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Alphabet als:Alphabet ko:자모 문자 ms:Aksara ja:アルファベット simple:Alphabet th:อักษร
Catégorie:Linguistique Catégorie:Écriture Catégorie:Symbolique
Catégorie:Symbolique Un alphabet (de alpha et bêta, les deux premières lettres de l'alphabet grec) est un ensemble de symboles utilisé pour représenter plus ou moins précisément les phonèmes d'une langue.
Chacun de ces symboles, ou graphème, est appelé une lettre ; chaque lettre, en théorie, devrait noter un phonème. Certaines lettres peuvent recevoir un ou plusieurs diacritiques afin d'étendre le stock de graphèmes si celui-ci est insuffisant pour noter les sons de la langue ou permettre d'éviter les ambiguïtés. De la même manière, un alphabet peut être étendu par l'utilisation de digrammes ou encore de lettres supplémentaires.
Les évolutions phonétiques d'une langue se produisant à un rythme différent de l'évolution écrite, l'écriture alphabétique ne garantit en aucune manière une correspondance un à un entre les phonèmes et les graphèmes : en français, /s/ peut se noter ç, s, ss ou t. A contrario, s peut se prononcer /s/, /z/ ou être muet. Certaines langues, comme le hongrois, ont toutefois une écriture quasi-phonétique. Dans la majorité des cas (hormis pour le hongrois), ce sont des langues écrites depuis peu dont la transcription au moyen de signes alphabétiques a fait l'objet d'une recherche planifiée.
Histoire
Les deux premières lettres de l'alphabet grec, alpha α et bêta β, ont pour origine les deux premières lettres phéniciennes : le coup de glotte et /b/, dont le nom signififiait vraisembablement « taureau » et « maison » dans cette langue.
Le premier alphabet de l'histoire est celui d'Ougarit, d'ailleurs déjà classé dans l'ordre alphabétique levantin. Il est suivi par celui des Phéniciens, dont les descendants sont nombreux : aussi bien l'écriture arabe que l'alphabet latin.
Françoise Briquel-Chatonnet (chargée de recherche au laboratoire des études sémitiques anciennes, CNRS-Collège de France) a proposé en 2005 l'histoire des alphabets suivante :
──o Écritures protosémitiques
├─o Protosinaïque ()
├─o Ougaritique ()
? ?
| └─o Phénicien ( - )
| ├─o Paléo-hébreu (, remplacé au par l'Hébreu carré)
| ├─o Punique
| ├─o Araméen ()
| | ├─o Hébreu carré ()
| | ├─o Écritures d'Asie centrale (Sogdien, Ouïgour, Mongol, Mandchou, etc.)
| | ├─o Karoshti ()
| | ├─o Brahmi (milieu du )
| | ├─o Nabatéen ()
| | └─o Syriaque ( ap. J.-C.)
| | :
| | └─o Arabe ( ap. J.-C.)
| └─o Grec ()
| ├─o Étrusque ()
| | └─o Latin ( - )
| ├─o Copte ( ap. J.-C.)
| ├─o Géorgien (début du ap. J.-C.)
| ├─o Arménien (début du ap. J.-C.)
| └─o Cyrillique ( ap. J.-C.)
└─o Écritures arabiques (début du )
├─o Nord-arabiques (Safaïtique, Thamoudéen, etc.)
└─o Sud-arabiques
├─o Himyarite
└─o Éthiopien ( ap. J.-C.)
Évolution de certaines lettres dans l'histoire et les civilisations :
Image:Abce proto A.png|Évolution du A.
Image:Abce proto B.png|Évolution du B.
Image:Abce proto E.png|Évolution du E.
Alphabets
Alphabet français
Pour écrire le français, on utilise l'alphabet latin moderne avec les vingt-six lettres suivantes : a A, b B, c C, d D, e E, f F, g G, h H, i I, j J, k K, l L, m M, n N, o O, p P, q Q, r R, s S, t T, u U, v V, w W, x X, y Y, z Z.
Cet alphabet fondamental est enrichi par :
- des signes diacritiques :
- l’accent aigu ´ (diacritique le plus courant, mais uniquement sur le e dont il modifie très sensiblement la phonétique en le rendant non caduque),
- l’accent grave ` (très courant sur le e qu'il allonge, et sur le a et le u dans quelques mots courants dont il précise le sens sans en modifier sensiblement la phonétique),
- l’accent circonflexe ˆ (assez courant sur le a, le e et le o dont il peut modifier la phonétique en les fermant ou les allongeant suivant les régions, et résiduel en voie d'obsolescence sur le i et le u où il symbolise une ancienne lettre amuïe, et maintenant complètement disparue au plan phonétique),
- le tréma ¨ (sur le e pour éviter la formation d'un digramme vocalique ou d'une diphtongue comme dans Noël, ou sur un e muet pour forcer la prononciation d'une voyelle précédente qui autrement resterait muette dans un digramme consonnantal comme dans aiguë, sur le i de quelques mots comme haï pour les mêmes raisons mais parfois remplacé dans d'autres mots par un h muet avant le i, sur le u de mots assez rares comme capharnaüm et de noms propres, là aussi pour éviter la formation d'un digramme vocalique, et parfois sur le y de certains noms propres comme l'Haÿ-les-Roses).
- la cédille ¸ (assez courante, mais uniquement en français sous le c pour en garder la prononciation avant les voyelles a, u ou o, par exemple le mot ça et les mots et conjugaisons dérivés des verbes en -cer).
- Consulter à ce sujet Diacritiques utilisés en français ;
- Curieusement, les claviers français, utilisés sous Windows, ne permettent pas d'accentuer un E majuscule (pas d'accent aigu en touche morte) ou d'indiquer la cédille sous un C majuscule, ce qui oblige à un certain nombre de contorsions pour rédiger un texte décent (ou à utiliser par exemple un autre clavier comme le clavier suisse romand ou canadien, ce qui est encore plus pénible à l'usage car les ponctuations sont toutes déplacées de même que certaines lettres de l'alphabet principal). Les systèmes d'exploitation Mac et Unix (ou Linux) ne connaissent pas ce problème, il suffit de se mettre en mode de verrouillage majuscule et d'appuyer sur la touche de la lettre accentuée (mais on doit alors maintenir quand même la touche majuscule enfoncée pour taper les chiffres de la première rangée si on n'a pas de pavé numérique séparé, ce qui est contraire à l'usage dactylographique français, et nécessite une adaptation et peut même ne pas s'avérer pratique pour certains utilisateurs de portables, habitués à taper les nombres sans devoir maintenir une seconde touche enfoncée) ;
- des ligatures :
- des ligatures orthographiques : æ et œ (considérées comme des digrammes, car provenant de l'amuïsssement ou la contraction de deux syllabes en une seule) ;
- des ligatures esthétiques : ct, et, ff, ffi, ffl, fi, fl, ft, st et tt (d'usage courant en typographie, elles ne sont toutefois pas considérées comme des lettres distinctes au plan orthographique, sémantique ou éthymologique) ;
- des graphies consonnantales :
- des digrammes consonnantaux insécables : ch, gu, ge (avant a, o, u), ph, qu (avant e), sh (dans certains mots importés de l'anglais), sch (dans certains mots d'origine germanique) ;
- des digrammes consonnantaux sécables, affectant la prononciation : ss ;
- des digrammes consonnantaux sécables, souvent introduits par mutation orthographique d'un préfixe, et n'affectant normalement pas la prononciation de ce préfixe : ff, gg, ll, mm, nn, pp, rr, tt ;
- des consonnes le plus souvent muettes en fin de mot, souvent requise pour leur fonction grammaticale ou pour des raisons éthimologiques : d (en fin de mot), lt (après au, eau), p (muet après a, o), s, t (sauf après e), x (muet après au, eau, eu) ; ces consonnes sont souvent mutables pour former les accords (x devient s, f devient v) ;
- des graphies semi-vocaliques :
- une semi-voyelle formant des diphtongues : y (utilisée au lieu de ill après a pour former des diphtongues distinctes) ;
- un trigramme semi-voyelle sécable, formant des diphtongues après un son voyelle, ou parfois isolément après une consonne : ill (forme préférée à y)
- des graphies vocaliques :
- une voyelle le plus souvent muette en fin de mot, souvent requise pour sa fonction grammaticale ou lexicographique : e (normalement toujours muette après é, i, u, sauf en cas de formule emphatique accentuant exagérément le féminin ; son ajout après une consonne finale provoque la mutation cette consonne, muette ou non, en une autre consonne non muette, ou parfois en digramme consonnantal sécable).
- de nombreux digrammes ou trigrammes vocaliques (subissant parfois des mutations orthographiques et souvent phonétiques) issus d'anciennes diphtongues, ou d'une réforme de l'écriture de la nasalisation (après la disparition du tilde diacritique) :
- ai, aî, ain, aie, an (mutable en am avant les consonnes b, p, m), au, ay,
- ee (dans des mots importés de l'anglais), ef (dans le mot clef), ei, ein, en (mutable en em avant les consonnes b, p, m), er (en fin de verbe), et (en fin de mot), eu, ez (en fin de mot ou de verbe conjugué),
- in (mutable en im avant les consonnes b, p, m),
- on (mutable en om avant les consonnes b, p, m), oo (dans des mots importés de l'anglais), ou, œu
- un (mutable en um avant les consonnes b, p, m) ;
- des digrammes ou trigrammes de fausses diphtongues : oi, oî, oy (sauf avant une voyelle), oin (sauf avant une voyelle).
En français, à la différence d'autres langues, les signes diacritiques ou les combinaisons de lettres (digrammes et ligatures) ne sont pas pris en compte dans l'ordre alphabétique primaire, ou dans les jeux de lettres (mots croisés, scrabble, etc.) ; ces différences d'accents ou de ligatures sont prises en compte seulement au niveau ternaire, c'est à dire après le niveau secondaire (différences de casse), considéré plus important, et qui suit le classement alphabétique principal des mots selon les 26 classes de lettres.
Alphabets récents et de transcription
Les langues dont la notation écrite est récente (nombre de langues africaines), celles dont l'écriture n'est pas latine voire alphabétique (mandarin, japonais) ou celles dont l'écriture est ambigüe et nécessite une explicitation phonétique dans le cadre de textes didactiques sont le plus souvent écrites ou transcrites au moyen de signes alphabétiques (latins pour l'essentiel). Ainsi, certaines langues africaines sont écrites au moyen de l'alphabet pan-nigérian, des langues purement orales le sont de plus en plus grâce à l'alphabet phonétique international (qui permet de noter plus ou moins bien toutes les langues), une langue à écriture non alphabétique comme le mandarin peut être transcrite en pinyin et l'on utilise en phonétique historique des langues romanes la transcription de Bourciez, toutes écritures alphabétiques.
On se reportera à la liste des méthodes de transcription pour plus de détails.
Autres alphabets
- Alphabet arabe (abjad) ;
- alphabet araméen (abjad) ;
- alphabet arménien ;
- alphabet avestique ;
- bopomofo ;
- alphabet braille ;
- alphabet copte ;
- alphabet cyrillique (certaines langues slaves) ;
- alphabet de l'espéranto ;
- alphabet étrusque ;
- alphabet gotique ;
- alphabet grec ;
- alphabet géorgien (mxedruli et asomtavruli) ;
- alphabet glagolitique ;
- hangul ;
- alphabet hébreu (abjad) ;
- alphabet latin ;
- alphabet linéaire (ou proto-cananéen ou encore proto-sinaïtique, bien que tous ces termes ne soient pas exactement équivalents) ;
- alphabet mandéen (abjad) ;
- alphabet Morse ;
- alphabet nubien ;
- alphabet ougaritique (abjad ou alphabet, selon l'interprétation qu'on en fait) ;
- pehlevi (abjad) ;
- alphabet phénicien (abjad) ;
- alphabet nabatéen (abjad) ;
- alphabet radio ;
- alphabet runique ;
- alphabet syriaque (abjad) ;
- alphabet thaï ;
- tifinagh (abjad).
Note :
- on a classé dans cette liste des écritures qui ne sont pas réellement des alphabets mais des abjads, c'est-à-dire des écritures ne notant que les consonnes ou principalement les consonnes, souvent nommés de manière courante alphabets. On se reportera à l'article en question pour plus de détails. Dans ces écritures, de plus, les lettres ont plus ou moins tendance à changer de forme selon le contexte ;
- les alpha-syllabaires ─ écritures notant les consonnes accompagnées d'une voyelle fondamentale par un seul signe mais indiquant les autres voyelles par un signe annexe ─ sont recensés dans leur propre article, bien qu'on les nomme souvent mais improprement aussi alphabets. Dans ces écritures, les lettres changent souvent de forme selon leur place dans la syllabe ;
- le fonctionnement du hangul en fait une écriture très originale mais bien alphabétique : les phonèmes sont visuellement regroupés par syllabe mais les blocs syllabiques créés ne constituent pas des graphèmes indépendants.
Alphabets informatiques
- Unicode
- ASCII
- EBCDIC
- Page de code
Alphabet imaginaires
Certains auteurs de littérature fantastique et de science-fiction ont développé un alphabet imaginaire pour donner un relief supplémentaire aux peuples et aux cultures qu'ils ont créés :
- tengwar, l'écriture des elfes de la Terre du milieu de John Ronald Reuel Tolkien (le monde du Seigneur des anneaux) ;
- alphabet klingon.
Articles connexes
- Écriture ;
- syllabaire ;
- abjad ;
- alphasyllabaire ;
- logogramme ;
- sinogramme ;
- signes diacritiques, ligature, lettre conjointe, lettre supplémentaire, digramme, variante contextuelle ;
- translittération ;
- classement alphabétique ;
- caractères spéciaux.
- ISO 15924
Références
- Françoise Briquel-Chatonnet, La révolution de l'alphabet, Les collections de l'Histoire, 29, 2005.
Catégorie:Linguistiquecatégorie:Sciences humaines
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simple:Category:Linguistics
th:Category:ภาษาศาสตร์
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Catégorie:Symbolique
Catégorie:Culture
Catégorie:Histoire
SymboleLe symbole est originellement une représentation qui fait sens. C'est un système signifiant relevant de la connotation, de l'analogie. Des opérations de distinction et de relation/unification produisent du sens pour un individu ou un groupe social. Le symbole apparaît ainsi comme la réalité visible qui invite à découvrir des réalités invisibles ; il ne fait qu'un avec les symbolisés. Cette unité ne se fait pas par un mode fusionnel mais par ajustement (sumbolh). L'ensemble des deux éléments (visible et invisible) forme un tout et l'un ne se comprend pas sans l'autre. Selon Creuzer, le symbole serait « situé entre la forme et l’être, entre l'expression et l'idée » (R. Alleau, De la nature des symboles, Paris, Pont-Royal, 1964, page 20).
Par extension, le symbole en est venu à désigner toute réalité qui en évoque d'autres, absentes ou abstraites, à l'aide d'une analogie implicite. Le symbole devient une représentation de l’absent et de l’imperceptible. Ainsi, tous les systèmes symboliques tentent d'exprimer des idées, des concepts, etc. Au contraire du code, le symbole est polysémique et parfois personnel (tel objet symbolise mon ami disparu ou perdu de vue, telle image symbolise, pour moi, l'espérance, ...). Un symbole établit donc une relation d'analogie entre deux éléments. Il prend sa forme signifiante par une représentation mentale élargie, où le système symbolique et les symbolisés peuvent avoir des éléments d'analogie proches ou lointaines.
Exemple : le couple soleil-lune représentant le couple homme-femme, lumière-ténèbres, et vérité-mensonge.
Correspondance entre deux éléments, le symbole est quelques fois utilisé tel un synonyme d'allégorie, métaphore, métonymie, synecdoque,emblème, signe, code, icone, fetiche.
Exemples : un personage aux yeux bandés portant une balance et un glaive sert d'allégorie pour la justice ; les lauriers en couronne sont emblème de la gloire.
Le symbole est polysémique et ambivalent: Son interprétation découle de la culture de chacun.
Origine
Le mot symbole dérive du grec sumbolon qui dérive du verbe sumbalein (symballein) (de syn-, avec, et -ballein, jeter] signifiant « mettre ensemble », « joindre », « comparer », « échanger », « se rencontrer », « expliquer ».
Le « sumbolon » était constitué des deux morceaux d'un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr. Le terme « symbole » est apparu en 1830.
Par la suite, des formes d'abstraction, comme le langage ou la gestuelle ont pu remplacer les objets dans leur fonction de représenter un engagement, une promesse, une alliance, un contrat, un pacte scellé entre deux partenaires (par exemple, une poignée de main sera le symbole d'un accord). Dans ce sens, un symbole est donc un objet sensible qu'on « pose côte à côte avec » une réalité abstraite ou surnaturelle qu'il est destiné à représenter. Le symbole est le terme visible d'une comparaison dont l'autre terme est invisible.
Remarque: Proche du sumbolon grec, les actes symboliques propres à la vie chrétienne sont appelés sacramenta dès le . Chez les Romains, sacramentum désigne le gage de fidélité, le serment prêté à l’Empereur. Tertullien qui a introduit le premier ce terme dans le vocabulaire chrétien explique que si le sacramentum est le signe d’un engagement irrévocable au service du Christ, cet engagement n’est qu’une réponse aux sacramenta de Dieu lui-même qui s’est engagé le premier envers nous et qui nous a donnés des gages du salut en Jésus Christ. Il corrigeait immédiatement ce qu’il pouvait y avoir d’unilatéral dans le sacramentum militaire. (L'antonyme du symbole, c'est le diable : celui qui sépare. Ce qui divise est de l'ordre du diabolique ; ce qui rapproche du symbolique, du sacré, du divin.)
Symboles scientifiques
Les symboles utilisés en sciences servent à désigner la mesure. Ils représentent une valeur, une entité. Ils sont donc bien univoques et ne peuvent se confondre pas avec la notion de signe. Ce symbole-là est invariable en genre et en nombre et ne prend jamais de point abréviatif.
Généralement, les symboles physiques s'écrivent en minuscule sauf lorsque l'entité est dérivée directement ou indirectement d'un nom propre, dans ce cas, la première lettre s'écrit en capitale. Cette règle permet de connaître assez rapidement la façon d'écrire le symbole.
Exemples de symboles dérivés de noms communs :
- m = mètre,
- k = kilo,
- min = minute,
- j = jour,
- a = are, etc.
Exemples de symboles dérivés de noms propres :
- V = volt (de Alessandro Volta),
- Pa = pascal (de Blaise Pascal),
- J = joule (de James Prescott Joule),
- A = ampère (de André Marie Ampère),
- Hz = hertz (de Heinrich Rudolf Hertz),
- W = watt (de James Watt), etc.
Voir aussi Unité de base du système international.
Symboles et anthropologie
Unité de base du système international
À la préhistoire, lHomo sapiens a hérité de la technique de l'art pariétal et des rites funéraires de l'Homme de Néanderthal qui disparut vers -30 000 au cours du paléolithique supérieur. Les animaux qu'ils chassaient (principalement des bisons) et ceux qu'ils observaient (félins, chevaux) étaient dessinés avec une grande précision sur les parois, les voûtes et le sol de grottes, à des profondeurs presque inaccessibles où l'homme préhistorique n'avait pas établi d'habitat. Ces dessins avaient sans doute une portée symbolique et magique. Le professeur Henri Breuil parle de « magie de la chasse », en revanche les hommes étaient dessinés volontairement flous, déformés, de même que des êtres mi-humains mi-animaux étaient représentés. Dans certaines grottes on trouve des marques de mains par centaines, peut-être avec un but thérapeutique, tout cela impliquant probablement que des rites de chamanisme avaient lieu.
Puis au début du néolithique les Homo sapiens ont quitté les grottes et leurs sanctuaires naturels pour construire dans l'espace extérieur des monuments en terre, pierres ou en ciment comme les dolmens et les mégalithes ainsi que des sépultures collectives avec une finalité institutionnelle visant la cohésion d'une collectivité stable et sédentaire que l'on peut considérer comme une société à part entière avec son symbolisme religieux, ses rites et cérémonies magiques et sa culture. Les monuments mégalithiques ainsi que la plupart des temples avaient un symbolisme astronomique qui permit aux chefs religieux de découvrir les principes fondamentaux de l'astronomie (année solaire, cycle lunaire, cartographie céleste, mesure du temps), des mathématiques, de l'astrologie et des divinations, puis vers -1800 avec l'invention de l'écriture à Sumer apparurent les premières traces des premiers mythes fondateurs et récits magiques, bien sûr d'une culture à l'autre (Mayas, Égyptiens, Grecs) les mythes, cérémonies, rites, et croyances populaires varient mais les découvertes astronomiques et mathématiques étaient compatibles. Un peu de tout cela est resté dans la culture des peuples, s'est maintenu jusqu'à nos jours sous forme de folklore ou alors a été marginalisé en tant que superstition ou hérésie.
L'anthropologue, contrairement à ce que la doxa propose, « doit d’abord tenter de dépasser la barrière d’incompréhension qui vient du jugement spontané, il doit adopter l’attitude de la science, chercher les causes du phénomène rencontré. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra (et devra) émettre un jugement sur ce phénomène. Ce jugement sera un jugement de rationalité et en même temps un jugement éthique : nous jugeons toujours le sens et la valeur, le bien-fondé en raison et le bien-fondé moral d’un comportement. La question qui se pose naturellement est sur quels critères de rationalité asseoir ce jugement de rationalité, car a-t-on les mêmes dans toutes les cultures existantes ? » (Monica Heintz)
science
Le problème de la magie, de l'ésotérisme, des mythes, des rites, des religions, des cérémonies, des croyances et des symbolismes, c'est que tout ces éléments font partie à part entière de la culture populaire. Par exemple le cœur symbolise l'amour et le rond la totalité, mais ils peuvent être déviés de leur fonction de cohésion sociale par les sectes. Ainsi, le svastika ou croix gammée qui est tournée vers la droite symbolise la vie, (en sanscrit, svastika signifie littéralement bon augure : le signe était un porte-bonheur en Chine, en Inde, en Grèce, et sur les côtes de la Méditerranée) a été déviée de son usage par Hitler, ainsi que par Claude Vorilhon dont le symbole lui a été selon lui, communiqué par télépathie par les extra-terrestres et qui a fondé la secte de Raël.
En ésotérisme, ces symboles, comme tant d'autres, sont utilisés pour fabriquer des amulettes et des talismans car ils sont motivés, à la base il y a un sens profond supposé universel qui les transcendent d'où l'emprunt de ces symboles vers d'autres domaines est très fréquent : logos d'une entreprise, matrice pour vêtements, art religieux et sacré car leur valeur est à portée de tous. L'argent est lui-même un symbole en tant que convention sociale, au niveau physique ce n'est rien d'autre qu'un papier imprimé, mais au niveau de l'inconscient collectif, l'argent a une valeur, il est crédible. Et c'est cette crédibilité que les entreprises, l'art sacré et les sectes cherchent en résumant leurs institutions dans un symbole unificateur. Le symbolisme est une tradition populaire. Mais tout est dans l'objectif visé.
Bibliographie
- http://www.ifrance.com/prehisto/artqui1.htm Homme Préhistorique
- http://panieralix.free.fr/megalithes.htm Mégalithes
- http://monica.heintz.free.fr/Maitrise.htm L'anthropologie contemporaine et la question de la rationalité par Monica Heintz
- http://www.dominique-aubier.org/france/books/I.html Le décodage des symboles et archétypes universels.
Voir aussi
- symbolique | Symbolisme
Catégorie:Symbolique
Catégorie:Rhétorique
ja:シンボル
simple:Symbol
Langue ko:언어 zh-min-nan:gí-giân ms:Bahasa ja:言語 simple:Language zh-cn:语言 zh-tw:語言
-
Une langue est un système de signes linguistiques vocaux, graphiques ou gestuels qui permet la communication entre les individus. Une définition linguistique de la langue précise que c'est un système de signes doublement articulés, c'est-à-dire que la construction du sens se fait à deux niveaux d'articulation. On trouve tout d'abord celui des entités signifiantes (morphèmes et lexèmes, ou monèmes) formant les énoncés puis celui des unités distinctives de sens (phonèmes) formant les unités signifiantes. Ces deux niveaux d'articulation déterminent les premiers niveaux de la description linguistique : phonologie, morphologie et syntaxe. André Martinet précise que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue : la description commence par le deuxième niveau d'articulation (les phonèmes) pour aller vers le premier (la combinatoire des unités signifiantes).
On distingue généralement la langue (système de signes) et le langage (faculté humaine mise en œuvre au moyen d'un tel système). On distingue également, depuis Ferdinand de Saussure, la langue et la parole (c'est-à-dire l'utilisation effective du système de la langue par les locuteurs).
On appelle langue maternelle d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage.
Si la grande majorité des langues parlées dans le monde sont des langues naturelles, qui se sont formées spontanément à partir d'états de langue antérieurs, il existe cependant aussi des langues artificielles ou langues construites, comme l'espéranto, le volapük, l'ido l'interlingua, le lojban, ou encore le klingon, qui ont été créées consciemment par des individus.
Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue (cas de l'espéranto).
On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion). La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique, ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. L'expression « langue morte » est contestée par beaucoup de ceux qui les pratiquent. On lui préfère alors langue ancienne.
Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu.
Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps, ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues est en évolution constante, ce qu'étudie la phonétique historique.
Langues du monde
Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre 3000 et 7000 langues vivantes.
Un des problèmes essentiels qui se posent pour les langues du monde est celui de la préservation de la diversité. En effet, on prévoit que 90% des langues sont menacées d'extinction, car elles devraient disparaître d'ici 50 ans. La solution pour éviter cela réside dans le multilinguisme. Il s'agit de mettre en place de manière effective le bilinguisme ou le trilinguisme dans tous les territoires où existe une langue menacée d'extinction.
Voir aussi
- Linguistique
- Langage
- Langue ausbau
- Sociolinguistique
- Grammaire
- Parler dans le monde
- Langues régionales de France
Multilinguisme et traduction
- Dire « bonjour » dans le monde
- Nombres dans le monde
- Quiproquo
- Faux-amis
- Traduction
Langue écrite
- Écriture
- Sigles et pictogrammes
- Orthographe
- Lexicographie
Jeux de langue
- Calembours
- Contrepèteries
- Palindromes
- Virelangues
(Voir aussi : jeux de mots)
Bibliographie
- Cause toujours ! À la découverte des 6 700 langues de la planète, hors-série de mars-avril-mai 2003 de la revue Courrier International ;
- L'aventure des langues en occident – Leur origine, leur histoire, leur géographie, Henriette Walter, éditions Robert Laffont.
- Langues sans frontière de Georges Kersaudy
Liens externes
- [http://www.biblioconcept.com/EISTI/conceptotheque/langue.htm Le concept de langue]
- [http://www.word2word.com/course.html Répertoire de cours gratuits en ligne]
- [http://users.skynet.be/Landroit/indexj.html Cinquante jeux de langue en ligne]
- [http://www.loecsen.com/ Écouter les langues]
- [http://www.edulang.com/ Tous les logiciels d'apprentissage des langues]
Diacritique
Un (signe) diacritique (du grec διακριτικός diacritikós, « qui distingue ») est un signe placé sur (diacritique suscrit), sous (diacritique souscrit), dans ou travers (diacritique inscrit), après (diacritique adscrit), devant (diacritique prescrit) ou tout autour (diacritique circumscrit) d'un graphème pour :
- en modifier la valeur phonétique ;
- permettre une lecture plus précise (les diacritiques ne sont alors pas obligatoires) ;
- ou éviter une ambiguïté entre des homographes.
Il existe aussi des lettres diacritiques, muettes et nécessairement écrites à côté de la lettre qu'elles modifient. Accessoirement, elles ont pu devenir un signe diacritique (cf. Umlaut et Rond en chef).
Au même titre que les ligatures et que les lettres supplémentaires inventées après coup, l'ajout de diacritiques étend le nombre de graphèmes d'une écriture. Dans de nombreux cas, la lettre diacritée n'est pas considérée comme un graphème indépendant mais comme un allographe, c'est-à-dire une autre version écrite de la lettre simple. La lettre diacritée n'intervient alors pas dans le classement alphabétique.
À titre d'exemple, l'accent aigu du français modifie la valeur phonétique d'un e, généralement prononcé [ǝ] (e« muet ») : é vaut alors [e]. L'accent grave sur un a, cependant, ne permet que de distinguer des homographes : la (article) ~ là (adverbe de lieu), valant tous deux [la]. On ne considère cependant pas é et à comme des lettres indépendantes de e et a. Le français ne connaît pas de diacritique servant à affiner la lecture : ils sont tous obligatoires.
Ce type-là existe en arabe, où les voyelles ne sont pas écrites ; dans les ouvrages didactiques ou religieux, on peut les noter sous forme de diacritiques. La fatḥa, un trait légèrement oblique suscrit, sert à indiquer la présence d'une voyelle [a] : le mot عدل se lit ʿadl (‘adl) mais se translittère ʿdl. Pour en préciser la lecture, on peut ajouter une fatḥa : عَدل.
Chaque écriture a pu développer ses propres diacritiques :
- diacritiques de l'alphabet latin (celui-ci servant aussi à la romanisation, c'est l'alphabet qui connaît le plus de signes diacritiques) :
- cf. aussi diacritiques de l'alphabet vietnamien (quôc ngu),
- les diacritiques utilisés en français, leur utilisation et les règles d'emplois, sont traités à part ;
- diacritiques de l'alphabet grec ;
- diacritiques de l'alphabet cyrillique ;
- diacritiques de l'alphabet arabe ;
- diacritiques de l'alphabet hébreu ;
- diacritiques de la devanâgarî ;
- diacritiques des syllabaires japonais ;
- diacritiques de l'alphabet tibétain.
Articles connexes
- lettre diacritique ;
- lettres supplémentaires ;
- écriture ;
- ligature ;
- typographie.
-
als:Diakritisches Zeichen
ja:ダイアクリティカルマーク
zh-min-nan:Phiat-im hû-hō
Lettre supplémentaireDes lettres supplémentaires viennent enrichir un alphabet :
- lettres supplémentaires de l'alphabet latin ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet grec ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet arabe ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet cyrillique, etc.
Catégorie:Alphabet
PhénicienCatégorie:Langue sémitique
Le phénicien est une langue sémitique aujourd'hui disparue. Elle est apparue en Phénicie puis s'est répandue dans le monde méditerranéen, notamment à Carthage. Elle a constitué le substrat de plusieurs langues issues de l'arabe (voir arabe dialectal).
Le phénicien s'écrivait au moyen de l'alphabet phénicien, qui a évolué pour donner notamment les alphabets grec et araméen.
Divers
- code ISO 639-2 : phn
Liens
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues afro-asiatiques
- - langues sémitiques
Coup de glotte
catégorie:Linguistiquecatégorie:phonétique
Coup de glotte est la dénomination commune d'une consonne dont la description en phonétique articulatoire est l'occlusive glottale sourde, notée en alphabet phonétique international, dans la transcription traditionnelle des langues sémitiques et ‘ dans l'alphabet hawaïen (signe nommé ‘okina) et la plupart des autres langues polynésiennes. C'est parfois une apostrophe que l'on emploie à la place de ces deux derniers signes.
Importance de cette consonne dans l'écriture
La consonne est la première dans l'ordre alphabétique dit « levantin » (dans lequel on commence par ou a, b, g ou c, d, etc.) de nombreuses écritures sémitiques (alphabet arabe, alphabet hébreu, alphabet phénicien, etc). En contre-partie, la première place, dans les alphabets occidentaux, est occupée par la lettre notant /a/.
Le premier alphabet utilisant l'ordre levantin, ancêtre pour le principe, mais non pour le tracé des lettres, de tous les autres alphabets utilisant un tel ordre (en gros ceux descendant de l'alphabet phénicien : alphabet grec ─ d'où alphabet étrusque puis alphabet latin, alphabet cyrillique, alphabet gotique, alphabet copte ; alphabet araméen d'où alphabet hébreu, alphabet syriaque, alphabet arabe, etc.) est l'alphabet ougaritique, qui est une écriture cunéiforme.
Dans cet alphabet (en fait un abjad, c'est-à-dire que seule les consonnes sont notées), dont on possède plusieurs tablettes abécédaires (qui donnent les graphèmes dans un ordre établi ; une tablette de 1955 trouvée à Ougarit donne même, bien qu'incomplètement, l'équivalent en akkadien, modèle de l'ougaritique), la première lettre est un coup de glotte (maintenant noté ). L'alphabet ougaritique n'étant cependant pas capable de représenter la consonne seule, la première lettre est et non (d'où les signes additionnels ajoutés en fin d'alphabet pour et ). D'après John Healey (cf. bibliographie), , et pouvaient même servir à noter parfois , et , plus rarement de pures voyelles.
Les Phéniciens, reprenant cet ordre dans leur alphabet (autre abjad qui dérive, quant à lui, pour le tracé des lettres d'un modèle mal attesté nommé proto-sinaïtique, lequel provient apparemment d'une simplification du tracé de certains hiéroglyphes), ont placé aussi en tête d'alphabet la consonne en se débarrassant de la notation syllabique (d'où la disparition de et ). Cette lettre, évoluant de diverses manières, est restée la première des écritures sémitiques : א en hébreu, ا en arabe (le rôle de cette lettre a cependant changé au cours des siècles : le coup de glotte est maintenant noté par ء, hamza), ܐ en syriaque, etc.
Or, les Grecs, en créant leur alphabet à partir des lettres phéniciennes, ne pouvaient se contenter d'un abjad (en effet, s'il est possible d'écrire les langues sémitiques sans les voyelles parce que la grammaire de ces langues permet assez facilement de les restituer, c'est impossible pour les langues indo-européennes). Ils ont donc utilisé les consonnes surnuméraires du phénicien, dont le coup de glotte, absent du grec, pour leurs voyelles. C'est ainsi que la première lettre phénicienne est devenue un Α en grec, notant /a/. Cette dernière valeur s'est transmise à tous les alphabets dérivés (et notamment l'alphabet étrusque puis l'alphabet latin), ce qui explique pourquoi les alphabets sémitiques débutent par tandis que c'est un /a/ en Europe.
Cette lettre pour /a/ est appelée en grec. Bien que ce nom ne désigne rien dans cette langue, il est directement emprunté aux langues sémitiques, qui nommaient la lettre d'après le tracé pictographique à l'origine de l'œil proto-sinaïtique puis phénicien, par principe acronymique (on ne garde que le premier son du mot noté, comme si l'on utilisait o pour le son /r/ de « rond »). À l'origine, cette lettre représentait une tête de bœuf, qui se disait dans le modèle emprunté par les Grecs (selon John F. Healey), (selon Theodor Nöldeke) ou selon Pierre Swiggers. Le nom hébreu massorétique est , celui de l'arabe .
Les organes occlusifs impliqués sont les cordes vocales, la glotte se fermant et se rouvrant brusquement pour interrompre le flux d'air qui y passe (le processus est très proche de ce qu'il se passe avant une quinte de toux). C'est l'occlusive la plus profonde que puisse émettre un gosier humain. Au dessous, il n'existe plus d'organes occlusifs.
Normalement, tout coup de glotte doit être non voisé : le voisement étant un resserrement des cordes vocales en vue de les faire vibrer, il n'est pas possible, en même temps, de les rapprocher puis de les écarter tout en les faisant vibrer l'une contre l'autre. Il existe pourtant une langue, le gimi (en Papouasie-Nouvelle-Guinée) possédant une forme de coup de glotte voisé, transcrit . Le phonéticien Peter Ladefoged signale que plutôt qu'une occlusive, il s'agit en fait d'une spirante. Il faudrait donc la transcrire : un mot comme (mieux : ), « nombreux », contient les deux variantes.
Utilisation paralinguistique
Cette occlusive est très fréquente, dans de nombreuses langues, qui l'utilisent cependant comme marque paralinguistique. On la rencontre dans ce cas fréquemment devant un mot à initiale vocalique, où elle indique alors l'insistance, la surprise, la gêne : par exemple, en français oh oh ! peut être prononcé , avec une coupure nette entre les deux [o], ou bien hé ! qui, prononcé avec emphase, se réalise .
On peut aussi trouver un tel coup de glotte en fin de mot dans une prononciation énergique : anglais no ! .
Utilisation linguistique
Comme unité non pertinente
Le coup de glotte se rencontre très souvent comme allophone ou n'apparaît que dans des contextes stricts. Dans ces cas, ce n'est pas un phonème.
En allemand et néerlandais
Une langue comme l'allemand fait précéder tout morphème à initiale vocalique (sauf les désinences et les suffixes de dérivation) d'une occlusive glottale, ce qui permet de séparer les affixes des radicaux à initiale vocalique qui les suivent. Le coup de glotte n'y est donc pas un trait pertinent : die Entehrung, « le déshonneur », est réalisé , avec un coup de glotte entre l'article die et l'initiale du mot ainsi qu'entre le préfixe ent- et la voyelle initiale du thème Ehrung. C'est un mécanisme obligatoire et il n'est pas possible de trouver une paire minimale opposant, par exemple, un groupe initial à un groupe . En néerlandais, le coup de glotte ne s'insère entre les morphèmes à initiale vocalique à l'intérieur d'un mot et après /a/ et /ə/. Il n'y a donc pas de coup de glotte en début de mot.
On peut résumer cela en disant qu'en allemand et en néerlandais il n'existe aucun hiatus réel : il y a toujours une consonne, , entre deux voyelles. En allemand, de plus, aucun mot ne peut commencer par une voyelle. Ein, « un », s'analyse donc . Cependant, tout cela ne ressortit qu'à la phonétique. Phonologiquement, le coup de glotte n'est pas une consonne dans ces deux langues car sa distribution est fixe. Il permet cependant quelques oppositions de lexèmes, comme vereisen , « geler » (composé de ver- et de eisen) et verreisen , « partir en voyage ». La présence du coup de glotte permet d'identifier les morphèmes.
En mandarin et en vietnamien
En mandarin (mais pas pour tous les linguistes) et en vietnamien, toute syllabe commence nécessairement par une consonne, parmi lesquelles le coup de glotte en l'absence de toute autre consonne. Comme ce coup de glotte n'existe que dans cette position, il ne constitue pas un phonème (de la même manière qu'en allemand) :
- mandarin : 愛 ài, « aimer » = /ài/ = .
- vietnamien : ô, « parapluie » = /ō/ = .
Ce phénomène est très développé en vietnamien : toute syllabe débute en effet diachroniquement par un coup de glotte. Cela explique pourquoi les occlusives sonores sont injectives : bà s'analyse phonologiquement /bà/ mais est réalisé . En effet, n'est que la résultante attendue de ; la séquence passe à (/b/ pré-glottalisé), qui évolue naturellement en (/b/ injectif). Ce coup de glotte devant d'autres consonnes, cependant, s'amuït.
En danois
Le danois possède un coup de glotte nommé stød, présent à l'intérieur d'une syllabe et suivant une voyelle : mus , pour « souris (animal) »; hals , pour « gorge »; hvid , pour « blanc ». La voyelle ou la consonne précédant le stød, de plus, est laryngalisée.
C'est cette fois-ci un fait suprasegmental ressortissant surtout à l'accentuation de cette langue (ce qui explique que le stød est souvent transcrit par un signe secondaire comme : , , ) ; le stød n'appartient donc pas au stock de consonnes phonologique disponibles. Il ne se manifeste que dans certains contextes syllabiques : après une voyelle longue ou après une consonne suivant une voyelle brève (ce qui ne signifie pas que toute voyelle longue porte le stød).
Historiquement, c'est la transformation de l'accent de hauteur des langues scandinaves qui a donné naissance au stød.
En français
Le français, en le nommant h « aspiré », possède aussi un coup de glotte linguistique, qui ne se trouve qu'à l'initiale vocalique de certains mots présentant à l'écrit un h- ; ce h aspiré ne se manifeste normalement que par l'absence de liaison qu'il entraîne avec le mot précédent (on parle aussi de disjonction ; consulter Psilose pour des détails qui dépasseraient le cadre de cet exposé), absence qui peut être accentuée par un coup de glotte devant voyelle mais se manifeste le plus souvent devant consonne (où il apparaît comme l'un des moyens de marquer la disjonction) : les enfants mais les hérissons (avec h aspiré) (voire dans une diction plus rapide), accentué en quand on veut insister sur la disjonction et surtout petite hache, réalisé (ou , avec un e caduc dans le Sud de la France) car ne marquerait pas la coupure.
En anglais
Dans de nombreux dialectes anglais, le coup de glotte est un allophone de /t/ en position finale (il n'est donc pas phonologique). C'est historiquement l'évolution de la non-désocclusion de cette consonne en position finale. Par exemple, habit, « habitude » ou cat, « chat », peuvent être réalisés respectivement , (sans désocclusion) ou et , [kæt¬] ou .
De plus, dans des dialectes comme le cockney, le coup de glotte est aussi un allophone de /t/ entre voyelles (ou consonnes vocalisées) bottle, « bouteille », ou ; fatter, « plus gras », ou .
Comme phonème
En tant que phonème pertinent, l'occlusive glottale est présente dans de nombreuses langues:
- langues sémitiques :
- arabe : شَيْء šayʾ , « chose »,
- hébreu : אַל , négation,
- maltais (écrit au moyen de la lettre q) : triq , « route »,
- amharique : ስብአ säbʾä , « peuple » ;
- certaines langues africaines :
- haoussa : ā’ā̀ , « non »,
- ngbaka : , « grimper »,
- persan : دعوا , « se quereller » ;
- thaï : ขณะที่ , « pendant que » ;
- tukang besi : ’oloo , « jour » ;
- hawai‘ien : Hawai‘i, « Hawaï » ;
- turc : tel’in , « dénonciation » (le coup de glotte n'appartient pas au système phonologique du turc. Il se rencontre dans quelques mots d'emprunt à l'arabe et n'est maintenant que rarement prononcé) ;
- nahuatl : pâhzotl , « chenille »
- cheyenne : ma’eno , « tortue » ;
- peul : fiʼi , « frappa » ;
- cherokee : ᏔᎵᏁ taline , « second », etc.
Il faut aussi noter le cas de l'arabe classique qui, contrairement à ce que l'on peut souvent lire, ne semble pas posséder une fricative pharyndale sonore (celle que l'on note par la lettre ء ʿayn dans l'écriture et que l'on transcrit par ), mais une occlusive glottale pharyngalisée accompagnée d'un mouvement de rétraction de la racine de la langue, que l'on peut analyser . L'arabe classique possède donc deux occlusives glottales, et . Par exemple :
- هٰؤُلاَءِ hāʾulāʾi , « ces... -ci (féminin) » ;
- عَلِي ʿAlī , « Ali » (prénom).
Cette question complexe est décrite en détail dans l'article Phonologie de l'arabe.
Enfin, comme dans d'autres langues, l'arabe se distingue par l'impossibilité qui existe de faire débuter une syllabe par une voyelle. En l'absence d'autre consonne, c'est un coup de glotte qui joue ce rôle. À la différence des autres langues, ce coup de glotte peut s'amuïr (consulter Écriture de la hamza).
Remarque
Quand le coup de glotte accompagne un autre son et en constitue un élément fondamental et non indépendant, on parle d'un son glottalisé. Ainsi, les consonnes éjectives et injectives font intervenir le coup de glotte.
Bibliographie
Pour la partie sur les alphabets levantins :
- Reading the Past, ouvrage collectif, article « The Early Alphabet » de John Healey, British Museum Press, 1990 ;
- Theodor Nöldeke, Beiträge zur semitischen Sprachwissenschaft, 1904 ;
- The World's Writing Systems, ouvrage collectif sous la direction de Peter T. Daniels et William Bright, divers articles sur les alphabets sémitiques ainsi que l'article « Transmission of the Phoenician script to the West » de Pierre Swiggers, Oxford University Press, 1996.
- Michel Lejeune, Phonétique historique du mycénien et du grec ancien, éditions Klincksieck, 1967.
Pour les développements phonétiques :
- Handbook of the International Phonetic Association (ouvrage collectif), Cambridge University Press, 1999 ;
- Peter Ladefoged et Ian Maddieson, The Sounds of the World's Languages, Blackwells, 1996 ;
- Peter Ladefoged, Vowels and Consonants: An Introduction to the Sounds of Language, Blackwells, 2001.
Articles connexes
- Glotte ;
- glottalisation.
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Catégorie:Consonne occlusive
Catégorie:Consonne glottale
Classement alphabétique
Le classement alphabétique (ou ordre alphabétique) est une façon d'ordonner des lettres ou des mots selon l'organisation d'un alphabet donné.
D'une manière plus formelle, ce terme désigne deux notions distinctes d'ancienneté différente :
- La première est le classement des caractères d'un système d'écriture dans un ordre défini pour une langue donnée. Elle était déjà connue dans l'Antiquité.
- La seconde consiste à généraliser ce classement à des mots de plusieurs lettres.
Principes
Le principe fondamental consiste à comparer deux mots, caractère par caractère.
Si les n premiers caractères sont identiques, on prend le suivant. Si le n-ième caractère diffère, l'ordre est établi. Si le mot est fini, le mot est considéré comme venant en premier.
Il convient donc pour classer correctement de connaître :
- l'ordre dans lequel sont classées les lettres d'un alphabet donné, ordre qui dépend de règles historiques différant d'une langue à l'autre même si elles utilisent un alphabet très proche ;
- l'existence de graphèmes complexes (ligatures, digrammes) à prendre en compte (dans une langue, tel digramme comptera pour une lettre et aura son rang, dans telle autre, non).
Exemples
- ami, balance, butin, calin
La ligature œ (ou e dans l'o) est à considérer en français comme un o suivi d'un e (deux caractères) pour le classement alphabétique, alors que oe et œ ont deux rôles entièrement distincts en français :
- moelle, mœurs
- coefficient, cœur, coexistence
En première analyse les caractères accentués, de même que les majuscules, ont le même rang alphabétique que le caractère fondamental :
- Marx, marxisme
- règlement, réglementaire
- rebelle, rébellion
Si plusieurs mots ont le même rang alphabétique, on tâche de les distinguer entre eux grâce aux majuscules et aux accents (pour le e, on a l'ordre e, é, è, ê) :
- calvados, Calvados
- légitime, légitimé
- pécher, pêcher
Ce double classement (sans puis avec les accents) donne au final :
- légitime, légitimé, légitimes, légitimés
À noter que la comparaison des caractères accentués se fait alors à l'envers en commençant par la dernière lettre :
- élève, élevé
Ordre alphabétique dans d'autres langues
Parmi les langues utilisant l'alphabet latin, l'ordre alphabétique peut différer :
- En allemand, les umlaut (« Ä », « Ö », « Ü ») sont généralement traitées comme les lettres sans umlaut, mais il arrive pour les listes de noms qu'on les considère comme les combinaisons « Ae », « Oe » et « Ue ». « ß » est généralement ordonné comme « Ss ».
- En suédois, « w » est perçu comme une variante de « V » et pas comme une lettre distincte. L'alphabet suédois utilise de plus trois voyelles considérées comme distinctes et placées à la fin : « Å », « Ä » et « Ö ». Les même conventions sont utilisées en finlandais.
- En danois et en norvégien, l'alphabet se termine par « Æ », « Ø » et « Å ». Cette dernière lettre est parfois assimilée à « Aa ».
- Le féringien possède plusieurs lettres supplémentaires : « Á », « Ð », « Í », « Ó », « Ú », « Ý », « Æ » et « Ø ». Les consonnes « C », « Q », « W », « X » et « Z » ne sont pas employées. Par conséquence, l'ordre alphabétique féringien diffère légèrement de l'ordre traditionnel de l'alphabet latin : A Á B D Ð E F G H I Í J K L M N O Ó P R S T U Ú V Y Ý Æ Ø.
- En espagnol, l'ordre préconisé par l'Académie royale espagnole jusqu'en 1997 considérait « CH » et « LL » comme des lettres distinctes, placées respectivement après « C » et « L ». Depuis 1997, l'Académie a adopté l'usage conventionnel de les placer après « CG » et « LK ». En revanche, « Ñ » est toujours classé après « N ».
- Le gallois possède des règles plus complexes : les combinaisons « CH », « DD », « FF », « NG », « LL », « PH » et « TH » sont parfois considérées comme des lettres uniques, ordonnées après le premier graphème de la combinaison, à l'exception de « NG », classé après « G ». Cependant, ces combinaisons ne sont pas toujours considérées comme des lettres uniques : par exemple, le gallois classe ainsi les mots suivants : LAWR, LWCUS, LLONG, LLOM, LLONGYFARCH. Le dernier de ces mots, qui juxtapose « LLON » et « GYFARCH », n'utilise pas la lettre « NG ».
- En néerlandais, la combinaison « IJ » était précédemment soit considérée comme « Y », soit classée après celle-ci, mais est à l'heure actuelle le plus souvent classées entre « II » et « IK », sauf pour les noms propres.
- En islandais, « Ð » suit « D » et « Þ » est ajoutée à la fin de l'alphabet.
- En polonais, « Ą » suit « A », « Ć » suit « C », « Ę » suit « E », « Ł » suit « L », « Ń » suit « N », « Ó » suit « O », « Ś » suit « S », « Ź » et « Ż » suivent « Z ».
- En tchèque et slovaque, les voyelles accentuées (« Á », « É », « Í », « Ó », « Ô », « Ú », « Ů » et « Ý ») ainsi que certaines consonnes présentant un háček (« Ď », « Ň » et « Ť ») sont considérées comme leur homographe non accentuée; si deux mots diffèrent d'un accent sur une voyelle, la mot accentué est placé après. « Č », « Ř », « Š » et « Ž » sont considérées comme des lettres distinctes et placées après leur homographe sans háček. De plus, « CH » est considérée comme une lettre à part entière, située entre « H » et « I ». En slovaque, « DZ » et « DŽ » sont placées entre « Ď » et « E ».
- En esperanto, les lettres accentuées (« Ĉ », « Ĝ », « Ĥ », « Ĵ », « Ŝ » et « Ŭ ») sont des lettres distinctes, placées après les versions non accentuées.
- En roumain, les lettres accentuées (« Ă », « Â », « Î », « Ş » et « Ţ ») sont des lettres distinctes, placées après les versions non accentuées.
- En tatar, « ä » est considéré comme « a », « ö » comme « o », « ü » comme « u », « í » comme « i » et « ı » comme « e ». « Ş » est associée à « SH », « Ç » à « CH », « Ñ » à « NG » et « Ğ » à « GH ».
- En croate, serbe et d'autres langues slaves du sud, « Č » et « Ć » suivent « C », « DŽ » et « Đ » suivent « D », « NJ » suit « N », « Š » suit « S » et « Ž » clot l'alphabet.
- En filipino, « NG » et « Ñ » sont des lettres distinctes.
Origines et histoire
Les documents archéologiques semblent indiquer que les lettres des différents alphabets ont toujours été enseignées dans un même ordre - propre à chaque alphabet -, peut-être pour des raisons mnémotechniques. L'ordre des lettres établi par l'alphabet linéaire et l'alphabet phénicien, par exemple, a été plus ou moins conservé par les alphabets qui en sont dérivés.
L'ordre alphabétique appliqué au classement des mots est un tout autre concept et son utilisation n'est pas évidente, même lorsque le classement des lettres d'un alphabet fait l'objet d'un consensus.
Les écritures alphabétiques, syllabiques ou alphasyllabiques du monde dotées d'une histoire ancienne ont toutes établi un classement de leurs graphèmes, tâche facilitée par le nombre réduit de signes. Les écritures logographiques, quant à elles, devant le nombre important de caractères, n'ont pu suivre de règles simples. On trouve ainsi de nombreuses manières de classer les sinogrammes (cf. Dictionnaires de sinogrammes).
Ordre levantin
Le premier ordre alphabétique, déjà très proche du nôtre, est attesté à la fin de l'âge du bronze, avec le premier alphabet sémitique, celui d'Ougarit, un abjad cunéiforme. Il s'est poursuivi dans un autre abjad sans lien pour la forme mais lié linguistiquement, celui du phénicien, d'où sont issus les principaux alphabets actuels : alphabet grec et ses avatars (alphabet gotique, cyrillique, latin en passant par l'étrusque), mais aussi alphabet araméen, syriaque, hébreu, arabe, etc.
C'est celui qui, maintenant l'un des plus célèbres, est désigné par le terme d'« ordre levantin », dans lequel on retrouve, souvent dissimulé par les évolutions propres à l'histoire de chaque alphabet et aux modifications qu'on a dû leur apporter pour les rendre aptes à noter la langue voulue (modifications « aggravées » par le fait que les alphabets ont pu se transmettre via des langues très éloignées phonétiquement), le classement traditionnel (notation API) /ʔ/ (coup de glotte, remplacé par /a/ à partir du grec), /b/, /g/ (devenu /k/ noté par c dès le latin), /d/, /h/ (devenu /e/ à partir du grec), /w/ (devenu /f/ à partir du latin, issu du digamma grec), /z/ (remplacé par /g/ puis rejeté en fin d'alphabet à partir du latin), etc.
Certains alphabets ont même été entièrement réordonnés pour des raison graphiques afin d'en faciliter l'apprentissage, comme l'alphabet arabe (cf. aussi Histoire de l'alphabet arabe et Numération arabe, l'ordre originel réapparaissant dans la numération). Pour ces écritures, cependant, le choix d'un ordre alphabétique cohérent est toujours resté une priorité. Ainsi, l'insertion de la nouvelle lettre G /g/ latine ─ issue d'un C /k/ modifié (lettre provenant elle-même du Γ /g/ gamma grec prononcé /k/ par les Étrusques) ─ s'est faite sans altérer l'ordre alphabétique : la nouvelle lettre a en effet remplacé un Z inutile en latin, lequel, cependant, a été réintroduit plus tard à la fin de l'alphabet quand il s'est avéré nécessaire de noter des mots grecs, à la suite du Y, autre lettre reprise aux Grecs.
Ordre sudarabique
Outre l'ordre levantin, il en existe un autre, pour les écritures dérivées de l'alphabet linéaire, dit ordre sudarabique, lui aussi ancien mais plus limité dans ses représentations. Attesté en sudarabique (et dans quelques tablettes en ougaritique trouvées hors d'Ougarit, comme celle de Beth Šemeš), il s'est transmis au syllabaire éthiopien, qui en découle.
Ses premiers rangs sont les suivants (en transcription des langues sémitiques) : h, l, ḥ, m, q, w, š, r, etc.
Ordre indien
En Inde, et à la suite dans tous les alphasyllabaires dérivés de la brāhmī (devanāgarī, et autres écritures de l'Inde, alphabet tibétain, thaï, etc.) ou qui en sont inspirés (comme, plus lointainement et après de nombreuses réfections, les kanas japonais), le classement est entièrement revu : il se fait de manière rationnelle, les graphèmes étant classés en rangées selon leur point d'articulation, d'abord les occlusives notant des phonèmes prononcés au fond de la gorge en premier puis en remontant petit à petit vers les articulations labiales puis, enfin, en dernier rang des les sonantes, les sifflantes et les dernières fricatives. Dans chaque rangée, on trouve d'abord la consonne sourde puis la sourde aspirée, la sonore, la sonore aspirée puis la nasale. Les voyelles sont classées à part, souvent en tête de liste. Il est évident que, de la même manière que pour l'ordre levantin, de nombreuses réorganisations ont pris place, selon les langues.
Voici par exemple les premiers rangs consonantiques de la devanāgarī (en transcription des langues indiennes) : k, kh, g, gh, ṅ, c, ch, j, jh, ñ, ṭ, ṭh, ḍ, ḍh, ṇ, etc.
Alphabet grec et latin
Il est possible que la nécessité d'un ordre alphabétique n'apparaisse que lorsque l'on a quelque chose à ordonner. Il semblerait, par exemple, que l'ordre alphabétique ait commencé à être employé pour les alphabets latin et grec par les savants d'Alexandrie . Par exemple, le « Recueil des mots qui se trouvent dans Hippocrate », attribué à Érotianus, utilise l'ordre alphabétique mais pas cependant de manière rigoureuse.
Concernant l'Europe, l'ordre qui a semble-t-il prévalu jusqu'au milieu du Moyen Âge était le classement thématique, probablement pour des raisons religieuses (la Bible utilise un tel système). L'usage de l'ordre alphabétique, progressif, est peut-être lié à une modification de la façon de concevoir et d'organiser le monde à cette époque . L'invention de l'imprimerie donnera finalement un coup d'accélérateur à un tel usage.
De fait, les dictionnaires et les lexiques ont vraisemblablement été les premiers ouvrages en alphabet latin à utiliser l'ordre alphabétique. Donald Knuth mentionne un dictionnaire datant du début de la renaissance, indiquant que l'ouvrage contient beaucoup d'erreurs de classement des mots à son début et bien moins à la fin, ce qui suggère que l'auteur a lui-même du se familiariser lentement avec son propre système.
Avantages et inconvénients
Avantages
Le classement alphabétique offre une méthode systématique de recherche d'un mot dans une énumération. Ceci est particulièrement adapté aux dictionnaires, classements de noms ou de catégories.
Inconvénients
Le principal reproche fait au classement alphabétique, est qu'il ne tient pas compte du sens des mots ou expressions qu'il range. Des notions ou des éléments n'ayant aucun point commun se retrouvent voisins, et au contraire, les éléments concernant un même sujet se retrouvent éparpillés. Par exemple, en ouvrant au hasard un dictionnaire, on trouve ronin, ronron et Ronsard. Il eût mieux valu, par proximité de sens, placer le premier avec samouraï ou au moins Japon, le second à proximité de chat et le dernier avec poésie ou bien la Pléiade.
C'est ainsi que le classement de nombreuses encyclopédies se fait d'abord par thème.
Voir aussi
Articles connexes
- Alphabet
- classement alphabétique informatisé
- Classement alphabétique en castillan
Bibliographie
- Jonathon Green, Chasing the Sun: Dictionary-Makers and the Dictionaries They Made, Henry Holt & Co (1996) - ISBN 0712662162
- Donald Ervin Knuth, The Art of Computer Programming, Volume 3: Sorting and Searching, Addison-Wesley Professional; (1998) - ISBN 0201896850
- Michel Foucault, L'Ordre des choses
Catégorie:Alphabet
Catégorie:Algorithmique
Catégorie:Classement alphabétique
Alphabet phénicienPhénicien
L'alphabet phénicien est un ancien alphabet de type abjad utilisé par les Phéniciens pour noter leur langue. Il été emprunté par plusieurs peuples méditerranéens pour donner notamment :
- l'alphabet grec, duquel sont à leur tour issus
- l'alphabet étrusque, qui a donné l'alphabet latin,
- l'alphabet cyrillique,
- l'alphabet gotique,
- l'alphabet copte ;
- l'alphabet araméen, duquel sont issus
- l'alphabet hébreu,
- l'alphabet syriaque,
- l'alphabet arabe.
Histoire
Il est probable que l'alphabet phénicien soit issu d'un modèle dit alphabet linéaire et utilisé pour noter des idiomes proto-cananéens, lequel proviendrait de simplifications des hiéroglyphes égyptiens. Les plus vieilles inscriptions datent vraisemblablement du XIIIe siècle avant l'ère chrétienne mais on les considère encore comme du linéaire. Au XIe siècle, l'alphabet est parfaitement établi (ce qui permet de poser la date de séparation, somme toute artificielle, de 1050 avant l'ère chrétienne, entre le modèle linéaire et le modèle phénicien).
L'alphabet phénicien suit l'ordre levantin, qu'il transmettra à tous ses descendants.
Le nom de lettres phéniciennes ne nous est pas directement connu. On a choisi ici des valeurs possibles, restituées à partir de l'hébreu. La translittération suit les conventions habituelles pour les langues sémitiques. Les valeurs phonologiques sont données en API. Les « emphatiques » des langues sémitiques étant interprétées comme d'anciennes éjectives, on les a, ici, analysées comme telles.
Bibliographie
- The World's Writing Systems, sous la direction de Peter T. Daniels et William Bright, Oxford University Press, Oxford, 1996 ;
- John Healey, « The Early Alphabet », dans Reading the Past, ouvrage collectif, British Museum Press, 1990 ;
- André Martinet, « Palatalisation de “g” en arabe », dans Évolution des langues et reconstruction, Presses universitaires de France, collection « Sup », section « Le linguiste », Paris, 1975.
Articles connexes
- Phénicien.
Divers
- code ISO 15924 : Phnx
als:Phönizisches Alphabet
ja:フェニキア文字
ko:페니키아 문자
Collège de France
Le Collège de France, situé rue des Écoles, dans le V arrondissement de Paris est certainement l’une des plus vénérables institutions françaises. Sa fondation remonte à l’époque de François I, lorsqu’en 1530 son « maître de librairie », le grand traducteur d’œuvres antiques Guillaume Budé, lui suggère d’instituer un collège de lecteurs chargé d’enseigner des disciplines que la Sorbonne dédaignait : le grec, l’hébreu et les mathématiques. Dès lors le Collège royal, dont la devise est « Docet omnia », restera un des lieux d’excellence de la transmission du savoir en France.
D'abord appelé « Collège royal », il connut différentes appellations (« Collège des trois langues », « Collège national », « Collège impérial »), avant de recevoir son nom actuel en 1870.
À l'heure actuelle, le Collège est divisé en cinq ensembles de disciplines (sciences mathématiques, sciences physiques, sciences naturelles, sciences philosophiques et sociologiques, sciences historiques, philologiques et archéologiques). Il compte 54 chaires, allant des « communications cellulaires » (Jean-Pierre Changeux) aux « équations différentielles et systèmes dynamiques » (Jean-Christophe Yoccoz) en passant par l'« histoire des syncrétismes de la fin de l'Antiquité » (Michel Tardieu), auxquelles il faut adjoindre les nombreuses sommités scientifiques européennes qui sont régulièrement invitées.
Le Collège de France dispense des cours de haut niveau dans ces disciplines scientifiques et littéraires. L'enseignement est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans la vie intellectuelle française. Une célèbre photo montre la foule qui venait y écouter Henri Bergson et dont une partie devait suivre le cours, ou tenter de le faire, depuis l'extérieur de la salle (fenêtres ouvertes).
Henri Bergson
Pierre Bourdieu, qui y a enseigné, le qualifiait de « lieu de sacralisation des hérétiques ». Parmi les professeurs ayant enseigné au Collège de France, on peut citer :
- Émile Benveniste
- Henri Bergson
- Claude Bernard
- Marcellin Berthelot
- Jacques Bouveresse
- Georges Cuvier
- Jean-François Champollion
- Anne Fagot-Largeault
- Michel Foucault
- Bronisław Geremek
- Étienne Gilson
- Pierre Émile Levasseur
- Claude Lévi-Strauss
- Hervé Thys
- Paul Valéry
- Antoine-Isaac Silvestre de Sacy
Un seul enseignant est élu par ses pairs pour chaque discipline, qu'il aura pour mission de représenter.
Les conférences du Collège de France ne sont pas télédiffusées sur le territoire français.
Certaines sont cependant diffusées sur France Culture ([http://www.college-de-france.fr/site/even/actu_11.htm])
Bibliothèques du Collège
Depuis 1936, le Collège a rassemblé les ouvrages en sa possession dans une bibliothèque générale, des bibliothèques spécialisées se développant auprès de quelques chaires.
Sa Bibliothèque d'Égyptologie est spécialisée sur l'Égypte pharaonique, l'Égypte chrétienne, sur les linguistiques hiéroglyphiques, hiératiques, démotiques et coptes, sur l'histoire et l'archéologie de l'Égypte et de la Nubie. Elle conserve les fonds d'archives scientifiques des Professeurs titulaires de la chaire et d'égyptologues français et étrangers.
Égyptologie
- La chaire Civilisation pharaonique : Archéologie, Philologie, Histoire est assurée par Nicolas Grimal.
- Le Collège de France abrite le siège de la Société française d'égyptologie (secrétariat : entrée 22 rue des Bernardins, Paris V).
Lien externe
- [http://www.college-de-france.fr/ Site officiel]
- [http://lyc-louis-le-grand.scola.ac-paris.fr/latin/historique/college_de_france/college_de_france.php Historique]
Catégorie:Grands établissements
Catégorie:Index égyptologique
Catégorie:École ou université parisienne
ja:コレージュ・ド・フランス
Alphabet ougaritique
Ougarit est une ancienne cité du Levant, l'actuelle Ras Shamra (la colline du fenouil), près de Lattaquié dans l'actuelle Syrie. Cette capitale de l'ancien royaume éponyme est située au croisement et au débouché d'une route qui joint la Méditerranée au bassin mésopotamien, à la jonction de l'Empire hittite au Nord et de la sphère d'influence égyptienne au Sud et dont l'apogée se situe au tournant du II millénaire avant J.-C. Quelques souverains de ce royaume sont connus : Ammistamrou II, Niqmaddou III ou Ammourapi.
Depuis 1929, des fouilles archéologiques françaises ont permis la découverte d'un grand nombre de tablettes d'argile inscrites, datées de la fin de l'âge du bronze (entre 1400 av. J.-C. et 1200 av. J.-C.).
Alphabet ougaritique
1200 av. J.-C. Alors que la plupart des tablettes sont écrites en cunéiforme syllabique notant la langue akkadienne (langue sémitique) ou hittite (langue indo-européenne), quelques-unes le sont dans une nouvelle écriture cunéiforme, dite « alphabet ougaritique », servant à noter une langue sémitique cananéenne (ainsi que des textes hourrites). Cette écriture est en fait, historiquement, le premier abjad (alphabet écrivant surtout les consonnes). Il atteste pour la première fois de l'ordre des lettres encore utilisé de nos jours dans la plupart des alphabets modernes (alphabet latin, alphabet grec, alphabet étrusque mais aussi alphabets sémitiques comme les alphabets phénicien et hébreu), l'ordre dit « levantin » :
L'existence d'un classement alphabétique nous est connue par plusieurs tablettes abécédaires. Des tablettes plus rares, trouvées à Beth Šemeš, classent cependant les lettres dans l'ordre sud-arabique. L'abécédaire ougaritique le plus courant donne vingt-sept lettres (suivies de trois additionnelles) dans cet ordre (transcription traditionnelle des langues sémitiques) :
ʾa, b, g, ḫ, d, h, w, z, ḥ, ṭ, y, k, š, l, m, ḏ, n, ṭ, s, ʿ, p, ṣ, q, r, ṯ, ǵ, t – ʾi, ʾu, s̀
Note : la lettre transcrite par ṭ l'est par ẓ dans l'article de O'Connor (cf. bibliographie infra).
La première lettre n'est pas la voyelle /a/ mais le coup de glotte (une consonne) suivi de la voyelle /a/, car cet abjad — qui n'écrivait normalement pas les voyelles — ne servait pas à noter ce coup de glotte seul : en effet, ʾi et ʾu (coup de glotte suivi de /i/ ou /u/) semblent avoir été ajoutés à la fin de l'alphabet, donc tardivement. Il est possible qu'à l'invention de cet abjad il désignât le coup de glotte vocalisé (quel que soit le timbre de la voyelle) et ne ce soit spécialisé que plus tard pour le coup de glotte suivi de /a/ et pas d'une autre voyelle, d'où l'ajout des deux autres formes dans une période plus tardive.
La présence de quelques graphèmes syllabiques (dont ʾi et ʾu ajoutés à la suite) est un emprunt au modèle akkadien, d'où la présence d'un s̀, servant à transcrire une consonne non sémitique de valeur inconnue et vraisemblablement utilisée pour les textes écrits en hourrite. Noter que le tracé de certains caractères varie selon les sources de documentation indiquées en bibliographie. Il n'y a en effet pas de modèle archétypal réel et les inscriptions peuvent être de styles très différents.
La cité d'Ougarit ayant été détruite vers 1200 av. J.-C. par les Peuples de la mer, son écriture a disparu avec elle. L'alphabet phénicien a cependant pris le relais, avec la descendance que l'on sait (l'alphabet latin in fine). Il est fort possible que le respect de l'ordre levantin dans cet alphabet ait été inspiré par celui de l'ougaritique.
Codage informatique
L'ougaritique a été ajouté aux caractères d'Unicode à partir de la quatrième version, dans le bloc du même nom qui s'étend des emplacements U+10380 à U+1039F. Ces caractères étant situés hors du plan multilingue de base (PMB), ils sont difficilement affichables, tous les systèmes d'exploitation et les navigateurs n'étant pas capables de les manipuler. De plus, peu de polices de caractères contiennent les œils nécessaires. On peut se référer à [http://www.alanwood.net/unicode/ugaritic.html cette page du site d'Alan Wood] pour en trouver quelques-unes.
Voici les caractères prévus par Unicode (leur affichage correct dépend de votre système) :
Alphabet phénicienPhénicien
L'alphabet phénicien est un ancien alphabet de type abjad utilisé par les Phéniciens pour noter leur langue. Il été emprunté par plusieurs peuples méditerranéens pour donner notamment :
- l'alphabet grec, duquel sont à leur tour issus
- l'alphabet étrusque, qui a donné l'alphabet latin,
- l'alphabet cyrillique,
- l'alphabet gotique,
- l'alphabet copte ;
- l'alphabet araméen, duquel sont issus
- l'alphabet hébreu,
- l'alphabet syriaque,
- l'alphabet arabe.
Histoire
Il est probable que l'alphabet phénicien soit issu d'un modèle dit alphabet linéaire et utilisé pour noter des idiomes proto-cananéens, lequel proviendrait de simplifications des hiéroglyphes égyptiens. Les plus vieilles inscriptions datent vraisemblablement du XIIIe siècle avant l'ère chrétienne mais on les considère encore comme du linéaire. Au XIe siècle, l'alphabet est parfaitement établi (ce qui permet de poser la date de séparation, somme toute artificielle, de 1050 avant l'ère chrétienne, entre le modèle linéaire et le modèle phénicien).
L'alphabet phénicien suit l'ordre levantin, qu'il transmettra à tous ses descendants.
Le nom de lettres phéniciennes ne nous est pas directement connu. On a choisi ici des valeurs possibles, restituées à partir de l'hébreu. La translittération suit les conventions habituelles pour les langues sémitiques. Les valeurs phonologiques sont données en API. Les « emphatiques » des langues sémitiques étant interprétées comme d'anciennes éjectives, on les a, ici, analysées comme telles.
Bibliographie
- The World's Writing Systems, sous la direction de Peter T. Daniels et William Bright, Oxford University Press, Oxford, 1996 ;
- John Healey, « The Early Alphabet », dans Reading the Past, ouvrage collectif, British Museum Press, 1990 ;
- André Martinet, « Palatalisation de “g” en arabe », dans Évolution des langues et reconstruction, Presses universitaires de France, collection « Sup », section « Le linguiste », Paris, 1975.
Articles connexes
- Phénicien.
Divers
- code ISO 15924 : Phnx
als:Phönizisches Alphabet
ja:フェニキア文字
ko:페니키아 문자
Alphabet hébreuHébreu
Histoire de l'écriture hébraïque
Hébreu
L'alphabet hébreu est un abjad qui s'est développé à partir de l'alphabet araméen. Les Hébreux appellent leur alphabet aleph-beth (aleph et beth en étant les deux premières lettres). Il sert principalement à noter l'hébreu et le yiddish.
L'archéologie montre que l'écriture hébraïque ancienne est proche de l'écriture phénicienne qui s'est répandue au Moyen-Orient à la fin du II millénaire avant l'ère chrétienne. Pendant l'exil au VI siècle avant l'ère chrétienne, les juifs en ont emprunté une forme plus moderne aux Juifs babyloniens qui en avaient hérité eux-mêmes des Juifs assyriens. C'était l'alphabet carré qui est encore utilisé aujourd'hui.
Selon la tradition juive, leur écriture était formée à l'époque de Moïse, bien que le rôle d'Esdras soit reconnu pour sa contribution à l'écriture carrée. L' | | |