:: wikimiki.org ::
| Alphabet Latin |
Alphabet latinL'alphabet latin est l'alphabet qu'on utilise majoritairement pour écrire les langues d'Europe occidentale ainsi que dans les pays qui ont été colonisés par les Européens. C'est, en concurrence avec l'alphabet cyrillique et, dans une bien moindre part, l'alphabet grec, l'écriture occidentale par défaut et maintenant – en raison de l'importance économique et culturelle de pays l'utilisant (comme les États-Unis) une écriture internationale : on peut trouver des mots écrits en lettres latines dans les rues du Japon comme dans celles de l'Égypte.
On nomme cet alphabet ainsi car c'était, à l'origine, celui des Romains et de leur langue, le latin.
Lettres
L'alphabet latin, comme la majorité de ceux issus de l'alphabet grec, est bicaméral : on utilise deux graphies pour chaque graphème (ou lettre), l'une dite minuscule, l'autre capitale. Dans la majorité des cas, chaque lettre possède les deux variantes. Il existe cependant quelques exceptions, comme la lettre ß (eszett ; utilisée en allemand et autrefois dans d'autres langues, dont le français), qui, en capitales, est remplacée par SS.
L'expansion – tant géographique que temporelle – de cet alphabet en fait l'un des plus riches en variantes nationales. Ainsi :
- chaque langue donnée utilise un jeu plus ou moins complet de lettres fondamentales ;
- chacune peut en posséder des lettres modifiées qui s'y ajoutent ;
- parmi les lettres modifiées, certaines sont considées, selon les langues, comme des lettres à part entière ou comme des variantes d'une autre lettre.
Par exemple, les alphabets utilisés pour le français et pour le castillan ne sont pas identiques (ainsi, la lettre ç ne s'emploie pas en castillan et le français, à l'inverse ne se sert pas de á), bien que tous deux puissent être ramenés à l'alphabet latin. En sorte, il ne serait pas faux de parler d'un alphabet français et d'un alphabet castillan.
On le voit, il n'existe rien tel qu'un alphabet latin figé et constant ; il est cependant possible d'isoler les graphèmes fondamentaux utilisés dans une majorité de langues : ce sont ceux de l'alphabet des origines (voir plus bas, section « Histoire ») plus j et u ainsi que g et w, soient :
Graphèmes fondamentaux
cellpadding="8"
|+ Capitales
|- style="font-size:20px;"
| A || B || C || D || E || F || G || H || I || J || K || L || M
|- style="font-size:20px;"
| N || O || P || Q || R || S || T || U || V || W || X || Y || Z
|{{XIXe siècle{entête tableau simple style|text-align: center;
Alphabet als:Alphabet ko:자모 문자 ms:Aksara ja:アルファベット simple:Alphabet th:อักษร
Catégorie:Linguistique Catégorie:Écriture Catégorie:Symbolique
Catégorie:Symbolique Un alphabet (de alpha et bêta, les deux premières lettres de l'alphabet grec) est un ensemble de symboles utilisé pour représenter plus ou moins précisément les phonèmes d'une langue.
Chacun de ces symboles, ou graphème, est appelé une lettre ; chaque lettre, en théorie, devrait noter un phonème. Certaines lettres peuvent recevoir un ou plusieurs diacritiques afin d'étendre le stock de graphèmes si celui-ci est insuffisant pour noter les sons de la langue ou permettre d'éviter les ambiguïtés. De la même manière, un alphabet peut être étendu par l'utilisation de digrammes ou encore de lettres supplémentaires.
Les évolutions phonétiques d'une langue se produisant à un rythme différent de l'évolution écrite, l'écriture alphabétique ne garantit en aucune manière une correspondance un à un entre les phonèmes et les graphèmes : en français, /s/ peut se noter ç, s, ss ou t. A contrario, s peut se prononcer /s/, /z/ ou être muet. Certaines langues, comme le hongrois, ont toutefois une écriture quasi-phonétique. Dans la majorité des cas (hormis pour le hongrois), ce sont des langues écrites depuis peu dont la transcription au moyen de signes alphabétiques a fait l'objet d'une recherche planifiée.
Histoire
Les deux premières lettres de l'alphabet grec, alpha α et bêta β, ont pour origine les deux premières lettres phéniciennes : le coup de glotte et /b/, dont le nom signififiait vraisembablement « taureau » et « maison » dans cette langue.
Le premier alphabet de l'histoire est celui d'Ougarit, d'ailleurs déjà classé dans l'ordre alphabétique levantin. Il est suivi par celui des Phéniciens, dont les descendants sont nombreux : aussi bien l'écriture arabe que l'alphabet latin.
Françoise Briquel-Chatonnet (chargée de recherche au laboratoire des études sémitiques anciennes, CNRS-Collège de France) a proposé en 2005 l'histoire des alphabets suivante :
──o Écritures protosémitiques
├─o Protosinaïque ()
├─o Ougaritique ()
? ?
| └─o Phénicien ( - )
| ├─o Paléo-hébreu (, remplacé au par l'Hébreu carré)
| ├─o Punique
| ├─o Araméen ()
| | ├─o Hébreu carré ()
| | ├─o Écritures d'Asie centrale (Sogdien, Ouïgour, Mongol, Mandchou, etc.)
| | ├─o Karoshti ()
| | ├─o Brahmi (milieu du )
| | ├─o Nabatéen ()
| | └─o Syriaque ( ap. J.-C.)
| | :
| | └─o Arabe ( ap. J.-C.)
| └─o Grec ()
| ├─o Étrusque ()
| | └─o Latin ( - )
| ├─o Copte ( ap. J.-C.)
| ├─o Géorgien (début du ap. J.-C.)
| ├─o Arménien (début du ap. J.-C.)
| └─o Cyrillique ( ap. J.-C.)
└─o Écritures arabiques (début du )
├─o Nord-arabiques (Safaïtique, Thamoudéen, etc.)
└─o Sud-arabiques
├─o Himyarite
└─o Éthiopien ( ap. J.-C.)
Évolution de certaines lettres dans l'histoire et les civilisations :
Image:Abce proto A.png|Évolution du A.
Image:Abce proto B.png|Évolution du B.
Image:Abce proto E.png|Évolution du E.
Alphabets
Alphabet français
Pour écrire le français, on utilise l'alphabet latin moderne avec les vingt-six lettres suivantes : a A, b B, c C, d D, e E, f F, g G, h H, i I, j J, k K, l L, m M, n N, o O, p P, q Q, r R, s S, t T, u U, v V, w W, x X, y Y, z Z.
Cet alphabet fondamental est enrichi par :
- des signes diacritiques :
- l’accent aigu ´ (diacritique le plus courant, mais uniquement sur le e dont il modifie très sensiblement la phonétique en le rendant non caduque),
- l’accent grave ` (très courant sur le e qu'il allonge, et sur le a et le u dans quelques mots courants dont il précise le sens sans en modifier sensiblement la phonétique),
- l’accent circonflexe ˆ (assez courant sur le a, le e et le o dont il peut modifier la phonétique en les fermant ou les allongeant suivant les régions, et résiduel en voie d'obsolescence sur le i et le u où il symbolise une ancienne lettre amuïe, et maintenant complètement disparue au plan phonétique),
- le tréma ¨ (sur le e pour éviter la formation d'un digramme vocalique ou d'une diphtongue comme dans Noël, ou sur un e muet pour forcer la prononciation d'une voyelle précédente qui autrement resterait muette dans un digramme consonnantal comme dans aiguë, sur le i de quelques mots comme haï pour les mêmes raisons mais parfois remplacé dans d'autres mots par un h muet avant le i, sur le u de mots assez rares comme capharnaüm et de noms propres, là aussi pour éviter la formation d'un digramme vocalique, et parfois sur le y de certains noms propres comme l'Haÿ-les-Roses).
- la cédille ¸ (assez courante, mais uniquement en français sous le c pour en garder la prononciation avant les voyelles a, u ou o, par exemple le mot ça et les mots et conjugaisons dérivés des verbes en -cer).
- Consulter à ce sujet Diacritiques utilisés en français ;
- Curieusement, les claviers français, utilisés sous Windows, ne permettent pas d'accentuer un E majuscule (pas d'accent aigu en touche morte) ou d'indiquer la cédille sous un C majuscule, ce qui oblige à un certain nombre de contorsions pour rédiger un texte décent (ou à utiliser par exemple un autre clavier comme le clavier suisse romand ou canadien, ce qui est encore plus pénible à l'usage car les ponctuations sont toutes déplacées de même que certaines lettres de l'alphabet principal). Les systèmes d'exploitation Mac et Unix (ou Linux) ne connaissent pas ce problème, il suffit de se mettre en mode de verrouillage majuscule et d'appuyer sur la touche de la lettre accentuée (mais on doit alors maintenir quand même la touche majuscule enfoncée pour taper les chiffres de la première rangée si on n'a pas de pavé numérique séparé, ce qui est contraire à l'usage dactylographique français, et nécessite une adaptation et peut même ne pas s'avérer pratique pour certains utilisateurs de portables, habitués à taper les nombres sans devoir maintenir une seconde touche enfoncée) ;
- des ligatures :
- des ligatures orthographiques : æ et œ (considérées comme des digrammes, car provenant de l'amuïsssement ou la contraction de deux syllabes en une seule) ;
- des ligatures esthétiques : ct, et, ff, ffi, ffl, fi, fl, ft, st et tt (d'usage courant en typographie, elles ne sont toutefois pas considérées comme des lettres distinctes au plan orthographique, sémantique ou éthymologique) ;
- des graphies consonnantales :
- des digrammes consonnantaux insécables : ch, gu, ge (avant a, o, u), ph, qu (avant e), sh (dans certains mots importés de l'anglais), sch (dans certains mots d'origine germanique) ;
- des digrammes consonnantaux sécables, affectant la prononciation : ss ;
- des digrammes consonnantaux sécables, souvent introduits par mutation orthographique d'un préfixe, et n'affectant normalement pas la prononciation de ce préfixe : ff, gg, ll, mm, nn, pp, rr, tt ;
- des consonnes le plus souvent muettes en fin de mot, souvent requise pour leur fonction grammaticale ou pour des raisons éthimologiques : d (en fin de mot), lt (après au, eau), p (muet après a, o), s, t (sauf après e), x (muet après au, eau, eu) ; ces consonnes sont souvent mutables pour former les accords (x devient s, f devient v) ;
- des graphies semi-vocaliques :
- une semi-voyelle formant des diphtongues : y (utilisée au lieu de ill après a pour former des diphtongues distinctes) ;
- un trigramme semi-voyelle sécable, formant des diphtongues après un son voyelle, ou parfois isolément après une consonne : ill (forme préférée à y)
- des graphies vocaliques :
- une voyelle le plus souvent muette en fin de mot, souvent requise pour sa fonction grammaticale ou lexicographique : e (normalement toujours muette après é, i, u, sauf en cas de formule emphatique accentuant exagérément le féminin ; son ajout après une consonne finale provoque la mutation cette consonne, muette ou non, en une autre consonne non muette, ou parfois en digramme consonnantal sécable).
- de nombreux digrammes ou trigrammes vocaliques (subissant parfois des mutations orthographiques et souvent phonétiques) issus d'anciennes diphtongues, ou d'une réforme de l'écriture de la nasalisation (après la disparition du tilde diacritique) :
- ai, aî, ain, aie, an (mutable en am avant les consonnes b, p, m), au, ay,
- ee (dans des mots importés de l'anglais), ef (dans le mot clef), ei, ein, en (mutable en em avant les consonnes b, p, m), er (en fin de verbe), et (en fin de mot), eu, ez (en fin de mot ou de verbe conjugué),
- in (mutable en im avant les consonnes b, p, m),
- on (mutable en om avant les consonnes b, p, m), oo (dans des mots importés de l'anglais), ou, œu
- un (mutable en um avant les consonnes b, p, m) ;
- des digrammes ou trigrammes de fausses diphtongues : oi, oî, oy (sauf avant une voyelle), oin (sauf avant une voyelle).
En français, à la différence d'autres langues, les signes diacritiques ou les combinaisons de lettres (digrammes et ligatures) ne sont pas pris en compte dans l'ordre alphabétique primaire, ou dans les jeux de lettres (mots croisés, scrabble, etc.) ; ces différences d'accents ou de ligatures sont prises en compte seulement au niveau ternaire, c'est à dire après le niveau secondaire (différences de casse), considéré plus important, et qui suit le classement alphabétique principal des mots selon les 26 classes de lettres.
Alphabets récents et de transcription
Les langues dont la notation écrite est récente (nombre de langues africaines), celles dont l'écriture n'est pas latine voire alphabétique (mandarin, japonais) ou celles dont l'écriture est ambigüe et nécessite une explicitation phonétique dans le cadre de textes didactiques sont le plus souvent écrites ou transcrites au moyen de signes alphabétiques (latins pour l'essentiel). Ainsi, certaines langues africaines sont écrites au moyen de l'alphabet pan-nigérian, des langues purement orales le sont de plus en plus grâce à l'alphabet phonétique international (qui permet de noter plus ou moins bien toutes les langues), une langue à écriture non alphabétique comme le mandarin peut être transcrite en pinyin et l'on utilise en phonétique historique des langues romanes la transcription de Bourciez, toutes écritures alphabétiques.
On se reportera à la liste des méthodes de transcription pour plus de détails.
Autres alphabets
- Alphabet arabe (abjad) ;
- alphabet araméen (abjad) ;
- alphabet arménien ;
- alphabet avestique ;
- bopomofo ;
- alphabet braille ;
- alphabet copte ;
- alphabet cyrillique (certaines langues slaves) ;
- alphabet de l'espéranto ;
- alphabet étrusque ;
- alphabet gotique ;
- alphabet grec ;
- alphabet géorgien (mxedruli et asomtavruli) ;
- alphabet glagolitique ;
- hangul ;
- alphabet hébreu (abjad) ;
- alphabet latin ;
- alphabet linéaire (ou proto-cananéen ou encore proto-sinaïtique, bien que tous ces termes ne soient pas exactement équivalents) ;
- alphabet mandéen (abjad) ;
- alphabet Morse ;
- alphabet nubien ;
- alphabet ougaritique (abjad ou alphabet, selon l'interprétation qu'on en fait) ;
- pehlevi (abjad) ;
- alphabet phénicien (abjad) ;
- alphabet nabatéen (abjad) ;
- alphabet radio ;
- alphabet runique ;
- alphabet syriaque (abjad) ;
- alphabet thaï ;
- tifinagh (abjad).
Note :
- on a classé dans cette liste des écritures qui ne sont pas réellement des alphabets mais des abjads, c'est-à-dire des écritures ne notant que les consonnes ou principalement les consonnes, souvent nommés de manière courante alphabets. On se reportera à l'article en question pour plus de détails. Dans ces écritures, de plus, les lettres ont plus ou moins tendance à changer de forme selon le contexte ;
- les alpha-syllabaires ─ écritures notant les consonnes accompagnées d'une voyelle fondamentale par un seul signe mais indiquant les autres voyelles par un signe annexe ─ sont recensés dans leur propre article, bien qu'on les nomme souvent mais improprement aussi alphabets. Dans ces écritures, les lettres changent souvent de forme selon leur place dans la syllabe ;
- le fonctionnement du hangul en fait une écriture très originale mais bien alphabétique : les phonèmes sont visuellement regroupés par syllabe mais les blocs syllabiques créés ne constituent pas des graphèmes indépendants.
Alphabets informatiques
- Unicode
- ASCII
- EBCDIC
- Page de code
Alphabet imaginaires
Certains auteurs de littérature fantastique et de science-fiction ont développé un alphabet imaginaire pour donner un relief supplémentaire aux peuples et aux cultures qu'ils ont créés :
- tengwar, l'écriture des elfes de la Terre du milieu de John Ronald Reuel Tolkien (le monde du Seigneur des anneaux) ;
- alphabet klingon.
Articles connexes
- Écriture ;
- syllabaire ;
- abjad ;
- alphasyllabaire ;
- logogramme ;
- sinogramme ;
- signes diacritiques, ligature, lettre conjointe, lettre supplémentaire, digramme, variante contextuelle ;
- translittération ;
- classement alphabétique ;
- caractères spéciaux.
- ISO 15924
Références
- Françoise Briquel-Chatonnet, La révolution de l'alphabet, Les collections de l'Histoire, 29, 2005.
Alphabet cyrillique
L'alphabet cyrillique (en russe : кириллица ; en ukrainien : кирилиця ; en biélorusse : Кірыліца ; en serbe : Ћирилица ; en bulgare : Кирилица) est un alphabet bicaméral de trente-deux lettres (dans sa version moderne russe), créé au par des disciples du frère Cyrille (peut être Climent Ochrydsky), à partir du grec dans sa graphie onciale ; il est notable que la valeur phonétique des lettres empruntées corresponde, mutatis mutandis, à celle qu'elles avaient dans le grec de l'époque. Par exemple, le Β bêta (prononcé [b] en grec classique mais [v] en grec médiéval) est devenu le В ve russe ; il a donc fallu créer une lettre de façon à obtenir un graphème pour le phonème [b], en l'occurrence une modification du ve, soit Б. Ces aspects sont traités de manière plus étendue dans l'article Histoire de l'alphabet cyrillique.
En même temps ou un peu avant l'invention du cyrillique, on utilisait en concurrence l'écriture glagolitique, peut-être aussi due à Cyrille, surtout dans une zone correspondant à la Bulgarie et à la Macédoine. Ce n'est qu'à la fin du que le cyrillique a presque entièrement détrôné le glagolitique, sauf en Serbie et en Bosnie principalement, où il s'est maintenu quelques siècles, et, surtout, en Croatie, où il n'a pas été remplacé par le cyrillique, au contraire. Les vagues de christianisme y avaient cependant introduit l'alphabet latin (première vague au milieu du VIIe s., puis une majeure au temps de Charlemagne, VIIIe-IXe s.), qui n'a pas non plus évincé le glagolitique dans la liturgie et la vie administrative.
Les ecclésiastiques vivant surtout dans la région de l'Adriatique du nord ont continué à utiliser l'écriture glagolitique jusqu'à la fin du (à partir duquel il ne s'est maintenu que dans la liturgie), et le dernier document en glagolitique date de la fin du .
L'alphabet cyrillique doit, plus ou moins directement, plusieurs de ses caractéristiques innovantes par rapport au modèle grec, voire certaines de ses lettres, au glagolitique.
Usages de l'alphabet cyrillique
Le cyrillique est principalement utilisé pour écrire le russe et plusieurs langues slaves (en fait, les langues slaves de peuples orthodoxes, les catholiques ayant préféré l'alphabet latin) :
- vieux slave (ou vieux bulgare) ;
- biélorusse ;
- bulgare ;
- serbe ;
- ukrainien ;
- macédonien.
Il sert également à écrire de nombreuses langues non slaves et non indo-européennes parlées sur le territoire de la Russie, comme l'oudmourte, le khanty, le nenets ou l'ossète, ainsi que le mongol. Pour ces langues, il est souvent complété par des signes diacritiques ou des caractères spéciaux, destinés à noter des phonèmes qui n'existent pas en russe. On peut consulter à ce propos Adaptations de l'alphabet cyrillique ainsi que Diacritiques de l'alphabet cyrillique.
Dans cet article, ne seront traités que les aspects de l'alphabet cyrillique servant à écrire le russe. En effet, dans les autres langues l'utilisant, les lettres peuvent avoir une tout autre valeur. Par exemple, en bulgare ъ (dit ер голям) se prononce comme le ă roumain et le щ vaut št.
Lettres
L'alphabet cyrillique utilisé pour le russe compte trente-deux lettres depuis 1917. Avant cette date, l'alphabet dit « prérévolutionnaire » en comprenait quatre de plus. Celles-ci sont repérées dans le tableau par un fond coloré. Elles sont décrites dans l'article Histoire de l'alphabet cyrillique.
Cette écriture étant bicamérale, il existe deux variantes pour chaque lettre, capitale et minuscule. Le tableau suivant détaille l'alphabet actuel ; il se lit comme suit :
- Capitales et minuscules ;
- nom de la lettre telle que prononcée lorsque on l'épelle ; on a adopté ici une transcription et non une translittération afin de rendre explicite le nom en question ;
- translittération : le premier signe indiqué suit la norme ISO 9 de 1995 ; les suivants si les usages divergent, proviennent d'autres systèmes fréquemment utilisés ;
- prononciation phonétique selon l'API ;
- prononciation imagée orthographiée selon les usages français.
Graphie manuscrite et cursive
La graphie manuscrite cursive des lettres cyrilliques diffère autant de la graphie imprimée que le font nos lettres latines. De plus, dans certaines éditions l'italique imprimée minuscule suit le tracé des lettres cursives (ce qui, typographiquement, montre la différence entre des obliques et des italiques). Certaines cursives ne sont cependant pas identiques selon qu'elles sont manuscrites ou imprimées (ces lettres sont repérées par la couleur bleue) :
Image:Cyrillique_cursif.png
Légende Rangée 1 : caractères d'imprimerie en romaine ; rangée 2 : caractères d'imprimerie en italique ; rangée 3 : caractères manuscrits cursifs.
Enfin, en serbe et en macédonien, les italiques cursives des minuscules бгдпт ont encore un autre œil, parfois plus proche encore de la graphie manuscrite :
Image:Cyrillique_serbe_russe.PNG
Note : dans ces langues, la lettre д en minuscule romaine se trace δ.
Fonctionnement de l'alphabet et orthographe
Un alphabet aux consonnes facilement lisibles
La notation du russe au moyen du cyrillique est relativement claire et facilitée par la basse fréquence de mots prononcés autrement qu'ils sont écrits, si du moins l'on ne regarde que les consonnes. Bien qu'il existe de nombreux archaïsmes dans la prononciation (les consonnes finales, par exemple, sont toutes dévoisées mais l'orthographe ne l'indique pas, non plus que les autres assimilation comme le dévoisement des consonnes les unes au contact des autres), l'orthographe du russe n'a rien de comparable avec celles, très complexes et peu régulières, de langues comme l'anglais ou le français. L'histoire de l'alphabet cyrilique, pourtant, est aussi longue que celle des lettres latines telles qu'utilisées pour noter les langues modernes. Pourtant, la notation du russe a, au cours du temps, été simplifiée, de sorte que sa lecture et son orthographe soient aisées à un locuteur moyen. Consulter Histoire de l'alphabet cyrillique pour plus de détails.
Des voyelles ambiguës
Malgré une efficacité avérée de la notation des consonnes, la lecture directe d'un texte n'est cependant pas possible : le lecteur doit connaître pour chaque mot de plus de deux syllabes la place de l'accent tonique afin d'interpréter correctement les voyelles : celles-ci, en effet, connaissent une apophonie par atonie comparable à celle du portugais, du catalan ou de l'occitan et autres langues, parmi lesquelles encore les langues germaniques : les voyelles atones tendent à être neutralisées et perdent leur timbre initial. L'alphabet cyrillique, cependant, hormis dans les ouvrages didactiques, ne note pas la place de cet accent. À titre d'illustration, prenons le mot хорошо ; selon la place de l'accent, il sera réalisé :
- хорошо́ = ;
- хоро́шо = ;
- хо́рошо = .
Note : à l'imitation de la marche suivie dans les ouvrages didactiques, les voyelles accentuées seront dans cet article marquées d'un accent aigu.
Seul le premier signifiant renvoie au signifié de « bon ». Ces mécanismes sont traités en détail dans Apophonie accentuelle en russe et Prononciation du russe.
Cette apophonie existe en soi aussi en bulgare ou en ukrainien, mais est moins marquée qu'en russe.
Notation de la palatalisation
L'on traite ici de phonologie du russe pour expliquer certains mécanismes orthographiques. Le détail des explications se trouve cependant dans l'article consacré à ce sujet.
Écriture syllabique
Une des caractéristiques principales des langues slaves, à savoir la palatalisation des consonnes (réparties entre consonnes « dures » non palatalisées, et « mouillées »), est notée dans cet alphabet d'une manière originale. Dans la majorité des cas, c'est la voyelle suivant une consonne qui indique la présence ou non de la palatalisation et il n'existe pas de signe notant le yod (phonème [j] de yaourt) dans toutes les positions. La lecture est donc relativement syllabique : il faut, pour lire la consonne, lire aussi la voyelle suivante. On retrouve ce procédé avec certaines lettres de l'alphabet latin utilisé en français, comme c ou g dont la réalisation (résultant d'ailleurs d'une ancienne palatalisation dans les langues romanes) devant des voyelles d'avant vaut [s] et au lieu de [k] et [g]. Seule la valeur de la voyelle suivante (ou l'absence de voyelle, du reste) permet de lire la consonne. En russe, le mécanisme est utilisé pour presque toutes les consonnes.
Chaque timbre vocalique fondamental peut-être écrit de deux façons (tableau ci-contre). Chacune indique si la consonne précédente est dure (devant voyelle dure) ou mouillée (devant voyelle molle). Si aucune consonne écrite ne précède dans la syllabe (en début de mot ou après une autre voyelle : Плеяды Pleâdy « Pléiades »), il faut suppléer un yod devant la voyelle molle (sauf pour /i/ mou, qui ne conserve un yod à l'initiale que dans les dérivés du pronom de 3e personne, soient им , их et ими ), rien devant la dure. Le phonème /i/ est notable : les deux variantes constituent deux allophones réalisés /i/ après consonne mouillée, après dure. Les autres voyelles subissent un changement de timbre conditionné analogue bien que, de loin, moins important. De plus, les voyelles molles se divisent en deux catégories : les molles à proprement parlé (е et и, qui sont naturellement palatales) et les « yodisées », c'est-à-dire des voyelles non palatales étant le résultat d'une palatalisation secondaire (я, variante mouillée de а, et ю, celle de у).
Contrairement aux apparences, ё /ʲo/ n'est pas la variante molle de /o/. Il s'agit du résultat de la vélarisation de tonique devant une ancienne consonne dure. L'orthographe ne note généralement pas cette modification secondaire : Горбачёв Gorbačëv est le plus souvent écrit Горбачев. Le tréma, cependant, est utilisé pour lever des ambiguïtés, comme dans la paire все « tout » (pluriel) ~ всё (neutre singulier). Pour être prononcé ainsi, un е doit de toute manière être tonique.
Cette notation ne doit pas laisser croire qu'il existe dix voyelles en russe ; en fait, la langue ne possède que six timbres , (sachant que le sixème, , est secondaire et provient d'une centralisation de /i/ devant consonne dure). C'est l'écriture de ces voyelles qui est double et complexe. Dans certains cas, la variante molle indique la présence d'une consonne palatalisée précédente voire, quand la voyelle est en début de mot, celle d'une consonne [j]. Dans d'autres, elle n'a qu'un rôle orthographique, principalement quand la consonne qui précède n'existe pas sous les des deux variantes, molle ou mouillée. Les consonnes viennent donc par paire d'allophones : dure ~ molle, sauf ш š, ж ž, et ц c, qui sont toujours dures ; щ ŝ et ч č, qui sont toujours molles (mais pas mouillées). L'alphabet ne l'écrit cependant pas au moyen d'un signe de mouillure externe (sauf dans quelques cas recquérant l'emploi du jer ь, dont l'emploi est décrit ci-après) mais l'indique par la graphie voulue de la voyelle suivante : [t] est noté par т devant voyelle dure (та, тэ, ты, то, ту), par la même lettre devant voyelle molle (тя, те, ти, тё, тю).
Utilisation des jer
Quand aucune voyelle ne suit une consonne mouillée, on écrit un « signe mou » ь après elle : ть , si la consonne est dure, un « signe dur » ъ : тъ [t], sauf en fin de mot où tous les signes durs ont été éliminés depuis la réforme de 1917. Ces deux signes, anciennement des voyelles (en vieux slave et, encore, en bulgare), sont nommés jer. On note que la voyelle ы y est constituée de l'union des deux jers, lesquels, à la différence de ы, ne pouvant pas être employés à l'initiale d'un mot, ne possèdent pas de majuscule ; dans un texte en capitales au long, cependant, on écrira bien Ь et Ъ : ШЕСТЬ šest’ « six », СЪЕЗД s”ezd « congrès ».
Le passé vocalique de ces deux signes (ь ǐ valait [ĩ], ъ ǔ [ŭ]) est décelable dans des mots où leur utilisation semble superflue, surtout pour ь.
Leur élimination en tant que phonèmes vocaliques est ancienne et s'est manifestée par un amuïssement (principalement quand ces deux voyelles étaient faibles, c'est-à-dire atones ou après un jer en position forte dans la syllabe précédente) ; l'ancienne voyelle molle ь, cependant, a laissé une trace en mouillant, si possible, la consonne précédente : возьму́ voz’mu. L'amuïssement est de règle en fin de mots : щипа́ть ŝipátǐ > ŝipat’ « pincer ». De fait, la lettre ь est devenue un signe auxiliaire sans valeur phonétique propre. Le jer dur ъ, quant à lui, n'a, en fin de mot, laissé aucune trace décelable outre le caractère non mou (donc dur) de la consonne précédente. Encore utilisé comme signe auxiliaire avant 1917, son usage a été oblitéré par celui d'une nouvelle règle orthographique prévoyant que toute consonne finale non suivie d'une voyelle est dure. Il est donc devenu inutile dans cette position : домъ domǔ > домъ dom” > дом dom « maison ». À l'intérieur d'un mot, cependant, il continue à noter le caractère dur de la consonne qui le précède : объя́ть ob”ât’ « embrasser ».
D'autre part, ces deux voyelles en position forte (tonique ou dans la syllabe précédent un jer en position faible) ont pu se vocaliser en е pour la molle, о pour la dure :
- дьнь dǐnǐ > день den’ « jour » ;
- плъть plǔtǐ > плоть plot’ « chair ».
Enfin, le jer mou peut remplacer un ancien [ĩ] devant voyelle yodisée ; il se prononce alors [j] après la consonne molle : судья́ sud’â « juge », пью p’û « je bois ».
Incompatibilités
On l'a dit, ш š, ж ž, et ц c sont toujours dures ; щ ŝ et ч č toujours molles. Les raisons en sont que ces consonnes sont déjà le résultat d'une palatalisation : le yod non écrit s'est mêlé à une première consonne pour donner l'une des cinq consonnes en question. Ainsi, il n'existe pas de щ ŝ dur ou de ž mouillé.
Puisque ces consonnes n'ont qu'un seul allophone, la notation au moyen des deux séries de voyelles est superflue. Elle obéit en effet à des règles dépendant de la grammaire, qui précisent quelle graphie utiliser pour un même phonème vocalique (voire pour l'absence de voyelle qui peut, en fin de mot, être notée par un signe doux ь muet). Il existe une incompatibilité remarquable entre les voyelles yodisées (dont la mouillure est moins stable que celle des autres voyelles molles) я â et ю û et les chuintantes ш š, ж ž, ч č et щ ŝ. Pour chaque consonne concernée, il existe deux graphies ambiguës : devant /o/ (on peut écrire le phonème au moyen de о ou ё), en fin de mot (consonne seule ou avec signe doux ь) :
La consonne ц c quant à elle n'est suivie que par des voyelles dures (et jamais par le signe doux ь) sauf pour /e/, écrit е et non э. Il existe aussi quelques graphies étymologiques avec un и au lieu de ы ; on prononce cependant bien [ɨ] : цифра ['ʦɨfrǝ]. Le tableau ci-dessous récapitule les orthographes possibles :
Légende :
L'ensemble « [x]# » se lit « le phomène [x] en fin de mot ».
Il faut noter que la notation de i après ш, ж et ц est complexe : on emploie и après les deux premières mais ы après la troisième. Dans tous les cas, ces consonnes étant dures, le phonème est réalisé [ɨ].
Toujours pour des raisons liées à la palatalisation, les incompatibilités suivantes sont notables :
- le phonème /o/ atone ne peut pas suivre ж, ц, ч, ш et щ dans les seules désinences ; il est remplacé par е ;
- le graphème ы (mais non le phonème [ɨ]) ne peut suivre к, г, х, ж, ч, ш et щ ; il est remplacé par и, notant [i] ou [ɨ] après les consonnes nécessairement dures ;
- les graphèmes я et ю ne peuvent suivre к, г, х, ц ж, ч, ш et щ ; ils sont remplacés par а et у.
Divers
- Code ISO 15924 : Cyrl
Articles connexes
- Adaptations de l'alphabet cyrillique
- Alphabet ukrainien
- Histoire de l'alphabet cyrillique
- Diacritiques de l'alphabet cyrillique
- Lettres supplémentaires de l'alphabet cyrillique
- Numération slave
- Prononciation du russe
- Apophonie accentuelle en russe
- Russe
- Ukrainien
- Alphabet
- Écriture
-
als:Kyrillisches Alphabet
ja:キリル文字
ko:키릴 문자
th:อักษรซีริลลิก
Rome antique
La Rome antique est le cadre de la naissance, de l'avènement et de la disparition de la civilisation romaine antique. Débutant comme un simple assemblage de villages, l'humble bourgade vit ensuite son histoire se confondre avec celle du monde méditerranéen du début de l'ère chrétienne à la fin de l'Antiquité.
C'est pourquoi vous ne trouverez ici qu'une synthèse de l'histoire romaine, développée dans des articles plus conséquents sur les pages adéquates.
La fondation de Rome (-753)
D'après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du Mont Palatin près du Tibre vers -753 et y regroupa des groupes de latins, de sabins, et peut-être d'étrusques. L'archéologie a établie que le peuplement des collines de Rome a commencé vers le , et s'est accéléré à partir du .
Se référer à l'article Fondation de Rome.
Après Romulus et ses successeurs légendaires, ce sont les rois Étrusques qui en occupant la région vont faire de Rome une véritable ville vers 600 av. J.-C., en la dotant d'une muraille, en aménageant le Forum et en bâtissant le sanctuaire du Capitole.
C'est probablement sous la Royauté que s'élabore la religion romaine, mélange d'archaïsmes indo-européens et d'influences grecques et étrusques. Les anciens Romains attribueront leurs succès militaires à la qualité scrupuleuse de leur piété envers les dieux.
Se référer à l'article sur la monarchie romaine.
Se référer aux articles sur la religion romaine, la mythologie romaine, les fêtes religieuses romaines.
La République romaine (-509 à -27)
-27
De res publica (lat.) « la chose publique ».
Tarquin le Superbe est le dernier roi de Rome. Tyrannique, autoritaire, il fut chassé par les Romains en -509 ; la République romaine est fondée, gouvernée par le Sénat romain et les magistrats élus du peuple romain (populus ne désigne, à l'époque, qu'une partie de la population, les patriciens).
À ses débuts, la République romaine est déchirée par les conflits entre la plèbe et le patriciat. Elle finit par se doter en -367 d'institutions qui équilibrent le pouvoir du patriciat et modèrent celui des consuls.
Rome commence son expansion par la conquête de l'Italie centrale par la prise de Véies en -396. Le sac de Rome en -390 est le début d'une longue période où Rome ne fut jamais prise par ses ennemis, jusqu'en 410 et le sac de Rome par Alaric.
Progressivement, Rome affronte ses voisins et agrandit peu à peu son territoire, tandis que les plébéiens obtiennent en -300 l’égalité politique. Rome domine toute l'Italie en -272.
À partir de -264, dans son affrontement contre Carthage lors de la première guerre punique et de la deuxième guerre punique, Rome conquiert la Sicile, la Corse et la Sardaigne, l'Hispanie et devient la première puissance de la Méditerrannée occidentale en -202. Tributaire de Rome, Carthage est finalement détruite en -146.
Les légions romaines, de plus en plus efficaces, interviennent en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure. Durant le IIe siècle av J.-C., Rome soumet la Grèce et en retire une grande influence culturelle. Les élites connaissent la richesse des butins, tandis que la crise sociale monte en Italie. La République qui dût son succès à un équilibre entre ses différentes composantes sombre devant son agrandissement trop brutal, ses institutions prévues pour une ville se révélent inadaptées à la gestion d'un empire. A partir de -133, les tensions se multiplient (cf. les Gracques), des ambitieux luttent pour le pouvoir : Marius contre Sylla, Cinna, Pompée contre Jules César, Octave contre Marc Antoine.
Se référer à l'article sur les Institutions de la République romaine pour connaître l'organisation politique de la République.
Se référer aux articles Histoire de la République romaine et à la liste des consuls pour la chronologie.
Se référer à l'article sur la Société de la République romaine pour connaître l'organisation sociale de la République.
L'Empire romain (-27 à 395)
L'Empire romain commence après la mort de Jules César avec l'avènement d'Octave Auguste. Ménageant l'ordre sénatorial, il assoit son pouvoir personnel. Grâce aux légions, il agrandit considérablement le territoire romain, et l'organise en provinces romaines, qu'il gère avec la collaboration de l'ordre équestre.
Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au , la superficie de l'Empire romain est à son maximum. Rome est avec un million d'habitants la plus grande ville du monde méditerrannéen, avec une organisation spécifique.
La pax romana favorise la prospérité, les colonies se développent grâce à l'évergétisme de leurs élites, les grandes métropoles comme Carthage, Antioche, Alexandrie refleurissent.
Se reporter à l'article Organisation de la ville de Rome pour découvrir les solutions mises en place pour gérer cette gigantesque agglomération
L'empire romain tardif
La défense contre la pression croissante des peuples germaniques contribue à la militarisation de l'Empire, qui connaît après les Sévères une terrible crise politique et économique au , et parvient à se redresser au au prix de transformations considérables : partage du pouvoir entre empereurs (tétrarchie, puis Auguste assistés de Césars), transfert de la capitale à Constantinople, absolutisme, alourdissement de l'admnistration, germanisation de l'armée. La montée du christianisme accompagne cette transformation.
L'Empire romain adoptera définitivement le christianisme au .
Se référer à l'article sur l'Empire romain et à la Liste des empereurs romains.
Se référer à l'article sur Province romaine et à la série d'articles consacrés à chaque province
La dissolution de l'Empire romain (après 395)
Après une ultime réunification en 394 sous Théodose I, l'Empire est divisé en deux moitiés :
- L'Empire romain d'Occident est submergé en l'espace de deux générations par les peuples germaniques et s'efface en 476, ce qui marque la fin conventionelle de l'Antiquité,
- L'Empire romain d'Orient résiste et s'adapte, devenant progressivement l'Empire byzantin qui subsistera jusqu'en 1453.
Se référer à l'article sur Empire romain d'Occident, Empire romain d'Orient et Empire byzantin.
Organisation militaire, politique, religieuse et institutions romaines
Voir aussi :
- Cursus honorum
- Relations de la religion romaine aux autres religions
Art
Issu des influences italiques, l'art romain prend son essor au contact de l'art grec qu'il va longtemps imiter.
Voir l'article détaillé : art romain
Architecture
L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, les romains innovent dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium).
Voir la typologie des monuments dans la catégorie Architecture romaine
Voir la liste des monuments dans la catégorie Liste de monuments romains
Voir l'article sur l'Épigraphie latine
Littérature
Les Romains révolutionnèrent le support écrit des livres, en lui donnant la forme moderne que nous connaissons : ils généralisèrent le codex, volume de feuilles reliées, plus maniable et plus aisé à lire que le traditionnel rouleau.
Voir l'article sur la littérature latine, et la catégorie:Littérature grecque d'époque romaine.
Vie quotidienne
- Les noms romains (système des tria nomina) et les prénoms romains
- le costume : la toge, la stola
- l'habitat : domus, insula et villa
- Le calendrier julien
- Les chiffres romains
- Les jeux du cirque
- Les thermes romains
- La monnaie romaine
- Les unités de mesure romaines
- Les ergastules (Prisons et cachots)
Bibliographie
- La civilisation romaine de Pierre Grimal, 1960, réédité en 1981 chez Flammarion
- Histoire générale de l’Empire romain de Paul Petit, 1974, édition du Seuil
- L’art de l’ancienne Rome, Bernard Andreae, 1973, éditions d’Art André Mazenod
- [http://perso.wanadoo.fr/revuesocialisme/s10empireromaine.htm L'impérialisme romain - une analyse marxiste] par l'archéologue anglais Neil Faulkner
Liens externes
- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/ Parcours virtuels de Rome] : panoramas virtuels et galeries de photos (ita/ing/fr)
- [http://www.insecula.com Site insecula (Égypte, Rome, et Grèce antique).]
-
Latin
Introduction
Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties.
Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux.
Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs).
Le latin est la langue-mère des langues romanes.
Histoire
Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.
Latin médiéval
On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron.
De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.
Le latin, langue vivante
Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction.
La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux.
Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine.
Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin.
Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain.
Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue.
Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi:
- Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ?
- Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon.
- Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt.
On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.
Le latin et l'Union Européenne
Assimil
Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).
Classification
Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.
Répartition géographique
Statut officiel
Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.
Langues dérivées
Les langues romanes sont dérivées du latin.
Ecriture
Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes :
Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.
Prononciation
Prononciation ancienne restituée
On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec).
Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.
Prononciations modernes
[En préparation]
Grammaire
Morphologie
La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.
Système nominal
L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines.
On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires.
La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.
Système verbal
L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines.
Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).
Pronoms personnels
La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.
Lexique
Le latin et les autres langues indo-européennes
- Le vocabulaire commun
Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs.
AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS.
à compléter...
Que devient le latin quand il se fait français ?
Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE.
Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra.
On en perd forcément son latin.
Exemples
Voir aussi
Liens internes
- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
- Langues par famille
- Langues indo-européennes
- Langues italiques
- - langues romanes
- Méthode latine ;
Liens externes
- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte
Catégorie:Langue liturgique
Catégorie:Langue véhiculaire
als:Latein
ja:ラテン語
ko:라틴어
simple:Latin language
th:ภาษาละติน
zh-min-nan:Latin-gí
Bicaméral
- Écriture bicamérale : écriture qui oppose des capitales / majuscules aux minuscules.
- « Bicaméral » se dit d'un régime ou système constitutionnel dans lequel existent deux assemblées représentatives réunies au sein d'un Parlement. Voir l'article Bicamérisme.
- Pensée bicamérale : mode de fonctionnement du cerveau - voir :en:bicameral mind.
MinusculeLe bas-de-casse désigne, en typographie, les caractères dits minuscules car se trouvant en bas de la casse. Par opposition, les lettres de grand format et d'un tracé souvent différent de celui des minuscules sont nommées capitales (et non majuscules). Comme ces dernières se distinguent par leurs nombreux angles droits, on a aussi utilisé pour les bas de casse, mais rarement, le mot arabesque qui, au fil des siècles, a fini par donner arobasque. Cette opposition n'a de sens que dans les écritures bicamérales :
center
Origine des minuscules de l'alphabet latin
À l'époque romaine les caractères latins correspondaient aux seules capitales. Au , cependant, apparaît une écriture plus enlevée, la rustica. Petit à petit, l'écriture se fait plus rapide, avec une déformation des traits droits et une simplification. Bientôt se distinguent deux formes pour chacun des caractères, la forme originale (la capitale) et la forme cursive (la minuscule), qui ne tardent pas à avoir des usages spécifiques.
Les minuscules s'arrondissent et atteignent leur « perfection » avec l'onciale. Enfin, avec la minuscule caroline, ils acquièrent leur prééminence.
Désormais, les capitales ne sont plus employées que pour des usages spécifiques et propres aux langues à écriture latine.
Catégorie:Imprimerie Catégorie:Typographie Catégorie:PAO
als:Minuskel
MajusculeLa capitale (du latin capitalis, « qui concerne la tête ») est, en typographie, la casse à utiliser pour composer en « grandes lettres » dans les écritures bicamérales. Ainsi, l'œil (tracé apparent du caractère) B est la capitale de b dans l'alphabet latin, de β dans l'alphabet grec et de в dans l'alphabet cyrillique. Le tracé des capitales, que l'on oppose aux minuscules, diffère très souvent non pas seulement par le format mais aussi par l'œil.
On appelle de tels caractères lettres capitales car ils se trouvent en haut de la casse, c'est-à-dire la tête. Par opposition, les minuscules, situées dans le bas de la casse, sont aussi appelées lettre en bas-de-casse ou tout simplement bas-de-casse. Il existe en outre de petites capitales :
Quelques lettres de même origine dans trois alphabets
La majuscule (du latin majuscula, « un peu plus grande »), quant à elle, est un caractère situé au début de certains mots. Chaque langue en fixe l'usage. Le plus souvent, mais pas exclusivement, les majuscules sont représentées par des capitales (d'où la confusion).
Les capitales ne sont pas des majuscules
Il ne faut donc pas confondre les capitales et les majuscules, lesquelles se définissent par leur fonction : lettres initiales des phrases en début de paragraphe et après un point, des prénoms et noms propres, etc. Ainsi, la phrase : « LONGTEMPS JE ME SUIS COUCHÉ DE BONNE HEURE » est écrite en capitales, mais seule la première lettre est majuscule.
Les règles d'utilisation des majuscules varient d'une langue à l'autre. Chaque langue utilisant une écriture bicamérale possède ses propres règles concernant l'emploi des majuscules : en français, par exemple, on n'écrit pas les noms de langues avec une majuscule ; c'est pourtant le cas en anglais. En allemand, de plus, tous les noms, communs ou propres, prennent une majuscule. Certains digrammes, quand ils doivent être en majuscule capitale, sont notables : en français, la ligature Oedipe est incorrecte ; le digramme capital s'écrit en effet Œ : Œdipe. En néerlandais, le digramme lié ij s'écrit IJ en majuscule capitale : IJsselmeer et non Ijsselmeer.
« Écrivez en majuscules », à cet égard, n'a aucun sens en typographie. C'est pourtant une expression courante, de même que « majuscule initiale », expression intrinsèquement redondante. La confusion entre ces deux termes est tellement fréquente, même dans des ouvrages didactiques comme une encyclopédie, qu'il serait vain de vouloir la corriger à tout prix : de fait, la distinction entre les deux mots appartient surtout au jargon de la typographie.
Exemples
Des majuscules en capitales et en minuscules
La confusion entre les termes de majuscule et de capitale est facilitée par le fait que les majuscules s'écrivent la plupart du temps en capitales. On peut se rendre compte de la différence entre les deux en prenant un exemple ; certains éditeurs présentent les titres et les noms d'auteurs de leurs ouvrages en minuscules sur la couverture. C'est le cas des Éditions de Minuit pour un ouvrage comme le Vocabulaire des institutions indo-européennes d'Émile Benveniste. La couverture est typographiée ainsi :
::émile benveniste
:le vocabulaire
:des institutions
:indo-européennes
:::LES EDITIONS DE MINUIT
On peut dire que le prénom et le nom de l'auteur sont écrits en minuscules ; leur première lettre, cependant, est bien une majuscule : seulement, elle n'est pas en capitale. D'autre part, bien que le nom de l'éditeur soit en capitales, on sait que le E de EDITIONS ainsi que le M de MINUIT sont aussi des majuscules.
Le cas du grec
En grec ancien, tel qu'écrit actuellement, les capitales et les majuscules en capitales ne sont pas identiques : un texte écrit au long en capitales n'est normalement pas diacrité, tandis qu'un texte en minuscules avec des majuscules capitales reçoit les diacritiques. De fait, un mot comme ἄνθρωπος ánthrôpos, « homme », s'écrit Ἄνθρωπος avec une majuscule capitale, mais ΑΝΘΡΩΠΟΣ en capitales. La capitale de la première lettre du mot est donc un Α alpha nu, la majuscule un Ἄ diacrité, portant esprit doux et accent aigu.
Dans la messagerie électronique
Il est à noter que, dans la messagerie électronique, ON ÉCRIT EN CAPITALES pour indiquer que l'on élève la voix. De façon plus générale, cela permet de mettre en évidence une partie de texte lorsque l'on ne peut techniquement pas utiliser d'italique, de graisse différente ou d'autres enrichissements visuels.
Conclusion
Pour résumer, une capitale est un œil (tracé d'une lettre) différent de celui d'une minuscule, un simple format. Une majuscule est un emplacement initial déterminé par les règles d'orthotypographie, qui se réalise la plupart du temps comme une capitale. La confusion est d'autant plus facile que les deux termes semblent particulièrement mal choisis : une capitale devrait, si l'on en croit l'étymologie, être située « en tête (de mot) » tandis que, toujours étymologiquement, la majuscule serait une lettre de plus grand format, s'opposant directement à la minuscule ; or, c'est l'inverse : minuscule et capitale s'opposent par la taille et le format, majuscule n'a pas d'antonyme. Il semble que les deux termes aient été inversés.
Voir aussi
Articles connexes
- minuscule ;
- écriture bicamérale ;
- typographie ;
- orthotypographie ;
- de l'usage des majuscules.
Bibliographie
- Jean-Pierre Colignon, La majuscule, c'est capital !, Albin Michel, "les dicos d'or", Paris, mai 2005
Liens externes
- [http://marcautret.free.fr/sigma/pratik/typo/majcaps/ «Majuscules ou capitales, solution du casse-tête!», par P. Morfouace]
Catégorie:Norme
Catégorie:Imprimerie
Catégorie:Typographie
als:Majuskel
ja:大文字
AllemandL'allemand (Deutsch en allemand), est une langue appartenant au groupe des langues germaniques occidentales de la famille indo-européenne. C'est la langue la plus parlée au sein de l'Union européenne.
Histoire
Première mutation consonantique
Avec la première mutation consonantique (erste germanische Lautverschiebung) aux environs du , naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européenes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi :
- k → h : cord en latin — Herz en allemand, heart en anglais
- p → f : pater en latin — father en anglais, Vater en allemand
- t → th : tres en latin — three en anglais, drie en néerlandais
- d → t : decem en latin — ten en anglais, tien en néerlandais
- g → k : gula en latin — Kehle en allemand, keel en néerlandais
- bh → b : bhrātā en sanskrit (frater en latin) — Bruder en allemand, brother en anglais
- dh → d : adham en sanskrit — deed en anglais, daad en néerlandais
- gh → g : - ghostis en indo-européen (hostis en latin) — Gast en allemand, guest en anglais
Articles complets : Loi de Grimm et Loi de Verner.
Seconde mutation consonantique
On commence à parler de langue allemande lorsque les dialectes parlés dans le Sud-Ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique (zweite germanische Lautverschiebung ou hochdeutsche Lautverschiebung, que l'on situe grosso modo vers le ), au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand).
Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais :
- k → ch : ik — ich (je) ; ook — auch (aussi) ; make/maken — machen (faire)
- d → t : dag/day — Tag (jour) ; bed — Bett (lit); do/doen — tun (faire)
- t → s : wat/what — was (quoi) ; street/straat — Straße (rue) ; eat/eet — essen (manger)
- t → (t)z : sitten/sit — sitzen (être assis) ; two/twee — zwei
- p → f : slapen/sleep — schlafen (dormir) ; schip/ship — Schiff (bateau) ; help/helpen — helfen (aider)
- p → pf : peper/pepper — Pfeffer (poivre) ; paard — Pferd (cheval)
- v, w, f → b : geloof/believe — Glaube (croyance) ; avond/evening — Abend (soir)
Article complet : Seconde mutation consonantique.
Le nom d'allemand est également donné aux dialectes du nord qui n'ont pas ou peu subi cette transformation phonétique, même si l'appellation est considérée par les linguistes comme abusive.
Moyen Âge
Entre le et le eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au. Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononcation en utilisant la langue française):
- û (ou), → au (aou): hūs — Haus (maison) ; mūs — Maus (souris)
- î, (î) → ei (aille) : wīse — Weise (maniére) ; zīt — Zeit (temps)
- iu (û) → eu (≈oï): liute — Leute (des gens) ; hiute — heute (aujourd'hui)
Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées (Kleinstaaterei) au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes très différents et, parfois, mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le , bien que l'influence sur la langue vulgaire fut quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :
- Au Nord, et en particulier du temps de la Hanse, le bas-allemand servait de langue véhiculaire de la mer du Nord à la mer Baltique.
- Au Sud se développait petit-à-petit, essentiellement à l'écrit, depuis le une « langue compromis » entre les différents dialectes qui devint l'allemand standard (Hochdeutsch). Il est à noter que ce processus est assez différent de celui des États voisins qui adoptèrent la langue de leur capitale.
Influence de la Réforme
En 1521, Martin Luther traduisit le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et en 1534, l'Ancien Testament. Bien que Luther ne fut pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le — il n'en reste pas moins que la Réforme contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne qui finit par l'adopter.
Mais, jusqu'au début , le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le Nord, apprenaient comme une langue étrangère.
L'allemand en Europe centrale
Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du , les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.
Normalisation de l'orthographe et de la grammaire
Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1960, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. Cette normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901.
Classification
C'est une langue germanique de la branche ouest, proche, notamment, du néerlandais.
Langues régionales
bas-allemand
- néerlandais
- afrikaans
- allemand du Nord
- bas-saxon
haut-allemand
- moyen-allemand
- moyen allemand occidental
- moyen-francique
- mosellan
- luxembourgeois
- francique ripuaire
- francique rhénan
- palatin
- hessois
- moyen allemand oriental
- thuringeois (haut-saxon)
- berlinois (brandebourgeois)
- dialectes de Lausitz
- yiddisch
- allemand supérieur
- francique
- francique oriental
- francique du méridional
- francique du Main
- allemand pennsylvanien
- bavarois
- autrichien
- dialectes de Bavière
- alémanique
- alsacien
- souabe
- suisse alémanique
- bas alémanique
- haut alémanique
Répartition géographique
- en Europe :
- L'allemand est langue officielle en Allemagne, en Autriche, au Liechtenstein, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et dans la région italienne du Tyrol du Sud;
- République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne, Russie (Allemands de la Volga), Roumanie (Namat) ;
- en Afrique : Namibie, Togo, Afrique du Sud ;
- en Amérique : Amérique du Nord (en particulier en Pennsylvanie aux États-Unis où vit une communauté amish importante), Amérique du Sud (Paraguay, Chili, Argentine, Brésil).
Note : que l'allemand soit devenu langue officielle dans certains États des États-Unis d'Amérique est une rumeur infondée.
Source : wikipédias allemand et espagnol (en désaccord entre eux). À vérifier depuis une source plus sûre.
Langues dérivées
Le yiddish est une langue dérivée du vieil-allemand, dans lequel ont été introduits des mots d'origine slave ou hébraïque.
L'unserdeutsch est un créole formé à partir d'un lexique allemand.
Écriture
L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un Umlaut (sorte de tréma) ä, ö et ü, et un symbole spécial ß, eszet, utilisé en lieu et place de ss dans certains cas (principalement après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le ß depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique (Fraktur) et écrit en sütterlin, versions de l'alphabet latin difficiles à déchiffrer pour le profane.
Orthographe
:Voir article de fond : Réforme de l'orthographe allemande.
L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Il est toutefois à noter que les fortes disparités régionales au niveau de la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les difficultés orthographiques principales résident dans :
- les Fremdwörter (mots d'origine étrangère) : ils sont souvent écrits conformément au mot d'origine (par ex. Milieu, Mayonnaise) ;
- les lettres ä et e (e ouvert ou fermé), dans certains cas homophones et dans d'autres de prononciations voisines (par ex aufwendig dérivé de Aufwand, où l'orthographe reformée permet d'aussi écrire aufwändig) ;
- la distinction entre consonne simple et consonne double qui, dans un nombre limité de mots et contrairement à la règle habituelle, n'a pas d'influence sur la longueur de la voyelle (par ex. Tip mais tippen, Platz [tz est considéré comme un double z] mais plazieren) ;
- la séparation entre les mots (par ex. radfahren « aller à vélo » à côté de Auto fahren « aller en voiture ») et la (non-)capitalisation de certaines expressions (par ex. im dunkeln lassen « laisser incertain » à côté de (jemanden) im Dunkeln lassen « laisser (qqn) dans un endroit obscure »).
Afin de supprimer une partie des difficultés ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et deviendra obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901. Les principaux changements concernent :
- l'homogénéisation de la graphie des mots de même famille (aufwändig de Aufwand, mais toujours aufwenden) ;
- l'utilisation du ß uniquement après les voyelles longues et les diphtongues (on aura alors toujours der Fuß, die Geiß, mais der Fluss, ce qui est analogue aux règles pour les autres consonnes) ;
- dans les mots composés, aucune lettre ne sera plus supprimée (Geschirr + Rückgabe > Geschirrrückgabe ou, alternativement, Geschirr-Rückgabe) ;
- la généralisation plus exhaustive de l'écriture en plusieurs mots des expressions figées (auseinander reißen), ce qui est la chose la plus critiquée et qui a aussi créé des nouveaux problèmes: "Furcht erregend" (intimidant, traditionellement "furchterregend") mais toujours "noch furchterregender" (encore plus intimidant)
- la systématisation de la capitalisation des substantifs (der Dritte) ;
- la simplification de la césure et de l'emploi de la virgule.
Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le Landtag [parlement régional]) et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie traditionnelle.
Prononciation
:Voir article de fond : Prononciation de l'allemand.
Contrairement à l'anglais ou au français, l'allemand classique (Hochdeutsch) se prononce de manière assez conforme au texte écrit, hormis pour les mots d'emprunt.
Toutefois, les francophones rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous.
- Les deux prononciations du ch n'existent pas en français :
- après a, u et o, il se prononce /χ/, comme en espagnol dans Juan, « Jean » ;
- après i, e, ä, ö et ü, il se prononce /ç/, comme en grec moderne dans Όχι, « non ».
- Le coup de glotte au début des mots (et de certaines syllabes) commençant par une voyelle marque une séparation nette entre les mots. Le français, en revanche, a tendance à lier les mots entre eux.
- L'accent tonique est assez souvent placé sur la première syllabe, contrairement à la prononciation française standard qui accentue la dernière syllabe.
- Le h est aspiré comme en anglais.
----
- est parfois retranscrit en .
Note :
b = à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, devant une voyelle
ch = après a, o ou u, lorsque suivi par a, o ou u au début d'un mot, ailleurs
d = à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, ailleurs
e = dans les syllabes inaccentuées
g = à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, avant une voyelle, dans les mots étrangers. ig =
h allonge la voyelle lorsqu'il la suit, ailleurs
j = dans les mots étrangers, ailleurs
r = entre une voyelle et une consonne : ou il ne se prononce pas, ou ailleurs
s = au début d'un mot et entre deux voyelles, devant t ou p, ailleurs
v = dans les mots étrangers, ailleurs
y = dans les mots provenant du grec, ou ailleurs
dsch, ph, qu et y se trouvent majoritairement dans les mots étrangers
Grammaire
L'allemand est une langue flexionnelle comportant des conjugaisons et des déclinaisons.
Conjugaison
:Voir article de fond : Conjugaison de l'allemand.
Le principe de la conjugaison allemande est assez proche du français. Les différences notables sont
- L'existence du subjonctif I, essentiellement destiné à relater les propos d'autrui
- La différence entre passif-action (Das Haus wird gebaut, la maison est [en train d'être] construite) et passif-état (Das Haus ist gebaut, la maison est construite [elle est finie]).
En ce qui concerne la morphologie, le deux principaux types de verbes sont
- Les verbes faibles, qui conservent leur radical et ont un participe passé en -(e)t. Ces verbes sont le plus souvent réguliers.
- Les verbes forts, qui modifient leur radical au prétérit, au participe passé et parfois au présent. Ils ont un participe passé en -en. Ils sont dits irréguliers, le changement de radical n'étant pas prévisible.
Parmi les verbes irréguliers se rangent également les auxiliaires de mode (können, pouvoir ; dürfen, avoir le droit; etc.), qui sont employés dans un nombre important d | | |