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Esperluette

Esperluette

L'esperluette, également appelée « perluète », « esperluète » ou, plus rarement, « éperluette », est le logogramme &. Elle correspond à la conjonction et et a le même sens que celle-ci. Son inventeur serait Tiron, également auteur de la première méthode de sténographie décrite, les notes tironiennes. Elle résulte de la ligature du e et du t. À l'origine, cette graphie ligaturée était plus ou moins systématiquement utilisée par les copistes médiévaux, qui utilisaient de nombreuses autres abréviations. En l'occurrence, on trouve l'esperluette fréquemment employée pour les termes et et etc. (&c.). Alors que le plus souvent, dans les manuscrits européens, seuls ces deux termes étaient abrégés en &, les scribes anglais s'en servaient aussi pour n'importe quelle séquence -et- : deberet pouvait être écrit deber&. On trouve cependant aussi de telles graphies sur le Continent : fazet, dans les Serments de Strasbourg est écrit faz&. Il semble qu'elle ait été considérée comme la 27 lettre de l'alphabet. Selon le Trésor de la langue française, le &, dernière lettre de l'alphabet, était appelé ète ; or, à l'école élémentaire, on apprenait aux enfants à réciter l'alphabet en ajoutant « et » « per lui » « ète » après Z, sorte de rime ludique et chantante qui aidait la mémoire. L'usage fit que l'on appela finalement le caractère & perluète ou esperluette. Une autre hypothèse a été formulée : espeluette viendrait de « espère lue et » (On espère qu'elle soit lue «et») Actuellement, en français, l'esperluette est très peu utilisée, et même rejetée dans la langue littéraire. Son utilisation est essentiellement circonscrite à la langue commerciale, plus spécifiquement publicitaire. Cela explique que l'esperluette soit parfois appelée « et commercial ». Elle semble en revanche plus courante en anglais (sous le nom dampersand) et peut-être dans certaines variétés dialectales africaines du français. Dans certains langages informatiques, le & est employé pour dénoter l'opération ET logique. Sous un système UNIX, placé en fin de ligne il indique que l'on souhaite exécuter un programme en arrière-plan. En C et en C++, il indique une référence lorsqu'il précède un nom de variable. programme

Articles connexes


- Le caractère Arrobe
a commercial » : @) ;
- les caractères plus et moins.

Liens externes


- [http://www.gutenberg.eu.org/pub/GUTenberg/publicationsPDF/22-blanchard.pdf Noeuds & esperluettes : actualités et pérennité d’un signe] Gérard BLANCHARD, Cahier GUTenberg #20 (pp. 43-59) Catégorie:Typographie ja:アンパサンド

Conjonction de coordination

En grammaire, une conjonction de coordination est une catégorie grammaticale désignant un mot-outil invariable, établissant une relation de coordination entre deux éléments (deux mots, deux syntagmes, deux propositions, ou même, deux phrases), de même nature, et surtout, de même fonction syntaxique.
- La conjonction de coordination est donc le coordonnant type. Il existe d'autres coordonnants, qui, sans être de véritables conjonctions de coordination, en ont cependant la valeur. :On aura soin bien sûr, de ne pas confondre la conjonction de coordination avec la conjonction de subordination, qui elle, est un subordonnant, en d'autres termes, un mot-outil instaurant une relation hiérachique entre les éléments réunis.
- Les conjonctions de coordination sont les suivantes : car, donc, et, mais, ni, or, ou. :Une phrase mnémotechnique permet de se souvenir de cette liste canonique : « Mais où est donc Ornicar ? » (mais, ou, et, donc, or, ni, car). Mais attention, cette phrase peut s'avérer trompeuse : il s'agit de et et ou, et non de est (verbe être) et (qui dénote le lieu). Une autre formule, moins mnémotechnique mais sans ambiguité, était utilisée par le passé : mais, ou, et, ni, or, car, donc. :Sémantiquement, seuls « et », « ou » et « ni » sont de véritables conjonctions de coordination, les autres termes dénotant un rapport dépassant celui de la seule coordination (« donc » ajoute une idée de conséquence, « car » de causalité, « mais » et « or », d'opposition).

Conjonction « et »

La conjonction et est la conjonction de coordination type. Elle permet d'additionner deux éléments (ou davantage) de même nature et même fonction. Ces éléments peuvent être des mots (des noms, des pronoms, des adjectifs, des verbes, des adverbes, plus exceptionnellement, des mots-outils), des syntagmes, des propositions, des phrases : :J'ai acheté le journal et du papier à lettres. ::Coordination d'un nom et d'un syntagme nominal. :Tous les jours, tu arraches les mauvaises herbes et tu arroses le jardin. ::Coordination de deux propositions. :Ce jour-là, Julien se leva de bonne heure. Et, comme il faisait beau, il plongea dans la piscine sans se préoccuper de ce qui s'était passé la veille. ::Coordination de deux phrases.
- Lorsqu'elle coordonne plus de deux éléments, cette conjonction de coordination doit seulement être présente avant le dernier élément de la série : :
Dans mon jardin, il y a des tomates, du basilic, des salades et de la menthe.
- On peut cependant (par exemple, pour souligner l'aspect quantitatif) mettre cette conjonction de coordination devant chaque élément : :Aujourd'hui j'ai mangé, et des crudités, et des grillades, et de la purée, et du fromage, et du gâteau, et des fruits.
- Il peut arriver enfin, qu'on omette purement et simplement cette conjonction de coordination là où celle-ci était attendue. Les éléments sont alors simplement juxtaposés et la coordination est dite
implicite : :Dans mon jardin, il y a des tomates, du basilic, des salades, de la menthe.

Conjonction « ou »

La conjonction ou permet d'indiquer une idée de sélection, de choix, entre les éléments (deux ou davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. Ces éléments peuvent être des mots, des groupes ou des propositions.
- À l'instar de la conjonction « et », lorsqu'elle coordonne plusieurs éléments, la conjonction « ou » doit seulement être présente avant le dernier élément de la série : :Que veux-tu manger ? Un fruit, un yaourt ou un gâteau ?
- Il est cependant très fréquent que celle-ci soit répétée devant chacun des différents éléments : :
Choisis ce que tu veux manger : ou un fruit, ou un yaourt, ou un gâteau.
- Il arrive qu'on lui adjoigne un adverbe, afin de faire de celle-ci une locution conjonctive de coordination («
ou bien, ou encore, ou alors, ou même… ») : :La science nous apprend qu'une espèce doit s'adapter ou bien disparaître.
- On peut également remplacer la conjonction « ou » par le coordonnant « soit » (adverbe de liaison ou préposition). Celui-ci doit alors être répété devant chaque élément : :La science nous apprend qu'une espèce doit, soit s'adapter, soit disparaître.

Conjonction « ni »

La conjonction ni permet d'indiquer une idée d'exclusion entre les éléments (deux ou davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. Le type d'élément peut être le mot, le groupe ou la proposition, mais pas la phrase. Elle correspond donc à la conjonction «
et » employée à la forme négative.
- La conjonction «
ni » est habituellement répétée devant chaque élément qu'elle coordonne : :Quel jour choisir ? Ni le mercredi, ni le samedi, ni le dimanche, en tout cas.
- Son emploi dépend de l'utilisation de l'une des locutions adverbiales de négation (telles que « ne… pas, ne... jamais », etc.), amputée de son second élément : :Je ne bois ni thé, ni café. ::Et non pas : « Je ne bois pas ni thé ni café ». Ce qui correspondrait à une double négation. :Si l'on choisit de conserver néanmoins le second élément de la négation, il faut alors supprimer la conjonction « ni » devant le premier élément (on observera dans ce cas la nécessité d'employer l'article partitif « de ») : ::Je ne bois pas de thé, ni de café.

Conjonction « mais »

La conjonction mais permet d'indiquer une idée d'opposition entre seulement deux éléments (jamais davantage) de même nature et même fonction. Contrairement à ce qui se passe pour les conjonctions « et », « ni » et « ou », la conjonction « mais » n'est jamais répétée, et se place simplement devant le second élément : :Alex est intelligent mais paresseux. ::On remarque que la conjonction « et » n'aurait pas convenu ici, car les élément coordonnés, « intelligent » et « paresseux », bien que de même nature et de même fonction (adjectifs qualificatifs attributs du sujet « Alex »), sont sémantiquement opposés (une qualité s'opposant à un défaut).
- Les éléments coordonnés par la conjonction «
mais » peuvent être des mots, des groupes, des propositions ou encore, des phrases : :Il comprend parfaitement ce qu'on lui dit, mais ne travaille pas assez.
- La conjonction « mais » sert parfois à renchérir : :Mais que vous êtes élégante ce soir !

Conjonctions « donc » et « car »

La conjonction donc (considérée par certains grammairiens comme un véritable adverbe de liaison) permet d'indiquer une idée de conséquence entre les deux éléments (jamais davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. La conjonction car permet d'indiquer une idée de cause entre les deux éléments (jamais davantage) de même nature et même fonction, qu'elle coordonne. En conséquence, à l'instar de la conjonction «
mais », les conjonctions « donc » et « car » ne sont jamais répétées, et se placent simplement devant le second élément.
- Il est facile de noter qu'en fait, la conjonction «
car » est le contraire de la conjonction « donc ». En d'autres termes, si A est la cause, et B, la conséquence, on peut écrire, soit « A donc B », soit « B car A » : :La météo a annoncé du froid, donc, je prends mon pull-over. :Je prends mon pull-over, car la météo a annoncé du froid.
- Habituellement, les éléments coordonnés par les conjonctions «
donc » et « car » sont des propositions ou des phrases (plus rarement des mots).
- On notera que la conjonction «
donc » est la seule de la série à être déplaçable : :Donc, Nathalie arrive chez sa grand-mère. / Nathalie, donc, arrive chez sa grand-mère. / Nathalie arrive donc chez sa grand-mère. / Nathalie arrive chez sa grand-mère, donc.

Conjonction « or »

La conjonction or est la conjonction de coordination dont l'emploi est le plus flou. Elle indique généralement une idée d'opposition et s'apparente ainsi à la conjonction « mais » : :Tout le monde admire Léonard dans le village. Or on ignore généralement qu'il est profondément dépressif. :C'était un homme prévoyant. Or il lui arriva ce qu'il redoutait le plus.
- Elle est fréquemment utilisée pour opposer deux arguments desquels on va ensuite tirer une déduction : :Tous les hommes sont mortels. Or Socrate est un homme. Donc, Socrate est mortel. La conjonction « or » ne peut relier que deux éléments, jamais davantage. Elle n'est jamais répétée, et se place simplement devant le second élément. Habituellement, les éléments qu'elle coordonne peuvent être des propositions ou des phrases (rarement des mots). :On notera par ailleurs le côté un peu arbitraire des classifications, « or » ayant le statut de conjonction de coordination dans le même temps que « toutefois » et « néanmoins », qui s'utilisent avec des constructions similaires et dont le sens est extrêmement voisin, ne l'ont pas.

Autres coordonnants

La plupart des mots pouvant jouer le rôle de coordonnants, ou coordonnants occasionnels, sont des adverbes de liaison ou
adverbes de phrases ou connecteursà peine, à savoir, alors, ainsi que, aussi, aussi bien que, c'est-à-dire, c'est pourquoi, comme, de même que, du moins, encore, ensuite, en vain, même, peut-être, pourtant, puis, soit, voire, etc. ») : :Boris a mangé des grillades, de la purée, du fromage, du gâteau, enfin des fruits.
- Le plus souvent, l'adverbe de liaison coordonne des phrases, ou tout au moins, des propositions : :Aujourd'hui, j'irai me promener dès que j'aurai fini mon travail. ::L'adverbe « aujourd'hui » coordonne la phrase ci-dessus à la précédente (ou : introduit la phrase ci-dessus). :C'est une personne très instable : hier, il était maçon à son compte, aujourd'hui, il vend des boissons sur la plage, demain, il sera peut-être ouvrier agricole, gardien d'immeuble ou encore, représentant de commerce. ::Les adverbes des temps « hier », « aujourd'hui » et « demain » coordonnent (ou introduisent) les trois propositions indépendantes.

Articles connexes


- Mot
- Interjection
- Adverbe
- Syntaxe
- Nature (grammaire)
- Syntagme
- Fonction syntaxique
- Analyse morphosyntaxique
- Représentation (grammaire)
- Énonciation
- Liste des notions utilisées en linguistique Catégorie:grammaire catégorie:Syntaxe ja:接続詞


Marcus Tullius Tiro

Marcus Tullius Tiro (103 av. J.-C., Arpinum4 av. J.-C., Puteoli), plus connu sous le nom de « Tiron », était l'esclave puis un affranchi de Cicéron (homme d'État romain).

Biographie

Tiron est né esclave de Cicéron en 103 av. J.-C. à Arpinum. Il a grandi avec Cicéron, qui est légèrement plus âgé que lui (3 ans de plus), et a ensuite déménagé à Rome. Il a été libéré en 53 av. J.-C., et a accompagné Cicéron en Cilicie pendant le gouvernorat de Cicéro, bien qu'il ait été occasionnellement séparé de son patron pour des raisons de santé. Tiron a servi Cicéron comme secrétaire, et aussi de plus en plus comme confident. Cicéron de retour d'un voyage à Athènes, demanda à Tiron d'adapter les « notes grecques » : méthode d'écriture abrégée, dont l'auteur serait Xénophon qui s'en serait servi pour retranscrire les discours de Socrate. Tiron inventa alors un système personnel dont il se servit pour retranscrire les discours de Cicéron au Sénat romain (voir le paragraphe « notes tironiennes » plus bas). Après la mort de Cicéron, Tiron a publié le travail et une biographie de ce dernier. Tiron est mort à Puteoli en 4 av. J.-C..

Les notes tironiennes

La méthode de Tiron est composé de 1100 signes. De nombreux discours de Cicéron ont été retrouvés, ce qui a permis de remonter à Tiron. Les « notes tironiennes » sont la base des systèmes de sténographie modernes. Tiron serait aussi l'auteur de l'esperluète, toujours utilisée aujourd'hui. Les notes tironiennes ont été utilisées pendant plus de 1600 ans, de Tiron jusque dans les années 1600 ! Elles ont par exemple été utilisées durant toute la période du moyen-âge, sans qu'une amélioration significative ne soit apportée. Jean Coulon de Thévenot tente en 1776 de réformer le système de Tiron, mais sa méthode ne sera finalement pas retenu, d'autres méthodes plus récentes s'étaient déjà imposées.

Analyse par Carpentier, 1747

Pierre Carpentier a été un des premiers à tenter de comprender les méthodes de cryptage et décryptage des notes de Tiron. Il a publié Alphabetum Tironianum, seu Notas Tironis Explicandi Methodus en 1747. La méthode Tiron utilise différentes astuces. Chaque lettre est représentée par un symbole. Une de ses caractéristiques est d'utiliser les premières d'un mot pour l'abréger, méthode encore utilisée de nos jours. Exemple : A.D. pour « Anno Domini », N.B. pour « Nota bene », etc. Carpentier a plus particulièrement étudié le manuscrit latin numéro 2718, disponible à la Bibliothèque nationale de France. Son travail a été en grande partie critiqué par des études postérieures.

Autres analyses

Jean Gruter a étudié les notes tironiennes et en a réuni plus de 13000 dans un ouvrage qu'il a publié en 1603. De nombres sténographes ont étudié les notes tironniennes. On peut citer par exemple Louis Prosper Guénin, qui a écrit le livre Les notes tironiennes, leur nature et leurs origine (1882, Arras). Au cours du , on continue avec davantage d'ardeur l'étude de ces Notes, afin de traduire les nouveaux documents qui ont été trouvés. En 1817, Ulrico Kopp publie à Manheim son livre « Paleographia critica seu tachigraphia veterum exposita ». Outre l'histoire ancienne de la Sténographie, il constitue un véritable ouvrage de référence sur les Notes Tironiennes, avec un dictionnaire de plus de 12.000 mots en ordre alphabétique. Cette œuvre a aidé à traduire des documents qui sinon seraient restés inconnus pour l'humanité. Tiro, Marcus Tullius Tiro, Marcus Tullius Tiro, Marcus Tullius Tiro, Marcus Tullius Tiro, Marcus Tullius Tiro, Marcus Tullius

Sténographie

ja:速記 Catégorie:Écriture abrégée Catégorie:Écriture abrégée La sténographie (du grec stenos, serré et graphê, écriture) (ou tachygraphie), c’est : :« L'art de se servir de signes conventionnels pour écrire d’une manière aussi rapide que la parole ».

Origine

Issus des mêmes besoins (écrire rapidement et si possible à la vitesse de la parole), les systèmes d'écritures rapides remontent à fort longtemps. Les premiers traces remontenteraient en 430 av. J.C., Xénophon aurait usé de sténographie pour retranscrire les discours de Socrate. En 63 av. J.-C., Tiron, esclave de Cicéron, s'inspire des notes grecques, et inventa sa propre méthode de sténographie. Ses prises de notes ont été conservées. Au commencement, Tiron n'abrégeait que les mots les plus populaires en utilisant des indices de contexte. Puis il améliora sa méthode en abbrégeant les phrases / expressions les plus communes. C'est également lui qui a inventé l'esperluète qui est toujours utilisée couramment.

Moyen Âge

Pendant le Moyen Âge, les moines de divers pays d'Europe employaient des abréviations arbitraires pour leurs manuscrits, comme il peut être observé dans les portails des premiers livres imprimés. Ils utilisaient des majuscules initiales comme sigles, contractions de plusieurs mots, mots coupés dans la syllabe initiale, morceaux synthétiques de longues phrases d'utilisation conventionnelle, ainsi que points et accents à diverses hauteurs. Toutes ces ressources constituaient une manière la plus personnelle d'écriture abrégée. L'œuvre de Walker « Lexicum diplomaticum » informe sur un certain nombre d'abréviations adoptées pendant le Moyen Âge, mais sans que pour elles on emploie des signes spéciaux. Par la suite sont apparues en Angleterre, « Ars Scribendi Characteribus » (1412), une œuvre de Jewel (1571) et une autre de Plymouth, qui consistait une écriture courante à laquelle on supprimait des consonnes et jusqu'à des syllabes. Ces systèmes d'écriture rapide ont été les modèles choisis pour confectionner les premiers systèmes sténographiques modernes. On retrouve très peu d'information entre les notes tironiennes et évolutions datant des années 1600. Apparemment, la sténographie était toujours utilisée selon Ausone et Sidoine au . Dans de nombreux textes en vieil anglais, on retrouve différentes abréviations, telles que ō à la place de ond, ainsi que différents symboles représentant les mots usuels, tels que if, his, nìwlice… Le livre Histoire de la sténographie dans l'Antiquité et au Moyen Âge (1908, Guénin), parle de sténographie au Moyen Âge. On retrouve des preuves comme dans des circulaires de Charlemagne (742 - 814) envoyés aux religieux dans les écoles presbytérales : « Et que des écoles soient fondées qui enseignent la lecture aux enfants. Qu'ils apprennent les psaumes, la sténographie, le chant, la grammaire (…) ».

Les différentes méthodes

Charlemagne, Pitman, Graham, Munson, Lindsey, Helen M. Pernin et Cross]] L'Anglais John Willis publie en 1602 le premier traité d'écriture abrégée. Son système géométrique est repris et simplifié par Samuel Taylor en 1786 et utilisé jusqu'au . C'est l'ancêtre de la sténographie. En France, Jacques Cossard publie en 1651 « Méthode pour écrire aussi vite qu'on parle ». Le système géométrique d'écriture abrégée de Willis et Taylor est remplacé par plusieurs types nouveaux qui diffèrent selon les pays. En 1837, Sir Isaac Pitman invente une sténographie représentée par des lignes droites et courbes, utilisée en Angleterre et en Amérique du Nord. En France, les frères Duployé mettent au point leur propre système (1860) qui se répand en Europe occidentale. Les sténographies de Pitman et Duployé sont phonétiques. John Robert Gregg propose en 1888 un autre système, géométrique et cursif, qui convainc les États-Unis et le Canada par sa simplicité. Avec la diffusion de la machine à écrire, la sténographie se voit concurrencée par la sténotypie. Cette dernière réinvente ses propres systèmes de codification, plus adaptés à la saisie mécanique. Une sténotype se présente sous la forme d'une petite machine à écrire dont le clavier comporte un nombre de touches réduit.

Chronologie

Prémisses


- -430 : Xénophon aurait usé de sténographie pour retranscrire les discours de Socrate
- -63 : notes tironniennes, inspirée de celles de Xénophon
- 1174 : méthode Tilbury, basée sur celle de Tiron

Anglophone


- 1588 : méthode Bright
- 1590 : méthode Bales
- 1602 : méthode Willis
- 1641 : méthode Shelton
- 1786 : méthode Taylor
- 1837 : méthode Pitman basée sur la méthode Taylor
- 1888 : méthode Gregg

Francophone


- 1651 : méthode Cossard
- 1678 : méthode Ramsay basée sur la méthode Shelton
- 1772 : méthode Coulon de Thévenot, basée sur les notes Tironiennes
- 1792 : méthode Bertin, adaptation française de la méthode Taylor
- 1813 : méthode Conen de Prépean
- 1820 : méthode Aimé Paris, basée sur les méthodes de Bertin et de Conen de Prépean
- 1828 : méthode Prévost, basée sur la méthode Bertin
- 1860 : méthode Duployé
- 1871 : méthode Guénin, basée sur la méthode Aimé Paris
- 1878 : méthode Delaunay, basée sur la méthode Prévost

Sténotypie


- 1827 : Première sténotype du français Benoît Gonod
- 1863 : Sténotype de Michela-Zucco
- 1876 : L'américain John Zachos dépose un brevet sur du sténotype à New York
- 1909 : Le français Marc Grandjean développe une sténotype en France

De nos jours


- 1992 : Le premier SMS a été envoyé d'un ordinateur à un téléphone

Articles connexes


- Sténotypie
- Short message service (abrégé SMS) : les abréviations du .

Liens externes


- [http://www.geocities.com/taquigra/taquigra.htm Histoire de la taquigraphie] : Excellent dossier, très complet, écrit par Carlos Guillermo Lima
- [http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/se/fiche4/fiche4.html#d%E9but Sténographie, sténotypie ou dictaphone ?] : Article du centre des archives du monde du travail
- [http://www.malexism.com/medias/stenographie1.html Origines de l'écriture abrégée] : Dossier complet sur les médias par Marc Alexis Morelle
- [http://www.stenographie.ch/ Institut sténographique Suisse Duployé]
- [http://halshs.ccsd.cnrs.fr/halshs-00002896 Mécaniser l'écriture et photographier la parole] : utopies, monde du bureau et histoires de genre et de techniques. Dossier de Delphine Gardey, Juin 1999. [http://halshs.ccsd.cnrs.fr/action/open_file.php?url=http://halshs.ccsd.cnrs.fr/docs/00/02/59/18/PDF/gardey_mecaniser_ecriture.pdf&docid=25918&hal_sid=aba4757df48d93ca6938f3966e55b8ae Lien direct sur le document au format PDF].
- [http://www.ncraonline.org/about/history/shorthand.shtml History of Shorthand] écrite par NCRA (National Court Reporters Association)
- [http://victorian.fortunecity.com/vangogh/555/Spell/shorthand-bib.html Livres de sténographie] sur le site « Alfabets, Spelling & Pronunciation »
- (en latin) [http://www.esotericarchives.com/tritheim/stegano.htm Steganographia (Secret Writing)] (1500) par [Johannes Trithemius] : version numérisée d'un vieux livre écrit en latin

Sources


- De nombreux articles sur la sténographie sont issus du mémoire sur la sténographie de Carlos Guillermo Lima

Ligature (typographie)

Ligatures typographiques anciennes Catégorie:Imprimerie Une ligature est la fusion de deux graphèmes d’une écriture pour n’en former qu’un seul nouveau, considéré ou non comme un caractère per se (à part entière). La ligature peut donner naissance à un digramme. Dans une écriture bicamérale, un digramme lié se distinguera d’un digramme simple par la majusculisation : si les deux caractères doivent être en majuscule capitale et le reste en bas-de-casse, c’est bien une ligature. Sinon, c’est un digramme simple (par exemple : IJsselmeer en néerlandais mais Château en français). La ligature est donc un des procédés possibles d’enrichissement du stock de graphèmes d’une langue. Il existe deux types principaux de ligatures :
- les ligatures esthétiques, qui sont optionnelles et ne s’utilisent que pour améliorer la lisibilité d’un document typographié ;
- les ligatures linguistiques, qui sont obligatoires. Les ligatures sont parfois anciennes et peuvent tenir à la nécessité du gain de place sur un matériau (pierre, marbre, papyrus, parchemin, etc.) qui coûte cher. En Europe, les manuscrits médiévaux sont riches d’abréviations de natures diverses, parmi lesquelles de nombreuses ligatures. Il serait cependant faux de ne voir dans la ligature qu’une question d’économie : certaines sont purement esthétiques et ne font gagner aucune place. Il existe d’autre part des caractères qui sont d’anciennes ligatures, esthétiques ou non, mais ne sont plus sentis comme tel :
- la ligature linguistique dite eszett, soit ß, provient d’une ligature esthétique entre un s long suivi d’un s rond (le s long étant une ancienne variante contextuelle de s) ou d’un z. Utilisée dans plusieurs langues d’Europe, elle ne se rencontre maintenant plus qu’en allemand ;
- l’esperluette, &, est à l’origine une ligature esthétique de et servant d’abréviation. Elle est devenue un véritable logogramme, au même titre que les chiffres dits « arabes » : selon sa langue, on la lira et, y, and ou encore und ;
- l’arobase, @, remonte à la graphie onciale de la préposition latine ad liée pour servir d’abréviation Enfin, on nomme, improprement, ligatures le fait que les caractères d’une écriture s’adaptent selon leur place dans le mot. On préférera à ce terme celui de variante contextuelle, qui constitue un article séparé. De même, surtout dans les semi-syllabaires indiens, les consonnes se modifient selon qu’elles portent ou non une voyelle. Il semble plus pertinent de traiter ce sujet séparément, dans l’article lettre conjointe.

Ligatures esthétiques

Alphabet latin

lettre conjointe N’étant pas obligatoires, elles sont surtout utilisées dans la production de documents d’abord manuscrits (elles sont fréquentes dans les manuscrits médiévaux, soit comme abréviations soit pour des raisons purement décoratives) puis imprimés, pour améliorer la lisibilité d’un texte ou simplement l’agrémenter. Dans le premier cas, surtout en imprimerie, il s’agit de réduire nombre de collisions inesthétiques entre certains caractères. Les plus courantes portent sur les lettres f et s long (variante contextuelle de s) suivis de i et l. Le point du i ou la hampe du l entrent en collision après le f ou le s long, à moins qu’on ne les espace. Du temps de l’imprimerie au plomb, les collisions entre ces caractères pouvaient d’ailleurs entraîner leur rupture (c’est pourquoi on les appelle aussi ligatures techniques). Il faut noter qu’en allemand l’utilisation des ligatures esthétique se doit de respecter des contraintes morphologiques : en effet, les germanophones n’utilisent les ligatures en f que si les deux lettres appartiennent au même radical du mot. Des ligatures du type de ct ne sont pas liées à des problèmes de collision entre caractères : elles sont purement esthétiques et, sûrement, imitent la graphie manuscrite cursive. De toutes ces ligatures, seule celle du s long suivi d’un s rond a acquis le statut de graphème : c’est le eszett (ß) allemand. Enfin, dans les textes latins imprimés, on emploie volontiers, ce que ne faisaient pas les Romains de l’Antiquité, les ligatures œ et æ. Leur utilisation ressortit surtout à la composition soignée. La Fraktur allemande comprenait de nombreuses ligatures, surtout dans sa variante manuscrite, tracées d’un seul mouvement, parmi lesquelles : ch, ck, st, ss / sz (tracées toutes deux ß et tz).

Alphabet arabe

Fraktur L’alphabet arabe connaît des ligatures esthétiques. Celles-ci sont optionnelles et se rencontrent surtout dans des compositions soignées. Ces ligatures ne doivent pas être confondues avec les variantes contextuelles ou la ligature linguistique lâm ’alif, (voir plus bas) lesquelles sont toutes deux obligatoires. Voici ci-contre quelques ligatures possibles. Rappelons que l’arabe s’écrit de droite à gauche ; dans le tableau, les ligatures concernent, dans l’ordre, les lettres lâm, mîm et nûn formant ligature avec un jîm. Pour des raisons de lisibilité, on a ajouté un mîm final, qui ne fait pas partie de la ligature.

Alphabet cyrillique

[En préparation]

Alphabet grec

L'alphabet grec possède un certains nombre de ligatures, lesquelles ne sont maintenant plus utilisées ou rarement. La première que l’on peut citer est un caractère similaire à l’esperluette mais bien moins fréquent en grec imprimé que celle-là ne l’est dans l’alphabet latin. C’est une ligature ancienne (ce qui est contesté par certains grammatologues) et d’usage fréquent dans les textes papyrologiques et médiévaux pour la conjonction de coordination καὶ kaì, « et », soit ϗ (en image, le caractère étant rarement inclus dans les polices : Image:Ligature_grecque_kai.png). La ligature est devenue un signe d’abréviation au même titre que le & latin. Il faut noter que la forme actuelle de l’abréviation remonte à sa variante hellénistique : au cours de siècles, elle en était venue à prendre des tracés très différents. Cette ligature n’est quasiment pas utilisée dans l’impression : elle ressortit surtout aux usages informels et manuscrits. Les autres ligatures, d’emploi fréquent dans les textes médiévaux, sont généralement sorties des usages au cours du , période à laquelle cet alphabet a acquis sa forme quasi définitive.

Alphabet arménien

[En préparation]

Ligatures linguistiques

Bien différentes des premières, elles sont obligatoires et normalisées. De telles ligatures sont de deux natures différentes :
- soit elles donnent naissance à un nouveau graphème et leur apparition n’est pas prévisible ;
- soit elles sont considérées comme une variante obligatoire, sont prévisibles mais ne donnent pas naissance à un nouveau graphème.

Ligatures comme graphèmes

Œ

Le français (qui semble être la seule langue à le faire) connaît une telle ligature, la lettre Œ / œ, dite « e dans lo ». Il n’est pas possible de la considérer comme la réunion esthétique des deux lettres oe car son utilisation dépend entièrement de l’étymologie du mot et ne peut être considérée ni optionnelle ni systématique. Il faut considérer séparément, pour des raisons historiques, deux types de mots contenant un œ :
- les mots d’emprunt savants à orthographe étymologisante ;
- les mots hérités anciens.
Dans les mots empruntés au latin
Il existe un assez grand nombre de mots empruntés principalement au latin et prenant un
œ, qu’on ne peut prononcer que comme une voyelle unique, en l’occurrence /e/ (de blé ; cela entraîne donc la prononciation /s/ de c). C’est bien un digramme, que l’on doit opposer à la rencontre de o et e dans un mot comme coexistence. Voici quelques exemples de ces mots savants ou empruntés :
-
cœlacanthe /selakɑ̃t/ ;
-
œnologie /enɔlɔʒi/ ;
-
Œdipe /edip/ (rappelons que la ligature, en capitale, se trace Œ et non OE, ou Oe, ce qui confirme son statut de graphème unique) ;
-
fœtus /fetys/ (dans ce mot, c'est une erreur car le mot latin ancien est fētus ; la graphie avec œ est postérieure au et s'explique par hypercorrection : en effet, à cette époque, œ et ē se prononçaient à l'identique), etc. Dans une prononciation courante, certains mots sont prononcés avec /ø/ (de feu) : c’est le cas pour œnologie et Œdipe. Cet usage est considéré fautif. Il est pourtant très fréquent (œsophage est plus souvent entendu avec /ø/ que /e/). Étymologiquement, ces mots remontent le plus souvent à la diphtongue latine œ, qui se prononçait /oe/ ou, plus probablement, /oj/. À partir du II siècle de notre ère, elles s’est monophtonguée en /e/, ce dont attestent des termes comme économie, fétide ou peine, qui proviennent du latin œconomia, fœtidus et pœna. Le maintien d’une graphie en œ prouve que les mots contenant la ligature sont des emprunts relativement récents ; leur orthographe est donc étymologisante. Pour l’anecdote, la diphtongue latine œ peut, c’est le cas dans œconomia, représenter la diphtongue grecque οι oi dans des emprunts au grec : οἰκονομία oikonomía. La notation au moyen du digramme lié œ est ancienne : les typographes français, citant des mots latins, ont respecté l’orthographe de l’époque, qui prévoyait la ligature. Du reste, les mots n’étaient pas forcément sentis comme français. Aux premiers temps, œ n’était donc pas une lettre française.
Dans les mots hérités
Les mots qu’on dit
hérités sont ceux qui constituent le fonds lexical proprement français provenant d’un état antérieur de la langue. Il existait en moyen français nombre de mots se prononçant avec un /ø/ (dans feu). La notation de ce phonème était flottante depuis l’époque médiévale : eu, oe, oeu ou ue (euvre, oevre, œuvre, uevre pour l’actuel œuvre). L’une des graphies retenues, et normalisée plus tard par l’Académie française, a consisté à se servir de oeu, écrit parfois avec la ligature à l’imitation de la diphtongue latine œ. On trouve ainsi pour le même mot œuvre, au (notons que la distinction entre u et v n’était pas encore faite, les lettres étant senties comme des variantes contextuelles :
-
oeuure chez Étienne Dolet dans La maniere de bien traduire d’une langue en aultre : d’aduantage de la punctuation de la langue Francoyse, plus des accents d’ycelle de 1540 ;
-
œuvre chez Thomas Sébillet dans son Art pöétique François pour l’instruction dés ieunes studieus, & et encor peu avancéz en la Pöésie Françoise de 1548 ;
- mais…
euuvres chez Louise Labé dans l’édition de ses œuvres de 1556 (remarquons tout de même que la typographie de cette édition laisse à désirer par un certain manque de cohérence ; on en voit d’autres exemples dans Cédille). La graphie ne se fixe sur œu avec la ligature (et œi pour le mot œil) qu’au . Les mots concernés proviennent de mots latins qui contenaient un o (sororsœur, opusœuvre, oculusœil, bosbœuf, etc.). Pourtant, des mots comme peuple (latin populus) ou meuble (latin mobilis) n’ont pas été concernés et sont restés sur eu. On avance souvent comme argument justifiant le maintien de cette ligature dans l’orthographe la volonté de garder la proximité entre mots issus d’un même radical latin : ainsi, le œ de sœur rappelle le o de sororal, celui d’œuvre le ou d’ouvrier, ouvrage, ouvrable, tandis que bœuf reste lié à bouvier, cœur à cordial, mœurs à moral, vœu à vouer, œuf à ovaire, ove, oval, etc. L’argument est spécieux en ce sens qu’on devrait dans ce cas écrire pœuple car populaire ou encore mœuble car mobilier, sœul car solitude, etc. On le voit : l’utilisation de ce digramme est arbitraire et ne se justifie pas. On avance aussi que la notation du phonème /œ/ au moyen de la ligature a permis d’éviter nombre d’homonymies fréquentes depuis le Moyen Âge jusqu’au : eu pouvait en effet se lire /y/ ou /œ/, comme dans seur, dont on distingue maintenant sœur de sûr  (pour le passage de eu à û, consulter Accent circonflexe en français). C’est encore une fois, du moins actuellement, un argument spécieux : les mots dans lesquels eu devait se lire /y/ ont tous, à l’exception des formes en eu du verbe avoir (participe passsé eu(e)(s) et passé simple eus, eut, eûmes, eûtes, eurent) été réécrits en û ou u au (ainsi veuvu, seursûr, etc.). En conclusion, vu que œu et eu notent le même phonème et que la distinction entre les deux graphies est tout artificielle, il convient de reconnaître que tous deux sont des digrammes (ou des trigrammes si l’on compte deux caractères pour œ), c’est-à-dire des groupes de deux lettres servant à noter un unique phonème. On ne peut donc pas écrire oeu à la place dœu dans les mots qui réclament la ligature car oe n’est pas un digramme mais une suite de voyelles et l’on ne peut jamais substituer œ à oe. Les deux graphies n’ont donc aucun rapport et doivent être différenciées.
Autres cas
Dans de rares mots d’emprunt à l’allemand, œ français représente un ö (o umlaut). On prononce comme en allemand : lœss /løs/, rœsti /ʁøsti/ (rösti est aussi attesté). Il faut noter que l’utilisation de la ligature ne se justifie pas : en effet, si le o umlaut allemand remonte bien à oe et s’il est parfois encore écrit ainsi, il n’est, dans les pays germanophones, jamais lié au e. D’ailleurs, un mot comme foehn /føn/, emprunté à l’allemand, n’est pas proposé sous la graphie
- fœhn
par le Petit Robert (édition électronique de 2001), lequel écrit pourtant bien lœss et rœsti. Il y a là un manque de cohérence patent.
Œ n’est pas OE
Par opposition à ces mots en œ, il en existe d’autres dans lesquels o et e se suivent naturellement et sont prononcés différemment : coexistence /kɔɛgzistɑ̃s/, moelleux /mwalø/, coercitif /kɔɛʁsitif/, etc. En conclusion, il n’est pas possible d’affirmer que le digramme lié œ n’est pas un graphème unique car son emploi n’est pas prévisible. Pourtant, il n’a pas de place particulière dans le classement alphabétique : on le confond avec les mots en oe, à la manière des autres digrammes (ch, ge, gn, etc.). Notes :
- à part dans de rares documents, les Romains n’ont pas utilisé la ligature œ pour noter leur diphtongue (on trouve quelques ligatures Œ en fin de ligne dans la quadrata). L’usage d’une ligature s’est développé, d’abord sporadiquement, dans des textes médiévaux puis, plus souvent, dans des éditions postérieures de textes latins, sous l’influence de la prononciation monophtonguée ; en sorte, la ligature œ est déjà fréquente dans les éditions imprimées de textes latins ou pour les mots sentis comme latins avant qu’elle ne soit utilisée dans certains mots français pour noter /œ/ et non /e/ (c’est d’ailleurs particulièrement visible au ) ;
- en API, le symbole /œ/ note la voyelle mi-ouverte labialisée de peur. Il existe une petite capitale, /ɶ/, représentant une voyelle ouverte labialisée qui s’entend en allemand d’Autriche dans un mot comme Seil, « corde », prononcé /sɶː/ (d’après le Handbook of the IPA, Cambridge University Press).
Consulter aussi Œ.

Æ

Autre ligature célèbre, Æ / æ se rencontre principalement en islandais, danois et norvégien. C’est un graphème unique, qui, en islandais, représente une diphtongue : /ai/ (bref ou long). En danois et norvégien, c’est une voyelle simple, respectivement /ɛ/ ou /e/ (bref ou long) et /æ/ (bref ou long). Dans ces trois langues, elle est classée séparément, en tant que lettre individuelle dans l’ordre alphabétique, à la suite de þ en islandais, de y en danois et norvégien. C’est un emprunt à une ligature d’abord apparue en vieil anglais au pour noter le son /æ/ de cat (entre /a/ et /ɛ/) : les scribes anglais, en effet, ne pouvaient pas, avec les seules lettre latines, écrire ce son absent du latin. Cette ligature, que l’on a nommée ash d’après le nom de la rune servant au même phonème, a donc permis d’accroître le stock de graphèmes. En français, quelques rares mots savants (ou expressions latines lexicalisées se servent de æ, prononcé /e/ (comme œ, du reste) :
- cæcum /sekɔm/ ;
- (ad vitam) æternam /etɛʁnam/ ;
- (curriculum) vitæ /vite/ ;
- ex æquo /ɛgzeko/ ;
- et cætera /ɛt setera/ (c'est une graphie concurrente det cetera, issue, comme fœtus, d'une hypercorrection), etc.
- Le prénom Lætitia, d'origine latine. Dans ces mots, la ligature représente étymologiquement l’ancienne diphtongue latine
æ, prononcée /ae/ ou /ai/, qui s’est monophtonguée en /e/ au IIe siècle de notre ère. Le développement est le même que pour œ : de nombreux mots français utilisent é là où on trouvait æ en latin : sévir (sævir), cécité (cæcitas), pénitence (pænitentia). Seulement, les emprunts savants avec æ sont plus rares. Comme pour œ, toujours, æ latin peut provenir d’une ancienne diphtongue αι ai grecque dans des mots d’emprunt à cette langue : παιδαγωγία paidagôgíapædagogiapédagogie. Bien que relativement rare, la ligature æ peut ne pas être confondue avec la suite de lettres ae, présente dans des mots comme paella. Il convient donc, dans une composition typographique soignée, de bien différencier les deux. Elle n’a cependant pas de place particulière dans l’ordre alphabétique : on la classe en même temps que les mots en ae, à la manière des autres digrammes (ch, ge, gn, etc.). On voit donc bien que cette ligature n’est donc pas réellement linguistique en français. Elle est presque purement esthétique et s’utilise surtout dans les textes latins tels que présentés actuellement. Elle devrait être évitée pour les pluriels du type supernova / supernovæ : en effet, ce terme est lexicalisé depuis assez longtemps pour que l’on se passe d’un pluriel latin. De fait, supernovas est bien plus cohérent. Notes :
- à part dans de rares documents, les Romains n’ont pas utilisé la ligature
æ pour noter leur diphtongue (elle apparaît cependant un peu plus souvent que Œ dans la quadrata en fin de ligne). Cet usage s’est surtout développé, d’abord sporadiquement, dans des textes médiévaux puis, plus souvent, dans des éditions postérieures de textes latins, sous l’influence de la prononciation monophtonguée. Comme æ n’a servi, pour le français, que dans quelques rares mots empruntés au latin, son introduction dans l’orthographe française est antérieure à celle du œ français de bœuf ;
- en API, le symbole [æ] note la voyelle de l’anglais
cat.
Consulter aussi Æ.

IJ

C’est en néerlandais que
IJ / ij forme une ligature au statut de graphème, qui sert à noter la diphtongue /ɛi/ (ou /ə/ en position atone). À la différence du digramme ei de même valeur phonétique actuellement (ce qui n’a pas été toujours le cas), ij est bien une ligature, ce que l’on peut constater par les règles de majusculisation : il convient en effet d’écrire IJsselmeer et non
- Ijsselmeer, alors qu’on ne mettra en majuscule que la première lettre de ei, « œuf » : Ei. Le ij note à l’origine, en moyen néerlandais (dès avant le ), un i long. La lettre j étant à l’époque une variante du i, on peut considérer le ij comme un double i. C’est donc à l’origine un digramme qui prend plus tard le statut de ligature. Écrite à la main de manière cursive, celle-ci prend la forme d’un ÿ. En afrikaans, l’évolution graphique s’est poursuivie et on écrit simplement y (mais dans aucun des cas on n’utilisera la lettre ÿ en remplacement de ij dans un texte dactylographié ou imprimé). D’un digramme, on est donc passé par l’intermédiaire de la ligature à une lettre simple se confondant avec la lettre y déjà présente. On peut comparer cette évolution avec celle du digramme uu (voir plus bas). Notons qu’en lituanien moderne, le i long est noté par la lettre y, provenant également d’une ligature ij. Consulter aussi IJ.

W

Bien qu’aujourd’hui ce graphème soit une lettre simple, c’est bien, historiquement, une ancienne ligature, d’où son nom, « double
v ». La réunion de deux v (ou de deux u puisqu’il faut attendre le pour que l’on commence à distinguer v et u, la première étant normalement une capitale, la seconde une minuscule) semble être une invention des scribes médiévaux anglais, lesquels n’avaient pas de graphème pour noter le /w/ de leur langue (le vieil anglais, en l’occurrence). En effet, u servait déjà à la voyelle /u/ (on remarque que les Romains n’ont pas eu ces scrupules puisque /u/ et /w/ s’écrivaient dans leur langue au moyen de la même lettre, V). Pour pallier cette lacune, les scribes anglais se sont d’abord servi, au , d’un digramme uu (voire de u seul). Cependant, au , c’est la lettre ƿ (wynn, wyn ou wen ; elle est issue de la rune ᚹ, de même valeur phonétique) qui s’est imposée. Au , les scribes normands (après les victoires de Guillaume le Conquérant) ont réintroduit le digramme uu sous une forme ligaturée : la lettre w était née (noter au passage que w se dit, en anglais, double u). La ligature viendrait donc d’Europe continentale. On la trouve en effet au Moyen Âge dans les manuscrits picards-wallons (à noter qu’en wallon aussi la lettre est nommée doubludouble u). La lettre ƿ, plus fréquente en vieil anglais que w, n’a cependant cessé d’être employée en moyen anglais qu’au , définitivement remplacée par w. Actuellement, on utilise même w à la place de ƿ dans la transcription traditionnelle.

Ligatures non graphémiques

L’exemple le plus probant de ce type de ligature se rencontre dans l’alphabet arabe. Outre ses nombreuses variantes contextuelles, il connaît en effet une ligature linguistique, donc obligatoire, qui ne conduit pas à la création d’une nouvelle lettre. Il s’agit de la ligature
lâm ’alif : quand la lettre lâm est suivi d’un ’alif, l’ensemble doit nécessairement s’écrire avec la ligature et non les variantes contextuelles attendues. Pourtant, cette ligature ne constitue pas une lettre. Dans le tableau ci-dessous, la seconde ligne montre un exemple de tracé incorrect au moyen de la variante contextuelle. Seul le premier tracé est admis (rappelons que l’arabe se lit de droite à gauche, soit respectivement : lâm + ’alifrésultat) :
image:Ligature_arabe_lam_alif.png
D’autres ligatures existaient, ou existent encore dans des compositions typographiques soignées. Elles ne sont cependant pas obligatoires mais seulement esthétiques (voir plus haut).

Informatique

Les ordinateurs propres aux utilisateurs francophones ne possèdent qu’une seule ligature accessible au clavier, l’esperluette. Les ligatures linguistiques sont accessibles comme caractères spéciaux. Seuls les Mac proposent les ligatures en
et dans le codage Mac Roman. En HTML, les ligatures les plus courantes s’obtiennent comme suit :
- œ → œ ;
- Œ → Œ ;
- æ → æ ;
- Æ → Æ ;
- ß → ß ;
- fi → fi ;
- & → &.

Liens internes


- Æ, œ, &, ß ;
- typographie, écriture ;
- variante contextuelle, lettre conjointe ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet latin, lettres supplémentaires de l'alphabet grec ;
- classement alphabétique ;
- diacritique.

Lien externe


- [http://www.orbitals.com/self/ligature/ligature.htm Un site en anglais consacré à une police ligaturée] (fonctionne avec une macro Word).


Moyen Âge

Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne. Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì. En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ». péjoratif

Précisions lexicales

Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens. Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions. Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ». Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique. La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative. Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative. Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ». Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande. Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue. Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.

Quelles limites pour le Moyen Âge ?

Limites extrêmes

ère Meiji] Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période. C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista). Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares. envahisseurs barbares] Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques. L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations: # sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique; # sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord; # interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales. Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au . Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval. La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies: ;France: François I (1515-1547) ;Espagne: Charles Quint (1515-1555) ;Angleterre: Henri VIII (1509-1547) ;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)

Découpages internes

Soliman le Magnifique] Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde. Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien. Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période. Voir aussi : Antiquité tardive

Principales caractéristiques de l'Occident médiéval

Antiquité tardive

La royauté médiévale

À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.

La vassalité

pape]] La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du . La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.

Les progrès techniques


- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.

La ville

charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).

L'éducation et la culture


- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs). Éducation au Moyen Âge

La guerre

Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).

L'art


- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval

La religion chrétienne

Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté. Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife. Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((11981216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les
Dictatus Papae (1075). L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge. Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence. Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise. À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée. Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies. Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (13691415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains. Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (12271241), aux guerres hussites, etc. Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme. À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté. Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.

La société

La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social. Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (
servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur. Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité. De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles. En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente. Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au . Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (
oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores). :Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (
domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique). :Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel). :Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées. :Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure. :À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.

Voir aussi

Articles connexes


- [http://fr.wikisource.org/wiki/Textes_m%C3%A9di%C3%A9vaux Textes médiévaux dans Wikisource]
- Liste des articles sur le Moyen Âge
- Le musée national du Moyen Âge (Paris - Thermes et hôtel de Cluny) ~ Troubadour

Articles traitant de sujets médiévaux

Troubadour
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Histoire médiévale par aire géographique

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  - Empire byzantin
  - Trecento du italien

Musées et collections du Moyen Âge


- The Cloisters, à New York
- Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris
-
ja:中世 simple:Middle Ages


Etc.

Etc. est l'abréviation écrite de l'expression latine et cetera (l'orthographe et cætera est incorrecte ; et cœtera encore plus : elle s'explique par la confusion possible entre æ en italique et œ), qui signifie « et tout le reste ». On peut à nouveau l'abréger en employant l'esperluette, ce qui donne &c. ; cette dernière forme n'est cependant plus usitée aujourd'hui. Cette expression n'a nullement besoin d'être répétée. Elle a le même sens que les points de suspension (…) : ils ne doivent donc pas être employés ensemble. Dans une énumération, etc. est nécessairement précédée d'une virgule et devrait être précédé d'au moins trois termes : « des pommes, des poires, des scoubidous, etc. ». Catégorie:Typographie

Serments de Strasbourg

Les Serments de Strasbourg (Sacramenta Argentariae) marquent la naissance de la langue française. C'est dans ce serment d'assistance mutuelle prêté le 14 février 842 entre deux petits-fils de Charlemagne, à savoir Charles le Chauve et Louis le Germanique, contre leur frère Lothaire, que l'on trouve la première attestation de l'existence d'une langue parlée en France qui fut clairement séparée du latin, la romana lingua ou roman, ancêtre du français. Les Serments de Strasbourg ont été déclarés et écrits dans ce protofrançais et en teudisca lingua (langue francique) par chacun des deux monarques dans la langue de son frère, puis par leurs troupes, afin que tout le monde se comprît. Ils ont été transcrits par Nithard (autre petit-fils de Charlemagne)

Texte en teudisca lingua

La langue est germanique ; c'est une forme de francique parlée dans la région rhénane :
- Charles le Chauve : « In Godes minna ind in thes christianes folches ind unser bedhero gealtnissi, fon thesemo dage frammordes, so fram so mir Got geuuizci indi mahd furgibit, so haldih tesan minan bruodher, soso man mit rehtu sinan bruodher scal, in thiu, thaz er mig sosoma duo ; indi mit Ludheren in nohheiniu thing ne gegango, zhe minan uuillon imo ce scadhen uuerhen » [« Pour l'amour de Dieu et pour le salut peuple chrétien et notre salut à tous deux, à partir de ce jour dorénavant, autant que Dieu m'en donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère, comme on doit selon l'équité secourir son frère, à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je n'entrerai avec Lothaire en aucun arrangement qui, de ma volonté, puisse lui être dommageable. »]
- troupes de Louis le Germanique : « Oba Karl then eid, then er sinemo bruodher Ludhuuuige gesuor, geleistit, indi Ludhuuuig min herro, then er imo gesuor, forbrihchit, ob ih inan es iruuenden ne mag, noh ih noh thero nohhein, then ih es iruuenden mag, uuidhar Karle imo ce follusti ne uuirdit » [« Si Charles observe le serment qu'il a juré à son frère Louis et que Louis, mon seigneur, rompt celui qu'il lui a juré, si je ne puis l'en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j'en pourrai détourner, nous ne lui prêterons aucune aide contre Charles. »] Il est inexacte de dire que ce texte marque la naissance de la langue française. Simplement, il est le document le plus ancien qui est écrit en langue romane.

Texte en romana lingua

francique La langue est du protofrançais, à pei