marinella, onze lignes et environ mots lisibles, réponse oraculaire ou formule de nature rituelle ;
- la seconde à Magliano, dans la Maremme, incisée en spirale et faisant allusion aux offrandes en l'honneur de plusieurs divinités ;
- la troisième à Volterra comportant treize lignes et environ soixante mots, de nature vraisemblablement magico-rituelle ;
- la quatrième à Campiglia Marittima dans le nord de la Maremme, comportant dix lignes et une cinquantaine de mots, correspondant à une malédiction lancée par une affranchie à l'encontre de plusieurs personnes. 400px

Les tablettes de Pyrgi

Incisions sur plaquettes d'or retrouvées dans le sanctuaire dédié à Astarté, deux inscriptions intéressantes en ce qu'elles ont été retrouvées avec une troisième rédigée en langue punique (phénicien), inscription bilingue donc. La première contient la dédicace, de la part d'un certain Thefarie Velianas, « magistrat » ou « seigneur » de Caere (Cerviteri) à la déesse assimilée ici à Uni (Hera-Junon), ainsi qu'une formule augurale. La seconde fait allusion aux cérémonies qui doivent être accomplies en son honneur. Découvertes en 1964.

La momie de Zagreb

Le texte le plus important qui ait été retrouvé, de par la longueur et par conséquent le contenu, vu la rareté et la brièveté des textes qui sont parvenus jusqu'à nous et qu'il est convenu d'appeler le Liber linteus. Il s'agit d'un « livre », manuscrit sur toile de lin, servant de bandelettes enveloppant une momie trouvée en Égypte et conservée au Musée National de Zagreb, d'où son nom. Datant du I siècle ap. J.-C. environ et au plus tard, il s'agit d'un texte calligraphié en rouge et noir en une douzaine de colonnes verticales et, sur les 230 lignes contenant environ 1 200 mots lisibles, plus une centaine qu'il est possible de déduire du contexte, cinq cents mots originaux émergent compte tenu des répétitions typiques des formules et invocations rituelles. On pourrait définir ce livre une sorte de calendrier religieux évoquant certaines divinités et les cérémonies à accomplir aux lieux et dates indiqués. Découvert en 1868 (acheté en Égypte en 1848-49).

Le livre d'or

Appelons ainsi les six plaquettes reliées par des anneaux, récemment retrouvées en Bulgarie et conservées au Musée National de Sofia, depuis qu'elles ont resurgi de manière assez rocambolesque. Elles avaient, paraît-il, été découvertes vers 1940 dans une tombe lors de l'excavation d'un canal dans le sud-ouest de ce pays, puis conservées secrètement, et anonymement léguées, en ces premières années deux mille, par son possesseur âgé de 87 ans et vivant en Macédoine. Il s'agit de plaquettes comportant les bas-reliefs d'un cavalier, d'une sirène, une harpe, et un texte (ces feuilles d'or se présentent de la même manière que celles de Pyrgi et ont la même apparence). Il existe ainsi une trentaine de feuilles d'or, selon la responsable du département d'archéologie du musée de Sofia. Le texte étant en cours d'étude à Londres, les experts n'ont pas encore publié le compte rendu de leurs recherches.

Classification linguistique

Il n'y a pas consensus, actuellement, sur le lien éventuel de la langue étrusque avec la famille des langues indo-européennes (l'indo-européen est une langue supposée et recomposée, artificielle en fait, reconstruite au siècle dernier par les linguistes) qui ont la particularité d'être flexionelles (voir: langue flexionnelle), alors que l'étrusque est une langue agglutinante, comme l'élamite, sa contemporaine qui n'a jamais pu être liée aux langues sémitiques voisines, ni aux langues indo-européennes. Certains linguistes, considèrent en effet que le lien entre étrusque et proto-indo-européen n'est pas prouvé et qu'il doit donc être rejeté jusqu'à plus ample informé. En particulier, le lexique étrusque n'a pas, selon ces chercheurs, de point commun identifiable avec les racines indo-européennes reconstruites. C'est par exemple la position de Bader, Sergent, et d'autres. D'autres linguistes avancent des arguments convaincants en faveur d'un lien entre étrusque et langues indo-européennes. Ce sont tout d'abord des correspondances dans certains traits grammaticaux: formations du génitif, voire d'autres cas de la flexion nominale, ordre des mots, certaines prépositions (hintha: en-dessous,...) ou particules ("-c" : et ; cf. indo-européen "
- -kwe" dont est issu le latin "-que"). Mais ce sont aussi des correspondances dans le lexique (en contradiction avec les linguistes mentionnés ci-dessus). Ainsi, D. E. Perrotin rapproche l'étrusque clan (fils), souvent cité comme preuve du caractère indiscutablement non-indo-européen de l'étrusque , de formes celtes et tokhariennes, dont l'éloignement géographique garantit l'origine indo-européenne (par exemple irlandais clann: enfants, famille ; tokharien B kliye: femme). Certains chercheurs précisent le point de rattachement de l'étrusque à l'indo-européen: pour Adrados et Faucounau, l'étrusque est apparenté au lycien, langue indo-européenne du groupe anatolien, groupe considéré comme le plus archaïque (c'est-à-dire le plus anciennement détaché du tronc commun). Cet apparentement consisterait à penser que l'étrusque s'est détaché du tronc commun indo-européen encore plus tôt que l'anatolien (pour Faucounau, et contrairement au consensus général, c'est également le cas du lycien). Pour d'autres, la proximité de l'étrusque au groupe anatolien serait plus nette si l'on prend en compte, à la suite d'Hérodote, le lydien (et non le lycien), langue parlé dans la région de la Lydie. Mais l'idée est la même: l'étrusque serait une langue issue du rameau indo-européen avant même le groupe anatolien. Selon certains linguistes britanniques, elle appartiendrait à une « super-famille » que ceux-ci nomment « nostratique » ou eurasienne. Une telle origine supposerait en effet remonter en des temps beaucoup plus reculés qu'il est généralement habituel de le faire quand on a jusqu'à présent cherché celle-ci. Aussi s'agirait-il davantage non pas tant d'une langue indo-européenne, que pré-indo-européenne, proto-indo-européenne en son stade le plus avancé. Ceci expliquerait les nombreuses ressemblances qu'on a pu trouver à la langue étrusque avec soit certaines langues du pourtour de la Mer Noire par exemple, soit avec des langues définies comme non indo-européennes telles que les langues finno-ougriennes (finnois) ou le basque (cette dernière étant sans doute la plus ancienne parlée sur le continent européen). Pour certaines, il s'agirait alors davantage de langues pré-indo-européennes que non indo-européennes, parlées de l'Atlantique à l'Indus, cristallisées à ce stade, et connaissant par la suite une évolution autonome. Il faut noter qu'un certain nombre de mots, nettement minoritaires, n'appartiennent pas directement à la langue étrusque ; il s'agit d'emprunts, « étrusquisés », faits aux langues des divers autres peuples que côtoyaient les Étrusques. Le débat est parfois faussé par le fait que de nombreuses polémiques ont agité les linguistes au sujet de cette langue en vertu de la connotation idéologique qu'à pu prendre pour certains le terme « indo-européen ». Ceci est bien regrettable parce que d'une part, cela a contribué à jeter une ombre sur une civilisation qui, en soi, n'est jamais qu'une civilisation du monde antique parmi les autres, et d'autre part parce que, au-delà du fait de savoir si on doit la classer ou non parmi les langues indo-européennes, il serait plus intéressant de savoir ce que nous disent les textes. Or cette langue qu'est l'étrusque est suffisamment connue pour qu'on puisse proposer des traductions (pas toujours consensuelles) des textes parvenus jusqu'à nous; dans l'ensemble, on sait de quoi parle un texte donné.

L'étrusque, langue des Tyrréniens

Les Tyrréniens étant une composante, la troisième et dernière, du peuple étrusque, recherchés par l'auteur d'une thèse, contoversée quand à la méthode de recherche dite "citophonétique", à travers les racines de leur langue. Selon son auteur, A. Di Mario, partis d'Asie Mineure, corroborant la légende de l'Énéide selon laquelle ceux-ci venaient de Troie à la suite d'Énée, et plus précisément de Datassa/Darhutassa, « Dardanelles », ils auraient émigré, sillonant la mer Égée, laissant trace de leur passage et permanence à Lemnos, en Crète et à travers l'Hellade, en Sardaigne et en Corse avant de débarquer dans le Latium pout y fonder Rome, non loin de la ville des Sabins autochtones, portant avec eux leur langue, que l'auteur définit anatolique et pré-grecque. Appelés « Tyrsenoi », Tyrréniens, par leurs voisins Grecs, ils se nommaient eux-mêmes Rasna ( de melch rasnal, « de l'assemblée sacrée », tandis que tesne rasnal signifie « loi sacrée »). La racine de leur nom dérivant de Ra, le soleil comme le dieu d'Égypte, les Rasna s'estimant en effet fils de Tarchun, de Vel (la lumière) et de Ra, le soleil.

Quelques mots connus de la langue étrusque

Quelques prénoms révélés par l'épigraphie


- féminins : Ram(a)tha; Tanachilla; Velia; Larthia ;
- masculins : Larth