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| Années 1980 |
Années 1980zh-min-nan:1980 nî-tāi ko:1980년대 ja:1980年代 simple:1980s
Catégorie:Décennie
Événements
- Catastrophe de Tchernobyl
- chute du mur de Berlin
- Guerre Iran-Irak
- Manifestations de la place Tienan Men
Personnages significatifs
- Deng Xiaoping, Chine
- Mikhail Gorbatchev, URSS
- Ruhollah Khomeiny, Iran
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- Félix Houphouët-Boigny, Côte d'Ivoire
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- Dynastie
- Alf
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Catégorie:Date
Catastrophe de TchernobylLa catastrophe de Tchernobyl est le nom donné à un accident nucléaire particulièrement grave survenu le 26 avril 1986 dans la centrale nucléaire de Tchernobyl située en Ukraine à 60km de Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie.
Causes de la catastrophe
La catastrophe de Tchernobyl est due à la fusion par élévation excessive de température des barres constituantes du combustible d'un réacteur, l'accident le plus grave qui peut survenir dans une centrale nucléaire électrique. Lorsque la chaleur produite par le réacteur n'est plus évacuée en quantité suffisante par le système de refroidissement, le combustible nucléaire se met à fondre, ce qui provoque la libération de grandes quantités de gaz radioactifs. C'est ce phénomène qui s'est produit à Tchernobyl sur le réacteur numéro 4.
L'accident s'est produit suite à une série d'erreurs commises par les techniciens de la centrale et d’une conception non sécurisée. Les opérateurs ont notamment violé des procédures garantissant la sécurité du réacteur et donc de la centrale.
Une expérience était en cours pour tester un cas très particulier de fonctionnement : la disparition de la tension sur le réseau et l'absence du courant de contrôle-commande dans la centrale.
- Ce cas ne peut se produire de fait que si la centrale est l’objet d’une impulsion électromagnétique nucléaire. L’essai était donc un essai de « défense passive » destiné à montrer que l’énergie contenue dans le groupe turbo-alternateur était suffisante pour pouvoir relancer le fonctionnement du réacteur.
- La puissance thermique( - ) du réacteur avait été réduite de 3 200 MW à 1 000 MW dans le cadre de ce test. Cependant, la puissance de sortie a chuté brutalement à 30 MW, ce qui a provoqué un empoisonnement du réacteur au xénon. Les opérateurs essayèrent alors de rétablir la puissance, mais le Xénon-135 accumulé absorbait les neutrons et limita la puissance à 200 MW. Pour débloquer la situation, les opérateurs retirèrent les barres de carbure de bore, qui servent à contrôler la température du réacteur, au-delà des limites de sécurité autorisées.
( - ) Les réacteurs nucléaires visant à la production d’électricité ont un rendement approximatif d’un tiers (entre la puissance thermique et la puissance électrique) ; la puissance d'une centrale est exprimée en mégawatt (1 MW = 1 million de watts).
Cet accident est de magnitude 7 selon l’échelle INES. Ce qui correspond à l’accident le plus grave et le plus meurtier qui puisse être mesuré par cette échelle.
Conséquences de la catastrophe
échelle INES]
La pression des gaz provenant de la fusion du réacteur a fait exploser la dalle de béton couvrant le réacteur car l'enceinte n'était pas conçue pour résister à une telle pression, si bien que les gaz brûlants composés d'isotopes radioactifs se sont échappés et se sont condensés dans l’atmosphère pour former un nuage radioactif. La chaleur résiduelle a vitrifié une partie des matériaux se trouvant à proximité immédiate du cœur du réacteur.
Le nuage radioactif s’est déplacé sous l’effet du vent vers l’ouest et le sud-ouest sur plusieurs milliers de kilomètres pendant les jours qui ont suivi. Les particules radioactives sont retombées sur une large zone géographique couvrant une grande partie de l’Europe.
Conséquences humaines et matérielles
vitrifié]
Le réacteur numéro 4 a complètement fondu et l'enceinte du réacteur a été détruite lors de la catastrophe.
Une noria d’ouvriers, les "liquidateurs", a été employée pour collecter les débris radioactifs sur le toit et aux alentours immédiats de la centrale. Chaque ouvrier ne disposait que de quelques minutes pour effectuer sa tâche, pendant lesquelles il était exposé à des niveaux de radiations extrêmement élevés en raison d'équipements de protection dérisoires, en fait principalement destinés à l’empêcher d’inhaler des poussières radioactives. Nombre d’entre eux ont développé par la suite des cancers et beaucoup en sont décédés dans les années qui ont suivi.
La population locale n’a pas été prévenue immédiatement et a poursuivi ses activités habituelles plusieurs heures, sans prendre de précautions particulières ni être évacuée. Elle a finalement été évacuée, et la zone a été interdite, mais quelques personnes y sont retournées pour y vivre.
Conséquences sanitaires
Rapport commun de l'OMS, de l'AIEA, de l'UNDP et autres agences (05/09/2005)
D'après le rapport, L'héritage de Tchernobyl : impacts sanitaires, environnementaux et socio-économiques, rédigé par plusieurs agences de l'ONU, daté du 5 septembre 2005, la catastrophe de Tchernobyl serait moins importante que les premières estimations.
Ainsi, d'après le résumé de l'AIEA : Au total, 4 000 personnes pourraient mourir pour avoir été exposées aux radiations après l'accident [...]. Le bilan est donc bien en deçà de spéculations antérieures qui parlaient de dizaines de milliers de morts possibles. Michael Repacholi, responsable de l'OMS cité dans le rapport a déclaré : les effets de l'accident sur la santé ont été horribles mais au total [...] les effets en termes de santé publique n'ont pas été aussi graves - et de loin - qu'on avait pu le craindre initialement
Ce résumé est disponible :
- sur le site de l'AIEA [http://www.iaea.org/NewsCenter/Focus/Chernobyl/pdfs/French_press_release.pdf Communiqué de presse sur le site de l'AIEA (pdf)]).
- sur le site de l'OMS [http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2005/pr38/fr/index.html Communiqué Conjoint OMS/IAEA/UNDP (html)]
Ces résumés précisent que parmi les 4.000 personnes qui pourraient mourrir de la radio-exposition, 2.200 font parties des 200.000 personnes des équipes d'interventions chargées de sécuriser le site.
L'association Greenpeace a critiqué les conclusions de ce rapport. Ses principaux arguments sont les suivants :
- L'OMS, dans une étude de 1998, aurait annoncé 212 morts sur 72.000 liquidateurs et n'en annonce plus que 59 alors qu'il y aurait eu 600.000 liquidateurs;
- L'étude ne prend pas en compte en Europe Occidentale les effets des faibles doses;
- L'étude fait le distingo entre les malades du stress (du à l'évacuation ou à la perte de situation) et les autres, ce que Greenpeace réfute;
- L'une des deux méthodes, la méthode épidémiologique, est remise en cause par Greenpeace car elle ne serait pas adaptée à l'Europe.
Conséquences sur l’environnement
OMS, et l'Ukraine]]
La radioactivité libérée par l’explosion contamina une superficie d’environ 160 000 km² au nord de Kiev et aussi au sud de la Biélorussie, et a detruit une parite de la végétation aux alentours.
Une large zone autour de la centrale est fortement contaminée et la plupart des espèces vivantes ont été atteintes. Cela a pris du temps pour que les animaux reprennent le cours de leur vie. Fin 1987, on mesura un taux de césium 137 radioactif encore des milliers de fois supérieur à la normale sur le site de Tchernobyl.
Conséquences politiques et économiques
Un sarcophage de béton a été coulé autour des restes du réacteur détruit, pour confiner la radioactivité résiduelle. Ces travaux ont été financés principalement par l’Union Européenne, en échange de quoi l’exploitation de la centrale devait être abandonnée. Bâtie à la hâte, cette carcasse tombe en ruine. Un appel d’offres pour des travaux de consolidation est en cours.
Voir aussi
- Controverse française sur le nuage radioactif
- Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI)
- Énergie nucléaire
- Accident nucléaire
- Youri Bandajevsky, chercheur sur les conséquences sanitaires de la catastrophe.
- Les liquidateurs, personnes ayant travaillé dans les jours, voire les mois après la catastrophe à l'édification du "sarcophage" entourant le réacteur de la centrale de Tchernobyl.
- Liste de catastrophes
- Liste des accidents nucléaires
Liens externes
- [http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=tchernobyl&page=index Le nuage de Tchernobyl sur la France : chronologie d'un mensonge d'Etat]
- [http://www.dissident-media.org/infonucleaire/bilan_sanitaire_tcherno.html Août 1986 : un premier bilan sanitaire présenté par les experts soviétiques], [http://resosol.org/Gazette/ Gazette Nucléaire] n°96/97 juillet 1989
- [http://www.dissident-media.org/infonucleaire/estimations.html Un bilan qui sera selon les estimations de 14 000 à 560 000 morts par cancers, plus autant de cancers non mortels]
- [http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier251-1.php Dossier Tchernobyl 17 ans après : quelle réalité ?]
- [http://www.dissident-media.org/infonucleaire/special_tcherno.html Dossier 19ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl]
- [http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/Thernobyl-France-03.pdf Rapport à l’Académie de Médecine publié en 2003]
- [http://www.unicef.org/newsline/02chernobylstudy.htm/ Rapport de janvier 2002 de l'UNICEF sur les conséquences de la catastrophe, sur le site de l'organisation]
-
catégorie:histoire du nucléaire
catégorie:1986
ja:チェルノブイリ原子力発電所
Guerre Iran-Irak
La guerre Iran-Irak a opposé ces deux pays entre 1980 et 1988 et provoqué entre 600 000 et 1 200 000 victimes. Elle est aussi souvent appelée la 1ere guerre du Golfe.
Historique politique
En 1979, le Chah d'Iran est renversé par la révolution islamique. À son retour d'exil ou il était, l'ayatollah Khomeiny proclame l'Iran république islamique et appelle les Irakiens à renverser le régime de Saddam Hussein dès 1980. Son objectif est de répandre le mouvement islamiste à travers tout le Proche-Orient.
De son côté, Saddam Hussein, arrivé au pouvoir en 1979, redoute l'arrivée au pouvoir de Khomeiny, et attaque l'Iran le 22 septembre 1980, sous le prétexte de désaccord frontalier. Il espère faire disparaitre Khomeiny et réduire l'influence du mouvement islamiste, en faveur de son pays.
Ses objectifs sont clairs : obtenir le déplacement de la frontière sur la rive orientale du Chatt el-Arab pour assurer une meilleure sécurité à la région de Bassorah; obtenir la restitution des trois îles du détroit d'Ormuz annexées par le Shah en 1971 et soustraire ainsi le détroit à une exclusive emprise iranienne; provoquer éventuellement un soulévement dans la province iranienne du Khuzestan (Arabistan pour l'Irak) et l'annexer.
À cette époque, l'Irak était un pays économiquement et militairement puissant dans le golfe Persique, grâce aux revenus des pétrodollars et à une politique de modernisation qu'il a mis en place dans son pays (école obligatoire pour les garçons et les filles, politique volontariste et une augmentation de plus en plus importante d'élite irakienne). Les puissances occidentales inquiètes de l'apparition de la république islamique iranienne voyaient en l'Irak un pays qui pourrait évoluer vers la laïcité et le modernisme, ainsi pesant contre l'Iran. C'est pourquoi, elles ne s'opposent pas dans un premier temps à la guerre Iran-Irak, voire la soutiennent par la suite. C'est en particulier le cas de l'URSS et de la France et des États-Unis. Cependant, en dépit de la puissance militaire de l'Irak, le conflit s'enlise rapidement. Début 1981, les Iraniens contre-attaquent et parviennent à libérer l'essentiel du territoire iranien début 1982. En juin de cette même année, l'Irak décrète un cessez-le-feu, mais voit son territoire envahi le mois suivant.
L'Iran voit ses buts de guerre proclamé se radicaliser, il s'agit de réduire l'Irak, destituer Saddam Hussein et le remplacer par un régime islamique.
La ligne de front se stabilisa au niveau de la frontiére commune et malgré de nombreuses offensives de part et d'autre, il n'y eu pas de percée majeure.
Finalement, en 1988, l'armée irakienne reprend le dessus. Le 18 juillet, Khomeiny accepte le cessez le feu exigé par la résolution 598 du conseil de sécurité de l'ONU (20 juillet 1987).
Le 15 août 1990, Saddam Hussein accepte de revenir aux accords d’Alger de 1975: il libère les prisonniers de guerre et quitte les territoires occupés. Le traité de paix est finalement signé le 20 août 1990, selon les nouvelles conditions iraniennes. Cela revient à un retour a un statut quo ante.
Au total, les dépenses militaires, pertes en produit intérieur brut et capitaux non investis, auraient dépassé 500 milliards de dollars pour les deux pays. L’Iran estime officiellement à 300 milliards le prix de la reconstruction de son économie. L’Irak, pour sa part, l’évalue entre 50 et 60 milliards de dollars.
Les estimations des pertes en vies humaines varie de 600 000 à plus de 1 200 000 morts Iraniens et à plus 250 000 Irakiens, ce qui est très élevé pour un conflit régional.
Historique militaire
Lorsque le Chah était au pouvoir, les dissensions existait déja entre l'Iran et l'Irak, et, en 1975, un traité fut conclut pour redéfinir les frontiéres.
Cependant, après mai 1979, un certain nombre d'incidents éclatérent le long de la frontiére; entre avril et juillet, 30 000 Irakiens d'origine Iranienne furent chassés d'Irak; en septembre 1980, le président Saddam Hussein annula le traité de 1975.
Le 20 septembre 1979, l'aviation Irakienne bombarda un certains nombre de terrains d'aviations Iraniens, et 2 jours, plus tard l'armée Irakienne entrait en Iran. L'Irak affirmait vouloir exercer à nouveau sa souveraineté sur les voies navigable et les territoires du Chatt el'Arab, cédé en 1975.
Les forces Irakiennes avancaient le long de 3 axes : Vers Quarr-e Chirin au nord, Mehran au centre et surtout Susangard et Khorramchahr dans le sud. L'Irak esperait qu'un tel mouvement entrainerait rapidement la chute du nouveau régime. L'Irak réussit à franchir la frontiére, mais la profondeur de pénétration variait considérablement d'une percée à l'autre. Le plus gros succés fut obtenue au sud, après la chute de Khorramchahr après de trés durs combats. L'Iran livra au nord et au centre des contres attaques peu importantes, en général à l'aide d'un léger support de blindés et d'artillerie. Il regagna ainsi quelques territoires perdus.
En janvier 1981, les Iraniens menèrent une contre attaque de plus grand envergure au sud de Susangerd, qui se solda par un échec du à l'absence d'infanterie pour soutenir l'action des chars et la nature du terrain, trés mou à cette époque de l'année, et donc impropre au déplacements des chars. Il est problable que, dans les combats, l'Irak a laissé une cinquantaine de char T-62 et l'Iran une centaine de char Cheftain et M-60A1.
Au cours de la 1ere année de guerre, l'Iran et l'Irak ont perdu environ le méme nombre de chars, entre 250 et 300. Certains observateurs supposent que l'Irak avait capturé en un an, une cinquantaine de Chieftain en bon état, ainsi que M 60A1 et des Scorpion.
Quand ils ont été bien dirigés, les Cheftains Iraniens, dotés de leur canon de 120 mm, se sont révélés bien supérieurs au char T-54 et T-55 armé d'un 100 mm ainsi qu'au T-62 avec leurs 115 mm de l'armée Irakienne.
En 1981, les 2 armées commencérent à avoir de nouveaux besoins en équipements. Les Iraniens réussirent à obtenir d'Israel des pièces détachés de chars M-48 et M-60. La Syrie, la Lybie et quelques pays socialistes leur en fournirent égalements. L'Irak continuat à étre approvisionné par la France (y comprit en missiles antichars), l'URSS, la Corée du Nord, le Viet Nam et l'Egypte, essentiellement en munitions de char T-54 et T-55, que les livraisons en matériel américain rendirent rapidement inutiles. Au début de 1983, l'Irak commenca à recevoir de nombreux équipements de République Populaire de Chine dont le char Type 63, qui transita par l'Arabie Saoudite.
Avant la guerre, l'Iran et l'Irak comptaient sur leurs revenues pétroliers pour subvenir à leurs besoins militaires : 3,5 million de barils/jour exporté pour l'Irak et 1,6 millions pour l'Iran : Au début de 1980, les 2 pays n'exportait plus que 600 000 barils. En raison de cette diminution considérable, l'Irak dut recourir à l'aide de l'Arabie Saoudite entre autre.
En 1984 commencat les attaques systématiques d'installations pétroliéres et de pétroliers par les 2 camps.
En janvier 1987, l'Iran lance 2 grandes offensives : Kerbala 5, à l'est de Bassorah, où Téhéran voulait établir un gouvernement provisoire de la République islamique Iraquienne, constitué des chefs des opposants chi'ites Iraquiens réfugiés en Iran; Kerbala 6, à 150 kms au nord de Bagdag en direction des grands barrages de l'Euphrate. Les pertes sont énormes de part et d'autres mais les forces Iraniennes sont finalement bloqués.
En juillet 1987, l'Iran entreprend de controler la navigation maritime dans le golfe. Les navires Koweitiens sont alors placés sous pavillon des États-Unis.
A compléter
Armes chimiques
Dès 1984, des armes chimiques sont utilisées par l'Irak, à la fois contre l'armée iranienne mais également contre les populations civiles et plus particulièrement Kurdes, sans réactions notables de la communauté internationale. Le 17 mars 1988, l'armée irakienne utilise des armes chimiques et biologiques sur Habalja, se concluant par la mort de près de 7 000 habitants. Le régime Irakien de l'époque à expliqué que cela était l'œuvre de l'armée iranienne. On estime qu'à cette époque, plus de 150 000 Kurdes ont été exposés à des armes non conventionnelles.
Implication internationale dans le conflit
Les Etats-Unis on eu des contentieux avec l'Iran dés la proclamation de la République Islamique; L'investissement de l'ambassade Américaine à Téhéran par des Etudiants, la longue prise d'otages qui s'en suivit et l'échec de l'opération destiné à libérer les employés fut le 1er acte d'une guerre larvé entre ces 2 pays.
Bien que leurs relations diplomatique soit gelées durant cette période, l'affaire Iran-Contra prouve que des contacts et des rencontre eurent lieu entre les gouvernements de ces nations quand leur intéréts était convergent .
Divers affrontements armées eurent lieu, allant de simples escarmouches à des batailles en régle concernant essentiellement la liberté de navigation des pétroliers dans le Golfe Persique.
Au moins 2 LSM type "Iran Asr" reconvertit en mouilleurs de mines furent couler par l'US Navy en 1980 et 1987 lorsqu'ils furent pris en flagrand délit de pose de mines sur les voies commerciales.
Pour contrer les vedettes rapides des Gardiens de la Révolution (Pasdarans), une unitée composé d'hélicoptères légers AH-6/MH-6 "Little Bird" des forces spéciales des États-Unis fut créer en 1987 pour lutter contre cette guérilla maritine, il y eu une centaine d'acrochages.
Le 17 mai 1987, 2 missiles Exocet lancé par un Mirage F1 Iraquien touchérent la frégate "USS Stark" tuant 37 marins et blessant 21 autres, le pilote de chasse à dit avoir confondu le navire avec un pétrolier Iranien.
Le 18 avril 1988, après des provocations Iraniennes,une opération de grande envergure furent lancé par les Etats-Unis et neutralisa le tiers de la flotte Iranienne. Une frégate Iranienne (le "Sahand" de type Vosper Mk5) fut coulée; une autre, le "Sabaland" (méme type) gravement endommagée, un patrouilleur type Combattante II (P 225 Joshan) et 5 vedettes fut envoyé par le fond, et des plates formes de forages reconvertie en base pour les vedettes rapides furent investit par l'US Navy.
Le 3 juillet 1988, le croiseur USS Vincennes abat un Airbus d'Iran Air après avoir été survolé par des chasseurs Iraniens (290 mors). 2 semaines après Téhéran accepte le cessez le feu.
La Royal Navy et la Marine nationale en autre dépéchérent des navires de guerre dans l'océan indien pour surveiller les voies de navigation et neutraliser les champs de mines pouvant gener l'approvisionnement pétrolier de l'Occident et du Japon.
D'autres grandes nations furent impliqué de façon directe ou indirecte dans ce conflit, surtout dans la vente d'armes à l'un ou à l'autre belligérants, voir aux deux. La France, par exemple, fut le 2eme fournisseur d'arme de l'Irak, format des pilotes et prétant mémes 5 Dassault Super-Étendard de sa marine le temps que les Mirage F1 commandé fut livré.
Vente d'armes
L'Irak fut entre 1985 et 1990, le premier importateur de matériel militaire au monde avec 10 % du marché.
Entre 1970 et 1990, ses achat furent de 31,5 milliards de dollars (valeur 1985).
Il est à noter que les chars T-72 irakiens qui furent livré à partie de 1984 n'était pas aux standards de l'Armée rouge. En effet, Saddam Hussien avaot demandé à ce qu'on retire le système de visée de nuit ; le système de visée laser télémétrique ainsi que la protection NBC pour réduire les coûts, 500 000 dollars pièce au lieu de 1.150 000 dollars
L'Iran ne fut pas en reste et acquit de maniére légale ou illégale des armements venus de nombreux pays.
Parmi les vedettes des Pasdarans qui s'attaquaient au navires dans le golfe persique, 20 étaient construites en Suède et livré en 1986, il s'agit des "Boghammar" qui faisaient 13 m de long, filait à 45 noeuds avec un équipage de 6 h. 25 autres vedettes venaient d'un chantier de Boston.
Les 2 belligérants s'échangérent méme une cinquantaine de chars capturés l'un par l'autre en 1985, ce qui fut un des évenements parmi les plus inabituelles de cette guerre.
Voir aussi
- Numérotation des guerres du Golfe
Liens externes
- [http://www.college.interarmees.defense.gouv.fr/03pub/memoire/geo/galharba0804.pdf Mémoire sur les effets démographiques de la guerre 1980/1988 en Iran]
- [http://www.acig.org/artman/publish/article_206.shtml Ordre de batailles et photographies des belligérants]
- [http://www.globalsecurity.org/military/world/war/iran-iraq.htm Dossier sur le conflit]
- [http://www.fas.org/man/dod-101/ops/war/docs/3203/appd.pdf Leçons tirée de la guerre Iran-Irak par le Corps des Marines]
- [http://www.abadan.net/war.html Gallerie iranienne de photos du conflit]
Bibliographie
- Iran-Iraq War in the Air 1980-1988, Tom Cooper, 2003, Schiffer Publishing, ISBN 0764316699
Iran-Iraq
ja:イラン・イラク戦争
Deng Xiaoping
Deng Xiaoping Image:ltspkr.png Écouter la prononciation en mandarin(en chinois traditionnel 鄧小平, en chinois simplifié 邓小平, pinyin Dèng Xiǎopíng, en transcription Wade-Giles Teng Hsiao-p'ing) (22 août 1904 - 19 février 1997) a été le secrétaire général du parti communiste chinois (PCC) et ainsi dirigeant de facto de la Chine de 1976 à 1997.
L'ascension vers le pouvoir
À la suite des événements du 4 mai 1919, il fuit la Chine et arrive en octobre 1920 à Marseille. Il a alors 16 ans.
Il travaille d’abord dans une aciérie au Creusot puis en tant qu’assembleur à l’usine Renault de Billancourt, parallèlement il effectue des petits boulots qui lui permettent à peine de survivre.
C’est dans ce milieu ouvrier qu’il découvre le marxisme, en 1922 il rejoint les jeunes du PCC (Parti communiste chinois) en Europe, puis en 1924 intègre le PCC. Durant l’année 1926 Deng étudie à Moscou. Il retourne en Chine au début de l’année 1927.
En 1929 il participe à une révolte contre le Kuomintang dans la province du Guangxi. Mais elle échoue, l’obligeant à se réfugier en URSS.
En tant que secrétaire général du Comité central du Parti communiste il participe à la Longue Marche (1934-1935).
Durant la guerre contre le Japon (1937-1945) et la guerre civile qui suit (1945-1949), il est le commissaire politique de Liu Bocheng, organisant de nombreuses campagnes militaires.
Sa valeur militaire et sa loyauté envers Mao Zedong, lui permettent de se hisser au poste de secrétaire général du Parti communiste chinois.
Avec le président Liu Shaoqi il représente la ligne « progressiste du parti qui demande des réformes économiques après l’échec du Grand Bond en Avant.
La chute
Mais c’est la ligne dure de Mao qui l’emporte, avec le lancement de la Révolution culturelle de 1966.
Dès octobre 1966, il est la cible des critiques, de même que Liu Shaoqi. En décembre, plus de trois mille étudiants manifestent contre eux à Pékin. On les accusait de croire en une étatisation de l'économie à la soviétique, contraire aux idéaux du grand bond en avant, ainsi qu'à la création de petites parcelles agricoles privées. Dans la rhétorique de la Révolution culturelle, cela revient à les brocarder des titres de « révisionnistes soviétiques », de « bourgeois réactionnaires » et de « capitalistes ». Deng et Liu avait aussi lutté contre la trop grande influence de la Pensée Mao et dirigé des enquêtes contre des cadres révolutionnaires corrompus.
Ainsi, Deng doit subir des humiliations publiques et abandonner ses fonctions. Son fils est à cette époque défenestré par les Gardes rouges et restera paralysé. Deng résiste en choisissant de vivre isolé.
Il se rapproche à nouveau du pouvoir à la fin des années 1970. Fin 1975 il devient vice-Premier ministre et redevient secrétaire général du Parti. Mais en 1976 il est a nouveau la cible de critiques : on lui fait porter la responsabilité des manifestations violentes qui eurent lieu à Tiananmen suite à la mort de Zhou Enlai. Il se réfugie alors dans le Guangdong.
Le retour et la modernisation
Il revient au pouvoir après la mort de Mao et l'arrestation de la Bande des Quatre. À nouveau vice-Premier ministre au début de 1977, il est renommé secrétaire général du Parti quelques mois plus tard.
C'est lui qui initie l'ouverture économique du pays à la fin des années 1970 (réapparition des parcelles privées, marchés plus libres), en encourageant les responsables du parti qui avaient initié ces politiques dans le sud du pays (Guangdong, Sichuan). Il nomme d'ailleurs le secrétaire général du parti au Sichuan, Zhao Ziyang, au bureau politique (1979), puis au poste de Premier ministre (1980). En 1978, il préconise aussi de suivre les recommandations de Zhou Enlai et de mettre en place les « Quatre Modernisations » (industrie et commerce, éducation, organisation militaire et agriculture). Autre signe d'ouverture, Deng rencontre le président américain Jimmy Carter lors d'une visite officielle aux États-Unis en janvier 1979. Il préside également à la création des Zones économiques spéciales, destinées à attirer les investissements étrangers. En 1980, il décide de la tenue du procès de la Bande des Quatre.
Mais il décide aussi de réprimer les manifestations de Tainanmen en 1989. En 1992, il fait une tournée des Zones économiques spéciales, afin de répandre ses idées sur la libéralisation de l'économie, qui doit selon lui contribuer au maintien d'un socialisme à la chinoise viable.
Citations
- « Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, s'il attrape la souris, c'est un bon chat. » (en chinois「不管白猫、黑猫,逮住老鼠就是好猫。, 1962, dans un discours lors d'une réunion du secrétariat)
Voir aussi
Hu Yaobang
Liens externe
[http://www.chine-nouvelle.com/caricatures/deng-xiaoping.html Caricature de Deng Xiaoping]
catégorie:personnalité politique chinoise
Catégorie:Histoire de la République populaire de Chine
Deng Xiaoping
Deng Xiaoping
ja:トウ小平
ko:덩샤오핑
th:เติ้งเสี่ยวผิง
zh-min-nan:Tēng Siáu-pêng
Mikhail Gorbatchev
Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev, ou plus exactement Gorbatchiov (russe : Михаил Сергеевич Горбачёв) est un homme politique russe, né le 2 mars 1931. Il dirigea l'Union Soviétique entre 1985 et 1991.
Biographie
Originaire du Caucase, il étudia le droit à l'Université de Moscou où il rencontra sa future femme Raïssa.
Arrivé au poste de premier secrétaire du Partic communiste de l’Union des républiques socialistes soviétiques, Gorbatchev tente d’insufluer une nouvelle jeunesse à l’économie de l’URSS. Sa seconde NEP échoue, bloquée par l'appareil du parti. Gorbatchev met alors en place une politique de la glasnost et de perestroïka à partir de 1985 pour renouveller l’appareil du parti et le pays.
Se piquant d'ouvrir le dialogue avec Ronald Reagan, il propose officiellement que dans un message de nouvel an le président étatsunien adresse un court message télévisé à toute l'URSS tandis que le président de l'URSS fera de même sur une chaîne de télévision américaine. Le projet séduit ; chacun des deux présidents se montre très modéré dans son message ; la gorbymania commence à toucher les États-Unis. Un sondage révèlera même, à une époque, Gorbatchev plus populaire aux États-Unis que Reagan.
En février 1988, il décida de retirer les troupes soviétiques d'Afghanistan. La décision devint effective un an plus tard.
En 1989, en visite officielle en Chine peu avant les événements de la place Tiananmen, on sollicite son opinion sur la muraille de Chine : « Très bel ouvrage », dit-il, « mais il y a déjà trop de murs entre les hommes ». Un journaliste lui demande : « Voudriez-vous qu'on élimine celui de Berlin » ? Gorbatchev répond très sérieusement « Pourquoi pas ? ».
En 1990, il reçut le Prix Nobel de la paix pour sa contribution à la fin de la guerre froide. Pourtant, le de la même année, il est fortement hué par ses concitoyens.
En effet dans toute l'ex-URSS il est très impopulaire car considéré comme le fossoyeur de celle-ci.
Lors du coup d’État d'août 1991 il est écarté du pouvoir par la droite du Parti communiste soviétique, le coup d'État avorte mais Boris Ieltsine alors président de la République socialiste fédérative soviétique de Russie est le grand bénéficiaire de cet échec.
Il démissionne de son poste de président de l'URSS le 25 décembre 1991.
En 1995 il se représente à l'élection présidentielle de la Fédération de Russie, son score est faible.
Il joue en 1993 son propre rôle dans le film Si loin, si proche de Wim Wenders
Le 20 septembre 1999 Raïssa Gorbatcheva meurt d'une longue maladie.
Depuis le début de ce siècle il est engagé avec les ONG écologistes, et avec Daisaku Ikeda pour supporter la cause pacifiste.
Il est le dernier président de L'Union Soviétique, il a publié ses mémoires en 1996 dénonçant la politique de Boris Ieltsine et sa "trahison" envers le référendum d'Avril 1991 qui avait donné une majorité favorable au maintien de l'Union.
Le 27 octobre 2005, il a reçu le titre honorifique d’archonte du Patriarcat de Constantinople.
Voir aussi
- Dirigeants de l'URSS
- Glasnost
- Occupation soviétique de l'Afghanistan
- Perestroïka
- Union soviétique
- Pacifisme
- Russie
- Caucase
- Communisme
- PCUS
Lien externe
- [http://www.mikhailgorbachev.org/ MikhailGorbachev.org]
Gorbatchev, Mikhaïl
Gorbatchev, Mikhaïl
Gorbatchev, Mikhaïl
Gorbatchev, Mikhaïl
ja:ミハイル・ゴルバチョフ
Union des républiques socialistes soviétiquesL'Union des républiques socialistes soviétiques (Союз Советских Социалистических Республик), ou lUnion soviétique, ou URSS (СССР (prononcer "essessserre") en russe), était un État qui exista de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. L'URSS s'étendait de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande.
Le territoire de l'URSS varia dans le temps, et était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques. La Russie était, de loin, la plus importante de ces républiques, tant du point de vue de sa surface que de sa population et est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique.
La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe de 1917, qui mit fin au règne du Tsar Nicolas II.
L'organisation politique du pays était définie par le seul parti autorisé, le Parti Communiste de l'Union Soviétique. Le capitalisme d'État fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution.
Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie alliée à l'émergence de forces démocratiques et centripètes dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse.
Géographie de l'URSS
Durant son existence, l'URSS était sans doute le pays/empire le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²), à l'exception possible de l'Empire mongol à son apogée. C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 ethnies différentes présentes sur son territoire.
La population totale était estimée à 288 millions en 1990. L'Union soviétique était si étendue que, même après son effondrement, la Russie - qui succéda à l'URSS - demeure le pays le plus étendu du monde (devant le Canada), et reste un pays très diversifié, avec des dizaines de minorités telles que les Tatares, les Oudmourtes et bien d'autres ethnies non russes.
Histoire de l'URSS
Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)
Dès le , la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. L'agitation politique culmine en 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février.
Malgré la mise en place d'un gouvernement à visées démocratiques, l'agitation continue. Les bolchéviques, parti révolutionnaire représentant les soviets et mené par Lénine, renversèrent le gouvernement provisoire lors de la Révolution d'octobre1917.
Pendant la période entre 1917 et 1922, l'empire se scinda en républiques "soviétiques" dont le principe de fonctionnement était le centralisme démocratique basé sur les soviets. L'organe législatif était le soviet suprême tandis que le pouvoir exécutif était entre les mains du bureau politique du parti bolchévique (le Politburo).
La plus importante des républiques, et celle qui se considérait comme l'héritière de l'empire, était la république socialiste soviétique de Russie, qui recouvrait le territoire actuel de la Russie et dont le politburo était formé par Lénine, Trotsky, Staline, Kamenev et Nikolai Krestinsky, Lénine en étant le véritable leader.
La jeune république bolchévique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice conclu en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne).
Le pouvoir des bolchéviques était cependant fragile, et jusqu'en 1921, la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux fit rage, provoquant des millions de morts.
Le communisme de guerre (1918-1921)
Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :
- Nationalisation des industries et du commerce
- Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
- Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
- Travail obligatoire des paysans
- Interdiction de l'entreprise privée
- Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
- Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture
Les éléments de la dictature se mettent aussi en place à cette époque :
- Création de l'Armée rouge : recrutés d'abord sur la base du volontariat, les soldats subissent ensuite la conscription
- Mise en place d'une police politique et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du régime et les "blancs" (partisans de la monarchie)
- Le parti communiste devient peu à peu parti unique
- La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
- La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument du pouvoir. Les partis communistes étrangers doivent être inféodés à Moscou et obéir aveuglément. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi que les grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des Spartakistes et la démission de Bela Kun mettent fin à ces espoirs.
Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté.
La police politique
La survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée, pour prendre ensuite les noms de GPU (Guépéou), OGPU, MVD (Ministerstvo Vnutrennih Del), NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB (Komitet Gosudarstvennoi Bezopasnosti). La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitalistes" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.
La naissance d'une nation (1921-1924)
Naissance de l'URSS
L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naît en 1922. Une constitution est rédigée en 1924 ; elle regroupe plusieurs républiques correspondant à un peuple. L'URSS était un État fédéral dans lequel chaque république est égale en droits. Les organes fédéraux soumis au Parti communiste contrôlent la défense, le commerce extérieur et les transports. Dans les faits la Tchéka et l'Armée Rouge surveillent étroitement ces républiques dont les présidents sont désignés par Moscou.
Le Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays était théoriquement gouverné par des soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste (nomenklatura).
La plus haute autorité législative était le Soviet suprême. Le plus haut organe exécutif était le Politburo.
Après la guerre civile (1921) et les nationalisations, le pays se trouve dans une situation humaine et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts) et les paysans se soulèvent contre les réquisitions. Lénine décide alors d'abandonner les nationalisations dans l'agriculture, et met en œuvre la NEP ou Nouvelle Politique Économique, d'essence capitaliste (celle-ci donnant droit à une propriété privée). Les réquisitions sont remplacées par un impôt en nature peu élevé.
Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine dit que "[le pays] n'était suffisamment civilisé pour le socialisme", se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes.
La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des résultats désastreux de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichît. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche.
La NEP était généralement considérée comme étant une mesure provisoire et était extrêmement critiquée par les marxistes purs du parti bolchévique. Ces derniers voyaient la NEP comme une trahison des principes socialistes et voulaient une économie intégralement planifiée.
Il semble que Lénine considérait que la NEP devrait être maintenue, mais à l'approche de sa succession, les oppositions au sujet de la NEP cristallisèrent les oppositions au sein du politburo.
La succession de Lénine (1922-1929)
Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales. La lutte pour le pouvoir opposa principalement Staline (que Lénine n'appréciait pas et redoutait même) et Trotsky (un "vieux de la vieille") notamment au sujet de la NEP. Le pouvoir se trouva peu à peu concentré dans les mains de Joseph Staline qui écarta Léon Trotski qui finit par être exilé. Il fut assassiné par un agent stalinien au Mexique en 1940.
Après avoir réussi à éliminer toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1929 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire.
Collectivisation et Planification économiques (A partir de 1929)
Abandon de la NEP
Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarrasser des uns et des autres.
En définitive, la "richesse" des Nepmen et des Koulaks l'amena à les considérer comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation.
Staline finit par se forger une doctrine qui excluait l'économie de marché tout en se concentrant sur le développement économique et industriel du pays.
À partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mises en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes.
Cette collectivisation forcée provoque des résistances : plutôt que donner leurs troupeaux, les paysans les abattent pour les consommer immédiatement. Face à ces émeutes, Staline accorde à chaque kolhozien un lopin de terre.
Les koulaks doivent être éliminés en tant que classe. Entre 1929 et 1935 plus de deux millions de paysans sont déportés. Leurs biens sont confisqués.
Il s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plan quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation.
L'industrialisation de l'URSS
La Russie du début du XX siècle était encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure.
Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :
- quotas extrêmement durs à remplir : les mineurs travaillaient de 16 à 18 heures par jour
- sanctions dures en cas de non réalisation des quotas, pouvant aller jusqu'à l'accusation de trahison
- utilisation de la main d'œuvre gratuite des prisonniers des goulags. Ils construisent des barrages (sur le Dniepr), des canaux (entre la mer Baltique et la mer Blanche ; canal Moscou-Volga ; canal Volga-Don). Les villes de Vorkouta, Norilsk, Komsomolsk, Bratsk, Balkhach et Magadan sont construites par les détenus.
- création de combinats industriels en Ukraine, dans l'Oural et en Sibérie.
- sanctions contre les mauvais ouvriers : instauration du livret ouvrier dès 1938 qui comptabilisait les retards et les absences.
Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, combinée à la diminution de la productivité agricole, provoqua de nouvelles famines. Le plan quinquennal fut cependant "bouclé" en 4 ans. De 1928 à 1932, la production de charbon avait doublé, celle d'acier avait triplé.
Bilan de la politique économique en 1939
En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait été différente.
la dictature de Staline (1929-1953)
Staline mît en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en œuvre une véritable culte de la personnalité (il était appelé le "petit père des peuples") et la répression, s'appuyant notamment sur Le NKVD, police politique toute-puissante.
Selon certaines estimations, entre 1921 et 1954, 3,7 millions de personnes furent condamnées pour des crimes contre-révolutionnaires; parmi eux, 600 000 furent condamnés à mort, 2,4 millions emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail (les Goulags), et 800 000 condamnés à l'expatriation.
L'industrialisation à marche forcée contribua à la victoire de l'URSS sur l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (connue, en Union Soviétique et en Russie, comme la "Grande Guerre Patriotique"). L'Armée rouge réussit à arrêter l'avance à l'est des armées du Reich.
Quoique l'Union Soviétique ait reçu d'importantes aides en armes et matériels des États-Unis, sa production de matériel de guerre était plus importante que celle de l'Allemagne du fait de l'importante augmentation de la production industrielle entre les deux guerres.
Le pacte Germano-soviétique et le déclenchement de la guerre
Afin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l'est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande à l'Union Soviétique, tandis que l'ouest de la Pologne et la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne.
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, l'Union Soviétique suivant le 17. La Finlande ayant rejeté les prétentions territoriales de l'URSS, celle-ci envahit la Finlande le 30 novembre. La campagne fut difficile, mais par une paix signée à Moscou le 12 mars 1940, l'URSS obtenait l'annexion de la Carélie. Suite au déclenchement de cette guerre, l'URSS avait été expulsée de la Société des Nations le 14 décembre 1939.
Le 22 juin 1941, l'Allemagne rompt le pacte de non-agression et attaque l'Union Soviétique.
L'invasion nazie prit l'URSS par surprise et dans un état de relative impréparation. Certains historiens estiment que les Grandes purges des années 1936-1938, au cours desquelles 40 000 officiers auraient été emprisonnés ou liquidés, ne sont pas étrangères aux premières difficultés de l'Armée rouge.
Les troupes du Reich atteignirent les environs de Moscou en décembre 1941, mais avaient atteint leur extension maximale, des troupes devant aller consolider le flanc sud de l'attaque.
Le tournant de la guerre
Le tournant de la campagne fut la Bataille de Stalingrad en 1942 et 1943, que l'Armée rouge remporta après avoir perdu un million d'hommes. L'armée rouge avait dès lors repris l'initiative, surtout après la Bataille de Koursk en juillet 1943, et commença à regagner du terrain sur l'armée allemande. En avril 1945, l'Armée rouge pénètre Berlin, le 30 avril le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, et la capitulation sans condition est signée le 8 mai.
L'impact et les suites de la guerre
L'URSS supporta l'essentiel de l'effort de guerre sur le théâtre d'opérations européen jusqu'à ce que les Alliés ouvrent un second front en Europe suite au débarquement en Sicile, en 1943, et en Normandie. Environ 28 millions de soviétiques perdirent la vie, parmi lesquels 17 millions de civils, et les infrastructures du pays avaient été virtuellement annihilées.
Ceci explique peut-être partiellement l'attitude des soviétiques après la guerre, déterminés à punir les peuples ayant collaboré avec l'Allemagne et à occuper d'importants territoires. Des millions de lithuaniens, lettons, géorgiens, ukrainiens et autres minorités ethniques furent massivement déportés dans des goulags en Sibérie.
Pendant la guerre, les négociations entre les Alliés aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam.
L'Union soviétique met en place des régimes dits de « Démocraties populaires », qui lui sont dévoués dans les pays d'Europe centrale, y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les occidentaux Rideau de fer, est par la suite le théâtre de la Guerre froide
L'après guerre
Depuis 1945 et quasiment jusqu'à sa chute, l'Union soviétique sera opposée aux États-Unis dans ce qu'on appellera la Guerre froide, chacun des protagonistes essayant d'augmenter sa sphère d'influence au détriment de l'autre, et souvent des pays concernés.
L'URSS avait réuni, dans tout l'est de l'Europe, un ensemble de pays satellites (Tchécoslovaquie, République démocratique allemande, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Albanie). Ces pays étaient regroupés au sein du Pacte de Varsovie. Les États-Unis avaient formé, avec l'Europe de l'Ouest, l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN).
Outre l'Europe, l'URSS et les États-Unis s'opposaient, souvent par "mouvements de libération" interposés, dans divers endroits du monde, notamment en Amérique du Sud et en Afrique.
La succession de Staline (Khrouchtchev)
Après la mort de Staline en mars 1953, Nikita Khrouchtchev devint Premier Secrétaire du Comité Central du Parti tandis que Gueorgui Malenkov devient premier ministre. Beria, le chef du NKVD, qui pouvait prétendre à la succession est arrêté en juin 1953 et exécuté peu de temps après, en décembre 1953. La nouvelle direction du pays déclara une amnistie pour certaines catégories de prisonniers et relâcha quelque peu le carcan qui enserrait les libertés publiques.
Khrouchtchev consolida peu à peu son pouvoir personnel et pendant le 20 congrès du Parti Communiste, il prononça, le 25 février 1956, un discours sur "le culte de la personnalité et ses conséquences" au cours duquel il dénonça le culte de la personnalité entretenu par Staline ainsi que la dictature qu'il avait fait subir à l'URSS et les crimes de cette période.
L'impact de ce discours fut immense et détruisit la légitimité des staliniens qui lui étaient encore opposés. S'ensuivirent de nouvelles mesures de démocratisation de la vie publique, la libération de dissidents, et la mise en place d'une économie plus favorable aux biens de consommation par rapport aux plans quinquennaux précédents.
La même année, les troupes soviétiques réprimèrent dans le sang la révolution hongroise : de 25 000 à 50 000 Hongrois et 7 000 soldats de l'Armée rouge perdirent la vie, tandis que près de 250 000 Hongrois quittaient le pays. Cet événement fut, pour l'opinion occidentale favorable à l'Union Soviétique et au communisme, un premier choc sérieux.
Khrouchtchev dut encore se défendre en 1957 contre les menées de staliniens voulant remettre son pouvoir en place, mais il les défit. On nota cependant que les prétendants écartés ne furent pas exécutés, comme du temps de Staline, mais simplement éloignés. Khrouchtchev devint enfin Premier Ministre le 27 mars 1958.
La période de 10 ans qui suivit confirma cette nouvelle tendance : le pouvoir politique avait pris le pas sur la coercition pure et simple, le parti reprenant le rôle premier par rapport à la police secrète et à l'armée.
Au cours de cette période, également, l'URSS confirma sa place de super puissance et défiait les États-Unis, souvent sur leur propre terrain. Cuba, pays socialiste supporté par l'URSS, devint le centre de cette opposition lors de la Crise des missiles de Cuba en octobre 1962.
En 1957, les soviétiques envoyèrent dans l'espace le premier satellite artificiel, Spoutnik et le premier être vivant dans l'espace, Laïka. En 1961, Youri Gagarine, fut le premier homme dans l'espace, et en 1963, Valentina Tereshkova la première femme.
Sans doute partiellement à cause de l'affaire des missiles, Khrouchtchev fut déposé lors d'une réunion du Comité Central du Parti le 13 octobre 1964.
Suite au départ de Khrouchtchev, Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine premier ministre et Anastase Mikoyan chef de l’État.
Sous Brejnev, le régime soviétique se durcit à nouveau, la police politique (le KGB), dirigée par Iouri Andropov retrouvant la plus grande partie du pouvoir dont elle avait joui sous Staline, cependant sans les excès les plus terribles.
Une des crises les plus graves de l'époque de Brejnev fut celle du Printemps de Prague en 1968, lorsque les tentatives de la Tchécoslovaquie d'introduire un "socialisme à visage humain" finit par être réprimée par l'Armée rouge, sans toutefois les excès de la répression de la révolution hongroise.
Sur le plan international, le règne de Brejnev fut marqué par une certaine détente avec les États-Unis (avec notamment la signature de traités de limitation des armes et le traité d'Helsinki).
En décembre 1979, Brejnev intervint en Afghanistan pour soutenir le régime communiste en place. Cet événement mit un coup de frein à la détente, provoquant un embargo par les États-Unis, la fourniture d’armements aux rebelles talibans et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980.
En mars 1982 Brejnev souffrit d'une crise cardiaque. Son pouvoir n’était plus que fantomatique et il mourut en novembre.
L'interrègne, Mikhaïl Gorbatchev et la chute de l'empire
Après la rapide succession de Iouri Andropov (1982-1984) et de Konstantin Tchernenko (1984-1985), deux vieillards dans la droite ligne de Brejnev, Mikhaïl Gorbatchev, un énergique dirigeant de 53 ans, devint Premier Secrétaire du Parti.
Constatant la déliquescence du pays et de son économie, Gorbatchev tente tout d'abord de sortir son pays de l'impasse que devient la guerre froide. En effet, Ronald Reagan avait lancé un réarmement massif des États-Unis en orientant sa recherche et ses investissements vers des types d'armement à très haute valeur technologique, entraînant ainsi l'URSS, sous peine d'obsolescence, dans une course rapide qu'elle ne pouvait que perdre vu son retard technologique et son économie en grave crise.
Gorbatchev initia donc avec Reagan une série d'initiatives qui aboutirent à une détente certaine et à la signature d'accords de désarmement. Gorbatchev obtint le Prix Nobel de la paix pour ces efforts en 1990. Cette époque fut marquée par la chute du Mur de Berlin.
Se débarrasser de cette contrainte externe n'était cependant pas suffisant, et sans abandonner le dogme central du socialisme, Gorbatchev lança la Glasnost ("transparence", politique d'informations libres) et la Perestroïka ("restructuration", nouvelle politique sociale et économique), cherchant une voie intermédiaire entre les "traditionalistes" attachés au régime (la nomenklatura) et les "réformistes", tels Boris Ieltsine qui lui reprochaient la lenteur des réformes.
Pourtant il était trop tard, et Gorbatchev ne réussit pas à corriger les failles qui minaient l'état depuis des décennies. En juin 1990, Boris Ieltsine, Président du Soviet Suprême de la république de Russie déclara la souveraineté de la Russie et démissionna du parti communiste. En août 1991, un putsch mené par des membres du gouvernement opposés aux réformes montra à quel point la position de Gorbatchev s'était fragilisée. Le complot échoua en partie grâce à l'intervention de Boris Ieltsine, le président de la république de Russie qui confirma de ce fait sa position de chef de file des réformistes.
Au cours de l'automne 1991, tandis que les républiques constituante de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que Gorbatchev se résolve à -ou ait la possibilité de- s'y opposer par la force, le gouvernement Russe prit peu à peu l'ascendant, reprenant, ministère par ministère les fonctions auparavant assurées par l'Union. Ainsi, Gorbatchev tout en étant président de l'Union Soviétique perdait peu à peu prise.
En novembre 1991, le Président Russe Boris Ieltsine publia un décret qui interdisait le Parti Communiste d'Union Soviétique sur le territoire de la république de Russie. Le 8 décembre 1991, les chefs de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie publièrent une déclaration selon laquelle l'Union Soviétique était dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI).
Gorbatchev était encore Président, mais sans pays et son pouvoir ne signifiait plus rien. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev remit sa démission en tant que président de l'Union Soviétique et remit ses pouvoirs à Boris Ieltsine. Le jour suivant, l'Union Soviétique était officiellement dissoute.
La Communauté des États indépendants, créée en décembre 1991, a comme membres les républiques suivantes : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie.
Il s'agit d'une union dont le projet ressemble à celui de l'Union Européenne sans que celui-ci ait beaucoup avancé.
Les nationalités en URSS
I. Introduction
Peuplement : surtout à l'ouest (Europe) et au sud (Asie centrale). L'énorme espace de la Sibérie (13 millions de km2) est peu peuplé (25 millions d'habitants), mais présente un intérêt stratégique et économique considérable. Son peuplement est récent (20è siècle) et il est lié au système de camps de travaux forcés (appelé "Goulag"). Il s'agit d'un peuplement essentiellement slave le long de l'axe de chemin de fer du transsibérien.
Système fédéral soviétique
On a longtemps confondu "Russes" et "Soviétiques" (comme on confond souvent "Anglais" et "Britanniques", sans égards pour les Irlandais et les Ecossais). Les événements de ces dernières années ont contribué à dissiper cette confusion : les Russes n'étaient qu'une des nombreuses nationalités qui peuplaient l'URSS. Un "Soviétique" était un citoyen de l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques )
1° organes centraux
LEGISLATIF : L'Union possédait un parlement : le Soviet
suprême, composé de deux chambres élues au suffrage universel :
a) le Soviet des nationalités : chaque RSS (voir définitions plus loin) envoie 32 députés; chaque Région autonome 5 députés, et chaque District autonome 1 député)
EXECUTIF : le président contrôle le conseil des ministres
dirigé par le premier ministre.
En URSS, les institutions de l'Etat étaient soumises au contrôle étroit du "Parti", c'est-à-dire le Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS). Ce contrôle était inscrit dans la Constitution soviétique.
2° Organisation fédérale
a) L'URSS était composée de quinze REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES, en abrégé : RSS correpondant aux quinze nationalités les plus importantes. La plus importante de ces quinze républiques, tant par la taille que par le nombre d'habitants était la République socialiste fédérative soviétique de Russie, en abrégé : RSFSR.
b) Cette division n'est en fait pas suffisante pour rendre compte de la complexité du système : a l'intérieur des RSS on a découpé :
- 20 REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES AUTONOMES ou RSSA (16 en
RSFSR, 1 en Ouzbekistan, 2 en Géorgie, 1 en Azerbaïdjan) : il convient de ne pas les oublier : des conflits ethniques à ce niveau se sont produits (exemple : la RSSA d'Ossétie du sud en Géorgie)
- 8 REGIONS AUTONOMES
- 10 DISTRICTS AUTONOMES (tous en RSFSR)
Ce découpage était fait suivant des critères de nombre d'habitants.
3° Problématique des nationalités
- l'examen des cartes montre que ce système formait une véritable mosaïque, très fragile.
- il existait des tensions entre les Russes et les autres nationalités qui craignaient l'hégémonie russe
- il existait une multitude de tensions entre les différentes nationalités (exemples : Arméniens/Azéris, Moldaves/ Gagaouzes, Géorgiens/Ossètes, etc.)
- il existait une relation ambivalente entre les Russes et les nationalités slaves non-russes (les Ukrainiens et les Biéolorusses ) : il s'agit des trois républques à s'être engagées les premières dans la CEI (Communauté des Etats Indépendants - voir plus loin : IV. Désagrégation de l'Union soviétique )
- S'ajoutent à ces tensions les motivations politiques et économiques de l'Etat central.
II. Histoire de la formation de l'Union soviétique
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Le problème posé par les nationalités en URSS ne s'explique que par le long de processus de formation de cet Etat.
A. Des origines de la Russie à 1917
10è-11è s.Etat de Kiev (fondé par les Varègues, c'es-à-dire des
Vikings appelés aussi "Rous") qui regroupe les Slaves de l'est.
- chrétien de rite orthodoxe
- importance des relations nord-sud : relations Baltique-Mer noire (=route commerciale vers Byzance)
- fondation de Novgorod
12è s. déclin de l'Etat de Kiev. L'expansion du servage fait fuir
les paysans vers le Nord-est. Création de villes nouvelles, parmi lesquelles Moscou (1141)
13è s. 1223 : invasion mongole (Khanat de la Horde d'Or).
Les Mongols sont appelés "Tatars" par les Russes.
1240 : destruction de Kiev
Les princes russes deviennent les vassaux des khans tatars
attaques venant de l'ouest :féodaux catholiques suédois, allemands (chevaliers teutoniques qui considèrent les Russes orthodoxes comme des hérétiques L'expansion des chevaliers teutoniques est arrêtée à la bataille du lac Peipus.
14è s. Constitution d'un grand état-polono-lituanien, qui constituera logntemps un obstacle à l'expansion russe
15è s. affaiblissement définitif de la puissance des Tatars.
Puissance grandissante des princes du petit état de Moscou. Le grand-duc Ivan III détruit la ville rivale de Novgorod. Après la chute de Constantinople, Moscou devient la capitale de la Chrétienté orthodoxe.
16è s. Le grand-duc Ivan IV "le Terrible" (1533-1584) est le
premier à porter le titre de Tsar.
- Il lance des offensives contre les Tatars de la Volga : il conquiert Kazan (1554) et Astrakhan (1556) (=territoire de l'actuelle RA de Tatarie). Cette expansion offre à la Russie son premier débouché sur une mer et permet de commercer avec la Perse en passant par la mer Caspienne.
- l'extension du servage (manque de main d'oeuvre), provoque la fuite des paysans vers les marches de l'empire (on les appelle "cosaques" : mot turc qui veut dire "réfugié"), qui s'organisent en "république". Certains groupes de Cosaques deviennent cavaliers/navigateurs. Ils sont tolérés par les Tsars dans la mesure où ils servent l'empire en conquérant de nouvelles terres à l'est. C'est la conquête de la Sibérie : les Cosaques y agissent comme une sorte de trappeurs, suivis par les commerçants, puis par les fonctionnaires et officiers du Tsar.
17è s. nouvelle période d'affaiblissement : les Polonais
attaquent la Russie à l'ouest. Ils occupent même Moscou)
18è s. Redressement de la Russie sous Pierre le Grand (1689-
1725) :
- à l'est il repousse les Kazakhs au delà de l'Oural.
- à l'ouest il fait la guerre contre les Suédois (accès à la Baltique ) et fonde Saint-Pétersbourg (1703), dont il fera sa capitale (1713) : fenêtre sur l'Occident, possibilité de commerce (fourrures)
Remarque : Pour la première fois les Russes s'emparent de territoires peuplés de non-Russes dont l'organisation sociale et économique est plus évoluée que la leur: Scandinaves, Polonais, Allemands des pays baltes, catholiques ou protestants.
Renforcement de la puissance militaire russe.
L'Etat contrôle des territoires de plus en plus vastes : Catherine II étend la domination russe
- en Crimée, jusqu' au rivage de la mer d'Azov, sur des populations tatares. Objectif russe : atteindre la Méditerranée.
- en Biéolorussie et en Lituanie, par les partages du royaume de Pologne (avec la Prusse et l'Autriche). Sauf pendant une brève période sous Napoléon, la Pologne disparaît jusqu'en 1918.
A PARTIR DE CE MOMENT LES TSARS PRATIQUENT UNE POLITIQUE DE RUSSIFICATION, C.A.D. L'INTERDICTION DE PARLER UNE AUTRE LANGUE QUE LE RUSSE EN PUBLIC, L'INTERDICTION D'IMPRIMER EN CARACTERES LATINS, PRIVILEGES ACCORDES A L'EGLISE ORTHODOXE : CETTE POLITIQUE ENTRAINE LE RENFORCEMENT DES SENTIMENTS NATIONAUX.
fin 18è s. - 1917 : L'objectif des Tsars reste d'atteindre des
mers "libres" (c.a.d. libres de glaces l'hiver !) :
- la Méditerranée
- le Golfe Persique
- l'Océna Indien
1° La Méditerranée: La russie aide les peuples slaves des Balkans et encourage leur nationalisme contre les turcs Ottomans. Le Tsar revendique constantinople, en tant que protecteur des chrétiens orthodoxes de l'empire Ottoman. La guerre de Crimée (1853-1856) contre les Turcs est un échec en raison de l'intervention franco-anglaise.
Cet effort se poursuit durant tout le 19è siècle et au début du 20è siècle ("justifié" par la doctrine du panslavisme) : "question des Détroits" c.a.d. le détroit des Dardannelles, contrôlé par les Turcs, qui permet le passage de la mer noire à la Méditerranée.
2° Le Golfe Persique : A la fin du 18è - début du 19è siécle, la Russie s'étend aux dépens de la Perse et de la Turquie : Géorgie, Arménie et AzerbaIl fallut ensuite presqu'un siècle pour conquérir la montagne caucasienne , peuplée de tribus musulmanes (Tchètchènes, Tcherkesses, etc.)
La Russie s'assure aussi le contrôle provisoire du nord de l'Iran (Anglais au sud)
3° L'Océan Indien: conquête plus facile par la cavalerie cosaque habituée à la guerre contre les tribus nomades :
- 1845 -1880 : conquête des tribus kazakhes, de Tachkent, de Boukhara et de la Turkménie. Les Anglais s'inquiètent de voir les Russes se rapprocher de l'Inde : leur conflit larvé se termine par la création d'un état-tampon : le royaume d'Afghanistan (1907)
L'OBJECTIF DES TSARS, C.A.D. S'ASSURER UN ACCES A DES MERS LIBRES N'EST TOUJOURS PAS ATTEINT MAIS A ABOUTI A LA CREATION D'UN IMMENSE EMPIRE COLONIAL
B. De 1917 à nos jours
1° Formation de l'URSS (1917-1922)
Le nouveau régime bolchévique, issu de la révolution, hérite de cet empire et de ses problèmes (nationalités). En 1914, Lénine parlait de "la prison des peuples".
Le 25 avril 1917, le Soviet de Petrograd (//thèses d'avril) se prononce en faveur de l'autonomie nationale et culturelle :déception de la plupart de nationalités, qui attendaient d'avantage de la révolution.
Le 2 novembre 1917, la "Déclaration des droits des peuples de russie" proclame "l'égalité et la souveraineté des peuples de Russie".
VIIè Conférence du Parti.
a) Thèses en présence avant et au début de la révolution
1) Lénine considère la "question nationale" comme un problème temporaire, son but étant la réalisation d'un Etat bolchévique (pouvoir du prolétariat), dans lequel la question nationale n'aurait plus aucun sens. Il adopte une attitude de modération, défendant le droit à l'autodétermination dans le cadre d'un Etat centralisé.
2) Staline (qui est un Géorgien) est partisan dès le départ du point de vue fédéral (celui qui l'emportera par la suite)
Dans les faits :
- droit à la sécession
- autonomie régionale pour les nations qui ne se séparent pas de la Russie
- lois garantissant les droits des minorités
- unité du Parti.
= fédération de républiques égales entre elles (Staline, contrairement à Lénine, est un opportuniste. Il est conscient du danger d'éclatement de l'empire.
3) Les "durs" du Parti : sont opposés à toute concession : le nationalisme est la manifestation des intérêts bourgeois.
b) Désintégration de l'empire (1917-1918)
1) Auto-déterminations "protégées"
- Pologne : en février 1917, aidée par les Allemands
- Finlande : le 18 décembre 1917, les Bolcheviks reconnaissent l'indépendance de la finlande
le 15 janvier 1918, le conseil des Représentants du peuple s'empare du pouvoir, appuyé par l'Armée rouge. Une intervention allemande écrase la révolution.
- Pays baltes : gouvernements nationaux en 1918 sous les Allemands. Après la défaite allemande, installation de gouvernements soviétiques en Estonie et en Lettonie. Ils seront renversés avec l'aide des Britanniques. En Lituanie, révolution soviétique, suivie d'une union avec la Biélorussie. Ce régime s'écroule lors du retrait del'Armée rouge, battue en Pologne.
2) Auto-déterminations éphémères
Les changements succesifs sont déterminés par la situation militaire : défaite russe face aux Allemands (1917), défaite allemande face aux Alliés (1918), défaite des Blancs face aux bolchéviks (1918-1920), défaite des Bolchéviks face aux Polonais (1920)
- Ukraine : devient indépendante suite au traité de Brest-Litovsk (=état "fantoche" reconnu seulement par les empires centraux). Les communistes ukrainiens sont partisans d'un PC ukrainien séparé et d'une insurrection,mais ils doivent se soumettre à Lénine, qui ne veut pas d'ennuis avec les Allemands. (cfr. Traité de Brest-Litovsk)
Défaite allemande : l'Armée rouge entre en Ukraine. Lénine adopte alors une double politique :
- d'une part l'indépendance ukrainienne est respectée
- intervention permanente en ukraine pour prendre le blé. Conséquence : guerre civile, qui débouche sur une annexion de fait de l'Ukraine.
NB : en droit (terme juridique) l'Ukraine est restée indépendante sous le régime soviétique. (ex. siège à l'ONU)
- Biélorussie: dans cette région le sentiment national était peu développé. Le gouvernement "fantoche" créé par les Allemands fait nénamoins progresser le sentiment national.
Le 31 janvier 1919 est proclamée la RS de Biéolorussie.
- Transcaucasie (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan) :
Octobre 1917, le "commissariat caucasien" réalise l'unité de la région.
Mars 1918 : Par le traité de Brest-Litovsk, les Bolchéviques cèdent Kars, Ardahan et Batoum aux turcs. Création de la "République de Transcaucasie" : les Arméniens, les Azéris, les Géorgiens, opposés au traité de Brest-Litovsk, font sécession.
Mai 1918 : Les rivalités nationales resurgissent, et provoquent l'éclatement de la République de Transcaucasie. Les Turcs envahissent l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La Géorgie se place sousla protection des Allemands.
Fin de la guerre : L'Arménie et l'Azerbaïdjan redeviennent indépendants.
1920 : Les soviets, qui ont besoin de matières premières (pétrole, ressources minérales) reconquièrent la région
novembre 1920: l'Arménie appelle elle-même les Soviets à l'aide pour faire face à Kemal Atatürk.
1921: La Géorgie (gouvernement menchévik) est envahie.
3) Auto-déterminations dans le cadre de la Russie
Dans un premier temps les Bolchéviks hésitent sur le type d'auto-détermination qu'il convient d'accorder. Suivant la situation locale, ils font preuve de souplesse et de pragmatisme. Ensuite, ils accorderont une auto-détermination restreinte.
Donnons trois exemples :
- Tatars-Bachkirs :
Mars 1918 : les Blancs, associés aux dirigeants nationaux Bachkirs, détruisent la RS tataro-bachkire.
Novembre 1919 : projet bolchévique d'autonomie très large, y compris une armée, dans le but d'attirer les autres musulmans.
Mai 1920 : Une fois la guerre civile terminée, les Bolchéviks réalisent un projet définitif avec compétences très réduites de la RA ("inférieures aux droits que le Tsarisme en ses pires moments concédait aux minorités", selon un dirigeant bachkir).
- Kirghizes : le territoire kirghize à forte colonisation russe, est le théâtre d'affrontements communautaires très violents entre Kirghizes et Russes. Les Kirghizes réclament une RA kirghize avec interdiction de toute colonisation future. Cette exigence est acceptée par les bolchéviks.
- Turkestan :
1917 :double révolution qui oppose :
-Bolchéviks russes locaux (ouvriers, soldats)
-élites locales
1920 : Purge des communistes locaux (colons russes) et création d'une République autonome du Turkestan pour satisfaire les aspirations de la population locale.
LES BOLCHEVIKS DE MOSCOU IMPOSENT LEUR SOLUTION LA OU ILS SONT EN POSITION DE FORCE ET CEDENT PROVISOIREMENT LA OU ILS SE SENTENT FAIBLES.
c) Reconstitution d'un état soviétique (1918-1922)
Devant la désagrégation de la Russie, les bolchéviks adoptent une première solution institutionnelle :
10 juillet 1918 : 1ère constitution soviétique = système décentralisé à base administrative territoriale (régions ou "oblasts" en russe, qui n'ont pas de rapport avec les nationalités.
1918-1922 : il existe deux possibilités d'intégration :
- républiques ou régions autonomes intégrées à la RFSR
- traités bilatéraux avec des républiques indépendantes, couvrant les questions économiques et militaires . Il s'agit de traités inégaux, qui placent les autres républiques dans un état de dépendance vis à vis de la Russie. En matière de diplomatie, la Russie parle bientôt au nom de tous les autres. Il existe des résistances à cette tendance au sein du PC lui-même (exemples de Sultan Galiev en Asie centrale et du PC géorgien)
1922-23 : Moscou veut imposer d'en haut un projet fédéral à toutes les républiques : tentative de réaction des Géorgiens face au pouvoir central : on les accuse de "fractionnisme"
Lénine, pour ne pas aggraver les relations avec les autres nations, s'oppose au projet très centralisateur de Staline (républiques autonomes intégrées à la RSFSR) et prône une fédération de républiques égales entre elles. Staline cède sur ce point, convaincu que de toute façon, une formulation égalitaire ne changera rien à l'inégalité de fait : la Russie sera la tête de la fédération.
Le 30 décembre 1922, l'URSS naissait du traité qui unissait la RSFSR + la Biélorussie + l'Ukraine + la Transcaucasie.
DANS LE CONFLIT QUI OPPOSE LES COMMUNISTES DU CENTRE (MOSCOU) ET LES PARTIS COMMUNISTES NATIONAUX, C'EST LE CENTRE QUI L'EMPORTE ET IMPOSE UNE FEDERATION.
2° Politique des nationalités de 1922 à 1935
31 janvier 1924 : nouvelle constitution fédérale, très différente de celle de 1918.
Points principaux de cette constitution du point de vue des nationalités :
2 chambres (Soviet de l'Union et Soviet des Nationalités : voir I : b) système fédéral soviétique, 1° organes centraux)
organisation fédérale à 3 niveaux (voir I : b) système fédéral, 2° subdivisions fédérales)
droit à la sécession
Transformations culturelles et sociales dans le cadre de l'URSS
1) But du pouvoir soviétique : créer un "homme nouveau", l'homme socialiste, quelle que soit sa nationalité.
a) transformations juridiques, surtout vis à vis de la communauté musulmane (qui a son droit, ses juges, ses tribunaux) (voir texte). L'efficacité de ces mesures est relative. Emancipation des femmes et des jeunes.
b) Organisation de mouvements de "masse" (théoriquement "spontanés") : de femmes, de jeunesse (ex. femmes musulmanes dévoilées en rue, interdiction des mariages négociés par les familles)
Réticences en Asie centrale sont à l'origine de manifestations publiques contre les femmes voilées et les "superstitions" religieuses.
2) Contenu donné aux "nationalités" par le pouvoir soviétique
"La culture prolétarienne n'abolit pas la culture nationale, elle lui donne un contenu, et inversément la culture nationale... elle lui donne une forme."(Staline)
Pratiquement, techniquement, une politique des nationalités pose de gros problèmes:
a) Parlera-t-on de "nations" ou de "nationalités" ?
unité de - langue (parfois nombreuses ou non écrites)
- territoire (peuples dispersés)
- économie
- culture et traditions
Quel critère choisir ? En fonction de quoi ?
Il n'y a pas de problème pour les grandes nations (ex. Ukraine, Arménie, Géorgie..) mais comment distinguer les autres "nationalités" ?
Le but de Lénine et des Bolchéviks est de simplifier, mais par peur d'oppositions éventuelles, ils travaillent aussi à diviser :
1) quelques exemples de la tendance à diviser :
- Tatars et Bachkirs (= ancien Khanat de Kazan) utilisaient le tatar comme langue culturelle. Par crainte du PANTOURIANISME (=doctrine de l'union de tous les peuples turcs, en vogue depuis le milieu du 19è s.), les Bolchéviks décident de créer une langue bachkire écrite à partir du dialecte bachkir.
- Ouzbeks et Tadjiks employaient le tadjik comme langue littéraire. En Ouzbekistan, il est remplacé par le Turc d'abord, par l'Ouzbek ensuite.
2) quelques exemples de la tendance à simplifier :
- le Daghestancomporte 35 dialectes. Il y aura trois étapes dans les mesures adoptées par les bolchéviks
- emploi de l'Arabe (mais crainte d'un danger musulman)
- emploi du Turc Azeri (mais crainte du pantourianisme)
- finalement choix de 11 langues officielles : c'est la tendance à diviser qui l'emporte. Le but des Bolchéviks est aussi de prouver la validité du système : on concède une identité natinale à des tribus de quelques centaines d'individus du Grand Nord et d'Extrème Orient. Lorsqu'il n'existe pas de langue écrite, on choisit l'alphabet latin et non cyrillique (=russe) pour les langues turques (// Kemal Atatürk). En 1931, 69 langues sont écrites en alphabet latin. Le but final est de neutraliser les différences dans le court terme et de les supprimer dans le long terme.
3° Politique des nationalités de 1935 à 1953-56
Cette période se caractérise par une révision historique qui remet à l'honneur la nationalité russe, y compris sous les Tsars (voir texte). Dans le domaine du cinéma, cette tendance se marque dans les films d'Eisenstein : "Alexandre Nevsky" et "Ivan le Terrible".
Cette période débute alors que les autres problèmes, d'ordre économique, auxquels Staline voulait s'attaquer, sont relativement réglés (collectivisation). Au cours de cette période, le nationalisme était passé à l'arrière-plan.
A partir de 1935 commence le "nettoyage intérieur" par des purges, qui éliminaient non seulement les élites russes, mais aussi les élites nationales, qui avaient cru à "l'indigénéisation" et qui sont dorénavant qualifiés de "nationalistes bourgeois"
Sur le plan juridique et institutionnel ;
la Constitution de 1936 affirme la composition fédérale de l'URSS et le respect du droit des groupes et des individus. En fait, il s'agit de la réalisation du projet initial de Staline (voir plus haut)
Caractères principaux de cette révision :
"Il ne s'agit plus d'une fédération d'égaux, mais du regroupement de nations faibles autour d'une nation forte."
- Cette révision se manifeste dans tous les domaines de la vie publique (politique, culturelle, etc.)
Staline veut procéder à une unification culturelle autour de la Russie.- Les républiques ne sont plus que des courroies de transmission du pouvoir central.
ex. passage généralisé des langues nationales à l'alphabet cyrillique (sauf en Arménie et en Géorgie) : dorénavant tout le monde pourra lire le russe : porte ouverte au bilinguisme.
- 1940-45 : la guerre impose un temps d'arrêt à cette politique de russification, même un certain relâchement au début de la guerre, nécessité par la fragilité militaire de l'URSS (ex. tolérance en matière religieuse) : il faut éviter que certaines nationalités ne collaborent avec les Allemands.
- Dès que la victoire se profile, on assiste à un nouveau durcissement vis à vis des nationalités : le prétexte est fourni par certaines nations qui avaient, ou auraient soit disant, collaboré avec les Allemands (Tchètchènes, Ingouches, Tatars de Crimée, Karatchaï, Balkars, Kalmouks et Allemands de la Volga, déportés préventivement)
Staline en tire la conclusion de la supériorité du peuple russe
3° Politique des nationalités de 1956 à 1985
a) Période Khrouchtchev
Après la mort de Staline, Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline lors du XXè Congrès du PCUS (1956)
1) sur le plan des nationalités, il prône le retour à l'égalit
Rouhollah KhomeiniL'Ayatollah Rouhollah Khomeini ou Khomeiny ou Khomeyni
(آيت لله روح الله خمينی en persan) est né le 17 mai 1900 à Khomein et mort le 4 juin 1989 à Téhéran (تهران), était un ecclésiastique chiite, un chef politique iranien et le guide spirituel de la révolution de 1979 qui renversa le chah d'Iran : Mohammad Reza Pahlavi. Il installa une théocratie chiite qu'il gouverna du renversement du chah à sa mort en 1989.
Sa jeunesse
théocratie
Il est né dans la ville de Khomein en tant que Rouhollah Moussavi (روحاله موسوی) en 1900 dans une famille très croyante, son grand-père, son père et son frère aîné sont ayatollah. Son père est assassiné par les hommes de main d'un grand féodal. Sa jeunesse est également marquée par les troubles politiques des années 1906-1911.
En 1927 il est professeur de théologie à Qom, puis dans les années 1950 il est nommé ayatollah.
Il s'engage dans l'opposition religieuse aux réformes de Mohammad Reza Shah (la « Révolution Blanche »). Il s'oppose particulièrement au vote des femmes. En 1962, il devient un des chefs de la communauté chiite, reconnu comme « guide religieux suprême » ("marja-e taqlid").
En exil
Son opposition à la « révolution blanche », lancée par le pouvoir iranien dans le but de moderniser le pays sur le modèle occidental, le conduit à l'affrontement avec le pouvoir. Il est arrété en 1963 pour avoir joué un rôle important dans les émeutes du 4 juin. Conscient de son influence, le pouvoir le libère rapidement. Mais dès 1964 il est exilé, d'abord en Turquie, puis à Nadjaf et Kerbala en Irak, où son discours se radicalise progressivement. Son activisme pro-chiite indispose le pouvoir et en 1978 il doit partir et s'installe à Neauphle-le-Château en France. Selon Alexandre de Marenches (chef du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage ancien nom de la DGSE), la France aurait suggéré au chah qu'ils pourraient « organiser un accident mortel pour Khomeini » ; le chah refusa l'offre d'assassinat, arguant du fait que ceci en ferait un martyre. Khomeini est devenu un des adversaires les plus influents au chah, ayant su habillement utiliser les médias pour rallier tous ses opposants, ajouté à sa dimension de chef spirituel. Journalistes et diplomates l'approchent, sentant le vent tourner.
En Irak et à Paris, il radicalise et systématise sa pensée autour d'une conviction profonde : la démocratie est un mauvais système. Selon lui, les oulémas héritiers du prophète détiennent l'autorité religieuse et politique, jusqu'au retour de l'imam caché. De plus, ces clercs ont le pouvoir de désigner le plus savant d'entre eux pour concentrer l'autorité. Ce principe deviendra sous le nom de velayet-e-faqih après la révolution islamique la clef de voute du nouveau régime iranien que Khomeini définira comme le pouvoir absolu du religieux.
Le retour en Iran
révolution islamique
Khomeini retourna en Iran le 1 février 1979, « invité » par une Révolution déjà bien en marche, - ayant un peu oublié durant son exil la langue persane, il parait dans un premier temps déphasé avec les Iraniens, mais prend néanmoins le pouvoir le 11 février. La République islamique est proclamée, instituant un mandat présidentiel de quatre ans, - mais seul les candidats approuvés indirectement par le chef suprême (par le Conseil des gardiens) peuvent être candidats. Khomeini lui-même devient chef d'État, d'abord comme « chef de la révolution », puis en tant que « chef spirituel suprême ». Le 4 février 1980 Khomeini approuve l'élection d'Abolhassan Bani Sadr au titre de premier président de la République Islamique d'Iran.
Sous le gouvernement de Khomeini la loi islamique chiite est instituée, par laquelle le code islamique strict de robe (hijab) devient légal et s'impose aux hommes comme aux femmes. Celles-ci perdent plusieurs de leurs droits en tant que citoyennes égales, et la liberté de parole et de la presse continuent d'être aussi réduites que sous le chah.
Khomeini devient peu à peu le centre d'un grand culte de personnalité, et toute opposition à sa personne, au gouvernement religieux ou à l'Islam en général se voit âprement réprimée. Au lendemain immédiat de la révolution se répandirent des allégations d'abus systématiques des droits de l'homme, au sujet de la torture spécialement .
Au début de la révolution entre 1979 et 1981, des partisans de Khomeini enlevèrent 52 citoyens des États-Unis et les retinrent en otage dans l'ambassade des USA à Téhéran pendant 444 jours ; un événement souvent désigné sous le nom de crise iranienne des otages. Khomeini indiqua le | | |