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| Montagnards |
MontagnardsPendant la Révolution française, les députés de l’Assemblée législative de 1791 siégeant sur les bancs les plus hauts de l’Assemblée (la Montagne) prirent le nom de montagnards
Favorables à la République, dominés par Georges Danton, Jean-Paul Marat et Maximilien de Robespierre, ils connurent leur apogée au printemps de 1793 avec 300 députés à la Convention nationale, pour la plupart élus de la Seine et des grandes villes. Hostiles à la monarchie, favorables à une démocratie centralisée, les montagnards, proches de la petite bourgeoisie, s’appuyèrent sur les sans-culottes et combattirent les Girondins, représentants de la bourgeoisie aisée, qu’ils finirent par évincer du pouvoir (2 juin 1793). Dominant la Convention et le Comité de Salut public, ils imposèrent une politique de Terreur et éliminèrent les Enragés, favorables à Jacques-René Hébert et les Indulgents proches de Georges Danton.
Après la chute de Maximilien Robespierre et de ses partisans (9 thermidor an II, 27 juillet 1794), les montagnards tentèrent de s’opposer à la Convention thermidorienne.
Sous la deuxième République, les députés de l’extrême gauche (Armand Barbès, Alexandre-Auguste Ledru-Rollin) reprirent le nom de Montagne pour désigner leur groupe politique.
Voir aussi
Jean-Michel Duroy
Catégorie:Groupe politique de la Révolution française
Catégorie:Révolution française
Révolution française
La Révolution française est un ensemble d'événements et de changements qui marque dans l'historiographie française le tournant entre « l'Époque moderne » et « l'Époque contemporaine ». C'est aussi la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le principe du régime monarchique a été renversé, et non simplement le monarque lui-même comme lors de la première révolution anglaise de Cromwell. Son impact est également dû aux guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont touché une large partie de l'Europe continentale avec la création de « républiques sœurs » ou la fin du Saint Empire romain germanique. La période révolutionnaire commence en 1789, avec la réunion des États généraux et la prise de la Bastille, et se termine en l'an VIII (1799) avec le coup d'État du 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte.
Causes
On peut distinguer plusieurs causes profondes à la Révolution française :
- La crise des finances : le budget de l'État est déficitaire, à cause des dépenses engendrées par les guerres du et par le train de vie de la cour royale.
- La contestation de la société d'ordres et des privilèges : les deux premiers ordres de la société française (clergé et noblesse) ne paient pratiquement pas d'impôts. L'essentiel de la charge fiscale repose sur le tiers état.
- Les idées des Lumières, diffusées dans certains groupes sociaux favorisés (noblesse, bourgeoisie), posent les principes de liberté et d'égalité. Elles contestent la monarchie absolue. Le roi cède à l'immobilisme des ordres privilégiés et refuse les réformes nécessaires.
- Les révolutions anglaises du et américaine du donnent des modèles aux élites françaises (La Fayette notamment).
- Les mauvaises récoltes de 1788 provoquent la hausse des prix et la speculation qui déclenchent le mécontentement de la population.
Histoire
La montée de la conjoncture de crise
Emergence et diffusion des idéologies nouvelles
Tout le système du pouvoir repose sur la monarchie qu'a constitué la France comme pays et comme Etat (agrandir le "précaré" selon les capétiens). Cette monarchie a organisé un système administratif efficace, mais il a été développé en fonction d'une mentalité particulière qui se transforme assez brutalement au cours du XVIIIè siècle. Le roi règne par délégation de Dieu ; la tradition monarchique s'inscrit dans le respect des traditions juridiques (coutumes) et des traditions familiales.
Cette monarchie repose sur le principe d'une union intime et concrète entre le roi et son peuple, le roi étant le représentant du peuple.
Ces bases du système politique vont être contestées et attaquées. Cette évolution va s'opérer en trois temps : (article en cours de rédaction, ce qui suit n'intervient en principe que bien plus tard dans l'article! )
La philosophie des Lumières se diffuse pour de nombreux lecteurs de la moyenne et de la petite bourgeoisie.
Les thèmes subversifs de l’ordre établi se généralisent dans les années 1770-1780 avec le secours de l’ « anglomanie » et l’influence de la découverte de la société libérale américaine (Guerre d’Indépendance de 1770-1783), ainsi que le contexte français de rébellion des juristes, et notamment des Parlements contre l’autorité royale une première fois dans les années 1760-1770, puis les années précédant la Révolution.
La philosophie des Lumières prend le contre-pied de ce qu’avaient pensé et voulu ou accepté les Français pendant des siècles. A la tradition s’oppose systématiquement le culte du progrès et de l’avenir. L’Encyclopédie (Diderot) est un hymne au progrès technique (le thème du progrès technique est transposé dans l’ordre politique et social) et idéologique.
Ces analyses s’opposent aux idées anciennes :
§ A l’ordre s’oppose la liberté.
§ Au devoir s’oppose le bonheur.
§ A l’obéissance s’opposent les Droits imprescriptibles et sacrés (notion qui se retrouve de plus en plus dans les textes royaux).
§ A la hiérarchie s’oppose l’égalité naturelle (Rousseau), qui doit conduire à un système politique nouveau : la démocratie et l’égalitarisme social. Il y a un climat de défiance vis-à-vis de tout ceux qui dépassent le niveau commun.
§ De même, à la place des dogmes de l’Eglise se diffuse l’esprit de tolérance, même dans les textes royaux (Par exemple, l’Edit de tolérance en 1787 crée le mariage laïc en faveur des protestants).
C’est un processus qui se développe en plusieurs étapes :
1er temps : sarcasmes contre l’Eglise sous couverts de lutte contre le « fanatisme », les libertins puis les philosophes vont se déchaîner contre les croyances, les pratiques et les principes de l’Eglise catholique. Ces élites, proches du pouvoir, sont presque entièrement détournées de l’Eglise. La monarchie se trouve indirectement atteinte et menacée en raison du lien multiséculaire avec l’Eglise. Mais les masses restent attachées à la religion catholique, malgré une poussée de méfiance vis-à-vis du clergé.
2e temps : examen du système social et politique (période de Montesquieu) ; les actes royaux sont désormais critiqués, et on assiste à l’irruption de l’accusation de despotisme et même d’illégalité, notamment de la part des Hauts Magistrats qui se présentent comme les défenseurs du peuple. L’idée que le pouvoir souverain suprême réside dans la Nation apparaît. La loi n’est plus conçue comme une conséquence technique de dispositions créées par le Roi et la coutume est appliquée par les tribunaux mais comme une norme fondamentale créée par la volonté nationale.
Malgré tout, les Français de 1789 dans leur immense majorité n’imaginent pas une Révolution violente tout en espérant une réforme profonde de l’Etat, et ce dans un climat pacifique.
En 1788 a lieu la « Journée des tuiles de Grenoble » : les protestations des familles touchées par la catastrophe économique se multipliant depuis mai, ces agitations poussent la garnison à intervenir le 7 juin. Celle-ci sera reçue par des jets de tuiles lancées par les habitants de Grenoble montés sur les toits. Après la « journée des tuiles », une assemblée des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) se réunit au château de Vizille et décide la grève des impôts tant que les États Généraux de la province n'auront pas été convoqués par le roi pour les voter. En faillite et incapable de rétablir l'ordre, Louis XVI cédera en août 1788.
Le blocage du pouvoir
Les monarques (Louis XV et Louis XVI) ne sont pas restés insensibles face à la diffusion des idées nouvelles et à la multiplication des indices de transformation de la société. En conséquence, de nombreuses réformes sont imaginées pour rendre l’appareil monarchique plus efficace, pour adapter les structures anciennes aux aspirations nouvelles. La plupart de ces réformes auraient pu permettre une adaptation progressive. Mais les réformes sont mises en œuvre sans énergie. A cause de cette médiocrité, elles sont souvent abandonnées par les équipes ministérielles suivantes. La Monarchie donne l’impression de ne pas avoir de dessein politique constant.
Quelques exemples :
La Réforme Judiciaire de Maupeou est abandonnée par Louis XVI.
La réforme sociale abolit le servage en 1779, mais uniquement pour le domaine royal. Louis XVI n’ose pas étendre cette mesure aux seigneurs laïcs et ecclésiastiques.
Réforme économique : Turgot voulait supprimer par cette réforme les corporations, la corvée royale, et voulait mettre en place la liberté de circulation des grains. Cette réforme est mise en place mais en 1776, Turgot est renvoyé, la réforme est abandonnée et on revient au système ancien.
Réforme fiscale : Depuis le XVIIe siècle, aux impôts anciens s’ajoutent des impôts nouveaux qui pèsent sur tous, quelque soit l’ordre. De 1695 à 1701, est mis en place la « capitation », qui est un progrès essentiel vers l’égalité fiscale : les Français sont répartis en 22 classes, avec au sommet les princes de sang et au plus bas les journaliers, et la charge fiscale varie de 2000 £ à 1 £ par an en fonction de la classe. Mais la Monarchie va autoriser le rachat forfaitaire de l’impôt par le Clergé, les villes, les corporations, les pays d’Etat, la Noblesse. En 1749 est créé le « vingtième », qui frappe tous les revenus (1/20e du revenu). Mais la monarchie cède le rachat en 1760. Cet exemple des réformes fiscales montre deux phénomènes :
§ La Monarchie ne suit et ne peut maintenir une ligne politique.
§ La Monarchie est confrontée au manque de ressources fiscales.
Toutefois, la pression la pression fiscale est assez faible par rapport à d’autres pays (1759 : France 9,5 £ en moyenne par habitant et par an; Angleterre : 22,30 £ en moyenne par habitant et par an).
(article en cours de rédaction, ce qui suit n'intervient en principe que bien plus tard dans l'article! )
La dislocation de l'Ancien Régime
La réunion des Etats Généraux devait durer quelques jours seulement, selon les rites séculaires. Les députés arrivent à Versailles le 1er mai. Le 5 mai, le Roi ouvre les Etats Généraux. Le discours du Roi (qui n’est en fait pas prononcé par le Roi) fait prendre conscience aux députés que la situation financière du Royaume est calamiteuse, avec un déficit très important.
Le 17 juin 1789, cette Assemblée, sur proposition de l’Abbé Sieyès, prend le titre d’ « Assemblée Nationale », ce qui est inconcevable dans l’Ancien Régime. Le 20 juin, lors du serment du jeu de paume, les députés présents s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution écrite à la France.
Face à cela, le Roi hésite.
Dans un premier temps, il donne l’ordre à l’Assemblée de se disperser. Mais dans un second temps, face à la résistance, il invite le Clergé et la Noblesse à se joindre au Tiers Etat.
L’Assemblée va reprendre alors immédiatement sa marche en avant. Le 9 juillet, elle se proclame Assemblée Nationale Constituante.
Durant ces journées, l’Assemblée va réaliser une autre Révolution décisive : beaucoup de députés sont effrayés par la Révolution et vont démissionner ; l’Assemblée va déclarer qu’elle tient son mandat non pas des électeurs individuellement pour chaque député, mais collectivement de la Nation toute entière, et donc les démissions de députés ne peuvent rien changer : c’est l’instauration du principe de la représentation.
Cette Assemblée peut s’appuyer sur les espoirs de la majorité de la Nation, sur les réseaux de « patriotes ». En face, il n’y a que des ministres divisés, un Gouvernement sans ressources financières et un Roi qui recule.
L’Assemblée va déclarer qu’elle ne s’occupera des problèmes financiers qu’après avoir élaboré une Constitution.
Le 12 juillet, Necker est renvoyé par le Roi, d’où le développement d’émeutes (car Necker était très populaire à Paris, tout simplement parce qu'il refusait de lever des impôts supplémentaires, et préférait recourir à l'emprunt, ce qui a eu pour conséquence d'endetter la France qui pourtant était alors un pays tout à fait solvable). On attaque les octrois (« péages » des villes), on pourchasse les agents du fisc. Dans un second temps, on attaque les boulangeries accusées de stocker la farine pour spéculer, et les magasins d’armes.
Le 14 juillet 1789, la Bastille, symbole de la Monarchie et stock de poudre (avec seulement 7 prisonniers), est attaquée. C’est une journée décisoire au niveau psychologique car la Révolution a désormais ses « martyrs » (« Libérateurs de la Bastille »).
La Monarchie a aussi ses martyrs, avec le massacre du Gouverneur de la Bastille Bethier de Sauvigny et le massacre du Gouverneur de Launay.
Louis XVI rappelle Necker et se rend à Paris le 17 juillet, où il est reçu par les insurgés qui se sont constitués en municipalité. La cocarde tricolore est adoptée par la foule et Louis XVI la porte.
A partir de ce moment, la Révolution l’emporte définitivement, et va se généraliser en province aux termes de mouvements très confus. Par exemple, la Grande Peur est une réaction qui se produit en province suite à l’annonce déformée des événements parisiens.
Entre l’Ancien Régime qui se désagrège et les nouvelles institutions qui vont s’établir au printemps 1790, la France va être secouée par une vague libertaire accompagnée de violences.
Les français prennent conscience qu’ils peuvent détruire les institutions qui les encadrent, ce qui produit une attitude de contestation, d’organisation autonome, spontanée.
Les pouvoirs traditionnels cessent d’exercer leur autorité. Les intendants se contentent d’expédier les affaires courantes ou quittent leur poste. Les troupes, sans instructions, restent inactives ou parfois se révoltent contre leurs officiers. Les Parlements restent totalement inactifs. Les chambres de vacation fonctionnent avec prudence, et par un simple décret du 3 novembre 1789, l’Assemblée Nationale les met en vacances définitives. Les institutions fiscales traditionnelles cessent de fonctionner. Les citoyens cessent de payer les anciens impôts bien que l’Assemblée, après les avoir condamnés en principe, les ait provisoirement maintenus.
A Paris, la « Commune de Paris », municipalité autonome, voit le jour. En province, les municipalités continuent leurs services mais leurs membres sont souvent remplacés par de nouveaux venus qui se posent en « représentants du Peuple », et assurent la transition. Ces municipalités ont un rôle très important, en matière de ravitaillement, de maintien de l’ordre (la Garde Nationale est le regroupement des habitants armés, elle a un rôle de police publique). Les communes s’organisent en fédération : c’est le point de départ d’un vaste mouvement clôturé par la fête de la Fédération le 14 juillet 1790 à Paris.
Le Gouvernement royal sort extrêmement affaibli. En théorie, la France reste une monarchie. Mais en réalité, le pouvoir suprême est passé entre les mains de l’Assemblée Constituante qui prépare une réorganisation intégrale du système.
Des commissions spécialisées issues de l’Assemblée ont la haute main sur l’ensemble de l’administration qui se soucie de moins en moins du pouvoir royal. Les ministres ne sont plus que des exécutants techniques surveillés par l’Assemblée.
La Destruction du système social traditionnel
La France de l’Ancien Régime a une structure sociale et juridique très particulière, fondée sur les ordres et les corps intermédiaires (Parlement, corps de métier, villes…)
Les Constituants vont vouloir anéantir le passé et établir un nouveau système politique et social conforme à la philosophie des Lumières de l’individualisme libéral dans laquelle le système politique repose sur les individus égaux et isolés qui constituent ensemble la volonté générale, ce qui élimine les « corps intermédiaires ».
L’abolition des ordres supérieurs
L’abolition des privilèges de la Noblesse et du Clergé tient à l’application de la nouvelle philosophie et aux réactions de frustrations de la bourgeoisie.
La destruction des droits seigneuriaux et féodaux
Ces droits sont très vivement contestés car on considère qu’il s’agit d’usurpation étatique et que ces prérogatives sont incompatibles avec les principes du « vrai Droit naturel » : liberté et égalité. De plus, ce système est également critiqué par les paysans qui supportent le poids de ce système.
Les mouvements qui se développent au printemps-été 1789 mettent spécialement en cause ces droits. Dans cette ambiance, les députés de l’Assemblée se saisissent de cette question. Ils craignent d’être débordés et vont tenter d’empêcher les violences et vont ainsi définir le droit.
La nuit du 4 août 1789, « L’Assemblée Nationale détruit entièrement la féodalité ». Les Nobles et les ecclésiastiques abandonnent donc leurs droits, soit par conviction, soit par résignation, soit par entraînement.
Mais pour mettre en œuvre cette décision, l’Assemblée nomme un commission nommée « Comité des Droits féodaux » dont le rapport va inspirer un décret du 15 mars 1790 qui établit un régime très nuancé qui cherche à concilier les intérêts en présence.
Sont abolis immédiatement et sans indemnités les droits féodaux attentatoires à la souveraineté de l’Etat et aux Droits naturels de l’Homme (utilisation de la notion de « cause injuste » du contrat), les justices seigneuriales, le servage, les banalités, les privilèges des Nobles (droit de chasse par exemple), les girouettes, les privilèges de colombier ou de pigeonnier, les titres de Noblesse, las armoiries, la dîme (impôt payé à l’Eglise), les péages seigneuriaux.
Les paysans attendent aussi la suppression des droits strictement féodaux, considérés comme la contrepartie d’une concession de terre. Ces droits sont maintenus jusqu’à ce qu’ils soient rachetés par ceux qui les paient. Le montant du rachat est un capital égal à vingt fois la redevance annuelle. Cette suppression très mitigée est mal accueillie par les paysans. Dans les régions où les droits féodaux sont restés lourds (Nord, Est, Paris), les paysans se soulèvent et refusent de payer.
Les députés vont prendre peur et vont utiliser une tactique juridique favorable aux bourgeois. En réalité, la féodalité ne sera définitivement supprimée que sous la Convention Montagnarde (loi du 17 juillet 1793).
Les seigneurs nobles ou bourgeois perdent tout de même une partie de leurs revenus. De plus, les confiscations du temps de la Terreur qui s’abattent sur les émigrés et sur les condamnés vont ruiner la Noblesse.
La Révolution va éteindre le prestige et la puissance foncière de l’aristocratie.
La destruction de l’ordre du Clergé
Avant 1789, le Clergé est une société à part, un ordre lié au pouvoir.
La logique de la Révolution politique et le gallicanisme extrême de beaucoup de Constituants vont aboutir à des conséquences imprévues et radicales.
Le catholicisme (avec son droit canonique, son dogme) va être mis en dehors de l’Etat de façon particulière, c'est-à-dire que les liens de l’Eglise avec le pouvoir sont mis en cause et cette Eglise va être implicitement laïcisée, en application du principe selon lequel seule la volonté nationale peut créer le droit.
Les textes d’août 1789 suppriment les privilèges et contiennent le principe de la disparition du Clergé en tant que corps de droit public.
De même, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen reconnaît la liberté de conscience, ce qui supprime la situation dominante du catholicisme.
Dans l’ordre matériel, il y a un démantèlement de la puissance du Clergé : le patrimoine de l’Eglise qui est considérable (environ 15% des terres en France) présente une tentation pour le pouvoir (l’Etat est en déficit) : les biens du Clergé sont confisqués et mis en vente. Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque à la fin de l’Ancien Régime et délégué général du Clergé à la Cour (fonction très importante) propose à l’Assemblée le « transfert à la Nation des Biens de l’Eglise, à charge pour la Nation d’assurer la rémunération des cultes et d’assurer les divers services sociaux pris en charge avant par l’Eglise » (assistance aux pauvres, hôpitaux, enseignement). Malgré les arguments développés par les défenseurs du Clergé en s’appuyant sur le droit de propriété de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, l’Assemblée Nationale vote la nationalisation des Biens du Clergé le 2 novembre 1789.
A partir du printemps 1790, les biens du clergé sont mis en vente. Du point de vue politique, l’opération est assez réussie car les citoyens ont acheté massivement les biens du Clergé, surtout les terres, et en achetant, les français vont se lier aux destinées de la Révolution.
Du point de vue des finances publiques, c’est un échec car l’Assemblée Nationale accorde aux acquéreurs des conditions de paiement très favorables. L’Assemblée va vouloir anticiper sur les recettes et va émettre des Assignats. Cette émission est très inflationniste, l’Assignat perdant de 1789 à 1796 97% de sa valeur.
En quelques mois, le Clergé perd son statut, son organisation et son patrimoine. De plus, l’Assemblée proclame le 13 février 1790 la nullité des vœux religieux perpétuels comme étant incompatibles avec la liberté individuelle. Les religieux sont exclus de la municipalité. Les ecclésiastiques ne sont plus considérés que comme « ministre des cultes » (fonction publique).
L’abolition des privilèges territoriaux
De multiples villes et pays ont des statuts très diversifiés. Même si l’attitude des Rois a réduit un peu ces différences, à la fin de l’Ancien Régime beaucoup de privilèges subsistent. Sous Louis XVI, l’esprit provincial contre le phénomène de centralisation ressurgit et la défense des statuts particuliers se manifeste dans les cahiers de doléances.
Mais la Révolution va se détourner de la défense de ces particularismes. Le 4 août 1789, tous les statuts particuliers et les privilèges des pays ou villes sont supprimés. C’est un changement ce cap radical.
Les Constituants, une fois au pouvoir, ne veulent pas que subsistent des diversités et traditions locales car elles expriment à un autre niveau la volonté des français. Aux yeux des députés, la volonté nationale implique l’élimination des particularismes locaux.
L’abolition des corps professionnels
Le système des corporations avait garanti une relative paix sociale mais avait l’inconvénient de limiter la concurrence et le progrès. Il est critiqué par les philosophes et les libéraux car c’est un frein à la productivité, une atteinte à la liberté (notamment la liberté de travail).
Déjà, en 1774 et 1776, Turgot avait cherché à abolir les corporations, qui ont été rétablies après son départ. Ces structures sont incompatibles avec l’abolition des privilèges. Elles sont définitivement supprimées par le décret d’Allarde et par la loi Le Chapellier (1790) qui interdit les « corporations de citoyens » (autant patrons que salariés), qui interdit de se grouper pour la défense de prétendus intérêts communs, qui interdit les coalitions permanentes ou provisoires (la grève est illégale) : c’est une sorte de « liberté obligatoire ».
En 1793, la Convention Nationale supprime les universités, les collèges, les associations littéraires et scientifiques (corps), les corps des « professions libérales » (avocat, etc. …) : c’est la mise en œuvre de l’idée de Rousseau selon laquelle il ne doit pas exister dans l’Etat de factions (individus qui s’unissent dans la volonté générale).
L'assemblée constituante et ses suites (1789-1791)
Dès le 20 juin 1789, le serment du jeu de paume fonde l'Assemblée nationale constituante. Cet acte est le symbole de la prise de pouvoir au nom du peuple. En marquant la fin du pouvoir absolu royal de Louis XVI, la révolution française commence.
Louis XVI
Prise de la Bastille
Dans ce contexte révolutionnaire où la peur et la faim se mêlent, la prise de la Bastille du 14 juillet 1789 constitue une attaque contre l'arbitraire royal. Recherchant des armes, les Parisiens envahissent et pillent d'abord l'Hôtel des Invalides. Puis, après quatre heures de combat, ils investissent la Bastille, tuent son gouverneur, le marquis Bernard de Launay et plusieurs de ses gardes. Il n'y eut que sept prisonniers, qui furent libérés — quatre faussaires, deux fous dangereux, et un délinquant sexuel — . La Bastille devait par la suite être démolie, comme l'Ancien Régime fut aboli au cours de la nuit du 4 août 1789. Retournant ensuite à l'Hôtel de Ville, les manifestants accusent le prévôt des marchands (fonction comparable à celle de maire) Jacques de Flesselles de trahison. Sur le chemin d'un procès public au Palais-Royal, il est assassiné. Sa tête est promenée au bout d'une pique, avec celle de Launay, le gouverneur de la Bastille.
On associe généralement le 14 juillet 1789 à la fête nationale de la France. En réalité, la fête nationale française commémore plutôt la réunion des gardes nationales le 14 juillet 1790 lors de la Fête de la Fédération au Champ de Mars, symbole de l'union nationale autour du roi.
Constatant l'évidence et tenant à sauver la face, Louis XVI cède à la pression parisienne et vient en personne le lendemain annoncer à l'assemblée le retrait des troupes qui encerclaient Paris. Il rappelle Necker ainsi que tous les ministres renvoyés
Nouvelles institutions parisiennes
À l'Hôtel de Ville de Paris, tous les membres de l'ancienne administration ayant pris la fuite, Jean Sylvain Bailly est nommé par acclamation « Maire de Paris ». La Fayette est nommé Commandant Général de la Garde nationale. Une nouvelle organisation municipale allait se mettre en place. Louis XVI reconnaît celle-ci en se rendant à Paris le 17 juillet. À cette occasion, Bailly lui remet la cocarde bleue et rouge aux couleurs de la ville de Paris que Louis XVI fixa sur son chapeau, associant ainsi ces couleurs au blanc de la monarchie.
Émigration
Ces événements déclenchèrent la première émigration. Louis XVI craignant pour son jeune frère, le comte d'Artois, que le peuple rendait responsable de tous ses maux, lui enjoignit de se retirer hors du royaume. Il partit dans la nuit du 16 au 17 muni d'un passeport délivré par Lafayette. Accompagné de son entourage il se dirigea vers Valenciennes puis Bruxelles pour ensuite rejoindre Turin à la mi-septembre. Suivirent les grands du royaume, comme le prince de Condé, le duc de Polignac, le duc d'Enghien. Leurs destinations furent l'Angleterre, les Pays-Bas ou l'Allemagne. Tous pensaient être revenus dans les trois mois.
Violences parisiennes
Malgré la Garde nationale, les violences n'étaient pas terminées. Foulon, ministre éphémère des finances et Berthier, intendant de Paris, furent arrêtés par le peuple. Ramenés à Paris le 22 juillet, humiliés par la foule, ils furent massacrés à leur arrivée à l'Hôtel de Ville. Ils étaient accusés d'avoir accaparé les grains et d'avoir voulu affamer le peuple.
Grande peur dans les campagnes françaises et nuit du 4 août 1789
En province, à partir du 20 juillet 1789, les rumeurs de complot aristocratique se faisant de plus en plus insistantes, les paysans s'armèrent et incendièrent plusieurs châteaux seigneuriaux dans un mouvement appelé Grande peur. Ils brûlèrent également les titres seigneuriaux qui établissaient la domination économique et sociale de leurs propriétaires. Le mouvement s'apaisa le 6 août 1789 après que le clergé et la noblesse ont décidé d'abolir leurs privilèges durant la nuit du 4 août 1789. C'était la fin de la féodalité, l'abolition des trois ordres et de leurs particularités (notamment fiscale, militaire et judiciaire), mais aussi l'unification du territoire national (jusqu'alors, chaque commune, paroisse, province avait ses propres privilèges). La nuit du 4 août inaugure une nouvelle société d’où est exclu le privilège, forme ancienne des libertés, et où l’égalité juridique sera la règle et le cadre de la liberté nouvelle. Toutefois les députés se ravisent les jours suivants. Les droits résultant d’un « contrat » passé entre le propriétaire du sol et l’exploitant direct (cens, champart, rentes) subsistent mais peuvent être rachetés. Ainsi seuls peuvent se libérer totalement les paysans les plus riches. La désillusion sera grande dans les campagnes et les troubles vont perdurer jusqu’en 1792.
Le 26 août 1789, l'Assemblée proclame la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. S'inspirant des principes des Lumières et de la Déclaration d'indépendance américaine, ce texte solennel établit des libertés associées à des droits inaliénables.
Paris de nouveau capitale
Les difficultés d'approvisionnement en pain et le refus de Louis XVI de sanctionner la déclaration et les décrets du 4 août, sont à l'origine du mécontentement du peuple de Paris lors des journées du 5-6 octobre 1789. Une marche de femmes ramène la famille royale à Paris, laissant à Versailles le symbole de l'absolutisme. Les gardes du corps du roi sont tués, leur tête est accrochée au bout d'une pique. Désormais le roi et l'Assemblée siègent à Paris, surveillés par la population et menacés par l'émeute.
Pour résoudre la crise financière, on confisqua les biens du clergé par des lois du 2 novembre 1789, 13 février 1790 et 19 avril 1790. La même année, les assignats, forme de papier-monnaie, furent introduits. Vu l’urgence, la Constituante fait de ces « domaines nationaux » la garantie d’un papier que ses détenteurs pourront échanger contre de la terre, les assignats, utilisés d’abord comme bons du Trésor, puis recevant cours forcé en avril 1790 pour devenir une véritable monnaie. On émet ainsi pour 400 millions d’assignats : c’est le début d’une véritable fuite en avant.
L'œuvre politique de la Constituante (1790-1791)
C'est l'Assemblée constituante, en majorité constituée de bourgeois et de nobles, qui mène la plus grande partie des réformes, détruisant les institutions de l'Ancien Régime :
- les états provinciaux et les Parlements sont supprimés
- en remplacement des paroisses, les communes sont instituées
- le pays est divisé en 83 départements
- les poids et mesures sont uniformisés
- les privilèges sont abolis
- l'égalité successorale est appliquée
Ainsi, le Pays devient plus facile à gouverner, est plus unifié et connait une meilleure gestion des impôts.
Dès le 11 août 1789, la dîme, impôt exigé par l’Église en échange des services qu'elle offrait à la population (distribution des sacrements, écoles, hôpitaux...) est supprimée. Le 2 novembre de la même année, les députés font saisir le patrimoine ecclésiastique. Le 23 février 1790, l'Assemblée décide que les décrets doivent être lus par le clergé au cours des offices. Le 17 mars, les biens de l'Église sont nationalisés et mis en vente.
La Constitution civile du clergé fut adoptée le 12 juillet 1790 et ratifiée par le roi à contrecœur le 26 décembre 1790, transformant les membres du clergé en fonctionnaires salariés par l’État. Les membres du clergé séculier seront désormais élus : le pouvoir pontifical est alors transgressé. Réveillant des forces les plus hostiles à l’Église, elle va transformer en adversaires de la révolution des prêtres qui avaient contribué à son succès avec une bonne partie de leurs ouailles. La Constituante a divisé la population en deux camps antagonistes.
Le texte impose, en autres, l’élection des évêques et des curés par tous les électeurs, quelle que soit leur appartenance religieuse. Mieux, l’Assemblée décrète, le 27 novembre, que tous les ecclésiastiques-fonctionnaires vont devoir prêter le serment d’être fidèles à la Nation, à la loi et au roi, faute de quoi ils seront déposés. On comptera environ 45 % d’ecclésiastiques non jureurs ou réfractaires. Le drame de 1792-1793 est en germe. Dès mars 1791, le pape Pie VI condamne toutes ces réformes visant l'Église de France.
Le 14 juillet 1790, un an après la prise de la Bastille, la fête de la Fédération est célébrée sur le Champ-de-Mars. Le Marquis de la Fayette assiste à la cérémonie aux côtés du roi et de la reine. Il s'agit d'un moment d'union nationale : le roi prête serment à la Constitution fraîchement établie et sa personne est applaudie par la foule.
L'Assemblée législative et la chute de la monarchie (1791 - 1792) voir aussi l'article L'Assemblée législative et la chute de la monarchie (1791 - 1792)
Après la ratification de la constitution, l'Assemblée législative remplace l'assemblée constituante (1 octobre 1791).
Un petit groupe de fidèles de la famille royale tenta d'organiser la fuite du roi et de sa famille pour rejoindre les nobles en exil, mais l'impréparation de l'évasion provoqua la fin de l'équipée le 21 juin 1791 à Varennes-en-Argonne et le retour aux Tuileries sous bonne escorte. Louis XVI accepta à contrecœur la constitution de septembre 1791, qui faisait de la France une monarchie constitutionnelle. Le roi dut partager ses pouvoirs avec l'Assemblée législative (succédant à l'Assemblée constituante, chargée de mettre au point la constitution), mais il conservait son droit de véto royal et le choix des ministres.
Le 17 juillet, les Parisiens se réunissent au Champ de Mars, pour demander la déchéance du Roi et l'instauration d'une république. Jean Sylvain Bailly, le maire de Paris, fait tirer la troupe sur les manifestants.
Le 9 novembre 1791, l'assemblée législative édite un décret contraignant les nobles émigrés à revenir en France dans un délai de deux mois. Faute de quoi, leurs propriétés seront confisquées.
De nouvelles factions émergèrent comme les Feuillants (monarchistes constitutionnels), les Girondins (républicains libéraux) et les Jacobins (révolutionnaires radicaux). Le roi, les Feuillants et les Girondins voulaient la guerre pour des raisons diverses. Louis XVI souhaitait gagner en popularité ou être battu : chaque issue l'aurait renforcé. Les Girondins, quant à eux, espéraient exporter la Révolution dans toute l'Europe.
La France déclara la guerre à l'Autriche (20 avril 1792) et la Prusse se rangea aux côtés des Autrichiens quelques semaines plus tard. Les Guerres révolutionnaires françaises avaient commencé ; elles dureront 23 ans (1792-1815). On déclara « la Nation en danger ».
La dictature révolutionnaire (1792-1795)
Des institutions nouvelles sont mises en place dans la précipitation sous la pression des évènements, soit en réformant les institutions établies soit en leur substituant des solutions plus audacieuses pour la défense de la Patrie.
Cette seconde vague révolutionnaire prolonge et contredit à la fois la première.
La France étant en guerre contre l’Europe, la Révolution est désormais perçue comme identique à la Patrie en danger, et les adversaires politiques vont être physiquement éliminés.
Le nouveau personnel politique, issu de la petite bourgeoisie, va s’appuyer sur les « sans-culottes » qui sont des artisans, des salariés, des petits bourgeois. Ils sont associés et organisés dans la Révolution.
La préoccupation essentielle n’est plus d’assurer les Droits de l’Homme mais d’établir des Institutions qui assurent la cohésion et la puissance du Peuple souverain. Désormais, l’égalité précède la liberté. Les Révolutionnaires veulent anéantir les « aristocrates » et réprimer les comportements inciviques.
Le régime constitutionnel de 1791 est anéanti. L’Assemblée législative se sépare et refait élire une nouvelle Assemblée qui aura deux missions :
- gouverner le pays
- rédiger une nouvelle Constitution : une « Convention Nationale » est élue au suffrage universel masculin (au-dessus de 21 ans).
L’orientation extrémiste et démocratique l’emporte. Le coup d’Etat s’accompagne d’arrestations massives. En septembre 1792, plus de mille personnes sont massacrées dans les prisons parisiennes : c’est la Première Terreur.
L’élection de la Convention va se dérouler dans une ambiance tendue. L’abstention forte donne une victoire des Révolutionnaires les plus avancés.
Désormais, les Droits de L’Homme vont être méconnus ou écartés.
La Convention aussitôt élue décide l’abolition de la Royauté et proclame la République le 21 & 22 septembre 1792, en même temps que la victoire française à la Bataille de Valmy.
La Convention décide qu’il ne peut y avoir de Constitution qu’adoptée par le peuple et on va passer d’un régime représentatif à un régime qui se réclame de la démocratie directe, mais il va s’agir d’une démocratie constamment dirigée par une petite minorité organisée et dynamique : « les Vrais Révolutionnaires », groupés dans des sociétés politiques, notamment dans les sociétés affiliés au « Club des Jacobins ».
Pourtant, parmi ces vrais révolutionnaires apparaissent très vite des divisions à propos du sort à réserver au Roi, traduit en jugement, et dont les plus radicaux veulent la mort (Saint-Just dit : « on ne règne pas innocemment »). Le vote public des députés à la tribune permet le repérage des plus modérés : la mort du Roi est acquise à une voix seulement.
Les autres lignes de fracture sont l’organisation du Gouvernement et les subsistances.
Les divisions provoquent un affrontement entre les Girondins et les Montagnards.
Les Girondins, plus légalistes que les Montagnards, plus attachés au libéralisme économique, vont être soumis à l’offensive des Montagnards et des forces révolutionnaires parisiennes qui vont réclamer avec Marat et Danton des mesures extrêmes et draconiennes pour sauver la patrie en danger. Les Montagnards font arrêter et liquider les principaux chefs girondins, les journalistes opposants.
Les Montagnards, soutenus par la Garde Nationale, se rendent maître de la Convention en juin 1793.
Sous l’influence des Girondins, la Convention avait entamé la rédaction d’une nouvelle Constitution qui reprenait les principes de 1789 dans une perspective plus démocratique.
Les Montagnards vont achever le travail de rédaction à la hâte et la font adopter par les députés et la présentent à la ratification populaire pour apaiser les populations des départements inquiètes du coup d’Etat montagnard.
Ce texte de circonstance est à la fois très libéral, démocratique, et pour la première fois quelque peu social. Mais cette Constitution ne sera jamais appliquée. Le 10 août 1793, la Convention constate la ratification populaire (le « OUI » l’a emporté) et décrète que l’application de la Constitution est suspendue jusqu’à la paix. La France sera gouvernée par un « Gouvernement Révolutionnaire », comme le souhaitent les robespierristes.
Les principes du Gouvernement Révolutionnaire
Les Hommes de 1792 et 1793 ont conscience d’avoir à réaliser une œuvre nouvelle et immense, qui consiste à accomplir la Révolution en créant les institutions adéquates tout en luttant contre les ennemis extérieurs et intérieurs et penser à un nouveau système.
Ces hommes sont des démocrates glorifiant le peuple révolutionnaire des « sans-culottes » et sont nourris de culture antique : ils vont interpréter cette culture en fonction de la situation de leur temps. Ils font référence à la République romaine, d’où la haine des Rois. Selon Saint-Just, « la Révolution commence quand finit le tyran ». « Mort aux tyrans ! » est le slogan révolutionnaire. Ils ont en souvenir de la dictature romaine, c'est-à-dire une magistrature exceptionnelle attribuée en cas de péril national et pour une courte durée au citoyen le plus énergique et le plus vertueux afin qu’il sauve la patrie.
Cette doctrine d’un « Gouvernement Révolutionnaire d’exception » inséparable d’une mobilisation permanente des masses a été élaborée par Marat qui lance ses slogans dans le journal « L’Ami du Peuple » puis par Robespierre. Les éléments de ce gouvernement vont être établis en fonction des circonstances, notamment la loi du 14 frimaire an II (4 décembre 1793).
Le Salut Public par la dictature révolutionnaire
Robespierre, dans le cadre de l’Assemblée Constituante, s’était fait l’avocat des solutions libérales, en plaidant pour l’abolition de la peine de mort au début de la Révolution.
Mais dans son discours de l’automne 1793, il fait une distinction entre l’ordre constitutionnel en temps de paix et l’ordre révolutionnaire qui ne connaît qu’une seule règle : le Salut Public, c'est-à-dire la victoire du Gouvernement de la République selon les conceptions des Hommes qui détiennent le pouvoir, conception qui s’inspire de la dictature de l’Antiquité.
En présence des dangers intérieurs et extérieurs, il est indispensable pour les gouvernants d’organiser une concentration du pouvoir.
Les libertés locales sont donc anéanties au profit d’une centralisation parisienne rigoureuse et d’un contrôle très strict de l’orthodoxie politique de tous les agents publics.
Dans ce système, le Gouvernement et l’administration sont associés pour défendre la Révolution.
En conséquence, les autorités révolutionnaires ont le pouvoir de destituer les administrateurs locaux qui sont pourtant élus. En cas de mauvaise orientation politique, les administrations locales vont être purement et simplement « épurées » et les coupables sanctionnés.
L’épuration et la répression doivent ainsi assurer l’exécution rapide des ordres jusqu’à la province. Le Gouvernement et l’administration doivent agir ensemble pour anéantir les adversaires de la République.
L’embrigadement des citoyens
Tous les citoyens sont mobilisés au service de la cause révolutionnaire et l’administration organise un encadrement permanent par le biais des fêtes révolutionnaires (Fête de la Jeunesse, Fête de la Vieillesse, etc.) et par le biais de l’enseignement.
C’est une véritable Révolution culturelle avec le mouvement de déchristianisation et l’instauration d’un nouveau culte : la Raison. Le nouveau Calendrier Révolutionnaire commence le 22 septembre 1792 (1er vendémiaire an I) et prendra fin en 1805. Les anciens prénoms du calendrier sont supprimés.
De plus, chaque citoyen doit être muni d’un certificat de civisme qui atteste de son engagement au service de la cause révolutionnaire.
Les organes centraux du Gouvernement Révolutionnaire
La Convention Nationale
Elle est l’incarnation de la volonté nationale et va assumer tous les pouvoirs en principe. Selon la loi du 14 frimaire an II (4 décembre 1793), la Convention est le « centre unique de l’impulsion du Gouvernement ». C’est ici la mise en œuvre de la philosophie des Lumières (Rousseau : souveraineté populaire).
La Convention est élue en septembre 1792 dans une ambiance très tendue (massacre des prisons). 767 députés sont élus au suffrage universel masculin par les citoyens âgés de 21 ans au moins (sans aucune autre condition) mais la liberté de vote sera très réduite.
Le Président est élu pour quinze jours seulement.
Cette Assemblée assume la plénitude de la fonction législative.
De plus, elle nomme, elle contrôle et elle révoque tous les agents publics.
Elle exerce un contrôle du pouvoir judiciaire en constituant des tribunaux révolutionnaires spéciaux pour les affaires politiques, dont le juges et jurés sont nommés par la Convention.
Cette Assemblée va jouer un rôle décisif. Elle va gouverner avec beaucoup d’efficacité, forte de la conscience de sa légitimité, notamment face aux périls militaires. Elle parvient à l’emporter sur les ennemis extérieurs et les soulèvements intérieurs.
Les travaux de cette Assemblée vont se dérouler dans une ambiance dramatique caractérisée par une passion politique extrême, et sous la pression permanente de la rue, c'est-à-dire de « délégations » venant accuser tel ou tel député, ou telle ou telle faction. L’immunité parlementaire étant suspendue, tout député peut être arrêté et exécuté.
Les comités
Ils sont composés de députés élus pour un mois et renouvelables indéfiniment.
Chacun de ces comités gère un secteur déterminé.
Ils préparent les travaux de l’Assemblée en établissant les textes ensuite soumis à la Convention pour discussion et vote.
Ces comités vont être les centres de décision essentiels, ils vont réaliser la réalité du Gouvernement.
Parmi les différents comités (environ 16), deux ont joué le rôle essentiel de la dictature de Robespierre.
= Le comité de sûreté générale =
Il est créé par la Convention le 2 octobre 1792 et reçoit pour attribution « tout ce qui est relatif aux personnes et à la police générale et intérieure » è pouvoir gigantesque.
Il est composé de 30 membres puis 12, tous Montagnards.
Ce comité va prendre une puissance considérable sous la Terreur.
Du 13 septembre 1793 au 27 juillet 1794 (9 thermidor an II), ce comité, avec les mêmes hommes, va assurer la police de la Terreur.
Ce comité reçoit et encourage les dénonciations. Il établit des dossiers contre des hommes politiques et les transmet au Ministère Public. Il recrute des « espions », appelés des « mouches ». Il va s’occuper de toutes les grandes affaires politiques de l’époque, notamment le procès des Girondins.
Mais l’ingérence croissante du Comité de Salut Public dans les affaires de la Police jointe à l’animosité croissante des membres du Comité de Sûreté Générale contre Robespierre va entraîner le passage du Comité de Sûreté Générale (composé notamment du peintre David, de Amar, Marc Verdier – Président du Comité, artisan de la chute de Robespierre, Philippe le Bas) dans le camp opposé à Robespierre.
= Le Comité de Salut Public =
Il a été créé le 6 avril 1793 et sert de lien entre la Convention et les ministres. En réalité, il assume la totalité du pouvoir exécutif car les ministres n’ont aucun pouvoir de décision.
Au départ, il était composé de 9 membres dont Danton et Barrère de Vieuzac. Il était renouvelé tous les mois à l’origine puis prend sa forme définitive lors de la chute des Girondins en juin 1793. Il est divisé en section : section de la Guerre, section de l’Intérieur, section des Pétitions, section de la Correspondance Générale.
En juillet 1793, avec l’élimination de Danton, l’équipe qui va diriger la France pendant toute la Terreur est mise en place avec 12 membres, dont 7 membres du Club des Jacobins, 2 membre du Club des Cordeliers (Marat, Hébert), et trois membres choisis pour leur compétence (Carnot, Prieur, Lindet) – 8 avocats, 2 ingénieurs, 1 pasteur et 1 acteur.
Le Comité est dominé par Robespierre, appuyé par Couthon et Saint-Just.
Pendant un an, le Comité va diriger la France de façon dictatoriale. Il décide de la politique étrangère, de la politique intérieure, il nomme et révoque les Généraux, dirige les représentants en mission, rédige les mandats d’arrêts…
Cette puissance va être encore accrue à partir du 1er avril 1794 lorsque les Ministres sont supprimés, remplacés par des Commissions du Gouvernement.
Les députés qui contrôlent théoriquement le Comité de Salut Public et l’élisent chaque mois se contentent en réalité d’attendre « que ça se passe… » (peur de la guillotine), mais ils prendront leur revanche le 9 thermidor an II (après cette date, le Comité de Salut Public n’aura qu’un très faible pouvoir).
= Le Conseil des Ministres =
Le 10 août 1792, lors de la Prise des Tuileries, les Ministres du Roi sont chassés et remplacés par un Conseil Exécutif provisoire, composé de 6 membres nommés par l’Assemblée législative.
Ce Conseil va être maintenu par la Convention qui nomme et révoque ses membres.
Chacun des Ministres est responsable de son département avec autorité sur les agents administratifs. Ils ont le pouvoir de prendre des arrêtés mais sont dépendants du Comité de Salut Public auquel ils doivent rendre des comptes tous les dix jours.
Du fait de la rivalité entre le Comité de Salut Public et le Conseil Exécutif, les Ministres sont supprimés par la loi du 1er avril 1794. Cette suppression permet d’épurer le personnel ministériel (modérés, dantonistes, enragés…: tout ce qui n’est pas robespierriste).
12 commissions remplacent les Ministres, composée chacune de trois membres désignés par la Convention hors de ses membres. Ces commissions sont placées sous l’autorité d’un des comités de la Convention.
L’histoire de ce Gouvernement Révolutionnaire est caractérisée jusqu’au 9 thermidor an II par le renforcement du pouvoir de la Convention et du Comité de Salut Public : c’est une concentration extrême du pouvoir.
Après le 9 thermidor an II, le Robespierristes sont écartés. Le système révolutionnaire se desserre puisque la Convention va abolir la dictature des Comités.
L’emprise du Gouvernement Révolutionnaire sur le pays
Pour que l’impulsion parisienne se répercute dans l’ensemble du pays le plus vite possible, la totalité de l’appareil administratif est réorganisée.
Les représentants du Peuple en mission
Ce sont des députés de la Convention auxquels est confiée une mission temporaire. Le système est généralisé au printemps 1793.
Les représentants sont deux pour se surveiller et pour se remplacer. Ils sont investis de la plénitude des pouvoirs.
= Les représentants aux armées =
Ils sont envoyés par crainte des soulèvements militaires. Ils vont exercer une multitude de fonctions, vont surveiller l’état d’esprit des Généraux, vont rétablir l’ordre dans l’armée, vont imposer l’esprit d’offensive.
Les militaires n’ont plus que la conduite technique des opérations.
= Les représentants dans les départements =
Des groupes de départements sont affectés à deux représentants qui devront faire un rapport au Comité de Salut Public tous les dix jours.
Ils imposent l’esprit révolutionnaire, font exercer les lois. Ils ont pour cela des pouvoirs immenses : droit de prendre des arrêtés, véritables lois provinciales tant que la Convention ne les a pas abrogés, pouvoir de créer des juridictions d’exception, de révoquer les agents publics. Ils organisent la police politique, les arrestations, le ravitaillement, la levée des citoyens mobilisés.
Pendant l’été et l’automne 1793, les représentants vont imposer à la France l’obéissance. Ce sont des agents efficaces et redoutés (Carrier à Nantes, Barras à Marseille, Fouché à Lyon…).
Chaque changement de la ligne politique s’accompagne d’un rappel des représentants qui ne sont plus considérés comme des hommes sûrs.
C’est une institution très efficace, maintenue même après la chute de Robespierre, jusqu’à la chute de la Convention (octobre 1795) puis remplacée par des Commissaires, avec une efficacité moindre.
Les Comités Révolutionnaires en province
Ce sont des groupes politiques associés à des responsabilités publiques constitués à partir de 1792 (jusqu’en 1795).
C’est une hiérarchie parallèle à côté de la hiérarchie administrative.
La présence et la faveur de ces comités correspondent à la logique du système révolutionnaire.
Les représentants du peuple en mission ne sont pas en province en permanence. Pour éliminer les oppositions nombreuses, pour constituer un appareil révolutionnaire, pour encadrer la population, il est vital d’établir des organes locaux permanents et actifs qui vont surveiller et encadrer la population, et appuyer les autorités publiques locales.
Ils ont pour fonction de dynamiser la Révolution, empêchent l’appareil administratif de s’enliser dans la routine. Ils vont permettre le gouvernement de la France par des équipes restreintes.
Ce sont des structures aux confins d’un « parti politique » et d’un organisme public (dérives des sociétés de pensée, des clubs…).
Les modérés vont être éliminés, et seul les Comités acquis à la Révolution vont subsister.
Entre 1790 et 1791, les clubs « aristocratiques » sont épurés, éliminés.
En 1792, les membres des Comités trop modérés sont éliminés, comme le Club des Feuillants par exemple, très attaché au respect de la Constitution de 1791.
Le rôle essentiel va être joué par le Club des Jacobins à Paris et ses filiales en province, ainsi que le Club des Cordeliers qui sera liquidé plus tard.
Ils constituent de façon spontanée avec les autorités des groupes d’émanation chargés de mobiliser l’opinion publique en faveur du processus révolutionnaire.
A partir de 1792, il devient habituel que ces clubs participent à la vie administrative. Ils se constituent en « comités » locaux (comité de surveillance, comité révolutionnaire). Pour lutter contre les modérés.
En 1793, ces créations sont généralisées et institutionnalisées par différentes lois, comme la loi du 21 mars 1793 selon laquelle chaque commune doit posséder un comité de 12 membres « vrais sans-culottes », qui sont l’âme de la Révolution. Ils dénoncent aux autorités ceux qui sont présumés être des adversaires de la Révolution. La loi du 4 décembre 1793 -14 frimaire an II) associer les comités aux municipalités pour tout ce qui concerne l’exécution des lois révolutionnaires et les mesures de Salut Public.
Ils sont chargés de faire la chasse aux suspects (800 000 en prison en 1794, qui n’ont rien fait contre la Révolution mais qui n’ont rien fait pour et sont donc suspects…), participent aux arrestations, ont une mission générale de propagande (organisation de cérémonies patriotiques), sont chargés de surveiller les autorités publiques et de les dénoncer pour « modérantisme ». Pour cela, ils peuvent s’adresser directement au Comité de Sûreté Générale et au Comité de Salut Public.
Entre 1792 et 1794, ils ont joué un rôle fondamental en faisant régner la Terreur dans les villes, en excédant souvent les instructions parisiennes.
La justice révolutionnaire
Les équipes révolutionnaires au pouvoir à partir de 1792 considèrent que le système judiciaire répressif établi par la Constituante est trop libéral car il ne permet pas d’assurer une répression efficace, rapide et exemplaire. Ils vont mettre au point des institutions très efficaces.
Le Tribunal Révolutionnaire
Il est établi le 10 mars 1793 et est situé à Paris. Ce tribunal « connaîtra de toute entreprise contre-révolutionnaire, de tout attentat contre la liberté, l’égalité, l’unité et l’indivisibilité de la République, la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat, et de tout complot tendant à rétablir la Royauté ou à établir toute autre autorité attentatoire à la liberté, à l’égalité, et à la souveraineté du peuple, soir que les accusés soient fonctionnaires, civils ou militaires, ou simples citoyens ».
C’est une définition très extensive : toute personne peut être traduite devant le Tribunal pour motif politique.
La Convention s’engage dans une politique de mobilisation économique, et les infractions dans ce domaine relèveront de ce tribunal.
= Le personnel =
Il y a 5 juges dont un Président, 12 jurés, et le Ministère Public composé d’un accusateur public (Quentin Fouquier-Tinville) et deux substituts.
Ils sont tous nommés par la Convention parmi les républicains les plus sûrs. On fait donc juger les accusés par les adversaires politiques.
= La procédure =
A l’origine, il s’agissait d’une procédure de Droit commun, avec interrogatoire, audition des témoins à charge et à décharge, réquisitoire et plaidoirie. Cependant, dès l’origine, les condamnations ne peuvent faire l’objet d’aucun recours.
Mais le respect de cette procédure ne permet pas d’aller très vite. Les six premiers mois, le tribunal prononce une quarantaine de condamnation à mort et autant d’acquittement. Pour obtenir la condamnation rapide des Girondins, des réformes ont lieu.
La première réforme a lieu en octobre 1793. Le Président du Tribunal a le droit de clore les débats dès que les jurés se déclarent « suffisamment éclairés », notamment sans attendre que tous les témoins aient été entendus. D’octobre 1793 à mai 1794, 50 condamnations par mois ont lieu.
En outre, la procédure est remaniée au grès du Gouvernement contre tel ou tel accusé. Par exemple, le procè
Assemblée législative
L'Assemblée législative (1 octobre 1791 - 21 septembre 1792) fut créée par la constitution de 1791, elle succéda à l'Assemblée constituante. Formée d'hommes nouveaux, l'Assemblé constituante ayant décidé qu'aucun de ses membres ne pourrait être éligible, elle représentait en majorité la bourgeoisie aisée, le suffrage étant censitaire.
L'Assemblée législative se divisait en trois grandes tendances.
- Les plus modérés formèrent la droite, environ 260 monarchistes constitutionnels inscrits au Club des Feuillants défenseur de la royauté contre l'agitation populaire. ils ne comptaient aucune personnalité éminente, leurs véritables chefs, Joseph Gilbert Motier marquis de La Fayette et Antoine Barnave, se trouvant en dehors de l'Assemblée législative.
- La gauche, moins nombreuse (136) députés étaient constituée de députés membres du Club des Jacobins ou de celui des Cordeliers. Pour la plupart issus de la bourgeoisie cultivée, adeptes des idées des Lumières, ils avaient pour chef Jacques Pierre Brissot (d'où leur nom de Brissotins, puis de Girondins) entouré de philosophes Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet et de plusieurs avocats bordelais, en particulier le brillant orateur Pierre Victurnien Vergniaud. Méfiants à l'égard de Louis XVI, ils étaient partisans d'une guerre contre les souverains européens afin de mettre Louis XVI à l'épreuve mais aussi favorables à l'expansion de l'idée de liberté en Europe.
- Le reste, 345 députés, formait le centre. Résolus à défendre l'œuvre de la Révolution, ils votèrent le plus souvent à gauche.
L'Assemblée législative eut à faire face aux difficultés économiques, financières, à l'agitation religieuse et contre-révolutionnaire animée par le clergé réfractaire. Voulue aussi par la cour - Louis XVI comptait sur les échecs militaires pour reprendre en main le pays -, la déclaration de guerre à l'Autriche (20 avril 1792), votée à l'unanimité moins sept voix (dont celle de Maximilien de Robespierre) inaugura sous l'Assemblée législative un conflit qui devait durer, avec de courts répits, 23 ans, jusqu'à la bataille de Waterloo (18 juin 1815). Après les journées révolutionnaires du 20 juin 1792 et surtout le 10 août 1792, l'Assemblée législative vota la suspension du roi. La mise en place d'une nouvelle Assemblée élue au suffrage universel, la Convention fut décidée.
Catégorie:Révolution françaiseAssemblée législative
Georges Danton
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- Georges Danton (UNEF): ancien président de l'UNEF
Maximilien de Robespierre
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Robespierre, Maximilien de
Maximilien-Marie-Isidore de Robespierre, né le 6 mai 1758 à Arras (Pas-de-Calais), guillotiné le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) à Paris place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), était un homme politique français.
Vie
Fils de François de Robespierre et de Jacqueline-Marguerite Carraut, fille d'un brasseur d'Arras. Aîné d'une famille de quatre enfants, dont un frère Augustin Robespierre et deux sœurs Charlotte Robespierre et Henriette Robespierre.
Chef des Montagnards, il incarna la tendance démocratique de la Révolution française, mais aussi ses méthodes terroristes, "Incorruptible" pour les uns, "dictateur sanguinaire" pour les autres, il reste un personnage très controversé de l'Histoire.
Sa famille paternelle appartenait à la noblesse de robe, après avoir fait de brillantes études au collège Louis-le-Grand où il eut pour camarades Camille Desmoulins et Louis-Marie Stanislas Fréron il a d'abord exercé la fonction d'avocat, comme son père et son grand-père. Imprégné des idées des philosophes du , notamment de Rousseau, il participe à la vie politique dans sa province, puis à Paris comme député du tiers état pour l'Artois aux États généraux de 1789 puis à l'Assemblée constituante où il fut un des rares défenseurs du suffrage universel et de l'égalité des droits. Membre du Club des jacobins, il en est le principal animateur, il est partisan d'une démocratie intégrale, tout en restant favorable à une monarchie constitutionnelle. Il dénonça l'entrée en guerre de la France contre l'Autriche (1792), décision qu'il jugeait imprudente, faisant le jeu de Louis XVI. Il ne devient républicain qu'en 1792, année où il participe à la Commune insurrectionnelle de Paris. Devenu membre de la Commune insurrectionnelle de Paris, il commença à jouer un rôle politique de premier plan. Il est à l'origine de la Convention nationale, élue au suffrage universel, où il siège avec les Montagnards, il combattit violemment les Girondins hostiles à l'exécution de Louis XVI puis contribua à leur éviction après la trahison de Charles-François Dumouriez (2 juin 1793). Il entre au Comité de salut public le 9 Thermidor an I (27 juillet 1793), il devint l'âme de la "dictature jacobine" imposant un régime de terreur, mesures d'exception jugées indispensables pour sauver la République gravement menacée à l'intérieur (guerre de Vendée) comme à l'extérieur et instaure un régime fondé à la fois sur la vertu et la Terreur, selon ses propres termes. Après l'élimination des Ultra-révolutionnaires (Hébertistes et Enragés) (24 mars 1794) jugés "démagogiques", puis des "Indulgents" groupés autour de Georges Danton (5 avril 1794), Maximilien de Robespierre tenta d'imposer son idéal de république démocratique et vertueuse, constituées de petits propriétaires libres et égaux en droit, lui donnant son couronnement spirituel avec l'institution du Culte de l'Être suprême (qui se veut être une sorte de réstauration de la religion civile des républicains romains). Il participe à l'élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ainsi qu'à la première constitution française en 1791. On lui donne le surnom d'Incorruptible, tant ses convictions et son mode de vie austère incitent au respect. Mirabeau dira de lui en 1789 : « Cet homme est dangereux, il croit tout ce qu'il dit ».
Souvent malade (dépressif) et absent des réunions du comité, il inquiète ses collègues aussi bien les plus terroristes des conventionnels (Fouché, Barras) que les députés du Marais, après l'instauration de la Grande Terreur (loi de prairial an II - 10 juin 1794) jugée inutile après les victoires militaires (Fleurus 26 juin 1794). Arrêté par la réaction le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), il est exécuté le lendemain sans procès ainsi que vingt et un de ses amis politiques dont Saint-Just et Couthon. Les vingt-deux têtes furent placées dans un coffre en bois, et les troncs rassemblés sur une charette se dirigeant vers le cimetière des Errancis. On jeta le tout dans une fosse commune et l'on répandit de la chaux afin que le corps du "tyran" (Maximilien de Robespierre) ne laisse aucune trace. Il fut inhumé au cimetière des Errancis. Sa chute mit fin à la Terreur et brisa l'élan démocratique de la République.
A sa chute, ceux qui avaient organisé la Terreur et en avaient largement profité en mettant la main sur les biens des nobles et des banquiers exécutés chargèrent Robespierre de tous leurs méfaits, quitte à falsifier les documents historiques.
La sexualité de cet homme mystérieux reste une énigme. Constamment valétudinaire (il recevait chaque jour son médecin), il ne s'afficha avec aucune femme. De 1791 jusqu'à sa mort, il séjourna chez un petit bourgeois de la rue Saint-Honoré, le menuisier Duplay, qui tenta de le fiancer à l'une de ses filles. Dès sa chute, tous les Duplay furent emprisonnés, parfois pour des années. Eléonore Duplay ne se maria jamais et vécut le reste de sa vie dans le regret de son grand homme.
En 1840, des Robespierristes fouilleront le sol du cimetière des Errancis fermé depuis une trentaine d'années, ils ne découvriront rien.
Maximilien Robespierre fut victime de deux "tentatives d'assassinat" :
L'une perpétrée par le royaliste Henri Admirat le 22 juin 1794. Henri Admirat traqua Maximilien de Robespierre et, par suite de hasards, ne réussit pas à le rencontrer et décharge, en vain, deux coups de pistolets sur Jean-Marie Collot d'Herbois, un conventionnel qui haussait l'assassinat au niveau d'un des beaux arts. Il est arrêté et exécuté en compagnie d'un groupe de personnes qu'il ne connaissait pas, qu'on accusa d'avoir comploté avec lui.
L'autre tentative fut celle de Cécile Renault le 23 mai 1794. Inspirée par le geste de Charlotte Corday, elle quitta son domicile avec deux petits couteaux cachés au fond d'un panier, et se rendit à la maison des Duplay. Eléonore Duplay, la jugeant suspecte, l'empêcha d'entrer et appela la garde. Emmenée au Comité de Salut public, Cécile Renault nia avoir voulu tuer Robespierre. Elle fut néammoins condamnée à mort, en même temps que sa famille et ses voisins, dans un climat d'hystérie meurtrière.
Duplay
Duplay
Voir aussi
- Élie Guadet
- Révolution française
Liens externes
- [http://www.amis-robespierre.org Amis de Robespierre]
- [http://www.canevet.com/maximilien/accueil/index.htm Association Maximilien Robespierre pour un idéal démocratique]
- [http://www.royet.org royet]
- [http://www.cths.fr/FICHES/Fiches_Societes/S_1428.shtm Société des études robespierristes]
- [http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_sur_la_peine_de_mort_%28Robespierre%2C_1791%29 Discours] pour l'abolition de la peine de mort (1791)
Œuvres
- Œuvres de Maximilien Robespierre : 10 volumes publiés par la société des études robespierristes sous la direction de Albert Soboul et Marc Bouloiseau. Edités aux PUF.
:(Rééditions, Œuvres de Maximilien Robespierre, 10 vol., Paris, coédition SER/Phenix Editions, 2000.)
Bibliographie
- Albert Mathiez, Etudes sur Robespierre : Editions Sociales, Recueil de la Société des études robespierristes, 1973
- Gérard Walter, Robespierre, I - La vie, II - L'œuvre, 2 tomes, Gallimard, NRF, 1961
- Marc Bouloiseau, Robespierre, PUF, coll. "Que sais-je ?", nombreuses éditions
- Max Gallo, Robespierre, Histoire d'une solitude, Librairie Académique Perrin, 1968. 352 p.
- Laurent Dingli,Robespierre, Paris : Flammarion, coll. « Grandes biographies », 2004. 605 p. ISBN 2-08-068199-0.
- Ernest Hamel, Histoire de Robespierre1866
- Jean-François Fayard, Les 100 jours de Robespierre. Paris : le Grand livre du mois, 2005. 203 p.-[16] p. de pl., 24 cm. ISBN 2-286-00126-X. En appendice, choix de documents. (référence à remplacer par celle de l'édition originale)
- Robespierre, politique et mystique. Henri Guillemin - Le Seuil
Discographie
Autre livre intéressant:
Robespierre, politique et mystique. Henri Guillemin - Le Seuil
- Serge Reggiani, Maximilien Robespierre Discours Polydor 2669 044
- Jean Ferrat, Ma France", elle répond toujours du nom de Robespierre... Barclay
- La révolution française (opéra rock) : Robespierre
ja:マクシミリアン・ロベスピエール
Convention nationale
En France, la Convention nationale est le nom donné à l’Assemblée constituante qui succède le 21 septembre 1792 à l’Assemblée législative.
Son histoire peut être découpée en trois périodes :
- Convention girondine (21 septembre 1792–2 juin 1793), qui proclama la République le 21 septembre 1792 et s’auto-institua en tribunal pour instruire le procès de Louis XVI, créa le Tribunal révolutionnaire de Paris, qui jugea Marie-Antoinette, et le Comité de salut public ;
- Convention montagnarde la fête des récompenses an I (2 juin 1793 – 9 thermidor an II (27 juillet 1794), auteur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en prairial an I (juin 1793), décréta la levée en masse le 6 fructidor an I (23 août 1793) et organisa la Terreur ;
- Convention thermidorienne (9 thermidor an II (27 juillet 1794) – 4 brumaire an IV (26 octobre 1795), qui prépara l’avènement du Directoire.
Malgré ses dissensions internes, elle réussit à écraser les royalistes de Vendée et du Midi, ainsi qu’à vaincre l’Europe coalisée contre la France.
La Convention a fondé d’admirables institutions dont s’honore la France :
- L’École normale supérieure
- L’École polytechnique
- L’École des Arts et Métiers
- Le système métrique
- Le Conservatoire de musique
- Le Muséum d’histoire naturelle
Elle groupa sous le nom d’Institut les anciennes Académies (qu’elle avait préalablement dissoutes à l’été 1793 sous l’influence de Marat, qui les accusait d’être des repaires d’aristocrates) et celles qu’elle fonda elle-même.
Voir aussi
- Comités et commissions de la Convention nationale.
- Jean-Baptiste Bouchotte
- Montagne
- Girondins
- Marais
- Enragés
- Indulgents
- Liste des membres de la Convention nationale par département
Lien externe
- [http://www.archontology.org/nations/france/france_state1/01_convention_nationale.php Présidents de la Convention nationale]
- [http://revolution.1789.free.fr/page-8.htm Page sur la Convention nationale] sur le site [http://revolution.1789.free.fr/ La Révolution Française]
Catégorie:Convention nationale
Seine (département)Catégorie:Ancien département français
La Seine était un département français, qui a été réparti entre quatre départements en 1968 : Paris (1 commune), Hauts-de-Seine (27 communes), Seine-Saint-Denis (24 communes) et Val-de-Marne (29 communes).
Histoire des divisions administratives
- 1790 : création du département de Paris avec 3 districts : Bourg-la-Reine, Paris, Saint-Denis
- 1795 : le département de Paris devient le département de la Seine
- 1800 : création des arrondissements : Paris, Saint-Denis, Sceaux
- 1952 : suppression des arrondissements de Saint-Denis et Sceaux
- 1966 : création de l'arrondissement d'Antony (Antony) et de l'arrondissement de Nogent-sur-Marne (Nogent-sur-Marne)
- 1968 (1er janvier) : suppression du département de la Seine
Lien externe
- [http://splaf.free.fr/75o.html Historique du département de la Seine par le Splaf]
Sans-Culottes
Catégorie:Révolution française
Catégorie:Révolution française]
Les sans-culottes sont les personnages emblématiques de la Révolution française ; c'est le nom que se donnent les partisans de la Révolution à partir de 1791, principalement à Paris.
Cette tenue est un signe de protestation, arboré initialement par des avocats, des commerçants, des employés, des artisans, des bourgeois puis par les membres de toutes les professions roturières, qui vont s'appeler « patriotes ».
Dans le calendrier républicain, les cinq jours complémentaires furent baptisées sans-culottides jusqu'en 1795.
Le "costume du révolutionnaire"
Ne portaient pas de culottes ceux qui portaient un pantalon, c'est-à-dire ceux qui travaillaient de leurs mains. Travailleur manuel, tapissier chez Réveillon ou typographe des Lumières, ouvrier du meuble ou artisan des Gobelins, le sans-culotte tira, à partir de l'événement révolutionnaire, fierté de son métier. Le renversement des valeurs traditionnelles se manifestait clairement par là : les privilégiés que leur naissance dispensait du travail, auxquels leur formation faisait mépriser l'ouvrage manuel, devinrent un objet de dérision constant.
Les sans-culottes s'opposent aux porteurs de culottes courtes et de bas de soie et répandent des usages démocratiques : ils se tutoient et s'appellent « citoyens ». Par la suite, les élus du tiers état arboreront des vêtements noirs avec bicornes, des vêtements austères qui trancheront avec les vêtements luxueux des élus des deux autres ordres de la noblesse et du clergé.
Le pantalon fut d'abord porté par les candidats du Tiers État à la députation. Ces candidats députés en opposition au Roi et aux privilèges de la noblesse, vont assurer la rédaction des cahiers de doléances qui seront inventoriés, centralisés et terminés à Paris en avril 1789.
Outre le pantalon, rayé souvent aux trois couleurs, le sans-culotte était vêtu de la blouse et du gilet ou de la veste (la carmagnole), chaussé des sabots qui marquaient son appartenance au peuple travailleur. Il se coiffait du bonnet phrygien, un bonnet normalement utilisé pour protéger ses cheveux dans certaines professions ; un bonnet renvoyant aux révoltes du XVIIe siècle ou à celles, plus nobles car plus antiques, des esclaves phrygiens.
Les représentations iconographiques, largement diffusées sous formes de gravures ou d'estampes vendues à la criée, idéalisaient le corps du sans-culotte, robuste, musclé, équilibré, que tout opposait aux corps monstrueux des privilégiés, évêques obèses passés au «dégraisseur patriotique» ou nobles filiformes et émaciés, roi-cochon ou reine-autruche («l'Autruchienne»), ayant perdu toute dignité et tout droit au respect.
Les élus sans-culottes répudient et retirent de leur nom les références à la noblesse et certains se donnent des noms glorieux « Brutus » ou « Gracchus » ... Pour chasser l'esclavage, les sans-culottes arborent le bonnet phrygien.
La "Sans-culotterie"
Ce sont les sans-culottes qui prennent la Bastille, participent à la chute des Tuileries et chantent la Marseillaise.
À partir de 1791 surtout, lorsque la fuite à Varennes (20-26 juin) puis le massacre du Champ-de-Mars (17 juillet) eurent clairement montré qu'une partie des élites avait rejoint le camp de la réaction en couvrant la trahison du roi et en faisant mitrailler le peuple, les militants des sections parisiennes firent de leur costume un manifeste politique contre le régime de monarchie constitutionnelle censitaire.
Après 1792, les sans-culottes arborent la veste courte à gros boutons : la carmagnole.
Le théâtre révolutionnaire (Sylvain Maréchal, Le Jugement dernier des rois) fit du sans-culotte le symbole de la justice naturelle.
Le sans-culotte trouvait en effet l'une des sources de son efficacité politique dans la fascination rousseauiste de nombre d'hommes des Lumières pour le travail manuel. Lecteurs de lEncyclopédie, débiteurs vis-à-vis des sans-culottes qui avaient fait la Révolution à Paris, sauvant ainsi l'Assemblée nationale constituante, les chefs politiques de la Révolution marquèrent leur attachement jusqu'à la chute de Robespierre : ainsi fut imposé durant la Terreur, le tutoiement démocratique remplaçant le servile vouvoiement.
Quelques journalistes surent admirablement coller à ce peuple combattant et révolutionnaire : Jean-Paul Marat et son Ami du peuple et, dans un tout autre registre, Jacques-René Hébert et son Père Duchesne. Ils en furent longtemps les porte-parole, plus que les guides, incontestés. Les sans-culottes se rassemblaient, d'une part, dans les assemblées des sections et, d'autre part, dans les clubs. Les assemblées des sections, organismes de la vie de quartier institués dès 1790, n'accueillaient en principe que les citoyens actifs ; cependant, le rôle primordial joué par nombre d'ouvriers et petits artisans, ainsi que le fait qu'ils étaient restés armés depuis 1789, leur donna voix au chapitre. Les clubs surtout — club des Cordeliers, club de l'Évêché, Société fraternelle des deux sexes, Club helvétique — furent l'instrument dont les sans-culottes se servirent pour influencer la vie politique. Le club de l'Évêché, issu des Cordeliers, joua un rôle important dans la préparation du 10 août, jour de la prise des Tuileries et de la chute du trône. À partir de septembre 1792, le club des Jacobins s'ouvrit aux citoyens les plus pauvres : il devint dès lors le plus important des lieux de réunion pour les sans-culottes.
Ceux-ci manifestaient leurs revendication par des pétitions des sections présentées aux assemblées (Législative, puis Convention) par des délégués ; il y eut ainsi une succession de pétitions réclamant l'arrestation des chefs girondins avant l'insurrection du 31 mai au 2 juin. L'insurrection, la « journée », était le second moyen d'action. Le recours à la violence armée fut utilisé fréquemment du 10 août 1792 aux vaines émeutes de germinal et prairial an III. Les émeutiers, appuyés par les canons de la garde nationale à laquelle ils appartenaient, venaient montrer leur force menaçante pour obtenir gain de cause. De leur détermination et de la capacité de résistance du pouvoir politique dépendait évidemment le succès de la tentative : réel le 10 août ou le 2 juin, il fut nul durant la période de la Convention thermidorienne.
Avec la mise en place, en 1792 et 1793, des comités de surveillance, les sans-culottes eurent un troisième moyen de pression sur le politique : la police et les tribunaux reçurent par milliers les dénonciations des traîtres et conspirateurs supposés. Pour l'efficacité de la Terreur, la surveillance révolutionnaire exercée par les sans-culottes était indispensable. Celle-ci abolie par la Convention thermidorienne, vint le moment où les sans-culottes, privés du club des Jacobins, désarmés, fichés et suivis par une police remarquablement infiltrée, durent abandonner leur pouvoir de pression. La République ne serait plus ni sauvée ni dirigée par leur colère, mais par les militaires.
En 1794 avec la chute de Robespierre, les sans-culottes perdent leurs pouvoirs et leur rôle politique.
GirondinsGirondins, nom donné à un groupe politique pendant la Révolution Française, qui siégea à l'Assemblée législative et à la Convention nationale, parce qu'il était composé de plusieurs députés des bords de la Gironde. Ces hommes, presque tous jeunes, étaient majoritairement issus de la bourgeoisie provinciale des grands ports côtiers. Leur affrontement violent avec le groupe des Montagnards domine les premiers mois de la Convention. Ils ont été présentés par un trop grand nombre d'historiens comme des modérés.
Appelés à l'époque Brissotins ou Rolandistes, l'appellation de Girondins est moins ancienne et ne fut popularisée qu'au début du XIXeme siècle, notamment par Lamartine dans son Histoire des Girondins.
Ses membres, pour la plupart inscrits au Club des Jacobins, étaient considérés comme les plus radicaux de l'assemblée, avec les députés de Paris, emmenés par Robespierre, qu'on nommaient les Montagnards parce qu'ils siégeaient sur les plus hauts bancs de l'Assemblée.
Division sur la question de l'opportunité de la guerre
Les Girondins prônèrent la guerre contre ceux qui, en Europe, encourageaient la résistance aux lois révolutionnaires ou n'observaient pas un gage de neutralité en désarmant les émigrés.
Le 15 mars 1792 les Girondins l'emportèrent, et Louis XVI forma un ministère girondin avec Dumouriez aux Affaires Étrangères et Roland à l'Intérieur. Le 20 avril 1792, la guerre était déclarée.
Aussitôt le désaccord s'aggrava entre Robespierre et Brissot. Le premier refusant la confiance aux ministres girondins, ceux-ci durent démissionner le 13 juin 1792.
Si les Montagnards refusèrent de s'associer à la journée du 20 juin 1792, ils préparèrent l'insurrection du 10 août, instaurant une Commune insurrectionnelle à Paris et réclamant une Convention.
Les deux partis furent donc dressés l'un contre l'autre avant l'ouverture de la Convention nationale.
Le duel Gironde / Montagne à la Convention
A la Convention nationale, la Gironde, composée essentiellement de députés des provinces fut installée à droite et la Montagne, composée des vingt-quatre députés de Paris et de plusieurs autres fut installée à gauche.
Les Girondins dominaient l'Assemblée et, immédiatement, ils s'attaquèrent à la Commune de Paris et aux Montagnards, qu'ils tenaient pour responsables des massacres de septembre. Ce fut Marat qui fut visé le premier.
Bien qu'accusés de fédéralisme, les Girondins bénéficiaient de l'évolution favorable de la situation militaire (victoire de Jemmapes, 6 novembre) pour relancer la Convention Girondine.
Cependant, au procès du roi Louis XVI, les Girondins, en demandant l'appel au peuple, se rendirent suspects de tiédeur républicaine, en tentant de sauver le roi.
L'évolution de la situation militaire (défaite de Neerwinden, 18 mars 1793), trahison d'un des leurs, Dumouriez, 5 avril 1793), et leur opposition contre l'institution du Tribunal criminel extraordinaire (Tribunal révolutionnaire), les compromirent définitivement.
Avril- mai 1793: la lutte ultime entre Girondins et Montagnards
Ce furent d'abord les Girondins qui firent décréter l'arrestation de Marat par la Convention nationale (13 avril 1793); mais celui-ci fut acquitté par le Tribunal criminel extraordinaire et regagna l'Assemblée triomphalement (24 avril 1793), puis, afin d'enquêter sur les exactions de la Commune de Paris et de veiller à la sécurité de l'Assemblée, ils firent nommer une Commission des Douze avec pouvoir d'arrestation.
Hébert, substitut de la Commune de Paris, fut arrêté. La Commission des Douze cassée puis rétablie. Les Montagnards, dans les clubs, firent appel au peuple de Paris.
Forte de l'appui de 36 sections, la Commune organisa les journées d'émeute des 31 mai et 2 juin 1793. La Convention nationale cernée par des insurgés commandés par Hanriot, chef de la garde nationale, vota l'arrestation de vingt-neuf députés girondins et de deux ministres. Plusieurs d'entre eux réussirent à s'évader et tentèrent de soulever la province, avec peu de succès dans l'immédiat, si ce n'est, peut-être, l'assassinat de Marat par Charlotte Corday.
Répercussions
Pourtant le coup de force contre l'élite girondine fédéraliste de la Convention est durement ressenti dans le sud du pays: Lyon, Bordeaux, Marseille... font sécession à partir de juin 1793, amorçant une véritable "révolte des provinces" pour défendre le fédéralisme.
La rébellion fut rapidement matée, obligeant les chefs à se suicider (Buzot, Clavière, Pétion, Roland).
Le procès des vingt et un Girondins, non évadés, (Brissot, Vergniaud, Gensonné, Viger, Lasource...etc) occupa les audiences du Tribunal révolutionnaire des 3 au 9 brumaire an II (24-30 octobre 1793). Tous furent condamnés à mort et guillotinés le 10 brumaire an II (31 octobre 1793).
Quelques fuyards (Isnard, Lanjuinais) purent réintégrer la Convention nationale après le 9 thermidor.
Voir aussi
- Exécution des Girondins
- Antoine-Joseph Gorsas
- Armand de Kersaint
Catégorie:Groupe politique de la Révolution française
ja:ジロンド派
Comité de salut public
Catégorie:Révolution françaiseCatégorie:Convention nationale
Le Comité de salut public, organe de gouvernement révolutionnaire mis en place par la Convention nationale le 17 Germinal an I (6 avril 1793), élus pour un mois et rééligibles formait de facto (sauf en matière financière) le gouvernement de la France jusqu'au Directoire.
Présentation
Directoire
Le Comité de Salut public dominé d'abord par Georges Danton, puis par Maximilien Robespierre, exerça avec le Comité de sûreté générale un régime de dictature et de terreur destiné à sauver la Révolution gravement menacée de l'intérieur -insurrections fédéralistes, guerre de Vendée- et à l'extérieur. Bien que la Convention nationale détint toujours l'autorité suprême, elle entérina le plus souvent les décisions du Comité de Salut public qui devait néammoins rendre compte de ses décisions à la Convention nationale.
Jusqu'au 10 juillet 1793, la composition de ce comité de neuf membres, délibérant en secret, dominé par Georges Danton, comprenait, dans l'ordre de leur élection :
- Bertrand Barère de Vieuzac, député des Hautes-Pyrénées
- Jean-François Delmas, député de la Haute-Garonne
- Jean-Jacques Bréard, député de la Charente-Inférieure
- Pierre Joseph Cambon, député de l'Hérault
- Georges Danton, député de Paris
- Jean Antoine Debry, député de l'Aisne
- Louis Bernard Guyton-Morveau, député de la Côte-d'Or
- Jean-Baptiste Treilhard, député de Seine-et-Oise
- Jean-François Delacroix, député d'Eure-et-Loir
Jean Antoine Debry, malade, donna sa démission et fut remplacé par Robert Lindet, député de l'Eure
On installa ce nouveau comité le 7 avril 1793 aux Tuileries jusqu'à sa disparition en octobre 1795 dans les appartements de Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine, situé au rez-de-chaussée au pavillon de Flore, devenu le palais de l'Égalité.
L'organisation du pouvoir en France devenait
Suffrage universel
|
|
Montagne Marais Girondins
nomme -------------------------- nomme
------------------------ | Convention nationale | ------------------
| -------------------------- |
| ^ |
| | |
------------------------- | ---------------------------
| Comité de salut public |--- --------- | Comité de sûreté générale |
------------------------- propose les lois ---------------------------
| fait passer les accusés devant
nomme les représentants en mission |
| | ----------------------------
| | | Tribunal révolutionnaire |
| | ----------------------------
Inspection contrôle
des des
départements armées
La politique dantoniste, politique montagnarde modérée, y prédominera.
Considéré comme trop modéré, ce comité fut remanié après la chute des Girondins et, le 10 juillet, on y élimina les dantonistes.
Ce Comité de Salut public fut appelé le"Grand Comité de Salut public"
Le 27 juillet 1793, Maximilien de Robespierre y fit son entrée.
En septembre 1793, le comité comprit douze membres :
- Maximilien de Robespierre, député de Paris
- Bertrand Barère de Vieuzac, député des Hautes-Pyrénées
- Robert Lindet, député de l'Eure
- Jean Bon Saint-André, député du Lot
- Georges Couthon, député du Puy-de-Dôme
- Jean-Marie Hérault de Séchelles, député de Seine-et-Oise
- Pierre-Louis Prieur (ditPrieur de la Marne), député de la Marne
- Louis Antoine Léon de Saint-Just, député de l'Aisne
- Lazare Nicolas Marguerite Carnot, député du Pas-de-Calais
- Claude-Antoine Prieur-Duvernois (dit Prieur de la Côte-d'Or), député de la Côte-d'Or
- Jacques Nicolas Billaud-Varenne, député de Paris
- Jean-Marie Collot d'Herbois, député de Paris
Jean-Marie Hérault de Séchelles fut éliminé pour dantonisme et ne fut pas remplacé.
De juillet 1793 -après le départ de Georges Danton-jusqu'à juillet 1794, les mêmes Montagnards à l'exception d'un seul furent constamment réélus.
Les douze membres du "Grand Comité de Salut public" sont loin d'être unanimes dans leurs opinions:
Il existe une "droite" formée de Robert Lindet, Lazare Carnot et Claude-Antoine Prieur-Duvernois, une "gauche" qui comprenait Maximilien Robespierre, Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Georges Couthon, Pierre-Louis Prieur, André Jean-Bon-Saint-André ; une "extrême-gauche" avec Jacques-Nicolas Billaud-Varenne, Jean-Marie Collot d'Herbois,Jean-Marie Hérault de Seychelle et Bertrand Barère de Vieuzac. Se joignent tantôt aux uns tantôt aux autres. Mais le véritable chef de ce "Grand Comité de Salut public" sera Maximilien Robespierre. Bien qu'il n'ait joui d'aucune attribution particulière supérieure à celles de ses collègues, son influence est vite prépondérante. Il sera le lien vivant entre "Grand Comité de Salut public" et la Convention nationale d'une part, "la Grand Comité de Salut public" et le club des Jacobins, d'autre part, le"Grand Comité de Salut public" et la Commune de Paris. C'est lui qui engagera le "Grand Comité de Salut public" dans une politique sociale qu'il a résumée ainsi dans son carnet : subsistances et lois populaires.
Alors que le régime est menacé par l'intervention des armées étrangères, les Jacobins sous Robespierre centralisent les dénonciations, les procès et les exécutions sous la supervision de ce comité de dix à douze membres. Il gouverne dictatorialement le pays, envoyant en province et aux armées des représentants en mission qui appliquent une politique de Terreur. Dans chaque commune, ceux-ci pouvaient s'appuyer sur des comités de surveillance.
L'échec du "Grand Comité de Salut public
Les dissensions à l'intérieur du "Grand Comité de Salut public" provoquènt son échec. La majorité du "Grand Comité" conduite par Jacques-Nicolas Billaud-Varenne , Jean-Marie Collot d'Herbois et Lazare Carnot s'opposant à Maximilien Robespierre et ses amis, accusés par le Comité de Sûreté générale.
Le Comité de Salut public après la chute de Maximilien Robespierre:
Après la Chute de Maximilien Robespierre le 9 thermidor an II (27 Juillet 1794), les pouvoirs du Comité de Salut public furent réduits à la diplomatie et aux affaires militaires. Il fut supprimé en 1795.
Décret instituant le Comité de Salut public
Le Comité de défense générale sentit la nécessité, surtout après la secousse du 10 mars 1793 qui amené à la Création du Tribunal révolutionnaire, de remédier à cet état de chose, et c'est ainsi que le 18 mars 1793, par l'organe de son rapporteur, Bertrand Barère de Vieuzac, il demanda à La Convention nationale qu'un nouveau comité fut établi sous le nom de Comité de Salut public et organisé "de manière à éteindre tous les foyers de discordes".
Vote du projet de Comité de Salut public à la Convention nationale
Le 25 mars 1793, le projet de Bertrand Barère de Vieuzac fut voté. On maintint le nombre primitif des membres mais la Convention nationale se réserva le droit de les nommer elle-même.Bertrand Barère de Vieuzac sut se montrer persuasif et convaincant. Une commission fut nommée.
Adoption du décret présenté par Bertrand Barère de Vieuzac
Le 6 avril 1793, Bertrand Barère de Vieuzac présenta et fit adopter par la Convention nationale le projet du décret suivant :
" 1. Il sera formé un Comité de Salut public composé de neuf membres de la Convention nationale.
" 2. Ce comité délibèrera en secret ; il sera chargé de surveiller et d'accélérer l'action du Comité exécutif provisoire (ainsi se nommait le ministère formé après le 10 août 1792), dont il pourra même suspendre les arrêtés.
" 3. Il est autorisé à prendre des mesures de défense générale extérieure et intérieure ; il ne pourra en aucun cas décerner des mandats d'arrêt, si ce n'est contre des agents d'exécutions et à charge d'en rendre compte sans délai à la Convention.
" 4. La Trésorerie tiendra à la disposition du Comité jusqu'à cent mille livres pour dépenses secrètes.
" 5. Il fera chaque semaine un rapport de ses opérations et de la sistuation de la république.
" 6. Il sera établi un registre de ses délibérations.
" 7. Le Comité est établi pour un mois.
" 8. La Trésorerie demeurera indépendante du Comité".
Aussitôt le décret voté, la Convention procéda à la nomination de ses membres. Bertrand Barère de Vieuzac recueillit le plus grand nombre de voix.
Voir aussi
- Charles de La Buissière, employé du bureau de police du Comité de Salut Public, qui passait ses nuit à détruire les dossiers d'accusation des suspects incarcérés.
- Claude-François de Payan
- Comité de pétitions et de correspondance
- Dominique-Vincent Ramel-Nogaret
Liens externes
- [http://www.archontology.org/nations/france/france_state1/01_comite_salut_public.php Comité de salut public de la Convention nationale: 1793-1795]
- [http://home.nordnet.fr/~blatouche/E22.html Reference for membership of the Committee of Public Safety]
Terreur (Révolution française)Catégorie:Révolution françaiseTerreur(Révolution française)
Politique menée en France, pendant la Révolution, entre 1793 et 1794, afin de parer aux menaces qui pèsent sur la République. Robespierre a défini les objectifs de la Terreur dans un discours resté célèbre, prononcé à la Convention nationale, le 25 décembre 1793 (extraits) :
Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. [...] Le gouvernement révolutionnaire doit au bon citoyen toute la p | | |