Home About us Products Services Contact us Bookmark
:: wikimiki.org ::
Péché Capital

Péché capital

] Les sept péchés capitaux sont une notion définie par le christianisme : ils représentent les comportement humains à éviter afin de ne pas commettre de péchés. Le premier à reconnaître un certain nombre de ce qu'il appelait des passions fut Évagre le Pontique, moine gnostique et origénique mort dans le désert égyptien en 399 : Évagre identifia huit passions et estimait que tous les comportements impropres trouvaient leur origine dans une ou plusieurs de celles-ci. La liste actuelle a été citée par Thomas d'Aquin dans sa Somme théologique (question 84, Prima secundae) au . Il y mentionne que certains d'entre eux ne sont pas en eux-mêmes à proprement parler des péchés, mais plutôt des vices, c'est-à-dire des tendances à commettre certains péchés.
- l'orgueil : attribution à ses propres mérites de qualités vues comme des dons de Dieu (intelligence, etc.). Son démon est Lucifer;
- l'avarice ou cupidité : désir de posséder ou conserver plus de richesses que nécessaire. Son démon est Mammon ;
- l'envie : refus de se réjouir du bonheur d'autrui, ou satisfaction de son malheur. Son démon est Léviathan ;
- la colère : courte folie déjà pour les anciens, et qui entraîne parfois des actes regrettables. Son démon est Satan ;
- la luxure : plaisir sexuel recherché pour lui-même. Son démon est Asmodée ;
- la gourmandise : ce n'est pas tant la gourmandise au sens moderne qui est blâmable que la gloutonnerie, l'excès et le gâchis. Du reste, ailleurs qu'en français ce péché n'est pas désigné par un mot signifiant « gourmandise » (gluttony en anglais, par exemple). Son démon est Belzébuth;
- la paresse : refus d'accomplir des tâches nécessaires. Son démon est Belphégor.

Cinéma et littérature

Les péchés capitaux forment la trame de nombreux films et romans. On peut citer par exemple Se7en, film américain de David Fincher (1995). Voir également les films intitulés Les Sept Péchés capitaux.

Positions de quelques écrivains

Paul Valéry

Paul Valéry fait remarquer que ces péchés capitaux se neutralisent dans une certaine mesure entre eux. Ainsi l'envie – qui implique jalousie de la position d'autrui – serait relativement incompatible avec l'orgueil. Un orgueilleux estime rarement la position d'autrui comme aussi enviable que la sienne propre (mais il peut se réjouir de l'abaissement ou du malheur d'autrui). De même l'avarice s'opposerait dans les faits à la pratique de la luxure, etc. Il en arrive à la conclusion que « la perfection du juste est formée de la bonne composition des sept péchés capitaux, comme la lumière blanche de la composition des sept couleurs traditionnelles ».

Georges Bernanos

Georges Bernanos estime que le système économique rendra toujours plus rentable de spéculer sur les vices de l'homme que sur ses besoins. Il voit donc la société marchande comme un facteur de corruption s'il n'est pas équilibré d'une manière ou d'une autre par une sorte d'idéal. La publicité serait donc un facteur de propagande des péchés capitaux, qui seraient utilisés par elle parce qu'ils servent les ventes (il est possible à titre d'exercice de prendre une série de publicités et de voir quel est le (ou quels sont les) péchés capitaux sollicités par chacune). L'écrivain Frédéric Beigbeder a développé plus tard cette idée.

Liens connexes


- Péché, faute, souillure ;
- sacré, les quatre vertus cardinales, les trois vertus théologales ;
- allégorie ;
- Les Sept Péchés capitaux. Catégorie:Doctrine chrétienne ja:七つの大罪

Christianisme

Introduction

Le christianisme a émergé du judaïsme, à partir de la figure de Jésus et des premiers apôtres, au I siècle de notre ère. Le nom « christianisme » provient de l'assimilation de Jésus, connu à l'époque sous le nom de Jeshua, à la figure du Messie, en grec Khristos, soit le Christ. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens (Actes des apôtres chapitre 11 - verset 26). Le christianisme a gardé du judaïsme des éléments fondamentaux :
- la croyance en un Dieu unique (monothéisme) qui se montre sur Terre de façons diverses (présence transcendante et immanente) ;
- la croyance en un Messie ;
- la croyance en la résurrection des morts et le jugement dernier. Le Christianisme modifie ces fondements de la manière suivante :
- en Jésus, Dieu s'est montré en tant qu'être humain. Le Judaïsme ne s'attendait pas à cette manière d'immanence ;
- Jésus est le Messie attendu des Juifs ;
- la résurrection de Jésus a déjà eu lieu. Le Christianisme rajoute au judaïsme deux autres éléments clés :
- Depuis Jésus, Dieu veut créer une famille de Dieu qui est universelle et non limitée aux seuls Juifs ;
- C'est la foi en Jésus-Christ qui montre que quelqu'un fait partie de cette famille, et non le fait de suivre la loi mosaïque.

Les écritures

Outre les écritures issues du judaïsme regroupées par les Chrétiens dans l'Ancien Testament, la tradition des premiers siècles du christianisme y a adjoint le Nouveau Testament. On lit plus souvent aujourd'hui l'appellation « Premier » Testament au lieu d'Ancien, pour signifier que le Nouveau Testament ne vient pas remplacer l' « Ancien » mais le compléter. Le N.T. est composé de quatre évangiles, selon Matthieu, selon Marc, selon Luc et selon Jean, des actes des apôtres, des épîtres et de l'Apocalypse. On considère que leur rédaction s'étend sur la seconde moitié du 1 siècle de notre ère. Les évangiles sont regroupés quand ils sont étudiés : on appelle « évangiles synoptiques » les évangiles de Matthieu, Marc et Luc ; l'évangile de Jean reste à part, on l'appelle l'évangile « johannique » (de Jean). Une tradition veut que l'évangile de Marc soit le premier écrit. Autrement, les épîtres de Paul semblent être les plus anciennes (on daterait la première d'entre elles, l'épître aux Thessaloniciens, de l'année 50 environ) ; viendraient ensuite les évangiles et les actes des apôtres. L'Apocalypse semble être l'un des textes les plus récents. Les toutes premières générations de chrétiens ont donc sans doute vécu dans la tradition orale, avant que n'apparaissent ces textes. Le canon ainsi constitué écarte des textes dits apocryphes ou cachés.

Une foi issue du judaïsme

Le christianisme voit en Jésus le Messie annoncé dans les Écritures. Pour la plupart des confessions chrétiennes, Dieu lui-même s'incarne et devient le libérateur de son peuple Israël, et plus généralement de toute l'humanité, c'est-à-dire de chaque créature humaine. La ligne de partage entre les chrétiens et les juifs passe par la reconnaissance ou non du Messie en la personne de Jésus-Christ. Cette divergence de vue, qui relève d'abord de la foi, peut trouver à s'alimenter dans des interprétations différentes de divers passages de l'Ancien Testament ou Tanach. Il est important de remarquer que, pour les Évangiles, Jésus « n'est pas venu abolir, mais accomplir » les Écritures. Autrement dit, dans la perspective chrétienne, la première Alliance reste valable. Le christianisme a repris, de façon plus ou moins importante selon ses courants, plusieurs éléments présents dans le judaïsme de la période suivant la destruction du second Temple, tels que :
- l'adaptation de la forme du culte synagogal aux églises de paroisses, (le culte synagogal était déjà présent en Galilée) ;
- l'utilisation de l'ensemble des textes bibliques, au premier rang desquels les psaumes juifs, issus du livre des Louanges ; ces textes peuvent être lus sur des cycles variables, pouvant atteindre jusqu'à trois ans pour l'Église catholique ;
- un sacerdoce ;
- un calendrier religieux, partiellement mobile, dans lequel certains événements notables ou certains points de Foi donnent lieu à des célébrations annuelles ;
- l'utilisation de chants et d'hymnes dans la prière ;
- dans les célébrations et les réunions communautaires, l'utilisation de certains mots venant de l'hébreu biblique (par exemple : Amen, Hosanna, Alléluia).

Livres saints

Les chrétiens, initialement juifs, reprirent les écrits canoniques de cette religion, en utilisant probablement la traduction grecque dite des septante. Le canon de l'Ancien Testament, fermé en réaction aux hérésies des premiers siècles, s'est élaboré peu à peu et varie entre les différents courants (catholicisme, protestantisme, ...). Ils y adjoignirent très vite les livres dits du Nouveau Testament en relation avec la vie et la tradition de Jésus. Le christianisme se développa également à partir d'un milieu juif hellénisé et l'évolution de la doctrine montre une notable influence de Plotin, philosophe néo-platonicien, ainsi que de Philon, exégète et philosophe juif. En 2001, Daniel Boyarin, professeur d'Études talmudiques à l'université de Berkeley (Californie) et grand admirateur de Paul de Tarse écrit : « Judaïsmes et christianismes [du premier siècle] demeurèrent entremêlés bien au-delà de la première partie du second siècle et ce jusqu'à ce que le judaïsme rabbinique, dans sa tentative nativiste de se couper de sa propre histoire avec la théologie du logos chrétien, se mit à s'imaginer lui-même comme une communauté pure de tout hellénisme. » Articles connexes: Canon (Bible) pour un détail sur les différents canons chrétiens et leur formation.

Extensions : Les chrétiens


- Voir les branches du christianisme et celles du Christianisme Primitif.
- Le Christianisme primitif (avant le schisme de 1054).
- Le catholicisme romain, (après le schisme de 1054):
  - Église catholique romaine ;
  - Églises catholiques orientales.
- Le catholicisme non-romain :
  - Gallicanisme ;
  - Église vieille-catholique ;
  - Église Catholique libérale ;
  - Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.
- L'orthodoxie ou Églises orthodoxes :
  - Églises des sept conciles, (après le schisme de 1054) ;
  - Églises des trois conciles ;
  - Églises des deux conciles .
- Le protestantisme, né de la Réforme du :
  - Églises luthériennes ;
  - Communion anglicane ;
  - Églises évangéliques.
  - Églises réformées
- le mouvement apostolique, né au début du :
  - Église catholique-apostolique ;
  - Église néo-apostolique ;
  - Union des Communautés Apostoliques.

Voir aussi


- Généralité : religion, histoire du christianisme, branches du christianisme, christianisme et homosexualité ;
- prophéties sur le Messie, Jésus de Nazareth, les douze apôtres.
- Portail Chrétiens d'Orient.
- Hypothèse midrachique.

Liens externes

Portails chrétiens


- Portail généraliste: [http://www.jesus.fr Jesus.fr]
- Catholique:
  - [http://www.vatican.va Site du Vatican]
  - [http://www.catholique.org Portail catholique généraliste]
  - [http://cef.fr/ Site de la Conférence des évêques de France]
  - [http://catho.org/ Bibliothèque catholique en ligne (12000 pages): Bibles, Pères de l'Eglise, Conciles, Magistère]
- Évangélique: [http://www.topchretien.com/ Top Chrétien]
- Protestant: [http://www.protestants.org Protestants.org]
- Orthodoxe : [http://www.orthodoxie.com Orthodoxie.com]
- Ésotérique: [http://www.rosicrucian.com/foreign/rosicrucien/rose00.htm Christianisme Rosicrucien]

Liens concernant les hypothèses historiques sur l'origine du christianisme


- [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/04/danvoye.html Hercule et le christianisme : Autour des imaginaires mythiques], où Stéphanie Danvoye étudie la réception chrétienne du mythe d'Hercule.
- Aspects historiques de [http://www.systerofnight.net/religion/html/enfance_du_christianisme.html l'enfance du christianisme].
- [http://www.systerofnight.net/religion/html/christianisme.html Evolution historique et spirituelle du christianisme].
- [http://membres.lycos.fr/murciathierry/ Recherches historico-bibliques]
- [http://www.nouveaux-savoirs.com/ Editions des Nouveaux Savoirs]
- [http://www.princeton.edu/~religion/ways/ The ways that never parted] :
Colloque Oxford-Princeton « Juifs et Chrétiens dans l'Antiquité tardive et les débuts du Moyen Âge » - 9 au 11-jan-2002.

Liens concernant l'apologétique


- [http://www.onelittleangel.com/sagesse/religion/christianisme.asp citations] de saints, théologiens, poètes et philosophes, notamment chrétiens.
- [http://www.ladoc.org/ Documentations] chrétiennes contenant des études bibliques, des réflexions, etc.
- [http://atheisme.free.fr/Citations/Christianisme.htm Citations d'auteurs ou de philosophes opposés au christianisme]
- [http://www.amdg.be/amdg12.html section « Bible » : Citations extra-bibliques et d'opposants au Christ, d'époque, démontrant l'existence historique du Christ Jésus]
- [http://catho.org/ Bibliothèque catholique en ligne (12000 pages): Bibles, Pères de l'Église, Conciles, Magistère]

Bibliographie


- C.S. Lewis, Les fondements du Christianisme, ISBN 2850313114
- Ernest Renan, La vie de Jésus, Schoenhofs Foreign Books, 1974
- Étienne Nodet et Justin Taylor, Essai sur les origines du Christianisme, Éditions du Cerf, Paris, 2002
- Jean-Pierre Lémonon, sous la direction de Philippe Abadie, Le Judaïsme à l'aube de l'ère chrétienne, XVIII Congrès de l'ACFEB, Paris, Éditions du Cerf, « Lectio Divina, 186 », 2001, 412 p.
- François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien (30-135), Paris, Éditions du Cerf, « Initiations », 2001, 588 p.
- sous la direction de S.-C. Mimouni, Actes du Colloque de Jérusalem, 6-10 juillet 1998 - Le Judéo-christianisme dans tous ses états, Paris, Éditions du Cerf, 2001, 462 p.
- Christianisme, article de Diderot sur Wikisource

Dialogue christianisme-hindouisme

Textes officiels catholiques sur le dialogue interreligieux
- Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Dialogue et annonce
- Secrétariat pour les non-chrétiens, Dialogue et mission Théologie chrétienne du dialogue entre les religions
- BOUBLIK V., Teologia delle religioni, Studium, Rome, 1973.
- DUPUIS Jacques, Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, Ed. du Cerf, Paris, 1999. [Jacques Dupuis, jésuite belge, a vécu en Inde de 1948 à 1984. Il a ensuite été professeur de théologie à l'Université Grégorienne de Rome]
- DUPUIS Jacques, Jésus-Christ à la rencontre des religions, Desclée, Paris, 1994 (2ème édition)
- RIES Julien, Les Chrétiens parmi les religions, Desclée, Paris, 1987. [Histoire des attitudes chrétiennes vis-à-vis des autres religions.] Jésus-Christ tel qu’il a été reconnu par des Hindous
- ANIMANANDA (B.), The Blade, Roy and Son, Calcutta, 1947. [Sur bhawami Charan Banerji (1861-1907). Membre du Brahmo Samaj puis de l’Eglise de la « Nouvelle Dispensation », il rejoint l’Eglise chrétienne anglicane et se fait « sannyasi catholique » sous le nom de Brahmabandhab Upahdhyaya.]
- AKHILANANDA, The Hindu View of Christ, Philosophical Library, New-York, 1949.[Swami Akhilananda (1894-1962) diffusa aux États-Unis le message de Sri Ramakrishna.]
- DUPUIS (J.), Jésus-Christ à la rencontre des religions, Desclée, Paris, 1994 (2ème édition)[L’auteur décrit notamment « les différentes façons dont le néo-hindouisme tend à interpréter Jésus-Christ […] : le Jésus des Béatitudes [Gandhi]; le Christ de la bhakti [K.C. Sen] ; le Christ de la philosophie néo-vedantine [S. Radhakrishnan] ; le Christ-avatara [Swami Akhilananda]; le christ yogi [M.C. Parekh] ; le Christ de la mystique d’advaita [Brahmabandhab Upadhyaya]. » Le livre de référence en français.]
- GANDHI (M.K.), The Message of Jesus Christ, Bharatiya Vidya Bhavan, Bombay, 1963. [Le Mahatma (1869-1948), libérateur de l’Inde, a été profondément influencé par le discours de Jésus dans l’Évangile de Saint Mathieu (ch.5, v.1-12).]
- MAUPILIER (M.), Les mystiques hindous-chrétiens (1830-1967), OEIL, Paris, 1985.
- PAREKH (M.C.), Brahmarsi Keshub Chunder Sen, Rajkot, 1953.
- PAREKH (M.C.), A Hindu’s Portrait of Jesus, Rajkot, 1953. [M.C. Parekh vécut de 1885 à 1967.]
- RADHAKRISHNAN (S.), Eastern Religions and Western Thoughts, Allen and Unwin, London, 1939. [S. Radhakrishnan (1888-1975), philosophe, devint président de la République Indienne (1962-1967).]
- SAMARTHA (S.J.), The Hindu Response to the Unbound Christ, Christian Literature Society, Madras, 1974. [Livre de référence sur la question, sur lequel s’appuie fortement Jacques Dupuis.]
- SCOTT (D.C.), Keshub Chunder Sen, Christian Literature Society, Madras, 1979.
- SHILPP (P.A.) (ed.), The Philosophy of Sarvepalli Radhakrishnan, Tudor, New-york, 1952.
- SEN (K.C.), Lectures in India, 2 vols., Cassel, London, 1901-1904. [Keshub Chunder Sen (1838-1884), membre éminent du Brahmo Samaj, fonda l’Eglise de la « Nouvelle Dispensation ».]
- STAFFNER (H.), The Significance of Jesus Christ in Asia, Gujarat Sahitya Prakash, Anand, 1985.
- THOMAS (W.M.), The Aknowledged Christ of the Indian Renaissance, SCM Press, londres, 1969. [Livre de référence sur la question, sur lequel s’appuie fortement Jacques Dupuis.] Jésus-Christ : vers une théologie chrétienne indienne
- DUPUIS (J.), « The Use of Non-Christian Scriptures in Christian Worship in India », dans « Culte et rituel dans le christianisme et les autres religions », Studia Missionalia, vol. 23 (1974), p. 127-143.
- DUPUIS (J.), Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, Ed. du Cerf, Paris, 1999, p.225-230 ; 578-579 (sur la christologie de Raimundo panikkar), p.406-422 ; 439-440 ; 456-460 [sur une christologie indienne].
- FEDOU (M.), Regards asiatiques sur le Christ, Desclée, Paris, 1998.
- PARRINDER (G.), Avatar and Incarnation, Faber and Faber, Londres, 1971.
- VEMPENY (I.), Krsna and Christ, Gujarat Sahitya Prakash, Anand, 1988.
- FALLON (M.), « Le culte des images », dans : SMET (R. de) et NEUNER (J.) [éd.], La quête de l’éternel. Approches chrétiennes de l’hindouisme, Desclée de Brouwer, Bruges, 1968, p. 199-213.
- PANIKKAR (R.), Le Christ et l’hindouisme, une présence cachée, Ed. du Centurion, Paris, 1972 (trad. de The Unknown Christ of Hinduism, Longman, Darton, and Todd, Londres, 1964.) [L’auteur est né d'une mère catalane et catholique et d'un père indien et hindou.]
- PANIKKAR (R.), Le dialogue intrareligieux, Aubier, Paris, 1985.
- SMET (R.), Essai sur la pensée de Raimundo Panikkar. Une contribution indienne à la théologie des religions, Centre d’histoire des religions, Louvain-la-Neuve, 1981. Dieu Trinité et la Mystique hindoue
- ACHARUPARAMBIL (D.), « Misterio trinitario e induismo » dans : AMATO (A.) [éd.], Trinità in contesto, LAS, Rome, 1994, p. 199-211.
- BARZEL (B.), Mystique de l’ineffable dans l’hindouisme et le christianisme : Çankara et Eckhart, Ed. du Cerf, Paris, 1996.
- BRÜCK (M. von), The Unity of Reality, God, God-Experience and Meditation in the Hindu-Christian Dialogue, Paulist Press, New York, 1991.
- CLOONEY (F.X.), Theology after Vedanta. An Experiment in Comparative Theology, State university of New York Press, Albany, 1993
- COWARD (H.) [éd.], Hindu-Christian Dialogue. Perspectives and Encounters, Orbis Book, Maryknoll, New York, 1990.
- CUTTAT (J.-A.), Expérience chrétienne et spiritualité orientale, Desclée de Brouwer, Bruges, 1965.
- DUPUIS (J.), Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux, Ed. du Cerf, Paris, 1999, p.406-422 [Thèmes : Expérience de l’« advaita » et conscience de Jésus ; « Saccidananda » et la Trinité ; Complémentarité ou convergence ?]
- PANIKKAR (R.), La Trinité : Une expérience humaine primordiale, « Parole présente », Cerf, 2003 Ermites du Saccidânanda : En 1950, Jules Monchanin, prêtre de Lyon, et Henri Le Saux, moine bénédiction breton, fondent un ashram au lieu dit Shantivanam (le bois de la paix), sur les rives du fleuve Kavéry. Ils vivent à la manière des renonçants hindous et adoptent des noms sanscrits. L’ashram est dédié au Saccidânanda, c'est-à-dire, selon les Upanishad, au Brahma, Être, Pensée, Béatitude. Les deux ermites préparent ainsi la venue d’une spiritualité authentiquement indienne de la sainte Trinité. En 1968, leur succède un moine bénédictin anglais, Bede Griffiths.
- DUPUIS (J.), Jésus-Christ à la rencontre des religions, Desclée, Paris, 1994 (2ème édition) [Des pages riches sur l’expérience d’Abhishiktananda qu’il a bien connu (p. 89-115).]
- GOZIER (A.), Le père Le Saux à la rencontre de l’hindouisme, Ed du Centurion, Paris, 1982.
- GRIFFITHS (B.), Expérience chrétienne et mystique hindoue, Albin Michel, Paris, 1995
- JACQUIN (Fr.), Jules Monchanin, prêtre, Ed. du Cerf, Paris, 1996.
- KALLIATH (A.), The Word in the cave. The Experimental Journey oh Swami Abhishiktananda to the Point of Hindu-Christian Encounter, Intercultural publications, New Delhi, 1996.
- LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], Sagesse hindoue, mystique chrétienne, Editions du Centurion, Paris, 1966.
- LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], La rencontre de l’hindouisme et du christianisme, Ed. du Seuil, Paris, 1966.
- LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], La montée au fond du coeur. Le journal intime du moine chrétien-sannyasi hindou, OEIL, Paris, 1986.
- LE SAUX (H.) [ABHISHIKTANANDA], Intériorité et révélation : essais théologiques, Ed. Présence, Sisteron, 1982.
- MONCHANIN (J.) [PARAMA ARUBI ANANDAM], Mystique de l’Inde, mystère chrétien, Fayard, Paris, 1974, ou « Hermès », Fata Morgana, 1999)
- MONCHANIN (J.) [PARAMA ARUBI ANANDAM], Théologie et spiritualité missionnaire, Beauchesne, Paris, 1985.
- MONCHANIN (J.) [PARAMA ARUBI ANANDAM], Lettres au Père Le Saux, présenté par Fr. JACQUIN, Ed. du Cerf, 1995.
- TEASDALE (W.R.), Toward a Christian Vedanta: The Encounter of Hinduism and Christianity according to Bede Griffiths, ATC, Bengalore, 1987. Catégorie:Christianisme ja:キリスト教 ko:기독교 ms:Kristian simple:Christianity th:คริสต์ศาสนา zh-min-nan:Ki-tok-kàu

Gnose

ko:그노시스 ja:グノーシス主義 Catégorie:Mouvement chrétien dissident avant la Réforme catégorie:Religion sous la Rome antique Le gnosticisme est un terme forgé par les Pères de l'Église pour désigner une frange hétéroclite d'hérésiarques qui apparaît dès les débuts de l'ère chrétienne ; néanmoins, il est possible que certains d'entre ces groupes aient revendiqué le terme.

L’origine des gnostiques

Gnose signifie « connaissance parfaite ». Ce qui caractérise les mouvements gnostiques n’est pas cette « connaissance », que d’autres traditions prétendent aussi posséder, mais plutôt la définition de Plotin : « Ceux qui disent que le Démiurge de ce monde est mauvais et que le Cosmos est mauvais ». Devant les prétentions extravagantes de certains auteurs gnostiques, les Pères de l’Eglise, suivis par les historiens anciens et modernes, ont nié l’existence d’un enseignement ésotérique pratiqué par Jésus et continué par ses disciples. Mais en pratique TOUTES les religions de cette époque avaient un enseignement ésotérique… Selon les témoignages des historiens anciens, c’est dans un cadre géographique allant de la vallée du Jourdain à l’Asie Mineure que les sectes se manifestent à l’époque des apôtres, avec Simon à Samarie, Nicolas à Antioche. Mais c’est en Babylonie, véritable lieu de rencontre des religions aux alentours du début de l'ère chrétienne, que l’influence des anciennes croyances mésopotamiennes, de l’Iran, de la Grèce et de l’Ancien Testament ont jeté les bases du mouvement gnostique. L’influence de l’Ancien Testament se fit à travers des textes apocryphes marqués de l’hellénisme. Parmi ces livres, le Livre d’Hénoch est un des rares à nous être parvenu. Vers 120, les sectes gagnent Alexandrie, autour de Basilide, Carpocrate et Valentin. Valentin se rendit à Rome, où sa gnose voila ses mythes orientaux d’une exégèse philosophique mêlée de christianisme. A Rome, des sectes fortement influencées par les éléments orientaux continuent d’affluer. Les sectes se propagent, notamment en Espagne. En Asie, de nouveaux inspirés surgissent : Mani qui fera une vaste synthèse des nombreux enseignements, et Audi, un chrétien qui se sépara de l’Eglise après Nicée. De l’Orient, le gnosticisme s’étendit jusqu’à la Chine. Parmi les sectes, on retrouve : les kantéens en Iran, la secte importante des séthiens disciples de Simon, les barbélognostiques, les archantiques, les ophites (ou naassènes) aux pratiques hérités des mystères grecs, les pérates, … Il semble qu’il y ait eu un gnosticisme à l’intérieur même du judaïsme, contemporain des sectes gnostiques traditionnelles, et dont les échos allaient se perpétuer dans la Kabbale.

Les sources

La plupart des essais anciens ont, faute de pouvoir s’appuyer sur des documents gnostiques originaux, hérité des erreurs d’appréciation des réfutateurs chrétiens qui combattirent les sectes, aux IV et V siècles, sans connaître mieux que des lambeaux de leurs doctrines déjà décadentes et sans tenir compte des mythologies orientales sur les vestiges desquelles le gnosticisme avait proliféré. Les sectes gnostiques étaient ainsi considérées principalement comme de simples hérésies nées du christianisme. Des réfutateurs, les plus anciens témoignages datent de la bible elle-même, qui dénonce les hérésies et les faux prophètes, dont Simon de Samarie et le diacre Nicolas. Pour la période jusqu’au III siècle, on ne possède que les récits des hérésiologues. L’établissement d’une histoire précise des mouvements gnostiques est impossible à cause de ce flou, et des livres dont les titres changent d’une version à l’autre et dont les véritables auteurs restent anonymes. Pour la période du III au V siècles, les sectes s’étaient étendues en Egypte, où le sable conserva des écrits en copte. C’est pourquoi on retrouva, à partir de 1800, des textes dans les nécropoles égyptiennes. L’Evangile de Marie, le Livre Secret de Jean et la Sophia de Jésus ont été achetés en 1896 en Egypte dans un même lot de parchemin. En 1947, plus de 40 écrits perdus furent retrouvés dans une jarre à Nag-Hammadi, dont en premier lieu des écrits des sectes orientales, mais aussi des apocryphes mêlant christianisme et gnosticisme. Mais cette bibliothèque n’est qu’un « instantané » de la pensée gnostique de l'époque, les textes y étant constamment remaniés et modifiés. Quelques traités gnostiques :
- l'Évangile de vérité
- l'Évangile selon Thomas
- l'Évangile selon Marie
- Pistis sophia Très peu de monuments ou objets relatifs aux gnostiques furent retrouvés.

Destin du gnosticisme

Les condamnations de plus en plus dures de la part des églises chrétiennes obligèrent les sectes gnostiques (et les manichéens) à se cacher, puis à disparaître. Les bogomiles et cathares sont plus de simples résurgences suscitées par la transmission d’écrits gnostiques déguisés en apocryphes chrétiens que de vrais gnostiques. Des survivances plus sérieuses de la gnose la plus philosophique se cachent dans la littérature alchimique. De même il y a intercommunication entre la littérature kabbalistique et certaines doctrines du gnosticisme hellénisé. En Orient, l’invasion de l’islam permit aux sectes de survivre. Aux confins de la Mésopotamie et de l’Iran certaines sectes survécurent jusqu’au XII siècle. En s’associant à l’islam, le gnosticisme donna naissance à l’ismaélisme. Des traces de pensée gnostique se retrouvent chez les cathares, les bogomiles, les ranters, le Libre-Esprit, divers mouvements millénaristes.

Les thèmes principaux

Presque tous les thèmes mythologiques et eschatologiques mis en œuvre par les auteurs gnostiques sont antérieurs au gnosticisme. Ce qui caractérise le gnosticisme est la façon dont ces thèmes sont réinterprétés. C’est la révélation d’une « histoire secrète », c’est un mythe total : l’origine et la création du Monde ; l’origine du Mal ; le drame du Rédempteur divin descendu sur Terre afin de sauver les hommes ; la victoire finale du Dieu transcendant, conduisant à la fin de l’Histoire et l’anéantissement du Cosmos. Le point de départ est la considération, par l’individu, de sa situation face au monde : que suis-je, pourquoi ce monde qui me semble étranger, qu’étais-je à l’origine et comment revenir à cette situation ? C’est la prise de conscience d’une déchéance impliquant que le Bien et le Mal sont 2 inconciliables absurdement mêlés ici-bas par un accident contraire à la volonté divine. La révolte intime contre le Mal est la preuve de l’appartenance au Bien, à un absolu parfait extérieur à ce monde. L’humanité est divisée en trois catégories : ceux qui se sentent (donc, se savent) pourvus d’une perfection innée dont la nature est esprit (les pneumatiques) ; ceux qui n’ont qu’une âme et point d’esprit, mais chez qui le salut peut encore être introduit par instruction (les psychiques) ; enfin, les êtres dépourvus d’esprit et d’âme (les hyliques) uniquement constitués d’éléments charnels voués à la destruction. Le but premier du gnostique est la délivrance de sa parcelle divine, aliéné dans un monde matériel corrompu, et sa remontée vers les sphères célestes. Cette délivrance passe par la Gnose, la connaissance parfaite de la nature de l’esprit, des structures de l’univers et de son histoire passée et future. Le premier aspect de la Gnose porte sur les origines du monde matériel et de l’homme, le Mal s’expliquant par la chute accidentelle d’éléments supérieurs dans un cosmos matériel, temporel et sexué au fond duquel ils se sont disjoints, dispersés et emprisonnés (sans pour autant perdre leur pureté). Le second aspect de la Gnose vise la Destinée de l’humanité et du cosmos, aboutissant à la dissolution finale de la matière, à la libération de l’esprit et au retour à l‘unité parfaite intemporelle dont les élus, ici-bas, gardaient le souvenir. Le monde supérieur ayant seul été organisé par une intelligence authentiquement créatrice, le matériel n’en est qu’une copie maladroite. De même l’homme terrestre est l’image imparfaite d’un modèle céleste. On voit l’idée de décadence, puis de rédemption. Pour les élus, le salut peut être personnel, alors que pour les autres le rachat se fera par une eschatologie générale ayant pour terme la destruction de l’univers matériel.

Du Pro-Père au Démiurge

A l’origine de tout, un éon parfait, invisible, inconcevable et éternel, habité par un Etre Absolu immuable replié sur lui-même coexistant avec sa Pensée qui est, elle, Silence absolu. De cette unité primitive du Pro-Père et de sa Pensée va émaner une seconde image du Père. Cette première émanation est dégagée de l’isolement primordial et capable d’engendrer. Elle suscite alors l’apparition des éons hiérarchisés du Plérôme. On y retrouve : Monogène, Logos, Mère céleste, Homme primordial, Fils de cet Homme (ou Seth céleste), grande Génération des Fils de l’Homme primordial, Sophia (Sagesse, parfois qualifiée de lascive), … Ces éons vont par couple, féminin/masculin. Les éons sont, en même temps que des personnifications de concepts, des univers à part entière, infinis et éternels, reproduisant le schéma général du Plérôme tout entier et de l’Inengendré suprême. L’opposition entre le monde idéal de la lumière et celui, imparfait, des ténèbres et de la matière peut suivre 3 schémas. Les plus radicaux situent, à l’origine de la création du monde matériel, une subite agression des eaux ténébreuses préexistantes contre la Lumière d’en haut, attaque qui se déroule dans l’espace intermédiaire d’un troisième principe, air ou vide. On retrouvera ce thème chez les bogomiles et les manichéens. Plus fréquemment, la Lumière d’en-haut préexiste seule à toute création. Un accident survenu dans le monde supérieur engendre une puissance difforme et ignorante, Ialdabaôth, autour de qui se forme un éon ténébreux, notre bas monde. La Lumière entreprendra une œuvre salvatrice pour anéantir cet éon maléfique. Selon une première variante, Sabaôth le fils d’Ialdabaôth, va découvrir la Lumière et sera mis par les puissances supérieures à la place se son père pour engager le cosmos vers le salut. Une seconde variante montre Ialdabaôth revenant lui-même au bien. Les diverses divinités sont considérées comme perverses, liées au monde matériel, tel le Démiurge de la bible. Les gnostiques n’emploient pas le terme « dieu » pour désigner d’Etre Infini dont tout le monde supérieur est émané. Exemples : Sophia est prise d’égarement, elle s’éprend d’amour pour la matière vers laquelle elle descend et où elle s’enlise. Une autre version dit que Sophia, emportée par sa vanité, voulait ressembler à l’Entité suprême en engendrant seule sans sa contrepartie masculine. S’ensuit l’apparition d’un être difforme, Ialdabaôth, que Sophia cacha sous un voile qui formera le ciel, limite entre les mondes supérieurs et le monde matériel. Sous ce voile, Ialdabaôth ignorait tout de la Lumière, ne disposant en son sein que d’une étincelle céleste héritée de sa mère. Sophia fut exilée du monde supérieur après sa faute. Du fond de l’abîme Ialdabaôth engendra la matière, il est le Démiurge. Il s’unit à sa propre Ignorance pour engendrer les archontes correspondants aux zodiaques et aux planètes. Des archanges et anges leur sont associés. Le repentir de Sophia touche les puissances suprêmes qui la tirent de l’abîme et l’établissent aux abords inférieurs du monde de la Lumière, purgatoire où elle attendra d’être plus complètement relevée de sa déchéance.

L’homme

Parmi les éons, il y a l’Homme (primordial) ainsi que le Fils de l’Homme. C’est à partir de son reflet que le Démiurges et ses archontes décident de fabriquer l’homme, Adam. Le Père, via ses anges déguisés en archontes, suggère au Démiurge d’insuffler son esprit, la Lumière dont il s’était emparé, à Adam. La Lumière est ainsi passée à l’humanité. De rage, les archontes emprisonnent Adam dans l’Eden, vu comme un lieu terrible. Les puissances d’en-haut cachèrent la Gnose et la Vie dans le fruit défendu, et envoyèrent un Sauveur sous la forme du serpent pour inciter Adam et Eve à s’emparer de ces secrets. Les archontes installent en Adam un second esprit, le contrefacteur, qui va sans cesse combattre les mouvements de l’esprit tiré vers le haut. Le premier couple est expulsé de l’Eden par le Démiurge, furieux. Il souille Eve de sa lubricité, ce qui explique la génération d’Abel et Caïn. La vraie postérité d’Adam ne commencera qu’avec Seth, dont seule la descendance, les parfaits, sera promise au salut. Le Démiurge envoie le Déluge pour anéantir les parfaits, mais Noé s’abrite avec les siens dans l’Arche et au final c’est la race née de l’union des anges du Démiurges et des filles de la terre qui est anéantie. Les archontes sont liés à la voûte céleste, au mouvement des planètes. Chaque partie de l’homme, physique ou psychique, appartient souverainement à la puissance de la voûte céleste qui l’a façonnée. Dans ce corps assemblé descend une âme qui, traversant l’un après l’autre chacun des cieux des planètes, y reçoit, en fonction du moment de ce passage, telle ou telle disposition par laquelle l’individu restera soumis aux astres. Enfin, les puissances insinuent dans le fœtus l’esprit contrefacteur destiné à contrarier les pulsions éventuelles de l’homme vers le salut. Le mélange de tous ces facteurs entraîne des degrés de perfections fort différents qui expliquent les 3 grandes catégorisations de l’humanité (pneumatique, psychique ou hylique).

L’eschatologie

Le Démiurge ne cesse d’envoyer contre les parfaits des cataclysmes et persécutions. Il faut éveiller les élus en leur rappelant leurs racines célestes. Pour cela, des sauveurs et des prophètes sont envoyés d’en-haut pour dispenser confidentiellement leurs révélations. L’acte final du salut de l’humanité est la descente d’une puissance de la Lumière jusqu’au fond des Enfers. L’œuvre salvatrice est associée à la descente de la Mère Céleste dans les abîmes où l’humanité est prisonnière, mythe remontant à la descente d’Ishtar aux Enfers. Seth aurait eu une incarnation céleste, et les mages (Zoroastre, etc.) sont les prophètes gardiens de l’enseignement secret de Adam et Seth. La figure de la Mère sera remplacée par celles de Seth puis du Christ. Annoncé par un signe des cieux, le Sauveur va descendre, d’abord déguisé en archonte des cieux inférieurs, puis revêtu de toute sa gloire. Les gnostiques répugnant à l’idée d’incarnation, le Sauveur est incorporel. Dans certaines versions du mythe le sauveur devra subir les conséquences humiliantes de l’incarnation pour transmettre son message à quelques élus avant de retourner au Ciel. Parfois il oubliera sa mission et devra être lui-même sauvé (mythe du « Sauveur sauvé »). L’amnésie de la condition originale est une image spécifiquement gnostique. En se tournant vers la Matière, l’âme oublie sa propre identité. C’est la mort spirituelle. Le mythe du Sauveur Sauvé tourne autour de cette notion d’amnésie, qu’illustre l’Hymne de la Perle, dans les Actes de Thomas. La découverte du principe transcendantal à l’intérieur de Soi-même constitue l’élément central de la religion gnostique. Cette redécouverte, l’anamnèse, est obtenue grâce à un messager divin, et grâce à la gnose. Le symbole du sommeil est également utilisé dans ces mythes. C’est un symbole archaïque universellement répandu dans la quête de l’initiation. Ne pas dormir, ce n’est pas seulement triompher de la fatigue physique, mais surtout faire preuve de force spirituelle. Rester « éveillé », être pleinement conscient, veut dire : être présent au monde de l’esprit. Chez les gnostiques, l’image de l’ivresse est aussi employée. Finalement, le rédempteur remontera aux Cieux, occasion d’un bouleversement céleste qui fixera les archontes aux planètes, traversant la voûte céleste à l’endroit d’un X gigantesque considéré comme la Croix céleste. Ce phénomène de la crucifixion sur le X céleste est déjà attesté à Rome au moment de l’avènement du règne d’Auguste, à qui on attribue déjà l’abolition de la Fatalité astrale. La crucifixion céleste avait été adoptée par certains chrétiens, mais fut vite abandonnée. Les gnostiques se croyaient presque parvenus à la fin des temps. Les livres prétendument gardés secret venaient d’être ressortis de leurs cachettes. Pour les Parfaits, l’enseignement portait sur les mystères de la descente et de l’ascension du Sauveur/Christ à travers les 7 cieux habités par les anges, et sur l’eschatologie individuelle, c'est-à-dire l’itinéraire mystique de l’âme après la mort. Cette tradition prolonge l’ésotérisme juif, et d’ailleurs, sur l’ascension de l’âme et les secrets du monde céleste.

L’âme après la mort

L’homme est asservi aux puissances des cieux visibles qui l’ont façonné. En employant des conjurations contenant les noms secrets de ces puissances, on pouvait réduire leur puissance. Des rites étaient également mis en place pour échapper aux égarements de l’esprit contrefacteur. Au moment de la mort, un élu muni de tous les sacrements de la gnose fait son ascension à travers les cieux sans retour : il présente les sceaux aux gardiens pour que les portes lui soient ouvertes. Des autres, les moins souillés étaient purifiés dans les purgatoires des espaces célestes, montant parfois d’une sphère à l’autre lors d’une conjonction astrale. Mais bien des malheureux étaient rejetés vers le bas, tourmentés en Enfer, avant d’être soumis à l’oubli de leur vie précédente et rejetés dans de nouveaux corps.

La morale

Les gnostiques, voyant le corps charnel asservi dans ses actes et ses passions à la souveraineté des planètes, ou encore se croyant pourvus d'une grâce d'en-haut qui délivre des actes ici-bas, n'ont pas de notions de moralité individuelle très strictes. La gnose pouvait donc aussi bien conduire à un ascétisme rigoureux qu'à de curieuses immoralités (avec la volonté de contredire en tout la loi biblique). La chair appartenait à la matière et ne saurait participer au salut, peu importe qu'elle fût souillée. Les pratiques licencieuses de certains groupes gnostiques sont réprouvées par d’autres groupes gnostiques comme par les réfutateurs chrétiens. Mais il faut souligner que l’Egypte romaine était le foyer d’une lubricité quasi générale… Enfin l'héritage de certains mystères grecs (par exemple chez les naassènes) put être à l'origine de comportements immoraux en leur donnant une valeur mystique.

Organisation des sectes

Il y aurait eut trois grades : les « commençants », les « progressants » et les « parfaits ». L’enseignement ésotérique aux fidèles portait sur le symbolisme du baptême, de l’eucharistie, de la Croix, sur les Archanges et sur l’interprétation de l’Apocalypse. L'enseignement gnostique était secret. Pour éviter d'être repérée, la gnose se dissimulait, évitant d'imposer des manières de vivre voyantes. On connaît mal l'organisation interne des sectes. Des témoins anciens, seul Epiphane a essayé de pénétrer la vie des sectes. Parmi les fidèles se distinguaient les parfaits, voués au respect de tous les préceptes de la gnose et dont l'identité première s'efface devant quelque surnom mystique, et les simples fidèles qui continuaient leur existences impures en subvenant aux besoins des élus. Il y avait un foisonnement de groupuscules. Les premiers fondateurs, et parfois leurs successeurs; s’étaient présentés comme des prophètes ou des incarnations de puissances célestes. A des fins de propagande, les gnostiques se présentaient d'abord aux chrétiens comme leurs frères, ne dévoilant que les croyances les plus proches, puis en posant des questions ébranlant l'interlocuteur. De même, ils travestissaient certaines de leurs textes en leur donnant une apparence plus chrétienne. Enfin, la gnose attirait par l'appât de la magie et de l'astrologie, qui tiennent une place très importante dans leurs écrits. Les rites étaient divers. Les uns individuels, les autres collectifs, destinés aux divers échelons des initiés, et donc plus ou moins secrets. Il s'agissait principalement de baptêmes, d'onctions, d'impositions des mains, de communions, d'agapes et d'unions spirituelles plus ou moins symboliques. Dans certains groupes, la frontière entre la gnose et les magies gréco-orientales est très perméable.

Rapports avec le judaïsme, la philosophie grecque et le christianisme

La Genèse, avec son imprécision quant à la création d’Adam, fut source de nombreuses exégèses dans les milieux juifs, dans lesquelles on voit naître la différentiation entre l’œuvre créatrice elle-même et l’acte créateur de Dieu. Cette vision était sûrement inspirée de Philon. Ce dernier distinguait la puissance de miséricorde et de bonté, en tout supérieure, et la puissance créatrice qui lui est subordonnée. Le gnosticisme grec se calque sur la philosophie mystique grecque qui naît à partir de Philon : on retrouve le vocabulaire technique et les procédés d’argumentation. C’est d’ailleurs en langue grecque que le gnosticisme atteignit son développement le plus complet. Au III siècle, les néo-platoniciens représentés par Plotin et ses disciples s’opposèrent aux sectes gnostiques locales, ce qui confirme qu’ils leur attribuaient une valeur certaine qui les rapproche. Le Livre d’Enoch connaissait déjà le mythe de la Fatalité vaincue par une intervention d’en-haut qui aurait enchaîné les astres, jusqu’alors maîtres des hommes et de leurs destinées, épisode situé au temps de Noé ou peu après le Déluge. Il se retrouve chez les gnostiques chrétiens, surtout Valentin. A côté des 4 Evangiles et des Actes circulaient d’autres textes comportant la relation d’une doctrine ésotérique, communiquée aux Apôtres par le Christ ressuscité et concernant le sens secret des événements de sa vie. Ces livres sont qualifiés d’apocryphes, car contenant des révélations restées jusqu’alors « cachées ». C’est de cet enseignement secret, conservé et transmis par la tradition orale, que se réclamaient les gnostiques chrétiens.

Les tendances

Simon et Dosithée officiaient en Samarie. Ménandre, disciple de Simon, introduisit le gnosticisme à Antioche. Son héritier, Satornil, fut actif à Antioche de 100 à 130. À Antioche, également, Nicolas le diacre. Cérinthe, un judéo-chrétien contemporain de Jean, voit Jésus comme le fils de Joseph et de Marie. Jésus reçu en lui le Christ, mais plus tard. Cérinthe s’établit plus tard à Alexandrie. Là, Carpocrate proclama une théorie analogue concernant Jésus. A Alexandrie on retrouve Basilide (disciple de Ménandre), Carpocrate et Valentin. Ce dernier se rendit ensuite à Rome.

Simon le Magicien

Il est vu comme le premier hérétique et l’ancêtre de toutes les hérésies. Ses disciples sont devenus gnostiques après la catastrophe de 70, formant la secte des séthiens (?). Il était adoré comme le « premier Dieu », et sa compagne Hélène, découverte par Simon dans un bordel de Tyr, était considérée comme la dernière et la plus déchue incarnation de la « Pensée » de Dieu. Rachetée par Simon, elle est devenue le moyen de la rédemption universelle. L’union du magicien et de la prostituée assure le salut universel, car cette union est en réalité la réunion de Dieu et de la Sagesse divine. Selon la légende, Simon annonça à Rome son ascension au Ciel, mais la prière de l’apôtre Pierre le fit retomber lamentablement.

Basilide

Basilide exerça son activité de 125 à 155 à Alexandrie. Il fut un des premiers maîtres gnostiques. Il écrivit 24 livres d’exégèse de l’Ecriture, synthèse des doctrines enseignées par les disciples de Simon le Magicien. Mais c’est surtout par ses observations critiques qu’on connaît ses idées, reprises par son disciple et fils Isidore, puis par toute une école théologique. Il professait la transcendance absolue de Dieu, de qui la Pensée, puis la Parole, puis la Prudence, la Sagesse et la Force avaient émané. De là étaient sortis les anges et les puissances constituant le premier ciel, puis les 365 cieux qui séparaient Dieu du groupe des anges les plus modestes, lesquels avaient créé le monde et s’étaient réparti entre eux les peuples. Yahvé, l’ange d’Israël, était un personnage querelleur et autoritaire qui avait semé le désordre et dont le peuple était constamment agressif. Dieu intervint alors en envoyant dans le monde sa Pensée comme Christ. A tous les niveaux, sauf le plus élevé, l’ignorance conduisait chacun des êtres célestes intermédiaires à se prendre pour le Dieu Suprême. Le salut était apporté par la Connaissance (Gnôsis) révélée par le Christ et les maîtres inspirés. Avec cette gnose, le Mal était surmonté puisqu’il n’était que l’œuvre du méchant Yahvé. La souffrance des justes était vue comme une expiation pour les péchés de chacun des croyants.

Valentin

Il fut le plus important des maîtres gnostiques. Il naquit en Egypte et fut éduqué à Alexandrie. Il enseigna à Rome entre 135 et 160. L’Evangile de Vérité, ainsi que d’autres textes découvert à Nag Hammadi, se rattachent à l’école valentinienne. D’entre les grands gnostiques, il n’y a guère que les valentiniens qui, lorsqu’ils se réfèrent aux enseignements chrétiens, le fassent d’après les évangiles canoniques. Le Père, Premier principe absolu et transcendant, est invisible et incompréhensible. Il s’unit à sa compagne, la Pensée (Ennoia) et engendre les 15 couples des éons, formant le Plérôme. Le dernier des éons, Sophia, veut connaître le Père et provoque une crise qui entraînera l’apparition du mal et des passions. Sophia et ses créations sont rejetées, produisant une sagesse inférieure. En haut, un nouveau couple est créé, le Christ et son partenaire féminin le Saint-Esprit. Le Plérôme, de nouveau pur, engendre le Sauveur Jésus. En descendant dans les régions inférieures, le Sauveur mélange la matière, provenant de la sagesse inférieure (hylique), avec les éléments psychiques, engendrant le Démiurge, le dieu de la Genèse, qui se croit seul Dieu. Celui-ci crée le monde et le peuple de 2 catégories d’hommes, les hyliques et les psychiques. Mais des éléments venant de la Sophia supérieure s’introduisent dans le souffle du Démiurge, donnant naissance aux pneumatiques. Le Christ descend alors sur Terre pour révéler la connaissance libératrice. Les pneumatiques, réveillés par la gnose, remonteront vers le Père. La rédemption du dernier pneumatique sera accompagnée par l’anéantissement du Monde, de la Matière. La Matière a une origine spirituelle, c’est un état, une « expression externe solidifiée » de l’Etre absolu. L’ignorance (l’aveuglement de Sophia) est la cause première de l’existence du Monde. La connaissance constitue la condition originelle de l’Absolu.

Marcion

Marcion (85-160), né dans une famille chrétienne, voyagea beaucoup et s’établi à Rome vers 135. Il devint membre influant de l’église en y faisant une importante donation. Il publia les Antithèses, où il dit que le Dieu de Jésus n’a rien à voir avec le Yahvé de l’Ancien Testament, divinité ignorante, brutale et matérialiste. Il rejette les anciennes Ecritures, ne gardant qu’une sélection des nouveaux écrits. Exclu de l’église de Rome en 144, il se lance dans des campagnes missionnaires, fonda de nombreuses églises où l’on pratiquait une morale très austère, comportant la renonciation à la sexualité et à la vie de famille, tout en se préparant au martyre. Du fait de sa fidélité aux textes chrétiens canonique, bien des critiques refusèrent de considérer Marcion comme un gnostique. Dès le milieu du III siècle, le marcionisme est en déclin et disparut en moins de 100 ans. Marcion partage l’essentiel du dualisme gnostique, sans inclure les implications apocalyptiques. Il oppose la Loi et la Justice, instituées par le Dieu Créateur de l’Ancien Testament, à l’amour et à l’Evangile, révélées par le Dieu Bon à travers Jésus. Par la prédication de Jésus, Yahvé apprend l’existence du Dieu Transcendant, et il se venge en livrant Jésus à ses persécuteurs. Par son sacrifice, Jésus rachète l’humanité au Dieu Créateur. Mais les fidèles continueront d’être persécutés jusqu’à la fin des temps, lorsque le Dieu Bon se fera connaître, qu’Il les recevra dans son royaume, et qu’Il anéantira la matière et le créateur.

Annexes

La femme

Le principe féminin a un rôle important dans les éons, des figures féminines vont jouer des rôles prophétiques, les gnostiques ne semblent donc pas considérer la femme comme inférieure à l’homme. Mais le retour de l’élément féminin à sa contrepartie masculine reste une condition indispensable à l’accès à la perfection céleste, et Sophia est responsable de l’erreur qui a conduit la chute vers la matière.

L’évangile selon Thomas

L’Évangile selon Thomas est très difficile à dater, et reproduirait pour l’essentiel des « paroles secrètes de Jésus » transmises par une tradition autonome remontant assez haut dans le I siècle. Son texte intégral ne nous a été connu que depuis la découverte de la bibliothèque gnostique de Nag-Hammadi. Son contenu, bien que remarquablement propre à inspirer des spéculations gnostiques, n’offre que peu de traces d’un gnosticisme authentique. Il s’agit de la collection intégrale des logia dont des fragments grecs précédemment retrouvés n’avaient offert que des lambeaux mal compréhensibles. On retrouve de très nombreux de ces logia dans la littérature patristique la plus orthodoxe des premiers siècles. C’est donc l’utilisation qu’ont fait les gnostiques de ce livre plus que son contenu qui fut responsable du rejet de ce texte pas l’Église. Le royaume de Dieu y est non eschatologique, le rejet des pratiques juives de piété (jeûne, prière et aumône) y est absolu, comme celui de la circoncision.

Bibliographie


- Jacques Lacarrière, Les gnostiques ;
- Madeleine Scopello, Les gnostiques, Paris, Cerf, « Fides ».
- Jean Doresse, article Le gnosticisme dans histoire des religions, folio essais
- Mircéa Eliade, dans Histoire des religions et idées religieuses, Bibliothèque historique Payot
- Louis Painchaud, La bibliothèque copte de Nag Hammadi, in L'étude de la religion au Québec : Bilan et prospective, sous la direction de Jean-Marc Larouche et Guy Ménard, Les Presses de l'Université Laval, 2001, en libre accès sur internet à [http://www.erudit.org/livre/larouchej/2001/index.html cette adresse]

Liens

Marcion |

Liens externes


- [http://www.ftsr.ulaval.ca/bcnh/accueil.asp?lng= Bibliothèque copte de Nag Hammadi]Édition critique et traduction en français à l'université Laval, Québec.
- [http://www.systerofnight.net/religion/html/gnose.html La Gnose] Introduction à la Gnose : origines, principaux mythes, sources littéraires, tendances sectaires, ...

Égypte

|- valign="top" | Langues usuelles | Anglais, français |- valign="top" | Président | Mohammed Hosni Moubarak |{{{{{{{VIIe siècle{Commons|Category:Egypt|l'Égypte{wikitravel|l'Égypte|Égypte{ar{ar{Pays d'Afrique{Pays d'Asie{Ligue arabe{Serie Afrique

Thomas d'Aquin

Saint Thomas d'Aquin (né vers 1225 à Aquin (Italie), mort le 7 mars 1274) était un théologien et philosophe dominicain, considéré comme l'un des principaux maîtres de la scolastique et de la religion catholique pour laquelle il est un Docteur de l'Église. De son nom dérivent thomisme et thomiste, qualifiant, entre autres, sa philosophie.

Biographie

Thomas d'Aquin est né en 1224 ou 1225 au château de Rocca Secca, dans le royaume des Deux-Siciles ; de 1230 à 1235, il est oblat à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin. À partir de 1239, il étudie à l'université de Naples où il découvre sans doute Aristote avec des traductions à partir de l'arabe fournies par Frédéric II. Il entre dans l’ordre des dominicains (ordre alors jeune et suscitant l'enthousiasme religieux et intellectuel) en 1244, contre l’avis de sa famille qui voulait en faire l'abbé du Mont-Cassin. Sa mère le fait alors enlever et l’assigne à résidence. Retenu pendant un an à Rocca Secca, il lit la Bible et le Livre des sentences de Pierre Lombard. Thomas ne changeant pas d’avis, sa famille finit par accepter son choix. Il est ensuite étudiant à Paris de 1245 à 1248, puis suit son maître Albert le Grand (dominicain commentateur d'Aristote) à Cologne jusqu'en 1252. Il est bachelier biblique (lectures commentées des Écritures) à Paris de 1252 à 1254, puis bachelier sententiaire (i.e. commentateur du Livre des sentences du Lombard) de 1254 à 1256. De 1256 à 1259, il est maître en théologie (il est choisi avant l’âge requis). De 1259 à 1268, il enseigne la théologie en Italie, puis revient à Paris de 1269 à 1272, où il doit faire face à des attaques contre les Ordres Mendiants, mais aussi à des rivalités avec les franciscains et à des disputes avec certains maîtres ès arts (en particulier Siger de Brabant, dont la mort mystérieuse est racontée par Dante, qui évoque également de manière énigmatique la rivalité entre Thomas et Siger dans le Paradis de la Divine Comédie). Il retourne ensuite à Naples en 1272, comme maître régent de l’école dominicaine. À partir du 6 décembre 1273, il cesse d’écrire, peut-être parce qu’il tient désormais ses œuvres pour vaines ; sa santé décline et, aphasique, il meurt le 7 mars 1274, au monastère cistercien de Fossa Nova, en se rendant au concile de Lyon. Pour suivre l'enseignement d’Aristote au , il va discuter et le plus souvent réfuter les commentaires d’Avicenne et d’Averroès, théologiens musulmans qui l'ont précédé dans la lecture d'Aristote. Averroès, par exemple, doutait de l'unicité de l'âme et de l'intellect, ce qu'entendait réfuter Thomas. Curieusement, Platon et Aristote avaient en leur temps exprimé un désaccord du même ordre. La philosophie thomiste essaie de concilier l’autonomie humaine, l’immortalité de l’âme et la croyance en Dieu comme Cause Unique de tout bien. Sa certitude est que l’étude philosophique, aussi poussée soit-elle, ne contredira en aucun cas l’enseignement de la religion, puisque - écrit-il - les deux ont un même objet, qui est la vérité. Après avoir été brièvement condamné en 1277, puis réhabilité, il est canonisé en 1323 par le pape Jean XXII..

Théologie et philosophie

Selon Thomas, la philosophie étudie d'abord les êtres créés, pour s'élever ensuite à la connaissance de Dieu ; dans l'ordre de la théologie, au contraire, on commence par l'étude de Dieu, et c'est précisément cet ordre qui est suivi dans les Sommes. Dès lors, l'ordre de la théologie peut être ainsi spécifié : « l'objet principal de la doctrine sacrée est de transmettre la connaissance de Dieu, non pas seulement selon ce qu'il est en lui-même, mais aussi selon qu'il est le principe et la fin des choses, spécialement de la créature raisonnable ». Philosophie et théologie diffèrent donc par l'objet premier de la connaissance humaine, et elles différeront aussi en conséquence par leur méthode : il y a un statut épistémologique propre à chacun de ces deux discours, ce qui pose la question de savoir si l'on aboutit dans les deux domaines à des vérités qui s'accordent ou non et de quelle manière. La thèse de Thomas est que foi et raison ne peuvent se contredire car elles émanent toutes deux de Dieu ; la théologie et la philosophie ne peuvent donc pas parvenir à des vérités divergentes.

Dieu selon Thomas

Selon Thomas, qui s'oppose à Bonaventure, l'existence de Dieu n'est pas une évidence : ce n'est pas une idée innée que tout homme à en lui et que la simple réflexion (pour écarter les préjugés, comme, plus tard, chez Descartes) lui fait découvrir. Thomas est aristotélicien : nous n'avons pas de notion naturelle d'un être infini, et nous n'avons aucune intuition intellectuelle. Nous pouvons cependant connaître que Dieu est par la lumière naturelle, c'est-à-dire par la raison. Nous ne sommes pas encore ici dans la véritable théologie ; que Dieu est, c'est ce que montre la philosophie naturelle. Thomas reprend ainsi pour le montrer cinq voies de raisonnement pour saisir le réel existant.

La création

L'homme et sa destination

Anecdotes


- Deux novices voulant plaisanter lui dirent de regarder à la fenêtre, car on voyait, disaient-ils, un bœuf en train de voler. Thomas se déplaça à la fenêtre, et leur répondit : « J'aurais été moins étonné de voir un bœuf voler qu'un religieux mentir » (la nomenclature des péchés en répertoriait alors un véniel qui se nommait le mensonge joyeux).
- Alors qu'on lui posait la question « Que faisait Dieu avant de créer le monde ? », il répondit : « Il créait un enfer pour y mettre ceux qui posent de telles questions ! »
- Il ne se privait pourtant pas lui-même de ce genre d'interrogations : l'un des paragraphes de la Somme théologique a pour question « Puisque Dieu est tout-puissant, peut-il faire un rocher si lourd qu'il n'arriverait pas à le soulever ? », et son analyse n'est pas sans rappeler ce que l'on nommera plus tard les définitions autoréférentielles.
- Environ un mois avant sa mort, il affirma avoir eu en rêve une vision qui l'épouvantait et lui faisait paraître tout à coup son œuvre comme dérisoire. De ce jour, il cessa d'y travailler.

Une phrase qui résume l'œuvre

« En matière de foi et de mœurs, il faut croire Saint Augustin plus que les philosophes, s'ils sont en désaccord ; mais si nous parlons médecine, je m'en remets à Galien et à Hippocrate, et s'il s'agit de la nature des choses, c'est à Aristote que je m'adresse, ou à quelque autre expert en la matière. » La rédaction de la Somme théologique montre cependant que même en matière de foi et de mœurs, il préféra apporter sa propre compilation d'arguments et ses propres conclusions que de s'en remettre à Augustin. On sait aussi par ailleurs qu'il avait toujours critiqué le point de vue d'Augustin qui se gaussait qu'on pût croire à la théorie des antipodes, conséquence de la rotondité de la Terre adoptée par Aristote.

Quelques avis

G.K. Chesterton

« Thomas d'Aquin fut l'un des grands libérateurs de l'esprit humain, en réconciliant raison et religion. Il lui ouvrit les voies de l'expérimentation scientifique, il rendit aux impressions sensorielles leur dignité de fenêtres de l'âme, et à l'intellect son droit divin à se nourrir de faits vérifiés. Il permit à la Foi de s'assimiler la substantifique moelle de la plus dense et la plus trapue des philosophies antiques. »

Jean-François Revel

« Ce que la scolastique nous a légué de plus utile, c'est peut-être cette précision [...]. Tout l'enseignement occidental, avec ses Premièrement, Deuxièmement, grand A, petit a, petit b, en a été imprégné. La subordination et l'emboîtement, la vision et la division, pas seulement additives, mais par hiérarchie d'importance et lien de dépendance, la logique des idées, la plan presque architectural dans l'exposé de la pensée ou des faits s'incorporent alors définitivement aux habitudes mentales de l'Occident. » ( in Histoire de la philosophie occidentale)

Œuvres


- De ente et essentia
- De principiis naturae
- Contre ceux qui attaquent le culte de Dieu et la religion
- De veritate
- Commentaire des Sentences,
- Somme contre les gentils (Summa contra gentiles) (commencée en 1258).
- Contre les erreurs des Grecs
- Catena Aurea (collection de citations patristiques sur les quatre Évangiles)
- Somme théologique (Summa theologica) (1273).
- De potentia
- De malo
- Compendium de théologie
- De l'unité de l'intellect contre les averroïstes
- Lectura super Ioannem.

Bibliographie


- Ivan Gobry, Saint Thomas d'Aquin : biographie. Éditions Salvator, Paris, 2005. 254 p., 21 cm. ISBN 2-7067-0399-7. Inclut une bibliographie détaillée des œuvres de saint Thomas d'Aquin p. 217-223.
- Guillaume de Tocco, l'Histoire de saint Thomas d'Aquin (traduction française du dernier état du texte (1323) avec introduction et notes par Claire Le Brun-Gouanvic). – Paris : les Éditions du Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », 2005. – 223 p., 20 cm. – ISBN 2-204-07729-1. – Titre original : Ystoria sancti Thomae de Aquino.

Lien externes


- [http://www.jesusmarie.com/thomas_d_aquin Textes de Thomas d'Aquin à télécharger]
- [http://www.thomas-d-aquin.com/ Portail d'Aquin]

Voir aussi


- Thomisme
- Les thèses de 1914
- Auteurs par ordre alphabétique A Catégorie:Philosophe italien Catégorie:Théologien italien Catégorie:Dominicain Catégorie:Docteur de l'Église Catégorie:Scolastique Catégorie:Philosophie médiévale Catégorie:Naissance en 1225 Catégorie:Décès en 1274 ja:トマス・アクィナス ko:토마스 아퀴나스

Vice

Le vice désigne d'une manière générale et non morale ce qui est défectueux, le défaut. En morale, c'est un penchant devenu habitude que la morale religieuse ou sociale réprouve (en matière sexuelle mais pas seulement), ou un défaut excessif. La notion de vice varie peu d'une culture et d'une époque à l'autre, mais son contenu, ce qu'il désigne, est très changeant. Par exemple, la conception athénienne antique de la sexualité : apprécier une femme autrement que comme génitrice d'une descendance semblait grotesque aux couches supérieures de la population, sans pour autant que l'homosexualité fût sentie comme une valeur en soi. D'une manière similaire, alors que l'avarice est, selon les critères chrétiens, un péché mortel et que la pauvreté matérielle est un indice de pureté morale, une réussite sociale fondée sur le modèle capitaliste de l'épargne et de l'investissement pourra passer, dans les sociétés modernes judéo-chrétiennes (surtout protestantes), pour un modèle à atteindre. Cette même notion, très floue, change aussi selon les individus, en accord avec leur propre morale : telle personne sentira telle pratique comme un vice, qui passera, aux yeux d'une autre, pour une pratique acceptable voire positive.

Judéo-christianisme

Parmi les exemples de vices fréquemment cités, car souvent réprouvés par les morales religieuses judéo-chrétiennes, on trouve, entre autres, la bestialité (la zoophilie), l'homosexualité (et surtout la sodomie), la masturbation et la majorité des pratiques sexuelles n'impliquant pas la seule volonté de reproduction. On peut également citer les principaux défauts humains, à savoir l'avarice, l'égoïsme, l'hypocrisie, l'intempérance, la jalousie, l'oisiveté, l'orgueil (vice suprême pour les Grecs de l'Antiquité, nommé hubris, ou hybris), la paresse, la vanité, etc., qui peuvent recouper des péchés mortels de la morale chrétienne. La notion de vice social est intimement liée à celle de vice religieux.

Bouddhisme

Pour le bouddhisme, les « petits » vices sont les comportements d'attachement considérés illusoires aux plaisirs matériels : pouvoir, richesse, etc. Dans le bouddhisme traditionnel, il existe quatre « grands » vices qui peuvent mener à l'exclusion de la communauté : le meurtre, le vol, la fornication et l'imposture. "Antoine aime la masturbation c'est un gros dégueulasse plein de vices" (Victor Hugo 1893)

Voir aussi


- Morale
- Habitude
- Volonté
- Mal
- vice, logiciel de détection de rootkit Catégorie:Philosophie Catégorie:Morale

Orgueil

Opinion très avantageuse, le plus souvent exagérée, qu'on a de sa valeur personnelle aux dépens de la considération due à autrui. A la différence de la fierté qui n'a nul besoin de se mesurer à l'autre ni de le rabaisser. catégorie:péché capital

Lucifer

Lucifer signifie en latin « porteur (-fer) de lumière (lux) ». Ce nom a pour origine la traduction latine, dans la Vulgate, du Livre d'Isaïe 14 ; 12 par Saint Jérôme, qui traduisit le nom Heylel (nom de la planète Vénus en hébreu) par Lucifer. Chez les Romains, le dieu Lucifer (Phosphoros en grec) personnifiait la connaissance, à travers une figure qui mêlait des attributs d'Hermès et d'Apollon. Transposé dans la tradition du christianisme, Lucifer est le nom attribué au plus grand de tous les anges mais ce dernier, selon le « mythe de la chute des anges rebelles », fut poussé par son orgueil à se rebeller contre Dieu. Il devint alors Satan (l'« adversaire »), roi des « démons » - qui sont les anges qui, avec lui, se sont révoltés et ont chuté - et ennemi de l'humanité et de Dieu.

Liste des noms associés à Lucifer

Voici quelques autres noms qui se rapportent - du moins dans la vision moderne - aux « démons ». La plupart étaient à l'origine des dieux, notamment ceux dont le rôle se rapportait à la fécondité ou à la sagesse, qui furent par la suite considérés comme des diables:

Les quatre princes de l'enfer


- Satan - (Hébreux) l'adversaire, l'opposant, l'accusateur, Maître du feu, le sud.
- Lucifer - (Romain) porteur de lumière, porteur de la connaissance, l'air, l'étoile du matin, l'est.
- Bélial - (Hébreux) (bel-ial, seigneur du vent) sans maître, la terre, l'indépendance, le nord.
- Léviathan - (Hébreu) le serpent des profondeurs, l'eau, l'ouest.

Les noms infernaux

Commencant par A


- Abaddon - (Hébreux) Le destructeur.
- Adramelech - Démon sumérien.
- Ahpuck - Démon maya.
- Ahriman - Démon mazdéen..
- Amon - Dieu égyptien, de la vie et de la reproduction.
- Apollyon - Synonyme Grec pour Satan, le démon des voûtes.
- Asmodée - Démon Hébreu de la sensualité et de la luxure, à l'origine « créature de jugement ».
- Astaroth - Déesse phénicienne de la lascivité, équivalent du Babylonien Ishtar.
- Assur - Dieu sémite adoré par les Assyriens (d'où leur nom).
- Azazel - (Hébreu) Homme qui conservait les armes de guerre.

Commencant par B


- Baalberith - Seigneur (Baal, seigneur) Cananéen de la justice et des traités équitables.
- Balaam - Démon Hébreu de l'avarice et de la cupidité.
- Baphomet - Dieu de la fertilité et de la fécondité (masculine essentiellement), adoré par les Templiers. Représenté par un bouc, son image fut reprise par l'Eglise Catholique pour etre diabolisée et justifier l'execution des Templiers.
- Bast - (Bastet) Déesse Egyptienne des plaisirs et de la fécondité, représentée par le chat.
- Belzébuth - (Hébreu, beel seigneur) Seigneur des Mouches, pris le symbolisme du scarabée.
- Behemoth - Personnification hébraïque de Satan sous forme d'un éléphant.
- Beherit - Nom syrien pour Satan.
- Bile - Dieu Celtique des enfers.

Commencant par C


- Chemosh - (Semous) Dieu Moabites représenté par un singe.
- Cimeries - Chevauche un cheval noir, dieu régissant l'Afrique.
- Coyote - Démon Amérindien, équivalent d'Anubis.

Commencant par D


- Dagon - Démon Philistin de la vengeance et de la mer.
- Damballa - Dieu serpent voodoo.
- Demogorgon - Nom grec du diable.
- Diabolus -(Grec) Signifie « coule vers le bas ».
- Dracula - (Drak, seigneur, dragon) : surnom donné au seigneur Vlad Tepes.

Commencant par E


- Emma-O - Souverain Japonais de l'enfer.
- Euronymous - Prince grec de la mort.

Commencant par F


- Fenrir - (Norrois) Loup fils du dieu Loki, qui dévora la main de Tyr et participa à Ragnarök.

Commencant par G


- Gorgo - Abréviation, de Demogorgon.

Commencant par H


- Haborym - Synonyme Hébreu pour Satan.
- Hécate - Déesse grecque de la sorcellerie et des maléfices.

Commencant par I


- Ishtar - Déesse babylonienne de la fertilité, femme de Iavhé et de Baal.

Commencant par K


- Kali - (Hindou) Fille de Shiva, haute prêtresse du Thuggees.

Commencant par L


- Lilith - Démon femelle Hébraïque, première femme d'Adam.
- Loki - Dieu nordique, un des Ases fils d'Odin.

Commencant par M


- Mammon - Dieu araméen de la richesse et du profit.
- Mania - Déesse Etrusque de l'enfer.
- Mantus - Dieu Etrusque de l'enfer.
- Marduk - Dieu de la ville de Babylone.
- Mastema - Synonyme Hébreu pour Satan.
- Méphistophélès - (Grec) Celui qui fuit la lumière.
- Metztli - Déesse aztèque de la nuit.
- Mictian - Dieu aztèque de la mort.
- Milcom - Diable Ammonite.
- Moloch - Démon phénicien et Canaanite.
- Mormo - (Grec) Roi des Goules, consort d'Hécate.

Commencant par N


- Naamah - Démon femelle hébraïque de la séduction.
- Nergal - Dieu babylonien de l'Hadès.
- Nihasa - Démon Amérindien.
- Nija - Dieu polonais du monde souterrain.

Commencant par O


- O-Yama - Nom japonais pour Satan.

Commencant par P


- Pan - Dieu grec de la luxure.
- Pluto - Dieu grec dû monde souterrain.
- Pwcca - Nom gallois pour Satan.

Commencant par R


- Rimmon - Démon syrien adoré à Damas.

Commencant par S


- Sabazios - Dieu phrygien des fêtes et du plaisir.
- Saitan - Nom énochien équivalant à Satan.
- Sammael - (Hébreu) « venin de Dieu ».
- Samnu - Démon d'Asie Centrale.
- Sedit - Démon Amérindien.
- Sekhmet - Déesse Egyptienne de la vengeance.
- Seth - Dieu Egyptien.
- Shaitan - Nom arabe pour Satan.
- Shiva - (Hindou) Le destructeur.
- Supay - Dieu inca du monde souterrain.

Commencant par T


- T'an-mo - Contrepartie chinoise du diable.
- Tchort - Nom russe pour Satan, « dieu noir ».
- Tezcatlipoca - Dieu aztèque des enfers.
- Thamuz - Dieu sumérien.
- Thoth - Dieu Egyptien de la sagesse.
- Tunrida - Démon femelle Scandinave.
- Typhon - Personnification grecque de Satan.

Commencant par Y


- Yaotzin - Dieu aztèque de l'enfer.
- Yen-lo-wang - Souverain Chinois de l'enfer.

Voir aussi

Liens internes


- Satanisme : religion du diable Catégorie:Créature fantastiquecatégorie:personnage bibliqueCatégorie:Satanisme ja:ルシファー

Avarice

L’avarice est un état d’esprit qui fait qu’une personne ne veut pas se séparer de ses biens et richesses. Elle peut se traduire par une thésaurisation complète d’argent, sans aucune volonté de le dépenser un jour. Au Québec, le personnage de Séraphin de Claude-Henri Grignon est passé dans le langage populaire comme un synonyme d'avare; dire d'un homme qu'il est "un vrai Séraphin" équivaut à dire qu'il est d'une extrème avarice.

Liste d’avares de fiction


- Harpagon dans la pièce de théâtre de Molière, L'Avare
- Grandet, personnage du roman de Balzac, Eugénie Grandet
- Ebenezer Scrooge, le héros d’Un Chant de Noël de Charles Dickens
- Balthazar Picsou, personnage de la Walt Disney Company, créé par Carl Barks
- Don Salluste de Balzan, incarné par Louis de Funès dans le film de Gérard Oury, La Folie des grandeurs
- Séraphin: un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon catégorie:nature humainecatégorie:péché capital

Envie

Cet article concerne le sens religieux du mot Envie. Pour les autres significations du mot, voir la page d'homonymie Envie (homonymie) L' envie est un désir qui échappe à la raison. Par opposition, le désir raisonné se nomme la volonté. volonté

Christianisme

L’envie est désignée comme vice par la tradition chrétienne et fait partie des Sept péchés capitaux définis par Thomas d'Aquin. Dans ce cadre, elle désigne plus particulièrement l’émotion éprouvée par celui qui désire intensément posséder le bien d’autrui.

Sociologie

L’envie peut être également définie comme la volonté de posséder sans nécessité et s’oppose alors au besoin. Ainsi, la volonté d’obtenir une même chose pourra être désignée comme envie ou besoin en fonction de l’idée que l’observateur se fait de la nécessité de posséder la chose pour la personne qui exprime cette volonté. Par exemple, la volonté de manger pour une personne qui a « vraiment » faim sera généralement considérée comme un besoin, alors qu’il s’agit d’une envie dans le cas contraire. L’envie que l’on trouve injustifiée, c’est-à-dire sans aucune nécessité, est parfois appelée « caprice », bien que le mot soit plutôt utilisé dans un cas opérationnel précis : celui d’une chose réclamée et dont on ne veut plus une fois qu’on l’a.

Psychologie

En psychologie, l’envie désigne un désir dont le sujet ne connaît pas l’origine (voir pulsion). L’envie est alors un réflexe dont la part d’inné et d’acquis est bien difficile à établir. Pour certains, l’envie est le propre de l’Homme et serait l’un des moteurs de son évolution. Il s’agit en ce cas d’une acception toute différente du terme. Catégorie:Péché capital ja:嫉妬

Colère

La colère est une émotion de mécontentement, généralement à l'égard d'un acte, d'une personne, d'une organisation ou d'une idée. Parfois une personne éprouve de la colère contre elle-même.
catégorie:Émotioncatégorie:péché capital La peur implique un sentiment de frustration, d'injustice, d'irritation.
Dans la tradition chrétienne, la colère est un des sept péchés capitaux.
Dans la religion bouddhiste, la colère est également une émotion négative.

Expression


- agir sous le coup de la colère : se dit d'une personne qui agit sans réflexion, à la suite d'une colère.

Lien


- De la colère, texte de Sénèque sur Wikisource

Satan

Satan est un terme hébreu signifiant Adversaire. À l'origine c'était un nom commun désignant l'accusateur dans un tribunal hébraïque.

Dans la Bible

Dans la Bible, il désigne la personne ayant fomenté une rébellion contre Dieu en Eden, se constituant ainsi son Adversaire. La lutte entre Dieu et ses fidèles d'une part, et de Satan et de ses partisans d'autre part est au coeur du récit biblique. Les écritures hébraïques en parlent à de plusieurs reprises, et le nomment Satan dans trois livres : Job, premier livre des Chroniques, et le livre de Zacharie. Les écritures chrétiennes renferment des occurences plus nombreuses encore. Il est aussi connu par l'expression latine : Vade retro Satanas ("arrière, Satan !") extraite de Matthieu, IV.10 (Vulgate de Jérôme).

Vision traditionnelle de Satan

Satan est traditionnellement nommé Belzébuth (Seigneur des mouches) par les Pharisiens dans les évangiles, Lucifer (porteur de lumière) selon une interprétation d'un verset du livre d'Ésaïe, Méphistophélès. Satan a la faculté de changer d'apparence, de séduire et de terrifier. Les textes et les œuvres d'art (les tympans des cathédrales par exemple) le représentent sous des traits différents : le serpent qui tente Ève, le personnage hybride mi-homme, mi-bouc médiéval (hérité du pan antique), le dragon (combattu par l'archange Michel selon l'Apocalypse de Jean), le Léviathan... Au Moyen Âge, on imaginait que Satan présidait le Sabbat des sorcières.

Voir aussi


- Démon
- Diable
- Enfer
- Satanisme

Bibliographie


- Alain Bourreau, Satan hérétique. Histoire de la démonologie (1280 - 1330), Éditions Odile Jacob, Paris, 2004. Catégorie:Créature fantastiquecatégorie:personnage bibliqueCatégorie:Satanisme

Asmodée

ja:アスモデウス Catégorie:Créature fantastiqueCatégorie:personnage biblique Ce démon a recu de nombreux noms : Asmodée, Aschmédaï, Asmoday, Asmodeus, Aesma, Asmadai, Asmodius, Asmodaios, Hasmoday, Chashmodai, Azmonden. Le nom Asmodée viendrait de l'altération du nom d'un esprit persan : "Aëschma-daëva", qui pourrait aussi signifier en hébreu « celui qui fait périr ». Il apparaît dans le Livre de Tobie, III.8. Surintendant des Enfers, des Maisons de jeu, Asmodée sème dissipation et erreur. Selon certaines versions, il serait le serpent qui séduisit Ève. Il est également, selon les versions, un des 4 ou des 7 rois des enfers avec Bael, Bélial, Byleth, Paymon, Pursan et Zapan. Asmodée apprend aux hommes à se rendre invisibles, leur enseigne la géométrie, l'arithmétique, l'astronomie et les arts mécaniques. Il connaît les trésors cachés.

Voir aussi


- Asmodée éditions est un éditeur de jeux

Anglais

L'anglais est une langue germanique originaire d'Angleterre. C'est la langue maternelle ou l'une des langues des habitants de plusieurs pays, surtout le Royaume-Uni et ses anciennes colonies, dont les États-Unis, l'Irlande, le Canada, l'Australie, et la Nouvelle-Zélande. L'anglais est l'une des langues les plus parlées au monde : elle est la troisième en nombre de locuteurs natifs, et la première apprise comme seconde langue. Elle est aussi la langue la plus utilisée sur Internet.

Histoire

L'anglais descend de la langue parlée par les tribus germaniques angles (d'où est tiré le nom de la langue), saxonnes et jutes s'étant installées en Grande Bretagne au de l'ère chrétienne, remplaçant les langues celtiques présentes sur le territoire. Ces dialectes germaniques, qui ont connu la première mutation consonantique, sont alors désignés sous le nom de vieil anglais, d'abord écrit en runes puis avec l'alphabet latin, apporté par les scribes irlandais au . L'influence d'envahisseurs vikings installés au nord-est du pays est notable dans le lexique de la langue qui a alors emprunté de nombreux termes au vieux norrois (ou « vieil islandais »). L'influence du latin, langue liturgique du christianisme que les scribes irlandais ont apporté, est aussi très forte. On arrête le vieil anglais au , à l'issue de la bataille de Hastings, en 1066. L'épopée Beowulf est écrite dans cet état de la langue. Après sa victoire à Hastings sur les Saxons, Guillaume le Conquérant s'installe en Grande-Bretagne et impose sa langue, le normand (langue d'oïl de l'ancien français), comme langue de la cour ; ce faisant, il modifie profondément la langue anglaise : les emprunts se font très nombreux et souvent doublonnent avec des mots de radical germanique. Le mot saxon est parlé par le peuple, alors que le terme français est souvent lié au registre soutenu ou à la parlure des nobles. Par exemple, ox, calf ou sheep, termes germaniques, représentent chez le producteur ─ anciennement les couches populaires de la population ─ ce que le consommateur ─ autrefois les couches aisées de la population ─ désigne par beef (cf. bœuf), veal, (cf. veau) et mutton (cf. mouton). (Ainsi, ces trois derniers mots désignent surtout la viande par opposition au bétail sur pied; mais on a aussi "let's return to our muttons" "retournons à nos moutons" et fig. "muttonhead", "mouton [de Panurge]". Par contre, "oxtail soup" car à l'origine ce potage était un plat plébéien.) D'autre part, la langue simplifie ses déclinaisons. C'est le moyen anglais, dont l'orthographe est fortement influencée par celle des scribes normands, lesquels inventent par exemple les digrammes de la langue (ch, sh, gh, th) et introduisent la lettre w (anciennement un digramme vv ou uu), faisant ainsi sortir de l'usage des lettres anciennes comme þ (thorn, remplacé par th), ð (edh, remplacé aussi par th), ȝ (yogh, proche d'un 3, remplacé par gh ou y principalement) ou ƿ (wynn, proche d'un p, remplacé par w). Les Contes de Cantorbéry de Geoffrey Chaucer sont écrits en moyen anglais. La grande mutation vocalique, qui a vu la modification en profondeur des voyelles anglaises, du marque le tournant d'un autre état de la langue, l'anglais moderne, que l'on fait réellement commencer au début du avec William Shakespeare. On y distingue deux sous-périodes : l'anglais moderne d'avant ou après le , quand, à la suite des conquêtes britanniques, la langue s'est de nouveau lexicalement enrichie de manière notable grâce aux emprunts faits aux langues des colonies.

Influence de l'anglais

Historiquement, l'anglais a peu pénétré le français (moins de 4 % du vocabulaire est d'origine anglo-saxonne). Cependant son influence croît depuis une cinquantaine d'années du fait de la mondialisation des échanges commerciaux et technologiques, dominés par de grandes puissances parlant cette langue, le Royaume-Uni et les États-Unis notamment (voir « impérialisme linguistique »). C'est pourquoi l'utilisation de mots anglais est notable dans des secteurs comme l'informatique, les télécommunications ou l'économie, comme le fut l'italien jadis pour la musique. Un autre phénomène est lié à cet expansionnisme : l'anglais tend à être utilisé à la place d'autres langues. Ainsi le français était la langue privilégiée des relations diplomatiques et des relations contractuelles, l'influence des États-Unis a fait tomber cet usage en désuétude. L'anglais est aussi depuis 1951 la langue utilisée dans l'aviation, sur décision de l'OACI. Il a par ailleurs acquis dans le monde la place de langue la plus fréquemment utilisée dans les rencontres internationales, même si le multilinguisme reste la norme. Étant la première langue étrangère apprise dans le monde, il bénéficie d'une base unique de locuteurs dans tous les pays sur tous les continents. C'est enfin la seconde langue officielle de très nombreux États. Cette utilisation internationale de l'anglais, devenu une véritable lingua franca, inquiète nombre d'anglophones qui voient leur langue prendre les allures d'un pidgin simpliste coupé de ses subtilités et de son histoire.

Classification

L'anglais est une langue germanique, famille au sein de laquelle les langues vivantes les plus proches sont le frison et le scots mais qui, néanmoins, a subi à plusieurs reprises l'influence d'autres langues germaniques comme le vieux norrois, du latin et de diverses langues romanes, surtout le français, influence latino-romane que l'on ne remarque pas seulement dans les mots qui sont a priori des emprunts lexicaux (déjà vu ou rendez-vous, expressions françaises utilisées en anglais ; embargo de l'espagnol ; cupola, folio ou stiletto de l'italien), mais encore dans de très nombreux mots à étymon latin (comme expectexspectare, schoolschola, scuttlescutella, ou streetstrata).

Répartition géographique

Statut officiel

L'anglais est la première langue en Australie (anglais australien), Bahamas, Barbade (anglais carribéen), Bermudes, Dominique, Gibraltar, Grenade, Guyana, Jamaïque (anglais jamaïcain), Nouvelle-Zélande (anglais néo-zélandais), Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Trinité-et-Tobago, Royaume-Uni (anglais britannique), et (sans reconnaissance officielle) aux États-Unis (anglais américain). L'anglais est aussi l'une des premières langues du Belize (avec l'espagnol), du Canada (anglais canadien) (avec le français), de l'Inde (hindi et anglais ainsi que 21 autres langues d'État), de l'Irlande (avec l'irlandais), du Singapour (avec le malais, le mandarin, le tamil et d'autres langues asiatiques) et de l'Afrique du Sud (avec le zoulou, le xhosa, l'afrikaans, et le sotho du nord). C'est la langue non officielle la plus utilisée en Israël. C'est la langue usuelle dans l'île de Saint-Martin. À Hong-Kong c'est une langue officielle et largement utilisée dans le monde des affaires. Il est appris dès le jardin d'enfants, et est la langue d'instruction de quelques écoles primaires, de nombreuses écoles secondaires et de toutes les universités. Un nombre substantiel d'étudiants acquièrent un niveau de locuteur natif. Cette langue y est si largement utilisée qu'il est inadéquat de dire qu'elle n'est qu'une seconde langue ou une langue étrangère. C'est une langue officielle, mais pas native au Cameroun, Fidji, Micronésie, Ghana, Gambie, Kiribati, Lesotho, Liberia, Kenya, Namibie, Nigeria, Malte, Îles Marshall, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Îles Salomon, Samoa, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

Langues dérivées

L'anglais a donné naissance :
- à de nombreux pidgins et créoles.
- au Basic English, langue créée par C. K. Ogden and I. A. Richards en 1930. Celle-ci ne comporte plus que 850 mots : ceux qui sont indipensables à la vie quotidienne (expression de sentiments inclus) plus ceux nécessaires pour définir les autres le temps d'une conversation.
- L'anglais Européen : http://www.davytech.com/wiki/

Écriture

L'anglais utilise l'alphabet latin (avec, anciennement, des lettres comme