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Strabon

Strabon

Strabon (en grec ancien Στράϐων / Strábôn, « qui louche », en latin Strabo), né à Amasya, Cappadoce, vers 58 av. J.-C., mort entre 21 et 25, géographe grec. Peu de choses nous sont connues de sa vie. Sa famille habitait à Amasya, une ville dans la région du Pont-Euxin. Strabon lui-même dit qu'il a étudié auprès d'Aristodème, précepteur des enfants de Pompée, en Carie. Ensuite, il s'installa à Rome et étudia auprès d'un certain Tyrannion, géographe de son état. En 25 ou 24 av. J.-C., il voyagea en Égypte, accompagnant le préfet romain Ælius Gallus le long du Nil. Après de nombreux voyages, il retourna à Amasya, où il entreprit de rédiger une Histoire (Ἱστορικὰ Ὑπομνήματα / Historika Upomnêmata) en 43 volumes, qu'il voulait la continuation de l'œuvre de Polybe. Aucun de ces volumes ne nous est parvenu. Ensuite, il s'attaque à une Géographie (Γεωγραφικά / Geôgraphika), conçue comme complémentaire de lHistoire, en 17 volumes, que nous avons tous, sauf quelques parties manquantes du livre VII. Son but était d'offrir à un lectorat aussi large que possible un livre agréable et instructif, qui pût être lu d'affilée. La Géographie est divisée comme suit :
- Les livres I et II constituent une longue introduction à l'ouvrage, où Strabon entend prouver que le géographe Ératosthène a eu tort de rejeter l'œuvre d'Homère d'un point de vue géographique.
- Les livres III à X décrivent l'Europe, et plus particulièrement la Grèce (livres VIII–X).
- Les livres XI à XVII décrivent l'Asie mineure.
- Le livre XVII décrit l'Afrique (Égypte et Libye). Strabon pensait que la fortune de la Grèce était partiellement due à sa situation maritime, et esquissait une corrélation intéressante entre l'avancement d'un peuple en matière de civilisation et son contact avec la mer. En même temps, il insistait sur le fait que la géographie ne pouvait à elle seule expliquer la grandeur d'un peuple, et affirmait que la civilisation grecque reposait sur l'intérêt de ses citoyens pour les arts et la politique. Si son œuvre reprend parfois des textes antérieurs de plusieurs siècles à la période où il a vécu, néanmoins sa connaissance du droit romain des différentes cités en fait aussi une source essentielle pour décrire les débuts de la romanisation en Gaule et dans la Péninsule ibérique. Il montre ainsi, dans les livres III et IV notamment, le développement d'une nouvelle culture dans ces régions, suite à l'acculturation partielle des populations. L'œuvre de Strabon resta dans l'ombre sous l'Empire romain, malgré le vœu de son auteur. Ce ne fut qu'à partir du qu'elle commença à être citée, et que Strabon devint l'archétype du géographe. Les historiens classiques comme Wilamowitz ont reconnu l'intérêt de son œuvre, ainsi que ses talents littéraires, qui lui permettaient de décrire un lieu où il n'était pas allé mieux que Pausanias, qui y était allé. Catégorie:Géographe Catégorie:Littérature grecque d'époque romaine Catégorie:Source de la mythologie grecque

Grec ancien


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Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.

Les dialectes

À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique. Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui. Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.

Écritures

La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas). Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A. C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte… L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.

Phonologie

Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet. Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes. En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.

Morphologie

Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien. Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés. On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés. La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien. Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur. Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué. Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme. En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.

Influence du grec ancien sur les langues modernes

Mots savants et radicaux grecs

Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.

Mots courants

Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.

Le dédale synchrone du cosmos politique

Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque : :« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».

Divers


- code ISO 639-2 : grc

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
  - dialectes grecs;
  - déclinaisons du grec ancien ;
  - conjugaisons du grec ancien 
  - phonologie du grec, accentuation du grec ;
  - alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
  - grec moderne ;
- littérature grecque.

Liens externes


- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien als:Griechische Sprache ja:ギリシア語 ko:그리스어 ms:Bahasa Greek simple:Greek language th:ภาษากรีก


Latin

Introduction

Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties. Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux. Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs). Le latin est la langue-mère des langues romanes.

Histoire

Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.

Latin médiéval

On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron. De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.

Le latin, langue vivante

Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction. La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux. Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine. Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin. Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain. Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue. Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi: - Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ? - Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon. - Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt. On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.

Le latin et l'Union Européenne

Assimil Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).

Classification

Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.

Répartition géographique

Statut officiel

Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.

Langues dérivées

Les langues romanes sont dérivées du latin.

Ecriture

Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes : Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.

Prononciation

Prononciation ancienne restituée

On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec). Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.

Prononciations modernes

[En préparation]

Grammaire

Morphologie

La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines. On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires. La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines. Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).

Pronoms personnels

La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.

Lexique

Le latin et les autres langues indo-européennes


- Le vocabulaire commun Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs. AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS. à compléter...

Que devient le latin quand il se fait français ?

Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE. Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra. On en perd forcément son latin.

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
  - Langues par famille
    - Langues indo-européennes
      - Langues italiques
      -
- langues romanes
- Méthode latine ;

Liens externes


- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte Catégorie:Langue liturgique Catégorie:Langue véhiculaire als:Latein ja:ラテン語 ko:라틴어 simple:Latin language th:ภาษาละติน zh-min-nan:Latin-gí

Cappadoce

Histoire > Antiquité La Cappadoce est un ancien pays d'Asie mineure, actuellement située en Turquie. Région traditionnelle de commerce avec les Assyriens, à cause de ses mines (or, argent, cuivre), elle est envahie par les Hittites au , et intégrée à l'Empire, qui y établit sa capitale Hattousas (actuelle Boğazkale) jusque vers -1200. Ensuite, elle fait partie de l'Empire perse, intégrée par Darius à la troisième satrapie. Ce sont les Perses qui lui donnent le nom Katpatuka (« pays des chevaux de race »), qui donnera ensuite « Cappadoce » — les Grecs, eux, donnent aux Cappadociens le nom de « Syriens blancs ». Elle continue à être gouvernée par ses propres dirigeants organisés en une aristocratie de type féodal. Elle devient ensuite indépendante sous le roi Ariarathès, qui reconnaît symboliquement la suzeraineté d'Alexandre le Grand et fonde une dynastie. Sous Ariarathès IV ont lieu les premiers contacts avec Rome. La Cappadoce devient alors l'alliée de l'empire contre les Séleucides, mais est vaincue. Une période confuse s'ensuit, au terme de laquelle la dynastie d'Ariarathès disparaît dans les guerres avec le royaume du Pont. Rome l'aide alors contre Mithridate, roi du Pont, et maintient au pouvoir Ariobarzane Ier, qui sera appelé Philoromaois (« ami des Romains ») pour cette raison. La Cappadoce soutient ensuite Pompée, puis Jules César, puis Marc Antoine, puis Octave. En 17, suite à la disgrâce du roi Archélaos, la Cappadoce est intégrée par Tibère à l'Empire romain.

Liste des rois de Cappadoce


- -362/-330 : Datamès, satrape
- -330/-330 : Ariamnes Ier, satrape
- -330/-322 : Ariarathes Ier, satrape
- -322/-280 : Ariarathes II, satrape puis roi en -301
- -280/-262 : Ariamnes II
- -262/-220 : Ariarathes III
- -220/-163 : Ariarathes IV Eusebes
- -163/-126 : Ariarathes V Philopator
- -126/-111 : Ariarathes VI Epiphanes
- -111/-95 : Ariarathes VII
- -95/-95 : Ariarathes VIII
- -95/-95 : Ariarathes IX
- -95/-62 : Ariobarzanes Ier Philoromaios
- -62/-51 : Ariobarzanes II Philopator
- -51/-42 : Ariobarzanes III Eusebes
- -42/-36 : Ariarathes X
- -36/17 : Archélaos Le Cappadocien Catégorie:Ancien pays d'Asie Catégorie:Géographie de la Turquie Catégorie:Histoire de la Turquie Catégorie:Province romaine ja:カッパドキア ko:카파도키아

58

ko:58년 nb:58 Catégorie:58
I siècle av. J.-C. | | | |
Années 30 | Années 40 | Années 50 | Années 60 | Années 70
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Événements


- En Thuringe, conflit entre deux tribus germaniques pour le contrôle d'eaux salines.
- Othon est envoyé comme gouverneur en Lusitanie (58-68) alors que sa femme Poppée devient la maîtresse de Néron.
- L'apôtre Paul est arrêté à Jérusalem pour troubles dans le Temple. Il est emprisonné à Césarée (58-60). Il invoque sa citoyenneté romaine et on l’envoie à Rome pour être jugé.
- Début de la campagne d'Arménie (fin en 63). Victoire de Corbulon contre Tiridate Ier d'Arménie et Vologèse, roi des Parthes.
- Ambassade Kouchane (Kusana) auprès de l’armée romaine en Arménie (58-59).

Arts & cultures


- Introduction du bouddhisme en Chine.
- L'apôtre Paul écrit son Épître aux Romains (Tous les hommes sont pêcheurs et peuvent être rachetés, mais par la seule foi).

Naissances


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Décès


-

25

ko:25년 nb:25 Catégorie:25
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Années 0 | Années 10 | Années 20 | Années 30 | Années 40
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Événements


- Début du règne de Kadphisès Ier, kouchan (fin en 50).
- Début du règne du nouvel empereur de Chine Guangwudi (Kouang Wou-ti) (fin en 57), descendant de la famille Liu, avec son règne débute la restauration de la seconde dynastie Han en Chine (fin en 222).
  - Les « Sourcils Rouges » , mécontents de la politique inefficace de l'usurpateur Genshi, de son nom personnel Liu Xuan (Lieou Hiuan), marchent sur Chang'an et la livrent au pillage. Liu Xuan est étranglé.
  - Liu Xiu (Lieou Sieou), homme adroit et énergique transfère la capitale à Luoyang et se proclame empereur sous le nom de Guangwudi (Kouang Wou-ti).
- La Numidie orientale devient l’Africa Nova.
- Les Romains construisent un arc de triomphe à Orange, dédicace en 26-27.

Naissances


- Civilis, chef germanique.

Décès


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Pont-Euxin

La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d'environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km2. Les pays qui bordent la mer Noire sont :
- l’Ukraine au nord ;
- la Roumanie et la Bulgarie à l’ouest ;
- la Turquie au sud ;
- la Géorgie et la Russie à l’est. Elle communique au nord avec la mer d'Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Les Grecs anciens nommaient la mer Noire le Pont-Euxin. Le nom de mer Noire aurait pour origine l'attribution par les Turcs de couleurs aux point cardinaux, noir pour le nord, bleu pour l’ouest, blanc pour le sud et vert pour l’est. Cette mer étant au nord de la Turquie elle a été appelée noire, en turc Karadeniz, alors que la mer Méditerranée est appelée mer Blanche, en turc Akdeniz

Voir aussi


- Albena
- Liste des mers et océans
- Danube
- Kéraban-le-Têtu, Roman de Jules Verne où le héros fait le tour de la mer Noire Noire, mer ja:黒海 ko:흑해 th:ทะเลดำ

Pompée

ja:ポンペイウス Catégorie:Personnalité militaire de la Rome antique Catégorie:Personnalité politique de la Rome antique Pompée (Cnaeus Pompeius Magnus), général et homme d'État romain. Né en 106 av. J.-C. dans le Picenum, en Italie, mort en 48 av. J.-C. à Péluse, près d'Alexandrie, en Égypte. Il épousa Julia, fille de Jules César.

Biographie

Il est le fils du général romain Gnaeus Pompeius Strabo qui se fit remarquer lors de la Guerre sociale. À 23 ans, il leva une armée et s'institua de son propre chef Général. Il prit le parti de Sylla pour lequel il vainquit les partisans de Marius en Sicile et en Afrique. Il vainquit ensuite Lépide qui fomentait une agitation. À partir de 77 il fut envoyé en Hispanie pour lutter contre les dernier partisans de Marius, et après de nombreux combats, il réussit à vaincre Sertorius en assassinant ce dernier. Il revient en Italie et y disperse les dernières bandes errantes de Spartacus (71 av. J.-C.). En 70 av. J.-C., il est nommé consul avec Crassus. En 67 av. J.-C., il élimine la piraterie de Méditerranée. Il part en campagne en Orient et défait le roi Mithridate VI, permettant à Rome de s'étendre sur la Bithynie, au Pont et à la Syrie. À son retour, il célèbre un grand triomphe. en 61 av. J.-C. En 60 av. J.-C., il participe au premier triumvirat avec Jules César et Crassus. Il y obtient le contrôle de l'Espagne, de l'Afrique et de Rome. Après la mort de Crassus et alors que César est en Gaule, il se fait nommer consul unique en 52 av. J.-C.. César marche alors sur Rome, franchissant le Rubicon. Pompée, à court de temps, quitte Rome pour Brundisium, où il est rejoint par les sénateurs et les consuls. Cependant, Pompée préféra aller en Grèce, et pendant que Cesar combattait ses soutiens en Hispanie, Pompée rassembla sous son commandement une grande partie des troupes romaines d'Orient. Après un premier affrontement favorable à Pompée qui laissa l'armée de César fortement affaiblie, il envisagea de retourner en Italie mais finalement préféra tenter d'achever son rival. En 48 av. J.-C. le combat décisif eut lieu à Pharsale, en Thessalie; César en sortit victorieux, et Pompée dut fuir. Pompée tenta de se réfugier en Égypte, mais Ptolémée XIII, par crainte de représailles, le fit assassiner dès son arrivée. Il est le père de Sextus Pompée.

Voir Aussi

Bibliographie

J. Van Ooteghem, Pompée le Grand, bâtisseur d'Empire.

Rome

Rome (en italien Roma) est le chef-lieu de la région du Latium et la capitale de l'Italie. Elle est située sur le Tibre, à 22 km de la mer Méditerranée. Elle est parfois appelée la ville aux sept collines (Aventin, Cælius, Capitole, Esquilin, Palatin, Quirinal et Viminal) ou la Ville éternelle. Rome est le siège de Pierre, une des capitales de la chrétienté. D'après la mythologie romaine, Rome doit son nom à son fondateur, Romulus. La date mythique de sa fondation est -753, point de départ du calendrier romain, comptant ab Urbe condita, « depuis la fondation de Rome ». Cette date est confirmée par l'archéologie et aujourd'hui les historiens considèrent qu'effectivement un synœcisme a eu lieu à cette date. La Rome antique n'a cessé d'inspirer.

Cité de Varennes-Jarcy

La cité de Varennes-Jarcy est une enclave extra-territoriale incluant la basilique Saint-Pierre, ainsi que d'autres bâtiments romains. Elle constitue l'État de la cité du Vatican. Le pèlerinage de Rome est, avec ceux de la Terre Sainte (Jérusalem en particulier) et de Compostelle, l'un des trois principaux pèlerinages chrétiens. On arrive à la ville par la via Francigena ; dans Rome, le pèlerinage inclut généralement les quatre basiliques majeures (Saint-Pierre, au Vatican, Saint-Paul-hors-les-Murs, Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Marie-Majeure) et souvent trois autres basiliques mineures, constituant le "Tour des sept églises".

Monuments romains

Tour des sept églises Rome, par son histoire, est très riche en monuments, musées et points de vue. C'est ainsi la deuxième ville la plus visitée au monde après Paris, avec laquelle elle est d'ailleurs jumelée, avec environ 10 millions de visiteurs annuels. Voici quelques-uns des monuments et musées les plus connus :

Rome antique

Voir aussi Liste des monuments de la Rome antique
- l'arc de Constantin
- l'arc de Titus
- le Colisée
- le Forum romain et les Forums impériaux
- le Capitole et les musées capitolins
- les thermes : thermes de Caracalla, thermes de Dioclétien
- le Panthéon
- l'Ara Pacis Augustæ
- les catacombes
- le Circus Maximus
- les monuments et sites paléochrétiens

Rome médiévale


- le ghetto romain
- le tombeau d'Hadrien, devenu château Saint-Ange
- les églises : Saint-Barthélémy-en-l'île, Saint-Laurent-hors-les-murs

Rome renaissance et baroque


- les places : la piazza Navona, la piazza del Popolo, la piazza di Spagna
- les musées : palais Altemps, Galerie Borghèse, Galerie Doria-Pamphili, Galerie Barberini, palais Massimo alle Terme
- les églises : église Saint-Ignace, église du Gesù, basilique Saint-Jean du Latran, basilique Sainte-Marie-Majeure, église Saint-Louis-des-Français, église Saint-Nicolas-des Lorrains, église Saint-Yves-des-Bretons, église et abbaye de la Trinité-des-Monts, abbaye des trois fontaines, la chiesa nuova (Santa Maria in Vallicella)
- les fontaines : fontaine de Trevi, fontaine des Fleuves
- le palais Farnèse, ambassade de France
- la villa Médicis, siège de l'Académie de France à Rome
- la villa Bonaparte
- le Palazzo Chigi, siège du Gouvernement italien

Rome contemporaine

Palazzo Chigi
- le monument à Victor-Emmanuel II, plus connu sous le nom de « machine à écrire »
- le palais Montecitorio, siège du Parlement italien
- le palais de justice sur la place Cavour

Transports et économie

Rome est desservie par des lignes de bus et un métro depuis 1955
Les trains arrivent dans la gare centrale Termini
L'accès aérien se fait par l'aéroport de Fiumicino
et par l'aéroport de Ciampino

Personnages célèbres

À Rome sont nés :
- Elio Petri (1929 - 1982), réalisateur et scénariste À Rome sont décédés :
- Renato Castellani (1913 - 1985), réalisateur
- Pietro Germi (1914 - 1974), acteur, scénariste, réalisateur et producteur
- Elio Petri (1929 - 1982), réalisateur et scénariste

Voir aussi

Liens internes


- Rome antique
- Chronologie de Rome
- Villes d'Italie
- Liste des monuments de la Rome antique
- Jeux Olympiques d'été de 1960

Liens externes


- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/fr/rome/rome.htm Rome la ville eternelle] : Virtual panoramas and photo gallery (ita/ing/fr)
- [http://www.comune.roma.it/ Site officiel de Rome]
- [http://www.wikitravel.org/fr/article/Rome Rome sur Wikitravel] Jeux Olympiques d'été de 1960
-
als:Rom ja:ローマ ko:로마 simple:Rome

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Événements


- Philon définit l'Ancien Testament, loi de Dieu fixée pour l'éternité.

Empire romain


- Fin des insurrections d'Afrique (début en 14).
  - P. Cornelius Dolabella attaque Tacfarinas par surprise dans son camp près d’Auzia (Algérie) près de Thusbascum. Tacfarinas, vaincu, est tué au combat. Huit années de luttes n’ont pas apportés d’amélioration aux conditions de vie des paysans et des nomades berbères.
- Loi Visellia, qui libère les descendants d’affranchis de la macule servile, ce qui leur permet d’accéder au statut de notable.

Naissances


-

Décès


- Strabon ( v. 63 av. J.-C. - v. 24 apr. J.-C.), voyageur, géographe et historien grec, né à Amasya, dans le Pont (aujourd’hui en Turquie). Il remonta le Nil lors d’une expédition conduite par Aelius Gallus, préfet romain d’Egypte, puis passa de nombreuses années à Rome. Sa Géographie, une description détaillée en dix-sept volumes du monde tel qu’il était connu des Anciens, nous est parvenue presque entière.

Empire romain

als:Römisches Reich ko:로마 제국 ja:ローマ帝国 simple:Roman Empire L'expression Empire romain désigne, de manière indistincte, deux entités :
- un État dont la capitale était Rome et qui contrôlait dans l'Antiquité tout le pourtour méditerranéen ;
- le régime politique en vigueur dans cet État à partir de la fin du

L'Empire comme régime

Ce régime a été fondé par Octave après les guerres civiles de la fin de la République romaine. On le date habituellement de 27 avant J.-C., quand le Sénat décerna à Octave le titre d'Auguste et lui remit les pleins-pouvoirs. Mais cet événement ne faisait qu'officialiser une situation qui durait au moins depuis -31, après la bataille d'Actium au cours de laquelle Octave avait battu les forces de Marc-Antoine et de Cléopâtre. De plus, depuis la dictature de Jules César, Rome était déjà habituée à vivre presque constamment en monarchie. Mais, officiellement, il n'y a jamais eu de proclamation de l'Empire et Rome est restée très longtemps (au moins sous le Principat) une République. Il était entendu que cette république remettait volontairement le pouvoir entre les mains d'un seul homme, jugé seul capable d'assurer sa survie. Auguste et ses successeurs jusqu'à Domitien n'eurent que le titre de princeps, « prince », qui était porté sous la République par le sénateur qui avait le droit de parler le premier lors des réunions (il était censé être inspiré par les dieux et, pour cela, particulièrement écouté). Les historiens distinguent pour le début de l'empire quatre familles d'empereurs : les Julio-Claudiens, les Flaviens, les Antonins et les Sévères. De plus, il est de tradition de distinguer les bons et les mauvais empereurs qui abusèrent jusqu'à l'extrême du pouvoir du princeps. Ainsi, Caligula, Néron, Domitien, Commode ont une très mauvaise renommée. L'empereur Septime Sévère a réussi à maintenir la paix autour du limes et a renforcé le pouvoir de l'empereur. Pour cette raison, la tradition historienne distingue deux périodes dans l'histoire de l'Empire jusqu'à la fin du : le Principat et le Dominat, ce dernier étant considéré comme portant davantage les traits d'une monarchie absolue. monarchie absolue À l'imitation d'Auguste, qui avait repris le nom de son père adoptif, les empereurs ont ajouté le nom de « César » au leur, ce qui en a fait un titre, d'où viennent ceux de Kaiser en allemand et de Tsar dans les langues slaves. Très régulièrement, l'empereur recevait de manière quasi automatique certains titres honorifiques, en particulier celui dimperator (qui a donné le français « empereur »), antérieurement décerné par les soldats à leur général quand celui-ci avait remporté une brillante victoire. L'Empire romain se divise en deux périodes : le Haut Empire et le Bas Empire. Ce dernier concerne le , le et le , en Occident.

Chronologie

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mark:(line,mark1) color:events barset:events from:-58 till:-49 text:Guerre_des_Gaules at:-47 text:Bataille de Zéla at:-44 text:Assassinat de Jules César at:-31 text:Bataille d'Actium at:-27 fontsize:XS shift:(2,1) text:Construction du Panthéon_de_Rome from:-26 till:-19 text:Guerre dans les Pyrénées at:-1 at:-18 text:lex Julia barset:break at:9 text:lex Papia Poppaea at:9 text:Bataille de Teutoburg barset:skip at:47 text:Conquête de la Grande-Bretagne at:64 text:Grand incendie de Rome 18 et 19 Juillet at:65 text:Conspiration de Pison barset:break from:72 till:80 shift:(2,1) fontsize:XS text:Construction du~Colisée barset:skip at:79 text:Destruction de Pompéi at:125 fontsize:XS shift:(2,1) text:Reconstruction du~Panthéon_de_Rome barset:break mark:(none,mark2) color:auguste width:22 bar:emperors1 from:-23 till:14 text:Auguste from:41 till:54 text:Claude from:68 till:69 shift:(1,0) fontsize:XS text:Galba from:79 till:81 shift:(1,-11) fontsize:XS text:Titus from:96 till:98 text:Nerva from:138 till:end shift:(-15,-1) fontsize:XS text:Antonin_le_Pieux color:auguste bar:emperors2 from:14 till:37 text:Tibère from:54 till:68 text:Néron from:69 till:69 text:Vitellius from:98 till:117 text:Trajan bar:emperors3 from:37 till:41 text:Caligula color:auguste from:69 till:79 text:Vespasien color:auguste from:117 till:138 text:Hadrien bar:emperors4 from:69 till:69 shift:(1,0) fontsize:XS text:Othon from:81 till:96 shift:(1,-11) fontsize:XS text:Domitien width:22 bar:periods from:14 till:69 shift:(4,-10) color:period1 text:Dynastie_Julio-Claudienne from:69 till:69 shift:(4,1) color:period2 text:Année_des_quatre_empereurs from:96 till:end shift:(4,-10) color:period1 text:Cinq_bons_Empereurs width:8 Preset = TimeHorizontal_AutoPlaceBars_UnitYear ImageSize = width:800 barincrement:25 PlotArea = left:30 right:45 bottom:40 Colors = id:canvas value:rgb(0.97,0.97,0.97) id:white value:rgb(1,1,1) id:subtitle value:gray(0.5) id:grid1 value:gray(0.7) id:grid2 value:gray(0.88) id:black 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Voir aussi

Articles connexes


- Liste des empereurs romains
- Empire romain d'Occident
- Empire romain d'Orient
- Divisions de l'Empire romain au IVe siècle
- Art romain
- Chronologie de l'Empire romain

Liens externes


- [http://www.empereurs-romains.net/ Un site extrêmement complet sur les Empereurs romains]
- [http://perso.wanadoo.fr/karl.claerhout/page1.htm Un autre site très documenté sur l'Empire romain] Rome RomeRome Catégorie:Rome antique Catégorie:Histoire de l'Europe


Polybe (historien)

Polybe, en grec ancien Πολύϐιος / Polybios, né à Mégalopolis (Arcadie) entre 210 et 202, mort en 126, général, homme d'État et historien.

Sa vie

Issu d’une grande famille arcadienne, le jeune Polybe reçoit une solide éducation militaire. Dans le sillage de son père, Lycortas, Polybe est un des meneurs de la Ligue achéenne, au moment de la défaite du roi Persée de Macédoine face à Paul Émile le Macédonien, à Pydna (168). Rome exige de la Ligue, restée neutre, des otages parmi les dirigeants politiques soucieux de l’indépendance des villes grecques ; Polybe est de ceux-là. À Rome, il se lie d’amitié avec le fils de Paul-Emile, Scipion Émilien. En 150, l’exil prend fin, Polybe rentre en Grèce. Mais très vite, Scipion Émilien fait appel au militaire qu’est Polybe, et avec son aide, rase Carthage (146). C’est alors que la Ligue achéenne se soulève contre Rome ; le résultat est désastreux : les Achéens sont écrasés, Corinthe détruite. Grâce à ses relations, Polybe est chargé par les Romains de faire respecter leurs volontés dans la politique grecque. Polybe réussit l’exploit de se concilier la reconnaissance des Grecs et la satisfaction des Romains. Polybe termine sa carrière politico-militaire aux côtés de son ami Scipion Émilien en Espagne, au siège de Numance (133).

Son œuvre

Outre l’Éloge de Philopoemen, le Traité de tactique et la Guerre de Numance, perdues, Polybe a écrit les Histoires (en grec Πραγματειά Pragmateia), dont seuls cinq volumes sur les quarante d’origine nous sont parvenus dans leurs totalités. Les travaux de Polybe sont loués pour leur rigueur, le refus d’invoquer les interventions des Dieux dans les phénomènes historiques, ainsi que la méthode utilisée : prospective, rigoureuse, éloignant les effets de manche au profit de l’exactitude et de l’objectivité sèche ; ce qui explique en partie son style pauvre.

Articles connexes


- Carré de Polybe Catégorie:Historiographie grecque catégorie:Littérature grecque hellénistique catégorie:historien romain Polybe ja:ポリュビオス

Homère

Homère (en grec ancien Ὅμηρος / Hómêros) est réputé avoir été un aède (poète) de la fin du C'est le premier poète grec dont les œuvres nous sont parvenues. Il était surnommé simplement « le Poète » (ὁ Ποιητής / ho Poiêtếs) par les Anciens. Victor Hugo écrivit à son propos dans William Shakespeare : « Le monde naît, Homère chante. C'est l'oiseau de cette aurore ». Le fait qu'il ait eu une existence réelle ou simplement qu'il représente une personnification tardive d'un éventuel auteur ou collectif (comme Rrose Sélavy ou Nicolas Bourbaki) semble aujourd'hui impossible à établir avec certitude. Cette question est abordée plus en détail dans cet article.

Biographie

La tradition veut qu'Homère ait été aveugle. Deux éléments dans les textes homériques appuient cette thèse. Tout d'abord, l'aède Démodocos, qui apparaît dans l'Odyssée pour chanter des épisodes de la guerre de Troie, est aveugle. Ensuite l'auteur de lHymne homérique à Apollon Délien (à l'époque attribué à Homère) déclare à son propre sujet : τυφλὸς ἀνήρ, οἰκεῖ δὲ Χίῳ ἔνι παιπαλοέσσῃ (« c'est un aveugle, qui réside à Chios la rocailleuse »). Martin P. Nilsson remarque cependant, dans Homer and Mycenæ (1933), que dans certaines régions slaves, les bardes sont rituellement qualifiés d'« aveugles ». La perte de la vue est supposée stimuler la mémoire. De plus, symboliquement, l'aveugle est, dans les civilisations antiques, celui qui voit l'invisible transcendant et ne peut voir le visible immanent. C'est une incarnation de l'idée d'inspiration divine. Tirésias ou Œdipe en sont représentatifs : le premier reçoit la cécité en malédiction et le don divinatoire en compensation. Le second perd la vue quand il se met à voir la vérité et accède à une forme de sainteté. Il est probable que la cécité d'Homère soit de ce type. Plusieurs villes ioniennes (Chios, Smyrne, Cymé ou encore Colophon) se disputent son origine. Lucien de Samosate (v. 120–ap. 180), dans son Histoire vraie (II, 20), fait d'Homère un Babylonien envoyé en otage (en grec ὅμηρος / homêros) chez les Grecs, d'où son nom. Le philosophe et érudit Proclos (412485) conclut la polémique dans sa Vie d'Homère, en disant que celui-ci fut avant tout un « citoyen du monde ». En fait, nous ne savons rien sur la vie d'Homère. Huit biographies anciennes nous sont parvenues, faussement attribuées à Plutarque et Hérodote, mais elles datent probablement de l'ère chrétienne et ne sont pas dignes de confiance.

Œuvres

On lui attribue la paternité de
l'Iliade et de l'Odyssée. L'œuvre épique comique Batrachomyomachia (bataille des grenouilles et des souris, parodie de l'Iliade) et les Hymnes homériques lui sont également attribués, quoiqu'il soit communément admis que ce sont des œuvres dérivées ultérieures. De manière générale, dans l'Antiquité, le nom d'Homère était pratiquement équivalent à la poésie épique dans son ensemble, de même que celui d'Hésiode désignait toute forme de poésie didactique. De cette manière, on trouve fréquemment son nom accolé aux titres des épopées du Cycle troyen. Archiloque de Paros considérait qu'Homère avait écrit le Margitès, une œuvre comique. Hérodote (V, 37) rapporte que la « poésie homérique » fut bannie par Clisthène, tyran de Sicyone, à cause de ses références à Argos — ceci laisse supposer que le Cycle thébain était également considéré comme homérique. Hérodote lui-même s'interroge sur la paternité homérique des Épigones (IV, 32) et des Chants cypriens (IV, 32). Enfin, nombre d'auteurs antiques citent des vers qu'ils attribuent à Homère, mais qui ne figurent ni dans l'Iliade, ni dans l'Odyssée : Simonide de Céos (fgt. 564 PMG), Pindare (Pythiennes, IV, 277–278), etc. Ce n'est qu'à partir de Platon et Aristote que l'attribution se limite aux deux épopées.

Composition des œuvres

Aristote)]] Du fait des maigres informations dont nous disposons sur Homère, certains ont mis en question son existence même. Cette question remonte à l'Antiquité :
« C’était la maladie des Grecs de chercher quel était le nombre des rameurs d’Ulysse ; si l’Iliade fut écrite avant l’Odyssée, si ces deux poèmes étaient du même auteur. »
(Sénèque,
De la brièveté de la vie)
Plusieurs hypothèses ont été envisagées : il s'agirait là d'un seul auteur, de plusieurs auteurs ou d'un auteur ayant réuni et complété le travail de plusieurs auteurs. Au , l'abbé d'Aubignac (Conjectures académiques, 1715), puis F. A. Wolf (Prolegomena ad Homerum, 1795) posent la question de l'unité artistique des poèmes et affirment que les textes que nous avons sont l'œuvre d'un éditeur tardif. À partir d'eux se distinguent deux écoles : les unitaristes et les analystes. Les analystes cherchent à isoler un poème originel, œuvre d'Homère lui-même, d'additions postérieures ou d'interpolations, et soulignent les incohérences du texte, les erreurs de composition : par exemple, Pylémène, héros troyen, est tué au chant V avant de reparaître quelques chants plus loin ou encore Achille espère au chant XI une ambassade qu'il vient juste de renvoyer. Il est vrai aussi que la langue homérique (voir infra), pour ne parler que d'elle, est un ensemble composite mêlant des dialectes divers (ionien et éolien principalement) et des tournures d'époques diverses. Cette démarche était déjà celle des Alexandrins qui ont établi le texte (voir infra). Les unitaristes, au contraire, soulignent l'unité de composition et de style des poèmes, pourtant très longs (15 337 vers pour l'Iliade et 12 109 pour l'Odyssée) et défendent la thèse d'un auteur, Homère, qui a composé les poèmes que nous avons à partir de sources diverses existant à son époque. Les différences entre les deux poèmes peuvent s'expliquer par le changement entre un auteur jeune et le même, plus vieux, ou encore entre Homère lui-même et un continuateur de son école. Aujourd'hui, la plupart des critiques pense que les poèmes homériques ont été composés lors d'une période de transition, au moment du passage d'une culture de composition et de transmission orale à une culture de l'écrit. l'Iliade aurait été composée en premier, vers la première moitié du , et l'Odyssée serait postérieure, de la fin du

Transmission des textes homériques

Transmission orale

Les textes homériques se transmirent longtemps par voie orale. Dans sa célèbre thèse,
L'Épithète traditionnelle chez Homère, Milman Parry montre que les nombreuses formules « nom propre + épithète », telles que « Achille aux pieds légers » ou « Héra, la déesse aux bras blancs » obéissent à des schémas rythmiques précis qui facilitent le travail de l'aède : un hémistiche peut être aisément complété par un hémistiche tout fait. Ce système, qu'on ne retrouve que dans la poésie homérique, est caractéristique de la poésie orale (cf. épithète homérique). Parry et son disciple, Albert Lord, donnent ainsi l'exemple de bardes serbes de la région de Novi Pazar, analphabètes, capables de réciter de longs poèmes parfaitement versifiés, en utilisant ce type de formules rythmiques. Après avoir enregistré plusieurs de ces épopées, Lord s'aperçoit en revenant quelques années plus tard que les modifications apportées par ces bardes sont minimes.

De Pisistrate aux Alexandrins

Pisistrate, au , inaugure la première bibliothèque publique. Cicéron (
De oratore, III, 40) rapporte que les deux récits épiques sont alors pour la première fois retranscrits, sur l'ordre du tyran athénien. Il promulgue une loi enjoignant à tout chanteur ou barde passant par Athènes de réciter tout ce qu'il connaît d'Homère pour les scribes athéniens, qui enregistrent chaque version et les réunissent en ce qui est à présent appelé L'Iliade et L'Odyssée. Des savants tels que Solon (qui s'était pourtant opposé à Pisistrate pendant sa campagne électorale) participent à ce travail. Le fils du tyran, Hipparque, ordonne que le manuscrit soit récité tous les ans à l'occasion de la fête des Panathénées, selon le dialogue Hipparque attribué à Platon. Les textes homériques sont alors écrits et lus sur des rouleaux de parchemin ou de papyrus, les volumina (d'où vient le français « volume »). Aucun rouleau ne nous est parvenu intact. Nous n'en avons que des fragments, retrouvés en Égypte, dont certains remontent au L'un d'entre eux, Sorbonne inv. 255, contenant les chants IX et X, montre que, contrairement à ce que l'on pensait jusqu'alors :
- le découpage des œuvres en 24 chants chacun, numérotés par les 24 lettres de l'alphabet ionien, est antérieur à l'œuvre des grammairiens alexandrins de l'époque hellénistique ;
- le découpage en chants ne correspond pas à une nécessité pratique (un chant par rouleau). Ensuite, les premiers à travailler à une édition critique des textes homériques sont les grammairiens alexandrins. Zénodote, premier bibliothécaire de la Bibliothèque d'Alexandrie, commence le travail de défrichage, tandis que son successeur Aristophane de Byzance établit la ponctuation du texte. Aristarque de Samothrace, successeur d'Aristophane, écrit des commentaires de
l'Iliade et de l'Odyssée, et tente de différencier le texte attique, établi sur les ordres de Pisistrate, et les additions hellénistiques.

Des Byzantins à l'imprimerie

Au , les Romains répandent dans le bassin méditerranéen l'usage du
codex, c'est-à-dire le livre broché que nous connaissons aujourd'hui. Les plus anciens manuscrits qui nous soient parvenus sous cette forme remontent au . Ils sont l'œuvre d'ateliers byzantins. C'est le cas par exemple du Venetus 454A, l'un des meilleurs manuscrits existant, qui permit en 1788 au Français d'Annse de Villoison d'établir l'une des meilleures éditions de L'Iliade. Au , l'érudit Eustathe de Thessalonique compile les commentaires alexandrins. Il ne retient que 80 corrections sur les 874 établies par Aristarque de Samothrace. En 1488 est imprimée la version princeps des œuvres à Florence.

La langue homérique

Florence La langue homérique est d'abord une langue de l'épopée, déjà archaïque au , et encore davantage au moment de la fixation du texte, au . Avant ce moment, d'ailleurs, certains de ces archaïsmes ont été remplacés, introduisant ainsi dans le texte des atticismes. Parfois, la métrique permet de retrouver la forme initiale, ainsi que d'expliquer certaines tournures. C'est par exemple le cas pour le digamma (Ϝ), disparu dès le , encore utilisé chez Homère pour des questions de scansion, même s'il n'est ni écrit ni prononcé. Ainsi du vers 108 du chant I de
l'Iliade :
ἐσθλὸν δ’ οὔτέ τί πω [Ϝ]εἶπες [Ϝ]έπος οὔτ’ ἐτέλεσσας
L'emploi concurrent de deux génitifs, l'archaïque en -οιο et le moderne en -ου, ou encore deux datifs pluriel (-οισι et -οις) montrent que l'aède pouvait alterner à son gré formes archaïques et modernes : « la langue homérique est un mélange de formes d'époques diverses, qui n'ont jamais été employées ensemble et dont la combinaison relève d'une liberté purement littéraire » (Jacqueline de Romilly). Mieux encore, la langue homérique combine différents dialectes. On peut écarter les atticismes, transformations rencontrées lors de la fixation du texte. Il reste deux grands dialectes, l'ionien et l'éolien, dont certaines particularités sont manifestes pour le lecteur : par exemple, l'ionien utilise un êta (η) là où l'ionien-attique utilise un alpha long (ᾱ), d'où les noms « Athéné » ou « Héré » au lieu des classiques « Athéna » et « Héra ». Cette « coexistence irréductible » des deux dialectes, selon l'expression de Pierre Chantraine, peut s'expliquer de diverses façons :
- composition en éolien, puis passage en ionien ;
- composition dans une région où les deux dialectes sont également utilisés ;
- libre choix de l'aède, comme pour le mélange des formes d'époques différentes, souvent à cause de la métrique. De fait, le dialecte homérique est une langue composite qui n'a jamais existé que pour les poètes, qui n'a jamais été réellement parlée, ce qui accentue la rupture créée par l'épopée avec la réalité du quotidien. Plus tard, bien après Homère, les auteurs grecs vont imiter ces homérismes précisément pour « faire littéraire ».
Voir dialecte homérique.

Homère historien ?

Les auteurs de l'Antiquité pensaient qu'Homère chantait des événements ayant réellement existé, et que la guerre de Troie avait vraiment eu lieu. Ils faisaient leur la remarque d'Ulysse à l'aède Démodocos (
Od., VII, 489–491) :
« Tu chantes avec un grand art le sort des Grecs,
Tout ce qu'ont fait, subi et souffert les Argiens,
comme un qui l'eût vécu, ou tout au moins appris d'un autre ! »
Au encore, c'est pour retrouver les sites décrits par l'épopée qu'Heinrich Schliemann lance ses fouilles en Asie mineure. Quand il met au jour les ruines d'une ville appelée Troie, puis celles de Mycènes, on pense que ce que raconte Homère est prouvé : on aurait retrouvé le masque d'or d'Agamemnon, le bouclier d'Ajax, la coupe de Nestor, etc. On identifie la société décrite par l'aède à la civilisation mycénienne. Rapidement, les découvertes sur cette civilisation (au premier chef, le déchiffrement du linéaire B) remettent en cause cette thèse : la société achéenne ressemblait plus aux civilisations mésopotamiennes, administratives et bureaucratiques, qu'à une aristocratie de guerriers, sans État. Jacqueline de Romilly explique ainsi : « entre les documents soudain révélés et le contenu des poèmes, il n'y a pas un lien beaucoup plus étroit qu'entre la
Chanson de Roland et des actes notariés de l'époque de Roland » (Homère, 1999). Moses Finley, dans Le monde d'Ulysse (1969), affirme que la société décrite, hors quelques anachronismes, a vraiment existé : ce sont les « siècles obscurs », ceux du X et du , situés entre la civilisation de Mycènes et le début de l'âge des cités (). Ainsi, il écrit dans « Les siècles obscurs et les poèmes homériques » (Les anciens Grecs, 1971) :
« Tout se passe donc comme si la volonté archaïsante des bardes avait été en partie couronnée de succès : bien qu'ils aient perdu presque tout souvenir de la société mycénienne, ils demeuraient assez en retard sur leur temps pour peindre avec quelque exactitude les siècles obscurs, dans leurs débuts plus qu'en leur fin — tout en laiss