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Ingénieur

Ingénieur

Étymologie

Ingénieur vient de l'ancien français engigneor, qui désignait un constructeur d'engins de guerre. Le terme d'ingénieur, dans un sens vieilli, désigne donc celui qui construisait ou inventait des machines de guerre ou concevait et réalisait des ouvrages de fortification ou de siège de places fortes. Ainsi, Vauban était ingénieur.

Généralités

Au-delà de ces références historiques d'essence militaire, l'ingénieur apparaît, dans sa version moderne, pour l'essentiel à partir du , où il se confirme comme un acteur de premier plan du développement industriel. Les ingénieurs, dont le nombre augmente dès lors régulièrement, se constituent ainsi comme groupe social reconnu en France au sein de la populations des cadres. La considération accordée aux ingénieurs varie malgré tout sensiblement selon les pays : elle est ainsi très élevée en France et en Allemagne. Elle est moindre dans les pays anglo-saxons où les ingénieurs ont un profil plus spécialisé. Le métier d'un ingénieur consiste à concevoir, coordonner et mettre en œuvre des solutions matérielles ou logicielles à des problèmes variés de nature technique, sous des contraintes de temps, de ressources et de respect des règlementations. Les ingénieurs sont employés par des entreprises industrielles ou de services, des organismes publics, des collectivités ou l'État. Les ingénieurs remplissent des fonctions variées, qui se rattachent aux études et au développement, à la mise en place de systèmes d'information, à la production et aux tâches connexes, à la logistique et aux relations avec les clients. Son champ de compétence et d'activité est rapporté au terme d'ingénierie, en anglais engineering. Dans la pratique, on utilise, les termes de génie de l'air, génie maritime, génie rural, génie civil, génie génétique, génie chimique, génie logiciel, génie mécanique, génie industriel, etc. Dans les acceptions où en anglais on utilise le terme engineering. Le dictionnaire Hachette-Oxford donne d'ailleurs bien génie comme traduction correcte du terme engineering tandis qu' ingénierie désigne théoriquement un titre universitaire. Un ingénieur est spécialisé dans un domaine technique et intervient principalement au niveau du développement et/ou de la fabrication de produits par les entreprises. Il apporte son expertise technique. L'ingénieur français se distingue généralement par son diplôme obtenu dans une université ou une école d'ingénieurs (notons qu'une formation en IUP permet d'accéder au titre d'ingénieur maître). Toutefois une formation d'ingénieurs n'est pas forcément reconnue par la « Commission des titres d'ingénieurs » (organe du Ministère français de l'Éducation Nationale), et peut avoir obtenu un diplôme reconnu par l'État français, mais non reconnu par la commission, ou avoir suivi une formation interne en entreprise. Par contre, quelle que soit sa formation et son passé, il est soumis à une nécessité de formation permanente s'il veut rester performant et doit, par conséquent, pratiquer régulièrement des activités de veille technologique. L'ingénieur est avant tout un animateur d'équipe et un gestionnaire (cf. management) qui doit composer avec d'autres exécutants (ouvriers, techniciens) pour assurer la production (de biens ou de services), développer de nouveaux outils (machines, méthodes) et optimiser les procédés. Il doit avoir de solides bases scientifiques afin de comprendre les processus mis en jeu et pouvoir les faire évoluer. Notons qu'en France, le terme « ingénieur » est aussi utilisé en rapport avec plusieurs niveaux de formation :
- Ingénieur diplômé : titulaire d'un diplôme d« ingénieur diplômé » (bac+5) délivré par une école habilitée par la Commission des titres d'ingénieurs (CTI);
-
Ingénieur maison : travailleur exerçant une fonction d'ingénieur, souvent spécialisée, pouvant avoir un diplôme bac+5 non reconnu par la CTI, ou ayant suivi une formation interne en entreprise;
-
Ingénieur-maître : titulaire d'une maîtrise d'un institut universitaire professionnalisé (IUP, bac+4) (supprimé en 2002);
-
Ingénieur d'étude : membre d'un institut de recherche (université, CNRS ou autre), titulaire au moins d'une licence (bac+3);
-
Ingénieur de recherche : membre d'un institut de recherche, titulaire d'un diplôme d'ingénieur ou d'un doctorat.

Être ingénieur au Canada

Au Canada, l'ingénierie est une profession réglementée. Cela signifie que, selon la loi, nul ne peut exercer la profession d'ingénieur sans un permis d'exercice. L'attribution des permis est effectuée par les 12 associations/ordre provinciaux et territoriaux d'ingénieurs, lesquels fixent les normes et réglementent la profession. Un permis d'ingénieur n'est valide que dans la juridiction où il a été émis. Il existe toutefois une entente déterminant des équivalences afin de faciliter la mobilité entre les provinces et territoires. Chaque association/ordre déssert et protège l'intérêt public au nom de son gouvernement provincial ou territorial. Par exemple, au Québec, l'admission à la profession d'ingénieur, donc l'entrée à l'Ordre des ingénieurs du Québec, ne peut se faire qu'après obtention d'un diplôme universitaire de premier cycle en génie (nommé baccalauréat, normalement en 4 ans d'université), d'une période d'expérience supervisée par un ingénieur d'expérience (2 à 3 ans) et à la réussite d'un examen professionnel.

Formation des ingénieurs

Les études d'ingénieur se déroulent en général sur trois ans (précédées de deux ans de classes préparatoires) d'études.
- Formations d'ingénieurs en France
- Formations d'ingénieur civil en Belgique sur Wikinations.be
- Formations d'ingénieurs au Sénégal
- Formations d'ingénieurs en Suisse La fonction publique territoriale française propose également un concours (de catégorie A), permettant d'obtenir le titre d'ingénieur territorial permettant de travailler dans les collectivités territoriales.

Domaines d'activité


- Par son domaine de compétences, un ingénieur peut être électricien, électronicien, hydraulicien, « informaticien » (le terme est aujourd'hui trop vague), agronome, chimiste, géographe, métallurgiste, mécanique, etc.
- On nomme ingénieur-conseil un professionnel qui donne des conseils, établit des projets, suit des travaux, assiste aux expertises dans le cadre d'activités relevant du métier d'ingénieur. Dans le passé ce terme désignait un professionnel agissant en tant qu'ingénieur.
- Le titre universitaire d'ingénieur-docteur est délivré à des ingénieurs ou à des techniciens qui ont soutenu une thèse après trois années de recherches dans un laboratoire scientifique. Dans la pratique, ce titre n'apporte pas de
plus réellement mesurable à l'embauche, mais peut aider par la suite en revanche à exercer la veille technologique.

Voir aussi


- Ingénierie
- Ingénieurs sans frontières : une association d'élèves ingénieurs française

Liens externes


- [http://www.commission-cti.fr/ Commission des titres d'ingénieurs] (CTI), organisme français qui habilite les écoles françaises à délivrer le titre d'« ingénieur diplômé »
- [http://www.cnisf.org/ Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France] (CNISF), auteur d'une charte de l'ingénieur et gestionnaire du [http://www.cnisf.org/repertoire/repert_ing.html Répertoire français des ingénieurs]
- [http://www.cefi.org Comité d'Études sur les Formations d'Ingénieurs] (CEFI), centre de ressources lié aux associations d'ingénieurs
- [http://www.ccpe.ca/ Conseil Canadien des Ingénieurs]
- [http://www.oiq.qc.ca/ Ordre des Ingénieurs du Québec] Catégorie:Métier Catégorie:Techniques et sciences appliquées Catégorie:Gestion de projet th:วิศวกร

Français

Le français est une langue romane parlée en France, dont elle est originaire, ainsi qu'en Belgique, au Canada, en Côte d'Ivoire, en Suisse et dans 47 autres pays. La langue française a cette particularité que son développement a été en partie l'œuvre de groupes intellectuels (comme la Pléiade) ou d'institutions (comme l'Académie française). C'est une langue dite « académique ». Toutefois, l'usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui malaxèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Jean-Baptiste Poquelin. On parle d'ailleurs de la « langue de Molière ».

Histoire

Voir l'article détaillé : Histoire de la langue française On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du synode de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même. C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration. Régi par : Académie française, Délégation générale à la langue française et aux langues de France, Service de la langue française (Belgique), Office québécois de la langue française, les Conseils supérieurs de la langue française de France, de Belgique et du Québec.

Voir aussi


- synode de Tours
- Serments de Strasbourg
- Séquence de sainte Eulalie
- Édit de Villers-Cotterêts
- français langue étrangère

Littérature

Parmi les premières œuvres majeures :
- La Chanson de Roland (Roland, Charlemagne, Olivier, Ganelon)
- Le Roman de Renart (Goupil, Ysengrin)
- Les romans de Chrétien de Troyes
- Gargantua de François Rabelais
- Défense et illustration de la langue française
- Voir aussi Littérature francophone et littérature française

Vocabulaire

Étymologie

La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un synonyme, l'un venant de la racine latine ancienne, l'autre étant populaire. Ces doublets sont surtout présents avec un nom (populaire) et l'adjectif dérivé (savant) : mère / maternel, frère / fraternel, cheveu / capillaire, foi / fidèle, froid / frigide, œil / oculaire, sûreté / sécurité, etc. Le francique, en tant que superstrat, a laissé quelques mots importants et les emprunts sont nombreux : d'abord à l'anglais, puis à l'italien, aux autres langues romanes, à l'arabe, etc.

Néologismes

Certains néologismes français sont constitués à partir des racines latines ou grecques :
- logiciel, domotique... D'autres suivent les règles de suffixation :
- baladeur créé pour remplacer l'anglais walkman et diskman.

Français régional

Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français régional. On appelle français régional des mots ou des expressions employés dans certaines régions de la francophonie mais non retenus dans les dictionnaires académiques du français ou qui ne sont pas utilisés dans l'ensemble de la francophonie. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du français qui a évolué de façon différente. Par exemple, au Québec, le terme clavardage est le terme officialisé par l'Office québécois de la langue française pour désigner une séance de bavardage avec un autre interlocuteur par le biais d'Internet et sous forme d'échange de texte. Autres exemples :
- au Québec et en Suisse : on dit mitaine pour « moufle » ;
- en France, dans la région de Normandie, on utilise souvent clenche pour « poignée de porte », toile pour « serpillière », ce midi ou dans l'heure de midi pour « à midi », etc. ;
- en France, dans la région de Picardie, on peut utiliser wassingue pour désigner la serpillière ;
- en France, on dit cake pour désigner certains types de gâteaux.
- dans le sud de la France, du Limousin au Bas-Languedoc et à la Provence, on emploie plier pour « emballer » ou « envelopper » (de l'occitan plegar, même sens).

Emprunts étrangers

:Pour plus d'information, voir l'article plus détaillé. On estime à moins de 13 % (soit 4 200 mots) les parts des mots d'origine étrangère dans la langue française courante soit environ les 35 000 mots d'un dictionnaire d'usage. 1 054 de ces mots sont d'origine anglaise, 707 italiens, 550 de l'ancien allemand, 481 des anciens langages gallo-romans, 215 arabes, 164 de l'allemand, 160 du celtique ancien, 159 espagnols, 153 hollandais, 112 perses et sanskrits, 101 des langues des indiens d'Amériques, 89 de diverses langues asiatiques, 56 de diverses langues afro-asiatiques, 55 de langues slaves et de la Baltique, 144 d'autres langues diverses.
  - Source : Henriette Walter, Gérard Walter, Dictionnaire des mots d'origine étrangère, 1998.

Prononciation

:Voir l'article plus détaillé.

Place du français dans le monde

Le statut international du français

article plus détaillé Le français est la langue officielle de nombreux pays, et largement utilisée dans un certain nombre d'autres. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de la « francophonie ». Dépassant, le seul cadre linguistique, le Haut Conseil de la Francophonie est une plateforme d'échanges impliquant un tiers des pays de la planète. Ce mouvement confirme une redéfinition de la place du français dans le monde. Le français est la langue officielle de la Convention du Mètre qui définit les unités de mesure en physique. C'est l'une des vingt langues officielles de l'Union européenne. Le français connaît un recul de son poids sur la scène des échanges internationaux face à l'influence de l'anglais. Par exemple, l'anglais est devenu langue de référence numéro un au Comité international olympique malgré l'histoire de cette institution.

Les francophones


- Voir l'article détaillé Distribution des francophones dans le monde
- Voir aussi : Variations régionales du français En 1998, le Haut Conseil de la Francophonie estimait les francophones « réels » à 112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à 110 millions de « francisants », qui, citons ici le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable, ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Le même type d'étude avait été mené par ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec 104,6 millions de francophones « réels » recensés plus 54,2 millions de « partiels », soit 158,8 millions de francophones. La progression enregistrée est importante avec un gain de 14,4 millions en 9 ans. 2 millions de ces « nouveaux » francophones sont des Français, démographie oblige, mais le gros du bataillon est fourni par le continent africain. En extrapolant ces chiffres, on peut estimer le nombre des locuteurs francophones à quelque 183 millions en 2005 et le nombre total de personnes aptes à s'exprimer en français à 290 millions.

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues romanes
      -
  - langues d'oïl
  - grammaire française
  - conjugaison des verbes français
  - verbe
  - conjugaisons des verbes du premier groupe
  - conjugaisons des verbes du deuxième groupe
  - conjugaisons des verbes du troisième groupe
  - noms en français
  - nombres en français
  - orthographe française
  - rectifications orthographiques
  - étymologie
  - fréquence d'apparition des lettres en français
  - diacritiques utilisés en français
    - accent circonflexe en français
  - symboles SAMPA pour les sons français
  - prononciation du français

Jeux de langue


- anacyclique
- anagramme
- contrepèterie
- jeu de mots
- lapalissade
- palindrome
- virelangue

Liens externes


- [http://www.site-magister.com/ Travaux dirigés de français].
- [http://www.olf.gouv.qc.ca/ Office de la langue française du Québec].
- [http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ Commission de toponymie du Québec].
- [http://www.francophonie.org/ Organisation internationale de la Francophonie].
- [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histlngfrn.htm « Histoire de la langue française »], par Jacques Leclerc, dans L'aménagement linguistique dans le monde, Québec, Université Laval.
- [http://atilf.atilf.fr/ Trésor de la langue française informatisé], version informatisée du Trésor de la langue française (TLF), dictionnaire extrêmement complet sur la langue française des XIXe et XXe siècles, réalisé sous la direction de Bernard Quemada et Paul Imbs.
- [http://www.orthographe-recommandee.info/ Orthographe-recommandée.info], à propos des rectifications de l'orthographe française officiellement recommandées.
- [http://www2.ignatius.edu/faculty/turner/languages.htm D'autres chiffres sur la Francophonie]
- [http://www.academie-francaise.fr/ L'Académie française et son dictionnaire en ligne]
- [news:fr.lettres.langue.francaise Forum Usenet sur la langue française] et [http://www.langue-fr.net/ site associé]
- [http://fr.groups.yahoo.com/group/langue-fr/ Liste de diffusion sur Yahoo Groupes]
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=3/ Apprendre et écouter des expressions pratiques en français] Chaque expression est accompagnée d'une illustration
- [http://www.les-dictionnaires.com/evolution-langue.html Dictionnaires d’évolution de la langue] Evolution de la langue française et des dictionnaires : vieux français, anglicismes,...
-
Francais Francais Francais Francais als:Französische Sprache ja:フランス語 ko:프랑스어 simple:French language th:ภาษาฝรั่งเศส zh-min-nan:Hoat-gí


Guerre

La guerre qualifie tous les conflits confrontant des pays ou d'importants groupes de personnes utilisant la force physique et notamment des armes, mettant en œuvre tactique et stratégie, et se traduisant ou non par la mort de certains de ses participants ou de tiers. Dans le contexte du droit international le terme guerre est souvent remplacé par conflit armé, grande opération de police, lutte contre le terrorisme, pacification, etc. Outre l'homme, de très nombreux animaux pratiquent la guerre, à une échelle plus ou moins importante. Il s'agit de tous les animaux territoriaux mais qui, tout comme les hommes, négocient souvent ; ainsi que des insectes sociaux, qui forment de véritables armées (fourmis, termites).

Aspect de dysfonctionnement

Selon Théodore Funck-Brentano et Albert Sorel, «La guerre éclate lorsque les États n'ont plus une conscience claire de leurs devoirs, une intelligence nette de leurs droits, une notion exacte de leurs intérêts respectifs. Ils ne peuvent plus arriver à une entente commune, ils ne peuvent plus accepter les lois que leur traçait le droit des gens en temps de paix : ils s'y soustraient. La guerre est l'acte politique par lequel des États, ne pouvant concilier ce qu'ils croient être leurs devoirs, leurs droits et leurs intérêts, recourent à la lutte armée, et demandent à cette lutte de décider lequel d'entre eux étant le plus fort pourra en raison de sa force imposer sa volonté aux autres». (Funck-Brentano et Sorel, Précis du droit des gens, Paris, Plon, 1900, p. 74) «Quand on a un marteau dans la main, tous les problèmes deviennent des clous» Les responsables des nations ont considéré depuis longtemps dans l'histoire de l'humanité que l'éventualité des guerres étant fréquentes, il convenait de s'y préparer. La préparation de ces guerres se fait le plus souvent par l'entrainement d'une ou plusieurs armées, et par ce que les médias ont appelé depuis la guerre froide la course aux armements. Depuis l'histoire de la libération de l'Inde, qui s'est terminée au milieu du XX siècle, le Mahatma Gandhi a fait école auprès de certains courants minoritaires qui réfléchissent à des moyens «non-violents» pour régler les conflits entre nations. Ils cherchent à réformer les réflexes ancestraux des nations et des peuples vis-à-vis des guerres.

Théories de la guerre

Selon le théoricien prussien Carl von Clausewitz (1780-1831) : la guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens. Cette définition rejoint les antiques idées de la civilisation chinoise : la guerre n'est qu'un des moyen pour imposer sa volonté à un groupe ou à l'inverse y résister. Comme ce moyen est le plus risqué et le plus coûteux, la victoire la plus intéressante est celle qui ne se voit pas, l'adversaire n'ayant pas perdu la face. Par cette continuité politique, la guerre est aussi un élément incontournable des relations humaines, et donc une chose à laquelle il faut être prêt, ce que traduit le proverbe romain : si vis pace, para bellum (pour vivre en paix, soit prêt à te battre), ou bien l'aphorisme de Nicolas Machiavel : « une guerre prévisible ne se peut éviter, mais seulement repousser ». On peut même considérer que l'état de guerre est naturel, et que c'est la paix qui résulte d'une construction, motivée par les plus grand gain d'un mauvais compromis que de la plus grande victoire. La régulation et le traitement de la guerre sont l'un des sujets majeurs pour les acteurs politiques et religieux et depuis quelques années par l'Organisation des Nations unies et d'autres institutions internationales et des organisations non gouvernementales. Des théoriciens ont pu émettre l'hypothèse que la guerre était aussi une nécessité naturelle pour réguler la population humaine. Cette théorie semble complètement infirmée par la réalité, les guerres même les plus sanglantes n'ayant eu qu'un impact tout à fait négligeable sur la démographie humaine.

Causes et enjeux

Causes invoquées

On dit parfois que les guerres ont des causes profondes et des raisons futiles. Les causes - ou parfois les prétextes - de guerre peuvent être entre autre:
- conquête d'un territoire possédant des ressources,
- libération d'un territoire occupé par une puissance étrangère (colonisation, etc.)
- domination économique (par exemple une réserve de pétrole ou de cuivre qu'on espère se faire céder à un prix avantageux),
- non respect d'accords internationaux
- en théorie, imposition d'une croyance exemple une religion; Marx ne croit guère à ce genre d'explication qui selon lui masque toujours en réalité des intérêts matériels qui ne veulent pas s'avouer,
- recherche de domination d'un système politique, présenté comme le meilleur
- réparation d'un affront, d'autant plus important que le pouvoir est personnalisé,
- système d'alliances conclu antérieurement ou pas,
- se faire rembourser des dettes,

Diverses opinions sur la guerre

Opinion d'André Maurois

Dans Les silences du colonel Bramble, André Maurois voit la guerre comme aussi inévitable que les mouvements d'un dormeur dans son sommeil : suite à un immobilisme prolongé, des parties du corps éprouvent des soucis qui se cumulent avec le temps d'approvisionnement en ressources, et la souffrance engendrée déclenche une tentative de retournement brutale. Après s'ensuit un nouveau calme, temporaire, à l'issue duquel le cycle recommence.

Quelques exemples

Une guerre a rarement une cause unique, et fait suite plus souvent à une accumulations de causes profondes; la cause immédiate, par exemple l'affront, sert alors de déclencheur, comme la goutte qui fait déborder le vase.
- La guerre est souvent une façon de ressouder une communauté contre un ennemi commun, de justifier une forte discipline, voire d'acquérir ou conserver une gloire politiquement nécessaire à un pouvoir se voulant charismatique (Junte argentine dans la Guerre des Malouines). Ces raisons rendent la guerre fréquente dans les dictatures et les États où les hommes voient leurs certitudes troublés par une brutale évolution politique (ethnique), économique ou technique. Il arrive cependant, bien que ce soit beaucoup plus rare, que des démocraties se fassent la guerre entre elles aussi (guerres frontalières péruviennes, par exemple).
- La raison d'une guerre (le groupe auquel on veut imposer sa loi) n'est pas toujours « en face », mais peut-être dans chaque camp, à l'image de la guerre franco-allemande de 1870, occasion pour Bismarck de sceller l'unité allemande. Cette interprétation fut également donnée à la Première Guerre mondiale par des socialistes de chaque camp.
- La guerre est parfois perçue comme le moyen (éventuellement inconscient et selon certains « naturel au capitalisme ») d'éliminer une impasse sociale sans la régler.
- Lorsque la guerre est particulièrement mal vécue par les militaires, comme la Première Guerre mondiale, le pouvoir accentue la propagande et promet que ce sera la dernière (der des ders). Elle mit fin aux monarchies dans tous les pays vaincus (trois empires).

Guerres civiles

Comme dans une vendetta les guerres internes à un pays mettant aux prises une partie de la population contre l'autre, sont qualifiées de guerres civiles. Chacun voit dans son ennemi, et même en celui qui voudrait rester neutre, un traître avec lequel il n'est plus possible de cohabiter et avec lequel aucun compromis territorial n'est possible (comme cela serait possible avec un ennemi étranger). C'est pourquoi l'unique issue envisagée est bien souvent l'anéantissement de l'autre et de ses alliés réels ou potentiels (y compris femmes et enfants), avec emploi de la terreur, ce qui rend ces guerres meurtrières et sans merci (féroce). La plupart des dirigeants n'hésiteront donc pas à se lancer dans une guerre étrangère plutôt que de risquer une guerre civile.

Conventions

la convention de La Haye

La convention de La Haye interdit l'incorporation dans les armées de la population d'un territoire occupé. Le pouvoir nazi a donc fait usage d'une ruse : à partir du 25 août 1942, il a conféré la citoyenneté allemande à un nombre croissant de Français d'Alsace à commencer par les hommes (les Malgré-nous).

la convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre

Voir aussi


- Défense et sécurité
- Principes de la guerre
- Guerre asymétrique
- Guerre civile
- Guerre juste et son corrolaire médiatique, la guerre propre
- Guerre révolutionnaire
- Guerre subversive
- Guerre de basse intensité, ou guerilla
- Liste des guerres
- Origine de la guerre
- Paix

Liens externes


- [http://www.histoforum.org/ histoforums]
- [http://www.collectif-asah.org/ressources.php?node=2878& Dossier Guerres et Conflits]
- [http://artdelaguerreselonsuntzu.ifrance.com/ « l’Art de la guerre » par Shun Zi ]
-
Catégorie:Société ja:戦争 ms:Peperangan simple:War

Ouvrage

Un ouvrage est une réalisation, un travail à effectuer. # Le terme ouvrage est viellissant, il est souvent utilisé pour décrire des travaux à connotation historique. # On désigne généralement la réalisation remarquable d'un ouvrier ou d'un artiste par le terme ouvrage, c'est son chef d'œuvre. # L'ouvrage des couturières, brodeuses, dentelières a été depuis toujours le domaine réservé des femmes; depuis le l'industrie du textile a relégué ces travaux au rang de loisir. # On parle d'ouvrage d'art pour désigner pont, viaduc et, toute construction destinée au franchissement d'obstacle naturel, par une route ou une voie ferrée.

Fortification

La fortification (du latin fortis, fort, et facere, faire) est l'art militaire, de renforcer une position ou un lieu contre une attaque.

Principes

Elle a deux fonctions principales:
- l'obstacle en retardant l'attaquant dans sa progression vers l'affrontement rapproché et l'obligeant à rester plus longtemps sous le feu des défenseurs
- la protection, en mettant à l'abri des attaques de l'ennemi les troupes chargées de défendre les obstacles. Cette composante de protection peut-être remplie de deux façons, directement, par l'utilisation de constructions assez solides pour arrêter les projectiles ennemis, et indirectement par l'emploi de la distance et de l'avantage en portée et plus récemment du camouflage. De façon générale, la généralisation d'armes à feu de plus en plus perfectionnées à eu pour conséquence d'accroître le besoin de protection, l'obstacle perdant lui de l'importance. Elle peut cependant avoir d'autres fonctions, comme une symbolique, concrétisant un pouvoir ou une propriété.

Classification

Il est possible de qualifier les fortifications de bien des manières.

Permanence

Les fortifications sont habituellement divisées en deux branches, celles permanentes, bénéficiant d'un travail et de ressources importants, et celles de campagne qui sont réalisées de façon plus ou moins improvisée sur le terrain par les troupes. Cependant la limite entre les deux est assez floue, car des fortifications de campagne peuvent se transformer en fortifications dite semi-permanentes, quand le temps et les ressources le permettent, ou quand le besoin s'en fait sentir.

Taille et l'objectif

L'objectif des fortifications, lui par contre, a toujours été très variable, cherchant à protéger d'une simple demeure comme une maison forte ou un chateau fort féodal, à un pays entier avec un vaste système défensif, comme la Grande Muraille de Chine et la ligne Maginot.

Époque

Histoire

Fortifications primitives

Le moyen de garder l'ennemi, en dehors du lieu que l'on veut protéger, est trouvé très tôt dans l'histoire de l'humanité avec la palissade en bois, le talus de terre, ou le mur de pierres sèches empilées, selon les régions. Suffisant contre la faune, cet obstacle va vite se révéler insuffisant contre l'Homme, qui imagine quantité de moyens pour le franchir, le premier instrument de siège, apparaît avec l'échelle qui permet d'escalader la muraille. Il devient donc nécessaire de défendre l'obstacle, contre l'envahisseur. Le mur étant difficile à défendre d'en bas, on invente le chemin de ronde qui permet de parcourir son sommet, tout en étant protégé de l'extérieur, par le parapet, plaçant les défenseurs dans une position avantageuse pour le corps à corps et le tir. Le lieu protégé par ce type de fortification précoce, est généralement le village, où vivent les défenseurs et où ils stockent leurs réserves et richesses. L'enceinte est souvent circulaire, entourant les habitations, la forme de défense la plus courante semble avoir été le Dun, où un talus de terre est crée à l'intérieur, en creusant un fossé. Le parapet est constitué soit pas un autre talus plus petit, ou une palissade en bois. Dans les régions rocailleuses comme l'Irlande ou l'Écosse, la pierre est utilisée pour tenir le flanc du talus. Dans la zone méditerranéenne, les enceintes sont constituées par des pierres colossales empilées sans aucun liant. L'apogée de ce type de fortification semble avoir été atteint par les tribus germaniques, qu'affronta César en son temps. Leurs villes étaient entourées par des talus composites constitués par un assemblage de pierres, de troncs d'arbre placés en longueur et de terre, très difficile à détruire, car épais et donc résistant à des coups de béliers et insensible au feu grâce à la présence de terre humide.

L'apparition de la maçonnerie

L'invention de la brique séchée au soleil, va révolutionner l'art de fortifier, permettant de créer des murs beaucoup plus haut, et donc imprenable par escalade. Ces techniques naissent parmi les civilisations du croissant fertile, elles nécessitent outre les progrès dans l'art de la construction, une structure sociale autorisant la réquisition de nombreux travailleurs pour de longues périodes, ce que permettent les premières royautés qui émergent, alors. L'objet de ce nouveau type de fortification, apparaît aussi, ce sont les premières grandes villes de l'histoire. Le but est de pouvoir abriter, les réserves et la population de toute la campagne environante, dans un lieu inaccessible à l'ennemi, les travaux de défense sont donc autrement plus important que ce qu'exigeait la protection d'un simple village. On voit ainsi apparaître des œuvres colossales, comme les murailles de la ville de Ninive en Assyrie, avec des murs en briques de près de quarante mètres de haut. L'apparition du bélier et des travaux de sape et de mine contre les murs, oblige à construire ceux-ci de façon solide avec plus de dix mètres d'épaisseur. Pour éviter un travail trop important, la solution est alors trouvée, de construire deux murs parallèles et de combler l'intervalle entre les deux avec de la terre. Ces nouveaux types d'attaque, provoque l'apartition des tours qui garnissent les longueurs de mur, permettant par son avancé par rapport au mur, de battre par des tirs croisés, l'angle mort où opèrent les sapeurs et le bélier. Elles constituent aussi un refuge surplombant le parapet, qui permet de bombarder celui-ci après une prise par l'assaillant, et de plus, elle sert de contrefort au mur. C'est aussi à cette époque, que le parapet se garni de créneaux, qui permettent aux défenseurs de s'abriter entre deux tirs. Les villes fortifiées de cette époque deviennent quasiment imprenables par un assaut direct, il ne reste que la solution de l'investissement et du siège de longue durée, pour la faire tomber par la famine ou la redition. Cependant, les grecs de la période classique et par la suite les romains, vont développer et systématiser de nouvelles tactiques et techniques de siège, celles-ci sont liées à l'apparition de nouvelles armes de jet lourdes, les balistes et catapultes, et des tours de siège. Ce type de siège, bien qu'efficace demande de très longs travaux préparatoires, dont l'édification d'une enceinte, souvent double, ceinturant l'assiégé, pour éviter les sorties de celui-ci et éventuellement, une attaque d'une armée de secours adverse. De grands terrassements, sont aussi nécessaires pour amener les engins de siège au contact des défenses, par exemple de grandes rampes en remblai, pour avancer les tours de siège. Comparativement, les systèmes défensifs évolue moins pendant cette période, l'effort porte principalement sur l'utilisation du terrain existant pour concevoir, le réseau fortifié, on cherche à s'appuyer sur des cours d'eau ou des dénivellations importantes naturelles. Pour protéger les villes, on crée des forteresses, situées sur les hauteurs pour constituer les point forts de la positions. Les rommains vont par contre apporter beaucoup dans le domaine de la fortification de campagne, avec leur camps plus ou moins provisoires. Ces travaux en terre et en bois, réalisés parfois en quelques heures, sont néanmoins assez difficile à capturer, fournissant un abri sûr aux troupes. Une de leur caractéristiques, le fossé, se généralise aussi dans les fortifications permanentes. Il présente trois avantages, il empêche l'assaillant d'amener une machine de siège au contact du mur, sans l'avoir préalablement comblé, il fourni des matériaux pour la construction du mur ou de la butte constituant l'obstacle, et enfin il augmente par sa profondeur, la hauteur de celui . D'autres perfectionnements commence à se répandre, de nombreuses tours sont bâties sur une base circulaire ou ovale, au lieu de carrée ou rectangulaire auparavant, ce qui leur permet de mieux résister aux impacts des balistes. Par ailleurs, les matériaux évoluent, la brique cédant la place à la pierre, plus courante aux latitudes septentrionales et moins sensible au effet du feu et des chocs. Il semble aussi que les romains aient mis en place les premiers hourds qui permettent de tirer vers le bas du mur, sans se découvrir.

Le chateau fort

La motte castrale

Les invasions barbares et la chute de l'empire romain, provoque un repli sur de plus petites comunautés, les fortifications ne vont plus chercher à protéger de vastes enceintes,mais une simple deumeure, celle du seigneur.

Le donjon ou tour maitresse

Les perfectionnements de la défense active

Les forts classiques

L'apparition de l'artillerie et le début du bastion

L'apparition des canons change au départ peu de chose dans les méthodes de siège, se révélant marginalement plus performants que les diverses balistes. Mais peu à peu, les pièces deviennent de plus en plus puissantes grâce à l'amélioration des techniques de fabrication et commencent à utiliser des projectiles en bronze, puis en fer battu, au lieu de la pierre et du bois en usage auparavant. Ces nouveaux boulets qui n'éclatent pas à l'impact avec des vitesses supérieures lors de l'impact, rendent la construction de murs maçonnés capables de leur résister, de plus en plus ardue. De plus, les canons tirent de plus en plus vite et précisement, il devient possible de concentrer plusieurs tirs successifs sur une zone précise, pour créer une brèche, dans n'importe quel mur, ce qui était impossible avec l'artillerie nevrobalistique. La fortification doit évoluer devant cette nouvelle menace. Suite à la démonstration par l'armée de François Ier, lors des guerres d'Italie, de la fragilité des forteresses traditionelles est une cause entendue. Le siège est désormais considéré comme un duel d'artillerie entre les canons qui attaquent la place forte et ceux qui la défendent, l'art de fortifier va donc consister à donner à ces derniers le maximum d'avantages dans la lutte. Dés le apparaissent les tours à canons, basses et massives qui renforcent les forts existants. La phase suivante va être de diminuer la hauteur des courtines et des tours. L'ouvrage émerge alors à peine de son fossé, qui à repris la fonction d'obstacle, tenue depuis l'aube de la civilisation, par le mur haut qui est devennu trop vulnérable. Les courtines perdent leur créneaux, au profit d'embrasures pour les canons, et des ouvrages détachés commencent à apparaître autour du corps principal de la forteresse. La fonction de ces derniers est de retarder au maximum l'attaque contre la forteresse, elle même, sans présenter un quelconque abri pour l'assaillant, une fois qu'ils sont pris. Des caponnières permmettent aussi une défense plus aisée du fossé. Lors de la guerre d'indépendance Hollandaise, une nouvelle école germanique de fortification émerge et va poser les bases des nouvelles manières de défendre les places fortes. Elle introduit le glâcis, une zone en pente douce, privée de tout couvert qui entoure la forteresse. Autre nouveauté, le chemin couvert, qui sépare le fossé du glâcis, il permet de déployer des mousquetaires, pour fusiller tout assaillant qui s'aventurerait sur le glâcis. il est légèrement en contrebas des courtines principales qui sont armées par les canons de la place, ce qui permet l'étagement des feux, il n'est pas protégé côté forteresse, et n'offre donc aucun avantage après sa capture. L'usage de la terre, extraite du fossé, dans la construction redevient prépondérant, la maçonerie est employée principalement pour bâtir deux murs encadrant le fossé, l'escarpe côté courtine et la contre escarpe côté glâcis. La tour disparait au profit du bastion, entre lesquels s'intercalent des demi-lunes, qui remplacent les premiers ouvrages détachés. Ces deux types d'ouvrage, portant l'artillerie de la place. Tout ces nouvelles techniques vont être formalisées, en France, dans un premier traité de fortification écrit en 1600 par Jean Errard, il y détermine les distances entre les ouvrages en fonction de la portée de l'arquebuse et préconise l'étagement des feux. Antoine de Ville et Blaise de Pagan poursuivent son œuvre, en particulier en introduisant l'usage de réduits, au sein des ouvrages, pour retarder leur chute en fournissant aux défenseurs une position de repli où ils peuvent se réfugier et bénéficier d'un avantage, au sein même de l'ouvrage. Le principe de l'échelonnement dans la profondeur est né, il va être perfectionné par leurs successeurs, dont Vauban.

Les systèmes Vauban

La fortification moderne

Les forts polygonaux


- Le système Séré de Rivières
- La Ligne Maginot

Terminologie

Type de fortification


- Acropole
- Chateau fort
- Citadelle
- Fort
- Forteresse
- Ligne fortifiée
- Limes
- Maison forte
- Oppidum
- Place forte
- Pont fortifié
- Secteur fortifié Beaucoup d'installations militaires sont connues comme forts, bien qu'ils ne soient pas toujours fortifiés. De plus grands forts peuvent se classer comme forteresse ou ouvrage pour les fortifications modernes, de plus petits comme blockhaus ou casemates. Le mot fortification peut aussi désigner l'amélioration de la capacité défensive d'une zone avec des aménagements.

Élements de fortification


- archère
- barbacanne
- bastille (fortification)
- bastion
- banquette
- bloc
- casemate
- cavalier
- chatelet
- chemin couvert
- chemin de ronde
- chemise
- Caponnière
- Chicane
- contre-escarpe
- coffre de contre-escarpe
- contrefort
- corps de place
- courtine
- créneau
- cunette
- demi-lune
- donjon
- escarpe
- fossé
- fossé diamand
- glâcis
- guette
- herse
- hourd
- huchette
- lice
- mâchicoulis
- Merlon
- moineau
- parapet
- pont-levis
- poterne
- redoute
- réduit
- Talus
- tenaille
- tour
- tourelle
- traverse Le génie militaire est souvent chargé de la construction tandis que ce sont les sapeurs qui sont affectés à la destruction de ceux de l'ennemi. On nomme siège l'encerclement destiné à capturer une fortification qui ne peut être prise rapidement.

Experts célèbres


- de Ville
- Henri Alexis Brialmont
- Menno van Coehoorn
- Diades of Pella
- Jean Errard
- Pagan
- Simon Stevin
- Sébastien Le Prestre de Vauban
- François Nicolas Benoît Haxo
- Raymond-Adolphe Séré de Rivières
- Montalembert

Voir aussi


- Liste de forts, fortifications, citadelles et places fortes par continent

Liens externes


- [http://www.castlemaniac.com/origines-forteresses/origines-forteresses.php Les Origines des Forteresses ]
- [http://www.vauban.asso.fr Association Vauban]
- [http://www.fortifications.fr Fortifications. Du système bastionné au système polygonal]
- [http://www.ac-strasbourg.fr/microsites/hist_geo01/sig-stg/index-plans-relief.htm Plan-relief de Strasbourg] Catégorie:FortCatégorie:Architecture militaire

Place forte

Une place-forte, ou communément en langage militaire, une place, est un ensemble cohérent de fortifications visant à protéger non seulement le terrain enclos, mais aussi le terroir environnant et un territoire situé en arrière (vis-à-vis d'un ennemi) de la place.

Points d'établissement

Les places fortes s'établissent sur les voies géographiques les plus aisées, les points de passage les plus fréquentés : soit des franchissements (site-pont, col de montagne), soit des atterrissages ou des points d'accostage (en bord de mer, de lac ou de rivière), soit tout point d'une route fréquentée.

Principes généraux

Une place-forte a trois rôles principaux.

Rôle de fermeture

Le rôle de fermeture, complète ou partielle, est rempli quand la place forte bloque par son potentiel une zone, et permet de trier voire d'interdire le passage. Trier : en temps de paix, ne laisser passer que ce qui apporte intérêt (au moyen d'une taxe prélevée sur les commerçants), ou ce qui n'apporte rien à un adversaire ; interdire : en temps de guerre, interdire le passage du point contrôlé, soit parce qu'il s'agit d'un pont enfermé dans la place, soit parce que la voie de passage est sous le feu de la place forte, soit parce que les troupes cantonnées dans la place sont à même d'intercepter le trafic à proximité. Ce rôle dévolu aux places fortes explique leur site dans certaines villes : la citadelle d'Amiens est ainsi construite au XVIIe siècle au nord de la ville, sur la rive droite de la Somme, afin de protéger les ponts des Espagnols, venant théoriquement du Nord. Elle permet aussi de protéger une route vitale : ainsi les Romains établirent des colonies dans le sud de la Gaule pour protéger la route entre la péninsule italique et l'Espagne au IIe siècle av. J.-C. Dans la logique de frontière fortifiée des XVII et s, certaines place-fortes furent construites uniquement pour contrôler des chemins praticables aux lourds attelages d'artillerie : certains gros canons de siège nécessitaient des attelages allant jusqu'à 24 bœufs, donc un chemin offrant une bonne viabilité en toute saison. Les places de Phalsbourg, La Petite-Pierre, Saverne y trouvent leur origine. La résistance des sols est d'ailleurs toujours une donnée à prendre en compte lors du déplacement d'une armée moderne (avec des matériels dépassant les 40 tonnes).

Compensation d'effectifs

La place forte offre à une garnison aux faibles effectifs une compensation d'effectifs face à un assaillant nombreux de plusieurs manières. Traditionnellement, on recherchait une position en surplomb, à la fois pour l'observation et le tir ; ce surplomb (tour, muraille, augmenté par un terrassement comme les mottes féodales) freine également l'élan de l'ennemi. Le fossé, l'escarpe, la rivière ou le fossé en eau, le lac artificiel ou les marais sont des ruptures dans le terrain, qui permettent de ralentir l'assaillant, voire d'empêcher son passage, donc de rétablir un équilibre en faveur de l'assiégé. L'assaillant ralenti offre une bonne cible, est moins vaillant au combat s'il a consenti d'importants efforts avant de parvenir au contact. Quand le front est réduit en un point étroit, comme un pont, l'avantage du nombre s'annule. Depuis plusieurs siècles et l'apparition de l'artillerie, le surplomb a progressivement perdu de son importance, et est même devenu un désavantage, offrant une cible facile aux canons. Dans les fortifications vaubaniennes, les casemates sont au niveau du sol, le surplomb ne subsistant que pour le contact immédiat avec l'assaillant grâce à un fossé. Les places fortes construites par Vauban offraient un si bon rapport de forces aux défenseurs que Louis XIV put en établir une à Mont-Royal sur la Moselle, à 100 km de son royaume, marquant ainsi l'intérêt qu'il avait pour les évêchés suffrageants. Il s'offrait ainsi un droit de regard à peu de frais sur la région. Une position bien choisie permet de bloquer totalement une armée avec des effectifs réduits : ainsi, en 1940, une simple tourelle équipée de deux canons de 75 mm à la Roche-Lacroix empêcha le passage de plusieurs divisions italiennes par le col de Larche vers la vallée de l'Ubaye.

Base de départ

Une place forte ne prend sa pleine utilité que lorsqu'elle est aussi une base de départ pour attaquer l'ennemi, et qu'elle ne se cantonne pas à un rôle défensif, passif même, d'attente de l'adversaire. Elle peut jouer un rôle offensif de plusieurs manières : # soit en utilisant une partie de sa garnison (souvent quelques pelotons de cavalerie étaient détachés dans les places fortes à cet effet, avec des troupes légères : chasseurs, tirailleurs) pour attaquer les arrières de l'ennemi. Il ne s'agit pas de provoquer des combats décisifs, mais de gêner les communications et la logistique adverses, de ralentir sa progression alors même qu'il ne s'est pas attardé à assiéger la place. Cette possibilité de mouvement qu'a une garnison a souvent contraint les armées assaillantes à laisser un détachement pour empêcher ces sorties. Ainsi, la place forte affaiblit l'armée adverse, même sans combat. Les sorties sont également pratiquées en cas de siège : ::
- pour soulager une partie de l'enceinte pendant un assaut critique, en prenant l'ennemi à revers ; ::
- pour permettre à un convoi de ravitaillement de pénétrer l'enceinte ; ::
- pour permettre le passage d'un courrier ; :2. soit en constituant un relais pour une offensive de plus grande envergure. Elle est alors un point d'appui, un relais où trouver repos, vivres et munitions, où refaire son équipement. Ainsi la bataille de Taillebourg en 1242, pour contrôler un pont sur la Charente, se joua en partie sur la possession du château qui offrit un lieu de repos protégé, un point d'observation et une base de départ pour la charge de cavalerie de Louis IX.

Défense d'une place-forte

Préparation

Tous les théoriciens de la guerre de siège, et grands poliorcètes, insistent sur le fait que le gouverneur doit avoir une très bonne connaissance du contexte dans lequel se situe sa place, contexte aussi bien stratégique que tactique. Avant le siège, il doit prévoir tous les cas de figures possibles, toutes les attaques possibles, et les réponses à y apporter avec les moyens disponibles. Ainsi au en France, sur le modèle des Pays-Bas, les intendants « de police, justice et finances» civils sont chargés de mesurer et développer le potentiel économique d'une région, afin d'équiper les armées, et le génie militaire crée des cartes des zones fréquemment inondées, des secteurs que l'on peut inonder de façon défensive, et des gués : on retrouve ici le rôle de verrou sur une voie de passage de la place-forte. Les zones de marais forment souvent, en négatif, un lieu de passage privilégié, qu'il convient de fortifier : ainsi de Sedan, au milieu d'une zone de marais entre Champagne et Ardenne. Ce pont incontournable sur la Meuse est également un exemple de la nécessaire connaissance de l'environnement : les défaites de 1870 (siège de Sedan) et 1940 (percée de Sedan) sont en partie dues à la croyance que l'Ardenne était infranchissable au matériel lourd, alors qu'une armée de 40 000 hommes de Louis XIV l'avait franchi pour le siège de Maastricht (dans lequel périt d'Artagnan), suivie de matériels lourds tirés par des attelages de 3 à 8 paires de bœufs.

Point extrême de résistance

Celui-ci est difficile à déterminer. Jusqu'à quel point la garnison doit-elle pousser sa résistance ? Vauban considérait que la résistance à outrance n'était pas obligatoire, ni pour une place-forte, ni pour sa citadelle. Son rôle est de surveiller une route, une partie de la frontière. Elle est là essentiellement pour permettre à l'armée de campagne de se refaire après une défaite, ou de se rassembler afin de la secourir et de la débloquer. Toujours d'après Vauban, le sacrifice final n'est pas la meilleure solution, et de loin : il vaut toujours mieux, après un siège de quelques mois qui aura entamé les forces de l'adversaire, se retirer avec armes et bagages, et rejoindre le gros des troupes du roi.

Réseau de places fortes

La fortification d'une place se fait souvent en fonction d'un environnement large : la place forte n'existe que par rapport à ses voisines, à tout un réseau de points fortifiés s'appuyant les uns sur les autres. En France, après 1650, on défend essentiellement des avenues, ouvertes sans les places aux invasions. Pour parfaire cette défense, on construit une barrière en profondeur : ainsi les places s'appuient les unes sur les autres. La multiplicité des places sur le passage des armées d'invasion obligeaient celles-ci à de multiples sièges, ce qui les diminuaient (fatigue du siège, pertes lors du siège et troupes indisponibles car retenues dans ces sièges). Le ralentissement de la progression de l'invasion peut parfois conduire à une victoire : exemple de Denain. Cependant, une place est rarement incontournable : ainsi de Langres, très bien défendue mais évitée en 1870. Manquant de troupes mobiles, elle ne put pas gêner les arrières des Prussiens, et le dispositif n'ayant pas de profondeur, ils ne s'attardèrent pas non plus au siège d'autres places fortes. Si l'on considère la guerre comme un échiquier, il faut toujours conserver des pièces qui empêchent de se faire tourner et ne pas se contenter d'une seule en élément avancé, aussi formidable que soit sa puissance. Cela évite la mésaventure de la ligne Maginot.

Front de mer

On oublie souvent d'évoquer les places de front de mer : dans le système vaubanien, elles étaient pourtant au moins aussi importantes que celles du Nord et de l'Est de la France. Leur rôle est bien sur d'empêcher tout débarquement : au et au , l'Angleterre en avait une ceinture, mais uniquement sur la côte sud. On peut citer comme exemples de débarquements empêchés les batailles de Saint-Cast, en 1758, à côté de Saint-Malo, ou encore les tentatives anglo-hollandaises de 1691 et 1694 sur Camaret.

Voir aussi


- Castellologie
- Liste des châteaux français
- Liste de forts, fortifications, citadelles et places fortes par continent
- Liste des sièges
- Poliorcétique
-


Sébastien Le Prestre de Vauban

Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633 - 1707) était un architecte militaire français, nommé maréchal de France par Louis XIV. Expert en poliorcétique, il donna au royaume de France « une ceinture de fer ».

Biographie

Il nait à Saint-Léger-de-Foucherets (aujourd'hui Saint-Léger-Vauban), dans le Morvan, et fut baptisé le 15 mai 1633. En 1653, Mazarin remarque le jeune Vauban (il n'a que 20 ans !) et le convainc de quitter la Fronde pour se mettre au service du Roi. À l'âge de 22 ans il devient « ingénieur militaire responsable des fortifications ». De 1653 à 1659, il participe à 14 sièges et est blessé plusieurs fois. Il perfectionne la défense des villes et dirige lui-même de nombreux sièges. En 1667, Vauban assiège les villes de Tournai, de Douai et de Lille, prises en seulement 9 jours. Le roi lui confie l'édification de la citadelle de Lille, la "Reine des citadelles". Il dirige aussi les sièges de Maastricht en 1673, de Philippsburg en 1688, de Mons en 1691 et de Namur en 1692. En 1694, il organise avec succès la défense contre un débarquement anglais sur les côtes de Bretagne. C'est la victoire de Maastricht qui pousse le roi à lui offrir une forte dotation (qui lui permet d'acheter le château de Bazoches en 1675). Il est nommé « commissaire des fortifications » en 1678, lieutenant général en 1688, puis maréchal de France, en 1703. Il devint si fameux que l'on dit même : "Une ville construite par Vauban est une ville sauvée, une ville attaquée par Vauban est une ville perdue". Suite à un désaccord avec le Roi, il perd sa grâce et meurt à Paris le 30 mars 1707 d'une inflammation des poumons. Il est enterré en l'église de Bazoches-du-Morvan et son cœur est conservé à l'Hôtel des Invalides de Paris depuis 1808.

Chantiers

1808 1808 Au total, Vauban a créé ou élargi plus de 160 forteresses et donné son nom à un type d'architecture.
- 1673, fortification des murs d'enceinte du château-fort de Sierck-les-Bains.
- 1687, Citadelle de Belfort
- Fort de l'ancien Château de Briançon
- Fort des Salettes de Briançon
- Fort des Têtes de Briançon
- Fort Carré d'Antibes
- Citadelle de Bitche
- 1668-1670 Citadelle de Lille
- 1668, Fort Bellegarde du col du Perthus
- 1674-1687, Citadelle de Besançon
- 1679, Citadelle de Longwy
- 1679, Citadelle de Mont-Louis
- 1679, Fort Miradoux de Collioure
- 1680, Fort Saint-Elme de Collioure
- 1681, Fort Liberia de Villefranche-de-Conflent
- 1681-1685, Fortification de la vile frontière de Huningue
- 1683, Fort des Bains d'Amélie-les-Bains-Palalda)
- 1686, Fort Lagarde de Prats-de-Molló
- 1689, Citadelle de Blaye
- 1693, Citadelle de Mont-Dauphin dans les Hautes-Alpes
- Château de Brest
- 1699-1702, Fortification de Neuf-Brisach

Activités civiles

Vauban s'est intéressé à la démographie et à la prévision économique. Il conçut des formulaires de recensement et publia un ouvrage intitulé La cochonnerie ou calcul estimatif pour connaître jusqu'où peut aller la production d'une truie pendant dix années de temps. En 1689, il écrit un Mémoire sur le "rappel des huguenots" exhortant Louis XIV à revenir sur la révocation de l'édit de Nantes au nom de la liberté de conscience. Vauban s'est également intéressé à la réforme des impôts, en publiant un ouvrage intitulé La dîme royale (1707), dans lequel il propose de remplacer les impôts existants par un impôt unique de dix pour cent sur tous les revenus, sans exemption pour les ordres privilégiés. Cette activité est la principale cause de sa disgrâce.

Maquettes

Les plans-reliefs réalisées à partir du règne de Louis XIV sont conservés à l'Hôtel des Invalides à Paris où 28 d'entre-eux sont présentés. Une partie de la collection (16), après un long débat est présentée au palais des Beaux-Arts de Lille. Vauban est intervenu sur la plupart des places représentées. Les maquettes donnent une excellente vue du travail réalisé.

Liens externes


- [http://www.vauban.asso.fr Association Vauban]
- [http://www.geocities.com/Pentagon/6750 The Marshal Vauban Website]
- [http://www.fortifications.fr Fortifications. Du système bastionné au système polygonal] Vauban, Sébastien Le Prestre de Vauban, Sébastien Le Prestre de Vauban, Sébastien Le Prestre de Vauban, Sébastien Le Prestre de Vauban, Sébastien Le Prestre de Vauban, Sébastien Le Prestre de

Temps

Catégorie:Astronomie Catégorie:Philosophie
-
Le temps est un concept qui a été développé pour représenter la variation du monde. Ce concept utilise un des mécanismes utile au raisonnement qui est la mise en mémoire de symboles représentant les états antérieurs de notre perception. La notion de temps est indissociable de la notion de mouvement :
- tout le monde perçoit l'idée que si on arrêtait le temps, « plus rien ne bougerait ! » même pas notre pensée;
- le temps s'arrête quand le mouvement s'arrête, le temps s'arrête quand la variation s'arrête : il s'écoule inexorablement d'un état à un autre, du passé vers le futur et ce qui existe est dans l'instant présent : certains parlent de la flèche du temps ;
- le temps s'écoule de façon irrégulière du passé vers le futur ; une capacité électrique se chargera de A vers B, puis se déchargera de B vers A, en empruntant un autre chemin, puis se chargera de A vers B, ainsi si le futur de A est B, le futur de B est A.
- la relativité d'Einstein a cependant rendu la mesure du temps relative au référentiel. L'Homme constate que le monde évolue, change, se transforme. Outre la notion d'« objet », il y a donc la notion d'« événement » (transformation de l'objet). Ces constatations amènent aux notions de :
- simultanéité : deux événements ont lieu « en même temps », si les objets se transformant sont distants, on ne peut assister à la transformation que de l'un d'entre eux ;
- succession, antériorité et postériorité : si deux événements ne sont pas simultanés, l'un a lieu après l'autre. Ces notions font appel à la mémoire : le classement des événements dans un ordre de succession ne peut se faire que si l'on se souvient de ces événements. La mémoire elle-même provient du fait que certains événements se répètent, ce qui permet l'apprentissage. Cet aspect met en avant les deux aspects du temps :
- l'aspect cyclique: cycle des jours, des saisons, de la vie...
- l'aspect linéaire: évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort. L'aspect cyclique de certains événements a permis d'avoir une référence de durée (calendrier, horloge), et donc de quantifier le temps : lui associer un nombre et une unité.

Problème du temps

Le temps est peut-être une des questions fondamentales de la métaphysique, il est à la limite entre physique et métaphysique. Qu'est-ce que le temps ? Bien que l'intuition du temps qui passe soit universelle, définir le temps semble au-delà de nos capacités. Cela inspira une célèbre boutade à Saint Augustin dans ses Confessions : :« Si personne ne me le demande, je le sais. Si je veux l'expliquer, je ne le sais plus »
- Quelques philosophies considéraient depuis les Grecs le temps comme un absolu, indépendant de l'espace ; d'autres non.
- La théologie catholique estimait avec Thomas d'Aquin que le temps était une création de Dieu au même titre que l'espace, et le situait dans une dimension nommée aevum, elle-même distincte de l'éternité qui la contenait. La création conjointe de l'espace et du temps est une des affirmations de la somme théologique, ce qui incitera par la suite quelques physiciens qui n'admettent pas au début l'idée de big bang (comme Fred Hoyle qui en avait créé le nom par dérision) à s'en méfier, y voyant juste une résurgence religieuse. Remarquons toutefois que Thomas d'Aquin considère lui aussi le temps comme un absolu : Dieu lui-même ne peut pas faire que ce qui a été n'ait pas été. Il est en son pouvoir certes de rendre sa virginité à une femme déflorée, mais il ne peut en aucun cas changer le passé et faire que cette femme n'ait pas été déflorée. Il ne le considère pas comme une soumission de Dieu lui-même au temps, mais au contraire comme une manifestation de cohérence implicite à la nature même de Dieu, qui ne saurait s'autocontredire.
- Isaac Newton considère le temps comme un absolu.
- Kant considère temps et espace comme des catégories pré-conceptuelles de la sensibilité, et donc comme des formes de l'expérience nécessaires et universelles (a priori).
- Einstein revisitera le concept même de temps : contrairement aux idées communément admises, d'une part il n'existe pas de temps absolu dans l'univers, et d'autre part le temps est étroitement imbriqué à l'espace, comme l'avait suggéré avant lui (mais mathématiquement et non au sens physique) son professeur Minkowski. Les notions de simultanéité et de succession sont relatives, elles dépendent de l'observateur.
- La mécanique quantique suggère que la notion de temps perd sa signification commune aux échelles qu'elle traite. Une expérience imaginée par Marlan Scully et utilisant les résultats de celle d'Alain Aspect exigerait en effet que dans certains cas spécifiques une observation modifie un état antérieur d'un système, faute de quoi des relations de conservation ne seraient plus respectées. Cela remettrait alors en cause une partie de la notion de causalité. Le physicien John Wheeler considère d'emblée ce résultat comme acquis dans le cadre de l'hypothèse émise en 1957 par son élève Hugh Everett, mais sa position ne fait pas l'unanimité chez les physiciens.
- Dans le langage courant, on peut voir le temps comme une dimension conventionnelle à l'aide de laquelle nous structurons le monde. Les concepts utilisés dans la mesure du temps sont issus de l'inné. Comme nous comptons nos moutons, nos enfants, nous mesurons le temps. De l'application, il apparaît un nouveau concept qui mesure le temps d'une manière proportionnelle exponentielle en rapport avec le sujet étudié. Ce nouveau concept est décrit sur le site hypothèse sur le temps [http://www.letime.net]. En application à la perception, ce concept donne que pour l'enfant d'un jour, le jour serait sa vie, le mois beaucoup, et l'année l'infini ; pour l'adulte de soixante douze ans, l'année serait 1/72, le mois 1/864, et le jour l'instant. En d'autres mots cinq minutes de rire pour adulte durent une éternité pour un enfant. En d'autres termes, le temps est un phénomène qui apparait à l'aide de la mise en mémoire des anciennes formes lors d'une variation. Sans variation pas de temps, cette approche contredit la notion de temps continue, perpétuelle, pour avancer une perception discontinue et irrégulière. En d'autres mots encore, chaque variation possède son propre temps donc celui-ci est discontinue, de plus la variation, donc le temps, varie de manière différente selon le début ou la fin de la variation par rapport au temps repère de la rotation de notre planète.

Temps subjectif et temps physique

La philosophie distingue deux dimensions dans la notion de temps. La dimension objective est étudiée par la science physique et est appelée en philosophie « temps ». La dimension subjective, étudiée par la philosophie, est appelée « durée ». Cette distinction simple n'est pas tout à fait correcte : la physique utilise également le terme de durée et la philosophie celui de temps...
- Le temps objectif est défini par rapport à une horloge. Son unité légale dans le système international est la seconde (et ses multiples).
- En temps subjectif les secondes peuvent paraître des heures et les heures peuvent paraître des secondes. Exemples:
- Un enfant joue à son jeu préféré et au bout d'une heure, il doit s'arrêter : il s'exclame « Déjà ? », même si pour un scientifique le temps écoulé est exactement 3600 secondes. Mais pour l'enfant la durée écoulée est de toute façon trop courte.
- Un lycéen en cours, s'ennuie et regarde régulièrement sa montre avec l'espoir qu'il s'est écoulé une dizaine de minutes. Et il constate avec horreur qu'il ne s'en est objectivement écoulé qu'une seule. La durée (l'impression subjective de temps) dépend donc des émotions ressenties par la personne qui l'évalue. Autrement dit, l'horloge subjective bat la mesure en raison inverse de la concentration du sujet. Pour le sujet très pris par son activité (par exemple quand il s'amuse), l'horloge bat très lentement, il ne s'écoule que quelques battements et le sujet « ne voit pas le temps passer ». Inversement, quand on s'ennuie ou qu'une situation est dramatique (accident de voiture, par exemple) les phénomènes semblent se ralentir (l'attention cherche un appui), les battements s'accélèrent et on « trouve le temps long ». Il semble donc qu' il y ait deux sortes de temps distincts : d' une part le temps physique, celui des horloges qui s' écoule en dehors de nous de manière uniforme, et d' autre part le temps psychologique, qui s' écoule en nous de manière plus fluctuante. Pour suspendre le temps, disait le célèbre physicien Schrödinger : « aimez une fille de tout votre coeur et embrassez-la sur la bouche, alors le temps s' arrêtera et l' espace cessera d' exister » Avant Einstein, on pensait généralement que le temps objectif était fixe, toujours le même, tandis que le temps subjectif était variable, dépendant de l'état d'esprit de la personne qui l'observe. Les travaux d'Einstein sur la relativité ont pour conséquence que le temps objectif est variable (local). La mesure du temps est différente d'un référentiel à un autre quand leur vitesse respective est différente l'une par rapport à l'autre. Pour cette raison, on ne peut jamais parler de simultanéité objective universelle, absolue, mais on peut parler de simultanéité "objective" locale. Autre distinguos s'appliquant au temps :
- temps linéaire de la tradition chrétienne, avec une création et une fin (apocalypse, jugement dernier), et temps cyclique de la tradition indo-européenne (éternel retour, cercles concentriques Nietzsche) ;
- temps continu, et discret : le temps comme séquence ordonnée d'événements, une notion faible de la synchronie étant l'observation des mêmes événements significatifs dans le même ordre ;
- temps irréversible, et voyages dans le temps ; l'irréversibilité qui caractérise le temps est un phénomène qui ne concerne qu'une partie des lois de la physique, et qui est liée au concept d'entropie, et jusqu'à récemment étudié plus ou moins exclusivement sous l'angle de phénomènes dissipatifs -- mais en biologie, l'irréversibilité du temps est liée à l'évolution, et à une génération d'ordre (peut-être seulement localisée, pour satisfaire le second principe de la thermodynamique). L'expérience de Marlan Scully jette un doute sur la non-réversibilité du temps à l'échelle quantique.

Le temps en physique

Pour les théories physiques, le temps est une grandeur essentielle, qui intervient dans les équations. Il se mesure en secondes, une unité de base du système international. Dans les Temps Modernes, le format hexadécimal du temps a été proposé.
D'abord par l'ingénieur américain John W. Nystrom [http://www.oughtred.org/patents.shtml] en 1863, puis en 1997 par l'Américain Mark Vincent Rogers [http://www.intuitor.com/hex/hexclock.html]. Voir l'article détaillé Le temps en physique.

La mesure du temps

Depuis 1967, la seconde est définie à partir d'un phénomène physique : :le temps nécessaire à un rayon lumineux bien défini pour effectuer 9 192 631 770 oscillations. Ce rayon lumineux servant à définir la seconde est celui dont la fréquence provoque une excitation bien déterminée d'un atome de césium-133 (transition entre les deux niveaux hyperfins de l'état de base de cet atome). Ceci signifie que en 1 seconde, il y a 9 192 631 770 périodes de ce « pendule » atomique ou horloge atomique dont la fréquence d'horloge est proche des 10 gigahertz. Ainsi pour mesurer 1 seconde il suffit de savoir produire cette émission et d'en mesurer la fréquence. Notons que cette émission pourrait, par sa longueur d'onde (3,261 226 cm), donner une unité de longueur puisqu'il faut 30,663 3 = (9 192 631 770 / 299 792 458) périodes spatiales pour faire un mètre. Ceci souligne le fait qu'en l'état actuel des connaissances, la vitesse de la lumière dans le vide est constante et indépendante du référentiel, et constitue de fait l'étalon « naturel » dont sont dérivés l'étalon-temps et l'étalon-longueur. En fait, selon les connaissances actuelles de la mécanique quantique, les rayons lumineux absorbables par un type d'atome ont toujours la même fréquence, pour une excitation (transition) donnée. Et selon les connaissances actuelles de la relativité générale, cette mesure sera toujours la même pour un observateur immobile par rapport aux atomes en question. Avant la décision de la Conférence Générale des Poids et Mesures de 1967 de définir l'unité de temps en fonction d'un phénomène atomique, le temps a longtemps été défini en fonction de phénomènes d'origine astronomique. La seconde est issue historiquement du jour (période de révolution de la terre sur elle même), qui est subdivisé en heures, minutes et secondes. Le coefficient 9 192 631 770 de la définition ci-dessus vise à donner à la seconde sa valeur historique. Mais en fait, la science moderne a montré que les phénomènes astronomiques tels que la durée de rotation de la terre sur elle même, ou la révolution de la terre autour du soleil, n'ont pas une durée constante, et ne sont donc pas un bon support pour définir une unité de temps. Par exemple, la rotation de la terre sur elle-même ralentit (très lentement), en particulier à cause des effets de marée de la lune. De même, l'orbite de la terre autour du soleil se modifie avec le temps, car le soleil a tendance à perdre de la masse au fur et à mesure que les réactions nucléaires qui ont lieu en son centre produisent de l'énergie. La réalisation de la première horloge atomique en 1947 a permis d'adopter par la suite la définition de la seconde que nous connaissons, et qui est plus rigoureuse, d'un point de vue scientifique, que la définition historique basée sur des phénomènes astronomiques. La plupart des horloges modernes, (montres, ordinateurs, etc.), utilisent des cristaux de quartz ayant une fréquence d'oscillation stable pour définir leur base de temps, elles vont de quelques kilohertz à plusieurs gigahertz. Notons que les temps définissant les durées nécessaires à réaliser une tâche dans une usine sont généralement mesurés en centième d'heure (ch) ou décimilliheure (dmh). Ces besoins divers expliquent les options des chronomètres modernes.

Temps et espace

Depuis le début du , et la publication de la théorie de la relativité restreinte, il est admis que le temps et l'espace sont liés. La théorie de la relativité générale montre que l'espace-temps est déformé par la présence de matière, et cela se manifeste par la force que nous appelons la gravité. Selon Albert Einstein, temps, espace et matière ne peuvent exister l'un sans l'autre. Cette théorie, qui lie espace, matière et temps fait dans certains cas des prédictions différentes de celles de la mécanique classique, ou temps et espace sont séparés. L'observation de tels phénomènes à montré que cette théorie était plus proche de la réalité que la mécanique classique. Par exemple, la relativité générale, et uniquement elle, prédit l'existence de 'lentilles cosmiques', dues au fait qu'une étoile massive dévie la lumière qui passe à proximité. De tels phénomènes ont effectivement été observés. Le lien entre espace et temps a aussi pour conséquence que la notion de simultanéité (le fait que deux évènements se passent en même temps), n'est pas une notion absolue, mais dépend de l'observateur. Ce phénomène ne fait pas partie du sens commun car il ne se produit pas dans notre vie quotidienne, et n'est visible que si les observateurs se déplacent l'un par rapport à l'autre à des vitesses relativement élevées par rapport à la vitesse de la lumière.

Le temps relatif

Les équations des théories physiques considèrent le temps comme relatif. Les équations de la physiques sont symétriques par rapport à une translation dans le temps. Le théorème de Noether, établi en 1918, montre que cette propriété implique l'existence d'une quantité, l'énergie, qui se conserve quelles que soient les interactions entre objets. Le fait que les équations de la physique ne soient pas modifiées par une translation dans le temps ne signifie pas pour autant que le temps est infini. En fait, de nombreuses observations, interprétées dans le cadre de la théorie de la relativité générale ont permis d'établir la théorie du Big Bang, selon laquelle l'univers aurait eu un début, où seraient apparus le temps, l'espace et la matière. Selon les connaissances actuelles, le temps aurait commencé il y a environ 13,7 milliards d'années. Le fait que le temps ait eu un début, et que la question « qu'y avait-il avant le début du temps ? » n'ait pas de sens est extrêmement difficile à se représenter. Parmi les observations qui ont permis de confirmer la théorie du Big Bang (dans le sens où cette théorie leur donne une explication cohérente), figurent le décalage vers le rouge du spectre lumineux émis par les étoiles lointaines, ainsi que l'existence d'un rayonnement cosmique provenant de toutes les directions de l'univers, correspondant à un rayonnement du corps noir de température 2,73 kelvin. Ce dernier phénomène avait été prédit par la théorie du Big Bang dans les années 1940 (avec une légère erreur sur la température), alors qu'il n'a été observé pour la première fois qu'en 1964.

La flèche du temps

Les équations de la physique sont en générale symétriques par rapport à une inversion temps. C'est le cas de toutes les équations qui décrivent les phénomènes à une échelle microscopique. Ainsi, si on passe l'enregistrement d'une interaction physique se produisant à échelle microscopique, il est impossible de dire si l'enregistrement est passé à l'endroit ou à l'envers. Pourtant, à l'échelle macroscopique, certains phénomènes ne peuvent évidemment pas se passer à l'envers (par exemple, un œuf qui tombe par terre et qui se casse). Un autre exemple est la transmission d'énergie thermique entre corps, qui se fait toujours du corps le plus chaud vers le corps le plus froid, et jamais l'inverse. Le second principe de la thermodynamique, dont l'objet est l'évolution de l'entropie au cours des échanges de chaleur, postule que l'entropie d'un système isolé ne peut qu'augmenter, et donne donc une loi physique non symétrique par rapport au temps. Ludwig Boltzmann a tenté d'expliquer comment des phénomènes réversibles par rapport au temps à échelle microscopique peuvent conduire à une flèche du temps évidente à échelle macroscopique. Pour cela, il a développé la physique statistique, où les probabilités jouent un rôle très important. Il est à noter qu'une exception à la symétrie par rapport au temps des particules élémentaires a été observée sur le Kaon neutre ([http://cplear.web.cern.ch/cplear/Welcome.html site de l'expérience]). Cette asymétrie à trait à la fréquence de transformation du Kaon neutre en son antiparticule. Ce phénomène pourrait expliquer pourquoi, lors de la formation de l'univers, la matière l'aurait emporté sur l'anti-matière. En quelque sorte, sans cette asymétrie, il se pourrait que l'univers actuel ne soit rempli que de photons, résultat de la réaction de la matière initiale avec l'anti-matière initiale.

Le temps en philosophie

"Ephémère" est le mot qu'utilisaient les Grecs pour parler de la condition des hommes. Les hommes apparaissent pour disparaître, « comme des ombres ou des fumées » écrit Jean-Pierre Vernant. Ils manquent de consistance, d'être. Etymologiquement, en effet, est éphémère ce qui ne dure qu'un jour. Il faut comprendre que rapportée à l'infinité du temps toute durée est assimilable à un néant. Ainsi, contrairement à l'Eternité, la permanence n'est pas hors du temps. Est permanent au sens le plus fort du terme ce qui durera toujours, voire ce qui a également toujours existé. A première vue, la permanence se confond donc avec le temps lui-même. « La permanence exprime en général le temps, comme le corrélatif constant de toute existence des phénomènes, de tout changement et de toute simultanéité. En effet, le changement concerne non pas le temps lui-même, mais seulement les phénomènes dans le temps » écrit Kant. En un sens plus faible du mot, est permanent ce que nous avons "toujours" vu et que nous verrons peut-être "toujours". « Où étais-tu quand je fondais la terre? » répond l'Eternel à Job. La permanence est ainsi l'attribut premier de ce que nous pouvons habiter, de tout ce qui nous permet d'organiser notre existence et de lui donner sens. C'est ce que nous appelons le monde. Il s'agit non seulement d'un cadre physique ou institutionnel, mais aussi de la continuité d'une civilisation ou encore de valeurs et de représentations qui nous semblent aller de soi. Comme le remarque Hannah Arendt, la distinction que fait Aristote entre la fabrication et l'action doit être rattachée à la fugacité de l'existence humaine. La chose fabriquée est bien le produit d'une activité humaine, mais elle lui survit, elle s'intègre dès qu'elle est fabriquée à ce monde que nous habitons. En revanche, l'action, aussi admirable soit-elle, est éminemment passagère. Seulement, il en va au fond de même pour la vie toute entière. A lire Epicure, il n'y a cependant pas de contradiction entre le caractère fugace de notre existence et le bonheur. Lorsque notre vie s'achève, nous avons le privilège de la reprendre comme un tout. Peu importe s'il ne restera rien de nous après notre mort: nous n'en souffrirons pas plus que de ne pas avoir été avant de naître. Le vieillard doit savoir jouir du récit de sa propre vie, lorsqu'elle a été réussie. « Ce n'est pas le jeune homme qui doit être considéré comme parfaitement heureux, mais le vieillard qui a vécu une belle vie. Car le premier est encore souvent exposé aux vicissitudes de la fortune, tandis que le dernier se trouve dans la vieillesse comme dans un port où il a pu mettre à l'abri ses biens. » Rattacher étroitement l'existence humaine au récit nous aide à ne pas confondre la durée avec le néant, ni avec l'instant. La durée est la condition du déploiement d'une histoire. Elle suppose l'écoulement du temps, et cet écoulement lui-même demeure, tandis que l'on ne peut pas se représenter l'instant pur, infiniment bref, sinon en en faisant une sorte de cliché photographique immobile, hors du temps: de l'éternité, en quelque sorte! Pourtant, note Henry Dilberman, la mort est davantage qu'une simple limitation. La limite spatiale n'abolit pas l'espace qu'elle enferme. En revanche, ma vie passée n'existe encore que si je me la rappelle. La mort est précisément l'oubli, et donc l'anéantissement de ce que je fus. Vladimir Jankélévitch rappelle cependant que nous avons tous ce viatique mélancolique pour l'éternité: à défaut d'être toujours, rien ne fera que nous n'ayons pas été. L'avoir été est une forme spectrale de l'être que nous avons été. En faire un être, c'est confondre l'espace et le temps. En effet où serait cet être que nous ne sommes déjà plus? Nulle part, sinon dans le temps. Si Epicure ne se souciait guère de ne bientôt plus être, son cas est exceptionnel, écrit Arendt. Les Grecs ont cherché à immortaliser leurs actions par la gloire, dont la condition était une vie brève, mais héroïque. Ils étaient hantés, rappelle Arendt; par le dicton qui voulait que nul ne passe pour heureux avant d'être mort: en effet rien ne nous garantit que nous ne finirons pas notre vie de façon ignominieuse. Seuls ceux qui nous survivront pourront dire si notre vie a été ou non réussie, car eux seuls pourront la considérer comme un tout, la raconter et en tirer la leçon. La création artistique peut être assimilée à la synthèse de la fabrication et de l'action, c'est-à-dire, dans le vocabulaire de Wilhelm von Humboldt, de l'énergie créatrice (energeia en grec) et du produit (ergon). Apprécier une œuvre d'art, c'est à la fois la considérer comme une réalité distincte de l'artiste, possédant l'ambiguïté des choses, et y retrouver la puissance vivante de l'imagination, des sentiments, d'une vision du monde. L'œuvre confère la permanence de la chose à la fugacité de l'inspiration et du geste de l'artiste. Cette tension entre Apollon et Dionysos se retrouve dans la rivalité du classicisme et du romantisme, ou encore du formalisme et de l'expressionnisme. Dans un clin d'œil à Bichat, Malraux définissait la culture toute entière comme l'ensemble des formes qui résistent à la mort. A vrai dire, remarque Sartre, si l'œuvre d'art survit en effet à l'artiste, on ne saurait la confondre avec une chose, c'est-à-dire une réalité qui demeure indépendamment de l'imagination humaine. C'est parce que nous contemplons un tableau qu'il est davantage que des pigments étalés sur une toile. Ajoutons que certaines cultures ne voient dans la création que l'aspect dynamique, l'acte pur ou l'inspiration, et ne se soucient absolument pas de pérenniser le dessin ou la peinture. En Inde, toute vie est transition, tout est pris dans un cycle perpétuel de création et de destruction. L'art ne saurait faire exception. Il est vrai qu'il s'agit surtout de communier, par l'intermédiaire d'un objet, avec l'esprit de quelque divinité. En dehors de cet instant sacré, l'œuvre n'est plus qu'un réceptacle déserté. Elle aura surtout servi à relier l'âme de l'artiste à la divinité, à la manière d'une prière.