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Les débuts du football françaisCatégorie:Histoire du football Catégorie:Football français
1880-1893 : premiers pas
- Inventé par les Britanniques, le football codifié à Londres en 1863 est d'abord pratiqué en France au nord d'une ligne Caen - Paris - Laon, principalement en milieu scolaire. Le football y est, dès les années 1880, un des jeux préférés des écoliers et lycéens. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce ne sont que très rarement les professeurs de gymnastique qui introduisent le jeu dans les cours de récréation. Les professeurs d'anglais, en revanche, rapportent ballons et règles du jeu de leurs voyages linguistiques outre-Manche.
- Parallèlement à cette introduction en milieu scolaire, quelques Anglais font démonstration de leur sport au cours de rencontres qui marquèrent parfois longtemps les mémoires. Ainsi, les ports et les villes de passage connaissent ces rencontres précoces. Les Français sont rarement conviés à jouer et les Anglais repartent toujours avec leur ballon. Les retombées locales sur la diffusion du jeu sont quasi-nulles.
- Le football s'organisant rapidement en Angleterre (professionnalisme dès 1885), la France ne peut rester longtemps à l'écart de ce nouveau phénomène. D'autant qu'un large mouvement très anglophile marquant la bourgeoisie depuis le Second Empire aide activement à l'introduction en France de la pratique sportive (aviron, athlétisme...). Toutefois, ces premiers sportifs français sont exclusivement recrutés parmi les meilleures familles du pays. La pratique du sport est alors perçue comme une forme de privilège. Or le professionnalisme bouleverse les habitudes de cette élite guindée. Ainsi, en 1914, l'Angleterre compte plus de 400 clubs professionnels et 6.000 joueurs opèrent sous ce statut. 4.740 sont même syndiqués...
- L'opposition très farouche des dirigeants du sport français face à ces dérives britanniques pèse très lourdement sur l'expansion du football dans notre pays. L'USFSA (Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques), fédération omnisports fondée en 1887, a vocation à gérer l'ensemble du sport français. Le football est clairement boycotté par l'USFSA en raison de la peur panique du professionnalisme, des transferts et des paris (perçus alors en France comme le pire des défauts anglais) que générait ce sport outre-Manche. En revanche, le premier championnat de France USFSA de « football-rugby » a lieu dès 1891... Plusieurs dizaines de formations de rugby sont alors recensées à Paris, surtout en milieu scolaire.
1894-1914 de l'anarchie à l'Union sacrée
- La toute fin des années 1880 et le début des années 1890 voient l'émergence des premiers clubs à Paris. Les Britanniques sont à l'origine des deux plus prestigieux : le Standard A.C. et les White-Rovers. Des étudiants français ayant effectués des voyages en Angleterre fondent également quelques clubs en quittant le cadre scolaire (Club Français, A.S. Internationale...). En 1893, ces clubs parisiens menacent de se constituer en Ligue si l'U.S.F.S.A. s'entête à ne pas admettre le football. Le Standard et les White-Rovers sont déterminants dans cette reconnaissance. Ces derniers font même venir à Paris l'équipe anglaise de Marylebone (pâques 1893).
- L'U.S.F.S.A. préfère alors reconnaître le football et organiser son développement. Favorisant néanmoins ouvertement le rugby, qui a su rester amateur même en Angleterre, l'U.S.F.S.A. tente cependant de freiner l'expansion du football. Toutefois, le comité composé de dirigeants de clubs parisiens, mis en place pour gérer le football, reste vigilant et actif à Paris. Le premier championnat organisé sous son égide a lieu en avril-mai 1894 et met aux prises cinq clubs parisiens : Standard A.C., White-Rovers, Club Français, Neuilly et Asnières.
- En 1895-96, on adopte la formule championnat, les deux premières éditions du championnat de France s'étant déroulées par élimination directe. Chaque rencontre a lieu sur terrain neutre, sans revanche. La première « Division 1 » de l'histoire du football français comprend neuf clubs parisiens : Standard A.C., White-Rovers, Club Français, Neuilly, Asnières, United S.C., Paris Star, et l'U.A. 1er arrondissement. Après les deux triomphes du Standard, le Club Français enlève le titre en 1896. Depuis 1895, l'équipe victorieuse reçoit un trophée offert par M. Gordon-Bennett, directeur du New York Herald, grand pourvoyeur de trophées sportifs au quatre coins de la planète.
- Meilleure illustration de la multiplication des clubs, trois divisions sont mises en place à Paris dès 1897! Cette même année, le Paris Star initie l'organisation d'une coupe nationale réservée aux clubs n'alignant pas plus de trois joueurs étrangers (Coupe Manier). Une Coupe Dewar, ouverte à tous sans restriction, est immédiatement créée en réaction.
- L'U.S.F.S.A. voit d'un très mauvais œil cette montée en puissance du football parisien. Déjà, l'Union interdit la pratique aux professeurs de gymnastique ; ce sont des professionnels du sport... Elle tente également de limiter le nombre de spectateurs afin de juguler l'émergence de « l'esprit club » au détriment de « l'esprit du sport ». Ces blocages portent leurs fruits, et, en 1899, la pratique du football n'a que faiblement progressée en France. Signalons tout de même la position de Mulhouse (alors en territoire allemand) et de Bordeaux où la pratique du football est avérée depuis le début des années 1890. Le rugby, à l'image de l'U.S.F.S.A., règne en maître absolu des sports collectifs, alors que le cyclisme est le sport national. Cette position du cyclisme avec 500.000 bicyclettes recensées en 1898, des courses organisées dès 1869, une presse spécialisée déjà vieille de trois décennies et des fédérations autrement plus puissantes que la chétive U.S.F.S.A. sont à signaler. À l'image du Parc des Princes, stade vélodrome inauguré en 1897, la France s'est en effet couverte de quelques 300 de ces enceintes qui constitueront autant d'espaces propices à la pratique du football.
- En Normandie et Nord-Picardie, la floraison des équipes scolaires et des compétitions inter-scolaires forme un terreau particulièrement riche pour l'installation de clubs extra-scolaire. Devant la pression de ces provinciaux, l'U.S.F.S.A. ouvre les portes du championnat de France au Havre A.C. et à l'Iris Club Lillois. Ainsi, en 1899, Le Havre A.C. doit affronter le champion de Paris (Club Français) pour l'attribution du titre national. Les Parisiens contestent la légitimité de ce challenger, qui n'est pas champion de sa région, et la rencontre n'a pas lieu. Large vainqueur d'une sélection anglaise Southampton- Oxford, 7-1, le HAC fait peur... Le club havrais pratique le football depuis quelques saisons à peine (et pas depuis 1872), mais son effectif est quasi exclusivement composé de joueurs britanniques, rompus au jeu. L'U.S.F.S.A., qui tient à garder l'ascendant sur le comité parisien qui gère le football dans la capitale, couronne alors Le Havre A.C. du titre de champion de France. La saison suivante, les deux mêmes finalistes se qualifient. Le Club Français accepte cette fois la confrontation. Le Havre vient d'être sacré premier champion de Normandie et s'impose en finale nationale, légitimant de façon éclatante l'entrée des clubs de province à la table des « grands ». Dans la foulée, les Havrais enlèvent le Challenge International réunissant principalement des clubs belges et français, en battant en finale... le Club Français, 3-2.
- Le Havre AC, donc, mais aussi le Racing Club de Roubaix, s'avèrent alors de coriaces adversaires face à l'armada des clubs parisiens. On notera que ces clubs sont encore issus de la zone originelle du football français. Il faut en effet attendre les premières années du XXe siècle pour voir le football partir à l'assaut de l'Hexagone. Les clubs fleurissent alors au quatre coins du pays et des sections football sont créées dans des clubs sportifs existants. Les ligues régionales de l'U.S.F.S.A. se constituent et le football devient un phénomène national. Ainsi, le 26 janvier 1902, l'hebdomadaire La Vie au Grand Air concède que le football mérite le titre de sport athlétique autant que le rugby tout en faisant remarquer qu'il est encore bien moins connu. On passe ainsi de 4 régions désignant un champion (Paris depuis 1894, Nord depuis 1898 et Normandie et Basse-Normandie depuis 1900) en 1902 à 13 dès 1904, Bretagne, Picardie et Champagne ouvrant leurs palmarès en 1903.
- Point culminant de l'omnipotence de l'U.S.F.S.A., 1904 marque la fondation à Paris de la F.I.F.A. malgré le refus britannique. Or, une des pierres angulaires de la F.I.F.A. est de ne reconnaître qu'une fédération par pays. L'U.S.F.S.A. recevait ainsi l'investiture internationale pour gérer seule le football en France.
- L'équipe de France est fondée de fait en 1904 par la création de la F.I.F.A.. Notons toutefois les cinq matches internationaux disputés par la sélection USFSA face à la Belgique et l'Angleterre amateurs entre 1900 et 1904 avec une victoire française en 1900 contre la Belgique (6-2) et quatre défaites contre l'Angleterre amateurs (1900: 4-0, 1903: 8-0, 1904: 6-1 et 11-4).
- Prisonnier de son environnement (1905. Loi de séparation de l'Eglise et de l'État marquant le summum de la guerre froide religieuse qui divise alors notre pays), le football connaît un changement d'orientation majeure en 1905 avec la montée en puissance de la Fédération de Gymnastique Sportive des Patronages de France (F.G.S.P.F.) fondée en 1898. Sous l'impulsion du Dr Michaux, Charles Simon et Henri Delaunay, cette fédération regroupant les clubs sportifs mis en place au sein des patronages catholiques, décide de faire du football le sport référence. L'Étoile des Deux-Lacs, le Patronage Olier, les Bons Gars de Bordeaux ou l'A.J. Auxerre, sont les principaux animateurs des compétitions entre patros. Le football est le sport qui monte et l'U.S.F.S.A. tente encore d'en limiter l'expansion ; la F.G.S.P.F. en profite pour attirer à elle toute une jeunesse avide de jouer, provoquant par contrecoup la réplique des clubs laïcs qui ne tiennent pas à abandonner aux seuls patros le monopole du football.
- En 1906, la Fédération Cycliste et Athlétique de France, dissidente de l'Union Vélocipédique de France, doit mettre en place un championnat de France de Football, les clubs qui la composent accueillant désormais majoritairement une section football.
- D'autres ligues voient le jour à Paris (F.S.A.P.F. qui admet des clubs « pros » dès 1897!) ou en Province (F.A.S.O. dans le Sud-Ouest, entre autres). Citons l'Union des Sports de France, champion pro 1897, 1898 et 1899 ou l'Union Athlétique Batignolaise, champion pro de 1902 à 1905. Ces ligues professionnelles étaient évidemment dénigrées par les sportsmen typiques de la Belle Epoque. Ces championnats pros de l'époque héroïque connurent toutefois un remarquable succès populaire à Paris et bénéficiaient d'une couverture conséquente dans la presse. L'étude de ces compétitions aujourd'hui totalement tombées dans l'oubli reste à faire. Il est vrai que la FFFA des années 20 fit tout pour en effacer le souvenir au nom de sa croisade anti-pro... Cette explosion du football français est très profitable à sa diffusion. Dès la saison 1905-1906, le football compte plus de 300 équipes pour quelques 3.850 joueurs alors que le rugby ne recense que 141 équipes et 2.115 joueurs.
- Sur la scène internationale, la position de l'U.S.F.S.A. se fragilise. L'Union claque même la porte de la F.I.F.A. (juin 1908). L'Union avait choisi de soutenir la candidature de la fédération dissidente anglaise (Amateur Football Association) dont le cheval de bataille était l'abolition du professionnalisme. L'omnipotente F.A., membre à contrecœur de la F.I.F.A. depuis 1905, obtint aisément l'appui des autres membres (Bohème exceptée).
- Devant ce développement anarchique, une première tentative d'union est testée avec la mise en place d'un Trophée de France en 1907 par le Comité français interfédéral. Groupant plusieurs fédérations, le C.F.I. est fondé par Charles Simon le 23 mars 1907. Admis en 1908 par la F.I.F.A. comme représentant de la France au grand désespoir des dirigeants de l'U.S.F.S.A., le C.F.I. prend un ascendant déterminant sur l'Union.
- Le Trophée de France oppose en fin de saison les champions des différentes ligues. L'U.S.F.S.A. se refuse à y prendre part. Certains clubs parisiens de l'Union se lassent alors de l'attitude bornée de leur fédération. En 1910, la L.F.A. (Ligue de Football Association) est lancée par des clubs dissidents de l'U.S.F.S.A. comme le Red Star (Jules Rimet, président-fondateur) et le CA Paris. La L.F.A. adhère évidemment au C.F.I.
- L'équipe de France connaît des résultats très chaotiques, en grande partie en raison des ces querelles ne permettant pas d'aligner les meilleurs joueurs du pays. Ainsi, un classement publié le 25 décembre 1909 par le bi-hebdomadaire Football et Sports Athlétiques place la France au 6e rang des nations continentales derrière le Danemark, la Bohème, la Hollande, la Belgique, l'Allemagne, et à égalité avec la Suisse. Le journaliste précise que l'Italie, l'Espagne et le Luxembourg ne sont pas classés car « le sport de ballon rond n'est encore qu'à l'état embryonnaire ».
- Les Britanniques restent évidemment les rois du jeu et exportent leur dernière innovation : l'entraîneur. Ce nouveau maillon essentiel de la vie d'un club, interface entre l'équipe et son « propriétaire », responsable des entraînements, de la composition de l'équipe et des choix tactiques, dépossède le capitaine d'une grande partie de ses attributions et de son prestige. La grande majorité des clubs français attendra toutefois l'entre-deux-guerres et parfois même les années 1950 pour se doter d'un entraîneur. On notera, jusqu'à la seconde guerre mondiale, un fort contingent d'entraîneurs britanniques recrutés par les clubs de l'Hexagone.
- Association de fait, reconnue par le préfet puis par une fédération, les clubs de football les plus anciens profitèrent à plein de l'adoption, en 1901, de la loi sur les associations à but non lucratif. Fondés majoritairement par des pratiquants, les clubs de l'époque héroïque sont rarement dirigés par des personnes de plus de 30 ans. Très vite, la moyenne d'âge des dirigeants s'élève pour dépasser allègrement les 60 ans dès avant 1914...
- Engagés dans la course au transferts, aux primes et à la victoire, les clubs voient rapidement croître leurs besoins financiers. Les premières foules entraînent déjà publicité et produits dérivés. Logiquement, ce sont de riches mécènes ou des sociétés désirant assurer leur promotion ou aider un spectacle prisé par ses ouvriers, qui prennent en main le contrôle des clubs. Ce mouvement engagé dès avant la Grande Guerre s'amplifie entre les deux guerres. Autre partenaire important du football, la presse écrite connaît une explosion de titres et une presse spécialisée apparaît, le bi-hebdomadaire Football et Sports Athlétiques notamment. Le football entre également massivement dans les colonnes de la presse généraliste.
- « La paix est faite » titre le quotidien sportif L'Auto du 5 janvier 1913. Suivant l'exemple donné en Angleterre par l'A.F.A. qui trouve un accord avec la toute puissante F.A., l'U.S.F.S.A. rejoint finalement le C.F.I. ; son champion, l'Olympique Lillois, s'adjuge d'ailleurs le Trophée de France au printemps 1914.
1914-1918. le football et la Grande Guerre
- A cette date, la réunification du football français est effective, mais la Grande Guerre éclate. Près de 200.000 joueurs sont alors licenciés en France pour plus de 2.000 clubs. À l'ouverture du conflit, nombre de clubs cessent leurs activités, leurs joueurs étant partis au front. Les imposants monuments aux morts érigés par les clubs à la mémoire de leurs membres tombés au champ d'honneur témoignent de l'hécatombe d'un pan entier de la jeunesse du pays. Toutefois, quelques compétitions sont tout de même mise en place durant le conflit. Le football est même pratiqué par les poilus sur le front. C'est le passe-temps préféré des combattants, les Britanniques étant d'excellents ambassadeurs. On voit ainsi se multiplier les rencontres, toujours acharnées! entre différentes unités. Certaines opérations s'effectuent même « balle au pied », les combattants se passant le ballon tout en chargeant les lignes ennemies.
- La Grande Guerre marque profondément notre pays. La France est victorieuse mais exsangue. L'Union sacrée décrétée durant cette période trouve une belle illustration avec la création en 1919 de la Fédération Française de Football Association par réunion des différentes ligues et fédérations gérant le football dans notre pays. La F.F.F. prend la place du C.F.I. à la F.I.F.A.
- La Coupe de France (ou Coupe Charles Simon, mort au front en 1915), créée en 1917, est alors la seule épreuve à caractère national. C'est la conséquence de l'accord signé entre le C.F.I. et la société Hachette, sponsor de l'épreuve, qui interdit la mise en place d'une autre compétition à caractère national pendant dix ans. S'ouvre alors l'ère des ligues régionales.
- A noter que le football a une mauvaise image en Angleterre pendant la guerre suite au refus des clubs professionnels de stopper leur championnat. Il y eut donc une saison 1914-1915 en Angleterre, mais pas en France, où tous les clubs, du plus grand au plus petit, stoppent leurs activités en 1914. En revanche, la guerre achevée, les plus tenaces partisans français de l'amateurisme ne manqueront d'utiliser l'exemple des footballeurs anglais en 1914 pour étayer leurs théories anti-pro.
1918-1932. L'age d'or des Ligues Régionales
- Les Ligues régionales se créent à l'initiative des clubs, souvent sur les ruines des comités régionaux de l'U.S.F.S.A. La Ligue du Nord est la première fondée (1918). En 1921, 18 ligues régionales se partagent le territoire national. Les championnats de Division d'Honneur qu'elles organisent permettent l'émergence de nombreux clubs cultivant les rivalités locales.
- Les clubs à caractère corporatif défrayent rapidement la chronique et les clubs « civils » demandent leur retrait des compétitions. La Fédération tranche en interdisant les noms à caractère corpo. Le Club Athlétique de la Société Générale devient Club Athlétique des Sports Généraux, par exemple. Toutefois, rien n'interdit à une entreprise ou à un groupe d'entreprises de soutenir un club : Peugeot à Sochaux ou Casino à Saint-Étienne, notamment. Pour les clubs refusant cet abandon d'une partie de leur identité, des compétitions corpo sont mises en place.
- La Coupe de France s'affirme, surtout de 1920 à 1932, comme la compétition référence par excellence. Dès cette période, les grands clubs tentent de limiter le nombre des inscrits afin d'en faire une compétition élitiste. C'est pourtant son caractère ouvert qui fait la grandeur de cette Coupe nationale à la réputation sans égale sur tout le continent. Même les poussives tentatives de mise en place d'un championnat de France à la fin des années 1920 ne font que peu d'ombre à la Coupe Charles Simon. Ce championnat de France opposait pourtant les champions régionaux mais intéressa peu joueurs et spectateurs. Le champion, c'était alors le vainqueur de la Coupe de France!
- L'amateurisme est toujours de rigueur dans les années 20 et le débat houleux à son sujet. La Ligue de Paris est particulièrement rigide sur ce point et traque l'amateurisme marron. C'est beaucoup moins vrai en province... Ainsi, en 1922, le tenace Frantz Reichel (Racing Club de France) prophétise que « le football professionnel anglais périra s'il reste cantonné sur le sol britannique »...
1932-1939. Le football français découvre le professionnalisme
- Le football français résiste au professionnalisme jusqu'en 1932. Les pères fondateurs du professionnalisme français sont Georges Bayrou, Emmanuel Gambardella et Gabriel Hanot.
- Inexorable évolution, l'instauration du professionnalisme entraîne un resserrement de l'élite, nombre de clubs n'étant plus capables de suivre le rythme financier imposé. On s'arrangeait, avant 1932, pour rémunérer discrètement les joueurs ou leur trouver un emploi de complaisance. Avec l'officialisation du professionnalisme, ces pratiques restent l'apanage des clubs amateurs. Le rugby à XV, qui a tardivement admis le professionnalisme, connaît en cette fin de XXe siècle les mêmes problèmes. Ainsi, plusieurs joueurs de ballon ovale déclaraient récemment qu'ils gagnaient plus sous l'ère amateur que sous le label pro! C'est cette « transition professionnelle » que connut le football français durant les années 1930, en pleine crise économique. Conséquence de cette situation, certains joueurs évoluent sous des pseudonymes afin de conserver leur emploi. Citons ici l'international Mercier, de son vrai nom Furois ou le juge Adolphe Touffait qui évolue au Stade Rennais sous le nom de Delourme de 1933 à 1936.
- L'instauration du professionnalisme en 1932 ne modifie pourtant pas le cadre légal des clubs. Seule différence avec les milliers de clubs restés amateurs, les clubs pros sont des associations type 1901 autorisées par la F.F.F.A. à aligner des joueurs rémunérés. On parle de « clubs autorisés ».
- Favorisant le resserrement de l'élite, l'instauration du professionnalisme coïncide avec la mise en place d'un championnat à caractère national. Face à l'émergence de ce championnat pro, les ligues régionales perdent de leur prestige, les meilleurs clubs quittant leurs championnats de Division d'Honneur (D.H.). On comprend les réticences de certains dirigeants de ligues tel Jooris à Lille.
- Pas moins de 50 clubs présentent leur candidature au statut professionnel. 20 seulement sont sélectionnés. Une première division à deux groupes de dix clubs est alors mise en place (1932-33). Dès la saison suivante, 17 clubs sont admis à rejoindre les pros et une Division 2 est mise sur pied. Une Division 3 voit même le jour en 1936-1937, mais n'est pas reconduite. L'ouverture du football français au professionnalisme a pour conséquence de voir notre football rentrer de plein pied sur le marché des transferts européens. Les joueurs britanniques, bien sûr, mais aussi ceux originaires d'Europe centrale (Autriche au premier chef) sont nombreux à rejoindre les clubs français désormais professionnels qui comptent ainsi dans leurs rangs quelques-uns des meilleurs joueurs de la planète : citons ici Rodolphe Hiden, André Abegglen et Larbi Ben Barek. Ainsi, lors de la premières édition du championnat pro (1932-33), sur 387 joueurs ayant le statut professionnel, 113 étaient des étrangers (29%) ; 35% la saison suivante. Le nombre des étrangers fut rapidement ramené à trois puis à deux (1938) par équipe afin de ne pas compromettre l'émergence de talents du cru....
- La presse de l'entre-deux-guerres reste étrangement en retrait vis-à-vis du football, pourtant désormais sport national. L'Auto multiplie ainsi ses unes sur le cyclisme, les courses automobiles et le rugby, négligeant clairement le football. Meilleure illustration de cet état de fait, L'Auto préféra titrer sur le Grand Prix automobile d'Italie au lendemain de la première journée du premier championnat pro...
- Le média émergeant de l'entre-deux-guerres est la radio. Les rencontres sont couvertes en direct sur les ondes dès les années 1920 et les stations deviennent sponsors d'épreuves ou de clubs. Mais déjà se pose le délicat problème de la concurrence entre radio et affluence... Par ailleurs, la guerre des images déjà en place dès avant la Grande Guerre fait toujours rage. Elle oppose les différentes compagnies d'actualités cinématographiques.
- Sur la scène européenne, les clubs français sont considérés comme sérieux. La réputation de clubs comme le Red Star ou le Racing Club de Paris franchit largement les frontières. Arsenal, alors au fait de sa gloire, accepte l'invitation annuelle des Pingouins du RCP pour disputer un match de charité. Le Racing-Arsenal devient un classique du calendrier (le plus souvent le 11 novembre, à partir de 1930) et reprend dès la fin de la seconde guerre mondiale.
- L'entre-deux-guerres marque la fin de la prédominance parisienne sur le football national. En 1924, une équipe de province (OM) arrache la Coupe de France à l'armada des clubs parisiens. En 1932, quatre clubs de la capitale seulement franchissent le pas du professionnalisme. Le Racing répudie le désormais RC Paris tandis que le Stade Français se refuse obstinément admettre cette révolution... Le Club Français et l'US Suisse abandonnent rapidement l'élite pro suite à la vertigineuse chute des leurs affluences.
- Miné par des problèmes financiers inhérents au passage au professionnalisme et à la multiplication des longs déplacements, la guerre fauche le football professionnel alors seulement âgé de 7 ans. Un « effet Coupe du Monde » avait même été noté depuis le mondial français de 1938, laissant présager d'un avenir radieux.
1939-1945. La Guerre et ses conséquences
- Pendant la guerre, les compétitions sont maintenues, vaille que vaille, mais le professionnalisme est très mal vu par le régime de Vichy. Dès 1940, MM Borotra et Ybarnegaray demandent sa suppression. Le commissaire aux sports, le colonel Pascot, liquide finalement le football professionnel français en 1943. Il créé des équipes régionales, décapitant les clubs pros. La Libération intervient dès la saison suivante et le football français retrouve rapidement un visage plus normal.
- Mis à mal pendant la guerre, et très déçu par l'attitude de la FFFA, le football professionnel français se dote d'une structure propre: Le Groupement des Clubs Autorisés, qui voit le jour dès le 27 octobre 1944. Le 23 novembre 1957, le Groupement prend le nom de Ligue Nationale du Football. Le terme de « Groupement » reste toutefois encore largement utilisé jusqu'au cœur des années 1970.
- La saison de la Libération est rendue chaotique par la poursuite des combats mais aussi et surtout à cause des très graves disfonctionnements du système ferroviaire. Aussi, on reprend le modèle de la saison 1942-1943 avec une D1 à deux groupes, un au Nord, l'autre au sud. Les Nordistes attendent le mois de décembre pour débuter la saison dont le calendrier se trouve encore modifié par un hiver rigoureux... Le 17 juin 1945, Rouen et Lyon s'affrontent enfin en finale nationale : les Diables Rouges rouennais s'imposent 4-0. À noter également la pluie de réclamations posées par les clubs à l'occasion de ces matches de championnat. Aussi, il est bien délicat de proposer aujourd'hui un classement officiel de cette saison qui tienne compte de tous les points gagnés ou perdus sur tapis vert... À l'entame de la saison suivante, il était encore impossible de dresser un tel classement comme l'indique le guide de la saison de l'hebdomadaire Football qui préfère s'en tenir aux résultats acquis sur le terrain! L'étude de cette saison est d'autant plus compliquée qu'une suspension des journaux sportifs est décrétée par le Ministère de l'Information du 15 avril 1945 au 23 février 1946...
- Par convention, on conserve au palmarès des clubs les victoires en Coupe de France de guerre, mais pas les titres de champions! Il est vrai que le championnat de la « drôle de guerre » ne fut jamais achevé, tandis que ceux de 1941, 1942 et 1943 couronnèrent un champion au Nord, un autre au Sud. En 1944, les équipes régionales du régime de Vichy sont à l'œuvre. La confusion de la saison de la Libération et l'impossibilité pour les clubs de l'Est d'y prendre part (combats obligent) expliquent le reclassement de cette compétition comme le dernier des « championnats de guerre ».
- La refonte de la Division 1 est le sujet numéro 1 de l'été 1945. Qui repart ? Et à quel titre ? Certains clubs ont fusionné pendant la guerre: Lille et Fives d'une part, les deux Roubaix et Tourcoing d'autre part. Des places se libèrent, d'autant que l'élite passe de 16 à 18 clubs. On se réfère ainsi aux résultats du dernier championnat pour admettre directement en D1 les clubs de Lyon, Bordeaux et Reims. Reims (4e du groupe Nord) est préféré à Clermont (4e du groupe sud) en raison de ses bons résultats durant les saisons de guerre.
Bibliographie
- Delaunay Pierre, de Ryswick Jacques et Cornu Jean, 100 ans de football en France, Paris, Atlas, 1982 (1ère édition).
- Duhamel Georges, Le football français (ses débuts), Paris, éditons F.L., 1931.
- Chovaux Olivier, 50 ans de football dans le Pas-de-Calais, Arras, Artois Prese Université, 2001.
- Collectif, 100 ans de football en Alsace, Strasbourg, LAFA, 2002.
- Collectif, Dictionnaire historique des clubs de football français (2 tomes), Créteil, Pages de Foot, 2000 (tome 1), 2001 (tome 2).
- Collectif, Le football en Picardie, Doullens, Dessaint, 1948
- Dupont Yvon, La Mecque du Football ou les mémoires d'un Dauphin, compte d'auteur, 1973.
- Gauthey Gilles, Le football professionnel français, Montdidier, août 1961.
- Isch André, La gloire du football lorrain, Thionville, Gérard Klopp Editeur, 1995.
- Simon Jacques, Un siècle de football normand, Bayeux, Charlet Corlet Editeur, juillet 1998.
- Soulier Max, Le football gardois, Nîmes, 1969.
- Wahl Alfred, Les archives du football, Paris, Gallimard/Julliard, mars 1989.
- Wahl Alfred et Lanfranchi Pierre, Les footballeurs professionnels des années trente à nos jours, Paris, Hachette, février 1995.
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Catégorie:Histoire du footballCatégorie:footballFootball
Catégorie:Football français
Catégorie:Sport en France
France
ja:Category:フランスのサッカー
ko:분류:프랑스의 축구
FootballLe football, aussi appelé soccer en Amérique du Nord et en Australie, est un sport collectif mettant aux prises deux équipes de onze joueurs autour d'un ballon « rond », ou plutôt sphérique. C'est actuellement le sport numéro un au niveau mondial.
sport
Généralités
- Le football prend racine dans la soule médiévale, mais il faut attendre les premiers codes de jeu écrits anglais du XIXe siècle (1848) pour voir émerger clairement le foot. La fédération anglaise voit le jour en 1863, et depuis lors, rien ne résiste au rouleau compresseur football qui mérite aujourd'hui le titre de sport roi.
- article de fond : les débuts du football.
les débuts du football
- L'une des pierres angulaires du football est la simplicité de son règlement qui ne compte que 17 « lois du jeu ». L'International Board qui veille sur ce règlement garde toujours cette simplicité à l'esprit et refuse de s'engager sur la voie des règlements particuliers, notamment sur l'arbitrage vidéo. Le football se joue ainsi avec le même règlement en professionnel ou en amateur, en seniors comme chez les jeunes. La FIFA, fédération internationale mise en place en 1904, veille à l'application uniforme des mêmes lois du jeu sur l'ensemble de la planète.
- Sur le terrain, l'application du règlement est confiée à un corps arbitral qui se met en place définitivement en 1891.
- article de fond : Arbitre.
- Depuis son origine, le football a vu la mise en place de diverses tactiques. L'attaque fut notamment privilégiée par ceux qui adoptèrent successivement les dispositions en WM puis en 4-2-4. La défense était nettement plus à l'honneur dans les tactiques du « verrou suisse » ou du « catenaccio » italien, pour ne citer qu'eux.
- article de fond : Dispositifs tactiques en football.
Dispositifs tactiques en football
- Ce sport est régi par plusieurs institutions. Au niveau mondial c'est sous l'égide de la FIFA (Fédération internationale de football association, basée à Zurich en Suisse et notamment organisatrice de la coupe du monde). Les institutions suivantes gèrent les activités footballistiques de leur continent respectif, à savoir l'UEFA (organisatrice des rencontres internationales et inter-club européenne), la CAF (pour l'Afrique) et le CONMEBOL (pour l'Amérique du Sud), la CONCACAF (pour l'Amérique centrale et septentrionale), l'OFC (pour l'Océanie) et l'AFC (pour l'Asie).
- Selon un comptage publié par la FIFA au printemps 2001, le football est pratiqué par 242 millions de personnes dont 22 millions de féminines. On compte environ 305.000 clubs pour plus d'un million et demi d'équipes et 720.000 d'arbitres. Au niveau des nations, les Etats-Unis sont en tête avec 17,9 millions de pratiquants, dont 40% sont des féminines. Derrière les USA, on trouve l'Indonésie (10 millions), le Mexique (7,4 millions), la Chine (7,2 millions), le Brésil (7 millions), l'Allemagne (6,2 millions), le Bangladesh (5,2 millions), l'Italie (4 millions), la Russie (3,8 millions), le Japon (3,3 millions), l'Angleterre (3,3 millions) et la France (3 millions). [http://www.fifa.com/en/media/index/0,1369,70583,00.html?articleid=70583]
Compétitions
Compétitions internationales des nations
AFC
- Coupe du monde de football
- Coupe des Confédérations
- Coupe du monde de football féminin
- Coupes continentales
- Championnat d'Europe des nations
- Championnat d'Europe de football féminin
- Coupe d'Afrique des nations
- Gold Cup (CONCACAF)
- Coupe d'Asie des nations
- Copa America
- Jeux olympiques
Compétitions internationales des clubs
Jeux olympiques
- Ligue des Champions (ex-Coupe d'Europe des clubs champions) (C1)
- Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes (ex C2)
- Coupe de l'UEFA (ex-Coupe des villes de foires) (C3)
- Supercoupe d'Europe
- Copa Libertadores
- Coupe intercontinentale
- Ligue des Champions africaine
- Ligue des Champions d'Asie
- Coupe d'Europe des clubs champions de football féminin
Compétitions régional
- Asie:
- Tiger Cup
- Golf cup
- Afrique:
- Europe:
- Amerique latine:
Récompenses
- Ballon d'or
- Ballon d'or africain
- Meilleur joueur sud-américain de l'année
Histoire du football
Meilleur joueur sud-américain de l'année
- Le passage du « dribbling game » au « passing game » constitue une véritable révolution. À l'origine, le football est très individualiste. Les joueurs, tous attaquants, se ruent vers le but balle au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C'est le « dribbling ». Comme Michel Platini aime à le rappeler: « le ballon ira toujours plus vite que le joueur ». C'est sur ce principe simple qu'est construit le « passing game »... et le football! Cette innovation apparaît à la fin des années 1860 et s'impose dans les années 1880. Dès la fin dès années 1860, des matches entre Londres et Sheffield auraient introduit le « passing » au Nord. C'est la version du vénérable Charles Alcock, qui situe en 1883 la première vraie démonstration de « passing » à Londres par le Blackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge en Écosse.
- Article de fond : Chronologie du football.
- Article de fond : Les débuts du football
- Article de fond : Les débuts du football français (des origines à 1945).
- Article de fond : Les débuts du football féminin (des origines à 1970).
- :Catégorie:Histoire du football
Clubs
- Le « club » est la cellule de base du football. Il constitue l'interface entre joueurs, supporters et compétitions.
- :Catégorie:Club de football
Joueurs
:Catégorie:Club de football
- FIFA 100, liste des 125 plus grands footballeurs vivants dressée par Pelé
- Liste de footballeurs célèbres
- :Catégorie:Footballeur
Entraîneurs
- L'entraîneur entre dans la danse dès la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Il remplace alors le capitaine dans nombre de ses fonctions, de la sélection des joueurs à la direction des séances d'entraînement. Nombre d'anciens joueurs se recyclent logiquement dans une carrière d'entraîneur désormais encadrée en France et dans nombre de pays par des obligations de diplômes. Ces diplômes et formations spécifiques apparaissent en France dès les années 1920, mais ils ne deviennent incontournables qu'au début des années 1970.
- Article de fond : Entraîneur de football.
- :Catégorie:Entraîneur de football
Stades
:Catégorie:Entraîneur de football
- Le football se joue dans des stades dont certains sont devenus de véritables cathédrales des temps modernes.
- Article de fond : Stade de football.
- Article de fond : Catastrophes survenues pendant un match de football
- :Catégorie:Stade de football.
Supporters
- Le football génère un vaste mouvement de soutien populaire, parfois inconditionnel : les supporters.
- Article de fond : Supporter de football.
- Article de fond : Hooligan.
- :Catégorie:Supporter de football.
Football et médias
- Le football et les médias ont toujours entretenu des rapports complexes. Les télévisions s'affirment depuis une quinzaine d'années comme une source de financement majeure, tandis que la presse écrite ne peut plus se passer d'une couverture de plus en plus pointue du jeu et de ses accotés. Même le très sérieux quotidien français « Le Monde » se fend désormais d'articles concernant le football.
- France Football (hebdomadaire français sur l'actualité du football).
- Article de fond : Football et télévision.
- Article de fond : Football et presse écrite.
Le vocabulaire du football
- Joueurs, supporters et médias pratiquent un langage parfois fleuri.
- Article de fond : Coup du chapeau
- Article de fond : Lexique du vocabulaire du football
Dérivés du football
Lexique du vocabulaire du football
- Baby-foot
- Culture football
- Football et cinéma
- Football et littérature
- Jeu vidéo de football
- Jorkyball
- Subbuteo
- Tennis-ballon
- Rollersoccer ou football sur rollers
Citations
- « Ce que je sais de plus sur la morale et les obligations de l'homme, c'est au football que je le dois » Albert Camus
- « Le football, c'est ce qui permet à un petit pays de devenir grand » Roger Milla
- « La Révolution en France, rien de plus facile : vous supprimez le football à la télévision et les gens descendent dans la rue » Jean-Luc Godard
- « Dire que ces hommes ont dépensé leurs sous pour voir 22 illettrés taper dans un ballon revient à affirmer qu'un violon n'est que du bois et des tripes de chat, juger Hamlet en terme de quantité de papier et d'encre. Pour un shilling, l'équipe de Bruddesford United vous offrait du Combat et de l'Art... » J.B. Priestley, The Good Companions, 1928
- « Je me souviens d'un temps où arbitrer en France certains grands matches qui soulevaient de sauvages passions était un acte d'héroïsme. » André Maurois en 1949
- « Un Marseillais, monsieur Brun, s'il voit un chapeau melon sur le trottoir, il ne peut pas se retenir, il shoote. » Marcel Pagnol, César (1933)
Liens externes
- [http://www.fifa.com/ Federation Internationale de Football Association (FIFA)]
- [http://www.uefa.com/ Union Européenne de Football Association (UEFA)]
- [http://www.fff.fr/ Fédération française de football (FFF)]
- [http://www.arbitre.com/ Le site des arbitre de football]
- [http://www.rsssf.com/ The Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation (RSSSF)]
- [http://www.footpro.fr/ Ligue de Football Professionnel (LFP)]
Catégorie:football
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1863Catégorie:1863
Cette page concerne l’année 1863 du calendrier grégorien.
Événements
- Le Suisse Henri Dunant fonde en Suisse la Croix-Rouge internationale.
Europe
- Début d’un soulèvement polonais écrasé par la Russie (fin en 1864) et abolition du royaume de Pologne (Royaume du Congrès).
- 31 mai : Aux élections législatives, « victoire » relative de l’opposition (deux millions de voix contre 5,3 millions pour le gouvernement). 17 républicains (dont Émile Ollivier) sont élus à la Chambre. Thiers est élu à Paris. Échec un peu partout des orléanistes. Quinze élus indépendants. 27 % d’abstentions.
- 23 juin : Ministère d’Auguste Billault qui succède à celui de Walewski.
- 2 juillet : Le général Forey est rappelé en France pour prendre le commandement du 2e corps d’armée de Lille, et il est nommé maréchal de France.
- 18 octobre : Ministère d’Eugène Rouher (« vice-empereur »).
- première apparition en France à Pujaut dans le Gard du phylloxéra, ravageur de la vigne importé d’Amérique.
- Début du règne de Rasoherina Ier, roi de Madagascar (fin en 1868).
Amérique du Nord
- 29 janvier : Massacre de la Bear River. Après la mort d’un colon, tué par un Indien de la tribu des Shoshones, le colonel Connor attaque de nuit un camp de Shoshones, et tue ses 400 habitants, hommes, femmes et enfants.
- La Virginie de l’Ouest devient le trente-cinquième État de l’Union américaine.
- Guerre de Sécession
- 2-6 mai : Bataille de Chancellorsville, aux États-Unis
- 1er-3 juillet : Bataille de Gettysburg, aux États-Unis
- 4 juillet capitulation de Vicksburg, contrôle du Mississippi par l'armée de Grant
- 10 novembre : Napoléon III propose, unilatéralement, un armistice de 6 mois entre les belligérants de la guerre civile américaine, supervisé par la France, l’Angleterre et la Russie. Refus des Anglais et des Russes.
- Expédition française au Mexique :
- Le 16 mars, les troupes françaises mettent le siège devant la ville mexicaine de Puebla.
- 30 avril : Bataille de Camerone, fait d’arme de la Légion étrangère
- 5 mai : Bataille de San Pablo del Monte.
- 8 mai : Bataille de San Lorenzo.
- 17 mai : Les forces mexicaines à Puebla se rendent aux troupes françaises, avec 26 généraux, 303 officiers supérieurs, 12 000 prisonniers et 50 canons.
- 7 juin : Les troupes françaises, commandées les généraux Forey et Bazaine entrent dans Mexico et l’occupent pour venir en aide à Maximilien.
- 16 juillet : Le général Bazaine est nommé commandant en chef du corps expéditionnaire au Mexique, en remplacement du général Forey.
- En février, l’insurrection en Cochinchine est réprimée.
- 23 avril : Le roi du Cambodge, Norodom Ier signe avec le lieutenant Ernest Doudart de Lagrée un traité par lequel la France établit désormais un protectorat au Cambodge.
- En septembre, échec de la mission à Paris des ambassadeurs d’Annam chargés de récupérer les provinces concédées à la France en 1862 (Cochinchine)
- Ruée vers l’or en Nouvelle-Zélande.
- 6 février : Dans une lettre adressée au gouverneur général de l’Algérie, Napoléon III exprime l’idée que le territoire algérien ne saurait être considéré comme une « colonie proprement dite », mais comme un « royaume arabe », affirmant que « Les indigènes ont un droit égal à ma protection et je suis aussi l’empereur des Arabes que l’empereur des Français ».
- 21 avril : Déclaration de Baha’u’llah à Baghdad (Irak) d’être la manifestation divine annoncée par le Bab.
Chronologies thématiques
- Chemins de fer : 1863 dans les chemins de fer
- Sports : 1863 en sport
- Littérature :
- L’écrivain Ernest Renan publie sa Vie de Jésus.
- L’écrivain Jules Verne publie son premier roman Cinq semaines en ballon.
- Maurice Block publie son Dictionnaire de politique.
- Beaux-Arts :
- Le peintre Dominique Ingres peint le Bain turc.
- Le peintre Édouard Manet peint Olympia.
- Ouverture d’un salon de peintres refusées par le jury du salon officielle : 4 000 toiles sont exposées (Manet...).
- Science & techniques :
- 10 janvier : Construction et inauguration de la première ligne de métro à Londres en Angleterre par Charles Pearson.
- Solvay met au point la fabrication de la soude.
- 1 janvier : Baron Pierre de Coubertin, historien et pédagogue, instigateur des Jeux Olympiques modernes († 1937)
- 4 février : Alfred Lacroix, minéralogiste et géologue français.
- 12 mars : Vladimir Vernadsky, géologue russe
- 10 avril : Paul Héroult, scientifique français
- 14 mai : John Charles Fields, mathématicien canadien
- 1 juillet : William Grant Stairs, explorateur canadien du continent d’Afrique
- 30 juillet : Henry Ford, constructeur automobile américain
- : Gaston Doumergue futur président de la République française
- 28 septembre : Charles Ier, roi du Portugal
- 11 novembre : Paul Signac, peintre
- 11 décembre : Annie Jump Cannon, astronome américaine
- 12 décembre : Edvard Munch, peintre et graveur norvégien
- 18 décembre : François-Ferdinand d'Autriche à Graz (Styrie)
- 26 juillet : Emma Livry (21 ans), danseuse française, brûlée vive lors des répétitions d'un ballet
- 13 août : Eugène Delacroix (65 ans), peintre français, d’un cancer de la gorge.
- 17 septembre : à Paris, Alfred de Vigny (66 ans), poète français
- 20 septembre : Jacob Grimm, conteur et linguiste allemand
- 13 octobre : à Paris, Philippe Antoine d'Ornano (79 ans), maréchal de France et comte d’Empire.
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CaenCaen est une ville du nord-ouest de la France, plus grande ville et chef-lieu de la région Basse-Normandie et du département du Calvados, traversée par l'Orne.
Ses habitants sont appelés les Caennais. Son nom se prononce can (//).
Histoire
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Moyen Âge
Il existait déjà une forme d'habitat autour de l'actuelle abbaye aux Hommes, dès l'époque gallo-romaine. Une église dédiée à saint Martin et un cimetière datant du Haut Moyen Âge sont aussi connus des historiens. Dans les années 1020, après le choc des invasions viking, un bourg s'est formé et comporte plusieurs églises, un marché et un tonlieu est prélevé.
tonlieu
Le duc de Normandie Guillaume le Conquérant au XI siècle la développe en la dotant d'un château, de deux abbayes et d'un rempart. Le duc y réside plusieurs fois. Son épouse, Mathilde de Flandre, est inhumée en 1083 à l'abbaye aux Dames. Quatre ans plus tard, le corps de Guillaume est placé dans l'église de l'abbaye-aux-Hommes. Caen est rapidement devenue la seconde ville du duché de Normandie.
Au cours de l'attaque du duché par le roi de France Philippe II Auguste, Caen tombe le 21 mai 1204, avant Rouen.
Au XVe siècle, pendant l'occupation anglaise de la guerre de Cent Ans, le duc de Bedford, régent de Normandie, fonde l'université de Caen pour se concilier la population.
XVI siècle
duc de Bedford
duc de Bedford
En avril 1562, les troupes protestantes s'emparent de la ville mais n'imposent pas la terreur comme à Rouen. L'iconoclasme s'attaque à la statue de la tombe de Guillaume le Conquérant, dans l'église Saint-Etienne. Le chartrier de l'abbaye est brûlé. en décembre 1562, l'amiral de Coligny, un des chefs nationaux des huguenots, arrive à Caen.
Caen dans la Seconde Guerre mondiale
:Voir l'article détaillé : Bataille de Caen
Caen a été rasée à près de 80 % durant la Seconde Guerre mondiale car elle s'est trouvée sur une ligne de front très disputée lors du débarquement en Normandie le 6 juin 1944 (Jour J). Cependant, ses principaux monuments ont été sauvegardés.
La reconstruction de Caen a officiellement duré de 1948 à 1962 avec de larges avenues rectilignes bordées par des immeubles de cinq étages environ en pierre blonde (pierre de Caen), ce qui lui confère une grande unité architecturale. De nombreux immeubles qui avaient un toit plat ont été chapeautés d'un toit à pentes traditionnel.
Elle fut décorée de la Légion d’honneur en 1948.
Personnages célèbres
- François de Malherbe (1555 – 1628) poète lyrique ;
- Pierre Varignon (1654 – 1722), mathématicien ;
- François-Joseph Quesnot (1765 – 1805) mathématicien ;
- Pierre-Simon Girard (1765 – 1835) ingénieur ;
- Alexandre-Étienne Choron (1771 – 1834), musicologue ;
- Henri-David-Désiré de Mangneville (1771 – 1847) géologue ;
- Hippolyte-Victor Collet-Descotils (1773 – 1815) chimiste ;
- Léon Lecornu (1854 – 1940) ingénieur ;
- Pierre de Vanssay de Blasous (1869 – 1947) physicien et hydrographe ;
- André Danjon (1890 – 1967) astronome ;
- Marie-Pierre Kœnig (1898-1970) élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1984.
Pierre blonde
maréchal de France
Des carrières de pierre blonde aujourd'hui fermées, s'étendent sous la ville. Cette pierre fut très utilisée par les souverains normands notamment pour les grands bâtiments en Angleterre puis plus tard les premiers immeubles de grande hauteur de New York. Au 200 bateaux fréquentent alors le port de Caen pour en charger 25 000 tonnes par an. La concurrence du béton ajouté à des galeries de plus en plus difficiles à exploiter avait fait cesser son exploitation. Mais elle reprend avec de la technologie récente dans la grande carrière de Cintheaux.
Administration
Maires de Caen :
- 1959-1970 : Jean-Marie Louvel, MRP Centre démocrate
- 1970-2001 : Jean-Marie Girault Parti républicain UDF
- 2001- : Brigitte Le Brethon RPR UMP
En 1952, la petite commune de Venoix a été rattachée à Caen.
En 1990, l'agglomération de Caen s'est organisée en district, transformé en 2002 en une communauté d'agglomération (Grand Caen, renommée communauté d'agglomération Caen la Mer en 2004), regroupant à présent 29 communes.
communauté d'agglomération Caen la Mer
Caen est divisée en 9 cantons dont elle est le chef-lieu, mais donne son nom à 10 cantons :
- Le 1 canton est formé d'une partie de Caen et de la commune de Bretteville-sur-Odon (16 429 habitants) ;
- Le 2 canton est formé d'une partie de Caen et des communes d'Authie, Carpiquet, Saint-Contest et Saint-Germain-la-Blanche-Herbe (25 772 habitants) ;
- Le 3 canton est formé d'une partie de Caen (19 052 habitants) ;
- Le 4 canton est formé d'une partie de Caen et de la commune d'Épron (15 418 habitants) ;
- Le 5 canton est le canton d'Hérouville-Saint-Clair (dont Caen ne fait pas partie) ;
- Le 6 canton (aussi appelé Caen-Hérouville) est formé d'une partie de Caen et d'une partie d'Hérouville-Saint-Clair (15 603 habitants) ;
- Le 7 canton est formé d'une partie de Caen et de la commune de Mondeville (14 775 habitants) ;
- Le 8 canton est formé d'une partie de Caen et des communes de Fleury-sur-Orne et Louvigny (18 341 habitants) ;
- Le 9 canton est formé d'une partie de Caen (15 208 habitants) ;
- Le 10 canton est formé d'une partie de Caen et des communes de Cormelles-le-Royal et Ifs (22 109 habitants).
Jumelages
- Portsmouth (Angleterre)
- Nashville, Tennessee - É.U.A
- Alexandria, Virginie - É.U.A
- Würzburg - Allemagne
- Thiès - Sénégal
Patrimoine
La ville de Caen compte un nombre important de monuments historiques, les principaux furent construits sous Guillaume le Conquérant au XI siècle (deux abbayes et le château). On dénombre une quarantaine d'églises dont il ne reste parfois qu'un pan de mur. Son Mémorial pour la Paix est très visité. La ville est classée Ville d'Art et d'Histoire.
Ville d'Art et d'Histoire
Les principaux monuments historiques sont :
- l'Abbaye aux Hommes, et son église Saint-Étienne (actuelle mairie de Caen)
- l'Abbaye aux Dames, et son église de la Trinité (actuel conseil régional de Basse-Normandie)
- l'église Saint-Pierre, édifiée entre les et
- l'église Saint-Jean, penchée car construite sur les anciens marais de Caen
- le [http://www.chateau.caen.fr château de Guillaume le Conquérant] ; voir l'article château de Caen
- Musée des Beaux-Arts, dans l'enceinte du château
- l'Université, créée en 1432 par Henri VI.
- la maison des Quatrans, une maison traditionnelle du
- le musée de la poste, une maison à pans de bois datant du .
On peut également y déguster des spécialités culinaires (tripes, teurgoule, brasillé…) tout en assistant aux courses hippiques réputées.
Transport
brasillé
Le réseau de transport en commun comprend deux lignes de tramways sur pneus
Tram A
Jean Villars (Ifs), Modigliani, Concorde, Liberté, Poincaré, Guynemer, Lux-Victor Lépine, Bd Leroy,Gare SNCF, Quai de Juillet, Résistance, Besnière, St Pierre, Quatrans, Place de la Mare, Université, CROUS-SUAPS, Calvaire St Pierre, Copérnic, CHU, Claude Bloch, Citis, Côte de Nacres, Maréchal Juin, Campus 2
Tram B
Grâce de Dieu, Rostant Frenel, Aviation, Poincaré
, Guynemer, Lux-Victor Lépine, Bd Leroy, Gare SNCF, Quai de Juillet
Résistance, Besnière, St Pierre, Quatrans, Place de la Mare
Université, CROUS-SUAPS, Calvaire St Pierre, Copernic, Cité U. Lébisey, Pierre Heuzé, Château d'eau, Académie, Café des images (Hérouville), St Clair (Hérouville)
et plusieurs lignes d'autobus. Il est exploité sous la marque [http://www.twisto.fr Twisto].
L'[http://www.caen.aeroport.fr aéroport de Caen-Carpiquet] dessert aussi la ville. C'est le plus important aéroport de Normandie en terme de passagers. Une ligne régulière vers Lyon permet des correspondances de et vers toute l'Europe.
Enseignement
L'université de Caen compte près de 25 000 étudiants répartis essentiellement sur les 3 campus de la ville. L'université dispose de 11 UFR, 6 instituts, 1 école d'ingénieurs, 2 IUP et de 5 antennes universitaires (Alençon, Cherbourg, Lisieux, St-Lô et Vire). Notons que celle-ci est l'une des plus anciennes de France puisqu'elle fut créée en 1432 par le roi d'Angleterre Henry VI.
- [http://www.unicaen.fr/ Université de Caen Basse-Normandie]
- [http://www.unicaen.fr/iup-banque/ IUP Banque Finance Assurance de Caen]
- [http://www.pharmacie.unicaen.fr UFR de pharmacie de Caen]
- [http://www.iae.unicaen.fr/ IAE de Caen]
- [http://rex.iutcaen.unicaen.fr/ IUT de Caen]
- [http://perso.wanadoo.fr/michel.onfray/UPcaen.htm Université populaire de Caen]
Recherche
Il existe plusieurs centres importants de recherche :
- L'[http://www.unicaen.fr Université de Caen], qui comprend des laboratoires de recherche dans de nombreuses disciplines
- [http://www.ganil.fr GANIL] (Grand Accélérateur National d'Ions Lourds)
- [http://www.cyceron.fr CYCERON] (Centre d'imagerie cérébrale et de recherche en Neuroscience)
- [http://www.ensicaen.fr ENSICAEN] (Laboratoires de recherche de l'école d'ingénieur ENSICAEN)
Sport
Caen dispose d'une équipe de football compétitive évoluant désormais en L2, après une saison remplie de joie en 2004/2005, avec notamment une finale de Coupe de la Ligue au Stade de France-Paris 2012, perdue contre Strasbourg (2-1), qui lui aurait valu une place en Coupe UEFA. Ce club fondé en 1913 possède un centre de formation de grande qualité (Jérome Rothen, Bernard Mendy, Mathieu Bodmer, William Gallas) ainsi que d'un stade magnifique de 21 500 places (Stade Michel d'Ornano).
- [http://www.smcaen.fr/ Site du SM Caen]
Héraldique
1913 Armes de la ville de Caen :
« De gueules au château donjonné d'une tour crénelée d'or, le tout ouvert, ajouré et maçonné de sable. »
Liens externes
- [http://www.ville-caen.fr/ Site officiel de la Ville de Caen]
- [http://www.caen.maville.com Les dernières nouvelles de Caen et sa région]
- [http://www.memorial-caen.fr Le portail du Mémorial de Caen]
- [http://www.photos-de-villes.com/photo-caen-1.php Photo caen] (Nombreuses photos de la ville)
-
ja:カーン
LaonLaon
Laon
Laon est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie. Son nom se prononce « lan ». Ses habitants sont appelés les Laonnois.
Géographie
Butte-témoin
Histoire
La ville fut une capitale royale aux époques mérovingienne et carolingienne. Ville fortifiée sur une colline, elle comporte de nombreux monuments médiévaux, et la butte est un véritable gruyère silloné de souterrains. Sa cathedrale située au sommet lui a valu le surnom de «Montagne Couronnée »
Économie
Personnages célèbres
- Anselme de Laon
- Antoine, Louis et Mathieu Le Nain (nés à Bourguignon, près de Laon)
- Jacques Marquette
- Pierre François André Méchain
- Jean Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819) maréchal de Napoléon
- Saint Remi évêque de Reims (naissance vers 437 ap. J.C.)
- Gilbert Lavoine, champion d'Europe poids welter de boxe anglaise en 1953
- Pierre Watier, comte de Saint-Alphonse (1770-1846) général et écuyer de Napoléon
Monuments et lieux touristiques
Laon est classée ville d'art et d'histoire.
La Cathédrale
ville d'art et d'histoire
ville d'art et d'histoire
De style gothique, construite sur la Montagne de Laon, la cathédrale domine la colline, la ville et ses remparts. D'une longueur de 110 mètres, elle servit de modèle à la cathédrale de Chartres et à celle de Paris.
Elle est édifiée entre 1150 et 1180 et le chœur, trop petit dès 1200, est reconstruit au début du . Les premières traces de christianisme remontent au comme en atteste une pierre funéraire paléochrétienne découverte en 1998.
Particularités assez exceptionnelles
- 4 tours, campaniles ou clochers.
- Animaux sculptés grandeur nature : bœufs installés sur les étages des tours.
Voir l'article détaillé Cathédrale Notre-Dame de Laon.
L'historiographie locale prête à Victor Hugo une phrase dithyrambique plutôt plate compte tenu de la verve poétique dont fit preuve l'écrivain.
Jumelages
La ville de Laon est jumelée avec deux villes : Soltau et Winchester.
Liens externes
- [http://www.ville-laon.fr/ Site officiel de la ville de Laon]
- [http://perso.wanadoo.fr/jpjcg/ Site consacré au musée et au service archéologique de Laon]
- [http://www.laon-ville.net/ site non officiel consacré à la ville de Laon et à ses atouts]
- [http://vince02pyropassion.free.fr/ site consacré à la pyrotechynie lannoise et dans la région en photographie]
ja:ラン (フランス)
Années 1880 ja:1880年代
Catégorie:Décennie
Évènements
- Début de la construction du canal de Panama dirigée par l'ingénieur français Ferdinand de Lesseps, perceur du canal de Suez. Cette première phase se terminera en 1889 par la ruine de centaine de milliers de petits épargnants français.
- La France colonise l'Indochine.
Personnages significatifs
- Jules Ferry
- Léon Gambetta
Inventions, Découvertes, Introductions
- G. Eastman fabrique une pellicule qui remplace les plaques de verre. Le rouleau suivra très vite.
- Loi sur la liberté de la presse, en France.
- École laïque gratuite pour tous.
__NOTOC__
BourgeoisieLa bourgeoisie est une catégorie sociale associée d'abord à la ville puis aux commerçants et artisans.
Ce terme est dérivé de « bourgeois » (l'habitant du bourg) et attesté dès 1538 avec le sens d'« ensemble des habitants du bourg ». Il était apparu auparavant en 1240 sous la forme « bourgesie », correspondant au latin burgensia, au sens juridique de qualité d'habitant des cités, sens qui est resté vivant en Suisse (Robert, Dictionnaire historique de la langue française). Quant à l'italien borghesia, de même que borghese, il a été emprunté au français « bourgeoisie ». (Zangarelli, Dictionnaire de la langue italienne, Zanichelli ed.).
Une classe bourgeoise a émergé d'une part en Italie et d'autre part dans la Hanse au , après la grande peste, quand les habitants des villages devinrent nettement plus riches que ceux de la campagne. Cela leur donna relativement plus de puissance et d'influence dans la société, les rapprochant des classes dirigeantes et du clergé et les éloignant de la paysannerie. L'archétype de la bourgeoisie médiévale était le propriétaire de moulin qui devint assez important dans l'économie locale pour s'opposer au seigneur.
Deux épisodes où les bourgeois tinrent un rôle de premier plan en Flandre :
- Calais en 1347
- la bataille de Courtrai en 1302
Au cours des siècles suivants, le terme s'utilisa plutôt pour désigner les premiers banquiers et les gens dont les activités se développaient dans le commerce et la finance.
Origines de la bourgeoisie
C'est au qu'apparaît la bourgeoisie. À la base le terme de bourgeois désigne l'habitant du bourg. Cependant les villes vont commencer peu à peu à se doter d'une certaine autonomie, notamment juridique, qui se caractérise par l'attribution de privilèges pour les bourgeois comme, par exemple, les exonérations fiscales.
Conditions pour être bourgeois
Pour être reçu bourgeois, les conditions étaient variables d'une ville à l'autre, mais il y a cependant un corps de règles communes.
Le bourgeois est avant tout un homme libre, c'est-à-dire que ce n'est pas un serf. Il devait être en mesure de le prouver. Un serf pouvait accéder à la bourgeoisie à condition de devenir lui aussi un homme libre. Ensuite le bourgeois ne devait pas avoir de dettes, il devait être de bonne moralité et de naissance légitime.
Un seuil de richesse pouvait être exigé, ainsi que la possession d'une habitation, voire de terres, ceci dépendant en partie de la région où l'on devenait bourgeois. Ainsi, la bourgeoisie alsacienne était une des plus difficiles d'accès car, en plus des précédentes conditions, il fallait être propriétaire d'une habitation ayant pignon sur rue.
La condition fondamentale était la résidence au sein de la ville. Le prétendant à la bourgeoisie devait y résider un certain temps pour pouvoir accéder à la bourgeoisie. En outre, on pouvait exiger du bourgeois qu'il soit de religion catholique. C'est une condition qui peut sembler bizarre aujourd'hui, mais l'Église catholique dominait alors toute la société. En outre, un droit de bourgeoisie pouvait etre exigé, ce qui était surtout vrai dans les provinces péripheriques du royaume de France.
Evolution de la bourgeoisie sous l'Ancien Régime
L'évolution de la bourgeoisie sous l'Ancien Régime dépend de la région, mais aussi de la structuration de l'État et de l'augmentation des pouvoirs des rois de France.
Classification de la bourgeoisie
- Petite bourgeoisie : bourgeoisie d'une ou deux générations s'étant formée par une brève ascension sociale. Elle débute généralement par le commerce ou le négoce, puis au fil de la deuxième puis troisième génération, elle s’élève socialement, passant parfois à des professions comme médecin, avocat ou chef d’entreprise. Cette classe est légèrement au-dessus de la classe moyenne de la société et se distingue uniquement par sa mentalité.
- Moyenne bourgeoisie : bourgeoisie de plus de trois générations, elle possède parfois quelques alliances avec d’autres familles issues du même milieu et parfois même nobles. Cette catégorie de bourgeoisie est soit appelée à rester moyenne au fil des générations, ou peut quelquefois, lors d'alliances, des professions et surtout du temps, passer dans une catégorie supérieure.
- Grande bourgeoisie : bourgeoisie du , elle remonte à six ou sept générations, souvent par des mariages nobles et des alliances intéressantes (et intéressées). Cette tranche de la bourgeoisie possède un patrimoine historique et culturel important créé et amplifié au fil des décennies. Le nom de ces familles est généralement connu dans la ville où elles résident et, bien souvent, plusieurs ancêtres ont fait l’histoire régionale. Les charges exercées par ces familles sont considérées et respectées. C’est une petite « haute bourgeoisie ».
- Haute bourgeoisie : cette bourgeoisie ne s’acquiert que par le temps. Elle est composée de familles déjà bourgeoises à la Révolution, n’a eu que des professions honorables et a périodiquement connu des alliances illustres dans ses branches. Le patrimoine culturel, historique et financier reste important. Ces familles possèdent une sorte d’état de noblesse qui leur interdit certains mariages ou certaines professions. Ces familles auraient tout à fait pu devenir nobles mais, faute de temps, de roi ou de chance, elles ne sont restées que bourgeoises.
La bourgeoisie et la Révolution française
On a souvent dit que la bourgeoisie était à l'origine de la Révolution française.Il convient de préciser que ce n'est que partiellement vrai. En fait, les bourgeois voulaient une révolution politique afin que leur classe trouve sa place dans la société d'ordre ; de par sa naissance un bourgeois appartenait au Tiers État, mais de par son train de vie et sa mentalité, il se rapprochait de la noblesse (un grand nombre de familles appartenant à la noblesse de robe étaient d'ailleurs issues de la bourgeoisie, car elles avaient les moyens d'acheter une charge anoblissante).
La bourgeoisie selon la théorie marxiste
Dans la théorie marxiste, la bourgeoisie est définie comme la classe de la société qui possède les moyens de production. Le marxisme voit le prolétariat et la bourgeoisie comme fondamentalement opposés, puisque (par exemple) les ouvriers attendent que leurs salaires soient les plus élevés possible, alors que les propriétaires espèrent augmenter leurs revenus en employant de la main d'œuvre au coût le plus bas possible, ou en travaillant eux-mêmes lorsqu'ils manquent d'argent.
Dans la rhétorique des partis communistes les plus radicaux, bourgeois est une insulte et ceux qui sont perçus comme collaborant avec la bourgeoisie sont souvent appelés ses laquais ou ses valets.
De nos jours, si l'on retient comme définition de la bourgeoisie le fait de posséder les moyens de production, la complexité du monde, le rôle des organismes institutionnels publics et privés (depuis les caisses de retraite jusqu'à la bourse), la brutalité de l'évolution des fortunes et bien d'autres éléments, comme le statut fiscal personnel, il devient très difficile de cerner précisément le concept.
Depuis le , on distingue des sous-classes :
- la haute bourgeoisie, constituée par la classe la plus riche (industriels, grands commerçants, etc.), jouissant d'un train de vie fastueux et fréquentant les plus grands artistes, comme l'a bien décrite, par exemple, Marcel Proust
- la moyenne bourgeoisie, disposant de patrimoine ou de revenus solides, mais sans l'aura de la première
- la petite bourgeoisie, qui se distingue du prolétariat surtout par la mentalité.
La bourgeoisie au
On peut dire que la bourgeoisie, et en particulier la grande bourgeoisie, se caractérise par le fait qu'elle cumule ce que l'on appelle le capital social, le capital économique, le capital culturel et le capital symbolique.
Articles connexes
- Doxa, Tiers État, Capitalisme, Communisme, Socialisme, Léninisme, Le Capital, Manifeste du Parti communiste, Histoire des Pays-Bas
- Antonio Gramsci, Guy de Maupassant, Karl Marx, Voltaire, Rosa Luxemburg.
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En Suisse, la bourgeoisie est un droit personnel, survivant du droit médiéval. La bourgeoisie, ou commune bourgeoise, est aussi une collectivité locale, qui existe encore dans certains cantons, à laquelle participent les habitants originaires de la commune ou anciens bourgeois, par opposition aux nouveaux habitants. La bourgeoisie, qui est une institution remontant à la loi sur les communes de 1866, a perdu de l'importance, mais gère encore des hôpitaux et, dans quelques cantons, confère encore un « droit de bourgeoisie » préalable à l'obtention de la naturalisation.
Il existe une « Fédération suisse des bourgeoisies et corporations » dont le rôle est notamment de défendre le « maintien des institutions bourgeoisiales ».
Dans le canton du Valais, il existe encore de nombreuses bourgeoisies actives. Voir un exemple d'une petite bourgeoisie de montagne sur [http://www.memsa.ch/anniviers/stluc/Bourgeoisie son site Internet].
Catégorie:Groupe social
ja:ブルジョワジー
zh-min-nan:Chu-sán-kai-kip
Second Empire
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Le Second Empire était le régime bonapartiste de Napoléon III de 1852 à 1870, entre la Deuxième République et la Troisième République, en France.
L'émergence de l'Empire
La constitution instituée par Napoléon III le 14 janvier 1852 était largement inspirée de celle de l'an VIII. Si le suffrage universel est rétabli, tous les pouvoirs exécutifs n'en sont pas moins concentrés dans les mains du chef de l'État. Il pouvait nommer les membres du Conseil d'État, dont la tâche était de préparer les lois, et du Sénat, un corps établi de façon permanente en tant que partie constitutive de l'Empire. Le corps législatif était de nouveau élu au suffrage universel mais il n'avait aucun droit d'initiative, toutes les lois étaient proposées par le pouvoir exécutif (mais votées par le parlement). Ce changement politique eut rapidement les mêmes conséquences que celui du 18 Brumaire.
C'est par référendum que le 21 novembre 1852, les Français approuvent par 7 824 000 oui contre 253 000 non (et 2 millions d'abstentions) le senatus consulte rétablissant la dignité impériale au profit de Louis-Napoléon Bonaparte, désormais l'Empereur Napoléon III.
L'Empire autoritaire
Les idéaux de Napoléon III
Même si le mécanisme gouvernemental était quasiment le même sous le Second Empire que sous le Premier Empire, ses principes fondateurs étaient différents. La fonction de l'Empire, comme Napoléon III se plaisait à le répéter, était de guider le peuple à l'intérieur vers la justice et à l'extérieur vers une paix perpétuelle. Tenant ses pouvoirs du suffrage universel et ayant fréquemment, depuis sa prison ou en exil, reproché aux précédents gouvernements oligarchiques d'avoir négligé les questions sociales, il résolut de les traiter en organisant un système de gouvernement basé sur les principes des « idées napoléoniennes », c'est-à-dire celles de l'Empereur - l'élu du peuple, représentatif du peuple, de la démocratie - et de lui-même, le représentant du grand Napoléon Ier, héros de la révolution française, et donc gardien des acquis sociaux de cette période.
Napoléon III montra rapidement que la justice sociale ne signifiait pas la liberté. Il agit de telle sorte que les principes de 1848 qu'il avait préservés deviennent une simple façade. Il paralysa toutes les forces nationales garantes de l'esprit public, telles que le parlement, le suffrage universel (qu'il avait néanmoins rétabli en 1852 après sa suppression par le parlement), la presse, l'éducation et les associations. Le corps législatif n'était autorisé ni à élire son président, ni à voter sur le budget en détail, ni à faire des délibérations publiques. De manière similaire, le suffrage universel était supervisé et contrôlé par les candidatures officielles, par l'interdiction de l'expression libre et par des ajustements habiles des districts électoraux de façon à noyer le vote libéral dans la masse de la population rurale. La presse était assujettie à un système de cautionnement, sous forme d'argent, déposé à titre de garantie de bonne conduite, et davertissements, c'est-à-dire de requêtes par les autorités de cesser la publication de certains articles, sous la menace de la suspension ou de la suppression ; tandis que les livres étaient sujets à la censure.
Pour contrer l'opposition des individus, une surveillance des suspects fut instituée. L'attaque de l'empereur par Felice Orsini en 1858, bien que motivée uniquement par la politique italienne, servit de prétexte à une augmentation de la sévérité de ce régime avec la loi de sûreté générale qui autorisait l'internement, l'exil ou la déportation de tout suspect sans procès.
De la même manière, l'instruction publique était strictement supervisée, l'enseignement de la philosophie fut supprimé au lycée et les pouvoirs disciplinaires de l'administration furent augmentés.
Pendant les sept premières années de l'Empire, la France n'eut aucune vie politique. L'empire était porté par une série de plébiscites. Jusqu'en 1857 l'opposition n'existait pas, puis jusqu'en 1860 elle était réduite à cinq membres : Louis Darimon, Émile Ollivier, Jacques Hénon, Jules Favre et Ernest Picard. Les royalistes attendaient, inactifs après la tentative infructueuse faite à Frohsdorf en 1853, par une alliance des légitimistes et des Orléanistes, de rebâtir une vie monarchiste sur les ruines de deux familles royales.
Prospérité et culture
Le succès de la prospérité impériale reposait sur un certain nombre d'éléments (festivités, développement du capitalisme ...) afin d'éviter toute résurrection du spectrerévolutionnaire. Ainsi, Napoléon III chercha le support du clergé, des grands financiers, des magnats industriels et des propriétaires terriens.
Il ressuscita à son propre compte le « enrichissons-nous » de 1840. Sous l'influence des Saint-Simoniens et des hommes d'affaires, de grands établissements de crédit furent institués et de grands chantiers furent lancés : le Crédit Foncier de France, le Crédit mobilier, la conversion du chemin de fer en six grandes compagnies entre 1852 et 1857. La passion pour la spéculation fut renforcée par l'arrivée de l'or californien et australien et la consommation était soutenue par une chute générale des prix entre 1856 et 1860, due à la révolution économique qui dépassa rapidement les barrières tarifaires, comme cela avait déjà été le cas en Angleterre. Ainsi l'activité française fut florissante entre 1852 et 1857 et fut à peine temporairement affectée par la crise de 1857.
L'Exposition Universelle (1855) fut son point culminant. Le grand enthousiasme pour la période romantique était fini ; la philosophie devint sceptique et la littérature divertissante. Les festivités de la Cour à Compiègne définissaient la mode pour la bourgeoisie, satisfaite par ce gouvernement énergique qui préservait si bien leurs équilibres financiers.
Si l'Empire était fort, l'Empereur était faible. Forte-tête et rêveur, il était plein de plans, mais trop irrésolu pour les mener à bien. Pour lui, le travail artificiel du Congrès de Vienne, qui consacra la chute de sa famille et de la France, devait être détruit, et l'Europe devrait être organisée en un ensemble de grands états industriels, unis par des communautés d'intérêts et liés entre eux par des traités commerciaux, et exprimant leurs liens par des congrès périodiques présidés par lui-même, et par des expositions universelles. De cette façon il pouvait réconcilier les principes révolutionnaires de la suprématie du peuple avec la tradition historique, une chose que ni la Restauration ni la Monarchie de Juillet ni la Deuxième République n'ont été à même de faire. Le suffrage universel, l'organisation des nations de Roumanie, de l'Italie et de l'Allemagne et la liberté de commerce, ce devait être le travail de la Révolution.
Une nouvelle place en Europe
voir: Politique internationale française sous le Second Empire
Napoléon III, dans la tradition Napoléonienne, veut une politique étrangère ambitieuse. Il la dirige lui même, court-circuitant parfois les circuits de la diplomatie française. Depuis 1815, la France est reléguée diplomatiquement aux pays de second rang. Le premier objectif de Napoléon III est de lui redonner un rôle dans l'Europe alors en quête d'une nouvelle organisation sous la pression du nationalisme. La guerre de Crimée lui en donne l'occasion.
La guerre de Crimée
voir: Guerre de Crimée
La guerre est engagée par réaction à la politique ambitieuse et dangereuse de la Russie pour contrôler les Détroits de la Mer Noire à la Méditerranée. Cette zone a une importance stratégique non négligeable, surtout pour l'Angleterre. Napoléon III la rejoint, et ils déclarent la guerre le 27 mars 1854. Napoléon cherche à faire éclater la Sainte Alliance de 1815. La France apparait comme la protectrice des intérêts catholique et le symbole d'un nouvel ordre européen. En 1855, elle reçoit l'appui du royaume de Piémont-Sardaigne. La Guerre de Crimée, révèle des carences dans l'armée française habituée aux expéditions lointaines (75 000 morts au siège de Sébastopol). La guerre se termine le 10 septembre 1855. La politique d'intégrité de l'Empire Ottoman, une politique traditionnelle en France depuis l'époque de François I, lui gagne l'approbation à la fois des vieux partis et des libéraux.
Le régime est au plus haut après la signature de la paix qui excluait la Russie de la Mer Noire et la naissance de Eugène Bonaparte, qui assurait la continuation de sa dynastie. Napoléon III va alors exploiter son succés. Le comte Walewski, son ministre des affaires étrangères, donne une soudaine et inattendue extension aux propos des délibérations du Congrès de Paris (1856) en invitant les plénipotentiaires à considérer les questions de la Grèce, de Rome, de Naples, etc. Cavour et le Piémont-Sardaigne en bénéficièrent immédiatement, et grâce à Napoléon III ils furent en mesure de porter la question italienne devant une assemblée politique en Europe, et devant Napoléon en particulier.
La question italienne
Voir: Napoléon III et la question italienne
Ce n'est pas l'attaque d'Orsini du 14 janvier 1858 qui influença Napoléon III sur la question de l'unification italienne. Ancien carbonaro, la victoire de ses armées en Crimée lui donna l'envergure nécessaire pour accomplir cette mission qui lui tenait à cœur. Napoléon III s'allie au Piémont-Sardaigne, puissance réunificatrice. Il marie son cousin à Clothilde, la fille du roi du Piémont en janvier 1859. En juillet 1858, un Accord de Plombières à été signé avec Cavour à Plombières. La sympathie de toute l'Europe était avec l'Italie, partagée depuis des siècles entre de si nombreux maîtres ; la Russie d'Alexandre II de Russie, gagné depuis un entretien à Stuttgart par la générosité de l'Empereur plutôt que par la force armée, n'offrit aucune opposition à cet acte de justice ; tandis que l'Angleterre, force libérale, applaudit. En France, les milieux d'affaires et les chrétiens sont réticents.
Lorsque l'Autriche déclare la guerre au Piémont, en mai 1859, la France s'engage. Napoléon III prend la tête de l'armée et remporte les victoires de Magenta et Solférino les 4 et 24 juin 1859, mais au prix de fortes pertes. La perspective d'une alliance austro-prussienne dans la guerre stoppe Napoléon III qui signe la paix de Villafranca en juillet 1859. La présence autrichienne en Italie est maintenue. Les italiens sont furieux car ils n'ont pu achever la réunification. En vertu de l'accord de Plombières, la France reçoit le comté de Nice et la Savoie, rattachée après plébiscite en avril 1860.
La colonisation
Voir: Second espace colonial
La politique coloniale napoléonienne ne répond pas à un plan réfléchi, la colonisation n'en est qu'à ses débuts. Cependant, elle est déjà un moyen d'affirmer la gloire de l'Empire. C'est Napoléon III et Chasseloup-Laubat qui vont moderniser la marine de guerre et tripler l'empire colonial. La Nouvelle-Calédonie est annexée en 1853, et la côte du Gabon en 1862. Madagascar passe sous domination commerciale; la France et l'Angleterre obtiennent de nouveaux ports de commerce chinois en juin 1858, puis envahissent Pékin en octobre 1860. L'Annam est soumis en 1863 (Traité de Hué), ainsi que le Cambodge (protectorat). Un Comité des colonies est crée en mai 1854, qui réorganise l'Empire colonial en distinguant les anciennes des nouvelles colonies. La fin du régime de l'exclusif ouvre les colonies aux autres pays. L'Algérie entièrement conquise et pacifiée en 1857, avec une victoire française décisive dans les monts Kabyles. Napoléon tente d'associer les tribus arabes à la colonie avec le ministère de l'Algérie et des colonies. En avril 1860, il leur redonne la propriété des terres. En juillet 1865, il leur accorde le libre-choix de la citoyenneté. Mais le projet de royaume arabe dirigé par protectorat est rejeté par Mac-Mahon, gouverneur d'Algérie, l'armée et les colons. La famine de 1868 tue 500 000 musulmans. C'est un échec pour Napoléon.
L'Empire libéral
Une situation sociale délicate
La politique industrielle était conçue autant par des motifs d'intérêt que par la sympathie de Napoléon III, au-delà de l'opposition à la bourgeoisie qui avait l'ambition de gouverner ou qui désirait son éviction. Le chemin était facile car il avait pour seul politique d'exploiter les préjudices des classes laborieuses. Elles subissaient toujours la loi Le Chapelier de 1791, qui en interdisant toute association professionnelle les plaçaient à la merci de leurs employeurs. De plus la limitation du suffrage universel avait conféré à la bourgeoisie un monopole politique qui l'avait placé hors de portée de la loi. Enfin, à chaque fois que les classes ouvrières avaient quitté leur position d'isolement rigide pour sauver la charte ou le suffrage universel, la bourgeoisie triomphante les avait récompensé au mieux avec négligence. Le silence de l'opinion publique sous l'Empire et l'état prospère des aff | | |