Home About us Products Services Contact us Bookmark
:: wikimiki.org ::
Kassites

Kassites

Les Kassites sont un peuple de l'Orient Ancien, originaires selon toute vraisemblance des montagnes du Zagros. Ils apparaissent dans les sources babyloniennes dans le courant du . Ils menacent les souverains de la Première Dynastie de Babylone par leurs raids. Après la destruction de cette dernière par les Hittites en -1595, un de leurs souverains prend le pouvoir dans cette ville. Il fonde ainsi la plus longue dynastie ayant régné dans cette cité, qui dure jusqu'à la prise de Babylone par les Élamites en -1155. Avec les Kassites, Babylone aura définitivement assi sa domination sur le sud de la Mésopotamie, qui est alors nommé Karduniash ("pays des Kassites"). Les plus grands rois kassites auront été Burna-Buriash I, qui s'empare de la ville d'Isin, et instaure la domination kassite sur le pays de Sumer dans le courant du , Kurigalzu (I ou II), qui fonde la ville de Dûr-Kurigalzu (Aqar Quf), Kadashman-Enlil Ier et son fils Burna-Buriash II, connus apr leur correspondance avec les pharaons égyptiens (milieu du ), et Kashtiliash IV qui menace sérieusement l'Assyrie vers la fin du . Les Kassites constituent encore une ethnie importante au Ier millénaire, et ils sont à l'occasion des adversaires des puissants Assyriens. Peut-être faut-il même voir dans les « Cassoi » que rencontrent les Grecs dans le Zagros à l'époque hellénistique des descendants de ceux-ci. Parce qu'elle a vite été assimilée par la culture mésopotamienne du fait de la faiblesse numérique de ses représentants, la culture kassite est très mal connue. On sait que les Kassites étaient organisés en tribus, les « maisons », descendantes d'un ancêtre commun. La langue kassite est seulement connue par quelques termes techniques, notamment sur l'art équestre dans lequel les Kassites étaient réputés, et par quelques titres de dignitaires de la cour royale kassite, essentiellement des fonctions militaires. Le plus grand dieu kassite, protecteur de la dynastie, était Shuqamuna, qui avait pour parèdre Shimaliya. D'autres dieux kassites étaient Buriash, Harbe, et aussi des divinités d'origine indo-aryenne, comme Maruttash (les Marut) et Shuriyas (Surya). Catégorie:Peuple indo-européen Catégorie:Proche-Orient ancien

Zagros

Zagros, chaîne de montagnes située au sud-ouest de l'Iran. Catégorie:Iran ja:ザグロス山脈

Hittites


Les Hittites furent un peuple habitant l'Asie Mineure durant l'Antiquité, rattachés aux Indo-européens. Ils envahirent l'Asie Mineure centrale vers 2500 Ils y soumirent le peuple autochtone, les Hattis à qui ils empruntèrent différents dieux, mythes et rites.

Histoire

L'histoire de ce peuple peut se diviser en plusieurs phases:

Genèse du peuple hittite et migration en Anatolie

Les Hittites, et les peuples indo-européens apparentés, ne sont pas originaires d'Asie Mineure. Il semble que le peuple autochtone soit les Hattis: civilisation urbaine très évoluée dont de nombreux vestiges subsistent (Hacilar, Çatal Hüyük ou Alisar). Les Hittites viendraient d'Europe. Leur genèse est encore très floue, mais l'hypothèse communément admise est la suivante. Au Néolithique (VII millénaire), une civilisation florissante se développe dans les Balkans et le bassin du Danube. Cette civilisation, dont la continuité ne fait guère de doute, se développe jusqu'au IV millénaire. Très raffinée, elle semble même avoir créé une sorte d'écriture picturale, probablement un syllabaire. Parallèlement, au V millénaire, un peuple plus fruste parlant très probablement une langue proche de l'indo-européen originel s'épanouit dans les plaines entre le Dniepr et la Volga. Cette civilisation est principalement caractérisée par les tombes de ses élites : des fosses recouvertes de petits tumulus, appelées en russe Kourgan. Elles ont donné leur nom à cette civilisation : la culture des Kourganes. Parfois, un peu improprement car une culture n'est pas un peuple, on les a appelé peuple des Kourgans ou les Kourgans. Certains membres de la culture des kourganes vont migrer, en trois vagues entre le V et le III millénaire, vers la civilisation danubienne et la détruire. De nombreux peuples, par assimilation réciproque, vont en résulter. On ne sait pas si les Hittites sont issus de la première vague des Kourganes (4400-4200) qui auraient, après avoir atteint les Balkans, été forcés à migrer vers l'Anatolie sous la pression de la deuxième vague de migrations ou s'ils sont issus de cette deuxième migration (3400-3200) mais ce n'est qu'à la fin du III millénaire que l'archéologie atteste de mouvements de population des Balkans vers l'Anatolie. Des populations de langue louvite semblent s'installer vers 2300-2200 : de nombreuses cités d'Asie Mineure, dont Troie, sont ravagées. Une seconde vague vers 2000-1900 semble s'être installée plus calmement, ce sont les populations parlant le hittite-nésite, essentiellement dans la boucle du fleuve Halys. Les Hittites sont alors sur le territoire des Hattis et une symbiose culturelle des deux civilisations a lieu. Le dialecte hittite de la ville de Nesa (ou Kanesh) s'impose dans la vie quotidienne, alors que la langue hattie devient la langue liturgique. Cette symbiose s'est effectuée peu à peu : en effet entre l'arrivée des Indo-européens et la constatation de la fusion des deux civilisations lors de l'établissement des Assyriens, il se passe deux à trois siècles. Il convient de noter que cette thèse concernant l'origine des Hittites, bien que la plus commune ne fait pas l'unanimité. Ainsi certains hittitologues estiment que les Hittites sont entrés en Anatolie par l'est, d'autres, tel Colin Renfrew, estiment même que ce peuple est autochtone à l'Asie Mineure et est un descendant des cultures de Çatal Hüyük et des premiers cultivateurs de la région.

L'époque des comptoirs assyriens (XX–XVIII siècles)

Au début du II millénaire, les Assyriens installent une vingtaine de comptoirs en Anatolie. Contrairement aux Hittites, les Assyriens arrivent en petit nombre et chaque comptoir consiste en une colonie assyrienne séparée de la population locale. Chacune de ces colonies, appelées karum conserve l'organisation assyrienne traditionnelle et demeure sous l'autorité du karum de Kanesh, lui-même contrôlé par la métropole. Les Assyriens, comme l'attestent les nombreuses tablettes cunéiformes retrouvées, contrôlaient toute l'économie de l'Asie mineure, en particulier le commerce du cuivre. Le pouvoir politique par contre était au main des princes hittites qui règnaient sur la multitude de principautés dont était composée l'Anatolie. Mais au début du XVIII siècle, les bouleversements du Proche-Orient entraînent la ruine, parfois violente, de ces colonies. Cela permet un premier mouvement d'unification de la région au XVIII siècle : le prince de Kussar, Pithana, s'empare de Nesa, l'ancien centre économique, et s'y établit. Son fils Anitta poursuit son œuvre et unifie une partie de l'Anatolie. Dans sa Proclamation d'Anitta, il prend le titre de Grand Roi qui sera utilisé par de nombreux souverains du Moyen-Orient durant les deux millénaires suivants. Anitta fut le seul roi de sa dynastie. Après lui, l'Anatolie traverse une période obscure de guerres et de famines qui dure une centaine d'années. L'usage de l'écriture disparaît presque totalement.

Souverains hittites légendaires


- Vers 2160 : Pamba
- Vers 2050 : Pithana
- Vers 1900 : Anitta

L'ancien royaume (vers 1680/1495)

Labarna I fut le premier véritable roi des Hittites. Il n'y a guère de documents ou de vestige de son règne et, mis à part l'Edit de Telibinu, peu de documents en font mention. Certains historiens avancent qu'il pourrait s'agir d'un roi légendaire. Tous les rois qui lui succédèrent sur le trône hittite utilisèrent le titre de Labarna, selon une méthode similaire à celles des empereurs romains qui utilisèrent les titres de César et Auguste à la suite de Jules César. De même, probablement pour marquer la continuité avec l'ephémère dynastie d'Anitta, Labarna I, et tous ses successeurs jusqu'à la chute de l'Empire, prend les titres de Grand Roi et celui d'homme de Kussar, ville d'origine de Pithana, père du premier roi Anitta. Son successeur fut Hattusili I, également appelé Labarna II. Ses liens de parenté avec son prédécesseur sont peu clairs : certains pensent que ce fut son petit-fils, son neveu ou encore son fils adoptif. Roi conquérant, son nom indique qu'il avait établit la capitale à Hattusa. Avec lui, le royaume hittite s'étendit au nord jusqu'à la mer Noire (Zalpa), au sud jusqu'à l'Arzawa et à l'est jusqu'à l'Euphrate. Il est le premier roi hittite à franchir les monts Taurus séparant l'Anatolie de la Syrie actuelle. Il y détruit Alahah, vassale du royaume de Yamkhad dont la capitale était Alep. Mursili I succède à son grand-père à la tête du royaume hittite. Comme son aïeul ce fut un grand guerrier. Il abat la puissance du Yamkhad dont il détruit la capitale Alep, puis, en 1594 mène un raid sur Babylone, qu'il prend, entraînant la chute de la dynastie fondée par Hammourabi. Mais à guerroyer loin de sa capitale, le royaume hittite se fragilise et lorsque Hantili I, beau-frère de Mursili, lui succède après l'avoir assassiné, c'est le début d'une longue période de troubles. Lors de la révolte de Karkemish, les Hourrites de l'Euphrate se soulevèrent et vainquirent le souverain. Les Gasgas firent leurs premières incursions dans les provinces du Nord. Son successeur, Zidanta I, est surtout connu pour son manque de scrupules : pour accéder au trône, il n'hésita pas à assassiner le fils et le petit-fils de Hantili. Lui-même sera assassiné par Ammuna, son propre fils, qui lui succédera. Sous son règne la situation empire et le royaume hittite perd plusieurs provinces dont l'Arzawa et l'Adana. À sa mort, après l'assassinat de ses héritiers légitimes, c'est Huzziya I, très probablement un de ses descendants illégitimes qui lui succède, mais il est rapidement renversé par Telibinu, beau-fils d'Ammuna qui l'exile ainsi que ses frères. Telibinu, principalement connu pour l'Edit de Telibinu établissant une loi successorale qui reste en vigueur jusqu'à la fin de l'Empire, réussit également à consolider le royaume hittite par différentes actions militaires et par un traité avec le roi du Kizzuwatna.

Souverains hittites de l'ancien royaume


- 1680/1650 : Larbana I
- 1650/1620 : Labarna II puis Hattushili I
- 1620/1590 : Mursili I
- 1590/1560 : Hantili I
- 1560/ ? : Zidanta I
- Ammuna
- ? /1525 : Huzziya I
- 1525/1495 : Telibinu

Le royaume de Hatta (vers 1495/1465)

Les successeurs de Telibinu sont encore mal connus. Seuls leurs noms et leur ordre de succession nous sont connus : Alluwamna, Hantili II, fils du précédent, Tarhurwaili, Zidanta II, Huzziya II et Muwatalli I. Néanmoins, cette période correspond à une période d'affaiblissement de l'État hittite, et cela suite à l'apparitions de deux nouvelles menaces extérieures:
- les Gasgas, qui avaient fait leurs premières apparitions sous le règne de Hantili I, deviennent plus menaçants. Ils forcent Hantili II à renforcer les défenses de la capitale et des villes proches des frontières du royaume.
- les Hourrites qui s'unifient et forment le royaume du Mitanni dont la puissance augmente rapidement. Cet État annexe ou vassalise alors les royaumes d'Alep, d'Alahah et du Kizzuwatna.

Souverains hittites du royaume de Hatta


- 1495/ ? : Alluwamna
- Hantili II
- Tarhurwaili
- Zidanta II
- Huzziya II
- ? /1465 : Muwatalli I

Le moyen empire (1465/1380)

Vers 1465, la dynastie fondée par Labarna est renversée. C'est la conséquence des troubles des règnes précédents et le nouveau roi, Tudhaliya Ie, possède des ascendances hourrites et kizzuwatniennes. Profitant des actions du pharaon Thoutmôsis III contre le Mitanni, qui vainc une coalition mitanno-canaanéenne à la Bataille de Megiddo, il remporte différentes victoires contre les Hourrites ce qui lui permet de replacer le Kizzuwatna sous la domination d'Hattusa et de détruire Alep. Outre l'ère de bonnes relations avec l'Égypte qu'inaugure la nouvelle dynastie, Tudhalya renouvèle profondément les élites du pays : dès son règne, aux côtés de l'aristocratie traditionnelle, de nombreux personnages portant des noms d'origine hourrite occupèrent des postes importants.

Souverains hittites du moyen empire


- 1465/1420 : Tudhaliya I
- 1420/1400 : Arnuwanda I
- 1400/1397 : Tudhaliya II le Tukhanti
- 1397/1395 : Hattushili II
- 1395/1380 : Tudhaliya III

Le nouvel empire (1380/1190)

1190 Après l'assassinat de l'héritier du trône, le jeune et énergique prince Suppiluliuma I réforme complètement le royaume hittite. C'est la véritable création de l'Empire hittite. Suppiluliuma rétablit également le royaume dans son rôle de pièce majeure de l'échiquier du Proche-Orient. Il lutte contre le Mitanni dont il réduit la puissance, puis il lance une campagne contre le Kizzuwatna qu'il annexe. Le renouveau de la puissance hittite bouleverse l'équilibre du Proche-Orient : les Hittites et les Égyptiens y exerçaient une lutte d'influence afin de contrôler le couloir commercial passant entre la Syrie et la Palestine. Or les pharaons égyptiens ne réagissent que mollement aux conquêtes hittites qui annexent ou vassalisent les États alliés du Mitanni, lui-même allié de l'Égypte : Alalah, Nuhasse et même Qadesh, clef de la vallée de l'Oronte, sont contrôlées par Suppiluliuma sous le règne d'Akhénaton ; les royaumes d'Amurru, d'Aziru et d'Ougarit deviennent des vassaux pendant le règne de Toutânkhamon. Finalement, les derniers alliés du Mitanni cèdent et Karkemish, contrôlant le passage de l'Euphrate, est intégrée à l'empire. Rompant avec la tradition, Suppiluliuma consolide ses conquêtes en passant des traités avec ses vassaux, qu'il choisit avec soin. Il nomme ainsi ses deux fils rois d'Alep et de Karkemish. Cette ville, l'une des plus anciennes du Proche-Orient, devient la deuxième ville de l'empire. C'est là que demeure le vice-roi, contrôlant de cette cité les différents royaumes syriens tous devenus progressivement les vassaux de l'empire hittite. Suppiluliuma renforce sa position en mariant ses filles aux différents rois syriens. Alors que les troupes égyptiennes sont repoussées à Qadesh, le pharaon Toutânkhamon meurt subitement sans d'héritier. Son épouse Ankhesenamon, convainc Suppiluliuma de lui envoyer un de ses fils pour un remariage. Suppiluliuma envoie finalement le prince Zannanzach qui est assassiné avant d'atteindre l'Égypte. Cet événement est l'un des facteurs déclenchant des guerres qui opposèrent les deux puissances pendant plusieurs générations. Suppiluliuma meurt précocement d'une peste, dont la propagation avait été favorisée par les nombreuses déportations de son règne. Son successeur, Arnuwanda II disparaît également peu après, de la même maladie. Mais l'œuvre de Suppiluliuma lui survit. Les rois d'Alep et de Karkemish, ses fils, ainsi que le roi du Mitanni, son beau-fils, sont liés par des liens très forts à la dynastie : ils resteront fidèles aux rois hittites jusqu'à la chute de l'empire. Ainsi, un fils cadet de Suppiluliuma monte sur le trône : Mursili II. La situation est difficile: non seulement la peste ravage le pays, mais Mursili doit tout d'abord mater la rebellion de certains vassaux. Le roi abandonne quelque temps la capitale Hattusa. Il conquiert l'Arzawa et détruit le royaume d'Azzi. Ougarit et l'Amourrou se voient contraints de renouveler leurs traités de vassalité. Finalement, la lutte contre les Gasgas est également nécessaire : il libère les provinces du nord et renforce la frontière sur les montagnes surplombant la mer Noire. Son fils Muwatalli II lui succède sur le trône. Comme pour ses prédécesseurs, son règne est rythmé par les guerres. Muwatilli vainc tout d'abord le royaume de Wilusa, au nord-ouest de l'empire, qui devient son vassal. Puis il doit faire face aux Gasgas qui franchissent la frontière, pillant et détruisant les cités hittites. La capitale Hattusa est détruite et le roi et sa cour se réfugient à Tarhuntassa, une ville du sud. Pour rétablir son autorité sur le nord du pays, il nomme son frère Hattusili administrateur des provinces du nord. En même temps, la menace assyrienne se précise : le Mitanni est vaincu et devient vassal de l'empire mésopotamien. Pendant qu'Hattusili pacifie le nord et que le roi assyrien Adad-Nirari devient le suzerain du Mitanni, le roi Muwatalli se concentre sur la Syrie voisine. Le conflit avec l'Égypte ne tarde pas à reprendre, ses pharaons Séthi I, puis Ramsès II désirant récupérer les possessions syriennes perdues sous Akhénaton et Toutankhamon, en particulier le royaume de l'Amourrou et la clé de la route commerciale reliant la Méditerranée et la Mésopotamie, la citadelle de Qadesh, à la frontière entre les zones d'influence des deux empires. Ramsès remporte dans un premier temps une victoire diplomatique en ralliant le souverain d'Amourrou à sa cause. La guerre atteindra son paroxysme lors de la deuxième bataille de Qadesh, véritable match nul qui rétablira le statu quo en replaçant le royaume d'Amourrou sous la suzeraineté hittite. Ce fut la fin du conflit entre les empires hittites et égyptiens : tout deux seront désormais accaparés par la menace assyrienne. Muwatalli II meurt en 1270 et son fils illégitime, Mursili III, lui succède sous la régence de son oncle Hattusili. Celui-ci se rebelle bientôt et exile Mursili qui se réfugie sur l'île de Chypre. Hattusili III monte sur le trône et signe un traité de paix avec l'Égypte (voir la rubrique Droit). Ayant reconquis les territoires occupés par les Gasgas et vaincus une rebellion des Louvites qui ne reconnaissaient pas son usurpation, Hattusili III a un règne un peu plus pacifique durant lequel il stabilise la situation en Syrie par la paix avec l'Égypte et une alliance avec Babylone lui permettant de surveiller la menace assyrienne. Mais cette menace grandit: le Mitanni est brisé par les Assyriens en 1260. Le successeur de Hattusili III est, conformément à la loi successorale, son fils, Tudhaliya IV. Celui-ci lutte d'abord pour maintenir l'unité de l'empire, contre les royaumes d'Ahhiyawa et d'Arzawa. Pendant ce conflit, il assure ses arrières en signant la paix avec l'Assyrie en contrepartie de la reconnaissance de ses conquêtes. Mais bientôt l'Assyrie repasse à l'offensive et attaque la rive ouest de l'Euphrate, en mains hittites. Tudhaliya réagit, mais sa contre-attaque aboutit à un échec à la bataille de Nihiriya en 1230. Tudhaliya s'emploie alors à imposer un blocus maritime à l'Assyrie. À l'aide du roi de Karkemish, il convainc les royaumes syriens, en particulier l'Amourrou, de respecter le blocus. Ceux-ci refusent les bateaux de l'Ahhiyawa. Tudhalia débarque également au royaume d'Alasiya, l'actuelle Chypre, qui lui verse un tribut en cuivre. Le blocus s'avère payant : l'Assyrie signe un traité de paix et restitue les territoires glânés au détriment du royaume de Karkemish. Mais Tudhaliya n'a pas seulement marqué l'histoire hittite par ses faits guerriers : véritable réformateur religieux, il réorganisa le culte, modifia les fêtes et agrandit le sanctuaire de Yazilikaya. Si la paix est maintenue sous les successeurs de Tudhaliya, Arnuwanda III puis son frère Suppiluliuma II, l'empire hittite, miné par de longues famines ayant entraîné de nombreux mouvements de population qui ont complètement déstabilisé l'État va encore s'affaiblir sous les coups des Peuples de la Mer qui ravagent toute la région. L'Empire hittite y survit, contrairement aux royaumes achéens et à Mycènes, mais en 1190 l'Empire s'effondre sous les coups des Gasgas. Hattusa et les principales villes hittites sont détruites et ne se relèveront jamais.

Souverains hittites du nouvel empire


- 1380/1342 : Suppiluliuma I
- 1342/1340 : Arnuwanda II
- 1340/1310 : Mursili II
- 1310/1270 : Muwatalli II
- 1270/1265 : Mursili III
- 1265/1250 : Hattushili III
- 1250/1210 : Tudhaliya IV
- 1210/1200 : Arnuwanda III
- 1200/1190 : Suppiluliuma II

Les royaumes néo-hittites (1190/700)

C'est à la même époque que les Phrygiens, autre peuple indo-européen, envahissent le plateau central d'Anatolie et y établissent leur royaume et leurs cités. La civilisation hittite survit à la chute de son centre. Dans le sud de l'Anatolie ainsi qu'en Syrie plusieurs royaumes de langue louvite sont fondés et Karkemish, où règnent des descendant de la dynastie de Suppiluliuma I, reprend le rôle de capitale culturelle du monde hittite abandonné par Hattusa. Un nombre important de petits royaumes voit alors le jour : en Cappadoce, une dizaine de princes s'allient dans la confédération du Tabal, alors qu'à l'est, le long de l'Euphrate, d'autres principautés apparaissent: le Milid, le Kummuhu, le Gurgum. Au sud, on trouve les États suivants : la Cilicie, les royaumes de Ya'diya et de Karkemish, Pattina, Arpad, le royaume d'Alep, la principauté de Til Barsid et enfin le royaume de Hama. Ces royaumes ne jouent certes aucun rôle politique majeur, mais ils prospèrent du XII au IX siècle. Ce n'est qu'entre 745 et 708 que les derniers disparaissent l'un après l'autre sous les coups des Assyriens. Le plus puissant d'entre eux, le royaume de Karkemish, disparaît en 717. C'est la fin de la civilisation hittite.

Religion

À l'inverse des autres grandes civilisations orientales, les prêtres n'avaient pas une grande importance dans la vie religieuse hittite, car leur rôle était plutôt modeste.

Panthéon

717 Profondément polythéiste, à tel point que les Hittites eux mêmes parlaient de leurs « mille dieux », leur religion fut caractérisée par trois phénomènes fondamentaux : tout d'abord elle est le résultat d'un syncrétisme entre la religion originelle de ce peuple et celle pratiquée par les Hattis autochtones ; ensuite, il n'y a jamais eu de panthéon officiel, chaque région, chaque localité a eu son propre panthéon qui variait au gré des conquètes et des défections ; finalement, les dieux adorés par les Hittites ont considérablement variés au cours des siècles, par l'assimilation des divinités des peuples voisins, parfois en les identifiant avec d'autres similaires du panthéon antérieur. Malgré l'absence de panthéon officiel, un effort d'identification des dieux eu lieu sous l'Empire : chaque cité conservait les noms de ses dieux propres, mais les dieux similaires de chaque cité étaient considérés comme uniques, bien que portant des noms différents.

Teshub, le dieu de l'orage

Au sommet de ce panthéon trônait le dieu de l'orage. Appelé Teshub en hourrite ou parfois Tarhunt, il est symbolisé par le taureau. Ce fut également, et surtout, le dieu de la guerre, plus particulièrement contre les étrangers.

Telebinu, le dieu agricole

Dans le panthéon hittite, Telebinu est le dieu de la fertilité. Il est le fils de Teshub, le dieu de l'orage. Ses colères se traduisent par de mauvaises récoltes.

Le temple

Le temple abrite, comme ailleurs en Orient, la statue qui a droit aux soins quotidiens définis par les rituels. Les fêtes principales ont lieu au printemps et à l'automne ; à cette occasion le dieu sort du temple. Il est souvent emmené dans un sanctuaire hors de la ville ; des rites propres à chaque divinité sont alors accompagnés de sacrifices qui donnent l'occasion d'un repas en commun ; des jeux en forme de compétition sportive et de simulacres de combats terminent ces fêtes, pratiques certainement d'origine indo-européenne, qui nous rapproche du monde grec. Le culte populaire nous est pratiquement inconnu. La divination et la magie jouent un rôle important. Les Hittites adoptent la pratique de la lecture des entrailles, pratiquée depuis longtemps en Mésopotamie. Un temple, dont le titulaire était un devin, à été retrouvé à Emar, avec ses archives et sa bibliothèque. L'Euphrate à été la voie d'expansion naturelle des pratiques culturelles de la Mésopotamie vers la Syrie du Nord et le monde hittite, et de là vers la Méditerranée.

Langues

De nombreuses langues furent parlées dans l'histoire hittite. Peuple indo-européen, les hittites parlaient le nésique (ou hittite-nésique), principal représentant de la branche des langues anatoliennes. Ce fut la langue officielle de l'empire. A côté d'elle on trouve principalement deux autres langues apparentées : le louvite provenant du sud anatolien (Royaume de Kizzuwatna) qui sera la langue principale des royaumes néo-hittites du Nord de la Syrie et le palaïte parlé au nord-ouest du Hatti. Des vestiges d'autres dialectes anatoliens ont été retrouvés dans toute la Turquie actuelle : le lydien sur la côte égéenne, le carien sur la côte sud-ouest, le pisidien et le sidétique sur la côte sud. La quasi-totalité de ces langues indo-européennes disparaîtront em même temps que l'empire. Le louvite survivra quelques siècles en Syrie et donnera naissance au lycien. Mais, à côté des langues indo-européennes parlées par les envahisseurs hittites, nous trouvons dans l'Anatolie des Hittites d'autres types de langues. Tout d'abord, la langue autochtone le hatti, langue agglutinante qui devint après l'arrivée des hittites une langue morte à laquelle le hittique-nésique a emprunté de nombreux mots, en particulier dans le domaine culturel et religieux car elle fut la langue liturgique tout au long du II millénaire. Parlée dans l'est du Kizzuwatna, sur l'Euphrate (en particulier le Mitanni) et dans les pays vassaux en Syrie, le hourrite, autre langue agglutinante sera de plus en plus utilisée par les Hittites, en particulier dans le domaine administratif et religieux : cela provient de la campagne de hourritisation entreprise par Suppiluliuma lors de sa profonde réforme au début de l'Empire. Finalement l'akkadien, langue diplomatique de l'époque, est également attestée, plus particulièrement après le raid sur Babylone par Mursili I. Il s'agit néanmoins d'un usage dans la correspondance qui ne correspond probablement pas à une utilisation de la langue dans la vie courante.

Écriture

Système d'écriture

Les Hittites n'avaient pas d'écriture lorsqu'ils arrivèrent en Anatolie. C'est naturellement qu'ils adoptèrent le système utilisé localement, l'écriture cunéiforme, qu'ils adaptèrent à leur langue. En effet, l'écriture cunéiforme créée initialement pour la transcription du sumérien, langue agglutinante, avait été adaptée à la transcription des langues sémitiques, mais ne convenait pas forcément à l'écriture d'une langue indo-européenne. C'est néanmoins assez tardivement que l'écriture cunéiforme fut utilisée, probablement après les expéditions en Mésopotamie, car le syllabaire utilisé est différent de celui utilisé auparavant dans les comptoirs assyriens et plus proche de celui utilisé à Babylone. À côté de l'écriture cunéiforme, les Hittites ont utilisé, principalement pour les inscriptions monumentales, une écriture hiéroglyphique. Les symboles de cette écriture sont appelés improprement hiéroglyphes hittites car ils ne transcrivent que rarement la langue hittite-nésique : la plupart des inscriptions monumentales sont en effet des inscriptions en louvite. Durant les troisième, second et premier millénaires, le parchemin restait rare et cher, tout comme le vélin. Le système de notation de l'époque était une tablette, qui se présentait sous la forme d'une petite boîte remplie de terre glaise fraiche et humidifiée par une lingette posée sur la surface. Au moyen d'un petit outil, tel un stylet en métal ou une plume de roseau taillé, le calame, on inscrivait sur la surface de la tablette ce que l'on désirait noter, et que l'on pouvait conserver en la cuisant au four. Les signes cunéiformes étaient formés en tapant verticalement le stylet sur la surface de la tablette, puis en le tirant pour former un trait.

Textes hittites

Se pousuivant encore de nos jours, les campagnes de recherche archéologiques ont permis de découvrir plus de 31 000 tablettes, dont la plupart ne sont que des fragments. On connait actuellement plus de 750 textes hittites différents, de longueur très inégale, de quelques lignes à une centaine de pages en version imprimée. On estime que ces textes représentent environ 15% des textes produits, chiffre avancé d'après la lecture des tablettes fichiers d'une bibliothèque hittite. Les textes les plus anciens sont de type historique, des chroniques et des annales, dans lesquels un souverain exposait comment son règne s'était déroulé . Même si ce sont les sources principales d'information sur l'époque, il convient de les aborder sous un angle critique. Le deuxième type de textes les plus souvent retrouvés sont juridiques ; ce sont des codes de lois hittites, qui comptent plus de 200 articles de loi dans divers domaines. Ces textes nous permettent ainsi de déterminer les fondements de la société hittite, sans avoir toutefois le moyen de confirmer leur application réelle. Il s'agirait peut-être de cas d'école destiné à exercer les juristes. Une troisième catégorie de textes retrouvés en grand nombre sont les traités internationaux, et les instructions administratives, qui étaient considérées par les Hittites comme similaires. Il s'agissait en fait d'instructions envoyées aux délégués locaux représentant le pouvoir central (gouverneurs des cités ou souverains des royaumes féodés), ou d'instructions militaires et douanières. Ces dernières, adressées aux gardes-frontières, ont ainsi permis de délimiter les frontières de l'empire hittite au cours du temps. Les traités internationaux concernent les relations avec les puissances voisines : cela nous permet de jauger l'importance de ce royaume dans toute l'Asie Mineure. On a ainsi retrouvé des échanges diplomatiques entre l'empire hittite et l'Égypte rédigés en akkadien. Ces correspondances nous montrent l'existence de relations, dans l'ensemble cordiales puisque distantes, et en particulier au XIV siècle lors de l'assassinat de Toutankhamon. La très grande majorité des 750 textes hittites retrouvés sont religieux : une première partie d'entre eux sont de type rituel, employés dans toutes les situations, pour demander la protection d'un dieu. Ils sont relativement courts, et se décomposent en une description contextuelle du rituel et une suite d'instructions. Il existe des rituels pour tous types de situations, et leur nombre n'aurait cessé de s'accroître au cours de l'histoire. Une deuxième partie de ces textes religieux sont de type mythologique, sous la forme de récits. Ils sont beaucoup moins développés que ceux de la Grèce antique, et décrivent le panthéon hittite dominé par le dieu de l'orage, puis une série de dieux importants chargés de l'argriculture, de la guerre, etc., et enfin les dieux locaux ou mineurs. Une troisième partie de ces textes concerne la magie, qui regroupe également la médecine, car la notion même de médecine fait appel à des pratiques magiques qui reposent sur la divination. Ces pouvoirs sont l'apanage de femmes, des sorcières dans la grande majorité louvites, chargées d'interpréter les présages. Aujourd'hui encore, on continue de trouver des documents hittites en Anatolie.

Organisation sociale

La royauté

Le roi

Termes utilisés
De nombreux termes sont utilisés dans les textes hittites pour désigner le monarque. La prononciation de certains d'entre eux n'est d'ailleurs pas connue car les Hittites utilisant l'écriture cunéiforme ont parfois repris les sumérogrammes et les akkadogrammes sans les modifier pour représenter leurs propres mots :
- LUGAL désigne les rois de moyennes importance : les chefs des royaumes vassaux ou ceux des villes faisant partie de l'empire ;
- LUGAL GAL, « Grand Roi », désigne le roi hittite, le roi des rois. Il désigne également les grands souverains étrangers (égyptiens, babyloniens ou parfois même achéens) ;
- labarna (pré-hittite) ou tabarna (hittite), « solaire », du dieu soleil, titre honorifique attribué aux rois ;
- hassu ;
- UTU « Soleil ».
Fonction
La royauté hittite était bien différente de certaines monarchies contemporaines, en particulier de la monarchie égyptienne: en effet, contrairement au pharaon, le roi n'était pas considéré comme un dieu de son vivant. Les terres hittites appartenaient aux dieux, le roi était leur représentant et les gérait en leur nom. Ce n'est qu'après sa mort que le roi était divinisé, sa statue rejoignait celle de ses ancêtres. Par ailleurs, le terme utilisé pour indiquer le décès du roi signifiait également « devenir dieu ». Ainsi, en tant que représentant des dieux, investi par le dieu de l'orage Tarhunt, c'est la fonction de grand-prêtre qui prédominait sur les autres. Ainsi, bien que commandant en chef des armées hittites permanentes, le roi n'hésitait pas à interrompre des campagnes, même lointaines, pour tenir son rôle dans la liturgie. Outre ces deux rôles, le roi était également le chef du pouvoir judiciaire, et à ce titre recours ultime en justice, et le responsable de la diplomatie.

La reine

Le successeur

Désignation
Fonction

L'assemblée

L'existence d'une assemblée est attestée par les documents hittiques. Néanmoins peu de certitudes à son sujet existent :
- On ne sait pas s'il y avait un ou deux types d'assemblée, en effet, les textes retrouvés utilisent deux termes pour parler de l'assemblée.
- On ne connaît pas la composition de cette assemblée : s'agissait-il de délégués, de nobles, de personnages influents tels des hauts-fonctionnaires, de religieux ? La manière de les désigner est également inconnue.
- Les pouvoirs de cette assemblée est également flou : il semblerait qu'elle n'ait que rarement pris des décisions ; aussi, certains historiens pensent que son rôle aurait été purement consultatif.
- Ses réunions étaient plus fréquentes au début de la période monarchique que sous l'Empire. Certains y ont vu un indice corroborant l'hypothèse que l'assemblée était un relicat de la culture hattie, où la monarchie aurait été élective.

L'administration

L'armée

L'armée hittite, forte en temps normal de quelque 30 000 hommes, est formée par ceux qui ont à l'égard du pouvoir des obligations militaires, par des mercenaires et par des contingents fournis par les États vassaux. Elle comprend deux armes, l'infanterie et la charrerie. Le commandement est assuré par le roi, le plus souvent personnellement (la société hittite des origines était de type militaire). Il peut cependant déléguer son pouvoir, soit qu'il ait des charges religieuses à accomplir, soit qu'il soit malade. L'organisation de l'armée est décimale : l'unité de base comprend 10 hommes commandés par un officier issu de la petite noblesse. L'échelon supérieur regroupe 100 hommes, et le suivant 1000. L'infanterie n'occupe le premier rôle que sur terrain accidenté. Cependant, son rôle dans le maintient de l'ordre dans les pays dominés est essentiel. Elle est particulièrement formée pour lancer des attaques brusquées et donc inattendues. Son entraînement méthodique et la discipline qui y règne en font une très bonne arme. Le char est l'élément essentiel du combat quand le terrain le permet. Léger et maniable, rapide, il assure une relative rapidité au tir. Il est monté par le conducteur, un combattant et un assistant chargé de protéger les autres avec un bouclier. En utilisant plutôt la lance que la flèche (utilisée par les Égyptiens), les Hittites en on fait une arme offensive efficace, chargée de foncer dans les rangs adverses, de les disloquer et d'y semer la panique. Les armes sont la lance, l'épée droite ou recourbée, le poignard, la hache et l'arc accompagné d'un carquois d'une trentaine de flèches, plutôt utilisé par l'infanterie légère. Le guerrier est protégé par une armure à écailles, un casque et un bouclier. Il n'y a sans doute pas de solde pour les hommes normalement astreint au service et ceux-ci se payent en général sur le butin. En stationnement, l'armée vit certainement sur le pays, mais il existe un service d'approvisionnement des armées qui est équipé de chars à bœufs et d'ânes. Les Hittites sont également passés maîtres dans l'art des fortifications urbaines.

La société

Le monde hittite est divisé en deux. La cour — formée des membres de la famille royale, d'un certain nombre de familles aristocratiques et de membres des familles des souverains voisins, liés à l'Empire hittite par des traités, du haut-clergé ainsi que du personnel du palais — vit en vase clos, et seule la justice royale s'applique à ces nantis. Le bas-peuple quant à lui est divisé entre hommes libres, serfs et esclaves :
- les hommes libres sont essentiellement les artisans, les marchands et les paysans
- les serfs sont formés par des populations déportées au gré des guerres : ces serfs, liés à la terre où ils sont établis ne peuvent se déplacer librement. Ces déportations avaient pour but de repeupler les régions dévastées.
- l'esclave a un véritable statut juridique, ce qui est exceptionnel pour l'époque. Son maître peut le vendre ou le punir, mais les esclaves peuvent aller en justice, épouser une femme libre ou encore avoir des biens propres.

Droit

Généralités

Sources

Le droit hittite est mal connu, essentiellement par des recueils de lois (deux tables retrouvées à Hattusa) et pas du tout par des documents de la pratique, comme les contrats. C'est un des droits les plus évolués de l'Antiquité, et ce très tôt, dès le II millénaire. Datant du XIV siècle, les lois sont composées par un fond coutumier archaïque, de jurisprudence et de lois royales d'époques différentes.

Droit pénal

Le droit pénal cherche plus la réparation du préjudice causé (telles que la remise en état d'une plantation saccagée) que la vengeance. Les dispositions législatives mettent également l'accent sur l'amendement du fautif. De nombreuses compensations pécuniaires sont prévues. Les incapacités temporaires de travail sont prévues : le responsable remplace la victime, personnellement ou par un esclave, paie le médecin et une indemnité. Cependant, il existe des peines de mutilation (oreilles ou nez) réservées aux esclaves pour les cas de vol ou d'incendie. La peine de mort est prévue, avec un champ d'application restreint pour l'époque : rébellion contre le roi ou un de ses hauts représentants, rébellion d'un esclave, adultère de la femme, viol et sortilège d'un esclave. De plus, la peine de mort s'applique sans accompagnement de supplices. Enfin, l'individualisation de la peine est prévue (sauf cas de responsabilité collective d'une ville, disposition patriarcale archaïque), ce qui témoigne d'une atténuation de la répression judiciaire. Les compensations pécuniaires sont moins élevées si le crime est commis contre une personne du commun. Pour l'époque, le fait même de prévoir des cas ou la peine de mort est appliquée à l'esclave est une avancée, car dans tous les droits contemporains, il est un bien meuble sur lequel son maître a les mêmes droits que sur un animal ou un objet.

Droit civil

La femme jouissait d'un statut privilégié dans le Proche-Orient du II millénaire. Dans la loi, le mariage se conclut par achat ou rapt. Dans le second cas, une indemnisation est prévue, et elle peut être versée à la famille ou aux parents. Le divorce est prévu, et la reine légitime gouvernait en l'absence du roi. Là encore, l'absence de documents de la pratique handicape l'analyse que l'on peut faire de ces dispositions. Enfin, non seulement le viol était reconnu, mais le violeur était puni (de mort).

Traité de paix

Après la Bataille de Qadesh (1274) qui opposa Mouwattali II à Ramsès II et qui s'acheva sur un statu quo, et surtout à cause de la montée en puissance de l'Assyrie, qui inquiétait autant les Hittites que les Égyptiens, Ramsès et Hattusili III (successeur de Mouwattali) furent amenés à conclure le premier traité international connu de l'histoire. Par chance, les deux versions ont été conservées. Ce traité inclut un pacte de non-agression, un pacte d'assistance mutuelle et même des clauses mutuelles d'extraditions de réfugiés.

Art

Architecture

Les temples hittites sont massifs. Les pierres à la base des murs sont couvertes de peintures et gigantesques : ce sont les orthostates.

Sculpture

Peinture et bas-relief

orthostate, Turquie]]

Artisanat

Poterie

Metallurgie

Littérature

Bibliographie


- Les civilisations anatoliennes, Marc Desti, Coll. Que sais-je?, P.U.F. 1998

Liens externes


- [http://o.lauffenburger.free.fr/index_fr.php?page=accueil Grammaire du Hittite] Catégorie:Antiquité Catégorie:Civilisation Catégorie:Empire hittite Catégorie:Histoire de la Turquie Catégorie:Peuple indo-européen ja:ヒッタイト

Babylone

Babylone est le nom d'une ville antique de Mésopotamie située sur l'Euphrate à environ 160 kilomètres au Sud-Est de l'actuelle Bagdad (Irak), près de la ville moderne de Hilla. Sa position géographique exacte est 32° 33’N - 44° 26’E.

Étymologie

Le nom de la ville de Babylone provient sans doute du nom pré-sumérien Babulu, que les Akkadiens ont expliqué étymologiquement par bab-ili(m), ce qui signifie « la Porte du Dieu ». Ce nom a été traduit en sumérien selon le même sens en Ka.dingir.ra. Les Grecs ont traduit ce nom en Babylon, qui a été repris par la suite par les Européens. Les Hébreux ont rapproché le nom Bab-ili de la racine hébraïque bbl, qui signifie « mélanger », ce qui rappelle le mythe de la Tour de Babel (nom hébreu de Babylone).

Les origines de Babylone

Tour de Babel Babylone est mentionnée pour la première fois au , à l'époque de l'Empire d'Akkad, dont elle fait partie. Elle est ensuite un centre administratif important de l'Empire d'Ur III. Mais elle ne devient un centre politique important qu'avec l'installation d'une dynastie amorrite au début du IIè millénaire. Rien ne prédispose cette bourgade riveraine d'un bras secondaire de l'Euphrate à devenir à partir de 1800 av. J.-C. la capitale d'un ensemble régional vaste auquel on donne le nom de Babylonie.

Babylone sous la dynastie amorrite

La dynastie amorrite de Babylone est fondée vers 1894 par Soumou-aboum (18941881 av. J.-C.). Les amorrites sont un peuple sédentaires originaire des steppes de l'ouest de la Mésopotamie. Son successeur Soumou-la-El (18801845 av. J.-C.) est le véritable fondateur du royaume babylonien, qui prend sous son règne une certaine importance. Ses successeurs agrandissent le royaume, et sous Sin-mouballit (18121793 av. J.-C.) Babylone devient une puissance capable de rivaliser avec les grands royaumes amorrites voisins que sont Larsa, Eshnounna, Isin et Uruk. Son fils Hammourabi (1793–1750) saura jouer intelligemment son rôle dans le concert international de son temps. Après une première partie de règne peu fructueuse, il parvient à subjuguer les royaumes qui l'entourent : Larsa, Eshnunna, puis Mari. Il se désengage aussi de la tutelle de l'Élam. Babylone devient alors la plus grande puissance politique de Mésopotamie. C'est à ce moment que la ville capte à son seul profit, outre le rôle de capitale politique, la fonction de capitale religieuse, unique résidence du dieu Mardouk roi des dieux du panthéon mésopotamien. L'empire d'Hammourabi assure ainsi la synthèse entre les traditions culturelles et religieuses des capitales de Sumer et d'Akkad qui avaient dominé la Mésopotamie au et celles des bédouins amorrites. Le site de la ville est un peu excentré par rapport aux autres capitales anciennes et futures de la Mésopotamie Agadé, Eshnounna, Séleucie, Ctésiphon et Bagdad. Cependant il est proche de l'endroit ou le Tigre et l'Euphrate sont peu éloignés l'un de l'autre. Cela apporte la présence d'un fort réseau de voies d'irrigation et une forte productivité des terres agricoles. Enfin vers l'époque d'Hammorabi le sud de la Mésopotamie voit une forte dégradation de sa situation démographique et économiques, pour des raisons qu'il est encore difficile d'élucider. C'est alors que de grandes métropoles telles Ur, Nippour, Uruk et Larsa sont alors abandonnées pour de longues périodes. De cette situation Babylone tire profit car installée au cœur d'une zone agricole prospère elle récupère, outre les traditions culturelles et religieuse de ces villes, leur force vive à savoir leur population. Dès sa fondation la ville s'étend des deux rives de l'Arahtu un bras alors secondaire de l'Euphrate avant d'en devenir le lit principal au . Sur la rive droite s'étendait un parc, appelé le jardin de l'abondance mais qu'il ne faut pas confondre avec les fameux jardins suspendus dont les historiens actuels doutent de plus en plus qu'ils aient existés à Babylone. La partie orientale de la ville, sur la rive gauche, est nettement plus étendue. Au nord de cette partie de la ville se trouvait les quartiers royaux avec au centre le palais royal. Sous le règne d'Hammourabi la population du palais s'est fortement accrue car les rois amorrites avaient pour tradition en cas de victoire d'emmener la population féminine du harem du souverain vaincu. Cela dit cette population proche du souverain reste peu connue. Ainsi si l'on connait plusieurs des enfants d'Hammourabi l'on ignore tout de ses épouses. Par les archives de Mari, nous savons que le palais de Babylone à l'époque amorrite est conçu avec une seule grande porte ce qui permet de filtrer les entrées et des batiments répartis autour d'une cour avec des espaces arborés. Ce palais, comme les palais royaux proche-orientaux, est un centre économique important. Nous y trouvons des archives commerciales privées. Il semble qu'à l'époque amorrite le roi fait écouler ses surplus de laine par des agents commerciaux privés, les tamkarou qui disposent d'un certains nombre de mois pour reverser au palais le produit de leurs ventes. Ces agents peuvent aussi recevoir la ferme de certains impôts en nature qu'ils se chargent de percevoir et de changer en argent avant de le reverser au souverain. Au centre de la partie orientale de Babylone se trouve le temple de Mardouk puis au sud les quartiers commerciaux qui servent de quartiers résidentiels aux notables et aux commercants. Le fils d'Hammourabi, Samsou-ilouna (17491712 av. J.-C.), poursuit son œuvre, mais de nombreuses révoltes affaiblissent son royaume. Les rois suivants voient leur territoire se désagréger sous l'effet de révoltes, d'attaques de peuples ennemis, en premier lieu les Kassites mais aussi les Hourrites, le tout dans un climat de crise agraire. Samsou-Ditana (16251595 av. J.-C.), dont le royaume ne comporte plus que les environs immédiats de Babylone, rentre finalement dans un conflit contre le roi hittite Mursili I, qui réussit en 1595 av J-C. un raid sur Babylone avec l'aide des rois de Hana et des Kassites. La ville est pillée, et la dynastie amorrite disparaît. Il est important de noter que des études sont en cours de réalisations à propos de la chute de Babylone à cette époque. Un décalage de 70 ans serait plus qu'envisageable ce qui descendrait la chute de Babylone à 1525 ACN. Il ne s'agit encore que d'une hypothèse et non d'un fait avéré.

La période kassite et la seconde dynastie d'Isin

Après cette défaite, Babylone tombe aux mains d'une dynastie kassite, fondée par Agum. La date et les conditions exactes de cette prise du pouvoir nous sont inconnues, les premières décennies de la dynastie kassite nous étant inconnues. Vers 1500 av. J.-C., Burna-Buriash I assure sa domination sur toute la Basse-Mésopotamie, puis prend le nom de Karduniash (Babylonie). Le royaume s'étend encore sous ses successeurs, et Babylone devient une des grandes puissances politiques de la période, au même titre que l'Égypte, le Mitanni, les Hittites, l'Élam, comme l'atteste la correspondance d'el Amarna ( siècle av. J.-C.). Cette période calme est brisée par l'émergeance en Mésopotamie d'une nouvelle puissance, l'Assyrie, qui s'est débarrassée du Mitanni vers 1350 av. J.-C.. Ses rois n'auront de cesse de tenter d'affirmer leur suprématie sur Babylone. Les deux royaumes s'épuisent dans des luttes durant tout le siècle, avant que les Élamites ne rejoignent la partie au début du siècle. Le pouvoir kassite, fragilisé par les guerres contre l'Assyrie qui ont provoqué des luttes internes, tombe en quelques années sous les coups des rois élamites Shutruk-Nahhunte et Kutir-Nahhunte. En 1155 av. J.-C., la dynastie kassite, la plus longue à avoir régné à Babylone, se termine dans le chaos. Le pouvoir élamite ne tient pas longtemps en place en Babylonie. Le roi Shilhak-Inshushinak est chassé du pays par le roi d'Isin Ninourta-nadin-shoumi, qui prend le pouvoir à Babylone vers 1130 av. J.-C.. Son successeur Nabuchodonosor I réussit à envahir l'Élam quelques années plus tard. Cette situation ne dure néanmoins pas longtemps, car l'Assyrie redevient menaçante. En 1025 av. J.-C., le roi assyrien Teglath-Phalasar I s'empare de Babylone et dépose le dernier roi de la seconde dynastie d'Isin , Nabû-shoum-libour (10321025 av. J.-C.). Les rois Kassites ne font pas de Babylone leur unique résidence mais c'est pourtant sous leur dynastie et celle d'Isin, entre le et le que la cité assure définitivement sa suprématie religieuse et intellectuelle grace à une forte domination culturelle. C'est à cette époque, et à Babylone, que sont mis en forme les deux grands textes littéraires du monde babylonien a savoir Épopée de Gilgamesh et lÉpopée de la création (Enuma elish)(). Les textes essentiels dans les domaines de la divination, de la médecine sont aussi de cette époque. Enfin sous le règne d'Adad-shoum-ousour (12161187 av. J.-C. une deuxième enceinte donne à la ville son extension maximale. Sur la rive gauche la cité de Babylone forme un triangle d'environ 500 mètres du nord au sud et 300 mètres d'ouest en est au point le plus large. De l'autre coté de l'Euphrate, sur la rive droite, la ville forme un quadrilatère plus petit, d'environ 100 mètres sur 200). l'espace intra-muros est lui-même loin d'être entièrement bâti. Le clergé du dieu Mardouk de la ville joue un rôle de plus en plus important et cherche à faire de Babylone l'héritière de Nippour l'antique capitale religieuse de Sumer, et de son dieu Enlil. Ainsi au les doubles murailles de Babylone et celle de Nippour reçoivent des noms qui indiquent une sorte de parenté. A Nippour les murailles s'appellent Nimit-Mardouk (protection du dieu Mardouk) pour la muraille extérieure et Imgour-Mardouk (Mardouk s'est montré favorable) pour l'intérieure. Celles de Babylone portent les noms de Nimit-Enlil et Imgour-Enlil. Le temple du dieu Mardouk, l'Esagil (La demeure à la tête élevée) , devient le sanctuaire de tout le panthéon mésopotamien et possède des chapelles pour pratiquement tous les dieux qui se réunissent en Assemblée divine (l' Ubshoukkinakkou) dans une cour du temple réservée à cet effet. Aux cotés du temple (au nord) se trouve la ziggourat Etemenanki (la demeure fondement du Ciel et de la Terre), qui donne probablement naissance à la légende de la Tour de Babel, et dont certains textes ésotériques affirment que sous la tour visible s'enfonce sous terre une tour aux dimensions identiques. Babylone est aussi un centre d'astronomie (et d'astrologie) considérable à l'époque. Les Babyloniens avaient déjà remarqué en leur temps la précession des équinoxes (voir art divinatoire), et c'est également dans les trente mille tablettes découvertes à Babylone que l'on a découvert les premières traces de ce que l'on nommera bien plus tard des algorithmes.

Babylone et la domination assyrienne

La fin du siècle est marquée par de grands mouvements de population en Babylonie, comme dans tout le Moyen-Orient. Des tribus d'Araméens et de Chaldéens s'installent en Babylonie, où elles constituent des entités politiques rivales du pouvoir babylonien. Les nouveaux souverains de cette cité s'avèrent incapables de rétablir l'ordre, et la région connaît une triste période durant tout le siècle. La fin du siècle est marquée par le rétablissement de la monarchie assyrienne par Adad-nirari II. Celui-ci devient menaçant pour Babylone, mais il est repoussé par Nabû-shuma-ukin (880860 av. J.-C.), qui réussit à améliorer momentanément la situation de son royaume. Après sa mort, une crise de succession secoue Babylone, dont profitent les rois assyriens. Le reste du siècle est marqué par des luttes dynastiques à Babylone et en Assyrie, dont profite à son tour l'un ou l'autre des deux royaumes pour établir sa suprématie sur son voisin. Les Assyriens finissent par l'emporter vers 800 av. J.-C., et la Babylonie tombe à nouveau dans le chaos, des rois Chaldéens tentant de s'établir à Babylone. Ces luttes internes finissent par profiter au royaume assyrien, qui est devenu un véritable Empire sous le règne de Teglath-Phalasar III. Après plusieurs années de luttes, celui-ci réussit à prendre Babylone en 728 av. J.-C., et il s'y proclame roi. À partir de ce moment, la Babylonie va connaître un siècle de résistances à l'occupation de son voisin du nord. Cette lutte, menée avec le support des Élamites, qui deviennent les alliés de Babylone face à l'Assyrie, est initiée par un roi chaldéen, Merodach-baladan, qui réussit même à une période à régner à Babylone à la fin du siècle (722710 av. J.-C. et brièvement en 703 av. J.-C.), avant d'être chassé par Sargon II puis son fils Sennacherib. Celui-ci fait monter son fils aîné Ashour-Nadin-Shoum sur le trône de la ville, mais il est vite déposé et livré aux Élamites qui le tuent. De rage, le roi assyrien prend la ville et la détruit, totalement selon ses dires, en 689. De plus la statue du dieu Mardouk est transportée en Assyrie où, quoique toujours honorée elle reste captive de nombreuses années. En réalité il est probable que les destructions ne furent que partielles, la rapidité du relèvement de Babylone sous le règne suivant en témoigne. En effet Assarhaddon, qui succède à Sennacherib en 680 av. J.-C. se montre plus généreux envers la grande cité, qu'il restaure ainsi que l'Esagil. À sa mort en 669 av. J.-C., il choisit de faire monter son fils aîné Shamash-shoum-oukin sur le trône de Babylone, sous l'autorité de son autre fils Assurbanipal, qui devient roi d'Assyrie. Après quelques années du scrupuleuse fidélité, Shamash-shum-ukin finit par se révolter contre son frère en 648 av. J.-C., avec l'aide de la noblesse babylonienne, des Chaldéens et des Élamites. Après plusieurs années de guerre, il est vaincu, et il meurt dans l'incendie de son palais lors de la prise de Babylone par les Assyriens (vers 644 av. J.-C.). Cet épisode tragique inspire le personnage mythique de Sardanapale. Même sous la domination étrangère les élites lettrées et marchandes de Babylone se battent avec énergie pour le maintien du statut de grande ville religieuse, dont les habitants sont exemptés de toute charge fiscale. Un texte éminemment politique de cet époque, le
Miroir du Prince, estime que la fiscalité royale ne peut concerner Babylone, ainsi que Nippour et Sippar.

La dynastie chaldéenne et l'apogée de Babylone

Cette succession de révoltes en Babylonie a sans doute affaibli l'Assyrie, tandis qu'à Babylone l'esprit de résistance était de plus en plus fort, et les résistants de plus en plus actifs et unis. A la mort d'Assurbanipal en 627 av. J.-C., ses successeurs rentrent dans une querelle de succession qui est fatale à leur royaume. Nabopolassar (Nabou-apla-ousour), sans doute le gouverneur de la région du Pays de la Mer, et probablement d'origine chaldéenne, profite des troubles en Assyrie pour prendre le pouvoir à Babylone en 625 av. J.-C. Il prétend soutenir l'un des prétendants assyriens, Sin-shar-ishkoun qui lui confère l'autorité sur Babylone en échange de son appui militaire. Après quelques années de conflit, il réussit finalement à abattre l'Empire assyrien, avec l'aide du roi des Mèdes, Cyaxare, entre 614 av. J.-C. et 610 av. J.-C. Son fils Nabuchodonosor II (605–562) lui succède. Avec lui, Babylone connaît son apogée. Il fonde l'empire dit Néobabylonien qui couvre une grande partie du proche-orient des frontières de l'Égypte jusqu'au Taurus anatolien et aux abords de la Perse. Contrairement à l'Assyrie, qui avait séparée la capitale politique Ninive de la capitale religieuse Assur, l'empire néobabylonien fait de Babylone le lieu d'exercice du pouvoir royal et la résidence de Mardouk, le dieu à la tête du panthéon mésopotamien. Les règnes de Nabopolossar et Nabuchodonosor II correspondent à une période de profondes transformations de la ville. Ce sont ces travaux qui vont contribuer à l'image, légendaire, reproduite par Hérodote d'une ville ceinte par des murailles de 90 mètres de hauteur. En réalité Nabuchodonosor fait restaurer totalement les deux enceintes traditionnelles de
Nimit-Enlil et Imgour-Enlil sur une longueur d'environ 8 kilomètres, lesquelles enserrent la surface batie de la cité. Puis il fait construire une seconde muraille externe d'environ 11 kilomètres qui part de la colline de Babil 300 mètres au nord de la ville et rejoint l'Euphrate au sud. Elle entoure une zone agricole qui pouvait contribuer au ravitaillement de Babylone en cas de siège. À la vieille ville, proche du fleuve et constituée de rues sinueuses et étroites, s'ajoute, au nord est de la cité, des quartiers caractérisés par de grandes avenues se coupant à angles droit, dans une sorte de plan en damier. Les contrats de vente des maisons située sur ces axes de circulation appellent ces derniers «voie de passage du roi et des dieux» (mutaq sharri u ilani). Il s'agit de grandes voies processionnelles. La plus célèbre est surnommée « Puisse l'ennemi arrogant ne pas réussir » (Ay-ibour-shabou) et part de la porte d'Ishtar jusqu'a l'enceinte exterieur de l'Esagil. Les dalles qui pavent le sol de cette rue sont au nom de Nabuchodonosor. Le long de la rive gauche un quai de brique et une muraille protège les deux palais (nord et sud) du roi ainsi que le quartier des temples et le quartier commercial. De plus un pont en dur (bois et briques cuites), un des seuls du Moyen-Orient, permet de relier à proximité de l'Esagil et de l'Etemenanki les deux rives. Afin d'éviter les inondations et de protéger la ville Nabuchodonosor fait construire un énorme écueil en brique afin de briser la force du courant et de contraindre le fleuve à faire un coude. Au total la ville compte plus de 40 temples autour desquels se rassemblent les maisons des notables et des membres des divers clergés. Les fouilles dans le quartier de Shu-an-na montrent que certaines maisons atteignent parfois 400 m². Cependant la densité du bati est variable et plus l'on s'éloigne du fleuve plus le tissu urbain est discontinu, avec de véritable zone de cultures en son sein. Il est donc particulièrement difficile de connaître le nombre précis des habitants de la métropole babylonienne car outre les fortes inégalités entre quartiers il faut prendre en compte le personnel des palais et des temples, difficile à évaluer, ainsi que la présence de nombreux déportés conséquence des guerres des souverains babyloniens. De plus la présence de commercants étrangers est avérée sans qu'il soit posssible d'en faire une estimation chiffrée. Les successeurs de Nabuchodonosor II réussissent à tenir tant bien que mal leur royaume, mais ils n'ont pas la trempe des fondateurs de la dynastie. Le dernier roi de Babylone, Nabonide (556539 av. J.-C.), est un personnage énigmatique qui réussit à se mettre à dos une grande partie des nobles de son royaume. Quand le roi des Perses Cyrus II attaque Babylone en 539 par une attaque surprise contre la porte d'Enlil au nord ouest de la ville, la lutte tourne court et la cité et l'Empire tout entier tombe entre ses mains. Dès lors, Babylone perd son indépendance.

Babylone sous domination étrangère

La chute du royaume babylonien et la fin de l'indépendance politique ne signifient pas le déclin de la métropole mésopotamienne. Certe à deux reprise la ville se révolte contre Darius I (en 520519 av. J.-C. puis en 514 av. J.-C.) et celui-ci finit par démanteler une partie des fortifications. Mais sous la domination des Achéménides Babylone reste la ville la plus dévellopée économiquement de la région et la plus peuplée. De plus elle a rang de ville impériale et offre aux souverains perses une résidence hivernale. Jusqu'au début du Les archives, souvent privées, nous renseignent sur la prospérité certaine des entrepreneurs et commerçants babyloniens. Notre documentation s'amenuise pour la fin du Ve siècle et le début du En 331, l'Empire achéménide tombe entre les mains du roi macédonien Alexandre le Grand après la victoire de Gaugamèles le {{{{{{{{


Mésopotamie

] La Mésopotamie (du grec Μεσοποταμία / Mesopotamia, de μεσο / meso « milieu » et ποταμός / potamos, « fleuve »), est une région du Moyen-Orient située entre le Tigre et l'Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l'Irak actuel. Elle comprend au nord une région de plateaux, qui est une zone de cultures pluviales, et au sud, une région de plaines où l'on pratique une agriculture qui repose exclusivement sur l'irrigation. Le sens du mot Mésopotamie a évolué au fil du temps. Au sens classique des Grecs et des Romains, la Mésopotamie désigne la partie du nord. Chez Arrien, qui écrit une Anabase d'Alexandre le Grand, on trouve pour la première fois le terme de Mésopotamie. Le terme vient d'une expression qui existe dans les langues locales, expression que l'on trouve en akkadien sous la forme de Birit Narim, en araméen sous la forme de Beyn Narim, expression qui désigne dans tous les cas la partie du haut Euphrate.

Géographie

La notion essentielle est celle de Croissant fertile. Il s'agit de la zone où l'irrigation n'est pas nécessaire pour l'agriculture. Ce croissant est délimité par l'isohyète 250 mm. Concrètement, cette zone se trouve entre le Zagros, le Taurus et les côtes méditerranéennes et du golfe persique. C'est dans cette zone qu'a lieu la révolution néolithique. On y inclut la région qui se situe au sud, entre les fleuves du Tigre et de l'Euphrate (en Irak actuel). Mais dans cette région, il est nécessaire de recourir à l'irrigation car les précipitations n'y sont pas assez importantes. Le terme dAssyrie est très couramment employé pour désigner le nord de la Mésopotamie. Parallèlement, le terme de Babylonie désigne le sud de la Mésopotamie, c'est-à-dire la plaine mésopotamienne. En effet, à partir de la moitié du , la région connaît deux entités politiques, dont l'une a pour capitale Assur — c'est l'Assyrie — et l'autre qui a pour capitale Babylone — c'est la Babylonie. Le nord de la Mésopotamie est un vaste plateau désertique, tandis que le sud est une immense plaine alluviale très fertile où, de plus, la présence de nombreux bras de fleuve et de marécages permettaient l'irrigation. Cette situation idéale en fit un des grands foyers de civilisation. Voir l'article détaillé : géographie de la Mésopotamie

Préhistoire

La présence de l'homme y est attestée depuis la préhistoire, à partir du Paléolithique moyen. Au Néolithique, vers 7000, sur le site de Jarmo, la poterie fait pour la première fois son apparition, des traces manifestes du début de la domestication progressive des animaux et des plantes apparaissent également, et l'utilisation de briques crues témoigne pour la première fois de l'existence d'une vie en village.

Protohistoire

À partir du chalcolithique, vers 6000, on note, outre à l'usage du cuivre, l'usage de l'irrigation en agriculture, l'apparition des sceaux-cachets, des peintures murales, de la céramique peinte, incisée ou décorée, des premiers sanctuaires ainsi qu'une utilisation généralisée de la brique. Entre 6000 et 5000, on distingue la succession de trois cultures de types différents.

Période de Hassuna (5800-5500)

Cette période porte le nom d'un tell (colline formée de ruines) près de Mossoul. On retrouve, dans les crânes étudiés, la même race méditerranéenne présente depuis le paléolithique supérieur dans tout le moyen-orient. La céramique retrouvée se compose de statuettes d’argile et de sceaux-cachets, les plus anciens découverts jusqu’à présent. Outils et armes d’obsidienne, quelques ornements de cuivre et de plomb forment l’ensemble qui caractérise cette période.

Période de Samarra (5600-5000)

Samarra est un site archéologique sis sur les lieux mêmes de l’actuelle ville du même nom. La céramique de la période précédente se mêle ici à une autre de bien meilleure facture. Beige clair, celle-ci est beaucoup plus variée, plus harmonieuse aussi. On y a retrouvé de ces statuettes, au crâne allongé et aux yeux dits « en grain de café » surajoutés, ressemblant à celles de la période d’Obeid tandis que les yeux d’autres statuettes sont incrustés et grands ouverts, surmontés des caractéristiques sourcils noirs et épais, de bitume, rappelant la production sumérienne, plus récente.

Période de Halaf (5500-4500)

Halaf est un site situé à la frontière turco-syrienne. Différente des deux autres cultures précédentes, celle-ci possède des traits particuliers qui l’apparentent à l’Anatolie. La présence de la double hache et du bucrane, la tête de taureau stylisée, ne laisse guère de doutes à ce propos. Cette culture ne possède pas d’antécédents en Mésopotamie durant la préhistoire, contrairement aux deux autres. Au moment de son expansion maximale, la culture de Halaf s’étendait sur toute la future Assyrie. La zone périphérique dans laquelle on retrouve sa poterie, où elle était sans doute exportée ou copiée, allait de l’Anatolie centrale à la Méditerranée, de la Syrie du nord à l’ouest de l’Iran. La poterie de Halaf est de loin la plus belle qu’on ait retrouvée parmi ces trois cultures.

Période d'Obeid

Enfin, vers 4500 se fait jour la culture d'Obeid (ou Ubaid). La période d'Eridu (ou Erida) est dite période d'Obeid 1, après la période d'Obeid 2 localisée dans une autre site archéolgique situé dans la même aire géographique vient la période d'Obeid 3 au nord, et à Ur un peu plus au sud, prélude à ce qui deviendra plus tard la civilisation de Sumer. La période d'Uruk est le dernier de ces stades de développement durant la protohistoire, avant que n'apparaissent la civilisation de Sumer et le début des temps historiques avec l'apparition de l'écriture.

Histoire

Au , de nouveaux venus, les Sumériens et les Sémites établissent une civilisation florissante qui débouchera sur l'empire d'Akkad et l'émergence de Babylone. Vers 3500 apparaît l'écriture pictographique qui évoluera pour donner l'écriture cunéiforme. C'est à la même époque que les Sumériens inventent la roue. À partir de 2700, les Sémites s'installent dans la ville de Sumer où ils s'imposent progressivement. Aux environs de 2300, Sargon d'Akkad (23402284) prend le pouvoir et est sacré roi. Il fonde la ville d'Akkad et étend le royaume jusqu'à la Méditerranée d'un côté et le golfe Persique de l'autre. Pendant son règne, il transformera le royaume en un empire, se prétendant l'égal des dieux. Son empire s'effondre vers 2200 av. J.-C. C'est avec l'accession d'Hammourabi(17921750) au trône que Babylone connaîtra sa première heure de gloire comme capitale de la Mésopotamie. Il fait construire des temples, creuser des canaux, favorise le développement de l'industrie et du commerce. Souhaitant le bonheur de son peuple ainsi que la paix, il écrit le code d'Hammourabi qui servira de base législative pour de longues années. En -1594, le royaume est conquis par les Hittites qui seront suivis par les Kassites.
Voir l'article détaillé : histoire de la Mésopotamie

Voir aussi

Articles connexes


- Sumérien
- Assyrie
- Cunéiforme
- Lammasu
- Gilgamesh

Bibliographie


- Collectif,
De la Mésopotamie à la Perse, Encycloædia universalis, coll. « La grande histoire des civilisations », 1999 (ISBN 2-7028-3080-3) ;
- Collectif,
Atlas de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien, Brepols, 1996 (ISBN 2503500463) ;
- Jean Bottéro :
  -
Mésopotamie. L'écriture, la raison et les dieux, Gallimard, coll. « Folio Histoire », 1997 (ISBN 2070403084) ;
  -
L'Épopée de Gilgameš, le grand homme qui ne voulait pas mourir, Gallimard, coll. « L'aube des peuples », 1992 (ISBN 2070725839) ;
- Jean-Jacques Glassner,
La Mésopotamie, Belles Lettres, coll. « Guide des civilisations », 2002 (ISBN 2-251-41017-1) ;
- Jean-Claude Margueron,
Les Mésopotamiens, Picard, 2003 (ISBN 2708406930) ;
- Georges Roux,
La Mésopotamie, Seuil, coll. « Points histoire », 1995 (nouv. édition) (ISBN 2-02-023636-2).

Liens externes


- [http://www.systerofnight.net/religion/html/mesopotamie.html La Mésopotamie] Religion sumérienne et babylonienne, civilisation et histoire de la Mésopotamie.
- [http://www.louisg.net/C_mesopotamiens.htm Le calendrier mésopotamien]
-
Catégorie:Province romaine ja:メソポタミア ko:메소포타미아 th:เมโสโปเตเมีย


Isin

Isin était une ville de la basse Mésopotamie, florissante pendant le XXe siècle av. J.-C.. Les rois d'Isin ne sont pas mentionnés pendant la période sumérienne et la dynastie d'Isin correspond à des états amorrites de la basse Mésopotamie qui ont acquis leur indépendance avec le déclin de la troisième dynastie d'Ur. La dynastie d'Isin s'est achevée en ca. -1730.

Voir aussi


- Sumer
- Liste des rois sumériens Catégorie:Sumer Catégorie:Ville d'Irak Catégorie:Site archéologique ja:イシン

Sumer

] Le nom Sumer ou Shumer, écrit en cunéiforme KI.EN.GI, désigne une région de la basse Mésopotamie antique (actuellement la partie Sud de l'Iraq) en bordure du golfe Persique (situé à cette époque au nord-ouest de l'actuel golfe). Il a donné son nom aux Sumériens, peuple non sémitique d'origine mal connue, qui y était établi au

Le problème sumérien

La civilisation sumérienne semble être apparue assez soudainement, en Mésopotamie, sur un fond d’organisation préurbaine. Son développement est caractérisé par l’invention de l’écriture et de l’architecture. L’apparition de cette civilisation urbaine est tellement soudaine qu’on la pensa importée d’ailleurs. Mais on n’a jamais trouvé avec certitude cet « ailleurs » : on a avancé l'hypothèse de l'Iran, ou de l'Est en général, mais aussi celle de l'île de Bahreïn. La découverte en 1961 à Tartaria (Roumanie) de tablettes d'argile avec des signes pictographiques, datées par 14C à peu près 1000 ans avant Sumer, ont conduit certains scientifiques russes, britanniques et américains a suggérer que les sumériens ont leur origine dans l'espace carpato-danubien.

Structure politique

L’utilisation de l’écriture débouche sur une organisation complexe de la société. Elle est administrée, de façon méticuleuse et tâtillonne, par un État monarchique et sacerdotal dirigé par un roi (lugal, « homme grand ») ou un prince (ensi, autrefois lu patesi).

Civilisation et art

datées par 14C, statue dédiée au dieu Ningishzida, v. 2120 av. J.-C, musée du Louvre]] On doit notamment aux Sumériens (et à leurs successeurs Akkadiens) :
- la fondation des premières cités-États (Ur, Lagash, Uruk, Umma, etc.);
- le travail du cuivre;
- l'utilisation de la brique dans la construction d'habitations;
- la première architecture religieuse connue (temples puis ziggourats);
- le développement de la statuaire;
- la glyptique (art de graver sur des pierres fines);
- l'écriture, d'abord pictographique, puis cunéiforme.
- les mathématiques et l'écriture des nombres en système sexagésimal : numération sumérienne

Religion

La religion sumérienne a influencé l'ensemble de la Mésopotamie pendant près de 3000 ans. Elle est une composante très importante de la vie, privée comme publique, des Sumériens et donne naissance à des représentations artistiques comme à des œuvres littéraires. Dans la conception sumérienne, le souverain n'est que le dépositaire de la divinité : sa fonction est sacerdotale aussi bien que politique. La religion sumérienne est caractérisée par son polythéisme et son syncrétisme. Son panthéon compte une grande variété de dieux structurés en une hiérarchie stricte, calquée sur la société humaine. Au sommet se trouve la triade cosmique constituée de :
- An (« dieu-ciel »), maître du ciel, roi des dieux, et sa parèdre Antum ;
- Enlil (« seigneur-air »), maître de la terre, démiurge, dieu protecteur de Nippur, et sa parèdre Ninlil ;
- Enki (« seigneur-terre » ?), Ea pour les Sémites, maître des eaux douces, dont la ville sainte est Eridu. Sous cette triade se trouvent les divinités astrales comme le dieu-lune Nanna (Sîn en akkadien) et le dieu-soleil Utu (Shamash en akkadien) ; puis les dieux infernaux et les dieux guerriers ; puis les dieux de la nature et les dieux guérisseurs ; puis les dieux d'instruments (pioche, moule à briques, etc.) et enfin les esprits et autres démons.

Voir aussi

Bibliographie


- J.-L. Huot, Les Sumériens, entre le Tigre et l'Euphrate, Armand Colin, coll. « U », 1996 (rééd.) ;
- Samuel Noah Kramer, L'histoire commence à Sumer, Flammarion, coll. « Champs », 1993 (1 édition 1957) ;
- André Parrot, « Sumer », De la Mésopotamie à la Perse (collectif), Encycloædia universalis, coll. « La grande histoire des civilisations », 1999 (ISBN 2-7028-3080-3), p. 35–45 ;
- Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil, coll. « Points histoire », 1995 (nouv. édition).

Liens externes


- [http://www.systerofnight.net/religion/html/mesopotamie.html La Mésopotamie] Religion sumérienne et babylonienne, civilisation et histoire de la Mésopotamie.
- [http://it.stlawu.edu/%7Edmelvill/mesomath/sumerian.html étude sur les mathématiques des sumériens (en anglais)] ! Catégorie:Mésopotamie ja:シュメール ko:수메르

Assyrie

L'Assyrie est un ancien empire du nord de la Mésopotamie, dont la capitale fut d'abord la ville d'Assur, puis en 879, Kalkhu, et en 745, Ninive, sur le Tigre. L'Assyrie contrôlait des territoires qui s'étendent sur quatre pays actuels : Syrie, Turquie, Iran et Irak. Pour les Assyriens d'aujourd'hui, voir l'article Assyriens.

Histoire

Assyriens, en Assyrie]]

Chronologie


- Période paléo-assyrienne (?- début )
- Période médio-assyrienne (1365–911)
- Période néo-assyrienne (911–609) Note : Les dates citées ici sont souvent approximatives, surtout pour la période paléo-assyrienne. Elles sont assurées à partir du .

Origines de l’Assyrie

La liste royale assyrienne débute par l’énumération de « rois vivant sous la tente », ce qui a laissé penser que les origines de l’État assyrien étaient à rechercher dans le monde nomade. Dans les faits, cette ascendance paraît être une pure construction historiographique, incluant les ancêtres nomades amorrites du roi Samsi-Addu d’Ekallatum, qui intégra Assur dans son royaume au , et qui inclut ses propres ancêtres dans la liste royale assyrienne aux côtés des rois ayant réellement dirigé Assur. Car c’est en fait de cette ville qu’est né le royaume assyrien, dans un milieu urbain.

La cité-État d’Assur

La ville d’Assur est un très ancien centre urbain. Elle apparaît dans les sources de l’Empire d'Akkad et de la Troisième Dynastie d’Ur, qui la dominent temporairement. Mais sa position excentrée par rapport aux grands centres politiques lui permet de préserver son indépendance, Puzur-Assur regagnant son autonomie lors de l’effondrement du royaume d’Ur (Mésopotamie) vers 2010, et fondant par la même une nouvelle dynastie. A l’époque amorrite (XIX–XVII) siècles, elle apparaît comme une puissance politique assez faible, mais elle est une très importante ville marchande, qu'on a pu comparer aux républiques marchandes de l'Italie de la Renaissance. Les marchands d’Assur entretiennent un réseau commercial très étendu, qui leur permet d’établir de très fructueux comptoirs en Cappadoce, bien connus par les archives qu’ils ont laissé à Kanesh (Kültepe). Ce système dure tout au long du siècle, puis connaît un arrêt au début du , avant de reprendre momentanément sous le règne de Samsi-Addu, et de s’arrêter définitivement quand la ville de Kanesh est brûlée, sans doute au cours de guerres opposant les royaumes d’Anatolie.

Aléas politiques

La ville d’Assur reste indépendante jusqu’à environ 1800, quand le roi Samsi-Addu d’Ekallatum s’en empare, et l’incorpore dans son royaume (le Royaume de Haute-Mésopotamie). Après sa mort et l’effondrement de sa construction politique, son fils Ishme-Dagan serait parvenu à conserver Assur, sans doute sous l’égide de Hammourabi de Babylone. Après le recul des Babyloniens, Assur regagne son indépendance. Si l’expulsion des souverains d’Ekallatum a représenté dans un premier temps une délivrance pour les Assyriens, l’expérience de l’intégration au Royaume de Haute Mésopotamie reste forte pour l’histoire de l’Assyrie, qui expérimente alors l’idéologie impérialiste avec Samsi-Addu, qui est toujours considéré comme un roi assyrien par l’historiographie de ce pays, en raison de son grand prestige. La vie politique d’Assur à la fin de l’époque amorrite n’est pas connue. On sait seulement qu’elle fait face à l’expansion du royaume hourrite du Mitanni, dès le . On ne sait pas exactement quand ni comment Assur devient vassale de cet empire, mais on sait qu’elle est mise à sac par Shaushtatar vers le milieu du siècle, sans doute en raison d’une rébellion, à moins que ce ne soit là que commence la domination mitanienne sur la ville.

La formation et l’affirmation du royaume assyrien

Quelques années plus tard, le Mitanni subit plusieurs lourdes défaites face au roi hittite Suppiluliuma I, qui affaiblissent son assise sur ses vassaux. C’est sans doute à ce moment-là que le roi d’Assur, Assur-uballit I, cesse de verser le tribut aux Hourrites. On ne sait pas exactement comment cela est arrivé, mais Assur apparaît à ce moment comme une grande puissance politique : Assur-uballit soumet la riche région du Haut Tigre, en s’emparant notamment de Ninive. Il réussit à vaincre le Mitanni, qui se déchire alors dans des guerres intestines, et à faire passer sa partie orientale sous sa vassalité, retournant ainsi la situation qui prévalait auparavant. Fort de ses succès, il peut se prétendre « Grand roi », égal des Hittites, Babyloniens et Égyptiens. Les Babyloniens en particulier voient mal cette situation, et n’acceptent qu’avec réticence ce nouvel état de fait. Une alliance dynastique est finalement scellée entre Assur-uballit et le roi kassite de Babylone, Burna-Buriash II, et c’est le point de départ d’une série de conflits qui va opposer les deux royaumes, sans que l’un ne puisse prendre le dessus sur l’autre. Vers l’ouest, les Hittites disputent les dépouilles du Mitanni aux Assyriens. Les rois Adad-nerari I et Salmanazar I doivent affirmer leurs prétentions par les armes, pour faire leur place entre leurs deux puissants adversaires. Une politique de contrôle du territoire et même de colonisation est mise en place en Haute-Mésopotamie, qui devient peu à peu une région assyrienne. Plusieurs sites de cette région ont livré des archives pour la période, les plus importants étant Tell Sheik Hamad (Dur-Katlimmu) et Tell Rimah (Qattara) L’apogée du premier royaume assyrien est le règne de Tukulti-Ninurta I. Celui-ci écrase l’armée hittite de Tudhaliya IV, et réussit à s’emparer de Babylone. Ces deux succès font de l’Assyrie la plus grande puissance de son temps. Mais le règne de ce roi s’achève dans le chaos, et il meurt assassiné à la suite d’un complot à la cour d’Assur. Après une crise dynastique, l’Assyrie est affaiblie, et le nouveau roi Enlil-kudurri-usur est vaincu et capturé par le roi babylonien Adad-shum-usur. Après une nouvelle révolution de palais, une nouvelle dynastie monte sur le trône avec Ninurta-apil-Ekur, issu de la lignée des rois assyriens du Hanigalbat (donc lié à la famille royale). Son successeur Assur-dan voit ses positions menacées dans le Zagros par le roi élamite Shilhak-Inshushinak, mais ce dernier n’arrive pas à faire durer sa domination. Son successeur Assur-resh-ishi réussit quelques campagnes victorieuses dans le Zagros, contre Babylone, et aussi face à des nouveaux ennemis, les Araméens. Après lui, Teglath-Phalasar I monte sur le trône. C’est le dernier grand roi de cette période : il combat maintes fois en Syrie du Nord, où il repousse les attaques des Araméens, et parvient à atteindre la côté méditerranéenne. Mais il échoue face à Babylone, et ne peut endiguer les assauts araméens.

Le recul de l’Assyrie

Après la mort de Teglath-Phalasar en 1077, les rois assyriens sont subjugués par les attaques des Araméens, qui leur enlèvent leurs possessions en Haute-Mésopotamie en quelques années, et coupent leurs voies de communication vers l’ouest. Le royaume assyrien se replie autour d’Assur et de Ninive, mais parvient à se maintenir, à l’inverse de la plupart de ses anciens rivaux : les Hittites ont disparu complètement dans le courant du , tandis que Babylone est incapable de stabiliser sa situation politique, et sombre dans l’anarchie.

Les débuts du royaume néo-assyrien

Après un morose, l’Assyrie reprend de sa superbe vers 911, quand monte sur le trône Adad-Nirari II, qui est le premier à repousser les Araméens. Il lance ensuite des attaques dans toutes les directions, et finit par mener une campagne victorieuse contre Babylone. Avec lui débute une nouvelle dynamique, et se constitue le royaume néo-assyrien. Sans adversaire à la mesure de l'Assyrie, le polycentrisme qui prévalait à la période précédente n'a plus court, ce royaume va se hisser au rang d’empire, instaurant l’ère des empires orientaux, dont la Perse achéménide et sassanide, les Parthes, etc. seront les émules. Les successeurs d’Adad-Nirari II poursuivent dans sa lancée : les Araméens en particulier subissent plusieurs lourdes défaites. Les royaumes qu’ils ont établis aux abords de l’Assyrie sont subjugués. Le Zagros est aussi un terrain de campagnes pour les Assyriens. En 883, Assurnasirpal II devient roi, et se lance dans une série de guerres victorieuses à l’ouest, contre les royaumes araméens et néo-hittites (Bit-Adini, Bit-Agusi, Suhu, Laqe, Karkemish, Kummuhuh et Gurgum). Il déplace sa capitale d’Assur à Kalkhu, qu’il repeuple en y déportant des habitants des royaumes vaincus. Parallèlement, la domination assyrienne sur la Haute-Mésopotamie reprend sur les bases de la période médio-assyrienne. Salmanazar III combat à son tour les royaumes de Syrie du Nord. Après quelques premiers succès (prise de Til-Barsip), il est vaincu à Qarqar par une coalition dirigée par le roi Bar-Hadad de Damas, regroupant des rois de Syrie du Nord, de Phénicie et du Levant. Quelques années plus tard, Salmanazar prend sa revanche en battant le roi de Damas et ses alliés, mais il ne peut par garder sa mainmise sur la Syrie orientale. Son fils Shamshi-Adad V fait face à une révolte de palais, qu’il réprime tant bien que mal.

Crise de croissance

Le royaume assyrien connaît de sérieuses difficultés sous les règnes des successeurs de Salmanazar III : Shamshi-Adad V, Adad-nirari III, et ses fils Salmanazar IV, Assur-dan III et Assur-nirari. La domination assyrienne sur les royaume vaincus restait faible, car on se contentait de demander une soumission par serment et le versement d’un tribut. La mainmise sur ces territoires passait par la répétition d’expéditions visant à affirmer la puissance assyrienne chez ses vassaux, qui cessaient de verser le tribut si la pression se relâchait. De plus, cette période voit la montée en puissance d’un ennemi de la trempe de l’Assyrie : l’Urartu, qui bouscule la domination des Assyriens en Anatolie. Malgré leurs volontés, les rois assyriens sont incapables d’endiguer ces problèmes, et perdent une partie de leur autorité face aux nobles assyriens, qui se sont enrichis au cours des conquêtes et se sont pour certains constitués un patrimoine important qui leur donne un grand pouvoir à la cour. Le cas le plus représentatif est Shamshi-ilu, grand général de l’Assyrie, qui dispose d’un grand apanage en Haute-Mésopotamie autour de Til-Barsip.

Reprise de l’expansion, et formation de l’empire néo-assyrien

En 745, le trône d’Assyrie est usurpé par Teglath-Phalasar III, sans doute un autre fils d’Adad-nirari III. Celui-ci réussit à restaurer la puissance assyrienne en initiant une série de réformes structurelles qui vont renforcer l’emprise de son royaume sur les territoires dominés en remplaçant certains royaumes vassaux par des provinces administrées directement par un gouverneur assyrien. Il réforme aussi l’armée, et remporte de grandes victoires : il bat l’Urartu, plusieurs royaumes syriens et palestiniens (annexions de Damas et de Gaza), et s’empare aussi de Babylone, dont il devient roi sous le nom de Pulû. Il meurt en 727, et son fils Salmanazar V monte sur le trône. Son règne est marqué par l’annexion du royaume d’Israël. Mais il est détrôné après cinq années de règnes par Sargon II (son frère ?).

Les Sargonides : l’apogée de l’Assyrie

Sargon II et ses successeurs, Sennacherib,