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Colonie
- Une colonie est une population humaine, ethniquement homogène, qui a émigré dans un pays étranger et s'y est installée durablement.
- Une colonie est une unité administrative sous la domination politique d'une autre entité (le plus souvent un État autonome) généralement géographiquement distante.
- On parle de "colonie de peuplement" à propos de la population civile de la puissance occupante implantée (en violation de la Quatrième des Conventions de Genève) dans un territoire militairement occupé (spécialement dans le contexte israélo-palestinien).
: Le terme vient du latin colonia qui désigne une étendue réservée à l'agriculture. Colonia dérive du verbe colere, cultiver la terre. À l'époque romaine, le terme désigne une étendue conquise pour être habitée, et où était établie une colonie peuplée de citoyens libres, romains et latins.
: Mais la notion de colonie était déjà connue des Grecs, sous plusieurs formes : voir colonisation grecque.
- On parle aussi de colonies pour désigner l'organisation de camps pour des groupes d'enfants en période de vacances scolaires.
- On parle enfin de colonie pour désigner le regroupement d'animaux de type sociaux en un lieu de vie particulier : par exemple une colonie de fourmis ou une colonie de bactéries ou de mycètes dans une boîte de Pétri.
Articles connexes
- Colonies françaises
- Colonialisme
- Colonisation
- Clérouquie
Catégorie:Colonialisme
Latin
Introduction
Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties.
Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux.
Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs).
Le latin est la langue-mère des langues romanes.
Histoire
Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.
Latin médiéval
On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron.
De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.
Le latin, langue vivante
Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction.
La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux.
Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine.
Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin.
Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain.
Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue.
Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi:
- Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ?
- Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon.
- Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt.
On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.
Le latin et l'Union Européenne
Assimil
Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).
Classification
Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.
Répartition géographique
Statut officiel
Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.
Langues dérivées
Les langues romanes sont dérivées du latin.
Ecriture
Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes :
Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.
Prononciation
Prononciation ancienne restituée
On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec).
Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.
Prononciations modernes
[En préparation]
Grammaire
Morphologie
La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.
Système nominal
L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines.
On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires.
La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.
Système verbal
L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines.
Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).
Pronoms personnels
La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.
Lexique
Le latin et les autres langues indo-européennes
- Le vocabulaire commun
Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs.
AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS.
à compléter...
Que devient le latin quand il se fait français ?
Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE.
Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra.
On en perd forcément son latin.
Exemples
Voir aussi
Liens internes
- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
- Langues par famille
- Langues indo-européennes
- Langues italiques
- - langues romanes
- Méthode latine ;
Liens externes
- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte
Catégorie:Langue liturgique
Catégorie:Langue véhiculaire
als:Latein
ja:ラテン語
ko:라틴어
simple:Latin language
th:ภาษาละติน
zh-min-nan:Latin-gí
Rome antique
La Rome antique est le cadre de la naissance, de l'avènement et de la disparition de la civilisation romaine antique. Débutant comme un simple assemblage de villages, l'humble bourgade vit ensuite son histoire se confondre avec celle du monde méditerranéen du début de l'ère chrétienne à la fin de l'Antiquité.
C'est pourquoi vous ne trouverez ici qu'une synthèse de l'histoire romaine, développée dans des articles plus conséquents sur les pages adéquates.
La fondation de Rome (-753)
D'après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du Mont Palatin près du Tibre vers -753 et y regroupa des groupes de latins, de sabins, et peut-être d'étrusques. L'archéologie a établie que le peuplement des collines de Rome a commencé vers le , et s'est accéléré à partir du .
Se référer à l'article Fondation de Rome.
Après Romulus et ses successeurs légendaires, ce sont les rois Étrusques qui en occupant la région vont faire de Rome une véritable ville vers 600 av. J.-C., en la dotant d'une muraille, en aménageant le Forum et en bâtissant le sanctuaire du Capitole.
C'est probablement sous la Royauté que s'élabore la religion romaine, mélange d'archaïsmes indo-européens et d'influences grecques et étrusques. Les anciens Romains attribueront leurs succès militaires à la qualité scrupuleuse de leur piété envers les dieux.
Se référer à l'article sur la monarchie romaine.
Se référer aux articles sur la religion romaine, la mythologie romaine, les fêtes religieuses romaines.
La République romaine (-509 à -27)
-27
De res publica (lat.) « la chose publique ».
Tarquin le Superbe est le dernier roi de Rome. Tyrannique, autoritaire, il fut chassé par les Romains en -509 ; la République romaine est fondée, gouvernée par le Sénat romain et les magistrats élus du peuple romain (populus ne désigne, à l'époque, qu'une partie de la population, les patriciens).
À ses débuts, la République romaine est déchirée par les conflits entre la plèbe et le patriciat. Elle finit par se doter en -367 d'institutions qui équilibrent le pouvoir du patriciat et modèrent celui des consuls.
Rome commence son expansion par la conquête de l'Italie centrale par la prise de Véies en -396. Le sac de Rome en -390 est le début d'une longue période où Rome ne fut jamais prise par ses ennemis, jusqu'en 410 et le sac de Rome par Alaric.
Progressivement, Rome affronte ses voisins et agrandit peu à peu son territoire, tandis que les plébéiens obtiennent en -300 l’égalité politique. Rome domine toute l'Italie en -272.
À partir de -264, dans son affrontement contre Carthage lors de la première guerre punique et de la deuxième guerre punique, Rome conquiert la Sicile, la Corse et la Sardaigne, l'Hispanie et devient la première puissance de la Méditerrannée occidentale en -202. Tributaire de Rome, Carthage est finalement détruite en -146.
Les légions romaines, de plus en plus efficaces, interviennent en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure. Durant le IIe siècle av J.-C., Rome soumet la Grèce et en retire une grande influence culturelle. Les élites connaissent la richesse des butins, tandis que la crise sociale monte en Italie. La République qui dût son succès à un équilibre entre ses différentes composantes sombre devant son agrandissement trop brutal, ses institutions prévues pour une ville se révélent inadaptées à la gestion d'un empire. A partir de -133, les tensions se multiplient (cf. les Gracques), des ambitieux luttent pour le pouvoir : Marius contre Sylla, Cinna, Pompée contre Jules César, Octave contre Marc Antoine.
Se référer à l'article sur les Institutions de la République romaine pour connaître l'organisation politique de la République.
Se référer aux articles Histoire de la République romaine et à la liste des consuls pour la chronologie.
Se référer à l'article sur la Société de la République romaine pour connaître l'organisation sociale de la République.
L'Empire romain (-27 à 395)
L'Empire romain commence après la mort de Jules César avec l'avènement d'Octave Auguste. Ménageant l'ordre sénatorial, il assoit son pouvoir personnel. Grâce aux légions, il agrandit considérablement le territoire romain, et l'organise en provinces romaines, qu'il gère avec la collaboration de l'ordre équestre.
Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au , la superficie de l'Empire romain est à son maximum. Rome est avec un million d'habitants la plus grande ville du monde méditerrannéen, avec une organisation spécifique.
La pax romana favorise la prospérité, les colonies se développent grâce à l'évergétisme de leurs élites, les grandes métropoles comme Carthage, Antioche, Alexandrie refleurissent.
Se reporter à l'article Organisation de la ville de Rome pour découvrir les solutions mises en place pour gérer cette gigantesque agglomération
L'empire romain tardif
La défense contre la pression croissante des peuples germaniques contribue à la militarisation de l'Empire, qui connaît après les Sévères une terrible crise politique et économique au , et parvient à se redresser au au prix de transformations considérables : partage du pouvoir entre empereurs (tétrarchie, puis Auguste assistés de Césars), transfert de la capitale à Constantinople, absolutisme, alourdissement de l'admnistration, germanisation de l'armée. La montée du christianisme accompagne cette transformation.
L'Empire romain adoptera définitivement le christianisme au .
Se référer à l'article sur l'Empire romain et à la Liste des empereurs romains.
Se référer à l'article sur Province romaine et à la série d'articles consacrés à chaque province
La dissolution de l'Empire romain (après 395)
Après une ultime réunification en 394 sous Théodose I, l'Empire est divisé en deux moitiés :
- L'Empire romain d'Occident est submergé en l'espace de deux générations par les peuples germaniques et s'efface en 476, ce qui marque la fin conventionelle de l'Antiquité,
- L'Empire romain d'Orient résiste et s'adapte, devenant progressivement l'Empire byzantin qui subsistera jusqu'en 1453.
Se référer à l'article sur Empire romain d'Occident, Empire romain d'Orient et Empire byzantin.
Organisation militaire, politique, religieuse et institutions romaines
Voir aussi :
- Cursus honorum
- Relations de la religion romaine aux autres religions
Art
Issu des influences italiques, l'art romain prend son essor au contact de l'art grec qu'il va longtemps imiter.
Voir l'article détaillé : art romain
Architecture
L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, les romains innovent dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium).
Voir la typologie des monuments dans la catégorie Architecture romaine
Voir la liste des monuments dans la catégorie Liste de monuments romains
Voir l'article sur l'Épigraphie latine
Littérature
Les Romains révolutionnèrent le support écrit des livres, en lui donnant la forme moderne que nous connaissons : ils généralisèrent le codex, volume de feuilles reliées, plus maniable et plus aisé à lire que le traditionnel rouleau.
Voir l'article sur la littérature latine, et la catégorie:Littérature grecque d'époque romaine.
Vie quotidienne
- Les noms romains (système des tria nomina) et les prénoms romains
- le costume : la toge, la stola
- l'habitat : domus, insula et villa
- Le calendrier julien
- Les chiffres romains
- Les jeux du cirque
- Les thermes romains
- La monnaie romaine
- Les unités de mesure romaines
- Les ergastules (Prisons et cachots)
Bibliographie
- La civilisation romaine de Pierre Grimal, 1960, réédité en 1981 chez Flammarion
- Histoire générale de l’Empire romain de Paul Petit, 1974, édition du Seuil
- L’art de l’ancienne Rome, Bernard Andreae, 1973, éditions d’Art André Mazenod
- [http://perso.wanadoo.fr/revuesocialisme/s10empireromaine.htm L'impérialisme romain - une analyse marxiste] par l'archéologue anglais Neil Faulkner
Liens externes
- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/ Parcours virtuels de Rome] : panoramas virtuels et galeries de photos (ita/ing/fr)
- [http://www.insecula.com Site insecula (Égypte, Rome, et Grèce antique).]
-
Colonie (Rome)À la différence des colonies puniques, comptoirs commerciaux, ou des colonies grecques, colonies de peuplement, les colonies romaines sont des établissements créés par l’État romain et destinés au contrôle d’un territoire récemment conquis. D’abord garnisons militaires au avant J.C, elles deviennent des colonies de peuplement offrant des terres aux prolétaires à partir du avant J.C., et aux vétérans démobilisés à partir de Sylla, qui leur offre les terres confisquées aux proscrits.
Statut politique de la colonie
Les colonies connaissent deux statuts possibles :
- la colonie romaine (colonia civium romanorum), peuplée de citoyens romains, s’organise comme municipe de droit romain, sorte de Rome en miniature, avec ses magistrats (duumviri) et ses notables (décurions) équivalent du sénat romain. Ses habitants libres des générations suivantes sont automatiquement citoyens romains ;
- la colonie latine, fondée par la Ligue latine jusqu'à sa dissolution en 338 av. J.-C., par Rome ensuite, avec une population mélangeant des citoyens romains et des citoyens latins. Elle forme un municipe de droit latin, ses générations suivantes héritent de la citoyenneté latine, même si elles sont d’origine romaine, et disposent donc de droits civiques inférieurs à ceux des habitants d’une colonie romaine.
Développement des colonies
L’implantation des colonies suit l’extension de la domination romaine : d’abord en Italie (Ostie la plus ancienne, fondée en 350 av. J.-C.), puis en Sicile, en Sardaigne et en Afrique. Les colonies sont des fondations entièrement nouvelles soit des refondations sur des cités plus anciennes.
Les fondations directes de colonies latines se raréfièrent, avec l’octroi de la citoyenneté romaine à tous les citoyens latins d’Italie.
Inversement, les créations de colonies romaines s’accélèrent et s’étendent au début de l’Empire romain, sous Jules César et Auguste, avec la démobilisation massive des légions romaines : les 500 000 soldats mobilisés au début du règne d’Auguste forment une masse de vétérans candidats à la colonisation.
La conquête de la Bretagne et l’organisation des limes sur le Rhin et le Danube sous les Flaviens et au début des Antonins s’accompagne de la fondation de nouvelles colonies aux emplacements stratégiques.
Ces colonies impériales sont nommées par le nom de famille de l’empereur (Augusta, Claudia, Flavia, Ulpia) souvent complété d’une appellation locale (géographique ou ethnique), et avec parfois un titre honorifique (Copia = riche, Emeritta = émérite).
Parallèlement, le statut de colonie latine est accordé à des cités indigènes anciennes, voir à toutes les cités d’une province : Vespasien accorda ainsi le droit latin à toutes les cités d’Espagne.
Le succès des colonies
Les colonies romaines furent au fil du temps un puissant facteur de romanisation, grâce aux colons Italiens ou originaires de provinces bien romanisées parlant le latin. Leur rôle de modèle de civilisation urbaine et leur activité économique facilitèrent l’intégration des populations soumises. Des colonies furent aussi crées dans les territoires orientaux, sur des cités existantes, qui dans ce cas conservèrent leur civilisation grecque.
Sur une période de plusieurs siècles, la politique romaine de fondation de colonie ne connut qu’exceptionnellement des problèmes, ce qui traduit son succès d’ensemble :
- en 123 av. J.-C., projet des Gracques de fondation d’une colonie sur les ruines de Carthage. Impie en raison de la malédiction de 146 av. J.-C. prononcée sur ces ruines, le projet coûta la vie à son auteur, et fut interrompu par décret en 121 av. J.-C.. Jules César le réalisa au siècle suivant en fondant la Colonia Julia Carthago, dont la prospérité fut grande.
- en 132, le projet de Hadrien de relever les ruines de Jérusalem par une colonie ""Colonia Aelia Capitolina"" suscita une nouvelle révolte des Juifs.
Catégorie:Politique de la Rome antique
Catégorie:Géographie de la Rome antique
Colonisation grecque Causes générales
La sténochôria
Les textes grecs évoquent la sténochôria comme cause principale de la colonisation. Le mot grec sténochôria signifie « étroitesse des terres » ; il y a un déficit grave en terres exploitables en Grèce, les plaines cultivables étant très étroites, coincées entre mer et montagne.
La seule solution à long terme est le départ d'une partie importante de la population, afin de soulager la pression démographique.
Les conflits internes
Par stasis on désigne toute crise intérieure, allant jusqu'à la guerre civile. La colonisation est une façon d'éviter une guerre civile, le groupe s'étant retrouvé en minorité part fonder une nouvelle cité. Il ne s'agit pas forcément d'un conflit entre aristocratie et peuple, mais surtout des débats pour le pouvoir entre groupes aristocratiques, ou d'une opposition à l'intérieur du groupe dirigeant, comme par exemple à Corinthe (voir Bacchiades).
Les colons ont le désir de fonder une cité idéale. Cette décision n'est prise que lors d'une situation d'extrême gravité.
Les motivations commerciales
L'approvisionnement de la cité est une nécessité vitale pour la métropole, néanmoins, la réalité sur les motivations commerciales est assez complexe.
Les motivations ne sont pas toujours sûres, puisqu'on ne connaît pas toujours la situation de la métropole. De plus, le volume des échanges entre la colonie et la métropole était le plus souvent insuffisant pour faire vivre la colonie. Les colonies grecques fondées pour des raisons commerciales sont assez rares : on peut citer les clérouquies d'Athènes ou Naucratis.
Conditions et moments de départs
Le départ des colons est toujours un moment de déchirement. La colonie étant fondée pour éviter à la cité une famine, il est entendu que, à partir du moment où les colons quittaient la cité, ils perdaient tout droit au retour. La métropole ne leur apporterait aucune assistance. Le corps civique subissait une véritable amputation : entre un dixième et un quart de la population partait, sans espoir de retour.
La décision et les acteurs
Une colonie ne se fonde pas à titre privé (sauf exceptions rares), mais résulte d'une décision prise par la cité, bien que celle-ci se met rarement en avant.
Pour la fondation d'une colonie, on présente d'abord un projet à l'assemblée qui est soit d'accord, soit le refuse. En cas d'accord, le conseil aristocratique prend en charge le choix des modalités et les mesures concrètes pour désigner qui va partir.
Il faut alors désigner un chef de l'expédition, nommé oikiste, le plus souvent choisi dans le milieu aristocratique. Cet oikiste choisit le nom et le lieu précis du nouvel établissement. Une fois arrivé, il établit et dote la colonie d'un système défensif.
Dans le cadre de la pensée mythique où l'on accorde une part importante aux dieux, les cités ont besoin d'une caution divine qui sert à conforter les décisions humaines ; la fondation d'une colonie était risquée, et suscitait des déchirements entre ceux qui devaient partir, sans espoir de retour, et ceux qui restaient. On prend donc très vite l'habitude d'aller consulter l'oracle d'Apollon à Delphes. L'oracle donne une orientation géographique générale et donne son avis sur un projet élaboré par la cité.
Les critères de choix
Ils sont fixés par l'oracle. Cependant, on observe généralement un bon sens : il évite des pays trop structurés sur le plan politique comme l'Égypte ou la côte syro-palestinienne (Assyriens et Phéniciens), en conseillant de partir vers l'ouest ou vers l'est.
Il décrit également l'endroit où la cité-fille sera établie. Certains éléments se retrouvent dans tous les oracles, qui décrivent tous un site qui sera à même de garantir la souveraineté et l'autonomie de la colonie :
- le site sera facile d'accès par la mer ;
- le site sera facile à défendre (sur une île proche de la côte, sur un promontoire ou une colline) ;
- le site sera entouré d'un terroir riche ;
- le site disposera en outre d'une approvisionnement en eau permanent.
Ces critères appellent quelques commentaires. Tout d'abord, la facilité d'accès par la mer est indispensable quand on part en fonder une en partant par mer. Il s'agit donc d'un truisme. Étant donné les facteurs poussant à la fondation d'une colonie (la nécessité d'alléger la pression démographique sur le territoire de la métropole), les autres critères sont tout autant indispensables. Ces oracles sont donc un rappel de ce qui sera nécessaire à la colonie. De plus, l'état du peuplement autour de la Méditerranée au rend la disponibilité d'un tel site illusoire : la réunion au même endroit de tant de facteurs favorables sur un site qui n'est pas occupé est impossible. Donc, quand les colons débarquent, ils doivent forcément expulser les prédécesseurs. Et bien que les récits de fondation n'évoquent jamais un épisode violent à l'origine de la cité, les fouilles montrent, à chaque fois que l'on descend au-dessous du niveau grec, un niveau d'incendie prouvant que l'installation de la colonie ne s'est pas faite pacifiquement.
Les étapes du mouvement
En général, on distingue deux phases du mouvement colonial grec :
- Première phase (775-675) :
- métropoles peu nombreuses (Chalcis, Érétrie, Corinthe, Mégare, Sparte, Rhodes),
- quelques fondations isolées,
- zones concernées réduites (Sicile, golfe de Tarente, détroit de Messine) ;
- Deuxième phase (625-510) :
- amplification et généralisation de la démarche,
- installations nombreuses,
- développement du commerce qui permet un enrichissement exceptionnel.
Caractères spécifiques des nouveaux établissements
Les relations des colonies avec la Grèce
Les colons emportent tout un bagage affectif et religieux : on part avec le feu sacré de la métropole, la colonie conserve le même panthéon et souvent la même divinité polyade.
Les liens sont concrétisés par les déplacements de métropole en colonie et vice versa lors des grandes fêtes religieuses.
Sur le plan politique, on conserve généralement les institutions de la métropole, au moins au début. L'évolution ne se fait que dans la longue durée.
Au début, les échanges commerciaux sont assez modestes. Peu de temps après, on assiste néanmoins à une véritable explosion. Ainsi, la richesse des gens de Sybaris est légendaire. Il n'y a cependant aucun lien politique entre la colonie et sa métropole : la nouvelle cité est complètement indépendante. Il arrivait qu'une colonie se retrouve opposée au cours d'une guerre à sa métropole : par exemple le conflit entre Corcyre et sa métropole Corinthe fut à l'origine de la guerre du Péloponnèse.
Perceptions nouvelles
On remarque une résistance des colons grecs à toute imprégnation culturelle extérieure, même en Égypte. Sous le pharaon Psammétique I, il fallut des interprètes pour discuter avec les habitants de Naucratis.
On note un peu plus de receptivité dans le domaine religieux. Le syncrétisme leur apparaît comme moyen de se faire accepter sur les nouvelles terres.
En revanche, la colonisation a un impact assez fort sur la perception d'eux-mêmes. On constate ainsi un développement des écoles de philosophie à partir du La confrontation avec d'autres cultures stimule une réflexion philosophique, mais l'autre ne sert que de détonateur par son existence, il n'est pas un interlocuteur.
À l'époque archaïque, le monde grec traditionnel n'est pourtant pas imprégné par cette nouvelle pensée philosophique, il faut attendre l'époque classique.
Voir aussi
- Colonisation ;
- Grande Grèce.
Catégorie:Grèce antique
Catégorie:Histoire de la Méditerranée
Fourmi
Les fourmis ( des formicidés — Formicidae — ) sont des insectes sociaux formant des colonies, appelées fourmilières, parfois extrêmement complexes. Elles font partie de l' des hyménoptères, tout comme les guêpes et les abeilles. Les termites, parfois appelés fourmis blanches, constituent l' des isoptères et ne sont donc pas particulièrement apparentés aux fourmis. (Le termite est une espèce plutôt archaïque à l'inverse de la fourmi, assez évoluée)
Les premières fourmis connues sont apparues à la fin du Crétacé et seraient une évolution des guèpes qui sont présentes dans le jurassique. Morphologiquement, elles se distinguent des autres insectes principalement par des antennes avec un coude marqué et par un pédoncule en forme de perle formé des premiers segments abdominaux (qui sont joints au thorax chez les guêpes). À l'exception des individus reproducteurs, la plupart des fourmis sont aptères (sans ailes).
Les œufs sont pondus par une ou parfois plusieurs reines (bien qu'il existe des fourmis sans reine), et la plupart des individus grandissent pour devenir des femelles aptères et stériles appelées ouvrières. Périodiquement, des essaims de nouvelles reines et de mâles, généralement pourvus d'ailes, quittent la colonie pour se reproduire. Les mâles meurent ensuite rapidement, tandis que les reines survivantes, fécondées, fondent de nouvelles colonies ou, parfois, retournent dans leur fourmilière natale.
Développement
aile
Les fourmis se développent par métamorphose complète, passant par des états successifs différents : d'abord œuf, ensuite larve, puis nymphe (parfois pupe ou cocon, principalement chez les formicinae) pour enfin devenir adulte. La larve, privée de pattes, est particulièrement dépendante des adultes. Les différences morphologiques majeures entre les reines et les ouvrières, et entre les différentes castes d'ouvrières quand elles existent, sont induites par le régime alimentaire au stade larvaire. Quand au sexe des individus, il est déterminé génétiquement: si l'œuf est fécondé l'individu est alors XX, et diploïde l'œuf donnera une femelle (ouvrière ou reine), s'il ne l'est pas l'individu est X0, et haploïde et forme un mâle.
Les fourmis pratiquent la trophallaxie, le processus alimentaire au cours duquel une fourmi régurgite une partie de la nourriture qu'elle a ingérée dans son jabot social pour la restituer à une autre fourmi. Les larves et les pupes doivent être maintenues à température constante pour assurer leur développement et sont souvent déplacées parmi les diverses chambres de couvée de la fourmilière.
Une nouvelle ouvrière passe les premiers jours de sa vie adulte à s'occuper de la reine et des jeunes. Ensuite, elle participe à la construction et au maintien du nid, puis à approvisionner et défendre le nid. Ces changements sont assez brusques et définissent des castes temporelles.
Chez certaines fourmis, il existe également des castes physiques. Selon leur taille, les ouvrières sont mineures moyennes ou majeures, ces dernières participant à l'approvisionnement plus tôt. Souvent les fourmis les plus grandes sont disproportionnées : tête plus grande et mandibules plus fortes. Chez quelques espèces, les ouvrières moyennes ont disparu, et il existe une grande différence physique entre les petites et les géantes, appelées parfois soldats bien que leur rôle défensif ne soit pas nécessairement prépondérant.
Comportement
Communication
La communication entre les fourmis se fait surtout au moyen de produits chimiques volatiles appelés phéromones. Comme d'autres insectes, les fourmis sentent avec leurs antennes. Celles-ci sont assez mobiles, ayant — comme mentionné plus haut — une articulation coudée après un premier segment allongé (le scape), leur permettant d'identifier aussi bien la direction que l'intensité des odeurs. Ce système d'orientation olfactif est combiné avec des composantes visuelles (points de repère, position du soleil).
L'utilisation principale des phéromones réside dans la définition de « pistes » olfactives destinées à guider les fourmis vers des sources de nourriture (voir ci-dessous). Les phéromones sont aussi mélangées avec la nourriture échangée par trophallaxie, informant chacune sur la santé et la nutrition de ses congénères. Les fourmis peuvent aussi détecter à quel groupe de travail (par exemple le fourragement ou la maintenance de nid) l'une ou l'autre appartient. De même, une fourmi écrasée ou attaquée produira une phéromone d'alerte dont la concentration élevée provoque une frénésie agressive chez les fourmis à proximité ou dont une concentration plus faible suffit à les attirer. Dans certains cas, les phéromones peuvent être utilisées pour tromper les ennemis, ou même à influencer le développement des individus. Ainsi, la reine produit une phéromone spéciale en l'absence de laquelle les ouvrières commenceront à élever de nouvelles reines.
Certaines fourmis émettent des sons, on parle alors de stridulations (friction de la râpe, formée d'un alignement de côtes, de stries, de dents, d'épines, et du grattoir, qui consiste en une saillie ou un bord vif, qui produit la stridulation, un peu comme le ferait un clou grattant sur une lime ou l'ongle passant sur les dents d'un peigne).
Comportement collectif
trophallaxie
Les fourmis attaquent et se défendent en mordant et, pour certaines espèces, en projetant de l'acide formique (fomicinae) qui fait fondre la chitine des insectes, ou en piquant à l'aide d'un aiguillon (myrmicinae).
Chez la plupart des espèces, la colonie a une organisation sociale complexe et est capable d'accomplir des tâches difficiles (exploiter au mieux une source de nourriture, par exemple). Cette organisation apparaît grâce aux nombreuses interactions entre fourmis, et n'est pas dirigée -- contrairement à une idée répandue -- par la reine. On parle alors d'intelligence collective, pour décrire la manière dont ce comportement collectif complexe apparaît, grâce à des règles individuelles relativement simples.
Dans les colonies de fourmis, le « comportement global » n'est donc pas programmé chez les individus, on dit qu'il émerge de l'enchaînement d'un grand nombre d'interactions locales entre les individus et entre les individus et leur environnement.
Un exemple classique de comportement collectif auto-organisé est l'exploitation des pistes de phéromones. Une fourmi seule n'a pas l'intelligence nécessaire pour choisir ce plus court chemin dans un environnement complexe. De fait, c'est la colonie dans son ensemble (du moins, les individus impliqués dans le fourragement) qui va choisir ce chemin.
En 1980, Jean-Louis Deneubourg a pu vérifier expérimentalement qu'une colonie de fourmis (de l'espèce Lasius niger) disposant de deux chemins de longueurs différentes pour ralier une source de nourriture, choisissait plus souvent le chemin le plus court. Il décrit ainsi ce phénomène [http://www.archipress.org/ts/deneubourg.htm] :
:« (...) un « éclaireur », qui découvre par hasard une source de nourriture, rentre au nid en traçant une piste chimique. Cette piste stimule les ouvrières à sortir du nid et les guide jusqu’à la source de nourriture. Après s’y être alimentées, les fourmis ainsi recrutées rentrent au nid en renforçant à leur tour la piste chimique. Cette communication attire vers la source de nourriture une population de plus en plus nombreuse. Un individu qui découvre une source de nourriture y « attire » en quelques minutes n congénères (par exemple 5); chacun de ceux-ci y attirent à leur tour n congénères (25), et ainsi de suite. »
On connaît depuis d'autres exemple de ce type, comme la construction du nid, la répartition du couvain dans celui-ci, l'entassement des cadavres de la colonie, l'organisation en « supercolonies », etc.
Relations symbiotiques
- Des pucerons sécrètent un liquide sucré appelé le miellat. Normalement il tombe au sol, mais certaines fourmis s'en nourrissent. Les fourmis tiennent à distance les prédateurs et transportent les pucerons aux meilleurs emplacements pour se nourrir. Certaines les accueillent au sein même de la fourmilière, pour les espèces se nourrissant sur les racines des plantes.
- Des chenilles myrmécophiles ou aimant la fourmi (généralement bleues, cuivrées, ou aux poils rayés) sont mises en pâture comme du bétail par les fourmis le jour, et sont ramenées à l'intérieur du nid des fourmis la nuit. Ces chenilles ont une glande qui sécrète le miellat quand les fourmis les massent.
- Quelques chenilles myrmécophages (se nourrissant de fourmis) sécrètent une phéromone qui fait que les fourmis prennent la larve pour une des leurs. Les chenilles sont alors emportées dans le nid où elles peuvent se nourrir de larves de fourmi.
Types
Parmi les 11 800 espèces connues environ (on estime à plus de 20 000 le nombre total d'espèces), la plus grande (3 cm de long) est Dinoponera quadriceps chez laquelle exceptionnellement la reproduction d'une ouvrière aboutit, invariablement, à la mort en pleine action de son soupirant : encore accouplée, elle lui sectionne l'abdomen. Puis retourne au nid, toujours munie des pièces génitales de sa brève rencontre, ce qui la rend non réceptive aux avances des autres mâles.
Les fourmis les plus primitives sont les fourmis soldats et les fourmis conducteurs, d'Amérique du Sud et d'Afrique, respectivement. Celles-ci ne forment pas de nid permanent, mais alternent plutôt entre des étapes de vie nomade et des étapes où les ouvriers forment un nid provisoire (le bivouac) à partir de leurs propres corps. La plupart des fourmis forment des colonies stationnaires, creusant d'habitude dans le sol ou une cavité. Les colonies se reproduisent par des vols nuptiaux comme décrit plus haut, ou par la fission (un groupe d'ouvrières creuse simplement un nouveau trou et élève de nouvelles reines). Les membres de différentes colonies sont identifiés par l'odeur et habituellement les intrus sont attaqués, avec des exceptions notables. D'autres méthodes de développement de nouvelles colonies ont été observées :
- Quelques fourmis sont esclavagistes, comme la Formica sanguinea, et pillent le couvain des autres espèces en faisant de véritables raids dans les colonies d'autres fourmis, s'emparent de pupes, cocons et nymphes qui sont traitées comme le couvain génétiquement parent, nourries, choyées, protégées.
:Une fois nées, les ouvrières esclaves ne se rendent compte de rien, et pensent être dans leur fourmillière d'origine. Elles se mettent donc tout naturellement au travail pendant que les ouvrières de l'espèce esclavagiste se reposent ou partent en chasse d'autres esclaves !
:Il arrive parfois qu'une reine d'une autre espèce soit prise en esclavage, la fourmilière disposera donc pendant une vingtaine d'années d'esclaves à profusion.
:Quelques espèces, comme les fourmis amazones (Polyergus rufescens), sont devenues complètement dépendantes de telles esclaves, au point d'être incapables de s'alimenter sans leur aide.
- Quelques fourmis, appelées pot de miel, sont des ouvriers spécialisés appelés replètes qui stockent simplement l'alimentation pour le reste de la colonie ; elles sont généralement immobilisées par leurs abdomens considérablement gonflés. En Afrique, Amérique et Australie où elles vivent, on les considère comme un mets délicieux.
- Les fourmis tisserands (Oecophylla) construisent leur nid dans des arbres en attachant des feuilles ensemble, d'abord en les joignant par un pont d'ouvrières puis en les cousant ensemble avec de la soie produite par des larves.
- Les coupeurs de feuilles (Atta) se nourrissent exclusivement d'un champignon spécial qui vit seulement dans leurs colonies. Elles récoltent continuellement des feuilles dans lesquelles elles découpent de petits morceaux qui servent à cultiver le champignon. Les castes de ces fourmis sont organisées autour de la découpe des feuilles et en fonction de la taille des morceaux dont elles sont chargées.
- Les fourmis charpentières (Camponotus herculaenus) font leurs nids en creusant le bois. Elles varient en taille et en couleur, mais sont d'habitude plus grandes que 1 cm et noirâtres, elles comptent parmi les plus grandes espèces d'Europe.
- A noter qu'une espèce est protégée en France, Formica rufa (fourmi rousse). La fourmilière de ces dernières constitue un dôme de brindilles pouvant atteindre plus d'un mètre de haut, souvent en lisière de forêt.
Concernant le reproduction, la petite fourmi de feu ou fourmi électrique (Wasmannia auropunctata), a la possibilité assez exceptionnelle d'avoir deux modes de reproduction : sexué ou par clonage.
La fourmi et l'homme
Les rapports entre humains et fourmis sont très variables. D'une part, les fourmis ont souvent été utilisées dans des fables et des histoires enfantines pour représenter l'acharnement au travail et l'effort coopératif. Elles peuvent aussi être perçues comme utiles pour nettoyer des insectes parasites et aérer le sol. D'autre part, elles peuvent devenir sources de nuisances mineures ou parasites elles-mêmes quand elles envahissent les maisons, les cours, les jardins et les champs. La fourmi Tetraponera colonise un arbre creux le Barteria surnommé au Gabon l'arbre de l'adultère. On y attachait les femmes adultères dans le temps. La morsure d'une fourmi étant aussi douloureuse que celle d'une guêpe mais moins longue.
Une certaine espèce, appelée fourmi tueuse, a tendance à attaquer des animaux beaucoup plus grands qu'elle dans sa quête de nourriture ou dans la défense de ses nids. Les attaques sur l'homme sont rares, mais les piqûres et les morsures peuvent être très douloureuses et incapacitantes si elles sont répétées. Les fourmis peuvent aussi être source de problème lorsqu'elles sont introduites dans des zones géographiques où elles ne sont pas indigènes (comme Linepithema humile, la fourmi d'argentine, formant la supercolonie qui va des côtes italiennes aux côtes espagnoles en passant par la France, soit plus de 6 000 km, et exterminant les espèces indigènes).
Image:Septembre_2004_11.jpg|Reine Camponotus herculaenus
Image:Formica_sanguineapetit.jpg|Formica sanguinea (reine + esclave Formica fusca)
Image:Myrmica_puceron.jpg|Myrmica rubra « à la traite »
Image:Atta colombica workers cutting whole plant.jpg|Atta colombica, au Panama
Image:Sanguinea oeil 2.jpg|Œil de Formica sanguinea
Image:Leaf_ants.jpg|Fourmis Atta transportant des feuilles coupées
Bibliographie
- Heikko Bellmann (1999). Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d'Europe. Delachaux et Niestlé (Lausanne), coll. Les compagnons du naturaliste : 336 p.
- Daniel Cherix (1986). Les Fourmis des bois. Payot (Lausanne), collection Atlas visuels, série Comment vivent-ils ? : n.f.
- Bert Hölldobler et Edward O. Wilson (1994) Voyage chez les fourmis, , Seuil (Paris), coll. Science ouverte : 247 pages.
- Julian Huxley (1955). Les Voies de l'instinct : fourmis et termites. À la Baconnière (Neuchâtel), coll. Observation et synthèse : 104 p.
- Pierre Jolivet (1986), Les Fourmis et les Plantes. Un exemple de coévolution. Éditions Boudée (Paris) : 254 pages.
- Pierre-André Latreille (1989). Histoire des fourmis de la France. Cité des sciences et de l’industrie (Paris) : 64 p.
- Luc Passera (1987). L’organisation sociale des Fourmis. Privat (Toulouse), coll. Bios : 280 p.
- Albert Raigner (1952). Vie et Mœurs des fourmis. Payot (Lausanne), coll. Bibliothèque scientifique, 11 : 223 p.
Aspects culturels
La fourmi est souvent symbole d'un être travailleur, agressif et vindicatif. Les fourmis sont parfois utilisées comme un remède contre la paresse (comme au Maroc). Dans certaines régions africaines, les fourmis sont les messagers des dieux. On dit souvent que des morsures de fourmi ont des propriétés curatives. Quelques religions amérindiennes, comme la mythologie Hopi, reconnaissent des fourmis comme des ancêtres. Les morsures de fourmi sont utilisées comme test d'endurance et de courage dans les cérémonies d'initiation de certaines cultures africaines et amérindiennes (voir le roman L'enfant noir de Camara Laye).
La fourmi a été le thème d'un certain nombre de créations culturelles :
- des fables : La Cigale et la Fourmi de Jean de La Fontaine ;
- des livres : Les Fourmis de Bernard Werber ;
- des films de science-fiction : Les fourmis géantes ;
- des films d'animation : 1001 pattes du studio Pixar et Fourmiz du studio DreamWorks.
Voir aussi
right
- Edward Osborne Wilson, entomologiste et sociobiologiste, célèbre pour son travail sur les fourmis ;
- Les algorithmes de colonies de fourmis sont des métaheuristiques inspirées par le comportement des fourmis réelles ;
- Plantes myrmécophiles ;
- Animaux myrmécomorphistes
- Bernard Werber, romancier français, auteur notamment d'une série d'ouvrages de fiction à succès qui utilisent le thème des fourmis.
- myrmécologie : l'étude des fourmis
- Wasmannia auropunctata
Liens externes
- [http://www.akolab.com/ Site communautaire sur l'élevage des fourmis]
- [http://membres.lycos.fr/dmouli Site sur les Fourmis]
- [http://www.macro-photo.org/species-checklist-arthropods-insects-birds-avians/ants-formicidae-macro-photo-images-gallery.htm Macrophotographie - Les photos des fourmis]
- [http://blog.empyree.org/?2004/12/12/380-la-fourmi-sans-reine-mais-non-sans-rang La fourmi sans reine mais non sans rang]
Catégorie:Apocrita
Catégorie:Hyménoptère (noms vernaculaires)
ja:アリ
ko:개미
simple:Ant
Bactérie ko:세균 ja:真正細菌 th:แบคทีเรีย
Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires, caractérisés par une structure cellulaire particulière, la structure procaryote, qui est caractérisée par une absence de noyau et d'organites.
Détails
Comme les cellules végétales, la plupart possèdent une paroi cellulaire glucidique.
Les bactéries sont les plus anciens organismes vivant sur terre, et aussi les plus abondants. Elles sont présentes dans le sol, dans l'eau et comme parasites des autres organismes. Elles sont à l'origine de beaucoup de maladies non héréditaires. Elles sont affectées par des substances antibiotiques qui le plus souvent inhibent une de leur fonction vitale (par exemple la pénicilline bloque la synthèse de la paroi cellulaire), et même dans quelques cas les éliminent.
On cherche actuellement à savoir s'il a existé une vie bactérienne sur la planète Mars, certains éléments d'analyse du sol martien semblant s'orienter en ce sens, et la présence abondante d'eau sur Mars jadis ayant pu constituer un terrain extrêmement favorable au développement de la vie bactérienne si elle est apparue. Si la chose venait à être confirmée, ce serait un élément important en faveur de l'hypothèse de panspermie.
Histoire
Les bactéries sont microscopiques, mesurant pour la plupart d'entre elles entre 0,5 et 5 micromètres. Elles ne sont donc visibles qu'avec un microscope. Antoine van Leeuwenhoek fut le premier à observer des bactéries, grâce à un microscope de sa fabrication, en 1638.
Le mot « bactérie » apparaît pour la première fois avec le microbiologiste allemand Christian Gottfried Ehrenberg en 1828. Ce mot dérive du grec βακτηριον, qui signifie « bâtonnet ». Louis Pasteur et Robert Koch ont décrit le rôle des bactéries dans la transmission des maladies, Louis Pasteur ayant prouvé leur existence, et Robert Koch l'ayant démontré aux sceptiques.
En 2000, un forage dans le permafrost de l'Alaska (près de la ville de Fox) a permis à des scientifiques américains de mettre à jour une bactérie vieille d'environ 32 000 ans et toujours vivante.
Reproduction
Les bactéries se reproduisent de façon asexuée ou sexuée. La reproduction asexuée par division cellulaire est simple : une cellule se divise en deux cellules-filles en formant une paroi cellulaire transversale.
Des variations génétiques peuvent avoir lieu lorsqu'il y a recombinaison génétique : des mutations (changement ponctuel aléatoire de l'information génétique d'une cellule), transformations (transfert d'ADN d'une bactérie à l'autre en milieu liquide), transduction bactérienne (transfert d'ADN via un bactériophage),lysogénisation (intégration plus ou moins complétes du génome d'un bactériophage) et conjugaison bactérienne (transfert d'ADN d'une bactérie à l'autre via une structure spéciale : les pili). L'ADN étranger peut être intégré dans le génome et être transmis aux générations suivantes. Beaucoup de bactéries possèdent des plasmides, qui sont des séquences d'ADN circulaire extra-chromosomales.
Dans des conditions favorables, les bactéries peuvent s'aggréger pour former des structures visibles à l'œil nu : les colonies bactériennes.
Il existe une grande variété de métabolismes chez les bactéries. Certaines n'ont besoin que de dioxyde de carbone comme source : elles sont alors dites autotrophes. Parmi celles-ci, certaines tirent leur énergie de la lumière photoautotrophes, d'autres utilisent des composés chimiques qu'elles dégradent chémoautotrophes. Les bactéries dépendantes de sources organiques de carbone sont dites hétérotrophes. Les bactéries réduisant des composants minéraux sont des lithotrophes, et s'opposent aux organotrophes.
Parmi les photolithotrophes se trouvent les cyanobactéries, qui sont les plus anciens organismes connus à l'état fossile, et qui ont probablement joué un rôle important dans la production de l'oxygène de l'atmosphère.
Selon leur mode de vie, les bactéries peuvent être classées en trois groupes :
- les aérobies strictes peuvent vivre uniquement en présence de dioxygène ;
- les aérobies facultatives peuvent vivre en présence ou en absence de dioxygène ;
- les anaérobies ne peuvent vivre qu'en absence de dioxygène.
Des bactéries peuvent également vivre dans des milieux très défavorables à la vie, elles sont appelées extrémophiles : elles occupent des milieux comme des sources chaudes, des eaux très acides ou alcalines, ou très salées...
Classification
Différents éléments sont utilisés pour classer les bactéries en différents groupes.
On peut utiliser la forme, on distingue alors les bacilles, de forme allongée,ou encore arquée(vibrions), les coccis, sphériques,ou encore les spirochétales (spiralées).
La structure de la paroi peut être également utilisée, et l'on distingue les bactéries gram positives (Gram+) et gram négatives (gram-), d'après la méthode de coloration développée par Hans Christian Gram.
Voir, en pathologie humaine, la Liste des bactéries pathogènes pour l'Homme.
En matière de classification bactérienne, le site de M. Euzéby, de la Société de Bactériologie Systématique et Vétérinaire de Toulouse (ENVT), fait référence :
Nomenclature des bactéries [http://www.bacterio.cict.fr/bacdico/systematique/nomenclature.html]
List of Bacterial names with Standing in Nomenclature [http://www.bacterio.cict.fr/]
Actions des bactéries
Les bactéries sont à la fois dangereuses et utiles pour l'environnement, les humains et les animaux. Certaines bactéries ont une action pathogène et sont à l'origine de maladies comme le tétanos, la syphilis, le choléra ou la tuberculose. Les pathogènes sont traités par des antibiotiques, qui peuvent être classés en bactéricides ou bactériostatiques, selon qu'ils tuent les bactéries ou qu'ils empêchent leur croissance.
Dans le sol, les microorganismes participent à la transformation de l'azote en ammoniaque.
De nombreuses bactéries sont des symbiotes d'organismes animaux et participent à la digestion.
Les bactéries sont souvent utilisées par l'homme dans les processus de fermentation et des bactéries transformées sont utilisées pour synthétiser des médicaments comme l'insuline. Des bactéries sont également utilisées dans les fosses septiques pour en assurer l'épuration. Celles-ci fabriquent également du méthane au cours de ce processus.
Il est généralement admis que les mitochondries, sorte de piles énergétiques intracellulaires, sont des bactéries symbiotiques intégrées à la nuit des temps et sélectionnées par la valeur et l'importance de leur action : celle de permettre à leur hôte d'utiliser l'oxygène et de dégrader complètement les substrats biochimiques nutritionnels, tels que le glucose par exemple. Sans ces bactéries-là, nous ne pourrions pas respirer l'air qui serait un poison par son oxygène, mais nous serions encore réduit à être des éponges ou des algues vivant de la fermentation, laquelle n'a pas besoin d'oxygène pour fonctionner. Rien que cela mériterait de voir dans la bactérie une grande bienfaitrice, et non pas un ennemi pathogène !!!
Voir aussi
- Archéobactéries méthanigènes
- Liste de bactéries importantes sur le plan clinique
Liens externes
- [http://www.infovisual.info/02/002_fr.html Voir un schéma détaillé d'une cellule bactérienne]
-
Catégorie:Bactériologie
Catégorie:Écologie
Catégorie:Protection des cultures
Colonialisme
Le colonialisme est l'imposition d'une domination politique et militaire d'un pays sur un autre, dont le but peut être d'accroître la puissance du pays envahisseur. Il est contraire au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Si le colonialisme, au sens actuel du terme, remonte pratiquement aux grandes découvertes (1492) et même sans doute à l'antiquité (ex : Empire romain), le mot, lui, ne fait son apparition qu'avec le pour prendre presqu'aussitôt une coloration négative et susciter un autre néologisme lanticolonialisme. La vague d'émancipation des colonies — ou décolonisation — qui débutera avec les années 1960 déclenchera divers scénarios visant à pérenniser la tutelle économique des pays colonisateurs ; cette phase sera stigmatisée sous le nom de néo-colonialisme.
Les motivations du colonialisme
- S'emparer des richesses d'un pays, et principalement assurer l'approvisionnemnt en matières premières;
- Garantir des débouchés à l'industrie nationale en cas de surproduction;
- Acquérir ou améliorer une position stratégique;
- Accomplir une mission civilisatrice qui tire ses origines dans un l'humanisme des lumières;
- Interdire l'esclavage.
Histoire du colonialisme
Le colonialisme européen
L'empire romain
L'empire soviétique
Le colonialisme Allemand
Le colonialisme anglais
Articles de fond :
- Empire britannique
- Commonwealth
Le colonialisme belge
Article de fond :
- Colonisation du Congo
Le colonialisme français
Colonisation du Congo
Articles de fond :
- Colonies françaises (liste)
- Empire colonial français
- Premier espace colonial français
- Second espace colonial français
- Union française
Le colonialisme espagnol
Article de fond :
- Empire colonial espagnol
Le colonialisme italien
Le colonialisme néerlandais
Article de fond :
- Empire colonial néerlandais
Le colonialisme portugais
Article de fond :
- Empire colonial portugais
La conquête de l'Ouest en Amérique du nord
Le colonialisme arabe
Le colonialisme chinois
Le colonialisme japonais
Les bilans des colonialismes et les attitudes politiques face à l'histoire
Colonialisme et droits de l'homme
Construction d'infrastructures
Education
Les décolonisations
Loi française n° 2005-158
La loi française n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés stipule notamment :
«La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.»
«les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit»
Lire à ce sujet :
- Claude Liauzu, [http://www.monde-diplomatique.fr/2005/04/LIAUZU/12080 Une loi contre l’histoire]. Le Monde Diplomatique, avril 2005, page 28.
: Article détaillé : Loi française du 23 février 2005
Bibliographie
- Félicien Challay, Souvenirs sur la colonisation, 1935, reédité chez Les nuits rouges (Ce livre montre la realité du travail forcé).
- Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950
- Albert Memmi, Portrait du colonisé précédé du portrait du colonisateur, 1957
- Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun. Autopsie d'une décolonisation (1972), réédition chez La Découverte, Paris 2003
- Yves Benot, Massacres coloniaux : 1944-1950 : la 4. Republique et la mise au pas des colonies francaises, Paris : La découverte 1995
- Livre : Foccart Parle
- Marc Ferro,éd., Le livre noir du colonialisme, Hachette 2004
- Claude Liauzu (dir.), Colonisation:droit d'inventaire Armand Colin, Paris, 2004 ; Violence et colonisation, Syllepse, Paris, 2003.
- Gilles Manceron, Marianne et les colonies : une introduction à l'histoire coloniale de la France, Paris : La Découverte, 2003
Films
- Camp de Thiaroye (1987), Ousmane Sembène
- Emitai (1971), Ousmane Sembène
- La bataille d'Alger (1965), Gillo Pontecorvo
Voir aussi
- Cartiérisme
- Colonisation
- Guerre d'Algérie
- Indochine française
- Post-colonialisme
- torture
- Loi française du 23 février 2005
Liens externes
- http://www.atlas-historique.net/1815-1914/cartes/Monde1914.html
- [http://www.reseauvoltaire.net/article2250.html Le Gouvernement prépare un Mémorial de la France d’outre-mer]
catégorie:colonialisme catégorie:Impérialisme
ColonisationCatégorie:Colonialisme
Catégorie:Colonialisme
Le terme de colonisation désigne le processus consistant à établir une ou plusieurs colonies. Il se distingue des formes traditionnelles d'impérialisme (impérialisme inter-européen, impérialisme arabe, impérialisme mongol, etc.), par le fait que le pays dominant (ou métropole) est normalement d'un niveau de développement supérieur à celui du pays dominé. Les colonies ne sont pas souveraines et sont souvent administrées de façon directe, si bien que la plupart des autochtones sont assujettis.
Différents types de colonisation
Plusieurs formes de colonisation ont existé.
La colonisation de position consiste :
- soit à ouvrir des comptoirs commerciaux, destinés seulement à l'échange, à la vente des produits métropolitains ou (et) à l'achat des productions locales. (comptoirs phéniciens de Tyr autour de la Méditerranée, comme Icosim, ultérieurement, Alger). Les comptoirs ont été de petits établissements, le plus souvent côtiers, établis à des fins commerciales, afin de procurer un relais aux commerçants de la métropole, et un point d'échanges avec l'arrière-pays ;
- soit en l'ouverture de bases navales ou militaires servant d'escales pour des colonisations plus lointaines (Aden, Djibouti), ou au contrôle du trafic maritime international (Gibraltar, Malte, Singapour).
La colonie de peuplement vise à établir une population originaire de la métropole sur un territoire dont elle n'est pas issue. Celle-ci fait souche sur place. Ce type de colonie dépendra ou non de sa métropole, et c'est l'importance de sa population qui la rendra éventuellement autonome.(Certaines colonies phéniciennes ou grecques, fondées pour répondre à un surcroît de population de la métropole, comme Carthage, colonies anglaises du Nouveau monde, d'Australie, de Nouvelle Zélande, en des territoires peu peuplés d'Indigènes, l'Algérie française).
La colonie d'exploitation implique la conquête militaire d'un territoire en vue d'en exploiter directement les richesses naturelles, dans l'intérêt de la métropole. Dans ce type de colonisation, les colonisateurs fournissent les cadres — qui n'y font généralement pas souche — et les indigènes y sont les exécutants.(Colonies espagnoles d'Amérique du Sud, ou françaises d'Afrique noire et d'Indochine).
La colonie mixte est une colonie d'exploitation, dans laquelle la partie métropolitaine de la population fait souche (Rhodésie).
La colonie de plantation est une colonie dans laquelle la population métropolitaine, chargée de l'encadrement fait souche, mais où les exécutants sont principalement des esclaves (Antilles, Brésil, certaines colonies anglaises d'Amérique du Nord).
Maintes colonies relèvent simultanément de deux ou plus des catégories ci-dessus. La plupart des types de colonies ci-dessus ont été au moins partiellement militaires, (en dehors de celles des colonies de position qui se sont limitées à une finalité purement commerciale). Le facteur militaire a pratiquement toujours joué dans l'expansion coloniale, soit dans la phase d'installation, soit ultérieurement, pour la protection ou le maintien de l'ordre: Certaines colonies ont même eu une finalité essentiellement militaire, lorsqu'elles ont visé au contrôle d'un territoire, d'un lieu de passage stratégique, d'une population ennemie : Elles ont alors souvent comporté une population suffisante pour épauler ou constituer elle-même une garnison (voir colonie romaine pour la Rome antique). Elles ont également pu être un relais, un point d'appui en territoire ennemi pour des opérations militaires.
Les Grecs ont pratiqué une forme de colonisation particulière, qui était plus souvent motivée par des dissensions internes ou le risque de famine (stenochoria : étroitesse des terres) que par le désir de créer un relais commercial ou un empire (Voir colonisation grecque).
Raisons de la colonisation
Le phénomène de colonisation observé a subi un examen critique au cours du et du , notamment à partir de la phase de décolonisation mondiale.
- Le colonialisme reposait en fait sur une idéologie qu'il est difficile de concevoir aujourd'hui: Depuis l'époque de Christophe Colomb, dans la bouche et l'esprit des colonisateurs européens, la colonisation s'est prévalue d'une volonté d'extension humaniste, d'abord du Christianisme, puis de la « Civilisation » (dans sa conception moderne, mais occidentale). Cette conception, tout en se réclamant de généreux sentiments, a trop souvent méconnu la culture des colonisés et les droits de l'homme dans ces pays.
- Selon la vision marxiste du phénomène, l'expansion coloniale a été motivée par la recherche de matières premières dans les territoires colonisés, et de débouchés pour les produits manufacturés des puissances coloniales.
Différentes formes de l'intervention coloniale
Initiatives privées
- Les commerçants ont parfois précédé les États dans le déclenchement des initiatives coloniales, par exemple les marchands génois ou néerlandais ;
- Les missionnaires ont joué un rôle important dans l'expansion coloniale : un prêtre était présent dans la première expédition de Christophe Colomb, et les Jésuites ont acquis une grande influence aux Indes, en Chine et au Japon. Les missionnaires protestants (britanniques, norvégiens ou américains) ont joué un rôle important à Madagascar, en Chine ou à Hawaï ;
- Les explorateurs, comme l'écossais Mungo Park en Afrique occidentale, ou Livingstone en Afrique centrale, jouèrent un rôle d'avant-garde dans l'expansion coloniale ;
- L'industriel Jean Laborde, né à Auch le 16 octobre 1805, introduisit à Madagascar certaines techniques d'industrialisation améliorant celles apportées par les Britanniques une vingtaine d'années avant son arrivée sur la côte sud-est de Madagascar en 1831. Devenu membre influent de la cour Merina, il est indissociable de l'histoire malgache du XIXème siècle. Anobli par la reine Ranavalona Ire, il termine sa vie comme consul de France à Madagascar et fut enterré aux pieds de ses usines de Mantasoa, après sa mort au mois de décembre 1878.
Initiatives étatiques
Les États sont aussi intervenus directement :
- soit en liaison avec l'initiative privée, par l'intermédiaire des Compagnies commerciales à Charte (Compagnie des Indes occidentales, Compagnies des Indes orientales, créées par les Provinces-Unies (actuels Pays-Bas), le Portugal, la Grande-Bretagne et la France), soit pour protéger les missionnaires (en Cochinchine et en Afrique noire notamment) ;
- Soit directement, en Algérie (Bourmont), en Afrique occidentale (Faidherbe) et en Afrique équatoriale (Savorgnan de Brazza)...
Initiatives interétatiques
- Les États colonisateurs se sont d'abord concurrencés et combattus (corsaires français et anglais contre les Espagnols aux Antilles, les Néerlandais contre les Portugais aux Indes et en Indonésie, les Français contre Anglais aux Indes et au Canada, les Alliés contre les Allemands en 1914-18).
- Par la suite, ils ont préféré s'entendre :
- pour le partage des territoires à coloniser (conférences de Bruxelles et de Berlin au ) ;
- pour l'administration en commun de certaines colonies (condominiums anglo-égyptien du Soudan et anglo-français des Nouvelles-Hébrides).
Différentes populations en présence
Colonisateurs
- Forts de leurs réalisations, les colons sont généralement plus durs pour les indigènes que les métropolitains :
- L'élément métropolitain joue un rôle modérateur à l'égard des colons. C'est ainsi que les rois d'Espagne ont dû interdire aux colons ibériques la réduction des Indiens en esclavage.
- Les colons manifestent généralement une attitude revendicatrice et souvent autonomiste à l'encontre des métropoles.
Ce sont les colons qui ont exprimé les premières revendications autonomistes et conquis les premières indépendances coloniales :
- Colonies britanniques : refus des taxations métropolitaines et guerre d'indépendance des 13 colonies d'Amérique du nord, indépendance des colons de Rhodésie.
- Colonies espagnoles : ce sont les créoles espagnols (Miranda et Simon Bolivar), et non les Indigènes, qui se sont plaints de l'oppression de la métropole et lui ont livré les guerres d'indépendance.
- Colonies françaises : ce sont les Européens d'Algérie (non encore surnommés « pieds noirs »), qui ont réclamé et obtenu l'autonomie financière de la colonie d'Algérie (création des Délégations financières, des taux d'impôt réduits et des timbres particuliers distincts de ceux de France).
Élément importé esclave
- Conversion des esclaves, obéissance, travaux très durs, et risques de mauvais traitements.
- Révoltes, ou fuites vers des régions inaccessibles ("nègres marrons", en Guyane, à la Réunion ou en Amérique centrale).
- Les esclaves ont néanmoins, eux aussi, participé à la colonisation. Certes, ils l'ont fait sous la contrainte, mais cela a aussi été le cas de nombreux colons blancs, à l'origine prisonniers de droit commun, (convicts), qui ont colonisé des pays comme l'Australie et la Nouvelle Zélande.
- Aux États-Unis, des esclaves libérés par la guerre de sécession ont ensuite participé aux guerres indiennes.
- Tentatives de limitation par la métropole des abus des maîtres d'esclaves: Le « Code Noir », souvent présenté comme un monument d'abus, aurait été mis en vigueur par le gouvernement de la métropole, pour limiter les abus des planteurs. Au delà de cette vision, le « Code Noir » reste surtout le livre qui permit de rendre l'esclavage légal, lui donnant une réalité juridique, celle d'un meuble.
Elément importé non colonisateur
- Les originaires de pays autres que les métropoles ont profité de la colonisation pour venir se mêler à la population colonisatrice et s'associer à ses actions (Par exemple, immigrants espagnols et maltais en Algérie française libanais en Afrique noire, ou Indiens d'Asie à l'Ile Maurice).
- Leur présence a parfois contribué à accentuer le particularisme des colons vis à vis de la métropole.
Elément colonisé
- L'élément colonisé est soumis à l'assujettissement (parfois dissimulé, en un premier temps, sous l'apparence d'un protectorat, comme ce fut le cas des Bacongo, dont le souverain Makoko s'était placé, à l'instigation de Savorgnan de Brazza, sous la protection de la France).
- L'assujettissement se traduit:
- Pour les ethnies indigènes majoritaires, par la perte de la direction de leurs affaires au profit des éléments colonisateurs (cas le plus général)
- Pour les ethnies minoritaires par l'obtention, grâce à la colonisation, de l'égalité avec les autres indigènes: Ce fut, par exemple, le cas des juifs d'Algérie, les plus anciens occupants du pays, qui ayant été traités en sujets de seconde zone (Dhimmis), depuis la conquête musulmane du et jusqu'à la colonisation (pogrom d'Alger en 1805, expulsions d'Alger par le Dey turc et pillage par la population maure en 1830), ont accueilli les Français en libérateurs.
- Pour les ethnies menacées d'élimination, par leur survie, comme ce fut le cas pour les Khmers, sauvés par la conquête française, à la fois de l'extermination par les Vietnamiens (déjà pratiquée par ceux-ci en Cochinchine khmère, avant la venue des Français) et de l'annexion par les Siamois.
Différentes tendances de la colonisation
Tendance à l'assujettissement
Selon cette tendance, la colonie est totalement subordonnée à la métropole et n'existe que pour la satisfaction des besoins de cette dernière. L'assujettissement revêt un double aspect, économique et politique.
Assujettissement économique
- L'assujettissement économique se traduit par le développement du secteur primaire (Plantations, industries extractives), les industries de transformation étant réservées à la métropole.
- L'assujettissement économique se traduit aussi par le « Privilège de l'exclusif » en faveur de la métropole, soit:
- Vente exclusive des matières premières à la métropole;
- Achat exclusif des produits manufacturés métropolitains;
- Recours exclusif au fret métropolitain (Transport exclusif des productions locales, par les vaisseaux de la métropole).
A noter que le privilège de l'exclusif frappe toute la colonie, tant l'élément colonisateur que la population indigène.
Assujettissement politique
Cette forme de domination ne frappe que les indigènes qui sont des sujets, alors que les colonisateurs, citoyens de la métropole, disposent de droits individuels beaucoup plus étendus.
Mais du moins les colonisateurs ont-ils supprimé vers le milieu du XIXème siècle l'esclavage, très répandu dans leurs colonies islamiques et africaines avant leur colonisation. Malheureusement, dans la pratique, cette suppression officielle par la loi n'a jamais pu y être complètement obtenue, et on le voit aujourd'hui renaître au Soudan.
Tendance à l'assimilation
Principe
- Cette tendance a été prédominante dans les colonies françaises, sous la Révolution. Elle consiste à attribuer aux indigènes la « citoyenneté », c’est-à-dire les mêmes droits (vote) et devoirs (armée) qu'aux habitants de la métropole. Cette politique fut appliquée à Gorée et Saint-Louis du Sénégal. Mais ensuite, pour les pays postérieurement colonisés par la France, l'assujettissement est devenu la règle. Après quoi une lente évolution vers l'assimilation s'est à nouveau produite jusqu'en 1956.
- L'exemple en avait été donné par l'Empire romain qui avait progressivement étendu la citoyenneté romaine à certaines de ses provinces, jusqu'à ce que l'édit de Caracalla ait attribué, en 212, cette citoyenneté à tous les hommes et femmes libres de l'Empire. L'un des prix de l'assimilation est la possibilité pour les descendants de colonisés de s'élever aux plus hauts rangs de l'État. C'est ainsi qu'un Carthaginois de Syrta Magna, Septime Sévère, devint empereur à Rome.
Cas de l'Algérie
- En ce qui concerne les colonies françaises, les indigènes d'Algérie ont d'abord tous été sujets, avec leurs statuts civils particuliers, coranique pour les musulmans, et mosaïque pour les juifs, et leurs tribunaux religieux propres. Puis, en 1865, un sénatus-consulte a permis à tous les indigènes qui le désireraient de devenir citoyens français, à condition d'abandonner leur statut civil particulier (polygamie, etc.), et d'adopter le statut civil de droit commun laïque.
- Mais, dès 1830, les indigènes juifs, avaient accueilli en libérateurs les soldats français, dont la venue avait mis fin à leurs persécutions (pogroms, pillages), ainsi qu'à leur statut dégradant de « dhimmis » dans ce pays où ils étaient présents bien avant la conquête Arabe. Par la suite, ils avaient adopté la culture française.
- C'est pourquoi, ils reçurent, en 1870, la qualité de citoyens par le décret Crémieux du gouvernement de Défense nationale. En contrepartie, leur statut civil religieux particulier fut supprimé d'office, et, bien entendu, ils furent soumis aux mêmes devoirs que les autres citoyens français (impôts, service militaire).
- Cette première mesure décolonisatrice fut critiquée sans trêve par les colonialistes, très hostiles à l'assimilation des Indigènes, et ce jusqu'à la fin de l'Algérie Française
- Mais la réforme n'avait pu alors être étendue aux musulmans qui, peu portés à distinguer le sacré du profane, n'auraient pas voulu changer leur statut civil coranique contre un statut civil laïque, et se seraient révoltés si on leur avait imposé le même traitement qu'aux juifs, dont on avait supprimé d'office le statut civil religieux. Toutefois il ne tenait qu'aux musulmans de devenir individuellement citoyens, en application du sénatus-consulte de 1865, en adhérant volontairement au statut civil de droit commun. Très peu firent cette démarche.
- Aussi, après la Guerre de 1914-18, plusieurs grands patriotes algériens, comme l'Emir Khaled, petit-fils d'Abd El Kader, puis Ferhat Abbas, appuyés notamment par les notables français de religion juive, ont revendiqué, mais en vain, la citoyenneté française, c’est-à-dire l'égalité, pour les musulmans algériens, sans abandon de leur statut civil propre. Les lobbies de la colonisation se dressèrent alors contre eux.
- Pourtant, en 1936, le gouvernement de Front populaire proposa une mesure d'assimilation partielle limitée en faveur des musulmans : le projet Blum-Violette. Selon ce projet, les indigènes, titulaires d'une citation militaire, ou d'un diplôme français, tel que le certificat d'études, soit quelque 25000 individus sur 6 millions, seraient devenus citoyens sans renonciation à leur statut. Les colonialistes et leurs accusations firent alors reculer le gouvernement devant cette mesure en réalité insuffisante.
- En 1940, le gouvernement du Maréchal Pétain (voir Régime de Vichy) donna satisfaction aux colonialistes en abrogeant rétroactivement le décret Crémieux et en retirant leur citoyenneté française aux juifs d'Algérie, sans tenir compte du sang qu'ils avaient versé pour la France depuis 1870. Quant aux musulmans algériens, il ne fit rien pour eux.
- Aussi, après le débarquement allié (voir Opération Torch), quant le retrait de citoyenneté infligé aux juifs algériens fut maintenu par Darlan et Giraud (voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43)), Ferhat Abbas estima que cette assimilation, qui pouvait être retirée par un simple décret, était sans avenir. Aussi opta t'il, en 1943, pour l'autonomie interne, en publiant son « Manifeste du Peuple algérien » (dans les arguments duquel, il cita le retrait du décret Crémieux, parmi les raisons qui l'avaient fait renoncer à revendiquer la citoyenneté française).
Par la suite, en 1943,le Comité français de la Libération nationale présidé par le général de Gaulle rétablit le décret Crémieux.
- Puis, il prit, le 7 mars 1944, une ordonnance reprenant les dispositions du projet Blum-Violette, en faveur des musulmans.
Cette mesure d'assimilation pourtant timide, fut alors attaquée par les journaux colonialistes locaux. l'un d'eux, l'Echo d'Alger, titra alors en grands caractères « Alger n'est pas Paris », montrant que les colonialistes n'avaient toujours pas compris que la condition essentielle du maintien de « l'Algérie Française » était l'accession de tous ses habitants à la citoyenneté française.
Tendance à l'Autonomie
Dominions
- C'est la Grande Bretagne, qui, la première, a appliqué cette technique dans ses colonies du Nouveau Monde. Lorsque les premiers immigrants y formaient une colonie, ils s'y organisaient d'eux-mêmes, et associaient leurs efforts pour se protéger des périls extérieurs. Ils s’y dotaient même parfois d'une constitution. Le Roi suivait généralement le mouvement et l'encadrait en nommant un gouverneur et en y envoyant quelques troupes. Mais ce gouverneur était entouré d'un conseil représentatif élu par les habitants, dès le , alors que dans les colonies françaises, le Conseil colonial qui assistait le gouverneur allait être composé de fonctionnaires nommés, jusqu'au .
- L'ennui fut que, par la suite, ces colons américains, habitués au self-government, ne se laissèrent pas imposer n'importe quelle mesure par la métropole, ce qui conduisit leurs treize plus anciennes colonies d'Amérique vers l'indépendance.
- Les Anglais tinrent compte de cette évolution, et, dans toutes leurs colonies peuplées d'immigrés britanniques ou français, ils firent évoluer progressivement et pacifiquement l'administration locale vers une autonomie sans cesse plus accentuée. Ce fut le cas pour le Canada, puis pour l'Australie et la Nouvelle Zélande qui accédèrent à l'indépendance vers la fin des années 1920.
Protectorats
- Par ailleurs les Anglais administraient, notamment aux Indes et dans le Golfe persique, des Etats natifs, sous la forme du protectorat. Les pays protégés restaient souverains et conservaient leurs institutions traditionnelles (monarques, drapeaux, administrations locales et même armées, encadrées de préférence par quelques officiers anglais). Mais auprès de chaque souverain était nommé un résident britannique qui siégeait aux conseils du gouvernement local. Quant à la souveraineté de l'Etat protégé, elle était exercée sur le plan international par le pays protecteur.
- L'amour propre national des indigènes était donc mieux satisfait dans ces colonies d'exploitation britanniques que dans les françaises où se succédèrent l'assujettissement et l'assimilation.
- Les Français employèrent aussi la technique du protectorat en Afrique du Nord (Tunisie et Maroc), où la France était représentée par des Résidents généraux, ainsi qu'en Indochine (Tonkin, Annam, Cambodge et Laos) où, sous l'autorité d'un Gouverneur général, les trois Etats protégés étaient dirigés par des Résidents supérieurs, tandis que la colonie de Cochinchine l'était par un gouverneur.
La technique du protectorat a fait que, dans la pratique, les indigènes ont participé à l'administration de leurs pays, et qu'ainsi, ces pays ont disposé, à la fin de la colonisation, de cadres avertis, prêts à prendre en main leur destin.
Voir aussi
- Colonialisme
- Sur les processus coloniaux :
- décolonisation
- protectorat
- exposition coloniale
- Sur les empires coloniaux :
- l'empire colonial français et les colonies françaises
- Françafrique
- Empire colonial néerlandais
- Empire colonial portugais
- Empire colonial britannique
- Empire colonial espagnol
- Empire colonial italien
- Empire colonial belge
- Empire colonial allemand
- Empire colonial danois
- Empire colonial suédois
- Divers :
- Supplément au voyage de Bougainville, une critique de la colonisation par Denis Diderot
- Marianne et les colonies, une introduction à l'histoire coloniale de la France de Gilles Manceron | | |