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| Connaissance |
Connaissance ko:지식 ja:知識 simple:Knowledge th:ความรู้
Le mot "connaissance" a plusieurs acceptions :
:: - populaire :
:: - une "connaissance", ou personne connue dans son entourage,
:: - "avoir connaissance", "prendre connaissance", être informé de l'existence d'un objet
:: - courante : objets de culture au sens large, patrimoine culturel personnel d'un individu
:: - philosophique : le précepte socratique "connais-toi toi-même" complète la définition classique de la philosophie, comme "amour de la sagesse". La connaissance d'objets trouve sa formule la plus accomplie dans la science, dont la méthodologie est définie par l'épistémologie. La connaissance scolastique se distingue par ailleurs de l'expérience ou de la démarche personnelle, qui sont des modes de connaissance discursifs.
Introduction
Le concept de connaissance renvoie à la capacité de disposer d'une représentation mentale d'une réalité plus ou moins bien circonscrite, soit simplement informative, soit intégrant des modèles de compréhension ou de comportement plus ou moins élaborés. On peut dire qu'il y a connaissance lorsqu'on dispose face à un objet ou à une situation, de concepts pertinents et d'un minimum d'éléments sur les valeurs des grandeurs en cause ou sur leurs relations. Toute connaissance d'un objet au sens le plus large du terme implique ainsi de disposer de descripteurs, de valeurs et de relations, et va dans le sens d'une théorisation, qui tend à être partagée, soit par un groupe social, par la société toute entière. Toute perception conduit en puissance à l'idée de connaissance: on peut aussi bien parler de la connaissance du système des planètes que de la connaissance des sentiments amoureux.
Types et théories de la connaissance
Dans le domaine de la philosophie, la connaissance est un acte de la pensée qui saisit un objet par les sens ou non, avec une implication plus ou moins grande du sujet de la connaissance.
M. Polanyi a distingué deux types de connaissances : les connaissances tacites et les connaissances explicites. Les connaissances explicites sont celles issues de l'observation empirique et qui sont verbalisables alors que les connaissances tacites sont difficiles à exprimer et relèvent d'avantage de l'intuition ou du savoir-faire.
Les théories de la connaissance, qui répondent à nos interrogations sur le cognitif, et la philosophie qui s’y rattache ont été nombreuses et évolutives. Les philosophes considérèrent successivement que l’apprentissage et la construction des lois universelles , peuvent se bâtir par les sens, comme le prescrivit Aristote en opposition avec Platon. Platon oppose à la connaissance, la doxa : opinion que l'on a sur les choses.
Le rationalisme cartésien fit place à la raison. Enfin Kant prône l’expérience.
Auguste Comte, lui, par sa classification positiviste, abandonnait la recherche de la nature des choses, pour se tourner vers les relations invariables qu’elles peuvent entretenir entre elles , en posant le principe de la réductibilité ou de la non réductibilité des phénomènes à un phénomène de rang inférieur dans la hiérarchie de la complexité.
Connaissance(s) et société(s)
La société comme communauté de connaissances
La Connaissance, au singulier et avec majuscule, a un parfum d'académisme qui renvoie à la question sociale qui se profile derrière elle.
Y a-t-il une Connaissance, comme une sorte de Corpus des savoirs reconnus et acceptés, ceux que l'on enseigne à l'école ? Y a-t-il des connaissances, une nébuleuse de savoirs plus informelle, moins officielle, moins « avérée », mais aussi plus étendue ? Y a-t-il une bonne et une mauvaise Connaissance ?
Par ailleurs, quand on pose la question d'un savoir partagé, d'un savoir social, il importe de définir par qui il est partagé et quelles sont éventuellement les limites de ce partage social.
Si l'on peut dire que le langage est ce qui fait l'homme et ce qui le distingue de l'animal (les expressions faciales, les mimiques, le sourire… pouvant être considérés comme un proto-langage que le chimpanzé, notre plus proche « cousin », partage assez bien avec nous), c'est aussi qu'il a grandement contribué à permettre l'élaboration des connaissances et leur partage entre les êtres humains.
Une société humaine peut donc être assimilée à un grand organisme connaissant qui met en commun les expériences de ses individus par le biais du langage qui défie à la fois l'espace et le temps : il permet la transmission de connaissances et d'expériences d'individus éloignés dans l'espace ou dans le temps.
Et par ce biais, il permet sa « capitalisation ».
Les connaissances sont indéniablement pour le petit d'homme un acquis qui lui est en grande partie transmis, comme héritage commun d'un groupe social, et constitue une somme d'expériences qui ne remplacera certes jamais celles de l'individu mais se combineront à elles efficacement et seront à même de les démultiplier.
Les briques des connaissances nouvelles viennent s'ajouter à l'édifice patiemment construit…
Toutefois ce bel ordre de choses connaît d'autres « règles » qui font notamment que dans les sociétés humaines la connaissance ne progresse, ni ne circule librement.
Quelles sont ces « règles » ?
Valeur de la connaissance
On parle aujourd'hui d'économie de la connaissance et on décrit notre société comme caractérisée par le développement de cette économie.
Toutefois, il semble que toute l'histoire de l'humanité puisse être décrite comme une accumulation de connaissances et d'expériences et la mondialisation actuelle, dont l'internet est sans doute dans ce domaine l'élément le plus important, est essentiellement un accroissement des échanges de ces connaissances.
La question de l'économie qui lui est liée pourrait paraître secondaire si l'on n'était obligé de reconnaître la valeur de la connaissance qui en fait un bien marchand, et peut-être aujourd'hui l'un des premiers.
Mais on peut postuler que de tout temps la connaissance a eu de la valeur pour les hommes, bien avant le développement de sociétés marchandes.
Et les nombreux mythes et paraboles philosophiques qui établissent un parallèle entre un trésor et un savoir sont là pour nous le rappeler. La valeur monétaire n'est qu'une mesure. L'or un symbole. La vraie valeur est dans le savoir lui-même. C'est en particulier vrai lorsqu'il s'agit de la propre connaissance de soi, le prefectionnement de l'homme par lui-même et c'est le sens le plus probable des quêtes « philosophales » des alchimistes ou des chevaliers du Graal.
Cette question de la valeur de la connaissance est donc une première « règle ». Elle nous apparaît à nous d'autant plus évidente que nous avons mis en place des systèmes de protection de celle-ci : droits d'auteurs, brevets, copyrights... Ils en sont la traduction dans une société marchande. Mais ils ne doivent pas nous faire oublier ce qu'est la valeur intrinsèque, l'utilité...
Quittons cette fois le domaine philosophique pour revenir à la société et aux connaissances plus « pratiques » du domaine des sciences et des techniques. Pour fabriquer un outil, chasser, coudre des peaux ensemble... il a fallu expérimenter, essayer, recommencer, apprendre. Le fruit de ces expériences est la connaissance, le savoir, le savoir-faire... Mais encore avant cela, une des premières connaissances, et des plus utiles, a certainement été la connaissance par l'homme de son environnement. À telle point que la question reste posée des relations entre l'inné et l'acquis, entre d'une part les instincts, et de façon plus large les « connaissances » inscrites dans l'être biologique (sans doute par le biais des mécanismes de l'évolution), et d'autre part les savoirs transmis et appris. Avons-nous d'instinct peur du loup ? Cette connaissance-ci, essentielle, conditionne donc la survie de l'homme, sa capacité à se nourrir, à s'abriter, à éviter les pièges de la nature, les animaux dangereux, les plantes empoisonnées...
Il est donc peu utile d'insister encore sur la valeur de la connaissance même en dehors de tout système marchand.
La connaissance comme avantage et pouvoir
La deuxième « règle », corrolaire de la première, et non moins importante c'est que, par conséquent, la connaissance constitue un avantage. Il peut rapidement en dériver un pouvoir réservé aux groupes ou personnes ayant seuls l'accès à certaines connaissances.
Là encore, nos sociétés techniciennes en font la pleine démonstration. Mais on peut penser que même les savoirs les plus simples peuvent donner lieu à l'expression d'un pouvoir.
Pour que cela soit, il suffit que la connaissance ne circule pas librement entre tous, soit qu'elle ne puisse pas, soit qu'on l'en empêche...
Sans doute les « pouvoirs magiques » apparaissent tels à ceux qui n'en partagent pas la connaissance mais sans doute aussi le pouvoir sur les autres que leur possession confère pousse à ce qu'ils soient « jalousement gardés » et qu'ils restent « magiques » le plus possible. C'est du moins une interprétation possible.
Sans préjuger qu'il ne puisse y en avoir d'autre, c'est le modèle qui a prévalu dans nos sociétés occidentales, en particulier sous l'influence du christianisme. Mais celui-ci n'a certainement fait que reprendre des situations pré-existantes, et on sait le pouvoir des druides dans la société celte, et des chamanes dans d'autres régions du monde.
L'expression finale de cette organisation sociale est l'"alliance sacrée" entre la connaissance et la force physique, celle du druide et du chef guerrier, celle de Clovis qui se fait baptiser par la puissante église chrétienne.
La connaissance est donc un enjeu de pouvoir.
Partager et transmettre la connaissance obéit donc à cette règle. Non seulement il peut ne pas apparaître opportun de le faire avec tous, pour conserver l'avantage qui assure un pouvoir, mais sa transmission à certains seulement peut devenir le moyen de maintenir ou d'accroitre cet avantage.
On peut y voir l'origine des groupes sociaux et des classes, dans les sociétés traditionnelles, comme dans les sociétés industrielles.
Connaissance et démocratie
On comprend donc l'enjeu qu'a pu constitué, et constitue toujours, la connaissance et son partage, par le biais de l'éducation et des systèmes scolaires, pour l'évolution démocratique des sociétés modernes. Il est d'ailleurs multiple dans la mesure où l'ambition démocratique peut à la fois nécessiter un niveau suffisant d' « instruction » des citoyens pour qu'ils soient à même de débattre du projet politique commun et une « égalité des chances » qui est censée passer par l'égalité de l'accès au savoir, et elle en est effectivement sans aucun doute le préalable.
Mais la connaissance n'est pas un corpus figé à un moment donné. Nous savons bien à nos dépends qu'il est nécessaire d'actualiser régulièrement ses connaissances dans un monde où les savoirs évoluent rapidement. Dans le monde du travail, cela fait la part belle à la formation continue. Mais il y a de nombreuses formes et source de remise en question des connaissances. Et d'abord, l'idée que tout est discutable, et la quasi disparition de l'autorité du "savant" par la mise à disposition du plus grand nombre d'informations autrefois réservées à un petit groupe privilégié.
L'internet est indéniablement la source principale de cette révolution dans l'accès à la connaissance. Certes, des barrières restent. D'autres, notamment commerciales, se mettent en place (copyright, droits d'auteurs etc.). Mais à côté, se développent des projets ouverts, visant au partage le plus large possible de la connaissance : éléments libres de droit ou en diffusion autorisée sous certaines conditions... Le projet de Wikipedia rentre dans cette catégorie et participe également de l'idée que l'enrichissement des connaissancs n'est pas l'apanage d'un groupe autorisé et bien défini ( experts, professeurs d'Université, chercheurs...).
Outre l'accès à la connaissance, en position de consommateur, le projet démocratique sollicite également le droit pour tout un chacun d'apporter sa pierre à l'édifice, sa vision propre. C'est évidemment, d'un certain côté, le triomphe de l'individu. Mais les règles, qui seules autorisent le fonctionnement de cette connaissance partagée, en fondent aussi la dimension collective.
Il est probable que nous ayions à redéfinir notre vision de la connaissance, de sa production et de son partage dans les sociétés démocratiques et que cela puisse même être le fondement d'une nouvelle démocratie, plus aboutie, où chaque citoyen ait accès à la parole pour construire le projet social.
Voir aussi
Savoir | Concept | économie de la connaissance | Métaphysique | Perception | Sagesse | Science | Biais cognitif
Catégorie:Philosophie Catégorie:Théorie de la connaissance
Représentation
Une représentation est
- soit une forme de traduction de la pensée par des relations de correspondance : concepts, images, règles, etc.
- soit la traduction par des signes (ou avec des réseaux de signes) d'une réalité physique ou conceptuelle. La représentation d'un concept peut également devenir symbolique.
- soit le mandat donné par une institution ou une personne, à une autre institution ou personne, d'assurer certaines missions.
- en mathématiques, une fonction définie sur un groupe et à valeurs dans un espace d'applications linéaires (voir théorie de la représentation).
En philosophie
Dans un sens général, la représentation peut être définie comme l’idée incomplète et provisoire de ce qui est la vérité sur un objet donné. La représentation reprend l’idée de connaissance selon le mythe de la caverne de Platon, pour mettre en question la validité des paradigmes de la science moderne. Le concept de représentation est essentiel chez Schopenhauer, qui en cela suit et développe Kant.
La psychologie cognitive, et les neurosciences, étudient des représentations mentales, globales ou modulaires, et symboliques ou non.
Dans la théorie freudienne, la représentation est l'une des deux composantes de la pulsion. Il s'agit du « contenu concret d'un acte de pensée » — par opposition à l'affect, la dimension affective - donc qualitative - de la pulsion, à la base quantitative.
La pulsion, concept limite entre le psychique et le somatique, a donc un représentant psychique.
La représentation est souvent employée comme telle, mais deux types de représentations se distinguent : la représentation de chose, et la représentation de mot, concepts qui seront repris par Jacques Lacan en signifiant et signifié.
En psychologie sociale
Les représentations sociales, un concept essentiel de la psychologie sociale, sont des images de la réalité collective imposées à l'individu par la société.
En sociologie
La représentation est aussi un concept clé de la pensée hégelienne et, partant, de la pensée marxiste :
- dans son sens civique (les citoyens aliénant, dans la démocratie, leur puissance au profit d'un représentant)
- dans son sens philosophique (la représentation étant ce qui permet au donné d'être réflechi, et donc, d'être médiatisé pour parvenir à la conscience humaine).
En art
C'est le moyen technique utilisé par l'artiste pour s'exprimer. Elle illustre souvent des symboles et des idées synthétiques. Ce peut-être aussi une réalité revue et traduite par l'artiste, malhabile, maladroit mais authentique. Une œuvre a une valeur plus élevé que la simple représentation.
En droit
L'article 1984 du Code civil français dispose que "Le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom. Le contrat ne se forme que par l'acceptation du mandataire.". La représentation est ainsi un contrat passé entre un[mandant et un mandataire.
Par ailleurs le "droit de représentation" d'une œuvre artistique ou littéraire (voir ci-dessous "au spectacle") est une composante du droit d'auteur. Aucune œuvre ne peut être représentée en public sans son autorisation.
En politique
C'est le fait dans un système de démocratie indirecte, que les citoyens ne décident pas directement des choses publiques, mais confie ce pouvoir à des représentants élus.
En commerce
C'est le fait pour une entreprise de confier à des personnes internes ou externes le contact avec la clientèle actuelle et potentielle pour négocier les ventes et assurer certaines tâches connexes à la vente.
Au spectacle
Dans le monde du théatre, cirque, opéra, music-hall, une représentation est une séance ouverte aux spectateurs et réalisée par un artiste ou une troupe d'artistes.
En mathématiques
théorie de la représentation
PenséeAu sens large, la pensée est l'activité psychique dans son ensemble, par exemple dans la philosophie classique, tout ce que l'âme éprouve connaissance ou sentiment, etc.
D'une manière plus restreinte, la pensée désigne l'activité réfléchie de la raison qui organise un ensemble d'intuitions ; la pensée est ainsi un art de connaître par le moyen de règles logiques et de concepts.
- Les pensées sont aussi des plantes de la familles des Violacées.
La pensée humaine selon l'hypothèse matérialiste
Pour comprendre le point de vue matérialiste de cette thèse lire tout d'abord l'article Matérialisme et compléter celui-ci par l'article Conscience.
Tout ce que est dit dans cette thèse est fait avec les précautions d'usages des scientifiques, les affirmations sont pour éviter les conditionnels alambiqués.
Postulat de base
Les mécanismes de la pensée ne nous apparaissent qu'au travers des « sensations » (colorées, sonores, gustatives, olfactives, somesthésiques, kinesthésiques.).
Aucun phénomène ne nous apparaît hors des sensations.
Mise en garde
On est obligé pour définir simplement la pensée chez un être humain d'utiliser des formulations floues qui conviennent mal. Par exemple si on dit que la pensée est l'ensemble des phénomènes qui se produisent dans notre corps et dont nous sommes conscients, cela semble faire de la conscience un processus qui n'appartient pas à la pensée, or elle en fait partie. Si on dit aussi que la pensée gère les sensations, c'est créer également une dualité qui n'existe pas, et cela semble exclure les sensations de la pensée, ce qui n'est pas le cas non plus. La meilleure façon d'étudier la pensée c'est de tenter de décrire toutes ses composantes et leurs relations, mais sans opposer le terme « pensée » à ses composantes dans la description, en disant par exemple que « la pensée est le résultat de la composition des fonctions W, X, Y, Z, etc. ». La pensée est un terme générique, c'est une notion inventée par les humains avant qu'ils n'en comprennent à peu près les mécanismes. Et ce n'est pas encore tout à fait le cas, mais les recherches avancent... Voir aussi séparabilité.
Les composantes de la pensée
Il faut avant tout nommer toutes ces composantes, mais comment ne rien oublier? On citera donc les plus importantes, c.a.d. les plus reconnues, et les plus générales dans un ordre aléatoire: perception, proprioception, sensation, mémoire, classification, conscience, apprentissage, évocation, signification, langage, émotion, inconscient, activité motrice. (La liste n'est pas exhaustive.)
Voir les articles Mémoire, Classification, Conscience, Apprentissage, Langage
Perception
Tous les animaux (donc les hommes) perçoivent par les interactions qui se produisent entre le monde extérieur et le corps. Il n'y a pas de connaissance directe du monde extérieur, tout passe par ces interactions.
La perception ne devrait pas être confondue avec la sensation provoquée par les activités de perception.
Proprioception
Il s'agit d'une perception particulière de notre corps par lui même. Des capteurs ont leur état modifié lorsque nos muscles sont activés, et par corrélations avec nos autres perceptions nous apprenons à situer les éléments de notre corps les uns par rapport aux autres. Cette proprioception est en activité continue. Elle est de ce fait un élément important de la reconstruction constante de l'objet mental « Soi ».
La proprioception ne devrait pas être confondue avec la sensation provoquée par les activités proprioceptrices. Il faudrait parler de sensation de la proprioception.
Sensation
C'est le résultat subjectif des perceptions, due à la traduction par le corps de ce qui est perçu en des phénomènes dont nous pouvons être conscient. Nous ne sommes conscient que de sensations. Il n'y a aucune preuve qu'un être humain ait les mêmes sensations qu'un autre. Nous le supposons uniquement par consensus.
Quelques éléments qui laissent supposer que les mécanismes des Sensations ne sont pas inaccessibles à notre compréhension, et bases de recherche:
Ne pas supposer, a priori, qu’il est impossible de comprendre quoi que ce soit, et donc les sensations.
Un mécanisme est l’expression d’un algorithme. Il est inimaginable que les sensations ne soient pas des mécanismes. Donc l’algorithme doit être trouvable.
Les sensations semblent ne pas dépendre les unes des autres, quoiqu’elles soient souvent corrélées (un sourd de naissance perçoit des sensations colorées).
Nos relations avec le monde sont interactives.
Chez un individu les sensations diffèrent selon le mode opératoire de la « saisie » du monde extérieur (la vision diffère du son, etc.).
Les sensations sont des erreurs de représentation du monde réel. Elles ne décrivent pas la réalité.
Nous ressentons par le système « capteurs/réseaux neuronaux/muscles » dont la structure n’est pas semblable à la représentation du monde qui s’en déduit.
Les sensations colorées dépendent des types de récepteurs et de la quantité de lumière reçue, et probablement du système musculaire optique.
Les nuances de couleurs, malgré uniquement 4 types de récepteurs, impliquent la sommation, donc l’utilisation des réseaux neuronaux. Le blanc résulte d’une sommation. Ce qui confirme que la sensation colorée passe par les réseaux neuronaux.
Quelle différence y a-t-il entre la sensation colorée et la sensation optique de mouvement ?
Le mouvement semble s’appliquer directement aux autres types de perception, mais pas la couleur.
La sensation rétinienne de mouvement est corrélée avec le système optique musculaire de mouvement.
La sensation colorée ne semble pas avoir besoin d’apprentissage, c’est-à-dire de corrélation avec d’autres types de perception. Pourtant la relation avec la sensation rétinienne de mouvement est obligatoire, puisqu’ils partent tous les deux de la rétine.
La reconnaissance des couleurs dépend des apprentissages, elle est fortement corrélée avec la dénomination. Les sensations pourraient-elles être des apprentissages primaires?
La sensation fait-elle intervenir la mémoire à court terme? Quand j’écoute de la musique, j’ai l’impression d’avoir toujours en tête une ou deux secondes de ce que je viens d’entendre. Comme si j’avais en tête un « segment » de musique, un lézard musical constamment en train de renouveler sa tête et de perdre sa queue. Cela ressemble à la rémanence visuelle.
'Explications possibles de la provenance des sensations'
Les sensations pourraient être dues aux différences entre les structures de l’espace réel et de l'univers mental.
Elles pourraient être aussi le résultat de l'interface entre ces deux mondes, le mental et le réel (au niveau des objets mentaux).
Puisque tout est interactif les sensations ne sont peut-être rien d'autre que les interactions entre notre corps (activités motrices constantes) et le monde extérieur (au niveau de la perception).
Ou bien encore, le résultat de l'activité récursive continue depuis notre naissance jusqu'à notre mort, avec amplification constante des détails de notre univers mental.
Mémoire
La mémoire est le stockage d'une information sous forme de réseau de neurones. Une information ne peut exister seule pour qu'il y ait mémoire. Pour cela l'information doit faire référence à une autre information de même type qu'elle. La mémoire nécessite pour être stockée une structure malléable au départ, et plus ou moins rigide après stockage afin de permettre l'évolution ou non. Sans évolution il n'y a pas de mémoire complexe, sans rigidité il n'y a pas de fiabilité. Cela signifie que tout au long de notre vie nous avons besoin de la malléabilité, et que si cette malléabilité est présente nous pouvons apprendre.
Tout nécessite la mémoire: De l'information simple, comme une couleur, une forme ou un son, à l'information complexe, comme un geste, une action ou un évènement qui mettent en œuvre la durée. La mémoire est également nécessaire pour stocker les différentes formes de traitements de l'information, jusqu'aux plus complexes de la « pensée » humaine.
La mémoire humaine et animale n'est pas comme la mémoire d'un ordinateur, pouvant par exemple circuler du disque dur vers la mémoire vive. C'est-à-dire qu'elle ne transite pas d'une zone du cerveau vers une autre. Elle est seulement activée ou non, et de ce fait elle est renforcée ou non. L'avantage de ce principe est la rapidité d'exécution bien que l'influx nerveux circule un million à dix millions de fois moins vite que l'électron.
La mémoire à long terme est un stockage renforcé des objets mentaux. (Voir objets mentaux plus bas.)
La mémoire à court terme est l'utilisation provisoire que l'objet mental « Soi » fait de la mémoire à long terme.
Classification
Notre cerveau classe naturellement ce qui provient de l'extérieur, les objets perçus, les actions et les évènements, ainsi que les propres activités de notre corps.
Objets mentaux: Nous percevons des objets provenant de l'extérieur. Notre système nerveux classe par renforcement. Une information déjà perçue n'est pas stockée à nouveau, mais le réseau de neurones qui la représente est simplement renforcé. Le système nerveux extrait l'objet du fond du champ mental global par une sorte d'intersection mathématique. Les objets perçus dans des conditions différentes sont sensiblement identiques à eux-mêmes alors que le fond change, donc les réseaux qui les concernent sont renforcés, alors que le reste qui diffère ne l'est pas.
« Soi » est l'objet le plus important de notre univers mental et qui se met en place selon le même principe. Tout ce qui est stocké dans le système nerveux a une même structure, et donc on peut donner le terme générique d'objet mental aux circuits de neurones qui sont renforcés, donc pouvant être considérés comme mémoire, aussi bien des couleurs ou des formes que des actions ou des évènements, ou même nos propres automatismes, ou évocations, et même nos émotions. (Pour plus de précision sur les objets mentaux voir l'article Wikipédia « Conscience »)..
Conscience
La conscience est la relation provisoire qui s'établit entre « Soi » et un objet mental. Ce n'est rien de plus qu'une focalisation prolongée interne entre « Soi » et cet autre objet quel qu'il soit, qui peut d'ailleurs être une partie de « Soi ». C'est un début d'intégration à « Soi » de cet objet. (Pour plus de précision voir l'article Wikipédia « Conscience »).
Apprentissage
Ce terme a une très forte connotation sociale. Mais ce n'est rien de plus que l'utilisation que permettent tous les mécanismes de la mémoire citées au-dessus.
Pour réaliser une action, nous devons nous souvenir du geste précédent et simultanément nous souvenir du but à atteindre. Ce qui fait intervenir la mémoire à court terme.
Un élément important est l'apprentissage par auto-contrainte (ou auto-asservissement): c.a.d. que nous ne pouvons utiliser notre corps que selon des tolérances de fonctionnement, et que les amplitudes minimales et maximales sont enregistrées au moment ou nous les accomplissons (muscles, articulations, visions, etc.). Comme nos tolérances de fonctionnement varient au cours de la vie, les apprentissages sont souvent erronés et demandent à être réactualisés, en plus ou en moins.
Une des caractéristiques principales de l'être humain est la capacité d'apprendre à apprendre. Cette faculté n'est pas innée, c'est également un apprentissage. Elle provient du langage (acquis) qui peut-être considéré comme un phénomène quasi disjoint dans le système nerveux par ces significations (voir ce terme plus bas), et permettant à l'avance de décrire le geste futur. Cela demande le maintien des mots décrivant l'action future, ou leurs significations, dans la zone de mémoire à court terme, jusqu'à ce que l'action colle aux mots, et que les mots n'en deviennent qu'une description. Quand l'action sera passée les mots pourront toujours être répétés et resservir à une autre action de même type.
Décrire une action par un mot (un verbe) est un apprentissage. Faire l'inverse qui est d'accomplir l'action après l'avoir décrite par un mot est un apprentissage identique. Les deux sont des objets mentaux. Le mot prononcé provient d'une action, la phonation, au même titre que l'action qu'il décrit. Il n'y a pas plus de difficulté à apprendre dans un sens que dans l'autre. Les deux s'apprennent en créant des intersections de façon que les objets mentaux se distinguent au mieux du fond qui les parasitent. Ensuite il s'agit de les lier dans un sens ou l'autre (voir plus bas « langage »).
La « volonté » est un apprentissage de ce type. Il s'agit de conduire une action jusqu'à son terme. La volonté accomplie est l'équivalent d'une auto-prédiction.
Évocation
Toute idée personnelle, produite de façon interne et ayant un sens ou non, est le produit d'une évocation, et donc le sous-produit d'une perception. Une évocation est l'intégration de la représentation d'un objet mental au champ de perception dont il est issu. Ce qui lui donne son aspect incomplet mais dont on peut situer l'origine perceptive. On peut supposer qu’il doit y avoir des objets mixtes parmi les évocations, dont il est difficile de dire l’origine perceptive, mais qui laissent une impression relativement cohérente.
Quand le système nerveux produit ses propres activités plus ou moins intempestives, cela peut provoquer des acouphènes, des tics, des hallucinations, etc.. Et ce sont également des évocations.
Signification
Un objet mental ne peut pas être dissocié de ses significations. Ses significations sont lui, comme le sont sa couleur, ou sa forme.
Mais l'objet n'est pas constitué que de ses aspects visuel et tactile, il y a également tous les autres sens mis en jeu, dont les éléments résultants ne peuvent pas être extraits de l'objet comme s'ils n'en faisaient pas partie. Il en va de même pour tous les autres aspects de l'objet, comme son nom, son utilité et son contexte. En fait tout cela donne sa signification à l'objet. Cet objet est également constitué de ses propres dimensions qui elles-mêmes sont liées à la distance de l'objet par rapport à moi qui le perçoit, dimensions et distances appréhendées mentalement.
La signification d'un objet mental est l'ensemble des corrélations qui le constituent. En fait on devrait parler de la signification globale de l'objet, mais il vaut mieux parler d'objet mental étant tout cela simultanément. Cela n'empêchera pas chacun des constituants de l'objet (les différents éléments le concernant, couleur ou forme par exemple) de pouvoir appartenir à un autre objet également. L'objet sans signification ne peut pas exister. Et cela implique sa relation avec « Soi ».
Quant à l'objet « Soi » il ne peut pas exister sans univers mental, c'est-à-dire sans objet provisoire avec lequel il coexiste. Tout notre champ mental est ouvert, avec des informations déclenchées par des signaux provenant de toutes les perceptions ainsi que de signaux internes. Je peux être conscient de ce champ mental global, je peux être conscient d'un détail infime de ce champ. Je passe de l'un à l'autre sans problème. Le champ mental global peut être considéré comme un objet mental composé de milliards d'éléments. La différence entre « Soi » et les autres objets est la grande stabilité de « Soi » par rapport aux changements constants de notre univers mental que forment ces autres objets.
Langage
Le langage a pris modèle sur l'univers
L’Univers perçu est le modèle du langage (Hiéroglyphes - Idéogrammes). Il faut des corrélations entre les divers types de perceptions pour que le langage puisse s’établir, et bien sûr avec la capacité phonatoire. Le langage a dû s’initier en nommant les objets faisant du bruit. C’est-à-dire en imitant le bruit fait par l’objet. C’est une relation qui s'établit entre plusieurs types de perceptions qui sont captées simultanément ou consécutivement. Les humains également fabriquent des sons intempestivement, dont les babillages enfantins sont les précurseurs. Les onomatopées ont dû servir dans un premier temps à désigner les personnes qui les prononçaient, par association entre l'image et le son (principalement).
Pas de circulation de mots dans le cerveau
Le langage est un code entre humain, un système organisé, mais pas mieux organisé que le monde extérieur. Cette organisation se retrouve directement dans la perception. Il n'est pas utile que les objets mentaux soient mobiles dans le système nerveux, il suffit pour s'en apercevoir de considérer la position de deux arbres quand nous les observons de deux points de vue opposés. Les deux arbres ont changé de place sur notre « écran mental » sans que nous ayons eu à fournir un effort mental pour inverser leur position l'un par rapport à l'autre. Les deux arbres sont des objets mentaux. Si un mot était gravé sur chacun des troncs, les mots auraient changés de place avec les arbres et nous aurions ainsi une nouvelle signification puisque la disposition des mots s'est inversée (Exp.: Complexité de la relativité, et relativité de la complexité). Ce qui est le début de la construction d'une phrase. Ce qui est fait avec deux arbres peut l'être avec des objets plus réduits et en plus grande quantité. La nature est à la fois ordonnée et désordonnée, on retrouve ce principe dans les phrases.
Naissance de l'objet mental « phonème »
Quand un enfant babille il enchaîne des phonèmes sans queue ni tête, mais ce sont des phonèmes valides. Puisqu'il parle, il s'entend parler. Et cette écoute de soi provoque nécessairement des liaisons entre le système de phonation et d'audition. Le phonème prononcé est lié au phonème entendu. Il suffit que l'enfant ne répète pas les phonèmes dans le même ordre, pour que les phonèmes s'extraient du fond sonore (babillage et environnement) par intersection, comme on l'a vu pour tous les objets mentaux. Les phonèmes sont donc les objets mentaux de base du langage humain (et animal lorsqu'il peut en produire).
La pensée sous forme de mots
Le langage est un phénomène essentiellement musculaire, c'est une action, la phonation. La pensée verbalisée (un français pense en français) s'est mise en place parce que nous nous entendons parler, perception. Les mots pensés sont des objets mentaux dont la structure nerveuse provient des corrélations entre la phonation, l'audition, et la proprioception. (Voir article « Conscience »).
Signification des mots
Le mot est un objet mental en général associé à d’autres objets mentaux le plus souvent de type visuel. Le mot prend sa signification par l'ensemble des éléments avec lesquels il est corrélé. Le mot fait partie de la signification de l'ensemble. La signification totale d'un mot ou de n'importe quel objet mental fait intervenir l'ensemble des connaissances de l'individu. Pour le mettre en évidence il suffit de disserter à fond sur n'importe quel mot, et on remarquera que tous les sujets quels qu'ils soient se recouperont nécessairement (principe du dictionnaire, et évidence de l'interconnexion totale du système nerveux.)
Compréhension
La compréhension est personnelle, subjective, elle est une impression de compréhension. Il n'y a pas de compréhension dans l'absolu. La compréhension fait intervenir les significations qui sont nos propres objets mentaux acquis par nos apprentissages. Elle établit des liaisons entre diverses significations. La compréhension est comme une émotion, qu'est-elle lorsqu'elle n'est pas active? Rien, si ce n'est un schéma mémoriel de réseaux neuronaux. Et qu'est-ce que la compréhension active sinon une réponse par un état physique particulier de l'individu qui comprend. La compréhension est un apprentissage subjectif, lent, continu, qui ne laisse pas de trace précise du fait de la lenteur et la continuité. On n'a pas conscience de tous les mécanismes qui se manifestent lors de cette impression de compréhension, mais ils existent. De multiples liaisons sont établies, la chimie est active, et le corps s'en ressent, l'homéostasie se maintient sensiblement.
Les deux principes de bases de l'association des neurones sont la simultanéité et la successivité:
Les mots et les phrases sont issus d'une perception linéaire, contrairement à l'image visuelle qui est globale. L'image est renforcée par répétition dans les présents succesifs de la liaison simultanée de l'ensemble des éléments qui la constitue. C'est la simultanéité des liaisons entre tous les éléments de l'image qui fait une image cohérente. Le mot ou la phrase sont renforcés linéairement. Un mot sonore, encore moins une phrase, n'existe pas dans le présent absolu, uniquement dans le présent mental. Chacun des éléments qui les constituent est associé au précédent, c'est une liaison qui s'établit par la successivité. La liaison des éléments des mots et phrases est non seulement successive, mais orientée. Par exemple on ne peut pas chanter un air de musique à l'envers (paroles et air), et on peut difficilement sans apprentissage également dire l'alphabet à l'envers. Les mots et les phrases sont mémorisés comme des actions, c'est-à-dire dans la durée. La signification d'une phrase nous semble instantanée, alors même que la phrase est linéaire. Pour le système nerveux tous les réseaux sont de même type, seule leur utilisation diffère.
Conclusion obscure mais juste: Avant d'être exprimée, la phrase est pressentie avec la signification générale de l'objet, qui est l'objet lui-même dont la phrase fait partie.
Origine de la syntaxe
Les cinq règles de la pensée nécessaires et suffisantes pour instaurer le langage sont présentes naturellement, ce sont :
:: - l'apparition,
:: - la disparition,
:: - la répétition,
:: - la relation,
:: - la sommation.
Les explications de ces cinq règles sont les suivantes :
1 règle : l'apparition est l'arrivée d'un signal sur un capteur, ou globalement la perception d'un objet dans le champ visuel.
2 règle : la disparition est la suppression du signal sur le capteur ou la disparition de l'objet du champ visuel.
3 règle : la répétition du signal ou de celle de l'objet dans le champ visuel se manifeste constamment, par exemple lors du clignement rapide des paupières, ou simplement lorsque nous fixons quelques secondes le même objet. L'objet toujours présent dans le champ visuel déclenche les mêmes informations. Cette répétition peut se faire selon des intervalles différents, inférieurs à la seconde, ou supérieurs à la journée, et tous les intermédiaires.
Cette règle se manifeste dans l'ordre rigoureux dans lequel les phénomènes se produisent. Un arbre, une fleur, poussent toujours de la même façon, les journées se répètent à l'identique. Notre propre comportement est parfaitement réglé. Il existe un ordre dans l'univers, et cet univers étant dans notre cerveau, l'ordre lui-même en fait partie également, et doit être conceptualisé étant donné sa répétition constante, donc devient un objet mental.
4 règle : la relation est sans doute la règle de base du concept. Des neurones, proches ou séparés, activés simultanément ou activés dans un laps de temps relativement court, sont reliés.
Cette 4 règle permet de mettre en relation des objets ou des événements qui n'ont pas la même origine, ou des types de perception différents.
Par exemple, une voiture est caractérisée par son image, le bruit qu'elle produit, l'odeur d'essence, la sensation du volant sous les mains, les vibrations pendant la conduite, etc.
Toutes ces informations provenant de sources différentes sont pourtant liées, et doivent l'être dès le départ afin que la synchronisation soit effectuée.
Cette nécessité se retrouve dans la simple vision d'un objet qui permet que toutes les informations collectées pour la représentation de l'objet soit reliées les unes aux autres.
Remarque: Le cerveau fait le même genre de corrélations entre les données des deux yeux que pour les données concernant un seul œil, il relie les données des deux images de l'objet et conserve l'impression d'unité pour l'objet sur lequel nous focalisons. Il suffit d'appuyer légèrement sur un globe oculaire pour voir l'objet se dédoubler. Ce qui confirme que les informations provenant de la musculature de l’œil interviennent dans la réunion des deux images.
5 règle : la sommation se retrouve dans la détection du mouvement. Le mouvement est reconnu par certains neurones du cortex cérébral qui sont capables de détecter le sens du déplacement effectué. Le mouvement est détecté par le passage d'un même signal vers des capteurs contigus, c'est la sommation des informations provenant de plusieurs capteurs qui permet au cerveau de détecter le mouvement (le bougé). C'est également la sommation qui permet de créer les nuances de couleurs.
Le mot comme la phrase sont soumis aux cinq règles qui suffisent à les décrire:
Un mot, comme une phrase, a un début et une fin, qui correspondent à l'apparition et à la disparition. L'apparition permet d'énoncer un mot ou une phrase autrement que par son début normal. La disparition permet aussi de tronquer un mot ou une phrase.
Dans un mot nous pouvons retrouver des phonèmes identiques, c'est la répétition, que nous retrouvons également dans une phrase par la réitération de mots.
Dans un mot tous les phonèmes sont mis en relation pour conserver l'unité du mot. Dans une phrase tous les mots sont en relation pour conserver l'unité de la phrase.
Le mouvement permet par exemple de déplacer un phonème d'un endroit du mot vers un autre, et dans une phrase de déplacer un mot, dans le but de changer ou non sa signification. De façon plus générale la Sommation permet de regrouper des phonèmes ou des mots de façon quelconque.
Il n'est pas nécessaire de faire des calculs ou des expériences complexes pour mettre en évidence ces règles. Elles sont directement visibles, réellement visibles, dans notre champ visuel, donc sont présents dans notre système nerveux sous forme d'objets mentaux:
Il suffit de cligner des yeux et les objets apparaissent et disparaissent à volonté dans notre champ visuel, donc dans notre « champ mental ».
Il suffit de regarder un arbre pour percevoir la répétition sous la forme de feuilles, et d'attendre vingt-quatre heures pour voir se répéter le mouvement du soleil.
La relation se manifeste aussi sur les arbres par la liaison des feuilles aux branches. Elle se manifeste par les relations de causes à effets, quand l'apparition d'un nuage cache le soleil ou quand il annonce la pluie.
Le mouvement est celui des animaux, de nos compagnons, celui provoqué par le vent, ou simplement celui de notre propre main.
La sommation, c'est deux nuages qui s'assemblent, un bourgeon qui apparaît au bout d'une branche, une abeille qui se pose sur une fleur, etc.
Le langage fait partie du champ mental, il est nécessairement né de ces 5 règles de base. Ces règles ne sont en fait que les outils mentaux que nous avons pu utiliser à fond.
La syntaxe liée à la culture
La syntaxe d'une phrase est un apprentissage lié à la culture du lieu et du moment. L'intérêt de cet apprentissage est qu'il est dû a une contrainte en apparence non physique. Le babillage de l'enfant est organisé par l'adulte, qui renforce la liaison entre les phonèmes qui doivent être associés pour forger les mots. Les phrases sont organisés selon le même principe. L'apprentissage du langage est lent, car les éducateurs (les parents) ne connaissent en général pas le principe d'intersection. Les langues étrangères sont mal enseignées car elles le sont comme des synonymes du langage maternel, ce qu'elles ne sont pas.
Tous les mots de la syntaxe d'une langue peuvent être classés selon leur appartenance à un groupe, par exemple: les verbes, les noms communs, les adjectifs. Chaque groupe a des particularités qui permet au système nerveux de classer les éléments selon le principe d'intersection.
Émotion
Les manifestations musculaires, comme la fuite, l'agression, les rires, les pleurs, les tremblements, etc., provoquent par leur répétition, un renforcement des circuits nerveux concernés, qui se lient parce qu'activés simultanément. Et ces circuits sont l'équivalent d'objets mentaux qui lorsqu'ils sont évoqués de façon plus ou moins complète représentent les émotions. L'émotion est donc une évocation de manifestations musculaires, et comme tout objet mental a une signification intrinsèque liée aux éléments qui la constituent. Les manifestations musculaires à l'origine de l'émotion sont liées à un contexte qui font partie des significations de l'émotion lorsque le principe d'intersection est observé. Quand une émotion est évoquée elle peut déclencher un souvenir qui lui est lié, en général le plus fort ou le plus récent. Un bon souvenir est en général souvent évoqué « volontairement », un mauvais souvenir apparait souvent lui « involontairement ». Les deux sont renforcés par la répétition. L'émotion liée est évoquée avec le souvenir. Le fait que les émotions sont stéréotypées proviennent de la rétroaction provoquées par les évocations, pour finir par devenir les idiosyncrasies de l'individu. L'innéité n'est pas nécessaire, mais les outils de base sont présents.
Les humains ont un grand apprentissage du contrôle musculaire qui leur permet en général d'inhiber l'activité motrice liée à l'émotion. Cet apprentissage est certainement associé à celui du contrôle verbal instauré lors de l'apprentissage du langage, dont c'est la caractéristique principale.
Inconscient
La conscience est un phénomène linéaire qui se fixe sur un seul objet mental et dans la durée. Ce n'est pas réellement une restriction quand on sait l'étendue que peut avoir un objet mental. Mais cela laisse une très grande place à l'inconscient. L'inconscient, c'est donc tout ce qui n'est pas conscient, mais qui est actif. Cela ne peut être l'activité d'une simple cellule qui est par nature vivante. L'inconscient peut prendre au moins deux formes: celle de l'activation d'un objet mental non soumis à la conscience, mais aussi l'activation de circuit nerveux formé aléatoirement. Dans les deux cas ils auront un impact sur le comportement général du fait de l'homéostasie nécessaire. C'est-à-dire que le centre de gravité nerveux (« Soi ») doit être réajusté, même quand l'activation est intempestive, ou désordonnée.
Activité motrice
Pourquoi citer les activités motrices dans la pensée? Pour plusieurs raisons: Tout d'abord, on a vu plus haut qu'elles intervenaient directement dans le système émotionnel. Ensuite, les muscles peuvent être considérés comme faisant partie d'une boucle moto-neurones, muscles, proprioception. Et à partir de ce point de vue pourquoi ne pas poursuivre en admettant que le corps entier constitué de cellules, peu différentes des neurones si ce n'est dans leur morphologie, fait partie de ce mécanisme général qu'est la pensée. Car quelle différence y a-t-il entre le système de proprioception de ma main qui me renseigne sur sa position et le système visuel qui en fait autant. D'ailleurs ce sont les corrélations entre les deux, associés au toucher, qui ont permis les premiers apprentissages du bébé sur les distances.
Conclusion
Pour résumer, la pensée serait le résultat de l'utilisation de tout les éléments permettant la gestion du champ mental général, dont ceux décrits ci-dessus principalement.
Le champ mental général est constitué des champs provenant des différents types de sensations (visuelles, sonores, etc.), ainsi que des évocations.
Après la perception, l'influx nerveux « réveille » le réseau de neurones représentant l'objet mental, qui est intégré dans le champ mental correspondant, dès que la liaison avec « Soi » est établie. Ce n'est jamais un objet à la fois qui est perçu, mais c'est en général vers un objet que se porte la focalisation corporelle. La signification de l'objet prend effet également à ce moment en lançant d'éventuelles évocations.
Notre intérêt à nous humains dans tout ça se situe dans les possibilités de sélection que nous avons des objets mentaux qui se présentent dans notre champ mental général. On comprend que la méthode de tri est identique que ce soit de sélectionner un chemin à suivre parmi plusieurs, ou de sélectionner un mot parmi d'autres pour construire une phrase, puisque dans tous les cas la sélection s'effectue sur des objets mentaux. Dans le premier cas ce sont des objets éveillés après perception, dans le second ce sont des objets évoqués.
Voir aussi
- Âme
- Archatie
- Entendement
- Esprit
- Jugement
- Raison
-
Catégorie:Cognition
ja:思考
Connaissance explicitecatégorie:Psychologie cognitive
Par opposition aux connaissances tacites, les connaissances explicites sont les connaissances clairement articulées au niveau d'un document écrit. Ces connaissances sont facilement transférables car sous une forme tangible.
Exemples de mise en œuvre de connaissances explicites
- Suivre une recette de cuisine détaillée point par point
- Fournir le PIB des Pays-Bas
- Remplir une fiche d'identité
Voir aussi
- Connaissance tacite
- Expertise
AristoteAristote (en grec ancien Ἀριστοτέλης / Aristotélês) est un philosophe grec qui naquit à Stagire (actuelle Stavros) en Macédoine, (d’où le surnom de « Stagirite »), en 384 av. J.-C., et mourut à Chalcis, en Eubée, en 322 av J.-C.
322 av J.-C]
Biographie
Fils de Nicomaque, médecin d’Amyntas III de Macédoine, , et d'une sage femme, Aristote est quelqu'un qui veut apprendre encore et encore. Pour ces raison il part à Athènes suivre les cours d'Isocrate. Mais, il n'est pas satisfait et décide de rentrer à l’Académie de Platon à l’âge de 18 ans (vers 367). Il y est remarqué notamment pour son intelligence. Platon lui donnera même le droit d'enseigner. Il y rédige de nombreux récits.
Il y demeure jusqu’en 348, puis devient le précepteur d’Alexandre le Grand. À la cour du roi de Macédoine, Philippe, il acquiert de nombreuses amitiés.
En revenant à Athènes, après la mort de Platon, il n'est pas satisfait par son successeur à l'Académie et décide de fonder le Lycée, également appelé École péripatétique ("marcher en faisant cours"), à Athènes en 335. Menacé par le parti anti-macédonien à la mort d’Alexandre le Grand, il fuit Athènes et, sentant la mort arriver, rédige son testament où il lègue sont Lycée à Théophraste. Il meurt finalement à Chalcis en 323.
L'œuvre et son influence
(Voir La Métaphysique pour plus de détails sur l’histoire du corpus aristotélicien)
Son œuvre nous est parvenue sous forme de notes de cours, ce qui explique le caractère parfois inintelligible de certains de ses écrits. On sait cependant qu’il écrivit de son vivant des dialogues à la manière de Platon, dont il ne nous reste que de rares fragments (Eudème, Protreptique, La Philosophie, ou Du Bien). Cicéron parle « d’un fleuve d’or de son éloquence » et les juge mieux écrits que ceux de Platon. Ces dialogues représentent l'œuvre exotérique d’Aristote, destinée à un public vaste. Les notes de cours que nous possédons sont l'œuvre ésotérique d’Aristote, destiné au Lycée. On a parfois pu penser que l'œuvre d’Aristote contenait des enseignements secrets, du fait de ce qualificatif d’ésotérique. Or ésotérique a d’abord signifié les œuvres d’Aristote destinées au public du Lycée, et ensuite seulement un enseignement secret réservé à quelques initiés. Après sa mort, son œuvre perdure grâce à de nombreux continuateurs, comme Théophraste.
Ainsi, les ouvrages d’Aristote tels que nous les connaissons n’ont en fait pas été conçus par Aristote lui-même. Le classement de ces notes en volumes est dû à Andronicos de Rhodes, le premier éditeur d’Aristote, qui vécut vers le II siècle av. J.-C. Nous lui devons les titres des ouvrages d’Aristote, comme Éthique à Nicomaque ou La Métaphysique.
À la disparition du Lycée, certains travaux d’Aristote subirent une éclipse ; des ouvrages furent perdus (dont une partie, qui n’était vraisemblablement composée que de copies des originaux, lors de la destruction de la Bibliothèque d'Alexandrie), et La Métaphysique ne fut éditée que très tardivement. Au Moyen Âge, sa philosophie spéculative fut redécouverte, dans un contexte de rivalités d’écoles, grâce aux philosophes judéo-arabes (en particulier à Maïmonide et Averroès), et traduite mot à mot en latin par Albert le Grand et Guillaume de Moerbeke, proche de Thomas d'Aquin. La philosophie aristotélicienne, transformée par Thomas en doctrine officielle de l’Église catholique, devint alors la référence scientifique et philosophique de toute réflexion sérieuse, donnant ainsi naissance à la scolastique et au thomisme. Son succès fut si grand qu’on le nommait simplement « le Philosophe ».
thomisme]
Cette grande influence de l'œuvre s’explique sans doute en partie par son caractère encyclopédique, qui tente de totaliser le savoir. Platon l’appelait d’ailleurs « le lecteur ». Pourtant, si l’on a pu considérer Aristote comme la synthèse incarnée de toute la culture philosophique et scientifique grecque, on ne voit plus aujourd’hui sa philosophie comme un système ayant réponse à tout : au contraire, la lecture attentive de ses œuvres montrent qu’Aristote avait conscience de ce qu’il peut y avoir d’interminable dans la recherche de la vérité, et que certaines questions d’ordre métaphysique restent ouvertes. C’est la postérité d’Aristote qui en fera un dogmatique ayant réponse à tout, et c’est cette image qui sera combattue par Francis Bacon dans son Nouvel Organon.
Il faudra attendre Roger Bacon, puis Galileo Galilei et enfin Torricelli et Blaise Pascal pour que sur des bases expérimentales quelques-uns de ses enseignements soient contestés : suicide du scorpion entouré de flammes, vitesse de chute des corps proportionnelle à leur poids, horreur de la nature pour le vide, etc.
Historiquement, Aristote apparaît comme le premier auteur effectuant des classifications hiérarchiques du savoir de façon systématique. Ce mode de classement, qui pourrait être de son invention (il était en tout cas inconnu des bibliothécaires de Sumer), a survécu jusqu’à nos jours et nous ne commençons à nous en détacher qu’avec les bases de données relationnelles.
Le développement des idées d’Aristote
L’état du corpus aristotélicien pose la question de l’ordre de rédaction de l’ensemble des œuvres d’Aristote ; dans son Histoire de la philosophie des Grecs, Édouard Zeller écrit :
:« Toutes les œuvres en question appartiennent aux dernières années de la vie d’Aristote. Si un jour une heureuse découverte devait enrichir nos connaissances sur l’ordre chronologique de ces écrits, il n’y aurait pourtant pas à espérer que l’ouvrage le plus ancien nous fasse remonter à une époque où Aristote travaillait encore à son système. Dans toutes ses parties, celui-ci se présente à nous comme un tout achevé ; nulle part nous ne voyons encore l’architecte à l'œuvre. »
Cette thèse fut longtemps admise, et cette influence s’explique par la conception scolastique de la philosophie d’Aristote. L’exegèse traditionnelle, selon l’expression de Werner Jaeger, lui a ainsi donné un air rigide de schématisme conceptuel. C’est pourquoi, dans l’histoire de l’interprétation aristotélicienne, l'œuvre de Jaeger (Aristoteles, Grundlegung einer Geschichte seiner Entwicklung) est considérée comme un événement majeur. Au lieu de présenter un système tout fait, Jaeger s’efforce de retrouver le devenir interne de la doctrine. Il divise ce devenir en trois étapes :
- L’époque de l’Académie : époque du dogmatisme platonicien.
- Les années de voyage : naissance d’un platonisme critique.
- Le maître : second séjour à Athènes, et avènement de l’aristotélisme proprement dit.
L’époque de l’Académie
C’est l’époque du dogmatisme platonicien (œuvres de jeunesse, l’Éthique à Eudème, Protreptikos). Jaeger rapproche la forme du dialogue aristotélicien et les derniers dialogues de Platon où domine la méthode de classification et d’abstraction, la dialectique. L’Éthique à Eudème nous montre un Aristote platonicien (substance et âme, transcendance du Bien, réminiscence, immortalité, Idées). Quant au Protreptikos, il date d’avant la mort de Platon, et il est un programme de vie et de formation platonicienne ; la phronèsis est un concept nettement platonicien, et le nous renvoie aux spéculations du Timée, du Philèbe, des Lois. Or, on ne trouve plus ce concept dans La Métaphysique. On ne trouve plus non plus dans lÉthique à Nicomaque une éthique aussi exacte que les mathématiques ; cette conception y est même combattue.
Les années de voyage
C’est la naissance d’un platonisme critique. Platon meurt en 348–347, et Aristote quitte Athènes. C’est, selon Jaeger, le Peri philosophias qui permet de se faire une idée de l’activité philosophique d’Aristote à cette époque. Jaeger s’efforce de reconstituer cette œuvre. Elle exprimerait une philosophie de transition, en procédant à des corrections du platonisme. Le premier livre fait l’histoire de la sagesse antique, et fait du platonisme un sommet de la philosophie. Le deuxième livre critique la théorie des Idées-nombres. Le Peri philosophias aurait d’ailleurs été écrit à la même époque que la critique des Idées dans le premier livre de La Métaphysique. Enfin, le troisième nous renseigne sur la cosmologie et la théologie du jeune Aristote. Plusieurs thèmes platoniciens y sont repris : identification de la théologie et de l’astronomie ; principe du premier moteur immobile (idée qui a son origine dans les Lois) ; l’âme des astres ; mais Aristote s’éloigne parfois de Platon. Ce serait là le moment de fondation de la théologie hellénique et même de la philosophie de la religion. On peut dire que même après la critique des Idées, Aristote garde encore assez longtemps certains concepts platoniciens (âme, immortalité, etc.)
Jaeger examine également La Métaphysique, et distingue plusieurs états du texte : il y trouve une métaphysique primitive et un platonisme corrigé. Ainsi avons-nous deux textes qui font la critique des Idées (A, 9 et M, 4-5). Pour Jaeger, les deux premiers livres feraient alors parties d’une métaphysique primitive ; le livre M daterait d’une époque où l’école péripatéticienne s’oppose à l’école platonicienne (donc, au moment du second séjour à Athènes). Mais la partie M, 9-10 ferait également partie de la métaphysique primitive, avant d’être remplacée par M, 1. Le livre Z, sur la substance, aurait été introduit plus tard, pour donner un plan à l’ensemble, puisque dans ce livre la métaphysique n’est plus la science du suprasensible, mais de l’être en tant qu’être ; ce point ferait donc apparaître aussi l’évolution critique d’Aristote par rapport à Platon, sans que l’on sache bien si Aristote soit parvenu à surmonter cette conception contradictoire de la métaphysique : théologie ou science de l’être en tant qu’être ?
De même en ce qui concerne l’éthique, on peut distinguer une étape platonicienne (Protreptikos), un platonisme critique (Éthique à Eudème), et l’aristotélisme proprement dit (Éthique à Nicomaque). Le même genre de remarques peut également s’appliquer à la politique.
Le maître
Enfin, le second séjour à Athènes marque l’acmé de la philosophie aristotélicienne. Ce qu’on appelle habituellement aristotélisme a été élaboré pendant la seconde époque. Dans la troisième période, Aristote se livre à des recherches empiriques et il crée un nouveau type de science : ses enquêtes se caractérisent par la description et l’observation des choses particulières.
- recherches archiviques pour l’histoire du théâtre et des jeux ;
- recherches zoologiques et botaniques ;
- anthropologie et physiologie ;
- histoire des sciences ;
- médecine.
Concepts fondamentaux
médecine
L'œuvre d’Aristote ne forme pas un tout aussi homogène qu’on pourrait le croire : de même que pour de nombreux autres philosophes, elle connaît des modifications comme la pensée d’Aristote se transformait, s’adaptait à ses nouveaux sujets d’étude. Néanmoins, il se base toujours sur le même réseau de concepts, qui sont définis dans les livres Α et Δ de La Métaphysique :
- Catégories
- Substance
- Acte/Puissance
- Entéléchie
- Les 4 causes
- matérielle
- formelle
- motrice
- finale
- Nécessaire/accidentel
Division de la philosophie d’Aristote
Aristote a été l’un des premiers à procéder à des classifications hiérarchiques systématiques des connaissances et des concepts, s’inspirant peut-être des divisions utilisées pour l’organisation des armées (cette thèse serait à expliquer).
Sa philosophie se divise en trois parties ; cette division est remarquable, car elle diffère de la division habituellement reçue (logique, physique, éthique) : la philosophie théorétique, la philosophie pratique et la philosophie poétique. La partie théorétique se divise à son tour en physique, mathématique et théologie ; la philosophie pratique en économique, éthique et politique ; la poétique comprend toutes les activités qui produisent une œuvre.
La logique ou organon
(Voir aussi l’article Organon)
L’Organon est un ensemble de traités qui expose la logique aristotélicienne, mais l’ordre de ces traités n’est pas chronologique. Aristote a d’abord réfléchi aux règles de la discussion (Topiques) avant que ses recherches dans le domaine de la logique ne lui permettent d’inventer la théorie du syllogisme (raisonnement en grec) : il a répertorié l’ensemble des syllogismes dans les Premiers Analytiques. (Pour un exposé complet de la théorie du syllogisme voyez à cet article).
Les deux premiers traités de l’Organon traitent des éléments du syllogisme (les termes et les propositions) ; les Premiers Analytiques traitent du syllogisme en général, les Seconds Analytiques des syllogismes dont les prémisses sont nécessaires et les Topiques traitent des syllogismes dont les prémisses sont probables (raisonnement dialectique à partir d’opinions généralement acceptées).
Si Aristote passe pour l’inventeur de la logique formelle, le statut de la logique dans sa pensée n’est pas très clair : est-elle un organon (instrument, outil) ou une propédeutique ? Nous ne le savons pas. Il semble, mais c’est fort douteux, que la logique devait permettre à ses yeux d’inventer des raisonnements producteurs de savoir ; néanmoins il en use très rarement. Il est donc possible qu’Aristote entendait en réalité mettre le savoir déjà constitué sous la forme systématique du syllogisme.
Toujours est-il que la dialectique devient pour lui, contrairement à Platon, un simple exercice dénué de certitude scientifique. Mais cet exercice souligne toutefois la nécessité de bien distinguer le sens des mots, pour éviter les confusions. Les Catégories analysent donc les termes des propositions ; de même, la proposition sera définie comme la composition d’un sujet et d’un attribut, car selon lui, un problème dialectique consiste à demander si l’un appartient réellement à l’autre ou non. La forme de la proposition est donc : B appartient à A.
La logique d’Aristote fut longtemps dominante, développée et perfectionnée au Moyen Âge ; mais elle n’est pas la seule logique de l’Antiquité ; il existe aussi une logique mégarico-stoïcienne, très différente dans ses principes (voir Stoïcisme).
La métaphysique
(Voir aussi : Métaphysique (Aristote))
Le mot métaphysique n’est pas connu d’Aristote. C’est pour lui la science de l’être en tant qu’être, ou des principes et causes de l’être et de ses attributs essentiels. La métaphysique pose la question de savoir ce qui fait qu’un être est ce qu’il est. Pour y répondre, la recherche aristotélicienne porte plus particulièrement sur les manières de dire l’être. Ainsi la définition des essences dépend-elle de la philosophie première.
Dans les Catégories, Aristote explique plusieurs sens de ce qui se dit simplement, i.e. de ce qui se dit sans combinaison (les termes des propositions) : substance (οὐσία / ousía), qualité, quantité, relatif, lieu, temps, position, action, passion, avoir. Cette catégorisation est l’ancêtre des catégories de l’entendement de Kant. Cette liste est variable et semble devoir être complétée par d’autres concepts, tels que être en puissance ou en acte, privation, possession, antérieur, postérieur. Mais pour ce qui est de l’être, tous les sens dérivent du sens primitif et essentiel de l’être de la substance.
La question fondamentale de la métaphysique est donc la substance. Selon lui, en effet, toute métaphysique se réduit à la question suivante : qu’est-ce que la substance ? Le livre Z de la Métaphysique cherche à répondre à cette question (voir substance (Aristote)).
L’Éthique
Dans le domaine de l’action, Aristote distingue la praxis, action immanente qui a sa fin en elle-même, et la poïesis, au sens large la production d’une œuvre extérieure à l’agent. Cette distinction place d’une part les sciences pratiques (éthique et politique) et les sciences poétiques.
Le bien
Selon Aristote, toute action tend vers un bien qui est sa fin ; mais on peut subordonner les fins à la fin dernière de l’homme par rapport à laquelle elles sont elles-mêmes des moyens. Le postulat est donc l’unité des fins humaines. Il ne semble pas considérer la possibilité de conflits par exemple entre des fins techniques et des fins morales.
Le bien suprême est le bonheur, mais les opinions le concernant sont variables : ce bien serait le plaisir, les honneurs ou les richesses. Cependant pour Aristote, le bien suprême est au-delà des biens particuliers qui ne sont que des moyens par lesquels le bonheur peut se réaliser. La signification du bien n’est donc pas unique, il n’est pas une substance, mais une unité analogique entre différentes acceptions. Aristote souligne trois caractéristiques du souverain Bien :
- l’autosuffisance ou autarcie : l’homme heureux, tel un dieu, n’a besoin de rien ni de personne. Les moyens ne font pas la quiddité de la fin ;
- l’achèvement : il est fini, on ne peut rien y ajouter ;
- son caractère fonctionnel.
Dans sa conception du bonheur, Aristote ne se limite pas à la vertu : le bonheur ne peut être achevé sans les biens du corps et les biens extérieurs. Aussi le bonheur de l’homme, s’il dépend de lui, dépend aussi des circonstances extérieurs ; dire comme les Stoïciens que le sage est heureux jusque sous la torture, « c’est parler pour ne rien dire ». Au contraire, l’homme vertueux est celui qui tire parti des circonstances pour agir avec toujours le plus de noblesse possible : l’homme se contente du meilleur possible, sans être passif, et ne recherche pas un illusoire absolu.
Enfin, le dernier caractère du bien, est d’être l’acte propre de chaque être :
- le bonheur n’est pas être, possession ou simple potentialité, il est usage effectif, activité et faire ;
- l’acte propre de chaque être est celui qui est le plus conforme à son essence : c’est l’excellence de l’âme, dans les vertus intellectuelles et morales.
La vertu
La vertu (aretè, excellence) est une disposition acquise, consistant dans un juste milieu relatif à nous, lequel est déterminé par la droite règle et tel que le déterminerait l’homme prudent. Ce n’est ni un don, ni une science. La moralité n’est pas seulement de l’ordre du logos (connaître le bien ne suffit pas pour le faire), mais du pathos et de l’êthos (mœurs). La vertu doit donc pénétrer la partie irrationnelle de l’âme.
Aucune définition générale de la vertu ne peut être donnée, car c’est l’expérience de l’homme prudent, son discernement acquis qui sont les critères de la droite règle. Il y a néanmoins une norme objectivable : le milieu entre un défaut et un excès, l’usage mesuré de la passion qui n’est pas une moyenne mathématique mais un équilibre individualisé et relatif à la situation. Aristote définit donc les vertus dans les situations sans lesquelles elles n’existent pas. L’existence précède ainsi le concept d’une vertu.
La prudence
Aristote est le premier philosophe de l’Antiquité à avoir analysé les conditions de la détermination volontaire.
Certaines de nos actions ne peuvent être rapportées à notre volonté et on ne peut par conséquent nous en rendre responsables. Ces actions, ce sont celles que nous faisons par violence ou par ignorance. Nous subissons en effet quelquefois des contraintes extérieures auxquelles il nous est impossible de résister. Nous ne sommes donc pas responsables de notre conduite.
Mais un homme peut faire aussi une mauvaise action parce qu’il ignore qu’elle est mauvaise, et qu’il n’a pas l’idée d’une action meilleure qu’il faudrait faire. On ne peut donc l’accuser de faire volontairement le mal. Néanmoins, l’ignorance ne fait pas tout pardonner : il y a des cas où l’on punit l’ignorance, parce qu’il est des choses qu’il dépendait de l’homme de savoir et qu’il aurait dû savoir (Éthique à Nicomaque, III). Et ainsi, nous nous apercevons parfois de notre ignorance et notre erreur, et nous reconnaissons que nous avons mal agit. Mais, quoiqu’il en soit de notre ignorance, elle n’est jamais absolue, et nous considérons toujours les principes généraux qui doivent diriger la volonté. En conséquence, nous commettons le mal en nous trompant sur les circonstances où nous sommes et sur les moyens qu’il s’agit d’employer.
Qu’en est-il des actions faites en vu du plaisir ? Nous les faisons toujours de nous-mêmes, que nous soyons motivés par des sentiments nobles ou par l’égoïsme de la passion. Notre volonté les fait parce que nous y trouvons notre plaisir : nous en sommes donc responsables :
:« Que si l’on prétend que tout ce qui est agréable et beau exerce sur nous une sorte de contrainte, attendu que ce sont des objets extérieurs, alors il faudrait dire que tout exerce sur nous un empire violent ; car c’est toujours en vue de ces choses que les hommes font tout ce qu’ils font, malgré eux et par conséquent avec peine, les autres avec plaisirs, parce qu’ils n’envisagent que le côté agréable. Or il est ridicule d’accuser les objets extérieurs plutôt que de s’en prendre à soi-même de la facilité que l’on a à s’en laisser séduire. » (Éthique à Nicomaque, III)
La politique
Poétique
passion
Dernière œuvre du corpus aristotélicien, probablement une des plus connues d’Aristote, La Poétique s’intéresse aux différents aspects de l’art poétique, comme la tragédie, l’épopée, et de manière anecdotique la musique. Aristote mentionne un futur ouvrage sur la comédie qui fait partie des œuvres disparues d’Aristote.
Contrairement à son maître, Platon, qui entre autres dans la République et dans les Lois s’était montré très critique envers la tragédie, considérant qu’elle avilissait l’homme et lui faisait croire sur les dieux des choses fausses, Aristote voit dans cet art un moyen pour l’homme de se purifier l’âme de ses passions.
Cette purification, ou catharsis vient de la pitié et la crainte qu’éprouvent les spectateurs envers les personnages de la tragédie. Pour que cette catharsis soit possible, il faut que les personnages soient une imitation (mimêsis) des passions humaines, des imitations aussi vraisemblables que possibles. L’intrigue, elle, doit être aussi cohérente que possible, et se dérouler sans accroc depuis la situation de départ jusqu’à la conclusion. Le meilleur exemple, pour Aristote, c’est l’Œdipe Roi, de Sophocle ; à l’opposé, la Médée d’Euripide est considérée comme un exemple inférieur de tragédie, du fait du deus ex machina final (Médée emporte les cadavres des enfants qu’elle a eu avec Jason sur un chariot de feu).
La manière dont opère la catharsis n’est pas claire, dans le texte d’Aristote. Les spectateurs des tragédies prennent plaisir à voir des scènes qui leur seraient insoutenables dans la vie quotidienne : c’est peut-être dans cette esthétisation que les sentiments peuvent se purifier.
L’étude de la nature
La physique
La physique est, comme l’indique son nom, la science de la nature (physique vient du grec physis signifiant nature). Comme toute science, elle a pour but de connaître son objet par les causes. Ce concept de nature désigne pour Aristote un principe interne de mouvement et de repos. La première chose à faire pour établir cette science, une fois le mot défini, est de montrer que la nature existe : y a-t-il des choses en mouvement, et la cause de ce mouvement est-elle une nature, i.e. un principe ?
La psychologie
Un corps organisé a la vie en puissance, c’est-à-dire qu’il ne possédera les fonctions vitales de nutrition, de croissance, etc. que s’il possède la forme-substance de l’âme. Dans De l’Âme (livre II), Aristote définit celle-ci comme « l’entéléchie première d’un corps naturel qui a la vie en puissance. » L’âme n’est pas toujours en acte dans le corps (comme dans le sommeil par exemple), mais elle est toujours la condition nécessaire des fonctions du corps. Elle est donc le principe animant du corps, son moteur immobile : Aristote s’oppose ici encore à Platon, en rejetant les théories de l’âme comme pilote du corps qui impliquent l’indépendance de la première par rapport à ce dernier. En réalité, pour Aristote, il n’y a pas de vie séparée ni de l’un ni de l’autre.
L’étude de l’âme relèvera donc de la biologie et de la physique, par l’étude des puissances de l’âme, ce que nous appellerions la psychophysiologie : étude des fonctions nutritive, sensitive, motrice et cognitive. Ces fonctions sont hiérarchisées dans l’organisme vivant, i.e. par exemple, que pour avoir la cognition, il faut nécessairement posséder la sensation. Ces fonctions ne diffèrent pas réellement les unes des autre, l’âme est bien une dans le corps, mais on les distingue logiquement, suivant leur fonction.
La biologie
Les œuvres consacrées à la biologie représentent près du tiers de l'œuvre d’Aristote. On pense généralement que ces œuvres sont les plus tardives, écrites bien après l’Organon ; il abandonne complètement sa logique, au profit de la seule observation : la théorie devra rendre compte de ce qui est observé, et non l’inverse — alors que Platon, dans sa classification des animaux (cf. Le Sophiste) met les poissons dans le même groupe que les oiseaux, ou qualifiait l’homme d'« animal bipède sans plumes ».
Ces œuvres semblent adressées à un public cultivé, moins large que celui auquel les dialogues étaient destinés, mais ne se limitant pas aux membres du Lycée.
Une des difficultés auxquelles se heurte Aristote est que la nature est le lieu de l’accidentel : on ne peut discourir sur ce qui se produit nécessairement, comme c’est le cas pour la théologie ou les mathématiques, mais sur ce qui se produit le plus souvent : le meilleur exemple est l’existence des monstres. La nature n’est pas pour autant complètement livrée au chaos, un ordre se dégage de l’observation : « la nature ne fait rien en vain ni de superflu » : tout a sa raison d’être, donc est explicable par la raison.
Cette œuvre est principalement descriptive : L’Histoire des Animaux n’est qu’une compilation de faits concernant la vie des différentes espèces animales ; Parties des Animaux s’intéresse lui à la classification des animaux par genre et par espèce. Il est intéressant de noter que ce pan de la science aristotélicienne aura une durée de vie bien plus importante que sa physique : cette dernière fut critiquée et mise à bas par les découvertes de Galilée, mais la classification des animaux d’Aristote perdurera elle jusqu’à Buffon.
Les végétaux
Il n’évoque les végétaux que pour les situer dans un plan plus général d’organisation des organismes vivants, Aristote ne s’intéresse qu’assez peu à l’étude des plantes pour elles-mêmes.
Les couleurs
Dans De Coloribus, Aristote inaugure non seulement la science des couleurs, mais aussi la relation entre la couleur et le caractère. C'est ainsi qu'il soutient que ceux qui sont extrêmement noirs (agan melanes) sont couards, le cas des anciens Egyptiens qui selon lui étaient agan melanes, trop noirs. Mais poursuit-il, ceux qui sont trop blancs sont aussi couards, le cas des femmes blanches qui seraient selon lui pour la plupart plus blanches que les hommes leucodermes. De Coloribus fait d'Aristote le Père de la Science des Couleurs et dans une certaine mesure de la Socio-Biologie.
Les oiseaux
Aristote traite des oiseaux dans le livre IX de lHistoire des animaux. Mais les espèces qu’il cite le sont dans le désordre et ne relève aucune tentative de classification. Les faits bien réels et bien observés sont mélangés à de nombreuses erreurs ou de légendes. Aristote affirme ainsi que si le tonnerre gronde durant l’incubation, les œufs ne donneront aucune naissance ou que le rossignol se cache durant tout l’hiver pour ne réapparaître qu’au printemps.
Liste des œuvres
rossignol
- Voir aussi : Liste des œuvres d'Aristote selon Diogène Laërce
Note : cette liste n’est pas chronologique, mais représente l’ordre traditionnel du corpus aristotélicien. L’attribution de certaines œuvres est douteuse (d dans la liste).
- Organon comprenant :
- Catégories (Aristote)
- De l'interprétation
- Premiers Analytiques
- Seconds Analytiques
- Les Topiques
- Les Réfutations Sophistiques
- De la Génération et de la Corruption
- Sur L’Univers
- La Physique
- Traité du Ciel
- Les Météorologiques
- De L’Âme
- Petits Traités D’Histoire Naturelle
- De la sensation et des sensibles
- De la mémoire et de la réminiscence
- Du sommeil et de la veille
- Des rêves
- De la divination dans le sommeil
- De la longévité et de la vie brève
- De la jeunesse et de la vieillesse
- De la respiration
- De la vie et de la mort
- Histoire des Animaux
- Parties des Animaux
- Du Mouvement des Animaux
- Marche des Animaux
- Génération des Animaux
- Travaux Mineurs
- Sur les couleurs
- Sur l’audition
- Physiognomoniques
- Sur les plantes
- Sur des faits étonnants
- Problèmes mécaniques
- Sur les lignes invisibles
- De l’origine et des noms des vents
- Sur Melissus, Xenophane et Gorgias
- Problèmes (d)
- Rhétorique à Alexandre
- La Métaphysique
- Les Économiques
- La Grande Morale (d)
- Éthique à Nicomaque
- Éhique à Eudème
- Des Vertus et des Vices
- La Politique
- La Rhétorique
- La Poétique
- Constitution d'Athènes
Péripatéticiens
- Théophraste
- Aristoxène
- Straton
- Critolaos
- Andronicos de Rhodes
Bibliographie
- Opera omnia (grec). Venise, Alde Manuce, 1495 -juin 1498, 5 parties en 7 volumes.
- Pierre Aubenque :
- La prudence chez Aristote, PUF, coll. « Quadrige », Paris, 2002 (3 édition) ;
- Le problème de l’être chez Aristote, PUF, coll. « Quadrige », Paris, 2002 (4 édition) ;
- Émile Boutroux, Leçons sur Aristote, PUF, coll. « Les Grandes leçons de philosophie », Paris, 2002 (rééd.) ;
- Marie-Hélène Gauthier-Muzellec, L’Âme dans la Métaphysique d’Aristote, éd. Kimé, coll. « Philosophie épistémologie », 1998 ;
- M. Bilolo, Aristote et la mélanité des anciens Egyptiens (agan melanes), in Ankh n° 6-7 ( 1997-1998), 139 - 161;
- Christof Rapp, Aristoteles, éd. Junius-Verlag, Hambourg, 2004.
Voir aussi
- Organon :
- Catégories (Aristote)
- De l'interprétation
- Acte/Puissance
- Entéléchie
- Les 4 causes
- Socrate
- Platon
- Théophraste
- Thomas d'Aquin
Liens externes
Textes en ligne
- [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/table.htm Textes disponibles, site de P. Remacles]
- [http://www.expressionlibre.org Expression Libre] La Rhétorique est disponible en Ebook gratuit dans la section Bibliothèque.
- [http://aristote.net1.fr/ Commentaire du premier livre d'Aristote intitulé "Le Protreptique" ou "Invitation à la philosophie", Régis Laurent, avec une traduction des fragments du Protreptique]
- [http://membres.lycos.fr/laphilosophie/vue.php?auteur=Aristote Rhétorique livres I, II et III] sur le site la Philosophie
Articles
- [http://www.yrub.com/philo/philo.htm Articles sur Aristote et analyse de l’Ethique à Nicomaque, site Atrium]
- [http://www.tribunes.com/tribune/alliage/43/thom_43.htm Aristote topologue], par René Thom
- [http://www.voltaire-integral.com/Html/17/aristote.htm Aristote], par Voltaire, in Dictionnaire philosophique
- [http://www.astrofiles.net/modules.php?name=News&file=article&sid=17 Biographie d'Aristote]
- [http://www.biblioweb.org/-ARISTOTE Biblioweb]
Lexique
- [http://diaphora.juraver.net/Lexiques/Lexique-Aristote Lexique aristotélicien] - 20 termes
Bibliographie
- [http://www.unine.ch/antic/resarispoetbiblio.html Bibliographie sur la poétique, université de Neuchâtel]
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DoxaLa doxa, c'est l'ensemble - plus ou moins homogène - de préjugés populaires, de présuppositions généralement admises et évaluées positivement ou négativement, sur lesquelles se fonde toute forme de communication. L'étude du phénomène doxique se situe donc au point de contact de la sémiologie, des études du discours, de la sociologie et de l'épistémologie.
Quelques définitions
La compréhension du monde n'est évidemment pas un phénomène simple, non médiatisé. Le savoir est toujours une construction et, qui plus est, une préconstruction et une reconstruction. Tout ce que l'homme conçoit et rencontre est une reprise (ou du moins une variante) du savoir qu'il en possède déjà, d'une signification et d'une évaluation auxquelles il a préalablement consenti.
Connaissance et communication supposent le passage à travers et donc le partage d'un système de comprèhension. Selon Charles Grivel (1980: d1) ce filtrage entre l'homme et le monde est double: à côté du filtrage sémantico-logique de la langue, il existe une précompréhension qui est sociale, fondée sur le goût, le comportement, c'est-à-dire sur « les slogans du bien-penser ». Nous retrouvons la même idée chez Itamar Even-Zohar (1980: 65): tout code sémiotique transmet des renseignements sur « le monde réel » suivant des conventions culturelles. Il existe un « répertoire », un système structuré, de « réalèmes » (des « realia », des éléments provenant du « monde réel »), qui entre dans des relations intra- et inter-systémiques.
Pour qu'un message soit acceptable (ou du moins vraisemblable), il doit être conforme à ces « impératifs de transmission » de compréhensibilité, d'utilité et de persuasivité (Grivel 1981:74). Cela suppose le partage d'un même discours, des mêmes « créances » (Grivel 1980: d5), c'est-à-dire une « communauté de foi » entre les participants de la communication. Toute cette entente de base est implicite: « on ne parle pas de ce que tout le monde sait ». D'ailleurs, cela pourrait semer la confusion et causer la mise en question de ces présupposés mêmes.: « toute vérité n'est pas bonne à dire » (Grivel 1980: d5,10).
Ce qui vaut pour toute forme de communication, vaut a fortiori pour le texte: tout texte est dominé par des puissances distributives, des mécanismes d'insertion:
Les « réalèmes » de Even-Zohar n'impliquent pas de jugement de valeur. Toutefois il signale que, précisément par les contraintes conventionnelles imposées aux réalèmes, il devient possible de leur assigner des « fonctions secondaires », à côté de celle d'informer sur le monde. Even-Zohar donne des exemples d'ordre esthétique et littéraire, mais il est clair que ces fonctions secondaires peuvent être également, et surtout, d'ordre idéologique. Ceci est déjà suggéré par Pierre Bourdieu : « A chaque position correspondent des présuppositions, une doxa, et l'homologie des positions occupées par les producteurs et leurs clients est la condition de cette complicité qui est d'autant plus fortement exigée que (...) ce qui se trouve engagé est plus essentiel, plus proche des investissements ultimes. » (Bourdieu 1979:267)
En effet, le concept de « doxa » ne reçoit sa valeur pleine que lorsqu'on accepte l'idée que les réalèmes sont soumis à un jugement de valeur. Ils deviennent alors des « idéologèmes » (des « universaux » dans la terminologie de Grivel 1978: 40), qui constituent un réseau de valeurs: la doxa.
La doxa constitue donc un ensemble (un « réseau », un système) de valeurs, de maximes autour de certains (tous, mais certains plus que d'autres) aspects et éléments de la réalité signifiée. Elle se situe au-delà de la langue, mais en deçà du discours dont elle fonde, tacitement, l'intercompréhension.
Quelques distinctions
Doxa et épistème
La doxa est à la fois reconnaissance et méconnaissance: on reconnaît un cliché que l'on connaît déjà, et celui-ci nous empêche de vraiment connaître la réalité devant nous. En effet, il importe de distinguer la notion de « doxa » de celle d'« épistémè ». Aux années 50, Roland Barthes s'exclamait déjà: « (...) une de nos servitudes majeures: le divorce accablant de la mythologie et de la connaissance. La science va vite et droit en son chemin; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l'erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d'ordre. » (Barthes 1957: 72-73)
Mais divorce ne signifie pas forcément opposition absolue. Il serait mieux de dire que doxa et épistémè se trouvent dans un rapport dialectique. Comme Charles Grivel (1981: 83) le fait remarquer à juste titre, tout ensemble de connaissances structurées comprend une doxa, et toute doxa se présente comme épistémè. Une société se connaît à travers deux systèmes de savoir: la doxa, essentiellement conservatrice, et l'épistémè, qui peut être progressiste. Le second fonctionne comme le développement du premier, le premier comme le frein du second. La différence entre les deux consiste en ce que la doxa est par définition légitimée (généralement acceptée, donc vérifiée) et invérifiable.
Doxa et idéologie
Une autre distinction qui s'impose est celle entre « doxa » et « idéologie ». Nous avons déjà relevé la confusion générale autour de ce dernier concept. Plusieurs auteurs identifient doxa et idéologie: « Si l'on rassemble tous ces savoirs, tous ces vulgarismes, il se forme un monstre, et ce monstre, c'est l'idéologie. » (Barthes 1970: 104)
Il nous semble toutefois que la doxa est plutôt un instrument, ou encore un masque de l'idéologie de base. Si l'idéologie est « le rapport imaginaire des individus à leurs conditions réelles d'existence » (Althusser), la doxa est un système de représentations de ce « rapport imaginaire ». Si l'idéologie, par exemple, exige le maintien des oppositions de classe, la doxa les transforme en oppositions entre bien et mal, ordre et désordre, mérite et masse, etc. Imposant au sujet un « horizon mental », elle est un mode idéologique de connaissance, un système de significations qui propage l'idéologie en la cachant.
Doxa et mythe
La notion de « mythe » (que nous prenons au sens défini par Barthes 1957) est beaucoup plus univoque. Le mythe individuel est un outil de l'idéologie, il réalise les créances, dont la doxa est le système, dans le discours: le mythe est un signe. Son signifié est un idéologème, son signifiant peut être n'importe quoi: « Chaque objet du monde peut passer d'une existence fermée, muette, à un état oral, ouvert à l'appropriation de la société. » (Barthes 1957: 216)
Dans le mythe, écrit Barthes, la chaîne sémiologique « signifiant/signifié = signe » est doublée. Le mythe se constitue à partir d'une chaîne pré-existante: le signe de la première CHAINE devient le signifiant du second. Barthes donne l'exemple d'une phrase figurant comme exemple dans une grammaire: c'est un signe composé de signifiant et signifié, mais qui devient dans son contexte de grammaire un nouveau signifiant dont le signifié est « je suis ici comme exemple d'une règle grammaticale » (Barthes 1957: 222-223).
Doxa et cliché
Finalement, il faut établir une distinction entre le « mythe », l'« idéologème », le « stéréotype » d'une part et le « cliché » d'autre part. Anne Herschberg-Pierrot situe le cliché, le « comme certains disent », au niveau rhétorique, entre le niveau de l'expression personnelle (le « comme je dis ») et le niveau idéologique, le « comme on dit » (Herschberg-Pierrot 1979: 88-89). Selon Laurent Jenny, le mythe a une intention idéologique, tandis que le cliché a une intention rhétorique, esthétique (dans le cas de la parodie) ou nulle, tout en ayant un fonctionnement idéologique (Jenny 1972: 498). En effet, la pratique du cliché est une pratique d'écriture au sens barthien du terme: c'est le choix d'un ton, un acte de solidarité historique, souvent inconscient mais toujours éloquent. L'écrivain se constitue en porte-parole impersonnel d'un moment idéologico-culturel (Jenny 1972: 505).
Le cliché montre le discours de l'Autre, les modes de pensée et d'action de la société où il a du succès - un succès qui n'a rien à voir avec sa valeur esthétique, mais qui est une réflection de valeurs socio-culturelles (Amossy & Rosen 1982: 17). Le cliché a donc un statut comparable à celui du mythe: il est parole, il signifie la doxa. Nous ne l'avons cependant pas mis au même niveau: son impact est à la fois plus englobant et plus limité. Tandis que le mythe signifie un idéologème, un élément particulier de la doxa, le cliché introduit toujours la doxa dans son ensemble. D'autre part, le cliché ne reproduit, ne propage pas la doxa: sa fonction est surtout de rendre le discours vraisemblable, acceptable, en le faisant ressembler au discours « accepté » de la société.
La fonction sociétale de la doxa
Nous avons dit que la doxa facilite la communication - mais en le fondant. (L'homonyme est ironique: fonder implique fondre.) Cela signifie que sa fonction première est son service à l'idéologie dominante. Plus en particulier, sa fonction est d'inscrire progressivement l'ordre social dans l'individu. La doxa convertit les structures sociales en principes de structuration, en manière d'organiser le monde social: « (...) l'expérience première du monde est celle de la doxa, adhésion aux relations d'ordre qui (...) sont acceptées comme allant de soi. » (Bourdieu 1979: 549)
Bourdieu reprend un terme de Durkheim, « conformisme logique », pour indiquer ce processus décisif pour la conservation de l'ordre social: « l'orchestration des catégories de perception du monde social qui, étant ajustées aux divisions de l'ordre établi (et par là, aux intérêts de ceux qui le dominent) et communes à tous les esprits structurés conformément à ces structures, s'imposent avec toutes les apparences de la nécessité objective. » (Bourdieu 1979: 549-550)
Au fond, ce que fait le discours doxique, c'est convertir l'histoire, la culture, en essence, nature. Plusieurs auteurs signalent ce phénomène: Bourdieu (1979: 73) le présente comme l'agencement fondamental de l'idéologie, Barthes s'en est tellement énervé qu'il a commencé à écrire ses Mythologies: « (...) je souffrais de voir à tout moment confondues dans le récit de notre actualité, Nature et Histoire, et je voulais ressaisir dans l'exposition décorative de ce-qui-va-de-soi, l'abus idéologique qui, à mon sens, s'y trouve caché. » (Barthes 1957: 7)
Cette transformation de l'histoire en nature, de l'existence en essence, est propagé au niveau du discours par le mythe. L'image mythique, qui est à la vérité le masque du concept, se présente comme raison du concept. Un système de valeurs est propagé comme une série de faits (Barthes 1957: 237-239). « Le monde entre dans le langage comme un rapport dialectique d'activités, d'actes humains: il sort du mythe comme un tableau harmonieux d'essences. » (Barthes 1957: 251)
Comme le font remarquer Amossy et Rosen (1982: 47), le cliché, qui n'a aucune « qualité naturelle » fait exactement la même chose: il se réclame du « naturel » pour voiler sa conventionnalité.
Il est clair que la conversion de l'histoire en nature sert à prolonger l'ordre actuel des choses: L'état actuel est proclamé nature, c'est-à-dire réalisation de l'essence de l'être humain, donc moralement bien. Histoire devient Nature qui devient Morale: ainsi toute atteinte aux structures sociétales devient l'immoralité même. (Cf. Barthes 1957: 151.) En dernière analyse, la doxa, pour Barthes, est l'image que la bourgeoisie se fait du et impose au monde. La stratégie bourgeoise est de remplir le monde entier de sa culture et de sa morale, en faisant oublier son propre statut de classe historique: « Le statut de la bourgeoisie est particulier, historique: l'homme qu'elle représente sera universel, éternel; (...) Enfin, l'idée première du monde perfectible, mobile, produira l'image renversée d'une humanité immuable, définie par une identité infiniment recommencée. » (Barthes 1957: 250-251)
La structure doxique
A plusieurs reprises, nous avons présenté la doxa comme un « système ». Or ce statut n'est pas si évident, s'il faut en croire certains auteurs. En tout cas, acceptons la doxa comme un « ensemble » de créances sous-jacent à la communication. Comme nous l'avons fait remarquer, cette fonction porte plusieurs auteurs à comparer la structure doxique à celle de la langue: un système signifiant préétabli, relativement fixe, évident, normatif, réifiant.
Julia Kristeva (1969: 27,113) étend cette analogie même à toute pratique sociale: l'économie, les moeurs, l'art sont tous envisagés comme un système signifiant et peuvent être étudiés scientifiquement comme systèmes secondaires par rapport à la langue. Évidemment, cela ne signifie pas que les catégories de ces systèmes puissent être réduites à celles de la langue naturelle: il s'agit de pratiques translinguistiques, de systèmes qui se superposent à la langue.
Grivel nous avertit que l'« idéologie » ne peut pas être considérée comme un système monolithique: « l'activité idéologique d'une société se présente comme une approximation jamais complète et jamais réussie d'un système de pensée. » (Grivel 1980: d4)
D'autre part, il signale que le « taux d'universalité » des universaux de texte fluctue (Grivel 1978: 39) - ce qui revient à dire que le système doxique comporte des mouvements centre - périphérie et vice versa.
En tout cas, tout comme le système de la langue en tant que système de potentialités, l'idéologie continue à exister. Le langage doxique change, la langue reste - ou même: le langage change pour que la langue puisse perpétuer son existence. « La règle comprend la nouveauté de sa manifestation qui la cèle comme règle. » (Grivel 1973: 63)
Le paradoxe est clair: le maintien de l'ordre, c'est-à-dire les principes d'écart, d'opposition, de division imposés par l'idéologie à notre vision de la société, est assuré justement par un changement incessant des représentations de ces écarts, oppositions et divisions. Ainsi, nous pouvons décrire la doxa comme le système qu'elle est: comportant un centre et une périphérie, tout comme des relations d'opposition et de concurrence intra- et inter-systémiques.
Cependant nous essayerons de ne pas perdre de vue le statut relatif de cette structure: elle existe parce qu'elle sert l'idéologie dominante, et il n'est donc pas question de consacrer comme « universelle » une structure qui est foncièrement historique: « La dialectique du déclassement et du reclassement qui est au principe de toutes sortes de processus sociaux implique et impose que tous les groupes concernés courent dans le même sens, vers les mêmes objectifs, les mêmes propriétés. » (Bourdieu 1979: 182)
Signalons également l'importance de systèmes doxiques dans la définition de l'identité culturelle d'un groupe ou d'une nation / culture. Comme le décrit Clem Robyns (1994, 1995), l'importation de produits culturels ou de valeurs d'une autre culture ou d'un autre groupe dans la culture, apporte immédiatement de nouveaux idéologèmes. Ainsi l'importation culturelle menace les évidences de la culture ou du discours récepteur, donc leur doxa.
Les systèmes doxiques
En nous inspirant de plusieurs auteurs mentionnés ci-dessous, nous dirons que les « idéologèmes », les unités composant le système doxique, sont structurés en deux dimensions (diversifiées). D'abord, il y a les axes ou axiologies: des lignes bipolaires dont les bouts sont des notions opposées absolument, comme Bien-Mal, Ordre-Désordre, etc. Les axes peuvent se présenter comme des continua, en comportant des termes « ambivalents » (l'amour malheureux, par exemple), mais les deux extrémités restent toujours dominants et déterminent la valeur finale. Toujours, l'un des deux termes opposés est évalué positiviment, l'autre négativement. Un axe peut découler de, concrétiser un autre.
Puis, horizontalement, nous avons les champs sémantiques, comme la Famille, la Nature, la Guerre, etc., qui à leur tour peuvent se subdiviser en champs plus limités. (Faisons remarquer que les notions génériques des champs peuvent également figurer comme tels sur quelque axiologie.) Chaque idéologème est alors une maxime, une présupposition qui se situe sur un ou plusieurs axes et dans un ou plusieurs champs sémantiques.
C'est surtout le concept des axes que l'on retrouve chez nombre d'auteurs. Barthes (1970: XIV) déclare l'antithèse une des plus stables des centaines de figures proposées par la rhétorique pour nommer, fonder le monde. Fidèle à son hypothèse du récit comme « disjonction, non-disjonction, disjonction », Kristeva applique ce principe au récit littéraire: « Le texte est thématiquement axé: il s'agira d'un jeu entre deux oppositions exclusives dont la nomination changera (vice-vertu, amour-haine, louange-critique...), mais qui auront toujours le même axe sémique (positif-négatif). Elles vont alterner dans un parcours que rien ne limite sauf la présupposition initiale du tiers exclu, c'est-à-dire de l'inévitable choix de l'un ou de l'autre ( »ou« exclusif) des termes. » (Kristeva 1969: 119)
Nous trouvons une application explicite du principe des axiologies chez Bourdieu (1979: 546), qui montre comment les diverses oppositions axiologiques doxiques utilisées dans le champ culturel (haut-bas, spirituel-matériel, libre-forcé, unique-commun, brillant-terne...) sont dérivées d'une opposition fondamentale qui est active dans tout le champ social et constitue une des catégories fondamentales de sa perception: celle entre l'élite et la masse indifférenciée.
Leo H. Hoeck (1980: e9-10, basé sur Greimas & Courtès, Dictionnaire raisonné de la théorie du langage) propose la version la plus développée de l'hypothèse axiologique. Il distingue cinq types d'axiologies (définies comme « modes d'existence paradigmatique des valeurs »): morale (bien-méchant), logique (vrai-faux), esthétique (beau-laid), économique (riche-pauvre) et sociale (supérieur-inférieur).
Nous pouvons donc décrire un système doxique comme un champ hiérarchisé en évolution, où différents modèles se succèdent dans le centre. Ces modèles réunissent un ou plusieurs « idéologèmes » ou présuppositions, qui sont tous définis sur un ou plusiers axes et dans un ou plusieurs champs, et qui sont exprimés dans le discours par une image mythique ou un ensemble d'images. Tous ces modèles, par leur caractère hiérarchique et oppositionnel, contribuent à réaliser et à actualiser le sens idéologique de base qui est l'existence perpétuée d'une société hiérarchisée, où les termes peuvent changer mais où la structure doit rester immuable.
Bibliographie
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- Roland Barthes, 1957: Mythologies, Seuil, Paris.
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- Itamar Even-Zohar, 1980: « Constraints of Realeme Insertability in Narrative », dans Poetics Today, Vol 1:3, 1980, 65-74.
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