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AstrologieL’astrologie est l'étude de la correspondance des phénomènes célestes avec les phénomènes terrestres. On la confond généralement avec son utilisation la plus répandue en tant qu'art divinatoire.
Elle prétend reposer sur le « principe d'analogie », repérant dans le temps et l'espace son objet afin de qualifier celui-ci. Elle utilise essentiellement les positions des astres (planètes du système solaire, Soleil et Lune) observables depuis une position terrestre. Certains présentent l'astrologie comme une science. Cependant, du point de vue scientifique, elle est en fait une discipline pseudoscientifique.
Il existe plusieurs astrologies qui diffèrent par leurs symboliques et les techniques utilisées. Elles différent également selon les objets auquels elles sont appliquées (psychologie, prévision, politique, médecine…) ; chaque objet ayant des symboliques propres et parfois des techniques particulières.
Histoire
pseudoscientifique
Les premiers écrits connus concernant les astres remontent à 5000 ans, sous la forme de tablettes d'argile sur lesquelles ont été consignés tous les relevés des mouvements planétaires observés par des prêtres — érudits de Mésopotamie. Ces observations étaient faites dans un cadre religieux. Le mouvement des astres étant perçu comme volonté divine ; les prêtres ou astrologues servant de traducteurs. Cela peut donc être considéré comme l'origine de l'astronomie.
De Chaldée, cette astronomie-astrologie se répand en Grèce après les conquêtes d'Alexandre le Grand. De là elle se répandra dans tout l'empire grec, en Inde, en Égypte puis jusqu'à la Rome antique tout en devenant plus structurée, moins religieuse et donc plus populaire. La division du ciel en douze signes zodiacaux et le premier horoscope connu date du
Paralèllement à cette astrologie, des systèmes différents se forment en Chine, en Amérique précolombienne et sans doute dans d'autres civilisations. Mais l'astrologie chinoise et l'astrologie chaldéenne sont les seuls systèmes ayant perduré jusqu'à nos jours. Tous les systèmes actuellement connus d'astrologie dérivent d'un de ces deux systèmes (ou des deux, cas de l'astrologie Tibétaine). L'astrologie chaldéenne est toutefois celle qui a connu la plus grande diffusion et la plus grande influence.
La première synthèse magistrale de l'astrologie, le « Tetrabiblos », fut écrite par l'alexandrin Ptolémée en 140, jetant les bases et principes de ce qui va devenir l'astrologie occidentale moderne puisqu'il prétend déjà : « Les astres inclinent mais n'obligent pas ». Pendant la période chrétienne, l'astrologie connaîtra une situation ambiguë. Mise au ban de la société par l'Église, comme toutes les pratiques divinatoires, lors du concile de Tolède de l'an 447, elle continue à être étudiée par les érudits, même religieux, et pratiquée dans les cours royales.
Au , Thomas d'Aquin écrit, dans sa Somme théologique : « Beaucoup d'hommes obéissent à leurs passions, auxquelles le sage résiste. C'est pourquoi, le plus souvent, ce qui est prédit d'après l'observation des astres au sujet des actions humaines se vérifie », les actions humaines en question concernant par exemple les labours ou la navigation, sur laquelle il mentionne l'influence de la Lune. Mais il indique aussi : « il faut bien se garder de croire que la liberté de l'homme soit soumise à l'influence des astres ; car alors, il n'y aurait plus de libre arbitre, sans lequel les hommes ne feraient aucun acte de vertu, digne de récompense, ni aucune mauvaise action qui méritât d'être punie ». Il s'oppose donc au déterminisme astral intégral, qui conduirait à la négation du libre arbitre et à l'idée d'une production planétaire (et donc hérétique) du divin (cf. Dante).
La découverte de l'héliocentrisme du système solaire vient porter un coup à l'astrologie qui ne trouve plus sa place dans la nouvelle description du monde par la science. Pic de la Mirandole (puis Jérôme Savonarole reprenant les arguments de celui-ci) l'ont largement condamnée. On peut remarquer que ce n'est pas le cas d'astronomes comme Galilée et Képler qui pratiquaient l'astrologie. Colbert la raye des disciplines académiques en 1666 en France. Un Essai de justification de l'astrologie judiciaire (BM. Angoulême MS 23) 1696 ne sera jamais publié.
Elle ne sera rayée en Angleterre qu'un siècle plus tard. Entre l'astronomie et l'astrologie, le divorce est prononcé. Cette dernière ne sera plus transmise que par l'intermédiaire d'écoles ésotériques tels que les Rose-Croix.
Au , elle réapparaît dans des almanachs, magazines, puis émissions radiophoniques. Ses nouvelles versions affirment intégrer les valeurs symboliques des planètes orbitant au-delà de Saturne et des astéroïdes ainsi que de nouvelles théories. Elle trouve une place dans le mouvement new age.
Étymologie
Aux origines, bien entendu, l'astrologie désignait l’étude des astres, dont l'aspect physique forme aujourd'hui l'astronomie parce que les mesures y tiennent une place centrale (l'astronomie a été le premier domaine scientifique nécessitant des calculs avec une précision de plus de 14 chiffres).
Astrologie dans la société moderne
Aujourd'hui, on peut diviser l'astrologie en trois branches :
#l'astrologie des horoscopes, directement héritée du Moyen Âge, remise en vogue par les magazines commerciaux dans sa version populaire, dans laquelle on prétend lire la destinée dans l'étude des positions et relations planétaires ;
# l'astrologie psychologique, qui affirme rechercher à travers le thème astral d'un individu pour lui faire prendre conscience de lui-même, astrologie fortement influencée par la psychologie et les approches psychanalysantes.
La symbolique des astres et de leurs mouvements est très souple, pouvant changer suivant le contexte et l'école de l'astrologue. Il existe en effet de nombreuses écoles : astrologie humaniste, astrologie psychologique, astrologie conditionnaliste, etc. Mais l'astrologie est aussi utilisée par certains pour prédire les flux financiers. De par sa nature, elle est appliquée à un grand nombre d'objets différents.
L'astrologie reste active dans certaines sociétés occidentales, avec notamment une présence remarquable dans les médias populaires. Les opinions sont cependant plus que jamais très partagées sur ce sujet. Il n'existe qu'une minorité de personnes octroyant une véritable crédibilité à l'astrologie même si les horoscopes ont un large succès.
#l'astrologie boursière, a quant à elle, fait son apparition au milieu des années 1990. Son but est prévoir de la façon la plus rigoureuse possible l'évolution des indices boursiers. C'est le journaliste économique et financier Jean-François Richard qui a su élaborer les techniques de l'astrologie boursière.
Astrologie et science
Les dernières évolutions ayant agité le monde de l'astrologie française portent sur une volonté de rationalisation et de crédibilisation de l'astrologie par les tenant d'une astrologie "scientifique". Les hypothèses bâties sur l'Effet Mars, la thèse en sociologie de Germaine Hanselmann (dite Élizabeth Teissier), les études sur l'effet de la Lune sur l'Homme (inspirées de son effet sur les marées) ont participé à cette dynamique. L'astrologie moderne chercherait à se différencier de l'astrologie solaire (celle des journaux) à qui elle reproche son manque de sérieux et son caractère évasif.
Le monde scientifique a réagi en démontrant la fausseté des allégations des astrologues en prouvant le manque de rigueur des faits avancés par les astrologues, classant ainsi la discipline parmi les pseudo-sciences. Ainsi, l’effet Mars est statistiquement invalidé depuis 1951 par l'étude de Françoise et Gilbert Gauquelin [http://www.astrosurf.com/cieldaunis/astrologie/gauquelin.html]. Plusieurs études statistiques ont montré que les prédictions de l'astrologie étaient assimilables à un choix au hasard, et souvent justifiées a posteriori (un exemple connu est le thème d'Adolf Hitler qui suggère essentiellement une nature sensible et portée vers l'art : il est toujours possible de rappeler après coup qu'il tenta en effet de rentrer à l'école des Beaux-Arts de Munich, mais cela semble tout de même bien accessoire).
La communauté scientifique n'a jamais reconnu les résultats des diverses études qui ont été effectuées par les tenants d'une astrologie « scientifique ». Ceux-ci s'appuient par exemple sur les travaux de Mme Suzel Fuzeau-Braesch, docteur en biologie au CNRS, concernant un « effet astrologique » sur des jumeaux. Ces travaux sont cependants critiqués pour leur démarche peu rigoureuse. Henri Broch affirme ainsi que « la démarche intellectuelle de la scientifique-astrologue Suzel Fuzeau-Braesch n'est pas caractérisée par une honnêteté particulière puisque (je me cite) ses données (textes et coordonnées) sont, à un niveau ou à un autre, modifiées, erronées ou inventées ».
D'autres rappellent le phénomène de la précession des équinoxes qui entraîne une divergence entre la position réelle des astres à la naissance et leur position affirmée par le signe attribué : aujourd'hui le « zodiaque astrologique » est décalé d'un signe par rapport au zodiaque des étoiles.
De plus, lors de sa course le long du zodiaque tout au long de l'année, le soleil passe bien devant 13 constellations, les 12 connus + le serpentaire. Cette dernière ne faisant pas partie des constellations prises en compte par l'astrologie.
Citations célèbres
« Ce qui est grave, ce n'est pas que tant de gens croient à l'astrologie, c'est qu'ils jugent de choses sérieuses avec des têtes qui croient à l'astrologie. » (Jean Rostand)
« L'astrologie trouve toute sa dimension dans le fait qu'elle transforme le profane en sacré, les données de l'astronomie en la révélation d'un ordre cosmique présent tant dans la cellule et la personne humaine que dans le système solaire et la galaxie. Tenter de faire de cette discipline une "science" fondée sur des données empiriques et statistiques revient à nier sa nature profonde et immémoriale. (Dane Rudhyar, auteur de plusieurs ouvrages sur l'Astrologie humaniste)
« Nous sommes nés à un moment donné, en un lieu donné, et nous avons, comme les crus célèbres, les qualités de l'an et de la saison qui nous ont vu naître. L'astrologie ne prétend pas davantage. » C.G. Jung : l'Homme à la découverte de son âme.
Citation apocryphe/douteuse
Depuis plusieurs décennies de nombreux astrologues attribuent à Albert Einstein cette citation :
:« L'astrologie est une science en soi, illuminatrice. J'ai beaucoup appris grâce à elle et je lui dois beaucoup. Les connaissances géophysiques mettent en relief le pouvoir des étoiles et des planètes sur le destin terrestre. A son tour, en un certain sens, l'astrologie le renforce. C'est pourquoi c'est une espèce d'élixir de vie pour l'humanité »
Or on sait l'aversion d'Einstein pour l'astrologie, qu'il exprimait par exemple de manière explicite dans son introduction au livre de Mme Carola Baumgardt, en 1951. Ces mots, apparus dans le Huters astrologischer Kalender, cinq ans après la mort d'Einstein, sont en contradiction avec ses paroles passées.
Bibliographie
- Speculum astrologiae. Quod attinet ad judiciariam rationem nativitatum atque annuarum revolutionum: cum nonnullis approbatis Astrologorum sententiis. Rerum catalogum sequens pagina indicabit. [Avec :] - Compendium de stellarum fixarum observationibus. Opus mathematicae studioso utilissimum.- Tabulae resolutae astronomicae de supputandis siderum motibus, secundum observationes Nicolae Copernici, Prutenicarumque Tabularum. Lyon, Phillipe Tinghi (imp. par Pierre Roussin), 1573. Ce « Miroir de l'astrologie » de Francesco Giuntini est, selon Caillet, « un des plus célèbres et le principal monument de l'Astrologie ancienne ». Ce traité très complet, outre une défense de l'astrologie, donne les nativités de très nombreux personnages célèbres et des tables astronomiques selon Copernic.
- Il y a eu plusieurs éditions de L'Astrologie chez Que Sais-je, PUF
- version 1984 (épuisée), par Paul Couderc, avec une approche scientifique attaquant l’astrologie (en relation avec l’Union rationaliste)
- version 1989 (retirée de la vente), par Suzel Fuzeau Braesch, pro-astrologie
- version 2005, par Daniel Kunth et Philippe Zarka, texte qui rappelle quelques définitions et évidences et montrent ainsi que l'astrologie se place en dehors du domaine scientifique, par le défaut de sa méthode
- Suzel Fuzeau Braesch, La Preuve par deux, Robert Laffont, 1992.
- Charles Vouga, Une astrologie pour l'ére du Verseau, Edition du Rocher
- Charles Vouga, Astrologie expérimentale, Edition du Rocher. Une approche « non causale » des « phénomènes astrologiques ».
- Richard Pellard, "Manuel d'astrologie universelle", Editions Dervy 1991. Une approche rationnelle et conditionaliste de l'astrologie contemporaine.
- Jean-François Richard, "La Bourse serait-elle aussi gouvernée par les astres ?", Editions Arnaud Franel, 1998.
- Jean-François Richard, "Bourse, ce qu'anticipent les astres jusqu'en 2010", Editions du Rocher, février 2005.
Voir aussi
Articles connexes
- Divination;
- astrologie arabe, aztèque ou maya, celte, chinoise, égyptienne, hindoue, mongole;
- astrologie zodiacale, conditionaliste;
- astronomie, zodiaque;
- zététique, science, astrophysique, épistémologie.
Liens externes
Sites pro-astrologie
- [http://www.fdaf.org FDAF Fédération des astrologues francophones]
- [http://astrologie-libre.org Astrologie libre]
- [http://www.jupitair.org/ Cours d'astrologie en ligne]
- [http://cura.free.fr CURA (Centre universitaire de recherche en astrologie)]
- [http://astrosophia.free.fr/histoire_de_l%27astrologie.htm Historique de l'astrologie]
- [http://www.astro-psychologie.com/index2.html Sur l'astrologie psychologique]
- [http://astroariana.com Site d'astrologie conditionnaliste]
- [http://astroariana.com/phorum/index.php Forum de discussion entre astrologues]
- [http://www.astrologiesensitive.com Contre le Handicap Visuel] - Livre d'astrologie traditionnelle en braille intégral pour les aveugles avec illustrations tactiles.
Sites critiques
- [http://www.pseudo-sciences.org/astrologie.htm Association française pour l'information scientifique]
- Un [http://www.obspm.fr/savoirs/contrib/astrologie.fr.shtml argumentaire]
- [http://atheisme.free.fr/Votre_espace/Horoscope.htm Démystification de l'horoscope], une des facettes de l'astrologie
- [http://perso.wanadoo.fr/oncle.dom/paranormal/astrologie/couderc/couderc.htm L'Astrologie, par Paul Couderc]
- [http://www.astrosurf.com/nitschelm/astrolog.html L'astrologie au crible de la science]
- [http://www.astrosurf.com/cieldaunis/astrologie/gauquelin.html L'étude de l'effet Mars par les Gauquelin (1951)]
- [http://www.unice.fr/zetetique/articles/articles.html#astrologie pages de zététique sur l'astrologie]
- Catégorie:Histoire de l'astronomie Catégorie:pseudo-scienceCatégorie:Croyance
ja:占星術
ko:점성술
th:โหราศาสตร์
Art divinatoire
Un art divinatoire consiste à donner une description, notamment prédictive, de tout ce qui peut toucher un individu ou un groupe d'individus. Les thèmes majeurs sont les événements amoureux, sanitaires et financiers à venir, les relations humaines, et le caractère des personnes. Les arts divinatoires utilisent fréquemment un système de correspondances symboliques entre les descriptions fournies et des données observables.
Contrairement aux sciences prédictives, l'exactitude des descriptions est secondaire dans un art divinatoire. C'est l'intérêt suscité par la description qui prime. Des confusions entre aspects scientifiques et artistiques participent parfois de l'intérêt suscité, comme entre l'astronomie et l'astrologie ou entre les graphologies scientifiques et non.
Les productions les plus visibles sont des horoscopes astrologiques, prisés par la presse écrite populaire et des productions des graphologues, particulièrement utilisées en France lors des embauches.
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Arts divinatoires et relation avec les pouvoirs
Positions religieuses
- « Celui qui consulte les devins, je le déchirerai au milieu de mon peuple » (à voir dans l'Ancien Testament)
- Thomas d'Aquin, Somme théologique
Positions politiques
- Interdiction par Richelieu
- Enseignement à l'université de Delft au XX siècle
- Consultations d'astrologues « à titre personnel » par Ronald Reagan, François Mitterrand... (!)
Voir aussi
- zététique | science | épistémologie
- astrologie
- boule de cristal
- cartomancie
- culte du cargo
- divination
Liens externes
- [http://www.inad.info/ le site de l'Institut National des Arts Divinatoires]
- [http://www.senegalaisement.com/senegal/cauris.html Les coquillages cauris : art divinatoire au Sénégal]
SoleilCet article traite du Soleil en tant qu'astre. Pour les autres sens, voir soleil (homonymie)
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Le Soleil est l'étoile du système solaire auquel appartient la Terre.
Le demi-grand axe de l'orbite de la Terre autour du Soleil, 149 597 870 km, fut la définition originale de l'unité astronomique (u.a.).
Le Soleil fait partie d'un ensemble constitué de matière interstellaire et d'environ 200 milliards d'étoiles : notre Galaxie.
Il se situe à 15 pc du plan équatorial du disque, et est distant de 8 600 pc (environ 25 000 années lumière) du centre galactique.
Caractéristiques physiques
Le Soleil est une étoile naine évoluant sur la séquence principale, de type spectral G2, ce qui signifie qu'elle est légèrement plus chaude et plus brillante que la moyenne mais bien moins lumineuse qu'une géante rouge. Une étoile de type G2 reste sur la séquence principale du diagramme de Hertzsprung-Russell pendant environ dix milliards d'années. L'âge du Soleil et du système solaire est estimé à environ cinq milliards d'années.
La brillance du Soleil augmente d'environ 7% par milliard d'années écoulé.
Au centre du Soleil, des réactions de fusion nucléaire transforment l'hydrogène en hélium. L'énergie produite par ces réactions parvient jusqu'à la surface du Soleil qui émet des rayonnements électromagnétiques et un flux de particules : on nomme l'ensemble vent solaire.
L'énergie dégagée par le Soleil est de 382,6 YW ou 382,6×1024 W. Chaque seconde, 0,7×1012 kg d'hydrogène sont transformés en 0,695×1012 kg d'hélium, la perte de masse de 5×109 kg étant convertie en énergie, principalement sous la forme de rayonnements et de particules.
Un modèle du Soleil [2] permet d'estimer la température de son noyau à 15,43 millions de kelvins et la densité à 145 700 kg/m³. Cette partie active du noyau n’occupe toutefois qu’un centième de son volume total.
Dans certains modèles, le « feu nucléaire » s'éteint à 175 000 km du centre (quart du rayon) ; la température a déjà chuté de moitié et la densité n'est plus que de 20 000 kg/m³ (comparable à celle de l'or).
À une distance du centre égale au 3/4 du rayon, la densité n'est plus que de 200 kg/m³ et nous nous trouvons en lisière de la zone de convection. Sur ces 380 000 km, la température a chuté de 7 MK à environ 2 MK.
Pour finir, la température atteint 5780 K à la surface, où la densité n'est plus que de 10-4 kg/m³, près de dix mille fois inférieure à la densité de l'air (de la Terre) aux conditions normales de pression et de température.
La mesure du nombre de neutrinos reçus sur la Terre (ceux-ci sont produits dans le Soleil de façon quasi exclusive) n'est que le tiers de celui prédit par la théorie, ce qui a longtemps été inexpliqué. Récemment, il a été démontré que les neutrinos avaient une masse, extrêmement faible ; ainsi, une partie du flux de neutrinos émis par le soleil peut se transformer en d'autres variétés de neutrinos (non détectées) avant d'atteindre la Terre.
La structure et dynamique interne du Soleil peuvent-être étudiées en utilisant les techniques de l'héliosismologie.
Structure
Structure du Soleil
En allant du centre vers l'extérieur on rencontre :
- le noyau, où se développent les réactions thermonucléaires : au centre, la température est de 14 MK, et la pression de 150×109 atmosphères.
- la zone radiative : de 7 à 2 MK.
- La tachocline, couche intermédiaire.
- la zone convective : de 2 MK à 6000 K.
- la photosphère, surface visible du Soleil où apparaissent les granules et taches solaires.
- la chromosphère, couche de gaz fortement ionisée (plasma) d'une épaisseur de 15 000 km environ.
- la couronne, qui s'étend de 15 000 km à 1 ou 2 millions de km. Sa température atteint 1 000 000 K. Elle ne peut être convenablement observée que lors des éclipses totales de soleil, car son rayonnement est très faible comparé à ceux de la photosphère et de la chromosphère.
Le système solaire
À lui seul, le soleil représente 99,8 % de la masse totale du système solaire, les 0,2 % restants incluant les planètes (surtout Jupiter), dont la Terre.
Rapport de la masse du Soleil aux masses des planètes
Notes
Valeur maximale.
Cette distance n'est pas connue avec une grande précision en raison de la forte absorption interstellaire au centre du disque.
Symbolisme
Le soleil est un symbole très puissant pour les hommes. Il occupe une place dominante dans chaque culture.
D'une façon générale, il est un principe masculin, actif. Toutefois, certains peuples nomades d'Asie centrale le considéraient comme un principe féminin (la Mère soleil) ; c'est aussi le cas des Japonais, pour qui le Soleil est Dame Amaterasu, la dame soleil, épouse du seigneur Lune. Dans la mythologie nordique, les enfants de Mundilfari et Glaur sont Sol (déesse du Soleil) et Mani (dieu de la Lune), une idée que J. R. R. Tolkien a importée dans son œuvre.
Souvent, le Soleil représente le pouvoir. Cet astre donne la vie. Si le Soleil venait à disparaître, ou même si ses rayons ne nous parvenaient plus, la vie s'éteindrait sur Terre, d'où le symbole de vie (donneur de vie).
Dans l'Égypte antique, Râ (ou Rê) est le dieu-Soleil (il était l'un des dieux les plus importants, voire le plus important) et Akhénaton en fera son dieu unique sous le nom d'Aton. Dans le Panthéon grec c'est Apollon, fils de Zeus et du titan Léto. Citons aussi Hélios qui est la personnification du Soleil lui-même. Les Aztèques l'appelaient Huitzilopochtli, dieu du Soleil et de la guerre, le maître du monde. S'il n'est pas associé à un dieu, des gens l'ont associé à eux-mêmes comme le roi de France Louis XIV surnommé le Roi-Soleil (couronné de Dieu). La famille impériale japonaise se targue de descendre d'Amaterasu, déesse du Soleil.
En alchimie, le symbole du Soleil et de l'or est un cercle avec un point au centre : alchimie. Il représente l'intérieur avec tout ce qui gravite autour. En astronomie comme en astrologie, le symbole est le même.
Voir aussi
- analemme
- astronomie
- autorégulation du Soleil
- couronne solaire
- cycle solaire
- éclipse
- sursaut solaire
- transit
- Énergie solaire
Liens externes
- [http://www.astrofiles.net/modules.php?name=News&file=article&sid=3 Astrofiles: le soleil]
- [http://ptaff.ca/soleil/ Heure de lever et de coucher du soleil pour tous les endroits du monde]
- [http://www.le-systeme-solaire.net/modules.php?name=syssol&page=soleil Le Système Solaire - Le Soleil]
Catégorie:Symboliquecatégorie:étoilecatégorie:Soleil
als:Sonne
ja:太陽
ko:태양
ms:Matahari
simple:Sun
th:ดวงอาทิตย์
zh-min-nan:Ji̍t-thâu
Terre
La Terre ou planète bleue (en raison de l'importance des étendues d'eau) est la troisième planète du système solaire.
La Terre est la seule planète du système solaire dont le nom ne provient pas de la mythologie grecque ou romaine. C'est aussi le seul endroit connu de l'Univers à abriter la vie.
Selon l'hypothèse Gaïa de James Lovelock, la Terre est aussi appelée Gaïa.
Histoire
L'âge de la Terre est actuellement estimé à 4550 millions d'années, début de l'Hadéen (premier éon).
Les roches les plus anciennes connues ont un âge d'environ 4 milliards années ; rares sont celles dont l'âge dépasse 3 milliards années. Les plus anciens fossiles témoignent de l'existence d'organismes il y a 3,9 milliards d'années.
Les différentes périodes de l'histoire de la Terre sont résumées dans le tableau de l'échelle des temps géologiques.
Structure géologique
La Terre est constituée de plusieurs couches internes identifiables à peu près concentriques : la croûte terrestre, le manteau supérieur (qui forme, avec la croûte terrestre, la lithosphère), l'asthénosphère, le manteau inférieur, le noyau.
Voir l'article détaillé: structure interne de la Terre
Cette structure est connue au moyen de l'étude de la propagation des onde sismiques entre une source et différents points de la surface terrestre.
La vitesse d'une onde sismique change en effet assez brutalement au passage entre deux couches de composition différentes. Ces limites ont parfois reçu des noms particuliers, tels que la discontinuité de Mohorovicic ou la discontinuité de Gutenberg.
La constitution de la Terre s'explique par son mode de formation, par accrétion de météorites, qui a produit une stratification en phase fluide par masse volumique décroissante depuis les couches internes vers les couches externes.
La surface de la Terre est très jeune. Pendant la période relativement courte de 500 millions d'années où l'érosion et les processus tectoniques ont détruit, puis recréé la plupart des couches superficielles de roches à la surface de la Terre, la presque totalité des traces de l'histoire géologique de sa surface (cratères d'impact, par exemple) ont disparu.
Croûte terrestre
Sa surface est divisée en plusieurs plaques tectoniques :
- la plaque Amérique du Nord - Amérique du Nord, Atlantique Nord-Ouest et Groenland
- la plaque Amérique du Sud - Amérique du Sud et Sud-Ouest de l'Atlantique
- la plaque Antarctique - Antarctique
- la plaque Eurasienne - Atlantique Nord-Est, l'Europe et l'Asie à l'exception d'Inde
- la plaque Africaine - Afrique, Sud-Est de l'Atlantique et l'ouest de l'Océan Indien
- la plaque Inde-australienne - Inde, Australie, Nouvelle Zélande et la plupart de l'Océan Indien
- la plaque de Nazca - Est de l'Océan Pacifique qui est adjacent à Amérique du Sud
- la plaque du Pacifique - la plupart de l'Océan Pacifique
Il existe également une vingtaine de plaques plus petites telles que l'Arabie, la plaque des Philippines.
Atmosphère
La Terre est entourée d'une enveloppe gazeuse qu'elle retient par attraction gravitationnelle : l'atmosphère.
Constitution
Cette enveloppe, dont la masse globale est de l'ordre de 510 kg (un millionième de la masse de la Terre), est contenue à 99 % dans les 30 premiers kilomètres (50 % dans les 5 premiers kilomètres).
La basse atmosphère (du niveau de la mer jusqu'à environ 45 km) est composée de gaz « permanents », gaz dont les proportions restent constantes, et de gaz de concentration variable avec l'altitude.
L'azote, l'oxygène et l'argon constituent, en volume, 99,997 % des gaz permanents (cf. tableau ci-dessus) ; le brassage vertical de l'air permet de conserver une répartition constante à tous les niveaux, même pour les gaz les plus légers tels que l'hélium ou l'hydrogène.
Les gaz à concentration variable sont essentiellement la vapeur d'eau H2O, le dioxyde de carbone CO2, le dioxyde de soufre SO2 et l'ozone O3.
Les particules liquides, solides, liquides ou mixtes en suspension dans l'atmosphère constituent l'aérosol atmosphérique.
Ces particules jouent un rôle primordial dans les phénomènes de condensation (nuages) et de formation de cristaux de glace, ainsi qu'à différents processus physico-chimiques dans l'atmosphère.
Leur concentration varie de plusieurs puissances de 10 en fonction du lieu et du temps ; en concentration élevée, elles constituent un facteur de pollution.
Les particules se classent en :
- particules d'Aitken : 1 nm < d < 0,1 µm
- grosses particules : 0,1 µm < d < 5 µm
- particules géantes : 5 µm < d < 50 µm environ
L'atmosphère atténue de façon importante le rayonnement solaire reçu au sol ; suivant l'importance de la couverture nuageuse, le sol reçoit de 68 % jusqu'à 28 % (ou moins) du rayonnement solaire parvenant sur Terre.
Structure de l'atmosphère
La composition chimique de l'atmosphère, sa température, ou les phénomènes qui y sont observés présente des discontinuités marquées lorsque l'altitude augmente. Ces discontinuités correspondent à des couches homogènes dont les propriétés évoluent de façon continue ; ce sont (par altitude croissante) :
- la troposphère
- la stratosphère
- la mésosphère
- la thermosphère
- l'exosphère
Les limites de ces couches (d'altitude variable) ont reçu des désignations particulières : tropopause, stratopause, mésopause et thermopause.
Satellites
La Terre possède un satellite naturel, la Lune, et de nombreux satellites artificiels. On lui associe aussi l'astéroïde 3753 Cruithne et d'autres astéroïdes géocroiseurs.
L'interaction entre la Terre et la Lune ralentit la rotation de la Terre de 2 millisecondes par siècle. Nous pensons qu'il y a approximativement 900 millions d'années il y avait 481 jours de 18 heures par an.
Les marées sont provoquées par la Lune et le Soleil.
Voir aussi
- Cycle biogéochimique
- Écologie
- Liste des pays du monde
- Liste des pays du monde par continent
- Sciences de l'Univers : Astronomie
- Sciences de la Terre : Cartographie | Géodésie | Géophysique
- Structure interne du globe terrestre
- Monde
Liens externes
- [http://www.astrofiles.net/article6.html Astrofiles : Terre]
- [http://www.populationdata.net PopulationData.net - Informations, cartes et statistiques sur la Terre]
- [http://www.le-systeme-solaire.net/modules.php?name=syssol&page=terre Le Système Solaire - La Terre]
catégorie:géographie
-
zh-min-nan:Tē-kiû
ko:지구
ms:Bumi
ja:地球
simple:Earth
th:โลก
Science
Historiquement, la science était une branche de la philosophie, connue sous le nom de "philosophie naturelle". La philosophie, dans son ancienne acception, prétendait regrouper toute la pensée humaine. Au cours du Moyen-Age, la science s'en est progressivement détachée, mais cela n'a pas été sans heurts ( Galilée, Giordano Bruno,...). Finalement, un modus vivendi a été trouvé :
- la science cherche à répondre aux « Comment ? » ( Comment les oiseaux volent-ils ? Comment fait-on marcher les locomotives ? Comment la matière se comporte-t-elle ? ...);
- la philosophie cherche à répondre aux « Pourquoi ? » ( Pourquoi les oiseaux volent-ils ? Pourquoi fait-on marcher les locomotives ? Pourquoi la matière existe-t-elle ? ...).
Plus précisément, la science ( du latin scientia, connaissance ) consiste en :
- la recherche et l'acquisition systématique de connaissances sur les objets et le monde qui nous entourent ;
- l'organisation et la synthèse de ces connaissances par le moyen de principes généraux a priori (théories, lois, mesure, méthode, etc.) ;
- la diffusion des résultats de ces démarches.
Selon le philosophe Karl Popper, une théorie n'est scientifiquement acceptable que si, telle qu'elle est présentée, elle peut être réfutable, c’est-à-dire soumise à des tests expérimentaux. La connaissance scientifique est ainsi l'ensemble des théories qui ont jusqu'alors résisté à la réfutation. La science est donc par nature soumise en permanence à la remise en question.
Au cours de son développement, la science a fait apparaître une diversité de phénomènes à étudier, créant autant de disciplines, comme la chimie, la biologie, la thermodynamique, l'homme, etc. Certaines de ces disciplines a priori hétéroclites ont pour socle commun la physique, pour langage les mathématiques et comme principe élémentaire la méthode scientifique.
La science est donc un découpage métaphysique du réel en plusieurs domaines d'investigations, qui forment un ensemble plus ou moins organisé de connaissances idéalement universelles. Par leur structuration et leur tendance à l'universalité, ces connaissances se distinguent des connaissances vagues de l'expérience personelle (terme à ne pas confondre avec expérimentation) qui sont des connaissances qui ne concernent que les individus ou les cas particuliers, et que l'on peut rencontrer au hasard ce qui interdit toute généralisation. La démarche méthodique pour acquérir et organiser ces connaissances est la méthode scientifique.
méthode scientifique
Science appliquée, fondamentale, expérimentale, ...
La science est divisée, par convention, en deux grands ensembles qui se distinguent par leur finalité: Les sciences appliquées et les sciences fondamentales.
Les sciences expérimentales, sont opposables aux sciences d'observation.
- Les sciences appliquées
- Définition : l'utilisation de connaissances scientifiques issues de nombreuses disciplines et de savoir-faire en vue de la réalisation d'un objectif pratique.
- Les disciplines de sciences appliquées se définissent à partir d'objectifs communs.
- Exemples : la médecine a pour objectif de rendre un individu en santé. Pour y arriver, elle utilise les connaissances issues de différentes disciplines telles que la biologie, la biochimie, la physiologie, etc. La pédagogie et l'ingénierie sont d'autres exemples de sciences appliquées.
:Les sciences appliquées doivent être distinguées de la technique (ou art, dans son sens premier ancien) en tant que pratique empirique. Voir l'article détaillé applications de la science.
- Les sciences fondamentales
- Finalité : l'acquisition et l'organisation des connaissances en elles-mêmes (sans rechercher d'applications pratiques).
- Exemple : la biologie, qui s'intéresse à l'étude des êtres vivants, l'astronomie, qui étudie les corps célestes.
- Les sciences expérimentales repose sur une démarche active du scientifique, qui construit et contrôle un dispositif expérimental reproduisant certains aspect des phénomènes naturels étudiés. Les résultats des expériences ne sont pas toujours quantifiés (exemple : l'expérience de Konrad Lorenz avec les oies grises, en éthologie).
- Lorsqu'il n'est pas possible de contrôler un environnement expérimental, les scientifiques peuvent avoir recours à l'observation. lorsqu'une discipline se forme autour de cette démarche, on parle de sciences d'observation. L'astronomie ou l'économie sont des exemples classiques. Mais la frontière n'est jamais nette : il existe une économie expérimentale, et la physique des hautes énergies permet d'une certaine façon de tester expérimentalement certaines théories astronomiques. Des questions éthiques peuvent également être en jeu : Comment reproduire, par exemple, les conséquences des abus physiques chez des enfants sans contrevenir aux plus élémentaires règles de base de l'éthique ? Dans ces cas, l'étape de l'expérimentation est remplacée par une étape d'observation systématique.
À ce diptyque expérimentation/observation s'ajoute aujourd'hui les simulations informatiques.
Naturellement, science appliquée et science fondamentale ne sont pas strictement cloisonnées. Les découvertes issues de la science fondamentale trouvent des fins utiles, de même que certains problèmes techniques mènent parfois à de nouvelles découvertes en science fondamentale. La recherche en science fondamentale repose sur la technologie issue de la science appliquée. Les laboratoires de recherche et les chercheurs peuvent même faire parallèlement de la science appliquée et de la science fondamentale. Des pressions économiques et sociales s'exercent sur les sciences fondamentales, qui tentent de préserver leur autonomie.
La méthode scientifique
La question de l'unicité de la méthode scientifique est problématique (Feyerabend).
Cette (ces) méthode(s) devrait (doivent) garantir la validité l'objectivité de ses résultats.
On associe généralement méthode scientifique et méthode hypothético-déductive:
#Formulation d'une hypothèse
#Expérimentation ou observation
#Correction, confirmation ou infirmation de l'hypothèse
#Questionnement sur les conclusions : on recommence le cycle à l'étape 1
Le mot science ne peut être rattaché à un domaine de connaissance que si la méthode scientifique propre à ce domaine est généralement acceptée et que les résultats répondent aux conditions de reproductibilité, indépendamment de l'équipe de chercheurs qui réalise l'expérimentation ou l'observation. Un exemple célèbre où les résultats d'une expérimentation n'ont pas pu être reproduits par d'autres équipes de chercheurs est celui de la mémoire de l'eau. Comme personne n'est à l'abri de l'erreur ou de la supercherie, cet exemple montre à quel point l'étape de la diffusion des résultats est cruciale et fait partie intégrante de la méthode scientifique.
Histoire des sciences
La science, en tant qu'institution, ensemble de pratiques ou rapport au monde, est une invention de l'Homme dont on peut retracer la génése.
Voir l'article Histoire des sciences.
La recherche
L'ensemble des actions entreprises en vue d'améliorer et d'augmenter l'état des connaissances dans un domaine scientifique constitue la recherche scientifique. L'organisation et la prise en charge des activités de recherche constituent un enjeu important pour toutes les sociétés.
Voir l'article détaillé recherche scientifique.
Science et rationalité
La science se revendique comme l'application du raisonnement à l'exploration du monde qui nous entoure.
C'est par exemple le cas de l'évolutionnisme et de la théorie de l'évolution. Il est évident que la stricte compatibilité avec les résultats scientifiques, donne à ces recherches un poids particulier. Elles mettent en cause des points trop importants pour les religions monothéistes toutes confondues (épisode de la Genèse).
Science et croyance
Nous avons vu qu'en science, une théorie est normalement incomplète, car elle ne peut décrire exhaustivement la complexité du monde réel.
Il en est ainsi de toutes les théories, comme celle du Big Bang ou de l'évolution des espèces. Même si aujourd'hui celles-ci ont le soutien de beaucoup de spécialistes, des théories concurrentes sont discutées. Pour autant, la création du monde en sept jours décrite par la Bible ne peut plus être perçue comme un possible, et bien des croyants reconnaissent qu'une lecture littérale est peu compatible avec l'état actuel de nos connaissances et qu'il est plus sage de l'interpréter comme une parabole.
Si la science ne fournit jamais de réponse définitive, il n'est plus possible de ne pas en tenir compte.
La foi religieuse, les croyances superstitieuses et pseudo-scientifiques donnent au contraire des explications des phénonèmes d'une toute autre nature puisqu'elles relèvent en général d'une conviction personnelle ou sociale invérifiable. Les progrès de la connaissance entraînent donc parfois une remise en cause des dogmes religieux par la science. L'exécution de Giordano Bruno est un exemple des luttes d'influences que durent affronter les scientifiques.
A contrario, sauf à prétendre imposer sa foi (qui n'est autre qu'une conviction intimement personnelle et subjective) aux autres, il faut se défier de la tentation naturelle de qualifier de fait « scientifiquement prouvé » les extrapolations des modèles scientifiques au-delà de leur champ d'application.
Emploi abusif du mot science
Le mot « science » est parfois utilisé pour soutenir qu'il existe des preuves scientifiques là où il n'y a que croyance. Selon ses détracteurs, c'est le cas du mouvement de scientologie. Pour ces cas, on devrait plutôt parler de sciences occultes ou pseudo-sciences.
Le problème de l'induction
La science ne fonctionne pas par méthode déductive pure. Une série d'expériences ne validerait en effet des résultats qu'effectués à une date et en un endroit particuliers, sans possibilité logique de les généraliser. Bertrand Russell mentionne dans son ouvrage Science et religion (chapitre La science est-elle superstitieuse ?) ce qu'il nomme le scandale de l'induction, et qu'il voit comme un mal nécessaire.
Portée de la science
La méthode scientifique hypothético-déductive n'a pas pour vocation de fournir des vérités absolues mais uniquement daffiner si besoin est des modèles antérieurs.
En d'autres termes, pour parvenir à une théorisation fiable, il faut forcément au départ prendre appui sur quelque chose, qui pourra se révéler plus tard une erreur. Cela n'a rien qui doive alarmer, et rappelle simplement qu'en science on avance dans la compréhension sur le réel en éliminant les hypothèses erronées. Cela permet de démarrer un processus, et de le réorienter dans la bonne direction ensuite.
Un principe est réputé vrai (« jusqu'à plus ample informé ») quand un consensus se dégage dans la communauté scientifique pour estimer que suffisamment d'indices convergent en faveur de ce résultat et que aucun résultat expérimental ne le contredit. La démarche est ici intersubjective, ce qui a suscité des mises en garde importantes de Thomas Kuhn aussi bien que de Paul Feyerabend.
La démarche scientifique, de par la remise en cause permanente des connaissances, admet que ces connaissances puissent comporter des aspects incomplets, voire inexacts ; mais il faudra attendre de les avoir mis en évidence pour le savoir. Pour cette raison, on observe que lorsqu'une loi scientifique existante est violée, c'est le signe qu'une nouvelle découverte se profile. Il y a donc lieu de s'en réjouir et non de le déplorer.
Utiliser une théorie que l'on sait inexacte ne pose aucun problème dans certains cas :
- Les calculs balistiques utilisent la mécanique newtonienne, sans faire intervenir le modèle d'Einstein, et n'en mettent pas moins les satellites sur orbite sans le moindre problème, ... à l'approximation requise
L'essence de la science, à travers les générations, reste la remise en question permanente. Mais parfois aussi des idées nouvelles n'arrivent à bien se répandre qu'après le décès d'autres scientifiques devenus inconsciemment dépendants d'un modèle donné, dans lequel ils ont beaucoup investi, et qu'il ne souhaitent pas voir brusquement se dévaluer. Les voilà devenus en conséquence moins aptes à discerner les intérêts (éventuels) de nouveaux paradigmes qui en diffèrent trop. Leur attachement aux théories existantes a pu prendre un caractère, dans certains cas, que l'on pourrait qualifier de quasi religieux.
Il se ne passe pas de génération sans qu'apparaissent quelques cas de ce genre.
Il arrive aussi, cela dit, que ce soit des théories nouvellement énoncées qui se révèlent être des impasses. Voir Trofim Lyssenko.
Voir aussi :
- l'article détaillé sur le scientisme
- paradoxe ; l'étude des paradoxes constitue un excellent exercice de souplesse mentale.
- épistémologie
Sont désignées sous le nom de pseudo-sciences les pratiques qui se réclament de la science tout en s'écartant de la méthode scientifique mais en en mimant certains aspects. On peut citer par exemple l'astrologie, l'homéopathie, la morphopsychologie (voir culte du cargo).
Les sciences occultes et sciences traditionnelles existent depuis l'Antiquité, elles consistent en un ensemble de connaissances et de pratiques mystérieuses ayant pour but de pénétrer et dominer les secrets de la nature. Au cours des derniers siècles, elles ont été progressivement exclues du champ de la science. Le philosophe Karl Popper s'est longuement interrogé sur la nature de la démarcation entre science et pseudo-science. Dans son ouvrage Conjecture et réfutations, après avoir remarqué qu'il est possible de trouver des observations pour confirmer à peu près n'importe quelle théorie, il propose une méthodologie fondée sur la réfutabilité.
Voir aussi
Articles connexes
- Académie des Sciences
- Philosophie et science, philosophie (épistémologie, métaphysique, éthique...),
- Qu'est-ce que cette chose qu'on appelle la Science ?, Alan Chalmers
- Petites leçons de sociologie des sciences, Bruno Latour
- Analyse systémique
- Rationalisme
- Zététique,Pseudo-science
- Pataphysique
- Liste de scientifiques
- Liste des disciplines scientifiques
- recherche fondamentale
- Sciences humaines
- Discipline
Liens externes
- Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques ([http://www-ihpst.univ-paris1.fr IHPST])
- Centre National de Recherche Scientifique ([http://www.cnrs.fr CNRS])
- [http://www.science.gouv.fr/ Science.gouv.fr le portail francophone des sciences]
- [http://www.futura-sciences.com/ Futura-Sciences], au coeur de la science
- AFIS ([http://www.pseudo-sciences.org Association Française d'Information Scientifique])
- [http://dmoz.org/World/Fran%c3%a7ais/Sciences/ Rubrique Sciences] de l'open directory project
- [http://www.wissen-news.de Science news] (ger.)
- [http://atheisme.free.fr/Themes/Science.htm Science et religion]
- (http://scienceworld.wolfram.com/ Eric Weissteint's World of science] et [http://www.treasure-troves.com/ Eric Weisstein's Treasure troves of science] (mathématiques, physique, astronomie, chimie etbiographies de scientifiques, en anglais)
- [http://www.bibliotheque-sonore.org/science/fse/index.html Pour une science citoyenne]
- [http://www.sciences.ch/ La science au cœur des savoirs]
- [http://www.science-advisor.net/ Revue d'articles scientifiques en ligne (en)]
Bibliographie
- Dominique Lecourt (dir.), Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences (1999), 4ème réed. «Quadrige»/PUF, 2006.
Revues de vulgarisation
- La Recherche
- Pour la Science
- Science & vie
- [http://www.cybersciences.com Québec Science]
- Pour la revue Science : Voir Science magazine
- [http://www.olscom.com/inventions/ Les 200 plus grandes inventions]
-
Catégorie:Recherche scientifique
Catégorie:Épistémologie
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Méthode scientifique
On appelle méthode scientifique la démarche utilisée en sciences afin de valider (ou d'invalider) une théorie: il s'agit de confronter la théorie (élaborée à partir d'observations) au travers de mesures et d'expérimentations.
D'une certaine façon, cette dénomination est impropre. En effet, les sciences comportent d'autres activités que la confrontation de la théorie à l'expérience, qui utilisent leurs propres méthodes méritant tout autant le qualificatif de scientifique. D'autre part certaines activités de recherche et d'acquisition systématique de connaissances, comme les mathématiques, la logique ou les sciences humaines en général (dont l'économie) ne font que peu ou pas appel à l'expérimentation et (ou) à la mesure, et n'en sont pas moins scientifiques.
Historique
L'invention de cette méthode revient aux philosophes sceptiques, en particulier, les sceptiques de la médecine empirique. Ainsi, dans l'Antiquité, cette méthode fut formulée le plus rigoureusement par Ménodote de Nicomédie (philosophe et médecin empiriste et un des chefs de l'école sceptique) et influença Galien : l'observation des phénomènes en s'abstenant de se prononcer sur la nature de ce qui échappe à nos sens, la confirmation et l'infirmation par l'expérience, et même la diffusion des résultats, tout cela était déjà bien connu des philosophes sceptiques, et faisait également partie de la philosophie épicurienne. Cette méthode s'est constituée progressivement en partant d'Aristote, en passant par Nausiphane, maître d'Epicure, avant d'être formulée méthodiquement par les sceptiques et les empiristes qui voulaient alors combattre les tendances dogmatiques de la philosophie.
Après une longue éclipse, le franciscain Roger Bacon (1214-1294), en redécouvre les fondements et la décompose en plusieurs étapes :
#observation du phénomène, mesures ;
#formulation d'hypothèses pour l'expliquer, construction d'un modèle explicatif ;
#prévision de nouveaux événements répondant à ces hypothèses, déduction de conséquences expérimentables (test de la valeur prédictive du modèle) ;
#vérification ou réfutation par l'expérience,
#conclusion (évaluation).
On y ajoute aujourd'hui la diffusion des résultats et des protocoles utilisés afin que la communauté scientifique puisse en vérifier le caractère reproductible.
La reproductibilté est le meilleur test de la validité d'une expérimentation scientifique.
Lois de la nature ou lois des hommes ?
On parle souvent de « lois de la nature » ;
de fait, si une même cause entraîne toujours la même conséquence,
la similitude est une grande « loi immuable » que suivraient les choses.
Cela pose tout de même, formulé ainsi, la question du législateur, et peut sembler impliquer un « ordre divin » imposant aux choses un certain comportement. La notion de loi naturelle serait-elle plus religieuse que scientifique? En fait, les mathématiques donnent des exemples qu'une loi « naturelle », peut être la conséquence nécessaire d'axiomes avec lesquelles elle semblait n'avoir pas de rapport a priori : ce qui n'était qu'une conjecture peut, avec souvent de gros et long efforts et un choix judicieux d'axiomes, se transformer en théorème. Il n'y aurait alors pas d'autre ordre divin que celui des mathématiques, qui présente en effet avec l'idée habituelle de Dieu les points communs d'être intemporel, immuable, et hors de toute contingence.
Un autre motif d'interrogation porte moins sur la notion de « loi naturelle » elle-même que sur sa signification.
La science causale n'étudie pas le « pourquoi » en soi (d'éventuelles « raisons pour lesquelles » un événement survient, qui sont du ressort de l'étude des phénomènes démergence étudiées en théorie du chaos), mais le « comment » (la manière dont les événements se déroulent). Dans le cadre causal sont exprimés et résumés différents liens entre des événements sous forme de « loi ». Cette « loi » est néanmoins descriptive, et non prescriptive. Quelques exemples :
- Kepler ne décide pas comment les satellites « doivent » décrire leurs révolution, il constate comment, de fait, ils le font (Voir Lois de Kepler).
- Newton montre alors comment les trois lois descriptives établies par Képler (conjecture mathématique) peuvent se déduire de façon plus économique d'un modèle unique (la loi d'attraction en mm'/r²), qui en plus explique des phénomènes additionnels sans rapport a priori évident, comme les marées.
- Cette loi de Newton suppose néanmoins une action à distance : comment expliquer cette sorte de magie ? La réponse de Newton est ferme : hypotheses non fingo (je n'avance pas d'hypothèses). Ou, comme le dira plus tard Wittgenstein, Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.
Einstein (à la suite de Minkowski, Lorentz et Poincaré) procède à un réajustement : dans la construction galiléenne de la mécanique, il remplace une hypothèse que les faits ont invalidée (l'addition des vitesses) par une autre hypothèse qui, elle, est confirmée par les faits (la constance de la vitesse de la lumière dans tous les repères) et redéfinit toute la mécanique qui en découle.
Simple changement de notation; les événements, eux, se déroulent toujours de la même manière : la réalité n'a pas changé; nous savons seulement mieux la décrire. Bref, nous n'imposons pas de « lois immuables à la nature »; ces lois existent indépendamment de nous, et nous nous contentons d'en donner des descriptions qui à mesure du temps en rendent mieux compte. René Descartes écrivait (mais dans un autre sens) dans Le Discours de la méthode :
:« Le premier [principe] était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle. »
On ne saurait s'autoriser de Descartes et de sa conception du doute pour affirmer qu'aucune réalité objective n'existe. On peut simplement émettre l'hypothèse que jusqu'à nouvel ordre les idées que nous nous faisons sur cette réalité restent susceptibles, à la lumière de faits nouveaux, d'être remaniées.
Principe général de l'élaboration d'un modèle ou d'une théorie
La méthode scientifique consiste à concevoir un modèle et à comparer ses résultats aux observations qui résultent d'expériences.
Le modèle est un objet dépouillé de tout ce qui ne concerne pas les propriétés étudiées. Toute la difficulté est justement de sélectionner les éléments importants, tous et rien qu'eux.
L'expérience (au sens de l'habitude répétée), le raisonnement et l'intuition peuvent guider. Quand on s'intéresse à l'interaction avec la lumière, la couleur est importante et la masse ne l'est pas, alors que c'est l'inverse si on veut examiner la chute du corps. Mais seule l'expérience pourra confirmer ces choix, en montrant que de fait, tout ce passe comme si le modèle était indistinguable de l'objet réel étudié.
Très souvent, on dispose de modèles généraux qu'on peut spécialiser. Malgré les différences flagrantes entre un poumon humain et une feuille de tilleul, on les décrit très bien tous les deux à l'aide d'une même classe de modèle, celui de la cellule. Mais, selon la question, on adaptera ce modèle général à la question, jusqu'à trouver les éléments déterminants.
Division et synthèse
La construction d'un modèle ou d'une théorie passe donc par une phase de simplification. Il s'agit en fait simplement de diviser le problème complexe en sous-problèmes plus simples. Cette notion fut énoncée par René Descartes dans son Discours de la méthode :
:« ...diviser chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre. »
En quelques sortes, il s'agit de « diviser pour régner ».
Ainsi, les facettes du problème que l'on a négligées feront partie d'une autre étape de l'étude, ou bien encore d'un autre modèle ou d'une autre théorie. Mais les sous-problèmes simples sont souvent trop éloignés de la réalité. Les résultats des différents sous-problèmes doivent ensuite être regroupés et synthétisés ; cette synthèse permet de se rapprocher de la réalité.
Abstraction
L'abstraction est la base de la conception d'un modèle : un objet réel, un phénomène, est analysé afin de n'en garder que les caractéristiques essentielles, celles qui ont une influence sur ce que l'on veut étudier.
On peut prendre comme exemple d'abstraction l'invention des nombres entiers naturels.
Dans de nombreux cas, notamment en sciences de la vie et en sciences humaines, l'abstraction consiste à classer les objets étudiés en catégories. Par exemple, en psychologie et en psychiatrie, les désordres mentaux et troubles de la personnalité (névroses, psychoses) sont nommés et classés, par exemple en suivant le document DSM-IV ou toute autre nomenclature : paranoïa, schizophrénie, trouble obsessionnel et compulsif, boulimie... En médecine, les atteinte au bon fonctionnement du corps humain sont nommées et classées selon leur mécanisme (inflammation, infection virale ou bactérienne) et leur effets (étiologie) : fracture, hémorragie, accident vasculaire cérébral, angine...
Grandeurs et mesure
Cette classification ou taxonomie est en fait le premier stade de la mesure: la construction d'une information manipulable de manière abstraite en isolant les grandeurs importantes pour le phénomène étudié. Il est cependant généralement souhaitable de créer des métriques plus fines que le simple critère d'appartenance à une variété.
Ces grandeurs doivent alors être chiffrées, grâce à la métrologie, en général par la définition d'un étalon « universel » (c'est-à-dire reconnu par tous les scientifiques et utilisable partout et en tous temps). L'idée de base est d'avoir un phénomène reproductible servant de référence, et de dire ensuite :
« le phénomène que j'étudie vaut n fois le phénomène de référence ».
Ce phénomène de référence est appelé étalon. Pour distinguer ces différents phénomènes, on associé au chiffre n
un nom appelé « unité ». Ainsi, un objet inaltérable sert de référence pour la quantité de matière
et définit l'unité de masse, que l'on appelle le kilogramme.
La mesure est nécessairement entachée d'erreurs, erreurs que l'on sait maintenant inévitables, car l'incertitude est une des propriétés fondamentales de l'observation, y compris concernant la matière (cf. inégalité de Heisenberg). Une mesure expérimentale n'a de valeur que si on lui associe une erreur ; ainsi, on devrait en principe dire « la poutre mesure 1 m de long à 5 mm près », si l'expérience courante ne rendait pas cette restriction implicite. L'extraction de résultats utilisables malgré ces incertitudes constitue l'objet des méthodes statistiques.
Quelques constantes ont une valeur exacte et définie avec la précision que l'on voudra, comme π ou bien des nombres entiers que l'on voit dans des formules. Il ne s'agit pas là de valeurs mesurées mais de constantes soit physiques, soit mathématiques.
Au bout du compte, on aboutit à une description, souvent mathématique, de l'objet. Le scientifique essaie alors de regarder la manière dont évoluent les grandeurs chiffrées et essaie de représenter cette évolution par des formules mathématiques, ou équations.
Modèle et « réalité »
Tout modèle étant le fruit de l'imagination, il ne peut prétendre à décrire complètement la réalité. Cependant, le but du scientifique est de perfectionner son modèle de manière à tendre vers la description parfaite de la nature. Un modèle n'est cependant pas destiné à représenter toutes les propriétés du réel mais seulement celles qui sont intéressantes dans une certaine perspective, et notamment qui sont corrélées entre elles (sinon elles n'ont pas de raison de figurer dans le même modèle). Il faut également noter que les variables d'un modèle ne correspondent pas toujours à des propriétés observables mais sont parfois de simples « intermédiaires de calcul », c'est par exemple le cas de l'enthalpie en thermodynamique, ou de l'énergie en général.
De plus, un modèle donné pourra décrire suffisamment précisément la réalité pour un but donné (ex : la mécanique classique qui est une approximation de la relativité générale pour des vitesses très inférieures à la vitesse de la lumière c), et ne plus convenir dans d'autres conditions (ex : vitesses proches de c).
Les calculs relativistes de la relativité restreinte illustrent bien la démarche scientifique qui part de principes et obtient des résultats conformes à l'observation par une succession d'équivalences. On dit alors que la théorie est prédictive et que les principes sont consolidés.
Application de la méthode scientifique
La méthode scientifique à base d'expérimentation provoquée n'est pas toujours applicable. Par exemple, dans certaines sciences comme l'astronomie ou la météorologie, il n'est pas possible de mener des expériences : tout se joue sur les observations et les simulations numériques.
Dans les « sciences » humaines (économie, ethnologie, psychologie, etc.), la démarche expérimentale est délicate, l'aspect prédictif de la méthode appliquée aux phénomènes humains étant souvent mis en défaut.
Face à cette difficulté deux attitudes opposées ont vu le jour:
- L'émergence des sciences humaines et sociales à partir de la fin du et au a conduit à remettre en question le modèle vieillot de la méthode scientifique, qui définit de façon réductrice la notion de science.
- Pour d'autres auteurs, comme Michel Foucault dans Les mots et les choses, il faut au contraire se méfier de la tautologie qui consiste à définir une discipline comme scientifique parce que son nom contient le mot science. Il serait donc souhaitable, qu'à l'instar de la philosophie, ces disciplines s'assument en tant que démarche rationnelle d'étude du réel sans expérimentation possible.
Sciences fondamentales et sciences pour l'ingénieur
Les grands modèles
- Modèle standard
- Big bang
- Relativité générale
- Mécanique quantique
Recherche et expérimentation
Le modèle étant une construction de l'esprit, plusieurs personnes peuvent élaborer un modèle différent pour le même phénomène. L'idée de base des sciences est que les faits arbitreront le débat ; un modèle n'est acceptable que s'il n'est pas contredit par l'observation.
Cependant, de tous temps, des hommes se sont trompés ou ont falsifié (voir par exemples rayons N). Il convient donc d'adopter une démarche permettant d'éviter l'erreur comme la tromperie. La production d'un fait appuyant un modèle est régulée par démarche expérimentale. Dans la démarche expérimentale, les paramètres intéressants (ceux constituant le modèle) doivent être évalués (mesurés ou fixés) sans ambiguïté, et les autres paramètres doivent être rigoureusement fixés, à moins qu'on ne fasse dans un premier temps l'hypothèse qu'ils n'ont pas d'influence — d'où la phrase « toutes choses étant égales par ailleurs »... On appelle cela une expérience. Mais le plus important est que la démarche suivie — ou protocole expérimental — doit être publiée, et l'expérience doit être reproduite par d'autres personnes dans un endroit différent, et obtenir les mêmes résultats.
Cette démarche ne garantit pas contre l'erreur ni le mensonge, mais permet plus facilement de les débusquer. Ce qui est intéressant dans cette démarche (comme dans la démocratie), c'est que c'est un système qui se corrige lui-même, qui est donc en amélioration continue. On peut se tromper, on peut être trompé, mais on le sait, et on remet en cause régulièrement les certitudes, il n'y a pas de dogme établi. Voire : l'erreur est inévitable et on sait que l'outil avec lequel on travaille est faux et sera remplacé un jour par un outil meilleur ; la meilleure preuve que la démarche scientifique est efficace est que des théories sont régulièrement invalidées.
Cette définition exclut par définition les mathématiques, puisqu'il leur manque la dimension expérimentale ; elles n'en constituent pas moins, comme l'informatique, un composant utile des modélisations, où l'objet modélisant la nature est dépouillé de son aspect matériel, donc abstrait à partir de l'observé. Elles peuvent être considérées comme des outils de fabrication des sciences. La logique, tant déductive qu'inductive, est à compter au nombre de ces outils.
Cette approche qui s'appuie uniquement sur la méthode scientifique est considérée par certains comme trop restrictive et correspondrait plutôt aux sciences expérimentales. A contrario, certains soutiennent que certains théorèmes empiriques sont difficiles à démontrer et que de ce fait la démarche mathématique est, elle aussi, expérimentale. Au final, savoir si on définit les mathématiques comme une science ou non constitue un problème purement terminologique : les mathématiques se composent d'abstractions créées par l'esprit humain, mais les objets qu'elles définissent (par exemple nombres premiers ont bien une existence intrinsèque qui ne doit plus rien à l'arbitraire du mathématicien une fois leur définition posée. Cette question, initiée par Pythagore et développée par Platon au , a fait l'objet d'un débat intéressant entre le mathématicien Alain Connes et le neurologue Jean-Pierre Changeux : Matière à pensée.
Voir article détaillé Méthodes expérimentales
Sciences de la Terre et de l'Univers
Beaucoup de sciences de la Terre et de l'Univers (notamment : astrophysique, sismologie, météorologie) s'écartent de la méthode expérimentale en ce sens qu'elles ne peuvent pas faire (ni même essayer de faire) varier un seul paramètre en fixant tous les autres. Ces sciences reposent donc quasi-uniquement sur l'élaboration de modèles et leur confrontation avec des observations de phénomènes que l'on ne maîtrise pas. Pour compenser ce manque de souplesse, les scientifiques de ces disciplines ont beaucoup recours à la statistique (pour tenter d'isoler par le calcul les contributions de différentes causes dans une observation) et aux simulations numériques.
Par exemple, en général la Terre est représentée comme une sphère homogène. Or cela n'est pas vrai, mais pour beaucoup de phénomènes, cela suffit. On peut pousser la modélisation plus loin en la considérant comme une succession de couches sphériques concentriques homogènes (comme des peaux d'oignon) : noyau, manteau, croûte terrestre, atmosphère. Cela n'est toujours pas vrai, mais permet de modéliser d'autres phénomènes. Les simulations numériques effectuées sur ces modèles, en comparant les données mesurables (par exemple force d'un séisme en différents points du globe ou déformation due à l'effet de la Lune).
Sciences de la vie
En publiant Introduction à l'étude de la médecine expérimentale en 1866, Claude Bernard tente d'adopter cette méthode dite expérimentale dans le domaine de la médecine.
Le principal problème des sciences de la vie, notamment de la biologie et de la médecine, est la reproductibilité d'un phénomène. En effet, les organismes vivants sont sensibles à une multitude de paramètres qu'il est d'une part difficile d'isoler, et d'autre part, plus on isole les paramètres, plus on s'éloigne de la réalité. Enfin, le domaine d'étude étant la vie, on se heurte à des considérations morales, bioéthiques ; on ne peut raisonnablement pas tout expérimenter aux dépens des êtres vivants. Les médecins prêtent le serment d'Hippocrate, et leur premier principe est : ne pas nuire (primum non nocere). En France, la recherche en biologie est sous le contrôle d'un comité d'éthique.
La notion de mesure fait fréquemment appel aux statistiques, le point le plus extrême étant les expérimentations médicales. En effet, certaines personnes guérissent spontanément, d'autres réagissent plus ou moins bien aux médicaments, et par ailleurs, le fait même de prendre un traitement peut parfois avoir des effets bénéfiques ou négatif même si le traitement lui-même est sans effet (effet placebo). Il faut donc mener des études dites « randomisées en double aveugle ».
En médecine, la notion cartésienne de division s'est traduite en occident par la spécialisation des médecins, soit par organe (l'ORL spécialiste du nez, des oreilles et de la gorge, l'endocrinologue spécialiste des glandes...), soit par type d'affection (cancérologue, allergologue...), soit par type de traitement (chirurgien, anesthésiste-réanimateur...), soit par type de population (gériatre, pédiatre...). Cette division a montré son efficacité, en matière de durée et de qualité de vie, mais a aussi montré ses limites par une déshumanisation du système et une difficulté de prendre en compte des affections complexes ainsi que la dimension psychologique, et qui a amené un certain nombre de patients à se tourner vers des médecines dites « douces », sans aucun fondement scientifique mais prenant en compte l'humain avant l'organe ou la maladie. La médecine procède maintenant à une synthèse, en s'orientant de plus en plus vers un travail d'équipe, souvent animé par un médecin généraliste, et intégrant des métiers non médicaux comme les psychologues, assistantes sociales, esthéticiennes...
Par essence, le fait historique est unique, il n'y qu'une seule Révolution russe, qu'une seule Égypte antique. Il faut donc s'attacher à relier entre eux des phénomènes différents sans possibilité d'expérimentation. C'est ainsi que Karl Marx, dans sa théorie du matérialisme historique, a mis en rapport plusieurs changement sociaux majeurs (passage de l'esclavage au servage, puis du servage au salariat) pour essayer de comprendre les conditions ayant initié ces changements. Cependant, Karl Marx, s'il fait œuvre d'historien dans le sens où il raconte l'Histoire, ne le fait pas avec une méthode qu'on pourrait appeler scientifique : en effet, il ne fait pas une étude systématique, contrôlée, empirique et critique d'hypothèses formulées sur les relations présumées entre différents phénomènes. Il se contente de formuler des hypothèses, et recherche les faits historiques les confirmant. Mais pour valider ses thèses, il faudrait qu'il :
- ait procédé à une critique de ses sources, afin de pondérer les sources partisanes ;
- ait recherché les faits contredisant ses thèses.
Au lieu de cela, il a cherché les arguments validant ses thèses visant à démontrer que l'histoire avait un sens : d'aller vers le communisme.
Les études sur le comportement humain (psychologie, sociologie) permettent des observations et même des expérimentations, mais sont soumises aux même contraintes que les sciences de la vie : la diversité du comportement humain et la préservation de l'intégrité de l'individu (éthique).
Les mêmes limitations s'appliquent à l'économie, où tous les phénomènes observables sont le résultat de jugements et de comportements humains. et plus précisément de l'interaction d'un très grand nombre de telles actions. A la non-reproductibilité des actions individuelles s'ajoute la non-reproductibilité des interactions, ce qui interdit l'expérimentation contrôlée.
La majorité des économistes contemporains admet néanmoins que les méthodes utilisées en économie doivent s'approcher autant que possible des méthodes des sciences physiques. Les économistes de l'Ecole Autrichienne soutiennent au contraire que l'économie doit, comme les mathématiques et la logique, être construite par pure dérivation logique à partir d'axiomes irréfutables.
La notion de mesure est également complexe, car comment résumer une notion aussi complexe que le développement d'un peuple par de simples valeurs numériques ?
Par ailleurs, la mise en équation a-t-elle un sens dans ces domaines ?
On a souvent recours à des indices indiquant l'ampleur du phénomène. Dans certains cas, il s'agit simplement de classer le phénomène dans un groupe, et d'attribuer un nombre entier à ce groupe.
L'« indice de développement humain » adopté par les Nations Unies est un classement des pays prenant en compte certes le critère économique (produit intérieur brut par habitant), mais aussi et surtout l'accès à l'eau, à la nourriture, à la santé et à l'éducation.
Voir aussi
- Organisme public civil de recherche français
- Recherche scientifique
- Classement thématique des neurosciences
- Méthodes expérimentales (physique)
Bibliographie sommaire
- Lecourt (Dominique) (dir.), 1999: Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences, Paris, 4ème réed. «Quadrige»/PUF, 2006.
- Dominique Lecourt (dir.), 2004: Dictionnaire de la pensée médicale, Paris, réed. PUF/Quadrige, 2004.
- [http://wikisource.org/wiki/La_m%C3%A9thode_exp%C3%A9rimentale_chez_les_Anciens La méthode expérimentale chez les Anciens], Victor Brochard
ja:科学的方法 simple:Scientific method
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catégorie:épistémologie
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Catégorie:Rhétorique
-
Religion ko:종교 ms:Agama ja:宗教 simple:Religion th:ศาสนา
Catégorie:ReligionCatégorie:Philosophie de la religion
Catégorie:Philosophie de la religion
Définition
Le dictionnaire en donne les définitions suivantes :
# Ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'humain avec le sacré.
#Ensemble de pratiques et de rites propres à chacune de ses croyances. Pour tenter de définir la religion, on peut déjà établir les différences de sens entre le terme religion et ceux de foi et de superstition. La religion suppose un groupe, contrairement à la foi purement individuelle. La religion se distingue de la superstition, qui se résume à invoquer des causes surnaturelles pour expliquer des phénomènes naturels : si les religions incorporent bien souvent des éléments qui procèdent de la superstition, on ne saurait réduire la religion à cela.
D'autre part, Jonathan Smith (écrivain américain) dit dans Critical terms for religious studies : « Le mot « religion » n'est pas un terme trouvé sur le terrain ; c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin ; en conséquence c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise-en-place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de « langage » et « culture » en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion. »
En Occident, on dit volontiers que le mot religion vient du mot latin re-ligare : pour re-joindre ou re-lier, classiquement compris pour signifier la relation de l'humain au divin, mais aussi les hommes les uns aux autres. Religare est l'étymon proposé par Lactance. Mais cette signification est tardive. Une autre voie, proposée par Augustin d'Hippone, suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, « relire, reprendre », par opposition à negletentia, fait de ne pas se soucier ; et aussi le mot religio, « scrupule » qui est de Cicéron (De natura deorum, II, 10). Cette étymologie évoque l'idée de scrupule dans l'observation des rites et la peur face aux forces surnaturelles.
Ainsi en est-il en Extrême-Orient, où à l'arrivée des missionnaires chrétiens au début du , les Chinois traduisirent le mot religion par les deux sinogrammes Zong et Jiao (宗教) qui associent l'enseignement et les ancêtres, mettant l'accent sur la transmission d'un savoir et surtout de rites, d'une tradition, de légendes, en quelque sorte ou d'un enseignement religieux. De même, les Japonais ont-ils forgé le mot shûkyô, signifiant l'enseignement de l'essentiel, c'est-à-dire d'un catéchisme.
On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.
Transmission
Il faut, toutefois, rester conscient que parler de « puissance divine » (Littré) ou de « divin », c'est répéter le vocabulaire des ventriloques de Dieu , celui de la théologie ; parler de nature supérieure qu'on appelle divine (Cicéron), c'est parler régional ; au contraire, parler de surhumain ou de non humain ne suppose pas d'autre point d'observation que celui où se tient le commun des mortels.
Depuis que l'homme est au monde, il ne cesse de se poser des questions :
- sur la façon dont le monde fonctionne,
- sur la place qu'il occupe dans celui-ci,
- sur les raisons qu'il a d'être au monde,
dans une tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques qui l'effraient, souvent impliquant un ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Il donne un sens au monde où le mot sens doit s'entendre à la fois comme herméneutique et direction.
Au-delà de la distinction (une distinction n'est pas une explication ; ce n'est qu'un procédé typologique), la « religion » tout court pose les questions :
- du rapport à l'autre humain ou non,
- du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toute les forces de la nature sont sacralisées,
- du rapport à Dieu ou aux dieux,
- et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle se réserve le privilège de tracer les contours
- assez nets quand elle les nomme, tour à tour païen, agnostique, incroyant, infidèle, ou athée,
- plus flous quand il s'agit d'hérésie ou d'hétérodoxie. Ces deux derniers concepts suggèrent leur désir de participer à l'organisation de la société sous forme de théocratie ou de théonomie.
On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Ici, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer.
Contenus
Les religions cherchent à répondre à la soif de sens de l'homme, mais aussi à expliquer - du moins à éclaircir - ce que son savoir ne peut expliquer.
Parmi les phénomènes qui effraient l'homme, se dresse en premier lieu la mort. Les différences de perception de la mort constituent le phénomène dirimant. Les chercheurs préhistoriens distinguent pratique l'homme des anthropoïdes.
Les religions (espérance)pour compenser ce qui semble scandaleux dans cet événement, conçue sous la forme de vie éternelle, de réincarnation, de résurrection, d'immortalité, d'éternité.
Elles montrent aussi un intérêt pour les mystères de la vie. En témoignent les images, qu'elles soient idoles, icônes ou symbole.
Méthodes
Les religions, et plus exactement leurs fidèles, relatent et transmettent dans des récits oraux, que ce soit sous forme d'épopées ou de livres saints, de traditions orales ou écrites, les rites adéquats pour le culte. L'ensemble de ses rites constituent une liturgie. Ils transmettent aussi des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste aux fidèles et donc les doter d'une morale, plus ou moins contraignante, mais censée à tout le moins orienter le croyant vers son bonheur.
La religion inspire l'art (peinture, littérature...), qui lui-même exalte la religion et toute une tradition, si bien que ce ne sont plus seulement les livres saints ou les mythes originels qui entretiennent parfois une religion, mais l'ensemble d'une culture.
Il arrive qu'un clergé soit chargé d'interpréter, de diffuser et de maintenir le message d'une religion. En particulier pour l'Eglise catholique, le clergé s'est établi dans la continuité des apôtres du Christ, et s'est hiérarchisé plus tardivement sur le modèle de l'Empire romain, suite à la conversion des empereurs.
On sera donc amené à s'interroger sur le sens de la conversion religieuse, sur le rôle des missionnaires comme à envisager le concept de guerre sainte, qu'elle se nomme croisade ou djihad, de l'inquisition et toute autre forme de coercition à caractère religieux.
Les croyants ou fidèles tendent à se réunir ensemble pour célébrer des jours saints par la prière, mais la pratique isolée est également reconnue juste dans la spiritualité. La plupart des religions ont également un code de lois religieuses.
Souvent, avec l'organisation des sociétés, le pouvoir spirituel se mêle au pouvoir temporel transformant son parti en patrie. La plupart des religions ont cela de commun avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe d'hommes) qu'elles ont souvent besoin d'une ennemi pour se fédérer et se construire. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ».
En outre, on ne peut nier qu'un clergé constitue dans certaine religion à certaines époques une force politique, un État dans l'État, qui peut pratiquer l'obscurantisme.
Depuis le début du , on observe dans le monde occidental un clivage plus ou moins sévère entre ces deux pouvoirs religieux et politiques, avec l'apparition du concept laïcité, en particulier en France. Ce phénomène a pu laisser penser à la disparition progressive des religions, mais la laïcité a plutôt remis à sa place la religion. La diffusion d'une culture religieuse laïque, donc pluraliste, est une base indispensable à la connaissance mutuelle des fidèles des diverses religions. Il ne faut pas plus de religion, mais mieux de religion.
En guise de conclusion provisoire
Sans aucun doute, l'être humain éprouve donc un besoin vital de concrétiser ses craintes, ses angoisses, mais également ses aspirations, sa quête de sens et ses intuitions, bref son sens religieux, dans une discipline, une métaphysique, une croyance, des pratiques, des rites, etc. Aussi l'apparente désaffection des religions dans l'Europe du , et du christianisme en particulier, n'a-t-elle pas tari le profond besoin de religion de l'homme (ce qui se manifeste notamment par l'apparition de nombreuses sectes ou bien l'inclination pour des religions exotiques, mais encore par la survivance, voire le renouveau, du christianisme). Comme l'a dit René Girard, même si le sentiment religieux n'est pas raisonnable, la raison ne peut ni récuser ni supprimer celui-ci. Il fait partie de l'Homme.
L'Homme essaie-t-il, grâce à la religion, de se rassurer devant une nature toute-puissante et pleine de mystères ? Peut-on néanmoins réduire les religions à de simples pis-aller qui permettent d'expliquer grâce à la supersitition et au fantastique les phénomènes que nous ne parvenons pas à nous expliquer ? C'est qu'on ne peut nier en outre l'aspect identitaire d'une religion : professer une religion, c'est affirmer son appartenance à un groupe et adhérer à ses moeurs et valeurs. Le renouveau des courants fondamentalistes, plus ou moins liés aux courants politiques les plus extrémistes, procède de cette idée. Les fondamentalismes s'apparentent aux nationalismes les plus virulents. Certes, la religion fut et demeure le prétexte de massacres et de la mise en place de discriminations constantes, de même que les mouvements nationalistes, de même plus généralement que tout facteur identitaire (cf. La Violence et le Sacré de René Girard). Toutefois, la religion, phénomène social, est aussi l'expression d'un profond besoin individuel.
Grandes familles de religions
À travers l'histoire, les hommes ont élaboré de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont très pratiquées. Divers types de classements des religions sont possibles.
Principales religions
A l'heure actuelle, les religions qui comptent le plus grand nombre de fidèles sont :
- Le christianisme (2,0 milliard)
- l'islam (1,2 milliard)
- l'hindouisme (0,8 milliard)
- le bouddhisme (0,6 milliard)
- le taoïsme (0,4 milliard)
- Le judaïsme (15 millions)
- Le jaïnisme
- Le sikhisme
- Les religions africaines (0,7 milliard)
Autres religions
- Le bahaisme
- Le bön
- Le rastafarisme
- La religion traditionnelle chinoise
- Le shintoisme
- Le zoroastrisme
- Les nouveaux mouvements religieux
- Les sectes
Aires culturelles et géographiques
On peut distinguer quelques grandes familles du point de vue des aires culturelles et géographiques :
- Les religions antiques (généralement éteintes)
- Religions de l'Inde : hindouisme et religions qui en sont issues (bouddhisme et jaïnisme)
Classement idéologique
On entend signaler par idéologie la représentation du divin promue par chacune des religions :
- monothéisme, polythéisme, panthéisme,
- syncrétisme, monooriginisme
ou le projet sur les relations qu'elles entendent entretenir entre elles :
- Dialogue inter-religieux
- Œcuménisme
- Arbre des religions abrahamiques
Annexes
Philosophie
- Les notions de Dieu et dieux
- L'athéisme
Histoire des religions | | |