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Ninive
Ninive est une ancienne ville d'Assyrie, sur le Tigre, qui se trouve à l'heure actuelle non loin de la ville de Mossoul en Irak.
Histoire
C'est l'une des villes les plus anciennes de Mésopotamie : on y trouve des traces remontant à la protohistoire (). Sa première mention écrite remonte aux environs de -2100. La Bible mentionne sa création dans le livre de la Genèse, et l'attribue à Nimrod (Gn 10:11), arrière-petit-fils de Noé. Ninive était dédiée à la déesse Ishtar.
Le roi assyrien Sennacherib () en fait sa capitale (). C'est de lui que date sa splendeur : il bâtit palais, fortifications et aqueducs. La ville est détruite par les Mèdes et les Babyloniens en -612.
Selon la Bible, à l' époque de Yonah(ou Jonas, environ 840,850 av notre ère, la ville comportait 120 000 hommes sans compter les femmes et les enfants). La taille de la ville était estimée à trois jours de marche. Elle fut appelée la ville sanguinaire par un prophète hébreu du nom de Nahoum.
Des fouilles ont été effectuées au . Une partie des bas-reliefs trouvés sont désormais au British Museum, et la bibliothèque bâtie par le roi Assurbanipal a donné des milliers de tablettes d'argile dans un bon état de conservation, témoignages uniques sur la civilisation assyrienne. Les fouilles demeurent néanmoins inachevées.
Archéologie
Parmi les découvertes figurent les ruines du palais de Sennacherib et de celui d’Assurbanipal. Ces palais étaient des édifices impressionnants. Se fondant sur ses découvertes, Sir Austen Layard a écrit :
:« L’intérieur du palais assyrien devait être aussi magnifique qu’imposant. J’ai guidé le lecteur au milieu de ses ruines, et il peut juger de l’impression que ses salles étaient destinées à faire sur l’étranger qui, jadis, pénétrait pour la première fois dans la demeure des rois d’Assyrie. Il était introduit par le porche que gardaient les lions ou les taureaux colossaux d’albâtre blanc. Dans la première salle, il se retrouvait entouré de sculptures évoquant l’histoire de l’empire. Les batailles, les sièges, les triomphes, les exploits de chasse, les cérémonies religieuses étaient retracés sur les murs, sculptés dans l’albâtre et peints de couleurs fastueuses. Sous chaque représentation étaient gravées, en caractères remplis de cuivre luisant, des inscriptions décrivant la scène. Au-dessus des sculptures étaient peints d’autres événements : le roi, servi par ses eunuques et ses guerriers, recevant ses prisonniers, concluant des alliances avec d’autres monarques ou accomplissant quelque devoir sacré. Ces représentations étaient entourées de bordures de couleur, au dessin complexe et élégant. L’arbre emblématique, les taureaux ailés et les animaux monstrueux ressortaient parmi les ornements. Tout au fond de la salle se trouvait une représentation colossale du roi en adoration devant la divinité suprême, ou recevant la coupe sacrée de la main de son eunuque. Il était servi par des guerriers portant ses armes, et par les prêtres ou les divinités qui présidaient. Ses vêtements, et ceux de sa suite, étaient ornés de groupes de figures, d’animaux et de fleurs, tous peints de couleurs éclatantes. »
:« L’étranger marchait sur des dalles d’albâtre, chacune portant une inscription qui rappelait les titres, la généalogie et les réalisations du grand roi. Plusieurs portes, formées par de gigantesques lions ou taureaux ailés, ou par les représentations de divinités protectrices, menaient à d’autres appartements, lesquels s’ouvraient sur d’autres salles plus éloignées. Dans chacune, il y avait de nouvelles sculptures. Les murs de certaines étaient ornés de processions de figures colossales : des hommes armés et des eunuques qui suivaient le roi, des guerriers chargés de butin, menant des prisonniers ou portant des présents et des offrandes aux dieux. Sur les murs d’autres pièces étaient représentés des prêtres avec des ailes, ou des divinités en train de présider, debout devant les arbres sacrés. »
:« Les plafonds au-dessus de lui étaient divisés en compartiments carrés, dans lesquels étaient peintes des fleurs ou des représentations d’animaux. Certains étaient incrustés d’ivoire ; chaque compartiment était entouré de frises et de moulures élégantes. Les poutres ainsi que les côtés des chambres étaient peut-être recouverts d’une mince couche, voire plaqués, d’or et d’argent ; et les bois les plus rares, parmi lesquels ressortait le cèdre, servaient aux menuiseries. Des ouvertures carrées dans les plafonds des chambres laissaient passer la lumière du jour. »
Bibliographie
- Nineveh and Its Remains, 1856, partie II, p. 207-209.
Catégorie:Empire assyrien
Catégorie:Site archéologique
Assyrie
L'Assyrie est un ancien empire du nord de la Mésopotamie, dont la capitale fut d'abord la ville d'Assur, puis en 879, Kalkhu, et en 745, Ninive, sur le Tigre. L'Assyrie contrôlait des territoires qui s'étendent sur quatre pays actuels : Syrie, Turquie, Iran et Irak. Pour les Assyriens d'aujourd'hui, voir l'article Assyriens.
Histoire
Assyriens, en Assyrie]]
Chronologie
- Période paléo-assyrienne (?- début )
- Période médio-assyrienne (1365–911)
- Période néo-assyrienne (911–609)
Note : Les dates citées ici sont souvent approximatives, surtout pour la période paléo-assyrienne. Elles sont assurées à partir du .
Origines de l’Assyrie
La liste royale assyrienne débute par l’énumération de « rois vivant sous la tente », ce qui a laissé penser que les origines de l’État assyrien étaient à rechercher dans le monde nomade. Dans les faits, cette ascendance paraît être une pure construction historiographique, incluant les ancêtres nomades amorrites du roi Samsi-Addu d’Ekallatum, qui intégra Assur dans son royaume au , et qui inclut ses propres ancêtres dans la liste royale assyrienne aux côtés des rois ayant réellement dirigé Assur. Car c’est en fait de cette ville qu’est né le royaume assyrien, dans un milieu urbain.
La cité-État d’Assur
La ville d’Assur est un très ancien centre urbain. Elle apparaît dans les sources de l’Empire d'Akkad et de la Troisième Dynastie d’Ur, qui la dominent temporairement. Mais sa position excentrée par rapport aux grands centres politiques lui permet de préserver son indépendance, Puzur-Assur regagnant son autonomie lors de l’effondrement du royaume d’Ur (Mésopotamie) vers 2010, et fondant par la même une nouvelle dynastie. A l’époque amorrite (XIX–XVII) siècles, elle apparaît comme une puissance politique assez faible, mais elle est une très importante ville marchande, qu'on a pu comparer aux républiques marchandes de l'Italie de la Renaissance. Les marchands d’Assur entretiennent un réseau commercial très étendu, qui leur permet d’établir de très fructueux comptoirs en Cappadoce, bien connus par les archives qu’ils ont laissé à Kanesh (Kültepe). Ce système dure tout au long du siècle, puis connaît un arrêt au début du , avant de reprendre momentanément sous le règne de Samsi-Addu, et de s’arrêter définitivement quand la ville de Kanesh est brûlée, sans doute au cours de guerres opposant les royaumes d’Anatolie.
Aléas politiques
La ville d’Assur reste indépendante jusqu’à environ 1800, quand le roi Samsi-Addu d’Ekallatum s’en empare, et l’incorpore dans son royaume (le Royaume de Haute-Mésopotamie). Après sa mort et l’effondrement de sa construction politique, son fils Ishme-Dagan serait parvenu à conserver Assur, sans doute sous l’égide de Hammourabi de Babylone. Après le recul des Babyloniens, Assur regagne son indépendance. Si l’expulsion des souverains d’Ekallatum a représenté dans un premier temps une délivrance pour les Assyriens, l’expérience de l’intégration au Royaume de Haute Mésopotamie reste forte pour l’histoire de l’Assyrie, qui expérimente alors l’idéologie impérialiste avec Samsi-Addu, qui est toujours considéré comme un roi assyrien par l’historiographie de ce pays, en raison de son grand prestige.
La vie politique d’Assur à la fin de l’époque amorrite n’est pas connue. On sait seulement qu’elle fait face à l’expansion du royaume hourrite du Mitanni, dès le . On ne sait pas exactement quand ni comment Assur devient vassale de cet empire, mais on sait qu’elle est mise à sac par Shaushtatar vers le milieu du siècle, sans doute en raison d’une rébellion, à moins que ce ne soit là que commence la domination mitanienne sur la ville.
La formation et l’affirmation du royaume assyrien
Quelques années plus tard, le Mitanni subit plusieurs lourdes défaites face au roi hittite Suppiluliuma I, qui affaiblissent son assise sur ses vassaux. C’est sans doute à ce moment-là que le roi d’Assur, Assur-uballit I, cesse de verser le tribut aux Hourrites. On ne sait pas exactement comment cela est arrivé, mais Assur apparaît à ce moment comme une grande puissance politique : Assur-uballit soumet la riche région du Haut Tigre, en s’emparant notamment de Ninive. Il réussit à vaincre le Mitanni, qui se déchire alors dans des guerres intestines, et à faire passer sa partie orientale sous sa vassalité, retournant ainsi la situation qui prévalait auparavant. Fort de ses succès, il peut se prétendre « Grand roi », égal des Hittites, Babyloniens et Égyptiens. Les Babyloniens en particulier voient mal cette situation, et n’acceptent qu’avec réticence ce nouvel état de fait. Une alliance dynastique est finalement scellée entre Assur-uballit et le roi kassite de Babylone, Burna-Buriash II, et c’est le point de départ d’une série de conflits qui va opposer les deux royaumes, sans que l’un ne puisse prendre le dessus sur l’autre. Vers l’ouest, les Hittites disputent les dépouilles du Mitanni aux Assyriens. Les rois Adad-nerari I et Salmanazar I doivent affirmer leurs prétentions par les armes, pour faire leur place entre leurs deux puissants adversaires. Une politique de contrôle du territoire et même de colonisation est mise en place en Haute-Mésopotamie, qui devient peu à peu une région assyrienne. Plusieurs sites de cette région ont livré des archives pour la période, les plus importants étant Tell Sheik Hamad (Dur-Katlimmu) et Tell Rimah (Qattara)
L’apogée du premier royaume assyrien est le règne de Tukulti-Ninurta I. Celui-ci écrase l’armée hittite de Tudhaliya IV, et réussit à s’emparer de Babylone. Ces deux succès font de l’Assyrie la plus grande puissance de son temps. Mais le règne de ce roi s’achève dans le chaos, et il meurt assassiné à la suite d’un complot à la cour d’Assur. Après une crise dynastique, l’Assyrie est affaiblie, et le nouveau roi Enlil-kudurri-usur est vaincu et capturé par le roi babylonien Adad-shum-usur. Après une nouvelle révolution de palais, une nouvelle dynastie monte sur le trône avec Ninurta-apil-Ekur, issu de la lignée des rois assyriens du Hanigalbat (donc lié à la famille royale). Son successeur Assur-dan voit ses positions menacées dans le Zagros par le roi élamite Shilhak-Inshushinak, mais ce dernier n’arrive pas à faire durer sa domination. Son successeur Assur-resh-ishi réussit quelques campagnes victorieuses dans le Zagros, contre Babylone, et aussi face à des nouveaux ennemis, les Araméens. Après lui, Teglath-Phalasar I monte sur le trône. C’est le dernier grand roi de cette période : il combat maintes fois en Syrie du Nord, où il repousse les attaques des Araméens, et parvient à atteindre la côté méditerranéenne. Mais il échoue face à Babylone, et ne peut endiguer les assauts araméens.
Le recul de l’Assyrie
Après la mort de Teglath-Phalasar en 1077, les rois assyriens sont subjugués par les attaques des Araméens, qui leur enlèvent leurs possessions en Haute-Mésopotamie en quelques années, et coupent leurs voies de communication vers l’ouest. Le royaume assyrien se replie autour d’Assur et de Ninive, mais parvient à se maintenir, à l’inverse de la plupart de ses anciens rivaux : les Hittites ont disparu complètement dans le courant du , tandis que Babylone est incapable de stabiliser sa situation politique, et sombre dans l’anarchie.
Les débuts du royaume néo-assyrien
Après un morose, l’Assyrie reprend de sa superbe vers 911, quand monte sur le trône Adad-Nirari II, qui est le premier à repousser les Araméens. Il lance ensuite des attaques dans toutes les directions, et finit par mener une campagne victorieuse contre Babylone. Avec lui débute une nouvelle dynamique, et se constitue le royaume néo-assyrien. Sans adversaire à la mesure de l'Assyrie, le polycentrisme qui prévalait à la période précédente n'a plus court, ce royaume va se hisser au rang d’empire, instaurant l’ère des empires orientaux, dont la Perse achéménide et sassanide, les Parthes, etc. seront les émules.
Les successeurs d’Adad-Nirari II poursuivent dans sa lancée : les Araméens en particulier subissent plusieurs lourdes défaites. Les royaumes qu’ils ont établis aux abords de l’Assyrie sont subjugués. Le Zagros est aussi un terrain de campagnes pour les Assyriens. En 883, Assurnasirpal II devient roi, et se lance dans une série de guerres victorieuses à l’ouest, contre les royaumes araméens et néo-hittites (Bit-Adini, Bit-Agusi, Suhu, Laqe, Karkemish, Kummuhuh et Gurgum). Il déplace sa capitale d’Assur à Kalkhu, qu’il repeuple en y déportant des habitants des royaumes vaincus. Parallèlement, la domination assyrienne sur la Haute-Mésopotamie reprend sur les bases de la période médio-assyrienne. Salmanazar III combat à son tour les royaumes de Syrie du Nord. Après quelques premiers succès (prise de Til-Barsip), il est vaincu à Qarqar par une coalition dirigée par le roi Bar-Hadad de Damas, regroupant des rois de Syrie du Nord, de Phénicie et du Levant. Quelques années plus tard, Salmanazar prend sa revanche en battant le roi de Damas et ses alliés, mais il ne peut par garder sa mainmise sur la Syrie orientale. Son fils Shamshi-Adad V fait face à une révolte de palais, qu’il réprime tant bien que mal.
Crise de croissance
Le royaume assyrien connaît de sérieuses difficultés sous les règnes des successeurs de Salmanazar III : Shamshi-Adad V, Adad-nirari III, et ses fils Salmanazar IV, Assur-dan III et Assur-nirari. La domination assyrienne sur les royaume vaincus restait faible, car on se contentait de demander une soumission par serment et le versement d’un tribut. La mainmise sur ces territoires passait par la répétition d’expéditions visant à affirmer la puissance assyrienne chez ses vassaux, qui cessaient de verser le tribut si la pression se relâchait. De plus, cette période voit la montée en puissance d’un ennemi de la trempe de l’Assyrie : l’Urartu, qui bouscule la domination des Assyriens en Anatolie. Malgré leurs volontés, les rois assyriens sont incapables d’endiguer ces problèmes, et perdent une partie de leur autorité face aux nobles assyriens, qui se sont enrichis au cours des conquêtes et se sont pour certains constitués un patrimoine important qui leur donne un grand pouvoir à la cour. Le cas le plus représentatif est Shamshi-ilu, grand général de l’Assyrie, qui dispose d’un grand apanage en Haute-Mésopotamie autour de Til-Barsip.
Reprise de l’expansion, et formation de l’empire néo-assyrien
En 745, le trône d’Assyrie est usurpé par Teglath-Phalasar III, sans doute un autre fils d’Adad-nirari III. Celui-ci réussit à restaurer la puissance assyrienne en initiant une série de réformes structurelles qui vont renforcer l’emprise de son royaume sur les territoires dominés en remplaçant certains royaumes vassaux par des provinces administrées directement par un gouverneur assyrien. Il réforme aussi l’armée, et remporte de grandes victoires : il bat l’Urartu, plusieurs royaumes syriens et palestiniens (annexions de Damas et de Gaza), et s’empare aussi de Babylone, dont il devient roi sous le nom de Pulû. Il meurt en 727, et son fils Salmanazar V monte sur le trône. Son règne est marqué par l’annexion du royaume d’Israël. Mais il est détrôné après cinq années de règnes par Sargon II (son frère ?).
Les Sargonides : l’apogée de l’Assyrie
Sargon II et ses successeurs, Sennacherib, Assarhaddon et Assurbanipal, vont mener l’Assyrie à un degré de puissance jusqu’alors jamais atteint. Aucune puissance n’est en mesure de faire face à ce royaume. Certains grands royaumes cherchent à appuyer des révoltes dans l’empire assyrien même pour l’affaiblir, mais ils subissent chacun à leur tout une cuisante défaite sur leur sol même : l’Urartu est écrasé par Sargon II en 714, et se concentre alors sur la région arménienne ; l’Égypte est envahie par Assarhaddon, qui prend Memphis, puis Assurbanipal, qui prend Thèbes ; l’Élam, après avoir soutenu de nombreuses révoltes de Babylone, et finalement envahit par Assurbanipal, qui pille Suse en 646. Si aucun de ces royaumes n’est incorporé durablement dans l’empire assyrien, il n’empêche que les rois de ce pays témoignent d’une puissance et d’un rayon d’action impressionnants.
La situation interne de l’empire n’en est pas pour autant très stable. La cour assyrienne connaît quelques remous, notamment l’assassinat de Sennacherib et la guerre que son fils Assarhaddon doit mener pour monter sur le trône. De nombreuses révoltes se produisent en divers points de l’empire, et doivent être réprimées. Le plus gros problème reste la Babylonie, dominée par les Assyriens depuis Teglath-Phalasar III. De nombreuses révoltes s’y produisent, dirigées par des Babyloniens de souche, des Chaldéens (dont la figure la plus importante est Merodach-baladan), soutenus par les Élamites. Plusieurs conflits se produisent, marqués par des moments de grande violence. Babylone est détruite par Sennacherib en 689, puis restaurée par Assarhaddon, qui tente de rétablir la paix en mettant son fils Shamash-shum-ukin sur le trône de la ville, sous la tutelle de son cadet Assurbanipal, roi d’Assyrie. Cette situation ne dure pas, et Shamash-shum-ukin se révolte, et n’est vaincu qu’après un long conflit. Au cours du temps, la cohésion des Babyloniens opposés à l’Assyrie augmente, ainsi que leurs moyens d’action.
L’Assyrie est alors un très vaste ensemble, qui s’étend de l’Iran oriental à la Méditerranée, de l’Anatolie au nord du désert d’Arabie. L’empire est constitué d’un grand nombre de provinces et de royaumes vassaux. Sa grande capitale, Ninive, rebâtie par Sennacherib, en est le cœur, et est l’une des plus grande villes du monde à cette période.
Le règne d’Assurbanipal marque l’apogée de la puissance assyrienne : il a vaincu en Babylonie, a assuré sa domination en Syrie, au Levant, jusqu’en Anatolie. La fin de son règne reste très mal connue, et peut avoir été assez difficile. On sait notamment qu’une attaque des Cimmériens a ravagé plusieurs régions de l’empire, avant d'être repoussée avec difficulté. Puis ils sont remplacés par les Scythes qui lancent un raid en plein territoire assyrien, et jusqu’en Égypte, où Psammétique I leur achète la paix à prix fort.
Chute
Qu’en quelques années l’Assyrie passe de la situation qui prévalait sous le règne d’Assurbanipal à sa destruction totale a suscité beaucoup d’incompréhension. En fait, il est probable que des signes annonçant la crise existaient déjà. On peut ainsi souligner les problèmes démographiques du cœur de l’empire, dominé par les grands centres urbains que sont Ninive, Assur et Kalkhu, qui paraissent trop importants pour les capacités d’une région qui n’a jamais été fortement urbanisée, et qui est d’ailleurs en partie peuplée de manière artificielle, par les déportations. Les nombreuses guerres entreprises par l’armée assyrienne ont sûrement constitué un frein démographique important, qu’il a fallu compenser par l’arrivée de déportés. Les fronts d’où va venir la chute de l’Assyrie sont les points faibles de cet empire : la Babylonie est la région où se sont produites les révoltes les plus dangereuses, et la frontière avec l’Iran mède est l’une des moins fortes de l’empire, qui concentre ses troupes ailleurs.
L’événement déclencheur de la chute de l’Assyrie est pourtant interne, et c’est sans doute là le facteur le plus important. A la mort d’Assurbanipal en 627, son fils Assur-etil-ilani règne sur l’empire. Son frère Sin-shar-ishkun, sans doute roi de Babylone (comme Shamash-shum-ukin avant lui), se révolte contre son frère, et parvient à l’éliminer en 624. Cette révolte à profité en Babylonie à deux autres personnages : Sin-shum-limur, vite éliminé ; et Nabopolassar, gouverneur du Pays de la Mer, qui réussit à monter sur le trône de Babylone, avec l’assentiment de Sin-shar-ishkun parti prendre le pouvoir en Assyrie. Quand il décide de rétablir la situation en Babylonie vers 620, il ne peut vaincre Nabopolassar, qui le repousse avant de l’attaquer en Assyrie. En 616, un nouvel intervenant apparaît en la personne de Cyaxare, roi des Mèdes, qui s’allie au roi de Babylone contre l’Assyrie. L’affaire est alors entendue : Assur tombe en 614, puis Ninive en 612, et Sin-shar-ishkun disparaît. Un militaire assyrien du nom de Assur-uballit II tente de résister, et se réfugie à Harran, où il espère combattre les Mèdes et les Babyloniens avec l’aide de l’Égypte. Mais son règne est de courte durée, puisqu’il est vaincu en 609.
La fin de l’empire néo-assyrien marque la fin de l’ancienne nation assyrienne, qui disparaît, et l’Assyrie devient un territoire ethniquement araméen (les Assyriens de l’époque moderne étant de langue et de culture araméenne). La culture assyrienne survit quelques temps, notamment autour de son foyer originel, Assur. La région est délaissé par les grands empires qui dominent alors le Proche-Orient, sur le modèle instauré en Assyrie même, et n’est plus alors que d’une importance très secondaire dans l’histoire de cette partie du monde.
Organisation politique
Le roi
Égypte
Dès l’époque paléo-assyrienne, le pouvoir est exercé à Assur par un roi. Ce dernier porte le titre de « vicaire d’Assur » (ishiak Assur), qui résume bien la théologie assyrienne du pouvoir : le véritable maître du royaume est le dieu Assur, qui délègue son pouvoir à un représentant sur terre qu’il choisit lui-même. A cette période, les autorités municipales d’Assur, notamment le conseil des Anciens, tempèrent sans doute un peu le pouvoir du roi.
Après la période de domination de Samsi-Addu, le pouvoir royal se renforce. Avec la création du royaume assyrien à la période médio-assyrienne, la figure royale prend une nouvelle dimension : le roi prend le titre traditionnel de « roi » (sharru), même s’il conserve le titre de « vicaire d’Assur ». Le lien avec ce dieu est renforcé par l’utilisation de l’expression « prêtre d’Assur » (shangu). Les rois sont d’ailleurs représentés à cette période le plus souvent en posture de prière. Mais leur rôle s’étoffe et leur pouvoir s’affirme, dans les inscriptions royales qui commémorent leur hauts faits (victoires militaires et constructions). Tukulti-Ninurta I est le premier à avoir des prétentions universalistes en se nommant « Roi de la totalité (du Monde) ». En tant que gérant du territoire du dieu Assur, donc du royaume assyrien, le roi s’arroge le droit de redistribuer les terres conquises en apanage aux grands du royaume.
Après la crise que connaît l’Assyrie au tournant du et du , la nouvelle expansion que le royaume connaît à l’époque néo-assyrienne entraîne de nouvelles modifications dans la conception du pouvoir royal. Si le roi est toujours considéré comme le représentants du dieu Assur, l’accent est de plus en plus mis sur ses hauts faits militaires, commémorés dans de longs textes, les Annales royales, rapportant toutes ses victoires. Le pouvoir royal est cependant contesté par les grands nobles assyriens, ce qui explique la période de faiblesse que connaît le royaume entre 800 et 745.
Teglath-Phalasar III reprend la situation en main, et avec lui le roi prend définitivement le pas sur les grands du royaume, qu’il affaiblit en réduisant leurs charges. Les Sargonides poursuivent son action, en s’attachant des eunuques, qui leur sont plus fidèles. L’idéologie impériale atteint alors son paroxysme, que ce soit dans les Annales, ou bien sur les reliefs des grands palais royaux, consacrés quasiment uniquement aux victoires militaires des rois assyriens (qui paradoxalement participent de moins en moins aux expéditions de l’armée). Le rôle du successeur désigné du roi augmente, puisqu’on le charge à partir du règne de Sargon II des affaires intérieures routinières du royaume. Les rites suivant la mort du roi, puis l’intronisation de son successeur, bien attestés pour les Sargonides, se passent à Assur, comme le veut la tradition assyrienne. Pour s’assurer la fidélité de ses sujets, le roi a recours à la pratique des serments collectifs (adê). Le souverain conserve également un rôle religieux important, en tant que grand prêtre d’Assur, et doit effectuer de nombreux rituels.
Les épouses royales et le harem
Comme le veut la tradition de l'Orient ancien, le roi pratique la polygamie. Ses épouses sont aussi bien des filles de rois de rang égal (quand il y en a) ou de vassaux, des filles de nobles assyriens ou encore des femmes enlevées lors de conquêtes. De ce fait, le harem du roi voit sa taille croître proportionnellement à la puissance de celui-ci.
Le harem royal occupe une grande partie du secteur privé des palais royaux. Il est régi par un ensemble de principes, qui sont codifiés dans un édit sous Teglath-Phalasar I. On y apprend ainsi que les épouses sont classées hiérarchiquement. Au premier rang se trouvent la reine-mère, et les « épouses royales », parmi lesquelles le roi a une favorite, qui est souvent la mère de l'héritier présomptif. Après se trouvent les épouses de rang secondaire, puis un ensemble de servantes.
Les règles du harem sont très strictes, et visent à limiter les contacts des épouses du roi avec l'extérieur, ainsi que les querelles intestines qui troublent le harem, grand lieu d'intrigues. Souvent des reines pouvaient voir leur position menacée par d'autres cherchant à acquérir les faveurs du roi. Les épouses de premier rang pouvaient parfois quitter le harem, tandis que les épouses secondaires y étaient visiblement recluses à vie. Les grandes épouses royales disposaient d'un domaine foncier parfois important, qu'elles géraient elles-mêmes avec leur propre service administratif, constitué essentiellement d'eunuques. Le harem était par ailleurs placé à l'époque néo-assyrienne sous l'autorité du chef des eunuques.
Certaines reines ont réussit à exercer un rôle très important à la cour d'Assyrie, en particulier en tant que reines-mères. Les deux cas les plus connus sont ceux de Sammuramat, mère d'Adad-Nirari III, passée à la postérité sous le nom de Sémiramis, et celui de Zakutu, épouse de Sennacherib, qui réussit à faire de son fils Assarhaddon l'héritier de son royal époux, avant de permettre à son petit-fils Assurbanipal de monter à son tour sur le trône.
Les grands du royaume
La noblesse du pays assyrien a accru considérablement son pouvoir avec l’expansion du royaume. Ce sont ses membres qui constituent l’entourage du roi, auquel ils sont souvent liés par des liens matrimoniaux. Ils occupent les plus hautes charges dans l’administration du royaume et l’armée. Les grands nobles obtiennent des propriétés foncières importantes pendant les phases de conquêtes, en échange de leur services, selon la vieille tradition du Proche-Orient antique. Certains peuvent se constituer un très grand patrimoine, et avoir de formidables richesses.
Pendant les phases d’expansion de l’époque médio-assyrienne et des débuts de l’époque néo-assyrienne, certains personnages acquièrent un pouvoir considérable dans le royaume, en obtenant des charges très importantes, et un domaine foncier qui va avec. Ils constituent alors une menace pour l’autorité royale. Les cas les plus représentatifs sont ceux de la dynastie des « Rois du Hanigalbat » à l’époque médio-assyrienne, dont un des descendants, Ninurta-apil-Ekur, finit par prendre le pouvoir à Assur, et celui de Shamshi-ilu, grand général de l’Assyrie dans la première moitié du VIII siècle, qui se constitue quasiment son propre royaume autour de Til-Barsip. A partir de Teglath-Phalasar III, le roi va prendre le pas sur les grands de son royaume, en diminuant leur pouvoir. Les rois Sargonides détiennent un pouvoir absolu sur les nobles, et ils font et défont le pouvoir de ceux-ci à leur guise.
Administration centrale
L’administration du royaume assyrien est centralisée autour du roi, dans le palais royal. Les charges évoluent dans le temps, que ce soient les titres ou la fonction qu’ils recouvrent, que l’on a par ailleurs bien souvent du mal à comprendre. A titre d’exemple, sous les Sargonides, le chef cuisinier (rab nuhhatimi), avait la charge de réceptionner les messages royaux. Les autres grands dignitaires sont le vizir (sukallu), sorte de « premier ministre », le grand échanson (rab shaqē), le grand intendant (mashennu), le héraut du palais (nāgiru ekalli), le chef des eunuques (rab rēshē) et le majordome du palais (sha pān ekalli), qui gère l’administration du palais royal. Le grand général (turtanu) dispose souvent d’un rôle considérable. Cette charge est d’ailleurs dédoublée pour éviter qu’il ne concurrence le roi. A l’époque des Sargonides, le dauphin, installé dans la Maison de succession (bīt redūti), y exerçait des charges importantes, concernant les affaires de routine (le roi gérant les affaires exceptionnelles), et la surveillance des fonctionnaires du royaume.
Administration du territoire
Le royaume assyrien, aussitôt constitué, est divisé en provinces (pahatu), administrées par un gouverneur (bēl pahati ou shaknu). Il veillait au versement du tribut, et à la sécurité de la province. Quelquefois, une charge à l’administration centrale entraînait l’administration d’une province précise. Les provinces étaient divisées à leur tour en districts, gérés par une administration locale. Tout ce système faisait sans doute l’objet d’une surveillance par le pouvoir central.
A côté des provinces administrées directement par des gouverneurs assyriens, on trouvait un ensemble de royaumes vassaux. Leurs rois avaient signé un traité de vassalité avec le roi assyrien, auquel ils avaient prêté serment de fidélité (adē), en échange de sa protection. Ils devaient verser un tribut fixé précisément lors de la signature du traité. A l'époque néo-assyrienne, de nombreux royaumes vassaux sont transformés en province après des rébellions. Les Assyriens éliminent leurs élites ou les déportent pour les remplacer par un gouvernement pro-assyrien (quand le gouverneur n'est pas lui-même assyrien).
Quelques villes disposaient de situation privilégiées : le roi leur avait accordé des franchises (zakūtu). C’est le cas des grandes villes d’Assyrie, de certaines en Babylonie. Le roi accordait souvent ce privilège en remerciement du soutient que lui avaient apporté ces cités lors de révoltes.
L’armée
Société
La société assyrienne est coupée en deux groupes : libres et non-libres. Des divisions existent au sein de ces deux ensembles. Parmi les premiers, l’entourage du roi dispose de la position la plus élevée, tandis qu’après se trouvent plusieurs autres groupes, définis par leur niveau économique, allant des personnes ayant un niveau assez aisé jusqu’aux dépendants, travaillant pour le compte d’un grand organisme (temple, palais), ou dans le domaine d’un noble. Les esclaves sont aussi un groupe hétérogène : on trouve les esclaves domestiques, des artisans, des esclaves de grand domaine agricole, et aussi ceux dont les conditions de vie sont les moins enviables, chargés des grands travaux et aménagements pour le compte du roi.
Économie
Agriculture
L'agriculture était le secteur dominant de l'économie assyrienne. Elle concernait essentiellement la culture céréalière, mais aussi l'horticulture, et l'élevage. Les champs étaient généralement divisés en deux ensembles distincts : des terres communes, et des grandes propriétés gérées par le palais, qui pouvait les redistribuer à des temples ou bien à des fonctionnaires royaux. A l'époque des grandes conquêtes médio-assyriennes, et surtout néo-assyriennes, les grands dignitaires assyriens ont pu se constituer de très importants domaines agricoles, souvent constitués de parcelles se trouvant sur divers terroirs.
Artisanat
L'artisanat est uniquement documenté dans le cadre urbain. Pour l'époque paléo-assyrienne, on dispose d'informations sur la production textile effectuée dans des ateliers d'Assur, dans le but de les exporter en Anatolie. Il s'agit là d'industries privées. Mais la majeure partie de la production artisanale se faisait dans le cadre des grands organismes, le temple et surtout le palais. Les artisans sont payés par des rations. A l'époque néo-assyrienne est mis au point un système permettant à l'artisan de se procurer auprès du palais la matière première dont il a besoin contre une somme en argent.
Commerce
A l'époque paléo-assyrienne, la ville d'Assur est avant tout une puissante ville marchande. Les marchands assyriens entretiennent un commerce à longue distance avec la Cappadoce, qui peut être très fructueux puisqu'au cours d'un voyage aller-retour on triplait en moyenne sa mise de départ. On sécurisait les routes en passant des accords avec les royaumes se situant sur les axes commerciaux. En Cappadoce même, le commerce était organisé autour d'un centre principal, Kanesh, où a été retrouvé un lot de plus de 20000 fragments de tablettes cunéiformes, qui mettent au jour toute l'organisation de ce commerce. Les Assyriens acheminaient en Anatolie de l'étain venu d'Iran, mais aussi des textiles confectionnés à Assur, et ils s'y procuraient divers métaux, avant tout le cuivre, qui avec l'étain servait à la fabrication d'ojets en bronze. Les marchands assyriens pouvaient organiser divers types d'associations commerciales, sur court ou long terme, et entraînant des implications diverses pour le(s) bailleur(s) de fonds, ou le(s) marchand(s).
Le commerce est assez peu documenté pour les époques ultérieures. On sait que le palais royal assyrien devient le centre d'un commerce acheminant une quantité importante de produits divers provenant des territoires vassaux et des provinces, surtout à l'époque impériale. Mais il s'agit là plus d'une forme de tribut ou d'impôt que d'un véritable commerce.
Justice et droit
De nombreux membres de l’administration assyrienne disposent de prérogatives judiciaires. Les juges à part entière n’apparaissent que très rarement dans les sources, et sont même absents des documents juridiques de l’époque néo-assyrienne.
Le premier juge du royaume est d’abord le roi, pour qui on a recours dans les affaires les plus graves. Dans d’autres cas complexes, on peut aussi s’en remettre directement aux dieux par le biais de l’ordalie. A l’époque paléo-assyrienne, on connaît essentiellement des affaires de litiges commerciaux entre les marchands qui font des affaires en Cappadoce. C’est alors le conseil de la Ville d’Assur qui règle les affaires. D’une manière générale, les autorités municipales gardent toujours un rôle judiciaire important, notamment le conseil de la Ville, mais aussi le maire. Certains membres de l’administration royale peuvent aussi procéder à des jugements. Avec le temps, le personnel judiciaire s’étoffe, et des avoués, ou des accusateurs (des sortes de procureurs au service du roi) apparaissent.
Un code de lois assyriennes a été rédigé sous le règne de Teglath-Phalasar I au siècle. Il s’agit en fait d’une compilation d’anciennes décisions prises par des rois précédents, rangées par thème (mariage, propriété, esclavage). Comme pour les autres codes mésopotamiens, il s’agit en fait d’une sorte de traité visant à servir d’exemple pour les jugements à venir, et non d’un code à appliquer systématiquement comme nos Codes. Ces jugements apparaissent plus rudes que ceux des autres régions de Mésopotamie.
Religion
Assur, le dieu national
La divinité principale de l’Assyrie était Assur, dieu éponyme de la ville à partir de laquelle s’est formé ce royaume, où se trouve son grand temple, l’Esharra. Dans la théologie assyrienne, il est le véritable maître du royaume, et le roi n’est que son « vicaire », et son « grand-prêtre ». C’est le dieu qui lui ordonne ce qu’il doit faire, et le souverain doit lui rendre des comptes, comme en témoignent les rapports de campagnes qui lui sont parfois adressés par des rois. Assur prend une dimension de plus en plus importante au fur et à mesure que son royaume grandit, jusqu’à devenir une sorte de « divinité impérialiste ». Sur le modèle de ce qui se passe à Babylone pour Mardouk, le clergé d’Assur fait de lui le Roi des Dieux.
Les autres divinités importantes
D’autres divinités ont une certaine importance en Assyrie. Le grand dieu traditionnel de Haute-Mésopotamie est le dieu de l’Orage, Adad pour les Assyriens (mais Addu pour les Amorrites, Teshub pour les Hourrites et Hadad pour les Araméens). Il occupe une place importante en Assyrie. Mention doit être aussi faite de la déesse Ishtar, qui dispose de deux grands lieux de culte en Assyrie, à Ninive et à Arbélès.
Spécificités de la religion assyrienne
La religion assyrienne reprend les aspects traditionnels de la religion mésopotamienne. La théologie assyrienne du pouvoir est issue de cette matrice, et le panthéon de l’Assyrie est le même que celui de Babylonie, exception faite d’Assur. Le Sud mésopotamien exerce d’ailleurs une forte influence sur l’Assyrie dans le domaine culturel, et dans la religion. L’Assyrie dispose pourtant de particularités, outre la présence d’Assur, en particulier dans le domaine du clergé, dont les titres et sans doute les fonctions varient par rapport à la Babylonie.
Architecture
Urbanisme
L'urbanisme assyrien est difficile à étudier étant donnée la longue histoire des villes assyriennes, et par conséquent du fait de la complexité des stratigraphies. Les villes de Kar-Tukulti-Ninurta et Dur-Sharrukin, construites ex-nihilo, sont exemplaires de l'urbanisme programmé par les souverains assyriens.
Peu de quartiers d'habitation ont été fouillés dans les villes assyriennes. Seule Assur fait figure d'exception, puisque plusieurs résidences y ont été dégagées. Les maisons suivent le plan traditionnel des résidences mésopotamiennes : organisation autour d'un espace central, qui ouvre sur plusieurs salles. Les rues sont souvent étroites et tortueuses, sauf dans les cas de villes construites d'un coup, où le plan est organisé le long d'artères principales qui sont vaguement perpendiculaires, et aussi quand on procède à des aménagements urbains et qu'on crée de grandes avenues, comme lorsque Sennacherib rénove Ninive.
Les palais assyriens
:Article détaillé : Palais assyriens
Le plus ancien palais assyrien est le « Vieux Palais » d'Assur, construit à l'époque paléo-assyrienne. Ce bâtiment se présente alors selon le même plan qu'une résidence normale, seule sa taille confirme sa fonction de résidence royale.
A l'époque médio-assyrienne, Tukulti-Ninurta I fait construire à Assur le « Nouveau Palais », situé dans l'angle nord-ouest de la citadelle. Il n'a pas pu être fouillé, mais on sait par les textes qu'il s'agit du précurseur des grands palais royaux de l'époque néo-assyrienne. On y trouve déjà la division entre espace public (babānu) et espace privé (bītānu), et sans doute aussi les premiers bas-reliefs sculptés sur des orthostates.
Le premier grand palais royal de l'époque néo-assyrienne est bâti à Kalkhu par Assurnasirpal II. A sa suite, d'autres souverains vont construire ou restaurer des palais dans la citadelle de cette ville : Adad-Nerari III, Teglath-Phalasar III, Sargon II et Assarhaddon. Sargon II construit à son tour un grand palais dans sa capitale, Dur-Sharrukin. Cette construction est vite supplantée par le grand « Palais Nord-Est » construit par Sennacherib dans la nouvelle capitale assyrienne, Ninive. C'est sans doute le plus grand palais royal néo-assyrien. Assurbanipal fait à son tour restaurer un palais à l'angle opposé de la citadelle de Ninive. Un exemple de palais de province a été retrouvé à Til-Barsip, dans la région du Khabur.
Les palais royaux assyriens suivent tous un même plan. On entre par une porte monumentale qui dirige vers une première cour autour de laquelle s'organise l'espace public du palais (babānu) : magasins, ateliers, bureaux de l'administration palatiale. La salle du trône sépare cette zone de l'espace privé (bītānu), comprenant les appartements royaux et le harem, lui aussi organisé autour d'un grand espace central. La décoration des palais royaux consistait en de longs bas-reliefs sculptés sur des orthostates. A Til-Barsip, palais provincial, on leur avait substitué des fresques peintes. D'une manière générale les sujets avaient un but identique : glorifier la personne du roi.
Arts
Sculpture
Les Assyriens ont surtout manifesté leur goût pour les bas-reliefs, retrouvés en grande quantité dans les palais royaux néo-assyriens. Assez peu d'exemples de ronde-bosse nous sont parvenus.
Les bas-reliefs des palais assyriens étaient sculptés sur des orthostates, de grandes pierres placées contre les murs du bâtiment. Les sujets étaient représentés de profil. On peut observer l'évolution artistique des sculpteurs assyriens entre le palais d'Assurnasirpal II à Kalkhu et ceux de Sennacherib et d'Assurbanipal à Ninive, qui constituent le summum de l'art des bas-reliefs assyriens, impressionnants de réalisme (notamment dans la représentation des mouvements).
Les sujets représentés sur les bas-reliefs sont essentiellement profanes. Les célèbres taureaux-ailés protégeant les entrées du palais contre les démons, ainsi que quelques représentations de génies et de scènes cultuelles constituent les rares exemples de sujets proprement religieux. Le reste des bas-reliefs est tout dédié à la gloire du souverain, et consacre ses actes pacifiques (constructions de monuments, de jardins, scènes de banquet) et surtout ses victoires militaires. Les scultpeurs ont représenté le déroulement de nombreuses batailles, rajoutant parfois des inscriptions expliquant ce qui est représenté (à la manière de bulles de bande-dessinées). Souvent on peut comparer les représentations de batailles sur les bas-reliefs aux récits qu'on en a fait dans les Annales des souverains. Ces représentations n'épargnent aucun détail quand au châtiment qu'encourrent les personnes récalcitrantes à l'autorité assyrienne, et sonne comme un avertissement aux ambassadeurs étrangers séjournant dans le palais.
Peinture
Les bas-reliefs des palais-assyriens étaient peints, mais cela fait bien longtemps qu'ils ont perdu toutes leurs couleurs. On a retrouvé quelques exemples de murs peints à Assur ou à Kalkhu. Mais la plus impressionnante série de peintures assyriennes a été retrouvée dans le palais de Til-Barsip dans les années 1930. Malheureusement, une grande partie a été dégradée et a disparu, et n'est connue que par les copies qui en ont été faites à l'époque. Le style et le sujet étaient les mêmes que ceux des bas-reliefs des grands palais royaux. L'usage de la peinture devait avoir été privilégié car cette technique était moins coûteuse que la scultpure sur orthostate, jugée superflue pour un simple palais provincial.
Ivoire
Til-Barsip]]
De nombreux objets en ivoire sculptés ont été retrouvés dans les grandes capitales néo-assyriennes, surtout Kalkhu. Ce sont sans doute parmi les plus belles œuvres d'art retrouvées dans ces sites. L'ivoire était celui de dents d'hippopotame ou de défenses d'éléphant, importées d'Afrique.
Les objets en ivoire sculpté présentent pour la plupart des caractéristiques artistiques propres à la Syrie et à la Phénicie, et non à l'Assyrie, que ce soit par leur style ou par les sujets représentés. Il s'agit donc de réalisations faites par des artistes venant de ces pays, qui ont peut-être travaillé dans les ateliers royaux d'Assyrie. La quantité d'objets en ivoire retrouvés en Assyrie même montre qu'ils étaient très appréciés par l'élite de ce pays.
Les objets en ivoire sont de divers types : boîtes à fard, éléments de mobilier, plaquettes décoratives.
Langues et écriture
Les Assyriens ont utilisé deux langages au cours de leur histoire : d'abord une variante de l'akkadien, l'assyrien, écrit en cunéiforme, puis l'araméen, introduit à l'époque néo-assyrienne.
Voir aussi
Articles connexes
- Souverains d'Assyrie
- Villes assyriennes :
- Assur (ville) (Qalaat Sherqat)
- Ninive (Quyunjik)
- Kalkhu (Nimrud)
- Dur-Sharrukin (Khorsabad)
- Arbélès (Erbil)
- Imgur-Enlil (Balawat)
- Tarbisu (Sherif-Han)
- Kar-Tukulti-Ninurta (Tulul al-'Aqar)
- Dur-Katlimmu (Tell Sheikh Hamad)
- Qattara (Tell Rimah)
- Til-Barsip (Tell Ahmar)
Bibliographie
- A. K. Grayson (dir.), The Royal inscriptions of Mesopotamia. Assyrian periods, 3 volumes publiés, University of Toronto Press, 1987- ;
- State archives of Assyria (SAA), Helsinky University Press, 1987- ;
- F. Joannès :
- (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Robert Laffont, 2001,
- La Mésopotamie au millénaire avant J.-C., Armand Colin, 2000 ;
- A. Harrak, Assyria and Hanigalbat, a historical reconstruction of bilateral relations from the middle of the fourteenth to the end of the twelfth centuries B.C, Hildesheim, 1987.
Catégorie:Empire assyrien catégorie:Province romaine
ja:アッシリア
Tigre (fleuve)
Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1.850 km. Il prend sa source dans le Taurus (Turquie orientale) puis parcourt la Syrie puis l'Irak du nord au sud en passant par Mossoul et Bagdad. Ensuite, il rejoint l'Euphrate pour former un estuaire commun le Chott-el-Arab, long de 200 km, qui débouche dans le golfe Persique.
Comme l'Euphrate, (et comme le Nil en Égypte), le Tigre traverse en Irak essentiellement une région désertique et son alimentation en eau dépend de contrées montagneuses étrangères. Son régime, fortement influencé par la fonte des neiges, était très irrégulier, mais il a été partiellement régulé par des barrages. Le barrage de Samarra oriente les eaux excédentaires lors des crues vers la dépression du Tharthar dans la basse Djézireh. De là un canal rejoignant l'Euphrate permet de réutiliser ces eaux et de renforcer le débit de l'Euphrate.
Ses principaux affluents, descendant de la montagne du Zagros et des montagnes d'Iran, confluent sur sa rive gauche.
Sur sa rive droite, il se rapproche fortement de l'Euphrate à partir de la région de Bagdad.
Dans la partie basse de son cours, son profil en longueur très plat a entraîné la formation de marécages importants qui s'étendaient sur 12 000 km² entre le Tigre et l'Euphrate. Ces marais sont en forte régression sous le double effet de la construction de nombreux barrages sur les deux fleuves et d'une politique de drainage inconsidérée.
Le Tigre est un sujet de friction entre l'Irak et la Turquie, cette dernière voulant encore réduire son débit par la construction de nouveaux barrages.
Le Tigre s'écoule sur 1850 km dont 400 en Turquie, 32 en Syrie et 1.418 en Irak.
|+ Bassin versant du Tigre
! Pays !! longueur !! Surface !! Proportion !! Contribution au débit
|- align="center"
| Turquie || 400 km || 45.000 km² || 12 % || 51 %
|- align="center" bgcolor="#EFEFEF"
| Syrie || 32 km || 1.000 km² || 0,2 % || 0 %
|- align="center"
| Irak || 1.418 km || 292.000 km² || 54 % || 39 %
|- align="center" bgcolor="#EFEFEF"
| Iran || affluents || 37.000 km² || 34 % || 10 %
|{
Irak
|- valign="top"
| Capitale || Bagdad
|- valign="top"
| Président Premier ministre
| Jalal Talabani Ibrahim al-Jaafari
|{{{{{{{{{{commons|Iraq|l'Iraq{wikitravel|l'Irak|Irak{fr{ar{en{ar{en{en{en{en{fr{fr{fr{fr{fr{fr{fr{Pays d'Asie{Ligue arabe{lien AdQ|sv{lien AdQ|ja
Mésopotamie
]
La Mésopotamie (du grec Μεσοποταμία / Mesopotamia, de μεσο / meso « milieu » et ποταμός / potamos, « fleuve »), est une région du Moyen-Orient située entre le Tigre et l'Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l'Irak actuel.
Elle comprend au nord une région de plateaux, qui est une zone de cultures pluviales, et au sud, une région de plaines où l'on pratique une agriculture qui repose exclusivement sur l'irrigation.
Le sens du mot Mésopotamie a évolué au fil du temps. Au sens classique des Grecs et des Romains, la Mésopotamie désigne la partie du nord. Chez Arrien, qui écrit une Anabase d'Alexandre le Grand, on trouve pour la première fois le terme de Mésopotamie. Le terme vient d'une expression qui existe dans les langues locales, expression que l'on trouve en akkadien sous la forme de Birit Narim, en araméen sous la forme de Beyn Narim, expression qui désigne dans tous les cas la partie du haut Euphrate.
Géographie
La notion essentielle est celle de Croissant fertile. Il s'agit de la zone où l'irrigation n'est pas nécessaire pour l'agriculture. Ce croissant est délimité par l'isohyète 250 mm. Concrètement, cette zone se trouve entre le Zagros, le Taurus et les côtes méditerranéennes et du golfe persique. C'est dans cette zone qu'a lieu la révolution néolithique.
On y inclut la région qui se situe au sud, entre les fleuves du Tigre et de l'Euphrate (en Irak actuel). Mais dans cette région, il est nécessaire de recourir à l'irrigation car les précipitations n'y sont pas assez importantes.
Le terme dAssyrie est très couramment employé pour désigner le nord de la Mésopotamie. Parallèlement, le terme de Babylonie désigne le sud de la Mésopotamie, c'est-à-dire la plaine mésopotamienne. En effet, à partir de la moitié du , la région connaît deux entités politiques, dont l'une a pour capitale Assur — c'est l'Assyrie — et l'autre qui a pour capitale Babylone — c'est la Babylonie.
Le nord de la Mésopotamie est un vaste plateau désertique, tandis que le sud est une immense plaine alluviale très fertile où, de plus, la présence de nombreux bras de fleuve et de marécages permettaient l'irrigation. Cette situation idéale en fit un des grands foyers de civilisation.
Voir l'article détaillé : géographie de la Mésopotamie
Préhistoire
La présence de l'homme y est attestée depuis la préhistoire, à partir du Paléolithique moyen. Au Néolithique, vers 7000, sur le site de Jarmo, la poterie fait pour la première fois son apparition, des traces manifestes du début de la domestication progressive des animaux et des plantes apparaissent également, et l'utilisation de briques crues témoigne pour la première fois de l'existence d'une vie en village.
À partir du chalcolithique, vers 6000, on note, outre à l'usage du cuivre, l'usage de l'irrigation en agriculture, l'apparition des sceaux-cachets, des peintures murales, de la céramique peinte, incisée ou décorée, des premiers sanctuaires ainsi qu'une utilisation généralisée de la brique.
Entre 6000 et 5000, on distingue la succession de trois cultures de types différents.
Période de Hassuna (5800-5500)
Cette période porte le nom d'un tell (colline formée de ruines) près de Mossoul. On retrouve, dans les crânes étudiés, la même race méditerranéenne présente depuis le paléolithique supérieur dans tout le moyen-orient. La céramique retrouvée se compose de statuettes d’argile et de sceaux-cachets, les plus anciens découverts jusqu’à présent. Outils et armes d’obsidienne, quelques ornements de cuivre et de plomb forment l’ensemble qui caractérise cette période.
Période de Samarra (5600-5000)
Samarra est un site archéologique sis sur les lieux mêmes de l’actuelle ville du même nom. La céramique de la période précédente se mêle ici à une autre de bien meilleure facture. Beige clair, celle-ci est beaucoup plus variée, plus harmonieuse aussi. On y a retrouvé de ces statuettes, au crâne allongé et aux yeux dits « en grain de café » surajoutés, ressemblant à celles de la période d’Obeid tandis que les yeux d’autres statuettes sont incrustés et grands ouverts, surmontés des caractéristiques sourcils noirs et épais, de bitume, rappelant la production sumérienne, plus récente.
Période de Halaf (5500-4500)
Halaf est un site situé à la frontière turco-syrienne. Différente des deux autres cultures précédentes, celle-ci possède des traits particuliers qui l’apparentent à l’Anatolie. La présence de la double hache et du bucrane, la tête de taureau stylisée, ne laisse guère de doutes à ce propos. Cette culture ne possède pas d’antécédents en Mésopotamie durant la préhistoire, contrairement aux deux autres. Au moment de son expansion maximale, la culture de Halaf s’étendait sur toute la future Assyrie. La zone périphérique dans laquelle on retrouve sa poterie, où elle était sans doute exportée ou copiée, allait de l’Anatolie centrale à la Méditerranée, de la Syrie du nord à l’ouest de l’Iran. La poterie de Halaf est de loin la plus belle qu’on ait retrouvée parmi ces trois cultures.
Période d'Obeid
Enfin, vers 4500 se fait jour la culture d'Obeid (ou Ubaid).
La période d'Eridu (ou Erida) est dite période d'Obeid 1, après la période d'Obeid 2 localisée dans une autre site archéolgique situé dans la même aire géographique vient la période d'Obeid 3 au nord, et à Ur un peu plus au sud, prélude à ce qui deviendra plus tard la civilisation de Sumer.
La période d'Uruk est le dernier de ces stades de développement durant la protohistoire, avant que n'apparaissent la civilisation de Sumer et le début des temps historiques avec l'apparition de l'écriture.
Histoire
Au , de nouveaux venus, les Sumériens et les Sémites établissent une civilisation florissante qui débouchera sur l'empire d'Akkad et l'émergence de Babylone.
Vers 3500 apparaît l'écriture pictographique qui évoluera pour donner l'écriture cunéiforme. C'est à la même époque que les Sumériens inventent la roue.
À partir de 2700, les Sémites s'installent dans la ville de Sumer où ils s'imposent progressivement. Aux environs de 2300, Sargon d'Akkad (2340–2284) prend le pouvoir et est sacré roi. Il fonde la ville d'Akkad et étend le royaume jusqu'à la Méditerranée d'un côté et le golfe Persique de l'autre. Pendant son règne, il transformera le royaume en un empire, se prétendant l'égal des dieux. Son empire s'effondre vers 2200 av. J.-C.
C'est avec l'accession d'Hammourabi(1792–1750) au trône que Babylone connaîtra sa première heure de gloire comme capitale de la Mésopotamie. Il fait construire des temples, creuser des canaux, favorise le développement de l'industrie et du commerce. Souhaitant le bonheur de son peuple ainsi que la paix, il écrit le code d'Hammourabi qui servira de base législative pour de longues années.
En -1594, le royaume est conquis par les Hittites qui seront suivis par les Kassites.
Voir l'article détaillé : histoire de la Mésopotamie
Voir aussi
Articles connexes
- Sumérien
- Assyrie
- Cunéiforme
- Lammasu
- Gilgamesh
Bibliographie
- Collectif, De la Mésopotamie à la Perse, Encycloædia universalis, coll. « La grande histoire des civilisations », 1999 (ISBN 2-7028-3080-3) ;
- Collectif, Atlas de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien, Brepols, 1996 (ISBN 2503500463) ;
- Jean Bottéro :
- Mésopotamie. L'écriture, la raison et les dieux, Gallimard, coll. « Folio Histoire », 1997 (ISBN 2070403084) ;
- L'Épopée de Gilgameš, le grand homme qui ne voulait pas mourir, Gallimard, coll. « L'aube des peuples », 1992 (ISBN 2070725839) ;
- Jean-Jacques Glassner, La Mésopotamie, Belles Lettres, coll. « Guide des civilisations », 2002 (ISBN 2-251-41017-1) ;
- Jean-Claude Margueron, Les Mésopotamiens, Picard, 2003 (ISBN 2708406930) ;
- Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil, coll. « Points histoire », 1995 (nouv. édition) (ISBN 2-02-023636-2).
Liens externes
- [http://www.systerofnight.net/religion/html/mesopotamie.html La Mésopotamie] Religion sumérienne et babylonienne, civilisation et histoire de la Mésopotamie.
- [http://www.louisg.net/C_mesopotamiens.htm Le calendrier mésopotamien]
-
Catégorie:Province romaine
ja:メソポタミア
ko:메소포타미아
th:เมโสโปเตเมีย
Bible zh-min-nan:Sèng-keng ko:성서 ja:聖書 simple:Bible
Catégorie:Bible Catégorie:Judaïsme Catégorie:Doctrine chrétienne
Introduction
La Bible est le nom courant du regroupement des principaux textes sacrés, dans le judaïsme et le christianisme, bien que chacune de ces religions, voire chaque courant en son sein, ait un rapport différent à ces textes.
Elle traite de l'histoire des relations du peuple d'Israël avec Dieu, proclamé unique et universel (monothéisme). Le mode de ces relations est l'alliance. Le moyen de cette alliance, pour le judaïsme, c'est la Loi (Torah), enseignée de génération en génération ; pour la chrétienté, c'est la foi en la Résurrection de Jésus-Christ, fils de Dieu.
Le corpus biblique réunit des œuvres variées, appelées livres. D'où l'étymologie grecque : τὰ βιϐλία (ta biblia), « les livres » (neutre, pluriel de τὸ βιϐλίον, « papier, livre » ; le pluriel neutre a été confondu avec un féminin singulier en latin, d'où le mot français). La liste des livres retenus, appelée canon (mot grec signifiant règle), varie selon les diverses confessions ; voir la liste des livres de la Bible. Leur nombre varie de 24 à 73 livres (la différence est aussi due à des regroupements).
L'histoire de la fixation du canon est un phénomène complexe, d'autant que cela concerne deux religions elles-mêmes diverses, et qui se sont séparées à cette époque-là ! Ainsi, par exemple, le Talmud garde trace des discussions pour savoir s'il fallait admettre dans le canon juif le Cantique des Cantiques et le livre d'Esther, qui ont été acceptés, ou la Sagesse de Ben Sira (Siracide ou Ecclésiastique), qui ne l'a pas été. La version hébraïque canonique est dite "massorétique".
Ce n'est qu'en 1227 que Stephen Langton, professeur à l’Université de Paris, puis archevêque de Canterbury, a définitivement normalisé la division de la Bible en chapitres et versets, ce qui permet de faire correspondre commodément les versions hébraïque, grecque, latine et autres, et fait aujourd'hui de la Bible, pour le plus grand bonheur des moteurs de recherche, une remarquable " base de données" multilingue
En 2000, la bible, en totalité ou en partie, avait été traduit en 2 212 langues. À ce jour, on estime à 40 millions le nombre de bibles distribuées chaque année, dont 280 000 en France. Des chiffres auxquels il faut ajouter le nombre impressionnant d'exemplaires du Nouveau Testament diffusés (sans doute cinq fois plus que les bibles complètes). Aucun ouvrage à travers le monde n'a jamais eu un tel gros tirage constant au fil des siècles. Le premier livre qui soit sorti des presses de Gutenberg est d'ailleurs une bible.
La Bible hébraïque
La Bible hébraïque, écrite en hébreu (comme le nom l'indique) avec quelques passages en araméen, est divisée en trois grandes parties, résumées par le terme de TaNaK, initiales de leurs titres hébreux, la Torah, les Neviim, les Ketouvim :
- la Loi, dont le nom hébreu est la Torah, constituée des cinq livres attribués à Moïse, et dont la narration couvre la période allant de la création du monde à la mort de Moïse, qui a amené le peuple d'Israël hors d'Égypte jusqu'aux portes de la Terre promise, en passant par le mont Sinaï où il a reçu les commandements de Dieu ;
- les Prophètes, en hébreu Neviim, qui narrent l'installation d'Israël en Canaan jusqu'à l'Exil à Babylone, et relatent la prédication des prophètes envoyés par Dieu parler en son nom ;
- les Autres Écrits, en hébreu Ketouvim, qui s'ouvrent par les Psaumes et des écrits de Sagesse, et complètent l'historiographie avec le retour de l'Exil.
Sagesse, Bibliothèque du Congrès, Washington D.C.]]
On considère habituellement que la Torah fut promulguée en 398 av. J.-C. par Esdras. À l'époque romaine, les Prophètes ne sont pas reçus par la totalité du judaïsme, et la liste des Autres Écrits était encore ouverte. Avant même la traduction grecque ont existé en araméen, langue officielle de l'empire perse à l'ouest de l'Euphrate, des traductions commentées, appelées "Targoum", qui attestent une lecture publique des livres bibliques. (Voir : Targum, dans Wikipedia en anglais)
Le TaNaK semble avoir été adopté dans sa composition actuelle par les Pères de Yabné sans doute au début du de l'ère chrétienne. C'est la Bible selon le judaïsme. C'est ce texte-ci qui sera retenu en 1530 comme Ancien Testament par les protestants, qui l'éditeront pourtant dans l'ordre des livres de la Bible grecque.
La Bible grecque
Selon une pieuse légende rapportée par la Lettre du pseudo-Aristée (Sources chrétiennes n°89, Paris, Le Cerf, 1962) et amplifiée depuis, la traduction en grec de la Torah est l'œuvre de soixante-dix ou soixante-douze savants juifs, qui, à la demande des autorités grecques d'Égypte (et isolés pendant soixante-douze jours, selon certaines versions), aboutirent à un texte commun, d'où le nom de Septante qu'on donne à cette traduction du ou du , et à toute la Bible grecque par extrapolation. Les autres livres ont été traduits, voire écrits directement, en grec, au fil des siècles suivants.
Ce corpus sera adopté tel quel par les premiers chrétiens, pour leur Ancien Testament et rejeté par les rabbins. Lors de sa traduction latine, la Vulgate, Jérôme choisira la version hébraïque lorsqu'elle existe, et mettra en annexe les livres pour lesquelles elle n'existe pas ou plus. Mais le catholicisme et, bien sûr, l'orthodoxie qui lit le grec, garderont l'ordre des livres de la Septante, à savoir :
- le Pentateuque (= les cinq livres de la Loi),
- les livres historiques (regroupant les premiers Prophètes et certains des autres écrits,
- les livres poétiques et de sagesse,
- les écrits des prophètes.
Les Livres deutérocanoniques ou apocryphes
Ce sont les livres de l'Ancien Testament catholique ou orthodoxe, rejetés du canon par les protestants comme n'appartenant pas à la Bible hébraïque, mais néanmoins considérés comme utiles. Ceux-ci les nomment apocryphes (= cachés, rejetés). Les catholiques les nomment deutérocanoniques, à la suite du concile de Trente en 1546.
Il faut noter que certains des livres de la Septante n'ont pas été reçus même comme deutérocanoniques. Ils ne sont reconnus par aucune Église et sont appelés apocryphes ou pseudépigraphes (= écrits sous une fausse signature). Ils forment avec d'autres de la même époque ce qu'on appelle aujourd'hui les écrits intertestamentaires.
Le Nouveau Testament
Voir article détaillé
Le Nouveau Testament, ou nouvelle alliance, est l'ensemble des livres canoniques pour le christianisme, qui témoignent de la personne de Jésus de Nazareth que les chrétiens déclarent Christ, c'est-à-dire le Messie annoncé par l'Ancien Testament et le Seigneur du monde, de sa prédication, de sa résurrection, et de son annonce par les Apôtres de la primitive Église. Il est rédigé, comme la Septante, en grec commun, κοινή (koinè), au .
C'est à la suite de la crise marcionite que l'idée d'un Nouveau Testament et d'une Bible le réunissant à un Ancien se fera jour.
Plusieurs autres livres, appelés apocryphes du Nouveau Testament, ont été écrits à partir du avec une prétention « biblique », mais souvent une tournure plus légendaire ou bien plus philosophique, voire ésotérique, et n'ont pas été inclus dans le canon biblique.
Histoire de la composition de la Bible
Après avoir été largement répandue pendant le , l'hypothèse documentaire, partie de l'idée que les différents noms donnés à Dieu reflétaient des sources différentes, est aujourd'hui largement abandonnée. Certains énoncent une hypothèse midrachique, selon laquelle le texte s'est développé selon des règles strictes à partir de la "révélation" aux monothéistes égyptiens de la semaine de 7 jours et de l'alphabet de 22 lettres. D'autres parlent d'inspiration littérale et lisent ainsi les dates avancées dans le texte comme vérité historique : [
NimrodNimrud ou Nimrod, Nemrod (en hébreu נִמְרוֹד du verbe maradh, qui dérive du verbe Mered, qui signifie « se rebeller »). Nimrod peut signifier également « Celui qui a vaincu le léopard » en partant sur la signification de Nimr, « léopard » et Rad, « dompter ».
L'ancêtre éponyme dans la Bible
Fils de Koush, lui-même premier-né de Cham, fils de Noé d'après la Bible.
Nimrud fut le fondateur et le roi du premier empire venu à l’existence après le déluge. Il se distingua en qualité de puissant chasseur « devant » (dans un sens défavorable ; héb. : liphné ; « contre » ou « en opposition avec » ou « en face de » Dieu, Jéhovah (Gn 10:9). Bien que dans ce cas certains spécialistes prêtent un sens favorable à la préposition hébraïque qui signifie “ en face de ”, les targoums juifs, les Antiquités juives de l’historien Josèphe ainsi que le contexte de Genèse chapitre 10 laissent entendre que Nimrud était un puissant chasseur qui provoquait Dieu.
Histoire
À son commencement, le royaume de Nimrud comprenait les villes de Babel, Érek, Akkad et Kalné, toutes au pays de Shinéar. Par conséquent, ce fut probablement sous sa direction que débuta la construction de Babel et de sa tour.
Cette déduction est également en accord avec l’opinion juive traditionnelle. Josèphe écrivit : « [Nimrud] peu à peu transforme l’état de choses en une tyrannie. Il estimait que le seul moyen de détacher les hommes de la crainte de Dieu, c’était qu’ils s’en remissent toujours à sa propre puissance. Il promet de les défendre contre une seconde punition de Dieu qui veut inonder la terre : il construira une tour assez haute pour que les eaux ne puissent s’élever jusqu’à elle et il vengera même la mort de leurs pères. Le peuple était tout disposé à suivre les avis de [Nimrud], considérant l’obéissance à Dieu comme une servitude ; ils se mirent à édifier la tour [...] ; elle s’éleva plus vite qu’on eût supposé. » — Antiquités judaïques, I, 114, 115 (IV, 2, 3).
Étant un des plus anciens rois d'Assyrie, puissant chasseur, inaugurateur des guerres, il fut aussi un des premiers à regrouper les hommes en tribus et à construire des cités (Babylone et Ninive sont les plus importantes).
Déïfication
Il est logique de penser qu’après la mort de Nimrud les Babyloniens se sentirent poussés à l’honorer grandement en tant que fondateur, bâtisseur et premier roi de leur ville, et comme organisateur de l’Empire babylonien initial. D’après la tradition, Nimrod mourut de mort violente. Puisque le dieu Mardouk (Merodak) était tenu pour le fondateur de Babylone, certains ont émis l’hypothèse que Mardouk représente Nimrod déifié.
Les dieux et les déesses tels qu’ils sont décrits dans les textes babyloniens antiques ne sont que le reflet de l’homme mortel. D’après ces récits, les divinités naissaient, aimaient, avaient des enfants, se battaient et même mouraient, tel Tammouz. Il est dit que, terrifiées par le déluge, elles « s’accroupirent comme des chiens ». On les dépeint aussi avides, mangeant souvent jusqu’à la gloutonnerie et buvant jusqu’à l’ivresse. Elles étaient violentes, vindicatives et soupçonneuses les unes envers les autres. Des haines farouches les opposaient.
Ainsi, il est aisé de lier les premiers personnages que la Terre ait portée avec les dieux et déesses des Babyloniens, des Assyriens et des Égyptiens, premiers grands peuples chez qui beaucoup de croyances ont été reprises par les religions au cours du Temps.
Bibliographie
Alexandre Hislop, « Les deux babylones », 1916
Catégorie:Ancien Testament
Catégorie:Personnage biblique
Catégorie:Empire assyrien
Noé (patriarche)
ja:ノア (聖書)
nb:Noah
Dans la Bible
Noé (hébreu: נֹחַ nōa'h : repos)
est un patriarche biblique participant au récit du déluge.
Selon la Bible, Noé aurait vécu 950 ans et eu trois fils, Sem, Cham et Japhet. Son histoire est contée dans la Genèse aux chapitres 6 à 9.
L'histoire raconte que, peiné de voir la terre remplie de violence et de corruption, Dieu décida de noyer ses créations sous un déluge de pluie. Seuls la famille de Noé et des couples d'animaux de chaque espèce seront sauvés des eaux grâce à l'arche construite selon les plans divins.
Annonce du déluge faite à Noé :
:« Yahvé dit à Noé : Entre dans l'arche, toi et toute ta famille, car je t'ai vu seul juste à mes yeux parmi cette génération. De tous les animaux purs, tu prendras sept paires, le mâle et sa femelle; des animaux qui ne sont pas purs, tu prendras un couple, le mâle et sa femelle et aussi des oiseaux du ciel, sept paires, le mâle et sa femelle, pour perpétuer la race sur toute la terre. Car encore sept jours et je ferai pleuvoir sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits et j'effacerai de la surface du sol tous les êtres que j'ai faits. »
:Bible, Genèse, VII.
Selon ce récit, tous les humains sont les descendants de Noé.
En 2 Pierre 2:5, Noé est qualifié de "prédicateur de justice".
Dans le Coran
Dans le Coran, Noé (arabe نوح Nouh ou nūh, cris; gémissements; plaintes; Noé) est un prophète, il est cité en de nombreuses occasions. La sourate 71 porte son nom, elle évoque le prèche fait par Noé à ses contemporains ainsi qu'à son appel à Dieu afin de provoquer le déluge. L'histoire du Déluge est aussi reprise d'une manière abrégée dans la sourate 11 et dans plusieurs autres sourates de façon encore plus brève. Il faut se rappeler que le Coran est considé comme un rappel de ce qui est contenu dans la Bible et les Evangiles, il ne reprend jamais les récits dans leur intégralité, mais insiste sur les aspects considérés importants, et en tire les conclusions conformes aux doctrines de l'Islam.
Personnages similaires
Si l'on exclut les traditions orales, le plus ancien récit connu, le mythe de Gilgamesh apparu vers 2700 avant l'ère chrétienne, relate longuement l'histoire d'un déluge décidé par les dieux. Un homme cependant fut épargné par l'un d'eux qui lui indiqua comment construire une embarcation où, le jour venu, il fit monter par couples toutes les espèces animales qu'il fallait sauver. Cet homme porte différents noms selon la tradition qui en rapporte l'épopée : Ziusudra à Sumer, Uta-Napishtim ou Atrahasis à Babylone avec de nombreuses variantes.
Certains voient en l'histoire d'un déluge un mythe écrit pour expliquer la découverte de fossiles ayant appartenu à des espèces animales disparues, ou d'indiquer l'origine commune de tous les hommes au-delà de leurs apparentes différences.
Catégorie:Personnage biblique Catégorie:Personnage coranique
Ishtarthumb
Cette déesse est appelée Inanna chez les Sumériens, Ishtar chez les Akkadiens et Babyloniens, Astarté plus tard. Son activité cultuelle et mythologique n’a jamais été égalée par une autre déesse du Moyen-Orient.
À son apogée, elle était déesse de l’amour, de la procréation et de la guerre, régissait la vie et la mort. Elle a un aspect hermaphrodite (Ishtar barbata), comme beaucoup de déesses de ce type.
Version sumérienne
Inanna est née d’Ishkur (en akkadien Adad), dieu de la pluie.
Elle fait partie de la triade des dieux planétaires. Elle est la déesse de l’étoile Vénus et de l’amour, et est la déesse tutélaire D’Uruk (dans la bible, Erech).
Le sanctuaire d’Inanna à Uruk s’appelle l’Eanna.
Les mythes
Mythe de la descente aux enfers
Inanna est la déesse tutélaire d’Uruk, épouse du berger Dumuzi qui deviendra souverain de la cité. Les textes témoignent d’un grand amour, mais il y règne aussi un pressentiment d’un malheur à venir. Dans certains de ces textes, la mort de Dumuzi est due au simple fait qu’il s’est uni à une déesse.
Inanna ou « la bien-aimée d'Anou » fut la jumelle de Shamash et petite-fille d'Anou.
Il existe une version assez « hard » de cet épisode, et une autre où Dumuzi le berger est mis en concurrence avec un fermier, symbolisant la lutte entre les deux classes.
Inanna, souveraine du « Grand Royaume d’En Haut », décide de descendre aux enfers pour supplanter sa sœur aînée Ereshkigal, souveraine du Monde Inférieur. Elle entre dans le palais d’Ereshkigal, traverse les Sept Portes et arrive nue, dénuée de tout pouvoir, devant sa sœur et les Sept Juges des Enfers (Anunnaki), qui la tuent. Les dieux sont informés, mais la récusent pour son acte. Enlil façonne et envoie cependant 2 messagers asexués en enfer, qui raniment Inanna avec le « breuvage de vie » et la « nourriture de vie ».
Obéissant à la loi qui dit que quiconque pénètre en Enfer ne peut revenir sur Terre, les Anunnaki ne la laissent pas partir. Inanna doit fournir un remplaçant. Elle revient sur terre accompagnée de démons et cherche un remplaçant.
Après diverses recherches, elle trouve Dumuzi confortablement installé sur le trône de la cité et le désigne, par colère. Explication bien « humaine » qui cache un mystère de la mort rituelle du roi pour assurer la fertilité universelle.
Dans la version akkadienne, Ishtar et Tammuz sont les personnages du mythe. Il y semble qu'Ishtar va en enfer, après la mort de Tammuz, pour ramener celui-ci.
L’absence d’Ishtar stoppe toute reproduction, ce qui panique les dieux et les poussent à la libérer.
Rite du mariage sacré
Chaque année au nouvel an, le souverain était tenu « d’épouser » l’une des prêtresses d’Inanna, afin d’assurer la fertilité des terres et la fécondité des femelles. Ce fut sûrement tout d’abord un rite propre à Uruk, qui s’est ensuite généralisé vers la fin du millénaire.
Le Roi remplace le dieu Dumuzi du mythe, et l’union avec la prêtresse, représentante de la Déesse, a lieu dans l’Eanna. Les festivités étaient très joyeuses et se déroulaient dans l’allégresse.
Ces hymnes de mariage sacré ont pu influencer le Cantique des cantiques, qui présente de nombreux traits similaires.
Catégorie:Divinité mésopotamienne
ja:イシュタル
BabyloneBabylone est le nom d'une ville antique de Mésopotamie située sur l'Euphrate à environ 160 kilomètres au Sud-Est de l'actuelle Bagdad (Irak), près de la ville moderne de Hilla. Sa position géographique exacte est 32° 33’N - 44° 26’E.
Étymologie
Le nom de la ville de Babylone provient sans doute du nom pré-sumérien Babulu, que les Akkadiens ont expliqué étymologiquement par bab-ili(m), ce qui signifie « la Porte du Dieu ». Ce nom a été traduit en sumérien selon le même sens en Ka.dingir.ra. Les Grecs ont traduit ce nom en Babylon, qui a été repris par la suite par les Européens. Les Hébreux ont rapproché le nom Bab-ili de la racine hébraïque bbl, qui signifie « mélanger », ce qui rappelle le mythe de la Tour de Babel (nom hébreu de Babylone).
Les origines de Babylone
Tour de Babel
Babylone est mentionnée pour la première fois au , à l'époque de l'Empire d'Akkad, dont elle fait partie. Elle est ensuite un centre administratif important de l'Empire d'Ur III. Mais elle ne devient un centre politique important qu'avec l'installation d'une dynastie amorrite au début du IIè millénaire. Rien ne prédispose cette bourgade riveraine d'un bras secondaire de l'Euphrate à devenir à partir de 1800 av. J.-C. la capitale d'un ensemble régional vaste auquel on donne le nom de Babylonie.
Babylone sous la dynastie amorrite
La dynastie amorrite de Babylone est fondée vers 1894 par Soumou-aboum (1894–1881 av. J.-C.). Les amorrites sont un peuple sédentaires originaire des steppes de l'ouest de la Mésopotamie. Son successeur Soumou-la-El (1880–1845 av. J.-C.) est le véritable fondateur du royaume babylonien, qui prend sous son règne une certaine importance. Ses successeurs agrandissent le royaume, et sous Sin-mouballit (1812–1793 av. J.-C.) Babylone devient une puissance capable de rivaliser avec les grands royaumes amorrites voisins que sont Larsa, Eshnounna, Isin et Uruk. Son fils Hammourabi (1793–1750) saura jouer intelligemment son rôle dans le concert international de son temps. Après une première partie de règne peu fructueuse, il parvient à subjuguer les royaumes qui l'entourent : Larsa, Eshnunna, puis Mari. Il se désengage aussi de la tutelle de l'Élam. Babylone devient alors la plus grande puissance politique de Mésopotamie. C'est à ce moment que la ville capte à son seul profit, outre le rôle de capitale politique, la fonction de capitale religieuse, unique résidence du dieu Mardouk roi des dieux du panthéon mésopotamien. L'empire d'Hammourabi assure ainsi la synthèse entre les traditions culturelles et religieuses des capitales de Sumer et d'Akkad qui avaient dominé la Mésopotamie au et celles des bédouins amorrites.
Le site de la ville est un peu excentré par rapport aux autres capitales anciennes et futures de la Mésopotamie Agadé, Eshnounna, Séleucie, Ctésiphon et Bagdad. Cependant il est proche de l'endroit ou le Tigre et l'Euphrate sont peu éloignés l'un de l'autre. Cela apporte la présence d'un fort réseau de voies d'irrigation et une forte productivité des terres agricoles. Enfin vers l'époque d'Hammorabi le sud de la Mésopotamie voit une forte dégradation de sa situation démographique et économiques, pour des raisons qu'il est encore difficile d'élucider. C'est alors que de grandes métropoles telles Ur, Nippour, Uruk et Larsa sont alors abandonnées pour de longues périodes. De cette situation Babylone tire profit car installée au cœur d'une zone agricole prospère elle récupère, outre les traditions culturelles et religieuse de ces villes, leur force vive à savoir leur population.
Dès sa fondation la ville s'étend des deux rives de l'Arahtu un bras alors secondaire de l'Euphrate avant d'en devenir le lit principal au . Sur la rive droite s'étendait un parc, appelé le jardin de l'abondance mais qu'il ne faut pas confondre avec les fameux jardins suspendus dont les historiens actuels doutent de plus en plus qu'ils aient existés à Babylone.
La partie orientale de la ville, sur la rive gauche, est nettement plus étendue. Au nord de cette partie de la ville se trouvait les quartiers royaux avec au centre le palais royal. Sous le règne d'Hammourabi la population du palais s'est fortement accrue car les rois amorrites avaient pour tradition en cas de victoire d'emmener la population féminine du harem du souverain vaincu. Cela dit cette population proche du souverain reste peu connue. Ainsi si l'on connait plusieurs des enfants d'Hammourabi l'on ignore tout de ses épouses. Par les archives de Mari, nous savons que le palais de Babylone à l'époque amorrite est conçu avec une seule grande porte ce qui permet de filtrer les entrées et des batiments répartis autour d'une cour avec des espaces arborés.
Ce palais, comme les palais royaux proche-orientaux, est un centre économique important. Nous y trouvons des archives commerciales privées. Il semble qu'à l'époque amorrite le roi fait écouler ses surplus de laine par des agents commerciaux privés, les tamkarou qui disposent d'un certains nombre de mois pour reverser au palais le produit de leurs ventes. Ces agents peuvent aussi recevoir la ferme de certains impôts en nature qu'ils se chargent de percevoir et de changer en argent avant de le reverser au souverain.
Au centre de la partie orientale de Babylone se trouve le temple de Mardouk puis au sud les quartiers commerciaux qui servent de quartiers résidentiels aux notables et aux commercants.
Le fils d'Hammourabi, Samsou-ilouna (1749–1712 av. J.-C.), poursuit son œuvre, mais de nombreuses révoltes affaiblissent son royaume. Les rois suivants voient leur territoire se désagréger sous l'effet de révoltes, d'attaques de peuples ennemis, en premier lieu les Kassites mais aussi les Hourrites, le tout dans un climat de crise agraire. Samsou-Ditana (1625–1595 av. J.-C.), dont le royaume ne comporte plus que les environs immédiats de Babylone, rentre finalement dans un conflit contre le roi hittite Mursili I, qui réussit en 1595 av J-C. un raid sur Babylone avec l'aide des rois de Hana et des Kassites. La ville est pillée, et la dynastie amorrite disparaît. Il est important de noter que des études sont en cours de réalisations à propos de la chute de Babylone à cette époque. Un décalage de 70 ans serait plus qu'envisageable ce qui descendrait la chute de Babylone à 1525 ACN. Il ne s'agit encore que d'une hypothèse et non d'un fait avéré.
La période kassite et la seconde dynastie d'Isin
Après cette défaite, Babylone tombe aux mains d'une dynastie kassite, fondée par Agum. La date et les conditions exactes de cette prise du pouvoir nous sont inconnues, les premières décennies de la dynastie kassite nous étant inconnues. Vers 1500 av. J.-C., Burna-Buriash I assure sa domination sur toute la Basse-Mésopotamie, puis prend le nom de Karduniash (Babylonie). Le royaume s'étend encore sous ses successeurs, et Babylone devient une des grandes puissances politiques de la période, au même titre que l'Égypte, le Mitanni, les Hittites, l'Élam, comme l'atteste la correspondance d'el Amarna ( siècle av. J.-C.). Cette période calme est brisée par l'émergeance en Mésopotamie d'une nouvelle puissance, l'Assyrie, qui s'est débarrassée du Mitanni vers 1350 av. J.-C.. Ses rois n'auront de cesse de tenter d'affirmer leur suprématie sur Babylone. Les deux royaumes s'épuisent dans des luttes durant tout le siècle, avant que les Élamites ne rejoignent la partie au début du siècle. Le pouvoir kassite, fragilisé par les guerres contre l'Assyrie qui ont provoqué des luttes internes, tombe en quelques années sous les coups des rois élamites Shutruk-Nahhunte et Kutir-Nahhunte. En 1155 av. J.-C., la dynastie kassite, la plus longue à avoir régné à Babylone, se termine dans le chaos.
Le pouvoir élamite ne tient pas longtemps en place en Babylonie. Le roi Shilhak-Inshushinak est chassé du pays par le roi d'Isin Ninourta-nadin-shoumi, qui prend le pouvoir à Babylone vers 1130 av. J.-C.. Son successeur Nabuchodonosor I réussit à envahir l'Élam quelques années plus tard. Cette situation ne dure néanmoins pas longtemps, car l'Assyrie redevient menaçante. En 1025 av. J.-C., le roi assyrien Teglath-Phalasar I s'empare de Babylone et dépose le dernier roi de la seconde dynastie d'Isin , Nabû-shoum-libour (1032–1025 av. J.-C.).
Les rois Kassites ne font pas de Babylone leur unique résidence mais c'est pourtant sous leur dynastie et celle d'Isin, entre le et le que la cité assure définitivement sa suprématie religieuse et intellectuelle grace à une forte domination culturelle. C'est à cette époque, et à Babylone, que sont mis en forme les deux grands textes littéraires du monde babylonien a savoir Épopée de Gilgamesh et lÉpopée de la création (Enuma elish)(). Les textes essentiels dans les domaines de la divination, de la médecine sont aussi de cette époque. Enfin sous le règne d'Adad-shoum-ousour (1216–1187 av. J.-C. une deuxième enceinte donne à la ville son extension maximale. Sur la rive gauche la cité de Babylone forme un triangle d'environ 500 mètres du nord au sud et 300 mètres d'ouest en est au point le plus large. De l'autre coté de l'Euphrate, sur la rive droite, la ville forme un quadrilatère plus petit, d'environ 100 mètres sur 200). l'espace intra-muros est lui-même loin d'être entièrement bâti.
Le clergé du dieu Mardouk de la ville joue un rôle de plus en plus important et cherche à faire de Babylone l'héritière de Nippour l'antique capitale religieuse de Sumer, et de son dieu Enlil. Ainsi au les doubles murailles de Babylone et celle de Nippour reçoivent des noms qui indiquent une sorte de parenté. A Nippour les murailles s'appellent Nimit-Mardouk (protection du dieu Mardouk) pour la muraille extérieure et Imgour-Mardouk (Mardouk s'est montré favorable) pour l'intérieure. Celles de Babylone portent les noms de Nimit-Enlil et Imgour-Enlil.
Le temple du dieu Mardouk, l'Esagil (La demeure à la tête élevée) , devient le sanctuaire de tout le panthéon mésopotamien et possède des chapelles pour pratiquement tous les dieux qui se réunissent en Assemblée divine (l' Ubshoukkinakkou) dans une cour du temple réservée à cet effet. Aux cotés du temple (au nord) se trouve la ziggourat Etemenanki (la demeure fondement du Ciel et de la Terre), qui donne probablement naissance à la légende de la Tour de Babel, et dont certains textes ésotériques affirment que sous la tour visible s'enfonce sous terre une tour aux dimensions identiques.
Babylone est aussi un centre d'astronomie (et d'astrologie) considérable à l'époque. Les Babyloniens avaient déjà remarqué en leur temps la précession des équinoxes (voir art divinatoire), et c'est également dans les trente mille tablettes découvertes à Babylone que l'on a découvert les premières traces de ce que l'on nommera bien plus tard des algorithmes.
Babylone et la domination assyrienne
La fin du siècle est marquée par de grands mouvements de population en Babylonie, comme dans tout le Moyen-Orient. Des tribus d'Araméens et de Chaldéens s'installent en Babylonie, où elles constituent des entités politiques rivales du pouvoir babylonien. Les nouveaux souverains de cette cité s'avèrent incapables de rétablir l'ordre, et la région connaît une triste période durant tout le siècle.
La fin du siècle est marquée par le rétablissement de la monarchie assyrienne par Adad-nirari II. Celui-ci devient menaçant pour Babylone, mais il est repoussé par Nabû-shuma-ukin (880–860 av. J.-C.), qui réussit à améliorer momentanément la situation de son royaume. Après sa mort, une crise de succession secoue Babylone, dont profitent les rois assyriens. Le reste du siècle est marqué par des luttes dynastiques à Babylone et en Assyrie, dont profite à son tour l'un ou l'autre des deux royaumes pour établir sa suprématie sur son voisin. Les Assyriens finissent par l'emporter vers 800 av. J.-C., et la Babylonie tombe à nouveau dans le chaos, des rois Chaldéens tentant de s'établir à Babylone. Ces luttes internes finissent par profiter au royaume assyrien, qui est devenu un véritable Empire sous le règne de Teglath-Phalasar III. Après plusieurs années de luttes, celui-ci réussit à prendre Babylone en 728 av. J.-C., et il s'y proclame roi.
À partir de ce moment, la Babylonie va connaître un siècle de résistances à l'occupation de son voisin du nord. Cette lutte, menée avec le support des Élamites, qui deviennent les alliés de Babylone face à l'Assyrie, est initiée par un roi chaldéen, Merodach-baladan, qui réussit même à une période à régner à Babylone à la fin du siècle (722–710 av. J.-C. et brièvement en 703 av. J.-C.), avant d'être chassé par Sargon II puis son fils Sennacherib. Celui-ci fait monter son fils aîné Ashour-Nadin-Shoum sur le trône de la ville, mais il est vite déposé et livré aux Élamites qui le tuent. De rage, le roi assyrien prend la ville et la détruit, totalement selon ses dires, en 689. De plus la statue du dieu Mardouk est transportée en Assyrie où, quoique toujours honorée elle reste captive de nombreuses années. En réalité il est probable que les destructions ne furent que partielles, la rapidité du relèvement de Babylone sous le règne suivant en témoigne.
En effet Assarhaddon, qui succède à Sennacherib en 680 av. J.-C. se montre plus généreux envers la grande cité, qu'il restaure ainsi que l'Esagil. À sa mort en 669 av. J.-C., il choisit de faire monter son fils aîné Shamash-shoum-oukin sur le trône de Babylone, sous l'autorité de son autre fils Assurbanipal, qui devient roi d'Assyrie. Après quelques années du scrupuleuse fidélité, Shamash-shum-ukin finit par se révolter contre son frère en 648 av. J.-C., avec l'aide de la noblesse babylonienne, des Chaldéens et des Élamites. Après plusieurs années de guerre, il est vaincu, et il meurt dans l'incendie de son palais lors de la prise de Babylone par les Assyriens (vers 644 av. | | |