Olomouc
Olomouc (Olmütz en allemand) est une ville de 102 000 habitants au centre de la Moravie, en Tchéquie. Située sur les rives de la rivière Morava, Olomouc est, avec Brno, le centre historique, politique, religieux et universitaire de la Moravie. Elle abrite l'Université Palacky, l'archevêché de Moravie.
Histoire
Des fouilles archéologiques récentes ont mis a jour l'existence d'un camp romain dans l'enceinte de la ville d'Olomouc confirmant la présence des légions romaines remontant depuis la Pannonie. La légende remontant à la renaissance et selon laquelle Jules Caesar a fondé la ville reste, pour sa part, à ce jour, improuvable, pas plus que l'ethymologie du nom de la ville Iuliomontium (Mont Jules) qui serait devenu Olomutium puis Olomutz.
Pendant le moyen-âge, Olomouc et Brno rivalisent pour la prééminence en tant que capitale de la Moravie. Olomouc, qui reste à ce jour la metropole religieuse morave, perd définitivement la suprématie politique en 1640: l'empereur Ferdinand III préfère Brno, plus méridionnale et donc plus proche de Vienne et ce, alors que la guerre de Trente Ans éclate et que la noblesse tchèque, dans sa grande majorité, embrasse la religion protestante. L'occupation d'Olomouc, de 1642 à 1650, par les troupes protestantes suédoises affaiblit définitivement la ville d'un point de vue économique. Les décennies suivantes voient l'écart entre les deux villes s'accentuer.
Reconquise par les armées impériales, Olomouc se voit dotée de fortifications par l'impératrice Marie-Thérèse.
La cour impériale se réfugie à Olomouc en 1848, lors du soulèvement populaire à Vienne et Prague.
En 1860, miroir du déclin de la ville, l'université, fondée en 1573 par la Compagnie de Jésus, est dissoute. Elle sera rétablie en 1946 et prend le nom de Palacky, en hommage à František Palacký, historien et homme politique tchèque qui joua un rôle clé dans la renaissance culturelle et nationaliste tchèque au 19e siècle.
Culture
La ville d'Olomouc peut s'enorgueillir d'un nombre important de monuments, palais et eglises. On citera entre autres, l'hôtel de ville entamé au 15e siecle et flanqué d'une chapelle gothique et d'un beffroi qui abrite une horloge astronomique décorée de mosaique en style réaliste-socialiste; la colonne de la Sainte Trinité érigée en 1740 à la fin d'une épidémie de peste, elle est l'œuvre du sculpteur baroque morave Ondrej Zahner; le palais des ducs de Moravie fut par la suite integré dans le complexe archiépiscopal et jouxte la cathédrale.
Eglises
La cathédrale (Dom) est dédiée a Saint Venceslas et vit, dans ses murs mêmes, l'assassinat en 1306 de Venceslas III Premysl, déces qui marque la fin de la dynastie des Premyslides et le début de l'hégémonie allemande sur la Bohème et la Moravie.
D'autres églises et temples, gothiques et baroques ornent la ville. Le monastère bénedictin de Hradisko est un bel exemple d'architecture moniale baroque; il sert aujourd'hui comme hopital.
Fontaines
Un riche ensemble de fontaines fut édifié à l'époque baroque pour orner les places de la ville et récemment restauré et complété:
- 1683 Fontaine de Neptune (place basse) - par le sculpteur polonais Michael Mandík et le tailleur de pierres olomoucien Václav Schüler
- 1687 Fontaine d'Hercule (place haute) - id.
- 1707 Fontaine de Jupiter (place basse) - par le sculpteur Václav Render
- 1709 Fontaine des Tritons (place de la republique) - id.
- 1725 Fontaine de Caesar (place haute) - id.
- 1727 Fontaine de Mercure - par Václav Render et Filip Sattler
- Fontaine de la moitié du 18e siecle par Filip Sattler restaurée en 2005 et réinstallée devant le cloitre dominicain
- 2003 Fontaine d'Orion (place haute) par le sculpteur Ivan Theimer
Liens
- [http://whc.unesco.org/fr/list/859 UNESCO: liste de l'héritage culturel mondial - la colonne de la Ste Trinité]
Catégorie:Ville de Tchéquie
Tchéquie
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| Capitale || Praha (Prague)
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| Président Premier ministre
| Václav Klaus Jiří Paroubek
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| Indépendance
- Date
| Partition de la Tchécoslovaquie 1993
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Pannoniecatégorie:province romaine
La Pannonie (en latin Pannonia) est une ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie.
Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au .
Boïens
Conquête romaine et organisation de la Pannonie
En -35, la Pannonie est attaquée par les troupes d'Octave (qui n’est pas encore paré du titre d’Auguste). Selon Suétone, Octave fut blessé deux fois pendant cette campagne. La lutte de pouvoir contre Marc Antoine accapara ensuite Octave.
Entre -9 et -6, les Romains commandés par Tibère reprennent la conquête de l'Illyrie. Tibère doit intervenir à nouveau entre les années 6 et 9 pour réduire une révolte de l’Illyrie au cours d’une guerre difficile, engageant pas moins de 15 légions et autant d’auxiliaires, soit un effectif considérable compris entre 150 000 et 180 000 soldats. Après sa victoire, l’Illyrie est divisée en Dalmatie et en Pannonie; La Pannonie est organisée en province impériale gouvernée par un légat, à la tête de trois légions.
En 14, à l’avènement de leur ancien général Tibère, les légions de Pannonie s’agitent et exigent une solde égale à celle des prétoriens en poste à Rome. La discipline est rapidement rétablie (cf. les Annales de Tacite).
En 69, l’armée du Danube se soulève de nouveau, mais pour des raisons politiques : à Rome, les prétoriens viennent d’assassiner l’empereur légitime Galba, l’armée du Rhin a imposé Vitellius ; l’armée du Danube se rallie à Vespasien, et apporte une contribution décisive à son accession au titre d’empereur.
Vespasien se souviendra de l’importance des provinces danubiennes et fondera plusieurs colonies de vétérans en Pannonie : Sirmium et Siscia. L’armée devient un facteur de romanisation des populations locales et, en tant que gros consommateur, un moteur de l'activité artisanale et commerciale. Les indigènes engagés dans les unités romaines acquièrent la citoyenneté et prennent le nom de famille de l’empereur régnant, ce qui expliquerait la présence des Flavius tel que Flavius Constance Chlore, des Valérius, des Aurélius. La Pannonie devient un carrefour des liaisons militaires et commerciales sur les axes Rhin – Balkans et Italie – Balkans, et de la route commerciale vers la Baltique. Deux routes importantes traversent d’ouest en est la Pannonie :
- l’une vient de l’Italie du Nord par la vallée de la Drave,
- l’autre est la rocade qui longe le cours du Danube depuis la Rhétie et la Norique,
- Ces deux voies se réunissent à Mursa et se poursuivent par Sirmium vers la Mésie
Vers 105, Trajan divise la province en Pannonie Supérieure à l'ouest et Pannonie inférieure à l'est. Ces qualificatifs sont déterminés par le sens du cours du Danube.
- Les villes principales de Pannonie supérieure sont Brigetio (Szöny), Carnuntum (Petronell-Bad Deutsch Altenburg), Siscia (Sziszek), siège d'un atelier monétaire depuis Gallien jusque vers 410, et Vindobona (Vienne).
- Celles de Pannonie inférieure sont Acumincum (Szlankamen), Sirmium (Sremska Mitrovica), Mursa (Osijek) et Aquincum (Alt-Ofen près de Budapest).
Empire Romain, rôle clé de la Pannonie
A la fin du IIe siècle, la Pannonie prend une importance stratégique majeure pour les communications entre l’Ouest et l’Est de l’Empire Romain, qu’il s’agisse de repousser les envahisseurs germaniques et autres qui ont franchi le Danube ou d’aller affronter un compétiteur au titre d’Empereur.
- Marc Aurèle repousse les Quades, les Marcomans, les Iazyges et les Sarmates puis les affronte sur leurs territoires de 167 à 175, puis et de 177 à 180. Les pertes des Quades et des Marcomans sont telles que la frontière du moyen Danube restera assurée pour plus de deux générations. Marc Aurèle décède à Vienne en 180.
- En 193, Septime Sévère est proclamé à Carnutum par les 15 légions de Germanie, Norique, Pannonie, Dalmatie et Mésie. Arrivé à Rome, il licencie les cohortes prétoriennes et les remplace par de nombreux soldats illyriens. La force de l’armée du Danube s’impose contre les autres candidats à l’Empire Pescennius Niger puis contre Clodius Albinus.
- En 214 Caracalla mène une tournée d’inspection sur le Danube avant de passer en Asie.
- En 235, Maximin le Thrace installe la cour impériale à Sirmium pour mieux combattre les Sarmates et les Daces.
- en 248, la pression sur le Danube augmente, la Mésie est envahie par les Goths et les Vandales, les Balkans sont pillés. Les légions de Pannonie proclament empereur leurs généraux Pacatianus (assassiné par ses soldats peu après), en 249 puis Décius, qui périra en Mésie contre les Goths.
- A partir de 249, les Quades et les Sarmates envahissent la Pannonie, les Goths traversent la Mésie et ravagent les Balkans et la côte de l’Asie mineure, les empereurs tandis que les légions proclament partout des usurpateurs éphémères.
- En 258, l’empereur Gallien décide l’envoi des troupes de Pannonie en Germanie pour renforcer la défense du Rhin contre les attaques des Francs. Furieux, le gouverneur de Pannonie Ingenuus s’insurge contre cette décision qui expose sa province sans défense. Gallien est contraint d’envoyer son chef de la cavalerie Aureolus pour vaincre Ingenuus à Mursa, en 258.
- En 259, le général Régalien chargé de la défense de la Pannonie profite de la capture de Valérien par les Parthes pour se faire proclamer empereur. Les Sarmates, les Quades et les Roxolans en profitent aussi pour franchir le Danube et balayent Regalien.
- En 270-271, l’empereur Aurélien rétablit la sécurité en Pannonie par ses victoires sur les germains.
- En 278-279, l’empereur Probus nettoie la Pannonie des dernières bandes de pillards germaniques. En 282, il fait entreprendre à ses soldats des travaux d’assainissement autour de Sirmium. Ses soldats préfèrent l’assassiner.
La réorganisation de l’Empire
Le Dalmate Dioclétien arrive au pouvoir en 284, et met fin aux usurpations en série par la tétrarchie. Le pannonien Maximien est associé au pouvoir en 285.
Les tétrarques réorganisent les provinces pour en améliorer l’administration et la défense.
- La Pannonie inférieure est encore divisée en deux : au nord la Valeria, du nom de famille de Dioclétien, avec pour capitale Aquincum ; au sud, la Pannonia Secunda, avec pour capitale Sirmium.
- La Pannonie supérieure est aussi divisée en deux : au nord, la Pannonia Prima, avec pour capitale Savaria (Stein sur l'Anger), au sud la Pannonia ripariensis ou Savia (du nom de la Save), avec pour capitale Siscia (Sziszek).
La Pannonie considérée dans son ensemble conserve son importance dans les luttes de pouvoir pour l’Empire, par la puissance de l’armée d’Illyrie.
- Dans la seconde tétrarchie, un autre pannonien Sévère devient César en 305, puis Auguste en 306. Contesté en Italie par Maxence, il est éliminé en 307 par Maximien.
- En 308, Dioclétien, Maximien et Galère, réunis à Carnutum nomment Auguste l’Illyrien Licinius. Licinius reste cantonné en Pannonie, en Rhétie et sur les Balkans, avant de pouvoir s’imposer en Orient contre Maximin Daïa en 313.
- En 326 et 327, Constantin qui a éliminé Licinius fortifie la frontière du Danube, menacée par la pression des Goths, des Vandales et des Sarmates, ces derniers face à la Pannonie. En 331/332, les Goths sont massacrés, tandis que des milliers de Sarmates sont accueillis dans l’Empire et répartis en Thrace, en Macédoine et en Italie. La sécurité de la frontière du Danube est rétablie pour quelques années.
- En 350, Magnence tue l’empereur Constant Ier et usurpe en Occident. La Pannonie est de nouveau l’enjeu des rivalités de pouvoir. La sœur de l’empereur Constance II pousse le maître des milices d’Illyrie Vetranio à se faire proclamer empereur, pour empêcher Magnence de prendre le contrôle de l’armée d’Illyrie. Vetranio est abandonné par ses soldats dès l’arrivée de l’armée de Constance II fin 350, et abdique. En 351, la Pannonie est le théâtre des affrontements sanglants entre les armées de Magnence et de Constance II, à Sirmium puis à Mursa.
- En 364, c’est encore un général d’origine pannonienne qui est proclamé empereur par l’armée : Valentinien Ier. En 375, il a infligé une défaite cuisante aux Quades et aux Sarmates qui avaient franchi le Danube et ravageaient la Pannonie, lorsqu’il meurt à Aquincum. L’armée du Danube proclame auguste son fils Valentinien II, un enfant de quatre ou cinq ans, dont la mère Justine est régente.
Au milieu du , la Pannonie inférieure est également impliquée dans le conflit religieux entre orthodoxes et ariens :
- les évêques Photin à Sirmium, Valens à Mursa et son voisin Ursace à Singidunum en Mésie sont ariens
- des conciles sont tenus à Sirmium en 351 et 357-359, à l’initiative de l’empereur Constance II.
- En 376, l’évêque Ambroise de Milan impose un évêque orthodoxe à Sirmium.
De la Pannonie romaine au royaume de Hongrie
En 387, les Sarmates s’emparent définitivement de la Pannonie, d’où ils menacent l’Italie à partir de 392.
En 388, Théodose Ier bat Maxime à Siscia sur la Save, et le capture à Aquilée.
En 395, l’ultime division de l’empire romain attribue la Pannonie à l’Empire romain d'Occident. En pratique, les Romains ne dominent plus que quelques îlots de ce territoire où les barbares se sont installés et continuent d’affluer.
A partir de 400, les Wisigoths d’Alaric ne font que passer avant d’attaquer l’Italie.
Vers 440, les Romains évacuent les dernières villes menacées par les Huns. La Pannonie se trouve englobée dans l’éphémère empire d’Attila, d’où il lance ses raids sur l’empire d’Orient, puis d’Occident. Certains pannoniens collaborent, tel Oreste, comme secrétaire d’Attila.
Après la mort du roi des Huns Attila en 453, la Pannonie est occupée successivement par les Ostrogoths, les Gépides puis les Lombards au début des années 500. Ils s’agglomèrent avec les débris de divers peuples (Sarmates, Hérules, Ruges, Suèves, etc.). Leur roi Wacho (vers 510-540) entretient de bons rapports avec l'Empire d'Orient, qui a repris la Dalmatie et bataille pour la reconquête de l’Italie. En 568, les Lombards et leurs alliés quittent la Pannonie pour l’Italie.
Ils sont aussitôt remplacés par les Avars qui occupent le bassin du Danube, et s’emparent de Sirmium en 582. La romanisation de la Pannonie est déjà effacée, et leur présence coupe durablement la route commerciale entre Adriatique et Baltique. Leur royaume fut plus solide et plus durable que celui des Huns ; il menaça l’Empire d’Orient, puis se heurta à l’expansion vers l’Est des Francs au milieu du . Ils furent soumis par Charlemagne en 811.
Après les Slaves au (), les Hongrois s'installent en Pannonie en 901.
L'histoire de la Pannonie se termine ici, et s'enchaîne sur la Chronologie de l'histoire de la Hongrie.
Ferdinand III du Saint-Empire
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Ferdinand III de Habsbourg (13 juillet 1608 - 2 avril 1657) fut roi Hongrie, roi de Bohême et empereur du saint Empire romain germanique.
Il est né à Graz en Autriche, second fils de l'empereur Ferdinand II et de Maria Anna de Bavière. Son frère aîné mourut à l'âge de 14 ans, ce qui en fit l'héritier de Ferdinand II. Il fut instruit et éduqué dans la religion catholique par les jésuites.
Il devint roi de Hongrie le 8 décembre 1626, roi de Bohême le 21 novembre 1627, « roi des Romains » c'est-à-dire héritier présomptif de l'Empire, le 30 décembre 1636. Il devient empereur à la mort de Ferdinand II en 1637.
Règne
En 1634, pendant la guerre de Trente Ans, il acquit la gloire en battant les Suédois, à la bataille de Nördlingen en compagnie de son cousin espagnol Don Fernando (le Cardinal-Infant), assisté du général Matthias Gallas. Espérant conclure la paix rapidement, il participa à la négociation du traité de Prague en 1635. La guerre se poursuivi néanmoins encore onze années, lui occasionnant de nombreux revers. Les traités de Münster avec la France, et de Ösnabrück avec la Suède en 1648, mirent fin à la toute puissance du Saint Empire.
Postérité
Ferdinand III se maria à trois reprises. Sa première épouse, Marie Anne d'Espagne (1606-1646) fille de Philippe III roi d'Espagne et du Portugal. Ils eurent trois enfants :
- Ferdinand (1633-1654),
- Léopold qui lui succédera sous le nom de Léopold I,
- Marie-Anne (1635-1696) qui épouse en 1649 Philippe IV roi d'Espagne (1605-1665).
Après la mort de Marie Anne en 1646, Ferdinand III épousa en 1648, l'Archiduchesse Marie Léopoldine (1632-1649) fille de Léopold V comte de Tyrol, électeur du Tyrol avec qui il aura un fils :
- Charles-Josse (1649-1664) évêque d'Olmütz.
Ferdinand III épousa enfin, Éléonore de Gonzague (1630-1686) fille du duc de Mantoue. Ils eurent deux filles :
- Eléonore (1653-1697) qui épouse en 1670 Michel Wisnowiecki (1640-1673) roi de Pologne. En 1678, elle épouse Charles IV duc de Lorraine (1643-1690),
- Marie-Anne (1654-1689) qui épouse en 1678 l'électeur palatin Jean-Guillaume de Neubourg-Wittelsbach (1658-1718).
Il mourut à Vienne le 2 avril 1657.
Voir aussi
- Guerre de Trente Ans
Ferdinand 03 du Saint-Empire
Ferdinand 03 du Saint-Empire
Ferdinand 03 du Saint-Empire
Ferdinand 03 du Saint-Empire
Ferdinand 03 du Saint-Empire
Ferdinand 03 du Saint-Empire
Catégorie:Roi de Hongrie
Catégorie:Roi de Bohême
Ferdinand 03 du Saint-Empire
Ferdinand 03 du Saint-Empire
ja:フェルディナント3世 (神聖ローマ皇帝)
Vienne (Autriche)Cette page décrit la ville de Vienne en Autriche. Pour les autres significations du mot, voir la page d'homonymie Vienne
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Vienne
Vienne
Vienne (Wien [viːn] en allemand) est la capitale de l'Autriche. Elle est en même temps Land (État fédéré), en allemand Bundesland Wien. Elle est située à l'est du pays, et traversée par le Danube (Donau). Elle fut la capitale du Saint Empire romain germanique et plus tard de la double monarchie (communément appelée Autriche-Hongrie).
n de la neutralité du pays, puisqu'y siègent l'OSCE, l'OPEP et diverses agences des Nations unies, comme l'Agence internationale de l'énergie atomique ou l'ONUDI. Elle a également été le lieu de signature d'un grand nombre de traités internationaux comme la Convention de Vienne.
Histoire
L'origine de Vienne remonte au avant l'ère chrétienne, lorsque des Celtes y fondèrent une cité. En -15, Vienne devient un important fort romain sur le limes, la frontière de l'Empire romain, qui fait face aux peuples germains situés plus au nord.
Au cours du Moyen Âge, Vienne devient successivement le siège des Babenberg (comtes puis ducs d'Autriche), puis des Habsbourg. Lorsque ces derniers accèdent au statut d'empereur, la ville devient la capitale du Saint Empire romain germanique. Elle est cependant rapidement confrontée à la montée en puissance de l'empire ottoman dont les troupes l'assiègeront par deux reprises ( et ).
- En 1529 par les troupes sous les ordres de Soliman le Magnifique. La résistance des Viennois et des 20 000 soldats emporta la décision.
- En 1683, lors du second siège, Vienne ne devra son salut qu'à l'intervention des troupes polonaises de Jean III Sobieski. Le grand vizir Kara Mustapha, commandant les troupes turques, fut décapité par le sultan Mohamed IV.
En 1815, grâce au talent de Metternich, Vienne est le siège du congrès éponyme, qui définira la géopolitique pour un demi-siècle d'une Europe sortie de la tempête napoléonnienne.
Urbanisme
Plusieurs fois ville frontière du monde de la chrétienté, Vienne est longtemps restée enserrée au sein de fortifications qui expliquent la densité de son tissu urbain central. Sa dernière enceinte, démantelée au milieu du , fut remplacée par une série de boulevards concentriques connus sous le nom de Ring (anneau en allemand).
boulevard
boulevard
Établie à quelques kilomètres du Danube sur la rive droite du fleuve, Vienne en est longtemps restée éloignée, notamment pour se protéger des ses crues. Sa canalisation au et au ont permis à la ville de se rapprocher, puis de s'étendre sur la rive gauche du Danube. Mais une importante dissymétrie subsiste, puisque la rive gauche n'accueille qu'environ 200 000 habitants.
Vienne (l'état comme la ville) est subdivisée en 23 arrondissements, les Bezirke, désignés par un numéro et par un nom. Les codes postaux attribués à la ville de Vienne vont de 1010 à 1230, le premier 1 désignant la ville, et les deux chiffres centraux mentionnant l'arrondissement. Ainsi, l'adresse du château de Schönbrunn par exemple comporte le code 1130.
: - Le centre proprement dit (Innere Stadt) est le premier arrondissement, c'est l'emplacement de la Vienne historique, sur la rive droite du Danube. Il est entouré du Ring, premier et deuxième boulevards circulaires, l'un dans chaque sens de circulation. Il comprend en son sein, entre autres, le palais impérial Hofburg, qui, avec ses dépendances, occupe une grande partie de la superficie de l'arrondissement. On circule peu en voiture dans le premier arrondissement, la progression dans les rues étroites et le stationnement étant difficile.
: - Les arrondissements 2 à 9 entourent le premier dans le sens des aiguilles d'une montre et lui sont adjacents (sauf le 5). Ces arrondissements, tous densément peuplés, sont considérés comme le centre de la ville (avec le premier). Ils sont à l'extérieur du Ring mais entourés à l'ouest et au sud par le Gürtel (ceinture en allemand), autre boulevard circulaire ouvert à la circulation dans les deux sens et surmonté sur une grande partie par la ligne de métro aérien U6.
: - Les arrondissements 10 à 20, et le 23, bordent Vienne à l'ouest et au sud, et sont moins densément peuplés. Certains sont d'avantage zones de bureaux, d'autres (16-19) zones de résidence assez vertes. Le palais de Schönbrunn occupe une grande partie du 13ème arrondissement.
: - Les arrondissements 21 et 22, plus récents, plus populaires historiquement et beaucoup moins denses, sont sur l'autre rive du Danube. La tendance actuelle (2004) est au développement de ces zones, et de nombreuses habitations plus aérées, notamment de standing sur les rives du fleuve, sont en construction dans ces arrondissements.
La mixité sociale et ethnique est réelle, même s'il existe de grandes disparités selon les quartiers. Le caractère populaire ou bourgeois d'un quartier est indépendant de sa distance au centre historique. De plus, certains quartiers regroupent plus d'habitants de même origine ou culture (balkanique ou yougoslave, italienne, asiatique, juive, hongroise...), indépendamment du niveau social des habitants, mais on n'observe pas de réel découpage par communauté comme dans d'autres capitales européennes (Londres, Berlin).
Berlin
Jumelage
Vienne est jumelée avec Zagreb (Croatie) qui a longtemps fait partie des nombreuses possessions autrichiennes. De nombreux arrondissements de Vienne sont également jumelés avec des villes (ou des arrondissements de grandes villes) japonaises.
Transports et voies d'eau
Croatie
Transports ferrés urbains
Le réseau de métro de Vienne compte 5 lignes (2004), et des travaux, prévus jusque vers 2015, sont actuellement en cours pour l'étendre progressivement en périphérie (avec une ligne supplémentaire). Il s'interconnecte avec un réseau ferré régional rapide, le Schnellbahn (comparable au RER, Réseau Express Régional de la région parisienne en France), géré par les chemins de fer autrichiens (ÖBB). Le Schnellbahn et les trains régionaux relient Vienne aux villes les plus proches en Basse-Autriche, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie.
Vienne comporte également un réseau de tramway très dense, dont les premières lignes entrèrent en service dans la deuxième moitié du .
L'essentiel du réseau de transport se concentre sur la rive droite (sud) du Danube, à l'image de la répartition de la population viennoise.
Vienne dispose de plusieurs gares ferroviaires, dont les deux plus importantes sont Westbahnhof, desservant l'ouest de l'Autriche, la Tchéquie, l'Allemagne, et Südbahnhof, qui dessert l'Italie, la Slovaquie, la Hongrie. Il existe aussi une gare appelée Wien Nord, que 50 ans de guerre froide ont reléguée au rang de gare régionale, le nord-est de Vienne jouxtant directement la frontière austro-tchécoslovaque (ancien tracé du rideau de fer).
L'aéroport de Wien-Schwechat (VIE en code IATA) est situé à une dizaine de kilomètres de Vienne, et fait office d'aéroport international pour une grande partie de l'Autriche, la Slovaquie, la Hongrie de l'ouest et la Moravie. On y accède facilement depuis Vienne ou Bratislava en transports en commun.
Depuis le centre ville de Vienne, l'aéroport est accessible en bus (6 EUR depuis plusieurs points de départ à Vienne, 20 à 30 minutes de trajet suivant l'horaire), en Schnellbahn (3 EUR depuis plusieurs gares du centre et de la banlieue sud, 20 minutes de trajet), ou en City Airport Train (ou CAT, pour 10 EUR depuis Wien Mitte, 16 minutes de trajet). Sur le trajet, on aperçoit notamment la raffinerie de pétrole de la compagnie autrichienne OMV.
Récemment, de nombreux touristes utilisent le petit aéroport de Bratislava, situé à une cinquantaine de kilomètres de Vienne, qui propose de plus en plus de relations low-cost avec de nombreuses villes européennes.
Cours d'eau
Vienne compte trois voies fluviales :
- le Danube, plus gros fleuve d'Europe, qui la traverse du nord-ouest (de Linz) au sud-est (vers Bratislava). Le "vieux Danube" (alte Donau) est le nom donné à un bras mort au nord du fleuve actuel, lieu de baignade apprécié des Viennois. Le "nouveau Danube" ou neue Donau, quand à lui, comporte deux bras séparés par une île (Donauinsel) longue de plusieurs kilomètres, et fréquentée pour ses plages festives et animées en soirée l'été (Copa Cagrana).
Le Danube est une importante voie de navigation en Europe pour le transport des marchandises, mais c'est aussi un moyen alternatif pour se rendre de Vienne à Bratislava, Budapest ou Melk en navette.
- le canal du Danube (Donaukanal) double le fleuve au sud en entrant dans la vieille ville. Il crée ainsi une île, composée des arrondissements 2 et 20. Il ne s'agit pas d'un canal au sens strict du terme, mais bien d'un bras du Danube, qui était le cours originel du fleuve au Moyen Âge avant que de nombreuses crues ne modifient son tracé vers sa position actuelle.
- la petite rivière Vienne (Wienfluss), longue de 34km, qui parcourt Vienne sur 15km d'ouest en est, passant notamment devant le Naschmarkt, le château de Schönbrunn, et le Stadtpark, pour se jeter dans le canal du Danube au niveau de l'Urania, bâtiment Art nouveau abritant aujourd'hui un cinéma.
Sport
Art nouveau
- Clubs sportifs
: - Vienne est une ville de derby pour 2 clubs de football de l'élite autrichienne : le SK Rapid [http://www.skrapid.at] (champion en 2005) et l'Austria [http://www.fk-austria.at] (champion en 2003).
: - L'équipe de hockey sur glace des Vienna Capitals [http://www.vienna-capitals.at] s'illustre aussi régulièrement en Bundesliga.
- Manifestations sportives internationales
: - Championnats d'Europe de natation en petit bassin (2004)
: - Championnat du monde de hockey sur glace (2005), avec Innsbruck
: - Euro 2008, avec la Suisse
Voir aussi
Articles connexes
- Aéroport de Vienne
- Albertina museum
- Château de Schönbrunn
- Congrès de Vienne, 1815, qui définit la géopolitique européenne de la première moitié du
- Orchestre philharmonique de Vienne
- Palais de la Hofburg
- Palais du Belvédère
Liens externes
- [http://www.wien.at Site officiel de la ville de Vienne] (institutionnel)
- [http://www.vienna.at Portail de la ville de Vienne]
- [http://www.wienerlinien.at Transports publics de Vienne]
- [http://www.foto-julius.at/ind_wien.html Photos de Vienne]
- [http://www.vien.at/ Photos de Vienne]
- [http://perso.wanadoo.fr/crampman/album_cris/vienne_1.html Reportage photos à Vienne]
- [http://www.plus-hotel.com/plan-ville Carte des quartiers de Vienne]
Catégorie:Capitale de pays
Catégorie:Patrimoine mondial en Autriche
Catégorie:Vienne (Autriche)
als:Wien
ja:ウィーン
ko:빈
simple:Vienna
Guerre de Trente Ans
Une conflagration européenne aux causes multiples
La guerre de Trente Ans est une suite de conflits armés qui ont déchiré l'Europe de 1618 à 1648.
Les combats se déroulent initialement et principalement dans les territoires d'Europe centrale dépendant du Saint Empire romain germanique, mais impliquent la plupart des puissances européennes, à l'exception notable de l'Angleterre et de la Russie. Dans la seconde partie de la période, les combats se portent aussi en France, dans les Pays-Bas, en Italie du nord, en Catalogne, etc. Pendant ces trente années, la guerre change progressivement de nature et d'objet : commencée en tant que conflit religieux, elle se termine en lutte politique entre la France et la Maison d'Autriche.
Ses origines sont multiples, même si la première est l'opposition religieuse et politique entre catholiques et protestants lutheriens ou calvinistes ; mais cette confrontation eut aussi d'autres ressorts : tentations hégémoniques ou d'indépendance, rivalités commerciales, ambitions personnelles, jalousies familiales y trouvent leur exutoire.
Sur ce dernier point, il est en effet intéressant de noter les étroites parentés de ces souverains régnants qui s'affrontent si longuement :
- Maximilien I de Bavière est cousin de Frédéric V du Palatinat, oncle et beau-frère de l'empereur Ferdinand III;
- Charles I d'Angleterre est beau-frère de Frédéric V et de Louis XIII;
- Louis XIII est également beau-frère de Ferdinand III, de Victor-Amédée I de Savoie et (de deux façons) de Philippe IV d'Espagne, lui-même cousin de l'empereur Ferdinand III;
- etc.
La défenestration de Prague est la cause immédiate du conflit, mais la disproportion est grande entre l'étincelle initiale et la gravité et la durée du conflit - celles-ci ne peuvent se comprendre que par l'existence de causes profondes qui atteignent leur paroxysme pendant la même période. Ce début d'un conflit majeur n'est pas sans points communs avec celui de la Première Guerre mondiale, également née dans un territoire soumis aux Habsbourg.
Un des enjeux majeurs est la conservation de l'hégémonie des Habsbourg. La lutte entre la maison d'Autriche et la royauté française pour la suprématie en Europe dure depuis cent ans : le terrain est propice pour qu'elle s'y déploie sans ménagement.
Un conflit indépendant, la Guerre de Quatre-Vingts Ans entre l'Espagne et les Provinces-Unies, contribue à faire converger vers les pays allemands les armées espagnoles, alliées de l'Empire. En effet, l'Espagne ne dispose plus, depuis la déroute de l'Invincible Armada, de la suprématie sur les mers. Le passage des troupes par la voie maritime (Océan Atlantique, Manche, Mer du Nord) étant trop risqué, le moyen le plus sûr pour faire passer les troupes espagnoles de la péninsule ibérique vers le lieu des affrontements aux Pays-Bas est une route passant par la Méditerranée, Gênes, le Milanais, les cols alpins de la Valteline et la vallée du Rhin. Le jeu des alliances doit focaliser sur ces différentes contrées l'affrontement avec les puissances rivales.
Les dégâts causés par les combats et la circulation incessante des troupes armées en campagne ou en débandade sont considérables, parfois inouïes. Les armées comprennent une majorité de mercenaires dont la paye n'est pas régulièrement assurée sur les budgets des États qui les emploient. Ainsi les soldats, mal payés, payés avec retard ou pas payés du tout sont amenés à se payer par eux-mêmes sur les populations civiles, qu'elles soient « ennemies » ou de leur propre bord. D'ailleurs Wallenstein développe au plus haut point (s'il ne l'inventa pas) le principe selon lequel « la guerre doit financer la guerre » c'est à dire que l'exploitation économique des pays conquis doit être la ressource principale de l'armée en campagne, quitte à demander à des financiers des avances sur le tributs à percevoir. Des fortunes colossales sont ainsi amassées de façon scandaleuse sur le malheur des populations par des hommes sans scrupule tels que Wallenstein lui-même, Liechtenstein ou Hans de Witte.
Hans de Witte]
Les pires exactions sont commises : tortures, massacres en masse d'innocents, viols, assassinats, etc. Des épisodes comme ceux du sac de Magdebourg, ou les atrocités commises au Palatinat, en Franche-Comté (par exemple) marquent les esprits pour des décennies et restent dans le souvenir collectif pendant plus d'un siècle, alimentant en chaîne le cycle infernal des représailles et de la vengeance. Certaines régions de l'Allemagne ou de la France actuelles ressortent de cet interminable conflit ruinées, dévastées, dépeuplées pour de longues années.
Les traités qui suivent la guerre de Trente Ans redessinnent la carte de l'Europe en instaurant un nouvel équilibre des forces, consacrant le déclin de l'Espagne, l'affaiblissement durable de la Maison d'Autriche, la montée de la puissance de la Suède et de la France, l'extrême morcellement politique de l'Allemagne, l'émergence de nouvelles nations (Pays-Bas, Suisse).
Les origines du conflit
Suisse
À la suite de la prédication de Martin Luther, la Réforme se répand rapidement. De nombreuses principautés allemandes adoptent le protestantisme ce qui divise l’Empire en deux camps opposés. La Contre-Réforme, dirigée par la maison de Habsbourg a pour ambition de regagner au catholicisme le terrain perdu.
La paix d'Augsbourg (1555) confirme les conclusions de la première Diète de Spire et met fin aux combats entre catholiques et luthériens dans les États allemands.
Elle stipule que :
- les princes allemands (pour environ 360 d'entre eux) sont libres de choisir la confession (catholique ou luthérienne) de leurs territoires, selon leur conviction ;
- les luthériens qui habitent dans des principautés ecclésiastiques (dépendant d’un évêque) peuvent conserver leur foi ; (« Cujus regio, ejus religio ») ;
- les luthériens peuvent conserver les territoires conquis sur les catholiques depuis la paix de Passau en 1552 ;
- les dignitaires de l’Église catholique (évêques et archevêques) qui se sont convertis au luthéranisme doivent abandonner leurs domaines (évêchés et archevêchés).
Les tensions politiques et économiques s’accroissent entre les puissances européennes au début du . L’Espagne s’intéresse aux affaires allemandes car Philippe III est un Habsbourg et possède des territoires bordant à l’ouest, certains États allemands. Les deux branches de la famille des Habsbourg restent si étroitement liées que leur politique extérieure est commune. Le roi d’Espagne en est le chef véritable.
La France s’intéresse aussi aux affaires allemandes, car elle surveille avec méfiance son encerclement par les territoires soumis aux Habsbourg. Son action est ambigüe et louvoyante, car le cardinal de Richelieu n’hésite pas à soutenir ou à s’allier aux princes protestants pour contrer la maison d’Autriche, champion du catholicisme - et de la chrétienté contre les turcs - pendant le même temps qu’il combat les protestants en France. La Suède et le Danemark s’intéressent aux affaires de l’Allemagne du nord, dont les rivages bordent la mer Baltique, pour des raisons plutôt économiques mais non dénuées d’arrière-pensées politiques.
Les tensions religieuses se sont également accrues pendant la seconde moitié du . La paix d’Augsbourg est mise à mal pendant cette période car des évêques convertis n’ont pas renoncé à leurs évêchés. Par ailleurs le calvinisme se propage en Allemagne, ce qui ajoute une nouvelle religion. Les catholiques d'Europe orientale (Polonais, Autrichiens) souhaitent restaurer la primauté de leur religion.
calvinisme
calvinisme
Les Habsbourg veulent avant tout accroître leur hégémonie, ils sont donc parfois prêts à coopérer avec les protestants, ce qui est mal compris par leurs partisans. Les empereurs Rodolphe II puis Matthias I ne se font pas les champions inconditionnels du catholicisme, car leur priorité est d’étendre leur pouvoir et leurs territoires. Ils sont en outre très tolérants, ce qui favorise l’expansion des nouvelles religions, contribuant ainsi à multiplier les causes de querelles. La Suède et le Danemark, qui veulent contrôler l’Allemagne du Nord, sont dans le camp des luthériens.
Tout ceci dégénére en violence ouverte en 1606 dans la petite ville allemande de Donauwörth. La majorité luthérienne empêche la communauté catholique de faire une procession et cela déclenche une rixe. À la demande des catholiques, le duc Maximilien Ier de Bavière intervient et impose le retour de la ville au catholicisme. Après que les combats ont cessé, les calvinistes, encore peu nombreux en Allemagne, se sentent les plus menacés, et fondent la Ligue de l’Union Évangélique sous la direction de l’électeur Frédéric V du Palatinat, époux d’Elizabeth Stuart, fille de Jacques Ier d'Angleterre). Sa possession du Palatinat Rhénan est précisément l'un des territoires de la vallée du Rhin que convoite l’Espagne, pour pouvoir y faire passer librement ses troupes du Milanais vers les Pays-Bas. En réaction, les catholiques s’unissent en 1609, sous la direction de Maximilien de Bavière et sous la bannière de la Sainte Ligue (catholique).
Sainte Ligue
L’empereur Matthias I, également roi de Bohême, est sans descendance : se pose donc le problème de sa succession et de la conservation du titre impérial aux Habsbourg. Matthias souhaite que celui-ci revienne à son cousin germain Ferdinand de Styrie. Or le roi de Bohême (titre électif en droit, mais habituellement dévolu à un Habsbourg) est un des sept princes-électeurs : Matthias résigne le titre de roi de Bohême en 1617 et Ferdinand de Habsbourg lui succède, avec la perspective de pouvoir ainsi accéder à la dignité impériale à la mort de Matthias. Les Bohémiens ont obtenu de Rodolphe II, par une lettre de majesté de 1609, des prérogatives leur assurant une certaine autonomie et des garanties concernant la liberté religieuse.
1609
Or Ferdinand II, catholique zélé qui a été éduqué chez les Jésuites, veut voir revenir la Bohême dans le giron de l’Église catholique. Des incidents survenus entre l'archevêque de Prague et les luthériens amènent le Conseil des Défenseurs de la Foi à convoquer une diète. Le roi s'y oppose par une lettre. Le 23 mai 1618 au palais de Hradschin à Prague, les Défenseurs de la Foi rencontrent deux émissaires de Ferdinand II, Martinitz et Slawata : ceux-ci sont passés par la fenêtre sans être sérieusement blessés car ils tombent sur un tas d’ordures. Cet évènement mineur, appelé : la Défenestration de Prague, marque le début de la Guerre de Trente Ans. La révolte de la Bohême est soutenue et accompagnée avec plus ou moins de dynamisme par les États voisins de Moravie, Silésie et Lusace.
Lusace
Le 20 mars 1619, l'empereur Matthias meurt. Mécontents de leur nouveau roi, les Bohémiens déposent Ferdinand II le 19 août et élisent à sa place l’électeur palatin (et ardent calviniste) Frédéric V, le 26 août, alors que l’élection impériale se tient à Francfort le 28 août. Un roi protestant à la tête de la Bohême signifie une majorité d’électeurs du Saint-Empire acquis au protestantisme (Brandebourg, Saxe, Palatinat et Bohême contre les trois princes-évêques de Cologne, Mayence et Trèves), ce qui serait un bouleversement considérable.
Les nouvelles de Bohême ne sont pas parvenues à Francfort et Ferdinand II est élu à l’Empire : s’appuyant sur la Sainte Ligue et sur son cousin Philippe III d'Espagne, Ferdinand II se met en devoir de mater la révolte bohémienne et d'éliminer son rival Frédéric V. De fait, ce dernier va également très vite mécontenter ses sujets, par sa méconnaissance du pays et son calvinisme intransigeant : il ne restera, pour la postérité, que le Roi d'un hiver. Le décor est mis pour le démarrage de la conflagration.
Les quatre périodes de la guerre
On analyse traditionnellement la guerre de Trente Ans en quatre périodes successives correspondant chacune à un élargissement de l'ensemble des protagonistes. Chacune des trois premières périodes se termine en effet par un succès du camp impérial et catholique qui détermine un nouvel acteur à entrer en lice pour voler au secours du camp protestant.
Ces périodes sont :
# la période bohémienne et palatine, de 1618 à 1625 ;
# la période danoise de 1625 à 1629 ;
# la période suédoise de 1630 à 1635 ;
# la période française ou franco-suédoise de 1635 à 1648.
La période bohémienne et palatine (1618-1625)
calvin]]
Le Habsbourg ont pour alliés la papauté, son cousin Philippe III, roi d'Espagne, Maximilien Ier de Bavière et sa Ligue Catholique dont les armées sont commandées par Jean Tserclaes, comte de Tilly. Les Électeurs ecclésiastiques (princes-archevêques de Mayence, de Cologne et de Trèves, chefs temporels autant sinon plus que spirituels) font partie de la Ligue Catholique (l’archevêque de Cologne est même le propre frère de Maximilien). Pourtant, l’archevêque de Trèves va plus tard, par ses intrigues et sa politique francophile, provoquer l’entrée en guerre de la France.
L’Électeur Jean-Georges Ier de Saxe est dans un premier temps du côté de l’Empereur, bien que protestant : il espère des gains territoriaux et, de toutes les façons, voit d’un mauvais œil la montée en puissance d’un de ses collègues Électeurs - car, élu roi de Bohême, l’Électeur Palatin dispose de deux voix sur les sept du collège électoral institué par la Bulle d'Or. Cependant ce prince sera par la suite un allié plus que versatile.
Le Palatin et les protestants comptent sur l’appui du prince (protestant) de Transylvanie Gabriel Bethlen et sur l’aide financière des Provinces-Unies (celles-ci sont liées par la trêve de douze ans conclue avec l'Espagne en 1609, qui va bientôt se terminer). Mais il ne peut bénéficier de celui de son beau-père, Jacques Ier d'Angleterre dont la politique incohérente cherche à ce moment l’alliance avec l’Espagne. De fait, Frédéric V, prince jeune, manquant d'expérience et de la stature politique qu'exige sa situation, va bien vite éprouver le manque de motivation, de constance et/ou de courage de tous ceux qui pourraient lui apporter leur appui.
Il faut remarquer que le duc de Bavière (catholique) et l'Electeur Palatin (calviniste) sont tous deux de la famille des Wittelsbach, le premier issu de la branche aînée et le second issu d'une branche cadette qui a reçu la dignité électorale au : l'opposition religieuse se double d'une longue jalousie familiale. En fait, Maximilien, qui aurait pu à un moment postuler à l'Empire, a obtenu de Ferdinand II, pour prix de son support, entre autres promesses celle de reprendre la dignité électorale.
Ferdinand II
Les premiers combats ont lieu dès le mois d’août 1619 ; les Bohémiens conduits par le comte de Thurn battent une armée impériale et menacent Vienne, mais cet avantage est momentané. La France offre sa médiation, concrétisée à Ulm en juillet 1620 par une trêve entre catholiques et luthériens : la Bohême calviniste n’est donc pas concernée, et les armées catholiques peuvent l’attaquer librement : Tilly et Bucquoy écrasent les révoltés de Bohême à la bataille de la Montagne Blanche (Bila Hora) près de Prague le 8 novembre 1620. Leur déroute est complète et la reprise en main de la Bohême très énergique.
Frédéric V est mis au ban de l’Empire, ses territoires confisqués et il doit s'exiler en Hollande. Il sera plus tard déchu de son titre d’Électeur au profit de Maximilien de Bavière. Celui-ci reçoit en outre une partie du Palatinat.
En Bohême, les responsables de la révolte sont condamnés à mort, la Lettre de majesté de Rodolphe II est révoquée, une intense campagne de restauration du catholicisme et de germanisation est entreprise. La couronne élective devient héréditaire au profit des Habsbourg et le siège de la Cour est transféré à Vienne.
Électeur
Les Espagnols commandés par Spinola occupent le Palatinat qui leur servira d'étape stratégique importante entre leurs domaines du Milanais ou stationnent leurs troupes et les Provinces-Unies. À la mort de Philippe III en 1621, son fils Philippe IV, qui n’a que seize ans prend pour conseiller le comte-duc d’Olivares, catholique très zélé ; celui-ci, véritable responsable des affaires, est partisan convaincu d’une collaboration étroite avec les Habsbourg d'Autriche.
OlivaresDe nombreux princes protestants estiment que l'empereur a outrepassé ses droits, c'est une cause majeure de la poursuite et de l’extension du conflit. Trois princes, à la tête de troupes de mercenaires restent en armes : le comte Ernst von Mansfeld, le plus redoutable, retourne vers les rives du Rhin avec 20 000 hommes ; les deux autres, Christian de Brunswick et Georg Friedrich de Bade-Durlach ont chacun 15 000 hommes. Ces troupes d’aventuriers sont autant, sinon plus, motivées par l’appât du gain et les perspectives de pillage que par leur conviction religieuse. Tilly se porte vers les régions rhénanes pendant les années 1621-1622, et les affronte ensemble ou tour à tour au cours de plusieurs batailles (à Wiesloch - victoire protestante, à Wimpfen, à Höchst - victoires de la Ligue alliée aux espagnols de Spinola) sans résultat définitif. Toutefois, lors de la bataille décisive de Stadtlohn le 6 août 1623, Tilly met en déroute complète l'armée de Christian de Brunswick : les forces catholiques contrôlent le sud et l’ouest de l’Allemagne mais ces combats sont accompagnés de destructions, de pillages et d’exactions très importants par les armées en campagne. La France voit avec dépit le déséquilibre qui s’instauret au profit du parti des Habsbourg.
La période danoise (1625-1629)
Habsbourg
En 1625, Christian IV de Danemark se décide à intervenir dans le conflit. Ce monarque luthérien, également duc de Holstein et comme tel, vassal de l’empereur veut à la fois défendre le luthéranisme et, si possible, étendre ses possessions en Allemagne du Nord. La France, sollicitée, mais en proie a des difficultés intérieures se limite à accorder une aide financière. Les troupes danoises sont commandées par Ernst von Mansfeld. Elles trouvent sur leur route, non seulement les armées de la Sainte Ligue dirigées par Tilly, mais aussi une armée impériale nouvellement levée et placée sous le commandement d'Albert de Wallenstein, le plus grand condottière de son temps, homme d'intrigue autant - sinon plus - que militaire de talent.
Les Danois sont défaits tour à tour par Wallenstein le 25 avril 1626 à Dessau et par Tilly le 27 août à Lutter. Wallenstein va ensuite livrer bataille et vaincre Gabriel Bethlen à Neuhaüsel en Hongrie. Puis les armées catholiques, à nouveau réunies, traversent le Holstein, pénètrent au Jutland : pour sauver son royaume, Christian IV est contraint de signer la paix de Lübeck le 12 mai 1629, par laquelle le Danemark s’engage à ne plus intervenir dans les affaires de l’Empire. C’en est fini de ce pays en tant que grande puissance européenne. Les forces catholiques dominent l'Allemagne du nord, malgré l'échec de Wallenstein devant la ville hanséatique de Stralsund (les princes catholiques, soucieux de la montée en puissance de Wallenstein, s'opposent à ce que Tilly le rejoigne). Il faut noter à ce propos que Wallenstein s'est lui-même toujours abstenu de trop aider Tilly lorsqu'il en a eu la possibilité : alors que ce dernier est toujours motivé par sa fidélité à ses convictions et à son camp, Wallenstein est principalement mû par l'ambition personnelle.
Débarrassé du danger danois, l'Empereur peut envoyer ses troupes en Italie du nord pour appuyer les espagnols qui combattent les troupes françaises envoyées par Richelieu dans l'affaire de Mantoue et du Montferrat.
Montferrat
L’empereur récompense richement Wallenstein en ajoutant à ses possessions en Bohême de nouveaux territoires en Silésie et dans le Mecklembourg et en le nommant amiral de la Baltique : véritable maître de l’Allemagne du nord, il devient un « presque souverain », d'où la jalousie des princes de la ligue catholique. Par ailleurs, la France agit en sous-main pour les convaincre qu'ils ont intérêt à limiter les pouvoirs de l'empereur. À la diète de Ratisbonne en août 1630, ils imposent à Ferdinand II de relever Wallenstein de son commandement. Celui-ci se retire dans ses domaines de Bohême et Tilly le remplace à la tête des troupes impériales. Les effectifs des armées catholiques sont diminués.
Par ailleurs, l’Édit de restitution du 6 mars 1629 pris par Ferdinand II exige le retour à l’Église catholique de tous les biens perdus par elle depuis 1552 et Tilly est chargé de la mise en œuvre. Il y gagne auprès des protestants une réputation détestable, largement outrancière car lui-même fait ce qu'il peut pour limiter les exactions de ses troupes.
La période suédoise (1630-1635)
Tilly
La diplomatie de la France s'exerce aussi auprès du roi (luthérien) de Suède Gustave II Adolphe. La Suède, puissance montante de la Baltique qui vient de vaincre la Pologne, a des vues sur la Poméranie et voit défavorablement la puissance catholique s'installer en Allemagne du Nord. Par le traité de Bärwald le 23 janvier 1631, Gustave Adolphe s'engage à intervenir en Allemagne et la France à lui verser 400 000 écus par an. Les Suédois doivent respecter le culte catholique et l'indépendance de la Bavière. Dès la fin du mois, ils mettent pied en Poméranie et au Mecklembourg. Un traité secret est par ailleurs conclu entre la France et la Bavière pour se garantir mutuellement leurs possessions sur le Rhin.
Rhin
Gustave Adolphe est un génie militaire. Il commence par éviter le combat contre l'armée de Tilly, afin de lui ôter l'initiative. Celui-ci, probablement pour forcer son adversaire au combat, investit la ville protestante de Magdebourg où se tient une garnison suédoise. Ravagée par l'incendie et mise à sac sans que les circonstances soient complètement éclaircies, la ville est réduite en champ de ruines : Tilly se retire vers la Thuringe, ravage la Saxe (qui se rallie alors aux Suédois) et affronte Gustave Adolphe le 17 septembre à Breitenfeld. L'armée impériale est écrasée. Gustave Adolphe poursuit son avancée vers le sud, combattant à plusieurs reprises l’armée impériale reconstituée. Les pays sillonnés sont dévastés, les Suédois atteignant la Franconie, l’Alsace, les pays rhénans, se dirigeant vers Munich.
Ferdinand II ne peut que rappeler Wallenstein. Celui-ci accepte de recruter et diriger une nouvelle armée mais à des conditions exorbitantes qui le font discuter à pied d'égalité avec l'empereur. Les armées catholiques ne font pas leur jonction : pendant que Wallenstein chasse les Saxons de Bohême, Tilly affronte une nouvelle fois les Suédois à bataille de Rain am Lech le 15 avril 1632 : il y est grièvement blessé et ses troupes sont vaincues. Lui-même, après avoir organisé la défense de Ratisbonne et d'Ingolstadt, meurt dans cette dernière ville.
Wallenstein déloge les Suédois de Nuremberg et les rencontre à la bataille de Lützen le 16 novembre 1632. Gustave Adolphe est tué au cours de l’affrontement, mais les Suédois remportent néanmoins la victoire sous le commandement repris par Bernard de Saxe-Weimar. La mort de Gustave Adolphe va quelque peu désorganiser par la suite le commandement de l’armée.
L'héritière du royaume, Christine de Suède, laisse gouverner le régent Axel Oxenstierna qui poursuit la politique allemande de Gustave Adolphe.
Gustave Adolphe
De son côté, Wallenstein n'exploite pas l'avantage qu'il aurait pu tirer de la nouvelle situation et commence à travailler pour son propre compte, négociant avec les ennemis de l'empereur (Suède, France, électeurs de Saxe et de Brandebourg) dans le but de se constituer son propre royaume. Ferdinand II, convaincu de sa trahison, le releve secrètement de ses fonctions et le fait assassiner le 25 février 1634 avec l'aide de certains de ses officiers, notamment Gallas et Piccolomini.
Piccolomini]
Les catholiques peuvent alors reprendre l’avantage, menés par l'archiduc Ferdinand, (futur Ferdinand III) avec les généraux de Wallenstein (Ottavio Piccolomini et Matthias Gallas) ralliés à l’empereur ; ils battent les protestants à Ratisbonne le 26 juillet puis, avec l’aide des Espagnols sous le commandement de l'autre Ferdinand (fils de Philippe III d'Espagne, cousin du précédent), le Cardinal-Infant en route vers les Pays-Bas, à Nördlingen le 6 septembre 1634.
La période française ou franco-suédoise (1635-1648)
1634
Depuis le début de la guerre, la France s'est toujours soigneusement tenue à l'écart des combats, tout en appuyant les opposants à l'empereur et au roi d'Espagne par sa diplomatie et ses subsides. Ses seules implications directes se sont exercées dans des zones périphériques :
- Valteline (occupée en 1624-1625 pour couper les communications entre le Milanais espagnol et l’Autriche) ;
- Duché de Mantoue et Montferrat, à l'occasion de la guerre de Succession de Mantoue (1628-1631) ;
- Lorraine (occupée en 1633 car son duc, Charles IV, a une position hostile à la France). C'est le temps du premier siège de La Mothe.
Cette politique n'est pas sans contradictions car Richelieu, cardinal de l'Église catholique et adversaire impitoyable des forces protestantes à l'intérieur du royaume, est l'allié des protestants étrangers contre les Habsbourg, champions du catholicisme. Les considérations religieuses s'opposent donc aux considérations politiques et à la volonté de contenir la puissance des Habsbourg. Or ceux-ci finissent par l'emporter sur leurs divers adversaires. Pour maintenir l'équilibre désiré, la France n'a plus d'autre solution que de s'engager directement dans le conflit. Cet engagement est précédé d’une intense activité diplomatique et de la négociation de multiples traités avec les ennemis de l'empereur et du roi d'Espagne (ce dernier est d'ailleurs, plus que l'empereur, le principal adversaire). Avec les Hollandais est notamment prévu le partage des Pays-Bas espagnols (grosso modo l'actuelle Belgique).
Contrairement aux Danois quelques années plus tôt, les Suédois ont subi un revers, mais ne sont pas anéantis. Leur présence en Allemagne va en fait se perpétuer jusqu’à la fin de la guerre, sous des généraux de valeur tels que Johan Banér ou Lennart Torstenson qui ne vont jamais laisser les impériaux libres de se retourner complètement vers la France. Au contraire les armées française et suédoise vont souvent se coordonner ou tenter de se rejoindre pour forcer l’ennemi commun.
1635 : intervention française
Lennart Torstenson Par prévoyance, les Espagnols occupent Philippsburg, Spire, Landau et enfin Trèves dont l’archevêque Philipp Christoph von Sötern, l’un des Princes-Electeurs, s’est mis sous la protection de la France : Richelieu prend ce prétexte pour déclarer, le 19 mai 1635, la guerre à l’Espagne, adversaire le plus direct des intérêts français. Les armées françaises, fortes de 120 000 hommes, vont intervenir dans quatre grands secteurs :
- vers le nord, ou les Pays-Bas espagnols se trouvent pris en tenaille entre la France et les Provinces-Unies ; le commandement est aux maréchaux de Châtillon et de Brézé ;
- vers l’est (duché de Lorraine, Alsace et pays rhénans, Franche-Comté – alors possession de l’Empire) ; le commandement est au cardinal de La Valette et à Bernard de Saxe-Weimar qui escompte acquérir une principauté en Alsace ;
- en Italie du nord, dans le Piémont sous le maréchal de Créquy et dans la Valteline sous le duc de Rohan ;
- dans le secteur des Pyrénées ne se trouve qu’un corps d’observation.
Les combats se portent vers les Pays-Bas où Châtillon et Brézé vainquent les Espagnols à Avein le 20 mai 1635 avant de se joindre au prince d’Orange Frédéric-Henri. Mais des atermoiements franco-hollandais permettent aux Espagnols de recevoir des renforts et de sauver leurs possessions. C’est à ce même moment qu'est négociée la Paix de Prague entre l’Empereur et plusieurs princes protestants dont l’Electeur de Saxe : les armées impériales commandées par Piccolomini peuvent alors se retourner vers les Pays-Bas. Sur le Rhin, les impériaux commandés par Matthias Gallas, alliés aux troupes de Charles de Lorraine font équilibre aux troupes de la France et de Bernard de Saxe-Weimar. En Italie, l’invasion du Milanais ne peut se faire du fait de l’alliance peu fiable du duc de Savoie et malgré les succès des troupes stationnées en Valteline.
Valteline
1636 : avantage aux impériaux
La campagne de 1636 est très difficile pour la France. Les opérations en Italie piétinent, de même que celles d'Alsace ; une opération menée en Franche-Comté se solde par un échec et Gallas envahit la Bourgogne avant d'échouer au siège de Saint-Jean de Losne et de devoir repasser le Rhin à l'arrivée de renforts ; dans le nord les Espagnols et leurs alliés, sous le commandement d'Ottavio Piccolomini, de Johann von Werth et du Cardinal-Infant, gagnent du terrain, prenant finalement Corbie (sur la Somme) le 15 août. Paris est donc directement menacé, mais Louis XIII parvient à reprendre Corbie le 14 novembre.
14 novembre
Le 4 octobre, le général suédois Johan Banér défait les impériaux à Wittstock, ce qui contribue à alléger les difficultés françaises en relançant le camp protestant. Ferdinand II va bientôt mourir. Son fils et successeur Ferdinand III appelle les troupes de Gallas qui rejettent les Suédois en Poméranie. C'est la fin de la supériorité suédoise incontestée en Allemagne.
1637 et 1638 : confusion et statu quo
Les hostilités en 1637 et 1638 sont marquées par la confusion, et un relatif statu quo. Les faits les plus marquants sont en 1637 la mort des ducs de Mantoue et de Savoie – et le début de régence difficile de la duchesse de Savoie, Chrétienne, la sœur de Louis XIII, en butte aux intrigues de ses beaux-frères Thomas et Maurice alliés aux Espagnols. En 1638 ce sont la défaite française à Fontarabie (au pays basque) le 7 septembre malgré la destruction d’une flotte espagnole le 22 août et la prise de Brisach, clef de l’Alsace et de la Souabe par Bernard de Saxe-Weimar le 19 décembre. À cette même époque, Mazarin devient l’homme de confiance de Richelieu qui vient de perdre son « éminence grise », le Père Joseph.
1640, 1641 et 1642 : les impériaux sur la défensive
Après une année 1639 sans importance au plan des opérations militaires – si ce n’est la mort de Bernard de Saxe-Weimar dont l’armée passe sous les ordres du comte de Guébriant - 1640 voit la prise d’Arras, importante place forte espagnole le 9 août et une nouvelle attaque de Banér et de Guébriant contre les impériaux ; ils sont mis en échec par Piccolomini et Banér meurt l’année suivante. En 1641, le sort des armes en Italie du nord fait rentrer les États de Savoie dans la dépendance de la France. Cependant deux régions dépendant de la couronne espagnole secouent le joug : le Portugal appelle au trône Jean de Bragance, de la maison d’Aviz et la Catalogne reconnaît Louis XIII comme comte de Barcelone et de Roussillon le 23 janvier 1642. La France envoit une armée, commandée par Lamothe pour prendre possession de la nouvelle province. On prend plusieurs places et on met le siège devant Tarragone que bloque aussi la flotte française commandée par l’archevêque Sourdis. Les Espagnols la battent et les Français doivent lever le siège.
Tarragone
Des tractations commencent dès 1641 pour ouvrir des négociations de paix, que tous les belligérants commencent à appeler de leurs vœux. Cet espoir ne doit se concrétiser que plusieurs années après, alors que les combats se continuent toujours, malgré la lassitude générale.
La France renoue avec le succès en Italie (victoire d’Ivrée, prise de Coni) et en Allemagne où comte de Guébriant bat Piccolomini à Wolfenbüttel le 25 juin 1641 et Lamboy et Mercy à Kempen le 17 janvier 1642 et où le général suédois Lennart Torstenson remporte sur les impériaux la (première) bataille de Leipzig, aussi connue comme la seconde bataille de Breitenfeld le 23 octobre 1642.
1643 : progrès français
1642
Richelieu veut forcer l’Espagne en la menaçant directement. Au printemps, lui-même et Louis XIII bien que tous deux malades partent avec une armée pour conquérir le Roussillon. Richelieu doit s’arrêter mais le roi engage le siège de Perpignan, qui est prise le 9 septembre. Au mois de juin une armée française a battu les deux beaux-frères de Chrétienne de Savoie. Le 4 décembre meurt Richelieu ; Louis XIII le suit dans la tombe dès le 14 mai 1643, laissant la régence à une épouse peu aimée, Anne d’Autriche qui est flanquée d’un conseil de régence composé entre autres de Mazarin et de Pierre Séguier.
Pierre Séguier
Profitant de ces circonstances, les Espagnols s’avancent en Champagne. Ils y sont sévèrement défaits par les Français sous les ordres de Louis de Bourbon, duc d’Enghien âgé de 22 ans, celui qu’on appellera plus tard « le grand Condé » à la célèbre bataille de Rocroi le 18 mai 1643. Celui-ci s’empare plus tard de Thionville. D’autres succès français se font en Italie, en Espagne, contrebalancés par des revers en Allemagne (Rantzau battu à la bataille de Tuttlingen), à la faveur desquels le commandement de comte de Guébriant passe au maréchal de Turenne. Opposé aux impériaux de Mercy, il est rejoint par le duc d’Enghien et les Français prennent Fribourg (3 août 1644), bientôt reperdue, puis se rendent maîtres de la vallée du Rhin. Cette même année, le maréchal de Lamothe est battu à Lérida par les Espagnols.
1645 à 1648 : paroxysme et fin de la guerre
Les principaux événements de 1645 se déroulent en Allemagne. Torstenson continue ses campagnes victorieuses (Bohême, Silésie, Moravie), s’approchant de Vienne. Turenne veut le rejoindre, dans des conditions difficiles. Rejoint par le duc d’Enghien, ils rencontrent les impériaux à la seconde bataille de Nördlingen, le 3 août, ou Mercy est tué. Mais Torstenson ne peut forcer Vienne, doit se retirer en Bohême pendant que les Français évacuent leurs éphémères conquêtes, en les dévastant systématiquement.
Les campagnes de 1646, 1647 voient à nouveau des opérations tour à tour favorables à chacun des camps, en Italie du nord, en Catalogne, dans les Pays-Bas. Les Français sous le duc d’Enghien s’emparent de plusieurs villes de Flandres, mais après la prise de Dunkerque les Hollandais font une trêve avec les Espagnols (qui se termine par une paix définitive) et ces derniers peuvent reprendre pied.
Bien que les champs de bataille d’Allemagne soient considérés par la France comme théâtre d’opérations d’importance secondaire, c'est là que Turenne lui offre les plus grandes victoires des derniers temps de la guerre. Il reprend son projet de rejoindre les Suédois pour se diriger vers Vienne, impose un traité à Maximilien de Bavière mais reçoit l’ordre de revenir sur le Rhin. Le duc de Bavière rom
1848Catégorie:1848
Cette page concerne l'année 1848 du calendrier grégorien.
Événements
- L'année 1848 est appelée l'année du Printemps des Révolutions (ou Printemps du Peuple) en raison d'une vague de soulèvements révolutionnaires en Europe.
- Karl Marx et Friedrich Engels publient Le Manifeste du Parti communiste.
Europe
- 2 janvier : Émeute des cigares (2-3 janv.).
- 5 mars : Réunion des libéraux allemands à Heidelberg, début de la révolution allemande.
- 17 mars : Révolution de Berlin (17-19 mars) : assemblée constituante.
- 20 mars : A la suite du scandale provoqué par sa liaison avec l'aventurière irlandaise et fausse danseuse « espagnole » Lola Montès (Maria-Dolorès Eliza Gilbert), le roi de Bavière Louis Ier abdique.
- 31 mars : Réunion du Vorparlement.
- 8 avril : Charte de la Bohême.
- 11 avril : Statut particulier de la Hongrie.
- 18 mai : Parlement de Francfort.
- 2 juin : Congrès de Prague.
- 5 juin : Diète croate.
- 12 juin : Reprise de Prague par Alfred, Prince de Windisch-Graetz (12-27 juin).
- 29 juin : L'archiduc Jean est vicaire d'Empire.
- 5 décembre : Dissolution de l'Assemblée constituante en Allemagne.
- Début du règne de Frédéric VII, roi du Danemark (fin en 1863).
- Échec de la révolution allemande pour l'unité et la liberté (fin en 1850).
- Irlande, fin de La Grande Famine : après deux années, la "maladie de la pomme de terre" est enrayée. L'Irlande a perdue plus de la moitié de sa population, morte, ou émigrée.
Empire autrichien
- 13 mars : Révolution de Vienne (13-14 mars).
- 18 mars : Les garnisons autrichiennes sont chassées d'Italie centrale.
- 15 mai : Émeute à Vienne, assemblée constituante.
- 31 octobre : Reprise de Vienne par la Réaction.
- 21 novembre : Schwarzenberg au pouvoir. Début du règne de François-Joseph, empereur d'Autriche (fin en 1916).
- 2 décembre : En Autriche, Ferdinand Ier d'Autriche abdique.
- Un soulèvement tchèque conduit par Frantisek Palacky est écrasé par l'Autriche.
France
- 22 février : Révolution à Paris (22 - 24 février). Ces trois journées révolutionnaires renversent la Monarchie de Juillet, Louis-Philippe abdique.
- 24 février : Formation du gouvernement provisoire, naissance de la Deuxième République française (fin en 1852).
- 25 février : Création des Ateliers nationaux.
- 17 mars : Journée révolutionnaire à Paris.
- 16 avril : Journée révolutionnaire à Paris.
- 23 avril : Élection de l'Assemblée constituante au suffrage universel masculin.
- 27 avril : Publication du décret de l'abolition de l'esclavage.
- 15 mai : Manifestation en France au profit de la Pologne insurgée. Le gouvernement en profite pour arrêter les chefs socialistes.
- 21 juin : Le gouvernement décide de supprimer les Ateliers nationaux.
- 23 juin : Insurrection ouvrière des Journées de Juin à Paris (23 - 26 juin), réprimée par Cavaignac.
- 4 novembre : Vote de la Constitution de la Deuxième République.
- 10 décembre : Élection de Louis-Napoléon Bonaparte comme président de la République (fin en 1852).
- 20 décembre : Abolition de l'esclavage à l'île de La Réunion.
Péninsule italienne
- En mars, le pape octroie une constitution à ses États.
- 7 mars : Révolution à Venise.
- 18 mars : Les garnisons autrichiennes sont chassées d'Italie centrale.
- 18 mars : Révolution à Milan (18-22 mars).
- 25 mars : Révolution au Piémont, entrée en Lombardie.
- 29 avril : Le pape refuse d'envoyer des troupes.
- 22 mai : Le roi de Naples rappelle ses troupes d'Italie du Nord.
- 25 juillet : Défaite piémontaise de Custozza.
- 11 août : La République est proclamée à Venise.
- En septembre, reconquête de la Sicile révoltée par les troupes du roi de Naples.
- 24 novembre : Pie IX fuit à Gaëte.
- Giuseppe Garibaldi retourne en Italie pour lutter pour l'indépendance. Échec de la tentative d'unification (fin en 1849).
Suisse
- Adoption de la première Constitution fédérale, issue des changements politiques suite à la Guerre du Sonderbund de 1847.
- Le 1er mars, entrée du canton de Neuchâtel dans la Suisse.
Asie
- Le début de la seconde guerre anglo-sikh entraîne l'annexion du Panjâb dans l'Inde anglaise (fin en 1849).
Afrique
- L'explorateur allemand Johannes Rebmann découvre le mont Kilimandjaro.
- Le savant et voyageur français Antoine d'Abbadie d'Arrast termine l'exploration et la cartographie de l'Ethiopie, commencée en 1838.
Amériques
Amérique du Nord
- 16 janvier : Conférence "Les droits et les devoirs de l'individu en face du gouvernement" d'Henry David Thoreau au Lyceum de Concord.
- 24 janvier : Découverte d'or à Sutter's Mill en Californie (encore pour quelques mois sous la domination mexicaine). Début de la « ruée vers l'or » et de la « conquête de l'Ouest ».
- 19 juillet : Ouverture à Seneca Falls, New-York, États-Unis, de la « Convention des droits de la femme », premier rassemblement appelé à discuter des droits civils et politiques des femmes.
- Le Wisconsin devient le trentième État américain.
- Le Mexique cède aux États-Unis la Californie, le Texas et le Nouveau-Mexique.
Amérique latine
- 6 décembre : Manuel Isidoro Belzu Humerez devient le dixième Président de la République de Bolivie.
- L'esclavage est aboli en Guyane française.
Chronologies thématiques
- Art & culture :
- Alexandre Dumas fils publie La Dame aux camélias.
- La Confrérie préraphaélite est fondée à Londres par les peintres |