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Luxure

Luxure

ja:性欲 lat. luxuria 1119 / Péché de la chair, recherche, pratique des plaisirs sexuels. La luxure désigne un penchant immodéré pour la pratique des plaisirs sexuels. Le mot a un sens différent selon qu'on parle de morale ou de religion.

Religion

Pour le catholicisme, c'est un des sept péchés capitaux. Il y a donc un jugement péjoratif majeur, assorti de menaces comme le risque de perdre son âme, d'aller en Enfer (Dante évoque la luxure dans ses cercles infernaux). Selon le dogme catholique, toute activité sexuelle en dehors du mariage (ou même, selon certains auteurs du Moyen Âge, en dehors de la fin reproductive de l'acte sexuel) relève de la luxure. La luxure y est souvent associée à d'autres défauts (débauche, goût pour le vice). Elle peut entraîner pour un chrétien de la culpabilité, une inaptitude à la vie en société, une frustration, un mal-être. La luxure n'empêche pas l'apparence de la vertu. Tartuffe, de Molière. Les religions anciennes ne considéraient pas toujours la luxure comme un défaut, au contraire. Certaines religions très répandues la pratiquaient d'ailleurs parfois dans le cadre de leurs rituels, comme les Bacchanales, dont les excès amenèrent le Sénat romain à les interdire à Rome en 186 av. JC. On trouve aussi des célébrations dionysiaques qui pratiquaient collectivement ce genre d'excès, sous l'empire de drogues et d'alcool (Temple de Dionysos à Baalbeck), et aussi des prostitutions sacrées. Voir Mont Éryx en Sicile, par exemple. Le Sabbat des sorcières pratique usuellement la luxure entre Satan et ses fidèles.

Morale

La luxure n'est pas forcément un défaut pour les morales non chrétiennes. L'hédonisme s'accommode de la luxure, et il existe même une voie morale initiatique assise sur la luxure en Inde, le Kama Soutra. De nos jours, les aventures sexuelles pré-maritales multiples sont courantes, tout comme le concubinage, et sont banalement acceptées par la majorité de la société. Un jugement moral plus réservé reste appliqué à certaines pratiques sexuelles comme l'échangisme, la sexualité de groupe, le voyeurisme ou l'exhibitionnisme, parfois sanctionnées par la loi quand elles s'exposent au public.

Voir aussi

Articles connexes


- paganisme
- Mérimin, l'ange de la luxure.
- Les autres péchés capitaux : l'avarice, la colère, l'envie, la gourmandise, la paresse, l'orgueil catégorie:péché capital Catégorie:Religion et sexualité

Sources


- Uta Ranke-Heinemann (théologienne allemande), Des Eunuques pour le royaume des cieux : L'Eglise catholique et la Sexualité, Pluriel, 1992 ISBN 201019006 (Original en allemand, 1988)

Péché capital

] Les sept péchés capitaux sont une notion définie par le christianisme : ils représentent les comportement humains à éviter afin de ne pas commettre de péchés. Le premier à reconnaître un certain nombre de ce qu'il appelait des passions fut Évagre le Pontique, moine gnostique et origénique mort dans le désert égyptien en 399 : Évagre identifia huit passions et estimait que tous les comportements impropres trouvaient leur origine dans une ou plusieurs de celles-ci. La liste actuelle a été citée par Thomas d'Aquin dans sa Somme théologique (question 84, Prima secundae) au . Il y mentionne que certains d'entre eux ne sont pas en eux-mêmes à proprement parler des péchés, mais plutôt des vices, c'est-à-dire des tendances à commettre certains péchés.
- l'orgueil : attribution à ses propres mérites de qualités vues comme des dons de Dieu (intelligence, etc.). Son démon est Lucifer;
- l'avarice ou cupidité : désir de posséder ou conserver plus de richesses que nécessaire. Son démon est Mammon ;
- l'envie : refus de se réjouir du bonheur d'autrui, ou satisfaction de son malheur. Son démon est Léviathan ;
- la colère : courte folie déjà pour les anciens, et qui entraîne parfois des actes regrettables. Son démon est Satan ;
- la luxure : plaisir sexuel recherché pour lui-même. Son démon est Asmodée ;
- la gourmandise : ce n'est pas tant la gourmandise au sens moderne qui est blâmable que la gloutonnerie, l'excès et le gâchis. Du reste, ailleurs qu'en français ce péché n'est pas désigné par un mot signifiant « gourmandise » (gluttony en anglais, par exemple). Son démon est Belzébuth;
- la paresse : refus d'accomplir des tâches nécessaires. Son démon est Belphégor.

Cinéma et littérature

Les péchés capitaux forment la trame de nombreux films et romans. On peut citer par exemple Se7en, film américain de David Fincher (1995). Voir également les films intitulés Les Sept Péchés capitaux.

Positions de quelques écrivains

Paul Valéry

Paul Valéry fait remarquer que ces péchés capitaux se neutralisent dans une certaine mesure entre eux. Ainsi l'envie – qui implique jalousie de la position d'autrui – serait relativement incompatible avec l'orgueil. Un orgueilleux estime rarement la position d'autrui comme aussi enviable que la sienne propre (mais il peut se réjouir de l'abaissement ou du malheur d'autrui). De même l'avarice s'opposerait dans les faits à la pratique de la luxure, etc. Il en arrive à la conclusion que « la perfection du juste est formée de la bonne composition des sept péchés capitaux, comme la lumière blanche de la composition des sept couleurs traditionnelles ».

Georges Bernanos

Georges Bernanos estime que le système économique rendra toujours plus rentable de spéculer sur les vices de l'homme que sur ses besoins. Il voit donc la société marchande comme un facteur de corruption s'il n'est pas équilibré d'une manière ou d'une autre par une sorte d'idéal. La publicité serait donc un facteur de propagande des péchés capitaux, qui seraient utilisés par elle parce qu'ils servent les ventes (il est possible à titre d'exercice de prendre une série de publicités et de voir quel est le (ou quels sont les) péchés capitaux sollicités par chacune). L'écrivain Frédéric Beigbeder a développé plus tard cette idée.

Liens connexes


- Péché, faute, souillure ;
- sacré, les quatre vertus cardinales, les trois vertus théologales ;
- allégorie ;
- Les Sept Péchés capitaux. Catégorie:Doctrine chrétienne ja:七つの大罪

Moyen Âge

Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne. Le terme « Moyen Âge » a été inventé par Flavio Biondo de Forlì. En français, l'adjectif correspondant à Moyen Âge est médiéval. Moyenâgeux, quant à lui, est péjoratif. L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ». péjoratif

Précisions lexicales

Les limites exactes du Moyen Âge font l'objet de débats entre historiens. Les différentes périodes de l’Histoire ont eu des significations précises et pleines de sens à un moment donné, mais qui, au fil du temps, sont devenues des conventions. Le terme « Moyen Âge » provient d’une expression latine « medium aeuum » qui désigne une période intermédiaire entre deux événements. Exemples : entre-deux-guerres, interrègne. Cette expression classique est reprise au par les humanistes et notamment par Pétrarque (« prince des humanistes ») en 1373. Elle possède à ce moment deux significations :
- Acception philosophique désignant une opposition entre le latin classique et le médio latin, le latin du Moyen Âge. Ce dernier doit être rejeté pour revenir au latin de l’Antiquité, qui, lui, est plus pur.
- Sens culturel et artistique désignant une opposition entre l’art antique et celui du Moyen Âge, art appelé au « art gothique ». Pour les humanistes, le Moyen Âge est une période barbare entre deux autres périodes d’Antiquité. Ils préconisent la pureté antique. La diffusion de ce terme est assez lente et se fait dans un premier temps chez les intellectuels, car il est en latin. Par après, il perdra progressivement de sa connotation négative. Au (vers 1640), le terme sera employé en français et il sera dès lors grandement diffusé. En 1687, Christophe Keller est le premier à périodiser l’histoire dans son petit manuel d’histoire, Histoire du Moyen Âge depuis le temps de Constantin le Grand jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs donc, du au . Pour lui, le terme n’a aucune connotation négative. Au , il se répand dans toute l’Europe cultivée. En 1798, il entre dans le dictionnaire de l'Académie française sous la définition « temps qui s’est écoulé depuis Constantin jusqu’à la renaissance des Lettres au ». Au , il se répand partout même dans la langue commune pour plusieurs raisons :
- l'installation de l’enseignement primaire obligatoire ;
- le développement du romantisme ;
- le développement de la philosophie et de l’Histoire dans les universités, principalement en Allemagne : Monumenta Germaniae Historia. Le est couramment appelé « siècle de l’Histoire ». Notre notion de critique historique est le fruit d’une démarche allemande. Au , l’engouement pour le Moyen Âge diminue. Ce terme a été exporté des frontières de l’Europe et désigne actuellement une période dans la vie d’une société, à savoir un certain degré de société caractérisé par une société agraire dominée par une caste de guerriers. Par exemple, au Japon, la culture de riz dirigée par les samouraïs, eux-mêmes dirigés par les shoguns jusqu’au milieu du où commence l’ère Meiji.

Quelles limites pour le Moyen Âge ?

Limites extrêmes

ère Meiji] Afin de découper l'histoire en périodes cohérentes, les historiens ont tenté de s'appuyer sur des événements majeurs illustrant ou provoquant une modification profonde de la politique et de la société. Mais il est rare qu'il y ait un consensus sur telle ou telle date pour définir une limite de période. C'est le cas en ce qui concerne les limites du Moyen Âge, particulièrement son commencement. Les plus communément admises vont de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, jusqu'à 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la chute de Grenade (fin de la Reconquista). Mais d'autres dates repères sont possibles, pour le début du Moyen Âge :
- le déménagement de la capitale de l'Empire romain de Rome à Constantinople (330) marque le début de sa division ;
- la conversion de l'empereur Constantin I au christianisme — survenue à sa mort, en 337 – annonce le triomphe de cette religion aux dépends du paganisme antique ;
- la bataille d'Andrinople (378) sanctionne l'avènement de la cavalerie lourde et le déclin des troupes d'infanterie, marquant ainsi le commencement d'un millénaire de supériorité de la cavalerie sur l'infanterie ;
- la reconnaissance par Théodose du christianisme comme religion d'État (396), qui correspond également à la date de la séparation entre l'Empire romain d'Occident et l'Empire romain d'Orient, qui survit au Moyen Âge ;
- le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric Ier (410) marque la supériorité des envahisseurs barbares. envahisseurs barbares] Ces différentes options indiquent combien une césure événementielle claire est difficile à trouver pour marquer le début du Moyen Âge : par certains traits, l'Empire romain avait déjà fortement changé avant la fin de l'Antiquité. Par exemple, les empereurs du abandonnent la toge et les tuniques classiques, adoptant les braies des légionnaires, majoritairement d'origine celte ou germanique. C'est également au que l'amphore est abandonnée pour le tonneau, bien plus économique. Enfin, c'est à cette époque que nombre de peuples barbares deviennent fédérés, établissant des relations durables avec le monde romain. L'Empire romain avait donc déjà perdu certains caractères antiques. L'unité politique, monétaire, linguistique et culturelle du monde romain sur le grand territoire que représente la Méditerranée a subi trois disloquations: # sur l'axe Est-Ouest, puisque la division d'abord uniquement administrative de l'Orient et de l'Occident est devenue très politique; # sur l'axe Nord-Sud, puisque les Vandales, puis les Arabes conquièrent l'Afrique du Nord; # interne, puisque l'Europe se scinde en plusieurs entités nationales. Aussi, certains historiens – en premier lieu l'historien allemand A. Riegl au début du – ont repoussé la limite d'une période dénommée « Antiquité tardive » (Spätantike), en mettant justement l'accent sur la permanence de traits caractéristiques de la fin de l'Antiquité jusqu'au règne de Charlemagne. Une telle conception s'est d'abord imposée chez les historiens des « franges » du monde romain, où sa pertinence était plus évidente. À l'inverse, en France, il fallut attendre 1977 avec Henri-Irénée Marrou (dans Décadence romaine ou Antiquité tardive ?) pour qu'on s'interroge sur l'utilité d'une telle période, notamment pour mettre fin à l'appellation péjorative de « Bas Empire ». Et aujourd'hui encore, histoire ancienne et médiévale se partagent la connaissance des temps qui vont du au . Pour la fin du Moyen Âge, d'autres dates que 1492 ont été proposées, mais fondamentalement elles ne remettent pas en cause la limite supérieure de la période :
- la chute de Constantinople (1453), qui est la fin de l'Empire byzantin et l'entrée de l'empire ottoman (turc) sur l'échiquier européen (utilisée en histoire de l'art surtout) ;
- l'invention de l'imprimerie à caractères métalliques mobiles par Gutenberg (1456), dont aurait découlé une révolution culturelle selon Marshall McLuhan dans La Galaxie de Gutenberg (privilégiée par l'historiographie allemande)
- la promulgation par Martin Luther de ses 95 thèses (1517), qui marque les débuts de la Réforme qui fera voler en éclats la relative unité religieuse de l'Occident médiéval. La fin du Moyen Âge est également marquée par l'instauration d'États ultra-centralisés gouvernés par les grandes monarchies: ;France: François I (1515-1547) ;Espagne: Charles Quint (1515-1555) ;Angleterre: Henri VIII (1509-1547) ;Empire ottoman: Soliman le Magnifique (1520-1566)

Découpages internes

Soliman le Magnifique] Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge. Cependant, les historiens proposent d'autres découpages :
- Régine Pernoud (1) : Le Haut Moyen Âge (de la chute de l'Empire romain à Charlemagne), l'époque carolingienne, l'âge féodal (milieu du à la fin du ) et le Moyen Âge pour les et s.
- Jacques Le Goff (2) : L'Antiquité tardive (jusqu'au ), le Moyen Âge central (An Mil-1348, la Grande Peste) et le Moyen Âge tardif (guerre de Cent Ans-Réforme).
- Ivan Gobry (3) distingue le Moyen Âge ancien (du au ), pendant lequel les peuples se déplacent ainsi que les frontières. C'est aussi la période d'expansion des Francs, avec l'apogée de l'empire de Charlemagne (800-814). Puis arrive le Moyen Âge récent ( au ) au cours duquel ont lieu la Reconquista en Espagne, la constitution puis l'effondrement de l'État Plantagenêt et l'affirmation de la dynastie capétienne.
- Robert Fossier (4) : Les Mondes Nouveaux (350-950), l'Eveil de L'Europe (950-1250) où les influences du monde byzantin et musulman demeure prépondérant dans l'occident chrétien qui se cherche et qui construit la féodalité , puis Le Temps des Crises (1250-1520) de la perte des possessions en Terre Sainte aux Guerres de Religions en passant par la conquête du Nouveau Monde. Il en ressort que l'appréciation de ces limites est fortement liée aux références géographiques ou thématiques de l'historien. Cependant, la distinction d'une période centrale qui s'étendrait des environs de 1000 jusqu'à la grande épidémie de peste en 1348 paraît pertinente en raison de la permanence de traits de civilisation majeurs et de l'avènement d'une société fortement structurée, prospère et en expansion dans l'Occident d'alors. L'expression « civilisation médiévale » (s'agissant de l'Occident et sans autre précision) correspond à cette période. Voir aussi : Antiquité tardive

Principales caractéristiques de l'Occident médiéval

Antiquité tardive

La royauté médiévale

À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi des Francs à partir de 752). Et surtout, le roi du Moyen Âge gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque.

La vassalité

pape]] La vassalité existait déjà pendant le Haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du . La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un legs (le plus souvent une terre ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple). Il jure, sur les saintes écritures ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.

Les progrès techniques


- Le moulin hydraulique se répand dans l'Occident médiéval dès l'époque carolingienne.
- L'introduction de la jachère, puis l'assolement triennal permettent d'accroître la productivité de l'agriculture.
- Les rendements s'améliorent à partir de 1000 grâce à la diffusion d'outils en fer et à l'essor de la charrue.
- La technique d'attelage : le collier d'épaules remplace le « collier de cou » et permet de tirer des charges plus lourdes.

La ville

charrue
- La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles.
- La civilisation urbaine (mise à mal durant l'Antiquité tardive) connaît un nouvel essor au Moyen Âge central. La ville redevient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste).
- Les villes deviennent des centres de production et connaissent l'émergence d'une nouvelle couche sociale : la bourgeoisie ; auparavant, les villae (grands domaines ruraux) jouaient ce rôle (de l'Antiquité jusqu'à la fin de la période carolingienne).

L'éducation et la culture


- Au temps de Charlemagne (mort en 814), la renaissance carolingienne entend restaurer le latin classique. L'abbaye de Saint-Martin de Tours constitue l'un des foyers de cette renaissance, et grâce à l'action d'Alcuin. La caroline est mise au point pour faciliter l'écriture. L'empereur s'attache à réformer les écoles. On y apprend les arts libéraux.
- Les monastères sont pendant longtemps les dépositaires de la culture écrite au Moyen Âge. La règle bénédictine impose en effet aux moines le travail intellectuel : les copistes travaillent à la production des livres dans les scriptoria. Les écoles monastiques sont cependant concurrencées par les écoles épiscopales au , puis par les universités au . Voir l'article détaillé : Éducation au Moyen Âge.
- Dès le , la scolarisation des enfants se développe dans les villes, y compris celle des filles (auparavant l'enseignement était réservé aux clercs). Éducation au Moyen Âge

La guerre

Éducation au Moyen Âge
- Le Moyen Âge central est l'âge de la chevalerie, marqué par la supériorité de la cavalerie sur l'infanterie. Le service armé, appelé ost, fait partie des obligations du vassal envers son seigneur.
- À la fin du Moyen Âge, les armes de tir (arc long anglais, puis armes à feu) annoncent la fin de la chevalerie.
- Les premiers châteaux forts en pierre apparaissent à la fin du . Un grand nombre de villes médiévales sont entourées de remparts (Paris, Rouen, Carcassonne).

L'art


- L'art médiéval est essentiellement un art religieux : aux églises romanes succèdent les grands chantiers des cathédrales gothiques.
- L'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques.
- Voir aussi : mobilier médiéval

La religion chrétienne

Le christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle l'idéologie de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de la chrétienté. Devenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (à partir de l'édit de Milan, en 313), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — lÉglise en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife. Cette évolution est lente (V – ) et se heurte à de nombreux obstacles :
- en premier lieu, à des résistances internes : les dogmes de l'Église catholique, formulés lors des conciles, se définissent progressivement et doivent triompher des hérésies (l'arianisme des Wisigoths demeure la foi des rois de la péninsule ibérique jusqu'au ; celui des Lombards menace un temps — jusqu'au milieu du — Rome de disparition). Bientôt, le christianisme romain doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste ( 726843). Au , la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin au problème. Presque aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les Slaves qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
- Des résistances externes s'opposent à l'influence de la papauté, parce que les pouvoirs laïcs entendent s'immiscer dans les affaires de l'Église et diriger celle-ci dans leur aire d'influence : les rois lombards, tout d'abord, veulent soumettre l'Église romaine. Aussi, le pape fait appel aux Carolingiens (milieu du ), mais ces derniers, comme leurs prédécesseurs, ne se privent pas pour distribuer les terres de l'Église à des laïcs. Lorsque l'Empire chrétien renaît en occident (800), le rapport entre les pouvoirs de l'Empereur et du pape ne sont pas définis autrement qu'en termes de rapport d'influences. Il tourne dans un premier temps au détriment de la papauté, alors que l'Église, mais aussi le pouvoir impérial traverse à tous points de vue une crise grave, au , et il faut attendre la réforme grégorienne (seconde moitié du – premier tiers du ) pour que le pape n'affronte l'Empereur germanique, lors de la querelle des Investitures. Cette dernière, qui s'achève sur un compromis, est déterminante pour assurer l'indépendance du siège apostolique. Au , enfin, la papauté triomphe, grâce à son arme principale : l'excommunication, à son rôle dans l'essor de la chrétienté, à travers la croisade, mais aussi grâce à son pouvoir temporel et grâce à ses richesses. Le pape Innocent III applique lors de son « règne » ((11981216)) les principes de la théocratie pontificale, qu'avaient formulés pour la première fois les
Dictatus Papae (1075). L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge. Selon les conceptions chrétiennes, conformément au modèle des apôtres dans les évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer sur un acte d'adhésion volontaire et, en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication : cet état de fait est à l'origine du double visage de l'expansion chrétienne au Moyen Âge : à la fois pacifique et d'ordre spirituel, mais aussi marquée par la guerre et par la violence. Au haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise. À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé épiscopal est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée. Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, trêve de Dieu), la simonie, le nicolaïsme, et enfin contre les hérésies. Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le Catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (13691415), etc. À partir du , la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains. Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du ), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (12271241), aux guerres hussites, etc. Enfin, un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illétrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au , y sont conservées et pénétrées par le christianisme. À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au , les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge ( – ) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté. Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État.

La société

La société du haut Moyen Âge est essentiellement rurale et caractérisée à tous les niveaux par l'existence de liens de dépendances personnelles. Ces derniers, qui se sont substitués à l'ordre public, prolongent pour une part le clientélisme antique et relèvent d'autre part d'une conception chrétienne nouvelle de l'ordre social. Notamment, l'esclavage est interdit par l'Église : le servage occupe la place qu'il laisse vacante et le même mot qui désignait l'esclave antique (
servus) désigne à travers le serf médiéval des conditions sociales très différentes. Notamment, le serf n'est pas juridiquement un bien meuble, propriété de son maître, mais un homme dépendant d'un seigneur. Aux niveaux supérieurs de la hiérarchie sociale, les relations entre les hommes libres sont caractérisées par les liens de vassalité : le vassal doit aide et conseil (auxilium et consilium) à son suzerain, c'est-à-dire à l'homme auquel il a prêté serment de fidélité. De tels liens impliquent un certain nombre de devoirs, au nombre desquels le plus important est, à l'origine (sur le modèle carolingien du ), le service militaire dû au suzerain (l'ost) : les chevaliers (milites) sont des nobles. En parallèle, le vassal reçoit quant à lui un fief (beneficium) de son suzerain : il s'agit le plus souvent du droit de jouir d'une terre, mais parfois, plus souvent à la fin du Moyen Âge, d'une bourse ou d'une rente. Le fief, dont les lointaines origines se trouvent dans les charges ou honneurs conférés par le souverain carolingien à ses compagnons d'armes, tend à devenir héréditaire au . Ces liens de dépendances ont pour conséquence principale une forte hiérarchisation sociale. Différents critères divisent également la société médiévale :
- d'ordre moral ; selon les conceptions du clergé, la société idéale est composée de trois ordres qui se distinguent par le mode de vie : les moines, les clercs et le reste des laïcs. Au sein de ces derniers, l'Église distingue encore ceux qui sont mariés de ceux qui sont vierges.
- D'ordre fonctionnel ; à la précédente division se superpose du jusqu'au une autre division tripartite : elle rassemble le clergé et les moines : « ceux qui prient » (
oratores), la noblesse (nobiles) : ceux qui combattent (bellatores, pugnatores) et le peuple : « ceux qui travaillent » (laboratores). :Avec l'essor urbain, à partir du , une nouvelle classe, la bourgeoisie, se développe au sein du peuple : elle tire son nom des « bourgs » nouvellement créés, où vivent ses membres, et rassemble essentiellement les riches artisans (notamment les bouchers) et des rentiers.
- D'ordre juridique ; les seigneurs (
domini) se caractérisent par le fait qu'ils détiennent le « pouvoir de juger et de contraindre » (le pouvoir banal, ou ban) les hommes de leur seigneurie (le terme désigne à la fois le pouvoir lui-même et le lieu ou les personnes auxquels il s'applique). S'y attachent un certain nombre de privilèges : le droit de lever l'impôt directement (la taille), d'exiger des corvées, le droit de moudre le grain et de cuire le pain, le droit de péage, etc. Les seigneurs ne doivent pas être confondus avec la noblesse : les abbayes et l'Église constituent également de grandes seigneuries (voir seigneurie ecclésiastique). :Au sein du peuple, dans les campagnes, les hommes libres qui exploitent un alleu ou une tenure (terre attribuée contre un loyer) coexistent avec les serfs (servi) : la dépendance juridique, sociale et économique de ces derniers par rapport à leur seigneur possède un caractère héréditaire (servage personnel), ou bien ce caractère est lié à la terre qu'ils exploitent (servage réel). :Toutefois, les contraintes exactes qui pèsent sur les hommes de la seigneurie varient selon la région et selon l'époque considérées. :Au départ expression d'un lien personnel très fort entre Loire et Rhin, le servage y devient progressivement le signe d'une condition sociale inférieure. :À partir du , des chartes de franchises octroyées aux villageois permettent la constitution de ces derniers en « commune » et l'accession de serfs au statut d'hommes libres. Ce phénomène s'explique d'abord par de nouveaux défrichements (fondation d'essarts, de bastides, etc.), pour lesquels les seigneurs ont besoin de bras, quitte à renoncer à une partie de leur ban. Il touche en premier lieu les grands centres de peuplement, puis les villages voisins.
- D'ordre économique ; avec l'affaiblissement des derniers Carolingiens, les princes se sont accaparés la majorité des terres. Aussi, à la fin du , le roi est moins riche que les grands féodaux qui entretiennent de nombreux vassaux et frappent leur monnaie. À la fin de la période féodale, l'essor urbain et les progrés techniques bouleversent l'ordre social : au début du , le sort économique de la bourgeoisie est plus enviable que celui que connaissent les hommes libres des campagnes reculées. Notamment, comme pour l'ensemble de la population urbaine, la dépendance de cette nouvelle classe à l'égard des seigneurs est bien moins importante que dans les campagnes ; toutefois, le développement du commerce avec les grandes foires médiévales permet à une riche paysannerie d'émerger dans les campagnes.

Voir aussi

Articles connexes


- [http://fr.wikisource.org/wiki/Textes_m%C3%A9di%C3%A9vaux Textes médiévaux dans Wikisource]
- Liste des articles sur le Moyen Âge
- Le musée national du Moyen Âge (Paris - Thermes et hôtel de Cluny) ~ Troubadour

Articles traitant de sujets médiévaux

Troubadour
- adoubement
- Architecture militaire
- Architecture religieuse
- Armement médiéval
- Architecture gothique
- Architecture romane
- Cathédrale
- Châteaux et Châteaux forts
- Chevalerie
- Croisade
- Cuisine médiévale
- les grands défrichements
- Éducation au Moyen Âge
- Foires
- Guerre au Moyen Âge, Guerre de Cent Ans
- Littérature du Moyen Âge
- Musique du Moyen Âge
- Peste noire
- Flagellants
- Seigneur, Seigneurie
- Vassalité

Histoire médiévale par aire géographique

Vassalité]]
- Le Moyen Âge en Allemagne :
  - Francs
  - Saint Empire romain germanique
    - La ville de Metz au Moyen Âge
- Le Moyen Âge en Espagne :
  - La Reconquista (711-1492)
- Le Moyen Âge en France :
  - Le Haut Moyen Âge : Clovis, les Mérovingiens, les Carolingiens, Charlemagne, les Capétiens, etc.
  - Le Bas Moyen Âge : les Valois
- Le Moyen Âge en Suisse
  - La Suisse au Haut Moyen Âge (476-887)
  - La Confédération des VIII cantons
  - Confédération des VIII cantons (1353-1481)
- Le Moyen Âge en Méditerranée
  - Le monde méditerranéen au
  - Empire byzantin
  - Trecento du italien

Musées et collections du Moyen Âge


- The Cloisters, à New York
- Musée national du Moyen Âge (hôtel de Cluny), à Paris
-
ja:中世 simple:Middle Ages


Vice

Le vice désigne d'une manière générale et non morale ce qui est défectueux, le défaut. En morale, c'est un penchant devenu habitude que la morale religieuse ou sociale réprouve (en matière sexuelle mais pas seulement), ou un défaut excessif. La notion de vice varie peu d'une culture et d'une époque à l'autre, mais son contenu, ce qu'il désigne, est très changeant. Par exemple, la conception athénienne antique de la sexualité : apprécier une femme autrement que comme génitrice d'une descendance semblait grotesque aux couches supérieures de la population, sans pour autant que l'homosexualité fût sentie comme une valeur en soi. D'une manière similaire, alors que l'avarice est, selon les critères chrétiens, un péché mortel et que la pauvreté matérielle est un indice de pureté morale, une réussite sociale fondée sur le modèle capitaliste de l'épargne et de l'investissement pourra passer, dans les sociétés modernes judéo-chrétiennes (surtout protestantes), pour un modèle à atteindre. Cette même notion, très floue, change aussi selon les individus, en accord avec leur propre morale : telle personne sentira telle pratique comme un vice, qui passera, aux yeux d'une autre, pour une pratique acceptable voire positive.

Judéo-christianisme

Parmi les exemples de vices fréquemment cités, car souvent réprouvés par les morales religieuses judéo-chrétiennes, on trouve, entre autres, la bestialité (la zoophilie), l'homosexualité (et surtout la sodomie), la masturbation et la majorité des pratiques sexuelles n'impliquant pas la seule volonté de reproduction. On peut également citer les principaux défauts humains, à savoir l'avarice, l'égoïsme, l'hypocrisie, l'intempérance, la jalousie, l'oisiveté, l'orgueil (vice suprême pour les Grecs de l'Antiquité, nommé hubris, ou hybris), la paresse, la vanité, etc., qui peuvent recouper des péchés mortels de la morale chrétienne. La notion de vice social est intimement liée à celle de vice religieux.

Bouddhisme

Pour le bouddhisme, les « petits » vices sont les comportements d'attachement considérés illusoires aux plaisirs matériels : pouvoir, richesse, etc. Dans le bouddhisme traditionnel, il existe quatre « grands » vices qui peuvent mener à l'exclusion de la communauté : le meurtre, le vol, la fornication et l'imposture. "Antoine aime la masturbation c'est un gros dégueulasse plein de vices" (Victor Hugo 1893)

Voir aussi


- Morale
- Habitude
- Volonté
- Mal
- vice, logiciel de détection de rootkit Catégorie:Philosophie Catégorie:Morale

Vertu

La vertu est une notion à l'intersection des ensembles de la philosophie, de la religion et du politique qui est encapsulé à notre époque par le politiquement correct et était défini autrefois comme l'humain vertueux, c'est-à-dire celui qui tire parti des circonstances pour agir avec toujours le plus de noblesse possible et qui a un "bon pli" moral. En plot classique, reprise par le judaïsme hellénisé et le christianisme, on distingue parmi toutes les vertus quatre vertus cardinales (du latin "cardo", pivot) : la prudence, la tempérance, la force et la justice. On parle en outre de trois "vertus théologales" (foi, espérance, charité) dans le christianisme.

Philosophie

Aristote - Cynisme - Stoïcisme - Nietzsche

Religion

Vertus catholiques

Politique

Régulus Robespierre catégorie:Philosophie catégorie:Religion catégorie:Politique ja:徳

Molière

).
Collection Comédie-Française.]] Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, est un auteur et un acteur français de théâtre au . Considéré comme le « patron » de la Comédie-Française, il en est toujours l'auteur le plus joué. Impitoyable pour le pédantisme des faux savants, le mensonge des médecins ignorants, la prétention des bourgeois enrichis, Molière aime la jeunesse qu'il veut libérer des contraintes absurdes. Très loin des rigueurs de la dévotion ou de l'ascétisme, son rôle de moraliste s'arrête là où il l'a défini : « Je ne sais s'il n'est pas mieux de travailler à rectifier et à adoucir les passions des hommes que de vouloir les retrancher entièrement », et son but a d'abord été de « faire rire les honnêtes gens ». Castigat ridendo mores – Il corrige les mœurs en riant.

Jeunesse de Molière

Fils de tapissier, Jean-Baptiste Poquelin est baptisé le 15 janvier 1622 à Paris. Son grand-père l’emmène souvent voir des représentations théâtrales, éveillant en lui le goût pour la comédie. Sa mère meurt alors qu'il n'a que dix ans. Il entre au collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand). Selon certaines sources, il aurait eu pour condisciple le prince de Conti, qui deviendra l'un de ses protecteurs. Il étudie ensuite le droit, refusant ainsi de succéder à son père malgré le serment qu’il lui avait fait étant jeune. Il remplace son père (1642) en tant que tapissier royal auprès de Louis XIII et fait la connaissance de la famille Béjart, des comédiens, avec laquelle il se lie. Il prend le nom Molière et fonde conjointement avec les Béjart l'« Illustre Théâtre », qui ouvre au jeu de paume des Métayers en janvier 1644. En 1658, Molière et les Béjart regagnent Paris.

Des débuts difficiles

Un an plus tard (1643), Jean-Baptiste signe avec les Béjart l’acte de constitution de lIllustre Théâtre mais c’est Madeleine, dont il s’éprend, qui en est la directrice. En 1644, Jean-Baptiste lui succède sous le pseudonyme de « Molière ». Sur le choix de ce nom de scène, Grimarest, son premier biographe, écrit : « jamais il n'en a voulu dire la raison, même à ses meilleurs amis ». Les débuts de lIllustre Théâtre sont médiocres. Après plusieurs échecs, les dettes s’accumulent et Molière est emprisonné pendant quelques jours. Il quitte Paris et devient comédien avec Madeleine Béjart pendant cinq ans. En 1650, Molière reprend la direction de la troupe. De 1645 à 1659, Molière se forme au métier d’acteur et de dramaturge : il écrit des « canevas » de farces ainsi que deux premières comédies : L’Étourdi (1655) et Le Dépit amoureux (1656) mettant en scène le personnage de Crascariles.

Le début de la gloire

1656 Molière retourne à Paris, où il loue le jeu de paume du Marais. Protégé par Monsieur, frère du roi, il joue alors devant Louis XIV une tragédie, qui ennuie, et une farce, qui amuse. Molière dispose d'un grand talent comique : sa voix et ses mimiques déclenchent l’hilarité. La troupe jouit bientôt d'une réputation inégalée dans le comique, et le roi l’installe au Petit-Bourbon, où elle joue en alternance avec la troupe italienne de Scaramouche. Première des grandes comédies de Molière, Les Précieuses ridicules (1659) remportent un succès éclatant et confirment la faveur du roi. Mais les vieilles précieuses raillées par Molière, outrées, font détruire le théâtre. Le roi installe alors Molière dans un théâtre désaffecté. En 1662, Molière épouse Armande Béjart (fille ou sœur de Madeleine) qui a une vingtaine d’années de moins que lui. La même année, il s’attaque à un sujet peu courant à l’époque : la condition féminine. L'École des femmes est un triomphe. Mais les dévots, considérant Molière comme un libertin et craignant son influence sur le roi, condamnent L'École des femmes comme une pièce obscène et irréligieuse. Par ailleurs, la protection du roi suscite des jalousies de la part de troupes de comédiens. Molière réplique en ridiculisant ses adversaires dans La Critique de l’École des femmes et L’Impromptu de Versailles. En 1664, Molière est nommé responsable des divertissements de la cour et anime les « Plaisirs de l’Île enchantée » : il y donne La Princesse d’Élide qui mêle texte, musique et danse, et recourt à des machines sophistiqués. Cette même année, Molière crée le Tartuffe, qui dénonce l’hypocrisie religieuse. Le scandale soulevé parmi les dévots est tel que le roi se voit contraint de l'interdire pendant cinq ans. Molière en donnera toutefois quelques représentations privées. En 1665, on joue seulement quinze représentations du désormais célèbre Don Juan. La troupe, soutenue par le roi, devient la Troupe du Roi.

Les dernières œuvres

Don Juan Pendant les deux années qui suivirent, Molière est malade. Il joue irrégulièrement mais continue à écrire, notamment Le Misanthrope, où il y exprime son amertume après sa séparation d'avec Armande, et Le Médecin malgré lui. Il tente alors de jouer à nouveau Tartuffe sous un titre différent, mais la pièce est interdite le lendemain. En 1668, il crée deux pièces à machines : Amphitryon et George Dandin, ainsi que L’Avare dans un autre style. L’interdiction de représenter le Tartuffe est levée en 1669. La pièce remporte alors un succès considérable. Il écrit aussi Les Fourberies de Scapin en 1671. Sa dernière pièce est Le Malade imaginaire. Pris de convulsions au cours de la quatrième représentation, Molière décède le 17 février 1673 à son logis, sans avoir abjuré la profession de comédien, considérée comme immorale par l’Église. Molière fut en conséquence enterré la nuit, quatre jours plus tard, mais en présence de huit prêtres et de centaines de personnes.

Ses œuvres

1673
- Le Médecin volant (1645)
- L'Étourdi ou les Contretemps (1655)
- Le Docteur amoureux (1658), une farce aujourd'hui perdue jouée devant Louis XIV
- Les Précieuses ridicules (1659)
- Sganarelle ou le Cocu imaginaire (1660)
- Les Fâcheux (1661)
- L'École des maris (1661)
- Don Garcie de Navarre ou le Prince jaloux (1661)
- L'École des femmes (1662)
- Le Mariage forcé (1664)
- La Princesse d'Élide (1664)
- Tartuffe ou l'Imposteur (1664)
- L'Amour médecin (1665)
- Dom Juan ou le Festin de Pierre (1665)
- Le Misanthrope (1666)
- Le Médecin malgré lui (1666)
- Mélicerte (1666)
- Le Sicilien ou l'Amour peintre (1667)
- George Dandin (1668)
- L'Avare (1668)
- Amphitryon (1668)
- Monsieur de Pourceaugnac (1669)
- Les Amants magnifiques (1670)
- Le Bourgeois gentilhomme (1670)
- Psyché (1671)
- Les Fourberies de Scapin (1671)
- La Comtesse d'Escarbagnas (1671)
- Les Femmes savantes (1672)
- Le Malade imaginaire (1673) Parmi ses inspirations on peut citer les comédies de Plaute, notamment pour Amphytrion ; l’Avare s'inspire d'un personnage de l’Aulularia, etc.

Citations


- Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger (L'avare).
- La faiblesse humaine est d'avoir
Des curiosités d'apprendre
Ce qu'on ne voudrait pas savoir (Amphitryon).
- On ne voit pas les coeurs (Le Misanthrope).
- Couvrez ce sein que je ne saurais voir (Tartuffe).

Une opinion de Boileau sur l'évolution de Molière


- Dans le sac ridicule où Scapin s'enveloppe
Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope.

Voir aussi

Articles connexes


- Affaire Molière - Corneille ;
- Claas Hugo Humbert ;
- Nuit des Molières.

Bibliographie


- Roger Duchêne, Molière, Fayard, Paris, 1998 (ISBN 2-213-60040-6) ;
- A. J. Guibert, Bibliographie des œuvres de Molière publiées au siècle, CNRS, Paris, 1961–1973, 2 vol. + suppléments.

Liens externes


- [http://www.expressionlibre.org Expression Libre] : Vous pourrez trouver dans la section Bibliothèque les œuvres complètes de Molière en ebook gratuit.
- [http://www.toutmoliere.net/index.html Toutmoliere] : Biographie, bibliographie, filmographie, un dictionnaire des termes "Molieresques" et l'intégralité des oeuvres commentées
- [http://www.inlibroveritas.net/auteur30.html In Libro Veritas] : Toutes les œuvres de Molière à lire en ligne ou à télécharger gratuitement en pdf.
- [http://www.biblioweb.org/-MOLIERE- Biblioweb] : les œuvres de Molière résumées et commentées, ainsi que la biographie.
- [http://cesar.org.uk/cesar2/people/people.php?fct=edit&person_UOID=101027 Molière et ses œuvres] sur le site [http://cesar.org.uk CÉSAR].
- [http://www.litterales.com/document_francais__ecrivain-Moli%E8re.html Ressources et documents sur Molière]
-
Molière Molière Molière Molière Molière Molière Molière Molière Molière ja:モリエール ko:몰리에르

Rome antique

La Rome antique est le cadre de la naissance, de l'avènement et de la disparition de la civilisation romaine antique. Débutant comme un simple assemblage de villages, l'humble bourgade vit ensuite son histoire se confondre avec celle du monde méditerranéen du début de l'ère chrétienne à la fin de l'Antiquité. C'est pourquoi vous ne trouverez ici qu'une synthèse de l'histoire romaine, développée dans des articles plus conséquents sur les pages adéquates.

La fondation de Rome (-753)

D'après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du Mont Palatin près du Tibre vers -753 et y regroupa des groupes de latins, de sabins, et peut-être d'étrusques. L'archéologie a établie que le peuplement des collines de Rome a commencé vers le , et s'est accéléré à partir du . Se référer à l'article Fondation de Rome.

La Royauté (-753 à -509)

Après Romulus et ses successeurs légendaires, ce sont les rois Étrusques qui en occupant la région vont faire de Rome une véritable ville vers 600 av. J.-C., en la dotant d'une muraille, en aménageant le Forum et en bâtissant le sanctuaire du Capitole. C'est probablement sous la Royauté que s'élabore la religion romaine, mélange d'archaïsmes indo-européens et d'influences grecques et étrusques. Les anciens Romains attribueront leurs succès militaires à la qualité scrupuleuse de leur piété envers les dieux.
Se référer à l'article sur la monarchie romaine. Se référer aux articles sur la religion romaine, la mythologie romaine, les fêtes religieuses romaines.

La République romaine (-509 à -27)

-27 De
res publica (lat.) « la chose publique ». Tarquin le Superbe est le dernier roi de Rome. Tyrannique, autoritaire, il fut chassé par les Romains en -509 ; la République romaine est fondée, gouvernée par le Sénat romain et les magistrats élus du peuple romain (populus ne désigne, à l'époque, qu'une partie de la population, les patriciens). À ses débuts, la République romaine est déchirée par les conflits entre la plèbe et le patriciat. Elle finit par se doter en -367 d'institutions qui équilibrent le pouvoir du patriciat et modèrent celui des consuls. Rome commence son expansion par la conquête de l'Italie centrale par la prise de Véies en -396. Le sac de Rome en -390 est le début d'une longue période où Rome ne fut jamais prise par ses ennemis, jusqu'en 410 et le sac de Rome par Alaric. Progressivement, Rome affronte ses voisins et agrandit peu à peu son territoire, tandis que les plébéiens obtiennent en -300 l’égalité politique. Rome domine toute l'Italie en -272. À partir de -264, dans son affrontement contre Carthage lors de la première guerre punique et de la deuxième guerre punique, Rome conquiert la Sicile, la Corse et la Sardaigne, l'Hispanie et devient la première puissance de la Méditerrannée occidentale en -202. Tributaire de Rome, Carthage est finalement détruite en -146. Les légions romaines, de plus en plus efficaces, interviennent en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure. Durant le IIe siècle av J.-C., Rome soumet la Grèce et en retire une grande influence culturelle. Les élites connaissent la richesse des butins, tandis que la crise sociale monte en Italie. La République qui dût son succès à un équilibre entre ses différentes composantes sombre devant son agrandissement trop brutal, ses institutions prévues pour une ville se révélent inadaptées à la gestion d'un empire. A partir de -133, les tensions se multiplient (cf. les Gracques), des ambitieux luttent pour le pouvoir : Marius contre Sylla, Cinna, Pompée contre Jules César, Octave contre Marc Antoine. Se référer à l'article sur les Institutions de la République romaine pour connaître l'organisation politique de la République. Se référer aux articles Histoire de la République romaine et à la liste des consuls pour la chronologie. Se référer à l'article sur la Société de la République romaine pour connaître l'organisation sociale de la République.

L'Empire romain (-27 à 395)

La période du principat

L'Empire romain commence après la mort de Jules César avec l'avènement d'Octave Auguste. Ménageant l'ordre sénatorial, il assoit son pouvoir personnel. Grâce aux légions, il agrandit considérablement le territoire romain, et l'organise en provinces romaines, qu'il gère avec la collaboration de l'ordre équestre. Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au , la superficie de l'Empire romain est à son maximum. Rome est avec un million d'habitants la plus grande ville du monde méditerrannéen, avec une organisation spécifique. La pax romana favorise la prospérité, les colonies se développent grâce à l'évergétisme de leurs élites, les grandes métropoles comme Carthage, Antioche, Alexandrie refleurissent. Se reporter à l'article Organisation de la ville de Rome pour découvrir les solutions mises en place pour gérer cette gigantesque agglomération

L'empire romain tardif

La défense contre la pression croissante des peuples germaniques contribue à la militarisation de l'Empire, qui connaît après les Sévères une terrible crise politique et économique au , et parvient à se redresser au au prix de transformations considérables : partage du pouvoir entre empereurs (tétrarchie, puis Auguste assistés de Césars), transfert de la capitale à Constantinople, absolutisme, alourdissement de l'admnistration, germanisation de l'armée. La montée du christianisme accompagne cette transformation. L'Empire romain adoptera définitivement le christianisme au . Se référer à l'article sur l'Empire romain et à la Liste des empereurs romains. Se référer à l'article sur Province romaine et à la série d'articles consacrés à chaque province

La dissolution de l'Empire romain (après 395)

Après une ultime réunification en 394 sous Théodose I, l'Empire est divisé en deux moitiés :
- L'Empire romain d'Occident est submergé en l'espace de deux générations par les peuples germaniques et s'efface en 476, ce qui marque la fin conventionelle de l'Antiquité,
- L'Empire romain d'Orient résiste et s'adapte, devenant progressivement l'Empire byzantin qui subsistera jusqu'en 1453. Se référer à l'article sur Empire romain d'Occident, Empire romain d'Orient et Empire byzantin.

Organisation militaire, politique, religieuse et institutions romaines

Voir aussi :
- Cursus honorum
- Relations de la religion romaine aux autres religions

Art

Issu des influences italiques, l'art romain prend son essor au contact de l'art grec qu'il va longtemps imiter.
Voir l'article détaillé : art romain Architecture L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, les romains innovent dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium). Voir la typologie des monuments dans la catégorie Architecture romaine Voir la liste des monuments dans la catégorie Liste de monuments romains Voir l'article sur l'Épigraphie latine Littérature Les Romains révolutionnèrent le support écrit des livres, en lui donnant la forme moderne que nous connaissons : ils généralisèrent le codex, volume de feuilles reliées, plus maniable et plus aisé à lire que le traditionnel rouleau. Voir l'article sur la littérature latine, et la catégorie:Littérature grecque d'époque romaine.

Vie quotidienne


- Les noms romains (système des
tria nomina) et les prénoms romains
- le costume : la toge, la stola
- l'habitat : domus, insula et villa
- Le calendrier julien
- Les chiffres romains
- Les jeux du cirque
- Les thermes romains
- La monnaie romaine
- Les unités de mesure romaines
- Les ergastules (Prisons et cachots)

Bibliographie


-
La civilisation romaine de Pierre Grimal, 1960, réédité en 1981 chez Flammarion
-
Histoire générale de l’Empire romain de Paul Petit, 1974, édition du Seuil
-
L’art de l’ancienne Rome, Bernard Andreae, 1973, éditions d’Art André Mazenod
- [http://perso.wanadoo.fr/revuesocialisme/s10empireromaine.htm L'impérialisme romain - une analyse marxiste] par l'archéologue anglais Neil Faulkner

Liens externes


- [http://www.compart-multimedia.com/virtuale/ Parcours virtuels de Rome] : panoramas virtuels et galeries de photos (ita/ing/fr)
- [http://www.insecula.com Site insecula (Égypte, Rome, et Grèce antique).]
-


Drogue

En pharmacologie, la drogue désigne le principe actif d'une plante. Autrefois, les drogues étaient vendues par les apothicaires et les droguistes. Un ouvrage encyclopédique recensant les drogues de toutes les plantes s'appelle une pharmacopée. En biologie cellulaire, on appelle drogue tout composé chimique ou biochimique capable de bloquer ou modifier une ou plusieurs activités intracellulaires. La drogue (du néerlandais droog, sec), est un terme couvrant un ensemble de substances psychotropes, c'est-à-dire, qui modifient l'esprit et/ou la volonté et/ou le jugement, et qui créent parfois une dépendance (pharmacodépendance), appelée aussi addiction.

Origine

Le terme était utilisé à l'origine pour désigner les plantes exotiques (épices, pharmaceutiques ou autre) séchées pour la conservation et amenées en Europe par le port d'Amsterdam. Certains commerces d'articles de quincaillerie et de produits ménagers portent encore l'appellation de droguerie. Depuis, le sens a varié pour s'appliquer aux médicaments (il reste employé ainsi par certaines vieilles personnes), puis est maintenant majoritairement utilisé pour désigner les psychotropes, voire, lorsque l'on parle du trafic de drogue, uniquement les psychotropes illégaux.

Implications médicales

Les drogues agissent souvent sous l'influence d'un ou plusieurs alcaloïdes, modifient les transmissions synaptiques. Voir l'article de fond psychotropes

Implications sociales

Situation

La consommation de psychotropes est un phénomène dont on retrouve des traces dans toutes les sociétés. Cependant, alors que dans les sociétés traditionnelles sa consommation était encadrée par un rituel et limitée à certaines personnes et certaines occasions, les sociétés modernes sont confrontées depuis le à un nouveau type de consommation dont les effets sur les individus et la société sont très différents. Les drogues sont aujourd'hui des marchandises produites industriellement et leur consommation devient un loisir banalisé, une mode ou un moyen d'affirmer son appartenance à tel ou tel groupe social.

Facteurs incitants ou agravants

Il y a de nombreuses circonstances qui peuvent mener à la consommation de drogue et/ou la favoriser:
- la pauvreté, la violence, les abus
- des parents abusifs, excessifs ou sans autorité
- des parents ou amis qui sont eux-mêmes consommateurs
- les conflits familiaux
- un manque de satisfaction dans ses rapports avec autrui
- une pression très élevée dans l'environnement professionnel (voire scolaire)
- une grande accessibilité des produits, de nombreuses occasions de consommer
- la pratique d'un sport de haut-niveau Pour certains consommateurs, la prise de drogue s'inscrit dans un mode de vie hédoniste, antisocial, adopté préalablement à leur initiation aux drogues, la recherche du plaisir physique étant le fondement ou le but de la vie. Toutefois, la consommation de drogue s'inscrit le plus souvent dans un contexte de malaise social, de crise des valeurs, d'inégalité des chances et d'individualisme. Une consommation de drogue répétée peut entraîner une toxicomanie.

Conséquences

La prise de drogue est un phénomène de société qui a des conséquences sur l'individu et sur la société en général. Les toxicomanes se trouvent souvent entraînés dans la spirale de la délinquance, notamment pour se procurer des produits illicites et onéreux. Certains peuvent en venir à se prostituer pour trouver les sommes quotidiennement nécessaires à l’achat du produit. La dépendance à un produit cher et interdit, ainsi que l'escalade qui peut l'accompagner, peut conduire l'usager à dépenser toujours plus, à fréquenter des personnes pratiquant une activité illégale et fortement réprimée, qui ont souvent une certaine emprise sur eux, et cela conduit souvent à une perte de repères, à une désocialisation, avec la reconstruction d'un mode en grande partie fictif dans lequel la drogue prend la première place. De nombreux récits de drogués confirment cette perte de réalité qui accompagne l'usage prolongé de drogues dites dures, comme l'héroïne ou la cocaïne.

Trafic de drogue

cocaïne D'après l'Organisation mondiale de la santé, le 'commerce des drogues' est, en dollars, le troisième au monde derrière le pétrole et l'alimentation, juste avant celui des armes et des médicaments. Parallèlement, elle génère une criminalité spécifique et son commerce illicite crée des réseaux de type maffieux, avec son contingent de guerres des gangs, de règlements de compte, etc.<br /> Voir également l'article sur le blanchiment d'argent.

Filières


- le pavot est cultivé et transformé illégalement dans certains pays d'Amérique latine et au Moyen Orient
- le cannabis pousse naturellement en Europe, en Afrique et en Asie, sa culture se faisant sur presque tous les continents
- la coca, qui pousse dans les Andes, est transformée localement dans des laboratoires clandestins en cocaïne.
- le trafic des champignons hallucinogènes est marginal
- les drogues de synthèse, comme les amphétamines, l'ecstasy, et le LSD sont produits dans des laboratoires clandestins parfois situés dans des pays occidentaux.

Voir aussi

Articles connexes


- Toxicomanie
- Stupéfiant
- La toxicomanie en Belgique sur Wikinations.be
- Substance psychédélique
- Dépendance
- Addiction
- Injonction thérapeutique

Liens externes


- http://www.drogues.gouv.fr/ — le site de la mission interministérielle de lutte contre la dépendance et la toxicomanie (MILDT)
  - [http://www.drogues.gouv.fr/fr/cequilfaut_savoir/actions/actions.asp Action des drogues sur le cerveau]
- [http://www.geopium.org Geopium : Géopolitique des drogues illicites en Asie]
  - [http://www.geopium.org/Photos/Maroc_Rif2005/Maroc_Rif2005.htm Photos de cultures de cannabis au Maroc (Rif)]
- [http://www.who.int/inf-fs/fr/am221.html Rapport sur le tabac et la santé de l'OMS en 1999]
- [http://www.senat.fr/evenement/drogues_illicites.html Drogues illicites (Sénat français)]
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- sur le chanvre global http://www.yahooka.com/ et http://www.wonderchanvre.com/
- [http://www.cedro-uva.org/lib/boekhout.cannabis.fr.html Le cannabis en France]
- [http://www.mapinc.org Reseau mondial d'information pour la reforme en matiere de stupéfiants]
- [http://www.trans-at.ch trans-AT - Service ambulatoire de la Fondation Dependances - Suisse]
- [http://idiotech.free.fr/mdld.htm Marre de la drogue - Temoignage (sarcastique) sur diverses toxicomanies] catégorie:société catégorie:drogue ko:마약 ms:Dadah

Sicile

La Sicile (Sicilia en italien) est une région autonome d'Italie et la plus grande île de la Méditerranée. Outre l'italien qui est la langue officielle, la plupart des habitants parlent aussi le sicilien, langue d'origine latine avec des influences arabes, espagnoles, françaises et italiennes.

Histoire

Chronologie succincte


- : arrivée des Sicanes au nord de l'île
- v.1270 av. J.-C. : arrivée des Sicules au sud de l'île
- : comptoirs phéniciens au nord-ouest (Palerme) ; colonisation grecque à l'est (Naxos, Syracuse, Zancle, Messine)
- : époque des tyrans
- 480 av. J.-C. : défaite carthaginoise à Himère
- 241 av. J.-C. : Carthage cède la Sicile à Rome après la première guerre punique
- 468476 : domination des Vandales
- 491 : domination des Ostrogoths
- 535 : conquête byzantine
- 827878 : conquêtes arabes
- 1060 : invasion normande
- 1091 : fin de la domination arabe
- 1130-1194 : royaume féodal et normand de Sicile
- 1194-1266 : période impériale : règne des empereurs Henri VI et Frédéric II. Troubles
- 1266-1282 : période angevine (domination française)
- 1282- : période aragonaise
- 1415-1713 : domination espagnole sur la Sicile
- 1442 : Alphonse d'Aragon conquiert Naples
- 1713-1735 : période d'instabilité : maison de Savoie, empereur
- 1735-1860 : Maison de Bourbon d'Espagne
- 1861 : royaume d'Italie
- 1946 : statut d'autonomie régionale

La Sicile mythologique

normande De nombreuses légendes ont pour cadre la Sicile :
- Aréthuse : voir Catane
- L'architecte du labyrinthe en Crète, Dédale, trouva refuge en Sicile auprès du roi Cocalos. Après avoir échappé au labyrinthe du roi Minos, celui-ci le rechercha à travers de nombreux territoires, il eut alors l'idée de lancer un défi que seul un homme comme Dédale pouvait réussir. Il promit une forte récompense à celui qui réussirait à faire passer un fil à travers les orifices d'une coquille. Pour relever le défi, Dédale eut l'idée d'accrocher le fil à une fourmi, cette dernière traversa alors tous les orifices de la coquille. Sachant qu'une personne avait réussi le défi en Sicile, Minos sut alors que Dédale s'y trouvait. Le roi Cocalos refusa de livrer Dédale et livra une guerre à Minos. Le roi de Crète fut finalement tué par les filles de Cocalos.
- Au cours de la gigantomachie, le géant Encélade déserte le champ de bataille ; la déesse Athéna l'écrase en lui projetant l'île de Sicile où il reste emprisonné. Son haleine de feu sort de l'Etna et il provoque des séismes lorsqu'il se retourne.
- Le dieu grec Héphaïstos tenait une forge dans l'Etna, aidé par des cyclopes forgerons. Les Romains pensaient que Vulcain se trouvait dans l'île éponyme, au nord de la Sicile. Le poète grec Pindare explique que le monstre Typhon se trouve dans la bouche de l'Etna.
- Dans l'Odyssée d'Homère, Ulysse et ses compagnons débarquent en Sicile et rencontrent le cyclope pasteur Polyphème. Pour lui échapper, Ulysse le rend aveugle en lui crevant son œil unique. Sans doute avant qu'il ne devienne aveugle, Polyphème a été amoureux. Cet amour est raconté dans deux poèmes en langue grecque du poète sicilien Théocrite aux alentours de 275 av. J.C.. Polyphème s'éprend de la belle Galatée, une néréide (nymphe marine). Celle-ci lui préfère le berger sicilien Acis. Polyphème, les ayant surpris ensemble, tue son rival en l'écrasant sous un rocher. Galatée change alors le sang d'Acis en une rivière portant son nom en Sicile.
- Charybde et Scylla : deux monstres du détroit de Messine, ils menacent l'expédition des Argonautes et l'équipage d'Ulysse.
- L'Odyssée raconte également qu'Hélios, dieu du soleil, possèdait des troupeaux de bœufs et de moutons dans l'île de Trinacrie (la Sicile). Ulysse y accoste lors de son retour vers Ithaque. Dûment chapitré à ce sujet au chant XI par le devin Tirésias, il interdit à ses hommes de toucher aux troupeaux sacrés. Alors qu'il dort, pourtant, ses hommes affamés abattent des vaches. Hélios réclame vengeance auprès de Zeus qui foudroie le navire d'Ulysse, l'épargnant seul au passage.
- Messine aurait été fondée par le géant légendaire Orion, Ségeste par les rescapés de la guerre de Troie.
- En Sicile, Énée fut accueilli par Acestes et recueillit un des marins de lOdyssée d'Ulysse, Achaemenide.

Antiquité

Achaemenide] Voir l’article : Sicile (province romaine). Les plus anciens peuples de Sicile étaient les Elymes dans l'ouest de l'ile, les Sicanes dans le centre, et les Sicules dans la partie orientale, ces derniers probablement venus du continent en repoussant vers l'ouest de l'île les occupants plus anciens. Ce sont eux qui donnèrent son nom au pays. La Sicile fut d'abord colonisée par les Phéniciens, les Carthaginois et les Grecs, qui y ont laissé de nombreux vestiges (théâtre de Taormine, temples de Ségeste, Agrigente et Sélinonte entre autres). Elle fut ensuite gouvernée par des princes appelés « tyrans » dont les fameux Denys l'Ancien et Denys le Jeune (qui accueillit le philosophe Platon). La Sicile fut un enjeu dans la Guerre du Péloponnèse opposant Athènes à Sparte : en 415, sous l'influence d'Alcibiade, Athènes se lança dans l'expédition de Sicile, profitant des dissentions qui opposaient les cités de l'île : Athènes répondait à l'appel de Ségeste, attaquée par Sélinonte en 416. Syracuse, colonie corinthienne, était alliée de Sélinonte. Ségeste fit appel à Athènes, offrant même de payer les frais d'expédition. À ce moment de la guerre, la perte de l'Eubée, et la défection de nombreux alliés d'Athènes avaient rendu ses approvisionnements en blé précaires. La perspective de couper ceux des alliés siciliens de Sparte, tout en conquérant de nouvelles sources de ravitaillement fut certainement un élément déterminant. Athènes] L'expédition prit la mer sous le commandement de Nicias, d'Alcibiade et de Lamachos en juin 415. En Sicile, Lamachos fut tué et Nicias resta seul à la tête de l'expédition. L'arrivée à Syracuse de Gylippos, général spartiate fit perdre aux Athéniens la bataille des retranchements autour de la ville (octobre 414). La flotte athénienne fut emprisonnée dans la rade, et ils envoyèrent une force de secours commandée par Démosthène et Eurymédon. En août 413 la flotte fut défaite à la bataille des Épipoles, puis l'armée fut vaincue sur terre. Athènes perdit plus de deux cent navires dans cette expédition, et cinquante mille hommes (dont sept mille prisonniers des Latomies, carrière de Syracuse). La Sicile tomba aux mains des Romains après la victoire du consul C. Lutatius Catulus en -241 aux îles Egates : cette bataille marque la fin de la première guerre punique qui opposa Rome à Carthage sur le théâtre sicilien. Après cette défaite, Carthage abandonne la Sicile qui devient une province romaine et qui assure désormais une partie importante du ravitaillement de Rome en céréales. Le roi de Syracuse Hiéron fut un fidèle allié des Romains pendant la deuxième guerre punique. Après une série de victoires de carthaginois Hannibal, la prise de Syracuse en -212 annonce le redressement romain, et préfigure la défaite carthaginoise. La Sicile fut d'ailleurs un enjeu stratégique et économique important des deux premières guerres puniques. À la veille de l'Empire, la Sicile fut la base de la résistance des derniers pompéiens menés par Sextus Pompée, fils de Pompée. Après la chute de l'empire romain, la Sicile fut envahie par les peuples germains, puis releva de l'empire byzantin jusqu'à la conquête arabe de 827 à 902.

Moyen Âge

La diversité culturelle et la tolérance religieuse caractérisèrent la période musulmane. Une famille de hobereaux normands (les fils de Tancrède de Hauteville) ayant conquis des terres en Italie méridionale, le pape chargea le plus jeune, Roger, d'envahir la Sicile pour la reconvertir au catholicisme, et lui accorda la souveraineté sur les terres à prendre. La conquête normande de l'île se fit en une trentaine d'années 1060-1090. Le petit-fils de Roger Ier parvint à faire ériger l'île en royaume féodal en 1130. Roger II, admirateur de la culture musulmane, poursuivit la politique de tolérance de ses prédécesseurs. L'administration des rois normands était cosmopolite : elle rassemblait des Grecs, des Lombards, des Anglais et des Arabes. Ce mélange se retrouve dans l'art de cette époque qui combinait les apports romans, arabes et grecs. L'île connut une période de prospérité, notamment dans l'agriculture. Le trône passa ensuite, par héritage, à la dynastie germanique des Hohenstaufen qui gouverna la région à partir de 1194 et adopta Palerme comme capitale en 1220. C'est par son mariage avec la fille de Roger II que l'empereur Henri VI établit sa souveraineté sur la Sicile. Son fils, l'empereur Frédéric II, passera l'essentiel de son existence dans l'île. Des conflits entre les Hohenstaufen et la papauté provoquèrent en 1266 la conquête de l'île par Charles Ier, comte d'Anjou et frère du roi de France Louis IX. Celui-ci mécontente les Siciliens en s'installant à Naples et en distribuant des fiefs à des Français. Le 30 mars <