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Langue germanique
-
Germaniques
Les langues germaniques sont des langues indo-européennes. Elles étaient d'abords parlées par les peuples germaniques, qui vivaient initialement aux frontières nord-est de l'Empire romain. Ces langues partagent plusieurs traits uniques, parmi lesquels d'importantes mutations consonantiques décrites par les lois de Grimm et de Verner (auxquelles on peut ajouter la seconde mutation consonantique pour le vieil haut allemand) ainsi qu'un lexique conséquent composé de radicaux non indo-européens.
Liste et classification
Pour voir la liste complète des langues par familles dont cette liste est tirée.
- branche orientale
- gotique
- burgonde
- branche occidentale
- anglo-frison
- anglais
- frison
- scots
- germano-néerlandais
- bas-allemand
- néerlandais
- afrikaans
- allemand du Nord
- bas-saxon
- haut-allemand
- moyen-allemand
- - moyen-allemand occidental
- - francique mosellan
- - francique rhénan
- - francique luxembourgeois, luxembourgeois
- - hessois
- - francique ripuaire
- - moyen allemand oriental
- - thuringien
- - haut-saxon
- allemand supérieur
- - allemand
- - allemand pennsylvanien
- - francique oriental
- - francique méridional
- - bavarois
- - alémanique
- - alsacien
- - souabe
- - suisse alémanique
- yiddish
- branche nordique, septentrionale ou scandinave
- sous-groupe occidental
- vieux norrois
- islandais
- norvégien nynorsk (landsmål)
- féroïen
- sous-groupe oriental
- danois
- norvégien bokmål (riksmål)
- suédois
Écriture
Certaines langues germaniques les plus anciennes utilisaient un alphabet runique adapté à leurs besoins. L'utilisation des runes, cependant, est restée assez limitée. Les langues germaniques orientales se sont quant à elles servies de l'alphabet gotique de Wulfila, principalement dans les traductions de la Bible en gotique.
C'est plus tard que les prêtres et les moines chrétiens d'origine germanique qui utilisaient le latin en plus de leur langue maternelle ont commencé à utiliser l'alphabet latin pour noter leur propre langue.
Il a fallu pour ce faire étendre les capacités, somme toute réduites de l'alphabet latin, en développant l'usage de diacritiques (l'umlaut en allemand : ä, ö, ü, le rond en chef en suédois, danois et norvégien : å, etc.), de ligatures (æ en vieil anglais, en islandais, danois et norvégien, eszett ß en allemand, etc.) de digrammes (ch en anglais, allemand, etc., sh en anglais, sch en allemand, etc.) et de lettres supplémentaires (thorn þ et edh ð en vieil anglais et islandais, yogh ȝ et wynn ƿ en vieil anglais, etc.).
Consulter aussi Transcription des langues germaniques.
Vocabulaire
Liens
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
Catégorie:Langue germaniqueGermanique
Article principal
- Langue germanique
ko:분류:게르만어파
Catégorie:Famille de langues.
Cette catégorie est destinée :
- Aux sous-catégories de famille de langues (c'est-à-dire aux groupes génétiques ou assimilés). Par soucis de simplicité, rangeons-y uniquement les familles les plus grandes qu'on peut reconstituer (par exemple, langues indo-européennes ou langues altaïques).
- Aux articles consacrés à des familles de langues (même des groupements hypothétiques), quelle que soit leur taille.
Catégorie:Langue
ja:Category:語族
ko:분류:어족
Langues indo-européennes ko:인도유럽어족 ja:インド・ヨーロッパ語族 th:ภาษากลุ่มอินโด-ยูโรเปียน
Catégorie:Langue indo-européenne
En linguistique, les langues indo-européennes forment une famille de langues ayant une origine commune, l’indo-européen. Elles regroupent environ un millier de langues parlées par trois milliards d’individus.
Elles sont généralement classées en grands groupes mais l’une des distinctions les plus importantes pour la linguistique comparée concerne l’opposition entre les langues dites satem et les langues dites centum, opposition qui les sépare selon une isoglosse nette (avec une étrange enclave tokharienne). Non que cette opposition soit importante en soi : elle constitue cependant la différence la plus nettement visible entre les langues indo-européennes.
Un point d’interrogation (?) signale une incertitude sur le regroupement.
isoglosse
- brittonique
- gallois
- cornique (langue éteinte)
- breton
- gaélique
- irlandais
- écossais (ou erse)
- mannois (ou manxois)
- gaulois (langue éteinte)
- lépontique (langue éteinte)
- celtibère (langue éteinte)
- famille osco-ombrienne
- ombrien
- langues sabelliques
- osque
- sabin
- samnite
- pélignien
- volsque
- marse
- marrucin
- vestinien
- famille latino-falisque
- falisque
- vénète, liburne
- sicule, morgète
- latin (qui est le principal ancêtre des langues romanes)
- dalmato-pannonien (?)
- rhétique (?)
- « belge » (?)
- ibéro-roman
- castillan (espagnol en français courant)
- asturien
- léonais
- andalou (variante du castillan)
- aragonais
- estremadure
- judéo-espagnol
- portugais
- galicien
- mirandais
- açorien
- algarvio
- alentejano (ces deux dernières sont des variétés du portugais au même titre que le brésilien ou les portugais des colonies comme celui du Cap-Vert
- franco-provençal
- occitano-roman
- catalan
- occitan ou langue d'oc
- limousin
- auvergnat
- vivaro-alpin
- gascon
- aranais
- languedocien
- provençal
- niçois
- gallo-roman
- français
- français québécois
- français acadien
- français cajun
- créoles à base française
- créole guadeloupéen
- créole haïtien
- créole martiniquais
- créole réunionais
- autres langues d'oïl
- picard
- wallon
- champenois
- lorrain, gaumais
- bourguignon-morvandiau
- bourbonnais
- franc-comtois
- orléanais
- berrichon
- gallo
- normand
- jersiais
- mayennais
- manceau
- angevin
- tourangeau
- poitevin-saintongeais
- rhéto-roman
- romanche
- ladin
- frioulan
- italo-roman
- italien (langue standard, basée sur le toscan et créée par Dante. Le corse est un dialecte du toscan avec des particularités locales marquées, le cismontano et l’oltramontano, de même que les deux dialectes du nord de la Sardaigne, le gallurais et le sassarais.
- parlers gallo-italiques
- piémontais
- lombard
- ligure
- émilien
- bolonais ou romagnol (ces deux derniers sont proches)
- vénètien (tous les dialectes de la Vénétie)
- istrien
- dialectes toscans
- toscan
- corse
- gallurais et sassarais
- dialectes centro-méridionaux
- centre : marchigiano, ombrien et romain du Latium (le romanesco est un dialecte du toscan)
- Sud :
- abruzzais (dialecte du méridional)
- apulien (dialecte du méridional ou napolitain)
- campanien ou napolitain
- lucan ou lucanien (dialecte du méridional) (deux variétés)
- extrême-Sud :
- sicilien
- calabrais méridional (très proche du sicilien, au nord de la Calabre on parle lucan comme dans les Pouilles du nord)
- salentin
- sarde
- campidanien
- logoudorien dont le nuorais
- gallurais et sassarais qui sont en fait des dialectes corses donc toscans, mais souvent classés avec les parlers sardes en raison de leur proximité
- roumain
- daco-roumain (roumain, moldave)
- macédo-roumain
- mégléno-roumain
- istrio-roumain
- illyro-roman (dalmate)
- branche orientale :
- gotique
- burgonde
- branche occidentale :
- anglo-frison
- anglais
- frison
- scots
- germano-néerlandais
- bas-allemand (Niederdeutsch)
- néerlandais
- afrikaans
- allemand du Nord
- bas-saxon
- haut-allemand (Hochdeutsch)
- moyen-allemand
- - moyen allemand occidental
- - francique mosellan
- - francique rhénan
- - francique luxembourgeois, luxembourgeois
- - hessois
- - francique ripuaire
- - thuringien
- - haut-saxon
- allemand supérieur
- - allemand
- - allemand pennsylvanien
- - francique oriental
- - francique méridional
- - bavarois
- - alémanique
- - alsacien
- - souabe
- - suisse alémanique
- yiddish
- branche nordique ou scandinave
- sous-groupe occidental
- vieux norrois
- islandais
- norvégien nynorsk (landsmål)
- féringien
- sous-groupe oriental
- danois
- norvégien bokmål (riksmål)
- suédois
- langues baltes :
- branche occidentale
- galindan
- nadruvien
- sudovien (yotvingien)
- vieux prussien
- branche orientale
- curonien
- letton (lette)
- lituanien (lithuanien)
- samogitien
- sémigalien
- sélonien
- skalvien
- groupe slave :
- branche occidentale :
- kachoube (cachoube)
- polonais
- polabe
- slovaque
- sorabe
- tchèque
- branche méridionale :
- vieux slave
- bulgare, macédonien
- serbo-croate ou croato-serbe
- - croate
- - serbe
- - bosniaque ou bosnien ?
- - monténégrin ?
- slovène
- branche orientale
- russe
- ukrainien, ruthène
- biélorusse
- daco-thrace
- daco-mysien
- langues du Nord
- gète
- dace
- moesien
- dardanien
- - albanais : guègue et tosque
- illyrien, messapien
- mysien
- thrace
- thrace proprement dit (besse, odrysse, édone, satre, bisalte, odomante)
- thrace d’Asie : thynien, bithynien
- arménien
- tokharien A (agnéen ou tokharien proprement dit)
- tokharien B (koutchéen ou kuci)
- hellénique
- groupe arcado-cypriote :
- mycénien
- arcadien, cypriote, pamphylien
- groupe ionien-attique :
- attique (grec ancien)
- koinè (moyen grec commun)
- - grec moderne
- ionien (d’Asie, insulaire, d’Eubée)
- groupe éolien (béotien, lesbien, thessalien)
- groupe occidental
- dorien (laconien, argien, corinthien, etc.)
- tsakonien
- éléen, étolien, locrien, phocidien
- phrygien (?)
- indo-aryenne (ou indique) (des langues de l'Inde) :
- vieil-indien (sanskrit védique, sanskrit classique)
- moyen-indien (prâkrits, apabhraṃśa)
- pâli
- - néo-indien occidental :
- - bhili
- - gujarâtî
- - singhalais
- - dhivehi ou mahl
- - lahnda
- - marâthî
- - râjasthânî
- - sindhî
- - néo-indien central :
- - hindî, ourdou
- - pahârî
- - bangani
- - népalais
- - penjâbî
- - néo-indien oriental :
- - assamais
- - bengalî
- - bihârî
- - oriya
- langues dardiques
- dialectes kafir
- kâshmîrî
- rromani (tsigane) (langues difficiles à classer, à rapprocher soit du groupe dardique, soit de l’hindî ou du râjasthâni)
- langues iraniennes :
- avestique
- persan (farsi, dari)
- pashto
- baloutchi
- tadjik
- ossète
- kurde
- talysh
- tat
- judéo-persan
- zazaki
- hittite, également appelé nésite ou hittite-nésite.
- palaïte
- louvite
- mylien
- lycien
- sud-phrygien
- kylaonien
- isaurien
- cilicien
- lydien
- pisidien
- karien (?)
- pré-hellénique A (?)
Liens
Liens internes
- linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- Indo-européens
Liens externes
Indo-européen
Peuples germaniques ko:게르만족 ja:ゲルマン人
Les peuples germaniques ou Germains (latin germani, d'étymologie incertaine, peut-être celtique) sont des ethnies indo-européennes établies originellement à l'Est du Rhin et du Danube, au-delà du limes romain.
Leur préhistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l'Allemagne), ou encore sur les rives de la Mer Noire (voir notamment l'article Goths).
Mieux connus dans le monde latin à partir du , principalement à travers l'œuvre de l'historien Tacite, ces peuples sont agités par des migrations internes importantes à l'époque romaine et sans doute dès le : c'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation entre ces populations en trois grands groupes : les Germains orientaux, les Germains occidentaux et les Germains septentrionaux.
À cet effet, l'unité fondamentale des peuples germaniques est linguistique, et non politique, économique ou culturelle.
Origines
À partir de l'âge du bronze, d'après l'archéologie allemande et scandinave, des « cultures » matérielles (au sens anglo-saxon) issues du sud de la Scandinavie se répandent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie. À ce phénomène correspondraient probablement le bon accès au fer en Scandinavie et un climat refroidissant. Peut-être contribua aussi une expansion démographique engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Aucun témoignage écrit des Grecs ou des Romains n'est disponible, puisqu'ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains. En effet, ils étaient séparés par les forêts germaniques et les Celtes. En tous cas, à partir du , a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.
Données historiques
Dès le ont lieu des déplacements massifs de populations et de bandes armées en provenance des confins de ce « monde germanique ». Ils peuvent s'expliquer notamment par des causes naturelles (refroidissement climatique, mauvaises récoltes, montée des eaux …) ou démographiques (un accroissement des populations au-delà du seuil que les ressources naturelles peuvent supporter). Les premiers contacts avec les mondes celtique et méditerranéen sont violents. Vers -110, par exemple, a lieu l'invasion de la Gaule par les Ambrons, les Cimbres et les Teutons : le général romain Marius les affronte non loin d'Aix-en-Provence, en -102 (le nom de la montagne Sainte-Victoire commémore sa victoire), puis il les arrête à Verceuil, en Italie, en -101. Ultérieurement, l'irruption de bandes germaniques à proximité de la Suisse actuelle provoque la migration des Helvètes. Ces derniers sont stoppés par Jules César à Bibracte (sur le mont Beuvray, dans le Morvan) en -58.
-58
À partir du , l'Empire romain adopte à l'égard des Germains une politique qui vise à les contenir derrière une frontière fortifiée : le limes. Cette frontière est double, établie le long du Rhin et du Danube. Vers l'an 100, de deux à trois millions de Germains se trouvent sur le continent tandis qu'entre 600 000 et 800 000 restent encore en Scandinavie. La défense de l'Empire contre les peuples d'au-delà de ses frontières, notamment, aboutit à la division de celui-ci en deux parties : l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient. Néanmoins, les Germains franchissent massivement les deux frontières à plusieurs reprises, en particulier au , puis au ; les Romains, au sens large, adoptent alors une politique de clientélisme à l'égard des peuples les plus proches de l'Empire : nombreux sont, dès lors, les Germains qui servent dans l'armée romaine, participant à une certaine « barbarisation » de l'Empire (même si cette barbarisation est surtout due, en dernière analyse, à la taille et à la diversité des territoires soumis à Rome).
Enfin, une dernière phase a lieu lorsque l'Empire romain disparaît en Occident, vers la fin du : certains des peuples germaniques, soit anciennement fédérés, soit jusque-là totalement étrangers au monde romain établissent alors des royaumes plus ou moins durables sur ses anciens territoires : notamment en Gaule (Francs, Wisigoths et Burgondes), dans la péninsule ibérique (Suèves, Wisigoths), dans l'île de Bretagne (Anglo-Saxons), en Italie (Ostrogoths et plus tardivement, Lombards) et en Afrique du nord (Vandales et Alains).
L'Histoire de chacun des peuples germaniques est détaillée dans les articles qui leur sont consacrés.
Voir également : Migrations germaniques.
Données géographiques, linguistiques et culturelles
Les sociétés germaniques n'étaient pas étrangères à l'esclavage. En effet, elles distinguaient les personnes libres, semi-libres (peuples conquis) et les esclaves.
Du point de vue religieux, la connaissance de leur paganisme est réduite. Elle ne vient que de Jules César et de Tacite. Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Une chose demeure certaine, la religion ne devait pas être très forte puisque certains se sont convertis avant même d'avoir été en contact avec les Romains.
Les Germains n'ont pas d'alphabet, à l'exception des runes pour les offices religieux.
Les peuples germaniques sont divisés en 2 ou 3 branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques :
- le rameau nordique ou Scandinaves
- le rameau westique ou Germains occidentaux
- le rameau ostique ou Germains orientaux
Voici une liste des principaux de ces peuples, ainsi que les dates auxquelles leur existence est connue par les sources historiques.
Germains septentrionaux ou Scandinaves
Dans l'état des connaissances actuelles, il est admis que des populations habituellement qualifiées de « germaniques » formèrent le premier peuplement du sud de la Scandinavie à l'âge du bronze, tandis que le nord de celle-ci (majeure partie de la Suède, de la Norvège et la Finlande) était peuplé de Finnois (voir Lapons). Toutefois, le rattachement des premiers Scandinaves aux « Germains », terme qui ne les engloba jamais, doit beaucoup a posteriori aux historiographies nationales à caractère mythologique du haut Moyen Âge et à l'historiographie allemande du . Aussi, le qualificatif de « scandinaves », plus précis et moins connoté, est plus adapté pour ces populations.
- Danois
- Goths (Scandinavie)
- Suédois
Germains occidentaux
Paradoxalement, ce sont ceux dont la préhistoire et la protohistoire sont les moins bien connues à cause des mouvements de populations dont il a été question précédemment et des brassages de populations que ces mouvements entraînèrent à la lisière du monde romain. En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et le Weser), les Germains de l'Elbe et les Germains de la mer du Nord. Les principales sources dont nous disposons sur ces peuples sont les sources romaines, notamment l'œuvre à caractère ethnographique de Tacite (La Germanie) et les écrits de Pline l'Ancien.
- Germains de Rhénanie : Cherusques, Bataves, Bructères, Chamaves, Chattuaires, Chattes, Ubiens, Sicambres, etc.
- Certains de ces Germains formèrent au début de l'ère chrétienne une confédération de peuples importante pour l'histoire du haut Moyen Âge : les Francs (franci, à l'étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants » ou « hommes libres » ). Les Saliens, une partie de ces derniers, servirent comme auxiliaires de Rome sans être réellement soumis à l'Empire au . Depuis les provinces de Belgique première et seconde, où certains de leurs « rois » avaient un commandement militaire (duc), ils constituèrent ensuite un royaume qui s'étendit au sur la majeure partie des Gaules.
- D'autres, alors établis alors en Bohême, prirent le nom de Bavarois (Bai a Warjoz : les « descendants des habitants de Bohême » (Patrick Périn)), à une date indéterminée. Ils franchirent le Danube sur son cours moyen vers la fin du et furent successivement soumis aux Alamans, aux Ostrogoths, puis aux Francs avant de gagner leur indépendance à la fin du .
- Germains de l'Elbe : Marcomans, Quades, Hermundures ou Hermondures, Semmons et Lombards.
- Certains de ces Germains, notamment des Quades et des Marcomans désignés sous le nom de Suèves (« Souabes »), prirent part à l'invasion de la Gaule aux côtés des Vandales et des Alains, en 406–409, avant de gagner la péninsule ibérique et de s'établir en Galice.
- D'autres, demeurés au-delà de la frontière romaine dans les champs Décumates, entre Danube et Rhin supérieurs, formèrent la ligue des Alamans (Allmannen : « tous les hommes »), mentionnée pour la première fois au début du . Cette ligue étendit considérablement son territoire au , après la destruction de l'empire des Huns ; les Alamans se heurtèrent ensuite aux Francs et furent vaincus à plusieurs reprise, notamment lors de la bataille de Tolbiac, en 496. Placés sous protectorat franc, ils se révoltèrent en vain avant de disparaître en tant que nation à la suite d'une dernière défaite en 746.
- Germains de la mer du Nord : Chauques, Angles, Jutes, Warnes, Frisons et Saxons.
- Certaines de ces tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au pour former la ligue des Thuringiens. Établis entre l'Elbe et le Main au début du , ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du , ils disparurent en tant que nation avant la fin du .
- D'autres s'établirent dans l'île de Bretagne à partir du premier tiers du ; ils y fondèrent les royaumes anglo-saxons durant le haut Moyen Âge avant de donner naissance à la nation anglaise, principalement au contact des autres peuples de l'île, entre le et le (voir Anglo-Saxons).
Germains orientaux
Il s'agit du groupe le plus homogène qui réunit les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge. Des histoires ou Historiae à caractère ethnique rédigées durant cette période nous renseignent sur les origines de certains d'entre eux, tandis que d'autres disparurent précocement. Il est communément admis que ces Germains, ou du moins une partie d'entre eux, sont originaires de Scandinavie.
- Bastarnes
- Burgondes
- Gépides
- Goths ; ces derniers s'établirent dans la région de la mer Noire où ils se scindèrent en deux groupes :
- les Greuthunges, d'où seraient issus les Ostrogoths
- les Thervinges d'où seraient issus les Wisigoths
- Hérules
- Ruges
- Skires
- Vandales
Autres peuples
Peuples non-germaniques ayant participé aux invasions barbares au contact des Germains :
- Peuples des steppes
- Alains
- Taifales
- Avars
- Huns
- Sarmates
- Peuples celtes dans les îles britanniques
- Bretons
- Scots
Vikings et Varègues sont des noms donnés tardivement à des groupes de pillards scandinaves qui participèrent à une deuxième vague d'invasions dans les îles Britanniques, le nord-ouest de l'Europe carolingienne et la grande plaine européenne, aux et .
Sources
- Tacite, Origine et territoire des Germains, dit La Germanie (latin Germaniae - édition électronique commentée avec cartes disponible sur [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/GERM/GT-01-04.HTM Bibliotheca Classica Selecta])
Bibliographie et liens
- [http://www.romansonline.com/h_oth_Germania.asp Index des Germains dans les sources romaines], sur le site http://www.romansonline.com/ (en anglais)
Voir aussi
- Indo-européens
Germanique, peuple Catégorie:Peuple de la Rome antique
Loi de Grimm
catégorie:LinguistiqueCatégorie:Phonétique
La loi de Grimm (ou « première mutation consonantique ») est une loi de phonétique historique décrivant une série de changements phonétiques qui ont touché les occlusives de l'indo-européen en germanique commun ainsi qu'en arménien. Ces mutations ont pris le nom du premier linguiste allemand qui les a décrites correctement en 1822, Jacob Grimm (1785-1863), l'un des frères Grimm. Cette loi a été complétée ensuite par la loi de Verner ainsi que la seconde mutation consonantique (aussi découverte par Grimm). Initialement, l'on pensait que le processus décrit par Grimm ne concernait que les langues germaniques ; il s'est avéré que l'arménien aussi a connu un développement comparable ; c'est pour cette raison qu'on le compte au rang des langues concernées. L'établissement de cette loi a été la première tentative réussie de rationalisation des phénomènes d'évolution phonétique en diachronie : elle a permis de poser des équivalences systématiques entre les phonèmes d'une langue indo-européenne et celles d'une autre ; c'est, de fait, la première loi linguistique établie. Il a cependant fallu attendre la loi de Verner pour que le caractère systématique de cette loi soit établi : elle rencontre en effet un assez grand nombre d'exceptions, qui — avant qu'une autre loi vienne les expliquer — pouvaient la discréditer.
Mécanismes généraux
Les mutations phonétiques décrites par cette loi sont profondes et ont redessiné entièrement le système phonologique des occlusives dans les langues concernées :
Notes : la notation suit celle de l'API ; les caractères entre parenthèses sont ceux que l'on utilise traditionnellement en philologie pour les langues concernées (transcription des langues germaniques et arménien. Les occlusives - p, - t et - k appuyées par - s ne sont pas concernées : - sp reste [sp]. En arménien, - p devient [ph] puis [h] sauf en début de mot, où il peut s'amuïr.
L'on note de plus qu'en germanique commun ne sont concernés que les modes et non les points d'articulation : un phonème bilabial le reste. L'on peut résumer cette mutation ainsi :
- les occlusives sourdes deviennent des fricatives sourdes : spirantisation ;
- les occlusives sonores deviennent des occlusives sourdes : dévoisement ;
- les occlusives sonores aspirées deviennent des occlusives sonores simples : déaspiration. Cette dernière modification, cependant, n'est pas isolée et rares sont les langues indo-européennes à avoir conservé les aspirées héritées ; de fait, cette mutation seule ne constitue pas une particularité du germanique et de l'arménien.
Ces phonèmes ont pu par la suite évoluer différemment, surtout s'ils ont été concernés par la loi de Verner et / ou la seconde mutation consonantique.
Exemples
- indo-européen - ph2tér, « père » :
- germanique commun - p > f : gotique fadar, vieil anglais fæder (anglais father), vieil haut allemand fater (allemand Vater), néerlandais vader, islandais faðir, danois, suédois fader, etc. ;
- arménien - p > [h] : հայր (hayr) (de - hathir avec amuïssement de [th] à l'intervocalique), mais
- - p reste [p] en latin (pater), grec (πατήρ), sanskrit (pitár), osque patir, tokharien A pācar, B pācer, etc ;
- indo-européen - d, « dix » :
- germanique commun - d > t : gotique taíhun, vieil anglais tīen (anglais ten), vieil haut allemand zehan (de - tehan ; allemand zehn), islandais tíu, etc. ;
- arménien - d > [t] : տասը (tasə ; anciennement tasn), mais
- - d reste [d] en latin decem, grec δέκα, sanskrit daśa, vieux slave desętǐ, gallois deg, etc. ;
- indo-européen - bher-, « porter » :
- germanique commun - bh > b : gotique baíran, vieil anglais et vieil haut allemand beran (anglais (to) bear), néerlandais beuren, islandais bera, norvégien bære, suédois bära, etc. ;
- arménien - bh > [b] : բերեմ (berem), mais
- - bh reste [bh] ou évolue autrement en latin : fero ([f] < - bh), grec φέρω ([ph] < - bh), sanskrit bhárati, etc.
Résumé
- Extension de la loi : germanique commun, arménien ;
- chronologie : avant la loi de Verner pour le germanique ; après la loi de réduction des vélaires pour l'arménien ;
- effets (notation abrégée) :
- germanique : P, B, Bh > F, P, B / ¬sP ;
- arménien : [P -palat.], [B -palat], [Bh -palat] > Ph, P, B / ¬sP.
Articles connexes
- Loi de Verner ;
- seconde mutation consonantique ;
- langues germaniques et proto-germanique ;
- phonétique historique ;
- linguistique comparée.
Loi de VernerCatégorie:Linguistique Catégorie:Phonétique
La loi de Verner est une loi de phonétique historique dont la découverte a marqué l'une des étapes majeures de la linguistique comparée ; elle complète en effet la loi de Grimm et permet d'en expliquer les apparentes irrégularités, la faisant ainsi réellement accéder au statut de « loi ». C'est Karl Verner (1846-1896), linguistique danois, qui, en 1875, a trouvé la solution au problème apparent : alors que la loi de Grimm prévoit que les occlusives sourdes de l'indo-européen deviennent des fricatives sourdes en germanique commun, dans certains cas ces fricatives sont sonores. Or, la comparaison avec d'autres langues IE montre bien que le phonème de départ est sourd. Le problème était important puisqu'il ne permettait pas à la loi de Grimm d'être systématique et sans exception, ce qui est la condition sine qua non pour que des changements phonétiques soient qualifiés de loi.
Mécanismes généraux
Note : les transcriptions citées entre crochets sont en API. Les étymons proto-germaniques sont en transcription des langues germaniques (consulter aussi Transcription de l'indo-européen et Transcription des langues indiennes si nécessaire).
Verner, pour comprendre l'origine de ces irrégularités apparentes de la loi de Grimm dans les langues germaniques, a pris en compte la place de l'accent de hauteur indo-européen (qui nous est connu, entre autres, par le sanskrit védique et le grec), en comparant les mots pour « père » et « frère » :
- indo-européen - ph2tér- et - bhréh2ter- ;
- sanskrit pitár- et brā́tar- ;
- grec πατέρ- et φράτερ-
- gothique fadar [faðar] et broþar [broːθar].
Noter que dans - ph2tér-, le - h se lit avec le 2 en indice : - h2 note une laryngale donnant, en se vocalisant, la voyelle /a/. Il ne s'agit pas d'un - p aspiré, qu'on noterait - pʰ.
Si la loi de Grimm s'était appliquée correctement, l'on aurait en gothique - faþar et broþar, puisque IE - t passe à germanique þ. Le passage de - t à [ð] ou à [θ] s'explique par la place de l'accent IE : celui-ci frappe dans - bhréh2ter- la voyelle située avant la consonne susceptible d'être modifiée par la loi de Grimm et la protège d'une évolution secondaire, que l'on trouve sinon partout ailleurs, sauf à l'initiale. La loi de Verner s'énonce ainsi : « les fricatives germaniques se voisent sauf à l'initiale et sauf si la syllabe précédente était tonique en IE ». Cette dernière mention a son importance puisque l'accent IE a été entièrement modifié en germanique commun, par un changement de nature (l'accent de hauteur est devenu accent d'intensité) commun et les deux ne coïncident plus). Il faut ajouter à cela que la fricative IE - s est aussi concernée et qu'elle se voise en [z], sauf si la voyelle qui précède est tonique. Cette consonne, en revanche, ne provient pas d'une ancienne occlusive sourde IE. À l'exception du gothique, ce [z] est passé à [r].
On peut résumer les modifications subies par les consonnes concernées ainsi (on indique dans la colonne « germanique 1 » les effets de la première mutation consonantique, celle décrite par Grimm) :
Légende : a représente n'importe quelle syllabe atone, á n'importe quelle syllabe tonique. Sont indiqués entre parenthèses les symboles de la transcription des langues germaniques ; les symboles entre crochets suivent l'API.
Exemples
La loi de Verner se manifeste fréquemment dans la conjugaison des verbes forts, dans lesquels une alternance accentuelle est notable : alors que l'accent tombe normalement sur le radical, au prétérit indicatif pluriel, au prétérit subjonctif et au participe passé, il frappe la finale : ainsi en vieil anglais wearþ, « il devint » (de - wárþi ; cf. sanskrit vavárta, « il tourna ») mais wurdon, « nous devînmes » (de - wurđumí ; cf. sanskrit vavr̥timá).
On explique aussi pourquoi l'on a en anglais un prétérit singulier du verbe to be (« être ») was et pluriel were : la première forme remonte à - ás, la seconde à - as > - az > - ar, par rhotacisme. C'est ainsi que l'on trouve dans les langues germaniques une alternance [s] / [r]. L'un des exemples les plus célèbres, outre was / were, se trouve en vieil anglais avec le verbe cēosan « choisir », dont le prétérit singulier est ceās et le pluriel curon, directement liés aux formes du vieil haut allemand kos / kurum, du verbe kostōn ; il suffit de poser une alternance - géus- / - gus- (radical « goûter » que l'on retrouve en latin : gustus).
Le système nominal offre aussi quelques exemples : « dix » se dit en indo-européen - déḱm̥, qui donne régulièrement le latin decem, grec δέκα, sanskrit dása et lituanien dẽšimt, par exemple. La place de l'accent garantit le gotique taíhun, de - dékum > - téχun (loi de Grimm) puis [tɛhun], noté taíhun. Si l'accent avait frappé la finale, l'on aurait eu - teǥum. L'accent s'est cependant déplacé dans la construction du nom « décade », formé sur le même radical élargi - deḱḿ̥t-, soit grec δεκάδ- et gotique tiǥu, écrit tigu- (n'est attesté qu'au pluriel tigjus), puisque - dekúmd donne - teχúnđ (Grimm) > - tiǥu- (apophonie et chute des consonnes finales). Il faut noter au passage que IE - e passe en gotique régulièrement à [i], sauf devant χ, χw et r où il est ouvert en [ɛ] écrit aí, ce qui explique la double alternance :
- - déḱm̥ > tɛχu(n) ;
- - deḱḿ̥(t) > tiǥu-.
Résumé
- Extension de la loi : germanique commun ;
- chronologie : après la loi de Grimm ;
- effets : [f, þ, χ, χw, s] > [ƀ, đ, ǥ, ǥw, z] / [ - -accent]_.
Articles connexes
Liens internes
- Loi de Grimm ;
- seconde mutation consonantique ;
- langues germaniques et proto-germanique ;
- phonétique historique ;
- linguistique comparée.
Liens externes
- [http://www.ai.univ-paris8.fr/CSAR/Travaux/Verner.pdf Retour à Verner], G. Bernard, Le gré des langues n°1, éd. L'Harmattan, 1990 (fichier PDF, 16p, 159 kibi)
ja:ヴェルナーの法則
ko:베르너의 법칙
Lexique ms:Leksikon
catégorie:Linguistique
catégorie:Lexicologie
En linguistique, le lexique d'une langue constitue l'ensemble de ses lemmes ou, d'une manière plus courante mais moins précise, « l'ensemble de ses mots ». On utilise, toujours dans les usages courants, plus facilement vocabulaire.
Taille du lexique
La taille d'un lexique est, par nature, impossible à définir avec précision car le seul moyen de se faire une idée de son étendue est le décompte des lemmes (ou entrées) d'un dictionnaire de cette langue, quand il existe.
En synchronie
Aucun dictionnaire ne peut dénombrer tous les lemmes d'une langue. En effet, le vocabulaire spécialisé, les jargons, les sociolectes, les idiolectes, l'argot et tous les termes qui ne sont pas encore lexicalisés ne peuvent être comptabilisés. De plus, seule la langue écrite est réellement prise en compte dans l'édition des dictionnaires usuels : un grand nombre de sociolectes purement oraux échappe à toute investigation.
Un dictionnaire usuel, en effet, ne peut que recenser les termes écrits les plus attestés mais ne peut en aucun cas identifier tous les lemmes qui existent à un moment donné, en synchronie, dans la langue qu'il décrit. De plus, à supposer qu'une armée de lexicographes se mette à l'affût de tous les mots utilisés par les locuteurs d'une langue donnée, l'opération prendrait suffisamment de temps pour que le corpus établi soit caduc au moment de la publication. De nouveaux mots seraient en effet apparus et d'autres auraient disparu, d'autant plus dans les sociolectes oraux.
On peut se rendre compte de la difficulté que l'on a à préciser les limites d'un lexique en se demandant ce que signifie l'expression « ce mot n'existe pas ». Faut-il entendre qu'il n'existe pas parce qu'il n'est pas attesté dans le dictionnaire ?, auquel cas on peut se demander dans lequel. Faut-il entendre qu'un mot n'existe que parce qu'il existe un assez grand nombre de locuteurs qui le connaissent ?, auquel cas il n'est pas possible de donner un pourcentage exact de locuteurs nécessaires à cet effet. Enfin, faut-il que le mot soit connu ou utilisé ?, ce qui change grandement les données d'appréciation.
Par exemple, le mot paryponoïan n'existe pas pour tout le monde. Des dictionnaires usuels comme le Petit Robert (édition électronique de 2001) ou le Grand Robert (deuxième édition mise à jour de 1992) ne le recensent pas, non plus que le [http://atilf.atilf.fr/ Trésor de la langue français informatisé] (version 3 du 18.6.2002). Pourtant, il est bien connu des spécialistes de rhétorique.
En diachronie
De plus, diachroniquement, le lexique d'une langue est en perpétuelle évolution : des lemmes apparaissent et disparaissent sans cesse des usages des locuteurs sans qu'il soit pour autant possible d'en recenser tous les cas, ne serait-ce parce que la disparition d'un mot ne peut être constatée que par les spécialistes (vu que les locuteurs n'utilisent plus ce mot) et que son apparition n'est pas forcément un gage de pérennité (qui peut dire si telle ou telle expression à la mode sera encore utilisée dans cinq ans ?). Les dictionnaires usuels ne recensent en effet les mots que quand ils atteignent une certaine fréquence d'emploi, laquelle, faute de mieux, est le plus souvent calculée à partir de corpus écrits.
Il faut souvent attendre qu'un terme nouveau soit suffisamment attesté par des sources variées pour que les dictionnaires l'acceptent comme lemme, certains étant plus restrictifs que d'autres (comme celui de l'Académie française). En effet, il ne serait pas utile de recenser des termes nouveaux qui ne sont que le reflet d'un effet de mode éphémère. Un dictionnaire usuel n'offre donc qu'un cliché du lexique, plus ou moins précis, mais jamais exact. Les dictionnaires étymologiques, quant à eux, recensent aussi des termes disparus et, paradoxalement, qui ne le sont pas réellement puisque à défaut d'être utilisés, il n'en sont pas moins encore connus.
Vie et mort des lemmes
Le lexique d'une langue est donc un ensemble de lemmes aux dimensions floues et variables. On l'a dit, outre qu'il est impossible de tous les recenser pour un état précis d'une langue, certains apparaissent ou disparaissent, rendant les limites encore plus difficiles à cerner.
Création de nouveaux lemmes
Parmi les méthodes d'enrichissement du lexique, on peut compter principalement la dérivation (création d'un mot à partir d'un radical ou d'un thème morphologique préexistant), la composition (création d'une nouvelle unité de sens à partir de plusieurs lemmes assemblés) et l'emprunt lexical (emprunt d'un mot à une autre langue). On nomme toute création lexicale un néologisme. Quand à un signifiant préexistant est ajouté un nouveau signifié, il peut s'agir d'une catachrèse, d'un calque... Dans ce cas, ce n'est pas réellement un nouveau « mot » mais une extension de son sens.
Les mots apparaissent principalement pour répondre à un besoin, quand il faut un signifiant pour représenter un signifié (que celui-ci soit nouveau ou non : il peut s'agir de remplacer des signifiants usés pour garder leur signifié), ou bien pour des raisons de mode.
Il n'est pas toujours aisé de savoir quand un nouveau terme est apparu. Tout au plus peut-on s'en rendre compte quand il commence à être suffisamment employé par des locuteurs d'horizons divers. Généralement, les dictionnaires en recensent les premières attestations écrites (faute de mieux quand le lemme remonte à une époque à laquelle l'enregistrement de la voix n'existait pas ou bien parce que la lexicographie n'était pas assez développée) dans un texte reconnu (voire connu), qu'il soit littéraire ou non.
Disparition des lemmes
Les raisons de la disparition d'un lemme sont nombreuses. On peut, rapidement, citer la disparition d'un signifiant pour un signifié qui n'existe plus, quand un objet ou une notion ont disparu de la vie quotidienne et qu'il n'y a plus besoin d'en parler. En règle générale, la disparition complète est assez rare car, même si un lemme n'est plus recensé par les dictionnaires courants, les textes plus anciens peuvent l'utiliser, auquel cas il existe encore, virtuellement, pour les personnes lisant ces textes. Ce n'est pas parce que le daguerréotype n'est plus utilisé et vendu que le mot le désignant a disparu.
La mode peut aussi jouer : actuellement, bath, au sens de « chic », semble désuet et est vraisemblablement appelé à disparaître, d'autant plus qu'il appartient au registre familier. De tels termes, souvent éphémères, apparaissent et disparaissent très fréquemment, portés par les médias et le monde de la mode (comme le show-business actuellement, mais aussi les Précieuses au XVIIe, grandes créatrices de néologismes qui n'ont pas tous survécu), puis abandonnés rapidement au bénéfice d'un nouveau voire simplement oubliés (qui connaît encore le mot scopitone ?). Consulter aussi Français branché.
Enfin, l'usure phonétique peut jouer : quand, à force d'évolution phonétique, les mots deviennent trop courts pour être facilement identifiables, ils peuvent être protégés de la disparition en étant dérivés voire quitter simplement le lexique. C'est le cas pour abeille (du latin apicula, proprement « petite abeille » ; abeille est un emprunt à l'occitan) qui, au XIVe siècle, a remplacé la forme ef (du latin apis, forme classique du mot), devenue é, trop courte pour rester compréhensible. Si l'on ajoute à cela les homophonies possibles (est, et, ait), l'on voit que le mot n'avait plus un assez grand rendement. Ce remplacement, cependant, n'a pas été soudain et il a existé dans le lexique plusieurs concurrents en concomitance pour désigner la même créature : avette, diminutif régulier de ef / é et mouchette, diminutif de mouche, entre autres. Abeille l'a cependant emporté, laissant dans son sillage disparaître ces formes parallèles, qui ont pu toutefois être conservées dans des parlures régionales.
Quelles que soient les raisons, le lexique ne diminue en fait que rarement. Il serait plus juste de dire qu'il se renouvelle. On peut, pour le français, recenser de nombreux mots médiévaux qui n'ont pas survécu au temps, comme cuider (« penser ») ou encore graindre / graigneur (« plus grand »), comparatif de grand. Encore peut-on dire que ces lemmes ne sont pas vraiment français mais propres à l'ancien français, qui n'est pas la même langue (la compréhension d'un texte en ancien français n'étant pas possible à un locuteur lambda). Ces deux exemples montrent bien que la langue est toujours capable de signifier ces notions. De plus, certains lemmes médiévaux ne disparaissent pas vraiment mais sont conservés sous une autre forme. Par exemple, la locution au jour d'hui s'est lexicalisée dans le courant du XIVe siècle, ce qui marquerait la naissance d'un nouvel adverbe. Dans le même mouvement, cependant, le mot hui (qui a le sens daujourd'hui) disparaissait : peut-on réellement parler de la disparition d'un lemme ? En fait, il y a là conservation du lemme hui, qui n'était plus suffisamment compréhensible, sous une autre forme.
En conclusion, on peut dire que l'apparition d'un néologisme est somme toute plus facile à cerner que la disparition d'un mot. En effet, pour dire qu'il a réellement disparu, il faut pouvoir affirmer que plus aucun locuteur ne l'emploie. Le fait qu'un mot ait disparu d'un dictionnaire usuel n'en constitue bien entendu pas la preuve.
Rapports entre les mots d'un même lexique
Les mots d'un lexique entretiennent entre eux des rapports sémantiques (liens entre les signifiés) ou formels (liens entre les signifiants) désignés par des termes techniques en -onymie (du grec ὄνυμα, ónuma, « mot ») :
- rapports sémantiques : antonymie, autonymie, éponymie, holonymie, hyperonymie, hyponymie, méronymie, pantonymie, synonymie ;
- rapports formels : homonymie, homophonie, homographie, paronymie.
Sens courants
Par extension, un lexique est un ensemble de mots liés à un domaine (le lexique de l'armement), une personne (le lexique de Balzac) ou un ensemble de personnes (le lexique des jeunes). Il faut dans ce cas le comprendre comme une liste de termes. Il sera alors synonyme de vocabulaire, idiolecte, glossaire, dictionnaire, etc.
Articles connexes
- lemme, lexème et lexicalisation ;
- lexicologie, lexicographie ;
- néologisme, dérivation, néologisme, composition et emprunt lexical ;
- mot.
Gotique
Le gotique (cette orthographe est utilisée, en français exclusivement, par opposition à gothique afin d'éviter les confusions) est une langue germanique aujourd'hui éteinte, celle des Goths et, plus particulièrement, des Wisigoths. Le gotique est donc une langue indo-européenne. C'est la plus ancienne des langues germaniques attestées mais elle n'a donné naissance à aucune langue germanique actuelle. Les documents les plus anciens datent du IV siècle de l'ère chrétienne. Le gotique cesse d'être couramment utilisé à partir de la seconde moitié du en raison des défaites wisigothiques face aux Francs, de la destruction des Goths d'Italie, de la conversion au catholicisme des Goths d'Espagne, de la latinisation et romanisation, de l'isolement géographique, etc. La langue gote aurait néanmoins survécu au moins jusqu'au milieu du en Espagne mais le Franc Walafrid Strabo mentionne qu'au début du , elle est encore parlée sur le cours inférieur du Danube et dans les montagnes isolées de Crimée. Les termes semblant appartenir au gotique retrouvés dans les manuscrits postérieurs (rapportés au XVI siècle) de Crimée ne correspondent peut-être pas exactement à la même langue.
Le caractère archaïque du gotique en fait l'intérêt principal en linguistique comparée.
Pour des raisons de lisibilité, les parties concernant l'alphabet gotique et la prononciation de la langue constituent des articles séparés.
Attestations
Le gotique est attesté par un petit nombre de documents, qui ne permettent pas de le restituer avec une grande précision :
- la somme principale est représentée par les textes de l'évêque arien Wulfila (ou Ulfilas ; 311-382), qui fut à la tête d'une communauté de Wisigoths chrétiens en Mésie (Bulgarie) ; celui-ci a traduit la Bible grecque de la Septante dans la langue gotique afin d'évangéliser le peuple ; de cette traduction, il nous reste principalement les trois quarts du Nouveau Testament, et quelques fragments de lAncien. Le meilleur manuscrit, le Codex Argenteus, date du VI, conservé et transmis par des Ostrogoths d'Italie du nord. Il contient de larges passages des quatre évangiles. Le second parmi les principaux manuscrits est le Codex Ambrosianus, qui contient des passages plus épars du Nouveau testament (dont des extraits des évangiles et des Épîtres), de lAncien testament (Néhémiah) ainsi que des commentaires nommés Skeireins (voir ci-dessous). Il est donc vraisemblable que le texte original ait été quelque peu modifié par les copistes ; le texte étant une traduction du grec, la langue attestée par le Codex Argenteus est émaillée d'hellénismes, ce qui se constate surtout dans la syntaxe, qui copie souvent celle de la langue de départ ;
- des commentaires de lÉvangile de Jean, connus sous le nom de Skeireins (nom féminin), « Exégèse », faisant huit pages ;
- divers documents anciens épars : abécédaire, calendrier, gloses trouvées dans divers manuscrits ainsi que des inscriptions parfois écrites au moyen des runes, etc. ;
- quelques dizaines de termes qu'Ogier de Busbecq, diplomate flamand ayant vécu au XVI siècle, a recueillis en Crimée et transmis dans ses Lettres de Turquie ; ces termes ne sont cependant pas représentatifs de la langue que Wulfila a notée et il est plus que probable que ce ne soit pas réellement du gotique au sens où on l'entend en linguistique historique.
En sorte, quand on parle de gotique, il s'agit la plupart du temps de celui de Wulfila, mais les documents sont majoritairement du VIe siècle, c'est-à-dire bien postérieurs. Cette liste n'étant pas exhaustive, on pourra se référer à cette [http://www.wulfila.be/gothic/manuscripts/ page externe] pour une description plus précise des attestations de la langue.
Alphabet
Article complet : Alphabet gotique. Résumé :
:Le gotique de Wulfila, de la Skeireins et de divers manuscrits est écrit au moyen d'un alphabet original inventé vraisemblablement par Wulfila lui-même, que l'on nomme « alphabet gothique ». Il n'a rien à voir avec ce qu'on appelle communémment les « lettres gothiques », qui sont, elles, des lettres de l'alphabet latin telle qu'écrites en Occident dans les manuscrits du XII au XIV siècles, devenues plus tard ce que l'on désigne en Allemagne sous le terme de Fraktur.
Suite...
Système phonologique et phonétique
Article complet : Gotique (phonologie)
Le gotique a connu la première mutation consonantique du germanique commun (ou loi de Grimm) ainsi que la loi de Verner ; il est trop ancien pour avoir subi la seconde mutation consonantique, propre au vieil haut allemand.
L'on peut déterminer avec plus ou moins de précision la façon dont les mots gotiques de Wulfila se prononçaient grâce à la phonétique comparée, principalement. De plus, Wulfila ayant cherché à suivre le plus possible le texte grec qu'il a traduit, on sait qu'il a utilisé pour son alphabet des conventions identiques à celles du grec de cette époque, ce qui permet par recoupement d'en deviner la prononciation, vu que celle du grec nous est très bien connue.
Suite...
Morphologie
Système nominal
Le caractère archaïque du gotique lui a permis de conserver des traits propres aux langues indo-européennes que n'ont plus forcément les langues germaniques modernes, comme une flexion nominale bien plus riche en cas ; l'on retrouve en gotique le nominatif, l'accusatif, le génitif et le datif (ainsi que certaines traces d'un vocatif souvent identique au nominatif, parfois à l'accusatif). À titre de comparaison, des langues germaniques, seuls l'islandais et l'allemand possèdent encore tous ces cas. Les trois genres IE sont représentés, dont le neutre (comme en allemand, norvégien et islandais et, d'une certaine manière, comme en néerlandais, danois et suédois, qui opposent le neutre au « genre commun » (genus commune), c'est-à-dire une synthèse du masculin et du féminin). Les noms et adjectifs sont fléchis selon deux nombres : singulier et pluriel.
L'une des caractéristiques les plus frappantes de cette famille de langues est l'opposition entre les flexions nominales faibles (en simplifiant : à terminaison consonantique [n] du radical) et fortes (en simplifiant : à terminaison vocalique du radical et avec mélange de désinences propres aux pronoms), opposition particulièrement prégnante en gotique. Alors que pour un nom donné, une seule flexion est possible (selon la finale du radical) certains adjectifs peuvent suivre l'une ou l'autre flexion, en fonction de leur valeur : un adjectif employé de manière déterminée et accompagné d'une forme pronominale déictique, comme le pronom démonstratif sa, þata, so jouant le rôle d'un article défini, est décliné au faible ; on décline au fort les adjectifs indéterminés. Ce processus se rencontre encore en allemand, par exemple, où l'on dit que sans article défini, l'adjectif en porte les marques flexionnelles :
- faible : der gute Wein (« le bon vin ») ;
- fort : guter Wein (« bon vin »).
En gotique, les adjectifs qualificatifs (aussi au superlatif en -ist et -ost) et le participe passé peuvent suivre les deux flexions ; ne suivent que la faible certains pronoms comme sama (« identique », cf. anglais same), certains adjectifs, comme unƕeila (« incessant » ; pour le radical ƕeila, « temps », cf. anglais while, « pendant que »), les adjectifs au comparatif, les participes présents, etc. Ne suivent que la forte áins (« uns »), les adjectifs possessifs, les indéfinis, etc.
L'on se contentera de donner quelques exemples des déclinaisons nominales et adjectivales opposant les flexions fortes et faibles :
Guma, masculin, thème faible en -an, « homme » ; dags, masculin, thème fort en -a, « jour » ; blind, « aveugle ».
Ce tableau, bien entendu, ne fournit pas des paradigmes complets (il existe en effet des désinences secondaires, surtout au neutre singulier fort, des irrégularités, etc). Une version exhaustive des types de flexion se présenterait ainsi pour les noms (les flexions sont traitées de manière exhaustive dans un article séparé) :
- flexion forte :
- thèmes en -a, -ja, -wa (masculins et neutres) : équivalent des flexions thématiques latine et grecque, (deuxième déclinaison) en ‑us / ‑i et ‑ος / ‑ου ;
- thèmes en -o, -jo et -wo (féminins) : équivalent des premières déclinaisons latines et grecques en ‑a / ‑æ et ‑α / ‑ας (‑η / ‑ης) ;
- thèmes en -i (masculins et féminins) : troisième déclinaison latine et grecque ‑is (acc. ‑im) et ‑ις / ‑εως ;
- thème en -u (trois genres) : quatrième déclinaison latine et troisième grecque ‑us / ‑us et ‑υς / ‑εως ;
- flexion faible (tous thèmes en -n), troisième déclinaison latine et grecque en ‑o / ‑onis et ‑ων / ‑ονος ou ‑ην / ‑ενος :
- thèmes en -an, -jan, -wan (masculins) ;
- thèmes en -on et -ein (féminins) ;
- thèmes en -n (neutres) : troisième déclinaison latine et grecque en ‑men / ‑minis et ‑μα / ‑ματος ;
- flexions mineures : en -r, en -nd et des reliquats d'autres thèmes en consonnes, équivalents des autres paradigmes de la troisième déclinaison en latin et grec.
Le système de l'adjectif suit de très près celui du nom : les types de flexions s'y retrouvent.
Système pronominal
Le gotique possède un jeu complet de pronoms, personnels (ainsi qu'un réflexif unique pour les trois personnes), possessifs, démonstratifs (simples et composés), relatifs, interrogatifs et indéfinis. Ceux-ci suivent une série de flexions particulières (que la flexion nominale forte a reprise en partie), à l'instar des autres langues indo-européennes. Le trait le plus marquant est sans doute la conservation du duel, nombre concernant deux personnes ou choses, tandis que le pluriel concerne ce qui dépasse la paire. Ainsi, « nous deux » et « nous (plus de deux) » se disent respectivement wit et weis. Alors que le duel était utilisé en indo-européen pour toutes les catégories capables d'exprimer le nombre (il se retrouve ainsi en grec et en sanskrit, par exemple), il est remarquable que le gotique ne l'ait conservé que pour les pronoms.
Le pronom démonstratif simple sa (neutre :þata, féminin : so, de même origine que l'article grec ὁ, τό, ἡ, c'est-à-dire - so, - seh2, tod ; pour ce dernier, cf. aussi latin istud), est utilisé comme article et permet la construction de syntagmes nominaux du type article défini + adjectif faible + nom.
Autre trait notable, les pronoms interrogatifs débutent tous par ƕ-, qui continue le phonème indo-européen - kw et se trouve effectivement au commencement de tels pronoms dans la langue-mère ; c'est ainsi qu'en anglais ces termes débutent généralement par wh-, qui peut, comme en gotique, noter [ʍ], en allemand par w- [v], en suédois v-, etc. L'on trouve en latin qu-, en grec τ ou π (l'évolution de - kw y étant particulière), sanskrit k-, etc.
Le détail de la flexion pronominale fait l'objet d'un article séparé.
Système verbal
La grande majorité des verbes gotiques suit la conjugaison indo-européenne dite « thématique », parce qu'elle intercale une voyelle alternante - /o entre le radical et les désinences. Le latin et le grec font de même :
- latin leg-i-mus « nous lisons » : radical leg- + voyelle thématique -i- (venant de - e) + désinence -mus ;
- grec λυ-ό-μεν « nous délions » : radical λυ- + voyelle thématique -ο- + désinence -μεν ;
- gotique nim-a-m « nous prenons » : radical nim- (cf. allemand nehm-en) + voyelle thématique -a- (venant de - o) + désinence -m.
L'autre conjugaison, dite « athématique », où un autre jeu de désinences est directement ajouté au radical, ne subsiste qu'à l'état de vestige, comme en latin ou en grec. Le paradigme le plus important est celui du verbe « être », qui est aussi athématique en latin, grec, sanskrit, etc.
D'autre part, les verbes sont aussi séparés en deux grands groupes, les verbes faibles et les verbes forts. Les faibles se caractérisent par un prétérit formé par l'adjonction d'un suffixe en dentale -da / -ta, comme au participe passé, -þ / -t, tandis que les forts utilisent pour le prétérit un jeu d'alternances vocaliques (modification de la voyelle du radical) et / ou de redoublement de la première consonne du radical (comme en grec et en sanskrit pour le parfait) sans suffixe particulier. Cette dichotomie se retrouve en allemand, anglais, islandais, entre autres langues germaniques :
- faible (verbe « avoir ») :
- gotique : haban, prétérit habáida, participe passé habáiþs ;
- allemand : haben, prétérit hatte, participe passé (ge)habt ;
- anglais : (to) have, prétérit had, participe passé had ;
- islandais : hafa, prétérit hafði, participe passé haft ;
- fort (verbe « donner ») :
- gotique : infinitif giban, prétérit gaf ;
- allemand : infinitif geben, prétérit gab ;
- anglais : infinitif (to) give, prétérit gave ;
- islandais : infinitif gefa, prétérit gaf.
La flexion verbale possède deux diathèses (ou « voix »), l'actif et le passif (dérivé d'un ancien moyen), trois nombres, singulier, duel (sauf à la troisième personne) et pluriel, deux temps, présent et prétérit (un ancien parfait), trois modes personnels, indicatif, subjonctif (un ancien optatif) et impératif, ainsi que trois séries de formes nominales du verbe, un infinitif présent ainsi qu'un participe présent actif et passé passif. Tous les temps et toutes les personnes ne sont pas représentés à tous les modes et toutes les voix, la conjugaison utilisant pour certaines formes un système de supplétion.
Enfin, l'existence de verbes dit « prétérito-présents » est notable : il s'agit d'anciens parfaits indo-européens qui ont été réinterprétés comme des présents. Ainsi wáit, de l'indo-européen - woid-h2e (verbe « voir » au parfait), trouve son répondant exact en sanskrit véda et en grec Ϝοἶδα, qui signifient tous étymologiquement « j'ai vu » (sens parfait) donc « je sais » (sens prétérito-présent). Le cas est similaire en latin avec nōuī : « j'ai su » donc « je sais ». Parmi les verbes prétérito-présents, l'on compte aussi áihan (« posséder »), kunnan (« connaître », cf. allemand kennen), etc.
Divers
- code ISO 639-2 : got
Bibliographie
- F. Mossé, Manuel de la langue gotique, Aubier, 1942 ;
- W. Braune et E. Ebbinghaus, Gotische Grammatik, 17e édition 1966, Tübingen ;
- W. Streitberg, Die gotische Bibel , 4e édition, 1965, Heidelberg ;
- J. Wright, Grammar of the Gothic language, 2de édition, Clarendon Press, Oxford, 1966 ;
- W. Krause, Handbuch des Gotischen, 3e édition, 1968, Munich.
Articles connexes
- Phonologie du gotique ;
- flexion nominale en gotique ;
- flexion pronominale en gotique ;
- conjugaisons en gotique ;
- numération gotique ;
- loi de Grimm ;
- loi de Verner.
- Linguistique
- dictionnaire des langues
- langues par famille
- langues indo-européennes
- - langues germaniques
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Liens externes
- [http://www.reimar.de/gotisch.html Gotisch im WWW], portail d'informations sur plusieurs aspects de la langue gotique (en allemand) ;
- langue et textes :
- [http://titus.uni-frankfurt.de/texte/texte2.htm#got Titus], site consacré principalement à la philologie classique, met à disposition une grande partie des textes gotiques en juxtalinéaire avec le latin et le grec (site multilingue) ;
- [http://www.wulfila.be/ le projet Wulfila] (en anglais) ;
- [http://germa.germsem.uni-kiel.de/gotisch/skeireins/index.html Projet Skeireins] (en anglais) ;
- [http://wikisource.org/wiki/Die_gotische_Bibel Bible gotique] ;
- alphabet :
- [http://www.unicode.org/charts/PDF/U10330.pdf alphabet gotique dans l'ISO 10646 et Unicode (pdf, en anglais)] [http://www.cooptel.qc.ca/~pandries/pdf/U32F-10330.pdf (pdf, en français)].
- [http://cooptel.qc.ca/%7Epandries/pdf/Chapitre8.pdf Le gotique avec Unicode, page 30, 8.11] (pdf, en français).
- [http://www.omniglot.com/writing/gothic.htm Page consacrée à l'alphabet gotique] (en anglais) ;
- [http://www.alanwood.net/unicode/gothic.html Le gotique avec Unicode] (en anglais).
Catégorie:Gotique
Catégorie:Langue morte
BurgondeLes Burgondes sont un peuple germanique du rameau ostique, originaire de Scandinavie (peut-être de Norvège), et ayant participé aux invasions et migrations de la fin de l'Antiquité et du haut Moyen Âge, période durant laquelle ils s'établissent durablement en Gaule.
Histoire
Au terme de migrations en Germanie et sur le plateau bavarois, les Burgondes établissent un petit royaume avec la ville de Worms comme capitale (début du ). Pris entre les Alamans au sud et les Francs au nord, menacés par les Huns à l'est, ils restent en Rhénanie une trentaine d'années, en bonne entente avec Rome.
Dès cette période, des clans royaux burgondes se convertissent au christianisme orthodoxe (catholicisme), mais le peuple et la noblesse restent cependant en grande majorité païens et légèrement arianisés, aux contacts des Goths. En 436/437, sous la conduite de leur roi Gonthier et profitant de l'agonie de l'Empire romain d'Occident, ils rompent alors avec les Romains et se heurtent au général Aetius qui les défait grâce notamment à ses fidèles contingents de cavaliers huns. 20 000 guerriers burgondes seraient morts dans ce combat avec leur roi, le Gunther des Nibelungen ; le choc est terrible pour le peuple burgonde, terrorisé. Une partie d'entre eux sont soumis au roi hun Attila et s'établissent en Pannonie, tandis que les autres, certainement la majorité et bien que vaincus, se voient intégrés comme auxiliaires de l'armée romaine et reçoivent le droit de s'établir en Savoie (l'ancienne Sapaudia, ce qui signifie « Pays des Sapins », et qui couvrait vraisemblablement les territoires frontaliers entre les Alpes et le Jura). En 443 commence officiellement le royaume de Burgondie avec Genève pour capitale principale et plus tard les villes de Lyon, prise en 457, perdue et reprise en 459, Dijon, Besançon, Autun, Langres (vers 460) et Vienne en (463). Le peuple burgonde, vraisemblablement l'un des peuples germaniques les moins nombreux, divisé en deux groupes et réduit par les attaques hunniques et alémanniques des décenies précédentes (autour de 80 000 individus tout au plus), s'installe essentiellement autour de Genève, sur la rive Nord du lac Léman, en Romandie, et dans la vallée de la Saône. Des détachements militaires seront quant à eux cantonnés dans quelques points stratégiques comme notamment la forteresse d'Avignon et à Embrun ; rien d'une invasion massive en Gaule. En 475, ils atteignent la Durance et espèrent atteindre la Méditerranée. En 500/501, leur extension est stoppée par les Francs qui les battent près de Dijon, sur l'Ouche.
Vers l'an 502, alors en pleine apogée sous leur roi Gondebaud, les Burgondes ont étendu leur domination vers l'ouest et le sud et leur royaume est désormais centré sur le Lyonnais et le Dauphiné. Gondebaud a su éliminer ses trois frères pour concentrer le pouvoir entre ses mains, renforçant ainsi le pouvoir royal. En plus de faire rédiger un ensemble de lois mettant à pied d'égalité ses sujets gallo-romains et burgondes, (la célèbre loi dite Gombette), autorisant notamment les mariages mixtes mais réservant toujours les hautes fonctions politiques et militaires aux seuls burgondes, il est également connu comme étant l'oncle de l'épouse catholique de Clovis, Clotilde. Son fils Sigismond lui succède en 516. Il abandonne bientôt officiellement l'arianisme et devient un fervent catholique, pieux et sincère dans sa foi, tentant vainement d'amener son peuple dans sa foi. Il avait déjà fondé vers 515 l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune et en fit un lieu de pèlerinage. Cependant, assez impopulaire parmi son peuple resté majoritairement arien et païen et manquant d'autorité face à la noblesse burgonde, celle-ci le livre finalement aux Francs ; l'un des rois de ces derniers, cherchant à punir la famille royale burgonde pour des raisons de vengeance (une sorte de vendetta ; la faide germanique), le fait massacrer peu après avec sa famille (524) à Saint-Maurice-d'Agaune (dont le nom servira plus tard à baptiser l'abbaye fondée par le roi martyrisé, devenu saint Sigismond). À sa mort, le royaume burgonde, déjà affaibli depuis l | | |