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| Fascisme |
FascismeLe fascisme (en italien fascismo) est un mouvement politique d'origine italienne.
Son origine provient de la fondation après la Première Guerre mondiale, par Benito Mussolini, d'un groupuscule appelé Fasci di combattimento (faisceaux de combat), ce qui donnera les expressions fasciste et fascisme. Le mot fasci lui-même est une référence à la Rome antique où les faisceaux étaient un symbole de pouvoir.
Le modèle italien s'étant exporté dans toute l'Europe, le terme s'est ensuite étendu à tout mouvement politique s'appuyant sur un pouvoir fort, prônant un État policier extrêmement sécuritaire, les métiers organisés en corporations, la défiance envers les étrangers, l'exaltation du sentiment nationaliste et une politique réactionnaire.
Que signifie fascisme ?
Le mot vient de l'italien « fascio » : le faisceau, emblème de l'autorité romaine repris, vers 1919, par les milices de Mussolini, qui avaient initialement groupé des anciens combattants déçus et épris d'ordre.
Au sens le plus strict, il désigne donc le régime de Benito Mussolini. Si historiquement, le régime de Franco, le régime de Vichy, ou le nazisme semblent proches du fascisme, bien d'autres régime politiques ont été qualifiés, à tort ou à raison, de fascistes par leur opposants, comme l'Egypte nassérienne,le régime des Talibans, le Stalinisme, l'Argentine de Juan Perón,etc.
Le fascisme se définit d'abord comme une réaction aux valeurs humanistes du siècle des lumières. Issus des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les droits de l'Homme, le communisme, l'anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme (à l'exception du libéralisme économique ; l'État fasciste, en aide au patronat, renonce à toute intervention et à toute nationalisation et il privatisera les coopératives agricoles). Certains historiens (comme Zeev Sternhell) situent la création du corpus idéologique fasciste dans le sillage du Syndicalisme-révolutionnaire français dans les années 1910.
Son modèle social est davantage centré sur la nation que sur les individus qui la composent. Il cherche à créer un groupe uni et solidaire, qui ait une identité forte. Pour cela, il faut que cette collectivité partage une histoire et un destin commun et qu'elle se construise sur la volonté de perpétuer son ciment culturel. Il est donc primordial pour les fascistes de préserver l'homogénéité (ethnique, religieuse ou de classe) de cette collectivité nationale.
Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un chef, surnommé en Italie le « Duce » (le Conducteur), dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. Il s'est appuyé sur des groupes de choc, les "Chemises noires", qui ont été complètement militarisées après la prise du pouvoir. À la différence d'autres totalitarismes, le fascisme a cherché cependant à obtenir l'adhésion populaire plutôt que de recourir à des méthodes coercitives. Utilisant des techniques comme la démagogie et le populisme, il lui est arrivé d'obtenir un fort soutien populaire et même de maintenir certaines formes démocratiques, comme, par exemple, le suffrage universel (pendant 2 années).
Mais il faut noter que le fascisme a été imposé au peuple italien, par la « Marche des Fascistes sur Rome », alors que ceux-ci étaient minoritaires. À la différence du nazisme, dont le « Führer » (le Chef) a pris le pouvoir avec l'assentiment de la majorité des Allemands par des élections démocratiques.
Il s'agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale et de pureté. Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l'insubordination. Il est donc nécessaire de faire naître un sentiment d'urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel le groupe tout entier doit se mobiliser.
Le fascisme, à la différence du nazisme, n'était pas raciste, et n'a adopté une législation anti-juive qu'en 1938, quand Mussolini est tombé sous l'emprise d'Hitler. Encore ces lois d'exclusion étaient-elles moins dures, et comportaient-elles beaucoup plus de dérogations que les lois antisémites d'Hitler et de Pétain.
Cette mobilisation permet de réprimer sévèrement toute contestation sans perdre la caution populaire. Il suffit de désigner l'homme à abattre comme « ennemi », « traître », « sous-homme ».
Mais en aucun cas, le fascisme italien n'a pratiqué les massacres de masse de type hitlérien.
Les origines du fascisme
Le fascisme, est d’abord le nom que le mouvement et le régime de Mussolini se sont donnés. En effet fascio, ou faisceau, désigne l’instrument de l’autorité dans la Rome antique : les magistrats romains étaient précédés d’un certain nombre de gardes, les licteurs, chargés de ces faisceaux, symboles d'autorité, de violence de la loi. Aujourd'hui encore, on retrouve le fascio (ou fasces en latin), la hache entourée de faisceaux de bouleau, sur le passeport et le signe héraldique de l'Etat Français.
Il est né dans l'Italie des années 1920, sur les frustrations d'une victoire mutilée, Français et Anglais refusant de tenir leurs promesses quand au sort des terres irrédentes de Dalmatie, d'Istrie, de Fiume... Le fascisme est alors le mouvement exalté, le mouvement d'un pays qui tente de retrouver une puissance perdue, un empire perdu, un honneur perdu. Le nationaliste, soutenu par la plupart des artistes de l'époque (Gabriele D'Annunzio, Filippo Tommaso Marinetti, les futuristes italiens...) va être le fer de lance du fascisme. Le populisme de Benito Mussolini et la passivité (dû à la pacification des milices des fascios), voire le soutien de la population vont permettre à la dictature de s'installer doucement, de la marche sur Rome du 22 octobre 1922 à l'assassinat de Giacomo Matteotti qui va déboucher sur la déclaration de la dictature et la promulgation des lois fascistissimes en 1926.
Les frustrations de la guerre
En 1914, le royaume d’Italie, membre de la Triple Alliance aux côtés des empires allemand et autrichien, reste d’abord hors de la guerre. Le peuple italien, qui vient de vivre de dures luttes sociales, est pacifiste dans son immense majorité. Benito Mussolini, réputé très radical, dirige Avanti, quotidien du Parti socialiste italien. Lorsque la guerre s'étend à l'Europe, il engage soudain son journal pour l’entrée en guerre aux côtés de la France. Exclu du parti socialiste, il fonde le Popolo d’Italia, sans doute avec un subside des services secrets français. Le Popolo d'Italia milite pour une guerre rédemptrice qui doit régénérer l'Italie. En 1915, l’Italie déclare la guerre à l’Autriche mais le front des Alpes est difficilement tenable et Venise est menacée (défaite de Caporetto, 1917). Cependant, au prix de souffrances inouïes, l’armée italienne remporte la victoire de Vittorio Veneto, qui précipite la défaite et l’éclatement de l’Autriche-Hongrie en octobre 1918. Aux traités de 1919-20, l’Italie repousse sa frontière jusqu’aux Alpes du Tyrol, mais la côte dalmate, qu’elle considère comme italienne, est donnée à la Serbie pour former un nouvel État : la Yougoslavie. L’opinion italienne est déçue : « tous ces sacrifices pour rien… » : c'est la thématique de la « victoire mutilée ». À la tête de volontaires armés, le poète Gabriele D'Annunzio occupe Fiume (Rijeka) et y règne plus d’un an. Il y invente un folklore que les fascistes copieront (par exemple le cri de ralliement Eia, Eia Alala !)en même temps qu'un certain romantisme utilisé par le futur régime. Dans ce sens, d'Annunzio est un précurseur du fascisme..
Les conflits sociaux d'après-guerre
En 1920, l'agitation sociale monte d'un cran : les ouvriers occupent les usines et forment des conseils ouvriers afin de gérer par eux mêmes les usines et la distribution. Mais les organisations ouvriéres et les syndicats sont attaqués par des « cogneurs » payés par les patrons, les fascistes. Le mouvement ouvrier italien sera dépité. L'équipement fasciste comporte une chemise noire (issue de la tenue des troupes de choc de l'armée italienne créées en 1917 : les Arditi), divers types de matraques et un purgatif puissant, l’huile de ricin, qu'ils font avaler de force à certains de leurs adversaires pour les ridiculiser. Ainsi humilient-ils l’adversaire ou plutôt l’ennemi, le traître, et le font-ils participer à sa propre déchéance. Bientôt, les fascistes tiennent le haut du pavé et Mussolini les groupe en un parti, avec une idéologie musclée, qui profite de l’échec de la gauche et de la peur de la droite.
L'ère fasciste
En 1922, le parti national fasciste a 35 députés au parlement, et plus de 700 000 membres.
Après avoir chassé les partis de gauche des villes du nord de la péninsule, les milices fascistes menacent de lancer une marche sur Rome. Le roi Victor-Emmanuel III nomme Mussolini chef du gouvernement.
Mussolini respecte d’abord certaines formes légales. Mais en 1924, un député socialiste, Matteotti, dénonce le trucage des élections et la terreur fasciste : quelques jours après, il est assassiné. Pour couper court à toute agitation, Mussolini instaure un régime d’exception : les lois fascistissimes : les autres partis sont interdits, la presse censurée, etc.
Vers 1929, la dictature du parti fasciste imbibe toute la société (seule la vie culturelle reste relativement libre, à condition de ne pas critiquer le régime). Des milliers de démocrates s'exilent pour échapper à la prison ou à la déportation sur des îles. Le pape Pie XI signe les "accords du Latran" avec l'État fasciste italien qui lui concédera l'existence de l'État du Vatican.
L’idéologie fasciste est basée sur :
- Le nationalisme - Restaurer l’empire romain - : le régime construit des stades avec portiques, des statues colossales, avec des faisceaux partout. L'Italie, outre sa colonie (la Libye) doit contrôler la Méditerranée : elle revendique la Corse, l'Albanie, la Dalmatie, la Savoie, Nice, fait la guerre en Espagne, en Grèce, en Égypte ...
- Le culte du chef : Mussolini est duce (guide). Son image monopolise l'attention des Italiens, dans des postures qui le montrent soit soucieux du peuple, soit très courageux : en train de moissonner, de parader, de rejoindre des lions en cage, etc. Quelques slogans : "Croire, obéir, combattre" (pour les fascistes, l’homme ne doit pas trop réfléchir ; il ne se réalise que par la guerre). "Le Duce a toujours raison", etc.
- L’encadrement de la population.
- Le haut centralisme de l'État : le parlement n'a qu'un rôle mineur après 1928, puisque choisi par le Grand Conseil du Fascisme, véritable pouvoir.
- L'embrigadement des masses : dès la maternelle, les « Ballila » (ou Fils de la Louve) défilent en uniforme noir, saluent à la romaine, assistent aux manifestations du régime, s’entraînent avec des fusils de bois. La force, la violence sont exaltées. Les syndicats sont remplacés par des corporations contrôlées par l’état et le patronat. Le droit de grève est aboli.
- La propagande : les emblèmes et slogans fascistes, les chansons de marche, les monuments en béton néo-romains fleurissent partout. Le régime fasciste exalte ses grands travaux : le drainage des marais pontins, les premières autoroutes. On instaure même une ère fasciste (l’An I = 1922).
L'expansion européenne
Le fascisme italien va susciter des imitateurs dans plusieurs pays à travers le monde des années 1930 et 1940 : fascisme en France (divers groupuscules : PPF, RNP, LVF, etc.) , en Belgique (le rexisme, incarné par Léon Degrelle), en Espagne (la phalange), au Portugal (les chemises vertes), (Garde d'Acier)...
Voir aussi
Liens internes
- Nazisme
- libéralisme
- Action française
- Antifascisme
- Zeev Sternhell
Liens externes
- [http://www.thbz.org/lepen/ Étude comparative entre le programme de Mussolini et celui de Lepen]
Catégorie:Idéologie
Catégorie:Parti politique italien
ja:ファシズム
Italie
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| Président de la République
| Carlo Azeglio Ciampi
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| Président du Conseil
| Silvio Berlusconi (gouvernement III au 23 avril 2005)
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Benito Mussolini ja:ベニート・ムッソリーニ simple:Benito Mussolini
zh:贝尼托·墨索里尼
Benito Mussolini (29 juillet 1883 - 28 avril 1945) est le dirigeant de l'Italie de 1922 à 1943. Il est né à Dovia di Predappio (Romagne) et mort à Giulino di Mezzegra (à 10 km de Côme).
Des origines modestes
Benito Mussolini est issu d'une famille modeste : son père, Alessandro Mussolini est forgeron, militant socialiste et a ouvert un petit débit de boissons tandis que sa mère, Rosa Maltoni, est institutrice. Il baigne dans la double culture anarchiste qui lui vient de son père (son prénom, Benito lui a été donné en hommage au révolutionnaire mexicain Benito Juarez), et catholique traditionnelle : il va à l'école chez les Salésiens de Faenza. C'est un élève turbulent, voire violent : il manque de peu le renvoi en 1893 lorsqu'il blesse un de ses camarades avec un couteau. En 1895, il entre à l'école normale de Forlimpopoli et devient instituteur.
En 1900, il adhère au Parti socialiste italien et en préside la section locale. Fuyant le service militaire, il s'expatrie en Suisse en 1902 où il perfectionne ses connaissances idéologiques syndicaliste révolutionnaire. En 1904, il en est expulsé à la suite de certaines de ses menées d'extrême gauche.
De l'activisme révolutionnaire à l'alliance nationaliste
De retour en Italie, il doit effectuer son service militaire parmi les bersagliers avant de se retrouver quasi vagabond, vivant de petits métiers (maçon, etc.), puis obtient un poste de professeur de français à Forli. C'est alors que son audience grandit au sein du Parti socialiste, tendance « dure ». Violemment opposé à la guerre de colonisation de la Libye (1911-1912), il mène la destruction des voies de la gare de Forli contre le départ des troupes pour l'Afrique. Cela lui vaut six mois d'emprisonnement. À sa sortie, il prend la tête du journal du Parti socialiste italien Avanti ! en 1913. D'abord fermement pacifiste, il s'oppose à l'entrée en guerre de l'Italie avant de changer radicalement de position dans un article de lAvanti ! : il préconise une politique militariste en 1914 et est favorable à l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 aux côtés de l'Entente. Il crée les Faisceaux de combat, noyau de son Parti national fasciste, le 23 mars 1919. À partir de cet instant sa vie devient liée à l'évolution de son parti. Les faisceaux de combat sont un amalgame d'anarcho-syndicalistes d'où est issu Benito Mussolini lui-même et de nationalistes déçus par la non satisfaction de certaines revendications territoriales à la fin de la guerre, notamment de Fiume où D'Annunzio s'est illustré en vain.
La prise du pouvoir et la mise en place de la dictature de Mussolini
De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique voire politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat (Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme. Le roi d'Italie Victor-Emmanuel III lui confie le gouvernement à la suite d'un ultimatum demandant le pouvoir, appuyé par la mobilisation des Fasci. La "marche sur Rome"du 30 octobre n'aura donc pas été, formellement, un coup d'Etat mais bien un défilé de victoire pour Mussolini et le Parti national Fasciste. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste sur le pays et ce malgré l'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, qui l'accusait, preuves à l'appui, de violences et de malversations, et qui eut un profond retentissement. En effet, d'abord dictateur « légal », allié dans un premier temps aux forces politiques traditionnelles (des libéraux de Giolitti et de Nitti aux nationalistes en passant par les « populaires » catholiques de Don Sturzo), Mussolini élimine toute opposition en étant à l'origine et en laissant se développer une violence généralisée qu'il se fait fort ensuite de contenir : ses adversaires sont dûment battus à coups de gourdins (quand on ne les force pas à boire de l'huile de ricin). Par une loi électorale anti-démocratique, il obtient aux élections de 1924 la majorité absolue au Parlement. Il en profitera, une fois passés les remous de l'affaire Matteotti, pour faire voter les « lois fascistissimes » élaborées par son ministre de la Justice Rocco (1925-1926), fondant un régime totalitaire.
Une politique totalitaire
La politique de Mussolini dénote une « volonté de fascisation des esprits, de transformation globale de la société et de création d'un homme nouveau. » (P. Milza, S. Berstein). Il s'agit donc d'une politique totalitaire.
Son instrument essentiel est le Parti National Fasciste (PNF) fondé en 1921, devenu parti unique. Son instance suprême, le Grand conseil du fascisme, s'est substitué à la direction de l'État, le Parlement devenant une simple chambre d'enregistrement et le gouvernement un exécutant des décisions prises par le Grand conseil et Mussolini.
Cette prépondérance du parti fasciste se double du culte voué à la personnalité de Mussolini dont témoignent les slogans du régime (« Mussolini ha sempre ragione », « Mussolini a toujours raison »). Le Duce (chef) utilise les media (radio, cinéma d'actualités, journaux...) pour se mettre en scène : discours spectaculaires, films le montrant en train de moissonner...
Dans le même temps, la société toute entière est fascisée : les programmes scolaires sont révisés, les loisirs sont encadrés (les vacances, les voyages des ouvriers sont pris en charges par des organisations parallèles du parti fasciste), la jeunesse est enrégimentée dans l'ONB (Opera Nazionale Balilla) : fils de la louve dès 4 ans, Balilla à 8 ans, avanguardisti à 14 ans. On y apprend la vie en collectivité mais aussi le maniement des armes et la discipline militaire, à côté cours théoriques sur le fascisme.
Afin de pouvoir s'appuyer sur les masses catholiques et, surtout, la hiérarchie ecclésiastique du pays, Benito Mussolini signe les accords du Latran en 1929, mettant fin à la question romaine, accordant au pape un État, le Vatican, et un statut de chef d'État.
Une politique étrangère d'abord hésitante puis belliqueuse
Dans les années 20, Mussolini joue un jeu d'alliances assez classiques notamment avec le Royaume-Uni dont certains des dirigeants ne cachent pas leurs sympathies pour le Duce (comme le représentant du foreign office Austen Chamberlain). Parallèlement, il cherche à accroître l'influence de son pays dans les Balkans et en Europe danubienne : il revendique et finit par obtenir le rattachement de Fiume à l'Italie, au détriment de la jeune Yougoslavie (traité de Rome, 1924) ; il fait de l'Albanie un protectorat de fait (traité « d'amitié et de sécurité » signé à Tirana en 1926) ; il noue des liens avec l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie.
Mais un autre de ses objectifs est de faire admettre l'Italie dans le cercle des grandes puissances coloniales : implantation en Libye qu'il « pacifie » après une répression violente et des déplacements de population, rapprochement avec l'Éthiopie à partir des possessions de Somalie et d'Érythrée et dont il essaie de faire un protectorat. Devant les résistances du roi d'Éthiopie (le Négus, Haïlé Sélassié) et suite à un incident de frontière, il attaque l'Éthiopie en 1935 (voir Guerre d'Éthiopie). Mais la victoire est longue à se dessiner malgré l'écrasante supériorité militaire des Italiens. Le 3 mai 1936, les troupes italiennes entrent cependant à Addis Abeba, effaçant ainsi la défaite d'Adoua. C'est alors l'apogée du fascisme italien. Ailleurs d'autres partis fascisants voient le jour, notamment le Parti populaire français de Jacques Doriot en 1936.
Une des conséquences de la guerre d'Éthiopie est d'éloigner les grandes démocraties occidentales de l'Italie et de forcer Mussolini à se rapprocher de l'Allemagne nazie. En effet, Mussolini, d'abord plus que méfiant vis à vis d'Hitler, se heurte à l'opposition de la France et de l'Angleterre. Il change sa diplomatie européenne, abandonne ses vues sur l'Europe danubienne qui devient une « chasse gardée » d'Hitler, l'Italie se voulant héritière de l'Empire romain et donc orientant sa politique vers le bassin méditerranéen. L'« Axe Rome-Berlin » se dessine en 1936. C'est ainsi que Mussolini laisse Hitler annexer l'Autriche (Anschluss, mars 1938) qui fait pourtant de l'Allemagne un voisin inquiétant pour l'Italie. De même, il soutiendra Hitler lors de la conférence de Munich où il feint d'être neutre : Hitler peut ainsi s'emparer de la Tchécoslovaquie.
Afin de ne pas être en reste dans une sorte de belliqueuse compétition avec le IIIème Reich, Mussolini annexe l'Albanie (avril 1939). Mais il renâcle à s'engager plus avant aux côtés de l'État nazi : son pays n'est pas prêt à la guerre qu'Hitler a déjà programmée. Aussi n'entre-t-il dans le second conflit mondial que le 10 juin 1940, alors que la bataille contre la France est déjà gagnée par l'Allemagne.
Son engagement dans la guerre est un fiasco : il envahit la Grèce 1940 depuis l'Albanie mais son armée est repoussée par les Grecs : Mussolini doit demander de l'aide à l'Allemagne. De même, en Libye, son armée est défaite par les Anglais, précipitant l'Allemagne dans une guerre africaine où elle laissera beaucoup de forces. Peu à peu, l'Italie devient vassale de l'Allemagne nazie.
La fin du régime et de Mussolini
En 1943, les Alliés attaquent la Sicile puis le sud de l'Italie, Mussolini est renversé puis emprisonné, mais il est libéré par un commando SS. Il installe la République sociale italienne dite République de Salò dans le nord de l'Italie où il organise une sanglante répression. Alors qu'il tente de fuir en Suisse après la défaite allemande, il est reconnu par des partisans italiens et fusillé avec sa maîtresse Clara Petacci et d'autres hiérarques du régime le 28 avril 1945. Leurs cadavres furent pendus par les pieds, traînés sur la place de Milan et ensuite décapités.
Famille
- Adepte de l'union libre il exalte la famille traditionnelle n'hésitant pas à sacrifier ses proches.
Mussolini rencontre Ida Dalser au milieu des années 1910 alors qu'il est marié à Rachele avec laquelle il a déjà une fille, Edda. En 1915, elle lui donne un fils, Albino, qu'il accepte de reconnaître. Mais assez rapidement, Mussolini tente de soustraire l'enfant à sa mère. Pour y parvenir il cherche, en pleine guerre contre Vienne, à faire emprisonner Ida Dalser en raison de sa nationalité. En vain. Mais arrivé au pouvoir en 1922, plus rien ne lui résiste. Ida est internée dans un asile d'aliénés dès 1926 où elle meurt onze ans plus tard. À ce moment c'est Albino devenu entre-temps télégraphiste sur des navires au long cours, qui est à son tour interné et y décède en 1942.
- Une de ses petites-filles, Alessandra Mussolini, est député européen.
Citations
- « Les notions de citoyen et de soldat sont inséparables »
- « Il y a des libertés : la liberté n'a jamais existé »
- «Je suis réactionnaire, antiparlementaire, antisocialiste et antidemoliberal!»
Œuvres
- " Mussolini : Sa peur de son pire ennemi l'Albanie (Volume 2-Les gangsters)
- Giovanni Huss il veridico (1913) ;
- Vita di Arnaldo (1932) ;
- Scriti e discorsi (1934-40, 13 vol.) ;
- Parlo con Bruno (1941).
Bibliographie
- Didier Musiedlak, Mussolini, Presses de Sciences Po, 2004. 436 pages. ISBN 2-7246-0806-2
Voir aussi
Liens internes
- Fascisme
- Adolf Hitler
- La Résistance en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale
Mussolini, Benito
Mussolini, Benito
Mussolini, Benito
Mussolini, Benito
Mussolini, Benito
Corporation ja:ギルド
Catégorie:Histoire économique Catégorie:Commerce
La corporation au Moyen Âge est le mode de groupement professionnel des professions artisanales qui rassemble les artisans d'une même profession. Cela n'inclut que les milieux de la production matérielle.
Corporation d'artisans
Le mot corporation lui-même n'est utilisé qu'à partir du . À l'origine il est utilisé en Angleterre pour qualifier des groupements divers ayant une personnalité juridique. Au Moyen Âge et à l'Époque moderne, les mots utilisés pour désigner les corps professionels sont nombreux : confrèrie, jurande, hanse, guilde… La diversité des appellations reflète la diversité des organisations, selon les métiers mais aussi selon leurs situations géographiques, ou encore du rituel utilisé. Ainsi, le mot jurande vient du serment mutuel que se prêtaient les membres, qu'ils faisaient en jurant.
Beaucoup d'historiens classent les corporations en deux catégories plus ou moins homogènes.
- Les corporations jurées qui organisent des artisans de même métier sous un statut particulier. Ils sont considérés comme égaux à l'intérieur de celles-ci.
- Les corporations réglées réunissent des artisans dont les statuts sont approuvés ou même donnés par les autorités royales. Dans ce cas, elles sont souvent dotées d'un monopole.
Elles ont un pouvoir de réglementation du travail, de l'échange et de la production. Les corporations les plus riches ou les plus grandes sont représentées de droit au niveau politique où elles imposent des décisions jusqu'à la fin du . Elles ont la responsabilité de la qualité des produits vis-à-vis de la communauté (habitants de la ville), elles défendent le monopole de l'activité à ses membres. Le monopole peut concerner la fabrication, la vente ou les deux en même temps. Les conflits entre corporations ou avec les « forains », soit les artisans non corporés, sont nombreux surtout en ce qui concerne le monopole.
Les jurés sont chargés de visiter les maîtres et de vérifier la qualité des ouvrages ainsi que de présider toutes les cérémonies d'entrée dans la corporation. Ils sont le plus souvent élus par l'assemblée des maîtres et nommés par les autorités publiques. Leurs mandats sont généralement courts, un an.
Les confréries religieuses
Les corporations sont à distinguer des confréries religieuses qui constituent des entités différentes. Les corps de métiers possèdent presque tous une confrérie religieuse qui les placent sous la protection d'un saint, patron de la profession. Dans certain cas même la création de cette dernière est antérieure à l'organisation du métier.
Elle assure la prise en charge des messes des membres décédés ainsi que la distribution du travail. Leurs principaux attributs sont le cierge, le draps pour les enterrements et la bannière utilisée pour diverses manifestations.
Dans le cadre de ses activités d'entraide des professionnels d'un métier, la confrérie religieuse est amenée à mettre en place un système d'aide mutualisée. Dans la pratique les deux entités sont bien souvent confondues mais seule l'organisation professionnelle peut faire l'objet d'une reconnaissance par les pouvoirs publiques. Les rapports entre l'Église et les confréries sont plutôt conflictuels. L'Église estime en effet que les confréries sont en concurrences avec ses propres institutions et intérêts.
Structure et hierarchie
le travail dans la corporation
Les corporations prenaient en charge la formation de ses membres :
# apprentissage : statut réservé aux apprentis, ils ont très peu de droits, mais beaucoup de devoirs, ils sont tout en bas de l'échelle ; La durée de l'apprentissage varie selon les corps de métier de 2 ans à 4 ans. L'apprenti doit remettre à son maître les frais de son entretien durant toute la durée de son apprentissage. Il prête ensuite serment auprès des jurés et est inscris sur le registre de la ville.
# compagnonnage : à la fin de l'apprenstissage, l'apprenti devient compagnon (du maître) ; il entame un tour de France, afin de connaître d'autres techniques et de parfaire son expérience (en pratique, il se limitait souvent à deux ou trois expériences allant de quelques mois à quelques années).
À l'occasion de ce tour de France des organisations de solidarité entre compagnons se mettent en place. Elles permettent la mise en place d'un réseaux d'auberges et de bureaux de placement dans chaque ville. Les compagnies sont, tout au long de l'Époque moderne, interdites par plusieurs édits du Parlement. Elles sont accusées de faciliter les grèves, les conflits avec les maitres ou encore de concourir à la cherté du travail.
# maîtrise : lorsque le compagnon a acquis assez d'expérience, il peut devenir maître, mais très peu de compagnons arrivent dans les faits à devenir maître. L'accès à la maitrise nécessite en effet des dépenses importantes pour payer les droits d'entrée dans la confrèrie. Le compagnon doit réaliser un chef-d'œuvre, un objet nessecitant un savoir faire représentatif du métier. Le chef-d'œuvre ne semble pas présenter de réel difficulté.
Une fois le chef-d'œuvre achevé, il est présenté aux jurés et un banquet est organisé au frais du nouveau maitre.
L'organisation interne
Ainsi chaque étape dans la vie d'un artisant dans la confrèrie est marquée par un droit d'entrée ou de « vinage ». Le serment est un élément très révelateur de l'idéologie qui prédomine dans la corporation. Il représente un engagement personnel envers la communauté, une responsabilité envers ses membres et un idéal commun du travail.
La somme des droits d'entrée ainsi que les amendes perçues par les jurés dans le cas de fraudes constituent une partie des revenus de la corporation. Tout comme la vie des corporations et des confrèries, les finances sont souvent communes au deux entités.
Le reste des revenus sont perçus lors des quêtes et des dons des notables locaux.
Les statuts des organisations professionnelles laissent peu paraître les réalités de la vie en leur sein. Ainsi dans la pratique, les corporations connaissent divers mécanismes de fermeture dès la fin du Moyen Âge :
# des fermetures de droit (exercice du métier réservé aux héritiers, seuls les fils ou les gendres pouvaient devenir maître à leur tour)
# des fermetures de fait (impossibilité de la mobilité sociale dans les corporations, les héritiers disposent d'un temps plus court d'apprentissage, payement d'un droit d'entrée dans le métier).
Une réelle concurrence existe entre les maîtres à l'intérieur de la corporation. Parmi les maîtres, certains sont plus importants que d'autres, ce sont eux qui dirigent la corporation et assurent sa représentation auprès des autorités publiques.
La fin des corporations
Les physiocrates puis les mercantilistes ont construit successivement des critiques contre les organisations corporatives. L'une des principales est le frein à l'innovation et le manque d'investissement. Les politiques royales alternent ainsi entre leur suppression et leur encouragement. Leurs détracteurs les plus sévères sont Turgot et François Quesnay. Les tentatives proposées de réforme ont échoué face au poids de ces organisations tant que la monarchie française s'est maintenue. C'est finalement les lois Allarde et Le Chapellier qui y mettent fin en 1791.
Bibliographie
#E. Labrousse, Histoire économique et sociale de la France, Puf, 1979
#E. Labrousse, Classe ouvrière de l'industrie en France avant 1789
#S. Kaplan, La fin des corporations, Fayard, 2001
#F. Olivier-Martin, L'organisation corporative de la France d'Ancien Régime, 1938
Voir aussi
- Corporation (Université)
- Société d'Ancien Régime
1919Catégorie:1919
Cette page concerne l'année 1919 du calendrier grégorien.
Événements
- 2 mars : Fondation de la IIIe internationale communiste par Lénine.
- 23 avril : Une loi fixe la durée du travail à 8 heures par jour et à 48 heures par semaine en FRANCE
- 28 avril : Fondation de la Société des Nations (SDN) à Genève.
Europe
- 21 mars : La Hongrie connaît un intermède communiste (21 mars - 1er août), sous l'égide de Bela Kun.
- La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Hongrie deviennent des états indépendants.
Traités de paix
- La guerre a fait 1,4 million de morts en France, 1 million en Grande-Bretagne, 1,7 million en Russie, 60 000 aux États-Unis et 2 millions en Allemagne.
- 18 janvier : Ouverture de la conférence de la Paix à Paris (1919-1921).
- 28 juin : Signature du Traité de Versailles entre la France, ses alliés et l'Allemagne, qui met fin à la Première Guerre mondiale.
- 10 septembre : Signature du Traité de Saint-Germain.
- 19 novembre : Le Sénat états-unien refuse de ratifier le Traité de Versailles.
- 27 novembre : Traité de Neuilly : la Bulgarie cède la Thrace à la Grèce.
Allemagne
- 15 janvier : Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg sont assassinés.
- 18 janvier : Les alliés occupent la Rhénanie.
- En janvier, insurrection communiste en Allemagne.
- 15 avril : Tentative de révolution communiste en Bavière (15 avril - 2 mai).
- 21 juin : Sabordage de la flotte allemande à Scapa Flow dans les îles Orcades.
- 31 juillet : L'Allemagne adopte la Constitution de Weimar.
- Création du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP).
France
- 25 mars : création des conventions collectives.
- 19 avril : Mutineries sur des navires français en Mer Noire (19-21 avril).
- 23 avril : Journée de 8 heures.
- 7 mai : Des moines cisterciens originaires d' Espagne arrivent à l' Abbaye Saint-Michel de Cuxa, dans les Pyrénées-Orientales, pour faire revivre l'Abbaye abandonnée depuis la Révolution.
- 27 juillet : Loi Astier, créant des cours professionnels (14-18 ans) et des écoles d'enseignement technique.
- 2 novembre : Fondation de la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens).
- 16 novembre : Succès électoral du Bloc National aux législatives : « chambre bleu horizon ».
- Manifestation de 100 000 personnes dans les rues de Paris pour dénoncer la crise du logement.
- Création du « Crédit National » (aujourd'hui Natexis).
- 1 US dollar = 0,11 franc français.
- Création de l'ESC Clermont.
Italie
- 23 mars : Fondation à Milan, des Fasci Italiani di Combattimento, par Benito Mussolini, futur Parti Fasciste italien.
- L'Italie annexe le Trentin, le Haut-Adige et Fiume.
Afrique
Amériques
Amérique du Nord
- En janvier, 18 amendement de la constitution des États-Unis, instaurant la prohibition de l'alcool.
- Le prix Nobel de la paix est attribué à l'américain Th. Woodrow Wilson.
Amérique Latine
Asie
- 1 mars :
- Déclaration d'indépendance de la Corée occupée par le Japon
- Manifestations en Corée à l'occasion des funérailles du dernier roi de la dynastie Chosŏn, réprimées par l'empire japonais.
- 19 mars : Formation d'un gouvernement coréen en exil à Shanghai
- 13 avril : Importante émeute à Amritsar, au Pendjab (ville des Sikhs), les autorités britanniques répriment sévèrement (près de 400 morts).
- 4 mai : Manifestations étudiantes à Pékin (Beijing) en Chine, pour la modernisation, la démocratie, et contre le Japon et les autres puissances impérialistes. Certains manifestants rejoindront plus tard le Parti Communiste Chinois (PCC).
Océanie & Pacifique
Proche-Orient & monde arabe
- 19 août : Indépendance de l'Afghanistan
Arts & culture
- Sortie sur les écrans du film Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene, utilisant des décors expressionnistes.
- George Gershwin compose sa première chanson à succès Swanee.
- Prix Goncourt à Marcel Proust pour son livre À l'ombre des jeunes filles en fleur
- Premier numéro de la revue « Littérature », fondée par André Breton, Philippe Soupault et Louis Aragon, préfiguration du mouvement surréaliste.
Architecture
- L'architecte américain Mies van der Rohe projette un gratte-ciel en verre et acier.
- Fondation du Bauhaus par Gropius en Allemagne.
Sciences & techniques
- L'astronome et physicien britannique sir Arthur Eddington mesure l'effet Einstein, c'est-à-dire la déviation gravitationnelle de la lumière, pendant une éclipse totale du soleil.
- Rutherford désintègre l'atome.
Sports
- 1 janvier : Jerome David Salinger, écrivain américain
- 5 janvier : Cécil Saint-Laurent (Jacques Laurent), écrivain français († 2000)
- 13 janvier : Robert Stack, acteur américain († 2003)
- 14 janvier : Andy Rooney, journaliste et commentateur américain
- 15 janvier : Maurice Herzog, alpiniste et homme politique français
- 23 janvier : Hans Haas, zoologiste et océanographe
- 23 janvier : Ernie Kovacs, comédien américain († 1962)
- 25 janvier : Edwin Newman, journaliste et écrivain américain
- 27 janvier : Ross Bagdasarian, musicien et acteur américain († 1972)
- 19 avril : Merce Cunningham, danseur et chorégraphe américain.
- 29 avril : Gérard Oury, comédien et cinéaste
- 7 mai : Eva Perón, femme politique argentine († 1952)
- 10 mai : André Diligent, homme politique français († 2002)
- 12 juin : Uta Hagen, actrice théâtrale américaine († 2004)
- 14 juin : Sam Wanamaker, acteur et directeur américaine († 1993)
- 15 juin : Alberto Sordi, acteur et directeur italien († 2003)
- 23 juin : Mohammed Boudiaf, président de la République algérienne († 1992)
- 14 juillet : Lino Ventura, acteur franco-italien († 1987)
- 20 juillet : Sir Edmund Hillary, alpiniste néo-zélandais
- 31 juillet : Primo Levi chimiste et écrivain italien († 1987)
- 31 juillet : Maurice Boitel, peintre français
- 11 août : Ginette Neveu, violoniste français († 1949)
- 15 septembre : Fausto Coppi, coureur cycliste italien († 1960)
- 18 octobre : Pierre Elliott Trudeau, futur Premier ministre du Canada († 2000)
- 24 décembre : Pierre Soulages, peintre français
- 6 janvier : Theodore Roosevelt, ex-président des États-Unis (° 1858).
- 15 janvier : Rosa Luxembourg, militante révolutionnaire (° 1871).
- 15 janvier : Karl Liebknecht, leader communiste (° 1871).
- 17 février : Wilfrid Laurier, ancien Premier ministre du Canada.
- 4 avril : Sir William Crookes, inventeur anglais (° 1832).
- 9 avril : Emiliano Zapata, révolutionaire mexicain.
- 12 juillet : Désiré MAROILLE, homme ploitique belge.
- 27 juillet : Charles Conrad Abbott, archéologue et naturaliste américain (° 1843).
- 15 novembre : Alfred Werner, chimiste.
- 3 décembre : Pierre-Auguste Renoir, peintre français (° 1841).
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Franco
Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde Salgado Pardo de Andrade, plus couramment appelé général Franco (né le 4 décembre 1892 à El Ferrol (Galice) en Espagne et décédé le 20 novembre 1975 à Madrid en Espagne) était un militaire et homme d'État espagnol. Il exerça la fonction de chef de l'État espagnol de 1939 à 1975, présidant un gouvernement autoritaire et dictatorial avec le titre de Caudillo (guide) : « Generalísimo Francisco Franco, caudillo de España por la gracia de Dios ».
Biographie
Jeunesse et formation
Franco naît à El Ferrol, un port de Galice. Véritable ghetto militaire, El Ferrol est un milieu fortement marqué par la tradition militaire et le dévouement à l'État, où la famille Franco vit depuis sept générations. Son père, Nicolas Franco Salgado-Araujo, est intendant général de la Marine. Coureur de jupons, il n'est pas à l'aise dans le milieu très conservateur du Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade, est une femme très pieuse, très attachée à ses enfants. Francisco est baptisé dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17 décembre 1892.
Surnommé Paquito par ses camarades à cause de sa petite taille, il est d'abord envoyé dans une école privée, puis passe deux ans au collège du Sacré-Cœur, avant d'entrer à l'École de préparation navale. Élève moyen, il se destine naturellement à la marine, comme sa tradition familiale l'y incite et comme tous les enfants du Ferrol. La fermeture de l'École navale d'El Ferrol en 1907 le contraint à chercher une autre voie. Le 29 août 1907, il entre alors à l'Académie d'infanterie de Tolède. La même année, son père est promu à Madrid, lassé du milieu militaire fermé du Ferrol. Ses relations avec sa femme s'étant dégradées, il insiste pour que sa famille ne le suive pas. On apprend peu après qu'il a une maîtresse en ville : la séparation est alors définitive.
L'Académie de Tolède est de niveau médiocre : son concours d'entrée consiste en un examen de la maîtrise des quatre opérations arithmétiques et une vérification rapide de la constitution physique. Ses cours sont également assez sommaires. En 1910, Franco en sort 251 sur 312. Ces maigres performances doivent cependant être relativisée au regard de son jeune âge : il n'a que 18 ans alors que ses camarades sont plutôt âgés de 20 ou 21 ans. Le 13 juillet, il est promu seconde terniente, c'est-à-dire sous-lieutenant.
Carrière militaire
Une fois sa formation achevée, Franco est affecté à la garnison du Ferrol. Il y mène une vie de garnison, terne et monotone. Dès février 1912, il doit partir pour le Maroc, dans le 8 Régiment d'Afrique.
Au Maroc
Le 19 mars 1912, il essuie le premier feu ennemi. Déterminé à sortir de l'anonymat, il demande en 1913 à être affecté au régiment des réguliers indigènes, réputé pour sa bravoure mais aussi sa loyauté incertaine. Il participe à de nombreuses opérations et le 12 octobre, obtient la croix du mérite militaire, première classe. Dès le mois de mars 1915, il est promu capitaine. Peu à peu, sa légende prend forme : les Maures le pensent invulnérable.
Cette réputation prend fin en mars 1915 : il est très grièvement blessé au ventre, au cours d'une attaque contre le fort d'El-Biutz. Il est alors promu commandant, malgré l'avis défavorable du Haut Conseil militaire. Alphonse XIII a en effet intercédé en sa faveur, à sa demande. Il reçoit le commandement d'un bataillon d'infanterie cantonné à Oviedo, aux Asturies. Franco y découvre pour la première fois le prolétariat, les ouvriers-mineurs, dont les conditions de vie sont misérables. Cette expérience marquera beaucoup ses opinions sociales. Au cours de l'été 1917, le général Burguete, gouverneur militaire de la province, décrète l'état de guerre en réponses à de violentes grèves dans les mines. Franco assiste alors à la répression.
À la Légion
En 1919, Franco rencontre le lieutenant-colonel José Millan-Astray, dont l'ambition est de créer une Légion étrangère, sur le modèle français. En 1920, son projet est accepté. Millan-Astray offre à Franco le commandement de la 1 bandera (bataillon), lequel part cantonner à Ceuta en octobre. Franco impose à ses légionnaires un entraînement très strict. Parallèlement, il se montre impitoyable face aux révoltes indigènes. Après le désastre d'Anual en 1921, il autorise ses hommes à appliquer la loi du talion : les légionnaires mutilent, pillent, violent et tuent à leur tour. Suite à ce même désastre, il est appelé à Melilla pour reconquérir le terrain face à Abd el-Krim.
En janvier 1922, il est de nouveau affecté à Oviedo. Il reçoit la médaille militaire et est nommé lieutenant-colonel. Il profite de sa gloire nouvelle pour demander en mariage Carmen Polo Martinès-Valdès, jeune fille de bonne bourgeoisie, rencontrée lors de sa première affectation en 1917. Le mariage est reporté suite au décès du commandant de la Légion : Franco le remplace, sur recommandation du roi. Le 22 octobre 1923, il se marie.
Le 13 septembre 1923, Miguel Primo de Rivera avait lancé son coup d'État et instauré un régime dictatorial. Face aux difficultés rencontrées au Maroc, il songe à un retrait. Pendant les mois de novembre et décembre 1924, Franco doit effectivement superviser l'évacuation de Xanten. Sa bonne conduite le fait nommer colonel. Peu après, Abd el-Krim pousse jusqu'à s'attaquer à des populations françaises. En réponse, la France s'allie à l'Espagne. Primo de Rivera approuve un plan de débarquement à Alhucemas. C'est un succès : Franco est élevé au rang de général de brigade en février 1926, ce qui fait de lui le plus jeune général d'Europe — il n'a alors que 33 ans. Quelques mois plus tard naît la fille de Franco, Maria del Carmen, surnommée Nenuca. Les honneurs se succèdent pour lui ; en 1927, il est même chargé d'accompagner le roi dans son voyage officiel en Afrique.
L'Académie de Saragosse
Le 4 janvier 1928, Primo de Rivera recrée l'Académie générale de Saragosse. Cette fois, il en fait un passage obligé pour tous les futurs officiers, et nomme Franco à sa tête. Ce dernier surveille étroitement d'abord les travaux de construction des bâtiments puis, s'inspirant de son expérience tolédane, rédige lui-même le règlement intérieur de l'Académie. Il impose ainsi des chambrées de trois cadets « pour éviter les mariages. »
Suivant leur appréciation du personnage lui-même, les historiens jugent de manière variable le travail de Franco à l'Académie. Il est certain que la nouvelle école militaire est meilleure que l'ancienne, ne serait-ce qu'en raison de l'élévation du niveau de recrutement (baccalauréat élémentaire). Franco impose l'anonymat des copies au concours d'entrée, diminue le nombre d'élèves par professeur, installe de nombreuses douches, interdit le bizutage et fait même distribuer des préservatifs aux étudiants. Il sait se faire respecter, voire apprécier : 90 % des 720 officiers formés par l'Académie rejoignent ensuite le camp franquiste pendant la guerre civile.
En juillet 1931, la Seconde République supprime par décret l'école. Comme l'ensemble du corps enseignant, Franco est placé en disponibilité forcée et surveillé. Malgré tout, il ne participe pas à la Sanjurjada, tentative de coup d'État du général Sanjurjo. Ayant suffisamment satisfait aux enquêtes de la république, il est affecté à La Corogne comme commandant de la XV Brigade d'infanterie, en février 1932. Franco gardera à Manuel Azaña, chef du gouvernement, une rancune tenace de cette période de quarantaine.
La guerre civile
Dans le climat révolutionnaire qui règne en Espagne, Franco est observé de tous les côtés. Il paraît l'un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête d'un soulèvement armé. Pour cette raison, il est nommé gouverneur militaire aux îles Canaries. En fait, Franco est alors peu convaincu par l'opportunité d'un coup d'État. C'est sous la II République qu'il a atteint l'apogée de sa carrière. Bien que monarchiste d'éducation, il se satisfait d'une république bourgeoise, conservatrice et maintenant l'ordre. Il est peu enclin à risquer sa carrière dans une aventure mal préparée.
De fait, Franco n'est ni l'inspirateur, ni l'organisateur de la tentative de coup d'État de 1936 contre le gouvernement en place, alors mené par le Frente Popular : c'est Emilio Mola. Certes, il est au courant depuis le début des activités des conjurés, mais il attend le 13 juillet, date de l'assassinat du chef monarchiste, José Calvo Sotelo, pour les rejoindre.
Franco se voit attribuer l'armée du Maroc, forte de 30 000 hommes aguerris, véritable fer de lance du complot. La mort accidentelle de Sanjurjo, chef historique de l'opposition monarchiste, et les échecs des généraux Goded et Fanjul à Barcelone et Madrid propulsent Franco sur le devant de la scène.
Le pronunciamento échoue par manque d'adhésion de l'armée : sur 21 généraux de division, seuls 4 se rallient au soulèvement. C'est à ce moment que les milices ouvrières, qui ne croient pas en les capacités du gouvernement à faire face, entrent sur scène. Elles font régner la terreur à Madrid et Barcelone, provoquant ainsi l'exil de nombreux intellectuels, comme José Ortega y Gasset. Le conflit se transforme alors en une guerre civile.
Franco se décide alors à acheter 12 avions italiens, payés par son ami le banquier Joan March, ainsi que des Junkers allemands, afin d'établir un pont aérien reliant le Maroc à Séville. Au mois d'août, il lance un convoi naval à partir de Ceuta, forçant ainsi le blocus établi par la République. Encore une fois, il est servi par la division de ses adversaires : désorganisée par les mutineries socialistes et anarchistes au sein des équipages, la flotte gouvernementale ne peut arrêter le convoi de Franco. Il réussit ainsi à transporter 23 400 hommes.
Jusqu'alors, Franco reste neutre sur la nature du régime qu'il entend donner à l'Espagne. Sa déclaration du 21 juillet 1936 s'achève même par « vive l'Espagne et vive la République » : le Mouvement est dirigé contre le Front populaire, et non la République à proprement parler. Lors de la création de la « Junte de défense nationale », le 23 juillet, on ne relève également aucune indication sur le régime souhaité, ni aucune connotation religieuse.
Très vite, les atrocités surviennent. Le , Franco confie à Juan Yagüe trois colonnes, chargées d'effectuer la jonction avec l'armée du Nord, en passant par l'Estrémadure. Yagüe est un ancien camarade de l'Académie de Tolède. Le 14 août, il s'empare de Badajoz, où il fait fusiller 2 000 prisonniers de guerre. Alors que la presse internationale se scandalise, Franco félicite Yagüe, lequel menace Madrid en septembre. Parallèlement, le cabinet Giral chute, remplacé par celui de Largo Caballero.
Alors que la guerre civile paraît devoir prendre fin rapidement, Franco décide, à l'étonnement général, de suspendre la marche sur Madrid. Il détourne l'armée d'Afrique pour porter secours aux défenseurs de l'Alcazar. De ce fait, il sacrifie un objectif militaire au profit d'un geste politique. La légende des cadets de l'Alcazar constituera l'un des éléments de la mythologie franquiste. On a pu également suggérer qu'il était de l'intérêt de Franco de faire durer la guerre, afin de mieux « nettoyer » le terrain. Il est ainsi avéré que Franco a refusé toute médiation durant la guerre, même celles émanant du Saint-Siège.
Le 21 septembre, la Junte de défense se réunit, et Franco est nommé général en chef. Le 28, la fonction de chef de l'État lui est adjointe par décret. Le 1 octobre, à Burgos, il est investi des pleins pouvoirs. L'évêque de Salamanque compare le Mouvement à une croisade, introduisant ainsi un motif religieux jusque là absent.
Durant ce mois, les grandes puissances européennes, malgré les accords de non-intervention, s'engagent dans la guerre civile. L'URSS par ses chars (peu nombreux) et les Brigades internationales (2 000 hommes au début) appuient le Front populaire et ses défenseurs — CNT et FAI (anarchiste), POUM (marxiste), PC (staliniste), UGT (socialiste). En face, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste se rangent dans le camp de l'insurection militaire en envoyant d'important contingents d'hommes et de matériels. Le 26 avril 1937, jour de marché, une centaine d'avions de la légion Condor (Luftwaffe) procède au bombardement de la ville basque de Guernica, sans motif militaire autre que celui de terroriser une population acquise au gouvernement républicain. C'est la première fois qu'une ville européenne est soumise à un tel traitement. Sur les 7 000 habitants, 1645 sont tués et 889 blessés, selon les chiffres du Gouvernement basque.
Le 3 juin, Mola était mort dans un accident, laissant ainsi Franco sans rival. À la tête de l'armée, avec le titre de généralissime, il prend peu à peu le contrôle de l'Espagne. Un manque chronique d'effectifs le pousse à enrôler de force dans les régions qu'il contrôle. On compte également de nombreux engagements volontaires, 60 000 par exemple pour les Canaries. Il recrute également des alfereces (sous-lieutenants) provisoires : il s'agit d'étudiants ou de jeunes cadres bénéficiant d'une formation militaire accélérée. 30 000 sont ainsi recrutés pendant la Guerre civile. Sur ce chiffre, un tiers demeurera dans l'armée, le reste constituant les futurs cadres du régime franquiste.
La guerre civile se termine en avril 1939, après la bataille de l'Ebre (de juillet–octobre 1938), qui sonne le glas des espoirs républicains, et la conquête de la Catalogne. Franco se trouve maître de l'Espagne. Conscient de son inexpérience en matière politique, il s'appuie sur son beau-frère, Serrano Suñer, la Phalange fasciste et l'Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes de tous bords. Des dizaines de milliers de républicains espagnols sont contraints à l'exil pour échapper à la terrible répression qui s'abat sur l'Espagne. Les estimations récentes s'élèvent généralement à 200 000, voire 250 000 personnes fusillées ou mortes dans les prisons et le camp de concentration de Miranda après la fin de la guerre civile.
La dictature de Franco
Serrano Suñer
L'Espagne reste officiellement neutre pendant la Seconde Guerre mondiale mais elle apporte cependant un certain soutien à l'Allemagne : en juin 1941, Franco comme chef du régime fasciste envoie une division sur le front de l'Est contre l'Union Soviétique (cette unité appelée la "Division Azul", ou Division Bleue, qui combat sur le front de Léningrad) ; en août de la même année, il autorise le régime nazi à recruter 100 000 ouvriers espagnols «volontaires» pour aller travailler en Allemagne ; les navires de guerre allemands peuvent se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols ; les services secrets espagnols et allemands collaborent pour recueillir des renseignements sur les Alliés ; l'Espagne fournit le wolfram indispensable à l'industrie d'armement allemande.
Mais l'Espagne ne s'engagea pas finalement militairement aux côtés de l'Allemagne en octobre 1940 comme le souhaitait Ramon Serrano Suner, ministre des affaires étrangères jusqu'en 1942 et beau-frère de Franco. Cette non intervention est due, comme le souligne Joseph Pérez, aux exigences trop élevées et irréalistes de Franco (dont la prise de possession des colonies françaises du bassin méditerranéen). Hitler ne voulait pas mécontenter Pétain, qui dirigeait un État aux richesses abondantes, pour obtenir le maigre appui d'une Espagne exsangue. Franco et son régime se sont aussi distingués du nazisme sur un point : l'antisémitisme. Bien au contraire, de nombreux juifs passeront la frontière pyrénéenne pour se réfugier en Espagne, avant, pour certains, de gagner d'autres pays. Ainsi Franco aurait personnellement sauvé 60 000 juifs, descendants de ceux expulsés en 1492 par les Rois catholiques, en s'interposant personnellement auprès de Hitler. Ils furent reconnus comme citoyens espagnols et autorisés à entrer en Espagne.
Devant les pressions américaines (les États-Unis fournissent le pétrole à l'Espagne), les problèmes économiques soulevés par l'autarcie sur laquelle essaie de s'appuyer le régime et la résistance victorieuse de la Grande-Bretagne, Franco reste en retrait et abandonne peu à peu son soutien aux forces de l'Axe à partir de l'été 1943. Son meilleur allié est à l'époque Antonio de Oliveira Salazar, bien que les relations personnelles entre les deux hommes soient exécrables mais le dictateur Salazar est soutenu par les Britanniques.
Antonio de Oliveira Salazar
À la fin de la guerre, le régime est très fragile : la situation économique est désastreuse et l'autorité de Franco est condamnée quasi unanimement par la communauté internationale. Cependant, l'Espagne apparaît vite comme un rempart au communisme et les rapports se détendent : Franco autorise les États-Unis à implanter 4 bases sur le territoire espagnol. Le régime gagne peu à peu sa légitimité.
La loi sur les principes fondamentaux du Movimiento Nacional est votée le 17 mai 1958.
Le régime se libéralise peu à peu dans les années 1960 sur le plan économique, beaucoup moins sur le plan politique où le Caudillo règne sans partage.
Il modernise les infrastructures (chemins de fer et réseaux routiers, notamment) et crée un gigantesque système hydraulique (barrages et irrigation) qui fera oublier à l'Espagne les effets de la sécheresse. L'agriculture espagnole atteint alors un développement colossal qui fait trembler (notamment en France) à l'idée que ce pays puisse entrer dans le Marché commun.
La fin du régime franquiste
Marché commun
En 1969, c'est devant les Cortès espagnols que Franco désigne Juan Carlos pour lui succéder à sa mort, en tant que Roi d'Espagne.
Au début des années 1970, malade, Franco se résout à nommer un premier ministre pour diriger son gouvernement. Il choisit son bras droit, l'amiral Luis Carrero Blanco. Celui-ci est tué dans un attentat des Basques de l'ETA le 20 décembre 1973 à Madrid.
De plus en plus affecté par la maladie de Parkinson dont on le sait atteint depuis 1969, Franco est victime d'un refroidissement le 12 octobre 1975, puis d'une hémorragie interne le 23 qui entraîne son transfert à l'hôpital de la Paz. Après une opération le 14 octobre, il est sans connaissance. On le maintient en vie par inquiétude pour l'avenir. Le 30 octobre, le prince Juan Carlos accepte d'assumer les fonctions de chef de l'État. Sa fille persuade finalement les médecins de le laisser mourir. Il s'éteint le 20 novembre 1975 à 5 h 20 du matin. Le bulletin officiel annonçant le décès énumère ainsi les causes de la mort :
1975
:« Maladie de Parkinson, cardiopathie, ulcère digestif aigu et récurrent avec hémorragies abondantes et répétées, péritonite bactérienne, insuffisance rénale aiguë, thrombophlébite, broncho-pneumonie, choc endotoxique et arrêt cardiaque. »
Franco fut inhumé dans la gigantesque basilique Sainte-Croix del valle de los Caìdos. José Antonio Primo de Rivera, le chef de la Phalange, ainsi que des milliers de combattants phalangistes et républicains y sont également inhumés.
Comme il était prévu depuis longtemps, la monarchie fut rétablie après sa mort en la personne de Juan Carlos I, petit-fils du dernier roi d'Espagne (Alphonse XIII).
Postérité franquiste
L'héritage principal de Franco est le retour de la Monarchie en Espagne. Mais trois autres principes imposés par le Caudillo à son successeur ont été respectés :
- Seuls les Cortès franquistes et le Mouvement National (parti unique) peuvent décider de leur propre dissolution.
- Aucune chasse aux sorcières contre des militaires ou des membres de l'administration ne serait effectuée en cas de démocratisation du régime.
- L'unité de l'Espagne "Una, Grande et libre" doit être maintenue ce qui signifie pas d'indépendance à La Catalogne ni au Pays Basque.
Ces trois principes ont été respectés lors de la Transition démocratique espagnole effectuée par le premier ministre Adolfo Suárez, qui s'est chargé de liquider le parti unique dont il assumait la présidence alors que les Cortès franquistes votaient progressivement leur propre dissolution.
Toponymie
Adolfo Suárez
Franco est mort depuis 30 ans, mais son régime a laissé de nombreuses traces dans le paysage urbain espagnol.
Si beaucoup de rues au nom du Caudillo ou du Generalissimo ont été débaptisées au début des années 1980, de nombreuses artères, notamment dans les villes moyennes, continuent de célébrer Franco ou ses alliés (par exemple José Antonio Primo de Rivera, le général Mola, le Général Sanjurjo).
José Antonio Primo de Rivera
Ainsi León, Chinchon, Santander, Santa Cruz de Tenerife ou Puerto de La Cruz (Tenerife) ont gardé leur toponymie franquiste.
Des monuments continuent également de célébrer Franco, ses alliées et ses victoires (statues de Franco à Madrid et à Santander, divers monuments aux morts, l'Alcazar de Tolède).
En 2004, le nouveau gouvernement socialiste espagnol a proposé une loi de réparation envers les victimes de la guerre et de la dictature. Il a demandé également que la toponymie et tous les symboles franquistes subsistant soient retirés de la voie publique. Les opposants à cette dernière proposition dont Felipe Gonzalez parlent de combat d'arrière-garde et rappelent que ces monuments font partie de l'héritage espagnol, pour le meilleur et pour le pire.
Dans la nuit du 16 au 17 mars 2005, à 1h00 (GMT) sur décision personnelle du ministre des Travaux publics, la statue équestre de Franco au centre de Madrid a été déboulonnée et transférée dans un hangar à l'abri des regards, manifestant la volonté du nouveau gouvernement d'effacer toute trace de Franco du paysage espagnol.
Le 8 novembre 2005, sa statue (inaugurée en 1977 pour commémorer son action en tant que colonel de la légion après le désastre de Annual en 1921), située dans la ville de Mellila fut déplacée de 50 mètres pour permettre la réalisation de travaux publics. Le gouvernement (conservateur) de la cité autonome de Melilla a refusé qu'elle quitte la voie publique et soit transférée au musée militaire comme le réclamait l'opposition locale.
Monnaie et timbres
Le portrait de Franco a figuré sur de nombreuses pièces de monnaie et timbres-poste espagnols. Toutes les pièces à son effigie ont été retirées de la circulation le 1 avril 1997.
Les Espagnols et Franco 30 ans après sa mort
Au moment du 30ème anniversaire de la mort de Franco, une enquête de l’Institut Opina (du 17 novembre 2005, voir le lien en espagnol dans la section Liens externes) est publiée pour connaître l’opinion de la société espagnole sur la figure historique de Franco, l’héritage de son régime et le risque de répeter cette période. A la question sur le jugement qu'ils portent sur la dictature de Franco, 63,7% la jugent négative, 23% sont sans opinion et 13,3% la jugent positive.
Selon un sondage de la radio Cadena Ser publié le 18 novembre 2005, 55,5 % des espagnols déclarent éprouver de l'"indifférence" envers le dictateur, 29,8 % du "rejet" et 7,6 %, de la "nostalgie".
Une enquête du Centre d'Enquêtes sociologiques relève que 65,9 % des espagnols considèrent que les victimes de la guerre civile ont reçu "une reconnaissance différente selon le camp auquel ils appartenaient", mais estime à 72,9 % qu'un "hommage doit les inclure toutes".
Enfin, toujours sur le sujet, selon un autre sondage publié le 19 novembre 2005 par le quotidien conservateur El Mundo, 41,3 % des espagnols jugent que la politique du gouvernement socialiste de M. Zapatero "rouvre des blessures du passé" plutôt qu'elle ne "favorise la réconciliation" (25,5 %).
Sa famille
- María Carmen Polo Martinez-Valdés (1902-1988): son épouse. Après avoir rencontré Franco en 1917, elle l'épouse en 1923 et en 1926, donne naissance à leur seul enfant, María. Elle est décédée à Madrid en 1988.
- María del Carmen Ramona Felipa de la Cruz Franco Polo: sa fille. Elle a épousé Cristóbal Martínez-Bordiú, marquis de Villaverde le 10 avril 1950. Elle vit aujourd'hui surtout à Miami (Floride). Sa fille a épousé Alphonse duc d'Anjou et leur fils cadet est aujourd'hui le prétendant légitimiste à la couronne de France, Louis XX.
- Nicolás Franco(1891-1977): le frère aîné. Ingénieur naval, fonctionnaire du ministère de la Marine, il est devenu le principal conseiller du Caudillo au début de la guerre civile. Il termine sa carrière comme Ambassadeur à Lisbonne puis comme homme d'affaires.
- Pilar Franco (1894-1989): la sœur. Membre des phalanges espagnoles, elle ne joua cependant aucun rôle politique; Ses deux livres de souvenirs personnels publiés en pleine transition démocratique ont été des best-sellers.
- Ramón Franco(1896-1938): le frère cadet. Aviateur célèbre et populaire, de conviction républicaine qui le conduise en prison sous la dictature de Miguel Primo de Rivera, il n'en rallie pas moins son frère aîné après juillet 1936. Il meurt le 28 octobre 1938 dans un accident d'avion.
- Ramón Serrano Suñer (1901-2004): le beau- frère. Il a épousé Zita, la sœur de Carmen Polo. Impliqué dans le pronunciamiento de 1936, il est emprisonné par les républicains. Evadé en février 1937, il supplante Nicolás Franco comme conseiller et ministre du Caudillo. Proche du fascisme italien, il est éloigné à partir de 1942.
Voir aussi
Bibliographie
- Bartolomé Bennassar, Franco, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2002 (1 édition 1995) (ISBN 2262018952) ;
- Paul Preston, Franco, New Ed. edition, 1995 (ISBN 0006862101).
Liens externes
- [http://www.memo.fr/article.asp?ID=PAY_ESP_010 Le Régime franquiste]
- [http://kountras.magic.fr/index.php?publid=115&articleno=6 Sauvetage de juifs pendant la guerre par le régime franquiste]
- [http://www.fnff.org/ Fondation Francisco Franco]
- [http://www.cadenaser.com/static/pulsometro/anteriores/encuesta_051118.htm Sondage opinion 30e anniversaire]
Franco, Francisco
Catégorie:Général espagnol
Franco, Francisco
Franco, Francisco
Franco, Francisco
ja:フランシスコ・フランコ・バハモンデ
-
Régime de Vichy
ja:ヴィシー政権
Catégorie: Gouvernement de la France
Catégorie:Régime de Vichy
Ce fut le régime politique de la partie sud de la France et des colonies françaises (avant leur libération) entre juin 1940 et août 1944.
L'expression Régime de Vichy est un terme en toute rigueur impropre car son extension n'était pas limitée à cette ville, qui n'était même pas sa capitale (seulement le siège du gouvernement), et dont ses protagonistes n'étaient pas originaires. Mais l'usage populaire a prévalu, malgré la désignation qui était officiellement la sienne : l'État français.
Les circonstances
Prologue : la défaite de 1940 et l'invasion allemande
En réponse à l'invasion de la Pologne par les troupes d'Adolf Hitler, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au III Reich. Adoptant alors une stratégie défensive, les deux alliés, au lieu d'envahir l'Allemagne dont l'armée est occupée en Pologne, laissent celles-ci régler tranquillement leur compte aux troupes polonaises. La vitesse à laquelle l'armée polonaise, pourtant organisée avec les conseils français, s'effondre (à peine plus d'une semaine !) renforce le mythe d'une armée allemande invincible. Les français restent donc derrière la ligne Maginot et "jouent la montre" : le blocus maritime qui provoquera l'effondrement allemand comme en 14-18. C'est la drôle de guerre. Mais le 10 mai 1940, Hitler attaque en envahissant les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Le commandement français s'y attendait et lance ses troupes à la défense de la Belgique, comme prévu. Utilisant à plein les concepts des novateurs français de 1918, ignorés par leur propre commandement (choc et rapidité, couple char-avion, concentration), le fer de lance de l'armée allemande (une dizaine de divisions blindées) traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux français (et donc mal défendu, et mal soutenu lorsque l'attaque apparu évidente) et encercle du sud vers le nord l'armée franco-britannique engagée en Belgique.
Début juin la messe est dite. Le gouvernement quitte Paris. Les consignes du gouvernement (qui gardait un mauvais souvenir des millions de contribuables et travailleurs en zone envahie, et donc perdus), la haine du "boche" et la terreur savamment entretenue par les allemands eux-mêmes (attaques de la Luftwaffe sur les routes) provoquent et amplifie l'exode de centaines de milliers de civils sur les routes du pays, ruinant la logistique militaire française. La bataille de France était perdue, en dépit de la résistance farouche et héroïque de nombreuses unités. La campagne militaire cause près de 100 000 morts français et 40 000 allemands, et les Allemands capturent plus de deux millions de prisonniers.
Le 10 juin 1940, Mussolini, allié de Hitler, déclare la guerre à la France, mais ne parvient pas à faire avancer ses troupes à travers les Alpes bien défendues. Franco, sollicité, refuse d'entrer en guerre contre la France, même lorsque l'effondrement français est patent.
La demande d'armistice
Fin mai et début juin, c'est la panique aussi dans le monde politique et militaire. Les uns se résignent à la défaite et réclament l'armistice, les autres veulent poursuivre la lutte comme promis aux Anglais, en s'appuyant sur les colonies et notamment l'Algérie.
C'est le premier camp, soutenu par le général Maxime Weygand le maréchal Pétain, Pierre Laval et Darlan, qui l'emporte. Le général de Gaulle se réfugie à Londres, où il prononce son appel devenu célèbre mais passé relativement inaperçu dans le chaos ambiant. Le noyau de la France Libre se constitue alors, avec d'autre réfugiés français. D'autres se réfugient en Amérique.
Le président du Conseil Paul Reynaud, qui lui voulait continuer la lutte, préfère démissionner le 16 juin 1940 sous la pression.
Le président de la République nomme alors Philippe Pétain à sa place. Le lendemain, ce dernier annonce à la radio que la France doit cesser le combat et demander l'armistice. Le gouvernement Pétain, constitué à Bordeaux le 17 juin, et le parlement s'installèrent en juillet à Vichy, ville calme, en zone non occupée, et disposant de grandes capacités hôtelières.
La délégation française doit aller signer l'armistice le 22 juin 1940, dans le wagon même qui avait servi de cadre à l'armistice de la Première guerre mondiale et devant le monument de l'armistice qui parlait de l'orgueil criminel de l'Empire Allemand vaincu par les peuples qu'il voulait faire esclaves et que Hitler a fait ensuite exploser sous les caméras (quant au wagon il a été emporté à une musée berlinois où il fut détruit par un bombardement allié en 1943). L'Allemagne entendait ainsi effacer la défaite de la première guerre mondiale et humilier la France.
Les conditions de l'armistice sont draconiennes : la moitié nord, ainsi que la côte atlantique, passent sous occupation allemande.
La France doit pourvoir à l'entretien de l'armée d'occupation et payer une indemnité de guerre qui s'élevait à 400 millions de francs par jour.
En outre, la convention d'armistice, à l'article 8, alinéa 2, prévoit que les vaisseaux de guerre rejoignent leurs ports d'attache du temps de paix, dont certains, comme Brest, se trouvaient en zone occupée ("La désignation de ces ports sera faite d'après les ports d'attache des navires en temps de paix").
Face à ce risque insupportable (car, la marine française était une force significative) le Premier ministre britannique Winston Churchill envoya le 3 juillet 1940, une flotte britannique sommer la flotte française de Mers el-Kébir, de se joindre à elle, ou de rejoindre les Antilles françaises. L'amiral français rejeta l'ultimatum, sans informer Vichy de toutes les possibilités ouvertes par celui-ci, dont celle de rejoindre les Antilles françaises pour se mettre à l'abri des allemands. Il s'ensuivit un combat naval, au cours duquel les principales unités françaises sont détruites.
En outre, l'Italie revendique l'ancien comté de Nice et la Savoie qui sont, malgré l'insuccès des opérations militaires, occupés par des troupes italiennes.
L'instauration du pouvoir personnel
- Le parlement fut réuni en Assemblée Nationale (Sénat + Chambre des Députés) le 10 juillet 1940, et attribua les « pleins pouvoirs » au maréchal Pétain, sous la pression conjuguée des circonstances et des extrêmes pour une fois réunis, pacifistes dreyfusards et anti-sémites pro-allemands, en confiant à ce haut personnage la mission d'élaborer une nouvelle constitution. Seuls 80 parlementaires votèrent contre.
- a posteriori (et comme quelques rares voix ont pu le dire à l'époque), cette réforme peut nous apparaître comme grossièrement inconstitutionnelle, car la compétence de révision confiée par la constitution de 1875 à l'Assemblée Nationale n'était pas la propriété particulière de cette dernière, mais sa FONCTION exclusive. Selon nos conceptions juridiques modernes, certains trouvent donc évident que l'Assemblée ne pouvait ni déléguer ni transférer cette fonction à quiconque. Néanmoins, la troisième République avait une conception pratiquement illimitée de la compétence de l'Assemblée Nationale, qui pouvait par exemple autoriser le gouvernement à promulguer des lois par décret. Cependant, il demeure que la confusion de tous les pouvoirs (constituant, législatif, exécutif et judiciaire) entre les mains d'un seul homme était totalement contraire aux fondements mêmes de la constitution de 1875 : compréhensible pour gagner la guerre, lorsque les circonstances semblent l'exiger (comme il en existe de multiples exemples historiques), cette concentration était injustifiable pour demander la paix.
- C'est ainsi que les actes adoptés le 10 juillet 1940 par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale à Vichy, instaurèrent un « État français » à la place de la République. Bientôt, la devise républicaine allait être remplacée par la devise « Travail, Famille, Patrie » tandis que la chanson « Maréchal, nous voilà ! » allait concurrencer la Marseillaise (officiellement conservée).
- Le gouvernement de Vichy eut pour chef Pierre Laval 1940, puis l'amiral François Darlan en 1941 et 1942, et à nouveau Pierre Laval, jusqu'à la chute du Régime de Vichy en 1944.
- Pour la majorité des Français, complètement désemparés par l'exode massif et la défaite militaire, puis soulagés par l'armistice, les circonstances de l'instauration du nouveau régime étaient sans importance, et le remplacement d'une république vaincue par un régime adapté à la période de guerre et d'occupation, une évidence.
- De plus, le vieux Maréchal, dont le patriotisme paraissait au-dessus de tout soupçon et l'honnêteté incontestable, leur inspirait confiance. Le prestige qu'il avait gagné pendant la Première guerre mondiale (bataille de Verdun) renforçait son image de sauveur de la patrie. D'autant que la radio et les journaux ne cessaient de vanter ses mérites. Certains allaient même jusqu'à s'imaginer qu'à sa simple vue, les Allemands impressionnés abaisseraient leurs exigences et appliqueraient à la France un traitement favorable. C'est ainsi qu'à la faveur de la défaite, Pétain devint l'icône d'un régime dictatorial.
La mise en place d'un régime autoritaire et des lois d'exclusion
Le régime de Vichy est un mélange original de socialisme et de paternalisme, de pacifisme et de patriotisme. Les frontières politiques sont complètement brouillées par les circonstances. Les objectifs sont également assez confus : le régime est né d'une conception purement métropolitaine de la France, mais c'est dans les colonies qu'il dispose d'une vraie autonomie. Il en résulte des orientations qui apparaissent surtout a posteriori
- un déni de réalité, similaire à celui de l'Allemagne de 1918 : les anciens combattants victorieux de la première guerre mondiale ne peuvent pas admettre que la défaite est d'abord militaire. C'est donc la société entière qui est coupable, et aussi les Anglais qui ont trahi, et les américains qui n'étaient pas là quand on avaient besoin d'eux, etc. ce thème sera exploité et renforcé avec l'affaire de Mers El-Kébir et les premiers bombardements alliés sur des objectifs en France.
- une forme de Realpolitik : la France est vaincue, il vaut mieux se soumettre à l'Allemagne que tenter une vaine résistance, dont l'expérience de 1871 a montré les limites et les dangers. Et puis l'Allemagne ayant vaincu la France ne peut que vaincre, il vaut donc mieux se rendre utile que s'en faire un ennemi.
- le thème de l'imitation : l'Allemagne n'a pas vaincu par hasard mais grâce à une politique globale qu'il faut imiter. L'antisémitisme apparaît comme une composante majeure, mais les autres composantes sont là : l'enrôlement de la jeunesse, le culte de la santé et de la culture physique, le thème de la mère de famille, le culte du chef, le thème du retour aux vraies et anciennes valeurs, l'anticommunisme, le militarisme, etc.
- le thème de la faute, et même du péché : la France n'est pas, non plus, vaincue par hasard, elle a commis une faute politique en s'écartant du modèle autoritaire qui a triomphé sur toutes ses frontières (Allemagne, Italie, Espagne...). Il faut donc se laver du péché, celui d'avoir cru au Front populaire, aux lois sociales (40 heures, congés payés, etc.), celui d'avoir négligé la famille, les valeurs traditionnelles (femmes au foyer, ...), l'agriculture, la religion, et bien sûr l'antisémitisme. Ceci est important car il se produira, en 1945, pour la même raison, un nouveau renversement ; les femmes en profiteront en obtenant, enfin, le droit de vote.
Le culte de la personnalité
La France adopte le FührerPrinzip en vigueur en Allemagne, Italie, Espagne : ces pays ont leur Führer, leur Duce, leur Caudillo, elle aura son Maréchal.
L'exaltation du maréchal, partant de ses états de service de 14-18 et son intention affichée de sauver la France devint le thème favori des médias, d'abord spontanément, puis sous le contrôle étroit de la censure.
Le portrait du maréchal se répandit dans les foyers des Français, qui comptaient sur lui dans ces circonstances difficiles. L'image du "bouclier" protégeant la France s'imposera, et survivra même à la fin de la guerre dans une large frange de la population.
L'image respectable du vieux maréchal fut présente partout, non seulement dans les lieux publics, mais aussi dans les vitrines de tous les magasins, où il remplaçait les marchandises absentes en raison des prélèvements forcés du vainqueur.
Quant aux récalcitrants ou sceptiques (rares au début, de plus en plus nombreux avec le temps), ils trouvaient Pétain dans le tiroir de leur bureau, sous la forme de timbres, et ils le retrouvaient à nouveau sur leur courrier, à chaque fois qu'ils ouvraient leurs boîtes à lettres.
L'embrigadement social
À l'image des Hitlerjungen et autres Komsomols, la jeunesse fut naturellement placée sous contrôle. Les enfants des écoles défilaient, en tenues de sport, le bras tendu pour saluer « à la romaine » (c’est-à-dire de la même façon que les nazis et les fascistes italiens), en chantant « Maréchal nous voilà ». On multiplie les occasions de manifestations collectives, organisés devant le maréchal, ses représentants civils ou militaires ou ses chefs légionnaires. Bien entendu, tout cela sous les auspices du Maréchal, dont les portrait ornent, à de multiples exemplaires, les locaux pour la jeunesse : classe, local scout, etc. ont un portrait général, plus un pour chaque équipe ou patrouille.
Pétain, sous le couvert de son slogan honorable « Travail, Famille, Patrie », enserra l'ensemble des Français dans un réseau de hiérarchies parallèles, à partir de sa « Légion française des combattants » (L.F.C.). Dans celle-ci furent en effet rassemblés non seulement de véritables anciens combattants, mais aussi de nombreux partisans de sa « Révolution Nationale » qui n'avaient jamais combattu, comme les Amis de la Légion et les Cadets de la Légion.
Par ailleurs un ancien combattant courageux mais dévoyé, Joseph Darnand, admirateur avant-guerre du système nazi, créa un « Service d'Ordre Légionnaire » (S.O.L.), et l'étendit à toute la zone sud et à l'Afrique du Nord. Cette organisation de fiers à bras allait, avec le soutien personnel du Maréchal, prendre le nom de « Milice Française », après le débarquement allié et l'invasion allemande de la zone sud, et se consacrer à la répression avec comme objectif d'imiter parfaitement l'Allemagne nazie, donc de se mettre à son service.
Comme tout dictateur, le Maréchal a instauré, sous le nom de « Révolution nationale », un régime autoritaire, où tous les fonctionnaires, y compris les soldats et les juges, devaient lui prêter serment. Il profita des pleins pouvoirs pour déclencher immédiatement la répression et une véritable chasse aux sorcières. Alors que les réfugiés étaient encore sur les routes, il fit pleuvoir sans délai les suspensions de fonctionnaires mal-pensants ou appartenant à des groupes honnis (francs-maçons et juifs). Le marché noir et les lois anti-juives firent de la délation un sport national, la dénonciation calomnieuse devenant un moyen de régler tous les petits griefs de la vie quotidienne et économique.
La discrimination
Le régime adopta sans nulle pression allemande, des lois d'exclusion contre les Francs-Maçons et contre les Juifs, enfants compris. Ces lois de Vichy étaient copiées sur les lois nazies, qu'elles égalaient en dureté pour leurs victimes, elles étaient donc beaucoup plus rigoureuses que celles de l'Italie fasciste.
"Profitant de l'expérience" de son modèle exécrable, le régime mis en place ses lois d'exception à grande vitesse. Il faut cependant signaler que, dans la pratique, ces lois ne furent pas appliquées dans toute leur rigueur, en particulier en Afrique du Nord.
Prise de pouvoir de Pétain : 17 juin 1940 ; Prise de pouvoir d’Hitler : 30 janvier 1933. Entre parenthèse : durée entre la prise de pouvoir et l'édiction de la mesure
L'inféodation à l'ennemi
Pétain subordonna son régime à celui de l'ennemi, bien au-delà des conventions d'armistice.
Inféodation à l'ennemi sur le plan politique
L'initiative vichyste en matière de collaboration
C'est le maréchal Pétain qui instaura personnellement, par un discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, la Collaboration. Pétain disposant des plein pouvoirs manifestait ainsi publiquement que, cessant d'être une trahison (réprimée sévèrement par le code pénal, dans son article 75, car la paix n'était pas signée), la collaboration devenait une politique délibérée dans les relations avec l'Allemagne. En 1945, cela devint un des motifs du procès de Pétain pour haute trahison.
L'objectif était de rester une puissance, certes seconde derrière l'Allemagne, mais toute de même importante. Les faits ont donné tort à Pétain, Laval, puis Darlan, mais le pari, en 1940, n'avait rien d'aussi évident qu'il peut apparaître a posteriori.
L'Allemagne nazie observa cette politique avec un mélange de mépris, de satisfaction et d'exaspération. Car, à côté de la gesticulation collaboratrice des autorités et de leurs séides, il demeurait en fait, de la part du peuple, une mauvaise volonté évidente. Or l'existence de cette politique officielle de collaboration ne permettait pas aux Allemands de prendre directement le pouvoir, avec des conséquences difficiles à imaginer mais dont on peut avoir une idée en regardant d'autres pays sous administration directe, comme les Pays-Bas, la Belgique ou le Danemark, dont les gouvernements s'étaient exilés : les nazis traitèrent ces pays comme des ennemis et le résultat pour la population, y compris les Juifs, fut certainement pire que pour les Français.
La méfiance d'Hitler à l'égard d'une France, même collaboratrice
Les vues d'Hitler à l'égard de la France étaient exposées en détail dans « Mein Kampf ». Et il ne voulait à aucun prix d'une alliance de la France, alors qu'il admirait l'Angleterre qui lui résistait (au point d'avoir proposé à celle-ci, au lendemain de la capitulation française, une paix blanche, que Churchill avait rejetée.)
Après la bataille de Bir Hakeim, où la Brigade française libre de Koenig, a réussi à retarder pendant 14 jours l'offensive de Rommel contre Suez, en tenant tête aux assauts de 4 divisions de l'Axe et aux bombardements de la 2ème armée aérienne allemande, et a ainsi donné le temps à la 8ème Armée anglaise en déroute se fortifier sur la ligne de défense d'El Alamein, Hitler révèle en ces termes sa méfiance à l'égard de la France, collaborationniste ou pas
: "C'est bien une nouvelle preuve de la thèse que j'ai toujours soutenue, à savoir que les Français sont, après nous, les meilleurs soldats de toute l'Europe. La France sera toujours en situation, même avec son taux de natalité actuel, de mettre sur pied une centaine de divisions. Il nous faudra absolument, après cette guerre nouer une coalition capable de contenir militairement un pays capable d'accomplir des prouesses sur le plan militaire qui étonnent le monde comme à Bir Hakeim" .(Bildarchiv., Berlin ).
De même, le Maréch | | |