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Marguerite Duras

Marguerite Duras

Marguerite Duras (4 avril 1914 - 3 mars 1996) est une écrivaine française.

Biographie

left Marguerite Donnadieu, née à Gia Dinh, Indochine française (elle change de nom en 1943 pour celui d'un village de Lot-et-Garonne où se trouvait sa maison paternelle), a passé son enfance et son adolescence en Indochine, expérience qui l'a profondément marquée et a inspiré nombre d'images fortes de ses œuvres. Après ses études (mathématiques spéciales, licence de droit, sciences politiques), elle sera secrétaire au ministère des Colonies de 1935 à 1941. Elle épouse, en 1939, Robert Antelme. Ils ont un enfant, un garçon, qui meurt en 1942. La même année Marguerite Duras fait la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant. Marguerite Duras et Robert Antelme entrent dans la Résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens, Marguerite Duras réussit à s'échapper aidée par François Mitterand mais Robert Antelme est arrêté et envoyé dans un camp, le 1er juin 1944. Elle adhère aussi au Parti communiste ; elle sera exclue de ce dernier en 1955. En 1945, malgré son désir de divorcer, elle reste avec son mari de retour du camp de Dachau, dans un piteux état, et le soigne. Elle raconte cet épisode dans La Douleur. Ils divorcent en 1946. Elle fut révélée par un roman d'inspiration autobiographique, Un barrage contre le Pacifique (1950). Ses œuvres ultérieures, qui mettent en scène, dans des récits minimaux, des personnages tentant d'échapper à la solitude, contribuèrent au renouvellement du genre romanesque. Elle a obtenu le prix Goncourt pour L'Amant (1984). Son œuvre littéraire compte une quarantaine de romans et une dizaine de pièces de théâtre. Marguerite Duras a également réalisé plusieurs films, parmi lesquels India Song et Les enfants. La vie de Duras est un roman, celui qu'elle n'a cessé d'écrire, une histoire de chaleur et de pluie d'orage, d'alcool et d'ennui, de parole et de silence, de désir fulgurant aussi. On peut s'interroger longuement sur sa personnalité - méchante ou douce, géniale ou narcissique (lire la biographie de Laure Adler, Marguerite Duras, 1998) -, il faut avant tout la croire quand elle dit : « Je suis un écrivain. Rien d'autre qui vaille la peine d'être retenu. » Quelqu'un qui dit la nécessité, la difficulté, la terreur de dire. Pour que le monde soit vivable, il faut exorciser les hantises mais l'écriture revient autant à cacher qu'à dévoiler. Alors, Duras tâtonne, se reprend, cherche le mot juste, « essaie » d'écrire, comme on essaie d'aimer, en sachant qu'on n'y arrivera jamais tout à fait. Ses romans s'ordonnent souvent autour d'une explosion centrale, un instantané de violence qui donne naissance au discours : Hiroshima et l'amour, la mort et le désir physique, symboliquement mêlés. « Détruire, dit-elle ». Et cette parole s'apparente à la musique : elle est ce qui revient toujours, comme la mer, variation infinie sur un thème, litanie et célébration, maîtrise et débordement... Marguerite Duras est morte le 3 mars 1996 à Paris. Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse.

Bibliographie


- Les Impudents,Plon, 1943.
- Mes pulls y sont trop moches, Gallimard, 1942
-
La Vie tranquille, Gallimard, 1944.
-
Un barrage contre le Pacifique, Gallimard, 1950.
-
Le Marin de Gilbaltar, Gallimard, 1950.
-
Des petits chevaux de Tarquinia, Gallimard, 1953.
-
Des journées entières dans les arbres, Le Boa, Madame Dodin, Les Chantiers, Gallimard, 1954.
-
Le Square, Gallimard, 1955.
-
Moderato Cantabile, Les Éditions de Minuit, 1958.
-
Les Viaducs de la Seine et Oise, Gallimard, 1959.
-
Hiroshima mon amour, Gallimard, 1960.
-
L'après-midi de M. Andesmas, Gallimard, 1960.
-
Le ravissement de Lol V. Stein, Gallimard, 1964.
- Théâtre I :
les Eaux et Forêts-le Square-La Musica, Gallimard, 1965.
-
Le Vice-consul, Gallimard, 1966.
-
L'Amante Anglaise, Gallimard, 1967.
- Théâtre II :
Suzanna Andler-Des journées entières dans les arbres-Yes, peut-être-Le Shaga-Un homme est venu me voir, Gallimard, 1968.
-
Détruire, dit-elle, Les Éditions de Minuit, 1969.
-
Abahn Sabana David, Gallimard, 1970.
-
L'Amour, Gallimard, 1971.
-
« Ah! Ernesto », Hatlin Quist, 1971.
-
India Song, Gallimard, 1973.
-
Nathalie Granger, suivi de La Femme du Gange, Gallimard, 1973.
-
Le Camion, suivi de Entretien avec Michelle Porte, Les Éditions de Minuit, 1977.
-
L'Eden Cinéma, Mercure de France, 1977.
-
Le Navire Night, suivi de Césarée, les Mains négatives, Aurélia Steiner, Mercure de France, 1979.
-
Vera Baxter ou les Plages de l'Atlantique, Albatros, 1980.
-
L'Homme assis dans le couloir, Les Éditions de Minuit, 1980.
-
L'Eté 80, Les Éditions de Minuit, 1980.
-
Les Yeux verts, in les Cahiers du cinéma, n°312-313, juin 1980 et nouvelle édition, 1987.
-
Agatha, Les Éditions de Minuit, 1981.
-
Outside, Albin Michel, 1981.
-
L'Homme atlantique, Les Éditions de Minuit, 1982.
-
Savannah Bay, Les Éditions de Minuit, 1982, 2e édition augmentée 1983.
-
La Maladie de la mort, Les Éditions de Minuit, 1982.
- Théâtre III : -
La Bête dans la jungle, d'après H. James, adaptation de J. Lord et M. Duras,-Les Papiers d'Aspern, d'après H. James, adaptation de M. Duras et R. Antelme,-La Danse de mort, d'après August Strindberg, adaptation de M. Duras, Gallimard, 1984.
-
L'Amant, Les Éditions de Minuit, 1984.
-
La Douleur, POL, 1985.
-
La Musica deuxième, Gallimard, 1985.
-
Les Yeux bleus Cheveux noirs, Les Éditions de Minuit, 1986.
-
La Pute de la côte normande, Les Éditions de Minuit, 1986.
-
La Vie matérielle, POL, 1987.
-
Emily L., Les Éditions de Minuit, 1987.
-
La Pluie d'été, POL, 1990.
-
L'Amant de la Chine du Nord, Gallimard, 1991.

Films réalisés


-
La musica, 1967
-
Détruire, dit-elle, 1969
-
Jaune le soleil, 1971
-
Nathalie Granger, 1972
-
La femme du Gange, 1973
-
India Song, 1974
-
Son nom de Venise dans Calcutta désert, 1976
-
Des journées entières dans les arbres, 1976
-
Baxter, Vera Baxter, 1976
-
Le camion, 1977
-
Les mains négatives, 1978
-
Le navire night, 1978
-
Agatha et les lectures illimitées, 1981
-
L'hommme atlantique, 1981
-
Les enfants, 1984

Associations


- Association Marguerite Duras

Liens externes


- [http://www.gilles-jobin.org/citations/?au=106 Citations]
- [http://www.biblioweb.org/-DURAS-Marguerite-.html Biographie et résumés]
- [http://www.memoire-juive.org/la_douleur.htm Le récit du retour de Robert Antelme, par Marguerite Duras, dans
"La Douleur"]
- [http://www.durasmonamour.it Duras mon amour] Duras, Marguerite Duras, Marguerite Duras, Marguerite

4 avril

Le 4 avril est le 94 jour de l'année (95 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.

Événements


- 774 : Charlemagne confirme à Rome, au pape Adrien I (772795), la donation de Pépin à l' Église et ratifie une deuxième donation.
- 966 : Baptème de Mieszko Ier qui fait entrer la Pologne dans la sphère de la culture chrétienne occidentale et latine
- 1949 : Le Traité de l'Atlantique Nord est signé à Washington par les ministres des affaires étrangères de la Belgique, du Canada, du Danemark, des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Islande, de l'Italie, de la Norvège, des Pays-Bas et du Portugal.
- 1985 : la reine Élisabeth II donne son assentiment à la loi sur Hong-Kong, qui prévoit la rétrocession de la colonie à la Chine en 1997
- 1991 : Le Congrès russe des députés du peuple accorde à Boris Ieltsine les pleins pouvoirs pour gouverner par décret.
- 2002 : L'armée gouvernementale angolaise et les rebelles de l'UNITA signent un accord de cessez-le-feu mettant fin officiellement à 27 ans d'un conflit qui a fait un demi-million de morts et entraîné le déplacement de quatre millions de personnes.

Naissances


- 1846 : Isidore Ducasse, dit Comte de Lautréamont, écrivain français.
- 1875 : Samuel S. Hinds, acteur américain.
- 1884 : Saturnin Fabre, acteur français.
- 1892 : Esther Howard, actrice américaine.
- 1897 : Pierre Fresnay, acteur français.
- 1902 : Louise de Vilmorin, écrivain français († 1969).
- 1908 : Alfred Adam, acteur et réalisateur français.
- 1912 : Muddy Waters, chanteur américain.
- 1914 : Marguerite Duras, romancière française († 3 mars 1996).
- 1921 : Eric Rohmer, réalisateur français.
- 1922 : Armand Jammot, producteur de télévision français.
- 1922 : Dionisio Azevedo, acteur brésilien.
- 1923 : Elmer Bernstein.
- 1929 : Monty Norman, compositeur britannique.
- 1932 : Andrei Tarkovsky.
- 1932 : Anthony Perkins, acteur et réalisateur américain.
- 1936 : Trevor Griffiths.
- 1938 : Johan van der Keuken, réalisateur néerlandais.
- 1944 : Nicolas Ashford, chanteur américain.
- 1946 : Daniel Cohn-Bendit, homme politique allemand.
- 1947 : Graig T. Nelson, acteur américain.
- 1949 : Bruno Mégret, homme politique français.
- 1952 : Gary Moore, chanteur, guitariste britannique de hard-rock et de blues. (thin lizzy, skid row, Colosseum II.)
- 1953 : Jan Novak.
- 1955 : Armin Rohde, acteur allemand.
- 1957 : Aki Kaurismäki, finlandais.
- 1958 : Bernard Campan, acteur français.
- 1960 : Andrew Lau, réalisateur et directeur de la photographie hong-kongais.
- 1960 : Hugo Weaving, acteur australien.
- 1962 : Ava Fabian.
- 1965 : Robert Downey Jr., acteur américain.
- 1973 : Mylvia Houguet.
- 1975 : Delphine Arnault, milliardaire femme d'affaires française LVMH.
- 1979 : Heath Ledger, acteur australien.

Décès


- 636 : Isidore de Séville, évêque de Séville, historien des Wisigoths et encyclopédiste dont l'œuvre sera lue et étudiée pendant tout le Moyen Âge (né vers 570).
- 1842 : Jean François Moufot, mathématicien et philosophe français
- 1893 : Alphonse Louis Pierre Pyrame de Candolle, botaniste suisse (° 1806)
- 1919 : Sir William Crookes, inventeur anglais
- 1929 : Carl Benz, mécanicien allemand, fondateur de Daimler-Benz AG
- 1930 : Gloria Swanson, actrice américaine
- 1932 : Wilhelm Ostwald, chimiste allemand
- 1939 : Sam Ryan, acteur
- 1968 : Martin Luther King, pasteur baptiste et homme politique américain
- 1997 : Haruko Sugimura, actrice japonaise
- 2002 : Harry L. O'Connor, cascadeur, il est mort durant la production du film XXX Catégorie:Jour de l'année ja:4月4日 ko:4월 4일 ms:4 April simple:April 4 th:4 เมษายน


3 mars

Le 3 mars est le 62 jour de l'année (63 en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.

Événements


- 1707 : Mort d'Aurangzeb, dernier Grand Moghol de l'Inde. L'empire moghol, fondé en 1206 par Gengis Khan, commence à décliner
- 1871 : Création de la Commune de Paris
- 1878 : Couronnement du pape Léon XIII.
- 1878 : Indépendance de la Bulgarie.
- 1945 : Ordonnance créant une école primaire unique par le Gouvernement Charles de Gaulle (1)
- 1955 : élection de François Albert-Buisson (1881-1961) à l'Académie française
- 1961 : Hassan II devient roi du Maroc.
- 1972 : La sonde Pioneer X est lancée. Ce sera le premier objet manufacturé humain à quitter le système solaire (soit à franchir l'héliopause) en 1987.
- 2005 : L'Américain Steve Fossett a réussi le premier tour du monde en avion en solitaire, sans escale ni ravitaillement, à bord de l'appareil expérimental Virgin Atlantic GlobalFlyer en soixante-sept heures et une minute.

Naissances


- 1749 : Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, diplomate, journaliste et homme politique français,(† 2 avril 1791).
- 1800 : Heinrich Georg Bronn, géologue allemand.
- 1863 : Arthur Machen, (Arthur Llewelyn Jones-Machen), écrivain anglais, († 15 décembre 1947).
- 1868 : Émile Chartier, dit Alain, philosophe français.
- 1871 : Maurice Garin, dit le Petit ramoneur, coureur cycliste français d'origine italienne, premier vainqueur du Tour de France.
- 1898 : Emil Artin, mathématicien autrichien, († 20 décembre 1962).
- 1914 : Asger Jorn, peintre danois, co-fondateur du mouvement CoBrA, († 1973).
- 1931 : Roger Caillois, écrivain, sociologue et critique littéraire français, membre de l'Académie Française, († 21 décembre 1978).
- 1945 : George Miller, (né George Miliotis), scénariste, réalisateur et producteur de cinéma australien.
- 1946 : Chantal Bourragué, femme politique française.
- 1947 : Jean Gaubert, homme politique français.
- 1949 : Gilbert Le Bris, homme politique français.
- 1953 : Zico, footballeur brésilien

Décès


- 1616 : Mathias de l'Obel, botaniste flamand (° 1538).
- 1703 : Robert Hooke, l'un des plus grands scientifiques expérimentaux du dix-septième siècle1635).
- 1706 : Johann Pachelbel est un musicien allemand né le 1 septembre 1653 à Nuremberg et mort à Nuremberg.
- 1707 : Aurangzeb, empereur moghol de l'Inde de 1658 à 1707.
- 1797 : Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, navigateur français découvreur des mers australes (° 1734).
- 1806 : Heinrich Christian Boie, auteur allemand (° 1844).
- 1808 : Johan Christian Fabricius, entomologiste et économiste danois1745).
- 1916 : John Wesley Judd, géologue anglais1840).
- 1982 : Georges Perec, écrivain français (° 1936).
- 1983 : Hergé, Georges Remi, auteur de bande dessinée belge, né à Etterbeek le 22 mai 1907, mort à Bruxelles.
- 1996 : Marguerite Duras, romancière française née le 4 avril 1914.
- 1996 : Léo Malet, écrivain français, né le 7 mars 1909 à Montpellier et mort à Paris.

Célébrations


- Hina Matsuri (fête des poupées) est une fête qui a lieu le 3 mars de chaque année dans tout le Japon.

Saints catholiques du jour


- Saint Guénolé (Ve siècle) Catégorie:Jour de l'année ja:3月3日 ko:3월 3일 ms:3 Mac simple:March 3 th:3 มีนาคม

1943

Cette page concerne l'année 1943 du calendrier grégorien.

Événements


- 20 mai : Tchang Kaï-chek devient president de la Chine.

Seconde Guerre mondiale


- Janvier 1943
  - - 24 : Hitler ordonne à ses troupes de se battre à mort contre les soviétiques pour tenir la ville de Stalingrad
- Février 1943
  - - 2 : Victoire soviétique à Stalingrad : capitulation de la VI armée allemande de Friedrich Paulus.
- Mars 1943
  - - 15 : Un sous-marin allemand coule le paquebot Empress of Canada au large de Freetown en Afrique du Sud, 400 morts
- Avril 1943
  - - 19 : début de l'insurrection du ghetto de Varsovie
- Mai 1943
  - - 30 : Charles de Gaulle s'installe à Alger
- Juin 1943
  - - 21 : Arrestation de Jean Moulin, Raymond Aubrac, et d'autres résistants à Caluire-et-Cuire, près de Lyon
- Juillet 1943
  - - 8 : Jean Moulin, chef de la Résistance française, meurt en déportation, (° 1899).
  - - 10 : Débarquement des Alliés en Sicile
  - - 12 : L'armée soviétique lance une contre-offensive dans le secteur du saillant d'Orel.
  - - 24 : l'Opération Gomorrah commence : Des avions britanniques et canadiens bombardent Hambourg la nuit, les Américains le jour. À la fin de l'opération en novembre, 9 000 tonnes d'explosifs auront tué plus de 30 000 personnes et détruiront 280 000 bâtiments.
  - - 28 : Opération Gomorrah - Les Britanniques bombardent Hambourg causant une tempête de feu qui tue 42 000 civils allemands.
- Août 1943
  - - 17 : Les Américains prennent Messine, achevant l'invasion de la Sicile
- Septembre 1943
  - - Début de la campagne d'Italie
- Octobre 1943
  - - 13 : L'Italie déclare la guerre à l'Allemagne
- Novembre 1943
  - - 28 : la conférence de Téhéran, entre Joseph Staline, Franklin Roosevelt et Winston Churchill commence.
- Décembre 1943
  - - 24 : Le général Eisenhower est nommé commandant en chef des forces alliées qui débarqueront en Normandie

Arts & cultures


- 7 septembre : Mariage d'Orson Welles et de Rita Hayworth.
- 12 octobre : Création du réseau ABC de radio et télévision américain.
- 27 novembre : Première du Soulier de satin de Paul Claudel.
- Rouault peint Deux frères.
- Composition du Chant des partisans, emblématique de la Résistance française.

Littérature


- L'écrivain Georges Bataille publie L'Expérience intérieure.
- L'écrivain Jacques Becker publie Goupi Mains rouges.
- Le romancier Jean Genet publie La rose.
- L'aviateur et écrivain Antoine de Saint-Exupéry publie Le petit Prince.
- L'écrivain Jean-Paul Sartre publie L'être et le néant et Les mouches.

Sciences & techniques


- Théorie de la formation des planètes par Weizsäcker.
- Invention du magnésium magnétique, alliage léger utilisé dans la fabrication des avions de chasse rapides au cours de la Seconde Guerre mondiale et plus tard, dans celle des cadres de bicyclettes ultralégers.

Médecine


- 7 avril : Le chercheur suisse Albert Hofmann élabore le LSD (Lyserg SaJure Diäthylamid).
- Waskmann découvre la streptomycine.

Techniques appliquées


- 26 août : Invention de la machine à écrire.
- Jacques-Yves Cousteau fait la première plongée en scaphandre autonome.
- Mise au point d'une méthode de dégivrage des hélices en vol par chauffage électrique du bord d'attaque de l'hélice.

Sports


- 5 février : Le boxeur Sugar Ray Robinson subit sa première défaite contre Jack La Motta aux points
- 22 mai : Victoire, à Paris, de Marseille sur Bordeaux 3-1 pour emporter la coupe de France
- 1 août : Yvon Petra bat Henri Cochet en quatre sets à la finale du Championnat de France de Tennis, tenu à Paris.
- Article détaillé : 1943 en sport

Naissances


- 7 mars : Carolyn Carlson, danseuse et chorégraphe américaine.
- 8 avril : Jean-Marie Rouart, écrivain, Académicien français.
- 28 avril : Jacques Dutronc, chanteur et comédien français.
- : Louis de Broissia, homme politique français
- 6 juin : Richard Smalley, prix Nobel de chimie 1996, américain
- 15 juin : Johnny Hallyday, chanteur et acteur français.
- 24 juin : Jean-Louis Foulquier, animateur radio et comédien, français.
- 2 juillet : Walter Godefroot, cycliste (sprinter), belge.
- 16 septembre : Oskar Lafontaine, homme politique allemand
- 22 octobre : Catherine Deneuve, actrice française.
- : Salvatore Adamo, chanteur belge

Décès en 1943


- 7 janvier : Nikola Tesla, inventeur et ingénieur en électricité
- 24 août : Simone Weil, philosophe française.
- 9 mars : Oswald Wirth, écrivain suisse.
- 19 octobre : Camille Claudel, sculpteur français __NOTOC__ Catégorie:1943 ja:1943年 ko:1943년 ms:1943 simple:1943 th:พ.ศ. 2486

Robert Antelme

Robert Antelme (1917-1990) est un poète français, un résistant qui connut la déportation et l'auteur d'un des plus grand livres sur les camps L'espèce humaine. En 1939 il se marie avec Marguerite Duras qui travaille alors pour une maison d'édition. Leur premier enfant, un garçon, meurt à la naissance en 1942. La même année Marguerite Duras fait la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant. Marguerite Duras et Robert Antelme sont membres de la Résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens, Marguerite Duras réussit à s'échapper aidée par Jacques Morland, nom de guerre de François Mitterand mais Robert Antelme est arrêté et envoyé dans un camp, le 1er juin 1944. Après un passage à Buchenwald, il est conduit à Gandersheim un petit kommando dépendant de Buchenwald, où il est logé dans une ancienne église désaffectée, à proximité d'une usine. Après la fin de la guerre, François Mitterand retrouve Robert Antelme, dans un piétre état, dans le camp de Dachau et organise son retour à Paris. Marguerite Duras, qui souhaitait divorcer, reste cependant jusqu'à l'année suivante pour le soigner. Elle a tiré de ce moment un récit poignant, La Douleur sur le retour du déporté. Robert Antelme a publié sur les camps un livre de grande portée, L'espèce humaine, en 1947. Le livre fut peu lu et presque oublié. Il est dédié à Marie Louise sa sœur morte en déportation. Robert Antelme montre des déportés qui conservent leur conscience, face aux pires cruautés humaines. Les hommes qu'il décrit, réduits à l'état de "mangeurs d'épluchures", vivent dans le besoin obsédant mais aussi dans la conscience de vivre. Robert Antelme fonda, en 1945, avec Marguerite Duras, une maison d'édition, “La cité universelle”. Le couple divorça en 1946, mais ils travaillèrent encore ensemble, comme en 1959 où, à la demande de Raymond Rouleau, il adapta, avec Marguerite Duras, “Les papiers d'Aspern”, pièce de Michael Redgrave, d'après une nouvelle de Henry James. Après la guerre, il continue donc un travail discret dans les milieux littéraires, collabore aux Temps Modernes et milite au Parti communiste français, dont il est exclu en 1956, après l'affaire hongroise. Pendant la guerre d'Algérie, Robert Antelme est signataire du Manifeste des 121. Robert Antelme est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre 1990.

Citation

En face de cette coalition tout-puissante (des S.S. et des kapos), notre objectif devenait le plus humble. C'était seulement de survivre. Notre combat, les meilleurs d'entre nous n'ont pu le mener que de façon individuelle. La solidarité même était devenue affaire individuelle. Je rapporte ici ce que j'ai vécu. L'horreur n'y est pas gigantesque. Il n'y avait à Gandersheim ni chambre à gaz, ni crématoire. L'horreur y est obscurité, manque absolu de repère, solitude, oppression incessante, anéantissement lent. Le ressort de notre lutte n'aura été que la revendication forcenée, et presque toujours elle-même solitaire, de rester, jusqu'au bout, des hommes.

Bibliographie

De Robert Antelme :
- L'espèce humaine, Gallimard, 1947, 1957, 1999
- Penser la mort, Gallimard Sur Robert Antelme :
- Marguerite Duras, La Douleur, POL, Paris, 1985.
- Martin Crowley, Robert Antelme, l'humanité irréductible, Editions Léo Scheer, 2004

Liens externes


- [http://www.memoire-juive.org/la_douleur.htm Le récit du retour de Robert Antelme, par Marguerite Duras, dans "La Douleur"] Antelme, Robert Antelme, Robert Antelme, Robert Antelme, Robert Antelme, Robert Antelme, Robert

François Mitterand

François Mitterrand, né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente), mort le 8 janvier 1996 à Paris, homme d'État français, fut président de la République française et coprince d'Andorre de 1981 à 1995. Il détient actuellement le record de longévité (14 ans) à la tête de la l'État Français : République française. De son mariage avec Danielle Gouze, Présidente de la Fondation France-Libertés [http://www.france-libertes.fr/ ], il a eu deux fils, Jean-Christophe et Gilbert (maire de Libourne, ancien député de la Gironde), et de sa relation avec Anne Pingeot, une fille, Mazarine Pingeot.

Biographie

François Mitterrand est né dans une famille catholique et conservatrice de province. Son père, Joseph, était agent d'une Compagnie de Chemins de fer, puis vinaigrier et Président de la fédération des syndicats de fabricants de vinaigre. Il a trois frères (Robert, Jacques, et Philippe) et quatre sœurs. 1925-1934 : Études secondaires au collège Saint-Paul d'Angoulême. 1934-1937 : Sciences-Po (diplôme obtenu en juillet 1937). 1935-1936 : Il milite aux Volontaires nationaux du lieutenant-colonel de La Rocque. Mais il ne le suit pas dans l'aventure du Parti social français (PSF). En dépit des rumeurs de proximité avec la Cagoule, mis à part des relations d'amitiés ou de famille, elles n'ont débouché sur rien de compromettant. 1937-1939 : Service militaire dans l'Infanterie coloniale. 1938 : Il se lie avec Georges Dayan (juif et socialiste) après l'avoir sauvé d'aggressions d'antisémites de l'Action française. Il devient assez rapidement son meilleur ami. Cette relation est primordiale dans le parcours politique de François Mitterrand après 1945. Septembre 1939 : À l'engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale, il est sergent-chef et envoyé sur la ligne Maginot à proximité de Montmédy. Mai 1940 : Il se fiance avec Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais). Elle rompt en janvier 1942.

Régime de Vichy

Le 14 juin 1940, après avoir été blessé, il est fait prisonnier. C'est durant son séjour dans les camps de prisonniers en particulier le Stalag IXA situé à Ziegenhain (aujourd'hui Trutzhain, hameau de la commune de Schwalmstadt) près de la ville de Kassel, que ses positions politiques évoluent au fil de ses rencontres avec des prisonniers issus de toutes classes ainsi qu'au contact d'une organisation sociale interne au camp très différente de tout ce qu'il avait pu voir dans sa jeunesse. Après deux tentatives d'évasion ratées, en mars et en novembre 1941, il finit par réussir à s'évader le 10 décembre 1941 et retourne en France. Sous le régime de Vichy, il travaille de janvier à avril 1942 à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale en tant que contractuel (sous l'autorité du commandant Favre de Thierrens, taupe des services secrets de Londres), puis au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre. Il publie un article sur sa captivité dans le périodique doctrinal du régime France, revue de l'État nouveau, sans allusion au régime, à son chef ou à son idéologie. Il démissionne du Commissariat en janvier 1943, après le remplacement de Maurice Pinot, résistant, par André Masson, un collaborateur. Au printemps 1943, parrainé par deux membres de la Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet de Pétain, et Simon Arbellot), il est décoré de la francisque (Voir le chapitre Polémiques).

Résistance

Peu de temps après, il entre dans la clandestinité. Dès le printemps 1942, sous l'influence d'anciens évadés (Jean Roussel, Max Varenne et le Dr Guy Fric), il avait commencé son basculement vers les rangs de la Résistance. Il participe aux réunions du château de Montmaur, le 12 juin puis le 15 août 1942, qui jettent les premières bases de son réseau de Résistance, fondé en février 1943. À partir de la mi-1942, il fournit de faux papiers pour faciliter des évasions de prisonniers en Allemagne. Dès le mois de septembre de cette année, il prend contact avec la France libre, mais les relations personnelles avec Michel Cailliau, neveu du général de Gaulle, sont exécrables. D'autres gaullistes, rencontrés par la suite, auront une bien meilleure impression de François Mitterrand, à l'instar de Philippe Dechartre (de son vrai nom Jean Duprat-Geneau). Le 10 juillet 1943, François Mitterrand et le militant communiste Piatzook sont les auteurs d'un coup d'éclat lors d'une grande réunion publique à Paris consacrée à la « relève » des prisonniers par les ouvriers. Au moment où André Masson flétrit la « trahison des gaullistes », François Mitterrand l'interpelle de la salle et lui dénie le droit de parler au nom des prisonniers de guerre qualifiant la relève d'escroquerie. François Mitterrand n'est pas arrêté, sa fuite ayant été facilitée par Piatzook. Cet évènement est relaté le 12 juillet 1944 par Maurice Schumann, la voix de la France libre, sur les ondes de la BBC. Sous le nom de code « Morland », François Mitterrand part pour Londres le 15 novembre 1943 puis se rend à Alger où il est reçu par le général de Gaulle. La rencontre laisse un souvenir exécrable aux deux hommes. Après un deuxième passage à Londres, il revient le 24 février 1944 en France diriger le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (réseau de résistance). D'après ses mémoires, il a lui-même organisé ce mouvement avec ses proches durant la période où officiellement il travaillait pour le régime de Vichy, ce qui lui permettait de tout connaître des prisonniers de retour en France. Il participe à la libération de Paris en août 1944. L'ascension de la roche de Solutré effectuée chaque année depuis 1946, témoigne de l'attachement de François Mitterrand, à ses amis résistants.

Quatrième République

Peu après, il participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le général de Gaulle avant l'installation du gouvernement provisoire à Paris. Le 27 octobre 1944, il épouse Danielle Gouze. En février 1946, il adhère à l’UDSR (l’union démocratique et socialiste de la Résistance), qu'il préside ensuite de 1953 à 1965 et qui lui offre, dans sa quête du pouvoir, un premier laboratoire politique. En novembre 1946, il est élu député de la Nièvre. En 1947 François Mitterrand devient le plus jeune ministre de France avec le portefeuille des Anciens Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans les années qui suivent, il détient plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux de l'Information, de la France d'outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l'Europe. En 1950, René Pleven le nomme ministre de l'outre-mer. Il est partisan de l'instauration d'une union franco-africaine où les territoires d'outre-mer jouiraient d'une autonomie négociée et librement consentie et s'efforce d'améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très dur. Il est alors traité de « bradeur d'empire » : il s'attire dès cette époque une vive hostilité de la part des colons conservateurs et du RPF, le parti gaulliste de l'époque, qui s'exprime notamment par la voix de Jacques Foccart, Édouard Frédéric-Dupont et Maurice Bayrou. En 1952, il prend en charge le dossier tunisien dans le gouvernement d'Edgar Faure et esquisse un plan d'autonomie interne. Mais le gouvernement Faure est renversé six semaines seulement après sa formation. Les libéraux en matière coloniale (c'est-à-dire ceux qui refusent la répression systématique, et prônent l'égalité des droits entre colons et colonisés, puis l'autonomie, voire l'indépendance si elle est réclamée avec force par la population et un interlocuteur crédible) sont provisoirement écartés du pouvoir. Après la formation du gouvernement d'Antoine Pinay, François Mitterrand critique la participation systématique de l'UDSR aux gouvernements et demande un recentrage à gauche. Il dénonce à l'Assemblée la politique répressive du gouvernement et défend avec vigueur le droit des Tunisiens à l'autonomie. En 1953, il devient ministre délégué au Conseil de l'Europe, mais démissionne rapidement en raison de son hostilité à la répression menée au Maroc et en Tunisie. Il préconise vis-à-vis de ces pays, ainsi que pour l'Indochine, une politique plus libérale. À l'automne, il devient président de l'UDSR. Il impose une ligne libérale pour l'outre-mer : arrêt de la guerre d'Indochine, constitution d'un ensemble franco-africain, fédéral puis confédéral (ce qui revient à accorder l'autonomie puis l'indépendance-association aux territoires colonisés). En 1954, il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Pierre Mendès-France. Immédiatement, il s'intéresse aux questions algériennes. Mais s'il est alors opposé à l'indépendance, François Mitterrand se montre pleinement conscient des problèmes de l'Algérie liés à la colonisation, davantage que la majorité des hommes politiques. Ses tentatives de muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la Mosquée de Paris, puis d'augmenter le SMIG d'Algérie, se heurtent au profond conservatisme des colons et de d'administration. Du 19 au 23 octobre 1954, il se rend en Algérie, où il rencontre une nette hostilité de la part des partisans de l'Algérie française. Le 5 novembre de cette même année, à la tribune de l'Assemblée nationale, alors que les premiers conflits de la guerre d'Algérie éclatent, il déclare : « La rébellion algérienne ne peut trouver qu'une forme terminale : la guerre. » Ces propos sont surtout destinés à calmer l'aile colonialiste des députés centristes (radicaux et démocrates-chrétiens), qui peuvent renverser le gouvernement. Toujours en novembre 1954, il annonce une forte augmentation des investissements sociaux en Algérie dans l'agriculture et l'éducation, et entend préparer « l'égalité des citoyens [...] des chances égales à tous ceux, quelle que soit leur origine, qui naissent sur le sol algérien. » En accord avec le président du Conseil, il fusionne la police d'Alger avec celle de Paris pour empêcher l'utilisation de la torture. Il assiste Pierre Mendès-France dans les négociations qui aboutissent à l'autonomie de la Tunisie et du Maroc. En 1956, il est nommé garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet. C'est une étrange période, encore plus paradoxale que pour le reste du cabinet. François Mitterrand participe aux travaux du gouvernement, qui accorde l'indépendance à la Tunisie et au Maroc, l'autonomie à l'Afrique noire. Sur la question algérienne, il critique fermement (en privé) la dérive répressive qui suit l'échec de la tentative de libéralisation, en février 1956. Les témoignages recueillis par Jean Lacouture montrent tous un François Mitterrand hésitant, bouleversé quand il apprend les méthodes de torture utilisées par l'armée, ne sachant pas vraiment que faire : ses collaborateurs ne l'avaient jamais vu ainsi. François Mitterrand reste au gouvernement malgré ses réticences croissantes, car il veut accéder à la présidence du Conseil où, pense-t-il, sa marge de manœuvre serait plus large, où il pourrait donc rendre plus libérale la politique algérienne. Dans un tout autre domaine, il fait adopter le statut de l'Agence France-Presse (AFP), encore en vigueur aujourd'hui. Après la démission de Guy Mollet, François Mitterrand refuse de participer à un gouvernement, à moins de le diriger. Il n'y parvient pas, bien que le président René Coty ait sérieusement envisagé de faire appel à lui. En septembre 1958, opposant déterminé à Charles de Gaulle, il appelle à voter non au référendum sur la Constitution, qui est néanmoins adoptée puis promulguée le 4 octobre 1958. Mitterrand compare alors le général de Gaulle à un nouveau dictateur. François Mitterrand est battu aux élections législatives le 30 novembre 1958 (législature mise en congé jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions en janvier 1959).

Cinquième République

En mars 1959, il est élu maire de Château-Chinon (il le reste jusqu'à mai 1981), et un mois plus tard sénateur de la Nièvre. En octobre 1959, a lieu le vrai-faux attentat de l'Observatoire. Le 18 mai 1962, François Mitterrand est appelé à témoigner à décharge au procès du général Salan par Jean-Louis Tixier-Vignancour. Il rappelle alors que le général Salan et les autres dirigeants de l'OAS avaient déjà comploté en 1958 pour ramener au pouvoir Charles de Gaulle et que s'ils ont comploté de nouveau en 1961/62, c'est parce que de Gaulle avait trahi sa promesse de maintenir l'Algérie française. Selon F. Mitterrand, Salan est un témoin gênant pour le gaullisme. Le 25 novembre 1962, il retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de sénateur de la Nièvre. Lors du référendum de 1962, il appelle à voter contre l'élection du Président de la République au suffrage universel. En 1964, il devient président du conseil général de la Nièvre. Il prend la tête de la Convention des Institutions Républicaines (CIR) et publie Le Coup d'État permanent, qui renforce sa position d'opposant de gauche à Charles de Gaulle. En 1965, bien que représentant d'une petite formation politique (la CIR), il est le candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle. Son résultat est inespéré (en seconde position avec une dizaine de millions de voix) tout comme celui du candidat centriste Jean Lecanuet (15% des suffrages). François Mitterrand reçoit alors l'appui pour le second tour de toute la gauche mais aussi du centriste Jean Monnet, du conservateur modéré Paul Reynaud et d'une partie de l'extrême-droite de Jean-Louis Tixier-Vignancour et de partisans de l'OAS. Au soir du second tour, Mitterrand est battu mais obtient 45 % des suffrages. Fort de ce résultat honorable (personne ne pensait que de Gaulle serait battu), il prend la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui regroupe la gauche non communiste (essentiellement la SFIO, le parti radical, la CIR et divers clubs). Aux élections législatives de mars 1967, la FGDS, alliée au Parti communiste, obtient de bons résultats : la coalition gouvernementale ne conserve qu'une majorité d'un seul siège à l'Assemblée nationale. Le 28 mai 1968, il déclare : « il convient dès maintenant de constater la vacance du pouvoir et d'organiser la succession ». Cette déclaration fait suite à l'absence du général de Gaulle, parti consulter le général Massu en Allemagne et plus généralement à une réelle vacance du pouvoir, décrite notamment par Jacques Foccart dans son Journal de l'Élysée. Il propose le nom de Mendès-France pour former le gouvernement provisoire et annonce qu'il est candidat à la présidence de la République alors qu'aucune élection n'est annoncée. Le discours du 30 mai de De Gaulle réplique de façon sèche. Les élections législatives anticipées de juin 1968 se soldent par de très bons résultats pour les candidats gaullistes. En 1969, discrédité, Mitterrand ne peut se présenter à la présidence de la République : Guy Mollet refuse de lui accorder le soutien de la SFIO. La gauche est éliminée du second tour de l'élection présidentielle. En juin 1971, lors du Congrès d'Epinay, on assiste à une fusion de la Convention des Institutions Républicaines (que Mitterrand dirige) et du Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO), et à l'élection de François Mitterrand au poste de Premier secrétaire. En juin 1972, il signe le Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de Georges Marchais. En mars 1973, aux élections législatives, le Parti socialiste obtient presque autant de voix que le Parti communiste au premier tour et davantage au second, mettant fin à une supériorité qui remontait à 1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la même année confirment cette évolution. Le 19 mai 1974, candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle, François Mitterrand perd face à Valéry Giscard d'Estaing avec 49,2 % des voix au second tour. L'ambassadeur soviétique à Paris et le directeur de L'Humanité ne cachent pas leur satisfaction devant cette défaite. D'après Jean Lacouture, Raymond Aron et François Mitterrand lui-même, le gouvernement soviétique et les dirigeants du parti communiste ont tout fait pour l'empêcher d'être élu : ils le trouvaient trop anticommuniste et trop habile dans sa stratégie de rééquilibrage au détriment du PCF. Aux élections cantonales de mars 1976 et aux élections municipales de mars 1977, le PS devance largement le PCF. En septembre 1977, a lieu la rupture de l'Union de la gauche, les communistes mettant des conditions sciemment exorbitantes à l'actualisation du Programme commun. Aux élections législatives de mars 1978, la gauche qui avait pour la première fois des chances réelles de devenir majoritaire est néanmoins battue par la Droite (UDF-RPR). Toujours d'après Lacouture, Aron et Mitterrand, cette défaite est largement imputable aux roueries du Parti communiste. Michel Rocard remet alors en cause François Mitterrand et la direction du Parti socialiste. En avril 1979, il s'allie avec Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard pour remporter le Congrès de Metz du Parti socialiste. En janvier 1981, au congrès extraordinaire de Créteil, il est désigné comme candidat du PS contre Michel Rocard et adopte les « 110 Propositions » comme programme.

Premier septennat (1981-1988)

Le 24 avril 1981, au premier tour de élection présidentielle , François Mitterrand talonne le président sortant avec 25,85% des voix contre 28% à VGE. Jacques Chirac est troisième avec 18% des suffrages. Au soir du 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République en s'imposant avec 51,8 % des suffrages contre 48 % à Valéry Giscard d'Estaing . Le soutien de Jacques Chirac au président sortant est resté extrêmement ambigu : il déclare ne pouvoir voter, à titre personnel, que pour Valéry Giscard d'Estaing mais refuse de donner une consigne de vote. Le 21 mai 1981, le septennat du nouveau président s'ouvre par une cérémonie au Panthéon durant laquelle François Mitterrand rend hommage, par un dépôt de roses rouges à Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher. Puis il nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy. Le lendemain, il dissout l'Assemblée nationale. Les élections qui suivent,les 14 et 21 juin 1981, lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes. Quelques excès verbaux ont lieu chez les militants et sympathisants de gauche, qui font écho aux déclarations antérieures de plusieurs dirigeants de droite,comme Michel Poniatowski qui avait affirmé lors de la campagne électorale que si François Mitterrand était élu, les chars russes arriveraient à Paris le mardi suivant. Jack Lang déclare par exemple que le 10 mai 1981 est un jour historique où « la France est passée de l'ombre à la lumière ».

Gouvernements Mauroy (mai 1981-juillet 1984)


- 1981 :
  - Augmentation du SMIC de 10 %, des allocations familiales et logement (25 %), handicapés (20 %).
  - Suppression de la Cour de sûreté de l'État et abolition de la peine de mort. Robert Badinter a expliqué auteurs de La Décennie Mitterrand : « Mes idées étaient les siennes. » F. Mitterrand est toujours du côté de son ministre de la Justice entre 1981 et 1986.
  - Abrogation de la loi dite « anti-casseurs », qui établissait notamment le principe d'une responsabilité pénale collective.
  - Autorisation des radios locales privées.
  - Discours de Cancùn : François Mitterrand défend la démocratie et le développement dans les pays du Tiers-monde. Les États-Unis sont critiqués pour leur embargo contre Cuba.
  - Boycott du festival américain de Deauville par le ministre de la culture Jack Lang.
  - Régularisation de la situation de tous les immigrés sans papiers qui exercent un métier et peuvent le prouver.
  - Création de l'impôt sur les grandes fortunes (supprimé en 1987, rétabli en 1988 sous le nom d'ISF, Impôt de solidarité sur la fortune).
  - Le budget 1982 double les crédits du ministère de la Culture, augmente de 512 % ceux du ministère de la Recherche, de 112 % deux du ministère du Travail et de 37 % ceux du ministère du Logement.
  - Robert Badinter double le rythme annuel de la construction de places en prison pour lutter contre la surpopulation carcérale (42 000 détenus, 28 000 places).
  - A la mi-1981, la France compte 1,5 millions de demandeurs d'emplois.
- 1982 :
  - Nationalisation de banques (les 36 premières banques de dépôt, ainsi que Paribas et Suez) et de grands groupes industriels (CGE, PUK, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Thomson-Brandt)
  - Semaine de 39 heures (durée légale du travail)
  - 5 semaine de congés payés
  - Ordonnances sur le cumul emploi-retraite, le travail à temps partiel, et l'insertion professionnelle des jeunes de 16 à 18 ans. De 1982 à 1985, cette dernière ordonnance concerne 600 000 personnes, dont 300 000 en BTS ou CAP et 250 000 embauchés.
  - Retraite à 60 ans.
  - À partir de juin, la lutte contre l'inflation est privilégié quand le gouvernement met fin à l'indexation des salaires sur les prix et laisse flotter le franc.
  - Au second semestre, sont votées les lois Auroux sur le droit du travail : extension des droits d'expression du personnel, des institutions représentatives (comité d'entreprise), négociation, renforcement de la prévention des risques du travail, extension des compétences des comités d'hygiène et de sécurité
  - Loi Quilliot sur les droits et les devoirs des bailleurs et locataires.
  - loi-cadre Defferre sur la décentralisation.
  - Création des zones d'éducation prioritaire (ZEP).
  - Loi Lang sur le prix unique du livre.
  - Le conseil des ministres adopte de grands projets culturels : festival de danse de Marseille, festival de la sculpture à Montpellier, la bande dessinée à Angoulême, la photographie à Arles, le Zénith à la Villette, l'Opéra à la Bastille
  - Création de la Haute autorité pour la communication audiovisuelle, ancêtre de la CNCL et du CSA.
  - Première visite d'un chef d'État français en Israël. Discours de la Knesset dans lequel François Miterrand déclare "L'irréductible droit de vivre de l'état d'Israël et le respect des droits des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie et l'appel au dialogue entre les parties concernées.
  - Première visite d'un chef d'État français au Japon.
  - Sommet du château de Versailles où François Mitterrand tente en vain d'obtenir des grands pays industrialisés une relance concertée. Il y présente un rapport (Technologie, emploi et croissance) sur les conséquences du développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication.
  - Durcissement du contrôle des changes.
  - Taxe sur l'importation des magnétoscopes.
  - Abrogation du délit d'homosexualité et des tribunaux permanents des forces armées (TPFA).
  - Création de la cellule antiterroriste de l'Élysée, suite aux attentats sanglants du premier semestre. De 1983 à 1986, cette cellule abusa du droit légalement conféré de pratiquer des écoutes téléphoniques. C'est le début de l'affaire dite des écoutes téléphoniques.
- 1983 :
  - Troisième gouvernement de Pierre Mauroy.
  - 1 plan de rigueur
  - La Sécurité sociale redevient excédentaire, jusqu'en 1986.
  - Abrogation de la loi Peyrefitte, dite Sécurité et Liberté. Très hostile à cette loi, comme à toutes les lois d'exception, François Mitterrand a pesé de tout son poids pour obtenir cette suppression.
  - Recul de la gauche aux élections municipales et du parti communiste en particulier (perte de Levallois-Perret, Reims, Nimes, Antony, Brest, Nantes...).
  - Loi Roudy sur l'égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises.
  - Loi Badinter sur l'indemnisation des victimes de crimes et délits, qui voient leurs droits fortement étendus.
  - Expulsion de 47 diplomates soviétiques, accusés d'espionnage.
  - Confirmation de l'arrêt définitif de la coopération nucléaire avec l'Irak.
  - Crise des euromissiles: Soutien de François Mitterrand à l'installation de missiles Pershing 2 en Allemagne pour faire contrepoids aux missiles soviétiques. Discours du Bundestag sur l'équilibre des forces le 20 janvier 1983 : «Seul l'équilibre des forces peut conduire à de bonnes relations avec les pays de l'Est, nos voisins et partenaires historiques. Mais le maintien de cet équilibre implique à mes yeux que des régions entières de l'Europe ne soient pas dépourvues de parade face à des armes nucléaires dirigées contre elles. »En octobre, à Bruxelles, il déclare : « les pacifistes sont à l'Ouest et les euromissiles à l'Est. ».
  - Attentat du Drakkar le 23 octobre 1983 à Beyrouth. Cinquante huit soldats français et deux cente trente neufs marines américains sont tués.
- 1984 :
  - Au 1 janvier, la France prend la présidence semestrielle de la CEE. Relance de la construction européenne.
  - François Mitterrand se rend en URSS et y défend publiquement les droits de l'homme et les contestataires, notamment Andreï Sakharov.
  - Crise sidérurgique dans le nord : fermeture ou reconversion des anciennes mines de charbon.
  - Le budget de la Culture représente quasiment 1 % du budget de l'État (engagement du candidat Mitterrand en 1981).
  - Élection européennes : le Front National perce, avec presque 11 % des suffrages exprimés, le Parti communiste voit son score baisser de moitié par rapport à l'élection précédente de 1979, le Parti socialiste perd des sièges.
  - Loi sur la formation professionnelle.
  - Abandon du projet de loi Savary sur l'enseignement après la manifestation de près de deux millions de personnes pour l'« enseignement libre ».

Gouvernements Fabius (juillet 1984-Mars 1986)


- juillet-décembre 1984 :
  - Nouveau gouvernement de Laurent Fabius, fin de la participation des communistes au gouvernement.
  - Loi contre la concentration dans la presse, invalidée en partie par le Conseil constitutionnel et abrogée par la droite dès 1986.
  - Libéralisation de l'audiovisuel, création des premières chaînes de télévision privées (dont Canal plus).
  - Nouveau statut pour la Polynésie.
- 1985 :
  - Jacques Delors devient président de la Commission européenne (il le reste jusqu'en 1995).
  - Lancement d'Eurêka, l'Europe de la technologie.
  - Inauguration de la Géode au parc de la Villette à Paris.
  - Affaire du Rainbow Warrior : le navire de Greenpeace est coulé par des agents de la DGSE, un photographe est tué. Charles Hernu, le ministre de la Défense doit démissionner (Il fut avéré plus tard que Mitterrand était au courant de l'opération).
  - Loi Montagne : protection du cadre naturel, représentation des montagnards
  - Instauration de la proportionnelle aux élections législatives prévues l'année suivante. C'est une promesse du candidat Mitterrand et en même temps un moyen de limiter les pertes du PS. Michel Rocard démissionne du gouvernement en avril pour protester contre l'instauration de la proportionnelle qui permettrait l'élection de députés issus du Front National.
  - Accords monétaires de l'hôtel Plaza (New York) : François Mitterrand obtient le début d'une véritable concertation monétaire entre les pays occidentaux.
  - Ratification de la Convention européenne des Droits de l'Homme, qui interdit notamment le rétablissement de la peine de mort.
  - Assassinat de George Besse, le PDG de Renault, par les terroristes d'Action Directe
  - Le cap des 2,5 Millions de chomeurs est franchi.
- janvier - mars 1986 :
  - Signature de l'Acte unique.
  - Inauguration de Cité des sciences et de l'industrie à Paris.
  - Loi Littoral : fortes restrictions à la construction.

Gouvernement Chirac (mars 1986 - mai 1988)


- mars-décembre 1986 :
  - L'union de la droite RPR-UDF remporte les élections législatives. Jacques Chirac forme un nouveau gouvernement. Le Front National obtient 35 députés (groupe réduit ensuite par les retours de Bruno Chauvierre, Yvon Briant puis Olivier d'Ormesson vers leurs formations d'origine).
  - Lancement de la construction du Tunnel sous la Manche.
  - 1 sommet de la francophonie.
  - Inauguration du musée d'Orsay (dont les travaux furent décidés sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing).
  - Privatisations et constitution des « noyaux durs ». François Mitterrand refuse de signer les ordonnances sur la privatision. Le gouvernement doit passer par la voie parlementaire pour reprivatiser (Suez, Paribas, St Gobain ...). Les principales figures des noyaux durs sont proches ou membres du RPR, comme Pierre Suard.
  - Ordonnances du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence
  - Vague d'attentats terroristes à l'automne 1986 (attentat notamment rue de Rennes) commis par le réseau Fouad Ali Saleh.
  - Manifestations étudiantes contre la loi Devaquet sur l'Université.
- 1987 :
  - Inauguration de l'Institut du Monde Arabe.
  - Arrestation des terroristes d'Action Directe puis arrestations des membres du réseau Fouad Ali Saleh (organisateur présumé de quinze attentats qui ont fait 13 morts et 303 blessés à Paris de décembre 1985 à septembre 1986).
  - Privatisation de TF1.
  - Disneyland choisit le site de Marne la vallée en France contre l'Espagne pour implanter son futur parc de loisir "Eurodisney".
  - Scandale Chaumet éclaboussant le ministre RPR de la Justice Albin Chalandon.
  - Renvoi devant la Haute Cour de l'ancien ministre socialiste de la Coopération Christian Nucci .
  - Scandale du vrai-faux passeport d'Yves Chalier qui éclabousse le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua.
  - Rupture (provisoire) des relations diplomatiques avec l'Iran en juillet après que l'ambassade iranienne en France ait refusé de remettre aux autorités françaises, Wahid Gordji, un interprète de l'ambassade d'Iran, non bénéficiaire de l'immunité diplomatique, et suspecté d'être impliqué dans la vague d'attentats terroristes (Gordjii sera finalement entendu par le juge puis expulsé vers l'Iran).
  - La balance du commerce extérieure redevient exédentaire.
- 1988 :
  - Inauguration de la pyramide du Louvre.
  - Loi sur le financement des campagnes électorales présidentielles et législatives, suite à une proposition de François Mitterrand.

Second septennat

Bien qu'il sache, depuis novembre 1981, qu'il est atteint d'un cancer de la prostate (ses bulletins de santé régulièrement publiés suite à son engagement électoral à ce sujet sont mensongers ; son état de santé était pourtant connu : la nouvelle en fut publiée par Paris Match en 1981, mais ne fut pas diffusée par d'autres media), il se représente en 1988 non sans avoir laissé longtemps planer le doute sur ses intentions. Encore faut-il noter que dès le début de 1982, il avait connu une rémission inespérée et spectaculaire, qui dure jusqu'à la mi-1992. Le 8 mai, François Mitterrand est réélu Président de la République en emportant l'élection présidentielle contre Jacques Chirac avec 54 % des voix. Il nomme Premier ministre son vieil ennemi Michel Rocard et dissout l'assemblée nationale ; la droite est battue aux législatives, malgré des accords locaux de désistement réciproque avec le Front national, mais le groupe socialiste et apparentés n'obtient qu'une majorité relative et les communistes refusent une alliance gouvernementale. Les gouvernements socialistes sont contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l'opposition, surtout l'Union du centre (UDC, groupe parlementaire autonome issu de l'UDF). Il remplace en mai 1991 Michel Rocard par Édith Cresson. Édith Cresson altère son image par certains propos maladroits, notamment sur les Anglais et les Japonais (« des fourmis »). Elle cède la place dix mois plus tard à Pierre Bérégovoy qui ne peut empêcher la droite de remporter très largement les élections législatives en 1993 (le groupe socialiste et apparentés ne compte plus que 67 députés). Édouard Balladur forme un nouveau gouvernement. Le 1 mai, Pierre Bérégovoy se suicide. Les éditoralistes ont dans leur ensemble accusé François Mitterrand et ses amis d'avoir insuffisamment soutenu Bérégovoy (version réfutée par l'étude de Pierre Favier et Michel Martin-Roland) alors qu'ils se sentaient assimiler à des chiens à l'enterrement de l'ancien premier ministre. Parmi les évènements marquants :
- 1988 :
  - Accords de Matignon mettant un terme au conflit en Nouvelle-Calédonie.
  - Création du Revenu Minimum d'Insertion (RMI). C'est une idée de François Mitterrand, inspirée selon lui d'une mesure sociale comparable prise par Olof Palme quelques années plus tôt.
  - Le 14 juillet, François Mitterrand annonce son intention de construire et d'aménager à Paris « l'une ou la plus grande bibliothèque du monde ». L'idée d'une bibliothèque virtuelle est écartée en raison de la progression très rapide de l'électronique et de l'informatique.
  - Politique du « ni-ni » (ni nationalisation ni privatisation).
- 1989 :
  - Affaire Péchiney: Roger Patrice Pelat, ami de François Mitterrand, et des membres d'un cabinet ministériel, sont impliqués.
  - Élections municipales : le PS obtient sa meilleure implantation dans les villes de plus de 20 000 habitants depuis sa création. En Provence, la gauche garde Marseille grâce à Robert Vigouroux mais le PCF perd toutes ses villes de plus de 100 000 habitants au profit de la droite essentiellement, à l'exeption du Havre qu'il perd en 1995.
  - Inauguration du Grand Louvre.
  - Inauguration de l'opéra Bastille.
  - Inauguration de la Grande arche de la Défense.
  - Bicentenaire de la Révolution française.
  - Loi Jospin sur l'Éducation nationale : forte hausse des crédits, augmentation du nombre d'universités, modalités de représentation des étudiants, augmentation des salaires des personnels, simplification des grades universitaires (deux grades d'enseignants titulaires, un grade d'assistant).
  - Loi Joxe sur l'immigration : abrogation des mesures restrictives de la loi Pasqua, renforcement des garanties de recours et de défense dont disposent les immigrés.
  - Loi d'amnistie pour la Nouvelle-Calédonie.
  - Visite de Yasser Arafat à Paris. Suite aux discussions avec François Mitterrand et des diplomates français, le chef de l'OLP annonce, de Lybie, que la charte appelant à la destruction d'Israël est « caduque ».
- 1990 :
  - François Mitterrand soutient l'unification allemande, en échange de la reconnaissance de la frontière Oder-Neisse et d'un approfondissement de la construction européenne. Le président français a été accusé d'avoir tardé à se rallier à une unité allemande aussi rapide (Pierre Favier, Michel-Martin Roland et l'universitaire allemand Tilo Schabert ont réfuté ces critiques qui sont cependant confirmées par Helmut Kohl dans ses mémoires (qui fait ce même reproche à Margareth Thatcher) et par Jacques Attali dans son dernier ouvrage publié en novembre 2005).
  - Signature de la convention de Schengen.
  - Discours de La Baule.
  - Décision de l'Opération Noroît pour le Rwanda début octobre.
  - Sommet de Maastricht.
  - Création de la BERD.
  - Création de la Contribution sociale généralisée (CSG).
  - Loi favorisant l'action philanthropique.
  - Suppression du contrôle des changes.
  - L'administration des PTT est transformée en deux établissements publics : La Poste et France Télécom. Les agents conservent leurs statuts et leurs avantages, l'organisation est modernisée.
  - Plan Jospin pour les lycées.
  - Loi Gayssot interdisant les propos négationnistes et renforçant la législation contre le racisme.
  - Loi Arpaillange sur le financement des partis politiques : baisse du plafond des dépenses, augmentation des subventions publiques.
- 1991 :
  - Participation de la France à la Première guerre du Golfe.
  - Nouveau statut pour la Corse. Notion de peuple corse invalidée par le conseil constitutionnel.
  - Règlementation des écoutes téléphoniques : interdiction des écoutes administratives, contrôle des écoutes judiciaires.
  - Édith Cresson 1 femme Premier ministre.
  - En août, le président Mitterrand déclare qu'il faut attendre les intentions des nouvelles autorités soviétiques en URSS, reconnaissant de facto le gouvernement issu du putsch.
  - Délocalisation d'une vingtaine d'organismes publics en banlieue parisienne ou en province, dont l'École nationale d'administration (ENA) à Strasbourg. Raisons : un coût nettement moindre et une meilleure proximité avec la population.
  - Le service militaire est ramené à 10 mois.
  - Loi Évin contre le tabagisme et l'alcoolisme.
  - Affaire Urba : financement occulte du Parti socialiste par de fausses factures (mais non par des remises d'argent en liquide ni par des emplois fictifs, contrairement au RPR). Henri Emmanuelli, trésorier du PS, sera condamné dans cette affaire. Tous les autres partis politiques sont eux aussi rattrappés plus tard sur leur mode occulte de financement.
- 1992 :
  - Loi Joxe sur le maillage administratif et l'aménagement du territoire. Ce texte est le fondement de la législation en vigueur.
  - Création du Code de la consommation.
  - François Mitterrand se rend à Sarajevo, "forçant" le siège de l'armée serbe, le 28 juin, date de l'attentat contre l'archiduc François-Ferdinand, en 1914.
  - Le traité de Maastricht, signé en février, est ratifié à une courte majorité par référendum.
- 1993 :
  - Loi Sapin, portant notamment sur le financement des partis politiques et lutte anticorruption : baisse du plafond des dépenses, durcissement de la répression, amélioration des contrôles.
  - Seconde cohabitation.
  - Fin de la politique du "ni-ni". Retour des privatisations.
  - Au Rwanda, retrait des forces de l'opération Noroît en décembre.
- 1994 :
  - Abandon de la révision de la loi Falloux.
  - La gauche se redresse aux élections cantonales : son score augmente de plus de 10 points par rapport aux élections législatives. Mais les élections européennes sont bien décevantes pour la liste socialiste (14,5 %), conduite par Michel Rocard, premier secrétaire du PS, contre l'avis de François Mitterrand.
  - 50 anniversaire du Débarquement de Normandie.
  - Mise en examen des anciens ministres Laurent Fabius, Edmond Hervé et Georgina Dufoix dans l'affaire du sang contaminé.
  - Le PCF et la droite sont touchés à leur tour par les affaires de financement occulte (GRR du Parti républicain, caisse noire du CDS, HLM de Paris et des Hauts-de-Seine pour le RPR, mise en examen d'Alain Carignon).
  - Pendant le Génocide au Rwanda, Opération Amaryllis du 8 au 14 avril, puis Opération Turquoise du 22 juin au 21 août.
  - Affaire Maréchal-Schuller : tentative de déstabilisation du juge Éric Halphen. Le président Mitterrand saisit le Conseil supérieur de la magistrature, qui valide l'enquête du juge.
- 1995 :
  - Inauguration de la Bibliothèque nationale de France.
  - Inauguration du pont de Normandie.
  - 7 mai : Jacques Chirac est élu Président de la République.
  - 17 mai : fin du second mandat de François Mitterrand.

Liste des premiers ministres

Disparition

En mai 1995, François Mitterrand achève son second septennat et, le 31 décembre, écoute les vœux de son successeur en simple citoyen, comme il l'avait annoncé un an plus tôt. Il meurt le 8 janvier 1996 de son cancer de la prostate. Ses obsèques donneront l'occasion d'apercevoir côte à côte ses deux familles, officielle et officieuse. Il repose à Jarnac, Charente, dans le caveau familial.

Ouvrages de François Mitterrand


- 1939 : Pluie amie
- 1940 : Premier accord
- 1945 : Les Prisonniers de guerre devant la politique
- 1953 : Aux frontières de l'Union française. Indochine-Tunisie. Paris, Julliard.
- 1957 : Présence française et abandon. Plon.
- 1961 : La Chine au défi
- 1964 : Le Coup d'État permanent, Les débats de notre temps. Plon.
- 1969 : Ma part de vérité
- 1971 : Un socialisme du possible (livre écrit en collaboration)


Prix Goncourt

Le prix Goncourt est un prix littéraire de France créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1896. La Société Littéraire des Goncourt fut officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt fut décerné le 21 décembre 1903. Le prix Goncourt, créé pour récompenser chaque année « le meilleur ouvrage d'imagination en prose, paru dans l'année » est attribué presque exclusivement à un roman. Il est le prix français le plus convoité. Le prix lui-même n'est pourtant que de 10 euros, mais la célébrité du livre qui a gagné le Goncourt est considérée comme une récompense. Les membres de l'Académie Goncourt se réunissent chaque premier mardi du mois dans leur salon, au premier étage du restaurant Drouant à Paris. Le nom du lauréat est proclamé le 3 novembre après un déjeuner au restaurant. Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. Pourtant, l'écrivain Romain Gary l'a reçu en 1956 pour son roman Les racines du ciel, puis en 1975, sous le pseudonyme Émile Ajar, pour le roman La Vie devant soi. Note : le prix Goncourt est indissociable, depuis 1926, du prix Renaudot, créé cette année-là par dix critiques littéraires qui attendaient la proclamation faite par le président de l'Académie Goncourt. Sans être organiquement lié au jury du Goncourt, le jury du Renaudot joue le rôle de son complément naturel, accentué par l'annonce du résultat, simultanément et dans le même cadre.

Liste des lauréats


- 1903 - John Antoine Nau, Force ennemie
- 1904 - Léon Frapié, La Maternelle
- 1905 - Claude Farrère, Les Civilisés
- 1906 - Jérôme et Jean Tharaud, Dingley, l'illustre écrivain
- 1907 - Émile Moselly, Le Rouet d'ivoire
- 1908 - Francis de Miomandre, Ecrit sur l'eau
- 1909 - Marius et Ary Leblond, En France
- 1910 - Louis Pergaud, De Goupil à Margot
- 1911 - Alphonse de Chateaubriant, Monsieur des Lourdines
- 1912 - André Savignon, Les Filles de la pluie
- 1913 - Marc Elder, Le Peuple de la mer
- 1914 - Adrien Bertrand, l'Appel du Sol
- 1915 - René Benjamin, Gaspard
- 1916 - Henri Barbusse, Le Feu
- 1917 - Henri Malherbe, La Flamme au poing
- 1918 - Georges Duhamel, Civilisation
- 1919 - Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleur (volume 2 de À la recherche du temps perdu,)
- 1920 - Ernest Pérochon, Nene
- 1921 - René Maran, Batouala
- 1922 - Henri Béraud, Le Vitriol de la lune et Le Martyre de l'obèse
- 1923 - Lucien Fabre, Rabevel ou le Mal des ardents
- 1924 - Thierry Sandre, Le Chèvrefeuille, le Purgatoire, le Chapitre XIII
- 1925 - Maurice Genevoix, Raboliot
- 1926 - Henri Deberly, Le Supplice de Phèdre
- 1927 - Maurice Bedel, Jérôme 60° latitude nord
- 1928 - Maurice Constantin-Weyer, Un homme se penche sur son passé
- 1929 - Marcel Arland, L'Ordre
- 1930 - Henri Fauconnier, Malaisie
- 1931 - Jean Fayard, Mal d'amour
- 1932 - Guy Mazeline, Les Loups
- 1933 - André Malraux, La Condition humaine
- 1934 - Roger Vercel, Capitaine Conan
- 1935 - Joseph Peyré, Sang et lumières
- 1936 - Maxence Van Der Meersch, L'Empreinte de Dieu
- 1937 - Charles Plisnier, Faux Passeports
- 1938 - Henri Troyat, L'Araigne
- 1939 - Philippe Hériat, Les Enfants gâtés
- 1940 - Francis Ambriere, Les Grandes Vacances
- 1941 - Henri Pourrat, Le Vent de Mars
- 1942 - Bernard Marc, Pareil à des enfants
- 1943 - Marius Grout, Passage de l'Homme
- 1944 - Elsa Triolet, Le Premier Accroc coûte 200 Francs
- 1945 - Jean-Louis Bory, Mon village à l'heure allemande
- 1946 - Jean-Jacques Gautier, Histoire d'un fait divers
- 1947 - Jean-Louis Curtis,