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OCDE
LOrganisation de coopération et de développement économiques (OCDE, en anglais OECD : Organisation for Economic Co-operation and Development) est une organisation internationale de pays développés, qui ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché.
L'OCDE a pris la suite de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) qui a existé de 1948 à 1960 et qui a joué un rôle important dans l'exécution du Plan Marshall.
L'OCDE compte 30 pays membres et publie régulièrement des études et des statistiques sur divers indicateurs comme le PIB, population, inflation... Son siège est à Paris.
Pays membres
Le 14 décembre 1960, vingt pays ont signé la Convention relative à l'Organisation de coopération et de développement économiques. Depuis lors, dix autres pays ont adhéré à l'OCDE qui comprend ainsi les principaux pays industrialisés d'Europe (23), d'Amérique du Nord (3), d'Extrême-Orient (2) et d'Océanie (2).
Conceptions économiques
L'OCDE joue un rôle important dans une tentative de réglementation multilatérale de la protection de l'investissement. De 1995 à 1998 un forum de négociations a permis la création de l'accord multilatéral sur les investissements (l'accord AMI ou en anglais multilateral agreement on investment) qui sert de modèle aujourd'hui a beaucoup d'accords bilatéraux. Il faut dire que de tels accords existent aujourd'hui essentiellement au niveau bilatéral ( les APPI's: accords pour la protection et la promotion des investissements) que des Etats font entre eux quand ils en sentent le besoin (par exemple: l'accord entre le Conseil fédéral suisse et le Gouvernement des Emirats arabes unis concernant la promotion et la protection réciproque des investissements RS 0.975.232.5).
Les principes directeurs pour le traitement de l'investissement étranger élaborés en 1992 au sein de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) constituent une autre source d'inspiration pour la rédaction d'accords sur la protection de l'investissement.
Au niveau international il a été jusqu'à maintenant difficile de trouver un consensus. L'ONU (plus précisément la CNUCED) pourrait jouer un rôle, cependant, les Etats se méfient de l'ONU en ce qui concerne le droit international économique (vu que chaque pays, riche ou pauvre, a le même poids).
Quant à l'OMC (en 2001 à Singapour ou 2004 à Genève) aucun accord n'a pû voir le jour, l'OMC continue donc aujourd'hui à réglementer les domaines du commerce, des services et de la propriété intellectuelle (ce qui est déjà considérable) sans s'occuper de la protection et du développement de l'investissement au niveau international. Malgré tout, les espoirs portent quand même sur cette organisation qui pourrait attaquer ce chantier dans les années qui viennent.
Les thèses défendues actuellement dans le cadre de cette organisation sont néo-libérales et en rupture avec les principes keynésiens et les conceptions d'inspiration socialiste de l'État-providence qui ont eu cours pendant les trente glorieuses (1945-1975). Le rôle des États s'est réduit au profit de celui des groupes industriels privés.
Secrétaires généraux
- Donald J. Johnston Canada 06/1996 -
- Jean-Claude Paye France 10/1984 - 05/1996
- Emile van Lennep Pays-Bas 10/1969 - 09/1984
- Thorkil Kristensen Danemark 09/1961 - 09/1969
Bibliographie
- Jean Bonvin et Christian Morrisson « L'Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) », aux Editions PUF, Collection Que sais-je ? Numéro 3405
Voir aussi
Lien interne
- NAIRU
Liens externes
- [http://www.oecd.org/home/0,2605,fr_2649_201185_1_1_1_1_1,00.html Site officiel de l'OCDE]
Catégorie:Économie
Catégorie:Organisation internationale
ja:経済協力開発機構
ko:OECD
1948
Cette page concerne l'année 1948 du calendrier grégorien.
Événements
- 1 janvier : Entrée en vigueur du GATT.
- 8 septembre : Consécration de la nouvelle abbatiale de l'Abbaye d'Orval, dans la province belge du Luxembourg.
- 9 décembre [http://cec.rwanda.free.fr/documents/CVN-1948.htm Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide] (adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU)
- 10 décembre : L'assemblée générale des Nations Unies, réunie à Paris, adopte la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
- L'UNESCO recommande aux États membres de rendre l'éducation primaire obligatoire et universelle.
Europe
- 20 mars : Lors de la conférence de Londres, l'URSS rompt avec les Alliés sur la question allemande.
- 7 mai : Congrès de la Haye ou « Congrès de l'Europe », qui mènera à la création du Conseil de l'Europe (mai 1949).
Europe de l'Est
- En mars, proclamation de la République Populaire de Roumanie.
- 28 juin : Le Kominform condamne Tito et exclut la Yougoslavie du Kominform.
- 5 septembre : Limogeage de Gomulka, 1er secrétaire du POUP en Pologne (remplacé par Beirut).
- 21 février : Coup de Prague (20-27 fév), la Tchécoslovaquie bascule dans le camp communiste
- En mai : Victoire des communistes aux élections en Tchécoslovaquie
- En juin, la Tchécoslovaquie devient une « Démocratie Populaire ».
Europe de l'Ouest
- 1 janvier : Création du Benelux, union douanière entre la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.
- 17 mars : Traité de Bruxelles : alliance militaire occidentale (France, Royaume-Uni, Benelux).
- 1 avril : Début de la distribution de l'aide américaine dans le cadre du plan Marshall.
- 3 avril : Fondation de l'OECE (Organisation européenne de coopération économique, future OCDE) par 16 pays et les zones d'occupations alliées en Allemagne et à Trieste.
- 4 septembre : Avènement de la reine Juliana des Pays-Bas fille de la reine Wilhelmine qui vient d'abdiquer.
- 16 octobre : Fin de la guerre civile en Grèce.
- 5 avril : Un tribunal militaire américain acquitte Alfred Krupp et 11 autres industriels allemands, de l'accusation de crimes de guerre.
- 20 juin : En Allemagne de l'Ouest, réforme monétaire (remplacement du Reichsmark par le Deutsche Mark).
- 24 juin : Début du blocus de Berlin-Ouest par les Soviétiques (24 juin 1948 - 12 mai 1949).
- 28 juin : Mise en place par les Occidentaux d'un pont aérien avec Berlin-Ouest pour contourner le blocus.
- 25 janvier : Dévaluation du franc français et blocage des billets.
- En avril, Fondation de la CGT-FO (Force Ouvrière) par les partisans de Léon Jouhaux.
- En avril, nouvelle vague de grèves en France.
- 19 juillet : Chute du Gouvernement Robert Schuman (1)
- 26 juillet : Nouveau Gouvernement André Marie, jusqu'au 28 août.
- 25 août : Naissance du Mouvement de la Paix.
- 28 août : Chute du Gouvernement André Marie.
- 5 septembre : Nouveau Gouvernement Robert Schuman (2)
- 7 septembre : Chute du Gouvernement Robert Schuman (2)
- 11 septembre : Nouveau Gouvernement Henri Queuille (1), jusqu'au 5 octobre 1949.
- En septembre, vague de grèves violentes (sept-nov).
- 11 octobre : Le gouvernement rappelle des réservistes.
- L'inflation se monte à 59 %.
- Dévaluations du franc, 80 % puis 17 %.
- Dans le cadre du plan Marshall, la France reçoit une aide américaine jusqu'en 1952.
- Création de la société « Usinor » par la fusion de « Denain-Auzin » et des « Forges et Acièries du Nord et de l'Est ».
- Fondation de la compagnie « Air France » sous forme de société mixte.
Afrique
- L'arrivée au pouvoir du parti nationaliste en Afrique du Sud multiplie les mesures d'apartheid, ségrégation à l'égard des Noirs.
- Un cyclone tropical dévaste la Réunion.
Amériques
Amérique du Nord
- 28 juillet : L'Union nationale de Maurice Duplessis remporte les élections générales au Québec.
- 15 novembre : Après le retrait du Premier ministre Mackenzie King, Louis St-Laurent lui succède jusqu'en 1957.
- 25 février : Martin Luther King est nommé pasteur baptiste.
- 31 mars : Le Congrès américain approuve le plan Marshall d'aide à l'Europe.
- 3 mai : La Cour suprême des États-Unis invalide les lois, contrats et autres textes interdisant aux noirs d'être propriétaires fonciers
- En novembre, Élection de Harry S. Truman (D) comme président des États-Unis avec 49,6% des voix contre Thomas E. Dewey (R) 45,1%.
Amérique Latine
- 30 avril : Création à Bogota de l'OEA (OAS) : Organisation des États Américains.
Asie & monde indien
- En février, Indépendance de l'île de Ceylan (Sri Lanka).
- Première indépendance du Vietnam octroyée par la France.
- 4 janvier : Indépendance officielle de la Birmanie. U Nu (bouddhiste et neutraliste), devient le Premier ministre de l'Union birmane. Début de l'exode des habitants d'origine indienne.
- 28 mars : Début de l'insurrection déclenchée par les communistes du Drapeau Blanc birman, avec 25 000 partisans, armés d'un équipement disparate. Le Drapeau Blanc établit son QG à Pyinmana et un Front militaire à Pégu où il commence des embuscades.
- En décembre, l'armée birmane chasse la guérilla communiste de Pyinmana. 3 000 partisans se rendent, ce qui porte un coup décisif à la guérilla.
- 16 février : Proclamation de la République populaire de Corée du Nord.
- 10 mai : Élection d'une assemblée et d'un président (Syngman Rhee) en Corée du sud.
- 10 septembre : Création de la République Populaire Démocratique de Corée (la Corée du Nord) marquant la scission avec la Corée du Sud entraînant des tensions aboutissant à la guerre de Corée.
- En décembre, évacuation par l'Armée Rouge du nord de la Corée.
- 13 mars : Soichiro Honda crée la compagnie Honda Motors.
- Création du zenkaguren et nouvelle constitution
Océanie & pacifique
Proche-Orient & monde-arabe
- 4 avril : Élections en Algérie (4-11 avr).
- 1 mars : Le Conseil juif de Palestine forme un cabinet de 30 ministres sous la présidence de David Ben Gourion (jusqu'en 1953) formant ainsi l'embryon de l'État d'Israël.
- 9 avril : Massacres de 300 civils par les terroristes juifs de l'Irgoun, à Der Yassine, qui entraîne une panique chez les Palestiniens.
- 14 mai : Proclamation de l'État d'Israël par David Ben Gourion et déclare son indépendance de l'Empire britannique. Il est reconnu par l'URSS et les États-Unis.
- 15 mai : Invasion de la Palestine par les troupes des pays arabes.
- 31 mai : Création de Tsava Haganah le Israel (Tsahal) : « l'armée de défense d'Israël ».
- 17 septembre, à Jérusalem, le Comte suédois Folke Bernadotte, médiateur de l'ONU est assassiné par un groupe de sionistes de la faction LEHI.
Arts & cultures
- 12 mars : Création du groupe de motards les « Hell's Angels ».
- 20 mars : CBS présente le premier concert classique télévisé donné par l'Orchestre de Philadelphie.
- 11 mai : Fondation du Collège de Pataphysique.
- 20 mars : 20e remise des oscars
Films remarquables
- La Corde (Rope) drame policier d'Alfred Hitchcock avec James Stewart, John Dall et Farley Granger.
- Key Largo réalisé par John Huston avec Humphrey Bogart, Lauren Bacall et Edward G. Robinson
- Hamlet de Laurence Olivier - Oscar du meilleur film.
- Jour de fête réalisé par Jacques Tati.
Littérature
- Le romancier Hervé Bazin publie Vipère au poing.
- L'écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre publie Les mains sales.
- L'écrivain George Orwell publie 1984.
Sciences & techniques
- Le physicien anglais Patrick Blackett, spécialistes des rayons cosmiques, reçoit le prix Nobel de Physique.
- Le mathématicien américain Claude Shannon développe sa théorie de l'information.
- Invention du transistor par William Shockley, John Bardeen et Walter Brattain.
- Le mathématicien américain d'origine hongroise John von Neumann étudie mathématiquement des machines qui s'auto-reproduisent.
- Invention du four à micro-ondes.
Techniques appliquées
- 3 juin : Mise en service du télescope du Mont Palomar.
- 28 novembre : Mise sur le marché de la « caméra Polaroid ».
- 15 décembre : Mise en route de Zoé, la première pile atomique française dont la construction a été dirigé par Frédéric Joliot-Curie.
- Inauguration du télescope de 5 mètres au mont Palomar.
- La « Columbia » met le 33 tours LP sur le marché.
Sports
- 25 juin : Le champion Joe Louis conserve son titre de champion du monde des poids lourds à la boxe en battant Jersey Joe Walcott par K.O. au 11e round à New York.
- 29 juillet : Jeux Olympiques d'été, XIVe Olympiade de l'ère moderne, à Londres.
- Le Tour de France cycliste est remporté par l'italien Gino Bartali (+ montagne), deuxième le belge Brik Schotte et troisième le français Guy Lapebie.
- Article détaillé : 1948 en sport
Janvier-Février
- 1 janvier - Louis Chédid, chanteur français
- 16 janvier - John Carpenter, cinéaste
- 17 janvier - Anne Queffélec, pianiste française
- 27 janvier - Mikhaïl Barychnikov, danseur et chorégraphe américain
- 3 février - Henning Mankell, écrivain suédois
- 11 février - Bernard Bonnet, homme d'État
- 28 février - Bernadette Peters, actrice
Mars-Avril
- 9 mars - Jeffrey Osborne, chanteur
- 11 mars - Dominique Sanda, actrice
- 17 mars - William Gibson, écrivain américain
- 30 mars - Richard Gotainer, chanteur français
- 31 mars - Al Gore, ex-vice-président américain
- - Jimmy Cliff, musicien
- 3 avril - Carlos Salinas de Gortari, président du Mexique entre 1988 et 1994
- 18 avril Régis Wargnier, réalisateur de film français
- 28 avril - Terry Pratchett, écrivain anglais
Mai-Juin-Juillet
- 15 mai : Brian Eno, musicien
- 19 mai :Grace Jones, mannequin, chanteuse et actrice américaine
- 31 mai : John Bonham, batteur du groupe Led Zeppelin
- 21 juin : Andrzej Sapkowski, écrivain polonais
- 4 juillet : René Arnoux, pilote automobile F1
- 6 juillet : Nathalie Baye, actrice française
- 13 juillet : Catherine Breillat, réalisatrice et scénariste française
- 15 juillet : Anne Sinclair, journaliste française d'origine américaine
- 16 juillet : Pinchas Zukerman, violoniste israélien
- 21 juillet : Hubert-Félix Thiéfaine, chanteur français
- 21 juillet : Cat Stevens, musicien
- 21 juillet : Garry Trudeau, dessinateur
- 30 juillet : Jean Reno, comédien français
- 31 juillet : Alain Nadaud, écrivain français.
Août-Septembre-Octobre
- 3 août - Jean-Pierre Raffarin, homme politique français
- 24 août - Jean-Michel Jarre, compositeur français
- 25 août - Robert Plant, chanteur du groupe Led Zeppelin
- 10 septembre - Margaret Trudeau, ancienne Première Dame du Canada
- 1 octobre - Peter Blake, navigateur néo-zélandais
- 8 octobre - Claude Jade, actrice française
- 2 octobre - Avery Brooks, acteur américain
- 2 octobre - Chris LeDoux, chanteur de country américain (décès 2005)
- 8 octobre - Johnny Ramone, musicien américain, guitariste des Ramones (décès 15 septembre 2004)
Novembre-Décembre
- 4 novembre - Amadou Toumani Touré, homme politique malien
- 9 novembre - Bille August, réalisateur de cinéma danois
- 14 novembre - Charles d'Angleterre, prince de Galles
- 18 décembre - Laurent Voulzy, chanteur français
- 20 novembre - Barbara Hendricks, soprano norvégienne d'origine américaine
- 21 décembre - Willi Resetarits, cabarettiste autrichien
- 24 décembre - Michel Robert, cavalier, Champion de France
- 25 décembre - Noël Mamère à Libourne en Gironde (France)
- 27 décembre - Gérard Depardieu, acteur
- 28 décembre - Robert Flammang, à Luxembourg
Dates inconnues
- Dan Simmons, écrivain américain
- Nick Drake, auteur, compositeur, interprète
- Trinh Xuan Thuan, astophysicien et écrivain originaire du Việt Nam.
- Ndiaga Mbaye, griot et auteur-compositeur-interprète sénégalais
- Adama Drabo, cinéaste et auteur de théâtre malien
- 8 janvier : Kurt Schwitters, peintre allemand
- 19 janvier : Tony Garnier, architecte
- 30 janvier : Mahatma Mohandask Gandhi (assassiné) philosophe et leader politique et spirituel de l'Inde
- 10 février : Sergueï Eisenstein, réalisateur soviétique
- 4 mars : Antonin Artaud, dramaturge, poète et comédien français
- 12 mars : Alfred Lacroix, minéralogiste et géologue français.
- 6 juin : Louis Lumière, français, inventeur du cinématographe
- 5 juillet : Georges Bernanos, écrivain et dramaturge français
- 23 juillet : D.W. Griffith, producteur et réalisateur américain
- Andreï Jdanov, russe, politicien aux côtés de Staline durant l'URSS.
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Plan Marshall
Le plan Marshall fut un des plans de reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, connu officiellement après son élaboration comme Programme de rétablissement européen (European Recovery Program ou ERP). Le plan Morgenthau qui prévoyait de faire payer les réparations par l'Allemagne fut écarté par l'administration Truman : on se souvenait des effets désastreux d'une telle politique après la Première Guerre mondiale (la question des réparations allemandes avait en partie permis l'ascension de Hitler). L'initiative fut baptisée, par les journalistes, du nom du secrétaire d'État américain, le général George Marshall, qui, lors d'un discours à l'université Harvard (5 juin 1947) exposa la volonté du gouvernement des États-Unis de contribuer au rétablissement de l'Europe.
Historique
Le Président Harry Truman signe le plan Marshall le 3 avril 1948.
Entre 1948 et 1951, les États-Unis consacrent plus de treize milliards de dollars de l'époque (dont onze milliards en dons) au rétablissement de 17 pays européens en réponse à l'organisation européenne de coopération économique (OECE, aujourd'hui l'OCDE)). Le montant total de l'aide correspond à 100 milliards de dollars actuels.
On peut comparer cette somme aux 5 milliards de dollars investis, dans les années 60, par IBM dans sa série 360, dont les retombées assurèrent sa prospérité pour les vingt-cinq années suivants.
Les États-Unis demandaient aux États acceptant l'aide plusieurs contreparties : d'abord que les pays européens coordonnent les dépenses de reconstruction au sein de l'OECE. Les Américains ont ainsi contribué à la coopération européenne, prélude à la construction européenne (voir l'article sur la CEE). Ensuite, les États-Unis exigèrent que l'argent serve à acheter des produits de l'industrie américaine. La reconstruction européenne, relativement rapide, fut largement stimulée par l'aide américaine.
Le plan Marshall a été rejeté par l'Union soviétique et les pays de l'Est. L'insistance des États-Unis concernant la libéralisation économique des pays bénéficiant du plan a certainement joué un rôle aussi : comme le précise la doctrine Jdanov, chaque État était amené à choisir son camp. L'année 1947 est par cet aspect considérée comme le début de la guerre froide. En 1949 commence le Comecon liant les pays de l'Europe de l'Est.
En 1945, une grande partie du continent européen est ravagé par la guerre : les Allemands ont pillé les ressources de la France, de la Scandinavie et de l'Europe de l'Est. Les bombardements ont réduit en cendres de nombreuses villes allemandes (Dresde, Cologne, Berlin…) ou polonaises (Varsovie). Londres a subi la guerre aérienne à outrance et des centaines de milliers de logements ont été détruits. En France, on ne compte plus les villes martyres (Le Havre, Rouen…). Une grande partie des canaux, des infrastructures portuaires, des ponts, des voies ferrées sont hors d'usage. De nombreux civils sont sans-abri.
La situation des États-Unis est différente : le territoire américain n'a pas subi de dommages (à part Pearl Harbor). L'agriculture, les réserves d'or et les infrastructures industrielles de ce pays ne sont pas affectées.
Selon le gouvernement américain de l'époque, la situation dramatique dans laquelle étaient les Européens, aggravée par les hivers froids, constituaient le terreau favorable à l'implantation du communisme. Les partis communistes italien et français remportaient en effet des succès électoraux. La doctrine du président Harry Truman est fondée sur l'endiguement (containment) du communisme déjà fortement implanté en Europe orientale.
Le Plan fut présenté une première fois par le secrétaire d'état James F. Byrnes au cours d'un discour tenu à Stuttgart le 6 septembre 1946. De plus, le général Lucius D. Clay avait demandé au patron d'industrie Lewis H. Brown de dresser un bilan de la situation économique en Allemagne et d'évaluer les besoins de la reconstruction.
Une première aide financière parvint en Grèce et en Turquie en janvier 1947. Le plan final fut annoncé par Marshal le 5 juin 1947 à Harvard.
Le même désir de contrer la menace communiste agit en faveur du Japon qui s'est aussi relevé assez rapidement.
Dépenses générales du plan Marshall
Assistance économique, du 3 avril 1948 au 30 juin 1952 (en millions de dollars de l'époque).
Notes :
- a. Le total du prêt inclut 65 millions pour la Belgique et 3 millions pour le Luxembourg : le détail de concession entre les deux pays ne peut pas être identifié.
- b. Inclut un prêt initial de 16,9 millions, plus 200 millions représentant une part partagée proportionnellement des concessions converties en prêts aux termes d'un accord signé le 27 février 1953.
- c. Aides du plan Marshall aux Indes néerlandaises (Indonésie) prolongées aux Pays-Bas avant le transfert de souveraineté du 30 décembre, 1949. Les aides totales pour les Indes néerlandaises sont de : Total : 101,4 millions, concessions 84,2 millions, prêts 17,2 millions.
- d. Inclut la contribution des États-Unis au fonds permanent social européen des syndicats (EPU), 361,4 millions; Compte de frêt général, 33,5 millions; autorisations européennes d'assistance technique (multi-pays ou régional), 12,1 millions.
Critique
Le plan Marshall a été souvent cité comme exemple de la façon dont l'aide économique massive peut produire la prospérité. Cependant, certains ont précisé que la reconstruction d'après-guerre de l'Europe était un problème moins ardu que le développement ou la reconstruction des secteurs actuels dans le tiers monde. L'Europe, en dépit d'avoir été dévastée par la guerre, gardait une infrastructure physique significative (canaux, ports et la partie restée en état du réseau ferré, par exemple) ainsi que la qualification technique de la population. Dans le cas du tiers monde, l'infrastructure et les qualifications techniques n'existent pas à même échelle, ce qui complique le problème.
Des critiques du plan Marshall ont été avancées par des historiens révisionnistes ou communistes pendant les années 1960 et les années 1970. Leurs affirmations étaient que le plan économique américain était impérialiste, et visait à satelliser l'Europe de l'Ouest en face de l'Europe de l'Est des Soviétiques. Il est cependant normal par définition qu'un pays place ses capitaux là où cela peut servir ses intérêts, et par ailleurs aucun pays européen n'a été mis en demeure d'accepter ce plan.
Les critiques des années 1980 précisent que la croissance de nombreux pays européens avait été rétablie bien avant l'arrivée à grande échelle de l'aide provenant des États-Unis, et était même rapide chez certains destinataires. Tandis que le plan Marshall soulagea les premières difficultés et le rétablissement des secteurs principaux, la croissance d'après-guerre était en grande partie un processus indépendant. La première personne a faire cet argument était l'historien économique Alan S. Milward. Les socialistes européens affirmèrent le fait qu'un montant équivalent d'argent de reconstruction pourrait avoir été obtenu en nationalisant les possessions de riches Européens qui ont déposé leur argent aux banques des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Une telle spoliation aurait cependant été contraire à l'article 17-2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui pose le principe du droit de propriété (celle-ci étant définie comme le droit duser et d'abuser de la chose possédée, et n'aurait donc eu aucune base juridique ni morale).
Anecdote
La Région wallonne a intitulé son plan d'actions prioritaires pour l’avenir wallon : Le plan Marshall wallon mais comme le souligne le ministre-président de la région wallonne le terme est inadéquat car il ne vise pas l'injection d'argent extérieur mais traduit la volonté d'impulser de l'intérieur un rebond rapide par l'exécution de mesures fortes.
Voir aussi
- Seconde Guerre mondiale
- [http://www.ena.lu?lang=1&doc=795 Discours de George C. Marshall à Harvard sur www.ena.lu]
- [http://www.marshallfoundation.org La Fondation George C. Marshall (en anglais)]
Catégorie:Histoire économique
Catégorie:Histoire des États-Unis
ja:マーシャルプラン
Produit intérieur brutLe produit intérieur brut (PIB) représente le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes. C'est un agrégat des comptes nationaux, obtenu en additionnant des grandeurs mesurées par catégories d’agents (ménages, entreprises, administrations). En France, il est apparu après la Seconde Guerre Mondiale, tout comme la Comptabilité nationale, à un moment où la priorité était de reconstruire et de moderniser le pays. Le PIB sert souvent d'indicateur de l'activité économique d'un pays; le PIB par habitant, quand à lui, sert d'indicateur au niveau de vie.
Décompositions du PIB
Le PIB peut se décomposer de trois manières :
- Par la production: le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes (c’est-à-dire avant déduction des amortissements) des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) ;
PIB (Y) = Somme des valeurs ajoutées par tous les producteurs résidents
+ les impôts nets des subventions sur les produits
- Par les dépenses: le PIB est égal à la somme des emplois finaux intérieurs de biens et de services, c’est-à-dire : la consommation finale effective (C), la formation brute de capital fixe (I), les variations de stocks (VarSt), plus les exportations (X), moins les importations (M). Cette définition se déduit de l’égalité comptable entre les ressources de l’économie et les emplois qui sont faits de ces ressources :
Ressources = Emplois
Y + M = C + I + X + VarSt
Y = C + I + VarSt + (X - M)
- Par les revenus: le PIB est égal à la somme des revenus bruts des secteurs institutionnels : rémunération des salariés (S), impôts sur la production (T) et les importations moins les subventions, excédent brut d’exploitation et revenu mixte.
Y = C + S + T
Le PIB est une mesure de la valeur de l'ensemble des biens et services produits sur le territoire d'un pays donné au cours d'une période donnée (en général, une année, parfois un trimestre), quelle que soit la nationalité des producteurs (ce en quoi il se distingue du PNB).
Le PIB et la croissance du PIB sont devenus deux des plus importants indicateurs économiques. Selon les économistes, le niveau et l'évolution du PIB reflètent l'état de santé de l'économie. Ainsi, lorsque le PIB est important, l'économie est forte, et lorsque le PIB augmente, l'économie s'améliore, à tel point que croissance économique et croissance du PIB sont devenues synonymes. Une diminution du PIB correspond en revanche à une récession.
Calculs du PIB
Théoriquement, il existe donc trois méthodes pour calculer le PIB d'un pays ou d'une région, mais pour des raisons pratiques on utilise principalement la méthode des valeurs ajoutées. Selon cette technique, on additionne toutes les valeurs ajoutées
Population zh-min-nan:Jîn-kháu ja:人口 simple:Population th:ประชากร
catégorie:Écologie Catégorie:Démographie Catégorie:Géographie humaine
La population d'une zone géographique est le nombre d'individus — ou d'organismes vivants d'une espèce donnée — vivant dans cette zone. La population humaine est étudiée par la démographie, la sociologie et la géographie humaine.
En biologie, une population est un ensemble d'individus d'une même espèce se perpétuant dans un territoire donné. Les populations sont alors étudiées par la biologie des populations — une branche de l'écologie et la "génétique des populations", branche de la biologie de l'évolution.
On attribue, à une portion de territoire, une capacité d'accueil (carrying capacity) qui limite la croissance de la population. Certains observateurs des sociétés humaines estiment que la notion de capacité d'accueil doit être appliquée également aux populations humaines, et qu'une croissance incontrôlée de la population humaine pourrait entraîner une catastrophe malthusienne. D'autres spécialistes s'opposent, eux, catégoriquement à cette thèse.
Déscripteur de population
La description des populations peut se faire:
- A l'aide de variable dites descripteurs (ceux-ci concernent la taille, l'âge, le taux de natalité, le sex-ratio…) .
- Par la génétique (estimation de la fréquence des gènes)
- Par la dynamique (Natalité, mortalité, déclin…)
Voir aussi
- Population de la France et chiffres de population en France
- Population du Japon
- Population du Mexique
- Démographie historique
- http://www.populationdata.net
- http://www.populationmondiale.com
Paris
Paris est la capitale de la France et le chef-lieu de la région Île-de-France.
Elle est construite à cheval sur une boucle de la Seine, ce qui la divise naturellement en une rive gauche et une rive droite. Connue dans le monde entier pour ses monuments et sa vie artistique et culturelle, Paris est aussi un symbole historique fort, un centre politique et économique important et un point de passage pour les transports inter-européens.
Ses habitants sont appelés les Parisiens. Paris est également connue sous le nom argotique de « Paname ».
La devise de Paris est Fluctuat nec mergitur, soit « Il tangue mais ne coule pas » ; il s'agit de Scilicet, le navire représenté sur le blason de la ville et symbolisant l'ordre des marchands de l'eau commerçant sur la Seine. La patronne de la ville est sainte Geneviève, à qui il est attribué d'avoir convaincu Attila d'épargner la capitale gauloise, au .
Histoire
Attila]
Voir aussi la chronologie de Paris et l'Histoire de l'urbanisme parisien. On peut consulter des cartes anciennes de Paris sur le site Gallica .
Origine du nom de Paris
Paris doit son nom à la tribu des Parisii.
L'origine de ce nom n'est pas connue avec certitude. Il dériverait du mot gaulois kwar (carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne. D'autres étymologies ont été proposées. Selon les historiens Pierre Hubac et Cheikh Anta Diop, les Parisii devraient leur nom à la déesse égyptienne Isis, à laquelle de nombreux temples (ou enclos, per Isis en égyptien) étaient dédiés dans la région parisienne. Une légende rattache le nom de Paris à celui de la cité engloutie d'Ys.
Préhistoire
Le site de Paris est occupé par l'homme depuis au moins 40 000 ans, comme en témoignent les outils en pierre taillée retrouvés hors contexte lors des différents travaux de terrassement en bord de Seine.
Les plus spectaculaires découvertes archéologiques in situ ont été faites dans le XII arrondissement, où ont été mis à jour en 1991 les vestiges parmi les plus anciens de l'occupation humaine permanente sur le territoire de Paris. Les fouilles sur la ZAC de Bercy, ont permis la découverte des traces d'un village de la période chasséenne (entre 4000 et 3800 av. J.-C.), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, dévoilant un mobilier archéologique exceptionnel : pirogues de bois, poteries, arcs et flèches, outils en os et en pierre.
Antiquité
chasséenne]]
C'est le flou le plus total entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, et encore, les Parisii, peuple Gaulois, étaient maîtres des lieux quand les troupes de César sillonnèrent le pays. Certains évoquent des dates entre -250 et -200 pour la fondation du Paris des Parisii, sans grands arguments à faire valoir. En 52 av. J.-C., lorsque Labienus, lieutenant de Jules César, prit Paris, elle était appelée Lutetia (traduit plus tard en français par Lutèce) par les Romains. Le rôle de capitale de la Gaule était alors dévolu à Lugdunum (Lyon). On ne connaît pas aujourd'hui avec certitude l'emplacement de la cité gauloise. On a longtemps pensé qu'elle se trouvait dans l'île de la Cité mais cette hypothèse est aujourd'hui très discutée (cette dernière ayant été complètement fouillée lors du chantier du métro). La cité gauloise a très bien pu se situer dans l'île Saint-Louis ou dans une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche et qui se trouvait en face de l'île Saint-Louis (delta formé par l'embouchure de la Bièvre). Une hypothèse très discutée actuellement est de placer le village gaulois d'origine non loin du mont Valérien à Nanterre.
La cité romaine a été construite au sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Lutèce était construite autour de la rue Saint-Jacques (qui en était le cardo) selon un plan organisé en rues perpendiculaires. Le centre de la ville est fixé par les architectes romains au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques. Le forum s'étendait de la rue Saint-Jacques au boulevard Saint-Michel et de la rue Cujas à la rue Malebranche. Des thermes étaient construits à l'angle du boulevard Saint-Germain et du boulevard Saint-Michel, ainsi qu'à proximité de l'actuel Collège de France, à l'angle de la rue des Écoles et de la rue Jean-de-Beauvais. Un théâtre se trouvait à l'angle de la rue de l'École de médecine et du boulevard Saint-Michel, à l'emplacement actuel de la rue Racine. À l'est de la ville, une rivière aujourd'hui canalisée, la Bièvre, contournait la montagne Sainte-Geneviève en passant au niveau du jardin des Plantes. La rivière traversait à cette époque le XIII arrondissement pour se jeter dans la Seine au niveau de l'île de la Cité et de l'île Saint-Louis. Les Arènes de Lutèce étaient construites à l'est de la ville, à proximité de la Bièvre. Un cimetière est implanté au sud de la ville, à l'emplacement de l'abbaye de Port-Royal.
Époque médiévale
Paris prend son nom actuel au et Clovis, Mérovingien et roi des Francs, s'y établit pour en faire sa capitale en 508, suite à sa victoire sur les Romains. Dès le , on note la présence d'un lieu de culte implanté sur la rive droite : l'église Saint-Gervais (aujourd'hui située derrière l'Hôtel de ville). Au , des enceintes furent édifiées sur la rive droite pour protéger les paroisses de Saint-Gervais et Saint-Germain-l'Auxerrois (aujourd'hui situées près du Louvre). L'enceinte de Saint-Gervais devait se situer approximativement au niveau des rues des Barres, de Rivoli, et de la Tacherie. La rive gauche fut entièrement détruite par les Normands en 885. Quand la couronne échut aux Capétiens, en 987, Paris était une des deux grandes villes de leur domaine personnel (avec Orléans). Leur ancêtre Eudes s'illustra en la défendant face aux Vikings.
Les premières agglomérations de la rive droite datent du . Il s'agit alors de Saint-Martin-des-Champs (aujourd'hui rue Réaumur), Saint-Germain-l'Auxerrois, et Saint-Gervais. Les rois se fixèrent progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108), et plus encore de Philippe-Auguste (1190-1220). Paris devint alors définitivement la capitale du royaume. La rive gauche de la ville ne fut véritablement reconstruite qu'au . À la même époque, la rive droite était constituée de quatre quartiers : le quartier de Grève (Saint-Gervais), le Châtelet, les Halles et Saint-Germain-l'Auxerrois. Le quartier de Grève s'étendait alors jusqu'à l'église Saint-Merri.
L'enceinte construite par Philippe-Auguste allait de la rue Étienne-Marcel à la rue de l'Estrapade, et du Louvre aux Fossés-Saint-Bernard. Par la suite, Paris s'étendit surtout sur la rive droite. Au , l'enceinte de Charles V (1371-1380) englobait l'ensemble des III et IV arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis (emplacement de l'actuelle rue d'Aboukir).
rue d'Aboukir
De Henri IV à la monarchie de Juillet
Au , Henri IV, qui selon la légende trouvait que « Paris vaut bien une messe », construisit les premiers ensembles architecturaux modernes avec la place des Vosges. Son successeur Louis XIII étendit l'enceinte de Charles V sur la rive droit pour englober l'équivalent des quatre premiers arrondissements. Louis XIV, quant à lui, détruisit cette enceinte pour construire sur son emplacement les premiers grands boulevards. Au , l'enceinte des Fermiers généraux « mura » les onze premiers arrondissements actuels. La ville construite ne s'étendait pourtant alors que sur la superficie couverte aujourd'hui par les six premiers arrondissements, le jardin du Luxembourg marquant la frontière de la ville.
C'est à Paris, à l'endroit où la rue Saint-Antoine rejoint l'actuelle place de la Bastille, que débuta la Révolution française le 14 juillet 1789, avec le soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine et la prise de la Bastille. La Commune de Paris joua alors un rôle de radicalisation. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la Mairie, s'employèrent sous la Terreur à incarcérer tout ce que la ville comptait encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire de Paris est aujourd'hui le seul de France à être privé de tout pouvoir de police.
Sous la monarchie de Juillet, la ville s'agrandit brutalement jusqu'au mur des Fermiers Généraux.
Le Paris moderne
Avec Haussmann et le Second Empire, Paris s'engaga dans de gigantesques travaux de modernisation. Le Paris d'aujourd'hui est avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann. Le 1 janvier 1860, onze communes périphériques furent entièrement annexées et d'autres perdirent une partie de leur territoire au profit de Paris (voir Arrondissements de Paris). La capitale française passa de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares.
Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris qui s'opposait au Gouvernement provisoire de Versailles, conduit par Adolphe Thiers.
Adolphe Thiers]]
Au et siècles, Paris a accueilli de nombreuses expositions universelles. La Tour Eiffel fut construite pour celle de 1889, et le métro parisien fut inauguré à l'occasion de celle de 1900.
En 1910, une crue de la Seine provoqua l'une des plus graves inondations de Paris.
L'armée allemande occupa Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1944. À l'approche des troupes alliées arrivant de Normandie, une rébellion éclata le 19 août 1944. Le 25 août, à l'arrivée de la deuxième division blindée du général Leclerc, le commandant de la garnison, le général Dietrich von Choltitz, capitula sans exécuter les ordres qui lui enjoignaient de détruire la ville. Seul le central téléphonique militaire de la rue Saint-Armand fut détruit.
En mai 1968, les étudiants parisiens furent les premiers à déclencher des émeutes dans le quartier latin. Un Comité pour le maintien des occupations (CMDO) fut créé à la Sorbonne à l'initiative de l'Internationale Situationniste.
En 1976, l'État a accordé pour la première fois une municipalité autonome à la capitale. Jacques Chirac fut alors élu maire de Paris. Devenu président de la République, il a été remplacé en 1995 par Jean Tiberi auquel a succédé Bertrand Delanoë en 2001. Bertrand Delanoë se démarque surtout de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la capitale au profit des transports en commun (avec des voies de bus en site propre) et des taxis.
Paris a organisé les Jeux Olympiques en 1900 et en 1924. Elle a été candidate malheureuse à l'organisation des jeux d'été de 1992, 2008 et 2012, finalement revenus à Barcelone, Pékin et Londres. Voyez l'article principal : Paris 2012.
Démographie
Paris 2012
Selon les estimations de l'Insee, la population de la ville de Paris est de 2 142 800 habitants au 2004, pour une superficie de 10 540 hectares, soit une densité de 20 408 habitants par km². En 1999, l'agglomération définie par l'INSEE comprend 396 communes et totalise 9 644 507 habitants. Toujours en 1999, son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint 11 174 743 habitants, ce qui en fait la 23e aire urbaine du monde.
Vers 1800, Paris comptait déjà environ 500 000 habitants. Au cours du , sa population augmenta considérablement grâce à l'arrivée massive d'habitants de toutes les régions de France : c'est l'exode rural. Elle dépasse le million d'habitants dès les années 1840. Le 16 juin 1859, une loi annexa à Paris plusieurs communes voisines, étendant ainsi les limites de la commune jusqu'à la ligne de fortifications qui entoure la ville et ses faubourgs. Furent ainsi rattachées à Paris les communes de Belleville, Grenelle, Vaugirard et La Villette dans leur totalité, d'Auteuil, Les Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle-Saint-Denis, Charonne, Montmartre et Passy en majeure partie (les parties de ces communes situées à l'extérieur des fortifications étant rattachées aux communes voisines), ainsi que des quartiers d'Aubervilliers, Bagnolet, Gentilly, Issy, Ivry, Montrouge, Neuilly, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Saint-Ouen et Vanves. Cette loi prend effet le 1 janvier 1860, et marque la continuité d'une série de grands travaux, dirigés par Haussmann - préfet de la Seine de 1853 à 1870 -, pour moderniser la ville et reconstruire les quartiers les plus insalubres (par exemple l'actuel VIII arrondissement, qui était alors le plus délabré de la ville, et qui devient l'un des quartiers les plus huppés). Le quartier Montparnasse connut une vie culturelle intense durant la Belle Époque.
L'annexion des faubourgs apporta à Paris près de 500 000 nouveaux habitants, et la croissance continue de façon ininterrompue jusqu'au début du . À la veille de la Première Guerre mondiale, Paris avait près de 2 900 000 habitants. Dans les décennies suivantes, en raison de la régression démographique, très touchée par les deux guerres mondiales et par une forte chute de la natalité (inférieure à la mortalité dès 1935), et aussi parce que la ville surpeuplée n'a plus la place d'accueillir de nouveaux habitants, la population stagna puis baisse légèrement. Cette stagnation masquait en réalité le début d'une importante dédensification. Les arrondissements centraux, où les densités de population atteignaient 80 000 habitants par km² à la fin du , commencèrent à se dépeupler au profit des arrondissements périphériques. Dans le même temps, la banlieue commença à s'étendre et à se densifier de plus en plus rapidement, poursuivant la croissance de l'agglomération qui ne pouvait plus se faire au centre. (http://www.presse.tk/ Source : Pression])
Après la Seconde Guerre mondiale, la population tomba à 2 725 374 habitants (recensement de 1946). Elle connaît une nouvelle reprise (2 850 189 habitants en 1954) grâce à la croissance économique et démographique propre à toute la France. Cependant, dès la fin des années 1950, le phénomène de saturation se manifeste à nouveau. Paris surpeuplée recommença à se vider à partir du centre vers la périphérie. De nombreux programmes immobiliers transforment des appartements en bureaux, contribuant à cette baisse de la population, qui est particulièrement rapide dans les années 1960 et 1970. La population passe de 2 790 091 en 1962 à 2 299 830 en 1975. La baisse, ininterrompue, s'est cependant fortement ralentie depuis 1980 environ, et les prévisions qui annonçaient moins de deux millions d'habitants n'ont pas été vérifiées. Les estimations de l'Insee pour le 1er janvier 2004 donnent pour la première fois depuis un demi-siècle un accroissement de la population parisienne, conformément à une tendance au repeuplement du centre observé déjà dans d'autres métropoles, comme Londres et New York.
Sources :
- Jacques Dupâquier, Histoire de la population française, Paris, PUF, 1995.
- Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de Paris, Paris, Robert Laffont, 1996.
- Données INSEE.
Les données concernant l'Antiquité et le Haut Moyen-Âge sont insuffisantes (de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'habitants).
Pour des données sur l'agglomération et l'aire urbaine de Paris, se reporter à l'article sur l'agglomération parisienne.
Organisation administrative
Depuis la loi du 10 juillet 1964 sur la réorganisation de la région parisienne, entrée complètement en vigueur le 1 janvier 1968, la ville de Paris est à la fois un département et une commune. Auparavant - depuis 1790 -, Paris était le chef-lieu du département de la Seine.
Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité entre Paris et sa banlieue. Il faut en effet préciser que le territoire de la Ville de Paris ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales.
Le département de la Ville de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en 20 arrondissements municipaux, créés lors de sa dernière extension territoriale, en 1860, en remplacement des 12 arrondissements qui existaient auparavant - depuis le 11 octobre 1795.
Le statut de la ville a changé plusieurs fois :
- Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris avec une assemblée démocratiquement élue.
- La Troisième République, dirigée par des conservateurs effrayés par l'épisode de gestion démocratique de la Commune. Ceux-ci édictèrent la loi du 5 avril 1884 qui donnait le pouvoir exécutif au préfet de Paris et les pouvoirs de police au préfet de police. Le conseil de Paris, élu lors des élections municipales, désignait chaque année un président dont le rôle est principalement représentatif. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait être approuvé par l'État.
- La loi du 31 décembre 1975, entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977, instaura un conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent un maire. Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parts égales par les électeurs, le maire de Paris et le conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conservait les pouvoirs de police.
- La loi du 31 décembre 1982 (première loi de décentralisation), entre en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983. Elle a porté à 163 le nombre de conseillers de Paris et étend ses pouvoirs, principalement en matière budgétaire. Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité, même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police.
Les élections municipales se déroulent par arrondissement. Chaque arrondissement élit ses conseillers d'arrondissement (517 au total), dont une partie devient ensuite conseillers de Paris. Les conseils d'arrondissement élisent les maires d'arrondissement une semaine après le scrutin.
Le conseil de Paris ayant simultanément les attributions d'un conseil municipal (à la tête de la commune) et d'un conseil général (à la tête du département), il n'y a pas de cantons, et pas d'élections cantonales à Paris.
Cependant, dans des buts statistiques, en particulier dans les nomenclatures de l'Insee décrivant le découpage administratif de la France, les arrondissements de Paris sont souvent considérés comme des cantons.
Maires de Paris depuis 1977 :
- 1977-1995 : Jacques Chirac (réélu en 1983 et en 1989)
- 1995-2001 : Jean Tiberi
- 2001- : Bertrand Delanoë
Nombre de conseillers élus par arrondissement :
!Arrondissement
! I || II || III|| IV || V || VI || VII || VIII|| IX || X
! XI || XII || XIII|| XIV || XV || XVI ||XVII ||XVIII|| XIX || XX
|----- align="center"
!Conseillers d'arrondissement
| 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 10 || 12
| 22 || 20 || 26 || 20 || 34 || 26 || 26 || 28 || 24 || 26
|----- align="center"
!Conseillers de Paris
| 3 || 3 || 3 || 3 || 4 || 3 || 5 || 3 || 4 || 6
| 11 || 10 || 13 || 10 || 17 || 13 || 13 || 14 || 12 || 13
|----- align="center"
!Nombre total d'élus
| 13 || 13 || 13 || 13 || 14 || 13 || 15 || 13 || 14 || 18
| 33 || 30 || 39 || 30 || 51 || 39 || 39 || 42 || 36 || 39
|{{{{{{commons|Paris|Paris{commons|Maps of Paris|Paris et ses arrondissements (plans détaillés){Wikiquote{wikitravel|Paris|Paris{bibliol|1{FranceDep{Duo portail|Portail Paris|Portail Île-de-France{lien AdQ|fi{lien AdQ|ro
BIRDLa Banque mondiale est une organisation internationale créée pour lutter contre la pauvreté en finançant les États. Son fonctionnement est assuré par le versement d'une cotisation réglée par les États membres.
Le président est élu par le Conseil des Administrateurs de la Banque, autrement dit, par les responsables de la conduite des opérations générales de la Banque. Le président a un mandat de 5 ans.
Histoire
Elle fut créée le 27 décembre 1945 sous le nom de Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD en français et IBRD en anglais) suite aux accords de Bretton Woods du 1er au 22 juillet 1944. Le 25 juin 1946, elle approuva son premier prêt, qui fut accordé à la France pour un montant de 250 millions de dollars (en terme réel il s'agit du plus gros prêt réalisé par la Banque).
La Banque mondiale a été créée principalement pour aider à la reconstruction de l'Europe et du Japon au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec comme objectif supplémentaire d'encourager la croissance économique des pays en développement africains, asiatiques et latino-américains. Au départ, la Banque mondiale a principalement financé de grands projets d'infrastructures (centrale électrique, autoroutes, aéroports, ...). Avec le rattrapage économique du Japon et de l'Europe, la Banque mondiale s'est intéressée exclusivement aux pays en développement. Depuis les années 1990, elle finance aussi les pays post-communistes.
L'appellation Banque Mondiale désigne aujourd'hui (septembre 2005) trois institutions :
- la BIRD
- l'Association internationale pour le développement (AID), fondée en 1960, ses prêts sont réservés aux pays les moins développés
- la Société financière internationale (SFI), fondée en 1965, pour financer les entreprises privées
Les objectifs de la Banque mondiale ont évolué au cours des années. Elle a récemment mis l'accent sur la réduction de la pauvreté, en délaissant l'objectif unique de croissance économique. Elle favorise aussi la création des très petites entreprises. Elle a soutenu l'idée que l'eau potable, l'éducation et le développement soutenable sont des facteurs essentiels à la croissance économique et a commencé à investir massivement dans de tels projets. En réponse aux critiques, la Banque mondiale a adopté tout une série de politiques en faveurs de la sauvegarde de l'environnement et du social, visant à s'assurer que leurs projets n'aggravaient pas le sort des populations des pays aidés. En dépit de ces politiques, les projets de la Banque mondiale sont souvent critiqués par les organisations non gouvernementales (ONG) pour ne pas lutter efficacement contre la pauvreté et de négliger les aspects sociaux et environnementaux dans leurs projets.
Les prêts sont versés en fonction de considérations purement économiques, le régime politique du pays bénéficiaire quant à lui n'est pas pris en compte.
La BIRD compte actuellement plus de 150 États membres. Chaque année, elle publie un Rapport sur le développement dans le monde chargé de rendre compte des résultats obtenus.
Rôle
Son action est aujourd'hui principalement orientée sur les Pays en voie de développement (PVD) (depuis 2000 on préfère le terme de Pays les Moins Avancés (PMA)), sur des axes comme l'éducation, l'agriculture, l'industrie...
Elle accorde des prêts à des taux préférentiels à ses pays membres en difficultés. En contrepartie, elle réclame que des dispositions politiques (appelées « politiques d'ajustement structurels ») soient prises pour, par exemple, limiter la corruption, maintenir un équilibre budgétaire ou faciliter l'émergence d'une démocratie.
Critiques
démocratie en 2004]]
Cependant son action est souvent critiquée, principalement par des courants altermondialistes.
Une critique assez générale est de la trouver sous influence politique marquée de certains pays (notamment les États-Unis), qui en profiteraient pour faire avancer leurs intérêts.
Autre critique courante, elle fonctionnerait selon des principes qualifiés de « néolibéraux » considérant que le marché peut à lui seul et par sa nature même, apporter la prospérité aux nations qui pratiquent la libre concurrence. Dans cette optique, les réformes entreprises, d'inspiration « néo-libérale », ne conviennent pas toujours à des nations qui connaissent des conflits (guerre « ethnique », conflits frontaliers, etc.), ou qui, de par une longue servitude (dictature ou colonisation), n'ont pas un système politique démocratique stable. Toujours dans cette optique, l'action de la Banque Mondiale favoriserait l'installation d'entreprises étrangères au détriment du développement d'une économie locale.
De l'autre côté, les libéraux critiquent eux aussi l'existence même de cet organisme, qui coûte cher aux contributeurs sans résultat certain et qui est purement politique. Il représenterait pour eux la négation de la capacité du marché à réguler l'économie. Ils n'y voient qu'un outil étatique et bureaucratique, d'ingérence économique internationale, qui conduit à masquer les défauts des politiques pratiquées et de faire porter la responsabilité des difficultés au remède (des pratiques économiques plus libérales) plutôt qu'au microbe (l'emprise étouffante des gouvernements en place sur les activités économiques).
Liste des présidents de la Banque Mondiale
- Eugene Meyer (juin 1946 - décembre 1946)
- John J. McCloy (mars 1947 – juin 1949)
- George D. Woods (janvier 1963 – mars 1968)
- Robert McNamara (avril 1968 – juin 1981)
- Alden W. Clausen (juillet 1981 – juin 1986)
- Barber B. Conable (juillet 1986 – août 1991)
- Lewis T. Preston (septembre 1991 – mai 1995)
- James Wolfensohn (juin 1995 - mai 2005)
- Paul Wolfowitz (à compter du 1er juin 2005)
Voir aussi
- Fonds monétaire international
Liens externes
- [http://www.banquemondiale.org/ Site officiel de la Banque mondiale]
- [http://france.attac.org/a438 Les grandes orientations du FMI et de la Banque Mondiale selon l'association ATTAC]
- [http://www.france.attac.org/a277 Le groupe Banque mondiale]
Catégorie:Organisation internationale
Catégorie:Finance publique internationale
Catégorie:Banque
Catégorie:Économie du développement
ja:世界銀行
zh-min-nan:Sè-kài Gûn-hâng
CNUCEDConférence des Nations unies sur le commerce et le développement Catégorie:Acronyme Catégorie:Sigle
John Maynard Keynes
John Maynard Keynes était un économiste et un mathématicien britannique (né le 5 juin 1883 à Cambridge et décédé le 21 avril 1946 à Firle, Sussex).
Il est l'inspirateur du keynésianisme, courant de pensée économique dont les adeptes ont retenu notamment, parmi la richesse des analyses de Keynes, sa position en faveur de l'intervention de l'État, à certains moments précis, au sein de l'économie, pour assurer le plein emploi. Ce courant succède à l'école néoclassique et a été dominant de 1945 jusqu'aux années 1970, voir 1980 selon les pays.
Biographie
John Maynard Keynes est né dans une famille d'universitaires. Son père, John Nevile Keynes, était lecteur à l'Université de Cambridge et enseignait la logique et l'économie politique. La mère de John Maynard, Florence Ada Brown, était un auteur à succès et une pionnière des réformes sociales.
Études
À dix-sept ans, il entre à Perse School. Deux ans plus tard, il entre en classe préparatoire à St Faith's. Avec les années, il se montre très prometteur et en 1894, il termine premier de sa classe et reçoit un prix pour la première fois en mathématiques.
Un an plus tard, il intègre le collège d'Eton (Eton College) où il est un élève brillant qui gagne, en 1899 et en 1900, le prix de mathématiques. En 1901, il finit premier en mathématiques, histoire et anglais. En 1902, il gagne sa place pour le King's college de Cambridge, où il poursuit ses études de mathématiques, jusqu’en 1905. Après deux ans au service de l’État britannique, où il est affecté à l’Indian Office (ministère de l’Inde), il reprend ses études à Cambridge. Il opte alors pour l’économie, convaincu en cela par Alfred Marshall, un des plus célèbres économistes néoclassiques dont il sera alors l’élève. Un autre de ses professeurs, néoclassique lui aussi et auquel il s’opposera ensuite radicalement est Arthur Cecil Pigou. Il ne connaîtra guère d'autre tradition en science économique, mais deviendra lui-même enseignant au King's college en 1909.
Parcours
La figure de John Maynard Keynes est complexe : auteur extrêmement prolifique, à la fois économiste reconnu par ses pairs (bien que hétérodoxe) et homme d’affaire à la carrière réussie, il restera longtemps universitaire, et s’impliquera dans l’évolution politique de l’Angleterre.
J. M. Keynes se fait connaître du grand public avec sa publication Les Conséquences économiques de la paix en 1919 où il critique le traité de Versailles. Il était en effet représentant du ministère des finances britannique à la Conférence de la Paix de Paris, et démissionna trois jours avant la signature du traité. Dans son pamphlet, il dénonce le poids des réparations exorbitantes auxquelles doit faire face l'Allemagne et prédit la ruine de l'économie germanique ; il développera à nouveau ce sujet dans son ouvrage Nouvelles considérations sur les conséquences de la paix (The Revision of the Treaty, 1921). L’hyper-inflation allemande qui succédera à la guerre confirmera entièrement ses thèses. Le critique le plus connu de cet ouvrage fut Étienne Mantoux
En 1921, Keynes publie le Traité des probabilités, à partir des travaux qu’il avait réalisé entre 1905 et 1908. Alors sympathisant du Parti libéral, il écrit de nombreux articles pour la presse qui en est proche, principalement le Manchester Guardian, pour qui il couvrira d’ailleurs la Conférence monétaire internationale de Gênes en 1922. À partir des articles qu’il rédige à cette occasion, il composera son Essai sur la réforme monétaire (1923), critique de la théorie monétaire classique où il prône l’abandon du système de l’étalon-or. Lorsque Winston Churchill, alors Chancelier de l'Échiquier annonce le retour à l’étalon-or à la parité d’avant-guerre, Keynes écrit Les Conséquences économiques de M. Churchill (1925), où il prédit que cette parité sera impossible à maintenir, ce qui entraînera une crise mondiale.
Keynes devient rapidement un des plus célèbre économiste au monde et à ce titre, il devient conseiller financier de la Couronne et gouverneur de la Banque d'Angleterre.
En 1942, il est élevé au rang de Baron Keynes de Tilton.
Lors des Accords de Bretton Woods en 1944, il présidera la délégation britannique. Il tente d'y faire valoir l'idée d'une monnaie et d'une banque supranationales, qui sera repoussée par les Américains (conduits par Harry White, sous-secrétaire aux Finances) soucieux de placer le dollar au centre du Système monétaire international.
Vie privée
Au cours des années 1920-1930, Keynes tient un club « d'appréciation musicale » servant à dissimuler les rencontres clandestines d'homosexuels, Keynes lui-même étant homosexuel avoué.
John Maynard Keynes épouse en 1925 la ballerine russe Lydia Lopokova (danseuse étoile de la compagnie des Ballets russes de Serge Diaghilev). Il ne laissera pas de descendance.
Son frère Sir Geoffrey Keynes (1887–1982) était un brillant chirurgien, érudit et bibliophile. Son premier neveu Richard Keynes (né en 1919) est un physiologiste, le second Quentin Keynes (1921–2003) un aventurier et un bibliophile.
J. M. Keynes lui-même était un grand collectionneur de livres, et réunit par exemple de nombreux manuscrits d’Isaac Newton concernant l’alchimie et les notes de John Conduitt. Une des dernières publications de Keynes fut ainsi Newton, l’Homme (Newton, The Man), parue pour le Tricentenaire de la naissance du physicien (1942) sous la forme d’article puis en livre en 1946.
Keynes meurt le 21 avril 1946 d’une crise cardiaque, ses problèmes de cœur s’étant aggravés suite à la charge de travail qu’il doit supporter à l’occasion des accords de Bretton Woods, et des problèmes financiers internationaux de l’après-guerre.
Naissance du keynésianisme
John Maynard Keynes est à la source d'une importante évolution de la science économique avec son œuvre principale, la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (The general theory of employment, interest and money) paru en 1936. L'ouvrage est considéré comme le traité de science économique du ayant le plus influencé la façon dont le monde a abordé l'économie et le rôle du pouvoir politique dans la société.
Avec la Théorie générale, Keynes a développé l'hypothèse que la demande est le facteur déterminant pouvant expliquer le niveau de la production et par conséquent de l'emploi.
Concepts principaux
Parmi les concepts novateurs apportés par Keynes, on retiendra surtout :
- ceux de léquilibre de sous-emploi où le chômage est possible pour un niveau donné de la demande effective ;
- l'absence d'ajustement par les prix entre les demandes et les offres d'emploi, afin de résorber le chômage ;
- une théorie de la monnaie fondée sur la préférence pour la liquidité ;
- la notion d'efficacité marginale du capital comme explication de l'investissement, faisant de l'investissement la "cause" déterminante de l'épargne et reniant de ce fait la loi de Say comme quoi toute offre trouvera obligatoirement une demande.
- la loi psychologique fondamentale qui affirme que lorsque le revenu augmente la consommation augmente moins que proportionnellement, ce qui revient à dire que la propension à consommer est comprise entre 0 et 1. Cette propriété découverte par Keynes, sera reformulée par la suite dans le cadre de la théorie des choix intertemporels.
Ces concepts ont accrédité à l'époque la possibilité de politiques économiques interventionnistes qui élimineraient les récessions et freineraient les emballements de l'économie. L'ensemble de ces notions constitue une méthodologie, et a engendré une nouvelle sous-discipline de l'économie, appellée macroéconomie.
Critiques de Keynes
Les critiques de Keynes et des politiques qu'il a inspirées ont toujours soutenu qu'on n'a nul besoin de mettre en cause la capacité des marchés à ajuster les offres aux demandes pour rendre compte du chômage, que les politiques publiques, qui le subventionnent (Jacques Rueff), punissent l'embauche par des taxes, ou interdisent le plein emploi des ressources, notamment en imposant des prix (New Deal) et surtout des salaires minimum, suffisent à l'expliquer. Que dans ces conditions, accroître la demande globale, a fortiori pour les produits finis, n'est qu'un expédient temporaire pour tourner ces contraintes, qui doit faire monter les prix. Ceux, notamment les syndicats, qui veulent imposer des rémunérations incompatibles avec le plein emploi, finiront par s'en apercevoir, et manipuler la demande ne réussira plus à résorber l'offre excédentaire.
Les théoriciens des "anticipations rationnelles" ont même démontré que ces politiques ne pouvaient avoir d'effet que si elles réussissaient à tromper les agents économiques sur les effets qu'elles auraient, notamment sur les taux d'intérêt et les salaires réels — et cela indépendamment de leurs conceptions parfois [http://www.HansHoppe.com/publications/Certitude.pdf irréalistes] de l'incertitude.
C'est dans les années 1970 que le problème de la « stagflation » — une inflation croissante sans réduction du chômage, conjonction qu'elle déclarait implicitement impossible — a finalement conduit à remettre en cause l'approche macroéconomique de Keynes — d'où, peut-être, le Prix Nobel d'économie attribué en 1974 aux interprétations de la conjoncture de type autrichien de Friedrich Hayek.
Logiquement, c'est-à-dire si on écarte les explications circulaires de la hausse des prix du genre "inflation par les coûts" (car ces "coûts" ne sont eux-mêmes rien d'autre que des prix), la stagflation ne peut exister que si la demande est simultanément en excédent ici, et en défaut là ; on ne peut donc en rendre compte que si on sort de la "macroéconomie" proprement dite, laquelle n'envisage par hypothèse qu'un défaut, ou un excédent global de la demande.
Or, justement, la [http://www.fahayek.org/index.php?article=163 critique autrichienne] de Keynes prétend réfuter l'approche macroéconomique en tant que telle : pour elle les désajustements entre offres et demandes sont forcément locaux. Ce qui lui permet d'insister sur la réaction à la politique monétaire des prix relatifs des actifs échangés [http://www.fahayek.org/index.php?article=163 en amont du consommateur], dans la "structure de production", comme éléments essentiels de la conjoncture — à ce titre, la notion d'"inflation des actifs" , admise dans les années 1980, est une première prise en compte de cette approche.
Ensuite, ces écarts entre les demandes et les offres ne peuvent être que le produit derreurs de prévision : si les gens prévoyaient parfaitement la demande pour leurs services, ils ne se retrouveraient jamais avec une demande plus faible (d'où sous-emploi) ou plus forte (d'où hausse des prix) qu'ils ne l'envisageaient. On retrouve une conclusion des "anticipations rationnelles", mais dans une approche qui y ajoute une analyse réaliste des conditions dans lesquelles les gens acquièrent l'information.
En effet ces erreurs-là, les critiques de la macroéconomie affirment que la politique de conjoncture ne peut que les aggraver, en ajoutant ses propres sources d'incertitude à celles qu'engendrent les choix faits sur les marchés.
:— tout d'abord elle ne peut être qu'aveugle, puisque par hypothèse elle cherche même pas à les identifier, ces désajustements spécifiques. Comment en attendre alors qu'elle y distingue en outre, comme elle devrait théoriquement le faire s'agissant de "conjoncture", ceux qui ne sont dus qu'à des changements mal prévus des préférences et des techniques, et qu'il n'y aurait en principe jamais lieu de compenser par une manipulation de la demande, a fortiori globale ?
:— ensuite, en centralisant les décisions en-dehors des marchés, la politique macroéconomique concentre les erreurs, qui se compenseraient en partie autrement, et les diffuse, pour reprendre l'expression même de Keynes,
::"d'une manière que pas un homme sur un million n'est capable de comprendre".
Pour l'analyse autrichienne, donc, les institutions qui affectent la demande globale, notamment le monopole d'émission de la monnaie, sont la cause des crises économiques et financières évitables, et ne peuvent pas y porter remède. Plus généralement, elle affirme que les planificateurs étatiques ne peuvent pas connaître l'information nécessaire à la réalisation de leurs projets par les hommes, mais ne font au contraire que [http://herve.dequengo.free.fr/Kirzner/DR/DR_1.htm fausser son acquisition] parce qu'ils ne subissent pas les conséquences de leurs choix, alors qu'ils privent de leur pouvoir de décision les seuls qui auraient véritablement intérêt à s'informer de façon adéquate, ceux qui les subiront effectivement.
Ces considérations, partagées au-delà de l'école autrichienne — Milton Friedman aussi reconnaît qu'on n'a pas besoin de banque centrale, ont inspiré des politiques, notamment monétaires, qui prétendaient davantage être prévisibles que régler la conjoncture.
L'avenir du Keynésianisme
Pour autant, ces critiques n'ont pas sonné le glas du keynésanisme ; les keynésiens actuels ont redonné à la lettre initiale de la Théorie Générale un souffle nouveau, en insistant sur le rôle majeur de l'incertitude dans l'économie. Ainsi se dessine une nouvelle ligne de partage : d'un côté, ceux qui pensent qu'il est possible de se fonder sur la rationalité des acteurs pour analyser l'économie ; de l'autre, ceux qui pensent, à la suite des post-keynésiens, que lincertitude radicale qui entache les actions humaines, y compris étatiques (?), est trop importante pour conduire ce projet à bien. En ce sens, les post-keynésiens sont moins « interventionnistes » que ceux de la première génération, mais sont tout aussi critiques vis-à-vis de la capacité du marché à se réguler de lui-même, s'appuyant en particulier sur les déséquilibres réguliers des marchés financiers et la régularité des crises financières, signe selon eux de l'incapacité de marchés mal encadrés à gérer l'incertitude. Cela n'implique pas nécessairement que l'état intervienne au sens courant du terme, puisque la régulation peut être [http://www.liberalia.com/htm/fg%5Fun%5Fprocessus%5Fapprentissage.htm privée] — si le marché comme ensemble des relations volontaires potentielles, est par hypothèse alternatif de l'organisation, le marché libre comme norme politique inclut toute organisation fondée sur des contrats.
Les courants keynesiens actuels sont les post-keynesiens et les néo-keynésiens.
Principaux ouvrages
- 1913 — La Monnaie et les finances de l'Inde (Indian Currency and Finance)
- 1919 — Les Conséquences économiques de la paix (The Economic Consequences of the Peace) ([http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/~econ/ugcm/3ll3/keynes/peace.htm texte en anglais])
- 1921 — Traité des probabilités (A Treatise on Probability)
- 1923 — Essai sur la réforme monétaire (A Tract on Monetary Reform)
- 1925 — Les Conséquences économiques de M. Churchill (The Economic Consequences of Mr. Churchill)
- 1926 — La Fin du laissez-faire (The End of Laissez-Faire)
- 1930 — Traité sur la monnaie (A Treatise on Money)
- 1936 — Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (The General Theory of Employment, Interest and Money) ([http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/classiques/keynes_john_maynard/theorie_gen_emploi/theorie_emploi.html texte en français])
- 1940 — How to Pay for the War : A radical plan for the Chancellor of the Exchequer
Voir aussi
- Liste des économistes célèbres
- Concours de beauté
Keynes
Keynes
Keynes, John Maynard
Keynes, John Maynard
ja:ジョン・メイナード・ケインズ
ko:존 메이너드 케인스
État-providence__NOTOC__
L'État-providence est une conception du rôle de l'État, qui attribue à ce dernier le devoir de jouer un rôle actif dans la promotion de la croissance économique, de fournir une protection sociale aux citoyens, et de corriger les injustices sociales résultant de l'économie de marché. L'État providence s'oppose à la vision d'État gendarme défendue par les libéraux, dans laquelle l'intervention publique se limite aux fonctions dites régaliennes (police, armée, justice).
Le débat originel sur l'État-providence tient en fait en cette question : devons-nous remettre la gestion économique de la société au "marché", ou devons-nous créer des instituti | | |