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| Mot |
MotDans le langage courant, un mot est une suite de caractères graphiques ou de sons formant une unité sémantique et pouvant être distingués par un séparateur (blanc typographique à l'écrit, pause à l'oral).
Cette définition n'est cependant pas linguistique et la notion de mot soulève d'importants problèmes d'identification. Cette notion ressortit avant tout à l'intuition des locuteurs, chacun sachant citer des mots ou les identifier sans pour autant pouvoir expliquer quels sont ses critères de jugement.
Parmi les principaux problèmes se présentant lorsque l'on veut définir la notion de mots, on peut citer ceux-ci :
- dans la langue parlée, il n'existe qu'une chaîne de phonèmes, séparés parfois par des pauses. Le blanc typographique (par exemple) n'a pas forcément de représentation orale, laquelle peut être symbolisée par la ponctuation ;
- toutes les écritures n'utilisant pas le blanc typographique (c'est le cas en chinois, où l'on distingue d'ailleurs les caractères, 字 zì, des mots, 詞 cí, alors que rien n'indique, dans l'écriture de cette langue, les limites entre mots) ou quelque autre séparateur de mots (comme le point, parfois utilisé par les Romains dans les inscriptions monumentales en latin), il ne serait pas possible de trouver des mots dans toutes les langues. Pourtant, on s'accorde pour dire que chaque langue en possède. D'autre part, la grande majorité des langues n'est pas écrite ;
- une personne écoutant un énoncé prononcé dans une langue qu'il ne connaît pas ne pourra pas en identifier les mots. S'il sait ce qu'est un phonème, en revanche, il pourra les identifier sans comprendre le sens de l'énoncé ;
- s'il est possible d'identifier les mots en séparant ceux d'un énoncé par des pauses (dans la phrase jamais.il.ne.vient on ne pourra placer des pauses — symbolisées ici par des points — qu'entre les mots), ou en les permutant (Jean.aime.Paul → Paul.aime.Jean) que faire de mots comme ceci et ceux-ci ? Est-il logique que le premier ne compte que pour un mot et le second pour deux alors que ceci n'est qu'une manière d'écrire - ce-ci et que ceux ne peut être séparé de -ci sans changer de sens ? De même, que penser daujourd'hui qui est historiquement une locution composées de quatre mots (au jour d'hui) lexicalisée ? Au, jour et d(e) peuvent être identifiés comme des mots mais pas hui. Enfin, au, résultat d'une agglutination, compte-t-il pour un mot ou deux (à+le) ?
- Doit on considérer que beau, bel, belle, beaux et belles sont quatre mots différents ou un seul ?
On préférera alors au mot le lexème, le lemme ou la forme, qui, eux, possèdent une définition linguistique, ou bien encore le mot composé dans certains cas.
Articles connexes
- Lexème - Lemme - Forme - Morphème - Radical
- concept - Signifiant
- Syntagme - Mot composé
- nature (grammaire) - Accord des mots - Marque flexionnelle des mots
- Syntaxe - Phrase
- Lexicalisation - Lexique
- Liste des notions utilisées en linguistique
- Ecriture littéraire
catégorie:Linguistique
catégorie:Lexicologie
ja:言葉
simple:Word
zh-cn:词汇
Graphèmes
Le graphème est l'unité fondamentale d'une écriture donnée ; le mot est composé sur le modèle de phonème. Selon le type d'écriture, le graphème se réalise visuellement et phonétiquement de diverses manières. Voici un modèle théorique :
- alphabets : un graphème = une lettre (ou un digramme, un trigramme) = un phonème ;
- syllabaires : un graphème = une syllabe ;
- alphasyllabaire : un graphème = une consonne et une voyelle ou un phonème seul ;
- abjad : un graphème = une lettre = une consonne ;
- écriture logographique : un graphème = un caractère = une idée, un mot, un morphème, un composé idéo-phonétique, etc.
On peut appliquer, pour savoir si un caractère est un graphème ou non, le même test que pour les sons, à savoir celui des paires minimales :
- en français, et sont des graphèmes car « sa » et « ce » s'opposent ;
- <a> et ne sont pas des graphèmes car « sa » ne s'oppose ni à « sa » ni à « sa ». Ce sont donc des variantes libres ;
- en revanche, n'est pas le seul graphème associable au phonème /a/ (de car) ; en effet, par exemple, le mot rouennais (habitant de Rouen) se prononce /rwanε/ et le phonème /a/ y est représenté par le digramme . Le graphème représente dans notre écriture actuelle au moins deux sons : la nasale /ɑ̃/ et la voyelle /a/.
Parmi les variantes non pertinentes des graphèmes, on compte principalement des variations de mise en forme (gras, italique, etc.), des variantes contextuelles et des variantes conjointes.
De plus, pour qu'une suite de lettres (dans les alphabets) forme un graphème (digramme, trigramme), il faut que cette combinaison soit reliée à un phonème identifiable : par exemple, et n'est pas un graphème en français car et se réalise de manières différentes, [e], [εt], et ne note pas un phonème unique, au contraire de au qui vaut dans la majorité des cas [o].
Catégorie:Linguistique
Consulter aussi
- Écriture.
Son (physique)
Le son est une onde produite par la vibration mécanique d’un support fluide ou solide et propagée grâce à l’élasticité du milieu environnant sous forme dondes longitudinales. Par extension physiologique, le son désigne la sensation auditive à laquelle cette vibration est susceptible de donner naissance. La science qui étudie les sons s’appelle l’acoustique. La psychoacoustique combine l'acoustique avec la physiologie et la psychologie pour déterminer la manière dont les sons sont perçus et interprétés par le cerveau.
Propagation du son
- Dans un milieu compressible, le plus souvent dans l’air, le son se propage sous forme d'une variation de pression créée par la source sonore. Un haut-parleur, par exemple, utilise ce mécanisme. Notons que seule la compression se déplace et non les molécules d’air, si ce n’est de quelques micromètres. Lorsque l'on observe des ronds dans l’eau, les vagues se déplacent mais l'eau reste au même endroit, elle ne fait que se déplacer verticalement et non suivre les vagues (un bouchon placé sur l’eau reste à la même position sans se déplacer). Pour cette raison, il n’y a pas de « vent » devant un haut-parleur. Le son se propage également dans les solides sous forme de vibrations des atomes appelées phonons. Là encore, seule la vibration se propage, et non les atomes qui ne font que vibrer très faiblement autour de leur position d'équilibre.
- La vitesse de propagation du son (on parle également de la célérité) dépend de la nature, de la température et de la pression du milieu. Comme l’air est proche d’un gaz parfait, la pression a très peu d'influence sur la vitesse du son. Dans un gaz parfait la célérité est donnée par la relation ou est la masse volumique du gaz et sa compressibilité. On voit donc que la célérité du son diminue lorsque la densité du gaz augmente (effet d’inertie) et lorsque sa compressibilité (son aptitude à changer de volume sous l’effet de la pression) augmente. Dans des milieux solides (non gazeux) le son peut se propager encore plus rapidement (voir ci-après).
- Les ondes sonores se déplacent à environ 344 mètres par seconde dans de l’air à 20 °C, vitesse qu'on peut arrondir à environ un kilomètre toutes les trois secondes, ce qui est utile pour mesurer grossièrement la distance d’un éclair lors d'un orage (la vitesse de la lumière rendant sa perception quasi instantanée). Dans l’eau, sa vitesse est de 1482 m/s et dans l’acier de 5050 m/s. Le son ne se propage pas dans le vide, car il n’y a pas de matière pour supporter les ondes produites (isolation phonique).
Fréquence et hauteur
La fréquence d’un son est exprimée en Hertz (Hz), elle est directement liée à la hauteur d’un son perçu, mais n'en est qu'une des composantes (voir Psychoacoustique). À une fréquence faible correspond un son grave, à une fréquence élevée un son aigu.
Tout être vivant doté d’une ouïe ne peut percevoir qu'une partie du spectre sonore.
- L’oreille humaine moyenne ne perçoit les sons que dans une certaine plage de fréquences située environ (selon l’âge, la culture, etc.), entre 30 Hz (au-deça les sons sont qualifiés d’infrasons) et 15 kHz (au-delà les sons sont qualifiés d’ultrasons). Certains physiologistes étendent même les limites de cette plage entre 20 Hz et 20 kHz.
- Le chat peut percevoir des sons jusqu’à 25 kHz.
- Le chien perçoit les sons jusqu’à 35 kHz.
- La chauve-souris et le dauphin peuvent percevoir les sons de fréquence 100 kHz.
Certains animaux utilisent leur aptitude à couvrir une large bande de fréquences à des fins diverses :
- Les éléphants utilisent les infrasons pour communiquer à plusieurs kilomètres de distance.
- Les dauphins communiquent grâce aux ultrasons.
- Les chauve-souris utilisent les ultrasons avec leur système d’écholocation leur permettant de se déplacer dans le noir total.
Amplitude et force
L'amplitude est une autre caractéristique importante d’un son. La force perçue dépend (entre autres) de l’amplitude : le son peut être fort ou doux (les musiciens disent forte ou piano). Dans l’air, l’amplitude correspond aux variations de pression de l’onde. (cf. psychoacoustique)
Unité de mesure
Là où habituellement la pression est mesurée en pascals, en acoustique l’intensité se mesure en décibels (dB). C'est une unité qui utilise le logarithme soit du rapport de l'intensité sonore sur l’intensité de référence exprimées en watts par mètre carré (W0 = 10-12W.m-2), soit du rapport de la pression produite sur la pression de référence, exprimées en pascals (P0 = 2.10-5 Pa). Elle a été choisie ainsi parce que cela permet d’avoir des chiffres aisément manipulables, qui ne deviennent pas extrêmement grands ou petits (cf. échelle logarithmique), et parce que cette approche correspond mieux à ce que perçoit l’oreille humaine en terme de sensation sonore. Mais attention, la notion de niveau sonore ne donne qu’une vague idée de la sensation perçue, car il faut prendre en compte la sensibilité de l’oreille, qui varie principalement selon la fréquence du son (l’oreille est moins sensible aux basses fréquences). Une meilleure approximation du volume perçu est donnée en dBA ou décibels pondéré A, elle peut être mesuré électroniquement après filtrage du signal par un filtre à pondération A (il existe également des pondérations B et C adaptées aux mesures de sons d’intensités plus grandes).
0 dB correspond au minimum que l’oreille humaine peut percevoir appelé seuil d'audibilité, et non au silence absolu. Cette valeur a été choisie par expérimentation pour un son de fréquence 1000 Hz, elle vaut 10-12 W.m-2, mais la plupart des personnes ont un seuil d’audibilité supérieur à 0 dB (environ 4 dB). Le seuil de douleur est de 130 dB, mais l’oreille peut subir des dommages à partir de 85 dB (voir Psychoacoustique). Il suffit de changer la référence de puissance ou de pression (P0 ou W0 dans les formules ci-dessous) pour que l’échelle des volumes soit complètement changée. C'est pourquoi les décibels gradués sur le bouton de volume d’une chaîne Hi-fi ne correspondent pas du tout à des niveaux acoustiques mais à des puissances électriques de sortie de l’amplificateur, ce qui n'a quasiment rien à voir : la valeur 0 dB représente bien souvent la puissance maximale que l’amplificateur est capable de délivrer.
Différentes mesures de l’amplitude
Il existe plusieurs façons de mesurer l’amplitude d’un son, et par extension, d’un signal quelconque de nature ondulatoire :
- l’amplitude moyenne (la valeur moyenne arithmétique du signal positif)
- l’amplitude efficace (amplitude continue équivalente en puissance)
- l’amplitude crête (maximale positive)
- l’amplitude crête à crête (l’écart maximal d’amplitude positive et négative)
Dans la pratique, l’amplitude moyenne présente peu d’intérêt et n’est pas utilisée. En revanche, la valeur efficace ou RMS, pour Root Mean Square en anglais, soit la valeur quadratique moyenne du signal est universellement adoptée pour mesurer la valeur des tensions alternatives, dans le cadre général autant qu’en acoustique. Un amplificateur qui est donné pour 10 watts RMS fera 14 watts en crête et 28 watts en crête à crête (aussi noté cc). Les mesures de puissance crête à crête sont assez souvent appelées « watts musicaux » par les vendeurs de matériel audiovisuel car les chiffres sont plus flatteurs.
Timbre
Le timbre détermine la couleur du son. Il est différent pour chaque type de source sonore et différencie, à l’oreille, deux sons qui auraient la même fréquence fondamentale et la même force. Le timbre musical est très difficile à définir autrement que de manière négative (le timbre n’est pas ...). Pourtant, depuis le milieu du , l’acoustique a fait de grands progrès dans l'étude de cette composante, grâce au perfectionnement des instruments d’analyse du son (voir l'article Timbre).
Dans un sens restreint du mot, le timbre représente aussi la clochette ou à l’avertisseur sonore que l'on utilise dans les hôtels ou sur un vélo pour avertir de sa présence.
C’est aussi un élément de la caisse claire, situé en dessous (voir la description d’une batterie). Cet élément est constitué généralement de fils métalliques vibrant sous l’effet de la frappe, donnant le son caractéristique de la caisse claire.
Espace-temps
Comme tous les phénomènes perçus, le temps joue un rôle fondamental pour l’acoustique (et encore plus en musique). Il existe même des relations très étroites entre l'espace et le temps, vu que le son est une onde qui se propage dans l’espace au cours du temps.
On distingue trois grandes classes de signaux acoustiques :
- périodiques : Signaux dont la forme se répète dans le temps (à l’identique) ;
- aléatoires : Signaux qui n'ont pas de caractéristiques périodiques. Dans ce qui suit, et d’une manière générale, on ne s'intéresse qu'à un ensemble restreint de ces signaux ; ceux qui ont des caractéristiques statistiques stables dans le temps. On les appelle signaux aléatoires ergodiques. Concrètement, c’est le cas des bruits « blanc ou rose » utilisés par les scientifiques et certains artistes ;
- impulsionnels : Signaux qui ne se répètent pas dans le temps et ont une forme déterminée.
Tous les signaux peuvent être définis et analysés indifféremment dans l’espace temporel ou dans l'espace fréquentiel. Dans ce dernier, on aura souvent recours à l’utilisation du spectre du signal, calculé depuis sa définition fréquentielle (dite du domaine de Fourier). Le spectre d’un signal représente les différentes « notes » ou sons purs que contient un son, appelés partiels. Dans le cas d’un signal périodique stable comme une sirène, le spectre n’évolue pas au cours du temps et présente une seule valeur appelée « raie ». Il est en effet possible de considérer tout son comme la combinaison d’un ensemble de « sons purs » qui sont des sinusoïdes. Voir à ce sujet l’article sur la transformée de Fourier.
Enregistrement
Article détaillé : Enregistrement sonore
La musique
La musique est l’art de combiner les sons en termes de mélodie et/ou d’harmonie (notamment). En ce qui concerne la musique occidentale tout du moins, la notion essentielle (mais subjective) est celle de la consonance qui est intimement liée au phénomène des sons harmoniques. Cependant, et depuis des siècles, les musiciens et les théoriciens ont buté sur l’impossibilité d’aboutir à la définition d’une échelle musicale « idéale ».
Un exposé complet des problèmes posés fait l’objet de l’article gammes et tempéraments et de plusieurs articles associés.
La comparaison de termes musicaux et de leur équivalent scientifiques (hauteur et fréquence, par exemple) montre la limite en art et science, limite que l’acoustique musicale a tenté de franchir en montrant les rapports qui peuvent s’établir entre la perception humaine de la musique et les phénomènes physiques qui peuvent être liés.
Le son et l’informatique
Depuis la découverte de la synthèse numérique des sons, et avec l’arrivée d’ordinateurs personnels équipés en standard d'une carte son, il est devenu à la portée de tous d’enregistrer et de traiter les sons. De nombreux professionnels se tournent vers des solutions numériques, de moins en moins onéreuses, qui offrent, avec la progression de la capacité des ordinateurs, une foule de possibilités. Les cartes son haut de gamme possèdent de nombreuses entrées et sorties analogiques et numériques pour relier synthétiseurs et tables de mixage. L’informatique musicale s'est ainsi développée au même rythme que les capacités de calcul des ordinateurs.
L’acquisition
Quand nous allons vouloir traiter du son avec un ordinateur, nous allons procéder à son acquisition. Cette opération consiste à transformer les variations de pression du son, en une suite de nombres que les moyens informatiques pourront traiter. On appelle cette transformation l’échantillonnage du signal. Pour cela, on utilise un microphone qui convertit les variations de pressions de l’air en signaux électriques que l'on relie a un convertisseur analogique-numérique (CAN ou ADC en anglais, pour Analog to Digital Converter) qui va numériser ce signal à pas régulier, le transformer en une suite de nombres. Ce travail est généralement réalisé par les cartes son sur les ordinateurs personnels.
Catégorie:Son Catégorie:Acoustique Catégorie:Physique
Voir aussi
- | Acoustique musicale | Diapason | Gamme musicale | Ingénieur du son | Mur du son | Musique | Musique et informatique | Informatique musicale | Onde | Psychoacoustique | Technologies des musiques amplifiées | Vitesse du son | Sonothèque |
Liens externes
[http://membres.lycos.fr/audioprovence/bibliographie/son_1/son_1.html | La nature du son]
Catégorie:Ouïe
Catégorie:Son
Catégorie:Acoustique
ja:音
ko:소리
simple:Sound
th:เสียง
Sémantique ko:의미론 ms:Semantik ja:意味論
Semantique -
D'une manière générale, la sémantique est une branche de la linguistique qui étudie les signifiés. Le mot sémantique a été inventé à la fin du par le linguiste français Michel Bréal, auteur du premier traité de sémantique.
En particulier, la sémantique possède plusieurs objets d'étude :
- la signification des mots composés ;
- les rapports de sens entre les mots (relations d'homonymie, de synonymie, antonymie, polysémie, hyperonymie, hyponymie, etc.) ;
- la distribution des actants au sein d'un énoncé ;
- les conditions de vérité d'un énoncé ;
- l'analyse critique du discours ;
- la pragmatique, en tant qu'elle est considérée comme une branche de la sémantique.
Enfin, la sémantique a trouvé un nouveau domaine d'application dans l'étude des langages de programmation en informatique, pour laquelle elle a été développée de manière formelle (voir sémantique des langages de programmation).
Articles connexes
- propriété sémantique ;
- classe sémantique ;
- trait sémantique ;
- progression sémantique;
- champ sémantique, dénotation et connotation;
- sens et dénotation;
- sémantique générale.
Linguistique -
Au sens large, la linguistique est l'étude du langage humain ; un linguiste est donc une personne qui étudie les langues. Dans un sens plus restreint, la linguistique s'oppose à la grammaire dite traditionnelle, en ce sens que celle-ci est normative tandis que celle-là est descriptive. Alors que la grammaire juge des énoncés quant à leur adéquation à une norme donnée, la linguistique se contente de décrire. L'étude de la linguistique peut se faire selon trois axes principaux, dont les tenants et aboutissants sont décrits ci-dessous :
- études en synchronie et diachronie : l'étude synchronique d'une langue s'intéresse seulement à cette langue à un moment donné de son histoire, à un seul de ses états. Par opposition, étudier une langue — ou une famille de langues — en diachronie revient à s'intéresser à son histoire et aux changements structurels qu'elle a subis ;
- études théoriques et appliquées : la linguistique théorique étudie la création de structures permettant la description individuelle de langues ainsi que les théories tentant de cerner leurs constantes universelles ;
- études contextuelles et indépendantes : bien que les termes désignant cette dichotomie ne soient pas clairement fixés, on peut la décrire comme suit ; l'étude contextuelle s'intéresse aux interactions entre le langage et le monde, tandis que l'étude indépendante considère le langage pour lui-même, indépendamment de ses conditions extérieures.
Les spécialistes sans qualifications précises qui se désignent comme des linguistes sont principalement intéressés par la linguistique indépendante, théorique et synchronique, que l'on considère souvent comme la branche principale de la discipline, et que l'on désignera ici sous le terme de linguistique théorique.
Domaines de la linguistique théorique
La linguistique théorique est souvent divisée en domaines séparés et plus ou moins indépendants :
- phonétique : étude des différents phones ou sons produits par l'appareil phonatoire humain ;
- phonologie : étude des sons pertinents, ou phonèmes, d'une langue donnée ;
- morphologie : étude de la structure interne des mots ;
- syntaxe : étude de la combinatoire des mots entre eux pour former des énoncés ;
- sémantique : étude du sens des mots et des énoncés ;
- stylistique : étude du style d'un énoncé littéraire ou non ; le style constitue-t-il un écart par rapport à une norme ?
- pragmatique : étude de l'utilisation (littérale, figurée ou autre) des énoncés dans les actes d'énonciation.
Le caractère séparé de chacun de ces domaines ne fait pas forcément l'unanimité. Les linguistes, cependant, reconnaissent le plus souvent qu'aucun domaine n'est entièrement indépendant d'un autre.
Linguistique diachronique
Alors que la linguistique théorique s'attache à décrire les langues à un moment donné de leur histoire (le plus souvent le présent), la linguistique diachronique examine comment les langues évoluent au cours du temps — que ces changements concernent la prononciation (on parle alors de phonétique historique), le sens et l'histoire des mots (c'est là l'étymologie qui est concernée), voire plusieurs aspects (et l'on touche là à la linguistique) — parfois à travers plusieurs siècles. La linguistique historique jouit d'une longue et riche histoire. C'est d'ailleurs de cette branche de la linguistique que sont nées les autres approches. Elle repose sur des postulats théoriques jugés solides (comme les lois phonétiques).
Une discipline comme la linguistique comparée repose principalement sur une optique historique.
Linguistique appliquée
Au contraire de la linguistique théorique, qui cherche à décrire de manière générale une langue donnée ou le langage humain, la linguistique appliquée se sert de ces recherches pour les appliquer à d'autres domaines comme l'enseignement des langues, la dictionnairique, la synthèse ou la reconnaissance vocale, ces deux dernières approches étant ensuite utilisées en informatique pour fournir des interfaces vocales, par exemple.
Linguistique contextuelle
La linguistique contextuelle est un domaine dans lequel la linguistique interagit avec d'autres disciplines. Elle étudie par exemple comment le langage interagit avec le reste du monde.
La sociolinguistique, la linguistique anthropologique et l'anthropologie linguistique sont des domaines ressortissant à la linguistique contextuelle dans lesquels on étudie les liens entre le langage et la société.
De même, l'analyse critique du discours est un point de rencontre entre la rhétorique, la philosophie et la linguistique. Il est ainsi possible de parler d'une philosophie du langage.
D'autre part, l'étude médicale du langage conduit à des approches psycholinguistique et neurolinguistique.
Enfin, appartiennent aussi à la linguistique contextuelle des domaines de recherches comme l'acquisition du langage, la linguistique évolutionniste, la linguistique stratificationnelle ainsi que les sciences cognitives.
Locuteur individuel, communautés linguistiques et caractéristiques universelles du langage
Plusieurs approches linguistiques sont possibles selon l'étendue de l'objet d'étude : certains analysent la langue d'un locuteur donné, d'autres des développements généraux sur la langue. On peut aussi étudier la langue d'une communauté bien précise, comme l'argot des banlieues ou bien rechercher les caractéristiques universelles du langage partagées par tous les hommes. C'est cette dernière approche, la linguistique générale, dont le pionnier a été Ferdinand de Saussure, qui a été élue par Noam Chomsky et qui trouve des échos en psycholinguistique et dans les sciences cognitives. On peut penser que ces caractéristiques universelles sont susceptibles de révéler des éléments importants concernant la pensée humaine en général. Voir par exemple les fonctions du langage.
Démarche descriptive, démarche prescriptive
La majorité des recherches accomplies en linguistique est purement descriptive : les linguistes cherchent à expliciter la nature du langage sans porter de jugements de valeur. Cependant, il existe un grand nombre de professionnels et d'amateurs qui ne se détachent pas d'un point de vue normatif, plus proche de celui de la grammaire. Alors que ceux-ci vont juger un énoncé selon qu'il respecte ou non le bon usage ou des règles, ceux qui suivent une démarche descriptive vont surtout chercher les origines de ces usages, des règles ou des erreurs qu'ils pourront simplement décrire comme des usages particuliers, voire comprendre que derrière une faute de langue se cache un besoin de rationalisation de la langue.
Parole et écriture
La plupart des travaux en linguistique, à l'heure actuelle, partent du principe que la langue parlée est première, et que la langue écrite n'en est qu'un reflet secondaire. Plusieurs raisons sont évoquées :
- alors que la parole est universelle, l'écriture ne l'est pas, loin de là ;
- l'apprentissage de la langue parlée est bien plus aisé et rapide que celui de la langue écrite ;
- nombre de scientifiques des sciences cognitives pensent qu'il existe dans le cerveau un module du langage qu'il n'est possible de connaître qu'à travers la langue parlée.
Bien sûr, les linguistes reconnaissent que l'étude de la langue écrite est loin d'être inutile. L'étude de corpus écrits, à cet égard, est primordiale en linguistique computationnelle, les corpus oraux étant difficiles à créer et à trouver. D'autre part, l'étude des systèmes d'écriture, ou grammatologie, ressortit pleinement à la linguistique. Enfin, les langues dotées d'une tradition écrite ancienne ne sont pas imperméables à des effets rétroactifs de l'écrit sur l'oral : le mot français legs, par exemple, dans lequel le g n'est pas étymologique, est le plus souvent prononcé /lεg/, par influence de la graphie, alors qu'à l'origine on disait /le/.
Domaines de recherches de la linguistique
Phonétique, phonologie, diglossie, syntaxe, sémantique, pragmatique, étymologie, lexicologie, lexicographie, linguistique théorique, linguistique comparée, dialectologie, linguistique descriptive, typologie des langues, linguistique computationnelle, sémiotique, écriture, etc., sont parmi les domaines les plus courants.
Recherches interdisciplinaires
Linguistique appliquée, linguistique cognitive, linguistique historique, orthographe, grammatologie, cryptanalyse, déchiffrage, sociolinguistique, anthropologie linguistique, linguistique anthropologique, analyse critique du discours, psycholinguistique, acquisition du langage, traitement automatique des langues, reconnaissance vocale, reconnaissance du locuteur, synthèse vocale et, plus généralement, traitement de la parole, sont de telles disciplines.
Linguistes importants et écoles de pensée
Parmi les premiers linguistes d'importance, il convient de compter Jacob Grimm, qui, en 1822, a compris et décrit la nature des modifications phonétiques touchant les consonnes dans les langues germaniques (modifications décrites dans la loi de Grimm). À sa suite, Karl Verner, inventeur de la loi portant son nom, August Schleicher, créateur de la Stammbaumtheorie et Johannes Schmidt, qui a développé la Wellentheorie (modèle par vagues) en 1872. Ferdinand de Saussure peut être considéré comme le fondateur de la linguistique structuraliste. Le modèle formel du langage développé par Noam Chomsky, ou grammaire générative et transformationnelle, s'est développé sous l'influence de son maître, Zellig Harris, lequel suivait déjà fortement les préceptes de Leonard Bloomfield. Ce modèle s'est imposé depuis les années 1960.
En France, les travaux du linguiste André Martinet, chef de file du fonctionnalisme, sont notables. La linguistique n'exclut pas forcément le grand public : témoins les ouvrages de vulgarisation d'Henriette Walter..
Représentation écrite de la parole
Il existe de nombreuses méthodes utilisées pour transcrire par écrit la parole, comme l'Alphabet phonétique international de l'Association phonétique internationale, ou API, méthode la plus commune actuellement. Celles-ci peuvent tendre à une extrême précision (on parle de transcription fine) et tenter de représenter les particularités phonétiques d'un locuteur précis, ou bien ne décrire que très généralement les oppositions fondamentales entre phonèmes d'une langue ; il s'agit là de transcription phonologique (ou phonétique large).
En France, d'autres systèmes existent, comme la notation de Bourciez, propre à la phonétique historique du français et, plus généralement, des langues romanes. Chaque pays doté d'une tradition linguistique a pu développer ses systèmes de transcription. C'est pourtant l'API qui, aujourd'hui, prédomine dans la recherche.
Lorsqu'il n'est pas possible d'utiliser l'API pour des raisons techniques, il existe plusieurs méthodes permettant de transcrire l'API dans un système n'utilisant que des caractères présents dans tous les jeux de caractères, comme le SAMPA.
Consulter aussi cette liste de méthodes de transcription.
Vers une conception plus étroite de la linguistique
Les termes de linguistique et linguiste ne sont pas toujours appliqués de manière aussi large que vu plus haut. Dans certains contextes, principalement universitaires, de meilleures définitions pourraient être, respectivement, « discipline que l'on étudie dans les départements relevant de la section 07 du Conseil National des Universités ([http://www.education.gouv.fr/personnel/enseignant_superieur/enseignant_chercheur/cnu.htm CNU]) » et « enseignant-chercheur d'un tel département ». La linguistique ainsi considérée ne renvoie pas à l'apprentissage des langues étrangères (à moins que cet apprentissage ne permette de créer des modèles formels de description des langues). Elle n'inclut pas non plus l'étude littéraire.
En règle générale, il convient de prendre conscience qu'un linguiste n'est pas forcément un polyglotte. En effet, la maîtrise complète d'une langue n'est pas une condition nécessaire (ni même suffisante) pour étudier et décrire certains aspects de son fonctionnement (c'est, par exemple, le cas en phonétique, où l'étude de la production des sons d'une langue n'implique pas la connaissance de sa syntaxe). Lorsqu'un linguiste s'intéresse à une langue dont il n'est pas particulièrement familier, il consulte généralement des locuteurs natifs, que l'on appelle des informateurs.
Articles connexes
- :catégorie:Linguistique
- liste des linguistes célèbres ;
- histoire de la linguistique ;
- notions fondamentales en linguistique ;
- liste des notions utilisées en linguistique ;
- philologie ;
- psycholinguistique ;
- structuralisme ;
- liste de langues par ordre alphabétique ;
- technesthésie.
Liens externes
- [http://www.ethnologue.com/web.asp Ethnologue: base de données sur les langues] du SIL
- [http://ocw.mit.edu/OcwWeb/Linguistics-and-Philosophy/index.htm Cours en ligne du MIT]
- [http://fr.groups.yahoo.com/group/parislinguists/ Liste de diffusion des informations sur la linguistique à Paris]
- [news:fr.sci.linguistique Forum Usenet francophone]
- [news:sci.lang Forum Usenet] et sa [http://www.zompist.com/langfaq.html FAQ]
- [http://groups.google.fr/groups?q=fr.lettres.langue Forums Usenet francophones sur les langues vivantes]
- [http://www.univ-ag.fr/gerec-f/points_de_depart_recherche/ Guide sur la recherche d'informations en sciences du langage]
- [http://www.linguistlist.org/ Listes de diffusion (en anglais)]
- [http://www.tlfq.ulaval.ca/axl Site québécois sur l'aménagement linguistique dans le monde (une mine d'informations)].
Bibliographie
- Vera Carvalho, Linguistique, Presses Universitaires France, 1980 (ISBN 2130363547) ;
- Ferdinand de Saussure (et al.) (1995), Cours de linguistique générale, Payot, 1995 (ISBN 2228889423) ;
- Sylvie Durrer (1998), Introduction à la linguistique de Charles Bally, Delachaux & Niestlé, 1998, (ISBN 2603010883) ;
- Catherine Fuchs, Pierre Le Goffic, Les linguistiques contemporaines, Hachette, 1992 (ISBN 2-01-016909-3) ;
- Nathalie Garric, Introduction à La Linguistique, Hachette, 2001 (ISBN 2011454603) ;
- Jacques Lerot, Précis de linguistique générale, Minuit, 1993 (ISBN 2707314587) ;
- Mortéza Mahmoudian, La linguistique, Seghers, 1981 (ISBN 2221008367) ;
- Dominique Maingueneau, Aborder la linguistique, Seuil, 1996 (ISBN 2020230313) ;
- André Martinet, Eléments de linguistique générale, 4 édition, Armand Colin, 1996 (ISBN 2200265735) ;
- Jacques Moeschler, Antoine Auchlin, Introduction à la linguistique contemporaine, 2 édition, Armand Colin, 2000 (ISBN 2200251246) ;
- Jean Perrot, Linguistique, Presses Universitaires de France, 1993 (ISBN 2130427723) ;
- Gilles Siouffi, Dan van Raemdonck, 100 fiches pour comprendre la linguistique, Breal, 1999 (ISBN 2842914538) ;
- Olivier Soutet, Linguistique , Presses Universitaires de France, 1997 (ISBN 2130471862) ;
- Joseph Vendryes, Le langage, Albin Michel, 1985 (ISBN 2226047441).
fiu-vro:Keeletiidüs
ja:言語学
ko:언어학
th:ภาษาศาสตร์
zh-min-nan:Gí-giân-ha̍k
PhonèmeCatégorie:Linguistique Catégorie:Phonétique
En phonologie, domaine de la linguistique, un phonème est la plus petite unité discrète ou distinctive (c'est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l'on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d'être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone). On transcrit traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques: /a/, /t/, /r/, etc., selon la règle un phonème = un symbole.
L'identification des phonèmes d'une langue se fait en construisant des paires minimales, c'est-à-dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul son (ce son peut alors être considéré comme un phonème).
Exemples :
- bien et mien : même raisonnement : /b/ et /m/ ;
- zona et sauna sont deux mots différents de la langue française, et il n'y a qu'un seul son différent (le premier). Donc, on peut conclure que le /s/ et le /z/ sont des phonèmes pour la langue française;
- roi avec un /r/ roulé ([r]) et roi avec un /r/ non roulé ([ʁ]) : les deux mots, en français, sont identifiés au même signifié. Il n'y a donc pas d'opposition entre le /r/ roulé et le /r/ non roulé, qui sont alors des allophones et non des phonèmes.
- Soulignons que cette notion de phonème est relative à une langue, en reprenant les deux derniers exemples. En espagnol il n'existe pas de paire minimale qui distingue /s/ de /z/, qui sont donc des allophones en espagnol standard. A contrario la paire pero et perro forme une paire minimale, qui prouve que /r/ et /rr/ sont des phonèmes distincts en espagnol standard.
La notion de phonème est décrite en détail dans l'article Phonologie.
Outre les phonèmes, il existe d'autres unités discrètes, comme les unités suprasegmentales.
Articles connexes
- Phonologie ;
- allophone ;
- distribution des phonèmes ;
- phonétique ;
- linguistique;
- archiphonème
ja:音素
ko:낱소리
zh-min-nan:Im-sò·
Langue chinoise
Les langues chinoises (中國語文/中国语文, zhōnggúo yǔwén) ou les chinois (中文 zhōngwén) appartiennent en majorité à la famille des langues sino-tibétaines.
Les langues chinoises
Parmi les variantes orales du chinois moderne, les plus importantes sont :
- le mandarin (漢語 hànyǔ, globalement ou 普通話 pǔtōnghuà, en Chine, ou 國語 guóyǔ, à Taïwan), langue officielle de la Chine, de Taiwan et de Singapour. Il est aussi très répandu au Viêt Nam et au Cambodge ; c'est la langue la plus parlée au monde ;
- le wu (吳語 wúyǔ), parlé à Shanghai, dans le Jiangsu et le Zhejiang ;
- le cantonais (粵語 yuèyǔ), parlé dans les provinces du Guangdong et du Guangxi, à Hong Kong, Macao, en Asie du Sud-Est et par certains Chinois d'outre-mer.
Il existe d'autres langues chinoises, improprement nommées dialectes par les sinologues :
- le gan (贛語 gànyǔ), parlé dans la province du Jiangxi ;
- le hakka (客家話 kèjiāhuà), dans la partie nord du Guangdong ;
- le min (閩語 mǐnyǔ), dans la province du Fujian, à Taiwan :
- le groupe minnan (ou hokkien) comprend, entre autres, le taïwanais, le teochew et le hainan,
- et le xiang (湘語 xiāngyǔ), parlé dans la province du Hunan.
Il existe aussi un code d'écriture chinois exclusivement utilisé par des femmes, le nushu.
Le chinois archaïque, dont les dialectes sont issus, n'était pas une langue à tons, et se distinguait fortement des langues modernes par sa typologie sur le plan phonologique comme sur le plan morphologique. Les langues chinoises sont apparentées aux langues tibéto-birmanes.
Les langues chinoises s'écrivent le plus souvent au moyen des sinogrammes. Plusieurs systèmes de translittération sont utilisés pour le cantonais et le mandarin :
- le pinyin, romanisation utilisé en République Populaire de Chine ;
- le bopomofo, alphabet non latin utilisé à Taïwan ;
- le penkyamp, romanisation inspirée du pinyin adaptée au cantonais ;
- les romanisations Wade-Giles (pour le mandarin) et Yale (pour le cantonais et le mandarin), antérieures au pinyin, utilisées dans les pays anglo-saxons ;
- le jyutping, romanisation du cantonais utilisée par la société linguistique de Hong Kong ;
- le gwoyeu romatzyh, romanisation du mandarin utilisée à Taïwan de 1928 à 1986.
Traits grammaticaux communs
Contrairement à une idée répandue, la grammaire des langues chinoises n'est pas uniforme d'une langue à l'autre. Si ces langues partagent de nombreux points communs, en connaître une ne permet cependant pas de lire les autres (sauf le mandarin, sur lequel la langue écrite normalisée est basé). Chacune possède sa phonologie, sa syntaxe, sa propre utilisation des caractères (un caractère dans une langue chinoise donnée n'aura pas forcément le même sens dans une autre), voire des caractères qui lui sont propres (pour l'instant, seuls ceux du cantonais semblent accessibles dans les jeux de caractères habituels).
L'on peut cependant constater les principaux points communs entre ces langues, qui permettent d'établir une typologie chinoise :
- elles sont toutes tonales (voir langue à tons) ;
- elles sont à tendance monosyllabique : dans ces langues, l'unité fondamentale de sens et de son (ou morphème) est la syllabe (ce qui ne signifie pas que tous les mots soient monosylabique, loin de là) ;
- elles sont isolantes : les morphèmes sont invariables et ne connaissent aucun type d'accord (ni flexion nominale, ni conjugaison), d'où l'importante de la syntaxe (l'ordre des mots est primordial) ;
- elles utilisent des particules aspecto-temporelles et modales : le verbe est actualisé au moyen de particules la plupart du temps post-verbales qui renseignent sur le temps, l'aspect, le mode de procès et le mode du verbe ;
- outre ces particules, il existe de très nombreux suffixes post-verbaux renseignant sur la localisation du procès, sa possibilité, son succès, etc.
- ces langues font usage de « classificateurs » nommés spécificatifs, morphèmes se plaçant entre un déterminant (démonstratif, adjectif numéral) pour indiquer la classe sémantique à laquelle appartient un terme (classe des objets longs et plats, classe des animaux, des paires, des divisions d'un ouvrage de poésie, etc.) ;
- dans la majorité des cas, ce sont des langues SVO. On note cependant une tendance importante à la topicalisation.
Articles connexes
- Mandarin, cantonais, gan, hakka, min, wu et xiang ;
- chinois archaïque, chinois médiéval ;
- langues par famille ;
- Sinogramme et romanisation ;
- Matteo Ricci, Melchior Nuñez.
- Taper et lire du chinois sur votre ordinateur
Liens externes
- [http://www.chine-nouvelle.com/methode/chinois Méthode de Chinois] 40 leçons en ligne et gratuites pour apprendre à parler, lire et écrire le Chinois mandarin.
- [http://www.chine-nouvelle.com/outils/dictionnaire.html Dictionnaire Chinois Français en ligne] recherche par caractère chinois, pinyin ou français ;
- [http://zhongwen.com Dictionnaire étymologique d'écriture chinoise] ;
- [http://www.xys.org/xys/classics/ Des grands classiques du chinois (en chinois)].
- [http://www.zanhe.com/ Shanghaïan, Shanghainese (Wu): Introduction and Development.] en anglais.
- [http://www.loecsen.com/travel/discover.php?lang=fr&to_lang=18/ Ecouter des expressions pratiques en chinois]
- [http://groups.google.com/groups?q=insubject:faq+group:fr.lettres.langue.chinoise&start=0&scoring=d& FAQ] du forum news:fr.lettres.langue.chinoise.
Catégorie:Langue chinoise
ja:中国語
ko:중국어
simple:Chinese language
th:ภาษาจีน
zh-min-nan:Hàn-gí
Point
- un point est un signe graphique.
- un point est un élément d'une surface ou d'une courbe géométrique
- un point est une unité de longueur en typographie
Voir aussi
- deux-points
- point d'exclamation
- point d'interrogation
- points de suspension
- point-virgule
- rond-point
Lexicalisécatégorie:Linguistiquecatégorie:Lexicologie
La lexicalisation, terme propre à la linguistique et tout particulièrement à l'étymologie, la lexicologie et la linguistique comparée, est le fait qu'un terme nouveau ─ ou une expression ─ accède au statut de lemme dans une langue donnée, c'est-à-dire que ses locuteurs le reconnaissent comme un terme unique, différencié et autonome, doté d'un sens et appartenant au lexique de leur langue. Outre des termes isolés, des syntagmes ou des périphrases peuvent être lexicalisés. Dans ce cas, ce groupe de mots doit ne constituer qu'un seul lemme.
Domaine d'application
Pour qu'il y ait lexicalisation d'un terme, il est nécessaire qu'au départ ce terme puisse ne pas avoir été considéré comme un terme unique ou comme appartenant de droit à la langue ; ainsi, les mots hérités historiquement d'une langue-mère ne peuvent se lexicaliser, au contraire de syntagmes constitués de tels mots. Plusieurs procédés peuvent conduire à la lexicalisation, comme l'antonomase ─ quand un nom propre, normalement exclu du lexique, devient un nom commun ─ l'emprunt lexical d'un terme étranger, le néologisme, l'univerbation ou encore la catachrèse.
Critères de test
Pour les termes isolés
Il est difficile de fournir des critères objectifs permettant de savoir quand un terme ou une expression sont lexicalisés : en effet, il ne s'agit pas de considérer que leur entrée dans « le » dictionnaire suffit car le dictionnaire n'a aucun sens. Il existe, pour une langue donnée à un état donné en synchronie, plusieurs dictionnaires, aucun n'ayant de réelle autorité suprême (pas même celui de l'Académie française en France, qui ne fait que sanctionner un certain usage). Chaque équipe de lexicographes suit une ligne éditoriale différente, telle acceptant de recenser un terme qu'une autre exclura au prétexte qu'il est trop récent et qu'on ne peut se prononcer sur sa pérennité.
En sorte, il semble que le véritable test soit l'usage, la spécialisation et la grammaticalisation : quand un terme nouveau est utilisé par un assez grand pourcentage de la population, il est patent qu'il a été lexicalisé. Mieux, s'il suit les règles de grammaire habituelles, cela confirme son entrée dans le lexique. Par exemple, lorsque le terme taliban a commencé à être entendu, il a été principalement utilisé par des journalistes couvrant la guerre en Afghanistan de 2001, lesquels, en contact avec des arabophones, utilisaient les règles de pluralisation propres à l'arabe, à savoir un taleb / des taliban. Plus tard, quand le mot a été employé par un plus grand nombre de locuteurs, cette pluralisation a été normalisée selon les règles habituelles : un taliban / des talibans (il est notable que le terme étant, dans la presse, plus fréquemment utilisé au pluriel, c'est ce pluriel qui a fourni un singulatif et non l'inverse). Il y a eu là grammaticalisation d'un emprunt, première preuve de la lexicalisation. D'autre part, le terme arabe ne signifie pas, comme en français, « fondamentaliste islamiste » mais « étudiant en théologie ». La spécialisation du terme dans la langue empruntant est une autre preuve de la lexicalisation. Taliban est d'ailleurs recensé dans l'édition électronique du Petit Robert de 2001.
Pour les mots composés et les expressions
On peut appliquer ce test à des syntagmes : pomme de terre, par exemple, est bien lexicalisé car son sens est spécialisé. Il ne désigne pas une pomme poussant dans la terre mais un légume bien précis. La lexicalisation du syntagme conduit à la création d'un mot composé, lemme unique. La lexicalisation des syntagmes en français peut aussi être constatée par l'utilisation du trait d'union (dont les usages ne sont cependant pas cohérents) : le lemme grand-angle se distingue ainsi du syntagme grand angle (« un angle qui est grand »). Le fait qu'on ne peut intercaler de mots entre les constituants d'un mot composé ou en actualiser un seul membre confirme son statut de lemme unique : pommme de la terre n'a plus le même sens et dans chemin de fer résistant, résistant ne peut porter que sur l'ensemble et non sur le seul constituant fer.
Des processus prosodiques peuvent confirmer la lexicalisation d'anciens syntagmes, comme l'univerbation. Par exemple, le toponyme grec Πελοπόννησος Pelopónnêsos (« Péloponnèse ») provient d'un ancien syntagme Πέλοπος νῆσος Pélopos nễsos, c'est-à-dire « l'île de Pélops » (avec Πέλοπος Pélopos, génitif de Πέλοψ Pélops). Or, aucun lemme grec ne peut porter, au moins pris de manière isolée, plus d'un accent : le fait que Πέλοποννῆσος Péloponnễsos (avec assimilation complète de /s/ devant /n/) devienne Πελοπόννησος Pelopónnêsos par univerbation (noter que dans la transcription latine, ê représente un /e/ long et non un /e/ accentué) prouve aussi la lexicalisation du terme, ainsi que l'application des lois de limitation qui empêchent l'accent de remonter plus haut que le deuxième omicron. L'univerbation est fréquente en français moderne : longtemps s'écrit encore long temps chez Louise Labé et aujourd'hui provient bien de l'expression au jour d'hui (où « hui », du latin hodie, signifie aujourd'hui").
Des expressions plus complexes que le syntagme nominal peuvent donc être lexicalisées. Le fait qu'elles acquièrent une classe unique constitue là aussi un critère de test : par exemple, le syntagme verbal je ne sais quoi est devenu un substantif pouvant d'ailleurs être écrit je-ne-sais-quoi. Un je-ne-sais-quoi est maintenant un véritable lemme signifiant « une qualité difficilement définissable », que l'on peut utiliser même quand le locuteur n'est pas la première personne du singulier : « il pensa que ce jeune homme avait un je-ne-sais-quoi de charmant » est parfaitement correct. Le latin, du reste, utilise nescio quid de la même manière avec le même sens. Un syntagme comme je ne vois quoi, qui n'a pas de classe unique, n'est cependant pas lexicalisé, ce que prouve un énoncé incorrect comme - elle avait un je ne vois quoi de louche. Il reste un syntagme devant obéir aux règles d'utilisation habituelles.
Articles connexes
- lemme et lexique ;
- antonomase, emprunt lexical, néologisme et catachrèse ;
- mot composé et univerbation.
LexèmeLe lexème est le morphème lexical d'un lemme, c'est-à-dire une unité de sens et de son qui n'est pas fonctionnel ou dérivationnel. Le lexème renvoie à une notion abstraite ou concrète indépendante de la situation de communication.
C'est un synonyme de radical dans la plupart des cas, surtout utilisé dans le cadre de la lexicologie en synchronie. En effet, diachroniquement, radical et lexème peuvent ne pas coïncider (consulter Radical).
Lexèmes radicaux liés et libres
Un même lexème est présent dans toutes les formes d'un même terme fléchissable : aimer, aime, ai aimé, aimions ou aimât sont des formes différentes d'un même lexème aim-, qui est ici un radical. On parle dans ce cas d'un lexème lié : il n'existe pas de forme libre du lexème aim- : chacune est obligatoirement composée d'un radical et d'un morphème (comme un suffixe de dérivation dans aim-able, une désinence dans aim-er).
Par opposition, il existe des lexèmes libres comme choix, qui ne se rencontrent que sous une seule forme, ou nourriture, qui, bien que variable, peut être cité sous cette forme. Les lexèmes libres peuvent constituer à eux seuls une phrase : Comment est-il ? Petit.
On voit alors que des mots comme le, de, il ou hier ne sont pas des lexèmes, bien que libres : ce sont bien des morphèmes grammaticaux, qui sont dépendants d'autres termes de la phrase ou de la situation de communication (c'est le cas pour hier : « hier par rapport au moment où je parle »).
Les lexèmes libres sont inclus dans la catégorie des lemmes au côté des autres morphèmes libres (pour la notion de lemme, la distinction lexème ~ morphème ne compte donc pas).
Terminologie
Les notions de lemme et de lexème sont employées de manière très variable selon les linguistes et leur école de pensée. Pour certains, ce qu'on nomme ici lexème correspond à la définition qu'on donne dans cette encyclopédie au lemme. Même si la terminologie adoptée ici est contestable, on utilisera lexème et lemme de cette manière :
- le lemme est l'unité autonome du lexique ;
- le lexème est le constituant lexical, autonome ou nom, d'un lemme.
Articles connexes
- Radical
- lexique ;
- lemme ;
- morphème ;
- affixe.
Catégorie:Lexicologie
FormeEn morphologie, branche de la linguistique, il convient de distinguer ─ au sein des langues flexionnelles ─ les multiples formes que peuvent prendre les lemmes au cours de la flexion. Toutes les formes d'un lemme donné forment son ou ses paradigmes.
Par exemple, étant donné le lemme aller, on dira que le paradigme de ce verbe au présent de l'indicatif est le suivant : vais, vas, va, allons, allez et vont. Le même lemme d'autres pardigmes, dont celui de l'imparfait du subjonctif, constitué de : allasse, allasses, allât, allassions, allassiez, alassent. Ainsi, vais ou allassions sont différentes formes du même lemme aller.
Voir : Morphologie - flexion, langue flexionnelle - lemme.
----
En philosophie, on oppose la forme à la matière dans les cas généraux. Chez Aristote, c’est ce vers quoi tend tout changement : elle est à la fois l’acte, l’essence, la perfection, et le principe d’unité de chaque être.
Chez les scolastiques, la forme est le principe substantiel d’un être individuel défini par son essence spécifique.
Emmanuel Kant distingue plusieurs types de forme : « formes » de la connaissance, lois que la pensée impose à la matière de celle-ci, au donné pur de la sensation : les « formes pures a priori de la sensibilité » sont le temps et l’espace. Les « formes » de l’entendement sont les catégories.
Voir : Les 4 causes
catégorie:Linguistique
Catégorie:Philosophie
LexèmeLe lexème est le morphème lexical d'un lemme, c'est-à-dire une unité de sens et de son qui n'est pas fonctionnel ou dérivationnel. Le lexème renvoie à une notion abstraite ou concrète indépendante de la situation de communication.
C'est un synonyme de radical dans la plupart des cas, surtout utilisé dans le cadre de la lexicologie en synchronie. En effet, diachroniquement, radical et lexème peuvent ne pas coïncider (consulter Radical).
Lexèmes radicaux liés et libres
Un même lexème est présent dans toutes les formes d'un même terme fléchissable : aimer, aime, ai aimé, aimions ou aimât sont des formes différentes d'un même lexème aim-, qui est ici un radical. On parle dans ce cas d'un lexème lié : il n'existe pas de forme libre du lexème aim- : chacune est obligatoirement composée d'un radical et d'un morphème (comme un suffixe de dérivation dans aim-able, une désinence dans aim-er).
Par opposition, il existe des lexèmes libres comme choix, qui ne se rencontrent que sous une seule forme, ou nourriture, qui, bien que variable, peut être cité sous cette forme. Les lexèmes libres peuvent constituer à eux seuls une phrase : Comment est-il ? Petit.
On voit alors que des mots comme le, de, il ou hier ne sont pas des lexèmes, bien que libres : ce sont bien des morphèmes grammaticaux, qui sont dépendants d'autres termes de la phrase ou de la situation de communication (c'est le cas pour hier : « hier par rapport au moment où je parle »).
Les lexèmes libres sont inclus dans la catégorie des lemmes au côté des autres morphèmes libres (pour la notion de lemme, la distinction lexème ~ morphème ne compte donc pas).
Terminologie
Les notions de lemme et de lexème sont employées de manière très variable selon les linguistes et leur école de pensée. Pour certains, ce qu'on nomme ici lexème correspond à la définition qu'on donne dans cette encyclopédie au lemme. Même si la terminologie adoptée ici est contestable, on utilisera lexème et lemme de cette manière :
- le lemme est l'unité autonome du lexique ;
- le lexème est le constituant lexical, autonome ou nom, d'un lemme.
Articles connexes
- Radical
- lexique ;
- lemme ;
- morphème ;
- affixe.
Catégorie:Lexicologie
FormeEn morphologie, branche de la linguistique, il convient de distinguer ─ au sein des langues flexionnelles ─ les multiples formes que peuvent prendre les lemmes au cours de la flexion. Toutes les formes d'un lemme donné forment son ou ses paradigmes.
Par exemple, étant donné le lemme aller, on dira que le paradigme de ce verbe au présent de l'indicatif est le suivant : vais, vas, va, allons, allez et vont. Le même lemme d'autres pardigmes, dont celui de l'imparfait du subjonctif, constitué de : allasse, allasses, allât, allassions, allassiez, alassent. Ainsi, vais ou allassions sont différentes formes du même lemme aller.
Voir : Morphologie - flexion, langue flexionnelle - lemme.
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En philosophie, on oppose la forme à la matière dans les cas généraux. Chez Aristote, c’est ce vers quoi tend tout changement : elle est à la fois l’acte, l’essence, la perfection, et le principe d’unité de chaque être.
Chez les scolastiques, la forme est le principe substantiel d’un être individuel défini par son essence spécifique.
Emmanuel Kant distingue plusieurs types de forme : « formes » de la connaissance, lois que la pensée impose à la matière de celle-ci, au donné pur de la sensation : les « formes pures a priori de la sensibilité » sont le temps et l’espace. Les « formes » de l’entendement sont les catégories.
Voir : Les 4 causes
catégorie:Linguistique
Catégorie:Philosophie
Radical (linguistique)En linguistique, un radical (ou racine ou encore morphème lexical, lexème, bien que ces notions ne soient pas, dans le détail, identiques) est la plus petite et plus ancienne unité lexicale qui permette de former des mots apparentés (on peut comparer le radical d'un mot à la particule élémentaire de la matière). Cette notion est principalement étudiée en morphologie, étymologie et linguistique comparée mais aussi en lexicologie (bien que l'on se réfère pour le coup plus facilement au lexème dans ce dernier cas). Si lexème connote une analyse synchronique, radical est plus souvent réservé à l'analyse diachronique.
Le radical n'est pas forcément un lemme, d'autant moins dans les langues flexionnelles, surtout anciennes. En latin, par exemple, il n'existe que très peu de mots-racines (mots, ou lemmes, ne comportant qu'un radical nu, sans affixe). Le radical dénote une notion simple que la dérivation permettra de préciser, au moyen d'affixes, par exemple. Dans les langues indo-européennes anciennes, le radical est le plus souvent verbal.
C'est par dérivation d'un radical que l'on obtient des mots d'une autre classe lexicale restant apparentés. Un radical augmenté de suffixes devient un thème morphologique, lequel devient un lemme une fois qu'on y a adjoint des désinences voulues le cas échéant.
La notion de racine est aussi très importante dans les langues sémitiques car les procédés de dérivation y sont bien plus systématiques et cohérents que dans les langues indo-européennes naturelles.
Dans l'analyse des langues modernes, on nomme parfois radicaux les éléments de mots composés. C'est le cas pour les mots savants formés à partir de prétendus radicaux grecs ou latins, comme télécommande, formé à partir de l'adverbe grec tèle, « au loin », et d'un déverbal du verbe commander, c'est-à-dire commande. Le verbe commander s'analyse quant à lui en deux pseudo-radicaux, com-, du latin cum, et mander, du latin mandare. Seul mandare est réellement un radical, et encore si on lui ôte le suffixe de formation d'infinitif -are. L'on obtient alors mand-, radical irréductible et, d'ailleurs, verbal, du mot télécommande.
On le voit, le mot radical n'a pas le même sens selon qu'on analyse de manière diachronique ou synchronique. Ce qui est un radical dans une langue moderne était peut-être un thème de dérivation dans sa langue-mère. Inversement, les radicaux de la langue-mère peuvent, dans la langue-fille, ne plus être identifiables comme telle. On pourra, pour différencier le radical historique en diachronie de celui permettant de construire des lemmes en synchronie, qualifier ce dernier de lexème.
Par exemple, en dernière analyse, le radical historique du lemme français anticonstitutionnellement est latin, c'est sta- (sti- étant un allomorphe) : il permet de relier des termes apparemment éloignés comme statue, être, désister, stable, étable, prostitution, rester ou station. D'un point de vue synchronique, le lexème est stitu-, qui permet de relier lexicalement dé-stitu-er, constitu-er, dé-stitu-tion, con-stitu-tionnel, etc. Toujours en synchronie, constitution et stable n'apparaissent pas formés sur un même lexème : celui de stable est stab(i)l-, que l'on retrouve dans stab-ilité ou stabiliser. Si, historiquement, ils proviennent d'un même ancêtre, actuellement seule l'étude étymologique permet de le savoir : un locuteur lambda ne s'en rendra pas forcément compte.
Enfin, tous les mots ne sont pas construits à partir d'un radical identifiable, quel que soit l'angle d'approche que l'on adopte. On parle dans ce cas de mots immotivés. La plupart des mots-outils (les morphèmes grammaticaux libres comme hier, le ou de) sont immotivés.
Liste de radicaux français
- racine grecque
- logos
- lusis
- tomê
Catégorie:Linguistique
Catégorie:Étymon
Catégorie:Lexicologie
SignifiantUn signe linguistique est une entité formée par la réunion d'un signifié (un concept) et d'un signifiant (une forme sonore ou image acoustique). Par exemple, le mot français arbre est un signe linguistique associant le concept d'arbre à la forme sonore /arbr/.
Linguistique
mot
La notion de signe linguistique a été définie par Ferdinand de Saussure dans son Cours de linguistique générale. Saussure a souligné trois caractéristiques importantes du signe linguistique :
#L'arbitraire du signe : le lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire (c'est-à-dire immotivé), car un même concept peut être associé à des images acoustiques différentes selon les langues.
#Le caractère linéaire du signifiant : « le signifiant, étant de nature auditive, se déroule dans le temps ». Les éléments des signifiants se présentent donc obligatoirement les uns après les autres, selon une succession linéaire : ils forment une chaîne.
#L'immutabilité du signe : le signifiant associé à un concept donné s'impose à la communauté linguistique : un locuteur ne peut décider de le modifier arbitrairement.
#La mutabilité du signe : les signes linguistiques peuvent néanmoins être modifiés par le temps, par l'évolution linguistique (modification du signifiant, du signifié ou de leur rapport).
La science étudiant les signes, qu'ils soient verbaux ou non-verbaux, est la sémiotique (ou sémiologie, selon le sens donné à ce dernier terme). Celle étudiant les concepts d'un point de vue linguistique est la sémantique, tandis que la phonétique et la phonologie décrivent l'image sonore des signes linguistiques.
Le psychanalyste Jacques Lacan s'inspira de cette notion pour développer son concept de signifiant et de signifié. Pour Lacan, l'élément essentiel du signe linguistique est bien le signifiant, le mot lui-même. Il y a primauté du signifiant. L'impression, la trace mnésique que laisse l'image acoustique détermine le parlêtre.
Cette distinction lacanienne s'appuie également sur les notions, chez Sigmund Freud, de représentation de chose et de représentation de mot, qui ne sont cependant pas synonymes de signifiant et signifié. Si l'importance du signifiant révèle un parlêtre tout fait de symbolisme, la primauté du signifiant permet plus encore d'aborder l'inconscient, structuré comme un langage.
Partant de la phrase Un signe est ce qui représente quelque chose pour quelqu'un ( Lacan, L'identification), Lacan formulera un énoncé très différent, élevé à la dignité d'axiome, de véritable slogan : Un signifiant représente le sujet pour un autre signifiant. Ce sujet que le signifiant représente, il s'agit du sujet de l'inconscient.
C'est le signifiant qui tranche, c'est lui qui introduit la différence comme telle dans le réel, et justement dans la mesure où ce dont il s'agit n'est point de différences qualitatives (L'identification).
catégorie:Linguistique
catégorie:Terminologie lacanienne
ja:記号
SyntagmeEn grammaire moderne, on appelle syntagme (ou groupe), l'unité syntaxique plus ou moins complexe située entre la limite supérieure de la syntaxe, constituée par la phrase, et la limite inférieure, constituée par la catégorie simple (unité de base indissociable, ou élément terminal).
Généralités sur le syntagme
Un syntagme est un ensemble de mots formant une seule unité catégorielle et fonctionnelle, mais dont chaque constituant, parce que dissociable (contrairement au mot composé), conserve sa signification et sa syntaxe propres. Un syntagme constitue donc une association occasionnelle, libre, alors que le mot composé est une association permanente (lorsqu'un syntagme se fige, il devient bien sûr un composé détaché, soit une locution).
- Les éléments constitutifs d'un syntagme donné peuvent être de nouveaux syntagmes de niveau inférieur (des sous-syntagmes), structurés à l'instar du syntagme qui les englobe. À son tour, chacun de ces sous-syntagmes pourra le cas échéant, contenir d'autres syntagmes hiérarchiquement subalternes (des sous-sous-syntagmes, en somme), et ainsi de suite.
- En conséquence, quel que soit le niveau d'un syntagme donné, celui-ci peut virtuellement être inclus dans un syntagme de niveau supérieur (principe de regroupement), mais peut aussi bien inclure un syntagme de niveau inférieur (principe de division) :
:Il a acheté une modeste maison de briques rouges.
::Le syntagme « une modeste maison de briques rouges » est englobé dans le syntagme supérieur, c'est-à-dire, la phrase complète. Mais ce même syntagme « une modeste maison de briques rouges » inclut parmi ses éléments, le syntagme inférieur « de briques rouges », complément du nom « maison ».
- Ce double principe de regroupement et de division (soit, le principe d'inclusion) et cette identité de structure font du syntagme le véritable constituant syntaxique de la phrase.
- Le syntagme possède l'unité catégorielle et fonctionnelle du mot indivisible. Une analyse du syntagme s'opèrera donc en trois temps :
:- trouver son unité catégorielle (syntagme nominal, syntagme verbal, etc.) ;
:- trouver son unité fonctionnelle (de quelle unité supérieure il dépend, et quelle est sa fonction précise) ;
:- trouver ses constituants, à savoir, son noyau (qui hérite de sa nature et de sa fonction) et ses satellites (unités inférieures incluses dans lui).
Éléments constitutifs du syntagme
Les éléments constitutifs du syntagme sont : d'une part le noyau, d'autre part un ou plusieurs satellites.
:Un syntagme réduit à son seul noyau, c'est-à-dire sans aucun satellite, n'est plus vraiment un syntagme mais une catégorie isolée. Il est cependant possible (et parfois, pratique) de considérer qu'une unité isolée (nom, pronom, verbe, adverbe, adjectif qualificatif) est un syntagme à élément unique. En d'autres termes, « tout syntagme peut contenir de zéro à plusieurs satellites ».
Noyau du syntagme
Le noyau (ou chef de groupe, ou support) est l'élément central d'un syntagme. Le noyau transmet toujours sa catégorie et sa fonction au syntagme dont il est le composant principal.
- Le noyau d'un syntagme peut être une catégorie de base (mot simple ou mot composé), mais également un syntagme, c'est-à-dire, un sous-syntagme par rapport au syntagme de référence :
:Une chemise en velours déchirée.
::Dans ce syntagme nominal, le noyau est « chemise en velours », ce dernier étant lui-même un syntagme, ayant pour noyau le nom « chemise ».
- Lorsque deux noyaux (ou davantage) sont présents dans un même syntagme, appartenant à la même catégorie et ayant la même fonction, ils sont dits parallèles. Deux noyaux parallèles sont, soit juxtaposés (c'est-à-dire, littéralement mis l'un à côté de l'autre), soit coordonnés, c'est-à-dire, reliés par un ou plusieurs coordonnants :
:Il porte toujours un pantalon et une chemise parfaitement repassés.
::Dans le syntagme nominal « un pantalon et une chemise parfaitement repassés », le noyau est double, constitué des syntagmes nominaux « un pantalon » et « une chemise », syntagmes coordonnés. L'unique satellite de ce syntagme est le syntagme adjectival « parfaitement repassés », épithète du double noyau.
Satellites du syntagme
Dans un syntagme, un satellite est un composant dépendant du noyau de ce syntagme.
:À la place du mot satellite, certains grammairiens préfèrent parler d'expansion, de subordonné (avec un sens très général), ou encore, de complément (mais ce dernier terme pose un problème, puisqu'il est déjà employé en grammaire traditionnelle avec un sens précis).
- Contrairement au noyau, tous les satellites d'un syntagme, sans exception, quelle que soit leur taille et leur aspect, peuvent appartenir à n'importe quelle catégorie (nom, article, conjonction…) :
:Quel spectacle émouvant !
::Le nom « spectacle » est le noyau de ce syntagme nominal. Les satellites en sont : l'adjectif exclamatif « quel » et l'adjectif qualificatif « émouvant ».
:Jacques a aimablement invité Nathalie.
::Le verbe « a invité » est le noyau de cette proposition (ou groupe verbal). Les satellites en sont : les deux noms propres « Jacques » (sujet du verbe) et « Nathalie » (C.O.D. du verbe), et l'adverbe « aimablement ».
- Tout satellite peut donc être une catégorie ordinaire (mot simple ou mot composé), mais également un syntagme, c'est-à-dire, un sous-syntagme par rapport au syntagme de référence :
:Une chemise bon marché.
::Le nom « chemise » est le noyau de ce syntagme nominal. Les satellites sont : l'article indéfini « une » (mot simple) et l'adjectif qualificatif « bon marché » (locution adjectivale).
:La voiture que j'ai achetée.
::Le nom « voiture » est le noyau de ce syntagme nominal. Les satellites sont : l'article défini « la » (mot simple) et le syntagme verbal « que j'ai achetée » (proposition subordonnée relative).
- Un même mot peut être noyau de plusieurs syntagmes concentriques :
:Un gentil petit chat.
::Ce syntagme nominal a pour noyau, non pas le nom « chat », mais le syntagme nominal « petit chat », ce dernier étant à son tour composé d'un noyau (le nom « chat ») et d'un satellite (l'adjectif qualificatif épithète « petit »).
- A l'instar de ce qui ce passe pour le noyau, lorsque deux satellites (ou davantage) d'un même syntagme appartiennent à la même catégorie et ont la même fonction, ils sont dits parallèles. Deux satellites parallèles sont dits coordonnés s'ils sont réunis par un mot-outil (un coordonnant), et juxtaposés (c'est-à-dire, littéralement mis l'un à côté de l'autre), dans le cas contraire :
:Tu as mangé de la salade, une pizza achetée au marché, des cerises que mon voisin m'a offertes.
::Les trois syntagmes « de la salade », « une pizza achetée au marché », et « des cerises que mon voisin m'a offertes », sont des satellites parallèles juxtaposés ; tous les trois sont des syntagmes nominaux, et leur fonction est C.O.D. du noyau verbal « as mangé ».
:Le voisin dont je t'ai parlé et qui m'a offert des cerises, aimerait te rencontrer.
::Les deux syntagmes verbaux « dont je t'ai parlé » et « qui m'a offert des cerises », sont des satellites parallèles coordonnés (reliés par la conjonction de coordination « et »); tous les deux sont des propositions subordonnées relatives, et leur fonction est complément de l'antécédent « le voisin ».
Différents types de syntagmes
Seul un mot plein (ou à la rigueur, un pronom) peut être le noyau d'un syntagme, donc, selon la catégorie du noyau, on pourra distinguer seulement cinq types de syntagmes.
Syntagme nominal
Un syntagme nominal est un syntagme dont le noyau est un nom :
:Le petit chien blanc de mon voisin a aboyé toute la nuit.
:: Le syntagme nominal « Le petit chien blanc de mon voisin » a pour noyau le nom « chien ».
Syntagme pronominal
Un syntagme pronominal est un syntagme dont le noyau est un pronom :
:A midi, nous avons mangé quelque chose de bon.
:: Le syntagme pronominal « quelque chose de bon » a pour noyau le pronom « quelque chose ».
Syntagme adjectival
Un syntagme adjectival est un syntagme dont le noyau est un adjectif qualificatif :
:[J'ai un jardin] tout plein de roses odorantes.
:: Le syntagme adjectival « tout plein de roses odorantes » a pour noyau l'adjectif qualificatif « plein ».
Syntagme adverbial
Un syntagme adverbial est un syntagme dont le noyau est un adverbe :
:Ils ont dû payer une amende conformément à la loi.
:: Le syntagme adverbial « conformément à la loi » a pour noyau l'adverbe « conformément ».
Syntagme verbal
Un syntagme verbal est un syntagme dont le noyau est un verbe. En conséquence, le syntagme verbal correspond, selon le cas, à une proposition ou bien à une | | |