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Parole

Parole

als:Sprache ja:言語 ko:언어 ms:Bahasa simple:Language tokipona:toki zh-cn:语言 zh-tw:語言 Catégorie:Linguistique Catégorie:Philosophie Le langage est la faculté de mettre en œuvre un système de signes linguistiques (qui constituent la langue) permettant la communication et l'expression de la pensée. La linguistique est l'étude scientifique du langage.

Quelques questions sur le langage

On considère souvent le langage comme le moyen d'exprimer une idée ; il serait donc un instrument de la pensée. Il y a pourtant des cas où le langage semble nous dépasser : dans le cas du lapsus, nous disons autre chose que ce que nous voulons dire ; et dans le cas, s'il existe, où l'on parle pour ne rien dire. Le langage n'est-il qu'un instrument de communication et d'expression ? Ne fait-il qu'exprimer une pensée ? Cette problématique philosophique du langage concerne le statut métaphysique de la pensée : si la pensée préexiste au langage, il est possible de se passer de cette forme matérielle ; mais si la pensée ne peut se réduire au langage, alors ce dernier a un pouvoir spécifique, indépendant des autres facultés. Ce problème de la liaison du langage et de la raison est lié également à la question de savoir si le langage révèle la nature spirituelle de l'Homme, si le langage est le propre de l'Homme.

Le langage humain

Les travaux de Karl von Frisch, zoologiste autrichien (1886-1982) ont permis de découvrir le « langage » des abeilles qui s'expriment par l'orientation de leur danse en 8. Ces travaux furent ensuite relayés par Émile Benveniste, linguiste, qui a établi que le langage animal était un « code de signaux ». Le langage humain présente des capacités qui le distinguent du langage animal.

Spécificités du langage humain


- La capacité à l'alternance : c'est ce qui permet un aller-retour entre les interlocuteurs dans une véritable communication à double sens. La différence est à soigneusement établir avec le langage animal dont les signaux émis unilatéralement déclenchent une réaction et non d'entrer en relation sur le mode du langage.
- La capacité à exprimer le possible et non seulement le réel présent. C'est la condition sine qua non de la capacité d'abstraction.
- La capacité à exprimer des liens logiques : elle permet que naisse l'argumentation.
- La capacité à exprimer la mémoire du passé : l'aboutissement le plus achevé de cette capacité est l'écriture, mais la transmission orale existait antérieurement, usant de cette même capacité.
- Chez les animaux, il s'agit d'un besoin : chez les humains « l'art de communiquer nos idées dépend moins des organes qui nous servent que d'une faculté propre à l'Homme, qui fait employer ses organes à cet usage » (Essai sur l'origine des langues, Jean-Jacques Rousseau). Ce n'est pas spécialement une aptitude physique qui donne aux Hommes le langage.
- L'Homme est « capable d'arranger ensemble diverses paroles et d'en composer un discours ». (René Descartes). C'est ce que le linguiste Martinet a nommé la double articulation. Avec un nombre fini de moyens (les phonèmes ou à l'écrit les graphèmes), l'Homme est capable de composer une infinité de discours.
- Le langage humain est acquis. Tandis que le langage animal est inné. En effet, l'Homme doit apprendre à parler : à 4-5 mois, il gazouille, à 10 mois, il connaît 3 ou 4 mots pour maîtriser l'usage de plus de 3000 mots vers 3 ans.

Critique de la spécificité du langage humain

L'Homme n'a pas possédé de tous temps un langage articulé ; dans ce cas, le langage ne permet pas de définir une nature spirituelle qui distinguerait l'Homme de l'animal. Ce qui n'empêche pas de rechercher ce qui particularise l'Homme. Certains animaux comme certaines espèces d'oiseaux (par exemple l'oiseau Lyre) n'ont pas de langage propre, ils apprennent au contact de leur parents et plus largement au contact de leur milieu ce qui constituera leur « langue ». Dans une moindre mesure, des espèces comme les vervets apprennent au contact de leur congénères la signification de certains cris.

Les troubles du langage

Parmi les troubles répertoriés concernant le langage et la parole (rééduqués par l'orthophoniste), nous pouvons relever entre autres :
- l'aphasie ;
- la dysphasie ;
- l'anarthrie ;
- la dysarthrie ;
- la dyslalie ;
- la dyspraxie. en revanche on peut trouver des animeaux qui parlent par le langage des hommes tel que le perroquet donc on peut dire que le langage de cet espèce est acquis (en quelque sorte)

Les rapports entre langage et pensée

La fonction du langage, dit-on, est dexprimer la pensée en la manifestant extérieurement. Il faut pourtant apporter à cette formule une précision importante, et même en souligner l'insuffisance. En effet : - La pensée doit ici être entendue au sens conceptuel, voire rationnel : l'expérience a montré que les singes anthropoïdes peuvent accéder à une expression symbolique abstraite (utilisation du « langage des signes » des sourds-muets, manipulation de symboles abstraits), mais il n'a jamais pu être établi qu'un animal soit capable d'exprimer une idée, ni même un concept. En d'autres termes, certains animaux sont capables d'exprimer leurs besoins (la faim, la soif), leurs émotions (désirs ou craintes, tristesse ou joie...), mais aucun ne semble capable de porter un jugement liant des concepts. Cette précision rejoint la remarque déjà formulée par des philosophes. Par exemple, remarque Aristote, les animaux peuvent exprimer le plaisir ou la douleur, qui sont des sensations, non le juste et l'injuste, qui sont des idées (et c'est pourquoi l'Homme, et l'Homme seulement, est « un animal politique »). Selon Descartes, seul le langage (sous la forme de paroles articulées ou de tout autre système de signes équivalent) est capable de formuler des idées et de les communiquer à d'autres. - La raison de ce lien privilégié entre pensée et langage est elle aussi exposée par des philosophes (Hobbes, Rousseau...) : le langage n'est pas simplement l'expression de la pensée ; il en est le point de départ et l'instrument : penser, c'est « se parler », se dire en quelque sorte des choses à soi-même. La pensée, disait déjà Platon, est « le dialogue de l'âme avec elle-même ». Et s'il est vrai que le langage, par lui-même, ne pense pas, il est néanmoins indispensable à la pensée et à son déploiement : s'il est vrai que le langage est l'expression de la pensée, il faut ajouter que la pensée est une parole intérieure.

Limites du langage

Une caractéristique importante du langage humain réside dans ce que de Saussure a nommé l'« arbitraire du signe » : il n'y a aucun lien motivé intrinsèquement entre le concept et la forme. Par exemple, la forme
chien ne ressemble en rien à l'animal en question. L'arbitraire du signe permet donc une très grande économie dans le système lexical : une même forme peut être associée à différents concepts (homophonie ou homonymie) et à l'inverse un même concept peut être associé à différentes formes (synonymie). Cependant, cette même caractéristique de l'arbitraire du signe qui confère une grande puissance au langage des humains introduit en même temps la possibilité d'énoncés ambigus dans le système. En effet, il faudra souvent se reférer au contexte de la situation de communication pour interpréter des formes comme bureau dans l'expression « le bureau de Paul », par exemple. S'agit-il ici d'un meuble, d'une pièce dans un immeuble ou d'une entreprise ?

Langage et réalité

Fonctions du langage

Bibliographie


- Platon, Cratyle
- Aristote, De L'Interprétation
- Aristote, Les Politiques, Livre I
- Hobbes, Leviathan, I
- René Descartes, Discours de la méthode, V
- Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les Hommes
- Benvéniste, Problèmes de linguistique générale

Langages mathématiques et informatiques

On emploie également le mot langage pour désigner des systèmes d'instructions et de règles syntaxiques servant en particulier à la programmation informatique (voir langage informatique).

Voir aussi


- Linguistique
- Pensée
- Raison
- Enfants sauvages
- Orthophoniste
- Langage formel
- Technesthésie

Lien externe


- [http://djaphil.free.fr/langage.php Peut-on penser sans langage ?] L'art

Catégorie:Philosophie

Catégorie:Principale Catégorie:Sciences humaines -- Si vous souhaitez contribuer, voir aussi Wikipédia:Portail philosophie et Wikipédia:Projet/Philosophie -- ja:Category:哲学 ko:분류:철학 th:Category:ปรัชญา


Faculté


- Une faculté, un département d'une université chargé de l'enseignement d'une discipline.
- Une faculté désigne aussi une aptitude, une capacité.

Langue

ko:언어 zh-min-nan:gí-giân ms:Bahasa ja:言語 simple:Language zh-cn:语言 zh-tw:語言
-
Une langue est un système de signes linguistiques vocaux, graphiques ou gestuels qui permet la communication entre les individus. Une définition linguistique de la langue précise que c'est un système de signes doublement articulés, c'est-à-dire que la construction du sens se fait à deux niveaux d'articulation. On trouve tout d'abord celui des entités signifiantes (morphèmes et lexèmes, ou monèmes) formant les énoncés puis celui des unités distinctives de sens (phonèmes) formant les unités signifiantes. Ces deux niveaux d'articulation déterminent les premiers niveaux de la description linguistique : phonologie, morphologie et syntaxe. André Martinet précise que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue : la description commence par le deuxième niveau d'articulation (les phonèmes) pour aller vers le premier (la combinatoire des unités signifiantes). On distingue généralement la langue (système de signes) et le langage (faculté humaine mise en œuvre au moyen d'un tel système). On distingue également, depuis Ferdinand de Saussure, la langue et la parole (c'est-à-dire l'utilisation effective du système de la langue par les locuteurs). On appelle langue maternelle d'une personne la ou les langue(s) que cette personne a apprise(s) dans son enfance au cours de son apprentissage du langage. Si la grande majorité des langues parlées dans le monde sont des langues naturelles, qui se sont formées spontanément à partir d'états de langue antérieurs, il existe cependant aussi des langues artificielles ou langues construites, comme l'espéranto, le volapük, l'ido l'interlingua, le lojban, ou encore le klingon, qui ont été créées consciemment par des individus. Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue (cas de l'espéranto). On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle, mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion). La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique, ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. L'expression « langue morte » est contestée par beaucoup de ceux qui les pratiquent. On lui préfère alors langue ancienne. Il est possible de « ressusciter » des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu. Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps, ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues est en évolution constante, ce qu'étudie la phonétique historique.

Langues du monde

Il est impossible de déterminer avec précision le nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté qu'il y a à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Selon les estimations, il existerait aujourd'hui entre 3000 et 7000 langues vivantes. Un des problèmes essentiels qui se posent pour les langues du monde est celui de la préservation de la diversité. En effet, on prévoit que 90% des langues sont menacées d'extinction, car elles devraient disparaître d'ici 50 ans. La solution pour éviter cela réside dans le multilinguisme. Il s'agit de mettre en place de manière effective le bilinguisme ou le trilinguisme dans tous les territoires où existe une langue menacée d'extinction.

Voir aussi


- Linguistique
- Langage
- Langue ausbau
- Sociolinguistique
- Grammaire
- Parler dans le monde
- Langues régionales de France

Multilinguisme et traduction


- Dire « bonjour » dans le monde
- Nombres dans le monde
- Quiproquo
- Faux-amis
- Traduction

Langue écrite


- Écriture
- Sigles et pictogrammes
- Orthographe
- Lexicographie

Jeux de langue


- Calembours
- Contrepèteries
- Palindromes
- Virelangues (Voir aussi : jeux de mots)

Bibliographie


- Cause toujours ! À la découverte des 6 700 langues de la planète, hors-série de mars-avril-mai 2003 de la revue Courrier International ;
- L'aventure des langues en occident – Leur origine, leur histoire, leur géographie, Henriette Walter, éditions Robert Laffont.
- Langues sans frontière de Georges Kersaudy

Liens externes


- [http://www.biblioconcept.com/EISTI/conceptotheque/langue.htm Le concept de langue]
- [http://www.word2word.com/course.html Répertoire de cours gratuits en ligne]
- [http://users.skynet.be/Landroit/indexj.html Cinquante jeux de langue en ligne]
- [http://www.loecsen.com/ Écouter les langues]
- [http://www.edulang.com/ Tous les logiciels d'apprentissage des langues]

Pensée

Au sens large, la pensée est l'activité psychique dans son ensemble, par exemple dans la philosophie classique, tout ce que l'âme éprouve connaissance ou sentiment, etc. D'une manière plus restreinte, la pensée désigne l'activité réfléchie de la raison qui organise un ensemble d'intuitions ; la pensée est ainsi un art de connaître par le moyen de règles logiques et de concepts.
- Les pensées sont aussi des plantes de la familles des Violacées.

La pensée humaine selon l'hypothèse matérialiste

Pour comprendre le point de vue matérialiste de cette thèse lire tout d'abord l'article Matérialisme et compléter celui-ci par l'article Conscience. Tout ce que est dit dans cette thèse est fait avec les précautions d'usages des scientifiques, les affirmations sont pour éviter les conditionnels alambiqués.

Postulat de base

Les mécanismes de la pensée ne nous apparaissent qu'au travers des « sensations » (colorées, sonores, gustatives, olfactives, somesthésiques, kinesthésiques.). Aucun phénomène ne nous apparaît hors des sensations. Mise en garde On est obligé pour définir simplement la pensée chez un être humain d'utiliser des formulations floues qui conviennent mal. Par exemple si on dit que la pensée est l'ensemble des phénomènes qui se produisent dans notre corps et dont nous sommes conscients, cela semble faire de la conscience un processus qui n'appartient pas à la pensée, or elle en fait partie. Si on dit aussi que la pensée gère les sensations, c'est créer également une dualité qui n'existe pas, et cela semble exclure les sensations de la pensée, ce qui n'est pas le cas non plus. La meilleure façon d'étudier la pensée c'est de tenter de décrire toutes ses composantes et leurs relations, mais sans opposer le terme « pensée » à ses composantes dans la description, en disant par exemple que « la pensée est le résultat de la composition des fonctions W, X, Y, Z, etc. ». La pensée est un terme générique, c'est une notion inventée par les humains avant qu'ils n'en comprennent à peu près les mécanismes. Et ce n'est pas encore tout à fait le cas, mais les recherches avancent... Voir aussi séparabilité.

Les composantes de la pensée

Il faut avant tout nommer toutes ces composantes, mais comment ne rien oublier? On citera donc les plus importantes, c.a.d. les plus reconnues, et les plus générales dans un ordre aléatoire: perception, proprioception, sensation, mémoire, classification, conscience, apprentissage, évocation, signification, langage, émotion, inconscient, activité motrice. (La liste n'est pas exhaustive.) Voir les articles Mémoire, Classification, Conscience, Apprentissage, Langage

Perception

Tous les animaux (donc les hommes) perçoivent par les interactions qui se produisent entre le monde extérieur et le corps. Il n'y a pas de connaissance directe du monde extérieur, tout passe par ces interactions. La perception ne devrait pas être confondue avec la sensation provoquée par les activités de perception.

Proprioception

Il s'agit d'une perception particulière de notre corps par lui même. Des capteurs ont leur état modifié lorsque nos muscles sont activés, et par corrélations avec nos autres perceptions nous apprenons à situer les éléments de notre corps les uns par rapport aux autres. Cette proprioception est en activité continue. Elle est de ce fait un élément important de la reconstruction constante de l'objet mental « Soi ». La proprioception ne devrait pas être confondue avec la sensation provoquée par les activités proprioceptrices. Il faudrait parler de sensation de la proprioception.

Sensation

C'est le résultat subjectif des perceptions, due à la traduction par le corps de ce qui est perçu en des phénomènes dont nous pouvons être conscient. Nous ne sommes conscient que de sensations. Il n'y a aucune preuve qu'un être humain ait les mêmes sensations qu'un autre. Nous le supposons uniquement par consensus. Quelques éléments qui laissent supposer que les mécanismes des Sensations ne sont pas inaccessibles à notre compréhension, et bases de recherche: Ne pas supposer, a priori, qu’il est impossible de comprendre quoi que ce soit, et donc les sensations. Un mécanisme est l’expression d’un algorithme. Il est inimaginable que les sensations ne soient pas des mécanismes. Donc l’algorithme doit être trouvable. Les sensations semblent ne pas dépendre les unes des autres, quoiqu’elles soient souvent corrélées (un sourd de naissance perçoit des sensations colorées). Nos relations avec le monde sont interactives. Chez un individu les sensations diffèrent selon le mode opératoire de la « saisie » du monde extérieur (la vision diffère du son, etc.). Les sensations sont des erreurs de représentation du monde réel. Elles ne décrivent pas la réalité. Nous ressentons par le système « capteurs/réseaux neuronaux/muscles » dont la structure n’est pas semblable à la représentation du monde qui s’en déduit. Les sensations colorées dépendent des types de récepteurs et de la quantité de lumière reçue, et probablement du système musculaire optique. Les nuances de couleurs, malgré uniquement 4 types de récepteurs, impliquent la sommation, donc l’utilisation des réseaux neuronaux. Le blanc résulte d’une sommation. Ce qui confirme que la sensation colorée passe par les réseaux neuronaux. Quelle différence y a-t-il entre la sensation colorée et la sensation optique de mouvement ? Le mouvement semble s’appliquer directement aux autres types de perception, mais pas la couleur. La sensation rétinienne de mouvement est corrélée avec le système optique musculaire de mouvement. La sensation colorée ne semble pas avoir besoin d’apprentissage, c’est-à-dire de corrélation avec d’autres types de perception. Pourtant la relation avec la sensation rétinienne de mouvement est obligatoire, puisqu’ils partent tous les deux de la rétine. La reconnaissance des couleurs dépend des apprentissages, elle est fortement corrélée avec la dénomination. Les sensations pourraient-elles être des apprentissages primaires? La sensation fait-elle intervenir la mémoire à court terme? Quand j’écoute de la musique, j’ai l’impression d’avoir toujours en tête une ou deux secondes de ce que je viens d’entendre. Comme si j’avais en tête un « segment » de musique, un lézard musical constamment en train de renouveler sa tête et de perdre sa queue. Cela ressemble à la rémanence visuelle. 'Explications possibles de la provenance des sensations' Les sensations pourraient être dues aux différences entre les structures de l’espace réel et de l'univers mental. Elles pourraient être aussi le résultat de l'interface entre ces deux mondes, le mental et le réel (au niveau des objets mentaux). Puisque tout est interactif les sensations ne sont peut-être rien d'autre que les interactions entre notre corps (activités motrices constantes) et le monde extérieur (au niveau de la perception). Ou bien encore, le résultat de l'activité récursive continue depuis notre naissance jusqu'à notre mort, avec amplification constante des détails de notre univers mental.

Mémoire

La mémoire est le stockage d'une information sous forme de réseau de neurones. Une information ne peut exister seule pour qu'il y ait mémoire. Pour cela l'information doit faire référence à une autre information de même type qu'elle. La mémoire nécessite pour être stockée une structure malléable au départ, et plus ou moins rigide après stockage afin de permettre l'évolution ou non. Sans évolution il n'y a pas de mémoire complexe, sans rigidité il n'y a pas de fiabilité. Cela signifie que tout au long de notre vie nous avons besoin de la malléabilité, et que si cette malléabilité est présente nous pouvons apprendre. Tout nécessite la mémoire: De l'information simple, comme une couleur, une forme ou un son, à l'information complexe, comme un geste, une action ou un évènement qui mettent en œuvre la durée. La mémoire est également nécessaire pour stocker les différentes formes de traitements de l'information, jusqu'aux plus complexes de la « pensée » humaine. La mémoire humaine et animale n'est pas comme la mémoire d'un ordinateur, pouvant par exemple circuler du disque dur vers la mémoire vive. C'est-à-dire qu'elle ne transite pas d'une zone du cerveau vers une autre. Elle est seulement activée ou non, et de ce fait elle est renforcée ou non. L'avantage de ce principe est la rapidité d'exécution bien que l'influx nerveux circule un million à dix millions de fois moins vite que l'électron. La mémoire à long terme est un stockage renforcé des objets mentaux. (Voir objets mentaux plus bas.) La mémoire à court terme est l'utilisation provisoire que l'objet mental « Soi » fait de la mémoire à long terme.

Classification

Notre cerveau classe naturellement ce qui provient de l'extérieur, les objets perçus, les actions et les évènements, ainsi que les propres activités de notre corps. Objets mentaux: Nous percevons des objets provenant de l'extérieur. Notre système nerveux classe par renforcement. Une information déjà perçue n'est pas stockée à nouveau, mais le réseau de neurones qui la représente est simplement renforcé. Le système nerveux extrait l'objet du fond du champ mental global par une sorte d'intersection mathématique. Les objets perçus dans des conditions différentes sont sensiblement identiques à eux-mêmes alors que le fond change, donc les réseaux qui les concernent sont renforcés, alors que le reste qui diffère ne l'est pas. « Soi » est l'objet le plus important de notre univers mental et qui se met en place selon le même principe. Tout ce qui est stocké dans le système nerveux a une même structure, et donc on peut donner le terme générique d'objet mental aux circuits de neurones qui sont renforcés, donc pouvant être considérés comme mémoire, aussi bien des couleurs ou des formes que des actions ou des évènements, ou même nos propres automatismes, ou évocations, et même nos émotions. (Pour plus de précision sur les objets mentaux voir l'article Wikipédia « Conscience »)..

Conscience

La conscience est la relation provisoire qui s'établit entre « Soi » et un objet mental. Ce n'est rien de plus qu'une focalisation prolongée interne entre « Soi » et cet autre objet quel qu'il soit, qui peut d'ailleurs être une partie de « Soi ». C'est un début d'intégration à « Soi » de cet objet. (Pour plus de précision voir l'article Wikipédia « Conscience »).

Apprentissage

Ce terme a une très forte connotation sociale. Mais ce n'est rien de plus que l'utilisation que permettent tous les mécanismes de la mémoire citées au-dessus. Pour réaliser une action, nous devons nous souvenir du geste précédent et simultanément nous souvenir du but à atteindre. Ce qui fait intervenir la mémoire à court terme. Un élément important est l'apprentissage par auto-contrainte (ou auto-asservissement): c.a.d. que nous ne pouvons utiliser notre corps que selon des tolérances de fonctionnement, et que les amplitudes minimales et maximales sont enregistrées au moment ou nous les accomplissons (muscles, articulations, visions, etc.). Comme nos tolérances de fonctionnement varient au cours de la vie, les apprentissages sont souvent erronés et demandent à être réactualisés, en plus ou en moins. Une des caractéristiques principales de l'être humain est la capacité d'apprendre à apprendre. Cette faculté n'est pas innée, c'est également un apprentissage. Elle provient du langage (acquis) qui peut-être considéré comme un phénomène quasi disjoint dans le système nerveux par ces significations (voir ce terme plus bas), et permettant à l'avance de décrire le geste futur. Cela demande le maintien des mots décrivant l'action future, ou leurs significations, dans la zone de mémoire à court terme, jusqu'à ce que l'action colle aux mots, et que les mots n'en deviennent qu'une description. Quand l'action sera passée les mots pourront toujours être répétés et resservir à une autre action de même type. Décrire une action par un mot (un verbe) est un apprentissage. Faire l'inverse qui est d'accomplir l'action après l'avoir décrite par un mot est un apprentissage identique. Les deux sont des objets mentaux. Le mot prononcé provient d'une action, la phonation, au même titre que l'action qu'il décrit. Il n'y a pas plus de difficulté à apprendre dans un sens que dans l'autre. Les deux s'apprennent en créant des intersections de façon que les objets mentaux se distinguent au mieux du fond qui les parasitent. Ensuite il s'agit de les lier dans un sens ou l'autre (voir plus bas « langage »). La « volonté » est un apprentissage de ce type. Il s'agit de conduire une action jusqu'à son terme. La volonté accomplie est l'équivalent d'une auto-prédiction.

Évocation

Toute idée personnelle, produite de façon interne et ayant un sens ou non, est le produit d'une évocation, et donc le sous-produit d'une perception. Une évocation est l'intégration de la représentation d'un objet mental au champ de perception dont il est issu. Ce qui lui donne son aspect incomplet mais dont on peut situer l'origine perceptive. On peut supposer qu’il doit y avoir des objets mixtes parmi les évocations, dont il est difficile de dire l’origine perceptive, mais qui laissent une impression relativement cohérente. Quand le système nerveux produit ses propres activités plus ou moins intempestives, cela peut provoquer des acouphènes, des tics, des hallucinations, etc.. Et ce sont également des évocations.

Signification

Un objet mental ne peut pas être dissocié de ses significations. Ses significations sont lui, comme le sont sa couleur, ou sa forme. Mais l'objet n'est pas constitué que de ses aspects visuel et tactile, il y a également tous les autres sens mis en jeu, dont les éléments résultants ne peuvent pas être extraits de l'objet comme s'ils n'en faisaient pas partie. Il en va de même pour tous les autres aspects de l'objet, comme son nom, son utilité et son contexte. En fait tout cela donne sa signification à l'objet. Cet objet est également constitué de ses propres dimensions qui elles-mêmes sont liées à la distance de l'objet par rapport à moi qui le perçoit, dimensions et distances appréhendées mentalement. La signification d'un objet mental est l'ensemble des corrélations qui le constituent. En fait on devrait parler de la signification globale de l'objet, mais il vaut mieux parler d'objet mental étant tout cela simultanément. Cela n'empêchera pas chacun des constituants de l'objet (les différents éléments le concernant, couleur ou forme par exemple) de pouvoir appartenir à un autre objet également. L'objet sans signification ne peut pas exister. Et cela implique sa relation avec « Soi ». Quant à l'objet « Soi » il ne peut pas exister sans univers mental, c'est-à-dire sans objet provisoire avec lequel il coexiste. Tout notre champ mental est ouvert, avec des informations déclenchées par des signaux provenant de toutes les perceptions ainsi que de signaux internes. Je peux être conscient de ce champ mental global, je peux être conscient d'un détail infime de ce champ. Je passe de l'un à l'autre sans problème. Le champ mental global peut être considéré comme un objet mental composé de milliards d'éléments. La différence entre « Soi » et les autres objets est la grande stabilité de « Soi » par rapport aux changements constants de notre univers mental que forment ces autres objets.

Langage

Le langage a pris modèle sur l'univers
L’Univers perçu est le modèle du langage (Hiéroglyphes - Idéogrammes). Il faut des corrélations entre les divers types de perceptions pour que le langage puisse s’établir, et bien sûr avec la capacité phonatoire. Le langage a dû s’initier en nommant les objets faisant du bruit. C’est-à-dire en imitant le bruit fait par l’objet. C’est une relation qui s'établit entre plusieurs types de perceptions qui sont captées simultanément ou consécutivement. Les humains également fabriquent des sons intempestivement, dont les babillages enfantins sont les précurseurs. Les onomatopées ont dû servir dans un premier temps à désigner les personnes qui les prononçaient, par association entre l'image et le son (principalement).
Pas de circulation de mots dans le cerveau
Le langage est un code entre humain, un système organisé, mais pas mieux organisé que le monde extérieur. Cette organisation se retrouve directement dans la perception. Il n'est pas utile que les objets mentaux soient mobiles dans le système nerveux, il suffit pour s'en apercevoir de considérer la position de deux arbres quand nous les observons de deux points de vue opposés. Les deux arbres ont changé de place sur notre « écran mental » sans que nous ayons eu à fournir un effort mental pour inverser leur position l'un par rapport à l'autre. Les deux arbres sont des objets mentaux. Si un mot était gravé sur chacun des troncs, les mots auraient changés de place avec les arbres et nous aurions ainsi une nouvelle signification puisque la disposition des mots s'est inversée (Exp.: Complexité de la relativité, et relativité de la complexité). Ce qui est le début de la construction d'une phrase. Ce qui est fait avec deux arbres peut l'être avec des objets plus réduits et en plus grande quantité. La nature est à la fois ordonnée et désordonnée, on retrouve ce principe dans les phrases.
Naissance de l'objet mental « phonème »
Quand un enfant babille il enchaîne des phonèmes sans queue ni tête, mais ce sont des phonèmes valides. Puisqu'il parle, il s'entend parler. Et cette écoute de soi provoque nécessairement des liaisons entre le système de phonation et d'audition. Le phonème prononcé est lié au phonème entendu. Il suffit que l'enfant ne répète pas les phonèmes dans le même ordre, pour que les phonèmes s'extraient du fond sonore (babillage et environnement) par intersection, comme on l'a vu pour tous les objets mentaux. Les phonèmes sont donc les objets mentaux de base du langage humain (et animal lorsqu'il peut en produire).
La pensée sous forme de mots
Le langage est un phénomène essentiellement musculaire, c'est une action, la phonation. La pensée verbalisée (un français pense en français) s'est mise en place parce que nous nous entendons parler, perception. Les mots pensés sont des objets mentaux dont la structure nerveuse provient des corrélations entre la phonation, l'audition, et la proprioception. (Voir article « Conscience »).
Signification des mots
Le mot est un objet mental en général associé à d’autres objets mentaux le plus souvent de type visuel. Le mot prend sa signification par l'ensemble des éléments avec lesquels il est corrélé. Le mot fait partie de la signification de l'ensemble. La signification totale d'un mot ou de n'importe quel objet mental fait intervenir l'ensemble des connaissances de l'individu. Pour le mettre en évidence il suffit de disserter à fond sur n'importe quel mot, et on remarquera que tous les sujets quels qu'ils soient se recouperont nécessairement (principe du dictionnaire, et évidence de l'interconnexion totale du système nerveux.)
Compréhension
La compréhension est personnelle, subjective, elle est une impression de compréhension. Il n'y a pas de compréhension dans l'absolu. La compréhension fait intervenir les significations qui sont nos propres objets mentaux acquis par nos apprentissages. Elle établit des liaisons entre diverses significations. La compréhension est comme une émotion, qu'est-elle lorsqu'elle n'est pas active? Rien, si ce n'est un schéma mémoriel de réseaux neuronaux. Et qu'est-ce que la compréhension active sinon une réponse par un état physique particulier de l'individu qui comprend. La compréhension est un apprentissage subjectif, lent, continu, qui ne laisse pas de trace précise du fait de la lenteur et la continuité. On n'a pas conscience de tous les mécanismes qui se manifestent lors de cette impression de compréhension, mais ils existent. De multiples liaisons sont établies, la chimie est active, et le corps s'en ressent, l'homéostasie se maintient sensiblement. Les deux principes de bases de l'association des neurones sont la simultanéité et la successivité: Les mots et les phrases sont issus d'une perception linéaire, contrairement à l'image visuelle qui est globale. L'image est renforcée par répétition dans les présents succesifs de la liaison simultanée de l'ensemble des éléments qui la constitue. C'est la simultanéité des liaisons entre tous les éléments de l'image qui fait une image cohérente. Le mot ou la phrase sont renforcés linéairement. Un mot sonore, encore moins une phrase, n'existe pas dans le présent absolu, uniquement dans le présent mental. Chacun des éléments qui les constituent est associé au précédent, c'est une liaison qui s'établit par la successivité. La liaison des éléments des mots et phrases est non seulement successive, mais orientée. Par exemple on ne peut pas chanter un air de musique à l'envers (paroles et air), et on peut difficilement sans apprentissage également dire l'alphabet à l'envers. Les mots et les phrases sont mémorisés comme des actions, c'est-à-dire dans la durée. La signification d'une phrase nous semble instantanée, alors même que la phrase est linéaire. Pour le système nerveux tous les réseaux sont de même type, seule leur utilisation diffère. Conclusion obscure mais juste: Avant d'être exprimée, la phrase est pressentie avec la signification générale de l'objet, qui est l'objet lui-même dont la phrase fait partie.
Origine de la syntaxe
Les cinq règles de la pensée nécessaires et suffisantes pour instaurer le langage sont présentes naturellement, ce sont : ::
- l'apparition, ::
- la disparition, ::
- la répétition, ::
- la relation, ::
- la sommation. Les explications de ces cinq règles sont les suivantes : 1 règle : l'apparition est l'arrivée d'un signal sur un capteur, ou globalement la perception d'un objet dans le champ visuel. 2 règle : la disparition est la suppression du signal sur le capteur ou la disparition de l'objet du champ visuel. 3 règle : la répétition du signal ou de celle de l'objet dans le champ visuel se manifeste constamment, par exemple lors du clignement rapide des paupières, ou simplement lorsque nous fixons quelques secondes le même objet. L'objet toujours présent dans le champ visuel déclenche les mêmes informations. Cette répétition peut se faire selon des intervalles différents, inférieurs à la seconde, ou supérieurs à la journée, et tous les intermédiaires. Cette règle se manifeste dans l'ordre rigoureux dans lequel les phénomènes se produisent. Un arbre, une fleur, poussent toujours de la même façon, les journées se répètent à l'identique. Notre propre comportement est parfaitement réglé. Il existe un ordre dans l'univers, et cet univers étant dans notre cerveau, l'ordre lui-même en fait partie également, et doit être conceptualisé étant donné sa répétition constante, donc devient un objet mental. 4 règle : la relation est sans doute la règle de base du concept. Des neurones, proches ou séparés, activés simultanément ou activés dans un laps de temps relativement court, sont reliés. Cette 4 règle permet de mettre en relation des objets ou des événements qui n'ont pas la même origine, ou des types de perception différents. Par exemple, une voiture est caractérisée par son image, le bruit qu'elle produit, l'odeur d'essence, la sensation du volant sous les mains, les vibrations pendant la conduite, etc. Toutes ces informations provenant de sources différentes sont pourtant liées, et doivent l'être dès le départ afin que la synchronisation soit effectuée. Cette nécessité se retrouve dans la simple vision d'un objet qui permet que toutes les informations collectées pour la représentation de l'objet soit reliées les unes aux autres. Remarque: Le cerveau fait le même genre de corrélations entre les données des deux yeux que pour les données concernant un seul œil, il relie les données des deux images de l'objet et conserve l'impression d'unité pour l'objet sur lequel nous focalisons. Il suffit d'appuyer légèrement sur un globe oculaire pour voir l'objet se dédoubler. Ce qui confirme que les informations provenant de la musculature de l’œil interviennent dans la réunion des deux images. 5 règle : la sommation se retrouve dans la détection du mouvement. Le mouvement est reconnu par certains neurones du cortex cérébral qui sont capables de détecter le sens du déplacement effectué. Le mouvement est détecté par le passage d'un même signal vers des capteurs contigus, c'est la sommation des informations provenant de plusieurs capteurs qui permet au cerveau de détecter le mouvement (le bougé). C'est également la sommation qui permet de créer les nuances de couleurs. Le mot comme la phrase sont soumis aux cinq règles qui suffisent à les décrire: Un mot, comme une phrase, a un début et une fin, qui correspondent à l'apparition et à la disparition. L'apparition permet d'énoncer un mot ou une phrase autrement que par son début normal. La disparition permet aussi de tronquer un mot ou une phrase. Dans un mot nous pouvons retrouver des phonèmes identiques, c'est la répétition, que nous retrouvons également dans une phrase par la réitération de mots. Dans un mot tous les phonèmes sont mis en relation pour conserver l'unité du mot. Dans une phrase tous les mots sont en relation pour conserver l'unité de la phrase. Le mouvement permet par exemple de déplacer un phonème d'un endroit du mot vers un autre, et dans une phrase de déplacer un mot, dans le but de changer ou non sa signification. De façon plus générale la Sommation permet de regrouper des phonèmes ou des mots de façon quelconque. Il n'est pas nécessaire de faire des calculs ou des expériences complexes pour mettre en évidence ces règles. Elles sont directement visibles, réellement visibles, dans notre champ visuel, donc sont présents dans notre système nerveux sous forme d'objets mentaux: Il suffit de cligner des yeux et les objets apparaissent et disparaissent à volonté dans notre champ visuel, donc dans notre « champ mental ». Il suffit de regarder un arbre pour percevoir la répétition sous la forme de feuilles, et d'attendre vingt-quatre heures pour voir se répéter le mouvement du soleil. La relation se manifeste aussi sur les arbres par la liaison des feuilles aux branches. Elle se manifeste par les relations de causes à effets, quand l'apparition d'un nuage cache le soleil ou quand il annonce la pluie. Le mouvement est celui des animaux, de nos compagnons, celui provoqué par le vent, ou simplement celui de notre propre main. La sommation, c'est deux nuages qui s'assemblent, un bourgeon qui apparaît au bout d'une branche, une abeille qui se pose sur une fleur, etc. Le langage fait partie du champ mental, il est nécessairement né de ces 5 règles de base. Ces règles ne sont en fait que les outils mentaux que nous avons pu utiliser à fond.
La syntaxe liée à la culture
La syntaxe d'une phrase est un apprentissage lié à la culture du lieu et du moment. L'intérêt de cet apprentissage est qu'il est dû a une contrainte en apparence non physique. Le babillage de l'enfant est organisé par l'adulte, qui renforce la liaison entre les phonèmes qui doivent être associés pour forger les mots. Les phrases sont organisés selon le même principe. L'apprentissage du langage est lent, car les éducateurs (les parents) ne connaissent en général pas le principe d'intersection. Les langues étrangères sont mal enseignées car elles le sont comme des synonymes du langage maternel, ce qu'elles ne sont pas. Tous les mots de la syntaxe d'une langue peuvent être classés selon leur appartenance à un groupe, par exemple: les verbes, les noms communs, les adjectifs. Chaque groupe a des particularités qui permet au système nerveux de classer les éléments selon le principe d'intersection.

Émotion

Les manifestations musculaires, comme la fuite, l'agression, les rires, les pleurs, les tremblements, etc., provoquent par leur répétition, un renforcement des circuits nerveux concernés, qui se lient parce qu'activés simultanément. Et ces circuits sont l'équivalent d'objets mentaux qui lorsqu'ils sont évoqués de façon plus ou moins complète représentent les émotions. L'émotion est donc une évocation de manifestations musculaires, et comme tout objet mental a une signification intrinsèque liée aux éléments qui la constituent. Les manifestations musculaires à l'origine de l'émotion sont liées à un contexte qui font partie des significations de l'émotion lorsque le principe d'intersection est observé. Quand une émotion est évoquée elle peut déclencher un souvenir qui lui est lié, en général le plus fort ou le plus récent. Un bon souvenir est en général souvent évoqué « volontairement », un mauvais souvenir apparait souvent lui « involontairement ». Les deux sont renforcés par la répétition. L'émotion liée est évoquée avec le souvenir. Le fait que les émotions sont stéréotypées proviennent de la rétroaction provoquées par les évocations, pour finir par devenir les idiosyncrasies de l'individu. L'innéité n'est pas nécessaire, mais les outils de base sont présents. Les humains ont un grand apprentissage du contrôle musculaire qui leur permet en général d'inhiber l'activité motrice liée à l'émotion. Cet apprentissage est certainement associé à celui du contrôle verbal instauré lors de l'apprentissage du langage, dont c'est la caractéristique principale.

Inconscient

La conscience est un phénomène linéaire qui se fixe sur un seul objet mental et dans la durée. Ce n'est pas réellement une restriction quand on sait l'étendue que peut avoir un objet mental. Mais cela laisse une très grande place à l'inconscient. L'inconscient, c'est donc tout ce qui n'est pas conscient, mais qui est actif. Cela ne peut être l'activité d'une simple cellule qui est par nature vivante. L'inconscient peut prendre au moins deux formes: celle de l'activation d'un objet mental non soumis à la conscience, mais aussi l'activation de circuit nerveux formé aléatoirement. Dans les deux cas ils auront un impact sur le comportement général du fait de l'homéostasie nécessaire. C'est-à-dire que le centre de gravité nerveux (« Soi ») doit être réajusté, même quand l'activation est intempestive, ou désordonnée.

Activité motrice

Pourquoi citer les activités motrices dans la pensée? Pour plusieurs raisons: Tout d'abord, on a vu plus haut qu'elles intervenaient directement dans le système émotionnel. Ensuite, les muscles peuvent être considérés comme faisant partie d'une boucle moto-neurones, muscles, proprioception. Et à partir de ce point de vue pourquoi ne pas poursuivre en admettant que le corps entier constitué de cellules, peu différentes des neurones si ce n'est dans leur morphologie, fait partie de ce mécanisme général qu'est la pensée. Car quelle différence y a-t-il entre le système de proprioception de ma main qui me renseigne sur sa position et le système visuel qui en fait autant. D'ailleurs ce sont les corrélations entre les deux, associés au toucher, qui ont permis les premiers apprentissages du bébé sur les distances.

Conclusion

Pour résumer, la pensée serait le résultat de l'utilisation de tout les éléments permettant la gestion du champ mental général, dont ceux décrits ci-dessus principalement. Le champ mental général est constitué des champs provenant des différents types de sensations (visuelles, sonores, etc.), ainsi que des évocations. Après la perception, l'influx nerveux « réveille » le réseau de neurones représentant l'objet mental, qui est intégré dans le champ mental correspondant, dès que la liaison avec « Soi » est établie. Ce n'est jamais un objet à la fois qui est perçu, mais c'est en général vers un objet que se porte la focalisation corporelle. La signification de l'objet prend effet également à ce moment en lançant d'éventuelles évocations. Notre intérêt à nous humains dans tout ça se situe dans les possibilités de sélection que nous avons des objets mentaux qui se présentent dans notre champ mental général. On comprend que la méthode de tri est identique que ce soit de sélectionner un chemin à suivre parmi plusieurs, ou de sélectionner un mot parmi d'autres pour construire une phrase, puisque dans tous les cas la sélection s'effectue sur des objets mentaux. Dans le premier cas ce sont des objets éveillés après perception, dans le second ce sont des objets évoqués.

Voir aussi


- Âme
- Archatie
- Entendement
- Esprit
- Jugement
- Raison
-
Catégorie:Cognition ja:思考

IDE

ja:IDE Catégorie:Sigle IDE est un sigle, qui signifie :
- Integrated Development Environment, environnement de développement logiciel, en informatique
- Integrated Drive Electronics, l'électronique et la logique (protocole) de contrôle des disques durs, en informatique
- Infirmier diplômé d'État, dans le domaine de la santé
- Investissements directs à l'étranger, en économie
- Information et documentation d'entreprise, dans le domaine de l'information et de la communication

Lapsus

Un lapsus est une faute commise en parlant (lapsus linguae) ou en écrivant (lapsus calami) et qui consiste à substituer un terme attendu par un autre mot. Freud voit dans le lapsus l'émergence de désirs inconscients.

La mécanique inconsciente du lapsus

C'est dans Psychopathologie de la vie quotidienne que S. Freud détaille le plus précisemment le fonctionnement du lapsus tel qu'il le comprend. Dans cet ouvrage il traite également de plusieurs manifestations de l'inconscient dans notre vie courante comme la question de l'oubli des noms propres ou des noms communs, des questions liées aux souvenirs d'enfance ainsi que des oublis ou des actes manqués. En ce qui concerne les lapsus qu'il s'agisse du lapsus linguae (chapitre 5) ou du lapsus calami (chapitre 6). Freud précise bien que ces deux types de lapsus sont de même nature et que le mécanisme qui explique les premiers est le même que celui qui rend compte des seconds. Comme dans beaucoup de ses ouvrages Freud passe en revue les solutions qui ont été proposées avant lui pour expliquer un phénomène qu'il n'avait pas été le premier à relever puisque les lapsus sont probablement aussi anciens que le langage lui-même. Une des explications qui était en vogue à l'époque de Freud était que les lapsus proviendraient d'une sorte de contamination mécanique des sons entre eux. Il évoque notamment l'ouvrage de Wilhelm Wundt la Psychologie des peuples qui reconnait dans le lapsus la possibilité de certaines influences psychiques, notamment par un processus d'association agissant de deux façons :
- Il y aurait tout d'abord une condition positive qui «consiste dans la production libre et spontanée d'associations tonales et verbales provoquées par les sons énoncés» ;
- Et d'autre part «une condition négative, qui consiste dans la suppression ou dans le relâchement du contrôle de la volonté et de l'attention». Freud amplifie les remarques de Wundt et fait remarquer que «le facteur positif, favorisant le lapsus, c'est-à-dire le libre déroulement des associations, et le facteur négatif, c'est à dire le relâchement de l'action inhibitrice de l'attention agissent presque toujours simultanément, de sorte que ces deux facteurs représentent deux conditions, également indispensables, d'un seul et même processus.» Autrement dit c'est parce le relâchement de l'action inhibitrice a eu lieu que le libre déroulement des associations peut avoir lieu. Pour Freud les lapsus ne sont donc pas une simple contamination sonore mais trouvent leur origine dans «une source en dehors du discours» et cet élément perturbateur est constitué soit par une idée unique, restée inconsciente, mais qui se manifeste par le lapsus et ne peut le plus souvent être amenée à la conscience qu'à la suite d'une analyse approfondie, soit par un mobile psychique plus général qui s'oppose à tout l'ensemble du discours.»

Exemples de lapsus

Avant de donner deux exemples de lapsus donnés par Freud, on peut rappeler un lapsus fameux commis à l'Assemblée nationale française par un député s'adressant à ses collègues et les invitant à : «durcir leur sexe» alors qu'il voulait dire «durcir leur texte». Le sentiment de honte ou de malaise qui peut survenir après un lapsus est significatif, pour la théorie freudienne, de ce que l'inconscient s'est manifesté en déjouant les barrières de notre censeur interne ou Surmoi. En général ce malaise est passager et l'humour (un humour que la psychanalyse peut d'ailleurs aider à développer) permet de le surmonter sans problème ; en effet nous ne sommes pas responsables de nos pensées, elles nous viennent de l'inconscient et si nous sommes responsables de nos paroles comme de nos actes personne ne devrait en vouloir à quelqu'un d'avoir exprimé une pensée involontaire. Dans Psychopathologie de la vie quotidienne Freud donne de nombreux exemples de lapsus qui proviennent de la langue germanique ce qui les rend un peu longs à présenter en voici deux parmi les plus courts empruntés à un autre psychanalyste W. Stekel :
- «Un professeur dit dans sa leçon inaugurale : « Je ne suis pas disposé à apprécier les mérites de mon éminent prédécesseur». il voulait dire : «je ne me reconnais pas une autorité suffisante…» geeignet, au lieu de geneigt.»
- «Au cours d'un orageuse assemblée générale, le Dr Stekel propose : «Abordons maintenant le quatrième point de l'ordre du jour.» C'est du moins ce qu'il voulait dire ; mais, gagné par l'atmosphère orageuse de la réunion, il employa, à la place du mot «abordons» (schreiten), le mot «combattons» (streiten).»

Bibliographie

Sigmund Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne (traduction S. Jankélévitch), Payot, Paris

Liens externes


- [http://www.langue-fr.net/index/L/lapsus.htm Lapsus au clavier] catégorie:Mécanisme de défense

Métaphysique

La métaphysique désigne :
- un ensemble de livres d'Aristote, La Métaphysique ;
- puis, au Moyen Âge, la philosophie première d'Aristote ;
- le sens moderne du mot s'est particulièrement diversifié, au point qu'il n'est pas possible de donner de définition stricte de ce qu'est la métaphysique. L'idée d'étude et de connaissance de l'être en tant qu'être est peut-être le fond commun minimal acceptable pour l'ensemble du domaine métaphysique. L'objet de la métaphysique serait alors l'être au sens absolu (i.e. en tant que tel) et ses premiers principes. On peut alors distinguer des aspects logiquement reliés :
  - l'étude d'un ensemble particulier de réalités : ce que les sens ne perçoivent pas, les choses immatérielles ;
  - l'étude de la nature des choses en elles-mêmes, étude du ce que c'est ;
  - par suite, l'étude d'une réalité supérieure, vérité du monde naturel.

Étymologie

Étymologiquement, la métaphysique (ta meta ta physika) est ce qui vient « après » les choses concernant la nature (i.e. après l'étude de la nature), et désigne donc les livres classés après ; une autre étymologie, suivant une traduction inhabituelle et peu probable, donne ce qui est « au-delà » de la physique. Mais le mot physique a un sens qui est lui-même métaphysique, puisqu'il désigne la nature en tant que principe : on ne peut donc opposer a priori métaphysique et physique, puisque l'étymologie (et l'œuvre d'Aristote) indique plutôt une continuité entre les deux domaines. Le sens de ces mots est en outre susceptible de varier d'une époque à une autre. On pense que l'emploi de ce mot remonte à la classification du corpus aristotélicien (Ier siècle avt JC), les livres traitant de « l'étant en tant qu'étant » venant « après » ceux touchant à la « physis » ou nature. La raison en serait que l'éditeur, Andronicos de Rhodes, ne savait pas dans quelle division classer les traités que nous connaissons aujourd'hui sous ce nom. Ce terme a fini par s'appliquer au Moyen Âge (par exemple chez Averroes) à toute question relative aux principes premiers ou à la philosophie première. D'après le sens donné à physique, la métaphysique sera (avec les problèmes que cela pose) :
- une science parmi d'autres ;
- une connaissance des choses immatérielles (non physique, non sensible) ;
- une science de l'intelligible, ou des essences, par opposition à l'empirique ;
- une science des conditions de possibilités de l'expérience ou simplement de l'expérience en générale (comme épistémologie par exemple) ;
- un discours vide de sens.

Les grandes problématiques de la métaphysique

L'objet de la métaphysique est l'être en général. Voici quelques interrogations fondamentales de la métaphysique :
- qu'est-ce que l'être ?
- pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que rien ?
- quelle est la différence entre être et essence ?
- quelle est la différence entre essence et existence ?
- en quoi consiste la causalité ?
- qu'est-ce que la liberté ?
- Dieu existe-t-il ?
- etc. La métaphysique est aussi parfois divisée en deux parties, dans la scolastique (étude des transcendentia ou ontologie, théologie) et chez les philosophes classiques ; on trouve cette division encore au . Spinoza permet d'illustrer une telle division. En effet, dans les Pensées Métaphysiques, il traite dans une première partie de la métaphysique générale, i.e. de l'être en tant qu'être :
- il distingue des types d'être : réel, de fiction, et de raison ;
- il distingue l'être de l'essence, de l'existence, de l'idée ;
- il traité des modalités de l'être : nécessaire, impossible, possible et contingent ;
- enfin, il traite de la durée, du temps, de l'un, du vrai, du bien, etc. Dans une deuxième partie, il traite de la partie spéciale de la métaphysique :
- Dieu, en tant qu'ens summum : éternité, unicité, immutabilité, simplicité, etc. De l'entendement et de la volonté de Dieu ;
- de la création et de l'esprit humain. Ce plan permet de se faire une idée plus précise de l'organisation possible des concepts de la métaphysique. C'est une organisation logique, qui est aussi une théorie de la connaissance.

Histoire de la métaphysique

Métaphysique grecque

Parménide Parmi les philosophes Présocratiques, Parménide est celui qui pose la question avec le plus de force, n'esquivant aucun des problèmes relatifs à une véritable pensée de l'être, puisque, d'une part, il identifie être et pensée, et, d'autre part, il interdit la pensée vraie d'autre chose que ce qui est, avec les conséquences logiques que cela comporte : La première voie de recherche dit que l'Être est et qu'il n'est pas possible qu'il ne soit pas. C'est la chemin de la certitude, car elle accompagne la vérité. L'autre c'est que l'Être n'est pas et que le Non-Être est. Cette voie est un sentier étroit où l'on ne peut rien apprendre. Aristote (voir Substance (Aristote)) La question fondamentale de l'être, héritée par Aristote, est celle des principes et des causes de l'être. Il réduit à la question de la seule ousia (catégorie de la substance) : ce problème se trouve donc pour lui au fondement de la recherche physique, c'est-à-dire qu'il relève aussi de l'étude de la nature. Aristote s'efforce de distinguer les différents sens du mot être, pour éviter les pièges logiques de la pensée parménidienne. Ces analyses préfigurent la pensée analytique et les tentatives de dépasser la métaphysique par l'analyse du langage. Aristote résume l'ensemble des questions portant sur la nature et sur l'être à la question : qu'est-ce que la substance (ousia) ? (Métaphysique, livre Z). On ne peut parler de ce qui est, dans quelque ordre que ce soit, sans savoir ce qu'est la substance qui reçoit des prédicats suivant des relations nécessaires ou accidentelles. Ces relations fondent la possibilité de la connaissance, la science étudiant les relations nécessaires. Le problème est alors de savoir ce qu'est la substance simpliciter, c'est-à-dire ce qu'elle est en tant qu'elle est, en elle-même. En ce sens, la métaphysique d'Aristote, qui aura une grande influence au Moyen Âge, n'est pas absolument différente de l'ontologie de Platon. Dans l'ensemble de son histoire, la pensée philosophique grecque a tenté d'élaborer des réponses rationnelles, satisfaisantes au regard des critères démontrés ou supposés de la raison ou logos. L'être est ainsi la catégorie fondamentale de la pensée antique. Pendant la période hellénistique, la métaphysique affronte les objections décisives du scepticisme et de la Nouvelle Académie ; ce sont les Stoiciens qui seront les défenseurs les plus remarquables de la substance, élaborant une conception logique de la réalité qui sera redécouverte seulement au début du XXè siècle (voyez Bertrand Russell par exemple). La lutte entre métaphysique et scepticisme structure une grande partie de l'histoire de la philosophie, et c'est pour surmonter cette tension que Kant élaborera sa philosophie transcendantale.

Métaphysique et théologie

Cette pensée grecque de la réalité, qui fait parfois de l'être, ou même de l'au-delà de l'être, le fondement divin du monde, s'est trouvée intégrée par étapes successives dans les références intellectuelles des civilisations islamiques, juives et chrétiennes, transformant considérablement les fondements intellectuels strictement théologiques et issus des différentes Révélations concernées. La pensée métaphysique et la pensée théologique se sont ainsi trouvées indissociablement liées durant toute la période scolastique. Cette influence théologique s'est développée au moins jusqu'à Hegel et Schopenhauer, et fut violemment dénoncée par Friedrich Nietzsche. Thomas d'Aquin La philosophie première est pour Thomas une connaissance rationnelle et naturelle, qui précède chronologiquement la théologie, connaissance surnaturelle qui dépasse la raison sans la contredire. Thomas distingue l'être et l'essence : Dieu est, de part sa propre essence, mais la créature a l'être.. Duns Scot

Métaphysique moderne

Critique kantienne L'histoire de la philosophie occidentale, de Descartes à Kant, est principalement l'histoire d'une prise d'autonomie de la raison puis d'une critique des possibilités de cette même raison : à l'age classique, les philosophes (Descartes, Spinoza) dogmatisent, lorsqu'ils cherchent à fonder des systèmes de pensées sur une conception rationaliste de Dieu. Le sens de l'être tend alors à dépendre essentiellement de Dieu, l'être par excellence ; c'est une telle édification de la métaphysique que Kant va vouloir renverser. dans la Critique de la raison pure, en effet, Emmanuel Kant veut démontrer que la Métaphysique ne peut revendiquer le statut de science à part entière, car elle procède indépendamment de l'expérience et par simples concepts. La métaphysique est donc une science analytique, car on peut en exposer et définir les concepts fondamentaux, mais elle ne parvient pas à nous instruire sur ce qui est indépendant de notre expérience sensible. En particulier, il n'est pas possible de faire de l'être un prédicat, puisque l'être est défini comme une position absolue, hors de la portée de notre sensibilité. En revanche, nous pouvons connaître la constitution de notre connaissance, de notre entendement, et établir les limites de la raison pure spéculative : cette connaissance dite transcendantale permet selon Kant d'édifier une nouvelle métaphysique de la nature et une métaphysique des mœurs (droit et éthique). Cette conception réduira la philosophie à une théorie de la connaissance et se développera surtout à partir de 1870 dans le néo-kantisme. On peut considérer que les œuvres de Georg Hegel, Johann Gottlieb Fichte et Friedrich Schelling sont parmi les derniers grands systèmes philosophiques qui partent de principes métaphysiques fondés rationnellement.

La métaphysique au XXe siècle

Il y a eu au plusieurs tentatives de dépassement de la métaphysique ; il faut prendre garde que ce mot de dépassement a pris de nombreux sens, dont notamment :
- le sens de destruction pure et simple de la métaphysique ;
- le sens de prise de conscience des limites de la métaphysique.

Le positivisme logique

Le Cercle de Vienne s'était fixé pour but de débarrasser la philosophie de la métaphysique, en appliquant à tout énoncé un positivisme vigoureux, parfois éclairé, mais trop souvent fanatique : ainsi la négation de la métaphysique conduit-elle logiquement à affirmer que l'art n'a aucun sens, ce qui est manifestement absurde, comme le fera remarquer Popper. Dans cette perspective, tout énoncé doit pouvoir être analysé et renvoyer à quelque chose de réel par exemple en répondant à des questions telles que :
- de quel énoncé S est-il déductible et quels énoncés sont déductibles de S ?
- comment S doit-il être vérifié ? Cette critique logique, développée par Carnap par exemple, dénonce entre autres, les confusions du vocabulaire heideggérien. Dans cette perspective, la métaphysique est réduite à une poétique du vécu, qui exprime le sentiment que l'on a de l'existence, sans jamais renvoyer à quelque chose de scientifiquement attestable. La question de l'être est au fondement des différentes formes de l'existentialisme et une des œuvres philosophiques les plus influentes du , celle de Heidegger, est tout entière orientée par cette recherche. Chez ce dernier, comme chez Sartre, le sens ne vient à l'être que grâce au néant, ce qui retrouve peut-être ainsi une intuition fondamentale des premiers théologiens (voyez Denys l'Aréopagite) et de la mystique. Le n'a donc pas éliminé la métaphysique, mais il a gravement remis en question les raisons de distinguer celle-ci de la physique. On en trouvera un exemple dans les réflexions métaphysiques de Michel Bitbol à propos de la physique quantique dans « Physique quantique, une introduction philosophique ».

La métaphysique dans les autres civilisations

(voir Philosophie chinoise, Philosophie indienne) Mais ce terme d'origine grecque n'est manifestement pas réservé au monde occidental : on peut l'appliquer, avec quelques nuances importantes, à presque toutes les grandes civilisations orientales : le Vedanta en Inde, les écrits Taoïstes en Chine sont tout autant « métaphysiques » quoique les modalités d'approches soient différentes de celles du monde gréco-latin et chrétien. Par exemple, dans la Bhagavad-Gîtâ, le chant XI montre Arjuna contemplant l'omniforme : :« Et comment, ô grand Être, ne s'inclineraient-ils pas devant toi, plus vénérable que Brahmâ lui-même, toi l'ordonnateur primordial ? O Seigneur infini des dieux, toi qui fais de l'univers ta demeure, tu es l'impérissable, l'Être et le Non Être et ce qui est par-delà. » Dans le Tao-Tö-King de Lao Tseu : :« Le Tao qu'on tente de saisir n'est pas le Tao lui-même ; :le nom qu'on veut lui donner n'est pas son nom adéquat. :Sans nom, il représente l'origine de l'univers ; :avec un nom, il constitue la mère de tous les êtres. » Le philosophe Nāgārjuna expose dans le Mulamadhyamakakarika la doctrine bouddhiste de la vacuité, qui du point de vue de la philosophie occidentale est un scepticisme ontologique : :« Si l'Être n'est pas, de quoi le non-Être est-il la négation ? »

Citations


- «Il faut donc dire que l'objet adéquat de cette science [la métaphysique] est l'étant en tant qu'étant réel» (Suarez, Disputationes metaphysicae, I ; 1)
- «On nomme métaphysique ce qui surpasse la nature et qui est au-delà de la causalité et du langage» (Errenios)
- «Dieu n'est pas sujet dans la métaphysique [...] il n'y a qu'une seule science à propos de Dieu comme premier sujet, qui n'est pas la métaphysique» [mais la théologie] (Duns Scot, Reportata parensiensa)
- «En métaphysique, le philosophe détermine ensemble l'étant commun et le premier étant, qui est séparé de la matière.» (Thomas d'Aquin, In de generatione e corruptione)
- «La métaphysique a cela de bon qu'elle ne demande pas des études préliminaires bien gênantes : c'est là qu'on peut tout savoir sans rien avoir appris» (Voltaire)
- «Un philosophe n'est pas philosophe s'il n'est métaphysicien ; et c'est l'intuition de l'être qui fait le métaphysicien» (Maritain)

Bibliographie


- Parménide, Platon
- Métaphysique, Aristote
- Métaphysique, Avicenne
- Somme théologique, Thomas d'Aquin
- Principe de la philosophie, Descartes
- Méditations Métaphysiques, Descartes
- L’Éthique, Spinoza
- Critique de la raison pure, Kant
- Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage, Carnap
- Qu'est-ce que la métaphysique ?, Heidegger

Voir aussi


- Ontologie
- Théologie
- Problème corps-esprit
- Positivisme logique
- Concepts métaphysiques
- Physique et Epimétaphysique
- Physique et métaphysique Catégorie:Philosophie Catégorie:Métaphysique ko:형이상학 ja:形而上学

Raison

]]La raison est une faculté de l'esprit humain dont la mise en œuvre nous permet — en suivant des règles ou des normes — de fixer des critères de vérité et d'erreur, de discerner le bien et le mal et de mettre en œuvre des moyens en vue d'une fin donnée. Cette faculté a donc plusieurs emplois, scientifique, technique et éthique. Par suite, on peut distinguer, au point de vue des normes rationnelles :
- la raison, ensemble de principes directeurs de la connaissance ou de l'action ;
- la raison, principe de création et de mise en ordre de ces principes.

Etymologie

Le mot raison vient du latin ratio, traduction problématique du concept grec de logos. Le mot grec signifie parole, discours, théorie, raison, etc ; le mot latin n'a pas tous ces sens, mais contient l'idée de lien.

Principes du raisonnement

Principe d'identité

Le discours philosophique a besoin de cohérence. Une expresion de ce besoin est le principe d'identité qui énonce que ce qui est est. C'est, selon Aristote (Métaphysique, livre gamma), l'exigence fondamentale du discours rationnel. Si on ne l'admet pas, le sens des concepts peuvent changer à tout instant, ce qui revient à dire qu'on ne peut rien dire qui ne soit contradictoire.

Principe de non-contradiction

Aristote formule ainsi ce principe : une même chose ne peut pas, en même temps et sous le même rapport, être et ne pas être dans un même sujet.

Principe de causalité

Ce principe permet de rendre intelligible le devenir, car si toute chose a une cause, alors une raison permanente d'un phénomène peut être trouvée. En supposant ainsi qu'une cause produit toujours le même effet, la raison dispose d'un critère de connaissance.

Catégories du raisonnement

Plusieurs philosophes (Kant, Renouvier, etc) ont cherché a établir les cadres conceptuels de la raison et à comprendre selon quelles catégories nous formulons des jugements : unité, pluralité, affirmation, négation, substance, cause, possibilité, nécessité, etc. La possibilité d'une catégorisation achevée et complète supposerait que la pensée humaine soit immuable dans ses principes. Elle supposerait donc une raison identique à elle-même et sans dynamisme au niveau de ses normes qui seraient inchangeables. On peut au contraire estimer qu'il est possible de faire la genèse de la raison, genèse qui nous ferait voir comment se sont constituées ces catégories. Cette opposition, raison constituée - raison en devenir, est, très schématiquement, l'opposition du rationalisme et de l'empirisme.

La raison scientifique

Rationalisme et empirisme

Le rationalisme identifie la raison aux principes que nous avons énoncés. Cette raison est donc un système, et il est le même chez tous les hommes (voir Descartes, Discours de la méthode). Cette raison est aussi la lumière naturelle par laquelle nous saisissons les idées innées que Dieu a mis en nous : la vérité est en nous, préformée, a priori et constituant le fond de notre pensée. De ce point de vue, l'esprit humain est mis en rapport de manière particulière avec le divin ; en effet, dans certaines doctrines, la raison humaine peut se fondre en Dieu (Malebranche, Spinoza, etc). Ainsi l'homme ne pense-t-il pas, mais est pensé en Dieu par l'intermédiaire de sa raison. C'est cette thèse extrême du rationalisme que combattra Thomas d'Aquin, opposé sur ce point à Siger de Brabant. A l'opposé, l'empirisme n'admet pas que la raison soit constituée de principe a priori. La raison est une tabula rasa sur laquelle s'impriment les données de l'expérience. La connaissance venant donc entièrement de l'expérience, il n'y a que des principes a posteriori. Ainsi Locke combat-il contre Descartes dans son Essai sur l'entendement humain. L'étude des principes de la raison se fera alors à partir de la sensation, de l'habitude, de la croyance, de la succession régulières d'impressions, de l'association d'idée, etc. Ces deux perspectives sur la nature de la raison ne sont pas absolument inconciliables. Le rationaliste peut abandonner les idées innées, et admettre l'expérience ; l'empirisme peut admettre l'existence de principes innés. Chacune de ces deux doctrines est en fait incomplète. Le rationaliste, en fondant l'esprit humain sur la seule raison identique à elle-même, ne rend pas compte de tous les processus irrationnels qui se manifestent dans la pensée. Mais, d'autre part, l'empiriste nie toute activité de l'esprit, et n'admet pas qu'un principe d'ordre puisse être inné, laissant ainsi la pensée à la contingence de l'expérience. Or, on constate que la raison a une certaine puissance d'ordonnancement.

Puissance normative de la raison

Selon Aristote (Métaphysique, livre A), le rôle du philosophe est d'ordonner. En effet, le philosophe est celui qui consacre sa vie à la pensée ; il pèse et évalue toute chose. Par suite, il fait la lumière sur ce qui était obscur et y met bon ordre. Le philosophe, c'est donc, parmi les hommes, la raison même. Au-delà des catégories déjà constituées de la raison, véritable système de vérités qui peut être socialement institué, le philosophe se sert de la raison comme puissance constituante : il sape l'ancien ou l'assimile, bâtit sur de nouveaux fondements et crée de nouvelles normes, une nouvelle raison. Dès lors l'activité de la raison dynamique se confond avec l'activité même du philosophe : il invente, crée, organise, synthétise, résout, etc. Bref, philosophe et raison sont des principes d'ordre.

Normes rationnelles et morales

Dans la mesure où la raison énonce des normes, elle nous donne des règles d'action qui régulent notre comportement. Elle nous permet ainsi de voir clairement le but que nous voulons atteindre et de mettre en œuvre des moyens adéquats. Mais elle nous donne aussi les moyens de vivre en accord avec nous-même, avec les principes que nous nous sommes fixés pour conduire notre vie. En ce sens, elle nous permet de discerner les valeurs morales et leur hiérarchie : elle nous montre d'une part ce que nous acceptons, admirons, recherchons, et d'autre part ce que nous ne pouvons tolérer, ce que nous refusons et rejetons. C'est là sa fonction morale discriminante.

Limites de la raison, l'irrationnel

La raison donne des normes ; mais est-elle l'autorité suprême en ce domaine ? Ce qu'elle nous fait connaître est-il infranchissable ? En tant que système de principes, il est certain que la raison ne se laisse pas dépasser par des prétentions à une connaissance supra-rationnelle. Mais, à elle-seule, elle ne nous fait rien connaître, car l'expérience est nécessaire. Ainsi la matière même de l'expérience est-elle déjà une première limite à la raison. Mais nous ne pouvons pas non plus affirmer avec certitude que ce que nous pensons selon les règles de la raison soit a priori conforme à la réalité en soi (c'est la thèse de l'idéalisme). La réalité et ses lois peuvent nous échapper en grande partie, si bien que la raison est confrontée à une résistance de la part d'une forme de non-rationalité de la réalité : la normativité de la raison n'explique pas la totalité du monde.

Raison et foi

La science nous donne les moyens de parvenir jusqu'à un certain point à la connaissance du monde naturel. Nous avons vu quelles limites pouvait avoir la raison. Ces limites ne sont pas les mêmes en théologie. En effet, dans ce domaine de connaissance, la foi nous permettrait de dépasser le donné naturel et de nous élever à une connaissance surnaturelle. Certains (comme Kierkegaard,philosophe danois du XIXè) pensent que la foi détruit les principes mêmes de la raison. Il n'est pourtant pas nécessaire de faire une telle déduction : nous avons reconnu plus haut les limites de la raison. Parvenu à ces limites, nous n'avons plus de principe d'explication, et nous sommes confrontés à l'altérité radicale du monde. En recherchant l'origine de cette altérité, certains l'expliqueront par l'hypothèse d'un Dieu créateur, d'autres ne formuleront aucune hypothèse, d'autres encore nieront l'existence de tout principe divin. Dans tous les cas, la croyance que l'on choisit n'est manifestement pas entièrement rationnelle.

Raison et histoire

Bibliographie


- La République, Platon
- Parménide, Platon
- Seconds Analytiques, Aristote
- La Métaphysique, livre gamma, Aristote
- Somme théologique, Thomas d'Aquin
- Règles pour la direction de l'esprit, Descartes
- Discours de la méthode, Descartes
- De la réforme de l'entendement, Spinoza
- L'Ethique, Spinoza
- Critique de la raison pure, Kant
- Critique de la raison pratique, Kant
- Phénoménologie de l'esprit, Hegel
- La raison, Gilles-Gaston Granger

Science

En mathématiques, la raison est la valeur qui permet de passer d'un membre à un autre d'une suite. Voir raison d'une suite.

Voir aussi


- Logique
- Rationalité
- Jugement
- Foi
- Passion Catégorie:Philosophie Catégorie:Théorie de la connaissance ja:理性

Nature

zh-min-nan:Chū-jiân ko:자연 ms:Alam Semulajadi ja:自然 simple:Nature Le mot a deux sens fondamentaux : la matière d'une chose (ce qu'elle est, son essence) et le devenir d'une chose dans sa spontanéité (libre d'une fin).

Nature et déisme

Dans l'usage courant, la nature est souvent déifiée en tant qu'elle manifesterait une volonté. Cette conception populaire a pris une emphase toute particulière depuis qu'il est possible de parler publiquement d'athéisme. En effet, l'époque Moderne, soit depuis Descartes, a conquis la liberté de pensée dont nous bénificions encore aujourd'hui, mais cette émancipation partielle de l'humanité n'a pas pour autant libéré les esprits de la superstition. Pour illustrer cette confusion régnante, force est de constater que même dans le matérialisme un fond de superstition est encore très présent (la déification de la raison, ou des cours de la bourse, par exemple). Le vocable de nature rassemble donc, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, l'ensemble des forces surnaturelles. La Nature est souvent décrite comme étant l'ensemble du réel, des êtres et des choses, qui constitue l'univers, le monde physique. La Nature peut comprendre l'univers, les phénomènes climatiques, les êtres vivants, les roches, ... Pour certains, elle serait plus précisément l'ensemble du réel après abstraction des modifications apportées par l'homme, elles-mêmes qualifiées d'artificielles. La nature est en ce sens ce qui ne subit pas la mise en forme d'une finalité humaine technique. C'est dans cette optique qu'existent certains produits qualifiés de « naturels », leur production n'ayant pas nécessité de produits « inventés » par l'homme (par exemple un jus de fruit sera dit « naturel » lorsqu'il ne contient pas de conservateur). Cette distinction sous-entend une séparation entre l'homme et la nature quant à l'intention. La nature définit également l'ensemble des caractères fondamentaux qui définissent la personnalité physique ou morale d'un être. En ce sens nature est synonyme d'essence.

Nature et anthropologie

Jusqu’au Moyen Age, l’idée de nature est associée à celle d’une transcendance divine, extérieure à l’homme. La nature est alors présentée comme un livre, elle est un accès à l’écriture. « Même le plus ignorant lit dans le monde » dit Saint Augustin. L’idée sous-jacente est que la nature ne fait rien au hasard, mais est sous un commandement divin. Avec l’âge classique au 17ème siècle, on assiste à l’invention de la nature telle que nous la connaissons. Cette invention est le résultat d’une évolution de la sensibilité esthétique, et de l’extension des limites du monde connu, de la connaissance de l’histoire naturelle. Ce qui a fait dire à Merleau-Ponty que « le changement de l’idée de nature a permis sa découverte ». L’intervention divine devient plus abstraite, confinée au mystère de la foi. Descartes et Spinoza rejettent le finalisme divin (et aristotélicien) de la nature. Le concept de l’homme naît au 18ème siècle. Il est donc tardif en occident, mais également inédit dans l’histoire du monde. Les sciences humaines n’héritent pas d’un domaine vacant car l’ « homme n’existait pas ». La notion de nature renvoie à l’idée d’un domaine ayant ses propres principes de développement, hors de l’action de l’homme. L’idée de nature n’est pas suffisante. Pour qu’il y ait dichotomie il faut qu’il y ait société. L’esquisse de ce dualisme se transforme avec l’avènement de la notion de culture. La notion de culture recouvre deux sens. Le premier est issu de la Philosophie des Lumières et correspond à l’idée de civilisation. Dans ce sens, la culture est le trait distinctif de l’espèce humaine, associé à ses savoirs et savoir-faire. Le second est le sens allemand, émergeant sous l’influence du romantisme. La culture est la configuration particulière de croyances coutumières, traits matériels, organisations sociales… elle est une totalité singulière, une sphère autonome incommensurables avec d’autres totalités. Dans les Mots et les Choses, Michel Foucault définit l’anthropologie comme l’étude des rapports entre la nature et la culture. Globalement on peut appréhender cette question en distinguant les anthropologies matérialistes et les anthropologies symbolistes. Les anthropologies matérialistes s’intéressent aux fonctions structurantes de la vie matérielle. L’idée sous-jacente est que la nature est un déterminant de base : elle y est définie en terme ethnocentrique, comme étant le moteur de la vie sociale. On y trouve l’anthropologie marxiste des années 1970 en France, pour laquelle la nature est une donnée brute qui peut être appropriée ou transformée, et l’environnement naturel est une précondition de l’environnement économique. On trouve aussi la sociobiologie et l’écologie culturelle entre lesquelles on souligne un certain parallèle puisque pour les deux, la cause ultime des comportements revient au champ de la nature. Dans tous les cas, pour les anthropologies matérialistes, la culture est une forme particulière d’adaptation à une nature qui serait partout un élément déterminant et conditionnant. Les anthropologies symbolistes s’intéressent aux caractères symboliques de la vie sociale. Elles mettent l’accent sur les aptitudes des hommes à créer un monde de signification et d’intentionnalités dépendant des déterminations brutes de la nature. Dans Anthropologie Structurale 2, Lévi-Strauss dit que l’anthropologie est la discipline qui pense la relation entre la nature et la culture. La dichotomie nature / culture soulevée L’opposition nature / culture suggère deux possibilités. Soit la culture est ce qui donne un sens à nature (la culture impose sa signification à la nature). Soit la nature détermine les rapports sociaux (la nature donne forme à la culture).

L’opposition nature / culture comme outil analytique

La dichotomie nature / culture utilisée comme outil analytique est en partie dérivée de Lévi-Strauss. Il l’a notamment utilisé comme opérateur central pour décoder les mythologies. Celui-ci a été reconnu pertinent par les ethnologues de ces sociétés amérindiennes. La mythologie retrace la construction de la nature sur un fond initial d’indifférenciation culturelle. (Ainsi dans les mythes amérindiens, au début les animaux et les hommes avaient la même apparence.). Chez Lévi-Strauss, l’opposition, là où elle est pertinente, c’est-à-dire dans les mythes, n’est qu’une façon de mettre une étiquette sur des contrastes. L’écologie culturelle donne un crédit illimité à la nature. L’anthropologie structurale, à ce propos, n’oppose pas une forme d’idéalisme mais aussi un naturalisme, mais un naturalisme de principe. Lévi-Strauss n’a jamais vari dans l’idée que la nature conditionne les opérations intellectuelles, la nature devenant donc une construction empirique. L’étude naturaliste doit permettre de comprendre la structure des groupes culturels. Ce qui intéresse Lévi-Strauss est de rendre compte de la manière dont l’esprit opère dans des contextes culturels et géographiques distincts (ex : les Mythologiques). La mythologie révèle dans une forme épurée les opérations d’un esprit qui n’est plus condamné à mettre en ordre, mais qui peut « jouer » avec les règles de fonctionnement de la pensée.

Remise en cause de cette dichotomie

La dichotomie nature / culture est une spécificité culturelle occidentale récente, et qui ne fait pas sens partout. Ce paradigme n’est pas simplement un outil analytique parmi d’autres, il est aussi la clef de voûte de l’épistémologie moderne. Ainsi Descola distingue trois « modes d’identification » qui sont le totémisme, l’animisme et le naturalisme. Seule la société naturaliste (occidentale) produit cette frontière entre soi et autrui à travers l’idée de « nature ». La nature serait ce qui ne relève pas de la culture, ce qui ne relève pas des traits distinctifs de l’espèce humaine, et des savoirs et savoir-faire humains. Son usage comme outil analytique en ethnologie a parfois été fécond. Toutefois, et Philippe Descola l’a montré dans son anthropologie de la nature, l’idée de nature est étrangère a de nombreuses sociétés.

Voir aussi


- Organisation de protection de la nature Catégorie:Philosophie
-
Catégorie:Métaphysique

Karl von Frisch

Karl Von Frisch (20 novembre 1886-12 juin 1982), éthologue autrichien, spécialiste du monde des abeilles. Il a reçu en 1973 le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen. Von Frisch travailla à l'Institut zoologique de la ville de Munich. Dans le cadre de ses travaux, il s'intéressa en particulier au comportement des poissons et des abeilles, notamment à leur capacité à s'orienter et à communiquer. Frisch est célèbre pour avoir déchiffré le langage des abeilles. Celles-ci communiquent avec leurs congénères par une sorte de danse, et sont ainsi capables d'indiquer l'emplacement d'une source de nourriture intéressante.

Le langage des abeilles

« Vie et moeurs des abeilles » est l'ouvrage le plus célèbre de von Frisch ; il y étudie la structure du langage des abeilles. Il avait en effet observé que lorsqu'une abeille repérait un butin et qu'elle revenait à la ruche, les autres abeilles venaient ensuite directement au bon endroit. C'est donc que la première abeille devait les informer de sa situation. C'est par une danse que l'abeille prévient ses compagnes :
- si le butin se trouve à moins de 100 mètres, elle dessine un simple cercle ;
- s'il se trouve entre 100 mètres et 6 km, elle dessine un huit ; l'inclinaison de l'axe par rapport au soleil indique la direction, et la vitesse de la danse indique la distance à parcourir. Von Frisch, Karl ko:칼 폰 프리슈

Argumentation

catégorie:philosophie catégorie:rhétorique Une argumentation est composée d'une conclusion et d'un ou plusieurs "éléments de preuve", que l'on appelle des prémisses ou des arguments, et qui constituent des raisons d'accepter cette conclusion. L'argumentation désigne également l'échange discursif effectif par lequel des interloculeurs tentent de défendre une position ou de faire accepter un point de vue. Plus largement, l'argumentation est un champ d'études à la fois descriptif et critique qui s'intéresse à la mise en forme des arguments (oralement ou par écrit) en vue, notamment, de la persuasion d'un auditoire. On distinguait autrefois les argumentations des démonstrations, dans un cadre positiviste (qu'on trouve encore chez Perelman) où étaient démarqués le domaine des faits et des valeurs ou encore où des domaines entiers étaient considérés comme menant à des vérités absolues, prouvées pour l'éternité (par exemple les sciences qu'on appelait alors "exactes"). La distinction argumentation/démonstration mérite d'être nuancée car elle fait abstraction de la dimension interactive des échanges verbaux. S'il y a bien une différence entre argumentation et démonstration, on ne saurait nier toutefois que toute démonstration dépend nécessairement d'une argumentation pour être considérée et légitimée dans un champ disciplinaire scientifique. Dans le contexte de l'épistémologie contemporaine, faillibiliste, c'est-à-dire pour laquelle de nouvelles données ou de nouvelles théories peuvent à tout moment remettre en question ce qui était jusque là considéré comme étant vrai, la distinction argumentation/démonstration n'a plus sa place. Dans leurs articles spécialisés, les chercheurs, qu'ils soient physiciens, biologistes ou historiens, argumentent en faveur de certaines conclusions lesquelles peuvent éventuellement être réfutées, comme l'ont montré Karl Popper et, dans une autre optique, Thomas Kuhn. Une argumentation est bonne ou mauvaise selon les prémisses sont acceptables (logiquement ou consensuellement) et qu'elles sont jugées suffisantes pour soutenir la conclusion. Lorsqu'une argumentation n'est pas conforme à ce cadre normatif ou à certaines règles d'inférence logique, elle sera qualifiée de paralogisme ou de fallacy (pour employer un terme plus fréquent dans le monde anglo-saxon). Une argumentation peut, par ailleurs, être convaincante ou non pour tel ou tel public(auditoire, selon l'ancienne rhétorique). Plusieurs facteurs peuvent faire en sorte qu'une bonne argumentation ne convainque pas quelqu'un (préjugés, intérêt personnel, manque de connaissance du domaine, aveuglement passionnel, impertinence, etc.). Ces mêmes facteurs peuvent également faire en sorte qu'une mauvaise argumentation convainque néanmoins quelqu'un ; c'est ce qu'avait déjà observé Aristote dans Les Topiques et les Réfutations sophistiques. Selon Chaïm Perelman (Traité de l'argumentation, écrit en collaboration avec L. Olbrecht-Tyteca, 1959), l'argumentation est la manière de présenter et de disposer des arguments (raisonnements ou raisons avancées n'ayant pas valeur de preuve mais qui s'imposent à tout être raisonnable) à l'appui d'une thèse ou contre celle-ci, en vue d'obtenir l'adhésion par consentement d'un auditoire. Elle suppose un contact intellectuel. Elle se démarque de la démonstration qui repose sur des faits, lesquels emportent l'adhésion par contrainte d'un auditoire (voir discussion). Cette perspective a donné lieu à de nombreuses recherches qui ont conduit à nuancer les positions de Perelman. Les travaux inspirés de Stephen Toulmin (The uses of argument, 1959) ont permis de donner un autre éclairage sur l'argumentation en ouvrant plusieurs voies novatrices à ce champ d'études. Parmi les nombreuses contributions post-perelmaniennes à l'étude de l'argumentation, on retiendra notamment les travaux de Georges Vignaux (approche cognitive de l'argumentation), de Michel Meyer (approche philosophique, rhétorique), d'Oswald Ducrot (approche linguistique, pragmatique), de Jean-Blaise Grize (logique "naturelle"), de Douglas N. Walton (logique informelle), de Frans Van Eemeren et Rob Grootendorst (pragma-dialectique) de Christian Plantin (approche linguistique), de Jean-Michel Adam (approche textuelle) et de Philippe Breton (approche communicationnelle).

Lien externe


- [http://www.site-magister.com/txtarg.htm Le texte argumentatif]

Voir aussi


- Argument
- Épistémologie
- Rhétorique
- Analyse du discours
- Analyse des logiques subjectives

Écriture

ja:文字 zh-min-nan:Bûn-jī hē-thóng L'écriture est un système de représentation graphique d'une langue, au moyen de signes inscrits ou dessinés sur un support. L'invention de l'écriture par l'homme correspond au passage de la préhistoire à l'histoire en une transition de plusieurs millénaires. En effet, l'homme a appris à compter avant d'inventer un quelconque système d'écriture. Le comptage est attesté vers -40 000 ans pour la quantification de transactions commerciales. Tandis que, si l'écriture, comme l'histoire, « commence à Sumer » (pour citer Noah Kramer), c'est-à-dire si elle est attestée à partir d'une date approximative (vers -3 000, à Sumer), ceci ne signifie pas qu'elle était inconnue auparavant. Ainsi, en 1961, on a découvert à Tartaria (Roumanie) trois tablettes d'argile présentant des signes proches des pictogrammes sumériens, datées par carbone 14 de plus de sept mille ans : mille ans avant le début du rayonnement de Sumer. L'homme n'a très probablement pas écrit « spontanément » sur des tablettes d'argile sans essais préalables. Il ne fixe l'écriture pour l'éternité (pense-t-il) qu'à partir du moment où il la maîtrise suffisamment. Avant de la fixer sur des matériaux pérennes, il emploie des matériaux périssables, tels que peaux d'animaux, bois ; et sans doute commença-t-il par tracer des signes sur la terre battue ou le sable.

Systèmes d'écriture

Un système d'écriture correspond généralement à la langue parlée. Il est alors dit logographique (on prononce ce qu'on lit); cependant, ce n'est pas le cas des systèmes pictographiques. Un même système peut servir à plusieurs langues et une même langue peut être représentée par plusieurs systèmes. Les graphèmes fondamentaux d'une écriture peuvent être complétés par l'utilisation de diacritiques, de ligatures, de graphèmes modifiés. graphèmes modifiés
- Écritures alphabétiques
  - Caractères arabes (abjad à variantes contextuelles)
  - Caractères berbères (tifinagh)
  - Caractères coréens (le Hangul) : système alphabétique groupant les lettres par blocs de deux à quatre signes.
  - Caractères cyrilliques
  - Caractères hébraïques
  - Caractères helléniques
    - Alphabet grec
    - Alphabet gotique
  - Caractères latins
    - Alphabet latin
    - Romanisations
  - Alphabets de l'Inde (semi-syllabaires la plupart du temps à variantes contextuelles)
    - Devanâgarî
    -