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Kenneth Rexroth
Rexroth, Kenneth Rexroth, Kenneth
Kenneth Rexroth (22 décembre 1905 - 6 juin 1982), poète américain qui fut l’un des premiers auteurs de son pays à s’intéresser à la tradition poétique japonaise, comme les haïkus. Il fut une des figures de proue de la « Renaissance poétique » de San Francisco, et fut une influence reconnue sur la Beat generation, bien qu’il fut critique des évolutions du mouvement et chercha à s’en distancer repoussant son assimilation au mouvement. L'œuvre de Rexroth (qui comprend de la poésie, mais aussi des essais et des publications journalistiques) reflète un intérêt et une préoccupation constante pour la vie politique, culturelle, sociale, ainsi que pour l’écologie. Le ton habituel des vers de Rexroth peut les rapprocher de ceux de son poète préféré, Du Fu : tantôt révolté par les inégalités qui gangrènent le monde, tantôt émerveillé par le simple fait d’exister ; mais toujours sage et profondément humaniste. Il fut un anarchiste engagé, qui se tourna par la suite vers le socialisme et le syndicalisme.
Rexroth est né à South Bend dans l’Indiana, en 1905. Il perdit très tôt sa mère Delia, morte en 1916. Son adolescence fut partagée entre des études d’art et de petits boulots. Il épousa une illustratrice de Chicago, Andree Dutcher, et ils parcoururent la côte Ouest américaine pour leur lune de miel. Le couple eut deux filles, Mary et Katherine. Andree mourut de complications liées à son épilepsie en 1940, cette seconde perte acheva de marquer profondément la poésie de Rexroth, qui ne cessera d’aborder leurs décès via des vers méditatifs et poignants.
Rexroth était un autodidacte très instruit, qui relisait chaque année l’Encyclopedia Brittanica, comme on lit un roman. Chacun de ses écrits recèle de références à des thèmes aussi divers que l’anarchie politique, la peinture, la religion, la littérature Chinoise, la philosophie, etc.
On retient aussi de son œuvre The Love Poems of Marichiko, que Rexroth affirma avoir traduit d’un poète antique Japonais (mystification littéraire proche de celle qu’utilisa Pierre Louÿs pour ses Chansons de Bilitis). Lorsqu’il avoua avoir écrit ces poèmes, Rexroth n’en fut pas méprisé mais bien au contraire plus que jamais reconnu pour son talent et l’incroyable étendue de son répertoire poétique, ainsi capable de faire naître de profonds sentiments en se glissant dans la peau d’une poétesse d’un autre temps et d’une autre culture.
Kenneth Rexroth mourut le 6 juin 1982 à Montecito, en Californie.
Extrait : Requiem pour les morts d’Espagne
:Les vastes constellations géométriques d’hiver
:Se lèvent au-dessus de la Sierra Nevada,
:Je marche sous les étoiles, les pieds sur la courbure connue de la terre.
:Je suis des yeux les clignotants d’un avion,
:Rouges et verts, qui s’enfonce grondant vers les Hyades.
:La note des moteurs monte, aiguë, faible,
:Inaudible enfin, puis les lumières se perdent
:Dans la brume au sud-est, aux pieds d’Orion.
:Comme le bruit s’éloigne, le froid me saisit et la pensée
:Qui s’empare de moi me soulève le cœur. Je vois l’Espagne
:Sous le ciel noir battu de vent, la neige qui tournoie légèrement,
:Scintille et se déplace au-dessus des terres blafardes,
:Et des hommes qui attendent, transis, blottis les uns contre les autres,
:Un avion inconnu passant au-dessus de leurs têtes. L’appareil
:Dans la brume survole les lignes ennemies vers le sud-est,
:Des étincelles sous sa carlingue près de l’horizon.
:Quand elles s’effacent la terre frissonne
:Et le ronronnement faiblit. Les hommes se détendent un instant
:Et redeviennent nerveux dès qu’ils se reprennent à penser.
:Je vois les livres avortés, les expériences abandonnées,
:Les tableaux arrêtés, les vies interrompues,
:Que l’on descend dans les fosses recouvertes du drapeau rouge.
:Je vois les cerveaux gris, vifs, brisés et maculés de sang,
:Que l’on descend chacun dans son obscurité, inutiles sous la terre.
:Seul sur une colline de San Francisco, un cauchemar
:Tout à coup m’envahit et des cadavres
:Surgis de l’autre côté du monde se pressent contre moi.
:Alors, doux au début, riche et puissant ensuite,
:J’entends le chant d’une jeune femme.
:Les émigrants du coin de la rue veillent
:Le corps de leur fils aîné, renversé par un camion sans chauffeur
:Qui a dévalé la côte et l’a tué sur le coup.
:Les voix l’une après l’autre se joignent au chant.
:Orion traverse le méridien vers l’ouest,
:Rigel, Bellatrix, Bételgeuse, défilent en ordre,
:La grande nébuleuse miroite dans ses reins.
::Kenneth Rexroth, 1937, tiré de In What Hour (1940. Version française in « Les Constellations d'hiver », traduit de l’américain par Joël Cornuault (Librairie La Brèche, 1999).
Bibliographie
Œuvres
- The dragon and the unicorn (1952)
- One hundred poems from the Japanese (1955)
- One hundred poems from the Chinese (1956)
- In defense of the earth; poems (1956)
- Poems from the Greek anthology (1962)
- Natural numbers; new and selected poems (1963)
- The homestead called Damascus (1963)
- The collected shorter poems (1966)
- The heart’s garden, the garden’s heart (1968)
- The collected longer poems (1968)
- With eye and ear (1970)
- L’automne en Californie, poèmes traduits et présentés par Joël Cornuault, Fédérop (1994)
- Les constellations d’hiver, poèmes traduits par Joël Cornuault, Librairie La Brèche (1999)
- Les classiques revisités
- Le San Francisco de Kenneth Rexroth, chroniques traduites de l’américain et présentées par Joël Cornuault, revue « Plein Chant » numéro 63, été 1997.
- Huit poèmes pour la musique d’Ornette Coleman ; deux poèmes pour Brew et Dick, traduits par Joël Cornuault, revue « Europe », octobre 1997.
Sur Kenneth Rexroth
- Éloge de Kenneth Rexroth, Ken Knabb, traduit de l’américain par l’auteur et les amis français, Atelier de Création Libertaire, (1997).
- Kenneth Rexroth, en traversant l’Aquitaine, Joël Cornuault, in « Ecrivains en Aquitaine », Le Festin-CRLA (1994).
- Un pionnier de la jazz-poésie, Kenneth Rexroth,in « Atlantiques », numéro 102, juillet-août 1995.
- Sur l’Automne en Californie et la poésie de Kenneth Rexroth, Joël Cornuault,in revue « Plein Chant », printemps-été 1996.
- Un poète anarricain, Louis Soler, L’Âne, numéro 60, 1995.
Catégorie:Beat GenerationArticle principal : Beat generation
Catégorie:Littérature
22 décembre
Le 22 décembre est le 356 jour de l'année (357 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.
Signe du zodiaque : 1er jour du Capricorne
Événements
- 1636 : L'archiduc Ferdinand, fils de l'empereur Ferdinand II, est élu roi des Romains
- 1666 : Création de l'Académie des Sciences par Colbert
- 1688 : Fuite de Jacques II Stuart
- 1779 : Nomination de la première sage-femme exerçant à l'Hôtel-Dieu de Montmorency (Val-d'Oise). Il s'agit d' Élisabeth Bourgeois, femme du sieur Baudrang, chirurgien de l'Hôtel-Dieu.
- 1789 : Vote de la loi instaurant la création de 83 départements suite à la Révolution française
- 1815 : José Maria Morelos y Pavon, généralissime des forces insurgées de la révolution mexicaine de 1810 après la mort de Miguel Hidalgo y Costilla est fusillé à San Cristobal Ecatepec.
- 1894 : Le capitaine Dreyfus est déclaré coupable d'espionnage
- 1958 : Signature d'un pacte commercial franco-égyptien
- 1963 : Naufrage du paquebot grec Laconia, bilan 150 morts
- 1988 : assassinat du syndicaliste brésilien Chico Mendes
- 1989 : Ion Iliescu renverse Nicolae Ceauşescu au terme de 24 ans de pouvoir dictatorial en Roumanie
- 2001 : Un gouvernement provisoire présidé par Hamid Karzai succède aux talibans en Afghanistan.
- Richard Reid est arrété après avoir tenter de faire exploser le vol 63 d'American Airlines en cachant un explosif dans son talon de chaussure.
- Naissance du chat CC, premier clône d'un animal de compagnie.
Naissances
- 1639 : Jean Racine, auteur français († 1699).
- 1684 : Johann Jacob Dillenius ou Dillenius, botaniste anglais d'origine allemand († 1747).
- 1801 : Carl Jakob Sundevall, zoologiste suédois († 1875).
- 1858 : Giacomo Puccini, italien, compositeur d'opéras († 1924).
- 1883 : Edgar Varèse, compositeur († 1965).
- 1905 : Pierre Brasseur, acteur français.
- 1907 : Peggy Ashcroft, comédienne britannique.
- 1933 : Jean Tulard, historien français, spécialiste de Napoléon Bonaparte et de l'époque napoléonienne.
- 1949 : Robin Gibb, musicien australien (The Bee Gees)
- 1949 : Maurice Gibb, musicien australien (The Bee Gees) († 2003)
- 1962 : Ralph Fiennes, acteur anglais.
- 1965 : Sergi López, acteur espagnol.
- 1969 : Myriam Bédard, championne de biathlon canadienne.
- 1972 : Vanessa Paradis, chanteuse et actrice française.
Décès
- 69 : Vitellius, empereur romain.
- 1815 : José Maria Morelos y Pavon, prêtre et insurgé mexicain.
- 1867 : Théodore Rousseau, peintre français, fondateur de l'école de Barbizon (° 1812)
- 1895 : John Russell Hind, astronome britannique.
- 1969 : Josef von Sternberg, cinéaste à Hollywood.
- 1979 : Darryl Zanuck, producteur de cinéma américain.
- 1988 : Chico Mendes seringueiros, défenseur de l'Amazonie.
- 1989 : Samuel Beckett, écrivain irlandais et Prix Nobel de littérature.
- 1992 : Nathan Milstein, violoniste.
- 1993 : Marion Burns, actrice américaine. (° 9 août 1907)
- 2001 : Jacques Mayol, apnéiste Français (° 1927).
- 2002 : Joe Strummer, ancien guitariste et chanteur du groupe punk The Clash.
- 2002 : Joe Morgan, rugbyman néo-zélandais.
- 2002 : Patrick Bourrat, grand reporter français de TF1.
Célébrations
- Solstice d'hiver dans l'hémisphère Nord et Solstice d'été dans l'hémisphère Sud
Saints catholiques du jour
- Sainte Anastasie
- Sainte Françoise-Xavière
Liens externes
- [http://news.bbc.co.uk/onthisday/hi/dates/stories/december/22 BBC: On This Day]
- [http://www.tnl.net/when/12/22 Today in History: December 22]
Catégorie:Jour de l'année
ja:12月22日
ko:12월 22일
ms:22 Disember
simple:December 22
th:22 ธันวาคม
6 juin
Le 6 juin est le 157 jour de l'année (158 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.
Événements
- 1329 : Le roi d'Angleterre Édouard III prête hommage au roi de France Philippe VI pour ses possessions françaises : la Guyenne et le Ponthieu.
- 1687 : Institution de l'Ordre du Chardon par le roi d'Angleterre Jacques II, qui est aussi le roi d'Écosse sous le nom de Jacques VII.
- 1880 : Bataille de l'Alto de la Allianza dans la guerre entre le Chili et le Pérou, au cours de laquelle 300 hommes du bataillon des Grenadiers de Tacna (Pérou) affrontèrent au corps à corps plus de 3 000 Chiliens.
- 1944 : Jour J Début de l'Opération Overlord, débarquement allié en Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale.
- 1949 : Publication du roman de George Orwell 1984.
- 1963 : réception officielle de Marc Boegner (le pasteur Boegner) (1881-1970) à l'Académie française.
Naissances
- 1599 : Baptême de Diego Vélasquez, peintre espagnol († 1660)
- 1606 : Pierre Corneille, auteur dramatique († 1684)
- 1799 : Alexandre Pouchkine, écrivain russe († 29 janvier 1837)
- 1875 : Thomas Mann, écrivain allemand, Prix Noebl de littérature 1929 († 12 août 1955)
- 1898 : Ninette de Valois, danseuse irlandaise
- 1901 : Ahmed Soekarno, fondateur de l'Indonésie moderne, président effectif (1949-1965)
- 1903 : René Monory, homme politique français,créateur du Futuroscope de Poitiers (1987)
- 1909 : Isaiah Berlin, philosophe politique et historien des idées († 5 novembre 1997)
- 1934 : Albert II, roi des Belges
- 1943 : Richard Smalley, chimiste états-unien, Prix Nobel de chimie 1996 († 28 octobre 2005)
- 1948 : Rocco Buttiglione, homme politique italien
- 1949 : Robert Englund, acteur américain
- 1950 : Chantal Akerman, réalisatrice belge
- 1956 : Björn Borg, joueur de tennis suédois
Décès
- 68 : Néron, empereur romain (suicide) (° 37).
- 1813 : Alexandre Théodore Brongniart, architecte français (° 15 février 1739)
- 1840 : Marcellin Champagnat, homme d'Église et pédagogue français, fondateur des Frères Maristes (° 20 mai 1789), canonisé en 1999.
- 1873 : Heinrich Wilhelm Adalbert, prince de Prusse, militaire et explorateur allemand (° 1811).
- 1891 : John A. Macdonald, premier premier-ministre canadien
- 1948 : Louis Lumière, inventeur et cinéaste français (° 1864).
- 1961 : Carl Gustav Jung, psychologue suisse (° 1875).
- 1968 : Robert Kennedy, homme politique américain, assassiné le 5 juin (° 1925).
- 1991 : Stan Getz, saxophoniste de jazz américain (° 1927).
- 2000 : Frédéric Dard, écrivain français, auteur de la série « San-Antonio » (° 1921).
Célébrations
- Suède : Fête nationale
Saints catholiques du jour
- St Gilbert
- St Claude évêque de Besançon (699)
- St Norbert
Catégorie:Jour de l'année
ja:6月6日
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th:6 มิถุนายน
1982Catégorie:1982
Cette page concerne l'année 1982 du calendrier grégorien.
Événements
Afrique
- 25 avril : Restitution à l'Égypte par Israël de la dernière partie occupée du Sinaï.
- 1 octobre : Raid aérien israélien sur le quartier général de l'OLP à Tunis : 60 morts.
Amériques
- Miguel de la Madrid Hurtado succède à José López Portillo, à la présidence du Mexique.
- 15 mars : État d'urgence au Nicaragua, menacé de l'extérieur par les États-Unis.
- Développement du mouvement d'extrême gauche du Sentier Lumineux au Pérou.
- 14 avril : Par la proclamation de la Reine du Canada sur la colline du Parlement, le Canada rapatrie sa constitution et gagne la pleine indépendance contre le Royaume-Uni; inclut dans cette constitution est la Charte canadienne des droits et libertés.
- 2 avril : Invasion des Malouines (Britanniques) par l'Argentine (jusqu'en juin).
- 1 mai : Guerre des Malouines, gagnée par le Royaume-Uni sur l'Argentine - ce qui entraîne la chute de la junte militaire.
Asie & monde indien
- Laos : Après avoir fui en 1975 à la prise du pouvoir par les forces armées communistes, le général Tong Lit revient avec comme mission d'unifier les divers groupes de résistance sous la houlette du Front uni de libération nationale du Laos (FULNL), créé le 18 juin 1981 à Paris.
Négociation Est-Ouest
- 21 décembre : Proposition de baisse du niveau des armements en Europe par l'URSS.
Europe de l'Est
- 8 octobre : Le syndicat libre Solidarność (Solidarité) est déclaré illégal en Pologne.
- 14 novembre : Libération de Lech Wałęsa.
- Le pape Jean-Paul II soutient le syndicat polonais Solidarité.
- 18 juin : Ronald Reagan étend l'embargo contre l'URSS aux exportations de technologie.
- 22 juillet : La France, puis l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie refusent de suivre l'embargo américain sur l'Union soviétique.
- 13 novembre : Levée de l'embargo gazier sur l'URSS par les États-Unis, après le refus français de le respecter.
- Yuri Andropov succède à Léonid Brejnev à la tête de l'Union soviétique.
Europe de l'Ouest
- 28 mai : Première visite d'un pape en Grande-Bretagne par Jean-Paul II.
- 1 octobre : Helmut Kohl (CDU) devient chancelier de l'Allemagne de l'Ouest.
- Felipe González forme le premier gouvernement socialiste d'Espagne.
- L'ancienne impératrice d'Autriche Zita de Bourbon-Parme est autorisée pour la première fois depuis 1918 à venir en Autriche où elle reçoit un accueil triomphal lors de la cérémonie dans la cathédrale Saint-Étienne de Vienne.
- 13 janvier : Semaine de 39 heures et cinquième semaine de congés payés - retraite à 60 ans.
- 28 janvier : Adoption de la loi sur la décentralisation.
- 5 février : Adoption du nouveau statut de la Corse.
- 3 mars : Promulgation de la loi de décentralisation (loi Defferre).
- 21 mars : Succès de la Droite aux élections cantonales.
- 25 mars : Ordonnance sur la retraite à 60 ans, le travail à temps partiel.
- 29 mars : Attentat dans le train Paris-Toulouse attribué au Groupe Carlos, Weinrich, Froëlich. 5 morts et 28 blessés.
- 4 juin : Présentation par la France du Minitel.
- 12 juin : Dévaluation du Franc de 5,75%.
- 18 juin : Henri Krasucki succède à Georges Séguy à la tête de la CGT.
- 8 juillet : Défaite de l'équipe de France de football face à l'Allemagne en demi-finale du mondial de 1982.
- 31 juillet : Accident de Beaune, 53 personnes dont 46 enfants perdent la vie dans un accident de la route dans la région de Beaune
- 4 août : Suppression des législations anti-homosexuelles et majorité sexuelle à 15 ans pour tous.
- 9 août : Attentat antisémite contre le restaurant Goldenberg à Paris.
- 13 septembre : Manifestation de 15 000 chefs de PME contre la politique économique du gouvernement.
- 12 octobre : Manifestation de commerçants et artisans contre la politique du gouvernement.
- Début du bradyséisme de Pouzzoles (le phénomène durera jusqu'en 1984)
Océanie & Pacifique
- Découverte de Helicobacter pylori par deux chercheurs australiens : Robin Warren et Barry Marshall.
Proche-Orient & monde arabo-musulman
- 4 juin : Début de l'invasion israélienne (opération Paix en Galilée) du Liban et siège de Beyrouth : Yasser Arafat est contraint à quitter Beyrouth pour Tunis.
- 13 juin : Fahd Bin Abdelaziz devient roi d'Arabie saoudite
- 14 septembre : Assassinat du nouveau président libanais Béchir Gemayel. Entrée des troupes israéliennes à Beyrouth-Ouest.
- 16 septembre au 17 septembre : Massacre (500 à 3000 morts) palestiniens et libanais à Sabra et Chatila, Beyrouth, par des milices chrétiennes protégées par Israël, en Palestine, d'immenses manifestations réclament la fin de cette guerre.
- 1 octobre : Raid aérien israélien sur le quartier général de l'OLP à Tunis : 60 morts
Arts & cultures
- En avril, le gouvernement grec accepte par décret le système dit monotonique (μονοτονικό σύστημα monotonikó sístima), qui simplifie grandement le système des diacritiques de l'alphabet grec.
Musique
(voir aussi 1982 en musique)
- 500 000 personnes écoutent les Rolling Stones à New York dans Central Park.
- Sortie de l'album Thriller de Michael Jackson, album le plus vendu de l'histoire de la musique.
Cinéma
(voir aussi 1982 au cinéma)
- 26 mai : Sortie en salles en France du film « Passion » de Jean-Luc Godard.
- 26 mai : Sortie en salles en France du film « Les Fantômes du chapelier » de Claude Chabrol.
- Gandhi de Richard Attenborough remporte l'Oscar du meilleur film.
- La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud remporte le César du meilleur film.
- Le réalisateur américain Steven Spielberg réalise E.T. l'extra-terrestre.
- Le réalisateur anglais Peter Greenaway réalise Meurtre dans un jardin anglais (The Draughtsman's Contract).
- Yol de Yilmaz Güney et Missing de Constantin Costa-Gavras remportent la Palme d'Or au Festival de Cannes.
- Le réalisateur Steven Lisberger de Disney réalise Tron, film contenant une quantité impressionnante d'images numériques et où apparaît le premier personnage numérique : Bit.
Sciences & techniques
- 4 juin : Présentation par la France du Minitel.
- En octobre, commercialisation du Disque Compact (CD) au Japon. Le lecteur de compact-disc à laser est commercialisé par la société Philips.
- Échec du premier tir commercial de la fusée Ariane.
- Fuji lance l'appareil photo jetable.
- Le magnétophone portable, le walkman ou baladeur, est commercialisé par la société Sony.
- Le mathématicien français Connes remporte la médaille Fields.
- Jean-Loup Chrétien est le premier français à aller dans l'espace.
Économie
- 12 juin : Dévaluation du franc de 5,75%.
- 18 juin : Ronald Reagan étend l'embargo contre l'URSS aux exportations de technologie.
- 22 juillet : La France, puis l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie refusent de suivre l'embargo états-unien.
- 13 novembre : Levée de l'embargo gazier sur l'URSS par les États-Unis, après le refus français de le respecter.
Sport et loisirs
- Coupe du monde de football en Espagne
- l'Italie remporte la coupe du monde de football pour la troisième fois.
Divers/incertain
- 8 janvier : Pour échapper aux poursuite anti-trust, le groupe ATT accepte de se scinder.
- 29 juin : Début des négociations START sur les armements stratégiques, à Genève.
- 29 juillet : Fin du monopole d'État sur l'audiovisuel, création de la Haute Autorité.
- Le prix Nobel de la paix est attribué à la Suédoise Alva Myrdal et au Mexicain Alfonso Garcia Robles.
- Un tremblement de terre de magnitude 6 sur l'échelle de Richter fait 2000 victimes au Nord-Yémen.
- 12 janvier : Paul-Henri Mathieu, joueur de tennis français
- 15 février : Elodie Frégé, chanteuse française
- 24 février : Naissance d'Amandine, le premier bébé français « in vitro »
- 24 avril : Kelly Clarkson, chanteuse, actrice américaine
- 30 avril : Kirsten Dunst, actrice américaine
- 17 mai : Tony Parker, joueur français de basket-ball
- 1 juin : Justine Henin, joueuse de tennis belge
- 21 juin : William, prince héritier de la Couronne d'Angleterre
- 1 juillet : Xavier Matthys, cinéaste français
- 13 octobre : Ian Thorpe, nageur australien, dit « la Torpille »
- 16 octobre : Frédéric Michalak, joueur de rugby à XV français
- 30 octobre : Chimène Badi, chanteuse française
- 30 novembre : Elisha Cuthbert, actrice canadienne
- 30 décembre : Kristin Kreuk, actrice canadienne
- 1 janvier : Paul Belmondo, sculpteur français
- 13 janvier : Marcel Camus, cinéaste français
- 22 janvier : Eduardo Frei, ancien président du Chili
- 9 février : Marthe Richard, inspiratrice de la loi sur la suppression des maisons closes en France
- 17 février : Thelonious Monk, pianiste et compositeur de jazz américain
- 2 mars : Philip K. Dick, auteur de science-fiction
- 3 mars : Georges Perec, écrivain français
- 29 mars : Carl Orff, compositeur
- 5 mai : Irmgard Keun, romancière allemande
- 8 mai : Gilles Villeneuve, pilote automobile de F1 canadien
- 15 mai : Joëlle Mogensen, chanteuse
- 29 mai : Romy Schneider, actrice autrichienne
- 10 juin : Rainer Werner Fassbinder, réalisateur allemand
- 10 juin : Gala Dali, épouse de Salvador Dali
- 17 juin : Roberto Calvi, homme d'affaires
- 29 juin : Pierre Balmain, couturier
- 16 juillet : Patrick Dewaere, acteur français
- 12 août : Henry Fonda, acteur américain
- 29 août : Ingrid Bergman, actrice suédoise
- 14 septembre : Béchir Gemayel, président libanais
- 14 septembre : Grace Kelly, la princesse Grace de Monaco
- 4 octobre : Glenn Gould, pianiste et compositeur canadien
- 18 octobre : Pierre Mendès-France, homme politique français
- 1 novembre : King Vidor, réalisateur américain
- 5 novembre : Jacques Tati, né Tatischeff, cinéaste français
- 10 novembre : Léonid Brejnev, homme d'État soviétique
- 19 novembre : Erving Goffman, sociologue
- 20 décembre : Arthur Rubinstein, pianiste américain
- 24 décembre : Louis Aragon, écrivain et poète français
__NOTOC__
als:1982
ja:1982年
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th:พ.ศ. 2525
Haïku
ja:俳句 th:ไฮกุ
Catégorie:Poésie Catégorie:Littérature japonaise
Le haïku (俳句) est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, à forte composante symbolique. C'est un poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses. Encore appelé Haïkaï (son nom d'origine) ce poème comporte traditionnellement 3 vers formant en tout 17 syllabes : le premier et le troisième vers sont pentasyllabiques et encadrent un vers heptasyllabique (c'est-à-dire 5, 7 puis 5 syllabes).
A titre d'exemple, voici l'un des plus célèbres haïkus japonais écrit par un grand maître, Matsuo Bashô :
:Dans le vieil étang
:Une grenouille saute
:Un ploc dans l'eau
L'original japonais est:
:Fu-ru-i-ké-ya
:ka-wa-zu-to-bi-ko-mu
:mi-zu-no-o-to
:(5-7-5, soit 17 syllabes)
Mais ce n'est pas la seule règle que doit respecter un haïku, car il lui faut contenir un kigo, c'est-à-dire une référence à la nature ou un mot clé concernant l'une des quatre saisons.
On notera également que le haïku, qui date du , tire son origine du Tanka, la poésie traditionnelle japonaise.
Le haïku en langue française
Le premier recueil en langue française fut composé en 1903, Au fil de l'eau, à l'initiative de Paul-Louis Couchoud.
Exemples de haïku
:Tout a brûlé
:heureusement, les fleurs
:avaient achevé de fleurir.
::Hokushi
:J'éternue
:et perds de vue
:l'alouette
::Yayu
:Le serpent s'esquiva
:Mais le regard qu'il me lança
:Resta dans l'herbe
::Kyoshi
:Ce monde de rosée
:Est un monde de rosée
:Pourtant et pourtant
::Issa
Maîtres de Haïku
;Periode d'Edo
- Bashō Matsuo (en japonais, Matsuo Bashō, 松尾芭蕉)
- Yosa Buson
- Kobayashi Issa
;Moderne
- Shiki Masaoka
- Kyoshi Takahama
- Ippekiro Nakatsuka
- Sekitei Hara
- Hisajo Sugita
- Suju Takano
- Kakio Tomizawa
- Koi Nagata
- [http://www.swarthmore.edu/Humanities/clicnet/litterature/moderne/poesie/duhaime.html#anchor.haikuj Haïkus japonais classiques]
- [http://pages.infinit.net/haiku/ Anthologie du haïku]
- [http://nezumi.dumousseau.free.fr/japon/jap4saisons.htm Les saisons du Japon et le Haïku]
- [http://perso.wanadoo.fr/hkn/manuel_haiku/0a_prese.htm Petit manuel pour écrire des haïkus]
- [http://www.big.or.jp/~loupe/links/frinx.shtml Haïku, Tanka, Littérature, et Art Contemporain au Japon]
Catégorie:Genre et forme littéraire
Beat generationLe terme de Beat Generation fut employé pour la première fois en 1948 par Jack Kerouac pour décrire son cercle d'amis au romancier John Clellon Holmes (qui publiera plus tard le premier roman sur la Beat generation, intitulé Go, en 1952, en même temps qu'un manifeste dans le New York Times : « This is the Beat generation »). L'adjectif Beat (proposé par Herbert Huncke) avait initialement le sens de fatigué, ramolli, mais Kerouac y ajouta la connotation paradoxale de upbeat et beatific.
Qualifier ce petit cercle d'aspirants écrivains, artistes, arnaqueurs et toxicomanes en tout genre de « Génération » fut une façon de revendiquer leur importance, leur représentativité, et surtout le début d'un nouveau mouvement (sur les traces de la « Lost Generation »). C'était le genre de bravade qui n'aurait pu être qu'illusions de grandeur, mais l'histoire montre que la beat generation se permit d'être un véritable mouvement littéraire, social et culturel. Le nom précéda l'essence, renforçant la cristallisation des idées autour du concept.
Les membres de la Beat generation furent des nouveaux bohémiens qui s'engagèrent dans une créativité vigoureuse et libertaire. Les écrivains Beat produisirent un corpus d'œuvres dominées par la spontanéité, un quasi-automatisme dans l'écriture, pour provoquer une prosodie libre et rythmée.
Les membres « canoniques » de la Beat generation se rencontrèrent à New York : Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs (dans les années 1940), rejoints plus tard par Gregory Corso (en 1950). C'est à l'université de Columbia que Ginsberg et Kerouac se rencontrèrent, alors tous deux étudiants. Au cours des années 1950, le groupe s'était étendu à des figures de la scène de San Francisco : Kenneth Rexroth, Gary Snyder, Lawrence Ferlinghetti, Michael McClure, Philip Whalen et Lew Welch.
Les œuvres majeures de ces auteurs fondateurs sont Sur la route de Kerouac, Howl de Ginsberg et Le Festin nu de Burroughs.
Autour de ce noyau dur d'artistes gravitèrent des personnalités au parcours moins connu mais à l'apport tout aussi important : Lucien Carr (qui présenta Burroughs à Kerouac et Ginsberg) ; Herbert Huncke (un petit truand toxicomane qui rencontra Burroughs en 1946) ; Hal Chase (un anthropologue de Denver qui présenta Neal Cassady au groupe en 1947). Cassady devint très proche de Kerouac et fut immortalisé dans le roman Sur la route sous les traits du personnage Dean Moriarty, un voyou antisocial sans le sou, avide de vie et d'expériences.
C'est Cassady qui fit entrer le rap dans la scène Beat, avec son parlé relâché et spontané qui serait plus tard associé aux beatniks. Cassady n'était pas écrivain lorsqu'il intégra le groupe, mais impressionna fortement de son style relâché et spontané que Kerouac citera plus tard comme influence majeure qui le mena à formaliser sa prose libre, qu'il utilisa dans Sur la route (l'autre influence majeure étant les solos jazz improvisés).
Les femmes prirent aussi une place d'importance dans le cercle Beat : Joan Vollmer, Edie Parker. Leur appartement de lUpper West Side de Manhattan devint rapidement le lieu de rencontres privilégiées des Beats, Joan Vollmer devenant elle-même une participante active des discussions enflammées qui s'y déroulaient.
En 1950, Corso rencontre Ginsberg, qui fut très impressionné par la poésie qu'il avait écrite alors qu'il était emprisonné pour vol. Les années 1950 furent marquées par des influences réciproques entre écrivains New Yorkais et de San Francisco (Ginsberg, Corso, Cassady et Kerouac s'y installèrent même pour un temps). Ferlinghetti (qui dirigea la maison d'édition City Lights Press) prit une plus grande importance, ainsi que Rexroth (un poète issu du modernisme, plus âgé que les Beats, et qui exerca sur eux une profonde influence) dont l'appartement devint un point de rencontre obligé des discussions littéraires. Rexroth organisa la lecture de Six Gallery, où le poème Howl apparut pour la première fois.
À la parution de Sur la route en 1957 (le manuscrit était achevé dès 1951), les excellentes critiques (notamment de la rubrique littéraire du New York Times) en firent un best-seller instantané. Cet évènement entraîna la vague d'intérêt pour le mouvement Beat qui mit en lumière tous ses membres.
Les Beatniks
Le mot beatnik apparaît pour la première fois le 2 avril 1958 sous la plume de Berb Caen dans ses Chroniques de San Francisco. Le terme, forgé à partir du satellite russe Sputnik, était initialement péjoratif en cherchant à montrer que les beats étaient une communauté de communistes illuminés. Le terme resta et devint l'emblème d'une génération de jeunes gens chevelus et débraillés.
Les femmes de la Beat generation
Souvent laissées de côté dans l'histoire des premiers temps de la Beat generation, cet oubli volontaire pouvant s'expliquer par le sexisme ambiant de l'époque plus que pour des raisons objectives. Joan Vollmer (qui deviendra plus tard M Burroughs) fut sans équivoque présente dès le tout début de l'aventure. Elle est décrite comme une femme intelligente et intéressante, mais qui ne s'impliqua pas dans l'écriture. Par ailleurs, à l'inverse d'un homme comme Cassady, personne ne choisit d'écrire à son sujet. Elle n'est restée dans l'histoire que comme l'épouse que William Burroughs tua par accident d'une balle en pleine tête (en cherchant à rejouer le mythe de Guillaume Tell).
Corso soutint que les femmes furent très présentes dans le cercle, mais qu'il fut très dur pour elles de revendiquer le style de vie bohème des beats : stigmatisées, vues comme folles, certaines furent arrachées au mouvement. Il raconta ainsi l'histoire de la jeune « Hope » qui fut la première mentor de Kerouac et Ginsberg dans leur interêt pour le Bouddhisme, leur faisant lire certains auteurs, dont Li Po.
Certaines parvinrent tout de même à se faire un nom au sein des Beats : Joyce Johnson, Hettie Jones, Diane DiPrima.
Catégorie:Beat Generation
Essai -
Un essai est une œuvre débattant d'un sujet donné selon le point de vue de l'auteur. Contrairement à l'étude, l'essai peut être polémique ou partisan.
Historique
Le genre des essais a été inventé (rendu célébre) par Michel de Montaigne.
Dans « Les Essais », il aborde de nombreux sujets d'étude du point de vue strictement personnel. On a souvent remarqué qu'il accordait une telle importance à cet angle d'approche qu'il y décrit par le détail ses propres sensations, perceptions et, parfois, ses maladies. Mais cette approche lui permet de fonder une réflexion philosophique extrêmement féconde.
But de l'essai
Tout d'abord, l'essai est une prise de parole. L'auteur assume sa parole, souhaite la découvrir. Il se donne voix en passant par la voix du texte.
- Se donner voix : dire les choses et n'importe quelle chose, créer son propre sens et le proposer (se situer).
- Une voix donnée à l'autre : l'essai est un écrit à la fois près de l'ego et altruiste qui peut être à la fois très réaliste ou complètement utopique ou idéaliste (désir de communication).
- la voix du texte : le texte va révéler le sens, comme la plupart des écritures littéraires (la présence de l'implicite est une caractéristique du langage littéraire).
- écrire pour dire, pour connaître le monde.
- écrire pour commenter et expliquer le réel.
- écrire pour préciser sa place dans le monde et pour donner sa vision du monde.
- une expérience, une naissance, en philosophie : une phénoménologie (conscience au monde individuelle qui vise à rejoindre un savoir plus vaste)
- une écriture qui vise une connaissance : se connaître dans et avec le monde. se découvrir en précisant sa pensée = dans le texte même cela engendrera une forme d’errance, un centre et des digressions (texte idéologique personnel).
Engagement (politique, social, humain, existentiel, vital)
- regard sur le réel, choix du sujet, le choix du langage et la forme de l’essai
- s'interroger
- explorer la réalité concrète, historique, sociale, universelle, personnelle
- liberté d’expression et de sujet (du banal au crucial, de la bagatelle à l'essentiel)
- pas exhaustif = une quête, une proposition, plus qu'une recherche exhaustive.
- un point de vue, séduction
- perception qui suggère même dans son désir de dire ou de faire connaître à l'autre - notion de message
Dans le texte
- grande variété dans l’expression, on peut retrouver du soliloque, de l'argumentation, de l'évocation, de l'information, de la critique, de la description, du portrait, de la narration, de l’anecdote, de la maxime, de la pensée, des exemples ou des illustrations, du dialogue, etc. Tout ceci est mélangé.
- idées - opinions - perceptions sensibles et intellectuelles
- arguments - considérations - points de vue
- analyses - jugements - critiques
- choix - subjectivité
Voir aussi
Lien externe
- [http://www.lettres.net/files/essai.html Définition de l'Agora]
ja:随筆
th:เรียงความ
Écologie als:Ökologie ko:생태학 ms:Ekologi ja:生態学 simple:Ecology th:นิเวศวิทยา
catégorie:Développement durable catégorie:Environnement catégorie:Écologie
catégorie:Écologie (1970)]]
L'écologie est la science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu et leurs interactions.
Le terme écologie vient du grec oikos (maison, habitat) et logos (science, connaissance) : c'est la science de la maison, de l'habitat. Il fut inventé en 1866 par Ernst Haeckel, biologiste allemand pro-darwiniste. Dans son ouvrage Morphologie générale des organismes, il désignait par ce terme :
:« la science des relations des organismes avec le monde environnant, c'est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d'existence. »
Le mot écologie est alors orthographié oecology en anglais dans le titre de l'ouvrage de Eugenius Warming, The Oecology of Plants (provenant directement du oikos transcrit translittéré en latin oecos).
Une définition généralement admise, particulièrement utilisée en écologie humaine, consiste à définir l'écologie comme le rapport triangulaire entre les individus d'une espèce, l'activité organisée de cette espèce et l'environnement de cette activité. L'environnement est à la fois le produit et la condition de cette activité, et donc de la survie de l'espèce.
Un écologue est un spécialiste de l'écologie. Le terme est souvent confondu avec la dénomination écologiste.
Il est à noter que la différenciation entre les termes écologue et écologiste n'existe pas en langue anglaise.
Les précurseurs de l'écologie
Un des premiers écologues pourrait être Aristote qui s'est intéressé à de nombreux animaux. Il fut suivi par de nombreux naturalistes, tels que Buffon ou Linné, dont les travaux sont parfois considérés comme les prémices de l'écologie moderne.
La géographie botanique et Alexandre de Humboldt
Au cours du XVIII et au début du XIX siècle, les grandes puissances maritimes, telles que la France ou l'Allemagne, firent de nombreuses expéditions pour explorer le monde, développer le commerce maritime avec d'autres pays, découvrir de nouvelles ressources naturelles ainsi qu'en faire l'inventaire. Au début du XVIII, environ 20 000 espèces végétales étaient connues, contre 40 000 au début du XIX et presque 400 000 aujourd'hui.
À ces expéditions se joignirent de nombreux scientifiques, en particulier des botanistes, tel que l'explorateur allemand Alexandre de Humboldt qu'on considère souvent comme étant le précurseur véritable de l'écologie. Il entreprit, le premier, d'étudier les relations entre l'environnement et les organismes. Il mit en évidence la relation existant entre les espèces végétales observées et les climats, décrivit les zonations de végétation avec la latitude ou l'altitude, ce qu'on appela la phytogéographie.
En 1804 par exemple, il rapporte une quantité impressionnante d'espèces, en particulier des végétaux, dont il cherche à expliquer la distribution géographique en s'appuyant sur les données géologiques. Un ouvrage célèbre de Humboldt est L'essai sur la géographie des plantes (1805).
D'autres botanistes d'importance sont par exemple Aimé Bonpland qui participa aux expéditions de Humboldt ou Eugenius Warming.
La notion de biocénose – Darwin et Wallace
Vers 1850 une rupture a lieu avec la parution de l'ouvrage de Charles Darwin sur l'origine des espèces : on passe des représentations mécaniques et répétitives à des représentations biologiques, organiques, et donc évolutives.
Alfred Russel Wallace, contemporain et concurrent direct de Darwin, proposa le premier une « géographie » des espèces animales. Plusieurs auteurs s'aperçoivent à l'époque que les espèces ne sont pas indépendantes les unes des autres, et les regroupent en espèces végétales, espèces animales, puis plus tard, en communautés d'êtres vivants comme le mammouth et la loutre de mer ou biocénose. Ce terme sera inventé en 1877, par Karl Möbius Modicus.
La notion de biosphère – Eduard Suess et Vernadsky
Au XIX, les investigations s'enrichissent de connaissances acquises en chimie par Lavoisier et de Saussure qui étudient notamment le cycle de l'azote.
Après observation du fait que la vie ne se développe que dans des limites très précises au sein des trois compartiments que constituent l'atmosphère, l'hydrosphère et la lithosphère, le géologue autrichien Eduard Suess propose le terme biosphère en 1875. Suess propose d'appeler biosphère cette enveloppe de vie, caractéristique de la Terre, qui englobe la flore, la faune, les minéraux, les cycles de la matière, etc.
Dans les années 1920, le géologue russe Vladimir Ivanovich Vernadsky, précise la notion de biosphère dans son ouvrage La biosphère (1926) et décrit les principes fondamentaux des grands cycles biogéochimiques. Il requalifie alors la biosphère comme étant l'ensemble des écosystèmes.
Par ailleurs, les premiers dégâts écologiques sont reportés au , lorsque la multiplication des colonies est la cause de déforestation. Dès le , avec la révolution industrielle, des doutes de plus en plus pressants naissent quant aux impacts des activités anthropiques sur l'environnement. Le terme écologiste apparaît dès la fin du XIX siècle.
La notion d'écosystème et Arthur Tansley
Au cours du XIXe, la biogéographie, qui dresse l'état des lieux des espèces, est généralement considérée comme une science qui ne peut être confondue avec l'écologie ; elle cherche à expliquer les raisons de la présence des espèces en un endroit donné.
C'est en 1935 que Arthur Tansley, écologiste britannique, appelle écosystème, le système interactif qui s'établit entre la biocénose (l'ensemble des êtres vivants) et le biotope (leur milieu de vie). L'écologie devient alors la science des écosystèmes.
L'hypothèse Gaia et James Lovelock
À partir de la Seconde Guerre mondiale, l'énergie nucléaire, l'industrialisation, les conséquences des pollutions, le gaspillage et la surexploitation des ressources naturelles par les pays industrialisés et la croissance exponentielle de la démographie des pays du tiers-monde pose de plus en plus le problème de la place et du rôle de l'Homme sur la Terre et sont à l'origine de la sous discipline de l'écologie appelée écologie humaine.
La vision de Gaïa, symptomatique d'une époque, avancée par James Lovelock, compare la Terre à un seul et même macro organisme dans son ouvrage La Terre est un être vivant.
Bien que controversée, l'hypothèse Gaïa permit de diffuser un certain « souci écologique » au sein du grand public, lui permettant de prendre conscience que la Terre-mère, Gaïa, était malade des hommes et de leur activité. D'un point de vue scientifique, cette hypothèse situe la nouvelle vision de l'écologie comme étant une vision globale de la biosphère et de la biodiversité.
L'écologie humaine
L'écologie humaine est apparue dans les années 1920, par le biais de l'étude de successions végétales dans la ville de Chicago.
Elle est devenue un champ d'étude distinct dans les années 1970. L'homme, colonisateur de tous les continents, est désormais reconnu comme un facteur écologique majeur. Il modifie grandement son environnement, par le biais du développement de son habitat (en particulier le développement urbain), du développement de la pêche, ainsi que des activités agricoles et industrielles.
Des études puis un enseignement de l'écologie humaine se met en place, avec la participation d'anthropologues, d'architectes, de biologistes, de démographes, d'écologistes, d'ergonomes, d'ethnologues, d'urbanistes et de médecins.
L'écologie humaine est la partie de l'écologie qui étudie l'espèce humaine, l'activité organisée de cette espèce et son environnement.
Par ailleurs, une philosophie issue de l'écologie, et applicable aux sociétés humaines, s'est développée : l'écologisme.
Enfin, l'écologie politique est apparue dans les années 1920 ; elle consiste à appliquer la science écologique à la politique et à la gestion de la cité.
L'écologie globale
L'UNESCO a lancé en 1971 le programme de recherche Man and Biosphere, dans un objectif d'amélioration des connaissances sur les rapports mutuels entre l'homme et la Nature. Quelques années plus tard, le même organisme définit la notion de réserve de biosphère.
En 1972, la première conférence internationale des Nations unies sur l'environnement humain eut lieu à Stockholm, préparée, entre autres, par l'expert René Dubos. C'est à l'occasion de cette conférence que fut consacré le slogan penser globalement, agir localement.
Les derniers événements majeurs dans le domaine de l'écologie furent le développement des notions de biosphère et l'apparition des termes diversité biologique puis de biodiversité dans les années 1980. Ces trois termes furent consacrés au cours du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1993. À cette occasion, le concept de biosphère fut reconnu par les grands organismes internationaux, et le risque de perte de biodiversité reconnu.
Enfin, les dangers auxquels la biosphère kerozene se retrouve confrontée furent en particulier reconnus d'un point de vue international à Kyoto, en 1997. En particulier, cette conférence mit en évidence l'augmentation de l'effet de serre liée à la concentration croissante des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, entraînant des modifications climatiques globales. À cette occasion, il fut reconnu l'importance de considérer l'écologie d'un point de vue global national, à l'échelle mondiale, et de prendre en compte l'impact de l'espèce humaine hybride.
Les principes fondamentaux de l'écologie
Les différentes disciplines
Pour beaucoup, l'écologie fait partie des sciences biologiques de base qui concernent l'ensemble des êtres vivants. Il existe en biologie divers niveaux d'organisation, celui de la biologie moléculaire, de la biologie cellulaire, la biologie des organismes (au niveau individu et organisme), l'étude des populations, l'étude des communautés, les écosystèmes et la biosphère.
Le domaine de l'écologie regrouperait les dernières catégories. En effet, elle est une science holistique qui étudie non seulement chaque élément dans ses rapports avec les autres éléments, mais aussi l'évolution de ces rapports selon les modifications que subissent le milieu, les populations animales et végétales. Ces rapports sont décrits du plus petit niveau jusqu'au niveau le plus global. Certaines de ces sous-disciplines sont :
- l'écophysiologie, qui étudie les relations entre un processus physiologique et les facteurs environnementaux ;
- l'auto-écologie, qui étudie les relations entre un type d'organisme et les facteurs de son environnement ;
- l'écologie des populations (ou démo-écologie), qui étudie les relations entre une population d'individus d'une même espèce et son environnement ;
- la synécologie, qui étudie les relations entre une communauté d'individus d'espèces différentes et son environnement ;
- l'étude des écosystèmes ;
- l'écologie globale, qui étudie l'écologie à l'échelle de l'écosphère ou biosphère (totalité des milieux occupés par des êtres vivants) ;
- l'économie de l'environnement, qui étudie la consommation des ressources naturelles et les incitations économiques pour rationaliser leurs consommations et la pollution.
Ce qui est appelé écologie est donc en réalité un ensemble, les sciences écologiques. Elles rassemblent un assez grand nombre de disciplines, plus ou moins indépendantes, telles que la géologie, la biochimie, la géographie, la pédologie, la physique, etc.
La biosphère et la biodiversité
Pour les écologistes modernes, l'écologie peut s'étudier à plusieurs niveaux : la population (individus de la même espèce), la biocénose (ou communauté d'espèces), l'écosystème et la biosphère. Considérons le niveau biosphérique dans un premier temps.
La Terre, vue d'un point de vue écologique, constitue le sein ou mamelles de plusieurs compartiments, l'hydrosphère (ou sphère de l'eau), la lithosphère (ou sphère du sol) et l'atmosphère (ou sphère de l'air).
La biosphère, parfois qualifiée de quatrième enveloppe, est la partie de la planète sur laquelle la vie s'est développée. Il s'agit d'une couche superficielle très mince, qui descend jusqu'à 11 000 mètres de profondeur jusqu'à s'élever jusqu'à 15 000 mètres d'altitude, bien que la majorité des espèces vivantes vivent dans la zone située de -100 mètres à +100 mètres.
La vie s'est tout d'abord développée dans l'hydrosphère, à faible profondeur, dans la zone photique. Des êtres pluricellulaires sont ensuite apparus et ont pu coloniser également les zones benthiques. La vie terrestre s'est développée plus tardivement, après que se soit formée la couche d'ozone protégeant les êtres vivants des rayons UV. Les espèces terrestres vont d'autant plus se diversifier que les continents vont se fragmenter, ou au contraire se réunir.
Biosphère et biodiversité sont indissociables, caractéristiques de la planète Terre. On définit la biosphère comme étant la sphère du vivant, alors que la biodiversité en est la diversité. La sphère est le contenant, alors que la diversité en est le contenu. Cette diversité s'exprime à la fois au niveau écologique (écosystème), population (diversité intraspécifique) et espèce (diversité spécifique).
La biosphère contient de grandes quantités d'éléments tels que le carbone, l'azote et l'oxygène. D'autres éléments, tels que le phosphore, le calcium, le potassium sont également indispensables à la vie. Au niveau des écosystèmes et de la biosphère, il existe un recyclage permanent de tous ces éléments, qui alternent l'état minéral et l'état organique.
En effet, le fonctionnement des écosystèmes est essentiellement basé sur la conversion de l'énergie solaire en énergie chimique, grâce à la photosynthèse. Cette dernière aboutit à la libération d'oxygène, lequel permet aux êtres évolués (comme les mammifères) de dégrader les sucres par la respiration cellulaire, libérant ainsi de l'eau et du gaz carbonique. Ainsi, l'activité des êtres vivants est à l'origine de la composition spécifique de l'atmosphère terrestre, la circulation des gaz étant assurée par de grands courants aériens.
L'eau s'échange également entre les compartiments. Les océans sont de grands réservoirs, qui stockent l'eau, assurent une stabilité thermique et climatique, ainsi que le transport des éléments chimiques grâce aux grands courants océaniques.
Pour mieux comprendre le fonctionnement de la biosphère, et les dysfonctionnements liés à l'activité humaine, des scientifiques américains ont réalisé, sous serre, un modèle réduit de la biosphère, appelée Biosphère II.
La notion d'écosystème
Le premier principe de l'écologie est que chaque être vivant est en relation continuelle avec tout ce qui constitue son environnement. On dit qu'il y a un écosystème à chaque fois qu'il y a interaction entre des organismes et un milieu.
L'écosystème est composé de deux entités, l'ensemble des êtres vivants (appelé biocénose) et le milieu (appelé biotope). Au sein de l'écosystème, les espèces ont entre elles une dépendance alimentaire, et échangent entre elles et avec leur milieu, de l'énergie et de la matière.
La notion d'écosystème peut s'appliquer à des portions de dimensions variables, un étang, un champ ou un bout de bois mort. Une unité de taille inférieure est appelée un microécosystème. Il peut, par exemple, s'agir d'une pierre retournée et de toute la vie qui se cachait dessous. Un mésoécosystème pourrait être une forêt, et un macro-écosystème une région et son bassin versant.
Les principales questions se posant à un écologue lors de l'étude des écosystèmes sont :
- comment a pu se réaliser la colonisation d'une terre aride ?
- comment s'est poursuivie cette évolution ?
- l'état actuel est-il stable ?
- quelles sont les relations existant entre les différents éléments du système ?
Les écosystèmes sont souvent classés par référence aux biotopes concernés. On parlera
- d'écosystèmes continentaux (ou terrestres), tels que les écosystèmes forestiers (forêts), les écosystèmes prairiaux (prairies, steppes, savanes), les agro-écosystèmes (systèmes agricoles) ;
- d'écosystèmes des eaux continentales, pour les écosystèmes lenthiques (lacs, étangs) ou écosystèmes lotiques (rivières, fleuves) ;
- d'écosystèmes océaniques (les mers, les océans).
Une autre classification pourra se faire par référence à la biocénose (par exemple, on parlera d'écosystème forestier, ou d'écosystème humain).
La notion d'homéostasie
Le biotope, ou milieu de vie, est caractérisé par un ensemble de paramètres géologiques, géographiques et climatologiques, que l'on appelle facteurs écologiques abiotiques :
- l'eau, à la fois élément indispensable à la vie, et parfois milieu de vie ;
- l'air, qui fournit l'oxygène et le gaz carbonique aux espèces vivantes, et qui permet la dissémination du pollen et des spores ;
- le sol, à la fois source de nutriment et support de développement ;
- la température, qui ne doit pas dépasser certains extrêmes, même si les marges de tolérance sont importantes chez certaines espèces ;
- la lumière, permettant la photosynthèse.
La biocénose est un ensemble de populations d'êtres vivants, plantes, animaux, microorganismes. Chaque population est le résultat des procréations entre individus d'une même espèce et cohabitant en un lieu et en un temps donné. Lorsqu'une population présente un nombre insuffisant d'individus, l'espèce risque de disparaître, soit par sous-population, soit par consanguinité. Une population peut se réduire pour plusieurs raisons, par exemple, disparition de son habitat (destruction d'une forêt) ou par prédation excessive (telle que la chasse d'une espèce donnée).
La biocénose se caractérise par des facteurs écologiques biotiques, de deux types : les relations intraspécifiques et interspécifiques.
Les relations intraspécifiques sont celles qui s'établissent entre individus de la même espèce, formant une population. Il s'agit de phénomènes de coopération ou de compétition, avec partage du territoire, et parfois organisation en société hiérarchisée.
Les relations interspécifiques, c'est-à-dire celles entre espèces différentes, sont nombreuses et décrites en fonction de leur effet bénéfique, maléfique ou neutre (par exemple, la symbiose (relation ++) ou la compétition (relation --)). La relation la plus importante est la relation de prédation (manger ou être mangé), laquelle conduit aux notions essentielles en écologie de chaîne alimentaire (par exemple, l'herbe consommée par l'herbivore, lui-même consommé par un carnivore, lui-même consommé par un carnivore de plus grosse taille). La niche écologique est ce que partagent deux espèces quand elles habitent le même milieu et qu'elles ont le même régime alimentaire.
Les interactions existantes entre les différents êtres vivants s'accompagnent d'un brassage permanent de substances minérales et organiques, absorbées par les êtres vivants pour leur croissance, leur entretien et leur reproduction, et rejetées comme déchets. Ces recyclages permanents des éléments (en particulier le carbone, l'oxygène et l'azote) ainsi que l'eau sont appelés cycles biogéochimiques. Ils confèrent à la biosphère une stabilité durable (tout du moins en dehors des interventions humaines et des phénomènes géoclimatiques exceptionnels). Cette autorégulation, en particulier due à des phénomènes de feedback négatif, assure la pérennité des écosystèmes et se manifeste par une très grande constance du taux des divers éléments présents dans chaque milieu. On parle d'homéostasie. L'écosystème tend également à évoluer vers un état d'équilibre idéal, atteint après une succession d'événements, le climax (par exemple un étang peut devenir une tourbière).
Les biomes
Les écosystèmes ne sont pas isolés les uns des autres, mais interdépendants. Par exemple, l'eau circule de l'un à l'autre par le biais de la rivière ou du fleuve.
Le milieu liquide lui-même définit des écosystèmes. Certaines espèces, telles les saumons ou les anguilles d'eau douce passent d'un système marin à un système d'eau douce et vice-versa. Ces relations entre les écosystèmes ont amené à proposer la notion de biome.
Le biome constitue une formation écologique d'aspect homogène sur une vaste surface (par exemple, la toundra ou la steppe). L'ensemble des biomes, ou ensemble des lieux où la vie est possible (depuis les plus hautes montagnes jusqu'aux abysses) constitue la biosphère.
Les biomes correspondent assez bien à des subdivisions réparties latitudinalement, de l'équateur vers les pôles, en fonction du milieu (aquatique, terrestre, montagnard) et du climat (la répartition est généralement fondue sur les adaptations des espèces au froid et/ou à la sécheresse). Par exemple, on trouve en mer des plantes aquatiques seulement dans la partie photique (où la lumière pénètre), tandis qu'on trouve principalement des conifères en milieu montagnard.
Ces divisions sont assez schématiques mais, globalement, latitude et altitude permettent une bonne représentation de la répartition de la biodiversité au sein de la biosphère. Très généralement, la richesse en biodiversité, tant animale que végétale, est décroissante depuis l'équateur (comme au Brésil) jusqu'aux pôles.
Un autre mode de représentation est la division en écozone, laquelle est aujourd'hui très bien définie et suit essentiellement les bordures continentales. Les écozones sont elles-mêmes divisées en écorégions, quoique la définition de leurs contours soient plus controversée.
Productivité des écosystèmes
Dans un écosystème, les liens qui unissent les espèces sont le plus souvent d'ordre alimentaire. On distingue trois catégories d'organismes :
- les producteurs (les végétaux chlorophylliens),qui consomment de la matière minérale et produisent de la matière organique: ce sont des autotrophes ;
- les consommateurs (les animaux), qui peuvent être de premier ordre (phytophage), de deuxième ordre ou plus (les carnivores)et qui sont des hétérotrophes ;
- les décomposeurs (les bactéries, champignons) qui dégradent les matières organiques de toutes les catégories, et restituent au milieu les éléments minéraux.
Ces relations forment des séquences, où chaque individu mange le précédent et est mangé par celui qui le suit, on parle de chaîne alimentaire (en théorie) ou de réseau alimentaire. Dans un réseau alimentaire, on observe que lorsque l'on passe d'une chaîne trophique à l'autre (maillon du réseau), le nombre d'êtres vivants diminue.
Ces notions ont aussi donné naissance au terme de biomasse (masse totale de matière vivante en un lieu donné), de productivité primaire (accroissement de la masse des végétaux pendant un temps donné) et de productivité secondaire (masse de matière vivante produite par les consommateurs et les décomposeurs en un temps donné).
Ces deux dernières informations sont essentielles, puisqu'elles permettent d'évaluer le nombre d'êtres vivants pouvant être supportés par un écosystème donné. En effet, l'observation d'un réseau alimentaire montre que toute l'énergie contenue au niveau des producteurs n'est pas totalement transférée au niveau des consommateurs. Ainsi, d'un point de vue énergétique, est-il plus intéressant pour l'homme de se comporter en consommateur primaire (de se nourrir de grains et de légumes) qu'en consommateur secondaire (de se nourrir de viande bovine), et plus encore qu'en consommateur tertiaire (en se nourrissant de carnivores).
La productivité des écosystèmes est parfois estimée en comparant trois ensembles terrestres et un ensemble continental :
- l'ensemble forêt (1/3 de la surface émergée) représente une forte biomasse et une forte productivité. La production totale des forêts correspond à la moitié de la production primaire.
- les savanes, prairies et marais (1/3 de la surface émergée) représentent une faible biomasse, mais une bonne productivité. Ces écosystèmes représentent la majeure partie de ce qui « nourrit » l'espèce humaine.
- les écosystèmes terrestres extrêmes (déserts, toundra, prairies alpines, steppes) (1/3 de la surface émergée) ont une biomasse et une productivité très faibles.
- enfin, les écosystèmes marins et d'eau douce (3/4 de la surface totale) représentent une très faible biomasse (en dehors des zones côtières).
Les actions humaines des derniers siècles ont porté à réduire notablement la surface forestière (déforestation) et à augmenter les agroécoécosystèmes (pratique de l'agriculture). Ces dernières décennies, une augmentation de la surface occupée par des écosystèmes extrêmes est observée (désertification).
Crises écologiques
D'une façon générale, une crise écologique est ce qui se produit lorsque l'environnement de vie d'une espèce ou d'une population évolue de façon défavorable à sa survie.
Il peut s'agir d'un environnement dont la qualité se dégrade par rapport aux besoins de l'espèce, suite à une évolution des facteurs écologiques abiotiques (par exemple, lors d'une augmentation de la température, de pluies moins importantes).
Il peut aussi s'agir d'un environnement qui devient défavorable à la survie de l'espèce (ou d'une population) suite à une augmentation du nombre de ses prédateurs (par exemple, lors de pêche intensive).
Enfin, il peut aussi s'agir d'une situation qui devient défavorable à la qualité de vie de l'espèce (ou de la population) suite à une trop forte augmentation du nombre d'individus (surpopulation).
Les crises écologiques peuvent être plus ou moins brutales (quelques mois à quelques millions d'années). Elles peuvent aussi être d'origine anthropiques ou naturelles. Elles peuvent ne concerner qu'une seule ou un petit nombre d'espèces, ou au contraire un très grand nombre d'entre elles (voir Événement d'extinction).
Enfin, une crise écologique peut être locale (par exemple une marée noire) ou globale (une élévation du niveau des océans suite à un réchauffement climatique).
Selon son degré d'endémisme, une crise locale aura des conséquences plus ou moins importantes, depuis la mort de nombreux individus jusqu'à l'extinction d'une espèce. Quelle que soit son origine, la disparition d'une ou de plusieurs espèces va souvent entraîner une rupture dans la chaîne alimentaire locale, et par ricochet impacter la survie d'autres espèces.
Dans le cas d'une crise globale, les conséquences peuvent être beaucoup plus importantes, puisque certaines extinctions ont vu la disparition de plus de 90 % des espèces. Cependant, il faut noter que la disparition de certaines espèces, telles que les dinosaures, en libérant une niche écologique, a permis le développement et la diversification des mammifères. Une crise écologique a donc paradoxalement favorisé la biodiversité.
Parfois, une crise écologique peut être un phénomène ponctuel et réversible à l'échelle d'un écosystème. Mais plus généralement, les crises écologiques ont un impact majeur à plus long terme. En effet, il s'agit plutôt d'une succession d'événements qui s'induisent les uns les autres, jusqu'à un certain point de rupture. À partir de ce stade, le retour en arrière au précédent état de stabilité n'est plus possible, et un nouvel état se mettra progressivement en place (on parle aussi d'homéorhésie).
Enfin, si une crise écologique peut être à l'origine d'extinction, elle peut aussi réduire la qualité de vie des individus restant en vie. Ainsi, même si la diversité de la population humaine est parfois considérée menacée (voir en particulier peuples indigènes), peu s'accordent à envisager la disparition de l'espèce humaine à court terme. Cependant, les maladies épidémiques, les famines, l'impact sur la santé de la dégradation de la qualité de l'air, les crises alimentaires (voir aussi biosûreté), la disparition des milieux de vie (voir écoréfugiés), l'accumulation des déchets toxiques ou non dégradables, les menaces de disparitions d'espèces phares (telles les grand singes, le panda, la baleine), etc., sont aussi des facteurs influant le bien-être des gens (voir aussi éthique).
Au cours des dernières décennies, il a été observé une responsabilité croissante de l'homme dans les crises écologiques. Grâce à ses acquisitions technologiques et à un fort accroissement démographique, l'homme est la seule espèce dont l'activité a une influence majeure sur son milieu de vie. Le début de cette influence date de l'agriculture, au néolithique.
Quelques exemples couramment cités comme crises écologiques sont
- Événement d'extinction permien-triassique il y a 250 millions d'années,
- Événement d'extinction crétacé-tertiaire il y a 65 millions d'années,
- réchauffement climatique lié à l'effet de serre. Un réchauffement global pourrait entraîner l'inondation des deltas asiatiques (voir aussi écoréfugiés), la multiplication de phénomènes climatiques extrêmes et l'évolution de la nature et de la quantité des ressources alimentaires à la suite des impacts sur l'activité agricole.
- le trou de la couche d'ozone (ayant abouti à l'interdiction de l'usage des chlorofluorocarbones CFC et autres gaz halogénés utilisés dans les sprays aérosol et les systèmes de réfrigération)
- la déforestation et la désertification, entraînant la disparition de nombreuses espèces.
- La catastrophe de Tchernobyl en 1986 fut à l'origine de l'abandon de grandes surfaces arables, de déplacements massifs des populations, de cancers plus nombreux dans les populations locales et de la mort de très nombreux animaux.
Ces dernières années ont vu l'émergence de mouvements et de partis écologistes, dont les partis Verts. Il est important de tracer une différence fondamentale entre ces courants politiques et idéologiques et la science de l'écologie.
Pour marquer cette distinction fondamentale, on appelle écologisme le premier objet, et écologie le second.
A noter que l'utilisation politique et médiatique de l'écologie présente bien des dangers pour sa terminologie.
Un exemple frappant est l'utilisation l'adjectif «écologique» à tort et à travers : la voiture écologique, les maisons écologiques... Expressions qui, d'un point de vue étymologique, ne veulent strictement rien dire et qui jettent un grand flou sur le travail de l'écologue et sur l'écologie en général. Ces expressions font que dans l'opinion publique, l'écologie est souvent entièrement occultée par l'écologisme.
Certains ont souhaité définir l'écologie par rapport à l'humain, comme l'analyse de l'interaction complexe entre l'environnement (milieu de vie de l'humanité) et le fonctionnement économique, social, éthique et politique des communautés humaines. Cette définition permet d'aborder le thème de l'écologie politique telle que développée par Alain Lipietz.
D'une façon générale, les États et les citoyens admettent de plus en plus la nécessité de respecter les lois de la nature, même si cela implique une évolution d'un état d'esprit et d'une manière de vivre. L'écologie moderne permet de définir scientifiquement les mesures à prendre pour la protection de la nature, telle que la création de parcs nationaux et de réserves naturelles, de banques de semences et de promouvoir des lois et des conventions internationales destinées à protéger la faune, la flore et les milieux naturels.
Sous-disciplines
L'écologie inclut de nombreuses sous-disciplines:
Agroécologie - Écologie appliquée - Écologie animale - Écologie aquatique - Écologie comportementale - Écologie chimique - Écologie communautaire - Écologie de la conservation - Ecoévolution - Écologie de l'anthropologie - Écologie des écosystèmes - Écotoxicologie - Écologie humaine - Écologie de terrain - Macroécologie - Écologie microbienne - Écologie moléculaire - Paléoécologie - Écologie des plantes - Écologie des populations - Écologie de restauration - Écologie sociale - Écologie des sols - Écologie des systèmes - Écologie théorique - Écologie tropicale - Écologie urbaine - Écologie virale
L'écologie joue aussi un rôle important dans les domaines interdisciplinaires tels que l'économie, la santé, le design et l'industrie.
Voir aussi
Articles connexes
En français :
- August Friedrich Thienemann
- Biogéographie
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