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Malaisie
La Malaisie est un pays d'Asie du Sud-Est, constitué de la Malaisie péninsulaire (péninsule malaise) et de la Malaisie orientale (nord de Bornéo). Le pays est situé à environ 200 km au nord de l'équateur.
Notons que le terme Malaisie ou archipel Malais était jadis employé pour désigner l'Insulinde.
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Malaisie
La péninsule malaise, occupée par les Malais, s'est oganisée en une société féodale. En devenant un pôle de commerce majeur en Asie du Sud-Est, il n'y eu pas de changement majeur au style de vie agricole traditionnel du kampung (village). La fréquentation du détroit de Malacca est devenue plus importante, point de passage obligé pour les échanges maritimes entre l'Inde et la Chine.
Les marchands arabes furent les premiers à s'installer sur le territoire au . Leur influence fut décisive sur le futur des Malais, puisqu'ils convertirent la population à l'Islam.
Au , les Européens attirés par le commerce des épices arrivèrent après avoir cherché la route des Indes orientales pour supplanter le monopole arabe du commerce. Les Portugais, les Néerlandais et les Britanniques se sont successivement disputés le contrôle du détroit.
Politique
Article détaillé : Politique de la Malaisie
La Malaisie est membre de l'ASEAN (Association des Nations d'Asie du Sud-Est)
Administration
Article détaillé : Administration de la Malaisie
La Malaisie est un fédération composée de treize États (negeri) et de trois districts fédéraux (wilayah persekutuan):
Géographie
Administration de la Malaisie
Article détaillé : Géographie de la Malaisie
La Malaisie est composées de deux régions distinctes.
- la Malaisie occidentale ou Malaisie péninsulaire (au Sud de la Thaïlande) est divisée du Nord au Sud par une longue chaîne montagneuse dont le point culminant se situe à 2189 m (Mont Tahan) et où subsistent de vastes zones forestières. La côte Ouest est marécageuse et plate, la côte Est est, au contraire, composée de longues plages de sable. Les cultures et plantations sont d'abord situées le long des plaines côtières. Le Nord du pays (Perlis et Kedah) est considéré comme le grenier à riz du pays.
- la Malaisie orientale composée des territoires du Sarawak et du Sabah et située au Nord de l’Indonésie (Bornéo). Cette partie représente 15 % de la population sur 60 % du territoire. Elle est essentiellement composée de jungle et d'un relief assez élevé (mont Kinabalu : 4 100 m).
Elle partage ses frontières avec le Brunei (381 km), l'Indonésie (1 178 km) et la Thaïlande (506 km) et dispose de 4 675 km de côtes. En 2003, sa population était de 25 200 000 habitants
Économie
2003
2003
Article détaillé : Économie de la Malaisie
Les ressources principales du pays sont :
- Les richesses du sous-sol :
- or
- étain
- fer
- bauxite de la côte occidentale
- Le gaz et
- le pétrole exploités off-shore au large de la côte orientale
- agriculture et sylviculture
- bois
- le caoutchouc
- l'huile de palme
- Construction automobile
- Le pays est spécialisé dans les semi-conducteurs
Démographie
Économie de la Malaisie
Article détaillé : Démographie de la Malaisie
Les gens de Malaisie s'appellent les Malaisiens. À ne pas confondre avec les Malais, qui tout en constituant la population majoritaire (62%) et historique, n'en sont pas les uniques citoyens. Il y a environ 25% de Malaisiens de descendance chinoise et 10% de Malaisiens de descendance indienne. Ils sont établis depuis plusieurs générations. La population est jeune et en expansion (elle a doublé entre 1970 et 2000). Le taux de natalité des Malais est très supérieur à celui des Chinois.
La population réside aux 3/4 sur la péninsule malaise.
Voir aussi : Population des villes de Malaisie
Culture
Article détaillé : Culture de la Malaisie
|+ Fêtes et jours fériés
! Date !! !! !! Remarques
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| || Nouvel an || Hari Tahun Baru
| Fête internationale
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| fin janvier - début février || Nouvel An chinois ou Fête du printemps
|Tahun Baru Cina|| Premier jour du calendrier lunaire
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| Variable || Aïd el-Kebir || Hari Raya Haji
| Fête musulmane : fin du pélerinage à la Mecque
|-
| || Fête du Travail
| Hari Buruh || Fête internationale
|-----
| 5 juin || Anniversaire du Roi
| Hari Keputeraan || Nommée aussi Hari Agung
|-
| 31 août || Fête nationale || Hari Merdeka
| Commémoration de l'indépendance
|-----
| variable || Divali || Deepavali
| Fête hindouiste : Fête des lumières Nouvel an hindou
|-
| variable || Aïd el-Fitr || Hari Raya Puasa
| Fête musulmane : fin du ramadan
|-----
| 25 décembre || Noël || Hari Krismas
| Fête chrétienne : Naissance de Jésus
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Asie du Sud-Est
L'Asie du Sud-Est (ou Sud-Est asiatique) est une sous-région de l'Asie, anciennement appelée Inde transgangétique (ce qui signifie « au-delà du Gange »). Elle regroupe deux ensembles géographiques : l'Indochine ou Asie du Sud-Est continentale, péninsule du continent asiatique située entre la Chine et l'Inde, et l'Insulinde ou Asie du Sud-Est insulaire, vaste archipel s'étendant entre l'Asie et l'Océanie.
Elle comprend les territoires suivants :
- le Brunei ;
- le Cambodge ;
- le Timor oriental ;
- l'Indonésie ;
- le Laos ;
- la Malaisie ;
- la Birmanie ;
- les Philippines ;
- Singapour (parfois rattaché, pour des raisons culturelles, à l'Asie de l'Est) ;
- la Thaïlande ;
- le Viêt Nam (parfois rattaché, pour des raisons culturelles, à l'Asie de l'Est).
Voir aussi
Catégorie:Région d'Asie
ja:東南アジア
ko:동남아시아
ms:Asia Tenggara
th:เอเชียตะวันออกเฉียงใต้
zh-min-nan:Tang-lâm-a
Péninsule malaiseCatégorie:Péninsule Catégorie:Géographie de la Malaisie
La péninsule malaise (en malais : Tanah Melayu) est une péninsule située en Asie du Sud-Est. Elle suit une ligne Nord-Sud et contient le point le plus méridional du continent asiatique à son extrémité Sud. Son point le plus étroit est l'isthme de Kra.Elle sépare le détroit de Melaka de la mer de Chine méridionale.
Politiquement elle est divisée :
- partie Sud du Myanmar qui correspond à sa naissance au Nord.
- Sud de la Thailande qui constitue une part centrale de la péninsule.
- le Sud de cette péninsule est la partie de la Malaisie appelée Malaisie péninsulaire ou Malaisie occidentale (à ne pas confondre la péninsule, terme géographique).
- A l'extrême sud de la péninsule se trouve l'île de Singapour.
L'appellation malaise Tanah Melayu est toujours employée dans les discours politiques pour unir les Malais de la péninsule en une nation. La création de la Malaisie a répondu à ces attentes.
Cependant, l'ancien Royaume de Pattani, fait aujourd'hui partie de la Thailande. Cette zone de culture malaise et musulmane, proche de la frontière malaisienne est troublée par des mouvements autonomistes. Pourtant il ne semble pas y avoir de demande de rattachement à la Malaisie.
ja:マレー半島
ko:말레이 반도
th:คาบสมุทรมลายู
Malaisie orientaleLa Malaisie orientale comprend les états malaisiens de Sabah et de Sarawak situés sur l'ile de Bornéo, séparée de la Malaisie occidentale par la mer de Chine méridionale.
Cett partie du pays est moins développée que la partie péninsulaire, mais elle possède de nombreuses ressources naturelles (gaz, pétrole).
Historique
Sabah et Sarawak étaient administrés indépendamment de la Fédération des états malais sous le nom de Colonie britannique du nord de Bornéo. Ils ne rejoinrent pas la Fédération de Malaya en 1957. Cependant ils décidèrent de s'unir à la Fédération de Malaisie en 1963.
En tant qu'états fédérés, Sabah et Sarawak ont conservé un niveau d'autonomie supérieur à celui des états de la péninsule malaise. Le contrôle de l'immigration est indépendant et même les Malaisiens vivant dans les autres états doivent se soumettre à des procédures spéciales.
Labuan
L'ile de Labuan était partie de Sabah jusqu'en 1984, quand elle est devenue territoire fédéral, administré par le gouvernement fédéral, dans un but de la transformer en un centre financier offshore avec douanes et système fiscal distincts.
Catégorie:Malaisie
ms:Malaysia Timur
Bornéo
Bornéo est une île du sud-est asiatique (Insulinde) partagée entre l'Indonésie au sud (Kalimantan), la Malaisie orientale (Sabah et Sarawak) et le sultanat de Brunei au nord.
De forme massive, elle est la quatrième île du monde par sa superficie (après l'Australie, le Groenland et la Nouvelle-Guinée), 736 000km² ; et est peuplée par environ 10 millions d'habitants (ce qui fait une densité de 16 hab./km²).
Histoire
Probablement habitée dès le Paléolithique inférieur, l'île possède l'un des gisements préhistoriques les plus importants de cette région :
La grotte de Niah (Sarawak), est occupée sans interruption depuis 40 000 ans ; par ailleurs, plusieurs grottes ornées de peintures rupestres (empreintes de mains en négatif, bovidés, cerfs et quelques représentations anthropomorphiques) ont été découvertes dans l'est de Kalimantan ; ces peintures, datées approximativement de 20 000 ans avant l'ère chrétienne et présentant des analogies formelles avec l'art rupestre ancien des aborigènes d'Australie, pourraient modifier les théories jusqu'à présent admises sur la chronologie du peuplement de l'Asie du sud-est, en montrant que l'influence pré-austronésienne s'est étendue beaucoup plus à l'ouest qu'on ne pensait.
Les portugais et les espagnols furent les premiers européens à s'intéresser à Bornéo au .
Puis, à partir du , l'île devint l'enjeu de luttes entre hollandais et anglais. C'est cette rivalité qui explique la division actuelle de l'île, qui n'a pas changé depuis les décolonisations.
Catégorie:Île d'Indonésie Catégorie:Malaisie
ja:ボルネオ島
ko:보르네오 섬
ms:Kepulauan Borneo
th:เกาะบอร์เนียว
Équateur (ligne équinoxiale)
En géographie, l'équateur est un parallèle, c'est-à-dire une ligne imaginaire tracée autour d'une planète, à mi-chemin des pôles. L'équateur marque la séparation entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud. La latitude de l'équateur est 0° par définition. La longueur de l'équateur terrestre est d'environ 40 070 km.
Climat
Sur l'équateur, le Soleil est exactement au zénith à midi les jours d'équinoxe. En outre, chaque jour de l'année y est d'une durée de près de 12 heures. La nuit, toutes les étoiles traversent le ciel d'Est en Ouest, traçant un demi-cercle centré au point le plus au Sud ou le plus au Nord de l'horizon.
Entre l'équinoxe de printemps et celle d'automne, les latitudes au nord du tropique du Cancer sont inclinées vers le Soleil, c'est donc l'été dans l'hémisphère nord. Dans l'hémisphère sud, la situation est inversée : les latitudes au sud du tropique du Capricorne sont inclinées vers le Soleil entre l'équinoxe d'automne et celle de printemps.
Les climats régnant dans les zones situées autour de l'équateur se regroupent sous le terme climat équatorial (une seule saison humide). On parle de climat tropical aux environs des tropiques dans lequel on distingue deux saisons : une saison sèche et une saison humide.
Toutefois, les climats varient en fonction de nombreux facteurs comprenant l'altitude et la proximité d'une étendue d'eau (océan). Ainsi plus on est proche de l'océan plus la saison sèche devient humide.
Astroports
C'est sur l'équateur que l'on trouve les meilleurs emplacements pour les astroports ou les ascenseurs spatiaux. En effet, à l'équateur la poussée centrifuge due à la rotation de la Terre sur elle-même est maximale, ce qui réduit d'autant l'énergie nécessaire au lancement d'un vaisseau spatial.
L'emplacement de la base de l'Agence spatiale européenne, d'où sont lancées les fusées Ariane, à Kourou en Guyane française, a été choisi en raison de sa proximité de l'équateur (5° Nord) et car la direction de tir la plus favorable est située au-dessus de l'océan.
Pays traversés
Sur Terre, l'équateur coupe principalement des océans. Les pays traversés par l'équateur sont, en partant de 0° de longitude, les suivants :
- São Tomé-et-Príncipe (Ilhéu das Rôlas, à 5 km au sud de l'île de São Tomé, se trouve juste sur l'équateur)
- Le Gabon
- La République du Congo
- La République démocratique du Congo à Wangata, faubourg de Mbandaka
- L'Ouganda
- Le Kenya
- La Somalie
- Les Maldives (l'équateur ne traverse aucune terre, mais passe dans le bras de mer entre l'atoll de Suvadiva et l'île de Fua Mulaku, au sud de l'archipel).
- L'Indonésie :
- Pini, une petite île à l'ouest de Sumatra (à vérifier)
- Sumatra
- Lingga, à l'est de Sumatra (à vérifier)
- Bornéo
- Sulawesi
- Dans l'archipel des Moluques du nord :
- Kayoa, une île à l'ouest d'Halmahera (l'équateur semble couper également quelques îlots à l'ouest de Kayoa)
- Halmahera, l'île principale
- Gebe, à une centaine de km à l'est d'Halmahera.
- Waigeo, au nord de l'Irian Jaya (il est possible que l'équateur ne fasse qu'effleurer le nord de cette île, cependant)
- Les Kiribati (l'équateur ne traverse aucune île, mais passe au plus près entre les îles Aranuka et Nonouti, dans l'archipel des îles Gilbert)
- Au sud de l'île Baker, dans sa zone économique exclusive
- Les Kiribati une deuxième fois, dans la zone économique exclusive au nord des îles Phœnix
- Au nord de l'île Jarvis, là encore dans sa zone économique exclusive
- Les Kiribati une troisième fois, dans l'archipel des Îles de la Ligne, entre les îles Christmas et Malden
- Les Îles Galapagos (traverse l'île d'Isabela)
- L'Équateur
- La Colombie
- Le Brésil
Note : Le point le plus au nord du Pérou n'est situé qu'à quelques kilomètres au sud de l'équateur.
Équateur céleste
L'équateur céleste est la projection de l'équateur sur la sphère céleste.
Voir aussi
- Équinoxe
- Grand cercle
- Hémisphère (géographie)
- Latitude
- Tropique
- Arc boréaux
Equateur (ligne équinoxiale) Equateur (ligne équinoxiale)
ja:赤道
ms:Garisan Khatulistiwa
th:เส้นศูนย์สูตร
zh-min-nan:Chhiah-tō
Histoire de la Malaisie Avant le
La Malaisie avant le .
Les influences étrangères ( et )
La péninsule malaise est dévenue un pôle de commerce majeur en Asie du Sud-Est du fait de la fréquentation élevée du détroit de Malacca, point de passage obligé pour les échanges maritimes entre l'Inde et la Chine. Les marchands arabes furent les premiers à s'installer sur le territoire au . Leur influence fut décisive sur le futur des Malais, puisqu'ils convertirent la population à l'Islam. Au , les Européens attirés par le commerce des épices arrivèrent après avoir cherché la route des Indes orientales pour supplanter le monopole arabe du commerce. Les Portugais, les Néerlandais et les Britanniques se sont successivement disputés le contrôle du détroit.
L'implantation anglaise ( et )
La colonisation par les Anglais a débuté par la prise de possession et le développement des Comptoirs des détroits au milieu du XVIII siècle. Ils incluaient Penang, Singapour et Malacca (aujourd'hui Melaka). À partir de ces établissements, l'Angleterre a progressivement diffusé son contrôle sur le reste de la péninsule.
La colonie de Penang a été créée en 1786, par le capitaine Francis Light, comme une base militaire et un comptoir commercial. Son développement a été très rapidement dépassé par celui de Singapour fondé en 1819 par Sir Stamford Raffles. Malacca revint aux britanniques après le traité Anglo-néerlandais de 1825 et un an plus tard les Comptoirs des détroits ont été légalement créés. Ces colonies étaient initialement dirigées par la Compagnie anglaise des Indes orientales depuis Calcutta jusqu'en 1867 date à laquelle l'administration coloniale a été transférée à Londres.
C'est à peu près à ce moment là que l'attitude des Britanniques à l'égard des états malais est devenu plus agressive. En l'espace de dix ans la plupart de la côte occidentale malaisienne est tombée sous influence britannique.
Les négociants de ces comptoirs ont vu le gouvernement britannique intervenir dans leurs affaires, notamment dans les états malais producteurs d'étain. L'administration britannique entreprit une politique raciale de spécialisation des activités et recourut à l'immigration de main d'œuvre à bon marché, les Malais étant 'impropres' au travail. Des milliers de Coolies venus de Chine travaillèrent dans les mines puis rapidement s'établirent comme négociants. L'exploitation des palmeraies nécessita l'importation d'Indiens venu surtout du Sud de l'Inde. Les Indiens du Nord furent choisis comme suppléants de l'administration et de la police. Cette politique explique la diversité des populations dans la Malaisie d'aujourd'hui.
Ces politiques racistes et classistes furent rapidement dénoncées.
Suite aux perturbations créées par les sociétés secrètes chinoises et la guerre civile, la diplomatie britannique de la canonnière a dû être utilisée pour parvenir à une résolution qui a favorisé les négociants.
Colonie de la couronne
Finalement, le traité de Pangkor en 1874 a facilité l'expansion britannique : Au début du les états du Pahang, du Selangor, du Perak et de Negeri Sembilan, regroupés sous le nom des « États Malais Fédérés » (à ne pas confondre avec la Fédération des états Malais) sont passés sous la tutelle britannique avec à la tête le haut-commissaire à Singapour également gouverneur des trois comptoirs (Comptoirs des détroits). Ce dernier était lui-même sous l'autorité de l'administration coloniale londonienne. Les autres états de la péninsule, aussi appelés les « États Malais non-Fédérés » n'étant pas sous l'autorité anglaise, avaient quelques conseillers à la cour du Sultan. Les quatre états du nord Perlis, Kedah, Kelantan et Terengganu étaient initiallement sous le contrôle de la Thaïlande. La partie nord de Bornéo (appelée
aujourd'hui Sabah) était une colonie anglaise anciennement gouvernée par le Sultan de Sulu. Enfin, le territoire de Sarawak recouvert de jungle avait été transformé en fief par l'aventurier Brooke et sa famille. Il s'était auto-proclamé « Raja Blanc ».
Après l'occupation japonaise de la Seconde Guerre mondiale, le sentiment d'indépendance est devenu de plus en plus populaire, encouragé par l'insurrection communiste. Les objectifs anglais d'après guerre, de créer une 'Union des Malais' ont été sabotés par l'opposition de la Fédération des états malais qui a voulu un système beaucoup plus
pro-malais. Ce dernier n'incluant pas Singapour et imposant une unique citoyenneté, afin de s'assurer la loyauté des descendants de Chinois et d'Indiens suspectés d'un patriotisme très mesuré.
Genèse de la Malaisie
L'indépendance a été proclamée en 1957 sous le nom de Fédération des états malais qui n'incluait pas Singapour qui, a 80 % chinoise refusait la prépondérence malaise.
Une nouvelle fédération sous le nom de Malaisie a été créée le 16 septembre 1963 en fusionnant la Fédération des états malais, la colonie britannique de Singapour, Bornéo du Nord (renommé Sabah), et Sarawak (également sur l'île de Bornéo).
Rapidement, de nombreux problèmes sont apparus. L'Indonésie a essayé de prendre le contrôle de la Malaisie, les Philippines réclament Sabah et Singapour déclare son indépendance en 1965.
Au-delà des lignes ethniques ?
Les années soixante ont aussi connu des troubles raciaux qui ont connu leur apogée lors des émeutes de mai 1969. L'opposition de la majorité malaise appauvrie à la minorité chinoise détenant les clés du commerce a conduit à cette impasse. Afin de sortir des clivages ethniques et économiques, la politique de discrimination positive des Bumiputras (« Enfants du sol » = les Malais) a été renforcée.
Désormais le gouvernement prône l'unité nationale et souhaite promouvoir une race 'malaisienne' qui transcende les définitions actuelles (Malais, Chinois, Indiens, autres).
Cependant les politiques de discrimination positive basées sur des critères ethniques démentent cette aspiration.
Malaisie
Catégorie:Malaisie
Féodal ko:봉건제도
catégorie:Féodalité
La féodalité ou féodalisme (du latin feudum, fief), est une organisation de la société qui se développa en Europe du X au après le démembrement de l'Empire carolingien. Bien que basée sur le régime seigneurial, dont on retrouve des organisations similaires dans le reste du monde en Asie (Chine, Japon), en Afrique, la féodalité est propre à l'Occident européen.
Il est généralement reconnu que la féodalité trouve son origine avec le capitulaire de Quierzy-sur-Oise de 877 qui établit l'hérédité dans les domaines et les titres.
On peut caractériser le féodalisme par l'ensemble des institutions et usages entre suzerains et vassaux : le suzerain ayant l'obligation de faire subsister son vassal par la remise d'un fief (terres ou droits, ou encore rente), le vassal lui devant foi et hommage. Ce type de relations, au départ limité à l'aristocratie guerrière, ou le roi, suzerain des suzerains, attribue des fiefs à ses fidèles pour protéger plus efficacement son domaine, s'est étendu à l'ensemble de la société, les serfs, personnes attachées à la terre du seigneur, ayant un rapport de vassal à suzerain avec leur seigneur. La féodalité désigne alors une société caractérisée par la hiérarchie des terres et des personnes, le morcellement des terres et de l'autorité, la domination de la classe combattante.
La féodalité : relations entre guerriers
La féodalité comme relation entre professionnels de la guerre est née entre Loire et Meuse au , de la déliquescence de l'Empire carolingien, détruit par des agressions extérieures (Normands, Sarrazins, Hongrois) et morcelé à l'intérieur entre les héritiers et leurs partisans. Elle s'étendit à l'Allemagne, l'Italie du Nord, l'Espagne chrétienne dans un premier temps ; puis à l'Italie du Sud, à l'Angleterre par la conquête normande, et fut transposée dans les États latins d'Orient avec les Croisades.Ce mode d'organisation politico-sociale s'est développé dans une société presque exclusivement rurale,sous-peuplée,où la richesse et la puissance se confondent avec la possession de la terre.
Ce système est né de la disparition de toute autorité publique, et de l'insécurité majeure : invasions extérieures, guerres à l'intérieur d'un royaume, famines (souvent issues des guerres). Il implique la prédominance d'une caste de guerriers professionnels (qui n'existe pas à proprement parler à l'époque mérovingienne) et des relations d'homme à homme, qui permettent son extension à toute la société par la suite. La féodalité est issue de la présence d'un régime seigneurial dès la fin de l'Empire romain, où l'aristocratie guerrière s'était partagée la terre. Elle y agrège le régime vassalique de l'époque mérovingienne, où les hommes libres se mettent au service d'un puissant contre sa protection, et contre un bénéfice s'il n'est pas propriétaire. Ces bénéfices étaient aussi attribués comme récompense aux compagnons (comes, qui donne comte) du puissant.
Ce système de liens personnels hiérarchisé fut utilisé et renforcé par les Carolingiens, qui y voyaient un moyen d'être à la tête de tous les hommes libres. Cependant les invasions du IXe siècle brisent le lien envers le souverain, et renforcent les pouvoirs des puissants locaux : comtes, ducs, marquis. La hiérarchie se met en place, le clergé s'y intègre. Le seul privilège du roi est de ne prêter hommage à personne.
Au , la féodalité se modifie, avec l'arrêt des invasions, l'expansion démographique et économique. La chevalerie, base du système, se ferme et devient uniquement héréditaire. L'aide du vassal se limite aux quatre cas (aide aux quatre cas). Son fief devient sa pleine propriété, et le roi de France renforce son pouvoir (notamment par la procédure de l'appel judiciaire).
L'exemple normand
Aux XI et XII siècles, l'organisation féodale du duché de Normandie peut se résumer ainsi :
- Le duc de Normandie est un prince territorial du royaume des Francs et doit prêter hommage au roi, son seigneur. Pour faire la guerre, le duc peut lever l'arrière-ban, c'est-à-dire faire appel à tous les hommes de son duché.
- Le duc de Normandie est entouré de barons desquels il a reçu l'hommage. Les barons disposent d'une dizaine de fiefs ou davantage qu'ils tiennent du duc. Ils ont aussi généralement le titre de comte. Ils forment la cour ducale.
- Les seigneurs disposent de fiefs de haubert et doivent l'hommage à leur baron.
- Enfin, les vavasseurs, en bas de la hiérarchie, tiennent des fractions de fiefs de haubert.
Le vassal doit l'ost à son seigneur, le service armé gratuit de quarante jours. Mais dès le XII siècle, ce service est remplacé par une somme d'argent.
La féodalité comme organisation de la société
Tout comme la disparition de la puissance centrale avait favorisé l'apparition de principautés, les désordres publics qu'elle avait entrainés avaient suscité un fort sentiment d'insécurité. Sur le modèle des relations d'homme à homme, des liens se créèrent entre la classe guerrière et la classe des paysans. Le chevalier assurait la protection aux paysans, qui en échange lui fournissait subsistance et moyens de s'équiper.
La protection revêtait plusieurs formes :
- guerrière : combat personnel du chevalier contre des attaques ;
- défensive : abri procuré par le château pour les personnes, le bétail et les récoltes ;
- chasse : autant qu'un entraînement à la guerre, la chasse avait une utilité pour la communauté paysanne, qui se voyait ainsi débarrassée des animaux sauvages destructeurs des cultures (cerfs, daims, chevreuils, sangliers) ou menaçants pour le bétail (loups, renards, ours).
Le déclin du système féodal
Dans un premier temps, le système féodal s'est avéré efficace face aux invasions. Mais, celles-ci achevées, il n'a pas tardé à se créer une situation d'anarchie due à la multiplicité des conflits locaux entre seigneurs, professionnels de la guerre. De plus, l'éclatement de la souveraineté en une multitude de principautés indépendantes a considérablement réduit le pouvoir du roi. Sa seule attribution demeure la suzeraineté qui en fait le « seigneur suprême ».
C'est pourtant en utilisant les règles féodales que les rois retrouvent peu à peu leur pouvoir. En France, le roi s'impose en jouant au maximum de sa suzeraineté et en exploitant les permanentes dissensions de ses vassaux. Ainsi, dans le courant du , se met en place la monarchie féodale qui use des obligations vassaliques pour forcer à l'obéissance les grands seigneurs territoriaux.
À la fin du , la féodalité est déjà pratiquement vidée de tout son contenu. Elle évolue vers le régime seigneurial, ensemble de charges et de redevances héritées du passé qui pèsent sur la paysannerie et qui progressivement apparaissent dépourvues de sens, puisque le seigneur, en contrepartie, n'a plus d'obligations précises.
La féodalité se prolonge au-delà du Moyen Âge par la survivance de ces droits et de privilèges attachés aux propriétaires (l'Église ou la Noblesse). Ceci fait de la noblesse une classe parasite. Il a fallu attendre la Révolution française et la nuit du 4 août 1789 pour qu'il soit mis fin à cette situation et que soit abolie la société d'ordres. Les révolutionnaires parlaient de « féodalité » or ils voulaient dénoncer le régime seigneurial, la vraie féodalité ayant disparu avec le Moyen Âge. La Révolution propagea cette abolition en Europe occidentale par les Guerres de la Révolution et de l'Empire (Recès d'Empire).
En Grande-Bretagne, la féodalité a pris fin plus tôt avec la dynastie des Tudors et la Renaissance Anglaise () mais a subsisté en Écosse jusqu'en 2001.
Voir aussi
- Château fort
- Chevalerie
- Honneur
Détroit de MalaccaLe détroit de Malacca est un long couloir maritime du sud-est de l'Asie situé entre la péninsule malaisienne et l'Indonésie, plus précisément l'île de Sumatra, et reliant la mer des Andaman, mer bordière de l'océan Indien, à la mer de Chine méridionale, au sud.
Le détroit est long d'environ 800 km, s'étend du sud-est vers le nord-ouest et est d'une largeur comprise entre 50 km et 320 km. Il ne fait que 2,8 km de large dans son point le plus étroit, le détroit de Philips dans le détroit de Singapour. Plusieurs îles se trouvent dans sa partie méridionale.
Il a pris une importance stratégique de premier ordre, en étant la principale route d'approvisionnement en pétrole de deux des principaux consommateurs mondiaux, le Japon et la Chine. Les plus grands ports sont Melaka (Malaisie) et Singapour.
Importance géostratégique
Le détroit de Malacca est l'une des plus importantes voies de navigation au monde, et connaît un trafic équivalent à celui du canal de Suez. Il constitue l'une des principales voies de passage entre l'océan Indien et l'océan Pacifique, reliant quatre des pays les plus peuplés au monde : l'Inde, l'Indonésie, le Japon et la Chine. Quelques chiffres en témoignent :
- 50 000 navires l'empruntent chaque année ;
- entre 20 et 25 % du commerce maritime mondial y passe chaque année ;
- la moitié du commerce maritime de pétrole y transite (plus de 11 millions de barils en 2003, soit 1 700 000 m³), et ce trafic est en constante augmentation, suivant la croissance économique chinoise.
Cet important trafic et son étroitesse en ont fait une zone privilégiée pour la piraterie et une cible potentielle du terrorisme. La piraterie est devenue un problème majeur depuis une décennie, le nombre d'attaques passant de 25 en 1994 à 220 en 2000, avant de redescendre à 150 en 2003, soit le tiers de la piraterie mondiale. On estime qu'en 2004, le record de 2000 devrait être rejoint. Les marines malaise, indonésienne et singapourienne ont augmenté leurs patrouilles à partir de juillet 2004.
Un attentat terroriste pourrait, en coulant un gros navire dans les haut-fonds (seulement 25 m de profondeur au point le moins profond), pourrait boucher effectivement le trafic. Un tel attentat aurait des conséquences importantes sur le commerce mondial.
Contournements
La Thaïlande a élaboré plusieurs plans afin de réduire l'importance économique du détroit de Malacca. Il a ainsi proposé plusieurs projets de canal à travers l'isthme de Kra, épargnant ainsi 600 miles de navigation entre l'Afrique ou le Moyen-Orient et le Pacifique. Ce canal couperait la Thaïlande en deux, en isolant la minorité musulmane de Pattani du reste du pays. Cependant, son coût prohibitif laisse penser que ce canal ne verra pas le jour avant longtemps, malgré les désirs des hommes politiques thaïlandais.
Un autre moyen de contourner le détroit serait de construire un oléoduc à travers l'isthme, ce qui permettrait de transporter le pétrole vers des navires attendant de l'autre côté, pour un coût de 50 cents le baril.
Ce projet d'oléoduc est concurrencé par un autre projet à travers la Birmanie, ou directement par le Xinjiang (en Chine continentale), donc la construction a commencé en octobre 2004.
Malaca
Malaca
ja:マラッカ海峡
ko:믈라카 해협
ms:Selat Melaka
Chine:Cet article concerne la civilisation chinoise. Voir les articles République Populaire de Chine et Taiwan (République de Chine) pour les États modernes correspondant au terme « Chine ». Taiwan (République de Chine)
La Chine (中国/中國 Zhōngguó, Wade-Giles: Chung-kuo, EFEO : Tchong-kouo ; litt. « Pays du Milieu ») recouvre un ensemble de pays et de cultures s'étant succédés en Asie orientale depuis 4000 ans. Aujourd'hui, la Chine peut être considérée, selon les points de vue, comme une seule civilisation ou un ensemble de civilisations diverses. De même, il peut s'agir d'une nation ou de plusieurs nations distinctes.
La Chine est la plus vieille civilisation existant encore actuellement ; son histoire s'est caractérisée par une suite de divisions et de réunifications, de guerres et de paix, sur un territoire changeant. Pendant des siècles, la Chine a également été une des civilisations les plus scientifiquement avancées, et son influence est présente encore aujourd'hui dans de nombreux pays d'Asie. C'est aujourd'hui le troisième pays du monde en superficie, et le premier pays par sa population : un humain sur cinq est chinois.(population résidente seulement)
La dernière dynastie impériale chinoise Qing a connu sa période de déclin durant la phase d'expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays a la ruine après les guerres de l'Opium. Ce n'est qu'après la victoire contre l'armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se constituer comme nation.
Politiquement, deux États distincts prétendent détenir la souveraineté sur la Chine. Ce qu'il est d'usage d'appeler la « Chine continentale » est dans la pratique administrée par la République Populaire de Chine, fondée par le leader communiste Mao Zedong en 1949 à Pékin, après une victoire militaire rejetant sur l'île de Taiwan le leader nationaliste Tchang Kaï-chek et le gouvernement de la République de Chine, fondée en 1912 par Sun Yat-sen sur les décombres de l'Empire Chinois de la dynastie des Qing.
Aujourd'hui, la Chine, au sens restrictif ou large du terme, est l'objet d'une fascination pour le reste du monde ; son développement économique, engagé en 1978 par les réformes de Deng Xiaoping et ses successeurs, en font aujourd'hui un des principaux acteurs économiques et géopolitiques mondiaux.
Présentation
La Chine n'est pas « un pays » au sens nationaliste étroit du terme, la Chine est un concept d'universalité, une façon d'accomplir l'humanité, un intermédiaire entre l'homme et l'harmonie cosmique. (Simon Leys, Essais sur la Chine, p. 532)
La Chine est avant tout la très longue histoire d'un peuple, de sa très riche culture, de sa langue et de son écriture si particulière, de sa pensée qui continue aujourd'hui d'intriguer les occidentaux. Si ceux qui s'intéressent à tel ou tel aspect de la Chine, comme les arts martiaux, la calligraphie ou même la cuisine, sont de plus en plus nombreux, cet « Empire Céleste » si lointain et différent reste souvent difficile à comprendre. La « réalité chinoise » échappe à de nombreux observateurs occidentaux, aujourd'hui comme à l'époque de sa découverte par les premiers missionnaires. Dans la seconde moitié du XX siècle, les nombreuses querelles idéologiques autour du maoïsme et de la Révolution culturelle n'ont pas contribué à éclaircir les débats. Aujourd'hui la Chine est dans une période d'ouverture et de développement économique accéléré. Même si de nombreux problèmes restent à résoudre, il semble que les réformes en cours aient permis au peuple chinois de déployer son industrie et que sa puissance soit désormais comparable à celle des grands pays occidentaux. Elle est aujourd'hui souvent qualifiée d'« usine du monde » et des études ont montré que le panier de la ménagère française, dans sa partie non alimentaire, contenait pour moitié des produits fabriqués en Chine.
Géographiquement, la Chine a progressivement atteint depuis la dynastie fondatrice des Qin en 221 av. J.-C. les proportions d'un continent. Son histoire est rythmée par des mouvements d'unifications suivis de désintégration, les longues périodes de stabilité correspondant aux grandes dynasties étant entrecoupées et reliées par des périodes de division et de chaos. C'est cependant la continuité de sa culture et sa relative unité politique qui font dire aujourd'hui que ce serait la plus vieille civilisation vivante du monde. Une de ses caractéristiques fondatrices est probablement le culte de la chose écrite, qu'on peut faire remonter aux pratiques oraculaires de la scapulomancie et au Livre des Mutations, et qui irrigue toute l'activité intellectuelle. Sur la pensée de Confucius, Maître éducateur, et sur celle de ses disciples Mencius et Xunzi, le confucianisme a été fondé, puis utilisé comme doctrine d'État par la plupart des empereurs qui se sont succédé sur le trône. D'autres courants de pensée et d'autres personnages ont contribué à informer la culture chinoise, ainsi Lao-tseu et le taoïsme, le bouddhisme, le néo-confucianisme et jusqu'au marxisme plus récemment. Les importants apports extérieurs du bouddhisme ou du marxisme montrent que, contrairement à une idée reçue, la Chine ne s'est isolée du reste du monde que pendant une courte partie de son histoire.
La culture chinoise est toutefois marquée par une profonde originalité qui la rend à la fois attirante et difficile d'accès. Souvent obscure et incomprise, difficile à interpréter et à analyser, elle fait encore trop souvent office de miroir des craintes ou des espoirs fantasmatique des occidentaux. Pourtant, l'« expérience humaine » chinoise, qui s'est confrontée aux mêmes problèmes que les autres, est d'une ampleur et d'une richesse telles qu'on ne peut pas la tenir pour quantité négligeable. Pour paraphraser Simon Leys, cité en exergue, la Chine est une autre façon d'accomplir la même chose : l'humanité.
Noms
Les chinois ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays.
Le plus courant aujourd'hui est 中国 (Zhōngguó, prononcé /tʂuŋkwo/). 中 (Zhōng) désigne le centre, l'axe, le milieu, intermédiaire, et représente une ligne traversant un carré en son milieu. 国 (Guó) désigne le pays, la nation, et représente le jade (c'est-à-dire la richesse) entouré de frontières. Le caractère Guó en graphie traditionnelle 國 représente un territoire 口 défendu par un mur 一 et des armes 戈. Ce terme a eu à l'origine un nombre de sens plus restreints, et s'est élargi ultérieurement pour désigner l'ensemble du territoire chinois.
Wang Er-min (王爾敏), historien de l'Academia sinica, a recensé les sens de l'expression dans les textes pré-impériaux ; il en a identifié cinq, les trois plus fréquents étant, par ordre décroissant :
région occupée par les Hua ou les Xia (ou Huaxia), premier peuple chinois selon la tradition ; territoire délimité ; ville principale, cité.
Les deux autres sont : pays situés au centre et pays égaux entre eux, désignant essentiellement les principaux pays de l'époque des Royaumes combattants.
Néanmoins, Zhongguo n'entra jamais dans l'appellation officielle de l'entité politique gouvernant le territoire chinois. On employait autrefois le nom de la dynastie, celui des Qin (秦) ayant donné le mot Chine et le préfixe Sino- après être passé à travers de nombreuses langues le long de la route de la soie pour atteindre finalement l'Europe. Les fondateurs du royaume chinois de Liao, ainsi que Diego Barbosa (1516) et Garcia da Orta (1563) mentionnent le mot Chine.
Lorsqu'ils envisagèrent l'établissement d'une république, Sun Yat-sen et ses compagnons ne voulurent pas reprendre le terme Zhongguo, pourtant courant, car il était employé par les puissances impérialistes occidentales ; il voulaient encore moins de Shina (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu'on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那).
Ils choisirent de combiner zhong avec hua (華chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme hua, qui peut aussi se lire comme "magnifique", est un des éléments de Huaxia (華夏), terme qui désigne dans les écrits des Royaumes combattants les premiers Chinois, "les tribus de Huang di et de Yan Di". Qian Mu (錢穆), historien, considère qu'il s'agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan, Xia l'ancien nom de la rivière Han (漢水). D'autres historiens pensent que l'ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l'histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est "peint", du fait que ses membres se tatouaient.
Le terme Zhonghua fut mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à Hawaï dans un discours. Il est inclus dans les appellations de la République de Chine et de la République populaire de Chine.
Dans les œuvres anciennes de la philosophie et de la littérature chinoise, on trouve souvent la métaphore 天下, tiānxià, qui veut dire sous le ciel et désigne aussi la Chine. Selon Marcel Granet, ce mot est chargé de la connotation suivante : le ciel étant rond et la terre carrée dans la cosmogonie chinoise, les quatre coins de la terre qui ne sont pas couverts par le ciel (ni donc circonscrits par les cycles du soleil et les pérégrinations de l'empereur) sont conçus comme des territoires incultes peuplés d'êtres non civilisés. 天下 désigne donc la partie civilisée de la terre.
Zhongguo et Tianxia sont parfois traduits en Empire du Milieu et Céleste Empire dans les ouvrages littéraires occidentaux anciens.
Marco Polo avait donné deux noms à la Chine : la Chine du Nord est appelée Cathay (nom qui vient de Kithan) alors que la Chine du Sud est désignée sous le nom de Manzi ou Manji. "Kithan" est à l'origine du nom en russe de la Chine : Китай. La Chine a également été identifiée à la "Sérica", lieu d'origine de la soie selon les Romains.
Aujourd'hui, le mot "Chine" fait généralement référence a Chine continentale (中國大陸,zhōngguó dàlù en mandarin), ou parfois à la République Populaire de Chine, Hong-Kong et Macao inclus, plus rarement encore a la RPC et Taiwan, qui correspond alors à la zone économique de la "Grande Chine" (大中華地區).
La traduction la plus courante de "Chinois" est Zhongguoren (中國人), "personne de Chine". Néanmoins, on lui préfère souvent Huaren (華人) pour les Chinois d'Outre-mer, terme qui a remplacé Tangren (唐人), "personne de la dynastie Tang", que s'étaient donné les immigrants chinois d'Asie et d'Amérique (pourtant arrivés sous les Ming), du fait du prestige de cette dynastie. Hanren (漢人), "personne de la dynastie Han" distingue les Chinois proprement dit des autres nationalités de Chine.
Histoire
Voir les articles détaillés : Histoire de la Chine, Histoire de la République populaire de Chine et Chronologie de la Chine
"合久必分,分久必合" : "[La Chine] unie se désagrégera ; dispersée, se recomposera"
(Histoire des Trois Royaumes)
La Chine est un foyer majeur de civilisation. Elle est devenue dès la fondation de l'empire par la dynastie des Qin une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques.
Durant deux millénaires, la Chine a subi l'influence alternée de forces centrifuges et centripètes. Lorsque le pouvoir central de l'empereur se délitait et que la cour était la proie des factions rivales et des intrigues, que l'administration ne pouvait plus remédier aux famines et aux catastrophes naturelles et qu'elle ne parvenait plus à contenir la pression des « barbares » qui opéraient de vastes razzias dans les régions frontalières, des mouvements de révolte de paysans affamés déchiraient le pays, des sectes millénaristes voyaient le jour, et les provinces lointaines se retrouvaient sous la coupe de chefs de guerre ne reconnaissant plus l'autorité de l'empereur. Enfin, ceux-ci se proclamaient eux-mêmes Fils du Ciel, divisant l'empire en royaumes rivaux se livrant à des guerres incessantes et montrant ainsi que l'empereur avait perdu le Mandat du Ciel. Quand un chef de guerre, parfois issu de la paysannerie comme Zhu Yuanzhang, le fondateur des Ming, se révélait plus habile que les autres et parvenait à reprendre le contrôle de l'intégralité du pays, on considérait qu'il avait reçu un nouveau Mandat du Ciel et qu'il pouvait fonder une nouvelle dynastie. En près de deux millénaires, plusieurs royaumes furent fondés sur le territoire chinois par des ethnies non-Han ou mixtes, et deux grandes dynasties sont d'origine étrangère : celle des Yuan, mongole, et celle des Qing, mandchoue.
Sous les Han, les Tang, les Song, les Ming et les Qing (dynastie mandchoue) le pays connut de longues périodes de paix. A l'exception des Qing, ces dynasties correspondent à des périodes de prospérité pendant lesquelles on peut considérer que la Chine était le plus grand, le plus stable et le plus riche État du monde.
Même pendant les périodes d'unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l'étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l'échelle d'un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l'emploi d'une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents.
L'essor de la Chine moderne
écriture
Lors de la Révolution Industrielle initiée en Angleterre, la Chine des Qing se ferma aux influences étrangères : cela a sans doute contribué, dans un contexte d'internationalisation des échanges et de colonialisme, à son déclin économique et technologique. Suite aux guerres de l'opium (1839-1842), les Traités inégaux forcèrent l'empire Qing à diviser son territoire en zones d'influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l'Allemagne, par exemple, occupait le Shandong, la France le Yunnan. L'économie du pays, axée sur le commerce de l'opium, fut ruinée, son autonomie politique abolie de facto.
En 1851 commença la rébellion des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l'armée des Taiping fut défaite en 1864, avec l'appui des troupes franco-britanniques.
Lors de la première guerre sino-japonaise (1894 -1895), le Japon vainquit les troupes impériales, et obtint l'île de Taiwan et les îles Penghu a travers le traité de Shimonoseki. En 1898, la Grande-Bretagne obtint une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). La Grande-Bretagne, la Russie, le Japon, la France, l'Allemagne et la Belgique tirèrent parti de l'état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d'influence.
Sous la pression d’intellectuels et hommes politiques progressistes, la république est décidée en 1911 et proclamée en 1912 par Sun Yat-sen ; le dernier empereur, Pu Yi, abdique. Yuan Shi-kai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l’Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation.
En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d’assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l’académie de Huangpu, et forme son successeur, Chang Kai-chek. A la mort de Sun Yat-sen en 1925, celui-ci mène avec succès l’Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié Nord du pays. En avril 1927, il proclame l’établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la République de Nankin. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l'armée du Guomindang : le parti a le contrôle nominal de l’ensemble du pays, et obtient une reconnaissance internationale.
Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise du Jiangxi. Fin 1934, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), parvenant à rallier au fur et à mesure environ 100 000 hommes. Fin 1935, il se fixe avec eux à Yan'an. En 1932, le royaume fantoche de Manchukuo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Guomindang. La deuxième guerre sino-japonaise se préparait. Menacé par l’occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s’allia aux communistes contre l'envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en 1937, la lutte anti-japonaise fortifia cette alliance jusqu’en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes reprirent épisodiquement.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis accordèrent une aide financière massive au Guomindang dans le cadre de l’effort de guerre anti-japonais ; les traités inégaux furent abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta autorisa l’Union soviétique, avec l’accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l’armée japonaise de Mandchourie.
En 1947, l’aide américaine, s’avérant inefficace, pris fin. En 1948, les troupes du Guomindang étaient démoralisées, épuisées par la guerre anti-japonaise et la corruption du parti nationaliste. Après son installation à Yan’an, Mao Zedong avait entrepris d'appliquer les principes marxistes-leninistes à la gestion des territoires qu'il occupait, menant une guerilla paysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin fut prise sans combat par l’Armée populaire de libération ; elle redevint capitale de la Chine sous l'appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes tombèrent sans grande résistance aux mains des communistes.
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République Populaire de Chine à Pékin. En décembre, Chang Kai-chek proclamait Taipei capitale provisoire de la République de Chine.
Territoire
Pour les régions administratives de la République Populaire de Chine, voir l'article Provinces de Chine
Aperçu historique
Les dynasties Shang et particulièrement Zhou, premières entités géopolitiques à l'origine du futur empire chinois fondé par Qin Shi Huangdi, étaient situées dans la région du Fleuve Jaune. Depuis, le territoire s'est étendu dans toutes les directions, avec des périodes de rétrécissement ou de divisions, atteignant son apogée durant les dynasties Tang, Yuan et Qing. La Chine des Qing incluait des territoires situés actuellement en Extrême-Orient russe, en Asie Centrale et en Mongolie.
L'empereur de Chine se considérait en général comme le suzerain des régions environnantes. Beaucoup d'ethnies dites "barbares" étaient soumises au tribut. Les ambassades et cadeaux envoyés par les souverains étrangers étaient parfois également interprétés comme des signes d'allégeance.
L'importance territoriale de la Grande Muraille de Chine a été réduite avec l'accession au pouvoir de la dynastie Qing, qui inclut la Mandchourie, située au nord de la muraille, dans son territoire.
En 1683, avec la reddition du bref Royaume de Tungning établi par Koxinga à Taïwan où l'implantation Han venait de débuter, l'île devint une partie de l'empire Qing, l'archipel des Pescadores inclu. Siège de une, puis deux préfectures provinciales, Taïwan fut cédé au Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895. En 1945, à la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le Japon abandonna ses prétentions sur l'île par le Traité de Paix de San Francisco, et la République de Chine en prit le contrôle, avant de s'y installer en 1949 après la prise du pouvoir par le PCC. Depuis, la souveraineté du territoire est l'objet d'un conflit non résolu entre la RPC et la RC. La montée du mouvement indépendantiste taïwanais, qui ne conteste pas seulement l'autorité de la RPC, mais le principe même du rattachement de Taïwan à la Chine, rend le problème encore plus complexe.
Voir aussi : Taiwan, Tibet
Divisions politiques historiques
Le découpage administratif de la Chine a varié au gré des changements d'administrations. Le premier niveau de division était les provinces, puis les préfectures, sous-préfectures, départements, commanderies, districts et enfin cantons. Les divisions les plus récentes ont ajouté le statut de ville-préfecture, ville-canton, villes et zones urbaines.
Historiquement, la plupart des dynasties chinoises ont pris leur essor dans le coeur de la Chine, a partir d'un des deux fleuves principaux, le Fleuve Jaune et le Yang-Tsé. Plusieurs dynasties ont eu des volontés expansionistes, s'engageant dans des régions telles que la Mongolie Intérieure, la Mandchourie, le Xinjiang, et le Tibet. La dynastie mandchoue des Qing et ses successeurs, la République de Chine et la République Populaire de Chine, ont cimenté les incorporations de ces territoires. Ces territoires étaient délimitées par des "limbes" plutot que des frontieres rigides, bien connues alors dans les pays industrialisés. Ce probleme de délimitation a donné lieu a une série de critiques sur l'intégration de certains territoires en RPC, notamment celle du Tibet et du Xinjiang (qui signifie "nouvelles frontieres en chinois").
Géographie et climat
Tibet
Voir les articles détaillés : Géographie de la Chine et Villes de Chine
La Chine comprend une immense variété de paysages, avec des plateaux et des montagnes a l'ouest, et des plaines a l'est. Ainsi, les fleuves principaux coulent d'ouest en est, dont le Yang-Tsé (Chang Jiang, ou "long fleuve"), le Fleuve Jaune (centre-est), l'Amour (nord-est) ; certains coulent vers le sud (Riviere des Perles, Mékong, Brahmapoutre...). La plupart de ces fleuves se jettent dans la Mer de Chine.
La plupart des terres arables chinoises se situent autour des deux fleuves principaux, le Yang-Tsé et le Fleuve Jaune, qui sont aussi les foyers principaux des anciennes civilisations chinoises.
A l'est, sur le littoral de la Mer Jaune et de la partie orientale de la Mer de Chine, se trouvent de vastes plaines alluviales toujours densément peuplées ; le littoral de la partie méridionale de la Mer de Chine est plus montagneuse.
A l'ouest se trouvent de grandes plaines alluviales, avec de grands plateaux calcaires dans la région tibétaine, ou se dresse le Mont Everest. Au nord-ouest s'étendent les déserts du Takla-Makan et du Gobi, qui ont gagné en superficie, sans doute en raison de la sécheresse et de l'influence de l'agriculture.
Pendant de nombreuses dynasties, la frontiere sud-ouest de la Chine a été délimitée par les hautes montagnes et les profondes vallées du Yunnan, qui séparent la Chine moderne du Myanmar, du Laos et du Vietnam.
La Chine comporte de nombreux climats : au nord, un climat sec avec de séveres hivers ; au centre, un climat plus tempéré ; au sud, un climat sub-tropical.
Les formations paléozoïques de Chine sont pour la plupart marines ; les dépots du mésosoïque et du tertiaire proviennent d'estuaires et d'eaux douces, ou de terres. Des groupent volcaniques composent certaines parties des grandes plaines du nord. Dans les péninsules du Liaodong et du Shandong se trouvent des plateaux basaltiques.
Les conséquences de l'industrialisation et de la déforestation sont considérées être a l'origine des tempetes de sable en provenance du désert de Gobi qui frappent la capitale, et de l'augmentations des violents typhons qui frappent le sud du pays.
Économie
La Chine est actuellement (octobre 2005) l'une, sinon la plus, dynamique économie du monde, avec une croissance de 9% sur l'ensemble de l'année 2004 (cependant, ce chiffre est à prendre avec prudence, car de gros doutes subsistent sur la véracité des documents officiels, qui pourrait selon certains économistes, être minimisés). Toujours pour l'année 2004, le Produit intérieur brut (PIB) était d'environ 1 228 milliards d'euros.
L'atelier du monde
La Chine est surnomée l'atelier du monde, car de nombreuses entreprises sous-traitent la fabrication de produits manufacturés et ainsi réduisent énormément les coûts. Certains de ces sous-traitants exploitent littéralement leurs ouvriers. En août 2005, un film montrant les conditions de travail dans deux usines fabriquant des livres pour Walt Disney a été montré à la presse américaine. On peut y voir des ouvriers faisant des heures supplémentaires sans être payés et certains d'entre eux sont blessés aux mains car les presses d'imprimeries sont mal protégées.
Bien que la population soit baillonée et la critique contre le pouvoir rapidement étouffée, de nombreuses grèves ont pourtant lieu. L'organisation non gouvernementale (ONG) China Labour Watch en a dénombrée 57 000 en 2004, impliquant 3 millions de personnes. Consciente du problème et du risque de déstabilisation du pouvoir, le gouvernement chinois tente de créer des syndicats, sous contrôle du Parti communiste chinois, pour établir un dialogue avec les entreprises et ainsi améliorer les conditions de travail et les salaires. Mais cela n'empêche pas le gouvernement d'emprisonner des grévistes, lorsque ceux-ci franchissent certaines limites...
Démographie
Parti communiste chinois
Voir l'article détaillé : Démographie de la Chine
:La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de chinois (Général de Gaulle)
C'est souvent la proportion colossale de la démographie chinoise qui nourrit le plus les craintes et les fantasmes des occidentaux. Aujourd'hui les entreprises se battent pour obtenir un accès à son marché jugé potentiellement immense, alors qu'hier on craignait le déferlement du Péril jaune. Pays à l'agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes. Sous les Song, des villes comme Guangzhou (Canton) connaissaient une densité de population ainsi qu'une organisation administrative sans égales à l'époque.
Plus d'une centaine d'ethnies ont existé en Chine, l'ethnie Han restant toujours majoritaire quantitativement. Cette ethnie, composée d'une nébuleuse de peuples assimilés, ne résiste toutefois pas au concept d'une ethnie Han homogene, et pourrait etre elle-meme divisée en sous-catégories partageant les memes traits culturels. Beaucoup de Han ont maintenu leurs traditions ,et en particulier leur langue, en continuant de s'identifier a l'ethnie Han. Le terme "Zhonghua minzu" est utilisé comme un notion de sinité transcendant les divisions ethniques au sein de la Chine.
Le gouvernement de la RPC reconnait actuellement 56 minorites ethniques officielles, plus l'ethnie Han. Sa population est la plus grande du monde, dépassant les 1,3 milliards d'individus, soit 20% environ des 6,4 milliards d'individus vivant actuellement d'apres les estimations de l'OMS.
L'absence de contrôle des naissances sous Mao Zedong, encourageant au contraire les Chinois a procreer une armée de "petits soldats", a contribué à l'explosion démographique dont on observe les résultats aujourd'hui. A les fin des années 1970, la politique de l'enfant unique a été la réponse a cette explosion, freinant le développement démographique du pays.
Médecine
Voir l'article détaillé : Médecine chinoise
La médecine traditionnelle chinoise, constitue un des aspects les plus fascinants de la civilisation chinoise. Les approches différentes sur le traitement des pathologies (diagnostic a partir du pouls, de la complexion du visage), comprennent notamment une participation active du patient, qui est appelé a changer son alimentation si besoin est.
Les décoctions de médecine traditionnelle, prescrites a la fin d'une consultation, sont destinées a « rééquilibrer les principes vitaux », contre-balancer les mouvements de chaud et de froid, a l'instar des médecines pré-socratiques en Occident.
Un autre mode d'intervention du médecin chinois est l'acupuncture : suivant les méridiens ou lignes de flux vital parcourant le corps, des aiguilles sont plantées a travers la peau pour rétablir une circulation optimale du souffle vital ou qi. En Chine, elle est souvent combinée avec l'utilisation des médicaments traditionnels.
On peut considérer la médecine chinoise traditionnelle comme essentiellement indirecte dans ses moyens et préventive dans ses fins. Contrairement à l'habitude occidentale qui veut que l'on oublie son corps quand tout va bien et que l'on ne s'en préoccupe qu'en cas de trouble, les Chinois tendent à être constamment attentifs à leur état, à l'affut de signes de déséquilibre qu'ils chercheront à corriger par l'alimentation ou l'usage de remèdes traditionnels ou "alternatifs". Cela explique l'énorme demande en produits naturels ou diététiques, visible particulièrement dans le domaine des produits censés améliorer les performances sexuelles, qui ne constituent en fait que la partie visible de l'iceberg. Des lotions, onguents, potions et remèdes divers sont souvent ramenés comme souvenirs de voyage par les Chinois.
Religion
Voir l'article détaillé : Religions en Chine
La Chine a été un centre unique de rayonnement religieux : la plupart des grandes religions du monde l'ont traversé ou y ont pris naissance : la notion même de religion y a été interrogée à plusieurs reprises, notamment à l'égard du confucianisme ; toutefois, il ne fait aujourd'hui nul doute que l'étymologie du mot (religion comme "lien") y soit plus que vérifiée à travers l'interprétation, la transfiguration ou l'acclimatation que la Chine lui a proposée au cours de plusieurs millénaires.
Le Yi Jing
De nombreux traits religieux spécifiquement chinois ont été canonisés à travers le Yi Jing, ou Classique des Mutations chinois. Issu de la scapulomancie ou interprétation de signes d'origine naturelle, cet ouvrage a engendré des générations de traditions interprétatives. Le règne des éléments complémentaires, yin et yang, y sont déclinés à travers ses chapitres, de nature hermétique. Intrinsèquement lié aux rituels divinatoires, c'est un manuel d'interprétation chamanique, où les vertus métaphysiques des caractères chinois trouvent leur naissance académique.
Le taoïsme
Religions en Chine
Le taoïsme, ou plutôt les écoles et courants taoïstes, sont apparus à partir du IIe siècle, inspirés par les courants du Yin-Yang et des Cinq éléments, ainsi que par les écrits du philosophe Lǎo Zi (ou Lao-tseu) (老子), dont le fameux Livre de la Voie et de la Vertu, (en chinois 道德經 Dàodé Jīng), est, avec le Livre des Mutations (易經 Yì Jīng), aux sources de l'ésotérisme chinois. Ils se sont constamment enrichis de nouvelles influences et ont fourni à l'ensemble de la religion chinoise beaucoup de ses concepts et pratiques ainsi qu'un certain nombre de divinités. Les maîtres taoïstes prennent en charge beaucoup de rites spécialisés. Il y aurait aujourd'hui plus de 1 500 temples taoïstes en Chine.
"Taoïsme" désigne souvent un ensemble syncrétique de pratiques religieuses et rituelles, plus répandu aujourd'hui en Chine méridionale, où la géomancie, les formules incantatoires écrites, le culte du terroir se croisent. Proche d'un type de compréhension magique du monde, cette religion est très active aujourd'hui à Hong-Kong et Canton, et parmi les communautés cantonaises d'outre-mer.
Néanmoins, l'usage du terme "taoïste" par un Chinois n'a pas le même sens selon qu'il s'adresse à un étranger ou à un compatriote. Vis à vis des non-chinois, le terme désigne n'importe quel pratiquant d'une forme de la religion populaire très imprégnée de taoïsme, alors que seul un maître taoïste ou une personne recevant l'enseignement ésotérique d'un maître s'identifieront comme taoïstes face à un Chinois. La notion de simple fidèle taoïste n'existe donc pas selon la conception traditionnelle, mais en Chine populaire, où la religion chinoise se redéveloppe par décision d'État exclusivement dans le cadre d'écoles taoïstes, tous ses pratiquants sont appelés taoïstes.
Le confucianisme
Fondé sur l'enseignement de la vie de Confucius, notamment à travers ses Entretiens et les ouvrages de ses disciples tels que Mencius, le confucianisme a été érigé en doctrine d'État, trouvant son paroxysme sous la dynastie Song. Naturellement voué aux interprétations des dynasties régnantes, la doctrine originelle de Confucius n'est toutefois pas nécessairement synonyme de soumission aux institutions, comme certains contemporains l'observent. Historiquement, le confucianisme a toutefois contribué à imposer l'idéologie des "cinq relations" entre sujets, destinée à affermir l'ordre social et le lien cosmique entre position hiérarchique et vertu céleste.
Le bouddhisme
Apparu dès le premier siècle après Jésus-Christ, le bouddhisme a profondément marqué les croyances religieuses en Chine, engendrant parfois de violentes vagues de répression anti-bouddhiques. La Chine a constitué un des centres majeurs de civilisation bouddhique au monde, par son œuvre de traduction et d'expansion de la religion à travers de nombreuses régions d'Asie. Le Japon et la Corée en particulier ont largement bénéficié de la richesse de transmission des traditions bouddhiques en Chine.
Le bouddhisme chinois appartient en majorité au courant mahâyâna. L'une de ses formes, le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), répandu surtout au Tibet et en Mongolie intérieure, recrute de plus en plus d'adeptes parmi les Hans depuis quelques décennies. Le bouddhisme du Petit Véhicule est également présent, mais nettement minoritaire. On estime qu'il y a environ 13 000 temples bouddhistes en Chine.
L'Islam
À partir VIIe siècle, l'Islam a constitué un autre vecteur d'échanges culturel particulièrement riche en Chine, notamment au travers de la route de la soie, où des cultures pluri-culturelles ont émergé par exemple dans la région du Tarim, encore vivantes aujourd'hui. Le Yunnan a également été un de ces points d'échanges sino-islamiques : le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan. Les membres de l'ethnie Hui, en tout point semblables culturellement aux Han actuels en-dehors de leur religion, sont issus de Hans convertis ayant absorbé des musulmans non-chinois.
L'Islam a connu sa plus forte expansion sous la dynastie des Yuan (元) (1271-1368). On compte aujourd'hui près de 30 000 mosquées dans le pays.
Le christianisme
Les premières traces de la culture chrétienne en Chine remontent à des stèles nestoriennes du VIIème siècle. Puis vinrent au XIII siècle des Franciscains, dont l'activité missionaire fut interrompue un siècle plus tard sur ordre de l'empereur. C'est à partir des missionaires jésuites, tout d'abord portugais, que des contacts réguliers ont été entrenus entre les mondes chinois et occidental, la Chine restant relativement imperméable aux vélléités expansionsites chrétiennes. En 1601 Matteo Ricci et ses compagnons furent admis à Pékin, mais les missions furent closes en 1773 sur ordre papal. Le protestantisme a été introduit à partir des guerres de l'opium à travers des missionaires britanniques. Il y a à présent plus de 4 600 églises et sites de réunion catholiques et 12 000 temples et plus de 25 000 lieux de culte protestants. L'Église orthodoxe est présente pour répondre aux besoins des Chinois d'origine russe, installés dans les confins Nord et Ouest du pays, mais reste très marginale.
Autres religions
La religion traditionnelle chinoise, ensemble des croyances et pratiques religieuses de la majorité des Chinois avant 1949 ; les différentes écoles taoïstes, qui constituent son pôle spéculatif et spécialisé, en sont nées et l'ont enrichie de nombreux concepts, rites et divinités. Le taoïsme et le bouddhisme populaires sont des formes de cet ensemble syncrétiste qui ne bénéficie d'aucune reconnaissance officielle car il n'est globalement représenté par aucun organisme ou association. Populaire et sans canon propre, le gouvernement de la RPC n'a pas jugé bon de la "ressuciter" comme il l'a fait pour les religions disposant d'un corpus de textes pouvant faire l'objet d'un enseignement universitaire, lors de la relative libéralisation religieuse des années 70. Quelques pratiques ont néanmoins revu le jour, avec la reprise par exemple des pélerinages au temple de Mazu dans la province du Fujian, qui attirent des pèlerins venus de Taïwan, où la religion traditionnelle est encore très vivante.
Malgré la méfiance du PCC vis à vis des organisations ou mouvements civils de grande envergure, une nouvelle religion syncrétiste, Falun gong, a émergé en 1992. D'après le ministère de la Sécurité publique (1998),elle compterait 80 millions de sympathisants.
Le chamanisme est pratiqué principalement par les minorités chinoises ; le Dongba est une sorte de paganisme lamaïsé, survivance d'une ancienne religion pratiquée par les Naxi, une des nombreuses minorités ethniques de Chine, d'origine tibétaine, vivant dans le Yunnan.
Comme les chrétiens, les juifs ont dû parvenir en Chine pour la première fois au en suivant la route de la soie. Quatre communautés juives existent en Chine, à Harbin, Shanghai, Canton et Kaifeng ; cette dernière, découverte par Matteo Ricci au , remonterait à la dynastie Song.
Culture
Voir l'article détaillé : Culture chinoise
En tant qu'entité linguistique et culturelle relativement homogène et continue, dont la longévité surprend (et bouleverse les théories du déclin nécessaire des civilisations), la Chine a développé une culture originale et immense, qui a exploré presque tous les modes d'expressions connus : littérature, calligraphie, peinture, musique, etc.
Elle a de plus inventé un art qui n'a pas d'équivalent dans les autres cultures : la calligraphie, art considéré comme le plus noble et le plus raffiné. Son économie de moyens (un pinceau, de l'encre noire, une feuille de papier absorbant) et son cadre très contraignant (l'ordre et la disposition des traits sont déterminés) en font, paradoxalement, un art dans lequel l'expressivité est à son comble : le pinceau y tient lieu de « sismographe de l'âme ».
Article proche du thème de la culture chinoise : Art contemporain chinois ; Musique chinoise moderne ; Cuisine chinoise
Littérature
Voir l'article détaillé : Littérature chinoise
Une infime partie de la production écrite de la civilisation chinoise est accessible en langues occidentales et bien peu d'œuvres sont connues du grand public. Etant donné le contexte particulier de ce pays, sa littérature au sens large a connu des évolutions différentes de celle des autres régions du monde. L'épopée, par exemple, y est singulièrement absente. En revanche, les anecdotes, contes, faits divers, courtes biographies, ainsi que les essais, les commentaires des classiques, les traités, les compilations sont des genres foisonnants.
Parmi les livres et les auteurs chinois qui ont été traduits et lus en Occident, on peut noter : Pérégrinations vers l'Ouest, Au bord de l'eau, Le Rêve au Pavillon rouge, la poésie de Du Fu et de Li Bai, ainsi que l'auteur moderne majeur qu'est Lu Xun.
Des articles proches du thème de la littérature chinoise :
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Jours fériés et fêtes traditionnelles
|+ Jours fériés et fêtes
! Date !! Nom français !! Nom local !! Remarques
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| || Nouvel an || 元旦 yuán dàn
|Férié
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| 1 jour du 1 mois lunaire
| Fête de Printemps (Nouvel An chinois)
| 春节 Chūnjié|| Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 1 mois lunaire || Fête des lanternes
| 元宵节 Yuánxiāojié || Basée sur le calendrier chinois
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| Début avril || Qīngmíng, Lumière Pure
| 清明节 Qīngmīngjié || voir calendrier chinois.
Environ 15 jours après l'Équinoxe de printemps
Jour de visite des cimetières
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| 5 jour du 5 mois lunaire
| Fête des bateaux dragons (Fête du dragon)
| 端午节 Duānwǔjié || Basée sur le calendrier chinois
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| 7 jour du 7 mois lunaire
| Fête chinoise des amoureux
| 七巧节 Qiqiaojie ||Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 7 mois lunaire || Fête des fantômes affamés
| 中元节 Zhōngyuánjié || Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 8 mois lunaire
| Fête de la mi-automne (Fête de la lune)
| 中秋节 Zhōngqiūujié || Basée sur le calendrier chinois
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| 9 jour du 9 mois lunaire || Fête du double neuf
| 重阳节 Chóngyángjié || Basée sur le calendrier chinois
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Européen
L'Europe est un continent ou une partie de l'Eurasie (péninsule occidentale), voire de l'Eurafrasie, selon le point de vue. Elle est parfois qualifiée de « Vieux Continent » (ou « Ancien Monde »), par opposition au « Nouveau Monde » (Amérique).
Amérique
Dans la mythologie grecque, Europe fille d'Agénor (Ευρώπη en grec) est une princesse phénicienne qui fut enlevée par Zeus métamorphosé en taureau blanc, et emmenée sur l'île de Crète où elle donna naissance à Minos. Dans les œuvres d'Homère, Ευρώπη est une reine mythologique de Crète et pas un terme géographique. Plus tard, le mot signifiait la Grèce continentale et depuis l'année -500 sa signification contient toute la terre au nord.
L'analyse la plus répandue de ce mot le considère comme une composition des mots grecs eurys (« large ») et ops (« visage »), mais il s'agit sans doute d'une étymologie incertaine. D'autres linguistes pensent qu'il vient du mot sémitique ereb, qui signifie « coucher du soleil » (donc occident). Dans une perspective asiatique ou moyen-orientale, le soleil se couche effectivement en Europe, la terre à l'ouest. Et la princesse phénicienne (donc sémitique) a bien été enlevée par Zeus vers le couchant.
Géographie
Géographie
Les limites terrestres de l'Europe sont parfois floues. Celle-ci serait, dans la vision européenne traditionnelle, séparée de l'Asie à l'est par le massif de l'Oural, le fleuve Oural, la mer Caspienne et le massif du Caucase. Les détroits du Bosphore et de Gibraltar séparent l'Europe respectivement de l'Asie et de l'Afrique. Le continent est bordé à l'ouest par l'océan Atlantique et au nord par l'Arctique. La mer Méditerranée délimite le continent au sud. Sont considérées européennes l'Islande et les principales îles de la Méditerranée - le cas de Chypre est le plus sujet à caution, au moins sur le plan géographique. Jusqu'ici la délimitation est claire, mais elle se complique avec les cas de la Russie et la Turquie, classées politiquement en Europe, qui ont une bonne partie de leur territoire en asie.
Dans la vision actuelle, qui fait unanimité, le contour de l'Europe peut s'affiner et s'imaginer à partir des États membres du Conseil de l'Europe.
Quelques îles de l'Atlantique (Madère, Canaries, Açores) que la géographie ne rattache pas à ce continent sont considérées comme européennes par l'origine de leur peuplement et de leur culture. C'est aussi le cas du Groenland, qui appartient au Danemark. On n'oubliera pas enfin que certains pays d'Europe occidentale ont conservé quelques colonies lointaines dont les habitants se retrouvent de facto européens, par exemple pour la France les départements et territoires d'outre-mer.
L'Europe a une superficie d'un peu plus de 10 millions de kilomètres carrés, précisément 10 392 855 km². Cela représente un tiers de l'Afrique ou un quart de l'Asie ou de l'Amérique.
On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : Europe de l'Est, Europe centrale, Balkans, Europe de l'Ouest et Scandinavie.
Il faut noter que les frontières orientales de l'Europe sont avant tout politiques : la limite de l'Oural est due aux cartographes du tsar Pierre I le Grand au . De même, la frontière fut déplacée des hautes crêtes du Caucase vers la Caspienne au début du pour justifier l'annexion de la Géorgie et de l'Arménie dans l'empire russe. D'un point de vue plus scientifique, si l'on se réfère à la tectonique des plaques, l'Europe et la partie continentale de l'Asie ne sont qu'un seul et même continent, dénommé Eurasie. Aussi, quelques géographes éminents, tels que Alexander von Humboldt, considéraient-ils l'Europe comme une simple presqu'île de l'Asie.
Voir également les formations géologiques d'Europe.
L'Europe est caractérisée par un grand nombre de pénétrations de bras de mer entre des péninsules, qui contribuent ainsi à tempérer le climat du continent, par ailleurs réchauffé sur sa façade occidentale par le Gulf Stream.
La majeure partie du continent est située sous des latitudes tempérées et connaît donc quatre saisons bien marquées. Les régions côtières de la façade atlantique connaissent un climat océanique, adouci par le Gulf Stream, tandis que la grande plaine du nord-est est caractérisée par un climat continental. On peut aussi distinguer le climat montagnard des régions d'altitude (Alpes, Pyrénées, Alpes scandinaves) ainsi que le climat méditerranéen particulièrement clément du contour de la Méditerranée.
Des fouilles réalisées ces dernières années en Géorgie puis en Bulgarie permettent de dire que le genre Homo existe en Europe depuis environ 1,5 million d'années. Il est en effet probable que ses représentants aient peuplé l'Europe depuis le Caucase en suivant la voie danubienne.
On appelle anténéandertaliens les populations qui ont vécu en Europe il y a 800 000 à 400 000 ans. Ils sont notamment représentés par l'homme de Tautavel (- 450 000 ans), le « Français le plus ancien ».
Les premières traces de peuplement néandertalien en Europe remontent à 300 000 ans. Cette espèce humaine, très spécialisée, semble n'avoir existé qu'en Europe et au Proche-Orient. Elle a disparu il y a près de 35 000 ans.
L'homme moderne (dont les premières traces africaines remontent à 120 000 ans) apparaît en Europe il y a 40 000 ans, représenté notamment par l'homme de Cro-Magnon.
C'est aux Grecs qu'on doit le mot Europe, attesté pour la première fois au Il semble qu'il ait d'abord désigné pour eux la région continentale située au nord du golfe de Corinthe, puis les terres qu'ils découvraient peu à peu au nord du bassin méditerranéen.
Sur les rives de la Méditerranée, après l'essor de la Grèce, vient celui de la civilisation romaine. Plus au nord se développent des civilisations protohistoriques : Celtes, Germains, etc.
La constitution de l'Empire romain, puis le développement du christianisme, permettent une première ébauche d'unité européenne dont le centre politique et économique est la Méditerranée.
La lente désagrégation de cet empire et son incapacité à résister face aux incursions répétées des peuples germaniques entraînent sa dislocation puis l'effondrement de sa moitié occidentale. Divers peuples germaniques accaparent alors le pouvoir dans de nouvelles entités territoriales aux frontières mouvantes, préludes à la création des actuels États européens de l'ouest.
À l'est, l'empire romain d'Orient, ayant pour capitale Constantinople, subsiste et mue en un empire chrétien d'Orient où les habitants persistent à se considérer « Romains ».
Charlemagne est considéré comme le « père de l'Europe ». C'est en effet avec lui que le mot Europe prend une signification politique. On l'appelle de son vivant Pater Europae, et on trouve aussi l'expression Europa vel regnum Caroli (l'Europe, ou le royaume de Charles). L'Europe de Charlemagne, c'est d'abord une Europe franque, dans laquelle | | |