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| Michel Foucault |
Michel FoucaultMichel Foucault est un philosophe français né le 15 octobre 1926 à Poitiers et décédé le 25 juin 1984 à Paris. Il s'est intéressé principalement au rapport de l'homme au pouvoir, poursuivant sur les voies tracées par Friedrich Nietzsche.
Philosophie
L'idée d'une microphysique du pouvoir fondée sur l'analyse historienne
Michel Foucault est connu pour avoir mis en lumière certaines pratiques et techniques de la société par ses institutions à l'égard des individus. Il note la grande similitude dans les modes de traitements accordés ou infligés à de grands groupes d'individus qui constituent les frontières du groupe social : les fous, les condamnés (il fonde d'ailleurs le Groupe d'information sur les prisons ou GIP en 1971, versant pratique de son travail théorique dans Surveiller et punir), certains groupes d'étrangers, les soldats et les enfants. Il considère que finalement, ils ont en commun d'être regardés avec méfiance et exclus, par un enfermement en règle dans des structures fermées, spécialisées, construites et organisées sur des modèles similaires (asiles, prisons, casernes, écoles) inspirés du modèle monacal, ce qu'il a appelé institution disciplinaire.
Son homosexualité, à une époque où, si elle n'était plus réprimée, restait néanmoins mal acceptée, est probablement l'une des raisons de l'intérêt qu'il portait au thème du rapport de pouvoir entre l'institutionnel et l'individu. C'est ce pouvoir qui fonde la constitution de savoirs et est à son tour fondé par eux : c'est la notion de « savoir-pouvoir » – qui recouvre la sexualité, la médecine, etc. Sceptique quant à la portée réelle de la libération sexuelle, il a cependant, dans ses derniers entretiens, en relation à son Histoire de la sexualité, discuté parfois de l'homosexualité et plus rarement de la sienne, mais plus généralement des relations affectives, posant, par exemple et pour son compte, une distinction entre amour et passion qu'il n'aura malheureusement pas eu le temps d'expliciter plus avant : le problème du désir et le thème de la maîtrise sont au cœur de la question de la subjectivité développée alors par ce que certains s'autorisent à nommer le « second » Foucault, celui du « souci de soi », émancipé du régime disciplinaire. Ce sont les mensonges et les malentendus autour de sa mort du sida qui ont poussé son compagnon Daniel Defert à créer la première association française de lutte contre le sida, AIDES .
Refusant l'abstraction et les généralités, Michel Foucault s'est efforcé, dans la grande majorité de ses travaux, de se limiter :
- à des problèmes concrets (la folie, l'emprisonnement, la clinique…) ;
- dans un cadre géographique très déterminé (la France, l'Europe, voire l'Occident) ;
- à des cadres historiques précis (l'âge classique, la fin du , l'Antiquité grecque, etc.).
Pourtant, ses observations permettent de dégager des concepts débordant ces limites dans le temps et dans l'espace, ce qui leur permet de garder une grande actualité (ce qui permet aussi à beaucoup de personnages de se réclamer de lui aujourd'hui, dans une grande diversité de domaines). Par exemple, c'est en étudiant la mutation des techniques pénales à la fin du qu'il peut analyser l'émergence d'une nouvelle forme de la subjectivité constituée par le pouvoir, en étudiant les mutations des disciplines scientifiques à la fin du qu'il dégage la constitution de la notion d'« homme », etc. : ce que l'on observe dans les marges se construit au centre.
En ceci, quoiqu'il se revendiquât essentiellement historien, pour la rigueur et la scientificité de cette discipline, il est indéniablement philosophe dans la mesure où les enquêtes qu'il mène sont l'occasion de dégager des concepts dont la portée dépasse les circonstances très précises qu'il a étudiées.
L'hypothèse du biopouvoir
Outre les travaux consacrés à des problèmes très concrets, certains ouvrages ont résolument pris une orientation plus conceptuelle, c'est-à-dire plus explicitement centrés sur la question du savoir, première dans la production intellectuelle de Foucault : Les Mots et les choses, L'Archéologie du savoir et L'Ordre du discours. Le premier, publié en 1966, dégage les « épistémè » mis à l'œuvre dans la connaissance de l'« homme ». Le dernier est le discours prononcé au Collège de France, et possède une valeur légèrement plus programmatique, tout en remettant également en perspective la méthode adoptée dans les ouvrages précédents : « Remettre en question notre volonté de vérité ; restituer au discours son caractère d'événement ; lever enfin la souveraineté du signifiant » .
Intellectuellement aussi bien que personnellement, il a été très proche de Gilles Deleuze. Dans la seconde moitié des années 1970, il s'est intéressé à ce qui lui semblait une nouvelle forme d'exercice du pouvoir (sur la vie), qu'il a appelé biopouvoir (concept repris et développé depuis par Giorgio Agamben et Antonio Negri, notamment), indiquant le moment où, autour du , la vie – celle des individus et celle des populations – entre comme telle dans les mécanismes du pouvoir et devient ainsi un enjeu essentiel pour la politique.
Au début des années 1980, le quadrilatère conceptuel fondamental de Foucault articule la vérité, le pouvoir, le sujet et la vie. C'est peut-être dans son hommage à Georges Canguilhem (« La vie : l'expérience et la science », le dernier texte auquel il donna son imprimatur) que l'on perçoit le mieux sa philosophie de la vie (un concept certes bien équivoque), et son rapport à la vérité : il y problématise en effet notre humaine capacité (cas d'espèce ! dirait encore Nietzsche) à former des concepts, quelques soient les errances et déviations de la vie, qui sont sa vocation.
Son travail, du point de vue de l'ensemble, se présente comme une immense histoire des limites tracées à l'intérieur de la société, et qui définissent les seuils à partir duquel on est fou, malade, criminel, divergent. Les clivages internes de la société ont une histoire, faite de la lente formation, sans cesse remise en cause, de ces limites. De part et d'autre de ces domaines d'exclusion et d'inclusion se constituent des formes de subjectivité différentes, et le sujet est donc une concrétion politique et historique, et pas une substance libre comme le voudrait la tradition et le sens commun : je ne me percois moi-même que selon les critères formés par l'histoire. Le pouvoir n'est pas une autorité s'exercant sur des sujets de droit, mais avant tout une puissance immanente à la société, qui s'exprime dans la production de normes et de valeurs. Le problème politique décisif n'est donc plus la souveraineté, mais ces micropouvoirs qui investissent le corps, et qui, silencieusement, inventent les formes de la domination, mais peuvent tout aussi bien donner l'occasion de nouvelles possibilités de vie ( « Il n'y a de relation de pouvoir qu'entre des sujets libres » se plaisait-il à dire ). Ainsi l'utilité chez Foucault, dans son rapport réciproque à la docilité, ouvre un domaine très large de considérations, au-delà de l'utilitarisme, du côté de l'industrie, du travail, de la productivité, de la créativité, de l'autonomie, du gouvernement de soi.
« le malheur des hommes ne doit jamais être un reste muet de la politique »
L'héritage de sa philosophie est immense. Outre qu'elle influença (tout comme elle fut influencée par) nombre de mouvements contestataires en France comme dans le monde anglo-saxon depuis les années 1970 (de l'antipsychiatrie au mouvements des prisonniers en passant par les mouvements féministes jusqu'aux mouvements de malades ), la fécondité de nombre de ses propositions essentielles s'éprouve toujours dans le monde académique au-delà des spécialisations disciplinaires, parcourant un vaste champ allant des Gender Studies à l'histoire du Droit et autres « archéologies » de l'État-providence en passant par la critique de l'économie politique, et malgré le désamour de la sociologie .
Notes
[http://www.liberation.fr/page.php?Article=216723 « Les derniers jours » de Michel Foucault : entretien avec Daniel Defert paru dans Libération, 19 juin 2004]
Voir [http://www.univ-lille3.fr/set/col/KeckFoucault.html « De l'archéologie des sciences humaines à l'hypothèse du biopouvoir »] par Frédéric Keck
Voir [http://vacarme.eu.org/article456.html « Sida : angles d'attaque »] par Philippe Mangeot (Vacarme, n°29, 2004)
Voir, par exemple, [http://www.univ-paris8.fr/sociologie/fichiers/lae2004.pdf « Les "beaux cas" chez Michel Foucault »] par Jean-François Laé (Le Portique, n°13/14, 2004)
Idées
Michel Foucault s'est successivement intéressé au savoir, puis au pouvoir, enfin au sujet.
- Emergence du concept de population au cours des et siècles. La population devient un objet d'études et de gestion politique.
- Passage de la loi à la norme. D'une société (d'Ancien régime) centrée sur la loi on est passé à une société gestionnaire centrée sur la norme. C'est l'une des conséquences de la vaste révolution libérale.
- Concept de biopouvoir : au pouvoir qui donne la mort et laisse vivre s'est substitué le biopouvoir qui fait vivre et laisse mourir (Etat providence : sécurité sociale, assurances, etc.).
- Figure du panoptique (projet architectural de prison inventé par Bentham et conçu pour que les prisonniers puissent tous être vus depuis une tour centrale) comme paradigme de ce vers quoi tend notre société (voir société de contrôle et Gilles Deleuze).
- Les relations de pouvoir traversent l'ensemble de la société. Un certain discours affirme que le paradigme de la société est la guerre civile, que toutes les interactions sociales sont des versions dérivées de la guerre civile. On peut donc renverser la proposition de Clausewitz et dire que la politique est la continuation de la guerre par d'autres moyens.
- Concept grec de souci de soi comme fondement de l'éthique.
Bibliographie
(chez Gallimard, sauf indication contraire)
- Maladie mentale et personnalité, 1954 ; reed. Maladie mentale et psychologie, 1962 (PUF)
- Histoire de la folie à l'âge classique - Folie et déraison, 1961
- Raymond Roussel, 1963
- Naissance de la clinique - une archéologie du regard médical, 1963 (PUF)
- Les mots et les choses - une archéologie des sciences humaines, 1966
- La pensée du dehors, 1966 (Fata Morgana)
- L'archéologie du savoir, 1969
- Sept propos sur le septième ange, 1970 (Fata Morgana)
- L'ordre du discours, 1971
- Ceci n'est pas une pipe, 1973 (Fata Morgana)
- Surveiller et punir, 1975
- Histoire de la sexualité, volume 1. "La volonté de savoir", 1976 | volume 2. "L’usage des plaisirs", 1984 | volume 3. "Le souci de soi", 1984
- Dits et écrits, chez Gallimard (première édition en 4 volumes, seconde en deux, dans la collection Quarto)
- Plusieurs volumes sont parus, transcriptions de ses cours au Collège de France :
- 1973-74 : Le pouvoir psychiatrique, 2003
- 1974-75 : Les anormaux, 1999
- 1975-76 : Il faut défendre la société, 1997
- 1977-78 : Sécurité, territoire, population, 2004
- 1978-79 : Naissance de la biopolitique, 2004
- 1981-82 : L’herméneutique du sujet, 2001
- Plusieurs publications d'archives :
- Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère. Un cas de parricide au siècle, 1973
- Herculine Barbin dite Alexina B, 1978
- Les machines à guérir, aux origines de l’hôpital moderne, 1979 (éditions Pierre Mardaga)
- Le désordre des familles. Lettres de cachet des archives de la Bastille au siècle, 1980
- Signalons aussi :
- L’Impossible prison. Recherches sur le système pénitentiaire au siècle réunies par Michelle Perrot, 1980 (Seuil)
- Le Groupe d'information sur les prisons. Archives d’une lutte 1970-1972, documents réunis par Philippe Artières, Laurent Quéro et Michelle Zancarini-Fournel, postface de Daniel Defert, 2003 (éditions de l'IMEC)
Biographies
- Colombel, Jeannette, Michel Foucault, la clarté de la mort, Odile Jacob, 1994.
- Éribon, Didier, Michel Foucault (1926-1984), Champs Flammarion, 1991 (1989).
- Éribon, Didier, Michel Foucault et ses contemporains, Fayard, 1994.
- Macey, David, Michel Foucault, Gallimard, 1994.
- Claude Mauriac, Le Temps immobile, Grasset, 1975-1988, réédition Le livre de poche, volume 3 : “Et comme l’espérance est violence”.
Ouvrages sur Michel Foucault
- Adorno, Francesco Paolo, Le style du philosophe. Foucault et le dire vrai, Kimé, 1996.
- Auzias, Jean-Marie, Michel Foucault, La manufacture, 1986.
- Billouet, Pierre, Foucault, figure du savoir, Les Belles Lettres, 1999.
- Blanchot, Maurice, Michel Foucault tel que je l’imagine, Fata Morgana, 1986.
- Boullant, François, Michel Foucault et les prisons, PUF, 2003.
- de Certeau, Michel, Histoire et psychanalyse entre science et fiction, Gallimard, 2002 (1987).
- Chevallier, Philippe, Michel Foucault. Le pouvoir et la bataille, Éditions Plein Feux, 2004.
- Deleuze, Gilles, Foucault, Éditions de Minuit, 1986.
- Dreyfus, Hubert ; Rabinow, Paul, Michel Foucault. Un parcours philosophique, Gallimard, 1984.
- Gros, Frédéric, Michel Foucault, Que sais-je ?, PUF, 1996.
- Gros, Frédéric, Foucault et la folie, PUF, 1997.
- Fortier, Francis, Les stratégies textuelles de Michel Foucault, un enjeu de véridiction, Nuit blanche éditeur, 1997.
- Halperin, David, Saint Foucault, EPEL, 2000.
- Han, Béatrice, L’ontologie manquée de Michel Foucault, Million, 1998.
- Kremer-Marietti, Angèle, Michel Foucault et l'archéologie du savoir, Seghers, 1974.
- Kremer-Marietti, Angèle, Michel Foucault, Archéologie et généalogie, Livre de poche, 1985.
- Macherey, Pierre, “Foucault, éthique et subjectivité”, dans la revue autrement n°102, novembre 1988.
- Merquior, José-Guilherme, Foucault ou le nihilisme de la chaire, PUF, 1986
- Moebius, Stephan, Die Zauberlehrlinge. Soziologiegeschichte des Collège de Sociologie, 2006, Konstanz
- Monod, Jean-Claude, Foucault. La police des conduites, Michalon, 1997.
- Olivier, Lawrence, Michel Foucault : penser au temps du nihilisme, Montréal : Éditions Liber, 1995.
- Potte-Bonneville, Mathieu, Michel Foucault, l’inquiétude de l’histoire, PUF, 2004.
- Rajchman, John, Michel Foucault, la liberté de savoir, PUF, 1987.
- Revel, Judith, Le vocabulaire de Foucault, ellipses, 2002.
- Veyne, Paul, Comment on écrit l’histoire, suivi de Foucault révolutionne l’histoire, Seuil, 1979.
Regards croisés
- Rajchman, John, Erotique de la vérité. Foucault, Lacan et la question de l'éthique, PUF, 1994.
- Fimiani, Mariapola, Foucault et Kant. Critique, Clinique, Ethique, L'Harmattan, 1999.
Ouvrages collectifs
- Michel Foucault, une histoire de la vérité, Syros, 1985.
- Michel Foucault philosophe. Rencontre internationale Paris, 9, 10, 11 janvier 1988, Seuil, 1989.
- Michel Foucault. Lectures critiques, De Boeck-Wesmael, 1990.
- Michel Foucault. Lire l’œuvre, Million, 1992.
- Penser la folie, Galilée, 1992.
- Michel Foucault. Les jeux de la vérité et du pouvoir, Presses Universitaires de Nancy, 1994.
- Revue Sociétés et représentations, numéro 03 « Surveiller et punir : la prison vingt ans après », CREDHESS, 1996.
- Au risque de Foucault, Éditions du Centre Georges Pompidou, 1997.
- Michel Foucault, Trajectoires au cœur du présent, L’harmattan, 1998.
- [http://multitudes.samizdat.net/rubrique.php3?id_rubrique=61 Revue Multitudes, numéro 01 « biopolitique et biopouvoir », Exils, 2000.]
- Revue Cités, numéro 02 « Michel Foucault de la guerre des races au bio pouvoir », PUF, 2000.
- L’infréquentable Michel Foucault, EPEL, 2001.
- Michel Foucault et la médecine, Kimé, 2001.
- Lectures de Michel Foucault, volume I : A propos de « Il faut défendre la société », 2001, volume II : Foucault et la philosophie, 2003, volume III : Sur les Dits et écrits, 2003, ENS éditions.
- Foucault. Le courage de la vérité, PUF, 2002.
- Foucault au Collège de France, un itinéraire, Presses Universitaires de Bordeaux, 2003.
- Foucault, la littérature et les arts, Kimé, 2004.
- [http://vacarme.eu.org/rubrique105.html Revue Vacarme, numéro 29 « Michel Foucault (1984-2004) », 2004.]
- [http://leportique.revues.org/sommaire601.html Revue Le Portique, numéro 13-14 « Foucault : usages et actualités », 2004.]
- Revue Chimères, numéro 54/55 « Michel Foucault : généalogie, esthétique, contrôle », 2004.
- Penser avec Michel Foucault. Théorie critique et pratiques politiques, Karthala, 2005.
- Revue Labyrinthe, « La biopolitique (d')après Michel Foucault », n°22, 2005
Liens externes
- [http://www.foucault.info Foucault.info]
- [http://www.incipitblog.com/index.php/2005/03/08/michel-foucault-surveiller-et-punir/ Lecture mp3 (livre audio) de l'incipit de Surveiller et punir]
- [http://www.geocities.com/groupedumercredi/questcequunauteur.html Analyse de "Qu'est-ce qu'un auteur?"]
- [http://www.liberation.fr/page.php?Article=218648&Template=GALERIE&Objet=13606 Écouter Michel Foucault : «Mon corps, topie impitoyable», Corps utopique 1966 / «Juxtaposition d'espaces incompatibles - Hétérotopies», 1966]
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Foucault, Michel
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Philosophe
Catégorie:Philosophie
Un philosophe est une personne pratiquant la philosophie, et puisqu'il y a certainement autant de manières de la pratiquer qu'il y a de philosophes, il n'est pas facile de décrire brièvement ce que peut être un philosophe ; néanmoins, l'idée la plus générale que l'on peut s'en faire est sans doute celle d'un homme qui dispose sa vie et sa pratique (ses valeurs et ses actions), suivant des considérations théoriques, i.e suivant des principes.
Quelques aspects du philosophe
Vocation de base
Un des traits les plus caractéristiques est certainement que le philosophe fait de la philosophie une activité libre à laquelle il consacre sa vie, i.e. qu'il s'agit d'une vocation. Mais cette vocation s'entend elle aussi de plusieurs manières : par exemple, la philosophie suppose un certain genre de vie, ce que l'on appelle une sagesse, ou un art de vivre. L'idée de vocation sera développée plus bas dans l'article...
De plus, la plupart des grands philosophes étaient aussi des scientifiques pratiquant plusieurs disciplines. L'ensemble de ces disciplines leur permettait de se construire une représentation de l'univers comportant plusieurs perspectives plus ou moins solidaires (biologique, physique, philosophique, etc).
Le philosophe dans la culture occidentale
La valorisation de la connaissance dans la culture occidentale fait que le philosophe est largement considéré, à tort ou à raison, comme le sommet du prestige intellectuelle. Mais ce statut est aussi souvent remis en cause, et cela pour des raisons qui apparaissent depuis l'Antiquité, comme par exemple l'utilisation de la philosophie par des opportunistes, ou parce qu'il arrive qu'il y ait des malentendus sur ce que l'on peut attendre de la philosophie. Ce prestige de la philosophie a aussi souffert du développement du monde moderne et de la professionalisation de cette discipline.
Dans le monde moderne, la philosophie peut en effet paraître inutile, d'une part face aux sciences qui prétendent parfois être la source unique de la connaissance, d'autres part face au idéaux de confort et de bien-être des sociétés démocratiques, idéaux soutenus par la science (mais au bénéfice d'une partie de la population mondiale). L'esprit moderne n'est donc peut-être pas compatible avec la discipline de l'esprit et de la vie exigée par une pratique de la philosophie qui ne semble pas rentable. Bien plus, au yeux du philosophe, la culture moderne comporte bien des aspects pour le moins douteux.
Le philosophe peut donc apparaître soit comme un vestige archaïque de temps révolus, soit au contraire comme un défenseur d'une vie authentique menacée par la rationalisation outrancière des sociétés marchandes et par la dévalorisation que fait subir de tels systèmes de consommation aux individus. Ainsi, si la place des philosophes dans la société est un problème soulévé depuis Platon, ce problème est remarquable aujourd'hui par la force avec laquelle il se pose : il remet en cause la légitimité même de la philosophie.
Le philosophe dans la société
Conditions matérielles
- Développement des arts (artisanat et art) : l'accumulation des savoirs purement pratiques aboutit à une systématisation des connaissances dans la science et dans la philosophie ; par exemple, le savoir pratique des arpenteurs égyptiens permet la géométrie comme science.
- Production esclavagiste : il y a une séparation entre les hommes :
- les esclaves, en vue de satisfaire les besoins matériels ;
- les hommes libres, qui peuvent se livrer à une activité désintéressée (science, politique, philosophie, au sens où ce n'est pas l'utilité immédiate qui est visée).
- Liaison avec la mer : la navigation et le commerce permettent des rencontres avec d'autres cultures.
Comme on le voit, le philosophe est loin de naître grâce à un système démocratique tel que nous le concevons aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que la démocratie antique est esclavagiste.
Rôle social et politique
Bien que l'on croit souvent que le travail du philosophe puisse servir à répondre à des questions touchant les hommes en général, ou les hommes d'une société en quête de valeurs, il n'est pas certain que cela soit sa tâche première. En particulier, on peut se demander si un philosophe a vocation à intervenir dans des débats d'actualité, comme si son statut réel ou non de penseur lui donnait une supériorité intellectuelle sur les autres hommes. Par exemple, sur un débat concernant la société, en quoi un philosophe est-il mieux placé que n'importe quel citoyen ?
Il est plus probable qu'en réalité un philosophe use de son prestige pour intervenir dans un débat. Or, ceci non seulement paraît fort peu philosophique, mais peut nuire à la philosophie surtout lorsque ce pouvoir médiatique met en lumière l'opportunisme de certains intellectuels. Cette dernière attitude est surtout une tradition continentale.
Il semble donc que dans une société un philosophe n'ait pas particulièrement vocation à penser le quotidien, l'actualité, et toute la cacophonie internationale. S'il agit, c'est plutôt comme un autre, i. e. comme citoyen ou comme être humain. Pourtant, s'il est vrai que la philosophie est aussi un art
de vivre, il parait naturel que les autres hommes viennent le consulter notamment lorsque les valeurs se perdent, et que personne ne sait plus ce qu'il en est de la valeur des actions humaines. Cela arrive en effet lorsqu'il y a de grands bouleversements politiques. On explique ainsi le succès de l'éthique pendant la période hellénistique, à un moment où les cadres de la cité s'effondrent. La philosophie serait alors la planche de salut.
Mais cette conception qui demande à la philosophie des solutions contre le chaos extérieur et intérieur (angoisse, malheurs, souffrances morales, etc.) suppose sans doute un oubli de la perspective propre de celui qui vit pour la pensée. En effet, si l'art de vivre du philosophe est une sagesse, alors cette sagesse est au moins idéalement indépendante des contingences historiques. Ce n'est donc que par accident que le philosophe se trouve dans la position du « thérapeute » de la culture. Mais le problème, au moins dans cette perspective, reste le même : ou bien le philosophe aspire à la sagesse, et son sentiment est qu'il n'appartient à aucune société (il est cosmopolite comme les Stoïciens) ; ou bien il aspire à réformer les hommes et la société, et dans ce cas il risque de se voir réduit au rôle de moraliste.
En revanche, à certaines périodes de l'histoire, le philosophe semble avoir pu jouer un rôle à sa mesure, et en particulier un rôle politique plus ou moins important. C'est le cas de certains Présocratiques, qui chercherent à favoriser une union des cités grecques que des conflits incessants menaient à leur perte.
Bibliographie
- Gorgias, Platon
- Protagoras, Platon
- Apologie de Socrate, Platon
- Phédon, Platon
- Théétète, Platon
- Métaphysique, livre A, Aristote
- Lettres, Epicure
- Discours de la Méthode, Descartes
- Problèmes philosophiques, Bertrand Russell
- Philosophie par gros temps, Vincent Descombes
- La demande philosophique, Jacques Bouveresse
- Le Monde de Sophie, Jostein Gaarder
Citations
- "Le philosophe consume sa vie à observer les hommes et il use ses esprits à en démêler les vices et le ridicule" (La Bruyère)
- "Les vrais philosophes passent leur vie à ne point croire ce qu'ils voient et à tâcher de deviner ce qu'ils ne voient point" (Fontenelle)
- "L'esprit philosophique est un esprit d'observation et de justesse qui rapporte tout à ses véritables principes." (Diderot)
- "J'estime philosophe tout homme, de quelque degré de culture qu'il soit, qui essaye de temps à autre de se donner une vision d'ensemble, une vision ordonnée de tout ce qu'il sait, et surtout de ce qu'il sait par expérience directe, intérieure et extérieure." (Paul Valéry)
- "Le philosophe se reconnaît à ce qu'il a inséparablement le goût de l'évidence et le sens de l'ambiguïté." (Maurice Merleau-Ponty)
- "La philosophie c'est creer des concepts."(Gilles Deleuze)
Voir aussi
- Sagesse
- Philosophie
- Raison
- Philosopher
- Liste des philosophes par année de naissance
- Liste des écoles philosophiques
Lien Externe
- [http://wikisource.org/wiki/Le_Philosophe Le Philosophe de Du Marsais]
- [http://dmoz.org/Society/Philosophy/Philosophers/ Philosophers sur l'Open Directory]
15 octobre
Le 15 octobre est le 288 jour de l’année (289 en cas d’année bissextile) du calendrier grégorien.
Événements
- 1041 : Consécration de la nouvelle abbatiale de St-Florent le Jeune
- 1106 : Henri I Beauclerc est reconnu duc de Normandie
- 1210 : pose de la première pierre, à Bad Godesberg du château Godesburg par l’archevêque de Cologne Dietrich Ier de Hegebach.
- 1399 : Henri V d'Angleterre devient prince de Galles
- 1467 : Par lettres patentes signées à Paris, Louis XI attribue à Gaston IV, comte de Foix, le trésor de Villandraut confisqué à Antoine de Castelnau, sire du Lau, qui avait eu le tort, en 1465, de prendre le parti des adversaires du Roi lors de la Ligue du Bien public.
- 1529 : Le sultan turc Soliman I lève le siège de Vienne
- 1582 : Le pape Grégoire XIII implémente le calendrier grégorien. En Espagne, Italie, Pologne et au Portugal le 4 octobre de cette année est suivi directement par le 15 octobre sautant ainsi 10 jours. D'autres pays suivirent à d'autres dates.
- 1790 : Le maire de Paris, Bailly, appose les scellés sur les archives du Parlement de Paris, qui sont transportées aux archives de France.
- 1805 : Fin de la Bataille de Ulm
- 1815 : Napoléon I, empereur de France commence son exil à Sainte-Hélène.
- 1833 : La Prusse, la Russie et l’Autriche conviennent de soutenir l’Empire ottoman et renforcent la Sainte-Alliance.
- 1843 : Fin de la publication dans le Journal des débats des Mystères de Paris, roman écrit en français par Eugène Sue.
- 1851 : De l’or est découvert à Melbourne, Australie
- 1864 : Mariage de Gaston d'Orléans (1842-1922) avec la princesse impériale Isabelle du Brésil (1846-1921)
- 1892 : Ouverture, au Cameroun, d’une conférence anglo-allemande.
- 1894 : Le capitaine Alfred Dreyfus est arrêté, il est accusé de trahison au profit de l'Allemagne.
- 1927 : Découverte d’un énorme gisement de pétrole à Kirkouk (Irak)
- 1935 : Promotion de Erwin Rommel au grade de lieutenant-colonel de l’armée allemande
- 1928 : La première traversée commerciale de l’Atlantique est effectué par le dirigeable allemand Graf Zeppelin.
- 1940 : Sortie du film américain Le Dictateur réalisé par Charles Chaplin
- 1944 : Le 118e régiment d'infanterie de ligne est réformé.
- 1948 : Ashida Hitoshi qui était le 47 premier ministre du Japon depuis le 10 mars 1948, cède son poste à Yoshida Shigeru qui l’occupera jusqu'au 16 février 1949
- 1946 : Accord International du statut des réfugiés auquel a participé Albert Cohen
- 1960 : Edmond Jouhaud quitte l’armée définitivement.
- 1962 : Fin du mandat de Pierre Sudreau comme ministre de l’Éducation nationale (depuis le 15 avril 1962) et début du mandat de Louis Joxe jusqu'au 28 novembre 1962
- 1963 : La France évacue la base tunisienne de Bizerte
- 1964 : Robert Hayes bat le record du monde du 100 mètres en athlétisme
- 1964 : Début du feuilleton télévisé L'Abonné de la ligne U (F)
- 1968 : Signature d’un traité par Moscou et Prague autorisant les troupes soviétiques à demeurer en Tchécoslovaquie
- 1971 : Le Turbotrain Zubilon atteint la vitesse record de 252 km/h
- 1973 : Création de l’établissement public d’aménagement de Melun-Sénart
- 1974 : Israël juge illégale la décision de l’Assemblée générale de l'ONU d’inviter l'OLP
- 1979 : Fin de mandat de Ólafur Jóhannesson et début de celui de Benedikt Gröndal comme premiers ministres d'Islande
- 1984 : Danse avec moi (TF1), première telenovela diffusée en France (F)
- 1986 : Attentat au mur des Lamentations à Jérusalem
- 1987 : Coup d’État sanglant au Burkina Faso, dans lequel le président Thomas Sankara trouve la mort. Il est remplacé par Blaise Compaoré.
- 1989 : Fin du mandat de député européen de Alain Juppé
- 1990 : Mikhaïl Gorbatchev reçoit Le prix Nobel de la paix
- 1993 : Nelson Mandela et Frederik De Klerk reçoivent le Prix Nobel de la Paix
- 1994 : Jean-Bertrand Aristide, chassé du pouvoir en Haïti par un coup d'État sanglant, rentre dans son pays après trois ans d'exil.
- 1997 : Lancement de la sonde Cassini-Huygens vers Saturne dont elle atteindra les anneaux en juillet 2004
- 1998 : Inauguration par Jacques Chirac de la nouvelle ligne 14 (Météor) du métro parisien
- 1998 : Le Viagra arrive dans les pharmacies françaises
- 1999 : L’organisation humanitaire française Médecins sans frontières reçoit Le prix Nobel de la paix
- 2002 : Saddam Hussein obtient un nouveau mandat avec 100% de « oui » au référendum présidentiel
- 2002 : Découverte de l’astéroïde nº55636
- 2003 : La Chine envoi son premier homme dans l’espace, Yang Liwei, à bord d’un vaisseau Shenzhou V. Elle devient ainsi la 3 nation à lancer un homme en orbite.
- 2003 : Sortie de Firebird 0.7, futur Mozilla Firefox.
- 2003 : Début du mandat de İlham Əliyev comme président de la République d’Azerbaïdjan
- 2003 : L’Union pour la protection des obtentions végétales compte 53 États membres.
- 2003 : Assassinat de trois employés de la DynCorp dans la Bande de Gaza
- 2003 : Sortie du film américain Mystic River
Naissances
- 70 av. J.-C. : Virgile, poète latin
- 1396 : Jean IV, comte d’Armagnac
- 1608 : Evangelista Torricelli, physicien et mathématicien italien
- 1740 : Élie Lafont, général de brigade français
- 1824 : Yan Dargent, peintre breton
- 1829 : Asaph Hall, astronome américain, qui découvrit les deux lunes de Mars, Phobos et Deimos
- 1844 : Friedrich Nietzsche, philosophe allemand
- 1852 : Yamamoto Gonnohyoe, homme politique japonais
- 1856 : Oscar Wilde, écrivain irlandais
- 1856 : Georges Robert Nivelle, général français.
- 1878 : Paul Reynaud, homme politique.
- 1881 : Pelham Grenville Wodehouse, auteur comique anglais
- 1913 : Klaus Barbie, agent de la Gestapo.
- 1920 : Henri Verneuil, cinéaste et membre de l’Académie des Beaux-Arts (décédé le 11 janvier 2002)
- 1920 : Mario Puzo, écrivain italien, qui est l'auteur du Parrain, cher à Francis Ford Coppola (décédé le 2 juillet 1999)
- 1923 : Italo Calvino, écrivain italien
- 1926 : Michel Foucault. philosophe français à Poitiers
- 1953 : Toriano « Tito » Jackson, membre des Jacksons
- 1957 : Mira Nair, réalisatrice de cinéma indienne.
- 1959 : Sarah Ferguson, duchesse d'York.
- 1968 : Laurent Hénart, homme politique français
- 1968 : Didier Deschamps, footballeur français champion du monde en 1998 et champion d'Europe en 2000
- 1969 : Martial Saddier , homme politique français
- 1977 : David Trézéguet, footballeur français champion du monde en 1998 et champion d'Europe en 2000
Décès
- 1582 : Sainte Thérèse d'Ávila dans la nuit du 4 au 15 octobre (voir paragraphe Événements ci-dessus).
- 1584 : Ivan le Terrible,tsar de Russie.
- 1605 : Jalâl ud-Din Muhammad Akbar, en persan جلالالدين محمّد اكبر Ǧalāl Ud-Dīn Muḥammad ʾAkbar, qui dirige l'Empire moghol de 1556 jusqu'en 1605.
- 1817 : Tadeusz Kościuszko héros polonais
- 1917 : Mata Hari, danseuse exotique et espionne au profit de l'Allemagne, est exécutée.
- 1730 : Antoine Laumet de La Mothe, sieur de Cadillac, aventurier français.
- 1934 : Raymond Poincaré, président de la République française de 1913 à 1920.
- 1945 : Pierre Laval, Premier ministre du gouvernement français à Vichy.
- 1946 : Hermann Goering, commandant de l'armée de l'air allemande.
- 1954 : Maurice Bedel romancier, essayiste et jounaliste français.
- 1957 : Henry Van de Velde, peintre, architecte et décorateur d’intérieur belge.
- 1959 : Stepan Bandera, chef de l’organisation ukrainienne nationaliste (OUN) et le fondateur de l’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA).
- 1964 : Cole Porter, auteur-compositeur américain (° 9 juin 1891), spécialisé dans la comédie musicale.
- 1965 : Adolf Abraham Halevi Fraenkel , mathématicien allemand / israélien.
- 1969 : Abdirachid Ali Chermake, président somalien.
- 1987 : Thomas Sankara, chef de l’État du Burkina Faso.
- 1990 : Delphine Seyrig, actrice française (° 10 avril 1932).
- 1991 : Benigno Cacérès.
- 1992 : Andreï Tchikatilo, surnommé le « tueur de Rostov », il a été condamné à la peine capitale pour le meurtre de 52 personnes.
- 2003 : Ould Daddah, ancien président mauritanien.
Célébrations
- Journée internationale de la Canne Blanche
- Fête de Kenka matsuri au Japon
Catégorie:Jour de l'année
ja:10月15日
ko:10월 15일
simple:October 15
th:15 ตุลาคม
Poitiers ja:ポワチエ
-
Catégorie:Vienne
Poitiers est une commune française, chef lieu du département de la Vienne et de la région Poitou-Charentes.
Ses habitants sont appelés les Pictaviens. Pictaviens est une forme savante du XIXe.
Devise de la ville : « Sainte, saine et savante.»
Géographie
Situation
La ville de Poitiers est située sur le Seuil du Poitou , passage peu élevé entre le Massif armoricain à l'ouest et le Massif central à l'est. Il s'agit donc d'une voie de passage facile entre le Bassin parisien et le Bassin aquitain, à 340 km au sud-ouest de Paris, 180 km de Nantes et à 220 km de Bordeaux. Au site favorable s'ajoute donc une position privilégiée sur une route commerciale et militaire.
Site
Bordeaux
Bordeaux
Le site de Poitiers est un vaste promontoire en spatule enserré entre les vallées de la Boivre et du Clain, qu'il domine d'une cinquantaine de mètres de haut. Ce promontoire est relié au plateau par un pédoncule étroit, au lieu-dit la Tranchée. Il tire son nom du fossé creusé pour couper ce passage et isoler ainsi le site du pays environnant. Le premier creusement daterait de l'oppidum gaulois, et il fut maintenu jusqu'au . L'aspect défensif du site est donc prépondérant, mais l'intérêt du site provient également d'une vaste superficie (2,3 km sur 1,3 km, soit 250 ha) très facilement défendable, jusqu'à l'invention de l'artillerie du moins. Ces deux caractères, étendue et facilité de la défense, ont fait que le site de la ville n'a pas été déplacé à l'époque romaine, comme cela est souvent arrivé (Alésia, Lutèce). Ce vaste espace permettaient en outre de faire pâturer les troupeaux à l'abri, puis à partir du Moyen Âge, d'aménager des jardins potagers et des vignes.
Les rivières étaient franchies sur des gués entretenus, sur les sites des actuels pont Joubert et pont Saint-Cyprien. En cas de siège, ils étaient démolis.
Actuellement, la ville de Poitiers s'étend sur le plateau de part et d'autre des vallées, notamment en direction de l'est (campus universitaire, centre hospitalier, zones commerciales et d'habitation) et du Nord (technopole du Futuroscope).
Histoire
Pour un article plus détaillé, voir Histoire de Poitiers
Poitiers a laissé son nom à deux grandes batailles :
- la bataille de Poitiers en 732, victoire des Francs de Charles Martel sur les Arabes
- la bataille de Poitiers (1356), qui eut lieu à Nouaillé-Maupertuis, victoire des Anglais commandés par le Prince noir contre les Français de Jean Ier le Bon.
Voir l'article Poitou pour les autres batailles du seuil du Poitou
Antiquité
La ville existait déjà à l'arrivée de César, sous la forme d'un oppidum gaulois, nommé Limonum, ce qui pourrait signifier les boues. Les Romains l'aménagèrent au de notre ère, la dotant d'arènes, de plusieurs thermes, d'aqueducs, le tout donnant un statut de premier plan à la ville.
Il est probable qu'au second siècle de notre ère, la ville fut la capitale de la province d'Aquitaine.
À la fin du , une épaisse muraille construite à la hâte ceint la ville, qui est réduite au sommet du promontoire.
Saint Hilaire évangélise la ville au . Les fondations du baptistère Saint-Jean datent de cette époque.
Voir aussi Vestiges archéologiques de Poitiers
Moyen Âge
À l'époque médiévale, Poitiers tire parti de son site défensif, et de sa situation géographique, loin du centre du pouvoir franc. Siège d'un évêché depuis le , la ville est également la capitale du comté du Poitou, dont les comtes dirigent une importante principauté regroupant le Poitou et l'Aquitaine.
Au , le nom de Grand-rue apparaît dans les chartes. C'est la plus ancienne trace d'un nom de rue conservée en Europe. Cette rue correspond à la ligne de plus faible pente, et donc la moins fatigante, pour monter du gué (actuel pont) Saint-Joubert au plateau, et elle est un itinéraire remontant à l'Âge du Fer. Grossièrement orienté est-ouest, il servit d'axe decuman au quadrillage orthogonal des rues à l'époque romaine. C'est également au IXe siècle que l'abbé Mellebaude fait construire l'hypogée des Dunes.
Aliénor d'Aquitaine fit construire une nouvelle muraille au longue de 6000 mètres, enserrant tout le promontoire. Elle accorda une charte communale à la ville en 1199, et le premier beffroi d'Europe fut construit. Elle fit également des travaux au palais des comtes-ducs et construire un nouveau marché.
La route de Saint-Jacques-de-Compostelle passant par Poitiers, la ville accueille de nombreux pèlerins, qui y font halte pour vénérer les reliques de Sainte Radegonde ou de Saint Hilaire.
Au , la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II le Bon, le duc de Berry (commanditaire des Très riches heures du duc de Berry). Il embellit le palais médiéval des comtes de Poitiers, en y aménageant notamment le donjon (dit tour Maubergeon).
Pendant les heures les plus noires de la guerre de Cent Ans, la ville accueillit le Parlement royal en 1418. C'est également à Poitiers que Jeanne d'Arc fut examinée en 1429 avant de recevoir le commandement de l'ost royal. Profitant de la faveur royale et de la présence de nombreux érudits parisiens exilés, Poitiers obtient la création d'une Université en 1431. Celle-ci compte 4 000 étudiants à la fin du .
Du XVI siècle à nos jours
La ville s'assoupit peu à peu à la Renaissance, et gagne une image de ville vieillotte, aux rues tortueuses, qui n'a pas su évoluer. De fait, peu de changements ont lieu à cette époque dans le tissu urbain, à part le percement de la rue de la Tranchée, et la construction de ponts qui remplacent les anciens gués. Quelques hôtels particuliers sont construits à la Renaissance : hôtels Jean Baucé, Fumé, Berthelot, notamment.
Les poètes Joachim du Bellay et Pierre Ronsard sympathisent à l'Université de Poitiers, avant de monter à Paris. Seul esprit de valeur qu'elle ait produit après le , Descartes n'en parle que pour la dénigrer.
La ville tire sa prospérité essentiellement de ses fonctions administratives : justice royale, évêché, monastères, et l'intendance de la généralité du Poitou. C'est d'ailleurs de l'intendance que viennent quelques évolutions à la fin du : le vicomte de Blossac, intendant de 1750 à 1784, fait aménager un jardin (voir espaces verts de Poitiers) à la française. Il fait également abattre la muraille d'Aliénor d'Aquitaine et aménager des boulevards sur leur emplacement.
Au XIX siècle, de nombreuses casernes sont construites, faisant de Poitiers une ville de garnison. La gare est construite dans les années 1850 et sera bombardée lors de la Seconde Guerre mondiale.
Économie et transports
- Technologies de pointe et recherche scientifique (Futuroscope)
- [http://poitiers.transbus.org Les transports en commun à Poitiers]
Futuroscope
Culture
Poitiers est classée ville d'art et d'histoire.
Monuments
Bien que la ville ait connu un déclin à l'époque moderne, elle conserve des monuments de toutes les époques. Elle compte 78 monuments classés.
Préhistorique
Le dolmen de la Pierre levée, devant lequel passa ensuite la voie romaine Poitiers-Avaricum (Bourges)-Lugdunum (Lyon).
Lugdunum
Antiques
- Baptistère Saint-Jean, du , un des plus anciens monuments chrétiens conservés en France ou peut-être le plus ancien. Il fut bâti vers 360.
- Vestiges (maigres) des arènes romaines, construites au début du de notre ère, parmi les plus grandes de Gaule ; son grand axe mesurait 150 m, le petit 130 m
- Hypogée des Dunes
Médiévaux
Hypogée
- Architecture religieuse
- Église Sainte-Radegonde, qui faisait partie de l'abbaye Sainte-Croix, le premier couvent de femmes fondé en Europe par la reine Radegonde, épouse de Clotaire I, roi des Francs
- Église Saint-Hilaire le Grand
- Église Notre-Dame la Grande, romane, à la façade sculptée exceptionnellement riche
- Cathédrale Saint-Pierre,
- Église de Montierneuf
- Architecture militaire
- Vestiges de la muraille d'Aliénor à la Tranchée
- Tours de cette même muraille dans la vallée de la Boivre (actuels établissements de la poste)
- Tours du château de Jean de Berry, au confluent du Clain et de la Boivre
- Architecture civile
- Palais de Justice, ancien palais des comtes de Poitiers, avec notamment la Tour Maubergeon, l'ancien donjon réaménagé à la fin du Moyen Âge ;
- nombreuses maisons à colombages, notamment rue de la Chaîne, place du marché Notre-Dame, rue de la Regratterie, rue des Vieilles Boucheries
- Hôtels particuliers de riches bourgeois : Hôtels Fumé et Berthelot (rue de la Chaîne, abritent l'actuelle Université d'Histoire et de Sciences humaines), du Puygarreau
XIX et XX siècle
Sciences humaines
- Réplique d'une statue de la Liberté, établie sur l'ancienne place du Pilori, en souvenir du général Berton qui y fut guillotiné en 1822
- Statue Notre-Dame des Dunes
- La Mairie ou Hôtel de Ville
C'est au XIXsiècle que furent démolis de nombreux monuments poitevins :
- les restes imposants des arènes romaines
- le beffroi médiéval
- le complexe conventuel et les nombreuses églises de l'abbaye Sainte-Croix (avec notamment la percée de la rue Jean Jaurès).
Ces destructions s'ajoutent à la suppression des murailles médiévales, par l'intendant de Blossac, pour permettre l'aménagement de boulevards.
Musées
- Musée Sainte-Croix
- Musée Rupert de Chièvres
Musée Sainte-Croix
Établissements culturels
- Médiathèque François-Mitterrand
- Espace Mendès France, centre de culture scientifique, technique et industrielle
- Confort Moderne, salle de concert, d'exposition
- Théâtre-Scène Nationale, théâtre, danse, cinéma art et essai
- Conservatoire national de région
Manifestations culturelles
- Les rencontres cinématographiques Henri Langlois, festival de court-métrage
- Le festival du spectacle de rue, les Expressifs
- Le festival en appartements et autres lieux insolites, Trouver sonnette à son pied
- La Semaine Estudiantine, organisée au printemps par les Bitards
- Musée Ste Croix
Éducation
La ville de Poitiers a une ancienne tradition universitaire. L'Université de Poitiers a été fondée en 1431 et a accueilli un grand nombre de penseurs renommés.
Poitiers est actuellement l'une des villes les plus étudiantes de France, en considérant la proportion d'étudiants à la population totale. Elle accueille des facultés de sciences, géographie, histoire, langues, des écoles d'ingénieurs (l'ENSMA, école nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique et l'ESIP, École supérieure d'ingénieurs de Poitiers). En centre ville se trouve le campus de l'ESCEM (Ecole Supérieure de Commerce et de Management).
Depuis 1991, l'ENSMA et une partie de la faculté des sciences (le SP2MI) ont été relocalisés sur le site du Futuroscope afin de développer ce technopole.
Le CESCM (Centre d'études supérieures de civilisation médiévale) est un pôle de recherche de référence dans son domaine, il est hébergé dans l'hôtel Berthelot du . Depuis 2001, la Ville de Poitiers accueille le premier cycle ibéroaméricain de Sciences Po.
Espaces verts
Sciences Po
Le plus célèbre est le parc de Blossac siège d'un petit zoo. La communauté d'agglomération de Poitiers mène un effort d'extension des espaces verts, notamment le long des vallées du Clain et de ses affluents. Ces terrains autrefois construits sont souvent en zone inondable. Ces nouveaux espaces verts s'ajoutent aux squares et jardins publics plus anciens.
Voir Espaces verts de Poitiers
Espaces verts de Poitiers
Administration
Poitiers est chef-lieu de sept cantons :
- Le 1 canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Migné-Auxances (14 577 habitants);
- Le 2 canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Buxerolles (18 099 habitants);
- Le 3 canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Mignaloux-Beauvoir (22 467 habitants);
- Le 4 canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Saint-Benoît (18 090 habitants);
- Le 5 canton est formé d'une partie de Poitiers et des communes de Croutelle, Fontaine-le-Comte, Ligugé et Vouneuil-sous-Biard (15 932 habitants);
- Le 6 canton est formé d'une partie de Poitiers et de la commune de Biard (14 162 habitants);
- Le 7 canton est formé d'une partie de Poitiers et des communes de Chasseneuil-du-Poitou et Montamisé (23 728 habitants).
Poitiers fait partie de la Communauté d'agglomération de Poitiers (CAP) qui regroupe les communes de Biard, Buxerolles, Chasseneuil-du-Poitou, Fontaine-le-Comte, Mignaloux-Beauvoir, Migné-Auxances, Montamisé, Poitiers, Saint-Benoît et Vouneuil-sous-Biard. Au 1er janvier 2005, les communes Béruges et Croutelle sont entrées dans l'agglomération.
Jumelages
Poitiers est jumelé avec une ville anglaise, Northampton. Une rue et un arrêt de bus portent ce nom. Une dalle, sur la place de la mairie, symbolise ce jumelage.
Poitiers est également jumelé avec les villes de Marbourg en Allemagne, Lafayette aux États-Unis, Coimbra au Portugal, Iaroslavl en Russie.
Blasonnement
Russie
Malte-Brun, dans la France illustrée, tome V (1884), rapporte d blasonnements :
:D'argent, au lion de gueules, à la bordure de sable, chargée de 12 besants d'or, au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or.
:D'or, au lion grimpant de sable, à la bordure du même, chargée de 12 besants d'or, au chef d'azur, semé de fleurs de lis d'or.
- Les trois fleur de lys d'or remplacent (ou surchargent) les trois besants du chef lorsque la ville est rattachée au royaume de France. Elle les conserve sous domination anglaise.-
Le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes rapporte le premier de ces blasonnements, énoncé différemment :
:D'argent au lion de gueules, à la bordure de sable besantée d'or ; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. - C'est le blason actuellement utilisé par la municipalité de Poitiers.
Liens externes
- [http://www.mairie-poitiers.fr Site officiel de la ville de Poitiers]
- [http://www.ot-poitiers.fr Site de l'Office de Tourisme]
- [http://www.esip.univ-poitiers.fr Site de l'ESIP]
- [http://www.iae.univ-poitiers.fr Site de l'IAE]
- [http://www.letheatre-poitiers.com Théêtre-Scène Nationale]
- [http://www.univ-poitiers.fr Site de l'Université]
- [http://wikitravel.org/fr/article/Poitiers Poitiers sur Wikitravel]
- [http://www.affichehebdo.fr Sortir à Poitiers]
- [http://www.escem.fr Site de l'Escem ]
- [http://www.dedale.org Dedale, le Guide de Poitiers Etudiante]
- [http://www.poitiersnuit.com Le site des noctambules à Poitiers]
Bibliographie
Vous pouvez consulter l'ouvrage Poitiers, une histoire culturelle, 1800 - 1950, de Thierry Pasquier, vient de paraître aux éditions de l'Actualité scientifique Poitou-Charentes (Espace Mendès France, Poitiers).
1984Cette page concerne l'année 1984 du calendrier grégorien.
Catégorie:1984
Événements
- 14 août : Conférence des Nations Unies sur la démographie, à Bucarest.
Afrique
- 4 août : La Haute-Volta devient le Burkina Faso sous la houlette du CNR (Conseil national de la Révolution) dirigé par le Capitaine Thomas Sankara qui sera assassiné 3 ans plus tard (15 octobre 1987) suite à un coup d'État orchestré par le Capitaine Blaise Compaoré, actuel Président du Burkina Faso.
- 8 décembre : Accords de Lomé III entre la CEE à 10 et 60 pays ACP.
- 16 février : Retrait sud-africain de l'Angola et du Mozambique.
- 10 décembre : L'évêque sud africain Desmond Tutu prix Nobel de la Paix.
- P.W. Botha est élu président de la république sud-africaine.
Amériques
- Anne Cools devient la première sénatrice noire du Canada.
- 14 mai - Jeanne Sauvé est la première femme nommée Gouverneure générale du Canada.
- 6 novembre : Réélection confortable de Ronald Reagan (Républicain) comme président des États-Unis avec 58,8% des voix contre Walter Mondale (Démocrate) 40,6%.
- Les États-Unis se retirent de l'UNESCO.
Asie & monde indien
- 30 avril : La pagode Sukamoni une pagode en bois de trois étages, très ancienne, dans le Temple Sangbongsa, en Corée du Sud, est détruite par un incendie.
- 13 mai : L'aviation iranienne attaque des pétroliers saoudiens et koweïtiens.
- 26 septembre : Le Royaume-Uni et la Chine décident le retour de Hong Kong à la Chine en 1997, le système capitaliste devant y perdurer jusqu'en 2047.
- 2 au 3 décembre : Durant la nuit, l'explosion d'une cuve de 40 t de méthylisocyanate de l'usine de pesticides Union Carbide à Bhopal, (Inde), cause plus de 20 000 morts et plus de 200 000 handicapés. (voir catastrophe de Bhopal)
- 17 janvier : Conférence sur le désarmement en Europe (CDE) à Stockholm : 35 pays signataires de CSCE d'Helsinki.
- 1 juillet : Au Liechtenstein, un référendum accorde enfin aux femmes le droit de vote pour les élections nationales.
- 19 juillet : Jacques Delors devient président de la Commission Européenne.
- 21 juillet : Amnistie politique en Pologne.
- 3 novembre : Obsèques du père Popieluszko, devant des centaines de milliers de Polonais.
- Début de la politique de bulgarisation à outrance en Bulgarie dont le but est de faire partir le maximum des 900 000 bulgares d'origine turque, de langue turque et de religion musulmane, auxquels s'ajoutent 300 000 bulgares d'origine mais de religion musulmane (les Pomaks). Le gouvernement communiste de Sofia annonce que « L'État-nation bulgare ne comprend pas d'autres peuple que les bulgares. »
- 22 janvier : Manifestation à Bordeaux pour la défense de l'enseignement catholique.
- 21 février : Grève des transporteurs routiers.
- 4 mars : Manifestation de plus de 500 000 personnes à Versailles pour la défense de l'enseignement privé.
- 16 mars : Le gouvernement fait connaître ses projets de réforme de l'enseignement privé.
- 13 avril : Manifestation à Paris des sidérurgistes, surtout lorrains.
- 24 mai : L'Assemblée Nationale adopte la réforme Savary sur l'enseignement privé.
- 17 juin : Les élections européennes marquent la percée du Front National (10 élus), et le recul historique du PCF (11,2%).
- 24 juin : Manifestation énorme (1 million de participants) à Paris contre la réforme de l'enseignement privé.
- 28 juin : Mise en règlement judiciaire du groupe industriel Creusot-Loire.
- 17 juillet : Démission de Pierre Mauroy, premier ministre.
- 17 juillet : Loi sur la carte de séjour de 10 ans pour les étrangers.
- 18 juillet : Le gouvernement du premier ministre Laurent Fabius ne comporte pas de ministres communistes.
- 6 septembre : Le PCF quitte la majorité.
- 16 octobre : Début de l'affaire du « petit Grégory», assassinat d'enfant non élucidé qui déchaîne les passions et montre les carences de la Justice et les excès de la presse.
- 16 novembre : Le nombre de chômeurs dépasse 2,5 millions.
- 20 décembre : Les députés communistes votent contre le budget.
- Fin du bradyséisme de Pouzzoles (débuté en 1982)
Océanie & Pacifique
- 1 janvier : Indépendance de Brunei.
Proche-Orient & monde arabo-musulman
- 16 janvier : 4 sommet islamique (41 présents sur 44). Réintègre l'Égypte (16-19 jan).
- 20 septembre : Un camion-suicide explose devant une annexe de l'ambassade des États-Unis à Beyrouth, faisant 23 morts et 60 blessés.
Arts & cultures
- 1984 écrit en 1948 est un célèbre roman de George Orwell, décrivant un régime totalitaire où la liberté de pensée n'existe plus. Ceci est exploité dans les premières publicités de la firme Apple Computer pour son ordinateur Macintosh. Voir aussi : novlangue, Big Brother, Loft Story, la Ferme des animaux, Brazil.
Cinéma
- Amadeus de Milos Forman remporte l'Oscar du meilleur film.
- Le bal d'Ettore Scola et À nos amours de Maurice Pialat remportent le César du meilleur film.
- Paris Texas de Wim Wenders remporte la Palme d'Or au Festival de Cannes.
- Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone, avec Robert De Niro
Sciences & techniques
- 24 janvier : Apple Computer lance l'ordinateur personnel Macintosh.
- Départ de Soyouz T10 B avec à son bord 3 cosmonautes russes à destination de la station Saliout 7 pour une mission de près de 8 mois.
- Le nombre de domaines de l'Internet passe le cap des 1000.
- Vol de la navette Challenger.
- Commercialisation de l'Amstrad CPC 464
Sports
- 31 juillet : L'URSS et 13 autres pays boycottent les JO de Los Angeles.
- Championnat d'Europe des Nations de Football en France, remporté par l'équipe de France.
- Jeux Olympiques d'hiver de Sarajevo (Yougoslavie)
- Jeux Olympiques d'été de Los Angeles (États-Unis)
- 10 avril : Mandy Moore, chanteuse et actrice américaine
- : Alexander Farnerud, footballeur suédois
- : Bastian Schweinsteiger, footballeur allemand
- 21 août : Alizée, chanteuse française
- 15 septembre : Harry, prince d'Angleterre, deuxième fils du Prince de Galles Charles
- 20 septembre : Brian Joubert, patineur français
- 27 septembre : Avril Lavigne, chanteuse de rock canadienne
- 22 novembre : Scarlett Johansson, actrice américaine
- 7 janvier : Alfred Kastler, physicien français (° 3 mai 1902)
- 20 janvier : Johnny Weissmuller, sportif et acteur américain
- 9 février : Youri Andropov, homme d'État soviétique
- 13 mars : François Le Lionnais, mathématicien français
- 26 avril : Count Basie, pianiste et chef d'orchestre de jazz américain.
- 22 juin : Darius Milhaud, compositeur, membre Les Six
- 25 juin : Michel Foucault, philosophe
- 7 juillet : Brassaï, photographe hongrois
- 25 juillet : Big Mama Thornton, chanteuse de blues.
- 26 juillet : George Gallup, statisticien américain
- 5 août : Richard Burton, acteur
- 13 août : Tigran Petrossian, joueur d'échecs russe
- 25 août : Truman Capote, écrivain américain.
- 9 octobre : Lew Christensen, danseur, chorégraphe et maître de ballet américain
- 17 octobre : Henri Michaux, peintre et poète français d'origine belge
- 20 octobre : Paul Dirac à Tallahassee (Floride), physicien anglais
- 21 octobre : François Truffaut, cinéaste français
- 25 octobre : Pascale Ogier, actrice française
- 31 octobre : Indira Gandhi, assassiné par des Sikh
- 31 octobre : père Popieluszko, assassiné par des policiers de la « sécurité »
- 20 décembre : Stanley Milgram, psychologue américain
- 28 décembre : Sam Peckinpah, réalisateur américain
__NOTOC__
als:1984
ja:1984年
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ms:1984
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th:พ.ศ. 2527
Paris
Paris est la capitale de la France et le chef-lieu de la région Île-de-France.
Elle est construite à cheval sur une boucle de la Seine, ce qui la divise naturellement en une rive gauche et une rive droite. Connue dans le monde entier pour ses monuments et sa vie artistique et culturelle, Paris est aussi un symbole historique fort, un centre politique et économique important et un point de passage pour les transports inter-européens.
Ses habitants sont appelés les Parisiens. Paris est également connue sous le nom argotique de « Paname ».
La devise de Paris est Fluctuat nec mergitur, soit « Il tangue mais ne coule pas » ; il s'agit de Scilicet, le navire représenté sur le blason de la ville et symbolisant l'ordre des marchands de l'eau commerçant sur la Seine. La patronne de la ville est sainte Geneviève, à qui il est attribué d'avoir convaincu Attila d'épargner la capitale gauloise, au .
Histoire
Attila]
Voir aussi la chronologie de Paris et l'Histoire de l'urbanisme parisien. On peut consulter des cartes anciennes de Paris sur le site Gallica .
Origine du nom de Paris
Paris doit son nom à la tribu des Parisii.
L'origine de ce nom n'est pas connue avec certitude. Il dériverait du mot gaulois kwar (carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne. D'autres étymologies ont été proposées. Selon les historiens Pierre Hubac et Cheikh Anta Diop, les Parisii devraient leur nom à la déesse égyptienne Isis, à laquelle de nombreux temples (ou enclos, per Isis en égyptien) étaient dédiés dans la région parisienne. Une légende rattache le nom de Paris à celui de la cité engloutie d'Ys.
Préhistoire
Le site de Paris est occupé par l'homme depuis au moins 40 000 ans, comme en témoignent les outils en pierre taillée retrouvés hors contexte lors des différents travaux de terrassement en bord de Seine.
Les plus spectaculaires découvertes archéologiques in situ ont été faites dans le XII arrondissement, où ont été mis à jour en 1991 les vestiges parmi les plus anciens de l'occupation humaine permanente sur le territoire de Paris. Les fouilles sur la ZAC de Bercy, ont permis la découverte des traces d'un village de la période chasséenne (entre 4000 et 3800 av. J.-C.), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, dévoilant un mobilier archéologique exceptionnel : pirogues de bois, poteries, arcs et flèches, outils en os et en pierre.
Antiquité
chasséenne]]
C'est le flou le plus total entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, et encore, les Parisii, peuple Gaulois, étaient maîtres des lieux quand les troupes de César sillonnèrent le pays. Certains évoquent des dates entre -250 et -200 pour la fondation du Paris des Parisii, sans grands arguments à faire valoir. En 52 av. J.-C., lorsque Labienus, lieutenant de Jules César, prit Paris, elle était appelée Lutetia (traduit plus tard en français par Lutèce) par les Romains. Le rôle de capitale de la Gaule était alors dévolu à Lugdunum (Lyon). On ne connaît pas aujourd'hui avec certitude l'emplacement de la cité gauloise. On a longtemps pensé qu'elle se trouvait dans l'île de la Cité mais cette hypothèse est aujourd'hui très discutée (cette dernière ayant été complètement fouillée lors du chantier du métro). La cité gauloise a très bien pu se situer dans l'île Saint-Louis ou dans une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche et qui se trouvait en face de l'île Saint-Louis (delta formé par l'embouchure de la Bièvre). Une hypothèse très discutée actuellement est de placer le village gaulois d'origine non loin du mont Valérien à Nanterre.
La cité romaine a été construite au sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Lutèce était construite autour de la rue Saint-Jacques (qui en était le cardo) selon un plan organisé en rues perpendiculaires. Le centre de la ville est fixé par les architectes romains au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques. Le forum s'étendait de la rue Saint-Jacques au boulevard Saint-Michel et de la rue Cujas à la rue Malebranche. Des thermes étaient construits à l'angle du boulevard Saint-Germain et du boulevard Saint-Michel, ainsi qu'à proximité de l'actuel Collège de France, à l'angle de la rue des Écoles et de la rue Jean-de-Beauvais. Un théâtre se trouvait à l'angle de la rue de l'École de médecine et du boulevard Saint-Michel, à l'emplacement actuel de la rue Racine. À l'est de la ville, une rivière aujourd'hui canalisée, la Bièvre, contournait la montagne Sainte-Geneviève en passant au niveau du jardin des Plantes. La rivière traversait à cette époque le XIII arrondissement pour se jeter dans la Seine au niveau de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis. Les Arènes de Lutèce étaient construites à l'est de la ville, à proximité de la Bièvre. Un cimetière est implanté au sud de la ville, à l'emplacement de l'abbaye de Port-Royal.
Époque médiévale
Paris prend son nom actuel au et Clovis, Mérovingien et roi des Francs, s'y établit pour en faire sa capitale en 508, suite à sa victoire sur les Romains. Dès le , on note la présence d'un lieu de culte implanté sur la rive droite : l'église Saint-Gervais (aujourd'hui située derrière l'Hôtel de ville). Au , des enceintes furent édifiées sur la rive droite pour protéger les paroisses de Saint-Gervais et Saint-Germain-l'Auxerrois (aujourd'hui situées près du Louvre). L'enceinte de Saint-Gervais devait se situer approximativement au niveau des rues des Barres, de Rivoli, et de la Tacherie. La rive gauche fut entièrement détruite par les Normands en 885. Quand la couronne échut aux Capétiens, en 987, Paris était une des deux grandes villes de leur domaine personnel (avec Orléans). Leur ancêtre Eudes s'illustra en la défendant face aux Vikings.
Les premières agglomérations de la rive droite datent du . Il s'agit alors de Saint-Martin-des-Champs (aujourd'hui rue Réaumur), Saint-Germain-l'Auxerrois, et Saint-Gervais. Les rois se fixèrent progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108), et plus encore de Philippe-Auguste (1190-1220). Paris devint alors définitivement la capitale du royaume. La rive gauche de la ville ne fut véritablement reconstruite qu'au . À la même époque, la rive droite était constituée de quatre quartiers : le quartier de Grève (Saint-Gervais), le Châtelet, les Halles et Saint-Germain-l'Auxerrois. Le quartier de Grève s'étendait alors jusqu'à l'église Saint-Merri.
L'enceinte construite par Philippe-Auguste allait de la rue Étienne-Marcel à la rue de l'Estrapade, et du Louvre aux Fossés-Saint-Bernard. Par la suite, Paris s'étendit surtout sur la rive droite. Au , l'enceinte de Charles V (1371-1380) englobait l'ensemble des III et IV arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis (emplacement de l'actuelle rue d'Aboukir).
rue d'Aboukir
De Henri IV à la monarchie de Juillet
Au , Henri IV, qui selon la légende trouvait que « Paris vaut bien une messe », construisit les premiers ensembles architecturaux modernes avec la place des Vosges. Son successeur Louis XIII étendit l'enceinte de Charles V sur la rive droit pour englober l'équivalent des quatre premiers arrondissements. Louis XIV, quant à lui, détruisit cette enceinte pour construire sur son emplacement les premiers grands boulevards. Au , l'enceinte des Fermiers généraux « mura » les onze premiers arrondissements actuels. La ville construite ne s'étendait pourtant alors que sur la superficie couverte aujourd'hui par les six premiers arrondissements, le jardin du Luxembourg marquant la frontière de la ville.
C'est à Paris, à l'endroit où la rue Saint-Antoine rejoint l'actuelle place de la Bastille, que débuta la Révolution française le 14 juillet 1789, avec le soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine et la prise de la Bastille. La Commune de Paris joua alors un rôle de radicalisation. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la Mairie, s'employèrent sous la Terreur à incarcérer tout ce que la ville comptait encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire de Paris est aujourd'hui le seul de France à être privé de tout pouvoir de police.
Sous la monarchie de Juillet, la ville s'agrandit brutalement jusqu'au mur des Fermiers Généraux.
Le Paris moderne
Avec Haussmann et le Second Empire, Paris s'engaga dans de gigantesques travaux de modernisation. Le Paris d'aujourd'hui est avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann. Le 1 janvier 1860, onze communes périphériques furent entièrement annexées et d'autres perdirent une partie de leur territoire au profit de Paris (voir Arrondissements de Paris). La capitale française passa de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares.
Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris qui s'opposait au Gouvernement provisoire de Versailles, conduit par Adolphe Thiers.
Adolphe Thiers]]
Au et siècles, Paris a accueilli de nombreuses expositions universelles. La Tour Eiffel fut construite pour celle de 1889, et le métro parisien fut inauguré à l'occasion de celle de 1900.
En 1910, une crue de la Seine provoqua l'une des plus graves inondations de Paris.
L'armée allemande occupa Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1944. À l'approche des troupes alliées arrivant de Normandie, une rébellion éclata le 19 août 1944. Le 25 août, à l'arrivée de la deuxième division blindée du général Leclerc, le commandant de la garnison, le général Dietrich von Choltitz, capitula sans exécuter les ordres qui lui enjoignaient de détruire la ville. Seul le central téléphonique militaire de la rue Saint-Armand fut détruit.
En mai 1968, les étudiants parisiens furent les premiers à déclencher des émeutes dans le | | |