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Code INSEE
En France, les codes Insee ou codes INSEE sont des codes numériques ou alphanumériques, élaborés par l'Institut national de la statistique et des études économiques, service public chargé de la production et de l'analyse des différentes données statistiques concernant les individus, les collectivités et les entreprises.
Le code officiel géographique est la nomenclature des communes françaises établi par l'Insee.
Identification des individus
En France, chaque personne est identifiée dès sa naissance par un numéro composé de quinze chiffres. Ce numéro, connu sous le nom de numéro de sécurité sociale, vient du numéro d'inscription au répertoire national d'identification des personnes ou NIR.
Signification du NIR
La signification des chiffres est la suivante :
[1] Les codes 'sexe' 7 et 8 peuvent être attribués pour des immatriculations temporaires, par exemple pour une personne qui trouve un emploi salarié sans être immatriculé.
[2] Des codes spécifiques existent pour les personnes inscrites à partir d'un acte d'état civil incomplet (code mois supérieur à 20 si le mois de naissance est inconnu, code commune 990 si la commune de naissance est inconnue). Ces cas sont extrêmement rares avec les formalités de déclaration de naissance actuelles.
[3] Pour les départements d'Outre-Mer, on retient le numéro de département à trois chiffres, et le numéro de commune sur deux chiffres (depuis 1950). Les personnes nées à l'étranger ont un code département égal à 99 et un code commune remplacé par le code du pays de naissance à trois chiffres. Avant 1964, les codes département de 90 à 96 ont été utilisés pour l'Algérie, la Tunisie et le Maroc.
[4] Dans le cas où le nombre de naissance dépasse 999 un mois donné, un code extension commune est créé.
[5] Calcul de la clé de contrôle : diviser par 97 le nombre formé par les 13 premiers chiffres, prendre le reste de cette division, puis le complément à 97. Pour la Corse, les lettres A et B sont remplacées par des zéros, et on soustrait du nombre à 13 chiffres ainsi obtenu 1 000 000 pour A et 2 000 000 pour B.
Conditions d'utilisation du NIR
Histoire du NIR
L'inventeur du NIR est René Carmille qui réalisa entre avril et août 1941, sous le régime de Vichy, le premier répertoire général de tous les Français.
En 1946, la gestion du NIR fut confiée à l'INSEE. Cette institution gère également le répertoire national d'identification des personnes physiques (RNIPP) qui contient pour chaque individu: le NIR, le nom de famille, les prénoms, le sexe, la date et lieu de naissance, la référence d’acte de naissance.
Identification des collectivités locales
Il concerne toutes les collectivités locales, mais est plus particulièrement employé pour répertorier les communes, en raison de leur grand nombre (36 778) et des nombreuses homonymies subsistantes.
Le document de référence est le Code officiel géographique, document révisé périodiquement (en fonction des fusions et associations de communes et des changements de dénomination intervenant avec régularité).
Code communal
Le code communal complet comprend 8 caractères et 3 espaces intermédiaires :
- "département" :
- départements de métropole : 2 caractères (01 à 19, 2A et 2B, 21 à 95)
- départements et territoires d'outre-mer : 3 caractères (97..., 98...)
- un espace
- "arrondissement" : 1 caractère
- un espace
- canton : 2 caractères
- un espace
- commune :
- communes de métropole : 3 caractères
- communes des DOM-TOM : 2 caractères
Dans la pratique, l'INSEE elle-même reconnaît l'existence d'un code communal simplifié à cinq caractères, sans espace intermédiaire, regroupant uniquement les parties « départementale » et « communale » du code complet :
- communes de métropole : 2 caractères + 3 caractères
- communes d'outre-mer : 3 caractères + 2 caractères
Ce code communal simplifié est utilisé par l'INSEE elle-même, par exemple dans la présentation des pages de « Population légale » d'une commune (issus des recensements), mais aussi par de nombreuses administrations françaises pour divers usages. Les Archives départementales utilisent quant à elle une version plus simplifiée encore, limitée aux 2 ou 3 caractères de la partie « communale », pour référencer certains articles dans leurs dépôts (microfilms de l'état civil).
Code cantonal
L'INSEE, pour la présentation des résultats de recensement concernant un canton, utilise une version simplifiée du Code officiel géographique :
- métropole : 2 caractères du département [espace] 2 chiffres du canton
- outre-mer : 3 chiffres du département/territoire/collectivité [espace] 2 chiffres du canton
Code départemental ou régional
- Voir aussi Codes géographiques de la France pour les zones et régions et la correspondance des départements
Identification des entreprises
Le numéro SIREN
Le numéro SIREN est attribué aux entreprises françaises lors de leur immatriculation. Il est national, invariable et dure le temps de la vie de l'entreprise. Il correspond au NIR des personnes physiques.
Il est composé de neuf chiffres, les huit premiers sont attribués séquentiellement, sauf pour les organismes publics commençant par 1 ou 2, le neuvième est une clé de contrôle.
Par exemple : 451 784 746
Le numéro SIRET
Le numéro SIRET correspondant à l'identification d'un établissement d'une entreprise. En effet, une entreprise peut avoir un ou plusieurs établissements (localisations géographiques). Le SIREN associé à un NIC, Numéro Interne de Classement, composé de cinq chiffres (les quatre premiers sont séquentiels, le cinquième est une clé de contrôle), forme le numéro SIRET.
Par exemple : 451 784 746 00054 correspond au cinquième établissement de l'entreprise précédente.
Le numéro de TVA Intracommunautaire
Il a été créé, le 1er janvier 1993, pour garantir les échanges commerciaux intracommunautaires.
Pour la France, il est composé des lettres FR ajoutées d'une clé de deux chiffres attribuée par le centre des impôts du lieu d'exercice de l'entreprise, et du numéro SIREN.
Par exemple : FR74451784745.
La validité de cet identifiant peut être vérifiée sur le site suivant :
http://europa.eu.int/comm/taxation_customs/vies/fr/vieshome.htm
Identification des activités professionnelles
Le code APE
L'Insee attribue à une entreprise et à chacun de ses établissements, lors de leur inscription au répertoire SIRENE, un code qui caractérise son activité principale par référence à la nomenclature d'activités française (NAF).
Plus précisément, on distingue le code APEN pour l'entreprise et le code APET pour les établissements.
Le code NAF
Voir aussi
INSEE
Liens externes
- [http://www.insee.fr/ Site officiel de l'INSEE] - Pas de lien direct vers la page de téléchargement du Code officiel géographique, l'organisation interne des pages étant susceptible de variations.
catégorie:France
catégorie:statistiques
catégorie:code géographique
Institut national de la statistique et des études économiquesCatégorie:Statistiques économiques Catégorie:Indicateur économique Catégorie:Établissement public Catégorie:Institution française
L'Institut national de la statistique et des études économiques
(Insee) est une direction du MINEFI, le Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie français. Il est chargé de la production et de l'analyse des statistiques officielles en France. Son directeur est Jean-Michel Charpin.
Mission
L'INSEE est l'oeil de l'état sur la société française. En sens inverse, et dans le style inimitable des organes officiels :
L'INSEE ne semble pas se considérer véritablement en charge d'un programme d'information statistique destiné à éclairer les acteurs économiques (citoyens, monde professionnel, organismes de recherche) sur le secteur des administrations publiques. [http://www.senat.fr/rap/r00-203/r00-20324.html],[http://www.senat.fr/rap/r00-203/r00-203.html SENAT - RAPPORT D'INFORMATION 203 (2000-2001) - COMMISSION DES FINANCES ]
Parmi les exemples les plus connus
- L'INSEE organise et exploite les recensements de la population et publie les différents chiffres de population en France.
- L'INSEE produit et publit de nombreux indices, dont la qualité est très généralement reconnue. L'indice des prix consitue la mesure officielle de l'augmentation du niveau général des prix. D'autres indices sont des références obligatoires pour la conclusion ou la révision de certains contrats (comme l'indice du coût de la construction, utilisé pour les révisions des loyers).
- Le code Insee sert à identifier les collectivités locales, en particulier les communes (voir liste), mais également les individus avec le numéro dit de sécurité sociale, les entreprises et leurs différents établissements par les codes SIREN et SIRET ainsi que les activités professionnelles avec les codes APE (Activité principale exercée), mises en relation avec les codes NAF (Nomenclature d'activités françaises).
En outre, l'INSEE est le correspondant français d'Eurostat, l'organe européen de statistique (qui ne travaille pas directement dans les pays, mais fait toujours appel aux organes nationnaux), et, plus généralement, représente la France dans les instances internationales où il est question de statistique.
Enseignement et recherche
Le Groupe des Écoles Nationales d'Économie et Statistique rassemble les activité d'enseignement et de recherche de l'Insee. Il comprend notamment :
- Une grande école, l'ENSAE, formant les administrateurs de l'Insee, ainsi que des ingénieurs spécialisés dans le domaine de la statistique, de l'économie et de la finance.
- L'ENSAI, école des attachés, qui est en même temps une école d'ingénieur formant des spécialistes de l'analyse de l'information.
Avec la défaite de 1940, tout l'appareil militaire français est démentelé. L'armée est limitée à 100 000 hommes, la conscrition est supprimée (les français étant rapidement enrôlés dans le STO). René Carmille propose alors de mettre en place un système qui, sous couvert de finalité civil, serait un substitut aux fichiers militaires, permettant de mobiliser rapidement tous les hommes. Il met en place un indentifiant à 12 chiffres. Il y ajoute un 13ième chiffre en première colonne (la première clef de tri dans la technique de l'époque : traitement mécanographique de cartes perforées...) pour le sexe, c'est-à-dire en fait le premier critère de mobilisation. Arguant d'impossibilité pratiques plus ou moins justifiées, il élude la demande d'ajout d'informations raciales dans l'identifiant (mais ces informations seront recueillies par ailleurs ; la rubrique “ Race ” sera annulée sur tous les documents détenus par le Service national des Statistiques en septembre 1944). Par contre, il insiste sur le recueil des données d'importance militaire, notamment la profession.
En mai 1945, la première composante du numéro d’identification est définitivement limitée au sexe : 1. masculin 2. féminin. L’Armée reconstituée continua d’utiliser le numéro Carmille et donna le nom de son créateur à de successifs centres de recrutement, de mécanographie ou de télécommunications.
Selon le souvenir de Pierre Laroque, conseiller d'Etat, créateur de la Sécurité sociale :
« lorsqu’a été entrepris le travail préparatoire du Plan français de Sécurité Sociale, à l’automne 1944, le numéro d’identité de M. Carmille était déjà bien implanté et a été considéré tout naturellement comme devant devenir le numéro de Sécurité Sociale en accord avec l’INSEE (sic). En tout état de cause l’élaboration de la législation sur la Sécurité Sociale a abouti aux Ordonnances de base d’octobre 1945 et à l’entrée en application du régime nouveau le 1er juillet 1946. J’ai toute raison de penser qu’à ces diverses dates le nouveau numéro de Sécurité sociale, substitué au numéro ancien des Assurances sociales, était adopté sans contestation par qui que ce soit. » .
Cette affectation à la Sécurité sociale était providentielle. Au lieu de servir à une contrainte comme le service militaire ou la déclaration de revenus, le numéro Carmille recevait un usage fort apprécié de la population à qui il permettait de faire valoir ses droits à prestations, pensions et remboursements variés.
En avril 1946, le SNS devenait l’INSEE, qui utilise le numéro pour la gestion des listes électorales et se charge, en décembre 1946, de la notification à la Sécurité Sociale du numéro d’identification. Les répertoires d’identification, fondés sur l'état civil et qui ne contiennent donc pas l’adresse, étaient établis de façon décentralisée par la Direction régionale du lieu de naissance sur des registres manuscrits. Progressivement, l’informatique se substitua à la mécanographie, les premiers “ périphériques ” restant les cartes perforées, peu à peu elles-mêmes remplacées par les bandes magnétiques.
En 1971, l’INSEE décida de centraliser les répertoires d’identification à Nantes. Le projet fut malencontreusement baptisé SAFARI (pour Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus). En février 1972, l’administration aggrava son cas en prévoyant de cumuler la centralisation du répertoire de l’Insee à Nantes avec celle du fichier national des assurés (avec l’adresse) de la Caisse nationale d’Assurance vieillesse (CNAV) à Tours. Le 21 mars 1974, Le Monde dénonça l’affaire sous le titre “ Safari ou la chasse aux Français ”. Dans la campagne passionnelle qui s’ensuivit, d’aucuns firent état de prétendues utilisations du numéro Carmille, “ créé par Vichy ”, pour la chasse aux juifs, aux résistants, aux réfractaires STO… Le calme ne revint qu’avec le vote de la loi du 6 janvier 1978, créant la “ Commission nationale Informatique et Libertés ” (CNIL).
Histoire
La statistique publique française avant l'INSEE
L'INSEE a été précédé par plusieurs organismes de production de statistiques publiques. En 1833, le Bureau de la statistique est créé par Adolphe Thiers. Il prend en 1840 le nom de Statistique générale de la France (SGF), jusqu'en 1940. Sous l'impulsion de Lucien March, la SGF diversifie son activité : première enquête de consommation en 1907, début des enquêtes périodiques sur les prix de détail en 1911. Un concours de niveau élevé est instauré pour le recrutement de la SGF.
Mais c'est René Carmille qui construit l'essentiel de l'organistion actuelle. En 1940, il obtient la création d'un service de la démographie, qui, sous couvert d'un rattachement au ministère des finances, avait en fait une vocation militaire. La mise en place du "numéro Carmille" constituait évidemment une l’intrusion sur les plates-bandes de la SGF, et Henri Bunle (son directeur) avait protesté contre cette action de militaires camouflés. Le seul résultat, c'est que le Service de la Démographie absorba la SGF, le 11 octobre 1941 ; l'ensemble prit le nom de Service national des Statistiques (SNS), sous la direction de Carmille. Six nouveaux ateliers furent créés en zone Nord. Les futures Directions régionales de l’INSEE se mettent ainsi en place. René Carmille créa une école d'application du SNS (ancêtre de l'ENSAE actuelle), où sont formés les membres de deux corps nouvellement créés : les attachés et les administrateurs (aujourd'hui encore bien vivants).
Le service national de la statistique est transformé en INSEE en 1946.
La création de l'Insee
C'est la loi de finances du 27 avril 1946 qui crée L'Institut national de la statistique et des études économiques pour la métropole et la France d'outre-mer.
Liste des directeurs de l'INSEE
- Francis-Louis Closon 1946-1961
- Claude Gruson 1961-1967
- Jean Ripert 1967-1974
- Edmond Malinvaud 1974-1987
- Jean-Claude Milleron 1987-1992
- Paul Champsaur 1992-2003
- Jean-Michel Charpin 2003
Liens externes
- [http://www.insee.fr Le site principal] et [http://www.sirene.tm.fr le site SIRENE]
- [http://www.statbel.fgov.be Son homologue belge]
- [http://www.statistik.admin.ch/findex.htm Son homologue suisse]
StatistiquesLa statistique est la science et la pratique de la production d'informations à partir de données empiriques quantitatives. Elle est basée sur la théorie statistique qui est une branche des mathématiques appliquées. On peut la lier à la théorie de la décision.
La démarche statistique
Toute étude statistique se fonde sur une population formée de nombreux individus sur lequels on peut observer des caractères.
Le terme statistique recouvre deux techniques qu'il est essentiel de distinguer, même s'il n'est pas interdit de les utiliser conjointement.
La statistique descriptive pallie simplement une faiblesse de l'esprit humain : l'impossibilité d'apprécier de manière synthétique le contenu d'une population nombreuse. Elle permet de procéder à des réductions statistiques faciles à interpréter : valeurs centrales, valeurs de dispersion, histogrammes, etc.
La statistique mathématique a un objectif plus ambitieux : interpréter une population en utilisant une loi de probabilité. Dans cette démarche, le statisticien se fixe une hypothèse et détermine ensuite si celle-ci s'accorde avec les faits (matérialisés par des chiffres).
En revanche, la fouille de données (en:data mining), a une approche différente des méthodes statistiques classiques, basées sur le test d'une hypothèse fixée a priori. Au contraire, le data mining va tenter de faire émerger des hypothèses à partir des données brutes, hypothèses parfois surprenantes pour l'expérimentateur.
L'acquisition de données
Planification (cf. la planification d'expériences)
Collecte des données
La première étape est de réaliser des mesures. Il se pose alors le problème de l'échantillonnage : choix de la population à sonder (au sens large : cela peut être un sondage d'opinion en interrogeant des humains, ou bien le ramassage de roches pour déterminer la nature d'un sol en géologie), la taille de la population et sa représentativité.
Dans le cas le plus simple, on fait n mesures, et on obtient n valeurs (xi).
Incertitude de mesure
En physique et en chimie, on utilise souvent la loi de Student pour déterminer les incertitudes (intervalle de confiance) ; dans ces domaines, son utilisation se réduit souvent à multiplier l'estimateur de l'écart type par deux ou par trois pour avoir l'erreur acceptable.
Le calcul d'erreur constitue un ensemble de méthodes de calcul permettant d'estimer les erreurs sur des résultats au départ de incertitudes ou erreur sur les mesures.
Traitement des données
Statistique descriptive
Le résumé (cf. le résumé statistique de données).
Les valeurs numériques d'un caractère statistique se répartissent dans , il est nécessaire de définir leurs positions. En statistiques, on est en général en présence d'un grand nombre de valeurs. Or, si l'intégralité de ces valeurs forme l'information, il n'est pas aisé de manipuler plusieurs centaines voire milliers de chiffres, ni d'en tirer des conclusions. Il faut donc calculer quelques valeurs qui vont permettre d'analyser les données : c'est le rôle des réductions statistiques (voir aussi critères de position).
Celles-ci peuvent être extrêmement concises, réduites à un nombre : c'est le cas des valeurs centrales et des valeurs de dispersion. Elles peuvent aussi fournir une présentation plus élaborée : c'est le cas des quantiles et de l'histogramme.
Critères de position
La moyenne
:voir article détaillé : moyenne
- La moyenne arithmétique est la somme des valeurs de la variable divisée par le nombre d'individus :
- La moyenne géométrique est utilisée dans l'étude des rapports, par exemple en matière économique dans la définition de certains nombres-indices. Il s'agit en effet de paramètres de position destinés à mesurer les variations relatives d'un ensemble de variables de même nature ou soumises à des influences communes (indice de prix ou de production). La formule pour la calculer est la suivante :
- La moyenne quadratique est la racine carrée de la moyenne arithmétique des carrés.
- La moyenne harmonique est l'inverse de la moyenne arithmétique des inverses :
La médiane
La médiane est la valeur centrale qui partage l'échantillon en 2 groupes de même effectif : 50% au dessus et 50% en dessous.
La médiane peut avoir une valeur différente de la moyenne. En France, le salaire médian est inférieur au salaire moyen : il y a beaucoup de smicards et peu de très gros salaires. Cependant, les gros salaires tirent la moyenne vers le haut.
Le mode
Le mode est la valeur à laquelle correspond l'effectif le plus élevé.
Mesures de dispersion
- Étendue : c'est l'intervalle entre la plus petite et la plus grande valeur. On dit d'un phénomène qu'il présente une « forte dynamique » lorsque l'étendue (ou la dispersion) est grande.
- Variance : la variance empirique corrigée pour le carré de l'écart type (ou variance) :
- Écart-type : c'est la racine carrée de la variance
- Coefficient de variation :
- Cote Z :
Attention : la variance (notion de statistique descriptive) égale est la simple moyenne arithmétique des carrés des écarts à la moyenne arithmétique observée, mais la variance corrigée (notion de statistique mathématique, utilisée pour les calculs de probabilité en prenant en compte les erreurs de quantification lors de la mesure) est n / (n - 1) fois la variance observée.
La variance corrigée est donc supérieure à la variance observée. Pour améliorer la précision et l'acuité des estimations de probabilités, il faut donc réduire l'erreur de quantification en augmentant la taille de l'échantillon. La variance réelle, si elle était mesurable, serait obtenue en prenant un échantillon de taille égale à la population effective.
La variance corrigée (probabiliste) prend en compte le cas au pire, où l'échantillon est de taille négligeable par rapport à la taille réelle de la population. La variance simple correspond au cas au mieux, où l'échantillon représente la totalité de la population, avec une erreur de mesure ou de quantification nulle (ce qui ne peut être atteint en statistiques, sauf si la population est elle même quantifiée par nature et prise dans sa totalité dans l'échantillon).
Quand la population totale est quantifiée et de taille finie, mais ne peut être mesurée en totalité, la variance effective de la population se situe entre les deux valeurs (variance mesurée et variance corrigée), et pour les calculs de probabilité on doit se contenter borner l'erreur de fiabilité de la probabilité en prenant la variance corrigée. Quand la population n'est pas finie ou n'est pas quantifiée, où quand il existe des erreurs possibles de mesure de la variable quantifiée, la variance corrigée est la seule adéquate pour borner l'erreur de probabilité.
Quantiles
Ceux-ci généralisent la notion de médiane qui coupe la distribution en deux parties égales. On définit notamment les quartiles, déciles et centiles (ou percentiles) sur la population, ordonnée dans l'ordre croissant, que l'on divise en 4, 10 ou 100 parties de même effectif.
On parlera ainsi du « centile 90 » pour indiquer la valeur séparant les premiers 90% de la population des 10% restant. Ainsi, dans une population de jeunes enfants, un enfant dont la taille ou le poids est au-delà du centile 90, ou en deçà du centile 10, doit être l'objet d'un suivi particulier.
Histogramme
right
L'histogramme est une des nombreuses représentations graphiques de données statistiques possibles. Comme les quantiles, l'histogramme découpe la population en classes mais le point de vue est radicalement différent.
Avec les quantiles, le but est de localiser les frontières entre classes de même effectif. Ils sont souvent utilisés, par exemple en matière de revenus, pour comparer les deux classes extrêmes.
L'histogramme implique des classes souvent de même largeur et de hauteur variable pour donner une allure de la distribution qui peut fournir une compréhension intuitive du phénomène. En se dirigeant vers la statistique mathématique il peut aussi être comparé à une loi de probabilité. Une comparaison qualitative sur un graphique peut ensuite être précisée par l'utilisation Test du χ².
Classification des données
- qualitative : exprimée par la une description naturelle du langage (ex: une couleur)
- quantitative : exprimée par des nombres (ex: une taille)
Distributions de fréquences
Représentations graphiques
Corrélation et régression
- corrélation :
tests pour vérifier que la loi choisie est judicieuse :
- Test du χ² ou Khi-deux ou chi-carré (prononcer « ki-deux » ou « ki-carré ») : permet de mesurer l'indépendance des variables
Interprétation
cf. l'interprétation de données statistiques.
Statistiques sur deux variables
Lorsque l'on collecte des mesures de deux grandeurs X et Y, on obtient une série de couples de valeurs (xi,yi). Le modèle mathématique correspondant est celui de deux grandeurs X et Y. Dans cas, les valeurs xi sont des réalisations de la grandeur X, et les valeurs yi des réalisations de Y.
On dit que X et Y sont corrélées s'il existe un lien entre les valeurs prises par X et par Y (et on peut alors espérer, connaissant la valeur de X, prédire la valeur de Y). Concrètement, cela peut vouloir dire que l'une des deux grandeurs X ou Y influence l'autre, ou encore que X et Y sont influencées simultanément par un autre phénomène.
Une mesure de la corrélation des grandeurs X et Y est obtenue par le calcul du coefficient de corrélation linéaire (voir régression linéaire). Ce coefficient, qui est un nombre compris entre -1 et 1, mesure l'existence ou non d'un lien linéaire entre X et Y : plus ce coefficient est proche de 1 ou -1, plus forte est la corrélation linéaire entre les grandeurs. Dans le cas où ce coefficient vaut 0, on parle de variables aléatoires non corrélées (notons que des variables indépendantes sont toujours non corrélées, la réciproque étant fausse).
Souvent, un phénomène physique est régi par une loi simple, qui se traduit par une relation affine entre deux grandeurs (c'est le cas le plus simple de variables corrélées) : Y = a X + b. À partir de mesures de couples de valeurs (xi,yi), on peut obtenir une estimation de a et b dès que X et Y sont corrélées. Cette estimation est d'autant meilleure que le coefficient de corrélation est proche de 1 ou -1. On réalise alors une régression linéaire.
D'autres phénomènes sont corrélés de manière exponentielle, ou sous forme de puissance (voir série statistique à deux variables en mathématiques élémentaires).
L'utilisation de cette notion est souvent abusive, car le fait que deux variables aléatoires soient corrélées entraîne leur non-indépendance - au sens mathématique du terme. Ceci ne signifie généralement pas qu'elles soient dépendantes l'une de l'autre au sens courant (c'est-à-dire que la connaissance de la valeur de l'une permette de connaître exactement la valeur de l'autre).
D'autre part, une corrélation non nulle n'induit pas une relation de cause à effet entre les deux phénomènes mesurés, puisqu'ils peuvent être corrélés à un même phénomène-source : le nombre de coups de soleil observés dans une station balnéaire est ainsi fortement corrélé au nombre de lunettes de soleil vendues ; mais aucun des deux phénomènes n'est bien sûr la cause de l'autre ... Les médias laissent souvent à penser que des phénomènes corrélés (on ne sait d'ailleurs jamais s'il s'agit d'une corrélation forte ou pas) sont liés par une relation de cause à effet ; il s'agit là d'un détournement dangereux du concept mathématique.
Statistiques et probabilités
Généralités
La statistique constitue une méthode d'analyse d'événements réels (donc passés). Au contraire, les probabilités ont pour objet d'anticiper le futur. Exemple : pendant une campagne électorale, un sondage est une statistique, qui permet d'établir une probabilité sur le résultat des prochaines élections.
Les deux notions sont liées :
- sur le plan sémantique : les termes de moyenne ou d'écart-type sont utilisés dans les deux domaines, pour désigner des notions similaires.
- sur le plan logique : la loi des grands nombres indique que la moyenne mesurée par l'expérience est d'autant plus proche de l'espérance mathématique que le nombre d'expériences est grand.
Liens dans Wikipedia
- Analyse de la variance
- Théorie des valeurs extrêmes
- Régression linéaire
- Liste d'associations statistiques académiques
- Liste des services nationaux et internationaux de statistiques
- Liste de sujets en statistiques
- Liste de statisticiens
- Loi de Gauss ou loi de Laplace-Gauss appelée aussi loi normale
- L'apprentissage des machines
- L'analyse des données ou statistique multidimensionnelle
- Les phénomèmes statistiques
- Georges Hostelet, Le concours de l’analyse mathématique à l’analyse expérimentale des faits statistiques, 1938
- Métrologie
- Processus stochastiques
- Statistique (mathématiques élémentaires)
- Les sources d'erreurs
- Probabilité
- Théorie des probabilités
Voir aussi
- Statistique
- Théorie des statistiques
- Statistique (mathématiques élémentaires)
- Statistique descriptive
Liens externes
- [http://textalyser.net/ Statistiques de textes]
- [http://www.r-project.org/ R, logiciel de statistiques]
- [http://scilabsoft.inria.fr/ Scilab, possède une boîte à outils statistique]
- [http://www.populationdata.net/ Informations et statistiques sur les populations du monde]
- [http://www.agro-montpellier.fr/cnam-lr/statnet/ Statnet Cours sur les Techniques de la statistique]
- [http://www.insee.fr Institut National de la Statistique et des Études Économiques France]
- [http://www.statcan.ca/start_f.html Statistique Canada]
- [http://www.stat.gouv.qc.ca Institut de la Statistique du Québec]
- [http://www.cavi.univ-paris3.fr/lexicometrica/ Revue Lexicometrica de lexicométrie / statistique textuelle]
- [http://www.inrialpes.fr/planete/people/roca/descr_stats/descr_stats.html descr_stats: un petit outil simple et libre de statistique descriptive]
Catégorie:Statistiques
ms:Statistik ja:統計学 simple:Statistics th:สถิติศาสตร์
France
La France est un pays dont le territoire métropolitain est situé en Europe occidentale. Elle est membre de l'Union européenne, ainsi que de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
Historiquement et constitutionnellement, les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur les Droits de l'Homme.
Militairement, elle est membre de l'OTAN (elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002) et dispose de la dissuasion nucléaire.
Géographie
Articles détaillés : Géographie de la France ~ Environnement en France
Environnement en FranceSi la France métropolitaine est localisée en Europe occidentale, la France possède aussi des territoires en Amérique du Nord, dans les Antilles, en Amérique du Sud, dans l'Océan Indien, dans le nord et le sud de l'Océan Pacifique, et en Antartique.
Histoire
Article détaillé : Histoire de France
La France actuelle occupe la majeure partie des anciennes Gaules celtiques, puis romaines, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui se forma tardivement et s'installa sur les terres de l'Empire romain.
La majeure partie des régions constituant la France actuelle fut unifiée sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs » que l'on appelait encore la Gaule garda conscience de son unité et de sa romanité culturelle. Mais il fut partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages de la dynastie des Mérovingiens. Les parties de ce royaume s'appelaient Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Toulouse).
Une deuxième dynastie franque, celle des Carolingiens, supplanta la précédente au milieu du et étendit considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire. Après la mort de Charlemagne, l'empire des Francs fut partagé en trois : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie. La partie orientale correspondait à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne).
Les descendants de Charlemagne — les Carolingiens — régnèrent sur les territoires correspondant à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet fut couronné roi de France et fonda une nouvelle dynastie. Les descendants de ce dernier, les Capétiens, étendirent progressivement le domaine royal, consolidèrent l'État français à partir de la fin du et régnèrent sur la France jusqu'en 1792, lorsque Louis XVI fut déposé lors de la Révolution française, et durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848.
À la suite de la Révolution de 1789, la monarchie absolue fut renversée et la monarchie parlementaire fut mise en place les 3 et 14 septembre 1791 mais le 10 août 1792, celle-ci fut renversée.
La première République fut proclamée le 24 juin 1793 par la Constitution de l'an I mais celle-ci ne fut jamais mise en pratique. Le pouvoir était en réalité détenu par un gouvernement révolutionnaire. Le 22 août 1795 la Constitution de l'an III est promulguée, c'est le Directoire. Puis, le 13 décembre 1799, la Constitution de l'an VIII est promulguée instaurant le Consulat et une confusion des pouvoirs. Elle est suivi le 18 mai 1804 de celle de l'an XII, mettant en place le premier Empire. Sous le Premier Empire, la France contrôla brièvement la majeure partie de l'Europe mais s'épuisa dans sa lutte contre le Royaume-Uni, la Prusse, l'Autriche et la Russie.
À la fin du premier Empire, en 1814, la monarchie est rétablie avec la Charte du 4 juin 1814. Napoléon I revient au pouvoir d'avril à juin 1815 mais après cette période de Cent-Jours le roi, Louis XVIII, est réinstallé définitivement sur son trône. Le 14 août 1830, à la suite de la révolution des Trois Glorieuses, qui eut lieu les 27, 28 et 29 juillet 1830, une nouvelle Charte est promulguée.
En 1848, la monarchie est une nouvelle fois renversée et la deuxième République est promulguée le 4 novembre. C'est un régime présidentiel qui est instauré.
Le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, commet un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il se fait nommer empereur sous le nom de Napoléon III. Sous le Second Empire, le pays connut les débuts de la deuxième industrialisation. Le Second Empire se termine en 1870 après la défaite, à Sedan, de la France contre la Prusse.
De mai à septembre 1870 c'est un retour au régime parlementaire.
En février 1871 est promulguée la troisième République. Celle-ci est un régime d'assemblée jusqu'aux lois constitutionnelles des 24-25 février et 16 juillet 1875. À la suite de ces trois lois constitutionnelles est mis en place un régime parlementaire orléaniste. Sous la Troisième République, la France possédait un vaste empire colonial (ouest de l'Afrique-Indochine). La III République prend fin le 10 juillet 1940 après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci met en place les actes constitutionnels jusqu'en 1944.
Sortie victorieuse mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première, puis de la Seconde Guerre mondiale, la France a ensuite la chance de se trouver du côté ouest du rideau de fer pour bénéficier de l'expansion des Trente glorieuses.
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946 mais celle-ci n'arrive pas à faire face à la décolonisation de l'Indochine et de l'Algérie principalement.
La constitution de la V République, rédigée sous l'influence de Charles de Gaulle et de Michel Debré, est adoptée 4 octobre 1958. Elle met en place une république semi-parlementaire qui s'avère mieux résister aux instabilités que les républiques parlementaires précédentes.
Depuis les années 1960, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Aujourd'hui, elle est l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisane d'une Europe politique forte.
Politique
Article détaillé : Politique de la France
La France est une République démocratique à régime semi-présidentiel.
Avant 1962, le Président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous IV République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrés. Ce choix a entrainé le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la V République à avoir réussi.
Dans la Constitution de la V République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif.
Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution).
En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée Nationale.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2002, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il nomme le Premier ministre.
Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêt défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger.
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Voir aussi : Liste des présidents de la République française
Économie
Article détaillé : Économie de la France
La France est la 4 puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne avec un PIB de 2450 milliards de dollars (valeur 2004 au prix et taux de change courants). Ce montant est très proche de celui de la Grande-Bretagne (2124,5 milliards de dollars) qui est juste derrière en 5 ème place, le classement variant selon les taux de change entre le dollar, l'euro et la livre sterling. Toutefois, son rang européen pour le PIB par habitant n'est que 9 sur 15 d'après Eurostat, l'organe officiel des statistiques européennes.
Elle est le quatrième exportateur mondial, le premier pour les services, le second pour les produits agricoles et agro-alimentaires, derrière les Etats-Unis. Elle est la première destination touristique mondiale avec plus de 80 millions de visiteurs par an.
L'économie française est principalement une économie de services, que certains estiment en voie de désindustrialisation. Le secteur tertiaire occupe 72 % de la population active, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche) n'en représente plus que 4 % et le secteur secondaire (industrie) 24 %.
Le taux de chômage a progressé de 0,9 % en janvier 2005 pour s'établir à 2,716 millions de demandeurs d'emploi (10 % de la population active). Ce chômage structurel est l'un des plus élevés d'Europe, alors que depuis 30 ans ce problème est officiellement la priorité gouvernementale quel que soit le parti au pouvoir. Le chômage touche particulièrement les Français d'origine étrangère.
Le déficit commercial pour avril 2005 est de 3,2 milliards d'euros. Entre avril 2004 et avril 2005, il représente 17,4 milliards d'euros (source : Le Monde, 10 juin 2005).
La dette publique selon les critères de Maastrichts se monte à 1066 milliards d'euros pour 2004 soit 67 % du PIB et le déficit annuel à 3,0 % du PIB. Selon les nouvelles normes comptables internationales qui imposent de retraiter tous les engagements hors bilan comme de la dette présente, elle serait de 2 000 milliards d'euros.
Le déficit budgétaire français se creuse en avril 2005 : les dépenses ont augmenté et s'établissent à 108,08 milliards d'euros ; les recettes ont diminué à 77,520 milliards d'euros. D'après le ministère des finances, le déficit s'établit à 42,250 milliards d'euros en avril 2005.
Voir aussi : Liste des grandes entreprises françaises
Démographie
Article détaillé : Démographie de la France
Démographie de la France (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.]]
Religion
Voir aussi : :Catégorie:Religion et mouvement religieux en France
- Par principe, l'État s'interdit en France les recensements à caractère religieux. L'une des études faisant foi dans ce domaine est celle menée tous les trois ans par l'institut CSA. En 2004, l'enquête sur un échantillon de 18 068 personnes, indique que 27 % des Français se déclarent athées et 64,3 % catholiques (69 % en 2001), soit environ 30 millions d'adultes contre seulement 4 millions d'adultes pour toutes les autres religions. La majorité de ceux qui se déclarent catholiques ne sont pas pratiquants.
- Un sondage IFOP d'avril 2004 indique que 44 % des Français déclarent ne pas croire en Dieu. Il n'étaient que 20 % en 1947.
Culture
Articles détaillés : Culture de la France ~ Langues régionales
|+ Fêtes et jours fériés
! Date !! Nom !! Remarques
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| Jour de l'an
| Sainte Marie, mère de Dieu et reine du monde (Circoncision de Jésus-Christ, avant le Concile Vatican II)
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| Lundi suivant le dimanche de Pâques.
| Lundi de Pâques
| Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.
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| || Fête du Travail
| Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France
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| 8 mai
| Commémoration de la capitulation allemande en 1945
| Commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
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| Jeudi 40 jours après Pâques || Ascension
| Jésus ayant rassemblé ses fidèles rejoint son père aux cieux
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| Septième dimanche après Pâques et le lundi suivant.
| Pentecôte (et Lundi de Pentecôte)
| Descente du Saint-Esprit parmi les apôtres.
Même si cette journée est encore reconnue comme fériée, le Lundi de Pentecôte a été choisi (sauf arrêté ou arrangement salarial) comme journée de solidarité et est donc depuis 2005 considéré comme travaillé (sans rémunération)
|-----
| 14 juillet || Fête nationale
| Commémoration de la prise de la Bastille en 1789 et de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790.
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| 15 août || Assomption
| Transport au ciel de la très sainte Vierge Marie
|-----
|
| Toussaint || Fête de tous les saints
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| 11 novembre
| Commémoration de l'armistice de 1918
| Commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale
|-----
| 25 décembre || Noël || Naissance de Jésus-Christ
|-----
| 26 décembre || Saint Étienne|| Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
|-
| Avant-veille de Pâques || Vendredi saint
| rowspan="2" | Jours fériés supplémentaires spécifiques aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin
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1941
Cette page concerne l'année 1941 du calendrier grégorien.
- Pour le film de Steven Spielberg 1941, voir 1941.
Événements
- Janvier 1941 - 12 : Prise de Tobrouk par les troupes britannique et australienne
- Février 1941 - 25 : Mogadiscio, en Somalie italienne est pris par des forces britanniques
- Mars 1941 - 30 : Adolf Hitler déclare à ses généraux que la guerre à l'Est sera une guerre d'extermination
- avril 1941 - 1 : Coup d'état panarabique en Irak. Rachid Ali prend le pouvoir avec le soutien des forces de l'Axe.
- avril 1941 - 11 : Début du siège de Tobrouk par l'Afrika Korps
- Avril 1941 - 27 : Athènes est occupée par des troupes allemandes. Le drapeau allemand flotte sur l'Acropole
- Mai 1941 : En Irak, les forces britanniques renversent Rachid Ali et occupent Bagdad
- Mai 1941 - 10 : Rudolf Hess est capturé en Écosse après avoir sauté hors de son avion
- Juin 1941 - 8 : La Syrie est libérée par les Forces françaises libres, le gouvernement soutenu par Vichy est renversé
- Juin 1941 - 22 : Opération Barbarossa : occupation de l'URSS par l'Allemagne
- Juillet 1941 - 8 : La Yougoslavie s'est dissoute par l'Axe
- Août 1941 - 14 : Signature de la Charte de l'Atlantique.
- Août 1941 - 15 : Les Allemands font main basse sur l'Ukraine.
- Septembre 1941 - 15 : Le siège de Léningrad commence
- Octobre 1941 - 27 : L'armée roumaine massacre les Juifs d'Odessa
- Novembre 1941 - 23 : À Auschwitz, première utilisation des chambres à gaz pour tuer des Juifs
- Novembre 1941 - 26 : Fin du siège de Tobrouk par l'Afrika Korps
- Décembre 1941 - 7 : Attaques aériennes japonaises sur Pearl Harbor
Autres évènements
Premier trimestre
- Détails : Janvier 1941 - Février 1941 - Mars 1941
- 29 janvier : Inauguration de l'usine « Bombardier » à Valcourt au Canada.
Deuxième trimestre
- Détails : Avril 1941 - Mai 1941 - Juin 1941
- 1 mai : Première du film Citizen Kane d'Orson Welles à New York.
Troisième trimestre
- Détails : Juillet 1941 - Août 1941 - Septembre 1941
- 1 juillet : Entrée en vigueur de la loi canadienne de l'Assurance-chômage.
- 17 juillet : Recensement des activités professionnelles en "zone libre" de la France.
Quatrième trimestre
- Détails : Octobre 1941 - Novembre 1941 - Décembre 1941
- Conflit armé entre l'Équateur et le Pérou jusqu'en 1942.
Chronologies thématiques
- Aéronautique : 1941 en aéronautique
- Chemins de fer : 1941 dans les chemins de fer
- Cinéma : 1941 au cinéma
- Sport : 1941 en sport
- Musique
- Chostakovich compose sa Symphonie de Léningrad.
- Hindemith compose sa Symphonie en mi majeur.
- Littérature
- Edition des œuvres complètes de l'auteur suisse Charles Ferdinand Ramuz.
- L'écrivain Louis Aragon publie Le Crève-cœur.
- L'écrivain Maurice Blanchot publie Thomas l'obscur, ainsi que Les Milliards d'Arsène Lupin (posthume et inachevé).
- L'écrivain Pierre Emmanuel publie le Tombeau d'Orphée.
- L'écrivain Léon-Paul Fargue publie Hautes solitudes.
- Le dessinateur belge Hergé publie l'album Le Crabe aux pinces d'or dans la série des aventures de Tintin.
- L'écrivain Jean Paulhan publie dans la NRF Les Fleurs de Tarbes ou La Terreur dans les Lettres.
- L'écrivain Henri Pourrat publie Gaspard des montagnes et Vent de Mars.
- L'écrivain et poète Paul Valéry publie dans la NRF Tel quel.
- Sciences & techniques
- La cortisone est employée pour la première fois.
- Traitement pour la première fois d'un homme par la pénicilline.
- 30 septembre : Invention de la brocheuse.
- Au Canada, mise au point de groupes frigorifiques portatifs destinés aux navires ravitailleurs apportant de la viande fraîche et des denrées périssables aux Britanniques, isolés par le blocus maritime de l'Allemagne.
- Élaboration d'un procédé pour produire des œufs en poudre et des flocons de pommes de terre.
- Wilbur Franks de l'Université de Toronto invente la première combinaison anti-G au monde, à base de coussinets de caoutchouc remplis d'eau et lacés très serré sur les jambes, protègeant les pilotes du voile noir causé par les forces d'accélération qui chassent le sang du cerveau et du cœur au cours de virages serrés.
- Mise au point à de la première centrifugeuse pour humains, permettant aux chercheurs d'élaborer des systèmes anti-G de pointe et d'enseigner aux pilotes les techniques permettant de résister à l'immense force G qu'ils subissent en vol.
Janvier
- 3 janvier - Van Dyke Parks, musicien
- 5 janvier : Hayao Miyazaki, réalisateur japonais de dessins animés
- 7 janvier - John E. Walker, chimiste angl;ais, Prix Nobel
- 9 janvier : Joan Baez, chanteuse américaine
- 14 janvier : Faye Dunaway, actrice américaine
- 15 janvier : Captain Beefheart, musicien américain
- 18 janvier - David Ruffin, chanteur (décès 1991)
- 21 janvier - Placido Domingo, ténor espagnol
- 30 janvier : Dick Cheney, homme d'affaires et homme politique états-unien
- 31 janvier - Dick Gephardt, politicien états-unien
Février-mars
- 8 février - Nick Nolte, acteur
- 13 février - Sigmar Polke, peintre
- 17 février - Julia McKenzie, actrice
- 20 février - Buffy Sainte-Marie
- 26 février - Tony Ray-Jones, photographe anglais (décès 1972)
- 14 mars - Wolfgang Petersen, cinéaste
- 15 mars - Mike Love, musicien des (Beach Boys)
- 16 mars - Bernardo Bertolucci, cinéaste
- 18 mars - Wilson Pickett, chanteur américain
- 28 mars : Bernadette Després, dessinatrice de bande dessinée française
- 30 mars - Wasim Sajjad, Président du Pakistan
Avril-mai-juin
- 10 avril : Gilles de Robien, homme politique français
- 13 avril : Reiser, dessinateur français
- 17 avril : Billy Fury, chanteur anglais
- 24 avril - John Williams, guitariste australien
- 5 mai : Aleksandr Ragulin, hockeyeur russe, triple champion olympique (1964, 1968, 1972)
- 13 mai - Senta Berger, actrice suédoise
- 13 mai - Ritchie Valens, chanteur américain (d. 1959)
- 24 mai : Bob Dylan, chanteur américain
- 5 juin : Martha Argerich, pianiste argentine
- 25 juin : Denys Arcand, scénariste et réalisateur canadien
- 27 juin : Krzysztof Kieślowski, cinéaste polonais
Juillet-aout-septembre
- 28 juillet - Riccardo Muti, chef d'orchestre italien
- 30 juillet : Paul Anka, chanteur canadien
- 3 août : Grzegorz Rosinski, dessinateur de bande dessinée polonais
- 12 août : Jean Drucker, français, futur patron de M6
- 9 septembre : Otis Redding, chanteur américain
- 10 septembre : Stephen Jay Gould paléontologue américain
- 13 septembre : Pierre Barthes, joueur de tennis français
- 14 septembre - Alberto Naranjo, musicien vénézuélien
- 15 septembre : Youri Norstein, cinéaste d'animation russe
Octobre-novembre-décembre
- 4 octobre - Anne Rice, écrivain
- 5 octobre - Eduardo Duhalde, Président d'Argentine
- 25 novembre - Jean-Michel di Falco, évêque
- 9 décembre - Beau Bridges, acteur
- 23 décembre - Tim Hardin, musicien
- 4 janvier : Henri Bergson, philosophe français
- 5 janvier : Amy Johnson, aviatrice anglaise
- 8 janvier : Lord Baden-Powell (83 ans), fondateur du scoutisme
- 13 janvier : James Joyce, écrivain irlandais
- 20 février : La Bolduc, auteur-compositrice-interprète, harmoniciste, violoneuse québécoise (° 1894)
- 28 février : l'ex-roi Alphonse XIII (54 ans) d'Espagne, duc de Tolède, aîné des Capétiens et chef de la maison de France
- 28 mars : Virginia Woolf, écrivain anglais
- 13 avril : Annie Jump Cannon, astronome américaine
- 15 mai : Frank Bridge, compositeur anglais
- 5 juin : Guillaume II d'Allemagne, dernier empereur Allemand et dernier roi de Prusse de 1888 à 1918 (° 1859)
- 6 juin : Louis Chevrolet, coureur/constructeur automobile américain d'origine suisse
- 11 juillet : Sir Arthur John Evans, archéologue anglais
- 26 juillet : Marx Dormoy, homme politique français (assassiné)
- 7 août : Rabindranath Tagore, poète, écrivain indien
- 25 octobre : Robert Delaunay, peintre français
- 6 novembre : Maurice Leblanc, écrivain français
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Régime de Vichy
ja:ヴィシー政権
Catégorie: Gouvernement de la France
Catégorie:Régime de Vichy
Ce fut le régime politique de la partie sud de la France et des colonies françaises (avant leur libération) entre juin 1940 et août 1944.
L'expression Régime de Vichy est un terme en toute rigueur impropre car son extension n'était pas limitée à cette ville, qui n'était même pas sa capitale (seulement le siège du gouvernement), et dont ses protagonistes n'étaient pas originaires. Mais l'usage populaire a prévalu, malgré la désignation qui était officiellement la sienne : l'État français.
Les circonstances
Prologue : la défaite de 1940 et l'invasion allemande
En réponse à l'invasion de la Pologne par les troupes d'Adolf Hitler, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au III Reich. Adoptant alors une stratégie défensive, les deux alliés, au lieu d'envahir l'Allemagne dont l'armée est occupée en Pologne, laissent celles-ci régler tranquillement leur compte aux troupes polonaises. La vitesse à laquelle l'armée polonaise, pourtant organisée avec les conseils français, s'effondre (à peine plus d'une semaine !) renforce le mythe d'une armée allemande invincible. Les français restent donc derrière la ligne Maginot et "jouent la montre" : le blocus maritime qui provoquera l'effondrement allemand comme en 14-18. C'est la drôle de guerre. Mais le 10 mai 1940, Hitler attaque en envahissant les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Le commandement français s'y attendait et lance ses troupes à la défense de la Belgique, comme prévu. Utilisant à plein les concepts des novateurs français de 1918, ignorés par leur propre commandement (choc et rapidité, couple char-avion, concentration), le fer de lance de l'armée allemande (une dizaine de divisions blindées) traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux français (et donc mal défendu, et mal soutenu lorsque l'attaque apparu évidente) et encercle du sud vers le nord l'armée franco-britannique engagée en Belgique.
Début juin la messe est dite. Le gouvernement quitte Paris. Les consignes du gouvernement (qui gardait un mauvais souvenir des millions de contribuables et travailleurs en zone envahie, et donc perdus), la haine du "boche" et la terreur savamment entretenue par les allemands eux-mêmes (attaques de la Luftwaffe sur les routes) provoquent et amplifie l'exode de centaines de milliers de civils sur les routes du pays, ruinant la logistique militaire française. La bataille de France était perdue, en dépit de la résistance farouche et héroïque de nombreuses unités. La campagne militaire cause près de 100 000 morts français et 40 000 allemands, et les Allemands capturent plus de deux millions de prisonniers.
Le 10 juin 1940, Mussolini, allié de Hitler, déclare la guerre à la France, mais ne parvient pas à faire avancer ses troupes à travers les Alpes bien défendues. Franco, sollicité, refuse d'entrer en guerre contre la France, même lorsque l'effondrement français est patent.
La demande d'armistice
Fin mai et début juin, c'est la panique aussi dans le monde politique et militaire. Les uns se résignent à la défaite et réclament l'armistice, les autres veulent poursuivre la lutte comme promis aux Anglais, en s'appuyant sur les colonies et notamment l'Algérie.
C'est le premier camp, soutenu par le général Maxime Weygand le maréchal Pétain, Pierre Laval et Darlan, qui l'emporte. Le général de Gaulle se réfugie à Londres, où il prononce son appel devenu célèbre mais passé relativement inaperçu dans le chaos ambiant. Le noyau de la France Libre se constitue alors, avec d'autre réfugiés français. D'autres se réfugient en Amérique.
Le président du Conseil Paul Reynaud, qui lui voulait continuer la lutte, préfère démissionner le 16 juin 1940 sous la pression.
Le président de la République nomme alors Philippe Pétain à sa place. Le lendemain, ce dernier annonce à la radio que la France doit cesser le combat et demander l'armistice. Le gouvernement Pétain, constitué à Bordeaux le 17 juin, et le parlement s'installèrent en juillet à Vichy, ville calme, en zone non occupée, et disposant de grandes capacités hôtelières.
La délégation française doit aller signer l'armistice le 22 juin 1940, dans le wagon même qui avait servi de cadre à l'armistice de la Première guerre mondiale et devant le monument de l'armistice qui parlait de l'orgueil criminel de l'Empire Allemand vaincu par les peuples qu'il voulait faire esclaves et que Hitler a fait ensuite exploser sous les caméras (quant au wagon il a été emporté à une musée berlinois où il fut détruit par un bombardement allié en 1943). L'Allemagne entendait ainsi effacer la défaite de la première guerre mondiale et humilier la France.
Les conditions de l'armistice sont draconiennes : la moitié nord, ainsi que la côte atlantique, passent sous occupation allemande.
La France doit pourvoir à l'entretien de l'armée d'occupation et payer une indemnité de guerre qui s'élevait à 400 millions de francs par jour.
En outre, la convention d'armistice, à l'article 8, alinéa 2, prévoit que les vaisseaux de guerre rejoignent leurs ports d'attache du temps de paix, dont certains, comme Brest, se trouvaient en zone occupée ("La désignation de ces ports sera faite d'après les ports d'attache des navires en temps de paix").
Face à ce risque insupportable (car, la marine française était une force significative) le Premier ministre britannique Winston Churchill envoya le 3 juillet 1940, une flotte britannique sommer la flotte française de Mers el-Kébir, de se joindre à elle, ou de rejoindre les Antilles françaises. L'amiral français rejeta l'ultimatum, sans informer Vichy de toutes les possibilités ouvertes par celui-ci, dont celle de rejoindre les Antilles françaises pour se mettre à l'abri des allemands. Il s'ensuivit un combat naval, au cours duquel les principales unités françaises sont détruites.
En outre, l'Italie revendique l'ancien comté de Nice et la Savoie qui sont, malgré l'insuccès des opérations militaires, occupés par des troupes italiennes.
L'instauration du pouvoir personnel
- Le parlement fut réuni en Assemblée Nationale (Sénat + Chambre des Députés) le 10 juillet 1940, et attribua les « pleins pouvoirs » au maréchal Pétain, sous la pression conjuguée des circonstances et des extrêmes pour une fois réunis, pacifistes dreyfusards et anti-sémites pro-allemands, en confiant à ce haut personnage la mission d'élaborer une nouvelle constitution. Seuls 80 parlementaires votèrent contre.
- a posteriori (et comme quelques rares voix ont pu le dire à l'époque), cette réforme peut nous apparaître comme grossièrement inconstitutionnelle, car la compétence de révision confiée par la constitution de 1875 à l'Assemblée Nationale n'était pas la propriété particulière de cette dernière, mais sa FONCTION exclusive. Selon nos conceptions juridiques modernes, certains trouvent donc évident que l'Assemblée ne pouvait ni déléguer ni transférer cette fonction à quiconque. Néanmoins, la troisième République avait une conception pratiquement illimitée de la compétence de l'Assemblée Nationale, qui pouvait par exemple autoriser le gouvernement à promulguer des lois par décret. Cependant, il demeure que la confusion de tous les pouvoirs (constituant, législatif, exécutif et judiciaire) entre les mains d'un seul homme était totalement contraire aux fondements mêmes de la constitution de 1875 : compréhensible pour gagner la guerre, lorsque les circonstances semblent l'exiger (comme il en existe de multiples exemples historiques), cette concentration était injustifiable pour demander la paix.
- C'est ainsi que les actes adoptés le 10 juillet 1940 par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale à Vichy, instaurèrent un « État français » à la place de la République. Bientôt, la devise républicaine allait être remplacée par la devise « Travail, Famille, Patrie » tandis que la chanson « Maréchal, nous voilà ! » allait concurrencer la Marseillaise (officiellement conservée).
- Le gouvernement de Vichy eut pour chef Pierre Laval 1940, puis l'amiral François Darlan en 1941 et 1942, et à nouveau Pierre Laval, jusqu'à la chute du Régime de Vichy en 1944.
- Pour la majorité des Français, complètement désemparés par l'exode massif et la défaite militaire, puis soulagés par l'armistice, les circonstances de l'instauration du nouveau régime étaient sans importance, et le remplacement d'une république vaincue par un régime adapté à la période de guerre et d'occupation, une évidence.
- De plus, le vieux Maréchal, dont le patriotisme paraissait au-dessus de tout soupçon et l'honnêteté incontestable, leur inspirait confiance. Le prestige qu'il avait gagné pendant la Première guerre mondiale (bataille de Verdun) renforçait son image de sauveur de la patrie. D'autant que la radio et les journaux ne cessaient de vanter ses mérites. Certains allaient même jusqu'à s'imaginer qu'à sa simple vue, les Allemands impressionnés abaisseraient leurs exigences et appliqueraient à la France un traitement favorable. C'est ainsi qu'à la faveur de la défaite, Pétain devint l'icône d'un régime dictatorial.
La mise en place d'un régime autoritaire et des lois d'exclusion
Le régime de Vichy est un mélange original de socialisme et de paternalisme, de pacifisme et de patriotisme. Les frontières politiques sont complètement brouillées par les circonstances. Les objectifs sont également assez confus : le régime est né d'une conception purement métropolitaine de la France, mais c'est dans les colonies qu'il dispose d'une vraie autonomie. Il en résulte des orientations qui apparaissent surtout a posteriori
- un déni de réalité, similaire à celui de l'Allemagne de 1918 : les anciens combattants victorieux de la première guerre mondiale ne peuvent pas admettre que la défaite est d'abord militaire. C'est donc la société entière qui est coupable, et aussi les Anglais qui ont trahi, et les américains qui n'étaient pas là quand on avaient besoin d'eux, etc. ce thème sera exploité et renforcé avec l'affaire de Mers El-Kébir et les premiers bombardements alliés sur des objectifs en France.
- une forme de Realpolitik : la France est vaincue, il vaut mieux se soumettre à l'Allemagne que tenter une vaine résistance, dont l'expérience de 1871 a montré les limites et les dangers. Et puis l'Allemagne ayant vaincu la France ne peut que vaincre, il vaut donc mieux se rendre utile que s'en faire un ennemi.
- le thème de l'imitation : l'Allemagne n'a pas vaincu par hasard mais grâce à une politique globale qu'il faut imiter. L'antisémitisme apparaît comme une composante majeure, mais les autres composantes sont là : l'enrôlement de la jeunesse, le culte de la santé et de la culture physique, le thème de la mère de famille, le culte du chef, le thème du retour aux vraies et anciennes valeurs, l'anticommunisme, le militarisme, etc.
- le thème de la faute, et même du péché : la France n'est pas, non plus, vaincue par hasard, elle a commis une faute politique en s'écartant du modèle autoritaire qui a triomphé sur toutes ses frontières (Allemagne, Italie, Espagne...). Il faut donc se laver du péché, celui d'avoir cru au Front populaire, aux lois sociales (40 heures, congés payés, etc.), celui d'avoir négligé la famille, les valeurs traditionnelles (femmes au foyer, ...), l'agriculture, la religion, et bien sûr l'antisémitisme. Ceci est important car il se produira, en 1945, pour la même raison, un nouveau renversement ; les femmes en profiteront en obtenant, enfin, le droit de vote.
Le culte de la personnalité
La France adopte le FührerPrinzip en vigueur en Allemagne, Italie, Espagne : ces pays ont leur Führer, leur Duce, leur Caudillo, elle aura son Maréchal.
L'exaltation du maréchal, partant de ses états de service de 14-18 et son intention affichée de sauver la France devint le thème favori des médias, d'abord spontanément, puis sous le contrôle étroit de la censure.
Le portrait du maréchal se répandit dans les foyers des Français, qui comptaient sur lui dans ces circonstances difficiles. L'image du "bouclier" protégeant la France s'imposera, et survivra même à la fin de la guerre dans une large frange de la population.
L'image respectable du vieux maréchal fut présente partout, non seulement dans les lieux publics, mais aussi dans les vitrines de tous les magasins, où il remplaçait les marchandises absentes en raison des prélèvements forcés du vainqueur.
Quant aux récalcitrants ou sceptiques (rares au début, de plus en plus nombreux avec le temps), ils trouvaient Pétain dans le tiroir de leur bureau, sous la forme de timbres, et ils le retrouvaient à nouveau sur leur courrier, à chaque fois qu'ils ouvraient leurs boîtes à lettres.
L'embrigadement social
À l'image des Hitlerjungen et autres Komsomols, la jeunesse fut naturellement placée sous contrôle. Les enfants des écoles défilaient, en tenues de sport, le bras tendu pour saluer « à la romaine » (c’est-à-dire de la même façon que les nazis et les fascistes italiens), en chantant « Maréchal nous voilà ». On multiplie les occasions de manifestations collectives, organisés devant le maréchal, ses représentants civils ou militaires ou ses chefs légionnaires. Bien entendu, tout cela sous les auspices du Maréchal, dont les portrait ornent, à de multiples exemplaires, les locaux pour la jeunesse : classe, local scout, etc. ont un portrait général, plus un pour chaque équipe ou patrouille.
Pétain, sous le couvert de son slogan honorable « Travail, Famille, Patrie », enserra l'ensemble des Français dans un réseau de hiérarchies parallèles, à partir de sa « Légion française des combattants » (L.F.C.). Dans celle-ci furent en effet rassemblés non seulement de véritables anciens combattants, mais aussi de nombreux partisans de sa « Révolution Nationale » qui n'avaient jamais combattu, comme les Amis de la Légion et les Cadets de la Légion.
Par ailleurs un ancien combattant courageux mais dévoyé, Joseph Darnand, admirateur avant-guerre du système nazi, créa un « Service d'Ordre Légionnaire » (S.O.L.), et l'étendit à toute la zone sud et à l'Afrique du Nord. Cette organisation de fiers à bras allait, avec le soutien personnel du Maréchal, prendre le nom de « Milice Française », après le débarquement allié et l'invasion allemande de la zone sud, et se consacrer à la répression avec comme objectif d'imiter parfaitement l'Allemagne nazie, donc de se mettre à son service.
Comme tout dictateur, le Maréchal a instauré, sous le nom de « Révolution nationale », un régime autoritaire, où tous les fonctionnaires, y compris les soldats et les juges, devaient lui prêter serment. Il profita des pleins pouvoirs pour déclencher immédiatement la répression et une véritable chasse aux sorcières. Alors que les réfugiés étaient encore sur les routes, il fit pleuvoir sans délai les suspensions de fonctionnaires mal-pensants ou appartenant à des groupes honnis (francs-maçons et juifs). Le marché noir et les lois anti-juives firent de la délation un sport national, la dénonciation calomnieuse devenant un moyen de régler tous les petits griefs de la vie quotidienne et économique.
La discrimination
Le régime adopta sans nulle pression allemande, des lois d'exclusion contre les Francs-Maçons et contre les Juifs, enfants compris. Ces lois de Vichy étaient copiées sur les lois nazies, qu'elles égalaient en dureté pour leurs victimes, elles étaient donc beaucoup plus rigoureuses que celles de l'Italie fasciste.
"Profitant de l'expérience" de son modèle exécrable, le régime mis en place ses lois d'exception à grande vitesse. Il faut cependant signaler que, dans la pratique, ces lois ne furent pas appliquées dans toute leur rigueur, en particulier en Afrique du Nord.
Prise de pouvoir de Pétain : 17 juin 1940 ; Prise de pouvoir d’Hitler : 30 janvier 1933. Entre parenthèse : durée entre la prise de pouvoir et l'édiction de la mesure
L'inféodation à l'ennemi
Pétain subordonna son régime à celui de l'ennemi, bien au-delà des conventions d'armistice.
Inféodation à l'ennemi sur le plan politique
L'initiative vichyste en matière de collaboration
C'est le maréchal Pétain qui instaura personnellement, par un discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, la Collaboration. Pétain disposant des plein pouvoirs manifestait ainsi publiquement que, cessant d'être une trahison (réprimée sévèrement par le code pénal, dans son article 75, car la paix n'était pas signée), la collaboration devenait une politique délibérée dans les relations avec l'Allemagne. En 1945, cela devint un des motifs du procès de Pétain pour haute trahison.
L'objectif était de rester une puissance, certes seconde derrière l'Allemagne, mais toute de même importante. Les faits ont donné tort à Pétain, Laval, puis Darlan, mais le pari, en 1940, n'avait rien d'aussi évident qu'il peut apparaître a posteriori.
L'Allemagne nazie observa cette politique avec un mélange de mépris, de satisfaction et d'exaspération. Car, à côté de la gesticulation collaboratrice des autorités et de leurs séides, il demeurait en fait, de la part du peuple, une mauvaise volonté évidente. Or l'existence de cette politique officielle de collaboration ne permettait pas aux Allemands de prendre directement le pouvoir, avec des conséquences difficiles à imaginer mais dont on peut avoir une idée en regardant d'autres pays sous administration directe, comme les Pays-Bas, la Belgique ou le Danemark, dont les gouvernements s'étaient exilés : les nazis traitèrent ces pays comme des ennemis et le résultat pour la population, y compris les Juifs, fut certainement pire que pour les Français.
La méfiance d'Hitler à l'égard d'une France, même collaboratrice
Les vues d'Hitler à l'égard de la France étaient exposées en détail dans « Mein Kampf ». Et il ne voulait à aucun prix d'une alliance de la France, alors qu'il admirait l'Angleterre qui lui résistait (au point d'avoir proposé à celle-ci, au lendemain de la capitulation française, une paix blanche, que Churchill avait rejetée.)
Après la bataille de Bir Hakeim, où la Brigade française libre de Koenig, a réussi à retarder pendant 14 jours l'offensive de Rommel contre Suez, en tenant tête aux assauts de 4 divisions de l'Axe et aux bombardements de la 2ème armée aérienne allemande, et a ainsi donné le temps à la 8ème Armée anglaise en déroute se fortifier sur la ligne de défense d'El Alamein, Hitler révèle en ces termes sa méfiance à l'égard de la France, collaborationniste ou pas
: "C'est bien une nouvelle preuve de la thèse que j'ai toujours soutenue, à savoir que les Français sont, après nous, les meilleurs soldats de toute l'Europe. La France sera toujours en situation, même avec son taux de natalité actuel, de mettre sur pied une centaine de divisions. Il nous faudra absolument, après cette guerre nouer une coalition capable de contenir militairement un pays capable d'accomplir des prouesses sur le plan militaire qui étonnent le monde comme à Bir Hakeim" .(Bildarchiv., Berlin ).
De même, le Maréchal Rommel écrit à la même occasion
: « Une fois de plus la preuve était faite qu’un chef français décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion, peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée » .
Il apparaît ainsi que la politique de concessions sans limites et même de subordination volontaire du Régime et de ses généraux ne suscitaient pas chez les chefs allemands la moindre bienveillance, mais au contraire le plus profond mépris, et que la collaboration ne pouvait pas conduire à remettre la France sur un pied comparable à l'Allemagne.
Le maintien irréaliste de la politique de collaboration
Prenant pourtant leurs désirs pour des réalités, Pétain et ses dignitaires n'en firent pas moins entrer la collaboration dans la pratique:
- Lorsque les Allemands mobilisèrent les Alsaciens-Lorrains, le 25 août 1942, puis les déclarèrent citoyens allemands le 30 août 1942, en violation flagrante de la convention d'armistice, seule une protestation des plus timides fut émise par Vichy. Tout gouvernement qui se respectait aurait dû, quels que soit les faibles résultats à en attendre, dénoncer violemment face au monde entier cette grave violation de la convention d'armistice.
- En septembre 1942, 280 policiers allemands munis par les soins du général Bridoux, ministre de Pétain, de fausses cartes d'identité françaises, entrèrent en zone sud pour y détecter les radios clandestines avec l'aide des services de Vichy.
- Le gouvernement Pétain n'imposa pas le port de l'étoile jaune en zone sud, mais il ne protesta pas lorsque cette mesure fut imposée par les nazis en zone nord, à la différence du Roi de Danemark, du Bailli de Jersey (petite île anglo-normande), et du Bey Moncef de Tunisie, qui n'hésitèrent pas à refuser cette mesure à l'Occupant.
- Le gouvernement de Pétain créa un Commissariat aux Affaires Juives, dirigé successivement par Xavier Vallat, puis par Darquier, dit « de Pellepoix », chargé d'appliquer le plus durement possible, en liaison avec l'occupant, les mesures anti-juives dans toute la France. Simultanément les juifs furent contraints d'adhérer (et de cotiser) à l'Union Générale des Israélites de France (U.G.I.F.). Ironiquement, c'est le même organisme qui, à la Libération, sera chargé de défaire ce qu'il avait fait pendant la guerre.
- l'État français anticipa et prêta son concours policier à l'internement et à la déportation. C'est notamment en puisant dans les fichiers de la police française, dans ceux du Commissariat aux Affaires Juives, et dans les archives de l'UGIF, que les nazis furent en mesure d'établir les listes permettant la rafle et la déportation des juifs (130 000 étrangers et 70 000 français). Les instructions du secrétaire d'état Bousquet démontrent d'ailleurs qu'il ne s'agissait pas pour le gouvernement de Vichy d'une obligation pesante, mais bien une politique propre, à laquelle il adhérait complètement, car il alla souvent au-delà des demandes nazies, en exigeant des Allemands qu'ils le "débarrassent" aussi des enfants juifs. On notera que ce comportement fut explicitement rejeté par les autorités d'occupation fascistes italiennes, qui s'opposèrent avec succès à la déportation d'enfants juifs abrités par des institutions catholiques dans leur zone d'occupation.
Inféodation à l'ennemi sur le plan militaire
Comme les Français en général, avec en plus le poids de la défaite, les militaires de l'armée d'armistice étaient anti-allemands au départ et certain se voyaient comme une base de départ pour la préparation de la revanche.
Mais ils respectaient Pétain et en vertu de l'acte constitutionnel n°8 du 14 août 1941, tous les membres de cette armée avaient dû prêter serment de fidélité « à la personne du chef de l'État ». Si bien que comme tous les ordres ultérieurs de Pétain furent systématiquement hostiles aux Alliés et favorables aux Allemands, les soldats se sentirent ensuite liés par ce serment, et agirent en conséquence, certains allant parfois jusqu'à la collaboration avec l'ennemi.
Cette collaboration ne fut pas seulement passive : elle se poursuivit dans les actes. Ainsi, en Afrique du Nord, les services de Weygand conclurent, le 18 mai 1941, le Contrat Dankworth prévoyant la livraison de 1.200 véhicules de l'armée d'armistice à l'Afrika Korps de Rommel. Pour effectuer cette livraison, des centaines d'officiers, sous-officiers et mécanos de l'Armée d'Afrique furent chargés, sous le contrôle du 4 Bureau de l'État-major de Weygand, de choisir les camions, de les réparer et de les livrer à l'ennemi. C'est ainsi qu'ils s'habituèrent à considérer les Allemands comme des alliés, ce qui allait avoir des conséquences funestes lors de l'Opération Torch.
De même, le service des renseignements de la Marine de Darlan informa la Kriegsmarine allemande sur les mouvements de vaisseaux alliés.
Le Tribunal militaire d'Oran condamna les Français qui tentaient de quitter l'Afrique du Nord pour continuer la guerre, dont 2 au moins furent fusillés.
- En ce qui concerne la répression de la Résistance en zone non occupée, voici les résultats dont se vante le colonel Rivet, chef du « Service des menées antinationales » de Vichy dans un rapport du 26 décembre 1941:"Depuis le mois de janvier 1941 il a été procédé aux arrestations suivantes: 1°) Agents de renseignements de l'IS (Intelligence Service) et du SR interallié: 179, dont 42 arrêtés en Afrique et une cinquantaine arrêtés en France, mais en rapport avec le réseau africain. 2°) Agents de propagandes gaullistes et individus ayant essayé de gagner l'Angleterre pour s'engager dans les forces gaullistes : 540, dont près d'une centaine arrêtés en Afrique du nord." Rivet ajoute que, compte tenu de l'activité des autres services de police et de répression, « les arrestations doivent largement dépasser le millier » (Thèse Cantier, p.562 ET 563).
Mais surtout Darlan conclut avec l'ennemi les « Accords de Paris » qui prévoyaient l'attribution à l'Allemagne de 3 bases, à Dakar, Bizerte et en Syrie, ainsi que la collaboration de l'Armée d'Afrique avec l'Axe pour reconquérir les colonies françaises libres. La base en Syrie fut immédiatement remise aux Allemands, et de plus l'armée du général Dentz, livra, à la demande des Allemands, qui fût appuyée par un ordre exprès de Pétain, une grande partie de son matériel aux troupes irakiennes révoltées contre les Anglais. Ce qui justifia largement l'occupation de la Syrie par les Anglais et les Forces Françaises Libres. Les mêmes accords de Paris désignèrent nommément le général Juin, prisonnier de guerre, pour être libéré afin de défendre l'Afrique du Nord contre les Alliés, ce qui fut fait.
Enfin, lors du débarquement allié en Afrique du Nord, les généraux de Vichy livrèrent pendant 3 jours aux Alliés un combat sanglant, à Oran et au Maroc, alors qu'au même moment, leurs camarades livraient le protectorat de Tunisie, sans un seul coup de feu, à une poignée d'Allemands et d'Italiens.
Seule l'intervention de la Résistance française à Alger, permit alors le succès de l'Opération Torch, car 400 patriotes français y neutralisèrent, par leur putsch du 8 novembre 1942, le XIX corps d'Armée de Vichy pendant 15 heures, après avoir capturé Juin et Darlan. Ainsi permirent-ils aux Alliés d'y débarquer sans coup férir et d'obtenir la capitulation de la ville le jour même, puis, au bout de quelques jours, le cessez-le-feu à Oran et au Maroc et la rentrée en guerre de l'armée d'Afrique dans le bon camp. Il en résulta toutefois le maintien pendant plusieurs mois du Régime de Vichy en Afrique libérée (1942-1943) : les USA préféraient de beaucoup continuer à discuter avec la France "légale" à leurs yeux, celle du régime de Vichy, qu'avec la "France Libre".
Lors de l'invasion germano-italienne de la zone sud, le Maréchal ordonna personnellement aux officiers de l'armée d'armistice de ne pas résister, ce qu'ils s'empressèrent de faire, à part 2 ou 3 exceptions, dont celle de De Lattre. C'est en cette occasion que les officiers français livrèrent sans résistance 9 départements français aux forces italiennes, qui ne passaient pourtant pas pour des foudres de guerre.
Quant à l'énorme flotte de Toulon, elle se saborda sans résistance et sans tenter de s'enfuir, alors qu'en des circonstances similaires, lorsque les nazis tentèrent un peu plus tard, en septembre 1943, après la capitulation de l'Italie, de s'emparer de la flotte italienne, 3 cuirassés, 6 croiseurs et 6 destroyers s'échappèrent de La Spezia, pour ne pas tomber entre leurs mains.
Cette absence systématique de résistance des généraux de l'armée d'armistice aux violations allemandes les plus énormes, alors qu'ils recevaient systématiquement les Alliés à coup de canon, à Dakar, au Levant, à Madagascar et au Maroc, est significative de leur fidélité au Maréchal Pétain, chef du gouvernement légal à leurs yeux. Certains cherchèrent ensuite, en fondant tardivement l'Organisation de Résistance de l'Armée, à se rallier au Général Giraud.
Le gouvernement de Vichy encouragea, alors que la paix n'était pas signée avec l'Allemagne, l'engagement de Français dans la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme (L.V.F.), régiment 638 de la Wehrmacht. S'il n'y en eut pas plus, c'est qu'Hitler en avait plafonné le nombre, ne tenant pas à armer trop de Français, même nazis !
Inféodation à l'ennemi sur le plan économique
- D'autre part toutes les demandes allemandes relatives aux travailleurs du S.T.O.(Service du travail obligatoire) furent satisfaites, avec quelques fois, pour ces derniers, un marchandage symbolique où les Allemands étaient toujours gagnants.
- Selon le général von Senger und Utterlin de la Commission d'armistice allemande, « L'industrie française des armements de guerre fut remise à plein tours pour les armements allemands....Sans le potentiel économique de la France, Hitler n'aurait pas pu faire durer la guerre aussi longtemps. C'est cela qui fut le grand profit qu'Hitler tira de la conquête de la France ».
- Selon l'historien allemand Jaekel, « Au printemps de 1942, 170000 Français travaillaient sur place dans les services de la Wehrmacht et 275000 à la construction d'aérodromes et de fortifications comme le mur de l'Atlantique, 400000 enfin à la fabrication d'armements. » Les usines de locomotives et les chantiers navals français étaient à la disposition de l'Allemagne, et à la même époque, 185000 volontaires français travaillaient chez l'ennemi. Et le comble était que la France, elle-même, finançait toute cette production par les frais d'occupation démesurés, qu'elle continuait de payer (3 | | |