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Logogramme

Logogramme

Un logogramme (du grec λόγος, « parole », ici « mot », et γράμμα, « caractère, lettre ») est un unique graphème notant un lemme entier et non seulement une partie de ses phonèmes. Dans la majorité des cas, rien n'indique, dans un logogramme, son signifiant (comment il doit être prononcé). En d'autres termes, c'est un signe unique écrit qui représente un mot complet, indépendamment de la langue. Un logogramme notant un élément abstrait de la réalité (comme une notion, un morphème ou un lemme) est un idéogramme. Celui qui représente directement, en le dessinant, un élément concret de la réalité est un pictogramme. Logogramme ne doit pas être confondu avec logotype.

Logogrammes courants des langues occidentales

Les langues occidentales à alphabet latin ont une très faible part de logogrammes dans leur écriture. Pourtant, parmi les quelques logogrammes utilisés, certains sont d'un emploi très courant. C'est le cas des chiffres dits « arabes », par exemple. En effet, si l'on prend le logogramme 1, celui-ci correspond dans chaque langue à un signifiant différent. Ces chiffres étant, de plus, utilisés maintenant presque partout dans le monde, le nombre de signifiants que 1 peut représenter est très important :
- un ou une en français ;
- one (voire a ou an) en anglais ;
- uno ou una en castillan ;
- وَاحِد wāḥid en arabe ;
- ichi en japonais, etc. De plus, dans une suite de logogrammes comme 10, 1 ne se lit plus un, one, etc. mais l'ensemble se dit, dans le même ordre, dix, ten, diez, عَشْرَة ʿašraʰ, , etc. Outre les chiffres, d'autres logogrammes sont célèbres :
- l'esperluette, &, qu'on lira, selon sa langue, et, and, und, y, etc. ;
- l'arrobe, @, qu'on peut prononcer chez en français et at en anglais. Les logogrammes ont cette caractéristique qu'ils permettent une grande intercompréhension écrite : un prix écrit par un Polonais restera compréhensible à un Basque sans qu'il puisse forcément le prononcer en polonais.

Sinogrammes

En outre, les sinogrammes (donc aussi les kanji les et hanja) reposent principalement sur le système logographique : l'intercompréhension écrite reste alors possible, à divers degrés, entre locuteurs de langues très différentes comme le japonais ou le mandarin. Un Chinois lira, par exemple, le caractère 貓 māo tandis qu'il représentera neko pour un Japonais. Tous deux comprendront « chat ». On conçoit de plus qu'une écriture logographique implique un grand nombre de graphèmes différents pour représenter tous les lemmes du lexique (dans les faits, il est faux de penser qu'à chaque lemme corresponde un caractère unique ; l'article sur les sinogrammes explique pourquoi). La principale difficulté de ces écritures, du reste, est que face à un caractère inconnu, et selon sa complexité, un lecteur peut ne pas être capable d'en deviner le sens, la prononciation, voire les deux, alors qu'avec un alphabet il est possible, au moyen d'un nombre limité de signes, de déchiffrer la prononciation de la majorité des mots d'une langue et de relier leur graphie à un signifiant, lequel appellera un signifié. Par exemple, il n'y a pas besoin d'apprendre spécifiquement à lire et écrire le mot chat pour savoir le prononcer. À tout le moins, la seule difficulté réside dans la connaissance ou non du fait que la consonne finale est muette : n'importe quel francophone peut donc lire /ʃa/ (ou /ʃat/, par erreur) et relier ces sons au bon signifié (le contexte permettant de déduire qu'il ne peut pas s'agir du chas d'une aiguille). Bien sûr, le signifiant n'est pas toujours aisé dans l'écriture latine, surtout lorsque sont mis en jeu des mots d'emprunt mal intégrés comme design en français. Pour les Chinois, mais pas pour les Japonais ou les Coréens, la déduction du signifiant et du signifié de 貓 est facilitée par le fait que la partie droite correspond à l'onomatopée du cri du chat et la partie gauche à la clef représentant un animal à griffes. Pourtant, la partie phonétique de cet idéo-phonogramme se lit miáo et non māo et la clef n'indique que de manière très générale qu'il s'agit d'un animal à griffes, lesquels sont très nombreux. Il serait donc exagéré d'affirmer que le signifiant comme le signifié se déduisent « naturellement » à la lecture. C'est du reste une idée reçue occidentale (« le chinois se lit comme un rébus ») contre laquelle s'élèvent des spécialistes des sinogrammes comme Viviane Alleton.

Articles connexes


- alphabet, sinogramme ;
- idéogramme, pictogramme. Catégorie:Écriture

Grec


-
Le grec (ἡ Ἑλληνικὴ γλῶττα hê hellênikề glỗtta) est une des langues indo-européennes, apportée en Grèce entre le et le On traite ici du grec ancien, le grec moderne étant décrit dans un article séparé.

Les dialectes

À l'origine, il existait une grande variété de dialectes, regroupés en quatre groupes : arcado-cypriote, occidental, éolien et ionien-attique. Parler du grec ancien n'a pas grand sens si l'on veut se référer à un des idiomes antiques : dans les faits, cependant, le grec désigne le dialecte d'Athènes. L'attique (dialecte du groupe ionien-attique), langue de l'Athènes antique, est la langue dans laquelle est écrite la majorité de la littérature grecque classique. Sous l'influence d'Alexandre le Grand, l'utilisation des dialectes a été réfrénée, de sorte que le monde grec utilisât la koinè, langue commune (c'est le sens de l'adjectif koinos) issue de plusieurs dialectes du groupe ionien-attique. Celui-ci lui permettait de communiquer avec son armée et était enseigné aux habitants des régions conquises, devenant ainsi la lingua franca de l'Antiquité, en concurrence avec le latin. La koinè est ensuite devenue langue officielle de l'Empire romain d'Orient, avant de continuer d'évoluer pour donner naissance au grec moderne d'aujourd'hui. Pour une étude comparative des différents dialectes, consulter Dialectes grecs.

Écritures

La première forme d'écriture attestée pour noter un dialecte grec est le linéaire B, un syllabaire sans rapport avec l'alphabet grec, servant à transcrire une forme archaïque d'un dialecte arcado-cypriote utilisé en Grèce continentale et en Crète entre environ -1550 et -1200. Entre -800 et -200, une écriture proche, le syllabaire cypriote, a été utilisée à Chypre. Ce syllabaire pourrait descendre du cypro-minoéen (voir plus bas). Il faut noter que des écritures plus anciennes que le linéaire B et le cypriote ont existé en Grèce, sans qu'on soit sûr qu'elles ont servi à noter du grec :
- le linéaire A (entre -1800 et -1450, en Crète et dans des îles égéennes) ;
- le crétois hiéroglyphique (entre -1750 et -1600, en Crète) ;
- le cypro-minoéen (entre -1500 et -1200, à Chypre), peut-être dérivé du linéaire A. C'est ensuite l'alphabet grec, hérité des Phéniciens et de leur alphabet, qui a été utilisé sous différentes versions (dites épichoriques) à partir du ou du puis a été normalisé et imposé au reste du monde hellénophone par Athènes en -403. En ajoutant des voyelles à cet abjad sémitique, les Grecs sont les inventeurs des alphabets occidentaux. En effet, emprunté par les Étrusques (cf. Alphabet étrusque), qui l'ont transmis aux Romains, il a donné naissance à l'alphabet latin, mais aussi, sans passer par les Étrusques, à l'alphabet gotique, au cyrillique, à l'alphabet copte… L'histoire de l'alphabet grec constitue un article séparé.

Phonologie

Consulter Prononciation du grec ancien pour un article complet. Résumé :
Le grec ancien est une langue à accent de hauteur possédant deux (ou trois, selon les interprétations) intonations : aiguë et circonflexe (cf. Accentuation du grec). Il se caractérise aussi par un système de consonnes aspirées et par un jeu d'oppositions de quantités vocaliques. Il existe plusieurs règles de sandhi, tant internes qu'externes. En passant de l'indo-européen au grec, la langue a subi de nombreuses modifications phonétiques dont les plus flagrantes sont décrites par la loi de Grassmann, la loi d'Osthoff et la loi de Rix. On note d'autre part qu'il permet de restituer dans de nombreux cas la coloration des laryngales IE. Enfin, c'est une langue centum.

Morphologie

Le grec, comme d'autres langues indo-européennes anciennes, est hautement flexionnel. Outre l'utilisation de désinences, le grec se caractérise par des procédés hérités de l'indo-européen comme l'alternance vocalique, l'utilisation du redoublement et de l'augment pour les verbes.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons du grec ancien. Par exemple, les noms possèdent cinq cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif et datif), trois genres (masculin, féminin et neutre, parfois réduits à un opposition animé / inanimé) et trois nombres (singulier, duel, pluriel et collectif pour les neutres). Le grec moderne n'utilise plus le datif, excepté dans quelques expressions comme en taxei, mais les autres cas sont généralement conservés. On compte trois grands types de déclinaisons, tant pour les noms que les adjectifs (type en -α/η, type thématique en -ος et type athématique), lesquels possèdent plusieurs sous-types. Les pronoms suivent un système qui leur est propre et qui, ayant influencé les types nominaux, n'en sont pas très éloignés. La richesse de la flexion nominale en fait la complexité.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons du grec ancien. Les verbes ont trois voix (active, moyenne et passive), trois personnes et trois nombres. Il se conjugue selon six modes, quatre personnels (indicatif, impératif, subjonctif et optatif) et deux impersonnels (infinitif et participe). Il existe six temps (présent, imparfait, aoriste, futur, parfait, plus-que-parfait), répartis de manière inégale entre les modes. Certaines formations secondaires existent, comme le futur antérieur. Outre le temps, le verbe exprime surtout, de manière très précise, trois aspects (imperfectif, aspect zéro et statique) et plusieurs modes de procès (inchoatif, itératif, fréquentatif, etc.). Seul l'indicatif marque les temps : à tous les autres modes, ce n'est que l'aspect qui est indiqué. Il existe deux grandes catégories de conjugaisons : les thématiques (ou verbes en -ω) et les athématiques (dits verbes en -μι). Ces catégories se divisent en un grand nombre de sous-catégories. Le système verbal est très complexe car la flexion met en œuvre de nombreux procédés comme l'alternance vocalique, la suffixation par le jeu de désinences, l'utilisation d'une voyelle thématique, celle de l'augment et du redoublement. À tous ces procédés s'ajoutent des modifications phonétiques importantes au sein d'un même paradigme. En sorte, il n'est presque pas exagéré de dire qu'il existe plus de verbes irréguliers que de réguliers.

Influence du grec ancien sur les langues modernes

Mots savants et radicaux grecs

Un grand nombre de mots en latin, français et anglais, pour ne citer que ces langues, sont d'origine grecque et la majorité des néologismes savants utilisés de par le monde est bâtie sur des radicaux grecs (souvent mêlés de radicaux latins). Seuls quelques langues, comme l'islandais de manière systématique et, dans une moindre part, l'allemand, n'utilisent pas ces radicaux mais traduisent par calque les termes savants grecs au moyen de radicaux qui leur sont propres.

Mots courants

Des mots comme boutique, caractère ou beurre viennent aussi du grec. Passés par le latin et hérités comme tel dans la langue française (via d'autres langues, comme l'occitan), ils ont subi les mêmes modifications phonétiques que les autres mots hérités et sont maintenant très éloignés de leur étymon grec : il faut reconnaître derrière chacun d'entre eux ἀποθήκη apothếkê, χαρακτήρ kharaktếr et βούτυρον boúturon.

Le dédale synchrone du cosmos politique

Voici, pour illustrer l'omniprésence du grec dans les langues occidentales, un extrait d'un texte de Xénophon Zolotas (Ξενοφών Ζολώτας) dans lequel chaque mot (hormis les mots-outils) est d'origine grecque : :« Sans apostropher ma rhétorique dans l’emphase et la pléthore, j’analyserai elliptiquement, sans nul gallicisme, le dédale synchrone du cosmos politique caractérisé par des syndromes de crise paralysant l’organisation systématique de notre économie. Nous sommes périodiquement sceptiques et neurasthéniques devant ces paroxysmes périphrasiques, cette boulimie des démagogues, ces hyperboles, ces paradoxes hypocrites et cyniques qui symbolisent une démocratie anachronique et chaotique. Les phénomènes fantastiques qu’on nous prophétise pour l’époque astronomique détrôneront les programmes rachitiques, hybrides et sporadiques de notre cycle atomique [...] ».

Divers


- code ISO 639-2 : grc

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
  - dialectes grecs;
  - déclinaisons du grec ancien ;
  - conjugaisons du grec ancien 
  - phonologie du grec, accentuation du grec ;
  - alphabet grec, diacritiques de l'alphabet grec, lettres supplémentaires de l'alphabet grec et histoire de l'alphabet grec ;
  - grec moderne ;
- littérature grecque.

Liens externes


- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81 Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://www.lorem-ipsum.info/_greek Générateur de texte aléatoire grec] en plus de l'habituel lorem ipsum.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec-français/français-grec
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/grec_ancien.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire grec ancien-français/français-grec ancien als:Griechische Sprache ja:ギリシア語 ko:그리스어 ms:Bahasa Greek simple:Greek language th:ภาษากรีก

Graphème

Le graphème est l'unité fondamentale d'une écriture donnée ; le mot est composé sur le modèle de phonème. Selon le type d'écriture, le graphème se réalise visuellement et phonétiquement de diverses manières. Voici un modèle théorique :
- alphabets : un graphème = une lettre (ou un digramme, un trigramme) = un phonème ;
- syllabaires : un graphème = une syllabe ;
- alphasyllabaire : un graphème = une consonne et une voyelle ou un phonème seul ;
- abjad : un graphème = une lettre = une consonne ;
- écriture logographique : un graphème = un caractère = une idée, un mot, un morphème, un composé idéo-phonétique, etc. On peut appliquer, pour savoir si un caractère est un graphème ou non, le même test que pour les sons, à savoir celui des paires minimales :
- en français, et sont des graphèmes car « sa » et « ce » s'opposent ;
- <a> et
ne sont pas des graphèmes car « sa » ne s'oppose ni à « sa » ni à « sa ». Ce sont donc des variantes libres ;
- en revanche,
n'est pas le seul graphème associable au phonème /a/ (de car) ; en effet, par exemple, le mot rouennais (habitant de Rouen) se prononce /rwanε/ et le phonème /a/ y est représenté par le digramme . Le graphème représente dans notre écriture actuelle au moins deux sons : la nasale /ɑ̃/ et la voyelle /a/. Parmi les variantes non pertinentes des graphèmes, on compte principalement des variations de mise en forme (gras, italique, etc.), des variantes contextuelles et des variantes conjointes. De plus, pour qu'une suite de lettres (dans les alphabets) forme un graphème (digramme, trigramme), il faut que cette combinaison soit reliée à un phonème identifiable : par exemple, et n'est pas un graphème en français car et se réalise de manières différentes, [e], [εt], et ne note pas un phonème unique, au contraire de au qui vaut dans la majorité des cas [o]. Catégorie:Linguistique

Consulter aussi


- Écriture.

Phonème

Catégorie:Linguistique Catégorie:Phonétique En phonologie, domaine de la linguistique, un phonème est la plus petite unité discrète ou distinctive (c'est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l'on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d'être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone). On transcrit traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques: /a/, /t/, /r/, etc., selon la règle un phonème = un symbole. L'identification des phonèmes d'une langue se fait en construisant des paires minimales, c'est-à-dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul son (ce son peut alors être considéré comme un phonème). Exemples :
- bien et mien : même raisonnement : /b/ et /m/ ;
- zona et sauna sont deux mots différents de la langue française, et il n'y a qu'un seul son différent (le premier). Donc, on peut conclure que le /s/ et le /z/ sont des phonèmes pour la langue française;
- roi avec un /r/ roulé ([r]) et roi avec un /r/ non roulé ([ʁ]) : les deux mots, en français, sont identifiés au même signifié. Il n'y a donc pas d'opposition entre le /r/ roulé et le /r/ non roulé, qui sont alors des allophones et non des phonèmes.
- Soulignons que cette notion de phonème est relative à une langue, en reprenant les deux derniers exemples. En espagnol il n'existe pas de paire minimale qui distingue /s/ de /z/, qui sont donc des allophones en espagnol standard. A contrario la paire pero et perro forme une paire minimale, qui prouve que /r/ et /rr/ sont des phonèmes distincts en espagnol standard. La notion de phonème est décrite en détail dans l'article Phonologie. Outre les phonèmes, il existe d'autres unités discrètes, comme les unités suprasegmentales.

Articles connexes


- Phonologie ;
- allophone ;
- distribution des phonèmes ;
- phonétique ;
- linguistique;
- archiphonème ja:音素 ko:낱소리 zh-min-nan:Im-sò·

Écriture

ja:文字 zh-min-nan:Bûn-jī hē-thóng L'écriture est un système de représentation graphique d'une langue, au moyen de signes inscrits ou dessinés sur un support. L'invention de l'écriture par l'homme correspond au passage de la préhistoire à l'histoire en une transition de plusieurs millénaires. En effet, l'homme a appris à compter avant d'inventer un quelconque système d'écriture. Le comptage est attesté vers -40 000 ans pour la quantification de transactions commerciales. Tandis que, si l'écriture, comme l'histoire, « commence à Sumer » (pour citer Noah Kramer), c'est-à-dire si elle est attestée à partir d'une date approximative (vers -3 000, à Sumer), ceci ne signifie pas qu'elle était inconnue auparavant. Ainsi, en 1961, on a découvert à Tartaria (Roumanie) trois tablettes d'argile présentant des signes proches des pictogrammes sumériens, datées par carbone 14 de plus de sept mille ans : mille ans avant le début du rayonnement de Sumer. L'homme n'a très probablement pas écrit « spontanément » sur des tablettes d'argile sans essais préalables. Il ne fixe l'écriture pour l'éternité (pense-t-il) qu'à partir du moment où il la maîtrise suffisamment. Avant de la fixer sur des matériaux pérennes, il emploie des matériaux périssables, tels que peaux d'animaux, bois ; et sans doute commença-t-il par tracer des signes sur la terre battue ou le sable.

Systèmes d'écriture

Un système d'écriture correspond généralement à la langue parlée. Il est alors dit logographique (on prononce ce qu'on lit); cependant, ce n'est pas le cas des systèmes pictographiques. Un même système peut servir à plusieurs langues et une même langue peut être représentée par plusieurs systèmes. Les graphèmes fondamentaux d'une écriture peuvent être complétés par l'utilisation de diacritiques, de ligatures, de graphèmes modifiés. graphèmes modifiés
- Écritures alphabétiques
  - Caractères arabes (abjad à variantes contextuelles)
  - Caractères berbères (tifinagh)
  - Caractères coréens (le Hangul) : système alphabétique groupant les lettres par blocs de deux à quatre signes.
  - Caractères cyrilliques
  - Caractères hébraïques
  - Caractères helléniques
    - Alphabet grec
    - Alphabet gotique
  - Caractères latins
    - Alphabet latin
    - Romanisations
  - Alphabets de l'Inde (semi-syllabaires la plupart du temps à variantes contextuelles)
    - Devanâgarî
    - Bengalî
    - Gujarâtî
    - Tamoul
    - Télougou
    - Gurmukhî
  - Autres alphabets issus du brahmique
    - Khmer
    - Laotien
    - Thai
    - Tibétain
  - Caractères scandinaves (les runes)
    - Futhark
    - Nouveau Futhark
    - Les runes pointées
- Écritures syllabiques
  - Linéaire B
  - Syllabaire inuktitut
  - Syllabaire cherokee
  - Caractères japonais kanas
    - Hiragana
    - Katakana
- Écritures logographiques (ou apparentées)
  - Caractères chinois ou sinogrammes (chinois, Hanzi) : Utilisés également par les Japonais qui les appellent Kanji. Les Coréens les utilisent pour écrire les noms propres. Cette écriture n'est pas réellement idéographique, car à un signe ne correspond pas toujours une idée. Elle est monosyllabique en chinois.
  - Caractères tangoutes
  - Caractères égyptiens
    - Les hiéroglyphes
    - Les hiéroglyphes linéaires
    - L'écriture hiératique (ces caractères ont presque perdu leur aspect représentatif)
    - L'écriture démotique
  - Les hiéroglyphes mayas
  - Les hiéroglyphes hittites
- Écritures cunéiformes
  - Caractères sumériens
  - Caractères akkadiens

Bibliographie


- Calvet (Louis-Jean), (1996), Histoire de l'écriture, Hachette (rééd. de 1998), ISBN 2-01-278887-4
- Daniels (Peter T.), Bright (William) (1996), The World's Writing Systems, Oxford University Press, ISBN 0195079930

Voir aussi


- boustrophédon
- Braille
- calligraphie
- chiffre
- diacritique
- écriture littéraire
- les Écritures, en religion
- épigraphie
- Expert en écritures et documents
- graphologie
- lettre
- ligature
- paléographie
- papyrus
- stoïchédon
- typographie
- variante contextuelle Liens externes
- [http://classes.bnf.fr/dossiecr/chr-ecri.htm Brève chronologie de l'écriture, dossier réalisé par la BNF] ;
- [http://www.omniglot.com Omniglot, un site très complet et sérieux sur la question]. EcritureEcriture

Morphème

En linguistique, on définit généralement un morphème comme la plus petite unité de son porteuse de sens qu'il soit possible d'isoler dans un énoncé. De même que le phonème, le morphème est une entité abstraite susceptible de se réaliser de plusieurs manières dans la chaîne parlée. Par exemple, en finnois, le morphème exprimant l'inessif (c'est-à-dire la désinence indiquant que l'on situe le nom à l'intérieur d'un lieu) peut se réaliser selon les mots de deux manières différentes, selon l'harmonie vocalique : -ssa ou -ssä. Ainsi, talossa « dans la maison », mais päässä « dans la tête » ; on notera par convention ce morphème sous la forme -ssA (où A est une variable pouvant prendre les valeurs a ou ä), et on dira que -ssa et -ssä sont les morphes (ou les allomorphes) de -ssA.

Typologie des morphèmes

Morphèmes lexicaux ou grammaticaux

Il existe deux grandes catégories de morphèmes : les morphèmes lexicaux (ou lexèmes) et les morphèmes grammaticaux. Dans la terminologie de la linguistique fonctionnelle d'André Martinet, ces deux catégories sont regroupées sous le nom de monème, et le terme de morphème est réservé aux seuls morphèmes grammaticaux. Les morphèmes grammaticaux sont des morphèmes qui appartiennent à une classe fermée, tels que « tu », « à », « et », etc. Les morphèmes lexicaux sont des morphèmes qui appartiennent à une classe ouverte, tels que « lave », « vite », « lune », etc.

Morphèmes liés ou libres

On peut dire d'un morphème qu'il est :
- lié s'il ne se manifeste pas comme lemme et n'existe jamais à l'état libre, mais est toujours rattaché à un autre morphème appelé base : comme -ons dans ouvr-ons ou re- dans re-faire ;
- libre s'il peut constituer un mot : le ou beau sont libres ; On distingue deux classes de morphèmes liés : les morphèmes dérivationnels et les morphèmes flexionnels.

Morphèmes dérivationnels

Les morphèmes dérivationnels servent à la création de nouveaux mots lexicaux par dérivation. Ils sont appelés affixes. On distingue deux types principaux de morphèmes dérivationnels selon deux critères : la place qu'ils occupent par rapport à la base lexicale sur laquelle ils se greffent et leur effet sur la catégorie de la base.
- Les préfixes sont des affixes qui sont antéposés à la base, tel que « dé » dans « défaire » et « re » dans « refaire ». Les préfixes ne provoquent jamais de changement de catégorie grammaticale de la base.
- Les suffixes sont des affixes qui sont postposés à la base, tel que « ment » dans « agréablement » et « able » dans « mangeable ». Les suffixes peuvent entrainer un changement de catégorie grammaticale de la base. La dérivation peut s'opérer à la fois par une préfixation et une suffixation, et l'on parle alors de dérivation parasynthétique.

Morphèmes flexionnels

Les morphèmes flexionnels indiquent la relation que la base à laquelle ils s'ajoutent entretient avec les autres unités de l'énoncé. On distingue deux types principaux de flexions selon la catégorie de la base :
- les flexions qui concernent les bases nominales, adjectivales et pronominales. Elles sont de trois sortes en français : le genre, le nombre et les cas.
- les flexions verbales qui correspondent à la conjugaison des verbes. Elles ont pour fonction de marquer la personne, le nombre, le temps, le mode et la voix. Un morphème flexionnel ne modifie jamais la catégorie de la base à laquelle il s'adjoint, contrairement aux morphèmes dérivationnels.

Morphèmes autonomes ou dépendants

On peut dire d'un morphème qu'il est
- autonome, s'il peut constituer un énoncé à lui seul (comme une réponse à une question) et ne dépend pas forcément d'autres éléments : rouge, ville ;
- dépendant, s'il est lié à d'autres mots de la phrase (qu'ils soient présents ou supposés) qu'il sert à construire : de, il, avec, demain. Noter que si avec peut à lui seul constituer un énoncé valide (Ton café, avec ou sans sucre ? Avec.), il faut tout de même sous-entendre un autre terme. Il reste dépendant. De même pour demain, qui nécessite une situation de communication : « demain par rapport au moment où je parle ».

Morphologie des morphèmes

On peut distinguer les morphèmes selon leur morphologie.

Morphèmes à signifiant discontinu

Les morphèmes à signifiant discontinu sont formés d'une succession d'éléments répartis à plusieurs endroits dans un énoncé.
- « Il ne sait pas » est composé notamment d'un morphème discontinu « ne (...) pas » qui indique la négation ;
- « Il a mangé » comporte un morphème discontinu « a (...) é » qui indique le temps du passé composé.

Morphèmes amalgamés en un seul signifiant

Certains morphèmes s'amalgament un seul signfiant :
- dans l'énoncé « Aller au marché », « au » est un amalgame des morphèmes « à » et « le » ;
- dans l'énoncé « La niche du chien », « du » est un amalgame des morphèmes « de » et « le ».

Morphèmes à signifiant zéro

Les morphèmes à signifiant zéro sont des morphèmes non marqués, c'est-à-dire des silences qui signifient quelque chose. Si l'on compare les trois énoncés suivants, leur transcription phonétique et leur découpage et morphèmes :
- mangions /mɑ̃ʒ-j-ɔ̃/ ;
- mangerons /mɑ̃ʒ-r-ɔ̃/ ;
- mangeons /mɑ̃ʒ-Ø-ɔ̃/. on peut considérer que mangeons comporte un morphème à signifiant zéro indiquant le présent par opposition aux morphèmes /j/ et /r/ qui indiquent respectivement l'imparfait de l'indicatif ou le présent du subjonctif et le futur simple de l'indicatif.

Allomorphes

Les morphèmes qui sont des variations contextuelles et sont donc en distribution complémentaire sont des allomorphes.

Synthèmes

Les morphèmes multiples qui fonctionnent comme un morphème simple sont des synthèmes.

Voir aussi


- Mot-composé.
- Mot-valise. Catégorie:Linguistique ja:形態素 ko:형태소

Lemme (linguistique)

catégorie:Lexicologie Le lemme (ou encore lexie) est l'unité autonome constituante du lexique d'une langue. Dans le vocabulaire courant, on parlera plus souvent de mot, notion qui, cependant, manque de clarté. On construit des énoncés avec des lemmes, les lemmes sont faits de morphèmes. Chaque lemme possède un signifiant et un signifié uniques en ce sens que l'ensemble de sa (ou ses) dénotation ─ sens propre ─ et de ses connotations ─ sens figurés ─ ajouté à ses possibilités d'emploi ne sont pas représentés par un autre lemme. Par exemple, les lemmes synonymes travailler et trimer ne sont pas identiques, outre la différence de signifiant. Bien qu'ils renvoient tous deux au même dénoté, celui de « fournir un effort en vue d'un résultat », l'un appartient au registre courant, l'autre au registre familier. Le premier possède une connotation neutre voire positive, le second est franchement péjoratif et décrit l'effort sous l'angle de la pénibilité. On dira que le champ sémantique de chaque lemme est unique : le lexique ne souffre pas la redondance.

Constitution des lemmes

Dans les langues indo-européennes (comme le français ou l'anglais), les lemmes sont constitués de phonèmes assemblés en morphèmes. Un lemme comme anticonstitutionnellement, par exemple, s'analyse ainsi :
- il possède dix-neuf ou dix-huit phonèmes (selon que l'on prononce ou non le e caduc : [ɑ̃tikɔ̃stitysjɔnɛl(ə)mɑ̃] ;
- il possède en diachronie un radical d'origine latine, sta- / sti- ;
- il est constitué en synchronie de six morphèmes : Dans d'autres types de langues comme les langues isolantes, le lemme se réduit à un lexème ou un assemblage de lemmes (mot composé), sans morphèmes, le plus souvent assez court. Ainsi, en mandarin le lemme pour « cœur » est 心 xīn, celui pour « ami » 朋友 péngyou (lemme composé). Dans ce type de langues, la syntaxe est souvent plus rigide que dans les langues dont les lemmes sont formés de morphèmes : en effet, rien (ou presque) ne permet de distinguer les classes lexicales. Ainsi, le verbe pour « manger » se dit 吃飯 chī=fàn quand il est employé sans complément d'objet (littéralement : « je mange de la nourriture ») mais 吃 chī quand le complément d'objet est exprimé : 我吃飯 wǒ chī=fàn « je mange (de la nourriture) » ~ 我吃肉 wǒ chī ròu « je mange (de la) viande ».

Forme des lemmes

Dans les langues indo-européennes

Un lemme peut être :
- simple : un seul mottendre, amour, jamais ;
- composé : un mot composé (mot formé de plusieurs mots) → rouge gorge, (s')entre(-)tuer ;
- complexe :
  - un syntagme (groupe de mots placés dans un sens précis et s'organisant autour d'un terme central) →: vert-de-gris, petit-bourgeois, grand-chose,
  - une expression complète → je-ne-sais-quoi, je-m'en-foutiste.

Dans d'autres langues

En mandarin, par exemple, la notion de lemme apparaît différemment (on en a vu un exemple plus haut). On trouvera les explications voulues dans l'article Sinogramme.

Autonomie des lemmes

Chaque lemme possède une classe lexicale et un signifié indépendants de ses composants quand il n'est pas un mot simple (on parlera de lemme complexe). D'autre part, son autonomie se retrouve dans le fait qu'il n'a pas besoin d'être associé à un morphème ou à un autre lemme pour exister. Par exemple, garou, dans loup-garou n'est pas un lemme. En effet, garou ne peut se dire seul. De même, -ons, dans marchons n'est pas un lexème.

Sens du lemme composé ou complexe

Quand le lemme dépasse le mot simple, il est doté d'un signifiant indépendant de ses constituants : par exemple, le lemme chou-fleur doit être compris indépendamment de chou et fleur. Ce n'est pas un chou en fleur ni une fleur de chou mais un légume bien précis. De même, rouge gorge ne se dit pas de tout ce qui a la gorge rouge : seule une espèce de passereau particulière est concernée.

Classe lexicale du lemme composé ou complexe

Grippe-sou à beau être composé d'abord d'un verbe gripper puis de son régime, le nom sou, c'est un nom. De même, je-m'en-foutiste est une expression complète constituée de pronoms (je, me, en) et d'une forme adjectivale dérivée du verbe (s'en) foutre, c'est un simple adjectif. On voit bien qu'un lemme perd le mode de fonctionnement de ses constituants : qu'en-dira-t-on est une expression lexicalisée (devenue un lemme) fonctionnant comme un nom mais pas comme un syntagme : on ne peut pas dire « le qu'en-disais-tu ».

Lemmes et dictionnaires

Un dictionnaire recense les lemmes d'une langue mais non les formes de ce lemme. Quand cette langue est flexionnelle ou agglutinante, l'entrée du dictionnaire se fait au moyen d'une forme dite canonique :
- pour les noms : au singulier en français (pour pommes, chercher à pomme), au nominatif en latin (solitudinibussolitudo), grec (φλεϐῶν phlebỗn → φλέψ phléps), au nominatif ou sous la forme du thème morphologique en sanskrit (aśvasyaaśva-, forme sans désinence), à la forme absolue en turc (kaynağınkaynak), etc ;
- pour les verbes : à l'infinitif en français (mourrontmourir), à la première personne du singulier du présent de l'indicatif en latin (amabimusamo) et en grec (ἐλελύκεσαν elelúkesan → λύω lúô), à l'infinitif pour le turc (okuyordumokumak), etc. Les règles de classement des lemmes dans le dictionnaire d'une langue doivent donc s'apprendre et nécessitent une connaissance de la grammaire de la langue, d'autant plus quand cette langue est flexionnelle et, pire, quand le début du mot peut être modifié par la flexion (le classement alphabétique se faisant depuis le début du mot vers la fin). Les méthodes d'apprentissage des langues étrangères concernées ainsi que les grammaires expliquent souvent à un étudiant de cette langue comment chercher les mots dans le dictionnaire quand la recherche peut être complexe. De même, les dictionnaires recensent parfois les formes difficiles de certains lemmes en renvoyant vers le lemme canonique. Voici quelques exemples :
- l'étudiant latiniste rencontrant la forme poposcerunt doit, en absolu, chercher à posco, qui en est la forme canonique. Un dictionnaire de la langue latine comme le Gaffiot (Dictionnaire latin français abrégé de Félix Gaffiot, Livre de poche, par exemple) recense cependant poposci en indiquant qu'il s'agit du parfait de posco. L'étudiant connaissant la grammaire de cette langue saura que poposcerunt est la troisième personne du parfait indicatif actif du verbe posco, « réclamer ». Une personne qui, sans aucune connaissance du latin, chercherait cette forme ne pourrait savoir que poposci et poposcerunt sont deux formes d'un même temps d'un même verbe et ne pourrait relier poposcerunt à posco ; pire, si le dictionnaire ne marque pas le renvoi de poposci à posco, on ne peut établir aucun lien puisque les deux formes ne sont pas classées à la même page, l'initiale du mot étant modifiée au parfait ;
- toujours en latin, la forme milites ne sera dans aucun dictionnaire reliée à sa forme canonique, miles, « soldat ». En effet, savoir qu'un mot terminé par -ites de ce type peut être dérivé d'un nom fini par -es et débutant par les mêmes lettres fait partie des compétences fondamentales du latiniste. Un profane n'aura aucune chance de déchiffrer même grossièrement un texte latin car chercher le sens des mots, indépendamment de la syntaxe, n'est pas toujours possible ;
- le cas est très fréquent en grec : cette langue utilisant un augment et le redoublement (consulter Conjugaisons du grec ancien), l'initiale des verbes est souvent très altérée. Même si les dictionnaires de grec usuels fournissent des pistes de recherches, il faut déjà connaître la grammaire de la langue pour savoir que la forme ᾤμωξα ốimôksa dépend du lemme οἰμώζω oimốzô, « se lamenter ». Même si le squelette des deux formes est identiques, les seules lettres en commun forment la syllabe -μω- au centre du mot ;
- dans les langues celtes, le phénomène des mutations consonantiques initiales est notable : en gallois, par exemple, il faut chercher garreg, charreg ou ngharreg à carreg, « pierre ». Toutes ces formes résultent en effet des mutations consonantiques qu'entraînent des mots-outils comme les déterminants.

Lexicalisation

Quand un mot simple, mot composé, etc., entre dans le lexique d'une langue, on parle de lexicalisation : on dira que je-ne-sais-quoi est lexicalisé, par opposition à je ne comprends rien. Je-ne-sais-quoi, en effet, est doté d'une classe lexicale unique (ici le nom, qu'on peut faire précéder d'un article) et renvoie à un signifié précis. On ne peut en changer le signifiant.

Terminologie

Les notions de lemme et de lexème sont employées de manière très variable selon les linguistes et leur école de pensée. Pour certains, ce qu'on nomme ici lemme est un lexème et le mot lemme n'est pas employé. Dans cette encyclopédie, même si ce choix est contestable, on utilisera lexème et lemme de cette manière :
- le lemme est l'unité autonome du lexique ;
- le lexème est le constituant lexical, autonome ou nom, d'un lemme.

Articles connexes


- Lexique, lexème ;
- lexicalisation ;
- lexème ;
- mot ;
- lexicologie.

Idéogramme

Un idéogramme est un symbole graphique représentant un mot ou une idée utilisé dans certaines langues vivantes (comme le chinois et le japonais) ou anciennes (comme les hiéroglyphes de l'Égypte antique). On oppose les idéogrammes aux pictogrammes. Le terme de logogrammes est préféré pour sa plus grande clarté.

Sinogrammes

Contrairement à une idée reçue, tous les sinogrammes ne sont pas des idéogrammes, loin de là : les idéogrammes ne représentent qu'une petite partie des sinogrammes, la plus grande catégorie étant représentée par les idéo-phonogrammes, sorte de rébus comprenant une indication phonétique, et une indication sémantique. Par exemple, dans le mot suivant signifiant la Chine, soit zhōng guó ,
Image:Zhongguo.gif
le premier sinogramme (zhōng) est un idéogramme symbolisant le milieu (cf. l'Empire du Milieu) tandis que le second (guó, « pays ») est un idéo-phonogramme composé d'un radical phonétique, 或 (pour la finale -uo), et un indice visuel sur le sens, 囗 (pour l'idée d'enclos, de zone limitée dans l'espace).

Hiéroglyphes

Bien que les hiéroglyphes aient quasiment tous une origine pictographique, certains sont des idéogrammes. Quoi qu'il en soit, la majorité étaient utilisée comme caractère phonétique ou symbolique. Avec les simplifications des hiéroglyphes linéaires, et surtout, le passage au hiératique, les caractères perdent définitivement leur valeur figurative.

Articles connexes


- hiéroglyphe, sinogramme ;
- logogramme, pictogramme. Catégorie:Linguistique ja:表意文字 ko:표의 문자

Pictogramme

Un pictogramme est une représentation graphique schématique servant généralement à la signalétique qui peut servir à s'orienter dans l'espace réel ou sur l'Internet. Les pictogrammes sont très utilisés dans les cartes géographiques.

Quelques exemples

cartes géographiques - cartes géographiques- cartes géographiques

Voir aussi


- Icône
- Code de la route Catégorie:ArtCatégorie:Symbole ja:ピクトグラム

Logotype

Catégorie:Communication Catégorie:Commerce Un logotype, plus couramment appelé logo, est un dessin qui sert à identifier de manière unique les entreprises, produits, services, institutions, agences, associations, événements, ou toute autre sorte d'organisations dans le but de différencier le propriétaire du logotype des autres entités. Un logotype est en général une marque écrite à l'aide d'une fonte de caractères spéciale, et disposée d'une manière particulière, mais lisible. Ces dernières années, le terme de logotype est de plus en plus souvent utilisé pour décrire les sigles, emblèmes, marques déposées, armoiries, symboles ou encore drapeaux.

Histoire

L'origine des logos remonte au XIXe siècle, quand les manufactures industrielles devinrent importantes. Les nouvelles méthodes de production industrielles autorisèrent une finition beaucoup plus homogène que les anciens produits réalisés à la main. Ces nouveaux produits étaient alors distribués dans des zones géographiques plus vastes. De nouveaux concurrents apparaissaient régulièrement, et l'offre pour des produits de même sorte augmenta considérablement. Or une partie importante de la population était alors illettrée. Les industriels constatèrent que le public ne pouvait pas différencier aisément leur produit des produits concurrents. De plus en plus de fabricants commencèrent donc à inclure un symbole, signe ou emblème sur leurs produits et emballages, pour que tous les acheteurs puissent aisément reconnaître le produit qu'ils voulaient. Les fabricants ajoutèrent ensuite le nom de la compagnie ou du produit sur leur signe. Le nom pris une forme spécifique chez chaque manufacturier. Ces logotypes combinés, qui pour la première fois incluaient signe et nom devinrent très populaires. Depuis de nombreuses années, quand un nouveau logo est dessiné, les propriétaires font appel à des publicitaires et des designers graphiques pour créer un signe ou un emblème qui apparaîtra comme un logotype, accompagné du nom de la compagnie, du produit ou du service. Cependant la réelle définition d'un logo est non pas l'aspect graphique adjoint à un nom, qui en fait un "insigne", mais bel et bien le nom dans un graphisme typographique spécial. Exemple : le losange Renault n'est pas le logo, mais l'insigne de Renault. Le véritable "logo" de Renault est le nom RENAULT écrit avec une police spécifique ou bien avec une police de caractère spécialement étudiée pour la circonstance, ou encore le nom écrit avec un certain style pour en rendre l'aspect original. Aujourd'hui sous l'appellation "logo", on regroupe ces deux idées en une seule, mais ce n'est pas la définition réelle et peu de gens le savent. Quand dans les années soixante-dix, ont commencé à fleurir des ventes de tee-shirt par correspondance ou étaient sérigraphiés des groupes musicaux, les choses étaient bel et bien spécifiées pour différencier une commande. Ainsi par exemple, pour le groupe Scorpions, si on ne voulait que le tee-shirt avec le nom et pas autre chose, il fallait commander le tee-shirt option "logo". Et effectivement, dans ce cas précis, c'est bel et bien le nom du groupe avec ce graphisme propre, qui est le "logo" du groupe. Pour reprendre un dernier exemple, dans le cadre de la propriété industrielle, le nom "alain afflelou", si une personne s'était appelée du même nom et avait voulu ouvrir un magasin de la même activité, aurait pu l'appeler ainsi, mais pas avec le même graphisme, car le nom écrit à la manière de l'époque (celui-ci a changé depuis) représentait le "logo" du groupe Afflelou. Cette différenciation trop souvent oubliée, permet de pouvoir argumenter clairement un travail ou un visuel, en désignant de quelle partie il s'agit. Logo pour le nom, insigne pour un graphisme associé.

Création d'un logotype

La création d'un logotype peut être considérée comme une création de design. De nombreux éléments sont à prendre en compte afin de transmettre le message souhaité, tant au niveau des formes que des couleurs. Ainsi, un logotype structuré sur une forme ronde, par sa référence à la Terre, à la nature en général (voire la position fœtale) véhicule une image de sécurité, de bien-être et d'apaisement. À l'inverse, le choix de formes triangulaires assure l'idée d'innovation, de progression et de techniques de pointes. Les formes carrées quant à elles font référence à la stabilité et la robustesse. Ces quelques formes de base se retrouvent dans de nombreux logos, et véhiculent ainsi des notions qu'un simple nom ne pourrait parfois suffire à transmettre. Dans cette optique le logo se conformera aux codes admis dans un champ d'activité donné afin d'être immédiatement reconnu comme se situant dans ce champ d'activité. Mais dans ce champ, le logo doit aussi se distinguer le plus possible afin d'être idntifié parmi ses pairs. Un travers commun est de se conformer aux modèles préexistants au point de diluer le message et l'identité de l'objet dans un environnement diffus. Les collectivités territoriales ont par exemple multiplié les poncifs dans les années 70 et 80 en basant leur logo sur : Leur initiale / un code couleur associant le bleu (pour l'eau, mer ou rivière) et le vert (pour la campagne) / des hachures façon Renault "pour faire moderne". Le choix du recours au logo par rapport à d'autres modes d'identification est aussi à mettre en balance, notamment pour une collectivité territoriale qui dispose d'autres signes.

Voir aussi

Liens internes


- Publicité
- Charte graphique

Liens externes


- [http://www.linuxgraphic.org/section2d/articles/formes/ Généralités sur les formes] ms:Logo simple:Logo

Alphabet latin

L'alphabet latin est l'alphabet qu'on utilise majoritairement pour écrire les langues d'Europe occidentale ainsi que dans les pays qui ont été colonisés par les Européens. C'est, en concurrence avec l'alphabet cyrillique et, dans une bien moindre part, l'alphabet grec, l'écriture occidentale par défaut et maintenant – en raison de l'importance économique et culturelle de pays l'utilisant (comme les États-Unis) une écriture internationale : on peut trouver des mots écrits en lettres latines dans les rues du Japon comme dans celles de l'Égypte. On nomme cet alphabet ainsi car c'était, à l'origine, celui des Romains et de leur langue, le latin.

Lettres

L'alphabet latin, comme la majorité de ceux issus de l'alphabet grec, est bicaméral : on utilise deux graphies pour chaque graphème (ou lettre), l'une dite minuscule, l'autre capitale. Dans la majorité des cas, chaque lettre possède les deux variantes. Il existe cependant quelques exceptions, comme la lettre ß (eszett ; utilisée en allemand et autrefois dans d'autres langues, dont le français), qui, en capitales, est remplacée par SS. L'expansion – tant géographique que temporelle – de cet alphabet en fait l'un des plus riches en variantes nationales. Ainsi :
- chaque langue donnée utilise un jeu plus ou moins complet de lettres fondamentales ;
- chacune peut en posséder des lettres modifiées qui s'y ajoutent ;
- parmi les lettres modifiées, certaines sont considées, selon les langues, comme des lettres à part entière ou comme des variantes d'une autre lettre. Par exemple, les alphabets utilisés pour le français et pour le castillan ne sont pas identiques (ainsi, la lettre ç ne s'emploie pas en castillan et le français, à l'inverse ne se sert pas de á), bien que tous deux puissent être ramenés à l'alphabet latin. En sorte, il ne serait pas faux de parler d'un alphabet français et d'un alphabet castillan. On le voit, il n'existe rien tel qu'un alphabet latin figé et constant ; il est cependant possible d'isoler les graphèmes fondamentaux utilisés dans une majorité de langues : ce sont ceux de l'alphabet des origines (voir plus bas, section « Histoire ») plus j et u ainsi que g et w, soient :

Graphèmes fondamentaux

cellpadding="8" |+ Capitales |- style="font-size:20px;" | A || B || C || D || E || F || G || H || I || J || K || L || M |- style="font-size:20px;" | N || O || P || Q || R || S || T || U || V || W || X || Y || Z |{{XIXe siècle{entête tableau simple style|text-align: center;

Chiffre arabe

Les chiffres dits « arabes », qui furent d'abord utilisés en France puis dans toute l'Europe et enfin dans le monde entier, sont en réalité des chiffres indiens : ils sont nés en Inde. Ils ont été décrits dans un ouvrage d'Al Khawarizmi, et ont été probablement transmis à l'Europe depuis l'Andalousie musulmane vers la fin du grâce à l'enseignement du calcul sur abacus, tel que pratiqué par les Arabes. On en trouve des attestations claires dans le Liber abaci de Fibonacci, datant de 1202. Ce sont des logogrammes. Alors d'emploi très limité, l'utilisation de ces chiffres dits « arabes » (alors que les Arabes, les nomment, à juste titre, « chiffres hindîs ») n'a vraiment commencé à se généraliser en Europe et dans le monde arabe qu'au . Leur tracé définitif est attesté dès le . Voici une comparaison rapide entre les tracés actuels de nos chiffres « arabes » par rapport aux chiffres que les Arabes utilisent (ou « chiffres hindî ») et les chiffres tels que tracés dans plusieurs écritures indiennes. Il faut noter que les pays du Maghreb utilisent les tracés modernes contrairement au pays du Machrek (ou moyen orient). Ce type de tracé spécifique a d'ailleurs été probablement inventé au Maghreb (ou bien en Andalousie).
Machrek Le mot « chiffre », utilisé d'abord pour signifier « zéro », vient de l'arabe sifr (أَلصِّفْر ʾaṣ-ṣifr), qui signifie « le vide ». Le mot zéro vient du même étymon arabe, mais sous la forme que lui donnaient les Italiens au , soit zefiro puis zero. C'est la traduction littérale du 0 sanskrit, ou shunya (शून्य śūnya, « vide »). Le 0 est également un invention indienne ().

Voir aussi


- Numération
- Numération arabe
- chiffre 0, chiffre 1, chiffre 2, chiffre 3, chiffre 4, chiffre 5, chiffre 6, chiffre 7, chiffre 8, chiffre 9
- Système décimal ja:アラビア数字 ko:아라비아 수 체계

Signifiant

Un signe linguistique est une entité formée par la réunion d'un signifié (un concept) et d'un signifiant (une forme sonore ou image acoustique). Par exemple, le mot français arbre est un signe linguistique associant le concept d'arbre à la forme sonore /arbr/.

Linguistique

mot La notion de signe linguistique a été définie par Ferdinand de Saussure dans son Cours de linguistique générale. Saussure a souligné trois caractéristiques importantes du signe linguistique : #L'arbitraire du signe : le lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire (c'est-à-dire immotivé), car un même concept peut être associé à des images acoustiques différentes selon les langues. #Le caractère linéaire du signifiant : « le signifiant, étant de nature auditive, se déroule dans le temps ». Les éléments des signifiants se présentent donc obligatoirement les uns après les autres, selon une succession linéaire : ils forment une chaîne. #L'immutabilité du signe : le signifiant associé à un concept donné s'impose à la communauté linguistique : un locuteur ne peut décider de le modifier arbitrairement. #La mutabilité du signe : les signes linguistiques peuvent néanmoins être modifiés par le temps, par l'évolution linguistique (modification du signifiant, du signifié ou de leur rapport). La science étudiant les signes, qu'ils soient verbaux ou non-verbaux, est la sémiotique (ou sémiologie, selon le sens donné à ce dernier terme). Celle étudiant les concepts d'un point de vue linguistique est la sémantique, tandis que la phonétique et la phonologie décrivent l'image sonore des signes linguistiques.

Psychanalyse

Le psychanalyste Jacques Lacan s'inspira de cette notion pour développer son concept de signifiant et de signifié. Pour Lacan, l'élément essentiel du signe linguistique est bien le signifiant, le mot lui-même. Il y a primauté du signifiant. L'impression, la trace mnésique que laisse l'image acoustique détermine le parlêtre. Cette distinction lacanienne s'appuie également sur les notions, chez Sigmund Freud, de représentation de chose et de représentation de mot, qui ne sont cependant pas synonymes de signifiant et signifié. Si l'importance du signifiant révèle un parlêtre tout fait de symbolisme, la primauté du signifiant permet plus encore d'aborder l'inconscient, structuré comme un langage. Partant de la phrase Un signe est ce qui représente quelque chose pour quelqu'un ( Lacan, L'identification), Lacan formulera un énoncé très différent, élevé à la dignité d'axiome, de véritable slogan : Un signifiant représente le sujet pour un autre signifiant. Ce sujet que le signifiant représente, il s'agit du sujet de l'inconscient. C'est le signifiant qui tranche, c'est lui qui introduit la différence comme telle dans le réel, et justement dans la mesure où ce dont il s'agit n'est point de différences qualitatives (L'identification). catégorie:Linguistique catégorie:Terminologie lacanienne ja:記号

Français

Le français est une langue romane parlée en France, dont elle est originaire, ainsi qu'en Belgique, au Canada, en Côte d'Ivoire, en Suisse et dans 47 autres pays. La langue française a cette particularité que son développement a été en partie l'œuvre de groupes intellectuels (comme la Pléiade) ou d'institutions (comme l'Académie française). C'est une langue dite « académique ». Toutefois, l'usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui malaxèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Jean-Baptiste Poquelin. On parle d'ailleurs de la « langue de Molière ».

Histoire

Voir l'article détaillé : Histoire de la langue française On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du synode de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même. C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration. Régi par : Académie française, Délégation générale à la langue française et aux langues de France, Service de la langue française (Belgique), Office québécois de la langue française, les Conseils supérieurs de la langue française de France, de Belgique et du Québec.

Voir aussi


- synode de Tours
- Serments de Strasbourg
- Séquence de sainte Eulalie
- Édit de Villers-Cotterêts
- français langue étrangère

Littérature

Parmi les premières œuvres majeures :
- La Chanson de Roland (Roland, Charlemagne, Olivier, Ganelon)
- Le Roman de Renart (Goupil, Ysengrin)
- Les romans de Chrétien de Troyes
- Gargantua de François Rabelais
- Défense et illustration de la langue française
- Voir aussi Littérature francophone et littérature française

Vocabulaire

Étymologie

La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un synonyme, l'un venant de la racine latine ancienne, l'autre étant populaire. Ces doublets sont surtout présents avec un nom (populaire) et l'adjectif dérivé (savant) : mère / maternel, frère / fraternel, cheveu / capillaire, foi / fidèle, froid / frigide, œil / oculaire, sûreté / sécurité, etc. Le francique, en tant que superstrat, a laissé quelques mots importants et les emprunts sont nombreux : d'abord à l'anglais, puis à l'italien, aux autres langues romanes, à l'arabe, etc.

Néologismes

Certains néologismes français sont constitués à partir des racines latines ou grecques :
- logiciel, domotique... D'autres suivent les règles de suffixation :
- baladeur créé pour remplacer l'anglais walkman et diskman.

Français régional

Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français régional. On appelle français régional des mots ou des expressions employés dans certaines régions de la francophonie mais non retenus dans les dictionnaires académiques du français ou qui ne sont pas utilisés dans l'ensemble de la francophonie. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du français qui a évolué de façon différente. Par exemple, au Québec, le terme clavardage est le terme officialisé par l'Office québécois de la langue française pour désigner une séance de bavardage avec un autre interlocuteur par le biais d'Internet et sous forme d'échange de texte. Autres exemples :
- au Québec et en Suisse : on dit mitaine pour « moufle » ;
- en France, dans la région de Normandie, on utilise souvent clenche pour « poignée de porte », toile pour « serpillière », ce midi ou dans l'heure de midi pour « à midi », etc. ;
- en France, dans la région de Picardie, on peut utiliser wassingue pour désigner la serpillière ;
- en France, on dit cake pour désigner certains types de gâteaux.
- dans le sud de la France, du Limousin au Bas-Languedoc et à la Provence, on emploie plier pour « emballer » ou « envelopper » (de l'occitan plegar, même sens).

Emprunts étrangers

:Pour plus d'information, voir l'article plus détaillé. On estime à moins de 13 % (soit 4 200 mots) les parts des mots d'origine étrangère dans la langue française courante soit environ les 35 000 mots d'un dictionnaire d'usage. 1 054 de ces mots sont d'origine anglaise, 707 italiens, 550 de l'ancien allemand, 481 des anciens langages gallo-romans, 215 arabes, 164 de l'allemand, 160 du celtique ancien, 159 espagnols, 153 hollandais, 112 perses et sanskrits, 101 des langues des indiens d'Amériques, 89 de diverses langues asiatiques, 56 de diverses langues afro-asiatiques, 55 de langues slaves et de la Baltique, 144 d'autres langues diverses.
  - Source : Henriette Walter, Gérard Walter, Dictionnaire des mots d'origine étrangère, 1998.

Prononciation

:Voir l'article plus détaillé.

Place du français dans le monde

Le statut international du français

article plus détaillé Le français est la langue officielle de nombreux pays, et largement utilisée dans un certain nombre d'autres. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de la « francophonie ». Dépassant, le seul cadre linguistique, le Haut Conseil de la Francophonie est une plateforme d'échanges impliquant un tiers des pays de la planète. Ce mouvement confirme une redéfinition de la place du français dans le monde. Le français est la langue officielle de la Convention du Mètre qui définit les unités de mesure en physique. C'est l'une des vingt langues officielles de l'Union européenne. Le français connaît un recul de son poids sur la scène des échanges internationaux face à l'influence de l'anglais. Par exemple, l'anglais est devenu langue de référence numéro un au Comité international olympique malgré l'histoire de cette institution.

Les francophones


- Voir l'article détaillé Distribution des francophones dans le monde
- Voir aussi : Variations régionales du français En 1998, le Haut Conseil de la Francophonie estimait les francophones « réels » à 112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à 110 millions de « francisants », qui, citons ici le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable, ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Le même type d'étude avait été mené par ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec 104,6 millions de francophones « réels » recensés plus 54,2 millions de « partiels », soit 158,8 millions de francophones. La progression enregistrée est importante avec un gain de 14,4 millions en 9 ans. 2 millions de ces « nouveaux » francophones sont des Français, démographie oblige, mais le gros du bataillon est fourni par le continent africain. En extrapolant ces chiffres, on peut estimer le nombre des locuteurs francophones à quelque 183 millions en 2005 et le nombre total de personnes aptes à s'exprimer en français à 290 millions.

Voir aussi

Liens internes


- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues romanes
      -
  - langues d'oïl
  - grammaire française
  - conjugaison des verbes français
  - verbe
  - conjugaisons des verbes du premier groupe
  - conjugaisons des verbes du deuxième groupe
  - conjugaisons des verbes du troisième groupe
  - noms en français
  - nombres en français
  - orthographe française
  - rectifications orthographiques
  - étymologie
  - fréquence d'apparition des lettres en français
  - diacritiques utilisés en français
    - accent circonflexe en français
  - symboles SAMPA pour les sons français
  - prononciation du français

Jeux de langue


- anacyclique
- anagramme
- contrepèterie
- jeu de mots
- lapalissade
- palindrome
- virelangue

Liens externes


- [http://www.site-magister.com/ Travaux dirigés de français].
- [http://www.olf.gouv.qc.ca/ Office de la langue française du Québec].
- [http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ Commission de toponymie du Québec].
- [http://www.francophonie.org/ Organisation internationale de la Francophonie].
- [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histlngfrn.htm « Histoire de la langue française »], par Jacques Leclerc, dans L'aménagement linguistique dans le monde, Québec, Université Laval.
- [http://atilf.atilf.fr/ Trésor de la langue française informatisé], version informatisée du Trésor de la langue française (TLF), dictionnaire extrêmement complet sur la langue française des XIXe et XXe siècles, réalisé sous la direction de Bernard Quemada et Paul Imbs.
- [http://www.orthographe-recommandee.info/ Orthographe-recommandée.info], à propos des rectifications de l'orthographe française officiellement recommandées.
- [http://www2.ignatius.edu/faculty/turner/languages.htm D'autres chiffres sur la Francophonie]
- [http://www.academie-francaise.fr/ L'Académie française et son dictionnaire en ligne]
- [news:fr.lettres.langue.francaise Forum Usenet sur la langue française] et [http://www.langue-fr.net/ site associé]
- [http://fr.groups.yahoo.com/group/langue-fr/ Liste de diffusion sur Yahoo Groupes]
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=3/ Apprendre et écouter des expressions pratiques en français] Chaque expression est accompagnée d'une illustration
- [http://www.les-dictionnaires.com/evolution-langue.html Dictionnaires d’évolution de la langue] Evolution de la langue française et des dictionnaires : vieux français, anglicismes,...
-
Francais Francais Francais Francais als:Französische Sprache ja:フランス語 ko:프랑스어 simple:French language th:ภาษาฝรั่งเศส zh-min-nan:Hoat-gí

Anglais

L'anglais est une langue germanique originaire d'Angleterre. C'est la langue maternelle ou l'une des langues des habitants de plusieurs pays, surtout le Royaume-Uni et ses anciennes colonies, dont les États-Unis, l'Irlande, le Canada, l'Australie, et la Nouvelle-Zélande. L'anglais est l'une des langues les plus parlées au monde : elle est la troisième en nombre de locuteurs natifs, et la première apprise comme seconde langue. Elle est aussi la langue la plus utilisée sur Internet.

Histoire

L'anglais descend de la langue parlée par les tribus germaniques angles (d'où est tiré le nom de la langue), saxonnes et jutes s'étant installées en Grande Bretagne au de l'ère chrétienne, remplaçant les langues celtiques présentes sur le territoire. Ces dialectes germaniques, qui ont connu la première mutation consonantique, sont alors désignés sous le nom de vieil anglais, d'abord écrit en runes puis avec l'alphabet latin, apporté par les scribes irlandais au . L'influence d'envahisseurs vikings installés au nord-est du pays est notable dans le lexique de la langue qui a alors emprunté de nombreux termes au vieux norrois (ou « vieil islandais »). L'influence du latin, langue liturgique du christianisme que les scribes irlandais ont apporté, est aussi très forte. On arrête le vieil anglais au , à l'issue de la bataille de Hastings, en 1066. L'épopée Beowulf est écrite dans cet état de la langue. Après sa victoire à Hastings sur les Saxons, Guillaume le Conquérant s'installe en Grande-Bretagne et impose sa langue, le normand (langue d'oïl de l'ancien français), comme langue de la cour ; ce faisant, il modifie profondément la langue anglaise : les emprunts se font très nombreux et souvent doublonnent avec des mots de radical germanique. Le mot saxon est parlé par le peuple, alors que le terme français est souvent lié au registre soutenu ou à la parlure des nobles. Par exemple, ox, calf ou sheep, termes germaniques, représentent chez le producteur ─ anciennement les couches populaires de la population ─ ce que le consommateur ─ autrefois les couches aisées de la population ─ désigne par beef (cf. bœuf), veal, (cf. veau) et mutton (cf. mouton). (Ainsi, ces trois derniers mots désignent surtout la viande par opposition au bétail sur pied; mais on a aussi "let's return to our muttons" "retournons à nos moutons" et fig. "muttonhead", "mouton [de Panurge]". Par contre, "oxtail soup" car à l'origine ce potage était un plat plébéien.) D'autre part, la langue simplifie ses déclinaisons. C'est le moyen anglais, dont l'orthographe est fortement influencée par celle des scribes normands, lesquels inventent par exemple les digrammes de la langue (ch, sh, gh, th) et introduisent la lettre w (anciennement un digramme vv ou uu), faisant ainsi sortir de l'usage des lettres anciennes comme þ (thorn, remplacé par th), ð (edh, remplacé aussi par th), ȝ (yogh, proche d'un 3, remplacé par gh ou y principalement) ou ƿ (wynn, proche d'un p, remplacé par w). Les Contes de Cantorbéry de Geoffrey Chaucer sont écrits en moyen anglais. La grande mutation vocalique, qui a vu la modification en profondeur des voyelles anglaises, du marque le tournant d'un autre état de la langue, l'anglais moderne, que l'on fait réellement commencer au début du avec William Shakespeare. On y distingue deux sous-périodes : l'anglais moderne d'avant ou après le , quand, à la suite des conquêtes britanniques, la langue s'est de nouveau lexicalement enrichie de manière notable grâce aux emprunts faits aux langues des colonies.

Influence de l'anglais

Historiquement, l'anglais a peu pénétré le français (moins de 4 % du vocabulaire est d'origine anglo-saxonne). Cependant son influence croît depuis une cinquantaine d'années du fait de la mondialisation des échanges commerciaux et technologiques, dominés par de grandes puissances parlant cette langue, le Royaume-Uni et les États-Unis notamment (voir « impérialisme linguistique »). C'est pourquoi l'utilisation de mots anglais est notable dans des secteurs comme l'informatique, les télécommunications ou l'économie, comme le fut l'italien jadis pour la musique. Un autre phénomène est lié à cet expansionnisme : l'anglais tend à être utilisé à la place d'autres langues. Ainsi le français était la langue privilégiée des relations diplomatiques et des relations contractuelles, l'influence des États-Unis a fait tomber cet usage en désuétude. L'anglais est aussi depuis 1951 la langue utilisée dans l'aviation, sur décision de l'OACI. Il a par ailleurs acquis dans le monde la place de langue la plus fréquemment utilisée dans les rencontres internationales, même si le multilinguisme reste la norme. Étant la première langue étrangère apprise dans le monde, il bénéficie d'une base unique de locuteurs dans tous les pays sur tous les continents. C'est enfin la seconde langue officielle de très nombreux États. Cette utilisation internationale de l'anglais, devenu une véritable lingua franca, inquiète nombre d'anglophones qui voient leur langue prendre les allures d'un pidgin simpliste coupé de ses subtilités et de son histoire.

Classification

L'anglais est une langue germanique, famille au sein de laquelle les langues vivantes les plus proches sont le frison et le scots mais qui, néanmoins, a subi à plusieurs reprises l'influence d'autres langues germaniques comme le vieux norrois, du latin et de diverses langues romanes, surtout le français, influence latino-romane que l'on ne remarque pas seulement dans les mots qui sont a priori des emprunts lexicaux (déjà vu ou rendez-vous, expressions françaises utilisées en anglais ; embargo de l'espagnol ; cupola, folio ou stiletto de l'italien), mais encore dans de très nombreux mots à étymon latin (comme expectexspectare, schoolschola, scuttlescutella, ou streetstrata).

Répartition géographique

Statut officiel

L'anglais est la première langue en Australie (anglais australien), Bahamas, Barbade (anglais carribéen), Bermudes, Dominique, Gibraltar, Grenade, Guyana, Jamaïque (anglais jamaïcain), Nouvelle-Zélande (anglais néo-zélandais), Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Trinité-et-Tobago, Royaume-Uni (anglais britannique), et (sans reconnaissance officielle) aux États-Unis (anglais américain). L'anglais est aussi l'une des premières langues du Belize (avec l'espagnol), du Canada (anglais canadien) (avec le français), de l'Inde (hindi et anglais ainsi que 21 autres langues d'État), de l'Irlande (avec l'irlandais), du Singapour (avec le malais, le mandarin, le tamil et d'autres langues asiatiques) et de l'Afrique du Sud (avec le zoulou, le xhosa, l'afrikaans, et le sotho du nord). C'est la langue non officielle la plus utilisée en Israël. C'est la langue usuelle dans l'île de Saint-Martin. À Hong-Kong c'est une langue officielle et largement utilisée dans le monde des affaires. Il est appris dès le jardin d'enfants, et est la langue d'instruction de quelques écoles primaires, de nombreuses écoles secondaires et de toutes les universités. Un nombre substantiel d'étudiants acquièrent un niveau de locuteur natif. Cette langue y est si largement utilisée qu'il est inadéquat de dire qu'elle n'est qu'une seconde langue ou une langue étrangère. C'est une langue officielle, mais pas native au Cameroun, Fidji, Micronésie, Ghana, Gambie, Kiribati, Lesotho, Liberia, Kenya, Namibie, Nigeria, Malte, Îles Marshall, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Îles Salomon, Samoa, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

Langues dérivées

L'anglais a donné naissance :
- à de nombreux pidgins et créoles.
- au Basic English, langue créée par C. K. Ogden and I. A. Richards en 1930. Celle-ci ne comporte plus que 850 mots : ceux qui sont indipensables à la vie quotidienne (expression de sentiments inclus) plus ceux nécessaires pour définir les autres le temps d'une conversation.
- L'anglais Européen : http://www.davytech.com/wiki/

Écriture

L'anglais utilise l'alphabet latin (avec, anciennement, des lettres comme ð ou þ ; voir plus haut). Il n'utilise des signes diacritiques que pour écrire les mots d'origine étrangère. Son orthographe découle d'un long processus historique et il n'y a souvent plus de bijection entre celle-ci et la prononciation actuelle.

Prononciation

Parmi les consonnes n'existant pas en français, on peut noter [θ] et [ð], écrits th, ou encore [ŋ], écrit n devant un g ou un k. Exemples de mots :

Grammaire

Voir article détaillé : Grammaire anglaise L'anglais ne comporte pas de genres pour les noms (à part de rares exceptions). Les adjectifs sont invariables.

Conjugaison

Voir article détaillé : Conjugaison anglaise

Lexique

Des mots sont entrés dans la langue anglaise au contact avec le français : ils sont pour ces raisons très proches, à l'écrit, de leur homonyme. Ces mots existent dans la langue anglaise depuis si longtemps que les anglophones ne les considèrent plus comme mots français. Par exemple : difference, introduction, village, pure. En revanche, l'anglais a gardé des mots tels que mushroom, budget et (an) apron dont l'on ne reconnaîtrait guère l'origine française (respectivement liés à mousseron, bougette et napperon par métanalyse).

Nombre de mots

Contrairement à d'autres langues, il n'existe pas d'organisme qui recense officiellement les mots d'anglais. Comme par ailleurs l'importance actuelle de cette langue dans la recherche scientifique fait que de nombreux mots sont créés tous les jours (certains promis à une large diffusion, d'autres resteront d'usage confidentiel), il n'existe pas de liste complète. On peut simplement constater que le dictionnaire Oxford English Dictionary, un des plus complet, recense plus de 500.000 entrées, y compris des mots désuets, des mots techniques et des mots de dialectes locaux.

Origine des mots

En 1973, Thomas Finkenstaedt et Dieter Wolff, en se basant sur les 80.000 mots du Shorter Oxford Dictionary (3e édition), ont établi la répartition suivante :
- français, y compris l'ancien français et le normand (ou anglo-français) : 28,3 %
- latin, y compris les mots scientifiques et techniques récents : 28,24 %
- ancien et moyen anglais, vieux norrois et hollandais : 25 %
- grec : 5,32 %
- étymologie indéterminée : 4,03 %
- mots dérivés de noms propres : 3,28 %
- toutes les autres langues : moins de 1 % Cependant, les problèmes de définition conduisent à des appréciations divergentes. Ainsi la linguiste française Henriette Walter affirme de son côté que [http://perso.wanadoo.fr/mondalire/Henriette_walter.htm plus des deux tiers des mots anglais sont d'origine française].

Emprunts à l'anglais

Le sens des mots peut avoir changé entre les deux langues. Certains de ces mots sont des allers-retours, car empruntés initialement au français.

avec la forme anglaise


- badge
- basket
- boss, « ch