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Ligature (typographie)
Ligatures typographiques anciennes
Catégorie:Imprimerie
Une ligature est la fusion de deux graphèmes d’une écriture pour n’en former qu’un seul nouveau, considéré ou non comme un caractère per se (à part entière). La ligature peut donner naissance à un digramme. Dans une écriture bicamérale, un digramme lié se distinguera d’un digramme simple par la majusculisation : si les deux caractères doivent être en majuscule capitale et le reste en bas-de-casse, c’est bien une ligature. Sinon, c’est un digramme simple (par exemple : IJsselmeer en néerlandais mais Château en français).
La ligature est donc un des procédés possibles d’enrichissement du stock de graphèmes d’une langue.
Il existe deux types principaux de ligatures :
- les ligatures esthétiques, qui sont optionnelles et ne s’utilisent que pour améliorer la lisibilité d’un document typographié ;
- les ligatures linguistiques, qui sont obligatoires.
Les ligatures sont parfois anciennes et peuvent tenir à la nécessité du gain de place sur un matériau (pierre, marbre, papyrus, parchemin, etc.) qui coûte cher. En Europe, les manuscrits médiévaux sont riches d’abréviations de natures diverses, parmi lesquelles de nombreuses ligatures. Il serait cependant faux de ne voir dans la ligature qu’une question d’économie : certaines sont purement esthétiques et ne font gagner aucune place.
Il existe d’autre part des caractères qui sont d’anciennes ligatures, esthétiques ou non, mais ne sont plus sentis comme tel :
- la ligature linguistique dite eszett, soit ß, provient d’une ligature esthétique entre un s long suivi d’un s rond (le s long étant une ancienne variante contextuelle de s) ou d’un z. Utilisée dans plusieurs langues d’Europe, elle ne se rencontre maintenant plus qu’en allemand ;
- l’esperluette, &, est à l’origine une ligature esthétique de et servant d’abréviation. Elle est devenue un véritable logogramme, au même titre que les chiffres dits « arabes » : selon sa langue, on la lira et, y, and ou encore und ;
- l’arobase, @, remonte à la graphie onciale de la préposition latine ad liée pour servir d’abréviation
Enfin, on nomme, improprement, ligatures le fait que les caractères d’une écriture s’adaptent selon leur place dans le mot. On préférera à ce terme celui de variante contextuelle, qui constitue un article séparé. De même, surtout dans les semi-syllabaires indiens, les consonnes se modifient selon qu’elles portent ou non une voyelle. Il semble plus pertinent de traiter ce sujet séparément, dans l’article lettre conjointe.
Ligatures esthétiques
Alphabet latin
lettre conjointe
N’étant pas obligatoires, elles sont surtout utilisées dans la production de documents d’abord manuscrits (elles sont fréquentes dans les manuscrits médiévaux, soit comme abréviations soit pour des raisons purement décoratives) puis imprimés, pour améliorer la lisibilité d’un texte ou simplement l’agrémenter.
Dans le premier cas, surtout en imprimerie, il s’agit de réduire nombre de collisions inesthétiques entre certains caractères. Les plus courantes portent sur les lettres f et s long (variante contextuelle de s) suivis de i et l. Le point du i ou la hampe du l entrent en collision après le f ou le s long, à moins qu’on ne les espace. Du temps de l’imprimerie au plomb, les collisions entre ces caractères pouvaient d’ailleurs entraîner leur rupture (c’est pourquoi on les appelle aussi ligatures techniques). Il faut noter qu’en allemand l’utilisation des ligatures esthétique se doit de respecter des contraintes morphologiques : en effet, les germanophones n’utilisent les ligatures en f que si les deux lettres appartiennent au même radical du mot.
Des ligatures du type de ct ne sont pas liées à des problèmes de collision entre caractères : elles sont purement esthétiques et, sûrement, imitent la graphie manuscrite cursive.
De toutes ces ligatures, seule celle du s long suivi d’un s rond a acquis le statut de graphème : c’est le eszett (ß) allemand.
Enfin, dans les textes latins imprimés, on emploie volontiers, ce que ne faisaient pas les Romains de l’Antiquité, les ligatures œ et æ. Leur utilisation ressortit surtout à la composition soignée.
La Fraktur allemande comprenait de nombreuses ligatures, surtout dans sa variante manuscrite, tracées d’un seul mouvement, parmi lesquelles : ch, ck, st, ss / sz (tracées toutes deux ß et tz).
Alphabet arabe
Fraktur
L’alphabet arabe connaît des ligatures esthétiques. Celles-ci sont optionnelles et se rencontrent surtout dans des compositions soignées. Ces ligatures ne doivent pas être confondues avec les variantes contextuelles ou la ligature linguistique lâm ’alif, (voir plus bas) lesquelles sont toutes deux obligatoires. Voici ci-contre quelques ligatures possibles. Rappelons que l’arabe s’écrit de droite à gauche ; dans le tableau, les ligatures concernent, dans l’ordre, les lettres lâm, mîm et nûn formant ligature avec un jîm. Pour des raisons de lisibilité, on a ajouté un mîm final, qui ne fait pas partie de la ligature.
Alphabet cyrillique
[En préparation]
Alphabet grec
L'alphabet grec possède un certains nombre de ligatures, lesquelles ne sont maintenant plus utilisées ou rarement.
La première que l’on peut citer est un caractère similaire à l’esperluette mais bien moins fréquent en grec imprimé que celle-là ne l’est dans l’alphabet latin. C’est une ligature ancienne (ce qui est contesté par certains grammatologues) et d’usage fréquent dans les textes papyrologiques et médiévaux pour la conjonction de coordination καὶ kaì, « et », soit ϗ (en image, le caractère étant rarement inclus dans les polices : Image:Ligature_grecque_kai.png). La ligature est devenue un signe d’abréviation au même titre que le & latin. Il faut noter que la forme actuelle de l’abréviation remonte à sa variante hellénistique : au cours de siècles, elle en était venue à prendre des tracés très différents. Cette ligature n’est quasiment pas utilisée dans l’impression : elle ressortit surtout aux usages informels et manuscrits.
Les autres ligatures, d’emploi fréquent dans les textes médiévaux, sont généralement sorties des usages au cours du , période à laquelle cet alphabet a acquis sa forme quasi définitive.
Alphabet arménien
[En préparation]
Ligatures linguistiques
Bien différentes des premières, elles sont obligatoires et normalisées. De telles ligatures sont de deux natures différentes :
- soit elles donnent naissance à un nouveau graphème et leur apparition n’est pas prévisible ;
- soit elles sont considérées comme une variante obligatoire, sont prévisibles mais ne donnent pas naissance à un nouveau graphème.
Ligatures comme graphèmes
Œ
Le français (qui semble être la seule langue à le faire) connaît une telle ligature, la lettre Œ / œ, dite « e dans lo ». Il n’est pas possible de la considérer comme la réunion esthétique des deux lettres oe car son utilisation dépend entièrement de l’étymologie du mot et ne peut être considérée ni optionnelle ni systématique.
Il faut considérer séparément, pour des raisons historiques, deux types de mots contenant un œ :
- les mots d’emprunt savants à orthographe étymologisante ;
- les mots hérités anciens.
Dans les mots empruntés au latin
Il existe un assez grand nombre de mots empruntés principalement au latin et prenant un œ, qu’on ne peut prononcer que comme une voyelle unique, en l’occurrence /e/ (de blé ; cela entraîne donc la prononciation /s/ de c). C’est bien un digramme, que l’on doit opposer à la rencontre de o et e dans un mot comme coexistence. Voici quelques exemples de ces mots savants ou empruntés :
- cœlacanthe /selakɑ̃t/ ;
- œnologie /enɔlɔʒi/ ;
- Œdipe /edip/ (rappelons que la ligature, en capitale, se trace Œ et non OE, ou Oe, ce qui confirme son statut de graphème unique) ;
- fœtus /fetys/ (dans ce mot, c'est une erreur car le mot latin ancien est fētus ; la graphie avec œ est postérieure au et s'explique par hypercorrection : en effet, à cette époque, œ et ē se prononçaient à l'identique), etc.
Dans une prononciation courante, certains mots sont prononcés avec /ø/ (de feu) : c’est le cas pour œnologie et Œdipe. Cet usage est considéré fautif. Il est pourtant très fréquent (œsophage est plus souvent entendu avec /ø/ que /e/).
Étymologiquement, ces mots remontent le plus souvent à la diphtongue latine œ, qui se prononçait /oe/ ou, plus probablement, /oj/. À partir du II siècle de notre ère, elles s’est monophtonguée en /e/, ce dont attestent des termes comme économie, fétide ou peine, qui proviennent du latin œconomia, fœtidus et pœna. Le maintien d’une graphie en œ prouve que les mots contenant la ligature sont des emprunts relativement récents ; leur orthographe est donc étymologisante. Pour l’anecdote, la diphtongue latine œ peut, c’est le cas dans œconomia, représenter la diphtongue grecque οι oi dans des emprunts au grec : οἰκονομία oikonomía.
La notation au moyen du digramme lié œ est ancienne : les typographes français, citant des mots latins, ont respecté l’orthographe de l’époque, qui prévoyait la ligature. Du reste, les mots n’étaient pas forcément sentis comme français. Aux premiers temps, œ n’était donc pas une lettre française.
Dans les mots hérités
Les mots qu’on dit hérités sont ceux qui constituent le fonds lexical proprement français provenant d’un état antérieur de la langue.
Il existait en moyen français nombre de mots se prononçant avec un /ø/ (dans feu). La notation de ce phonème était flottante depuis l’époque médiévale : eu, oe, oeu ou ue (euvre, oevre, œuvre, uevre pour l’actuel œuvre). L’une des graphies retenues, et normalisée plus tard par l’Académie française, a consisté à se servir de oeu, écrit parfois avec la ligature à l’imitation de la diphtongue latine œ. On trouve ainsi pour le même mot œuvre, au (notons que la distinction entre u et v n’était pas encore faite, les lettres étant senties comme des variantes contextuelles :
- oeuure chez Étienne Dolet dans La maniere de bien traduire d’une langue en aultre : d’aduantage de la punctuation de la langue Francoyse, plus des accents d’ycelle de 1540 ;
- œuvre chez Thomas Sébillet dans son Art pöétique François pour l’instruction dés ieunes studieus, & et encor peu avancéz en la Pöésie Françoise de 1548 ;
- mais… euuvres chez Louise Labé dans l’édition de ses œuvres de 1556 (remarquons tout de même que la typographie de cette édition laisse à désirer par un certain manque de cohérence ; on en voit d’autres exemples dans Cédille).
La graphie ne se fixe sur œu avec la ligature (et œi pour le mot œil) qu’au . Les mots concernés proviennent de mots latins qui contenaient un o (soror → sœur, opus → œuvre, oculus → œil, bos → bœuf, etc.). Pourtant, des mots comme peuple (latin populus) ou meuble (latin mobilis) n’ont pas été concernés et sont restés sur eu. On avance souvent comme argument justifiant le maintien de cette ligature dans l’orthographe la volonté de garder la proximité entre mots issus d’un même radical latin : ainsi, le œ de sœur rappelle le o de sororal, celui d’œuvre le ou d’ouvrier, ouvrage, ouvrable, tandis que bœuf reste lié à bouvier, cœur à cordial, mœurs à moral, vœu à vouer, œuf à ovaire, ove, oval, etc. L’argument est spécieux en ce sens qu’on devrait dans ce cas écrire pœuple car populaire ou encore mœuble car mobilier, sœul car solitude, etc. On le voit : l’utilisation de ce digramme est arbitraire et ne se justifie pas.
On avance aussi que la notation du phonème /œ/ au moyen de la ligature a permis d’éviter nombre d’homonymies fréquentes depuis le Moyen Âge jusqu’au : eu pouvait en effet se lire /y/ ou /œ/, comme dans seur, dont on distingue maintenant sœur de sûr (pour le passage de eu à û, consulter Accent circonflexe en français). C’est encore une fois, du moins actuellement, un argument spécieux : les mots dans lesquels eu devait se lire /y/ ont tous, à l’exception des formes en eu du verbe avoir (participe passsé eu(e)(s) et passé simple eus, eut, eûmes, eûtes, eurent) été réécrits en û ou u au (ainsi veu → vu, seur → sûr, etc.).
En conclusion, vu que œu et eu notent le même phonème et que la distinction entre les deux graphies est tout artificielle, il convient de reconnaître que tous deux sont des digrammes (ou des trigrammes si l’on compte deux caractères pour œ), c’est-à-dire des groupes de deux lettres servant à noter un unique phonème. On ne peut donc pas écrire oeu à la place dœu dans les mots qui réclament la ligature car oe n’est pas un digramme mais une suite de voyelles et l’on ne peut jamais substituer œ à oe. Les deux graphies n’ont donc aucun rapport et doivent être différenciées.
Autres cas
Dans de rares mots d’emprunt à l’allemand, œ français représente un ö (o umlaut). On prononce comme en allemand : lœss /løs/, rœsti /ʁøsti/ (rösti est aussi attesté). Il faut noter que l’utilisation de la ligature ne se justifie pas : en effet, si le o umlaut allemand remonte bien à oe et s’il est parfois encore écrit ainsi, il n’est, dans les pays germanophones, jamais lié au e. D’ailleurs, un mot comme foehn /føn/, emprunté à l’allemand, n’est pas proposé sous la graphie - fœhn par le Petit Robert (édition électronique de 2001), lequel écrit pourtant bien lœss et rœsti. Il y a là un manque de cohérence patent.
Œ n’est pas OE
Par opposition à ces mots en œ, il en existe d’autres dans lesquels o et e se suivent naturellement et sont prononcés différemment : coexistence /kɔɛgzistɑ̃s/, moelleux /mwalø/, coercitif /kɔɛʁsitif/, etc.
En conclusion, il n’est pas possible d’affirmer que le digramme lié œ n’est pas un graphème unique car son emploi n’est pas prévisible. Pourtant, il n’a pas de place particulière dans le classement alphabétique : on le confond avec les mots en oe, à la manière des autres digrammes (ch, ge, gn, etc.).
Notes :
- à part dans de rares documents, les Romains n’ont pas utilisé la ligature œ pour noter leur diphtongue (on trouve quelques ligatures Œ en fin de ligne dans la quadrata). L’usage d’une ligature s’est développé, d’abord sporadiquement, dans des textes médiévaux puis, plus souvent, dans des éditions postérieures de textes latins, sous l’influence de la prononciation monophtonguée ; en sorte, la ligature œ est déjà fréquente dans les éditions imprimées de textes latins ou pour les mots sentis comme latins avant qu’elle ne soit utilisée dans certains mots français pour noter /œ/ et non /e/ (c’est d’ailleurs particulièrement visible au ) ;
- en API, le symbole /œ/ note la voyelle mi-ouverte labialisée de peur. Il existe une petite capitale, /ɶ/, représentant une voyelle ouverte labialisée qui s’entend en allemand d’Autriche dans un mot comme Seil, « corde », prononcé /sɶː/ (d’après le Handbook of the IPA, Cambridge University Press).
Consulter aussi Œ.
Æ
Autre ligature célèbre, Æ / æ se rencontre principalement en islandais, danois et norvégien. C’est un graphème unique, qui, en islandais, représente une diphtongue : /ai/ (bref ou long). En danois et norvégien, c’est une voyelle simple, respectivement /ɛ/ ou /e/ (bref ou long) et /æ/ (bref ou long). Dans ces trois langues, elle est classée séparément, en tant que lettre individuelle dans l’ordre alphabétique, à la suite de þ en islandais, de y en danois et norvégien. C’est un emprunt à une ligature d’abord apparue en vieil anglais au pour noter le son /æ/ de cat (entre /a/ et /ɛ/) : les scribes anglais, en effet, ne pouvaient pas, avec les seules lettre latines, écrire ce son absent du latin. Cette ligature, que l’on a nommée ash d’après le nom de la rune servant au même phonème, a donc permis d’accroître le stock de graphèmes.
En français, quelques rares mots savants (ou expressions latines lexicalisées se servent de æ, prononcé /e/ (comme œ, du reste) :
- cæcum /sekɔm/ ;
- (ad vitam) æternam /etɛʁnam/ ;
- (curriculum) vitæ /vite/ ;
- ex æquo /ɛgzeko/ ;
- et cætera /ɛt setera/ (c'est une graphie concurrente det cetera, issue, comme fœtus, d'une hypercorrection), etc.
- Le prénom Lætitia, d'origine latine.
Dans ces mots, la ligature représente étymologiquement l’ancienne diphtongue latine æ, prononcée /ae/ ou /ai/, qui s’est monophtonguée en /e/ au IIe siècle de notre ère. Le développement est le même que pour œ : de nombreux mots français utilisent é là où on trouvait æ en latin : sévir (sævir), cécité (cæcitas), pénitence (pænitentia). Seulement, les emprunts savants avec æ sont plus rares. Comme pour œ, toujours, æ latin peut provenir d’une ancienne diphtongue αι ai grecque dans des mots d’emprunt à cette langue : παιδαγωγία paidagôgía → pædagogia → pédagogie.
Bien que relativement rare, la ligature æ peut ne pas être confondue avec la suite de lettres ae, présente dans des mots comme paella. Il convient donc, dans une composition typographique soignée, de bien différencier les deux. Elle n’a cependant pas de place particulière dans l’ordre alphabétique : on la classe en même temps que les mots en ae, à la manière des autres digrammes (ch, ge, gn, etc.). On voit donc bien que cette ligature n’est donc pas réellement linguistique en français. Elle est presque purement esthétique et s’utilise surtout dans les textes latins tels que présentés actuellement.
Elle devrait être évitée pour les pluriels du type supernova / supernovæ : en effet, ce terme est lexicalisé depuis assez longtemps pour que l’on se passe d’un pluriel latin. De fait, supernovas est bien plus cohérent.
Notes :
- à part dans de rares documents, les Romains n’ont pas utilisé la ligature æ pour noter leur diphtongue (elle apparaît cependant un peu plus souvent que Œ dans la quadrata en fin de ligne). Cet usage s’est surtout développé, d’abord sporadiquement, dans des textes médiévaux puis, plus souvent, dans des éditions postérieures de textes latins, sous l’influence de la prononciation monophtonguée. Comme æ n’a servi, pour le français, que dans quelques rares mots empruntés au latin, son introduction dans l’orthographe française est antérieure à celle du œ français de bœuf ;
- en API, le symbole [æ] note la voyelle de l’anglais cat.
Consulter aussi Æ.
IJ
C’est en néerlandais que IJ / ij forme une ligature au statut de graphème, qui sert à noter la diphtongue /ɛi/ (ou /ə/ en position atone). À la différence du digramme ei de même valeur phonétique actuellement (ce qui n’a pas été toujours le cas), ij est bien une ligature, ce que l’on peut constater par les règles de majusculisation : il convient en effet d’écrire IJsselmeer et non - Ijsselmeer, alors qu’on ne mettra en majuscule que la première lettre de ei, « œuf » : Ei. Le ij note à l’origine, en moyen néerlandais (dès avant le ), un i long. La lettre j étant à l’époque une variante du i, on peut considérer le ij comme un double i.
C’est donc à l’origine un digramme qui prend plus tard le statut de ligature. Écrite à la main de manière cursive, celle-ci prend la forme d’un ÿ. En afrikaans, l’évolution graphique s’est poursuivie et on écrit simplement y (mais dans aucun des cas on n’utilisera la lettre ÿ en remplacement de ij dans un texte dactylographié ou imprimé). D’un digramme, on est donc passé par l’intermédiaire de la ligature à une lettre simple se confondant avec la lettre y déjà présente. On peut comparer cette évolution avec celle du digramme uu (voir plus bas).
Notons qu’en lituanien moderne, le i long est noté par la lettre y, provenant également d’une ligature ij.
Consulter aussi IJ.
W
Bien qu’aujourd’hui ce graphème soit une lettre simple, c’est bien, historiquement, une ancienne ligature, d’où son nom, « double v ». La réunion de deux v (ou de deux u puisqu’il faut attendre le pour que l’on commence à distinguer v et u, la première étant normalement une capitale, la seconde une minuscule) semble être une invention des scribes médiévaux anglais, lesquels n’avaient pas de graphème pour noter le /w/ de leur langue (le vieil anglais, en l’occurrence). En effet, u servait déjà à la voyelle /u/ (on remarque que les Romains n’ont pas eu ces scrupules puisque /u/ et /w/ s’écrivaient dans leur langue au moyen de la même lettre, V).
Pour pallier cette lacune, les scribes anglais se sont d’abord servi, au , d’un digramme uu (voire de u seul). Cependant, au , c’est la lettre ƿ (wynn, wyn ou wen ; elle est issue de la rune ᚹ, de même valeur phonétique) qui s’est imposée. Au , les scribes normands (après les victoires de Guillaume le Conquérant) ont réintroduit le digramme uu sous une forme ligaturée : la lettre w était née (noter au passage que w se dit, en anglais, double u). La ligature viendrait donc d’Europe continentale. On la trouve en effet au Moyen Âge dans les manuscrits picards-wallons (à noter qu’en wallon aussi la lettre est nommée doublu — double u).
La lettre ƿ, plus fréquente en vieil anglais que w, n’a cependant cessé d’être employée en moyen anglais qu’au , définitivement remplacée par w. Actuellement, on utilise même w à la place de ƿ dans la transcription traditionnelle.
Ligatures non graphémiques
L’exemple le plus probant de ce type de ligature se rencontre dans l’alphabet arabe. Outre ses nombreuses variantes contextuelles, il connaît en effet une ligature linguistique, donc obligatoire, qui ne conduit pas à la création d’une nouvelle lettre. Il s’agit de la ligature lâm ’alif : quand la lettre lâm est suivi d’un ’alif, l’ensemble doit nécessairement s’écrire avec la ligature et non les variantes contextuelles attendues. Pourtant, cette ligature ne constitue pas une lettre. Dans le tableau ci-dessous, la seconde ligne montre un exemple de tracé incorrect au moyen de la variante contextuelle. Seul le premier tracé est admis (rappelons que l’arabe se lit de droite à gauche, soit respectivement : lâm + ’alif → résultat) :
image:Ligature_arabe_lam_alif.png
D’autres ligatures existaient, ou existent encore dans des compositions typographiques soignées. Elles ne sont cependant pas obligatoires mais seulement esthétiques (voir plus haut).
Informatique
Les ordinateurs propres aux utilisateurs francophones ne possèdent qu’une seule ligature accessible au clavier, l’esperluette. Les ligatures linguistiques sont accessibles comme caractères spéciaux. Seuls les Mac proposent les ligatures en fl et fi dans le codage Mac Roman.
En HTML, les ligatures les plus courantes s’obtiennent comme suit :
- œ → œ ;
- Œ → Œ ;
- æ → æ ;
- Æ → Æ ;
- ß → ß ;
- fi → fi ;
- & → &.
Liens internes
- Æ, œ, &, ß ;
- typographie, écriture ;
- variante contextuelle, lettre conjointe ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet latin, lettres supplémentaires de l'alphabet grec ;
- classement alphabétique ;
- diacritique.
- [http://www.orbitals.com/self/ligature/ligature.htm Un site en anglais consacré à une police ligaturée] (fonctionne avec une macro Word).
Catégorie:Histoire du français
Ces articles abordent, pas toujours exclusivement, plusieurs aspects liés à l'histoire de la langue française, apects de nature très différente pouvant concerner aussi bien la grammaire, l'orthographe, la ponctuation que la prononciation ou d'autres sujets plus généraux.
Articles à lier après création : roman (langue), moyen français, français classique.
catégorie:francophonie
Français
Catégorie:Langue française
Catégorie:ImprimerieVoici la liste des articles se rapportant à l'imprimerie.
Catégorie:Édition Catégorie:Impression Catégorie:Graphisme
Écriture ja:文字 zh-min-nan:Bûn-jī hē-thóng
L'écriture est un système de représentation graphique d'une langue, au moyen de signes inscrits ou dessinés sur un support.
L'invention de l'écriture par l'homme correspond au passage de la préhistoire à l'histoire en une transition de plusieurs millénaires.
En effet, l'homme a appris à compter avant d'inventer un quelconque système d'écriture. Le comptage est attesté vers -40 000 ans pour la quantification de transactions commerciales. Tandis que, si l'écriture, comme l'histoire, « commence à Sumer » (pour citer Noah Kramer), c'est-à-dire si elle est attestée à partir d'une date approximative (vers -3 000, à Sumer), ceci ne signifie pas qu'elle était inconnue auparavant. Ainsi, en 1961, on a découvert à Tartaria (Roumanie) trois tablettes d'argile présentant des signes proches des pictogrammes sumériens, datées par carbone 14 de plus de sept mille ans : mille ans avant le début du rayonnement de Sumer.
L'homme n'a très probablement pas écrit « spontanément » sur des tablettes d'argile sans essais préalables. Il ne fixe l'écriture pour l'éternité (pense-t-il) qu'à partir du moment où il la maîtrise suffisamment.
Avant de la fixer sur des matériaux pérennes, il emploie des matériaux périssables, tels que peaux d'animaux, bois ; et sans doute commença-t-il par tracer des signes sur la terre battue ou le sable.
Systèmes d'écriture
Un système d'écriture correspond généralement à la langue parlée. Il est alors dit logographique (on prononce ce qu'on lit); cependant, ce n'est pas le cas des systèmes pictographiques.
Un même système peut servir à plusieurs langues et une même langue peut être représentée par plusieurs systèmes.
Les graphèmes fondamentaux d'une écriture peuvent être complétés par l'utilisation de diacritiques, de ligatures, de graphèmes modifiés.
graphèmes modifiés
- Écritures alphabétiques
- Caractères arabes (abjad à variantes contextuelles)
- Caractères berbères (tifinagh)
- Caractères coréens (le Hangul) : système alphabétique groupant les lettres par blocs de deux à quatre signes.
- Caractères cyrilliques
- Caractères hébraïques
- Caractères helléniques
- Alphabet grec
- Alphabet gotique
- Caractères latins
- Alphabet latin
- Romanisations
- Alphabets de l'Inde (semi-syllabaires la plupart du temps à variantes contextuelles)
- Devanâgarî
- Bengalî
- Gujarâtî
- Tamoul
- Télougou
- Gurmukhî
- Autres alphabets issus du brahmique
- Khmer
- Laotien
- Thai
- Tibétain
- Caractères scandinaves (les runes)
- Futhark
- Nouveau Futhark
- Les runes pointées
- Écritures syllabiques
- Linéaire B
- Syllabaire inuktitut
- Syllabaire cherokee
- Caractères japonais kanas
- Hiragana
- Katakana
- Écritures logographiques (ou apparentées)
- Caractères chinois ou sinogrammes (chinois, Hanzi) : Utilisés également par les Japonais qui les appellent Kanji. Les Coréens les utilisent pour écrire les noms propres. Cette écriture n'est pas réellement idéographique, car à un signe ne correspond pas toujours une idée. Elle est monosyllabique en chinois.
- Caractères tangoutes
- Caractères égyptiens
- Les hiéroglyphes
- Les hiéroglyphes linéaires
- L'écriture hiératique (ces caractères ont presque perdu leur aspect représentatif)
- L'écriture démotique
- Les hiéroglyphes mayas
- Les hiéroglyphes hittites
- Écritures cunéiformes
- Caractères sumériens
- Caractères akkadiens
Bibliographie
- Calvet (Louis-Jean), (1996), Histoire de l'écriture, Hachette (rééd. de 1998), ISBN 2-01-278887-4
- Daniels (Peter T.), Bright (William) (1996), The World's Writing Systems, Oxford University Press, ISBN 0195079930
Voir aussi
- boustrophédon
- Braille
- calligraphie
- chiffre
- diacritique
- écriture littéraire
- les Écritures, en religion
- épigraphie
- Expert en écritures et documents
- graphologie
- lettre
- ligature
- paléographie
- papyrus
- stoïchédon
- typographie
- variante contextuelle
Liens externes
- [http://classes.bnf.fr/dossiecr/chr-ecri.htm Brève chronologie de l'écriture, dossier réalisé par la BNF] ;
- [http://www.omniglot.com Omniglot, un site très complet et sérieux sur la question].
EcritureEcriture
Digramme
En linguistique, un digramme est un assemblage de deux graphèmes (deux lettres dans les alphabets) représentant un phonème unique et devenant un nouveau graphème (un trigramme pour trois graphèmes, etc.). Par exemple dans le mot chou, le digramme ou correspond à une seule voyelle phonologique, /u/ et ch représente le phonème /ʃ/. On peut donc dire que ce mot contient quatre lettres et deux graphèmes. Pour qu'une suite de deux lettres soit considérée comme un digramme, il faut qu'elle soit bien attestée dans le système d'écriture, voire être productive. On peut, en français, noter n'importe quel nouveau mot utilisant le phonème /ʃ/ par ch, ce qui confirme son statut de graphème, donc de digramme.
L'utilisation de digrammes ou de trigrammes dans un alphabet indique souvent qu'il est lacunaire en tant que tel car il lui manque un caractère propre permettant de noter un des phonèmes de la langue écrite par son biais.
Note : les transcriptions sont en alphabet phonétique international.
Fausses diphtongues et anciennes diphtongues
Les digrammes peuvent être composés de voyelles ou de consonnes. Des digrammes de voyelles sont aussi appelés « fausses diphtongues » quand les deux voyelles ne notent qu'une voyelle simple. C'est le cas en français (ou = [u], ai = [ɛ], eu = [œ] ou [ø], etc.). Le grec ancien en connaît aussi : ου peut valoir [oː] et ει [eː]. De même en grec moderne pour αι = [e] ou encore ει, οι, υι = [i].
Dans les faits, il convient de distinguer les fausses diphtongues réelles des cas de monophtongaison : en grec ancien, les phonèmes /oː/ et /eː/ du dialecte ionien-attique ne pouvaient pas, en raison de l'absence de signes qui leur fussent propres après la réforme de 403 avant l'ère chrétienne, être notés autrement. Ce sont bien là des fausses diphtongues. En grec moderne et en français, les notations actuelles s'expliquent par le jeu d'une ancienne monophtongaison. Les deux processus ne sont pas identiques : c'est un moyen de pallier les lacunes d'une écriture dans le premier cas, un archaïsme dû à l'évolution secondaire de diphtongues anciennement prononcées comme tel dans le second.
Ligature et digramme
À la différence de la ligature, l'identité graphique des graphèmes fondamentaux combinés n'est pas altérée.
Le digramme dans l'ordre alphabétique
On ne confondra pas le graphème et la lettre : tout digramme est un graphème mais tout digramme n'est pas considéré comme une lettre. En effet, dans certaines langues le digramme reste considéré comme deux lettres séparées (il n'est pas comptabilisé dans l'ordre alphabétique). Au contraire, dans d'autres, les digrammes fonctionnent comme des lettres nouvelles qui ont leur propre place dans le classement alphabétique.
Par exemple, le digramme ch en français n'est pas une lettre : il n'est pas compté dans l'alphabet et le mot cheval doit être classé, dans un dictionnaire, par exemple, entre des mots en ce et en ci. En vietnamien, cependant, ch est un digramme et une lettre. Ainsi, chiếc doit être cherché à la rubrique des mots en ch, placée après tous les mots commençant par c. On peut illustrer cela par des mots à classer :
- cela, chien, cil pour le français ;
- cải, cựu, che, pour le vietnamien.
Exemples de digrammes en français
- ch – [k]/[ʃ]
- ou – [u]
- ai – [ɜ]
- eu – [œ]
Articles connexes
- Typographie, écriture ;
- lettre conjointe ;
- ligature ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet latin, lettres supplémentaires de l'alphabet grec ;
- diacritique.
Catégorie:Linguistique
als:Digraph
ja:二重音字
Capitale et majusculeLa capitale (du latin capitalis, « qui concerne la tête ») est, en typographie, la casse à utiliser pour composer en « grandes lettres » dans les écritures bicamérales. Ainsi, l'œil (tracé apparent du caractère) B est la capitale de b dans l'alphabet latin, de β dans l'alphabet grec et de в dans l'alphabet cyrillique. Le tracé des capitales, que l'on oppose aux minuscules, diffère très souvent non pas seulement par le format mais aussi par l'œil.
On appelle de tels caractères lettres capitales car ils se trouvent en haut de la casse, c'est-à-dire la tête. Par opposition, les minuscules, situées dans le bas de la casse, sont aussi appelées lettre en bas-de-casse ou tout simplement bas-de-casse. Il existe en outre de petites capitales :
Quelques lettres de même origine dans trois alphabets
La majuscule (du latin majuscula, « un peu plus grande »), quant à elle, est un caractère situé au début de certains mots. Chaque langue en fixe l'usage. Le plus souvent, mais pas exclusivement, les majuscules sont représentées par des capitales (d'où la confusion).
Les capitales ne sont pas des majuscules
Il ne faut donc pas confondre les capitales et les majuscules, lesquelles se définissent par leur fonction : lettres initiales des phrases en début de paragraphe et après un point, des prénoms et noms propres, etc. Ainsi, la phrase : « LONGTEMPS JE ME SUIS COUCHÉ DE BONNE HEURE » est écrite en capitales, mais seule la première lettre est majuscule.
Les règles d'utilisation des majuscules varient d'une langue à l'autre. Chaque langue utilisant une écriture bicamérale possède ses propres règles concernant l'emploi des majuscules : en français, par exemple, on n'écrit pas les noms de langues avec une majuscule ; c'est pourtant le cas en anglais. En allemand, de plus, tous les noms, communs ou propres, prennent une majuscule. Certains digrammes, quand ils doivent être en majuscule capitale, sont notables : en français, la ligature Oedipe est incorrecte ; le digramme capital s'écrit en effet Œ : Œdipe. En néerlandais, le digramme lié ij s'écrit IJ en majuscule capitale : IJsselmeer et non Ijsselmeer.
« Écrivez en majuscules », à cet égard, n'a aucun sens en typographie. C'est pourtant une expression courante, de même que « majuscule initiale », expression intrinsèquement redondante. La confusion entre ces deux termes est tellement fréquente, même dans des ouvrages didactiques comme une encyclopédie, qu'il serait vain de vouloir la corriger à tout prix : de fait, la distinction entre les deux mots appartient surtout au jargon de la typographie.
Exemples
Des majuscules en capitales et en minuscules
La confusion entre les termes de majuscule et de capitale est facilitée par le fait que les majuscules s'écrivent la plupart du temps en capitales. On peut se rendre compte de la différence entre les deux en prenant un exemple ; certains éditeurs présentent les titres et les noms d'auteurs de leurs ouvrages en minuscules sur la couverture. C'est le cas des Éditions de Minuit pour un ouvrage comme le Vocabulaire des institutions indo-européennes d'Émile Benveniste. La couverture est typographiée ainsi :
::émile benveniste
:le vocabulaire
:des institutions
:indo-européennes
:::LES EDITIONS DE MINUIT
On peut dire que le prénom et le nom de l'auteur sont écrits en minuscules ; leur première lettre, cependant, est bien une majuscule : seulement, elle n'est pas en capitale. D'autre part, bien que le nom de l'éditeur soit en capitales, on sait que le E de EDITIONS ainsi que le M de MINUIT sont aussi des majuscules.
Le cas du grec
En grec ancien, tel qu'écrit actuellement, les capitales et les majuscules en capitales ne sont pas identiques : un texte écrit au long en capitales n'est normalement pas diacrité, tandis qu'un texte en minuscules avec des majuscules capitales reçoit les diacritiques. De fait, un mot comme ἄνθρωπος ánthrôpos, « homme », s'écrit Ἄνθρωπος avec une majuscule capitale, mais ΑΝΘΡΩΠΟΣ en capitales. La capitale de la première lettre du mot est donc un Α alpha nu, la majuscule un Ἄ diacrité, portant esprit doux et accent aigu.
Dans la messagerie électronique
Il est à noter que, dans la messagerie électronique, ON ÉCRIT EN CAPITALES pour indiquer que l'on élève la voix. De façon plus générale, cela permet de mettre en évidence une partie de texte lorsque l'on ne peut techniquement pas utiliser d'italique, de graisse différente ou d'autres enrichissements visuels.
Conclusion
Pour résumer, une capitale est un œil (tracé d'une lettre) différent de celui d'une minuscule, un simple format. Une majuscule est un emplacement initial déterminé par les règles d'orthotypographie, qui se réalise la plupart du temps comme une capitale. La confusion est d'autant plus facile que les deux termes semblent particulièrement mal choisis : une capitale devrait, si l'on en croit l'étymologie, être située « en tête (de mot) » tandis que, toujours étymologiquement, la majuscule serait une lettre de plus grand format, s'opposant directement à la minuscule ; or, c'est l'inverse : minuscule et capitale s'opposent par la taille et le format, majuscule n'a pas d'antonyme. Il semble que les deux termes aient été inversés.
Voir aussi
Articles connexes
- minuscule ;
- écriture bicamérale ;
- typographie ;
- orthotypographie ;
- de l'usage des majuscules.
Bibliographie
- Jean-Pierre Colignon, La majuscule, c'est capital !, Albin Michel, "les dicos d'or", Paris, mai 2005
Liens externes
- [http://marcautret.free.fr/sigma/pratik/typo/majcaps/ «Majuscules ou capitales, solution du casse-tête!», par P. Morfouace]
Catégorie:Norme
Catégorie:Imprimerie
Catégorie:Typographie
als:Majuskel
ja:大文字
Bas-de-casseLe bas-de-casse désigne, en typographie, les caractères dits minuscules car se trouvant en bas de la casse. Par opposition, les lettres de grand format et d'un tracé souvent différent de celui des minuscules sont nommées capitales (et non majuscules). Comme ces dernières se distinguent par leurs nombreux angles droits, on a aussi utilisé pour les bas de casse, mais rarement, le mot arabesque qui, au fil des siècles, a fini par donner arobasque. Cette opposition n'a de sens que dans les écritures bicamérales :
center
Origine des minuscules de l'alphabet latin
À l'époque romaine les caractères latins correspondaient aux seules capitales. Au , cependant, apparaît une écriture plus enlevée, la rustica. Petit à petit, l'écriture se fait plus rapide, avec une déformation des traits droits et une simplification. Bientôt se distinguent deux formes pour chacun des caractères, la forme originale (la capitale) et la forme cursive (la minuscule), qui ne tardent pas à avoir des usages spécifiques.
Les minuscules s'arrondissent et atteignent leur « perfection » avec l'onciale. Enfin, avec la minuscule caroline, ils acquièrent leur prééminence.
Désormais, les capitales ne sont plus employées que pour des usages spécifiques et propres aux langues à écriture latine.
Catégorie:Imprimerie Catégorie:Typographie Catégorie:PAO
als:Minuskel
Marbre
Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines, ou marbrures.
Certains types de marbres portent des noms particuliers, par exemple le cipolin ou la griotte.
Le mot vient du latin marmor, d'où l'adjectif marmoréen, « de marbre ».
Gisement
Certaines carrières de marbres sont particulièrement prestigieuses, comme Carrare, en Toscane ou encore, sous l'Antiquité, le Pentélique, qui surplombe Athènes, Paros, Proconnèse dans la mer de Marmara ou encore Aliki à Thasos.
Utilisation
Il se prête bien à la taille, et de ce fait a été très utilisé en construction, en décoration ou en sculpture.
Catégorie:Roche métamorphique
ja:大理石
Papyrus
Le papyrus (Cyperus papyrus) est une plante qui pousse notamment sur les rives du Nil et de son delta. Il est constitué d'une tige ligneuse de section triangulaire supportant des feuilles disposées en étoile à son sommet. Le papyrus a été utilisé pendant longtemps comme matière première pour fabriquer une forme de papier.
Étymologiquement, le mot vient du latin papyrus, emprunté de l'égyptien antique per-peraâ, qui fait au pluriel papyri, qui signifie fleur du roi. Il est à l'origine du mot papier.
Le papier n'était cependant pas le seul produit fabriqué à partir de cette plante très commune à l'ère antique (mais aujourd'hui quasiment disparue, en dehors d'un usage touristique, à cause de l'assainissement des sols). On pouvait en fabriquer des nattes, des pagnes, des sandales, des cordes ou même des embarcations. Sa racine et sa chair étaient aussi parfois consommées.
La plante avait aussi une fonction religieuse: apparue au commencement des temps, et ne poussant que dans le Nil sacré, elle était représentée sur les temples ou portée lors des processions, elle signifiait la renaissance et la régénération du monde. Particulier du Delta, cette plante était l'emblème de la Basse-Égypte et elle était représentée par la déesse Ouadjet (ouadj : hiéroglyphe du papyrus, signifiant aussi le vert de malachite, la prospérité).
La plante
Le papyrus se reproduit principalement par ses racines, qui font émerger de nouvelles tiges à intervalles réguliers. Il produit également des graines pouvant être emportées par le vent. Il peut aussi se reproduire par bouturage : une tige de papyrus plongée tête en bas dans l'eau va produire des racines puis de nouvelles tiges vers le haut.
Les tiges peuvent atteindre 3 mètres de haut en moyenne, et jusqu'à 5 mètres. Il pousse sur des terrains sableux et gorgés d'humidité, avec un ensoleillement important toute l'année, et ne craint pas d'avoir le pied de sa tige entièrement immergé. La section des tiges est d'une épaisseur de presque un centimètre pour les plus grosses.
Sur des berges couvertes de papyrus, seuls des animaux lourds et massifs peuvent se frayer un chemin : éléphants, hippopotames. Les autres animaux utilisent leurs traces pour passer.
Le papier de papyrus
hippopotame
Le papier de papyrus fut probablement inventé il y a 5000 ans, en utilisant la tige de la plante, et fut largement utilisé en Égypte et dans d'autres régions voisines pour fabriquer les rouleaux manuscrits. Plus tard, lors de l'invention du codex et du livre, on a commencé à en faire des feuilles de papier.
Le principe de fabrication du papier de papyrus réside dans la superposition de fines tranches de la tige de la plante, humidifiées, placées en couches et positionnées perpendiculairement les unes sur les autres et compressées. Seul un côté du papier était utilisé, sur lequel un traitement à base de colle (fabriquée à partir de la sève elle-même de la plante) était appliqué afin d'éviter que l'encre ne coule. Chaque morceau ne dépassait pas un demi-mètre de longueur, mais on pouvait assembler de nombreuses feuilles les unes aux autres, pour former de longs rouleaux (comme le papyrus Harris, qui mesure 40 mètres de long). En raison de leurs prix élevés, les papyrus furent rapidement remplacés par les ostracas.
encre
Dans les climats secs, comme en Égypte, le papyrus se conserve convenablement, mais dès lors qu'il est humidifié, la structure se désagrège et l'encre va diffuser dans les fibres végétales, comme ce fut le cas des manuscrits importés en Grèce et en Italie. Certains exemplaires extraordinaires ont été retrouvés en Égypte, comme les papyri d'Éléphantine, et les découvertes de Oxyrhynchos ou de Nag Hammadi. À Herculaneum, la Villa des Papyri qui contient la bibliothèque du beau-père de Jules César fut préservé de l'éruption du Vésuve, et possède de nombreux papyrus intéressants, dont tous n'ont pas encore été extraits.
Autres noms : Jonc du Nil, Plante à papier du Nil, Souchet à papier, Souchet du Nil.
Articles connexes
- Papyrologie, paléographie ;
- écriture ;
- Livre ;
- Égypte antique.
- Papyrus est également le titre d'une série de bandes dessinées.
- [http://www.thotweb.com L'encyclopédie d'égyptologie internationale Thotweb.com]
Catégorie:Matériel de peinture
catégorie:papier
Catégorie:Index égyptologique
Catégorie:Flore (noms vernaculaires)
ja:パピルス
ko:파피루스
ParcheminLe parchemin désigne une peau de couleur claire apprêtée comme support à l'écriture.
Des peaux préparées avaient déjà été utilisées pendant un où deux millénaires, mais le "parchemin" proprement dit (mot dérivé de pergamena, « peau de Pergame ») a été perfectionné vers le II siècle avant J.-C. à la bibliothèque de Pergame en Asie Mineure.
Les peaux (de chèvre, de veau ou d'agneau) sont lavées et polies à l'aide d'un couteau puis d'une pierre ponce. Cette préparation permet ainsi l'écriture sur les deux faces du cuir.
Les feuilles ainsi obtenues peuvent être assemblées sous différentes formes :
- le volumen est un rouleau (utilisé jusqu'au IV-) ;
- le codex, ancêtre du livre moderne, se compose d'un ensemble de feuilles reliées (utilisé à partir du I-).
Les parchemins en peau de veau mort-né, d'une structure très fine, sont appelés vélins.
Anciennement, le terme parchemin s'employait comme synonyme de diplôme
Voir aussi
- Livre
- Codex
- Papier
- Papyrus
- Palimpseste
Catégorie:Matériel d'écriture
ja:羊皮紙
AbréviationUne abréviation (du latin brevis, « court »), est le raccourcissement d'un mot ou d'un groupe de mots, représentés alors par une lettre ou un groupe de lettres issus de ce mot. L'abréviation consiste donc toujours en une suppression, plus ou moins importante. Par exemple, c'est-à-dire peut s'abréger en càd, nous en ns, etc. Il existe plusieurs méthodes pour abréger des groupes de mots, dont les plus courantes sont la siglaison ou l'acronymie. Le point autre que celui de fin de phrase est souvent l'indice d'une abréviation. Il s'utilise quand la dernière lettre du mot abrégé est elle aussi supprimée : monsieur s'abrège en M. mais maître en Me, sans point abréviatif (e étant bien la dernière lettre du mot).
Abréviations antiques
[En préparation]
Abréviations médiévales
Le parchemin coûtant cher, les abréviations abondent dans les manuscrits occidentaux, surtout après le haut Moyen Âge. Elles sont la poursuite, et l'aboutissement, des abréviations antiques. Les abréviations médiévales peuvent être de plusieurs natures :
- contraction : une ou plusieurs lettres d'un mot sont omises mais la première et la dernière sont conservées. Un titulus (trait suscrit plus ou moins horizontal et droit, ancêtre du tilde) peut signaler ce fait ; les contractions sont, de loin, plus fréquentes au Moyen Âge que pendant l'Antiquité, qui préférait la suspension. Elles se rencontrent très souvent pour les nomina sacra (« noms sacrés »).
:Exemples : ihs xps → Iesus Christos (« Jésus-Christ ») ; noter que l'on trouve fréquemment un mélange de lettres latines et grecques dans les nomina sacra : h, x et p sont des adaptations des lettres onciales Image:Grec oncial h.png (η, ê), Image:Grec oncial x.png (χ, kʰ) et Image:Grec oncial r.png (ρ, r) ; omps → omnipotens (« tout puissant »), etc. On utilise rarement la contraction pure en français car on lui préfère soit la contraction par lettre suscrite, soit la suspension (voir plus bas) ;
- lettre suscrite : le mot est tronqué par contraction (on ne garde que la ou les premières lettres) et la finale (ou les finales) est écrite en hauteur, dans un petit format.
:Cette méthode s'est particulièrement bien conservée dans nos usages. Qu'on songe à des abréviations modernes comme 1, vº (et non v° ; lire verso), D (Docteur), M, etc. En français, le point abréviatif ne peut suivre les contractions ;
- suspension : la finale (une ou plusieurs lettres) d'un mot (ou d'une syllabe) est omise. Souvent, un point abréviatif suit l'élément (mot ou syllabe) abrégé, deux points l'entourent, ou bien le titulus le surmonte, parmi de nombreux autres signes (dont le deux-points ou encore le point-virgule) ; la suspension de n et m finals (puis en fin de syllabe) est très fréquente et indiquée par le titulus (qui, dans cette fonction, donne le tilde ; il est parfois surmonté d'un point pour m suspendu). Par extension, on nomme suspension toute abréviation dans laquelle la dernière lettre du mot est absente ;
:Exemples : a.d. → anno Domini, .n. → enim (« en effet »), ē → est (« [il / elle] est »), deb; → debet (« [il / elle] doit »), etc. → et cetera, dominū → dominum (« Seigneur » accusatif), etc. Cette méthode d'abréviation est encore très vivace en français (cf., etc., M.) ;
- logogrammes et symboles divers : des mots ou des syllabes entières peuvent être remplacés par un signe unique, que ce soient des ligatures (cf. Esperluette) ou des lettres modifiées (barrées, surmontées de symboles, du titulus et autres signes). Les notes tironiennes ont fourni un grand nombre d'abréviations de ce type, qui abondent surtout dans les manuscrits de droit .
Le paléographe est souvent confronté à une pléthore d'abréviations, rendues complexes par le fait qu'elles ne sont pas normalisées avant le XII siècle (elles forment ensuite un système cohérent) et qu'elles abondent entre le XIII et le XV. Quelques-unes des abréviations les plus significatives pour l'histoire de l'orthographe sont décrites ci-dessous.
X (-us)
Dans les manuscrits médiévaux en ancien français, on trouve souvent la lettre x utilisée comme signe d'abréviation pour la suite de lettres -us après voyelle et en fin de mots, alors très fréquente. Par exemple, ce qui est écrit chevax doit être lu chevaus /ʧəvaus/, qui a évolué ensuite en /ʃəvo/ (par monophongaison de [au] et simplification de l'affriquée /ʧ/). Cette habitude s'est ensuite perdue mais certains mots fréquents qui s'écrivaient au cas régime pluriel avec ce x (issu de plusieurs origines, dont la plus courante est la vocalisation d'un /l/ devant consonne suivi de la désinence -s) l'ont conservé alors que leur graphie a été adaptée aux usages actuels.
Le mot cheval se déclinait, en ancien français, ainsi :
- singulier :
- cas sujet : cheval-s → chevau-s (vocalisation du /l/) écrit chevax ;
- cas régime : cheval ;
- pluriel :
- cas sujet : cheval ;
- cas régime : cheval-s → chevau-s écrit chevax.
Comme les formes à s'être conservées sont celles du cas régime, les plus fréquentes, l'on a actuellement le couple suivant : (un) cheval ~ (des) chevaus. On écrit cependant ce pluriel (comme dans nombre de noms en -al de même origine), -aux par réfection analogique : x n'étant plus compris comme un raccourci pour -us, étant une consonne par ailleurs souvent muette en fin de mots (croix, voix), on a ajouté un u après le a pour faire correspondre la prononciation [o] avec le digramme habituel au. De fait, l'orthographe chevaux est redondante puisqu'elle revient à chevauus.
L'utilisation de -x pour -us dans les manuscrits français est tellement courante que les éditions critiques et philologiques modernes la reproduisent le plus souvent. L'influence de cette graphie dans l'orthographe française explique aussi le maintien de cet usage.
Le terme -us était parfois abrégé par un 9 placé en exposant à la fin du mot, par exemple Image:9-expo.gif (plus).
L'usage du Tilde, des lettres barrées et de la cédille
Image:9-expo.gif
Les moines copistes puis les premiers imprimeurs ont utilisé le tilde, essentiellement sur les voyelles, pour abréger certains groupes de lettres. Ainsi :
- a tilde = « an » Image:a-tilde.gif (banquets) ;
- e tilde = « en » ou «em» Image:e-tilde.gif (ancienne) ;
- i tilde = « in » Image:i-tilde.gif (ineptement) ;
- o tilde = « on » ou «om» Image:o-tilde.gif (hommes) ;
- u tilde = « un » ou «on» Image:u-tilde.gif (aucun) ;
- n tilde = « neu » Image:n-tilde.gif (seigneur) ;
- p tilde = « pre » Image:p-tilde.gif (premiere) ;
- q tilde = « que » Image:q-tilde.gif (desquels) ;
- r tilde = « tr » Image:r-tilde.gif (l(e)tres).
Certaines lettres barrées servaient aussi d'abréviations :
- p barré = « par » ou « per » Image:p-barre.gif (par escript) ;
- q barré = « qui » Image:q-barre.gif (qui).
À noter enfin le rare :
- p cédille = «pro» Image:p-cedille.gif (profitables).
Ces abréviations, très courantes jusqu'au milieu du XVI siècle, ont disparu progressivement. Les voyelles tildées ont été utilisées jusqu'à la fin du XVII siècle.
L'exemple de texte en vignette a été réalisé avec la police de caractères [http://geneamichaud.free.fr/telechargements/1550-00.html 1550.ttf], librement téléchargeable, les illustrations des caractères proviennent de numérisations d'ouvrages numérisés (source [http://gallica.bnf.fr/ BnF/Gallica]).
Symboles abréviatifs préservés dans les écritures modernes
Parmi les nombreuseux symboles issus de ligatures ou de signes diacrités que l'on utilisait dans les manuscrits, certains se sont maintenus dans les écritures modernes. On peut compter à ce titre l'esperluette (& ; ligature de et) ainsi que le croisillon (# ; abréviation de numerus, « numéro », soit N surmonté d'un titulus).
Articles connexes
- acronyme ;
- sigle ;
- alphabet latin ;
- linguistique.
Lien externe
- Le [http://www.linux-france.org/prj/jargonf/ Jargon français] de Roland Trique
catégorie:norme Catégorie:Philologie -
ja:略語
simple:Abbreviation
Variante contextuelle
Il existe, dans certaines écritures, des graphèmes qui n'ont pas une seule forme immuable mais qui s'adaptent selon leur position dans le mot, ou contexte. Ainsi, à un graphème fondamental sont liés des allographes (sur le modèle d'allophone), qui n'ont pas le statut de graphèmes indépendants mais ne sont que des variantes contextuelles de ce graphème fondamental. De manière plus courante, on parle de ligatures. En typographie, ce terme n'est cependant pas un synonyme.
On peut établir une comparaison avec le statut de certains sons en phonologie : l'allographe contextuel est au graphème ce que l'allophone combinatoire est au phonème.
Parmi les écritures les plus connues suivant ce principe, on trouve :
L'alphabet arabe
Dans l'alphabet arabe, chaque lettre possède quatre allographes, à l'exception d'un petit nombre de lettres dont le tracé reste invariable. Chaque variante s'utilise dans un contexte précis dépendant de sa place dans le mot :
- en position indépendante, lorsque la lettre est seule dans le mot ;
- en position initiale d'un mot ;
- en position médiane ;
- en position finale.
À l'origine, l'alphabet arabe n'avait pas de telles variantes, qui sont nées des déformations impliquées par la graphie cursive, laquelle procède par des adaptations liées à la nécessité de ne pas lever le calame pour ne pas interrompre le trait. De simples variantes non pertinentes, les allographes ont ensuite acquis le statut de formes normées et obligatoires. On peut illustrer cela par le tracé d'une lettre, hāʾ (rappelons que l'arabe se lit de droite à gauche).
alphabet arabe Le processus ayant mené à la différenciation des allographes est ici très clair et dépend entièrement de la nécessité de ne pas lever le calame :
- la forme fondamentale est celle de la graphie isolée : le calame trace une simple boucle fermée ;
- lorsque la lettre apparaît en début de mot, le tracé commence comme pour une boucle mais ne peut se terminer une fois la boucle fermée : il doit repartir vers la gauche pour permettre la jonction avec la lettre suivante, d'où la boucle à l'intérieur de la première boucle, restée plus ou moins inachevée (certains scripteurs la ferment moins que dans l'image présentée ici) ;
- en milieu de mot, il n'est pas possible de tracer une boucle simple sans interrompre le trait. De la même manière que l'on trace un f cursif dans l'alphabet latin, on procède à une double boucle. On aurait pu se contenter d'une boucle ne partant pas vers le bas, mais une telle graphie représentait déjà une autre lettre ;
- en fin de mot, la boucle est simplement reliée à la lettre précédente.
L'apprentissage des allographes de chaque lettre peut sembler difficile. En fait, il est grandement facilité si l'on garde à l'esprit qu'il ne s'agit que de respecter la contrainte de la cursivité : toutes les lettres (sauf six) d'un même mot doivent être liées et le trait doit revenir au niveau de la ligne de base pour permettre l'enchaînement. Il n'est donc pas possible de finir une lettre liée en haut ou en bas de cette lettre. La lettre ǧīm le montre clairement :
alphabet arabe
Alors que la lettre est terminée, dans sa graphie fondamentale, par une large boucle basse ouverte revenant vers la gauche, cette boucle doit nécessairement être annulée dans les graphies liées pour permettre la jonction. Il ne reste donc que la partie supérieure de la lettre. Il n'est en effet possible ni de continuer le trait plus bas que la ligne d'écriture ni de continuer à écrire sous cette lettre. On aurait sinon pu imaginer que la boucle fût fermée pour repartir à droite. On remarque que les graphies initiale et médiane sont identiques : aucune adaptation supplémentaire n'est en effet nécessaire. Enfin, la graphie finale n'est qu'une forme reliée à ce qui précède de la graphie fondamentale, la boucle pouvant réapparaître.
L'alphabet syriaque
[En préparation]
L'alphabet hébreu
alphabet arabe
L'alphabet hébreu emploie cinq variantes contextuelles finales. Le procédé est semblable à celui de l'arabe, mais bien plus simple (voir ci-contre). On remarque qu'il s'agit principalement d'une simplification du ductus, qui s'allonge. On sent là un procédé semblable à celui qu'on rencontre en grec. Ces variantes contextuelles sont obligatoires et se retrouvent dans la graphie cursive de l'alphabet.
L'alphabet latin
On peut comparer les procédés utilisés pour l'alphabet arabe à la situation que connaît spontanément un scripteur utilisant l'alphabet latin quand il écrit dans une graphie cursive : il aura lui aussi tendance à tracer les lettres différemment selon leur place dans le mot. Seulement, chaque scripteur peut développer ses propres variantes, lesquelles ne sont jamais pertinentes et ne sont pas normalisées. Écrire en détachant toutes les lettres n'est pas impossible. C'est d'ailleurs ainsi qu'on imprime depuis des siècles la majorité des ouvrages. Bien que maintenant sorties des usages ou lexicalisées, des variantes contextuelles normalisées ont cependant été utilisées.
S long et s rond
Ce caractère est détaillé dans l'article qui lui est consacré.
Résumé :
article qui lui est consacré
L'exemple le plus notable est celui du s, qui se traçait différemment : s rond (notre s) en fin de mots, s long partout ailleurs :
image:Variantes_contextuelles_latines2.png
Le s long, issu de la demi-onciale latine (apparue vers le IVe siècle), s'est transmis à toutes les écritures latines postérieures. Son utilisation, au départ, ne suivait pas des règles strictes. Simple variante du s, il pouvait d'ailleurs être utilisé seul et en toute position. Son tracé a beaucoup varié selon l'écriture, sa localisation et le scribe. Petit à petit, cependant, il en est venu à remplacer s dans toutes les positions, sauf en finale. Cette convention s'est conservée dans l'imprimerie jusqu'au XIXe siècle, pendant lequel l'usage, déjà fluctuant à la fin du XVIIIe (dans un même ouvrage, les deux s pouvaient être utilisés en concurrence avec ls unique), se perd entièrement. Actuellement, des lecteurs non avertis confondent le s long avec un f.
Y, j, i, u et v
[En préparation]
L'alphabet ouïghour
[En préparation]
L'alphabet grec
On trouve en grec deux variantes contextuelles.
Sigma
Dans cette partie, l'on a employé comme caractère pour représenter le sigma « lunaire » la lettre C / c latine et non le caractère grec, qui n'est pas toujours présent dans les polices de caractères. Bien que les deux caractères n'aient normalement pas exactement le même tracé, ils sont très proches. Il suffira de substituer Ϲ / ϲ (U+03F9 et U+03F2) à C / c (U+0043 et U+0063) pour obtenir une écriture correcte.
La lettre sigma, σ [s], s'écrit obligatoirement ς en fin de mot.
On note que cette variante n'existe pas en capitales : en effet, le sigma final est la plus tardive des quatre variantes normalisées du sigma, lettre dont l'histoire est complexe :
- la première graphie normalisée pour cette lettre (en 403 avant notre ère) est la capitale Σ ;
- au IIIe siècle avant notre ère, il se trace C (sigma lunaire de l'onciale), par simplification du tracé, forme qui, s'imposant par la suite, sera conservée jusqu'au VIII pour la lettre quelle que soit la casse, XVIII pour la capitale seule ;
- lorsque les minuscules cursives (dites byzantines) ont commencé à se développer (entre le III siècle avant notre ère et le VIII siècle de notre ère pour la première période puis jusqu'au IX pour la seconde, celle pendant laquelle des tracés de type capital ont été réintroduits), d'abord parallèlement à la graphie en capitales, puis en remplacement de celle-ci, le sigma cursif (« minuscule ») se traçait d'abord c puis grosso modo σ (vers le VIII siècle ; cette forme est inspirée de la première, mais encore plus cursive, et a été gardée jusqu'à aujourd'hui) ;
- il faut attendre le XV siècle pour que les imprimeurs commencent à utiliser, sporadiquement puis systématiquement, la forme finale, dérivée du sigma lunaire, soit ς. Ce tracé est pourtant antérieur : entre le XI et le XV siècle, on trouve parfois le c comme variante finale (la graphie n'ayant pas été entièrement remplacée par σ), laquelle se munit d'une queue terminale (représentant le retour du calame finissant le mot) à partir du XIII siècle ;
- il faut attendre le XVIIIe siècle pour que le sigma capital soit de nouveau tracé Σ, la graphie étant empruntée par volonté classiciste aux inscriptions antiques ;
- le sigma lunaire (en capitale ou en minuscule) n'a cependant pas été oublié et s'emploie parfois de manière archaïsante (et quelque peu politisée car il reste lié à l'Église byzantine, qui s'en sert encore). Enfin, on le rencontre fréquemment dans les éditions papyrologiques : il permet en effet, dans le contexte d'un texte lacunaire dans lequel on ne saisit pas toujours l'identité des mots (fin et début), d'éviter de préciser si tel ou tel sigma se trouve réellement en fin de mot puisque l'on trace cette lettre C en capitale et c en minuscule, quelle que soit sa place dans le mot.
En conclusion, l'on obtient actuellement les couples suivants :
- formes initiales et médianes : Σ / σ ou C / c ;
- formes finales : Σ / ς ou C / c.
Seuls Σ / σ / ς sont considérés non marqués. Il faut, de plus, bien noter que le sigma final ne s'emploie qu'en fin de mot et non de morphème : on pourra, dans un texte didactique, découper un mot en ses morphèmes. Dans ce cas, un sigma situé avant la coupe ne sera pas écrit avec sa variante finale. Ainsi :
- « Πελοπόννησος Pelopónnêsos est un ancien syntagme lexicalisé Πέλοπος νῆσος qui, par univerbation, est passé à Πελοπόσ-νησος, d'où Πελοπόννησος » ;
- « dans les aoristes sigmatiques, les désinences s'ajoutent à un thème terminé par un sigma : ἐλυσ- + -α, -ας, -ε, -αμεν, -ατε, -ασι ».
Bêta
Dans la tradition philologique française exclusivement, le bêta, seulement en minuscule, ne se trace β qu'en début de mot. Ailleurs, il prend la forme bouclée ϐ : ΒΑΡΒΑΡΟΣ / βάρϐαρος bárbaros, « barbare ».
Le bêta bouclé est emprunté à la graphie cursive manuscrite. À ce titre, les Grecs peuvent tracer ainsi à la main tout bêta, indépendamment de sa position, comme variante esthétique. Aucun autre pays que la France n'utilise cette convention typographique.
Articles connexes
- typographie, écriture ;
- lettre conjointe ;
- ligature ;
- lettres supplémentaires de l'alphabet latin, lettres supplémentaires de l'alphabet grec ;
- digramme ;
- diacritique.
Évolution du tracé de certaines lettres
Esperluette
L'esperluette, également appelée « perluète », « esperluète » ou, plus rarement, « éperluette », est le logogramme &. Elle correspond à la conjonction et et a le même sens que celle-ci.
Son inventeur serait Tiron, également auteur de la première méthode de sténographie décrite, les notes tironiennes.
Elle résulte de la ligature du e et du t. À l'origine, cette graphie ligaturée était plus ou moins systématiquement utilisée par les copistes médiévaux, qui utilisaient de nombreuses autres abréviations. En l'occurrence, on trouve l'esperluette fréquemment employée pour les termes et et etc. (&c.). Alors que le plus souvent, dans les manuscrits européens, seuls ces deux termes étaient abrégés en &, les scribes anglais s'en servaient aussi pour n'importe quelle séquence -et- : deberet pouvait être écrit deber&. On trouve cependant aussi de telles graphies sur le Continent : fazet, dans les Serments de Strasbourg est écrit faz&.
Il semble qu'elle ait été considérée comme la 27 lettre de l'alphabet. Selon le Trésor de la langue française, le &, dernière lettre de l'alphabet, était appelé ète ; or, à l'école élémentaire, on apprenait aux enfants à réciter l'alphabet en ajoutant « et » « per lui » « ète » après Z, sorte de rime ludique et chantante qui aidait la mémoire. L'usage fit que l'on appela finalement le caractère & perluète ou esperluette.
Une autre hypothèse a été formulée : espeluette viendrait de « espère lue et » (On espère qu'elle soit lue «et»)
Actuellement, en français, l'esperluette est très peu utilisée, et même rejetée dans la langue littéraire. Son utilisation est essentiellement circonscrite à la langue commerciale, plus spécifiquement publicitaire. Cela explique que l'esperluette soit parfois appelée « et commercial ». Elle semble en revanche plus courante en anglais (sous le nom dampersand) et peut-être dans certaines variétés dialectales africaines du français.
Dans certains langages informatiques, le & est employé pour dénoter l'opération ET logique. Sous un système UNIX, placé en fin de ligne il indique que l'on souhaite exécuter un programme en arrière-plan. En C et en C++, il indique une référence lorsqu'il précède un nom de variable.
programme
Articles connexes
- Le caractère Arrobe (« a commercial » : @) ;
- les caractères plus et moins.
Liens externes
- [http://www.gutenberg.eu.org/pub/GUTenberg/publicationsPDF/22-blanchard.pdf Noeuds & esperluettes : actualités et pérennité d’un signe] Gérard BLANCHARD, Cahier GUTenberg #20 (pp. 43-59)
Catégorie:Typographie
ja:アンパサンド
AbréviationUne abréviation (du latin brevis, « court »), est le raccourcissement d'un mot ou d'un groupe de mots, représentés alors par une lettre ou un groupe de lettres issus de ce mot. L'abréviation consiste donc toujours en une suppression, plus ou moins importante. Par exemple, c'est-à-dire peut s'abréger en càd, nous en ns, etc. Il existe plusieurs méthodes pour abréger des groupes de mots, dont les plus courantes sont la siglaison ou l'acronymie. Le point autre que celui de fin de phrase est souvent l'indice d'une abréviation. Il s'utilise quand la dernière lettre du mot abrégé est elle aussi supprimée : monsieur s'abrège en M. mais maître en Me, sans point abréviatif (e étant bien la dernière lettre du mot).
Abréviations antiques
[En préparation]
Abréviations médiévales
Le parchemin coûtant cher, les abréviations abondent dans les manuscrits occidentaux, surtout après le haut Moyen Âge. Elles sont la poursuite, et l'aboutissement, des abréviations antiques. Les abréviations médiévales peuvent être de plusieurs natures :
- contraction : une ou plusieurs lettres d'un mot sont omises mais la première et la dernière sont conservées. Un titulus (trait suscrit plus ou moins horizontal et droit, ancêtre du tilde) peut signaler ce fait ; les contractions sont, de loin, plus fréquentes au Moyen Âge que pendant l'Antiquité, qui préférait la suspension. Elles se rencontrent très souvent pour les nomina sacra (« noms sacrés »).
:Exemples : ihs xps → Iesus Christos (« Jésus-Christ ») ; noter que l'on trouve fréquemment un mélange de lettres latines et grecques dans les nomina sacra : h, x et p sont des adaptations des lettres onciales Image:Grec oncial h.png (η, ê), Image:Grec oncial x.png (χ, kʰ) et Image:Grec oncial r.png (ρ, r) ; omps → omnipotens (« tout puissant »), etc. On utilise rarement la contraction pure en français car on lui préfère soit la contraction par lettre suscrite, soit la suspension (voir plus bas) ;
- lettre suscrite : le mot est tronqué par contraction (on ne garde que la ou les premières lettres) et la finale (ou les finales) est écrite en hauteur, dans un petit format.
:Cette méthode s'est particulièrement bien conservée dans nos usages. Qu'on songe à des abréviations modernes comme 1, vº (et non v° ; lire verso), D (Docteur), M, etc. En français, le point abréviatif ne peut suivre les contractions ;
- suspension : la finale (une ou plusieurs lettres) d'un mot (ou d'une syllabe) est omise. Souvent, un point abréviatif suit l'élément (mot ou syllabe) abrégé, deux points l'entourent, ou bien le titulus le surmonte, parmi de nombreux autres signes (dont le deux-points ou encore le point-virgule) ; la suspension de n et m finals (puis en fin de syllabe) est très fréquente et indiquée par le titulus (qui, dans cette fonction, donne le tilde ; il est parfois surmonté d'un point pour m suspendu). Par extension, on nomme suspension toute abréviation dans laquelle la dernière lettre du mot est absente ;
:Exemples : a.d. → anno Domini, .n. → enim (« en effet »), ē → est (« [il / elle] est »), deb; → debet (« [il / elle] doit »), etc. → et cetera, dominū → dominum (« Seigneur » accusatif), etc. Cette méthode d'abréviation est encore très vivace en français (cf., etc., M.) ;
- logogrammes et symboles divers : des mots ou des syllabes entières peuvent être remplacés par un signe unique, que ce soient des ligatures (cf. Esperluette) ou des lettres modifiées (barrées, surmontées de symboles, du titulus et autres signes). Les notes tironiennes ont fourni un grand nombre d'abréviations de ce type, qui abondent surtout dans les manuscrits de droit .
Le paléographe est souvent confronté à une pléthore d'abréviations, rendues complexes par le fait qu'elles ne sont pas normalisées avant le XII siècle (elles forment ensuite un système cohérent) et qu'elles abondent entre le XIII et le XV. Quelques-unes des abréviations les plus significatives pour l'histoire de l'orthographe sont décrites ci-dessous.
X (-us)
Dans les manuscrits médiévaux en ancien français, on trouve souvent la lettre x utilisée comme signe d'abréviation pour la suite de lettres -us après voyelle et en fin de mots, alors très fréquente. Par exemple, ce qui est écrit chevax doit être lu chevaus /ʧəvaus/, qui a évolué ensuite en /ʃəvo/ (par monophongaison de [au] et simplification de l'affriquée /ʧ/). Cette habitude s'est ensuite perdue mais certains mots fréquents qui s'écrivaient au cas régime pluriel avec ce x (issu de plusieurs origines, dont la plus courante est la vocalisation d'un /l/ devant consonne suivi de la désinence -s) l'ont conservé alors que leur graphie a été adaptée aux usages actuels.
Le mot cheval se déclinait, en ancien français, ainsi :
- singulier :
- cas sujet : cheval-s → chevau-s (vocalisation du /l/) écrit chevax ;
- cas régime : cheval ;
- pluriel :
- cas sujet : cheval ;
- cas régime : cheval-s → chevau-s écrit chevax.
Comme les formes à s'être conservées sont celles du cas régime, les plus fréquentes, l'on a actuellement le couple suivant : (un) cheval ~ (des) chevaus. On écrit cependant ce pluriel (comme dans nombre de noms en -al de même origine), -aux par réfection analogique : x n'étant plus compris comme un raccourci pour -us, étant une consonne par ailleurs souvent muette en fin de mots (croix, voix), on a ajouté un u après le a pour faire correspondre la prononciation [o] avec le digramme habituel au. De fait, l'orthographe chevaux est redondante puisqu'elle revient à chevauus.
L'utilisation de -x pour -us dans les manuscrits français est tellement courante que les éditions critiques et philologiques modernes la reproduisent le plus souvent. L'influence de cette graphie dans l'orthographe française explique aussi le maintien de cet usage.
Le terme -us était parfois abrégé par un 9 placé en exposant à la fin du mot, par exemple Image:9-expo.gif (plus).
L'usage du Tilde, des lettres barrées et de la cédille
Image:9-expo.gif
Les moines copistes puis les premiers imprimeurs ont utilisé le tilde, essentiellement sur les voyelles, pour abréger certains groupes de lettres. Ainsi :
- a tilde = « an » Image:a-tilde.gif (banquets) ;
- e tilde = « en » ou «em» Image:e-tilde.gif (ancienne) ;
- i tilde = « in » Image:i-tilde.gif (ineptement) ;
- o tilde = « on » ou «om» Image:o-tilde.gif (hommes) ;
- u tilde = « un » ou «on» Image:u-tilde.gif (aucun) ;
- n tilde = « neu » Image:n-tilde.gif (seigneur) ;
- p tilde = « pre » Image:p-tilde.gif (premiere) ;
- q tilde = « que » Image:q-tilde.gif (desquels) ;
- r tilde = « tr » Image:r-tilde.gif (l(e)tres).
Certaines lettres barrées servaient aussi d'abréviations :
- p barré = « par » ou « per » Image:p-barre.gif (par escript) ;
- q barré = « qui » Image:q-barre.gif (qui).
À noter enfin le rare :
- p cédille = «pro» Image:p-cedille.gif (profitables).
Ces abréviations, très courantes jusqu'au milieu du XVI siècle, ont disparu progressivement. Les voyelles tildées ont été utilisées jusqu'à la fin du XVII siècle.
L'exemple de texte en vignette a été réalisé avec la police de caractères [http://geneamichaud.free.fr/telechargements/1550-00.html 1550.ttf], librement téléchargeable, les illustrations des caractères proviennent de numérisations d'ouvrages numérisés (source [http://gallica.bnf.fr/ BnF/Gallica]).
Symboles abréviatifs préservés dans les écritures modernes
Parmi les nombreuseux symboles issus de ligatures ou de signes diacrités que l'on utilisait dans les manuscrits, certains se sont maintenus dans les écritures modernes. On peut compter à ce titre l'esperluette (& ; ligature de et) ainsi que le croisillon (# ; abréviation de numerus, « numéro », soit N surmonté d'un titulus).
Articles connexes
- acronyme ;
- sigle ;
- alphabet latin ;
- linguistique.
Lien externe
- Le [http://www.linux-france.org/prj/jargonf/ Jargon français] de Roland Trique
catégorie:norme Catégorie:Philologie -
ja:略語
simple:Abbreviation
Chiffre arabe
Les chiffres dits « arabes », qui furent d'abord utilisés en France puis dans toute l'Europe et enfin dans le monde entier, sont en réalité des chiffres indiens : ils sont nés en Inde. Ils ont été décrits dans un ouvrage d'Al Khawarizmi, et ont été probablement transmis à l'Europe depuis l'Andalousie musulmane vers la fin du grâce à l'enseignement du calcul sur abacus, tel que pratiqué par les Arabes. On en trouve des attestations claires dans le Liber abaci de Fibonacci, datant de 1202. Ce sont des logogrammes.
Alors d'emploi très limité, l'utilisation de ces chiffres dits « arabes » (alors que les Arabes, les nomment, à juste titre, « chiffres hindîs ») n'a vraiment commencé à se généraliser en Europe et dans le monde arabe qu'au . Leur tracé définitif est attesté dès le . Voici une comparaison rapide entre les tracés actuels de nos chiffres « arabes » par rapport aux chiffres que les Arabes utilisent (ou « chiffres hindî ») et les chiffres tels que tracés dans plusieurs écritures indiennes. Il faut noter que les pays du Maghreb utilisent les tracés modernes contrairement au pays du Machrek (ou moyen orient). Ce type de tracé spécifique a d'ailleurs été probablement inventé au Maghreb (ou bien en Andalousie).
Machrek
Le mot « chiffre », utilisé d'abord pour signifier « zéro », vient de l'arabe sifr (أَلصِّفْر ʾaṣ-ṣifr), qui signifie « le vide ». Le mot zéro vient du même étymon arabe, mais sous la forme que lui donnaient les Italiens au , soit zefiro puis zero. C'est la traduction littérale du 0 sanskrit, ou shunya (शून्य śūnya, « vide »).
Le 0 est également un invention indienne ().
Voir aussi
- Numération
- Numération arabe
- chiffre 0, chiffre 1, chiffre 2, chiffre 3, chiffre 4, chiffre 5, chiffre 6, chiffre 7, chiffre 8, chiffre 9
- Système décimal
ja:アラビア数字
ko:아라비아 수 체계
PrépositionEn grammaire, une préposition est une catégorie de mot-outil (plus précisément, un mot de liaison) reliant un élément syntaxique donné à un autre élément de niveau supérieur, et précisant le type de lien ainsi créé.
:Il a une pipe en buis.
::La préposition « en » relie le nom commun « buis » au nom « pipe » dont « buis » est le complément (indication de la matière).
- La préposition est donc un subordonnant, au même titre que le pronom relatif ou la conjonction de subordination. Son rôle est d'introduire un élément subordonné (étymologiquement, préposition signifie posé avant), et d'en déterminer la fonction syntaxique.
:Il partira vers midi.
::Le nom commun « midi », introduit par la préposition « vers », a pour fonction : complément circonstanciel de temps du verbe « partira ».
:L'élément subordonné introduit par une préposition est fréquemment qualifié de syntagme prépositionnel. Cette expression ne doit pas induire en erreur. En effet, un syntagme prépositionnel, n'est pas un syntagme dont le noyau est une préposition (comme le nom est le noyau d'un syntagme nominal, par exemple), mais un « syntagme introduit par une préposition ». C'est ainsi que pour dissiper toute équivoque, il vaudra mieux parler, par exemple, de « syntagme nominal prépositionnel », de « syntagme adjectival prépositionnel », etc.
Différentes sortes de prépositions
Comme l'adverbe, la conjonction et l'interjection, la préposition est une catégorie invariable.
- Les principales prépositions simples sont « à », « de », « en », mais il y en existe bien d'autres :
:À, après, avant, avec, chez, concernant, contre, dans, de, depuis, derrière, dès, devant, durant, en, entre, envers, excepté, hormis, hors, jusque, malgré, moyennant, nonobstant, outre, par, parmi, pendant, pour, près, sans, sauf, selon, sous, suivant, sur, vers, voici, voilà, etc.
- Lorsque les prépositions constituent des composés détachés, on les appelle des « locutions prépositives ». On notera que chaque locution prépositive contient au moins une des trois principales prépositions simples (« à », « de » ou « en ») :
:À cause de, à côté de, à force de, à l'abri de, à l'exception de, à l'insu de, à moins de, à raison de, à travers, afin de, au-dedans de, au-delà de, au-dessous de, au-dessus de, au lieu de, auprès de, autour de, avant de, d'après, de peur de, du côté de, en dehors de, en dépit de, en faveur de, en sus de, face à, faute de, grâce à, hors de, jusqu'à, le long de, loin de, près de, quant à, sauf à, etc.
Éléments syntaxiques mis en relation par la préposition
Élément syntaxique subordonné
L'élément syntaxique subordonné, ou satellite, peut être constitué d'un mot, ou d'un syntagme. Cet élément est appelé régime de la préposition, ou encore, complément de la préposition (mais il vaut mieux éviter d'employer cette dernière expression, car l'élément introduit par une préposition, est complément, non pas de la préposition elle-même, mais du noyau qui la précède) :
:Une maison de paille.
:J'ai été chez lui.
:Elle repartira dès demain.
:Il faut se coucher pour se reposer.
::Sont introduits par une préposition, un nom (« paille ») dans le premier exemple, un pronom (« lui ») dans le deuxième, un adverbe (« demain ») dans le troisième, un infinitif (« se reposer ») dans le dernier.
- Une préposition peut à l'occasion introduire une proposition :
:Sa mère lui prépare un trousseau pour quand elle se mariera.
Élément syntaxique supérieur
L'élément hiérarchiquement supérieur, ou noyau, peut être un nom, un pronom, un adjectif qual | | |