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Septembre 2005 En Afrique

Septembre 2005 en Afrique

2005 en Afrique :Janvier - Février - Mars - Avril - Mai - Juin :Juillet - Août - Septembre - Octobre - Novembre - Décembre

Jeudi 8 septembre


- Côte d’Ivoire : Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies à déclarer dans une interview à RFI qu’il ne comprenait pas « ces leaders ivoiriens, ces hommes qui estiment qu'ils sont capables de diriger un pays, qui cherchent à devenir président d'un pays qu'ils sont entrain de détruire ». Constatant le blocage dans le processus de paix, il a menacé les protagonistes de sanctions. Il a également déclaré que la tenue des élections prévues le 30 octobres étaient compromises en raison des retards pris dans leur préparation.

Samedi 10 septembre


- Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, leader des Forces nouvelles a appelé le président Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir le 30 octobre même en cas de report de l’élection présidentielle.

Dimanche 11 septembre


- Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié, ancien président ivoirien et président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), en exil en France depuis un an, est revenu en Côte d’Ivoire. Candidat pour la prochaine élection présidentielle initialement prévu le 30 octobre, il s’est déclaré opposé au maintien au pouvoir de l’actuel président Laurent Gbagbo en cas de report de l’élection.

Dimanche 18 septembre


- Gabon : le président Omar Bongo Ondimba a annoncé que le gouvernement prendrais en charge les frais de scolarité pour l’année 2005/2006 pour tous les élèves du secteur public.

Lundi 19 septembre


- Burundi : La rentrée scolaire en première année de primaire a été reporté après la décision de rendre l’inscription gratuite (au lieu des 1500 francs burundais soit 1,2 euro par trimestre). On s’attend en effet à un doublement des effectifs.
- Liberia : le mandat de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) a été prolongé de six mois par le Conseil de sécurité des Nations unies, en augmentant les effectifs de casques bleus (15250 hommes) pour la période du 15 novembre au 21 mars 2006.
- Tchad : Daniel Fransen, juge d’instruction à Bruxelles (Belgique), a lancé un mandat d’arrêt international contre l’ancien chef d’Etat tchadien Hissène Habré pour des violations graves des droits de l’Homme commis au Tchad pendant son mandat présidentiel entre 1982 et 1990.

Mercredi 21 septembre


- Côte d’Ivoire : Le chanteur ivoirien Alpha Blondy a été nommé Messager de la paix de l’Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).

Jeudi 22 septembre


- Mali, Sénégal : A l’occasion due la célébration du 45ème anniversaire de l’indépendance du Mali à Sikasso, le président sénégalais Abdoulaye Wade, invité d’honneur du président malien Amadou Toumani Touré, a affirmé la volonté des deux chefs d’Etat à aboutir à l’unité des deux pays, 45 ans après l’éclatement de la Fédération du Mali en 1960. Il a rappelé que « L'unité Mali-Sénégal prend sa source très loin dans notre histoire, elle a été brisée par la colonisation » et que « les premiers chefs d'État (Modibo Keïta et Léopold Sédar Senghor) ont essayé de la reconstituer. Malheureusement la tentative n'a pas réussi. Ils n'ont pas tenu compte de tous les paramètres de la reconstruction. Mais nous qui sommes aujourd'hui avertis, qui connaissons tous les éléments de l'époque moderne, allons construire cette unité de façon solide et irréversible ».
- Mali : Décès du footballeur Samba Bass à Dakar.

Lundi 26 septembre


- Tchad : Le village de Madayoun (800 km à l'est de Ndjamena) a été victime d’une attaque par des hommes armés venant du Soudan qui s’est soldé par la mort de 75 personnes, dont 55 civils. Le président tchadien Idriss Déby a accusé les Djandjawids, miliciens soudanais d'ethnie arabe, d’être les auteurs de cette agression.
- Togo : Un rapport des Nations unies, établi suite à une mission du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme au Togo en juin, affirme que les violences lors de l’élection présidentielle, dont la responsabilité principale revient au pouvoir, ont fait « entre 400 et 500 morts ».

Mardi 27 septembre


- Niger : Abdoulaye Harouna, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Echos Express, a été condamné à quatre mois de prison ferme et à 20 000 francs CFA d'amende, ainsi qu’à 500 000 francs CFA de dommages et intérêts à verser au gouverneur de la ville d’Agadez, M. Yahya Yadanka. Celui-ci avait porté plainte contre le journaliste pour injures publiques après la publication d’une série d’article publié par l’hebdomadaire accusant le gouverneur de corruption dans la distribution de l’aide alimentaire. Le journaliste a fait appel de ce jugement. Reporters sans frontières a protesté le 30 septembre contre cette condamnation affirmant notamment que « La prison ferme ne peut en aucun cas être une solution à un litige lié à la publication d'un article de presse ».

Mercredi 28 septembre


- Algérie : Référendum organisé par le président Abdelaziz Bouteflika en faveur de la « Charte pour la paix et la réconciliation », qui doit notamment mettre fin aux poursuites contre les membres des groupes armés qui ne sont pas directement impliqués dans des massacres collectifs et des attentats dans des places publiques, au cours des années 1990 qui ont fait environs 150 000 victimes. Selon les résultats officiels, le « oui » a recueilli 97,36 % des suffrages avec un taux de participation de 79,76%. Le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui avaient appelé au boycott du scrutin, dénonce ces résultats officiels comme étant peu crédibles.
- Soudan : Le camp de déplacé d'Aro Sharow au Darfour a été victime d’une attaque menée par un groupe de 250 à 300 arabes armés et montés sur des chevaux et des dromadaires. cette attaque s’est soldé par la mort de 29 personnes. 10 autres ont été gravement blessées et le quart des habitations du camp, environ 80 abris, ont été détruits. Antonio Guterres, Haut commissaire de l'Onu pour les réfugiés ([HCR) a appelé le gouvernement soudanais à « assurer la sécurité de tous ses citoyens ».

Jeudi 29 septembre


- Somaliland : Des élections législatives se sont tenues dans la république autoproclamée du Somaliland. Selon les résultats publiés le 15 octobre par la Commission nationale électorale, L’Union des démocrates (Udub, parti au pouvoir) obtient 33 sièges, le Kulmiye (solidarité) et le Parti pour la justice et le bien-être, deux partis d’opposition, obtiennent respectivement 28 et 21 sièges.
- Tchad : Le président Idriss Déby a, au cours d’une interview à Radio France internationale, a condamné la prolifération des « madrassas » dans son pays. Les madrassas sont des écoles coraniques et dans certaines d’entre elles, les enfants y sont maltraités, enchaînés et battus. Le président tchadien a déclaré que « Nous prendrons toutes nos responsabilités pour arrêter cette barbarie qui est dans notre siècle ».

Vendredi 30 septembre


- Côte d’Ivoire : La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) organise à Abuja (Nigeria) un sommet consacré à la crise en Côte d’Ivoire suite au report de l’élection présidentielle prévu initialement pour le 30 octobre. Ce sommet doit faire des propositions concrètes qui seront transmises à l’Union africaine.
- République du Congo : Les deux coalitions des partis de l’opposition, la Coordination de l'opposition pour une alternance démocratique (Code A) et la Convention de la démocratie et le salut (Codesa), ont annoncé qu’elles boycottaient les élections présidentielles prévues dimanche 2 octobre. Estimant que la Commission nationale d'organisation des élections (Conel), constitué par des membres nommés par décret présidentiel, ne peut garantir un « scrutin libre et transparent », l’opposition a décidé de na pas présenter de candidats pour ne pas servir d’ « alibi démocratique » au président Denis Sassou-Nguesso.
- Soudan : L’Union africaine, par la voix de son porte-parole Noureddine Mezni, a lancé un « un appel pressant à toutes les parties sans distinction pour qu'elles arrêtent toutes les hostilités », aggravant la situation humanitaire et nuisant aux négociations engagées à Abuja (Nigeria). Catégorie:2005 en Afrique 2005-09 __NOTOC__

2005 en Afrique

2005 en Afrique :Janvier - Février - Mars - Avril - Mai - Juin :Juillet - Août - Septembre - Octobre - Novembre - Décembre

Organisations internationales

Union africaine

Article détaillé : Union africaine
- Le premier sommet des chefs d'État du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) s'est tenu à Libreville (Gabon) les 10 et 11 janvier 2005. Ce sommet était consacré à la situation en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et au Darfour.
- Le sommet de l'Union africaine s'est réuni les 30 et 31 janvier à Abuja (Nigeria. L'ordre du jour portait sur la sécurité alimentaire, la lutte contre les pandémies comme le VIH-sida, le paludisme et la poliomyélite, ainsi que sur le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et la résolution des conflits sur le continent, notamment en Côte d'Ivoire et au Darfour. Au cours de ce sommet, plusieurs décisions ont été prises :
- La mise en place en Somalie d'une force de paix composée de 5000 à 7000 hommes pour aider à la stabilisation du pays. Son organisation est confiée à l'Autorité régionale intergouvernementale de Développement (Igad), qui rassemble la Somalie et les pays limitrophes (Kenya, Éthiopie, Djibouti, Soudan). Dans un premier temps, son mandat serait limité à la protection de l'installation au pays du gouvernement somalien.
- le déploiement d'une force militaire pour désarmer les rebelles rwandais accusés d'être impliqués dans le génocide de 1994 au Rwanda et réfugiés depuis en République démocratique du Congo. Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU a souhaité un renforcement du lien entre l'ONU et l'Union africaine afin que l'Afrique atteigne en 2015 les objectifs du millénaire. Il a notamment déclaré que « l'Afrique n'est pas dans les temps pour atteindre les objectifs de développement de la Déclaration du Millénaire. Mais elle peut atteindre ces objectifs si le partenariat mondial promis depuis longtemps se mobilise totalement ». La question de la meilleure représentation de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité de l'ONU a été repoussée suite à un désaccord entre pays membres de l'Union africaine. Ce dossier a été confié à une commission composée de quinze pays qui se réunira au Swaziland du 20 au 22 février avant d'être abordé par un conseil extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'Union africaine à Addis-Abeba début mars. Le mandat du président en exercice, Olusegun Obasanjo, président du Nigeria, a été prolongé de juillet 2005 à janvier 2006. Les prochains sommets auront lieu en Libye en juillet 2005 et au Soudan en janvier 2006.
- Le conseil exécutif de l'Union africaine, réuni les 7 et 8 mars 2005 à Addis-Abeba (Éthiopie), a décidé de proposer que l'Afrique soit représentée par deux membres permanents au conseil de sécurité de l'ONU. Ces deux représentants devront avoir les mêmes droits que les autres membres du conseil de sécurité, notamment le droit de veto.
- Un sommet de l’Union africaine s’est tenu à Syrte (Libye) les 4 et 5 juillet 2005. Les chefs d’État africains ont demandés au G8 d’annuler totalement la dette de l’ensemble des pays africains et réclamer que le continent soit représenté par deux membres permanents au Conseil de sécurité des Nations unies.

Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

Article détaillé : Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest
- Tandja Mamadou, président du Niger, a été élu le 19 janvier 2005, président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, en remplacement du ghanéen John Kufuor.
- Février 2005: La CEDEAO a condamné la prise de pouvoir de Faure Gnassingbé Eyadéma au Togo lors du décès de son père Gnassingbé Eyadema

Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale

Article détaillé: Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale
- Le sommet des chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) a eu lieu le 11 février 2005 à Libreville (Gabon) avec la présence des présidents de la République centrafricaine François Bozizé, du Congo Denis Sassou-Nguesso, de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, du Tchad Idriss Déby, du Gabon Omar Bongo Ondimba (président en exercice de la Cémac) ainsi que de Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie. Le président camerounais Paul Biya est représenté par le président de l'Assemblée nationale. Le sommet a porté essentiellement sur des aspects économiques, notamment la création de la compagnie aérienne sous-régionale Air Cémac en partenariat avec le groupe Royal Air Maroc. Le sommet a également abordé la situation au Togo et a reçu une délégation conduite par Kokou Tozoun, ministre des Affaires étrangères. Le communiqué final invite « la Communauté internationale à encourager les autorités togolaises à tout mettre en œuvre en vue d'un retour rapide et apaisé du processus démocratique dans le pays ». Omar Bongo Ondimba, président en exercice de la cémac a laissé sa place à Teodoro Obiang Nguema, président de la Guinée Equatoriale.

Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)

Article détaillé : Union économique et monétaire ouest-africaine Tandja Mamadou, président du Niger a été reconduit à la présidence en exercice de l'UEMOA lors du sommet de cette organisation à Niamey (Niger) le 30 mars 2005. Différents chefs d'État ont participé au sommet : Abdoulaye Wade (Sénégal), Mathieu Kérékou (Bénin), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Amadou Toumani Touré (Mali), Henrique Rosa (Guinée-Bissau) et Tandja Mamadou (Niger). Le Togo était représenté par Koffi Sama, premier ministre et la Côte d'Ivoire par Théodore Mel Eg, ministre de l'Intégration régionale et de l'Union africaine. Dans un communiqué final, l'UEMOA s'est félicitée « des résultats obtenus en matière de stabilité des prix dans l'Union du fait d'un meilleur approvisionnement des marchés en produits alimentaires » et a « salué les actions mise en œuvre pour préserver la valeur de la monnaie commune », le franc CFA.

Autres organisations


- Un forum des jeunes pour la paix et le développement s'est tenu du 10 au 12 janvier 2005 à Conakry (Guinée). Organisé par le PNUD (Programme des nations unies pour le développement) en collaboration avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), il a réunis une cinquante de jeunes de la Côte d'Ivoire, de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone, représentants d'associations estudiantines, de responsables des organisations nationales des jeunes, ainsi que des jeunes des zones rurales et des zones frontalières de ces quatre pays. Ces jeunes se sont engagé à contribuer à la consolidation de la paix et le développement de la sous-région ouest-africaine, à promouvoir le rôle des jeunes dans le processus de paix et de développement en Côte d'Ivoire, et au sein de l'Union du fleuve Mano (UFM, regroupant Guinée, Liberia et Sierra Leone).
- La rencontre d'évaluation du processus de Bamako (2000), portant sur les « institutions et pratiques démocratiques dans l'espace francophone », a été organisé à Dakar (Sénégal) les 4 et 5 janvier 2005, par l'Organisation internationale de la francophonie en partenariat avec le Haut commissariat aux Droits de l'homme et à la promotion de la Paix au Sénégal.
- ONU : Le Bénin, membre non permanent du conseil de sécurité depuis le 23 octobre 2003 en assurera la présidence durant le mois de février 2005.
- Pays ACP - Union européenne : La 9 session de l'Assemblée parlementaire paritaire Union européenne – pays ACP (Afrique Caraïbe Pacifique) s'est tenue du 18 au 22 avril 2005 à Bamako (Mali). Au cours de cette session, les « pays du sud » ont demandé à l'Union européenne de prendre des mesures concrètes contre la pauvreté. Ainsi, dans une déclaration intitulée Déclaration de Bamako sur les objectifs du millénaire pour le développement, ils demandent l'annulation de la dette, des mesures visant à établir des règles commerciales plus équitables, un partenariat plus réel et l'accroissement du flux financier à destination des pays en développement. Parallèlement, les pays ACP doivent lutter efficacement contre la corruption, améliorer la gestion des dépenses publiques et renforcer les politiques sectorielles dans le domaine social, notamment en matière de santé et d'éducation.

Conflits et guerres civiles

Côte d'Ivoire

Article détaillé : Guerre civile de Côte d'Ivoire
- Le 11 janvier, Thabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud, mandaté par l'Union africaine s'est rendu à Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d'Ivoire afin d'assister au conseil des ministres. Les ministres de Forces Nouvelles (mouvement de la rébellion) n'ont pas assisté à ce conseil. Selon l'Agence France-presse (AFP), leur absence a été interprétée comme « un signe de mécontentement contre les conclusions de ce sommet, qui a reconnu au président Laurent Gbagbo le droit d'aller au référendum pour adopter la révision de l'article 35 de la Constitution sur les conditions d'éligibilité à la présidence de la République ».
- Le 22 janvier, l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a autorisé le gouvernement ivoirien a réparé son aviation détruite le 6 novembre 2004 par les militaires français de l'opération Licorne, sans qu'il soit possible de les réarmer. Guillaume Soro, secrétaire général des Forces Nouvelles considère que « c'est un acte grave par rapport au processus de paix ». Le 23 janvier, au cours d'une conférence de presse à Bouaké, il a déclaré : « Pour qu'il y ait désarmement, il faut un environnement de confiance. On ne désarme pas dans la méfiance encore moins dans la défiance ».
- Le président sud-africain Thabo Mbeki a reçu le 23 janvier à Pretoria des représentants de l'opposition ivoirienne afin de discuter du processus de paix. Alassane Dramane Ouattara, candidat du Rassemblement des républicains (RDR) et Lambert Kouassi Konan, vice-président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) ont d'abord été reçu, avant Guillaume Soro, chef de la rébellion des Forces nouvelles.Alassane Dramane Ouattara à fait part de son souhait que les élections présidentielles prévues en octobre 2005 sous organisé par les Nations unies afin qu'elles « ne soient contestées par personnes ».
- Le conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité le une résolution présentée par la France renforçant l'efficacité de l'embargo sur les armes. Cette résolution 1584 autorise les casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et les soldats français de l'opération Licorne à inspecter sans préavis les cargaisons des avions et de tout véhicule de transport utilisant les ports, aéroports, champs d'aviation, bases militaires et postes frontières. Pascal Affi N'Guessan, e président du Front populaire ivoirien, le parti du président Laurent Gbagbo, a déclaré être surpris et déçu par cette mesure qu'il qualifie de « provocation inutile ».
- Le secrétaire général des Nations unies, dans un rapport du 24 mars 2005 sur la situation en Côte d'Ivoire, indique qu'« en dépit des efforts méritoires que le Président Mbeki a entrepris au nom de l'Union africaine et des perspectives encourageantes qu'ouvre le plan d'action de l'Union africaine, le pays reste effectivement divisé ». Il s'inquiète du déclin économique du pays, de la persistance des violations des droits de l'Homme, du non désarmement des miliciens et des combattants des Forces nouvelles. Craignant une confrontation grave dans le pays, il déclare : « Il existe un réel danger de voir la situation devenir incontrôlable, cette évolution pouvant entraîner des conséquences incalculables pour la population ivoirienne et la sous-région dans son ensemble ».
- Quatre partis politiques de l'opposition, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le Rassemblement des républicains (RDR), l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) et le Mouvement des forces d'avenir (MFA) ont, dans une déclaration commune, demandé « avec insistance au Conseil de sécurité de l'ONU le renouvellement du mandat de la Force Licorne et son maintien en Côte d'Ivoire jusqu'à la fin du processus électoral, en appui aux Forces de l'ONU ». Ils ont exprimé leur soutien à la médiation entamé par Thabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud et demandé aux Forces nouvelles de s'inscrire dans le processus de paix.
- Dans un rapport publié le 31 mars 2005, l'organisation de défense des Droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) indique que plusieurs « centaines de combattants du Liberia récemment démobilisés, dont de nombreux enfants de moins de 18 ans » ont été recruté par le gouvernement ivoirien depuis le début de la guerre civile.
- Thabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud et médiateur mandaté par l'Union africaine pour la guerre civile en Côte d'Ivoire a réuni les 4 et 5 avril à Pretoria les différents protagonistes du conflit : le président Laurent Gbagbo, le premier ministre Seydou Diarra, Guillaume Soro (Forces nouvelles), Alassane Ouattara (Rassemblement des républicains), Henri Konan Bédié (Parti démocratique de Côte d'Ivoire). Un accord de fin des hostilités a été conclu qui prévoit le désarmement des forces rebelles et des différentes milices progouvernementales. La question sur l'éligibilité à la présidence de la République n'a pu être tranché. Thabo Mbeki se donne une semaine pour faire des propositions, après avoir consulté Olusegun Obasanjo, président nigérian et président de l'Union africaine et Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU. L'élection présidentielle reste prévue pour octobre 2005. Laurent Gbagbo s'est félicité de cet accord, tout comme l'Union africaine, dont le président de la commission Alpha Oumar Konaré a félicité la médiation de Thabo Mbeki. Guillaume Soro a annoncé le retour imminent au gouvernement des ministres membres des Forces nouvelles.

République démocratique du Congo

Article détaillé : République démocratique du Congo
- Le 10 janvier, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, réuni en sommet à Libreville (Gabon), s'était prononcé en faveur d'une aide à Kinshasa pour le désarmement des anciennes forces génocidaires (milices Interahamwe et ex-FAR (Forces armées rwandaises du régime précédent) repliées depuis 1994 en République démocratique du Congo.
- le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé le 17 janvier qu'au moins 15 000 Congolais se sont réfugiés en Ouganda depuis le 11 janvier, fuyant l'insécurité régnant dans l'est de la République démocratique du Congo.
- le 25 janvier sortie du rapport [http://monuc.org/downloads/UN_rapport_embargo.pdf] sur la RDC du groupe d'experts constitués selon la résolution 1552 (embargo sur les armes) du Conseil de sécurité de l'ONU.
- La MONUC, Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo a annoncé le 2 février que les 9000 habitants de la région de Tché, en Ituri sont sous protection de l'ONU, après les violences qui ont fait 52 morts ces derniers jours.
- Ituri : La Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc) a annoncé mercredi 9 février que le procureur de Bunia en Ituri a entamé des poursuites judiciaires après les attaques attribuées aux miliciens du Front des nationalistes et intégrationnistes dans la région de Tché depuis le 19 janvier. Ces attaques ont fait 52 morts, principalement des femmes, des enfants et des vieillards. Depuis le 29 janvier, plus de 10.000 personnes se sont placées sous la protection de l'ONU à Tché.
- En Ituri, région qui connaît des violences interethniques qui ont fait plus de 50.000 morts (et 500.000 déplacés) depuis 1999, un groupe de 4000 miliciens des Forces armées du peuple congolais (FAPC) a décidé de déposer les armes et d'adhérer au programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. Les miliciens qui désarment ont le choix entre être intégrés dans l'armée régulière ou rejoindre la vie civile.
- Dans un rapport publié le 7 mars 2005, l'organisation Human Rights Watch (HRW) dénonce le fait que « moins d'une douzaine d'agresseurs ont été poursuivis » alors que des dizaines de milliers de femmes et de fillettes ont été violées depuis 1998 par les soldats et les miliciens dans l'est de la République démocratique du Congo.
- Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité le 30 mars 2005, la résolution 1592 par laquelle il proroge, jusqu'au 1er octobre 2005, le mandat de la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC). Il réaffirme sa préoccupation quant aux « hostilités que les groupes armés et milices continuent d'entretenir dans l'est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord et du Sud Kivu et dans le district d'Ituri » et demande au gouvernement de traduire en justice les responsables des « graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire ». Il considère « que le maintien de la présence d'éléments des ex-Forces armées rwandaises et Interahamwés demeure une menace sur les populations civiles locales et un obstacle à des relations de bon voisinage entre la République démocratique du Congo et le Rwanda » et invite l'Union africaine à travailler en coopération avec la MONUC.

Soudan

Articles détaillés : Soudan, Sud Soudan
- Sud-Soudan Un accord de paix final au Sud-Soudan a été signé le 9 janvier 2005 à Nairobi entre le vice-président soudanais Ali Osman Taha et John Garang, chef de la rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), mettant un terme au plus long conflit en Afrique (21 ans) qui a fait 1,5 million de morts. Cet accord prévoit pour une période de 6 ans une large autonomie pour le sud du Soudan qui aura son propre gouvernement et une armée autonome. À l'issue de cette période, un référendum d'autodétermination sera organisé. Les revenus issus du pétrole seront partagés en part égale entre le sud et le nord. D'autre part, le gouvernement aura 70 % des postes dans l'administration centrale contre 30 % pour la rébellion du sud. Enfin, la charia (loi islamique) sera en vigueur uniquement dans le nord du pays, à majorité musulmane. Elle ne sera pas appliquée dans le sud à majorité chrétienne et animiste. Le 10 janvier, des milliers de soudanais ont manifesté leur joie dans les rues de Khartoum. Le Conseil national de libération du Mouvement Populaire de Libération du Soudan (SPLM) a ratifié à l'unanimité le 24 janvier à Rumbek l'accord de paix. :
- Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 24 mars à l'unanimité la résolution 1590 présentée par les États-Unis qui prévoit l'envoi d'une Mission des Nations unies au Soudan (Unmis) composée de 10 000 soldats et 715 policiers civils afin de « soutenir l'application de l'accord de paix » au sud-Soudan signé en janvier 2005 par le gouvernement le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SPLM/A) de John Garang. Cette mission a un mandat initial de 6 mois. :
- À la conférence des donateurs qui s'est tenu les 11 et 12 avril à Oslo (Norvège), les bailleurs de fond ont promis de donner 4,5 milliards de dollars en vue de la reconstruction du Soudan, dévasté par 21 années de guerre civile. :
- John Garang, leader des anciens rebelles du Sud-Soudan est devenu le 9 juillet vice-président du Soudan conformément aux accords de paix de janvier 2005. :
- Après la mort de John Garang le 30 juillet 2005, il est remplacé par Salva Kiir Mayardit le 11 août 2005.
- Darfour Article détaillé : Darfour :
- L'Union africaine a décidé de déployer une force de maintien de la paix au Darfour. La force devrait à terme être composée de 3.320 hommes. :
- Le 26 janvier, un bombardement aérien sur un village a eu lieu au Darfour tuant une centaine de personnes. Adam Thiam, porte parole de l'Union africaine a déclaré que c'était « l'attaque la plus grave perpétrée ces derniers mois. C'est plus qu'une violation très grave du cessez-le-feu car ce n'est pas un acte isolé ». Les actes de violence se multiplient ces dernières semaines, à quelques jours du sommet de l'Union africaine qui sera consacré notamment à la situation au Darfour. :
- Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, a appelé le 1er février les Nations unies à engager une action urgente pour mettre fin aux massacres dans la région du Darfour dans le sud du Soudan. Dans un rapport remis la veille, l'ONU accuse le gouvernement soudanais et les milices arabes d'avoir commis au Darfour « de sérieuses violations » de la loi internationale, équivalentes à « des crimes de guerre » ou « des crimes contre l'humanité » en faisant références aux pratiques généralisées de tortures, viols, meurtres et pillages de civils. :
- Le 13 février 2005, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies a appelé l'OTAN et l'Union européenne à « étudier sérieusement ce qu'elles peuvent entreprendre concrètement pour aider à faire cesser » la tragédie que représente la guerre au Darfour, responsable depuis deux ans de plusieurs dizaines de milliers de morts et de 1,6 million de personnes déplacées. :
- Dans un entretien à l'Agence France-presse (AFP) le 14 mars 2005, Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires que le conflit au Darfour a fait au moins 180 000 morts au cours des 18 derniers mois, soit une moyenne de 10 000 morts par mois. Ces chiffres tiennent compte des personnes décédées à cause des privations et des maladies. :
- Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 29 mars 2005 par 12 voix pour et trois abstentions (Algérie, Chine et Russie) une résolution présenté par les États-Unis prévoyant des sanctions (gel des actifs et interdiction de déplacement à l'étranger) pour les personnes qui seraient reconnues coupables d'avoir commis des atrocités ou menaçant le processus de paix. Une commission comprenant des représentants des 15 États membres du Conseil de sécurité sera chargée de désigner ces personnes. La résolution étend également l'embargo sur les armes et interdit au gouvernement les vols militaires offensifs sur le Darfour. Le ministère des affaires étrangères considère que cette résolution qu'elle juge « déséquilibrée et inopportune » ne tient pas compte des « efforts du gouvernement pour traiter les questions liées à la politique, à la sécurité et à la situation humanitaire au Darfour ». :
- Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 30 mars 2005 par 11 voix pour et 4 abstentions (Algérie, Brésil, Chine et États-Unis) une résolution permettant de traduire les auteurs d'exactions (meurtres, viols ou pillages) au Darfour devant la Cour pénale internationale (CPI). Les États-Unis, opposé à la Cour pénale internationale a obtenu que ces ressortissants mis en cause ne puissent y être jugés. Ainsi, la résolution prévoit que « les citoyens, responsables actuels ou passés ou les personnels d'un État contribuant non partie au traité de Rome sur la Cour pénale internationale, seront soumis à la juridiction exclusive de cet État pour tout acte présumé lié à des opérations au Soudan ». :
- Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a approuvé le 28 avril le renforcement de son dispositif de maintien de la paix au Darfour. Ses effectifs passeront de 2200 à 7700 hommes.

Crise politique au Togo

Articles détaillés Politique du Togo et Février 2005 en Afrique Le 5 février 2005 le président Gnassingbé Eyadéma est décédé après avoir dirigé le Togo pendant 38 ans. Selon la constitution, c'est le président de l'Assemblée nationale qui aurait dû assurer l'intérim avant de nouvelles élections présidentielles dans un délai de 60 jours. L'armée a décidé de donner le pouvoir à l'un des fils du président défunt, Faure Gnassingbé Eyadéma. L'assemblée nationale a modifié en urgence la constitution pour avaliser la décision de l'armée. L'Union africaine, la CEDEAO, l'ONU, l'Union européenne ont condamné ce qu'ils nomment un « coup d'État » et demandé le rétablissement de l'ordre constitutionnel. Malgré l'interdiction des manifestations publiques décrétée par le gouvernement, les principaux partis de l'opposition demandent la tenue d'élections libres et pluralistes et appellent chaque jour à des manifestations pacifiques qui rassemblent de plusieurs centaines à quelques milliers de personnes et qui sont dispersées par les forces de l'ordre qui utilise des gaz lacrymogènes. Le 25 février, Faure Gnassingbé Eyadéma a annoncé qu'il renonçait au poste de président de la République et qu'il se portait candidat à l'élection présidentielle qui doit se dérouler le 24 avril 2005. Abbas Bonfoh, vice-président de l'Assemblée nationale devient président par intérim. Quatre candidats se sont présentés à l’élection du 24 avril : Faure Gnassingbé Eyadéma, soutenu par le Rassemblement du peuple togolais (RPT), Emmanuel Bob Akitani, candidat de la coalition de l’opposition radicale, Harry Olympio, candidat du Rassemblement pour le soutien à la démocratie et au développement (RSDD, opposition modérée) et Nicolas Lawson, homme d’affaire qui annonce le retrait de sa candidature le 22 avril. La campagne se déroule dans un climat de violence. L’opposition dénonce les conditions de préparation et demande un report de l’élection. Deux jours avant le scrutin, François Boko , Ministre de l'Intérieur du gouvernement intérimaire, demande le report du scrutin. Il dénonce dans une conférence de presse, « un processus électoral suicidaire ». Il est contraint à démissionner. L’élection a lieu le 24 avril. Elle est marquée par de nombreuses violences faisant des dizaines de morts. Les résultats sont proclamés le 26 avril : Faure Gnassingbé, remporte l’élection avec 60,22% des suffrages devant Emmanuel Bob Akitani avec 38,19% et Harry Olympio avec 0,55%. Aussitôt, des manifestations ont lieu dans plusieurs villes du pays pour dénoncer les fraudes massives. Des heurts entre manifestants et force de l’ordre se produisent entraînant des centaines de victimes, morts ou blessées. Des milliers de Togolais se réfugie au Bénin. La CEDEAO, l’Union européenne, la France reconnaissent la victoire de Faure Gnassingbé Eyadema et appelle à la constitution d’un gouvernement d’union nationale, rejetée par l’opposition radicale qui réclame l’annulation des élections en raison des fraudes massives. Le 8 juin, Edem Kodjo, président de la Convergence patriotique panafricaine (CPP, opposition modérée), est nommé Premier ministre.

Environnement :


- Biodiversité : Alors que le président français Jacques Chirac organise un sommet réunissant scientifiques et politiques sur la biodiversité, les organisations non gouvernementales Greenpeace et Les amis de la terre organise du 24 au 27 janvier 2005 un contre-sommet à Paris sur le thème « comment enfin passer du discours aux actes pour protéger la biodiversité ? » Il portera principalement sur la sauvegarde des forêts tropicales et plus particulièrement sur la Forêt du Bassin du Congo
- Congo :Un sommet international a eu lieu le à Brazzaville sur la gestion durable des forêts en Afrique centrale, en présence des présidents du Cameroun Paul Biya, du Gabon Omar Bongo Ondimba, du Tchad Idriss Déby, de la République centrafricaine François Bozizé et de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo ainsi que du président français Jacques Chirac. Voir aussi: Forêt du Bassin du Congo.
  - Les ONG d'Afrique centrale ont dénoncé le refus des organisateurs de les inviter à cette conférence et d'entendre leur revendication. Belmond Tchoumba, du Centre camerounais pour l'environnement et le développement a déploré que « tous ces gens nous tiennent dans un mépris inacceptable ». Euloge N'Zobo, de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme constate que « les actions de conservation ne tiennent pas compte des premiers concernés ».
  - Isidore Mvouba , Premier ministre congolais a proposé la création d'un système panafricain de certification des produits forestiers à l'exportation qui favoriserait la commercialisation et permettrait de lutter contre les coupes illégales.
- Grands singes : Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo, a annoncé le 5 février à Brazzaville la tenue à Kinshasa en septembre 2005 de la première conférence mondiale intergouvernementale sur les grands singes. En Afrique centrale, quatre espèces de grands singes sont menacées d'extinction, en raison de la déforestation et des différentes guerres qui se sont déroulées ces dernières années.
- République démocratique du Congo : un rapport de l'institut congolais pour la conservation de la nature dénonce le massacre de centaines éléphants par des braconniers et des militaires dans la réserve protégée d'Epulu du nord-est du pays. Un trafic d'ivoire s'est développé en 2004 malgré le fait que l'éléphant soit protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites), qui interdit le commerce de l'ivoire.
- Désertification : Un atelier régional sur la mise en œuvre de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CCD) s'est tenu à Ouagadougou (Burkina Faso) le 11 février et a réuni les « points focaux » de la CDD, des Organisations non gouvernementales et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Organisé par le CILSS (Comité inter-État de lutte contre la sécheresse au Sahel), il a permis au participant d'échanger sur leurs expériences de lutte contre la désertification.
- Le deuxième congrès africain du pétrole, a réuni à Alger les 16 et 17 février 2005 les ministres de l'énergie de douze pays producteurs de pétrole du continent africain et a examiné les moyens nécessaires pour lutter contre la pollution des côtes méditerranéennes et africaines par les hydrocarbures.
- Somalie : Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement a rendu public le 23 février 2005 un rapport qui révèle que le tsunami du 26 décembre 2004 a fait remonter des déchets radioactifs immergés illégalement par les pays occidentaux sur les côtes de la Somalie dans les années 1980 et 1990.
- Ouganda : Dr. Aryamanya Mugisha, dirigeant de l'Autorité de la gestion de l'environnement national ougandais (NEMA), a annoncé au mois de février que la fabrication et l'importation des sacs plastiques seraient interdites en Ouganda avant la fin de l'année.
- L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a estimé le 26 mai 2005 que « le changement climatique menace d'accroître le nombre d'affamés dans le monde en réduisant la surface des terres agricoles dans les pays en développement » et particulièrement dans les pays d’Afrique subsaharienne en raison de « leur faible capacité à s'adapter au changement climatique ou à compenser la baisse de production grâce à des importations de denrées alimentaires ».
- Bénin : le 1er juin, au cours de la « Journée nationale de l’arbre » institué en 1985, Fatiou Akplogan, ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, a invité chaque béninois à planter un arbre afin de limiter les effets de la désertification.
- Éducation à l’environnement : ouverture à Ouagadougou du forum Planet’ERE consacré à l’éducation à l’environnement. La troisième édition de ce forum francophone a été inaugurée par Blaise Compaoré, président du Burkina Faso en présence d’Amadou Toumani Touré, président du Mali et Hama Amadou, premier ministre nigérien.

Catastrophes naturelles et humaines


- République Démocratique du Congo : des pluies torrentielles dans la nuit de samedi 1er janvier au dimanche à Uvira ont causé un mort et emporté une centaine de maisons.
- À l'occasion du sommet de l'Union africaine (UA) à Libreville le 10 janvier 2005, Le président gabonais Omar Bongo Ondimba a souhaité la création d'un organisme africain d'intervention humanitaire d'urgence en cas de catastrophe naturelle ou de conflit.
- Lors de la conférence mondiale sur la prévention des catastrophes naturelles, Salvano Briceno, responsable de la stratégie internationale de l'ONU pour la prévention des désastres a insisté sur le fait qu'« il est très important de se concentrer sur l'Afrique car la vulnérabilité des pays africains est grande ». Selon une étude de l'ONU, 80% des désastres biologiques (principalement associés aux épidémies) ont eu lieu en Afrique pendant la décennie 1994-2003.
- Criquets pèlerins : La FAO recommande aux pays d'Afrique de l'Ouest et du Nord-Ouest (Mali, Sénégal, Mauritanie, Gambie, Guinée-Bissau, Maroc, Algérie) de poursuivre la lutte contre les criquets pèlerins et de rester vigilants en dépit des récentes améliorations constatées dans les actions antiacridiennes. Un séminaire international scientifique sur le criquet pèlerin a été organisé à Dakar du 11 au 13 janvier. Le président sénégalais Abdoulaye Wade appelle « tous les chefs d'État aussi bien ceux des pays développés que ceux en voie de l'être, à tous les bailleurs et institutions spécialisées pour la conjugaison de nos efforts, afin de venir à bout de ce fléau qui remonte dans la nuit des temps ».
- Madagascar : une tempête tropicale, baptisé Ernest, a frappé les 22 et 23 janvier l'île de Madagascar. Un bilan provisoire du 28 janvier fait état de 7 morts et 79 disparus dans le sud de l'île. Près d'un millier de personnes sont sinistrés.
- Nigeria : le vice-président Atiku Abubakar a annoncé le 4 février la mise en place d'un système d'alerte avancée contre les urgences et les catastrophes qui devrait couvrir toute l'Afrique de l'Ouest.
- Mozambique : l'Administration régionale des eaux du Zambèze a annoncé le 9 février 2005 que les inondations provoquées par la montée du niveau de l'immense fleuve Zambèze, dues à de fortes pluies depuis fin janvier, ont déjà affecté 18.825 personnes, principalement des paysans des provinces de Tete et Sofala( centre du Mozambique). Environ 1500 hectares de cultures (riz, maïs, arachide et manioc) sont perdus.
- Mali : Le Conseil économique social et culturel du Mali étudie pendant deux semaines les questions relatives à la prévention et à la gestion des catastrophes naturelles avec comme objectif de faire des suggestions et des recommandations aux autorités sur la prévention et la gestion des catastrophes environnementales (feux de brousse et déboisement, pollution de l'air, de l'eau, ensablement des cours d'eau et prolifération de la jacinthe d'eau dans le lit du fleuve Niger).
- Ethiopie : dans la région de Somali, à 70 Km à l’est d’Addis-Abeba, la crue de la rivière Wade Shebelle en avril 2005 a entraîné des inondations dans plus de 30 villages provoquant la mort de 134 personnes. Les secours ont du mal à arriver à cause de la présence de nombreux crocodiles dans la zone sinistrée.

Eau


- Une conférence internationale sur l'eau organisée par la Banque africaine de développement s'est tenue le 31 mars 2005 à Paris afin de faire progresser le projet africain « Initiative pour l'alimentation en eau et l'assainissement en zone rurale ». Omar Kabbaj, président de la Banque africaine de développement a annoncé qu'« il subsiste un besoin de financement d'environ 460 millions de dollars par an jusqu'à fin 2007. Nous formons le vœu que la communauté internationale se montrera, à terme, à la hauteur du défi et qu'elle réunira les financements nécessaires ».

Santé

Voir aussi : 2005 en santé et médecine

Paludisme

Articlé détaillé : Paludisme
- Suivant les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, le Nigeria a décidé de ne plus prescrire de la chloroquine, le parasite responsable du paludisme devenant résistant à cette molécule utilisé jusqu'à présent. Le Nigeria devrait utiliser l'artémisinine, une médicament plus efficace mais aussi plus cher.
- Un festival « Africa Live » a accueilli à Dakar (Sénégal) les 12 et 13 mars 2005 plusieurs grands noms de la musique africaine comme les maliens Ali Farka Touré, Salif Keïta, Oumou Sangaré, Rokia Traoré, Tinariwen, l'ivoirien Tiken Jah Fakoly, le camerounais Manu Dibango, l'algérien Cheb Khaled, les sénégalais Didier Awadi, Baaba Maal et Youssou N'Dour et le rappeur français Joey Starr. Ces concerts sont dédiés à la lutte contre le paludisme en Afrique, responsable du décès d'un enfant toutes les 30 secondes sur le continent africain
- Sénégal : Le fond mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a refusé d'accorder un financement complémentaire demandé par le Sénégal dans le cadre de la lutte contre le paludisme, considérant que la première phase du programme n'avait pas atteint les résultats escomptés.
- Une étude menée par l'équipe de Robert Snow, du Kenya medical Research Institute de Nairobi, publiée le 10 mars 2005 dans la revue Nature estime qu'environ 515 millions de personnes ont été infectées par le paludisme en 2002. 70 % des cas de paludismes ont été enregistré en Afrique. Cette maladie est responsable du décès d'un million de personnes chaque année, dont 90 % en Afrique.
- Le 5ème forum du partenariat mondial « Faire reculer le paludisme » se tient du 14 au 19 novembre à Yaoundé au Cameroun. Il réuni 1500 chercheurs, médecins et politiques pour faire un état des lieux et « lancer un appel d’action urgente pour contenir le tueur le plus dévastateur en Afrique, le paludisme ».

Sida

Article détaillé: Sida
- Nelson Mandela, ancien président de l'Afrique du Sud et figure du combat contre l'apartheid, a annoncé le 6 janvier lors d'une conférence de presse à Johannesbourg, que son fils Makghato Mandela, âgé de 56 ans, est décédé du VIH-SIDA. « En parler est le seul moyen d'arrêter de voir le sida comme une maladie extraordinaire, à cause de laquelle les gens iront en enfer plutôt qu'au paradis », a déclaré celui qui combat depuis des années le tabou et les discriminations liées à cette maladie.
- Guinée-Bissau : Le Brésil offrira un traitement d'antirétroviraux au malade guinéen du SIDA (officiellement 43 000) suite un accord signé par les deux pays qui comprend aussi la formation du personnel médical et la prise en charge des séropositifs.
- Madagascar : le Fond africain de développement (FAD) a accordé le 17 janvier un don de neuf millions de dollars dans le cadre la lutte contre le Sida et les maladies sexuellement transmissibles afin que Madagascar sécurise les transfusions sanguines et accroît l'accès aux soins préventifs et curatifs.
- La quatrième édition du concours « Scénarios d'Afrique » a été lancée le 1er février. il est destiné aux jeunes africains de moins de 25 ans. Coordonné par Global dialogues trust (fondation pour les dialogues mondiaux), il a comme objectif d'associer les jeunes africains à la production de messages de sensibilisation au VIH/Sida.
- La deuxième conférence des premières dames d'Afrique sur le Sida se tiendra à Ouagadougou le 9 février 2005.
- Côte d'Ivoire : L'Agence de presse des Nations unies IRIN dans un article du 11 février 2005 intitulé Côte d'Ivoire: Une bombe à retardement en marche dans le nord rebelle déclare que le conflit ivoirien qui perdure risque d'entraîn

Février 2005 en Afrique

2005 en Afrique :Janvier - Février - Mars - Avril - Mai - Juin :Juillet - Août - Septembre - Octobre - Novembre - Décembre

Mardi


- Côte d'Ivoire : Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité une résolution présentée par la France renforçant l'efficacité de l'embargo sur les armes. Cette résolution 1584 autorise les casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et les soldats français de l'opération Licorne à inspecter sans préavis les cargaisons des avions et de tout véhicule de transport utilisant les ports, aéroports, champs d'aviation, bases militaires et postes frontières. Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien, le parti du président Laurent Gbagbo, a déclaré être surpris et déçu par cette mesure qu'il qualifie de « provocation inutile ».
- Éthiopie : Les célébrations pour le soixantième anniversaire de la naissance de Bob Marley ont débuté pour la première fois en Éthiopie.
- Dette : Ralph Goodale, ministre canadien des Finances a annoncé que le Canada prévoyait d'annuler 100 % des paiements de service de la dette dus entre maintenant et 2015 pour les 15 pays les plus pauvres (Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Guyane, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Ouganda, Sénégal et Tanzanie).

Mercredi 2 février


- Algérie : Le ministre de la justice a présenté au conseil des ministres un avant-projet de loi créant un organe de prévention et de lutte contre la corruption.
- Ghana : Ouverture à Accra de la deuxième conférence régionale africaine sur la société de l'information. Elle a réaffirmé la nécessité pour les pays africains de mettre en place une politique commune en matière de technologies de l'information et de la communication afin de réduire le « fossé numérique » et de rendre l'Afrique plus compétitive dans ce domaine.

Jeudi 3 février


- Soudan : Un avion cargo en provenance des Émirats arabes unis transportant de la nourriture et des vêtements s'est écrasé alors qu'il s'apprêtait à atterrir à Khartoum. Six Russes et un Soudanais ont trouvé la mort dans cet accident.
- Tchad : Démission du Premier ministre Moussa Faki Mahamat. Le président Idriss Déby a nommé Pascal Yoadimnadji comme nouveau Premier ministre qui a formé son gouvernement qui comprend quatre ministres. Seuls quatre nouveaux ministres font leur entrée dans le gouvernement.
- Le Mali et l'Allemagne ont signé à Bamako deux conventions concernant le « renforcement de la coopération militaire » entre les deux pays. Ces accords sont d'un montant de deux milliards de francs CFA, soit plus de 3 millions d'euros.
- Mauritanie : Le verdict des présumés putschistes du 8 juin 2003 lors du procès qui a débuté en novembre 2004 à Ouad Naga, a été prononcé. Aucune peine de mort n'a été prononcée et seulement cinq accusés ont été condamnés à la prison à perpétuité.
- G7 : Réunion les 3 et 4 février 2005 à Londres des ministres des Finances du G7, les sept pays les plus industrialisés, sur la pauvreté en Afrique. Le Royaume-Uni propose un plan prévoyant une réduction importante de la dette des pays africains et une augmentation de l'aide des pays industrialisés.
- Nelson Mandela, ancien président d'Afrique du sud, invité par Make Poverty History, coalition d'associations humanitaires britanniques, a appelé à Londres les pays développés à tenir leur promesse faites en 2000 de réduire la pauvreté de moitié avant 2015. « Dans ce siècle nouveau, des millions de personnes (...) restent emprisonnées, esclaves, enchaînées. Elles sont enfermées dans la prison de la pauvreté. Il est temps de les en libérer » a-t-il déclaré avant de se prononcer pour l'annulation de la dette des pays les plus pauvres.
- Côte d'Ivoire : Des jeunes de la milice progouvernementale « Groupe patriotique pour la paix » ont affronté la police à Adjamé, dans la banlieue d'Abidjan. Deux personnes sont décédées et plusieurs ont été blessées.

Vendredi 4 février


- Mozambique : le Président Armando Guebuza a rendu public la composition du nouveau gouvernement. Luisa Diogo conserve le poste de Premier ministre, fonction qu'elle occupait depuis février 2004.
- Nigeria : le vice-président Atiku Abubakar a annoncé la mise en place d'un système d'alerte avancée contre les urgences et les catastrophes qui devrait couvrir toute l'Afrique de l'ouest.
- Burkina Faso : Au cours d'un point de presse du gouvernement burkinabé, Adama Fofana, ministre porte-parole du gouvernement et Mariam Lamizana, ministre de l'Action sociale et de la Solidarité nationale ont présenté le Programme national d'action éducative en milieu ouvert (PNAEMO), destiné au 2146 enfants vivant dans la rue recensés. Articulant la prévention, le curatif, le suivi et la réhabilitation, il a pour objectif la réduction de la déviance et de la délinquance juvénile. La mise en œuvre du programme nécessite la mobilisation de plus de 4,146 milliards de FCFA.
- Burkina Faso : Une grève générale d'« avertissement » de 24 heures des fonctionnaires a eu lieu pour exiger une hausse de 25 % de leurs salaires et pensions à l'appel des différents syndicats. Une manifestation a réuni entre 3000 et 5000 personnes dans les rues de Ouagadougou. Les syndicats jugent insuffisantes les augmentations de salaires (environ 12 %) du 1 janvier 2005.

Samedi 5 février


- Somalie : Le gouvernement siégeant à Nairobi a approuvé le projet de l'Union africaine de déployer une force de paix étrangère afin d'aider la réinstallation du gouvernement en Somalie. Neuf des ministres, anciens chefs de guerre, ont exprimé leur désaccord.
- Togo : le Président Gnassingbé Eyadéma est décédé à l'âge de 69 ans. Il a dirigé le pays pendant 38 ans après avoir pris le pouvoir le 13 janvier 1967 lors d'un coup d'État. Alors que la Constitution prévoit que le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim avant de nouvelles élections, l'armée a confié le pouvoir à l'un des fils du président décédé, Faure Eyadéma. Le président de la commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré dénonce ce coup d'État militaire. L'Union africaine et l'ONU ont appelé les autorités togolaises à respecter la Constitution du pays. Le président de l'Assemblée, Fambaré Natchaba Ouattara, membre du Rassemblement du peuple togolais (RPT), était à Paris et n'a pu regagner son pays, le vol d'Air France ayant été dérouté sur Cotonou (Bénin) après la fermeture des frontières togolaises.
- Bénin : le Président de la République, Mathieu Kérékou, a procédé à un remaniement de son gouvernement, composé de 21 ministres dont huit nouveaux (sept ministres sont maintenus dans leurs fonctions et six ministres changent de poste). Huit ministres quittent le gouvernement, dont Bruno Amoussou, ministre d'État au Plan, prospective et développement assurant les fonctions de Premier ministre. Il était pressenti comme dauphin de l'actuel Président pour l'élection présidentielle de mars 2006.

Dimanche 6 février


- Togo :
  - Suite au décès du président Gnassingbé Eyadéma et de l'installation par l'armée de son fils Faure Eyadéma, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho) a indiqué qu'« une action urgente pour barrer la route à la poursuite de la dictature militaire au Togo est absolument nécessaire pour éviter les conséquences qu'un tel coup d'État pourrait entraîner dans une sous-région particulièrement éprouvée, fragilisée par des conflits, des sorties de crises laborieuses et des crises en état de latence ». La Raddho a également invité « toutes les organisations de la société civile et de la diaspora à manifester devant toutes les ambassades togolaises en Afrique et dans le monde ».
  - L'Assemblée nationale s'est réuni en urgence et à voté une modification de la Constitution qui permet au président assurant l'intérim de diriger le pays jusqu'au terme du mandat prévu par le président décédé (2008). Il a destitué le président de l'Assemblée nationale en exercice Fambaré Natchaba Ouattara et élu à sa place Faure Eyadéma, fils de l'ancien Président désigné par l'armée pour remplacer son père. De ce fait, il devient président par intérim.
- Mali : Célébration de la « journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF) » avec comme thème « rôle de la famille pour l'abandon de la pratique de l'excision ». Une cérémonie a été présidée par Touré Lobbo Traoré, épouse du Président et présidente de la Fondation pour l'enfance

Lundi 7 février


- Togo
  - Faure Gnassingbé Eyadéma, fils du Président défunt, désigné par l'armée pour assurer la présidence du Togo, a prêté serment comme nouveau Président à Lomé.
  - Gilchrist Olympio, un des principaux opposants, en exil à Paris, a déclaré qu'il n'acceptait pas la désignation de Faure Gnassingbé pour succéder au Président défunt et a appelé à des manifestations contre ce qu'il nomme une « dictature héréditaire ». Six organisations de l'opposition, dont le Comité d'action pour le renouveau (CAR) de Yaowi Agboyibo et l'Union des forces du changement de Gilchrist Olympio ont appelé la population à suivre mardi et mercredi un mot d'ordre de « Togo, pays mort ».
  - Le gouvernement a pris la décision de rouvrir à 13 heures (heure locale) les frontières du pays qui avaient été fermées samedi après le décès de l'ancien Président. Ce bouclage des frontières avait empêché Fambaré Natchaba Ouattara, président de l'Assemblée nationale de rejoindre le Togo.
  - Dans un communiqué lu à la radio nationale, le ministère de l'Intérieur déclare que pendant la période de deuil de deux mois les manifestations publiques sont interdites.
  - Un sommet extraordinaire des dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) est organisé mercredi à Niamey. Tandja Mamadou, président du Niger et président en exercice de la CEDEAO, avait condamné la prise de pouvoir par l'armée.
  - Olusegun Obasanjo, président du Nigeria et président en exercice de l'Union africaine a déclaré que « des évènements qui se profilent depuis le décès du président ne nous donnent pas d'assurances suffisantes sur la paix ». Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine s'est réuni à son siège à Addis-Abeba. Dans un communiqué, il « condamne fermement la manière dont les autorités togolaises de fait ont organisé la succession au Togo à la suite du décès du président Gnassingbé Eyadéma, qui constitue une violation flagrante et inacceptable de la Constitution togolaise » et « affirme sa détermination à imposer des sanctions, prévues en cas de changement anticonstitutionnel, faute d'une action rapide de la part des autorités de fait pour assurer le rétablissement de la légalité constitutionnelle ».
  - Javier Solana, haut représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne a indiqué que l'Union européenne suivait la position de fermeté de l'Union africaine.
  - À Paris, à l'appel du Comité togolais de résistance, environ 300 togolais ont manifesté devant l'ambassade du Togo pour dénoncer la « dictature héréditaire » et réclamer des élections libres.
- Libéria : Frances Johnson-Morris, présidente de la commission nationale électorale a annoncé que les élections législatives et présidentielles ont été fixées au 11 octobre 2005. Parmi les candidats déclarés, l'ancien joueur de football et Ballon d'or George Weah.
- Mali : ouverture de la cinquième édition du festival Etonnants voyageurs (7 au 13 février 2005) à Bamako et dans plusieurs autres villes du pays (Gao, Kidal, Koulikoro, Ségou, Tombouctou, Kayes, Kita, Sikasso, Mopti).

Mardi 8 février


- Rwanda : L'organisation canadienne Coalition pour les droits des femmes en situation de conflits a adressé une lettre au procureur en chef du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Hassan Bubacar Jallow, accusant ses services de ne pas enquêter suffisamment sur les viols commis pendant le génocide de 1994.

Mercredi 9 février


- Togo
  - Le Centre de Défense des droits de l'homme et de la démocratie en Afrique (CDHRDA) a demandé à Faure Gnassingbé Eyadéma de « laisser la place immédiatement au Président du Parlement dans le but d'organiser des élections démocratiques en temps voulu ».
  - Les chefs d'État de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) réunis en sommet extraordinaire à Niamey ont exigé le retour de l'ordre constitutionnel et menacé d'appliquer l'article 45 du « protocole de la CEDEAO sur la bonne gouvernance », qui prévoit des sanctions. le sommet a décidé qu'une délégation composée de Tandja Mamadou (Niger), de Mathieu Kérékou (Bénin), d'Amadou Toumani Touré (Mali), de John Kufuor (Ghana), d'Olusegun Obasanjo (Nigeria) et du président de la commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré se rendra prochainement au Togo.
  - Faure Gnassingbé Eyadéma est intervenu pour la première fois dans les médias nationaux pour annoncer « l'organisation dès que possible d'élections libres et transparentes », sans préciser la nature des élections, ni leur date. Le ministre de la Communication, Pitang Tchalla, a déclaré que le nouveau président respectera le calendrier électoral pour les élections législatives prévues en 2005.
  - L'Union européenne a déclaré qu'elle considérait comme un coup d'État la désignation comme président de Faure Gnassingbé Eyadéma et a appelé à « une transition pacifique vers un régime démocratique ».
- Burkina Faso : Ouverture du second sommet des « Premières dames » d'Afrique (femmes des chefs d'État) à Ouagadougou sur le thème du « rôle des premières dames d'Afrique dans la lutte contre le sida et dans la prévention des conflits en Afrique».
- République démocratique du Congo : La mission de l'ONU Monuc a annoncé que le procureur de Bunia en Ituri a entamé des poursuites judiciaires après les attaques attribuées aux miliciens du Front des nationalistes et intégrationnistes dans la région de Tché depuis le 19 janvier. Ces attaques ont fait 52 morts, principalement des femmes, des enfants et des vieillards. Depuis le 29 janvier, plus de 10 000 personnes se sont placé sous la protection de l'ONU à Tché.
- Sénégal : Ouverture à Dakar du Conseil de l'Union des architectes d'Afrique (9 au 12 février) sur le thème d'« Architecture et société ».
- UEMOA : Le sommet de l'Union économique et monétaire ouest-africaine qui devait se dérouler à Niamey (Niger) le 19 février est reporté. Selon l'Agence ivoirienne de presse (AIP) qui a annoncé ce report, la cause en serait la situation au Togo après le décès de Gnassingbé Eyadéma.

Jeudi 10 février


- Togo
  - Les autorités militaires exercent des pressions allant jusqu'à la fermeture et la saisie du matériel, sur plusieurs radios privées qui avaient donné la parole aux opposants au régime.
  - Six formations politiques de l'opposition ont appelé à une marche pacifique à Lomé pour le samedi 12 février, malgré l'interdiction de toute manifestation publique décrétée pour une période de deux mois.
- République démocratique du Congo : L'ONU a interdit aux casques bleus d'avoir des relations sexuelles avec des congolais. Cette interdiction fait suite aux révélations d'abus sexuels commis par des casques bleus, notamment sur des jeunes filles mineures, en échange de produits alimentaires.
- Zambie : Kenneth Kaunda, ancien président de la Zambie, s'est exprimé lors du Troisième Institut international pour la Paix à travers le Tourisme, qui se tient à Lusaka pour la suppression du visa pour les africains qui voyagent sur le continent.

Vendredi 11 février


- Togo
  - Thabo Mbeki, président de l'Afrique du sud a déclaré dans son discours sur l'état de la Nation devant le Parlement que « l'actuelle mascarade anticonstitutionnelle au Togo suite à la mort du président Eyadéma, à laquelle la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et l'Union africaine (UA) font face avec fermeté, ajoute à l'instabilité de l'Afrique de l'Ouest ».
  - Le sommet des chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) réuni le 11 février 2005 à Libreville (Gabon) a abordé la situation au Togo et a reçu une délégation conduite par Kokou Tozoun, ministre des Affaires étrangères togolais. Le communiqué final invite « la Communauté internationale à encourager les autorités togolaises à tout mettre en œuvre en vue d'un retour rapide et apaisé du processus démocratique dans le pays ».
  - Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que la France appelait le Togo à « mettre un terme à la transition » et a organisé rapidement des élections libres et démocratiques.
  - Quelques centaines de partisans de l'opposition parlementaire ont manifesté dans le centre ville à Lomé. Ils ont été dispersés par la police qui a utilisé des gaz lacrymogènes.
  - La délégation des chefs d'État de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a annulé sa visite qu'elle devait effectuer au Togo. Réunie à Cotonou (Bénin), elle a convoqué Faure Gnassingbé Eyadéma samedi 12 février à Niamey.
  - Dans un entretien au journal burkinabè l'Observateur Paalga, Yaowi Agboyibo, président du Comité d'action pour le renouveau (CAR), un des principaux partis de l'opposition affirme que la « France mafieuse, celle qui a des intérêts économiques dans plusieurs États africains » (et qui s'oppose à la « France de Robespierre ») soutient le nouveau président.
- CEMAC : Ouverture à Libreville (Gabon) du sommet des chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) avec la participation de Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie.
- Côte d'Ivoire : Dans un communiqué, le conseil des ministres a annoncé que les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale bénéficieront à partir de 2005 d'un financement de l'État. Cette mesure fait partie des réformes prévues par l'accord de paix dit de Marcoussis signé en janvier 2003. Le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Dramane Ouattara ne pourra pas bénéficier de ce financement, n'étant pas représenté au parlement suite au boycott de cette formation des élections législatives de 2000.
- Afrique du sud : Clôture des cérémonies du 10 anniversaire de l'avènement de la démocratie en Afrique du Sud par un grand concert au Cap. Thabo Mbeki, président sud-africain a déclaré : « nous devons intensifier notre travail pour surmonter la pauvreté et le sous-développement dans notre pays ».

Samedi 12 février


- Togo
  - A l'appel de l'opposition, plus de 3000 personnes ont manifesté à Lomé pour protester conte le « coup d'État » de Faure Gnassingbé Eyadéma. Les gendarmes ont chargé et ont tiré des grenades lacrymogènes. Le ministre de l'Intérieur annonce le décès de trois manifestants. Deux gendarmes ont également été grièvement blessés. Les heurts se sont déroulés dans le grand quartier populaire de Bè, un des fiefs de l'opposition. Les manifestants, criant des slogans hostiles au nouveau pouvoir, ont notamment bloqué la circulation sur l'un des boulevards du quartier en tentant d'ériger des barricades et en brûlant des pneus, a constaté l'Agence France presse.
  - Une délégation conduite par le Premier ministre togolais Koffi Sama est arrivée samedi à Niamey pour rencontrer Tandja Mamadou, président du Niger et président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
  - Le gouvernement a décidé la fermeture de trois radios et d'une chaîne de télévision privée, officiellement pour non-paiement de la redevance annuelle.
  - Six partis politiques de l'opposition demandent « aux populations des villes et campagnes du Togo d'observer, le lundi 14 février 2005, sur toute l'étendue du territoire national, une journée « Togo mort » » dans un communiqué publié samedi soir.
  - La jeunesse du Rassemblement du peuple togolais, parti au pouvoir, invite dans un communiqué transmis à l'AFP « les forces vives de la nation à se mobiliser pour une marche pacifique de soutien à Faure Gnassingbé, président de la République dans les jours à venir ».
- Burundi : Ouverture de la campagne électorale pour le référendum sur la nouvelle Constitution qui répartit le pouvoir entre les deux principales ethnies du pays, les Hutus et les Tutsis. La campagne doit s'achever le 25 février et le référendum doit se tenir le 28 février.
- Mali :
  - Le Pôle des actions d'intégration des droits humains en Afrique (PACINDHA) a procédé au lancement du programme national de plaidoyer pour l'élimination de l'essence plombée au Mali d'ici à décembre 2005, conformément à la déclaration de Dakar (juin 2001).
  - Ousmane Issoufi Maïga, Premier ministre, a débuté à Kayes, une tournée nationale consacrée à l'éducation.

Dimanche 13 février


- Mauritanie : Boullaha Ould Megueya, secrétaire général du Parti républicain démocratique et social (PRDS), a annoncé que son parti, au pouvoir, avait adopté une stratégie globale afin d'éradiquer d'ici 2006 l'analphabétisme qui touche prés de la moitié de la population (46,9 %).
- Togo
  - Un office protestant doit être célébré à la mémoire de Gnassingbé Eyadéma dans son village natal de Pya en présence de son fils Faure Gnassingbé Eyadéma, investi président, et de plusieurs membres du gouvernement dont le Premier ministre Koffi Sama.
- Sénégal : Ndiaga Mbaye, auteur-compositeur-interprète et célèbre griot sénégalais est décédé à Dakar des suites d'une longue maladie.

Lundi 14 février


- République démocratique du Congo : L'Assemblée nationale et le Sénat sont convoqués en session extraordinaire afin d'examiner l'avant-projet de Constitution.
- Togo :
  - Les partis d'opposition ont organisé une nouvelle journée « Togo mort » qui a été essentiellement suivie dans les quartiers de Bè et Dékon, deux fiefs de l'opposition. Un manifestant a été tué par les gendarmes. François Akila Esso Boko, ministre de l'Intérieur a adressé « une sévère mise en garde » aux « responsables de partis politiques qui, par leurs actions, tentent de braver la mesure d'interdiction de toute manifestation publique en cette douloureuse période de deuil national ».
  - Harry Olympio, président du Rassemblement pour le soutien de la démocratie et du développement (RSDD), parti de l'opposition a appelé à la suspension des manifestations afin de faciliter la médiation de la CEDEAO.
  - Le Nigeria n'écarte pas la possibilité d'une intervention militaire au Togo. Femi Fani-Kayode, porte-parole de la présidence, a précisé que le Nigeria fera « tout ce qui est nécessaire non seulement pour protéger l'intégrité territoriale [du Nigeria] mais aussi pour assurer la paix, la démocratie et la stabilité dans la sous-région ».
- Sénégal : Maaouiya Ould Taya, président de la Mauritanie a entamé une visite officielle à Dakar. Il a été reçu par le président sénégalais Abdoulaye Wade à l'aéroport Léopold Sédar Senghor.
- Droits de la femme : Graca Machel-Mandela, femme de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, au cours d'une conférence publique en mémoire de l'ancien président nigérian Murtala Muhammed assassiné en 1976, à inviter les femmes à revendiquer l'égalité avec les hommes dans la vie politique. Elle souhaite que la décision prise au sein de la commission de l'Union africaine instaurant la parité soit également mise en œuvre dans les gouvernements des différents pays.
- Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) : des jeunes de plusieurs pays africains (Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Liberia, Niger, Sierra Leone, Togo et Bénin) participe à Cotonou (Bénin) à un atelier international de formation sur les différents aspects Du NEPAD à l'initiative de l'organisation non-gouvernementale «Africa peace».
- Mali : Paul Boateng, secrétaire en chef du Trésor britannique a présenté à Bamako un mémorandum prévoyant 45,4 millions de dollars d'allègement de dette du Mali entre 2005 et 2015. La Grande-Bretagne prévoit de prendre à sa charge 10 % de la dette contractée par le Mali auprès de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

Mardi 15 février


- Tunisie : Un porte-conteneurs battant pavillon marocain s'est échoué sur les côtes d'Aïn Oktor (nord-est de la Tunisie, environ 50 Km de Tunis) provoquant un début de marée noire.

Mercredi 16 février


- Droits de l’enfant : Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies a présenté au Conseil de sécurité des Nations unies un plan d'action étendu pour une surveillance systématique et un signalement des sévices infligés aux enfants (recrutement d' enfants soldats, enlèvement, mutilation, meurtre, viol ou autres sévices sexuels commis contre des enfants, attaques d'écoles ou d'hôpitaux) dans les situations de conflit. Si ce rapport note l’amélioration dans plusieurs pays (Angola, Éthiopie, Erythrée, Liberia, Sierra Leone), il établi une liste de pays où la situation est préoccupante, notamment au Burundi, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo, en Somalie, au Soudan, et en Ouganda.
- Droits de la femme : Une conférence internationale sur les discriminations faites aux femmes s’est tenue à Niamey (Niger) et a réuni autour du thème « partageons notre savoir- faire sur la pratique du genre » des femmes d'Allemagne, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Ghana, de Guinée-Bissau, du Laos, du Mali, du Niger, des Pays-Bas, du Rwanda, du Sénégal et du Togo.
- Sénégal : Ouverture du premier Forum national pour l’Education pour tous à Dakar
- Nigeria : Wole Soyinka, prix Nobel de littérature en 1986 et Anthony Enahoro, dirigeant de la PRONACO, coalition des partis de l’opposition et d’organisation de la société civile, ont refusé leur nomination par le président Olusegun Obasanjo comme délégué à la conférence chargé d’élaborer des recommandations pour une nouvelle constitution.
- Ouganda : Selon la radio britannique BBC, l’armée a enrôlé des centaines d’anciens enfants soldats de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) qu’elle avait capturés.
- Sénégal, Mauritanie : dans un communiqué conjoint, les deux présidents Maaouiya Ould Taya (Mauritanie) et Abdoulaye Wade (Sénégal) ont annoncé la construction d’un pont sur le fleuve Sénégal reliant les deux pays. <